House Proceedings — 18 February 2026 (43rd Legislature, 2nd Session)
2026-02-18
Quebec — Debates (Hansard)
(Neuf heures quarante minutes)
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Bonjour
à toutes, bonjour à tous. Nous allons débuter nos travaux. Je vous invite donc
à prendre place, collègues. Donc, merci à celles et ceux qui sont parmi nous
aujourd'hui aussi au sein des tribunes.
Nous sommes à la rubrique Déclarations de
députés. Sans plus tarder, je reconnais Mme la députée de Hull.
Mme Tremblay : Merci, M. le
Président. Je suis heureuse de prendre la parole aujourd'hui pour souligner le
30e anniversaire de la Mission catholique portugaise de l'Esprit-Saint.
Depuis 30 ans, cette organisation rassemble
des aînés, des familles, des jeunes et des nouveaux arrivants. Elle constitue
un repère important pour les Portugaises et les Portugais de Hull et de
l'Outaouais.
Au fil du temps, la communauté portugaise s'est
taillé une place importante chez nous. Par leur travail, leur sens de
l'initiative et leur engagement, ces femmes et ces hommes ont contribué à la
vitalité économique de notre région et à son
dynamisme. Cette contribution s'exprime aussi par le partage de leur culture,
par leurs fêtes, leur musique et leurs rassemblements, qui permettent à
l'ensemble de la population de découvrir le Portugal.
Bien intégrée et active, la communauté
portugaise de l'Esprit-Saint fait aujourd'hui
partie intégrante de notre
histoire collective.
Je suis fière de souligner le chemin parcouru et
l'apport durable de cette communauté à notre région. Et je leur souhaite un
excellent 30e anniversaire. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée de Hull. La parole revient maintenant à Mme la députée de
Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : M. le Président, à
l'occasion de la 22e édition des Journées de la persévérance scolaire,
sous la thématique La persévérance, ça mène loin , je joins ma voix à
celle de tous les acteurs du milieu éducatif qui soutiennent nos jeunes, qui
apprennent, évoluent et persévèrent. Dans chacune de nos circonscriptions, des
initiatives prolifèrent pour accompagner nos jeunes vers la réussite.
Je profite donc de l'occasion pour souligner le
parcours incroyable de l'équipe des Spartiates 3544 de l'école secondaire
de Calixa-Lavallée, qui, propulsée par tout un écosystème d'adultes qui croient
en eux depuis 15 ans, a été l'unique équipe à représenter le Canada,
l'automne dernier, à la compétition internationale de robotique au Panama et
qui y a décroché une médaille d'or en remportant le prix Dr. Mae Jemison Award
pour l'unité internationale.
À nos jeunes de Bourassa-Sauvé, vous incarnez
avec brio le fait que, oui, la persévérance, ça peut mener très loin. Le Québec
est fier de vous.
Bonnes Journées de la persévérance scolaire!
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée de Bourassa-Sauvé. Et je cède maintenant la parole à M. le
député de Vanier-Les Rivières.
M. Asselin : Merci, M. le
Président. Ça adonne bien que la députée de Bourassa-Sauvé parle de la
persévérance scolaire, parce que je veux aussi vous parler de la semaine.
Comme tel, on a beaucoup d'actions qui se
passent, et puis, dans cette semaine-là, il va y avoir le lancement de la
Semaine des entrepreneurs à l'école, qui aura lieu, là, à l'automne prochain,
mais il y a des conférences dans chaque
école organisées par OSEntreprendre. Cette initiative a permis, depuis 2017, à
plus de 150 000 élèves et étudiants du primaire à l'université
d'assister aux conférences. Ça met l'accent sur l'importance de la relève
entrepreneuriale au Québec. Les écoles participantes
accueilleront cette semaine des entrepreneurs locaux qui viendront à la
rencontre des élèves afin de répondre à leurs questions et transmettre leur
passion.
Alors, je tiens à saluer et remercier toute
l'équipe d'organisateurs d'OSEntreprendre pour leur engagement à faire rayonner
les entrepreneurs locaux au sein même de leurs communautés. Merci beaucoup.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le député de Vanier-Les Rivières. Au tour, maintenant, du député de
Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Merci, M. le
Président. Aujourd'hui, je tiens à souligner la Semaine scoute 2026 qui se
déroule du 16 au 22 février.
Cette initiative de l'Association des Scouts du
Canada permet chaque année de célébrer l'apport du scoutisme francophone au développement des jeunes. Leur
présence se répercute jusque dans ma circonscription de Laurier-Dorion
avec la présence du 52e groupe scout de Villeray, que je salue au passage.
Cette année, le thème, Le scoutisme,
une fierté qui nous unit! , vise à mettre en lumière les raisons d'être fier
d'appartenir au mouvement scout, les apprentissages vécus par les jeunes, les
valeurs mises en pratique au quotidien et l'impact positif de ce mouvement
inclusif, accueillant et engagé.
Je suis moi-même bien conscient de l'importance
du scoutisme chez nos jeunes, puisque mon adolescent s'apprête à passer 48 heures de camping d'hiver avec son groupe
cette fin de semaine. Loin de le refroidir, cette perspective lui fait
chaud au coeur. Le scoutisme, c'est pour lui une véritable école de vie qui le
marquera à jamais.
Bonne Semaine scoute 2026 à toutes et à tous!
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le député de
Laurier-Dorion. Et je reconnais maintenant Mme la députée de
Bellechasse.
Mme Lachance : Merci, M. le
Président. À l'occasion de la Semaine scoute 2026, je souhaite mettre en
lumière l'engagement remarquable des jeunes du 140e groupe Bellechasse,
qui contribuent activement à la vitalité de notre communauté.
Dans Bellechasse, ces jeunes multiplient les
initiatives solidaires et inspirantes. En participant au programme Les Tuques
de l'espoir, ils ont pris part à des ateliers créatifs visant à apporter un
soutien émotionnel aux personnes souffrantes, notamment aux patients atteints
de cancer.
Ils se sont également impliqués au sein du
groupe Frigos pleins pour venir en aide aux familles dans le besoin. Ils ont pu
préparer des repas maison pour l'organisme communautaire de Sainte-Claire.
Ces projets permettent aux jeunes d'acquérir des
valeurs essentielles et de développer des compétences. Leur engagement est
exemplaire et inspirant, c'est un moteur de cohésion pour notre grande région.
C'est pourquoi je tiens à saluer leur générosité, qui contribue chaque jour au
bien-être de notre communauté. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée de Bellechasse. Je cède maintenant la parole au député de
l'Acadie.
M. Morin : Merci, M.
le Président. Je suis fier, à mon
tour, de souligner la Semaine scoute 2026 et les trois troupes scoutes
suivantes, que je salue et qui sont à l'oeuvre dans la circonscription de
l'Acadie : le 246e groupe scout
Melkite Bois-de-Boulogne, le 103e groupe scout Saint-André et le
276e groupe scout de l'Union générale arménienne de bienfaisance.
La Semaine scoute, qui se déroule présentement
sous le thème Le scoutisme, une fierté qui nous unit! , c'est un thème
rassembleur qui met en lumière les nombreuses raisons d'être fier d'appartenir
au scoutisme : les apprentissages vécus
par les jeunes, les valeurs mises de l'avant au quotidien, la persévérance, le
développement du leadership et l'impact positif de ce mouvement
inclusif, accueillant et engagé.
En tant que député de l'Acadie, je suis fier de
les appuyer pour qu'ils deviennent des citoyens engagés.
Longue vie aux troupes scoutes!
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le député de
l'Acadie. La parole revient maintenant à M. le député de Saint-Jean.
M. Lemieux :
M. le Président, je vous parle souvent de sécurité et défense parce que c'est
majeur chez nous.
Au lendemain des
annonces du premier ministre Carney sur la Stratégie industrielle de défense,
il faut que je vous dise que, non, le Haut-Richelieu ne fabriquera pas des
missiles demain matin. Mais, pendant que le pays et ses alliés se préparent à
investir des milliers de milliards, les Forces armées canadiennes font face à
un défi de recrutement bien réel. Il manque plus de
10 000 militaires. Et la bonne nouvelle, c'est que le principal
centre de formation des recrues au pays, c'est la garnison de
Saint-Jean-sur-Richelieu, qui va donc recevoir beaucoup de clients.
Il y a aussi que le
Centre d'excellence en systèmes intégrés de défense est en train de naître chez
nous, ce qui nous amènera à un autre niveau. Pourquoi? Parce qu'on a déjà des
chercheurs, des entreprises spécialisées et un atout, ou plutôt, même, deux
atouts : un collège militaire universitaire pour les futurs officiers et
une garnison où on forme les soldats.
Chez nous, la
défense, ce n'est pas un concept, c'est une réalité et c'est l'avenir. Merci,
M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Saint-Jean. Et je cède maintenant la parole à M. le député
de Jean-Talon.
M. Paradis :
Je salue l'engagement de l'Association des Iraniennes et Iraniens de
l'Université Laval, fondée en 2013. Par leurs
activités, ses membres contribuent activement à la vitalité de notre communauté
et construisent de précieuses relations interculturelles. Je souligne la
présence ici de Maryam Yazdanpanah, présidente, et d'Afshin Enferadikerenkan,
membre de l'association.
Je souhaite aussi
réitérer notre soutien au peuple iranien dans sa lutte contre le régime
théocratique totalitaire.
Malgré la propagande et la chape de plomb sur les
communications, les témoignages sur la violence étatique et la répression en
Iran sont bouleversants, avec un climat de peur qui s'étend bien au-delà des
frontières du pays. Nous réaffirmons notre solidarité envers celles et ceux qui
aspirent à la liberté, à la dignité, à la laïcité et au respect des droits
fondamentaux. Leur courage ne doit jamais être ignoré. Le combat iranien,
notamment des femmes iraniennes, pour se défaire du joug du régime doit être
appuyé.
Encore une fois, merci
aux membres de l'association, et salutations à ceux qui bâtissent des ponts
entre nos peuples, tout en gardant espoir pour les gens restés là-bas. Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Jean-Talon. Et toutes mes solidarités à vous, présents
parmi nous.
Je reconnais
maintenant Mme la députée de Fabre.
Mme Abou-Khalil :
Merci, M. le Président. Dans le cadre de la semaine des scouts, qui se déroule
du 16 au 22 février, je souhaite reconnaître l'apport inestimable du
mouvement scout à nos communautés.
Aujourd'hui,
je souligne particulièrement les 60 ans d'engagement du 181e groupe
de scouts de Saint-Théophile, situé dans ma circonscription de Fabre, à
Laval-Ouest.
Depuis six décennies,
ce groupe joue un rôle essentiel dans la vie communautaire en transmettant à
des générations de jeunes des valeurs fondamentales : le respect,
l'entraide, le leadership et le sens des responsabilités.
tiens à saluer tout particulièrement M. Pascal Larocque, chef du groupe,
ainsi que son adjointe, Mme Valérie Lemieux, pour leur
leadership et leur contribution au développement de nos jeunes.
Félicitations
pour ces 60 années d'impact, et longue vie au 181e groupe de scouts
Saint-Théophile! Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée de Fabre. Et je cède maintenant la parole à M. le député
de Gaspé.
M. Sainte-Croix :
Merci, M. le Président. Chers collègues, c'est avec un grand plaisir que je
souligne le 30e anniversaire de la Maison de la famille Parenfant de
Gaspé.
Depuis trois décennies
déjà, ses équipes dévouées, son conseil d'administration engagé et toutes les
personnes qui s'y impliquent accompagnent les familles avec écoute et
attention. Ils ont su créer un lieu vivant, chaleureux et accessible à tous où
les parents peuvent trouver soutien, conseils et réconfort.
Au fil des années, cette proximité avec les
familles les a amenés à jouer un rôle de pionnier en périnatalité sociale chez
nous, en Gaspésie. Cette capacité d'adaptation témoigne d'un engagement profond
envers le bien-être des parents et des enfants.
Je tiens à saluer ceux et celles qui font
rayonner Parenfant et qui contribuent chaque jour à la force de notre milieu. Bon 30e anniversaire à la Maison de
la famille Parenfant et beaucoup de succès dans la réalisation de vos projets
futurs! Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le député de Gaspé.
Et la prochaine déclaration revient au député de Chauveau.
M. Lévesque (Chauveau) : Merci
beaucoup, M. le Président. Dans le cadre des Journées de la persévérance scolaire, je tiens à souligner l'engagement
exceptionnel des élèves, des parents, des enseignants et de l'ensemble du
personnel scolaire de la circonscription de Chauveau.
La persévérance scolaire, c'est bien plus que la
réussite académique, c'est la capacité de croire en son potentiel, de surmonter
les obstacles et de bâtir un avenir à la hauteur des aspirations. Dans nos
écoles, chaque geste compte. Qu'il s'agisse d'un mot d'encouragement, d'un
accompagnement personnalisé ou d'un projet motivant, ces actions concrètes font
une réelle différence dans le parcours de nos jeunes.
Je salue
également le travail remarquable des organismes communautaires et partenaires
locaux qui unissent leurs efforts pour soutenir nos étudiants. Ensemble, nous
créons un environnement propice à la réussite et à l'épanouissement.
À tous les jeunes de Chauveau, continuez de
rêver grand et de persévérer. Votre détermination est une source d'inspiration
pour nous tous. Merci beaucoup, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Chauveau. Alors, voilà qui met fin à la rubrique Déclarations
de députés.
Nous allons suspendre les travaux quelques
instants.
(Suspension de la séance à 9 h 54)
Présidente : Bonjour, tout le monde. Mesdames messieurs,
bienvenue. Le parlement du Québec, c'est chez vous. Bienvenue ici.
Mmes, MM. les députés, nous allons nous
recueillir quelques instants.
Je vous remercie beaucoup. Veuillez vous
asseoir.
18 février. Nous poursuivons les affaires
courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles ni présentation de projets de loi.
Il n'y a pas de dépôt de documents.
Il n'y a pas de dépôt de rapports de commissions
ni de pétitions.
Il n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni
d'interventions portant sur une violation de droit ou de privilège.
Nous en sommes maintenant rendus à la période de
questions et de réponses orales —
article 32,
on garde le silence — et,
pour ce faire, je reconnais, en question principale, le chef de l'opposition
officielle.
M. Fortin : Mme la Présidente, on revient au scandale SAAQclic, on
revient au scandale caquiste de 1,1 milliard de dollars. Ça fait
maintenant 48 heures que nous avons tous en main le rapport Gallant. Ça
fait maintenant 48 heures que le premier ministre a dit qu'il souhaitait
poursuivre les hauts dirigeants menteurs.
La question qui se pose, Mme la Présidente,
c'est : Va-t-il inclure le politique? Va-t-il inclure les membres de son propre parti? Parce qu'il ne manque pas de
choix. La ministre des Affaires municipales est allée devant la commission
Gallant, elle a prêté serment et elle a dit
qu'elle n'avait pas été avisée de dépassements de coûts. La commission a démontré
le contraire. La commission a démontré qu'elle avait été avisée, en 2023, de
200 millions de contrats à venir.
Alors, Mme la Présidente, si le
premier ministre veut poursuivre les hauts dirigeants menteurs, comment peut-il
tolérer dans son Conseil des ministres quelqu'un qu'il a l'intention de
poursuivre?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault :
Oui. Mme la Présidente, encore une fois, je trouve que le député de Pontiac
est très mal placé, il me semble qu'il aurait dû passer les questions à
quelqu'un d'autre, parce qu'en 2017 et 2018 c'est lui qui était ministre des
Transports.
Et rappelons ce qui
est arrivé, Mme la Présidente. En 2017, donc sous un gouvernement libéral, la
SAAQ a signé un contrat de 458 millions
avec des firmes externes et avait un estimé de travaux à l'interne de
202 millions. Donc, l'estimé total était de 661 millions, là,
avec les arrondissements. Or, jamais, avant 2025, on n'a eu des indications que
le coût révisé était de 1,1 milliard.
Maintenant, qui est
le coupable? Mme la Présidente, quand on négocie un contrat informatique, le
plus important, comme dans beaucoup de contrats, c'est, s'il y a des
dépassements, qui paie pour les dépassements. Est-ce que c'est l'entreprise qui
a signé le contrat ou si c'est le client, dans ce cas-ci la SAAQ?
Alors, Mme la
Présidente, on est en train d'examiner, bon, on a entendu M. Malenfant, la
direction de la SAAQ, qui n'a pas avisé les ministres du dépassement, mais, Mme
la Présidente, Mme la Présidente, qui est le plus grand responsable? Qui est le
plus grand responsable?
La Présidente :
Première complémentaire.
M. Fortin : C'est beau de voir l'histoire évoluer, Mme la Présidente.
Au début, ils ne savaient pas, ils ne savaient rien, avant le rapport de la VG,
après ça ils ne savaient pas l'ampleur, puis aujourd'hui c'est le
1,1 milliard qu'ils ne savaient pas. Mais la commission, elle, elle est
claire. Page 401. Le 22 juin 2023, la SAAQ a présenté un document à
la ministre expliquant que la livraison 2 était passée de 81 millions
à 329 millions. Et elle apprend à la même rencontre qu'un avenant a été
conclu et qu'il y en a un autre à venir. Et pourtant elle dit devant la
commission qu'elle ne savait rien avant le rapport.
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault :
Bien, Mme la Présidente, je vais prendre au mot le député de Pontiac. Ce
qu'on dit, c'est, sur le contrat de
458 millions, il y a eu des avenants, trois avenants de 154 millions,
pour un total de 612 millions. Or, qu'est-ce qu'a fait la direction
de la SAAQ? Ils ont dit au ministre, au cabinet, à mon cabinet que le nouveau
coût du projet était de 612 millions,
alors que le coût original était de 660 millions. Et là le député de Pontiac
nous dit : Oui, mais là il nous parle de 1,1 milliard. C'est
ça que la VG nous a dit en février 2025, 1,1 milliard.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Fortin : Mme la Présidente, on parle de mensonges sous serment. On parle
d'intégrité. Mentir sous serment, là, c'est impardonnable.
Je cite le constat de
la commission à nouveau : «À partir de 2023, la SAAQ a fréquemment
consulté le gouvernement quant à ses projets d'augmentation de la valeur du
contrat. Et ce revirement dans l'attitude de la SAAQ n'a pas empêché les membres
du gouvernement d'affirmer que les dépassements leur ont été cachés.»
Qu'est-ce qu'il a
besoin de plus pour mettre la ministre des Affaires municipales sur sa liste de
menteurs?
Présidente : Oh! là, vous allez trop loin, M. le chef de l'opposition
officielle. Je vous demande de retirer ces propos.
La Présidente :
Vous retirez. Maintenant, j'ai entendu une sonnerie. Fermez vos téléphones. On
retrouve le silence pour tout le monde. La réponse du premier ministre.
M. Legault : Mme la Présidente,
le gouvernement libéral, en 2017, juste avant que le député de Pontiac devienne
ministre des Transports pour un an, là, de la fin 2017 jusqu'à 2018, ils
ont lancé un projet de 660 millions. Or,
les seules informations qu'on a eues, c'était que le prix révisé était de
612 millions, puis, une autre fois, de 682 millions, ce qui
veut dire 3 % de dépassement.
Mme la Présidente, le grand coupable, c'est la
clause de risque, qui a été signée sous un gouvernement libéral...
La Présidente : Attendez, M. le
premier ministre. Vous gardez le silence. On a écouté la question avec intérêt
et attention, je veux comprendre la réponse. Il reste deux secondes. Poursuivez.
M. Legault : Oui. Les libéraux
ont signé une clause de partage de risque...
La Présidente : Troisième
complémentaire.
M. Fortin : Mme la Présidente, si la ministre des Affaires municipales
était la seule fautive, du côté de la CAQ, ce serait une chose, mais, dans sa
fameuse lettre du 21 décembre 2024 au premier ministre, où elle réclame le
renvoi d'Éric Ducharme — ça
a mal vieilli, ça — la
ministre dit avoir exigé en 2022 du député de La Peltrie une... à savoir
si le projet était correct. Je cite : «Ça a été fait. Il m'a confirmé que
tout était correct, en 2022.»
Le rapport dit... le rapport, il dit que le
député était inquiet en 2020. S'il n'a pas informé la ministre, c'est de la
négligence grossière.
La Présidente : Oui, M. le leader du
gouvernement, je veux vous entendre pour votre rappel au règlement cette
fois-ci.
M. Jolin-Barrette : Mme la
Présidente, le chef de l'opposition officielle pousse le bouchon d'une façon
importante, Mme la Présidente. Ce sont des propos blessants, indignes d'un
parlementaire. Vous devriez lui demander de faire... retirer, Mme la
Présidente, surtout que le mot est au lexique, Mme la Présidente.
La Présidente : Et le mot est
au lexique. Je vous demande de le retirer, il est au lexique. Merci, M. le
leader. Vous le retirez. Et vous retrouvez le silence. Et j'aimerais entendre
la réponse. M. le premier ministre.
M. Legault : Mme la Présidente,
non seulement le gouvernement n'a pas été informé d'un dépassement de plus de 3 %, mais, en plus, c'est le
gouvernement libéral qui a signé le contrat avec IBM et compagnie. Et, Mme la
Présidente, ils ont signé un contrat où, quand il y avait des dépassements,
c'était le client qui payait. Quelle mauvaise gestion du gouvernement libéral!
La Présidente : En question
principale, je reconnais le député de Nelligan.
M. Derraji : Mme la Présidente,
le très mauvais film caquiste avec la SAAQ est le résultat de la négligence, de
l'insolence et du laisser-faire. En 2020, page 21, l'ancien député de...
le député de La Peltrie savait qu'il y avait un enjeu avec la livraison 2.
En 2021, page 23, l'ex-ministre du Transport savait qu'il y avait un
problème dans le budget et la livraison de
la... de la livraison 2. Sa cheffe de cabinet nous a entourloupés avec des
informations falsifiées, envoyées aux membres de la Commission de l'administration
publique. En 2022, à l'aube de l'élection générale, on a fractionné les
contrats. Mme la Présidente, dans ce mauvais film, les mauvais acteurs sont en
face de nous.
Est-ce que le
premier ministre prend la responsabilité devant les Québécois que c'est lui, le
responsable de ce fiasco?
Présidente : La réponse... Et je vous demanderais de faire
attention au choix des mots. On joue sur la ligne, ici. La réponse du
ministre responsable des Infrastructures.
M. Charette : Merci,
Mme la Présidente. J'écoute les questions des collègues depuis hier, et c'est à
se demander s'ils ont lu le rapport dans son intégralité, et c'est à se
demander s'ils ont pris connaissance des entrevues du nouveau PDG de la SAAQ, récemment nommé par notre gouvernement,
justement, pour faire le ménage. Il a lui-même pris le temps et le soin d'écrire notamment à ses équipes pour prendre acte du
rapport, pour reconnaître les torts de son organisation. Il s'est même excusé
auprès de ses employés. Ce qu'il a admis, c'est que la très, très grande
majorité d'entre eux font du travail
dédié, du bon travail jour après jour, mais qu'il y a quelques éléments,
effectivement, qui ont menti au gouvernement, aux différents
parlementaires sur des questions cruciales.
Donc, il y a un acte
de reconnaissance de la part de la SAAQ, le nouveau PDG s'engage d'ailleurs à
corriger le tir, mais c'est écrit dans le
rapport, et ce serait bien que les collègues le lisent en entier, et ne pas
piger uniquement les passages qui
peuvent leur convenir. Donc, la SAAQ et sa nouvelle direction sont engagées à
corriger le tir et reconnaissent, justement,
que, malheureusement, il y a des informations qui ont été sciemment cachées au
gouvernement pendant des années...
Présidente : Première complémentaire.
M. Derraji :
Mme la Présidente, je suis d'accord avec le ministre quand il dit :
L'information a été cachée pour les élus.
Est-ce qu'il va avoir le même courage en disant la même chose à son collègue,
l'ex-ministre des Transports, quand sa cheffe de cabinet disait la chose
suivante : Oui, j'ai... «Tout ça se fait avec votre aval?» «Oui, tout à
fait, je préférerais que ces informations-là soient retirées.» Il a contribué à
nous entourlouper, avouez-le.
La Présidente :
Et, oui, M. le leader du
gouvernement, je vais vous écouter. Quel est votre rappel au règlement?
M. Jolin-Barrette : C'est en réponse, Mme la
Présidente. Écoutez, les libéraux, Mme la Présidente, ils peuvent...
La Présidente :
Je vais gérer et... Attendez.
S'il vous plaît, messieurs dames. Messieurs dames! Alors, on repart le
chronomètre à zéro, je vous prie. Alors, la réponse. Je comprends que c'est en
réponse. On repart ça à zéro.
Présidente : Je croyais à tort que c'était un rappel au règlement.
Vous me dites que ce n'est pas un rappel au règlement, c'est une réponse. Et je
vous demanderais de faire attention, je vous demanderais de faire attention aux
termes employés. La réponse du ministre de la Justice.
M. Jolin-Barrette :
Merci, Mme la Présidente. Le député de LaFontaine, je comprends, c'est un
nouveau rôle pour lui, ça faisait longtemps qu'il n'avait pas été leader,
mais...
La Présidente :
Non. Et non, non plus. Vous gardez tous et toutes le silence. Est-ce que c'est
si difficile que ça à comprendre? Il y a des gens en haut qui vous écoutent,
qui vous regardent, et vous êtes jugés par vos propos et vos actes. Une seule personne a le droit de
parole, j'aimerais l'entendre. C'est bien compris? On a des officiers, ici,
très aguerris, des deux côtés. On écoute la réponse. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette :
Mme la Présidente, je ne savais pas que le député de LaFontaine avait déjà
été leader du gouvernement, mais...
M. Jolin-Barrette : Ah! Leader adjoint, c'est
la même chose que leader. Bon. Merci de me renseigner, M. le leader de
l'opposition officielle.
Mme la Présidente, le
ver dans la pomme, c'est les libéraux qui l'ont mis avec le contrat, Mme la
Présidente. C'est drôle à quel point les libéraux se déresponsabilisent tout le
temps de leurs responsabilités, en matière de mauvaise gestion des contrats
publics, d'accorder le contrat, Mme la Présidente. Le problème avec la SAAQ
vient des libéraux, comme bien souvent les
problèmes qu'on a récoltés, Mme la Présidente, avec les nominations qu'ils ont
effectuées aussi, Mme la Présidente.
Présidente : ...complémentaire. Et on garde le silence. Je veux vous
écouter, vous aussi. Silence, tout le monde.
M. Derraji : Mme la Présidente,
je m'adresse au leader du gouvernement. Est-ce qu'il est fier qu'un membre de
son gouvernement entourloupe les parlementaires? Est-ce qu'il est d'accord que
la cheffe de...
La Présidente : Bon, attendez, je me
lève, ici. Rassoyez-vous, M. le leader du gouvernement. On est dans toute la même gamme de mots non parlementaires.
Veuillez le retirer. J'ai laissé passer, mais là ça va faire. Vous le retirez.
La Présidente : Ce sont des
synonymes d'un paquet de mots du même genre, pour «rouler dans la farine».
Alors, j'ai dit non. Poursuivez de façon respectueuse, monsieur, et...
Présidente : Vous ne vous interpelez pas. S'il vous plaît! Là,
M. le... M. le ministre, M. le député, on vous regarde, on vous écoute.
Poursuivez.
M. Derraji : Une caquiste,
cheffe de cabinet d'un ministre caquiste, a falsifié l'information. Est-ce que
le leader du gouvernement est fier que les membres de cette Assemblée reçoivent
une information erronée de la part d'une caquiste, cheffe d'un cabinet d'un
ministre caquiste? Est-il fier, en tant que leader du gouvernement?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Jolin-Barrette : Mme la Présidente,
je ne veux pas faire... refaire la genèse de tout ça ni le pedigree de la
personne, Mme la Présidente, mais cette personne est allée à l'école libérale,
Mme la Présidente, elle provient du Parti libéral du Québec, Mme la
Présidente...
La Présidente :
Article
Article 32. Vous gardez le silence. Vous gardez...
La Présidente : Vous n'avez
pas à commenter quand je suis debout, M. le député de Nelligan, vous le
savez. Alors, on retrouve le silence, tout le monde, et vous poursuivez avec
votre réponse.
M. Jolin-Barrette : Alors, Mme
la Présidente, si cette personne-là a appris ces mauvaises pratiques là au Parti libéral
du Québec, on trouve ça extrêmement décevant et dommageable, et ce n'est pas
des pratiques qu'on cautionne, de ce côté-ci
de la Chambre. Par contre, du côté du Parti libéral, ça semble être l'école de
formation. On l'a vu, ce qui s'est passé avec Pablo Rodriguez, avec
l'ensemble...
La Présidente : Alors, je vais
reconnaître le leader de l'opposition officielle. J'aimerais vous entendre sur
votre rappel au règlement. Quel est le rappel au règlement? Quel article?
M. Tanguay : 35,7°.
Injurieux, Mme la Présidente.
Présidente : Bon, alors, c'est des choses qu'on entend souvent
ici, des deux côtés de la Chambre. S'il vous plaît, on se tait, tout le
monde. Il reste quatre secondes à votre réponse. Demeurez respectueux.
M. Jolin-Barrette : Mme
la Présidente, quand vient le temps de faire des enquêtes, ils ne donnent même
pas les ressources, un chien édenté pour faire enquête, Mme la...
La Présidente : OK, c'est beau. La
question est terminée, la réponse est terminée.
Présidente : Bon, je vous rappelle que le temps roule, mais qu'il y a
un député indépendant qui a une question en 8.
La Présidente : Youhou! Petit cours de droit parlementaire ici.
Un député indépendant a une question en 8, et je préserve ses droits et
privilèges. Alors, perdez tout le temps que vous voulez perdre, on se rend
jusqu'à la fin de la huitième.
En question
principale, je reconnais le député de Nelligan.
M. Derraji :
Mme la Présidente, j'ai cru comprendre que le leader du gouvernement,
ministre de la Justice, il est souverain, mais il faut qu'il démontre sa
souveraineté sur l'ensemble de son équipe.
Donc, il est en train
de me dire qu'une caquiste, cheffe du cabinet d'un ministre caquiste, tolère
qu'en 2020 ils falsifient les informations envoyées aux membres de cette
Assemblée. Et aujourd'hui, depuis le dépôt du rapport de la commission Gallant,
on joue dans le même jeu, le lendemain du dépôt du rapport du Vérificateur
général.
Je m'attendais d'un
ministre de la Justice, leader du gouvernement, de se lever aujourd'hui et de
dire la vérité à l'ensemble des parlementaires, que la personne qui nous a
falsifié les documents, la personne qui recevait de l'information, elle était
d'accord d'envoyer la mauvaise information, est une fière caquiste, cheffe de
cabinet d'un ministre caquiste, et ils le savaient depuis 2022. Je m'attendais
à plus de...
Présidente : La réponse...
La Présidente :
La réponse du ministre de la Justice.
M. Jolin-Barrette :
Mme la Présidente, je suis d'accord avec le député de Nelligan, on ne
cautionne pas les mauvaises pratiques libérales, et cette personne-là n'est
plus à l'emploi du gouvernement, Mme la Présidente. On aurait dû s'en douter,
Mme la Présidente, qu'engager une libérale c'est ça que ça allait donner, parce
qu'au Parti libéral, Mme la Présidente, on l'a vu, c'est le fligne-flagne à
temps plein, le porto, Mme la Présidente...
La Présidente :
M. le ministre, vous avez employé
un terme qui est au lexique. Je vous demanderais de le retirer, par
respect pour les collègues de l'opposition officielle, et de poursuivre. Vous
le retirez?
M. Jolin-Barrette :
La Présidente :
Poursuivez.
M. Jolin-Barrette :
Mais, au Parti libéral, on sait comment ça marche. On organise dans une
résidence privée une petite chanson, un spectacle, du porto, des cigares puis
des 500 $ cash, Mme la Présidente. Alors, ils n'ont pas de leçon
d'intégrité à nous donner, Mme la Présidente.
Quand ils viennent
confier un mandat pour faire la lumière sur ce scandale libéral là, Mme la
Présidente, ils donnent le mandat à
quelqu'un qui dit lui-même qu'il n'a même pas les outils pour le faire, qui se
qualifie de chien édenté. Puis, après ça, ça dit que ça veut faire le
ménage, que l'éthique, l'intégrité...
Nous, on a confié un
mandat à une commission d'enquête avec des pouvoirs de contrainte,
contrairement à eux, quand ils ont fait la commission Charbonneau, où ils
avaient créé la commission sans pouvoirs de contrainte, Mme la Présidente.
Nous, on va au fond des choses, parce que les Québécois ont le droit d'avoir la
vérité. Ça ne fait pas l'affaire des libéraux, la vérité. Les dirigeants de la
SAAQ ont menti, et ça ne fait pas l'affaire des libéraux.
Présidente : Première...
La Présidente :
Pas de commentaire après les réponses. Première complémentaire.
M. Derraji :
Mme la Présidente, on le sait maintenant, la vérité fait mal. S'il veut que
je lui rappelle les anciens libéraux chez vous, Alain Généreux, la ministre, la
ministre des Affaires municipales, elle était attachée de qui? D'un ministre
libéral. J'espère qu'il va lui dire qu'il pense la même chose d'elle.
Mais, Mme la Présidente,
revenons à l'essentiel. Est-ce qu'aujourd'hui le ministre de la Justice, leader
du gouvernement, cautionne, cautionne que
des députés reçoivent de la mauvaise information d'une caquiste qui a entourloupé
les membres de la Commission de l'administration publique?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Jolin-Barrette : Mme la
Présidente, jamais nous ne cautionnerons ça, Mme la Présidente, des agissements
des libéraux, Mme la Présidente, qui a été formé chez les libéraux, Mme la
Présidente. C'est inacceptable. Et ça nous donne des bonnes leçons, Mme la
Présidente, de ne jamais engager un libéral, Mme la Présidente, parce que c'est
érigé en système, du côté du Parti libéral du Québec. Les courses à la chefferie, Mme la Présidente,
c'est arrangé, il y a des enquêtes du
Directeur général des élections, Mme la Présidente. Encore une fois, le Parti
libéral, durant des années, ont été mêlés à des dossiers de collusion,
de corruption, de problèmes de financement, et ça se reproduit, Mme la
Présidente.
La Présidente : M. le leader de
l'opposition officielle.
M. Tanguay : Pouvez-vous
rappeler à l'ordre le leader, là, qui est en train d'insulter et d'utiliser des
mots tels que «collusion», qui est au lexique?
La Présidente : Merci, monsieur...
Merci, M. le leader.
Présidente : Wou!
Bon, M. le ministre, je vous demanderais de retirer quelques mots qui sont au
lexique, que vous avez prononcés. Vous les retirez?
La Présidente : Vous les retirez. Il
reste trois secondes.
M. Jolin-Barrette : ...ce
mot-là, il est important...
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Fortin :
Mme la Présidente, ce qu'on voit, là, c'est que la déresponsabilisation, c'est
la marque de commerce de la Coalition avenir Québec. On parle d'information qui
a été sciemment cachée aux parlementaires par la cheffe de cabinet du ministre
des Transports caquiste. Alors, quand le ministre des Transports s'est levé
ici, là, puis il nous a dit : On nous a
menti, il faisait référence à sa propre équipe. Puis il y a plein de monde, au
gouvernement, qui, à ce moment-là, ils le savaient déjà, notamment la
ministre des Transports.
Comment on peut faire confiance à une ministre
qui a été... qui a été prise en flagrant délit de vérité par...
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Mme la Présidente,
la vérité, là, c'est qu'on a un projet de 660 millions lancé par les
libéraux, puis l'information qui a été transmise, même à l'ancienne attachée
libérale, c'est 682 millions. Nulle part on ne parle de 1,1 milliard.
Puis pourquoi on est à un 1,1 milliard? À cause d'un mauvais contrat
libéral.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Mme Ghazal : Merci, Mme la
Présidente. On savait déjà que la CAQ avait un préjugé défavorable en matière
de transport en commun. Malheureusement, cette semaine, c'est les gens de
Gatineau qui en ont subi les conséquences. En
matière de transport en commun, la CAQ me fait penser... Vous savez, Mme la
Présidente, quand j'étais jeune, je rentrais dans l'autobus, puis le chauffeur d'autobus nous disait : Avancez
par en arrière. C'est toujours la même chose, hein? Pour chaque projet de transport en commun, c'est la
même rengaine : la CAQ puis les ministres font des annonces, ils coupent des
rubans, puis après ça ils se dégonflent puis ils reculent. Depuis huit ans, la
CAQ a passé plus de temps à reculer sur des projets de transport en commun
structurants qu'à les faire avancer et à les réaliser. Les gens de Québec l'ont
vu. Ils ont goûté à la médecine de la
CAQ. Ça a pris toute une mobilisation pour qu'enfin ce projet-là avance. Puis
les gens de Gatineau, bien, ils ne veulent pas jouer dans le même film
d'horreur de la CAQ.
Le projet va bien. Il
est sur les rails. Le bureau de projet fait un excellent travail. Dans les
coûts, tout va bien. Comme le dit l'adage,
pourquoi réparer quelque chose s'il n'est pas brisé? En centralisant le projet,
comme le fait la CAQ, dans les
bureaux ici, à Québec, au lieu de laisser le bureau de projet faire son
travail, bien, il fait perdre de l'argent puis du temps à tout le monde.
Demain,
je vais rencontrer la mairesse à Gatineau, et elle est très, très inquiète. Est-ce
que le premier ministre peut s'engager
à laisser le bureau de projet faire son travail pour que le projet de tramway à
Gatineau puisse voir le jour, un jour?
La Présidente :
La réponse du premier ministre.
M. Legault :
Oui, Mme la Présidente, j'ai eu l'occasion de rencontrer la mairesse de
Gatineau, puis on a parlé de ce projet de tramway, qui est un projet complexe,
qui doit se coordonner avec le projet qui est à Ottawa, à côté. Et, Mme la
Présidente, on souhaite que des experts, sur une courte période, de neuf mois,
puissent être capables de déposer un projet.
Donc, on a demandé à l'agence Mobilité
Infra Québec de travailler en
collaboration avec la ville de Gatineau pour déposer un projet. Je pense, c'est comme ça qu'on doit travailler,
utiliser des experts. C'est un dossier qui est complexe, qui doit être
coordonné avec celui d'Ottawa. Donc, Mme la Présidente, faisons les choses
correctement.
Présidente : Première complémentaire.
Mme Ghazal :
Mme la Présidente, tout le monde a embarqué dans le projet. Les choses vont
très bien. Le tracé est fait de façon
harmonieuse, il s'intègre bien dans les quartiers, parce que l'expertise, elle
est là-bas. Les villes, elles n'ont pas besoin de Québec de leur dire
comment faire le projet. Tout allait bien. L'argent était là, on était dans les
coûts. Pourquoi est-ce que le gouvernement
décide de tout annuler puis faire une pause sur ce projet-là? Il n'avait pas
besoin d'être réévalué, le projet, il
a besoin de pouvoir avancer. Est-ce que le premier ministre peut rassurer les
gens de Gatineau puis permettre à ce projet-là de continuer?
La Présidente :
La réponse du premier ministre.
M. Legault :
Bien, Mme la Présidente, c'est un projet qui est important. C'est un projet
qu'on supporte depuis longtemps. D'ailleurs,
si la cheffe de Québec solidaire rencontre la mairesse, demain, qu'elle demande
à la mairesse quelle était l'opinion des dernières années, puis, elle va
voir, ce n'est pas aussi clair que ce qu'elle vient de dire.
Maintenant,
Renée... Mme Renée Amilcar, qui travaille pour Mobilité Infra Québec, a
travaillé sur le projet d'Ottawa. Donc, je pense qu'avec son équipe c'est la
meilleure personne pour être capable de dessiner un projet qui est complexe,
qui est important pour nous.
Présidente : Deuxième complémentaire.
Mme Ghazal :
Il n'y avait pas de problème. Il y a une quarantaine d'employés qui font un
excellent travail. Le bureau faisait son travail, puis tout était dans les
coûts puis allait bien. Pourquoi est-ce que le gouvernement décide, le gouvernement qui nous dit que c'est un
gouvernement des régions, décide de centraliser le projet, de le réévaluer avec
quelques employés ici, à Québec, qui sont en train de travailler pour partout
au Québec, alors que tout se passait bien? L'expertise
est sur le terrain. Pourquoi être paternaliste envers la ville de Gatineau?
Pourquoi ne pas les laisser faire ce projet-là pour le bien commun, pour
le...
La Présidente :
La réponse du premier ministre.
M. Legault :
Oui. Bien, Mme la Présidente, je demande à la cheffe de Québec solidaire de
discuter avec la mairesse de l'expertise qu'il y avait au bureau et de comparer
avec l'expertise de Renée Amilcar puis de l'équipe de Mobilité Infra Québec.
Maintenant, je veux
la rassurer, tout le travail qui avait été fait par le bureau de projet va être
transféré à Mobilité Infra Québec. On va travailler avec la ville de Gatineau
pour déposer un projet qui est examiné par des experts.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard :
Mme la Présidente, pendant que les députés de Lévis et de Sanguinet
déchirent leur parti sur la place publique
quant au gouffre financier du projet mort-vivant du troisième lien, qui
coûterait 11 milliards de dollars, bien, l'état de nos
hôpitaux se dégrade à vue d'oeil. Ça craque de partout, les toits nous tombent
sur la tête littéralement, Mme la Présidente, dégâts d'eau, pannes
d'électricité, rongeurs sur les étages, ascenseurs en panne, et plus encore. Chaque jour, les unes s'accumulent : Hôpital général de Montréal, le Douglas, Pinel, l'hôpital de Saint-Jérôme,
l'Hôpital de Chicoutimi, Maisonneuve-Rosemont, Rimouski, et j'en passe. La gestion du dossier est
catastrophique. Le déficit en maintien d'actif dépasse maintenant les
2 milliards, et la facture continue de grimper. Puis, pendant ce temps, au
gouvernement, on refuse de bouger. Hier encore, la CAQ a refusé de
s'engager à prioriser le projet de Maisonneuve-Rosemont.
question : Pourquoi le gouvernement refuse encore de prioriser la santé et
la sécurité des patients du Québec?
Présidente : La réponse du ministre responsable des Infrastructures.
M. Charette :
Merci, Mme la Présidente. Merci au collègue. Peut-être que j'ai une
prémisse dans sa question. Il n'y a pas de négligence au niveau des
investissements. Et j'aurais une question pour lui. Dans un premier temps,
selon lui, combien ça prend de temps ou d'années pour qu'un bâtiment se
dégrade? La réponse, elle est simple, ça se fait sur des décennies. Donc, si on
est là où on est aujourd'hui avec un déficit d'entretien, ce n'est pas une négligence
sur les dernières années, c'est une négligence sur les dernières décennies. Les
infrastructures qu'il cite, certaines ont été construites il y a plus de
100 ans. Dans d'autres cas, c'est des infrastructures qui ont plusieurs
décennies.
Donc, la faute, s'il
faut en identifier une, c'est les gouvernements précédents qui ont largement
sous-investi dans le maintien de nos actifs, situation qu'on est en train de
corriger. On l'a souvent mentionné, lorsqu'on a pris le pouvoir, en 2018, le
PQI était à 100 milliards. Il est aujourd'hui à 164 milliards. C'est
une progression de 64 %. Et les deux tiers de ces sommes-là sont dédiés au
maintien d'actif.
Donc, on corrige les
erreurs du passé, mais les erreurs sont lourdes, elles sont grandes et elles ne
peuvent pas se corriger du jour au lendemain.
Présidente : Première complémentaire.
M. Cliche-Rivard :
Huit ans, Mme la Présidente, huit ans à gouverner le Québec. Là où on
s'entend, c'est clair, c'est qu'eux et les autres partis, précédents, ont causé
cette négligence-là, on va être d'accord là-dessus, mais ils en sont
responsables également. Sur les 227 bâtiments vétustes, Montréal en compte
la moitié. Pas étonnant, la CAQ a abandonné Montréal. Ça, ça fait longtemps
qu'on le savait. À l'Hôpital général de Montréal, le pire au Québec, c'est
265 fuites d'eau depuis décembre 2024, des opérations cliniques
suspendues, des lits de patients fermés, mais le gouvernement refuse encore...
Présidente : La réponse du ministre.
M. Charette :
Merci, Mme la Présidente. Je posais au collègue une question, à la première
question qu'il posait. Je vais lui en poser
une autre. Selon lui, quelle serait la bonne hauteur pour un PQI? On va en
présenter un dans les prochaines semaines. J'aimerais avoir sa réponse.
Est-ce qu'une augmentation de 64 %, c'est insuffisant? Si oui, quel serait
le montant qu'il nous suggère? Et comment s'assurer qu'un montant plus élevé
puisse correspondre à nos cibles budgétaires? Comment s'assurer que ça
n'accentue pas davantage la pression sur nos finances publiques? Parce que, si on accentue la pression sur nos finances
publiques, on compromet aussi l'offre de services que l'on garantit, que l'on
promet aux citoyens.
Donc, poser une question,
c'est bien. Avoir une réponse...
La Présidente :
Deuxième complémentaire. Et, pour
ce faire, je cède la parole à la députée de Verdun. On vous écoute.
Mme Zaga Mendez : J'ai
une recommandation pour le ministre : commencer par épargner 15 millions
de dollars sur le projet du troisième lien. C'est comme ça qu'on va
sauver nos infrastructures.
À Verdun,
l'Hôpital Douglas est rendu le deuxième le plus dégradé au Québec. Aucune surprise,
là, Mme la Présidente, on l'a tous vu,
le plafond s'effondre, les chutes de Niagara en direct. Les patients ne
souhaitent même pas y aller, tellement c'est rendu dégradé.
question est simple : C'est quand que la modernisation va débuter? Les patients
attendent une réponse. Plus d'excuses.
Présidente : La réponse du ministre des Finances.
M. Girard
(Groulx) : Oui, Mme la Présidente. Bien, on fait des efforts
extrêmement importants, une hausse de 64 % depuis qu'on est au pouvoir,
11 milliards dans le dernier budget, en réaction à la guerre tarifaire,
pour stimuler l'économie. Et, dans le prochain budget, bien, c'est certain
qu'on considère augmenter les infrastructures, parce que les besoins sont
immenses, Mme la Présidente.
Qui pourrait nous
aider aussi? Bien, le gouvernement fédéral, qui n'a plus de programme en
infrastructures depuis le
31 décembre 2023, qui s'est vanté, dans son dernier budget, qu'il
allait augmenter les dépenses en capital, et nous leur demandons un
transfert sans condition pour le transport en commun et les infrastructures.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le député
de Gouin.
M. Nadeau-Dubois :
Il n'y a rien de plus beau qu'un enfant qui découvre la beauté et la magie
de la culture pour la première fois dans sa vie. On le vit comme parents, et
les profs du Québec le vivent à chaque fois qu'ils sortent leurs élèves dans
une sortie dans un musée, dans un théâtre, dans n'importe quelle institution
culturelle, au Salon du livre, par exemple.
C'est des vocations qui se créent. C'est des intérêts qui s'éveillent. C'est
souvent des souvenirs pour la vie. Et c'est à ça que ça sert, les
sorties culturelles.
C'est là-dedans que
la ministre de l'Éducation prévoit couper. La ministre de l'Éducation va
quitter la vie politique dans quelques mois, puis je ne mentionne pas ça pour
la picosser, j'ai pris la même décision qu'elle, mais je lui pose quand même la question : Est-ce
qu'elle souhaite que ce soit ça, son legs, être la ministre de l'Éducation qui
aura affaibli l'accès à la culture pour les enfants du Québec? Peut-elle
s'engager dès maintenant à protéger les budgets des sorties culturelles des
enfants du Québec?
Présidente : La réponse de la ministre de l'Éducation.
Mme LeBel :
Merci, Mme la Présidente. Mon collègue sait très bien que l'exercice
budgétaire qui est en cours présentement sera abouti par la présentation du
prochain budget, et on pourra, à ce moment-là, voir quels seront les budgets
qui seront disponibles.
Mais, ceci étant dit,
Mme la Présidente, je suis entièrement d'accord avec mon collègue sur
l'importance de la culture, l'importance de la culture au Québec, l'importance
de la culture pour protéger notre nation, notre français, notre façon d'être,
l'importance que cette culture-là soit, je dirais, infusée dès le plus jeune
âge à nos enfants. Et l'école doit jouer un rôle fondamental dans cette... dans
cette notion-là. C'est pour ça que la culture fait
partie intrinsèque du
programme d'éducation, Mme la Présidente, et elle fera toujours
partie
intrinsèque du programme d'éducation.
D'ailleurs, le
prochain programme de français qu'on va mettre en place, qui est déjà déployé
dans 55 classes et qui sera déployé à l'automne 2027, parce qu'on va
faire de la formation pour les enseignants pendant ce temps-là, on va les...
bien les intégrer à ce programme de français là, intègre cette notion de
culture là, dont la lecture de livres québécois, la présentation d'oeuvres
québécoises.
Donc, cette
culture-là, Mme la Présidente, je pense qu'il faut être conscients et très
fiers du fait qu'elle sera toujours un élément très intimement lié à l'éducation,
au Québec, parce que c'est important pour notre nation, Mme la Présidente.
Présidente : Première complémentaire.
M. Nadeau-Dubois :
Je ne demande pas à la ministre de m'envoyer une capture d'écran du
prochain budget à l'avance. Je lui demande de prendre une position de principe,
de prendre une position de principe, comme ministre de l'Éducation, ne pas
couper dans les sorties culturelles des enfants du Québec. Tout le monde le
demande dans les écoles. Tout le monde le demande dans le milieu de la culture.
17 000 personnes ont signé la pétition en même pas deux semaines.
Est-ce que la ministre peut s'engager?
Présidente : La réponse de la ministre.
Mme LeBel : J'apprécie beaucoup
ces échanges avec mon collègue de l'opposition, qui est extrêmement... très
habile avec les mots, mais ce qu'il me demande, à toutes fins pratiques, c'est
de lui envoyer une capture d'écran à l'avance, donc, ce qu'on ne fera pas. Mais
c'est important de réitérer, Mme la Présidente... Parce qu'on ne le fait pour
aucun budget puis on ne le fait pour aucun poste budgétaire.
Donc, ce qu'il est important de réitérer, par
contre, Mme la Présidente, c'est que la culture fait
partie de l'éducation.
C'est important que dès leur plus jeune âge nos enfants soient exposés à cette
culture, particulièrement la culture québécoise, les livres, le théâtre. Tout
ça est important, effectivement, et ça demeurera toujours important. La preuve,
Mme la Présidente, c'est que c'est intimement, maintenant, lié au programme de
français qu'on met en place dans nos écoles. Alors, cette culture-là demeurera
toujours importante, Mme la Présidente.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Nadeau-Dubois : Ce n'est pas
sorcier, Mme la Présidente. Si on n'a pas l'intention de poser un geste, on le
dit. L'attitude détendue, là, de la ministre contraste avec la panique qui
sévit en ce moment dans le milieu culturel. Elle a juste à dire : Non, on
ne coupera pas les sorties culturelles des enfants.
Je vous donne
juste un exemple. Les théâtres jeunesse, là, les sorties scolaires, c'est
75 % de leurs revenus. Ça fait que c'est bien beau, aller parader à
l'UNESCO pour parler de la souveraineté culturelle, mais, pendant ce temps-là, laisser planer des coupures dans les sorties
culturelles, c'est faire paniquer le monde. Est-ce que la ministre peut les
rassurer?
La Présidente : La réponse de la
ministre.
Mme LeBel : Présentement, moi,
je suis à Québec. Donc, c'est à partir de Québec que je vais vous dire que,
l'éducation, ce qu'on me demande, et la raison pour laquelle on m'interpelle,
c'est qu'on veut que l'éducation et la culture soient intimement liées. On veut
que cette culture-là soit offerte à nos enfants à travers le système
d'éducation, et on le fait, et on va continuer à le faire.
Depuis 2019, on a investi plus de
112 millions de dollars, Mme la Présidente, en culture, et on va
continuer à faire en sorte que cette culture-là soit intimement liée au
programme d'éducation. On veut que nos enseignants utilisent la musique, la littérature, le théâtre, le cinéma,
les séries d'ici pour enseigner le français. Donc, c'est la plus grande preuve
que l'éducation et la culture demeureront toujours liées pour nos enfants, Mme
la Présidente.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Depuis une
semaine, quand on le questionne sur le troisième lien, le ministre des
Transports nous dit : Ah! bien, ça
dépend de la course à la direction de la CAQ, puis c'est une bonne chose. Là où
je suis d'accord avec lui, c'est que,
oui, il y a une bonne chose dans cette course à la direction, quant au
troisième lien, c'est que c'est un révélateur. C'est un révélateur, d'abord,
qu'il y a des dissensions internes au sein de la CAQ, mais c'est aussi un
révélateur que ce n'est pas l'intérêt public, ce n'est pas le Plan
québécois des infrastructures, ce n'est pas les besoins, ce n'est pas les
études qui comptent, dans le troisième lien, c'est les intérêts électoralistes
de l'un ou l'autre des candidats.
Bon, hier, on a vu la députée de Sanguinet jeter
aux poubelles tout ce qui a été proposé par la CAQ jusqu'à maintenant, en tout
cas, où elle dit : Je vais le promettre aux prochaines élections puis
peut-être à l'autre élection après. Ce qu'il
y a d'intéressant, c'est que c'est la même députée de Sanguinet qui était au
cabinet ministériel quand le projet actuel a été présenté, tout comme la
ministre de l'Enseignement supérieur, tout comme le député de Granby.
Moi, j'ai une question pour le ministre de la Capitale-Nationale :
Équipe Sanguinet ou équipe Lévis?
La Présidente : La réponse du
ministre responsable des Infrastructures.
M. Charette : Merci,
Mme la Présidente. Le collègue parle de dissension. J'ai été quelques années — je
l'assume, on fait tous des erreurs — au Parti québécois et, les
dissensions, je les ai connues, au Parti québécois.
Au niveau de la Coalition avenir Québec, je
pense qu'on doit parler davantage de réflexions, des réflexions qui ont cours
actuellement parce qu'une course à la chefferie se vit. Très fier des débats
qui ont cours. Très fier de voir qu'il y a une
émulation, qu'il y a des gens qui veulent contribuer au développement du Québec
à travers la formation que nous représentons.
Ce que mon collègue disait, aux
Transports, hier, je vais répéter essentiellement la même chose, et, si la
question devait être posée de nouveau, ce sera la même réponse, c'est une
course à la chefferie qui permet des réflexions, qui permet aux candidats de se positionner, et les
membres de la coalition choisiront leurs représentants, et, par la suite, il y
aura vraisemblablement des ajustements. C'est sain, des réflexions, Mme
la Présidente, et une course à la chefferie est le bon moment pour agir de la
sorte.
Donc, on ne nous
demande pas de prendre position sur une course qui se déroule entre les
membres. Ils seront informés des résultats le moment venu.
La Présidente :
Première complémentaire.
M. Paradis :
Mais elle est extraordinaire, cette réponse, parce qu'elle nous confirme
une nouvelle fois que ce n'est pas le Plan québécois des infrastructures, ce
n'est pas l'intérêt collectif, ce n'est pas les besoins, c'est la réflexion qu'on va avoir dans le cadre d'une course
électoraliste à la direction de la CAQ. Ce n'est pas comme ça que ça fonctionne,
le Plan québécois des infrastructures.
Bon, équipe Sanguinet
ou équipe Lévis? Je pose la même question au ministre des Infrastructures, mais
j'aimerais avoir la réponse du ministre de la Capitale-Nationale. Et la
ministre... la députée de Sanguinet dit aussi que c'est sûr que ça n'a pas été
un dossier bien géré...
Présidente : La réponse du ministre.
M. Charette : ...la question, la
réponse sera toujours la même, de notre côté. C'est l'équipe du Québec, c'est
le Québec... c'est l'équipe pour l'avenir du Québec, justement. C'est le
nom, d'ailleurs, de notre formation politique.
Pour ce qui est du
positionnement lui-même, laissons la course se vivre. Mais un petit conseil à
mes amis du Parti québécois,
parce que j'en compte encore de nombreux : ce n'est
jamais moment mauvais de consulter la population. Ce n'est jamais
mauvais de vouloir répondre aux besoins de la population. Il y a une forte
demande, dans la grande région de Québec,
pour de nouveaux projets, en termes de mobilité, peu importent ceux qui sont
présentés actuellement. Donc, conseil amical : consulter, ce n'est
pas mauvais.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Paradis :
«C'est sûr que ça n'a pas été un dossier dont on salue la gestion au fil
des ans.» Citation de la députée de Sanguinet. Qu'est-ce qu'on en pense, du
côté du gouvernement, actuellement? Est-ce qu'on change encore au gré, comme
par exemple, de la ministre de l'Enseignement supérieur, qui, avant d'être
candidate, qualifiait le projet de troisième
lien de rétrograde et électoraliste, puis là, dernièrement, elle a dit :
Si on ne fait pas le troisième lien, je veux une compensation financière pour
mes gens sur la Rive-Sud? On pense quoi de tout ça, au gouvernement,
actuellement?
Présidente : La réponse du ministre.
M. Charette :
Ce que je peux confirmer, c'est qu'il y a plusieurs sujets qui sont
débattus, au gouvernement, et ce serait bien
que le Parti québécois élargisse aussi ses sujets de réflexion. On les
entend beaucoup parler de référendum. Ça devient une obsession de leur
côté, malgré que la population a clairement tranché et indiqué qu'elle ne
souhaite pas aller dans cette direction-là. Donc, si nous, on est capables de
réfléchir sur plusieurs sujets, ce serait bien que le Parti québécois en
fasse autant et qu'il élargisse quelque peu ses sujets de réflexion. Je pense
que ça profiterait à davantage de Québécois que de les obliger à se
contraindre à un débat référendaire que personne ne veut, Mme la Présidente.
La Présidente : En question principale — je vous réitère le fait qu'il s'agit d'un député
indépendant et que ses trois questions sont protégées — je
reconnais le député d'Abitibi-Est.
M. Dufour :
Merci, Mme la Présidente. Le 19 septembre 2025, en entrevue chez nous,
le nouveau ministre régional de ma région mentionne : «De bonnes nouvelles
attendent l'Hôpital d'Amos à court terme.» Si je calcule bien, aujourd'hui, on
est à six mois de cette affirmation. Eh bien, savez-vous quoi? Rien de nouveau
sur ce sujet.
veux rappeler, Mme la Présidente, que cet hôpital est un centre névralgique
pour la région de l'Abitibi-Témiscamingue et que plus de 50 % des
chirurgies sont faites à cet endroit.
Alors, à quand le
début des travaux pour l'urgence et le bloc opératoire de l'Hôpital d'Amos?
Présidente : La réponse de la ministre de la Santé.
Mme Bélanger :
Oui. Mme la Présidente, on le voit, effectivement, là, qu'il y a beaucoup
de besoins en infrastructures partout au Québec. Québec solidaire a parlé
beaucoup des hôpitaux à Montréal, et, oui, effectivement, il y a des hôpitaux, à Montréal, qui ont besoin de
maintien d'actif, mais il y a eu, à Montréal, beaucoup d'investissements
dans les dernières décennies, alors le CHUM,
le CUSM, l'Institut de cardio, alors... oui, on peut continuer, Sainte-Justine.
Alors, tout ça. Il y en a eu énormément, Mme la Présidente.
Mais, pour répondre à
votre question, on est très sensibles aux besoins des régions, très sensibles
aux besoins des régions. Puis il y a des besoins partout dans les régions. Et
je comprends très bien ce que le député mentionne en lien avec l'hôpital, le
centre hospitalier d'Amos, notamment en lien avec la salle d'urgence. On est en
train, avec Santé Québec, Mme la Présidente, de regarder l'ensemble des
dossiers. C'est important de prendre des choix éclairés en fonction des enveloppes budgétaires. Je vous rappelle que le PQI santé
2025-2035 était de 25 et sera de 25 milliards...
La Présidente :
Première complémentaire.
M. Dufour : Mme la Présidente,
j'aimerais rappeler à la ministre que, comme nous sommes situés entre 500 et 800 kilomètres
de Montréal, il n'y en a pas, d'alternative, comme pour les gens qui vivent
dans la Communauté métropolitaine de Montréal, qui peuvent aller d'un hôpital à
l'autre.
Y a-t-il enfin
quelqu'un qui va finir par arrêter d'analyser ce dossier-là puis finir par
passer à l'action? Il y a d'ailleurs un budget qui s'en vient.
Présidente : La réponse de la ministre.
Mme Bélanger :
Oui. Mme la Présidente, écoutez, je comprends tout à fait le député.
L'Hôpital d'Amos est en planification. Donc, on est vraiment en train
d'analyser l'ensemble de ce dossier-là. On est en train de regarder les
disponibilités financières, Mme la Présidente, pour s'assurer que les plans,
les devis préliminaires soient produits le plus
rapidement possible. Et on explore, Mme la Présidente, la possibilité de
devancer et d'inclure une phase II au projet actuel, alors on prend ça au sérieux, pour le bloc
opératoire, notamment, aussi, parce que vous parlez des salles d'urgence,
mais les blocs opératoires. Alors, il faut être patients. Mon collègue ministre
des Infrastructures...
La Présidente :
Deuxième complémentaire.
M. Dufour :
Je vais aider la ministre, Mme la Présidente, là. Le gouvernement recevra
cette année le double puis même le triple
des redevances provenant de l'industrie minière, des mines aurifères. Si on
exploite le sol abitibien, alors, qu'on en fasse aussi profiter la
population de l'Abitibi-Témiscamingue.
Présidente : La réponse de la ministre.
Mme Bélanger :
...je remercie... Mme la... oui, excusez. Mme la Présidente, je remercie le
député. Alors, bien, toute forme d'aide est la bienvenue. J'ose m'étirer en
disant que oui. Puis l'aide du privé aussi, certainement, surtout quand on
parle de construction. Alors, vous avez fait référence à l'industrie minière.
Mais je veux quand
même revenir sur l'Hôpital d'Amos. Ça fait
partie des priorités. On veut faire
avancer ce dossier-là. Il est inscrit, donc, au niveau des infrastructures.
Donc, on veut traverser les étapes. Donc, on le sait, les projets à l'étude, en
planification, en réalisation, ils cheminent. Il faut être patients. Le
ministre des Infrastructures a parlé tantôt
qu'il y aurait une annonce éventuellement sur les priorités en lien avec le Plan québécois des infrastructures.
Présidente : Voilà. Cela met fin à cette période de questions et de
réponses orales.
Comme il n'y a pas de
votes reportés, nous allons passer à la rubrique Motions sans préavis, et, pour
ce faire, je cède la place au troisième vice-président de l'Assemblée
nationale. Je vous remercie.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Alors, en fonction de nos règles et de l'ordre de
présentation des motions sans préavis, je reconnais un membre du troisième
groupe d'opposition. Mme la députée de Terrebonne.
Mme Gentilcore :
Merci, M. le Président. Je sollicite le consentement des membres de cette
Assemblée afin de présenter, conjointement avec le ministre délégué à l'Économie
et aux Petites et Moyennes Entreprises et les députés de Jeanne-Mance—Viger, Verdun,
Laporte, Saint-Laurent et Rosemont, la motion suivante :
«Que l'Assemblée
nationale souligne que les entreprises de moins de cinq employés représentent 52 %
des établissements employeurs du Québec, et que celles comptant moins de
50 employés en représentent 94 %;
«Qu'elle mentionne
l'importance névralgique des PME pour notre économie, celles-ci générant plus
de 50 % du produit intérieur brut du Québec et en assurant la forte
majorité des emplois du secteur privé;
«Qu'elle exprime sa
reconnaissance envers les entrepreneures et entrepreneurs du Québec pour leur
apport essentiel et constant au développement économique, social et régional du
Québec;
«Qu'elle réaffirme
son engagement à travailler avec l'ensemble des acteurs de la société civile
afin de créer un environnement d'affaires favorable à la prospérité durable des
PME et des Québécoises et Québécois;
«Enfin, qu'elle
souligne l'importance de poursuivre les efforts visant à soutenir l'innovation,
l'investissement et la croissance des PME québécoises.»
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
M. Lévesque
(Chapleau) : Il y a consentement, sans débat, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Il
y a consentement, sans débat. Cette... Oui, M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
On prendrait un vote électronique, s'il vous plaît.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Un vote électronique a été demandé. La période de
vote est ouverte.
La période de vote
est terminée. M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 102
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Cette motion est adoptée. M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
M. le Président, on aimerait que la copie de cette motion soit transmise à
la FCEI, la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Ce sera fait, M. le député.
Et la prochaine
motion revient au gouvernement, et je reconnais M. le député de Chapleau.
M. Lévesque
(Chapleau) : Oui. Merci beaucoup, M. le Président. Et donc je
sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion
suivante conjointement avec le député de Taillon :
«Que l'Assemblée
nationale prenne acte des statistiques fiscales de 2023 démontrant que le
revenu total des Québécois a augmenté de 5,6 % tandis que l'impôt à payer
a diminué de 1,5 %, confirmant ainsi les effets positifs des actions
posées par le gouvernement.»
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Il n'y a pas de consentement.
Et la prochaine
motion revient à l'opposition officielle, et je reconnais Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet :
M. le Président, je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de
présenter la motion suivante conjointement
avec le député de Jean-Lesage, la députée de Terrebonne, le député d'Abitibi-Est, la députée de Laporte, le député de Rosemont, la députée de Saint-Laurent
et la députée de Chomedey :
«Que
l'Assemblée nationale reconnaisse l'apport indéniable des quotidiens,
hebdomadaires et magazines imprimés qui renseignent, éclairent et
divertissent des millions de Québécois;
«Qu'elle reconnaisse
que ces imprimés sont un rempart contre l'uniformisation culturelle à l'échelle
mondiale et un bouclier contre la désinformation, dans le respect et la
protection de la diversité des expressions culturelles;
«Qu'elle prenne acte
du contexte géopolitique marqué par les fausses nouvelles et la fragilisation
des institutions, notamment par le biais des réseaux sociaux et des géants
numériques internationaux;
«Qu'elle énonce que
préserver la presse écrite locale devrait être une priorité;
«Qu'enfin, elle
affirme que ces imprimés jouent un rôle essentiel auprès des Québécois affectés
par la fracture numérique, notamment les ainés et les ménages à faible revenu.»
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
M. Lévesque
(Chapleau) : Consentement, sans débat, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Il y a consentement, sans débat.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Un vote électronique a été demandé. La période de
vote est ouverte.
La période de vote
est terminée. M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 101
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Cette motion est adoptée.
la prochaine motion revient au deuxième groupe d'opposition. Je reconnais
M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc :
Merci, M. le Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée
pour présenter la motion suivante conjointement avec la députée de Bourassa-Sauvé,
la députée de Terrebonne, la députée de Laporte, le député de Rosemont et la
députée de Saint-Laurent :
«Que
l'Assemblée nationale du Québec reconnaisse que l'intelligence artificielle
générative menace directement le travail et la stabilité économique des
artistes et créateurs québécois;
«Qu'elle rappelle que
l'usage d'une telle technologie remplace les oeuvres de nos artistes par des
contrefaçons créées à partir de leur propre travail;
«Qu'elle
affirme que les fonds publics octroyés dans le domaine des productions
culturelles doivent prioritairement soutenir la création artistique
québécoise et protéger les emplois dans le milieu culturel;
«Qu'enfin elle
demande au gouvernement du Québec d'évaluer l'encadrement du recours à l'intelligence
artificielle générative pour la création d'illustrations, d'images ou d'oeuvres
visuelles dans tout projet, organisme ou institution bénéficiant d'un
financement public.»
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
M. Lévesque
(Chapleau) : ...consentement, sans débat, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Il y
a consentement, sans débat. M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard :
Un vote électronique, s'il vous plaît.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Un vote électronique a été demandé. La période de
vote est ouverte.
La période de vote
est terminée. M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 101
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Cette motion est adoptée. M. le leader du
deuxième groupe d'opposition.
M. Cliche-Rivard :
M. le Président, est-ce qu'une copie de cette motion peut être envoyée aux
groupes suivants, s'il vous plaît? L'Union des artistes, Fédération nationale des
communications et de la culture-CSN, Centrale des syndicats du Québec,
rassemblement pour l'art humain et Illustration Québec. Merci.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Ce sera fait, M. le leader.
À la rubrique des
avis des travaux touchant les commissions, M. le leader adjoint du
gouvernement.
M. Lévesque
(Chapleau) : Oui, merci beaucoup, M. le Président. Et donc j'avise
cette Assemblée que la Commission des institutions va poursuivre les
consultations générales et les auditions publiques sur le projet de loi n° 1,
la Loi constitutionnelle de 2025 sur le Québec, aujourd'hui, de
11 h 45 à 12 h 45 et de 15 heures à 16 h 15,
à la salle Pauline-Marois;
Commission des relations avec les
citoyens va poursuivre l'étude
détaillée du projet de loi n° 9, la Loi
sur le renforcement de la laïcité du Québec, aujourd'hui, de 15 heures à 18 h 30, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission de la
santé et des services sociaux va poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 19,
la Loi visant notamment l'amélioration de l'accès aux services médicaux,
aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission de
l'aménagement du territoire va poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 13,
la Loi visant à favoriser la sécurité et le sentiment de sécurité de la
population et modifiant diverses dispositions, après les affaires courantes
jusqu'à 13 heures et de 15 heures à 18 h 30, à la salle
Louis-Joseph-Papineau;
La Commission de
l'économie et du travail va poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 3,
la Loi visant à améliorer la transparence, la gouvernance et le processus
démocratique de diverses associations en milieu de travail, après les affaires
courantes jusqu'à 13 heures et de 15 heures à 18 h 30, à la
salle Marie-Claire-Kirkland;
La Commission des
finances publiques entreprendra l'étude détaillée du projet de loi n° 5,
la Loi visant à accélérer l'octroi des
autorisations... requises, pardon, pour la réalisation des projets prioritaires
et d'envergure nationale, après les affaires courantes jusqu'à
13 heures, à la salle du Conseil législatif;
La Commission des
finances publiques va poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 7,
la Loi visant à réduire la bureaucratie, à
accroître l'efficacité de l'État et à renforcer l'imputabilité des hauts
fonctionnaires, aujourd'hui, de
16 h 30 à 18 h 30, à la salle Pauline-Marois.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, M. le leader adjoint du gouvernement.
période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer
aux affaires du jour. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque
(Chapleau) : ...M. le Président. Je vous demanderais de bien vouloir
suspendre nos travaux jusqu'à 15 heures.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Les travaux sont donc suspendus jusqu'à 15 heures.
(Suspension de la séance à 11
h 09)
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Vous pouvez vous asseoir.
Donc, nous poursuivons nos travaux aux affaires
du jour, aux affaires inscrites par les députés de l'opposition. À
l'article 70 du feuilleton, aux affaires inscrites par les députés de
l'opposition, M. le député de Taschereau présente la motion suivante :
«Que l'Assemblée nationale affirme son
opposition au projet de gazoduc et d'usine de gaz naturel liquéfié de Marinvest Energy.»
Je vous
informe que la répartition du temps de parole pour les débats restreints sur la
motion inscrite par M. le député de Taschereau s'effectuera comme
suit : 10 minutes sont réservées à l'auteur de la motion pour sa
réplique, 45 minutes sont allouées au groupe parlementaire formant le
gouvernement, 21 min 58 s sont allouées au groupe parlementaire
formant l'opposition officielle, 25 min 43 s sont allouées au
deuxième groupe d'opposition, 7 min 19 s sont allouées au
troisième groupe d'opposition et une enveloppe de 10 minutes est allouée
aux députés indépendants, sous réserve de
maximum de 1 min 30 s chacun. Dans le cadre de ce débat, le
temps non utilisé par les députés indépendants ou par l'un des groupes parlementaires sera redistribué entre
les groupes parlementaires selon les proportions établies précédemment. Mis à
part ces consignes, les
interventions ne seront soumises à aucune limite de temps. Enfin, je rappelle
aux députés indépendants que, s'ils
souhaitent intervenir au cours de ce débat, ils doivent en aviser la présidence
et ils ont 10 minutes à partir de maintenant.
Je cède immédiatement la parole à M. le député de
Taschereau.
M. Grandmont : Merci,
Mme la Présidente. Juste pour être sûr, j'ai bien 15 minutes pour
commencer, c'est ça, hein? Exact?
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
M. Grandmont : 25 au total.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
25 au total.
M. Grandmont : C'est ça.
Parfait. Excellent. Donc, merci, Mme la Présidente, pour... de m'avoir donné la
parole sur cette motion du mercredi que nous avons inscrite, qui porte le
terme... qui porte le nom, effectivement :
«Que l'Assemblée nationale affirme son
opposition au projet de gazoduc et d'usine de gaz naturel liquéfié de Marinvest
Energy.»
Mme la Présidente, on est le
18 février 2026. Il y a cinq ans, le Québec célébrait le rejet de GNL
Québec. C'était une décision qui a été saluée, une décision courageuse, là, du
gouvernement de la CAQ de rejeter ce projet-là parce qu'on savait que ce n'était
pas une voie d'avenir, parce que ce n'était pas une voie qui était acceptable
pour les Québécoises et les Québécois, que
ce n'était pas une voie qui était acceptable aussi pour l'environnement. On
pensait donc avoir compris que l'avenir ne passait plus par les
pipelines. On pensait que la science avait enfin gagné sur le lobbyisme des
multinationales.
Pourtant,
aujourd'hui, un nouveau fantôme hante nos régions : il s'agit de Marinvest
Energy. Marinvest Energy, c'est une entreprise norvégienne qui, dans l'ombre,
tente de ressusciter ce projet sous un nouveau nom, avec un tracé de gazoduc qui risque de défigurer le Nord-du-Québec et nos magnifiques régions que sont le Saguenay—Lac-Saint-Jean
et la Côte-Nord. Le projet, c'est une usine de liquéfaction et un terminal
maritime pour exporter le gaz naturel qui provient de l'Alberta. Le projet
comprendrait un gazoduc de plusieurs centaines de kilomètres. On parle
d'environ 1 000 kilomètres à travers des milieux naturels québécois
afin de relier l'usine au réseau transcanadien de TC Energy, comme le prévoyait
également le projet GNL Québec. Mme la Présidente, ce n'est pas un projet de
développement, c'est un projet de déconstruction de nos acquis
environnementaux. On change l'emballage, on change le nom, mais le poison reste
le même. Ce projet est une insulte aussi à la mémoire collective des
Québécoises et des Québécois qui se sont tenus debout en 2021, et j'aimerais
inclure là-dedans le gouvernement également.
J'aimerais rappeler à mes collègues ici que, pas
plus tard que cet été, un sondage réalisé par Léger montrait que 81 % des
Québécois exigent le respect des engagements climatiques et souhaitent que le
gouvernement donne les moyens nécessaires à leur réalisation. Marinvest prévoit
un gazoduc de près de 1 000 kilomètres pour transporter du gaz de
fracturation albertain vers Baie-Comeau. C'est une cicatrice de 90 mètres
de large qui traverserait nos forêts, nos
rivières. Bien que le promoteur parle de carboneutralité pour l'usine, il
ignore volontairement les émissions en amont. Le gaz provient de la fracturation hydraulique, une méthode tellement
destructrice, Mme la Présidente, qu'elle est interdite ici, au Québec,
depuis 2022.
Alors, comment peut-on interdire une pratique
chez nous, mais construire des infrastructures pour profiter des retombées de
ces méthodes-là réalisées ailleurs? Les fuites de méthane durant le transport
sont dévastatrices et souvent sous-estimées
par les promoteurs. Le mythe du gaz de transition, là, ce n'est pas vrai. Le
GNL, ce n'est pas une solution de rechange, c'est un cul-de-sac
environnemental. Sur l'ensemble de son cycle de vie, de l'extraction par
fracturation au transport
et à la liquéfaction, il génère des fuites de méthane, un gaz qui est
80 fois plus puissant que le CO 2 , gaz à effet de serre, sur un horizon de
20 ans. Chaque kilomètre de ce pipeline devient ainsi une bombe climatique
à retardement.
Aussi
polluant que le charbon, Mme la Présidente, à cause de ces fuites chroniques et
de l'énergie colossale nécessaire pour refroidir le gaz à moins
162 °C, c'est la température qu'il faut atteindre pour que le gaz devienne
liquide, le bilan carbone réel du GNL peut
être pire que celui du charbon. En d'autres mots, on ne remplace pas une
énergie sale par une énergie propre, on remplace une énergie sale par
une énergie catastrophique.
Contrairement à GNL Québec, Marinvest propose un
terminal flottant à Baie-Comeau. C'est de la poudre aux yeux technique. Ça
n'enlève rien aux risques industriels majeurs, ni aux risques pour les bélugas,
ni la biodiversité marine. Le bruit
sous-marin puis les risques de déversement demeurent des menaces réelles pour
le fleuve Saint-Laurent.
Le rapport du BAPE de 2021 sur le projet
précédent concluait sans ambiguïté que de tels projets entraînaient une augmentation nette des émissions mondiales de
GES. Bien, Mme la Présidente, la science n'a pas changé en cinq ans, là. Ce
qui a changé, c'est l'audace des promoteurs, l'audace de proposer des projets
malgré notre refus d'adhérer à ce projet-là il y a cinq ans, mais surtout ce
qui est particulier, ce qui a changé, c'est l'écoute de certains élus.
Enfin, le terminal maritime à Baie-Comeau et le
passage incessant de superméthaniers menacent directement les bélugas de
l'estuaire du Saint-Laurent. On ne peut pas prétendre protéger le fleuve tout
en y invitant des géants des mers remplis de
gaz. Mme la Présidente, on n'arrête pas un incendie en jetant de l'huile dessus
et on ne règle pas la crise climatique en construisant des autoroutes
pour le gaz de l'Ouest.
Ce projet est un vampire énergétique. Il
exigerait... — merci — il
exigerait des térawattheures massifs de puissance
similaires aux 4,6 térawattheures que demandait GNL Québec. C'est
l'équivalent de la consommation de centaines de milliers de foyers québécois.
Selon le Plan d'action 2035 d'Hydro-Québec, nous manquons déjà d'énergie
pour la décarbonation de nos propres industries. Alors, on nous demande de
faire des efforts, de baisser le chauffage, de changer nos habitudes pendant
que le gouvernement, lui, s'apprête à donner notre électricité propre pour
refroidir du gaz à moins 162 °C afin
qu'il soit exporté. Utiliser notre or bleu pour liquéfier du gaz fossile
étranger est un détournement de nos
ressources nationales. C'est une claque au visage des générations futures qui
auront besoin de cette électricité-là pour la vraie transition.
Il y a des risques financiers aussi, Mme la
Présidente. Comme pour la cimenterie McInnis, rappelons-nous qu'on avait mis
800 millions de dollars de fonds publics pour un bilan
environnemental désastreux, le risque est que l'État finisse par éponger
les dettes d'un projet qui deviendra un actif échoué. Le monde, actuellement,
là, se détourne du gaz. Si nous construisons ce pipeline-là, nous sommes...
nous construisons un dinosaure d'acier qui sera inutile avant même d'être rentabilisé. Un groupe, d'ailleurs, de
46 économistes estime le coût de ce projet-là à entre 33 et
41 milliards de dollars. C'est l'équivalent de quatre
fois le complexe La Romaine. Où est-ce que Marinvest va trouver cet argent-là? Certainement pas en... sans
demander des subventions, des garanties de prêt, des congés fiscaux ou des
tarifs d'électricité préférentiels au rabais. Tout ça dans un contexte
de surcapacité mondiale, parce que, selon un rapport de mai 2025, la production mondiale explose en ce moment au Qatar et
aux États-Unis. Le gaz québécois arriverait trop tard sur un marché déjà
saturé.
Ce n'est donc pas une opportunité d'affaires.
C'est un pari risqué, avec l'argent et le territoire des Québécoises, et des
Québécois, et des Premières Nations, et des Inuits. Il y a donc un important
risque pour les contribuables. Comme toujours
avec ces mégaprojets, les profits sont privés et envoyés en Norvège, mais les
risques environnementaux et financiers sont publics et restent ici, chez
nous.
Maintenant, j'aimerais attirer votre attention,
Mme la Présidente, sur le fait qu'on est en train de voir apparaître une coalition de groupes parlementaires, de
formations politiques qui se positionnent de plus en plus en faveur de ce
projet-là. D'abord, la CAQ. La CAQ prétend vouloir décarboner le Québec
tout en flirtant avec les promoteurs de gazoducs en coulisse. C'est le premier
ministre qui l'a dit, il y a des rencontres qui se font. C'est donc le double
discours de l'économie verte. Un jour, on plante un arbre, le lendemain, on
signe pour un pipeline. La CAQ nous parle de transition, mais, pendant ce temps-là, elle multiplie les
rencontres avec les lobbyistes de Marinvest. Pourquoi cette opacité? Pourquoi
ces rencontres ne figurent-elles pas en haut
de l'affiche? Si ce projet-là était si bon pour le Québec, pourquoi est-ce
qu'on tient ces rencontres-là derrière des portes closes?
À une époque pas si lointaine, l'ancien PDG
d'Hydro-Québec, Michael Sabia, nous disait qu'on devait gérer chaque mégawatt
avec parcimonie. Comment la CAQ peut-elle même envisager de réserver une
puissance colossale pour liquéfier du gaz albertain? Est-ce que la priorité de
la CAQ, c'est de chauffer les maisons des Québécois ou de faire tourner les
usines de la Norvège? La réponse semble davantage se trouver dans les carnets
de rencontre des lobbyistes de la firme NATIONAL. Le premier ministre a déjà
été qualifié... a déjà qualifié la cimenterie McInnis de grave erreur et de
catastrophe péquisto-libérale, Mme la Présidente. Le projet avait entraîné des
pertes de centaines de millions de dollars d'argent public. Investissement
Québec a dû provisionner près de 400 millions de dollars de pertes.
Pourquoi il s'apprête à commettre la même erreur en ouvrant la porte à un
projet privé qui demandera inévitablement des garanties de l'État? C'est du
déjà vu financier, du déjà vu de catastrophe.
Et on ne peut pas faire... On ne peut pas ne pas
faire de lien avec le projet de loi n° 5, dont on est
rendus à l'étude détaillée, qui est piloté par le ministre des Finances, qui
semble ouvrir toute grande la porte au projet de Marinvest avec des processus de consultation environnementale raccourcis
et allégés. On veut donc passer en force, on veut contourner le BAPE, on
veut faire taire la science.
Du côté libéral, sous la direction de Charles
Milliard, le parti abandonne le peu de vernis écologique qui lui restait pour
tenter de regagner des appuis à droite. En tout cas, c'est mon interprétation.
C'est le retour du Parti libéral du béton, de l'asphalte, des mauvaises
décisions. Le Parti libéral a changé de chef, mais il a surtout changé de
boussole. En 2022, sous Dominique Anglade, le PLQ s'était
opposé à GNL Québec. Aujourd'hui, avec Charles Milliard, c'est le grand retour en arrière. Il veut être plus
caquiste que la CAQ. Il ressort les vieux projets de troisième lien à l'est
puis les pipelines du placard. Lors de son débat... lors d'un débat, en
fait, de mai 2025, il a clairement ouvert la porte aux hydrocarbures. C'est un grand revers pour les électeurs libéraux qui
croyaient à la croissance propre. M. Milliard cherche désespérément
à se donner une pertinence en région, mais on ne bâtit pas une vision d'avenir
sur des recettes des années 90. Le
Québec n'a pas besoin d'un chef qui court après les pétrolières pour prouver
qu'il est économique. Il y a d'autres moyens de faire de l'économie.
Enfin, le Parti québécois. En 2021, le député
Sylvain Gaudreault a déposé le projet de loi n° 494 qui interdisait la
construction et le passage des pipelines sur le territoire québécois. Pourtant,
en janvier dernier, lors de son troisième congrès d'orientation, le PQ a adopté
une position qui disait qu'un gouvernement péquiste ne fermerait pas la porte à
de nouveaux gazoducs ou oléoducs. C'est donc un recul historique pour ce
parti-là qui se prétendait l'un des plus verts de l'Assemblée nationale. Ça
s'est poursuivi très récemment, en pleine élection partielle dans Chicoutimi,
alors que la candidate péquiste Marie-Karlynn Laflamme a refusé de s'opposer au
projet Marinvest. Elle demande du temps pour analyser et s'en remet au BAPE.
C'est la politique de l'autruche. Mme la Présidente, quand on est
souverainistes, on n'attend pas qu'un bureau
administratif nous dise si on doit protéger notre territoire. On le protège.
Est-ce que le PQ a tellement viré à droite qu'il en a perdu ses
convictions environnementales? C'est la question que je lui pose et j'espère
qu'il y répondra.
Mme la
Présidente, en terminant, je regarde les banquettes autour de moi et je vois
une alliance de l'Ancien Monde qui prend tranquillement forme, c'est la
coalition fossile, la coalition fossile, une coalition qui réunit la CAQ,
jouant sur les deux tableaux, le PLQ, calculateur, et le PQ, qui est un peu à
la dérive. D'un côté, une CAQ qui prétend verdir le Québec, mais qui ouvre la porte de son cabinet aux lobbyistes de
Marinvest Energy et à l'expertise de Greg Cano, qui a... celui qui
a balafré la Colombie-Britannique avec le projet Coastal GasLink. De l'autre,
un Parti libéral qui, sous l'impulsion de son nouveau chef, sacrifie ses
anciens principes environnementaux sur l'autel, on l'a vu hier, d'un troisième
lien à l'est et de nouvelles autoroutes pour le gaz de l'Ouest. Enfin, un Parti
québécois qui nous parle de souveraineté,
mais qui semble avoir peur de son ombre dans Chicoutimi. S'en remettre au BAPE
quand le territoire est menacé par un gazoduc de
1 000 kilomètres, c'est la... c'est de la démission politique pure et
simple.
Alors, Mme la Présidente, le Québec de 2026, ce
n'est pas un corridor de service pour le gaz de l'Ouest. On n'est pas les
exécutants des volontés de Calgary ou d'Oslo. Ce n'est pas non plus une
coalition fossile qui décidera de notre avenir énergétique et climatique.
Aujourd'hui, avec cette motion, nous offrons à cette Assemblée une chance de
clarté, un moment de vérité. Entre les tuyaux du passé et l'énergie de
l'avenir, entre les lobbyistes de la firme NATIONAL et les familles qui
s'inquiètent pour leur futur, il faut choisir. On ne peut plus être dans une
zone grise.
Alors, pour le Saguenay, pour la Côte-Nord, pour
le climat, pour notre dignité nationale, je demande à tous mes collègues de
voter en faveur de cette motion et de dire une fois pour toutes que le gazoduc
de Marinvest ne passera pas sur le territoire du Québec. Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Maintenant, nous poursuivons avec un autre intervenant, donc je
cède la parole à M. le ministre délégué à l'Économie et aux Petites et Moyennes
Entreprises.
M. Poulin : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Je salue les collègues qui se réunissent cet après-midi sur
cette motion de Québec solidaire concernant le projet de Marinvest Energy à Baie-Comeau.
Et mes premiers mots seront, Mme la Présidente,
pour le député de René-Lévesque. Parce que, s'il y a un député qui est engagé
pour le développement économique de sa région, qui y met coeur, qui y met
passion, qui y met dévouement, qui l'a fait comme maire de Baie-Comeau dans le
passé, et qui poursuit son mandat aujourd'hui comme député à l'Assemblée
nationale, et qui nous parle à tous les jours de l'importance des régions,
c'est bien le député de René-Lévesque. Et aujourd'hui je pense que la motion de
Québec solidaire, c'est une occasion, oui, de parler de développement économique, de parler des régions, de parler des choix que
l'on fait, mais aussi de parler de la Côte-Nord,
qui est une région avec de beaux défis que le député nous rappelle souvent. Il
a déjà un bilan extraordinaire, mais je sais qu'il veut le poursuivre. Alors,
il pourra s'adresser à vous dans les prochaines minutes et il sera certainement
le plus habile pour parler des gens de Baie-Comeau, des gens de la Côte-Nord.
Et ce ne sera pas à Québec à dire ce que les gens de la Côte-Nord pensent, ça
va être au député de René-Lévesque de dire ce que les gens de la Côte-Nord pensent,
Mme la Présidente.
Et ça, je pense que c'est important, c'est très
important, parce que le développement économique de nos régions, Mme la Présidente, est un carrefour. On sait que l'on vit une
situation extrêmement difficile avec les États-Unis, qui fait en
sorte que nos investissements sont freinés, sont freinés non seulement par les
tarifs qui sont dans l'acier, dans l'aluminium, c'est le cas sur la Côte-Nord,
c'est le cas en Beauce, c'est le cas un peu partout au Québec, dans l'industrie
du bois d'oeuvre. C'est le cas avec un ALÉNA qui pourrait ne pas être renouvelé
dans les prochaines semaines, les prochains
mois, qui vont mettre à risque notre économie, Mme la Présidente. C'est le cas
avec l'incertitude causée par un référendum également sur l'indépendance
du Québec qui pourrait se tenir dans les prochains mois. Non seulement il y a
des entrepreneurs qui nous disent : J'attends avant de faire des
investissements pour voir la puissance de mon dollar, j'attends avant
d'investir davantage pour voir la puissance de mes interventions. Alors, on vit
dans un contexte économique qui est extrêmement difficile, et ça prend une
équipe qui voit ça, qui le comprend puis qui est aux commandes et qui a le goût
de pouvoir faire en sorte de se développer et d'avancer dans les prochaines années.
Vous
savez, ce projet-là, Mme la Présidente, il est important. On parle de
30 milliards de dollars sur une période allant de 2025 à 2032,
que la possibilité de créer 300 emplois directs et indirects dans la
région... Des investissements qui comprennent
10 à 12 milliards pour la canalisation, 4 à 5 milliards pour
l'amélioration, réseau principal de TC Énergie, 8 milliards pour
l'usine de liquéfaction et de 3 à 4 milliards pour le parc éolien.
L'entreprise a comme objectif de développer des systèmes de terminaux d'énergie
marine durable grâce à un partenariat avec des spécialistes et des chantiers de
fabrication de premier plan au monde qui utilisent le gaz naturel ou le GNL
comme source d'énergie, tout en introduisant des technologies qui permettent de
réduire les émissions de gaz à effet de serre, Mme la Présidente. Alors, on est
capables de concilier l'économie et l'environnement ensemble avec ce projet-là,
qui est non seulement porteur, mais qui nous
permet d'avoir une stabilité d'investissement économique au Québec dans les
prochaines années.
Maintenant, je n'ai pas entendu de notre
représentant de Québec solidaire, en tout respect, ne serait-ce que l'once d'une vision économique, Mme la Présidente.
On ne les entend pas parler de tarifs, on ne les entend pas parler de référendum, on ne les entend pas parler de
l'incertitude économique que l'on vit présentement au Québec, Mme la
Présidente, et qui se poursuit.
Alors, pour Québec solidaire, c'est simple. Les projets, on n'en veut pas, on
ne veut pas les développer, on met ça sur pause, on dit que c'est
tellement difficile puis que ça va être tellement dur, Mme la Présidente.
Heille! le Québec doit rester un endroit où
c'est bon d'investir, où nos gens d'affaires sentent qu'il y a un climat
d'affaires pour pouvoir développer au Québec, Mme la Présidente, surtout quand
on réussit à établir des projets qui ont des
retombées économiques dans plusieurs régions et qui vont faire travailler notre
monde. L'argent, il ne pousse pas
dans les arbres, Mme la Présidente. Quand l'économie va bien, c'est quoi? Ça
nous permet d'investir en santé, en éducation, des places en service de
garde, Mme la Présidente. C'est ça, avoir un projet de société.
Alors, avoir une équipe économique de ce côté-ci,
Mme la Présidente, ça nous permet d'investir, d'arriver avec des résultats et de pouvoir faire en sorte de
supporter nos programmes sociaux. C'est le genre de projet aujourd'hui qui
est porté par la communauté, le genre de projet que le député de René Lévesque
pourra nous parler, parce que, lui, il connaît la Côte-Nord, il connaît les
impacts positifs que ça peut avoir dans la communauté, et nous sommes là non
seulement pour supporter notre député, mais également supporter le
développement et les projets économiques dans les régions du Québec. Merci, Mme
la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Je vous remercie, M. le ministre.
Maintenant, nous poursuivons avec M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Puis le député de Beauce-Sud qui vient de dire : Ce n'est
pas pour Québec de dire, les gens de la Côte-Nord, comment vivre, je suis bien
d'accord avec ça. Est-ce que ce même principe existe pour Québec, de ne pas
dire, les gens à Montréal, comment vivre? Oh! On n'est pas rendus là encore. Peut-être
un jour, peut-être un jour. Mais, quand même, un discours très passionné par le
ministre, pas mal impressionnant.
Une chose, Mme la Présidente, ce que je peux
vous confirmer, c'est comment ce monde a changé, oui, récemment. Mais, quand
même, quelqu'un qui vient de la génération des milléniaux, nous avons déjà vécu
beaucoup comme une génération, et c'est sûr
qu'on partage ça avec des générations qui vient avant nous et certaines générations
qui vient après nous.
Mais juste de rappeler, dans ma vie, Mme la
Présidente, qu'est-ce que j'ai vécu comme un citoyen de notre planète et
comment les choses ont changé, je pense que toujours, pour moi, le moment le
plus marquant dans ma vie, en termes d'un changement ou un événement politique,
c'est certain que c'étaient les tristes événements sur le 9/11 à New York en
2001. Après ce jour-là, tout a changé. Toute la géopolitique a changé. Après ce
moment-là, on a eu deux guerres, en Afghanistan puis en Irak. Le Canada
a participé dans la guerre en Afghanistan, on a des vétérans qui a servi des années là-bas, mais c'était un moment qui a
commencé à vraiment changer le contexte politique mondial. Les générations de
la guerre froide puis tout ce qu'on a vécu contre l'Union soviétique a été
remplacé par un autre type d'ordre mondial qui était en train de changer. On a
vécu comme une génération, en 2008, la crise financière qui a fait vraiment mal
à l'économie, oui, du Québec, oui, du Canada, mais, c'est certain, c'était une
crise mondiale. Puis encore on a vu un petit peu un changement dans le
politique à l'intérieur de certains États qui a commencé à poser des questions,
si le libre-échange est vraiment une bonne idée, mais c'était un moment marquant.
Je vais ajouter aussi l'arrivée de le président
Donald Trump en 2016. Beaucoup de monde à cette époque-là disent que ça va être
impossible après un président comme Barack Obama, qui a changé tout, aussi
une... un moment très marquant dans notre
histoire, que ça ne va jamais arriver qu'on va avoir un président comme Donald
Trump qui est contre le libre-échange, qui est contre les relations avec
des alliés qui étaient... des ententes et des institutions qui étaient formées après la Deuxième Guerre mondiale. Mais c'est exactement qu'est-ce qu'il a fait dans
le premier mandat, sauf qu'au milieu de le mandat on a vécu une
pandémie, puis encore on a vu des pays serrer et fermer un peu leurs
frontières, avec raison, mais on a vu comment des «supply chain» sont
hyperimportants. Est-ce que c'est mieux de bâtir des choses ici, au Canada,
ici, au Québec? De ne pas juste nécessairement être liés à des échanges avec la
Chine ou les Américains? On a commencé d'avoir cette discussion, et je me
souviens très bien, on a eu cette discussion ici, à l'Assemblée nationale.
Après ça, on a vu qu'une guerre en Ukraine a été
lancée par le président Vladimir Poutine, puis encore tout a changé encore.
C'était possible d'avoir une vraie guerre comme on a vu dans la Deuxième Guerre
mondiale et la Première Guerre mondiale, une vraie guerre moderne. Et, malheureusement,
il y a des millions de soldats qui ont décédé dans
cette guerre qui, maintenant, dure quatre ans. Mais c'était encore un moment
marquant dans notre histoire. Puis on a vu
toutes les pressions que ça, ça a créé aussi sur les institutions de l'ordre
comme les Nations unies, comme l'OTAN. Quand même, l'OTAN a été mise en question par les Américains quand
Donald Trump est arrivé pour une deuxième fois.
Et je vais reprendre là avec l'arrivée de le
président des États-Unis pour une deuxième fois. Un petit peu comme mon
collègue et le ministre vient de le mentionner, il y a des tarifs qui étaient
imposés sur le Canada avec aucune justification
ou raison, des menaces de mettre des tarifs sur l'Union européenne, sur la
Chine, sur le Mexique, sur tout le monde, c'est inutile, maintenant, des
pressions utilisées par les Américains.
Alors, tout ça qu'on a vécu, c'est sûr que,
maintenant, le Canada et le Québec ont arrivé et dit : Bien, c'est
évident, il y a eu plusieurs événements qui a changé notre monde, notre ordre
mondial, puis maintenant, peut-être, on arrive à la conclusion et le début de
quelque chose qui est un peu différent. Il y a beaucoup de monde qui a applaudi
le discours de le premier ministre du Canada, Mark Carney, à Davos. C'est
certain qu'en termes d'un discours, c'était remarquable
comment il a livré le discours, mais c'est quoi, la suite? Comment on va mettre
ces mots en action? On verra. C'est sûr que Québec va être
partie de
cette réalité aussi, que, si Canada veut chercher comme une puissance moyenne
des autres alliances, de bâtir des liens avec des autres pays, il y a des
opportunités pour le Québec aussi. Nous avons toujours eu des relations très,
très fortes avec nos partenaires en Europe. On peut commencer avec la France,
c'est certain, Mme la Présidente, la
Grande-Bretagne, l'Écosse, Irlande, l'Espagne, et on peut faire la liste. Je
sais qu'on siège autour aussi sur le
Conseil de l'Arctique, avec nos amis de Norvège, les Suédois, Finlande, alors
on a des liens, Mme la Présidente, avec plusieurs pays en Europe. Puis, quand
même, on a des relations d'échange, ce n'est pas énorme, mais avec des
pays asiatiques aussi. Puis, oui, les Américains demeurent toujours un grand
partenaire, et nos voisins en Ontario puis le Nouveau-Brunswick, mais il y a
une opportunité pour nous de diversifier nos projets économiques.
Et c'est vrai qu'on vit présentement un moment
d'instabilité, Mme la Présidente, et ce n'est pas des moments faciles pour
beaucoup de nos entreprises sur le territoire du Québec et pour beaucoup de nos
travailleurs aussi. Je pense que, dans tous ces débats, c'est important de
rappeler qu'un gouvernement a toujours aussi un devoir de s'assurer que des gens peuvent travailler, ils peuvent gagner
leur pain chaque jour, c'est important. Et on voit quand même, avec l'arrivée
de l'intelligence artificielle, pour les jeunes, de plus en plus, il y a de
moins en moins des emplois. C'est une tendance qui va juste accélérer.
Quand même, l'ancienne députée de Québec
solidaire, Catherine Dorion, a écrit, dans une lettre ouverte dans La Presse
ou une chronique ce matin, de la réalité de l'arrivée. Tout le monde sait que
c'est là, tout le monde sait qu'il y a des impacts sur notre société, mais on
n'agit pas. Bien, c'est un autre élément que ça va être le devoir de l'État de
trouver des façons de créer des nouveaux secteurs de l'économie ou, quand même,
encourager ceux... ces industries qui sont déjà existants.
Et il y a une réalité aussi, Mme la Présidente,
qu'il y a des gazoducs, des oléoducs, des usines de gaz naturel liquéfié au
Québec. Ils sont là. Alors, comme une industrie, ça existe, ça... il y a
beaucoup des emplois qui sont liés à ces industries-là dans les raffineries. Il
ne faut jamais perdu vue de ça non plus. Oui, la transition énergétique est
très importante, Québec est déjà un leader dans le domaine de la production de
l'énergie verte grâce à nos barrages puis, quand même, nos projets d'éoliennes,
puis on a des pas à faire de plus. Comme vous le savez, Mme la Présidente, je
suis un fan de l'énergie solaire et je pense qu'il y a plein de solutions avec
les batteries.
Alors, introduction sur le contexte mondial
pour, après ça, parler un petit peu juste de la réalité que... Je sais que le député de Taschereau a mentionné une
couple de détails, mais je ne sais pas si mes autres collègues ou, quand même,
le collègue de René-Lévesque a vraiment plus de détails que qu'est-ce
qu'on est capables de lire dans les
journaux. Il y a un promoteur qui a une idée d'un projet, puis il est allé voir
le premier ministre, il est allé voir le ministre de l'Environnement, il est allé voir le ministre fédéral de l'Énergie,
qui a quand même dit : Bien, vous n'êtes pas dans la liste des priorités
des projets pour nous parce qu'honnêtement vous n'avez pas vraiment un
projet attaché.
Alors, on est rendus là. On a une motion devant
nous où, quand je vais sur le site Web de l'entreprise, l'entreprise Marinvest
Energy, je vois... je ne vois pas grand-chose. Je sais qu'on a un promoteur de
Norvège qui est intéressé, peut-être, de bâtir un pipeline et peut-être une
usine de gaz naturel liquéfié. C'est... OK, c'est correct, mais honnêtement, à
part de ça, je n'ai pas des documents en main. J'ai... Je n'ai pas une demande
devant le BAPE, j'ai... Je n'ai rien. Alors, dans ce stade-là, je ne vais
jamais être dogmatique et dire : Bien non, absolument non, on dit non à ce projet de loi, un projet, avant, quand même,
que j'aie reçu un vrai projet attaché, avec c'est quoi, leur plan... plan de
match, exactement, c'est quoi, leur tracé d'un pipeline. Ils veulent mettre
l'usine... J'ai entendu le collègue dire : Ça va flotter dans la marine ou
quelque chose comme ça. Peut-être. Est-ce qu'il y a des autres solutions?
Comme... On est loin. Mais je ne veux jamais dire non à un projet qui peut
être... peut-être, peut être dans l'intérêt du Québec et l'intérêt de la région, de créer des emplois. Je
pense, c'est important, et le député de René-Lévesque peut confirmer
que, si on fait un tour un petit peu de les gens de Côte-Nord et Baie-Comeau,
eux autres ne sont pas prêts à dire absolument non à ce projet. Ils ne sont pas
prêts à dire oui non plus, mais ils sont à l'écoute, parce qu'eux autres ont eu
des enjeux grâce à les tarifs des États-Unis. Pour leurs travailleurs dans le
secteur... la forêt, la scierie qui a été fermée à temps partiel, il y a quand
même la... excusez-moi, ils ont fermé complètement la papeterie dans la région
aussi. Bien, ces gens-là vont faire quoi? Ils cherchent aussi d'avoir un job.
Ils veulent rester en région, ils veulent rester chez eux. Il faut penser à eux
autres, comment on peut créer des opportunités, des jobs, et peut-être ça,
c'est un projet, un jour, qui peut être
intéressant pour les travailleurs de la région. Alors, à ce stade ici, juste
dire : Non, «no way, Jose». Je ne pense pas que c'est une bonne idée.
Et il y a
aussi une façon, Mme la Présidente, de gérer des projets d'une façon
responsable. Je veux dire que notre formation est prête à voter contre
la motion de le collègue de Taschereau, mais ça ne dit pas que c'est un feu
vert, aujourd'hui, pour le projet non plus. Et je vous
rappelle, Mme la Présidente, que, quand Énergie Est a déposé un projet, le
gouvernement de M. Couillard était clair : on n'est pas contre le
projet, mais on n'est pas les promoteurs non plus. Puis le gouvernement a
demandé que l'entreprise remplir sept conditions.
Je veux juste lire ces sept conditions que le
premier ministre et le ministre de l'Environnement, à l'époque, David Heurtel,
ont mises sur le projet Énergie Est : les communautés locales doivent être
consultées afin d'assurer une acceptabilité sociale; une évaluation
environnementale devait se pencher sur l'ensemble de la portion québécoise et
devait comporter une évaluation d'émissions de gaz à effet de serre; et aussi
le projet Énergie Est devrait respecter les plus hauts standards techniques
pour assurer la sécurité des citoyens et la protection de l'environnement;
Énergie Est devrait satisfaire à la loi relative à les Premières Nations, à
leur participation et à leur consultation; Énergie Est devait démontrer que des
retombées économiques et fiscales étaient générées pour tout le Québec,
notamment en matière de création des emplois dans les régions où il sera
installé; TransCanada devrait garantir un plan d'intervention et des mesures
d'urgence selon les standards les plus élevés et assurer son intégrité
responsable sur les plans économique et environnemental en cas d'une fuite ou
un déversement terrestre et maritime; et avant que tout projet d'oléoduc ne
soit approuvé, l'approvisionnement de gaz naturel pour le Québec devrait être
sécurisé.
Ça, c'est, je pense... Et, à l'époque, je me
rappelle que l'entreprise a dit : OK, c'est correct, on va respecter ces
sept critères. Finalement, eux autres ont abandonné le projet, mais c'était...
ça, pour moi, Mme la Présidente, ce n'est pas un chèque blanc non plus, c'est
des critères qui sont rigoureux. Je ne dis pas que ces sept critères vont être
utilisés pour un projet éventuel, un jour, d'un autre pipeline, mais ça sert
comme une base. Et ce n'est pas juste le Québec qui l'a fait, je me rappelle, parce que j'ai eu... c'est moi qui ai aidé à
écrire ces sept conditions, Mme la Présidente, quand je travaillais pour le leader parlementaire Jean-Marc
Fournier, qui était également responsable pour les Relations intergouvernementales,
parce que la Colombie-Britannique a imposé des mêmes conditions sur le projet
de pipeline sur leur territoire.
Alors, ce n'est pas vrai qu'on va... J'imagine,
le collègue de le Parti québécois va dire : Bien, c'est une position
méchante de le reste du Canada, mais ce n'est pas vrai. Nous avons nos propres
lois, que toutes les entreprises doivent respecter.
Le Canada ne va jamais imposer un projet sur le Québec sans
notre consentement. Et je pense, Mme la Présidente, que c'est important juste
de mettre... et mis ça en contexte, qu'il y a des façons, comme un
gouvernement, pour agir de... excusez-moi, d'une façon qui est
responsable et rigoureuse et assurer que, oui, il y a le «buy-in» de la
population.
Et aussi on a
des élections chaque quatre années, Mme la Présidente, avec une date fixe, le
premier lundi en octobre. Il y a aussi une façon pour la population de
s'exprimer et honnêtement regarder les options devant eux autres. S'il y a des
partis qui sont plus en faveur du développement des projets de pipelines, et
les oléoducs, et les gazoducs, et des pipelines
pour l'eau, pour... les pipelines pour l'hydrogène, quoi que ce soit, bien,
c'est dans nos plateformes électorales, puis la population peut juger
nous sur les propositions qu'on a mises de l'avant. Je sais, Québec solidaire
va faire une campagne contre ce projet, qui, selon mon avis, n'existe pas
encore, il n'y a rien, comme je dis, vraiment déposé devant le gouvernement, et
on verra, on va laisser la population trancher aussi. Et, Mme la Présidente, je
pense, c'est important aussi de juste noter
que, oui, comme le collègue de Taschereau a dit, notre chef, Charles Milliard,
a été clair, il ne va pas être dogmatique, il va évaluer les projets un
à la fois, et, je pense, ça, c'est aussi une façon de gérer notre économie
d'une façon responsable.
Et, comme j'ai mentionné, Mme la Présidente, on
a une industrie existante. Il y a un moratoire sur le développement des gaz de
schiste pour le gaz naturel. On a quand même 20 % des réserves de tout le
pays. Et on a pris une décision, comme une société, qu'on préfère d'importer
nos sources de gaz naturel de temps en temps. Et c'est important de noter ça
aussi, que pour... quand on regarde le profil de les sources énergétiques du
Québec, présentement, l'hydroélectricité, c'est numéro un, c'est numéro un, source
d'énergie pour les Québécois. Après ça, c'est le pétrole, parce que, dans nos
chars, on utilise toujours beaucoup d'essence, mais après ça, c'est le gaz
naturel. Le gaz naturel demeure super important pour notre secteur industriel.
Et, oui, j'ai travaillé sur le projet de loi n° 69,
il y a eu beaucoup, beaucoup des éléments autour de le gaz naturel
renouvelable. Ça semble que ça, c'est l'avenir, mais, quand même, il faut juste
rappeler que c'est une réalité, qu'on utilise le gaz naturel ici, au Québec. Ce
n'est pas... ce n'est pas une source d'énergie qui doit toujours être vue comme
une super méchante source d'énergie. Oui, il y a des problématiques, mais ce
n'est pas comme le charbon, ce n'est pas le pire des pires.
Mais il y a juste une réalité : on a des
besoins énergétiques aujourd'hui, et il faut combler ces besoins énergétiques
pour s'assurer que nos entreprises peuvent rouler. Et de plus en plus, Mme la
Présidente, on voit, il y a, de temps en temps, un manque de puissance et
d'énergie ici, au Québec, il y a une restriction sur les sources d'énergie,
quand même, pendant les pics. De plus en plus, on est obligés d'importer
l'électricité. Ça vient de nos voisins aux États-Unis et en Ontario. Bien, eux
autres, c'est le nucléaire ou, quand même, c'est le gaz naturel qui produit
leur électricité. Alors, on est quand même des consommateurs de le gaz naturel
en général.
I think, just to put this
debate into context, Madam Speaker, the world... the world has changed quite a
bit, and there are potentially new opportunities for markets in Europe. Roughly
50% of the gasm the natural gases consumed in the European Union comes from the
United States of America. Our European allies are now seeing a partner that is
not very stable, that... Can they really rely on the Americans to be a huge
source of one of their most important energy sources. Energy exporters and
importers, can they really rely on the Americans? And maybe they're going to
look to an ally like Canada and say, «Well, you do have those natural resources,
Québec has those natural resources and the capacity to export them.» Is there a
business case for that? It's possible.
I don't think, at this point and stage my colleague from Taschereau wants to... the National Assembly to vote on a motion to determine whether we are for or against a project
that is far from being completely outlined, detailed, and
tabled today. I think it is too soon to make a declarative statement of that
nature. I think it is more prudent for a responsible government to take its
time. There's an idea that exists out there. Make sure that, if this project is
serious... that all the documentation is
provided to the Government, that we have the BAPE, that is something that does
work here, in Québec, that we respect all of our institutions and we
make a decision as a society.
And,
as I mentioned before, with Energy East, the Liberal Government and Mr.
Couillard imposed seven conditions on the company.
Without those seven conditions being met, there was going to be no project.
So, there are ways that we can
continue to develop our economy in a way that is responsible. There are already
pipelines for gas and oil all across Québec,
there are many of them, and they come from Alberta, most of the oil or gases
flowing through them. It exists already, we use it, it's in our refineries.
About 65% of all the oil that is refined in the refineries in the East End of
Montréal comes from Alberta. So, we already have those partnerships, and those
links exist. We know how to do it, we know how to responsibly build, whether
it's a natural gas plant or refineries, and have environmental standards which
are some of the best in the world. So, I have confidence in Québec, I have
confidence in its people.
And I think it is important,
too, to keep in mind that on the Côte-Nord, Baie-Comeau, in that region, the
tariffs have been tough on their industries, it's been hard on the forest
sector, it's been hard on their paper mills. The workers in that region who
have lost their employment, whether it be temporarily or permanently, deserve a
National Assembly that listens to their
needs, that they are hoping there is new economic development in their region.
So, to vote completely against this project at this stage is not
something that, I think, is the best path forward. And we should think of those
people in the Côte-Nord and think about their future, too. And, as we know,
retaining workers in our regions, retaining families, retaining the vitality of
a community starts with having gainful employment.
Alors, Mme la Présidente, comme j'ai dit, notre
intention, c'est de voter contre la motion du député de Taschereau, mais, quand
même, je veux dire merci qu'il soulève un enjeu qui est important pour notre
société. C'est pourquoi nous avons des motions de mercredi, c'est de
mettre devant les débats sur les enjeux qui ont un impact important pour toute
notre société. Merci beaucoup, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Maintenant, nous poursuivons. Donc, le prochain intervenant, je
pense, M. le député de Saint-Jérôme, vous vouliez intervenir, alors je vous
cède la parole.
M. Chassin : Merci,
Mme la Présidente. Effectivement, j'ai envie d'intervenir, ça m'interpelle. Je
vous le dis tout de go, quand j'ai lu l'intitulé de la motion du collègue de
Taschereau, je me suis dit : Mais là j'hallucine, Mme la Présidente.
On ne va pas, à l'Assemblée nationale, commencer à se positionner pour chaque
projet d'investissement au Québec, non plus. On s'entend, il y a des enjeux de
société, il y a des débats, mais on fait des lois non pas pour un projet en
particulier, non pas pour une région en particulier, mais pour assurer, à
travers des règles communes, une légalité pour tous les investisseurs, et pour
moi, ça, c'est un des fondements de l'État de droit.
Alors, évidemment, je suis tout à fait surpris
de la position de Québec solidaire. Je suis aussi surpris d'entendre le
collègue de Jacques-Cartier dire que le Parti libéral va se positionner au cas
par cas. Au contraire, je pense qu'il faut pouvoir se positionner pour
l'ensemble des projets, déterminer les conditions puis laisser le processus
suivre son cours, Mme la Présidente.
Et, après coup, j'écoute les discours, le privé,
l'économie au détriment de l'environnement, je pense que c'est ça, cette espèce
de réflexion là qui est d'une autre ère, peut-être d'un autre siècle. Mme la
Présidente, j'espère qu'on évolue. Merci.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le député. Maintenant,
je cède la parole à M. le député de René-Lévesque.
M. Montigny : Alors, merci
beaucoup, Mme la Présidente. Ça me fait plaisir de parler de ces enjeux.
Effectivement, j'ai écouté attentivement, là, je dirais, ce que mes collègues,
ici, ont mentionné. D'abord, je veux revenir sur un élément important pour moi.
Oui, il faut être à l'écoute, particulièrement dans une région où l'économie
est impactée de façon importante, la seule région au Québec où on vit une décroissance
démographique.
Si vous voulez savoir c'est quoi, de la
décroissance, les gens qui font la promotion de la décroissance, vous pouvez
venir c'est quoi... venir voir c'est quoi dans des villages dévitalisés, des
maisons placardées, des endroits où c'est difficile, où les gens ont de la
difficulté, des fois, pour leur épicerie notamment, parce qu'effectivement la
région est impactée, a perdu des emplois, notamment la fermeture de la
papetière, il y a quelques années, notamment aussi la prolongation de la
fermeture de la Scierie des Outardes, où il y a vraiment une volonté du milieu
de travailler fort pour s'assurer de
redonner de l'emploi aux gens de la région, à la fois dans cette entreprise,
mais aussi dans d'autres domaines.
Alors, je veux vous parler de développement
économique puis je veux vous parler que nous sommes à l'écoute, à l'écoute des projets, à l'écoute de cette
volonté de dynamiser l'économie des régions du Québec, pas juste la Côte-Nord,
mais partout au Québec, parce que nous travaillons pour l'économie des régions
et nous avons, bien évidemment, déployé différentes mesures pour soutenir
l'économie, dont une vision économique que j'aurai l'occasion, s'il me reste du
temps, de parler aujourd'hui.
Mais je veux d'abord... d'abord
vous dire, tout le monde, qu'il n'y a pas de projet déposé. L'entreprise n'a
pas déposé de projet. Alors, je vais vous
parler du principe, parce qu'il n'y a pas de projet déposé. Sur le principe,
évidemment, c'est important, l'acceptabilité sociale, c'est important,
les retombées économiques globales pour le Québec, mais aussi pour les
communautés, aussi pour les communautés des Premières Nations, les Innus sur le
territoire, notamment dans ma circonscription. Alors, il faut savoir une chose,
les projets de ce type-là doivent se travailler en collaboration, de nation à nation, avec les communautés des Premières Nations sur le territoire, et pour moi, c'est un enjeu extrêmement
important.
D'abord, le projet qui est cité par mon
collègue, on n'a actuellement déposé aucun projet, c'est vrai, mais ni les
acteurs nationaux et locaux ne souhaitent aller de l'avant avec un projet sans
l'accord des Premières Nations. Et pour moi,
c'est important de le placer très, très clair dès le début de mon intervention
aujourd'hui. Par contre, il y a des avantages économiques importants,
puis je vous en parlerai tout au long de cet exposé aujourd'hui.
J'y reviendrai, mais je veux vous parler
clairemen