CRC — 25 February 2026 (43rd Legislature, 2nd Session)
CRC 2026-02-25
Quebec — Committees
Journal des débats de la Commission des relations avec les citoyens - Assemblée nationale du Québec
sur les médias sociaux, Facebook, X, Youtube
Députés
La présidente
Les députés depuis 1764
Coordonnées des députés
La fonction de député
Fonctions parlementaires des députés
Composition des commissions
Indemnités et allocations
Cercle des femmes parlementaires
Cercle des jeunes parlementaires
Cercle des ex-parlementaires de l’Assemblée nationale du Québec
Fondation Jean-Charles-Bonenfant
Fondation des parlementaires québécois Cultures à partager
Travaux parlementaires
Calendrier hebdomadaire des travaux
Journal des débats
Index du Journal des débats
Règlement et autres règles de procédure de l'Assemblée nationale
Propos non parlementaires
Assister aux travaux
Travaux de l'Assemblée
Toutes les séances
Documents déposés
Projets de loi
Cheminement des projets de loi
Registre des votes
Travaux des commissions
Liste des commissions
Mandats en cours
Documents déposés
Rapports et documents de réflexion
Exprimez votre opinion!
Pétitions
Signer une pétition électronique
Consulter une pétition présentée à l'Assemblée
Lancer une pétition
Suivre le cheminement d'une pétition
Consultations publiques
Comment participer à une consultation
Liste des consultations publiques
Commenter un sujet à l'étude
Présenter un projet de loi d'intérêt privé
Vidéo
En direct et webdiffusions à venir
Archives des travaux et activités parlementaires
Travaux de l'Assemblée
Travaux des commissions
Activités de presse
Activités spéciales et institutionnelles
Députés
Le Canal de l'Assemblée
Émissions et capsules promotionnelles
Espace jeunesse
Commander un extrait
Calendrier
Ouvrir
En direct
Calendrier détaillé
_date_du_jour
Aujourd'hui
_heure_en_cours
En cours
Activités du jour
Exposition(
s) Drapeau(
x) sur l'hôtel du Parlement
L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements
L'ABC de l'Assemblée
Visiteurs
Restaurants
Actualités et salle de presse
Bibliothèque
Publications
Éducation
Diplomatie
Histoire
Accueil > Travaux parlementaires > Travaux des commissions > Journal des débats de la Commission des relations avec les citoyens
Travaux parlementaires
Journal des débats
Index du Journal des débats
Travaux de l'Assemblée
Registre des votes
Travaux des commissions
Administration publique
Agriculture, pêcheries, énergie et ressources naturelles
Aménagement du territoire
Assemblée nationale
Culture et éducation
Économie et travail
Finances publiques
Institutions
Relations avec les citoyens
Santé et services sociaux
Transports et environnement
Mandats en cours
Rapports et documents de réflexion
Cheminement des projets de loi
Projets de loi
Documents déposés
Dépôts du jour
Calendrier hebdomadaire des travaux
Mots clés
Type de documents
Tous les documents
Documents déposés
Feuilletons et préavis
Journaux des débats
Mémoires
Procès-verbaux de l'Assemblée
Projets de loi
Rapports et documents de consultation des commissions
Type de travaux
Travaux de l'Assemblée et des commissions
Travaux de l'Assemblée
Travaux des commissions
Commission de la culture et de l’éducation
Commission de la santé et des services sociaux
Commission de l'administration publique
Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
Commission de l'aménagement du territoire
Commission de l'Assemblée nationale
Commission de l'économie et du travail
Commission des finances publiques
Commission des institutions
Commission des relations avec les citoyens
Commission des transports et de l'environnement
Sous-commission de la réforme parlementaire
Période
De</b> et <b>À</b> sont remplis, le résultat se situe entre les dates indiquées.<br/>
Si seul le champ <b>De</b> est rempli, le résultat se situe entre la date indiquée jusqu’à aujourd’hui.<br/>
Si seul le champ <b>À</b> est rempli, le résultat se situe avant la date indiquée.
" class="champsDate choisirDate BulleInfo PeriodeFin" />
La date de début doit précéder la date de fin.
Session
Toutes les sessions
Session en cours - 43e législature, 3e session (5 mai 2026 - )
43e législature, 2e session (30 septembre 2025 - 8 avril 2026)
43e législature, 1re session (29 novembre 2022 - 10 septembre 2025)
42e législature, 2e session (19 octobre 2021 - 28 août 2022)
42e législature, 1re session (27 novembre 2018 - 13 octobre 2021)
41e législature, 1re session (20 mai 2014 - 23 août 2018)
40e législature, 1re session (30 octobre 2012 - 5 mars 2014)
39e législature, 2e session (23 février 2011 - 1 août 2012)
39e législature, 1re session (13 janvier 2009 - 22 février 2011)
38e législature, 1re session (8 mai 2007 - 5 novembre 2008)
37e législature, 2e session (14 mars 2006 - 21 février 2007)
37e législature, 1re session (4 juin 2003 - 10 mars 2006)
36e législature, 2e session (22 mars 2001 - 12 mars 2003)
36e législature, 1re session (2 mars 1999 - 9 mars 2001)
35e législature, 2e session (25 mars 1996 - 21 octobre 1998)
35e législature, 1re session (29 novembre 1994 - 13 mars 1996)
34e législature, 3e session (17 mars 1994 - 17 juin 1994)
34e législature, 2e session (19 mars 1992 - 10 mars 1994)
34e législature, 1re session (28 novembre 1989 - 18 mars 1992)
33e législature, 2e session (8 mars 1988 - 9 août 1989)
33e législature, 1re session (16 décembre 1985 - 8 mars 1988)
32e législature, 5e session (16 octobre 1984 - 10 octobre 1985)
32e législature, 4e session (23 mars 1983 - 20 juin 1984)
32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)
32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
31e législature, 6e session (5 novembre 1980 - 12 mars 1981)
31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)
31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)
30e législature, 3e session (18 mars 1975 - 19 décembre 1975)
30e législature, 2e session (14 mars 1974 - 28 décembre 1974)
30e législature, 1re session (22 novembre 1973 - 22 décembre 1973)
29e législature, 4e session (15 mars 1973 - 25 septembre 1973)
29e législature, 3e session (7 mars 1972 - 14 mars 1973)
29e législature, 2e session (23 février 1971 - 24 décembre 1971)
29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
28e législature, 5e session (24 février 1970 - 12 mars 1970)
28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
28e législature, 1re session (1 décembre 1966 - 12 août 1967)
27e législature, 6e session (25 janvier 1966 - 18 avril 1966)
27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)
26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
25e législature, 4e session (18 novembre 1959 - 18 mars 1960)
25e législature, 3e session (19 novembre 1958 - 5 mars 1959)
25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)
24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
20e législature, 1re session (7 octobre 1936 - 12 novembre 1936)
18e législature, 2e session (10 janvier 1933 - 13 avril 1933)
18e législature, 1re session (3 novembre 1931 - 19 février 1932)
17e législature, 2e session (8 janvier 1929 - 4 avril 1929)
16e législature, 4e session (11 janvier 1927 - 1 avril 1927)
16e législature, 3e session (7 janvier 1926 - 24 mars 1926)
16e législature, 1re session (17 décembre 1923 - 15 mars 1924)
15e législature, 4e session (24 octobre 1922 - 29 décembre 1922)
15e législature, 3e session (10 janvier 1922 - 21 mars 1922)
15e législature, 2e session (11 janvier 1921 - 19 mars 1921)
15e législature, 1re session (10 décembre 1919 - 14 février 1920)
14e législature, 3e session (21 janvier 1919 - 17 mars 1919)
14e législature, 2e session (4 décembre 1917 - 9 février 1918)
14e législature, 1re session (7 novembre 1916 - 22 décembre 1916)
13e législature, 4e session (11 janvier 1916 - 16 mars 1916)
13e législature, 3e session (7 janvier 1915 - 5 mars 1915)
13e législature, 2e session (11 novembre 1913 - 19 février 1914)
13e législature, 1re session (5 novembre 1912 - 21 décembre 1912)
12e législature, 4e session (9 janvier 1912 - 3 avril 1912)
12e législature, 3e session (10 janvier 1911 - 24 mars 1911)
12e législature, 2e session (15 mars 1910 - 4 juin 1910)
12e législature, 1re session (2 mars 1909 - 29 mai 1909)
11e législature, 4e session (3 mars 1908 - 25 avril 1908)
Partager
Diagramme de l'Assemblée
En direct sur le Web
Journal des débats de la Commission des relations avec les citoyens
Version préliminaire
Retour à la liste des séances du Journal des débats
43 e législature, 2 e session
(30 septembre 2025 au 8 avril 2026)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mercredi 25 février 2026
Vol. 48 N° 24
Étude détaillée du projet de loi n° 9,
Loi sur le renforcement de la laïcité au Québec
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
11 h 30
12 h
12 h 30
15 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h
Journal des débats
11 h 30 (version non révisée)
(Onze heures quarante-quatre minutes)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission des relations avec les citoyens ouverte. La
commission est réunie, je vous le rappelle, afin de poursuivre l'étude
détaillée du projet de loi n° 9,
Loi sur le renforcement de la laïcité au
Québec.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme Blais (Abitibi-Ouest) est remplacée par M. Lévesque
(Chauveau); M. Morin (Acadie), par Mme Garceau (Robert-Baldwin); Mme Prass
(D'Arcy-McGee), par Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont); M. Tanguay
(LaFontaine), par Mme Cadet (Bourassa-Sauvé); et M. Fontecilla
(Laurier-Dorion), par M. Zanetti (Jean-Lesage).
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Alors, lors de l'ajournement de nos
travaux, jeudi dernier, nous en étions à l'étude de l'article 2 de la loi
édictée par l'article 27 du projet de loi. Alors, nous avions adopté l'amendement.
Donc, je reviens donc à l'article 2 tel qu'amendé. Est-ce qu'il y a encore des
interventions?
Mme Setlakwe : Mme la
Présidente...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la députée de Mont-Royal—Outremont,
la parole est à vous.
Mme Setlakwe : Merci. Bonjour
à vous tous. Heureuse de reprendre l'étude détaillée du projet de loi n° 9
avec vous. Lorsqu'on s'est quittés jeudi dernier, on avait effectivement, comme
vous l'avez mentionné, Mme la Présidente... je pense qu'on avait tous reconnu
que de supprimer les mots «par résolution du conseil municipal», c'était une
bonne chose. C'était, je dirais... En partie, on répondait, ou le gouvernement
venait répondre en partie, à une préoccupation exprimée par le milieu municipal
de ne pas devoir soumettre ces questions-là dans chaque cas au conseil
municipal, donc durant une séance publique, mais plutôt de revenir, je dirais,
au régime actuel, où c'est traité de façon administrative. Donc, ça, en soi, c'est
une bonne chose, donc. On a donc convenu que l'amendement déposé allait dans le
bon sens, et là on a entamé une discussion plus générale sur l'article 2.
Si vous me permettez, juste pour repartir
le débat, je sais qu'il y a quand même beaucoup d'exemples qui ont été
soulevés, où le ministre a répondu que certains des exemples qu'on mettait de l'avant
ou que des groupes avaient mis de l'avant n'étaient pas visés par l'intention
du législateur ici. Donc, permettez-moi de juste demander au ministre de
reprendre de façon générale l'intention, ici, parce que je me souviens de l'avoir
entendu dire que l'intention n'est pas d'interdire ou de venir énoncer que les...
Mme Setlakwe : ...prières de
rue ou plutôt la pratique religieuse collective sont interdites strictement? Si
le ministre peut juste reprendre généralement, là, l'intention, ici, puis après
on pourrait poursuivre, si vous le voulez bien.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, Mme la députée. M. le ministre.
M. Roberge : Bien justement,
Mme la Présidente, on reprend les travaux avec la collègue, et puis les
collègues de la
partie gouvernementale, puis les équipes. Donc, on est sur ce
qu'on appelle les prières collectives dans les espaces publics, amendement
apporté par moi-même, le gouvernement, qui va dans le sens de ce que disaient
les municipalités qui sont venues nous voir. Maintenant, il y a quand même un
consensus assez important, autour de 81 % des Québécois, qui veulent que
le gouvernement agisse pour que ce type de manifestation religieuse spontanée
où on s'accapare un espace public sans autorisation pour transformer l'espace
public en lieu de culte... Écoutez, il y a à peu près quatre 81 % des
Québécois qui nous disent : Il faut que ce ne soit jamais permis, ou alors
permis mais avec des circonstances très précises, un encadrement.
Donc, on est ici non pas dans le jamais
permis, mais on est dans les balises pour que ce soit vraiment bien encadré
pour avoir un meilleur vivre-ensemble. Je pense qu'on a quelque chose qui est
important et qui amène, je vous dirais, une solution qui est modérée, avec les
articles 2 et 3. Je pense qu'on est dans le raisonnable et qu'on aurait une
adhésion très, très forte des Québécois à une mesure telle que ce qui est
proposé, surtout avec l'amendement, qui, je pense, témoigne de l'écoute qu'on a
eue pour les groupes qui sont passés ici.
Mme Setlakwe : Merci. Est-ce
que vous avez eu, suite au dépôt de l'amendement ou dans le cadre de la
réflexion qui a mené au dépôt de l'amendement, des échanges avec les unions,
l'UMQ et/ou la FQM où eux vous auraient dit : Ça nous satisfait?
M. Roberge : Je n'ai pas eu
d'échange suite aux auditions. Ils nous ont exprimé leurs préoccupations. On en
a tenu compte. On arrive avec cet amendement-là. Bien sûr, on tient compte des
partenaires, des regroupements, etc., mais il faut tenir compte de la volonté
populaire des Québécois aussi. Et je pense que l'amendement va dans ce sens-là.
Mme Setlakwe : L'amendement
est certainement une avancée. Moi, j'ai consulté les gens de l'UMQ, notamment,
et ils disent que c'est une faible avancée, qu'au moins ça respecte leur
capacité à décider si ce sera traité administrativement par le comité exécutif
ou le conseil municipal. Ça reste, selon leurs dires... ça reste assez lourd,
comme procédure.
Là, ils s'interrogent pour les mots «au
cas par cas». Est-ce qu'on doit comprendre que ça implique qu'on ne... qu'eux,
les municipalités, ne peuvent pas autoriser une catégorie d'actions qui rentre
dans la définition de pratique religieuse collective? Donc, si c'est au cas par
cas, c'est... chaque cas, donc chaque demande, chaque geste ou chaque pratique
religieuse doit faire l'objet d'une demande distincte et séparée, versus
permettre peut-être aux municipalités de les inclure dans une définition de
pratique religieuse collective. Est-ce qu'ils pourraient déroger un peu du cas
par cas? Qu'est-ce que ça veut dire, exactement, là? Ce sont des mots qui les
dérangent un peu.
• (11 h 50) •
M. Roberge : Bien oui, c'est
au cas par cas, mais il faut prendre... Là, on est à 2, mais il faut voir 2 et
3 qui vont ensemble, parce que je pense que le projet de loi, tel qu'il est
rédigé, il répond à la problématique particulière, là. On ne vise pas une
personne dans la rue ou dans un parc qui s'arrête et puis qui, je ne sais pas
trop, moi, porte un symbole religieux ou ferme les yeux, on ne sait pas trop ce
que cette personne fait, puis cette personne-là exprime sa foi en fermant les
yeux, tout seul, comme ça. On n'est pas dans une pratique religieuse
collective.
Puis il faut voir avant et après, dans le
projet de loi, on définit de quoi on parle, mais, une fois qu'on est devant une
manifestation manifeste qui, comme on va le voir à l'article 3, là, je vous
dirais, n'est pas accessible à tous, qui accapare l'espace public, qui n'a pas
demandé d'autorisation, bien oui, il faut que cette autorisation soit donnée
puis, oui, il faut que ce soit au cas par cas, parce que, si on complétait les
travaux ici et qu'à la fin tout est permis parce qu'il y a une disposition
quelque part dans une municipalité... on ne veut pas s'en occuper, nous autres,
ça fait que, dans le fond, on fait une résolution puis on dit : C'est
toujours accepté, bien, on se retrouverait, en 2026, 2027, 2028, exactement
comme on était en 2024 et 2025. Et les Québécois ne sont pas d'accord avec ce
qui s'est passé ces 18 derniers...
M. Roberge : ...huit mois à
peu près. Ils s'attendent à ce que le gouvernement donne des balises et
clarifie la situation. Donc, il ne s'agit pas ici, là, de prétendre agir puis,
à la fin, protéger un statu quo qui rend des gens inconfortables. Il s'agit ici
d'agir pour circonscrire ces choses, donner des balises qui sont claires,
limiter les manifestations qui sont impromptues, qui qui s'attaquent au
vivre-ensemble et qui amènent des sentiments de... chez les Québécois, qui se
disent : Voyons, on a la loi 21, on a une loi qui renforce la laïcité
de l'État, me semble que c'était réglé, me semble que c'était balisé. Donc, il
faut que les balises fassent une différence entre le statu quo puis ce qu'on
souhaite pour le vivre-ensemble.
Donc, voilà pourquoi il est important
d'avoir la notion de «au cas par cas», et non pas une autorisation générale
globale qui fait que, finalement, on a tous discuté ici puis que les prochaines
années sont identiques à ce qu'on a vécu. Il faut qu'il y ait un changement.
Les Québécois s'attendent à un changement.
Mme Setlakwe : Merci. Juste
clarifier, là, vous avez parlé de manifestations ou de pratiques impromptues.
Pourquoi vous insérez le... qu'est-ce que ça veut... qu'est-ce que ça vient
apporter au débat, là, d'avoir mentionné le mot impromptu?
M. Roberge : Parce qu'ici, on
dit qu'il faut demander une autorisation. Donc, s'il faut demander une
autorisation, alors on ne peut pas arriver comme ça et, sans aucune
autorisation, prendre possession d'une rue, bloquer la circulation.
Mme Setlakwe : Mais quand
c'est quelque chose qui revient à chaque année, ou quand c'est une tradition,
ou quand c'est quelque chose qui revient plusieurs fois dans chaque
municipalité, à chaque semaine, comme un cortège funéraire, là, des voitures
qui roule l'une derrière l'autre et on comprend que ça se passe tous les jours
au Québec, là, entre une chapelle, une église, un salon funéraire vers un cimetière
ou vers un autre lieu de culte ou une réception, qu'est-ce que... Et on
s'entend que les voitures ne peuvent pas s'insérer, là, à même ce cortège. Ça,
c'est quand même quelque chose qui, à chaque... à chaque moment, doit être...
doit faire l'objet d'une autorisation ou non, pas du tout?
M. Roberge : Mme la
Présidente, je ne comprends pas pourquoi la collègue ramène des choses dont on
a déjà disposé. On a déjà précisé que le cortège funèbre n'était pas visé très
clairement lors des auditions plus la semaine passée. J'invite ma collègue à ne
pas ramener la question de la guignolée, parce qu'on a dit que la guignolée
n'était pas visée non plus.
Mme Setlakwe : C'est réglé.
Merci. Merci, M. le ministre, de me le rappeler. Le mot «exceptionnellement»,
au niveau des municipalités, ils nous disent qu'il y a des juristes qui croient
que ça pourrait empêcher une municipalité d'autoriser une pratique religieuse
collective sur une base cyclique, exemple, une activité qui a lieu à chaque
année. Ça aussi là, c'est... On ne peut pas y aller de façon... ou de
baliser... ou pas de baliser, mais d'autoriser de... des activités qui ont lieu
de façon cyclique. Vous souhaitez que l'autorisation se fasse à chaque année,
par exemple, pour la bénédiction des bateaux?
M. Roberge : Une pratique
religieuse collective dans un lieu public, il faut que ça soit exceptionnel, ce
n'est pas un lieu de culte. Tu sais, je veux dire, on comprend qu'il y a des
manifestations religieuses, des prières, des cérémonies dans les lieux de culte
à tous les jours. Mais dans les rues? Oui, il faut que ça soit exceptionnel. Ce
n'est pas interdit. Certains Québécois voudraient qu'on l'interdise de manière
pure et simple, mais il y a une grande majorité qui voudrait qu'on l'interdise
ou qu'on le balise, je pense qu'on vient l'encadrer. Je pense que quelque chose
qui se passe une fois par année, je le précise au micro, c'est exceptionnel.
Une fois par année, c'est exceptionnel, bien sûr.
Mais, la municipalité, puis avec l'amendement,
pas nécessaire que ça passe par une décision du conseil municipal, les élus en
disposeront s'ils veulent que ça passe en conseil municipal, sinon ils
délégueront cette décision-là, mais il faut que ce soit au cas par cas. Oui, je
pense que les deux... quand on veut donner des balises, là, dire que c'est
exceptionnel, je pense que ça clarifie les choses. Exceptionnelles, ça veut
dire pas à toutes les semaines, mais une fois par année, on est définitivement
dans l'exceptionnel, puis au cas par cas, oui, absolument. Je pense qu'il faut
que ça soit au cas par cas.
Mme Setlakwe : Merci. Bien,
c'est clair. Je voudrais quand même qu'on revienne à l'état des choses
actuellement, puis je vous ramène aux mémoires de l'UMQ, là, quand ils
traitent, à la page huit de leur mémoire, la rubrique 2.3, domaine public,
une capacité municipale déjà établie et fonctionnelle. Donc, ce qu'ils viennent
dire c'est qu'on a... on a...
Mme Setlakwe : ...il y a déjà
les outils pour gérer ce type de situation, et ça se passe bien, et c'est
établi, et c'est fonctionnel. Ils disent que les articles 2 et 3 créeraient un
régime d'exception pour les pratiques religieuses collectives dans le domaine
public :
«Une municipalité pourrait octroyer une
autorisation si l'usage à des fins de pratique religieuse collective ne
compromet pas la sécurité, est de courte durée, est accessible à tous,
n'entrave pas indûment l'accès de toute personne au domaine public. Ce régime
d'exception vise à encadrer des situations et à en susciter le débat public.
Celles-ci sont pourtant rares, ponctuelles et fortement localisées.»
Je pense que c'est important de répéter,
de réitérer que, selon le milieu municipal, et là je les cite encore une fois,
«l'absence de données probantes sur l'ampleur réelle des pratiques religieuses
collectives dans des lieux publics milite en faveur d'un encadrement souple et
contextualisé, plutôt qu'un cadre uniforme imposé par le gouvernement du
Québec». Est-ce que vous souhaitez répondre à cette préoccupation-là? Est-ce
que vous croyez toujours que vous êtes... vous donnez assez de souplesse aux
municipalités, alors qu'eux disent «éviter un cadre uniforme imposé par le
gouvernement du Québec»?
M. Roberge : Bien, je ne
pense pas qu'on a un cadre qui est trop restrictif. On met des critères dans la
loi, il faut donner des balises. Ce que la FQM nous disait, là : On veut
des balises claires. Donc, on donne des balises. Mais ce n'est pas un cadre
uniforme, rigide qui ne donnerait aucune marge de manœuvre aux gouvernements de
proximité que sont les municipalités. Donc, je pense qu'il faut trouver cet
équilibre entre dire «arrangez-vous avec ça» puis on prévoit tellement les
choses de manière serrée qu'il n'y a plus aucune marge de manœuvre. Et je pense
qu'on a trouvé dans la rédaction, avec l'amendement, suite aux commentaires,
quelque chose qui est équilibré.
Mme Setlakwe : Merci. Donc,
est-ce que vous... Si je comprends bien, là, vous croyez que l'arsenal
juridique municipal actuel est insuffisant?
M. Roberge : Bien, les faits
parlent. C'est évident que le statu quo n'est pas... 80 % des Québécois
sont en désaccord avec le statu quo.
Mme Setlakwe : Ou peut-être
qu'ils ne saisissent pas... Je comprends, vous revenez souvent à cette
statistique, mais je vous dirais que je... peut-être que je reprends des
discussions qu'on a eues la semaine dernière mais je m'appuie, encore une fois,
sur la réaction de... du milieu municipal, puis ça m'a fait consulter à nouveau
leur mémoire. Eux nous disent que l'arsenal juridique municipal pour encadrer
l'utilisation du domaine public est établi et fonctionnel. «Il repose notamment
sur les pouvoirs généraux de réglementation en matière de sécurité, de paix,
d'ordre et de bon gouvernement sur l'encadrement des manifestations et
rassemblements ainsi que sur les régimes de permis d'autorisation et de
location d'immeubles municipaux. Ces outils permettent d'adapter les règles aux
réalités locales, densité, fréquentation, usage des lieux, de tenir compte des
contraintes opérationnelles propres à chaque territoire et d'assurer une
application proportionnée, fondée sur l'usage et ses effets, plutôt que sur sa
nature symbolique ou expressive.»
• (12 heures) •
Encore une fois, je pense que c'est...
c'est important de ramener dans le débat les outils dont... dont les
municipalités disposent déjà. Ce n'est pas comme si on partait de zéro, puis
qu'il n'y avait aucun... aucun régime, là, qui vient encadrer la sécurité, la
paix, l'ordre public.
M. Roberge : ...Mme la
Présidente, c'est comme si on avait un mécanisme qui ne marche pas. Alors, les
gens qui sont en accord avec le statu quo vont dire : Bien, il y a quelque
chose. Donc, ça ne marche pas, mais ça existe, je ne peux pas dire qu'il n'y a
rien. Les citoyens regardent puis ils disent : Mais l'effet net, net, là,
c'est quelque chose qu'on ne souhaite pas. Donc, on peut bien dire qu'il existe
une règle inefficace, pour dire : Ce n'est pas le far west, mais, dans la
vraie vie, les outils, les balises sont insuffisants pour qu'on ait un
vivre-ensemble qui respecte, je vous dirais, les attentes d'une grande, grande
majorité de Québécois.
Écoutez, je vous l'ai dit la semaine
dernière, mais je veux le répéter, là, mon conseiller a fait une recherche
très, très rapide, là, on n'a pas passé des heures là-dessus, là, Google,
quelques minutes, là. 12 juin 2024, prières de rue dans le
centre-ville de Montréal. 22 octobre 2024, au pied de L'Anneau, à
Montréal. 24 février 2025, au pied de L'Anneau, à Montréal.
14 avril 2025, devant la Place des Arts. 17 août, et plusieurs
autres dates, devant la Basilique Notre-Dame. 10 septembre 2025
aussi...
Haut de la page
12 h (version non révisé
e) M. Roberge : ...centre-ville
de Montréal, chaque fois, prise de possession de l'espace public, séparation,
pour la plupart du temps, des hommes et des femmes, exclusion des personnes qui
n'appartiennent pas à cette confession. Si ça fonctionnait, les balises
actuelles... si les balises actuelles fonctionnaient, bien, on n'aurait pas eu
toutes ces manifestations. Peut-être qu'il y en aurait eu quelques-unes, de
celles-ci, encadrées, balisées, acceptées, mais ça n'a pas fonctionné. Et là,
ça, c'est un... c'est un échantillon de choses qui heurtent les Québécois.
Alors, je ne sais pas si... ma collègue,
qu'est-ce qu'elle en pense, est-ce qu'elle considère qu'on en veut plus, de ça,
ou on en veut moins? Parce que, si on en veut plus, ne faisons rien, si on en
veut moins, si on veut que les Québécois voient qu'on a fait notre travail,
bien, adoptons quelque chose. Mais qu'est-ce que... Est-ce que ma collègue
pense que le cadre actuel est suffisant? Je comprends, on cite les partenaires,
puis c'est très bien, les partenaires apportent un éclairage aux travaux, et ce
n'est pas les... ce ne sont pas les parlementaires. Est-ce que ma collègue
pense que ce qui s'est passé, les exemples que j'ai donnés, bien, c'est bien,
puis on en veut plus?
Mme Setlakwe : Merci. Je
pense que les exemples que vous avez soulevés doivent être discutés, ils
doivent susciter une réflexion. Moi, ce que j'entends, c'est qu'il y a un
régime actuellement en place qui permet aux autorités de répondre à ces enjeux-là.
Est-ce que, de notre côté, où je pense que je parle au nom de tous les
Québécois, est-ce qu'on trouve acceptable de voir des manifestations impliquer
un discours violent, de la haine, de l'exclusion? Bien sûr que non.
Moi, ce que je dis, c'est... et c'est ce
qu'on entend aussi de la part de la population, comme vous aimez vous y
référer, c'est que ce n'est pas un enjeu qui est hors de contrôle et qui est en...
qui est en dérive. Mais je vous ai déjà entendu dire : Je souhaite envoyer
le message ou je souhaite aider les intervenants, les autorités à plus
facilement se sortir d'un malaise et d'agir. Donc, je pense qu'à cet égard là,
honnêtement, si le gouvernement maintient qu'il fallait agir parce que c'est un
phénomène grandissant, parce que les autorités n'osent pas utiliser des outils,
des mesures qui existent déjà, je pense que moi, mon point a été fait, puis je
pense qu'on peut passer à autre chose, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Alors, si... Il ne semble pas y avoir d'autre
intervention sur l'article 2 tel qu'amendé. Est-ce que l'article 2, tel qu'amendé,
est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. OK. On passe donc à l'article 3. M. le ministre.
M. Roberge : Merci bien, Mme
la Présidente.
Article 3 : «Une municipalité ne peut octroyer une
autorisation en vertu de l'article 2 que si l'usage à des fins de pratique
religieuse collective remplit les conditions suivantes :
1° il ne compromet pas la sécurité des
personnes;
2° il est de courte durée;
3° il est accessible à tous;
4° il n'entrave pas indûment l'accès à toute
personne au domaine public de la municipalité.
N'est pas accessible à tous l'usage à des
fins de pratique religieuse collective qui exclut une personne sur la base d'un
motif de discrimination reconnu par le premier alinéa de l'article 10 de la
Charte des droits et libertés de la personne (chapitre C-12).»
Commentaires explicatifs :
L'article 3
proposé énumère les conditions qui doivent être remplies afin d'obtenir une
autorisation pour utiliser une voie publique ou un parc public à des fins de
pratique religieuse collective. Ces conditions visent à s'assurer que la
pratique religieuse collective est :
1° sécuritaire, par exemple, pour les
piétons ou les cyclistes qui utilisent la voie publique;
2° de courte durée, afin notamment que la
pratique religieuse ne sollicite pas la voie publique pendant une longue
période;
3° accessible à tous. Ainsi, une pratique
religieuse collective réservée exclusivement aux hommes ou interdisant l'accès
à des personnes en raison de leur âge, de leur orientation sexuelle ou de leur
origine, ne pourrait faire l'objet d'une autorisation;
4° finalement, que la pratique religieuse
n'entrave pas indûment l'accès à toute personne au domaine public. Elle ne doit
pas dépasser ce qui est généralement acceptable pour des activités collectives
extérieures.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Mme Setlakwe : Oui, merci. Bien
là, on les a, les balises dont vous parlez. Est-ce que...
Mme Setlakwe : ...avant d'y
aller de façon plus spécifique, juste nous expliquer la démarche. Qu'est-ce
que... qu'est-ce qui vous a amené à choisir ce libellé en particulier? Est-ce
qu'on peut... Est-ce qu'on peut dire que ce libellé a été... Ou vous vous êtes
inspiré d'un libellé qui existe ailleurs dans le corpus législatif?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. M. le ministre.
M. Roberge : On est devant
une situation nouvelle, donc on a des balises, je vous dirais, qui sont sur
mesure pour cette situation-là. Donc, «la sécurité des personnes», bien,
évidemment qu'on doit être garant de la sécurité des personnes dans l'espace
public.
«Courte durée», on peut s'entendre que ça
ne devrait pas dépasser quelques heures. On ne pourrait pas autoriser, par
exemple, une manifestation religieuse collective qui s'étendrait sur deux
jours, trois jours, quatre jours, une semaine, ça virerait... ça ne serait plus
une manifestation collective, là, ça virerait en une occupation, donc ce n'est
pas... ce n'est pas permis.
«Accessible à tous», bien, un paragraphe
qui prévoit que la pratique religieuse accessible à tous ne peut pas exclure
une personne sur la base de motifs de discrimination reconnus. C'est assez
évident, là, donc on ne pourrait pas, par contre, exclure ou préférer quelqu'un
en fonction de la race, la couleur, le sexe, l'identité, l'expression de genre,
la grossesse, l'orientation sexuelle, etc., etc.. Donc, c'est... je pense que
c'est normal qu'une municipalité dans un État démocratique n'autorise pas des
pratiques qui seraient visiblement et ostensiblement discriminatoires. Ça tombe
sous le sens.
Mme Setlakwe : Merci.
Qu'est-ce que vous... Comment on pourrait illustrer une pratique religieuse
collective qui remplirait ces conditions-là? Vous devez bien avoir des
exemples, là, de telles pratiques qui pourraient être autorisées par les municipalités.
En avez-vous à nous fournir?
M. Roberge : Excusez-moi,
vous voulez...
Mme Setlakwe : Des exemples.
Des exemples.
M. Roberge : Juste
comprendre, un exemple de quelque chose qui pourrait être autorisé?
Mme Setlakwe : Bien... Parce
que, là, on a bien compris précédemment qu'un cortège funèbre, une guignolée,
même si c'est une guignolée qui est organisée par la Saint-Vincent-de-Paul ou
les soeurs... les soeurs d'Isabelle...
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) :
Mme Setlakwe : Qu'est-ce que
j'ai dit? Oui, oui, les Chevaliers de Colomb, merci, Mme la Présidente. Ça,
vous dites que ce n'est même pas considéré comme une pratique religieuse
collective au sens de l'article 2 et donc ne nécessite pas une
autorisation. Mais qu'est-ce que vous avez en tête, là, d'une pratique
religieuse collective qui serait tout à fait conforme à l'article 3, qui
remplirait les conditions et pour lesquelles une municipalité pourrait aller de
l'avant avec une autorisation au cas par cas?
M. Roberge : Bien, en prenant
deux et trois ensembles, au cas par cas, mais donc exceptionnel. Donc, s'il y a
une activité religieuse, un événement religieux qui se passe une fois par
année, peu importe la confession religieuse, il y a un événement qui se passe
une fois par année. Bon, bien, on respecte l'exceptionnel, d'accord, puis un
groupe de personnes dit : Il se passe quelque chose dans notre... pour
exprimer notre foi, c'est un jour particulier, ça n'arrive pas à toutes les semaines
et on voudrait pour... comme pour d'autres manifestations, utiliser un parc au
complet ou prendre possession de la rue. On le demande à l'avance, on sait que
c'est une date très précise qui s'en vient au calendrier, on se prépare à ça,
c'est une fête religieuse, puis on voudrait utiliser l'espace public. C'est
exceptionnel.
• (12 h 10) •
Écoutez, ce sont des gens qui vont
célébrer un événement religieux, qui vont rendre hommage peut-être à un
personnage de leur religion, que ce soit un saint ou un prophète, ça dure
2 heures. Il n'y a pas, là, de système de... C'est accessible à tous,
parce qu'il n'y a pas de système de sécurité où on dit : Écoutez,
prouvez-nous que vous êtes membre de notre de notre religion. Les gens peuvent
circuler, bien sûr, il se passe quelque chose, mais il n'y a pas, là, de
balises, il n'y a pas de clôture, il n'y a pas d'interdiction de circuler.
Et, en état de courte durée et en ayant
l'autorisation préalable, ça n'entrave pas indûment l'accès au domaine public
puisque c'est circonscrit. Donc, voyez-vous, dans l'exemple que je vous dis, la
ville, la municipalité pourrait l'autoriser. Bon, ça pourrait être par
résolution du conseil, mais, comme on a... ça pourrait être aussi une division.
Donc, ces balises-là qui sont dans la loi, évidemment, les municipalités vont
les utiliser, il pourrait en rajouter d'autres s'ils le veulent, mais ce sont
des balises qui guideraient la municipalité, dans ce cas-ci, à pouvoir
dire : Bien, très bien. Donc, dans deux semaines, vous utiliserez tel parc
ou telle rue. Voilà.
Mme Setlakwe : Merci. Donc,
je pense...
Mme Setlakwe : ...je pense
que... avec vos propos, je pense qu'il y a des communautés religieuses, des...
différents groupes de Québécois, Québécoises vont reconnaître, je pense, dans
vos propos, qu'une tradition, que ce soit dans la religion catholique ou
autres, dans le cadre de la fête de Pâques ou aux différentes processions, là,
qui ont lieu depuis très longtemps et qui continuent d'être... d'être pratiquées...
c'est exactement ce type de situation. Vous... vous n'empêchez aucun groupe
religieux de maintenir des traditions au Québec, dans la mesure où on respecte
les critères qui sont énoncés à 3.
M. Roberge : Ça pourrait être
une pratique religieuse collective catholique, elle pourrait être musulmane,
elle pourrait être juive, elle pourrait être bouddhiste, que sais-je, tant
qu'elle ne compromet pas la sécurité des personnes, qu'elle est de courte
durée, donc quelques heures, qu'elle est accessible à tous. Qu'on ne discrimine
pas en disant : Bien, excusez-moi, vous n'avez pas la bonne couleur de
peau. Ça, ce serait inacceptable. Ou : Excusez-moi, vous êtes une femme,
vous n'avez pas le droit de vous approcher. Ou : Excusez-moi, vous êtes un
homme. Ça, ce ne serait pas acceptable. Mais, sinon, ça pourrait... Puis là
c'est à la municipalité de le dire, parce... Bien, attendez une minute, on a...
vous nous le demandez pour telle date, mais on a déjà, je ne sais pas trop,
moi... C'est le Tour cycliste à Montréal, on a déjà beaucoup de rues qui sont
bloquées, puis, en même temps, on a un festival. Donc, la municipalité pourrait
le refuser, elle n'est pas obligée de l'accepter.
Mais on donne des balises sur ce qui est
acceptable. Mais, après, nous, là, on n'est pas le gouvernement de proximité,
on ne peut pas dire : Telle demande devrait être acceptée ou refusée
exactement. On donne des balises parce que, comme je dis, il pourrait y avoir,
pour un jour donné, déjà, plusieurs permis qui ont été donnés pour toutes
sortes de manifestations. Il pourrait y avoir... Je vous donne l'exemple du
Tour de l'île en même temps, puis là la municipalité pourrait dire :
Écoutez, la circulation va être un enfer, là, au nom du bien-être collectif, on
ne l'autorise pas telle date, on pourrait proposer une autre date. Par exemple,
une municipalité pourrait décider ça, ça lui appartient, parce qu'eux ont une
vision d'ensemble sur qu'est-ce qui se passe puis, etc. Mais on donne les
balises sur ce qui peut être autorisé, ce qui ne peut pas être autorisé, puis
avec ces balises-là, je pense que les municipalités, dans l'intérêt des
citoyens, sont capables de prendre les décisions.
Mme Setlakwe : Merci. Mais je
pense que c'est important, ce que vous venez dire. Justement, vous ramenez la
pertinence et l'importance de laisser l'autonomie aux décideurs locaux, parce
que, pour toutes sortes de raisons, cette fin de semaine là, cette journée-là,
il peut y avoir différentes activités qui ont lieu en même temps, donc on
laisse la municipalité le... on leur laisse le dernier mot, évidemment.
Pourquoi c'était nécessaire de... d'inclure, là, la notion de sécurité? Il me
semble que ça va de soi, puis c'est... La notion de sécurité, c'est prévu
autrement, là, dans d'autres dispositions législatives ou réglementaires.
M. Roberge : Bien, on le
précise ici puisqu'avec les éléments qu'on met, on vient préciser que, bien
qu'il y a la liberté de conscience, la liberté de religion, les droits des uns
se terminent où commencent ceux des autres, je pense que c'est un critère
important. Vous dites : C'est peut-être un peu évident, mais je pense que
c'est important de le laisser, par exemple, trop de personnes sur un site, je
vais vous donner l'exemple, encore, peut-être, montréalais, un groupe religieux
qui dit : Écoutez, c'est de courte durée, c'est accessible à tous, c'est
une fois par année, c'est au cas par cas, puis on aimerait ça faire ça proche
du parcours de Formule 1, sauf que c'est la fin de semaine du formule...
de la Formule 1 à Montréal, on pourrait dire : Mais là, écoutez, avec
200 000 personnes sur le site, sérieusement, on pourrait peut-être vous offrir
un autre parc, un autre lieu, mais cet endroit-là, vous voulez être, je ne sais
pas, moi, 2000 personnes. Considérant que c'est le Grand Prix de Formule 1, on
ne pourra pas assurer votre sécurité. Ça pose des enjeux complexes, les
services de l'ordre, etc. La municipalité, sachant le contexte, sachant le parc
demandé ou le lieu demandé, eux, ayant une vision 360 de ce qui se passe
ce jour là, pourraient dire : Ça coche toutes les cases, mais côté
sécurité dans ce lieu-là à ce moment-là, ce n'est pas une bonne idée. Prenons
un autre jour ou un autre endroit. Il pourrait invoquer le contexte, la
sécurité des personnes, c'est dans la loi, c'est une balise qu'on leur donne.
Je pense que ça pourrait faciliter la prise de décision, puis je pense qu'une
adhésion des Québécois qui vont dire : Bien oui, évidemment. Ce n'est pas
parce qu'on est contre tel ou tel groupe de personnes, pas parce qu'on est
contre telle ou telle religion, mais à un moment donné, il faut que ça soit
sécuritaire. C'était dans la loi, c'est une bonne balise, puis la ville est
dans son droit de l'utiliser...
Mme Setlakwe : ...merci.
Pourquoi ne pas avoir précisé que cette pratique ne doit pas impliquer de la
violence? Pourquoi s'arrêter à la sécurité... mais on ne parle pas de violence,
ou de propos haineux, ou quoi que ce soit, vous ne voulez pas aller là?
M. Roberge : Bien là, on dit
que ça ne compromet pas la sécurité des personnes. Je pense qu'un événement
violent, ça compromettrait la securité des personnes.
Mme Setlakwe : La notion de
courte durée... vous avez mentionné que ça ne devait pas dépasser quelques
heures, est-ce... Puis moi... on se comprend, c'est clair, donc, c'est quelques
heures. Est-ce que... Et moi, j'ai posé la question, donc, pour des événements
qui sont traditionnels, qui qui viennent... qui reviennent peut-être de façon
annuelle, mais disons que, je ne sais pas, là, dans une certaine... chez
certaines communautés, certaines religions, il y a des pratiques religieuses
collectives hebdomadaires, disons, est-ce que ça, ça poserait un enjeu?
M. Roberge : Bien là, si on
était hebdomadaire, on ne respecterait pas ce qu'on a mis à l'article 2,
c'est-à-dire que ça doit être quelque chose d'exceptionnel. Hebdomadaire,
toutes les semaines, je ne pense pas que c'est exceptionnel.
Mme Setlakwe : Parfait. Le
troisième critère : accessible à tous, moi, ce que je comprends, puis vous
l'avez dit, c'est qu'il ne faut pas ériger des barrières x, là, parce qu'il se
pourrait que durant... Ah! je m'excuse, est-ce qu'il y a un ajout à ma question
précédente ou non? Il n'y a pas... vous n'avez pas un ajout pour moi, en réponse
à ma question précédente? Merci. Le. La notion d'accessible à tous, vous
avez... vous avez dit : Bien, il ne faut pas que, quand on autorise une
telle pratique, qu'on se mette à ériger des barrières puis qu'on exclue
certaines personnes qui pourraient peut-être spontanément vouloir se joindre.
Moi, ce que je comprends, ici, par contre,
c'est que ça peut demeurer quand même un événement, une pratique religieuse.
Évidemment, ça demeure privé et ça demeure... On vise, je pense, dans la
plupart des cas, des membres d'une certaine communauté. Je ne pense pas qu'on a
besoin de l'annoncer publiquement. Il demande l'autorisation, un groupe demande
l'autorisation de tenir une pratique religieuse collective, les conditions qui
sont énoncées doivent être respectées, à 2 et à 3, et c'est dans dans le
déploiement de cette, de cette activité, de cette pratique, moi, c'est comme ça
que je le comprends, qu'on ne doit pas entraver l'accès ou empêcher qui que ce
soit de s'y joindre. C'est ce que... c'est comme ça qu'on doit le comprendre?
M. Roberge : Bien,
voyez-vous, là, il y a l'alinéa 1, 2, 3 et 4, puis, à la fin, on précise, on
dit... à 3, on dit : Il est accessible à tous, mais, en dessous, il y a le
paragraphe qui définit «n'est pas accessible à tous»... Donc, on vient de
préciser ici, dans la loi, n'est pas accessible à tous l'usage à des fins de
pratique religieuse ou collective qui exclut une personne sur la base de motifs
de discrimination reconnus au premier alinéa de l'article 10 de la Charte des
droits et libertés de la personne, donc, tantôt, j'ai donné les exemples. C'est
ça, donc, on définit, pour plus de clarté, on indique «accessible à tous»,
puis, après ça, on a définit accessible à tous. Donc, accessible à tous, ça
veut dire qu'on n'exclut pas les gens sur un motif de discrimination.
Mme Setlakwe : Merci. Et le
quatrième, «il n'entrave pas indûment l'accès de toute personne au domaine
public de la municipalité, qu'est-ce qu'on entend ici, là? J'imagine que ces
mots-là, quand même, ils existent ailleurs, là. Si on a une pratique religieuse
collective qui implique quand même beaucoup de gens puis qu'on... de façon
temporaire et écourtée dans le temps, il se peut que... il se peut qu'on prive
d'accès certaines personnes au domaine public pour un certain temps. Non?
• (12 h 20) •
M. Roberge : ...si vous
permettez. C'est ça, donc, on accepte qu'il peut y avoir une entrave? La
manifestation religieuse peut entraver parce que les gens occupent un lieu, on
comprend, avec autorisation, par rapport au statu quo, actuellement, où il n'y
a pas d'autorisation puis c'est un peu far west, là, là, on aurait des balises,
etc., mais on dit : Tu peux entraver, mais pas indûment.
Donc, bien, qu'est-ce qu'on veut dire ici?
Euh, ce que ça veut dire, c'est que ça reconnaît qu'une pratique religieuse
peut avoir pour effet d'exercer une certaine entrave sur la voie publique ou
dans un parc public, à l'instar de toute autre activité collective, d'autres
activités collectives, lorsqu'on fait quelque chose, on utilise un lieu, on
comprend, mais cette entrave ne doit pas être indue, ça veut dire : elle
ne doit pas dépasser ce qui est généralement acceptable pour des activités
collectives. Donc, ce qu'on dit, en réalité, c'est d'être dans le domaine du raisonnable
et du comparable lorsqu'il y a d'autres manifestations qui peuvent...
M. Roberge :
...être
autorisé, bien, on utilise un lieu, d'ailleurs, on... on obtient l'autorisation
d'utiliser un lieu. Très bien. Mais après, bien, c'est terminé, puis il n'y a
pas, il n'y a pas un caractère exagéré. Quand on dit que ce n'est pas indu,
c'est-à-dire qu'on est dans le domaine du raisonnable, de l'acceptable,
n'importe qui de raisonnable qui passe à côté de ça voit, oui, des gens qui
utilisent un lieu mais n'y voient pas un caractère indu ou déraisonnable, c'est
quelque chose qu'on retrouve, là, je dirais, dans... plus législatif, on dit
qu'il y a une marge, exactement, d'appréciation municipalités en fonction du
contexte.
Mme Setlakwe : Merci. Vous avez
mentionné que, dans votre réponse, que... qu'actuellement, c'est le Far West,
que des groupes peuvent occuper le domaine public sans autorisation. Je me
permets de... de vous demander de peut-être préciser, parce que je ne pense pas
que c'est le cas. Je pense qu'actuellement, on ne peut pas, au Québec, occuper
le domaine public de façon collective sans autorisation. Je ne suis pas sûre
que c'est le Far West actuellement, là.
M. Roberge : C'est ce qui
arrive en ce moment. J'ai donné, tantôt, plusieurs autres exemples où des gens
arrivent en groupe, prennent possession d'un lieu, entravent la circulation
puis il n'y a pas d'autorisation préalable, débarquent, s'installent, puis là,
les gens font le tour, ne peuvent pas circuler, donc, en ce moment, c'est ce
qui arrive, donc c'est pour ça qu'on donne des balises.
Mme Setlakwe :
comprends, mais quand on dit que c'est le Far West, c'est... c'est... La façon
dont je le comprends, c'est... des groupes le font sans autorisation,
peut-être, mais... mais il existe un régime qui oblige ces gens-là à... à lever
la main et dire : Je vais occuper le domaine public. Au Québec,
aujourd'hui, on ne peut pas, en groupe, occuper le domaine public, il faut
obtenir une autorisation. Non?
M. Roberge : Bien, il
faudrait, mais lorsque ça arrive sous le couvert d'un événement à caractère
religieux, les forces de l'ordre, les municipalités, n'ayant pas la loi,
actuellement, dont on discute, édictée, disent : Oui, là, est-ce que je
peux agir parce que ces gens-là manifestent une conviction religieuse? Ça,
c'est protégé par la Charte des droits et je pourrais agir si c'était une
manifestation pour... je ne sais pas trop, moi, pour l'accessibilité aux études
supérieures, mais là, comme c'est religieux, les gens n'osent pas intervenir.
Donc oui, techniquement, là, théoriquement, il faudrait demander, mais si les
gens ne le demandent pas, il n'y a pas de conséquences. Les forces de l'ordre
n'interviennent pas, puis, dans le fond, il y a comme un laisser-faire puisqu'il
n'y a pas de balises. Voilà pourquoi la FQM a dit : Donnez-nous des
balises. LA FQM a dit : Donnez-nous des balises. Alors, on donne des
balises.
Mme Setlakwe : Merci. Bien,
on pourrait argumenter, là, le dernier énoncé du ministre, là : La FQM m'a
demandé de donner des balises. Moi, je ne l'ai pas compris de cette façon-là,
là, je pense que les municipalités, autant au niveau de l'UMQ que de la FQM,
disaient : Le régime actuel fonctionne, mais là je comprends que le
gouvernement va aller de l'avant avec les balises. J'aimerais entendre le
ministre, par contre, quand on parle de... de pratiques religieuses collectives
qui ont lieu sans autorisation, ça met les autorités, par moment, ça crée, ça
peut créer un malaise, et ils n'osent pas intervenir parce qu'ils se
disent : Bien, c'est religieux, les chartes protègent ça. Ça peut arriver.
Je ne le nie pas, ça peut arriver qu'il y ait un questionnement, qu'il y ait
une hésitation. Mais il n'y aurait pas cette hésitation-là dans... dans des
contextes plus... dans un contexte plus général d'une manifestation autre, là,
qu'un groupement autre que pour des fins religieuses, puis les forces de
l'ordre pourraient hésiter à intervenir parce qu'ils se disent : Bien, là,
ici, ce n'est pas le droit à la religion, c'est la liberté d'expression qui est
en jeu, vous comprenez? Puis là, vous... je pense qu'il existe des balises pour
ce type de scénario là, pourquoi vous faites la distinction, ici, sur les
pratiques religieuses collectives?
M. Roberge : Bien, on... on
arrive avec une solution, je pense, modérée, suite à une recrudescence de ce
type de manifestation religieuse qui accapare l'espace public dans les
dernières années...
M. Roberge : ...puis les
Québécois ont exprimé le souhait à ce qu'il y ait des balises.
Mme Setlakwe : Merci. Moi,
ça, ça compléterait mes questions sur l'article 3, Mme...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Y a-t-il d'autres interventions? Mme la députée de
Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour, chers collègues. Je viens de vous entendre, M. le
ministre, nous dire, donc, que les Québécois, donc, souhaitent des balises,
mais est-ce que les municipalités souhaitaient des balises?
M. Roberge : Bien,
clairement, la FQM l'a exprimé ici lorsqu'ils sont venus en audition :
Nous avons besoin de balises, nous ont-elles dit.
Mme Cadet : Bien, écoutez, de
mémoire, évidemment, donc, je... donc, le verbatim, mais évidemment nous étions
tous là, donc, en commission, lors des consultations, puis, à l'inverse, moi,
ce que j'ai senti de la part de la FQM puis de l'UMQ, c'est qu'ils avaient,
donc, l'ensemble des outils nécessaires pour être capables d'oeuvrer, là...
disait, donc, d'avoir des balises, je ne pense pas qu'ils disaient : Ah!
non, non, excusez-nous, on est tellement désemparés face à l'avalanche, donc,
de demandes que l'on a au niveau, donc, des pratiques collectives, qu'il nous
faut absolument des balises pour être capables de faire notre travail. Ce n'est
pas le message que moi, j'ai compris de la part de FQM.
M. Roberge : Bien, écoutez,
je pense qu'on pourra retrouver le libellé lors des... lors de l'audition.
Extrait du rapport FQM : «Ces défis sont particulièrement marqués dans les
municipalités qui ne disposent pas, dans le contexte actuel, de ressources
nécessaires pour mettre en place des mécanismes de contrôle adaptés, qui
s'exposent malgré elles à des risques de non-conformité, notamment au regard de
l'article 10 que le gouvernement souhaite rendre obligatoire. Il s'agit de
notions complexes qui requièrent des balises d'interprétation ainsi que des
lignes directrices opérationnelles, clauses types, afin d'en faciliter la
compréhension et l'application uniforme.»
Ça, c'est un extrait du rapport FQM. Moi,
je me souviens de les avoir entendus aussi...
Mme Cadet : ...
M. Roberge : On nous dit
«rapport», c'est du...
Des voix : ...
M. Roberge : Du mémoire. Très
bien. Mais moi, je me souviens aussi, lors de l'audition, que la FQM a
dit : Écoutez, on a besoin de balises.
Et au-delà de cette voix portée par la
fédération, il y a le souhait très clair des Québécois, qui, à 81 %,
disent : Ça ne marche pas, en ce moment, là, il faut soit interdire ou
encadrer, mais le statu quo ne marche pas. Donc, on n'arrive pas avec une
interdiction pure et simple, mur à mur, rien n'est permis, on arrive avec
quelque chose, je pense, qui est plus adapté, qui est plus modéré, mais qui
répond au souhait des Québécois avec des balises qui sont claires, qui vont
faire
partie du contrat social puis qui, je pense, vont favoriser le
vivre-ensemble.
Mme Cadet : OK. Et là donc,
je reviens, donc, sur le libellé de l'article 3. «Une municipalité ne peut
octroyer une autorisation en vertu de l'article 2 que si l'usage à des fins de
pratique religieuse collective remplit les conditions suivantes : il ne
comprenait pas la sécurité des personnes, il est de courte durée, il est
accessible à tous, il n'entrave pas indûment l'accès de toute personne au
domaine public de la municipalité.»
Vous nous dites que, bon, cette demande,
donc, de la part, donc, de la population, donc, d'avoir des balises... vous me
dites que le statu quo, donc, ça, ça ne fonctionne pas, mais en quoi, donc, cet
article-là, donc, diffère de ce qu'une municipalité, lorsqu'elle attribue des
permis, donc, lorsqu'elle est... lorsque des rassemblements se font et que les
tenants, donc, de ces rassemblements là, donc, ont l'obligation, donc, de
demander un permis de municipalité... Ce n'est pas, de toute manière,
habituellement, donc, ce qui sous-tend, selon le bon jugement, donc, les
municipalités, dans leur décision d'octroyer ou non un permis ou une
autorisation?
M. Roberge : Bien,
manifestement, les règles actuelles ne sont pas suffisamment claires puisqu'il
y a des choses qu'on a vues depuis les deux dernières années, et c'est en
recrudescence, qui ont rendu bien des Québécois mal à l'aise, et il y a des
choses qui n'auraient pas été autorisées si on avait eu ces balises.
• (12 h 30) •
Mme Cadet : Donc, vous pensez
que les quatre éléments qui sont ici ont véritablement la capacité de pouvoir
empêcher, donc, les situations que vous invoquez?
M. Roberge : ...surtout de
concert. Il faut prendre les articles 2 et 3 ensemble. Il faut que ce soit
exceptionnel. Il faut que ce soit au cas par cas, mais le caractère
exceptionnel, ça veut dire que ça ne peut pas être à toutes les semaines, là.
Vous savez, un groupe qui dit : Moi, je vais accaparer une place publique
devant un lieu de culte d'une autre confession...
Mme Cadet : ...ça, on va le
voir à...
M. Roberge : ...OK, et
dire : Bien, nous, là, on va aller manifester et faire des prières de
notre...
Haut de la page
12 h 30 (version non révisé
e) M. Roberge : ...devant l'autre
lieu de culte à toutes les semaines, c'est de la provocation, c'est contre le
vivre ensemble. Ça a eu lieu sous le régime actuel, ça n'aurait plus lieu si on
adoptait ce projet de loi là. Voilà ce que les Québécois attendent de nous.
Mme Cadet : ...parle pas du
projet de loi, ici, là, je parle vraiment, donc, de l'article en tant que tel, ce
que l'article... ce que vous évoquez comme situation, il me semble qu'on l'a
réglé avec un autre article, non? Avec la disposition, là, sur... la capacité,
donc, pour les gens, donc, qui veulent pouvoir avoir accès, donc, à leurs lieux
de culte, on ne l'a pas vu dans un autre
article du projet de loi?
M. Roberge : Oui, l'idée d'accéder
à un lieu de culte, c'est une chose, mais ce dont je vous parle, des
manifestations religieuses devant d'autres lieux de culte, ce n'est pas
nécessairement entraver les gens, ce n'est pas... il n'y avait pas
nécessairement, là, un encerclement, une barricade pour empêcher les gens d'accéder,
mais il y avait certainement quelque chose, là, comme la répétition, comme une
provocation et ce ne serait pas permis avec les articles 2 et 3. En fait, 2
et 3, on... 2, on l'a déjà réglé, mais 3, ces deux là doivent être vus
ensemble, ça ne pourrait pas être autorisé selon le nouveau régime.
Mme Cadet : Juste sur le
point que vous venez de mentionner, peut-être juste revoir... juste nous
rappeler à quel article, juste pour que je puisse le relire en concurrence.
M. Roberge : C'est à l'article 4
du projet de loi, on a dit : Nul ne peut interdire, limiter, entraver ou
troubler une pratique religieuse au sein d'un lieu de culte ni entraver l'accès
à ce lieu. Mais on a déjà adopté cet article.
Mme Cadet : Oui, c'est ça,
oui, je me souviens très bien qu'on l'avait adopté, je veux juste le revoir, le
lire avec l'article qu'on est en train d'étudier.
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : C'est le 4 de l'article de... la loi édictée.
Mme Cadet : Ah, de la loi
édictée.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui.
Mme Cadet : OK, donc, il est
après.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Il est tout de suite après, effectivement.
Des voix : ...
Mme Cadet : Bien, c'est ça, donc
jamais, il ne peut jamais le faire. Merci, merci de nous... de nous replacer
dans le projet de loi, donc, effectivement, donc, l'article 4 de la loi
édictée, merci, Mme la Présidente, nous indique : Nul ne peut interdire,
limiter, entraver ou troubler une pratique religieuse au sein d'un lieu de
culte ou d'entraver l'accès à ce lieu. Évidemment, c'est implicite, mais moi,
ce que je saisis, c'est que c'est une interdiction qui est valable en tout
temps, donc qui ne peut être permise, même pas de façon exceptionnelle, n'est
ce pas?
M. Roberge : C'est exact.
Mme Cadet : C'est exact.
Parfait. Donc, évidemment, donc, vous avez raison, donc, que c'est important de
pouvoir lire les articles les uns avec les autres. C'est la manière, donc, de
bien interpréter les projets de loi, donc, lorsqu'ils sont adoptés et lorsqu'on
lit, donc... lorsqu'on lit les 2 et 4 avec l'article 3, donc, je
vous repose la question, donc, sur les balises qui sont... qui sont mises de
l'avant à l'article 3, parce que l'article 4, vous vous souvenez, je
me rappelle très bien, on a eu cette conversation-ci, il me semble très clair,
donc, nous avons adopté à l'unanimité les dispositions de l'article 4 qui,
effectivement, donc, sont très importantes. Mais ici, puisqu'on a déjà réglé
cette situation là, parce que je sais je... bien saisir, donc, quels sont les
éléments que vous avez en tête. Ça, c'est réglé, alors en quoi l'article 3
offre des balises attendues, nécessaires pour les municipalités qui ne vont
pas, donc, entraver leur travail, mais plutôt leur faciliter la tâche?
M. Roberge : Bien, j'en ai
discuté avec la collègue de Mont-Royal—Outremont, là, depuis le début de la
séance de travail. Je pense que ce sont des balises qui sont tout à fait
raisonnables puis qui vont répondre aux attentes à la fois des citoyens puis
des municipalités.
Mme Cadet : OK. Quand vous
dites : Il est accessible à tous, qu'est ce que ça veut dire?
M. Roberge : Bien, écoutez,
comme on l'a dit tout à l'heure, juste en dessous, il y a le paragraphe qui l'explique.
Mme Cadet : OK.
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la députée de... Bourassa-Sauvé, pardon.
Mme Cadet : Non, je... je le
lisais, mais effectivement, donc, vous pouvez donner la parole à ma collègue en
attendant.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Parfait, donc, la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Pendant que ma
collègue poursuit sa réflexion, je veux juste revenir sur la question de la FQM,
ce qu'ils ont dit, ce qu'ils ont... ce qu'ils ont... comment on l'a compris, on
l'a perçu. Je suis retournée à leur mémoire, et moi, je crois comprendre la
chose suivante, là, de la part de la Fédération québécoise des municipalités,
pas «je pense comprendre», je comprends que leur position est la suivante. Bon,
eux n'ont pas demandé que le gouvernement légifère sur...
Mme Setlakwe : ...sur les
pratiques religieuses collectives dans l'espace public.
D'ailleurs, leur mémoire est clair à cet
égard-là. Ils disent à la page 12 : «Par ailleurs, la FQM tient à
souligner que ce nouveau pouvoir d'autorisation confié aux municipalités n'a
fait l'objet d'aucune consultation préalable. Il s'agit d'une décision du
gouvernement», et là ils poursuivent puis ils disent que ce sera les élus municipaux
qui auront l'odieux de trancher. Ça, je veux bien, cet élément-là a été
supprimé. Le gouvernement a entendu les municipalités qui sont venues
dire : N'exigez pas qu'on tranche ces questions-là ou qu'on traite de ces
questions-là en séance de conseil municipal. Parfait. Mais n'en demeure pas
moins que je pense qu'il est... il est inexact de dire, Mme la Présidente, que
la FQM a demandé des balises. Ils ont dit qu'ils n'ont pas été consultés et
qu'ils n'ont pas demandé ça. C'est une décision du gouvernement.
Bon, une fois qu'on a dit ça, là, ils
expriment dans leur mémoire, puis je ne veux pas revenir sur des questions qui
ont déjà été traitées, mais ils donnent des exemples de certains cas, comme les
cortèges funéraires, les funérailles, les rites funéraires réalisés dans les
cimetières, etc. Ils disent que ces situations-là et d'autres devraient être
traitées expressément. Et, si on relit, là, les pages 12, 13, on comprend
que, bien qu'ils ne l'aient pas demandé, une fois qu'ils sont à lire les nouvelles
dispositions deux et trois et les nouvelles balises, ils sont en train
d'exprimer le fait que déjà, d'emblée, à la lecture du libellé, ils voient des
situations ambiguës, des incertitudes, des cas qui seraient... qui pourraient
être considérés comme des pratiques religieuses collectives.
Et eux, ce qu'ils disent, c'est :
Bien, maintenant que vous nous l'imposez, pouvez-vous baliser? C'est dans ce
sens-là qu'ils demandent, là, je suis à la page 13 : «Afin d'avoir
une application cohérente sur le territoire, nous insistons sur la nécessité
pour le gouvernement d'établir les balises pour le traitement de ces demandes.»
Donc, il y a une nuance ici, là. Ils n'en voulaient pas. Ils ne voyaient pas la
nécessité, surtout pas la FQM, dans les très petites municipalités.
Mais, une fois qu'on doit... une fois
qu'on... que le gouvernement dit : Mais, non, maintenant, voici votre
cadre, ils expriment... ils expriment des inquiétudes, là, sur l'application de
tout ça. Là, je comprends qu'on en a réglé quelques cas durant nos discussions.
Le ministre a dit clairement que les cortèges funéraires ne sont pas... ne sont
pas... ne sont pas inclus, là. Ça, ce n'est pas une pratique religieuse
collective, mais il n'en demeure pas moins que c'est dans ce contexte-là qu'ils
sont... qu'ils demandent d'être balisés, qu'ils demandent plus de clarté parce
qu'ils veulent s'assurer que ça... que les nouvelles dispositions ne viennent
pas compliquer leur vie. Ils disent :
«Les critères proposés pour guider les
décisions laissent une importante marge d'interprétation, notamment parce
qu'ils doivent être appliqués au cas par cas. La notion de "courte
durée", en particulier, est suffisamment vague pour mener à des décisions
inégales et potentiellement contestées.»
Donc, voilà, c'est dans ce contexte-là,
encore une fois... je m'excuse, ce n'est pas pour dire que j'ai raison, là,
mais c'est dans ce contexte-là qu'ils demandent d'être balisés.
Et la recommandation 6, et on
aimerait entendre le ministre là-dessus, c'est de... c'est de la FQM, c'est de
dire :
«Que le projet de loi prévoie une liste
d'activités religieuses collectives exemptées de l'obligation de demande auprès
des municipalités, incluant notamment les cortèges funéraires sur la voie
publique et les commémorations funéraires tenues dans les cimetières
municipaux.»
J'aimerais entendre le ministre là-dessus,
là, moi, l'entendre répondre à la FQM, s'il vous plaît. Merci.
M. Roberge : Oui. Mme la
Présidente, donc, extrait de la consultation FQM, M. Michaël Pilote,
vice-président FQM, qui a mentionné lors des auditions ici :
«Et la question des prières de rue aussi,
ça aussi, à la fédération, on comprend l'interdiction d'interdire les prières
de rue, la laïcité de l'État puis on l'a vu même ce matin, un autre exemple qui
est sorti, qu'on voyait à la société d'assurance automobile quelqu'un qui
pouvait choisir d'être servi par un homme, ça aussi, on trouve que ça n'a pas
de sens.»
Donc, ils nous le disent, là : «La
question des prières de rue, ça aussi, à la fédération, on comprend l'intention
d'interdire les prières de rue...»
Plus loin, M. continue : «Je pense
que c'est une question de gros bon sens, mais au niveau des municipalités,
c'est plus une question d'application et ce qu'on demande, en fait, c'est
d'avoir des balises claires, de dire dans telle ou telle situation, ça, c'est
permis.»
On ne peut pas être plus sur la cible que
ça. Nous répondons avec précision à cette demande du vice-président de la FQM.
• (12 h 40) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la députée.
Mme Setlakwe : Merci. Je
pense qu'on dit la même chose.
M. Roberge : Excellent.
Mme Setlakwe : Non, non...
Mme Setlakwe : ...mais
c'est-à-dire qu'on a une interprétation différente de la nuance qui a été
apportée par M. Pilote, quand il est venu... quand il est venu en consultation.
Moi aussi, là, j'ai le libellé, là...
Une voix : ...
Mme Setlakwe : ...le verbatim,
merci. «Je pense que c'est une question de gros bon sens, mais, au niveau des
municipalités, c'est plus une question d'application, et ce qu'on demande, en
fait, c'est d'avoir des balises claires, de dire : Dans telle ou telle
situation, ça, c'est permis.» Donc, on dit la même chose, mais, quand on
se replace dans le contexte de leur mémoire et de ce que je viens de dire
précédemment, ce qu'ils veulent, c'est qu'une fois qu'on va de l'avant puis
qu'on doit... on doit appliquer cette nouvelle loi... ils disent : «Nous
insistons sur la nécessité pour le gouvernement d'établir des balises pour le
traitement de ces demandes.» Donc, oui, c'est un enjeu d'application. Ce n'est
pas : Venez nous... Venez nous encadrer de façon législative, mais la
façon dont nous... vous nous encadrez de façon législative, ça... l'inquiétude
qu'ils ont, c'est que, dans l'application des critères, ça puisse donner lieu à
des interprétations divergentes. Et donc comment peuvent-ils être balisés dans
le traitement des demandes, là, c'est là où on a... on a le... la discussion
pour venir clairement établir l'intention du législateur. Mais je ne suis pas
convaincue, moi, qu'à nous écouter ils se disent : Bon, bien, parfait, ça
va être très clair. Voici la liste des activités... On l'a bien entendu en
commission. Voici la liste des activités pour lesquelles il n'est pas
nécessaire d'aller chercher une autorisation, donc la liste d'activités
religieuses collectives exemptées de l'obligation de demande. Est-ce qu'on doit
comprendre qu'il n'y en aura pas, une telle liste?
M. Roberge : Bien, demander
des balises, c'est une chose, demander une liste, c'est une autre. Ils n'ont
pas demandé une liste, ils ont demandé des balises. Nous donnons des balises.
Mme Setlakwe : Moi, je
comprends, Mme la Présidente, qu'il n'y en aura pas, une liste d'activités
exemptées. Je pense que... Ce que... Ce que je comprends du ministre, c'est
que, non, le gouvernement ne préparera pas une telle liste, que vous croyez...
je ne veux pas mettre des mots dans la bouche, mais que les échanges qu'on a
eus ici, en commission, aujourd'hui, la semaine dernière, sont assez clairs à
l'effet que certains rites funéraires, des prières dans des cimetières, tout
ça, ce n'est pas inclus, les guignolées non plus, et donc ce n'est pas
nécessaire de venir établir une liste tel que demandé, c'est bien ça?
M. Roberge : C'est exact.
Mme Setlakwe : Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui. Merci. Merci,
Mme la Présidente. Je veux juste renchérir sur ce point, là, parce que, donc,
c'est... parce qu'évidemment, donc, on est venus faire des vérifications, puis
je pense que ma collègue l'a bien explicité, donc, en nommant, donc, plusieurs
autres extraits du mémoire, là, c'est-à-dire que le point de base de la FQM,
que ce soit très clair et compris par tous, c'est que, lorsqu'ils ont témoigné
lors de leur passage en commission, ils ont indiqué croire avoir actuellement
les outils pour intervenir lorsque quelqu'un bloque la rue sans autorisation.
Donc, pour eux, donc, c'est très clair qu'ils ont toute la marge de manœuvre
nécessaire pour agir.
Ceci dit, désormais, puisque le
législateur a émis la volonté d'encadrer et de créer, donc, des balises, bien,
le problème, c'est que le cadre actuel est assez ambigu. Donc, oui, le fait que
la décision n'ait plus à être prise en résolution du conseil de ville, du
conseil municipal, bien, c'est un pas en avant, le fait que ça n'aura plus
besoin d'être tranché en séance publique, c'est un pas en avant, mais, en ce
moment, il faut... ils nous demandent, de façon très précise, de déterminer ce
que le législateur veut autoriser et interdire pour ne pas que ce soit, donc,
ambigu, donc, pour la suite, parce qu'ils vont devoir vivre avec ça, c'est un
enjeu d'applicabilité, ça, on l'a entendu. Donc, ça, ce n'est pas juste une
interprétation de ce qu'ils nous ont dit, c'est précisément ce qu'ils nous ont
dit.
Vous venez de fermer la porte, M. le
ministre, à l'idée, donc, d'établir une liste à court terme de situations, de
pratiques collectives exclues ou exemptées de l'application de la loi. Ma
question de relance ici, c'est de savoir est-ce que, donc, par règlement...
Parce qu'on le sait, donc, il va y avoir des règlements, on l'a nommé, là, à
d'autres moments de l'étude détaillée de ce projet de loi. Est-ce qu'il y a,
donc, la possibilité qu'un règlement puisse éventuellement encadrer ce type de
situation là? Est-ce que ça, ça fait
partie de votre volonté?
M. Roberge : Si d'aventure il
était nécessaire d'adopter un règlement, ce sera possible de le faire parce
qu'on a une habilitation réglementaire à l'article 12. Au moment où on se
parle, je ne vois pas...
Mme Cadet : ...vous avez dit?
Une voix : ...
M. Roberge : 12, j'ai dit.
Mme Cadet : 12. Merci, merci, Mme
la Présidente.
M. Roberge : Oui. Mais, au
moment où on se parle, je pense que les balises sont suffisamment claires pour
que les municipalités se les approprient et les utilisent, parce que je pense
qu'il convient de leur laisser quand même...
M. Roberge : ...une marge de
manœuvre, je l'ai mentionné tout à l'heure. Il peut y avoir des événements, un
contexte. Je parlais du tour cycliste, je parlais du Grand Prix. Il peut y
avoir toutes sortes d'éléments qui font que la municipalité, elle, est
consciente de ce qui se passe ce jour-là dans la municipalité, consciente des
entraves qu'il peut y avoir dans les rues pour des réparations, peu importe. Et
je pense qu'il faut éviter d'essayer de tout prévoir, nous, ici, en commission,
puis de se substituer aux personnes qui sont le plus près possible du terrain.
Donc, je pense que les balises sont suffisantes, mais, si on se rend compte, à
l'usage, après quelques années, qu'on a besoin, via une habilitation
réglementaire, d'en donner davantage, on pourra le faire.
Mme Cadet : ...merci. Je
pense que c'est accueilli, M. le ministre, parce que, bien évidemment, donc, la
FQM, donc, je pense, est un partenaire, es municipalités, donc, qui auront,
donc, à appliquer, donc, cette... les nouvelles dispositions, donc, sont des
partenaires. Vous avez nous-mêmes nommé, donc, d'autres extraits de leur
apparition en commission parlementaire, qu'ils nous ont dit : Mais, bien
sûr, tout le monde est en faveur de la laïcité de l'État. Il y a certaines
situations qui sont absolument inacceptables. Nous, on l'a dit, tout le monde
le dit, donc, on est tous sur la même longueur d'onde.
Maintenant, il faut s'assurer que la façon
dont ça puisse se faire, bien, respecte leur pouvoir, respecte, donc, leur
capacité d'action et leur libre arbitre, puis qu'on ne soit pas en train de
créer d'autres problèmes en essayant d'en régler un. Donc, je pense que, là,
ici, la table est mise. Donc, je vous entends. Donc, si dans le cadre actuel,
selon vous, ce qui est... ce qui est présenté ici, c'est suffisant, bien, si la
FQM elle-même, ou l'UMQ, là, bref, si les municipalités elles-mêmes, en
appliquant les dispositions ici, elles disent : Bien, écoutez, c'est un
peu flou, c'est un peu compliqué, les craintes qui ont été exprimées, puis des
craintes qui sont légitimes, pour atteindre le même objectif partagé, donc, de
respecter, bien évidemment, donc, le cadre de la laïcité de l'État, bien, à ce
moment-là, donc, il y aura une ouverture à pouvoir voir à ce que le règlement
puisse s'arrimer aux besoins de ceux dans lesquels on... dans lesquels on
remet, en fait, le fardeau, là, d'avoir, donc, à appliquer les nouvelles
dispositions, qu'on le rappelle... n'ont pas de demandées.
M. Roberge : Bien, on a
entendu les doléances, les souhaits, les préoccupations des municipalités.
Comme je disais, on a entendu aussi les souhaits des municipalités... je veux
dire, des citoyens, puis, comme je vous disais à l'article 12, qu'on a déjà adopté,
il y a une possibilité d'émettre les directives au besoin, mais je dirais qu'à
ce jour, en ce moment, je ne pense pas que ce soit nécessaire, mais, s'il le
faut, moi ou un autre qui me succédera pourra le faire.
Mme Cadet : Je comprends que
l'article 12 est déjà adopté, mais, en fait, on ne l'a pas encore adopté.
M. Roberge : Ah! je m'excuse.
Désolé.
Mme Cadet : Mais on va en
parler plus tard. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : C'est bon. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'article 3? Est-ce que l'article 3 est adopté?
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Sur division. Les articles qui suivent ont été adoptés
jusqu'au prochain qui a été suspendu, c'est le 11. Avant d'en faire la lecture,
je veux juste vous rappeler, s'il vous plaît, mesdames et messieurs les élus,
je vous... S'il vous plaît! Juste pour la compréhension, vous savez que le
verbatim est important, hein, c'est là pour ça, quand je vous laisse vous
interpeler, il n'y a pas de problème, faites juste... faites juste attendre et
ne pas vous couper, d'accord? Parce que, des fois, le micro n'est pas allumé,
ça fait qu'on n'entend pas ce que vous dites. Juste attendre que la personne
ait terminé. Vous pouvez me regarder, je vous passe le micro. C'est bon?
Alors, on est rendu à l'article 11 qui
avait été suspendu. M. le ministre, je vais vous demander d'en faire la
lecture.
M. Roberge :
Chapitre V.
Dispositions diverses. «11. Est passible d'une amende de 125 à 375 $, s'il
s'agit d'une personne physique, ou d'une amende de 375 $ à
1 125 $ dans les autres cas, quiconque :
1° organise une pratique religieuse
collective interdite en vertu de l'article 2 ou y participe;
2° contrevient à l'article 4.»
Commentaires explicatifs :
L'article
11 prévoit l'infraction pénale applicable en cas de participation à une
pratique religieuse collective qui n'a pas fait l'objet d'une autorisation de
la municipalité, conformément au
chapitre II de cette loi, ainsi que pour toute
personne qui organise une telle pratique religieuse collective.
Cette infraction vise également toute
contravention à l'article 4 de cette loi, qui interdit de troubler une pratique
religieuse au sein d'un lieu de culte ou d'entraver l'accès à ce lieu.
• (12 h 50) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce qu'il y a des questions ou des interventions?
Mme Cadet : Oui, juste...
peut-être que ministre... nous indiquer les chiffres, en fait, quels sont les
comparables.
M. Roberge : La détermination
du montant des amendes a été effectuée en collaboration avec le ministère de la
Justice, qui a développé un outil pour avoir une cohérence entre les montants
de l'amende...
M. Roberge : et les
différentes gravités d'infractions. Donc, dans le cas dont on parle, l'amende a
été classée le niveau de gravité moyenne. Le montant de 125, c'est le deuxième
montant le moins élevé en vertu de la grille des amendes. Après ça, le montant
de 125 a été retenu pour prévoir un montant qui est relativement bas, mais en
même temps suffisamment dissuasif pour que... évidemment, lorsqu'on adopte des
lois et des dispositions, on veut que ce soit respecté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Mme Cadet : Oui, peut-être
juste... peut-être d'autres exemples. Merci d'abord pour cette première
explication. Là, je pense que c'est assez clair au niveau de la grille, mais,
juste pour nous outiller, en fait, donc une... Je comprends qu'on est dans de
la base gravité, mais ça se comparaît, donc, à quelle autre infraction, donc,
qui, elle aussi, passait, donc, d'une amende, donc, de 125 à 375 $, par
exemple, pour une personne physique?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...
M. Roberge : On peut-tu
suspendre quelques minutes, parce que j'ai... on est à quelques minutes d'avoir
un ou deux exemples, juste pour éclairer les travaux? Excusez-moi, on est en
train de trouver ça.
Mme Cadet : Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. On va suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 12 h 53)
(Reprise à 12 h 57)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses
travaux. Alors, M. le ministre, si je comprends bien, on... vous nous demandez
de suspendre pour... à nouveau pour finaliser vos recherches.
M. Roberge : ...le temps de
fournir une réponse exhaustive aux collègues.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Parfait. D'accord.
Alors, compte tenu de l'heure, la
commission reprend ses travaux jusqu'à 15 heures.
(Suspension de la séance à 12 h 58)
Haut de la page
15 h (version non révisée)
(Reprise à 15 h 03)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses
travaux. Donc, au moment de suspendre, ce matin, nous en étions à... à l'étude
de l'article 11, qui est introduit par l'article 27 sur la loi, comme
on dit, la loi qui est édictée, alors, M. le ministre, je pense que vous aviez
quelques précisions.
M. Roberge : Oui, merci, Mme
la Présidente. Merci aux équipes qui ont trouvé des réponses aux questions
posées ce matin. Souvenons-nous qu'on est à l'article 11 de la loi
édictée. On parle de mécanisme de mise en œuvre de d'autres articles où l'on
parlait de manifestations religieuses collectives qui pourraient, dans certains
cas, ne pas être permises ou de gens qui ne respecteraient pas l'article quatre,
c'est à dire qui entraveraient l'accès à un lieu de culte ou empêcherait la
pratique du culte dans des lieux de culte, donc, dans le fond, on est dans le
respect des dispositions. Et on disait que pour des personnes physiques, il
pourrait y avoir des amendes de 125 $ à 375 $ ou des amendes de 375 $
à 1125 $ dans d'autres cas, et là, on me demandait des exemples, peut-être,
de... Ce qu'on disait, c'est que ça a été fait en collaboration avec le ministère
de la Justice, mais est-ce qu'on a d'autres exemples de sanctions, d'amendes?
Donc, par exemple, par exemple : Séjourner sur une terre du domaine de l'État
en... en contravention avec des interdictions légales. Donc, si on se trouve à
un endroit où on ne devrait pas aller, en contravention avec des interdictions
légales, bien, il peut y avoir des amendes de 50 $ à 200 $, donc un
peu inférieur, mais quand on est dans la fourchette de 50 $ à 200 $,
on couvre le 125 $ à 375 $, on n'est pas si loin.
Pour la ville de Montréal, consommation d'alcool
dans le domaine public, donc, encore une fois, quand on est dans l'espace
public puis on fait quelque chose qui n'est pas permis, des amendes de 100 $
à 150 $, donc, on est proche, là. Consommation dans le domaine public à la
Ville de Québec, ils sont un peu plus sévères, de 150 $ jusqu'à
1 000 $, donc, voyez-vous, et encore une fois, si on est dans des
comportements répréhensibles qui contreviennent aux normes et aux lois, par
exemple, fumer du tabac dans certains lieux extérieurs où ce n'est pas permis,
par exemple, sur une terrasse, dans un parc, sur un terrain de jeu, bien là,
les amendes qui sont prévues, c'est de 250 $ à 750 $. Donc, on est
grosso modo dans les mêmes fourchettes. Voilà pour les exemples demandés par
les collègues.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme... Oui, allez-y.
Mme Setlakwe : Oui, donc,
merci, M. le ministre, d'avoir fourni ces exemples. Moi, je n'ai pas d'autres
questions sur cet article-là.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Parfait. Est ce que d'autres interventions sur l'article 11
introduit par l'article 27? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce
que l'article 11 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. On passe donc à l'article 12, M. le ministre.
M. Roberge : Merci bien. 12 :
Le ministre peut émettre des directives à tout organisme visé à l'annexe I de
la
Loi sur la laïcité de l'État (chapitre L-0.3) portant sur l'application des
dispositions de la présente loi. Ces directives peuvent viser un ou plusieurs
organismes et contenir des éléments différents selon l'organisme visé.
Ces directives doivent être soumises au
gouvernement pour approbation et
publiées à la Gazette officielle du Québec .
Une fois approuvées, elles lient les
organismes qui y sont visés.
Commentaire explicatif :
L'article 12
proposé habilite le ministre responsable de la laïcité à émettre des directives
à tout organisme visé à l'annexe 1 de la
Loi sur la laïcité de l'État portant
sur l'application de la Loi favorisant la neutralité religieuse, notamment dans
l'espace public. Je précise que le nom de cette loi-là sera ultérieurement
changé, mais on parle de cette loi-là. Cet
article vise à assurer une
application cohérente de la loi et en faciliter la mise en œuvre, puisque des
directives constituent un outil clair pour orienter les organisations dans l'interprétation
et l'exercice de leurs obligations en matière de laïcité. J'ajoute que les
collègues de l'opposition officielle, ce matin, nous disaient que ça pouvait
être pertinent d'avoir cette habileté, peut-être dans le cas, d'ailleurs, de
manifestations religieuses collectives. Si, à l'usage, on a besoin de
directives, donc, on a l'article 12, on y faisait référence ce matin.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Est ce qu'il y a des commentaires? Mme la députée.
Mme Setlakwe : Oui, merci, Mme
la Présidente...
Mme Setlakwe : ...donc, on
avait... je pense qu'on avait débuté la discussion avant de suspendre
l'article, là, mais on avait donc dit que ça pouvait être des clarifications
souhaitées par le milieu et que c'était assez usuel comme... comme clause. Vous
confirmez?
M. Roberge : ...plusieurs
lois qui prévoient, justement, la possibilité d'émettre des directives. Je
précise qu'on dit que c'est le ministre, mais le ministre n'agit pas seul,
parce que parfois on touche des champs de compétence d'autres ministères qui ne
sont pas le ministère de la Laïcité, là, mais ça doit être soumis au
gouvernement pour approbation. Donc, ça passe en Conseil des ministres, donc,
avec les avis, tout ça. Donc, on est sûrs d'avoir une approche qui est
concertée avec les ministres responsables des différents réseaux. Je pense que
c'était très important d'avoir cette... ce paragraphe-là qui précise que ça
doit être fait de concert avec les ministres responsables.
Mme Setlakwe : Merci. Est-ce
que la
Loi sur la laïcité elle-même contient cette disposition-là? Parce que
là, ici, on est dans la loi édictée qui a changé... dont on a changé le nom.
Rappelez-nous, là. Ce n'est pas... Ce n'est pas la Loi favorisant la neutralité
religieuse notamment dans l'espace public, c'est la...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mais on va le changer à la fin.
Mme Setlakwe : Oui, oui, oui.
Mais on est quand même dans la loi édictée. Je voulais juste la nommer, là,
c'est la... oui, c'est la loi...
M. Roberge : ...
Mme Setlakwe : ...Loi
favorisant la pratique religieuse collective.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui, allez-y, M. le ministre.
M. Roberge : Oui. Mme la
Présidente, juste préciser, dans la
Loi sur la laïcité de l'État, on a un
pouvoir semblable, et là, dans la loi qu'on est en train d'édicter, qui fera
l'objet d'un amendement pour changer son nom, là... il n'est pas adopté encore,
je ne veux pas induire de la confusion, c'est juste que, quand je lis le
titre
de la loi... là, en ce moment, on l'appelle Loi favorisant la neutralité
religieuse notamment dans l'espace public, je fais juste dire qu'on avait
déposé un amendement pour changer ce nom-là. On va y venir plus tard. Mais,
ceci dit, la question, c'est... merci à mon équipe, la question, c'est la
capacité pour le ministre, avec le gouvernement et les... les ministres
responsables, d'édicter des directives. On l'a donc dans cette nouvelle loi
édictée puis on l'a aussi dans la
Loi sur la laïcité de l'État, puisque c'est
deux lois distinctes. Je pense, c'est normal.
Mme Setlakwe : Merci. Donc,
oui, vous avez tout à fait compris ma question, là, c'était de savoir si la
disposition équivalente est... c'est le même libellé exact dans la
Loi sur
le... la laïcité de l'État, là, le chapitre, L-0.3.
M. Roberge : Oui.
Mme Setlakwe : Même libellé...
M. Roberge : On est... On est
à la même... de la même manière.
Mme Setlakwe : Parfait.
Est-ce que... Est-ce que vous l'avez utilisée, cette disposition-là?
C'est-à-dire est-ce qu'il y a des directives qui ont été émises en vertu de
l'article équivalent qui se trouve dans la
Loi sur la laïcité?
M. Roberge : Dans la loi de
2017, puisqu'on l'appelle comme ça ensemble depuis le début, qui avait été
adoptée avant l'arrivée de mon gouvernement, il y avait eu adoption... il n'y
avait pas de directive, mais il y avait possibilité d'adopter des lignes
directrices. Donc, il y a eu besoin de clarification, et ça avait été fait à ce
moment-là.
Mme Setlakwe : Merci. Mais
ça, c'est pour la loi de 2017, mais, pour la Loi de... sur la laïcité, qui date
de 2019, je pense, est-ce que cette mesure a été utilisée, c'est-à-dire le
droit d'émettre des directives?
M. Roberge : Non, ça n'a pas
été utilisé jusqu'à présent, c'est un outil qu'on a qui peut être utile.
Mme Setlakwe : Parfait.
Est-ce que vous voulez proposer... pas proposer, mais mettre de l'avant des
exemples? Est-ce que... Moi, j'avais noté ici, dans mes notes, là, peut-être,
ça pourrait être... là, c'est moi qui suggère l'exemple, mais vous en avez
peut-être d'autres, ça pourrait être une directive émise au réseau des cégeps
ou...
• (15 h 10) •
M. Roberge : Je n'en ai pas
en tête. Je n'ai... On ne met pas cette habileté-là en ayant tout de suite, par
exemple, une directive qu'on serait en train d'écrire. Je ne l'ai pas. Donc, je
pense qu'il va falloir faire vivre la loi puis être à l'écoute des réseaux puis
des ministres aussi, des collègues. Ça pourrait être un collègue d'un réseau,
que ce soit santé, que ça soit éducation, que ce soit enseignement supérieur,
qui dirait : Dans mon réseau, là, on a... on a besoin de précisions, puis,
à ce moment-là, on le ferait pour clarifier puis pour aider, là, les réseaux à
mettre les choses en place pour avoir une certaine uniformité. Mais je n'ai pas
l'intention ou une ébauche de directive, qui serait écrite en ce moment, là, à
déposer tout de suite, là. Je pense qu'il faudra écouter le réseau après...
après sanction de la loi puis voir comment ça s'applique.
Mme Setlakwe : Merci. Je n'ai
pas d'autre question.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Alors, s'il n'y a pas d'autre question à l'article
12, est-il adopté?
Des voix
: Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. On passe maintenant à l'article 13.
M. Roberge :
Article
13 : «La présente loi s'applique malgré les articles 1 à 38 de la Charte
des droits...
M. Roberge : ...et libertés de
la personne (chapitre C-12)»
Commentaires explicatifs : Cet
article prévoit la disposition de la souveraineté parlementaire conforme à
l'article 52 de la Charte des droits et libertés de la personne. Cette
dérogation à la Charte québécoise fait en sorte qu'une disposition de la loi,
une fois sanctionnée, ne pourra être invalidée sur la base d'un recours fondée
sur les articles 1 à 38 de cette charte.
Il faut préciser que, justement, c'est
quelque chose qui est prévu dans la charte. Il y a un
article dans la charte
qui permet d'invoquer la clause de souveraineté parlementaire, certains
appellent la clause dérogatoire. Donc, on utilise cet outil.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Commentaires, questions sur l'article 13? Mme
la députée.
Mme Setlakwe : Oui, merci.
Donc, ici, on est... on parle d'une de nos deux chartes, n'est-ce pas? Puis je
pense que l'article suivant va invoquer la clause de dérogation qui se trouve
dans la Charte canadienne, si on veut, mais ici on est sur la charte
québécoise, n'est-ce pas?
M. Roberge : Oui, on est sur
la charte québécoise ici. Puis effectivement, à l'article suivant, on sera sur
la Charte canadienne.
Mme Setlakwe : Pourquoi, M.
le ministre, vous ajoutez les... bien, on peut commencer par 13, mais il y
avoir des éléments de discussion qui vont s'appliquer aux deux articles. Mais
juste expliquer pourquoi vous souhaitez utiliser ou vous jugez nécessaire
d'utiliser la clause de dérogation à l'égard de la loi édictée.
M. Roberge : Parce qu'on est
sur un sujet délicat qui n'avait pas été prévu au moment où la charte a été
rédigée, là. Il faut reculer, mon Dieu, dans les années 70. Je ne me
souviens plus de l'année, mais ça n'avait pas été prévu, que la société avance
dans cette direction-là, qu'on se dote d'une
loi sur la laïcité, qu'on se dote
d'une
loi sur les accommodements puis sur les manifestations religieuses. Donc,
ça ne pouvait pas être prévu par le législateur de l'époque, mais le
législateur de l'époque, sachant qu'il ne pouvait tout prévoir, a inscrit
l'article 52 pour dire : Bien, s'il arrive des choses qu'on ne
prévoit pas, bien, il sera possible de soustraire aux dispositions de la charte
en invoquant l'article 52. Donc là, je pense qu'on arrive à quoi, presque
40, 50 ans plus tard, avec une situation que ne pouvait pas anticiper le
législateur à l'origine, donc on utilise cette disposition.
Mme Setlakwe : Merci. Juste
pour que les gens qui nous écoutent le comprennent, est-ce que, donc, cette loi
vient suspendre... Qu'est-ce que ça vient faire exactement? Est-ce que ça vient
suspendre des droits et des libertés qui sont prévus dans la charte québécoise
qui a été adoptée à l'unanimité? Donc, est-ce qu'on est en train de dire, ou
comme gouvernement, en déposant ce projet de loi là : Je reconnais que
j'enfreins des droits, je reconnais qu'il se pourrait que certains droits et
libertés reconnus par la charte soient... qu'il y ait une contravention, qu'il
y ait une... qu'il y a... que certaines dispositions de la loi viennent en
conflit avec des droits et des libertés qui sont protégés par nos chartes?
M. Roberge : Non, je ne le
dirais pas comme ça. Ce que ça dit, c'est que la loi ne pourrait pas être
invalidée sur la base d'un recours hypothétique qui serait intenté en vertu des
articles 1 à 38 de la charte. L'ancien ministre libéral, malheureusement
décédé il y a... il y a peu de temps, Benoit Pelletier, avec qui j'ai eu le
plaisir de discuter, était le promoteur de cette clause... de ces clauses
dérogatoires ou de ces clauses de souveraineté parlementaire, tant celles dans
la charte québécoise que dans la Charte canadienne, et, je vais le citer, il
disait que ça permettait de «faire contrepoids au pouvoir judiciaire, lorsque
l'intérêt collectif l'exige» et faire primer le choix du législateur sur la volonté
du juge. Il disait que «...étant donné le préjugé favorable que les juges
manifestent un peu trop automatiquement à l'égard des droits et libertés
individuelles, et leur hésitation à avaliser des choix collectifs qui semblent
aller à l'encontre de ces droits et libertés. Je ne pourrais mieux dire que M.
Benoît Pelletier.
Mme Setlakwe : Merci. Juste
nous rappeler à quel moment, cette citation date de quelle année?
M. Roberge : 2014. Un
article
qui s'appelait Réhabiliter les clauses dérogatoires . Donc, c'était entre
la crise d'accommodements raisonnables, le rapport Bouchard-Taylor et les
sanctions des lois...
Mme Setlakwe : Mais la
citation dont... Oups! Je m'excuse.
M. Roberge : Non, non, c'est
bon. Allez-y.
Mme Setlakwe : La citation
que vous venez de nous... de nous rappeler, elle date de 2014.
M. Roberge : Oui.
Mme Setlakwe : Votre
gouvernement et...
Mme Setlakwe : ...est au
pouvoir depuis 2018. Combien de fois avez-vous utilisé, invoqué cette clause de
dérogation depuis que vous êtes au pouvoir?
M. Roberge : Attendez un peu,
j'ai ça ici... me ramener, parce que, là, je ne veux pas me tromper. On a les
chiffres.
Des voix : ...
M. Roberge : OK. Depuis 2018,
11 fois à la charte canadienne, cinq fois la charte québécoise, mais je tiens à
préciser que le Québec a invoqué les dispositions dérogatoires à la charte
canadienne 61 fois. Tous les gouvernements l'ont fait, que ce soit le
gouvernement du Parti libéral du Québec ou le gouvernement du Parti québécois.
Donc, 61 fois à la charte canadienne, le prochain article, 45 fois les
gouvernements ont utilisé des clauses dérogatoires ou de souveraineté parlementaire
par rapport à la charte québécoise. Donc, à chaque fois, il faut se poser la
question, mais on ne peut pas dire que ce n'est jamais arrivé ou que ce serait
seulement l'apanage du gouvernement de la Coalition avenir Québec. Tous les
gouvernements, peu importe leur couleur, l'ont utilisé.
Mme Setlakwe : Merci. Je
pense qu'il est important qu'on fasse la distinction entre une utilisation
préventive ou de préemption et une utilisation de la clause de dérogation après
que le pouvoir judiciaire se soit exprimé. Et, ici, pour les fins de notre
discussion, pour les fins de la commission, pour ceux qui nous écoutent, il est
important de préciser que c'est une utilisation préventive, dans le sens qu'on
met... permettez-moi de le vulgariser, on met le judiciaire hors jeu.
Donc, moi, si je le comprends bien, on dit
aux citoyens : Vous ne pouvez pas contester la loi devant les tribunaux,
vous ne pouvez pas venir dire que la loi... Vous ne pouvez pas aller consulter
le judiciaire, porter la loi devant l'examen des juges et dire qu'il y
aurait... que vos droits seraient brimés en vertu de la charte québécoise.
Est-ce que je le comprends de la bonne façon?
M. Roberge : Bien, ce n'est
pas tout à fait exact de dire que c'est de manière préventive. On pourrait dire
que c'est de manière corrective aussi, parce que le projet de loi est aussi une
réponse de l'Assemblée nationale à une jurisprudence qui existe en matière
d'accommodement, par exemple, pour motif religieux ou, comme le disait M.
Pelletier, l'historique, quand on regarde plusieurs jugements de la
jurisprudence, les juges ont tendance à faire primer, je vous dirais, les
droits et libertés individuels plutôt que les droits et libertés collectifs.
Donc, on pourrait dire que c'est de
manière préventive, mais je pense que c'est aussi de manière corrective, par
rapport à des jugements précédents, puis c'est une manière d'affirmation aussi
de souveraineté parlementaire, c'est-à-dire qu'on regarde des choses qui ont
été votées il y a des décennies, qui demeurent pertinentes, mais on sait très
bien que les législateurs de l'époque n'avaient pas anticipé tous les cas de
figure et transformations sociales qu'on vit aujourd'hui. C'est pour ça qu'ils
ont prévu un mécanisme, et on utilise ce mécanisme qui fait
partie de la loi.
Donc, certains disent : Vous faites ça contre la charte, mais, écoutez, on
utilise un
article de la charte qui a été prévu expressément pour que les
législateurs puissent les utiliser.
• (15 h 20) •
Mme Setlakwe : Je comprends,
mais, en utilisant la clause... C'est une clause nonobstant, là, donc ça veut
dire : nonobstant ce que prévoit la charte, voici, voici la loi, la loi
dicte, stipule a, b, c, d, et vous ne pouvez pas aller porter cette loi ou la
faire examiner par les tribunaux, parce qu'elle s'applique, nonobstant ce que
prévoit... ce que prévoit la charte.
Il se peut qu'une clause... Parce que,
dans les statistiques que vous avez évoquées, il se peut que la clause de
dérogation... et là, à ce moment-là, on peut... j'adhère plus à la... à la
référence, dans ce cas-là, à la souveraineté parlementaire, il se peut qu'on
l'utilise après que les tribunaux aient statué, aient fait l'examen, aient
étudié la loi à la lumière de ce que prévoit la charte et disent : Non,
effectivement, la loi qui a été adoptée par un... par un Parlement contrevient
à la charte, et qu'après coup le Parlement dise : OK, très bien, mais
nonobstant, on va... on va quand même, pour des raisons particulières, des...
toutes sortes de raisons, dire : On va quand même aller de l'avant avec
avec la loi en question...
Mme Setlakwe : ...ici, est-ce
qu'un citoyen pourrait se présenter devant les tribunaux et dire : Je me
sens lésé, mes droits sont... mes droits sont lésés, je voudrais contester la
loi devant les tribunaux? Est-ce qu'ils peuvent faire examiner la loi, le
projet de loi neuf devant les tribunaux ou est-ce qu'on met le... ou est-ce
qu'on met un genre de cadenas dessus? Est-ce qu'on empêche cette possibilité
d'avoir recours aux tribunaux?
M. Roberge : La loi pourrait
être contestée, mais pas en invoquant les articles, comme à 38, de la charte
québécoise.
Mme Setlakwe : ...là. Parce
qu'il faut... Ce n'est pas juste dans l'abstrait, là. On met le judiciaire
hors-jeu, on dit que «la loi s'applique nonobstant la charte». Mais... Mais
quels sont les droits spécifiquement ou quels sont les articles de la charte?
Et que prévoient ces articles-là en termes de droits et libertés? Ce sont
lesquels précisément qui font... qui font l'objet, là, de la clause de
dérogation, ceux pour lesquels on dit : «La loi s'applique nonobstant les
droits spécifiques prévus aux articles 1 à 38»?
M. Roberge : Donc, vous
voulez qu'on aille voir ensemble, dans la Charte des droits et libertés de la personne
du Québec, les articles?
Mme Setlakwe : Bien, moi,
j'ai fait... j'ai fait le... Je l'ai fait pour la loi, la
loi canadienne, donc.
Puis on... Peut-être que j'arrive à l'autre article, mais je vais quand même...
je peux l'introduire, si vous souhaitez. Puis, après ça, on viendra... vous
nous direz si c'est la même chose dans la loi québécoise. Mais, quand on va
arriver à 14, parce que c'est quand même la clause «nonobstant», la clause de
dérogation, bien, il y en a deux, puis les deux sont... les deux sont
invoquées, les deux sont utilisées. Dans 14 on dit que la loi va s'appliquer,
va avoir pour... elle va avoir effet indépendamment des dispositions des
articles deux et 7 à 15 de la Charte canadienne, mais je suis pas mal sûre
qu'il y a le pendant dans la charte québécoise. Deux, c'est : «Chacun a
les libertés fondamentales suivantes : la liberté de conscience et de
religion, liberté d'expression, liberté de réunion pacifique, liberté
d'association.» Puis, 7 à 15, bien, c'est soit... ce sont les garanties
juridiques, droit à l'égalité. Est-ce qu'on peut dire que c'est... ce sont les
mêmes... les mêmes droits et libertés qui sont visés dans le... dans la charte
québécoise et qui sont écartés ici avec l'article 13?
M. Roberge : Juste faire
attention. Les droits ne sont pas écartés. On dit simplement qu'on ne pourrait
pas, une fois sanctionnée, faire invalider la loi actuelle ou des articles de
la loi actuelle en invoquant les articles 1 à 38 de la charte québécoise.
Il y a une raison à ça. C'est parce que les situations qui se présentent
aujourd'hui sont différentes de ce qu'on... on connaissait au moment où la
charte a été votée. Et on veut être capables de légiférer aujourd'hui, dans le
contexte qui est le nôtre, en voyant, en tenant compte des préoccupations des
Québécois en 2026, mais aussi dans les dernières années. Et, si on n'utilisait
pas cette clause-là, ben ça amènerait beaucoup d'incertitude. C'est-à-dire
qu'on édicterait une loi. Vraisemblablement, il y a certains groupes qui
tenteraient de la faire invalider. Donc, les parlementaires voteraient une loi,
puis il est possible que cette loi serait suspendue pendant peut-être des
années, jusqu'à ce qu'à la fin une cour nommée sans que des Québécois aient
leur mot à dire et vienne peut-être invalider des articles votés par
l'Assemblée nationale.
Il me semble que, dans ce sens-là, le
terme «article de souveraineté parlementaire» prend tout son sens. Il
appartient au Parlement du Québec puis aux élus de la nation québécoise à voter
un cadre sur le vivre-ensemble en écoutant les gens qui sont venus nous parler,
en faisant des arbitrages puis en tenant compte de l'opinion des Québécois.
Moi, je pense que c'est tout à fait raisonnable.
Puis je ne vois pas qu'est-ce qu'on
gagnerait à sanctionner une loi, sachant qu'elle sera peut-être suspendue
pendant on ne sait pas combien de temps, peut-être, puis qu'à la fin d'un
processus mené par des juges non nommés par l'Assemblée nationale, le premier
ministre, la première ministre, bien, on reviendrait ensuite, puis là, on
invoquerait la clause de souveraineté parlementaire. Puis on aurait perdu tout
ce temps-là pour rien.
Je pense que d'y aller de cette
manière-là, c'est la meilleure façon. Puis je pense que les Québécois
s'attendent à ça. D'ailleurs, il y a... il y a une majorité de Québécois qui ne
remettent pas en question...
M. Roberge : ...à des clauses
de souveraineté parlementaire.
Mme Setlakwe : Merci. Là,
ici, on est dans la charte québécoise, et une majorité de parlementaires
peuvent adopter une loi qui... bon, peut-être, ce n'était pas le bon terme,
tout à l'heure, écarte des droits, mais qui touche à des droits et libertés
fondamentales prévues dans une charte québécoise adoptée à l'unanimité par les
parlementaires. On est là quand même. Une majorité de parlementaires peut
mettre en application une loi dont certaines dispositions peuvent
potentiellement brimer certains droits prévus à une charte adoptée à
l'unanimité par les parlementaires sans examen judiciaire. Là, je vais me
permettre de rappeler, là, les... La base, c'est l'État de droit, on a le
pouvoir judiciaire, on a le pouvoir législatif puis on a le pouvoir exécutif.
Le judiciaire est là, a un rôle à jouer, et il me semble qu'on protège les
citoyens, les Québécois, Québécoises. La charte est là pour les protéger et les
juges sont là justement pour étudier les projets de loi.
Mais ce n'est pas juste moi qui le dis,
là, c'est le, c'est le Barreau du Québec. Moi, j'ai le... j'ai leur mémoire
sous les yeux. Ils ont fait une sortie récente. Eux sont inquiets de
l'utilisation, je dirais, à répétition, là. On est rendu à plusieurs fois dans
les dernières années depuis que le gouvernement de la CAQ est au pouvoir. Ils
s'inquiètent donc d'un effritement, d'une érosion, puis ils regardent aussi ce
qu'il se passe ailleurs dans le monde. Je ne dis pas que ce qu'il se passe au
Québec, ça équivaut à ce qu'il se passe ailleurs dans le monde, mais il nous
rappelle l'importance de préserver les fondements juridiques et démocratiques
de la société québécoise, particulièrement dans un contexte marqué par
l'érosion de ces principes à travers le monde.
Ils disent, donc, qu'ils ont étudié le
projet de loi n° 9. Il est clair, selon le Barreau,
selon des experts, là, dont un professeur qui est venu nous parler en
consultations, Me Louis-Philippe Lampron... il y a Me Martine Valois
aussi qui a signé le mémoire : «Il est clair que le projet de loi n° 9 emporte une restriction à l'exercice de la liberté de
religion. C'est un droit fondamental qui bénéficie d'une protection — c'est
une protection des citoyens, là — constitutionnelle et quasi
constitutionnelle, tant en vertu de la charte canadienne que de la charte
québécoise. Oui, le législateur l'a assorti d'un mécanisme de dérogation aux
droits fondamentaux, mécanisme qui est utilisé ici par le gouvernement, ayant
pour effet d'en permettre l'application et de neutraliser à l'égard des droits
visés, c'était donc l'importance de mes questions précédentes, le contrôle
judiciaire susceptible d'en entraîner l'invalidation. Et, lorsque des
initiatives législatives compromettent ces fondements, donc ces fondements qui
sous-tendent, donc, notre État de droit, le Barreau dit : «Il est
impératif de les dénoncer.»
Il considère que le... ça devrait être un
mécanisme exceptionnel et que, dans une logique... je suis encore dans leur
mémoire, mais ça vaut la peine qu'on s'y attarde, là : «Dans une logique
de sécurisation préventive des choix politiques... une logique de sécurisation
préventive des choix politiques soulève d'importantes difficultés au regard des
principes constitutifs de l'État de droit. Si le débat parlementaire demeure un
mécanisme essentiel de légitimation démocratique et de reddition de comptes
politiques, il ne peut néanmoins, à lui seul, offrir aux citoyens des
protections équivalentes à celles qui assurent l'accès à des recours effectifs
devant des tribunaux indépendants, particulièrement lorsqu'il est question de
limiter leurs droits fondamentaux. Par des décisions rendues publiquement et
motivées en droit, les tribunaux contribuent directement à la vitalité et à la
transparence démocratique. En neutralisant dès l'adoption de la loi, c'est ce
qui est... c'est ce qui est l'intention ici, Mme la Présidente, en neutralisant
dès l'adoption de la loi, donc le projet de loi n° 9,
la possibilité d'un contrôle judiciaire fondé sur certains droits garantit le
recours préventif à la disposition de dérogation, rompt l'équilibre entre le
pouvoir législatif, le pouvoir judiciaire et les justiciables — donc
les citoyens qu'on est... dont c'est notre devoir de protéger — caractéristique
essentielle d'un état de droit fort.»
• (15 h 30) •
Le Barreau va même aussi loin que de
proposer qu'il y a un encadrement à l'utilisation de la clause nonobstant, mais
moi, j'aimerais entendre la réaction du ministre, la réponse du ministre aux...
à ces éléments qui ont été... qui ont été mis de l'avant, que j'ai cités, là,
qui proviennent du mémoire du Barreau du Québec.
M. Roberge : Bien, sur ce sujet-là...
Haut de la page
15 h 30 (version non révisé
e) M. Roberge : ...le débat est
important, puis je respecte les opinions contraires, je comprends qu'il peut y
avoir un débat là-dessus. C'est sain justement, qu'on puisse avoir un débat
là-dessus.
Je répète que ce n'est pas une première,
là. Certains prétendent que, ah, c'est le gouvernement de la Coalition avenir
Québec qui fait ça puis c'est bien terrible, les gens ne faisaient pas ça
avant, là. Et je le répète, là, au Québec, ça a été utilisé 61 fois pour
la Charte canadienne, 45 fois pour la charte québécoise. Tous les
gouvernements l'ont fait. Mais là les gens disent : Oui, mais le
gouvernement de la CAQ fait ça en ce moment, ils sont tout seuls. Je veux
préciser qu'en ce moment c'est devant la Cour suprême, la capacité d'utiliser,
dès la sanction, les clauses de souveraineté parlementaire.
Puis le Québec n'est pas tout seul. L'Ontario,
la Colombie-Britannique, l'Alberta, la Saskatchewan, le Manitoba, donc, chacune
de ces assemblées-là, avec le Québec, Ontario... Québec, Ontario, Colombie-Britannique,
Alberta, Saskatchewan, Manitoba, c'est six provinces sur 10 puis c'est
probablement au moins 80 % de la population canadienne, ces assemblées
législatives là disent : On a le droit de faire ça. C'est prévu dans la
loi. On ne déroge pas à la loi, on ne déroge pas aux chartes, c'est prévu dans
les chartes. Donc, le Québec ou notre gouvernement n'est pas seul ni
actuellement au Canada pour le faire ni dans l'histoire du Québec.
Donc, autant d'un point de vue historique
au fil des années qu'en ce moment, en 2026, c'est le principe de dire que la
clause de souveraineté parlementaire est légitime et doit être utilisée et
partagée par plusieurs parties, par plusieurs assemblées législatives. Donc, je
pense, c'est important de le mentionner. Voilà.
Mme Setlakwe : Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, je vais reconnaître la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Je viens de passer les dernières semaines en... les
consultations particulières en ce qui a trait au projet de la Constitution, et
évidemment on a parlé beaucoup du respect des droits fondamentaux des
Québécoises et des Québécois. Et il y a quelque chose, M. le ministre, que vous
venez de mentionner, puis ça a été déjà mentionné auparavant par le ministre de
la Justice, puis je veux bien comprendre votre point sur l'utilisation, en ce
moment, de cette clause dérogatoire de façon préventive, parce que le choix...
je m'excuse, les juges nommés ou les juges... Je présume que, les juges qui
vont entendre les causes ou les recours qui vont être entamés par un individu,
là, je vais dire, devant la Cour supérieure du Québec, vous êtes en train de
justifier, en ce moment, l'utilisation de la clause dérogatoire dérogatoire
parce que, là, ces juges n'ont pas été nommés par le Québec. Est-ce que j'ai
bien compris?
M. Roberge : Bien, l'argumentaire
de base, c'est que les règles du vivre-ensemble doivent être édictées par l'Assemblée
nationale du Québec, par les élus, les représentations... les représentants du
peuple. Mais, au surplus, je ne pense pas que des règles du vivre-ensemble
votées par les élus du peuple québécois à l'Assemblée nationale devraient être
invalidés par des juges, et, là-dessus, je rejoins le ministre libéral Benoit
Pelletier. Et j'ajoute que c'est... ce serait terrible de remettre entre les
mains de personnes qui n'ont même pas été nommés par le gouvernement québécois
puis de dire : C'est vous qui allez être l'arbitre sur les mesures de
vivre-ensemble sur le territoire québécois. Je ne suis pas d'accord avec ça.
Bien, on ne peut pas être d'accord d'être... d'être en désaccord, mais je ne
suis pas d'accord avec ça.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la députée.
Mme Garceau : Qui vont être l'arbitre,
les juges vont être des arbitres?Je tente de comprendre, là, la logique. Les
juges sont là, ils font
partie de notre démocratie afin d'interpréter les lois,
afin d'assurer que les droits fondamentaux des Québécois...
Mme Garceau : ...et des
Québécois soient respectés, et soient respectés aussi par le gouvernement du
Québec. Ils ont un rôle à jouer dans cette démocratie. Et ce n'est pas parce
qu'ils sont nommés par le fédéral qu'ils ne sont pas impartials, parce que je
pense que c'est ça, là, la logique dans votre argumentaire. Moi, je veux...
M. Roberge : Mme la
Présidente, ce n'est pas ce que j'ai dit. Je n'ai pas dit que les juges
n'étaient pas impartiaux. Je veux juste faire attention. Je n'attaque pas
l'impartialité des juges.
Mme Garceau : Mais vous
attaquez quoi, d'abord? Parce que, là, vous êtes en train d'utiliser... parce
que les juges... en train d'être des arbitres, c'est... Je tente de comprendre
la logique.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. le ministre.
M. Roberge : Je n'attaque
personne, Mme la Présidente, je fais simplement dire que l'Assemblée nationale
du Québec, libre de ses choix, peut choisir d'invoquer la clause de
souveraineté parlementaire et de dire : C'est nous qui arbitrons les
règles du vivre-ensemble au Québec. On peut choisir de dire : Bien, ce
sera des juges qui décideront en n'invoquant pas la clause. Je pense qu'il est
plus judicieux d'invoquer la clause et de dire : Bien, c'est nous qui
allons faire ces arbitrages-là, tout simplement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la députée.
Mme Garceau : Mais... Oui.
Mais le rôle de... des tribunaux du Québec, leur rôle essentiel, c'est
d'interpréter les dispositions législatives et d'assurer que ces
dispositions-là n'enfreignent pas les droits fondamentaux protégés par la
charte, et là on va dire la charte québécoise, parce que c'est sûr et certain
que l'article... je pense, c'est l'article 3 de la charte québécoise, on parle
de liberté d'expression, liberté d'opinion, liberté de religion. Vous voulez...
Vous utilisez cette clause-là pour dire : Probablement, oui, il y a une
violation à des droits fondamentaux, mais nous, on... on est souverain, donc on
va vous empêcher d'entamer des recours devant un tribunal afin qu'un juge
détermine. Puis là ça va être première instance, puis après ça la Cour d'appel,
puis ça peut aller plus loin, comme on a vu avec la loi 21, parce que, là, on
est en train de... c'est devant les... le plus haut tribunal, toute la question
de l'utilisation préemptive de la clause dérogatoire, c'est devant les
tribunaux en ce moment, le plus haut tribunal. Mais là on est en train de
l'utiliser ici, dans une nouvelle loi, un nouveau projet de loi qui touche
la... le port de signes religieux comme la loi 21. Donc, on est en train de
répéter la même chose ici avant qu'une décision soit prise devant la Cour
suprême.
Vous ne pensez pas que c'est... ça serait
peut-être important d'attendre de... attendre de recevoir la décision de la
Cour suprême avant d'aller de l'avant avec votre... le projet de loi, qui
utilise encore la même... encore une fois, la clause dérogatoire de façon
préemptive?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. le ministre.
• (15 h 40) •
M. Roberge : Bien... Mme la
Présidente, non, je... contrairement au Parti libéral du Québec, nous, au
gouvernement, on ne pense pas qu'on a besoin d'attendre après le gouvernement canadien
ou après l'autorisation du premier ministre du Canada. On ne pense pas... comme
l'Ontario, comme la Colombie-Britannique, comme l'Alberta...
Une voix : Saskatchewan.
M. Roberge : ...comme la
Saskatchewan, bref, comme la majorité des provinces canadiennes, on ne pense
pas qu'on devrait attendre avant d'affirmer notre souveraineté parlementaire
sur des choses qui sont importantes. Le Parti libéral pense que oui. Je
respecte ce point de vue là. Nous, on pense que non.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Mme la députée.
Mme Garceau : Donc, la
souveraineté parlementaire fait en sorte que c'est la priorité, et les droits
fondamentaux des individus, des organismes...
Mme Garceau : ...du Québec
passe après. C'est la souveraineté parlementaire qui, vraiment, est, on va se
le dire, juge de la situation également. Vous légiférez, mais vous êtes juges
en même temps parce que vous êtes... vous êtes en train de porter un jugement,
que : nous, on a raison puis on n'a pas besoin d'une décision du plus haut
tribunal pour continuer à faire ce qu'on fait. Et, pour les Québécoises et
Québécois, les dispositions législatives briment leurs droits fondamentaux.
C'est pour ça qu'il y a une charte, pour assurer de respecter les droits des
Québécoises et des Québécois.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. le ministre.
M. Roberge : Mme la
Présidente, en invoquant l'article 52 de la Charte des droits et libertés de la
personne, on ne contrevient pas à la Charte des droits et libertés de la
personne, on utilise un
article de la charte prévu expressément pour ça, et les
législateurs, à l'époque, ils n'ont pas mis de conditions, ils n'ont pas
dit : Vous devez le faire à l'unanimité. Donc, on respecte à 100 %
l'intention des législateurs qui nous ont précédés, qui ont créé un cadre, qui
ont édicté plein d'articles puis qui ont mis un
article en disant : Bien,
ceux qui nous suivront, les parlementaires qui nous suivront pourront invoquer
cet article. Nous le faisons. Nous sommes en droit de le faire, et c'est
l'Assemblée nationale qui prend ce type de décision. Voilà.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Mme la députée.
Mme Garceau : Oui, merci, Mme
la Présidente. Bien, j'écoute, M. le ministre, évidemment, tout cet aspect-là
qu'on peut l'utiliser... Vous avez pris une décision, en tant que gouvernement
que, oui, vous avez le droit de l'utiliser. Et en bout... en bout... au bout du
compte, en l'utilisant, ça fait en sorte que... Et d'ailleurs, dans le passé,
vous renouvelez la clause, qui fait en sorte que les Québécois et les
Québécoises sont empêchés, empêchés d'entamer un recours, d'avoir justice
devant les tribunaux en ce qui a trait au respect de leurs droits fondamentaux.
Moi, c'est là où j'ai un problème,
c'est... les Québécoises, les Québécois, là, sont privés d'accès à la justice.
Ça, en soi, c'est un droit fondamental, l'accès à la justice. Il est... il est
où, ce droit fondamental là, pour vous, M. le ministre, en utilisant la clause
de façon préventive, dérogatoire? Parce que ça fait en sorte qu'on la
renouvelle, et