Health and Social Services — 4 December 2014 (41st Legislature, 1st Session)
CSSS 2014-12-04
Quebec — Committees
Le mandat de
la commission est de procéder à l'étude détaillée du projet de loi n° 10,
Loi modifiant l'organisation et la gouvernance du réseau de la santé et
des services sociaux notamment par l'abolition des agences régionales.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Hivon (Joliette) est remplacée par M. Kotto (Bourget); M. Lisée (Rosemont) est remplacé par M. Bergeron
(Verchères); et Mme Richard (Duplessis) est remplacée par M. Pagé (Labelle).
Président (M. Tanguay) : Merci beaucoup. Hier, lors de l'ajournement
de nos travaux, nous étions à l'étude de
l'amendement déposé par le collègue député de La Peltrie à l'article 4,
et, en ce sens, je lui cède immédiatement la parole.
Caire : Merci, M.
le Président. Alors, hier, on était dans les discussions avec le ministre sur
différentes propositions que nous avons
faites, et je les diviserais, là, de deux ordres. Le premier, c'est sur le
redécoupage, effectivement, où on a
eu des discussions avec le ministre. Je maintiens, en fait, là, les
revendications que nous avons sur le redécoupage des CISSS pour les raisons que nous avons commencé à expliquer. Et nous
avons l'intention de maintenir ces revendications-là.
Toutefois,
hier, nous avons aussi, dans le même amendement... Et donc ces deux
amendements-là étant un seul amendement, je vais vous faire une proposition
de retirer l'amendement, M. le Président, mais je vais expliquer le pourquoi. Suite aux discussions qu'on a eues avec
le ministre sur le fait d'ajouter la notion d'abolition à la notion de fusion, le ministre nous a donné des explications qui sont
satisfaisantes, et donc nous comprenons que de modifier l'article 4 en ajoutant, pour les agences, la notion d'abolition
ne va pas dans le sens de ce que nous souhaitons. Et, si le point que j'ai
amené était valable au sens du Code du travail, je comprends qu'il ne
s'applique pas précisément à ce que le ministre entend faire, et donc ça
devient, à ce moment-là, contre-productif par rapport à nos propres objectifs.
Et donc, M.
le Président, je souhaite retirer l'amendement que j'ai déposé, mais je maintiens,
M. le Président, que nous présenterons un nouvel amendement au ministre
sur les revendications que nous avons au niveau du découpage des CISSS, parce que, là-dessus, on pense que nos
points sont valables et on espère qu'on aura l'occasion de continuer le débat avec le ministre. Alors, M. le Président,
je propose de... bien, en fait, je demande de retirer l'amendement que
nous avons présenté.
Président (M. Tanguay) : Alors, sur votre demande de retrait
d'amendement, j'ai besoin du consentement des collègues. Y a-t-il
consentement?
Des voix : Consentement.
Président (M. Tanguay) : Il y a consentement. Je cède maintenant la
parole à la collègue députée de Taillon.
Lamarre : Alors, merci, M. le Président. À la suite d'échanges qui ont
eu lieu au cours des dernières heures et
des dernières minutes, nous consentons à suspendre les articles 4, 5 et 6, et
tous les partis ont convenu que nous reprendrions leur étude le 15 décembre, incluant l'annexe I, et
que nous maintiendrions une séance de travail qui aura lieu lundi prochain,
le 8 décembre, pour accélérer le processus.
Président (M. Tanguay) : Merci beaucoup. Alors, est-ce que des gens
veulent intervenir sur cette demande? Sinon,
je vais demander le consentement pour qu'elle se réalise. Si je n'ai pas de
demande d'intervention... M. le ministre.
Barrette : Bien, je peux dire tout de suite que nous allons consentir
à cette demande de l'opposition, donc, de
suspendre les travaux sur les articles 4, 5 et 6, tout en exprimant notre
souhait de pouvoir recevoir, dans les prochains jours, puisqu'on va se rencontrer le 15, la liste des amendements qui
sont déjà préparés. Comme je l'ai dit hier, le projet de loi a été déposé le 25 septembre, nous avons
maintenant 64 heures de travaux. Et, pour faciliter nos travaux à tous et à
toutes le 15 décembre, il serait utile que
l'opposition officielle et la troisième opposition, Québec solidaire, nous
fassent part de leur liste
d'amendements pour qu'on puisse, le 15 décembre... pas le 15 décembre, mais la
semaine prochaine, lundi, travailler avec plus de productivité. Voilà.
Le Président (M. Tanguay) :
Alors, y a-t-il consentement pour suspendre l'étude des articles 4, 5 et 6 et
passer à l'article 7? Y a-t-il consentement?
Des voix :
Consentement.
Président (M. Tanguay) : Tel qu'exprimé, merci beaucoup. Alors,
maintenant, je demande au ministre de nous — nous sommes rendus à l'étude de l'article
7 — en faire
la lecture, une présentation, et nous allons poursuivre nos débats sur
l'article 7.
Barrette : Alors, M. le Président, nous arrivons donc à l'article 7 du
projet de loi n° 10, dont je fais la lecture et dont je ferai la
lecture de l'amendement que nous proposons pour ledit article. Alors,
article
«Aux fins de la
présente loi, sont des établissements suprarégionaux, les établissements
suivants :
«1° Centre
hospitalier de l'Université de Montréal;
«2° Centre
hospitalier universitaire Sainte-Justine;
«3° Centre
universitaire de santé McGill;
«4° Institut de
cardiologie de Montréal.»
Alors,
comme ça a été dit précédemment, M. le Président, le but du projet de loi
n° 10 est d'assurer... de mettre
en... pas d'assurer, mais d'effectuer une
réorganisation basée sur la fusion de certains établissements. J'ai dit
précédemment que certains établissements étaient dans une situation où
on ne pouvait, de façon pragmatique, pas aller dans cette direction-là, ce qui correspond aux quatre centres
hospitaliers qui sont dans le libellé original — originel? — original
du projet de loi.
Pour
cette raison, nous présentons également... pas pour cette raison, mais, dans cet état
d'esprit et à la suite des travaux
qui ont été faits et recommandations qui ont été faites par les gens qui sont venus
devant nous, nous proposons l'amendement suivant, M. le Président :
Modifier l'article 7
du projet de loi de la façon suivante :
par le remplacement, au premier alinéa, de «suprarégionaux»... non, pas au
premier alinéa, je m'excuse, par le remplacement de «suprarégionaux» par
«non fusionnés».
2° par l'ajout des
paragraphes suivants :
«5° Institut
Philippe-Pinel de Montréal;
«6° CHU de
Québec — Université
Laval — et
finalement;
«7° Institut
universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec — Université
Laval.»
Alors, il s'agit donc
ici d'ajouter trois établissements qui seront donc qualifiés de non fusionnés
suite aux représentations qui ont été faites
par les milieux respectifs, et qui, comme on le voit aujourd'hui dans les journaux,
ont déjà reçu l'assentiment tout à fait positif des milieux concernés.
Président (M. Tanguay) : Merci, M. le ministre. Alors, sur
l'amendement — et j'ai
pu constater du coin de l'oeil que chaque collègue avait reçu copie de
l'amendement du ministre à l'article 7 — je suis prêt à entendre... Nous avons donc
un débat — je le
répète, c'est important — en vertu de l'article 245, sur l'amendement dans son intégralité,
un débat de 20 minutes. Par la suite, il nous sera loisir... loisible,
pardon, de revenir à l'article 7 alinéa par alinéa.
Alors,
y a-t-il des collègues qui veulent intervenir sur l'amendement du ministre à
l'article 7? Mme la députée de Taillon.
Lamarre : Oui. Alors, je crois qu'on convient tous, puisqu'on l'a déjà
fait préalablement, du remplacement du
terme «suprarégionaux» par établissements «non fusionnés», qui m'apparaît
traduire beaucoup plus la vocation presque nationale, dans le fond, de plusieurs de ces centres-là, également la
dimension de recherche et également la dimension où leurs compétences
sont appréciées et dispensées à travers presque toute la province.
l'ajout des paragraphes suivants... Je dois dire qu'on se réjouit de voir
l'Institut Philippe-Pinel de Montréal introduit dans les établissements
non fusionnés. Cet institut a effectivement une vocation qui dépasse celle qui
est convenue dans les centres intégrés de santé et de services sociaux, et je
crois que c'est quelque chose qui va répondre certainement
aux demandes, d'une part, de l'Institut Philippe-Pinel, mais on est aussi ici
pour entendre et tenir compte de ce
qui va le mieux servir la population du Québec. Et je crois que, très
sincèrement, le fait qu'on compare un statut d'établissement non
fusionné à l'Institut Philippe-Pinel est tout à fait pertinent.
note, par ailleurs, qu'on a quand même maintenu dans le même CISSS les soins de
nature... au niveau de la santé
mentale, les soins plus aigus en santé mentale, avec l'Hôpital
Rivière-des-Prairies, avec l'institut de santé mentale, anciennement appelé
Louis-Hippolyte-La Fontaine, dans le même territoire, dans le même CISSS,
et ça, ça m'apparaît être garant
d'une meilleure fluidité, d'une meilleure continuité des soins entre les soins
pour les enfants présentant des problèmes
de santé mentale et pour les adultes. Donc, je pense que c'est quelque chose
qui est tout à fait acceptable et qui répond à des préoccupations et à
la mission même de l'Institut Philippe-Pinel.
ce qui concerne le CHU de Québec, je pense qu'on a réussi à trouver, à travers
la région de Québec... et on a bien
entendu les demandes de l'Université Laval, et je crois que ce qui est proposé...
Ce qu'on voit effectivement dans les journaux aujourd'hui nous démontre
qu'il y a un bon, un très bon consensus, et je pense qu'à ce moment-là c'est intéressant, même chose pour l'Institut
universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec de l'Université Laval.
Je donnerais comme un commentaire général...
d'une part, une très grande qualité, c'est-à-dire qu'on a vu qu'autant le CHU de Québec qu'avec l'Université Laval que l'Institut universitaire de
cardiologie et de pneumologie de Québec de
l'Université Laval ont fait
d'excellentes représentations. Leurs mémoires étaient bien structurés. Leurs
arguments étaient très bien présentés
également. Ils sont venus en grand nombre. Ils sont venus avec des personnes
qui apportaient dans leurs réponses des éléments particulièrement
structurés et concordants.
fais juste appel à ce qu'on ait, à l'endroit d'autres organismes qui n'ont
peut-être pas ni les ressources ni les moyens
financiers pour faire ce genre de démarche aussi structurée, qu'on ait quand
même la même écoute. On a eu, lors de
nos représentations, beaucoup de groupes qui représentent des services sociaux,
qui représentent des organismes. On a eu
entres autres l'organisme qui défend l'autisme, les troubles du spectre de
l'autisme, qui sont venus nous dire : Nous, notre organisation, elle est constituée de 50 % des parents
d'enfants autistes. Alors, on comprend que ces gens-là n'ont pas nécessairement le même poids. Je n'ai pas vu
le maire Labeaume leur apporter un soutien. Et c'est sûr qu'ils n'ont
pas le même réseau autour d'eux. Il n'en reste pas moins que leur contribution
à la société, leur contribution à ces personnes plus vulnérables, leur
contribution à des gens qui ont besoin de soutien est excessivement
significative et qu'elle doit être
maintenue, elle doit être entendue, et je fais appel à chacun des membres de la
Commission de la santé et des services
sociaux d'être très vigilants. Parce qu'on le sait il y a des organisations qui
sont vraiment mieux structurées, qui ont la capacité de développer des
argumentaires plus complexes, des liens aussi.
je comprends bien que dans le contexte des CISSS, et même des centres
d'établissement non fusionnés... mais dans
les CISSS, on veut vraiment avoir une continuité de soins. Hier, le ministre
faisait référence à quelqu'un qui avait besoin d'une intervention en neurochirurgie, et je comprends l'exemple
qu'il a utilisé, parce qu'il voulait nous montrer que ça prenait une
continuité entre le patient à domicile et puis le patient qui a cette
intervention-là, mais j'aurais juste voulu
attirer l'attention sur le fait que, quand on a besoin d'une intervention en
neurochirurgie, c'est quand même quelque
chose qui est plus rare que le nombre de personnes qui ont des problèmes de
santé mentale, par exemple, et c'est aussi
souvent un type d'intervention qui fait appel à un épisode de soins qui est
plus court, qui est plus aigu. Et donc, oui, on a besoin d'avoir un lien entre la première ligne, la deuxième ligne,
la troisième ligne, la quatrième ligne, mais, si on pense aux gens qui ont un problème de santé
mentale, par exemple, bien, eux, ça va être important que les services restent
proches d'eux. Parce que ce sont des gens
qui vont avoir besoin de voir leur médecin de famille, de voir un travailleur
social, de voir un psychologue, de voir un
psychiatre, peut-être d'être en relation étroite avec les milieux scolaires. Et
ça, ils vont avoir à le faire plusieurs fois pendant plusieurs semaines,
pendant plusieurs années.
Donc,
je pense que c'est important de garder à l'esprit que notre projet de loi
n° 10 doit répondre également aux objectifs
des gens qui n'ont pas la même portée au niveau de leur voix, mais qui
remplissent un rôle essentiel, un rôle qui a un impact sociétal, un impact social, un impact sur la santé et un
impact économique. Parce que, s'il fallait que tous les enfants qui souffrent d'un trouble du spectre de
l'autisme soient mis en CHSLD, par exemple, dans un centre de longue durée, même s'il était adapté à des jeunes, on se
rend compte de tout ce que ça représenterait comme coût. Alors, le choix
que ces parents font de garder leurs enfants
à la maison, de les faire grandir, de vouloir s'en occuper jusqu'à l'âge
adulte, bien, ça s'accompagne souvent
d'un petit investissement de l'État, d'offrir une période de huit heures par
jour où ces jeunes sont accompagnés. Et je pense qu'il va falloir garder
une écoute très attentive. Je cite cette organisation-là, mais je pourrais en citer de multiples autres qui sont
venues nous présenter des besoins
tout aussi pertinents et une contribution
à la fluidité des soins, une contribution à notre réseau de services
sociaux qui est énormément significative et qui a une contribution
inestimable.
Donc, je veux
vraiment qu'on prenne conscience de cette dimension intéressante pour les
ajouts qui ont été demandés, et je
reconnais, dans la vocation de l'Institut universitaire de cardiologie et de
pneumologie des missions qui sont
tout à fait semblables à celles de l'Institut de cardiologie de Montréal, avec
une dimension recherche, avec des soins tertiaires, quaternaires, donc des soins très pointus, et une vocation
de recherche dont on est très fiers, et je pense qu'il faut souligner et
garder donc cette relation-là. Mais n'oublions jamais que notre première
priorité, c'est d'offrir des soins à
l'ensemble de la population. Et actuellement ce que la population nous dit,
c'est qu'elle n'a pas accès à des soins qui sont nécessaires. Et, quand il y a des délais en cardiologie ou en
pneumologie parce que la première ligne ne peut pas répondre correctement aux besoins des gens, bien,
il y a des impacts, il y a des coûts, il y a des complications pour les patients, et tout ça, je crois qu'on doit vraiment
en tenir compte. On doit être là, au bon endroit, le plus tôt possible dans
l'épisode de soins du patient parce que c'est là qu'on peut le mieux agir, non
seulement sur le curatif, mais sur le préventif,
sur les éléments qui vont faire en sorte qu'on aura moins de complications. On
aura une meilleure santé de nos citoyens,
c'est avant tout notre première mission, celle d'assurer la santé de nos
citoyens en leur offrant des services les plus appropriés, incluant des
mesures de santé publique, de prévention de tabagisme à différents niveaux.
Donc,
tout ça pour dire que, sur les propositions du ministre, à ce moment-ci, nous
sommes d'accord. J'aurai, par la suite, M. le Président, un amendement à
proposer pour l'ajout d'un autre établissement.
Le Président (M.
Tanguay) : Merci beaucoup. M. le ministre.
Barrette : Bien, M. le Président, je suis content que la députée ait
conclu en exprimant son accord avec cet article-là, parce que peut-être que les gens pouvaient se demander si on
parlait toujours de l'article. Mais ceci dit, M. le Président, je la remercie quand même
chaleureusement d'avoir fait une longue démonstration de la pertinence du
projet de loi n° 10, qui vise à essentiellement faire ce que la
députée a exprimé dans son commentaire.
Président (M. Tanguay) : Y a-t-il d'autres commentaires des
parlementaires? M. le député de La Peltrie, non?
Caire : #1ccc...M. le
Président, mais je voulais juste m'assurer que ma collègue de l'opposition
allait témoigner.
Le Président (M. Tanguay) : Parfait.
Je vous remercie pour elle. Mme la députée de Taillon.
Mme Lamarre :
Je m'excuse, je n'ai pas entendu la remarque de mon...
Le Président (M. Tanguay) : La
parole est à vous, si vous le désirez.
Lamarre : Ah! d'accord. Bien, en fait, je voulais tout simplement dire
que j'espérais quand même que le ministre
avait entendu l'information, l'ensemble de mon commentaire parce qu'il y a une
dimension importante dans ça, et tantôt j'évoquerai un sous-amendement pour un
autre endroit, et je pense que ce préambule-là était nécessaire pour une
meilleure compréhension de mon sous-amendement tantôt.
Le Président (M. Tanguay) : M. le
ministre.
M. Barrette : Je veux rassurer la
députée de Taillon. J'ai bien entendu et je l'ai remerciée d'avoir fait une
démonstration aussi claire de l'importance de mettre en application le projet
de loi n° 10, qui vise expressément l'accessibilité
à l'intérieur du système de... aux soins et services sociaux et donc de
l'importance de la fluidité dans notre système, deux notions auxquelles
elle a fait référence abondamment.
Président (M. Tanguay) : D'autres interventions? Mme la députée de
Taillon? Sinon, M. le député de La Peltrie.
Caire :
Oui. Bien, M. le Président, simplement souligner le fait que je salue cette
décision-là, là, concernant le CHU de
Québec, concernant l'Institut de cardiologie notamment, qui sont venus ici, là,
nous expliquer assez clairement les
raisons pour lesquelles ils devaient être des établissements non fusionnés,
puisque c'est comme ça qu'il convient de les appeler maintenant, et
évidemment nous allons appuyer cet amendement-là, M. le Président.
Président (M. Tanguay) : Y a-t-il d'autres interventions? Je n'en
constate pas. S'il n'y a pas d'autre intervention, je vais mettre aux
voix... M. le député de Labelle, il restait cinq secondes.
Alors, compte tenu de l'heure, la commission
suspend ses travaux jusqu'à 15 heures.
(Suspension de la séance à 13 heures)
Le Président (M. Tanguay) : Alors, à
l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses travaux.
Je vous rappelle que le mandat de la commission
est de procéder à l'étude détaillée du projet de loi n° 10, Loi modifiant l'organisation et la gouvernance du
réseau de la santé et des services sociaux notamment par l'abolition des
agences régionales.
Je demande à
toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de
leurs téléphones cellulaires.
Avant la
suspension de nos travaux, nous étions rendus à l'amendement du ministre à
l'article 7, et je suis prêt à reconnaître des interventions. M. le
député de Labelle.
M. Pagé :
Oui. Oui, merci, M. le Président. Donc, on reprend nos travaux. C'est plus
difficile de reprendre immédiatement
après une pause de deux heures, mais on va se replonger dans l'amendement de
l'article 7, où, effectivement, ma
collègue, députée de Taillon, quand elle a fait un plaidoyer pour qu'il y ait
cette ouverture, pour qu'on puisse
prendre en considération ce qui a été mentionné ici par nombreux groupes... M.
le ministre a qualifié d'éditorial, c'est son droit. Je pense que
c'était un plaidoyer tout à fait légitime, parce que, notre temps de
parlementaires, il est important pour faire
entendre ce que les gens nous ont répété à satiété. Et, comme vous le savez,
notre formation politique voit la chose
autrement. Donc, il est tout à fait normal, légitime que, quand les occasions
de présentent, que l'on puisse faire valoir notre point de vue de façon
très, très correcte. J'ai d'ailleurs eu l'occasion de le dire très amicalement
et respectueusement avec le ministre, il y a quelques instants, que notre
volonté, c'est...
Comme il est
arrivé à plusieurs occasions, dans plusieurs projets de loi... et, vous le
savez, M. le Président, comme c'est arrivé d'ailleurs dans le projet de
loi n° 3, sur l'ensemble d'un projet de loi, on peut être contre, mais, à
force de parlementarisme et de
parlementer... probablement que ça ne se dit pas, mais... on finit à l'occasion
de faire des gains. On finit, à
l'occasion, à faire entendre notre point de vue et, à l'occasion...
heureusement, heureusement, sinon, à quoi bon? À quoi bon d'être ici
aujourd'hui? À quoi bon de passer toutes ces heures en commission
parlementaire?
Mais, à
plusieurs occasions, et je l'ai vécu souvent, les ministres ont fini par
accepter de voir la chose autrement, parce que les parlementaires ont fait
valoir à juste
titre leur point de vue. J'en ai pris pour exemples, et je le
répète encore, au cas qu'on l'aurait
oublié, un projet de loi très complexe, très compliqué sur la réforme du régime
forestier, où, avec la ministre
Nathalie Normandeau, on a déchiré deux fois le projet de loi pour en arriver
enfin, enfin, à un régime forestier
qui a fait l'unanimité de toutes les formations politiques. Et on était dans le
développement régional, donc c'était fondamental pour le développement
des régions, donc on a pris le temps de le faire très correctement.
Ici, on est
dans l'humain, on est dans les services à la population, dans les services
offerts au quotidien par des gens,
qu'ils soient du milieu communautaire, ou directement dans les salles
d'urgence, ou sur les étages des hôpitaux. Donc, c'est fondamental. Et nous, nous croyons, nous croyons fermement
qu'il faudrait faire les choses autrement. On accepte qu'il y ait ce
dépôt du projet de loi, la démocratie s'exprime, le gouvernement a été élu, mais nous ne pouvons passer sous silence qu'à certains égards il faut
faire preuve d'ouverture pour tenter de bonifier ce projet de loi. Donc, ma collègue de Taillon, un peu
plus tôt, juste avant que l'on suspende nos travaux, a fait, oui, un plaidoyer
pour qu'éventuellement cette liste soit allongée ou bonifiée.
Ceci dit, M. le Président, une des prémisses qui
justifient... et c'est ce que j'avais entendu dans les propos du ministre, et, si je me trompe, qu'il me corrige...
les économies, les économies qu'il compte faire dans le système se chiffrent... je pense qu'il parlait de
220 millions, à terme, quelque chose comme ça, on parle de
220 millions, sont basées, évidemment,
sur... par attrition des postes qui vont être soit abolis, ou modifiés, ou
fusionnés, ou je ne sais trop, mais, bon,
je pense qu'au total, au cumul, à terme, c'est 1 200 postes de moins.
Si, ici, nous retrouvons une nouvelle liste de... Est-ce qu'on parle
d'institutions? Est-ce qu'on parle de... Quel est le bon mot pour...
Mme Lamarre : C'est des
établissements non fusionnés.
M. Pagé : Des établissements
non fusionnés. Si, ici, on ajoute, on ajoute trois établissements non
fusionnés, est-ce que cela va jouer sur les
économies que le ministre pense aller chercher? J'aimerais voir de quelle façon
il évalue... Est-ce que c'est tout à fait à la marge? Est-ce que le fait
de non fusionner va amener, finalement, oui, toujours des économies, mais de façon moins substantielle qu'il
prévoyait? Est-ce qu'on est capables de chiffrer cela? Parce que c'est ce qu'on nous avait dit : La fusion,
1 200 postes de moins. Alors, ici, ça peut représenter quoi? Est-ce
qu'on a évalué ça?
Le Président (M. Tanguay) : M. le
ministre.
M. Barrette : Est-ce que la question
a trait exclusivement à la liste ou à l'ensemble de l'oeuvre?
M. Pagé :
Le 220 millions, c'était sur l'ensemble de l'oeuvre. Ici, on ajoute trois
établissements qui seraient non fusionnés.
Donc, pour ces trois établissements, quels seraient les changements sur le
220 millions que vous aviez prévu?
M. Barrette : Normalement, l'effet
est marginal et possiblement nul.
M. Pagé : ...possiblement
nul?
Barrette : Bien, c'est parce que votre question, si je la comprends
bien, puis, là, vous me corrigerez, vise à déterminer si le fait d'isoler des établissements va diminuer les
économies. Je pense que non. On parle ici de trois établissements, là. L'économie de 220 millions qui est prévue
est prévue pour l'ensemble du projet de loi n° 10. Alors, si, aujourd'hui,
on isole trois établissements qui sont de
petite grosseur, l'effet va évidemment être marginal sur l'ensemble. Pinel est
un petit hôpital, l'Institut universitaire
de cardiologie et de pneumologie est un petit hôpital, et le CHU de Québec a
déjà fait ce genre de regroupement
là, d'une part. D'autre part, les économies viennent d'un certain nombre de
choses, alors l'effet va être essentiellement minimal, pour ne pas dire
inexistant.
M. Pagé :
Oui, sauf que j'entends, à chaque fois qu'on va fusionner : C'est ce qui
amène 1 200 postes de moins, les
fusions. Donc, si ces trois établissements devaient être fusionnés, j'imagine
qu'il y aurait eu des postes cadres qui auraient disparu. Là, ce que j'entends, c'est qu'il n'y aura pas d'économie, donc
j'entends qu'il n'y aura pas de poste cadre qui va disparaître, parce
que ces trois établissements ne seront pas fusionnés.
En fait, si
je pose la question autrement : Si ces trois établissements avaient été
fusionnés, ce qui était prévu dans le projet initial, M. le Président,
il y aurait eu combien de cadres de moins? Peut-être, si on prend la question
de cette façon-là, on pourrait arriver à une autre réponse, là.
M. Barrette : Je m'excuse,
pourriez-vous me...
Pagé : ...je reprends la question autrement. Si vous ne déposez
pas cet amendement et que les trois établissements étaient fusionnés tel que prévu initialement, il y
aurait eu, dans ces trois établissements, la perte de combien de postes cadres
dus à la fusion?
Barrette : Je vais répondre peut-être un peu plus précisément, là. Parce que ici, là, dans les
établissements qu'on additionne, qu'on isole, qu'on ne fusionne pas, il
y a la majorité de ces institutions-là qui sont à Québec. Et il est déjà prévu dans le projet de loi de... malgré
qu'ils soient isolés, qu'une grande
partie des services administratifs, dont
les services informatiques, la paie, ces
choses-là, soit fusionnée dans tout ce qui se fait dans la Capitale-Nationale. Donc, il n'y aura pas de perte d'économie par
l'isolement, le non-fusionnement des hôpitaux de Québec. Pour ce qui est du CHU
de Québec, il comporte cinq pavillons
et l'Institut universitaire, liés au CPQ. Et Pinel, à Montréal, bien là, Pinel,
à Montréal, ce n'est définitivement pas une goutte dans l'océan sur le
plan clinique, mais c'en est une sur le plan administratif.
M. Pagé :
Donc, si je comprends bien, si je vous suis bien, ces trois établissements
n'auraient pas fait
partie des 1 200 postes de cadre qui vont être
économisés, qui vont être...
M. Barrette : Tout à fait, ils font
partie de... Mais, comme je viens de vous dire, l'effet, l'effet va être quand même là, parce que l'effet va passer par la mise
en commun de certains services, qui va se faire même s'ils sont non fusionnés.
Président (M. Tanguay) : Ça va. Alors, toujours sur l'amendement du
ministre à l'article 7, y a-t-il d'autres interventions? Mme la députée
de Taillon.
Lamarre : Oui, bien, pouvez-vous me donner quelques exemples des
services qui vont être mis en commun?
M. Barrette : La paie, par exemple.
L'informatique, par exemple.
Mme Lamarre : Donc, je comprends
qu'il y a des coûts de fusion.
Barrette : Pas nécessairement puisque, par exemple, à Québec, il y a
un grand... Au moment où on se parle, c'est le CHU de Québec qui dessert
les autres sur le plan de l'informatique.
Lamarre : Mais, vous savez, quand on dit qu'il y a des étapes et il
reste quand même des coûts en temps ou
des coûts de différentes natures... Je rencontrais quelqu'un cette semaine qui
me disait qu'il avait essayé... il avait juste appelé... tu sais, tenté
de joindre un médecin, au CHU de Québec, puis on avait dit : Bien, vous
savez, il faut que j'appelle dans trois
hôpitaux actuellement pour essayer de retracer ce médecin-là. Donc, il y a
quand même des pertes de temps,
certainement, et une nécessité de fusionner ces centres de téléphone là et ces
centres... ce qui n'est pas nécessairement complété, mais qui va devoir
se faire.
Barrette : Alors, administrativement, l'évaluation des coûts qui
seront évités à terme, cette évaluation-là a pris en compte ce genre d'éléments
là. C'est une économie à terme, après avoir fait ces exercices-là, d'une part.
D'autre part, comme ça a été dit aux crédits, il y a des investissements
qui sont prévus pour l'uniformisation des systèmes d'information, notamment en comptabilité. C'était dans les crédits. Tout
ça a été pris en considération pour en arriver à la conclusion de
l'économie de 220 millions.
Lamarre : Je vous entends bien. Il reste que le CHU de Québec...
Peut-être que l'Institut Philippe-Pinel était une institution qui avait plus
d'autonomie unique, là, mais le CHU de Québec et l'Institut universitaire de
cardiologie et de pneumologie de Québec, dans une fusion où on avait 28
CISSS et où on en rajoute trois, ça fait quand même un pourcentage qui sera
moins fusionné.
Barrette : Ça fait un pourcentage qui va être moins fusionné, c'est
par définition le cas, ce qui n'exclut pas le fait que des services
peuvent l'être.
Mme Lamarre : Mais les coupures de
postes, parce que c'est surtout là que sont les économies, là...
Barrette : Mme la députée, là, vous me dirigez dans un débat de nombre
de coupures de postes prévisibles par établissement. Je n'ai pas
d'information précise à vous donner par établissement.
Mme Lamarre : O.K. Mais le
1 200, il a été estimé sur la base de quoi?
Barrette : C'est 1 300, estimé pour le réseau au complet, estimé
sur la base, entre autres, d'un nombre de cadres actuellement qui n'ont
pas d'employé sous leur responsabilité, entre autres.
Mme Lamarre : Entre autres, mais ce
que vous voulez nous dire à partir de là...
Le Président (M. Tanguay) : M. le
ministre.
M. Barrette : Oui. C'est parce que
là, est-ce qu'on fait l'étude des crédits ou...
Président (M. Tanguay) : C'est dans le contexte de l'amendement à
l'article 7. Avez-vous d'autres questions, Mme la députée de Taillon?
Lamarre : Oui, bien, écoutez, j'ai besoin de comprendre un peu
l'impact de l'ajout de ces trois établissements-là sur les postes. Parce que, la principale source
d'économie dans le 220 millions, on le sait, il y a 20 millions qui
va en santé publique, mais le
200 millions, ce sont les postes qui sont coupés par attrition. Et je ne
suis pas contre, là, comme je vous dis,
je ne suis pas contre. Je veux qu'on reste réalistes sur l'impact réel que ça a
sur les coupures ou non. Parce qu'un des arguments qui a été évoqué pour faire prévaloir le projet de loi
n° 10, c'était des économies de 220 millions basées sur 1 300 postes
qui seraient... ce qui disparaîtrait par attrition. Mais je vous rappelle que
je ne suis pas contre, mais je veux qu'on ait une idée claire de ce que
ça va avoir comme impact au niveau des économies escomptées.
Barrette : Alors, soyons
cohérents. Comme je l'ai dit en commission parlementaire, le CHU de Québec a
déjà fait un exercice d'intégration; à l'époque, ce n'était pas
forcément une fusion, dans l'état législatif dans lequel ça s'était fait. Eux, ils ont déjà fait cet
exercice-là, et, évidemment, les économies — les économies! — la réduction de postes ne se fera pas principalement ou même de façon
significative dans le CHU de Québec. Ils ont déjà fait une grande part de ça, sinon la
part complète. Alors, le fait de
les avoir isolés, fusionnés ou non fusionnés, ça n'a peu ou pas d'impact
dans l'exercice d'économie de 220 millions et incluant la coupure de postes ou la disparition de 1 300
postes, puisqu'eux autres l'ont déjà fait.
Alors, qu'ils
soient dans le CISSS ou qu'ils ne soient pas dans un CISSS, eux ont déjà fait
cet exercice-là, donc, en ce qui a
trait à l'étude du projet de loi à l'article 7 et dans l'optique que vous prenez, ça n'a, à
toutes fins utiles, aucun impact parce que l'impact sera essentiellement
dans le reste du réseau, qui passera de 182 établissements à 31.
Alors, encore
une fois, là, les cinq de Québec, les six, avec l'Institut universitaire, qui ont
déjà fait cet exercice-là... et on le
savait, mais on ne compte pas sur une économie là pour aller chercher le 220 millions, parce qu'on sait qu'on va le chercher ailleurs que dans ces
cinq établissements-là du CHU de Québec, plus l'Institut universitaire.
Évidemment, Pinel, maintenant, est retiré, et
Pinel, c'est un tout, tout, tout petit, petit, petit hôpital parmi les 182
établissements du Québec où seront allées chercher les économies de postes.
Lamarre : Alors, la question
suivante qui me vient à l'esprit, c'est : Lorsqu'on a lu le projet de loi, on a été étonnés, là, de
voir qu'on avait choisi quatre établissements parmi les établissements qui, à
l'époque, s'appelaient des établissements suprarégionaux puis qui, maintenant,
s'appellent des établissements non fusionnés, qu'on avait choisi quatre établissements de Montréal
et aucun de Québec. Donc, encore une fois, je le dis : On se
rallie à votre suggestion, mais
j'aimerais comprendre sur la base de quelle réflexion vous étiez arrivés à
cette conclusion-là de ne pas mettre aucun établissement suprarégional,
à l'époque, donc établissement non fusionné, qui était de Québec?
M. Barrette : Je l'ai dit en
commission parlementaire, Québec avait déjà entrepris et réussi un processus d'intégration, et nous avions des informations à
l'effet qu'ils étaient prêts à aller plus loin. Il se trouve que ces
informations-là étaient manifestement erronées, compte tenu des
représentations qu'ils ont faites.
Lamarre : O.K.
Donc, le fait de préserver leur caractère d'établissement non fusionné, ça va
quand même nous assurer qu'ils vont
offrir des services tertiaires ou quaternaires, comme ils l'avaient... entre autres, l'Institut universitaire de cardiologie. Et là, juste au niveau
du budget, comment ça va se gérer?
Barrette : Premièrement, ce
n'est pas à cause de ça qu'ils vont continuer. C'était déjà prévu qu'ils
continueraient à donner des services
tertiaires, quaternaires et avoir une mission suprarégionale. Pour ce qui est
des budgets, à la case départ, évidemment,
c'est une question de budgétisation par programme-service pour la transition,
et, un jour, on en arrivera au financement à l'activité, comme pour tout
le monde.
Lamarre : Mais ce que vous
dites de l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec, c'est
quand même que leur vocation de soins tertiaires, quaternaires et de recherche,
elle était déjà connue. Donc, vous aviez fait le choix, vous, de ne pas
les mettre non fusionnés. Dans quelle perspective?
M. Barrette : Je vous ai déjà
répondu à cette question-là, Mme la députée.
Mme Lamarre : Mais pouvez-vous me le
réexpliquer?
M. Barrette : Vous voulez que je
vous le répète?
M. Barrette : O.K., je vais vous le
répéter. Alors, je vous ai dit, il y a quelques...
Mme Lamarre : ...des travaux, qu'il
y avait déjà une intégration...
M. Barrette : Bien voilà. Je n'ai
rien de plus à dire.
Lamarre : Mais de quelle
façon, concrètement, là, pour les gens, de quelle façon on... M. le ministre, je veux juste vous dire, on a besoin de visualiser. Pour vous,
c'est clair, là, le CISSS puis le processus de tel niveau de service, un hôpital plus régional, un hôpital de
soins plus secondaires, tertiaires; on a besoin d'avoir des exemples de comment
les patients vont circuler et comment leur accès va être préservé par rapport à
Barrette : ...que là, vous
êtes dans un autre sujet, là. Dans le début de votre phrase, vous me dites que
vous avez besoin de comprendre. Et je
vous l'ai dit : La logique venait du fait que le premier exercice de
fusion au Québec s'est fait
à Québec et s'est quasi complété. Nous avions
l'information qu'ils étaient prêts à aller plus loin; c'est une information
qui s'est avérée erronée, suite aux représentations qui ont été faites ici. C'est
précisément ce que je vous ai dit il y a quelques instants.
Mme Lamarre : Mais moi, je vous
reprends juste sur ça, si vous me permettez, M. le ministre...
Président (M. Tanguay) : Oui, Mme la députée de Taillon.
Lamarre : ...ça, ça correspondrait à un CISSS, alors que là on leur
donne un statut d'établissement non fusionné.
Ce que je vous demande, c'est d'expliquer clairement les missions, les mandats d'un CISSS et d'un
centre non fusionné, d'un établissement non fusionné. Parce que ce que vous me dites : Ils étaient déjà
fusionnés, c'était déjà intégré, c'était
déjà fluide, ça, pour moi, ça me prouve qu'il y avait déjà le
modèle d'un CISSS qui était performant au niveau de la ville... bien, de la région de Québec.
Mais là on leur donne un statut qui est établissement non fusionné parce qu'ils ont des contributions différentes à apporter, ils ont autre
chose. Et c'est là-dessus que je veux vous entendre.
Le Président (M.
Tanguay) : M. le ministre.
Barrette : Mme la députée, ça ne prouve rien. S'ils avaient été intégrés dans un CISSS, comme
initialement projeté, selon les
informations que l'on avait, absolument rien de leur expérience, de leur mission, de
leurs orientations n'aurait changé, rien, absolument rien, même pas un
peu. Ils sont venus faire des représentations basées sur un statut physique de notoriété, auquel on a répondu et pour
lequel... ils en sont très heureux, à la lecture de leur sortie hier dans
les médias. Rien. Entre aujourd'hui et
avant-avant-avant-hier, la seule chose qui a changé pour eux, c'est le statut
physique. Ils sont isolés, avec leur
nom, comme ils le voulaient, parce qu'ils considéraient... à mon avis, à tort,
mais je les ai entendus, ils ont
voulu avoir ça. C'est la preuve qu'on est capables de répondre aux
questionnements des gens qui viennent ici. En toute bonne foi, on les a
entendus; je l'ai dit clairement, que je n'étais pas d'accord avec leur
position, mais j'ai répondu à leurs attentes en proposant cet
amendement-là, qui ne change absolument rien à quoi que ce soit.
Le Président (M.
Tanguay) : La députée de Taillon.
Mme Lamarre :
Alors, écoutez, je pense qu'on a... Avez-vous des questions, mes collègues?
Le Président (M.
Tanguay) : La parole est à vous, Mme la députée.
Lamarre : Bien, écoutez, je vais aller sur un autre sujet, mais
j'aurais... Je pense qu'en cours de route... j'espère qu'on aura
l'occasion d'avoir un petit peu plus de précisions.
Juste
d'entrée de jeu, je veux vous dire que, donc, on salue cette décision du
ministre, là, de mettre le CHU de Québec et l'Institut universitaire de
cardiologie et de pneumologie de Québec en établissements non fusionnés. On le comprend, mais j'aimerais bien qu'on puisse
l'expliquer dans d'autres... on aura sûrement l'occasion d'en reparler, là,
mais d'expliquer, à travers eux et à travers
l'ensemble du modèle de gouvernance que le ministre nous présente, quelles
sont les caractéristiques de ce modèle-là, ses avantages pour les citoyens.
J'avais une question,
M. le ministre. On a également eu des représentations des centres jeunesse, les
centres jeunesse, qui sont venus nous dire
qu'ils avaient une vocation particulière. On le sait, les centres jeunesse sont
ceux qui s'occupent des tout petits
qui sont victimes de violence, d'abus, très souvent. Et eux, ils avaient donc
besoin de préserver leur autonomie,
ils avaient besoin de préserver leurs réseaux, leurs liens avec les structures
avec lesquelles ils ont affaire, et
souvent ce sont des liens avec des structures juridiques, avec la police, avec
l'éducation, avec le juridique. Est-ce que vous avez prévu une place particulière pour les centres jeunesse? Ou de
quelle façon on peut protéger... Je vous pose la question parce que je me demande si ce n'est pas à l'article 7
qu'il faut aussi prévoir un statut spécial pour eux, parce que... Je pensais que vous aviez été assez sensible à
leurs arguments et que vous vouliez préserver ce centre-là, à moins que vous
me disiez que vous avez prévu ça ailleurs. De quelle façon on peut répondre à
leurs demandes?
Le Président (M.
Tanguay) : M. le ministre.
M. Barrette :
M. le Président, je vais rappeler à la députée de Taillon exactement ce qu'ont
dit les gens des centres jeunesse. Ils ont
dit qu'ils avaient une expertise particulière qui était basée sur le partage et
la mise en commun de façons de
pratiquer leur art en centre jeunesse et qu'ils avaient évidemment, ce à quoi
on a acquiescé, un modus operandi qui est particulier, puisqu'ils sont à
cheval entre le réseau de la santé, que je qualifierais et qualifié dans le
passé de classique, c'est-à-dire celui que
l'on connaît, pour nous tous et toutes, et qu'il y avait, de l'autre côté, le
côté juridique. Alors, évidemment, je
leur ai dit d'une façon claire nette et précise, à plusieurs reprises, qu'il
n'était pas question pour nous
évidemment de toucher à l'aspect de
leur pratique juridique, qui elle est un univers inclus dans le leur, mais qui
est un petit peu et même pas mal séparé du côté classique.
évidemment le but de les intégrer était de faire en sorte que, lorsqu'ils ont besoin de s'arrimer avec le réseau, entre
guillemets, classique pour des soins de santé physique, des soins de santé
mentale, des soins de dépendance,
bien, que ça puisse se faire avec
fluidité. Et ils ont acquiescé à cette finalité-là. Et ils nous ont demandé s'il
était possible de préserver leur
modèle de pratique d'une part, et particulièrement le modèle de pratique qui en sorte qu'ils puissent mettre en commun et préserver leur expertise, leur... et
je leur ai dit à plusieurs reprises, leur pratique très uniforme, très uniformisée dans le réseau,
qui vient du résultat d'une mise en commun de certaines pratiques, ce à quoi on
a dit oui. Et non seulement on a dit
oui, mais on les a déjà rencontrés pour commencer à mettre en place, en vue
d'une éventuelle adoption du projet de loi, une réflexion sur la façon de
garder cette expertise-là, et ils ont commencé leur réflexion. Évidemment, il
n'y a rien qui est actuellement en cours, en ce sens qu'il n'y a pas de
démarche parce qu'on ne peut pas le faire, la loi n'est pas promulguée. Mais nous les a avons déjà rencontrés
pour leur faire part de notre intention de faire ce qui serait nécessaire
si le projet de loi était promulgué pour qu'ils puissent garder leur expertise.
Donc, les centres jeunesse peuvent
être intégrés tels quels à notre réseau pour les raisons que je viens de
mentionner, et la collaboration a
déjà été entamée avec les centres jeunesse en question pour préserver leur
expertise, ce qui ne nécessite donc aucunement de les isoler.
Le Président (M.
Tanguay) : Mme la députée de Taillon.
Lamarre : Est-ce que je comprends qu'à la suite de vos échanges avec
eux on pourrait avoir ou on devrait avoir un
article qui préciserait
spécifiquement ce statut particulier des centres jeunesse à l'intérieur de la
loi?
Barrette : La réponse, c'est non, M. le Président, parce qu'ici on
parle de fusion d'établissements et ensuite on tombe évidemment dans la gestion. C'est dans la gestion, dans les
orientations, ou dans la facilitation gouvernementale, ou de la gestion du CISSS. Et je peux vous assurer
tout de suite, M. le Président, nous demanderons à ce que cet élément-là
soit facilité de la façon la plus claire,
nette et effective possible, que la mise en commun de ce qu'ils font se fasse.
Je le dis différemment, M. le
Président : Leur expertise atteint des sommets inégalés au Canada parce
qu'ils arrivent à travailler en
groupe en mettant en commun leurs pratiques. Ça s'appelle, ça, une action
volontaire faite par les gens d'eux-mêmes de se réunir et de mettre en commun, dans un forum professionnel de
qualité de l'acte, où on s'adresse à la qualité de l'acte, et on met en commun et on s'entend de prendre les
forces d'un et des autres pour en faire une pratique commune de haut niveau, ce qu'ils font. Ce qu'ils ont besoin,
c'est évidemment essentiellement d'un financement qui permette de continuer
à faire ce qu'ils faisaient dans le passé.
Et des discussions que j'ai eues avec eux, je leur ai donné l'assurance que,
dans les orientations qu'on donnerait au réseau, cet élément-là serait
préservé.
Le Président (M.
Tanguay) : Mme la députée de Taillon.
Lamarre : Je rappelle, là, qu'on parle de groupes de protection de
jeunesse, d'enfants qui sont maltraités, négligés. On est dans un projet de loi et, malgré toute la bonne foi du
ministre, je pense qu'un engagement d'un ministre, c'est quelque chose qui est valable, je n'en doute
pas, mais qui peut changer dans le temps. Et je regarde leurs demandes, et il est essentiel de permettre à ces
institutions, leurs demandes à eux de maintenir une indépendance structurelle
de façon à préserver la fonction
spécialisée qu'elles exercent. On ne remet pas en question la qualité, mais
eux-mêmes nous ont demandé de
préserver l'indépendance structurelle. Votre successeur, qui pourrait prendre
le même principe que vous, je pense que ça serait une mesure tout à fait
rassurante et pertinente d'ajouter, à l'intérieur du projet de loi n° 10,
une particularité spéciale pour les centres
de protection de la jeunesse. Et je vous invite à y réfléchir, ça m'apparaît
être quelque chose d'important.
Barrette : Je vous invite, M. le Président, à ce moment-là, à bien
lire le projet de loi, qui, dans deux articles, stipule clairement que le financement de ce type d'activité là sera
préservé à la suite de l'éventuelle promulgation de la loi, et que c'est à partir de ce financement que les
centres jeunesse et les centres apparentés arrivaient à mettre en place les
structures pour préserver leur expertise.
Et, comme je viens de le dire, après la fusion, nous avons encore la
responsabilité de préserver les budgets, ainsi que conséquemment les
fonctions, et ce sera fait.
Le Président (M.
Tanguay) : Mme la députée de Taillon.
Lamarre : Ce que j'ai entendu, la préoccupation de ces centres était,
bien sûr, en lien avec le financement, mais principalement avec leur autonomie, avec leur capacité de garder...
de mettre des frontières dans l'information qui gravite
autour des enjeux qu'eux ont gérés. On parle de familles qui sont en crise,
d'enfants qui sont victimes de violence, d'agressions sexuelles, d'abus. Et donc ils ont besoin de
caractéristiques particulières qui vont un peu à l'encontre... et, à l'encontre, pas dans le sens négatif, mais qui
nécessitent un statut particulier, pour ces centres de protection de la
jeunesse, par rapport à d'autres enjeux où on veut, effectivement, stimuler la fluidité de l'information pour les patients qui sont dans le réseau. Pour cette clientèle particulièrement fragile, vulnérable, on nous demande d'avoir une indépendance
structurelle et de faire reconnaître
cette indépendance structurelle là dans un mouvement de gouvernance qui favorise plutôt... et vous le dites régulièrement, donc qui favorise la
fluidité et le transfert d'informations. Ils ont demandé d'avoir une
reconnaissance; alors, je ne la vois pas à l'intérieur du projet de loi
n° 10.
Le Président (M.
Tanguay) : D'autres interventions? Alors, nous sommes toujours sur
l'amendement du ministre à l'article 7.
Est-ce qu'il y a d'autres parlementaires, d'autres collègues qui voudraient
intervenir? M. le député de Labelle.
Pagé : M. le ministre, si ma question n'est pas au bon endroit,
vous me le direz. Je n'ai pas de trouble avec ça.
Quand vous m'avez
repris, tantôt, à juste titre, ce n'est pas 1 200, c'est
1 300 cadres qui devraient disparaître éventuellement... Est-ce qu'à
quelque part — ou
je l'ai manquée — cette
évaluation... Est-ce qu'on peut voir cette évaluation?
Ça a été fait comment, cette évaluation? Est-ce qu'on sait qui, à quel
endroit... ou c'est de façon très générale? Est-ce que c'est quelque
chose qui existe dans vos cartons? Là, j'imagine, parce que, 1 300, on n'a
pas juste fait une règle de trois bébête en
disant : Bien, avec les fusions, ça devrait donner à peu près cela. Est-ce
que ça existe et est-ce que c'est... Parce que j'imagine que ça existe.
Est-ce que c'est disponible? Ça m'apparaît... Et, pour chez moi, vous comprendrez, avec tout le plaidoyer que j'ai fait
pour les régions rurales, c'est un élément qui est très important. Et, je
vous dirais, ça va dans le sens de l'inquiétude qui est grandissante dans les
régions rurales du Québec.
Le Président (M.
Tanguay) : M. le ministre.
M. Barrette : M. le Président, il y
a eu une évaluation qui s'est faite sur une base d'étalonnage avec d'autres provinces et d'autres régions administratives dans
le Canada. Et c'est cet ensemble d'étalonnages là qui nous permet de conclure qu'aujourd'hui on a un niveau
d'encadrement qui est supérieur à ce qu'il devrait être. Alors, ça, additionné
au fait que, par définition et
fondamentalement, on abolit les agences en soi, pour d'autres raisons,
l'ensemble fait en sorte qu'on arrive à cette approximation-là.
L'objectif n'est pas d'avoir 1 299, 1 300, 1 301, là...
M. Pagé : Je comprends que ça
pourrait arriver à 1 350 comme à 1 150, là, c'est un ordre de
grandeur, je le comprends. Est-ce qu'à ce moment-ci, parce qu'on est quand même
assez avancés dans la réflexion, on est capables d'identifier par région
administrative cette règle de trois, là? Est-ce que, si on la ramène par région
administrative, est-ce qu'on est capables d'avoir une idée à ce à quoi ça
pourrait ressembler?
Le Président (M. Tanguay) : M. le
ministre.
M. Barrette : La réponse, c'est oui.
Il y a une approximation régionale qui est faite.
M. Pagé : O.K. Est-ce qu'elle
est disponible?
Le Président (M. Tanguay) : M. le
ministre.
M. Barrette : Pas ici ou là, là...
M. Pagé : O.K. Donc,
éventuellement, si elle est disponible, on aimerait... Puis, toujours dans ce
souci, vous m'avez entendu, le cri du coeur
de ma région, de la région rurale, comme dans d'autres régions rurales du
Québec, est-ce que... Parce que, sur le terrain, là, sincèrement, M. le
ministre, il y a beaucoup d'inquiétudes.
M. Barrette : Je peux vous rassurer
tout de suite, M. le député, parce que...
Le Président (M. Tanguay) : M. le
ministre.
M. Pagé : Oui. Oui, bien,
allez-y, allez-y, parce que c'est ce que je voudrais entendre.
Barrette : ...je pense que
votre sensibilité, elle est régionale, et j'en conviens, je pense
que c'est le milieu que vous
représentez, et c'est très bien comme ça. Je peux vous dire que les régions en général
sont plus performantes que les régions urbaines et j'irais jusqu'à dire
métropolitaines.
M. Pagé : Oui. Sauf que
l'appréhension de la part de notre population, c'est qu'avec une ville centre
où va se retrouver inévitablement le conseil d'administration et les postes de
direction est-ce qu'on a une idée de ce que ça va pouvoir dire dans le CSSS
Pays-d'en-Haut, CSSS des Sommets, CSSS d'Antoine-Labelle? Est-ce qu'on a une
certaine idée de combien de postes
pourraient être soit transférés, déménagés? Parce que l'inquiétude, elle est
véritablement palpable, elle est véritablement palpable dans la
population.
Barrette : C'est un pourcentage qui est appliqué dans la province de
Québec et c'est écrit dans le projet de loi, là, si vous vous en
souvenez, là. Alors, ce pourcentage-là normalement s'applique par
établissement. Alors, il y a un point de
départ, il y a un objectif d'arrivée et, comme je vous disais il y a quelques
instants, il y a bien des établissements qui sont sous le taux d'encadrement visé, par exemple. Et je constate à
la première lecture que, souvent, en région, les gens sont déjà là et
mieux, même.
Le Président (M. Tanguay) : M. le
député de Labelle.
Pagé : Je ne suis pas sûr d'avoir compris. Ils sont déjà là et
mieux même... Je n'ai pas compris ce que ça veut dire.
Barrette : C'est une question de taux d'encadrement. Ça va? Mettons
qu'on dit que le taux d'encadrement — on va
prendre un chiffre qui ne fait aucun sens, là — c'est 20 %, et que 20 %, ça
devrait être un maximum. Alors, je constate que plus on se rapproche de Montréal, incluant Montréal, plus on est
au-dessus de 20 %, et qu'il devrait donc baisser, et plus on
s'éloigne de Montréal et qu'on s'en va près d'une région comme la vôtre, que le
taux d'encadrement est sous 20 %. Et là il est sous 20 %, donc il y a
moins de chances ou pas de chance d'avoir des impacts sur les postes.
M. Pagé : O.K. Est-ce que ça
pourrait aller jusqu'à vouloir dire qu'il n'y aurait quasiment pas de postes
qui seraient transférés vers la ville centre de Saint-Jérôme, par exemple?
Barrette : Ça pourrait vouloir dire ça. D'ailleurs, dans le projet de
loi et dans... en termes de gouvernance, la question n'est pas de
transférer l'administration du terrain vers le centre, ça n'a jamais été
l'objectif. Au contraire, au contraire, on veut simplifier
l'administration. Maintenant, si une hirondelle ne fait pas le printemps, là,
un conseil d'administration ne fait pas l'économie d'une région non plus, là.
On parle de 17 personnes, là.
Pagé : Mais je ne sais pas si vous réalisez, M. le ministre,
là, mais ce que vous venez de dire, là, c'est très important, sérieux, là, sérieusement, là. Dans des
régions comme la nôtre — vous avez entendu mon plaidoyer — où les gens ont peur de perdre le centre administratif de la commission
scolaire, le centre administratif du CSSS et autres mesures qui ont été annoncées d'une façon ou d'une autre,
ce que vous venez de dire, c'est très, très important parce que, sur le terrain,
là, les gens hésitent à investir, hésitent à s'acheter une voiture parce qu'ils
pensent qu'on va être obligés de déménager
plusieurs postes cadres, on va être obligés de déménager des familles. Alors,
ce que vous dites, moi, je le retiens et
là je vais sortir le verbatim pour dire au monde : Regardez, là, ce n'est
pas si inquiétant que ce que l'on pense parce qu'aujourd'hui le ministre m'a affirmé que... puis, si ce n'est pas la
bonne expression, vous me reprendrez... le ministre m'affirme aujourd'hui qu'il n'est pas question de
déménager des postes cadres vers les villes centres. C'est le fond de
votre pensée?
Barrette : Alors, ce que vous venez de dire est vrai, je suis citable
là-dessus, mais je vous inviterais à la prudence et d'inclure un conditionnel : à la condition que ce que j'ai
affirmé soit vrai partout, qui est que le taux d'encadrement soit comme
je le pense. Je vous ai donné une généralité, ça ne veut pas dire qu'il n'y
aurait pas d'exception.
M. Pagé :
Je comprends. Merci.
Président (M. Tanguay) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? Oui, je reconnais le collègue député de Bourget.
Kotto : Merci, M. le Président. Je voudrais revenir sur le
volet Protection de la jeunesse abordé tout à l'heure par la députée de Taillon, notre porte-parole en
matière de santé, pour demander au ministre quelques éclaircissements, à savoir si c'est dans l'article 7 qu'on devrait
aborder la question de la nomination des directeurs de la protection de la
jeunesse, qui jouissent, on le sait,
actuellement d'une autonomie et qui ont eu une responsabilité légale. Qui c'est
qui va les nommer?
Barrette : Alors, pour ce qui est de la rémunération, je ne pense pas,
respectueusement, M. le député, qu'on devrait s'y adresser là, puisqu'on
est dans une liste, on n'est pas dans les... Plus tard, vous allez voir, dans
les autres éléments... dans les autres
articles, on s'adresse spécifiquement aux nominations des conseils
d'administration et de certains cadres, les P.D.G., P.D.G. adjoints, et
on s'adresse aussi à la rémunération de ces gens-là.
Pour
ce qui est de la direction de la protection de la jeunesse, le régime de
nomination et de rémunération est un régime particulier qui va continuer
à exister tel quel.
Kotto : Et, pour plus
de précision pour moi, est-ce que le ministre peut nous référer aux articles
du projet de loi relatifs...
Barrette : Bien, comme par exemple pour ce qui est des nominations aux personnes pertinentes, on va les
voir bientôt, là,
article 8,
article 9 ainsi que les conditions à 11 et 12, et,
pour ce qui est de la rémunération, là, on est dans la
section V, essentiellement, et vous avez là une série d'articles
qui le traitent. Et, encore une fois, pour la direction de protection de la jeunesse, c'est un régime particulier, là, je ne
vais pas nommer le directeur, c'est la LSSSS qui fait ça, là. C'est la
protection de la jeunesse, pardon, excusez-moi.
Président (M. Tanguay) : Y a-t-il
d'autres interventions? Mme la
députée de Taillon,
il vous reste 10 secondes.
Lamarre : ...secondes. Mais
on reviendra, puisqu'ils sont encore marqués, les centres de protection
de l'enfant.
Mme Lamarre :
Est-ce que j'ai trois secondes? Je peux peut-être juste demander...
Le Président (M.
Tanguay) : Je peux peut-être vous suggérer...
Mme Lamarre :
Écoutez, compte tenu qu'ils sont encore dans l'annexe...
Président (M. Tanguay) :
Nous allons revenir, vous le savez. Si d'aventure l'amendement à l'article 7 était adopté, vous savez que nous allons
revenir sur le 7 tel qu'amendé.
Mme Lamarre :
O.K. On aura le temps.
Président (M. Tanguay) :
Alors, je me permets, là, de vous ouvrir cette porte-là ou... Mais je peux
prendre le temps, là...
Mme Lamarre : Alors, on est prêts à
voter sur l'amendement.
Président (M. Tanguay) : ...s'il y a d'autres collègues qui veulent intervenir. Je regarde nos collègues de
la deuxième opposition également, et...
Alors, chers collègues, sur l'amendement du ministre
à l'article 7, je vais donc le mettre aux voix, constatant qu'il n'y a pas
d'autre demande d'intervention. L'amendement est-il adopté?
Président (M. Tanguay) : Adopté.
Alors, l'amendement est adopté. Nous revenons donc sur l'article
7 tel qu'amendé. Pour l'avoir déjà
exprimé, chers collègues, vous voyez que, l'article 7, nous devons
considérer sa première
partie comme
étant un alinéa et, par la suite, les sous-paragraphes numérotés dorénavant
de 1° à 7° comme étant des alinéas distincts. Donc, sur le premier aspect : «Aux
fins de la présente loi, sont des établissements non fusionnés, les établissements suivants», y a-t-il de façon
plus spécifique des commentaires à cet effet-là? Et je reconnais le député de La Peltrie.
Caire : Merci,
M. le Président. Je sais que, dans le
cours de la rédaction et des consultations
particulières, le ministre a eu à se
poser une question, parce qu'initialement le CHU de Québec, l'institut de
cardiologie de Québec, Pinel étaient
des établissements qui étaient destinés à être fusionnés au CISSS, alors
qu'initialement le CUSM, le CHUM ne l'étaient pas. Et je comprends, là,
de la réflexion du ministre, là, qui a été nourrie par les consultations qu'on
a eues, qu'il avait à choisir entre
fusionner les CHU de Montréal ou garder non fusionnés ceux de Québec, et la
décision a été prise de donner un statut égal d'établissement non
fusionné à l'ensemble de ces établissements. J'aimerais savoir, là, qu'est-ce
qui a amené le ministre à cette conclusion-là.
M. Barrette : Laquelle conclusion?
Caire :
Bien, laquelle? C'est-à-dire qu'il a choisi de faire du CHU de Québec et
l'institut de cardiologie de Québec
des établissements non fusionnés, au même
titre que ceux de Montréal qui
initialement étaient des établissements non fusionnés.
M. Barrette :
Je l'ai dit tout à l'heure, M. le Président, c'est à la suite de
recommandations faites par les gens concernés,
représentants de ces organisations-là. Je pense que nous avons fait un excès
d'enthousiasme sémantique lorsqu'on a
décidé d'utiliser les mots «suprarégionaux»; ça a créé certaines vagues
qualitatives, là, entre les perceptions des gens dans leurs propres milieux par rapport à des milieux comparatifs...
comparables, pardon. On a corrigé ça en enlevant ces mots-là, comme vous le dites, pour enlever la
perception que les gens pouvaient avoir. Et j'ai dit il y a quelques minutes
que les établissements fusionnés initialement qui sont devenus non fusionnés
avec l'amendement, on l'a fait sur la base
des représentations, je l'ai dit ici, vous l'avez entendu, puis je ne pense pas
que c'était nécessaire. Eux percevaient
que c'était à leur détriment. J'ai acquiescé avec plaisir à leur demande, alors
que je pense qu'au bout de la ligne
ça ne fait rien, comme changement. Mais là, à partir du moment où personne ne
peut prédire le futur... Eux avaient l'impression
que, dans le futur, ça pouvait avoir un impact négatif. Moi, je n'étais pas
dans cette direction-là, mais j'ai acquiescé
à leur demande, tout simplement. Il n'y a pas de raison plus profonde que ça,
là, ni dans la mission non plus, en
passant, M. le député de La Peltrie, là; leur mission allait être la même
après qu'elle le sera maintenant, dans un état non fusionné que dans un
état fusionné.
Caire :
Au niveau de l'intégration des
services, est-ce que le ministre pense que ça peut avoir un impact au niveau de l'intégration des services? Parce que
je prends l'exemple de Québec, c'est quand
même les cinq hôpitaux
du CHU, là, qui deviennent des établissements non fusionnés. Et là on parle de soins troisième, quatrième ligne.
Donc, au niveau
de l'intégration des services, qui est quand
même un élément essentiel du projet de loi, je ne dirai pas l'élément essentiel, mais un des deux éléments
essentiels, est-ce que le ministre estime que ça peut avoir un impact négatif?
Caire : Sur
l'intégration.
M. Barrette : En non fusionnant?
Barrette : Non. Pour la
simple et bonne raison qu'à
l'extérieur de la commission parlementaire ces milieux-là nous ont rencontrés pour
nous garantir de façon contractuelle, éventuelle, une continuité de services,
une garantie de continuité de services,
comme s'ils avaient été fusionnés avec le CIUSSS. Alors, si ça avait été un CISSS
normal et complet, comme celui que
l'on voulait faire, évidemment, l'intégration aurait été formelle, sur le plan
administratif, le niveau en dessous de ça, et
d'avoir les deux établissements non fusionnés, mais avec des garanties claires,
nettes et précises, contractuelles avec le
CIUSSS, que les services, la continuité des services sera garantie, offerte et
garantie au CIUSSS.
Alors,
autrement dit, autrement dit, là, ce que l'on a fait, M. le député, c'est essentiellement de faire la même chose que le CISSS, mais en gardant à la face publique
la nature, le nom, l'état indépendant du CHU de Québec et de l'IUCPQ qu'eux considèrent comme étant essentiels à leur
rayonnement, à leur notoriété, à leur capacité de lever des fonds, et ainsi
de suite. C'est étonnant parce que d'autres
centres de calibre équivalent ne voient pas ce problème-là. Alors, j'ai
acquiescé à leurs perceptions, à
leurs demandes de changement basées sur leurs perceptions, je respecte leurs
perceptions, et on a fait le changement.
Mais, dans les faits, CISSS ou pas CISSS, le résultat est le même en termes d'organisation et d'intégration.
Caire :
Si je suis le ministre, là, sur l'aspect universitaire de leur mission, ils ont
l'autonomie qu'ils désiraient avoir, et, sur l'aspect de la prestation
de services, à travers ce que je comprends être un contrat dont la nature
pourrait peut-être être explicitée, ils auront les mêmes obligations que s'ils
avaient été fusionnés au CISSS.
Barrette : Je vais vous donner un exemple, M. le député. D'ailleurs,
il y a un amendement, là, qui va venir à
144.5. Actuellement, il y a des activités dites de première ligne dans le CHU
de Québec. Ces activités-là se font dans les murs du CHU de Québec. Il y a des activités spécialisées qui sont en
lien direct avec la première ligne, comme en santé mentale. Ces activités-là, qui sont actuellement dans les murs du
CHU de Québec vont se retrouver administrées par la CISSS. C'est pour vous montrer à quel point l'intégration va se
faire. Le CIUSSS va gérer des pieds carrés qui sont dans le CHU de
Québec.
Caire : Mais est-ce
que c'est contractuellement qu'ils vont être gérés par le CISSS?
M. Barrette : Pardon? Je m'excuse.
Caire :
Est-ce que c'est dans l'aspect contractuel? Parce que le ministre a dit :
L'intégration des services va se faire...
M. Barrette : Ça va être un décret.
Caire : Par un
décret ministériel?
Caire : O.K., O.K.
Barrette : Mais, comme je vous disais, M. le député, c'est déjà
quelque... j'ai déjà annoncé à ces gens-là qu'on allait faire ça, et
j'ai leur accord ainsi que du conseil d'administration.
Caire : Non, je
comprends, c'est juste que nous, on n'est pas au courant de ces éléments-là.
Caire :
Puis, comme je sais et je souscris au fait que l'intégration des services est
quand même l'élément phare...
M. Barrette : Essentiel.
Caire :
...du projet de loi, bien, je pense qu'il faut préserver cet aspect-là. Et
donc, est-ce que je comprends que...
Barrette : ...si vous me le permettez, je n'aurais même pas accepté de
ne pas les fusionner si je n'avais pas eu une entente avec eux autres,
Caire :
Est-ce que ces aspects-là vont être reproduits pour les établissements
universitaires de Montréal pour s'assurer qu'on a le même... excusez
l'anglicisme, là, mais le même «pattern»?
Barrette : Ce n'est pas nécessaire, puis je vous explique pourquoi. La
problématique de Québec aurait été dans
la non-fusion, dans la non-fusion. La problématique de Québec aurait été
d'avoir un CIUSSS sans hôpital de calibre universitaire, alors qu'à Montréal on a des CHU qui sont des fins de
ligne, en termes de hiérarchie thérapeutique, qui sont des fins de ligne qui sont au-dessus de CIUSSS,
qui, eux, ont le continuum parce qu'ils ont un hôpital de calibre universitaire
en étant un hôpital affilié aux deux universités.
Alors, on
comprendra, là, que, dans le CIUSSS, par exemple, du centre de l'île de
Montréal, la tête de pont, c'est l'Hôpital
général juif. Il n'y a pas beaucoup de choses qui vont du juif au CUSM, j'irais même
dire qu'il n'y en a à peu près
pas. Par contre... puis je vais vous donner un autre exemple,
dans le CIUSSS de l'Est de Montréal, ça va
même... juste au contraire, il n'y a
pas grand-chose qui vont passer du CIUSSS de l'Est au CHUM. Il va en avoir, par
exemple, en neurochirurgie parce
qu'ils font plus de choses que nous, à Maisonneuve-Rosemont, là, qui était mon
ancien hôpital. Mais
imaginez-vous qu'il va y avoir des choses qui vont aller dans l'autre sens, il
y a des pathologies qui vont passer du CHUM, dans certains cas,
notamment en greffe de moelle, pour aller au CIUSSS.
n'est pas du tout dans le même type de relation parce qu'à Montréal on a des
CIUSSS complets, alors qu'à Québec,
par la non-fusion de certains hôpitaux, on se retrouvait avec un CIUSSS qui lui
manquait la tête de pont, qui là va être traité par décret avec ce que
je vous ai dit il y a quelques instants.
Caire : Donc là,
on a, dans le fond, trois modèles : Montréal,
Sherbrooke qui devient un CIUSSS, tel qu'exprimé par Sherbrooke,
et Québec qui garde une autonomie.
Barrette : Si vous me
permettez, M. le député, il y a essentiellement deux modèles, si vous me le permettez, il
y a le modèle...
Caire :
Défusionné, oui.
M. Barrette :
...non fusionné et il y a le modèle... en fait, il y a trois modèles, vous avez
raison...
Caire :
J'ai toujours raison.
Barrette : C'est correct,
ça, moi aussi, je dis ça régulièrement. Il y a le modèle hôpitaux non fusionnés, qui
sont des hôpitaux à mission particulière, très quaternaire, et il y a le modèle
CISSS, avec la totalité du continuum ou la quasi-totalité, qui sont les CIUSSS, et il y a le modèle CISSS, qui
n'ont pas la continuité complète, et là je prends comme exemple
flagrant, là, la Côte-Nord ou la Gaspésie.
Caire : La question que je me posais par rapport à ça,
c'est : Il y a quand même une mission là-dedans au niveau des RUIS, là je me dis : Comment on orchestre
ça? Est-ce que ça a un impact sur l'orchestration? Parce que ces hôpitaux
universitaires là ont une mission au niveau
des RUIS, et... Est-ce que ça un impact sur leur mission? Est-ce que ça va
avoir un impact sur leur capacité à livrer la marchandise?
M. Barrette :
Alors, l'impact que ça a, c'est que ça vient clarifier leur fonction dans la
société. Ce sont des hôpitaux qui sont
censés avoir une fonction tertiaire et quaternaire. Alors, ils ont évidemment
une mission de recherche et
d'enseignement. Alors, ça vient concentrer ou cristalliser cette mission-là,
qui parfois, vous allez peut-être être surpris de ça, là, qui n'est pas
claire, alors...
Caire :
Je le savais, c'est le premier bout que...
Barrette : O.K.
Alors, alors, ils sont censés être en bout de ligne. Alors, en dessous d'eux, ils sont censés faire leur bout de ligne, il doit y avoir des corridors
de services entre ce que les CIUSSS ou CISSS ne peuvent pas faire et cet
hôpital universitaire là, et ce sera la
responsabilité des CISSS de s'assurer de développer les corridors de services,
avec qui ils veulent, en passant.
Caire :
Mais là j'avoue que le ministre m'a perdu, là, je vais être très honnête parce
que je ne vois pas de quelle façon la mission RUIS vient d'être clarifiée.
M. Barrette :
...c'était clarifié, j'ai dit que la vision CHU était clarifiée.
Caire :
Oui, O.K. Ça, ça va. Je l'accepte.
Barrette : La mission RUIS,
elle, ça, c'est une mission qui est... qui vient... qui chevauche la mission de
la... Vous savez, la mission RUIS,
c'est quelque chose qui a un certain arbitraire, on va dire, et qui, d'abord
et avant tout, d'abord et avant tout, était une mission qui avait été
construite sur la base de l'enseignement. La naissance du RUIS, là, ce n'est pas...
Caire :
Oui, quand même, là.
M. Barrette :
...la continuité, c'est venu à ça, là, c'est venu à corridor de services, et ainsi
de suite. Alors là, il y a un chevauchement et, avec le temps, les gens vont
devoir s'adapter évidemment.
gens en fait... et là je vous précise l'affaire, là, les gens devront... ils
ont des RUIS, là, O.K. Puis, si je prends McGill, par exemple,
dans leur RUIS, ils ont à couvrir l'Abitibi-Témiscamingue. Il va avoir un CISSS
en Abitibi-Témiscamingue; naturellement, il
devrait vouloir, et normalement devoir, continuer d'avoir comme corridor de
services McGill. Nous, c'est ce qu'on va leur demander. Alors, le RUIS...
Caire :
Du fait qu'ils sont non fusionnés...
Caire : Du fait
qu'ils sont non fusionnés, est-ce que...
M. Barrette : ...un
corridor de services entre... Le RUIS, là, c'est un corridor de services entre
les CHU, pas les CHA, les CHU,
essentiellement, et d'autres régions. C'est
ça que c'est, un RUIS. Un RUIS, là, ce n'est pas un CISSS, mais ce que fait le CISSS va être équivalent à ce
que fait le RUIS. Alors, les deux vont... il va y avoir, dans les faits, là,
il va y avoir un dédoublement de dénomination, mais rien d'autre. Et de
fonction.
Caire : La raison pour laquelle je pose la question au
ministre, c'est que c'est un élément qui a été adressé, la question des
RUIS, puis, effectivement, au départ, il y avait une volonté plus universitaire,
mais, assez rapidement, il y a aussi eu... parce que ça s'est développé vers
une mission de soutien et vers une notion de prestation de services.
Maintenant,
on a tous ces... Ces établissements-là sont des établissements non fusionnés.
On a trois modèles... ce n'est pas
vrai, Sherbrooke n'est pas un établissement non fusionné, Sherbrooke
devient un CIUSSS, Montréal est un établissement non fusionné, mais
non lié contractuellement, Québec est un... sont des établissements non
fusionnés, mais liés contractuellement.
Alors, comment l'orchestration de la mission des RUIS? Parce que, M. le ministre, vous avez parlé du corridor,
puis, effectivement, c'est peut-être le plus bel exemple, Val-d'Or, qui va chercher,
quand même, son expertise médicale de
McGill... Comment on organise, comment on organise ces corridors-là à
l'intérieur de trois modèles différents? Parce qu'il y a une même
prestation de services qui faut qui s'établisse, là.
Barrette : Encore une fois,
pour moi, il n'y a pas trois modèles, là. Ce qui change aujourd'hui, avec les CISSS par rapport
aux RUIS, les RUIS, ce sont des coquilles administrativement vides, en ce sens
que ce sont des structures qui sont
basées sur le bon vouloir. Un hôpital universitaire n'a aucun, aucun pouvoir
sur qui que ce soit dans son RUIS, et les subsidiaires du RUIS, les hôpitaux dans le RUIS, n'ont aucune garantie,
aucun pouvoir dans l'autre sens, il
n'y a pas de contrat, là, il n'y a
rien, là. Le seul endroit où il y a un contrat, c'est dans les contrats d'affiliation
pour ce qui est de l'enseignement.
Alors, il n'y a personne, là, à Saint-Jérôme, là, qui peut
arriver puis dire au CHUM : Bien, vous n'avez pas répondu à un transfert de patient pour... dans telle
spécialité, puis c'est votre rôle. Il n'y a pas ça. Alors, c'est du consensus.
Alors, nous,
quand on fait les CISSS, évidemment, là, là il
y a des lignes d'autorité qui sont
claires, d'une part, et, d'autre
part, si vous prenez l'article 37, bien, à un moment donné, ces gens-là ont le
devoir de négocier des ententes qui
soient claires. Et moi, certainement au début, j'ai le pouvoir que, si les corridors
ne se font pas, bien, qu'ils devront se faire.
Alors, les
RUIS, là, actuellement, là, c'est quelque... prenez-le comme ça, puis ce
n'est pas... là, j'hésite à dire ça à la
caméra parce que c'est un peu vexatoire, là, mais c'est quasiment un voeu pieu,
dans lesquels les gens ont été gentils, ont collaboré, ont fait un certain bout de chemin, mais surtout sur le
bord de l'enseignement. Du côté de l'enseignement, là, parfait, pas de problème, là, les RUIS ont
fait leur travail. Aucun problème. Ils ont fait un certain travail du côté
clinique, mais qui n'est pas à
l'ampleur de ce que l'on fait ici, avec les CISSS, évidemment,
et les CIUSSS, et les hôpitaux, mais là l'intégration devra se faire. Elle se fait au CISSS, elle se fait au
CIUSSS; ils doivent négocier des corridors de services avec les CHU...
Caire : ...les
RUIS.
Caire : Vous allez
la faire, mais pas à travers les RUIS nécessairement.
Barrette : C'est ça. Les
RUIS, à un moment donné, là, ça vient se chevaucher puis ça... se mettre un
par-dessus l'autre. Le problème des
RUIS, et je vous dirai, M. le député, c'est qu'il y a des RUIS non
orthodoxes. Bon. Alors, quand on
prend... bien, on... je pense que c'est un bon mot, là. Quand on prend la
région de Saguenay, écoutez, ils font
partie du RUIS de l'Université
de Montréal, de l'Université Laval et de l'Université de Sherbrooke, là. Il y a
des hôpitaux affiliés à l'Université Laval
maintenant à Montréal, et ainsi de suite. Alors, les RUIS ont actuellement une
structure qui n'est pas une structure
hiérarchique organisée dans la loi, qui est basée beaucoup, beaucoup sur le bon
vouloir, qui a permis toutes sortes
de développements non orthodoxes. À un moment donné, je pense que toutes les
choses vont se réenligner, évidemment, à partir du moment où ce projet
de loi sera mis en application.
Caire : À
l'intérieur de structures un peu plus formelles, mettons.
M. Barrette : Tout à fait. Beaucoup
plus formelles.
Caire :
Parfait. Je vais compléter mon intervention, M. le Président. Tout à l'heure,
le ministre a parlé des approximations
régionales. Ce serait peut-être une bonne idée que ce soit déposé à la
commission, pour le bénéfice de tous les parlementaires.
M. Barrette : Pas de problème.
Le Président (M. Tanguay) : Y a-t-il
d'autres interventions? Je vous rappelle, nous sommes...
M. Barrette : ...M. le Président.
Le Président (M.
Tanguay) : Oui, M. le ministre.
Barrette : Je réinvite
encore... on profite de cette demande pour inviter les autres oppositions à
déposer leurs amendements avant lundi.
Président (M. Tanguay) : Merci beaucoup. Alors, nous sommes toujours sur l'article 7 tel qu'amendé. Juste pour fins de directives aux collègues, nous
avions, comme vous l'aviez évidemment vu, pu adopter l'amendement un peu plus tôt, qui ajoutait les paragraphes 5°, 6° et 7°. Nous
avons débuté, donc, notre débat sur le premier élément, là : «Aux fins de la présente loi, sont des établissements
non fusionnés, les établissements suivants...» Il y a donc, techniquement,
un 20 minutes là-dessus
et un 20 minutes pour chacun des quatre premiers paragraphes,
sans revenir par contre sur les éléments ajoutés en amendement à 5°,
6° et 7°.
Alors, je suis prêt à reconnaître d'autres
interventions sur ce premier aspect là. Mme la députée de Taillon.
Lamarre : ...commentaires
que le ministre nous a donnés sur les ajouts qu'il a faits me
satisfont. J'aimerais par contre ajouter un amendement... déposer un amendement
à ce moment-ci. Je peux le lire : Modifier l'article 7
du projet de loi par l'ajout
du paragraphe suivant :
«8° Institut Nazareth et Louis-Braille.»
Le Président (M. Tanguay) : Merci.
Vous en avez une copie. Alors, je vais vous laisser, Mme la députée de Taillon,
le soin de le présenter pendant que nous distribuons les copies de l'amendement écrit. Alors, à vous la parole.
Lamarre : Alors, merci. Alors, tout comme le ministre, j'ai bien
entendu... puis j'apprécie, là, qu'il ait... On a tous compris, en fait, que certains établissements avaient des missions. Même si
on a remplacé «suprarégional» par établissement «non fusionné», on se
rend compte un peu que la caractéristique de l'établissement non fusionné était
quand même assez bien traduite par l'expression «suprarégional», même si
elle a semblé porter ombrage, là, à certains autres établissements. Donc, ce qu'on constate, c'est qu'il y a
des établissements... il
n'y en a pas beaucoup,
mais qui sont vraiment des joyaux, des organisations qui répondent à des
missions qui sont beaucoup plus larges que leurs simples vocations locales.
L'Institut
Nazareth Louis-Braille fait
partie de ces établissements qui ont une
vocation plus large. Je rappelle que l'Institut
Nazareth et Louis-Braille, évidemment, est un institut pour soutenir les malvoyants et
les non-voyants, qu'il est situé en
Montérégie mais qu'il dessert toute la région de Montréal, la région de Laval.
Mais ce que les gens sont également
venus mettre de l'avant dans leur
présentation, c'est d'autres dimensions qui sont peut-être moins connues. Pour
les gens en général, l'Institut Nazareth Louis-Braille, c'est un établissement
qui offre du soutien, de l'accompagnement, des instruments, de la formation pour les gens qui ont des problèmes de
vision. Mais ils sont quand même venus nous dire dans leur mémoire et en personne, en commission... ils sont venus
nous dire que l'Institut Nazareth Louis-Braille était «reconnu par le Ministère de la Santé et des
Services sociaux pour offrir des services surspécialisés. Ainsi, les centres de
réadaptation en déficience physique de la
province — de toute la province — font
appel à l'Institut Nazareth Louis-Braille pour des services...» Et je donne la liste parce que
je pense que c'est tout à fait représentatif. Ça va peut-être
nous aider à mieux concevoir leur place, comme établissement non
fusionné. Donc, ils offrent des services... l'Institut Nazareth Louis-Braille offre «des services qui répondent à
des problématiques très complexes ou peu fréquentes[, qui] font appel à des compétences rares, des équipements
ultraspécialisés, à des techniques complexes ou infrastructures particulières[,
qui] nécessitent de maintenir des liens
étroits avec d'autres services surspécialisés[, qui] nécessitent
obligatoirement une concentration de clients et une expertise pour qu'il
soit possible de l'organiser et de le maintenir».
Et ils
continuent encore en disant que «les services reconnus par le ministère»... et je pense que ça, ça va être très
parlant pour la population :
«Communication informatique, [en] mode sonore ou
braille — pour
les non-voyants[...];
«Intégration scolaire et professionnelle :
[dans les cas de] problématique complexe».
«[Les] classes de chiens-guides — pour,
donc, les non-voyants qui ont besoin des chiens[...];
«[Le] braille spécialisé; et
«[La] surdicécité — donc les gens qui sont
à la fois sourds et non-voyants.
«À cela s'ajoute le nouveau programme de
conduite automobile avec système télescopique bioptique.»
L'autre dimension qui était peut-être méconnue
puis qui m'amène à plaider, M. le ministre, pour l'ajout de l'Institut Nazareth Louis-Braille parmi les établissements non fusionnés, c'est la dimension qui a été évoquée beaucoup par
le CHU de Québec et l'Institut universitaire de cardiologie et de
pneumologie de Québec, c'est vraiment sa vocation de recherche et d'enseignement, et c'est un important milieu de stage
pour les futurs professionnels spécialisés dans le domaine de la basse vision. Ils ont un contrat
d'affiliation avec l'Université de Montréal, qui est la seule université québécoise
qui offre des formations dans ce domaine. On investit dans les milieux de
stage, on dégage des professionnels pour donner de la formation dans le
cadre d'un D.E.S.S., un diplôme d'études supérieures spécialisé, en
réadaptation en déficience visuelle ou au
doctorat professionnel en optométrie. Et, depuis plusieurs années, l'institut
accueille la totalité des stagiaires
du diplôme d'études supérieures et spécialisées en orientation et mobilité ou
en réadaptation en déficience visuelle.
Alors,
c'est quelques exemples, mais ce qu'on voit, c'est qu'il y a vraiment, à
travers la mission de cet établissement-là, une mission qui n'est pas
attachée à un seul CISSS, qui est vraiment une mission transversale qui rend
des services à l'ensemble des personnes qui
ont des problèmes visuels, à travers tout le Québec, et, en particulier,
là, il y a une masse critique qui dépasse beaucoup celle de la Montérégie, où ils sont situés, et
qui inclut toute l'île de Montréal et la région de Laval. Alors, compte tenu de ces informations, et de leur
préoccupation, là... En tout cas, ils demandent vraiment qu'il y ait... En fait, je pense qu'il serait
souhaitable que leur statut d'établissement non affilié puisse être reconnu,
qu'ils puissent appartenir à ce groupe de sept qui ont déjà été acceptés
comme établissements non fusionnés.
Le Président (M.
Tanguay) : M. le ministre.
Barrette : Là, je vais
essayer, M. le Président, Mme la
députée, d'avoir une réponse la plus
universelle possible, parce que je ne le sais pas si vous allez arriver
avec d'autres demandes après celle-là, là.
Mme Lamarre :
C'est la dernière.
Barrette : C'est la
dernière. Ce raisonnement-là est applicable techniquement à à peu près la
moitié des centres des 182, à la
limite, là. On pourrait invoquer exactement les mêmes arguments pour le Douglas. On pourrait
invoquer les mêmes arguments pour
Louis-Hippolyte-La Fontaine. On pourrait invoquer à la limite les mêmes
arguments, et vraiment les mêmes
arguments pour l'Institut universitaire de gériatrie de Sherbrooke. On
pourrait invoquer les mêmes arguments pour
l'Institut universitaire de gériatrie de Montréal. Mon propre hôpital, comme on
est un des centres les plus reconnus en
greffe de moelle dans le monde, pas à Montréal, dans le monde... Dans mon
hôpital, là, j'ai déjà eu des patients qui allaient à la Clinique Mayo, au Mass General, pour se faire dire :
Vous savez, on ne peut rien vous donner de plus qu'à Maisonneuve-Rosemont. Retournez chez vous, vous
payez de l'argent pour rien. Ils revenaient. Alors, on pourrait invoquer
ça pour un grand, grand, grand nombre d'hôpitaux.
je vais simplement rappeler ici que la finalité première de... pas
la première, mais une des premières finalités du projet de loi n° 10,
c'est aussi une question d'économie et de gestion qui soit la plus intégrée
possible. Et là je n'irai pas dans la fluidité et ainsi de suite, là, qu'on
a débattue précédemment.
Alors,
vous aviez raison, au début, vous et d'autres, de vous interroger sur les
raisons pour lesquelles on isolait, on
ne fusionnait pas certains établissements. Vous vous y êtes adressée sur la
potentielle perte d'économies basée sur le fait qu'on ne fusionnait pas certains hôpitaux. Alors là, ça vient comme
en contradiction, là. Là, vous prenez un argument contraire pour faire...
pour justifier de ne pas en fusionner un.
je vais vous servir l'argument qui était l'explication que j'ai donnée pour le
CHU de Québec. J'ai dit que le CHU de
Québec, qu'il soit fusionné ou non fusionné, ça ne change rien dans sa mission,
zéro. Alors, quand vous prenez... Et
je comprends l'énumération que vous avez faite des qualités de ce centre, qui
sont exactement ce que vous avez dit, c'est
un centre de grande excellence qui dessert la province quasiment au complet et
qui a des ramifications multirégionales, si on prend les régions
sociosanitaires, il n'y a pas de question là-dessus. Maintenant, pour ce qui
est de la finalité du projet de loi n° 10, qui est d'aller intégrer le maximum de choses
possible, bien là il faut tout faire pour ne pas défusionner ce que j'aurai fusionné au complet au Québec,
moi, tant qu'à faire. Mais je pense qu'il faut limiter ce genre de chose là.
Conséquemment, moi,
je pense qu'on ne doit pas le faire, particulièrement sur la base du fait que
le fait de se fusionner sur le plan
administratif, et, dans leur cas, qui va améliorer certainement le côté
administratif, mais certainement un
peu le côté clinique, parce que ce sont des clientèles très spécifiques, là, ce
n'est pas de l'hébergement, c'est des services qu'on donne à des gens qui ont des problèmes sévères d'ordre visuel. Je
ne vois pas, là, l'avantage de faire ça, et je ne... Pardon?
Barrette : Alors, je ne vois pas, je ne vois pas l'avantage, et, sur
la base de ça, je ne vois pas la nécessité de ne pas le fusionner au
reste.
Le Président (M.
Tanguay) : ...
Barrette : Surtout, encore une fois — je m'excuse, M. le Président, juste pour
terminer ma phrase — surtout
que ce que vous voulez préserver l'est. Vous
avez commencé, je pense, ou bien illustré les particularités en termes de
qualité et de performance de cette
institution-là. Rien de ça ne va être mis en cause, altéré, diminué ou modifié
de quelque nature que ce soit. Par contre, du côté administratif, on
comprend la finalité.
Le Président (M.
Tanguay) : Il y a madame la collègue députée de Gouin, je ne sais pas
si c'est sur ce point précisément. Alors, madame la collègue députée de Gouin.
David (Gouin) : Merci, M. le Président. Bien, en fait, c'est une
question, parce que je prends connaissance comme tout le monde, là, de l'amendement présenté par la députée de
Taillon. Je suis hésitante, là, à ce stade-ci, puis je trouve ça
intéressant qu'on en débatte. J'essaie de comprendre la logique, à la fois de
la députée et du ministre, et ma question en
fait va s'adresser au ministre : Si l'institut Pinel n'est pas fusionné,
pour toutes les raisons qu'on comprend, quelle différence fait-il entre un institut comme l'institut Pinel et l'Institut Nazareth Louis-Braille, qui, lui, devrait
être fusionné? Je voudrais juste comprendre la logique.
Le Président (M.
Tanguay) : Alors, la parole est au ministre de la Santé.
M. Barrette : Je ne sais pas si vous
avez déjà visité l'institut Pinel. C'est une prison.
Mme David
(Gouin) : Et?
M. Barrette : Bien, et on est plus
dans le carcéral que dans quoi que ce soit d'autre, là. Alors, la raison fondamentale, en termes de gestion, là, qui est à
la base de son non-fusionnement, là, c'est une prison dans laquelle il y a une
partie médicale. C'est un peu particulier, là, et, si vous me recommandez de
ramener Pinel, je peux le considérer, là.
Le Président (M. Tanguay) : Oui, Mme
la députée de Gouin.
Mme David
(Gouin) : M. le Président, non, je ne pense pas que je le recommanderais. Maintenant,
je n'ai pas visité Pinel, mais je
sais parfaitement bien que les personnes qui y sont ne le sont pas nécessairement par choix. Je sais aussi que
ce sont des personnes qui sont sous traitement psychiatrique et médical
important. Donc, moi, je comprends dans
ce cas-là que cet institut, qui reçoit d'ailleurs des gens de tout le Québec,
soit autonome, disons, on pourrait dire ça comme ça, en tout cas non
fusionné.
Mais à ce moment-là je pose la question pour d'autres types d'instituts où, je comprends,
ce n'est pas une clientèle carcérale,
mais c'est une clientèle extrêmement particulière. C'est un institut — je parle de Nazareth, là — qui reçoit des gens de partout au Québec, clientèle très
particulière. Qu'est-ce qui est une valeur ajoutée, du point de vue du
ministre...
Mme David (Gouin) : Bien, est-ce que
je peux finir ma question, s'il vous plaît? Je voudrais juste savoir qu'est-ce que le ministre considère être une valeur
ajoutée, pour l'Institut Nazareth Louis-Braille, dans le fait d'être fusionné.
Barrette : ...écoutez, je vais être très, très candide, là : il
arrive à un moment donné, là, où, les raisons... Vous voudriez tous et
toutes, avec raison, que les décisions se prennent sur une grille d'analyse
froide et mathématique. Ce n'est pas une
critique que je dis là, là, d'aucune manière. Alors, moi aussi, je voudrais ça.
Et à un moment donné il faut faire des arbitrages, et il y a des
arbitrages qui ont été faits. Et là je vais être très candide, là, je vais
redire peut-être quelque chose que vous ne
m'avez pas entendu dire dans les commissions parlementaires : à un moment
donné il y a des arbitrages qui
doivent se faire, et, je vous le dis, là, très sincèrement, moi, ma première...
mon premier réflexe, ça aurait été
faire un CISSS du Québec, là. Et ma deuxième intention aurait été que les
hôpitaux universitaires auraient tous été des CISSS avec des hôpitaux
intégrés, là. Le CHUM et le CUSM, idéalement, n'auraient pas été non fusionnés.
Mais, pour des raisons d'arbitrage...
Ils sont en construction, ils sont en déménagement, sont en ceci, sont en cela.
On a fait ces arbitrages-là, et il y a
une grande part d'arbitrage dans Pinel. Et, dans Pinel, il y a
aussi un autre arbitrage, qui est — et
c'est le cas pour Québec — la
représentation intensive que ces
gens-là ont fait. Je vous l'accorde, là, il y a un côté arbitraire pour ceux qui sont non fusionnés, je vous
l'accorde. Mais, en même temps, ce que je dis à tout le monde, et je ne ferai
pas d'autre commentaire, à un moment donné,
pour le bien de l'ensemble, parce que ces arbitrages-là mènent à un autre,
un autre, un autre puis un autre parce que
c'est de l'arbitraire... Je reviens à ce que j'ai dit, là, retenez-le,
là : quant à moi, là, il y
aurait eu un méga CISSS, j'exagère un peu, là, mais pas loin. Mais il n'y
aurait pas eu de CISSS, il n'y en aurait pas eu, d'hôpitaux non fusionnés, il n'y en aurait pas eu, ils auraient
été dans des CISSS. Et, pour des raisons d'arbitrage, le CHUM, la construction, le déménagement, le
CUSM, la même affaire, mère-enfant, que là ils vont construire pendant 10 ans, quasiment, là, ça pose des problèmes
organisationnels. Et j'irai jusqu'à vous dire que peut-être que dans cinq ans
ces hôpitaux-là non fusionnés vont
être fusionnés avec quelques autres, c'est possible, mais là vous avez une
question d'arbitrage.
Alors, je
termine là-dessus. Là, si j'accepte, évidemment, l'amendement qui est proposé
ici... Et moi, je ne dirai rien de
plus que ça, là, puis je n'en ai rien d'autre chose à dire. Ils ne sont pas
venus ici nous demander d'être séparés de tout le monde, là, il y en a qui sont venus à quatre, à cinq, à six, à
plusieurs organisations pour nous demander a, b, c, d, et on les a entendus. C'est ce qu'on me demande, là,
on me demande d'entendre, d'écouter puis de répondre, ce que j'ai fait. Mais, à un moment donné, puisqu'on est dans
l'arbitraire, l'arbitre doit décider de sonner la fin de la partie, la
partie
du non-fusionnement. Et, essentiellement, je vous dis, là, moi, elle
arrête pas mal là, là.
Le Président (M. Tanguay) : Mme la
députée.
M. Barrette : Je pense avoir été
assez candide, Mme la députée.
Le Président (M. Tanguay) : Mme la
députée de Gouin.
Mme David
(Gouin) : Oui — merci, M. le Président — absolument, je trouve ça rafraîchissant,
mais je vous jure que ça m'inspire
beaucoup pour la suite des travaux de la commission. Parce que, dans le fond,
un petit peu, là — là, je
me permets de taquiner un petit peu
le ministre, là, il faut mettre un peu de couleur, ici, quand même — ça veut dire que, si on vient à plusieurs, si on parle fort, si on a de
l'influence, et, de préférence, si on est un hôpital universitaire, on a des
chances d'être entendus. C'est assez
intéressant. Et toute autre personne, corporation, groupe, je pense entre
autres aux sages-femmes, qui,
aujourd'hui, ont dit à satiété et répété : Comment ça se fait qu'on n'est
pas au conseil d'administration? Donc,
je retiens la leçon que le ministre vient de nous donner de façon tout à fait
franche et transparente, mais je la retiens pour la suite des choses.
Je trouve un
peu amusant aussi que l'Institut Nazareth Louis-Braille n'est pas un hôpital
universitaire, hein, ce n'est pas
quelque chose de médical, mais ce que je comprends, enfin, ce que je devine de
l'amendement de ma collègue, c'est qu'il préférerait travailler sur ses propres
bases, avoir son propre conseil d'administration, et l'arbitrage s'arrête là,
justement. C'est-à-dire qu'on a accepté,
puis je peux comprendre les raisons, on a accepté qu'un certain nombre
d'instituts universitaires,
d'hôpitaux, tout ce qui est très médical, là, puis que le ministre connaît
bien, eux, on a accepté qu'ils soient non
fusionnés. Puis là on arrive dans le domaine social, puis là l'arbitrage
s'arrête là. En tout cas, moi, je trouve ça instructif, sérieusement, je le dis avec le sourire mais
sérieusement, et continuons nos travaux et nos échanges, là. C'est intéressant.
Le Président (M.
Tanguay) : M. le ministre.
Barrette : M. le Président, je vais quand même me permettre... J'aime
ça être taquiné, parce que moi aussi, je
le fais des fois dans l'autre sens, et c'est très bien comme ça, Mme la députée,
puis j'espère que vous allez continuer. Mais ceci dit, Mme la députée, ce n'est pas simplement... ce n'est pas
comme vous le dites, là. Nazareth, là, c'est Montérégie, Montréal, Laval. Pinel, c'est le Québec au complet. Le CHUM,
c'est le Québec au complet. Le CUSM, c'est le Québec au complet. Les gens de Québec, je vais dire que c'est le
Québec au complet parce que, dans certains cas, c'est le cas, O.K...
Pardon?
Barrette : Oui, oui, c'est le Québec au complet. Il y a quand
même, Mme la députée, un fil
conducteur, et le fil conducteur,
c'est le Québec au complet et la construction et la transition
physique et opérationnelle. Alors, je veux que vous preniez ça, dans
votre réflexion, en considération.
n'en reste pas moins que ça devient de l'arbitrage parce que
j'aurais très bien pu dire : C'est bien plate, c'est en construction, puis on va vous fusionner pareil.
Bon, ça pose des problèmes, et des
problèmes qui sont d'ordre national, ce
qui n'est pas le cas de Nazareth. Encore une fois, ça n'enlève rien aux
qualités, et à la portée, et à l'empreinte que ça laisse dans la société en
termes de services que vous qualifiez de sociaux, qui sont sociaux en partie,
mais qui sont aussi médicaux, en
partie, ça n'enlève rien à ça, là. C'est juste que la portée est la même. Mais
ce que j'essaie de vous dire, c'est que, dans mon arbitraire, il y a un
fil conducteur qui se défend et qu'il se défend dans chacun des sept cas qui
sont là.
Le Président (M.
Tanguay) : D'autres interventions? Mme la députée de Taillon.
Lamarre : Écoutez, j'essaie de... moi aussi, je trouve ça très
intéressant, là, les conversations qu'on a, puis je pense qu'on se rapproche du bon ton, puis je trouve ça très, très
sympathique, très sympathique, sincèrement, je vous le dis. Bien, je ne
l'ai pas eu, encore, moi, ce ton-là, mais ça s'en vient, je pense, on va y
arriver.
Je veux quand même...
bien, écoutez...
Une voix :
...qui dit ça.
Mme Lamarre :
Allez-y, allez-y.
Le Président (M.
Tanguay) : Non, à vous la parole, Mme la députée de Taillon.
Mme Lamarre :
D'accord. Je veux revenir à l'Institut Nazareth. Parce que je comprends
l'analogie que le ministre a faite avec Douglas et Louis-Hippolyte, puis je comprends, puis, je vous le dis tout de
suite, c'est le seul qu'on veut
demander, il n'y en a pas d'autre, là, il n'y a pas d'agenda caché, on n'a pas
un neuvième, 10e, 11e. Mais l'Institut Nazareth Louis-Braille a quand
même une vocation qui lui est propre.
vous disiez : Pinel dessert l'ensemble du Québec. C'est vrai, mais je
rappellerais quand même que, quand on dessert
Montréal, Laval et toute la Montérégie, on dessert la moitié du Québec, ce qui
est quand même quelque chose d'inusité, là. Vous n'aurez pas des
demandes similaires de trois autres organismes qui offrent des services de
cette nature-là. Donc, il y a vraiment un
caractère populationnel important, là. C'est la moitié de la population du
Québec qui bénéficie des services
directs, et indirectement il y a aussi beaucoup de corridors de services qui
sont développés avec le reste de la province.
Donc, je vous dirais
peut-être que, si j'essaie de mettre certains éléments... Quand on parle de
Douglas ou de l'institut de santé mentale,
anciennement Louis-Hippolyte, on se rend compte que c'est quand même des
établissements qui interviennent et
qui offrent probablement des soins tertiaires ou quaternaires dans notre
continuum de soins, et, dans ce
sens-là, je pense que c'est important de constater qu'ils ont un rôle à jouer,
mais dans une continuité de soins avec une spécialisation.
Quand
on parle de l'Institut Nazareth Louis-Braille, on a vraiment un établissement
qui a une vocation transversale, qui
a une vocation qui rejoint à la fois la santé physique, mais qui rejoint
également le soutien social. Beaucoup de gens réussissent à demeurer à
domicile à cause de l'Institut Nazareth et Louis-Braille, donc, à ce moment-ci,
il me semble qu'il y a vraiment un statut
qui n'amènerait pas un débordement ou une multiplication de demandes similaires
par d'autres organismes qui auraient
des vocations semblables, parce qu'il n'y en a pas d'autres qui ont des
vocations semblables par rapport aux critères que je viens de
mentionner.
Donc, je veux simplement rappeler qu'il n'y en
aura pas d'autre, mais que ça nous semble être vraiment un établissement qui joue un rôle, qui risque d'être
en croissance, en plus, compte tenu de l'ensemble du vieillissement de la population et que... Donc, je pense qu'il y a des
caractéristiques qui sont suffisamment distinctives pour l'Institut Nazareth
Louis-Braille, qu'il n'y ait pas lieu de craindre qu'il y ait débordement et
qu'il y ait une multiplication des demandes.
Mais je pense que sincèrement ça va être difficile d'aller par un financement à
l'activité avec une organisation comme celle-là.
je prends l'étape suivante du ministre, qui est un financement par activité, on
se rend bien compte que l'activité d'accompagner
une personne avec un déficit visuel, elle est en parallèle de sa condition, de
plusieurs conditions de santé qu'elle
a déjà. Donc, c'est quelque chose qui prend de l'ampleur, puis c'est quelque
chose qui a son identité propre et
qui ne risque pas de faire des bébés
puis d'avoir plein de multiplications au niveau des demandes, mais qui, je
pense, doit être reconnu pour ses
compétences, sa contribution transversale. On peut avoir des gens qui n'ont
aucune autre maladie, mais qui ont
besoin de l'Institut Nazareth et Louis-Braille. Donc, ça ne s'inscrit pas dans
un corridor et une étape de soins comme l'institut Douglas ou
Louis-Hippolyte-Lafontaine.
Le Président (M.
Tanguay) : M. le ministre.
Barrette : Je n'ai pas de commentaire à faire là-dessus, je pense
avoir déjà répondu, mais je vais en faire un dernier, j'espère, pour
toute la commission parlementaire.
Mme la députée, vous aviez eu le rhume lundi et que vous aviez eu la voix très
enrouée, et que mardi vous aviez eu
la voix moins enrouée, et que mercredi vous auriez eu la voix encore moins
enrouée, et qu'aujourd'hui votre voix, elle
était presque normale, et que je disais : Bien, je suis content de voir
que votre voix est maintenant presque normalisée, je ferais un «statement» dirigé contre votre voix
spécifiquement. Alors, je trouve agressant que vous fassiez des commentaires sur le ton, généraux comme ça, alors
qu'ils sont très dirigés. C'est tout. J'aimerais qu'on ne parle plus du ton
d'ici la fin des travaux parlementaires sur
l'étude
article par article. Est-ce qu'on peut s'entendre là-dessus, Mme la
députée?
Président (M. Tanguay) : Bon. Là, on va continuer. On va revenir sur
l'article, l'amendement à l'article 7. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? M. le député de Verchères.
Bergeron : Oui, M. le Président, d'abord, je vais prendre la
balle au vol de ce que le ministre vient de dire, simplement pour dire que ça, c'est un peu comme la
confiance. Ça se bâtit, M. le Président. Alors, je pense qu'on est en train d'adopter, d'une façon générale, et là je ne
vise personne en particulier, un ton beaucoup plus constructif, du moins,
un ton qui n'était pas celui qui
caractérisait nos échanges au début des travaux de la commission, et,
conséquemment, j'imagine que, si ce
ton est maintenu, on devrait pouvoir éviter ce genre de commentaire, mais force
est de constater que la nature des
échanges, jusqu'à présent, a amené, de part et d'autre... je me permets de le
signaler, le ministre aussi a fait ce genre
de commentaire sur le ton des interventions de tout un chacun. Alors, j'entends
le voeu du ministre et j'y souscris, j'y
souscris, M. le Président, et j'ai l'impression que ce ton, un peu plus bon
enfant, qu'on entend présentement autour de la table devrait faire en
sorte que nous puissions continuer à travailler dans une atmosphère détendue,
cordiale, conviviale et constructive.
Mais le ministre ne
se surprendra pas... et d'ailleurs il le fera, lui aussi, si jamais il entend
de notre part un commentaire qu'il estime
être désobligeant, je lui fais confiance pour nous le renoter assez rapidement
merci, mais il doit s'attendre à la
réciproque de notre part. Si nous entendons un commentaire qui nous apparaît
désobligeant, M. le Président, nous
ferons le commentaire. Nous le noterons volontiers. Ceci dit, je note, et ça,
ça ne s'adresse pas au ministre en particulier,
je note qu'il y a une amélioration générale du ton, ce qui, je crois, est très
positif, et je pense que le commentaire de ma collègue allait simplement
dans ce sens-là.
Alors, je ne sais pas pourquoi le ministre le
prend personnel et qu'il a pris la mouche, mais je pense que c'est plutôt
positif et je pense que c'est comme ça qu'il faut le voir.
Maintenant,
je reviens à la proposition d'amendement de ma collègue en signalant, en
réitérant le fait qu'il n'y a pas, de
notre côté, d'intention de présenter quelque autre demande d'ajout que celle
qui a été présentée par ma collègue de
Taillon, demande d'ajout qui semble avoir reçu l'aval, ou, du moins,
l'assentiment de notre collègue de Gouin. Et je pense qu'au-delà de l'aval de l'opposition officielle et de notre
collègue de Gouin il faut reconnaître qu'on a affaire à une organisation qui couvre non seulement un
territoire très vaste, très large en termes de population au Québec, mais il
faut également reconnaître, M. le
Président, que la portée du travail de l'Institut Louis-Braille va bien au-delà
du territoire qui est couvert et de
la population qui est visée. Le travail qui est fait par Louis-Braille, M. le
Président, a des incidences sur l'ensemble du territoire québécois.
Alors,
je comprends, je comprends les paramètres, le ministre les a bien exposés,
puis je l'en remercie, je comprends les
paramètres qui guident les décisions qu'a prises le ministre.
On voit que, même si ce sont des décisions arbitraires, il y a un certain nombre de paramètres qui guident sa
décision. Alors, je me demande si le ministre n'est pas disposé, compte tenu de ce que ma collègue, de ce que mes collègues
ont énoncé et compte tenu de la
portée qui dépasse les frontières du territoire formellement couvert par
l'institut Louis-Braille et qui dépasse la population formellement couverte par
l'institut Louis-Braille, je me demande si, répondant ainsi aux voeux de
l'institution et répondant aux arguments de mes
collègues, le ministre ne serait pas disposé à éventuellement assouplir les
critères, sachant qu'il s'agit d'une demande unique et qu'on ne va pas s'engager dans une multiplication qui aurait
les effets contraires à ceux escomptés dans ce que le ministre nous a
présenté.
Le Président (M.
Tanguay) : M. le ministre.
M. Barrette : Je n'ai pas de
commentaire supplémentaire à faire.
Le Président (M.
Tanguay) : D'autres interventions sur l'amendement déposé par la
collègue de Taillon? S'il n'y a pas d'autre
intervention, je vais mettre l'amendement aux voix. L'amendement est-il adopté?
L'amendement est-il adopté? L'amendement est...
Le Président (M. Tanguay) : Le vote
par appel nominal est demandé. M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Donc, sur
l'amendement, Mme Lamarre (Taillon)?
Le Secrétaire : M. Kotto
(Bourget)?
Le Secrétaire : M. Bergeron
(Verchères)?
Bergeron : Pour.
Le Secrétaire : M. Pagé
(Labelle)?
Le Secrétaire : M. Barrette
(La Pinière)?
Le Secrétaire : M. H. Plante
(Maskinongé)?
Le Secrétaire : Mme Montpetit
(Crémazie)?
Le Secrétaire : M. Habel
(Sainte-Rose)?
Le Secrétaire : M. Giguère
(Saint-Maurice)?
Le Secrétaire : M. Iracà
(Papineau)?
Le Secrétaire : M. Caire
(La Peltrie)?
Caire : Abstention.
Le Secrétaire : M. Tanguay
(LaFontaine)?
Le Président (M. Tanguay) :
Abstention.
Le Secrétaire : L'amendement
est rejeté.
Le Président (M. Tanguay) : Alors,
l'amendement est rejeté.
Nous revenons donc sur le débat concernant
l'article 7 tel qu'amendé. Nous avons encore du temps de parole disponible pour
le premier aspect, qui est : «Aux fins de la présente loi, sont des
établissements non fusionnés, les établissements
suivants...» Nous avons amplement de temps, soit 20 minutes pour chacun des
paragraphes, soit le 1°, le 2°, le 3°
et le 4°. Alors, allons-y peut-être en dirigeant nos interventions sur le
premier aspect, sinon, évidemment, les parlementaires
ne sont pas forclos de traiter d'éléments ou autres, mais on pourrait peut-être
y aller de façon un peu plus spécifique si vous le désirez bien, sachant que
c'est uniquement à la fin de toute façon que l'article 7, tel qu'amendé,
pourrait, le cas échéant, être adopté par les parlementaires.
Alors, je suis prêt à reconnaître d'autres
interventions.
Lamarre : J'aimerais juste voir, pour le financement, quand on veut
aller vers le financement par activité, quand on a un organisme qui a une vocation large, de quelle façon on va
pouvoir garantir les budgets et on va pouvoir s'assurer... Comment on va
répartir tout ça?
Le Président (M. Tanguay) : M. le
ministre.
M. Barrette : Là, c'est une question
qui est très vaste. Évidemment, le financement d'activités nécessite un exercice d'évaluation qui est assez détaillé et
qui n'a pas été fait au Québec encore. Et, lorsqu'on arrive évidemment à des
activités qui sont plus près de services
sociaux, même si ce n'est pas des services sociaux, comme, par exemple, la réadaptation, alors il va de soi qu'il y a
certains types d'activités qui vont demeurer sous un mode programme services.
Il est assez difficile d'évaluer un
financement à une activité lorsque l'activité ne peut pas être quantifiée et
qualifiée sur une base d'une moyenne.
Alors, un geste médical, un service médical, un service technique, par exemple,
des examens de laboratoire, de la physiothérapie, à la limite un type de
chirurgie et ainsi de suite, c'est assez normal de conclure qu'il y ait une moyenne, en termes de coûts, avec
des écarts à la baisse ou à la
hausse, qui permettrait de mettre en
place des coefficients en fonction du
type de milieu. Alors, j'ai déjà donné un exemple simple, là, une cholécystectomie,
qui est une résection chirurgicale
d'une vésicule biliaire, quand c'est fait dans un milieu universitaire qui ne fait que du cancer, bien,
le coût moyen d'une cholécystectomie va être plus élevé que dans un centre hospitalier plus communautaire, où ce sont
des cas simples et non compliqués qui s'y font. Alors ça, c'est assez... pas
facile, mais on conçoit qu'on puisse arriver à un coût unitaire de soins
qui soit reproductif.
Maintenant,
quand on tombe dans la réadaptation où là il y a des facteurs qui, par exemple, la réadaptation, où le facteur
patient est un facteur extrêmement important, parce
que tout le monde ne récupère pas
à la même vitesse, tout
le monde n'a pas la même ampleur de tel déficit, par exemple. Parce qu'un déficit on peut
bien dire que c'est un déficit de tel
type, et un déficit de tel type à 12 ans, ce n'est pas la même chose que le
même type à 45 ans ou à 70 ans, et la vitesse de récupération dépend,
par exemple, d'un certain nombre de facteurs. Alors, il va de soi qu'il y a
certains secteurs d'activité qui devront
demeurer dans de cadre de financements plutôt globaux, à l'opposé de la grande,
grande, grande majorité des services médicaux et paramédicaux qui sont
offerts, qui, eux, sont quantifiables avec des coûts unitaires clairement
établis ou établissables.
Donc, aujourd'hui, je ne peux pas répondre plus
précisément à la question parce que la question mène à ce service-ci, il va
coûter combien, cet exercice-là n'a pas encore été fait.
Le Président (M. Tanguay) : Mme la
députée.
Lamarre : Non, je trouve ça très éclairant. Ma question, j'aurais
peut-être dû la lier un peu plus avec ma question précédente, en fait, avec un exemple comme l'Institut Nazareth
Louis-Braille. Dans un contexte où leur préoccupation, en fait, c'était de s'assurer que leur vocation, qui
couvre plusieurs territoires, là, qui va couvrir plusieurs CISSS, de
quelle façon ils vont... qui va arbitrer leur budget finalement?
M. Barrette : Alors, ce sera le
CISSS, mais, évidemment, comme vous l'avez vu dans le projet de loi, il y a deux articles qui spécifient clairement que le
financement des programmes services actuels qui sont, comme je l'ai toujours
dit, j'aime bien mon expression, marginaux
en quantité mais très importants en qualité, ces budgets-là, un, doivent être
préservés à l'origine, au début. Et, comme
ils doivent être préservés au début, l'état de situation de fait des services
en quantité et en qualité, mais surtout en quantité qui sont donnés, par
exemple, par l'Institut Nazareth Louis-Braille, ne devrait pas changer au lendemain de la promulgation et de la mise en
application de la loi, la loi ne vient pas changer l'état clinique global du Québec. Alors, les services
qu'ils donnent aujourd'hui sont les services que requiert la population qu'ils
desservent, et il n'y a pas lieu de croire
que, demain matin, il arriverait une poussée d'infection de l'oeil qui rendrait
les gens aveugles, là.
Alors, l'état
de la situation est ce qu'il est, il n'y a pas de raison raisonnable de penser
que cet état-là changerait, et on dit
qu'on va protéger leur financement. Donc, pour eux, rien ne change en termes de
financement au jour 1. Et, comme on
le protège à long terme, à moins que le volume de patients nécessitant ces
services-là ne change... et, s'il changeait, ce serait adapté, leur
financement est protégé à jamais, là.
Lamarre : Je pense que leur questionnement, ce serait : De quelle
façon ils devraient procéder, à l'intérieur du CISSS auquel ils vont être attitrés, pour, par exemple, acheminer une
demande à l'effet que leur population augmente? Parce qu'avec le vieillissement de la population on comprend bien que
les problèmes visuels... Donc, est-ce que c'est au ministre qu'ils vont adresser leur demande
directement? Est-ce que c'est au ministère? Est-ce que c'est par
l'intermédiaire de leur CISSS? Donc, c'est ce processus-là que
j'aimerais comprendre.
M. Barrette : La question est
claire, la réponse à ça, évidemment, est de deux ordres. Dans le premier ordre,
il y a évidemment le chemin du CISSS pour établir les faits, la
demande. Nous constatons qu'il y a une demande plus grande parce que
la population vieillit, parce qu'il y a plus de cas, et c'est justifié. Nous, comme ministère,
nous avons, comme gouvernement, nous avons, et je l'ai dit à plusieurs reprises... ce sont
des orientations ministérielles qui sont en plus dans la loi, la loi est devant moi. La loi, elle, dit
qu'on préserve les budgets, mais, implicitement, on doit adapter les budgets à
la croissance, si nécessaire. Bon. L'idée, ce n'est pas écrit : On gèle
les budgets. On dit : On protège les budgets. Et, au fil du temps, le gouvernement a la
responsabilité de faire les allocations budgétaires appropriées. Et, comme on
protège ces budgets-là implicitement,
on doit adapter l'allocation budgétaire en fonction de l'évolution de l'état
clinique de la population en général.
S'il advenait qu'évidemment... Tiens,
prenons un exemple absurde, parce
qu'il est impossible. S'il
advenait que la population nécessitant ces services-là diminue de 50 %, il
va de soi qu'une adaptation serait faite, et inversement, si elle augmentait
sur cinq ans de 50 %, on n'a pas le choix implicite de faire suivre les
budgets.
Lamarre : Et, à ce moment-là, c'est le conseil d'administration qui va
évaluer les données que, par exemple... Je prends cet exemple-là, parce que je pense qu'il nous permet d'être
concret, là, mais, par exemple, si l'Institut Nazareth dit : Bien
nous, on pense qu'on a une augmentation de 5 % de notre population qui a
besoin de nos services, ils vont présenter
ça au CISSS de la Montérégie, et le CISSS de la Montérégie, qui va avoir un
budget très limité, va devoir essayer de
trouver le 5 % ou va devoir se faire l'ambassadeur de cet institut-là. Si,
en même temps, des médecins qui revendiquent un nouvel appareil, un nouveau scan, si, en même temps, on a des
organismes de services sociaux qui disent : Nous, on a une
augmentation des enfants qui ont de l'autisme, comment...
M. Barrette : Bien, ça, je vous
réponds...
Mme Lamarre : Parce que moi, je vous
dirais, c'est à cause de la vocation...
M. Barrette : Je comprends.
Lamarre : ...qui dépasse le territoire. Parce qu'à l'intérieur du
territoire, dans le modèle de gouvernance, il y a des gains indirects
qui peuvent... Mais là, quand on déborde du territoire, la motivation donnée
sur ça...
Barrette : Comme je l'ai dit, et on l'a dit à plusieurs reprises, on
l'a dit, en fait, à tout le monde, ces vocations-là doivent être protégées, elles seront protégées.
Cette protection-là vient d'abord de la loi et des orientations ministérielles
que l'on donne. Et maintenant, pour ce qui
est de l'évolution dans le temps, des équipements, de la croissance de la
clientèle, des besoins et ainsi de suite, bien là on tombe dans la
difficulté de gérer le système de santé et services sociaux, là.
Ce que l'on
dit... Et — je
m'excuse, avant de dire ça — ce type de problème là est le même pour tout
le monde. Ce n'est pas un problème
qui est spécifique à eux. La phrase que vous venez de dire s'applique dans une
salle d'opération, s'applique dans un
CLSC, s'applique en dépendance, s'applique dans les centres jeunesse, ça
s'applique partout. Alors, nous
allons interdire par la loi, puisqu'on protège des budgets, d'aller piger dans
Nazareth pour aller éponger le déficit de Charles-Le Moyne, c'est
interdit, ça ne sera pas possible, ça a déjà été possible. Ça, ça va être
impossible.
Maintenant,
l'évolution de la situation du système de santé en fonction des besoins de la
population, bien là on est tous dans
le même bateau. Alors là, on a tous des choix à faire. Les premiers qui auront
à débattre de ça, ce sont les CISSS,
mais avec un bémol qui veut que des services particuliers comme ceux-là doivent
être protégés. Alors, évidemment qu'à
partir du moment où nous, comme gouvernement, on dit qu'on les protège, ipso
facto, ces gens-là peuvent, à la limite, frapper à deux portes... en fait, trois portes : ils peuvent
frapper à la porte du CISSS, frapper à la porte du ministère, frapper à
la porte des médias. Et là c'est la vie quotidienne de tout le monde dans le
réseau.
On est tous
dans ce bateau-là, pris avec les mêmes contraintes et avec les mêmes enjeux,
mais avec un bémol ici : pour la première fois, les gens qui sont
dans cette catégorie-là de services sociaux ou médicaux vont être protégés. Première fois, du jamais-vu : pro-té-gés. Et,
en privé ou en public, parce que des rencontres avec ces organisations-là, j'en
ai eu aussi en privé, tout le monde,
100 % du monde... D'abord, ils sont tous gênés, ils n'osent pas être
véhéments comme d'autres pourraient
être — j'en
connais — alors
ils n'osent pas puis là ils viennent en disant tout doucement et avec une
certaine humilité excessive : Oui,
mais, vous savez, on n'est pas capables de se défendre, on vient chercher des
budgets chez nous pour équilibrer le voisin. Terminé. Voilà un des
bénéfices du projet de loi n° 10.
Lamarre : Mais moi, je l'entends bien, puis je l'apprécie, puis je
pense que c'est intéressant qu'on puisse tous l'entendre. Je le vois très bien, ce bénéfice-là, au temps zéro, au
moment où on va démarrer les choses, mais, dans un cas ou il n'y a pas... où le CISSS, pour toutes sortes de bonnes
raisons, a trois ou quatre contraintes en même temps, vous dites : La voie, ensuite, c'est le
ministère. Est-ce que le projet de loi n° 10 prévoit une mécanique
particulière pour faire... peut-être
que... pour que les organismes qui ont des vocations transversales puissent
avoir une façon de faire entendre leurs
voix un peu différemment ou, en tout cas, un mécanisme qui serait déjà prévu avec peut-être un sous-groupe au
sein du ministère
qui s'intéresserait davantage à ces dynamiques-là. Parce que,
je vous le dis, pour Nazareth, là, ça ne prend pas une boule de cristal,
c'est sûr que ça va aller en croissant, là, c'est...
Barrette : Même s'il n'y avait pas le projet de loi n° 10, ils feraient face aux mêmes contraintes. Là,
vous me...
Mme Lamarre : Oui, mais on...
Barrette : Vous me demandez,
là... Quand je suis votre logique, Mme
la députée, ce que vous me demandez,
c'est quasiment la garantie que Nazareth va
avoir une garantie d'indexation en... Oui, oui, c'est quasiment ça, là. Alors,
là, je vais vous
répondre un peu différemment. Vous me demandez si, dans la loi, il y a
une garantie d'avoir un corridor pour
se faire entendre. Bien, il y a la même chose