Public Administration — 7 April 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CAP 2016-04-07
Quebec — Committees
Je suis
accompagnée du Commissaire au Développement
durable, M. Jean Cinq-Mars, qui
m'assiste dans l'exercice de mes
responsabilités en matière de développement
durable; de Mme Caroline Rivard,
directrice de vérification; et de M. Roberto Grondin, chargé de
projet; et de M. Stéphane Bernard, membre de l'équipe de vérification.
Puisque le
rapport dont nous discutons aujourd'hui résulte des travaux de l'équipe du commissaire,
je lui confie le soin de vous en présenter les faits saillants.
Cinq-Mars (Jean) Merci, Mme
Leclerc. Mesdames et messieurs, dans la foulée de l'adoption de la
Loi sur le
développement durable, le gouvernement du
Québec a créé le Fonds vert en 2006 et en a confié la gestion au ministère du Développement durable, de
l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, le MDDELCC.
Plus de 2,1 milliards de dollars de revenus
ont été versés au Fonds vert de 2006 à 2013, lesquels proviennent principalement de redevances déterminées à la
suite de la création de ce fonds. Le gouvernement estime que, de 2013 à
2020, le marché du carbone générera à lui seul environ 3 milliards de
dollars qui seront affectés au Fonds vert.
Vérificateur général a déposé en juin 2014 à l'Assemblée nationale un
rapport de vérification portant sur le Fonds
vert. Le suivi a été réalisé en 2015 pour répondre à une demande spécifique de
la Commission de l'administration publique, la CAP.
Pour un
suivi, l'objectif est de voir si les recommandations ont été prises en compte
et si les entités concernées ont remédié aux déficiences relevées. Nos travaux
de vérification se sont terminés en novembre 2015, novembre... l'automne
dernier.
Notre suivi a été mené auprès du MDDELCC, du
ministère des Transports du Québec, le MTQ. Ce sont les deux ministères qui ont participé à l'audition tenue à
l'automne 2014 par la commission relativement à la vérification initiale.
Notons que, depuis
janvier 2016, le MTQ est appelé ministère des Transports, de la Mobilité
durable et de l'Électrification des transports.
travaux ont porté sur l'ensemble des recommandations que nous avions formulées
à ces ministères en juin 2014 et
sur les deux recommandations que la commission avait faites à l'intention du
MDDELCC. Voici nos principales observations.
progrès accomplis sont insatisfaisants pour la plupart des recommandations que
nous avions formulées au MDDELCC et
au MTQ. Les progrès sont aussi jugés insatisfaisants pour les deux
recommandations adressées par la CAP au MDDELCC.
progrès, par contre, sont satisfaisants pour deux recommandations : d'une
part, le MDDELCC a enregistré des
progrès satisfaisants quant à la diffusion de l'information relative au Fonds
vert, et, d'autre part, le MTQ s'est assuré que les ententes prises avec les bénéficiaires d'aide financière peuvent
être résiliées et que l'aide financière accordée peut être recouvrée
lorsque ces ententes ne sont pas respectées.
deux ministères ont entrepris des actions pour donner suite à l'ensemble des
recommandations. Toutefois, ils ont
pris du retard par rapport aux échéanciers prévus. Le MDDELCC devra intensifier
ses efforts en vue de déterminer des
objectifs précis, mesurables et axés sur les résultats et d'effectuer un suivi
quant à l'atteinte de ces objectifs afin d'évaluer l'apport du Fonds
vert. De même, le MDDELCC et le MTQ devront continuer leur travail au regard de
la gestion des programmes d'aide financés
par le Fonds vert. Ainsi, ils devront procéder par appel d'offres et utiliser
des critères précis pour évaluer les
projets, les prioriser et les
sélectionner, ainsi que réaliser des évaluations de programme ou achever celles qui sont
en cours.
En terminant, j'aimerais remercier le personnel des ministères concernés pour leur collaboration. Je tiens également à
assurer les membres de cette commission de mon entière participation à ces travaux afin
de contribuer à l'amélioration de la
gestion au sein de l'administration publique, et ce, dans le respect de la
Loi sur le
développement durable. Merci, messieurs.
Le Président (M.
Gaudreault) : Merci beaucoup, M. Cinq-Mars. Merci, Mme Leclerc.
Maintenant,
nous allons entendre Mme la sous-ministre du ministère
des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification du transport,
Mme Savoie. Je vous invite à nous présenter les gens qui vous accompagnent,
faire votre exposé, vous disposez de 10 minutes.
Mme Savoie (Dominique) : Merci,
M. le Président. Alors, M. le Président, Mmes et MM. les députés, membres de la commission, Mme la Vérificatrice
générale, M. le Commissaire au développement durable, collègues du ministère
du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les
changements climatiques. Je veux remercier la
Commission de l'administration
publique de m'accueillir en compagnie de l'équipe du ministère des Transports,
de la Mobilité durable et de
l'Électrification des transports. Nous sommes ici aujourd'hui afin de faire le
suivi du
chapitre 4 du rapport
du Commissaire au développement durable du printemps 2014 portant sur la
gestion et l'aide financière du Fonds vert.
Après
une brève présentation, je me ferai un plaisir de répondre à vos questions.
Pour ce faire, je serai secondée par
M. André Meloche, sous-ministre adjoint responsable de la Direction générale de l'électrification des
transports, de la sécurité et de la mobilité des personnes et des
marchandises, ainsi que de Mme Évangéline Lévesque, directrice de la
planification.
Québec, les transports constituent la principale source d'émission de gaz à effet de serre. Ainsi, en 2103, les rejets en transport représentaient
43 % de toutes les émissions de GES produites au Québec.
est d'autant plus urgent d'agir que, depuis des années, les transports suivent
la tendance inverse aux autres secteurs d'activité. En effet, de 1990 à 2013, les émissions de GES attribuables
aux activités de transport ont augmenté de quelque 24,8 %, alors
que celles des autres secteurs ont connu une baisse globale de 24,3 %.
lui seul, le transport routier des personnes et des marchandises, ce qui
comprend les motocyclettes, les automobiles,
les camions légers et les véhicules lourds, est responsable de près de
80 % du bilan des émissions de GES produites par les transports. Ça s'explique notamment par
l'accroissement marqué du nombre de camions légers, plus de 180 % d'augmentation, et de véhicules
lourds, plus de 31 %, depuis 1990. Dans cette foulée, les émissions
provenant des camions légers ont connu une hausse de 100 %, tandis
que celles des véhicules lourds ont augmenté de 94,9 %.
Cette
hausse considérable a eu pour effet de compromettre les gains attribuables au
remplacement progressif du parc de véhicules par des modèles moins
énergivores et moins producteurs de GES.
Dans
ce contexte, il ne fait aucun doute que le secteur des transports sera appelé
au cours des prochaines années à
contribuer davantage à la décarbonisation de notre économie afin que le Québec
puisse atteindre la cible qu'il s'est fixée.
secteur des transports bénéficie d'une large part des investissements consentis
dans le cadre du Plan d'action 2013-2020
sur les changements climatiques. Des 2,2 milliards de dollars destinés au
grand secteur des transports, notre ministère
se voit accorder 1,9 milliard de dollars, qui servent à financer
différents projets. Ce sont 86 % de ces sommes qui sont attribuées spécifiquement aux transports
collectif et alternatif. À ce chapitre, les dépenses réelles connaissent
une progression constante, soit au fur et à
mesure que les autorités organisatrices de transport nous soumettent des
projets. Ainsi, dans les trois dernières années, les dépenses sont
passées de 125 en 2013 à 129 millions en 2015.
Considérant
l'importance de réduire les émissions de GES issues des transports, ce n'est
pas sans raison que ce secteur reçoit une
part importante des sommes
versées dans le cadre du pacte 2013-2020 et qu'il est interpellé par sept
de ses 30 priorités.
Pour
notre ministère, cette mission s'accompagne d'énormes responsabilités,
notamment en matière de reddition de
comptes. Notre organisation assume ce mandat avec tout le professionnalisme
ainsi qu'avec toute la rigueur auxquels les citoyennes et les citoyens
sont en droit de s'attendre.
Lors de notre
audition de novembre 2014 devant cette commission, nous avons échangé sur
la mise en oeuvre de notre plan d'action ministériel. À la suite de
cette rencontre, le rapport de la commission ne contenait aucune recommandation spécifique à l'endroit du
ministère. Nous aurons l'occasion au cours de la présente audition de passer
en revue certaines des principales mesures
mises de l'avant pour répondre aux recommandations 2 à 7 du rapport de
juin 2014 du Vérificateur général, qui interpellaient
spécifiquement le ministère.
Ce plan
d'action comportait 28 engagements et actions. En moins d'un an et demi de
mise en oeuvre, 20 de ceux-ci ont été
réalisés en totalité. Le travail accompli à ce jour représente près des trois
quarts de nos engagements. Par ailleurs, tous les engagements et les actions ayant trait à la gestion des
programmes d'aide financière existant en novembre 2014 sont accomplis et respectés à 100 %. Quant
aux autres actions, des travaux sont en cours afin d'en compléter la réalisation.
Depuis cette
audition, le Commissaire au développement durable a assuré le suivi de la mise
en oeuvre de ces recommandations, comme la commission lui en avait
confié le mandat.
Après avoir
pris connaissance du rapport de suivi déposé en février dernier par le
Commissaire au développement durable, le ministère réitère son adhésion
pleine et entière à l'ensemble des recommandations qu'il contient. Nous considérons en effet que ce rapport de suivi
décrit adéquatement l'état d'avancement de la mise en oeuvre du plan d'action
du ministère, un travail qui, je tiens à le préciser, se poursuit toujours
activement.
Il importe par ailleurs de noter que le Commissaire au développement durable a mené ces audits moins d'un an après le dépôt du plan d'action du ministère.
Certaines des mesures qui étaient alors considérées comme en cours d'implantation ont depuis été entièrement réalisées. Le ministère accorde une importance primordiale au respect de ces engagements à l'égard de l'optimisation des ressources du Fonds vert,
c'est pourquoi nous poursuivons le déploiement de l'ensemble des mesures
prévues à notre plan d'action ministériel.
En conclusion, depuis 2006, les sommes provenant du
Fonds vert ont servi à la mise en
place de divers programmes et de mesures
de soutien. Le budget annuel moyen de 270 millions a notamment
permis : l'amélioration des services de transport collectif, avec un
budget annuel de 132 millions.
développement et l'innovation en transport collectif avec, par exemple, le
projet de démonstration Cité Mobilité, pour lequel environ
2,2 millions ont été dépensés annuellement. Il s'agit d'un projet pilote
d'autobus entièrement électriques équipés
d'une technologie de recharge rapide par conduction, déployé par la Société de
transport de Montréal.
L'aide aux
modes de transport alternatif à l'automobile, comme le programme
Véloce II, qui dispose d'un budget annuel d'environ 5 millions pour appuyer les municipalités dans le
développement des pistes cyclables en milieu urbain, rendant ainsi
possible le recours aux vélos pour les déplacements utilitaires.
L'amélioration
de l'efficacité énergétique dans le transport des personnes et des
marchandises, dont le programme Écocamionnage et le programme à
l'amélioration de l'efficacité du transport maritime aérien et ferroviaire, qui
ont respectivement un budget annuel moyen
d'environ 7 millions et 5 millions, soit 12 millions au total.
Ces programmes permettent, par
exemple, l'homologation d'équipements et de technologies favorisant la
réduction des émissions de