Labour and the Economy — 4 May 2022 (42nd Legislature, 2nd Session)
CET 2022-05-04
Quebec — Committees
(Quatorze heures trois minutes)
La Présidente (Mme IsaBelle) : Alors,
bonjour, tout le monde. Bonjour à tous et à toutes. Ayant constaté le quorum,
je déclare la séance de la Commission de l'économie et du travail ouverte.
La commission est réunie afin de procéder à
l'étude du volet Investissement Québec des crédits budgétaires du portefeuille
Économie et Innovation pour l'exercice financier 2022‑2023. Une enveloppe
de 2 h 30 min a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. Mme Dansereau (Verchères) est remplacée par M. Chassin (Saint-Jérôme); Mme Jeannotte
(Labelle), par Mme Picard (Soulanges); Mme Lavallée
(Repentigny), par M. Martel (Nicolet-Bécancour); Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger), par M. Leitão (Robert-Baldwin); M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve), par Mme Ghazal (Mercier); Mme Richard
(Duplessis), par Mme Perry Mélançon (Gaspé).
La Présidente (Mme IsaBelle) : Merci.
Nous allons procéder à une discussion d'ordre général par blocs d'environ
20 minutes, incluant les questions et les réponses. La mise aux voix de
ces crédits sera effectuée à la fin du temps qui leur est alloué... ou qui lui
est alloué, soit cet après-midi, vers 16 h 30.
Est-ce que je comprends, comme nous avons
commencé d'un bon petit trois minutes en retard, nous allons amputer ce temps
sur la période du gouvernement, c'est bien ça? J'ai votre consentement?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Excellent.
Alors, nous sommes déjà prêts pour commencer avec la première intervention de
l'opposition officielle pour un premier bloc d'échange de
20 min 21 s avec M. le député de LaFontaine. La parole est à
vous.
M. Tanguay : Merci
beaucoup. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors, heureux de vous retrouver,
heureux de retrouver également les collègues de la banquette ministérielle. M.
le ministre, bonjour, M. Leblanc, qui l'accompagne, d'Investissement... P.D.G. d'Investissement
Québec et celles et ceux qui vous
accompagnent. Et un salut tout particulier... je suis très heureux de pouvoir participer à cette commission aujourd'hui
avec mon collègue de Robert-Baldwin, qui est ici avec... qui est présent. Il sera actif pour questionner le
ministre et Investissement Québec, qui seront donc interpelés par mon collègue.
J'aimerais qu'on parle d'abord et avant tout de
la stratégie, la vision gouvernementale relativement à la batterie électrique.
Donc, les batteries, qu'en est-il? On a vu l'annonce qui a été faite il y a
maintenant, quoi, un mois et demi, à peu près, là, avec l'Ontario, qui va
développer, là, du début à la fin, là, l'industrie, je pense que c'est un
investissement de 5 milliards, l'industrie de la voiture électrique, donc
ça ne sera pas uniquement la batterie.
Nous avions, je crois, compris, moi, j'en étais,
de ceux-là, au début du mandat et quand ça a commencé, que l'objectif, c'était
de positionner le Québec leader mondial, justement, dans le développement de
l'industrie de véhicules électriques. Là, ce qu'il fallait comprendre puis ce
qui a été précisé, c'est que l'objectif, c'est de positionner le Québec comme
leader mondial dans la fabrication de batteries électriques, donc plus le
châssis et l'ensemble de l'oeuvre, mais la batterie. Et est-ce que l'on doit
aussi réduire encore et dire : Bien, finalement, on sera peut-être et on
va essayer d'être leader mondial pour une portion des batteries, ce qui a la
plus grande valeur ajoutée, ceci dit, mais quand même, les anodes et les
cathodes?
Alors, j'aimerais voir quelle est, d'abord et
avant tout, l'évolution, peut-être, de la bouche du ministre. Puis si, M.
Leblanc, vous voulez embarquer par la suite, n'hésitez pas, là. Mais quelle a
été, si vous nous résumez, là, l'évolution, là, vous voulez peut-être corriger
mon résumé de cette évolution-là, mais comment la résumeriez-vous, là, cette
évolution? Parce que, j'imagine, vous allez reconnaître qu'il y a eu évolution
selon les réalités du marché aussi du côté du gouvernement, là.
La Présidente (Mme IsaBelle) : M.
le ministre.
M. Fitzgibbon : Alors, bonjour.
Bonjour, tout le monde. Bonjour à mes collègues de la banquette... comment on
appelle ça, banquette ministérielle, mes collègues au ministère de l'Économie,
de l'opposition. Alors, je suis heureux d'être ici aujourd'hui avec vous
autres. Et bienvenue aux gens d'Investissement Québec.
Alors, effectivement, je
vais corriger ce que vous avez dit, qui n'est pas tout à fait véridique. Il
faut comprendre que la stratégie qu'on a mise en place et annoncée il y a
maintenant plus d'un an avait trois volets. Le premier volet était de prendre
nos minerais, ou minéraux, je devrais dire, les minéraux du Québec que nous
avons amplement, le nickel, le graphite, le lithium, d'aller le plus loin
possible dans la chaîne d'approvisionnement, ce qui n'a jamais été fait dans le
passé avec nos minerais. Donc, ça, c'est le premier volet, deuxième volet était
le recyclage et le troisième était la production de véhicules commerciaux.
Donc, je vais revenir avec les deux derniers
rapidement. Véhicules commerciaux, on est énormément satisfaits de ce que nous
faisons présentement avec Lion, camions, autobus, Ambulances Demers, alors on a
un paquet de véhicules commerciaux électriques, Prévost, qu'on a annoncé à
Sainte-Claire, il y a quelques semaines, avec le premier ministre. Donc, nous
accomplissons exactement ce que nous avions dit.
Pour le recyclage, les mines urbaines vont jouer
un rôle très important au Québec dans le futur. Et on a financé Recycle
Lithion, qui est la technologie probablement la mieux avancée... la plus
avancée au monde, où on peut recycler 99 % des matériaux qui composent une
batterie. Une usine va être construite. On a annoncé le financement avec Investissement
Québec. Donc, là aussi, sur la coche.
Le premier volet, nous sommes, contrairement à
ce que vous avez dit, nous sommes la seule juridiction en Amérique du Nord qui
peut réclamer qu'on va faire des cathodes. Une cathode, c'est quoi? Vous l'avez
dit, on part du minerai, on part des mines... parlons du nickel, du
graphite et du lithium. Après, on fait une première transformation. Et, dans
l'ancien temps, on envoyait ça en Chine. Là, maintenant, nous, le gouvernement,
on a changé l'approche, on veut garder ça ici. On va faire de l'hydroxyde de
lithium ou du carbonate de lithium. On va faire du graphite sphérique enrobé.
On va devoir, donc, faire une transformation accrue des minerais importants. Et
ça, ça a fait en sorte qu'on a réussi à avoir BASF et on a réussi à avoir GM et
Posco, qui vont bâtir leur usine de cathodes ici, au Québec, à Bécancour. Il
n'y a pas une juridiction, encore une fois, en Amérique du Nord qui a réussi à
faire ça.
Pour la batterie, qui est la résultante ultime
de la conversion, présentement, les usines de cellules sont attachées
généralement aux usines qui fabriquent des véhicules. J'ai toujours dit, on a toujours
dit que nous allions, un jour, avoir une usine de cellules qui va
approvisionner, au Québec, les véhicules... qui sont produits ici. Donc, à
date, on est rendus probablement à pas loin de 5 milliards,
7 milliards d'investissements. C'est une première. On n'a jamais vu ça au
Québec. Et je pense qu'on est chanceux parce qu'on a une équipe, puis je vais
laisser Guy renchérir, on a une équipe qu'on a mise en place, formée de gens du
MEI et d'Investissement Québec, qui ne focalise que sur cette filière-là. Et
honnêtement, on est probablement très, très avancés sur beaucoup de
juridictions et on est loin d'être gênés de parler à tous les joueurs de
l'industrie.
Donc, on va continuer à augmenter la fabrication
de composants des batteries, anodes et cathodes principalement, qui
représentent, en fait, plus du deux tiers de la valeur d'une cellule.
M. LeBlanc, peut-être que vous pourriez
rajouter?
La Présidente (Mme IsaBelle) : Député
de LaFontaine, désirez-vous...
M. Tanguay : Oui, oui, oui, s'il
veut compléter.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Oui?
D'accord. Alors, je vous invite, M. LeBlanc, à bien vous présenter avant de
répondre à la question.
M. LeBlanc (Guy) : Oui, bonjour. Guy
LeBlanc, P.D.G. d'Investissement Québec.
Alors, bien, je vais simplement y aller de
quelques points supplémentaires. Je ne sais pas si vous connaissez Benchmark
Mineral. Benchmark Mineral a publié son magazine trimestriel Q1 2022, et le
Québec est sur la première page, comme
quoi... «Québec's battery rush : a key for North American battery». Et je
n'ai pas vu de référence à l'Ontario là-dedans.
Le Québec est vraiment bien positionné. En
termes de joueurs qu'on a attirés ici, je ne répéterai pas ce que le ministre
Fitzgibbon a dit, mais on a aussi, au niveau des véhicules électriques,
beaucoup de joueurs qui se positionnent au Québec, et l'Ontario sera seulement
un client additionnel pour nos cathodes et les anodes qu'on va produire au
Québec. Alors, pour nous, l'Ontario, le fait que LG Energy System ait décidé
d'aller en Ontario, c'était une très bonne nouvelle, et ça sera un client
supplémentaire pour les BASF et les Posco de ce monde.
M. Tanguay : Vous avez dit... Merci,
M. LeBlanc. Donc, la glace est brisée.
Vous avez dit, M. le ministre, un peu plus tôt,
là, l'usine de cellules pour les batteries, là... un projet sera lancé quand,
selon vous?
M. Fitzgibbon : Bien, écoutez, nous
sommes en... Tous les fabricants de cellules au monde, bien, il n'y en a pas
tant que ça, on en parle tous. Alors...
M. Fitzgibbon : On en parle tous.
Alors, je pense qu'à un moment donné ce serait le fun, ce serait bien d'avoir
un cellullier, mais, de façon réaliste, que ce soit un celullier qui fabriquera
les produits pour les véhicules produits ici, au Québec.
Des voitures, on n'en fera
pas ici. On n'a jamais pensé qu'on ferait des voitures, là. On est sortis de la
filière de l'automobile il y a bien des années. Vous vous rappelez peut-être,
les archéologues vont se rappeler, que nous avions
une usine de véhicules à Bromont, hein, les Hyundai, hein, je pense, puis on
avait aussi Sainte-Thérèse, là. Il faut être assez vieux pour savoir ça.
Donc, on est sortis de la filière batteries depuis 2000. Les gouvernements, à
ce moment-là...
M. Fitzgibbon : Automobile,
excusez-moi. Donc, on revient par la porte d'en avant avec les batteries, alors
on est bien contents.
M. Tanguay : Et l'objectif, donc,
vous dites que vous êtes en discussions, avez-vous un horizon? Quel est le
niveau d'avancement? Quel est le sérieux de ces discussions-là pour un horizon?
M. Fitzgibbon : Écoutez, on n'a pas
d'échéancier. L'important, pour nous, c'est d'exécuter, hein? Le gouvernement
doit exécuter. Donc, on a des projets de plusieurs milliards entre BASF,
GM-Posco, Nemaska, Nouveau Monde Graphite. Nous focalisons sur l'exécution, et
l'exécution à succès amène d'autres succès.
Malgré ça, nous parlons à plusieurs fabricants,
celluliers, et je n'ai aucune date à vous donner, parce que ça va être à eux à
décider, et on va laisser passer le temps.
M. Tanguay : O.K. Dans... On voit
que...
M. LeBlanc (Guy) : Je peux peut-être
ajouter, si vous permettez.
M. LeBlanc (Guy) : Les celluliers
ont beaucoup de pression de s'installer à côté des fabricants automobiles. Et
le jour où ils vont voir que toute la chaîne d'approvisionnement est installée
au Québec, ça va être beaucoup plus intéressant pour eux de venir s'installer
aussi au Québec. Alors, on est en discussion, à l'heure actuelle, mais c'est
trop tôt pour pouvoir parler de projet avec un échéancier.
M. Tanguay : Il y a beaucoup qui
s'en vient à Bécancour. Est-ce que, M. le ministre, ce serait dans votre
vision, le cas échéant, de pousser pour qu'il aille à Bécancour?
M. Fitzgibbon : Bien, écoutez, la
réponse rapide à votre question, c'est que Bécancour, nous, avec nos zones
d'innovation, un concept que vous avez entendu parler, je suis sûr, on essaie
d'avoir des thématiques régionales parce qu'on pense que le succès amène le
succès. Donc, pour l'instant, Bécancour a la chance d'avoir plusieurs joueurs,
Nouveau Monde Graphite, les quatre que j'ai mentionnés, je ne les répéterai
pas, je pense que c'est très intéressant.
On a même été
plus loin en disant que Trois-Rivières et Shawinigan faisaient
partie aussi de
cette zone-là. Donc, on peut
probablement prétendre... prévoir, pas prétendre, on peut probablement assumer
que l'expansion, qui pourrait être assez importante dans la région,
pourrait s'en aller plus loin que Bécancour, peut-être à Trois-Rivières puis à
Shawinigan.
M. Tanguay : O.K. Puis, sans revenir
sur le débat ou l'échange, la discussion qu'on avait eue par rapport à la
main-d'oeuvre, justement, Bécancour puis la région, c'est 4 000 emplois
dans les prochaines années. Comment le Québec va s'assurer de combler ça?
M. Fitzgibbon : ...c'est une très
bonne question. Puis, comme je l'ai dit, je pense que c'est important d'avoir une thématique, parce que M. Blanchette, qui
est le recteur de l'UQTR, j'étais avec lui pas plus tard que voilà deux
semaines... et clairement voient ce qui se passe et vont vouloir ajuster les
cursus, autant au niveau universitaire qu'au niveau collégial, parce
qu'effectivement il faut s'assurer que l'adéquation entre ce qui va émaner des
institutions du savoir va être en arrimage avec le côté affaires. Donc, effectivement,
l'Université de Trois-Rivières regarde très étroitement la production de
gradués, encore plus importante dans les thématiques de la batterie.
M. Tanguay : Est-ce que... Je ne
suis pas expert en la matière. Est-ce que c'est énergivore?
M. Fitzgibbon : Bien, écoutez, le
procédé l'est. BASF est très soucieux de ça, GM-Posco aussi... excusez,
énergivore, électricité, oui, c'est énergivore.
M. Tanguay : Très énergivore, hein?
M. Fitzgibbon : Très énergivore,
oui.
M. Tanguay : Et on avait,
hier après-midi, Mme Brochu, Sophie Brochu, P.D.G. d'Hydro-Québec, et on avait
la discussion aussi avec votre collègue Énergie et Ressources naturelles sur
des discussions en continu, je pense, qui vous
impliquent par rapport à... On parlait, je pense, de 8 500 mégawatts, ou à
peu près, là, de disponibles ou de surplus.
Est-ce
que vous savez, une telle usine, parce que l'objectif, ce serait d'avoir une
usine, là, fabrication de cellules, le cas échéant, pour les batteries, ça
pourrait représenter combien, ça, du 8 500?
M. Fitzgibbon : Écoutez, on a... En
fait, c'est plus que 8 500, mais ce qui est important pour aujourd'hui, je
pense, de discuter, c'est qu'on a l'offre et la demande. Alors, évidemment, Mme
Brochu et Hydro-Québec s'occupent de l'offre, de produire l'électricité à
source hydroélectrique, éolien et peut-être solaire un jour, et la demande est
gérée par Investissement Québec et le ministère de l'Économie, où nous avons...
nous recevons les projets, les gens viennent nous voir, et souvent ils vont
venir nous voir pour avoir accès à de l'électricité et plus d'avoir des
subventions ou des prêts. Donc, la demande passe par le canal MEI, Investissement
Québec. On regarde les deux puis effectivement on est dans un environnement où
la demande est plus grande que l'offre, potentiellement. Alors, ce qui est très
important, c'est que nous déterminions quels sont les meilleurs projets qu'on
doit faire pour résulter à la création de richesse pour le Québec.
Je vous dirais juste que, pour les batteries, à
ce jour, il n'y a aucun projet qui a été refusé. Peut-être que des projets de
centres de données, peut-être des projets de «data mining» pour le bitcoin, on
pourrait avoir une vue différente, mais nous sommes présentement... entre Investissement
Québec, le MEI, le MERN et Hydro-Québec, on travaille étroitement ensemble pour
déterminer quel sera le filtre par lequel on va passer pour choisir des
projets.
M. Tanguay : Vous dites : Aucun
projet de batterie n'a été refusé. Donc, c'est parce qu'il y a des discussions
en cours à l'heure actuelle, là?
Fitzgibbon : Non. Bien, on a annoncé BASF puis on a annoncé
GM-Posco. On leur a commis l'électricité, là.
M. Tanguay : Et ça représente
combien, ça?
Fitzgibbon : À peu près... Bien, il y a plusieurs phases, là.
Ça peut être, disons, quatre... 300 à 500 mégawatts, juste pour
mettre un chiffre, là.
M. Tanguay : Comment vous dites?
M. Fitzgibbon : 300 à
500 mégawatts.
M. Tanguay : 300 à
500 mégawatts.
M. Fitzgibbon : Mais là le chiffre
n'est pas précis parce qu'il y a des phases.
M. Tanguay : O.K. Et la décision
qu'on avait, entre autres, avec votre collègue Énergie et Ressources
naturelles, c'était qu'il y aurait lieu... puis je ne sais pas si vous
participez aussi de cette ouverture à la transparence, justement, de rendre
publics les critères qui guideront vos choix par rapport aux projets qui seront
acceptés ou pas, par rapport à l'offre de disponible, là, d'électricité versus
ce qui est demandé, parce que c'est structurant ou pas, parce que c'est un
retour sur l'investissement maximisé ou pas dans la région, et ainsi de suite.
Alors, toute cette analyse-là, les critères,
participez-vous du souhait exprimé, tel que je l'ai compris, hier, de votre
collègue, de rendre publics ces critères qui vont présider à vos débats puis à
refuser ou à accepter certains projets versus d'autres?
M. Fitzgibbon : ...je ne peux pas
répondre spécifiquement si on va dévoiler tous les critères, mais vous avez, à
ma gauche, à ma gauche, gauche, le sous-ministre qui travaille avec le MEI pour
regarder quels sont les mécanismes pour bien évaluer les retombées économiques
sur tous projets confondus, que soit en termes de mégawatts, que ce soit en
termes de subventions, en termes de prêts. C'est une boîte noire très complexe,
comme vous pouvez imaginer, parce qu'il y a des répercussions directes et
induites.
Alors, on est justement là-dedans parce qu'on
est en train de préparer le plan d'investissement dans les prochains
10 ans, là. On a une vision, on a un horizon de 10 ans, là, au
gouvernement, et il faut qu'on combler l'écart de richesse. C'est quelque chose
que mon patron, le premier ministre, s'éreinte à dire qu'il veut combler. Donc,
on a identifié des filières industrielles, d'une part, qui vont pouvoir
contribuer à ça. Donc, on regarde les filières industrielles dans le contexte
de leurs besoins énergétiques et dans le contexte des retombées économiques et,
à travers de ça, bien, on choisit les filières. Il y a certaines filières, on
va limiter le nombre de mégawatts qui est disponible. Dans d'autres filières, on va dire : On va y aller
largement défini. Alors, c'est très complexe, mais définitivement, à un moment
donné...
D'ailleurs,
il y a eu des lettres qui ont été envoyées à tous les demandeurs de mégawatts,
lettres qui étaient signées par Investissement Québec, le MEI, MERN et Hydro-Québec, une lettre
conjointe, entre guillemets. Beaucoup de gens sont en attente de savoir : Est-ce qu'ils vont
recevoir ou non leur allocation? Et, dans le prochain mois, mois et demi, on va
être capables de déterminer le filtre exact
puis on verra, à ce moment-là, comment est-ce qu'on va l'expliquer. Il va
falloir expliquer comment ça va se faire, mais je ne m'engagerai pas
aujourd'hui à vous donner tout le mécanisme d'évaluation.
M. Tanguay : O.K. Est-ce qu'une
des... Est-ce que la lettre type a été rendue publique? Auquel cas, est-ce
qu'on pourrait...
Fitzgibbon : Oui, Le Journal de Montréal l'a rendue publique.
M. Tanguay : J'ai
vu ça passer, des extraits. Est-ce qu'on pourra en avoir une copie, de la...
Bien, j'imagine que c'est une lettre type.
Fitzgibbon : Oui, je vais regarder si...
M. Tanguay : Si
on peut avoir une copie?
Fitzgibbon : Je pense qu'elle est type.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Vous allez donc l'acheminer? Est-ce qu'il y aura
possibilité...
Fitzgibbon : On va regarder si on peut la divulguer, parce que c'est
une lettre qui est confidentielle, mais je pense qu'il y a un journal qui l'a
publiée, puis on va vous donner l'article du journal.
M. Tanguay : Mais
si on enlève...
Fitzgibbon : On va faire le suivi avec Hydro-Québec.
M. Tanguay : O.K.
Merci beaucoup. On parlait, justement, parce que, comme on dit, tout est dans
tout, là, on parle d'Hydro-Québec, on parle de véhicules électriques et on
parle de l'aspect économique de la chose. Je pense que c'est la semaine passée,
le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles a dit : Bon, bien,
pour 2030, ça ne sera pas 1,5 million, ça va être 1,6 million de
véhicules électriques que l'on veut voir rouler sur les routes du Québec.
Ce matin, on avait
une discussion par rapport à l'effort que ça va demander, notamment pour ce qui
est des bornes de recharge. On sait qu'il y a un programme d'Hydro-Québec en
lien avec les bornes de recharge, mais le privé devra... Puis hier, Mme Brochu
le disait, là, Hydro-Québec ne pourra pas tout faire, là. On n'est pas dans la
business... C'est moi qui paraphrase, là, mais elle disait, en substance :
On ne se sera pas dans la business, là, demain matin, à couvrir le Québec de
bornes de recharge. Est-ce qu'il y a, du côté de votre ministère ou peut-être d'Investissement
Québec, un désir de voir se développer ce créneau-là, bornes de recharge,
voilà? Parce que ça va en prendre en petit péché.
M. Fitzgibbon :
Non, vous avez entièrement raison. D'ailleurs, on est un partenaire de
AddÉnergie, une société québécoise basée à
Shawinigan, qui fait des bornes. Nous sommes, puis je vais laisser
M. LeBlanc en parler, nous
sommes actionnaires... actionnaires ou prêteurs, je ne suis pas sûr, mais on
est impliqués financièrement avec eux. Aucun
doute qu'avec le ministre de l'Environnement, M. Charette, il va falloir...
monsieur, on ne peut pas dire son nom, mais le ministre de
l'Environnement, on doit regarder comment est-ce qu'on va bâtir les
infrastructures, parce que, vous avez entièrement raison, faire faire des
voitures pas de bornes, on ne pourra pas... on va frapper un mur. C'est clair
qu'il faut adresser cet enjeu-là. Veux-tu ajouter?
M. LeBlanc
(Guy) : Si je peux juste compléter, oui. Avec Hydro-Québec, on a
commencé, il y a deux ans et demi, un comité
de pilotage, le ministre de l'Énergie et Ressources naturelles, le ministre de
l'Économie, Hydro-Québec puis Investissement Québec, et on a des
rencontres à chaque mois sur quels sont... quel est le projet, quelle est notre
stratégie, quels sont les enjeux et qu'est-ce que ça nous prend.
Et donc, en termes
de... pour répondre à votre question sur le site de Bécancour, en termes de
mégawatts, on a besoin d'environ 900 mégawatts d'ici les cinq à
six prochaines années. L'augmentation en cadence de ces différentes usines
et des différents projets... On estime à peu près à 800, 900, les besoins.
Donc, Hydro-Québec va être en mesure de livrer le mégawattage requis pour la
filière batterie à Bécancour. Ça, ce n'est pas un enjeu et c'est déjà réglé.
Pour ce qui est des
bornes de recharge, on a ces discussions-là aussi et, comme le ministre l'a
mentionné, on travaille avec AddÉnergie et on est partenaires avec eux
là-dedans.
M. Tanguay :
Est-ce que c'est québécois, ça, AddÉnergie?
M. LeBlanc
(Guy) : Oui, tout à fait.
M. Tanguay :
C'est québécois? O.K. Est-ce que... Puis je trouve ça intéressant, puis on
va compléter là-dessus, Mme la Présidente, la discussion sur cette question-là.
Est-ce que, pour Bécancour, 800, 900 mégawatts, là, dans ces eaux-là, est-ce
que l'infrastructure est déjà là ou ça va requérir un investissement
d'Hydro-Québec? J'aurais pu poser la question hier, mais puisque vous abordez
le sujet... une nouvelle ligne de transmission ou pas?
M. Fitzgibbon :
En fait... Vas-y.
M. LeBlanc
(Guy) : Bien, ça va prendre la connexion, évidemment. Il faut amener
le «substation»... excusez, j'ai juste le terme anglais, là, la station sur
place pour livrer le 900 mégawatts, oui.
M. Tanguay : Puis
savez-vous si ça va prendre une nouvelle ligne de transmission ou celle qui
serait peut-être déjà là est suffisante?
M. Fitzgibbon : ...ça
semble être adéquat, mais il faut comprendre, là, les besoins énergétiques vont
s'échelonner sur... de trois à cinq ans. Donc, c'est justement là qu'on
rentre avec Mme Brochu. Il y a des investissements importants.
Dans le cas de Bécancour, le courant, c'est une
question des stations plus que d'autres régions du Québec où ça prend des
lignes puis ça prend... la production éventuellement. Donc, Mme Brochu nous
demande de lui dire, à Bécancour, horizon cinq ans, par année, c'est quoi, le
besoin qu'on a. Et, à date, ce qu'on a présenté, sauf le cellulier, là, ce
qu'on a présenté comme... les quatre projets importants que j'ai mentionnés,
Nouveau Monde, Nemaska, BASF et GM-Posco, l'allocation
est accordée. Elle n'était peut-être pas nécessairement là, là, mais, quand les
besoins vont être requis, ça va être
là. Tout projet additionnel va devoir passer par le filtre que je disais
tantôt, parce qu'à un moment donné...
M. Tanguay : Puis
dernière question là-dessus, vous disiez que c'était plus que 8 500, le
surplus ou... c'était combien?
M. Fitzgibbon : Bien, écoutez,
il faut faire attention, parce qu'historiquement les demandes
d'hydroélectricité et l'actuelle qui est donnée, c'est un ratio de 20 %,
là. On demande 1 000 mégawatts puis on est contents d'en avoir 200.
Donc, il faut faire un bémol sur ça, mais on dépasse le 15 000 mégawatts
de demande.
M. Tanguay : Oui, la demande,
mais, je veux dire, ce qui est disponible à distribuer pour Hydro-Québec?
M. Fitzgibbon : Ah! excusez. On
parle... Bien, Mme Brochu réfère souvent, à peu près, à
4 000 mégawatts additionnels par rapport à ce que nous avons présentement,
sans égard à d'autres projets, optimisation des turbines, l'éolien, du solaire,
peut-être. Alors, tu sais, c'est très variable.
M. Tanguay : O.K. C'est beau.
La Présidente (Mme IsaBelle) : C'est
bon? Parfait. Alors, nous allons commencer le premier bloc de la
partie
gouvernementale avec le député d'Orford. Vous disposez de
14 min 26 s.
M. Bélanger : Merci, Mme la
Présidente. Si je comprends, dans la deuxième session, on va parler plus au
niveau régional, PME régionale?
La Présidente (Mme IsaBelle) : Tout
à fait.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Et
vous avez un deuxième bloc un peu plus tard aujourd'hui, hein, vers
16 h 18, là.
M. Bélanger : Oui. Oui, il n'y a pas
de problème. Moi, je voulais discuter un peu de la stratégie au niveau d'Investissement
Québec, la stratégie pour décarboner l'industrie. Puis la question que j'ai,
bon, c'est... Bon, c'est un voeu pieux, avoir un développement économique
durable, mais, lorsqu'on décarbone, on exige l'utilisation d'une tarification
qui est plus basse. Donc, l'effet global de rentabilité, là, si on considère
les pertes potentielles, d'un côté, celui qui qui nous fournit de l'énergie
puis, de l'autre bord, la rentabilité au niveau du ministère de l'Économie ou Investissement
Québec, comment vous conciliez les deux de façon à avoir des investissements
judicieux dans tel type d'industrie pour justement décarboner puis atteindre
nos objectifs en termes de niveau environnemental, changements climatiques et
aussi nos objectifs de rentabilité financière?
M. LeBlanc (Guy) : Alors, j'aimerais
d'abord mentionner le fait qu'on a lancé Compétivert il y a un peu plus d'un
an. Et, après un an, on s'était fixé un objectif de 375 millions et
d'investir 125 millions par année. Et aujourd'hui, après un an, on est à
380 millions d'investissements, et j'ai une centaine de projets, des
projets qui touchent autant... Bien, évidemment, l'électrification des transports,
c'est majeur, tout ce qui est efficacité énergétique, tout ce qui est captation
de carbone également, et nouveaux carburants, recyclage, valorisation du
plastique.
Alors, de quelle façon on évalue ces projets-là?
L'impact environnemental est majeur, mais ça prend aussi un plan d'affaires qui
va supporter, et ça rentre dans nos critères d'investissement. Alors, le
facteur environnemental, c'est sûr que tu attires notre attention de par ton
projet, et on va faire tout ce qu'on peut pour examiner ce dossier-là. C'est
majeur, mais, par la suite, ça te prend une équipe de direction, ça te prend un
bon plan d'affaires, ça te prend un potentiel de marché.
M. Bélanger : Mais la valeur des...
Excusez-moi de vous interrompre, mais la valeur des crédits carbone, là,
actuellement, n'est quand même pas à la hauteur du bénéfice que ça peut
générer.
Je prendrais, par exemple, l'aluminium vert.
L'aluminium vert, il y a un beau potentiel. Le Québec n'est... numéro un au
niveau mondial, mais il y a de plus en plus de demandes pour de l'aluminium
vert. Mais ça, ça prend quand même beaucoup d'électricité, et il faut être
capable de décarboner un peu cette industrie-là. Puis quelque part, là, en termes d'avantages, là, ou de rentabilité pour le
Québec, là, pas juste pour l'aluminerie, c'est... comment ces décisions-là sont
prises? Puis je ne cherche pas à vous coincer du tout, là. C'est plus une
curiosité.
M. LeBlanc (Guy) : Si vous me
permettez, on produit déjà l'aluminium le plus vert au monde avec l'hydroélectricité.
Maintenant, on va produire l'aluminium encore plus vert lorsque nos anodes
seront... avec Elysis, lorsque nos anodes seront en céramique plutôt qu'en
carbone, et c'est de l'oxygène qu'on va émettre plutôt que du gaz carbonique.
Et ça, ça s'en vient dans les prochaines années.
L'impact sur
les crédits carbone, je ne peux pas vraiment vous répondre. On ne travaille pas
avec ce marché-là, et ce qu'on cherche à faire... et c'est la raison
pour laquelle Investissement Québec n'est pas mesuré en fonction de son
rendement, mais, à tout le moins, on doit rencontrer le coût minimum des fonds
du gouvernement. Ça, c'est le minimum requis. Donc, on peut se permettre de
prendre plus de risques dans des investissements qui vont se faire dans des
secteurs qui sont prioritaires pour nous, dont la décarbonation de l'économie.
M. Bélanger : Donc, si je comprends
bien, notre gouvernement priorise l'aspect environnemental. Je ne dis pas que
l'économie passe en second, mais c'est quand même une des priorités de notre gouvernement,
l'impact, l'impact environnemental dans ses décisions économiques, ce que je
salue, ce que je trouve très bien.
M. LeBlanc (Guy) : Clairement,
et ça fait
partie de nos critères d'investissement même dans les entreprises
qui n'ont pas comme objectif de nécessairement faire du recyclage, par exemple.
M. Bélanger : Je voulais
peut-être retourner au niveau des batteries parce que c'est un secteur qui me
passionne depuis plusieurs années. J'avais mis en place les premiers superchargeurs
Tesla à Magog, et puis la caractéristique de ces superchargeurs-là, c'est
qu'ils vont à un rythme... bien, en tout cas, une capacité de
150 kilowatts pour la charge. Ça fait
qu'en 20 minutes tu es capable d'avoir quand même une bonne autonomie. Puis,
bon, AddÉnergie, leurs bornes rapides étaient... c'était du 50, parce
que la tarification, après ça, ça change leur flot.
Ça fait que, là, je me demandais... parce que le
ministère de l'Économie, au niveau stratégie, développer des batteries, puis
des batteries efficaces, je trouve, c'est une excellente décision, mais, par
curiosité, je me dis : L'avenir est où? Est-ce que l'avenir est plus avoir
des batteries avec des grandes autonomies ou d'essayer de couvrir le réseau?
Parce que Tesla a décidé d'arrêter son réseau, là. Il y a quand même un réseau
intéressant. Tu peux partir avec ton automobile, t'en aller en Floride, puis tu
sais exactement où arrêter, et puis combien mettre de charge, mais, au Québec, on n'est pas rendus à ce niveau-là, puis je trouve
que c'est un peu anarchique quand on regarde un peu... Il y a des bornes
un peu... Il y a des niveaux 2 puis il
y en a... Des fois, tu restes trois heures à... Tu bois beaucoup de café en
trois heures.
C'est quoi, la stratégie batterie puis la
stratégie bornes? Comment ça, ça se balance? Est-ce qu'on a l'idée de mettre...
vraiment de couvrir... parce que la demande... Souvent, les gens vont
dire : Aïe! Moi, j'en veux partout, comme des stations d'essence. Il y en
a partout. Mais, si tu avais des batteries à 500 kilomètres et plus ou
1 000 kilomètres, et sachant que, quand tu charges ta batterie la
nuit chez toi, la demande... L'impact de demande au niveau énergétique, pour
Hydro-Québec, est plus intéressante quand tu charges la nuit que quand tu t'en
vas dans une station à 3 heures de l'après-midi. Puis je spécule, là,
mais... Puis là je vais m'arrêter là, mais je suis curieux de voir la
stratégie, parce que vous êtes dans deux secteurs. Vous êtes dans des secteurs
de bornes de recharge puis vous êtes dans un autre qui est au niveau des
batteries.
M. LeBlanc (Guy) : ...puis je
vais commencer par l'avenir de la batterie, et c'est sûr qu'il faut que ça soit
des batteries avec plus d'autonomie, et l'avenir, c'est la batterie solide, et
c'est à l'IREQ, d'ailleurs, qu'ils ont fait le plus de recherches là-dessus et
qu'ils ont une certaine avance dans ce secteur-là, et donc... mais ça
n'arrivera pas... Pour que ce soit économique, ça n'arrivera probablement pas
avant 2028 ou à peu près.
Alors, il faut absolument assurer une transition
d'ici là, et d'avoir plus de bornes de recharge rapide, et Investissement
Québec va être là avec son partenaire si on peut développer, justement... faire
la recherche, et le développement, puis
l'installation aussi, d'avoir des fonds pour accélérer, parce qu'AddÉnergie, à
l'heure actuelle, ils sont en train d'installer des bornes un peu
partout en Amérique du Nord. C'est eux qui sont à New York à l'heure actuelle.
M. Bélanger : J'ai trouvé ça
fort intéressant, parce que ça, on sait, sur le site où j'avais implanté les...
et puis c'était une petite boîte, là, ce n'était vraiment, vraiment pas gros,
c'était artisanal, je dirais. Puis je salue, là, vraiment, l'investissement qui
a été fait parce que, récemment, j'ai vu qu'il était rendu sur le marché
américain. Donc, c'était quand même un placement judicieux qui... Vous
«expect»... pas «expect», là, mais vous prévoyez quel type de rendement au
niveau de cette entreprise-là? Puis quelle est la part... je ne sais pas si on
peut le dévoiler, mais la part d'Investissement Québec, du gouvernement, dans
cette entreprise-là?
M. LeBlanc (Guy) : Je ne peux
pas vous dire qu'elle va être le rendement là-dessus puis... mais c'est très
certainement une entreprise qui a pignon sur rue, qui a un bel avenir et qu'on
va accompagner pour accélérer sa croissance, puis son développement, et le
développement de ses produits.
M. Bélanger : Est-ce
que c'est la seule actuellement au Québec, au niveau des bornes, ou est-ce
qu'il y en a d'autres?
M. LeBlanc (Guy) : À ma
connaissance, c'est le seul, je pense.
M. Bélanger :
C'est le seul, parce que je regardais si... Je lisais ce matin... Puis là
je fais du coq-à-l'âne un peu, mais... parce que je suis quand même pas mal
impliqué au niveau d'Internet, puis de la connectivité, puis on parle de
satellitaire à basse orbite, puis il y a une entreprise du Québec qui se lance
avec des fusées pour être capable de lancer des satellites. Je trouvais ça
vraiment intéressant, et le marché... Le marché, justement, des bornes, c'est
un marché qui est estimé à quelle valeur au niveau mondial? Parce que si, là,
on est rendus aux États-Unis, ça veut dire que probablement qu'on peut exporter
ça un peu ailleurs aussi.
M. LeBlanc (Guy) : Je n'ai pas de
chiffre à vous fournir, mais vous pouvez imaginer que la planète est en train
de s'électrifier en termes de véhicules électriques. Alors, c'est un marché
énorme. Combien de dizaines ou de centaines de milliards? Je ne peux pas vous
dire le chiffre.
M. Bélanger : Est-ce qu'en termes de
comparatifs... Avec quels pays se compare-t-on? Est-ce qu'on se compare avec la
Norvège au niveau des... pas en termes de taille de pays, mais la Norvège est
peut-être le pays le plus en avance au niveau d'électrification des transports,
transport automobile surtout. Puis eux, quels types de bornes ils ont? Est-ce
que c'est des bornes très rapides ou...
M. LeBlanc (Guy) : Je n'ai pas fait
de recherche sur les pays scandinaves quant à leurs bornes, mais je peux vous
dire qu'effectivement les pays scandinaves sont les pays qui sont les plus
avancés en termes de politiques. Il y a déjà trois ou quatre ans, ils
prévoyaient que, d'ici 2030 ou à peu près, que leurs parcs automobiles seraient
essentiellement électriques, et certains de ces pays sont déjà rendus à
50 %. Donc, qu'est-ce qu'ils ont comme technologies de bornes, je ne
pourrais pas vous dire.
M. Bélanger : J'ai remarqué les
rendements d'Investissement Québec au cours des dernières années. C'est quand
même très intéressant. J'avais une inquiétude au niveau de l'impact de la
pandémie. Pourtant, si je regarde l'année passée, c'est quand même assez
intéressant aussi, mais quel serait votre... pas estimer un chiffre, mais quel
va être l'impact de la pandémie? Moi, j'avais tendance à penser que l'impact va
se faire plus à moyen terme, là, parce qu'on a aidé quand même beaucoup les
entreprises du Québec à garder la tête hors de l'eau. Et puis probablement que,
dans la transition, toutes les entreprises qui avaient un plan d'affaires plus
ou moins solide, lorsque les bouées de sauvetage ne sont plus là, bien, elles
vont peut-être couler tranquillement.
Est-ce que ça, ça va avoir un impact au niveau
des rendements d'Investissement Québec? Est-ce que c'est prévu? Et comment vous
allez faire pour peut-être redresser ça? Est-ce que c'est avec des
participations un peu plus audacieuses dans le capital de risque qu'avec des
entreprises qui offrent un bon potentiel?
M. LeBlanc (Guy) : Je peux vous dire
qu'on travaille déjà avec un bon coussin. Le rendement moyen des trois... Si on prend cette année, ce n'est pas
encore... Les résultats ne sont pas encore audités puis ce n'est pas encore
définitif, là, mais on va avoir un rendement moyen supérieur à 9 % comme
moyenne des trois dernières années. Alors, on a de la place par rapport à notre
coût des fonds, qui est aux alentours des 2 % ou 3 %. Alors, on a une
marge de manoeuvre intéressante.
La qualité du portefeuille ne s'est pas
détériorée. Elle est... On s'attendait, en 2021, à ce que ce soit plus
difficile et que 2022 se... que ça soit encore difficile. Ça ne s'est pas
encore manifesté. C'est sûr qu'il y a du cas par cas à faire. Il y a certaines entreprises qui vont avoir besoin
d'aide. Mais, en termes de portefeuille, de prêts et notre portefeuille
de participation, on n'a pas d'inquiétudes
particulières. Il va y avoir certaines situations, c'est sûr, mais, sur
l'ensemble de notre portefeuille,
sur... si je prends le portefeuille des fonds propres, qui est d'environ 6,5 à
7 milliards, je ne vois pas de...
M. Bélanger : Avec un tel rendement
durant la pandémie, ça ne vous donne pas le goût d'identifier des opportunités
puis de peut-être augmenter la proportion de capital de risque pour... quand ça
va reprendre, là, d'avoir encore des meilleurs rendements? Ça, c'est une
question. J'ai une autre question aussi.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Vous
n'oubliez pas que vous avez un deuxième bloc, là, tantôt, oui.
M. Bélanger : ...c'est la relève. La
population vieillit, et puis il y a quand même... Il y a une stratégie à avoir
au niveau de la relève des entreprises, et j'aimerais savoir, là, quelle est la
stratégie d'Investissement Québec pour assurer la relève.
M. LeBlanc (Guy) : En termes de
capital de risque, si je compare à ce qu'on faisait il y a trois ans... Ça fait
depuis trois ans que le nouvel Investissement Québec se construit. On avait à
peu près 20, 22, 23 millions de capital de risque par année à ce
moment-là. Aujourd'hui, on a un montant six fois plus élevé. Alors, on fait
beaucoup plus de capital de risque qu'on faisait et on est à un rythme de
125 millions et plus.
Pour ce qui de la relève pour ce qui est de la
main-d'oeuvre, c'est très certainement... notre volonté, c'est d'augmenter la
compétitivité des entreprises puis d'augmenter leur productivité puis
innovation. Alors, ça a un effet... La pandémie a eu un effet d'accélérateur
dans ce sens-là, et la rareté de main-d'oeuvre aussi. Alors, c'est... Je suis
un optimiste de nature. Alors, de ce côté-là, c'est clair que les entreprises
font beaucoup plus d'investissements. Et on est beaucoup plus interpelés pour
les aider non seulement en termes de financement, mais en termes
d'accompagnement aussi, parce que ce qui manque souvent en termes de
main-d'oeuvre, c'est des gens qui vont permettre, justement, de faire ta transformation numérique, de tout automatiser. Et
ça, avec Investissement Québec, CRIQ et les partenaires du CRIQ, on arrive à
accompagner un plus grand nombre d'entreprises annuellement.
M. Bélanger : Je n'ai plus de temps?
La Présidente (Mme IsaBelle) : Non,
non, vous n'en avez plus déjà depuis longtemps. Alors, nous poursuivons avec le
deuxième bloc de l'opposition officielle, avec le député de Robert-Baldwin.
Leitão : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors, bonjour,
messieurs, M. le ministre, M. LeBlanc, M. le sous-ministre et tous les
collègues, bien sûr.
Écoutez, on va continuer dans l'électrification.
Puisqu'on a commencé avec ça, on va continuer. Ça m'intéresse beaucoup, et
donc, voilà, alors, si j'ai bien compris, pour ce qui est de la stratégie de la
batterie, en fin de compte, on mise surtout sur, donc, l'exploration minière
d'un côté et puis la transformation, c'est-à-dire la fabrication des cathodes.
Par la suite, bon, on espère éventuellement avoir aussi les celluliers, comme
vous avez dit ici, mais ça, je pense, ça va être un peu plus tard. Maintenant,
les cathodes qui seront produites au Québec, est-ce que... Bon, elles vont être
exportées, bien sûr, parce que notre demande, pour l'instant, est... la demande
intérieure est relativement petite. Elles vont être exportées, mais exportées
surtout où? Est-ce qu'on a une stratégie d'essayer de rester en Amérique du
Nord ou est-ce qu'on va les exporter partout, en Europe, en Asie, etc.?
M. LeBlanc (Guy) : Le marché... L'Ontario
va être une cliente à proximité. Le marché nord-américain... Les États-Unis
vont être un marché... le principal marché, et essentiellement tout ce qui
est... On a estimé à peu près à 1 500 kilomètres à la ronde pour que
ce soit économiquement avantageux pour eux d'acheter les cathodes et les anodes
du Québec, et c'est vrai pour la batterie aussi, là. Alors, en dedans de
1 500 kilomètres... et ça nous donne à peu près accès à 60 % du
marché américain, avec les fabricants automobiles, et, si on étendait de
300 kilomètres à peu près, ça nous donnerait plus de 80 %. Alors,
c'est économiquement avantageux, pour eux, et beaucoup plus vert de faire affaire
avec, éventuellement, le Québec.
M. Leitão : Certainement, et c'est
là où... Bravo, c'est un peu ce que j'allais suggérer, qu'on se concentre sur
le marché nord-américain, parce que ce qu'on est en train de voir, c'est que
l'industrie nord-américaine de l'automobile est
en train de se recycler, si on peut utiliser un tel terme, donc, de miser
beaucoup sur la production de voitures électriques, et on voit que les
usines d'assemblage au Canada, mais surtout aux États-Unis, bien, des
investissements massifs...
Donc, il y a vraiment une transformation de
l'industrie automobile, et je pense que c'est là où le Québec aurait un rôle
important à jouer, et surtout aussi d'un point de vue stratégique, parce que,
bon, on appelle ça des minéraux stratégiques. Ce n'est pas pour rien qu'on les
appelle comme ça, c'est parce qu'il y a une forte demande mondiale pour ces
choses-là et aussi un intérêt de plus en plus grandissant pour aller chercher
ces minéraux stratégiques dans des juridictions un peu plus fiables que ce qui
existe des fois, maintenant, que ce soit en Afrique ou en Asie. Donc, il y a un
avantage comparatif ici, et là je pense qu'on a tout intérêt, au Québec, à
vraiment s'intégrer le plus qu'on peut dans l'industrie nord-américaine de la
batterie, mais aussi, et surtout, de l'automobile ou des véhicules électriques.
M. LeBlanc
(Guy) : ...avec l'Asie aussi. J'étais au Japon, il y a un
mois, et j'ai rencontré une vingtaine d'entreprises pendant mon séjour
là-bas, et ce que... La première phrase que chaque entreprise me mentionnait,
chaque comité de direction me mentionnait, était : On doit absolument
décarboner notre économie. Ils ont un nouveau gouvernement en place, et,
clairement, toutes les entreprises ont décidé de marcher en fonction de la nouvelle
politique gouvernementale. Et donc ils sont en train de regarder le Québec
parce que 80 % de leur approvisionnement provient de la Chine, et
essentiellement d'énergies fossiles, principalement du charbon. Alors, pour
eux, le Québec, c'est une... vraiment, c'est un territoire... et l'avantage
vert est un avantage absolument fantastique en ce qui les concerne. Alors, ce
n'est pas une question de savoir si... Ils sont tout simplement en train de
penser de quelle façon ils vont venir ici...
M. Leitão : Oui, je suis d'accord
avec...
M. LeBlanc (Guy) : ...et
s'approvisionner pour leur marché local aussi.
M. Leitão : Oui, c'est ça. Je suis
d'accord avec vous, mais jusqu'à un certain point. On pourrait aussi dire une
chose similaire de la Corée, la Corée du Sud, mais, jusqu'à un certain point,
je suis d'accord avec vous, mais je nous inviterais peut-être à avoir une
vision un peu plus stratégique à moyen et long terme, dans le sens où la
pandémie nous a appris beaucoup de choses. Les interruptions de la chaîne
d'approvisionnement nous a aussi appris beaucoup de choses et qu'il semble y
avoir un mouvement international vers des chaînes d'approvisionnement plus
courtes. Je ne dis pas qu'on va devenir autosuffisants et on se renferme, ce
n'est pas ça du tout, là, mais d'avoir, donc, des chaînes d'approvisionnement
plus régionales.
Donc, le Québec, vous avez dit, le rayon de
1 000, 1 500 kilomètres, je pense qu'on devrait prioriser cette
partie-là, sans oublier, bien sûr, le Japon, ou la Corée et même l'Europe, mais
du point de vue stratégie à long terme, si on s'intègre encore un peu plus avec
nos voisins, on peut probablement aussi obtenir d'autres contreparties. Vous
êtes très certainement...
LeBlanc (Guy) : On a exactement la même stratégie. Tout ce que je
voulais, c'était de répondre à votre question d'une façon plus complète en vous
disant qu'il n'y avait pas juste ce rayon, mais il y avait un attrait aussi
pour d'autres marchés.
M. Leitão : Très
bien, et c'est intéressant, cet attrait-là, mais je garderais... Écoutez, moi,
j'étais surpris, agréablement surpris... enfin, surpris de voir que, par
exemple, l'usine Ford, la compagnie Ford, il y a un projet massif, majeur, au
Tennessee, dans la production, l'assemblage de voitures électriques et de
batteries, etc. Donc, vraiment, il y a une
profonde transformation de cette industrie en Amérique du Nord, bon, mais tout
ça et tous les autres éléments dont les
collègues ont mentionné avant font en sorte qu'il me semble qu'on devrait être,
et on l'est, assez judicieux de comment on utilise notre
hydroélectricité.
Vous avez mentionné
tantôt, bon, qu'il y a toute une série de filtres. Quand vous envisagez un
projet d'investissement, vous analysez
selon... vous avez appelé ça des filtres, très bien, parce qu'à un moment
donné, là... et je pense que le collègue a fait allusion à ça, à un
moment donné, il y a un véritable risque qu'on va manquer d'électricité parce
qu'on exporte aux États-Unis et on va exporter encore plus. On utilise... Ici,
on en utilise de plus en plus. On ne veut pas nécessairement construire de
nouveaux barrages. Bon, on va miser sur l'éolien, très bien, mais, à un moment
donné, là, il y a beaucoup de demandes pour l'électricité.
Alors, ma question,
d'abord, une question un peu plus rapide. Quand vous parlez à des clients
potentiels, que ce soit BASF, Posco ou les autres qui sont intéressés à
s'installer au Québec pour toutes sortes de raisons, bien, est-ce qu'on leur
donne encore des tarifs hydroélectriques avantageux pour qu'ils viennent ici?
M. Fitzgibbon :
Laissez-moi prendre la question et M. LeBlanc pourra complémenter par
après.
Effectivement, nous
sommes dans une situation où, pas aujourd'hui, mais probablement dans trois à
cinq ans, il pourrait y avoir un déficit sur l'offre et la demande
d'hydroélectricité. On l'espère, du moins, parce qu'il faut aussi, par contre,
être clairvoyant que beaucoup de demandes ne se matérialisent pas, mais
néanmoins c'est le travail d'Investissement Québec, c'est le travail du
gouvernement d'écouter la clientèle pour comprendre leurs besoins.
Deuxièmement, l'équipe du MEI, que vous connaissez, au ministère, fait un
travail extraordinaire pour évaluer ces retombées économiques là.
Maintenant, quand on
a un projet structurant avec un investisseur étranger, BASF... Comme vous
savez, sous votre gouverne, il y a des programmes fiscaux au ministère des
Finances, il y a de la tarification privilégiée chez Hydro-Québec, et
Investissement Québec peut faire des prêts, et on peut faire de la subvention
ou des prêts pardon. Il est clair que, quand on parle à une entreprise, il faut
tout mettre ça dans le calcul. Alors, si quelqu'un comme BASF dit : Moi,
je veux uniquement une tarification subventionnée d'Hydro-Québec, on dit :
Parfait, on a un pot d'argent, chaque projet a son allocation, voici l'argent
que tu as. Préfères-tu avoir un prêt pardon si tu engages du monde, préfères-tu
avoir un congé fiscal, comme vous avez mis en place à l'époque, pour des
projets structurants pour 10, 15 ans — j'ai oublié le terme exact — ou
préférez-vous notre hydroélectricité?
Alors, honnêtement,
ce qu'on fait maintenant, c'est qu'on ajuste. Donc, on n'aura pas un
dédoublement. Et ultimement, il est clair que les projets énergivores... La
raison fondamentale pourquoi les étrangers veulent venir au Québec, il faut
être honnête, c'est parce que c'est renouvelable et à bas coût. Donc, la
plupart des gens veulent avoir un tarif d'électricité bas, mais on va devoir
faire des calculs puis dire non à certains, sincèrement.
M. Leitão :
Tout à fait. Et justement, un de ceux à qui je pense qu'on devrait dire non
à partir de demain matin ou même d'hier, ce sont les entreprises de bitcoins.
Écoutez, on en a beaucoup parlé aux crédits Finances tant hier que ce matin.
Moi, j'ai une certaine... certains diraient une certaine obsession avec ces
affaires-là. Oui, ils demandent énormément d'énergie, et je ne suis pas
certain... Enfin, je ne suis pas du tout d'avis à ce que ce soit vraiment un
investissement productif, dans le sens où on génère un truc qui, à mon avis, a
très peu de valeur. En tout cas, vous pourriez revoir la transcription des
propos que j'ai tenus avant et dont, d'ailleurs, le ministre des Finances était
généralement en accord. Donc, moi, je dirais que, dans ce filtre-là ou les
filtres que vous utilisez quand vous analysez une demande de participation dans
un projet d'investissement... moi, je dirais que les cryptomonnaies, «fine»,
mais allez voir ailleurs, on n'est pas intéressés.
M. LeBlanc
(Guy) : Essentiellement, c'est notre position aussi.
M. Leitão :
O.K., très bien, mais je commence avec un commentaire un peu dangereux, Mme
la Présidente. On est d'accord sur plusieurs choses. J'ai un peu d'urticaire
qui commence à... mais, sérieusement, c'est important.
Maintenant, une autre
chose, vous avez mentionné, et le collègue aussi, le collègue de Magog aussi,
la question de la décarbonisation, de la décarbonation, donc, la transition
pour une économie plus verte, etc. Vous avez plusieurs programmes comme le
Compétivert. On en parlera un peu. Je trouve ça intéressant, parler un peu plus
de ça. Mais vous avez votre collègue, M. le ministre, le ministre de
l'Environnement, qui, lui, il a un pot d'argent de 5,7 milliards, là, qui
provient du Fonds vert ou du Fonds d'électrification et de changements
climatiques, et il semblerait que c'est le ministère de l'Environnement qui va
décider comment ce pot, cet argent va être utilisé. O.K.? Comment est-ce que vous réagissez à ça? Est-ce que... ou, alors, de
façon un peu plus sérieuse, là, comment est-ce que ça va... vous allez
intégrer les décisions que vous prenez avec celles que le ministère de
l'Environnement, éventuellement, va prendre aussi quand ce plan sur une
économie verte va finalement se déployer, là? Qui va mener le bal, disons?
Fitzgibbon : Bien, écoutez, c'est une très bonne question,
effectivement, parce que je pense que la lutte aux changements climatiques, je
la vois en deux façons, là. Clairement, présentement, au Québec, le focus est
sur le transport, qui est 44 % de nos émissions. Les filières
industrielles toutes confondues, incluant la cimenterie, incluant l'acier, c'est 18 %, puis à peu près
10 % l'agriculture. Je vais oublier l'agriculture puis je vais prendre le
18 %, 44 %, 62 %.
Le ministère de
l'Économie, on focusse sur les choses qui vont avoir un gros impact pour le
respect de nos engagements de l'accord de la COP21, l'Accord de Paris. Je peux
vous assurer qu'on a revisité récemment — il n'a pas été annoncé encore — le
nouveau SPEDE, là, et c'est clair qu'on veut permettre aux pollueurs, les
grands pollueurs, de recevoir un peu de cet argent-là pour décarboner
leurs processus.
Donc,
avec mon collègue de l'Environnement, on passe du temps énorme... Puis je dis
souvent que l'environnement nourrit l'économie et réciproquement. C'est
vrai, à notre gouvernement, je suis très confortable avec le focus que nous
avons pour le 62 % des émissions qui me préoccupe. Pendant ce temps-là, il
y a d'autres programmes qui sont mis en place. Le Compétivert, c'est un
programme — Guy
pourrait expliquer tantôt — qui
va s'adresser pour les PME, comment on peut aider les PME à se décarboner,
parce qu'il faut y arriver de tous côtés.
Alors, l'allocation du
fonds en question que vous parlez, on va le voir... Quand il va être publié
avec l'accord du SPEDE, on va être capables... Oui, on a donné des crédits
gratuits qui vont s'estomper avec le temps, mais, en même temps, on va
permettre aux pollueurs qui doivent acheter sur la bourse du carbone d'avoir
des crédits pour pouvoir faire leurs projets de décarbonation. Alors, c'est
clair qu'il faut travailler main dans la main, ministère de l'Environnement et
ministère de l'Économie, il n'y a aucun doute.
M. Leitão :
Absolument, je dirais même plus que main dans la main. Et puis on ne peut pas
avoir... Dans une cuisine, on ne peut pas avoir deux chefs. Il y a un chef et
puis il y a un sous-chef. Et, pour ce genre de décision là, surtout dans le
milieu industriel... Le PEV, il a plusieurs aspects, mais, pour l'aspect
industriel, donc, l'industrie lourde, il me semble, l'expertise dans l'analyse
financière, cette expertise chez Investissement-Québec, chez le ministère de
l'Économie... Le ministère de l'Environnement, ils ont aussi leurs experts, là.
Je ne veux pas non plus minimiser leur importance, mais c'est votre champ
d'expertise. Donc, moi, je suis... Je dois vous avouer, là, je suis un peu
préoccupé, parce qu'il y a beaucoup de sous, là. Le pot d'argent est énorme, et
il faut l'utiliser de façon judicieuse, à mon avis.
Fitzgibbon : Non, puis le test, puis je vais... sur Compétivert après.
Le test, collègue, c'est que je n'ai pas vu, à date, publiquement, de sociétés
polluantes qui ont revendiqué que le gouvernement n'était pas à l'écoute de les
aider pour dépolluer. Alors, de facto, Investissement Québec, slash, le MEI est
présent. Ce que vous mentionnez, c'est la source de financement pour les
projets, que nous devrions utiliser les projets du fonds en question, ce qu'on
fait. D'ailleurs, dans la plupart des annonces qu'on a faites depuis...
Benoit... M. le ministre de l'Environnement et des Changements climatiques et
moi avons fait cinq, six annonces récemment, et, dans la plupart des projets,
Investissement Québec, slash, MEI fait de l'aide directe, et le ministère de
l'Environnement donne la subvention. Alors, l'approche qu'on a, c'est que le
ministre fait la subvention, puis nous, on aide à côté. Alors, à date, là, ça
semble très bien fonctionner.
Veux-tu parler du
Fonds vert... de Compétivert?
M. LeBlanc
(Guy) : Oui, bien, j'en ai parlé un peu tout à l'heure. Je ne sais pas
si vous aviez une question par rapport à Compétivert en particulier.
M. Leitão :
Aussi, oui, mais, si on reste avec le Fonds vert...
M. LeBlanc
(Guy) : Mais ce que... Notre rôle, chez Investissement Québec, c'est
de faire, dans un premier temps, le démarchage. Après ça, on accompagne les
entreprises dans les différentes étapes, que ce soit de choisir un site, que ce
soit par rapport à des enjeux technologiques ou autres, stratégiques, et, par
la suite, on fait l'analyse du dossier et le financement, et le financement,
conjointement avec le MEI ou avec nos fonds propres, et...
M. Leitão :
Mais pour prendre un... excusez-moi, pour prendre un exemple concret, parce que
c'est dans les médias, là, ArcelorMittal a toutes sortes de projets intéressants,
je pense, et donc moi, je présume... je ne sais pas, mais je présume
qu'ArcelorMittal est venu vous voir, Investissement Québec, et donc a commencé
la discussion avec vous. Là, bon, vous essayez de structurer quelque chose et
puis, une fois que cette structure aurait été établie, là vous allez dire à
votre collègue de l'Environnement : Bien là, là, tu sais, on a besoin de x
millions du Fonds vert pour financer le projet de... Est-ce que c'est comme ça
que ça se passe ou pas tout à fait?
M. Fitzgibbon :
L'exemple est très bon. ArcelorMittal a plusieurs projets. Premier projet,
c'est de l'huile pyrolytique, qu'ils veulent utiliser de... bioénergie; le
deuxième, c'est électrogène... de l'hydrogène, je m'excuse, pour l'usine... l'aciérie. Dans les deux cas... ont
accès au ministère de l'Économie, avec Investissement Québec. On regarde
un projet, on regarde le coût du projet, on
regarde... Dans le cas de l'hydrogène, très complexe, parce que, comme vous
savez très bien, l'hydrogène, ce n'est pas rentable aujourd'hui, donc il faut
avoir une tarification très subventionnée pour que ce soit rentable...
M. Fitzgibbon :
...ça, c'est un enjeu à part... on parlera plus tard, probablement. Donc,
dans ces cas-là, on regarde l'impact sur les émissions, on regarde le coût, on
regarde ce qu'ils ont besoin qu'on finance pour que leur retour sur
investissement soit adéquat. On s'assoit avec le MEI, on regarde les
programmes, on va voir le ministre de l'Environnement puis on dit :
Ça nous prendrait 10 millions, dans le projet, de subvention pour que ça
fonctionne, et, règle générale, la réponse, c'est oui.
M. Leitão : O.K. Et... Ça
achève? Bon, encore quelques minutes. Parce que là, j'aimerais,
M. LeBlanc, qu'on parle un peu... peut-être un peu plus, là, de
Compétivert. Donc, vous avez déjà pas mal atteint le... Donc, vous êtes déjà
même un peu au-delà du montant qui avait été alloué initialement, les
375 millions de... Est-ce que vous pouvez nous parler un peu plus de ce...
Il y a une centaine de projets, vous avez dit, ce sont surtout des PME.
Pouvez-vous nous donner un peu plus d'information sur ce programme-là?
M. LeBlanc (Guy) : Oui, et puis
en annonçant le plan de trois ans et l'objectif de 375 millions, ce que
j'avais dit, c'est qu'on serait très heureux de dépasser ce montant-là, et
c'est exactement ce qu'on fait, et on va continuer. C'est la même chose avec notre initiative Productivité innovation. Quand
on l'a annoncée... à 2,4 millions pour quatre ans, on est rendu à
60 quelques pour cent de l'objectif après un an et demi, et ça va nous faire
plaisir de le dépasser, parce que ce sont des enjeux clés, et on continue à
travailler là-dedans. Mais c'étaient des objectifs qu'on s'était donnés.
Alors,
105 projets, ce sont des entreprises de différentes tailles, ce ne sont
pas seulement des PME. Il y a Pratt & Whitney qui fait
partie de ça,
avec... développement d'un moteur hybride, il y a Lion Électrique, il y a
PowerWave, avec qui j'étais au Japon il y a
un mois, puis IngeniArts, qui est dans le domaine... qui fabrique justement des
batteries pour chariots élévateurs, puis je pourrais continuer, Sollum
Technologies, et... Je ne sais pas si vous avez une question plus précise.
M. Leitão : Non, non, non. Ça
va, non. Donc, c'est... et pour ce...
M. LeBlanc (Guy) : Groupe
Lebel, aussi. C'est intéressant, ça, avec...
M. Leitão : Groupe... Pardon?
M. LeBlanc (Guy) : Groupe
Lebel, dans le secteur forestier.
M. Leitão : Oui, c'est ça. Et
donc, là, vous, ce que vous... l'objectif, c'est d'accélérer... en tout cas, de
donner le soutien nécessaire pour décarboner ces entreprises-là, pour ce...
améliorer leur bilan énergétique?
M. LeBlanc (Guy) : En fait,
c'est beaucoup... pas nécessairement pour... Ça peut être pour les décarboner,
mais c'est surtout pour développer des nouvelles... faire du développement de
produits pour éventuellement réduire les gaz à effet de serre qu'ils émettent
ou que leurs clients émettent, ou encore, dans le cas de Groupe Lebel, c'est
les résidus forestiers dont on va se servir en termes de biomasse.
M. Leitão : Très bien. Écoutez,
moi, je pense que, pour l'instant, pour cette fois-ci, ça va, le...
La Présidente (Mme IsaBelle) : Parfait.
Merci. Alors, nous allons poursuivre avec la porte-parole du deuxième groupe
d'opposition en matière d'économie, avec la députée de Mercier. Vous disposez
de 20 min 21 s
Mme Ghazal : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Bonjour, messieurs. Je vais commencer par une question à M. LeBlanc. C'est un sujet très d'actualité
en ce moment, les salaires et les bonis. J'ai essayé de
retrouver l'information, là, avec le rapport annuel 2021‑2022. Je ne
sais pas s'il a été déposé, je ne l'ai pas trouvé.
M. LeBlanc (Guy) : ...2020‑2021,
oui.
M. LeBlanc (Guy) : 2021‑2022,
ça va être déposé à l'Assemblée nationale début juin.
Mme Ghazal : O.K., c'est ça.
Donc, je n'ai pas les informations pour maintenant. Je sais que l'année passée
il y avait eu une augmentation assez substantielle, là. Je ne me rappelle pas
de combien de pour cent, mais c'était immense. Est-ce que c'est possible de
nous donner une indication, même si le rapport annuel n'est pas déposé, des
salaires et des bonis des hauts dirigeants, en commençant par vous?
M. LeBlanc (Guy) : En
commençant par moi? Bien, je vais vous donner ça...
Mme Ghazal : À tout seigneur,
tout honneur.
M. LeBlanc (Guy) : D'accord.
Bien, je vais vous dire ça. Alors, ce qui sera dans le rapport annuel... alors,
en primeur, je vous fais une confidence qu'on garde entre nous.
Mme Ghazal : Oui,
oui, oui. Je ne dirai rien.
M. LeBlanc (Guy) : Dans mon
cas, ça va être une rémunération totale de 650 000 $, par rapport à
615 000 $ l'année dernière.
Mme Ghazal : Ça, c'est le
total? Rémunération globale?
M. LeBlanc (Guy) : Ma
rémunération totale, oui.
Mme Ghazal : O.K. Puis est-ce
que c'est possible de l'avoir pour l'ensemble des cadres et... le salaire et
aussi les bonis chez les... Investissement Québec? J'essaie de retrouver juste
l'information de l'année passée.
M. LeBlanc (Guy) : Oui, je
pourrais les fournir... vous fournir l'information.
Mme Ghazal : Puis c'est
combien? Au moins nous dire c'est quoi, l'augmentation ou la diminution.
M. LeBlanc
(Guy) : La rémunération totale de la haute direction, en
2022, est de 4 471 000 $, versus
3 615 000 $ l'année dernière, et pour une moyenne de
559 000 $ en 2022 par rapport à 516 000 $ par dirigeant
l'année dernière, ce qui est une augmentation globale de 8 %.
Mme Ghazal : Une augmentation
par rapport à l'année passée de 8 %?
M. LeBlanc (Guy) : Pour
l'ensemble des membres de la direction, oui.
Mme Ghazal : O.K. J'essaie de
retrouver l'autre... l'année d'avant, où ça a été une augmentation quand même
substantielle de... On était dans les... plus que 100 %. Attendez.
Bon, là, je ne la retrouve pas, je l'avais avec
moi. Vous vous rappelez, l'année passée, quand on en a parlé de ça? Ah oui! je
l'ai ici. Donc, c'était de 141 % d'augmentation. Au cours d'une année où
Investissement Québec a enregistré un bénéfice record de près de
1 milliard, les bonis versés sont passés de 3,6 millions en 2019‑2020
à 8,7 millions en 2020‑2021. Et là vous me dites : Pour les bonis...
parce qu'il y a eu des discussions sur la rémunération variable basée sur la
performance, entre autres. Ce que vous me dites, c'est que pour... Les bonis
pour 2021‑2022, c'est passé à combien?
M. LeBlanc (Guy) : Je ne vous
ai pas donné les bonis, je vous ai donné la rémunération totale.
Mme Ghazal : Oui, juste la
rémunération. Bien, c'est ça qui m'intéresse, moi, c'est la rémunération
variable.
M. LeBlanc (Guy) : La
rémunération variable...
Mme Ghazal : Disons, les bonis.
M. LeBlanc (Guy) : Bien, dans
mon cas, c'est 100 000 $, puis ça varie entre... par dirigeant, ça
varie entre...
Mme Ghazal : Le montant
global... Est-ce que vous avez le montant global? Parce que moi, j'ai
3,6 millions en 2019-2020, 8,7 millions en 2020-2021. C'est combien
pour cette année? Si vous ne l'avez pas, on peut attendre jusqu'à la fin.
Quelqu'un pourrait le trouver...
M. LeBlanc (Guy) : Les bonis,
au total, ça va être...
Mme Ghazal : ...puis je
pourrais vous poser d'autres questions.
M. LeBlanc (Guy) : Les bonis,
au total, pour la haute direction, ça va être de 1,2 million.
Mme Ghazal : Donc, c'est une
baisse par rapport à l'année passée? L'année passée, c'était 8,7 millions.
M. LeBlanc (Guy) : Non, non.
Ça, c'est pour la totalité d'Investissement Québec.
Mme Ghazal : Oui, c'est ça que
je cherche comme information.
M. LeBlanc (Guy) : Ah!
d'accord. Excusez-moi, je pensais que c'était pour l'équipe de direction.
Mme Ghazal : C'est pour ça, je
vous donne ceux de l'année passée... Oui, c'est les bonis versés, au total.
M. LeBlanc (Guy) : Est-ce qu'on
a ça pour le...
Mme Ghazal :
Bien, vous... quelqu'un va pouvoir trouver l'information?
M. LeBlanc (Guy) : Oui, je peux
peut-être... je vous donnerai cette information-là.
Mme Ghazal : Mais est-ce que
c'est une augmentation ou une baisse?
M. LeBlanc (Guy) : Par rapport
à l'année passée?
Mme Ghazal : À l'année passée.
M. LeBlanc (Guy) : Ça va être
une augmentation.
M. LeBlanc (Guy) : Ça devrait
être une augmentation, j'imagine, mais je ne veux pas trop m'avancer.
Mme Ghazal : O.K. Très bien,
puis...
M. LeBlanc (Guy) : Ah! ils ne
sont même pas... mais c'est... Oui.
Mme Ghazal : Très bien. Je
comprends. Merci.
M. LeBlanc (Guy) : En juin,
vous aurez ça.
Mme Ghazal : Oui, c'est ça,
exact. O.K. Est-ce que c'est possible... C'est correct, si je passe de
M. LeBlanc à M. le ministre de l'Économie?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Oui, ils sont assez rapides, ils comprennent, oui.
Mme Ghazal : Oui, oui, ils sont rapides, depuis le temps
qu'ils se font cuisiner par mes collègues. Donc, est-ce que, monsieur... M. le ministre de l'Économie, vous avez
entendu le premier ministre dire qu'éventuellement il voudrait éliminer les
bonis. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça?
M. Fitzgibbon : Bien, écoutez,
moi, je ne sais pas quelle est sa pensée, mais il est clair que pour les
sociétés d'État, quand on veut avoir des dirigeants qui viennent du marché
privé puis on veut compétitionner, on veut avoir des bonnes personnes, je pense, c'est clair qu'il faut avoir une
rémunération qui est propre au marché, et je vous dirais que la plupart des gens qui viennent travailler pour des
sociétés d'État acceptent aussi de n'avoir pas nécessairement le prix du
marché, mais un prix... puis Investissement Québec est l'exemple.
M. Legault référait probablement à d'autres sociétés d'État qui étaient dans un monopole ou dans
d'autres situations. Je n'ai pas les renseignements par rapport à ça. Mais
la... la modulation de la bonification doit
exister, c'est sûr, par rapport au marché dans lequel on recrute des candidats,
très important, par rapport à
l'expertise qu'on a besoin d'avoir, par rapport au marché que l'on vise. Par
exemple, Investissement Québec, qui compétitionne contre un paquet de
juridictions pour aller chercher des clients étrangers, bien, doit... on doit
avoir un marché. Mais, si on travaille seulement au Québec... Alors, je pense
que chaque entreprise doit avoir sa modulation.
Mme Ghazal : Est-ce que...
Donc, je comprends, là, en fonction du marché, etc., et en fonction du :
Il faut être concurrentiel avec le privé, tout ça. Je veux juste savoir si le
ministre de l'Économie est d'accord à l'effet d'éliminer, peut-être pas pour
cette année, vu que ce qu'il dit, c'est qu'il faut respecter les contrats
jusqu'à la fin, mais d'éliminer la rémunération variable pour les sociétés
d'État...
M. Fitzgibbon : Bien, il faut
faire attention, parce que...
Mme Ghazal : ...les bonis.
M. Fitzgibbon : Il faut faire
attention.
Mme Ghazal : Je veux juste
savoir si vous êtes de... si le ministre est d'accord.
M. Fitzgibbon : Bien, c'est...
c'est dur pour moi de répondre. La réponse est... Je pense qu'il faut être...
bien attention. C'est la rémunération qui va augmenter, parce que, tu sais,
vous l'avez dit tantôt, là, tu sais, c'est salaire de base, bonification. Dans
certains cas, on pourrait enlever la bonification, le salaire de base pourrait
être ajusté, puis c'est fini. Dans d'autres
cas, ça prend une bonification, c'est... les objectifs à avoir. Je pense qu'il
faut faire attention, là.
M. LeBlanc (Guy) : S'il n'y
avait pas de bonis chez Investissement Québec, en matière d'attraction et de
rétention de talents, on aurait strictement les gens du milieu financier qui ne
se sont pas trouvé de travail.
Mme Ghazal : Puis
est-ce qu'il y a une limite qu'il faut avoir dans les bonis, ou «sky is the
limit», comme on dit en français?
M. LeBlanc (Guy) : Bien, les
chiffres que je vous donne, ce n'est pas «sky is the limit», là, j'ai touché...
Mme Ghazal : C'est quoi, la
limite, chez Investissement Québec, à ne pas dépasser?
M. LeBlanc (Guy) : Tu ne peux
pas... Ça dépend pour... pour les membres de la direction ou pour le personnel,
selon les catégories, si... Par exemple, si tu es un professionnel ou un
technicien, bien, ça va être... Un technicien, ça peut aller jusqu'à, je pense,
10 %. Si tu es un professionnel...
Mme Ghazal : Pour un haut
dirigeant, il n'y a pas de limite.
M. LeBlanc (Guy) : Pour un haut
dirigeant, oui, il y a une limite, et tu ne peux pas faire plus que de doubler
ton salaire, là. Ça, c'est le maximum, puis il faut que tu aies rencontré, mais
absolument, tous les objectifs, et ça, ça te permet de toucher... C'est à peu
près impossible. On a des objectifs extrêmement ambitieux, et de pouvoir
rencontrer les 18 objectifs, c'est mission pratiquement impossible, et il
y a un effet multiplicateur avec chacun de ces facteurs-là. Donc, dès le moment
où tu ne rencontres pas un élément, tu te retrouves en difficulté, là, pour ce
qui est des bonis, puis tu peux avoir livré une très bonne performance.
Mme Ghazal : Donc, ce que vous
dites, c'est que... vous dites à M. Legault : Ce n'est pas une bonne
idée d'éliminer les bonis, comme lui, il l'a dit aujourd'hui?
M. LeBlanc (Guy) : Ce n'est
pas... Moi, ce que je dis, c'est que, pour le secteur finance, c'est un milieu
qui est rémunéré en fonction de la performance, et ce sont des gens qui sont,
excusez l'expression, mais qui sont «drivés» par les résultats. Alors, ça
prend... Tu préfères donner une rémunération de base qui est...
Mme Ghazal : Plus basse.
M. LeBlanc (Guy) : ...qui est
un peu plus basse plutôt que d'avoir des coûts fixes puis d'ajuster en fonction
des résultats.
Mme Ghazal : O.K. Puis c'est...
Je ne sais pas... Il me reste encore pas mal de temps. Donc, si quelqu'un a le
chiffre pour les bonis, j'apprécierais l'avoir. Là, je suis sûre que quelqu'un
l'a puisque vous aviez les salaires. Donc, ça serait quelque chose de
possible...
M. LeBlanc (Guy) : Oui, les
salaires...
Mme Ghazal : ...ou les calculs
ne sont pas terminés?
M. LeBlanc (Guy) : C'est parce
que les salaires sont connus, mais les bonis...
Mme Ghazal : C'est en fonction
des résultats. O.K.
M. LeBlanc (Guy) : ...ça s'en
vient.
Mme Ghazal : Parfait. Merci.
J'ai...
M. LeBlanc (Guy) : Pour
l'ensemble de la société, oui.
Mme Ghazal : O.K. J'ai une
question pour M. le ministre. Je pense, c'était mercredi dernier, vous aviez
annoncé... En fait, je ne sais pas si c'était vous, là, mais, en tout cas il y
a eu une annonce à l'effet que le gouvernement du Québec allait avoir une
participation de 100 millions de dollars dans l'entreprise Polycor.
Et M. le ministre est au courant que, bien, il s'est fait taper sur les doigts
par la Commissaire à l'éthique et à la déontologie par rapport à ses liens
d'amitié avec un lobbyiste qui est en lien avec cette entreprise-là. Il n'y a
pas ici un conflit d'intérêts?
M. Fitzgibbon : Pas du tout.
D'ailleurs, c'est... j'arrive de là. Je suis allé faire l'annonce ce midi, une
très belle annonce. On investit
100 millions de dollars dans une société québécoise qui est un
champion de son industrie, dans le domaine
du granit, du calcaire. On a pris une participation avec un fonds américain, on
a assuré, la première fois... on est actionnaire de la compagnie. On a assuré le maintien
du siège social ici, au Québec, on a assuré le maintien de 350 emplois. M.
Perus, le CEO, a un plan de croissance.
Alors, on est... je suis... j'étais très heureux d'être présent à cette
annonce. C'est un travail qui a été bien fait par Investissement Québec,
et le lobbyiste auquel vous référez, là, n'est même pas dans le dossier.
Mme Ghazal : Mais il n'était
pas dans l'annonce hier, vous dites?
M. Fitzgibbon :
Il n'était pas dans le dossier.
Mme Ghazal : Il n'est pas dans
le dossier?
M. Fitzgibbon : Le dossier.
Vous savez c'est quoi, un dossier? Il n'est pas... Il n'était pas dans le
dossier.
Mme Ghazal : Donc,
ce que je comprends, c'est que votre... cet ami-là, il n'est pas du tout en
lien avec Polycor?
M. Fitzgibbon : Pas du tout.
Mme Ghazal : Et ce qui a été
mentionné par la... par Mme Mignolet n'avait pas lieu d'être?
M. Fitzgibbon : Il n'y a aucun
rapport, là. Une entreprise... Il y avait aujourd'hui l'aviseur financier, qui
était M. Adams, de TD, il y avait Investissement Québec. Le processus,
donc... Il n'y avait aucun rapport.
Mme Ghazal : Mais
ce n'était pas... Le lobbyiste de cette entreprise-là, qui est enregistré, ce
n'était pas votre ami?
M. Fitzgibbon : On parle...
C'est quoi, la question? Je ne vous suis pas, là, je ne sais pas.
Mme Ghazal : Le lobbyiste qui a
moussé ce projet-là...
M. Fitzgibbon : Non, c'est ça,
tu sais, c'est... il n'y a pas de lobbyiste qui a moussé le projet. C'est ça
que je vous explique.
Mme Ghazal : Qui l'a moussé
avant l'élection de la CAQ.
M. Fitzgibbon : Non, non. Non,
c'est... Non, le lobbyiste n'a pas promu... Là, vous parlez de quel... De quel
dossier vous parlez? Parce que je ne vous suis pas du tout, là.
Mme Ghazal : De Polycor.
M. Fitzgibbon : Oui. De quel
dossier? Il y a plusieurs dossiers, là.
Mme Ghazal : Mais l'annonce qui
a été faite...
M. Fitzgibbon : Ça n'a aucun
rapport.
Mme Ghazal : ...de
participation de 100 millions de dollars du gouvernement du Québec.
M. Fitzgibbon : Ça n'a aucun
rapport. C'est ce que... Vous ne m'écoutez pas, là.
Mme Ghazal : O.K. Donc, il n'y
a pas de conflit d'intérêts ni d'apparence de conflit d'intérêts?
M. Fitzgibbon : Absolument pas,
Mme Ghazal : Je voudrais parler
du fonds DNA, je veux poser la question à M. LeBlanc. J'avais posé des
questions au ministre de l'Économie à l'effet que c'était... qu'Investissement
Québec n'avait pas l'expertise ni la possibilité de s'occuper de ce fonds-là,
de fonds privés, et que... en fait, de ce fonds-là. Il fallait le faire avec le
privé. J'aimerais vous entendre là-dessus.
M. LeBlanc (Guy) : On utilise
des fonds d'investissement, et ça fait partie, vraiment, de notre stratégie
chez Investissement Québec de promouvoir autant que possible... d'avoir le plus
grand nombre de fonds d'investissement pour utiliser comme effet de levier.
C'est que nous, on dessert, en accompagnement puis en financement, peut-être
10 000... On fait 10 000 interventions par année. Il y a
260 000 entreprises au Québec. Alors, d'avoir des fonds
d'investissement qui ont l'expertise, surtout des fonds d'investissement avec
des missions particulières, ça nous permet justement d'utiliser ce levier-là
pour faire davantage de développement économique, d'une part.
Alors, je dirais que c'est probablement le... Le
deux tiers de ma réponse, c'est relié à l'effet de levier, puis l'autre tiers, c'est l'expertise. Puis, je
veux juste revenir sur l'effet de levier, en plus, ce sont des gens avec
des compétences qui vont nous
permettre... qui sont des anciens entrepreneurs, puis on a aussi moussé
beaucoup des fonds d'investissement avec des... excusez l'expression,
mais des «family offices», alors des gens qui ont réussi, puis ils veulent redonner,
et qui sont là comme mentors.
Dans le cas de DNA, c'est davantage pour des
entreprises qui sont en difficulté financière puis qui veulent revenir sur la
voie rapide, et ces gens-là ont cette expertise. On a cette expertise aussi
chez Investissement Québec, mais on n'a pas nécessairement le temps et les
ressources pour s'en occuper autant. Alors, d'avoir des gens qui...
Mme Ghazal :
Donc, ça aurait été possible. Ça aurait été possible que ça se fasse avec
Investissement Québec, s'ils ont décidé de le faire.
M. LeBlanc
(Guy) : Oui, mais c'est le même raisonnement. L'effet de levier... On
a des financiers chez Investissement Québec; chez DNA, ils ont des opérateurs.
Alors, cette expertise d'opérateurs, c'est extrêmement utile lorsqu'on veut faire
un redressement. Alors, oui, on a cette expertise en
partie chez Investissement
Québec, mais, dans un fonds spécialisé qui va se concentrer là-dessus. C'est la
même chose que lorsqu'on investit dans un fonds d'investissement en sciences de
la vie, avec des chercheurs qui sont... qui travaillent pour ce fonds, en
particulier, et qui nous permet de supporter des entreprises qui sont
intéressantes. Alors, DNA, ma réponse n'est pas différente.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Il vous reste cinq minutes.
Mme Ghazal :
O.K. Merci beaucoup. Je voudrais aller sur... En fait, il y a eu un décret,
je ne sais pas si M. le ministre peut me répondre là-dessus, un décret pour la
création d'un programme d'appui à la rétention des entreprises stratégiques et
à l'aide d'urgence. Est-ce que ça, c'est comme un autre fonds? Ça a été sorti
le 13 avril dernier. C'est comme un cadre normatif pour 2022‑2025. Ça,
dans le fond, ça a été mis en place pour remplacer les autres fonds d'urgence
pendant la pandémie, le PACTE et tout ça?
M. Fitzgibbon :
Oui. Vous référez au PARESAU? O.K. PARESAU, c'est un... En fait, ce qui
s'est produit, c'est que le programme Essor... C'est la colonne vertébrale du
MEI. Dans le programme ESSOR qui s'est terminé le 31 mars 2022, il y avait
un volet là-dedans pour l'aide d'urgence aux entreprises. Ça va? O.K. Alors, on
a décidé de scinder le programme. Le nouveau programme Essor, qui a été annoncé
il y a quelques mois — il
y avait un
article dans La Presse qui l'a très bien décrit — ce
programme-là se veut un programme de développement économique pour filières
stratégiques. On a exclu l'aide d'urgence et on a créé un programme parallèle,
la raison étant que l'expertise est différente... du côté administratif est
différente.
Donc, ça se veut la
continuation du volet Aide dans l'Essor-1, qu'on appelle maintenant PARESAU.
Là, j'oublie l'acronyme, là. Alors, c'est un programme qui est une continuation,
à toutes fins pratiques, des programmes existants, mais qui se veut ciblé
uniquement sur l'aide d'urgence pour la transformation des entreprises ou pour
les problèmes de 9-1-1, là... il y a des problèmes de liquidités importants qui
surviennent.
Mme Ghazal :
Donc, c'est ça... parce que là, l'aide d'urgence, ça n'a plus rapport avec
la pandémie, là. Ce n'est pas ça.
M. Fitzgibbon :
Non. Effectivement, là, M. le député de LaFontaine a posé la question
la semaine passée, le PACTE et le PAUPME, là, on va l'arrêter à un moment
donné, là. Alors, ça, ce n'est pas en remplacement de ça. Ça, c'est un autre
programme qu'on avait avant déjà, parce que des compagnies en difficulté, il y
en a toujours eu. Alors, c'est sûr que moi, je pense que, postpandémie, il
pourrait y avoir un nombre accru de demandes, parce que beaucoup d'entreprises
vont avoir des problèmes dans la croissance, pas seulement durant la pandémie.
Donc, il est possible qu'il y ait des résultats collatéraux... la pandémie, mais
le programme n'est pas fait pour la pandémie, il est fait pour...
Mme Ghazal :
Mais les autres programmes vont arrêter quand? J'avais comme eu...
M. Fitzgibbon :
Le programme... PAUPME et PACTE vont arrêter... En fait, la technique, là,
c'est quatre semaines après la fin des mesures d'urgence. Donc, si, comme
opposition, vous acceptez le projet de mon collègue ministre... si vous
acceptez le projet de M. Dubé...
Mme Ghazal :
Qui n'arrête pas, mais qui arrête.
M. Fitzgibbon : Bien, si vous ne
l'arrêtez pas, il va continuer. Alors, si vous l'arrêtez, c'est... Si vous
acceptez, plutôt, le projet où on met
fin aux mesures sanitaires, automatiquement, 30 jours après, PAUPME,
PACTE, ils arrêtent. Alors...
Mme Ghazal :
Donc, c'est entre nos mains?
M. Fitzgibbon :
Comme tout le reste de nos programmes.
Mme Ghazal : Oui, c'est ça,
exactement. Puis, quand on définit ici c'est quoi, une entreprise stratégique,
est-ce que c'est la même définition que celle avec le...
Mme Ghazal :
...le PACTE, ou l'autre, là, d'avant, là?
M. Fitzgibbon :
Non, non.
Mme Ghazal : Je comprends que
ce n'est pas lié...
M. Fitzgibbon :
Oui. La réponse est oui.
Mme Ghazal : ...mais je me
rappelle qu'on disait qu'il fallait que ça soit...
M. Fitzgibbon : La réponse est
oui.
M. Fitzgibbon : La réponse est
oui. Il y aura... Donc, le programme PARESAU requiert que l'entreprise soit
stratégique. C'est la même définition qu'on a dans le volet... Essor, numéro 2.
Donc, on exclut des choses. Il faut que... s'assurer que les entreprises
respectent le cadre : chef de file, impact sur... Tu sais, il y a une définition
assez élaborée que vous allez pouvoir voir sur le site...
Mme Ghazal : ...rayonne à
l'international?
M. Fitzgibbon : Exact. Vous
avez devant vous...
Mme Ghazal : Donc, ça, c'était le...
Parce qu'à un moment donné, quand il y a eu le rapport de la Vérificatrice
générale, qui disait qu'il y avait un pouvoir discrétionnaire puis qu'il n'y
avait pas de cadre qui le définissait, dans le fond, c'était ce cadre-là?
M. Fitzgibbon : Non. On parle
de deux choses, là. Le...
Mme Ghazal : Je sais que ce
n'est pas la même chose, mais...
M. Fitzgibbon : O.K., là, par
exemple... O.K. Bien, le cadre... La VG, ça, c'est une autre discussion qu'on
peut avoir, si vous voulez. Mais, juste pour ne pas les mélanger, parce qu'on a
tendance à mélanger les choses, des fois, assis au Parlement, là, il faut voir
Essor...
Mme Ghazal : Qui mélange les
choses?
M. Fitzgibbon : Il y a du
monde, mais je ne sais pas qui, là, mais...
Mme Ghazal : Le gouvernement,
vous... pas l'opposition.
M. Fitzgibbon : Peut-être.
Bien, ça, c'est sûrement nous, c'est sûrement le gouvernement, l'opposition est
parfaite. Alors, non, ce qu'on a, c'est qu'on a un cadre, Essor, dans lequel on
définit très clairement le stratégique. Vous l'avez devant vous, je pense, là.
Alors, ça, ce cadre-là, c'est le même que pour le PARESAU, là. Ce que vous
parliez tantôt, là, l'aide d'urgence, c'est le même cadre... la même définition
des sociétés éligibles, qui n'a pas rapport du tout avec la VG et... que le
programme du PACTE, là.
Mme Ghazal : Juste... Je
voulais vous poser des questions sur les bitcoins, si Investissement Québec
voulait investir là-dessus, mais je pense que j'ai de moins en moins de temps.
La Présidente (Mme IsaBelle) : 27 secondes.
M. Fitzgibbon : La réponse est
non.
Mme Ghazal : Oui.
Moi, ma question... Non? O.K., c'est bon. Ma question, si... Je veux revenir à
ce que je disais...
Est-ce que
vous avez retrouvé finalement les bonis? Ah! non, c'est vrai, vous disiez qu'il
fallait calculer. C'est vrai.
Votre... L'ami de... Votre ami, M. le
ministre...
M. Fitzgibbon : J'ai beaucoup
d'amis. C'est lequel?
Mme Ghazal : Oui, je le sais, vous connaissez tout le monde.
Moi, je parlais de Luc Laperrière, qui était lobbyiste pour Polycor.
Donc, vous ne niez pas que c'est votre ami, puis qu'il était lobbyiste pour
Polycor, puis que la semaine passée on a mis
un investissement de 100 millions de dollars dans cette
entreprise-là. Vous ne niez pas tous ces faits-là?
M. Fitzgibbon : Non, mais je
répète ce que je vous ai dit, là. Bien, je vais cesser d'aller patiner sur une
patinoire qui est large, là, mais Luc Laperrière n'a aucun rapport avec le
projet qu'on a annoncé.
Mme Ghazal : Pas le projet,
mais avec l'entreprise...
M. Fitzgibbon : Je ne sais même
pas s'il...
Mme Ghazal :
...et un jour il a eu un... disons, j'élargis la patinoire, il a déjà eu
un lien, en tant que lobbyiste, avec cette entreprise-là.
M. Fitzgibbon : En fait, il a
fait du travail pour eux. C'est moi qui l'ai présenté à la...
Mme Ghazal : O.K., donc
l'apparence de conflit d'intérêts...
La Présidente (Mme IsaBelle) : Alors,
je m'excuse, la période est terminée.
M. Fitzgibbon : Elle est dans
votre tête.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
La période est...
M. Fitzgibbon : Elle est dans
votre tête.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Oui, la période est terminée, c'est mieux comme ça. Alors, nous poursuivons
avec le troisième bloc de l'opposition officielle. Député de LaFontaine...
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Bien, on vous a accordé pour les deux autres blocs, celui-ci et l'autre.
M. Tanguay : On va l'amputer à
la fin, là, oui.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Vous
aimez mieux à la fin?
M. Tanguay : Oui, oui, s'il
vous plaît.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Là,
on vous donnait 18 minutes.
M. Tanguay : Non, j'aimerais
mieux à la fin, s'il vous plaît. Bien, c'est une vingtaine.
La Présidente (Mme IsaBelle) : O.K.
On va vous donner 20 minutes, oui.
M. Tanguay : O.K. Merci
beaucoup, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme IsaBelle) : 20 minutes.
M. Tanguay : M. le ministre,
combien avez-vous d'amis? Et nommez-les.
M. Fitzgibbon : Eh! Il ne reste
pas assez de temps.
M. Tanguay : C'est ça, hein,
on...
M. Fitzgibbon : J'ai plus
d'amis maintenant.
M. Tanguay : Ah! vous avez plus
d'amis maintenant? Oui, il faut faire attention, oui, c'est... Mais c'est vrai
que la liste serait longue.
M. Fitzgibbon : Non, non, je
parlais à madame...
M. Tanguay : C'est
vrai que la liste serait longue, parce que vous êtes trop affable, trop
aimable. Pour moi, c'est ça.
M. Fitzgibbon : Je suis
sympathique, très sympathique.
M. Tanguay : Vous êtes
sympathique, on a le goût d'être votre ami, puis, comme vous le dites, plus
depuis une couple d'années, je ne sais pas pourquoi.
Polycor... Non, effectivement, Luc Laperrière
avait mandat enregistré au Commissaire du lobbyisme, qui est terminé, je pense,
en août 2019, dans ces eaux-là. Par contre, je pense que le CEO, Patrick Perus,
vous le connaissez bien. Depuis combien de temps vous le connaissez, Patrick
Perus?
M. Fitzgibbon :
Depuis juin 2015.
M. Tanguay : Ah!
Pourquoi juin? Qu'est-ce qui s'est passé? Pas le 24 juin, la Saint-Jean
ensemble?
M. Fitzgibbon : Le lendemain de
la Saint-Jean. Non. Il a conté l'histoire aujourd'hui, parce qu'il y avait des
gens comme vous qui posaient ces questions-là aujourd'hui, là.
M. Fitzgibbon : Oui, oui, Le Journal de Montréal , entre autres. Puis, en fait, M. Perus l'a très
bien expliqué, vous lirez le verbatim, je ne sais pas si ça va sortir, là, mais
il m'a consulté dans mon ancienne vie pour savoir... avoir des conseils
quelconques. Alors, je l'ai connu... On a eu une bonne rencontre, et je n'ai
pas vu M. Perus... Je l'ai vu cinq fois dans ma vie, M. Perus, là.
M. Tanguay : La première fois
en juin 2015 puis cinq fois par la suite?
M. Tanguay : Puis les
quatre dernières fois, est-ce qu'elles ont eu lieu dans les 30 derniers
jours ou...
M. Tanguay : Non? Non.
O.K. Est-ce que M. Perus... Vous avez donc discuté directement de
l'annonce d'aujourd'hui avec M. Perus?
M. Fitzgibbon : Bien oui, parce
que je suis arrivé... je suis allé avec lui, ça fait qu'il fallait se parler
avant.
M. Fitzgibbon : Oui,
il fallait se parler avant. J'étais avec lui pour faire l'annonce, donc j'ai...
on s'est parlé, là.
M. Tanguay : O.K. L'annonce
comme telle... Puis vous le savez, puis on va avoir une discussion, là, puis je
ne veux pas qu'on se chicane, parce que vous et moi, on n'est jamais à risque
de se chicaner, mais on a vu ce qui s'est passé depuis le début du mandat, là,
avec la Commissaire à l'éthique puis à... Mme Mignolet puis tout ça. Puis
on faisait des farces tantôt sur le nombre d'amis que vous avez, puis ça, je le
sais que vous venez d'un milieu... évidemment, tout le monde se connaît, puis
vous êtes très, très actif, vous êtes un ministre proactif puis un ministre qui
est facilement rejoignable aussi par les technologies, l'iPhone, tout ça, le
texto et ainsi de suite.
Là, revient
avec Polycor cette annonce-là pour renforcer... protéger, renforcer le siège
social, puis, inquiétez-vous pas, on
va en parler de l'annonce comme telle, je veux aller au fond des choses, là,
sur le siège social. Mais avant de se rendre
là, trouvez-vous... comment qualifiez-vous, justement, le fait que cette
annonce-là, qui se veut positive, bien, ça revient avec les apparences
de conflit d'intérêts et tout ça? Comment, vous, vous dealez avec ça?
M. Fitzgibbon : Très, très
bien, parce que les gens pour qui c'est important, cette annonce-là, sont
contents. Alors, je suis excessivement content, et ma communauté est contente.
C'est que le rôle du gouvernement, dans ce projet-là, a été extraordinaire.
Alors, moi, je suis superexcité aujourd'hui.
M. Tanguay : O.K. Puis les
apparences de conflit d'intérêts? Vous, trouvez-vous que trop en est fait par
rapport aux questionnements des... sur les apparences des conflits d'intérêts?
Parce que vous pourriez peut-être être tenté de dire, mais ça, c'est à vous de
le confirmer, que votre... la façon, vous, d'aborder votre rôle de ministre,
c'est justement de... en quelque sorte, de conclure des ententes, pas faire des
affaires, mais conclure des ententes.
Alors, trouvez-vous que la part est trop élevée,
de ces débats-là, par rapport aux ententes que vous concluez ou que vous
participez à conclure, sur les apparences de conflits d'intérêts?
M. Fitzgibbon : Non.
Premièrement, moi, je suis très, très, très à l'aise, je... Encore une fois, on
ne me fera pas... répéter mon enthousiasme aujourd'hui. Une chance qu'il y a
des annonces comme ça, parce que sinon, ça... la politique, ça ne serait pas
aussi agréable. Et, d'autre part, il faut comprendre aussi qu'il n'y en a pas
de... il n'y a pas de conflit d'intérêts, il n'y a pas d'apparence, c'est dans
la tête de gens qui veulent trouver des bibittes. Alors, les gens que moi, je
sers, la communauté des affaires que je sers, les gens qui regardent comment
leur gouvernement peut aider, le gouvernement du Québec, sont très fiers de
voir ce genre d'intervention là.
Deuxièmement, il faut
comprendre aussi que ce n'est pas le ministre de l'Économie, dans son bureau,
un soir, qui a parlé à Patrick Perus : Aïe! Bon, on va faire ça, ça, ça,
voici le deal. Ce n'est pas de même que ça fonctionne. Alors, les gens qui
connaissent, les gens qui savent comment ça fonctionne, au ministère, là, ces
gens-là sont très à l'aise. Pourquoi? Parce que, dans cet exemple-là, c'est un
très bel exemple, d'ailleurs, du rôle d'Investissement Québec, du rôle du
gouvernement, M. Perus a vendu son entreprise, a été transférée d'un fonds de
Toronto à un autre fonds de Toronto. M. Perus a
dit : J'aimerais ça avoir le Québec comme actionnaire, parce qu'on
travaille bien avec les gens du Québec, largement définis. Et, à ce moment-là,
le dossier a été transféré chez Investissement Québec.
Investissement Québec
a mis son équipe, l'équipe du MEI aussi, parce que c'est un projet qui est très
important, 100 millions. 60 millions du MEI, fonds direct de... Fonds de
développement économique, 38 millions faits par Investissement Québec, fonds
propres, une équipe multidisciplinaire de 10... bien, peut-être pas 10 personnes,
là, mais cinq, six personnes ont fait le projet, ont présenté ça au bureau du
ministre. J'ai présenté au Conseil des ministres. Ça a été impeccable comme
processus, et j'en suis très fier, et je referais la même chose demain matin,
et j'espère le faire demain matin aussi.
M. Tanguay :
Puis... Oui?
M. LeBlanc
(Guy) : Si je peux compléter aussi, c'est le... TD Securities était
les aviseurs de la compagnie, TorQuest puis Wynnchurch qui étaient les fonds
d'investissement qui détenaient la majorité des actions. Le management, Patrick
Perus et son équipe de direction, avait seulement une portion minoritaire,
12 %, 13 %, ont décidé de vendre. Ils ont donné le mandat à TD
Securities, qui a fait un démarchage mondial pour savoir qui est intéressé à
acheter cette compagnie, et... dont le ministre parlait, m'a contacté pour
dire... me demander : Est-ce qu'Investissement Québec... Parce que la
volonté de la compagnie, c'est que ça demeure québécois puis qu'on garde notre
siège social ici. Est-ce qu'Investissement Québec serait prêt à embarquer? On a
dit oui, avec un partenaire. Le partenaire, c'est Birch Hill, qui est un fonds
d'investissement torontois, mais qui a plusieurs investissements au Québec et
qui aime le Québec. Alors, on a fait équipe avec eux.
Alors, tout est
question de perception de conflit. La négociation se faisait avec un
partenaire... voir si on aurait eu ou accordé des conditions favorables, compte
tenu de ce contexte, tu as un vendeur à distance, tu as un acheteur avec qui on est partenaire, qui est lui-même le
majoritaire, qui a mené la négociation. On l'a accompagné là-dedans et
on a mis en place le financement requis pour garder le siège social ici. On a
une participation de 15 %. Avec le management, ça nous amène au-dessus de
20 % et ça nous a permis aussi de mettre en place les clauses Québec
habituelles.
M. Tanguay : O.K.
Puis je comprends, puis c'est correct, puis on va avoir d'autres discussions,
justement, par rapport à la protection des
sièges sociaux, on pourra même bifurquer sur les fonds privés tantôt, mais
le... M. le ministre, le drapeau jaune... Parce que ce qui justifie
l'annonce aujourd'hui et ce qui fait, comme vous le dites, pour le
98 millions d'investissement, la beauté
de cette annonce-là, c'est la préservation. Les deux qualificatifs, là, c'est
protéger et renforcer les sièges social, bon. Qui a été la bougie
d'allumage dans ce montage financier là? Qui a dit : Aïe! Drapeau jaune?
Parce que, justement, ça risque de changer, là, la propriété de cela risque de
changer.
Fitzgibbon : Premièrement, retournons à l'histoire. Polycor était
détenue par TorQuest, et Wynnchurch, et un autre fonds américain que j'oublie
le nom, à la hauteur de... je pense que c'était 95 %, une compagnie
détenue à l'extérieur du Québec. TorQuest, qui est un fonds d'investissement
privé, avait eu un sept ans dans le dossier, sept ou huit ans dans le dossier,
décide de se retirer, comme on voit dans les fonds de «private equity».
Il y a un processus
qui a été mis en place. Ils ont engagé M. Adams de TD Securities, et
différents groupes ont regardé ça. Et le groupe qui a été choisi, c'est un
groupe de Toronto qui s'appelle Birch Hill. Birch Hill, c'est un groupe qui est
connu, qui investit ici, au Québec, chez Uni-Sélect, qui investit chez GDI, qui
investit chez CCM, donc un groupe avec qui le Québec est, entre guillemets,
compatible. Et quand M. Perus, le président, a vu cette situation-là... a
demandé à Birch Hill, qui aimerait voir le gouvernement du Québec via,
évidemment, Investissement Québec, participé au montage financier. La
transaction financière a été faite par TD avec Birch Hill directement, qui est
l'actionnaire majoritaire, sauf que le propriétaire voulait... le dirigeant,
qui est actionnaire aussi, voulait avoir des protections
québécoises. C'est un vrai Québécois, il est ici, à Québec, il voulait
maintenir le siège social au Québec. Donc, l'inclusion d'Investissement
Québec, à son désir, a permis à Investissement Québec de pouvoir mettre des
clauses que j'appelle sirop d'érable, où on protège les emplois et le bureau
chef. Donc, c'est une très, très bonne transaction.
M. Tanguay : Question
très précise, là : Est-ce que c'est M. Perus, le premier qui vous en a
parlé de cela?
M. Fitzgibbon :
M. Perus m'a appelé une des
quatre fois, m'a dit : Est-ce que c'est concevable
qu'Investissement Québec puisse investir dans la société, qui n'était pas là
avant? J'ai dit : absolument. Investissement Québec a pris le relais et a
fait le travail avec l'équipe du MEI, là, c'est un projet de 100 millions.
Donc, le travail a été fait par les équipes d'Investissement Québec.
M. Tanguay : Puis
à quel moment il vous a fait cet appel-là, M. Perus?
Fitzgibbon : Durant le processus.
Fitzgibbon : Durant le processus... bien, je ne sais pas, là, voilà,
deux mois, là, trois mois...
M. Tanguay : Voilà deux mois, O.K.,
puis c'est là où le processus auquel vous faisiez référence, là, les
différentes étapes, c'est enclenché.
M. Fitzgibbon : La
question... Les sociétés font toujours ça. Est-ce que le gouvernement, via
Investissement Québec, via les Fonds de développement économique, est intéressé
à un tel projet? Ça a pris... La conversation a duré 45 secondes.
M. Tanguay : Avec vous. C'est ça,
avec vous.
M. Fitzgibbon : Elle a duré 45
secondes. C'est un projet intéressant, on va laisser Investissement Québec parler
à l'aviseur, TD Securities, et parler à Birch Hill.
M. Tanguay : C'est ça. Mon point,
c'est que c'est la... là a été la bougie d'allumage vers le montage financier
qui a été annoncé aujourd'hui.
M. Fitzgibbon : Non... bien, il
était fait avant.
M. LeBlanc (Guy) : En fait, c'est
que, très souvent, Pierre Fitzgibbon a l'appel, très souvent, c'est moi qui ai
l'appel. Et on travaille ensemble pour trouver une solution pour mettre en
place le financement nécessaire en fonction de nos critères
d'investissement : qu'est-ce qu'on veut protéger, quelles sont les
entreprises d'impact, et quelles sont celles qui ont un potentiel de croissance
important, et ainsi de suite. Alors, je ne peux même pas vous dire. Dans ce cas
précis, il faudrait remonter dans nos agendas respectifs pour savoir lequel de
nous deux a reçu le premier appel.
Tanguay : Bien là, je pense que le ministre disait que c'est
lui qui l'a reçu puis qu'il vous l'a refilé après, là.
M. Fitzgibbon : ...écoutez, les
sociétés parlent...
M. Fitzgibbon : Le point étant que
c'est normal qu'un entrepreneur, un dirigeant d'entreprise veuille
savoir est-ce que le gouvernement est ouvert ou non à un dossier. Un coup
que la réponse, c'est oui, bien, il y a un processus normal, et le processus
d'autorisation du... de l'action privilégiée qui a été achetée... les actions
ordinaires, c'est un processus qui est très, très rigoureux.
M. Tanguay : Non, non, après, ça
s'enclenche, puis, je veux dire, les professionnels sont dans le dossier, puis
ça avance. C'est au niveau de la bougie d'allumage. Et je reviens de façon...
là, je fais un pas en arrière puis j'y vais de façon plus macro. Bon, la
protection, on parle de protéger, renforcer les sièges sociaux au Québec. Quel
est le processus, justement, pour ne pas en échapper? Parce qu'au-delà du fait
de dire : Ils vous appellent, vous, ils vous appellent, le ministre, des
fois, certains n'auront pas ce réflexe-là, certains... Qu'est-ce qui nous assure,
au Québec, qu'on ne lira pas dans le journal : Ah! il y a un deal qui est
closé, finalement, puis on a perdu un siège social? Est-ce qu'il y a un
monitoring, si vous me permettez l'expression, constant, par rapport à ça?
M. Fitzgibbon : Oui, oui, clairement.
Écoutez, premièrement, c'est quelque chose qui est propre à notre premier
ministre. Ça part de là. C'est une des raisons, d'ailleurs, que je suis
partie
prenante du gouvernement. Il y a plusieurs intervenants, au Québec, qui peuvent
jouer un rôle de protection des sièges sociaux. Ce n'est pas seulement
Investissement Québec... la Caisse de dépôt, de toute évidence, Investissement
Québec, le Fonds de solidarité.
Donc, il y a eu... il y a des conversations
régulières, puis demandez-moi pas la liste, je ne vous la donnerai pas, là, il
y a des listes de sociétés pour lesquelles nous croyons, nous, collectivement,
que ces sociétés-là, dans la mesure du possible, ce n'est pas toujours
possible, doivent rester soit à détention québécoise, en majorité, ou soit,
comme Polycor, avoir des clauses d'investissement qui font en sorte que le
siège social va rester là. Alors, cette liste-là, elle est nombreuse, et cette
liste-là ne peut pas... ce n'est pas une personne, ministre, président
d'Investissement Québec, président de la Caisse de dépôt, président du Fonds de
solidarité qui peut la contrôler... qui peut tout faire, c'est un travail
collectif.
Et je peux vous assurer, que ce soit Mme Béïque,
M. Emond, M. LeBlanc, moi-même... M. Legault lui-même aussi, on est
constamment à l'affût de s'assurer qu'on n'en échappe pas, comme on dit. On en
échappe, des fois, on va toujours en échapper, mais, on est chanceux, le Québec
est encore prédateur, hein? Le ratio d'entreprises qu'on achète par
rapport à celles qu'on vend, on est à peu près à 1,3, 1,5, dépendamment comment
on le regarde, là, fois. Donc, c'est un processus en continu qui requiert une
réflexion et qui requiert, en fait, beaucoup de discussions avec ces CEO là,
quand on les rencontre. Tu sais, un moment donné, le CEO change... à un moment
donné, des projets, puis ils doivent s'assurer... voir qu'est-ce qui arrive.
Alors, c'est une... il n'y a pas de formalisation, il n'y pas de check-list, il
n'y a pas de... Il y a des listes, mais, bon... sur mon iPad, lui a sa liste.
On compare, on se parle. Alors, c'est un processus qui est en continu.
M. LeBlanc (Guy) : Mais on a une
liste d'entreprises d'impact qu'on surveille de près et qu'on regarde quelle
est la... quelles sont les intentions, quel est le pourcentage de détention.
Est-ce que la Caisse de dépôt, Fonds de solidarité, Desjardins Capital,
Fondaction, Fonds de solidarité sont dans l'actionnariat? Combien le management
a de détention? Quelles sont leurs intentions? On leur parle. Alors,
Investissement Québec doit faire... a des gens dédiés à chacune
de ces entreprises d'impact. On en a à peu près 2 000 à travers le Québec,
dans les 17 régions administratives. Et, entre autres, les comités de
développement régionaux, qu'on a mis en place il y a un an, un an et demi à peu
près, nous aident, justement, à identifier, dans chacune de ces régions, quels
sont les joueurs qui sont importants pour la région. Et on a aussi les
entreprises d'une taille un peu plus importante ou avec un fort potentiel qui
sont... c'est une liste qui est un peu plus restreinte et qu'on surveille de
façon particulière, alors, leur départ, l'impact que ça pourrait avoir sur le
développement régional et aussi sur le développement économique du Québec.
M. Tanguay : Qu'est-ce qui, sans
tomber trop dans la légalité de la chose, évidemment... qui s'est attachée avec
une... Est-ce que ça, c'est attaché à quelque part? Parce que ça, c'est de
l'actionnariat, là, 60 millions par le gouvernement du Québec via
Investissement Québec, et Investissement Québec, 38 millions par ses fonds
propres.
M. LeBlanc (Guy) : Alors, on est
retournés à Polycor?
M. Tanguay : Oui. Je n'étais jamais
parti de Polycor.
M. LeBlanc (Guy) : Ah! d'accord.
M. Tanguay : O.K., détenu, donc
Polycor, à 20 %, par les intérêts québécois. Il n'y a pas rien d'attaché
légalement qui dit : Bon, bien, cet investissement-là dans l'actionnariat
est conditionnel à ce que l'entreprise... C'est uniquement dire : On
s'assure d'avoir 20 % de l'actionnariat, puis là on pourra peser pour ne
pas perdre le siège social. C'est ça, l'approche?
M. Fitzgibbon : Il y a des clauses
de maintien du bureau chef à Québec.
M. Tanguay : Liées à l'actionnariat,
à la détention?
M. Fitzgibbon : Oui. Dans l'entente
actionnaire, il y a des... c'est ce qu'on appelle des clauses sirop d'érable,
là. Elles sont mur à mur.
M. Tanguay : Et c'est...
M. Fitzgibbon : Puis, en passant, je
m'excuse d'interrompre, en passant, Investissement Québec a ça, là, on... tu
sais, les critères d'investissement, lutte aux changements climatiques, c'est
un critère important, bureau chef. Alors, toutes les interventions
d'Investissement Québec, généralement... des fois, on peut ne pas l'obtenir,
généralement, je ne suis pas sûr comment dire ça, inclut ces clauses-là.
M. Tanguay : Fonds privé
d'investissement. On parlait, M. le ministre, la semaine passée, je pense qu'en
2019... puis là on a M. LeBlanc d'Investissement Québec, là, on parlait, 2019, c'était
quoi, c'était un 500 millions qui avait
été... je pense, là, puis on essaie de voir les chiffres. Je ne sais pas si, M.
LeBlanc, vous avez les chiffres. Puis ça, il y a eu un grand bond qui a été fait, là, au courant de cette année, je
crois, là, pour les sommes. Il y a comme eu deux investissements, là. Je
ne sais pas si on peut avoir les chiffres.
M. Fitzgibbon : Bien, c'est les
mêmes que la semaine passée, là. On avait... dans le budget, on a rajouté
500 millions. On a 1,3 milliard de fonds qui ont été alloués, entre
guillemets, par le ministère des Finances, duquel il reste à investir à peu
près 500 millions, qui est, en fait, le nouveau fonds. Puis, juste pour
donnée additionnelle, là, parce que la question avait été posée, je ne l'avais
pas non plus, c'est... on a une cinquantaine, à peu près... pas le chiffre
exact, là, à peu près 50 fonds d'investissement dans lesquels
Investissement Québec a investi, fonds propres ou via le FDE. De ces
50 fonds là, 29 sont actifs aujourd'hui, duquel 20 sont des fonds de
capital de risque et neuf sont des fonds de développement.
Et, vous allez voir, dans les années... bien, en
tout cas, à la fin du mandat, là... deux ou trois qu'on va annoncer, je pense,
d'ici la fin du mandat, là, bien, vous allez voir, dans la politique
développement économique, vous allez avoir de plus en plus de fonds qui vont
être annoncés, parce que c'est la façon que le gouvernement veut travailler
avec le développement économique de nos PME, autant start-up que les compagnies
en développement.
M. Tanguay : Est-ce qu'il faut
distinguer ça, ce que vous venez d'expliquer, avec l'information que j'ai ici?
Puis vous pourrez me le confirmer, là, ou me corriger si j'ai tort, là, le
gouvernement, donc, avec l'adoption du projet de loi n° 27, a offert la
possibilité à Investissement Québec d'emprunter 1,5 milliard auprès du
ministre des Finances. Ça, c'est quelque chose de séparé?
M. Fitzgibbon : Je pense que oui,
mais M. Bahan va nous... Je pense que oui...
Une voix : ...c'est le régime
d'emprunt?
M. Tanguay : Oui, de
1,5 milliard...
Une voix : 3
et quelques, là...
M. Tanguay : Là, c'est rendu
à 3,3, à l'époque, c'était 1,1. Et là l'indication que j'ai, c'est qu'il y
aurait un 3,3 supplémentaire. Ça, c'est deux choses distinctes, hein, au
départ?
M. Fitzgibbon : Le sous-ministre...
je vais laisser M. Bahan répondre.
M. Tanguay : Oui, oui, tout à fait.
Présidente (Mme IsaBelle) : Parfait. Alors, veuillez vous présenter, M. Bahan,
avant de répondre à la question.
M. Bahan (David) : David Bahan,
sous-ministre au ministère de l'Économie et de l'Innovation.
Dans le fond, c'est le régime d'emprunt global
d'Investissement Québec. Dans le fond, toutes les interventions sont financées
par le régime d'emprunt, donc autant les fonds que les... par exemple, Polycor,
le montant d'action qu'on va débourser, il est emprunté dans le régime
d'emprunt, là.
M. Tanguay : O.K. Et ce régime,
est-ce que ça, il faut le distinguer ou c'est la même chose? Par rapport aux
fonds privés d'investissement, ça, c'est autre chose?
M. Bahan (David) : Bien, c'est
inclus dedans. Supposons qu'on fait un investissement de 20 millions dans
un fonds, bien, le 20 millions, on doit aller le chercher, donc on va le
prendre dans le régime d'emprunt et on va le placer dans le fonds.
M. Tanguay : O.K. Et quelle est la
capacité supplémentaire totale d'emprunt pour Investissement Québec, ou
l'évolution...
M. Bahan (David) : Bien, dans le
fond, le chiffre que vous avez...
M. Bahan
(David) : C'est le maximum,
mais, selon les besoins... puis ce chiffre-là peut être augmenté, là.
Puis c'est une décision avec le ministre des Finances, donc c'est... à chaque
année, c'est planifié en fonction des interventions.
M. Tanguay : O.K. Puis ce n'est pas
nécessairement au moment du budget où on dit à Investissement Québec :
Vous allez disposer de tel... ça peut être éparpillé au courant de l'année, là?
M. Bahan (David) : Bien, c'est sûr
que, dans le budget, il y a une prévision qui est incluse dans les besoins
financiers nets du gouvernement. Donc, dans la prévision du service de dette,
par exemple, ou dans les besoins de liquidités du gouvernement, il y a une
prévision, mais, au fur et à mesure que l'année avance, il peut y avoir une
demande qui est effectuée, et le ministre des Finances en tient compte dans ses
projections, là.
M. Tanguay : O.K. Parfait. Merci,
Mme la Présidente, ça termine mon...
La Présidente (Mme IsaBelle) : C'est
bien. Parfait. Alors, nous poursuivons avec la porte-parole du troisième groupe
d'opposition en matière d'économie et de relance, la députée de Gaspé. Vous
disposez très exactement de 20 min 21 s.
Mme Perry Mélançon : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour, M. le ministre, M. LeBlanc, toutes les équipes. Je vais
poursuivre dans la même lancée, là, que mes collègues pour ce qui est du projet
Polycor. Peut-être juste nous rappeler, là, qu'est-ce qui a été fait comme
contact, par qui, comment, quand, là, dans ce projet-là comme tel, depuis que
le dernier a été avorté, on le sait, là, dans toute la question du manquement à
l'article 15 évoqué par la Commissaire à l'éthique, tout ça, là. On n'est
pas du tout dans les mêmes genres d'échanges qu'il y a eu avec M. Laperrière.
M. Fitzgibbon : ...deux mondes.
Mme Perry Mélançon : En quoi? En
quoi, c'est deux mondes complètement différents?
M. Fitzgibbon : On parle d'un autre
projet, là, le... Premièrement, M. Laperrière n'a eu aucune connaissance
du projet, qui est... présentement, qui a été annoncé aujourd'hui, zéro, zéro
connaissance. Il n'a eu aucun contact avec Investissement Québec, il n'a eu
aucun contact avec la société ni avec moi. On parle de deux, trois fuseaux
horaires de différence. Alors, focalisons sur la bonne nouvelle, là, on a
protégé... Alors, c'est la fabulation médiatique et de l'opposition, c'est...
il n'y a pas de conflit d'intérêts, il n'y a même pas d'apparence, il n'y en a
même pas.
Mme Perry
Mélançon : Mais donc vos échanges et les échanges d'IQ, et
tout ça, ont eu lieu directement avec...
LeBlanc (Guy) : ...avec l'aviseur financier qui représentait la
compagnie. C'est TD Securities qui menait le dossier et c'est avec eux que nos
équipes sont intervenues à peu près tout au long du processus, à
part ce qu'on appelle, dans le jargon, le «management
presentation», puis ce qui est un processus normal en situation
d'investissement. Mais tout le processus est un processus on ne peut plus
régulier, standard, où il y a l'agent du vendeur, qui n'est même pas... qui n'est même pas Polycor. C'est TorQuest
puis c'est Wynnchurch qui veulent vendre, c'est eux qui embauchent le conseiller financier. Et M. Perus, il n'a rien à
décider là-dedans, à part de dire : Je ne veux pas être partenaire avec
tel, moi, je suis l'équipe de
direction, avec mes... avec mon équipe de direction, je suis... je détiens,
bon, à peu près 6 %, à la fin de la journée, 6 %, 7 %, je veux ou je ne veux pas être partenaire
avec tel. C'est à peu près la seule chose qu'il peut dire au
principal...
Mme Perry Mélançon :
...ma question. Donc, il n'y a pas eu d'activité de lobbyisme effectuée?
M. LeBlanc
(Guy) : Zéro puis une barre.
Mme Perry
Mélançon : Merci pour la précision. On a apporté à mon attention... En
fait, je voudrais peut-être connaître les liens entre le ministère... là, je
suis dans le ministère, les liens entre le ministère de l'Économie et de
l'Innovation et les universités et les centres de recherche pour le volet
international.
M. Fitzgibbon :
Bien, en fait, le... vu que les Fonds de recherche... On a trois fonds de
recherche, M. Quirion, là, qui est le Scientifique en chef... ils sont
gérés par M. Quirion. Par la force des choses, tout ce qui est centre de
recherche des universités est financé par le ministère de l'Économie de par sa
responsabilité au niveau de la science.
Alors là, votre
question est... Je vais être plus plus général pour votre question, puis vous
serez plus spécifique peut-être, mais, toutes les fois qu'une université veut
faire une chaire de recherche, veut faire un centre de recherche... J'ai
annoncé à Trois-Rivières, par exemple, l'expansion du centre pour l'hydrogène.
C'est le MEI qui le finance, les crédits sont donnés au MEI pour qu'on s'arrime
avec M. Quirion puis avec le développement économique en innovation. Donc,
c'est le MEI qui est... Bien, on consulte le ministère de l'Enseignement
supérieur, parce que, si le ministère de l'Enseignement supérieur ne croit pas
à la validité du centre de recherche pour le côté cursus universitaire, on ne
le fera pas, mais c'est nous qui déboursons les fonds.
Mme Perry
Mélançon : Parce que, là, j'essaie de démystifier, pour le volet
international, présentement, c'est beaucoup les établissements d'universités
puis les centres de recherche qui pilotaient des missions à l'international
pour le volet recherche et innovation. Et là, vous me voyez venir, je pense
qu'il y a une direction importante qui a été abolie sous votre ministère pour
les accompagner dans ces missions-là. Peut-être me parler de la décision qui a été
prise, parce que ça n'a pas été connu vraiment et c'est très... Je suis très à
l'interne, là, dans ce dossier-là, mais, je pense, ça vaut la peine de
connaître les...
M. Fitzgibbon :
Puis je vais peut-être demander à M. Bahan de réfléchir à ça, là, mais
moi, je n'ai pas la réponse spécifique à votre question, sauf que je peux vous
dire que M. Quirion, qui est notre Scientifique en chef, fait des missions
économiques avec des chercheurs. Donc, dans ses budgets à lui, il y a des fonds
pour faire des missions économiques, et toutes les missions économiques du MEI
ont été transférées chez Investissement Québec International. C'est M. Bolduc,
le collègue de M. LeBlanc, qui s'occupe de toutes les autres missions.
Donc, il y a M. Quirion qui en fait, il y a M. Bolduc qui en fait, et
les universités en font pas mal déjà eux aussi. Alors, l'arrêt de financement
auquel vous référez, là, je ne suis pas au courant du détail. Je ne sais pas si
David...
Mme Perry
Mélançon : Je sais que c'était budgété, dans les années précédentes,
là, de la direction, une douzaine de postes, puis on était vraiment implanté
dans toutes les régions du Québec. Là, on pense peut-être que ça a été
centralisé chez Investissement Québec, pour un certain volet lié plus aux start-up,
mais qu'il y aurait un volet important, dans la recherche et l'innovation, qui
n'a pas été transféré au ministère des Relations internationales, mais plutôt
qui a été aboli, puis là on perd une expertise quand même importante.
M. Fitzgibbon :
Je peux-tu demander à M. Bahan de répondre?
Mme Perry
Mélançon : Oui, de nous faire un... Consentement.
M. Bahan
(David) : Bien, pour... il n'y a pas d'expertise qui est perdue, c'est
juste que la direction, comme vous dites, c'était principalement des start-up
qui étaient effectuées. Donc, ça, ça a été transféré chez Investissement
Québec, mais l'ensemble du personnel a été conservé puis a été redistribué au
ministère. Ça fait que c'est sûr que, quand il y a une grosse
partie du mandat
qui est transféré chez Investissement Québec, bien, il n'y a plus besoin
d'avoir une direction autonome, mais il y a quand même... Ce volet-là est quand
même conservé puis c'est fait en collaboration avec le MEI, avec Investissement
Québec, puis il y a des gens... les gens au ministère sont encore là.
Mme Perry
Mélançon : Ça, c'est pour le... plus la
partie start-up.
M. Bahan
(David) : Mais le... mes gens qui faisaient le bout universitaire sont
encore là aussi, là, mais c'est sûr que, comme le ministre le mentionnait, ce
n'est pas des gens... Des gens d'université, ils n'ont pas besoin d'être
accompagnés autant qu'une start-up quand ils vont... Ça fait que le gros
mandat, c'était beaucoup la start-up, là.
Mme Perry
Mélançon : Mais donc les budgets qui étaient attitrés à la direction,
qui, là, perd une quinzaine d'employés... mais, de ce que je comprends, ont été
réaffectés. Est-ce que ce budget-là est conservé quand même à de la mission
internationale puis à l'accompagnement de nos établissements universitaires et
de recherche?
M. Bahan (David) : Bien, comme
je vous dis, ce n'était pas un gros montant, là, le... C'est conservé, les
gens... les postes sont maintenus, il n'y a pas de postes qui ont été abolis.
Ils ont été redistribués, puis on conserve les budgets. Puis c'est plus...
plutôt que d'avoir une direction qui fait ça, c'est plus un fonctionnement qui
est en collaboration avec différents joueurs au gouvernement, là.
Mme Perry
Mélançon : O.K. J'irai chercher... j'irai au fond des choses
puis je reviendrai avec des questions plus précises. J'aimerais, en fait, entendre le ministre de l'Économie. J'ai
questionné plusieurs fois votre collègue ministre des Finances, mais j'aimerais avoir votre opinion sur
ce sujet-là, en fait, les entreprises, les petites entreprises du Québec qui sont beaucoup
imposées. Certaines d'entre elles ne se qualifient pas à la déduction aux petites
entreprises. C'est un dossier que je suis
de près, parce que ça représente des grosses sommes pour des petites
entreprises, qui passent d'un taux d'imposition qui pourrait se situer
entre 3 %, 4 %, pour celles qui se qualifient, à 11 %, comme si
elles étaient des grosses business, des multin