Labour and the Economy — 14 May 2015 (41st Legislature, 1st Session)
CET 2015-05-14
Quebec — Committees
Projet de loi n° 42 : le transfert des responsabilités de la
Loi sur les normes vers la
Commission des droits, de la santé et
sécurité du travail, CDSST. Le projet de la CDSST est silencieux sur la
protection des missions des organismes fusionnés, nous ne retrouvons
aucune mention de différentes divisions qui viendraient assurer une étanchéité
des trois missions. L'ampleur de l'organisation CSST, comparée à celle de la
CNT ou de la CES, donne à penser que les missions
des actuelles CNT et CES seront noyées dans le lot. Or, ce sont les femmes qui
seront le plus touchées, car elles sont
plus souvent non syndiquées et victimes de discrimination systémique. C'est
pourquoi nous recommandons de créer trois divisions spécifiques et
étanches pour assurer le respect des missions de chacune des commissions
fusionnées.
Assurer la protection des droits des
non-syndiqués. Comme nous l'avons démontré, la Commission des normes a déjà
réduit ses services, et, sachant que bon nombre de salariés non syndiqués
trouvent complexe l'exercice de leurs droits
à la Commission des normes, c'est particulièrement le cas des personnes les
plus vulnérables et les plus à risque
d'infractions à la
Loi sur les normes. On peut parler, par exemple,
qu'actuellement le temps consacré à répondre aux demandes d'information
à la Commission des normes est très court, les préposés ne prennent pas
toujours le temps d'explorer tous les
recours possibles. Avec la fusion de trois organismes aux missions si
différentes, il faudra s'assurer que les
préposés au nouveau guichet unique accorderont tout le temps et l'attention
nécessaires aux personnes qui appellent pour leur fournir une
information claire et complète sur toutes les lois qui pourraient les
concerner.
Il faut aussi
protéger le droit à la représentation légale gratuite. Advenant la perte de
cette représentation légale, la plupart
des non-syndiqués, n'ayant pas les moyens de défrayer les coûts d'un avocat,
n'auront d'autre choix que de se représenter
eux-mêmes, de se désister de leur plainte ou d'accepter des ententes à rabais,
très loin de ce que la jurisprudence prévoit
comme réparation. Les employeurs, conscients de ce fait, seront moins enclins à
faire des offres dignes d'intérêt, ce qui augmente aussi le risque
d'infraction aux normes, parce que peu d'impact réel sur l'employeur.
De même, les salariés non syndiqués doivent
avoir accès à un avis juridique avant la médiation. Les ententes conclues en médiation viennent diminuer le recours
aux tribunaux, et donc les coûts de la justice, mais encore faut-il que les ententes améliorent le sort des personnes
lésées. C'est pourquoi nous recommandons que les travailleuses et
travailleurs non syndiqués retrouvent
l'accès à un avis juridique gratuit avant la médiation et que les travailleuses
et travailleurs non syndiqués conservent l'accès à une représentation
légale gratuite pour la poursuite de leurs recours. Je cède la parole à Nadine
Vermette.
Vermette (Nadine) : Alors, maintenant, au sujet de la gouvernance, on
ne voit pas dans le projet de loi actuel la place de la LNT au niveau de la vice-présidence tel qu'il est
proposé, là, pour la portion équité salariale. Donc, notre prochaine
recommandation serait de nommer une vice-présidence pour chaque mission de la
nouvelle CDSST.
Une autre de
nos préoccupations est au sujet du manque de transparence inquiétant et de la
concentration du pouvoir prévue à
l'article 260 du projet de loi. Je comprends que mardi soir il a été
question de ça et qu'il y a une correction, là, qui sera faite à ce niveau-là, mais, bon, tout de
même, dans notre mémoire, nous l'avons laissée, donc recommandation 5
que nous présentons : Que tout projet
de règlement en vertu de l'article 260 du présent projet de loi soit
soumis aux règles actuelles de publication et de consultation.
Ensuite, concernant la composition du conseil
d'administration de la CNT, actuellement il doit respecter la parité, l'équilibre entre le milieu des salariés
et celui des employeurs, selon l'article 8 de la présente LNT. Cet
article
sera aboli dans le projet de loi. Donc,
qu'en sera-t-il de la représentation spécifiquement des non-syndiqués auprès du
conseil d'administration?
Alors, nous,
notre recommandation 6 serait de réserver un poste pour une personne
représentative de la réalité des travailleuses et travailleurs non
syndiqués au sein du conseil d'administration de la CDSST et que cette personne
soit nommée par la
partie syndicale après
consultation avec les organismes de défense des droits des non-syndiqués. Il
faut que cette personne ait connaissance de
la situation terrain et de la
Loi sur les normes du travail, de ses recours et
de ses processus.
Enfin, sur un autre sujet, donc au niveau des
économies prévues de ce projet de loi, on se questionne sur les économies
réelles lorsqu'on pense à toute la formation du personnel qui sera nécessaire
pour bien connaître trois lois qui sont
aussi spécifiques et techniques que celles-là, les dépenses aussi au niveau de
la concordance des documents, des sites
Internet, les coûts liés à la compatibilité des systèmes informatiques, qui ont
tendance à exploser facilement. Alors, ce sont des exemples qui nous
amènent à questionner, disons, la véritable économie.
Ensuite, bien
sûr, le projet de loi ne met pas en doute la
Loi sur les normes comme telle,
mais l'application d'une loi comme
celle-ci est menacée, car une loi comme celle-là ne peut s'appliquer que
lorsqu'on lui donne les moyens et les ressources nécessaires pour le
faire. Et ainsi la diminution prévue du taux de cotisation des employeurs
annonce une réduction, en fait, de
l'enveloppe de la mission LNT de près de 8,5 millions, et le financement
de l'équité salariale, comme on le
sait, relèvera de la même enveloppe. Ça représente donc environ
17 millions de moins pour assumer les missions LNT et équité salariale. Considérant déjà les
services moins présents dont Carole vous a parlé plus tôt, il y a lieu, je
pense, de s'inquiéter à ce niveau-là. Donc,
nous recommandons l'annulation de la réduction des cotisations des employeurs
et l'augmentation, plutôt, des ressources
financières et humaines pour que la division normes du travail de la CDSST
assure une meilleure application de la loi et réponde aux réels besoins des
travailleuses et travailleurs non syndiqués.
Ensuite, en
ce qui concerne spécifiquement l'inclusion de la Commission de l'équité salariale
dans ce projet de fusion, Au bas de l'échelle, comme...
Le Président (M.
Cousineau) : Mme Vermette, le temps est terminé, mais je
vais vous permettre un autre deux minutes pour que les gens comprennent bien ce
que vous avez à nous dire.
Mme Vermette
(Nadine) : D'accord. Bien, en fait, sur l'équité salariale — merci, M. le Président — sur l'équité salariale, en fait, nous
appuyons les recommandations qui vous ont été présentées par le CIAFT mardi.
Mme Paquin (Ghislaine) : En ce qui
concerne le tribunal...
Le Président (M. Cousineau) :
Mme Paquin, je crois.
Mme Paquin
(Ghislaine) : Oui, c'est beau. Mme Paquin. En ce qui concerne le
tribunal, ce qui nous inquiète, c'est
le manque d'étanchéité des divisions. Qu'en sera-t-il de la spécificité des
missions et des pratiques? Les commissaires provenant de la CLP
devront-ils entendre des plaintes de congédiement injuste?
Les objets
des lois concernées sont très différents. La CSST et la CLP gèrent leurs
plaintes un peu comme le fait une
compagnie d'assurance. De plus, la LATMP établit un régime sans faute. Alors,
d'un côté, on a la CRT qui doit décider si les employeurs se sont rendus
coupables d'une infraction à la LNT et, de l'autre côté, on a la CLP où on n'a
pas à prouver la faute de l'employeur. De plus, la CLP et la CRT n'ont pas les
mêmes pouvoirs de réparation. Donc, nous recommandons que les divisions prévues
pour le nouveau tribunal du travail soient étanches tant au niveau du budget
que des ressources.
Est-ce qu'on va exiger que les nouveaux membres
du tribunal aient toutes les qualités requises et une expérience de 10 ans à l'exercice de toutes ces lois? Si cette
exigence de compétence a plutôt rapport à une seule division, alors que se passe-t-il si un membre d'une division
est affecté à une ou plusieurs divisions ou change carrément
d'affectation, temporairement ou définitivement?
En ce qui a trait à la nomination des
conciliatrices et conciliateurs, est-ce que ces personnes-là...
Le Président (M. Cousineau) :
En conclusion, Mme Paquin, en conclusion.
Mme Paquin
(Ghislaine) : En conclusion, donc, on aimerait que les exigences au
niveau de la connaissance et de l'expérience
que doivent avoir les membres du tribunal pour être embauchés s'appliquent à
chaque division, que ce soit pour un poste permanent, ou une affectation
temporaire, ou un changement d'affectation, et qu'il en soit de même pour les
conciliatrices et conciliateurs.
Le Président (M. Cousineau) :
Merci. Merci, madame. Alors, M. le ministre, 16 min 30 s.
Hamad :
Parfait. Merci, M. le Président. Mme Paquin, Mme Vermette,
Mme Henry, merci d'être là. Puis je veux vous féliciter et remercier de votre travail pour les salariés non
syndiqués et surtout les gens qui en ont besoin, de défense, qui ont besoin de support. Puis
évidemment ces gens-là n'ont pas la vie facile, mais au moins c'est des gens
qui travaillent puis ils veulent partir le
matin, aller travailler puis gagner leur pain. Moi, je suis fier de ces
gens-là, je suis fier parce que ces
personnes-là font l'effort d'aller travailler. Évidemment, malheureusement, ils
n'ont pas les salaires qu'ils souhaitaient,
mais un jour je souhaite qu'ils atteignent leur objectif. Mais au moins il y a
des groupes comme vous qui sont généreux, qui sont là pour les défendre.
Et bravo! Merci.
Merci pour le
mémoire. Je trouve que votre mémoire, il est équilibré, il est... Il y a des
revendications tout à fait normales de votre part, puis il y a des
bonnes idées, puis il y a des choses qu'on va le faire, on va respecter, dans
vos demandes. Et, par exemple, trois
divisions spécifiques et étanches pour assurer le respect des missions de
chacune des commissions fusionnées,
en fait on l'a toujours dit, la mission est protégée, il n'y a pas de... ce
n'est pas une fusion de cultures,
c'est une fusion de structures, donc les cultures doivent demeurer. Alors,
étanche, on ne fera pas de mur étanche, les gens vont travailler
ensemble, mais les missions vont être étanches, les missions vont être protégées.
Mais vous comprendrez qu'on appelle ça, le
bon français, «back office», là. Ça, tout le monde peut le partager, puis c'est
normal. Donc, ça, c'est bon, et on répond à votre demande.
L'avis
juridique gratuit avant la médiation, vous parlez de la Commission des normes,
hein, la Commission des normes, que vous voulez avoir un avis juridique?
Le Président (M. Cousineau) :
Mme Henry.
Mme Henry (Carole) : Ça n'existe
plus maintenant. Ce qu'on dit, c'est que...
Hamad : Oui, mais
la Commission des normes, vous parlez?
Mme Henry (Carole) : Oui.
Hamad : À la
Commission des normes, O.K.
Mme Henry
(Carole) : Oui. Avant, il y avait un avis juridique, donc la personne
pouvait connaître la valeur de son dossier puis ce qu'elle pouvait
négocier en médiation.
Hamad : Oui. Oui, oui.
Henry (Carole) : Depuis qu'il n'y a plus ça, bien, les ententes sont
moins bonnes, alors souvent les gens, ils
vont décider de poursuivre jusqu'à la prédécisionnelle de la CRT, donc ça coûte
beaucoup plus cher. Donc, s'il y avait de l'aide à ce niveau-là,
peut-être que les plaintes se régleraient.
Hamad : Mais juste... C'est une bonne idée, une bonne idée.
Juste, je vous dirai, là, moi, je ne suis pas avocat, mais un avocat ne vous garantit jamais ni la
victoire ni la défaite, hein, c'est 50-50. Ça fait que, si l'avis dit que vous
avez 50 % de chances de gagner, ce que souvent ils disent le cas, en fait,
ils ne se trompent pas.
Henry (Carole) : C'est plus sur la grandeur, puis sur les réparations
prévues par la loi, puis, sur la grandeur, genre, si vous alliez jusqu'à la Commission des relations du travail,
qu'est-ce que vous pourriez obtenir mais compte tenu de certains facteurs, donc ça donne un ordre de
grandeur. Parce que souvent, les gens, quand ils ont été lésés dans leurs
droits, il y a beaucoup de colère, il y a une perte de...
Hamad :
...pas garanti, là, ils ne peuvent pas...
Henry (Carole) : Non, mais souvent les gens, ils ont trop
d'attentes... ou en tout cas ils n'ont pas de mesure. D'avoir une
mesure, ça les aide.
Hamad : Oui, je comprends. Oui, oui, je comprends. Mais,
vous savez, demander à un avocat de donner un avis juridique, puis il se trompe, après ils ne seront pas contents, là,
ils n'aimeraient pas ça. Ils vont se protéger, ils vont donner un avis qui est plus... Et c'est le cas de
la députée d'Arthabaska et... alors elle ne vous donnerait pas... ou un
notaire, la députée de Repentigny. Mais,
vous comprendrez, quand vous allez demander quels sont... donnez-moi un avis
juridique, mes chances de gagner ou d'avoir ça... Ce n'est pas ça?
Mme Henry
(Carole) : Ce n'est pas tout à fait de cet ordre-là.
Hamad : O.K. Bon, regardez, ce qu'on va faire, on va
demander à nos gens dans le juridique de parler avec vous après pour
comprendre exactement, mais je comprends l'idée. L'idée est bonne, l'idée est
bonne. Là, vous avez deux sur deux, à date, là. Vous allez en avoir plus que
deux.
L'accès à une
représentation légale gratuite pour la poursuite de leurs recours. Dans quoi,
ça? C'est...
Mme Henry
(Carole) : ...dans la CRT.
Mme Henry
(Carole) : La Commission des relations du travail.
Hamad :
La CRT. La CRT, O.K. Actuellement, ce n'est pas le cas?
Une voix :
C'est le cas.
Mme Henry
(Carole) : C'est le cas actuellement, donc on ne veut pas que ce soit
perdu.
Hamad :
Bien là, c'est trois sur trois, là.
Mme Henry
(Carole) : Mais c'est parce que...
Hamad :
C'est gagné.
Mme Henry
(Carole) : Oui, mais, si on...
Hamad :
Bien, on ne change pas, nous autres, là.
Mme Henry
(Carole) : Par exemple, imaginons un cumul des recours. Du côté de la
CSST, il n'y a pas de représentation légale gratuite. Du côté de la CRT, il y
en a une.
Hamad : Oui, mais, encore une fois, fusion de structures,
pas une fusion de cultures. Puis si actuellement on change...
Juste vous dire une chose : La loi qu'on fait là, là, elle fait juste la
structure, on ne change pas dans les droits qui sont là, là. On ne change pas la Loi de l'équité salariale, on ne
change pas la loi... la LNT, la santé et sécurité, on ne change pas. Donc, les pratiques, actuellement, ne sont pas changées, juste vous rassurer là-dessus.
Donc, celui-là, je considère, si c'est déjà le cas, il n'y a pas de
changement.
On continue. Un vice-président pour chaque division, en passant, c'est le cas aussi. Donc, ça fait
quatre sur quatre. On va arrêter là.
Mme Henry
(Carole) : On va sortir d'ici très, très riches.
Hamad :
260, on va en discuter, là, on a dit qu'on va le regarder, ça se peut qu'on
n'en ait pas besoin, là. Alors, cinq... quasiment quatre et demi, mettons.
vous voulez que la
partie syndicale approuve votre représentation du conseil, ce que j'ai compris, là. Là,
vous êtes non syndiqués ou syndiqués, là?
Mme Paquin
(Ghislaine) : On est non syndiqués, mais on veut que la...
Hamad :
Je n'ai rien contre, là, mais juste comprendre, là.
Paquin (Ghislaine) : On veut que la personne qui représenterait les
non-syndiqués soit réellement du côté employés, travailleurs, parce
qu'on a eu une expérience avec le C.A. de la Commission des normes du travail
où on nommait quelqu'un que personne ne
connaissait, qui pouvait avoir une position très propatronale puis qui était
supposé de représenter les non-syndiqués. Ça fait que, pour s'assurer que cette
personne-là représente vraiment...
Hamad :
Et vous pensez que, si ça venait du côté syndical, c'est sûr, même si
personne ne le connaissait, il va être bon?
Mme Paquin
(Ghislaine) : Après consultation, après consultation.
Hamad :
Après... Avec les syndicats?
Mme Henry
(Carole) : Les syndicats doivent nous consulter.
Mme Paquin
(Ghislaine) : Oui, ils doivent nous consulter.
Hamad :
Vous voulez vous assurer que les autres ont dit : Bien, c'est un
ex-syndiqué, donc c'est bon, là, de protéger ça?
Mme Paquin
(Ghislaine) : Pas nécessairement, non, parce que...
Hamad :
Je vous agace, en passant, hein, juste qu'on...
Mme Henry
(Carole) : Personnellement, je n'ai jamais été syndiquée.
Mme Paquin
(Ghislaine) : On précise un peu la formation puis le...
Hamad :
O.K., oui, oui, je comprends. O.K. Bon là, qu'est-ce que...
Mme Paquin
(Ghislaine) : Comme disait Nadine, elle doit avoir une expérience
terrain, là.
Hamad : Parfait, O.K., je comprends. Je vous fais parler
pour le fun, là, je n'ai rien contre, là. Mais, réduction des
cotisations des employeurs, c'est quoi que vous avez contre ça?
Mme Paquin
(Ghislaine) : Bien, c'est que ça diminue le budget de la Commission
des normes du travail.
Hamad : Non, c'est
l'économie qu'on fait. On ne diminue pas le budget, on fait des économies.
On gère mieux, on met du monde ensemble, on utilise les forces de tout
le monde. Tout le monde doit être gagnant.
Mme Vermette
(Nadine) : ...ce sur quoi on voulait attirer votre attention, c'est
qu'il y a quand même une diminution, si on
prend l'enveloppe normes du travail et équité salariale, il y a quand même
une diminution du budget...
Une voix :
On met les deux dans la même enveloppe.
Mme Vermette
(Nadine) : ...compte tenu, comme on vous disait, déjà des services en
saison de restrictions budgétaires que l'on voit, la diminution des services.
C'est difficile de croire que ça va être autrement.
Hamad : Mais là
vous allez... Oui, mais je vais vous le dire, là, en fait vous avez oublié de
mentionner la CSST, et les trois ensemble, là, c'est 454 millions
de budget.
Une voix : Mais je ne pense
pas que...
Hamad : On va
enlever 8 millions, c'est
1,7 % de réduction, et on ne le fait pas sur le personnel
permanent, on le fait sur l'attrition. Et,
sur l'attrition, il y a 400 personnes qui vont prendre leur retraite, on dit :
80, on ne renouvellera pas, parce qu'on va utiliser des services
communs. Alors, il n'y en a pas, de coupure de services.
Mme Paquin
(Ghislaine) : Est-ce que ça veut dire que le budget de la CSST va être
mis dans le même pool que le budget de la Commission des normes ou de la
division normes du travail?
Hamad :
Bien, en fait, il va y avoir un budget, ça va être une organisation, et vous
autres, vous allez avoir... pas vous
autres, la CNT, l'Équité salariale peut avoir accès à des services qui sont
déjà là à la CSST, c'est mettre les... En fait, les missions, là, en avant, là, la CSST, ce qu'elle fait, ça se
maintient, mais tout ce monde-là vont faire appel à un service juridique, un service de communication,
informatique, gestion, administration. C'est là, là. Le «back office»,
qu'on appelle en bon français, là, il va y avoir des économies.
Mme Paquin
(Ghislaine) : Mais ça nous inquiète un peu, la question, par exemple,
des services juridiques, parce que,
comme on disait, les objets des lois sont tellement différents que, je veux
dire, la culture d'entreprise, d'organisme de la CSST va déteindre
énormément sur cette nouvelle commission.
Hamad :
...les avocats, dans le service juridique, avec le temps il y a des avocats qui
deviennent spécialisés en une
matière. Eux autres vont continuer à être spécialisés puis ils vont aimer ce
qu'ils font, et les spécialisés dans l'équité salariale vont être là.
Mais
dites-vous une chose : Faites confiance à l'être humain, faites confiance
à l'être humain. Il y en a qui sont inquiets,
il y en a qui ont dit : Si je suis un inspecteur à la CSST, je ne peux pas
faire d'autre chose. Vous avez une preuve ici, là, on est tous des gens qui ont fait pas mal d'affaires dans leur
vie. Puis aujourd'hui, bien, ils deviennent porte-parole d'une matière, puis demain ils deviennent
porte-parole d'une autre matière puis ils font d'autre chose, puis en
général, sauf exception, majoritairement ils sont bons.
Puis, dans la
vie, je pense que les gens peuvent changer de carrière. Hier, je donnais
l'exemple : sur cinq vice-présidents
à la CSST depuis un an, il y en a quatre nouveaux qui n'ont jamais été à la
CSST avant. Ça fait que, dans la vie, ça se peut qu'on fait d'autre
chose.
Mme Paquin
(Ghislaine) : Oui, c'est sûr, mais on peut avoir une perte de
compétence pendant un certain temps.
Hamad :
Bien non, ce n'est pas une perte de compétence parce que quelqu'un s'en va
faire d'autre chose, on va le
remplacer par quelqu'un qui va être compétent aussi. Puis vous, là... N'importe
qui, là, dans la vie, là, il peut, dans sa vie... ça arrive qu'il peut
faire d'autre chose puis il peut devenir compétent.
Mme Paquin (Ghislaine) : Ça veut
dire que dans le même bureau...
Hamad :
Le député de Saint-Jérôme était gestionnaire d'une entreprise; là, il veut être
chef de parti. Bien, ce n'est pas
parce qu'il a été gestionnaire d'entreprise qu'il ne peut pas être bon chef de
parti. Alors, c'est la même chose pour tout le monde.
Mme Paquin (Ghislaine) : Vous voulez
dire, ministre Hamad, que dans le même bureau, là, il va y avoir quelqu'un qui va représenter la division SST puis
essayer d'empêcher le travailleur d'avoir sa réclamation, puis son
collègue va se battre contre lui pour que le même salarié puisse avoir sa
réclamation, s'il y a cumul de recours?
Hamad :
Ça, c'est une bonne question. Ça, ce n'est pas l'expertise, ça, c'est le harcèlement
psychologique. C'est le point, là... En
fait, c'est le seul point que ça chevauche, là, c'est le harcèlement. Le
harcèlement psychologique, là, il y a deux affaires. Il y a lésion due au
harcèlement, c'est-à-dire quelqu'un a été harcelé puis il tombe malade. Ça,
c'est la CLP, puis il n'y a pas de... on ne joue pas là-dedans, c'est la CLP. Quelqu'un
qui se fait harceler, là, il y a poursuite dans les normes du travail. Ça,
c'est autre chose, c'est la Commission des relations du travail. Les deux, là,
sont complètement séparées.
Alors donc,
on ne prendra pas une cause les deux en
même temps à la même
place, on se comprend là-dessus,
parce
que tout... La CLP, c'est les lésions, ça veut dire que je suis malade par
accident de travail ou dû au harcèlement dans le travail. Ça, c'est les conséquences sur ma santé, commission... Donc,
je ne vais plus travailler parce que je ne suis pas capable, je suis malade, Commission des lésions
professionnelles. Mon employeur Marcel, psychologiquement, là, j'ai un
problème de harcèlement psychologique, ça, c'est la Commission des relations de
travail par les normes du travail.
Mme Henry (Carole) : Donc, il n'y
aura pas cumul de recours devant le TAT, on ne va pas entendre...
Hamad : Oui, on va entendre les deux, parce que
les deux sont séparés. Au contraire, il ne faut pas avoir un cumul, parce
que c'est deux sujets complètement différents, deux... pas deux sujets mais
deux causes complètement différentes. Un, c'est les normes du travail; l'autre,
c'est lésions.
Ça se peut,
en passant, quelqu'un qui a un harcèlement, puis après ça il est tombé
malade. Alors là, ça peut arriver, mais c'est deux cas qui vont être
traités comme aujourd'hui.
Mme Henry
(Carole) : Donc, pas de cumul de recours.
Mme Paquin
(Ghislaine) : Donc, l'article 19
qui parle d'un cumul de recours, ce n'était pas ça dont il était question?
Hamad : Bien, ce que je dis, là, c'est que les deux,
comme aujourd'hui, il n'y
a pas de changement. Vous vous
fiez à aujourd'hui, là, il n'y a pas de changement.
On prend les autres rapidement pour donner le
temps à mes collègues de l'opposition. Il y en a une que je ne comprends pas, là. La recommandation 11 et 13 et 14, j'aimerais ça, là... Elles sont toutes dans le même
sujet, là, je ne les comprends pas, là.
Mme Henry (Carole) : C'est parce
qu'on n'a pas eu le temps de faire la présentation, peut-être.
Hamad : Je sais, je
vous... Je sais.
Mme Paquin
(Ghislaine) : C'est une question
de... Bon, à l'article 52, on parle des exigences qu'on doit avoir
pour embaucher des membres au tribunal, au
nouveau tribunal. Alors, ces exigences-là de compétence, d'expérience de
10 ans, on voulait s'assurer que ça
s'applique aux lois pour lesquelles les personnes vont travailler, si on peut
dire, O.K., parce qu'on ne savait pas trop s'il y avait des
divisions, si la personne, elle va se mettre... tout d'un coup elle va avoir
un changement d'affectation puis elle va se retrouver en SST, alors que...
C'était ça, la...
Hamad : Vous avez
raison, vous avez gagné encore. Dans le fond, vous avez une belle journée, à
part les employeurs, là, qu'on... Les cotisations de l'employeur, je vous l'ai
expliqué, pourquoi qu'on le fait, puis je pense que... je n'ai pas vu beaucoup
d'opposition de votre bord, donc on se comprend là-dessus.
Puis l'autre, la 13, c'est la même chose, hein?
Mme Henry (Carole) : C'est la même
chose mais pour les conciliateurs et pour...
Hamad : Oui, c'est la
même chose.
Mme Paquin (Ghislaine) : En fait, il
y a quelque chose de plus dans la 13. C'est qu'on pensait qu'il y aurait cumul des recours, par exemple, pour le
harcèlement psychologique, et qu'on se retrouverait à avoir une audition
pour les deux, puis que l'avocat, tu sais...
Hamad : Oui. On a
dit non, on l'a réglé.
Mme Paquin (Ghislaine) : O.K., il
n'y aura pas ça.
Hamad : Là, dans le
fond, on a passé 14 recommandations ensemble, presque, puis on s'entend,
là. Il y a quelques petits... Dans le fond, là, ce que vous
me dites, là : La fusion, on est d'accord;
cependant, faites attention
aux points que vous avez mentionnés. Puis là
j'en ai donné le trois quarts, des réponses. Puis vous dites qu'il faut
qu'ils soient étanches, c'est-à-dire, les missions, il faut qu'elles
soient conservées. On est d'accord. Il faut que les spécialistes soient
dans le bon domaine puis qu'il n'y ait pas de recours cumulatif, c'est-à-dire
ne pas traiter le harcèlement psychologique deux
fois... une fois mais plutôt séparé. On maintient, pour vous... On maintient
quand même ce qu'on fait aujourd'hui. Il y a un point qu'on va réfléchir, là, sur l'avis. Ça, l'avis juridique,
on va le réfléchir. Puis la consultation,
partie syndicale, je ne suis pas contre, là, on va le regarder.
Cotisations, on a dit qu'on ne s'entend pas, mais vous comprenez notre
position, peut-être vous allez me...
Là, il y
avait, pour l'accès des femmes en matière... c'est la 9, là : «...appuie
les recommandations présentées...» Oui,
mais là vous appuyez un autre, mais je ne sais pas qu'est-ce qu'il y a
là-dedans, là. Il y a plein d'affaires là-dedans, là.
Mme Vermette (Nadine) : ...vous les
avez rencontrés mardi soir...
Hamad : Oui, je
sais, mais...
Mme Vermette (Nadine) : ...ils
avaient la liste, en fait la liste des 10 recommandations qu'ils font.
Hamad : Ah! vous
prenez toutes les recommandations des autres, vous les mettez là-dedans, là?
Mme Henry (Carole) : Oui. On est
membres de la même coalition sur l'équité salariale.
Hamad : O.K., je
comprends, vous êtes membres, mais vous n'êtes pas obligés de suivre 100 %,
Mme Henry (Carole) : Mais on est
d'accord, oui.
Hamad : Vous êtes
d'accord? C'est correct, O.K.
Mme Henry (Carole) :
On est d'accord.
Hamad :
Mais là on ne s'entend pas, là, il y a des affaires qu'on ne s'entend pas. Ce
n'est pas grave. De toute façon, je ne sais pas c'est quoi que...
Mme Henry
(Carole) : Mais on voulait
mettre l'accent plus sur l'aspect
Loi sur les normes du travail, parce qu'on a l'impression qu'il n'y a à peu
près personne d'autre qui le porte,
puis c'est vraiment notre mission principale, Au bas de
l'échelle, même si on est très sensibles à la question de l'équité salariale.
Hamad : Bravo!
Bravo!
Mme Henry (Carole) : M. le ministre,
j'aimerais juste clarifier qu'on n'est pas en train de dire qu'on est d'accord avec la fusion. D'ailleurs,
dans l'introduction, parce
qu'on avait 10 minutes, on a
sauté beaucoup de choses. Mais idéalement la Commission
des normes resterait telle quelle et même aurait plus de moyens pour rendre de
meilleurs services, mais on s'est penchés sur le projet de loi pour proposer
des mesures pour essayer d'améliorer les choses.
Hamad :
O.K. En fait, si la loi est adoptée, vous avez proposé des mesures, de
dire : Si vous adoptez la loi, nous, on vous recommande des choses.
Mme Henry (Carole) : Voilà.
Hamad : C'est
correct, c'est parfait. Merci, M. le Président.
Le Président
(M. Cousineau) : Merci, M. le ministre. Alors, je suis prêt à
reconnaître maintenant le député de Beauharnois, du premier groupe
d'opposition... de l'opposition officielle, pour 9 min 30 s.
M. Leclair :
Merci, M. le Président. Alors, Mme Henry, Mme Vermette et
Mme Paquin, merci d'être là, merci d'avoir présenté votre mémoire. On voit que le ministre vous a donné
gain de cause aujourd'hui. On s'assurera du suivi lors de l'article par
article, on en a pris bonne note.
Effectivement,
je ne voudrais pas faire reculer le ministre, mais, par rapport à qu'est-ce
qu'on dit et par rapport aux écrits,
en ce moment il y a certains litiges, là. Lorsqu'on parle, justement, de
l'article 19 et l'article 13, moi, je vois une possibilité de cumul de dossiers ou d'affaires
dans les mêmes causes. Le ministre semble dire que ce n'est pas le sens qu'il voulait y donner, il voulait garder chaque
silo tel qu'il travaille en ce moment. Je pense que tout le monde
souhaite ça, comme vous l'avez d'ailleurs
exprimé en disant que nous, si on aurait à choisir, on laisserait ça tel quel
et, bien au contraire, s'il y a des
surplus cumulés, on les réinjecterait dans les Normes du travail pour s'assurer
qu'on atteigne nos espérances, qu'il
y ait de meilleures Normes du travail, surtout chez des gens qui ont moins de
protection, donc ceux qui ne sont pas syndiqués.
Alors,
écoutez, moi, j'avais le goût de vous entendre un peu plus sur le côté légal
puis... parce que, je pense, c'est Mme Paquin — c'est
bien ça? — tantôt
vous avez manqué un peu de temps, mais je pense que le ministre a quand même
répondu à plusieurs de vos questions. Puis on a eu des rencontres techniques
avec les gens du ministère, puis tantôt il y a quelque chose qui différait un
peu, c'est qu'on nous disait : Lorsqu'on va faire la fusion, ça va devenir
un portefeuille, mais que, les sommes qui
sont attribuées aujourd'hui aux normes du travail, aujourd'hui à la CSST,
CLP ainsi qu'à la condition féminine, on va
s'assurer que ça va rester là, dans... puis là le ministre a dit un peu le
contraire tantôt, il a dit :
Tout ça va devenir un. Alors, on va s'assurer, lors de l'article par article,
qu'il n'y a pas quelqu'un qui va perdre au détriment d'un autre parce qu'on va être fusionné, parce que, si on
s'en va là, je pense qu'on va avoir un peu de misère, parce que je pense
que chaque activité demande plus de ressources, autant financières que
physiques. Alors, je dis la condition féminine mais aussi l'équité salariale,
surtout.
Alors, sur ce, je voudrais peut-être vous entendre
pour me donner des pistes. Vu que le ministre est ouvert, aujourd'hui, là, je vais essayer que ça rentre
encore plus. Donnez-moi des pistes. Avec le surplus des normes du
travail, là, si vous, là, vous seriez le
bras droit du ministre, là, quel conseil vous lui donneriez? Où est-ce qu'on
injecterait ces sommes-là qui, pour
vous, est un réel besoin? Puis je ne veux pas qu'on rêve, là, puis qu'on croie
au père Noël, mais, si vous dites,
là : Si moi, j'aurais le droit de toucher une
partie de ce surplus-là, là,
au lieu de le redonner au gouvernement, bien on le mettrait là, puis je
pense qu'on en tirerait profit, puis ce serait un bien pour tous les gens...
J'aimerais vous entendre là-dessus. Peut-être qu'on va réussir à négocier le
ministre, vu qu'il est en forme.
Mme Henry (Carole) : Bien, déjà, je
vous répondrais, dans la présentation on a déjà nommé une certaine diminution des services. Donc, déjà, si la
Commission des normes retrouvait l'avis juridique avant médiation, par
exemple, ce dont on a parlé, si elle pouvait
offrir des séances de formation sur la
Loi sur les normes... Parce qu'un des
noeuds par rapport à la
Loi sur les
normes, c'est le fait que les travailleurs non syndiqués souvent n'ont aucune
idée de ce qu'il y a dans la
Loi sur
les normes, de leurs droits puis de leurs recours, puis de comment les exercer.
Donc, la formation sur la
Loi sur les normes, c'est très important.
De prendre le temps aussi d'avoir suffisamment
de personnel pour répondre aux demandes d'information au téléphone, parce que
nous, on est comme en dessous ça, dans le fond. Ce que la Commission des normes
ne fait plus, quelque part on essaie, d'une certaine façon, de pallier à ça.
Donc, les gens aboutissent chez nous. On a regardé les deux
dernières années : 24 % de hausse de nos services, alors que ça
baisse du côté de la Commission des normes. Ça
augmente chez nous, mais nos ressources n'augmentent pas. Donc, quelque part,
on est le pendant d'une
partie de cette problématique-là. Je ne sais
pas, Ghislaine, si tu veux ajouter quelque chose.
Mme Paquin
(Ghislaine) : Oui, bien justement on disait... Tu sais, le temps de
réponse, là, à la Commission des normes
du travail, en moyenne, c'est 53 secondes. Ça fait que, s'ils prenaient un
petit peu plus de temps pour vraiment faire le tour de la question, que
les gens n'échappent pas des recours, ils ne seraient pas obligés de les
envoyer chez nous.
L'autre question où on aimerait qu'il y ait une...
Pardon?
M. Leclair : J'ai dit :
Ah! ces fonctionnaires-là!
Mme Paquin (Ghislaine) : Un autre
point qui a été perdu en cours de route lors de l'informatisation, là, des services, c'est la possibilité, pour les
travailleurs, de déposer une plainte confidentielle au niveau pécuniaire. On ne
sait pas exactement le pourcentage, on ne
sait pas si 80 %, 90 % des personnes qui déposent une plainte
pécuniaire ne sont plus en emploi
quand elles déposent la plainte, alors, pour nous, c'est très important
qu'elles puissent le faire de façon confidentielle, mais, depuis que c'est sur Internet, il n'y a plus
d'information sur le fait que les plaintes peuvent être déposées de
façon confidentielle. L'intérêt de cette
façon de faire là, c'est que, quand un salarié dépose une plainte
confidentielle, ça oblige la Commission
des normes à enquêter sur plusieurs personnes qui se trouvent dans l'entreprise
et à révéler les infractions de toutes
ces personnes-là. C'est sûr que c'est plus d'ouvrage, ça prend plus de
ressources, mais c'est très efficace pour contrer les infractions répétées de certains employeurs à
la loi. Alors, ça, ça pourrait être des exemples, là, de ce qui pourrait...
Mme Henry (Carole) : Puis on peut
vous en faire une longue liste, là, si vous nous donnez le temps.
Mme Paquin
(Ghislaine) : Oui. L'accueil au service d'information, les personnes
qui se présentent puis qui ont de la misère à remplir un formulaire,
qu'on les accompagne un petit peu plus. Il y aurait beaucoup à dire.
M. Leclair :
Bien, malheureusement, je pense que le ministre l'a souvent répété lors de la
commission, lors des échanges qu'on a avec les différents groupes, qu'on
n'entrait pas directement, mais parfois juste de l'entendre, bien, il y a des gens autour de la table qui peuvent
passer le message. Puis, sans modifier une loi, souvent, là, juste de
passer plus de temps au téléphone pour aller
un peu plus loin avec la personne qui se plaint, bien je pense qu'on n'a pas
besoin d'un projet de loi pour avoir cette conscience-là, alors je suis
quand même heureux de l'entendre.
J'irais sur
un autre aspect. Bon, le projet de loi va avoir lieu. Gouvernance et pouvoirs
du ministre, vous me parlez qu'il y aura une... vous aimeriez avoir une
vice-présidence aux normes du travail...
Mme Henry (Carole) : Oui.
M. Leclair :
...un peu comme tout le monde exige sa place, dans le fond, hein, au C.A.
J'aimerais vous entendre, là, un peu plus là-dessus.
Le Président (M. Cousineau) :
...Mme Vermette.
Vermette (Nadine) : En fait, lorsqu'on parle de vice-présidence aux
normes du travail, ce serait un peu l'équivalent
de ce qui est déjà dans le projet de loi au niveau de l'équité salariale. C'est
que, dans le fond, il y avait un manque,
il y avait complètement absence, là, de cette notion-là. Donc, c'est deux
choses différentes, donc, la vice-présidence et le poste au C.A., donc
c'est deux choses différentes, là, qu'on propose.
Le Président (M. Cousineau) :
M. le député...
Mme Paquin
(Ghislaine) : Puis, pour nous, bien, une vice-présidence est liée à la
division, forcément. S'il y a des
divisions, finalement... Parce que ce n'est pas dans le projet de loi, on ne le
voit pas. Mais, s'il y en a, bien c'est sûr que ça prend une
vice-présidence pour chaque division.
Une voix : Pour chaque
mission.
Mme Paquin (Ghislaine) : Chaque
mission, oui.
Le Président (M. Cousineau) :
M. le député.
M. Leclair : Combien qu'il me
reste de temps?
Le Président (M. Cousineau) :
Il vous reste deux minutes.
M. Leclair : Bien, j'ai le
droit de parler. J'aimerais vous entendre sur le fond, par rapport à l'équité
salariale, lorsqu'on parle de CSST, de
normes du travail et équité salariale. Équité salariale, on sait que c'est plus
une loi, tandis que les autres, c'est plus un côté qui a... autant patronal...
c'est paritaire, patronal et syndical, alors que l'équité salariale,
c'est plus une loi, on n'a pas à le
négocier, on dit : Deux personnes à sexes différents qui font une même
tâche devraient avoir le même prix,
c'est la base, là. Bon, bien, si on part avec ça, lorsque l'on dit... lorsqu'il
y aura fusion, puis ces supposément silos-là
seront respectés, est-ce que vous ne croyez pas que, si tout le monde
revendique d'avoir une vice-présidence sur le conseil de décision, en
haut, bien, qu'on déforme un peu le sens de l'équité salariale où est-ce
qu'elle n'a pas à être jugée paritairement,
c'est une loi? J'aimerais vous entendre là-dessus, parce qu'à un moment donné
tout le monde va se retrouver alentour de la même table, alors que
l'équité salariale est plus une loi.
Le Président (M. Cousineau) :
Mme Vermette, en une minute.
Vermette (Nadine) : En fait, ma compréhension, c'est que, dans la
Commission de l'équité salariale, en ce moment, l'instance, qui est
composée de trois personnes, peut prendre des décisions, ce qui est un peu
différent, là, des autres commissions. Donc, en
ce sens-là, lorsqu'on
disait, entre autres, là, qu'on appuie les recommandations du CIAFT qui vous ont été présentées mardi, alors, à ce
moment-là, oui, je me référerais... L'idéal, pour nous, serait que l'on maintienne cette instance-là aussi composée de
trois personnes. Nous, on s'est arrêtés à mentionner la vice-présidence, mais c'est sûr qu'idéalement ce serait de conserver cette instance
composée de trois personnes pour qu'il y ait un consensus, à tout le
moins, là, dans les...
Président (M. Cousineau) : Merci. Merci, Mme Vermette.
Alors, c'est tout le temps que nous avions pour ce bloc. Je passerais la parole à la députée
d'Arthabaska, du deuxième groupe d'opposition, pour les sept prochaines
minutes. Mme la députée.
Mme Roy (Arthabaska) :
Bonjour. Merci pour votre mémoire. J'aimerais dire au ministre, M. le Président...
je voudrais vous dire que j'aimerais que le
ministre sache que, si un avocat qui est aux lésions professionnelles, à
force d'en faire, deviendrait très spécialisé, risque de moins se tromper, un
avocat des conseils juridiques sur les droits des non-syndiqués, à force d'en
faire, se spécialise et développe aussi son expertise. Je ne suis pas là pour
vous dire, bien amicalement, que les avocats ne se trompent jamais, mais il
risque d'avoir plus de connaissances juridiques que le non-syndiqué qui
requiert ses services, je pense que vous êtes d'accord avec cette assertion-là.
Le Président (M. Cousineau) :
Mme Vermette.
Mme Roy (Arthabaska) : Bien,
je recommence. Vous dites : Bien, avoir un avocat qui me donne un conseil
juridique, il peut se tromper aussi, mais par contre le non-syndiqué, lui, a
encore moins de connaissances, et c'est encore
pire parce qu'il a moins de
connaissances. Puis l'avocat qui fait, mettons, un service juridique gratuit
pour les non-syndiqués, à force de le faire, développe aussi une
expertise. Bien, je pense que c'est des effets plus positifs que de donner une opinion, qui peut-être pourrait, dans
certains cas, ne pas être tout à fait exacte, mais il va y avoir plus de
bienfaits que le contraire, selon moi.
Le Président (M. Cousineau) :
Mme Vermette, voulez-vous réagir?
Mme Vermette (Nadine) : Simplement peut-être,
là, pour faire un peu de pouce sur ce que vous dites, il faut voir aussi... c'est surtout dans la préparation,
hein? Présentement, le médiateur a très peu de temps pour donner
quelques informations sur comment ça va se passer et qu'est-ce qui peut s'y
retrouver, donc c'est beaucoup une question de préparation aussi, hein? L'employeur, lui, il arrive avec ses avocats et
ses directions de ressources humaines. Alors, c'est un peu d'équilibrer
aussi, là, le pouvoir et la force.
Le Président (M. Cousineau) :
Mme la députée d'Arthabaska.
Mme Roy (Arthabaska) :
L'équilibre des forces, c'est ça.
L'autre
question sur laquelle vous avez parlé, c'est... Vous pensez que, plutôt que de
prendre les surplus, on aurait dû donner plus de formation au personnel.
Pensez-vous qu'il y a des carences à ce niveau-là en ce moment?
Le Président (M. Cousineau) :
Mme Paquin.
Mme Paquin (Ghislaine) : C'était
dans le sens où il n'y avait pas de division.
Mme Roy
(Arthabaska) : Ah! parfait. Merci. Donc, on a répondu à cette
appréhension-là en disant qu'il y avait du cloisonnement, c'est ça?
Henry (Carole) : Reste que, par exemple, si on jumelle, je ne sais
pas, moi, la première ligne, les agents d'information qui vont répondre au téléphone, que les gens peuvent
appeler sur trois lois et une multitude de recours en même temps, bien
il va falloir que ces personnes-là soient capables de répondre sur tous les
aspects, là, parce que... Est-ce qu'il va dire : Ah! je suis désolé, ou il va... tu sais, on
va-tu transférer? À ce moment-là, il n'y a pas de réduction de coûts et de personnel, là. En tout cas, on a de la
difficulté à comprendre un peu, dans les faits, comment ça va fonctionner.
Roy (Arthabaska) : Mais, s'il y a un cloisonnement entre les
trois, la personne qui donne, mettons, des... qui répond, il y en a une
pour chaque unité, est-ce que ça vous conforte?
Mme Paquin
(Ghislaine) : Bien, il faudrait changer le projet de loi, à ce
moment-là, parce que c'est prévu que des
personnes vont pouvoir être transférées temporairement ou, voyons, de façon
permanente d'une... on ne sait pas, là,
en fait, de quoi à quoi, mais il peut y avoir des transferts. Ça fait qu'à ce
moment-là, si on garde les choses étanches, il faudrait que cet
article-là soit changé aussi.
Roy (Arthabaska) : On va avoir du travail à faire
ultérieurement pour toutes ces modifications-là. On verra si l'ouverture
du ministre persiste. Merci.
Maintenant, vous avez
parlé de dispenser des séances d'information. Qui le ferait pour les
non-syndiqués?
Mme Henry
(Carole) : La Commission des normes l'offrait, c'est-à-dire des organismes,
par exemple un organisme d'accueil aux personnes immigrantes ou un organisme
communautaire, pouvaient faire une demande à la Commission des normes pour recevoir une formation sur la
Loi sur les
normes pour sa clientèle. Donc, c'est quelque chose qui se faisait jusqu'à récemment, la Commission
des normes ne le fait plus. Au bas de l'échelle le fait dans une
certaine mesure, mais Au bas de l'échelle,
ce n'est quand même pas la Commission des normes, hein, c'est beaucoup moins
de personnes, donc c'est sûr qu'on ne peut
pas pallier à la
partie qui était assumée par la Commission des normes, puis
que ça redescende chez nous, puis qu'on réponde à tout ça.
Roy (Arthabaska) : Je
me demandais... La façon que vous le faites, là, il doit y avoir d'autres
organismes qui défendent les non-syndiqués à travers le Québec.
Mme Henry
(Carole) : Il y en a très peu, ils ont très peu de moyens.
Paquin (Ghislaine) : Très peu. Il y a un centre à Trois-Rivières puis
un à Sherbrooke qui a été obligé de fermer, qui opère maintenant juste
une semaine sur trois parce qu'ils n'ont pas assez de ressources.
Mme Roy
(Arthabaska) : Donc, ce n'est pas raisonnable de penser que les
organismes communautaires qui oeuvrent en la matière puissent assumer cette
formation-là.
Paquin (Ghislaine) : Non, il faudrait vraiment qu'ils puissent avoir
des ressources financières. C'est drôle que vous parliez de ça parce qu'on essaie en ce moment de mettre sur
pied des... bien pas mettre sur pied des nouveaux organismes, parce que
c'est impossible de nos jours, mais d'essayer d'inciter certains organismes à
offrir un service d'information sur la Loi
sur les normes, mais la plupart sont déjà tellement débordés, que ce soit sur
l'assurance-emploi, la sécurité du revenu
ou... Donc, c'est très difficile de trouver des organismes qui sont prêts à
prendre cette mission-là en plus, sans
avoir d'augmentation de leurs ressources financières. Ça fait qu'on essaie très
fort, mais on ne sait pas si ça va réussir.
Mme Roy
(Arthabaska) : Bien, d'après vous, si on le faisait, là, puis
on nommerait d'autres organismes, genre
A-Droit ou de défense des droits généralement, là, parce qu'il y en a qui sont
plus général que vous, là, dans à peu près tout le Québec, de défense
des personnes, ça pourrait justifier combien de budget?
Mme Paquin
(Ghislaine) : Ça pourrait quoi, excusez-moi?
Mme Roy
(Arthabaska) : Justifier combien de budget?
Le Président (M.
Cousineau) : Mme Paquin.
Mme Paquin
(Ghislaine) : Oh mon Dieu! Il faudrait voir pour quelle région.
Mme Henry
(Carole) : ...il faudrait qu'il y ait au moins un organisme par
région, là.
Paquin (Ghislaine) : 14 régions? Combien est-ce qu'on compte de
régions? 14 régions? Un organisme... Donc, c'est
100 000 $ minimum, là.
Roy (Arthabaska) : Bien, il y en a déjà, il y en a dans chacune
des régions, là, des organismes qui ont des... à la défense des droits, mais pas aussi spécialisés que les employés
syndiqués. Si on ajoutait une mission à ces organismes-là?
Paquin (Ghislaine) : Je ne sais pas combien ça pourrait représenter
pour eux autres. Il faudrait qu'ils aient un nouvel employé, alors... plus
les charges sociales, plus l'espace de bureau.
Henry (Carole) : Au bas de l'échelle est occupé à l'année longue, cinq
personnes juste pour répondre à cette mission-là des non-syndiqués, puis
on a développé une expertise à travers les années. Ça fait que ce n'est pas quelque chose qu'on peut... Tu sais, défense des
droits, là, c'est très, très large, là. Donc, il faut que les personnes
soient formées vraiment à comprendre la Loi
sur les normes puis donner des conseils, informer les gens, là. C'est difficile
à évaluer financièrement, là, ce n'est pas quelque chose qu'on a préparé
comme...
Mme Paquin (Ghislaine) : Mais ce
serait sûrement un budget raisonnable.
Président (M. Cousineau) : Alors, mesdames, je dois vous
interrompre parce que ça termine le troisième bloc. Donc,
Mme Paquin, Mme Vermette, Mme Henry, merci de votre présence.
J'invite les gens du conseil provincial,
International, de la construction à se préparer, parce que nous allons
accélérer un petit peu.
Alors, je suspends pour quelques secondes.
(Suspension de la séance à 12 h 43)
Le Président (M. Cousineau) :
Alors, nous reprenons nos travaux. Alors...
Le Président (M. Cousineau) :
S'il vous plaît! Je salue les gens du conseil provincial, International, de la
construction. Alors, M. Faulkner, M. Bourbonnais... M. Faulkner
n'est pas là?
Bourbonnais (Jacques Émile) :
M. Faulkner a été opéré d'urgence la semaine dernière, alors il ne
pouvait pas être ici ce matin.
Président (M. Cousineau) : D'accord. Donc, c'est
M. Bourbonnais puis M. Dumais? Alors, on vous laisse aller,
vous avez 10 minutes pour votre présentation.
Bourbonnais (Jacques Émile) :
Merci. Alors, mesdames messieurs, membres de la Commission de l'économie et
du travail. M. le ministre, M. le
Président. Je me présente : Jacques
Émile Bourbonnais, conseiller au conseil provincial, International,
deuxième syndicat dans l'industrie de la construction, représentant plus de
45 000 travailleurs. Je suis aujourd'hui accompagné de Me André
Dumais, avocat de notre organisation.
Nous sommes
très heureux de nous présenter devant vous afin de partager nos réflexions et
nos recommandations au sujet du projet de loi n° 42, Loi
regroupant la Commission de l'équité salariale, la Commission des normes du
travail et la Commission de la santé et de la sécurité du travail et instituant
le Tribunal administratif du travail. Notre mémoire effectue principalement un rappel de l'importance historique du
paritarisme dans le cadre des relations du travail dans l'industrie de
la construction. Ce paritarisme, qui a été à la base de la création même des
commissions aujourd'hui fusionnées, se doit d'être protégé, et notre mémoire
formule des recommandations en ce sens aux membres de la commission.
D'ailleurs, permettez-moi simplement de vous
présenter nos cinq recommandations.
Premièrement,
le CPQMCI recommande le maintien de la composition paritaire des tribunaux
administratifs — un
commissaire ou juge assisté d'un membre
patronal et d'un membre syndical — ainsi que pour toute nouvelle
structure qui pourrait découler du comité de
transition formé pour la création de la nouvelle CDSST. Les membres de ces
tribunaux ont développé une expertise et une
capacité de relations fructueuses entre eux et les commissaires dans le
meilleur intérêt de la justice administrative. Cette expertise a
toujours été considérée incontournable, fiable et responsable. Le conseil provincial, International, est d'avis que toute
atteinte au paritarisme existant nuirait à l'intégrité et à la transparence
des décisions prises par les juges du Tribunal administratif du travail.
Deuxièmement,
le CPQMCI recommande que les postes de décideur au sein des tribunaux
administratifs ne soient pas réservés exclusivement aux membres du
Barreau. Cette proposition éloignerait les travailleurs des tribunaux en relations du travail. L'esprit même des tribunaux
spécialisés en relations du travail est mis en péril par une proposition
telle que celle-ci. Ces tribunaux ont été
créés pour permettre une représentation juste et équitable de tous les justiciables
sur la base de leur expertise relative au
milieu du travail et aux questions sur lesquelles ils prennent des décisions,
et non pas sur leurs connaissances juridiques. Ce sont des tribunaux de
proximité qui comptent sur la confiance du public et qui perdraient leur
principal atout en étant judiciarisés.
En troisième lieu, le CPQMCI recommande le
maintien de l'accès sans frais des justiciables aux tribunaux administratifs. L'accessibilité à ces tribunaux,
au Québec, est un autre des atouts qui expliquent leur réussite, les
travailleurs que nous représentons peuvent
s'adresser à ces instances sans égard à leurs moyens financiers. La possibilité
d'établir des frais
administratifs éloignerait ces tribunaux de leur devoir d'instruction juste,
équitable et universelle. Nous espérons donc que vous reverrez cette
proposition.
Quatrièmement,
le CPQMCI recommande le maintien de la mission, des expertises et des
ressources de chacun des organismes
visés par ce projet de loi. Considérant l'importance de la portée et de la
nature des missions de chacune des anciennes
commissions, il faudra s'assurer que ces dernières ne perdent pas leur essence
à travers la nouvelle structure qui sera
implantée. Le conseil provincial, International, espère que le législateur a pensé
à des mesures et à des moyens qui pourront favoriser la continuité de
leurs mandats et la poursuite des actions en cours.
Finalement,
le CPQMCI recommande que la composition du futur C.A. de la CDSST permette la
représentation de syndicats spécialisés tout
en conservant le paritarisme de celui-ci. Les syndicats comme le nôtre ont une
représentation importante dans des
industries de premier ordre comme l'industrie de la construction, où nous
représentons près de 24 % des travailleurs.
Nous sommes d'avis qu'il serait
bénéfique que nous ayons accès aux postes décisionnels au sein de la
nouvelle CDSST et que nous puissions y apporter notre expertise et notre
vision.
Pour
terminer, nous désirons féliciter le gouvernement pour l'intention d'étendre les points de service
à toutes les régions du Québec,
cette proximité permettra d'offrir des services de qualité aux travailleurs, et
nous espérons que nos propositions
permettront également d'atteindre cet objectif. Notre organisation a toujours
contribué activement et positivement aux travaux parlementaires qui ont
un effet sur notre industrie. Nous sommes à l'entière disposition des membres de la commission pour répondre à vos
questions et contribuer à la réussite de cette importante restructuration.
Merci.
Le Président (M. Cousineau) :
Merci, monsieur. Alors, M. le ministre, la parole est à vous.
Hamad : Merci,
M. le Président. Et je veux souhaiter
la bienvenue à M. Bourbonnais et à Me Dumais. Merci d'être là. Et, la dernière fois qu'on a travaillé,
pas mal, ensemble, ça va faire un an bientôt, hein, travaillé pour la
convention, le décret dans le domaine de la
construction. Et vous avez amené une excellente contribution, vous avez bien
travaillé, la preuve est que vous avez eu
une entente signée avec l'autre partie. Puis, je pense, vous avez bien défendu
l'intérêt de vos membres, et j'ai
senti aussi... il y a un changement de garde chez vous, là, il y a
une jeune génération qui est arrivée, puis il y a même des préoccupations
pour les jeunes, je trouvais ça intéressant pendant la négociation qu'on a eue
ensemble avec la
partie patronale.
Là, une de
vos recommandations, c'est parce que je me rappelle de M. Faucher, de la
CSD, qui défendait les intérêts des...
il disait qu'il défendait tout le monde. Vous, là, vous voulez être à la CSST
et... Parce que trouvez-vous que la CSD ne représente pas nécessairement
le domaine de la construction?
Bourbonnais (Jacques Émile) :
Non. L'idée, ce n'est pas de nous substituer à quelque autre
organisation qui est présente mais de bien
défendre les membres et les milieux que nous représentons. En fait, nous
sommes, oui, dans l'industrie de la
construction, et à l'occasion aussi certaines de nos sections locales ont des
membres dans des secteurs, disons, de
fabrication liés à l'activité de leur métier, et ces métiers-là sont
principalement les métiers du secteur industriel. Alors, on le sait, que le secteur industriel en
général, non seulement celui de la construction, bien c'est le moteur
économique du Québec.
Puis, d'autre part, en fonction de la dimension
de santé et sécurité, évidemment, les chantiers industriels sont généralement de gros chantiers, de grands
chantiers où il se produit malheureusement des accidents, et ce serait une façon,
pour nous, d'être présents et de porter notre voix sur cet aspect particulier.
Hamad : Évidemment,
vous recommandez le maintien de la mission, les expertises et les ressources
dans chacun des organismes. Je pense que la loi est claire pour la mission et
les expertises. Ça, c'est clair qu'on répond à votre demande.
J'ai vu, me
semble, les avocats... 2, oui, c'est ça. Alors là, je ne sais pas, je ne
demanderai pas... je ne poserai pas la question
à Me Dumais, mais votre recommandation 2, les postes de décideur au
sein des tribunaux administratifs ne soient pas réservés exclusivement
aux membres du Barreau, ça... Parce que vous parlez particulièrement de la CRT,
en fait?
M. Bourbonnais (Jacques Émile) :
Non, pas, encore une fois, de... Oui, de la CSST, de la CLP...
Hamad : De la CRT.
Bourbonnais (Jacques Émile) :
...oui, de la CRT, mais de la CLP aussi, où il y a des membres
patronaux et syndicaux qui accompagnent le décideur, et nous voulons...
Hamad : C'est
recommandation 2.
M. Bourbonnais (Jacques Émile) : 2.
Hamad : 2, c'est
les avocats.
Bourbonnais (Jacques Émile) :
O.K., non, non. Bien, pour les avocats en général, mais ça recoupe, là,
l'autre recommandation. L'idée, c'est qu'il s'agit de tribunaux spécialisés, évidemment,
les tribunaux administratifs, puis en général ce sont des gens proches du milieu, qui
connaissent le milieu, qui ont une expertise dans ce domaine-là. Ça
n'exclut pas qu'ils puissent être avocats ou
notaires, sauf que, dans bien des cas, l'expertise étant ce qui compte d'abord,
on pense qu'il ne faudrait surtout
pas exclure des gens spécialisés en relations de travail, en santé et sécurité
et tout autre domaine relatif au monde du travail.
Le Président (M. Cousineau) :
M. Dumais.
M. Dumais (André) : Si vous me
permettez, M. le ministre, à l'époque du Bureau du Commissaire général du travail les décideurs provenaient en grande
majorité du milieu syndical et du milieu patronal. Ils avaient développé
une expertise, et ça, ça s'applique aux
deux... autant au côté patronal que syndical, et c'étaient des gens qui étaient
très, très, très connaissants
en la matière.
Le Président (M. Cousineau) :
M. le ministre.
Hamad : Oui, c'est
bon pour moi, on a fait le tour.
Président (M. Cousineau) : Est-ce qu'il y a d'autres questions du côté ministériel?
Sinon, nous allons passer immédiatement à la première opposition, l'opposition
officielle. M. le député de Beauharnois.
M. Leclair : Merci beaucoup, M. le
Président. Alors, à mon tour de vous
saluer, M. Bourbonnais et M. Dumais.
Bien, malheureusement, j'aurais aimé entendre le ministre dans sa lancée aussi... Lorsqu'il a répondu aux
gens d'Au bas de l'échelle, il était très
enthousiaste. J'aurais aimé entendre aussi ce côté-là dont vous parlez, de la
représentation des juges administratifs. Vous n'êtes pas les seuls à
faire cette demande-là, de dire qu'apporter ça purement juridique, avocats ou notaires... Je pense qu'effectivement
il y a une belle expertise au Québec, des gens déjà dans le système, là,
qui ne sont effectivement peut-être pas des avocats ou des notaires, qui sont
capables de faire la tâche, là, de manière à rencontrer les exigences des deux
côtés. Vous parlez de ce côté-là puis vous rejoignez la majeure
partie des
groupes.
Puis vous dites aussi, sur le C.A., bien, que
vous aimeriez, comme tous les groupes, avoir une personne représentative de votre organisation. J'imagine
qu'à un moment donné il va falloir avoir un C.A. qui va être beaucoup
plus lourd que ce que le ministre prévoit, parce que tout le monde demande une
représentation.
Ma question
irait dans le sens de... Vous plaidez dans votre mémoire beaucoup pour tout le
côté paritaire, vous semblez dire : Le côté paritaire est
essentiel, a toujours été là, on veut qu'il se maintienne. Le ministre nous
parle des coupures des assesseurs, alors j'aimerais vous entendre face aux
assesseurs, leur nécessité. Si vous auriez le choix, peut-être vous diriez : On les laisse là, mais j'aimerais vous
entendre. Les assesseurs, pour vous, si on enlève cette parité-là
d'assesseurs, est-ce que vous craignez aux décisions qu'on peut avoir dans le
futur?
Bourbonnais (Jacques Émile) :
On nuit effectivement, à notre avis, à la qualité des décisions qui
pourraient être rendues et à l'examen des
causes qui sont soumises à ce tribunal-là en se privant de l'expertise des
gens, qui tant du côté patronal que
syndical ont développé une connaissance telle qu'ils peuvent en faire profiter
le décideur, finalement, non
pas pour l'influencer puis non pas pour toujours
prêcher de leur côté, là, d'expérience, mais je peux vous dire que, s'il
arrive que des dossiers, entre guillemets,
provenant d'un côté ou de l'autre, d'un côté patronal ou syndical, ne tiennent
pas la route, effectivement le décideur qui serait du côté opposé ne se sent absolument pas lié et il
ne l'est pas. Puis de toute façon c'est qu'à l'heure actuelle il reste qu'à la fin c'est le décideur qui seul
rend la décision. Il est appuyé, conseillé par les membres patronaux et
syndicaux, vu leur champ d'expertise, mais les gens du monde patronal et
syndical ne sont pas là pour décider, ils sont là pour éclairer, dans le fond,
le tribunal.
Le Président (M. Cousineau) :
M. le député.
M. Leclair :
Bien, les... Merci, M. le Président. Les gens nous répondent, du côté du
ministère, qu'avec... Si on recule de voilà plusieurs années, peut-être
les assesseurs avaient plus leur place. Aujourd'hui, la jurisprudence est là, présente, on a beaucoup d'exemples, donc les juges
ont beaucoup, beaucoup de jurisprudence à regarder, voient moins la nécessité des assesseurs, c'est un peu la réponse
qu'on se fait dire. Puis là, bien, on a le choix de dire : On part à la
guerre avec ça, les assesseurs, ou non... ou
bien on reste sur le côté paritaire, mais là le projet de loi ne va pas dans ce
sens-là. Alors, à un moment donné, il faut choisir un peu nos batailles.
Mais c'était
plus de vous entendre. On comprend, le côté paritaire de ça, oui, ça doit avoir
tout son sens, mais je pense qu'au
préalable les gens ont à faire valoir leur point, là, avant qu'on se rende,
justement, au... que le juge administratif prenne leur position, alors je me demande si on n'est pas capable de
travailler peut-être en amont de ça pour s'assurer que ces gens-là sont
bien entendus face au juge.
Mais j'irais sur les frais juridiques. Vous avez
parlé des frais juridiques, ça semble être une inquiétude pour vous. J'aimerais vous entendre, que vous alliez un
peu plus loin là-dedans par rapport à aujourd'hui, les frais qui
semblent gratuits, puis le risque, que vous croyez, que les frais pourraient
augmenter, surtout que vous êtes quand même un conseil... L'Inter, c'est quand même une accréditation syndicale qui a
des moyens, alors, si vous, vous craignez de ça, j'imagine, les autres groupes qui représentent les gens non syndiqués,
ils doivent avoir des grandes craintes, eux aussi. Mais je voudrais vous
entendre sur le type de frais, là, qui vous effraient dans le projet de loi.
M. Bourbonnais (Jacques
Émile) : En fait, c'est toujours la même chose, puis ça rejoint autant
la question du paritarisme dont on parlait
il y a un instant que pour cet aspect-là, c'est-à-dire qu'il s'agit de
tribunaux de proximité, où on veut
que les gens se sentent à l'aise de s'y présenter, qu'entre autres, pour
revenir plus spécifiquement à votre question, ce ne soit pas une question de frais qui, pour une raison ou pour une
autre, là, les empêcherait de faire valoir leur point, de la même manière que, s'ils se retrouvent
strictement devant un décideur... plutôt que de penser : Bien, il y a
quelqu'un qui est présent au tribunal qui a
une sensibilité qui est proche de la mienne. C'est toujours la même
préoccupation que nous avons, ce sont
des tribunaux de proximité, des tribunaux qui doivent être près, où le
justiciable doit se sentir à l'aise de se présenter; qu'autant la
procédure, les décideurs qui sont là et les frais ne constituent pas des
obstacles, finalement, au fait de vouloir débattre de leurs droits.
M. Leclair :
Puis en ce moment vous craignez qu'il y ait de nouveaux frais ou qu'on engendre
plus de frais? Je ne vois pas exactement, là, où est-ce que vous...
Bourbonnais (Jacques Émile) :
Bien, il en est question à l'article 106, si je ne me trompe pas, il est
question de possibilité d'y avoir des frais. Ce n'est pas automatique,
effectivement.
M. Leclair : Possibilité.
Bourbonnais (Jacques Émile) :
Non, non, c'est une possibilité qu'il puisse y avoir des frais, c'est dans
ce sens-là. Donc, comme la porte est ouverte, à la limite, je vous dirais, on
veut la refermer.
M. Leclair :
Je comprends, je comprends très bien votre point. Alors, vu que la porte est
ouverte, on veut s'assurer qu'on ne
mette pas les deux pieds dans la grande porte. Puis on questionnera le ministre
à cet article-là pour s'assurer.
Alors, moi,
je vous remercie de votre mémoire, c'est clair, vos cinq recommandations sont
derrière. On va travailler le ministre au corps pour s'assurer de... de
tenter que vous ayez gain de cause, vous aussi. Merci beaucoup.
Président (M. Cousineau) : S'il vous plaît! S'il vous plaît!
Devant cette proposition, je vais passer, moi, à la deuxième opposition.
Mme la députée d'Arthabaska.
Mme Roy (Arthabaska) :
J'espère que vous n'attendez de moi la même proposition que mon collègue.
Des voix : Ha, ha, ha!
Le Président (M. Cousineau) :
Ce n'est pas à moi à répondre, c'est au ministre. Ça s'adressait au ministre.
Mme Roy
(Arthabaska) : Bonjour. Bienvenue. C'est vrai que ça a changé
de visage depuis la dernière fois que j'ai rencontré le conseil Inter,
qu'on appelle, là, que je vous...
M. Dumais (André) : ...disait M. le
ministre.
Mme Roy
(Arthabaska) : Oui, c'est ça. Et ça a changé de visage puis
peut-être changé de ton aussi, je remarque que ça a changé de ton et
puis je vous en félicite.
Vous aviez
une peur que... Vous demandiez que soient décloisonnées les missions, et puis
on a entendu le ministre venir le dire. Maintenant, quel décloisonnement
serait le plus efficace, selon vous? Comment vous l'articuleriez?
Le Président (M. Cousineau) :
M. Bourbonnais.
M. Bourbonnais
(Jacques Émile) :
L'essentiel, c'est de s'assurer, encore une fois, que les missions de
chaque commission qui sont fusionnées,
effectivement, puissent continuer de se développer et de s'affirmer, que
l'expertise qui se retrouve dans chacune de ces commissions ne soit pas
diluée ou transférée d'une commission à l'autre par des gens qui auraient moins
d'expertise. C'est strictement cela que nous visons.
Mme Roy
(Arthabaska) : Oui, puis ça, je comprends, c'est au niveau, ça,
des idées, là, les concepts, mais j'ai entendu...
on entend le ministre, bon, dans ces trois missions là il y a des services
régionaux qui sont inégaux. Mais, dans les faits, comment vous verriez
qu'on orchestrerait ça?
Bourbonnais (Jacques Émile) :
C'est-à-dire qu'au niveau des services régionaux nous félicitons, entre
autres, qu'il y en aura davantage pour
l'ensemble des missions qu'il n'y en a aujourd'hui, parce qu'il y en a qui ont
une représentation à travers tout le
Québec, mais il y a d'autres commissions parmi celles qui sont fusionnées où
les services se limitent, finalement,
aux grands centres. Donc, dans ce sens-là, on se réjouit. Mais on se dit :
À partir du moment... Quand on nous
disait... ou le ministre a déclaré : Il va y avoir un centre, un numéro de
téléphone, une adresse courriel, etc., en soi, au plan technique, là, ça
ne nous gêne pas, pourvu qu'on sache que le message qui est transmis est bien
compris.
Le Président (M.
Cousineau) : Mme la députée d'Arthabaska.
Mme Roy (Arthabaska) : Parce
qu'au niveau de l'équité salariale, là, ils sont venus nous dire qu'ils étaient
75 employés, donc je ne sais pas si on... comment on va orchestrer ça pour...
ou étaler ça sur le territoire. Comment vous verriez ça?
Le Président (M. Cousineau) :
M. Bourbonnais.
Bourbonnais (Jacques Émile) :
Bien, écoutez, c'est des mécanismes de ressources humaines, finalement. Ce n'est pas tant cela qui nous inquiète ou qui
nous inquiéterait que le fait de s'assurer, encore une fois, que ces
ressources-là, encore une fois, si on parle
d'adresse courriel ou de numéro de téléphone unique... Que la personne ne soit pas toujours, là, dans chaque région... qu'on ne puisse pas toutes,
toutes les répartir, à la limite, ce n'est pas dramatique. L'important,
c'est qu'il puisse y avoir une réponse pour le justiciable par quelqu'un qui
est en mesure, qui détient l'expertise pour bien lui répondre.
Le Président (M. Cousineau) :
Mme la députée.
Mme Roy
(Arthabaska) : Bien,
je pense aussi que qu'est-ce qui est essentiel, c'est que, lorsqu'un travailleur arrive, il puisse avoir les informations
nécessaires de façon complète, donc... Puis souvent vous le faites, mais il y a
aussi des non-syndiqués qui en ont besoin, là. Mais je pense que c'est
l'essentiel des missions qui doit être fait.
Moi, ça conclut, M. le Président.
Président (M. Cousineau) : Oui. Est-ce que, Mme la députée de
Repentigny... Non? Alors donc, ça termine le temps que nous avions avec
vous, M. Bourbonnais, M. Dumais, merci de votre présentation. Puis
encore une fois on s'excuse du retard.
Alors, je
suspends quelques secondes et je demande aux gens du Syndicat de la fonction
publique et parapublique du Québec de se présenter à la table. Merci.
(Suspension de la séance à 13 h 6)
Président (M. Cousineau) : S'il vous plaît! Nous reprenons nos travaux. Alors, Mme la présidente — Lucie
Martineau, je crois — Mme
la présidente, vous avez 10 minutes de présentation, mais on vous laisse
présenter aussi les gens qui vous accompagnent, madame.
Martineau (Lucie) : Merci,
M. le Président. Alors, à ma droite, Mme Denise Boileau, qui est vice-présidente
responsable à la défense des services publics et au dossier des femmes, et à ma
gauche M. Julien Gaudreau, qui est conseiller à la recherche au Syndicat
de la fonction publique et parapublique du Québec.
Alors, d'entrée de jeu, la réforme proposée par
le ministre nous inquiète assez, nous inquiète pas mal, plus particulièrement sur l'application des normes du
travail au Québec et sur le droit à l'équité salariale également au
Québec.
Préserver la
mission et l'expertise, bon, il y en a plein, là... je pense que tout le monde
a parlé de ça. Il sera assez difficile,
en fusionnant ces organismes-là, de préserver les expertises de chacun des
organismes actuels. On craint également une concurrence interne sur les ressources, évidemment, les ressources
humaines et financières. Le résultat d'une telle approche pourrait
également être plus... je dirais plus marqué chez les organismes plus
minoritaires, c'est-à-dire la Commission des normes du travail ou la Commission
de l'équité salariale. Et à vouloir trop faire on devient plutôt généraliste.
Concernant la
gouvernance, la direction commune dans la nouvelle commission, si je peux
l'appeler ainsi, on a une série de
questions qui n'ont pas toujours réponse. Sans remettre en question le rôle
paritaire — et
d'autres en ont parlé également — du conseil d'administration, nous nous
questionnons sur la voix des personnes non syndiquées également, et je ne sais pas si on a pensé à inclure une
personne au conseil d'administration, comme l'organisme Au bas de
l'échelle qui a passé justement avant nous. Quant à la Commission de l'équité
salariale, pour nous, il est primordial que sa direction demeure indépendante.
financement, maintenant. Bon, écoutez, il y a plusieurs compressions qui ont
été imposées, on a vu les impacts. Comment on va répartir les ressources? Il semble que la Commission des normes du travail et la Commission
de l'équité salariale seraient plus affectées financièrement par la fusion, notamment par le
retrait du financement gouvernemental concernant
l'équité salariale et par la réduction de 12,5 % de la contribution des
employeurs à la Commission des normes du travail. Dans la réalité, même
si la commission a réalisé des surplus, on devrait, les surplus, les remettre
dans des mécanismes pour favoriser le
travail des non-syndiqués et la défense des droits de ces personnes. Pire
encore, permettre que la Commission de l'équité salariale soit financée par les employeurs
ouvre la porte à des pressions inutiles. Pour nous, le gouvernement du
Québec doit financer lui-même l'application de la
Loi sur l'équité salariale.
Maintenant, l'accès aux services — et
mes prédécesseurs en ont parlé aussi. On constate actuellement des
centralisations généralisées dans différents services gouvernementaux,
notamment vers les grands centres. Comment pourrons-nous conserver l'expertise
dans les régions du Québec?
La reddition
de comptes, maintenant. La CSST est généralement considérée comme une entité
quasi indépendante. Même,
questionnée, l'ancienne ministre Agnès Maltais, sur les agissements de la CSST
lors d'un renvoi d'un employé, la ministre
a indiqué ne pas avoir de lien hiérarchique direct avec l'organisme et elle a
dit : Soyons clairs, je n'ai pas accès au rapport d'enquête, c'est un conseil d'administration indépendant;
argument pour démontrer l'importance que la Loi de l'équité salariale doit être supervisée
directement par le gouvernement. L'État ne doit pas être tenté de se soustraire
à sa responsabilité d'appliquer l'égalité entre les hommes et les
femmes. Le gouvernement s'assure d'être en mesure et pleinement redevable de
l'application des normes du travail également concernant une éventuelle fusion.
Alors,
évidemment, vous allez constater que nous sommes contre l'abolition de la
Commission de l'équité salariale, abolition
ou dissolution. Bon, pour nous, c'est un grave désaveu sur la mission de la
Commission de l'équité. Sa visibilité, son
expertise seraient noyées dans une structure beaucoup plus grande. Et quelle en
est l'urgence également quand on sait qu'on doit déposer un bilan en
2019 sur l'application de la loi d'une façon paritaire?
Pour nous,
l'équité salariale, c'est encore une démarche inachevée. C'est conçu pour
corriger des écarts salariaux sur la
discrimination systémique et de manière proactive, c'est-à-dire ça dépasse les
méthodes basées sur la réparation individuelle,
qui a atteint ses limites dans ce domaine-là. Ça dit... Ça donne le fardeau de
la preuve à l'entrepreneur, à l'entreprise, qu'il a réalisé au sein de
son entreprise l'équité salariale.
Et souvent on
a vu des pressions pour retarder les travaux, étaler les résultats, rapetisser
le bassin d'entreprises visées, à
même abolir l'organisme qui est là. Voudrions-nous que... Dans le fond, si je
suis le bailleur de fonds et je suis les
employeurs qui donnent l'argent, est-ce que je voudrais garder un organisme qui
me rend obligatoire de payer plus cher mon monde? Alors, poser la
question, c'est y répondre un peu.
Alors, nous proposons... ce que le gouvernement
propose, c'est un petit peu qu'est-ce qu'il avançait en 2006, c'est-à-dire de considérer que l'équité salariale
est quasiment atteinte et maintenant que la Commission des normes a des
responsabilités similaires, mais c'est vraiment deux erreurs importantes parce
que l'équité salariale, ce n'est pas un événement, c'est un processus, la
Commission des normes du travail agit par réparation individuelle, sur plainte
d'un employé, donc c'est deux démarches
complètement différentes. Et la CSST également a des natures et différentes
missions, aussi, différentes.
Les risques ensuite de la fusion, évidemment,
sur le processus décisionnel, son historique et son impartialité. Bon, une vice-présidente sur une période de deux
ans seulement. Et puis quand bien même ce serait une présidente, on n'a
rien non plus qui nous indique le mode de nomination. Nous, pour nous, au lieu
de réduire l'indépendance de la Commission
de l'équité salariale, on voudrait la renforcer et faire nommer sa présidente
par l'Assemblée nationale complète.
Aussi, préserver l'expertise, on en a parlé. En
matière de normes du travail, idéalement, la Commission des normes du travail
devrait demeurer une entité indépendante. Quoique ce qu'on voit depuis quelques
années avec les coupures, les différentes
coupures, et l'organisme Au bas de l'échelle est venu le dire... Écoutez, on
peut dire qu'elle est étalée en
région, mais à Jonquière c'est un téléphone, la commission des droits... des
normes du travail, où tu décroches et puis
tu appelles à Montréal, O.K.? Alors, elle a peine à remplir ses mandats
actuellement, avec les ressources actuelles. Si le gouvernement persiste sur cette fusion, on
voudrait qu'elle conserve son autonomie nécessaire, d'agir également de
sa propre initiative, et que l'accès aux
Normes du travail doit rester facile et visible sur l'ensemble du territoire
québécois.
En santé et sécurité du travail, bon, dans le projet de loi, on ne voit pas beaucoup, je dirais, d'effets sur la fusion à la CSST. Par contre, on pourrait avoir des
craintes de voir les employeurs profiter de la circonstance pour remettre de
l'avant le projet de la baisse de cotisation et la suppression également du
programme de maternité sans danger.
Le Tribunal administratif du travail, on ne
s'est pas opposés à sa fusion, mais il y a des conditions également. D'autres en ont parlé aussi, la CLP et la CRT
donnent des jugements sur des lois différentes. Une culture de relations
de travail puis une culture de réparation, c'est vraiment des cultures
différentes aussi. Pour nous, il faudrait renforcer l'article 83 pour
permettre le respect des connaissances et de l'expérience des commissaires,
leur indépendance, et qui impliquerait
qu'au lieu de réviser leur mandat aux cinq ans on devienne un peu plus à
l'exemple du Tribunal administratif du Québec, soit nommé à vie après
une procédure publique, objective de sélection.
Maintenant,
le dessert. Puis, je ne sais pas, je n'en ai pas entendu parler à matin. Le
Code du travail, on a été assez surpris
de voir un changement au Code du travail dans le projet de loi, notamment sur
l'article 47.3 du Code du travail. Il nous semble assez abusif de faire encourir aux syndicats
systématiquement l'arbitrage quand un salarié considère avoir été mal représenté. D'ailleurs, nous, notre
proposition, c'est carrément l'appui de l'article... l'abolition de
l'article 131, qui, à notre avis, n'a tout simplement pas d'affaire
là. Et ça termine, M. le Président.
Président (M. Cousineau) : Ça termine? Merci,
Mme Martineau. Alors, M. le ministre, les prochaines minutes sont à
vous.
Hamad :
Merci. Merci, Mme Martineau, d'être ici ce matin avec votre équipe, merci
de votre mémoire. Puis c'est vrai, vous avez parlé de dessert, vous nous
avez donné l'appétit de vous poser des questions.
D'abord,
j'entends ça, l'expertise, que, si on est dans tel domaine, on n'est pas
capable faire d'autre chose. Et je l'entends,
et, venant de vous, je ne sais pas... Moi, j'ai confiance en la fonction
publique. Moi, j'ai confiance en mon monde qui travaille puis je trouve
qu'on a une belle fonction publique, on a du bon monde. Puis moi, je suis fier,
fier de voir que les
gens sont capables prendre des mandats spécifiques, puis des fois ils vont
changer. Puis j'ai eu l'occasion d'avoir six ministères, l'honneur pour moi, là, d'occuper le poste de six
ministères, une vingtaine, une trentaine d'organismes. J'en ai vu, là, dans la fonction publique, des gens,
puis j'ai vu que... j'ai constaté qu'on a une compétence incroyable. On
a aussi le sens du devoir, on a des gens
professionnels, puis ils sont loyaux, peu importe le parti politique, ils sont
loyaux aux services publics, ils sont loyaux à leurs citoyens. Et souvent je
leur dis... Quand ils me voient dans les corridors, ils me disent : Vous
être mon patron, je dis : Non, votre patron, c'est les citoyens; moi, je
suis juste de passage.
Et en même
temps je dis aussi que, quand je les vois travailler, des fois, comme là je
suis revenu à l'Emploi et Solidarité,
la majorité des sous-ministres associés, des directeurs ont changé, parce
qu'ils ont occupé d'autres postes ou ils ont eu des promotions, mais l'équipe est là, c'est des gens qui viennent
d'autres ministères, de, je ne sais pas, moi, le Conseil du trésor, Services Québec, etc., mais ils n'ont
pas fait une carrière dans une même place comme peut-être mon père ou
mon grand-père. Mon père est décédé, je ne le sais pas, mais mettons un père de
quelqu'un qui a fait toute sa carrière à la même place.
Alors, ça, il
faut... ça limite, comme, les gens sont limités. Ils ne le sont pas, limités,
et je vais les défendre, moi. Moi,
là, je vais les défendre, les gens dans la fonction publique. Ils ne sont pas
limités, ils ont des bonnes capacités. Ce que...
Martineau (Lucie) : ...je
vais vous répondre, parce que, moi, ça fait 25 ans que je les défends. En
fait, je m'attendais vraiment
à cette question-là, puis vous l'avez déjà fait avec d'autres syndicats, mais
l'expertise, là, bon, on l'a vu,
hein, on l'a perdue, au gouvernement du Québec, en informatique puis on l'a perdue en
ingénierie. Pourquoi? Parce qu'il y a des spécialités qui demandent tellement d'être
pointu, ce n'est pas parce que le monde ne sont pas bons puis ne sont
pas capables de changer, mais qui demandent
également des formations différentes. Chez nous, au SFPQ, on a le
pendant du gouvernement du Québec dans nos services, j'ai des conseillers qui sont
dans tous les services, mais on s'entend-u que dans mon service de LATMP, comme on l'appelle, hein,
maladies professionnelles, j'ai deux personnes très aguerries? Ça ne veut pas dire qu'un conseiller ne peut pas passer
d'un à l'autre, mais savez-vous comment ça va lui prendre de temps
d'avoir la même expertise que l'autre? Donc,
ce n'est pas ça qu'on dit. Puis on le voit actuellement, notamment
dans le domaine de l'informatique. On l'a perdue, l'expertise.
Hamad : Mais vous êtes un bon exemple. Vous avez dit que,
votre organisation, vous avez des experts dans la matière,
puis vous avez un service administratif qui sert tout ce monde-là...
Mme Martineau (Lucie) : Oui, mais savez-vous
quoi?
Hamad :
...vous avez un service de recherche qui va les aider à faire leur travail.
C'est exactement ce qu'on fait avec
la loi n° 42, c'est exactement votre structure. Vous avez des
spécialistes... Bien oui, vous venez de me le dire. Vous m'avez
dit que vous avez des spécialistes dans la LAMT, vous avez des
spécialistes dans le transport. Et par contre...
Mme Martineau (Lucie) : ...j'ai une mission
aussi, puis ça, je n'ai pas changé ma mission.
Hamad :
Non, mais je pense que... Bien, je veux juste finir, M. le Président, parce
que, là, enfin, on a trouvé le bon exemple, on a trouvé le bon exemple.
Président (M. Cousineau) : Il faut faire attention pour ne pas
se couper ou parler en même temps, là. Allez-y, M. le ministre, puis
vous répondrez après, Mme Martineau.
Hamad :
C'est que, je suis convaincu, dans son syndicat, Mme Martineau, elle a un
service juridique qui va servir tout
ce monde-là, elle a un service d'administration qui va faire le chèque de paie
à tout ce monde-là. Et je ne pense pas
qu'elle a un service de communications par département. Elle a un service de
communications, même si la présidente est
très, très habile pour communiquer, puis, quand ils font leurs publicités à la
télé, c'est parce qu'il y a un service de communications qui sert
l'ensemble de l'oeuvre. Là, on fait la publicité sur l'informatique.
Mais donc
vous êtes exactement ce qu'on veut faire. Ce qu'on veut faire, c'est maintenir
les services en avant, ce que votre
expert en LAMT... Nous autres, on va les maintenir. Les gens en équité de
salaire, on veut les maintenir. Par contre, on va faire travailler les
services en arrière, le «back office», qu'on appelle.
Le Président (M. Cousineau) :
Mme Martineau.
Martineau (Lucie) : Bien
sûr, j'aime assez ça! Écoutez, moi, là, c'est les membres qui paient les
cotisations, hein, puis c'est les membres
qui déterminent la mission du syndicat, puis ils ont le droit d'y participer à
toutes les années, O.K., et ils
savent pourquoi. Puis, s'ils veulent enlever une mission ou un service, parce
qu'on a des services qu'on n'est pas obligés de donner, ils peuvent
voter ça, parce que c'est les membres qui paient.
Alors,
je reviens avec ma fusion de la Commission de l'équité salariale. La Commission
de l'équité salariale, elle ne peut
pas être financée par les employeurs, je vous le dis, elle ne peut pas, parce
que ça va la mettre dans une pression à un moment donné. On l'a vu. Pourtant, cette loi-là... Puis vous devriez
être unanimes encore comme en 1996. Cette loi-là, elle a été votée ici, au parlement, le
21 novembre 1996, et tous les partis ont été unanimes. C'est sûr qu'après
il y a eu de la pression de plein de
monde, puis en plus on a exclu des entreprises de moins de 10, et tout ça, et
puis on a voulu, après ça, rallonger
les délais, étaler les paiements, on a voulu... Elle va avoir... Ça ne peut pas
se comparer au Syndicat de la fonction publique, la mission, là, c'est les membres
directs qui y travaillent. Alors là, ce n'est pas ça, là. Ce n'est pas la
population qui va décider, là, ce n'est vraiment pas ça. On ne peut pas
comparer ça.
Le Président (M.
Cousineau) : M. le ministre.
Hamad :
Mais, M. le Président, je pense que c'est clair, la mission est là pour rester.
Quand
vous dites «employeurs», là, faites attention, là. 500 millions qui va à
la CSST, ça vient du gouvernement du Québec.
Le gouvernement du Québec, c'est qui? C'est les citoyens. C'est un employeur,
mais c'est un citoyen aussi. Alors là,
il ne faut pas vraiment dire que la CSST, ce n'est pas notre affaire, ça, c'est
l'affaire des employeurs. Ce n'est pas vrai, c'est l'affaire de tout le
monde puis... Non, mais parce que souvent on oublie qu'il y a 500 millions
qui y vont et que le gouvernement lui-même est un employeur important. C'est un
des employeurs les plus importants, d'ailleurs, dans le nombre.
Maintenant,
je vous rassure, je vais vous rassurer, moi, je vais vous rassurer, la
Loi sur
l'équité salariale n'est pas changée nulle
part ici. Puis vous le savez
très bien, vous connaissez ça mieux que moi, vous savez que toutes ces organisations-là, elles ont des redditions de
comptes à faire, puis, je suis convaincu, si jamais qu'on va, mettons,
dire : On n'applique plus la
Loi sur
l'équité salariale, puis l'organisation ne le fait plus, je suis convaincu, les
collègues à l'Assemblée nationale vont le dire, vous, vous allez le
dire, les groupes de femmes vont le dire, et plein d'autre monde, ils vont le
mentionner. Ce n'est pas parce qu'on fusionne des services qu'on va les
enlever.
Surtout,
surtout, surtout, la différence, c'est qu'il y a des lois qui continuent à
demander des obligations. Exemple, en 2019, il y a un rapport qu'on doit
soumettre par l'équité salariale. Ça ne change rien.
Puis,
en passant, l'autre élément, quand vous avez dit : C'est un conseil
d'administration, on va négliger... Un conseil
d'administration, selon moi, par la gouvernance, a des obligations. Une des
premières obligations est de s'assurer que son organisation applique la
loi, c'est fondamental.
en passant, les représentants du conseil d'administration, c'est des
représentants syndicaux et des patronaux. Donc, ces gens-là, je suis convaincu que la CSN — je vois Mme Bouchard présente avec
nous — elle va
s'assurer que la loi s'applique en matière d'équité salariale. Je suis
convaincu, convaincu.
alors donc, là, ce qu'on fait, là, c'est une fusion de structures, puis la
fusion de cultures, on ne la touche pas, parce qu'elle est protégée par la loi. Puis je suis convaincu, convaincu que,
si je prends l'équité salariale avec 74 personnes, chez vous, mettons, là, vous allez dire... les syndicats des ingénieurs, là, du gouvernement du Québec, là, probablement
que vous allez leur dire : Si vous venez avec nous autres, on va être
capables de défendre mieux vos intérêts. Oui ou non?
Le Président (M.
Cousineau) : Mme Martineau.
Mme Martineau
(Lucie) : Bien non, on le fait ensemble puis on s'entend très bien,
alors...
Hamad :
Ah! mais, s'ils sont avec vous...
Mme Martineau
(Lucie) : Bien là, c'est à mon tour? Je peux répondre?
Le Président (M.
Cousineau) : Oui, oui. Allez-y, allez-y.
Mme Martineau (Lucie) : O.K. Alors, la CSST, oui, c'est vrai, c'est
paritaire, la Commission des normes du travail
aussi, mais l'équité salariale, c'est gouvernemental. L'équité salariale, c'est
un droit fondamental, O.K., c'est l'égalité entre les hommes et les femmes, puis ça a été durement acquis au Québec,
où l'État doit s'assurer... c'est l'État qui doit s'assurer que ce soit fait. La CSST, c'est très,
très utile. C'est paritaire, ça vise à s'entendre; à faire de la prévention
aussi, mais ça vise plus à s'entendre.
L'équité
salariale, ce n'est pas non plus comme la Commission des normes, je l'ai dit
dans ma présentation, c'est vraiment...
Il y a une chose de différent, c'est le fardeau. Il est vraiment... puis au
Québec on est spécifiques là-dessus, c'est proactif, c'est-à-dire que l'employeur doit prouver qu'il l'a fait, et
non pas comme anciennement, quand c'était l'article 19 de la Charte des droits et libertés, où moi, je
pense que j'ai de la discrimination et je fais ma plainte, un peu comme
la Commission des normes, ça marche comme ça.
Donc,
c'est pour ça que, pour nous, fondamentalement, ça doit rester vraiment sous la
gouverne gouvernementale. Puis, mieux
que ça, on renforcerait le rôle en nommant la présidente par l'Assemblée
nationale, c'est-à-dire par vous tous.
Le Président (M.
Cousineau) : M. le ministre.
Hamad :
Quand vous dites qu'on doit s'entendre, la loi, là, ce n'est pas une question
de s'entendre, on l'applique, c'est une
obligation. Je ne peux pas, moi, voir un conseil d'administration qui prend une
loi, là, sur la santé et sécurité ou
la
Loi sur l'équité salariale, le conseil d'administration : Ah! on ne
s'entend pas sur la loi, on va faire d'autre chose. Vous le savez plus
que moi qu'une loi, là, est faite pour appliquer, puis la responsabilité d'un
conseil, c'est de l'appliquer. Puis en
passant à la CSST on s'entend, mais la
loi sur... la LAMT, les lois de la CSST,
les deux lois, là, le conseil
s'assure qu'on l'applique, là, et je peux vous le dire, que le conseil demande
à la direction de l'appliquer, la loi. S'entendre sur d'autres éléments
nouveaux peut-être, s'entendre sur les cotisations, ça, c'est autre chose.
Puis il faut
le dire, qu'il y a plein d'organisations qui font plusieurs choses en même
temps, elles gèrent plusieurs lois en
même temps sans avoir des problèmes de dire : On s'entend. Je prends
l'AMF, l'exemple que j'ai cité avant, c'est cinq
lois complètement différentes. Et on prend d'autres organisations, la SAAQ, la
Société d'assurance automobile, on a une fiducie d'un bord, on a le contrôle
routier d'un côté, puis on a les services.
Puis là je
reviens aux services dans les régions quand... La SAAQ, pour moi, dans les
régions... Là, on va avoir accès à
des bureaux en région. Vous avez dit que la Commission des normes, c'était un
téléphone. Bon, mettons, je ne suis
pas d'accord, mais est-ce que la CSST, c'est des téléphones, en région? Je ne
pense pas. La CSST, c'est des bureaux importants, dans les régions, où
on peut avoir accès.
Vous allez me
dire : Mais oui, mais l'inspecteur, il ne peut pas faire l'inspection en
santé et sécurité puis l'équité salariale.
Vous avez raison, mais l'inspecteur, quand il veut aller dans une entreprise,
je pense qu'il est capable de demander à
l'entreprise : Avez-vous votre programme d'équité salariale? Ça, je pense
qu'il est capable de faire ça puis très bien, facilement, puis revenir puis dire : Oui, vous l'avez; vous ne
l'avez pas. S'ils ne l'ont pas, il va signaler qu'ils ne l'ont pas.
Le Président (M. Cousineau) :
Mme Martineau.
Mme Martineau (Lucie) : Là, il n'y a
pas d'inspecteur à la Commission de l'équité salariale. Il y en a quand il y a eu des plaintes suite à un comité, mais il
ne va pas vérifier dans l'entreprise s'ils l'ont, c'est l'entreprise qu'il
faut qu'ils le fournissent.
Hamad : C'est des
enquêteurs, ce n'est pas des inspecteurs. C'est encore mieux.
Mme Martineau (Lucie) : Oui, c'est
ça, mais c'est l'entreprise qui doit fournir son programme.
À la CSST, quand on dit : On doit
s'entendre, ce n'est jamais blanc puis ce n'est jamais tout noir parce qu'il y a de la médiation, parce qu'on travaille
ensemble pour trouver des solutions. Puis je ne remets pas en cause le
conseil d'administration de la CSST, j'en
suis sûre. Le problème qu'on vous propose, nous, c'est vraiment de dire :
Ces trois missions très différentes,
et surtout une, ne doivent pas être financées de cette façon-là, c'est tout. La
SAAQ, là, elle est financée par le gouvernement du Québec...
Hamad : Bien non,
bien non.
Mme Martineau (Lucie) : Bien, il y a
une
partie des taxes sur nos... Bien non, mais c'est...
Hamad : Bien,
voyons! La SAAQ, c'est votre permis de conduire, si vous en avez un, là.
Mme Martineau (Lucie) : Oui, oui,
c'est ça, bien oui.
Hamad : Mais ça,
c'est les citoyens qui paient la SAAQ, là.
Mme Martineau (Lucie) : Bien, c'est
ça. L'impôt aussi.
Hamad : Bien non,
mais là c'est parce que...
Le Président (M. Cousineau) :
Allez-y, M. le ministre.
Hamad :
En fait, M. le Président, là, la SAAQ, là, c'est l'argent qui rentre par le
public qui gère la SAAQ, ce n'est pas l'argent du gouvernement.
Mme Martineau (Lucie) : C'est sûr.
C'est des taxes.
Mme Martineau (Lucie) : C'est des
taxes puis d'autres choses, c'est des impôts.
Hamad : Ce n'est pas des
taxes, c'est des permis. C'est des permis pour faire quelque chose que le
citoyen paie.
Mme Martineau (Lucie) : Bien oui,
mais c'est une taxe sur nos permis. C'est une tarification.
Hamad :
Cet argent-là rentre, est géré dans une fiducie parce qu'il y a des lois qui
appliquent... Puis en même temps on
va gérer le contrôle routier. Puis le contrôle routier, M. le Président, ça ne
fait pas
partie du permis, mais c'est pour la sécurité, et on va le
dépenser.
Je reviens à l'argument de... En fait, d'abord,
on maintient la
Loi sur l'équité salariale. Puis je pense que tous les gouvernements, incluant le nôtre, qui l'a démontré... Je me rappelle,
Mme Monique Jérôme-Forget, ce qu'on a mis d'argent, on a prévu
d'argent, beaucoup d'argent pour l'équité, parce qu'il faut le prévoir, puis on
l'a fait, on a répondu à nos devoirs. Puis l'objectif,
je vous le dis, c'est enregistré, le but, ce n'est pas affaiblir; le but, c'est
renforcer. Puis donc renforcer comment?
C'est avoir accès, l'organisation, l'équité salariale, à des gens plus... des
services qu'ils n'avaient pas actuellement, ils peuvent avoir accès.
moi, j'ai entendu que, lorsqu'on a présenté le projet de loi aux employés de
l'Équité salariale, vos membres, ils étaient
contents de l'entendre, ça. Eux autres, ils étaient contents, ce que j'ai
entendu, ils étaient satisfaits. Bien
sûr, quand on fait des changements, les gens sont inquiets pour
les changements, ça, je comprends ça, mais, quand on parle aux gens de la CLP, par
exemple, les juges administratifs, les autres, ils disent : On
est capables de faire la job sans avoir deux assesseurs, les autres qui
vivent là-dedans. Moi, je pense, avant tout c'est les employés qui sont
importants, parce que c'est eux autres qui vont être capables de gérer ça.
Alors, ça, c'est d'autres éléments. Si les
employés eux-mêmes, qu'on doit les respecter, ils sont satisfaits?
Le Président (M. Cousineau) :
Mme Martineau.
Martineau (Lucie) : Bien, ça
dépend toujours comment c'est présenté, mais, moi, là, tous mes membres vont être contents si vous leur dites que ça va
être plus gros, puis il va y avoir plus de ressources, puis il va y avoir
plus de choses. Ça dépend comment c'est présenté, hein?
Hamad :
Mme Rinfret, je pense, elle a toute la crédibilité, puis je ne pense pas
qu'elle est allée vendre du... ce n'est pas son genre, là, et...
Mme Martineau (Lucie) : Non, mais
c'est ça qu'elle a dit.
Martineau (Lucie) : C'est ça
qu'elle a dit, Mme Rinfret, qu'on aurait plus de ressources à l'équité
salariale, que ça allait être une bonne chose. Non, mais...
Hamad :
Mais ça, je viens de vous le dire aussi, c'est qu'on va avoir plus de... accès
à des ressources. On n'a pas menti,
là. C'est qu'au lieu d'avoir une personne en communications, vous allez avoir
le service de communications de la CSST, je pense que ce n'est pas
mentir de dire ça, au lieu d'avoir...
Je prends l'exemple de son kiosque, là, elle
voulait faire une journée d'information sur l'équité salariale. Évidemment, pour elle, pour son budget, c'est un
impact important, mais, lorsque je vois la CSST... Puis ils font bien,
ils font deux jours pour la santé et sécurité, la prévention, on voit des
entreprises, des gens qui sont là. Bien, moi, je vois le kiosque qui sera présent là pour dire aux employeurs : En
passant, là, vous présentez vos produits, mais, vous allez voir, aussi il y a l'équité salariale, là, il y a une
loi, là. Puis comment vous êtes avancés? Avez-vous avez besoin
d'information? On va vous fournir... Exemple, je donne un exemple, là, mais...
Alors, définitivement, ils vont avoir accès.
Puis moi,
honnêtement, je fais confiance aux employés parce que c'est eux autres qui le
vivent, c'est eux autres qui ont le
bon jugement, souvent. C'est parce que c'est le jugement de la majorité qui
nous dit qu'ils vivent... Puis eux autres, ils savent que peut-être, moi, en faisant
partie d'une grande organisation,
je vais avoir le support, mais aussi peut-être, pour ma carrière, c'est
bon. Puis en plus ils restent membres de votre syndicat.
Le Président (M. Cousineau) :
Mme Martineau.
Mme Martineau (Lucie) : ...rien de
corporatif dans notre rapport, premièrement.
Mme Martineau (Lucie) : Deuxième
chose : les membres, on les a consultés aussi. On le sait, qu'ils ont été
rencontrés.
Et puis,
troisième chose, là, je pense que le téléphone qu'il y a à Jonquière, là, lui,
il va être d'accord si on lui met une
personne à un moment donné, mais c'est vraiment... Le service en région, là, on
le voit, là, on le dénonce, je fais ça quasiment
à temps plein, dénoncer les coupures dans toutes les régions du Québec. Alors,
ce n'est pas vrai que, si on coupe 17 millions de budget, on va
avoir plus de ressources, là, à quelque part, là.
Hamad :
Bien, je vais vous donner les détails. Je vais vous le donner, le détail.
D'abord, c'est 15. 6,5 sur les assesseurs, O.K., ce n'est pas des
employés, les assesseurs. 8 millions, le 8 millions qu'on coupe,
madame, c'est une économie sur les gens qui partent à la retraite, 80 sur 400.
Il n'y en a pas, de coupure dans les services des régions, c'est des gens qui
partent à la retraite, qui... supposés de partir, sur 400.
Mme Martineau (Lucie) : Qu'on ne
remplacera pas.
Hamad : Bien oui.
Mme Martineau (Lucie) : Bon, ils ne
faisaient rien? Je vais dire comme Denise.
Hamad :
Non, non, non. Faites attention, là, faites... Non, mais là, là, attention,
vous êtes assez intelligente pour savoir que c'est...
Président (M. Cousineau) : Mais là...
Hamad : C'est que, quand on ajoute des services ensemble, on
est capable d'offrir le même service avec le moindre coût.
Président (M. Cousineau) : M. le ministre, c'est tout le temps
que nous avions pour votre bloc d'échange avec Mme Martineau.
Hamad :
...merci beaucoup.
Le Président (M. Cousineau) :
Maintenant, nous allons passer à l'opposition officielle. M. le député de
Beauharnois.
M. Leclair :
Merci, M. le Président. Alors, Mme Martineau, Mme Boileau et
M. Gaudreau, bienvenue.
Mon premier
commentaire serait pour l'ensemble de l'oeuvre de votre mémoire, qui est très
complet, je vous remercie. Je ferais un
petit clin d'oeil. Tantôt, il y avait un groupe qui est passé, puis ils nous
disaient que les fonctionnaires devraient
parler peut-être plus longtemps au téléphone, mais, s'il n'y a pas personne
pour répondre au téléphone, c'est sûr et certain qu'on ne peut pas
passer beaucoup plus de temps. Mais loin de là... de moi de dire que les
fonctionnaires ne faisaient pas leur
ouvrage, mais on peut voir dans certains cas que, si le ministre
ajoute des ressources sur le téléphone, je pense que ça va combler vous,
lui, ça va lui faire peut-être une belle petite pelure, puis les gens, bien, ils
vont être contents de dire : Bien, on a plus de ressources,
finalement. Mais malheureusement je n'y crois pas vraiment, moi non plus, mais
on verra.
Alors, permettez-moi
de vous poser la première question, justement, sur les accès de services. Vous
parlez de déploiement géographique des
services, alors que voyez-vous dans la nouvelle modulation du nouveau
regroupement? Vous craignez qu'on va perdre
encore des services, géographiquement parlant, malgré ce que vient de dire le
ministre?
Le Président (M.
Cousineau) : Mme Martineau.
Mme Martineau (Lucie) : Bon, écoutez,
je veux juste revenir sur les 53 secondes. Tous les centres d'appels,
de toute façon, c'est une norme, on leur dit : Même s'il ne comprend pas,
ce n'est pas grave, tu as tant de temps. C'est minuté, il y a des logiciels
vraiment bien faits pour ça.
Mais,
en ce qui a trait aux services en tant que tels, ce qu'on constate, dans les
régions, c'est... Mettons que je vais prendre un ancien ministère que
M. Hamad avait, le MESS, qui est mon ministère également, alors, hein...
Puis vous y retournez, d'ailleurs. Alors, ce
ministère-là, avant, on donnait tous les services dans tous les centres locaux
d'emploi. Maintenant, en région, on leur
dit, à 100 kilomètres près : Bon, bien, vous, vous allez faire
l'attribution initiale, vous, vous allez
faire une chose. C'est-à-dire qu'il y a encore des bureaux physiques, mais
c'est faux de dire que tous les services sont rendus dans les bureaux
physiques. Alors, on appelle ça, nous, de la centralisation en région. Alors,
ça, ça se passe actuellement dans ce ministère-là, entre autres, ce qui risque
d'arriver également dans le futur gros ministère.
Le Président (M.
Cousineau) : M. le député de Beauharnois.
M. Leclair :
Très inquiétant. Très inquiétant, je vous l'avoue.
M. Leclair :
Il dit : Va donc t'asseoir là-bas!
vous ramènerais, Mme Martineau, plus sérieusement aussi sur les surplus,
les surplus. Comment vous voyez ça, les
surplus qu'on accumulait avec les Normes du travail puis qu'aujourd'hui, bien, on va remettre ça au Trésor puis... alors que, si le besoin se fait sentir, là, comme
plusieurs groupes demandent plus de services, demandent des gens en
arrière d'un téléphone ou peut-être plus dans les régions...
Mme Martineau (Lucie) : ...la madame qui est venue pour Au bas de
l'échelle a dit : Nous, notre recommandation,
en fait, c'est de redonner ces surplus-là pour les gens qui sont... On a
marqué, là : «Les surplus de la Commission des normes
devraient être affectés à l'avancement du respect des droits des travailleuses
et travailleurs plutôt qu'être transférés au Fonds des
générations.» Alors, il peut y avoir différentes choses. Madame que je ne me
souviens pas de son nom, d'Au bas de
l'échelle, par exemple, indiquait, bon : Avant, les gens avaient
une opinion juridique, avant. Avant, on pouvait avoir des cours de la Commission des normes, ça a été coupé. Avant, bien, il y avait des
personnes au téléphone, pas juste le téléphone,
bon, O.K. Alors, c'est toutes des choses qu'en fait... Puis il n'y a pas
beaucoup d'organismes non plus, puis elle l'a dit, qui s'occupent des gens qui sont non syndiqués, et en fait il
faut quand même que la population au Québec sache qu'il y a une loi
minimale de normes du travail puis qu'elle soit accessible partout. Donc, dans
le fond, ces surplus-là devraient être
réaffectés dans différentes missions comme ça mais toujours reliées aux gens
qui n'ont pas accès à la... qui ne sont pas syndiqués et puis qui n'ont
pas...
M. Leclair :
Je comprends très bien. On va tenter de discuter avec le ministre lors de
l'article par
article pour aller chercher un peu de sommes pour
s'assurer de venir en aide aux besoins.
un autre ordre d'idées, les risques associés à la fusion, là, vous parlez
d'équité salariale. Alors, je pense que vous avez été quand même clairs, mais je vais profiter de votre visite
ici pour réitérer encore ce que plusieurs nous disent, de conserver la
pleine indépendance. Bien entendu, Mme Rinfret, qui était avec nous lors
de nos travaux et qui a eu la chance
aussi... elle, ça ne semblait pas trop, trop l'inquiéter, mais, tout l'aspect
indépendant de l'équité salariale, vous craignez, vous aussi, là, qu'on
pourrait diluer ça, autant sur son financement qui va devenir un financement
quasi des employeurs parce que, si c'est regroupé à même ces trois fusions-là...
Vous voyez des risques dans le futur à ça?
Martineau (Lucie) : Oui, et
que ce soit dilué également. Écoutez, ce n'est pas une commission qui est née puis que tout
le monde... Oui, la loi, elle a été
adoptée, premièrement, à l'unanimité. Le gouvernement du Québec voulait s'exclure de la loi; nous sommes les premiers à l'avoir contesté sur la
constitutionnalité, nous avons eu gain de cause, on a fait des travaux. Il
y a le maintien de l'équité, ce n'est pas juste... Et ce n'est pas terminé, ce
n'est pas terminé, puis d'ailleurs on l'a dit, que c'était inachevé encore.
Bon, si je
suis dans une énorme commission, même si j'ai gardé une division, je ne veux pas être
un kiosque, là, vraiment, ce n'est pas ce qu'on doit faire au Québec,
alors... on a eu tellement de misère à ce que ce soit mis sur pied,
cette commission-là. Et, si on veut regrouper des services, tout ça, on n'est
pas obligés de la fusionner. La paie, là, elle se fait par le CSPQ, là, ça fait que la commission, là, elle peut la
faire faire, sa paie, par le CSPQ. Ça, c'est de l'argent de Monopoly au gouvernement
du Québec, là.
Le Président (M. Cousineau) :
M. le député de Beauharnois.
M. Leclair : C'est bien. Puis, si, lors de l'article
par article, là, on tente d'aller chercher, justement, dans les
surplus pour peut-être, justement,
en remettre à l'équité salariale, pour finalement qu'elle atteigne plus ses objectifs,
vous ne seriez pas contre ça non plus, on...
Martineau (Lucie) : Écoutez,
la Commission de l'équité a eu des... voyons, des restrictions
budgétaires comme tous les autres. Il y a
eu des délais qui ont été un peu plus longs, sauf qu'elle fait son travail.
Depuis qu'elle est là, elle fait son
travail. C'est sûr que les délais ont été un petit peu plus longs parce qu'il y a eu des ressources de
coupées, des choses comme ça, mais grosso modo elle fait son travail. Puis moi,
j'attendrais beaucoup plus de voir le rapport de 2019, là. On n'est pas dans l'urgence, là, tu sais, c'est un petit
budget, ça, là, ce n'est pas... Alors là, j'attendrais, moi, de voir le
rapport 2019, et puis on pourrait s'en reparler.
M. Leclair : J'irais avec une dernière question, là, face... Mais là vous l'avez mise dans le secteur santé et sécurité,
là, mais j'irais dans le mécanisme de prévention. Puis, je pense, ça cible quand
même les trois silos.
Vous semblez être inquiets que les mécanismes de
prévention doivent être appliqués dans leur intégralité, là — vous
mettez ça dans vos recommandations — dans
tous les secteurs de l'économie. Est-ce que vous avez peur, s'il y a des
coupures annoncées, que les premières choses qu'on coupe seront la prévention,
alors que c'est là qu'on dit qu'il n'y en a jamais assez, la prévention?
Mme Martineau (Lucie) : C'est habituellement
là parce que, écoutez, quand on donne des coupures aux ministères, à tous les ministères et organismes, les gens, bien, ils
regardent où c'est qu'ils peuvent couper. On ne peut pas couper sur des
choses qui arrivent à tous les jours, hein, on ne peut pas couper sur le
recours ou des choses comme ça ou... Bon. Alors, on va aller couper...
Bon, mettons
que je vous donne le domaine de l'inspection, O.K., général, que ce soit en
bâtiment, logement, même aux
aliments. Bon, quand on a eu les premières coupures, bien au lieu d'avoir un
plan annuel qu'une telle bâtisse, tel genre de bâtisse, on la visitait à tous les trois ans, bien là on l'a mis aux
cinq ans. C'est comme ça. Alors, ça, c'est de la prévention, quand on
faisait de la visite.
Ensuite, on a changé, on a dit : Ils vont... — comment
je le dirais bien? — s'autorégulariser,
c'est-à-dire fournissez-nous que vous avez
fait inspecter votre bâtisse. On se déplaçait moins. Pas pour tous, mais on se
déplaçait moins.
Donc, c'est
là-dessus. Nous, dans notre mémoire, on vous dit : C'est ce qu'on a
constaté dans les dernières années, et c'est ce qui risque de continuer
dans les futures.
Le Président (M. Cousineau) :
M. le député de Beauharnois.
M. Leclair : Oui. Il reste
combien de temps, M. le Président?
Le Président (M. Cousineau) :
Il vous reste 1 min 30 s. 29, 28...
M. Leclair : Je vais tenter de faire ça court. Plusieurs
groupes nous ont apporté ces inquiétudes-là, lors de la fusion dans les
tribunaux administratifs. Vous nous dites... Vous espérez que tout le monde
garde leurs champs d'expertise respectifs
dans chaque créneau. Vous, vous avez peur aussi qu'un juge administratif puisse juger quasi un matin
d'une cause et après ça d'une autre.
Mme Martineau (Lucie) : Bon, on
n'est pas contre la fusion, là, là-dessus, là, mais on le voit, mettons, dans différents... Mettons que je prends les relations
de travail. On voit qu'il y a des arbitres de relations de travail, ils
vont se spécialiser,
des clauses reliées à la classification, des choses comme ça, parce qu'à un moment donné, oui, tu peux
être généraliste, mais il y a des choses qui
demandent un domaine assez pointu, notamment la classification des emplois,
le pourcentage qu'on donne, des choses comme
ça. Donc, on voit même que les arbitres se spécialisent, même nos
avocats se spécialisent aussi dans certains
domaines. Ce n'est pas dans tout, c'est pour ça que je dis : On peut faire
d'autre travail, c'est sûr, mais il y a des domaines qui demandent
tellement, que c'est tellement long d'être performant dans ce domaine-là que...
Puis en plus,
bien, il n'y en a pas, là, de mentorat, là, actuellement. Les gens partent, on n'a
pas remplacé avant, là, hein? Alors là, là, c'est plus difficile. Il n'y
a pas de politique de mentorat encore.
M. Leclair : Merci beaucoup,
Mme Martineau.
Président (M. Cousineau) : C'est terminé, le bloc est terminé.
Alors, je vais maintenant céder la parole à la députée d'Arthabaska pour
les prochaines minutes.
Mme Roy
(Arthabaska) : J'ai eu l'impression que vous n'aviez pas eu le
temps de terminer parce que le ministre avait écoulé son temps, considérant le départ par attrition, les
80 personnes sur 400. Ça équivaut à 20 % du personnel des
trois... de tout ce monde-là. Pensez-vous que c'est possible de le faire sans
faire une atteinte aux services?
Le Président (M. Cousineau) :
Mme Martineau.
Martineau (Lucie) : Là, je
vais aller dans l'historique, Mme Roy. Mme Forget, justement, en
2004, en mai 2004, a instauré la politique de non-renouvellement des
effectifs, et puis dans le budget qu'elle avait déposé c'était marqué que ça n'aurait pas un impact sur les
services à la population. Écoutez, 10 ans plus tard on est obligés de dire
que, bien non, ça a de l'impact sur les
services à la population. Bon, nous, on l'avait dit avant 10 ans, on avait
dit : Ça n'a comme aucun bon sens que ça peut être vrai. Ils sont
où, ce monde-là? Moi, les gens qui me disaient : Bien là, on va couper 22 000 personnes dans la fonction
publique... Dites-moi ils sont où, qu'est-ce qu'ils font puis c'est quoi que...
hein, ils sont où.
Alors là, moi, je ne crois pas qu'en coupant
encore 20 % du personnel... Il y a des activités qui peuvent être fusionnées, puis elles peuvent l'être, ça, il n'y
a pas de trouble avec ça, là. Tu sais, on a déjà centralisé, mettons, le
Centre de services partagés du Québec. Bon,
il y avait Services Québec qui devait faire un peu cette mission-là, mais ça
n'a pas donné qu'est-ce que ça aurait
dû, là, mais en tout cas. Il y a des choses qui peuvent être regroupées, mais
ce n'est pas vrai qu'en coupant 20 % du personnel, qui a déjà été
coupé depuis 10 ans, hein, on n'affectera pas les services.
Mme Roy
(Arthabaska) : M. le Président, j'aimerais savoir qu'est-ce
qu'on fait de l'argument qui veut qu'une personne rentre, mettons, dans la fonction publique à l'âge de
25 ans, en ressort 40 ans plus tard, puis que les technologies
ont changé, que les emplois peuvent être
plus efficaces, notamment l'informatique — mais je ne suis pas sûre que c'est le
cas dans l'appareil gouvernemental, la
performance de l'informatique étant un autre sujet, je vais passer, mais ça,
c'est l'argument qu'on sert. On dit : Bien, avant, admettons, ça nous
prenait... Je me souviens, moi, que ma tante était sténographe, elle tapait ça à la dactylo avec des carbones. Maintenant,
bien, les sténographes, ils y vont au traitement de texte. On en a beaucoup moins besoin, c'est
beaucoup moins long, le travail, parce qu'on a des outils qui nous aident
à être plus performant. Qu'est-ce que vous faites de cet argument-là?
Martineau (Lucie) : Bien,
écoutez, là, oui, les technologies ont changé. Oui, il n'y a plus de sténo.
Bien, on va donner un exemple clair que tout le monde, tous les citoyens vont
comprendre : avant, il y avait des téléphonistes-réceptionnistes au
gouvernement du Québec; maintenant, il y a des boîtes vocales. Il n'y en a
plus, de téléphoniste-réceptionniste, O.K.?
Alors, c'est sûr que, bon, bien les citoyens n'aiment pas ça non plus, là. Je
ne sais pas si on pourrait avoir d'autre chose, là, mais en tout cas ils
n'aiment pas ça non plus.
On n'est pas
contre les changements technologiques puis on n'est pas contre... puis l'emploi
change. Et à toutes les fois qu'on me
dit : Bien, c'est drôle, comment ça que le nombre d'emplois de
fonctionnaire n'a pas été modifié?, ce qui n'est pas le cas dans toutes les catégories d'emploi, je vous ferai
dire, bien c'est parce que d'autres besoins sont nés, hein, on a rapatrié du fédéral la main-d'oeuvre au Québec, on
a eu le RQAP qui n'existait pas, on a des choses que...
La société, depuis ce temps-là, elle a voulu d'autres besoins.
D'ailleurs, le ministre Coiteux le disait, il y a d'autres programmes
qui devront être mis sur place pour avoir d'autres services que du monde
demande. C'est ça. Ce n'est pas statique, la fonction publique, ça évolue selon la société, selon ce que les gens donnent,
selon ce qu'ils veulent et selon ce que les gouvernements décident
aussi.
Le Président (M. Cousineau) :
Mme la députée d'Arthabaska.
Mme Roy (Arthabaska) : Mais à
chaque fois qu'on rajoute un service, comme vous dites, là... Des fois, les
gens nous disent : Bien, c'est un millefeuille, là, ça n'arrête plus, on
en ajoute puis on n'en enlève pas en bas. Mais est-ce que c'est le cas? Parce que c'est ce qu'on entend aussi, on
dit : Bon, bien ils rajoutent des services pour corriger un problème qui répond à une demande, mais est-ce que
pour les problèmes qui sont désuets ou finis, je veux dire, ou les missions qui sont terminées parce qu'elles ne sont
plus nécessaires, parce que la société a évolué... est-ce qu'on les
retire?
Mme Martineau (Lucie) : Laquelle,
mission, qui n'est plus nécessaire?
Mme Roy (Arthabaska) :
Bien, c'est-à-dire que vous me dites que les besoins ont changé.
Mme Martineau (Lucie) : Oui.
Mme Roy (Arthabaska) : Les
besoins qui ne sont plus là, là.
Mme Martineau (Lucie) : Bien,
actuellement, là, si on se limite, là, à ce que... mettons à la Commission des normes du travail, on a vu, là, c'est des gens,
même pas le syndicat, là, des gens qui font affaire qui sont... un
organisme qui font affaire avec ça vous ont
énuméré les coupures qu'il y a eu. Donc, si on dit : On n'enlève pas...
Non, on enlève. C'est sûr qu'on enlève.
Si vous me dites... Dites-moi quelle mission qui
n'est plus importante puis qui devrait être enlevée.
Mme Roy
(Arthabaska) : ...pour être plus claire, M. le Président, je
vais vous donner un exemple. Vous
avez dit tantôt : Il n'y a
plus de personne qui répond au téléphone, c'est des enregistrements. Celle qui
répondait, est-ce que vous
l'avez reprise ailleurs? Ce n'est pas une qui pourrait partir par attrition?
Martineau (Lucie) : Bien
oui. Quand le dernier est parti du bureau de Jonquière, là, ils ont mis un
téléphone sur un comptoir à l'entrée.
Mme Roy (Arthabaska) : Bon, O.K.,
parfait.
Mme Martineau (Lucie) : Il est
filmé, en plus, puis Radio-Canada y a été, je vous le dis.
Mme Roy
(Arthabaska) : Bien,
je vous remercie, c'est ça que je voulais savoir, parce que
c'est ça qu'on entend, on entend que
la personne qui était la... celle qui répondait au téléphone reste dans son
bureau puis attend d'arriver à 65 ans. C'est ce qu'on entend dans
la population.
Mme Martineau
(Lucie) : Bien non, là. Moi,
quand... On entend ça, c'est vrai, dans les radios on entend ça. Et moi,
je vous dis : N'importe quoi, je vais y aller avec vous. Appelez-moi, on
va aller voir cette personne-là.
Mme Roy (Arthabaska) :
Parfait.
Mme Boileau (Denise) : Peut-être je
voudrais ajouter.
Mme Roy (Arthabaska) : Oui,
allez-y.
Le Président (M. Cousineau) :
Bien sûr. Allez-y, madame.
Mme Boileau (Denise) : Quand on
parle... Vous savez que...
Le Président (M. Cousineau) :
Mme Martineau, je crois.
Mme Boileau (Denise) : Moi, c'est
Boileau, Boileau.
Le Président (M. Cousineau) :
Mme Boileau, excusez-moi.
Boileau (Denise) : Quand on
parle de réduire le personnel administratif
avec les fusions, il faut surtout se rappeler
que ça fait des années qu'on réduit le personnel administratif, c'est là qu'il
y a eu le plus de coupures dans la fonction publique. Et c'est pour ça
qu'aujourd'hui on se retrouve dans des bureaux qu'il n'y a plus de
réceptionniste, parce qu'on a trop coupé.
Ça fait que, quand nous parlons... Je vous donne
l'exemple de la Commission des normes du travail. La Commission des normes, avant, le citoyen, la citoyenne qui se
présentait, il y avait une préposée qui l'accompagnait pour écrire la plainte et elle lui parlait des autres
droits qui pouvaient découler de ce qu'elle vivait. Mais maintenant on ne
fait plus ça. On te donne le formulaire, tu
te débrouilles tout seul. Ça fait que ça, c'est des conséquences qu'on ne voit
pas à l'oeil nu, on le voit quand on rentre
dans le service public et qu'on ne peut plus répondre. Et, nous, ce qu'on
critique beaucoup, c'est le danger.
C'est que de moins en moins le contact humain, dans la fonction publique, est
possible, justement, parce qu'on a remplacé par des technologies.
Président (M. Cousineau) : C'est terminé. C'est terminé,
Mme Boileau, je vous remercie. Mais je crois qu'il y a une
question, Mme la députée... Je crois qu'il y a une question de règlement.
M. Auger : Question de règlement, M.
le Président.
Le Président (M. Cousineau) :
Quel article?
Auger :
Article 212. Peut-être permettre au ministre, s'il vous
plaît, de pouvoir clarifier certaines informations apportées par la
députée d'Arthabaska.
Président (M. Cousineau) : Il faut que ce soit... S'il vous
plaît, M. le député de Beauharnois! Donc, il faut que ce soit bref. Vous
voulez rétablir...
Hamad :
Oui. En fait, humblement, très humblement, la députée, elle a dit tantôt :
80 sur 400 employés. En fait, c'est 400 départs à la retraite.