Public Finance — 7 December 2010 (39th Legislature, 1st Session)
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32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)
32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
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31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)
31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
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30e législature, 3e session (18 mars 1975 - 19 décembre 1975)
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29e législature, 3e session (7 mars 1972 - 14 mars 1973)
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29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
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28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
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27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
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26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
25e législature, 4e session (18 novembre 1959 - 18 mars 1960)
25e législature, 3e session (19 novembre 1958 - 5 mars 1959)
25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)
24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
20e législature, 1re session (7 octobre 1936 - 12 novembre 1936)
18e législature, 2e session (10 janvier 1933 - 13 avril 1933)
18e législature, 1re session (3 novembre 1931 - 19 février 1932)
17e législature, 2e session (8 janvier 1929 - 4 avril 1929)
16e législature, 4e session (11 janvier 1927 - 1 avril 1927)
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16e législature, 1re session (17 décembre 1923 - 15 mars 1924)
15e législature, 4e session (24 octobre 1922 - 29 décembre 1922)
15e législature, 3e session (10 janvier 1922 - 21 mars 1922)
15e législature, 2e session (11 janvier 1921 - 19 mars 1921)
15e législature, 1re session (10 décembre 1919 - 14 février 1920)
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14e législature, 2e session (4 décembre 1917 - 9 février 1918)
14e législature, 1re session (7 novembre 1916 - 22 décembre 1916)
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13e législature, 3e session (7 janvier 1915 - 5 mars 1915)
13e législature, 2e session (11 novembre 1913 - 19 février 1914)
13e législature, 1re session (5 novembre 1912 - 21 décembre 1912)
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12e législature, 3e session (10 janvier 1911 - 24 mars 1911)
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(13 janvier 2009 au 22 février 2011)
Le mardi 7 décembre 2010 - Vol. 41 N° 109
Étude détaillée du projet de loi n° 128 - Loi édictant la
Loi sur les entreprises de services monétaires et modifiant diverses dispositions législatives concernant principalement les fonds spéciaux et le secteur financier
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Table des matières
Remarques préliminaires
M. Raymond Bachand
M. Nicolas Marceau
Document déposé
Décision de la présidence sur l'étude d'un projet de
loi contenant en
annexe un autre projet de loi
Amendements déposés
Étude détaillée
Loi sur les entreprises de services monétaires
Champ d'application et interprétation
Permis
Délivrance
Décisions relatives aux permis
Obligations des entreprises de services monétaires
Obligations générales
Permis
Décisions relatives aux permis (suite)
Obligations des entreprises de services monétaires (suite)
Arrêt des activités
Fonctions et pouvoirs de l'Autorité des marchés financiers
Dispositions générales
Inspection et enquête
Mesures conservatoires
Registre des entreprises de services monétaires
Pouvoirs réglementaires
Interdictions diverses
Dispositions pénales
Administration de la loi
Dispositions modificatives
Dispositions transitoires et finales
Article en suspens
Dispositions diverses
Loi sur les sociétés par actions
Loi sur la publicité légale des entreprises
Loi sur le courtage immobilier
Entrée en vigueur
Remarques finales
M. Nicolas Marceau
M. Raymond Bachand
Autres intervenants
M. Alain Paquet, président
M. Stéphane Bergeron
M. Guy Ouellette
M. Irvin Pelletier
M. Emmanuel Dubourg
* Mme Geneviève Desbiens, ministère des Finances
* M. Richard Boivin, idem
* Témoins interrogés par les membres de la commission
Journal des débats
(Dix heures dix-neuf minutes)
Le Président (M. Paquet): À l'ordre, s'il vous plaît! Bon matin. J'ouvre la séance de la Commission des finances publiques et je rappelle à toutes les personnes dans la salle de bien s'assurer d'avoir éteint la sonnerie de leurs téléphones cellulaires pour ne pas perturber nos travaux.
Nous sommes réunis afin de procéder à l'étude détaillée du projet de loi n° 128, Loi édictant la
Loi sur les entreprises de services monétaires et modifiant diverses dispositions législatives concernant principalement les fonds spéciaux et le secteur financier.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire: Oui, M. le Président. Mme L'écuyer (Pontiac) est remplacée par M. Ouellette (Chomedey); et M. Aussant (Nicolet-Yamaska) est remplacé par M. Bergeron (Verchères).
Remarques préliminaires
Le Président (M. Paquet): Merci beaucoup. Alors, sans plus tarder, nous débutons avec les remarques préliminaires, et je reconnais M. le ministre des Finances et ministre du Revenu.
M. Raymond Bachand
M. Bachand (Outremont): Merci, M. le Président. Salutations à tous les collègues de ce côté-ci de la table, de l'autre côté, bienvenue, en ce -- c'est quel jour aujourd'hui? -- mardi le 7 décembre.
** (10 h 20) **
Sur cette loi, j'ai déjà eu l'occasion de faire des remarques préliminaires pour une quinzaine de minutes lorsqu'on s'est vus il y a une dizaine de jours pour les consultations particulières, qui ont été d'ailleurs très intéressantes. Alors je n'aurais pas... désolé pour les nouveaux auditeurs de ce matin, mais de recommencer le 15 minutes de remarques particulières, il me semble que ce serait redondant.
Simplement pour dire que c'est une loi qui est très importante, qui recouvre des réalités diverses, comme on le fait souvent comme législateurs et en finance. Bien sûr, cette
partie sur les entreprises de services monétaires, c'est-à-dire les guichets automatiques, les bureaux de change, entreprises de transfert de chèques, qui ne sont pas réglementées au Canada ni au Québec de façon générale et qui sont, selon les témoignages qu'on a eus de la Sûreté du Québec et du Service de police de la ville de Montréal, des sources dont se sert le crime organisé pour le blanchiment d'argent, donc ce projet de loi vise à mettre ces entreprises-là sous l'Autorité des marchés financiers, demander des permis, faire des vérifications policières sur les gens qui les opèrent, avoir des états financiers, savoir d'où viennent les liquidités pour essayer de couper le blanchiment d'argent.
Dans ce cadre-là d'ailleurs, je sais que l'opposition a souligné, a soulevé que les prêteurs sur gages ne sont pas couverts par le projet de loi. C'est exact. Les prêteurs sur gages sont couverts aujourd'hui par l'Office de protection du consommateur. Les corps policiers ne nous ont pas soulevé, à ce moment-ci, que c'était un sujet de préoccupation particulier pour eux. Ceci étant, bien sûr, comme on revient en législation deux fois par année presque sur ces... en législation financière, bien sûr, si ça devient une source de préoccupation, si ça devient un sujet important, on pourrait revenir au printemps prochain pour couvrir ça.
De toute façon, le temps que l'ensemble des systèmes informatiques soient mis... de l'ensemble des systèmes informatiques soient mis en place, parce que, si on adopte la loi cette semaine, M. le Président, bien sûr, elle ne sera pas opérationnelle avant plusieurs mois... On peut parler de six à 12 mois. Alors, on pourrait, bien sûr, revenir avec la
partie prêteurs sur gages, si c'est une préoccupation particulière de l'opposition, et donc que ça soit couvert au moment où l'Autorité des marchés financiers pourra mettre les systèmes en place, parce que ça ne rentrera pas en vigueur, il faut leur donner le « go » et ça rentrera en vigueur par la suite.
La deuxième préoccupation ou question soulevée par l'opposition concernait... Nous avons entendu, bien sûr, nous sommes le gouvernement du Québec, donc nous avons entendu la Sûreté du Québec et le Service de police de la ville de Montréal, et un témoin avait indiqué qu'à sa connaissance, pour la Gendarmerie royale du Canada, les guichets automatiques privés -- on ne parle pas de ceux des banques, des caisses Desjardins, privés -- n'étaient pas une source de préoccupation.
Bien sûr, nos témoins de la police de Montréal et de la Sûreté du Québec étaient en fort désaccord avec ça et étaient... parce que, pour eux, c'est une source majeure de préoccupation dans la lutte au crime organisé, à l'évasion fiscale et au blanchiment d'argent. Et nous avons eu confirmation de la Gendarmerie royale, depuis ce temps, à la Sûreté du Québec.
J'ai eu l'occasion d'en parler à l'opposition, que bien sûr, pour la Gendarmerie royale du Canada, c'est une source de blanchiment d'argent, c'est un sujet de préoccupation et donc que ça peut être utilisé par le crime organisé, des guichets automatiques et les autres entreprises de services monétaires. Et donc ils partagent l'opinion de leurs confrères, consoeurs policiers du Québec.
Alors, voilà sur les entreprises de services monétaires, qui sera probablement le premier bloc qu'on abordera parce que c'est l'article 1. Par la suite, bien sûr, ce projet de loi comprend des dispositions très importantes sur les fonds spéciaux pour... Le Vérificateur général a salué cette initiative du gouvernement pour que l'Assemblée nationale ait un peu plus de pouvoirs de surveillance, d'approbation des crédits des fonds spéciaux.
Et, troisièmement, il y a de nombreux articles par la suite qui concernent les valeurs mobilières, les pouvoirs de l'Autorité des marchés financiers, et nous aurons l'occasion de revenir sur ces nombreux amendements.
Et, un quatrième bloc, certains amendements qui couvrent d'autres institutions financières. Le Mouvement Desjardins, qui passe aux normes comptables internationales, le 31 décembre, a besoin d'un certain nombre d'amendements.
Notre Loi des sociétés par actions, que nous avons adoptée ensemble à l'unanimité, de même que la loi... je pense que c'est à l'unanimité, M. le Président, je ne voudrais pas... avec la Loi du registraire, qui entre en fonction le 14 février, il y a des amendements techniques pour la mettre en oeuvre, des choses sur l'Institut de la statistique du Québec, des dispositions diverses, quoi, qui sont dans ce projet de loi. Voilà, M. le Président, c'est avec grand plaisir que j'aborderai l'article 1 du projet de loi quand nous serons prêts.
Le Président (M. Paquet): Merci beaucoup, M. le ministre. Je reconnais maintenant le porte-parole de l'opposition officielle en matière de revenu et finances... bien, de finances plutôt. Excusez-moi. Alors, M. le député de Rousseau.
M. Nicolas Marceau
M. Marceau: Oui. Merci, M. le Président. Oui, le porte-parole en matière de revenu est assis à ma gauche. Il s'agit du député de Rimouski. Et je salue d'ailleurs les collègues qui m'accompagnent aujourd'hui et les collègues de la
partie gouvernementale, et M. le ministre en particulier.
Une voix: ...
M. Marceau: Donc, bonjour... Oui, c'est ça, qui m'accompagnent pour l'étude de ce projet de loi. C'est un projet de loi, que nous abordons ce matin, qui est important, qui est volumineux, là. J'aimerais que les gens sachent qu'il a tout près de 500 articles, dont quelque chose comme 87 articles de nouvelle législation, législation qui n'existait pas, là, donc que nous ne connaissons pas. Donc, il y a beaucoup de matière, beaucoup de matériel, mais je crois que, quant à nous, nous abordons l'étude détaillée de ce projet de loi dans un esprit de collaboration.
Il n'y a pas, là-dedans, d'éléments partisans, hein? Il n'y a rien là-dedans qui est de nature partisane, il s'agit de lois qui... Enfin, les idées, en tout cas, qui sont sous-jacentes à la législation qui est proposée sont des idées que nous partageons, là. Nous sommes d'accord avec les principes qui sous-tendent le projet de loi. Donc, il n'y a rien de partisan là-dedans. Par ailleurs, évidemment, nous allons faire notre travail de manière minutieuse, comme le côté gouvernemental va faire son travail de façon minutieuse. Donc, il y a un certain nombre de choses à... Il va falloir lire et apporter des changements puis des correctifs, si c'est nécessaire.
Je voudrais rappeler un certain nombre d'éléments sur le contenu du projet de loi. M. le ministre a fait état de la question de l'espèce d'ambiguïté qu'il y avait quant au diagnostic, quant à l'état de la situation de... le diagnostic, donc, qui était posé par, d'une part, la Sûreté du Québec et la police de Montréal puis, d'autre part, la GRC.
Je suis content de savoir qu'on a réussi à réconcilier les points de vue, et donc le point de vue qui nous a été présenté par la Sûreté du Québec et puis par la police de Montréal, qui était d'ailleurs très convaincant, là, je suis content de savoir que ce point de vue, il est partagé par la GRC -- donc, premier élément, là -- parce qu'autrement je pense que les gens qui ont écouté les consultations particulières ont pu voir qu'il y avait une espèce de flottement quant à l'état de la situation. Donc, ça, sur cet élément-là, je suis satisfait.
Par ailleurs, quant à la question des prêteurs sur gages... Puis j'entends le ministre nous dire, là, que, dans une ronde ultérieure de
Loi sur les valeurs mobilières, on pourrait s'attaquer à la question des prêteurs sur gages. Je pense que c'est une bonne... ce sera une bonne idée. Enfin, on verra avec le temps, évidemment. Mais je rappelle, là, un certain nombre de choses, là, quant aux prêteurs sur gages.
La première, c'est que, présentement, la loi, en tout cas la loi qui nous est proposée puis que nous allons étudier en détail, elle porte... ou elle englobe les bureaux de change, les guichets automatiques puis les bureaux d'encaissement de chèques, mais pas les prêteurs sur gages.
Or, il se peut qu'en ce moment, hein, présentement, les gens qui veulent blanchir de l'argent utilisent les trois premiers types d'entreprises, c'est-à-dire les bureaux de change, les guichets automatiques puis les bureaux d'encaissement, et pas les prêteurs sur gages, précisément parce que, pour l'instant, il y a un flottement qui permet d'utiliser ces trois premiers types d'entreprise, et il se peut qu'en resserrant le... hein, en mettant en place une législation contraignante pour les trois premiers types d'entreprise, que les gens qui veulent blanchir de l'argent se tournent vers un maillon faible, un maillon demeuré non encadré, c'est-à-dire les prêteurs sur gages.
Il se peut que ça arrive, je ne le sais pas, mais il se peut que, donc, il y ait quatre chemins, si vous voulez, il y ait quatre canaux qu'on peut utiliser pour blanchir de l'argent. Il y en a trois, hein, trois canaux qu'on va fermer, en tout cas qu'on va considérablement resserrer, si on veut. Il se peut que le quatrième devienne plus attrayant pour les gens qui veulent blanchir de l'argent, et il faudrait être éveillé à cette possibilité-là, il me semble.
** (10 h 30) **
Puis, par ailleurs, là, je voudrais juste redire que la loi... les prêteurs sur gages, évidemment, présentement, sont encadrés par la
Loi sur la protection des consommateurs, mais cette loi-là n'a rien à dire sur l'origine des fonds qui sont prêtés par les prêteurs sur gages, là. Cette loi-là fait en sorte que, lorsque vous achetez, par exemple, un téléviseur chez un prêteur sur gages, bien, il y a un minimum d'assurance, de garantie, puis... Les rapports entre le commerçant puis l'acheteur, par exemple, d'un téléviseur ou d'une guitare électrique comme on en retrouve beaucoup chez ces prêteurs sur gages, bien, il y a un minimum, hein, il y a un minimum de règles qui encadrent ça.
Mais il n'y a rien qui nous dit que la personne qui est allée porter la télévision au départ puis qui a reçu 50 $ du prêteur sur gages, il n'y a rien qui nous dit que le 50 $, là, lui, il était d'origine légale, parfaitement légale, il n'y a rien qui nous dit ça, là. Alors, il y a encore, encore une fois, cette possibilité-là.
Par ailleurs, instinctivement, intuitivement, je me dis que le volume des transactions faites chez des prêteurs sur gages n'est probablement pas suffisant pour blanchir tout l'argent que le crime organisé veut blanchir. Je comprends qu'il y a des limites quand même, mais, moi, je propose quand même qu'on soit éveillés à cette possibilité-là puis qu'on y fasse attention. Bon.
Autre élément qu'il y a dans le projet de loi, il y a la question des fonds spéciaux, qui vont désormais faire l'objet d'un contrôle parlementaire. Évidemment, nous ne pouvons qu'être favorables à ce que les parlementaires aient un meilleur contrôle des dépenses qui sont effectuées à l'aide des fonds spéciaux, et donc je ne crois pas que ça va poser de très grands problèmes, là.
Autre élément qu'on retrouve dans le projet de loi, il y a la question de resserrer la réglementation entourant les délits d'initié. C'est une chose que nous avons appelée de nos voeux depuis longtemps. Le député de Nicolet-Yamaska, mon collègue, présentement en congé familial, on va dire, et que je salue d'ailleurs, donc mon collègue de Nicolet-Yamaska a fréquemment appelé de ses voeux un resserrement des règles entourant les délits d'initié. Dans le projet, il y a renversement du fardeau de la preuve, ce qui est certainement une bonne idée.
Donc, là non plus, là, il n'y a rien de partisan, nous sommes tout à fait favorables. Et, dans la mesure où le texte, hein, le libellé des articles nous convient, ça devrait bien se passer. Alors, voilà, M. le Président, là, c'est ce que j'avais à dire en guise de remarques préliminaires. Merci.
Document déposé
Le Président (M. Paquet): Merci beaucoup. Alors, nous arrivons donc à l'étude détaillée du projet de loi. Juste auparavant, j'aimerais d'abord déposer un document, une lettre que nous avons reçue de Moneygram International, donc qui a été soumise au secrétaire de la commission, qui va être donc déposée et distribuée aux membres de la commission.
Décision de la présidence sur
l'étude d'un projet de loi contenant
en
annexe un autre projet de loi
Par ailleurs, avant d'entreprendre l'étude détaillée comme telle, j'ai examiné le projet de loi et, pour faciliter nos travaux et nos échanges, je dois émettre une directive pour clarifier un peu le fonctionnement de la commission, étant la façon dont le projet de loi est écrit et rédigé.
Alors, avant d'entreprendre l'étude détaillée du projet de loi n° 128, Loi édictant la
Loi sur les entreprises de services monétaires et modifiant diverses dispositions législatives concernant principalement les fonds spéciaux et le secteur financier, j'aimerais rendre la directive suivante.
Le projet de loi n° 128 possède la particularité de contenir en
annexe un autre projet de loi, soit la
Loi sur les entreprises de services monétaires. Ce projet de loi contenu en
annexe est édicté par l'article 1 du projet de loi n° 128.
Cette forme de rédaction peut sembler inhabituelle à première vue aux règles de rédaction en matière de légistique. En effet, selon le document Aide-mémoire du Secrétariat à la législation, le contenu d'une
annexe y est décrit comme comportant tout ce qui peut, en raison de sa présentation ou de son caractère technique, être difficilement intégré au dispositif proprement dit, comme les longues énumérations, les cartes, les descriptions techniques, les formulaires, les grilles de tarif, les formules de prestation de serment, les tableaux ou les ententes ou accords internationaux.
En l'espèce, l'annexe I du projet de loi n° 128 n'est pas un texte de cette nature, puisque l'annexe vise plutôt à édicter un projet de loi distinct. Cette forme de rédaction législative soulève, sur le plan de la procédure, des difficultés d'application, si on se fie aux règlements habituels ou aux processus habituels.
De fait, selon le règlement Geoffrion de 1941 et Beauchesne, l'étude détaillée des annexes en commission parlementaire se fait normalement après que celle-ci eut disposé des articles du projet de loi. Ainsi, selon les ouvrages de doctrine consultés et la jurisprudence en la matière, l'étude d'une
annexe se fait à la suite de l'étude des articles du projet de loi. Or, si cette approche devait être suivie au regard du projet de loi n° 128, la commission se verrait dans l'obligation de procéder d'abord à l'étude de l'article 1 et, le cas échéant, à son adoption, sans avoir au préalable pris connaissance du projet de loi contenu dans l'annexe édictée par ce même article. Ainsi, la commission se retrouverait dans une position où elle pourrait potentiellement prendre des décisions contradictoires.
En conséquence, je considère qu'il serait plus opportun pour la bonne marche de nos travaux de procéder d'abord à l'étude de l'annexe I pour ensuite revenir à celle de l'article 1 du projet de loi n° 128 ou de le faire de façon concomitante, là, par consentement. Ça va permettre de clarifier la procédure. Ça change... En tous points, ça respectera bien sûr le droit de parole de l'ensemble des parlementaires et d'intervention sur le projet de loi devant nous. D'accord? C'est ma directive. Est-ce qu'il y a consentement pour aussi... directive?
M. Bachand (Outremont): Tout à fait, monsieur. Moi, j'allais commencer par l'article 1, mais l'article 1 renvoie à l'annexe I, donc vous commencez par l'annexe I, puis on reviendra à l'article 1, si vous le voulez, M. le Président.
Le Président (M. Paquet): D'accord?
M. Bachand (Outremont): Tout ce que vous voulez me convient.
Le Président (M. Paquet): Pour faciliter nos travaux, là, dans le contexte. Alors, merci. Alors, M. le ministre.
Amendements déposés
M. Bachand (Outremont): Oui, M. le Président. En débutant, j'aimerais déposer en bloc les amendements. Je les ai déjà déposés d'ailleurs, mais formellement déposer les amendements dont la plupart sont des amendements de forme, de concordance, de légistique, comme vous dites, de rédaction législative, de langue parfois; un certain nombre sont des amendements de fond.
J'aimerais aussi, pour faciliter les travaux de la commission... j'ai aussi transmis tout à l'heure à nos collègues parlementaires trois aide-mémoire en quelque sorte qui donnent par sujets, parce que ce projet de loi contient plusieurs sujets: Voici un sujet, voici les articles sur ce sujet-là, et voici aussi les amendements de fond sur ce sujet-là et à quelles pages, dans le cahier ministériel, parce que, pour les gens qui nous écoutent, il y a quatre gros cahiers comme ça transmis à l'opposition aussi qui sont les mêmes cahiers que j'utilise, et à quelles pages dans ces cahiers-là on trouve ces dispositions-là. Alors, je dépose l'ensemble de ces éléments-là en bloc, M. le Président.
Enfin, M. le Président, j'aimerais ça vous présenter aussi, sûrement pendant le courant de la commission, Me Richard Boivin, qui est sous-ministre adjoint au ministère, Me Geneviève Desbiens, qui est une avocate qui est très impliquée dans ce projet de loi, il y a Me Mathieu Paquin, Mathieu Provencher de mon cabinet, et tous de consentement, bien sûr, qu'ils aient l'occasion de répondre aux questions. Alors là, on est rendus dans l'annexe I, M. le Président à ce moment-là.
Le Président (M. Paquet): ...indiquer d'abord, M. le ministre. D'abord, vos articles... vos amendements sont bien distribués à l'ensemble des membres de la commission? Premièrement, c'est important. Ils sont rendus publics à ce moment-ci. Ça facilite les travaux.
Et, deuxièmement, juste pour clarifier une chose, c'est vraiment une directive qu'on va procéder... la commission avec l'annexe et l'article. Ce n'est pas juste un consentement, parce que c'est vraiment dans le contexte de projet de loi, pour que ce soit bien clair, là, pour tout le monde.
Étude détaillée
Loi sur les entreprises
de services monétaires
Champ d'application et interprétation
Alors, M. le ministre.
M. Bachand (Outremont): Merci, monsieur. On est au
chapitre I qui traite du champ d'application et de l'interprétation. Alors, ce
chapitre définit le champ d'application de la loi. Aux articles 1 et 2, c'est les entreprises qui seront sujettes, assujetties à la loi: on parle donc des entreprises de change de devises, des entreprises de transfert de fonds, des entreprises d'émission ou de rachat de chèques de voyage, de mandats ou de traites, des entreprises d'encaissement de chèques et des entreprises d'exploitation de guichets automatiques, y compris l'allocation d'un espace commercial visant à -- vous êtes peut-être dans la caméra, là, madame -- visant à recevoir un guichet, lorsque le locataire est responsable de son approvisionnement en argent.
Et là le champ d'application à l'article 2, M. le Président, ça prévoit que ça ne s'applique pas au gouvernement du Québec, au gouvernement du Canada et, dans l'amendement que je dépose, M. le Président, on indique que ça ne s'applique pas à l'Assemblée nationale non plus. Si ça ne s'applique pas au gouvernement, l'Assemblée nationale... Il y a un guichet automatique ici, à l'Assemblée nationale. Alors, comme ça ne s'applique pas ni au gouvernement du Québec ni au gouvernement du Canada, l'Assemblée nationale nous a demandé bien sûr pourquoi ça s'appliquerait à eux, puisque l'Assemblée est souveraine.
Alors, l'amendement prévoit ça, M. le Président. Alors, voilà les commentaires essentiellement. On est donc dans le champ d'application de la loi et l'interprétation de la loi.
Bien sûr, ça ne s'applique pas, c'est très important de le dire, aux entreprises qui sont couvertes par d'autres lois: particulièrement, là, parlons des banques et du Mouvement Desjardins, si on simplifie, ou les grandes compagnies d'assurance, celles qui sont vraiment déjà bien régies. On cherche à régir plus les milliers de commerçants indépendants qui opèrent ces entreprises de services monétaires, M. le Président.
Le Président (M. Paquet): Merci beaucoup. Donc, sur l'article 1 de l'annexe, M. le député de Rousseau.
M. Marceau: Oui. Là, je cherche... Il y a un deuxième... J'essaie de comprendre votre amendement, là: Qui offre...
Le Président (M. Paquet): ...l'amendement est à l'article 2 de l'annexe, hein?
Une voix: À l'article 2. Là, on est sur l'article 1.
Une voix: On est sur l'article 1.
Une voix: Ah! O.K.
Le Président (M. Paquet): Juste pour...
M. Bachand (Outremont): Articles 1 et 2, monsieur, monsieur cher collègue. On a pris le champ d'application, le
chapitre I, là on a pris les articles 1 et 2.
Le Président (M. Paquet): O.K. Vous les exposez ensemble, mais disons qu'on va... on doit disposer...
M. Bachand (Outremont): Les articles 1 et 2 ensemble.
Le Président (M. Paquet): Là, bien, deux façons de procéder: on pourrait soit, et ça, là-dessus, par consentement, le faire un peu comme le sujet qu'est le
chapitre I, faire une discussion générale sur le
chapitre I, et par la suite, et vous pourrez présenter des amendements lorsqu'il y aura lieu, mais on mettra aux voix par la suite,
article par article, les amendements, s'il y a lieu, ou encore les mettre par sujets. Mais, comme d'habitude, on procède par les amendements avant les votes des articles tel qu'amendés.
M. Bergeron: ...pas, M. le Président, ce qu'on puisse intervenir sur chacun des articles?
Le Président (M. Paquet): Moi, j'ai juste... c'est-à-dire que c'est le 20, l'équivalent du 20 minutes par article, quand même, là, en termes de temps.
M. Marceau: Oui, moi...
Le Président (M. Paquet): M. le député de Rousseau.
** (10 h 40) **
M. Marceau: Oui. Moi, je veux bien qu'on discute par sujets, ça ne me pose pas de problème, là, mais j'aimerais mieux qu'on lise chacun des articles. Il faut que chacun des articles soit lu parce que, regardez... puis débattu. Je comprends qu'on puisse, dans la présentation, là, que... mais je pense qu'il faut les lire chacun pour qu'on... Bien, en tout cas, vous voyez, il y a peut-être des éléments qui vont nous apparaître importants au fur et à mesure qu'on va avancer.
Par ailleurs, quand on arrivera plus tard, là, dans le projet de loi, à des articles de concordance, là, on n'aura pas besoin de tous les lire, là, ce n'est pas ça que je dis. Mais là on parle de nouvelle législation. Moi, je pense qu'il faudrait les lire chacun, s'il vous plaît.
Le Président (M. Paquet): D'accord. C'est la procédure telle que prévue. Alors, M. le ministre, sur l'article 1 donc.
M. Bachand (Outremont):
L'article 1, bien je l'ai presque lu, M. le Président: « La présente loi s'applique à toute personne ou entité qui exploite, contre rémunération, une entreprise de services monétaires. Sont considérés comme des services monétaires les services suivants:
« 1° le change de devises;
« 2° le transfert de fonds;
« 3° l'émission ou le rachat de chèques de voyage, de mandats ou de traites;
« 4° l'encaissement de chèques;
« 5° l'exploitation de guichets automatiques, y compris la location d'un espace commercial visant à recevoir un guichet lorsque le locateur est responsable de son approvisionnement en argent. » Alors, c'est assez clair.
Le Président (M. Paquet): M. le député de Rousseau.
M. Marceau: Bon. Il s'agit du lieu le plus naturel pour ajouter un 6°: les prêteurs sur gages, là, on s'entend, c'est là que ça devrait apparaître. Et j'imagine qu'un jour ça... enfin, peut-être que ça apparaîtra, je ne le sais pas, là, mais, encore une fois, je pense que c'est à ce point-là que devraient être introduits les prêteurs sur gages. Je ne sais pas comment M. le ministre veut réagir, là, mais je pense que ce serait là qu'il faudrait le faire éventuellement, là.
Le Président (M. Paquet): M. le ministre.
M. Bachand (Outremont): M. le député de Rousseau a tout à fait raison au niveau de la logique parce qu'on est dans le champ d'application de la loi. Donc, si on assujettissait les prêteurs sur gages, comme je l'ai déjà dit au député de Rousseau, si le besoin apparaît, ça me fera plaisir... puis on pourra en reparler au cours des prochains mois.
De toute façon, cette loi-là, elle ne sera pas en vigueur, opérationnelle, ça va prendre un certain nombre de mois parce que tous les systèmes doivent être montés par l'Autorité des marchés financiers, et on parle de six à 12 mois facilement, là, de mettre en oeuvre. Donc, on aurait le temps au cours du printemps de regarder la situation, de prendre des informations, de reparler à nos corps de police. Et, s'il y a lieu d'assujettir les prêteurs sur gages qui sont déjà à l'Office de protection du consommateur, mais de les assujettir à cette loi pour des bonnes raisons, je n'ai aucune objection de principe à le faire.
Le faire aujourd'hui, je serais un peu hésitant parce qu'on n'a pas les bons textes législatifs. Et il faut que les juristes regardent les textes législatifs, les bonnes définitions, les bons champs d'application. C'est juste par prudence législative, et on aura le temps de le faire avant que la loi ne rentre en vigueur. Et, comme on parle... mon sous-ministre, M.
Boivin, m'indiquait qu'il y a peut-être 150 entreprises au Québec, là, renseignement sous toutes réserves pris par l'Office de protection des consommateurs, et c'est un 150 qui est plus large que plus restreint, donc la charge administrative ne serait probablement pas immense pour l'Autorité des marchés financiers de l'ajouter par la suite.
Moi, ma suggestion, c'est qu'on le fasse au printemps si vraiment, après discussion, on se rend compte que c'est un champ important pour les corps policiers; et donc on en reparle. On sera ensemble sûrement au printemps, là, sur un projet de loi omnibus sur l'Autorité des marchés financiers, comme on le fait deux fois par année.
Le Président (M. Paquet): M. le député de Rousseau, ça va? M. le député de Verchères.
M. Bergeron: Merci, M. le Président. Moi, j'ai l'habitude de dire dans la vie que vaut mieux prévenir que guérir. Le ministre nous disait, dans ses remarques préliminaires, qu'il n'y avait pas de... que les corps policiers n'avaient pas identifié la question des prêteurs sur gages comme étant une préoccupation.
Je ne veux pas mettre des paroles dans la bouche de qui que ce soit, M. le Président, mais je me souviens avoir entendu la représentante du Service de police de la ville de Montréal nous dire qu'il y avait des policiers à l'intérieur de ce service de police qui se préoccupaient particulièrement de la question des prêteurs sur gages. Et j'ai des raisons de croire qu'il y a également une préoccupation du côté de la Sûreté du Québec de ce côté-là, M. le Président.
Je crois que le député de Rousseau a bien démontré que, si le crime organisé sent qu'il ne peut plus passer par l'échange de devises, le transfert de fonds, l'émission et le rachat de chèques de voyage, de mandats ou de traites, ou l'encaissement de chèques, ou les guichets automatiques pour blanchir de l'argent, il risque tout naturellement de se tourner vers cet autre secteur éminemment préoccupant, du moins pour certains policiers ou certains corps de police, qu'est celui des prêteurs sur gages.
Alors, je comprends, M. le Président, que nous ne sommes pas en mesure maintenant, parce que ça demanderait un travail fastidieux, d'introduire les articles de législation traitant particulièrement de cette question-là. Mais j'en appelle au ministre des Finances pour faire en sorte que, dans un délai rapide, nous puissions effectivement boucler la boucle, boucher à l'avance cette porte dans laquelle risque de s'engouffrer le crime organisé pour blanchir de l'argent. Alors, je l'invite effectivement à prévoir des dispositions qui pourraient être amenées devant les parlementaires incessamment.
Si ce n'est pas possible de le faire maintenant, de le faire le plus rapidement possible. Il évoquait la possibilité du printemps, je pense que ce serait de mise que nous le fassions, M. le Président, pour les raisons invoquées jusqu'à présent.
Le Président (M. Paquet): Merci. M. le ministre... ou M. le député de Chomedey.
M. Ouellette: Merci, M. le Président. Juste pour renchérir un peu sur ce que mon collègue de Verchères, qui est toujours très intéressant à écouter, mentionnait par rapport aux prêteurs sur gages, effectivement, pour des discussions que j'ai eues avec autant les gens de la Sûreté du Québec que les gens de la police de Montréal, présentement, pour eux, définitivement ça ne représente pas une issue. Et ce qu'on m'a mentionné, c'est que, si, à la lumière du projet de loi, il y avait une orientation quelconque du crime organisé pour utiliser les prêteurs sur gages dans quoi que ce soit qui peut être couvert par la
loi sur les services monétaires, à ce moment-là chacun de ces commerces-là, M. le Président, devra être couvert par la loi que nous étudions présentement.
Je sais aussi que la représentante de la police de Montréal, madame qui est venue nous voir, devait faire des représentations auprès de la ville de Montréal...
M. Bergeron: Mme Iacovelli?
M. Ouellette: ...Mme Iacovelli -- merci, M. le collègue de Verchères -- devait faire des représentations auprès de la ville de Montréal pour obtenir le nombre d'endroits de ce genre qui sont opérés et qui sont réglementés par la ville de Montréal. Et je vous soumets bien respectueusement, M. le Président, que nous allons prendre, nous allons accueillir ces informations-là et, comme l'a mentionné le ministre, dans les prochains mois -- parce qu'on va définitivement revenir ce printemps avec ça -- on sera en mesure de vous informer de où, et vers quoi, et si ça peut représenter une avenue potentielle.
Je veux en profiter aussi parce qu'on est à l'article 1, nous avions eu des discussions, et j'ai eu certaines discussions avec le ministère aussi pour ajouter à 6° les transports de valeurs par camion blindé qui sont définitivement quelque chose qui est privilégié par le crime organisé pour transporter à l'abri de tout. Et, bon, mon premier réflexe, c'était de demander à ce qu'ils soient inclus dans la
loi sur les services monétaires, mais il est déjà réglementé par la
Loi sur la sécurité privée. Nommément à l'article 1, le 5° de la
Loi sur la sécurité privée, on parle du convoyage des biens de valeur, et tous ses employés, tous ses mandataires sont adéquatement réglementés, d'où les discussions que nous avions eues, et ce qui fait que le convoyage des biens de valeur n'est pas dans le présent projet de
loi sur les entreprises de services monétaires. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Paquet): Merci. M. le ministre.
** (10 h 50) **
M. Bachand (Outremont): Oui. Pour compléter, donc je réitère, là, effectivement que nous allons regarder la question des prêteurs sur gages au cours de l'hiver, qui n'a pas été soulevée particulièrement par les corps policiers, nous allons la regarder.
Évidemment, la rédaction serait plus complexe parce que, quand même, ils sont couverts par la loi de l'Office de la protection des consommateurs. On ne peut pas juste mettre un article, il faut avoir une concordance entre nos lois. Et peut-être la réflexion, si on veut être plus blanc que blanc, peut aller aussi... parce que les prêteurs sur... Tout le champ, ici, c'est du champ de liquidités, de transfert de chèques, de valeurs, de valeurs mobilières, valeurs monétaires. Le prêteur sur gages, il a un bien et donc ça le distingue des autres. Mais, à ce moment-là, il a peut-être d'autres types de commerce.
Parce que, peut-être, comme le député de Rousseau le dit, vous amenez votre télévision, vous avez du cash, d'où vient le cash? Ça, c'est la question. Probablement que ce n'est pas des énormes sommes d'argent sur l'ensemble. Il y a peut-être d'autres types de commerce où on ramène des biens usagés qui sont à une valeur estimée de 200 $ mais que vous pouvez mettre à 2 000 $, il y a les bijoux, vous savez qu'il y a eu des descentes majeures dans les bijoux, et qui peuvent être des sources. Alors, peut-être que ça peut être regardé dans un contexte plus large aussi.
Mais là ce n'est pas l'Autorité des marchés financiers qui va gérer les commerces de fraude de blanchiment d'argent dans les bijouteries, je ne pense pas. Alors, ça mérite une réflexion. Je pense qu'il faut le regarder avec nos experts, avec les corps policiers au cours des prochains mois, et revenir ensemble avec l'opposition au printemps prochain.
Le Président (M. Paquet): M. le député de Verchères.
M. Bergeron: M. le Président, je salue l'ouverture manifestée par le ministre parce que je crois qu'il a compris qu'il y a une préoccupation de notre côté par rapport à cette problématique particulière. Je comprends, et je le réitère, M. le Président, que l'intégration ou l'introduction de ce secteur particulier dans ce projet de loi revêt un caractère un peu complexe et particulier de par le fait que la question des prêteurs sur gages est déjà traitée dans une autre législation, celle de la
Loi sur la protection des consommateurs. Mais, comme l'évoquait ce matin notre collègue de Rousseau, c'est une chose que de définir les relations entre un commerçant et le consommateur et c'en est une autre que de définir les protections pour éviter le blanchiment d'argent. Et je ne crois pas que cet aspect-là soit couvert par la
Loi sur la protection des consommateurs. Tout comme la problématique soulevée par mon collègue de Chomedey par rapport au transport de devises par camion blindé, la question du blanchiment d'argent n'est pas couverte spécifiquement, nommément, par la
Loi sur la sécurité privée. Donc, il y a lieu effectivement de se pencher sur cette problématique-là. Et j'aurais le goût de dire à la blague à mon collègue de Chomedey que les policiers que nous avons rencontrés en commission ne nous ont pas manifesté que la question du transport de devises par camion blindé était une préoccupation pour eux. Mais ça ne veut pas dire que, parce qu'ils ne l'ont pas manifesté, parce que ce n'est pas couvert par le présent projet de loi, que ce n'est pas une préoccupation pour eux.
Alors, je crois qu'il importait de faire cette précision-là par rapport justement au point qui a été soulevé par mon collègue de Chomedey pour dire qu'en posant des questions nous avons réalisé que, du moins pour la ville de Montréal et, comme je le signalais tout à l'heure, j'ai des raisons de croire que ce l'est également pour la Sûreté du Québec, la question des prêteurs sur gages constitue un sujet de préoccupations.
Je suis heureux de voir que le ministre est prêt, est disposé à regarder cette question-là, et même de la regarder de façon beaucoup plus large, puis voir où il pourrait y avoir également d'autres secteurs où on blanchit de l'argent du côté du crime organisé pour essayer de boucher toutes les issues possibles et imaginables, tout en étant bien conscients évidemment que le crime organisé va s'évertuer par la suite à essayer de trouver d'autres façons de blanchir l'argent.
Mais notre travail, nous, comme législateurs, c'est de faire en sorte de rendre ces opérations-là les plus difficiles possible pour s'assurer que le crime organisé soit dans des conditions où financièrement leurs opérations deviennent le plus difficile possible à opérer... à mener, je devrais dire.
Le Président (M. Paquet): M. le ministre.
M. Bachand (Outremont): Oui. Et d'ailleurs, comme le souligne le député de Chomedey, il y a des entreprises de convoyage de fonds aussi qui sont déjà couvertes par une législation. Ça leur prend un permis qui vient de la Sécurité publique.
Et, dans le projet de loi de l'Agence du revenu, vous vous souviendrez sûrement, M. le Président, avec le député de Rimouski, nous avons ajouté une disposition très importante qui permet au gouvernement, ça visait entre autres, ça... j'avais entre autres ça en tête, au gouvernement de demander au ministre, donc à l'Agence du revenu, d'exercer les pouvoirs d'enquêteur pour le compte d'un... Pour faire ces liens-là, justement, on a des grandes équipes d'enquêteurs au ministère du Revenu, à la Sûreté du Québec, à l'Autorité des marchés financiers.
Il y a parfois d'autres ministères qui ont des pouvoirs mais qui ne sont pas équipés de la même façon. Donc, on s'est donné le pouvoir de demander à l'Agence du revenu de faire le travail pour un autre ministère pour renforcer encore l'action gouvernementale, hein, de nos équipes d'enquêteurs, d'inspecteurs contre le crime organisé et l'évasion fiscale.
Mais nous pourrons peut-être dans cette réflexion-là pour voir si c'est complet et s'il y a un aspect, avec l'Autorité des marchés financiers, pour couvrir aussi ce champ-là par la suite... Merci, M. le Président.
Le Président (M. Paquet): Merci. M. le député de Rousseau.
M. Marceau: Oui. Juste un dernier point. Sur la question des prêteurs sur gages, là, vous avez... on a évoqué la possibilité d'y revenir au printemps, mais d'ici là peut... puis, même si le ministre a à sa disposition des chiffres sur la taille de l'industrie, actuellement, là, au Québec, moi, j'aimerais bien les voir. Si vous êtes capable de nous en donner d'ici demain, ou enfin dans les prochains jours, ce serait bien apprécié, juste pour qu'on ait une idée. Si ce n'est pas possible, vous le ferez en envoyant un document au secrétariat de la commission, puis ça nous sera transmis éventuellement.
Mais, moi, j'aimerais juste avoir le nombre d'entreprises dans ce secteur puis une idée de la taille de l'industrie, une idée du volume de transactions, si c'est possible, quand vous pourrez, là, évidemment, mais peut-être ne pas attendre que vous soyez rendus à déposer une nouvelle législation, simplement qu'on puisse apprécier de notre côté l'importance de ce secteur-là et éventuellement en voir l'évolution.
Le Président (M. Paquet): M. le ministre.
M. Bachand (Outremont): ...plaisir, M. le Président.
Le Président (M. Paquet): D'accord? Alors, je mets aux voix l'article 1 de l'annexe. Est-ce que l'article 1 est adopté?
Des voix: Adopté.
Le Président (M. Paquet): Adopté.
Article 2. Et il y a une proposition d'amendement. M. le ministre.
M. Bachand (Outremont):
L'article 2, M. le Président, qui... avec l'amendement.
Donc, je vais lire l'article 2 tel qu'amendé, tel qu'il se lirait, dirait, M. le Président: « 2. La présente loi ne s'applique pas à l'Assemblée nationale, au gouvernement du Québec ou à un autre gouvernement au Canada, à l'un de leurs ministères ou organismes, ou à une municipalité ou à une communauté métropolitaine ou à l'un de leurs organismes. »
Deuxièmement, ça se lirait, monsieur: Dans le deuxième alinéa -- les gens ne comprendront rien, là, ce n'est pas ça que vous voulez qu'on lise -- après les mots « qui offrent » , insérer « , que ce soit à
titre d'entreprises de services monétaires ou à
titre de mandataires... »
Le deuxième grand alinéa dit: « De même, elle ne s'applique pas -- puis peut-être que l'opposition me dispenserait de la lecture, là -- aux personnes ou entités qui offrent un service monétaire... »
Une voix: ...
M. Bachand (Outremont): On est dispensés. Fondamentalement, ce que ça dit, c'est que ça ne s'applique pas aux banques, aux compagnies d'assurance, aux compagnies de fiducie, au Mouvement Desjardins et à ces institutions-là. Et, dans l'amendement, ça dit aussi: Ça ne s'applique pas à ces grandes institutions même quand elles agissent comme mandataires d'une entreprise de services monétaires parce qu'elles sont bien réglementées.
En d'autres mots, si la Banque Royale ferait un transfert de fonds pour Western Union, la Banque Royale n'est pas visée par notre champ, le champ d'application de la loi. Voilà, M. le Président, l'article 2 tel qu'amendé, comment il se lit.
Le Président (M. Paquet): M. le député de Rousseau.
M. Marceau: Bien, écoutez, l'article me convient parfaitement. Je voulais simplement suggérer, dire à M. le ministre qu'il aurait pu voir ça comme un exercice de diction, tout simplement.
Le Président (M. Paquet): Alors, est-ce que l'amendement...
M. Marceau: Mais je crois qu'il aura d'autres chances, oui, voilà.
Le Président (M. Paquet): M. le député de Verchères.
M. Bergeron: Deux commentaires par rapport à cet article, M. le Président. J'ai eu l'occasion d'évoquer, lors des consultations, ce qui, à ma grande surprise, a mis le feu aux poudres, mais j'ai eu l'occasion d'évoquer le fait qu'on a constaté, à entendre les témoins la semaine dernière, que les opérations des grandes institutions financières pouvaient, à leur corps défendant il faut le reconnaître, servir de transit pour des opérations du crime organisé.
Alors, je suis... je comprends très bien, là, la disposition de l'article 2, M. le Président, qui vise à exclure les banques et le Mouvement Desjardins de l'application de la présente loi. Mais j'aimerais que le ministre ait une attention particulière à cet élément qui a fait l'objet des discussions la semaine dernière, selon lequel souvent les comptes bancaires et les comptes des caisses populaires peuvent servir comme comptes de complaisance, appelons-les comme ça, simplement pour faire transiter de l'argent du crime organisé qui est destiné à être blanchi ou qui a été blanchi auparavant.
Donc, j'aimerais qu'on prenne ça en considération pour voir si, éventuellement, il n'y a pas des dispositions qui pourraient s'appliquer aux grandes institutions financières, étant bien conscients du problème constitutionnel touchant évidemment les banques, mais étant bien conscients également cependant que nous avons toute juridiction concernant la caisse populaire, les caisses populaires.
Cela dit, M. le Président, mon deuxième commentaire touche l'exclusion de l'Assemblée nationale. Loin de moi l'idée de ne pas vouloir exclure l'Assemblée nationale de l'application de cette loi, mais je me faisais la remarque justement la semaine dernière, et peut-être le ministre saura-t-il m'éclairer, je me disais: Il y en a un, guichet ATM à l'Assemblée nationale, et il y en a dans toute une série d'institutions publiques gouvernementales et autres.
Comment, si on exclut de l'application de la présente loi une institution comme la nôtre, comme l'Assemblée nationale, ou quelque ministère que ce soit, comment peut-on s'assurer, M. le Président, que le guichet automatique qui est installé dans les murs de notre institution ne sert pas à des fins de blanchiment d'argent, étant exclu de l'application de la loi? Alors, peut-être que c'est une disposition mécanique qui m'échappe, mais j'aimerais peut-être qu'on m'éclaire sur cet élément-là.
** (11 heures) **
Le Président (M. Paquet): M. le ministre.
M. Bachand (Outremont): Oui, M. le Président, il y a deux éléments dans le commentaire du député de Verchères.
Le premier concerne nos grandes institutions financières. Évidemment, le député de Verchères a raison: constitutionnellement, on n'a pas juridiction sur les banques. Par ailleurs, on l'a sur les compagnies d'assurance, fiducies et le Mouvement Desjardins. Mais ces grandes institutions qui peuvent d'ailleurs à leur insu parfois servir -- parce qu'il y a des millions de comptes, on dit un compte de banque, compte d'épargne -- servir...
Mais ces grandes institutions-là ont par ailleurs... un, sont déjà sous l'autorité de l'Autorité des marchés financiers, donc sont déjà soumises à leur autorité; deux, ont des services d'inspection, d'enquête assez développés en général et collaborent -- c'est des indications qu'on a -- collaborent pleinement avec les corps policiers pour s'assurer qu'à leur insu ils ne fassent pas partie... Puis, au fond, ils fournissent l'information quand c'est requis par des corps policiers. Alors, ce n'est pas vraiment la grande inquiétude du législateur actuellement.
Les pouvoirs sont là, sont suffisants, et les corps policiers, avec le ministère du Revenu d'ailleurs aussi, ont les pouvoirs suffisants pour saisir toute l'information dont ils ont besoin par rapport à nos grandes institutions financières, à nos... et les caisses populaires sur lesquelles on a juridiction.
À la deuxième question, écoutez, l'amendement sur l'Assemblée nationale, là, il est là parce que l'Assemblée... les légistes de l'Assemblée nationale l'ont demandé. Il apparaît là, mais, en théorie en tout cas, l'État, les gouvernements, comme les grandes banques ou les grands Desjardins, là, ne sont pas soupçonnés de participer, ils vont sûrement collaborer pleinement.
Puis je pense qu'on... parce que le Bureau de l'Assemblée nationale, sur lequel siègent tous les partis, si la police avait une indication qu'un guichet automatique ici serait alimenté de façon inadéquate -- j'utilise les mots les plus délicats possible -- je suis sûr que le Bureau de l'Assemblée nationale collaborerait illico avec les corps policiers, de même que le gouvernement du Québec ou le gouvernement du Canada aussi. Donc, voilà les raisons pour lesquelles, de façon générale, en général, l'État est exclu de ces projets de loi là. « The King can do no wrong » disaient-ils il y a 300...
« The King can do no wrong » , disaient-ils il y a 300 ans. Ce n'est pas tout à fait le cas tout le temps, mais c'est...
Le Président (M. Paquet): M. le député de Rimouski.
M. Pelletier (Rimouski): Oui. Je reviendrais, moi aussi, sur l'exclusion de l'Assemblée nationale, là, puis je suis d'accord avec le ministre. Sauf que ça me suscite une autre question. Alors, je me dis, si, à l'Assemblée nationale, il n'y avait pas de guichet automatique ou si c'était un guichet automatique de la Banque Nationale, par exemple, est-ce qu'on aurait pensé, dans l'amendement, à faire un amendement pour exclure aussi l'Assemblée nationale?
Et ça amène surtout ma question... la question suivante, c'est: Les guichets automatiques sont sous la juridiction d'une entreprise qui n'est pas exclue à l'article 2, là, et puis que ces guichets automatiques là sont placés dans différentes institutions, comme l'Assemblée nationale ou d'autres institutions, qui, elles, sont exclues, est-ce que ces guichets automatiques là passent... autrement dit, à une part, ne sont contrôlés par aucune loi, là?
Le Président (M. Paquet): M. le ministre.
M. Bachand (Outremont): Et Me Boivin ou Me Desbiens pourra me corriger, mais, la façon dont la loi est écrite, l'entreprise qui opère, l'entreprise de services monétaires qui opère le guichet est couverte par la loi. Alors, ici, si c'est un guichet de la Banque Nationale, la Banque Nationale est exclue parce que la Banque Nationale est couverte.
Mais, si c'est un guichet, hein, qui nous appartient à tous les deux, ça serait couvert et on serait obligés d'enregistrer notre entreprise auprès de l'Autorité des marchés financiers et divulguer qui est propriétaire, comment on approvisionne, parce qu'au fond l'objectif de la loi, c'est aussi de savoir d'où viennent les liquidités qui rentrent dans ce guichet-là. Et donc, oui, l'entreprise qui opère un guichet au gouvernement du Québec est couverte par la loi. Corrigez-moi, Me Desbiens, si... On ne me corrige pas, donc ça veut dire que c'est oui.
Le Président (M. Paquet): Ça va? Alors, l'amendement à l'article 2 est-il adopté?
Des voix: Adopté.
Le Président (M. Paquet): Adopté.
L'article 2, tel qu'amendé, est-il adopté?
Des voix: Adopté.
Permis
Délivrance
Le Président (M. Paquet): Adopté. Alors, nous arrivons au
chapitre II,
section I,
article 3 de l'annexe I. M. le ministre.
M. Bachand (Outremont): Oui. M. le Président, avant de prendre l'article 3, je vais... On aborde donc le
chapitre II, qui est le
chapitre des permis, dans lequel la
section I parle de la délivrance des permis et les différentes informations qu'on doit transmettre, on le verra en lisant les articles. Il y a les articles 7 et 8 qui vont traiter de l'habilitation sécuritaire qui est requise de la Sûreté du Québec. Les articles 11 à 16 vont traiter des conditions de délivrance des permis. Il y a des refus automatiques. Il y a des pouvoirs discrétionnaires. Et il y a des infractions qui vont exclure aussi les entreprises automatiquement ou dans le pouvoir discrétionnaire. Et enfin ce chapitre-là va traiter aussi de la suspension de la révocation des permis. Alors, M. le Président, voilà donc le
chapitre qu'on aborde aujourd'hui, ce matin.
L'article 3 se lit comme suit: « Toute personne ou entité qui exploite une entreprise de services monétaires contre rémunération doit être titulaire d'un permis d'exploitation. »
Donc, on a vu le champ d'application tout à l'heure, toute personne qui est dans le champ d'application, qui exploite une entreprise, a besoin d'un permis.
Le Président (M. Paquet): Merci. M. le député de Rousseau.
M. Marceau: Quand on dit « qui exploite une entreprise [...] contre rémunération » , c'est vraiment une question naïve, là, est-il envisageable qu'une entreprise dissimule la rémunération pour se soustraire à l'application de la loi mais, par ailleurs, s'en serve justement pour des raisons de blanchiment d'argent?
M. Bachand (Outremont): Peut-être que Me Desbiens pourrait expliquer la rédaction législative, pourquoi elle est faite comme ça. Me Geneviève Desbiens.
Le Président (M. Paquet): Merci, M. le ministre. Me Desbiens, si vous voulez vous présenter pour les fins de l'enregistrement. Madame Desbiens... Me Desbiens.
Mme Desbiens (Geneviève): Oui. Geneviève Desbiens, avocate au ministère des Finances. Contre rémunération, naturellement, si elle le dissimule, il y a rémunération. C'est pour qu'on englobe l'obligation d'avoir un permis: dès qu'on a un revenu qu'on en tire, de l'exploitation, qu'on le dissimule ou pas, on est visé par la loi. Donc, si on n'a pas de permis, on a un exercice illégal, donc il y a des démarches que l'Autorité des marchés financiers va pouvoir entreprendre, là, pour corriger la situation.
Le Président (M. Paquet): M. le député.
M. Marceau: ...si on biffait les mots « contre rémunération » , de quelle manière cela poserait-il problème? Là, moi, il me semble qu'une entreprise qui exploite une entreprise de services monétaires devrait être assujettie à la loi. Et, si la rémunération est zéro, là, pour prendre un exemple... Évidemment, je comprends que normalement ça ne devrait pas être le cas, mais il me semble que cette possibilité-là doit être envisagée aussi, là, que des gens disent: Bien, écoutez, si tu te fais... si tu te prends une part dans... en vertu de l'exploitation du guichet automatique, là, tu es sujet à exploitation.
Bien, prenons nous une part de zéro, puis on va pouvoir blanchir allègrement. Donc, rémunération nulle, on va pouvoir blanchir allègrement.
Écoutez, je suggère simplement, encore une fois, qu'on pourrait biffer « contre rémunération » , il me semble.
Le Président (M. Paquet): M. le ministre.
M. Bachand (Outremont): Oui, peut-être Me Desbiens pourra compléter, mais je pense que l'objectif ici, c'est vraiment de couvrir les gens qui en font un commerce, les entreprises de services monétaires. Ça veut dire que c'est pour ça que cette rédaction-là est là. Mais, par exemple, un hôtelier qui vous change un chèque pour accommoder un client fait un service de transfert monétaire au sens de la loi, là, ne le fait pas contre rémunération, il accommode un client. Des fois, il va charger 50 sous, mais il n'est pas vraiment visé par le cadre de la loi. On m'explique que c'est pour ça que c'est rédigé comme ça, mais, Me Desbiens, vous pouvez peut-être compléter la réponse ou...
Le Président (M. Paquet): Me Desbiens.
Mme Desbiens (Geneviève): Merci. C'est exactement ça. On ne veut pas que les gens qui rendent service par courtoisie soient visés. Puis, comme on ne voulait pas déterminer de seuil parce qu'on ne voulait pas qu'il y ait une ligne de tracée, parce que ça serait trop facile de sauter la ligne puis justement blanchir de l'argent ultimement, c'est pour ça qu'on a marqué « contre rémunération » , pour que les services par courtoisie ne soient pas visés.
Le Président (M. Paquet): M. le député de Rousseau.
M. Marceau: Oui, merci. Je comprends l'intention puis je la trouve tout à fait correcte, l'intention. Mais cependant j'ai l'impression que, si on avait procédé par volume plutôt que par rémunération, on aurait peut-être été plus proches de l'esprit de ce que vous cherchez à atteindre. Enfin, écoutez, je suggère que, tel qu'il est libellé présentement, des fins finauds un peu astucieux pourraient s'assurer de ne pas obtenir de rémunération, pourraient faire en sorte que les états financiers de l'entreprise en question prévoient une rémunération nulle de manière à se soustraire. Maintenant, je n'en suis pas certain, et on verra peut-être à l'usage si des ajustements doivent être apportés.
Le Président (M. Paquet): M. le ministre.
** (11 h 10) **
M. Bachand (Outremont): Oui. On est... Évidemment, cette loi vise large, hein, c'est une première au Canada, hein, etc., puis donc on sait ce qu'on veut viser. Puis la rédaction juridique est toujours complexe parce qu'on sait au fond ce qu'on ne veut pas viser. Quand...
Si vous le prenez par volume, si vous êtes inquiet des prêteurs sur gages, si on le prend par volume, est-ce que ça pourrait être fragmenté puis, au lieu d'avoir un bureau de change, j'ai une compagnie qui est un bureau de change pour les... -- j'allais dire les francs -- les euros, une compagnie qui est un bureau de change pour le dollar américain, etc., puis j'essaie de... Alors, il a semblé à nos juristes que c'était peut-être préférable d'y aller comme ça.
Il est fort possible que... Souvent, on adopte une loi ici puis, dans les mois qui suivent, bien -- on le verra dans cette loi-là, sur la Loi des sociétés par actions, il y a des amendements -- qu'on doive... Au fond, c'est une paramétrisation, là, qu'on fait actuellement. Est-ce que cette paramétrisation-là devra être perfectionnée dans un an, dans deux ans, dans trois ans? C'est fort possible, soit pour couvrir plus large soit pour être plus restreinte. Parce qu'il y a deux concepts là-dedans. Il y a contre rémunération...
Même l'hôtelier, de bonne foi, là, du Reine Élizabeth, là, qui fait les changes prend un frais de service en général quand il... Souvent, ils prennent un frais de service, pas toujours mais des fois, dans leur taux de change, ils prennent un frais de service. Mais ce n'est pas... Ils n'exploitent pas une entreprise de services monétaires. C'est comme vraiment accessoire, pour servir les clients. Alors, voilà pourquoi les deux mots sont importants, les deux blocs de mots.
Moi, je suggère qu'on adopte ça et qu'on verra les commentaires de l'industrie au fond par la suite.
Le Président (M. Paquet): M. le député de Rousseau.
M. Marceau: Parfaitement d'accord. Je suggère, moi aussi, que nous adoptions tel quel, mais que nous gardions en tête que peut-être que cette définition-là ne sera pas suffisamment... ne sera pas satisfaisante avec le temps, et puis que... Encore une fois, la question du volume, bien, moi, il me semble que quelqu'un, par exemple, qui effectue, je ne sais pas, moi, plus que 10 transactions par semaine ou plus que 100 transactions par semaine, enfin on trouvera, là, on trouvera le seuil un jour, si c'est nécessaire, mais qu'au-delà d'un certain volume on ait à se procurer un permis.
Il me semble qu'éventuellement ça devra être... Enfin, on réfléchira, on verra effectivement, à l'usage, si la loi fait le travail. Voilà, c'est ce que je voulais dire. Merci.
Le Président (M. Paquet): M. le député de Rimouski.
M. Pelletier (Rimouski): Oui. M. le ministre, peut-être... À l'article 4, on définit un peu les entités qui devraient avoir un permis, peut-être une petite question: Est-ce que, d'après ce qu'on a entendu depuis hier sur les ondes des réseaux de nouvelles, est-ce que, d'après lui, le maire de Saint-Lin devrait demander un permis puis entrer dans une catégorie qui est là?
Une voix: Ah!
M. Pelletier (Rimouski): Non, mais c'est une question. Je prends l'exemple du maire de Saint-Lin parce que ça a été publicisé, mais il y a beaucoup de gens qui font ce genre de prêts là, puis c'est tout à fait légal, là. Maintenant, est-ce que, ces gens-là, on peut les appeler les anges financiers, si vous voulez...
Une voix: ...
M. Pelletier (Rimouski): Non, on peut les appeler les anges financiers, mais est-ce que ces gens-là vont entrer à quelque part dans une catégorie, ici? Parce que c'est contre rémunération.
Le Président (M. Paquet): M. le ministre.
M. Bachand (Outremont): M. le Président, je ne répondrai pas directement à la question du député, surtout que je ne connais pas le cas, je n'ai pas vu, j'étais pris dans le sommet... la rencontre de l'éducation toute la journée hier. Mais ce n'est pas une loi qui s'applique au capital de risque, par exemple. Ce n'est pas une loi qui s'applique aux anges financiers, là. Le gouvernement du Québec, appuyé par l'opposition... Dans la grande catégorie Capital de risque, il y a des gens, oui, qui font des prêts, qui investissent contre rémunération.
Ils investissent 50 000 $ en capital de risque pour aider nos jeunes entrepreneurs, les SOLIDE, les fonds locaux d'investissement, Capital de risque Desjardins, ce n'est pas compris dans le champ d'application de la loi.
Le Président (M. Paquet): Ça va, M. le député de Rimouski.
M. Pelletier (Rimouski): Oui. Une question, ici. Je pourrais la poser dans les articles qui suivent, un peu plus loin, mais je vais la poser ici parce qu'on commence à statuer sur la délivrance des permis puis, après ça, on va parler de la possibilité d'enlever un permis ou encore de la possibilité de refuser une demande de permis. Puis, moi, quand je regarde tous ces items-là, on voit, par exemple, que l'organisme, l'entreprise ou l'individu qui demande un permis, il doit avoir bonnes moeurs, il doit montrer patte blanche. Il y a beaucoup de conditions, puis c'est important que ce soit comme ça aussi.
Puis, quand on dit: On peut refuser un permis parce que... bien, là, on va à l'inverse, c'est parce qu'il n'a pas les bonnes moeurs, il n'a pas ci, il n'a pas ça, ou on peut enlever un permis parce qu'en cours de route il avait des bonne moeurs mais, en cours de route, ça s'est gâté.
Mais il y a une préoccupation, moi, que je ne vois pas là-dedans, là, c'est: Lorsqu'on délivre un permis, est-ce qu'on s'assure un minimum... minimalement des connaissances ou des compétences des demandeurs de permis? Puis on donne souvent des exemples de ce qui se passe dans les autres lois, là, comme, quand une entreprise demande un permis de construction, qu'est-ce qu'on vérifie, et puis on s'assure, par exemple, que les demandeurs ont des compétences en administration, en technique, en sécurité puis si, au niveau de ces genres de permis là, il semble y avoir un peu de préoccupation des connaissances et des compétences des entreprises ou des gens qui demandent ces permis-là.
Le Président (M. Paquet): M. le ministre.
M. Bachand (Outremont): M. le député de Rimouski est perspicace. Ce n'est pas une loi qui a pour objectif d'encadrer la compétence, ce n'est pas un ordre professionnel, ce n'est pas le... donc, ce n'est pas l'objectif de la loi. L'objectif de la loi, c'est de s'assurer que les liquidités qui sont transmises par l'ensemble de ces entreprises-là proviennent de sources commerciales légitimes et ne sont pas utilisées par le crime organisé. L'Office de la protection du consommateur est plus celui qui s'assure que l'ensemble de ces entreprises-là opèrent avec compétence.
Mais, en général, si on prend un guichet automatique -- d'ailleurs c'est le meilleur exemple, on va rencontrer ça à l'article 2 -- il n'y a pas grand plaintes annuelles que si vous prenez votre carte, vous la mettez dans le guichet pour avoir, comme le député de Chomedey le soulignait, 60 $ parce que vous êtes dans un bar et que vous n'avez pas votre 60 $... Ce qui nous importe, ce n'est pas la compétence technique de la machine ou de la personne qui vous fait un transfert de fonds. Ailleurs, dans un pays étranger, il y a beaucoup de façons légitimes.
On a vu les gens qui parlent d'Haïti, c'est une façon pour les Montréalais qui habitent à Haïti d'envoyer de l'argent à leurs familles, ces entreprises de transfert de fonds. Ce n'est pas la compétence qui est visée par la loi. Ce qui est visé par la loi, c'est la légitimité au fond des gens et est-ce qu'ils font partie... est-ce qu'on peut leur faire confiance au niveau de leurs qualifications d'éthique, si on peut parler ainsi, et par la suite de contrôler le flot de liquidités.
Le Président (M. Paquet): Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Alors, l'article 3 est-il adopté?
Des voix: Adopté.
Le Président (M. Paquet): Adopté.
Article 4.
M. Bachand (Outremont): M. le Président, c'est: « L'Autorité des marchés financiers délivre un permis pour l'une ou plusieurs des catégories suivantes:
« 1° [les changes] de devises;
« 2° le transfert de fonds;
« 3° l'émission ou le rachat de chèques de voyage, de mandats ou de traites;
« 4° l'encaissement de chèques;
« 5° l'exploitation de guichets automatiques.
« Le locateur d'un espace commercial visant à recevoir un guichet automatique doit être titulaire d'un permis dans la catégorie de l'exploitation de guichets automatiques lorsqu'il est responsable de l'approvisionnement du guichet en argent. »
On est donc dans l'article des catégories de permis. C'est important de faire des catégories, parce qu'on verra par la suite, au niveau du pouvoir réglementaire qui est là mais qu'on va introduire par amendement et suite aux témoignages qu'on a eus, que, parfois, les exigences que nous aurons sur, par exemple, le nombre d'employés qui sont touchés seront différentes par catégories. Donc, c'est important que la loi détermine au fond les catégories de services monétaires, et les permis seront donc par catégories.
Le Président (M. Paquet): M. le député de Rousseau.
M. Marceau: Oui, M. le président, merci. Je profite de cette occasion parce que... Je profite de cette occasion pour dire un petit mot sur le champ d'application de la loi. En fait, l'article 1 ou, si vous voulez, l'article 4, là, il y a une activité commerciale qui devrait aussi être... qui devrait être assujettie à cette loi. Et puis j'en profite tout simplement... parce que c'est quelque chose qui me chicote depuis longtemps. C'est la question de... je ne sais pas si vous avez déjà entendu, puis le ministre a évoqué ça tout à l'heure, Dollars4gold. Et juste vous rappeler que ça existe puis que ça, c'est de toute évidence des choses qui n'ont pas de bon sens, là.
Alors, les gens mettent des bijoux dans une enveloppe, ils envoient ça puis, en échange, ils reçoivent des sous, là. Écoutez, j'invite les gens du ministère à examiner cette affaire-là. Regardez, si vous avez des bijoux qui ont de la valeur, est-ce que vous allez mettre ça dans une enveloppe puis en espérant recevoir un montant d'argent ou bien est-ce que vous allez voir un expert, hein, un expert, un bijoutier qui a pignon sur rue puis qui va vous faire une évaluation puis qui va vous donner l'argent qui correspond à la valeur du bijou?
Alors, évidemment, les gens qui utilisent ce genre de service là ne sont pas tous... ce sont souvent des gens qui se sont procuré des bijoux de façon plus ou moins justifiée ou bien ce sont malheureusement des gens dont on abuse de la naïveté, tout simplement.
Alors, simplement, je voulais vous dire que le champ d'application de la loi, un jour, pourrait englober ce genre de service là, là. Donc échange de biens... biens en échange de dollars, là, il me semble que ce devrait être visé par ça. Alors, je m'arrête là, mais, évidemment, le commentaire que j'avais fait sur les prêteurs sur gages de manière générale, là aussi, il y aura un amendement à apporter éventuellement dans quelques mois.
** (11 h 20) **
Le Président (M. Paquet): M. le député de Chomedey.
M. Ouellette: Merci, M. le Président. Juste en réponse à mon collègue de Rousseau, tout ce qui touche l'or est couvert par la
loi sur les métaux précieux. Là aussi, ça a fait l'objet, dans ma vie antérieure, de longues discussions, parce que, ce genre de pratique là, qui est peut-être plus répandue qu'elle l'était à l'époque, on a eu à s'interroger autant sur le milieu de l'or que sur les diamants. Parce que, quand on parle de crime organisé, il y a un nouveau « trend » mondial au niveau des diamants où est-ce qu'on va utiliser ça, et la
loi sur les métaux précieux, au niveau canadien, couvre adéquatement, pour l'instant, cette partie-là.
Le Président (M. Paquet): M. le député de Rousseau.
M. Marceau: Juste pour dire que le caractère anonyme de la démarche, là, hein, on met dans une enveloppe puis... ça incite aussi le vol, hein, ça incite des gens à dire: Bien, je vais me trouver de l'or de façon... de toutes les manières possibles, mettre ça dans l'enveloppe puis espérer recevoir de l'argent par la suite, là. C'est du recel. Voilà. Je m'arrête là, M. le Président.
Une voix: L'adresse de retour.
Le Président (M. Paquet): Merci. Donc, est-ce que l'article 4 est adopté?
Des voix: Adopté.
Le Président (M. Paquet): Adopté.
Article 5, je sais qu'il y a un amendement. M. le ministre.
M. Bachand (Outremont): Oui. M. le Président, je vais prendre l'article avec l'amendement si vous le permettez, parce que, normalement, c'est comme un ajout à la fin de l'article. Donc, pour la...
« La demande de permis doit être accompagnée des droits déterminés par règlement. Elle doit être présentée par un administrateur, un dirigeant ou un associé de l'entreprise de services monétaires qui agit à
titre de répondant de celle-ci pour l'application de la présente loi.
« Le répondant doit satisfaire aux conditions suivantes:
« 1° être âgé d'au moins 18 ans;
« 2° ne pas être pourvu d'un tuteur, d'un curateur ou d'un conseiller au majeur;
« 3° avoir son domicile, une place d'affaires ou un lieu de travail au Québec;
« 4° toute autre condition déterminée par règlement. »
Et on ajouterait dans l'amendement:
« Dans le cas où l'entreprise de services monétaires n'est pas constituée en vertu d'une loi du Québec et n'y a pas son siège ni d'établissement, elle doit nommer un répondant au Québec qui satisfait aux conditions prévues au deuxième alinéa. Ce répondant n'a pas à être un administrateur, un dirigeant ou un associé de l'entreprise de services monétaires, mais il doit être en mesure d'exercer adéquatement ses fonctions de répondant auprès de l'autorité.
« L'entreprise de services monétaires doit donner à ce répondant l'accès, à son siège et dans tout établissement, aux renseignements et documents servant à l'accomplissement de ses fonctions. »
C'est un complément, un peu comme on l'a fait dans la Loi des sociétés par actions, sur les registres, les livres, pour les entreprises qui ont leur siège social à l'étranger et s'assurer que les registres soient ici, au Québec. Alors, voilà, M. le Président, l'essentiel de cet article.
Le Président (M. Paquet): Merci. Y a-t-il des interventions? M. le député de Rousseau.
M. Marceau: Oui, merci, M. le Président. Une simple question, là. L'amendement en lui-même, là, réfère au cas d'entreprises n'ayant pas... n'étant pas constituées en vertu d'une loi du Québec et n'y ayant pas leur siège ni d'établissement. Est-ce qu'il s'agit d'une pratique fréquente? Est-ce que... Ou est-ce qu'on n'aurait pas pu exiger des entreprises qui exploitent ce genre de services là qu'elles aient un siège au Québec? Ça aurait été trop exigeant?
Le Président (M. Paquet): M. le ministre.
M. Bachand (Outremont): Bien, je pense que les entreprises, c'est... Western Union n'a pas son siège social...
M. Marceau: Pas son siège, excusez-moi.
M. Bachand (Outremont): ...international au Québec.
M. Marceau: Je me suis trompé.
M. Bachand (Outremont): Par exemple, le...
M. Marceau: Une succursale ou une filiale ou...
M. Bachand (Outremont): Bien, ils ont des places d'affaires, au fond, au Québec. Mais on voulait juste s'assurer que, les registres des entreprises, qu'il y ait une copie de tout ce dont l'autorité a besoin, que ça doit être au Québec et qu'il y ait un répondant responsable qui, lui, est au Québec.
M. Marceau: O.K.
M. Bachand (Outremont): Parce que vous pouvez avoir une place d'affaires au Québec puis n'avoir personne qui travaille pour vous.
M. Marceau: Oui, oui.
M. Bachand (Outremont): Parce que l'article, et corrigez-moi encore, Me Desbiens, Me Boivin, ce que l'article vient ajouter, c'est que vous devez avoir un répondant qui, lui, satisfait les conditions. Ça prend une personne physique à qui l'autorité peut parler.
Une voix: ...
M. Bachand (Outremont): Me Boivin a un commentaire.
Le Président (M. Paquet): Me Boivin, M. le sous-ministre.
M. Boivin (Richard): Oui, merci, M. le Président. En fait, on s'est inspirés aussi de la
Loi sur les assurances, où il est permis à une compagnie d'assurance étrangère de faire des affaires au Québec, mais uniquement en nommant un répondant, donc qui va être l'interface avec l'Autorité des marchés financiers pour répondre aux exigences de la loi.
Le Président (M. Paquet): Ça va, M. le député? Alors donc, l'amendement à l'article 5 est-il adopté?
Une voix: Adopté.
Le Président (M. Paquet): Adopté.
L'article 5, tel qu'amendé, est adopté?
Une voix: Adopté.
Le Président (M. Paquet): Adopté.
Article 6, il y a aussi une proposition d'amendement. M. le ministre.
M. Bachand (Outremont): Oui, l'article 6, M. le Président, comprend au fond les documents qui doivent être soumis par l'entreprise de services monétaires. Et je vais lire l'article, pour la compréhension des gens, tel qu'amendé; il y a un ajout puis il y a un petit changement.
Alors, l'article se lirait comme suit: « Lors de la demande, l'entreprise de services monétaires doit fournir les documents suivants -- le premier alinéa, c'est le même:
« 1° un document indiquant sa structure juridique ainsi qu'une liste comprenant le nom, la date de naissance le cas échéant, l'adresse et le numéro de téléphone de ses dirigeants, administrateurs, associés, des dirigeants de ses succursales, de toute personne ou entité qui a, directement ou indirectement, la propriété ou le contrôle de l'entreprise de services monétaires, de ses employés travaillant au Québec en indiquant leurs fonctions et de toute autre personne prévue par règlement -- ça ratisse assez large, hein, M. le Président, ça, ce n'est pas dans le texte de loi, là, c'est un commentaire;
« 2° -- et c'est là qu'il y a un amendement, je vais lire tel qu'amendé -- une liste comprenant le nom, la date de naissance le cas échéant, l'adresse et le numéro de téléphone de ses mandataires de même que des dirigeants de ceux-ci responsables de l'offre de services monétaires au nom de l'entreprise de services monétaires;
« 3° une liste des institutions financières avec lesquelles elle fait affaire -- donc, on va chercher les institutions financières qui en trouvent, une entreprise de services monétaires;
« 4° une liste comprenant le nom, la date de naissance le cas échéant, l'adresse et le numéro de téléphone de ses prêteurs, autres que ceux visés au paragraphe 3°, ainsi que, dans le cas où le prêteur n'est pas une personne physique, le nom de ses dirigeants, administrateurs ou associés, de même que les documents constatant l'emprunt -- essayer de remonter les chaînes, M. le Président;
« 5° son plan d'affaires, ses états financiers du dernier exercice, la liste de ses établissements, ainsi que le nom de ses filiales de même que le nom de sa société mère et de ses filiales le cas échéant;
« 6° tout autre document à l'égard de toute personne prévus par règlement.
« L'entreprise de services monétaires doit aussi fournir, à l'égard de toute personne physique mentionnée au premier alinéa, une copie d'une pièce d'identité avec photo, délivrée par un gouvernement ou l'un de ses ministères ou organismes, sur laquelle est également inscrit le nom et la date de naissance de cette personne. »
Et on ajouterait, M. le Président:
« L'entreprise de services monétaires qui demande un permis exclusivement dans la catégorie de l'exploitation de guichets automatiques doit, pour l'application du paragraphe 1° du premier alinéa, ne fournir, à l'égard de ses employés, que les renseignements concernant ceux dont les fonctions se rapportent à l'exploitation des guichets automatiques. Cette entreprise n'a pas à fournir le plan d'affaires ni les états financiers visés au paragraphe 5° du premier alinéa. »
Cet amendement, M. le Président, vise à couvrir les cas qui nous ont été soulevés par les témoins qui sont venus en disant: Au fond, le gouvernement, l'Autorité des marchés financiers, on ne veut pas le plan d'affaires de tout le magasin IGA, de tout le magasin Metro, on ne veut pas le nom et l'adresse de tous les employés de Metro, etc., de la façon dont la loi était rédigée.
Alors, il y a des catégories où on le veut: dans un bureau de change, on veut tout le monde, on veut le plan d'affaires de tout le monde, mais, quand c'est un magasin d'alimentation, Western Union nous disait qu'il y en a chez Wal-Mart, qu'il y a des guichets automatiques, il y a des guichets automatiques dans beaucoup de grands commerces de détail, RONA Réno-Dépôt, ce qu'on vise, c'est l'entreprise de services monétaires, on ne vise pas le commerce de détail.
Donc, cet amendement vient répondre, au fond, aux inquiétudes légitimes, on pense, qui nous ont été soulevées lors de la commission parlementaire. Le reste de l'article démontre quand même l'étendue assez grande de ce qui sera exigé. Et, au fond, c'est pour permettre aux corps policier d'avoir... c'est trop facile de se cacher derrière un prête-nom. Et donc, de cette façon-là, tous ceux qui touchent à l'entreprise, ceux qui la financent et ceux qui financent ceux qui la financent, c'est... tous les administrateurs et dirigeants semblent être couverts par la rédaction de cet article, M. le Président.
Le Président (M. Paquet): Merci. M. le député de Rousseau.
M. Marceau: Oui, merci. Tout ce que vous dites est tout à fait raisonnable, là, mais je me demande... je le lisais rapidement, là, évidemment, parce qu'il y en a long, mais je ne suis pas certain que le... J'essaie de voir quel bout du texte fait en sorte que, par exemple, des guichets automatique exploités dans un marché d'alimentation n'impliqueront pas que le marché d'alimentation n'a pas à donner ses états financiers.
Une voix: ...
M. Marceau: S'il vous plaît. C'est juste une question donc. J'essaie de voir dans... Je lisais l'amendement dans le bas, puis il me semble que ce n'est pas complètement con non plus.
Le Président (M. Paquet): M. le ministre.
** (11 h 30) **
M. Bachand (Outremont): Oui, M. le Président. Alors, si on prenait l'article, au sens large, pour toutes les entreprises de services monétaires, au 5°, dit « son plan d'affaires, ses états financiers » . L'amendement qu'on vient ajouter après l'article 6, là, le nouveau texte dit que, quand c'est dans la catégorie guichet automatique, vous pourrez ne fournir, à l'égard des employés, que les renseignements concernant ceux dont les fonctions se rapportent à l'exploitation des guichets automatiques, que vous n'aurez pas à fournir le plan d'affaires ni les états financiers globaux de votre entreprise, au fond. Ce n'est pas ça qui nous importe dans ce cadre-là.
Me Desbiens, vous voulez rajouter un complément.
Mme Desbiens (Geneviève): Oui. Si vous permettez, je vais...
Le Président (M. Paquet): Oui, Me Desbiens.
Mme Desbiens (Geneviève): Oui. Merci, M. le Président. Je vais compléter en disant qu'en ce qui concerne les guichets automatiques le plan d'affaires et les états financiers, disons, du supermarché qui exploiterait le guichet ne sont pas nécessaires, parce que plus loin on a, à l'article 29, un registre des transactions. C'est ça qui nous importe, l'argent qui rentre, l'argent qui sort... En fait, l'argent qui sort dans les guichets automatiques, ça ne nous importe pas vraiment, mais c'est surtout l'argent qui rentre: on veut connaître les sources de liquidité. Donc, d'avoir les états financiers globaux du supermarché, par exemple, ce n'est pas nécessaire.
Le Président (M. Paquet): M. le député de Rousseau.
M. Marceau: Oui. Merci, M. le Président. Mais les états financiers de l'entreprise qui exploite le guichet automatique, là, ça, ça vous intéresse? Ou pas tant que ça?
M. Ouellette: Elle non, mais la police oui.
Le Président (M. Paquet): Me Desbiens.
Mme Desbiens (Geneviève): En fait, moi, ce que je veux savoir, c'est d'où proviennent les sources de liquidité qu'on a placée dans le guichet automatique, puis le registre des transactions va me servir à ça. Pour les états financiers, bien, c'est assez simple, je veux dire, c'est l'argent qui rentre déduit de l'argent qui sort. Ça fait que ce n'est pas... Puis les états financiers, on n'a pas de critères de solvabilité, on n'a pas à vérifier nos états financiers. Donc, dans le cas des guichets automatiques, ce n'est pas vraiment important à cause des registres.
Le Président (M. Paquet): M. le député de Rousseau.
M. Marceau: O.K. Donc, juste pour être... juste pour clarifier, là. Deux cas de figure, selon moi. Premièrement, donc vous avez l'entreprise A -- appelons-là de même -- et l'entreprise A exploite donc, je ne sais pas, marché d'alimentation, exploite... dans ses murs, il y a un petit espace qui est réservé à un guichet automatique, et elle-même est l'exploitant du guichet automatique: elle l'a loué, elle l'a acheté, enfin, je ne sais trop, puis elle l'a installé. Donc, cette entreprise doit-elle, dans ce cas de figure là, vous donner une copie de ses états financiers? Non. O.K.
Deuxième cas de figure. Vous avez une entreprise...
M. Bachand (Outremont): ...M. le Président, par Me Desbiens.
Le Président (M. Paquet): Oui, peut-être juste pour... Me Desbiens.
M. Marceau: Oui, peut-être...
Mme Desbiens (Geneviève): Merci, M. le Président. Non, on n'a pas besoin d'avoir les états financiers si elle n'exploite qu'un guichet automatique. Si elle fait du transfert de fonds, par exemple, là, on change de catégorie. On a les deux.
M. Marceau: Puis deuxième cas de figure...
Le Président (M. Paquet): M. le député.
M. Marceau: Excusez-moi, M. le Président. Donc, deuxième cas de figure, vous avez une chaîne d'alimentation, une chaîne de magasins, entreprise A, localisée dans 50 municipalités au Québec, puis, dans chacune de ces entreprises A, l'entreprise A a fait affaire avec une autre entreprise, appelons-la l'entreprise B. Et l'entreprise B, qui est une firme exploitant des guichets automatiques, installe dans chacun des magasins de l'entreprise A un guichet automatique.
Est-ce que l'entreprise B va devoir vous montrer ses états financiers? C'est toujours non?
Le Président (M. Paquet): Me Desbiens.
Mme Desbiens (Geneviève): Merci. Non. Si elle n'exploite naturellement que des guichets automatiques.
M. Marceau: O.K. Je pense que c'est clair. Merci.
Le Président (M. Paquet): Ça va. Merci. M. le député de Rimouski.
M. Pelletier (Rimouski): Oui. Merci. On a parlé tout à l'heure des entreprises qui ont leur siège social à l'extérieur puis qui n'ont pas de succursale au Québec, mais qui peuvent opérer au Québec en autant qu'ils ont un répondant qui... Puis évidemment, nous, il faut s'assurer que ce répondant-là existe puis que le répondant est au courant de... qui est répondant pour cet organisme-là.
Est-ce qu'on peut dire ici, pour se rassurer, là, que ce répondant-là entrerait dans la définition de la dernière ligne ou l'avant-dernière ligne du premier paragraphe, là, lorsqu'on parle des employés travaillant au Québec en indiquant leur fonction? Parce que, s'ils sont inclus là-dedans, à ce moment-là, ils sont soumis à ce qui est demandé par la suite.
Le Président (M. Paquet): Me Desbiens.
Mme Desbiens (Geneviève): Oui, effectivement, les... Toutes les personnes qui sont à l'intérieur de l'ESM, là, entrent dans l'énumération du paragraphe 1°. Souvent, le répondant, selon nos critères, nos conditions, doit être un dirigeant -- ça fait que, là, on n'avait pas répété le mot « répondant » -- mais, dans les autres cas, il serait un employé, donc il serait visé par le paragraphe 1°.
M. Pelletier (Rimouski): Même s'il est payé à la commission, disons. Ça serait un employé aussi. Puis, quand on parle à la fin, là, de « toute autre personne prévue » , « prévue » va avec « personne » , alors c'est « autre personne prévue par règlement » . On fait référence à quoi, là, comme règlement ou personne?
Le Président (M. Paquet): Me Desbiens.
Mme Desbiens (Geneviève): Tout ce à quoi on veut faire référence.
M. Pelletier (Rimouski): Mais le règlement, c'est un règlement de...
Le Président (M. Paquet): M. le député de Rimouski.
M. Pelletier (Rimouski): Il est écrit où ce règlement-là?
Le Président (M. Paquet): Me Desbiens.
Mme Desbiens (Geneviève): Bien, naturellement, le règlement va être fait à l'Autorité des marchés financiers, va être soumis à l'approbation du ministre. Naturellement, on ne peut pas viser tout le monde au Québec, là. Ça va être des gens qui seront importants de connaître.
M. Pelletier (Rimouski): O.K.
M. Bergeron: Ça va être les « personnes prévues » .
Mme Desbiens (Geneviève): C'est ça. Ha, ha, ha!
Le Président (M. Paquet): M. le ministre.
M. Bachand (Outremont): Oui, M. le Président. Effectivement, ce projet de loi vise large, tente de restreindre aux... avoir l'information dont on a besoin mais permettrait par règlement à l'Autorité des marchés financiers, dans certains cas, dans certaines catégories, par exemple, où on se rendrait compte qu'on en échappe, d'avoir un règlement de l'autorité qui dirait: On veut aussi avoir tel, tel, tel autre type de personnes. Donc, c'est comme un pouvoir habilitant qui est inséré dans la loi.
Le Président (M. Paquet): Ça va? M. le député de Verchères.
M. Bergeron: Merci, M. le Président. J'aimerais revenir sur les préoccupations de mon collègue de Rousseau parce que je ne suis pas convaincu... ou du moins il y a peut-être un élément qui m'a échappé, là. Mais il y a un dicton qui dit, je pense: Le mieux est l'ennemi du bien. Et je crois comprendre que ce qu'on a voulu, à la suite des commentaires qui ont été faits lors des consultations, c'est éviter qu'un IGA, par exemple, qui a un guichet automatique dans ses murs doive donner ses états financiers parce qu'il a un guichet dans ses murs.
Et là ce que je constate, c'est que toute entreprise procédant à l'exploitation de guichets automatiques est maintenant exclue de l'obligation de devoir donner ses états financiers. Et je ne suis pas sûr que c'était l'objectif qui était poursuivi dans les commentaires qui nous ont été faits en commission, puis c'est maintenant l'effet de l'amendement qu'on a sous les yeux. Moi, je comprends, des cas de figure présentés par mon collègue de Rousseau, qu'un IGA qui décide d'avoir dans ses murs un guichet automatique, que ce soit lui qui l'exploite ou que ce soit la firme X qui l'exploite, n'a pas à donner ses états financiers. Jusque-là, ça va.
Mais, moi, M. le Président, personnellement, j'ai un sérieux problème avec le fait qu'une entreprise qui se spécialise dans l'exploitation de guichets automatiques et qui aurait, je ne sais pas, moi, 150 guichets automatiques dans autant de IGA n'ait pas, elle, l'obligation de fournir ses états financiers. Et j'aurais même un problème, M. le Président, avec le fait que ces 150 IGA qui décident d'exploiter 150 guichets automatiques n'aient pas à le faire non plus, parce qu'à ce moment-là ça devient quelque chose de... ce n'est pas juste... ça devient carrément un, comment je dirais, une
partie de la business, là, que cette gestion des guichets automatiques. Or, comme on sait puis comme on nous a largement avertis du fait que les guichets automatiques servent au blanchiment d'argent, bien, je pense qu'il est important de savoir quel genre d'argent gèrent ces entreprises-là, M. le Président.
Alors, moi, là, je pense que l'intention au départ était tout à fait louable, de dire: Un IGA qui a dans ses murs un guichet automatique, qui l'exploite lui-même ou qui est exploité par une firme X, n'a pas à donner ses états financiers. Pas de problème avec ça. Mais là ce qu'on lit, M. le Président, c'est qu'une entreprise qui se spécialise dans l'exploitation des guichets automatiques n'a pas à soumettre ses états financiers. Et là j'ai un sérieux problème avec ça, M. le Président.
Alors, il y a-tu un élément de l'argumentation que j'ai mal saisi ou si ce que je dis correspond véritablement à ce qui est écrit? Et, le cas échéant, je pense qu'il faut qu'on apporte des modifications, là.
Le Président (M. Paquet): M. le ministre.
M. Bachand (Outremont): Oui, M. le Président. Je pense que les préoccupations du député de Verchères se trouvent à l'article 29... Parce qu'il faut toujours prendre un projet de loi dans son ensemble, bien sûr. Ce qui nous intéresse, M. le Président, c'est de tracer les liquidités, d'où vient le cash, de suivre l'ensemble des liquidités, d'avoir tous les registres, pas la profitabilité de l'entreprise de services monétaires. De toute façon, si c'est le crime organisé, l'état financier ne voudra pas dire grand-chose, hein, on en convient.
À l'article 29, les dossiers et registres... sur toutes les transactions effectuées, y compris les clients, « l'identification [des] sources de liquidités » , le « registre comptable contenant le bilan et l'état des résultats » , le « registre des comptes » , la « conciliation bancaire » , le dossier avec les noms, les adresses des employés dirigeants, « tout autre dossier [...] prévu par règlement » ... Alors, au fond, je pense que l'article 29 répondrait à la préoccupation. Il nous a semblé qu' « états financiers » n'était pas ce qu'on visait. Ce qu'on visait vraiment, c'est l'article 29, M. le Président.
Le Président (M. Paquet): M. le député de Verchères.
M. Bergeron: Je remercie le ministre de cette précision, mais j'en reviens à ma question de base, M. le Président: Est-ce que l'article 29 s'appliquerait au IGA qui a dans ses murs un guichet automatique qu'il exploite lui-même ou qui serait exploité par une compagnie X? Si la réponse à cette question-là, c'est oui, bien, je pense qu'on n'a pas réglé le problème qu'on nous identifiait la semaine dernière, M. le Président.
Le Président (M. Paquet): M. le ministre.
** (11 h 40) **
M. Bachand (Outremont): Oui, M. le Président, les juristes me compléteront, mais, si l'entreprise de services monétaires... si IGA décide de se faire une filiale d'entreprise de services monétaires, elle va être soumise à ça. Mais, si l'entreprise de services monétaires est une entreprise XYZ qui loue l'espace, c'est l'entreprise de services monétaires qu'on vise avec tout le registre, toutes les liquidités qui sont rentrées et qui sortent, à qui... d'où vient l'argent, à qui il sort, qui sont tous ceux qui tournent autour de ça mais non pas le commerce chez RONA, chez IGA, etc.
Le Président (M. Paquet): M. le député de Chomedey ou que Me Desbiens voulait compléter. Non?
Mme Desbiens (Geneviève): Non, je pense que M. le ministre a bien expliqué la situation.
Le Président (M. Paquet): Merci. M. le député de Chomedey.
M. Ouellette: Mais j'irais à mon collègue de Rousseau parce que je veux avoir... j'ai besoin d'une explication puis j'aurai probablement un petit amendement à apporter à quelque chose, là.
Le Président (M. Paquet): M. le député de Rousseau.
M. Marceau: Oui, mais juste une question, puis je veux être certain de bien comprendre parce que ce cas de figure donc où il y a, mettons, chez IGA, un guichet automatique opéré...
Une voix: Excusez-nous aux IGA.
M. Marceau: Oui, excusez-nous, IGA, ce n'est pas vous qu'on en a en particulier. N'importe quel marché d'alimentation ou n'importe quel commerce de grande surface, là, dans lequel donc il y a un guichet automatique opéré par une entreprise quelconque qui loue l'espace, on s'entend pour dire que, typiquement en tout cas, il n'y a pas de délégation de l'opération au quotidien du guichet automatique par des employés de l'entreprise dans laquelle se trouve le guichet automatique, hein? Et le projet de loi fait en sorte que rien de tel ne peut survenir, n'est-ce pas?
Je veux être clair, là, je vais recommencer. Mettons qu'on va revenir à notre exemple d'IGA pour être clair avec IGA, là. Donc, chez IGA, il y a un espace qui est loué à l'entreprise XYZ, celle à laquelle référait M. le ministre. Donc, l'entreprise XYZ opère des guichets automatiques, et puis ce sont des employés d'XYZ, lesquels sont assujettis à la loi, qui peuvent ouvrir le guichet automatique, mettre de l'argent dedans, hein? Ils ne peuvent pas demander à des employés de notre IGA ou bien de chez Réno-Dépôt de faire ce travail-là en leur absence ou par délégation, là, on s'entend?
Le Président (M. Paquet): M. le ministre.
M. Bachand (Outremont): Moi, ce que je comprends -- et c'est une rédaction qui est complexe, mais ça, je le comprends -- c'est qu'on traite l'entreprise de services monétaires. Par ailleurs, si l'entreprise de services monétaires permet au commerce de grande surface que des employés de ce commerce-là mettent des liquidités et donc touchent au cash, alors ces employés-là soit doivent être couverts ou soit, pour soumettre le cas de Western Union avec Wal-Mart, que le répondant, dans ce cas-là, parce qu'on est dans le guichet, on n'est pas dans les bureaux de change, etc., que le répondant soit couvert et tienne les registres. C'est ce qu'on vise actuellement.
Le Président (M. Paquet): Me Desbiens?
Mme Desbiens (Geneviève): Si vous voulez que je complète?
M. Marceau: Oui, allez-y.
Mme Desbiens (Geneviève): Si -- prenons l'exemple d'IGA encore -- IGA est le locateur, et ses employés sont ceux qui approvisionnent le guichet en argent, il est visé par la loi, deuxième alinéa de l'article 4. Il devra... IGA devra détenir un permis d'exploitation de guichet automatique si c'est ses employés qui fournissent l'argent, qui placent l'argent dans le guichet automatique. Naturellement, IGA n'aura pas, encore là, à fournir ses états financiers, parce qu'on l'a exclu par amendement. Mais, si les employés d'IGA doivent avoir accès à la machine, IGA devra détenir le permis.
Le Président (M. Paquet): M. le député de Rousseau.
M. Marceau: Oui, pour conclure. Donc, toute personne ayant accès de près ou de loin au guichet automatique ou toute entreprise qui emploie une personne ayant accès au guichet automatique doit montrer patte blanche?
Mme Desbiens (Geneviève): Et voilà.
M. Marceau: Merci.
Le Président (M. Paquet): Merci. Oui, M. le député de...
M. Ouellette: Oui?
Le Président (M. Paquet): ...de Chomedey.
M. Bergeron: Es-tu sur ce sujet-là? Parce que, moi, je suis sur le même sujet, Guy.
M. Ouellette: Mais, go, vas-y.
M. Bergeron: Non, mais...
M. Ouellette: Non, je ne suis pas sur ce sujet-là, je suis sur une autre chose.
Le Président (M. Paquet): Alors, M. le député de Verchères.
M. Bergeron: M. le Président, juste pour peut-être clore ce sujet particulier, moi, j'aurais une question fort simple: Pourquoi a-t-on décidé d'exclure de l'obligation de présenter des états financiers...
Je comprends très bien l'argument présenté par le ministre, il y a quelques instants, par rapport au fait que l'article 29 vient couvrir la préoccupation qui était la mienne, là, mais pourquoi a-t-on décidé d'exclure de l'obligation de présenter des états financiers pour les entreprises exploitant des guichets automatiques, mais qu'on maintient cette obligation-là pour les entreprises de change de devises, de transfert de fonds, d'émission, de rachat de chèques de voyages, de mandats ou de traites, ou d'encaissement de chèques?
Est-ce que l'article 29 ne suffirait pas à nous assurer qu'on retrace les activités du crime organisé dans les opérations de ces entreprises-là? Pourquoi, dans le cas de ces entreprises-là, on a besoin d'avoir les état financiers puis que, tout à coup, on n'a plus besoin d'avoir les états financiers pour les entreprises exploitant des guichets automatiques?
Le Président (M. Paquet): M. le ministre.
M. Bachand (Outremont): M. le Président, j'aurais deux -- c'est une bonne question -- deux réponses à ça. Premièrement, on a répondu aux préoccupations des gens qui sont venus nous... nous témoigner ici. Et, dans ce cas-là, à cause des entreprises de grande surface dans lesquelles sont des guichets automatiques, il y avait une problématique particulière, puis on ne voulait pas, pour les raisons dont on a convenu, couvrir ça.
Par ailleurs, les autres qui sont venus, qui opèrent, par exemple, des bureaux de change... qui sont venus -- des bureaux de changement de chèque, etc. -- n'ont pas soulevé de préoccupation par rapport à ce qui était exigé dans la loi. Et peut-être que c'est le type de commerce où l'information globale est plus utile aussi d'en avoir un petit peu plus, comme ça ne vient pas nuire à l'ensemble du commerce. Alors, ils n'ont pas demandé d'être exclus, alors on a répondu aux préoccupations des témoins, au fond.
M. Bergeron: Est-ce qu'il n'aurait pas été...
Le Président (M. Paquet): M. le député de Verchères.
M. Bergeron: Une petite complémentaire. Est-ce qu'il n'aurait pas été plus sage, pour répondre, effectivement, à la préoccupation très pointue qui a été soulevée par les témoins, de simplement chercher à exclure les grandes surfaces dans lesquelles sont établis des guichets automatiques ou sont loués des espaces pour opérer des guichets automatiques que d'exclure complètement les entreprises exploitant des guichets automatiques?
Le Président (M. Paquet): M. le ministre.
M. Bachand (Outremont): Oui, M. le Président, je me souviendrai toujours... je me souviens toujours du débat sur les heures d'ouverture avec l'autre député de Rousseau, et qui a fini en bâillon, mais où... quand on touche à... C'est parce que la définition d'un commerce, si on le fait par superficie, on ne s'en sort pas... Par exemple, tous les Couche-Tard, où la plupart ont des guichets et... Donc, ce n'est pas nécessairement la superficie du commerce qui est le critère, mais en...
Le cas des Couche-Tard, je pense, c'est une des grandes institutions financières qui fournit les guichets, mais ça pourrait être une entreprise parmi les milliers de commerçants, mais... Donc, c'est l'entreprise qu'on veut assujettir, de services monétaires, ce n'est pas les états financiers de Couche-Tard ou du dépanneur, hein? C'est pour ça que ce n'est pas le critère de tête. Et ça nous a été soulevé par des gens qui opèrent des grands commerces, parce que c'était un vrai cauchemar, mais cette même réalité là s'applique aussi pour des commerces de plus petite surface.
M. Bergeron: C'est parce que le problème, M. le ministre, c'est qu'on n'exclut pas que les Couche-Tard, on exclut également les entreprises qui exploitent des guichets automatiques dans les Couche-Tard, et c'est ça, là, la nuance. On aurait peut-être dû formuler l'article de telle sorte d'exclure les commerces dans lesquels sont établis ou sont loués des espaces pour un guichet automatique plutôt que d'exclure carrément toutes les entreprises qui exploitent des guichets automatiques.
Alors, la préoccupation était à l'effet d'exclure, effectivement, de l'application... de l'obligation de présenter des états financiers les entreprises dans lesquelles est situé... est... opère un guichet automatique, où est loué un espace pour un guichet automatique.
Mais là ce qu'on fait, c'est qu'on exclut de l'application... ou de l'obligation de présenter des états financiers l'ensemble des entreprises qui exploitent des guichets automatiques. Alors, on a répondu beaucoup plus largement à la préoccupation qui nous a été présentée, et je cherche à comprendre pourquoi on a élargi autant, alors que tout ce qui nous était demandé, c'était, au fond, d'exclure de l'obligation de présenter les états financiers les entreprise à l'intérieur desquelles se trouve un guichet automatique qu'ils n'exploitent pas eux-mêmes.
Alors, je comprends, là, qu'il y a une difficulté à définir la taille ou le type de commerce, mais je pense qu'il est assez clair qu'on peut établir une distinction entre l'entreprise qui exploite le guichet automatique et l'entreprise à l'intérieur des murs de laquelle on retrouve ce guichet automatique. Or là, on n'a pas exclu de l'obligation de présenter les états financiers uniquement les entreprises à l'intérieur des murs desquelles on retrouve un guichet automatique, mais on a exclu de l'obligation de présenter les états financiers l'ensemble des entreprises qui exploitent des guichets automatiques.
Et là, pour moi, il y a comme un problème. Or, il n'y a peut-être pas de problème, en fait, mais je ne comprends pas pourquoi on a exclu de l'obligation de présenter les états financiers l'ensemble des entreprises qui exploitent un guichet automatique, alors qu'il n'y a pas eu cette demande-là, là.
Que je sache, les témoins ne nous ont pas dit ça. Ils nous on dit: Écoutez, moi, dans mon commerce, il y a un guichet automatique que je n'exploite pas. Pourquoi je serais obligé de présenter mes états financiers? C'est légitime comme préoccupation. Mais on n'a pas exclu que ce commerce-là, on a exclu également l'entreprise qui opère, qui exploite le guichet automatique à l'intérieur duquel... qui se retrouve à l'intérieur des murs de l'entreprise qui demandait à ne pas avoir à présenter ses états financiers.
Le Président (M. Paquet): M. le ministre.
** (11 h 50) **
M. Bachand (Outremont): Oui, M. le Président. Ce qu'on m'indique, et les experts du ministère qui sont en contact, tout ça, avec les policiers, c'est qu'autant, pour les autres entreprises, les états financiers sont intéressants, là, personne ne s'est... autant, pour les entreprises de guichets automatiques, ce n'est pas les états financiers qui nous intéressent, c'est tout ce qui est contenu à l'article 29, c'est les registres, c'est les tracés de liquidités, etc. Et c'est pour ça que la rédaction a été faite comme ça.
Le Président (M. Paquet): M. le député.
M. Bergeron: Je prends acte de la réponse du ministre. Je comprends qu'il faut croire sur parole ce qu'on nous dit là, puis c'est correct, mais ma préoccupation demeure, M. le Président.
Le Président (M. Paquet): M. le député de Chomedey.
M. Ouellette: Merci, M. le Président. Moi, ma préoccupation est sur un mot qui est dans... à l'article 6, et qui est le mot « adresse » parce que, quand on mentionne, là, au paragraphe 1° ou au paragraphe 4°, que le document indiquant... doit comprendre... une liste doit comprendre le « nom, la date de naissance [et] le cas échéant, l'adresse » , juridiquement ou légalement, j'aimerais ça que Me Desbiens ou que Me Boivin m'indique ce qu'on entend par « adresse » .
Et est-ce que c'est l'adresse de la résidence principale? Est-ce que c'est l'adresse du chalet? Est-ce que c'est l'adresse du condo en Floride? Est-ce que c'est le casier postal? Est-ce que c'est la route rurale? Et j'aimerais ça avoir un petit peu plus de détails, quitte à ce qu'on complète le mot « adresse » en rajoutant... Parce que le Code civil parle beaucoup de... parle de patrimoine, de la résidence principale, là, ce serait peut-être intéressant. Mais j'aimerais ça juste qu'on m'explique et que...
Le Président (M. Paquet): M. le ministre.
M. Bachand (Outremont): Oui. C'est une question juridique importante, je vais demander à Me Desbiens peut-être de répondre.
Le Président (M. Paquet): Me Desbiens.
Mme Desbiens (Geneviève): Alors, naturellement, nous, ce qu'on visait, c'était l'adresse de la résidence principale. Effectivement, ce n'est pas inscrit. Je ne peux pas me prononcer sur les questions d'opportunité, mais peut-être que ce serait judicieux de l'indiquer.
Une voix: M. le Président...
Le Président (M. Paquet): M. le ministre.
M. Ouellette: ...résidence principale.
Mme Desbiens (Geneviève): Oui, bien oui.
M. Ouellette: C'étaient des résidences secondaires, tertiaires... C'est ça.
M. Bachand (Outremont): M. le Président, c'est... Donc, vous suggérez peut-être d'apporter un amendement? On va suspendre l'article 6, M. le Président.
Le Président (M. Paquet): D'accord, ou on peut procéder peut-être au vote? D'abord, il y a déjà un amendement en discussion, rien n'empêche d'avoir un deuxième amendement, et on doit le faire subséquemment pour ne pas faire deux amendements en même temps, là. Alors donc, est-ce qu'on serait prêts à procéder?
M. Bachand (Outremont): ...amendement, M. le Président.
Le Président (M. Paquet): Donc, vous retireriez l'amendement ou vous voulez faire un sous-amendement autrement dit, donc? Ou vous pouvez en faire un deuxième. C'est plus simple... c'est aussi simple de faire un deuxième amendement, là, ce n'est pas... Juste pour les fins du procès-verbal, là. D'accord? Oui, ça me prend une version écrite... bien sûr.
Alors donc, est-ce que l'amendement à l'article 6 est adopté, l'amendement en discussion présentement?
Des voix: Adopté.
Une voix: Oui, celui-là, oui.
Le Président (M. Paquet): Adopté. Et donc il y a un deuxième amendement proposé, donc: d'insérer dans le paragraphe 1° et après les mots « l'adresse et le numéro de téléphone » , les mots « de la résidence principale » .
D'autres discussions sur cet amendement-là? Ça va? Est-ce que cet amendement est adopté?
Des voix: Adopté.
Le Président (M. Paquet): Adopté. Nous arrivons à l'article tel qu'amendé. Y a-t-il d'autres discussions ou échanges? M. le député de Chomedey.
M. Ouellette: M. le Président, on va rajouter « résidence principale » au paragraphe 1° et au paragraphe 4°, à chaque place qui a le mot « adresse » , là? Parce qu'il y a la liste du premier paragraphe, là.
Une voix: Non, mais ça, c'est une entreprise par exemple.
M. Ouellette: Non, je parle au paragraphe 4° quand on parle des prêteurs, c'est drôlement important d'avoir leurs adresses de résidence principale.
Le Président (M. Paquet): S'il y a consentement, on va réouvrir... autrement dit, on va prendre l'amendement qu'on avait. Donc, je réouvre l'amendement qui vient d'être adopté, il y a consentement. Nous allons le reformuler de façon à ce que: Insérer dans les paragraphes 1° -- est-ce qu'il y a d'autres que 4°? -- et 4°, et après les mots « l'adresse et le numéro de téléphone » , les mots « de la résidence principale » .
Une voix: Et le paragraphe 2° aussi.
Le Président (M. Paquet): 2° aussi? Il y a 2° aussi.
M. Ouellette: 2°, c'est le mandataire, c'est pour l'adresse de la compagnie.
Le Président (M. Paquet): 2°, c'est le mandataire, c'est autre chose. Est-ce que vous voulez préciser là aussi?
M. Ouellette: Non, c'est juste 1° et 4°. 2°, voulez-vous le préciser?
Le Président (M. Paquet): Me Desbiens.
Mme Desbiens (Geneviève): 2°, c'est parce que le mandataire pourrait être une compagnie, ça fait que la résidence principale d'une compagnie, ce n'est pas élégant.
Le Président (M. Paquet): Non, vous avez raison.
Mme Desbiens (Geneviève): Dans le cas de la compagnie, on pourrait demander l'adresse de son siège et de ses établissements, là, on n'aurait pas besoin de le préciser.
Le Président (M. Paquet): Là, on n'a pas à le préciser, ça va de soi, là, que, si c'est une compagnie, ça va être l'adresse de la compagnie.
Mme Desbiens (Geneviève): Naturellement, si le mandataire est une personne physique qui n'est pas une société ou une compagnie, là... Là, ça prendrait peut-être des discussions pour voir.
Le Président (M. Paquet): D'accord. Est-ce que vous voulez... est-ce que vous suggérez peut-être qu'on suspende à ce moment-ci puis qu'on... pour la formulation?
M. Bachand (Outremont): C'est ce que je voulais suggérer il y a cinq minutes, M. le Président.
Le Président (M. Paquet): Mais comme...
M. Bachand (Outremont): Comme il est 11 h 55, on pourrait faire l'article 7 et on reviendra le temps que les légistes réfléchissent à la rédaction précise.
Le Président (M. Paquet): D'accord. D'accord. Mais, comme on m'avait proposé une version écrite, c'est pour ça que je vous l'ai proposée comme on me l'a distribuée.
M. Bachand (Outremont): Non, tu l'as demandée, ça.
Le Président (M. Paquet): Alors donc, est-ce que... Alors donc, on suspend l'article, l'amendement, et on suspend l'article 6. Nous arrivons à l'article 7. M. le ministre.
M. Bachand (Outremont): M. le Président. l'article 7, un
article très important sur: « L'autorité avise la Sûreté du Québec et le corps de police établi sur le territoire municipal local où l'entreprise prévoit offrir les services monétaires qu'une demande de permis d'exploitation a été présentée par cette entreprise de services monétaires. L'autorité transmet avec cet avis les renseignements nécessaires à la délivrance, par la Sûreté du Québec, d'un rapport d'habilitation sécuritaire. »
Et bien sûr l'article 8 viendra faire le complément, mais on va...
Le Président (M. Paquet): Nous sommes à l'article 7. M. le député de Rousseau.
M. Bachand (Outremont): Nous sommes à l'article 7.
M. Marceau: Oui, bien, moi, qui... Je ne suis pas familier avec le concept de « rapport d'habilitation sécuritaire » . Est-ce que vous pourriez nous dire ce que c'est, s'il vous plaît? Richard...
Le Président (M. Paquet): Me Boivin.
M. Boivin (Richard): Oui, c'est prévu dans le cahier du ministre, M. le Président. Mais, en fait, c'est un rapport fourni par la Sûreté du Québec à l'égard de la personne concernée et qui déclare que celle-ci n'a pas été coupable d'infractions qui sont visées par la loi ou qu'elle a des moeurs tout à fait correctes.
M. Bachand (Outremont): Si vous permettez, M. le Président, des fois, c'est pour ça que j'aime ça, prendre les articles un à la suite de l'autre, parce que la réponse se trouve à l'article 8. Parce qu'à l'article 8, le deuxième alinéa, on voit que -- on le reprendra tout à l'heure -- « le rapport d'habilitation sécuritaire indique la présence ou l'absence d'antécédents judiciaires ou de bonnes moeurs. [...]il indique s'il existe un [refus de motif] visé aux paragraphes [de l'article] » . Alors, il est plus expliqué à cet endroit-là.
Le Président (M. Paquet): M. le député de Rousseau.
M. Marceau: Oui. Donc, le concept de « rapport d'habilitation sécuritaire » , au sens générique, ça ne désigne pas quelque chose de particulier; ça doit nécessairement être défini dans un
article ultérieur, c'est ça?
M. Boivin (Richard): En fait, c'est une appellation qu'on a prévue pour les fins de cette loi-là. Alors, on aurait pu l'appeler différemment. Tout simplement, on veut avoir de la Sûreté du Québec un rapport qui va déterminer que les personnes visées respectent la loi, n'ont pas d'antécédent judiciaire incriminant et ont des bonnes moeurs.
M. Marceau: Très bien. Merci.
Le Président (M. Paquet): Ça va? M. le député de Verchères.
M. Bergeron: M. le Président, j'ai également inte