Culture and Education — 2 June 2021 (42nd Legislature, 1st Session)
CCE 2021-06-02
Quebec — Committees
(Onze heures dix-neuf minutes)
La Présidente (Mme Guillemette) :
Bonjour, tout le monde. Donc, votre attention, s'il vous plaît! Ayant constaté
le quorum, je déclare la séance de la Commission de la culture et de l'éducation
ouverte. Je souligne que cette séance se déroulera à la fois à la salle
Louis-Joseph-Papineau, où je me trouve présentement, et dans la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine.
La commission est réunie afin de procéder à l'étude
détaillée du projet de loi n° 81, Loi modifiant la
Loi sur
le Musée des beaux-arts de Montréal.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des remplacements?
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. Mme Hivon (Joliette) est remplacée par M. Bérubé (Matane-Matapédia).
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci. Donc, je vous informe, par le fait même, que les votes pour ce mandat
devront se tenir par appel nominal, et ce, jusqu'au 11 juin 2021.
Donc, nous débutons maintenant avec les remarques
préliminaires. Mme la ministre de la Culture et des Communications, vous
disposez de 20 minutes.
Mme Roy : Bien, écoutez, je
serai très brève. Bonjour à vous tous. Bonjour à ma collègue de l'opposition
officielle, les gens du gouvernement, naturellement, qui sont à mes côtés, et
le sous-ministre, maître, et je vois ici un autre directeur. Je serai brève
dans la mesure où c'est un projet de loi que nous avons devant nous pour amener
au XXIe siècle la gouvernance du Musée des beaux-arts de Montréal.
On sait que
c'est une loi constitutive qui date de 1972, donc elle est à revoir, et on sait
également que le précédent gouvernement avait
commencé une refonte des règles de gouvernance de toutes les sociétés d'État
qui relèvent du portefeuille du ministère de la Culture et des Communications
en 2016 et que le Musée des beaux-arts de Montréal n'avait pas pu jouir de
cette mise à jour. Alors, c'est ce que nous faisons aujourd'hui. Nous
poursuivons dans cette veine pour amener ce musée... qui est très particulier,
il faut le souligner, il ne s'agit pas d'une société d'État. Il y a eu, par la
suite, en 2016, d'autres modifications qui ont été apportées à d'autres lois.
Cela dit, je vous disais qu'il ne s'agit pas
d'une société d'État à purement parler. Le musée national des beaux-arts de
Montréal jouit d'une personnalité juridique différente. Alors, c'est la raison
pour laquelle nous sommes réunis et que nous avons eu d'excellents échanges,
entre autres, la semaine dernière, je pense, lors de la commission, où les
groupes sont venus nous parler de ce projet de loi, de ce qu'ils y voyaient, et
c'est la raison pour laquelle nous sommes ici maintenant pour faire l'adoption
article par article. Et c'est tout simplement une
loi sur la gouvernance, pour
améliorer la gouvernance de ce musée, qui est, somme toute, un musée
extraordinaire. Voilà.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci, Mme la ministre. Donc, j'inviterais maintenant la porte-parole de
l'opposition officielle en matière de culture et de communications et députée de
l'Acadie à faire ses remarques préliminaires pour une durée maximum de
20 minutes. Mme la députée.
St-Pierre : Merci,
Mme la Présidente. Alors, je salue à mon tour l'équipe de... Je salue la
ministre, et l'équipe de la ministre, et également tous ceux et celles qui
participent à cette commission parlementaire.
Moi aussi, je serai brève, parce que c'est un projet
de loi, je pense, qui est essentiel, compte tenu de la modernisation de la
gouvernance qui avait été amorcée en 2006 par le gouvernement libéral de M.
Jean Charest. En 2006, une loi a été adoptée
sur la modernisation de la gouvernance des sociétés d'État, et évidemment,
lorsqu'en 2007 je suis devenue
ministre de la Culture, on a entrepris cette modernisation-là des sociétés
d'État, et, oui, le Musée des beaux-arts ne faisait pas
partie de la modernisation. Et je pense qu'effectivement,
aujourd'hui, compte tenu des derniers événements, compte tenu de la crise qu'a vécue le Musée des
beaux-arts et du rapport que la ministre a commandé et qui recommande, bien sûr, de revoir cette gouvernance... je pense
que ça s'impose, et nous allons travailler, bien sûr, en toute
collaboration.
Hier, en Chambre, j'ai mentionné quelques
aspects sur lesquels on va poser des questions, on va discuter, mais c'est
vraiment un projet de loi qui est essentiel pour, je dirais, donner au musée
une nouvelle façon de faire, qui s'impose, leur donner
aussi des devoirs, parce que, dans le projet de loi, il y a des devoirs, il va
devoir qu'on donne certaines explications, en fait, qu'on fasse de la reddition
de comptes et qu'on donne certains éléments sur comment le musée va décider de se comporter au cours des prochaines années.
C'est une loi qui va être là pour assez longtemps, peut-être pas pour
50 ans comme celle de 1972, mais qui va être là pour assez longtemps, donc
on va bien faire les choses. Et je dois dire aussi que, pour les employés du
musée, je pense qu'ils ont été assez perturbés par ce qui s'est passé dans les
dernières années et, pour ces employés-là, je pense qu'on a le devoir d'adopter
cette loi-là.
Je dois dire aussi que j'aime beaucoup le Musée
des beaux-arts de Montréal. C'est un musée que je fréquentais avant d'être
ministre, pendant que j'ai été ministre puis après. C'est un musée que j'adore,
c'est un musée-phare. C'est un musée dans
lequel nous, comme gouvernement, on a investi beaucoup d'argent. Notamment,
lorsque j'étais ministre de la Culture,
il y a eu deux constructions importantes, en fait deux constructions plus une
restauration importantes. Il y a la salle de
concert, il y a eu deux musées qui ont été... deux ailes, deux pavillons qui
ont été ajoutés au musée, ce qui
donne autour, dans les investissements, de 40 millions
de dollars. Alors, c'est quand même
assez important ce que les
contribuables québécois... pas moi, là, ce que les contribuables québécois ont
fait pour le Musée des beaux-arts. Parce
qu'on y croit, à ce musée. C'est un musée-phare, c'est un des plus importants
musées au Canada. Donc, il faut vraiment doter le musée de
cette loi pour que le musée ait une gouvernance moderne et aussi que le musée
comprenne le message.
Je pense qu'on a vécu des moments
extraordinaires avec les expositions. Loin de moi l'idée de rejeter tout ce qui
a été fait avant, mais il y a peut-être certaines personnes qui ont les défauts
de leurs qualités, ça arrive dans la vie, et c'est peut-être ce qui a... qui
peut expliquer aussi ce qui a conduit à cette situation qui a fait abondamment
les journaux. Mais je vois que les Québécois et les Québécoises, la population
a soif d'aller au musée. C'est un musée qui offre des choses extraordinaires,
et cet épisode-là va tout simplement se refermer pour ouvrir sur une nouvelle
ère, et ce matin c'est la raison pour laquelle nous sommes ici.
Alors, voilà,
ce sont mes commentaires relativement à ce projet de loi, et moi, je suis
prête à poursuivre l'étude
article par article. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci, Mme la députée. Je céderais la parole maintenant au député de la
deuxième... de la troisième opposition, M. le député de Matane-Matapédia.
Bérubé : ...Mme la Présidente. Bonjour, Mme la ministre, chers collègues. Je suis porte-parole en matière de culture et communications, donc je siégerai sur ce
projet de loi.
Les parlementaires, nous avons une responsabilité
constante d'être alertes aux situations qui peuvent survenir en matière de
gouvernance et d'y réagir. Je pense que c'est ce à quoi répond ce projet de loi
de la ministre. Évidemment, nous allons y participer.
Le Musée des beaux-arts de Montréal est une
grande institution québécoise, grande institution montréalaise, qui rayonne à
l'international. L'essentiel de son bilan est excellent quant au rayonnement de
la culture. Il est arrivé une situation, au cours des dernières années, qui a
été largement médiatisée mais qui ne doit pas porter ombrage à tout ce qu'on y fait de bon et de beau. Alors,
c'est une occasion, justement... on dit que, quand il y a des crises, il y a
des opportunités, alors c'est une occasion de revoir la
gouvernance au bénéfice de tout le monde et vraiment se concentrer
sur l'essentiel, c'est-à-dire comment faire en sorte que ce musée rayonne davantage,
qu'il soit une source de fierté.
Alors, c'est dans cet état d'esprit que je vais
participer au projet de loi, qui m'apparaît répondre à cette exigence. Et je
salue la rapidité relative... Quand on connaît... Le processus pour faire un projet
de loi, ça peut être long parfois. Donc, je veux saluer les artisans du ministère
de la Culture qui ont planché sur cette question et, bien, je vais y contribuer
au meilleur de mes capacités. Je vais certainement apprendre aussi quant à cet
enjeu. Alors, voici dans quel état d'esprit je me présente à vous, Mme la
Présidente.
Présidente (Mme Guillemette) :
Merci, M. le député. Donc, s'il n'y a pas d'autres remarques
préliminaires, je mettrais... je passerais la parole à Mme la ministre.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Oui. Est-ce qu'il y a des motions préliminaires? Ça va?
Donc, je passerais maintenant la parole à Mme la
ministre pour qu'elle nous présente l'article 1.
Mme Roy : Oui, avec plaisir.
Alors, Loi modifiant la
Loi sur le Musée des beaux-arts de
Montréal.
Le Parlement du Québec décrète ce qui
suit :
Article 1 : La
Loi sur le Musée des
beaux-arts de Montréal (chapitre M-42) est modifiée par l'ajout, avant
l'article 1, de ce qui suit — le texte proposé :
«Chapitre I. Constitution et mission.
«Une
personne morale est constituée sous le nom, en français, de "Musée des
beaux-arts de Montréal" et, en anglais, de "The Montréal Museum of
Fine Arts."»
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci, Mme la ministre. Des interventions? Oui, M. le
député de Matane-Matapédia.
Bérubé : Merci, Mme la Présidente. Juste une question de
clarification. Je comprends que le musée est un musée qu'on dit privé, c'est
bien ça, c'est l'appellation? Donc, vous comprendrez mon intérêt sur son
appellation anglaise, «Museum of Fine Arts». J'ai l'impression qu'en
concordance avec les objectifs du gouvernement quant à l'utilisation du
français on ne peut pas aller plus loin que ça. Donc, ça fait
partie de la
charte initiale, j'imagine. J'aurais besoin d'avoir une précision là-dessus.
Roy : Oui. C'est effectivement leur charte actuellement. Donc,
on ne va pas changer leur charte. Et je disais tout à l'heure : C'est
vraiment un musée privé, ce n'est pas une société d'État, mais nous calquons
notre
loi sur la
loi sur les sociétés d'État dans... On va jusqu'au plus loin
où on peut aller, compte tenu des circonstances, qu'il s'agit quand même d'un
musée privé. Voilà.
Bérubé : Mme la Présidente, c'était juste pour indiquer que c'est une
préoccupation constante en ce qui me concerne et c'est pour ça que je voulais
cette clarification.
La Secrétaire : Pour les
membres du groupe parlementaire formant le gouvernement, Mme Foster
(Charlevoix—Côte-de-Beaupré)?
St-Pierre :
Pour.
La Secrétaire :
M. Bérubé (Matane-Matapédia)?
La Secrétaire :
Mme Guillemette (Roberval)?
La Présidente (Mme Guillemette) : Abstention. Donc, l'article 1 est adopté.
Nous passons maintenant à l'article 2. Mme la ministre.
Mme Roy :
Oui, merci.
Article 2.
L'article 4
de cette loi est modifié par le remplacement de «fonctions» par «mission».
texte proposé se lit comme suit : «Le musée a pour mission [d'accompagner]
les arts plastiques, de diffuser les connaissances
artistiques, d'acquérir, de conserver, de collectionner, de mettre en valeur et
d'exposer des oeuvres d'art.»
Et c'est un
article
qui propose de remplacer le terme «fonctions» par «mission», et ça, c'est pour
nous assurer une concordance avec l'article 14 du projet de loi, qui
introduit une politique générale de gestion des collections dont les axes de
développement retenus d