Labour and the Economy — 15 February 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CET 2013-02-15
Quebec — Committees
(Neuf
heures trente et une minutes)
Président (M. Leclair) : Donc, à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare
la séance de la Commission de l'économie et du travail ouverte. Je demande à toutes les
personnes dans la salle de bien vouloir éteindre leurs sonneries de
téléphones cellulaires.
La commission est
réunie afin de procéder à l'étude du volet Lutte à la pauvreté, action
communautaire des crédits budgétaires du portefeuille Emploi et Solidarité
sociale pour l'exercice financier 2013‑2014.
M. le Secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le Président. Mme Richard
(Îles-de-la-Madeleine) est remplacée par M. Roy (Bonaventure ) et M. Arcand (Mont-Royal), par Mme Vallières (Richmond).
Le Président (M.
Leclair) : Merci beaucoup. Nous
allons débuter par des remarques préliminaires et ensuite procéder à une
discussion d'ordre général par blocs d'environ 20 minutes, incluant les
questions et les réponses. La mise aux voix des crédits sera effectuée à la fin
du temps qui est alloué à l'étude de ce volet.
En terminant, je vous
invite aux fins de l'exercice de l'étude des crédits à poser des courtes
questions et incidemment à fournir des réponses tout aussi brèves de façon à
favoriser le plus grand nombre d'échanges possible.
Nous débutons donc
avec les remarques préliminaires de Mme la ministre. Vous disposez de
10 minutes, Mme la ministre.
Mme Maltais : Merci, M. le Président. Alors, d'abord, bonjour tout le
monde. En ce vendredi matin, au lieu d'être
dans vos circonscriptions, vous êtes à l'Assemblée nationale, comme je le suis
moi-même. Alors, bonjour à tous les collègues
d'abord du parti ministériel, mes amis, et, non moindres amis, de l'autre côté,
de l'opposition officielle et de la deuxième opposition. M. le
Président, c'est un plaisir de vous voir ce matin.
vous présente les gens qui m'accompagnent : d'abord, à ma gauche, et je
pèse mes mots, à ma gauche, mon chef de
cabinet, Pierre Châteauvert. M. Châteauvert était, il faut le dire, candidat à
la dernière campagne électorale dans
Jean-Lesage, et il a eu dans son comté une
partie du Vieux-Limoilou, qui était
dans ma circonscription avant, et il a vécu...
il a vu la précarité et la pauvreté, donc c'est un solide allié dans la
bataille contre la pauvreté. J'ai, à ma droite, évidemment deux femmes qui en font un combat quotidien : la sous-ministre,
Mme Brigitte Pelletier, et la sous-ministre adjointe, Mme Marie-Renée
Roy, ainsi que toute l'équipe du ministère qui est derrière.
Alors,
à
titre de ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale et présidente du
Comité ministériel de la solidarité, j'ai à
coeur l'amélioration de la qualité de vie des personnes plus démunies. Cet
engagement, je le porte également en tant que femme engagée, progressiste, bien
sûr, féministe et militante en faveur d'une société juste et équitable.
vision que j'ai du ministère est celle d'une organisation qui soutient les
Québécois et les Québécoises qui en ont besoin, et, dans ce sens, je souhaite repenser
la solidarité pour briser le cycle de la pauvreté. Je veux voir l'aide
de dernier recours comme une organisation qui offre une aide adaptée aux
besoins des personnes.
Pour mener ces
actions, en 2013‑2014, le ministère aura à sa disposition 4,3 milliards de
dollars. Le budget d'administration sera
quant à lui de 440 millions de dollars. Environ 70 % du budget du
ministère ira aux mesures d'aide financière, donc de l'aide directe,
pour un total de 2,9 milliards de dollars. La diminution des crédits est
de 19 millions de dollars, soit 0,6 % de moins par rapport à l'année
précédente.
diminution du budget du ministère s'explique principalement, et ça a déjà été
abordé à l'Assemblée nationale, par le fait
que l'enveloppe budgétaire qui nous est attribuée est financée par le nombre
de... est influencée — non
pas financée mais influencée — par
le nombre de personnes prestataires des programmes d'aide financière de dernier recours.
ces personnes, depuis l'adoption de la
loi sur la pauvreté, qui avait été une
loi votée à l'unanimité à l'Assemblée
nationale mais portée fièrement par le Parti québécois... Depuis l'adoption de
cette loi, soit en 2002‑2003 et jusqu'à aujourd'hui, le nombre moyen de
prestataires des programmes d'aide sociale a connu une diminution de près de
80 000 personnes. Plus précisément, entre juillet 2012 et décembre 2012,
le nombre de prestataires a diminué encore d'un peu plus de 5 000
individus.
taux d'assistance sociale a d'ailleurs atteint 6,9 % en octobre 2012. Il s'agit
du plus bas taux depuis 37 ans. On en parlera
peut-être, mais j'ai vu encore des chiffres, là, qui nous rappellent la
progression des... ou la diminution du nombre de
personnes à l'aide sociale, assistance sociale. Et je me rappelle, dans les
années de crise des années 90, 92, 93, 94,
des années difficiles économiquement et sous le gouvernement libéral, l'entrée
des gens à l'aide sociale. Il rentrait
des gens à l'aide sociale dans les niveaux de 10 % et 11 % par année.
Et je me souviens, moi, de ces années de crise, où on se demandait, dans les soupers, lequel d'entre nous serait
le prochain à entrer sur l'aide sociale. J'ai vécu ça.
Alors,
je peux vous dire que ce grand débat, Sommet sur l'économie et sur l'emploi,
ensuite projet de loi, la lutte à la pauvreté
et à l'exclusion sociale et tous les travaux qui ont été faits dans la foulée
de ces événements-là ont donné des résultats. Il faut continuer. Ce n'est plus
une question de gouvernement, c'est une question de choix de société.
analyses d'Emploi-Québec indiquent que la tendance qu'on a actuellement, cette
diminution, va continuer à se poursuivre, car il y aura plusieurs emplois
disponibles au cours des prochaines années. On estime que près de
1,4 million de dollars de postes d'emploi seront à combler dans toutes les
régions d'ici 2021, offrant des possibilités d'emploi à celles et ceux qui
souhaitent intégrer le marché du travail.
Aujourd'hui, une autre
chose, c'est qu'on constate une amélioration du revenu disponible des familles
et des travailleurs à faibles revenus. Leur
pouvoir d'achat a été préservé ou accru. Le dernier rapport du Centre d'études
pour la pauvreté et l'exclusion... Et je veux vous dire que le président du
centre est ici pour commenter ce rapport. Si les parlementaires veulent lui poser des questions, je trouve ça... il sera
à votre disposition. Le dernier rapport, La pauvreté, les
inégalités et l'exclusion sociale au Québec : État de situation 2012
est riche d'information à cet égard.
exemple, on peut constater qu'une famille monoparentale prestataire de l'aide
de dernier recours a connu une augmentation de
près de 15 % de son pouvoir d'achat depuis 10 ans et que son revenu
disponible représente près de 85 % du seuil de faible revenu d'après la
mesure du panier de consommation, qui est la mesure autour de laquelle on s'entend
généralement. Donc, il y a eu une amélioration du côté des familles au Québec.
Mais
imaginez qu'aujourd'hui le revenu disponible d'une personne seule sans
contrainte au travail — la personne seule maintenant — recevant de l'aide sociale est de 8 000 $. Ça représente
à peine la couverture de 51,6 %, 51,6 % des besoins de base considérés par la même mesure, mesure des paniers de
consommation. Alors, toute l'avancée qu'on a faite du côté des familles, qui est un choix, là, et un choix, comme je
parle, de société; ce n'est pas un choix gouvernemental, c'est un choix
qui a transcendé les gouvernements. On a dit : Il faut absolument aider
les familles monoparentales, les familles
avec enfants… fait un choix d'aider les enfants et les familles. Aujourd'hui,
ce que nous a sorti M. Noël et ce que nous sort le Centre d'étude sur la
pauvreté et l'exclusion, c'est : il est temps de porter un regard sur les
personnes seules, véritablement. En fait,
près de une personne sur 10 vit en situation de pauvreté au Québec. Pourtant,
tout n'est pas sombre. Selon l'objectif
proposé par le Comité consultatif de lutte contre la pauvreté et l'exclusion
sociale, qui est de garantir le soutien minimal de 80 % des besoins
considérés par la mesure du panier de consommation, ce but est déjà atteint
pour les familles monoparentales et biparentales.
Alors,
notre volonté de repenser la solidarité pour briser le cycle de la pauvreté se
poursuit donc, M. le Président, avec la mise
en oeuvre, notamment, du Plan d'action gouvernemental pour la solidarité et l'inclusion
sociale. Il y a 20 alliances pour la solidarité qui ont été conclues, il n'en
reste plus que deux à signer. Et, d'autre part, des mesures annoncées dans le dernier budget viendront appuyer
la lutte contre la pauvreté, on aura le temps d'en parler : je pense
à la construction de 3 000 nouveaux
logements sociaux, création de 28 nouvelles places en garderie, services de
garde, dont les appels d'offres pour les 15 000 premières places
ont déjà été lancés...
Mme Maltais : 28 000, oui, 28 000. Pardon. L'annulation de la
taxe santé est remplacée par une modulation, dès
2013, d'une contribution en fonction du revenu, faisant en sorte que les
personnes gagnant moins de 18 000 $ par année n'ont plus rien à payer. Ce sont des personnes
dont nous devons, nous, nous pencher sur leur situation. C'est
4,4 millions de dollars de Québécois
qui ne paieront rien ou paieront moins parce qu'il y a la contribution qui est
passée de 200 $ à 100 $. Je
pense aussi, et fait très important… l'abolition de la hausse de 20 % des
tarifs d'électricité qui avait été prévue par le gouvernement précédent et que nous avons abolie, qui aurait fait très
mal à tous les Québécois et toutes les Québécoises.
Alors, quelles actions
poser maintenant? Écoutez, on ne peut pas oublier que le ministère de l'Emploi
est maintenant lié avec le ministère de l'Emploi
et de la Solidarité sociale, c'est devenu un seul ministère. Pourquoi?
Parce que la façon la plus stable, la plus
solide, la plus pérenne de sortir de la pauvreté, c'est d'intégrer le marché du
travail, c'est d'intégrer l'emploi.
J'ai lancé, vendredi
dernier, en compagnie de la première ministre et des partenaires du marché du
travail, la stratégie Tous pour l'emploi — Une
impulsion nouvelle avec les partenaires . C'est une réponse à la fois à nos engagements envers l'emploi et envers nos engagements à la
lutte à la pauvreté et à l'exclusion sociale. Et cette stratégie cible
particulièrement certaines clientèles.
MESS, ce qu'on a fait, au ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale,
nous avons créé plus de nouvelles passerelles
vers l'emploi pour toutes les personnes désireuses d'améliorer leur sort, leurs
compétences et leurs connaissances. Le monde
du travail, ce n'est pas une chasse gardée, tout le monde y est convié. Dans
cette stratégie pour l'emploi dont sûrement nous reparlerons, nous avons
instauré 27 nouvelles mesures pour les jeunes, les travailleurs expérimentés, les immigrants, les immigrantes, et
les personnes handicapées, et pour les entreprises. Parce que l'intérêt
de cette mobilisation, c'est qu'elle ne s'adresse pas qu'aux personnes; elle
mobilise les entreprises, c'est pour ça qu'elle s'appelle Avec les partenaires.
Quand
on connaît un peu la structure de la Commission des partenaires du marché du
travail, on comprend mieux pourquoi elle a
déjà dit qu'elle mobilise à la fois employés et entreprises. La structure de la
commission, c'est qu'ils sont assis autour de la table, les partenaires du
marché du travail, qui sont toutes les associations patronales, Fédération des chambres
de commerce, Conseil du patronat, Fédération canadienne de l'entreprise
indépendante, et les associations, grandes associations syndicales, CSN,
CSQ, FTQ, sont assis, les partenaires pour l'emploi qui sont nos organisations
communautaires, le RQUODE et tous les organismes d'intégration à l'emploi, et