Institutions — 26 November 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
CI 2024-11-26
Quebec — Committees
Journal des débats de la Commission des institutions - Assemblée nationale du Québec
sur les médias sociaux, Facebook, X, Youtube
Députés
La présidente
Les députés depuis 1764
Coordonnées des députés
La fonction de député
Fonctions parlementaires des députés
Composition des commissions
Indemnités et allocations
Cercle des femmes parlementaires
Cercle des jeunes parlementaires
Cercle des ex-parlementaires de l’Assemblée nationale du Québec
Fondation Jean-Charles-Bonenfant
Fondation des parlementaires québécois Cultures à partager
Travaux parlementaires
Calendrier hebdomadaire des travaux
Journal des débats
Index du Journal des débats
Règlement et autres règles de procédure de l'Assemblée nationale
Propos non parlementaires
Assister aux travaux
Travaux de l'Assemblée
Toutes les séances
Documents déposés
Projets de loi
Cheminement des projets de loi
Registre des votes
Travaux des commissions
Liste des commissions
Mandats en cours
Documents déposés
Rapports et documents de réflexion
Exprimez votre opinion!
Pétitions
Signer une pétition électronique
Consulter une pétition présentée à l'Assemblée
Lancer une pétition
Suivre le cheminement d'une pétition
Consultations publiques
Comment participer à une consultation
Liste des consultations publiques
Commenter un sujet à l'étude
Présenter un projet de loi d'intérêt privé
Vidéo
En direct et webdiffusions à venir
Archives des travaux et activités parlementaires
Travaux de l'Assemblée
Travaux des commissions
Activités de presse
Activités spéciales et institutionnelles
Députés
Le Canal de l'Assemblée
Émissions et capsules promotionnelles
Espace jeunesse
Commander un extrait
Calendrier
Ouvrir
En direct
Calendrier détaillé
_date_du_jour
Aujourd'hui
_heure_en_cours
En cours
Activités du jour
Exposition(
s) Drapeau(
x) sur l'hôtel du Parlement
L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements
L'ABC de l'Assemblée
Visiteurs
Restaurants
Actualités et salle de presse
Bibliothèque
Publications
Éducation
Diplomatie
Histoire
Accueil > Travaux parlementaires > Travaux des commissions > Journal des débats de la Commission des institutions
Travaux parlementaires
Journal des débats
Index du Journal des débats
Travaux de l'Assemblée
Registre des votes
Travaux des commissions
Administration publique
Agriculture, pêcheries, énergie et ressources naturelles
Aménagement du territoire
Assemblée nationale
Culture et éducation
Économie et travail
Finances publiques
Institutions
Relations avec les citoyens
Santé et services sociaux
Transports et environnement
Mandats en cours
Rapports et documents de réflexion
Cheminement des projets de loi
Projets de loi
Documents déposés
Dépôts du jour
Calendrier hebdomadaire des travaux
Mots clés
Type de documents
Tous les documents
Documents déposés
Feuilletons et préavis
Journaux des débats
Mémoires
Procès-verbaux de l'Assemblée
Projets de loi
Rapports et documents de consultation des commissions
Type de travaux
Travaux de l'Assemblée et des commissions
Travaux de l'Assemblée
Travaux des commissions
Commission de la culture et de l’éducation
Commission de la santé et des services sociaux
Commission de l'administration publique
Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
Commission de l'aménagement du territoire
Commission de l'Assemblée nationale
Commission de l'économie et du travail
Commission des finances publiques
Commission des institutions
Commission des relations avec les citoyens
Commission des transports et de l'environnement
Sous-commission de la réforme parlementaire
Période
De</b> et <b>À</b> sont remplis, le résultat se situe entre les dates indiquées.<br/>
Si seul le champ <b>De</b> est rempli, le résultat se situe entre la date indiquée jusqu’à aujourd’hui.<br/>
Si seul le champ <b>À</b> est rempli, le résultat se situe avant la date indiquée.
" class="champsDate choisirDate BulleInfo PeriodeFin" />
La date de début doit précéder la date de fin.
Session
Toutes les sessions
Session en cours - 43e législature, 3e session (5 mai 2026 - )
43e législature, 2e session (30 septembre 2025 - 8 avril 2026)
43e législature, 1re session (29 novembre 2022 - 10 septembre 2025)
42e législature, 2e session (19 octobre 2021 - 28 août 2022)
42e législature, 1re session (27 novembre 2018 - 13 octobre 2021)
41e législature, 1re session (20 mai 2014 - 23 août 2018)
40e législature, 1re session (30 octobre 2012 - 5 mars 2014)
39e législature, 2e session (23 février 2011 - 1 août 2012)
39e législature, 1re session (13 janvier 2009 - 22 février 2011)
38e législature, 1re session (8 mai 2007 - 5 novembre 2008)
37e législature, 2e session (14 mars 2006 - 21 février 2007)
37e législature, 1re session (4 juin 2003 - 10 mars 2006)
36e législature, 2e session (22 mars 2001 - 12 mars 2003)
36e législature, 1re session (2 mars 1999 - 9 mars 2001)
35e législature, 2e session (25 mars 1996 - 21 octobre 1998)
35e législature, 1re session (29 novembre 1994 - 13 mars 1996)
34e législature, 3e session (17 mars 1994 - 17 juin 1994)
34e législature, 2e session (19 mars 1992 - 10 mars 1994)
34e législature, 1re session (28 novembre 1989 - 18 mars 1992)
33e législature, 2e session (8 mars 1988 - 9 août 1989)
33e législature, 1re session (16 décembre 1985 - 8 mars 1988)
32e législature, 5e session (16 octobre 1984 - 10 octobre 1985)
32e législature, 4e session (23 mars 1983 - 20 juin 1984)
32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)
32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
31e législature, 6e session (5 novembre 1980 - 12 mars 1981)
31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)
31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)
30e législature, 3e session (18 mars 1975 - 19 décembre 1975)
30e législature, 2e session (14 mars 1974 - 28 décembre 1974)
30e législature, 1re session (22 novembre 1973 - 22 décembre 1973)
29e législature, 4e session (15 mars 1973 - 25 septembre 1973)
29e législature, 3e session (7 mars 1972 - 14 mars 1973)
29e législature, 2e session (23 février 1971 - 24 décembre 1971)
29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
28e législature, 5e session (24 février 1970 - 12 mars 1970)
28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
28e législature, 1re session (1 décembre 1966 - 12 août 1967)
27e législature, 6e session (25 janvier 1966 - 18 avril 1966)
27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)
26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
25e législature, 4e session (18 novembre 1959 - 18 mars 1960)
25e législature, 3e session (19 novembre 1958 - 5 mars 1959)
25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)
24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
20e législature, 1re session (7 octobre 1936 - 12 novembre 1936)
18e législature, 2e session (10 janvier 1933 - 13 avril 1933)
18e législature, 1re session (3 novembre 1931 - 19 février 1932)
17e législature, 2e session (8 janvier 1929 - 4 avril 1929)
16e législature, 4e session (11 janvier 1927 - 1 avril 1927)
16e législature, 3e session (7 janvier 1926 - 24 mars 1926)
16e législature, 1re session (17 décembre 1923 - 15 mars 1924)
15e législature, 4e session (24 octobre 1922 - 29 décembre 1922)
15e législature, 3e session (10 janvier 1922 - 21 mars 1922)
15e législature, 2e session (11 janvier 1921 - 19 mars 1921)
15e législature, 1re session (10 décembre 1919 - 14 février 1920)
14e législature, 3e session (21 janvier 1919 - 17 mars 1919)
14e législature, 2e session (4 décembre 1917 - 9 février 1918)
14e législature, 1re session (7 novembre 1916 - 22 décembre 1916)
13e législature, 4e session (11 janvier 1916 - 16 mars 1916)
13e législature, 3e session (7 janvier 1915 - 5 mars 1915)
13e législature, 2e session (11 novembre 1913 - 19 février 1914)
13e législature, 1re session (5 novembre 1912 - 21 décembre 1912)
12e législature, 4e session (9 janvier 1912 - 3 avril 1912)
12e législature, 3e session (10 janvier 1911 - 24 mars 1911)
12e législature, 2e session (15 mars 1910 - 4 juin 1910)
12e législature, 1re session (2 mars 1909 - 29 mai 1909)
11e législature, 4e session (3 mars 1908 - 25 avril 1908)
Partager
Diagramme de l'Assemblée
En direct sur le Web
Journal des débats de la Commission des institutions
Version préliminaire
Retour à la liste des séances du Journal des débats
43 e législature, 1 re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mardi 26 novembre 2024
Vol. 47 N° 97
Étude détaillée du projet de loi n° 32, Loi instaurant l’approche de sécurisation culturelle au sein du réseau de la santé et des services sociaux
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
19 h
19 h 30
20 h
Intervenants par tranches d'heure
16 h
Bachand, André
Lafrenière, Ian
Massé, Manon
St-Louis, François
Boivin Roy, Karine
Haytayan, Céline
Lemieux, Louis
Morin, André Albert
16 h 30
Bachand, André
Morin, André Albert
Lafrenière, Ian
Massé, Manon
17 h
Bachand, André
Morin, André Albert
Lafrenière, Ian
Massé, Manon
St-Louis, François
Boivin Roy, Karine
Haytayan, Céline
Lemieux, Louis
17 h 30
Bachand, André
Morin, André Albert
Lafrenière, Ian
Massé, Manon
19 h
Bachand, André
Massé, Manon
Lafrenière, Ian
Morin, André Albert
St-Louis, François
Asselin, Mario
Haytayan, Céline
Lemieux, Louis
19 h 30
Bachand, André
Lafrenière, Ian
Morin, André Albert
Massé, Manon
20 h
Bachand, André
Lafrenière, Ian
Morin, André Albert
St-Louis, François
Asselin, Mario
Haytayan, Céline
Lemieux, Louis
Massé, Manon
Journal des débats
16 h (version révisée)
(Seize heures cinq minutes)
Le Président (M. Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît! Bon après-midi à tout le monde.
Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission des
institutions ouverte.
La commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 32, Loi instaurant
l'approche de sécurisation culturelle au sein du réseau de la santé et des
services sociaux.
Avant de débuter, Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Bourassa
(Charlevoix—Côte-de-Beaupré) est remplacée par M. St-Louis
(Joliette) et M. Zanetti (Jean-Lesage) est remplacé par Mme Massé
(Sainte-Marie—Saint-Jacques).
Étude détaillée (suite)
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Lors de l'ajournement
de nos travaux, le 17 septembre dernier, nous avions plusieurs articles et
amendements suspendus. Pour les fins de nos travaux, je vous rappelle que les
articles 1 et 2 sont suspendus de même que le préambule du projet de loi.
Nous avons aussi sept amendements et sous-amendements de suspendus. M. le
ministre, à ce moment-ci, je vous cède la parole. Merci.
M. Lafrenière : Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, bonjour, «hello», «kwe», «shé:kon», «wachiya»,
«ullaakkut». Content de vous retrouver, collègues des oppositions, collègues de
la banquette ministérielle... gouvernementale, pardon, content de vous revoir
aujourd'hui, nos équipes qui sont avec nous.
Puis, M. le Président, vous l'avez dit, on
avait fait notre étude du 10 au 12 septembre dernier. On avait travaillé différemment,
hein, on avait réussi à adopter des articles. Sur d'autres, on avait dit :
On suspend, on a du travail à faire. On avait rencontré des groupes, on avait
eu de très bonnes discussions. Alors, on se rappellera qu'il y a quatre
articles qui ont été... adoptés, pardon, vous l'avez dit, 2.2, 3, 4, 4.1. Pour
la suite des choses, on en a parlé avec les oppositions, on va pouvoir repartir
avec nos articles, M. le Président. Et, dans certains cas, il y avait des
sous-amendements, des amendements. On a déjà fait suivre aux oppositions, ce
matin, les amendements qu'on déposait.
Depuis le jour 1, M. le Président, on
est rendus à 21 changements. Depuis les derniers travaux, du 10 au 12 septembre
dernier, c'est sept changements qu'on propose. Ça fait que ça fait juste
démontrer qu'ensemble, grâce au travail qu'on a fait avec les oppositions, il y
a des changements à notre projet de loi. On dit toujours : On veut déposer
le meilleur projet de loi, et c'est ce qu'on va faire aujourd'hui.
Alors, je veux remercier encore une fois
les collègues des oppositions, qui nous ont permis de faire les choses
différemment. Et commençons ce beau travail. C'est important. Je l'ai déjà dit
aux groupes qu'on a rencontrés en septembre, bien que ce soit imparfait, on
avance. Il y a un grand besoin d'avancer. On sera les premiers à le faire. Ça
envoie tout un message, c'est extrêmement important, on a ce devoir d'avancer
ensemble, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Merci.
M. Lafrenière : On commence!
Le Président (M.
Bachand) : On commence, effectivement.
M. Lafrenière : Alors, M. le
Président, ce que je propose à mes collègues des oppositions, avec leur
consentement, c'est qu'on passe
article par
article en commençant avec l'article 0.1.
Le Président (M.
Bachand) : Alors donc, vous allez
comprendre qu'il va y avoir beaucoup de consentements cet après-midi, et ce
soir, et peut-être dans les prochains jours...
Une voix : ...
Le Président (M.
Bachand) : Oui, mais ce que j'ai dit :
Si jamais je suis mêlé, ce qui arrive, alors on va peut-être suspendre, des
fois. Alors donc, est-ce qu'il y a consentement pour réouvrir l'article 0.1?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Bachand) : Est-ce qu'il y a consentement
pour réouvrir l'amendement du ministre?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Bachand) : Est-ce qu'il y a consentement
pour réouvrir le sous-amendement de la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Bachand) : Donc, nous sommes sur le
sous-amendement de la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, qui était
suspendu. M. le ministre.
M. Lafrenière : Moi, je n'avais
rien à ajouter. Je vais déposer mon amendement, M. le Président. Et ce que je
suggère aussi aux collègues, parce que tantôt on a fait l'exercice pour se
rappeler d'où on vient, où on s'en va, quand je vais déposer l'amendement, je
vais expliquer aussi ce qu'on a rajouté, qu'est-ce que ça corrige, qu'est-ce que
ça change puis, dans certains cas, là où on n'est pas allés. Ça fait qu'en
toute transparence on va le dire clairement, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : ...et merci à ma secrétaire de
commission. Ça prendrait quand même un consentement pour retirer sous-amendement
et amendement pour pouvoir permettre, si je comprends l'entente, un amendement
du ministre. Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Oui. Juste pour
qu'on se remette un peu dans le bain, là, j'aurais comme <besoin de
relire...
Mme Massé :
... Oui.
Juste pour qu'on se remette un peu dans le bain, là, j'aurais comme > besoin
de relire l'amendement, qu'est-ce qu'il venait modifier, pour que je sois
capable de m'assurer qu'on n'échappe pas trop de morceaux. Alors...
Une voix : ...
Mme Massé : Woups! Si on parle
du même. Je veux être juste sûre qu'on parle du même. C'est l'amendement qui
visait à... C'est le sous-amendement, pardon, qui visait l'insertion, après
«culturelles», de «, linguistiques». Est-ce que c'est bien celui-là? On
est à la même place?
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Lafrenière : On est à la
même place.
Le Président (M.
Bachand) : Exactement.
Mme Massé : Alors, je vais
demander effectivement qu'on retire mon amendement, puisque, dans le texte, on
voit que c'est là.
Le Président (M.
Bachand) : OK. Donc, il y a consentement
pour retirer le sous-amendement de la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Est-ce qu'il y aurait
consentement pour retirer l'amendement du ministre?
Des voix : Consentement.
M. Lafrenière : Le premier
amendement.
Mme Massé : Oui, oui, oui.
Le Président (M.
Bachand) : Oui, parce que, écoutez, comme
je vous dis, il va y avoir beaucoup de consentements, c'est parce qu'on
fonctionne un peu... On aurait pu décider, par consentement, de nettoyer l'ardoise,
comme on dit, mais là on va y aller étape par étape. C'est une discussion que
vous avez eue préalablement avant la réunion. Donc il y a consentement?
Des voix : Consentement.
• (16 h 10) •
Le Président (M.
Bachand) : OK. Donc, M. le ministre, pour
un amendement.
M. Lafrenière : Merci
beaucoup, M. le Président. Puis, pour les gens qui nous suivent à la maison,
vous allez voir, je vais vous lire l'amendement que je propose et je vais faire
la référence au changement aussi qui a été inclus suite aux discussions qu'on a
eues avec nos collègues.
Alors, à l'article 0.1. Insérer,
avant l'article 1 du projet de loi, l'article suivant :
«0.1. Aux fins de la présente loi, la
sécurisation culturelle est une approche qui consiste à mettre en oeuvre un
ensemble de pratiques qui visent à assurer, pour les membres des Premières
Nations et pour les Inuit, un accès équitable et sans discrimination aux soins
de santé et aux services sociaux.
«Cette approche vise à permettre aux
membres des Premières Nations et aux Inuit de bénéficier du meilleur état
possible de santé physique, mentale, émotionnelle et spirituelle. Elle implique
de tenir compte de leurs réalités culturelles, linguistiques et historiques
dans l'organisation des soins et des services et dans toute interaction avec
eux. Elle implique aussi de considérer avec respect leurs pratiques ainsi que
leurs savoirs traditionnels et contemporains dans les domaines de la santé et
des services sociaux.»
L'amendement vise à préciser en quoi consiste
l'approche de sécurisation culturelle. Et, M. le Président, comme je disais
tout à l'heure, on a rajouté le mot «linguistiques», qui avait été suggéré par
les oppositions.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup, M. le ministre.
Interventions? Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Oui, M. le
Président. Bien, effectivement, je pense que c'était important de voir
apparaître la dimension linguistique, non pas que... On le sait bien que ça
fait
partie de la culture, mais, en soi, de le lire, je pense que ça... c'est
ce qui était nécessaire. Et, les discussions que j'ai eues avec les gens sur le
terrain, les personnes autochtones sur le terrain, je pense qu'il y a... l'idée
de la définition qui est donnée là ressemble, en fait, ce qu'ils auraient voulu
bien sûr coconstruire avec nous. Donc, je suis contente.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Est-ce qu'il y aurait
d'autres interventions sur l'amendement proposé par le ministre? S'il n'y a pas
d'autre intervention, est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. Donc on revient à...
Oui, allez-y, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Un vote par appel
nominal, s'il vous plaît.
Le Président (M.
Bachand) : Oui. Un appel nominal. Mme la
secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Lafrenière (Vachon)?
M. Lafrenière : Pour.
La Secrétaire : M. St-Louis
(Joliette)?
M. St-Louis : Pour.
La Secrétaire : Mme Boivin
Roy (Anjou—Louis-Riel)?
Mme Boivin Roy : Pour.
La Secrétaire : Mme Haytayan
(Laval-des-Rapides)?
Mme Haytayan : Pour.
La Secrétaire : M. Lemieux
(Saint-Jean)?
M. Lemieux : Pour.
La Secrétaire : M. Morin
(Acadie)?
M. Morin : Pour.
La Secrétaire : Mme Massé
(Sainte-Marie—Saint-Jacques)?
Mme Massé : Pour.
La Secrétaire : M. Bachand
(Richmond)?
Le Président (M.
Bachand) : Abstention. Donc, l'amendement
est adopté. Donc, on revient à l'article 0.1 tel qu'amendé. Y a-t-il
d'autres interventions?
Une voix : ...
Le Président (M.
Bachand) : Pardon?
Une voix : ...
Le Président (M.
Bachand) : Le nouvel article... du nouvel
article, oui. Bien, c'est ça. OK. Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention,
est-ce que l'article 0.1, introduisant le nouvel
article 0.1, est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) : Donc, le nouvel
article 0.1, amendé, est adopté. M. le ministre.
M. Lafrenière : Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, je suggère aux collègues des oppositions de
passer à l'article 1. Alors, je ne sais pas si on veut refaire le même
article... la même façon de faire, c'est-à-dire de retirer amendements,
sous-amendements, d'avoir cette discussion, et je pourrai présenter l'article 1
avec les ajouts.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Donc, est-ce
qu'il y a consentement pour réouvrir l'article 1?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Bachand) : Est -ce qu'il y a consentement
pour réouvrir l'amendement du ministre?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Bachand) : Est-ce qu'il y a consentement
pour réouvrir les sous-amendements de la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Oui.
Mme Massé : ...je veux juste
retrouver, toujours dans la même affaire... En fait, c'est surtout pour
permettre aux gens de suivre, parce que, comme vous le <savez, on est sur
le...
Mme Massé :
c'est surtout pour permettre aux gens de suivre, parce que, comme vous le > savez,
on est sur le terrain aussi avec les gens des Premières Nations. Et je ne veux
pas que le fait qu'on est dans notre jargon, que j'ai de la misère moi-même à
comprendre des fois... qu'on les perde en cours de route. Ça fait que, dans ce
sens-là, j'aimerais être assurée de quel sous-amendement vous parlez, puisque
j'en ai deux.
Le Président (M.
Bachand) : ...selon mes informations, ce
seraient les deux sous-amendements qui seraient retirés.
Mme Massé : Ah! les deux.
Le Président (M.
Bachand) : Oui. D'une façon individuelle.
Mme Massé : Bon, bien,
écoutez, «bueno».
Le Président (M.
Bachand) : Pour après revenir, c'est que
je comprends, avec un amendement du ministre.
Mme Massé : Oui. Pouvez-vous
me donner juste deux instants?
Le Président (M.
Bachand) : ...bien, c'est ça que je veux vous
dire, là, on peut... le temps de partir la machine. Ça fait qu'on va suspendre
quelques instants, le temps de se remettre à jour. Merci.
On suspend quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 16 h 15)
(Reprise à 16 h 17)
Le Président (M.
Bachand) : Donc, à l'ordre, s'il vous
plaît! La commission reprend ses travaux. Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Oui. Merci, M. le
Président. En fait, mon sous-amendement, juste pour aider les gens à nous
suivre, était à l'effet qu'à l'article 1 on voit apparaître la notion
de... d'élaborer conjointement avec des représentants des Premières Nations.
En fait, vous le savez, on a souvent amené
cette idée, lors de nos premiers échanges, que, dans les faits, ce que les
Premières Nations s'attendent de nous, et les Inuits, certes, et ce que la <i>Déclaration
des Nations unies s'attend de nous, comme État du Québec, c'est que ce qui
concerne les Premières Nations, on le définit et on l'élabore, comme
législateurs québécois, conjointement avec eux autres. Alors donc, c'est ce que
je visais avec ce premier sous-amendement là, c'est d'au lieu de juste
développer avec des représentants des Premières Nations, c'était d'élaborer
conjointement pour qu'on puisse s'assurer que, tranquillement, pas après pas,
on réussisse, comme législateurs québécois, à travailler avec les premiers
peuples en amont pour être capables d'écrire ce qui les concerne.
Et honnêtement, en matière de sécurisation
culturelle, puisque c'est eux qui vivent le racisme systémique, ce n'est pas
moi, bien, ça m'apparaissait <tomber sous le sens de...
Mme Massé :
... le
racisme systémique, ce n'est pas moi, bien, ça m'apparaissait > tomber
sous le sens de nous assurer que, lorsqu'il est question de pratiques, donc les
moyens qu'on va se donner puis les pratiques qu'on va développer pour avoir des
pratiques culturellement sécurisantes, bien, qu'il faut qu'à la base les
Premières Nations soient conjointement avec nous, de par la loi, responsables
de définir ces choses-là.
Alors donc, ça, j'ai besoin que le
ministre me dise où il est par rapport à ça, parce que, sinon, je ne voudrai
pas retirer mon amendement.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. M. le ministre,
s'il vous plaît.
M. Lafrenière : Merci. Merci
beaucoup, M. le Président. Puis effectivement la collègue le disait à juste
part quand elle dit de faire les choses différemment. Je calculais tantôt, ça
fait entre 16 et 17 mois qu'on est sur ce projet de loi là.
Personnellement, c'est la première fois que je vis ça. Pourquoi? Parce qu'on a
fait les choses différemment. On s'est pris un peu de recul, on a rencontré des
groupes. Et ce n'est pas pour rien qu'on est de retour ici aujourd'hui, M. le
Président. On a pris la peine de décanter, d'analyser, de regarder ce qui avait
été proposé. Et je veux le dire, parce que, vous savez, M. le Président, il y a
ce qu'on écrit dans la loi puis il y a l'intention du législateur. Puis, je
veux le dire au micro ici, ce qu'on veut faire, c'est de développer avec les
Premières Nations. Puis on parle de sécurisation culturelle. Imaginez si
j'enfonçais ça dans la gorge en disant : Voici ce que vous allez avoir,
puis vous allez aimer ça, vous allez être contents. Ça ne fonctionnera pas.
• (16 h 20) •
Au même titre, M. le Président, quand on
regardait cette proposition-là, là, où ça perdait de son sens, c'est que nous,
comme législateurs, on peut s'imposer, à la Santé, des obligations, mais je ne
peux pas l'imposer à des partenaires. Ce que je veux dire par là, puis on a eu
cette discussion-là souvent ensemble, quand on disait qu'on ne faisait pas de
mur-à-mur, il y a certaines communautés, il y a certains groupes qui vont
vouloir travailler avec nous, qui... la confiance sera là. Ça va être à
géométrie variable, il y en a qui vont nous demander du temps, il y en a qui
vont nous dire : Pour l'instant, on n'est pas prêts, pour toutes sortes de
raisons. Il faut le respecter. Alors, quand on l'a regardé, quand on l'a
analysé de notre côté, on s'est dit : Écoutez, on peut se donner cette
obligation-là, à la Santé, certes, mais, à des partenaires, on ne peut pas le
faire, un.
On peut dire, cependant, au micro... Puis
je veux vraiment que les gens qui nous écoutent comprennent très bien que notre
intention est clairement et fermement de développer ces actions-là avec les
milieux. C'est clair. Comme je vous dis, c'est pour leur bien-être, il faut le
faire avec eux et elles. Mais on ne peut pas, un, leur imposer. Et, deux, moi,
je pense qu'il va y avoir une phase d'acclimatation où les gens vont
dire : Est-ce que je fais confiance ou pas, est-ce que j'embarque dans le
processus ou pas, est-ce que je laisse ça aller quelque temps puis... Tout est
possible, M. le Président.
Alors, voici le fruit de notre réflexion.
Mais je vous le dis encore une fois, clairement, ce qu'on veut faire, c'est de
développer ensemble, puis ça, c'est très clair, pour les gens qui nous écoutent
aujourd'hui.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Oui. Et, dans ce
sens-là, M. le ministre, mettons que j'entends ce que vous êtes en train de me
dire, ce que vous êtes en train de me dire, en fait, c'est que vous envoyez un
message à Santé Québec, à tous les établissements, qu'en matière de
sécurisation de pratiques... de sécurisation culturelle, pardon, ils doivent
développer ce qu'ils entendent mettre en œuvre avec les Premières Nations.
Qu'est-ce qui arrive, dans votre livre à
vous, si, chemin faisant, comme vous le dites, les gens des Premières Nations
disent : Moi, confiance zéro envers telle institution, tel hôpital, tel
CLSC, peu importe? Comment vous entrevoyez que Santé Québec ou les
établissements, finalement, sans trop y mettre d'efforts, disent : Ah!
bien là, ce n'est pas de notre faute, ils ne veulent pas, tu sais, ils ne
veulent pas? Ça, j'ai besoin de vous entendre là-dessus.
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui. Merci,
M. le Président. Puis, tout à l'heure... C'est dommage pour les gens qui nous
écoutent à la maison, parce que je vais faire des fois des liens avec d'autres
choses qui s'en viennent, mais il y a un comité, et les gens sont redevables.
Puis, M. le Président, vous allez voir, on s'est beaucoup inspirés de la
loi 79. Ce qu'on veut, c'est de la transparence, c'est de l'imputabilité.
Puis, vous savez, les PDG, les gens qui sont en charge d'un établissement vont être
redevables et, quand le rapport va sortir puis ils vont avoir zéro comme dans
rien dans ce qu'ils ont réalisé, bien, ils vont être redevables de ça aussi, M.
le Président.
Alors, nous autres, notre intention est
très claire, c'est le message qu'on passe. Et je comprends très bien ce que ma
collègue dit, puis en aucun moment c'est le message que je veux envoyer. Au
contraire, moi, je veux qu'on en développe. Mais, un, je ne peux pas forcer
puis les rentrer de force, ces mesures-là, en disant : Voici ce que vous
allez aimer. J'utilise encore l'exemple, je ne peux pas dire ça à un milieu.
Mais il y a plus. Puis vous allez voir tantôt dans la constitution de ce comité
de suivi, c'est assez large, on a rajouté des bons points suite à ce qui a été
recommandé par les oppositions, qui vont faire leur job de comité de suivi. Et
on s'est beaucoup inspirés de la loi 79, et, jusqu'à présent, je pense que
c'est une loi qui nous guide dans beaucoup de choses, M. le Président. On a
réussi à faire des choses différemment, et ça amène beaucoup plus de
transparence.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Ça va? M. le
député de l'Acadie.
M. Morin : ...à
l'article 1, M. le Président, n'est-ce pas?
Le Président (M.
Bachand) : ...
M. Morin : Au <sous-amendement...
M. Morin :
... à
l'article 1, M. le Président, n'est-ce pas?
Le Président (M.
Bachand) :
M. Morin :
Au > sous-amendement?
Non, bien, je vais attendre à l'article 1 dans ce cas-là, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Mme la députée
de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Bien, dans ce
moment... dans ce cas-là, je retire cet amendement-là... ce sous-amendement-là,
s'il y a consentement.
Le Président (M.
Bachand) : Parfait. Est-ce qu'il y a
consentement? Consentement. Donc, le sous-amendement est retiré. Mme la députée
de Sainte-Marie—Saint-Jacques, pour l'autre sous-amendement.
Mme Massé : Oui, bien sûr.
Alors, toujours pour permettre à nos concitoyens de nous suivre, j'avais...
toujours dans... à l'article 1 — woups! celui-là, on vient de le
faire — l'article 1 qui, dans le fond, définit c'est quoi, une
pratique culturellement sécurisante. Et il y avait dans... comme on le voit,
là, il y avait, dans l'énumération... il y avait la dimension culturelle,
historique, mais il n'y avait pas la dimension socioéconomique et spirituelle.
La raison pour laquelle, pour moi,
c'est... Bien, «pour moi», pour les gens des Premières Nations, parce que le
ministre a raison, on n'a pas... on n'a pas fait comme d'habitude dans ce
projet de loi là. Puis, moi, s'il y a une chose que j'ai apprise avec les Premiers
Peuples, c'est que ça vaut la peine de prendre le temps quand les choses sont
solides. Et là il y avait quelque chose d'important. C'est-à-dire que,
lorsqu'on parle de sécurisation culturelle dans un milieu où tu es très
vulnérable, là, tu es à l'hôpital, tu es en... face à ton médecin, tu sais,
comme humain, là, tu es très vulnérable, bien, pour les Premiers Peuples, pour
les Premières Nations, les Inuits, la dimension culturelle vient toujours
s'accoter sur la dimension spirituelle. Et, dans ce sens-là, je savais que,
dans un autre projet de loi, il me semble que c'est le projet de loi n° 79,
dont vous parliez, on avait réussi à intégrer la dimension spirituelle. Bien,
justement, comme acte de reconnaître que, même si ça ne fait pas
partie du
corpus à l'époque — maintenant, ça fait
partie — du corpus
législatif québécois, quand il est question des Premiers Peuples, eh bien, oui,
on reconnaît que d'avoir une pratique sécurisante doit inclure la dimension
spirituelle.
Alors, j'aimerais ça... Je sais que le
ministre l'a intégrée, on va le voir dans quelques instants, mais j'aimerais
qu'il m'explique pourquoi il n'a pas retenu la dimension socioéconomique. Parce
que, du point de vue de mes amis des Premières Nations, de reconnaître la
situation socioéconomique déjà extrêmement précaire pour toutes sortes de
raisons, y compris les biais qui sont accumulés dans notre système de santé, au
niveau de la discrimination, la dimension socioéconomique, elle est
superfondamentale. Alors, pourquoi, à ce moment-là, parce que je le sais que,
quand vous regardez l'article, il ne sera pas intégré? J'aimerais ça le
comprendre.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. ministre.
M. Lafrenière : Merci
beaucoup, M. le Président. Puis effectivement, quand la collègue parlait de
précédents, de créer des précédents, on en fait beaucoup ensemble. On en a fait
dans la loi 79, on a regardé la définition élargie de «famille», M. le
Président, on l'a changée. Puis effectivement, quand on fait allusion à «spirituel»,
on l'avait fait dans 79 aussi, alors on l'a déjà mis dans le corpus et on va le
reprendre ici, M. le Président, parce que c'est important. Cependant, quand on
parle des valeurs, des réalités culturelles des Premières Nations, ça, on a
acquiescé, on était d'accord, mais, pour les réalités socioéconomiques, quand
on a regardé cette définition-là, ce n'est pas spécifique aux Premières
Nations. C'est une réalité qui est problématique.
Quand on parle de culturel, culturel, les
valeurs, la langue, spirituel, pour nous, c'est très spécifique aux Premières
Nations, c'est vrai. Mais, quand on parlait de réalités socioéconomiques,
c'était moins propre aux Premières Nations. Alors, c'est pour ça que ça n'a pas
été retenu dans le... Là, je fais attention, parce que je vous le déposerai
tout à l'heure, mais je dois vous dire d'ores et déjà que «spirituel», on l'a
rajouté parce que, oui, on en avait parlé dans 79, on avait fait ce précédent.
Je sais que ça fait frissonner les avocats quand je dis «précédent», mais, oui,
on a fait ce précédent. Alors, on continue sur le précédent. Mais pour «socioéconomique»,
de l'inclure avec «valeurs», «réalités culturelles», étant donné que ce n'était
pas propre aux Premières Nations, on avait ce petit malaise.
Mme Massé : ...puis ce que je
comprends du... Ah! Excusez-moi, M. le Président. Je ne veux pas faire votre
job, je ne veux pas faire votre job.
Le Président (M.
Bachand) : J'ai besoin d'aide, de toute
façon, ça fait que ça va bien.
Mme Massé : Travail d'équipe.
Je comprends. Je comprends. Je comprends que ce n'est pas propre, on va dire,
aux Premières Nations, même si, <globalement...
Mme Massé :
comprends que ce n'est pas propre, on va dire, aux Premières Nations, même si
> globalement, la réalité socioéconomique des Premières Nations a quelque
chose d'un peu commun sur l'ensemble du territoire du Québec, sur l'ensemble du
territoire, point. Mais, ceci étant dit... Mais d'ailleurs, en passant, on me
rappelait que, dans le projet de loi n° 71, on vient de reconnaître aux
personnes assistées sociales le fait de vivre une situation socioéconomique
pareille, en tout cas, très défavorisée, sur l'ensemble des personnes assistées
sociales. Bien, ça a un effet dans la façon d'offrir, de dispenser des services
auprès de ces gens-là. Mais je comprends que ce n'est pas propre aux Premières
Nations et je vais donc, à cette étape-ci, si mon collègue ne ressent pas le
besoin d'intervenir... je vais retirer mes amendements, s'il y a consentement.
Le Président (M.
Bachand) : Est-ce qu'il y a consentement?
Des voix
: Consentement.
Le Président (M.
Bachand) : Donc, le sous-amendement est
retiré. Nous sommes maintenant à l'amendement du ministre, qui avait été...
• (16 h 30) •
M. Lafrenière : Donc, s'il y
a consentement, je retirerais cet amendement pour en déposer un nouveau.
Le Président (M.
Bachand) : Est-ce qu'il y a un
consentement? Consentement. Merci beaucoup. M. le ministre.
M. Lafrenière : Mais vous
allez devoir m'écouter longtemps, par exemple, M. le Président.
Article 1.
Remplacer l'article 1 du projet de loi par le suivant :
«1. Santé Québec et tout
établissement du réseau de la santé et des services sociaux doivent adopter une
approche de sécurisation culturelle envers les membres des Premières Nations et
[des] Inuit — et les Inuit, pardon.
«Ainsi, Santé Québec et tout établissement
doivent développer avec des représentants des Premières Nations et des Inuit,
des mesures qui précisent les pratiques culturellement sécurisantes qu'ils
entendent mettre en oeuvre, les moyens à prendre pour cette mise en oeuvre,
l'échéancier de celle-ci, l'impact souhaité par celle-ci et les mécanismes pour
mesurer cet impact.
«Les pratiques culturellement sécurisantes
doivent :
«1° prendre en compte les valeurs et
les réalités culturelles, spirituelles et historiques des membres des Premières
Nations et des Inuit;
«2° favoriser le partenariat avec les
membres des Premières Nations et les Inuit ainsi qu'une communication efficace
avec eux;
«3° être accueillantes et inclusives
à l'égard des membres des Premières Nations et des Inuit;
«4° prévoir l'élaboration de
programmes de formation continue, rendre celle-ci obligatoire pour les
professionnels et le personnel du réseau de la santé et des services sociaux et
prévoir un mécanisme de vérification des acquis;
«5° adapter l'offre des services de
santé et de services sociaux par des moyens comme :
«
a) l'embauche de personnel membre
des Premières Nations et de personnel inuit;
«
b) l'accès à des ressources
d'accompagnement pour les membres des Premières Nations et les Inuit y compris
dans le cadre de tout régime d'examen de plaintes;
«
c) la prise en compte des réalités
spécifiques aux femmes et aux filles des Premières Nations ou aux femmes et aux
filles inuit ou spécifiques à leurs familles et à leurs enfants.
«La mise en oeuvre des pratiques
culturellement sécurisantes doit tenir compte des dispositions législatives et
réglementaires relatives à l'organisation et au fonctionnement de Santé Québec
et des établissements ainsi que des ressources humaines, matérielles et
financières dont ces derniers disposent.
«Aux fins de l'application de la présente
loi, on entend par "établissement" tout établissement visé à l'annexe II
de la
Loi sur la gouvernance du système de santé et de services sociaux
(chapitre G-1.021) et à la
partie IV.1 de la
Loi sur les services de
santé et les services sociaux pour les Inuit et les Naskapis (chapitre S-4.2).»
Commentaire. L'amendement visé à référer
aux membres des Premières Nations et les Inuits plutôt qu'aux membres Premiers
Peuples... des peuples autochtones, pardon.
Il vise également à obliger Santé Québec
et les établissements du réseau de la santé et des services sociaux à adopter
une approche de sécurisation culturelle et à développer, avec les Premières
Nations et les Inuits, des mesures qui précisent les pratiques culturellement
sécurisantes qu'ils entendent mettre en œuvre, et ce, compte tenu des ressources
humaines, matérielles et financières de Santé Québec et du réseau.
L'amendement vise ensuite à ce que les
pratiques sécurisantes prévoient l'élaboration de programmes de formation
continue et obligatoire pour les professionnels et le personnel de la santé.
En outre, parmi les moyens d'adaptation de
l'offre de services de santé et de services sociaux, l'amendement ajoute
l'obligation de prendre en compte les familles des femmes et des filles inuites
ou des Premières Nations.
Finalement, l'amendement assujettit la
Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik aux dispositions
du projet de loi.
Et, M. le Président, comme commentaire que
je vais rajouter... parce que je vais terminer en disant que le Nunavik sera
donc assujetti. C'est important, on l'a vérifié avec eux, c'était leur demande.
Dans les autres ajustements que je
présente, pour que les gens nous suivent à la maison, quand je disais, dans le
deuxième paragraphe, «l'impact souhaité par celle-ci et les mécanismes pour
mesurer cet impact», discussion qu'on avait eue avec les oppositions à ce
moment-là... Parce que ce n'est pas comme ça que c'était écrit. On disait...
c'était des mécanismes de mesures. Là, on veut dire «pour mesurer», on va
mettre ça encore plus <clair...
Haut de la page
16 h 30 (version révisée)
<17903
Lafrenière :
...des «mécanismes de mesure», là, on veut dire
«pour mesurer», on va mettre ça encore plus > clair. On rajoute
«spirituelles», M. le Président — on vient d'avoir cette discussion à
l'article 0.1 — et on rajoute «spécifiques» à deux moments,
là, quand on parle des réalités des femmes et des filles des Premières Nations
puis des femmes et des filles inuites, et c'est important pour nous. Alors,
voici ce qu'on propose aujourd'hui, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. M. le député de
l'Acadie, s'il vous plaît.
M. Morin : Oui. Merci, M. le
Président. Merci, M. le ministre, pour votre amendement. Quand on lit «doivent
développer avec des représentants des Premières Nations et des Inuit, des
mesures qui précisent les pratiques culturellement sécurisantes», pour vous,
«mesures», ça signifie, ça correspond à quoi? Qu'est-ce que vous entendez par
«des mesures»?
Le Président (M.
Bachand) : Allez-y.
M. Lafrenière : M. le Président,
c'est des actions concrètes. Ce qu'on a développé, c'est qu'est-ce qui va être
fait sur le terrain, quelles sont les actions concrètes pour amener la
sécurisation culturelle au sein de la santé. Et c'est pour ça qu'on dit que...
«mécanismes pour mesurer cet impact». Puis, avec les mesures qui sont mises en
place, les gestes... allons-y avec un terme plus simple, des gestes, mais
concrets, M. le Président. Puis c'est ce qu'on veut évaluer, qu'est-ce que ces
gestes-là amènent comme résultats.
M. Morin : OK. Est-ce que ça
correspond, en fait, à des modalités d'évaluation, ou si vous voulez uniquement
mesurer, ou si c'est inclus dans «mesures»?
Le Président (M.
Bachand) : ...
M. Lafrenière : Ce que je
comprends de la question du collègue, c'est de voir de quelle façon, puis je
veux être sûr que je comprends bien, de quelle façon on va évaluer ces
mesures-là. Est-ce qu'on y va avec une grille, une grille d'évaluation? Est-ce
qu'on y va avec des sondages? Est-ce que je comprends bien?
M. Morin : Oui. Bien, il y a...
il y a ça, mais est-ce que... est-ce que vous voulez... en fait, est-ce que
«mesures», pour vous, est synonyme de «modalités d'évaluation», et donc pas
uniquement mesurer, tu sais, dans le sens où on parle de chiffres, c'est-à-dire...
Parce que vous pourriez avoir des critères où vous allez regarder des nombres
plutôt que la façon dont certains services ou pratiques sécurisantes sont
faits, et évidemment adaptés, et mis en application sur le terrain.
Le Président (M.
Bachand) : ...
M. Lafrenière : Le collègue
amène un très, très, très bon point. Je suis en total accord avec lui. Vous
savez, quand on parle... Puis tantôt c'est la collègue de la deuxième
opposition qui disait à quel point c'est important, hein, quand on parle de
santé. C'est majeur, c'est important. De venir dire à quelqu'un : Tu fais
partie du 40 %, ou du 10 %, ou du 20 %, honnêtement, là, moi,
ces chiffres-là, ça ne résonne pas du tout en moi. Alors, je suis d'accord avec
le collègue, si on se fie juste à des chiffres, il y a un danger à ça, et c'est
pour ça qu'on veut l'établir... avec le comité, avec les partenaires, on va
déterminer comment on va l'évaluer.
Est-ce que c'est par sondages? Vous savez
que la transmission de l'information par la parole est très, très, très utile
du côté des Premières Nations. Est-ce que ça va être par des cercles de
partage? Honnêtement, on laisse toutes les possibilités à ces groupes-là pour
décider ensemble ce qu'ils veulent faire.
Mais, vous savez, ce n'est pas la première
chose qu'on fait, hein? On a des navigateurs qui sont déjà en place dans
plusieurs établissements, et ça permet de voir comment c'est reçu. Et ce qu'on
veut, M. le Président, on l'avait dit dès le départ, on veut s'assurer qu'une
personne, dans le système de santé, qui a un enjeu, quelque chose qui ne
fonctionne pas bien, qu'il ait plusieurs occasions de rapporter ça. Puis ça...
Je reprends la discussion qu'on avait eue
ensemble quand on avait parlé d'un ombudsman. On s'était dit : Est-ce que
ça serait une bonne idée d'avoir un ombudsman, un site Web, un numéro de
téléphone? Puis, quand on parlait aux gens sur le terrain, ils nous disaient :
Ce n'est pas bien, bien notre réalité, hein, d'aller porter plainte de cette
façon-là, pas totalement. On avait dit : On va rajouter du personnel qui
vient de la communauté, personnel qui connaît la langue, la culture. On va
rajouter les occasions, si vous voulez, qu'une personne puisse dire qu'il est
heureux ou qu'il n'est pas heureux dans ce qu'il vit comme système.
Puis c'est la même chose dans les mesures,
il ne faut pas y aller juste avec un chiffre. Ça, c'est l'engagement que je
prends au micro. Je suis totalement en accord avec mon collègue. Parce qu'il y
a un danger, il y a un danger. Quand vous, vous êtes la famille qui est
impliquée dans un événement, qui trouve qu'elle n'a pas eu le bon service, de
lui dire qu'elle fait
partie d'un pourcentage, c'est tout sauf humain, je suis
d'accord avec le collègue. Donc, il faut y aller de différentes façons. Nous,
on veut que, localement, les gens se donnent ces outils-là pour voir comment
ils vont l'évaluer.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le député.
M. Morin : Donc... Je
comprends. Donc, vous utilisez le mot «mesures», mais, au fond, c'est un peu
une grille d'évaluation que vous voulez mettre en place. Est-ce que je
comprends bien, ou plus ou moins, ou...
M. Lafrenière : Ma réponse
serait «noui».
M. Morin : «Noui»? OK.
M. Lafrenière : Parce que la
grille d'évaluation, le danger, on peut y aller juste avec les indicateurs,
puis je viens d'un milieu où on évaluait les choses comme ça aussi. Il y a un
danger. Des fois, on peut arriver parfaits dans une petite grille, puis les
gens peuvent être quand même pas heureux.
M. Morin : OK. Merci.
Le Président (M.
Bachand) : Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
s'il vous plaît.
Mme Massé : Oui. M. le
Président, je vous demanderais peut-être de... oui, suspendre quelques instants.
Le Président (M.
Bachand) : OK. Alors, nous allons
suspendre quelques instants. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 16 h 39)
(Reprise à 16 h 47)
Le Président (M.
Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît! La
commission reprend ses travaux. Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
s'il vous plaît.
Mme Massé : ...M. le
Président. En fait, j'étais... j'étais en réflexion sur l'avant-dernier
paragraphe de cette nouvelle version d'amendement que nous suggère le ministre
et qui fait état que «la mise en oeuvre des pratiques culturellement
sécurisantes doit tenir compte des dispositions législatives et réglementaires
relatives à l'organisation et au fonctionnement de Santé Québec et des
établissements ainsi que des ressources humaines, matérielles et financières
dont ces derniers disposent». Alors, M. le ministre, je... on en avait un petit
peu parlé la dernière fois, j'aurais pu m'attendre à ce que cette dernière
portion là soit retirée. Parce que, dans les faits, à ma connaissance, puis on
vient de le vivre dans l'adoption du projet de loi n° 71 avec Mme Rouleau,
on ne vient pas, d'entrée de jeu dans une loi, dire qu'on va mettre des limites
en fonction des ressources humaines et financières, et je me disais donc :
Bien, si c'est encore là, j'ai envie de comprendre pourquoi.
Le Président (M.
Bachand) : ...
M. Lafrenière : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. Puis effectivement on avait eu cette discussion-là
la dernière fois, on avait cette... ce questionnement en se disant :
Est-ce que c'est une échappatoire, est-ce que ça amène une excuse? Et c'est... c'est
par cohérence avec le projet de loi n° 15. On est à la même place, la même
façon que ça a été phrasé, que ça a été écrit. Puis il faut comprendre aussi,
quand on parle de santé, est-ce qu'on a les mêmes services ou accès aux mêmes...
j'aurais le goût de dire mêmes examens partout à la grandeur du Québec, la
réponse, c'est non. Puis c'est là, je pense, qu'on a cette capacité ou les
équipements. Cependant, ce qu'on veut, c'est donner les meilleurs services, puis,
dans certains cas, ça veut dire un corridor de services, ça veut dire déplacer
des gens. Mais, clairement, ce qu'on a mis là, M. le Président, c'est en
cohérence avec ce qu'il y a dans le projet... bien, je dis le «PL 15», on
ne devrait plus dire ça.
Mme Massé : C'est rendu une
loi.
M. Lafrenière : Ça fait
tellement longtemps qu'on travaille sur ce beau projet de loi là, maintenant,
c'est... eux ont eu leur loi, donc, cette loi-là qui a changé la santé. On est <cohérents...
M. Lafrenière :
...santé.
On est > cohérents avec ce qui a été mis là-dedans.
Mme Massé : OK. Bien, c'est
sûr que ma préoccupation, c'est... Puisqu'on parle de sécurisation culturelle,
on n'est pas dans la dispensation d'un soin, hein? Alors, je comprends que...
en fait, je comprends ou j'espère, je ne sais pas lequel des deux, que, dans le
fond, une personne qui est autochtone, soit des Premières Nations ou inuite, se
retrouvait dans le système de santé et que la loi qu'on est en train d'adopter,
à cause de la phrase qui est écrite là, sur les ressources humaines, la limite
des ressources humaines et matérielles... ne pourrait pas avoir accès, en fait,
à des éléments de sécurisation culturelle, parce que, bien, il manque de
ressources puis il manque de... tu sais.
Moi, c'est un peu ça. Ce n'est pas un soin.
Je comprends que, dans le soin, avec le PL n° 15, on est venu redire que
le corridor de services allait être complet, mais, puisque... bien, en fait,
c'est peut-être ma question : Est-ce que la sécurisation culturelle, c'est
considéré à même
titre comme un soin, et donc nous assurer que, si c'est une
concordance avec la... le PL n° 15, bien, qu'on fasse aussi les corridors
de services nécessaires?
• (16 h 50) •
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Lafrenière : Merci
beaucoup, M. le Président. Avant de passer la... avec l'autorisation de mes
collègues, passer la parole à Me Dumas-Legendre, parce que, lors de nos
dernières consultations, je trouvais que je n'avais pas laissé beaucoup la
parole aux gens de mon équipe, ça fait que je veux absolument lui laisser la
parole aujourd'hui, elle le demandait et en redemandait encore, mais... C'est
une blague, M. le Président. Mais, avant tout ça, juste se rappeler qu'on a
rajouté dans notre
article l'obligation d'identifier des moyens pour arriver à
la mise en oeuvre de ces pratiques sécurisantes. Mais j'aimerais quand même,
avec le consentement des collègues, entendre Me Hélène Dumas-Legendre, M.
le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Est-ce qu'il y a consentement
de la commission?
Une voix : ...
Le Président (M.
Bachand) : Consentement. Donc, bien sûr,
vous connaissez les règles. D'abord vous identifier et répondre à la question.
Merci beaucoup.
Mme Dumas-Legendre
(Hélène) : ...M. le Président. Hélène
Dumas-Legendre, je suis avocate légiste au ministère de la Justice.
Donc, pour répondre à la question de Mme
la députée, effectivement, la sécurisation culturelle ne constitue pas un soin
comme tel. C'est plutôt une... une modalité de l'offre des soins de services de
santé et de services sociaux. Donc, c'est la manière dont on va offrir ces
services... ces soins-là. Et, comme la
loi sur... la nouvelle loi du projet de
loi n° 15 prévoit déjà le droit de recevoir les soins de santé et des
services sociaux modulés en fonction... exactement dans les mêmes termes, là,
des... du respect des dispositions législatives et réglementaires, bien, la
modulation de l'offre de ces soins-là suit évidemment l'offre des soins. Donc,
ça se fait dans les mêmes conditions.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. J'aurais le député
d'Acadie, s'il vous plaît.
M. Morin : Oui. Merci, M. le
Président. Donc, je comprends que cet alinéa-là est... en fait, c'est une
espèce de concordance avec la loi qui a créé l'agence de Santé Québec. Est-ce
que c'est l'article 16 du PL n° 15?
Mme Dumas-Legendre
(Hélène) : Oui, oui, tout à fait.
M. Morin : Ah! c'est... Ah! c'est...
c'est vous, maître, qui avez répondu? C'est ça que je me demandais, d'où...
Le Président (M.
Bachand) : ...répéter la réponse, s'il
vous plaît, maître.
Mme Dumas-Legendre
(Hélène) : Oui, c'est l'article 16,
effectivement, du... de la <i>loi sur la gouvernance.
M. Morin : Parfait. Je
reprends un peu ce que... ce que soulignait ma collègue la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Dans le projet de loi n° 15, bon, qui a maintenant créé... qui n'est plus
un projet de loi, là, qui a créé l'agence de Santé Québec... puis on en parlait
tout à l'heure, là, donc je me répète, maintenant qu'on est... on est avec
l'enregistrement... Je peux comprendre que, dans la majorité des hôpitaux du
Québec, ils n'ont peut-être pas tous les équipements, les services que certains
hôpitaux universitaires ont, et je comprends, mais corrigez-moi si je fais
erreur, parce que je n'ai pas... je n'ai pas eu le privilège de siéger lors des
commissions sur le projet de loi n° 15... et donc le gouvernement, l'État
veut avoir un mécanisme qui lui permet de dire : Écoutez, on n'a pas cet...
ce service-là ou ce soin-là ici, mais on va vous transférer ailleurs. Est-ce
que je comprends bien l'objet de l'article 16 du projet de loi n° 15?
Est-ce que c'est ça que ça visait?
Mme Dumas-Legendre (Hélène) : Notamment.
M. Morin : OK. Parce que la
différence que je vois ici, c'est qu'on parle ici de... donc, de sécurisation
culturelle, de la possibilité pour les gens de bien comprendre ce qui leur
arrive. Donc, si moi, j'ai un accident d'auto puis je me ramasse dans un
hôpital en région, puis on m'explique : Écoutez, on n'a pas... c'est trop
grave, votre cas, on va vous transférer à Montréal, parce que ça ne peut pas
marcher ici, ça <fera...
M. Morin :
...ça > fera...
ça ne va peut-être pas faire mon affaire, mais je vais comprendre ce qui
m'arrive, OK? Parce qu'ils vont parler ma langue, puis je n'aurai pas
nécessairement peur d'avoir... d'aller à l'hôpital. Où je trouve que l'analogie
ou la concordance avec le projet de loi n° 15 est un peu mal adaptée, si
vous me permettez l'expression, c'est qu'ici on parle de pratiques qui vont
faire en sorte que la personne issue des Premières Nations va comprendre ce qui
lui arrive, puis donc va être rassurée, puis va savoir pourquoi elle est
déplacée. Et donc ce n'est pas comme tel le soin. D'ailleurs, vous l'avez dit,
ce n'est pas un soin.
Moi, ce qui m'intéresse pour les Premières
Nations puis les Inuits, c'est qu'ils comprennent et qu'ils se sentent en
sécurité quand ils vont dans un centre hospitalier. Qu'est-ce qu'on fait si on
le laisse comme ça et qu'un établissement dit : Mais moi, là, la
sécurisation culturelle, ces pratiques-là, moi, je n'ai pas les ressources
humaines, je n'ai pas l'argent pour le faire, je n'en fais pas, je ne peux pas
le faire? Puis c'est en vertu de la loi, c'est ce qu'on va adopter. Alors, vous
avez une personne des Premières Nations qui arrive dans un centre hospitalier,
ne connaît pas ni le français ni l'anglais, n'aura pas un service dans sa langue,
puis ils vont l'envoyer ailleurs. Ce n'est pas très sécurisant. Il est là, mon
point, et c'est ce que je crains avec l'alinéa tel qu'il est rédigé, puis c'est
ce que j'aimerais éviter.
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci
beaucoup, M. le Président, puis merci pour le collègue, parce qu'effectivement
ce n'est pas ça qu'on veut. Ce n'est pas ce qu'on veut. Et, quand on parle du PL...
du projet de loi n° 32, notre projet de loi, ça s'adresse à l'ensemble du
réseau. Ça fait que reprenons l'exemple, parce que, jusqu'à présent, on a tout
le temps bien travaillé quand on prenait des exemples.
Ce que vous avez dit : J'arrive à l'endroit x,
on me dit qu'il n'y a pas nécessairement un navigateur qui parle ma langue, une
personne qui connaît ma culture ou quoi que ce soit. Nous, quand on dit :
Ça s'adresse à l'ensemble du réseau, M. le Président, pourquoi ne pas faire
appel à une clinique? Puis vous savez qu'avec le réseau des centres d'amitié
autochtones on a développé des cliniques Mirerimowin. Il y a d'autres
établissements qui peuvent venir en aide. Alors, ce n'est pas parce que
l'établissement x n'est pas capable de répondre à ce que mon collègue dit
au moment présent que l'excuse peut sortir en disant : Nous autres, on ne
l'a pas, puis ça ne marchera pas comme ça. Ce n'est pas du tout ce qu'on envoie
comme message.
Parce que la preuve, M. le Président, au
deuxième paragraphe quand on dit : «Ainsi, Santé Québec et tout
établissement doivent développer avec des représentants des Premières Nations
et des Inuit, des mesures qui précisent les pratiques culturellement
sécurisantes qu'ils entendent mettre en oeuvre, les moyens à prendre...» Alors,
déjà, à ce moment-là, M. le Président, il va falloir établir quels seront les
moyens, méthodes, qu'est-ce qu'ils veulent faire exactement. Est-ce que c'est
d'avoir un partenariat avec une clinique Mirerimowin, justement, qui est à
proximité du centre? Dans certains endroits, ça se peut. Est-ce que c'est
d'avoir des navigateurs qui parlent la langue, la culture dans certains
endroits? Oui. Montréal, ça va être les 11... les 11 nations. Alors,
est-ce qu'ils vont faire des partenaires... des partenariats où ils vont avoir
11 navigateurs qui connaissaient les 11 langues, les
11 cultures? Moi, je pense qu'ils vont devoir développer des partenariats.
Mais, encore là, M. le Président, ce qui
me rassure dans ce qu'on dépose aujourd'hui, bien, c'est ce qu'on veut faire,
hein, on veut le meilleur projet de loi, c'est qu'on se met plusieurs étapes de
sécurité, donc de transparence. Les gens vont être jugés, hein? Les
responsables des établissements vont être jugés, puis on va en parler tantôt,
au 31 mars de chaque année, sur ce qu'ils ont mis en place puis ce qu'ils
n'ont pas fait aussi. Puis ça, ça va créer une pression entre les
établissements pour dire : L'établissement x a très bien performé, ça
sort bien, il y a des beaux commentaires, y n'a pas fait grand chose, mais ça
va être au vu et au su de tout le monde. Puis c'est là que je pense qu'il y a
une très bonne transparence. Puis moi, je crois à ça. Dans 79, c'est comme ça
qu'on est arrivé avec des bons résultats, cette transparence-là a aidé beaucoup.
Alors, est-ce qu'on est à l'abri d'un
établissement x, y, z qui déciderait d'en faire moins? On n'est pas à l'abri.
Mais le fait de mettre cette transparence-là où tout le monde va voir qui a
fait quoi, où des usagers vont pouvoir venir dire : Voici comment on est
traités, comme on se sent... Le collègue, tantôt, on avait une discussion, on
disait : Est-ce qu'on y va dans les mathématiques ou dans l'appréciation?
J'ai dit : Les deux. Mais c'est là que ça va être transparent. Les gens
vont le voir. Le comité va pouvoir dire : Établissement x a erré, puis ce
qui est donné sur place, ça ne convient pas. Vous pouvez être en partenariat
avec d'autres. Ils ne nous ont pas mis en confiance. Je pense que cette
transparence-là va répondre aux... je vais appeler ça des inquiétudes, avec
raison, en se disant : Écoute, où on s'en va avec tout ça? Qu'est-ce qu'on
veut livrer aujourd'hui?
Le Président (M.
Bachand) : M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Donc, avez-vous
une ouverture, par exemple, pour dire à l'alinéa : «La mise en oeuvre des
pratiques culturellement sécurisantes doit tenir compte des dispositions
législatives et réglementaires relatives à l'organisation et au fonctionnement
de Santé Québec et des établissements», point?
M. Lafrenière : Je peux vous
demander de le répéter? Ça va m'aider, excusez-moi.
M. Morin : Oui. La mise en oeuvre
des pratiques culturellement sécurisantes doit tenir compte des dispositions
législatives et réglementaires, ce qui est... ce qui est aussi évident, là,
relatives à l'organisation et au fonctionnement de Santé Québec et des
établissements, point. Donc, ce que ça veut dire, c'est qu'ils vont être obligés
de tenir compte de la loi, bien sûr, des règlements, mais ils vont... ils vont
devoir, avec Québec, mettre en place des <éléments...
M. Morin :
...des > éléments
qui vont veiller à la sécurisation culturelle. Et ils ne pourront pas dire :
Ah! bien, écoutez, on n'a pas de budget cette année. Et ça reprend ce que vous
disiez tout à l'heure, M. le ministre, quand vous dites qu'il y a différents
partenariats qui sont possibles, bien évidemment, ça va les forcer à en
développer, des partenariats.
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci, M.
le Président. Je pense qu'il y a deux éléments importants dans ce que le
collègue apporte. Puis ça, c'est la
partie de la réponse qui est moins le fun,
là : Concordance. Puis, quand on dit ça, on dit : Oui, mais vous avez
proposé d'autres choses. D'un autre côté... Puis on évaluait, à juste part, en
se disant : Est-ce qu'on ne pourrait pas mettre un établissement dans une
situation d'échec en se disant que, dans l'établissement x, y, z, il n'y a pas
la même réalité autochtone? Est-ce qu'on pourrait demander à tous les
établissements au Québec d'avoir la même approche? Pas nécessairement. On s'est
déjà dit qu'on ne voulait pas faire du mur-à-mur. Alors, tenir compte des
réalités, de ce qu'il y a sur place, de cette réalité-là, puis un... je pense
qu'il y a un élément de concordance qui est important puis il y a un élément
aussi de réalité locale qu'il faut tenir en compte. Puis je reviens avec mon
argument de tantôt, la
partie transparence, le fait de rendre compte et que les
gens puissent voir ce qu'ils ont fait ou ce qu'ils n'ont pas fait, moi, ça me...
je me sens en sécurité là-dedans.
• (17 heures) •
M. Morin : Mais, si vous
permettez, à moins que je comprenne très mal l'alinéa, mais, quand on parle de
«ressources humaines, matérielles et financières dont ces derniers disposent»,
ça ne veut pas nécessairement dire qu'on veut faire du mur-à-mur. Ce que ça
veut dire ou ce que moi, je comprends, c'est qu'un établissement pourrait dire :
Moi, là, je n'ai pas les ressources matérielles et financières pour le mettre
en place, donc je ne le ferai pas.
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Lafrenière : Merci, M. le
Président. L'échange est vraiment intéressant. Je vous demanderais de suspendre
un instant, après ça on va revenir avec quelque chose.
Le Président (M.
Bachand) : OK. On va suspendre quelques
instants. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 17 h 01)
Haut de la page
17 h (version révisée)
(Reprise à 17 h 09)
Le Président (M.
Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît! La
commission reprend ses travaux. M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Oui, merci, M. le
Président. Alors, pour les gens qui nous écoutent, on a eu, effectivement, une
discussion importante, intéressante en ce qui a trait à l'alinéa, mais toujours
le même, relativement à la mise en œuvre des pratiques culturellement
sécurisantes, qui doit tenir compte des dispositions législatives et
réglementaires relatives à l'organisation et au fonctionnement de Santé Québec
et des établissements, ainsi que des ressources humaines, matérielles et
financières, donc ces dernières...
Donc, mon interrogation était à l'effet
suivant. J'invitais M. le ministre à réfléchir à ma proposition de mettre un
point après «à des établissements». Je comprends qu'il y a un élément de
concordance, puisque, dans le... ce qui était le projet de loi n° 15, qui
a créé Santé Québec, il y a une disposition similaire à l'article 16 de
cette loi. Cependant, dans la loi qui a créé Santé Québec, il s'agissait de la
façon, si j'ai bien compris, d'offrir ou de donner... en fait, c'est une
prestation de soins, alors qu'ici on est ailleurs. Alors, je me disais : Bien,
écoutez, ce serait quand même concordant si on mettait un point après «des
établissements».
• (17 h 10) •
Puis la différence que... la distinction
que moi, j'y faisais, c'est qu'ici on... il ne s'agit pas nécessairement d'offrir
un soin, mais d'expliquer aux gens qu'ils auront peut-être tel ou tel soin et
pas d'autres soins. Donc, ça m'apparaissait important d'enlever, finalement,
toute la question pour ces fins-là de ressources humaines, matérielles et
financières dont ces derniers disposent. Voilà.
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci, M.
le Président. Puis effectivement ma première réponse, tout à l'heure, était
dans la concordance. Puis, collègue, les collègues, à juste titre, ont parlé de
la différence entre les soins puis quand on parle de sécurisation culturelle.
Mais, encore une fois, M. le Président, pour cette partie-là, j'aimerais que
notre légiste puisse nous éclairer.
Le Président (M.
Bachand) : Oui, maître, allez-y.
Mme Dumas-Legendre
(Hélène) : Alors, effectivement, on a
repris ici... par rapport à la sécurisation culturelle qui est la modalité, la
façon d'offrir les soins, on a repris exactement les mêmes conditions que l'offre
des soins et des services sociaux comme tels, donc vous l'avez bien souligné, à
l'article 16. On a repris exactement le même libellé pour éviter des
problèmes d'interprétation, donc pour assurer la concordance entre l'accessoire,
la modalité d'offrir les soins et le principal qui est dans la
Loi sur la
gouvernance, l'offre, comme telle, des soins. Donc, c'est important qu'il y ait
une concordance juridique parfaite pour éviter qu'on interprète différemment le
contexte de l'accessoire par rapport au principal.
M. Morin : Je vous remercie.
Le Président (M.
Bachand) : Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Oui, bien,
toujours dans ce sujet-là, en fait, M. le ministre, ce que je comprends de la
logique du projet de loi, puis vous me direz si je me trompe ou... c'est que,
là, on ne va pas laisser les établissements puis Santé Québec aller tout seuls
sur leur bord, là. Puis ça, pour ça, c'est fondamental, puis on va le voir dans
les... pour les gens qui nous suivent, là, dans les prochains articles, c'est
que ça prend des filets de sécurité, ça prend des gens qui vont avoir les yeux
ouverts pour s'assurer qu'il n'y a pas d'établissements qui vont
systématiquement prioriser, dans leur restriction budgétaire, la question de la
sécurisation culturelle. Et ça, cet outil-là, c'est le comité de suivi dont
vous avez parlé tantôt, mais...
Alors, je veux juste que vous m'assuriez
que c'est le genre de... puis on va en parler tantôt, mais j'y reviendrai, c'est
exactement le genre de raison pour lequel vous avez... vous allez nous
proposer, en l'article 2, un comité qui va agir comme chien de garde par
rapport à l'application, si je peux dire, de la sécurisation culturelle.
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, M. le
Président. Bien, deux points importants dans ce que la collègue a mentionné.
Effectivement, quand on parle du comité de.. le comité qui va être créé, oui,
on peut voir le volet chien de garde, mais aussi l'élément de transparence que
je faisais allusion tout à l'heure, c'est-à-dire que chacun des établissements
va rendre public ce qu'ils ont fait. Puis ça, je veux juste être bien clair, que
les gens à la maison comprennent, ce n'est pas juste le bâton, il y a la carotte
aussi. Ce que je veux dire par là, il y a des établissements qui vont faire des
choses qui vont être merveilleuses. Il ne faut pas prendre pour acquis que ce
ne sera pas bien, là, il y a des très belles choses qui se font sur le terrain.
Et moi, j'ai espoir que ces belles choses là vont être partagées, ça va donner
le goût à d'autres établissements de le faire aussi. Alors, juste encore là,
parce que, je pense, c'est important de redonner <aux gens sur le terrain...
M. Lafrenière :
...à
d'autres établissements de le faire aussi. Alors, juste encore là, parce que je
pense, c'est important de redonner > aux gens sur le terrain qui font de
très belles choses... je vous ai donné l'exemple de Joliette, puis il y en a
tellement d'autres. Et, une fois qu'on aura adopté ça ensemble, on pourra
regarder ce qui se fait puis se dire : Écoute, ça peut nous donner... nous
motiver à faire des choses différentes ailleurs, de s'inspirer des meilleures
pratiques. Moi, j'y crois beaucoup. Alors, effectivement, c'est ce qu'on veut,
on veut un comité qui va faire le suivi, qui va regarder comment ça se passe,
qui va aller au-delà des chiffres, mais on va aussi partager les bonnes
pratiques, que ça soit... que ce soit fait par d'autres.
Le Président (M.
Bachand) : Mme la députée.
Mme Massé : Oui. Bien, en
fait, moi, j'étais exactement à la même place que mon collègue de l'Acadie,
parce que je me disais... puis je comprends ce que la légiste nous a expliqué,
là, la concordance, et tout ça, mais j'étais à la même place, de dire :
Mais pourquoi aller là? On le sait, on le sait, comment ça marche puis... mais...
et j'aimerais ça que vous me validiez ou un de vos légistes me valide ma
compréhension, que, même si je l'enlevais, là, même si je réussissais à vous...
on réussissait à vous convaincre de l'enlever, dans les faits, ça va quand même
s'appliquer parce que la loi n° 15 a, mot pour mot,
ces affaires-là à l'article 16, que vous me dites. Est-ce que cette
compréhension-là des choses est la bonne?
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Lafrenière : Écoutez, M.
le Président, pour une troisième fois aujourd'hui, je laisserai parler la
légiste. Je sais qu'on s'était mis un total de cinq possibles, là, on en est
rendus à trois.
Mme Massé : ...
M. Lafrenière : C'est vous
qui négociez son contrat, c'est gentil.
Mme Massé : Me Dumas-Legendre.
Alors, maître, la parole est à vous. Merci.
Mme Dumas-Legendre
(Hélène) : Merci, M. le Président. Oui,
vous avez raison que, même si ce n'était pas là, étant donné que le principal
est assorti de cette obligation-là, vous avez raison. Mais j'ajouterais qu'il y
aurait un risque à en mettre juste la moitié, donc à couper la phrase en deux,
un risque d'interprétation parce que, là, le principal aurait ses conditions,
et, tout à coup, le législateur aurait, pour l'accessoire, donné des
conditions, mais juste à moitié. Donc, on aurait vraiment un risque de
cohérence.
Mme Massé : M. le Président,
si vous permettez, mais ça ne compte pas pour quatre fois, mais j'aimerais...
j'ai une question, parce que je ne connais pas beaucoup ce monde-là, de... je
ne suis pas comme André, là... Mais, quand vous dites «de concordance»,
c'est-à-dire qu'on pourrait avoir, s'il y avait une situation qui allait en
cour, on pourrait avoir des interprétations différentes de ce qui est écrit
dans la loi n° 15 puis ce qui serait écrit ici parce
que c'est juste à moitié, et donc ça pourrait être défavorisant, entre
guillemets... bien, on ne le sait pas parce qu'il n'y a pas... il n'y a pas de...
Mais, bref, il pourrait y avoir une... c'est ça que vous dites par «interprétation».
Mme Dumas-Legendre (Hélène) : C'est tout à fait ça, c'est qu'il y aurait probablement,
possiblement un débat sur le fait que le législateur, n'ayant pas utilisé
exactement les mêmes termes, il a voulu dire autre chose, et on chercherait
qu'est-ce qu'il a voulu dire d'autre, et c'est de là que naîtrait une
incohérence.
Mme Massé : Merci.
Le Président (M.
Bachand) : Autres interventions sur
l'amendement? M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Peut-être juste
une question pour maître, qui est légiste, avec votre permission, M. le
ministre. Mais qu'est-ce qui pourrait arriver d'autre comme interprétation?
Parce que ça, c'est l'accessoire qui suit le principal. Vous avez déjà un
principe général dans le principal. Puis là, bien, vous venez établir certaines
modalités qui ne sont pas en lien avec une prestation de soins. Ça fait que,
personnellement, j'ai de la difficulté à voir qu'un tribunal pourrait arriver à
une conclusion ou une interprétation qui serait totalement contradictoire avec
le principal.
Le Président (M.
Bachand) : Maître.
Mme Dumas-Legendre
(Hélène) : On pourrait penser qu'un
tribunal en arriverait à la conclusion que, même si le texte n'est pas tout à
fait pareil, l'intention du législateur est la même. Mais on ne souhaite pas
nécessairement que ça se rendre au tribunal, on souhaite que ce soit compris
correctement et conformément à l'intention au niveau de l'application, donc
bien avant qu'un débat juridique se rendre au tribunal. Donc, dans ce
contexte-là, pour les gens qui vont appliquer les deux lois, d'avoir un texte
complètement identique, ça reflète à 100 % que l'intention du législateur
était identique dans les deux cas. Avoir des différences, ça insécurise parce
qu'on cherche pourquoi le législateur, dans deux lois assez contemporaines, là,
parce que le projet de loi n° 15, c'est quand même contemporain, donc dans
deux lois si proches, le législateur s'est écarté dans la façon de s'exprimer.
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Morin : ...
M. Lafrenière : Ah bien,
attendez, on va laisser aller le collègue.
Le Président (M.
Bachand) : ...
M. Morin : Mais êtes-vous
d'accord avec moi <que les deux dispositions...
M. Lafrenière :
bien, attendez, on va laisser aller le collègue.
Le Président (M.
Bachand) :
M. Morin :
Mais
êtes-vous d'accord avec moi > que les deux dispositions visent un objet
puis un objectif qui est différent? Si je comprends bien, la loi qui a créé
Santé Québec, on vise la prestation de soins. Ici, ce n'est pas ça qu'on vise.
On vise la façon dont on va expliquer à quelqu'un quel soin il va recevoir.
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui. Puis,
écoutez, je ne veux pas prendre la place de la légiste, puis ce n'est pas vrai
qu'il y avait un maximum de cinq questions, là, mais je comprends ce que le
collègue dit. Je veux juste rajouter un point. Parce qu'il dit... parce qu'on
parle beaucoup de la langue, et tout, mais il n'y a pas juste ça dans la
sécurisation culturelle. Oui, il y a la langue, mais au niveau des soins, on a
mis d'autres choses.
Et l'autre point que j'aimerais rappeler,
puis ça, c'est beaucoup pour les gens qui nous écoutent à la maison, c'est que
la sécurisation culturelle est demandée par les gens du milieu. Je veux
rassurer tout le monde, là. Sur le terrain, il y en a plusieurs qui nous l'ont
dit : On a hâte de voir ça, ça va nous aider dans ce qu'on veut mettre en
place, parce qu'on a une communauté de pratiques, on a amené des bonnes idées,
mais ça va nous aider. Ça fait que je veux rassurer...
• (17 h 20) •
Puis le réflexe du collègue... j'ai le même
passé de l'autre côté de la clôture, mais on garde toujours nos canards boiteux
ou les gens qui ne suivent pas nécessairement la ligne, moi, je veux le
rassurer, avec ce qui s'en vient, de ce qu'on va parler tout à l'heure, le fait
que ce soit en ligne, le fait que ce soit transparent, ça va mettre une
pression sur ceux qui ne seraient pas nécessairement dans le rang pour toutes
sortes de raisons. Un.
Et, deuxièmement, je sais très bien que ça
va être utilisé pour remonter le service qui va être donné, l'approche qui va
être culturellement sécurisante. Moi, j'ai espoir là-dedans. Mais ce n'est pas
aveugle. La preuve, c'est qu'on va vraiment les mettre, en bon français, «on
the spot».
Le Président (M.
Bachand) : Autres interventions sur
l'amendement? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'amendement est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. Donc, on revient à
l'article 1 tel qu'amendé. Interventions?
Mme Massé : ...est-ce que je
pourrais demander un vote par appel nominal?
Le Président (M.
Bachand) : Oui, oui, bien sûr.
Mme Massé : J'aimerais ça. Ça
nous permet de voter...
Le Président (M.
Bachand) : Bien oui. Mme la secrétaire,
s'il vous plaît.
M. Lafrenière : ...
Le Président (M.
Bachand) : Mme la secrétaire. Donc, si
vous êtes... tout le monde est d'accord, on va faire un vote par appel nominal
sur l'amendement proposé par le ministre. Merci. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Lafrenière (Vachon)?
M. Lafrenière : Pour.
La Secrétaire : M. St-Louis
(Joliette)?
M. St-Louis : Pour.
La Secrétaire : Mme Boivin
Roy (Anjou—Louis-Riel)?
Mme Boivin Roy : Pour.
La Secrétaire : Mme Haytayan
(Laval-des-Rapides)?
Mme Haytayan : Pour.
La Secrétaire : M. Lemieux
(Saint-Jean)?
M. Lemieux : Pour.
La Secrétaire : M. Morin
(Acadie)?
M. Morin : Abstention.
La Secrétaire : Mme Massé
(Sainte-Marie—Saint-Jacques)?
Mme Massé : Pour.
La Secrétaire : M. Bachand
(Richmond)?
Le Président (M.
Bachand) : Abstention. Donc, l'amendement
est adopté. Donc, on revient à l'article 1 tel qu'amendé. Interventions?
Est-ce que... S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 1,
tel qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. Merci. Alors, M. le
ministre, on serait rendus à l'article 2.
M. Lafrenière : Oui, M. le
Président. Alors, même modus operandi qu'on a depuis le début. Je vous
laisserais aller avec les sous-amendements puis, par la suite, je pourrais
présenter mon amendement.
Le Président (M.
Bachand) : Donc, est-ce qu'il y aurait
consentement pour réouvrir l'article 2?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Bachand) : Est-ce qu'il y aurait
consentement pour réouvrir l'amendement à l'article 2 du ministre?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Bachand) : Donc, M. le ministre, sur
l'amendement.
M. Lafrenière : Alors, nouvel
amendement que je présente.
Le Président (M.
Bachand) : Non. Il faudrait d'abord avoir
un consentement pour retirer.
M. Lafrenière : Je retirerais
mon amendement.
Le Président (M.
Bachand) : Est-ce qu'il y a consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Bachand) : Consentement. Donc, M. le
ministre, pour le nouvel amendement, s'il vous plaît.
M. Lafrenière : Je reviens
avec mon nouvel amendement, M. le Président. Écoutez, ça va tellement bien puis
tellement vite. Alors, à l'article 2 :
Remplacer l'article 2 du projet de
loi par le suivant :
«2. Tout établissement du réseau de la
santé et des services sociaux soumet annuellement à Santé Québec, dans la forme
qu'elle détermine, un rapport portant sur les pratiques culturellement
sécurisantes qu'il a mises en oeuvre.
«Santé Québec doit faire annuellement un
bilan des pratiques culturellement sécurisantes mises en oeuvre par elle et par
les établissements dans un rapport qu'elle transmet au ministre au plus tard le
31 mars.
«Le ministre transmet le rapport de Santé
Québec au président de l'Assemblée nationale dans les 30 jours de sa
réception ou, si elle ne siège pas, dans les 30 jours de la reprise des
travaux. Ce rapport est publié dans le site Internet du ministère de la Santé
et des Services sociaux et présenté au comité national sur la sécurisation
culturelle prévu à l'article 2.1 et aux Premières Nations et aux Inuit. Les
modalités de la présentation aux Premières Nations et aux Inuit sont établies par
le comité national sur la sécurisation culturelle.»
Commentaire. L'amendement vise à obliger
Santé Québec et les établissements du réseau à soumettre un bilan des pratiques
culturellement... sécurisantes, pardon, mises en œuvre dans un rapport au
ministre qui sera ensuite transmis au président de l'Assemblée nationale,
présenté au comité national sur la sécurisation culturelle, aux Premières
Nations et aux Inuits et publié sur le site Internet du ministère.
M. le Président, comme commentaire
supplémentaire, ce que je voulais dire, c'est qu'on a rajouté la date du
31 mars, et ça, c'est en cohérence avec la loi n° 79
qu'on a faite ensemble. En se mettant une date, c'est important. L'autre
chose qu'on a changée, on a dit que le rapport doit être présenté, non pas
juste transmis. Et ça, on avait eu cet échange-là la dernière fois avec les
oppositions. On disait : Transmis, je peux le faire par courriel, je peux
l'envoyer. Ce n'est pas ça qu'on veut, on veut que ça soit présenté. Puis
«présenté», je disais l'analogie : Contrairement à la <rue
Sainte-Catherine à Montréal
M. Lafrenière :
...ce
n'est pas ça qu'on veut, on veut que ça soit présenté. Puis «présenté», je
disais l'analogie : Contrairement à la > rue Sainte-Catherine à
Montréal, «présenté», ça va dans les deux sens, c'est-à-dire qu'on vous donne
une information, je reçois votre rétroaction. On voulait aller avec une
présentation. Les modalités vont être établies par le comité national. Ça fait
qu'ils pourront établir ensemble de quelle façon ça se fait. Et là je veux
ouvrir la discussion là-dessus, M. le Président, en disant : Dans l'ordre
des choses, on le dépose, donc le ministre le reçoit, il le transmet à la
présidence de l'Assemblée nationale, et là... puis c'est un petit peu comme
dans 79, on fait, et là ils établiront ensemble quelles modalités, comment ça
va se faire, comment la rétroaction va se faire ensemble, mais c'est dans cet
ordre-là, M. le Président, qu'on veut le faire. Alors, voici l'article 2,
qui répond à plusieurs discussions qu'on a eues ensemble.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Interventions
sur l'amendement du ministre? M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Brièvement, M. le
Président. Effectivement, on a eu des discussions sur «présenté» plutôt que
«déposé autrement», on a maintenant «présenté». Je comprends que vous vous
inspirez aussi du libellé qu'il y a dans le projet de loi n° 79, le comité
de suivi, pour question de concordance?
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Lafrenière : Absolument.
M. Morin : D'accord.
M. Lafrenière : La
concordance, on aime ça, M. le Président. Vous savez, dans ce temps-là, ça rend
les gens heureux. Puis mon collègue a déjà dit, c'est ce qu'il voulait dans la
vie, rendre les gens heureux.
M. Morin : Absolument. Merci.
M. Lafrenière : Mais c'est de
la concordance. Puis, trêve de plaisanterie, écoutez, on l'a fait dans 79.
Encore une fois, on a fait les choses différemment. On s'inspire de ça. Ça a
donné de bons résultats. Puis, je l'ai dit tantôt abondamment quand on a parlé
de l'autre article, cette volonté de transparence, et tout, moi, j'y crois, M.
le Président. Alors, de mettre ça sur les sites Internet, ça va être important.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Mme la députée
de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Oui. En fait,
j'avais une première question, juste pour que ce soit bien clarifié, parce que
vous l'avez, il me semble, dit en cours de route, lorsqu'il est question que le
rapport de Santé Québec se retrouve sur l'Internet, là... Je cherche comment
vous l'avez formulé...
M. Lafrenière : ... ministère
de la Santé et des Services sociaux.
Mme Massé : Voilà. C'est
comme ça que vous l'avez formulé. Je veux m'assurer qu'on va retrouver aussi
l'ensemble des rapports des établissements et non pas seulement l'espèce de
grosse bébelle dans laquelle on pourrait voir disparaître, parce que vous avez
parlé à quelques reprises d'une des façons de faire pression sur ceux... les
établissements qui ne voudraient pas ou qui ne se soumettraient pas à la loi,
bien, c'est de... c'est public, et donc ça crée une pression sur ces groupes-là.
Alors, est-ce que je comprends bien que...
même si ce n'est pas exactement comme ça que c'est écrit, que, ce qu'on entend,
c'est que les différents rapports qui constitueront le rapport de Santé Québec
seront aussi accessibles à l'ensemble de la population?
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. Effectivement, c'est l'intention qui est visée,
c'est ce qu'on veut avoir, je vous l'ai dit tantôt, et c'est autant dans une
mesure pour démontrer ceux qui ne font peut-être pas nécessairement ce qui est
attendu, mais c'est aussi pour encourager les autres à adopter de bonnes... de
bonnes mesures. Ça fait que c'est ce qu'on veut aujourd'hui.
Mme Massé : Ce qui est intéressant,
puis je suis contente que vous confirmiez ma compréhension, parce que, vous
avez raison, ce n'est pas juste pour taper sur les doigts du monde, c'est que
plus on va, comme Québécois et Québécoises allochtones, saisir ce qu'on entend
par sécurisation culturelle, donc on va voir ça veut dire... qu'est-ce que ça
impose comme façon de faire, façon d'ajuster les approches, tout ça, je pense
que ça va contribuer grandement à, bien, premièrement, mieux comprendre ce que
vivent les Premières Nations puis les Inuits et, deuxièmement, je dirais, aider
à déconstruire les biais, les préjugés qu'on accumule face aux Premières
Nations et aux Inuits.
Alors, si on voit des bons coups, on va le
prendre du bon côté, des bons coups qui sont faits dans différents
établissements, si on comprend mieux qu'est-ce que ça veut dire «sécurisation
culturelle» parce qu'on y a accès librement sur les Internet, bien, je pense
que ça peut même atteindre un autre objectif, qui est celui de briser les
composantes du racisme systémique qu'il y a dans nos institutions. Et, dans ce
sens-là, je trouve ça très intéressant. Puis vous me confirmez que c'est ça,
j'ai bien compris, tous les rapports vont se retrouver là. Et Santé Québec,
lui, dans sa posture, lui, il va ramasser tout ça, puis il fera son propre
rapport.
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci, M.
le Président. Puis il y a deux points que je veux ajouter à ce que ma collègue
a amené. Il y a un autre objectif aussi, qui est visé, <c'est de donner...
Mme Massé :
...posture,
lui, il va ramasser tout ça, puis il fera son propre rapport.
Le Président (M.
Bachand) :
M. le ministre.
M. Lafrenière :
Oui,
merci, M. le Président. Puis il y a deux points que je veux ajouter à ce que ma
collègue a amené. Il y a un autre objectif aussi, qui est visé, > c'est
de donner confiance dans les membres des Premières Nations et des Inuits, dans
le système, de démontrer qu'il y a des belles choses qui se réalisent, puis je
pense que c'est drôlement important ce que le collègue amène. Ce qu'on ne veut
pas, là... Je vais vous dire ce qu'on ne veut pas, M. le Président, c'est
d'arriver avec un rapport sur quatre lignes, qui viendrait dire : Vous
savez, dans 55 % des établissements, ça va bien. On ne veut pas ça. Ce
qu'on veut, c'est démontrer les démarches, ce qui a été fait.
Puis, je le répète, ce que j'ai dit tout à
l'heure, ce qu'on veut aussi comme objectif, c'est donner confiance aux membres
des Premières Nations et les Inuits dans le système en disant : Regardez,
il y a des belles choses qui se font, puis donner aussi toute la visibilité aux
belles actions qui ont été faites sur le terrain. Effectivement, c'est ce qu'on
veut.
• (17 h 30) •
Mme Massé : J'ai une autre
clarification que j'apprécierais, parce que, là, on est dans, disons, la
dimension reddition de comptes, là, les établissements ont à rendre compte des
actions... pardon, et des pratiques qu'ils ont développées. Je voulais
m'assurer... Vous vous souvenez, quand on a adopté l'article 1, il était
écrit, dans le deuxième paragraphe, que «Santé Québec et tout établissement
doivent développer avec des représentants des Premières Nations et des Inuit, des
mesures qui précisent les pratiques culturellement», bon, etc.
Je veux juste m'assurer que, dans les
bilans dont il est question à l'article 2, c'est bien de cela qu'on va
voir apparaître dans les bilans qui vont être faits, c'est-à-dire les mesures
qui auront été codéveloppées, coconstruites avec les gens des Premières Nations
pour définir les pratiques culturellement...
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, M. le
Président, absolument. C'est complètement cohérent, comme on a dit tantôt,
l'importance d'être cohérent. On fait référence à un
article qu'on a réglé déjà
ensemble. Ce qu'on veut voir, puis tantôt le collègue de l'opposition
officielle me demandait : Ça veut dire quoi?, bien, c'est des gestes, les
actions, les gestes qui sont faits sur le terrain. Ce qui aurait été amené pour
faire la sécurisation culturelle va se retrouver là. Et c'est ce qu'on veut
voir, on veut voir du concret, pas juste un chiffre, pas juste un pourcentage
d'appréciation, on ne veut pas ça.
Le Président (M.
Bachand) : Merci.
Mme Massé : Bien, je suis
contente, juste parce que je ne l'avais pas dit encore, de voir que vous avez
cheminé, M. le ministre, sur transmettre versus présenter. Je pense que c'est
beaucoup plus une posture de nation à nation, c'est de prendre les gens des
Premières Nations et des Inuits pour des réels... en fait, en égalité, en
vis-à-vis. Ça fait que je suis très heureuse de voir ça. Et, de mon côté, je
serais prête à voter sur l'article.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions sur l'amendement? S'il n'y a pas d'autre... Oui, M. le
ministre.
M. Lafrenière : Si vous
permettez, parce que ma collègue me donne l'opportunité de réagir à ça, elle a
raison, puis ce n'est pas juste du français, là, juste qu'on se comprenne bien,
«transmis» et «présenté», c'est complètement différent. Alors, cette demande,
cette action-là, c'est ce qu'on veut faire.
Je veux aussi rajouter un élément. Quand
je disais tantôt qu'on va parler des gestes, dans le rapport, on va aussi
parler des résultats qui seront obtenus. Alors, non seulement on pourra faire
la liste des gestes qui ont été faits dans un établissement, mais quels sont
les résultats qui ont été obtenus; ça aussi, on va le voir, M. le Président. Ça
fait que j'en rajoute une couche avant de passer au vote.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Donc, s'il n'y a pas
d'autre intervention, est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) : Donc, on revient à l'article
Mme Massé : ...
Le Président (M.
Bachand) : Pardon?
Mme Massé : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. Bon, OK. Merci. Pardon.
Donc, on revient à l'article 2 tel qu'amendé. Autres interventions? S'il
n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 2, tel qu'amendé, est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. Merci. M. le ministre.
M. Lafrenière : Merci, M. le
Président. Donc, comme l'article 2 a été adopté, puis je laissais une
demi-pause à ma collègue qui, des fois, voulait avoir un vote nominal sur les
articles, mais celle-là, ça a bien passé, donc je comprends, M. le Président,
qu'on est rendus à l'article 2.1. Et, M. le Président, avec le
consentement, je pense qu'on pourrait parler du sous-amendement qui avait été
amené pour, peut-être, le retirer par la suite.
Le Président (M.
Bachand) : C'est un amendement, mais on va
y aller... Donc, est-ce qu'il y aurait consentement pour réouvrir 2.1?
Consentement. Est-ce qu'il y aurait consentement pour réouvrir l'amendement du
ministre?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Bachand) : Donc, M. le ministre, sur votre
amendement.
M. Lafrenière : Merci, M. le
Président. Bien, juste pour qu'on suive, tout le monde, donc je représente mon
nouvel amendement...
Le Président (M.
Bachand) : Il faut d'abord retirer...
M. Lafrenière : Je n'ai rien
d'autre à dire sur mon amendement, M. le Président, à
part le retirer.
Le Président (M.
Bachand) : Est-ce qu'il y aurait
consentement pour le retirer?
Des voix : ...
Le Président (M.
Bachand) : Retiré. Donc, M. le ministre,
pour un nouvel amendement.
M. Lafrenière : Merci
beaucoup, M. le Président. À l'article 2.1 : Insérer, après l'article 2
du projet de loi, le suivant :
«2.1. Un comité national sur la
sécurisation culturelle est chargé de donner, au ministre, son avis sur les
matières <suivantes...
Haut de la page
17 h 30 (version révisée)
<17903
Lafrenière :
...son avis sur les matières > suivantes :
«1° la [présentation] des services de
santé et [de] services sociaux aux membres des Premières Nations et aux Inuit;
«2° l'approche de sécurisation culturelle
envers les membres des Premières Nations et des Inuit, notamment :
«
a) le déploiement des pratiques
culturellement sécurisantes;
«
b) l'impact des pratiques culturellement
sécurisantes dans le réseau de la santé et des services sociaux;
«
c) les programmes de formation continue
élaborés en vertu du paragraphe 4° [et] du troisième alinéa de l'article 1.
«Le comité est formé de membres nommés par
le ministre et se compose minimalement des personnes suivantes :
«1° une personne représentant les
Premières Nations et qui en est membre;
«2° une personne représentant la nation
inuit;
«3° une personne possédant une expérience
pertinente en matière de prestation, en milieu urbain, de services de santé et
de services sociaux auprès des membres des Premières Nations et des Inuit;
«4° une personne possédant une
connaissance pertinente des réalités spécifiques aux femmes et aux filles des
Premières Nations;
«5° une personne possédant une
connaissance pertinente des réalités spécifiques aux femmes et aux filles
inuit;
«Un règlement du ministre prévoit les
règles de fonctionnement du comité, les modalités d'administration de ses
affaires ainsi que ses autres fonctions, devoirs et pouvoirs.»
Comme commentaire, M. le Président, l'amendement
vise à instituer un comité national sur la sécurisation culturelle chargé de
conseiller le ministre relativement à l'approche de sécurisation culturelle, aux
pratiques sécurisantes.
M. le Président, avant de partir la
discussion sur cet article, je veux dire que ça fait référence aux discussions
qu'on a eues ensemble avec les oppositions. On y va vraiment avec la création...
j'étais pour dire la composition minimale de ce comité. Ça fait qu'on vient
rajouter ce point-là qui n'était pas là à ce moment. Et c'est ce qui est
important, M. le Président, on l'avait bien entendu, puis c'est le cheminement
qu'on a fait suite à notre dernière discussion, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Donc,
interventions? M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Merci, M. le
Président. Bien, d'abord, merci, M. le ministre. Effectivement, ma collègue la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques avait proposé des amendements dans ce
sens-là. Je pense que c'est une amélioration maintenant notable. Maintenant, j'aurais
quelques questions quant à la rédaction. On dit «une personne représentant les
Premières Nations et qui en est membre». Donc, ce que vous voulez signifier par
ça, c'est que vous voulez que ce soit une personne qui représente les Premières
Nations, mais qui est membre des Premières Nations également. Donc, il faut les
deux qualificatifs. Est-ce que je vous comprends bien?
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Lafrenière : Absolument, M.
le Président, puis je vais devancer la prochaine question. En point 2, on
n'a pas rajouté cet élément-là. On parle d'une personne qui représente la
nation inuite, mais on n'a pas rajouté qu'il en est membre. Puis ça, c'est suite
aux consultations avec les Inuits.
M. Morin : Donc, je comprends
que, pour la nation inuite, ils veulent une personne qui les représente, mais
qui n'est pas nécessairement issue de la nation inuite.
M. Lafrenière : Ça ne serait
pas nécessairement un Inuk, M. le Président, effectivement. C'est ce qui a été
demandé parce que... ce que les Inuits nous ont transmis comme information, ça
peut fort bien être une personne qui est très impliquée, mais qui ne serait pas
un Inuk.
M. Morin : OK. D'accord. Et
donc vous n'avez pas eu les mêmes informations pour les Premières Nations, d'où
le libellé qui est différent.
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Lafrenière : Absolument, M.
le Président, c'est un autre bel exemple où on n'a pas fait du mur-à-mur, qu'on
a vraiment... on s'est vraiment ajusté à ce qu'on a entendu.
M. Morin : OK. Et, pour 4° et
5°, en fait, ça serait une personne qui a une connaissance pertinente, mais qui
n'est pas nécessairement issue ou membre des Premières Nations.
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui,
absolument, M. le Président. Puis on a fait une liste, là, de gens qui sont
extrêmement compétents, qui ne sont pas des membres des Premières Nations. Je
peux vous faire la liste. Écoutez, on a fait un recensement de plusieurs
personnes qui pourraient être... qui pourraient aider, qui ont cette
connaissance, compétence parce qu'ils ont fait des recherches, exemple, et qu'ils
ne sont pas nécessairement des membres des Premières Nations. Alors, c'est pour
ça qu'on l'a écrit de cette façon-là, pour l'expertise. Vous comprenez que c'est
vraiment des gens qui ont une expertise très spécifique puis ils ne sont pas
nécessairement membres.
M. Morin : Oui, je comprends.
Tout à fait. Merci, M. le ministre.
Le Président (M.
Bachand) : Merci, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Oui, c'est sûr qu'entre
la première version qu'on a eue puis celle qu'on a là, il y a définitivement
des choses qui ont changé, et c'est tout en l'honneur du travail de l'équipe du
ministre. Cependant, je ne peux pas ne pas soulever quelque chose que j'ai
largement discuté avec vous lors de la dernière... des dernières rencontres qu'on
a eues, c'est-à-dire que, là, on parle d'un comité national, ce n'est pas un
comité qu'il va y avoir dans chacun des établissements, ce n'est pas un comité
qu'il va y avoir dans les milieux urbains, qui a <déjà des pratiques...
Mme Massé :
...ce
n'est pas un comité qu'il va y avoir dans chacun des établissements, ce n'est
pas un comité qu'il va y avoir dans les milieux urbains, qui a > déjà des
pratiques. On parle vraiment d'un comité... bon, puis, des fois, on dit «un
comité de suivi», des fois, on dit «un comité national». Moi, dans ma tête, il
a la force, ce comité-là, qu'a — parce que vous en faites souvent
référence — qu'a le comité de suivi de la loi 79. Et l'intérêt
du comité de suivi de la loi 79, il y a... il y a différentes choses. Il y
a... premièrement, on s'est entendus avec les Premiers Peuples sur sa
composition; deuxièmement, il y a les gens de l'opposition. Mais ça, on a réglé
ça la dernière fois, il n'y aura pas de gens de l'opposition, pas grave.
• (17 h 40) •
Mais il y a une chose que les gens des
Premières Nations nous demandaient, c'est de nous assurer... puis ça, toutes
les discussions qu'on a faites, les allers-retours qu'on a faits, les mémoires
qu'on a lus, c'est de s'assurer qu'il y ait, au sein du comité de suivi, un
représentant des chefs, puisque c'est des premières... c'est de la gouvernance
des Premières Nations dont il est question, puisqu'on l'a vu avec le Principe
de Joyce, bien sûr que le Principe de Joyce vit en soi, mais la communauté est
principalement représentée par son chef. Je veux dire, peut-être ça ne fait pas
notre affaire à nous autres, ça, mais il y a une chose qui est sûre, c'est que,
du côté des Premières Nations, puis là on ne va pas s'étouffer, là, on
parlerait d'une personne, donc, qui est élue, et c'était ça, moi, mon combat,
la dernière fois, une personne qui est élue, donc qui a reçu un mandat, d'une
part, de sa communauté locale, puisqu'elle est chef de... cette personne-là est
chef de sa communauté locale, et qui recevrait même un mandat de l'association
de tous les chefs du Québec, qui s'appelle l'APNQL. Alors là, je...
Puis ce n'est pas parce que Manon Massé
veut ça, là, c'est parce que c'est ça qu'ils nous ont dit, les premiers
peuples, à même titre, et, je reconnais, M. le ministre a raison, à même
titre
qu'on dit : OK, les Inuits, eux autres, ils ne nous ont pas dit que
c'était important pour eux autres que les représentants soient nécessairement inuits,
ça nous convient s'ils ne le sont pas. Des fois ils le seront, des fois, ils ne
le seront pas. Parfait. Mais les gens des Premières Nations, qu'on a rencontrés
à quelques reprises, quand même, ont dit clairement qu'ils veulent qu'à cet
endroit-là spécifiquement il y ait des gens qui représentent les élus des
Premières Nations.
Alors, moi, j'arrive à la fin de ce
processus-là, puis je ne comprends pas, puis j'ai besoin d'avoir des
explications.
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Lafrenière : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. Puis effectivement on a cheminé beaucoup, hein,
beaucoup de changements, et je veux juste prendre un instant, M. le Président,
de relire un passage, je pense, qui est important. Lorsqu'on dit : «Le
comité est formé de membres nommés par le ministre et se compose minimalement
des personnes suivantes», je pense que c'est important de garder... souligner
le mot «minimalement». Et je comprends très bien ce que la collègue nous dit
comme message, parce que, tantôt, elle disait : Bon, on ne s'étouffera
pas, on parle de cinq personnes, mais juste rappeler que c'est «minimalement».
L'autre point qui est important, M. le
Président, c'est que le comité, là, dans le fond, on disait que c'était pour
être réglé par règlement. Là, on vient le mettre dans la loi, on vient
l'inscrire dans la loi. Ça, c'est important pour nous. Une chose qui est claire,
on ne parle pas d'un comité qui est politique. Puis je comprends quand la
collègue me dit : Vous savez, l'APNQL nous a dit que ce serait important
d'avoir un chef, et tout. Là, je vais prendre un instant dans cette
discussion-là parce qu'elle est importante.
Premièrement, M. le Président, je veux que...
rassurer tout le monde, les chefs ont accès à des tables sur lesquelles je
siège, mon collègue ministre de la Santé siège, ils ont accès aux ministres. Ce
qu'on vient dire... On ne vient pas dire que c'est impossible, on vient dire,
exemple, quand il va... quand le ministre va consulter les différents groupes,
puis c'est le... mon secrétariat qui va les aider dans toute cette
consultation-là, avec l'APNQL, l'APNQL, l'Assemblée des Premières Nations
Québec, Labrador pourrait dire : Vous savez quoi? Nous, on pense que la
personne qui devrait être sur ce comité-là, qui n'est pas politique, pourrait
être une représentante de la CSSSPNQL, la Commission de la santé et des
services sociaux des Premières Nations du Québec, du Labrador. Nous, ce qu'on
vient dire... On n'est pas limitatifs dans ce qu'on amène.
Ça fait qu'avec une consultation — puis
je m'excuse si je prends souvent des acronymes, mais ça va être très long de
vous dire l'APNQL à chaque fois — l'APNQL pourrait nous dire :
Vous savez quoi? On pense que, dans ce comité, ça pourrait être quelqu'un de la
CSSSPNQL qui serait la bonne personne. Donc, ce n'est pas limitatif, ça
pourrait être un chef. Mais, encore une fois, <ce qu'on vient dire...
M. Lafrenière :
...quelqu'un
de la CSSSPNQL qui serait la bonne personne. Donc, ce n'est pas limitatif, ça
pourrait être un chef. Mais, encore une fois, > ce qu'on vient dire :
Ce n'est pas un comité politique. On veut vraiment se donner la chance de
consulter.
Et je veux juste reprendre un point que la
collègue a amené, que je trouve vraiment important. Au point 2°, ce n'est
pas que les Inuits ne nous ont pas dit que c'était important d'avoir un Inuk,
c'est... au contraire, ils nous ont dit que, pour eux, c'est important de ne
pas le spécifier. Ils voulaient que ça ne soit pas limitatif. Donc, on pourrait...
on pourrait avoir quelqu'un de la régie de la santé et des services sociaux du
Nunavik qui pourrait être là-dessus. On pourrait avoir quelqu'un de NIP,
exemple, qu'on a rencontré récemment, et ça je n'irai pas sur l'acronyme en
inuktitut, parce qu'honnêtement je ne suis pas capable, là, mais NIP, qui
s'occupe des... de la
partie protection de la jeunesse au Nunavik.
Ça fait que, vous voyez, on n'est pas dans
le restrictif. Ça n'empêche pas d'avoir un élu, mais on ne se menotte pas en
disant que ça doit être un élu. Alors, dans notre conversation, dans nos
consultations avec l'APNQL, on va pouvoir le décider ensemble.
Le Président (M.
Bachand) : Mme la députée.
Mme Massé : C'est-à-dire que,
tel que c'est écrit présentement, «le comité est formé des membres», puis c'est
vrai que c'est «minimalement», ça donne un petit... un petit «buffer». Mais ce
que ça dit au premier point, c'est : «Une personne représentant les
Premières Nations et qui en est membre.» Moi, j'ai plein, plein d'amis qui sont
des Premières Nations qui pourraient être des très très bonnes... parce que
c'est surtout des femmes représentantes qui en sont membres. Alors, je pourrais
choisir cette personne-là, alors que l'esprit de ce que j'ai défendu lors de ce
point-là, c'était de dire : Il faut que la... l'instance qui regroupe les
gouvernements élus des Premières Nations, puis je sais avec tous les problèmes
que ça pose, là, mais ils sont capables de travailler sur plein de choses, que
ces gouvernements-là ont voix au
chapitre pour venir dire : Bien, voilà la
personne qu'on veut qui nous représente. Parce que, là, c'est le ministre qui
nomme. Mettons, que c'est moi, la ministre, M. le Président, puis que je décide
de... Parce que je m'entends super bien avec cette personne-là, qui est une
bonne représentante des Premières Nations puisqu'en plus elle en est membre,
bien, c'est quoi, sa légitimité d'être sur ce comité-là?
Alors, c'est ça, moi, qui est tout l'enjeu
de ne pas s'appuyer... Puis c'est sûr que l'APNQL, dans leur mode de
fonctionnement, pourra définir après ça que c'est Mme Sioui qui va venir
représenter, comme elle l'a fait au PL 79. Il n'y a pas... tu sais, après
ça, ils détermineront. Mais, moi, c'est considérant que le ministre nomme,
bien, je pense qu'il faut qu'on dise aux Premières Nations : OK, mais nous,
on ne va pas juste nommer comme ça quelqu'un qui représente et qui est issu, on
va nommer quelqu'un qui a les deux mains dedans. Puis, quand vous dites que ce
n'est pas politique, ce que je comprends, c'est que vous ne voulez pas dealer
de la politique, là. Bien, sacramouille! La sécurisation culturelle, c'est
crissement politique. C'est tout, tout... excusez-moi, c'est toute une — je
m'emporte tout le temps un peu — c'est tout... en fait, c'est
précisément le vivre-ensemble dont il est question, et ça, c'est hautement
politique, à mon sens.
Le Président (M.
Bachand) : ...
M. Lafrenière : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. Les oreilles ne m'ont... ne m'ont pas frisé. Ce que
je voulais dire, je veux juste que ça soit très clair, je veux dire que ce
n'est pas un placement politique. Ça ne veut pas dire qu'on ne parlera pas de
politique, puis que ce n'est pas important pour les gens. Mais nous, on ne veut
pas aller dire : Vous savez, la personne va être sur ce comité, va être
élue en vertu de la
Loi sur les Indiens. Là, on va se dire les choses bien
plates puis bien claires, c'est là notre malaise. Mais de dire que, par voie
réglementaire, le ministre va déterminer, avec les Premières Nations, qui va
être sur le comité, ça va se faire par voie réglementaire, puis de déterminer — puis
disons les exemples concrets — avec l'APNQL qui va être là. Puis je
prends l'exemple de ma collègue. Imaginez un instant qu'on décide de prendre
quelqu'un avec qui on s'entend bien, là, puis ça paraît bien, je veux dire,
c'est voué à l'échec, là, on le sait. Alors, ce n'est pas ce qu'on veut faire.
Mais, à l'inverse, on veut donner la
chance à l'APNQL de nous dire : Vous savez quoi? Bien qu'on ait plusieurs
chefs au Québec, des chefs qui sont très compétents, nous avons décidé que, sur
ce comité, tout comme 79... Puis ma collègue avait raison, dans la loi 79,
ce n'est pas un élu, mais c'est une élue. C'est une personne qui était
appointée par l'APNQL, puis ça fait très bien le travail, ça se passe bien. On
veut laisser cette chance-là, on ne veut pas limiter en disant : Ça doit
être absolument un élu, en vertu de la
Loi sur les Indiens, qui soit placé là.
On veut mettre ça encore plus large. Et c'est... je reviens avec le terme
«minimalement». Pour moi, il est important.
Puis c'est vraiment le ministre, par voie
réglementaire, qui va déterminer, avec les Premières Nations, comment <on
va le faire...
M. Lafrenière :
...important.
Puis c'est vraiment le ministre, par
voie réglementaire, qui va déterminer avec les Premières Nations, comment > on
va le faire. Puis on va le conseiller, on va travailler avec lui, c'est clair.
Le Président (M. Bachand) : Oui, Mme la députée.
Mme Massé : C'est où que
vous voyez, dans votre loi, que c'est par voie réglementaire que le ministre va
développer avec les Premières Nations?
M. Lafrenière : Deux
choses...
Le Président (M. Bachand) : M. le ministre.
M. Lafrenière : Ah! excusez.
Là, on fait du ping-pong. Je m'excuse, M. le Président. Deux points. La
dernière, dernière phrase...
Mme Massé : Oui.
M. Lafrenière : ...on
dit : «Un règlement du ministre prévoit les [règlements] de fonctionnement
du comité [et des] modalités d'administration [et] ses affaires ainsi que ses
autres fonctions, devoirs et pouvoirs.» Et ce que je viens de confirmer au
micro, M. le Président, l'intention que nous avons, c'est de déterminer avec
les Premières Nations. J'en rajoute.
Mme Massé : Bien oui, bien,
c'est ce que je voulais vous entendre, parce que, dans les faits, l'article 1
vient dire qu'on va développer avec, mais c'est les mesures. Et là vous venez
de le confirmer, ce qu'on va développer avec, ce que vous allez développer
avec, par rapport à la question du règlement, vous allez le développer avec les
Premières Nations. Et là ce règlement concernera le mode de fonctionnement du
comité, les modalités d'administration, bref, le dernier paragraphe de ça.
• (17 h 50) •
M. Lafrenière : M. le
Président, si on se rappelle à l'époque, quand on a fait la première étude en
septembre, même la constitution du comité devait se faire par voie
réglementaire. Là, on vient de mettre dans la loi. On laisse quand même une
partie de flexibilité par règlement.
Mme Massé : Et, M. le
ministre, encore là, peut-être que vous l'avez dit, je commence à être un petit
peu fatiguée, mais un règlement du ministre fait en collaboration avec les
Premières Nations et les Inuits, est-ce que c'est comme à l'article 1,
avec des représentants des Premières Nations et des Inuits? Toute la question
de la représentation, on le sait, là, c'est là-dessus qu'on joue au ping-pong
depuis des mois et des années. Mais est-ce qu'en ce sens, que ce règlement-là,
on peut s'entendre que vous ne tiendrez pas loin, et même, je dirais plus, que
vous allez inclure, pour la détermination de ce règlement-là, qui sont les
organes de collectivisation qu'ont les Premières Nations, c'est-à-dire l'APNQL?
Le Président (M. Bachand) : M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui.
Merci, M. le Président. Puis on va dire les choses clairement, là, on ne peut
pas le faire sans travailler avec l'APNQL. Alors, l'intention très claire,
c'est de le développer avec eux. Puis je veux juste être bien clair, la raison
pour laquelle on l'a écrit comme ça, ce n'est pas pour exclure l'APNQL, c'est
pour se laisser la chance que l'APNQL nous détermine quelqu'un qui ne serait
pas un élu. Mais je comprends très bien ce que la collègue voulait me faire
dire au micro puis je le confirme, notre intention, c'est de travailler avec
l'APNQL. Et quand je dis que le ministre va travailler... va établir par voie
réglementaire la consultation, comment qu'on le bâtit ensemble, c'est très
clair que nous allons travailler avec les collègues de la santé pour le faire
ensemble. On veut que ça fonctionne.
Le Président (M. Bachand) : Merci.
Mme Massé : J'ai encore
une petite question sur...
Le Président (M. Bachand) : Oui. Allez-y, allez-y, oui.
Mme Massé : ... s'il n'y
a pas d'autre question. Voilà. C'est au niveau du 2.1, où on... vous parlez...
J'ai envie de vous entendre sur... Vous dites que le «comité national sur la
sécurisation est chargé de donner, au ministre, son avis sur les matières
suivantes», et là vous avez un déploiement. Comment vous voyez... parce que
c'est... C'est quoi que vous vous attendez que ce comité donne comme avis?
C'est quoi, un avis, dans les souliers d'un ministre?
Le Président (M. Bachand) : M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui.
Merci, merci, M. le Président. C'est important, ce que la collègue amène comme
point, ça nous amène au cœur du sujet. Puis j'ai le goût de faire un parallèle
avec un comité consultatif, un comité de sages où le ministre va pouvoir
recevoir cette information-là. Puis, au lieu de juste y aller avec une... je
pense que c'est un petit peu ce que le collègue de l'opposition officielle nous
disait plus tôt, d'y aller juste dans une approche très mathématique de
chiffres, et tout, d'avoir un comité consultatif qui vient dire :
Regardez, là, nous, on regarde tous ces chiffres-là, puis voici notre
perception, ce qu'on reçoit du terrain.
Et on parle souvent des réalités
autochtones en disant : On ne peut pas y aller juste par une approche de
chiffres. Il faut entendre les gens, il faut leur donner... l'opportunité de
parler. Puis j'ai le goût de dire à la collègue de faire un parallèle avec 79.
C'est un peu comme ça que ça se passe dans le comité de suivi. On dit, au-delà
des chiffres, on a des gens qui connaissent cette réalité-là, qui sont en
contact avec beaucoup de monde des Premières Nations, ou un Inuk qui pourrait
venir dire : Écoutez, voici, là, au-delà de ce que vous avez dans vos
chiffres, voici ce qu'on vit. Puis de le remonter. Puis c'est important, je le
disais tantôt, de multiplier le nombre d'occasions où des membres des Premières
Nations ou un Inuk pourraient remonter dans la chaîne, c'est-à-dire au ministre
de la Santé, ce qu'ils vivent, <ce qu'ils ressentent...
M. Lafrenière :
...où
un Inuk pourraient remonter dans la chaîne, c'est-à-dire au ministre de la
Santé, ce qu'ils vivent, > ce qu'ils ressentent, mais là c'est une
occasion de plus d'avoir ces gens-là. Puis là on dit qu'il y en a cinq,
minimalement, je pense que ça multiplie les occasions de recevoir vraiment,
excusez l'anglicisme, un vrai feedback de comment ça se passe sur le terrain,
au-delà des chiffres, M. le Président.
Mme Massé : Justement, vous
avez nommé quelque chose, puis j'aimerais vous entendre, parce que ce que je
comprends de votre vision de c'est quoi, un avis, c'est que, dans les faits, ce
comité-là va avoir l'opportunité de porter un regard critique sur les données,
les rapports, puis là il va pouvoir cogner à la porte du ministre puis dire :
M. le ministre — et j'imagine, ici, on entend bien ministre de la
Santé...
M. Lafrenière : ...
Mme Massé : ...hein, ce n'est
pas écrit, mais je le déduisais — M. le ministre de la Santé, voici
l'avis que j'ai à vous... qu'on a à vous donner concernant, disons, l'ensemble
des actions qui ont été faites en l'année 2024.
Vous avez fait le lien avec le 79. Pourtant,
le 79 a un pouvoir de recommandation. Ça fait qu'on ne joue pas dans les mêmes...
Est-ce qu'on joue dans les mêmes eaux? Je ne présumerai pas de rien. Est-ce
qu'on joue dans les mêmes eaux? Ce n'est pas juste de dire : Je vais vous
donner mon avis, puis vous ferez bien ce que vous voulez versus : C'est
assez sérieux, notre comité, qu'on va vous faire des recommandations, puis
ultimement, bien, idéalement, vous allez nous écouter.
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. Tantôt, on parlait de cohérence, puis, vous savez,
il y a deux autres comités qui existent déjà, qui ont été construits dans le
projet de loi n° 15, au niveau des anglophones et des
allophones, et c'est un comité aviseur. Alors, ce comité-là va faire non
seulement des recommandations, mais, au niveau de la flexibilité, M. le
Président, on ne voulait même pas dire que c'était pour être écrit, c'était pour
être verbal, ça se fait à l'oral, on veut vraiment permettre aux gens de donner
leur feedback, leur rétroaction de ce qu'ils vivent, de ce qu'ils entendent.
Puis, sur la forme, on va être très flexibles. Ça fait que ça peut être des
recommandations, ça peut-être des commentaires, ça peut être écrit, ça peut
être verbal. On veut vraiment laisser beaucoup de flexibilité à ça.
Mme Massé : Est-ce que...
Le Président (M.
Bachand) : ...
Mme Massé : On fait votre
job, M. le Président. On saute dans le bain puis... Est-ce que... Je
comprendrais, parce que, tu sais, c'est ça, la notion de... en tout cas, dans
mon livre à moi, là, je ne suis pas dans le législatif, mais, dans mon livre à
moi, quand on parle de donner un avis, bien, je vous donne mon avis puis je
vais vous le dire comme je le pense, vous en faites ce que vous voulez. Je vous
ai donné mon avis. La loi me dit que ma job, c'est de vous donner un avis, puis
là, bien, c'est comme... on passe à une autre étape. Alors que, dans le projet
de loi 79, le pouvoir de recommandation, à mon sens à moi, il y a une
coche de plus, c'est-à-dire que la job de ce comité-là, dans le 79, ce n'est
pas juste de regarder la game aller puis de dire : M. le ministre, dans ce
cas-là, c'est le ministre des Relations avec les Premières Nations et Inuits, M.
le ministre, vous... Non, non, non, c'est qu'on a un pouvoir de recommander des
choses.
Alors, est-ce que le ministre s'engage,
dans le développement du règlement, parce je comprends que ça pourrait être
traité par voie réglementaire, de prévoir des règles de fonctionnement? Parce