Health and Social Services — 18 April 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
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32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)
32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
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31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)
31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)
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29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
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27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
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27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
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26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
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25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)
24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
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18e législature, 2e session (10 janvier 1933 - 13 avril 1933)
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(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
jeudi 18 avril 2024
Vol. 47 N° 73
Étude des crédits budgétaires du ministère de la Santé et des Services sociaux, volet Services sociaux
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
11 h
11 h 30
12 h
12 h 30
13 h 30
14 h
14 h 30
15 h
15 h 30
16 h
16 h 30
Journal des débats
11 h (version non révisée)
(Onze heures vingt-huit minutes)
Le Président (M. Provençal)
: Bonjour à tous. Ayant constaté le
quorum, je déclare la séance de la Commission de la santé et des services
sociaux ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude du volet Services sociaux des crédits budgétaires du portefeuille
Santé et Services sociaux pour l'exercice financier 2024-2025. Une enveloppe de
4 h a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Poulet (Laporte) est remplacée par Mme Picard (Soulanges);
M. Fortin (Pontiac) est remplacé par Mme Prass
(D'Arcy-McGee); et M. Morin (Acadie) est remplacé par Mme Garceau
(Robert-Baldwin).
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup. Nous allons procéder
à une discussion d'ordre général par blocs d'environ 20 minutes, incluant les
questions et les réponses. La mise aux voix de ces crédits sera effectuée à la
fin du temps qui leur est alloué, soit cet après-midi vers 16 h 30.
Je suis maintenant prêt à reconnaître une
première intervention de l'opposition officielle pour un premier bloc d'échange.
Alors, Mme la députée de Robert-Baldwin, la parole est à vous.
Mme Garceau : Merci beaucoup,
M. le Président. M. le ministre, Mme la sous-ministre. Je vois que vous avez un
bel entourage aujourd'hui, et donc j'espère que nous allons avoir un échange,
durant cette période de crédits, productif.
Je vais commencer, M. le ministre, avec le
projet de loi n° 37, parce qu'évidemment la nomination d'un commissaire au
bien-être et aux droits des enfants était ou est une des recommandations-phares
de la commission Laurent, incluant l'adoption d'une charte des droits de l'enfant.
Et vous avez déposé le projet de loi, là depuis le 22 février environ, on est
en suspension de l'étude détaillée, mais vous avez pris une décision, votre
gouvernement a pris une décision...
Mme Garceau : ...d'écarter une
recommandation qui était au cœur des pouvoirs et des responsabilités du
commissaire, et ça, c'était le transfert de tous les pouvoirs de la CDPDJ, le
volet jeunesse, au commissaire. Vous avez pris une décision, et je dois vous
avouer... et je veux prendre une période, un certain temps ici en crédits,
parce que je ne suis pas la seule à ne pas comprendre le pourquoi de cette décision.
Parce que, si on regarde la situation actuelle, le système de la protection de
la jeunesse actuel, les reportages après reportages de signalement, le taux de
signalement au Sommet, le taux, si je peux dire, des lésions de droits des
enfants au Sommet, on a des cas particuliers de lésion de droits, je ne veux
pas entrer dans les détails, mais c'est des cas aberrants. Et, depuis des mois
et des mois, on voit dans les médias, dans les articles, tout le monde
véhicule.... qui sont dans le domaine de la protection de la jeunesse, même
André Lebon, ancien vice-président de la commission, les avocats, tout le monde
est en train de poser la même question : Qui porte la voix des enfants les
plus vulnérables? Et il est là, le problème, parce qu'en ce moment il n'y en a
pas vraiment, une personne qui porte la voix, qui est à la défense des droits
des enfants, surtout ceux et celles où les droits des enfants sont brimés par
le système.
• (11 h 30) •
Et là, j'aimerais comprendre, parce qu'on
a eu la commission Laurent, on a passé deux ans, parce qu'il y avait des
lacunes, il y avait... Les problèmes que nous avons aujourd'hui, on les avait
il y a trois, quatre, cinq ans, et on a mis en place des recommandations qui
n'ont pas encore atterri sur le terrain. Mais ce qu'on remarque, c'est :
la situation est pire aujourd'hui, M. le ministre, qu'elle était au moment même
du dépôt du rapport. Et donc là, j'aimerais que... et surtout avec les sorties,
et je vais les reprendre, les sorties, surtout, de la CDPDJ récemment. Est-ce
que vous allez reconsidérer cette prise de position concernant le transfert des
pouvoirs afin de vraiment implanter ici au Québec un régime, un régime qui va
être à la défense des droits des enfants, de tous les enfants, et surtout ceux
qui sont dans le système de la protection de la jeunesse? C'est ça, le... Le
vrai chien de garde, là, qui avait été envisagé dans la commission. Laurent, ce
n'est pas la CDPDJ. On en a besoin, d'un vrai chien de garde, les personnes
concernées, même les éducateurs, les intervenants qui sont dans le domaine
veulent un chien de garde. Est-ce que vous allez démontrer le courage de
légiférer puis qu'on ait un vrai chien de garde dans le p.l. n° 37?
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre.
M. Carmant : M. le Président,
écoutez, je vais réitérer... Premièrement, je tiens à remercier aussi mes
collègues puis tous les gens du ministère qui sont ici aujourd'hui, là, en
appui pour les crédits, une étape importante, puis je vais... tu sais, comme
d'habitude, je vais être tout à fait transparent avec vous.
Je ne reculerai pas, parce que pour moi
c'est important que tous les enfants du Québec aient quelqu'un qui porte leur
voix. Je ne sais pas si vous avez lu l'article du Dr Julien, ce matin, qui dit que
la souffrance, là, elle est partout, elle est dans les milieux que l'on ne
suspecte pas, des milieux privilégiés, des milieux de classe moyenne et
évidemment chez nos plus vulnérables. Donc, moi, je pense que l'idée... Puis
les experts qui sont venus présenter en commission, là, si on exclut les
avocats puis les amis d'avocats puis les... qui travaillent à la Protection de
la jeunesse et qui, je sens, ont une problématique avec la CDPDJ - ça, on va
venir tantôt - la plupart des gens nous ont dit que c'est important que le
commissaire soit le commissaire de tous les enfants. On a 1,8 million
d'enfants au Québec, on veut tous qu'ils aient un porte... une porte... un
porte-voix.
Quant à la problématique de la CDPDJ,
là...
Haut de la page
11 h 30 (version non révisé
e) M. Carmant : ...ces gens-là
ont une expertise qu'ils ont développé au cours des années qui est importante
de respecter. Puis moi, je pense que Me Toussaint... Me Tessier et sa collègue
Maître Arpin font un travail quand même très bon, ils ont augmenté leur nombre
d'investigations, etc. Mais j'ai également entendu la problématique de
communication où... avec les avocats puis leur absence en cour. Donc, nous, ce
qu'on a travaillé avec le ministre de la Justice, c'est qu'on a mis sur pied la
table jeunesse Justice qui devait regarder les délais judiciaires à la DPJ. Et
moi, je leur ai donné le mandat de régler cette problématique où les avocats
nous disent que les lésions de droits des enfants ne sont pas défendues. Parce
que tout le monde le dit aussi, que la CDPDJ a tous les pouvoirs requis pour
intervenir. Donc, réglons le problème à la base au lieu de déplacer une
problématique en créant une nouvelle... une nouvelle institution permettant au
commissaire de faire son plein travail et réglant le problème de la CDPDJ. On
va vous revenir rapidement avec les conclusions de la Table Justice Jeunesse.
Mme Garceau : ...Justice, je
comprends, il y a une question, puis ça, on l'a soulevée souvent, la question
des délais devant les tribunaux parce que les délais sont beaucoup trop longs
et on a des dossiers qui sont reportés, et tout ça. Ça, c'est une autre chose, M.
le ministre, mais, avec respect, la question de la CDPDJ, là, et on a juste à
regarder, malheureusement, on... il y a un manque de volonté. C'est comme si on
est en train de dire, et j'ai regardé, là, les récentes... l'entrevue avec Me
Tessier, là, qui... de la semaine dernière, et puis on a décidé, pour des
raisons d'efficacité, d'encadrer nos interventions... on a déterminé que, ah,
pour les dossiers de... systémique de lésion de droit, on va intervenir, mais
les cas particuliers, non. Chambre de jeunesse, on va intervenir quand c'est
des causes graves. Donc, quand c'est moins grave, on n'y va pas, à la chambre
de la jeunesse. Puis on le sait, dans la dernière année, ça a été très limité,
leurs interventions devant la chambre de la jeunesse, et on a décidé dans sa
gouverne qu'on ne sera pas... ce n'est pas nous qui va porter la voix des
enfants publiquement. Donc, à un moment donné, quand il y a un organisme qui
prend des décisions, que oui, a tous les pouvoirs, mais décide de ne pas les
exercer, il est là, le problème, ils n'exercent pas tous les pouvoirs conférés
dans la loi.
Et c'est pour ça, la commission, quand on
a recommandé le transfert, on ne l'a pas fait pour rien, il y avait les mêmes
critiques dans... à cette époque-là, donc, à un moment donné, on a décidé qu'on
voulait un, puis Mme Laurent l'a dit... on voulait un encadrement législatif,
on voulait avoir un nouvel encadrement législatif pour la défense des droits
des enfants comme dans des provinces, comme dans d'autres provinces. C'est une
réforme importante. Et on en a besoin, de cette réforme-là, parce qu'on a
besoin du chien de garde qui va, hein... il va être sous la mêlée de tout, de
toutes les interventions, incluant la DPJ. Parce que moi, quand j'ai un
président de la CDPDJ qui dit : Oh, bien là, quand on a une entente avec
la protection de la jeunesse, bien, c'est à eux autres de les respecter, puis
qu'ils ne font pas de suivi. Puis on sait que c'est un problème, qu'ils ne font
pas de suivi, et c'est... Ultérieurement, c'est les enfants qui paient le prix
du manque d'intervention. Ça fait qu'à un moment donné pourquoi est-ce qu'on
entend... on est en train de défendre une commission avec toutes ses lacunes,
qui n'exercent pas tous ces pouvoirs et qu'on ne dise pas : Savez-vous,
vous dédiez 10 % de votre temps aux jeunes? Bien, regardez, nous, là, qu'est-ce
qui est important, c'est la protection, la défense des droits de tous les
jeunes, donc on va tout transférer parce que ça mérite une personne, un bureau
qui va dédier 100 % de son temps, 100 % de son temps, qui va faire
les interventions dans des cas particuliers devant les tribunaux, qui vont être
là, qui vont écouter les enfants puis qui vont être là pour défendre leurs
droits? C'est ça, qu'on a besoin, M. le ministre.
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre.
M. Carmant : Mais, Mme la
députée de Robert-Baldwin...
M. Carmant : ...le Barreau est
assis à cette table, la Cour du Québec est assise à cette table, tous les
membres sont assis à la Table justice jeunesse pour s'assurer que les lacunes
soient mises... soient corrigées. Maintenant, si j'avais voulu... si, comme
gouvernement, on avait choisi que la priorité pour le commissaire soit vraiment
les enjeux avec la DPJ puis qu'on voulait plus de surveillance de la DPJ, on
aurait mis le commissaire au ministère de la Justice avec la commission. Tu
sais, la raison pourquoi j'ai voulu l'amener aux services sociaux, parce que
j'ai besoin d'un commissaire pour 1,8 million d'enfants pour s'occuper de
tous les enfants.
• (11 h 40) •
Et, tu sais, grâce à des changements que
vous avez vous-même soulevés en commission parlementaire, on sait que le
commissaire va pouvoir être présent au niveau des centres jeunesse. Puis j'ai
très bien entendu les ex-placés de la DPJ qui m'ont dit que : On veut
avoir des comités de jeunes dans tous les centres jeunesse, puis ça, je vais
pousser pour ça. En fait, légalement, c'est déjà permis qu'il y ait des comités
d'usagers dans tous les centres jeunesse. Donc, dès qu'on va avoir adopté la
loi ensemble, on va mettre en branle ce processus pour qu'il y ait des comités
de jeunes dans chaque... dans chaque centre jeunesse, qu'il y ait des comités
régionaux de jeunes avec des représentants des centres jeunesse et que ce
comité soit comité national autour du commissaire. Ça fait qu'on va s'assurer
que le commissaire soit présent dans les centres jeunesse, mais il n'y a rien
de garanti qu'en transférant un... de la CDPDJ au commissaire qu'on va changer
les choses. Moi, je dis : Réglons le problème de la CDPDJ, puis on a tout
le monde d'assis à cette Table justice jeunesse pour le faire.
Mme Garceau : Moi, je vais
vous parler... Je vous écoute, M. le ministre, mais vous ne m'avez pas
convaincu. Vous ne m'avez pas convaincu. Et j'ai l'impression qu'il y en a
plusieurs qui sont très, très déçus parce que ça fait longtemps qu'ils
attendent le chien de garde, puis on n'en a pas un. Et c'est vraiment
regrettable compte tenu aussi de toutes les situations qu'on voit dans les
médias, surtout concernant la lésion de droits des enfants. Mais j'aimerais
savoir... Vous aviez, dans les cahiers de crédits... Et j'ai vu qu'il y a eu
des rencontres avec la sous-ministre et la directrice nationale avec la CDPDJ.
Il y a eu quatre rencontres. Et quand on a demandé si vous aviez, M. le
ministre, rencontré la CDPDJ dans la dernière année, on nous a dit que ce
n'était pas pertinent. Donc, moi, j'aimerais savoir si vous avez eu des
rencontres avec Me Tessier ou des membres de la CDPDJ depuis la dernière année.
M. Carmant : Mais, bien sûr,
je les ai même rencontrés avec vous. Tu sais, moi aussi, ça m'a choqué, là, ce
que j'ai entendu en commission parlementaire, tu sais d'entendre des avocats
qui disent : Bien, on a besoin d'aide puis on n'a pas l'aide qu'on
réclame. Ça fait qu'immédiatement, tu sais, on a demandé à Me Arpin puis à Me
Tessier, qui était en visioconférence, vous vous en souvenez, de nous expliquer
la problématique. Puis, en fait, il y avait un collègue du député des Îles-de-la-Madeleine
qui était là également, le député de Jean-Talon, puis il y a clairement un
problème de communication dans le rôle de la CDPDJ. Puis, tu sais, c'est ça que
la Table justice jeunesse doit régler. Ça fait que moi, je les ai rencontrés,
évidemment.
Mme Garceau : Oui. Mais,
malheureusement, M. le ministre... J'aimerais bien pouvoir confirmer que c'est
un problème de communication. Ce n'est pas un problème de communication, c'est
un problème de volonté. C'est un problème que les... que ce soit Me Tessier,
que ça soit la vice-présidente, la commission a pris une décision de comment
gérer les dossiers volet jeunesse. Et, malheureusement, dans cette prise de
décision, ils n'exercent pas tous les pouvoirs qui sont conférés dans la loi.
Et ça, c'est au détriment des droits des enfants. Et je ne suis pas la seule à
le soulever. Et c'est pour ça que la recommandation de la commission Laurent
était de transférer tous les droits et tous les pouvoirs, toutes les
responsabilités au commissaire. Parce que, vous savez, M. le ministre, j'ai lu
que vous étiez... il y avait une entrevue la semaine passée, puis vous avez
mentionné le commissaire, on va avoir des bureaux dans toutes les régions, dans
six...
Mme Garceau : ...six mois
ça, ça m'a surpris, je dois vous dire que dans six mois, suite à l'adoption du
projet de loi, on va nommer le commissaire, parce que ce n'était pas si court
que ça comme délais lors de nos discussions en commission parlementaire, et
que, là, on va... on va le véhiculer, on va avoir, partout à travers la
province, le numéro de téléphone du commissaire, les enfants vont pouvoir
l'appeler. Mais je comprends qu'il y a 1,8 million d'enfants, mais ce
n'est pas tous ces enfants-là qui vont appeler le commissaire, là. C'est ceux
qui sont dans des situations de vulnérabilité, comme une fille de 12 ans
qui a fait cinq tentatives de suicide parce qu'elle veut rester avec sa mère,
puis la DPJ la force à rester en centre jeunesse. Ça, là, M. le... on va en
parler un petit peu plus tard. Mais ça, cette situation-là, elle est aberrante.
Puis c'est dans des conditions comme ça, des situations comme ça, qu'on a
besoin d'un commissaire.
M. Carmant : Merci quand
même. Mais encore une fois, est-ce que c'est... Est-ce que c'est en transférant
le rôle de la CDPDJ de la Justice aux Services sociaux qu'on va améliorer cet
enjeu-là? Moi, j'ai une belle collaboration avec mon collègue ministre de la
Justice qui... qui veut régler la problématique. On a une table où tous les
participants dans le système judiciaire en lien avec la protection de la
jeunesse sont autour de la table. Ne mettons pas un plasteur, puis réglons le
problème de fond. Et réglons le problème à cette table jeunesse justice. Puis
sincèrement, tout le monde, quand on a lancé la table, était très motivé à
régler la problématique. Puis encore une fois, tu sais, je ne vois pas comment,
en déplaçant les avocats de la CDPDJ aux services sociaux, ça réglerait la
problématique. Je pense qu'il faut aller au fond des choses. Puis on a tout le
monde qui travaille là-dessus à cette table-là.
Mme Garceau : On... On
doit... On doit implanter une réforme, M. le ministre. C'est ça qu'on doit
faire. On doit implanter une réforme de la défense des droits, ici, au Québec.
Et cette réforme-là, c'était le commissaire avec tous les pouvoirs et les
responsabilités pour faire cette défense de droits des enfants. C'est ça qu'on
devrait faire. Et c'est ça que la commission Laurent voulait faire.
Là, je voulais voir avec vous, compte tenu
de... Parce que la commission Laurent, il y a trois phases au niveau de la mise
en œuvre des recommandations, et le comité de suivi, le comité de suivi concernant
la mise en œuvre des recommandations, et je comprends que, lors des derniers
crédits, vous aviez pris un engagement de travailler avec le comité de suivi,
de transmettre les informations et tout ça pour les aider dans leurs travaux.
Est-ce que vous l'avez fait depuis les derniers crédits? Est-ce que vous avez
échangé des documents, des informations avec le comité de suivi? Si vous
pourriez me dire quelles mesures concrètes est-ce que vous avez faites à cet
égard.
M. Carmant : Bien, oui,
je les ai rencontrés, le comité de suivi, à une reprise. Et ils nous ont
demandé les documents démontrant l'évolution de... En fait, le fait qu'on a...
qu'on dit qu'on a complété la phase 1, puis qu'on est en train de
travailler sur la phase 2. Et on leur a... On leur a transféré tous les
documents en lien avec cette affirmation-là. Puis on attend leur prochain
rapport.
Mme Garceau : Ils ont eu
une rencontre?
M. Carmant : Avec moi,
mais plusieurs avec mon cabinet.
Mme Garceau : O.K. Et ça,
c'était quand?
M. Carmant : Quand
est-ce que je les ai rencontrés? On va vous trouver la réponse, là. Je me...
Mon agenda est bien rempli.
Mme Garceau : O.K. Et
aussi, M. le ministre, concernant le groupe d'action interministériel, parce
que je vois qu'il n'y a pas eu de rencontres depuis la dernière année
concernant ce groupe d'action. Ça, ça m'a surpris.
M. Carmant : Oui, comme
moi aussi, c'est...
Mme Garceau : Est-ce
qu'il y a une raison pour laquelle il n'y a pas eu de rencontre?
M. Carmant : Je suis
surpris, M. le Président. Est-ce que je pourrais passer la parole à la
directrice nationale...
Le Président (M. Provençal)
: Alors, consentement pour permettre à
la directrice.
Mme Garceau : Oui.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, Mme Lemay, je vous cède
la parole.
Mme Lemay (Catherine) : Bonjour,
Catherine Lemay, directrice nationale de la protection de la jeunesse et
sous-ministre associée aux services sociaux. Alors, la rencontre officielle,
parce qu'il y a eu plusieurs rencontres des comités opérationnels qui découlent
de chacun des projets qu'il y a, autant dans la phase 1 que dans la
phase...
Mme Lemay (Catherine) : ...mais
pour répondre à votre question spécifique, M. le Président, la... le groupe
s'est rencontré officiellement la semaine dernière en présence de l'ensemble
des sous-ministres associés pour rappeler... Dans le fond, il y avait plusieurs
nouveaux, donc on a choisi de faire cette rencontre-là, là, parce qu'il y avait
plusieurs... il y a eu plusieurs changements de chaises dans la dernière année.
Donc, on est venus réitérer la cueillette d'informations pour mettre à jour la
phase un qui sera déposée en juin, là, l'avancée des résultats depuis la
dernière mise à jour et recueillir également les projets à enrichir pour la
phase deux, ceux qui étaient déjà déposés et les nouveaux qui pouvaient
constituer une opportunité pour la prochaine année.
• (11 h 50) •
Une voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: Non, il reste à peine moins de
10 secondes.
Mme Garceau : Ah! O.K. Donc,
si je comprends bien, il y a juste eu une rencontre avec le... un groupe, et le
comité de suivi, une autre rencontre. Deux rencontres pendant une année
complète?
Mme Lemay (Catherine) : Je
m'excuse, probablement que je me suis mal exprimée. Dans le fond, c'est les
groupes opérationnels, soit à l'intérieur du ministère de la Santé et des
Services sociaux ou les groupes interministériels, qui se sont rencontrés de
façon régulière pour faire avancer les projets. L'année passée, je vous avais
expliqué qu'on fonctionnait par gestion de projet, donc davantage axée sur les
opérations, les actions pour porter des résultats, et le... et que le comité
interministériel assurait une vigie à haut niveau pour chacun de ces projets.
Mais, effectivement, une fois par année, on fait le point tout le monde
ensemble.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup, Mme Lemay. Alors, on
va poursuivre avec le député de Saint-Henri-Sainte-Anne. Et vous avez
14 minutes 40 secondes.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. Merci, M. le ministre, merci à ses équipes, merci à la
collègue... les collègues d'opposition. Je reviendrai sur le volet Jeunesse DPJ
dans le deuxième bloc. On commencerait avec d'autres choses, volet PSOC,
financement des organismes.
J'aimerais aborder quelques cas
spécifiques. Je vais vous parler du monde communautaire, un milieu sans lequel
nos services publics ne tiendraient pas debout. Moi, j'ai un... reçu un
témoignage très récemment d'une directrice d'un organisme. En fait, hier, là,
on la recontactait. Elle nous dit : «Comme organisme communautaire qui
offre des services en répit et des activités d'apprentissage à la... à la vie
autonome à des adultes ayant une déficience intellectuelle, nous sommes
confrontés à faire 16 demandes, 16, de soutien financier annuellement pour
essayer de poursuivre notre mission, 16 rédactions de projet, 16 Budgets,
16 redditions de comptes. Elle nous dit : les gouvernements se
désengageant de plus en plus et nous laissant, nous, les familles et les
personnes vulnérables avec ce poids, elle dit, c'est une jambette à la foi. Et
je n'ai pas besoin de dire que les gens du communautaire sont sous-payés et que
nous avons de grands enjeux de rétention de personnel. Ce sont ses mots. On se
fait donner de plus en plus de travail dans le communautaire parce que le
gouvernement se désengage et en plus on coupe de plus en plus dans les
ressources. J'ai réellement l'impression que le gouvernement souhaite la mort
du communautaire. C'est ce qu'elle dit. Si le gouvernement souhaite qu'on fasse
le job, il faudra à tout le moins investir dans ce qu'on fait.»
M. le ministre, le budget prévoit
1.27 % d'augmentation, si je ne m'abuse, de financement à la mission, au
PSOC. Est-ce que vous pensez que c'est suffisant pour notre milieu
communautaire?
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre.
M. Carmant : Merci, M. le
Président. Je remercie le député de Saint-Henri-Sainte-Anne pour sa question.
En fait, cette année... Je vais commencer par cette année, puis ensuite, on ira
sur ce qu'on a fait dans le passé. Le rehaussement... Il va y avoir une
indexation de... du PSOC qui équivaut à peu près à 28 millions de dollars.
Et en plus, dans le budget, on a... on a parlé d'un 10 millions de
dollars. Donc, c'est 38 millions de dollars en tout.
Et ce qui est important de savoir, c'est
que cette indexation est maintenant significative parce qu'on a augmenté de
façon majeure, là, le PSOC au cours des différentes années. Donc, ici, on voit
qu'en 2018-2019 on était à la mission globale autour de
500 millions de dollars, et maintenant on est à 900 millions de
dollars à la mission globale. Et, si vous vous souvenez, à l'époque, on nous
demandait une augmentation de 350 millions, et on a dépassé celle-ci.
Maintenant, c'est sûr qu'on nous demande
encore plus dans le contexte, mais ce qui est important de dire, c'est que, de
2012 à 2017, là, c'est là qu'on a pris un grand retard. Parce que de 2012 à
2017, il n'y a eu aucun argent additionnel déposé à la mission globale. Nous,
chaque année, on a fait... on s'est assuré d'ajouter, en plus de l'indexation,
de l'argent à la mission globale.
M. Cliche-Rivard : Merci. M.
le Président, si on peut s'engager à déposer le tableau, ce serait utile pour
nous.
M. Carmant : Oui, absolument.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Merci.
M. Carmant : Plaisir.
M. Cliche-Rivard : Deuxième
question. On a beaucoup parlé de l'accueil Bonneau en ce début d'année.
J'aimerais ça qu'on fasse le point, là. Le 3 janvier, nous apprenions que
les services...
M. Cliche-Rivard : ...le
service de l'Accueil Bonneau était maintenu par le biais d'une aide d'urgence
jusqu'au 31 mars 2024. Vous avez parlé de développer aussi des
services 24/7, mais l'organisme était en déficit pour les trois dernières
années. Pouvez-vous nous confirmer la récurrence de l'aide afin qu'on ne vive
pas cette crise encore cette année? Et comment avance le projet 24/7?
M. Carmant : Oui. Donc, le
récurrencement du 400 millions est officiel, là.
M. Cliche-Rivard : Sur
combien de...
M. Carmant : C'est pour
l'année... pour l'année en cours, pour 2024-2025, pour 2024-2025.
M. Cliche-Rivard : Et à moyen
terme, est-ce que...
M. Carmant : Donc, on
travaille, le CIUSSS Centre-Sud travaille avec l'Accueil Bonneau. L'Accueil
Bonneau fait beaucoup de... de choses, là, de l'aide alimentaire à un peu
d'accompagnement à l'hébergement. Donc, ils sont... c'est eux qui sont
représentants pour la fiducie également dans notre plan d'action
interministériel en itinérance pour la région de Montréal. Donc, ils ont
plusieurs dossiers. Et ce que le CIUSSS nous a demandé de faire, c'est de leur
donner un temps pour travailler avec l'organisme, pour clarifier un peu le...
le financement et la reddition de comptes. Et par la suite on verra ce qu'il
faut faire pour le moyen, long terme.
M. Cliche-Rivard : Ça fait
que 400 millions, on termine l'année, si j'ai bien compris, c'est ça?
M. Carmant : Pas... Le
400 000 $ additionnel pour 2024-2025.
M. Cliche-Rivard : 400 000 $?
M. Carmant : Oui.
M. Cliche-Rivard : O.K. Pour
terminer. Puis, sur le volet 24/7, c'est en discussion ou...
M. Carmant : Oui, ça aussi,
c'est est-ce que... Mais ils avaient déjà un volet hébergement, ils nous
demandaient de le transformer en... en logement de transition qui... qui vient
dans notre mission, tout à fait, là. Donc, ça, oui, on continue à travailler
avec eux là-dessus.
M. Cliche-Rivard : Donc, on
s'attend au courant de l'année à avoir une annonce où on aura quelque chose à
moyen terme, là, pas jusqu'à la fin de l'année à chaque fois. Je comprends que
là il y avait une procédure d'urgence.
M. Carmant : Non, non, c'est
ça, le plan, c'est d'avoir une entente à long terme. Quand est-ce que ça va
arriver, je ne peux pas vous le... m'avancer.
M. Cliche-Rivard : Après
trois ans de déficit, c'est difficile, évidemment, pour les organismes, ça fait
que si on peut avoir quelque chose de pérenne, ce sera utile pour tout le
monde.
M. Carmant : Pérenne, oui.
M. Cliche-Rivard : Oui, de
pérenne, hein. Les arches, un petit peu les mêmes discussions. Je vais vous
laisser répondre. Il semble qu'on a évité la catastrophe de près pour le
financement. Est-ce que vous avez un... un commentaire sur ce volet-là?
M. Carmant : Oui, les arches,
ça me demande beaucoup de travail, M. le député.
M. Cliche-Rivard : O.K.
Informez-nous.
M. Carmant : Donc, la... Vous
nous laissez aller un petit peu. La petite histoire des arches, là, c'est que
c'était un organisme... O.K., c'est un organisme qui est vraiment...
travaillait sur la mission globale, mais avait toutes sortes d'individus sous
sa responsabilité, dans toutes sortes de régions. Donc, il y avait des gens qui
étaient hébergés là et qui n'étaient même pas connus du réseau. Ils avaient un
système où des bénévoles européens venaient les aider avec comme seul système
de paye du logement. La CNESST est rentrée dans le tableau. Ils ont dû changer
leur modèle. Et là, évidemment, leur demande salariale a beaucoup augmenté.
Donc, moi, je suis en train de travailler avec une arche à la fois pour régler
la problématique et s'assurer que ces gens-là demeurent en... en hébergement.
Donc, j'ai... j'ai expliqué aux arches qu'une augmentation du PSOC national,
là, ce ne sera pas la solution. On va y aller, région par région, mais je
m'étais promis à la députée de D'Arcy-McGee de les aider puis c'est ce que je
vais faire.
M. Cliche-Rivard : Mais on ne
perdra pas de services, on va être en restructuration, mais...
M. Carmant : On va tout faire
pour ne pas perdre de services. Mais, tu sais, il y avait des endroits il y
avait des Alzheimer errants, là, qui étaient non supervisés, là. Tu sais, il y
avait des choses pas correctes qui se passaient là.
M. Cliche-Rivard : Puis ça,
bien, je... je les laisserai commenter, évidemment, là. J'ai une question. Je
sais que vous êtes en discussion active quand même avec le groupe Portage, mais
ça m'inquiète quand même. Je sais que, pas plus tard qu'hier, si je ne m'abuse,
vous aviez des discussions. N'empêche que ça va faire ou ça fait plus d'une
année que le dossier est en discussion. Il y a d'énormes inquiétudes de
l'organisme. Est-ce que vous avez un message d'encouragement ou un message
positif pour les utilisateurs mais aussi pour l'organisme, là, qui... qui est
un petit peu, je vous dirais, inquiet quand même, pour être franc, là, de
l'évolution des choses, de comment ça se passe, est-ce que vous avez un
message?
M. Carmant : Mais il y a deux
choses dans le dossier Portage, un, ils ont une entente... bien, ils ont une
entente très bien financée, là, on parle de 16 millions de dollars,
là, donc, c'est... c'est difficile de dire aux autres organismes qu'on va
augmenter le PSOC de Portage, mais une... une entente qui, pour des raisons qui
ne sont pas encore claires pour moi, là, mais on est en train de regarder ça au
niveau du ministère, n'est pas indexée au même niveau que les autres. Donc, une
des pistes de solution, c'est de s'assurer que ces ententes particulières
puissent être indexées, puis ça, on est en train de regarder ça au niveau des
finances. Puis l'impact de si on change l'entente avec Portage, qu'est-ce que
ça a à voir sur notre environnement, des organismes communautaires en général.
Puis, deux, on a... on travaille sur une piste de solution également avec le
CIUSSS Centre-Sud, le ministère, pour voir si on ne peut pas trouver un autre
mode de financement pour leurs activités en leur donnant une possibilité que
j'avais déjà...
M. Carmant : ...discuté avec
eux il y a quelques années, dans la transition à l'itinérance également,
surtout ceux qui ont des antécédents de toxicomanie, un endroit où on a besoin
d'aide, le logement de transition. Et eux, ils ont des... ils ont des disponibilités.
Donc, on en a discuté hier puis on s'est quittés en bons termes avec un
prochain rendez-vous bientôt.
M. Cliche-Rivard : J'entends,
je suis sûr que vous y travaillez, mais vous savez que ça... ce n'est pas
nécessairement votre faute à vous, mais ça s'étire quand même en longueur, et
je les sens inquiets quand même. Donc, si on peut faire un blitz de négo de
votre part, de leur part, je pense que tout le monde y serait gagnant. C'est le
message que j'envoie aujourd'hui. Qu'on puisse annoncer quelque chose de beau,
portage rapidement, c'est mon souhait.
Un autre thème, M. le ministre,
l'employabilité inclusive. Je voulais en fait une description de tâches, qu'on
a trouvée dans une cafétéria de cégep : débarrasser les assiettes et jeter
le reste dans la poubelle ou dans les bacs de compostage, tirer la... trier la
vaisselle et les verres à déposer... les ustensiles, dans le bac de trempage,
rincer les assiettes, laver et ranger les cabarets, vider les poubelles. Ma
première question est assez toute simple : Vous pensez que ça vaut combien
de l'heure, ce genre de travail là, selon vous?
• (12 heures) •
M. Carmant : Pardon?
M. Cliche-Rivard : Combien ça
devrait valoir de l'heure être rémunéré pour faire ce genre de tâches là dans
nos cégeps?
M. Carmant : Avec quel genre
de formation ça prend?
M. Cliche-Rivard : Bien, on
parle de vider les poubelles, rincer, débarrasser. À votre avis?
M. Carmant : 17 $
l'heure, 20 $ l'heure, je ne sais pas, moi.
M. Cliche-Rivard : Parce que
nous, on a rencontré un jeune, on va l'appeler Jérôme, là, il travaille dans un
cégep de la région de Québec et il effectue des tâches que j'ai nommées, en
fait, les tâches, il les effectue quatre fois par semaine, mais, parce qu'il
vit avec une déficience intellectuelle, ce qu'on appelle un plateau de travail,
Jérôme gagne 5 $ par jour pour faire ces tâches-là quatre fois par semaine
depuis un long moment. Et moi, je ne trouve pas ça normal puis je me demande si
vous, vous trouvez ça normal, que quatre fois par semaine, pour une longue
période, Jérôme fasse 5 $ par jour.
M. Carmant : Est-ce que...
Mais est-ce qu'il a de l'accompagnement? Est-ce que... Ça dépend de... du cadre
dans lequel ça se passe, là. Parce qu'une des choses que je suis quand même
très, très fière, là, c'est de l'augmentation des opportunités d'activités
socioprofessionnelles qu'on a mises dans le réseau depuis notre arrivée, un
investissement de 16,5 millions de dollars. Ce que les groupes m'ont
dit, cependant, puis ça, on est en train de regarder ça, on est en train de
s'assurer que ces tâches-là, ces activités-là soient... soient comblées par des
gens qui... dont le profil est en adéquation avec la tâche. Donc, l'enjeu,
c'est, si... Ce qui nous inquiète un peu, c'est que certaines personnes avec
des déficiences plus légères font des... ce qui ressemble être un travail
régulier, tandis que nous, ce qu'on... nous, les activités
socioprofessionnelles qu'on a développées, c'est évidemment pour ce qui... ce
qui regarde le ministère de la Santé et des Services sociaux, c'est-à-dire ceux
qui ont des déficiences modérées à sévères. Donc, c'est parce que la phase un
et deux, la déficience légère, c'est beaucoup plus au niveau du ministère du
Travail. Nous, le ministère des Services sociaux, c'est... c'est les plus...
c'est plus modéré et sévère.
M. Cliche-Rivard : J'entends
ce que vous dites. Nous, ce que le terrain nous dit, là, c'est
qu'effectivement, malheureusement, il y a une pérennisation de ce qui devrait
être temporaire. Puis on voit aussi que les plateaux reçoivent 30 fois
plus ou 30 fois le montant que les programmes d'intégration. Donc, il y a
un enjeu-là.
En 2020, vous le savez, la Vérificatrice
générale a fait des constats accablants sur l'intégration et le maintien en
emploi des jeunes personnes handicapées, mais le manque de leadership
gouvernemental et du sous-financement maintient ces jeunes en précarité, c'est
ce que les groupes me disent. Et on a même eu... Cette année, on en a parlé
beaucoup au niveau de l'immigration, mais le Rapporteur spécial des Nations
unies a aussi dénoncé ces éléments-là dans son rapport. Il dit : Dans les
centres occupationnels, les personnes avec une D.I. travaillent pour des
entreprises privées tout en étant payées moins que le salaire minimum. C'est ce
que le rapporteur spécial dit, là. Ceci est permis grâce à des exceptions
législatives sur la base d'un diagnostic. Le Rapporteur spécial, lui, il
considère cette pratique comme hautement discriminatoire. Est-ce que vous avez
l'intention d'intervenir pour que cessent ces pratiques discriminatoires, M. le
ministre?
M. Carmant : Mais nous, on a
créé un poste, en fait, dans chaque région pour justement que le ministère du
Travail puis le ministère des Services sociaux se parlent et qu'il y ait une
fluidité dans cette employabilité-là. Puis, tu sais, moi, j'ai des... j'ai des
anciens patients autistes qui sont des... qui travaillent pour des compagnies
de T.I., là, puis on s'entend que, s'il arrive quelque chose, ils peuvent
régresser et avoir besoin des services plus de... au niveau de la santé et
services sociaux et, quand ils s'améliorent, ils peuvent retourner vers le
travail régulier. Donc, on a... on travaille sur cette intégration puis cette
fluidité-là, mais, comme je l'ai dit aux différents groupes que j'ai
rencontrés, ça va quand même prendre un certain temps. Mais... mais... mais
j'avoue qu'il ne faut pas que les gens demeurent dans...
Haut de la page
12 h (version non révisé
e) M. Carmant : ...des travaux
qui sont sous-rémunérés pour leurs capacités, et souvent les... les employeurs
ont cette tendance-là, quand ils ont quelqu'un de très performant, à le garder.
M. Cliche-Rivard : Je peux
comprendre au niveau de l'intégration, je peux comprendre au niveau du début,
ensuite, il faut qu'on passe à l'emploi régulier...
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : ...et qu'on
quitte les exceptions. Je suis content de vous entendre dire que vous parlez avec
votre collègue au travail. Je pense que c'est quelque chose qu'il va falloir qu'on
évalue, parce que là, malheureusement, des jeunes comme Jérôme, il y en a
plusieurs, qui seraient capables... en fait, qui mériteraient, qui méritent
100 % la rémunération auxquels ils ont droit par nos normes de travail de
base. Et ça devrait se passer, je comprends que ça va nécessiter peut-être des
adaptations, des investissements, mais je pense que c'est un champ qu'on doit
intégrer rapidement. Et... le fait que les Nations unies, quand même, viennent
nous rappeler à l'ordre, d'une certaine façon, c'est quand même... on l'a vu
dans le dossier de l'immigration, mais là on le voit dans celui-là aussi, c'est
quand même assez notoire. Et quand un rapporteur spécial vient faire une
enquête terrain, puis ce n'est pas qu'au Québec, là, il dénonce ça. Nous, on a
le devoir de répondre. Puis je suis content de vous entendre aujourd'hui nous
dire que... Vous ne me dites pas demain matin, là, mais vous me dites que vous
travaillez avec votre collègue à le sensibiliser, puis qu'on pourrait s'attendre
à quelque chose de mieux dans les prochains mois, dans les prochaines...
M. Chassin : ...pour ma gouverne, le document que le collègue a lu, je
ne sais pas si c'est possible de le transmettre au secrétariat?
M. Cliche-Rivard : Sans
problème.
M. Chassin : Je comprends que c'est public, là, c'est juste... ça nous
épargne de le chercher.
M. Cliche-Rivard : Sans
problème.
M. Chassin : Merci.
M. Cliche-Rivard : C'est un
rapport des Nations unies. C'est assez simple à trouver, mais on va le déposer.
M. Carmant : ...comme on a
créé beaucoup de place depuis qu'on est au gouvernement. Puis je comprends la
problématique, c'était...
(Interruption)
M. Carmant : Je me dépêche, M.
le Président. C'est ça. Les postes ont été comblés par une clientèle qui est,
je l'avoue, au-dessus de ce qu'on voulait...
Le Président (M. Provençal)
: Le signal a confirmé que...
M. Carmant : Donnez-moi un
peu de temps, quelques... année en année, oui.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député des
Îles-de-la-Madeleine, la parole est à vous, pour 14 minutes, 40 secondes.
M. Arseneau : Merci beaucoup,
M. le Président. Bonjour, M. le ministre, chers collègues, membres de l'équipe
ministérielle. Merci d'être là pour cet exercice annuel fort important, et j'allais
dire, c'est agréable quand même à chaque année.
Je voudrais d'abord poser une question
concernant la Direction de la protection de la jeunesse. Mais, en fait, juste
avant, faire le point sur le projet de loi n° 37, dont l'étude est suspendue
depuis un certain nombre de semaines. Est-ce qu'on a un calendrier pour la
reprise des travaux? Et est-ce qu'on peut nous expliquer ce qui se passe
présentement en attendant le retour en commission?
M. Carmant : Bien, écoutez,
la dernière, une des dernières journées, on était rendus à certains des
amendements et qui incluaient les amendements au sujet des Premières nations et
Inuits. On avait entendu leurs demandes face à la reconnaissance de ces 92 et
des changements importants par rapport, justement, au commissaire adjoint dont
on avait parlé à ce moment-là. Donc, on est en train de modifier ces règlements-là,
ces points-là. Puis, pour respecter ce que je leur avais dit en Chambre, bien,
on a fait ça de façon conjointe. Donc, j'ai eu plusieurs discussions avec
Makivik, avec le Nunavik, avec l'APNQL, avec les centres d'amitié autochtones,
pour voir... pour arriver à ce que je considère être des amendements qui vont
être raisonnables à leurs yeux. Donc, dès qu'on aura le feu vert de nos
collègues des Premières Nations, on se remet au travail.
M. Arseneau : Est-ce que vous
allez jusqu'à jusqu'à dire que vous êtes en train de co-construire cette
partie
du...
M. Carmant : Mais on ne peut
pas leur dire exactement qu'est-ce qui est... à cause... pour des raisons de
parlementarisme, mais oui, on est en train de co-construire pour la suite.
M. Arseneau : Est-ce que
ça... Est-ce que vos... Parce qu'on peut s'attendre, donc, à des amendements
qui seront déposés, vous êtes en train d'en convenir avec certains groupes.
Est-ce que le volet rôle de la CDPDJ est également dans votre collimateur à l'heure
actuelle, fait l'objet de travaux?
M. Carmant : Alors, on va
redéposer aussi rapidement que possible. Puis, au niveau de la CDPDJ, comme je
mentionnais tantôt, non, on a plutôt créé la table jeunesse justice avec mon
collègue de la justice, parce que la CDPDJ est sous la gouverne du ministre de
la Justice. Et on a créé une table où le ministère de la Santé est là, les DPJ
sont là, la chambre du... la chambre jeunesse est là, la chambre du Québec est
là, la commission...
M. Carmant : ...de la
direction juridique, tous les... le Barreau est là, donc tous les acteurs clés
qui peuvent gérer cette problématique, on les a assis à la même table.
Initialement, c'était juste pour gérer les délais judiciaires, mais là on leur
a dit : Réglez ce problème d'interprétation du rôle de la CDPDJ,
principalement l'article 23.b, là, qui revient souvent par rapport aux
lésions de droits.
• (12 h 10) •
M. Arseneau : Mais cela n'a
pas d'incidence sur le retour de la commission au projet de loi?
M. Carmant : Non.
M. Arseneau : C'est une autre
table qui va avoir ce travail là à faire dans le moyen long terme?
M. Carmant : Oui. Je pense
que c'est... on va les laisser gérer ça.
M. Arseneau : Donc, j'avais
posé une question, je ne suis pas sûr si vous avez répondu, votre échéancier,
ce serait d'ici?
M. Carmant : C'est le plus
vite possible.
M. Arseneau : D'accord.
M. Carmant : Dès que... on
doit déposer les amendements, là... et puis, dès que possible, là, on revient
en commission parlementaire, là. On parle de semaines, là, tu sais, pas plus.
M. Arseneau : D'ici quelques
semaines.
M. Carmant : Moi, j'ai bien
hâte de recommencer aussi.
M. Arseneau : Excellent,
merci. Merci pour la mise à jour, j'apprécie. Je voulais revenir sur,
évidemment, le rapport Laurent, on en parle à chaque année et plus souvent
encore, sur les 60, 65 recommandations qui étaient faites et le plan de
match que le gouvernement s'était donné en trois phases. Qu'est ce que vous
pouvez nous dire aujourd'hui sur l'avancement, justement, de la mise en œuvre?
En mai dernier, il y a eu un rapport qui a été... de mise à jour qui a été
faite. Est-ce qu'on peut avoir une nouvelle mise à jour, là, sur là où on est
rendu dans l'actuel?
M. Carmant : Mais écoutez, je
pourrais y aller point par point, mais ça prendrait quand même pas mal de
temps. Mais pour vous dire que la phase 1, nous, on considère qu'elle est
complétée à 99 %.
M. Arseneau : 99 %.
M. Carmant : Oui. Et on
travaille vraiment dans la phase 2 et on est bien avancé sur la plupart
des points au niveau de la phase... au niveau de la phase 2. Évidemment,
le commissaire est un des points les plus importants. Un autre point des plus
importants, c'est la formation des intervenants et un programme d'accueil
orientation intégration en rétention qu'on est en train de mettre sur pied
également. Donc ça, c'est les principaux... les principales choses qu'on travaille.
M. Arseneau : Comme vous
dites, vous êtes en train de le mettre sur pied, il n'est pas... ces
programmes-là ne sont pas encore en vigueur. C'est l'élaboration à laquelle
vous travaillez.
M. Carmant : Exactement.
M. Arseneau : Est-ce que vous
avez un échéancier pour les mises en œuvre de ces programmes?
M. Carmant : Ça devrait se
faire dans les prochains mois, j'espère.
M. Arseneau : Dans les
prochains mois.
M. Carmant : Oui.
M. Arseneau : Donc, peut-être
d'ici l'automne.
M. Carmant : Oui. Je pense
que d'ici l'automne serait quelque chose de très raisonnable. Puis, comme vous
le savez, on s'était donné deux ans pour la phase 1, deux ans pour la
phase 2. Donc, pour nous, on est dans les lignes du temps qu'on s'était
mis de l'avant.
M. Arseneau : Parce que la
phase 2 se complétait en 2025 ou en 2024? Je...
M. Carmant : 2025.
M. Arseneau : En 2025.
M. Carmant : Oui.
M. Arseneau : D'accord, d'accord.
Puis ensuite, c'est ça, la phase 3, c'est jusqu'en 2027, mais j'avais
l'impression que c'était 2023, mais enfin. Mais bon, vous nous dites que...
M. Carmant : 2021-2023,
2023-2025, 2025-2027.
M. Arseneau : À l'heure
actuelle, ne voyez pas d'obstacle ou d'écueil, là, pour respecter les délais
que vous vous êtes fixés.
M. Carmant : Non, on avance
très bien, en fait.
M. Arseneau : Merci. Je
voudrais attirer votre attention sur un élément que j'ai amené dans l'étude de crédits
avec votre collègue ministre de la Santé, concernant certaines données qui
figurent au tableau de bord du ministre, un tableau j'imagine que vous
consultez également assez régulièrement, puisqu'il y a des éléments qui
recoupent vos responsabilités. Et le ministre de la Santé m'a référé à vous
pour certaines questions. Alors, j'irai d'emblée avec le questionnement sur
justement le temps d'attente pour une évaluation, une première évaluation à la
DPJ, et j'aimerais avoir votre opinion là-dessus. Je cherche, là, mon onglet.
Je ne sais pas si vous avez accès au tableau. Puis je n'irai pas de façon très,
très technique, mais j'ai fait le plaidoyer puis je veux juste rappeler que je
trouve étonnant, mais ce n'est pas une critique, que l'on identifie l'onglet
Protection de la jeunesse avec une attente moyenne pour obtenir une évaluation
de 34,95 jours, donc on peut parler de 35 jours, et on a un bandeau
vert comme si les choses allaient bien. On me dit : Bien, c'est une
variation périodique, les choses s'améliorent. Les choses s'améliorent
peut-être par rapport à la période précédente...
M. Arseneau : L'enjeu,
c'est que la cible qui est fixée déjà, qui existe depuis déjà nombre d'années,
cible à atteindre, là, de délai d'attente moyen, est de 21 jours,
21,4 jours. Ça, c'est la cible que se fixe le ministère depuis nombre
d'années. Et lorsqu'on a mis en ligne le tableau de bord en mai 2022, le temps
d'attente, et il y avait un bandeau rouge comme quoi ça n'allait pas très bien,
on était à 28 jours et... 28 quelques jours. Aujourd'hui, on est à
35 jours. La période qu'on vient de traverser, on était à 43 jours.
Donc, il y a effectivement une amélioration par rapport à la période
précédente, mais vous voyez que, pour le citoyen qui regarde ces tableaux-là,
je veux dire, est-ce que les choses s'améliorent? Bien, on dit oui, ça
s'améliore par rapport à la période précédente, mais on est encore loin de la
cible.
Ma question est la suivante. Avec ces
fluctuations-là qui sont quand même largement au-delà de la cible de
21 jours, quels sont les moyens concrets et réalistes qu'on peut mettre en
place pour espérer véritablement, d'ici la fin du plan stratégique, d'ici deux
ans et demi, qu'on puisse véritablement ramener ça? Parce que sur le long
terme, ça ne s'améliore pas. 21, 28, 42, 35, on se... on ne s'améliore pas.
Est-ce qu'il y a des moyens concrets que vous pouvez nous... nous révéler, nous
indiquer, qui peuvent nous permettre d'espérer que 21 jours, 21 jours
est déjà un long délai?
M. Carmant : Oui,
mais... Merci beaucoup pour la question. Je pense, ce qu'il faut comprendre,
c'est qu'il y a trois types de signalements, là, les... les niveaux 1, là,
les P1, puis les niveaux deux, P2, qui ont des délais très courts, là. P1,
c'est immédiat, P2, c'est 24 heures. Puis eux, ils sont pris en charge
tout le temps dans les délais requis. Maintenant... Maintenant, le gros enjeu,
c'est les P3 qui souvent sont des... Puis c'est ça que j'essaie d'amener, là,
quand je dis qu'il faut que la première ligne en fasse plus puis qu'on... qu'on
utilise moins la DPJ, c'est que les P3, c'est souvent des solutions... C'est
des conditions plus chroniques et qui... et qui sont le gros, gros, gros, des
signalements, là, comme sur 43 000 signalements retenus par année, il
y en a 10 000 qui sont des P1, P2 puis 33 000 qui sont des P3.
Mais chaque fois qu'on fait des avancées,
puis c'est ça, un peu, le paradoxe, c'est qu'on évalue plus de P3 pour diminuer
nos listes d'attente, mais nos chiffres de délai moyen d'attente augmentent en
paradoxe, là. Donc, même quand on fait un bon travail, ça ne paraît pas parce
que, quand on diminue nos listes d'attente, bien, nos délais d'attente, vu
qu'on voit plus de gens qui attendaient depuis longtemps, augmentent. Donc
nous, ce qu'on vise, c'est vraiment à modifier l'approche qui était une de
blitz, là, ce qu'ils appelaient des blitz où, pendant une fin de semaine ou une
semaine, tout le monde est appelé à venir aider la DPJ pour avoir, avec les...
suite aux dernières négociations et la reconnaissance que plusieurs des
employés de la DPJ sont... font du 24/7, donc vont mériter toutes les primes
qui sont associées à la tâche 24/7, qu'on puisse avoir une plus grande
prévisibilité de l'horaire et vraiment étaler, comme la santé physique, le
travail à la DPJ sur une période de sept jours semaine ou sur une base
volontaire, les gens qui font du temps supplément... du temps... qui
travaillent la fin de semaine, qui font du temps supplémentaire aient accès à
toutes les primes puisqu'ils sont nécessaires?
Donc, avec ce volontariat-là, on espère
vraiment diminuer les listes d'attente de façon significative. Et en plus, dans
le contexte de Santé Québec, une des... une des alternatives qui nous aidait
beaucoup, c'est que des équipes où ça allait bien, dans des régions où ça va
bien, qui n'ont pas de délais d'attente ou de listes d'attente significatives,
allaient aider les régions plus en difficulté. On a eu des demandes syndicales
qui nous ont fait arrêter cette pratique-là, mais dans le contexte de Santé Québec
et d'un employeur unique, l'équipe mobile va pouvoir revoir le jour
éventuellement.
M. Arseneau : Mais si on
veut résumer pour les citoyens qui nous écoutent, puis quand on regarde,
justement, les tableaux sur une période d'un peu plus d'un an, en fait de deux,
presque trois ans, on s'aperçoit que grosso modo, là, l'attente est
peut-être... varie en... autour de 40 jours par rapport à l'objectif qui
est de 20 jours. Est-ce que malgré les ressources que l'on consacre,
est-ce que vous jugez que... En fait, ma question est, est-ce que ce sont les
ressources qui sont en jeu ou le nombre de signalements qui... qui sont à la
hausse...
M. Arseneau : ...quelle est la
part, en fait, du défi qui relève des ressources humaines et, par ailleurs, du
nombre de signalements...
• (12 h 20) •
M. Carmant : Bien, je pense,
c'est vraiment les deux. La bonne nouvelle, c'est qu'avec les investissements
qu'on a faits en première ligne, vous savez, l'an dernier, on disait qu'on
avait augmenté de 1 % ou 2 % le nombre de signalements, là, c'était
la première fois que ça arrêtait d'augmenter de 5 % à 10 % par année,
bien, cette année, on va avoir plafonné puis même diminué le nombre de
signalements cette année. Des chiffres qui devraient sortir bientôt, là, avec
le bilan des DPJ. Donc, on disait meilleur service en première ligne, on est en
train de renverser la courbe, également, il y a moins de... le pourcentage de
signalements retenus est en train de diminuer parce qu'il n'y a plus de
première ligne dans les dossiers.
M. Arseneau : Justement,
c'est important. Vous dites : Les chiffres vont être révélés bientôt, mais
il y a déjà des chiffres qui sont disponibles. Dans le tableau de bord, on nous
dit que les signalements reçus, là, pour... au 6 avril, sont en diminution
de 13,28 %.
M. Carmant : Ça, c'est
beaucoup, ça.
M. Arseneau : Ça, le nombre
de signalements reçus, oui. Et le nombre de signalements retenus sont aussi en
baisse de 11 %. Donc, le bilan annuel, ça devrait être... Bien, peut-être
que vous pouvez préciser, là. Je veux bien interpréter les données qui sont
disponibles.
M. Carmant : Alors, sur
l'année, ce n'est pas ça. Je pense que ça... Pour la même... Pour la période
équivalente l'an dernier, c'est ça, les chiffres qui sont sur le tableau de
bord. Mais nous, ce qu'on... ce que je vous parle, c'est sur la... sur la base
de l'année 23-24. Puis ça, ça va être plus autour de quelques points de
pourcentage, la diminution.
M. Arseneau : Quelques points
de pourcentage. Donc, diminution de signalements et diminution de cas retenus.
M. Carmant : Rétention de
signalements. Puis ce qui est...
M. Arseneau : Et augmentation
de ressources, vous nous dites.
M. Carmant : Et augmentation
de ressources. Et ce qui est important aussi, c'est que la raison pourquoi les
signalements ne sont pas retenus, c'est parce que, dans les dossiers où ce
n'est pas retenu, c'est qu'il y a déjà quelqu'un en première ligne qui
accompagne la famille et qui fait le suivi.
M. Arseneau : Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup, M. le ministre.
M. Carmant : Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Nous allons revenir avec la députée
de Robert-Baldwin pour les 22 prochaines minutes.
Mme Garceau : Merci, M. le
Président. M. le ministre, parlons maintenant d'un autre sujet fort important,
puisque nous avons été informés dans les derniers mois de l'état des centres
jeunesse. Vétusté. Une installation sur cinq est vétuste. Et même, je sais,
lors d'une entrevue avec Nathalie Collard, vous avez mentionné : Les
travaux sont faits quand ça sort dans les médias.
Je tente de comprendre, M. le ministre,
compte tenu qu'on parle de... des environnements, les lieux de vie, des
conditions de vie des enfants qui sont vraiment, vous le savez, dans certaines
installations, c'est pitoyable, il n'y a personne qui devrait rester dans ces
établissements-là, surtout, on va parler du mont Saint-Antoine, avec
moisissures, champignons, bains condamnés, infiltrations d'eau, et j'en passe,
comment se fait-il que cette situation-là, on n'a pas attaqué le problème il y
a comme des années? C'est ça, ma question : Comment se fait-il que c'est
aujourd'hui, avec un taux élevé de vétusté de nos établissements?
M. Carmant : Écoutez, notre
gouvernement a augmenté le PQI de façon significative, là, de 50 %, de,
c'est quoi, 100 milliards à 150 milliards de dollars, là, celui
de la santé a augmenté de façon significative, de 18 à 24 milliards de
dollars, et on a des projets du centre jeunesse au niveau du PQI, trois, qui
sont très actifs. Maintenant, les frais d'entretien, on les donne aux
établissements année après année, quand est-ce que la décision d'effectuer les
travaux est vraiment locale. Puis c'est ça que je voulais dire, que je trouve
ça extrêmement dommage que c'est quand on entend qu'il y a un enjeu médiatique
que là ils utilisent l'argent qu'ils ont déjà pour faire ces rénovations-là.
Maintenant, on est en train de... Ce qu'on
a demandé actuellement, la directrice nationale est en train de faire le... de
faire le tour des différents centres jeunesse pour regarder la situation. J'ai
demandé au... également à M. Desbiens de nous faire une classification
fonctionnelle, parce qu'on a une classification technique, là, celle que vous
mentionnez, des centres jeunesse, mais... classification fonctionnelle de...
des différents établissements. Et...
M. Carmant : ...quelqu'un va
nous donner une classification et à partir de là, on verra si on doit utiliser
un autre modèle pour faire le suivi de cette vétusté des différents centres
jeunesse, là, mais, pour le moment, on se fiait beaucoup à nos... à nos
établissements. Puis, tu sais, quand j'entends le CIUSSS nous dire : Bien,
on a déjà remis un projet, mais c'est le projet qu'ils nous ont remis, ils
l'ont priorisé troisième dans la liste de leurs projets, quand on a des choix à
faire gouvernementaux, on va au premier et deuxième choix avant de faire le
troisième choix. Donc, il va falloir voir si... est-ce qu'on fait... gestion
locale centre jeunesse où est-ce que... comment on va modifier notre approche?
C'est parce que... je suis conscient qu'il faut faire des changements.
Mme Garceau : Est-ce que tout
ça va devenir public en termes de classification?
M. Carmant : Laissez-moi
m'informer, là, donnez-moi une minute.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: Est-ce que vous réussissez à
comprendre? Parce que moi, je ne comprends pas bien. Consentement. Alors, Mme,
vous allez vous nommer et votre fonction, pour répondre répond après.
Mme Pradet (Isabelle) : Isabelle
Pradet, architecte, directrice des projets immobiliers au ministère de la
Santé. Donc, l'état de vétusté est déjà public au secrétariat du Conseil du
trésor dans le Plan québécois des infrastructures, puis le plan de gestion des
infrastructures, le PAGI qu'on appelle. Donc, on a toutes les informations
globales sur les infrastructures. Donc, cette information-là est déjà publique
pour les infrastructures.
Mme Garceau : ...juste aller
directement au point, parce que M. le ministre a parlé de classification. C'est
cet aspect-là qu'on veut savoir, si ça, ça va être public.
Mme Pradet (Isabelle) : Oui,
la classification, vous avez les chiffres, a, b, c, d, e. Donc, ça, c'est déjà
public dans PAGI... Ah! la nouvelle démarche, oui
Une voix : ...
Mme Garceau : ...merci, Mme.
Mme Pradet (Isabelle) : Je
suis désolée, pardon.
Le Président (M. Provençal)
: On finit par se comprendre.
Mme Garceau : ...oui, oui.
Donc, oui, ça va être public, O.K..
Le Président (M. Provençal)
: Merci.
Mme Garceau : Quand est-ce
que vous, vous avez visité, M. le ministre, le Mont Saint Antoine?
M. Carmant : Oui, ça fait...
là, je n'ai pas la date, là, on peut essayer de regarder dans mon agenda la
date, mais j'ai déjà visité le mont Saint-Antoine.
Mme Garceau : Mais dans la
dernière année, est-ce que vous avez visité?
M. Carmant : Oui, je dirais
que oui, dans la dernière année, mais... en train de chercher la date. Ah!
bien, je suis allé, je suis même allé deux fois. Je suis allé une fois pour une
activité de la fondation, puis une fois pour visiter les lieux. Ça, je peux
vous le dire, mais les dates...
Mme Garceau : La visite des
lieux, est-ce que c'était récent? Est-ce que c'était cette année?
M. Carmant : Moi, je vous
dirais l'été 2023, là, mais ils sont en train de chercher la date, là. Et
c'est suite à cette visite-là qu'on avait insisté pour que les changements...
les rénovations soient faites, puis il y a toutes sortes d'incidents qui ont
été rapportés par le CIUSSS qui ont retardé les rénovations.
Mme Garceau : Parce que...
Oui, parce que je présume que quand vous êtes allés visiter, admettons, si
c'est été dernier, vous avez quand même témoigné de l'état pitoyable des lieux?
M. Carmant : 8 mai 2023.
Mme Garceau : Donc, lorsque
vous êtes... vous êtes allés visiter...
M. Carmant : ...millions de
dollars pour rénover les lieux.
Mme Garceau : Mais quelle a
été votre impression quand vous êtes allé visiter les lieux?
M. Carmant : Bien,
premièrement...
Mme Garceau : C'était
pitoyable.
M. Carmant : Bien... oui, je
ne dirais pas pitoyable. Tu sais, c'est un immense site Le Mont Saint Antoine,
là. Ma première réaction, c'est pourquoi pas faire quelque chose de moderne sur
place, là, mais c'est sûr que les... c'est vétuste, là, je... C'est vétuste,
mais tu sais...
Mme Garceau : ...O.K. Parce
que j'ai eu récemment un entretien avec Mme Gallo qui nous disait que les
photos qui avaient été publiées dans le soleil, c'étaient des photos qui
dataient il y avait... de deux ans. C'est ça qu'on nous a dit. Et nous, on a
obtenu des photos très...
Mme Garceau : ...très récentes
qui démontrent encore... et, je dois vous dire, c'est pas mal préoccupant.
Donc, elle, d'après elle, ce n'était pas si pire que ça, et qu'ils avaient fait
des rénovations. Et là nous, on a obtenu des photos, puis je vais vous les
montrer, mais là on... Mont-Saint-Antoine, amiante, danger. Ça, c'est dans la
salle de bain parce que... Et voici encore, là, salle de bain, qu'on ne peut
pas utiliser. Et ça continue. On a des files à l'extérieur. On a encore de
l'eau qui coule. C'est pas mal abominable. Donc, j'ai été surprise que la
P.D.G. me dise que tout est beau, on fait des rénovations, mais semble-t-il que
c'est pire qu'elle... elle m'avait mentionnée. Et moi, je voulais savoir, en
termes de budget, est-ce qu'il y a un budget qui va être alloué. Est-ce qu'il y
a un budget additionnel ou est-ce que les fonds sont déjà déployés? Est-ce que
tous les établissements qui doivent faire des rénovations ont déjà l'argent?
• (12 h 30) •
M. Carmant : Mais, pour le
Mont-Saint-Antoine, ils ont encore beaucoup d'argent pour faire les rénovations
requises. Ils n'ont pas dépensé tout leur budget. Mais nous, c'est pour ça
qu'on fait... on refait ce travail de visite et de classification pour voir
quelle... quelle doit être l'approche, est-ce que c'est... est-ce qu'on...
est-ce qu'il va falloir qu'on réserve un... dans une
partie du PQI Santé pour
nos... pour nos centres jeunesse si on voit que les établissements ne les
priorisent pas, est-ce que c'est... Il faut qu'on obtienne les données, puis on
va analyser les choses.
Mme Garceau : Donc, c'est
quoi, l'échéancier pour faire une visite, si je peux dire, l'état des lieux et
pour déterminer?
M. Carmant : Mais nous, on
veut que ce soit le plus rapidement possible et avant cet automne, c'est sûr,
parce que nous, on commence à réfléchir au budget à partir du mois de novembre,
donc... tu sais, au plus tard, il faut en... il faut qu'on ait les données pour
septembre.
Mme Garceau : Et après ça
est-ce qu'il y a quelqu'un qui va être responsable au niveau d'un suivi auprès
des établissements pour assurer que, oui, les rénovations sont faites dans un
temps raisonnable, que les choses se poursuivent?
M. Carmant : Oui, oui, on...
C'est sûr que c'est une chose qui est importante. Et justement, si on demande
aux services techniques de faire cette évaluation-là, ce sera... ce sera eux
qui vont faire les suivis, évidemment.
Mme Garceau : Parlons... On
a... bien, on a parlé de l'état vétuste des établissements, mais, comme nous le
savons tous, il y a aussi le problème des conditions, des conditions, si je
peux dire, de vie dans ces établissements-là. Et les salles d'isolement qui
sont utilisées, il y en a plusieurs, on a vu des photos, c'est comme des
cellules de prison. C'est vraiment abominable tant qu'à moi. Je ne sais pas
vous, de votre côté, comment vous voyez ça, parce que je pense qu'on l'a appris
en même temps, lorsque je vous ai posé la question concernant l'enfant de neuf
ans à Cartier qui avait été, parce qu'il avait été tannant... avait été mis
dans une salle d'isolement. Pour moi, je dois vous dire, j'ai été en choc et je
sais que la plupart des gens aussi. Les gens trouvent ça que c'est aberrant,
que c'est vraiment inhumain puis c'est même des pratiques qu'on pourrait dire
barbares. Et on a le... Cartier, en particulier, une augmentation de 72 %,
72 % au recours aux mesures de retrait et de contrôle. On a, M. André
Lebon qui a mentionné l'autre jour... qui a remarqué... Il a fait le
commentaire que des intervenants sont en train de dire que c'est comme ci nous,
on est là... c'est comme des prisons dans certains établissements. On est en
train de créer des...
Haut de la page
12 h 30 (version non révisé
e) Mme Garceau : ...les
intervenantes, les éducateurs qui ont dénoncé les conditions, ils sont allés
aux médias pour dénoncer les conditions dans lesquelles on met ces enfants-là.
Il y a un manque de formation également concernant... et ça, on va en discuter.
Mais moi, j'aimerais... Moi, je ne sais pas, M. le ministre, mais ça me touche
énormément, comme citoyenne, comme parent, en termes de... et comme juriste
aussi, parce que ces enfants-là, là, c'est des lésions de droit. C'est des
détentions illégales. Il y a une violation flagrante à leur droit d'être placé
dans ces... dans ces genres de cellules. Est-ce que vous allez changer ce
système-là? Est-ce que vous allez le revoir?
M. Carmant : ...je pense que
le travail qu'on fait principalement, c'est... c'est au niveau de la formation.
Puis, en formant mieux nos éducateurs, avec la formation qu'ils appellent ARC,
là, attachement, régulation, compétence, partout où ça, ça a été implanté, on a
vu une diminution du nombre de contentions et d'isolements. Donc, c'est...
nous... moi, je pense que l'important, c'est d'améliorer la qualité des soins
de nos... pour nos jeunes. C'est là un peu qu'effectivement l'enjeu de la
main-d'oeuvre indépendante en est un, là, parce qu'on veut que ce soit... qu'il
y ait une certaine stabilité autour de nos jeunes, surtout qu'on a de plus en
plus de jeunes à besoins particuliers dans nos... dans nos centres de
réadaptation. Puis, eux, il faut les mettre dans des endroits où ils sont
pleinement équipés pour prendre soin d'eux. Mais je pense que la meilleure
formation des éducateurs, c'est... c'est la clé. Et, comme je mentionnais
tantôt, on est en train de mettre sur pied un programme Accueil, orientation,
intégration, rétention, qui est vraiment une formation qui va... puis qui fait
partie de la phase deux, là, qui est vraiment une formation qui va être dédiée
aux intervenants de la protection de la jeunesse et qui va inclure ces
formations au niveau du trouble de l'attachement et également, évidemment, la
violence conjugale, dont... on va parler tantôt, mais... Donc, ça, c'est
important pour nous, que tous nos intervenants et tous nos éducateurs soient
formés avec ce type d'approche là, qui, on voit, a un impact significatif sur
la diminution de... justement, des contentions et puis des isolements chez
nos... chez nos jeunes.
Mme Garceau : Dans le rapport
de la commission Laurent, une des recommandations, c'était de faire une vigie
des mesures de contrôle, de revoir ces mesures-là. Est-ce qu'on... on ne pourrait...
Est-ce qu'on ne pourrait pas changer cette façon de faire? Surtout, en 2024, M.
le ministre, là, on en a vu, des photos. Puis même j'ai... j'ai tenté d'aller
voir le Mont Saint-Antoine. J'attends encore, là. Ça fait trois semaines que j'ai
fait une demande pour aller visiter. J'espère que vous allez pouvoir faciliter
cette rencontre pour moi, et dans d'autres établissements également. Parce que,
pour moi, des salles d'isolement comme j'ai vu dans les photos, là, ça ne
devrait pas exister. Ça ne devrait pas exister. Les mesures de contrôle, de
laisser des enfants dans... L'impact psychologique. Puis je ne suis pas la
seule à le dire, là. Il y en a, des psychologues, il y en a, des anciens, des
ex, même, qui sont venus en commission parlementaire. On le fait aux adultes,
puis ils nous racontent les histoires de comment ça les a affectés d'être en
salle d'isolement, puis on fait ça à des enfants de neuf ans, des enfants de
sept ans. Il y a un petit garçon de sept ans dans les Laurentides, 300 mesures
de contrôle dans un an. Ça n'a pas de bon sens. Et c'est pour ça, pour moi, c'est
une situation de lésion de droit. On ne devrait pas mettre des enfants de cet
âge-là dans des... l'équivalent de cellules de prison. Il est là, mon point.
Est-ce que vous, vous êtes d'accord de
laisser ces salles d'isolement telles quelles, qu'on continue cette pratique,
ces mesures de contrôle de mettre des enfants aussi jeunes dans ce genre d'environnement
là? On est...
Mme Garceau : ...ça, là,
c'est comme une détention illégale. C'est en violation de leurs droits. Puis
ils ne peuvent pas... ils ne peuvent pas appeler quelqu'un, là. Ils sont là
tout seuls. L'impact psychologique est néfaste, et pas juste à court terme, à
long terme. On parle de nos enfants. Il me semble qu'il y a une meilleure
façon, moins inhumaine, moins barbare de pouvoir aider. Parce que ces
enfants-là, là, sont là pour une raison. Ils sont déjà des victimes, hein, soit
de la violence conjugale et toute autre raison. Et là, c'est comme si, je vais
utiliser le terme de Nancy Audet, la violence institutionnelle. C'est ça
qu'elle a dit. C'est une forme de violence institutionnelle. C'est ça
l'isolement. Il faut que ça change, M. le ministre. On ne peut pas laisser nos
enfants vivre dans des conditions comme ça. On est dans un système, système de
protection de jeunesse pour protéger nos enfants, pas... On n'est pas là à leur
détriment. On n'est pas là pour brimer leurs droits, on est là pour les aider.
Pouvez-vous, s'il vous plaît, vous engager à revoir ce système-là?
• (12 h 40) •
M. Carmant : Bien, comme
je vous dis, je m'engage à ce que nos éducateurs soient mieux formés. Puis de
s'éloigner de ce modèle-là, je suis tout à fait d'accord avec vous. Je veux
juste vous donner quelques chiffres qu'on... pour vous montrer quand même qu'on
s'améliore. 2022-2023, pour l'isolement, c'était 6 021. Donc, il y a une
vigie. Cette année, 4 588. Même chose pour les contentions, on aurait
diminué de 18 780 en 2022-2023 à 16 299 en 2023-2024. Puis même... Donc,
il y a des programmes de formation. On travaille avec Boscoville aussi pour...
pour ses enfants plus problématiques. Mais c'est ça. Donc, moi, je pense que ce
qu'il faut, il faut s'assurer de bien former nos éducateurs. J'imagine qu'ils
prennent ces mesures-là quand ils ont peur que l'enfant se blesse ou... Mais je
suis d'accord avec vous, tu sais, il faut... Il faut s'éloigner de ça. Est-ce
que j'ai fait une... Puis on va travailler pour ça.
Mme Garceau : Il faut...
Mais c'est ça M. le... Il faut revoir... J'aimerais, si vous le permettez, M.
le Président, pour... Parce que dans le cahier qu'on a reçu, on n'avait pas ces
données-là. On avait demandé les données, et malheureusement, il n'y avait pas
de données. Le... Votre ministère ne détient pas les données sur le nombre de
mesures d'empêchement mises en place dans les établissements. Donc, si vous
pourriez vous engager pour qu'on puisse avoir ces données-là, s'il vous plaît.
Oui? Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va?
Mme Garceau : Oui.
Le Président (M. Provençal)
: Nous en sommes maintenant à la
partie
gouvernementale. Alors, Mme la députée de Bonaventure.
Mme Blouin : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. Salutations à tous les collègues ici présents des deux
côtés de la salle. Salutations à M. le ministre et son impressionnante équipe
aussi. Vous êtes nombreux quand même, il faut le souligner. Et je vais
continuer avec un sujet qui est très cher pour le ministre. En fait, je vais
parler à nouveau de nos enfants. Je pense que plusieurs d'entre nous, ici,
avons des enfants. Et je pense aussi qu'on s'entend pour dire que leur bon
développement, surtout en bas âge, est vraiment crucial pour leur réussite
future. Et je pense particulièrement à la période 0-5 ans, donc qui, très
certainement, comporte son lot de défis pour la plupart des parents. Mais on
est aussi conscients que, durant cette période-là, il y a plusieurs aspects
très importants qui vont se développer. C'est là où les enfants vont apprendre
à marcher, à penser, à parler, à interagir aussi avec leur environnement. Sauf
que certains enfants peuvent aussi présenter des retards de développement. Et
ça, ça peut aussi entraîner des conséquences vraiment importantes à long terme
sur leur vie.
Donc, c'est exactement pour ça que, lors
du précédent mandat, notre gouvernement a lancé le programme Agir tôt,
c'est-à-dire pour dépister vraiment en amont certains troubles de développement
qui peuvent survenir chez les enfants. Prenons par exemple les retards de développement
en matière de langage. Ça peut entraîner bien sûr des conséquences sur
l'apprentissage, sur les relations sociales et même sur la santé mentale des
enfants. Alors, ça demande... ça démontre vraiment toute l'importance de
détecter, mais surtout de traiter ces retards dès que possible. C'est un
processus évidemment qui est complexe, le développement des enfants. On va
parler de motricité fine, globale, de la cognition, de la communication, des
interactions sociales, de l'autonomie, donc des retards vraiment dans l'un ou
dans plusieurs de ces domaines-là, ça peut, comme je le disais, entraîner
vraiment des conséquences qui sont super importantes. Et je parlais de retard
de langage...
Mme Blouin : ...tout à
l'heure, mais un retard de motricité aussi, ça peut vraiment limiter, par
exemple, la participation de l'enfant aux activités quotidiennes, donc vraiment
des impacts qui sont super importants. Ceci dit, les retards de développement,
par contre, ne sont pas toujours évidents à détecter, ça peut être très, très
difficile, particulièrement pour des nouveaux parents. Alors, c'est exactement
pour ça, en fait, que les professionnels de la santé jouent un rôle déterminant
dans la détection précoce des retards de développement. Et récemment, on a
appris dans les médias qu'il y a un projet pilote qui a été un franc succès du
côté de Saint-Jérôme, avec les équipes d'évaluation diagnostiques qui vont
faire
partie intégrante, justement, d'Agir tôt. Alors, j'ai quelques questions
pour le ministre en lien avec ça. D'abord, est-ce que c'est possible pour vous
de nous parler de ce projet pilote là et de nous dire pourquoi ça a été un
franc succès?
M. Carmant : ...pour la
question. Mme la députée de Bonaventure, écoutez, Agir tôt, c'est un changement
important qu'on a fait dans la façon de voir les retards de développement. Puis
ce qu'il faut savoir, en lien avec toute la discussion qu'on a eue ce matin,
c'est que, parmi ces signalements P3, là, il y en a beaucoup qui sont pour
des troubles d'apprentissage, retards scolaires puis négligence parentale en
lien avec ça. Parce que ce qui est important de savoir, c'est que beaucoup de
ces problèmes d'apprentissage sont aussi transgénérationnels. Donc, un parent
qui a un retard de langage, une déficience intellectuelle légère a plus de
chances d'avoir un enfant qui a la même problématique et souvent a moins
tendance à consulter pour cette problématique. Donc, quand on a intégré Agir
tôt, on a ajouté 800 professionnels pour la réadaptation, soit des ergos,
des orthophonistes, des éducatrices spécialisées, des psychoéducatrices pour
aider le développement de nos jeunes. Mais initialement, quand on a ajouté ces
intervenantes-là, mon but c'était de s'assurer qu'on voit les enfants avant
leur entrée à l'école. Mais avec le... quand le drapeau diagnostic est levé,
mais c'est souvent autour de quatre, quatre ans, quatre ans et quelques. Donc,
l'intervention, selon moi, se faisait encore trop tard.
Donc, ce qu'on a fait pour changer les
choses, c'est... on a introduit une visite de dépistage à l'âge de 18 mois
lors de la vaccination par l'infirmière à Agir tôt qui fait un bilan du
développement de l'enfant et qui décide s'il y a des signes de retard de
développement à ce moment-là, retard de développement qui corrèle très bien
avec le retard d'apprentissage, les troubles d'apprentissage à l'école. En
fait, c'est assez surprenant de voir que le nombre d'enfants qui échoue
l'évaluation de vaccination de 18 mois, c'est à peu près 25 %,
26 %. Puis on sait que nos élèves EHDAA, là, ceux qui ont des troubles
d'apprentissage, c'est exactement le même chiffre, 25 % à 27 % de nos
jeunes. Et en plus, dans les deux groupes, il y a une surreprésentation de
garçons, quelque chose qui est très important parce que souvent on avait
tendance à dire : Ah! c'est un petit gars, il marche tard ou il parle
tard, t'inquiètes pas, il va récupérer. Mais non, même eux, ils ont besoin de
stimulation précoce.
Donc, on donne cette stimulation... On a
réussi à donner... Notre première intervention, ça a été de donner cette
stimulation précoce suite au dépistage par l'infirmière. Et ça, on a réussi à
baisser l'âge d'intervention vers quatre ans, quatre ans et demi plus vers deux
ans, huit mois, trois ans. Mais encore on voulait continuer à s'améliorer, et
l'enjeu qu'on avait, c'est que, dans certaines régions, puis c'était quelque
chose qu'on connaissait tous avant, mais avant de faire l'intervention plus
spécialisée... l'intervention en première ligne, on était capable de la donner
avec l'évaluation Agir tôt, une intervention plus spécialisée par des
orthophonistes qui sont associées, qui sont connues, avec les troubles de
communication sévères, avec le TSL, etc., ça se donnait dans les CRDI. Et pour
ça, pour avoir accès à un CRDI auparavant au Québec, avant notre gouvernement,
ça prenait un diagnostic. Nous, on a... pour essayer de rendre ça plus fluide
et d'enlever ce besoin de diagnostic, on a créé des équipes d'évaluation
diagnostique.
Donc, maintenant, à travers le Québec, on
est en train d'établir... puis avec l'aide des pédiatres aussi, on est en train
d'établir des équipes d'évaluation diagnostique dans toutes les régions du
Québec où le pédiatre vient se joindre à l'équipe Agir tôt en CLSC, hein,
quelque chose qu'on est en train de remettre en vie, les CLSC, pour faire cette
évaluation diagnostique avec les intervenantes qui connaissent déjà l'enfant,
faciliter le diagnostic et s'assurer d'une fluidité du suivi. Donc, maintenant,
s'il y un enfant qui a un retard de langage, bien, on dira : C'est
probablement un trouble du spectre de l'autisme. Bien, l'intervenant en CRDI
peut venir aider cette équipe-là, donner des conseils et poursuivre...
M. Carmant : ...cette
intervention-là. Donc, le déploiement des équipes d'évaluation diagnostique,
là, c'est un autre moment-phare dans l'évolution du programme Agir tôt, on en
veut partout. Les pédiatres nous ont... nous accompagnent là-dedans. En fait,
ils ont même... nous ont même aidés en investissant dans le programme de
l'IPAM, là, sur la pertinence des actes médicaux, parce qu'ils disent :
Bien, plus on va avoir d'évaluations diagnostiques rapidement, plus on va avoir
d'équipes sur le terrain pour nous aider avec les jeunes, bien, meilleur ça va
faciliter notre travail puis le pronostic de ces jeunes-là, parce que tout le
monde, on veut que ces jeunes puissent intégrer l'école régulière le plus
possible à la maternelle cinq ans, et, pour ceux qui auront des besoins plus
spécifiques, bien, le milieu scolaire pourra les reconnaître d'avance et
s'organiser avant leur arrivée à l'école.
Mme Blouin : Merci. Merci
beaucoup, M....
M. Carmant : Je ne sais pas
si j'ai été clair.
• (12 h 50) •
Mme Blouin : Oui, oui,
absolument, très, très clair. Merci. Et on sait aussi qu'Agir tôt est un peu...
très populaire, en fait, un peu victime de son succès. Il peut y avoir des
délais d'attente pour avoir accès à un premier service d'Agir tôt, mais
récemment vous avez aussi annoncé un montant de 20 millions qui va justement
venir s'attaquer à réduire les délais. Et je sais qu'il y a un lien aussi avec
l'Institut de la pertinence des actes médicaux, qu'on connaît aussi sous
l'acronyme IPAM. Peut-être nous rappeler, dans un premier temps, la raison
d'être de l'IPAM et nous dire aussi comment cette somme-là de 20 millions
qui... va venir aider à réduire les délais d'attente.
M. Carmant : Bien, l'IPAM
vient des surplus qui avaient été accordés dans les... par les anciens
gouvernements, là, aux médecins spécialistes, que notre collègue ministre de la
Santé, quand il était au Trésor, est allé rechercher, pour justement éliminer
des actes qui étaient moins pertinents puis mettre le focus sur les actes qui
sont beaucoup plus pertinents, et, au niveau de la trajectoire des jeunes en...
avec des problèmes de développement, bien, cette intervention précoce là, c'est
vraiment l'acte le plus pertinent. Donc, même si initialement les fonds de
l'IPAM étaient réservés pour des actes médicaux, bien, les pédiatres ont eu
le... tu sais, ont eu l'instinct de nous dire que : Bien, nous, on veut
vraiment améliorer le pronostic de nos jeunes, et on veut investir dans ces
cliniques d'évaluation diagnostique, et on veut investir aussi en amont de ces
cliniques d'évaluation diagnostique là en permettant à plus de professionnels
de la santé de faire les interventions en première ligne et de lever un drapeau
au besoin encore plus rapidement. Donc, on est très contents de cet
investissement de 20 millions de dollars là, qui, je l'espère, va nous
permettre de diminuer de quatre ans à 2,8, à 2,3, à peut-être avant l'âge de
deux ans.
Puis, tu sais... Puis je le sais que
beaucoup de ces équipes... Je les entends, là, qui nous disaient : Bien,
c'est difficile pour nous, professionnels, de savoir que, tu sais, les enfants
attendent pour avoir leurs services, puis ils sentaient une certaine pression.
Mais, encore une fois, je leur dis : Avant, ils passaient inaperçus, puis
c'était à l'âge scolaire, puis souvent il était trop tard pour intervenir.
Donc, déjà, ce qu'on fait, c'est très bien, puis c'est le fun de voir qu'on a
encore le désir de s'améliorer puis d'intervenir encore plus vite.
Mme Blouin : Bien, merci.
Vraiment, je pense que là, on le fait, le bien pour nos enfants, vraiment.
Puis là, je vois que le temps file. Je
vous emmène ailleurs, mais on va rester quand même connectés à nos enfants,
c'est-à-dire qu'on a mis en place, notre gouvernement, le programme Ma famille,
ma communauté, qui est, on le rappelle, une initiative qui va vraiment viser à
renforcir, là, le tissu social, à favoriser aussi l'intégration harmonieuse des
communautés. C'est...
Ce projet-là, c'est vraiment un engagement
de notre gouvernement envers la promotion de l'inclusion, de la diversité puis
de la cohésion sociale. Aussi, on fournit un soutien qui est ciblé, donc le
programme va aussi permettre de créer un environnement qui est accueillant, qui
est propice à l'épanouissement vraiment de tout le monde, et, à travers Ma
famille, ma communauté, on reconnaît l'importance des familles comme piliers de
société, mais on reconnaît aussi le rôle central des communautés dans le
processus d'intégration. Et ce qui est beau avec Ma famille, ma communauté,
c'est que ça repose sur une collaboration étroite entre différents acteurs. Je pense
notamment aux établissements du réseau de la santé, aux organismes
communautaires, aux établissements scolaires aussi, entre autres choses. Et ça
m'a particulièrement marquée, cette approche collaborative là, quand j'ai
annoncé le déploiement de Ma famille, ma communauté en Gaspésie au nom du
ministre. Donc, chez nous, vraiment, c'était superbeau à voir, cette
approche-là, qui permet de maximiser l'efficacité des interventions, mais de
garantir une prise en charge globale des besoins des familles. On va aussi
favoriser le développement d'une culture inclusive et participative au sein de
la société.
Et je sais que vous avez déployé beaucoup
de Ma famille, ma communauté depuis quelques années, c'est difficile de tenir
le compte. Je pense, si je ne me trompe pas, qu'on est rendu peut-être à une
vingtaine. C'est une très belle avancée pour nos familles, alors je pense que
c'est important de le souligner. Et, dans cette lignée-là, l'automne dernier,
M. le ministre, vous avez annoncé le projet pilote Agir ensemble. Donc, on...
Mme Blouin : ...on voit
peut-être une intégration d'un beau concept ici, ça a été annoncé en Estrie,
alors, et en très peu de temps, ça a eu beaucoup de succès. Est-ce que vous
pouvez nous expliquer c'est quoi, ce projet-là? Et peut-être c'est quoi aussi,
son lien avec ma famille, ma communauté?
M. Carmant : Oui, absolument.
Merci beaucoup, députée de Bonaventure, de qui je reconnais l'âme
communautaire. Je sais que vous êtes issue de ce milieu-là puis j'apprécie
beaucoup. Bien, en fait, c'est important ici de faire le lien avec la
protection de la jeunesse quand on parle de Ma famille, ma communauté. Puis ça
aussi, je vais en déployer partout au Québec.
Ce que... Ma famille, ma communauté fait,
c'est de regrouper les intervenants de première ligne, les intervenants de la
protection de la jeunesse et tous les intervenants qui gravitaient autour de
l'enfant et de la famille pour donner une option autre que le placement de
l'enfant quand... quand il y a un bris au niveau du fonctionnement. Donc, c'est
superimportant de... parce que... ce que ça vient, c'est que ça vient diminuer
le nombre de placements à travers le Québec. Et eux, ils appellent ça le
processus d'évaluation en équipe. C'est beaucoup plus facile pour la famille,
parce que c'est... c'est souvent amené par... par un organisme communautaire à
la famille, souvent la Maison des familles qui parle de ça aux parents. Donc,
les parents sont beaucoup plus volontaires. Les parents sont présents. Les parents
peuvent amener n'importe quel membre de leur famille ou de leurs amis à la
table également, qui peuvent contribuer.
Puis ça, ça permet ce processus
d'évaluation en équipe, là, dans plus de 90 %, de garder l'enfant dans son
milieu. Donc, ça... ça évite un placement à la DPJ dans des... on les a souvent
placés dans des endroits où il y a peu de ressources, soit des familles... peu
de familles d'accueil, ou le centre jeunesse est à distance, donc ils sont
déracinés de leur milieu. Puis ça, l'efficacité est vraiment très, très, très
élevée. Donc, on en veut partout, des Ma famille, ma communauté.
Il y en avait une dizaine, là, dans... qui
avait été subventionnée par un projet de la Fondation Chagnon à l'époque, là,
plus le... 15... 15 à 20 qu'on a annoncés, mais on en voudrait dans chaque
RLS, puis il y a 90 RLS au Québec. Heureusement, il y a du momentum, parce
que c'est difficile d'asseoir tout le monde à la table, puis d'avoir un
grand... tu sais, d'organiser tout ça, mais vraiment de plus en plus, on en
voit. Puis de Ma famille, ma communauté Granby, donc les organismes qui
s'assoyaient ensemble, bien... Agir ensemble. Puis je pense que c'est vraiment
beau de voir que ça vient de Granby où on connaît tous l'histoire triste. Et
eux, ce qu'ils font, c'est qu'en amont de la DPJ, ils s'assoient tous ensemble,
une fois ou deux par mois, pour discuter des enfants problématiques.
Parce que, souvent, les services
scolaires, la première ligne qui signale les enfants, bien, ils attendent au
dernier moment, puis là ils appellent la DPJ quand ils sont à bout. En fait, la
majorité des signalements viennent de la police, de la première ligne et du
service... et des services scolaires, une minorité de la population. Et ça,
c'est important de le dire, parce que maintenant qu'ils ont Agir ensemble,
bien, le réflexe, à Granby, c'est de... c'est d'avoir une rencontre Agir
ensemble pour les enfants problématiques. Donc, j'étais là il y a une ou deux
semaines et ils m'ont dit que la première ligne ne signale plus, le centre de
services scolaire... des cas de négligence, là, ne signalent plus de cas de
négligence, qui sont les P3, en général. La... les centres de services
scolaires aussi soumettent les discussions au... à la table Agir ensemble. Donc
là, on est en train d'avoir un impact majeur parce que, comme je vous dis,
33 % des signalements sont des... sont des cas de... de négligence. Ce
sont des... Et c'est... la majorité des cas qui sont retenus sont des P3, et
souvent c'est de la négligence éducative, alimentaire, vestimentaire, scolaire.
Puis le message ici, là, c'est qu'il faut que l'on transforme le Québec d'une
société bienveillante à une société bien traitante. Il faut arrêter de prendre
le téléphone et signaler, puis il faut aider nos jeunes puis nos familles
vulnérables.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup, M. le ministre.
M. Carmant : Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, compte tenu de l'heure, la
commission va suspendre ses travaux jusqu'à 14 h. Merci. Et je veux
mentionner qu'il y a eu un dépôt sur le greffier de reddition de
comptes 2022-2023 du Fonds de prévention et de recherche en matière de
cannabis, qui est sur greffier pour la consultation des membres.
(Suspension de la séance à 12 h 59)
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13 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 14 h 01)
Le Président (M. Provençal)
: Rebonjour à tous. Nous allons
reprendre nos travaux. Je vous rappelle que la commission est réunie afin de
poursuivre l'étude du volet santé et services sociaux des crédits budgétaires
du portefeuille Santé et Services sociaux pour l'exercice financier 2024-2025.
Nous en sommes maintenant à un bloc d'interventions
de l'opposition officielle. Dans un premier temps, c'est Mme la députée de
Roberval-Baldwin qui va prendre la parole et, par la suite, sa collègue, Mme la
députée D'Arcy-McGee, va prendre le relais. Alors, Mme la députée.
Mme Garceau : Merci beaucoup,
M. le Président. M. le ministre, j'aimerais parler pour quelques minutes du
déploiement... du déploiement des formations en violence conjugale et,
évidemment, l'aliénation parentale. On en avait discuté l'année passée,
exactement, les crédits, qu'il y avait un retard dans le déploiement des
formations en violence conjugale, que ce n'était pas suffisant, 1 h en ligne.
Vous étiez d'accord avec moi. J'avais mentionné même le nom de Simon Lapierre
comme étant l'expert en domaine en termes de formation. Et j'avais fait... On
en avait discuté, parce que je vous avais... on avait parlé de l'aliénation
parentale, vous aviez dit, à ce moment-là, que ça n'existait pas parce que ce n'était
pas dans la loi. Donc là, je comprends que vous êtes contre l'utilisation de l'aliénation
parentale, de ce concept.
Et évidemment nous connaissons très bien
qu'est-ce qui s'est passé depuis les derniers mois dans les reportages de
Florence Lamoureux et Yasmine Abdelfadel, de QUB, concernant un nombre
important de mères qui ont perdu la garde de leurs enfants suite au fait qu'ils
ont dénoncé la violence conjugale lors des évaluations avec la protection de la
jeunesse. Et on les a, je vais le dire, faussement accusées d'être des mères
aliénantes, ils ont perdu la garde. Et ça fait en sorte que je reviens sur
cette question. Deux choses. Parce que, lors de l'émission, l'entrevue sur QUB,
vous aviez mentionné que vous étiez pour vérifier les données auprès, là, des
établissements concernant ces dossiers d'aliénation parentale. Donc,
premièrement, j'aimerais savoir si ça a été fait.
M. Carmant : Merci, M. le
Président. Oui, l'évaluation a été faite. D'ailleurs, la journaliste Émilie
Dubreuil nous a contactés et la directrice nationale de la protection de la
jeunesse a donné ses chiffres. Juste pour clarifier, moi, ce que je disais, c'est
que ce qu'on voulait éliminer avec la loi, c'est que... dans un contexte de
violence conjugale, qu'on ne puisse pas utiliser l'aliénation parentale pour
retirer l'enfant à la personne victime de violence conjugale, parce qu'on ne
peut pas parler d'aliénation parentale dans ce contexte-là de violence
conjugale. Puis on avait changé la loi pour, justement, s'assurer que, dans ce
contexte de violence conjugale là, cet argument ne soit pas utilisé.
Donc, nous, au cabinet, on a fait une
vérification des jugements et, depuis le changement de la loi, on a vraiment
vu... on n'a pas trouvé de cas où le juge disait : On va retirer l'enfant
puis le placer chez le parent violent dans un contexte de violence conjugale.
Maintenant, je passerais la parole, M. le Président, à la directrice nationale
de la protection de la jeunesse, qui elle était...
Le Président (M. Provençal)
: Allez-y, Mme.
Mme Garceau : ...là, vous me
dites... vous dites que vous avez fait une vérification dans tous les dossiers
où il y a eu des...
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14 h (version non révisé
e) Mme Garceau : ...des constats
d'aliénation parentale, depuis la dernière année, il y a eu des constats d'aliénation
parentale, et vous en avez fait une révision de tous ces dossiers-là, c'est ça
votre témoignage aujourd'hui.
M. Carmant : On a regardé
au... on a regardé les jugements au plumitif pour voir si le retrait de l'enfant
était lié à de la... dans un... dans les contextes de violence conjugale, à de
l'aliénation parentale, mais ça, c'était... bon, j'avoue que c'est... ça a été
fait par le cabinet, mais on a également demandé à la directrice nationale la
protection de la jeunesse d'aller regarder dans les établissements pour voir ce
qui s'était passé, parce qu'on en trouvait avant le changement législatif puis
on en trouve également beaucoup à la... à la Cour du Québec dans les contextes
familial, là, justice familiale, mais au niveau des centres... au niveau de la
Cour de jeunesse, la Chambre de la jeunesse, au niveau du plumitif, on n'avait
rien trouvé, donc on a demandé à la directrice nationale d'aller plus loin,
puis je la lui laisserais vous expliquer les démarches qu'elle a faites.
Mme Garceau : O.K. s'il vous
plaît.
Le Président (M. Provençal)
: Est-ce que je passe la parole à votre
collègue ou Mme Lemay? Mme Lemay.
Mme Lemay (Catherine) : Bonjour.
Je n'ai pas besoin de me représenter à nouveau, hein?
Le Président (M. Provençal)
: Non, ça a été fait.
Mme Lemay (Catherine) : Alors,
tel que l'a dit M. le ministre, on a fait une recension, puis là je tiens à
préciser que ce n'est pas une recension faite avec les données informatiques, c'est
une recension de chacun des dossiers qui ont été retenus en 38, c.1 à travers l'ensemble
des établissements du Québec. Donc, c'est une compilation manuelle, ça a
demandé d'aller ouvrir chacune... chacun des signalements et de voir le contenu
pour avoir un état des lieux puis surtout avoir une première rétroaction sur ce
que nous dit l'application de la loi depuis le changement législatif.
Alors, dans le fond, ce qu'il faut
retenir, puis là je ne donnerai pas toutes les statistiques, mais deux choses
qui, moi, m'ont... me sont apparues importantes à retenir, c'est que dans
94,7 % des cas recensés... pardon, la majorité des enfants, soit
94,7 % des enfants ne vivent pas uniquement avec leur père. Et si je peux
donner un cas de figure d'une région, et ça s'illustre comme ça dans l'ensemble
des régions du Québec, la majorité des enfants où il y a eu un contexte où
les... les enfants ont été confiés à leur père, c'est dans le contexte où c'est
le conjoint de la mère, donc pas le père des enfants, qui exprime encore de la
violence et pour lesquels les DPJ ont choisi d'intervenir.
Donc, l'ordre chose qui est importante à
souligner, c'est que l'aliénation parentale en termes de syndrome tel que c'était
reconnu de façon scientifique il y a 20, 30 ans de ça, n'est plus en
application et ne fait plus école sur le plan scientifique. Ce qu'on peut
retrouver à l'occasion, ce sont des comportements ou des propos aliénants, c'est-à-dire
un parent qui parle en dénigrant l'autre parent qui avec lesquels ils ne sont
plus auprès des enfants, et ça, même M. Lapierre peut témoigner, de même
que les autres chercheurs. On parle beaucoup de M. Lapierre, mais il y a
quelques autres chercheurs qui s'intéressent à la chose.
Et enfin, un dernier point, outre la... la
formation qu'on donne sur un plan général, parce qu'il faut comprendre que les
intervenants en protection de la jeunesse doivent être des généralistes en
premier lieu, puisqu'ils ne savent pas, quand ils arrivent dans une maison,
quel sera le motif de compromission sur lesquels ils auront à intervenir, donc
on a donné une formation générale à tous. Depuis un an, on a un aide-mémoire
qui a été développé pour que les intervenants puissent littéralement avoir un
document qui tient sur une page pour repérer les comportements. Et il y a aussi
un guide de pratique qui est en expérimentation autant auprès des intervenants
jeunesse, qui a été soumis d'ailleurs aux... aux maisons pour... pour femmes
victimes de violence qui ont validé le contenu également. Et ce guide-là pourra
faire l'objet d'une application plus formelle une fois qu'il aura été testé. Et
tout... la formation de base, l'aide-mémoire et le guide de pratique sont tous
alignés sur les contenus scientifiques que nous ont livrés les principaux
chercheurs sur le domaine. Alors, c'est ce que je vous dirais.
• (14 h 10) •
Mme Garceau : Donc, deux
questions. Est-ce que vous allez légiférer? Est-ce que vous allez... est-ce que
vous avez l'intention d'amender la
Loi sur la protection de la jeunesse pour
inclure que ça ne sera pas retenu comme motif, toutes ces questions d'aliénation
parentales là, lorsque, parce que c'était très clair, les cas qui avaient
été... dont les mères avaient...
Mme Garceau : ...dénoncé, là,
c'est lorsqu'ils dénoncent qu'ils sont des victimes de violence conjugale à la
protection de la jeunesse, c'est là où on revient avec le constat que, ah,
c'est une mère aliénante, donc...
M. Carmant : Mais les
chiffres nous montrent que ça n'arrive presque plus ou ça n'arrive plus... là,
je ne dirais pas plus, mais ça ne semble plus arriver. Puis, en plus, tu sais,
nous, on s'était fiés sur les jugements et on... je n'étais pas sûr pour ceux
qui utilisent des mesures volontaires, mais les études que la directrice
nationale ont faites, c'était sur tous les dossiers, mesures volontaires ou
jugements, et ce qui est important, c'est que, comme l'exposition à la violence
conjugale en soi est un motif de compromission, nous, le message est clair,
puis toutes les intervenantes le... tu sais, on... la formation le dit, on ne
veut pas laisser les enfants dans des environnements violents. Donc, tu sais,
je pense qu'il n'y a rien à ajouter à la loi. Puis peut-être que ce n'est pas
tous les changements qui se font à 100 % partout, mais je pense qu'on
évolue vraiment vers la bonne direction. Hier, j'étais assise... assis avec
trois regroupements de maisons, et tous les trois ont dit que ça va de...
vraiment de mieux en mieux. Ils veulent continuer à travailler avec nous. Puis,
pour la formation PEVC, ils m'ont dit que tout le monde a levé la main. Donc,
il y en a six de faits, mais, dans les... dans le futur, ils vont tous, tous...
Mme Garceau : Donc, est-ce
que... Je veux juste... Est-ce que toutes les intervenantes du réseau vont
suivre la formation PEVC?
M. Carmant : Bien, je ne peux
pas vous garantir que les... que tous, mais tout le monde va avoir
l'opportunité de le faire. Et, en plus, dans chaque région, avec le kit de
détection, on a formé des formateurs qui eux également supervisent les équipes,
forment les nouveaux intervenants. Donc, ça a une vie, tout ça. Puis, même, on
parlait de mettre une communauté de pratique.
Mme Garceau : Si je pourrais
avoir le document dont la sous-ministre a référé, là, concernant le
sommaire de
la situation, au niveau de l'aliénation parentale...
Mme Lemay (Catherine) : Vous
voulez parler de l'aide... de l'aide-mémoire à l'usage des...
Mme Garceau : Non, pas
l'aide-mémoire, mais... dont vous avez parlé, là, pour les statistiques, et
tout ça, que vous avez vérifiées concernant les jugements et les dossiers à la
protection de la jeunesse.
M. Carmant : C'est un
document de travail. Je pense qu'il n'y a pas de... On ne pourrait pas vous le
soumettre, je pense.
Mme Garceau : Bien, on...
C'est parce qu'on avait demandé les données. On n'a pas eu les données. Vous
étiez supposé de nous remettre les données concernant tout cet aspect-là, de
l'aliénation parentale. Donc, vous les avez, les données.
M. Carmant : Bien, on peut...
Ce qu'on peut faire, c'est un résumé, alors. On va... vous fera un résumé.
Mme Garceau : S'il vous
plaît. S'il vous plaît.
M. Carmant : D'accord.
Mme Garceau : Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Donc, je comprends que vous allez
faire un résumé des... de ces données-là et vous les ferez parvenir à la...
M. Carmant : Parfait, on va
les déposer.
Le Président (M. Provençal)
: ...au secrétaire... à la secrétaire
de la commission pour qu'on puisse vous les... les distribuer, excusez-moi, à
l'ensemble des membres.
Mme Garceau : S'il vous
plaît.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va?
Mme Garceau : Merci beaucoup.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Est-ce que... Je cède la
parole maintenant à la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci, M. le Président.
M. le ministre, au mois de février, l'Assemblée nationale a voté unanimement
pour une motion suite à des articles à propos du Fonds de prévention et de
recherche en matière de cannabis et de la ventilation des dépenses, parce que
là, il y avait des questionnements justement que l'argent qui provenait de ce
fonds-là n'allait pas nécessairement pour les activités en lien avec le
cannabis. Et donc, au mois de février... Je vous lis le dernier alinéa :
«Que l'Assemblée nationale exige du gouvernement caquiste qu'il rende publique
une reddition de comptes détaillée des mesures, initiatives et projets financés
via le Fonds de prévention et de recherche en matière de cannabis et si... et
ce, d'ici les études de crédits budgétaires 2024-2025.»
On est aux crédits. On n'a rien reçu. Il y
a une feuille, mais on n'a rien reçu. Il y a une feuille dans le cahier des
crédits à propos des sommes en prévention, et on nous indique une reddition de
comptes détaillée des mesures, initiatives et projets financés par le FPRMC
pour 2025. 2023 sera déposé en suivi de la motion adoptée à l'Assemblée le 24
février. On n'a rien.
M. Carmant : Mais il est
déposé, là...
Mme Prass : Où?
M. Carmant : ...puis
apparemment ça a été fait aujourd'hui, là, mais...
Mme Prass : On a vérifié cet
après-midi, il n'y avait rien. Si vous pouvez nous indiquer c'est où.
M. Carmant : On va vous
indiquer. Je suis surpris.
Mme Prass : O.K. Parce que...
C'est ça. Et disons, aujourd'hui, c'est les crédits. Si ça a été déposé
aujourd'hui, on se comprend, ça ne nous donne pas énormément de temps pour
passer à travers. En attendant qu'on le trouve... Parce que, comme vous le
savez peut-être, bien là, il y a des articles qui font en sorte de nous... de
dire que l'argent n'a pas été dépensé... bien, l'argent est dépensé autre que
juste pour le cannabis...
Le Président (M. Provençal)
: Mme la députée, on m'informe qu'on
l'a déposé, ce document-là, ce matin sur le site. Je pourrais demander à Mme la
secrétaire à quel endroit. Oui, on va vous...
Mme Prass : Parfait.
Le Président (M. Provençal)
: ...on va vous...
Le Président (M. Provençal)
: ...
Mme Prass : Donc, en
attendant, je vous parlerais, par exemple, de l'Association québécoise des
centres d'intervention en dépendance, qui sont, entre autres, responsables pour
faire la prévention dans les écoles. Cette organisation reçoit
15 millions de dollars par année pour une période... à chaque année,
pour une période de cinq ans sans indexation. Même si, par exemple, eux, la
façon dont le... la formule qu'on utilise pour les financer, c'est par tranche
de 1 000 élèves, depuis qu'ils ont commencé leur travail, la
population d'élèves a augmenté de 13 % et eux n'ont jamais reçu
d'augmentation pour pouvoir justement aller dans toutes ces écoles-là. Eux, ils
voudraient... Ils disent qu'avec 20 millions de dollars par année,
ils pourront faire... pas seulement être présents dans toutes les écoles, mais
même faire de la détection auprès des jeunes et ensuite les référer dans le
système public. Est-ce que vous serez prêt à vous engager que, de ce fonds-là,
de plusieurs centaines de millions de dollars, que vous ajoutez
5 millions de dollars par année à cette organisation pour qu'ils
puissent vraiment rejoindre tous les élèves au Québec et ensuite même faire...
pas du dépistage, mais de la détection, puis ensuite les référer au bon
endroit?
M. Carmant : O.K. Bien, je
vais me permettre de dire que c'est quand même moi qui ai parti ce
programme-là, donc j'y tiens beaucoup, là. Puis j'en ai tout de suite parlé au
ministre pour savoir pourquoi c'était... ils ne recevaient pas d'indexation. Le
ministère me dit que les sommes qui sont envoyées dans le réseau sont indexées.
Alors, moi, j'ai demandé à l'AQCID d'aller parler aux différents
établissements. Parce qu'en plus ils m'ont dit qu'il y a certaines régions où
ils reçoivent des sommes indexées puis d'autres qui ne reçoivent pas des sommes
indexées. Donc, il faut vraiment qu'ils aillent parler aux établissements et...
qui sont supposés leur donner l'argent, les sommes qui leur... de façon
indexée. Mais éventuellement, écoutez, c'est sûr que si des besoins sont, on va
l'étudier. Mais, tu sais, je ne veux pas m'engager actuellement parce qu'une
partie des sommes, ils doivent la recevoir des établissements.
Mme Prass : Parce que d'après
eux, ils ont... ils ont été dit qu'il n'y aurait pas d'indexation sur ces cinq
années là. C'est 15 millions, 15 millions, 15 millions,
15 millions. C'est l'engagement que le gouvernement a pris. Donc...
M. Carmant : Non. Il y a
même... Il y a... Ils m'ont... Je leur ai parlé à l'AQCID. Il y a même des
endroits où... des régions où la somme a été indexée. Puis au ministère, la
somme... Bien, je peux parler la... passer la parole au directeur de la santé
publique, là, au ministère, les sommes sont indexées. Tu sais, moi, je contrôle
le ministère. Est-ce qu'on passe la parole, si vous... si vous acceptez?
Mme Prass : Oui, parce que ce
n'est pas ce qu'ils m'ont dit de vive voix. Donc, oui, s'il vous plaît.
Le Président (M. Provençal)
: Donc, consentement pour permettre
à... Oui?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, si... Ça va être M. Boileau.
M. Boileau, s'il vous plaît, pour répondre à la question de la députée de
D'Arcy-McGee, à savoir est-ce que les sommes ont été indexées.
M. Boileau (Luc) : Oui.
Excusez-moi, est-ce que je dois me présenter puis... Je suis-tu rendu là?
Le Président (M. Provençal)
: Oui, s'il vous plaît.
M. Boileau (Luc) : Oui.
Alors, Luc Boileau, je suis le directeur national de la santé publique,
sous-ministre adjoint à la Santé publique. Alors, ça me fait plaisir.
Les informations que nous avons, c'est
qu'effectivement les sommes sont transférées à partir du fonds cannabis sur
plusieurs objets dans les régions. Et puis il y a à peu près plus de la moitié
de tous les organismes qui en sont bénéficiaires qui ont connu une indexation.
On travaille avec les établissements pour nous assurer que ces indexations-là
soient mises d'une façon plus régulière pour tout le monde, mais c'est au moins
plus que la moitié qui ont reçu l'indexation pour les sommes l'année passée.
Mme Prass : O.K., d'accord. Parce
que, comme vous dites, M. le ministre, vous avez mettre ça... vous avez mis ça
en place, et je suis sûre que vous voulez que le maximum de jeunes soit
rejoint, donc il faut juste s'assurer qu'ils ont les moyens, avec
l'augmentation de la population étudiante, la population des élèves dans les
dernières années.
Aussi, dans un des articles à propos du
fonds, on nous révèle que seulement 5 % a été dédié à la recherche. Moi,
j'ai rencontré des chercheurs de l'Université de Laval il y a quelques
semaines, qui vous ont écrit également, qui ont mis en place un groupe de
30 chercheurs du Québec, Canada et de l'international, pour mettre de
l'avant un projet d'envergure, la première feuille de route mondiale de la
recherche sur le cannabis, un projet qui coûterait 50 millions de
dollars sur 10 ans. Et ils vous ont écrit, je n'ai pas la date exacte,
mais ils vous ont écrit cette année avec leur plan. Également, ils... quand ils
ont fait une approche initiale, on leur a dit : non, il faudrait plutôt
vous tourner vers le Fonds de recherche du Québec. Ils se sont retournés vers
le FRQ qui leur a dit : Bien non, ce n'est pas nous qui allons financer
des projets comme ça. Alors, le nom du fonds en tant que tel est la prévention
et de recherche en matière de cannabis, alors pourquoi est-ce que des projets
comme, ça qui donneraient au Québec... qui feraient du Québec un...
Mme Prass : ...chef de file
dans la recherche sur le cannabis, ne sont pas soutenus de ce fonds-là, quand
il y a seulement 5 % du fonds qui est dédié à la recherche.
• (14 h 20) •
M. Carmant : Bien, on a fait
un choix quand même de privilégier les services cliniques. Puis j'avoue que,
dans le contexte de la crise des dépendances, là, c'est... c'est quand même une
des deux orientatio