Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 27 October 2015 (41st Legislature, 1st Session)
CAPERN 2015-10-27
Quebec — Committees
Le Président (M. Morin) :
Nous reprenons nos travaux. M. le député de Berthier.
M. Villeneuve : Je nous
amènerais, si vous le permettez, si tout le monde veut bien y aller, là...
Le Président (M. Morin) : S'il
vous plaît, messieurs!
Villeneuve : Je nous
amènerais à la page 27 du projet de
loi, là, aux articles
79, 80 et 23.1. Là, quand on s'est quittés la semaine passée, là...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) :
...de vous suivre, là. Page 27, vous dites?
Villeneuve : Oui.
Bien, regardez, c'est l'article 79 et puis 23.1 à la page 27 du projet de loi. J'imagine que vous avez la même pagination, là?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Oui,
oui, ça va.
Villeneuve : Bon. Je
veux juste bien comprendre, parce
qu'on sait qu'il y a des dispositions sur le bien-être animal concernant La Financière agricole où des
éleveurs, on va le dire comme ça, pourraient être pénalisés sur le plan pécuniaire ou autrement, là, bon, s'il y avait une
démonstration, là, que le bien-être animal n'avait pas été respecté. Et, la
semaine passée, on a trouvé qu'il y avait
deux régimes, on va fonctionner sous deux régimes, d'une certaine façon,
là : le régime de la Faune,
c'est une chose; et le régime du MAPAQ, autre chose. Hein, il y a comme deux
régimes, là, présentement. On parlait
d'harmoniser tout ça éventuellement avec une refonte... pas une refonte, mais
un travail, que le ministre, donc, bien,
de la Faune, justement, était pour regarder pour faire une refonte, et on se
disait : Bien, ça serait bien que ça soit harmonisé.
Mais ma
question, dans le fond... ça, c'est une question qu'on reviendra sûrement plus
tard, là, pour essayer de voir comment on réussit à trouver une façon
d'arriver, le plus rapidement possible, à harmoniser tout ça, là, mais ma question, c'est : Est-ce qu'on pourrait se
retrouver dans une situation où un éleveur de bison ne se retrouverait pas sous
le régime du MAPAQ, mais sous le régime de la Faune? Est-ce qu'il n'y a pas un
risque assez évident qu'il y aura un éleveur,
un jour, qui va se retrouver dans une situation où il ne sera pas sous le coup
de cette loi-là au niveau de la maltraitance parce que, justement, il va
être sous le régime de la Faune?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Il ne
peut pas, il faudrait que... puis c'est dur à imaginer, là. Moi, j'ai visité
des fermes d'élevage de visons, là; ils sont généralement en cage pour fins
d'élevage.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) :
Bisons.
Villeneuve : Bisons. Ah! O.K. Vous parlez de visons. Ah!
d'accord. O.K. Là, ce n'est pas la même grosseur de bêtes, là, je ne
vous suivais plus, là.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Non, ce
n'est pas la même grosseur. Le bison comme tel, lorsqu'il est élevé pour des fins agricoles, il n'est pas en cage,
mais il est en enclos, il n'est pas en liberté dans la nature. Donc, s'il est
en liberté dans la nature, il tombe sous la Faune. S'il est dans
l'enclos pour fins d'élevage, il tombe sous l'Agriculture.
M. Villeneuve : Ce n'est pas
ce que nous avons compris.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Non,
non, excusez, vous avez raison.
M. Villeneuve : Ce n'est pas
ce qu'on a compris la semaine passée. D'ailleurs, je pense que madame était...
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Le
bison, c'est un animal sauvage, O.K.? La seule façon qu'il peut le devenir,
c'est que si on le... comment je pourrais dire ça, si on le déclare animal
agricole.
Villeneuve : Bon. Attention, là, je veux juste... puis je vais
en profiter pour faire de l'annonce un peu dans mon coin de pays, là, on a La Terre des bisons chez nous, et, justement,
ils font l'élevage de bisons, et c'est... J'invite les gens qui nous écoutent, là, tapez «Terre des
bisons» et allez visiter ça. C'est extraordinaire, les gens sont
superchaleureux, là, ils nous
reçoivent à bras ouverts et ils font un très bon travail. Donc, j'imagine que
ces gens-là qui nous écoutent, ils doivent se poser la question aujourd'hui, là, d'une certaine façon, quoique je
n'ai aucun doute quant à la qualité de leur travail.
Mais donc je
voudrais qu'on soit clairs, là. Est-ce que le bison, qui est un animal sauvage,
qui n'est pas en cage, on le précise à nouveau, là... sous quel régime
va-t-il se retrouver?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) :
Faune.
M. Villeneuve : Donc, le
bison ne sera pas assujetti à la loi qu'on est en train de regarder au niveau
des...
Une voix : Des critères.
M. Villeneuve : ...c'est ça,
des critères des animaux, mais au niveau aussi de l'écoconditionnalité, dont on
parlait, là. Bien, ce n'est pas
l'écoconditionnalité, c'est au niveau des animaux. Il ne sera pas sous ce régime-là.
Donc, il n'est pas dans le projet de loi n° 54.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Non,
mais il est sous le projet de loi, dans la première
partie du projet de loi,
sous ce qu'on appelle, là, le droit civil comme tel, la définition de l'«animal».
Ça va? Mais, quand on arrive sur les applications
statutaires, il y a deux régimes, comme vous l'avez bien compris : il y a
le régime de la
Loi sur le bien-être comme
telle puis il y a le régime de la Faune, des animaux sauvages qui restent sur la Faune, eux autres. Le
bison est un animal sauvage et il reste sur la Faune.
Villeneuve : D'accord.
Donc, selon l'article 79, le bison ne sera pas touché par l'article
79, mais le boeuf va être touché.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Exact, parce que
le boeuf n'est pas un animal sauvage, alors que le bison est un animal
sauvage.
M. Villeneuve : Bien, on pose
la question ici, entre guillemets, d'équité, là.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) :
Excusez?
Villeneuve : Il est question d'équité, d'une certaine façon,
que, si on... parce que, là, on se retrouve avec des éleveurs qui sont tous des
éleveurs, hein, on s'entend, dans le sens propre du terme. Ce sont des
éleveurs, et là on va avoir deux
catégories d'éleveurs : on va avoir des catégories d'éleveurs qui ne
seront pas touchées par l'article 79, et d'autres qui vont l'être. Moi,
j'essaie juste de voir comment on peut tenter d'arriver à une certaine équité
par rapport à cette disposition-là.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Mais il
y a déjà un manque d'équité au niveau de l'ASRA, parce que ce ne sont
pas toutes les productions qui sont couvertes par l'ASRA. Ça fait que déjà
là...
M. Villeneuve : Il n'y en a
pas beaucoup, quand même.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Il y en a beaucoup, non, ça, il y en a beaucoup,
mais il y en a certaines qui ne sont pas couvertes par l'ASRA. On vise à
toutes les couvrir un jour.
M. Villeneuve :
Lesquelles ne sont pas touchées, M. le...
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Donnez-moi la liste des touchées, puis je vais
vous dire...
Villeneuve : Non, mais ce n'est pas facile. On connaît ceux qui
sont touchés, mais ceux qui ne sont pas touchés, c'est plus difficile à trouver, hein, effectivement. Mais tout ça pour
vous dire qu'on espère y arriver un jour, et pourquoi pas? Mais, dans ce
cas-ci, là, on a vraiment, là, une inadéquation, finalement, là, par rapport à
cela.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Écoutez, ça me vient rapidement, là, au moment où
on se parle, le veau de lait n'est pas couvert par l'ASRA. C'est tout
nouveau.
M. Villeneuve :
C'est tout nouveau, oui, dû à une situation...
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Une situation complexe.
M. Villeneuve :
...complexe qu'on n'élaborera pas ici.
Villeneuve : Mon redoutable recherchiste, M. le Président, me
glisse à l'oreille qu'effectivement... d'où l'idée justement d'avoir harmonisé dès le début, là, avec
la Faune, là, même si ça demandait un travail peut-être un peu plus long, un peu plus difficile, un peu plus
laborieux, mais là on aurait eu, à ce moment-là... le travail aurait été
vraiment... on aurait fait le tour,
là, du jardin complètement puis on serait assurés qu'on n'aurait pas deux
catégories, d'abord, d'éleveurs, mais
ensuite, aussi, au niveau de la couverture, au niveau des pénalités, au niveau
des amendes, etc., on aurait eu, à ce moment-là,
quelque chose, là, qui aurait été harmonisé, là. En tout cas, il n'aurait pas
manqué grand-chose pour qu'on ait un ensemble, un tout complet, là.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Je ne suis pas certain que c'est harmonisable.
Les autres juridictions ne l'ont pas
fait. Ce sont des choix de société. Les activités de chasse ne sont pas les
mêmes activités que les activités d'élevage, par définition. Donc, il y a des raisons, là, profondes qui font en
sorte que tout le monde a gardé deux régimes, finalement. Que le Québec s'en aille avec un seul régime
là-dedans pour couvrir l'ensemble de l'oeuvre, ça serait un peu particulier.
M. Villeneuve :
Ça m'amène à demander au ministre, M. le Président, si la requête qu'on a faite
la semaine passée pour avoir...
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Des pénalités.
Villeneuve : ...les pénalités, les différences qu'il va y avoir
avec le projet de loi n° 54, telles qu'elles sont à l'intérieur du
projet de loi, et la Faune présentement, là. On avait demandé un comparatif,
là. Est-ce qu'on l'a?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : On va les voir, comme tel, là : pour les
permis, nous, les infractions, c'est de 2 500 $ à 62 500 $; pour une récidive, c'est de
5 000 $ à 125 000 $; puis, dans les cas un peu plus graves,
la possibilité d'emprisonnement
jusqu'à 18 mois. Dans le cas de la Faune : «Commet une infraction et
est passible pour une première infraction,
d'une amende d'au moins 500 $ et d'au plus 1 475 $...» Récidive,
1 475 $ à 4 375 $; puis, l'emprisonnement, 90 jours.
M. Villeneuve :
Il y a quand même des différences importantes, hein?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Oui, des différences importantes.
Villeneuve : Est-ce que le ministre, M. le Président, peut
déposer le document pour qu'on puisse le consulter?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Oui. Je vais enlever mes notes personnelles, mais
le reste, c'est un extrait. C'est l'article 165 de la
loi sur la
faune. Mais je peux le déposer, là. Je vais enlever mes notes illisibles.
Le Président (M.
Morin) : On est d'accord pour le dépôt. Ça va? Alors, autre
chose sur l'amendement? Oui, Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : Oui. Merci, M. le Président. Bonjour à tout le monde. Dans l'amendement qui nous est déposé, et je
vais faire suite à ce qu'on se disait lorsqu'on s'est quittés la semaine passée, quand on parle du règlement ici, à l'article 7c,
c'est le règlement de la Faune. Est-ce que c'est bien ça?
Parce que dans le libellé, là... C'est parce que, si je le lis en complément avec b, qui est avant, O.K., à b, on
termine par le même libellé, «et qui est désigné par règlement». Et ça, on avait compris ici, là, que c'était au sens de
la
loi sur la conservation de la faune : gardé en captivité à des fins
d'élevage dans un but de commerce de la fourrure, de la viande, na, na,
na, et qui est désigné par règlement.
que j'avais compris, c'était que c'était un règlement de la Faune. Est-ce que,
là, c'est un règlement du MAPAQ? Je veux juste qu'on puisse se suivre,
là, puis juste comprendre, parce que, libellé comme ça, on ne le comprend pas.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : O.K. Bon, bien, moi, je... là-dessus, les
légistes me confirment que dans les deux
cas, et dans b et dans c, lorsque l'on termine par «désigné par règlement», il
va sans dire... mais ils disent de ne pas le dire, un règlement du
MAPAQ, dans les deux cas.
Mme Poirier :
Les deux?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Les deux cas.
Poirier : O.K. Parce que, la semaine passée, on disait :
Un, c'était la Faune; l'autre, c'était le MAPAQ. Donc, je veux juste
être sûre de ce qu'on dit, là.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Je vais juste me tourner de bord pour me
rassurer, mais c'est ce qu'on m'a dit.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : C'est une loi du MAPAQ. Donc, quand on met
«règlement» sans spécifier rien d'autre, ça veut dire «règlement du
MAPAQ».
Poirier : Excellent. Parfait. Je comprends, et je fais suite à
la question de mon collègue, qu'un même animal pourra être considéré sous deux lois. Notre bison, il peut être
considéré... vu que c'est un animal sauvage, il est considéré par la Faune en tant que telle, mais il pourrait
être désigné, puisqu'on va en faire le commerce de la viande... il va être
désigné par le règlement du MAPAQ. Est-ce que c'est ma compréhension?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Il pourrait.
Poirier : Il pourrait. O.K. La Faune a-t-elle par règlement
désigné quels animaux étaient sous sa juridiction?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Bonne question.
Paradis (Brome-Missisquoi) : Je présume qu'ils ont une définition
large. On va essayer de vous la trouver. Vous comprenez que c'est dans
une loi d'un autre ministère, là, mais, si on peut vous accommoder, on va le
faire.
Poirier : Mais, ma question, je vais vous dire le pourquoi,
puis probablement que ça va aussi vous aider puis ça va vous donner du
temps pour la chercher.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : ...
Mme Poirier :
Vous l'avez trouvée? Parfait. Allez-y.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : À l'article 1 de la
Loi sur la conservation et la
mise de valeur de la faune : «Animal :
tout mammifère, oiseau, amphibien ou reptile, d'un genre, d'une espèce ou d'une
sous-espèce qui se reproduit à l'état sauvage au Québec ou ailleurs et
qui origine d'une lignée non sélectionnée par l'homme, ou qui se distingue difficilement d'une espèce sauvage par sa taille,
sa couleur ou sa forme, qu'il soit né ou gardé en captivité ou non; ce terme
s'applique également à toute
partie d'un tel animal ou à sa chair dans chaque
cas où le contexte le permet.»
Mme Poirier :
O.K. Mais, dans leur loi, ils n'ont pas défini par règlement quels animaux en
tant que tels ils spécifiaient, on va le dire comme ça, là.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : On va le chercher puis, si on voit qu'ils on un
pouvoir réglementaire de le faire, on va vérifier s'ils l'ont fait.
Poirier : O.K. Mon questionnement est à l'effet de dire :
On risque d'avoir deux listes qui vont exister... s'il en existe une, là, deux listes — une à la Faune, une au MAPAQ — dans lesquelles je risque de retrouver les
mêmes animaux; je risque.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Non,
parce que, si on les désigne par règlement, on les sort de là.
Mme Poirier :
Mais, on vient de le dire, le bison peut se retrouver sous la juridiction des
deux lois.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Non.
Là, présentement, il est sous la loi de la faune. Si, par règlement, le MAPAQ
se l'approprie, il ne sera pas plus dans la Faune.
Poirier : Ah! O.K. O.K. Mais ça, c'est un élément spécifique,
là. Alors donc, un animal qui — on va garder notre exemple du bison,
là, c'est un bon exemple — actuellement...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) :
J'aime mieux le vison, moi.
Poirier : Non, mais
c'est bon, tu sais, il faut goûter, c'est très bon, mon collègue a raison.
Alors, le bison, c'est cher, mais ce n'est pas grave, c'est bon aussi.
Je veux bien croire que c'est cher, mais c'est bon.
M. Villeneuve : Ils ont des
bons prix, à La Terre des bisons.
Poirier : Oui, vous
devriez aller faire un tour. On ne fera pas de publicité, là. Alors, le bison,
qui se retrouve actuellement sous la gouverne de la loi, on ne sait pas s'il y a
un règlement, mais admettons qu'il y aurait un règlement,
il se retrouverait dans la liste des
animaux. À partir du moment où je viens établir le nouveau règlement
du MAPAQ, qui va reconnaître qu'il y a
de la viande en vente, de bison, ça
va faire retirer le bison de la liste
de la Faune pour l'amener au MAPAQ.
Donc, l'animal ne sera plus sous la juridiction de l'un, mais il va s'amener
sous la juridiction de l'autre. C'est ça?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Oui, si
on juge à propos de faire ça. Maintenant, moi... comment je pourrais dire ça, la science infuse, je ne l'ai pas, là, je
suis content de savoir qu'il y a un élevage. Habituellement, on consulte les
éleveurs à savoir à quel endroit ils aiment mieux se retrouver dans la vie.
Mme Poirier : Mais je
comprends qu'à partir du moment... parce que ce qui est important, là, c'est
dans le paragraphe b, c'est «gardé en
captivité à des fins d'élevage dans un but de commerce de [...] fourrure»,
viande ou d'autres produits alimentaires. C'est ce qui va faire définir
que cet animal-là se retrouve dans le règlement, en principe.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Ce
sont les critères, oui.
Poirier : C'est ça, parce que
ce que vous venez de nous lire dans la loi de la faune, qui est né «ou gardé
en captivité ou non», ça vient dire exactement
la même chose que l'article b. Donc, on se retrouve avec deux régimes,
je dirais, pour des animaux nés ou gardés en
captivité, d'accord, à la différence qu'il y en a un qui dit :
C'est dans un but de faire du commerce,
en tant que tel, des produits de l'animal.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Présentement,
il est à la Faune, puis moi, je n'ai pas eu de représentation comme telle pour qu'il s'en vienne à
l'Agriculture. Mais, si jamais c'était le choix de l'association puis de ces
gens-là, bien ça nous donne la possibilité de le faire par règlement, on
n'est pas obligé de revenir en législation.
Poirier : Excellent.
Mais, si je reviens avec... La semaine passée, nous nous sommes quittés sur
tout ce qui était fête foraine...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Oui.
Poirier : Je fais
juste poser la question de notre super recherchiste. Ce qu'il nous
dit : «Tout autre animal non
visé». Alors, «tout autre animal non visé par la loi», à ce moment-là... parce que, dans
le fond, ma question,
dans le fond,
était contraire à ce qui est dit là, finalement, «tout autre animal non visé
par la loi», donc il ne serait pas dans la liste de la Faune, on
s'entend, donc ce ne serait pas notre bison.
Alors, ça
peut être quel animal, «tout autre animal non visé»? Je comprenais que tous les
autres se retrouveraient dans le
paragraphe a ou b. Selon moi, c'était : tout animal visé par la loi et la
mise en valeur et qui est désigné par règlement, mais là je comprends que c'est comme...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Je
vais être obligé d'en parler, là.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Non,
non, mais on n'a pas statué sur les abeilles encore, à
titre d'exemple.
Mme Poirier : Ah bon! Elles
sont importantes dans notre vie.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) :
Elles sont majeures en agriculture : sans abeille, on a des problèmes...
Mme Poirier :
Parlez-en aux cultivateurs de pommes.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : ...puis
avec les néonics on a des problèmes, puis etc., là, mais ça vise, entre
autres, à
titre d'exemple, l'abeille.
Poirier : O.K. Donc, l'abeille n'est pas visée par la Faune,
mais je peux en faire le commerce, puis ça se fait présentement, on fait
le commerce...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Oui,
les reines et les ruches.
Poirier : Exactement.
On se prête les ruches présentement. Donc, à
ce moment-là, l'abeille — je
vais prendre cet exemple-là, vous me
le donnez — n'est
pas visée par la Faune, mais je pourrais désigner l'abeille, dans un règlement, comme appartenant au MAPAQ. D'accord.
O.K. On vient de se comprendre.
Dans la loi
de la faune, il y a les oiseaux. On s'est parlé, la semaine passée,
des oiseaux exotiques. Ils appartiennent à qui, là? Parce que, les oiseaux exotiques, on s'entend que c'est pour
en faire un commerce, là, ce n'est pas pour les manger, là, c'est pour
en faire le commerce; les animaleries en tant que telles?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Ils
appartiennent à la Faune, mais, comme on va le voir tantôt,
on va se donner un pouvoir d'inspection. Quand on va inspecter les
chatons, les chiots dans l'animalerie, pour ne pas qu'il y ait deux
inspecteurs, on va avoir, des fois, de l'inspection à l'intérieur de
l'animalerie par les inspecteurs du MAPAQ.
Mme Poirier : Mais, à ce
moment-là, est-ce que les oiseaux exotiques vont se retrouver dans le
règlement? Est-ce que vous allez les transférer au MAPAQ? Non.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : On
les laisse exotiques.
Mme Poirier : O.K. Et, quelqu'un
qui a un animal exotique, ce n'est pas un animal de compagnie?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : On
va retourner à «animal de compagnie».
Mme Poirier : L'animal de
compagnie, il est soit sauvage ou domestique.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Oui, il
peut être animal de compagnie, parce
qu'«animal de compagnie», c'est «un
animal domestique ou sauvage qui vit auprès de l'humain, notamment dans son
foyer, en tant que compagnon et pour des fins d'agrément».
Mme Poirier : Donc, mon
perroquet qui vit dans ma maison, il va rester sous la loi de la faune?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Oui,
parce que c'est un animal sauvage.
Mme Poirier : Mais, quand il
est dans l'animalerie, il peut être inspecté par le MAPAQ.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) :
Exact. Parce que, si on adopte tantôt, là...
Mme Poirier : Le 2, là.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Le
Mme Poirier : O.K. Ça ne
règle pas mes zoos.
Villeneuve : Mais, évidemment, il est sous un autre régime au
niveau des amendes puis au niveau... comme on le disait tantôt, là, il
n'est pas, donc...
Paradis (Brome-Missisquoi) :
...ne peut pas mettre l'amende de la loi qu'on étudie présentement, il met
l'amende...
Villeneuve : Juste, peut-être, le Centre vétérinaire
Laval — vous
l'avez lu, M. le ministre, j'en suis convaincu, là — quand
ils disent : «Les protections offertes aux animaux sauvages par la
Loi sur
la conservation et la mise en valeur de
la faune sont par ailleurs bien insuffisantes et bien moindres que celles
proposées par votre projet de loi»... Alors, c'est vraiment un constat
que les gens font présentement.
Il n'est pas
trop tard, à mon avis, pour agir. Je ne sais pas à quel point c'est même
peut-être possible d'apporter un
correctif au projet de loi, même si... et je pense que, la Faune et le ministre
de la Faune, vous avez dit qu'ils étaient assez ouverts à revoir cet aspect-là, là, donc des amendes et
possibilité d'emprisonnement, etc., et récidive. Et, à mon avis, il n'est peut-être pas trop tard, M. le Président,
pour l'inclure, parce que c'est un souhait qui est émis, hein, par plusieurs
personnes. On a deux régimes, là, et, on l'a
dit l'autre jour, même s'il y a des travaux qui se font présentement, bien, ça
ne veut pas
dire que ça va être fait d'ici un an, même peut-être d'ici 10 ans, puis
peut-être que ce ne sera pas fait avant très longtemps, on ne le sait pas, tandis que, là, on est dedans, on a les
deux mains dedans, et moi, j'ai l'impression que c'est comme si on faisait le travail un peu à moitié,
là : tu sais, on fait un bout, mais on laisse l'autre bout de côté. Et
l'idée... parce que, si les amendes sont ce qu'elles sont dans le projet
de loi n° 54, c'est-à-dire assez importantes et jusqu'à l'emprisonnement,
qui est plus de 90 jours, on l'a vu tantôt, là, il y a une raison à ça, là. On
ne fait pas ça dans le projet de loi
n° 54 parce que ça nous tente de le faire comme ça, on le fait parce qu'on
sait que ça va en décourager plusieurs, hein, ça va en décourager plusieurs de, justement, brutaliser les
animaux. Alors, il y a une raison très, très claire. Et là on a un autre régime, qui est celui de la Faune, où ce
moyen dissuasif là qu'on met dans le 54 ne s'y retrouvera pas. Alors, en
tout cas, moi, je ne peux pas faire autrement, M. le Président, que le
déplorer.
Mais je pense
que la commission ici, et si le ministre est d'accord... est-ce qu'on peut
justement... Pourquoi on ne regarde
pas pour être capables de mettre aussi les animaux de la Faune? Le message
qu'on va envoyer à tout le monde, là...
hein, on le disait, je le disais lors de mes remarques d'ouverture ou lors de
l'adoption de principe, il faut que le projet de loi ait un écho dans la population, parce que c'est eux qui nous
demandent, justement, d'apporter les correctifs pour qu'on puisse non seulement retrouver une place
honorable dans le palmarès, ce n'est pas ça, la... L'idée, c'est de s'assurer
que les animaux sont traités correctement,
là. Et là on a une occasion qui se présente à nous avec le projet de loi
n° 54. Alors, si on pouvait
mettre l'ensemble, autant de la Faune que les autres animaux couverts par le
projet de loi n° 54, sous le
même régime au niveau des amendes, au niveau de l'emprisonnement, je pense que
le message, là, il serait cohérent, en tout cas, il aurait une meilleure
portée. Parce que, là, les gens ne pourront que déplorer, si on l'adopte tel
quel, qu'on a deux régimes.
Je ne sais
pas si le ministre est ouvert à tenter de regarder de quelle façon on peut
peut-être attacher cela, là. Moi, je
n'ai pas de problème à ce qu'il y ait un engagement qui soit pris ici, M. le
Président, pour corriger la situation, dans les plus brefs délais, par rapport à ces deux régimes-là, en faire juste
un pour mettre les animaux de la Faune aussi sous le même couvert que les
animaux couverts par le projet de loi n° 54. Je ne sais pas s'il y a de
l'ouverture de la part du ministre,
mais, en tout cas, c'est un voeu qui est exprimé par... Entre autres, on parle
quand même ici, là... hein, on parle quand même du Centre vétérinaire Laval,
là. Je pense qu'ils sont assez... ils s'y connaissent, en tout cas, ils sont
dedans à tous les jours, hein, puis, s'ils nous font cette demande-là,
c'est parce qu'en quelque
part ils voient les choses qu'ils aimeraient mieux ne
pas voir, et la meilleure façon de le faire, c'est encore en mettant des
éléments dissuasifs dans le projet de loi.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Moi, je
veux qu'on se comprenne comme il faut, là. La première
partie touche l'ensemble
du monde animalier avec un nouveau statut de l'animal qui passe, là, de ce que
c'est présentement, un bien meuble, à un être sensible avec
des impératifs biologiques. Ça, ça touche l'ensemble de l'oeuvre.
Quand on
arrive dans le droit statutaire comme tel, on n'a pas voulu recréer ce qui
existait dans ce qu'on appelle la
common law à l'intérieur du Canada, on a pris les trois juridictions qui sont les
premières juridictions, là, un, deux, trois, dans le classement depuis quelques années : Manitoba,
Ontario, Colombie-Britannique. Est-ce que, dans ces juridictions-là, on a fait une distinction entre ce qui est couvert
par cette loi statutaire et est-ce qu'on a conservé la Faune? La réponse
est oui. À partir du moment où ces gens-là
ont pris cette décision-là, ils l'ont fait pour le bien-être des animaux. Moi,
je prends la même décision. Maintenant,
est-ce que le ministre de la Faune — puis vous devez avoir un critique à la faune
dans votre formation politique — va
déposer... est-ce qu'il y a de la pression pour qu'il le fasse, etc.? Je ne
suis pas en mesure, moi, de me prononcer au nom d'un autre ministre
comme tel.
Moi, je pense
que notre loi est correcte. Est-ce qu'on doit embrasser la Faune au complet? Ma
réponse est non. Ce sont des mondes
qui sont différents. La période de chasse commence. Elle est commencée pour
l'orignal, elle s'en vient pour le
chevreuil, etc. C'est un monde totalement différent, avec des approches totalement
différentes. Il y a des sanctions qui
sont différentes, pour le moment. Moi, je suis conscient, là, des demandes qui
nous ont été adressées, mais j'avais saisi que les demandes qui nous étaient
adressées par la clinique... c'est Mme
la députée de Mirabel
qui avait amené cette situation-là
à la fin de nos travaux jeudi soir, si ma mémoire me sert correctement, ils l'amenaient comme animal de compagnie. Puis «animal de
compagnie» est défini, là, ça comprend «un animal domestique ou sauvage». Donc, à partir de ce moment-là, on le couvre, là,
sur le plan de la loi pour répondre à ces gens-là. Mais prendre un chevreuil,
un orignal, un ours, là, mettre ça là-dedans,
je ne suis pas sûr qu'on se rendrait service ni qu'on rendrait service au
chevreuil, à l'original ou à l'ours.
Villeneuve : Bien, écoutez, je veux juste comprendre, parce qu'on a
discuté un petit peu la semaine passée, justement, de cela et le ministre semblait nous dire qu'il y avait une
discussion qui était en cours à la Faune justement, là, le ministre de la Faune semblait, en tout cas,
conscient que le projet de loi n° 54 amènerait la création de deux
régimes. C'est ce que j'ai compris la
semaine passée. Là, j'entends un discours différent disant : Ce n'est
peut-être pas une bonne idée de faire ça, qu'on rendrait service aux
chevreuils, puis aux orignaux, puis aux ours, là. Mais, si le ministre a pu
parler au ministre de la Justice pour la première
partie du projet de loi,
parce que, là, il nous demande d'aller voir le ministre de la Faune puis de lui
en parler, je veux bien...
M. Villeneuve :
Je veux bien. Non, mais c'est ça. Ça, je veux bien, mais le ministre a aussi
un... mais il le sait, hein, ça fait
partie de ses fonctions. Lorsqu'il travaille à un projet de loi, effectivement,
il doit aller voir ses collègues qui sont touchés par le projet de loi.
Il me dit qu'il l'a déjà fait, mais,
moi, ce que je lui demande aujourd'hui, M. le Président, c'est tout simplement
de... Puis je relis ce que nous dit
justement, là, le Centre vétérinaire
Laval : «Les protections offertes aux animaux sauvages par la
Loi sur la conservation et la mise en
valeur de la faune sont par ailleurs
insuffisantes et bien moindres...» Donc, la protection est moins grande. Et, si on décode ce qu'ils disent, dans le
fond, c'est : Est-ce qu'on ne peut pas, justement, s'assurer d'éviter d'avoir deux régimes et puis de
couvrir l'ensemble? Je comprends que, dans les autres provinces, ils l'ont fait
puis que le ministre s'aligne sur comment eux l'ont fait, c'est-à-dire qu'ils
ne font pas ce que... Les gens qu'on a
entendus en audition nous disent de regarder si on ne peut pas justement
s'assurer d'avoir juste un régime. Mais, bon, il me semble que — et, la semaine passée, on le disait — la discussion qu'on a eue, c'est que
peut-être dans on ne sait pas combien
d'années... que la Faune s'ajustera sur les mêmes amendes, les mêmes peines
d'emprisonnement que ce qui est dans le projet de loi n° 54
actuellement.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : M. le Président, moi, je ne trouverais pas ça
équitable envers les chasseurs puis
les pêcheurs du Québec, qui n'ont pas été invités à venir faire des
représentations en commission parce que le projet de loi était fait comme ça. Si l'objectif, c'est
de réouvrir puis de gagner du temps, ce serait une excellente... de s'assurer,
là, que la loi n'est pas adoptée dans des délais raisonnables, ce serait une
excellente façon de procéder.
Maintenant,
à partir du moment où la loi a été construite comme celle-là, que la demande
n'est pas venue d'aucun parlementaire, de faire en sorte que ça couvre l'ensemble, d'ouvrir les auditions aux
chasseurs, aux pêcheurs, etc., qu'on attende
à l'article par
article pour s'exprimer comme ça, moi, ça me surprend un petit peu, là. Je ne veux pas prêter de mauvaises
intentions à personne compte tenu du climat de collaboration qui existe
depuis le début, mais — j'ai
déjà fait de l'opposition, M. le Président — c'est
un bon truc.
Villeneuve : Sans
dire que le ministre semble me prêter des intentions, loin de moi...
non, parce que je pense que c'est à la lumière de l'étude... Ça sert à
ça, l'étude
article par article, aussi. Et, moi, on m'a toujours appris que, lorsqu'il
y a une erreur, bien il ne faut pas
s'enfoncer davantage, il faut la corriger avant de continuer. Moi,
c'est ce qu'on m'a appris, c'est ce
que j'ai appris avec le temps. La vie m'a appris ça. Maintenant,
avec consentement, on peut tout faire, hein?
On peut demander de rencontrer les pêcheurs, les chasseurs, puis ça peut se
faire. M. le Président, vous êtes sûrement... Vous n'êtes
pas à la chasse? D'ailleurs, vous êtes un chasseur.
Villeneuve : Bon.
Alors, tout peut se faire par consentement. Bien, écoutez,
moi, je fais juste soulever le point qu'il
n'est pas trop tard, on pourrait le faire, on pourrait le faire. Maintenant,
est-ce que le ministre a la volonté, est-ce qu'il a l'énergie,
est-ce qu'il a...
Villeneuve : Non.
Mais, en fait, ça prend de la volonté puis de l'énergie, c'est certain, ce
n'est pas facile. Ça remet en question
seulement une petite
partie du projet de loi, mais en même temps on s'assure que, parce que... puis je finis
là-dessus, M. le Président, puis je céderai peut-être la parole à... sûrement
d'autres personnes veulent intervenir, là, mais je reviens là-dessus, je
trouve ça important.
dans le projet de loi n° 54, on a des amendes aussi élevées puis si on a
des peines de prison comme elles sont présentement présentées dans le projet de
loi n° 54, c'est parce que c'est un moyen de dissuasion. C'est clair. Et
là on va se retrouver avec, au niveau
de la Faune, s'il y a de la cruauté envers des animaux qui se retrouvent dans
la Faune... bien, les gens qui auront
commis, malheureusement, ces cruautés-là, bien, vont se retrouver avec des
amendes moindres. Mais pourtant c'est le même animal, dans le fond...
bien, le même animal, façon de parler, c'est un animal. Et, le projet de loi n° 54, son objectif, c'est justement de
protéger les animaux contre la cruauté qui peut être faite à leur endroit.
Alors là, on se retrouve avec un régime qui est beaucoup moins sévère au
niveau de la Faune.
fait que je n'en dis pas plus, M. le Président, mais soyez assuré que, mon
travail de parlementaire, j'essaie de le
faire le plus sérieusement possible et je pense que, quand on s'aperçoit... et
il y aura d'autres points où on va arriver tantôt, puis le ministre pourra toujours dire : Ah! bien, vous
auriez dû nous le dire avant... Bien, moi, je pense qu'il n'est jamais trop tard quand arrive le temps justement
de proposer quelque chose. Parce que le ministre nous parlait, la semaine
passée, que, si vous avez des éléments qui
bonifient le projet de loi, on va les regarder. Bien, ça, c'est toute une
bonification, là, qu'on propose, là,
toute une bonification au projet de loi, M. le Président, mais enfin... Et je
tends la main au ministre. Avec
consentement, vous savez quoi?, on peut ici, à l'Assemblée nationale... je n'irai
pas jusqu'à répéter certaines paroles qui
ont déjà été dites par rapport à «avec le consentement, on peut tout faire»,
mais effectivement on peut faire beaucoup de choses et on pourrait même
apporter cet élément-là de bonification au projet de loi.
Je ne sais pas si
j'ai des collègues qui veulent intervenir.
Le Président (M.
Morin) : Vous rajoutez quelque chose à ce propos?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : ...écouté l'argumentaire comme il faut. Il y a
une vieille maxime que vous connaissez
bien, M. le Président, vous l'avez déjà utilisée à maintes reprises — je vais vous citer : «Qui trop embrasse
mal étreint.»
M. Villeneuve : ...souvent.
M. Villeneuve :
Non, mais là la question se pose, M. le Président, là.
Le Président (M.
Morin) : Mme la députée de Mirabel, sortez-moi de cette
impasse.
D'Amours : Moi, je vous dirais qu'on n'embrasse pas trop, on
n'embrasse pas assez.
Le Président (M. Morin) :
Allez-y, Mme la députée de Mirabel.
D'Amours : Merci, M. le Président. Je vais me ramener au tout début,
quand M. le ministre a déposé sa loi, où
il a fait une mention sur la citation de Gandhi, puis, dans la citation de
Gandhi, là... c'est vrai, on l'a tous applaudi, on s'est tous levés, mais, dans la citation de Gandhi, il n'y a pas de
différence entre un animal qui est exotique puis un animal qui ne l'est pas. Alors, moi, quand je me
suis levée au salon bleu pour parler de ce projet de loi, j'ai fait mention
que j'avais des craintes à ce que ce soit
une loi qui soit un peu esthétique. Et je ne m'aperçois peut-être pas de la...
ce n'est peut-être pas de la volonté du côté ministériel, mais ça l'est
un peu.
Tout à l'heure,
j'essayais d'écouter les questions-réponses attentivement. Et j'ai de la difficulté
encore à comprendre qu'est-ce qu'un perroquet... Un perroquet, c'est exotique. Puis là je vais poser la question
au ministre : Quand je l'ai chez moi, que ça m'appartient, que c'est un perroquet que j'ai,
que je lui arrache les plumes puis que mon voisin fait une plainte, qui vient chez nous? Est-ce que
c'est la Faune ou si c'est le MAPAQ? Parce
que, pour moi, c'est mon
animal de compagnie.
autre exemple avec le perroquet. Si j'ai un élevage de perroquets qui est dans
une volière, qui, à mon sens, est une
grande cage, mais qui ne sont pas chacun dans leur cage, qui sont dans une
grande volière où j'en fais le commerce pour faire des oiseaux
domestiques, pour la vente... de gens qui voudraient acheter un perroquet et
l'avoir dans leurs maisons, c'est la Faune?
J'aimerais que le ministre m'éclaire sur ces deux points-là, parce que
je suis vraiment perdue.
Le Président (M.
Morin) : M. le ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) :
Je vais vous éclairer sur trois points, Mme la députée, je vais tenter.
Vous
avez raison quand vous citez Gandhi, qu'il ne fait pas de distinction. D'ailleurs,
la première
partie de la loi, qui
définit le statut de l'animal, qui est de la législation de droit civil, ne
fait pas de distinction. Il n'y a plus d'animaux qui vont être des biens meubles, qu'ils soient sauvages, pas sauvages,
domestiques, d'élevage, etc., là. Ça
va être un être sensible qui a des impératifs biologiques. Ça, ça
s'applique à l'ensemble. Quand on tombe dans le droit statutaire, dans la
common law, là il y a des distinctions à faire et qui sont faites.
Pour en revenir à
votre perroquet, celui que vous avez dans la maison, chez vous, moi, je
comprends, là, qu'il répond à ce qu'on va
voir tantôt, là, un «animal de compagnie», c'est-à-dire «un animal
domestique ou sauvage qui vit auprès
de l'humain, notamment dans son foyer, en tant que compagnon et pour des
fins d'agrément». Donc, il va tomber sous
la juridiction de la loi. Si vous avez fait de l'élevage, que ce n'est pas dans
votre maison puis ce n'est pas un animal de compagnie, il demeure sous
la Faune.
D'Amours : Si, M. le Président, l'élevage, je le fais dans mon
sous-sol, en plein coeur d'un quartier résidentiel,
peut-être pas dans les règles de l'art, puis qu'il y a
quelqu'un qui fait une plainte, sous quel régime je vais
être? La Faune ou le MAPAQ?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Vous pouvez appeler — tantôt, on va le voir, là — 1 844 animaux,
là. L'inspecteur du ministère de l'Agriculture va avoir les pouvoirs
de le faire. Quelle loi s'applique? La
loi sur la faune. C'est un animal
sauvage.
D'Amours : Comment on détermine, M. le Président, ce qui est sauvage?
Parce que tout à l'heure le ministre nous
a lu quelque chose qui disait, puis je l'ai retenu, là, «reproduit à l'état
sauvage». Une dinde qui est produite à l'état sauvage, on l'a met sous la Faune? M. le Président, le ministre, il dit
qu'il n'a pas voulu aller sur deux... en fait, il a voulu garder deux régimes avec la loi statutaire. Mais
est-ce que... parce que vous dites aussi que vous avez fait des recherches
à d'autres provinces, d'autres pays, mais
est-ce que votre recherche est allée jusqu'à comparer les ministères de la
Faune, le ministère de la Faune du
Québec comparativement avec le ministère de la Faune de l'Ontario ou du
Nouveau-Brunswick? Avez-vous fait la
comparaison? Comment eux... même s'ils sont distincts, là, comment qu'ils
divisent? Est-ce qu'ils ont tous les
deux les mêmes normes, c'est-à-dire, au niveau pénal, au niveau monétaire, les
mêmes amendes? Est-ce qu'ils ont le personnel équivalent avec leur
MAPAQ? Est-ce que vous avez fait la distinction?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : On a fait la distinction sur les animaux comme
tels pour s'assurer que c'était pas
mal uniforme, que c'est uniforme, là, d'une juridiction à l'autre. Maintenant,
sur les amendes, on a fait la comparaison avec les amendes du MAPAQ, que
j'appelle, que vous retrouvez dans cette loi-là.
On a fait la comparaison avec les
autres juridictions. Ils se sont inspirés des autres juridictions :
Manitoba, Ontario, Colombie-Britannique,
pénalités et amendes. Maintenant, est-ce qu'on a fait la job de la Faune? Non.
On a fait notre job à nous autres.
D'Amours : Vous avez travaillé étroitement avec le ministère de la
Justice. Je trouve que ça avait très bien été.
Qu'est-ce
qui vous a empêchés de travailler avec le ministère de la Faune pour arriver à
une équité? Parce que, vous savez, si
on parlait d'un autre sujet, là, exemple, on prend... Je vais vous donner comme
exemple les enfants, on parle des
enfants. Bon. Est-ce que la loi aurait été pour les enfants qui sont de couleur blanche, puis ah! bien là, ceux qui sont
des Asiatiques, là, bien, c'est différent?
On aurait eu un tollé, les gens seraient venus ici, ils auraient eu une... Bon.
On revient aux animaux. Pensez-vous
qu'il va y avoir des perroquets ici qui vont venir vous dire qu'ils ne sont pas
d'accord à se faire traiter par la
Faune au lieu du MAPAQ parce que, pour eux, c'est injuste? Tu sais, c'est comme si
on essayait de... Oui, il y a
une distinction, puis c'est des animaux, mais il y a des spécialistes qui
sont venus nous voir, puis eux, ils ne veulent
pas qu'on en fasse, de distinction, parce
qu'ils voient ce qui se passe avec les animaux, c'est eux qui les soignent,
c'est eux qui arrivent avec les petits animaux; je vais parler des
hamsters, les perroquets, les reptiles.
Ils ont des
propositions qui me semblent légitimes. Comment on est capables de faire la
distinction entre un animal exotique puis un
animal qui ne l'est pas quand on sait qu'il y a des experts qui sont venus nous
dire qu'il ne faut pas les mettre de côté?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Moi, ce que j'ai compris, là, des experts que
vous mentionnez — c'est
la clinique de Laval, là, les deux
vétérinaires qui sont venus s'adresser à la commission — ils nous ont parlé des animaux de compagnie, ils souhaiteraient que les amendes à
la Faune soient plus élevées. Moi, je n'ai aucune objection que les
amendes à la Faune soient plus élevées.
Habituellement,
le processus législatif, quand on le vit, il y a toujours un ministère qui...
comment je pourrais dire ça, qui
relève la barre, à un moment donné, des amendes, et les autres suivent. Vous
allez vous apercevoir que ça va suivre pas
simplement à la Faune, là, ça va suivre dans d'autres domaines d'activité
également. Maintenant, ce n'est pas parce qu'on pense que c'est déraisonnable qu'on le fait, là. On s'est ajustés
avec les autres juridictions. Votre question est bonne. Est-ce que la
Faune s'est ajustée avec les autres juridictions ou est sur le point de le
faire? Moi, je ne peux pas vous répondre, je
ne le sais pas. Maintenant, vous avez un critique à la faune, sans doute, là,
dans votre formation politique, il faut
qu'il fasse ses pressions, avec ses clientèles, avec son monde, auprès de ceux
et celles qui ont la juridiction dans ce domaine-là. Puis les inspecteurs de la Faune comme tels, ils sont sur le
terrain à faire leur travail, eux autres aussi, puis ils ne font pas le même travail, généralement, que
les inspecteurs du MAPAQ. On les veut en complémentarité puis on veut que ça
continue à travailler dans ce sens-là.
Moi,
je me verrais mal, là, mettre tous les animaux sur le droit statutaire. Sur la
définition de l'animal, sur le statut de l'animal, ça, je n'ai pas été
difficile à convaincre parce que je me suis rappelé de Gandhi, mais, à partir
du moment où j'arrive dans des
applications pratiques, ce n'est plus la même chose. Moi, je pense que ça
complexifierait la loi, ça la rendrait pratiquement... ou, en tout cas,
je ne peux pas dire «inapplicable», mais très difficile d'application.
D'Amours : Je comprends, quand vous l'expliquez, que c'est un point de
vue que vous avez probablement regardé
de tous bords tous côtés. Mais moi, j'ai regardé, au niveau de la Faune, le
bureau... exemple, le bureau de Montréal, celui qui s'occupe de Montréal est à Saint-Jean-sur-Richelieu. Il y a
huit agents de la paix, puis ces agents de la paix là, ils ont des menottes, ils ont un fusil, ils ont un
mandat très clair. La Faune, ça a un mandat très clair : la chasse et la
pêche. J'en ai parlé dans ma...
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Est-ce que je peux vous corriger?
D'Amours : Allez-y, M. le ministre.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Ils ont la chasse, la pêche et, sauf erreur, ils
ont également, en vertu d'une délégation de
pouvoirs, des pouvoirs en matière de l'environnement sur les espèces végétales
menacées, etc., parce qu'ils sont sur le territoire. Donc, ils font un
peu plus large, là, que strictement chasse et pêche.
D'Amours : Oui, mais là moi, je parlais des animaux, là, je ne parlais
pas au niveau végétal. Je parlais au niveau
des animaux. Leur priorité au niveau des animaux, c'est la chasse et la pêche,
ce n'est pas un élevage de perroquets.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : ...également.
D'Amours : Ils font les zoos, mais ce n'est pas un élevage de
perroquets. Le temps en forêt, là... ils n'ont pas assez de personnel. J'ai regardé au niveau du personnel, parce que
ce n'est pas une question aussi juste d'amendes. C'est une question d'avoir des gens qui sont formés mais des gens qui
ont aussi une compétence dans les petits animaux exotiques ou dans les
gros animaux exotiques et c'est aussi une question de disponibilité.
Alors, j'ai regardé,
là, il y a des chiffres, il y a... attendez, 610 en 2000...
D'Amours : En 1995, ils étaient 610 agents. En 2015, ils sont 315. Il
y en a plusieurs là-dessus à temps
partiel. Puis, en plus, il y en a
46 qui vont faire un départ à la retraite, là, en 2015‑2016
puis il y en a 24 seulement qui vont être remplacés. Ça fait qu'on
s'en va toujours de moins en moins d'agents...
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Les
chiffres que vous citez, là, ça, c'est au moment... 1994, moi, j'étais ministre
de la Faune, c'est au moment où j'étais ministre de la Faune.
Mme D'Amours : Bien là, moi, les
chiffres que j'ai, c'est ceux qu'ils m'ont cités en 2015.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : ...à
parler du moment où j'étais là, mais là il y a eu d'autres gouvernements,
il y a eu d'autres éléments. Ça, moi, je ne
veux pas que la CAPERN devienne la commission de la faune, là. Si on a des
représentations, s'il y a des crédits, s'il
y a des choses à faire, il faut le faire à la bonne commission parlementaire
avec les bons porte-parole puis les
gens qui ont la bonne information. Moi, je ne suis pas venu ici, là, en
commission de la faune puis je ne
veux pas... Il y a une complémentarité, je la justifie, je l'explique, ça me
fait plaisir, mais je ne suis pas pour commencer
à défendre les effectifs, les crédits puis les budgets d'un autre ministre puis
d'un autre ministère, parce que les
autres vont commencer à faire ça puis là ça va tout être mélangé. Puis je vois
un collègue qui a déjà été ministre, de l'autre bord. C'est la dernière
chose à faire. Il faut clarifier les choses plutôt que les mélanger.
D'Amours : Oui, mais, M. le Président, c'est ce que j'essayais de
démontrer, c'est qu'ils n'ont pas la capacité de le faire convenablement, le travail. Puis, si on s'occupe juste des
animaux sous le MAPAQ ici, il va falloir que quelqu'un fasse une pression. J'essaie de comprendre, le
ministre, là, ce qu'il est en train de nous dire. C'est qu'un de nos collègues
qui sont des responsables de la faune devra
faire une pression au niveau du ministre de la Faune pour qu'il puisse faire
le même travail que vous êtes en train de
faire puis là tout le monde va se lever, tout le monde va applaudir. Est-ce que
c'est ça que je comprends?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Nous,
on a senti, là, que, le fait qu'on soit des derniers de classe, des cancres,
au Québec, avec notre législation, il
fallait la moderniser. On a également senti que, sur le terrain, il y avait un
paquet de gens qui étaient prêts à collaborer puis à nous aider puis,
parfois, ils ne savaient pas comment. Il y en a qui étaient structurés, comme les SPA, les SPCA, etc. Mais il
y avait des gens qui étaient témoins de maltraitance animale puis qui ne
savaient pas à quel saint se vouer. On a mis sur pied la ligne
1 844 animaux, là; plus de 500 appels par mois qui indiquent à
nos inspecteurs que c'est par là qu'il faut qu'ils aillent regarder, là, tu
sais, ça facilite leur travail.
En commission
parlementaire — on le
verra dans les articles qui vont nous arriver un peu plus loin — on avait créé un statut un peu particulier
pour les médecins vétérinaires pour qu'ils soient des gens qui soient mis à
contribution en application de
certains éléments de cette loi-ci. Là, les agronomes nous arrivent puis ils
nous disent : Nous autres aussi, on
veut être mis à contribution. Là, les deux ordres professionnels se parlent,
là, de ce temps-ci, par échange de missives et de lettres. Mais le plus
de contribution qu'on a, le mieux qu'on est.
Maintenant, s'il
y a d'autres ministères... Écoute, ce n'est pas bien, bien cher, notre ligne
1 844 animaux, là, ça nous
coûte 0,04 $ la minute, puis c'est sept jours par semaine, 24 heures
par jour. S'il y a d'autres ministères qui veulent s'en inspirer, ils peuvent s'en inspirer.
Maintenant, ça, ça appartient aux critiques puis aux ministres des autres
secteurs à dire : Bon, bien, ce
qu'ils font en Agriculture, c'est bien. On a de la... comment je pourrais dire
ça, on a de la médecine vétérinaire en Agriculture qui fonctionne bien.
Vous pouvez avoir de la visite à domicile d'un vétérinaire. S'il y en a qui veulent s'en inspirer dans d'autres domaines
d'activité, ils peuvent s'en inspirer. Mais on n'a pas un système qui est
gratuit, par exemple. On a un système sur
lequel vous devez payer, vous devez contribuer. On a un ticket modérateur à
30 %. Je ne suis pas sûr que ça s'applique aux humains.
D'Amours : Quand vous parlez
que tout ce beau monde là se parle puis qu'ils veulent tous, probablement...
Parce que, vous l'avez dit, là, c'est un
système payant. Ça fait qu'ils veulent tous avoir droit au chapitre, j'imagine.
J'imagine que c'est ça, parce que,
des fois, quand c'est bénévole, ça ne court par les rues. Mais est-ce que ces
gens-là vont être formés? Si jamais
la Faune n'avait pas assez d'effectifs, est-ce que ces regroupements-là, ces
personnes-là vont avoir la formation pour
aussi aller vers les animaux dont on parle, là, souvent : le bison,
l'autruche, les reptiles? Est-ce qu'il va y avoir un lien qui pourrait se faire? Est-ce que, par le MAPAQ,
on va aller vers la Faune ou, si quelqu'un appelle à votre 1 800, est-ce
qu'ils vont le diriger au bon endroit? Et est-ce que la Faune, si elle n'a pas
les effectifs, on... Qu'est-ce qu'on fait, là?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Moi, je
ne le sais pas, si la Faune a les effectifs ou pas. Moi, ce qui m'intéresse,
c'est d'avoir les effectifs et que mes effectifs soient bien formés pour
appliquer correctement la loi. Ailleurs, là, la formation n'est peut-être pas la même. J'imagine que, quand ils ont
confié la mission additionnelle aux agents de la faune de s'occuper des espèces
vulnérables ou menacées, ils leur ont donné une formation pour l'ail des bois puis ces choses-là, là. Je ne suis pas en mesure de juger la
formation, je n'ai pas suivi le cours. Mais je me rappelle d'avoir négocié avec
le président des agents de la faune, à l'époque, en lui demandant :
Prendriez-vous une juridiction additionnelle? Puis ils ont été ouverts, ils l'ont prise. Je leur en suis reconnaissant. Au lieu
d'engager, là, le ministère de
l'Environnement, un autre arbitre fonctionnaire pour aller suivre les
traces de l'agent de la faune qui est déjà dans le bois, bien ils le font. Ils
trouvaient que c'était logique.
Mme D'Amours : Bien, pourquoi qu'on
ne profiterait pas des deux ministères?
Paradis (Brome-Missisquoi) :
Dans tout ce qui est sous notre juridiction, là, avec les effectifs qu'on a,
avec les méthodes qu'on met de l'avant, avec la complicité des
intervenants dans le milieu puis avec les articles qu'on va voir un petit peu
plus loin, là, avec ce qui s'en vient, je pense qu'on va être capables de faire
un travail correct.
Maintenant,
s'il y a une commission
parlementaire sur la faune puis qu'il y a
des gens qui veulent aller faire des représentations, bien, c'est la
base du système démocratique, hein?
Mme D'Amours : Merci, M. le
Président. Merci.
Président (M. Morin) : ...Mme la députée de Mirabel. Est-ce
qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement? Oui, Mme la députée
d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Poirier : Merci, M. le
Président. Je sais que mon collègue puis la collègue de Mirabel vous
interpellent là-dessus, M. le ministre, là,
mais je pense qu'il y a un débat très intéressant qu'on a présentement sur la
portée du projet de loi en tant que tel.
Lors d'un
échange que vous avez eu avec la représentante d'Animal Legal Defense Fund,
Mme Gaillard, vous lui avez
demandé : Avec ce projet de loi là, on est... avant le projet, on était
bons derniers, et là on est où? Puis elle vous a répondu : Septièmes. On ne peut pas dire que c'est une grande
victoire. C'est une victoire, passer de zéro à sept, mais ce n'est pas premier, puis c'est loin d'être
premier quand on est septième. Moi, je veux juste comprendre pourquoi on
ne peut pas se rendre un peu plus loin.
Parce que, quand je regarde, entre autres, la lettre de M. Maccolini, là, du
Centre vétérinaire Laval, et d'autres
intervenants qu'on a eus... Puis c'est de ça qu'on se parle depuis la semaine
passée. Parce que, là, il y a des animaux qui se retrouvent et dans un régime
et dans l'autre. Je comprends que, par règlement, vous pourrez les
retirer d'un régime, les amener à l'autre. Mais ma collègue, quand elle vous
parle du même perroquet que moi — on partage le même perroquet et la même
préoccupation — il
y a quelque chose de pas normal.
Laisser au
citoyen savoir à quel ministère il faut qu'il s'adresse, c'est un peu étrange,
à mon avis, parce que le citoyen qui
veut faire une plainte sur les perroquets, bien il ne sait pas qu'il va falloir
qu'il appelle à la Faune, parce qu'on a
une ligne 1 800 animal qui risque de lui dire : Bien, ce n'est pas
ici qu'on va prendre votre plainte, c'est ailleurs. Alors...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : On
ne répond pas comme ça au monde, là, je tiens à vous avertir.
Mme Poirier : Bon. Bien, je
pense qu'il faut rassurer un peu les...
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : On en a
parfois, là, et c'est une compagnie à qui on a donné le contrat, ils savent
à qui référer. On ne dit pas : Vous êtes à la mauvaise place.
Maintenant, je veux reprendre un argument, parce
que vous avez raison de l'approcher comme vous l'avez approché. La réponse a été, de l'Animal Defense Fund : Vous passez
de derniers de classe à septièmes. Et là, ce qu'on fait à l'article par
article, puis j'ai demandé à mon monde de le faire, j'essaie de comprendre
pourquoi elle a répondu spontanément à cet
élément-là, alors que nos inspirations autant au niveau des pénalités que
des définitions sont inspirées des trois premiers de classe. On s'est-u
trompé à quelque part dans la traduction? Ça se serait compliqué. Parce qu'au
Manitoba ils les traduisent puis en Ontario aussi. On ne s'est pas trompé
dans...
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Je pense que, quand j'ai regardé la conversation
qu'on a eue ou les échanges qu'on a
eus avec l'Animal Defense, c'était le fait qu'on avait des définitions de droit
civil qui ne trouvaient pas leur... on
ne pouvait pas comparer, finalement. Et là je pense que, sur le terrain, puis
je le dis avec toute déférence, les experts se sont parlé pour expliquer que ce qu'on a comme droit civil, c'est ce
qu'il y a de plus avancé sur la planète Terre. Ça fait que, si on est premiers dans nos définitions de
droit civil puis qu'on s'inspire de un, deux, trois, je pense qu'on ne doit
pas additionner trois plus un : quatre, puis arriver à sept, là, je pense
qu'on devrait regarder...
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : ...non,
mais objectivement, puis on va le faire, là, dans l'article par article.
Puis moi, j'ai été strict avec les gens, là. À partir du moment où on est un,
deux, trois puis qu'on est, dans notre définition
de droit civil... en tout cas, il n'y
en a pas 25 sur la planète Terre, on
devrait être mieux que ça. Maintenant, ce n'est pas moi qui fais les bulletins,
là. Moi, je fais juste m'inspirer des premiers de classe. Puis, quand on fait
de la traduction puis qu'on met des amendes,
puis tout ça, bien... Et j'ai su qu'il
y a d'autres travaux qui se
poursuivent, là, par des experts sur
le terrain qui vont se parler entre eux autres, puis peut-être
que, lorsqu'ils auront saisi la spécificité du droit civil, on saura... en tout cas, on ne descendra
pas. Premièrement, déjà, de passer de derniers à septièmes, c'est un bon
pas.
Maintenant,
y a-tu moyen de faire mieux? Moi, je
pense qu'on devrait, avec ce qu'on a
sur la table, finir mieux si on
l'applique comme il faut, mais il ne faut pas compliquer son application, parce que,
si on complique son application puis
on ne fait pas ce qu'on fait dans les autres provinces, on va encore se
distinguer puis là on va faiblir encore, on va tomber huitièmes,
neuvièmes, puis on va se retrouver où on était.
Ça fait qu'on
essaie de garder ça à flot. Puis, si vous avez des amendements, là, des autres
juridictions que je vous ai mentionnées qu'on a oubliés, dites-nous-le,
Poirier : ...je pense
qu'on a essayé de vous proposer, depuis le début, des façons de faire, mais,
bon, ça n'a pas rejoint votre
enthousiasme, malheureusement. Mais, bon, on va continuer à s'essayer. Mais je
veux juste qu'on revienne sur la définition des mots, parce que c'est vraiment
là-dedans qu'est, à mon avis, la clé de la compréhension.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Deux
éléments, si vous me permettez : la définition des mots est importante,
mais l'esprit aussi du projet de loi sert de règle d'interprétation. Les deux
éléments sont importants.
Poirier : Tout à fait. Dans le projet de loi, on utilise le terme «animaux sauvages», d'accord?
On l'utilise tant dans la définition d'«animaux de compagnie»... on
dit : «Un animal domestique ou sauvage».
Est-ce que
vous pouvez me trouver la définition d'«animal sauvage» en quelque part? Parce que
la loi de la faune, elle ne définit
pas c'est quoi, un animal sauvage. Elle définit un animal, mais pas un animal
sauvage. Alors, la définition d'«animal
sauvage» n'existe pas en tant que telle dans la loi de la faune. C'est
«animal». Et je pense que c'est un peu dans ce sens-là que nous vient l'interprétation des
gens du Centre vétérinaire de Laval en disant : Domestique ou non
domestique, parce que la définition d'«animal sauvage» n'existe pas.
Puis je viens de regarder, et vous me l'avez lue tout à l'heure vous-même, la
définition dans la loi de la faune, et, dans la loi de la faune, la définition,
c'est «animal» et pas «animal sauvage».
Donc, on vient introduire, dans 2°, «animal de compagnie» : animal
domestique ou sauvage, quelque chose
qui n'existe pas, en tant que tel. Ça existe dans notre parler, mais ça n'existe pas, en tant que tel, comme une définition.
Alors, moi,
je voudrais comprendre pourquoi on vient dire «animal domestique ou sauvage» et
pourquoi ne pas, justement, répondre à la demande de ces gens-là et de ne
pas arriver avec «animaux domestiques» ou «non domestiques».
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) :
...fourni des éléments de réponse à votre question lorsque
vous êtes intervenue en début de commission parlementaire et que vous avez utilisé les définitions de
dictionnaire. À un moment donné, quand une
définition est contenue dans un projet
de loi, que ce soit la loi qui est
sous étude actuellement ou la
loi sur la faune, c'est facile, on s'en remet à cette définition-là,
qui est la définition dite légale. Quand vous ne trouvez pas, dans le projet de
loi, de définition dite légale, et
c'est ce que vous invoquez à ce
moment-ci, là, à ce moment-là, vous recourrez à l'usage, au
dictionnaire, à la façon normale. Vous connaissez les règles d'interprétation.
Et c'est ce qu'on doit faire quand ce n'est pas défini.
Poirier : Mais, justement
en lien avec ça, pourquoi venir introduire... Parce que,
dans le fond, ce qu'eux nous disent... puis je vais juste lire le petit paragraphe,
là, dans lequel ils nous font la démonstration, là, et là ils nous
disent : «De plus, avec les définitions actuelles, certains des autres
petits animaux sont considérés comme des animaux domestiques; d'autres, comme des animaux sauvages — ce
qu'on se dit là. En séparant les animaux de compagnie sous ces deux catégories — animal domestique ou sauvage — nous
séparons leur protection sous deux ministères — ce qu'on se dit depuis tout à l'heure — laissant
place à un risque important de malentendu et de difficulté d'application des
lois. Prenons l'exemple d'une
animalerie qui détiendrait des lapins et des hamsters élevés pour la vente en
tant qu'animal de compagnie.» On a
dit que ça pouvait être domestique et sauvage, d'accord? Alors là, on a un
animal sauvage puis un animal domestique.
Alors :
«Un citoyen désirant signaler un abus devrait s'adresser au
MAPAQ pour la prise en charge des lapins et à la Faune pour la prise en
charge des hamsters, la loi définissant...
Poirier : ... — laissez-moi
finir — actuellement un lapin comme un animal domestique et un hamster comme un
animal sauvage.»
Autre
exemple : un inspecteur du MAPAQ visitant un élevage de pigeons voyageurs
n'a pas le mandat de prendre en
charge des tourterelles qui seraient maintenues avec les pigeons, la loi
définissant actuellement un pigeon comme un animal domestique et
une tourterelle comme un animal sauvage.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Ça
serait tout vrai si — puis
là je suis un peu obligé d'anticiper, M. le Président — on
n'adopte pas l'article 2. Si on adopte l'article 2, c'est le MAPAQ.
Le Président (M. Morin) : Je
vous rappelle qu'on est à l'amendement.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Oui,
oui. Moi, je laisse le débat un peu large.
Poirier : M. le Président, on a l'esprit large ici, là, on a une vision large. Le ministre l'a
dit, il faut avoir une vision large du projet de loi.
Président (M. Morin) :
Pas de problème. C'est simplement pour vous avertir que vous êtes sur le temps
de l'amendement.
Poirier : Oui, oui, tout à fait, mais c'est de ça qu'on parle. Mais, dans le fond, ce que j'essaie de
comprendre, c'est que... puis je sais
que c'est dans la construction de la loi qu'il est arrivé des arbitrages, là,
je le comprends, là, puis il a dû y avoir quelqu'un à quelque part qui a
dit : On ne vient pas jouer dans ma cour, parce qu'on est avec des animaux
qui sont sur deux
régimes présentement. On se donne la possibilité de faire passer des animaux
d'un régime à l'autre, en tout cas,
d'un ministère à l'autre, par règlement. On se donne la possibilité que des
inspecteurs d'un ministère puissent inspecter les animaux de l'autre
ministère...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Pour
éviter les dédoublements, sauver des frais aux contribuables.
Poirier : Pour éviter
les dédoublements, puis sauver de l'argent à tout le monde, puis faire ça
intelligemment, je comprends ça, mais
pourquoi, à ce moment-là, utiliser un terme qui n'existe pas? Parce que, même
dans le b, on ne vient même pas les nommer sauvages, les animaux. Même
dans le b, on n'utilise pas... Le renard roux puis le vison d'Amérique gardés en captivité, on s'était bien
dit que, ceux-là, c'était une question de fourrure mais que tout autre animal
ou poisson au sens de la loi... Alors, même là, on n'est même pas venus les
appeler sauvages.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Je vais
vous répéter ce que je vous ai dit : S'il n'est pas défini dans cette
loi-ci, «animal sauvage», puis s'il
n'est pas défini dans la
loi sur la faune, c'est le thème usuel, de la façon
dont il est compris dans la société
et généralement expliqué par des dictionnaires, des encyclopédies, etc., c'est
la définition qui s'applique. Puis moi, je trouve que...
Poirier : Pourquoi,
dans b, à ce moment-là, vous utilisez une autre appellation? Dans b, vous
dites : «Ainsi que tout autre animal ou poisson au sens de la loi», puis
après ça vous venez définir ça comme «sauvage». Parce que, là, on s'aperçoit qu'il y a comme différentes
catégories, là, là-dedans, là, puis, quand je regarde la
loi sur la faune, là
ils en ont...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) :
...est défini dans la
loi sur la faune, là, on vient de le lire.
Mme Poirier : Oui, oui.
L'animal est défini, mais il est défini qu'il peut être aussi un animal de
compagnie.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Il peut
être un animal de compagnie sans... il
n'y a pas de contradiction entre
les deux, là. «Animal de compagnie» :
un animal domestique ou sauvage. Donc, il
n'y a pas de contradiction entre les
deux lois, il y a une complémentarité.
Poirier :
...comprend, M. le ministre, là, que, dans la définition de l'animal
domestique, c'est quelque chose
qui a évolué. Ma collègue vous parlait des
perroquets tout à l'heure. On peut considérer le perroquet comme un animal
domestique.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) :
...de compagnie, en vertu de cette loi-ci.
Mme Poirier : Oui, mais il
aurait pu être dans la liste des animaux domestiques.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Oui.
Poirier : Oui. C'est
ce que je vous dis. Donc, il est là, là. À mon avis, on est septièmes, là, à
cause justement de
l'ambiguïté. On ne sait pas, les animaux, dans quelle gang qu'ils sont.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) :
Reprenez la discussion. On n'est pas septièmes à cause de ça, là. Sérieusement,
je ne peux pas vous en vouloir puis je ne suis pas supposé de le dire, là, mais
il y avait...
Mme Poirier : Non, mais je
l'ai lu.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : O.K.
C'est correct.
Mme Poirier : J'ai lu votre
échange.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Et
c'était sur l'approche de droit civil qu'il y avait, comment je pourrais dire
ça, une certaine incompréhension, et je vous
soumets respectueusement que cette incompréhension-là est en train d'être réglée sur le terrain par des experts qui se
parlent présentement. Et ces experts-là ne nous disent pas qu'on doit modifier,
nous, ils expliquent aux gens l'approche de
droit civil, parce que, si les experts nous disaient qu'on devait modifier,
nous, je vous en ferais part.
Poirier : Mais est-ce
qu'on se comprend, là, de dire qu'on a un problème? Le citoyen, là, il faut
qu'il se retrouve là-dedans, hein?
Nul n'est censé ignorer la loi, là, mais il faudrait qu'il la comprenne. On
s'entend? Puis moi, comme législateur, ça a toujours été ma
préoccupation : essayons de dire des affaires que le monde comprenne dans les lois. Mais là, actuellement, même nous, entre nous, ici, on nomme des animaux puis on ne sait même
plus dans quelle catégorie ni dans quel ministère ils sont. Alors, il y
a un problème de fond, là.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Il n'y en a pas. Écoutez, sérieusement, là, la
dinde sauvage, ou le chevreuil, ou l'orignal,
ou l'ours... je ne pense pas, là, qu'il y ait personne de mélangé ici, là,
comme tel. Puis les animaux d'élevage puis
les animaux de compagnie, il n'y a pas personne... il y a
une petite zone où vous dites : On a besoin d'éclaircissement, puis c'est ce qu'on tente de faire avec le
perroquet qu'on parle, là, depuis le début. On vous dit que le perroquet, c'est
un animal qui relève du ministère
de la Faune, mais, s'il est dans une animalerie pour être vendu puis mon
inspecteur s'en va vérifier les
chatons puis les chiots, bien, si on adopte tantôt l'article 2, mon inspecteur,
il va pouvoir appliquer, en fonction du perroquet, la
loi sur la faune
puis il va être formé en conséquence.
Poirier : Mais est-ce
qu'on s'entend que le perroquet, il n'est jamais allé ailleurs que dans
l'animalerie ou chez une personne?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : On s'entend.
M. Villeneuve :
Au Québec.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Au Québec, oui.
Mme Poirier :
On a l'application du Québec ici, là.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Oui, mais au Québec.
Mme Poirier :
Alors, on voit, là, qu'il y a comme un... comment je dirais ça, un...
Une voix :
Un quiproquo.
Poirier : ...un
quiproquo — merci — il y a comme un quiproquo sur la définition, là, des animaux, parce qu'on ne sait pas lesquels... puis je comprends
que vous pourrez, par règlement, définir la liste des animaux, là, puis ça
aurait été peut-être agréable de le faire, l'exercice.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : ...revenir au perroquet? On vient de me donner...
Mme Poirier :
Bien oui, revenez au perroquet.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Les experts...
Mme Poirier :
Mais répétez-vous pas, par exemple.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Elle est bonne.
Mme Poirier :
Elle était facile.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Les experts le disent, un perroquet ne peut pas
être un animal domestique, car il n'a
pas été sélectionné par l'homme de façon à répondre à ses besoins. C'est ce que
les experts sont venus nous dire.
Mme Poirier :
Ils n'ont pas de perroquet chez eux, eux autres, là.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : ...pas de perroquet chez eux, mais ils sont venus
nous dire ça.
Poirier : Bien là, un
perroquet... il y a des gens qui ont des perroquets comme ils ont des
perruches, comme des oiseaux, des canaris.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) :
Non, non, mais ce que je vous dis, c'est que, si quelqu'un maltraite un perroquet, il peut se plaindre, les inspecteurs du
MAPAQ vont avoir juridiction. Mais ils vont pouvoir être sanctionnés en
vertu de la loi de la faune. Mais ils peuvent se plaindre, ils peuvent faire le
1 844 animaux.
Poirier : Ce que vous
venez de dire, là, c'est important. Donc, l'inspecteur du MAPAQ pourra appliquer
des sanctions d'un autre ministère.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) :
Sous réserve de l'adoption de l'article 2.
Poirier : ...revenir
à l'article 2 en temps et lieu. Je garde cet échange en note de
l'article 2. Je n'ai pas d'autre question, mais je persiste à dire
qu'on a un problème de définitions.
Paradis (Brome-Missisquoi) :
...plus grave, s'il existe, que celui que l'on retrouve dans les trois
juridictions que j'ai mentionnées : Manitoba, Ontario, Colombie-Britannique,
qui sont les premiers de classe.
Le Président (M. Morin) : M.
le député de Berthier, vous voulez intervenir?
M. Villeneuve : Rapidement,
M. le Président. Vous savez, on m'a toujours dit, moi, à l'école : Si tu
n'as pas des bonnes notes, là, travaille plus fort, ne copie pas sur le premier
de classe. Alors, si on veut passer de sept à la catégorie un, deux, trois, si on veut arriver premiers, deuxièmes ou
troisièmes au lieu de rester septièmes, bien il faudrait peut-être s'assurer qu'on va peut-être plus loin
que qu'est-ce qu'on a devant nous présentement au niveau du projet de
loi n° 54. Elle est peut-être là, une des clés pour justement améliorer le
tout.
Et je me pose
la question — et je la
pose au ministre en passant, M. le Président. Dans le palmarès, j'imagine que
ça comprenait tous les animaux, pas
seulement les animaux qui ne sont pas sous la Faune, ça devait comprendre l'ensemble
des animaux, et d'où l'idée justement de
s'assurer qu'on va avoir juste un régime et non pas deux régimes au niveau des
amendes puis au niveau des peines à ceux qui contreviendraient à la loi.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) :
C'est pour ça qu'on a eu une discussion avec l'Animal Defense League, là, sur la définition civile de l'animal. Et là où
on a eu des difficultés de compréhension de part et d'autre — moi, je ne mets pas le blâme, là — c'était sur la définition civile, qu'on a
déjà adoptée, là, puis moi, si... et ce qu'on me dit sur le terrain, c'est que
les experts en droit civil sont en train d'expliquer à l'Animal Defense qu'on
fait la bonne chose. Je ne peux pas aller bien, bien plus loin que ça,
moi, là, là.
Le Président (M. Morin) :
Oui, Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : Je reviens au début de la modification qui est
apportée : «Tout autre animal non visé par la loi».
Quand on
parle de tout ce qui est animaux sauvages qui sont gardés en captivité dans les
zoos, les cirques, les parcs d'attractions,
sont exclus de la loi... je vais l'appeler la loi MAPAQ, mais sont sous la
juridiction de la
Loi sur la conservation. Parce que c'est là-dessus qu'on avait fini la semaine passée, là, les
zoos puis les cirques, là. Un animal qui va être maltraité dans un zoo... on ne le nommera même pas, là, on
n'ira même pas dans la catégorisation, là, un animal qui est maltraité
dans un zoo, est-ce que, donc, à ce moment-là, on s'entend que c'est la Faune?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : On
s'entend que c'est la Faune sur le plan du droit statutaire. Mais la loi du
MAPAQ, si on peut l'appeler comme ça, dans
sa
partie I, dans son
chapitre I, le statut de l'animal, un être
sensible, etc., là, s'applique.
Mme Poirier : Donc, la
partie I va s'appliquer à la loi de la faune dorénavant.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Elle ne
s'applique pas à la loi de la faune, elle s'applique à l'ensemble des
animaux.
Mme Poirier : À l'ensemble
des lois, point.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) :
Parce que c'est le Code civil dans sa...
Poirier : C'est ça. Donc, la maltraitance, dans un zoo, d'un
animal quelconque, qu'il soit domestique ou sauvage, la Faune devra
intervenir mais selon les paramètres de la Faune.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Tu as
trois possibilités sur le plan légal pour un animal qui est maltraité dans
un jardin zoologique : la première
possibilité, c'est la loi de la faune, c'est clair, là; la deuxième
possibilité, si cette loi-là est
adoptée, c'est en vertu de la définition du statut de l'animal, ses impératifs
biologiques : ce n'est plus un bien meuble, etc.; puis, s'il y a de la cruauté, avec ce qu'on appelle la
mens rea, le Code criminel continue de s'appliquer. Donc, il y a trois
niveaux d'intervention. Puis on l'oublie souvent, le Code criminel, parce que
le fardeau de la preuve est plus difficile,
il faut démontrer, là, la volonté de faire mal, puis pour les procureurs c'est
quelque chose de plus difficile. C'est pour ça que, sur le plan
statutaire, on en a mis, là, ici.
Poirier : Je veux juste qu'on reprenne ce que vous venez de
dire : premier niveau... mais moi, je vais les mettre à l'envers,
là, pour les éliminer, premier niveau : criminel.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) :
...cruauté envers les animaux, c'est au Code criminel.
Mme Poirier : Ça, c'est top,
c'est premier niveau, c'est «top of the top», là.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Ça,
ça s'applique partout au Canada.
Mme Poirier : Exactement.
Deuxième niveau, moi, je dirais : Code civil.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : C'est le niveau que les gens veulent utiliser.
Poirier : O.K. Code civil. Et ce que vous me dites, c'est
que... troisième niveau : Faune. Donc, il y a des animaux qui sont
sous la responsabilité de la Faune qui ne seraient pas compris dans le Code
civil.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Non,
non, non.
Mme Poirier : Non, non, ça ne
marche pas, là.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Ils
sont couverts par le premier livre de ce qu'on adopte ici présentement, là,
tout ce qui est Code civil, l'animal n'est
plus un bien meuble, etc., donc il y a des possibilités de recours si vous le
traitez comme un bien meuble. Le
deuxième élément, c'est : si c'est un animal qui relève de la Faune, donc,
ce sont les sanctions de la loi de la faune qui s'appliquent. Vous avez
vos trois niveaux, là.
Poirier : O.K. Dans le fond, il y a une catégorie d'animaux qui
vont être sous les pénalités, je vais le dire comme ça, du MAPAQ puis
une autre catégorie qui va être sous les pénalités de la Faune.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Comme
dans les autres juridictions : Manitoba, Ontario, Colombie-Britannique,
comme les trois premiers de classe.
Mme Poirier : Mais, si je
comprends bien, est-ce que l'endroit où est détenu l'animal va avoir un effet?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) :
...endroit s'il rentre dans «animal de compagnie» qui «vit auprès de l'humain,
notamment dans son foyer, en tant que compagnon et pour des fins d'agrément».
Mme Poirier : Il n'est pas au
zoo, là.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Non,
on n'est pas au zoo, là.
Mme Poirier : C'est ça. Donc,
ça dépend de son endroit.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Oui.
Mme Poirier :
On s'entend. Donc, la maltraitance dans un zoo va être... pour un animal qui
pourrait se retrouver dans une maison, ne sera pas considérée sous le
même régime.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Ça
demeure un animal qui est sous la juridiction de la Faune, donc ce sont
les amendes de la Faune qui s'appliquent.
Poirier : Mais pour un même animal qui pourrait se retrouver
dans une maison, parce qu'il y a des animaux de zoo qui sont aussi dans
des maisons, là.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) :
C'est la loi de la faune qui va s'appliquer.
Poirier : O.K. Mais ça n'empêche pas que quelqu'un du MAPAQ
pourrait faire l'enquête et dénoncer la situation.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) :
Compte tenu des dispositions de l'article 2 qu'on va voir tantôt.
Poirier : O.K. Est-ce que, pour vous — pour moi, il y a une différence, mais je
veux savoir pour vous — il y a une différence
entre une fête foraine, par exemple, itinérante dont on garde les animaux
presque personnellement, dans bien des cas — je ne parle pas du
lion, là — versus,
tiens, un chimpanzé, par exemple, là, tu sais?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Je
ne saisis pas la question, là.
Poirier : C'est très différent que d'un... alors, parce que
l'animal de compagnie, dans ce sens-là, il peut être sauvage, on l'a dit, mais
lui, il va se retrouver sous le régime de la Faune, mais, dans un cadre de fête
foraine où c'est un peu itinérant, je dirais, là...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Ils restent
à la Faune.
Mme Poirier : C'est toujours
la Faune.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Toujours
la Faune.
Poirier : O.K.
Donc, cirques, fêtes foraines, zoos, parcs d'attractions. Donc, autre que le
domicile, c'est la Faune.
Paradis (Brome-Missisquoi) :
Bien, c'est-à-dire, tantôt on va pouvoir voir, là, que nos
inspecteurs, normalement, vont pouvoir aller dans un... un «pet shop»,
j'étais pour dire, là, mais dans l'animalerie.
Mme Poirier : Mais je parle
de l'application de la loi. Je parle de l'application de la loi et de ses
pénalités.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : La
juridiction, à partir du moment où
c'est un animal sauvage, la
juridiction, c'est Faune.
Mme Poirier : O.K., qu'il
soit où ça voudra.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) :
Qu'il soit où est-ce que ça voudra.
Le Président (M. Morin) : Est-ce
que ça va pour l'amendement? Est-ce que l'amendement est...
Le Président (M. Morin) :
Oui, Mme la députée de Mirabel.
Mme D'Amours : J'aimerais déposer un
sous-amendement à l'article 7.
Le Président (M. Morin) : O.K.
Un sous-amendement, oui. Oui. Si vous voulez nous le lire.
Mme D'Amours : Retirer, sous le paragraphe c
créé par l'amendement, les mots «non visé par la
Loi sur la conservation et la
mise en valeur de la faune et qui est».
Et le sous-paragraphe c se lirait comme
suit :
«
c) tout autre animal désigné par règlement.»
Le Président (M. Morin) :
C'est bien. Si vous voulez nous déposer votre sous-amendement. Je suspends quelques
instants.
(Suspension de la séance à 16 h 27)
Président (M. Morin) :
Nous reprenons nos travaux. Mme la
députée, voulez-vous donner quelques
explications ou c'est limpide, ce que vous avez écrit?
D'Amours : Bien, en fait,
pour revenir à ce qu'on vient de discuter, c'est que, là, on vise tout animal
non visé par la loi de la
conservation et de la mise en valeur de la faune. Moi, je pense
que ce serait «tout autre animal» pour donner de la latitude au ministre
si jamais il veut le désigner par règlement.
Le Président (M. Morin) : Si
je me souviens, c'était le premier amendement du ministre, «tout autre animal désigné par règlement», le premier amendement
qu'il a déposé, puis il a renchéri avec un autre amendement. M. le ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Oui,
M. le Président. Vous êtes sur la bonne piste. C'était exactement l'amendement que j'avais proposé et que j'ai retiré pour le
préciser et le bonifier en y ajoutant ce qu'on vient d'y ajouter. Donc, si je l'ai fait, c'est parce que je me
devais de le faire, et je ne veux pas soustraire ma bonification à ce qu'on
vient de faire.
Le Président (M. Morin) :
O.K. Mme la députée de Mirabel.
D'Amours : En fait, moi, je
trouve que ça précise trop une catégorie puis il faudrait la mettre un peu plus large. Donc, la première était probablement
beaucoup plus large que la catégorie dont on parle, là, qui est une loi non
visée par la
Loi sur la conservation, la mise en valeur de la faune. Alors, je
trouve que ça restreint, si on bonifie cet amendement-là, ça fait que c'est pour ça que j'ai fait un sous-amendement pour «tout autre animal désigné par règlement», pour donner
la latitude au ministre.
Le Président (M. Morin) : M.
le ministre.
Paradis (Brome-Missisquoi) : Ça va. Moi, j'ai dit ce que j'avais à
dire.
Le Président (M.
Morin) : O.K. D'autres interventions sur le sous-amendement?
Villeneuve : M. le Président, est-ce que le ministre peut nous rappeler pourquoi, justement,
il l'avait changé? Parce que ça,
c'était l'élément de départ, et il nous est arrivé avec un amendement
dont on discute, et là Mme la
députée de la CAQ nous ramène l'amendement
du ministre au départ. Alors, peut-être nous réexpliquer pourquoi
il avait fait le changement.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Parce que les légistes qui travaillent au texte
trouvaient que c'était plus précis, plus clair et plus déterminant.
M. Villeneuve :
C'était moins large.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Plus précis, donc moins large.
M. Villeneuve :
O.K. Je n'ai pas d'autre question.
Président (M. Morin) : Ça va? Donc, on est prêts à voter sur le
sous-amendement. Est-ce que le sous-amendement est adopté? Refusé. Ça
Donc,
on revient à l'amendement. Est-ce qu'il y a d'autres questionnements sur
l'amendement? Ça va? Est-ce que l'amendement est adopté?
Une voix :
Sur division.
Président (M. Morin) : Ça va. O.K. Donc, on est rendus à ce qu'on
appelle le paragraphe 2°. M. le ministre.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Paragraphe 2°, M. le Président :
«2° "animal
de compagnie" : un animal domestique ou sauvage qui vit auprès de
l'humain, notamment dans son foyer, en tant que compagnon et pour des
fins d'agrément.»
C'est un français
assez facile de compréhension, M. le Président.
Le Président (M.
Morin) : Est-ce qu'il y a discussion sur le paragraphe 2°?
Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : Écoutez, M. le Président, on a, depuis le début de la
section 1a, b et c, interpelé le ministre sur ce paragraphe-là à maintes
fois. Je persiste à dire que d'utiliser «sauvage»... je comprends l'explication
du ministre, qu'il n'est pas défini nulle
part. On aurait pu venir même le définir, «sauvage», dans le projet de loi, on
aurait pu venir le faire pour le bonifier. Dans a, b, c, on aurait pu
mettre un d pour venir définir «sauvage».
je me pose la question, parce qu'en ayant les travaux qu'on a, et justement à
la réflexion de la collègue à côté avec
son amendement, pourquoi le ministre a décidé de ne pas venir introduire une
définition à «sauvage». Je sais qu'il va me répondre que c'est des animaux qui sont sous la responsabilité d'un autre ministère, oui, mais, puisqu'on est
venus, dans le projet de loi,
modifier le Code civil pour prendre large et définir tous les animaux,
finalement, on est venus dire comment on va considérer, dans le Code
civil, l'animal — c'est
vraiment «l'Animal» — bien,
à partir du moment où on vient les
catégoriser dans a, où on vient dire c'est quoi, un animal domestique, en b on
vient définir que c'est des animaux d'élevage dans le but de faire du
commerce, de la viande et des produits alimentaires, puis après ça on est venu
dire, tout à l'heure, en amendement à
c : Ça peut être tout animal non visé par la loi de la faune, bien, on
aurait dû ajouter une définition à «sauvage» pour être capable de venir,
dans ce paragraphe-là, utiliser le mot «sauvage». Et je pense que ça aurait été pédagogique dans la loi et je pense
que ça aurait pu justement, même si c'est un terme utilisé... dans le fond,
il n'est même pas utilisé dans l'autre loi, là, il n'est même pas utilisé, ça
nous aurait permis de venir répondre à ce que
les gens de Laval sont venus nous dire, d'utiliser «non domestique», puisque
«domestique» est défini. Donc, ce qui n'est
pas domestique devient non domestique. Là, je pense que ça, là-dessus, on
n'aura pas des grandes discussions, là. Mais je pense qu'on aurait pu
venir définir le mot «sauvage» et je pense qu'on aurait eu un effet qui aurait
permis de rejoindre, je pense, tous les gens qui sont venus ici pour
questionner.
Parce
que, tout à l'heure, on parlait de : On va définir ça par règlement, on va
faire ça d'une telle façon. Alors, moi,
je pose la question : Pourquoi le ministre a fait le choix de ne pas
définir «sauvage» mais de l'utiliser quand même? Je comprends qu'il me dit que c'est un terme générique puis que c'est le
terme d'usage normal, mais il n'y aurait pas lieu justement... et moi, je suis prête à ce qu'on
puisse sauter cet élément-là puis y revenir, mais pourquoi on ne définit pas
le mot «sauvage», on ne vient pas prendre la
peine ici, là? Parce qu'on est venu, là, jouer dans les... Quand on
parlait : «Ainsi que tout autre
animal ou poisson au sens de la
Loi sur la conservation», on est venu citer la
loi de la faune. On aurait pu venir
faire une référence ici pour définir qu'est-ce que c'était, «sauvage». Alors,
je pose la question au ministre. Il y a eu un choix, un choix législatif, là, d'organisation législative, mais
pourquoi on n'est pas venu définir «sauvage»? Et il est encore temps. Il
est encore temps, à mon avis.
Je vais vous dire, nous,
on n'a pas travaillé sur une définition de «sauvage», M. le ministre, je vous
le dis très franchement, mais je pense que vous, vous avez les meilleurs
experts pour le faire. Et je pense qu'on pourrait arriver à bonifier la loi si on avait une définition de
«sauvage» qui est peut-être une définition qui peut se référencer à la
loi sur
la faune, là, je n'ai pas de problème. Mais
pourquoi ne pas profiter de l'occasion pour venir définir l'expression
«sauvage», qui pourrait être un d à
l'article précédent? On peut toujours le faire, puisqu'on n'a pas statué sur 2°
encore. Pourquoi on ne pourrait pas justement venir définir le mot
«sauvage»?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Je pense
que je n'apprendrai rien à ma collègue en lui disant — j'ai
diverses définitions, j'ai Wikipédia ,
là : «L'animal sauvage est un animal à l'état naturel de la vie sauvage,
hors de l'action des humains. Il se définit par opposition à l'animal
domestique ou apprivoisé.» Il se définit a contrario.
Mme Poirier : ...domestique.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Ça fait
qu'à partir de ce moment-là ce qu'on me dit, c'est qu'on n'en a pas
besoin. Ça fait que pourquoi le faire si on n'en a pas besoin?
Poirier : Bien, je
répondrais au ministre qu'on est venus faire le contraire de ce qu'il vient de
nous dire avec «domestique». Alors,
quand je vois «animal domestique», j'ai exactement les... on se les a
lus, d'ailleurs, en début de nos travaux, et on est même
venus mettre des exemples pour venir préciser ce qu'on voulait dire pour
«domestique». Alors, sa réponse qu'il vient de faire est totalement
contraire à ce qu'il fait lui-même dans son propre projet de loi. Puisqu'il
vient définir «animal domestique», on pourrait faire la même chose avec «animal
sauvage».
M. Paradis (Brome-Missisquoi) :
J'avais besoin d'une définition d'«animal domestique» pour l'application des articles qu'on verra plus tard, mais là je
n'ai pas besoin d'une définition statutaire de l'animal sauvage, parce que je n'en ai pas, de disposition qui s'applique plus tard. Ça fait que, je
veux dire, je n'en ai pas besoin. Je pourrais le faire, mais je n'en ai pas besoin. Ça fait qu'on pourrait
faire bien des choses, mais j'essaie d'aller à la nécessité ou au besoin
comme tel.
Dites-moi, là, en fonction de quel besoin, de
l'application de quel
article j'ai besoin de le définir.
Poirier : Bien, de
celui dont on parle, puisqu'on vient définir qu'est-ce que c'est qu'un
animal de compagnie. On dit :
Animal domestique. On est venus le définir en a, puis après ça on dit
«sauvage». Alors, en principe, on aurait dû définir «sauvage» pour donner l'équivalent de ce qu'on vient de faire
avec «domestique», sinon on écrit «non domestique», puisqu'on est venus
définir le mot «domestique».
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Mais
c'est parce que, si vous avez compris, là, puis
je pourrais vous en redonner une
série, il n'y a pas juste Wikipédia , là, il est défini à
l'inverse. À partir du moment où on définit son autre côté miroir, c'est facile d'arriver à la définition, c'est le
reste. Ça fait que, si tu en as défini une partie, n'essaie pas de définir
l'autre, parce que, là, tu peux créer une fissure. Le risque, c'est
de créer une fissure, c'est d'oublier quelque
chose, tandis qu'en le
définissant par effet miroir, sur le plan législatif comme tel, tu es certain
de ne pas en échapper.
Mme Poirier : Mais, en
principe, l'effet miroir aurait dû être «non domestique».
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Bien,
on aurait pu dire : Ce n'est pas le «domestique» qu'on définit, on définit
«sauvage», puis là on fait l'effet miroir à l'envers. Là, vous nous auriez
servi la même argumentation.
Poirier : C'est dans
l'article 2, ce que je vous dis. C'est qu'étant donné qu'on utilise deux
appellations, soit «domestique» ou «sauvage», on en a défini une et on
ne définit pas l'autre.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Une se
définit par rapport à l'autre, c'est ça que je vous explique. Mais ce
n'est pas moi qui vous l'explique, c'est Wikipédia .
Mme Poirier : Oui, je veux
bien, mais, moi, ce que je vous dis, pour avoir... justement, parce que, dans
les définitions, on l'a dit tout à l'heure, on voulait finir dans les premiers
de classe, là, bien...
Poirier : Oui, tout le monde a accès à Wikipédia . Mais, dans le fond, ce que je veux
vous dire, M. le ministre, c'est que, pour être plus clair et pour avoir un
effet pédagogique, me dire qu'un animal domestique et son contraire, c'est le
mot «sauvage»... On a bien vu qu'on avait des problèmes déjà
dans «animaux domestiques», il y en a qui pouvaient se retrouver aussi dans
«sauvage». C'est de ça dont on parle depuis tout à l'heure, là.
Alors, si on
était venus définir «sauvage», ça nous aurait probablement permis, justement,
d'avoir une meilleure compréhension
de l'application de la loi, parce
qu'à partir du moment où je vais traiter des animaux de compagnie plus tard je vais le savoir exactement et non pas par
un effet miroir, mais par une définition. Et, puisque Wikipédia vous en
fournit une très bien, pourquoi ne pas la mettre dans le projet de loi?
Paradis (Brome-Missisquoi) : Parce que, là, je vais être redondant. À
partir du moment où Wikipédia me le définit comme ça, si je mets ça...
Je peux vous le lire pour...
Mme Poirier :
...qui décide des lois.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Redonnez-moi la définition. Vous allez voir, ce
que ça va donner, ça va être bizarre.
Poirier : Mais est-ce que
c'est Wikipédia qui définit, le législateur, qu'est-ce qu'il va penser d'une loi? Non. Bon, bien, pourquoi ne pas l'écrire à
ce moment-là?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Non, non, mais, si ce n'est pas défini comme tel,
c'est les termes, usages qui... c'est le tribunal qui a une latitude
d'interprétation.
Poirier : Bien,
justement, on ne veut pas lui en donner, de latitude, on veut faire en sorte
que c'est ce que le législateur veut avoir comme «animaux sauvages», parce
que justement vous vous donnez la possibilité...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Bien, on va vous le redonner, là, on va vous le
redonner, c'est bien clair, on va le
relire : «L'animal sauvage est un animal à l'état naturel de la vie
sauvage, hors de l'action...» Si on met ça dans la loi comme ça, là, on
est plus avancés, vous trouvez?
Le Président (M.
Morin) : Oui, Mme la députée de Mirabel, vous voulez
intervenir?
D'Amours : Je voudrais savoir, en premier, la définition qu'il vient
de lire, où il l'a prise.
Une voix : Wikipédia .
Mme D'Amours :
Wikipédia . Est-ce que quelqu'un peut me dire ici... Wikipédia
a-t-il une valeur en cour? Quand on va en
cour, on va dire : Aïe! J'ai regardé ça, c'est sur Wikipédia puis
c'est ça, la définition. Est-ce qu'il y a une valeur au niveau de la cour quand
on...
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : ...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : ...quand vous avez une terminologie qui est
définie dans un statut, dans une loi
ou dans un règlement, le tribunal est lié par la définition qui se retrouve là. Lorsqu'un mot est utilisé sans
définition précise dans une loi, le tribunal a la latitude de s'inspirer
du petit Robert , de Wikipédia , etc. On appelle ça le sens commun
donné à un mot. Oui, ça a une valeur légale.
Le Président (M.
Morin) : Oui, Mme la députée de Mirabel.
D'Amours : Si je comprends bien, un animal sauvage qui se retrouverait
dans la chambre à coucher d'un petit
garçon parce qu'il l'a adopté, est-ce que votre terme, là, «animal domestique
ou sauvage», là, on arrive avec la Faune, le MAPAQ...
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : ...animal de compagnie.
D'Amours : Il devient un animal de compagnie?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Oui. En vertu de 2, si 2 est adopté.
Mme Poirier :
M. le Président?
Le Président (M.
Morin) : Oui.
Poirier : Le ministre a dit quelque chose tout à l'heure, et je
vais répondre à ce qu'il nous a dit, parce que l'effet miroir, c'est quelque chose qu'on utilise. Alors, puisqu'on
l'utilise, je vais me permettre de déposer un amendement, M. le
Président, alors, pour modifier le mot «sauvage» par «non domestique», et là on
a le vrai effet miroir.
Alors,
je vous le lis, M. le Président. Alors : Au paragraphe 2° de
l'article 1 de la
loi sur le bien-être et la sécurité animale,
introduite par l'article 7 du projet de loi, remplacer le mot «sauvage»
par les mots «non domestique».
Le Président (M. Morin) :
Je suspends quelques instants.
(Suspension de la séance à 16 h 47)
Le Président (M. Morin) :
Nous reprenons nos travaux. Donc, Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve, est-ce
que vous avez d'autres commentaires sur votre amendement?
Poirier : Bien, M. le Président, je réponds à ce que le ministre nous a dit. Il nous a dit que, par effet miroir,
ce qui n'est pas domestique est non domestique... et qui répond, à mon avis,
aussi à une meilleure compréhension. «Non
domestique», ça ne veut pas dire «non domesticable», on s'entend. Donc, je n'ai
pas plus d'explications à vous donner, puisque c'est de ça qu'on parle
depuis le début de nos travaux.
Le Président (M. Morin) : À
votre aise. M. le ministre.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Oui. Ce
que les légistes me disent, c'est que c'est un amendement qui ne change rien. Qu'on utilise l'expression «sauvage ou non
domestique», l'effet miroir est là dans un comme dans l'autre, sauf que,
si on change le mot «sauvage» à cet
article-ci... on le retrouve à une multitude de places dans la législation, et
il va falloir, par concordance, M. le
Président, le changer à une multitude de places. Changer pour changer, se
donner du travail pour se donner du
travail quand les effets envers les animaux sont les mêmes, c'est... comment je
pourrais dire ça, là, c'est de légiférer
pour légiférer, parce que c'est neutre. Votre amendement, il est aussi bon, les
mots s'équivalent. Maintenant, on va
se donner de l'ouvrage de législation en les changeant partout. Je ne vois pas
l'avantage pour les animaux, mais je vois les inconvénients pour les
légistes.
Le Président (M. Morin) :
Oui, M. le député de Berthier, vous voulez intervenir?
Villeneuve : Oui. Il y aurait assurément un travail pour les
légistes et pour nous pour la suite des choses, mais, par ailleurs,
pour...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Il
n'y a pas de gain.
Villeneuve : Bien, il n'y a pas de gain; moi, je ne suis pas
tout à fait d'accord avec ça, M. le Président. C'est très clair. Tantôt,
le ministre employait l'expression «effet miroir». Ça ne peut pas être plus
effet miroir que ça, là.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Les
deux sont équivalents.
Villeneuve : «Domestique», «non domestique», c'est on ne peut
plus clair, à ce titre-là. Oui, peut-être qu'il y aurait de la concordance à faire, évidemment, là, pour s'assurer que
le mot «sauvage» soit retiré pour, justement, là, «non domestique». En tout cas, quand on regarde
les différentes définitions qu'on peut trouver dans les dictionnaires pour
«sauvage», on peut se retrouver avec des
petites particularités, des petites différences, tandis que, là, avec
«domestique», «non domestique», moi,
en tout cas, je considère que c'est drôlement précis. On parlait de précision
tantôt, là. Ça peut difficilement être plus précis que ça, là.
Le Président (M. Morin) : Mme
la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Poirier : Bien, j'ai
juste été un petit peu plus loin dans Wikipédia , hein, et il y a même la
définition d'«animal semi-sauvage»,
imaginez-vous donc, et on dit : «Il peut aussi s'agir d'un animal
domestique livré à lui-même dans la nature ou d'un retour à l'état
sauvage, on parle alors de marronnage.»
Alors, le mot
«sauvage», là, nous amène à des états en tant que tels que les mots «non
domestique», par opposition à «domestique», qui est bien défini... ça
nous a pris du temps à y arriver puis à... et pour qui le ministre a même prévu
d'ajouter, dans l'article, des exemples de ce qu'est un animal domestique. Donc,
à partir du moment où j'écris «non domestique»,
c'est que je viens de parler de tout ce qui n'est pas à l'article a. Alors,
dans l'effet pédagogique, moi, je pense qu'on a un vrai effet pédagogique, parce que, quand je viens dire
«animal non domestique», bien ce n'est pas ceux qui se retrouvent en a. Alors, ça, c'est un vrai effet
pédagogique, et ça vient, à mon avis, mieux répondre... Et, quand le ministre
nous dit qu'il faudra changer le mot «sauvage» par «domestique» dans le reste
de la loi, bien, M. le Président, on
fait des travaux justement pour améliorer la loi, alors on pourra faire un
amendement de concordance pour, à toutes les fois qu'on voit le mot «sauvage», qu'on le remplace par «non
domestique», et ce sera un amendement qui viendra faire le travail
partout dans le projet de loi.
Alors, ça, ce
n'est pas de l'ouvrage pour les légistes en tant que tels, là, c'est de la
concordance, c'est de même qu'on
appelle ça dans nos travaux. Et, pour moi, ce n'est pas un argument, là, M. le
ministre, je vous le dis sincèrement. Mais je pense qu'on a là un effet
pédagogique de dire : C'est soit qu'est-ce qui est dans le
paragraphe a ou ce qui n'est pas dans le paragraphe a, puis ça
vient de régler l'affaire.
Président (M. Morin) : M. le ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : M. le Président, je n'ai pas entendu, là, de gain
comme tel pour les animaux, les
légistes me confirment que c'est de l'équivalence. Alors, pourquoi, s'il n'y a
pas de gain pour les animaux, changer le
vocabulaire qu'on aura à changer dans les autres articles à chaque fois qu'on
va arriver là? Je m'interroge, là.
Puis je pense
que, s'il y avait un gain, ça m'intéresserait, mais, quand on me dit que c'est
équivalent, changer quatre trente-sous pour
une piastre pour pouvoir dire «une piastre» plutôt que «quatre trente-sous» ou
le contraire, parce qu'il y a un
effet miroir dans les autres
articles, je pense que les animaux... On pourrait progresser dans les autres
articles pour le bien-être animal un
petit peu plus, monter de septièmes à sixièmes, cinquièmes, mais ça, je ne
pense pas que ça nous fasse monter.
Le Président (M.
Morin) : Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : Alors, soit, on dit que l'homme est animal. Eh bien,
moi, je vais vous dire, si ça n'a pas de gain pour les animaux, ça en a
un pour l'homme.
compréhension d'un texte de loi, c'est aussi le pourquoi du travail qu'on fait,
et je pense que, dans ce sens-là, oui,
il y a un gain, il y a un gain pour l'humain, qui va comprendre de quoi on
parle, parce que je lui introduis un mot pour lequel je n'ai pas de
définition. Alors, si je n'ai pas de définition, à quoi il se réfère? Tandis
que, quand je dis «non domestique», j'ai une
définition, c'est tout ce qui n'est pas à a. C'est aussi simple que ça. Alors,
à moins que le ministre me dise le
contraire, est-ce que le fait de dire «non domestique», ça ne veut pas
dire «tout ce qui est à a»? Mais là je vais avoir une surprise, là, parce que tout ce qui n'est pas à a est non
domestique, dans le sens commun, là, dans le sens de ce qu'on dit, là.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Je peux vous référer à a, qui définit ce qu'est
un animal domestique, puis, quand on
arrive à «sauvage» comme tel, le terme qui est là, vous voulez marquer «non
domestique» à la place de «sauvage». Moi,
les légistes, ils me disent : Ça veut dire la même affaire. Il n'y a pas
de problème, vous pourriez le faire, sauf que vous allez être obligée de le faire partout, dans le reste de la loi, à
chaque place, puis il n'y a aucun gain, ça veut dire la même affaire.
C'est quoi, l'avantage? J'essaie juste de voir, moi, là, là.
Mme Poirier :
La compréhension.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Bien, pour vous.
Mme Poirier :
Pour vous, il n'y a pas d'effet de compréhension, c'est votre légitimité...
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Ce n'est pas juste moi.
Mme Poirier :
...mais je pense que ce dont on parle depuis le début de nos travaux, puis même
la semaine passée... Et je viens même de
recevoir un courriel de quelqu'un qui me dit : Moi, ma perruche, elle est
rendue sous quel régime, là? C'est de ça dont on parle, là.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Non. Si vous me dites que mes légistes ont tort,
que vous avez une opinion à l'effet contraire, que vous améliorez la
situation de l'animal, je vais écouter, mais là tout ce que j'ai, moi, c'est
une équivalence d'après les experts, puis on
va être obligés de changer le mot partout à chaque place. Ça fait que ça va juste,
juste, juste nous occasionner un petit peu
plus de discussion à chaque fois. Ça fait que, s'il y avait un gain, je
pourrais le regarder. Mais moi, là,
je comprends les deux termes puis je les comprends de façon égale, puis, si on
avait utilisé l'autre partout dans la
loi, bien je ne vous demanderais pas de changer pour «sauvage», pour ne pas
vous occasionner tous les problèmes qui viennent avec.
Poirier : M. le Président, le ministre nous dit que le fait de
modifier le mot, c'est le modifier partout dans le projet de loi. On sait très bien qu'on peut faire un
article qui va
venir modifier tout le projet de loi d'un seul coup. On n'a pas besoin de le faire à chaque fois. Alors,
on pourrait avoir un amendement, là, qui vient modifier partout dans le texte le mot «sauvage» pour le mot «non
domestique», et ça fait le travail, là. Alors, ce n'est pas une question
d'alourdir les travaux, là, bien au
contraire, mais c'est une question d'avoir un mot qui veut dire qu'il a un
sens. Le mot «sauvage» ici n'a pas de sens, puisqu'il n'est pas défini.
Le Président (M.
Morin) : M. le ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : À partir du moment où il n'y pas de gain pour mon
animal, que ça occasionne des
modifications à plusieurs articles du projet de loi puis que les légistes
m'assurent qu'un mot vaut l'autre, on reste avec ce qu'on a, M. le
Président.
Le Président (M.
Morin) : Parfait. M. le député de Berthier.
Villeneuve : Oui, oui. M. le Président, j'entends le ministre
nous dire que, parole de légiste, ça n'apporte rien, et il se réfugie sous cet argument-là, bon, qui
peut... en tout cas, il se réfugie sous cela. Je veux juste rappeler au
ministre que, la semaine passée, quand on a abordé a,
j'avais proposé des hypothèses pour la liste et j'avais demandé au ministre...
parce que, bon, dans l'hypothèse que je
soumettais, c'est que, si c est adopté, et c'est le cas présentement, alors
pourquoi faire une liste en a si, par
règlement, on peut tous les nommer ou, par règlement, le gouvernement peut
procéder à les mettre dans la bonne catégorie?
J'avais demandé au ministre la semaine passée si
le légiste pouvait s'approcher puis venir me dire si le fait d'enlever la
liste, donc, le «tel que le chat, le chien», d'enlever cette liste-là, étant donné qu'en b et en c on vient dire que par règlement... mais je n'ai jamais eu la chance de voir le légiste
s'approcher pour venir me confirmer, oui ou non, si justement
on aurait sauvé des mots et des lettres dans le projet de loi en enlevant la
liste. Et là j'entends le ministre me dire :
Mais là le juriste, les juristes me disent que ah! là, c'est béton, là, que ça
ne change rien. Mais, M. le Président, je veux
bien croire que les juristes en arrivent à cette conclusion-là, mais, si on
parle d'être plus précis, si on parle d'être plus clairs pour tout le monde puis si on parle d'éviter toute ambiguïté, il y a
différents dictionnaires, il y a différentes définitions... Ma collègue a
amené un exemple tantôt assez intéressant, hein?
Alors là, dans le fond, je pense qu'on ne peut pas avoir plus effet miroir que «domestique»,
«non domestique». Il me semble que c'est très clair, c'est difficile de
se tromper, là. Si on y va avec «domestique», «non domestique», là il n'y en a plus, d'ambiguïté, là, puis on n'a même
plus à chercher dans des dictionnaires puis on n'a même plus à se poser la question : Oui, mais ce dictionnaire-là, il y a
une petite nuance par rapport à l'autre, est-ce que... Ce n'est même plus
nécessaire, là. Là, c'est très clair, c'est tranché au couteau, comme on dit,
là : tu es soit domestique ou tu es non domestique. Alors, moi, je pense que l'amendement de ma collègue est béton, M. le Président, et apporte beaucoup
au projet de loi, et ce
n'est pas... Évidemment, on comprend que, juste par un amendement,
on peut enlever le mot «sauvage» et le remplacer par «non domestique». Alors, ce n'est pas vraiment le travail qui... au niveau
du projet de loi actuellement, là, ce n'est pas vraiment un problème à
ce niveau-là, là, c'est loin d'être un problème.
Et, dans le projet de loi, on voit combien de fois le mot «sauvage»? Juste pour le fun, vu que
c'est beaucoup de travail, là. Je ne sais pas si le ministre a pris la
peine de le compter.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Je suis
certain que vous y avez pensé quand vous avez suggéré la modification.
Villeneuve : Six
fois, M. le ministre. M. le
Président, on voit le mot «sauvage»
six fois dans projet de loi. Et donc
moi, je veux bien... quand on me dit : Les légistes me disent ceci maintenant, à partir du moment où les légistes me disent ceci, moi, je reste assis sur ma position, puis je ne bouge plus,
alors que, la semaine dernière, je demandais justement si c'était possible
qu'un légiste vienne me dire si l'hypothèse que je soumettais était bonne ou
pas bonne. Je n'ai jamais eu cette
chance-là, M. le Président, d'avoir un légiste du gouvernement venir valider ou non mon hypothèse. J'aurais bien apprécié, j'aurais bien aimé, parce que
je pense que mon hypothèse était plus qu'une hypothèse. Je pense que c'était, encore une fois, la meilleure façon
de procéder pour alléger le texte et s'assurer... Et le ministre
m'avait dit que, de son vivant, il n'aurait jamais cru voir un député
proposer que le gouvernement procède par règlement, là, mais, dans la mesure où
la liste n'est pas complète, qu'elle est
faite, dans le fond... même, on peut même dire que, dans la mesure où
la liste, dans le fond,
elle n'est pas bonne, parce qu'elle
n'est pas complète, donc elle ne sert pas à grand-chose, même qu'elle induit
une certaine direction qui pourrait amener à des interprétations plus tard...
Alors, je
pense que, l'argument, là, de dire : Les juristes viennent de me dire que
ça n'apporte rien de neuf, je pense que
ma collègue d'Hochelaga-Maisonneuve a fait la démonstration du contraire, M. le
Président, et, en cela, moi, je demande au ministre, là, de peut-être, là, nous donner des raisons, en tout cas,
à tout le moins, qui viennent démonter de façon plus solide, si c'est démontable, finalement, ce que
propose comme amendement ma collègue d'Hochelaga-Maisonneuve, le fait de vraiment prendre le terme miroir de
«domestique» pour «non domestique», et là il n'y a plus aucune ambiguïté
possible dans le projet de loi qui nous occupe présentement.
Le Président (M. Morin) : M.
le ministre.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Oui. M.
le Président, j'ai beaucoup de respect, là, pour l'analyse légaliste et
juridique de mon collègue de Berthier. Je vais vous demander, là, de suspendre
30 secondes. Je vais vérifier avec les légistes
pour voir si ce qu'ils m'ont dit continue de prévaloir, et, si c'est le cas, ça
va continuer de prévaloir. Sinon, je me rendrai aux arguments de mon
collègue de Berthier.
Le Président (M. Morin) : Je
suspends quelques instants.
(Suspension de la séance à 17 h 4)
Le Président (M. Morin) :
Nous sommes déjà revenus. M. le ministre.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : M. le Président, après vérification, les
légistes maintiennent leur interprétation juridique.
Paradis (Brome-Missisquoi) :
Après vérification, les légistes maintiennent leur interprétation juridique,
que c'est changer pour changer et que
ça n'apporte rien de mieux et que ça va possiblement causer des problèmes,
entre autres, à l'article 2.
M. Villeneuve : À 2. O.K.
Mme Poirier : ...qu'est-ce
que ça vient faire, le fait d'avoir changé le mot à l'article 2, qu'est-ce
que ça...
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Je ne
fais que répéter ce que les légistes m'ont dit. Ils ont dit : Si vous
changez ça, il va y avoir des effets
sur l'article 2. Maintenant, je ne suis pas rendu à l'article 2, mais
j'aime autant jouer prudemment.
Poirier : Mais, à l'article 2, on ne fait que nommer
«animaux sauvages qui sont des animaux de compagnie», donc on vient
reprendre la définition qu'on est en train de travailler ensemble. Donc, je
voudrais juste comprendre l'explication, là,
du ministre, là, quand il nous dit que ça viendrait faire en sorte que les mots
«non domestique» en remplacement de «sauvage» viendraient remettre en
question l'article 2, là.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) :
L'article 2 se lirait, à la place : Les règles régissant le bien-être de
la sécurité des animaux non domestiques qui sont des animaux de compagnie.
Mme Poirier : Et? Bien, c'est
exactement ce qu'on dirait à l'article 2. À l'alinéa 2°...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Ça
fait que, là, on confirme qu'il faut...
Poirier : ...on vient dire : Animaux de compagnie, c'est
des animaux domestiques ou non domestiques. Et là ce qu'on vient dire, c'est : Les règles régissant les animaux
non domestiques qui sont des animaux de compagnie.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Ça
fait qu'il n'y a pas de gain. Ils maintiennent ce qu'ils ont dit.
Poirier : Bien, M. le Président, je vais vous dire, je ne
trouve pas que le ministre me donne des arguments en réponse en s'appuyant sur le fait de dire que
ça ne change rien. Moi, je pense que ça change beaucoup. Depuis qu'on se
parle de ça, là, je fais justement des
recherches, et la majorité des articles qui sont sur le Web font
justement : «What is the
difference between a domesticated animal an a non-domesticated one?» On ne
parle pas d'animaux sauvages, on parle de «non-domesticated animals».
M. Paradis (Brome-Missisquoi) :
Excusez? Comment vous dites?
Poirier : Alors, on utilise toujours l'expression «non
domestique» dans les articles et non pas «sauvage» ou «wild».
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : O.K.
Mme Poirier : Donc, dans la
littérature, là, le mot «sauvage», là, n'est pas associé à ça, là.
Alors, moi,
je pense qu'on avait là une proposition qui faisait du sens, dans le sens
justement où le ministre disait : C'est
un effet miroir. Moi, je pense que, oui, on avait un effet miroir, on avait
aussi quelque chose qui a du sens en tant que tel, à notre avis, ce que le ministre ne partage pas. Et je pense
que, dans la bonne compréhension d'un projet de loi, c'est important d'utiliser des termes que les gens
peuvent retrouver. Et là on est à l'étape des définitions et, à l'étape des
définitions, on utilise un mot qui n'est pas
défini. Le ministre nous réfère à Wikipédia , là, mais, dans son texte à
lui, il vient nous dire qu'un animal
peut être domestique. Donc, par opposition, il y a des animaux qui sont non
domestiques, mais il vient utiliser
un autre terme, qui est le terme «sauvage». Alors, quand il dit que ça n'a pas
d'effet, ça peut ne pas avoir d'effet
peut-être pour lui et les légistes, mais ça a un effet pédagogique pour la
bonne lecture du projet de loi et la compréhension
par le public. Et je pense que ça, c'est important, M. le Président. La
compréhension des termes, c'est important.
Alors,
écoutez, je suis assez désolée de voir que, le ministre, ce qu'il recherche, ce
n'est pas nécessairement... Moi, je
pense que notre travail, c'est de chercher la meilleure compréhension par la population. Quand le ministre dit que ça n'a pas d'effet, ce changement-là, moi, je lui
dis : Non, ça a de l'effet, parce
que nous, on travaille ici pour justement s'assurer que le citoyen s'y
retrouve. Alors, moi, je veux que les citoyens se retrouvent là-dedans. Et,
quand je viens introduire un mot, qui
s'appelle «sauvage», dans un texte de loi, pour lequel il n'y a
aucune définition... Bien, moi, je
pense que les mots «non domestique»
faisaient en sorte de venir définir de quoi on parle, parce que
justement on est venu définir «domestique» en a.
Alors, tout ce qui n'est pas a, c'est le «non».
Alors, M. le Président, je vais vous dire, je suis assez surprise de voir que les arguments du
ministre, c'était, bon, qu'il va falloir le changer partout. Puis son argument de dire «à l'article 2»,
ça ne se tient pas, là. Alors, il vient de me dire que... Parce que, l'article 2, je vous le lis, M. le Président : Les
règles régissant le bien-être et la sécurité des animaux non domestiques — qui
serait la modification — qui sont des animaux de
compagnie. Bien, c'est sûr, parce
qu'on vient de le dire. En haut, à 2°, on a dit : Animaux de
compagnie, c'est un animal domestique — et
la proposition qu'on fait — ou non domestique. Alors, je ne vois pas, dans l'application de 2°, ce que ça vient changer, en
tant que tel, puisque,
dans le fond, tout ce qu'on
vient dire, c'est que les animaux sont soit domestiques ou pas domestiques — c'est
ce que nous proposons — tandis
que, là, j'introduis le mot «sauvage», qui ne veut rien dire, parce que
je ne sais pas de quoi on parle. Alors,
il pourrait même y avoir un juge qui pourrait même décider à un moment donné de dire que «sauvage», c'est une troisième catégorie qui est je
ne sais pas quoi.
Alors, M. le Président, je vous dis, je suis déçue, je suis déçue de la réponse du ministre
et je pense qu'on aurait pu avoir justement un effet pédagogique
important pour la compréhension. Moi, je travaille toujours pour que ça soit compris, que l'ensemble de la population puisse
comprendre de quoi on parle. Là, on a un mot, qui s'appelle «sauvage»,
mais on ne sait pas ce que ça veut dire, puis le ministre préfère ça.
Le Président (M. Morin) : M.
le ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Ce
n'est pas une question de préférence, c'est un mot qui a été soumis à l'ensemble des intervenants. On a entendu une
quarantaine de groupes, on a reçu des mémoires additionnels, puis les gens
l'ont compris. Puis, si la députée a une
difficulté de compréhension, je lui demande de faire confiance, de prendre ma
parole. J'ai vérifié avec les légistes. Les légistes me disent que ça
rejoint complètement les objectifs qu'elle poursuit pour le bien-être animal. Moi, je ne peux pas aller bien,
bien plus loin que ça, à moins qu'on dise que les gens qui m'accompagnent
là-dedans, que les 41 groupes, personne
n'a rien compris. À ce moment-là, je suis un peu étonné. Maintenant, je ne peux
pas ajouter d'autre chose, M. le Président, personne ne nous a parlé de ça.
Le Président (M. Morin) :
Oui, M. le député de Berthier.
Villeneuve : Oui. M. le Président, je pense que le ministre
confond des étapes, là, dans le projet de loi. Il y a les auditions, où les gens, sur les grands
principes, viennent nous rencontrer. Il y en a qui sont plus précis que
d'autres, il y en a qui sont dans le détail plus que d'autres, effectivement,
mais on s'entend que c'est sur les grands principes du projet de loi,
ils viennent nous sensibiliser à des éléments qui, à première vue, les ont
frappés dans un projet de loi.
Et là on est à l'étape... on n'est plus aux
auditions, là, parce qu'à ce compte-là, là, si on n'apporte plus rien au projet de loi, là... Puis il y a des amendements
qu'on va proposer, nous autres, qui n'ont pas été nécessairement soulevés
par des groupes mais qui permettraient... Je
donne l'exemple des pénalités et amendes, là : ça serait un sapré bon bout
de chemin, ça, si on pouvait le mettre dans le projet de loi, dire : La
Faune, autant que le MAPAQ, les amendes, c'est pareil, c'est la même chose. C'est sûr qu'il n'y a pas un groupe qui est
venu nous dire ça, là, dire : Vous devriez faire ça de telle façon. Ils soulèvent le fait, par ailleurs,
ils soulèvent le fait qu'on se trouve avec deux régimes. Ça, ils le soulèvent.
Mais ils ne nous ont pas envoyé un
amendement, là, tout écrit en nous disant : Voici, vous devriez
fonctionner comme ça. Si le ministre
fonctionne comme ça, il aurait dû le dire dès les débuts d'auditions, dire aux
gens : Écoutez, là, si vous avez
des amendements, on va les faire, mais envoyez-moi le texte, là, de
l'amendement écrit, le libellé, là, comme il faut, là, puis on va le
faire.
Ça fait que,
là, il y a des étapes dans un projet de loi, M. le Président : il y a les
auditions, où les gens viennent nous sensibiliser sur des grands
principes, et il y a évidemment le travail qui se fait
article par article.
Puis je suis convaincu, M. le Président...
je suis convaincu, plus que convaincu, tout le monde sait très bien que,
lorsqu'on fait l'étude
article par
article... J'en ai fait quelques-uns, moi aussi, là, ça ne fait pas depuis 1980
que je suis ici, là, mais j'en ai fait quelques-uns,
projets de loi, là, et, je peux vous dire une chose, M. le Président, il n'y
avait personne qui avait soulevé... entre
autres, le projet de loi n° 55, le projet de loi aussi sur l'harmonisation
des... tu sais, avec le ministre actuel de Forêts... je ne veux pas le nommer, là, le ministre actuel
des Forê