House Proceedings — 31 May 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
2023-05-31
Quebec — Debates (Hansard)
(Neuf
heures quarante minutes)
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Alors,
bonjour à toutes, bonjour à tous. Donc, très content de vous retrouver
pour reprendre nos travaux. Donc, je vous invite à prendre place, chers
collègues.
sans plus tarder, nous allons à la rubrique Déclarations de députés. Et je cède
tout de suite la parole à Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Mme Bourassa : Merci beaucoup. À l'aube
de la saison estivale, j'aimerais, M. le Président, féliciter une entreprise
de chez nous et, du même coup, suggérer un endroit incontournable à visiter
lors de votre prochain séjour du côté de l'île d'Orléans.
Aujourd'hui,
je vous parle de l'entreprise Cassis Monna et Filles, dont l'excellence et l'innovation
dans l'industrie des spiritueux les a rapidement propulsés sur la scène
internationale.
effet, Cassis Monna et Filles a récemment été récompensée lors de
l'International Wine & Spirit Competition de Londres. Leurs produits exceptionnels ont remporté une médaille
d'argent pour la crème de cassis ainsi que deux médailles de bronze pour
le gin et la vodka. Ces distinctions prestigieuses témoignent de leur expertise
inégalée.
Imaginez, tout a
commencé en 1872. Il s'agit donc de la cinquième génération de producteurs de
spiritueux. Maintenant, Catherine et Anne
Monna sont des sources d'inspiration pour nous tous, et nous attendons avec
impatience les futures créations qui émergeront de leur esprit innovant.
Merci beaucoup.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré. Je reconnais maintenant M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Merci, M. le Président.
J'aimerais profiter du temps de parole qui m'est offert aujourd'hui pour
souligner le courage, la force de caractère et la résilience de M. Shawn
Burnett.
6 juin 2021, à l'âge de 18 ans, la vie de M. Burnett a changé. Lors
d'une bourrasque qui a bousculé son atterrissage en parachute, il a perdu l'usage de ses jambes. Grand sportif, il
pratiquait le hockey, motocross, ski, «wakeboard», et plus encore.
Rapidement, sa détermination et sa force de
caractère allaient l'aider à s'accrocher et à reprendre le contrôle de
sa vie. Initié rapidement au parahockey, il a adapté son jeu et a retrouvé dans
ce sport une véritable passion.
Moins de deux ans
après son accident, M. Burnett a intégré l'équipe de parahockey Québec
ainsi que l'équipe nationale de parahockey du Canada. En mai 2022, il a même
remporté la médaille d'or au Championnat canadien de parahockey, exploit que le Québec n'avait pas encore réussi à faire. Et
soulignons qu'il y a quelques jours Shawn et son équipe ont répété leur exploit en remportant, une deuxième année
consécutive, la médaille d'or au Championnat canadien.
Véritable
exemple de résilience, de discipline, M. Burnett, Shawn, au nom des citoyens de
la circonscription de Borduas, je
tiens à te remercier pour ton implication dans la communauté, mais aussi d'être
une source d'inspiration pour tous. Ton courage, ta force et tes
accomplissements donnent espoir à beaucoup de gens. Merci et félicitations!
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Borduas. Et la parole revient maintenant au député de
l'Acadie.
M. Morin :
Merci, M. le Président.
Aujourd'hui, je tiens à remercier Mme Natalie Cadotte pour son apport à la
musique québécoise et internationale.
Mme Cadotte
détient un baccalauréat et une maîtrise en violon de l'Université de Montréal
et elle s'est perfectionnée auprès de
maîtres aux États-Unis. En 1983, elle commence sa carrière dans l'Orchestre des
jeunes du Québec, puis devient violon solo à l'Orchestre symphonique de
Longueuil, et ce, de 1986 à 2003. Pendant cette période, elle est aussi membre
de l'Orchestre métropolitain, enregistre
fréquemment à Radio-Canada et participe à plusieurs productions de l'Opéra de
Montréal.
Mme Cadotte se produit fréquemment dans des
festivals de musique ancienne, comme le Festival Bach et le Festival de Bologne, en Italie. Excellente
pédagogue, elle a dirigé l'orchestre de chambre du cégep Saint-Laurent pendant
de nombreuses années, en plus d'être enseignante en violon et en formation
auditive.
Félicitations pour votre carrière remarquable et
bonne retraite!
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, M. le député de l'Acadie. Et je reconnais
maintenant Mme la députée de Saint-François.
Mme Hébert : M. le Président,
je souligne avec fierté le doublé de Produits Kruger à
titre de grande
entreprise au prestigieux concours d'affaires Les Mercuriades de la Fédération
des chambres de commerce du Québec.
En effet,
Produits Kruger est lauréat du Mercure pour sa contribution au développement
économique et régional et finaliste dans la catégorie du manufacturier
innovant.
S'il y a un
acteur industriel de premier plan pour l'Estrie, c'est bien Kruger, dans le
district de Brompton, qui fait de Sherbrooke
un pôle majeur de la production de papier tissu. Le Québec tire sa force de sa
présence d'entreprises performantes comme Kruger pour se distinguer sur
les marchés internationaux.
Je félicite
en particulier toute l'équipe de Brompton, sur laquelle rejaillit la
reconnaissance des Mercuriades. Quel témoignage
de savoir-faire et de la qualité de votre travail! Vous contribuez à la fierté
des gens de l'Estrie et au dynamisme de l'économie de tout le Québec et
vous êtes un joyau de ma circonscription. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de
Saint-François. Et je cède maintenant la parole à Mme la députée de
Mercier.
Mme Ghazal : Merci, M. le
Président. La semaine passée, c'était la Semaine du travail de rue, sous le
thème On est là . J'en profite pour souligner le travail
remarquable de Plein milieu, un organisme du Plateau—Mont-Royal qui oeuvre auprès de personnes en situation d'itinérance ou à
risque de l'être.
travailleurs et travailleuses de Plein Milieu font un travail extraordinaire.
Ils et elles tendent la main et l'oreille aux gens que notre société oublie souvent, que notre société invisibilise.
Leur approche humaniste est celle de la réduction des méfaits, une
approche qui a prouvé son efficacité et son importance.
Malheureusement,
Plein Milieu fait face à des coupures, et ça fait mal, ça fait très, très mal.
Le gouvernement de la CAQ a la responsabilité de soutenir des organismes
comme Plein milieu, sans lesquels des gens en situation de grande vulnérabilité se retrouveraient devant rien. Une
société riche et moderne comme la nôtre ne peut pas accepter ça. Je m'engage
personnellement à m'assurer auprès du
gouvernement de la CAQ que Plein Milieu puisse avoir les ressources nécessaires
pour aider les gens qui en ont le plus besoin dans notre société. Merci.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de
Mercier. Et la parole revient maintenant à M. le député de Saint-Jean.
M. Lemieux : M.
le Président, permettez-moi de commencer par saluer, dans nos tribunes, M.
Alain Durivage, à qui j'ai décerné, le jour même de la fête des Patriotes, la
médaille du député, en disant de lui que c'était un patriote des temps
modernes.
Comme à
chaque année, je me suis donc rendu au monument aux Patriotes de l'Acadie, sur
le chemin des Patriotes, au bout du
terrain d'Alain et de son épouse, Pierrette, parce que c'est à leur initiative
et sur leur terrain qu'a été érigé ce monument,
au début des années 80, à la mémoire des Patriotes de 1837 et de huit
patriotes en particulier de chez nous qui ont été enterrés dans les
parages après la dernière bataille de 1838.
Pierrette
Hébert et Alain Durivage avaient déjà reçu conjointement, il y a presque
20 ans, le prix de Patriote de l'année de la SNQ Richelieu—Saint-Laurent,
mais je tenais à lui remettre une autre médaille, celle du député, pour enregistrer la petite
histoire de ce monument dans la grande postérité de notre Assemblée nationale,
d'autant plus que Alain est vraiment un patriote des temps modernes.
Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Saint-Jean. Et maintenant la parole revient à Mme la
députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci, M. le Président.
J'ai aujourd'hui le plaisir d'annoncer les quatre lauréats de la troisième
édition de la Bourse de la députée de
Westmount-Saint-Louis, qui vise à souligner et récompenser les étudiantes et
les étudiants ayant fait preuve de détermination et de persévérance dans
leurs études et qui s'impliquent activement au sein de notre communauté.
Congratulations to Jenna Brender, from
Dawson College, Nikoo Pajoom, from Concordia University, et François Ferland et Amel Melanson, from McGill
University. Your commitment to your studies and dedication to our community is
truly remarkable.
Vous êtes sans doute une source d'inspiration pour tous les jeunes de Westmount—Saint-Louis, et je vous en félicite.
J'aimerais
également remercier tous ceux et celles qui se sont portés candidats cette
année et souligner la contribution des enseignants et de l'ensemble du
personnel des établissements scolaires participants, qui jouent un rôle
essentiel dans la réussite et l'atteinte du plein potentiel de nos
jeunes.
Jenna,
Nikoo, François et Amel, je vous souhaite beaucoup de succès dans vos études et
j'ai très hâte de voir ce que vous allez accomplir pour le Québec.
Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Et la parole revient maintenant à Mme la députée d'Iberville.
Mme Bogemans : Merci beaucoup. Je tiens
à remercier tous les bénévoles au grand coeur qui assurent le succès et
la continuité de la FADOQ Henryville.
Dernièrement, j'ai eu
le plaisir d'assister à la soirée qui célèbre le 50e anniversaire de la
FADOQ d'Henryville. D'ailleurs, je désire souligner la présence, dans les
tribunes, de M. Veilleux, président de la FADOQ, et de sa femme,
Christiane, avec qui nous avons eu beaucoup de plaisir lors de cette soirée.
FADOQ a vraiment remercié l'ensemble de ses bénévoles qui, au cours des
50 dernières années, ont donné leur temps et leur énergie. Ce sont des gens d'exception, qui organisent des
activités pour les citoyens de 50 ans et plus de leur communauté afin d'y mettre de la vie et des rires
dans leur quotidien. Le sentiment d'appartenance qui est tissé par ces activités contribue vraiment au bien-être des gens
de ce beau village, et ce, même en dehors de la salle du Sabot d'or de la
FADOQ. Félicitations!
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée d'Iberville. Au tour, maintenant, du député de Gaspé de
prendre la parole.
M. Sainte-Croix : Merci, M. le Président.
C'est avec grande fierté que je prends la parole ici, en cette Chambre,
aujourd'hui, pour souligner la Journée de la Gaspésie, qui se tiendra demain,
1er juin.
Événement rassembleur
à l'image de la région qu'elle commémore, cette journée est l'occasion pour
tous les Gaspésiens et Gaspésiennes
d'origine comme d'adoption de célébrer leur attachement à la péninsule, ce coin
de pays vaste et généreux traversé de montagnes et bordé tout à la fois
par les eaux du fleuve, du golfe et de la baie des Chaleurs.
C'est
également l'occasion pour moi de souligner mon affection particulière pour cet
endroit unique, sculpté par les
forces conjuguées du vent et de la mer, qui charrient sur la côte cet air salin
si particulier qui parfume notre quotidien et nourrit nos rêves.
C'est
un endroit en mouvement, certes fier de ses légendes mais résolument tourné
vers l'avenir. En cette journée de la Gaspésie, soyons fiers de ce que
nous sommes mais également de ce que nous devenons. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, M. le député de Gaspé. Et la parole
revient maintenant à Mme la députée de Laporte.
Mme Poulet :
Merci, M. le Président. Permettez-moi de souligner les 20 ans du
Conservatoire de musique de la Montérégie,
un organisme qui a pour mission non seulement de former la relève musicale, mais
également de la diffuser via plusieurs événements.
Fondé
par Mme Marie-Anne Rozankovic, actuelle directrice générale artistique
fondatrice, le Conservatoire de musique de la Montérégie a su faire preuve de
résilience et de créativité, lui permettant d'accompagner plus de
2 000 jeunes dans leur parcours musical. Offrant des cours
pour tous les instruments et plusieurs ensembles, il aura permis de rendre
accessible la musique et d'agir en matière de médiation culturelle. Avec un
répertoire alliant jazz, pop rock et musique classique,
l'Orchestre symphonique du Conservatoire de musique de la Montérégie a présenté
plus de 200 spectacles, une démonstration sans équivoque du talent
musical de notre région et de la relève.
Mme Rozankovic, à
votre équipe ainsi qu'à vos étudiants, félicitations et joyeux
20e anniversaire!
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée de Laporte. Je reconnais maintenant Mme la députée de
Lotbinière-Frontenac.
Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) : Merci, M. le Président. Des étudiants du PEI
de secondaire III de la polyvalente de
Thetford ont récemment lancé une campagne de sensibilisation pour faire
connaître le don d'organes et de tissus
ainsi que l'organisme Chaîne de vie. Ils voulaient également rendre hommage à
leurs amis Catherine, Jérémy, victimes d'un accident de la route en 2020,
puisque le don d'organes et de tissus a permis d'aider et de sauver une
vingtaine de personnes. C'est un
petit baume dans cette tragédie qui a touché la famille de ces deux jeunes mais
aussi les amis et toute la communauté.
salue les personnes impliquées dans cette campagne. Ils sont d'ailleurs dans
les tribunes ce matin. Ils ont mis plusieurs
heures et tout leur coeur dans cette campagne, et je les félicite. La
polyvalente de Thetford Mines est désormais une école Chaîne de vie.
Je termine en
rappelant à tous les Québécois l'importance d'avoir une discussion avec leurs
proches et de faire connaître leurs
volontés. Pour donner votre consentement au don, vous devez signer votre carte
d'assurance maladie. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée de Lotbinière-Frontenac. Au tour, maintenant, du député
de Portneuf.
M. Caron :
Merci, M. le Président. Je veux aujourd'hui rendre hommage à feu
M. Jules Savoie, qui nous a malheureusement quittés tout récemment.
M. Savoie était
le directeur général de l'Association des plus beaux villages du Québec, et ce,
pendant 15 ans. Il s'est énormément
investi dans cet organisme, qui compte aujourd'hui 40 villages et se donne
pour objectif de mettre en valeur la beauté d'un patrimoine bâti
authentique, niché dans des paysages d'exception.
Jules
Savoie croyait profondément en sa mission. Il lui a consacré tout son coeur,
toute son énergie. Il a fièrement représenté
nos joyaux villageois, tant au Québec qu'à l'étranger. Par sa vision et ses
actions, Jules a été un acteur clé de la valorisation de notre
patrimoine, comme celui de Neuville, Cap-Santé et de Deschambault-Grondines.
tiens à exprimer mes plus sincères condoléances à la famille et aux amis de cet
homme généreux, ambassadeur des beautés du Québec. Sa contribution
restera gravée dans nos mémoires.
Bon repos, mon cher
Jules!
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Portneuf. Alors, voilà qui met fin à la rubrique Déclarations
de députés.
Nous allons suspendre
les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 55)
Présidente : Bonjour, tout le monde. Bonjour, distingués
invités. Bienvenue chez vous, au parlement du Québec.
Mmes et MM. les députés,
nous allons nous recueillir quelques instants.
Je vous remercie. Veuillez vous asseoir.
Nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles ni de présentation de projets de loi.
À la rubrique
Dépôt de documents, en application de l'article 98 du Code d'éthique et de
déontologie des membres de
l'Assemblée nationale, je dépose un rapport intitulé Rapport d'enquête de la
Commission à l'éthique et à la déontologie à la présidente de l'Assemblée nationale au sujet
de M. Pierre Fitzgibbon, ministre de l'Économie, de l'Innovation et de
l'Énergie, ministre responsable du Développement économique régional et député
de Terrebonne .
À la rubrique
Dépôt de rapports de commissions, M. le président de la Commission des
institutions et député de Richmond. M. le député.
Bachand : Merci, Mme la Présidente. Alors, je dépose le
rapport de la Commission des institutions qui, les 25 et 30 mai 2023, a procédé à l'étude
détaillée du projet de loi n° 24, Loi
donnant suite aux recommandations du rapport du Comité consultatif
indépendant sur la révision de l'indemnité annuelle des membres de l'Assemblée
nationale. La commission a adopté le texte du projet de loi sans amendement.
Merci.
Présidente : Ce rapport est déposé. Mme la présidente de la
Commission des relations avec les citoyens et députée de Les Plaines.
Lecours (Les Plaines) : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors, je
dépose le rapport de la Commission des
relations avec les citoyens qui, les 18 et 20 avril ainsi que les 9, 10,
24, 25 et 30 mai 2023, a procédé à l'étude détaillée du projet de loi n° 11,
Loi modifiant la Loi concernant les
soins de fin de vie et d'autres dispositions législatives. La commission a adopté le texte du projet
de loi avec des amendements. Merci.
La Présidente : Ce rapport est
déposé.
À la rubrique Dépôts de pétitions, M. le député
des Îles-de-la-Madeleine.
Arseneau : Merci, Mme la Présidente. Je dépose l'extrait
d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
104 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
l'augmentation de cas de cancer et l'apparition de nouvelles formes de cancer
reliés aux implants mammaires;
«Considérant que toute personne subissant des
problèmes graves sur la santé pourraient être évités;
«Considérant
le manque d'information nécessaire à la prise d'une décision libre et éclairée
en regard des risques liés aux chirurgies esthétiques incluant les
implants mammaires;
«Considérant que le registre sur les instruments
médicaux est demandé depuis près de 20 ans;
«Considérant que la vie, la santé et la sécurité
de toutes les femmes sont importantes;
«Considérant
que la surveillance a été inadéquate durant la période et suite à
l'interdiction des implants mammaires de silicone entre 1992 [jusqu'au]
20 octobre 2006;
«Considérant que les déclarations de plaintes
concernant les implants mammaires sont inexactes, manquantes [et]
sous-déclarées;
«Considérant que l'importance des compétences
d'un gouvernement responsable est d'assurer la sécurité;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, signataires, demandons au gouvernement du
Québec de :
«Collaborer
et de s'impliquer auprès du gouvernement fédéral afin de prioriser l'obtention
du registre sur les instruments médicaux — implants mammaires — afin de
mieux surveiller ces dispositifs;
«Suspendre
immédiatement la vente de tous les implants mammaires du marché québécois,
jusqu'à l'obtention de ce registre, afin d'assurer la sécurité pour
toutes les femmes québécoises;
«Reconnaître
l'importance de divulguer tous les risques, même les plus rares, en regard
d'intervention esthétique incluant les implants mammaires;
«Mettre en place des
pénalités dissuasives et punitives auprès des chirurgiens-plasticiens du Québec
qui ne se conforment pas à la divulgation de tous les risques d'une chirurgie
esthétique.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
La Présidente : Cet extrait de
pétition est déposé. Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Maccarone : Mme la Présidente, je dépose l'extrait d'une
pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
425 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que les drogues communément appelées drogue du viol, tel [que]
gamma-hydroxybutyrate, constituent une
menace à la santé et à la sécurité des Québécois et des Québécoises,
l'intoxication pouvant notamment provoquer un état de grande
vulnérabilité, le coma ou la mort;
«Considérant
que les jeunes adultes et les étudiants et étudiantes universitaires sont parmi
les plus affectés par les intoxications involontaires aux drogues du
viol;
«Considérant
que les organismes, les médias et les jeunes rapportent des difficultés d'accès
aux tests de dépistage dans plusieurs cas de suspicion d'intoxication
involontaire aux drogues du viol;
«Considérant
que la fenêtre de détection des drogues du viol n'est que de quelques heures,
nécessitant une intervention immédiate;
«Considérant que le gouvernement du Québec a la
responsabilité de protéger les Québécois et Québécoises;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous,
signataires, demandons au gouvernement du Québec de mettre en place un plan de
lutte national visant à :
«Sensibiliser
les jeunes Québécois et Québécoises aux risques liés aux drogues du viol en
instaurant des activités éducatives dans les établissements secondaires
et postsecondaires;
«Distribuer gratuitement des tests de dépistage
des drogues du viol dans les cégeps, les universités et les lieux présentant un
risque accru d'intoxication involontaire, incluant les bars, les boîtes de nuit
et les festivals extérieurs;
«Garantir la
disponibilité des tests de dépistage des drogues du viol dans le sang et dans
l'urine dans les établissements de santé;
«Réduire
le fardeau des victimes en soulignant les répercussions juridiques liées à
l'administration des drogues du viol.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
La Présidente : Cet extrait de
pétition est déposé. M. le député de Jean-Lesage.
Zanetti : Merci, Mme la Présidente. Je dépose l'extrait
d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
5 031 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que 20 % à 25 % des
grossesses se terminent par un décès périnatal;
«Considérant
que les effets d'un deuil périnatal affectent la santé mentale des deux parents
et peuvent perdurer dans le temps;
«Considérant
que les couples vivant un décès périnatal doivent bénéficier d'une période de
répit commune pour vivre le deuil de leur enfant;
«Considérant que la détresse engendrée par le
deuil périnatal est trop peu reconnue par les différents réseaux, notamment
celui du travail;
«Considérant
que, lorsqu'une grossesse prend fin après la 20e semaine, le parent
n'ayant pas porté l'enfant ne bénéficie d'aucun congé couvert par le Régime québécois d'assurance parentale — RQAP — et de seulement cinq jours, dont deux
pouvant être rémunérés, selon la
Loi sur les normes du travail;
«Considérant
qu'une pétition de l'Assemblée nationale portant sur ce sujet et ayant
recueilli plus de 12 000 signatures a été déposée le
17 avril 2012;
«L'intervention réclamée se résume ainsi :
«Nous,
signataires, demandons au gouvernement du Québec que soit amendé le RQAP et la
LNT pour qu'en cas de décès d'un
enfant survenant entre la 20e semaine de grossesse et le premier
anniversaire de vie de l'enfant un congé de deuil d'une durée de cinq
semaines soit aussi offert au parent n'ayant pas porté l'enfant.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
La Présidente : Cet extrait de
pétition est déposé. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
Leduc : Merci, Mme la Présidente. Je dépose l'extrait
d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
1 849 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les faits invoqués sont
les suivants :
«Considérant
que le ministère de l'Enseignement supérieur a exclu le programme de maîtrise
professionnelle en orthophonie de la liste des programmes admissibles
aux bourses Perspective Québec;
«Considérant
que le seul parcours pour obtenir un diplôme d'orthophoniste nécessite
l'obtention d'un diplôme de maîtrise professionnelle;
«Considérant
que la maîtrise professionnelle en orthophonie exige d'assister à des cours à
temps plein de la fin août à la fin
juillet, du lundi au vendredi, ce qui empêche la plupart des étudiantes et des
étudiants d'occuper un emploi pendant leurs études;
«Considérant
que les stages en orthophonie ne sont pas rémunérés et que le soutien financier
du gouvernement est souvent insuffisant pour plusieurs étudiantes et
étudiants;
«Considérant que le milieu de l'orthophonie vit
présentement une pénurie de main‑d'oeuvre importante et que plusieurs milliers
de [Québécois] et [Québécoises] sont actuellement en attente de services en
orthophonie;
«Considérant que l'octroi de ces bourses
constitue un pas de plus vers une meilleure reconnaissance du métier d'orthophoniste au Québec, ce qui permettra
d'offrir de meilleurs services aux systèmes de santé et d'éducation
québécois;
«Considérant
que le programme de maîtrise en orthophonie correspond à tous les critères pour
bénéficier des bourses Perspective Québec;
«L'intervention réclamée se résume ainsi :
«Nous,
signataires, demandons au gouvernement du Québec que le programme de maîtrise
professionnelle en orthophonie soit ajouté à la liste des programmes
admissibles aux bourses Perspective Québec avant la fin de la date limite pour
la complétion d'une demande de bourse pour la session d'hiver 2023, soit
le 31 juillet 2023.»
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente : Cet extrait de
pétition est déposé. Mme la députée de Roberval.
Guillemette : Merci, Mme la Présidente. Je dépose l'extrait
d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par 40
pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que l'AQDR Alma se joint à l'AQDR Roberval pour demander à la Régie de l'assurance maladie du Québec de
bonifier le programme d'aide accordé pour les appareils auditifs;
«Considérant que les personnes aînées ont droit
à une aide sur seulement un appareil de base à la RAMQ;
«Considérant que, si les personnes aînées
prennent un appareil de meilleure qualité, l'aide financière n'est pas
accordée;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous,
signataires, demandons au gouvernement du Québec d'ajouter les appareils
auditifs de meilleure qualité et un montant pour un deuxième appareil
auditif au programme d'aide.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition. Merci.
La Présidente : Cet extrait de
pétition est déposé.
J'ai reçu une
demande de Mme la députée de Roberval pour la présentation d'une pétition non
conforme. Y a-t-il consentement pour la présentation de cette pétition?
Des voix : Consentement.
La Présidente : Consentement.
Mme la députée de Roberval.
Guillemette : Merci. Donc, je dépose l'extrait d'une pétition
adressée à l'Assemblée nationale et signée par 568 pétitionnaires.
Désignation : citoyens, citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant la demande de l'AQDR Roberval à la Régie
de l'assurance maladie du Québec;
«Considérant
que les personnes aînées ont le droit à une subvention sur seulement un
appareil de base à la RAMQ;
«Considérant que, si les personnes aînées
prennent un appareil de meilleure qualité, la subvention n'est pas accordée;
«Considérant que nous demandons que l'appareil
de qualité supérieure soit éligible aussi à la subvention;
«Considérant
que, puisque nous avons deux oreilles, il serait normal que, pour deux
appareils, un montant soit aussi accordé;
«Et intervention réclamée se résume ainsi :
«Nous,
signataires, demandons au gouvernement du Québec de faire changer les
subventions accordées pour les appareils auditifs.»
Donc, je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Présidente : Cet extrait de pétition est déposé.
Il n'y a pas de
réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de
droit ou de privilège.
vous avise qu'après la période de questions et réponses orales sera tenu un
vote reporté sur l'adoption du principe du projet de loi n° 15.
Nous
en sommes maintenant à la période de questions et de réponses orales, et je
cède la parole, en question principale, au chef de l'opposition
officielle.
M. Tanguay : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Dans cette
cinquième année caquiste, promesses brisées,
gouvernement brouillon, pas fiable. Ça le caractérise, ce gouvernement, par un
laisser-aller de beaucoup de dossiers.
Pour la première
fois, également... Ce n'est pas la première fois, Mme la Présidente, qu'on
parle ici des PME, du lourd fardeau auquel
elles doivent faire face, envers lequel elles doivent faire face, Mme la
Présidente, en ce qui a trait à
l'inflation. La FCEI le dit : «...le gouvernement du Québec contribue à
accentuer la pression sur les PME au lieu de les aider à affronter ce défi.» La conjoncture présente est tout à fait
unique et très préoccupante. 10 000 entrepreneurs prévoient vendre dans les prochaines années. Les trois
quarts seront des départs à la retraite. C'est donc un défi énorme de
repreneuriat. La CAQ,
malheureusement, n'a pas de programme, a abandonné nos entrepreneurs, qui
devront vendre à perte et vont même hypothéquer leur retraite.
PME sont au coeur de notre économie et au coeur de nos régions. Le PM aime
beaucoup, Mme la Présidente, se
comparer à l'Ontario. Bien, en Ontario, eux, ils ont un programme de transfert
d'entreprise aux personnes liées. Ça, c'est des avantages fiscaux qui favorisent
le repreneuriat. La CAQ n'a rien en ce sens-là.
Le PM utilise toujours l'excuse de la pandémie pour
ne pas rien faire. Bien là, il ne l'a pas, l'excuse de la pandémie, il
doit agir.
Pour
une fois, peut-il écouter nos entrepreneurs, qui font rouler l'économie de nos
régions? Pour une fois, peut-il ne pas être brouillon?
La Présidente :
La réponse du premier ministre.
Et je vous rappelle que nous nous interpelons par notre titre. M. le
premier ministre.
M. Legault : Oui, Mme la Présidente, belle journée, pour le
Parti libéral, de parler d'être brouillon. On se rappelle que c'est le Parti libéral qui avait déposé une
plainte contre le ministre de l'Économie pour... à la Commissaire à l'éthique.
Le ministre de l'Économie a été complètement
blanchi, il aura le droit de continuer à aller à la chasse au faisan. Par
contre, on aimerait avoir des photos de lui avec son habit.
la Présidente, concernant l'écart avec l'Ontario, je suis tellement fier de
dire qu'au cours des quatre dernières années l'écart de richesse entre
le Québec puis l'Ontario s'est rétréci de trois points, ce qui est beaucoup.
Maintenant,
concernant le repreneuriat, écoutez, quand je parle à Doug Ford, il est jaloux
de ce qu'on fait à Investissement
Québec. Investissement Québec, c'est
plus de 1 000 employés qui travaillent justement à aider les PME.
C'est au Québec qu'on fait le plus de
capital de risque. C'est au Québec qu'on a le plus aidé les PME pendant la
pandémie. La preuve, il y a eu moins
de faillites ici qu'en Ontario. Et je le répète, Mme la Présidente, on a réduit
notre écart de richesse face à l'Ontario.
Donc,
j'essaie de voir l'angle, là, je comprends que les libéraux passent de la
chasse au faisan aux PME, mais je ne vois pas bien l'angle du Parti
libéral.
Présidente : Première complémentaire.
M. Tanguay : Mme la Présidente, nous, on veut que ce soit le
ministre qui passe de la chasse au faisan aux PME, on veut qu'il s'occupe du repreneuriat.
Il ne le fait pas, il est à la chasse au faisan, puis le premier ministre
l'applaudit puis il dit :
Envoyez-nous donc des belles photos. Bien, la photo de nos PME, ça lui tente-tu
d'en parler ce matin, Mme la Présidente?
Qu'il écoute donc Gérard Bérubé, chroniqueur économique du Devoir , qui
dit que «pour ce qui est du taux d'échec du processus de repreneuriat,
plus d'une personne sur cinq a déjà échoué». Fin de la citation.
Alors, la question se
pose : Qu'est-ce qui intéresse plus le premier ministre, les PME ou le
faisan?
Présidente : M. le premier ministre.
Legault : Oui, Mme la Présidente, il y en a qui aiment mieux
le karaoké, hein, il y en a qui aiment ça aller le soir dans les bars de
karaoké. Mais je dois avouer que le chef de l'opposition officielle a une bonne
voix, on l'a entendu quelques fois, a une
bonne voix, mais, bon, il y en a qui aiment mieux... Moi, en fin de semaine, je
devrais jouer au tennis, là. Il y en
a qui aiment mieux la chasse au faisan, il y en a qui aiment mieux le karaoké.
Mais, Mme la Présidente, ce qui est important,
ce qu'il est important de dire, c'est que jamais il n'y a un gouvernement qui a
fait autant pour réduire notre écart de
richesse avec nos voisins. Mme la Présidente, on est actifs, les résultats sont
là. L'écart de salaire aussi avec l'Ontario...
La Présidente : En terminant.
M. Legault : ...n'arrête pas de se
réduire.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Tanguay : Si
le premier ministre était réellement aussi fier que ça puis il y avait des
mesures concrètes avec des bons
résultats, il ne nous aurait pas parlé de la chasse au faisan, il ne nous
aurait pas parlé du karaoké, il ne nous aurait pas parlé du tennis, il nous aurait parlé de ce qu'il fait de bien. Mais
il ne nous a pas parlé de ça, Mme la Présidente, parce qu'il n'y a pas
de plan de la CAQ.
Dans La
Terre de chez nous , Marie-Claude Bourgault dit : «Ça ne marche pas — pour
nos agriculteurs de façon particulière. Ceux qui vont produire notre
nourriture de demain ne peuvent plus acheter de terre.»
Alors, nos
terres agricoles, la production chez nous, Mme la Présidente, ça intéresse-tu
le premier ministre, ça?
La Présidente : M. le premier ministre.
M. Legault : Mme la Présidente, ce
n'est pas moi qui ai commencé à parler de la chasse au faisan, c'est le...
M. Legault : Non, c'est le leader de
l'opposition officielle qui a fait une plainte au Commissaire à
l'éthique. Il n'avait rien de mieux à
faire, le leader de l'opposition officielle, que de faire une plainte parce
que, sur ses moments libres, le ministre de l'Économie va à la chasse au
faisan.
Mme la
Présidente, ce qu'il est important de dire, on pourrait parler longtemps
d'agriculture, mais, depuis que la CAQ
est là, on a doublé les investissements annuels en agriculture. Non, mais je
vois le leader de l'opposition, qui semble regretter d'avoir fait cette
plainte au Commissaire à l'éthique parce qu'on a été encore blanchis...
La Présidente : En terminant.
M. Legault : ...puis le Parti
libéral a l'air de plus en plus ridicule...
La Présidente : Troisième...
Présidente : Je suis... M. le leader, vous pouvez y aller, je
vous écoute. M. le leader de l'opposition officielle, brièvement,
j'interviendrai tout de suite après.
Derraji : Brièvement, il doit retirer le mot qu'il vient de
prononcer en Chambre, ce n'est pas digne d'un premier ministre.
Présidente : M. le leader du gouvernement, cette fois-ci, je
donne raison à M. le leader de l'opposition officielle, il faut retirer
ce dernier terme qui a été employé.
La Présidente : Alors, je suis toujours
debout. Monsieur...
La Présidente : Bon. Un
retrait officiel. M. le leader du gouvernement.
Jolin-Barrette : Je comprends, Mme la Présidente, que vous avez
rendu votre décision avant même que je puisse intervenir. Cela étant, Mme la Présidente, cela étant, on constate qu'il
y a une tendance, de la part du leader de l'opposition officielle...
Présidente : Bon. Alors, je suis debout. J'avais tranché. Vous
retirez votre dernier mot, M. le premier ministre.
La Présidente : M. le chef de
l'opposition officielle, troisième complémentaire.
M. Tanguay : Mme la Présidente,
c'est bizarre, hein, le premier ministre se targue de suivre les rapports de la
Commissaire à l'éthique, puis, quand ils le
blâment, bien, il vote contre, comme on l'a vu. Plutôt que de donner de
l'ouvrage à la Commissaire à
l'éthique, peut-il mettre son énergie à donner de l'ouvrage, à mettre notre
monde dans toutes nos régions à l'ouvrage, plutôt que donner de
l'ouvrage par une sixième enquête à la Commissaire à l'éthique?
Alors,
l'élevage du faisan ne fait pas
partie de l'angle, ce matin, Mme la Présidente.
Antonine Rodrigue, conseillère
agricole, dans La Terre de chez nous ,
dit : «...30 % des
entreprises agricoles [...] n'ont pas de relève identifiée.» Ça l'intéresse-tu,
ça, le premier ministre?
La Présidente : M. le premier ministre.
Legault : Bien, Mme la Présidente, je pense que les faits
sont têtus. Quand le chef de l'opposition officielle dit : Mettre notre monde à l'ouvrage, on est à des
niveaux records de taux de chômage très bas, on a une meilleure croissance
économique que nos voisins, on a une
meilleure croissance du salaire moyen que nos voisins. On n'avait pas ça avec
le gouvernement libéral.
La Présidente : ...je reconnais le
député de Pontiac. La parole est à vous.
Fortin : Merci, Mme la Présidente. D'habitude, je me lève
ici pour vous parler de l'augmentation incessante des temps d'attente à l'urgence. Aujourd'hui, je
vais vous parler des temps d'attente qui augmentent pour éviter l'urgence,
parce que, ce matin, le journaliste Patrick
Bellerose nous relate son expérience. 2 h 30 min,
2 h 30 min au Guichet d'accès en première ligne : 1 h 20 min, Mme la Présidente,
sur ce qu'il appelle une musique doucereuse pour parler à une gentille et
efficace préposée qui met à jour ses informations du Guichet d'accès à un
médecin de famille — qu'il
n'aura pas quand même — un autre 45 minutes pour mettre à jour le
formulaire santé, ce qui n'était pas l'objet de l'appel de M. Bellerose,
il voulait un rendez-vous avec un médecin. 2 h 30 min au
téléphone pour avoir un rendez-vous.
Là, vous allez me dire : Oui, mais,
comparativement à des gens qui attendent deux ans pour une consultation avec un spécialiste, ce n'est pas grand-chose,
2 h 30 min. Vous allez me dire : Comparativement à
70 jours d'attente après une
dénonciation à la DPJ, ce n'est pas grand-chose, 2 h 30 min.
Mais 2 h 30 min au téléphone, là, quand on est malade,
quand on est occupé, Mme la Présidente, ça ne se fait pas.
Est-ce que le ministre trouve ça acceptable,
2 h 30 min d'attente?
La Présidente : La réponse du ministre
de la Santé.
M. Dubé : Bien, premièrement, Mme la
Présidente, je suis content d'entendre le député de Pontiac qui dit qu'il ne
peut plus parler des temps d'attente aux urgences parce qu'ils s'améliorent.
C'est incroyable! C'est ça qu'il a dit, Mme
la Présidente. Il ne peut plus en parler maintenant parce que lui aussi, lui
aussi, Mme la Présidente, il a noté que les temps d'attente aux urgences s'améliorent. Puis c'est prouvé dans le
tableau de bord de ce matin, qui a été mis à jour. Je suis content de
dire qu'il ne peut plus en parler. Je lui rappellerai dans les prochaines
questions qu'il posera.
Maintenant,
sur la question du GAP, et malheureusement, effectivement, un journaliste que
je respecte beaucoup a attendu, malheureusement,
2 h 30 min. Mais je voudrais le mettre en contexte, Mme la
Présidente, si j'ai le temps, puis j'y
reviendrai au besoin. Il se fait 30 000 appels par semaine au guichet
d'accès. Ça, c'est comparé à zéro il y a un an, les gens n'avaient pas
d'endroit pour appeler quand ils n'avaient pas un médecin. Ces temps-ci, il se
fait 30 000 appels. Savez-vous c'est quoi, la moyenne de temps
d'attente? 30 minutes. Ça, ça veut dire qu'en ce moment la moyenne des Québécois attend
30 minutes pour être capable de prendre un rendez-vous, puis ils sont
capables de rencontrer un médecin ou un professionnel.
La Présidente : En terminant.
M. Dubé : Je reviendrai, Mme la
Présidente.
La Présidente : Première
complémentaire.
Fortin : Bon, vu que le ministre aime ça, les chiffres, on
va en parler, de chiffres. Voici ce qui se passe, là, dans ma région, en Outaouais. Puis j'en ai une pile,
une pile de dossiers de citoyens à vous faire... à vous partager là-dessus. En
voici une : «J'ai appelé le 8-1-1. On
m'a dit que ça prendrait 45 minutes, alors j'ai pris l'option qu'on
rappelle — dans
vos stats, c'est à 45 minutes. On a rappelé trois heures plus tard,
par une adjointe administrative, pour me faire dire qu'une infirmière me
rappellerait dans quelques jours.»
Quelques
jours pour parler à une infirmière, pas pour avoir un rendez-vous, pas pour
voir un médecin, pour parler à une infirmière. Ça ne tient pas la route,
La Présidente : M. le ministre.
M. Dubé : Écoutez, on va rester
calmes, je vais prendre un petit caramel. Je vous dirais, Mme la Présidente... Mme la Présidente, on a un système qui s'améliore
tous les jours. On a mis en place un guichet d'accès que les Québécois apprécient. Moi, j'en rencontre, des gens qui
disent : Écoutez, je n'étais pas capable de voir un médecin, avant, je
n'étais pas capable de parler à personne.
Là, on me
dit : Les temps d'attente sont longs dans certaines régions. On a engagé
plus de 150 infirmières dans les deux
derniers mois, on est passé à 400 personnes qui répondent au téléphone à
tous les jours, 400 personnes. Est-ce qu'on pourrait en avoir plus? Est-ce que l'opposition est au courant qu'il
nous manque de personnel en ce moment? J'aimerais ça...
La Présidente : En terminant.
M. Dubé : ...en engager 200 de plus,
Mme la Présidente, mais on y travaille. Les Québécois sont contents des efforts
qu'on fait.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Fortin : Bien, oui, il manque de personnel, mais le
ministre n'a aucune solution pour ça, le manque de personnel. Je vais vous dire quelque chose de pire : En
Outaouais, puis là il n'y a personne, j'espère, au gouvernement qui va se lever
pour dire qu'il trouve que c'est bien
correct, là, si vous appelez le 9-1-1,
le 9-1-1, et que
votre appel n'est pas jugé prioritaire, vous savez ce qu'on fait? On vous transfère au 8-1-1, puis, encore là,
vous n'êtes pas garanti d'avoir un rappel la journée même par une
infirmière. Vous appelez le 9-1-1, puis ça peut prendre des jours avant qu'on
vous rappelle.
Vous êtes
fiers de ça? Vous allez vraiment vous lever pour dire que c'est correct, que c'est
suffisant, que c'est approprié, ça?
La Présidente : M. le ministre.
Dubé : Mme la Présidente, il y a un grand principe, dans
toute organisation qui veut s'améliorer, ça s'appelle un principe
d'amélioration continue, on part d'un endroit qui ne fonctionne pas et on
améliore. À chaque fois, il peut y avoir des exceptions. C'est ça,
l'amélioration continue. C'est exactement ce qu'on est en train de faire
partout.
Le député de Pontiac peut me citer les endroits,
les exceptions qui ne fonctionnent pas à tous les jours, il pourra le faire...
M. Dubé : Mme la Présidente, Mme le
Présidente, ce que je dis, c'est qu'on s'améliore à tous les jours. Les Québécois sont conscients que le système était mal
fait, il était cassé, il y a quelques années. On est en train de l'améliorer.
Et j'espère que toutes les régions vont être capables...
La Présidente : En terminant.
M. Dubé : ...d'être
améliorées au même niveau qu'on a un peu partout au Québec.
Présidente : Bon, M. le député de Pontiac, je vous entends. M.
le leader du gouvernement, très brièvement. Un rappel au règlement?
Jolin-Barrette : Mme la Présidente, écoutez, le député de Pontiac
interpelle d'un bord à l'autre de la Chambre pendant que le ministre de la Santé répond. Je crois que le ministre de
la Santé peut répondre. Et je crois qu'il faut aussi éviter de...
Présidente : Bon, je suis debout. Merci, M. le leader du
gouvernement. Effectivement, il n'y a qu'une personne qui a le droit de
parole. Et vous ne vous interpelez pas, vous le savez.
En question
principale, je reconnais la députée de Bourassa-Sauvé. La parole est à vous,
juste à vous. On l'écoute.
Cadet : Merci, Mme la Présidente. Imaginez être un
travailleur ayant été exposé toute votre carrière à la fibre d'amiante. Imaginez, des années après avoir
pris votre retraite, commencer à présenter des problèmes respiratoires
qui ne pardonnent pas. Avant même de
recevoir un diagnostic, votre décès est constaté. L'autopsie confirme un
mésothéliome, une condition pour laquelle la présomption de maladie
professionnelle s'applique dans votre cas.
Votre
succession, déjà affligée, transmet à la CNESST une demande d'indemnisation. Elle
est refusée. Pourtant, le comité des
maladies professionnelles pulmonaires et le comité spécial des présidents sont
sans équivoque : vous étiez bel et bien atteint d'une maladie professionnelle pulmonaire, et cette lésion a
directement causé votre décès. La CNESST refuse d'indemniser votre succession parce que la réclamation pour lésion
professionnelle n'a pas été produite avant votre décès, en vertu d'une
politique interne de la CNESST.
Mme la Présidente, le ministre peut-il nous dire
s'il trouve cette condition d'indemnisation raisonnable?
La Présidente : La réponse du
ministre du Travail.
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente. Je pense que c'est important de rappeler qu'on a procédé à une
vaste modernisation du régime de santé et sécurité du travail, au Québec. Le
coeur de cette réforme-là s'articulait autour de la prévention, et alors que, pendant 40 ans, les maladies
professionnelles présumées étaient dans un règlement qui a été coulé dans le béton, qui n'a jamais fait l'objet
d'un amendement, on a bonifié substantiellement cette liste-là, et les
travailleurs, travailleuses peuvent
bénéficier d'une présomption de maladie professionnelle présumée pour bien
d'autres maladies qui ont été
ajoutées et, maintenant, dans un règlement qui pourra suivre l'évolution des
connaissances scientifiques internationales, avec la mise en place d'un
comité scientifique.
Le cas qui
nous est rapporté par la collègue de Bourassa-Sauvé, évidemment, moi,
j'aimerais en discuter. Je ne connais pas le cas, je ne connais pas la
décision. On pourra se rencontrer, vous le savez, on a beaucoup d'opportunités d'échanger sur des cas particuliers, et on verra
comment la loi a été appliquée. S'il y a une décision qui a été rendue, elle
peut faire l'objet...
La Présidente : En terminant.
M. Boulet : ...d'une contestation au
Tribunal administratif du travail. Merci, madame.
La Présidente : Première
complémentaire.
Cadet : Merci, Mme la Présidente. Justement, parlons du Tribunal administratif du travail. Quand un proche décède, la dernière chose qui nous tente, en plus de vivre son deuil,
c'est d'avoir à faire des démarches interminables devant le TAT, qui leur donne raison. J'ai en main cinq
décisions récentes du Tribunal
administratif du travail que je
dépose en Chambre. L'une d'elles trouve que c'est faire preuve d'un
formalisme inacceptable.
Est-ce que le
ministre trouve ça humain d'imposer à des familles qui viennent de perdre un
proche de devoir se battre au TAT pour obtenir leur dû?
La Présidente : Consentement pour le
dépôt? Consentement. M. le ministre.
Boulet : Merci, Mme la Présidente. Évidemment, je ne suis
pas en mesure de faire des commentaires, n'ayant pas eu à prendre connaissance de ce dossier-là. Il y a des formalités à
remplir. Évidemment, les indemnisations pour des événements qui
surviennent au travail, que ce soit un accident ou une maladie, doivent faire
l'objet d'un examen qui est attentif par les
personnes qui sont spécialisées dans ces cas-là à la CNESST. Encore une fois,
est-ce que c'est un cas qui est
inhumain? Est-ce que c'est une décision du Tribunal administratif du travail
qui n'a pas de bon sens, qui est déraisonnable? Il y a des procédures
judiciaires. Et je suis un partisan de tout...
La Présidente : En terminant.
M. Boulet : ...ce qui est le moins
formel possible, et on va regarder ce cas-là à son mérite. Merci.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Cadet : Ce n'est pas la décision du Tribunal administratif
du travail qui est déraisonnable, c'est la politique interne de la CNESST, que le ministre a le pouvoir
de faire changer. En ce moment, moi, je ne trouve pas ça normal que la CNESST exige qu'une réclamation soit produite
avant le décès pour accorder à la succession le paiement de l'indemnité
pour préjudice corporel.
La Cour
d'appel donne raison aux familles, le TAT donne raison aux familles. Est-ce que
le ministre s'engage à faire modifier la politique interne de la CNESST
aujourd'hui?
La Présidente : Pas de commentaire
après la question. La réponse du ministre.
Boulet : Merci, Mme la Présidente. Je m'engage à rencontrer
ma collègue, à analyser la situation à son mérite, et, s'il y a des interventions à faire, nous les
ferons. Ce qui est important, ce n'est pas tant la politique interne que ce qui
est prévu dans la
Loi sur les
accidents de travail et maladies professionnelles, et je vais m'assurer que ce
soit respecté. Puis, s'il y a des procédures à prendre, nous les
prendrons. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente : En question
principale, je reconnais le chef du deuxième groupe d'opposition.
Nadeau-Dubois : Merci, Mme la Présidente. Rien pour les patients,
rien pour le temps d'attente aux urgences, rien pour l'accès aux soins,
rien pour ramener les soignantes qui par milliers ont claqué la porte du
système public. Tout le monde l'a dit au ministre de la Santé, sa réforme
mammouth contourne les vrais problèmes en santé. Ce matin, il y a un chercheur réputé qui ajoute sa voix, je
le cite : «Le projet de loi n° 15, ce n'est pas une solution
sérieuse.» Fin de la citation.
Mais le
premier ministre n'écoute pas. Il se lance tête baissée dans une énième réforme
de structure qui va centraliser encore
plus notre système de santé, comme si notre système, actuellement, là, il
n'était pas assez centralisé. Pendant ce temps-là sur le terrain, il y a des
patients qui attendent des heures au téléphone pour finalement se faire dire d'aller
aux urgences. Pendant ce temps-là, il y a du monde à faibles revenus qui gratte
les fonds de tiroir pour payer des prix exorbitants au privé parce qu'ils ne sont pas capables d'avoir
des soins gratuits au public. Moi, je n'en reviens pas que ça se passe au
Québec. Il n'y a pas de quoi être fier. Ce n'est pas ça, le projet de société
qu'on a choisi. Le premier ministre ne devrait pas être fier de ça.
J'ai une
question très simple pour lui ce matin : Est-ce qu'il peut nous dire
combien d'infirmières sa réforme de la santé va rapatrier dans notre système
public?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
Legault : Oui, Mme la Présidente, d'abord, je voudrais
souhaiter une bonne fête au chef du deuxième groupe d'opposition. J'ai
l'impression que ça va être sa fête, au caucus, aujourd'hui. Quand on est rendu
qu'il y a des députés qui disent
qu'il faut qu'ils parlent de l'augmentation de salaire avec leurs femmes, je
pense qu'il va avoir un caucus excitant.
Maintenant,
Mme la Présidente, concernant la réforme en santé, bien, on en parlait tantôt,
30 000 appels par semaine au GAP plus 500 000 Québécois de plus
qui ont accès à un GMF. On a, Mme la Présidente, ajouté
10 000 préposés aux bénéficiaires
durant la pandémie, il en reste 8 000. On est en train, actuellement...
belle réponse, 3 000 préposés aux bénéficiaires qui acceptent
de suivre une formation rapide.
Maintenant,
la présidente du Conseil du trésor est en train de s'assurer que, dans la
nouvelle convention collective, il va y avoir une meilleure organisation du
travail, qu'on va inciter plus d'infirmières à travailler la nuit, la fin de semaine,
à temps plein. Il y a des incitatifs dans
les cégeps et des universités pour les étudiants qui étudient en sciences
infirmières.
Donc, Mme la Présidente, on agit. Pendant que
Québec solidaire fait des beaux discours, nous, on agit.
La Présidente : Première
complémentaire.
Nadeau-Dubois : Le premier ministre a complètement contourné ma
question. Il n'y a rien de ce qu'il vient de me nommer qui est dans sa
mégaréforme de structure. Je lui ai demandé, dans sa réforme, là, dans son
projet de loi, qu'est-ce qu'il y a qui va
ramener du monde travailler au public. C'est pour ça que le monde n'ont pas de
soins, au Québec, c'est parce qu'il n'y a pas assez de monde pour donner
des soins gratuits au public.
Qu'il réponde à ma question : Combien
d'infirmières sa réforme va ramener dans le secteur public?
La Présidente : M. le premier
ministre.
Legault : Mme la Présidente, j'ai essayé de l'expliquer, je
vais le réexpliquer. Actuellement, on forme rapidement des préposés qui vont prendre des responsabilités
qui sont actuellement assumées par des infirmières. On met des incitatifs
pour que plus de personnes étudient pour devenir infirmières.
Maintenant,
dans le projet de loi n° 15, on va vers une gestion de proximité. On remet
en place un D.G. dans chaque établissement.
On donne plus de pouvoirs localement pour avoir des meilleurs horaires avec les
infirmières, pour être capables de mieux répondre aux besoins des
patients. C'est ça qui devrait être notre objectif, d'ailleurs.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Nadeau-Dubois : Culture, organigramme, gestionnaires, ça ne ramène
personne dans le système public, ça. Les femmes qui ont quitté, là, ce
n'est pas juste parce qu'elles n'avaient pas le bon patron qu'elles ont quitté
le système public, c'est parce que les
conditions de travail sont devenues invivables. C'est ça que ces femmes-là nous
disent. Je dis «femmes» parce qu'en grande majorité ce sont des femmes.
Le premier
ministre n'est pas capable de répondre à ma question parce qu'il sait très bien
que sa réforme en santé, ça va améliorer les conditions de travail du ministre
de la Santé, mais ça n'améliorera pas les conditions des femmes sur le
terrain.
La Présidente : M. le premier...
S'il vous plaît! M. le premier ministre.
Legault : Oui. Mme la Présidente, actuellement, ce qu'on
voit, dans le réseau de la santé, c'est que le fardeau est assumé par un petit
pourcentage des infirmières qui se retrouvent souvent à faire du temps
supplémentaire obligatoire. Ce qu'on
veut, c'est qu'il y ait plus d'infirmières qui acceptent de faire du temps
plein, que les infirmières qui ont, par exemple, moins d'obligations familiales
acceptent des primes pour travailler la nuit, la fin de semaine, ce qui est
plus difficile pour certaines infirmières, donc, bref, une meilleure
organisation du travail. Pour qui? Pour le patient.
La Présidente : En question
principale, je reconnais la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Dans les dernières
semaines, au CIUSSS de l'Estrie, il y a six gestionnaires qui ont quitté leurs fonctions : la directrice des services
professionnels, le chef de la médecine générale, la chef de la médecine
d'urgence, la directrice adjointe des
services professionnels, la chef de la psychiatrie, la directrice du soutien à
domicile, des services en gériatrie, en déficience
et en trouble du spectre de l'autisme. Ces gestionnaires-là sont partis en
dénonçant la lourdeur administrative, l'inertie, l'absence de gestion de
proximité.
mots qu'ils ont utilisés, je les ai entendus très, très souvent de la part des
employés, qui quittent pour les mêmes raisons
depuis des années. En 2022, en Estrie, il y a un employé du CIUSSS sur cinq qui
a quitté son emploi. C'est impossible de croire l'administration qui
nous dit que tout est sous contrôle, avec autant de départs.
citoyens paient très cher, en ce moment, le prix de la gouvernance
ultracentralisée. Et pourtant le ministre a réitéré sa confiance envers
la direction du CIUSSS de l'Estrie.
Est-ce que le
ministre a rencontré les gestionnaires qui ont démissionné avant de réitérer sa
confiance?
La Présidente :
La réponse du ministre de la Santé.
M. Dubé : Je trouve intéressant, Mme la Présidente, que des
gens qui critiquent le projet de loi n° 15 en disant que c'est centralisateur voudraient que le ministre se
mêle de la gestion d'un CISSS ou d'un CIUSSS. Je trouve ça intéressant, c'est tout à fait contradictoire. Et, je pense,
Mme la Présidente, qu'au contraire j'ai parlé plusieurs fois au P.D.G. pour lui
demander de m'expliquer la situation. Il me
l'a expliquée. Puis j'ai dit : Comment vous jugez les raisons des gens qui
sont... qui ont quitté?
Premièrement,
on est dans un changement de culture très important, au CIUSSS de l'Estrie.
Quand on parle de... quand le premier
ministre parlait de gestion de proximité puis de s'assurer que nos
gestionnaires cliniques... Puis d'ailleurs la gestion clinique est un
élément excessivement important du projet de loi n° 15. On dit qu'on veut
un changement de culture. Ce n'est pas
uniquement le médecin qui doit travailler seul dans son petit coin, il doit
travailler en cogestion. C'est un
concept qu'on a beaucoup discuté dans nos commissions parlementaires. Ce que le
médecin applique en ce moment, qui est notre P.D.G., c'est ce changement
de culture là.
Présidente : En terminant.
M. Dubé :
Puis je pourrai continuer, Mme la Présidente.
Présidente : Première complémentaire.
Mme Labrie : Moi, j'ai deux médecins-chefs qui m'ont dit qu'il
y a des employés du ministère qui sont venus visiter leur département, qui ont fait des recommandations, des
recommandations qui répondaient aux besoins sur le terrain. Dans les deux cas,
la direction du CIUSSS a refusé d'écouter les médecins-chefs qui voulaient
appliquer les recommandations du ministère.
Comment
ça se fait que, même quand le ministère et les gens sur le terrain s'entendent,
ce n'est pas possible de mettre en
oeuvre les recommandations? Est-ce que le ministre trouve ça normal que ni son
ministère ni les gens sur le terrain ne sont en mesure de se faire
écouter par la direction du CIUSSS?
Présidente : M. le ministre.
M. Dubé : Alors, je le répète, là, si on veut faire de la
microgestion entre le ministère et le réseau, c'est exactement le contraire de
ce que p.l. n° 15 veut faire. On veut décentraliser le réseau, on
veut un changement de culture où on va avoir de la gestion de proximité.
Mais,
si, par exemple, les médecins qui font cette gestion-là en ce moment ne sont
pas d'accord avec ce principe-là, il est
tout à fait normal qu'ils veuillent partir. Mais, par exemple, la question
qu'il faut se poser : Est-ce qu'on est capable de les remplacer? La
réponse est oui. On a des gens qui souscrivent à cette façon de travailler là
et qui ont accepté de remplacer les personnes qui ne voulaient pas...
Présidente : En terminant.
M. Dubé : ...cette
gestion de changement là. Je pense, c'est plutôt ça qu'il faut regarder, Mme la
Présidente.
La Présidente :
Deuxième complémentaire.
Mme Labrie : Le ministre dit souvent qu'il écoute les gens sur
le terrain. Là, il m'a dit qu'il avait écouté le P.D.G. Moi, ce que je voudrais, c'est qu'il écoute les
gens qui ont démissionné, des gens qui en ont très long à dire sur la cogestion
dont le ministre nous parle, qui veulent
faire de la cogestion, mais qui n'ont pas l'impression d'en faire, actuellement,
et qui s'inquiètent parce que les impacts des décisions, actuellement,
c'est les patients qui les vivent.
Moi,
j'ai une proposition à faire au ministre. Si je réunis les gestionnaires qui
ont démissionné, est-ce qu'il est prêt à venir s'asseoir avec nous pour
les écouter?
La Présidente : M. le ministre.
Dubé : On va faire de la microgestion avec la députée, si
elle veut, mais ce n'est pas le message qu'on veut passer. J'ai dit qu'on allait suivre la situation de près.
Il y a les entrevues, qu'on appelle des entrevues de sortie, qui vont se faire
avec le ministère, comme ça se fait dans les
bons processus de ressources humaines. Mais j'aimerais ça dire à la députée
que, si c'est l'approche de microgestion qu'un député veut faire, moi, je pense
que c'est le contraire. Il faut laisser aux gens en place le choix d'avoir les leviers qu'ils ont besoin, faire de la
gestion de proximité, un changement de culture pour être capables de
prendre les décisions au bon endroit. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant la députée de Mercier.
Ghazal : Merci, Mme la Présidente. La CAQ veut une
immigration 100 % francophone. Encore faut-il que le test de
français pour les immigrants soit fiable.
En ce moment,
le test de français pour les immigrants n'est pas fiable, il est contesté par
tout le monde. Tenez-vous bien, Mme la Présidente, ce test-là, au Québec, il
est «made in France». Le test est si peu adapté à notre réalité que même la
journaliste du Devoir a eu de la misère à le réussir. Les choix de
réponses sont bizarres, ambigus, loufoques.
Prenons
l'exemple des tests oraux. On n'entend même pas notre accent québécois.
Pourtant, on a toute l'expertise, au Québec, pour que les tests soient
faits ici, avec notre parler québécois, dont on doit être fiers.
On n'est plus
dans les années 50, où on était gênés de notre parlure. Je pensais que,
depuis Michel Tremblay, on était sortis de l'esprit colonisé qui nous
complexait face à la mère patrie.
Si le français
est aussi important pour la CAQ, qui se dit nationaliste, pourquoi le test
n'est pas fait ici? À quand un test de français fait au Québec, chez
nous?
La Présidente : La réponse de la
ministre de l'Immigration, de la Francophonie et de l'Intégration.
Fréchette : Oui, Mme la Présidente. Bien, en fait, notre
position est claire, là. À ce sujet là, il faudrait à tout le moins que les
tests soient mieux adaptés au contexte québécois. Il y a des références au
Québec qui ont déjà été introduites, là, dans plusieurs des tests standardisés.
On veut que ça se poursuive, comme travail. Et j'ai demandé à mes équipes au
ministère de l'Immigration, donc, de travailler à ce que les tests soient mieux
adaptés au contexte québécois. Donc,
il y a des analyses, il y a des travaux qui sont en cours à ce sujet là en ce
moment, et je pourrai faire état des décisions, des résultats de ces
analyses ultérieurement.
Mais j'aimerais quand même rappeler, là, que la
CAQ a hérité, là, du fiasco libéral, en lien avec la francisation, tel que c'était stipulé par la Vérificatrice
générale. Alors, il y a un gros travail, des gros chantiers qui doivent être
mis en place pour rétablir tout ce qui se doit, en matière de francisation, et
c'est ce qu'on a fait ces dernières années, c'est ce qu'on continue à faire. D'ailleurs, lundi, cette
semaine, avec mon collègue ministre de la Langue française, on a annoncé
la création de Francisation Québec, qui sera
mis en place à partir de demain. Alors, vraiment, on fait des avancées
importantes...
La Présidente : En terminant.
Mme Fréchette : ...et on va
continuer à le faire.
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Ghazal : Je suis contente
d'entendre la ministre dire qu'il faudrait qu'il soit mieux adapté. Au moins, elle reconnaît le problème. Mais nous, on veut
aller plus loin. Québec solidaire, on a déposé une motion pour que le test
soit fait ici.
J'ai une
proposition à faire au ministre de la Langue française. L'OQLF, là, c'est un
organisme québécois. Il est respecté
au Québec, mais aussi partout dans le monde. Est-ce que le ministre de la
Langue française peut s'engager à ce que les tests soient conçus et
gérés par l'OQLF au Québec, pas à Paris?
La Présidente : La réponse de la
ministre de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration.
Mme Fréchette :
Oui, Mme la Présidente. Bien, je
vais réitérer le fait qu'il y a des analyses qui sont en cours pour faire en sorte que les tests standardisés incluent
davantage de dimensions propres au Québec. Donc, on va continuer à procéder
à ces analyses-là, jusqu'à ce qu'elles
soient complètes, et on verra quelles sont les pistes d'action. Mais notre
volonté, c'est que ces tests doivent
intégrer une dimension relative au Québec, et c'est donc ce sur quoi on a
travaillé. Et je dirais que ça s'inscrit
en complémentarité avec l'ensemble des actions qu'on a mises de l'avant pour
rehausser la connaissance du fait français,
et je fais référence notamment aux annonces de la semaine passée, pour faire en
sorte qu'on ait une immigration économique francophone, à la mise sur
pied de Francisation Québec à partir de demain...
La Présidente :
En terminant.
Fréchette : ...et également au doublement de nos budgets en matière de
francisation.
Présidente : Deuxième complémentaire.
Mme Ghazal : Bonne chance de demander à des Français d'adapter
le test à notre réalité québécoise avec notre accent québécois. J'ai
hâte de voir ça.
Moi,
là, j'ai appris le français ici, au Québec, puis j'ai l'accent québécois parce
que je l'ai appris ici, par des gens ici, au Québec. On doit être fiers
de notre expertise en francisation. On a des professionnels aussi en
francisation.
J'aimerais
entendre le ministre de la Langue française, c'est à lui que j'adresse ma
question. Je ne comprends pas pourquoi
la CAQ résiste. Est-ce que c'est parce que le ministre ou la CAQ ne fait pas
assez confiance à nos fonctionnaires, à notre expertise ici, à nos
professionnels?
Présidente : La réponse de la ministre.
Mme Fréchette :
Oui, Mme la Présidente. Bien, je
voudrais réitérer le fait qu'on ne va pas dédoubler les démarches. Les travaux en lien avec les tests standardisés
pour la connaissance du français se font au ministère de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration.
Et donc on poursuit nos analyses, on regarde ce qui est envisageable, et on va
conclure ces travaux avant de terminer notre...
Fréchette : ...et de définir, plutôt, la voie à suivre pour la suite.
Présidente : Je vous rappelle de fermer la sonnerie de vos appareils.
Question principale,
le député de Taschereau. Vous avez la parole.
Grandmont : Merci, Mme la Présidente. René, Jean-François, Sylvain. Je
ne sais pas si c'est des mots qui résonnent
dans l'esprit de la ministre responsable du Tourisme. C'est trois locataires
qui vivent dans leur logement depuis plusieurs
années, trois locataires qui vont se faire évincer le 1er juillet parce
que leur nouveau propriétaire a décidé de les évincer pour faire du
Airbnb.
Jeter
les gens à la rue pour faire du Airbnb, ce n'est pas quelque chose qu'on
devrait accepter. Pourtant, on vit ça partout
au Québec. On vit ça dans les villes, on vit ça dans les régions, mais ce n'est
pas ce que j'appellerais prendre soin de
notre monde. On ne peut pas tolérer qu'une loi, actuellement, permette encore
de faire ça, au Québec, de mettre des gens à la rue pour faire la piastre.
Ça devrait être interdit.
Aujourd'hui,
on commence l'étude du projet de loi n° 25. La ministre du Tourisme a eu l'occasion en or de revoir la loi qui encadre ce genre de pratique là. Je lui ai dit que j'étais
ouvert à collaborer avec elle. J'aimerais entendre la même chose d'elle.
Est-ce
qu'on peut travailler ensemble à empêcher les évictions pour un changement
d'affectation en lien avec Airbnb?
Présidente : La réponse de la ministre du Tourisme.
Proulx : Merci, Mme la Présidente. On parle du Code civil, ici, on ne parle pas de la Loi
sur l'hébergement touristique. Ça fait qu'il faut être clair, là. On
parle de deux choses complètement différentes.
Maintenant,
pour ce qui est de s'attaquer à Airbnb, je ne pense pas que les groupes
d'opposition, aujourd'hui, peuvent lever le nez sur les actions que le
gouvernement du Québec a menées contre le géant du Web. Même si le député dit
que la ministre n'avait pas mis ses culottes à l'époque, je pense qu'on a pris
le taureau par les cornes, pour utiliser une expression qui est plus
appropriée.
On commence à
débattre, aujourd'hui, du projet de loi n° 25. Vous avez fait des demandes
auxquelles, d'ailleurs, on a déjà accepté de consentir. Je trouve ça ordinaire,
comme dirait l'autre, aujourd'hui, que vous veniez mélanger deux choses, donc le Code civil, les évictions,
qui, vous savez très bien, ne relèvent pas de la
Loi sur l'hébergement touristique.
Maintenant,
en ce qui me concerne, la loi sera revue à partir d'aujourd'hui, et j'espère
l'entière, pleine collaboration des oppositions à cet égard-là.
Présidente : Je vous rappelle qu'on s'adresse à la présidente.
M. le député, première complémentaire. On vous écoute.
M. Grandmont : Merci,
Mme la Présidente. Le 1er juillet, c'est dans 31 jours. La crise du
logement, c'est maintenant. On a une possibilité d'agir maintenant. On va
proposer un amendement qui viendra proposer des modifications à l'intérieur du projet de loi. On pourra en
discuter avec la ministre. Moi, ce que je dis, c'est qu'il y a un projet de loi
sur la table.
Est-ce qu'on va attendre plusieurs semaines,
plusieurs mois, alors que le 1er juillet s'en vient? Est-ce qu'on va attendre que d'autres ménages se retrouvent à la
rue, alors qu'on a une occasion en or de travailler, dans la collaboration,
bien entendu, à régler ce problème-là dès maintenant?
La Présidente : Mme la ministre.
Proulx : Mme la Présidente, je me pose des sérieuses
questions, à la lumière de la question du député, parce que, là, il me dit
qu'il va me déposer des amendements d'une loi qui ne relève pas du ministère du Tourisme. Ça fait que, là, on est-u en train de m'annoncer publiquement, ce matin, qu'on va
faire du «filibusting» sur le projet de loi n° 25, qu'on
souhaite adopter le plus rapidement...
La Présidente : ...le leader du
deuxième groupe d'opposition.
M. Leduc : Bon, en plus du ton
infantilisant, on prête des intentions. Donc, j'aimerais qu'on redresse...
La Présidente : M. le leader du
gouvernement, brièvement, votre rappel au règlement. Lequel?
M. Jolin-Barrette : 35, Mme la
Présidente. Je pense que la ministre est soucieuse qu'il n'y ait pas de
piraterie procédurière comme le fait le député de...
Présidente : O.K. C'est beau, M. le leader du gouvernement, je
sais où vous allez. On va poursuivre dans le respect. Et je vous rappelle qu'on
n'impute pas des motifs aux collègues. Mme la ministre, poursuivez.
Mme Proulx : Je vais prendre un
caramel du ministre de la Santé, je pense.
J'espère
qu'on va travailler ensemble. Il s'agit du projet de loi n° 25, ici, on
n'est pas dans le Code civil pour revoir les évictions. Le premier
ministre s'est engagé à adopter la loi à la fin de la session...
La Présidente : En terminant.
Mme Proulx : ...pour que la nouvelle
saison touristique puisse prendre effet maintenant avec la nouvelle...
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Grandmont : Merci, Mme la Présidente. Je rassure toute de
suite la ministre, on est là pour travailler en collaboration. La
ministre sait aussi, par ailleurs, très, très bien qu'en travaillant avec
consentement, en consentement, on est capables de faire des grandes choses. Et on a une occasion en or, avec le projet
de loi n° 25, actuellement, de revoir plus large que ce qui est
actuellement sur la table, avec le consentement, bien entendu.
Je le
rappelle, on est 31 jours avant le 1er juillet. La crise du logement,
elle s'en vient, malgré que le premier ministre n'a pas voulu le
reconnaître. On a une possibilité d'agir rapidement là-dessus.
Est-ce que la ministre va montrer de l'ouverture
à ce qu'on travaille sur cette législation?
Présidente : Mme la ministre. C'est bruyant tout le tour de
vous, là. On écoute la réponse de la ministre comme on écoute les questions.
Proulx : Bien, est-ce que vous voulez qu'on traite du
projet de loi n° 15 du ministre de la Santé, tant qu'à faire? Je veux
dire, on peut ouvrir ça, là, on peut faire le n° 15.
On peut faire le vôtre, le numéro 14, M. le ministre. Bien, écoutez, on peut tout
ramener ça à Tourisme. Visiblement, on est assez bons pour produire des projets
de loi rapidement, efficients.
Je rappelle
que ce n'est pas l'objectif du projet de loi n° 25, c'est de venir
moderniser la loi puis de serrer la vis aux plateformes internationales comme
Airbnb. C'est ce à quoi je me suis engagée. Le Code civil, ce n'est pas ma job,
c'est celle des autres. Je ne pige pas dans la table des autres, je vais
jouer dans la mienne. J'espère votre collaboration.
Présidente : En question principale, je reconnais Mme la
députée de Saint-Laurent. On l'écoute. La parole est à vous, juste à
vous.
Mme Rizqy : L'une des missions de
l'État, c'est l'instruction publique, la transmission des connaissances, le
savoir, le savoir-faire, et le savoir-être, et j'insiste aussi là-dessus.
La semaine dernière, j'ai été profondément
troublée par un reportage de Valérie Lebeuf, de Cogeco Nouvelles. Il est allégué, et c'est très grave, là, que, dans
une école primaire, les missions de l'État ne sont pas respectées, qu'il y a
des lacunes graves de pédagogie, que
des coups de règle sont donnés sur les bureaux; pire, Mme la Présidente, que
des services professionnels ont été refusés. Pourquoi? Parce que des
hommes trouvent confrontant qu'une femme orthophoniste, orthopédagogue ou
ergothérapeute rentre dans une classe.
Moi, je veux
savoir, il y a eu un rapport accablant, de 27 pages, qui a été préparé par
une firme de relations de travail : Est-ce que le prédécesseur en
Éducation a eu ce rapport? Est-ce que l'actuel ministre a eu ce rapport? Est-ce
qu'un enquêteur ou enquêtrice a été dépêché à l'école?
La Présidente : La réponse du
ministre de l'Éducation.
M. Drainville : Oui,
Mme la Présidente, j'ai pris connaissance, bien entendu, de ce reportage. On a
demandé des vérifications, Mme la Présidente. Le centre de services
scolaire est intervenu. La direction, également, de l'école est intervenue, si on parle bien de l'école Bedford,
là. C'est bien ça, là? Très bien. Parce qu'il y a beaucoup de reportages sur
beaucoup d'écoles. Alors, sur Bedford, Mme
la Présidente, il y a effectivement des actions qui ont été prises. Je prends
très au sérieux les faits qui ont été rapportés.
Maintenant, du côté du centre de services
scolaire, ils ont dépêché, effectivement, des équipes. Il y a eu des professionnels qui sont intervenus auprès de
l'équipe-école. Il y a eu des discussions au sein de l'équipe-école pour
s'assurer notamment qu'il y ait un bon contexte d'apprentissage et
d'enseignement dans cette école-là.
Il y a eu
effectivement des enjeux par le passé, on me dit... le centre de services
scolaire me dit que la situation s'est résorbée,
mais, je le répète, des vérifications sont en cours, et je vais attendre, donc,
le résultat de ces vérifications-là avant de statuer, Mme la Présidente.
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Rizqy : Mme la Présidente, il
est excessivement rare de dépêcher une équipe de psychologues pendant deux mois dans une école, il est excessivement
rare d'avoir un rapport assez accablant. On prétend, dans ce rapport, qu'il
faut démanteler le noyau dur de leaders négatifs, qu'il y a des lacunes
au niveau de la pédagogie et de l'enseignement, qu'il faudrait avoir une formation tant au niveau pédagogique qu'au niveau
comportemental pour les enseignants, à savoir le savoir-vivre.
Mme la Présidente, est-ce que, oui ou non, il a
le rapport?
La Présidente : M. le ministre.
Drainville : Non, je n'ai pas le rapport, Mme la Présidente.
Maintenant, je réitère que des informations ont été diffusées dans les médias,
que des informations nous ont été transmises par le centre de services
scolaire, et on est en train de faire nos propres vérifications, Mme la
Présidente. Je pense que c'est la bonne chose à faire. On va y aller de façon responsable, parce que
les faits qui ont été rapportés sont quand même très graves, Mme la Présidente.
On dit notamment que c'est parce que l'école est constituée d'une
équipe-école majoritairement d'origine maghrébine que les problèmes
s'ensuivent...
Présidente : En terminant.
M. Drainville :
...que c'est ça qui produit la
situation problématique. Vous comprendrez, Mme la Présidente, qu'avant
de conclure on va aller s'informer.
Présidente : Deuxième complémentaire.
Mme Rizqy : Moi,
je ne suis pas allée là, là. Moi, là, ce que je veux savoir, aujourd'hui... On
a un ministre de l'Éducation qui doit
s'assurer que la mission de l'État soit respectée, à savoir que le cursus
pédagogique est respecté, mais aussi
que... Je vous rappelle qu'un gouvernement libéral a fait inscrire dans la
charte des droits et libertés du Québec l'égalité homme-femme, c'est non négociable, et qu'aucune
femme professionnelle ne devrait se faire refuser l'accès, qu'aucune
classe au Québec ne devrait être verrouillée à une professionnelle femme,
jamais.
Alors, oui ou non?
Pourquoi il n'a pas encore commandé ce rapport-là?
Présidente : M. le ministre.
M. Drainville :
Mme la Présidente, j'ai dit que
les faits allégués sont graves., et, avant de conclure, on va s'assurer que ce qui a été rapporté est confirmé. Ce qui
arrive, puis j'ai déjà été dans l'opposition, Mme la Présidente, tu prends des
faits puis tu tires toi-même tes propres
conclusions. Nous, au gouvernement... nous, au gouvernement, Mme la Présidente,
on a une responsabilité supplémentaire,
c'est de s'assurer que les faits qui sont allégués sont bel et bien confirmés.
La députée me reprocherait de tirer des conclusions sans avoir fait des
vérifications.
Présidente : En terminant.
M. Drainville :
Je lui dis qu'on va vérifier, et
après on conclura. Il me semble que c'est la bonne marche à suivre.
Présidente : En question principale, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis...
La Présidente :
La parole est à vous, juste à vous.
Mme Maccarone :
Merci, Mme la Présidente. S'il y
a bien un point qui fait l'unanimité, dans le projet de
loi sur la
police, c'est la formation. C'est pour ça que le ministre veut encadrer par
règlement une obligation de formation.
C'est une recommandation du comité sur la réalité
policière, d'obliger 30 heures de formation par année par policier, mais
le ministre ne veut pas écrire «30 heures» dans la loi parce que ça coûte
trop cher. Dans un document reçu du cabinet du ministre, il est écrit, et je cite : «Cette mesure pourrait entraîner des dépenses additionnelles pour les autorités.
Certaines municipalités pourraient
émettre des préoccupations.» Crainte confirmée dans le mémoire de l'UMQ, qui
disent que cette mesure pourrait avoir, et je cite, «des impacts
catastrophiques [sur] les finances municipales».
Combien le ministre a
prévu d'argent dans son budget pour la formation? Zéro.
municipalités demandent au ministre d'analyser les impacts financiers de cette
mesure. Va-t-il le faire? Non.
Est-ce
que le ministre de la Sécurité publique peut dire aux municipalités comment ils
vont éviter la catastrophe?
Présidente : La réponse du ministre de la Sécurité publique.
Bonnardel : ...Mme la Présidente, que la députée me prête des
intentions, parce que je n'ai jamais dit ça verbalement.
Mais je lui ai déjà répondu à cette question plusieurs fois, les lignes
directrices que nous allons établir seront discutées avec nos différents partenaires, et ce sont... avec eux qu'on
va définir, dans ces lignes directrices, le nombre d'heures de formation
continue que les policiers, policières pourront recevoir.
La Présidente : Voilà. Cela met fin
à la période de questions et de réponses orales.
Demeurez en
place, je vous prie, pour le vote reporté. Et, pour ce faire, je cède la place
au troisième vice-président de l'Assemblée nationale. Bonne journée à
tous.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Alors,
comme annoncé précédemment, nous allons maintenant procéder au vote reporté sur la motion de M. le ministre de
la Santé proposant que le principe du projet de loi n° 15, Loi visant à rendre le système de santé et
de services sociaux plus efficace, soit adopté.
Que les députés en faveur de cette motion
veuillent bien se lever.
Le Secrétaire adjoint : M. Legault (L'Assomption),
M. Jolin-Barrette (Borduas), Mme Guilbault (Louis-Hébert), M. Laframboise (Blainville), Mme Fréchette (Sanguinet),
M. Dufour (Abitibi-Est), M. Girard (Groulx), M. Bonnardel
(Granby), Mme LeBel (Champlain), M. Roberge (Chambly), M. Boulet
(Trois-Rivières), Mme D'Amours (Mirabel), M. Martel (Nicolet-Bécancour), Mme Proulx (Berthier),
M. Charette (Deux-Montagnes), Mme Rouleau (Pointe-aux-Trembles),
M. Fitzgibbon (Terrebonne),
Mme Lecours (Les Plaines), Mme Biron (Chutes-de-la-Chaudière),
Mme Roy (Verchères), M. Julien
(Charlesbourg), M. Drainville (Lévis), M. Carmant (Taillon),
M. Caire (La Peltrie), M. Lefebvre (Arthabaska), M. Dubé
(La Prairie), Mme Bélanger (Prévost), M. Lamontagne (Johnson),
Mme Hébert (Saint-François), M. Émond (Richelieu),
Mme Blanchette Vézina (Rimouski), M. Lacombe (Papineau),
Mme Champagne Jourdain (Duplessis), Mme Laforest (Chicoutimi),
M. Lévesque (Chapleau), Mme Charest (Brome-Missisquoi),
Mme Duranceau (Bertrand), Mme Déry (Repentigny), M. Lafrenière
(Vachon), M. Skeete (Sainte-Rose), M. Simard (Montmorency),
M. Allaire (Maskinongé), Mme Grondin (Argenteuil), M. Provençal
(Beauce-Nord), Mme Lachance (Bellechasse), M. Chassin (Saint-Jérôme),
M. Jacques (Mégantic), Mme Boutin (Jean-Talon), M. Bélanger
(Orford), Mme Picard (Soulanges), M. Reid (Beauharnois),
Mme Jeannotte (Labelle), M. Bachand (Richmond), M. Caron
(Portneuf), Mme Blais (Abitibi-Ouest), M. Sainte-Croix (Gaspé),
Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice), Mme Boivin
Roy (Anjou—Louis-Riel), M. Bussière (Gatineau),
M. Lamothe (Ungava), Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac),
M. Poulin (Beauce-Sud), M. Lemay (Masson),
Mme Abou-Khalil (Fabre), M. Bernard (Rouyn-Noranda—Témiscamingue), Mme Dorismond (Marie-Victorin), M. Montigny
(René-Lévesque), Mme Bourassa (Charlevoix—Côte-de-Beaupré), Mme Mallette
(Huntingdon), Mme Dionne
(Rivière-du-Loup—Témiscouata),
Mme Blouin (Bonaventure), Mme Haytayan (Laval-des-Rapides), M. Tremblay (Dubuc),
Mme Bogemans (Iberville), M. Thouin (Rousseau), M. Girard
(Lac-Saint-Jean), M. Lemieux
(Saint-Jean), Mme Tremblay (Hull), Mme Schmaltz (Vimont),
Mme Guillemette (Roberval), Mme Poulet (Laporte),
M. Gagnon (Jonquière), M. St-Louis (Joliette), Mme Gendron
(Châteauguay), M. Rivest (Côte-du-Sud).
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Que
les députés contre cette motion veuillent bien se lever.
Secrétaire adjoint : M. Tanguay
(LaFontaine), M. Derraji (Nelligan), Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont), M. Fortin (Pontiac), Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis),
M. Beauchemin (Marguerite-Bourgeoys), Mme Dufour
(Mille-Îles), Mme Rotiroti
(Jeanne-Mance—Viger), Mme Garceau (Robert-Baldwin),
Mme Rizqy (Saint-Laurent), Mme McGraw
(Notre-Dame-de-Grâce), Mme Prass (D'Arcy-McGee), Mme Lakhoyan Olivier
(Chomedey), Mme Caron (La Pinière), M. Morin (Acadie),
Mme Cadet (Bourassa-Sauvé), M. Ciccone (Marquette).
M. Nadeau-Dubois
(Gouin), M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve), Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques), M. Fontecilla (Laurier-Dorion), M. Zanetti (Jean-Lesage),
Mme Ghazal (Mercier), Mme Labrie (Sherbrooke), M. Cliche-Rivard (Saint-Henri—Sainte-Anne), M. Bouazzi (Maurice-Richard),
Mme Zaga Mendez (Verdun), M. Grandmont (Taschereau).
Le Vice-Président (M. Benjamin) : S'il
y a consentement... On va terminer les contre, d'abord.
Le Secrétaire adjoint : Mme Nichols
(Vaudreuil).
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Alors,
y a-t-il des abstentions?
Donc, alors,
est-ce qu'il y a consentement pour enregistrer le vote des collègues du Parti
québécois, donc, qui sont en faveur? Allez-y.
Secrétaire adjoint : M. St-Pierre
Plamondon (Camille-Laurin), M. Bérubé (Matane-Matapédia), M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine).
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci.
M. le secrétaire général.
Le Secrétaire : Pour : 88
Vice-Président (M. Benjamin) : Alors, cette motion est donc adoptée. En
conséquence, le principe du projet de loi n° 15, visant à rendre le
système de santé et de services sociaux plus efficace, est adopté.
M. le leader du gouvernement.
Lévesque (Chapleau) : Oui, M. le Président, conformément à
l'article 243 de notre règlement, je fais motion afin que le projet de loi n° 15, la Loi
visant à rendre le système de santé et de services sociaux plus efficace, soit
déféré à la Commission de la santé et
des services sociaux pour son étude détaillée et que le ministre de la Santé
soit membre de ladite commission pour la durée du mandat.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Cette
motion est-elle adoptée? Adopté.
À la
rubrique, maintenant, Motions sans préavis, en fonction de nos règles et de
l'ordre de présentation des motions sans
préavis, je reconnais maintenant un membre du groupe formant le gouvernement,
et c'est le ministre de l'Éducation.
Drainville : Mme la... M. — oui — le Président, je sollicite le consentement de
cette Assemblée afin de présenter la
motion suivante conjointement avec la députée de Saint-Laurent, la députée de
Mercier, le député de Matane-Matapédia et la députée de Vaudreuil :
«Que cette
Assemblée souligne la Journée de la valorisation du personnel scolaire qui se
déroulait [...] le 30 mai;
«Qu'elle
réitère l'importance de l'ensemble du personnel scolaire dans le développement
et le bien-être des élèves du préscolaire, primaire et du secondaire ainsi que
ceux en formation professionnelle ou en formation générale des adultes;
«Qu'elle
réaffirme et reconnaisse que l'ensemble du personnel scolaire joue un rôle
central pour la réussite éducative des élèves, mais aussi pour l'avenir
de toute la société québécoise.»
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Consentement,
sans débat. Cette motion est-elle adoptée? Adopté. Oui?
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Ce
sera fait. Alors, nous poursuivons avec un membre du groupe formant
l'opposition officielle, et c'est Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Prass : Merci, M. le Président. Je sollicite le consentement
de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement
avec la députée de Sherbrooke, le député des Îles-de-la-Madeleine et la députée
de Vaudreuil :
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte de la hausse importante des délais pour
obtenir une intervention en orthophonie par le biais du programme
"Agir tôt";
«Qu'elle constate que ces délais compromettent
les objectifs du programme "Agir tôt";
«Qu'enfin,
elle demande au gouvernement d'augmenter les ressources nécessaires à la
réduction des délais d'intervention en
orthophonie en plus d'assurer une uniformité de l'offre de services dans
l'ensemble des régions du Québec, et ce, dans les meilleurs délais.»
Vice-Président (M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion? Il n'y a pas de
consentement.
Alors, nous
poursuivons avec un membre du deuxième groupe d'opposition, et j'invite
maintenant le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Merci, M. le Président.
Je demande le consentement de cette Assemblée pour présenter la motion suivante
conjointement avec le chef du troisième groupe d'opposition :
«Que
l'Assemblée nationale exprime son inquiétude face à la situation des clients
d'Énergir qui ont payé un surplus pour
des forfaits de gaz naturel renouvelable alors que le gaz qu'ils reçoivent est
constitué à 99 % de gaz d'origine fossile;
«Qu'elle
rappelle que la consommation de gaz fossile est responsable de 15 % des
gaz à effet de serre au Québec en 2020;
«Qu'elle
rappelle également que la Caisse de dépôt et [de] placement, qui est
actionnaire à [80] % d'Énergir, doit favoriser
la transition énergétique selon les plus hauts standards d'éthique et de
responsabilité sociale des entreprises;
«Qu'enfin,
l'Assemblée nationale demande à Énergir de respecter la Loi [de] protection du
consommateur et de faire preuve de transparence quant à l'origine du gaz
naturel livrée à ses clients.»
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion? Il n'y a pas de
consentement.
Nous
poursuivons avec un membre, maintenant, du troisième groupe d'opposition, et
c'est le député de Matane-Matapédia.
M. Bérubé : M. le Président, je sollicite le consentement des
membres de cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec la ministre
de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration, le leader de l'opposition officielle, le
député de Saint-Henri—Sainte-Anne
et la députée de Vaudreuil, la motion suivante :
«Que l'Assemblée
nationale dénonce vigoureusement la discrimination que subissent les étudiants
étrangers francophones, plus
particulièrement ceux de l'Afrique, de la part d'Immigration, Réfugiés et
Citoyenneté Canada et qu'elle enjoigne le gouvernement fédéral à s'y
attaquer sans délai et de façon sérieuse.»
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Il y a consentement, sans débat.
Cette motion est-elle
adoptée?
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : M. le leader.
M. Bérubé : ...au
ministre concerné du gouvernement fédéral.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Ce
sera fait. Merci. Alors, toujours à la rubrique des motions sans préavis, une
motion sans préavis ayant déjà été présentée
par le groupe parlementaire formant le gouvernement, je demande s'il y a consentement pour permettre la lecture d'une
autre motion sans préavis. Consentement. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui, M. le Président,
merci. Je fais motion, conformément à l'article 146 du règlement de
l'Assemblée nationale, afin :
«Que
la Commission des Institutions, dans le cadre de l'étude du projet de loi
n° 26, la Loi modifiant la Loi
sur les tribunaux judiciaires afin notamment de donner suite à l'Entente entre
la juge en chef de la Cour du Québec et le ministre de la Justice,
procède à des consultations particulières et tienne des auditions publiques le
jeudi 1er juin 2023 de 15 h 20 à 18 heures et de
19 h 30 à 21 h 55;
«Qu'à
cette fin, la commission entende les personnes et organismes suivants :
Patrick Taillon, professeur titulaire à l'Université Laval,
Association de défense des droits individuels et collectifs du Québec, Pierre
Noreau, professeur de droit, Université
de Montréal, Association québécoise
des avocats et avocates de la défense, Barreau
du Québec, Martine Valois,
professeure à la Faculté de droit de l'Université de Montréal;
«Qu'une période de
12 minutes soit prévue pour les remarques préliminaires, répartie de la
manière suivante : 6 minutes pour le groupe parlementaire formant le
gouvernement, 3 minutes 36 secondes pour l'opposition officielle,
une minute 12 [...] au deuxième groupe d'opposition et une minute 12 [...]
pour la députée indépendante;
«Que
la durée maximale de l'exposé de chaque organisme soit de 10 minutes et
l'échange avec les membres de la commission
soit d'une durée maximale de 35 minutes partagées ainsi :
17 minutes 30 secondes pour le groupe parlementaire formant le gouvernement, 10 minutes
30 secondes pour l'opposition officielle, 3 minutes 30 secondes
pour le deuxième groupe d'opposition et 3 minutes 30 secondes
pour la députée indépendante;
«Qu'une suspension de
5 minutes soit prévue entre les échanges avec chaque personne et
organisme;
«Que le ministre de
la Justice soit membre de ladite commission pour la durée du mandat.»
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Consentement.
Cette motion est-elle
adoptée? Adopté.
Alors, je vous
rappelle que, conformément à l'article 146, ce débat est limité à une
heure et qu'en conséquence je dois réunir les leaders afin de répartir le temps
de parole...
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Non? Parfait.
M. le leader adjoint
du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui, M. le Président,
j'aimerais vous entretenir, d'abord, sur les travaux que nous aurons
aujourd'hui en cette Assemblée.
Donc,
j'avise l'Assemblée que la Commission des finances publiques entreprendra les
consultations particulières et
auditions publiques sur le rapport sur la mise en oeuvre de la Loi facilitant
la divulgation d'actes répréhensibles à l'égard des organismes publics aujourd'hui, après les avis touchant les travaux
des commissions, pour une durée d'une heure, à la salle
Marie-Claire-Kirkland;
La Commission des
institutions poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 14,
la Loi modifiant diverses dispositions relatives à la sécurité publique et
édictant la Loi visant à aider à retrouver des personnes disparues,
aujourd'hui, de 15 heures à 18 heures et de 19 h 30 à
22 h 30, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
Commission de la santé et des services sociaux entreprendra l'étude détaillée
du projet de loi n° 15, la Loi
visant à rendre le système de santé
et de services sociaux plus efficace,
aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de 15 heures à 18 heures, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine, ainsi que de 19 h 30 à
22 h 30, à la salle de
l'Assemblée nationale;
Commission de l'économie et du travail entreprendra l'étude détaillée du projet
de loi n° 25, la Loi
visant à lutter contre l'hébergement touristique illégal,
aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures, de
15 heures à 18 heures et de 19 h 30 à 22 h 30, à
la salle Pauline-Marois;
Commission des transports et de l'environnement poursuivra l'étude détaillée du
projet de loi n° 20, Loi
instituant le Fonds bleu et modifiant d'autres dispositions,
aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures, à la salle
Louis-Joseph-Papineau, ainsi que de 16 heures à 18 heures et de
19 h 30 à 22 h 30, à la salle Marie-Claire-Kirkland;
Commission de l'aménagement du territoire entendra les intéressés et procédera
à l'étude détaillée des projets de loi d'intérêt privé suivants, et ce, dans
l'ordre ci-après indiqué : d'abord, le projet de loi d'intérêt privé n° 200, Loi concernant
l'annulation d'une servitude grevant certains lots situés en la Ville de
Carignan, puis le projet de loi
d'intérêt privé n° 202,
Loi concernant la Ville de
Saint-Jérôme, aujourd'hui, de
19 h 30 à 22 h 30, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, M. le leader adjoint.
période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer
aux affaires du jour. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque
(Chapleau) : Oui, merci beaucoup, M. le Président. Je vous demanderais
de bien vouloir appeler l'article 16 du feuilleton, s'il vous plaît.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Alors,
à l'article 16 du feuilleton, M. le ministre de la Justice propose
l'adoption du projet de loi
n° 12, Loi portant sur la
réforme du droit de la famille en matière de filiation et visant la protection
des enfants nés à la suite d'une
agression sexuelle et des personnes victimes de cette agression ainsi que les
droits des mères porteuses et des enfants issus d'un projet de grossesse
pour autrui.
Y a-t-il des
interventions? Et je reconnais tout de suite M. le ministre de la Justice.
M. Jolin-Barrette : Oui, M. le Président. La
famille, nous avons toutes et tous l'image de nos proches en tête en
entendant ces mots. La famille constitue notre premier milieu social, notre
premier milieu de vie. C'est auprès d'elle et
à travers elle que nous avons grandi, que nous avons appris et que nous nous
sommes épanouis, jusqu'à devenir les adultes que nous sommes aujourd'hui, et, à
notre tour, nous voulons offrir ce qu'il y a de mieux à nos enfants. Nos
enfants sont ce que nous avons de
plus précieux, et c'est en les ayant constamment à l'esprit que nous avons
travaillé sur la réforme du droit de la famille, M. le Président.
Tout
au long de nos travaux, chacun d'entre nous était habité par cette volonté de
mieux protéger et de mettre en place tous les mécanismes nécessaires pour
qu'aucun enfant ne se retrouve en position de vulnérabilité, peu importe la
façon dont il est conçu et dont il vient au monde. Après tout, aucun enfant ne
demande à venir au monde. C'est notre responsabilité
et même notre devoir de nous assurer qu'ils pourront grandir, se développer et
s'accomplir dans les meilleures conditions possibles.
Nous sommes donc fiers et heureux de
procéder aujourd'hui à l'adoption du projet de loi portant sur la réforme du
droit de la famille en matière de filiation
et visant la protection des enfants nés à la suite d'une agression sexuelle et
des personnes victimes de cette
agression ainsi que les droits des mères porteuses et des enfants issus d'un
projet de grossesse pour autrui.
Jalon important de la réforme du droit de la famille, le projet de loi
n° 12 traite de sujets délicats mais essentiels à aborder. Ce projet de loi marque des changements
importants pour les parents, les enfants et la société québécoise en général.
Tout
d'abord, dans ce projet de loi, nous avons colmaté une faille importante du
droit de la famille en ce qui concerne la
filiation. En effet, l'été dernier, nous avons tous été choqués par l'histoire
d'Océane, cette jeune mère victime de viol qui subissait de la pression de son agresseur et qui souhaitait établir
sa paternité auprès de l'enfant issu de l'agression. Grâce à Océane et à son courage, dont elle a fait preuve
en racontant son histoire, désormais, un agresseur sexuel ne pourra plus
forcer l'établissement de sa paternité auprès de l'enfant issu du viol. La mère
pourra s'opposer à la filiation.
Par ailleurs, c'était
important également pour nous de nous assurer que ni elle ni l'enfant ne soient
pénalisés financièrement par cette décision.
Ainsi, l'agresseur pourra être tenu, même en l'absence d'un lien de filiation,
de verser une indemnité financière à la mère afin de l'aider à subvenir
aux besoins de l'enfant.
Plus
récemment, une seconde brèche du droit de la famille a été mise en lumière par
une autre mère courageuse dont les enfants avaient été agressés sexuellement
par leur père. Vous l'aurez sans doute compris, je parle du cas de celle
que nous connaissons sous le pseudonyme
d'Isabelle. Grâce à elle, grâce à sa voix, nous prévoyons un renversement du
fardeau de preuve en matière de déchéance parentale ou de l'autorité parentale
dans les cas où un parent serait reconnu coupable
de violences sexuelles sur son enfant. Nous voulons faire en sorte que le
fardeau de la preuve soit sur les épaules du parent agresseur et non plus
sur le parent qui n'a rien à se reprocher. Ce sera au parent agresseur de
convaincre le tribunal qu'il ne mérite pas d'être déchu de son autorité
parentale.
Précisons
également que cela s'appliquera aussi dans le cas où l'infraction de nature
sexuelle est commise sur un enfant,
que cet enfant soit le sien ou non. De plus, la violence sexuelle, tout comme
la violence familiale, y compris conjugale, sera dorénavant expressément reconnue comme un élément à considérer par le
tribunal pour toutes les décisions concernant l'enfant.
Dans
ce projet de loi, nous abordons aussi la question de la grossesse pour autrui.
Contrairement à la majorité des autres
États fédérés du Canada, la grossesse pour autrui n'était pas encadrée par la
loi au Québec. Pourtant, chaque année, des
enfants naissent d'une grossesse pour autrui et peuvent ainsi se retrouver dans
une position de vulnérabilité. Nous devions agir. Nous proposons donc d'instaurer un encadrement strict, prévisible
et surtout qui sera sécuritaire à la fois pour les enfants à naître et pour les mères porteuses. Nous avons
été très clairs dès le départ et nous demeurons catégoriques, d'aucune façon
nous ne tolérons la marchandisation du corps
de la femme. Le processus que nous instituons inclut une séance d'information
et une convention auprès d'un notaire. Ces
conditions permettront d'assurer que les parties prennent une décision libre et
éclairée. Les règles que nous mettons en
place sont notamment basées sur les principes fondamentaux suivants : la
mère porteuse, qui doit être âgé d'au
moins 21 ans, conserve l'entière autonomie de disposer de son corps comme
elle l'entend et peut résilier
l'entente unilatéralement en tout temps, la rémunération est interdite, mais le
remboursement de certaines dépenses
est admissible, les parents d'intention, quant à eux, ne peuvent pas abandonner
l'enfant même s'ils changent d'idée en
cours de processus, ils auront une responsabilité à l'égard de l'enfant. De
cette façon, nous nous assurons que les droits de l'enfant à naître et
de la mère porteuse soient protégés quoiqu'il arrive.
enfin les experts sont sans équivoque, la connaissance des origines est un
besoin fondamental chez les enfants. Il est tout à fait normal pour un
enfant de vouloir savoir d'où il vient, comment il a été conçu, de vouloir
connaître les spécificités de sa génétique.
Ce sont des questions qui peuvent s'avérer cruciales pour l'aider à construire
son identité et s'approprier son
histoire. Lors du dernier mandat, nous avons adopté un premier volet de la
réforme du droit de la famille. Nous avons consacré le droit à la connaissance
des origines dans la Charte des droits et libertés de la personne. Nous avons
élargi les règles quant à la connaissance
des origines pour les enfants adoptés. Il était donc logique et nécessaire
d'harmoniser la loi pour aussi
permettre l'accès aux enfants issus d'une procréation assistée. Les enfants
seront ainsi sur un même pied d'égalité.
Les questions relatives au droit de la famille sont souvent émotives de par
leur nature humaine, et je tiens à remercier l'ensemble des collègues, tant de la
partie gouvernementale que des
oppositions, notamment le député de l'Acadie, la députée de Robert-Baldwin, le député, également, de Saint-Henri—Sainte-Anne, qui nous ont accompagnés dans le cadre de nos travaux, la députée de Vaudreuil et l'ensemble des
collègues de la
partie gouvernementale. Les collègues ont su traiter de
ces questions avec la sensibilité et la délicatesse nécessaires. M. le
Président.
Le cadre légal qui
régit les relations familiales est sans doute l'un des sinon... s'il n'est pas
le plus important de tout le corpus
québécois. La famille est au fondement même de la société. La famille constitue
notre tout premier foyer, et c'est là
que nous forgeons notre caractère, nos valeurs, nos aspirations. Tout part de
là, tout se construit là. Nous l'avons souvent mentionné au cours des
dernières semaines, nos enfants sont ce que nous avons de plus cher, ils sont
la prunelle de nos yeux, et c'est leur
intérêt qui guide chacune de nos décisions, chacune de nos actions. Les gains
que nous faisons avec le projet de
loi n° 12 contribueront à faciliter le parcours de nos
enfants, nous assurerons qu'ils puissent évoluer et se réaliser dans une
société qui les protège et qui favorise leur épanouissement.
le Président, je dois vous dire que je suis extrêmement fier de ce deuxième
volet de la réforme du droit de la famille,
ça faisait des années dont on en discutait. Et on peut dire, avec l'adoption du
projet de loi n° 2, avec l'adoption du projet de loi n° 12,
qu'on fait des pas de géant en matière de réforme du droit de la famille, qui
n'avait pas été substantiellement retouché
depuis la dernière réforme de Marc-André Bédard, en 1981. Alors, je pense que
c'est une oeuvre collective qui va faire avancer grandement la société et
toujours en gardant à l'esprit que tous les enfants sont égaux devant la loi.
Et on vient rétablir ce fait-là avec le projet de loi n° 12.
Alors, encore
une fois, M. le Président, je remercie les équipes au ministère de la Justice,
au ministère de l'Emploi et de la
Solidarité sociale, au ministère de la Santé et des Services sociaux ainsi que
celle du Directeur de l'état civil qui ont collaboré à
cette réforme majeure. Vous me permettrez également de remercier avec un
intérêt soutenu Me Jennifer Pelletier, qui
est ma conseillère politique, qui a travaillé des heures et des heures sur ce
projet de loi là, alors, il y a une grande
partie d'elle dans le cadre de ce projet de loi, ainsi
que Mme Élizabeth Gosselin aux communications avec nous pour tout le
volet, M. le Président, de la coordination communicationnelle en lien
avec ce projet de loi.
Alors, très
heureux de faire l'adoption finale, M. le Président, et je pense que nous
faisons oeuvre utile aujourd'hui. Merci beaucoup.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le ministre de la Justice. Y a-t-il
d'autres intervenants? Donc, je reconnais M. le député de l'Acadie.
Morin : Merci, M. le Président. Je suis heureux
aujourd'hui de pouvoir intervenir à cette nouvelle étape que va franchir
le... projet, pardon, de loi n° 12, soit celui de
l'adoption, projet de loi portant sur la réforme du droit de la famille en matière de filiation et visant la
protection des enfants nés à la suite d'une agression sexuelle et des personnes
victimes de cette agression ainsi que les droits des mères porteuses et
des enfants issus d'un projet de grossesse pour autrui.
Or, M. le
Président, j'ai écouté attentivement les remarques de M. le Ministre. Le projet de loi n° 12 est un projet
de loi complexe qui va encadrer des pratiques, évidemment, qui soulèvent
souvent des questions sensibles, mais qui est quand même essentiel puisqu'on parle d'une réforme du droit de la
famille et que la famille est, évidemment, la base de notre société. Donc, projet de loi important,
projet de loi complexe qui a suscité, évidemment, bon nombre d'intervenants
et aussi un grand nombre d'interventions
lors de l'étude
article par article. En fait, le travail du législateur a été
fait, je vous dirais, avec rigueur.
Et, lors de l'étude
article par article, le gouvernement avait proposé de
diviser l'étude par différents blocs, ce que nous avons accepté.
Je dois vous
dire qu'au fur et à mesure que ce projet de loi avançait il y a eu également
plusieurs journées qui ont été
consacrées à entendre plusieurs intervenants qui sont venus nous exposer leurs
positions, différentes positions sur des enjeux excessivement importants, dont notamment la grossesse pour autrui.
Permettez-moi de remercier ces groupes qui sont venus en commission parlementaire, notamment le Conseil du statut
de la femme du Québec, qui nous a, évidemment, éclairés, le regroupement des centres d'aide aux victimes d'actes
criminels — et
évidemment le rapport est important, j'en parlerai un peu plus tard dans
mon exposé — la
Chambre des notaires du Québec, le Barreau du Québec, l'Association nationale Femme et Droit, plusieurs intervenants à
titre privé, Me Langevin, Mme Zaccour, Me Giroux, Me Tétrault, et
évidemment plusieurs autres.
Je tiens également à souligner l'apport des
employés du gouvernement qui ont planché sur cette révision, les légistes, en particulier, qui, évidemment, ont
tous travaillé très fort, mes collègues députés, particulièrement la députée de
Robert-Baldwyn. Je souligne également la
présence du professeur Alain Roy, qui est un expert réputé dans le domaine du
droit de la famille au Québec, et, bien sûr, bon, l'ensemble des intervenants.
Comme le
soulignait M. le ministre, le projet de loi comporte plusieurs avancées pour le
droit de la famille québécoise, et
mon exposé va être divisé en lien avec les différents blocs qui avaient été
retenus pour faire l'étude
article par article. Et le premier bloc
traite de la grossesse pour autrui.
Il faut savoir que, jusqu'à maintenant, dans le
droit québécois, dans le Code civil, il n'y a pas d'encadrement législatif des projets de grossesse ou des
conventions de grossesse pour autrui.
La société évolue. Et, quand on comparait
la situation au Québec, en lien avec la situation dans d'autres provinces, il y
a déjà plusieurs provinces au Canada qui avaient
légiféré sur la question. Ce n'est pas le cas au Québec. Et évidemment ça ne
veut pas dire que cette pratique, donc la grossesse pour autrui,
n'existait pas au Québec. Au contraire, elle existait.
Donc, vous
comprendrez, et ça, j'en suis, l'importance pour le législateur de s'attaquer à
ces questions pour s'assurer, évidemment,
que les femmes porteuses auront des droits qui seront protégés, que les parents
d'intention aussi auront des droits
qui seront protégés, encadrés par la loi, s'assurer qu'il n'y aura pas de
commercialisation du corps des femmes, évidemment, et que tout le monde
pourra fonctionner dans ces projets-là en toute connaissance de cause.
Donc, ce que
le projet de loi prévoit, c'est qu'il y aura désormais la possibilité d'avoir
une convention de grossesse pour
autrui, et le projet de loi prévoit que cette convention sera notariée. À ce
niveau-là, j'y vois un avantage puisqu'évidemment la convention notariée
fait preuve de son contenu, et ça éviterait éventuellement des contestations
judiciaires.
Cependant,
dans l'opposition officielle, on a travaillé très fort pour essayer de bonifier
ce projet de loi, parfois avec certains
succès, parfois avec des échecs, tout dépendant de la position du gouvernement,
mais, en ce qui a trait particulièrement à la convention de grossesse pour autrui, nous avions demandé à ce qu'en
plus de cette convention de grossesse, les parties, donc la femme porteuse ou les parents d'intention,
puissent avoir évidemment... qu'on leur demande qu'il y ait un avis juridique
autre qui soit obtenu en plus de la convention de grossesse.
C'était
également une recommandation qui avait été mise de l'avant par le Barreau du
Québec. Et permettez-moi de citer le
mémoire du Barreau qui disait : «Le Barreau du Québec considère qu'un avis
juridique indépendant d'un juriste devrait
être obtenu par chacune des parties à la convention avant sa signature.»
Personnellement, je trouvais que c'était une idée sage. Évidemment, le notaire qui va avoir, évidemment, le devoir ou
la responsabilité professionnelle de rédiger la convention de grossesse va pouvoir l'expliquer aux parties, mais il faut
savoir que, dans le projet de loi particulièrement, la femme porteuse, une fois
l'enfant né, il y a un délai de 30 jours où elle peut décider de garder
l'enfant.
Ça, c'est
prévu au projet de loi. Et donc on estimait qu'il était important qu'en plus de
la convention de grossesse notariée les parents d'intention et la femme
porteuse puissent, de leur côté, obtenir un avis juridique pour bien leur expliquer ce dans quoi
elles... ce dans quoi les parties s'engageaient et quel pouvait être,
évidemment, l'impact à la fin du processus,
si jamais la mère porteuse ou la femme porteuse décidait de garder l'enfant. Ça
n'a pas été retenu. C'était suggéré par
le Barreau. Donc, ce n'est pas là. Évidemment, bien sûr, M. le Président, ce
n'est pas interdit, mais nous, on aurait souhaité que le législateur
l'identifie d'une façon plus spécifique.
Je vous
souligne également qu'il y a, dans le mémoire du Barreau, d'autres principes
qui ont été énoncés et sur lesquels, évidemment, nous avons veillé
particulièrement, notamment l'autonomie de la femme qui portera l'enfant, évidemment, s'assurer que son consentement est
bien libre et éclairé et, évidemment, que sa grossesse sera à
titre gratuit
pour éviter qu'il y ait une
commercialisation du corps de la femme. À ce niveau-là, la
partie
gouvernementale, évidemment, était
tout à fait réceptive. Je vous souligne également que c'était une
recommandation et un avis qui avait été donné par le Conseil du statut
de la femme du Québec pour s'assurer que la convention de grossesse soit faite
à
titre gratuit.
C'est l'état dans le projet de loi présentement.
Ça ne veut pas dire cependant que la femme porteuse ne pourra pas avoir le remboursement de certaines dépenses.
Et ça aussi, c'est prévu et ça devrait être prévu à la convention de grossesse
également qui sera notariée, mais on aurait
également souhaité qu'il y ait plus d'encadrement des agences pour éviter toute
forme d'abus. Et ça, bien, évidemment, ça
n'a pas été retenu en tant que tel. Cependant, il était important de légiférer
sur toute la question de la convention de grossesse pour autrui.
évidemment, est important, et je le rappelle, et ça, évidemment,
là, présentement, on se ramasse avec une convention de grossesse notariée, et donc il va être
hyperimportant, pour le notaire instrumentant, de bien expliquer aux parties
que la femme ou la mère porteuse a un
délai de 30 jours après la naissance de l'enfant pour consentir à ce que
l'enfant soit remis aux parents
d'intention, ce qui veut dire, évidemment, qu'elle pourrait décider de garder
l'enfant. Et donc, ça, il faudra que l'ensemble des parties soient,
évidemment, bien informées à ce sujet là.
Autre élément qui est dans le projet de loi, et
ma collègue et moi, ma collègue la députée de Baldwin-Cartier et moi-même, avons questionné le ministre, il faut
savoir également que, dans le projet de loi, il est permis à ce qu'une
convention de grossesse permette à une femme porteuse de porter l'enfant alors
qu'elle est à l'extérieur du pays. Et ça, on a questionné beaucoup les groupes et, évidemment, on aurait
probablement souhaité que la convention puis la présence de la femme
porteuse demeurent à l'intérieur du Canada, puis je vais vous expliquer
pourquoi.
Évidemment,
on ne veut pas qu'il y ait de commercialisation du corps des femmes. C'est
excessivement important, d'une part,
mais, d'autre part, le projet de loi met en place une mécanique que je
qualifierais de particulièrement complexe pour s'assurer, évidemment, qu'une femme porteuse qui est à l'extérieur
du Canada pourra, évidemment, recevoir, avoir accès aux mêmes avantages que si
elle était au Canada. Quand on compare le régime et ce qu'une femme peut avoir,
au Québec, avec les autres provinces
canadiennes, c'est relativement... il est plus facile, disons-le comme ça, il
est plus facile d'avoir des
équivalences. Mais évidemment, dans d'autres pays, ça devient beaucoup plus
complexe, et ça, la
partie gouvernementale le reconnaissait.
Évidemment,
le ministre nous dit, il va agir par règlement. On verra ce qui va arriver avec
les règlements. Évidemment, on ne les a pas vus, d'une part, et, d'autre part,
il y aura également une évaluation qui va être faite par le ministère de
la Santé quant aux conditions qui vont être
applicables à une femme porteuse à l'extérieur du Canada. Mais vous comprendrez,
et ça, c'est un atout, et je pense qu'on peut être fiers de ça, au Québec, nous
avons au Québec un filet social particulièrement important pour aider les gens, évidemment, à fonder une famille, pour
que les femmes aient plusieurs avantages sociaux qui vont leur permettre, évidemment, au cours de la grossesse et après
la naissance de l'enfant, de recevoir, évidemment, une aide de l'État, même chose pour les couples.
C'est beaucoup moins évident, beaucoup moins évident quand on commence à
se comparer avec, évidemment, d'autres pays qui n'ont souvent pas le même
filet.
Alors, ce que
ce projet de loi va créer, finalement, c'est une structure étatique. Et je
comprends que le ministre nous a dit : Écoutez, on va prendre un
peu ce qui se fait dans le cadre de l'adoption internationale, et puis on va
l'appliquer, et donc on va faire des
évaluations, il y aura une reconnaissance, etc. C'est vrai, mais ça va quand
même mettre en place une structure étatique importante, des suivis qui
vont devoir être faits. Et évidemment, si jamais certaines conditions n'étaient pas respectées, bien, ça pourrait faire
en sorte qu'éventuellement l'enfant pourrait difficilement voir sa filiation...
ou, en fait, enregistrer son acte de naissance au Québec.
Écoutez, personnellement,
j'aurais préféré qu'on reste à l'intérieur des balises du Québec et du Canada.
Ce n'est pas le régime qui a été retenu par le gouvernement. Alors donc, on
verra comment ça va évoluer. Je vous parlerai un peu plus tard,
cependant, d'une disposition que l'opposition officielle a proposée, que j'ai
proposée, puis qui a été acceptée, qui va
quand même assurer certaines balises. J'y reviendrai un peu plus tard, parce
qu'évidemment, quand on part de l'étranger, on ne veut pas, et je vous le disais tout à l'heure, on ne veut pas
qu'il y ait une exploitation des femmes porteuses. On ne veut pas qu'il
y ait une commercialisation du corps des femmes. Donc, ce volet-là, ce sera à
voir éventuellement.
Donc, je vous
dirais qu'en ce qui a trait aux mesures concernant la grossesse pour autrui il
y a évidemment un grand nombre
d'autres lois qui ont été modifiées par le projet de loi pour s'assurer et pour
tenir compte de cette réalité qui est maintenant
légiférée et puis pour faire en sorte qu'on va adapter certains avantages qui
sont donnés dans différentes lois pour venir couvrir la situation qui
est visée par la nouvelle loi.
Quand on regarde le deuxième bloc, les mesures
concernant la filiation, évidemment, il fallait adapter cette nouvelle réalité à la convention et à la grossesse
pour autrui, ce qui a été fait, et, évidemment, le projet de loi... là-dessus,
il y a une concordance avec le travail qui a été fait par le législateur.
Je vous
souligne également, quand on regarde le projet de loi, en ce qui a trait à la
filiation, que, relativement à la possession d'état, le législateur est venu
encadrer et préciser les balises qui avaient déjà été établies par la
jurisprudence, mais le législateur a
pris la fourchette la plus longue, donc un minimum de 24 mois, sauf des
circonstances exceptionnelles dans le
cas de la possession d'état. On aurait préféré que le délai puisse être un peu
plus court parce que la jurisprudence parle d'un délai de 16 à 24 mois. Le législateur a
choisi 24 mois. Cependant, avec l'ajout de circonstances exceptionnelles,
ça laisse quand même une marge de manoeuvre aux tribunaux. Donc, ça, je
tenais à le souligner.
Il y aura
également la création d'un registre qui va contenir des informations pour
faciliter le retraçage des personnes ayant
pris part à un projet parental et au projet de convention de grossesse pour
autrui. Donc, ça, c'est très important. Et également la personne qui a contribué en fournissant son matériel
génétique, évidemment, c'est prévu au projet de loi, mais qui n'a pas
donné naissance à l'enfant n'a pas de lien de filiation automatique avec
l'enfant.
On a eu
aussi, également, beaucoup de discussions, et ma collègue la députée de
Robert-Baldwin et moi-même avons fait
plusieurs interventions en ce sens pour que l'article 33 du Code civil
soit modifié.
L'article 33 parle de la notion de l'intérêt de l'enfant, et on parlait, dans cet
article, évidemment, de violence conjugale, et c'est en lien avec l'autorité
parentale, mais les mots «violence
sexuelle» n'étaient pas inscrit. Et on croyait qu'il n'était pas important,
quand un tribunal aura à se pencher
sur l'intérêt de l'enfant, qu'il puisse tenir compte également, également
de la présence de violence sexuelle pour s'assurer qu'il prendra... le tribunal prendra une décision dans le
meilleur intérêt de l'enfant et, s'il y a, évidemment, la présence de violence sexuelle, que le tribunal
puisse rendre une décision en conséquence pour que l'enfant n'ait pas à subir,
évidemment, cette situation-là.
La
Loi sur
l'assurance parentale, la
Loi sur les normes du travail ont été modifiées pour
une couverture équitable des parents d'intention et de la mère porteuse.
Et finalement les actions en matière d