Public Finance — 8 April 2025 (43rd Legislature, 1st Session)
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35e législature, 1re session (29 novembre 1994 - 13 mars 1996)
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34e législature, 2e session (19 mars 1992 - 10 mars 1994)
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32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)
32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
31e législature, 6e session (5 novembre 1980 - 12 mars 1981)
31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)
31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)
30e législature, 3e session (18 mars 1975 - 19 décembre 1975)
30e législature, 2e session (14 mars 1974 - 28 décembre 1974)
30e législature, 1re session (22 novembre 1973 - 22 décembre 1973)
29e législature, 4e session (15 mars 1973 - 25 septembre 1973)
29e législature, 3e session (7 mars 1972 - 14 mars 1973)
29e législature, 2e session (23 février 1971 - 24 décembre 1971)
29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
28e législature, 5e session (24 février 1970 - 12 mars 1970)
28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
28e législature, 1re session (1 décembre 1966 - 12 août 1967)
27e législature, 6e session (25 janvier 1966 - 18 avril 1966)
27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)
26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
25e législature, 4e session (18 novembre 1959 - 18 mars 1960)
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25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)
24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
20e législature, 1re session (7 octobre 1936 - 12 novembre 1936)
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(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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mardi 8 avril 2025
Vol. 47 N° 71
Poursuite du débat sur le discours du budget
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Heures
9 h 30
10 h
10 h 30
11 h
11 h 30
12 h
15 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h
18 h 30
Journal des débats
9 h 30 (version non révisée)
(Neuf heures quarante-huit minutes)
Le Président (M. Simard) : Alors,
chers collègues, nous avons quorum. Nous pouvons reprendre nos travaux,
auxquels il reste environ 6 heures et quelques minutes, en termes de débats.
Et, comme vous le savez...
M. Girard (Groulx) : 6 h
15min?
Le Président (M. Simard) : 6h
15 min, oui, pour être plus précis, et on pourra même vous donner le nombre de
secondes, M. le ministre, si ça vous intéresse.
M. Girard (Groulx) : ...
Le Président (M. Simard) : Et
comme vous le savez, donc, nous allons poursuivre nos débats sur le discours du
budget, conformément à l'article 275 de nos règlements. M. le secrétaire, y
a-t-il des remplacements ce matin?
Le Secrétaire : Oui M. le
Président, Mme Abou-Khalil (Fabre) est remplacée par M. Lemieux (Saint-Jean).
Le Président (M. Simard) : Alors,
nous débutons par un bloc du groupe parlementaire, et, sans plus attendre, je
cède la parole au député de Saint-Jean. M..
M. Lemieux : Merci beaucoup, M.
le Président. Merci de m'accueillir pour débuter cette série de conversations
et d'entretiens entre le ministre et les députés. Ça tombe bien que je sois le
premier, parce que je voulais commencer assez large.
M. le ministre, j'ai toujours été... pour
des raisons professionnelles mais aussi personnelles, j'ai toujours été
impressionné par les discours du budget, pas seulement les vôtres, là, quoique
c'est vrai, mais les discours du budget ont quelque chose de solennel et
quelque chose de parfois historique qui font en sorte que de les relire et de
les considérer comme un tout, avec les années, ça donne un sens et une
perspective qui, ma foi, n'est pas... n'est pas banale, considérant ce qu'on
vit aujourd'hui.
• (9 h 50) •
Et c'est là où je veux m'en aller, ce qu'on
vit aujourd'hui. La préparation d'un budget, pour avoir lu beaucoup sur le
sujet, c'est loin d'être une petite affaire. Ça se fait de très longue haleine.
Ça implique énormément de calculs, et pas seulement mathématiques, mais
politiques aussi, et sociaux. Ce qui fait que je repensais à ça en vous écoutant...
M. Lemieux : ...prononcer
votre discours de cette année, parce qu'on est assez chanceux qu'on nous le
livre à nos pupitres à peu près au moment où vous commencez, ce qui fait qu'on
est capables de vous rattraper et de vous suivre mot à mot, et, je me disais,
au moment où le monde entier, mais le Canada d'abord et le Mexique aussi, ont
eu le choc de l'arrivée du nouveau président américain, vous deviez être à
l'époque déjà relativement avancé puis vous deviez avoir une bonne idée d'où vous
vouliez aller avec ce budget 2025-2026. Il y a eu une montée, je n'ose pas dire
de panique parce qu'au début ce n'était pas de la panique, c'étaient même
toutes sortes de considérations puis de supputations, puis, bon, on se
demandait : Arrivera, arrivera pas?, mais, tout au long de cette montée
dramatique, pour tout le monde, puis là c'est le monde entier, vous, vous étiez
en train à tous les jours de rouvrir ce discours-là... bien, son contenu, parce
que, le discours, j'imagine que c'est la dernière chose que vous faites avec...
bureau pour le livrer, mais le contenu, ça devait être un petit peu
hallucinant. Je pense que, si jamais vous voulez écrire des mémoires... je ne
suis pas un bon rédacteur, mais je vous trouverai un auteur fantôme pour ne
serait-ce que ce passage-là de la rédaction de ce budget-là, parce que c'est
allé dans toutes les directions. Et vous, vous aviez une date d'échéance
quoiqu'il arrive. Je voudrais, pour commencer, pour placer la table et bien
comprendre le reste de ces heures de discussion qu'on va avoir, que vous me
parliez de votre posture personnelle, puis la posture de votre bureau, puis
l'approche que vous avez eue, considérant que vous saviez que ça aurait été et
que ça deviendrait, pour le dire comme ça, en latin, rock-and-roll.
M. Girard (Groulx) : J'ai
manqué la citation latine. C'était quoi?
M. Lemieux : Rock-and-roll.
M. Girard
(Groulx) :
O.K.
M. Lemieux : Bien, moi, je
considérais que c'était rock-and-roll comme contexte dans lequel vous êtes allé
danser.
M. Girard (Groulx) : D'accord.
Bon, alors, je vous remercie pour cette introduction. Alors, je rappelle
qu'évidemment le processus budgétaire du Québec est un processus rigoureux qui
commence quelque part au mois de décembre, où on choisit les thèmes du budget,
on fait une mise à jour du cadre financier puis on commence à discuter de la
prévision économique. Arrive le 3, 4 janvier. Vraiment, vous pouvez
compter que, du 3, 4 janvier à la publication du budget, en fait, le
budget est souvent un mardi jusqu'au vendredi, où il y a une présentation à la
Chambre de commerce de Montréal, c'est sept jours sur sept, avec de nombreux
professionnels du ministère qui travaillent le soir et, le moins possible, la
nuit, mais quelques cas de travaux la nuit aussi, pour arriver à produire un
budget de qualité qui respecte les standards du Québec mais aussi de la
transparence financière. Puis je tiens à dire que le Québec est un leader dans
le sens que le budget est extrêmement cohérent. Parce qu'ici il y a deux
auteurs principaux, le ministre et la sous-ministre, qui doivent approuver
chaque ligne, chaque note de bas de page, chaque chiffre, chaque mot et donc
chaque section, chaque tableau, et revu cinq, six, sept fois, et ça, c'est
après que 250 professionnels aient, évidemment, travaillé sur celui-ci.
Alors, à la base de tout ça, au début du mois de janvier jusqu'au début mars,
là, puis, dans notre cas, je pense qu'on a indiqué que la date est le
7 mars, il y a la prévision économique. Il n'y a pas de budget sans une
prévision économique. La prévision économique donne une prévision de revenus.
Les choix budgétaires donnent des prévisions de dépenses. Et ça, ça amène des
équilibres financiers.
Alors, cette année, dans le contexte des
menaces tarifaires, des menaces existentielles envers le Canada qui émanent...
qui émanaient de la nouvelle administration américaine, bien, la prévision
économique était particulièrement difficile à fixer. Alors, oui, on consulte
les économistes du secteur privé, puis c'est indiqué, on a...
M. Girard (Groulx) : ...finalement,
pour 2025, 1,1 % de croissance. Au début, en décembre, janvier, on était
probablement plus à 1,4, parce que, 2024, ce qu'on voyait, c'est un beau
momentum, une belle fin d'année pour le Québec, et ça s'est poursuivi un peu
janvier, février, parce que les entreprises ont poussé leurs exportations aux
États-Unis, leurs inventaires avant l'arrivée des tarifs. Et là, bien, il
fallait faire des choix. Évidemment, dans ce cas-ci, pour dire 1,1, le secteur
privé, 1,1, le ministère des Finances, il fallait mettre une hypothèse sur les
tarifs, et c'était fondamental.
Et là, nous, on s'est dit : Mais
quelle ampleur de tarifs, sur quelle tarte de produits, sur l'ensemble des
produits ou sur certains secteurs comme l'acier, l'automobile, l'aluminium, ou
sur l'ensemble des secteurs, puis ensuite la durée. Parce qu'évidemment des
tarifs, pendant six mois, ce n'est pas la même chose que des tarifs de façon
permanente. Et il faut bien comprendre que la relation, l'intégration de
l'économie canadienne et nord-américaine est tellement profonde et durable.
Elle existe depuis le Pacte de l'automobile, 1965, la géographie, c'est depuis
toujours, que cette décision-là, elle a influencé tout le reste. Et je veux
être clair, si les tarifs sont imposés de façon permanente. L'effet sur
l'économie canadienne et québécoise serait permanent, c'est-à-dire qu'il y
aurait un choc puis on est tous plus pauvres et puis... C'est ça.
Alors, on a choisi la période de deux ans.
Pourquoi deux ans? Bien, d'abord, parce qu'on a un cadre financier cinq ans,
mais, vraiment, les deux premières années sont celles sur lesquelles on a plus
de certitudes. Un économiste qui fait une prévision de la croissance dans trois
ans, ça ne vaut pas cher, là, tu sais, dans trois ans, c'est loin. Alors, les
deux prochaines années, c'est solide. Ensuite, il y a des élections de
mi-mandat aux États-Unis après deux ans, qui pourraient tempérer ou accélérer
les politiques. Alors, on a choisi... on a dit : S'il y a des tarifs, ce
sera pour deux ans. On a dit : S'il y a des tarifs, ce ne sera pas sur
tous les produits, 25 %. Alors, on a dit : Il y aura des produits qui
auront des tarifs de 25 %. Il y en a d'autres, il n'y en aura pas. Et
puis, en moyenne, ça fera 10 % de tarifs sur l'ensemble des biens qui peut
être comme 20 % sur la moitié des biens, ça peut être 20 % pendant un
an, qui correspond à 10 % pendant deux ans. Mais on a choisi 10 %
pendant deux ans et on a un scénario alternatif où on est à 25 % sur
l'ensemble des biens. Quand je dis l'ensemble des biens, ça inclut les
représailles, là, pour deux ans. Puis ça, ça donne une récession de scénario
alternatif.
Alors, nous, 10 %, en moyenne, sur l'ensemble
des biens pour deux ans, c'est notre scénario de base. Et où sommes-nous
aujourd'hui? Quelque part entre 5 et 10 %, c'est-à-dire qu'il y a
25 % sur l'automobile qui... sur le contenu qui n'est pas américain dans
les automobiles, 25 %. Il y a 25 % sur l'acier, il y a 25 % sur
l'aluminium, il y a 14 % le bois d'œuvre. Il y a toute la question des biens
qui ne sont pas compatibles avec l'accord de libre-échange, puis ça, et ça, la
proportion va évoluer. Mais notre hypothèse de 10 % présentement, elle est
légèrement conservatrice. Et là on a une nouvelle inquiétude quant à la
prévision économique, mais l'hypothèse de base de 10 %, pendant deux ans,
sur l'ensemble des biens, qui donne 1,1 %, la médiane des économistes,
secteur privé, c'est solide, ça tient, c'est légèrement conservateur. Là,
maintenant, la question, c'est : Est-ce que l'ensemble des gestes de la
nouvelle administration, l'ampleur des tarifs imposés à l'ensemble du commerce
mondial va provoquer une récession aux États-Unis, en Amérique du Nord, dans le
monde? Là, c'est un nouveau degré d'inquiétude. Mais pour ce qui est du
scénario de base, l'ampleur des tarifs, tout ça, ça tient.
• (10 heures) •
M. Lemieux : M. le Président,
question d'intendance, au sujet du temps écoulé et du temps...
Le Président (M. Simard) : Il
vous reste neuf minutes, cher collègue...
Haut de la page
10 h (version non révisé
e) M. Lemieux : ...c'étaient 20
minutes.
Le Président (M. Simard) : Oui.
À peu près.
M. Lemieux : O.K. Changez pas
d'idée pour vos mémoires parce que ça devient de plus en plus intéressant. Sauf
que je n'ai pas trouvé, dans ce que vous venez de me répondre, la
partie
coulisse de l'histoire. Vous en avez écrit plus que moins, cette fois-ci, ou
moins que plus?
M. Girard (Groulx) : Est-ce
que votre question, c'est : Est-ce que je vais écrire des mémoires ou
si...
M. Lemieux : Non. C'est le...
C'est la proposition de base que je vous faisais tout à l'heure en disant que,
si jamais vous voulez écrire vos mémoires, le budget 2025-2026 va prendre
beaucoup de place. Mais, quand on écrit des mémoires, ce qu'on dit aux lecteurs,
c'est ce qu'il y a derrière l'écran et derrière la coulisse. Ce que vous nous
ne direz pas aujourd'hui. Mais j'essaie de planter une petite graine, là, pour
essayer...
M. Girard (Groulx) : Bien, d'abord,
je vous dirais deux choses. Il y a plus de chances que j'écrive une bande
dessinée que des mémoires, là. Je vous avise. C'est une réflexion sur mon
parcours en politique, M. le Président! Mais...
Et je tiens à dire que la période que nous
vivons est anxiogène, économiquement, personnellement, socialement. C'est tout
ce qu'on connaît. L'Ordre mondial est ébranlé. Mais je pense que le député de
Marguerite-Bourgeoys vous dirait la même chose que moi. C'est sûr que, lorsqu'on
est dans la tempête puis qu'il y a beaucoup de nervosité, d'anxiété, bien, il
faut... il faut aller un peu plus lentement, puis être calmes, et prendre bien
le temps d'analyser, puis essayer de ralentir tout ce qui se passe, puis de
bien départager ce qui est essentiel de ce qui est superflu.
Alors, pour nous, dans ce budget, l'essentiel,
c'est la transformation de l'économie québécoise. Si la relation
Canada-États-Unis, Québec-États-Unis est modifiée à jamais, donc il y a une
transformation de l'économie québécoise qui doit se faire. Et donc, ça devenait
le thème central du budget, là. Ça, c'est... Donc, dans la tempête, à court
terme, garder les yeux sur le long terme, également, l'équilibre budgétaire.
Puis, en ce sens, les lois du Québec des finances publiques, nos deux lois, la
Loi sur l'équilibre budgétaire,
Loi sur la gestion de la dette, Fonds des
générations sont des guides. Elles nous disent : Vous avez cinq ans pour
revenir à l'équilibre budgétaire, oui, dans le présent, c'est difficile, mais
gardez le cap. Alors, on... Je pense qu'il y a définitivement beaucoup de turbulence,
mais il faut... il faut garder... là, je mélange les analogies sportives,
politiques et financières, mais il faut garder les yeux sur la balle, là, qui
est la transformation de l'économie québécoise. Bien, moi, j'ai un petit faible
pour le baseball, là, mais... un petit faible pour le baseball, là.
M. Lemieux : Merci, monsieur.
Je veux revenir plus tard. Je vais céder la parole parce que c'est en
alternance. Mais je vais revenir plus tard sur la langue française avec un
signe de $ à côté. Merci beaucoup.
Le Président (M. Simard) : Toutefois,
il resterait environ cinq minutes à votre bloc, si vous souhaitez, vous ou l'un
de vos collègues, l'utiliser.
M. Lemieux : Je vais y aller
tout de suite. Langue française, alors. Pour des raisons qui s'expliquent
probablement, mais qui m'ont beaucoup surpris l'été dernier, ce qui a fait le
plus jaser en langue française, c'est la francisation. Ce n'est pas vous qui
gérez ça. C'est le ministre de la Langue française. Et aussi, il est en même
temps ministre de l'Immigration et de la Francisation. Et il a passé l'été, je
pense, à dire qu'on n'a jamais francisé autant, puis qu'au bout du compte il n'y
avait pas de coupures, il y avait juste une enveloppe vide, puis qu'on allait
recommencer. Mais ça m'avait frappé parce que c'est un scénario d'explication
et d'accusation, entre guillemets, qui s'est répété beaucoup.
Vous, dans un budget, M. le ministre, vous
déterminez l'enveloppe et vous distribuez aux secteurs les fonds nécessaires
pour qu'ils accomplissent leur mission. On en parle encore en ce moment d'ailleurs
pour le PQI puis pour d'autres enveloppes. Donc, c'est quoi, votre niveau de
décision fine par rapport à des trucs comme ceux-là? Vous allez me répondre ce
que vous répondez probablement aux journalistes : Bien, moi, j'ai donné l'enveloppe
au ministre, puis c'est à lui de la gérer. Puis, s'il n'y a plus d'argent
dedans, bien là, ce n'est pas votre problème. Mais ce n'est pas... ce n'est pas
une enveloppe qui se remplit automatiquement par le ministre des Finances. J'essaie
juste de comprendre la mécanique puis la façon dont ça fonctionne pour qu'on se
retrouve avec ça.
Puis, pendant que je vous ai puis que le
temps court, je ne veux pas manquer l'occasion de vous parler du français. Il y
a la culture aussi...
M. Lemieux : …votre dernier
budget qui a vraiment explosé, entre guillemets, si je compare l'augmentation
ne serait-ce que cette mesure-là. Donc, le français, oui, avec la francisation.
Est-ce qu'on a maintenant assez d'argent dans l'enveloppe? Et la culture, bien,
d'abord, merci, mais surtout, c'est… Ça ne devait pas être facile dans ce
budget-là d'aller chercher des fonds supplémentaires.
M. Girard (Groulx) : Bon, vous
avez raison qu'il y a souvent une… des différences entre la perspective de ceux
qui font le budget et de ceux qui le reçoivent dans l'espace public. Alors,
c'est certain que, l'an dernier, nous, on a fait un effort important en
francisation, c'est-à-dire qu'on a rehaussé les budgets de francisation de
15 %. Puis vous comprenez que, lorsque l'ensemble des dépenses augmentent
de 4 %, 4,6 %, puis qu'un poste budgétaire a 15 %, c'est donc
que vous y portez une attention particulière.
Et c'est certain qu'après le budget il y a
eu beaucoup de réactions négatives au fait qu'il y avait moins de classes de
francisation dans le réseau des commissions scolaires et plus de classes chez
Francisation Québec. Et puis il y a eu une certaine turbulence. Il y avait… il
y a aussi une très forte demande, là, parce qu'il faut se rappeler que notre
gouvernement a permis aux résidents non permanents d'accéder à ces cours. Ce
n'était pas le cas avant le projet de loi n° 96. Et,comme il y a beaucoup
de résidents non permanents, puis que c'est nouveau, bien, la demande a
augmenté beaucoup.
Des voix : …
M. Girard (Groulx) : O.K. Et
donc moi j'ai été surpris qu'une offre en hausse de 15 % ne… créait autant
d'insatisfaction, alors, clairement, la demande était très forte et la tempête
s'est emballée. Et puis il semble qu'il n'y a rien qu'on pouvait dire pour
satisfaire ceux qui étaient insatisfaits que des classes fermaient dans
certaines commissions scolaires.
Alors, bon, mon collègue a rajouté des
sommes, des classes et certainement on n'avait pas gagné la bataille médiatique
dans… ce qui en soi était une bonne nouvelle, une hausse d'un budget de
15 %. Alors, dans ce budget-ci, il y a encore des hausses pour les cours
de francisation, et j'espère… en fait, j'en suis convaincu que les défis organisationnels
feront qu'on parlera moins de classes qui ferment et plus de gens qui ont accès
à ces cours et se francisent.
Le Président (M. Simard) :
Très bien, ça vous va, cher collègue?
M. Lemieux : J'imagine que ça
veut dire que je n'ai plus de temps.
Le Président (M. Simard) :
Oui, il vous reste 40 secondes, mais...
M. Lemieux : Oui, bien, on
reviendra sur la culture plus tard, mais sur la francisation, cette année,
est-ce qu'on a…
M. Girard (Groulx) : On
augmente les budgets encore de l'ordre de 10 %. On me faisait signe, là.
M. Lemieux : Parce qu'à ma
connaissance, de toute façon, le commissaire à la langue française avait déjà
évalué à quelque chose comme 7 ou un 8 milliards ce que ça couterait pour…
M. Girard (Groulx) : Je vais
vous trouver le pourcentage exact, mais la demande est encore là, et on
poursuit… on continue d'augmenter l'offre.
Le Président (M. Simard) :
Très bien. Je cède maintenant la parole au député de Marguerite-Bourgeoys, qui
dispose d'environ 20 minutes.
• (10 h 10) •
M. Beauchemin : Merci
beaucoup, M. le Président. Bonjour à tous. Je veux revenir sur les prévisions
économiques, les hypothèses de base du plan de retour à l'équilibre budgétaire.
On parlait, la semaine dernière… Bon. La croissance économique, 1,1 % pour
l'année 2025. Il y a eu, dans vos calculs, les effets, là, du PQI que vous
considérez, là, positifs dans ça. On a eu aussi ce week-end deux économistes
qui se sont prononcés sur, disons, une des parties, une des composantes
importantes, là, des prémisses de base du budget, c'est-à-dire le tarif, les
tarifs. Donc, Desjardins se sont prononcées en parlant du fait que, bon… eux
autres avec un focus, évidemment, beaucoup plus du Québec, par rapport à ce que
la Banque Nationale a sorti. J'ai amené les deux études pour qu'on puisse en
discuter, mais…
M. Beauchemin : ...l'approche
de Desjardins est complète en ce qui a trait à l'économie du Québec. On parle
ici, évidemment, de tous les biens qui sont couverts par l'accord de
libre-échange et on parle de ceux qui ne le sont pas. On parle du fentanyl, du
bois, de l'acier, de l'aluminium. On considère le fait qu'effectivement, pour
ce qui est du fentanyl il y a un chemin pour se rendre à une réduction de...
grosso modo estimée, selon Desjardins, d'une baisse de 25% à 12 %. Et
donc, quand on en arrive à la conclusion, évidemment, l'ensemble du Canada va
être plus proche d'un 14 %. Il y a des parties du Canada qui vont être
moins affectées. L'Alberta, Saskatchewan ont des tarifs effectifs, là, qui sont
plus... qui sont inférieurs à nous, sur des composantes importantes de leur
économie. Puis le Québec, bien, on est de l'autre côté de l'équation un, selon
ce qu'on comprend tous.
Donc, pour en arriver, finalement, à dire
que, selon Desjardins, bien, la moyenne pondérée... puis on n'a pas encore
discuté, là, du terme de ceux-ci, mais la moyenne pondérée des tarifs est plus
proche de 21 %. Là, on regarde ce que le national a sorti. National
prévoit donc que ce soit plus proche de 6 % ou 5,7%, mais à l'ordre du
Canada en général, et non de façon spécifique, là, pour le Québec. Donc, on
pourrait croire qu'on serait peut-être plus proche du 10% au Québec, si on suit
la même méthodologie, là, de Desjardins, puis on l'appliquerait à ce que le
national a fait. Mais c'est quand même deux analyses, quand même relativement
bien faites, mais Desjardins est vraiment beaucoup plus précis sur l'aspect du
Québec. Et ça, ça va avoir une influence sur, évidemment, la croissance économique
du Québec, ça va avoir des influences aussi sur le solde budgétaire. Donc,
j'aimerais peut-être juste vous entendre, M. le ministre, là-dessus, parce que
je trouve que c'est vraiment différent, par rapport aux 10 % puis à ce que
vous venez tout juste de dire, tout à l'heure, lorsque vous disiez que, selon
vos calculs, vous avez pris la position que c'est, en fait, inférieur à
10 %. Et j'aimerais ça qu'on essaie de reconnecter le tout pour les gens
qui...
M. Girard (Groulx) : D'abord,
je pense qu'il faut être très conscient que Desjardins et la Banque nationale
n'utilisent pas le même pourcentage de biens qui sont conformes à l'accord de
libre-échange, et donc qui sont à zéro. Je pense que Desjardins prend la
situation actuelle qui est quelque part entre 30% et 40 %, et puis Banque
nationale dit : Bien, en fait, c'est beaucoup plus proche de 60%,
65 %, mais comme il n'y avait pas de tarifs, les gens n'allaient pas
chercher leur certification avec l'accord. Donc, le 30 % va migrer vers
une conformité de 60 %. Et donc, évidemment, si on prenait... si on
était... si c'était aussi simple que dire : Il y a 25 % sur 40 %
des biens, puis zéro sur 60%, ou l'inverse ou 25% sur 60%, puis... Bref, O.K.,
c'est ça, cette hypothèse-là est très importante. La Banque nationale dit que
le taux de conformité à l'accord est beaucoup plus élevé que le taux de
conformité actuel que Desjardins utilise pour arriver à un chiffre plus haut.
Ça, c'est la première chose.
La deuxième chose : c'est dur à
croire que le Québec, dans la situation actuelle, aurait un taux moyen plus
élevé que le Canada parce que le gros... la mauvaise nouvelle qu'on a eue,
c'est le secteur de l'automobile. Puis ça, c'est majoritairement en Ontario,
c'est 500 000 emplois en Ontario, dans ce secteur-là, puis, au Québec, c'est
quelque chose comme 11 000 emplois dans le secteur des pièces. Pour l'instant,
les pièces ne sont pas touchées.
Lorsqu'il y a eu la fameuse annonce des
tarifs réciproques, il y avait une mauvaise nouvelle pour l'Ontario, et donc
l'Ontario, de par sa taille...
M. Girard (Groulx) : ...de par
sa population, est souvent très proche de l'économie canadienne. Puis, oui,
l'ouest est plus fort, mais les maritimes sont plus faibles puis l'Ontario est
au centre, puis... Bref, si l'Ontario est le centre de ce qui fait mal,
l'industrie automobile... puis ça va évoluer, là, mais, à court terme, c'est
difficile d'accepter l'hypothèse qui est faite par une de ces deux firmes que
le Québec est plus touché que le Canada.
Puis là j'ajouterais un troisième élément,
c'est que c'est bien que le secteur de l'énergie soit juste à 10%, mais si le
prix de la commodité n'arrête pas de baisser pour d'autres considérations,
bien, l'effet prix va être plus important que l'effet tarifs, là. Ça fait que
ce n'est pas... Bien que le secteur de l'énergie, puis l'Alberta, puis la
Saskatchewan ont seulement un tarif de 10 %, ce qui, en soi, est positif,
ce n'est pas particulièrement positif que le prix de l'énergie souffre, parce
que le gouvernement américain dit qu'il va augmenter la production, l'OPEP
augmente la production, puis la demande chute. Ça fait que tout ça, ça fait que
c'est dur à croire, en date d'aujourd'hui, tout ça va évoluer, que l'Alberta
puis la Saskatchewan vont vraiment mieux faire que le Québec.
Bref, la vérité est probablement quelque
part entre les deux. Probablement que la Banque Nationale anticipe où on va
aller, puis Desjardins est plus où nous sommes, puis nous, on essaie d'être à
une moyenne à 10 % pendant deux ans, puis je pense qu'on est à la bonne
place. Ça va évoluer.
M. Beauchemin : Je m'attends
aussi à ce que ça évolue, c'est sûr et certain. Je pense qu'au niveau de
l'aluminium, ça risque d'être plus difficile, plus «sticky», là, pour bouger,
évidemment. Donc, ça, çav a nous affecter plus long terme, selon moi, que
d'autres commodités, évidemment, mais quand on parlait tout à l'heure...
M. Girard (Groulx) : Définitivement,
la transformation de l'aluminium, le secteur primaire ne semble pas avoir d'excès
d'offre mondiale. Il semble qu'on va juste vendre...
M. Beauchemin : À 25 %
plus cher.
M. Girard (Groulx) : ...avec
un tarif, mais probablement que le prix de base va en absorber, là, tu sais, il
va peut-être y avoir un 10 % dans le prix, puis net, net, 15% de plus.
M. Beauchemin : Mais il
faudrait qu'il y ait du «supply».
M. Girard (Groulx) : Mais le
prix mère, c'est correct. La transformation, c'est difficile.
M. Beauchemin : Oui,
effectivement, puis je pense que ça représente 30 quelques pourcents de la
valeur... de ce qu'on considère être l'industrie de l'aluminium en tant que
telle.
M. Girard (Groulx) : C'est
important.
M. Beauchemin : C'est très
important, effectivement. Je veux revenir sur ce que vous disiez au niveau de
la première variable différentielle entre Nationale et Desjardins. J'avais cru
comprendre, puis corrigez-moi si j'ai tort, mais j'avais cru comprendre que
l'application que Desjardins... excuse, que Nationale faisait, elle était sur
une base du notionnel économique de chacun des secteurs, versus
l'identification de chacun des secteurs. Ce qui est plus l'approche de
Desjardins, ce qui expliquerait le différentiel de 30 versus 50 %.
Moi, personnellement, je suis surpris
qu'il y a effectivement des industries ou des entreprises qui ne... qui ont
facilement accès à la certification, qui ne le font pas, c'est certain, mais
l'approche de Desjardins incluait plus le... pas le notionnel produit, mais les
individus ou les industries, si on peut dire, ce qui est quand même surprenant.
Ça fait que... est-ce que c'est entre les deux? Je suis d'accord avec vous,
c'est probablement quelque part entre les deux.
M. Girard (Groulx) : Il y a
une troisième firme qui s'est essayée, là, Goldman Sachs, pour le Canada, qui a
dit : 5 % pour le Canada. Pas de précision spécifique au Québec.
M. Beauchemin : Oui, avec,
évidemment, tous les scénarios de...
M. Girard (Groulx) : Bien là,
c'est l'autre chose, là, le... ce qui n'est pas conforme, est-ce que vous
mettez 25 ou 12%? Clairement, Banque Nationale présume que c'est 12%.
M. Beauchemin : Oui.
M. Girard (Groulx) : Desjardins
dit : Bien, maintenant, c'est 25%. Alors...
M. Beauchemin : Bien, en
fait, Desjardins dit que, maintenant, c'est 25, mais qu'il y a un chemin pour
se rendre à 12% et que, dans leurs calculs, pour en arriver à dire 21%, ils
disent qu'ils prennent 12 %.
M. Girard
(Groulx) :
O.K.
• (10 h 20) •
M. Beauchemin : Donc, c'est
quand même là où est-ce que... c'est pour ça qu'à brûle-pourpoint, comme ça,
c'est dur de dire...
M. Girard (Groulx) : C'est
difficile d'arriver à 21%.
M. Beauchemin : ...de
dire : C'est exactement un ou l'autre, là.
M. Girard (Groulx) : Si ce
qui est conforme à zéro, ce qui n'est pas conforme est à 12%.
M. Beauchemin : Je suis
d'accord avec vous là-dessus, c'est dur de dire spécifiquement, mais, si
j'avais à, disons, me ranger plus d'un côté au niveau de... où je me sens plus
confortable avec une analyse, je suis plus confortable avec l'analyse...
M. Beauchemin : ...de
Desjardins, pas parce que je suis un «bear», ou un «bull», ou peu importe, là,
c'est vraiment parce que je trouve qu'elle est plus détaillée. Donc, on en
arrive là-dessus, ce qui va avoir, évidemment, des conséquences au niveau des
revenus. On parle du ralentissement de l'économie déjà de façon significative
aux États-Unis. J.P. Morgan qui est sorti, vous l'avez peut-être vu, qui, là,
mettent ça au-dessus de 60 % d'une récession, troisième et quatrième
trimestres. BlackRock est sorti en disant qu'on est probablement déjà en
récession aux États-Unis. Et tous ces éléments-là, donc, tout ça, ça s'en va
dans un côté où, en fait, la question est simple. On est passé de
1,5 milliard en réserve à 500 millions. Selon vous... À
2 milliards de plus, là... excusez, 500 millions de plus, un total de
2 milliards. Selon vous, quand on en arrive à regarder tout ça, est-ce
qu'aujourd'hui on est à l'aise, avec ce qu'on sait maintenant, qu'on a mis
assez de coussin additionnel par rapport à la situation?
M. Girard (Groulx) : Oui, la
prévision tient. Il faut bien comprendre. Dans le fond, J.P. Morgan, ce qu'ils
nous disent, c'est : Si les politiques qui ont été annoncés sont mises en
place, il va y en avoir une, récession, 100 % de probabilité. Si c'est une
position de négociation qui vise à aller chercher des concessions des
partenaires commerciaux, bien, il n'y en aura pas. Alors, dans le fond, ce
qu'ils nous disent, c'est : Plus le temps avance, plus tout ça est long,
plus il risque d'y avoir une récession. Alors... Mais c'est vraiment un
processus binaire, là... Lorsqu'ils disent 60 % de probabilité de
récession, c'est... ils nous disent : Si ce qui a été annoncé, c'est
vraiment ce qui va se passer, bien, c'est 95 %, la probabilité de
récession. Alors, ce qu'ils disent, c'est qu'ils gardent espoir que l'Asie va
négocier, que le Japon va négocier un accord avec les États-Unis, l'Europe, l'Angleterre,
Israël, qui était là hier, puis le Canada, le Mexique, puis... bref, que tout
ça va évoluer. Mais notre prévision, elle est à la bonne place. Et
présentement, ce qu'on voit dans les revenus autonomes, les rentrées d'argent,
c'est modérément positif.
M. Beauchemin : Bien, c'est
justement... M. le Président, combien de temps qu'il nous reste?
Le Président (M. Simard) :
...cher collègue.
M. Beauchemin : C'est la
direction dans laquelle j'allais, parce qu'en bout de piste tout ça, c'est d'en
arriver à dire : Bon, bien, O.K., le déficit et/ou aussi l'endettement qui
va continuer. Dans des calculs pour en arriver, là, à... arriver à votre
chiffre de 13,6 milliards, il y avait eu inclusion de l'accélération de la
dépréciation que vous aviez utilisée pour dire que le fédéral...
Une voix : ...
M. Beauchemin :
...l'amortissement, excusez, l'amortissement accéléré, que le fédéral a
l'intention d'aller de l'avant avec ça. Que ce soit aux conservateurs ou aux
libéraux, ça va aller dans cette direction-là.
M. Girard (Groulx) : Bien,
les conservateurs ne se sont pas prononcés, puis le gouvernement actuel n'a pas
reparlé de ça depuis la mise à jour, mais on présume que ça va aller de
l'avant.
M. Beauchemin : Et les mêmes
suppositions pourraient être utilisées aussi pour parler d'une augmentation du
taux d'inclusion sur le gain en capital.
M. Girard (Groulx) : Oui,
puis c'est approximativement le même ordre de grandeur.
M. Beauchemin : Exact. Donc,
on parle 2,8 milliards, 2,6 milliards grosso modo.
M. Girard (Groulx) : C'est...
Pour le gain de capital, ça dépend s'ils font seulement renverser le taux
d'inclusion ou s'ils renversent aussi les assouplissements. Puis ça, c'est des
nuances, là, qui semblent être trop fines pour une campagne électorale, là.
M. Beauchemin : Ça aurait été
quand même relativement clair, je pense que... au niveau des conservateurs en
tout cas, on efface tout et on revient à ce que c'était avant l'approche de Mme
Freeland.
M. Girard (Groulx) : Je ne
dirais pas que c'était si clair que ça. Je pense que le... ce qu'ils ont dit,
c'est : On va renverser ce qui a été fait, mais en disant que ce qui avait
été fait, c'est augmenter le taux d'inclusion. Or, il y a eu une augmentation
du taux d'inclusion mais aussi une augmentation des incitatifs pour les
entrepreneurs canadiens. Tu sais, la politique fiscale et les promesses
électorales, là, c'est deux mondes.
M. Beauchemin : Mais est-ce
que vous vous sentez à l'aise avec le 2,6 milliards...
M. Beauchemin : ...à terme
que le taux d'inclusion ou la modification à cet aspect-là représente dans vos
chiffres parce que c'est quand même 2,8 milliards.
M. Girard (Groulx) :
Bien, c'est-à-dire que, nous, il y a un équilibre. Dans la mesure où il n'y a
pas une loi pour l'amortissement accéléré, puis on l'a mis...
M. Beauchemin : Oui.
M. Girard (Groulx) :
C'est comme si on avait mis 2,4 milliards qui n'est pas légiféré. Puis le
gain capital, lui, il est légiféré. On l'a mis. Et là, il va falloir qu'il y
ait un résultat d'élection, un nouveau gouvernement, un budget. Puis là il va y
avoir de la législation fiscale, puis on va prendre acte de tout ça. Alors, par
exemple. S'il faisait l'amortissement accéléré et éliminait le gain de capital,
bien là, nous, on aurait deux points, on aurait 1,8 milliard de trop...
Une voix : Ça, c'est
l'amortissement accéléré.
M. Girard (Groulx) : On
aurait deux points, excusez, 2,2 milliards de trop. Mais... Mais ça
dépend, là. C'est 1,8 s'il renverse les assouplissements sur cinq ans.
M. Beauchemin : De trop
en termes de comme trop estimer les revenus, là.
M. Girard (Groulx) :
Bien, nous, on aurait 1,8 milliard de revenus de trop sur cinq ans. Mais
le cadre financier, il est équilibré, là. Par exemple, on anticipe d'autres
revenus liés aux litiges sur le tabac qui ne sont pas dans le cadre financier.
Tout ça, il y a des plus puis des moins. Le cadre financier est équilibré.
M. Beauchemin : Un
portefeuille diversifié, si je comprends bien.
M. Girard (Groulx) :
Équilibré. Pas diversifié.
M. Beauchemin : Non, mais
on s'entend, là. Ça fait que c'est parce que j'en arrive à parler de... Bon, O.K.
La croissance économique, 1,1 %, est-ce le bon chiffre? À voir. Le
10 %, c'est-tu 14 %? C'est-tu 7 %? C'est-tu 18 %?
M. Girard (Groulx) :
C'est une hypothèse...
M. Beauchemin : C'est des
hypothèses...
M. Girard (Groulx) :
...qui se tient.
M. Beauchemin : ...qui se
tiennent. Puis là on parle de revenus additionnels. Il y a 6 milliards
aussi de mesures qui vont être à identifier.
M. Girard (Groulx) : Oui,
sur cinq ans.
M. Beauchemin : Puis
ça... Ça, j'imagine que là-dessus...
M. Girard (Groulx) : Ça,
c'est pour respecter la loi.
M. Beauchemin : Exact. Ça
fait que ça, j'imagine, là-dessus, vous allez arriver à terme avec ces
mesures-là.
M. Girard (Groulx) : Où
il y aura...
M. Beauchemin : Ou le
prochain gouvernement
M. Girard (Groulx) :
...un plan fédéral d'infrastructures, où le plancher de 3 % dans le
transfert canadien en santé sera à 5 %. Il peut... Tu sais, lorsqu'on
regarde le cadre financier, ce qui frappe, c'est comment il y a, pour un
gouvernement fédéral qui a augmenté ses dépenses au taux de 9 % par année,
les transferts au Québec augmentent de 1,6 % en moyenne. Alors, on a
besoin d'un effort supplémentaire du fédéral de la croissance économique.
M. Beauchemin : Mais
quand on... Quand on regarde tout ça, en bout de piste, supposons qu'on y va de
façon conservatrice puis on dit : C'est correct, on ne peut pas contrôler
ce que le fédéral fait. On va prendre nos dispositions de base. On y va comme
ça. Il y a... Il y a eu 1,8 milliard ou 2,2 milliards, juste sur le
gain en capital d'inclus dans les calculs qui devraient être... qui potentiellement
a le risque de disparaître. Il y a le ralentissement économique qui est plus
présent maintenant qu'il ne l'était il y a quatre semaines à peu près, quand on
a fermé les livres pour faire le budget. C'est à peu près ça. C'est quatre
semaines.
M. Girard (Groulx) :
7 mars.
M. Beauchemin :
7 mars. Mais je veux dire, avant d'imprimer et tout, là, c'est... c'est
fait...
M. Girard (Groulx) :
Bien, l'hypothèse économique date du 7 mars.
M. Beauchemin : Du
7 mars, donc, depuis un mois. Donc, il y a eu énormément, là, de
variabilité depuis. Puis on reviendra pour la suite des choses. Mais où est-ce
que je veux en venir avec ça, c'est que l'endettement a fort probablement plus
de chance d'être plus élevé que...
M. Girard (Groulx) : Non.
Le cadre financier est équilibré. Il y a des risques à la baisse, il y a des
risques à la hausse. La prévision économique est solide, documentée.
Le Président (M. Simard) :
Très bien. Alors, sur ce, nous allons poursuivre. Et je cède la parole au
député de Saint-Jean qui dispose à son tour d'environ 20 minutes.
• (10 h 30) •
M. Lemieux : Merci beaucoup,
M. le Président. Alors, j'ai déjà volé mon punch, je me suis auto-scoopé en
disant : Merci beaucoup pour les augmentations en culture. Mais je veux
revenir à la culture parce que c'est beaucoup plus vaste que seulement des
augmentations. C'est... Ça fait
partie de ce que j'appelle, de ce que vous
appelez, vous, les choix budgétaires, et que moi, dans les circonstances,
j'appellerais les arbitrages politiques, c'est-à-dire qu'un gouvernement a des
priorités, et ça doit se...
Haut de la page
10 h 30 (version non révisé
e) M. Lemieux : ...ça doit se
retrouver dans le budget en chiffres aussi, alors parlons en des chiffres parce
qu'en culture, c'est des mesures qui, même si le ministre dispose d'une
enveloppe, vous avez quand même à discuter avec lui de ces enveloppes pour être
capable de lui donner les marges de manœuvre qu'il souhaite et de bien les
comprendre, et de bien l'orienter dans l'enveloppe globale. Mais commençons par
l'enveloppe globale. Vous avez mis combien cette année en culture, monsieur le
ministre des Finances? Et ça se distribue comment considérant qu'il y avait
plus de demandes que moins au cours de la dernière année? C'est plus que des
demandes, là, c'était très pressant.
M. Girard (Groulx) : Il y a
124 millions additionnels en 2025‑2026 et un total de 544 sur cinq ans.
M. Lemieux : Et...
M. Girard (Groulx) : Ça,
c'est la page C62.
M. Lemieux : Oui, je sais.
Vous aimez ça vous citer, citer vos pages de votre discours. Ce n'est pas le
discours, ça, c'est le... c'est le budget lui- même. Mais ça va faire quoi
comme différence, là, quand on parle des artistes qui étaient dans la rue? Les
travailleurs du secteur culturel qu'on imagine vraiment en... c'est vraiment une
espèce de... de... ce n'est pas un tsunami, mais c'est le contraire, c'est-à-
dire que ça percole. Si les artistes ont de la misère, ils travaillent moins.
Les travailleurs du secteur culturel sur scène et en coulisses travaillent
moins. Les organismes qui veillent à la protection de nos héritages collectifs
aussi. Alors, ça va se traduire comment ces augmentations-là? Parce que
certains pourraient vous dire : Bien oui, mais ça, c'est juste une petite
augmentation, là, pour les circonstances, parce qu'il se faisait critiquer
beaucoup, là.
M. Girard (Groulx) : Bien
évidemment, on n'a pas le privilège d'être notre propre juge ou d'arbitrer
notre propre match. Nous, on fait des choix, on fait un budget. J'ai reçu des
bons mots sur notre budget culture, tant des... de... des organismes qui sont
impliqués directement avec les parties prenantes alors la SODEC, le CALQ. Mais
dans l'ensemble, et je répète, l'orientation que nous avons prise durant la
pandémie, c'est que nous avons des experts en culture qui connaissent ça, comme
la SODEC, qui connaissent les entreprises culturelles, et nous avons le CALQ
qui connaît les artistes, et puis on utilise ces deux véhicules-là pour
rejoindre les parties impliquées et faire les bons choix et... et, bref, il y
avait des demandes budgétaires. À chaque budget, il y a beaucoup plus de
demandes que de ressources. C'était particulièrement le cas pour celui-ci, mais
c'est certain que notre gouvernement, on a fait un effort important puisque,
depuis a90, la hausse moyenne du CALQ est de l'ordre de 8,6 %, que le...
la SODEC, on a vraiment poussé fort durant la pandémie avec la SODEC parce que
les entreprises culturelles étaient en difficulté, c'est probablement plus
proche de 10 %. Donc, on a fait un effort significatif et important parce
qu'on y croit, parce qu'on a des outils pour intervenir, le CALQ et la SODEC et
puis, dans l'ensemble, c'est bien reçu.
M. Lemieux : Effectivement.
M. Girard (Groulx) : Parce
que ça va évidemment au-delà des chiffres, là. C'est sûr que moi, je vous
suggère que la culture, les budgets ont augmenté beaucoup plus que d'autres
postes budgétaires. Ça ne veut pas dire que c'est suffisant. Il y a tout un
jugement de valeur là-dedans. Mais définitivement, le secteur culturel est
extrêmement important au Québec, et je pense qu'on a posé des gestes cohérents avec
la reconnaissance de l'importance de ces secteurs-là. Puis après ça, je laisse
les gens qui connaissent ça évaluer notre travail.
Le Président (M. Simard) : Alors,
avant de céder la parole au député de Saint-Jean, je voulais saluer mon ami
André Harvey, ancien député de Chauveau et de Charlesbourg, qui nous fait
l'honneur de sa présence ce matin. Au plaisir, André.
Alors, monsieur le député de Saint-Louis,
à vous la parole.
M. Lemieux : Saint-Jean.
Le Président (M. Simard) : Saint-Jean,
oui.
M. Girard (Groulx) : Saint-Louis,
oui.
Le Président (M. Simard) : Mais
c'est Louis, c'est Louis, le député de Saint-Jean.
M. Girard (Groulx) : OK Louis,
le député de Saint-Jean. J'ai grandi à Saint-Louis-de-France, mais ce n'est
pas...
M. Girard (Groulx) : ...particulièrement
pertinent.
M. Lemieux : ...
Le Président (M. Simard) :
Paroisse Saint-Louis de France chez nous.
M. Girard (Groulx) : Une
excellente paroisse de Sainte-Foy, Québec.
Le Président (M. Simard) : Il
y avait une à Courville aussi.
M. Girard (Groulx) : Sainte-Foy
qui a fusionné avec Québec d'ailleurs.
M. Lemieux : Êtes-vous
toujours comme ça ici, vous autres?
M. Girard (Groulx) : La ville
de Sainte-Foy n'existe plus que dans nos rêves.
M. Lemieux : Je n'insiste pas
pour revenir.
Le Président (M. Simard) : C'est
deux petits gars de Québec qui s'échange des boutades. M. le député.
M. Lemieux : Je suis un petit
de Québec, moi, je suis de Limoilou, là, hein, ne commencez pas.
M. Girard (Groulx) : On a un
bel hôtel de ville.
M. Lemieux : J'ai grandi à
Sainte-Foy puis, après ça, j'ai mûri à Charlesbourg. Bon. M. le ministre, j'ai
eu le plaisir de participer au débat sur le budget et je me suis lancé dans
bien des zones d'inconfort, en ce qui me concerne, pour parler économie, mais
il y en a une que je veux que vous m'expliquiez mieux que j'ai réussi à
l'expliquer dans mon allocution, et vous allez probablement être amené
là-dessus beaucoup, en tout cas, si ce n'est pas ici, ça va être à la période
des questions parce que c'est récurrent comme réaction, je voudrais que vous
expliquiez aux gens les fameux coûts de système, parce que quand vous parliez de
la culture tantôt, on n'a pas eu le temps parce qu'il fallait saluer quelqu'un,
mais je voulais rajouter à ce que vous disiez que la culture a souffert
davantage de la pandémie et plus tard, c'est-à-dire que ça s'est prolongé pour
les problèmes économiques du milieu culturel à cause de la pandémie, alors que
d'autres s'en sont remis beaucoup plus vite. Et c'est ce que vous nous
expliquiez en réponse aux questions à la période des questions qu'il y avait un
effet postpandémique qui durait jusqu'à maintenant quand on regarde les coûts
de système. Vous allez sûrement avoir encore des questions là-dessus, mais je
voudrais vous entendre sur la... c'est quoi le principe qui fait que vous
invoquez un peu la postpandémie puis que vous arrivez à dire : oui, il y a
juste 3 %, mais c'est assez pour les coûts de système qui peuvent être
davantage que ça.
M. Girard (Groulx) : O.K.
Bon, d'abord, un peu de pédagogie. Les coûts de système, c'est un concept qui
appartient au secrétariat au Conseil du trésor, mais je veux bien m'aventurer
dans le domaine de mon... ma distinguée collègue. Et puis, dans le fond, ce
qu'on dit, c'est quelle est la hausse du budget nécessaire en moyenne, toute
chose étant égale par ailleurs, pour maintenir le niveau de service en tenant compte
du vieillissement de la population, l'augmentation des clientèles scolaires,
etc. Et puis là, dans le... tiens, merci à ma sous-ministre, dans le
livre 1, communément appelé volume 1 du budget de
dépenses 2025-2026, à la page A21, mais là on donne les coûts du
système pour 2025-2026, mais on ne les donne pas pour l'ensemble du système, on
les donne pour les grands réseaux : santé et services sociaux, éducation,
enseignement supérieur. Il n'y a pas de coûts de système à la SEPAQ, ou la
place des Arts, ou à la Bibliothèque nationale, là, tu sais, c'est un concept
de service clientèle, hausses salariales. Bon. Et selon le Trésor... puis là,
évidemment, il faut tenir compte d'où on vient, parce que si vous avez investi
beaucoup dans le passé, bien, vous avez une meilleure base, plus solide. Si
vous avez moins investi dans le passé, bien, vous avez besoin de faire plus de
maintenance, donc vous avez des... Mais il faut tenir compte de l'historique.
Bref, c'est un concept évolutif, mais il semble, selon les livres du Trésor,
que les coûts de système pour 2025-2026 seraient à... C'est bien ça, là, ces
coûts-là, coûts de maintenir les services? 3,3 % en santé, 3 % en
éducation et 2,2 % en enseignement supérieur pour une moyenne pondérée de
2,7 % en dépenses de programmes. Et c'est là qu'il y a une balle courbe,
je reviens avec une analogie de baseball, il y a une balle courbe...
M. Lemieux : La saison est
ouverte.
M. Girard (Groulx) : ...glissante,
presque tire-bouchon, c'est que les dépenses du budget sont en dépenses de
portefeuille. Or, les coûts du système sont en dépenses de programmes. Et dans
les dépenses de portefeuille, mais il y a toute la question des crédits d'impôt
puis des organismes autres que budgétaires. Par exemple... Est-ce que la Régie
de l'assurance maladie serait à l'extérieur des dépenses de programmes...
M. Girard (Groulx) : ...vous
comprenez que, dans le réseau de la santé, la rémunération des praticiens,
c'est... c'est une variable importante. Mais, bref, je vous confirme que, pour
l'année 2025-2026, en vertu des hypothèses du Trésor, les coûts de système
sont couverts.
• (10 h 40) •
M. Lemieux : Merci beaucoup,
M. le ministre. J'ai terminé, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Alors, je cède maintenant la parole au député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Merci
beaucoup, M. le Président. Donc....
M. Girard (Groulx) :
...me
donnez-vous une seconde, M. le Président?
Le Président (M. Simard) : Oui.
M. Girard (Groulx) :
J'ai
trouvé votre réponse. Les budgets de francisation au Québec en 2025-2026 seront
en hausse de 5 %. Je m'excuse, M..
Le Président (M. Simard) : Il
n'y a pas de quoi. Ce sera de toute façon imputé au temps du député de
Saint-Jean.
M. Girard (Groulx) : Bon. On
lui enlève.
Le Président (M. Simard) : Absolument.
M. Girard (Groulx) :
lui enregistre une prise.
Le Président (M. Simard) : Oui.
M. le député de Marguerite-Bourgeoys. Merci pour votre collaboration.
M. Beauchemin : Ça fait que,
donc, je veux juste revenir sur ce que ça veut dire pour la dette du Québec. Je
comprends qu'on veut regarder ça de façon, là, diversifiée, dire qu'on a
plusieurs entrées potentielles de revenus, on a plusieurs potentielles pistes
de solutions pour réduire les dépenses, etc. On est confiants, au gouvernement,
là, de notre position. Quand je regarde le nombre de milliards de dollars de
plus que la dette pourrait être augmentée, si jamais on allait à un scénario
plus négatif, donc plus proche de celui de Jimmy Jean, là, chez Desjardins,
grosso modo, tout à l'heure, mon collègue ici m'avait donné un chiffre de
13 milliards... pas «13», 13,5.
M. Girard (Groulx) : 9, 10
milliards sur l'horizon du cadre financier, là, dans le scénario alternatif.
M. Beauchemin : O.K. Donc,
c'est 9 à 10 milliards de plus que ça augmenterait, si on s'en va à... on
passe de 40 et...
M. Girard (Groulx) : Oui. 9.4
milliards.
M. Beauchemin : ...à 43.3,
c'est... c'est 9 milliards. Dans ça, on a parlé tout à l'heure du
ralentissement économique, on a parlé tout à l'heure que le taux moyen est
peut-être quelque part entre ce que National dit puis ce que Desjardins disent.
Vous avez pris la position que c'est 10 %. Quand on... Quand on additionne
tout ça, incluant aussi, là, l'augmentation du taux d'inclusion, quand on
additionne tout ça, on se dit : Bon, bien, on flirte pas mal proche, là,
du chiffre de 9 milliards additionnel, là, si on regarde la croissance
économique, qui ne serait peut-être pas à 1.1 mais qui pourrait être plus
proche de 0,2, .3.
M. Girard (Groulx) : S'il y a
une récession.
M. Beauchemin : S'il y a une
récession, effectivement, qui est prévue, selon les...
M. Girard (Groulx) : À
60 % de probabilité.
M. Beauchemin : Exact.
M. Girard (Groulx) : Aux
États-Unis. Donc, 40 % qu'il n'y a pas de récession.
M. Beauchemin : 40 %
qu'il n'y a pas de récession, mais 40 % qu'il n'y a pas de récession à
quel taux de croissance? Là, il n'est pas... il n'est pas estimé.
M. Girard (Groulx) : Bien,
pour l'économie américaine, 1.8, pour le Québec...
M. Beauchemin : Plus bas.
M. Girard (Groulx) : Ça
dépend.
M. Beauchemin : Oui. Donc, où
est-ce que je veux en venir avec ça, c'est que les recettes, évidemment, ne
seront peut-être pas aussi fortes. Si on regardait puis on mettait la
probabilité aujourd'hui, les recettes ne seraient pas aussi fortes qu'attendu
lorsque, le 7 mars, on a fermé les livres pour préparer le budget.
M. Girard (Groulx) : Non.
Dans les faits, aujourd'hui, les rentrées fiscales sont un peu meilleures que
prévu. Ce qu'on observe. Bon. Est-ce qu'on modifie le cadre financier à la
hausse? Non. O.K. Mais, ce que j'essaie de véhiculer ou de vous dire, c'est
qu'il y a des plus puis il y a des moins dans le cadre financier. Ceux-ci sont
en équilibre.
On a quand même beaucoup de provisions. On
a quand même un litige sur le tabac où on n'a pas reconnu plusieurs milliards
dans le cadre financier. On a mis l'amortissement accéléré. Ils n'ont pas
légiféré. Ils... On a mis le gain de capital parce qu'ils avaient légiféré. Ils
ont indiqué qu'ils l'enlèveraient. Mais, à un moment donné, ils vont ouvrir les
livres puis faire des calculs, là. Je ne sais pas si vous suivez la campagne
électorale, mais je n'ai pas entendu beaucoup de mesures qui améliorent le
solde budgétaire, là. Et donc, le cadre financier, il est équilibré. La
prévision économique est plausible...
M. Girard (Groulx) : …et là, il
va se passer quoi? On ne le sait pas. Il faut attendre. Il faut voir qu'est-ce
que... qu'est-ce qui va se passer au niveau de l'économie mondiale. Et c'est
impossible à prédire, parce que la source de l'incertitude est concentrée dans
les décisions de l'administration américaine. Il va falloir attendre. Puis,
dans notre cas, il y a une variable qui va changer, c'est l'élection. Je pense
qu'on peut faire l'hypothèse qu'après l'élection fédérale, il y aura
renégociation de l'Accord Canada–États-Unis–Mexique.
M. Beauchemin : Quand on…
quand on regarde tout ça, je comprends qu'on peut avoir un sentiment de
balance, puis je vous entends là-dessus, il n'y a pas de... il n'y a pas de
souci. Mais je vois quand même… parce qu'en bout de piste, l'objectif ici,
c'est de voir quelle est la tendance au niveau de la dette, quelle est la
tendance au niveau du ratio dette nette, PIB, qu'on ait le scénario extrêmement
positif ou qu'on ait le scénario neutre, selon ce que vous avez dit ou qu'on
ait un scénario plus pessimiste, la tendance est à la hausse.
M. Girard (Groulx) : Oui, en
raison des infrastructures, principalement parce que, vous savez, le déficit,
là, il est à… le déficit qui est à 1,8 % du PIB, là, c'est trop. Je pense,
j'ai mentionné que la Nouvelle-Écosse, c'était 1,4 %,
Colombie- Britanniques, 2,5 %, Alberta, 1,1 %. L'Ontario
n'a pas sorti budget, mais c'est difficile de croire que l'Ontario ne serait
pas en haut de un, le Canada est sûrement en haut de deux. Bref, notre déficit
à 1,8 % du PIB comptable, là, c'est sûr qu'on souhaiterait qu'il soit à
1,5 % et on souhaiterait idéalement que, dès l'an prochain, il soit
inférieur à un. Et puis, l'an dernier, il était 1,3 %, mais ce n'est pas
ça le facteur principal qui fait augmenter la dette. Le facteur principal qui
fait augmenter la dette, c'est que le PQI est à 164 milliards de
dollars, en hausse de 11 milliards, puis ça, ce 11 milliards de hausse, là,
dans les trois premières années, bien, ça, ça s'en va direct sur la dette, là,
ça, c'est 2 % de PIB, là. Le PIB, c'est 600 milliards, 1 %, six,
11 milliards, 2 % de PIB qui est directement relié à l'effort qu'on
fait dans le plan québécois infrastructures, de 2 % du PIB dans les trois
premières années. C'est plus ça que le déficit.
M. Beauchemin : Bien oui, mais
c'est aussi le déficit qui...
M. Girard (Groulx) : Aussi,
mais…
M. Beauchemin : Ceci étant, je
pense que vous l'avez surement vu autant que moi, DBRS a sorti son commentaire,
là, sur le budget et eux, effectivement, excluent certaines méthodes de
comptable. Là, ils appellent «adjusted reported results», parce qu'ils incluent
«capital expenditure». Donc, on parle ici, là, du PQI, «excluding… of tangible
capital assets with contingency réserves», ça fait que ça, donc, ils vous
donnent un crédit pour les réserves, et ils anticipent donc un déficit plus
proche de 2,8 % quand on inclut comme ça. Ça fait qu'eux, ils se retournent
vers comment ils regardent… par exemple, tes entités publiques listées, là, sur
le seul marché de la Bourse, comment qu'on les évalue en termes de ratios. Ils
appliquent la même méthode puis ils en arrivent à un déficit par rapport au PIB
plus élevé, 2,8 %, tout de même.
M. Girard (Groulx) : Parce
qu'ils incluent les dépenses en capital.
M. Beauchemin : Exact. Ils
incluent les dépenses en capital. Et évidemment, bien, DBRS, c'est le même
concept, eux, ce qu'ils regardent, évidemment, c'est la tendance. Donc, avec
les lentilles qu'ils portent, incluant le PQI, pour eux, DBRS, la façon qu'ils
le disent, là, c'est qu'ils voient une tendance à la hausse de l'endettement.
Puis le chiffre est quand même impressionnant, là, de 2,8 %. Puis je pense
qu'en termes de ratio dette nette, PBI, eux autres, ils voient plus quelque
chose dans les alentours de 50 % avant que ça recommence à décliner par la
suite, à partir de l'année 2027-2028…
M. Beauchemin : ...on sait
qu'on... qu'on... Là, on n'est pas en train de comparer exactement les mêmes
chiffres par rapport à ce que vous, vous publiez, mais une chose qui est
claire, c'est de la façon que DBRS le regarde puis la façon que vous le
regardez aussi, la tendance est à la hausse. Que ce soit par une combinaison du
PQI et des déficits, somme toute, la tendance est à la hausse. Est-ce que ça...
Là, j'imagine que vous allez avoir bientôt vos rencontres avec des agences de
crédit, là, j'imagine que ça va faire
partie du sujet de conversation. Qu'est-ce
que vous... qu'est ce que vous en pensez de ça, de l'approche?
• (10 h 50) •
M. Girard (Groulx) : Mais
d'abord, chaque agence de notation a sa méthodologie distincte, et en raison de
mes anciennes fonctions dans le secteur privé, j'ai analysé ces méthodologies.
Il y en a qui amortissent les dépenses en capital. Il y en a qui les passent
directs à la dépense. Il y en a qui font des ajustements. Mais, si on... si
on... Le processus après chaque budget, deux agences, toujours les mêmes
émettent un commentaire en dedans de 48 heures, c'est DBRS et Moody's. Les
deux autres attendent d'avoir mis les chiffres dans leurs chiffriers, fait des
plus longues analyses, souvent il y a des rencontres, et émettent des
commentaires plus tard.
Alors dans l'ensemble, moi, DBRS, j'ai
trouvé qu'ils étaient relativement positifs sur notre budget, là. Quand je
vois... tu sais, si je lis : «We anticipate some near term deterioration»,
mais le ralentissement des dépenses et leurs termes, là, «continued commitment
to restore fiscal balance», avec l'économie qui est diversifiée, nous donne un
certain confort que le Québec pourra minimiser la détérioration dans ses
finances publiques.
Bref, personnellement, j'ai lu le
commentaire de DBRS comme modérément positif ou, à tout le moins, pas alarmiste
quant aux difficultés présentes, tout en étant conscient que le contexte est
difficile. Bref, moi, de ce que j'ai... de ce que je connais et j'ai lu de
DBRS, j'ai trouvé que c'était une évaluation très juste, raisonnable de notre
travail et je n'ai pas d'enjeu avec ça.
M. Beauchemin : OK Puis donc
la tendance à la hausse au niveau de l'endettement, vous n'êtes pas inquiet,
là, des répercussions que ça pourrait avoir.
M. Girard (Groulx) : Mais la
vérité, c'est que la tendance à la hausse de l'endettement est généralisée, là,
au Canada, en Nouvelle-Écosse, en Ontario, aux États-Unis, en France, en
Angleterre. Il y a un contexte.
M. Beauchemin : Oui.
M. Girard (Groulx) : On sort
d'une pandémie. Il y a eu une période inflationniste avec des taux d'intérêt
élevés. Au Canada, on a eu une forte croissance de population et... et là, on a
une menace de guerre tarifaire. Alors, on n'est pas... Il y a des
particularités au Québec, là, il y a eu la sécheresse au Québec, il y a eu les
négociations avec le secteur public, mais...
M. Beauchemin : Mais je n'ai
pas... moi, jamais vu, je m'excuse d'être de...
M. Girard (Groulx) : Oui.
M. Beauchemin : Moi, je n'ai
jamais vu, dans le passé, les agences de crédit donner un break, là, à des
législations, parce que tout le monde calait en même temps. Je pense qu'elles
vont quand même opiner si jamais elles voient quelque chose de négatif, elles
vont...
M. Girard (Groulx) : Oui. Mais...
mais mon point est que, lorsque je lis le commentaire de DBRS publié le
26 mars, donc le lendemain du budget, moi, je considère que DBRS endosse
notre plan de retour à l'équilibre budgétaire puis quand je dis «endosse», là,
ce n'est pas... ce n'est peut-être pas le bon terme, là, mais respecte ou
reconnais nos efforts pour revenir à l'équilibre budgétaire.
M. Beauchemin : D'accord.
M. Girard (Groulx) : Et je
n'ai pas de... je n'ai pas de... je n'ai aucun... aucune inquiétude par rapport
à ce que DBRS a mentionné dans son communiqué.
M. Beauchemin : C'est quand
même... Il y a quand même eu Moody's, là, qui a «downgradé» la... qui a décoté
la... la Colombie-Britannique. Il y a eu quand même certaines tendances vers la
hausse.
M. Girard (Groulx) : La
Colombie-Britannique, S&P...
M. Girard (Groulx) : ...puis
Moody's décote. Puis, dans le cas de la Colombie-Britannique, ce qui est inquiétant,
c'est plusieurs décotes, hein, parce que c'est... dans le cas de S&P, c'est
la troisième décote en deux ans. Alors, je veux dire, je...
M. Beauchemin : Mais je veux
quand même vous amener à un autre point, des fois, parce qu'il y a les agences
de crédit qui réagissent des fois aussi à ce que le marché peut avoir à long
terme, des tendances que le marché va évoluer à long terme. Donc, dans le
marché obligataire, vous le savez comme moi, là, l'an passé, avant le budget du
mois de mars l'an passé, de façon relative, par rapport à l'Ontario, le Québec
empruntait à un écart favorable de quelques «basis points», quelques points de
base. Il y a eu le budget, il y a eu la conférence de presse du premier
ministre, il y a eu les mouvements des marchés, et tout. Dans les semaines qui
ont suivi, lorsqu'on a eu cet exercice-là, on était passé de moins deux à plus
deux, donc plus cher, soudainement, là, pour le Québec, après plusieurs années,
là, à avoir travaillé dur pour se rendre à avoir cette économie marginale.
M. Girard (Groulx) : Oui. Le
seul élément que j'ajouterais à ça, je ne conteste pas ça, c'est que l'Ontario
s'est amélioré contre tout le monde, hein? L'Ontario s'est aussi améliorée
contre la Colombie-Britannique, contre la Nouvelle-Écosse, pas seulement le
Québec. L'Ontario a très bien fait l'an dernier, puis son budget a été très
bien reçu, et l'Ontario a d'ailleurs été upgradé par S&P. Alors, beau
travail, l'Ontario. Mais il faut être bien conscient que la situation de l'Ontario
à ce budget-ci va être très différente, là. Ils arrivent d'une campagne
électorale où ils ont promis 40 milliards de gestes. Ils ont une industrie
automobile qui est... qui est centrale à leur économie. Et donc moi, je
félicite l'Ontario pour le travail qu'ils ont fait l'an dernier. Puis on...
nous, on a eu un budget qui comportait de nombreux défis. Je pense que,
l'Ontario, lorsqu'ils déposeront leur budget, on va constater qu'ils ont des
défis aussi, là.
M. Beauchemin : Mais vous
savez comme moi que le rôle principal du marché, c'est d'escompter l'avenir. Le
rôle principal des participants, c'est de se donner une idée où le marché, où
l'émetteur va atterrir.
M. Girard (Groulx) : Alors,
présentement, c'est... les écarts... Nous, on a sorti notre budget puis pas
eux. Et il faut faire attention, les écarts observés, là, parce qu'il y a
beaucoup de courbes, hein?
M. Beauchemin : Il y a
beaucoup de courbes, mais on parle d'un «10 year constant», O.K., «10 year new
issue», là, O.K.?
M. Girard (Groulx) : Oui,
c'est ça...
M. Beauchemin : «10 year new issue»…
M. Girard (Groulx) : ...ça
fait qu'on n'est pas plus que deux points de base, là.
M. Beauchemin : C'est à 4,5
quand je l'ai vérifié la semaine passée.
M. Girard (Groulx) : Avec la
courbe.
M. Beauchemin : J'avais
vérifié, c'était vraiment «new issue».
M. Girard (Groulx) : Vous
pouvez vérifier, là.
M. Beauchemin : On
revérifiera, là.
M. Girard (Groulx) : Mais une
chose est sûre, tout ça, il faudra voir où ça transige après le budget de
l'Ontario.
M. Beauchemin : Puis qui est
attendu telle date?
M. Girard (Groulx) : Ils
n'ont pas donné de date.
M. Beauchemin : C'est ça, pas
de date encore. Combien de temps qu'il me reste, M. le Président?
Le Président (M. Simard) : Deux...
Un peu moins de trois minutes.
M. Beauchemin : Un peu moins
de trois minutes.
M. Girard (Groulx) : ...un
point. Je pense que, cette année, les finances publiques des... de l'ensemble
des provinces vont être affectées par le budget fédéral aussi, là.
M. Beauchemin : C'est
certain.
M. Girard (Groulx) : Il se
dit beaucoup de choses en campagne électorale fédérale, là : des dépenses
en infrastructures, des dépenses en défense, des... du support pour les
individus, du support pour l'économie, des baisses d'impôt.
M. Beauchemin : Vous le voyez
comment pour le Québec? Comment ça se traduirait en termes d'injection de
capital et/ou de points de base de plus dans la croissance économique?
M. Girard (Groulx) : Bien,
s'il y a une baisse d'impôt, c'est positif pour l'ensemble des citoyens.
L'ordre de grandeur de ce qui est proposé, ce n'est probablement pas plus que
0,1, là. Mais le Parti conservateur, 0,3, peut-être, là. S'il y a un effort qui
est fait au niveau de la défense, bien, l'aérospatial, c'est centré au Québec.
Les infrastructures, je rappelle qu'ils donnent 19 % du tramway, 26 %
de la ligne bleue, ils devraient être à 40 %. Donc, s'il y avait un plan
d'infrastructures, on aurait de l'aide de ce côté-là.
• (11 heures) •
Ça fait que, bref, le prochain ministre
des Finances du Canada, il... son «briefing book», là, ça va être quelque chose.
Quand il va arriver, là, puis ils vont lui dire : Voici vos états
financiers, M. le...
Haut de la page
11 h (version non révisé
e) M. Girard (Groulx) : ...Mme la
ministre. Ça risque d'être déstabilisant.
M. Beauchemin : Donc, somme
toute, votre perspective, au niveau du fédéral, c'est un... c'est un vent de
dos pour l'économie québécoise?
M. Girard (Groulx) : Oui.
Bien, il semble qu'il va y avoir un effort fiscal supplémentaire qui est
positif pour l'économie et négatif pour les déficits et l'endettement fédéral,
bien que tout le monde semble promettre un retour à l'équilibre budgétaire
assez rapide. Alors, ça aussi, il faudra voir comment ça se manifeste.
M. Beauchemin : Comment, ça,
ça va se manifester effectivement. Parce que c'est certain que l'argent ne
pousse pas dans les arbres. N'est-ce pas?
Combien de temps qu'il me reste, M. le
Président?
Le Président (M. Simard) : ...secondes,
cher collègue.
M. Beauchemin : Quinze
secondes? Bon. Bien, écoutez, on va clore cette section-là du
chapitre pour
aujourd'hui.
M. Girard (Groulx) : Juste
pour... On me confirme que ces deux points de base. Maturité constante.
M. Beauchemin : O.K.
M. Girard (Groulx) : L'équipe
du financement est à l'écoute.
M. Beauchemin : D'accord. On
va remercier...
Le Président (M. Simard) : Merci.
Je cède maintenant la parole...
M. Beauchemin : On va
remercier Guillaume.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Oui. Je cède maintenant la parole au député de Rousseau.
M. Thouin : Merci, M. le
Président. Bonjour, tout le monde. Bonjour, collègues. Heureux d'être avec vous
encore aujourd'hui pour intervenir sur le budget.
Peut-être, M. le ministre, pour... M. le
Président, je demanderais au ministre, peut-être, pour débuter, pour les gens
qui nous écoutent, là... je veux vous amener sur le PQI un petit peu plus
aujourd'hui. D'abord, peut-être faire la différence entre c'est quoi le budget
puis c'est quoi le PQI pour que, M., Mme Tout-le-monde, là, qu'on comprenne c'est
quoi, ces sommes-là.
M. Girard (Groulx) : Oui.
Alors, le Plan québécois des infrastructures... Parce que, vous savez, il y a
un jeu-questionnaire sur tous les acronymes au gouvernement du Québec, là, puis
ce n'est pas facile de gagner, hein? Alors, pour ceux qui nous écoutent, le
PQI, c'est le Plan québécois des infrastructures. C'est sur 10 ans. Il y a
donc 10 bâtonnets d'un an. Le nôtre est à 164 milliards, donc, en
moyenne, 16,4 milliards par année. Mais les trois premières années sont à
19 milliards et les trois premières années, 19, 19,4, 19,8, ont été
rehaussées de 11 milliards, qui est 7 % sur 10 ans, pour faire
un effort supplémentaire.
Et puis là, est-ce que 7 %, c'est
beaucoup d'augmentation? Je pense, c'est la première question qu'on doit se
poser. C'est énorme. Ça veut dire que les dépenses en capital vont augmenter
deux fois plus rapidement que les dépenses d'opération, qui, elles, vont
augmenter de 3 %. Premier point, hausse des dépenses d'infrastructure,
très significative au Québec, de 7 %, concentrée dans les trois premières
années.
Ensuite, on pourrait dire : Mais
est-ce que ce n'est pas comme ça partout au Canada? Non. Nous sommes la
deuxième province avec la hausse la plus rapide, l'effort le plus important
dans ses infrastructures après la Colombie-Britannique.
Et donc, qu'est-ce qui se passe lorsqu'on
augmente le PQI de 11 milliards? Bien, on doit emprunter cet argent, et ça
fait augmenter la dette du gouvernement du Québec de 11 milliards. Comme
le PIB du Québec est à peu près de 600 milliards, bien, ça fait 2 %
approximativement du PIB. Quel est l'impact sur la dépense? Bien, il y a... l'argent
qu'on emprunte, il doit être financé à un taux d'intérêt et l'argent doit être
remboursé, donc amorti. Donc, lorsqu'on met le taux d'intérêt plus le taux d'amortissement,
1 milliard coûte approximativement 70 millions par année, 7 %.
Et donc, 11 milliards, en moyenne, 700 millions par année d'amortissement.
Alors, ça va vite, là. Parce que, lorsque vous augmentez les dépenses en
capital, vous augmentez les dépenses d'intérêt, les dépenses d'amortissement.
Bref, il y a ce fameux économiste qui a dit : Il n'y a pas de «free
lunch». C'est bien d'augmenter les infrastructures, on en a besoin dans nos
hôpitaux, transports en commun, nos routes, nos écoles, nos cégeps, il y a un
aspect maintenance, il y a un aspect bonification. Dans notre cas, 65 %
des sommes vont à la maintenance, 35 % à la bonification du parc. Et il y
a un autre concept, le déficit de maintien d'actif. C'est... On prend les
infrastructures existantes, on leur donne une cote A, B, C, D, E. Puis, lorsqu'on
dit qu'elle n'est pas en bon état, c'est D ou E. Puis là, il y a un déficit de
maintien d'actif qui correspond à peu près à 40 milliards qu'on doit
résorber sur 10 ans. Puis là, le pourcentage d'infrastructure...
M. Girard (Groulx) : …en bon
état sur 10 ans puisqu'on fait du maintien d'actifs, passe de 60 à 70.
M. Thouin : M. le Président,
ma question était la différence entre le budget puis le PQI, c'est… écoute, ça
ne peut pas être plus détaillé que ça. Ce que je voulais… ce que j'attends du
ministre, en fait, c'est qu'on me dise : On construit avec ça des
hôpitaux, des routes puis des écoles, mais là on est rendu pas mal plus loin…
M. Girard (Groulx) : Et du
transport en commun.
M. Thouin : Et voilà, et du
transport, évidemment.
M. Girard (Groulx) : Transport
et des voies réservées et des choses comme ça.
M. Thouin : Quand je dis «des
routes», je voulais dire «du transport», en fait, effectivement, parce qu'on
met de l'argent dans le transport en commun, on met de l'argent dans le réseau
routier. D'ailleurs, en maintien d'actifs, on en met davantage dans le réseau
routier, puis, pour ce qui est du transport en commun, on met plus de nouveaux
projets puis moins de maintien d'actifs, parce que, là, le réseau de transport
en commun est moins vieux que notre réseau routier.
Mais là où je voulais vous amener, c'est
qu'en augmentant… non seulement le PQI est augmenté de façon importante dans
sa… dans son entièreté, c'est-à-dire de 11 milliards, mais les premières…
des trois premières années, ça, ça vient faire une différence majeure, parce
que, souvent, les gens voient au PQI : 11 milliards de plus, on est
contents, mais ne voient pas nécessairement l'impact des trois premières
années, de la façon dont vous l'avez augmenté, là. Ça, ça va permettre de
démarrer des projets beaucoup plus rapidement. Ça a un impact direct sur le
marché.
Avec le risque de ralentissement
économique qui nous guette, bien, ça devrait… ce qui se passe normalement,
c'est que le privé devrait ralentir un peu, si c'était le cas, le public va
compenser. Et ça tombe bien, on a les sous pour le faire. Mais ça… puis ça va…
évidemment, ça va aussi permettre de maintenir les gens en emploi. Ça va
permettre aussi probablement d'avoir des meilleurs prix, un avantage. Quand, à
un moment donné, il y a moins de business au privé, ça augmente la
disponibilité de la… des entreprises. Donc, généralement, on est capable, en
ayant plus de concurrence, d'avoir des meilleurs prix. Ça fait que, si,
présentement, on a des sous, il y a un ralentissement économique, il y a moins
de demandes dans le privé, que nous, on fait plus de projets d'infrastructure,
qu'on risque de commencer plus vite les contrats et de les payer moins cher,
les réaliser plus rapidement. Est-ce qu'on est d'accord avec ça? Et, si oui,
pour le réaliser, il faut de la main-d'œuvre. Est-ce qu'on s'organise pour
avoir la main-d'œuvre nécessaire pour répondre à la demande?
M. Girard (Groulx) : Bon,
alors, tout à l'heure, on a parlé de la stratégie de gestion de dépenses du
Conseil du trésor. Il y a également une stratégie de gestion des
infrastructures qui vise effectivement à augmenter le taux de réalisation et à
diminuer les coûts. Et, une part de tout ça, c'est notamment de qualifier des
entreprises, de grandes entreprises d'autres provinces pour soumissionner sur
les ouvrages du Québec. Il y a tous les efforts que notre collègue le ministre
du Travail fait au niveau de la libéralisation de la main-d'œuvre dans l'espace
économique canadien, mais vous avez raison de dire que, lorsque l'économie
ralentit puis qu'il y a moins de construction de tours à condos, puis tours à
bureaux, puis centres d'achats, bien, il y a probablement plus de main-d'œuvre disponible
pour, par exemple, rénover des universités, des cégeps, des écoles. Donc, les
prix baissent, et c'est un bon moment pour investir.
Mais bref, la stratégie comme telle de
gestion des infrastructures est disponible dans le plan québécois d'infrastructures.
Je l'ai lu, j'y crois. Et c'est certain que, lorsque la demande privée fléchit,
le gouvernement a une décision à prendre s'il veut augmenter sa dépense ou non.
Puis, dans notre cas, c'est l'outil que nous avons choisi pour la période de
transition. Parce que c'est certain que la destination, c'est des entreprises
qui innovent, qui investissent, qui vont à la conquête des marchés
internationaux. Mais, durant la période de transition, malheureusement, ça ne
se fait pas. Les gens sont en attente.
Le Président (M. Simard) :
Très bien. Alors, sur ce, nous aurions besoin d'un consentement afin de
suspendre momentanément sur le temps du gouvernement. Il y a consentement?
Consentement. Nous suspendons.
(Suspension de la séance à 11 h 10)
(Reprise à 11 h 19)
Le Président (M. Simard) : Chers
collègues, nous poursuivons. Je cède maintenant la parole au député de
Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Merci
beaucoup, M. le Président. Là, je vais nous amener un petit peu ailleurs, dans
le contexte où est-ce que là, on va parler de certaines dépenses qui ont eu
lieu. Puis je veux juste... Tu sais, c'est peut-être plus philosophique pour le
début, là, O.K.., mais essayez de comprendre. Parce qu'il y a eu beaucoup
d'argent qui a été dépensé évidemment par le gouvernement pour aider, là, des
multinationales étrangères. On l'a vu avec l'épisode, là, de Northvolt. Il y a
eu d'autres dépenses qui ont été faites, là, avec des compagnies et des
programmes, que ce soit Flying Whales ou que ce soit Lion Électrique, là. Je
voulais juste voir, philosophiquement parlant, avec le...
M. Beauchemin : ...ministre
des Finances. Quand on... Quand on regarde ce que les entreprises ont de
besoin, elles ont de besoin d'un... évidemment, une réduction le plus de façon
significative possible du fardeau, là, administratif. C'est sûr, ça, ça va
aider. Mais, dans l'amélioration des conditions d'environnement de travail pour
nos entreprises au Québec, évidemment, la fiscalité a un rôle important à jouer
là-dedans. Et puis je me demandais s'il y avait eu... Bien, premièrement,
qu'est-ce qu'il pense de ça, le ministre des Finances?
• (11 h 20) •
Puis, après ça, bien, j'aimerais ça qu'on
pense, s'il y avait eu des études d'impact pour comparer justement une baisse
d'impôt, prendre l'argent qui avait été mis dans ces projets-là, au lieu de
faire ça, le quantifier, dire : O.K., on va réduire le fardeau fiscal des
entreprises, quel aurait été l'impact. Ça fait qu'allons-y pour juste...
philosophiquement parlant, au début, là. Qu'est-ce que vous en pensez de ça?
M. Girard (Groulx) : Je pense
que, philosophiquement parlant, on a des objectifs ambitieux pour l'économie du
Québec qui impliquent une augmentation des dépenses d'investissement puis
d'innovation des entreprises privées. Objectif général.
Puis on a trois vecteurs pour influencer
ça : le fiscal, l'aide directe puis le climat d'affaires, la confiance, la
réglementation, le temps que ça prend, obtenir des autorisations... Mais
vraiment, un troisième vecteur, là, qui est le climat d'affaires, qui comprend
vraiment beaucoup de choses, là. Ça va de l'environnement à la réglementation,
bon, etc., la compétition et les approvisionnements. Bon.
Puis il y a la question... le dernier
élément. C'est sûr que plus il y a d'infrastructures publiques, bien, plus ça
aide, là. Tu sais, ça... Des entreprises, ça a besoin d'aéroports puis ça a
besoin d'Internet haute vitesse, puis, etc. Il y a... Il y a un volet
Infrastructures publiques. Mais, si on se concentre, fiscal, aide directe...
Puis, l'aide directe, c'est des subventions, des prêts, des prises de
participation. Puis il y en a qui viennent du bras du gouvernement,
c'est-à-dire la société d'État, Investissement Québec, puis il y en a où
Investissement Québec agit comme mandataire du gouvernement. Ça, c'est le Fonds
de développement économique. Puis il y a évidemment la Caisse de dépôt, qui a
un mandat de faire croître l'économie du Québec, mais qui est indépendante. Ça,
c'est l'aide directe puis le fiscal.
Alors, dans tous les cas, pour bien faire,
il faut faire les deux. Il faut faire du fiscal et de l'aide directe. Puis,
après ça, c'est une question de degré. Est-ce que... Je ne pense pas que, juste
faire du fiscal, ça va fonctionner. Juste faire de l'aide directe, ça ne
fonctionnera pas. Ça fait que... D'ailleurs, il y a plusieurs projets, par
exemple, si... une nouvelle mine, là, il peut y avoir de l'aide directe pour
construire l'infrastructure, un prêt par exemple, puis ils peuvent être
éligibles au congé fiscal pour grands projets d'investissement. Ça fait qu'il y
a... il y a toujours... dans la plupart des projets, il y a du fiscal puis il y
a de l'aide directe. Ça fait que, philosophiquement, il faut faire les deux.
Après ça, chaque projet est différent, la concurrence, l'industrie, est-ce que
c'est une entreprise domestique, une entreprise étrangère, est-ce que c'est un
secteur stratégique ou non, est-ce que le fédéral participe ou non. Mais une...
Je finis avec ça, là, M. le Président...
Le Président (M. Simard) : ...
M. Girard (Groulx) : Une
structure standard d'un projet d'investissement, que l'entreprise soit
domestique ou internationale, 50 % des dépenses en capital vont être
prises par le fédéral et le Québec, donc 25-25, 50 %, l'entreprise, 25, le
fédéral, 25, le Québec, dépenses en capital. Les opérations, les profits, puis
tout ça, aucune subvention. Et il peut y avoir du fiscal, il peut y avoir des
congés d'impôt, mais au net, on subventionne les dépenses en capital. Puis les
dépenses d'opération généralement ne sont pas subventionnées et donc sont
imposées, puis, etc.
M. Beauchemin : Est-ce que
vous considérez que l'aide fiscale aux entreprises, dans les dernières années,
est relativement stable au Québec?
M. Girard (Groulx) : Bien, il
y a eu l'amortissement accéléré, qui est venu en 2018 en réponse...
M. Girard (Groulx) : ...aux
baisses d'impôt aux États-Unis qui a aidé beaucoup, là. Ça, c'est le gros coup
qui a été donné au Canada, au Québec pour aider... baisser le taux effectif
marginal d'imposition sur les nouveaux investissements.
M. Beauchemin : Puis depuis
est-ce qu'il y a eu autre chose qui a été ajouté dans l'enveloppe de mesures
spécifiques au Québec?
M. Girard (Groulx) : Bien, il
y a eu des baisses du taux PME, là, qui est passé de 4 % à 3,2 %. Il
y a eu ça. Je dirais que c'est...
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Oui. Bien
là, on vient de faire la recherche et développement. Il y a eu le crédit d'impôt
à l'investissement, le C3I, qui est venu en 2021-2022.
M. Beauchemin : Ça, c'était
combien, ça?
Des voix : ...
M. Girard (Groulx) : Alors, il
y a eu... le crédit d'impôt, là, c'est... c'était 10, 15, 20. Puis finalement
il a été doublé, puis après ça on est revenus à... Mais là présentement on est
15, 20, 25 en fonction des régions, là.
M. Beauchemin : O.K. Quand on
regarde toute l'aide directe qui a été faite dans les entreprises, essayons de
séparer, disons, étrangères versus domestiques, c'est quand même significatif,
l'aide qu'on a faite au niveau des entreprises étrangères par rapport à ce
qu'on faisait avant.
M. Girard (Groulx) : Mais, si
on prend la filière batterie, là, d'une part, c'est une expertise qu'on n'avait
pas, c'est une nouvelle industrie. Alors, c'est normal qu'il y ait des
investissements étrangers, là. L'expertise pour la batterie est en Chine, en
Corée. Les composantes, les anodes, les cathodes, il n'y avait pas cette
expertise-là au Québec. Alors, c'est normal que cette nouvelle industrie, qui
vise à transformer nos minéraux critiques et stratégiques en utilisant notre
hydroélectricité, ce soient des entreprises étrangères. Ça, c'est... c'est
indéniable. Et on a voulu stimuler l'investissement privé. Il y a... Il peut...
Il y a eu un effort qui a été important au niveau des entreprises étrangères,
mais les entreprises domestiques ont eu de l'aide aussi, là, c'est indéniable,
et... Bref, est-ce qu'il y avait une question spécifique?
M. Beauchemin : Donc, est-ce
qu'il y a eu une augmentation significative, en termes absolus, en termes de
dollars, par rapport à ce qui a été fait, disons, dans le premier mandat, dans
le deuxième... avant 2018, disons, par exemple? Parce que...
Des voix : ...
M. Girard (Groulx) : Bien,
oui... Bien, il y a eu une réforme d'Investissement Québec dont le but était
d'augmenter l'implication d'Investissement Québec pour stimuler, combler le
retard dans l'investissement privé au Québec. Puis, lorsqu'on regarde les
statistiques, effectivement, depuis 2018-2019 ou 2019-2020, il s'est fait plus
d'investissements privés des entreprises ici qu'ailleurs. Est-ce que c'est en
raison du fiscal? Est-ce que c'est en raison de l'aide directe? Est-ce que
c'est en raison de nos avantages compétitifs, du contexte, du climat
d'affaires? Mais toutes choses étant égales par ailleurs, il s'est fait plus
d'investissements au Québec qu'au Canada, et ça a amené plus d'interventions
directes, plus de dépenses fiscales.
M. Beauchemin : O.K. Si
on reste sur la filière batterie, est-ce que le ministre est un peu du même
avis que moi, oui, l'avenir à long terme, probablement, mais actuellement tous
les avantages concurrentiels... qu'autant le IRA que ce que le gouvernement
canadien et québécois avaient mis en place, là, pour stimuler la croissance,
tout ça vient d'être éliminé, là?
• (11 h 30) •
M. Girard (Groulx) : Malheureusement,
ce n'est pas aussi clair que ça. C'est-à-dire que, si on prend les paroles de
la nouvelle administration, l'IRA, c'est mort ou éliminé, là. Et, si on prend
les gestes, la législation, tout ça, ce n'est pas clair encore. Puis on sait
que les investissements associés à ça sont répartis dans l'ensemble des
États-Unis, notamment dans des États où ils avaient besoin d'investissements
parce qu'ils...
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11 h 30 (version non révisé
e) M. Girard (Groulx) : ...malheureusement,
ce n'est pas aussi clair que ça. C'est-à-dire que, si on prend les paroles de
la nouvelle administration, l'IRA, c'est mort ou éliminé, là. Et, si on prend
les gestes, la législation, puis tout ça, ce n'est pas clair encore. Puis on
sait que les investissements associés à ça sont répartis dans l'ensemble des
États-Unis, notamment dans des États où il y avait besoin d'investissements,
parce qu'ils étaient défavorisés, puis, etc.
Bref, il y a une politique annoncée qui n'est
pas encore mise en place, qui est la fin de l'IRA. Mais, pour nous, la seule
implication, là, de l'IRA, pratico-pratique, c'est... Dans l'IRA, il y avait
des subventions aux opérations. Or, normalement, on... tantôt on a discuté de
la structure standard. Il n'y a pas de subvention aux opérations. Alors,
lorsque le gouvernement fédéral a annoncé de la production de batteries et de
véhicules électriques en Ontario, il y avait des subventions, deux tiers
fédéral, un tiers en Ontario. Dans notre cas, le seul endroit, c'était
Northvolt, il y avait des subventions aux opérations, deux tiers fédéral, un
tiers Québec. Dans la mesure où il n'y a pas d'opération, bien, il n'y a pas de
subvention. Et ces contrats- là ont quand même été bien écrits. C'est clair
que, si l'IRA n'était plus en place, bien,les subventions aux opérations au
Canada ne seraient plus non seulement nécessaires, mais effectives.
M. Beauchemin : Donc...
M. Girard (Groulx) : Mais ce
n'est toujours pas clair, la législation américaine.
M. Beauchemin : Northvolt,
spécifiquement, c'est quand même un cas intéressant, dans le sens que, bon, la
maison mère est en faillite en ce moment. J'imagine que le ministre est au
courant que la technologie que... les Chinois, justement, dominent le marché de
la batterie mondial à au-dessus de 80 %, O.K., c'est fer, phosphate,
lithium solide. C'est une technologie qui n'est pas aux aléas de la température
comme nous, on peut vivre ici, au Québec, là. Je ne sais pas si... je ne sais
pas si ça arrive au ministre de se promener dans une voiture électrique, mais à
moins 20, on... on est obligé de charger, Montréal, Québec, disons, ce qui ne
serait pas le cas, là, avec une technologie de... qui est la compagnie
chinoise, qui fait des batteries. Est-ce que le ministre était au courant que
cette technologie-là, en fait, c'est une technologie du Québec? Le savait-il
que cette technologie existait jadis ici, au Québec, avec une autre approche,
là, ou la commercialisation?
M. Girard (Groulx) : Pas
spécifiquement, non. Vous voulez dire, la technologie qu'ils utilisent en Chine
aujourd'hui a été développé, au Québec, à l'origine.
M. Beauchemin : Par
Hydro-Québec, à l'époque, c'était pour faire du «storage», donc, ce n'était pas
le même objectif, là, mais...
M. Girard (Groulx) : Il y a
des... O.K.
M. Beauchemin : Donc,
personnellement, j'ai trouvé ça triste de ne pas être capable de pouvoir
trouver une façon de canaliser cette connaissance dans notre propre
manufacturier puis d'aller...
M. Girard (Groulx) : Mais,
dans les processus d'innovation, c'est souvent ça, hein...
M. Beauchemin : Malheureusement.
M. Girard (Groulx) : ...c'est
que ce n'est pas nécessairement les premiers... L'innovation, c'est prendre la
recherche fondamentale puis l'appliquer. Souvent, ceux qui font les meilleures
applications, ce n'est pas ceux-là qui auront fait lle développement... bref.
M. Beauchemin : Effectivement,
effectivement. Tantôt, on parlait des piliers pour aider, on parle du fiscal, d'aide
directe, au niveau de l'administratif ou, si on peut dire, le «red tape» ou
comme... peu importe comment on veut l'appeler. Et justement, au Québec, depuis
l'arrivée au pouvoir du gouvernement, le fardeau fiscal annuel, pour nos
entreprises québécoises, a été calculé par la Fédération canadienne des
entreprises indépendantes comme étant un taux récurrent annuel de 2,4 milliards
de plus que ça coûte, pour l'ensemble des entreprises du Québec, d'avoir à
calculer, à vivre avec les formulaires additionnels.
M. Girard (Groulx) : Je n'ai
pas vu leurs calculs, je ne peux pas...
M. Beauchemin : ...ça
assumait évidemment les coûts d'inflation, ça assumait...
M. Girard (Groulx) : O.K. Je
ne peux pas commenter sur leur méthodologie. Mais nous, on veut réduire le
fardeau fiscal, là...
M. Beauchemin : Oui, je
comprends...
M. Girard (Groulx) : ...je n'ai
pas proposé de geste pour augmenter le fardeau fiscal.
M. Beauchemin : ...je
comprends puis, en fait, le projet de loi n° 85, qui est la quatrième version
de l'allègement réglementaire du gouvernement de la CAQ, il en reste une autre
pour régler l'an prochain. L'objectif ultime...
M. Beauchemin : ...de
l'allègement réglementaire du gouvernement de la CAQ. Il en reste un autre pour
régler l'an prochain. L'objectif ultime avait été initialement établi comme une
réduction de 200 millions de dollars de réduction du fardeau administratif
de nos entreprises sur le terme complet, jusqu'à la fin du terme 2026.
Puis on peut le prendre de façon annuelle parce que c'est 200 millions
annuels. Ça fait que donc, 2,6 milliards, 2,4 milliards,
2,6 milliards, moins 200 milliards, ça reste que c'est quand même une
augmentation du fardeau administratif de 2,4 milliards sur l'économie du
Québec. Qu'est-ce que... Qu'est-ce que vous, vous en pensez au niveau de notre
compétitivité par exemple là-dessus?
M. Girard (Groulx) : Bien,
dans la mesure où les investissements ont augmenté plus vite au Québec que dans
le reste du Canada, on doit faire quelque chose de bien. Dans la mesure où le
PIB par habitant augmente plus vite au Québec que dans le reste du Canada,
toutes choses étant égales par ailleurs, nos interventions fonctionnent. Le
climat d'affaires au Québec, il est bon. Est-ce qu'il pourrait être meilleur?
Bien sûr. Puis c'est... Il faut... Il faut continuer à travailler sur les trois
vecteurs, le fiscal l'aide directe, la compétitivité et le climat d'affaires.
Il y a... Il n'y a pas juste la bureaucratie, là. Il y a aussi la compétition.
Par exemple, est-ce qu'il y a suffisamment de compétition dans l'industrie de
la construction, hein? Les grands ouvrages, tantôt, on en a parlé, bien, il pourrait
y en avoir plus.
Alors, il reste du travail à faire, c'est
certain, là. Puis, je ne pense pas qu'il n'y a personne qui prétend que tout va
bien puis qu'on est arrivé au bout. Puis là, on a cette menace qui nous oblige
à transformer l'économie, mais les vecteurs sont là. On vient de faire un
effort important pour la recherche et développement, l'amortissement accéléré
pour maintenir les taux effectifs d'imposition. Investissement Québec est
conscient qu'on doit aller vers la diversification des marchés pour les
entreprises québécoises, que le focus doit être un peu plus sur les entreprises
québécoises existantes que l'attraction de capitaux étrangers, parce que les
capitaux étrangers ne viendront que s'ils ont la garantie d'accès au marché
américain, là.
M. Beauchemin : Parce que
c'est un peu ça qui est difficile maintenant pour penser à Northvolt, si on
revient, cet exemple-là. Leur accès… leur accès au marché américain, les
pièces, composantes électriques, si je ne m'abuse, étaient incluses dans
l'augmentation du tarif dans le secteur automobile, mais pas les composantes,
roues...
M. Girard (Groulx) :
Présentement, les pièces, non…
M. Beauchemin : Mais les
composantes électriques.
M. Girard (Groulx) : Ce n'est
que
partie remise.
M. Beauchemin : Oui,
probablement.
M. Girard (Groulx) : Mais ce
n'est pas… ça va évoluer. C'est sûr que, s'il y a une renégociation de l'Accord
Canada-États-Unis-Mexique, le secteur de l'automobile va être en haut de la liste
des discussions, là.
M. Beauchemin : Fort
probablement, effectivement. Combien de temps qu'il nous reste, M. le
Président?
Le Président (M. Simard) : Une
minute.
M. Beauchemin : Une minute?
J'ai un autre pan complet, là, que je voulais discuter. Je pense que je vais le
garder, là, pour le prochain bloc, mais au niveau de l'environnement
d'affaires, croyez-vous que fondamentalement, le coût de l'accès à l'énergie au
Québec est probablement un des plus gros vecteurs de décision pour venir
s'installer dans le Canada? Woups! On choisit le Québec. Est-ce que c'est plus
ça qui est le facteur qui attire les entreprises étrangères?
M. Girard (Groulx) : Bien, il
y a le coût puis il y a la source aussi, dans le sens que… le nucléaire, le
pétrole, le gaz naturel, l'hydroélectricité, les énergies renouvelables, ce
sont des sources d'énergie qui ont des impacts environnementaux, sociaux
différents. Puis donc, il y a le coût, il y a la source. Oui, c'est important,
les approvisionnements énergétiques stables à bas prix.
M. Beauchemin : Qui
expliqueraient que, malgré le fait qu'on a augmenté de 2,6 milliards le
fardeau administratif, on attire quand même des entreprises.
M. Girard (Groulx) : Bien, le
2,6 milliards, c'est un chiffre, là, que je ne confirme pas, là, il
faudrait que je voie l'étude, puis qu'est-ce qui est là-dedans, puis etc. Mais
le coût de l'énergie dans des industries qui sont intensives en énergie, c'est
extrêmement important…
M. Girard (Groulx) : ...etc.,
mais le coût de l'énergie dans des industries qui sont intensives en énergie,
c'est extrêmement important.
• (11 h 40) •
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Alors, je cède maintenant la parole au député de Beauce-Sud.
M. Poulin : Bonjour, M. le
Président. Quel bonheur de pouvoir intervenir aujourd'hui. Je salue M. le
ministre, les collègues et évidemment les gens qui nous accompagnent
aujourd'hui pour cet exercice fort important concernant les suites du budget du
gouvernement du Québec.
Je veux parler d'éducation, M. le
ministre, et, évidemment, on en a fait une priorité, comme équipe, de mieux
financer notre système... pas «d'immigration», excusez-moi, d'éducation au
Québec. Depuis notre arrivée, des budgets qui ont augmenté de façon importante,
notamment dans les infrastructures, de nouvelles écoles, de nouvelles cours
d'école. Mon collègue le député de Rousseau parlait à juste
titre du Programme
québécois des infrastructures, qui a augmenté de façon importante et qui a
permis de doter les régions d'investissements publics, qui a aussi fait rouler
l'économie au Québec dans les dernières années. Parce qu'il faut savoir que
c'est des entrepreneurs régionaux, des entrepreneurs de chez nous qui ont
remporté ces contrats-là. Donc, quand le gouvernement du Québec met un dollar
dans une région, ça permet à des entrepreneurs, dans le secteur de la
construction, par exemple... On les connaît, chez nous... qui vient de
remporter l'agrandissement de l'urgence de Saint-Georges, Construction Binette,
qui a remporté le complexe multisports et la Maison des aînés. Alors, investir
en infrastructures puis investir en infrastructures scolaires, ça a un impact,
oui, important sur le budget, mais ça a un impact aussi économique dans nos régions
du Québec, il faut le souligner.
Bien, je veux parler avec vous des
services. On a signé des conventions collectives, M. le ministre, de façon
assez importante, qui, à juste titre, augmentaient le salaire des enseignants
et des enseignantes au Québec. Et il faut le souligner, parce qu'on avait une
volonté ferme, non seulement de combler la rareté de main-d'œuvre. Qui est un
défi, hein, avec l'augmentation du nombre de classes que nous avons au
Québec... évidemment que de trouver des enseignants est un défi pour n'importe
quel gouvernement, et méfiez-vous des gens qui pensent que des enseignants,
c'est facile à trouver, il y a un temps de formation, évidemment. Mais on a
augmenté leurs conditions de travail de façon importante au cours des dernières
années en signant ces conventions collectives là. Et je pense qu'on a toutes
les raisons du monde d'être fiers. En plus d'avoir ajouté des aides à la classe
aussi, puis ça, il faut le souligner. Et je pense qu'il faut être vraiment de
mauvaise foi pour dire que le système d'éducation, il n'a pas eu des
améliorations dans les dernières années, puis dans les derniers mois. Il y en a
eu, il y en a eu au niveau des conditions de travail, il y en a eu au niveau de
l'aide qui se fait à la classe, il y en a eu au niveau des infrastructures au
Québec, à la fois au niveau de la construction et au niveau des rénovations,
sans compter le travail qu'on fait au niveau du cursus scolaire, également.
Alors, dans le dernier budget, on parle
quand même d'un taux de croissance aussi dans l'éducation, qui est là, qui est
important. Donc on va continuer d'investir à ce niveau-là. Selon vous, est-ce
que vous jugez que ces investissements-là sont suffisants? Est-ce que vous
jugez qu'ils vont réussir à couvrir des coûts qui sont légitimes, qui sont
importants, notamment pour les conventions collectives que nous avons signées?
Et est-ce que vous jugez qu'on va être capable, également, au niveau du
Programme québécois des infrastructures, dont on a fait allusion tout à
l'heure, de continuer à rénover certaines écoles et peut-être même à en
construire d'autres?
M. Girard (Groulx) : Bon.
Lorsque le premier ministre m'a recruté, en 2018, j'ai eu le privilège de le
visiter chez lui puis j'avais amené une feuille 8 1/2 x 11 avec ce que je
pensais qu'il fallait faire pour le Québec, et il y avait deux thèmes, M. le
Président. Il y avait un thème sur l'investissement des entreprises — vous
voyez qu'on en parle encore aujourd'hui — puis l'autre, c'était
l'éducation. Évidemment, je tombais bien puisque j'étais chez l'ancien ministre
de l'Éducation du Québec, qui a une passion, lui aussi, pour l'éducation puis
notre école publique.
Alors, on a fait des efforts extrêmement
importants depuis que nous sommes au pouvoir. Et ça s'est... ces efforts-là,
ils sont venus au niveau des infrastructures, des ressources humaines. On sait
qu'on a beau avoir un bon plan de match, là, si on n'a pas de professeurs, ça
ne fonctionne pas. M. le Président... Au niveau de la gouvernance, au niveau
des données, parce qu'on...
M. Girard (Groulx) : ...il
faut avoir un bon plan de match. Si on n'a pas de professeur, ça ne fonctionne
pas, M. le Président, au niveau de la gouvernance, au niveau des données. Parce
qu'on sait qu'en éducation, les données probantes, on ne les a pas toujours,
là, puis les taux de graduation peuvent être dans les commissions scolaires,
puis le ministère les a pas, puis donc, les données probantes et... Puis on
veut favoriser l'autonomie des élèves, le plaisir d'aller à l'école, qu'il aime
aller à l'école puis qu'il développe son économie, va apprendre toute sa vie,
et bref, la réussite scolaire est le grand objectif augmenter les taux de
diplomation. Et il y a la particularité qui est dans le monde occidental, mais
qui est certainement au Québec, où les garçons font beaucoup moins bien que les
filles. Et donc il y a une... cette... Le premier pas vers une solution, c'est
de reconnaître le problème.
Et bref, moi je suis très fier des
investissements que nous avons faits, de l'engagement qui se poursuit. Et, oui,
la pandémie a amené des retards dans les apprentissages, pas partout, pas pour
tout le monde, mais oui. Et moi, je suis quand même loin, là. Je suis au
ministère des Finances. Ce n'est pas moi qui sais ce qu'il se passe dans toutes
les écoles au Québec, mais j'ai vraiment le sentiment que la rentrée scolaire
de cette année était beaucoup plus harmonieuse que l'année précédente. L'année
précédente, on parlait beaucoup du manque de professeurs, de... On dirait que,
tout le mois d'août, puis le mois de septembre, on parlait de... est-ce qu'il
va y avoir un professeur par classe, un adulte, etc. Tandis que, cette année,
les modifications qui ont été obtenues par la présidente du Conseil du trésor
et le ministre de l'Éducation, la flexibilité en échange de bonification des
conditions de travail, a amélioré le climat, la rentrée. Et c'est certainement
notre intention de continuer à poursuivre ce grand objectif tout en étant
conscients de deux choses. La pandémie a amené des retards chez certains
étudiants et les garçons font moins bien que les filles. Puis ça, résoudre ça,
ça va être long.
M. Poulin : Ça complétait de
mon côté, M. le Président.
Le Président (M. Simard) :
Très bien. Alors, je cède maintenant la parole à notre collègue de Verdun qui
dispose d'environ 20 minutes.
Mme Zaga Mendez : Merci,
M. le Président. À mon tour de saluer tous les collègues, M. le ministre, les
collègues de l'opposition et les collègues de la banquette du gouvernement.
Aujourd'hui, je vais débuter par une question de suivi. On s'est quittés jeudi
soir concernant ce qu'on appelait les dépenses récurrentes et non récurrentes
dans le tableau Impact des éléments sur la récurrence, sur la croissance des
dépenses de portefeuille. Alors, je voulais savoir si... M. le ministre m'avait
dit qu'il allait revenir là-dessus concernant s'il avait des dépenses non
récurrentes, là, dans la colonne des dépenses 2025‑2028.
M. Girard (Groulx) : O.K.
Alors, est-ce que la... notre sous-ministre a droit de parole ou...
Le Président (M. Simard) :
Avec consentement.
M. Girard (Groulx) :
Parce que je... Votre question était très précise. Et le ministère des
Finances, on a plusieurs experts ici, a pris le soin de préparer une réponse à
votre question. Alors...
Le Président (M. Simard) :
Donc, il y a consentement. Mme la sous-ministre, pour les fins de nos travaux,
pourriez-vous d'abord vous présenter, s'il vous plaît?
Mme Gingras (Julie) :
Oui. Bonjour... Oui, bonjour. Julie Gingras, sous-ministre des Finances. La
question que vous nous aviez posée, c'était d'essayer d'avoir un taux de
croissance qui était corrigé en tout cas ou ajusté sur la même base que les
ajustements qui avaient été faits pour l'année 2024‑2025. En fait, cet
ajustement-là ne peut pas être fait pour 2025‑2026, puisque les ajustements qui
ont été faits pour 2024‑2025, c'est des éléments ponctuels et imprévisibles qui
sont arrivés en cours d'année. Donc, l'objectif de notre taux de croissance
ajusté était de nettoyer... c'était de nettoyer pour les éléments... les
éléments ponctuels qui étaient arrivés en cours d'année, qui n'étaient pas
récurrents. Donc, vous comprenez qu'en début d'année, on ne peut pas anticiper
les éléments ponctuels qui pourraient arriver puis qu'on devra retirer.
Mme Zaga Mendez :
...événements ponctuels, donc, on parle des imprévus. C'est quelles, les
imprévus en 2024‑2025, juste pour bien comprendre la...
M. Girard (Groulx) : Il y
avait les inondations, définitivement.
Mme Gingras (Julie) :
...retrouver la page...
Mme Zaga Mendez : ...2024-2025,
juste pour bien comprendre, la...
M. Girard (Groulx) : Il y
avait les inondations, définitivement.
• (11 h 50) •
Mme Zaga Mendez : ...trouver
la page, il est dans le document.
M. Girard (Groulx) : C'est la
page F-43 du budget, et puis on parle : En éducation, le plan de
rattrapage au niveau du secteur des transports, il y a eu une modification
comptable qui a amené 1 milliard de dépenses en 2024-2025. Après ça, il y a les
pertes sur les placements en économie, et puis il y un autre 216 millions.
Mme Zaga Mendez : Donc, ces
dépenses ponctuelles sont incluses ici dans les crédits, donc, 2024-2025, dans
les... la colonne. Ces dépenses ponctuelles sont incluses là.
M. Girard (Groulx) : Elles
sont dans la dépense 2024-2025. Lorsqu'on les retire, ça fait baisser le
dénominateur qui fait augmenter légèrement le taux de croissance 2025-2026 sur
2024-2025.
Mme Zaga Mendez : O.K. Je
comprends. Alors... Mais juste pour bien comprendre, dans le tableau, parce que
c'est le tableau de référence, là, impact des éléments... sur la croissance des
dépenses du portefeuille, la colonne 2024-2025, ici, on a retiré...
M. Girard (Groulx) : Oui,
mais c'est, lorsqu'on dit 2024-2025, comparables, troisième colonne à partir de
la droite, on corrige le 153 406, puis on l'amène à 151 524.
Mme Zaga Mendez : O.K. Donc,
dans la colonne 2025-2026, cette colonne-là n'est pas corrigée.
M. Girard (Groulx) : Non,
mais, par exemple, ce qui pourrait se passer, on a une provision, en 2025-2026,
de 2 milliards. Il pourrait avoir des événements ponctuels, par exemple, s'il y
avait des feux de forêt, des inondations, on irait chercher l'argent dans la
provision, puis ça fera monter la dépense, 2025-2026, avec des dépenses non
récurrentes.
Mme Zaga Mendez : Donc, O.K.,
je comprends, là, c'est juste la façon de lire. Par exemple, si je prends
Santé, Services sociaux, la façon de lire la variation en pourcentage,
3,1 %. Ici... dans 2025-2026, pardon, dans la deuxième colonne, à partir
de la de la droite là, vous nous dites qu'elle n'est pas corrigée, c'est-à-dire
qu'ici il y a quand même... Est-ce que vous avez calculé une sorte de... des
dépenses qui pourraient être non récurrentes? Est-ce qu'elles sont là-dedans?
M. Girard (Groulx) : Non.
Mme Zaga Mendez : Non. Elles
vont être ajoutées par la suite.
M. Girard (Groulx) : Elles
seraient ajoutées, c'est-à-dire que...
Mme Zaga Mendez : Parfait.
M. Girard (Groulx) : ...si la
dépense excède le 65 527, qui est prévu pour des raisons non anticipées, la
dépense va augmenter. Et le premier endroit où on prendrait ces crédits
supplémentaires, c'est dans la provision Et donc mettons qu'il y en aurait pour
473 millions, mais le 2025-2026 deviendrait 66.
Mme Zaga Mendez : Je
comprends. Donc, on peut s'attendre à que, mettons, les 65 000, ici, peut
revenir l'année prochaine, parce que c'est des dépenses qui sont récurrentes,
on pourrait s'attendre à que ce même montant là revienne l'année 2026-2027.
M. Girard (Groulx) : Oui,
mais, en fait, il risque d'être plus haut, là, ajusté pour coûts de système.
Mme Zaga Mendez : Ajusté,
avec les coûts de système. Parfait. Ça répond ma question initiale. Merci
beaucoup... parce que je voulais retourner... On avait rapidement aussi discuté
du bouclier fiscal, mais on n'avait pas eu le temps d'aller en détail. Vous
savez, l'abolition du bouclier fiscal dans ce budget-là, on pense, le bouclier
fiscal venait compenser les pertes de certains transferts sociaux fiscaux. On
parle des 140 000 personnes qui étaient touchées... qui seraient touchées
annuellement pour une perte moyenne de 249 $ par contribuable. J'aimerais
ça vous entendre, M. le ministre. Pourquoi s'en prendre dans cette mesure?
M. Girard (Groulx) : O.K.
Alors ça, c'est une mesure, le bouclier fiscal ait référence au TEMI, le taux
effectif marginal d'imposition. Et lorsque ça a été introduit au Québec, c'est
certain que la réflexion originait de la Chaire en fiscalité et finances
publiques puis des milieux académiques, puis ils disaient : Lorsque vous
gagnez des revenus supplémentaires, vous perdez des transferts sociaux fiscaux,
et donc votre taux marginal d'imposition sur vos revenus supplémentaires peut
être affecté. Et puis là il faut bien comprendre qu'il y a aussi toute la
question de la fiscalité fédérale et des transferts sociaux fiscaux fédéraux
aussi, là, parce qu'au Québec...
M. Girard (Groulx) : ...il y
a aussi toute la question de la fiscalité fédérale et des transferts sociaux
fiscaux fédéraux aussi, là, parce qu'au Québec on a un régime fiscal plus
complexe, et il y a des interactions entre les revenus supplémentaires qui sont
gagnés, puis les transferts sociaux fiscaux du fédéral, puis du Québec, puis
etc.
Bref, le bouclier fiscal est une mesure
complexe, non récurrente, c'est-à-dire que vous l'avez une fois, que non
seulement elle est complexe, mais elle est incomprise, et lorsque Luc Godbout
et son équipe, la chaire finalement, a sorti ses papiers de recherche sur les
dépenses fiscales, ils ont admis que c'était une mesure qui avait une valeur
théorique, mais qui, en pratique, puisqu'elle est non récurrente, elle est et
difficile à comprendre. Elle n'entre pas dans le processus de décision des
individus et donc elle est inefficace, et on avait une recommandation que,
puisqu'elle est inefficace et incomprise, une suggestion de l'éliminer par
l'auteur lui-même, un des auteurs.
Mme Zaga Mendez : Parfait. Je
reviendrai si j'ai un peu plus de temps, mais merci pour la... pour la réponse
générale. J'aimerais ça avoir quand même le temps de toucher à divers sujets,
donc on va sauter un peu, et j'entends... j'entendais tout à l'heure la
discussion qu'on a eue sur, bon, les tarifs de Trump, puis l'effet sur
l'économie. Une des mesures qui est envisagée, c'est d'alléger les barrières au
commerce entre les provinces canadiennes. À cet égard, on parle de ça comme une
voie de sortie, là, pour augmenter la... dans la... surtout la demande
intérieure puis, là, les échanges. De notre côté, nous on est ouvert à
regarder puis plus évaluer avec vous, M. le ministre, les barrières actuelles.
Mais il y en a certaines qui sont quand même avantageuses pour le Québec puis
vous... j'aimerais ça, vous entendre un peu qu'elles sont les mesures que le
gouvernement de la CAQ veut mettre sur la table en ce qui concerne l'allègement
des barrières interprovinciales.
M. Girard (Groulx) : Les
négociations sur l'espace économique canadien, sur la responsabilité de ma
collègue la ministre l'Économie et le ministre délégué. Je pense qu'il est
clair que la spécificité culturelle et linguistique du Québec doit être
protégée. Alors ça, c'est les mesures où on ne veut pas faire de compromis. Et
là où il peut y avoir des gains, mais c'est la mobilité de la main-d'oeuvre, la
reconnaissance des... des ordres professionnels, les qualifications, la
compétition dans le secteur des transports, l'harmonisation des normes dans le
secteur du transport, la compétition dans le secteur de la construction,
l'accélération des processus environnementaux. Bref, il y a plusieurs zones où
il y a des gains à faire :.construction, main-d'oeuvre, transport, bon.
Puis il y a toujours la question de l'alcool, là, qui... qui est un peu le
premier sujet dont on parle, mais qui est le moins important économiquement,
peut-être celui qui a le plus de valeur symbolique et le moins de valeur
économique.
Mme Zaga Mendez : Donc, à
vous entendre, et c'était ma question de relance, c'était vraiment de voir de
nous rassurer à l'effet que les barrières qui sont relatives à l'alcool à la
SAQ, est-ce qu'elles vont être maintenues ou pas?
M. Girard (Groulx) : Bien,
c'est-à-dire que la SAQ, le monopole, ça paye pour des hôpitaux puis des
écoles, et on a besoin d'investir dans nos hôpitaux et nos écoles. Alors, on va
voir comment la discussion évolue, mais c'es