Transportation and the Environment — 18 August 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CTE 2016-08-18
Quebec — Committees
(Neuf
heures trente-six minutes)
Président (M. Bérubé) : À l'ordre, s'il vous
plaît! Ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission
des transports et de l'environnement
ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir
éteindre la sonnerie de leurs téléphones cellulaires.
commission est réunie afin de poursuivre les auditions
publiques dans le cadre des consultations particulières
sur le projet de loi n° 104, Loi visant
l'augmentation du nombre de véhicules automobiles zéro émission au Québec afin
de réduire les émissions de gaz à effet de serre et autres polluants.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
La Secrétaire :
Non, M. le Président, il n'y a aucun remplacement.
Président (M. Bérubé) : Voici donc notre ordre du jour de
cet avant-midi. Nous entendrons les groupes suivants : Greenpeace,
Équiterre et Roulez électrique.
souhaite la bienvenue aux représentants de Greenpeace. Je vous demande de bien
vouloir d'abord vous présenter, ainsi
que les personnes qui vous accompagnent, au besoin. Je vous rappelle que vous
disposez de 10 minutes pour votre exposé.
Et par la suite nous procéderons à la période d'échange avec les membres de la
commission. La parole est à vous.
M. Bonin
(Patrick) : Bonjour, M. le Président, Mmes, MM. les députés. Mon nom
est Patrick Bonin. Je suis responsable de la campagne Climat-Énergie à
Greenpeace Canada. C'est un plaisir d'être ici aujourd'hui. Vous nous trouvez à la fin de l'été, après avoir travaillé
pendant nos vacances, comme plusieurs, sur deux projets de loi importants,
entre autres, le projet de loi n° 106
pour la mise en oeuvre de la Politique énergétique, qui parle de transition
énergétique et de
loi sur les
hydrocarbures. Donc, on a été très occupés, comme plusieurs autres
organisations, sur cet autre projet de loi. Mais c'est un plaisir aujourd'hui d'être là parce que, pour nous, le
projet de loi zéro émission est un incontournable, est essentiel au
Québec, et le minimum qu'on doit faire, et nous allons vous présenter pourquoi.
Essentiellement,
on parle de Québec qui a adhéré à l'alliance, entre autres, pour avoir les
véhicules zéro émission. On a
félicité le gouvernement, qui, il y a un an, adhérait à cette alliance-là, a
créé, entre autres, avec la Californie, l'alliance et évidemment a signé
l'entente de Paris par la suite, en décembre dernier, entente où les nations
s'engagent à limiter le réchauffement
planétaire à moins de 2 °C et à tenter de limiter le plus à 1,5 °C
pour éviter les changements climatiques catastrophiques.
ne parle pas suffisamment de ce que veulent dire 1,5 °C et 2 °C, et
c'est pourquoi nous allons, entre autres, vous présenter quelques acétates à ce sujet. Ce qu'il faut comprendre,
évidemment, vous le savez, 43 % des émissions de gaz à effet de serre du Québec sont dans le
domaine des transports. Les transports des véhicules, entre autres, au niveau
des véhicules légers... est un problème
majeur au Québec. Et l'électrification est un de ces moyens essentiels et incontournables
dont on ne peut se passer.
Québec a énormément de pression actuellement, vous le voyez, vous les avez
entendus, de la part, entre autres, des
constructeurs, de la part des manufacturiers, de la part des concessionnaires
pour qu'on ne fasse rien, pour qu'on remette à plus tard, évidemment,
l'adhésion de ce genre de réglementation là dont on a absolument besoin en
termes de lutte contre les changements
climatiques. Il faut réglementer, il faut mettre en place des obligations pour
s'assurer qu'on atteigne nos
objectifs. Et, comme vous le savez, malheureusement, on n'est pas en voie
d'atteindre nos objectifs au Québec, que ce soit pour 2020 et 2030, et on n'a pas de plan d'action non plus pour
émission ou, du moins, le plan d'action qu'on a ne permettent pas, et c'est
très clair, d'atteindre les objectifs
tels qu'il est décrit actuellement. Et le gouvernement s'était, entre autres,
engagé à rajouter des mesures pour permettre d'atteindre les cibles de
2020 et de 2030.
on regarde maintenant un peu l'entente de Paris, ce que ça veut dire, vous
avez, sur l'acétate suivant, les données en termes d'émissions cumulatives de CO 2 dans le rouge. Donc,
vous voyez une différence énorme entre ce que veut dire, en termes d'émissions possibles, 1,5°, 2° et, par
la suite, si on parle de 3°. Donc, le défi est beaucoup, beaucoup plus grand
quand on parle de 1,5° parce qu'au rythme
actuel d'émission, eh bien, dans six ans, nous allons avoir émis les émissions
suffisantes pour que la planète se réchauffe de 6°... pardon, de 1,5°. Donc,
dans six ans, au rythme actuel, toutes les émissions
vont déjà avoir été émises pour qu'on ait un réchauffement planétaire de
1,5 °C, et le but, c'est qu'on tente de ne pas dépasser le 1,5°C.
Vous
l'avez vu, 2015 a été vue, et par 450 scientifiques qui sont sortis, comme
l'année la plus désastreuse au niveau de
l'histoire moderne en termes de changement climatique au niveau de plusieurs
indicateurs : montée des eaux, émissions de gaz à effet de serre,
etc. Et 2016 est en voie, clairement, de dépasser 2015 en termes d'année
catastrophique.
Donc, si on
regarde ce que ça veut dire, 1,5 °C, vous avez les deux parcours
d'émission sur le tableau pour 2 °C et pour 1,5 °C. Ce que
montre ce tableau, c'est que, pour 1,5 °C, il faut arriver rapidement,
après 2050, à zéro émission planétaire. Et
par la suite on parle d'émissions négatives. Émissions négatives, ça
sous-entend qu'on a des technologies, qui n'existent pas actuellement, qui
devront être mises en place dans moins de 35 ans pour espérer d'avoir une
chance raisonnable de limiter le
réchauffement planétaire à 1,5 °C. Donc, dans 35 ans, il faut
essentiellement qu'on n'utilise plus de combustibles fossiles, pétrole, gaz et charbon, dans moins de 35 ans, et
c'est ce pourquoi un projet de loi émission est essentiel.
Pensez au
fait qu'on a actuellement un taux de roulement, à peu près, au niveau du parc
automobile, de 12 ans. Si on met des
véhicules en place en 2030, ces véhicules-là vont rester pendant minimum 12
ans, à moins qu'on les retire de
manière préventive, sur les routes et émettront des gaz à effet de serre. Et
évidemment on va utiliser du pétrole, alors que, d'ici moins de 35 ans, il faut retirer nos émissions. Donc, c'est
ce pourquoi on dit qu'il faut regarder du côté de ce que font des pays comme la
Norvège, qui s'est donné comme objectif, d'ici 2025, d'être à 100 %
véhicules électriques. L'Inde
commence à parler de ce genre de mesure pour 2030 également. L'Autriche en
parle également. Donc, on a une panoplie
de pays... vous le savez, il y a des États, aux États-Unis, qui ont également
adopté des lois zéro émission. Et, pour nous, le Québec n'a pas le choix de le
faire parce que, sinon, on va avoir un parc automobile avec lequel on va être
pris et qui ne permettra pas de respecter nos engagements en termes de
réduction de gaz à effet de serre.
Vous avez ici
rapidement la courbe de mise en place des véhicules ou plutôt d'achat des
véhicules électriques au niveau planétaire. Vous voyez que cette courbe,
elle est exponentielle, elle augmente rapidement. Et il y a raison principale pour ça. Eh bien, c'est essentiellement
parce que le prix des batteries diminue, et vous le voyez en orange sur le tableau, ça, c'est la diminution du prix des
batteries, et, par le fait même... l'augmentation, la ligne continue, au niveau
du parcours disponible, donc de l'autonomie des véhicules. Donc, pendant qu'on
a une chute des prix au niveau des batteries,
donc des véhicules, par le fait même, on a également une augmentation de
l'autonomie, ce pourquoi les véhicules sont
rendus extrêmement compétitifs et intéressants pour les consommateurs qui
sauvent évidemment de l'argent sur l'achat de produits pétroliers.
Et ce que vous
voyez dans ce tableau-là, de l'Agence internationale de l'énergie, c'est aussi
le fait qu'on a une prévision au niveau de la diminution du prix des
batteries qui va continuer ainsi qu'une augmentation au niveau de l'autonomie. Donc, ça va devenir de plus en plus
intéressant pour les acheteurs, les consommateurs, de se procurer des
véhicules électriques.
Si on regarde...
Nous, on pense que non seulement il faut regarder au niveau de 2025 et de ce
que fait la Norvège, mais il faut
également regarder au niveau des autres mesures que celles appliquées pour les
véhicules légers. La Norvège s'attaque
également à la question des camions légers, s'attaque également à la question
du transport par véhicule lourd ou se
dote d'objectifs même pour les autobus. 75 % des autobus longue distance
devront être 100 % électrique en Norvège. On pense que le Québec doit également regarder à légiférer au niveau de
ces autres véhicules là avec des mesures aussi ambitieuses qu'on espère que la Norvège ait mises en place. Évidemment,
aussi, au niveau de la flotte, par exemple, de véhicules électriques gouvernementaux, le gouvernement devrait se donner
un objectif de 100 % véhicules électriques rapidement de manière à
montrer l'exemple et démontrer à la population que c'est non seulement
intéressant, mais économiquement rentable
et, socialement, et environnementalement, et au niveau de la santé, plus
qu'intéressant pour le Québec.
Il y a
également d'autres incontournables, évidemment, quand on regarde, même au
niveau... et ça, c'est le plan d'action
2018‑2029 de la Norvège. Il y a une panoplie d'autres mesures que la question
des véhicules électriques au niveau du transport en commun, au niveau du
transport actif, au niveau des autres mesures dans les transports, qui sont des
incontournables. Et, pour nous, la loi zéro
émission doit également être accompagnée d'un bonus-malus au Québec, donc
un bonus-malus qui fait en sorte qu'on vient compléter cette loi zéro émission,
qui fait en sorte que... parce que, vous le
savez, le malus qu'on a actuellement sur les véhicules de 4 litres et plus
est presque dérisoire avec l'équivalent de 45 $, si je ne m'abuse, de malus, donc de coût
supplémentaire pour les acheteurs de véhicules qui valent énormément, pour
la plupart, pour des véhicules de plus de
30 000 $. Donc, ce n'est pas un désincitatif, et la mesure malus au
Québec n'a pas, malgré le fait
qu'elle rapporte quand même énormément d'argent au Québec, autour de plus de
70 millions par année, si je ne
m'abuse, eh bien, malheureusement, cette mesure-là ne fait pas en sorte que les
gens réfléchissent lorsqu'ils achètent les
véhicules, ne fait pas en sorte que le gouvernement recueille de l'argent qu'il
pourrait par la suite réinvestir, entre autres, au niveau des incitatifs
pour l'achat de véhicules électriques.
À noter
également, en 2011 dans le plan d'action des véhicules électriques, le
gouvernement visait 300 000 véhicules pour 2020. Donc, actuellement, on est rendus à 100 000. Il y a
quand même un recul là-dessus. Le gouvernement l'avoue lui-même, que les mesures actuellement proposées
ne permettront pas de s'assurer qu'on va atteindre le 100 000 véhicules
en 2020. Les mesures proposées sont même
moindres que ce que la Californie propose, et le gouvernement le reconnaît.
Il dit même que les groupes environnementaux
pourraient être inquiets et non satisfaits de ça, et avec raison. On pense que
le Québec doit, et, à plusieurs égards, il l'a fait, se montrer comme leader
dans la lutte aux changements climatiques, viser le maximum, surtout qu'on est déjà à 99 % énergie renouvelable au
Québec, qu'on a tout à gagner à faire à faire l'électrification et que, malheureusement, actuellement, on a des coûts
de santé énormes de l'ordre de 9,6 milliards par année en raison de la mauvaise qualité de l'air au
Québec. On a beaucoup plus de gains à faire que de pertes de mettre en
place ce type de mesures.
M. le Président, je crois que... Ah! il me reste
une minute? Écoutez, je peux...