Culture and Education — 4 October 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
CCE 2023-10-04
Quebec — Committees
(Onze
heures vingt minutes)
La Présidente
(Mme Dionne) : Alors, bonjour à tous. Ayant constaté le quorum,
je déclare la séance de la Commission de la culture et de l'éducation ouverte.
Donc, la commission
est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 23,
la Loi modifiant principalement la
Loi sur l'instruction publique et édictant
la
Loi sur l'Institut national d'excellence en éducation.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
La Secrétaire :
Oui, Mme la Présidente. Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont)
est remplacée par Mme Garceau (Robert-Baldwin).
La Présidente (Mme Dionne) : Merci.
Donc, avant de débuter, je dépose les mémoires qui ont été reçus hier,
qui seront accessibles à tous les membres.
Donc,
je vous rappelle que nous étudions présentement le projet de loi n° 23 par sujets. Alors, lors de l'ajournement de nos travaux
d'hier, nous avions amorcé l'étude du sujet 3, intitulé Données. Donc, de
façon plus précise, nos discussions portaient sur l'article 37. Donc, M.
le ministre, la parole est à vous.
M. Drainville : Oui, la parole est à moi,
bien sûr, Mme la Présidente. Bien, écoutez, on a beaucoup, beaucoup
échangé, là, je pense avoir précisé mon orientation. J'ai fait une proposition
d'amendement, qui serait déposé lorsque nous
étudierons la création de l'INEE, l'Institut national d'excellence en éducation,
pour que ce soit l'INEE, donc, qui conseille
le ministre sur les cibles et les indicateurs permettant de détecter les
facteurs de risque pour la réussite scolaire des élèves. Donc, je
trouvais que ça rendait justice et que ça atteignait l'objectif que souhaite
l'opposition officielle.
Maintenant, je ne
crois pas... en tout cas, en date d'hier, ce que j'entendais, c'est que ce
n'était pas suffisant, dans leur esprit.
Mais, Mme la Présidente, je... il faut trouver le juste équilibre dans ce
projet de loi. Il faut se donner les bonnes balises. Il faut se donner
les bons garde-fous. Mais il ne faut pas non plus, comment dire, répéter...
comment dire, réitérer, ou refaire, ou remettre en place des limites, des
conditions, des obstacles qui vont faire en sorte que la recherche de la
souplesse et de l'agilité qui est recherchée et qui sous-tend ce projet de loi
et qui vise justement, Mme la Présidente, à
mieux aider les élèves, à favoriser la réussite éducative des élèves, il faut
garder cette souplesse-là, Mme la Présidente, il faut garder cette
agilité-là. Et je trouve que l'amendement que nous proposons incarne bien cette
espèce d'équilibre que l'on souhaite, où il y a, d'un côté, les experts qui
nous disent : Voici les cibles, voici les indicateurs que nous vous recommandons et qui vont vous permettre de
bien détecter ou de mieux détecter les facteurs de risque. Mais d'aller
dans une direction comme celle que nous propose l'opposition libérale jusqu'à
maintenant, peut-être que la nuit porte conseil parfois, peut-être que, ce
matin, cette proposition raisonnable que j'ai mise de l'avant hier les aura convaincus, je le souhaite ardemment, mais d'aller
dans une direction, Mme la Présidente, qui va alourdir le processus, ce
n'est pas la voie de... ce n'est pas la voie que nous privilégions à ce
stade-ci.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci,
M. le ministre. D'autres interventions? Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Mme la Présidente, bonjour. Nous sommes mercredi, nous sommes jour de Gazette
officielle . Alors, permettez-moi de
faire un petit accroc pour dire merci au ministre et félicitations, car,
vendredi dernier, nous avions une interpellation, et j'avais mis
l'emphase sur un enjeu qui était bien réel en formation professionnelle, où
est-ce qu'on avait des enseignants qui ont
une spécialité, que ce soit, par exemple, mécanique, électricien, plombier et
que... avaient juste besoin de faire, et je dis juste avec... entre
guillemets, le mot «juste», 90 crédits pour aller chercher les compétences
en matière pédagogique. Et, par la suite, ça a été modifié par le prédécesseur
du ministre de l'Éducation actuel pour venir
ajouter un autre 30 heures... un autre 30 crédits, pardon, de
formation. Par la suite, les gens ont dit : Bien non, c'est beaucoup trop, puis il y avait des gens
qui disaient : Bien, moi, si c'est pour faire 120 crédits, bien,
laissez faire, je vais retrouver comme électricien, comme mécanicien ou
comme plombier.
Alors,
finalement, son prédécesseur avait fait quoi? Un projet de règlement, publié
par la Gazette officielle , qui a
duré 45 jours. Mais, par la suite, ça a été mort au feuilleton. Alors, je
l'ai... j'ai attiré l'attention au ministre de l'Éducation, et c'est un
homme que je connais, quand il prend son stylo, ce n'est pas pour faire des
dessins, mais c'est pour noter, et il a dit, il m'a dit qu'il n'était pas... il
ne m'avait pas vraiment répondu, mais qu'il prenait note. Alors, aujourd'hui, à
ma grande surprise, c'est publié, et ça rentrera... effet dans 15 jours.
Alors, pour ceux qui pensent que les
interpellations du vendredi ne servent qu'à faire du temps, détrompez-vous.
On est capable de faire avancer des
dossiers. On est capable de faire débloquer des dossiers. Et, là-dessus, je
veux vous dire merci, parce qu'en ce moment il y a plusieurs personnes
qui nous ont écrit, et permettez-moi de citer quelqu'un de la FSE : «Merci, merci, merci. Il y a bien des profs
expérimentés à la formation professionnelle qui poussent un soupir de
soulagement ce matin.»
Alors, M. le
ministre, vous voyez, des fois, célérité, règlement. Je ne sais pas si vous
voulez le dire, parce que c'est quand même
une bonne nouvelle, là. On est dans la Semaine de l'école publique, puis il y a
des bonnes nouvelles, alors là, hein, moi, je me suis donné comme mission qu'à
tous les jours je vais donner une bonne nouvelle. Alors, c'est la bonne
nouvelle du jour. Je ne sais pas si voulez intervenir, c'est un petit accroc,
mais, je pense, c'est important.
La Présidente
(Mme Dionne) : Allez-y, M. le ministre.
M. Drainville :
Oui, bien, Mme la Présidente, je suis content que la députée de
Saint-Laurent se réjouisse de ce qui est,
effectivement, une bonne nouvelle. Nous en avions, effectivement, discuté. Puis
je dois dire, Mme la Présidente, qu'au
mois de janvier dernier ça faisait, quoi, trois mois, à ce moment-là, que
j'étais ministre de l'Éducation, à peu près, j'avais rendu publiques mes sept
priorités, et, dans mes sept priorités, comme le sait la députée de
Saint-Laurent, il y a la formation
professionnelle, en laquelle je crois beaucoup, beaucoup, pour toutes sortes de
raisons, certaines empiriques, d'autres
plus personnelles. Mais, quoi qu'il en soit, j'ai la conviction, Mme la
Présidente, que la formation professionnelle peut rendre très heureux et
peut valoriser nombre de nos élèves, peut leur permettre de très bien gagner
leur vie et peut leur permettre d'avoir une grande utilité sociale. Et donc la
formation professionnelle, c'est extraordinaire.
Et donc on a
travaillé très fort sur ce dossier-là mais aussi sur d'autres dossiers. On a
mis, dans le dernier budget, des sous
conséquents pour garder, notamment, des petites cohortes, créer d'autres
petites cohortes. On est au travail, évidemment, pour former des
préposés aux bénéficiaires. Et on va avoir également des programmes pour former
des travailleurs de la construction avec tous les grands chantiers qui s'en
viennent.
Alors, je suis très
heureux, Mme la Présidente, que la députée de Saint-Laurent prenne ces quelques
secondes pour se féliciter d'une petite avancée. Ce n'est pas... dans l'ordre
général des choses, ce n'est pas la révolution, mais c'est avec des petits gains
comme ça, Mme la Présidente, qu'on va améliorer les choses. Et donc c'est un
travail d'équipe, pourrions-nous dire, et
puis il faut continuer comme ça, Mme la Présidente, il faut continuer à
travailler ensemble. Quand on est
capable de se rejoindre puis de travailler en unité, c'est une très belle
chose. Parfois, on ne s'entend pas, puis c'est correct aussi, ça
s'appelle la démocratie.
Alors,
merci de le souligner, Mme la députée de Saint-Laurent. Et j'espère que tous
ces gens qui vous écrivent, dites-leur...
vous pourrez leur répondre qu'ils... ils peuvent m'envoyer des messages aussi,
là, pour me dire à quel point ils sont contents. Parce que souvent, Mme
la Présidente, je reçois beaucoup de commentaires, n'est-ce pas, et je me désole parfois qu'il n'y ait pas suffisamment de
commentaires positifs dans ma corbeille. Alors, s'ils souhaitent me faire
savoir tout leur contentement, ce serait très apprécié, bien entendu. Ça nous
fait des petites tapes dans le dos qui font toujours plaisir et qui nous encouragent
à continuer. Est-ce que ça va, ça, Mme la Présidente?
La Présidente
(Mme Dionne) : Merci. On entend bien, M. le ministre, on
entend...
M. Drainville :
Vous entendez. Très bien, c'est excellent, c'est excellent.
La Présidente
(Mme Dionne) : Oui, on a très bien entendu le message. Alors,
d'autres interventions?
Mme Rizqy :
Juste pour rassurer le ministre, ils vous écoutent en direct, mais la
fédération... Bien, tu sais, c'est quand
même la... c'est important de le dire parce que ce n'était pas... ce n'est pas
moi qui me suis réveillée le matin, qui l'a su. Alors, je veux dire merci à
tous nos partenaires, et, là-dedans, c'était la FSE qui avait attiré notre
attention sur cet enjeu.
M. Drainville : ...la présidente de la
FSE, Mme Scalabrini nous avait sensibilisés également, c'est soit Josée
soit quelqu'un de son entourage, nous
avait sensibilisés également à cet enjeu-là, mais vous l'aviez, effectivement,
soulevé publiquement.
Mme Rizqy :
Je ne vous dirai pas comment gérer vos communications, mais je pense qu'en
pleine semaine de... qu'on s'est dit qu'on
mettait du pep dans la SPEP, ça, c'est une bonne nouvelle pour retenir,
justement, des gens qui sont très qualifiés dans des champs de compétence que
je vous le dis qu'il faut attirer encore davantage de gens, parce qu'on a effectivement besoin, plus que jamais, des
personnes, des artisans du métier qui, eux, évidemment, comme vous
l'avez si bien dit, gagnent quand même des gros salaires. Moi, je vous le dis,
là, j'en connais, là... O.K., moi, j'ai fait mon
bac en droit, puis, après ça, ils ont regardé puis ils ont fait : Aïe! Je
ne savais pas, mais il y a des emplois... 100 000 $ avec un D.E.P. Alors, ça, je tiens à le dire, ce
n'est pas nécessairement uniquement les diplômes universitaires qui donnent des
gros chiffres dans les... des gros salaires à six chiffres. Dans les D.E.P.,
là, on fait très bien notre vie puis on peut faire quelque chose qu'on est passionné. Alors,
j'appelle à tous, et aussi les filles, hein, parce que, hein, on a besoin de
vous.
Mme Rizqy : Oui. Ah! vous, vous le savez, hein, parce que
vous l'avez vécu aussi. Alors, vraiment, félicitations! Puis pourquoi je
voulais prendre le temps de le dire, M. le ministre? Parce que vous m'aviez
dit... Quand vous avez commencé votre mandat, vous m'avez appelée, puis on
s'était dit qu'on allait travailler, puis vous m'avez dit : Moi, je ne serai pas bucké, je veux entendre les
affaires. Puis, ça, je trouve que c'est une démonstration qu'après un vendredi
d'interpellation... vous l'avez noté, puis, je vais vous le dire, ça a été,
pour moi, aujourd'hui, là, un choc, de façon positive,
là, on s'entend, parce que c'est en moins de 15 jours, que vous avez agi
sur cette question-là, une fois interpelé.
M. Drainville : On travaille
fort, vous savez, Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Je n'en doute pas.
M. Drainville : On ne s'en pète
pas toujours les bretelles, là, mais on travaille très, très fort pour
redresser la situation. Et, là-dessus, comme sur beaucoup, beaucoup d'autres
sujets, on travaille très fort.
M. Drainville : Et
je rends hommage, d'ailleurs, Mme la Présidente, je m'excuse, Mme la députée de
Saint-Laurent, mais j'ai une équipe extraordinaire autour de moi. J'ai
une équipe au cabinet, dont Julien fait partie, ici présent, j'ai une équipe de
sous-ministres, et puis tous ceux et celles qui travaillent avec ces
sous-ministres, qui sont vraiment fantastiques. Et puis il y a beaucoup,
beaucoup, beaucoup de gens, au ministère de l'Éducation, là, qui sont dédiés. Ils aiment les enfants et ils veulent la réussite
de nos élèves. Je découvre cet immense ministère et puis je suis vraiment...
on est... Je vais vous le dire, Mme la
Présidente, là, on est choyés, puis je ne dis pas «chanceux», à escient, on est
choyés d'avoir autant de personnes
qui sont dédiées à la cause de la réussite des élèves au sein de notre
ministère de l'Éducation, qui, parfois, a mauvaise presse, mais moi, je
le sais, là, je travaille avec eux, là, puis c'est des gens, là... vraiment,
là, ils ont l'amour des enfants puis l'amour de la réussite tatoué sur le coeur,
Mme la Présidente. Il faut saisir ces petits moments-là que vous m'offrez, Mme
la députée de Saint-Laurent, et je vous en remercie, pour dire non seulement
qu'il se fait des très belles choses, mais qu'il y a des gens vraiment
passionnés dans notre système d'éducation. Là, je parle du ministère, mais, de façon générale, dans le système, dans le
réseau, des gens qui travaillent très, très fort pour essayer de... pour
servir la cause de l'éducation.
Mme Rizqy : Absolument. Puis,
là-dessus, si vous me permettez, pourquoi c'est important pour moi de vous le
souligner? C'est parce que, dans l'objectif de toujours travailler, je veux que
vous gardiez en tête que, quand que je vous
interpelle... en fait, je vais reprendre vos propos et... parce que moi, je
vous écoutais à la radio très souvent, j'étais une auditrice vraiment assidue, là, ce n'est pas des farces. Vous avez
une force, d'être capable d'imager le propos pour que les gens qui sont
sur la route puissent... ou au bureau, ou peu importe, là...
Mme Rizqy : Exactement.
Puis hier vous disiez, là : Moi, je... en parlant de vous, là, je suis un
petit peu comme le réceptacle de...
pour toutes les informations. Mais, nous aussi, quand on est, comme élus, dans l'opposition,
on reçoit l'information qui vient de partout puis, évidemment, on n'a
pas à chaque fois, nous, des occasions de parler. Les gens, des fois, nous demandent : Bien, pourquoi vous n'êtes pas à TVA en
ce moment? Bien, c'est parce que, un, ce n'est pas nous autres qui... ce
n'est pas arrangé avec le gars des vues, ça ne marche pas comme ça, là, vous
comprendrez qu'il y a une équipe de
réalisation puis qu'ils vont choisir. Puis notre fenêtre d'opportunité de
pouvoir vous interpeler, elle est limitée, comme élus. Pas parce que
vous n'êtes pas accessible. C'est qu'on a des travaux. Vous le savez, la
période de questions, c'est une
partie de nos travaux, mais la grande partie,
par la suite, c'est le travail qu'on fait ici. C'est un travail qui est sérieux.
Puis même chose, comme qu'on a fait à l'interpellation, j'ai essayé de choisir
des dossiers les plus pressants, alors c'est pour ça que, quand je fais des
propositions ou quand j'attire votre attention sur une chose, ce n'est pas
parce que j'essaie de picosser, là, c'est qu'il y avait un enjeu. Puis là, dans
ce cas-ci, bien, cet enjeu-là était réel et a été réglé.
Aujourd'hui, gardez en tête que, pour l'ensemble
de ce travail-là, je ne vais pas essayer de vous picosser sur des points-virgules, là. Puis j'en ai déjà vu, là,
des études détaillées dans une autre époque, là, où est-ce qu'ils faisaient
des amendements en disant : On va changer une virgule. Pour faire du
temps, c'est ça qu'ils faisaient. Pas moi. Je n'ai pas le temps pour ça, parce
que je ne suis pas une fille très patiente, en partant, vous me connaissez, en
plus, hein?
M. Drainville : ...quelque
chose en commun.
Mme Rizqy : Voilà. Alors...
M. Drainville : On a ceci en
commun.
Mme Rizqy : Ah oui, pour vrai?
M. Drainville : Ça vous
surprend?
M. Drainville : Ça vous
surprend?
M. Drainville : Que je ne sois
pas patient?
Mme Rizqy : Bien oui, parce que
vous avez quand même trois enfants.
M. Drainville : Oui.
Oui, oui. Ils ont travaillé ma patience, c'est vrai, je suis devenu meilleur,
on va dire. Oui.
Mme Rizqy : Puis vous faites
quand même la culture du miel. Ça, ça prend aussi beaucoup de patience.
M. Drainville : Oui. Y
avez-vous goûté, d'ailleurs?
M. Drainville : Oh! Oh! Oh!
Mme Rizqy : Mais non, mais j'ai
de la misère à prendre un déjeuner.
M. Drainville : Mais la députée
de Mercier, elle y a goûté, elle. Elle a dit qu'il était bon.
Mme Ghazal : Oui, très bon,
très bon, vraiment. Là, je ne suis pas une experte, là, mais, si je compare...
M. Drainville : Là, je suis en
train de susciter des convoitises, par exemple, parce que, là, j'ai plein de
mes collègues qui disent : Aïe! Nous autres aussi, on le veut, notre pot
de miel. Ça fait que, là, ma petite production est menacée d'être prise
d'assaut.
M. Drainville : Mais... Oui,
c'est ça, pour mes... Oui, c'est pour donner de l'énergie à mes collègues, oui,
évidemment. Gabriel, lui, il y a-tu goûté?
Mme Rizqy : Bien non, il n'a
pas un an.
M. Drainville : Il faut qu'il
attende un an?
Mme Rizqy : De
mémoire, c'est... Est-ce que c'est un an ou deux? Il faudrait que j'aille
lire pour être certaine. De toute façon, il faut... je vais reprendre
mon... il faut que j'aille faire ses vaccins d'un an, là, dans...
M. Drainville : Bon, bien, en
tout cas, gardez-lui-en un petit peu, là, mangez-les pas tout, là, en
attendant.
Mme Rizqy : Bien là. Pas de
promesse. Mais ce que je voulais dire, c'est que... pour revenir là-dessus,
c'est qu'ici, moi, je comprends, tantôt, ce
que vous disiez, vous, vous pensez, ce serait réglé dans l'INEE, moi, je pense
que c'est ici qu'on devrait régler la situation, et c'est pour ça
qu'hier, tu sais, je vous ai parlé de différentes voies de passage pour cet article, parce que c'est la
question de la responsabilité ministérielle. Alors, peut-être qu'on pourrait
ajouter, tout simplement, à la fin du
premier alinéa, que le ministre... là, je vous avais donné hier, de mémoire,
deux possibilités, le «À cette
fin», on pourrait enlever le «À cette fin» de la deuxième phrase du premier
alinéa, et ça commencerait : «Il peut déterminer les outils», puis, après ça, une troisième phrase, qui
dirait : «À cette fin, le ministre peut mener des consultations», donc
vous pouviez mener des consultations, juste pour qu'il y ait... de se donner
cette latitude.
Pourquoi je le dis? C'est parce qu'il faut
garder en tête que c'est possible que ça ne soit pas vous. Et vous, vous avez travaillé... l'exemple que j'ai donné
tantôt, là, vous avez travaillé avec célérité pour le règlement. Vous l'avez fait
avec célérité, je le dis, là, à micro ouvert, hein, ça va rester dans les
annales, mais ça ne sera pas toujours vous. Puis,
dans le passé, on l'a vu, que, des fois, ça n'avance pas, des fois... ça dépend
toujours qui est sur la chaise. Alors, moi,
c'est juste de dire : Vous pouvez consulter. Je ne vous donne même pas une
obligation de consulter, vous pouvez consulter.
Alors, je vais déposer un petit amendement, tout
simplement, ça va vous donner le droit de consulter.
La Présidente (Mme Dionne) : Oui,
on peut suspendre les travaux, le temps que l'amendement soit déposé.
Alors, la commission suspend maintenant ses
travaux.
(Suspension de la séance à 11 h 38)
Présidente (Mme Dionne) : La commission reprend maintenant ses travaux.
Donc, M. le ministre, la parole est à vous.
M. Drainville : Alors,
j'essaie, Mme la Présidente, de trouver la voie de passage. Alors, ce n'est
pas... Je pense que ça répond à la...
Présidente (Mme Dionne) : J'ai sauté juste une étape, M. le ministre. Je
vais d'abord faire lire l'amendement de la députée de Saint-Laurent par
la députée de Saint-Laurent. Allez-y, Mme la députée.
Mme Rizqy : Si vous le
permettez. Alors, l'article 37 est modifié. Cette loi est modifiée par
l'insertion, après l'article 459.4, du suivant... Non, pardon, je n'ai pas
lu au bon endroit.
L'article 459.4.1 de la loi, introduit par
l'article 37 du projet de loi, est modifié par l'ajout, après «À cette
fin, il peut», des mots «, après consultation,».
Là, je vais
juste le lire, parce que ça a l'air un petit peu plus difficile de le dire
juste comme ça en amendement. Alors :
«Le ministre peut procéder à l'évaluation des
besoins des élèves en lien avec leur réussite éducative. À cette fin, il peut, après consultation, déterminer les
outils, les cibles, les indicateurs permettant de détecter les facteurs de
risque pour la réussite scolaire des
élèves et peut, lorsqu'il le juge utile, procéder à l'analyse de la situation
de certains élèves ou de groupes d'élèves.»
Avec votre
accord, je ne lirai pas le deuxième alinéa puisqu'on est vraiment dans le
premier alinéa. Moi-même, «après consultation», je me suis rendu compte
que, si je mettais la consultation... faire un amendement pour dire que le ministre peut consulter, c'était futile, parce
que le ministre peut, en tout temps, consulter. Donc, je n'ai pas besoin de l'inscrire
dans une loi, que le ministre peut consulter. Il y a cette prérogative qui lui
revient de facto puisqu'il est ministre.
Alors, je me suis dit, à la place de procéder par règlement, parce que le
ministre jugeait que c'était peut-être un peu trop rigide, le règlement,
alors que moi, je trouvais qu'un règlement, c'était... au contraire, c'était le
juste milieu, parce qu'on n'est pas dans la loi qui prend plus de temps à être
modifiée, on est dans un règlement qu'on publie en 45 jours... Alors, dans
le fond, je veux juste vous donner ici la possibilité de consulter, évidemment,
que ça n'aura pas besoin d'être fait en
45 jours. Ça sera sur le... en fait, sur le temps que le ministre et son
équipe est capable de le faire, avec célérité.
Donc, moi, je pense qu'ici on est... Il n'y a
plus l'obligation de publier à la Gazette , mais il pourra consulter. Je
ne lui dis pas quel groupe consulter, je vais laisser ça à sa discrétion, bien
évidemment. Mais je pense que ce serait pertinent,
parce que, là, ici, on va déterminer des outils, des cibles et des indicateurs
qui permettent d'établir c'est quoi, au
fond, qu'on veut pour la réussite éducative. Et je pense qu'ici c'est très
important d'avoir cette consultation, parce que ce que... peut-être ce que vous
et moi, on va considérer important pour la réussite éducative, bien, on n'aura
peut-être pas les mêmes paramètres avec d'autres personnes.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci,
Mme la députée. M. le ministre, je vous laisse la parole.
M. Drainville : Écoutez, Mme la Présidente, moi, j'ai une proposition à faire à la députée. Je pense
que, d'une certaine manière, elle est encore plus achevée que l'amendement
proposé par la députée de Saint-Laurent, donc j'ose croire qu'elle s'en réjouira. Alors, je vous la
soumets pour discussion. Je comprends que, si jamais on s'entend, Mme la Présidente,
il faudra que la députée retire son amendement, tout ça, là. Mais ne nous
enfargeons pas, comme on dit, pour le
moment, dans les procédures. Je veux soumettre à la députée de Saint-Laurent
une suggestion. Alors, ce que je suggérerais... Est-ce qu'on peut, pour
les fins de la discussion, là, montrer ma proposition d'amendement, là, puis
qu'on puisse voir les deux au tableau, là, avec le consentement? Il me semble,
hein? On peut-tu faire ça?
Présidente (Mme Dionne) : Avec le consentement, bon, on va suspendre
l'amendement de Mme la députée puis on va entendre les discussions de...
Mme Rizqy : Mais, avec
consentement, moi...
M. Drainville : On n'est pas
obligé de suspendre, là. Moi, je... enfin, je ne pense pas, là.
La Présidente (Mme Dionne) : Non,
suspendre l'amendement. Donc, pas suspendre la commission, juste...
Mme Rizqy : Donc, on ne parle
plus de mon amendement, on parle du vôtre.
La Présidente (Mme Dionne) : Exact.
M. Drainville : O.K. Bien oui.
La Présidente (Mme Dionne) : Ça
vous va? Il y a consentement?
Mme Rizqy :
Parfait. Oui. Oui, oui.
La Présidente (Mme Dionne) : O.K.
Poursuivez, M. le ministre.
M. Drainville : Alors,
juste le temps qu'on le voie, puis la députée pourra me dire, à ce moment-là,
si elle y trouve... si elle y retrouve l'objectif recherché. Alors, la
phrase... Continuez. Voilà.
M. Drainville : C'est bon, ça?
M. Drainville : Oui,
c'est ça. Alors, je trouve que cette façon-là, ça nous permet d'aller un petit
peu plus loin, puis je pense que ça rencontre votre objectif. C'est bon?
Bon, bien...
La Présidente (Mme Dionne) : Pour
les fins de la...
Mme Rizqy : C'est parfait.
Présidente (Mme Dionne) : Oui, juste un instant. Pour les fins des gens qui
nous écoutent, M. le ministre, je vous inviterais à lire votre
amendement, d'abord, avant de conclure.
M. Drainville : Oui. Alors,
article 37,
article 459.4.1 de la
Loi sur l'instruction
publique : Ajouter, à la fin du premier alinéa de l'article 459.4.1,
proposé par l'article 37 du projet de loi, la phrase suivante : «Le
ministre peut consulter tout expert pour la détermination de ces outils, cibles
et indicateurs.» Voilà.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci.
Des interventions sur l'amendement du ministre?
Mme Rizqy : Bien,
avec consentement, je vais retirer mon amendement, puis on va adopter son
amendement, si c'est correct pour tout le monde.
La Présidente (Mme Dionne) : Donc,
est-ce qu'il y a consentement pour retirer l'amendement de Mme la députée de
Saint-Laurent?
M. Drainville : Il y a
consentement.
La Présidente (Mme Dionne) : D'accord.
Est-ce que le dépôt de l'amendement du ministre est adopté ou... Oui, allez-y,
Mme la députée.
Mme Garceau : Je voulais juste
dire un mot, de remercier M. le ministre pour cet amendement, parce qu'on avait échangé hier sur cet aspect de consultation
avec des experts. Donc, je vous remercie infiniment, parce que c'était
un peu ça dont nous avions parlé.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci,
Mme la députée.
La Présidente (Mme Dionne) : Il
semblerait. Alors, est-ce que cet amendement est adopté?
La Présidente (Mme Dionne) : Donc,
est-ce qu'il y a des interventions sur l'article amendé?
Mme Rizqy : Juste une question.
La Présidente (Mme Dionne) :
Allez-y, Mme la députée.
Mme Rizqy : C'était pour...
Est-ce que la nuit a porté assez conseil pour retirer «la situation de certains
élèves» ou est-ce que vous avez été en mesure de pouvoir nous dire, autres que
les groupes d'élèves qu'on connaît, c'est-à-dire
HDAA, les classes spécialisées, les milieux défavorisés... est-ce qu'on est
capable, au moins, d'avoir plus de chair autour de l'os pour savoir
c'est qui?
Moi, je vais
vous dire c'était quoi, ma crainte. Moi, ma crainte, c'est surtout en région
éloignée, où est-ce qu'on a des plus petites cohortes. Des fois, on a...
vous le savez, on a des écoles de 50 élèves, alors ça peut être un peu
plus problématique au
niveau de la protection des renseignements. Alors, c'est juste peut-être...
Moi, je n'ai aucun malaise pour «groupes d'élèves», mais, «certains
élèves», j'ai une petite crainte.
M. Drainville : Oui.
Mme la Présidente, on a effectivement discuté de cet enjeu. Et, dans la
Loi sur l'instruction publique, le mot
«groupe» fait référence ou est associé à la classe, et on ne veut pas se
limiter aux classes. C'est pour ça que «certains élèves» devient important
parce qu'on voudrait... comme je l'ai dit hier, par exemple, si on voulait
étudier, analyser des données qui concernent les élèves, par exemple HDAA, les
élèves à besoins particuliers, à ce moment-là, les mots «certains élèves» nous
permettent plus facilement, je dirais, de le faire.
M. Drainville : On m'a dit, on
m'a dit : Ça pourrait être «certaines catégories d'élèves» aussi.
«Certaines catégories d'élèves», est-ce que vous seriez...
Mme Rizqy : ...ce
qu'on venait dire au micro, «catégories d'élèves», oui. Oui, parfait, parce que
ça, au moins...
Mme Rizqy : Oui, pas de souci.
M. Drainville : Bon, bien,
alors, à ce moment-là...
La Présidente (Mme Dionne) : On
va suspendre quelques instants, le temps de déposer...
M. Drainville : ...on
va suspendre puis on va soumettre un amendement qui irait dans cette
direction-là, O.K.?
La Présidente (Mme Dionne) : Merci.
Alors, la commission suspend ses travaux.
(Suspension de la séance à 11 h 58)
La Présidente
(Mme Dionne) : La commission reprend maintenant ses travaux. Donc,
vous avez reçu l'amendement déposé sur Greffier. M. le ministre, je vous
invite à lire votre amendement.
M. Drainville : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Alors, Loi modifiant... etc.
Article 37
remplaçant... Alors,
article 37, entre parenthèses,
article 459.4.1
de la
Loi sur l'instruction publique :
Remplacer, à l'article 459.4.1... Est-ce
que c'est «à l'article de l'article»?
M. Drainville : O.K.
Donc : Remplacer, à l'article 459.4.1, proposé par l'article 37
du projet de loi tel qu'amendé, «certains élèves» par «certaines
catégories d'élèves» partout où cela se trouve.
Donc, l'article se lirait :
«459.4.1. Le ministre peut procéder à l'évaluation
des besoins des élèves en lien avec leur réussite éducative. À cette fin, il peut déterminer les outils, les
cibles et les indicateurs permettant de détecter les facteurs de risque pour la
réussite scolaire des élèves et peut, lorsqu'il le juge utile, procéder
à l'analyse de la situation de certaines catégories d'élèves ou de groupes
d'élèves. Le ministre peut consulter tout expert pour la détermination de ces
outils, cibles et indicateurs.
«Lorsque, en application du premier alinéa, le
ministre constate que certaines catégories d'élèves ou groupes d'élèves présentent des facteurs de risque mettant
en péril leur réussite scolaire, il peut en informer le centre de services
scolaire concerné et échanger avec ce dernier sur les mesures à prendre. Il peut,
s'il le juge nécessaire, conseiller et soutenir le centre de services scolaire
afin de favoriser la réussite scolaire de ces élèves.»
Présidente (Mme Dionne) : Merci, M. le ministre. Avant les interventions,
simplement faire une correction : Remplacer, à l'article... nous
allons enlever «de l'article». Juste une correction de norme.
Présidente (Mme Dionne) : ...de forme, pardon, non de norme, de forme. Donc,
est-ce qu'il y a des interventions sur l'amendement présenté?
Mme Rizqy : Ça répond à nos
commentaires. Merci beaucoup.
La Présidente
(Mme Dionne) : Donc, est-ce que l'amendement est adopté?
La Présidente (Mme Dionne) : Est-ce
qu'il y a des interventions sur l'article amendé?
Mme Rizqy : Oui. Moi, j'aurais
un dernier... Lorsqu'on lit, maintenant,» l'alinéa deux, tel que modifié, donc : Lorsque, en application du premier
alinéa, le ministre constate que certains élèves... pardon, que certaines
catégories d'élèves ou groupes d'élèves présentent des facteurs de
risque mettant en péril leur réussite scolaire, c'est marqué «il peut en informer le centre de services scolaire».
Il me semble qu'il... on devrait lire «il doit en informer le...» Pourquoi on
marque «peut» et non pas «il doit en informer»? Parce que là, ici, on dit
clairement que c'est la réussite scolaire qui
est mise en péril. Parce qu'on pourrait plutôt lire «il doit en informer», là,
parce que c'est quand même assez grave lorsqu'on constate que la
réussite scolaire est mise en péril.
La Présidente (Mme Dionne) : M.
le ministre, est-ce que vous voulez suspendre?
M. Drainville : On va
suspendre, Mme la Présidente, oui.
La Présidente (Mme Dionne) : Oui.
La commission suspend ses travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 12 h 15)
Présidente (Mme Dionne) : La commission reprend maintenant ses travaux.
Donc, M. le ministre, je vous laisse lire le dépôt de votre amendement.
M. Drainville : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Alors, on y va,
article 37, entre
parenthèses,
article 459.4.1 de la
Loi sur l'instruction
publique :
Remplacer, au
deuxième alinéa de l'article 459.4.1, proposé par l'article 37 du
projet de loi tel qu'amendé, «il peut en informer le centre de services
scolaire concerné et échanger» par «il en informe le centre de services
scolaire concerné et échange [avec ce dernier sur les mesures à prendre]», etc.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci,
M. le ministre.
M. Drainville : Si
vous voulez qu'on le lise au complet, peut-être qu'on peut lire au complet le
deuxième alinéa.
La Présidente (Mme Dionne) : Allez-y.
M. Drainville : «Lorsque,
en application du premier alinéa, le ministre constate que certaines catégories
d'élèves ou groupes d'élèves présentent des facteurs de risque mettant
en péril leur réussite scolaire, il en informe le centre de services scolaire concerné et échange avec ce
dernier sur les mesures à prendre. Il peut, s'il le juge nécessaire, conseiller
et soutenir le centre de services scolaire afin de favoriser la réussite
scolaire de ces élèves.» Voilà.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci,
M. le ministre. Des interventions?
Mme Rizqy : Non, ça répond,
encore une fois, parfaitement à notre préoccupation. Merci beaucoup, Mme la Présidente, et merci beaucoup, M. le ministre
ainsi qu'à vos équipes, qui ont travaillé rapidement pour la rédaction de
cet amendement-là. Merci beaucoup.
La Présidente (Mme Dionne) : Est-ce
que l'amendement est adopté?
La Présidente (Mme Dionne) : Y
a-t-il d'autres interventions sur l'article 37 amendé?
Mme Rizqy : Non,
de notre côté, on a fait le tour, puis merci beaucoup. On a été capable de
mieux comprendre aussi les
préoccupations. Puis je tiens à dire merci aussi à M. Lehoux, qui, hier,
nous a donné beaucoup d'informations que nous, on n'avait pas, pour mieux
comprendre, en fait, comment qu'un ministre est dans sa chaise, lorsqu'il
cherche d'avoir des informations,
mais aussi qu'il y avait des centres de services scolaires qui avaient déjà
commencé ce virage, de prendre
davantage de données pertinentes, puis que, malheureusement, d'autres n'ont pas
nécessairement les outils. Alors, ce sera
évidemment par la suite, une fois qu'on va compléter notre étude, de s'assurer
de mettre tout le monde à niveau avec les bons outils. Parce que, le ministre
l'a dit hier, je ne souhaite à personne d'être dans ma chaise actuellement sans
les bonnes données pour prendre les décisions puis naviguer à vue. Alors, ça,
c'est le premier
article qu'on a fait et on a senti qu'on avait un ministre de
l'autre côté de la table qui était quand même à l'écoute pour faire des
amendements. Alors, je voulais prendre le temps de dire merci, puis merci,
encore une fois, pour vos éclairages, M. Lehoux.
M. Drainville : ...on le garde
avec nous, Mme la Présidente, M. Lehoux.
Mme Rizqy : Ah! parfait.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci
beaucoup. Donc, est-ce que l'article 37 amendé est adopté?
Présidente (Mme Dionne) : Merci beaucoup. Donc, nous serions prêts à passer
à l'article 59. Donc, M. le ministre, je vous laisse la parole.
M. Drainville : Cette loi est
modifiée par l'insertion, avant l'article 1, de ce qui suit :
«Responsabilités du ministre».
Commentaires.
Cet
article propose de diviser la
Loi sur le ministère de l'Éducation, du
Loisir et du Sport de manière à regrouper certains de ses articles sous
la
section I, ayant pour intitulé Responsabilités du ministre.
Mme Rizqy : Et
l'objectif recherché, est-ce que c'était pour distinguer entre vous et, par
exemple, la ministre déléguée aux Sports? Est-ce que je comprends que
ça... Non, ce n'est pas pour ça, non?
M. Drainville : En
fait, il y a... les responsabilités du ministre, actuellement, sont éparpillées
un petit peu, et là ce que l'on
ferait avec ça, c'est qu'on regrouperait... Il y a trois sections,
actuellement, là, qui parlent des responsabilités du ministre. Et là ce
qu'on fait, c'est qu'on va les regrouper sous un même thème pour faciliter le
repérage, Mme la Présidente.
Donc, c'est
essentiellement... c'est plus un amendement de forme, mais ça va faciliter pour
quelqu'un qui veut savoir exactement quelles sont les responsabilités du
ministre... il n'aura pas besoin de chercher à trois endroits différents, il
va... on va tout retrouver ça au même endroit. C'est ça, l'objectif visé.
La Présidente (Mme Dionne) : Y
a-t-il des interventions sur cet article?
Mme Rizqy : Donc, en ce moment,
la
section I n'existe pas, hein?
M. Drainville : Pardonnez-moi,
Mme la...
M. Drainville : Voulez-vous
prendre la parole? Peut-être ce serait... ce serait mieux.
La Présidente (Mme Dionne) : Est-ce
qu'il y a consentement?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Dionne) : Oui,
je vous demanderais de vous présenter d'abord. Merci.
Mme Sénéchal-Caron
(Marie-Hélène) : Oui. Marie-Hélène Sénéchal-Caron, avocate à la
Direction des affaires juridiques au ministère de la Justice pour
l'Éducation.
Mme Sénéchal-Caron (Marie-Hélène) :
Merci.
Mme Rizqy : ...avec nous dans
un projet
article par article.
Mme Sénéchal-Caron (Marie-Hélène) :
Tout à fait. Merci. Dans le fond, à l'heure actuelle, la
Loi sur le
ministère de l'Éducation ne comporte aucune division, donc tous les articles,
là, sont... apparaissent un à la suite de l'autre. Puis, en fait, là, avec l'introduction de
nouvelles dispositions, ça semblait utile de mettre un peu d'ordre là-dedans puis
de diviser, regrouper les articles par sujets, en fait.
Donc,
en fait, il y a trois sections qui sont créées, donc, la première,
Responsabilités du ministre, puis il y en a deux autres qu'on va voir plus
loin, là, qui concernent les renseignements en éducation puis l'organisation du
ministère.
Mme Rizqy :
Bien, je pose la question parce que... plus en matière d'interprétation des
lois, en ce moment, vu qu'il n'y a pas de section, c'est que l'entièreté de la
loi tombe nécessairement sous la responsabilité du ministre. Une petite question. Est-ce qu'en mettant de
l'emphase ainsi, en créant une
section Responsabilités du ministre, est-ce
que, par exemple, a contrario, on
pourrait penser que d'autres sections, ça ne serait pas de sa responsabilité,
si jamais on devait interpréter? Non?
Mme Sénéchal-Caron
(Marie-Hélène) : Non. Je ne crois pas. Je ne crois pas. C'est vraiment
pour mettre de l'ordre, en fait, là.
Mme Rizqy : O.K. Parce que,
généralement, quand on interprète, on regarde aussi les titres, on dit :
Bien, s'il avait voulu le mettre dans sa responsabilité, il l'aurait
mis.
Mme Sénéchal-Caron (Marie-Hélène) : Bien,
en fait, moi, le ministre exerce ses fonctions dans les domaines de
l'éducation préscolaire, enseignement primaire et secondaire, donc...
Mme Rizqy :
...professionnelle, hein?
Mme Sénéchal-Caron (Marie-Hélène) : Oui,
effectivement. Effectivement. C'est plus que, là, vu qu'on... oui, c'est...
effectivement, c'est à ne pas oublier. Mais, en fait, là, c'est... puis, dans
le fond, tout ce qui découle après, forcément, là, relève de sa
responsabilité.
Mme Rizqy :
O.K., parfait. Bien, un gros merci pour vos explications.
La Présidente
(Mme Dionne) : D'autres interventions sur cet article? Pas
d'autre intervention. Est-ce que l'article 59 est adopté?
La Présidente (Mme Dionne) : Alors,
c'est adopté pour l'article 59. Nous passons ensuite à l'article 60.
M. le ministre, la parole est à vous.
M. Drainville :
Merci. Alors,
article 60 :
L'article 2 de cette loi est
modifié :
par la suppression, dans le paragraphe 2°, de «et veiller à la qualité des
services éducatifs dispensés par ces établissements»;
2° par l'insertion,
après le paragraphe 2°, du suivant :
«2.1° veiller
à la qualité et à l'amélioration des services éducatifs dispensés par les
établissements d'enseignement et, à cette fin, évaluer la qualité de ces
services;»
3° par l'ajout, après
le paragraphe 4°, des suivants :
«5° veiller à la
réussite éducative;
«6° assurer un suivi du parcours scolaire des élèves et notamment identifier ses
facteurs déterminants en vue de l'influencer de façon positive, cibler
les difficultés et les interventions susceptibles de favoriser la réussite
éducative, mesurer l'efficacité de ces interventions et suivre l'évolution de
certaines tendances spécifiques;
«7° favoriser
une gestion et une planification des ressources affectées au système
d'éducation fondées notamment sur la connaissance des besoins des élèves
et, à cette fin, recueillir les renseignements nécessaires pour évaluer ces
besoins et procéder à cette évaluation.»
Commentaire. Cet
article propose de modifier l'article 2 de la
Loi sur le ministère de
l'Éducation, du Loisir et du Sport pour
préciser que les fonctions du ministre consistent également plus
particulièrement à : veiller à la qualité et à l'amélioration des
services éducatifs dispensés par les établissements d'enseignement et, à cette
fin, évaluer la qualité de ses services; veiller à la réussite éducative;
assurer un suivi du parcours scolaire des élèves et notamment identifier ses
facteurs déterminants en vue de l'influencer de façon positive, cibler les
difficultés et les interventions susceptibles
de favoriser la réussite éducative, mesurer l'efficacité de ses interventions
et suivre l'évolution de certaines tendances
spécifiques; favoriser une gestion et une planification des ressources
affectées au système d'éducation basée notamment
sur la connaissance des besoins des élèves et, à cette fin, recueillir les
renseignements nécessaires pour évaluer ces besoins et procéder à cette
évaluation.
La Présidente
(Mme Dionne) : Merci beaucoup, M. le ministre. Y a-t-il des
interventions sur l'article 60?
Mme Rizqy :
Oui. Est-ce qu'on procède par paragraphe? Comment aimeriez-vous procéder,
M. le ministre?
M. Drainville : On peut y aller
par paragraphe, si vous voulez.
Mme Rizqy : O.K.
Parfait. Il n'y en a pas, de changement, au paragraphe 1°, donc on peut
aller au paragraphe 2°. Est-ce qu'on peut regarder 2° et 2.1° en
même temps, si ça vous va?
M. Drainville : Bien sûr.
Mme Rizqy : Parfait,
«assurer le développement des établissements d'enseignement», après ça, on dit
et... on enlève ici, on va supprimer
«et «veiller à la qualité des services éducatifs dispensés par ces
établissements». On crée 2.1°. C'est quoi, la finalité d'entre 2° et
2.1°, les changements?
La Présidente (Mme Dionne) : Souhaitez-vous
suspendre quelques instants, M. le ministre? Est-ce qu'il y a consentement pour
laisser la parole à...
M. Drainville : On va suspendre
30 secondes. Oui, allez-y.
La Présidente (Mme Dionne) : Suspendre,
O.K.
Alors, la commission suspend ses travaux quelques
instants.
(Suspension de la séance à 12 h 34)
Présidente (Mme Dionne) : La commission reprend ses travaux. Donc, M. le
ministre, je vous laisse poursuivre.
M. Drainville : Oui. En fait,
tout cet article-là, Mme la Présidente, là, on va continuer à l'examiner dans
le détail, là, mais le fondement premier de
cet article-là découle de l'orientation qu'on se donne avec ce projet de loi,
qui est de colliger des données et
faire en sorte de s'en servir pour favoriser la réussite éducative. Et donc,
quand on dit : «veiller à la
qualité et à l'amélioration des services éducatifs dispensés par les
établissements d'enseignement et, à cette fin, évaluer la qualité de ces
services», alors, il faut voir ce que l'on ajoute aux responsabilités ou aux
fonctions du ministre par rapport à ce qui
existait auparavant. Auparavant, on disait : «veiller à la qualité des
services éducatifs dispensés par ces établissements». Là, ce qu'on dit,
c'est que non seulement il faut veiller à la qualité, mais, une fois que tu as
en main, comme ministre, des informations
qui te permettent d'agir puis d'intervenir pour améliorer les services, bien,
ça devient une responsabilité, donc, que l'on dénonce ici, dans cet
article-là. Donc, tu as la responsabilité de veiller, mais tu as la responsabilité, également, de poser des gestes
pour améliorer les services qui sont dispensés par les écoles. Et aussi,
en lien avec cette amélioration, tu dois, à
partir des données auxquelles on aura dorénavant accès, faire une évaluation de
la qualité des services.
Ça se peut, Mme la Présidente, qu'à la vue de
certaines informations que nous aurons colligées... ça se peut qu'on se rende compte qu'il y a des façons de
faire, ou des programmes, ou des mesures budgétaires, je ne sais trop, qui ne
fonctionnent pas, qui ne servent pas la fin, f-i-n, qui est celle de favoriser
la réussite des enfants. Donc, il ne s'agit pas
juste de veiller à la qualité. Tu as des informations, tu as des données? Bon,
bien, fais... sers-toi de ces données-là pour faire une évaluation de la
qualité des services qui sont donnés dans les écoles, et, à partir de cette
évaluation-là que tu vas faire, tu as la responsabilité d'améliorer les
services qui sont dispensés dans lesdits établissements.
Alors, c'est
ça, le sens de cette disposition, Mme la Présidente. Et le reste est un peu à
l'avenant, c'est-à-dire que... On dit : Le ministre aura accès à
davantage de données, mais ça... de cet accès à ces données découlent,
maintenant, des responsabilités. Tu ne peux
pas juste avoir les données. Une fois que tu as les données, il faut que tu
fasses quelque chose avec. Alors là, il faut que tu t'assures, bien oui, de la
qualité, oui, il faut que tu fasses une évaluation, oui, il faut que tu
améliores les services à partir de ces données auxquelles tu auras accès, puis
les autres dispositions qui viennent par la
suite, les autres paragraphes, vont un petit peu dans le même sens. Je ne sais
pas si ça répond à la question de la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Oui, je comprends
un peu mieux. Et, en ce moment... Parce que l'ancien
article disait quand même
«veiller à la qualité des services éducatifs dispensés». On le faisait comment?
M. Drainville : Bien,
écoutez, Mme la Présidente, par exemple, quand on fait une évaluation de la
composition de la classe. Bon, on
réalise, ces dernières années, que la composition de la classe est beaucoup
plus exigeante qu'auparavant. Alors, dans ces conditions-là, on se pose la
question : Comment est-ce qu'on peut relever le défi de la composition de la classe? Évidemment, je
donne cet exemple-là parce que c'est un des plus grands défis, je dirais,
c'est le plus grand défi en éducation présentement, avec celui de la pénurie.
Dans mes tournées d'école, Mme la Présidente, en
général, quand je descends de la voiture de fonction, avant même de commencer
mon programme, j'ai des manifestants ces temps-ci, j'ai toujours des
manifestants qui m'accueillent, avec tambours et trompettes, puis avec une
mascotte, d'ailleurs, qui est supposée me représenter, là, une espèce de gros Bernard en papier mâché, là. Et
puis là... Il me suit partout, d'ailleurs, le Bernard en question. Et donc
je vais à leur rencontre, et puis là, bien,
on a une discussion. C'est très respectueux, d'ailleurs, puis je trouve,
honnêtement, Mme la Présidente, puis je le dis, à
chaque fois que j'ai cet échange-là avec les représentants des syndicats, des
fois, c'est FSE, des fois, c'est FAE, puis,
quand c'est FSE, bien, il y a les enseignants, les employés de soutien, dans
certains cas, il y a les
professionnels, également, qui sont représentés... Donc, le petit groupe me
rencontre, puis là on jase, puis ça se fait de façon très respectueuse,
je tiens à le dire, Mme la Présidente. Puis, quand je termine l'échange, qui
dure, disons, 10-15 minutes... je le dis tout le temps, merci pour le
respect, parce que ça se fait très correctement.
Et, souvent,
ce que les représentants syndicaux me soumettent, c'est la composition de la
classe, bien entendu, et les ratios. Puis là je leur dis : Écoutez,
les ratios, pour moi, là, actuellement, là, c'est impossible pour moi de bouger
là-dessus, parce que, si je bouge sur les ratios, si je diminue les ratios, ça
va venir exacerber mon problème de pénurie de main-d'oeuvre. Parce que, si je
diminue le nombre d'élèves par classe, je vais devoir créer plus de classes, et
je n'ai déjà pas assez d'enseignants pour le nombre de classes existantes. Mais
je leur dis : Par contre, ma façon d'essayer de vous aider avec la
composition de la classe, c'est avec un deuxième adulte dans la classe. Puis là
je leur fais le... comment dire, je leur présente à nouveau l'idée, donc, de
déployer des aides à la classe, avec des éducatrices qui ont du temps, justement, le matin, l'après-midi, qui ont des trous dans
leurs horaires, etc., puis, parfois, ce sont des techniciennes en
éducation spécialisée.
Et donc je fais un grand détour pour répondre à
la question, Mme la Présidente. Alors, dans le cas de la composition de la
classe, la qualité du service offert aux élèves à besoins particuliers, tel que
nous l'avons évaluée, à tout le moins depuis que moi, je suis ministre, c'est
de dire : Bon, bien, je ne peux pas diminuer les ratios, parce que je
manque de profs, mais ce que je vais faire, je vais prendre des adultes qui
sont disponibles et je vais les amener dans
les classes, en particulier... On verra comment ça va se déployer, mais l'idée,
je pense, ce sera certainement, dans certains
cas à tout le moins, de prioriser des classes où c'est plus difficile, où la
composition de la classe est plus exigeante. Donc, amener un deuxième
adulte dans une classe comme celle-là pour pouvoir, donc, permettre à
l'enseignante de bien... d'avoir le maximum
de temps d'enseignement possible, le maximum de temps de qualité d'enseignement
possible. Parce que, comme on le voit
avec le projet pilote, présentement, les aides à la classe, elles vont
intervenir, dans certains cas, quand un enfant commence à se
désorganiser, quand un enfant commence à avoir une petite crise d'ancienneté...
d'anxiété, un enfant qui doit aller aux toilettes, etc. Alors, l'aide à la
classe peut, maintenant, dans ces cas-là, prêter main-forte à l'enseignante.
Alors, c'est un exemple que je donne, Mme la
Présidente, mais c'est... «Veiller à la qualité des services éducatifs», ça
procède de constats que nous faisons. Je viens de vous parler des besoins
particuliers, je pourrais vous parler, Mme
la députée de Saint-Laurent, de l'enjeu du français. Vous avez vu nos résultats
en français? Bon, alors, les résultats en français nous amènent à nous
questionner sur l'enseignement du français, sur l'apprentissage du français, sur la maîtrise du français. De là a découlé notre
décision de lancer l'exercice de refonte du cours de français. Alors là, on
a des experts, présentement, qui sont en train de... Alors...
Mme Rizqy : ...pour
le français, parce que je trouve que c'est très important, puis c'est
quand même assez triste de voir que 52 % échouent en orthographe en
cinquième secondaire et que, maintenant, ils sont au cégep...
Sur le site du ministère de l'Éducation, il y a
quelque chose qui est méconnu du grand public, mais ce qu'on appelle la semaine... un écrivain dans ma classe.
Et les appels pour appliquer, là, vont terminer très prochainement, alors
je profite de cette tribune. Parce qu'imaginez quand que vous avez un écrivain
qui vient vous faire la lecture dans votre
classe. Alors, ceux qui veulent appliquer, c'est très prochainement. La date
butoir, de mémoire, c'était autour de... je ne veux pas induire personne
en erreur, de... 25 octobre, là, mais j'avais cette date en... ou le 15.
Mais c'est important, alors... Parce qu'il y a
des mesures qu'on peut faire puis qui existent mais qui sont méconnues du grand
public. Alors, si on pouvait peut-être faire une petite capsule vidéo, là, pour
rappeler que cette mesure existe, qu'on peut avoir des artistes, des écrivains
qui viennent faire la lecture en classe. C'est quelque chose que je trouve qui
est une bonne nouvelle, qui mériterait d'être publicisée pour s'assurer que le
plus grand nombre de personnes au Québec soit conscient que ça existe. Imaginez
un Dany Laferrière dans votre classe. Moi, je vais vous avouer qu'il y a quelques semaines Dany Laferrière était à l'école... à
la bibliothèque Trésor-du-Boisé, à Saint-Laurent, ça a été un franc
succès. Alors, je dis ça de même.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci,
Mme la députée.
Mme Rizqy : Ah! je peux vous
envoyer le lien. Je vais vous l'envoyer, M. le ministre.
M. Drainville : Oui,
envoyez-moi-la, parce que...
M. Drainville : ...ça se peut que ça soit une mesure budgétaire
du ministère de l'Éducation, mais ça se peut que ça relève du ministère
de la Culture également. On est en train de vérifier.
Mme Rizqy : Ah oui? Oui,
mais je suis dit que toutes les tribunes sont bonnes.
M. Drainville : Ah! bien sûr.
Non, je...
Mme Rizqy : Parce que ça, la
lecture, puis...
M. Drainville :
L'ingrédient numéro un de la réussite scolaire : la lecture.
Mme Rizqy : Bien, effectivement. Puis
cette mesure-là... Donnez-moi une seconde, Mme la Présidente, je vais trouver, parce qu'elle est vraiment méconnue. Et
je sais que les appels... Ça s'appelle le programme... C'est le ministère
de l'Éducation, ça s'appelle programme La culture à l'école. Il y a différents
ateliers, mais on peut avoir un écrivain. Alors...
Puis l'objectif, c'est vraiment de favoriser la prise en compte de la dimension
culturelle à l'école, fournir aux élèves l'occasion de vivre différentes
expériences culturelles.
Mais là : «Une
école accueille un artiste ou un écrivain.
volet permet aux élèves de participer à un travail d'expérimentation artistique
d'une durée de 4 à 12 semaines et donne la possibilité à des
artistes et des écrivains professionnels de vivre une expérience de résidence
en milieu scolaire, de s'en inspirer pour créer une oeuvre personnelle.»
Donc,
c'est gagnant-gagnant, autant pour les élèves, le milieu scolaire, mais aussi
pour l'artiste. Mais, je vous le dis,
ce projet, là, ce programme... «formulaire de présentation de projet»... Parce
que je sais que la date butoir est vraiment proche, là... Bon, mon
Internet, au parlement... pas que je me plains, à chaque fois, de mon Internet,
là, mais...
La Présidente
(Mme Dionne) : ...transmettre l'information aux membres de la
commission.
Mme Rizqy :
Oui, oui, oui. Bien, en tout cas, je vais l'envoyer, là... je l'ai trouvé,
mais bon, alors...
M. Drainville :
Très bien. C'est... Effectivement, l'UNEQ est partenaire du programme,
l'UNEQ, là, l'union des écrivains, l'union
nationale des écrivains. Très bien, très bien, Mme la députée de Saint-Laurent.
C'est bien, de faire de l'éducation populaire comme ça, là. Excellent.
Mme Rizqy : Oui, puis, si jamais,
hein, vous faites une petite publicité pour rappeler que la date butoir termine
prochainement, pour que les gens puissent appliquer, parce que vous allez
devoir donner les... Ceux qui ont gagné les... cet appel d'offres, entre
guillemets, là, c'est en décembre que vous faites l'annonce. Alors, ça vient
vite. C'est bon.
Alors, je reviens à
l'article. Désolée, j'en profitais, parce qu'on a... on parlait aussi de... en
français. Mais ici, «veiller à la qualité — là, je suis à 2.1° — et à
l'amélioration des services éducatifs dispensés par les établissements d'enseignement et, à cette fin, évaluer la qualité
de ces services», est-ce que, là, on va évaluer la qualité des services par... Quand
on dit «dispensés par les établissements d'enseignement», est-ce que... on est
au centre de services scolaire ou on est carrément aussi à l'école?
M. Drainville :
Votre question, vous dites, c'est?
Mme Rizqy : «Établissements
d'enseignement», ici, on n'est plus au centre de services scolaire, hein, je
pense qu'on est rendu au niveau de l'école, hein? À 2.1°, pardon.
M. Drainville :
Bien, je dirais, du réseau en général, Mme la...
Mme Rizqy :
Bon, centre de services scolaire...
M. Drainville :
Ça pourrait être centre de services.
Mme Rizqy :
...les écoles, l'école de métiers?
M. Drainville :
Oui, je vous dirais que... Comme je vous l'ai dit hier, moi, mon
interlocuteur premier, ça va être quand même
les centres de services scolaires. Mais c'est sûr, Mme la Présidente, que, si
on se rend compte, avec les données que nous aurons à l'avenir... si on
se rend compte qu'il y a des... il y a un enjeu qui se répète année après
année, avec une école en particulier dans un centre de services scolaire, c'est
sûr qu'à ce moment-là ça se peut qu'on dise
au centre de services scolaire : Écoute, là, il y a quand même un problème
dans telle ou telle école, puis qu'est-ce qui a été fait pour essayer d'aider la situation?, ou encore on
vous a demandé d'intervenir dans une école en particulier parce qu'il y
avait des échecs à répétition ou un niveau d'échec beaucoup trop élevé, si on
regarde la moyenne du centre de services ou même la moyenne québécoise... Ça se
peut qu'on demande des suivis.
Puis je veux... On
n'est pas rendu là dans l'étude du projet de loi, Mme la Présidente, mais c'est
sûr que... quand on parle, par exemple, qu'il y aura, à chaque année, une
entente, qui sera une entente d'imputabilité, avec la direction des centres de
services, c'est sûr que... dans la discussion que nous aurons avec les
directions des centres de services, c'est sûr que, dans certains cas, on
pourrait demander une rétroaction, là, sur certains résultats dans une école x, y, z, là, si... tu sais, ça se peut, là.
Je n'ai pas d'exemple en tête, là, mais ça se peut qu'on ait, dans certains
cas, là, une ou quelques écoles qui ont vraiment... qui sont...
pardonnez l'expression, mais en décrochage par rapport au reste des écoles du territoire ou au reste des
écoles du Québec. Bien, à ce moment-là, c'est sûr que cet article-là, ce qu'il
dit, c'est que ça devient la responsabilité du ministre, avec les données
auxquelles il aura accès, d'agir. C'est le sens de la disposition.
Mme Rizqy : Oui, je comprends.
Si je peux vous donner un exemple plus concret, si on prend le cas du mois de
mai dernier à Sainte-Marie-de-Beauce, c'était une classe spécialisée. Tantôt,
vous avez dit que la lecture, c'est un des facteurs... le premier facteur. Bien, en fait,
le premier facteur, c'est la présence à l'école. Puis, effectivement, après
ça, la lecture, je suis 100 % d'accord
avec vous, mais plus il y a de l'absentéisme, plus que l'élève est à risque de
décrochage scolaire. Dans cette
classe spécialisée, il est arrivé, à répétition, des incidents où est-ce que
c'était rendu trop dangereux, que la
CNESST a dû intervenir pour fermer cette classe spécialisée, et, par
conséquent, les enfants ont été retournés à la maison le temps que le
centre de services scolaire ainsi que l'établissement puissent s'assurer que...
dans cette classe spécialisée, avoir ce
qu'on appelle des enseignants qui ont un brevet en adaptation. Donc, ils ont
vraiment une formation plus spécifique pour interagir avec des enfants qui
peuvent avoir un trouble de comportement ou un trouble d'adaptation. Ça,
ce n'est pas parce que le centre de services scolaire veut mal faire, c'est
qu'il est confronté qu'en ce moment, partout au Québec, sur les
4 193 classes spécialisées, environ, là, permettez-moi d'être plus ou
moins, là, dans ce chiffre, il y en a
environ 1 000 qui n'ont pas ce brevet en adaptation. Alors, même quand ils
veulent trouver une personne avec un brevet en adaptation scolaire, donc
cette spécificité, ils ne peuvent pas. Donc, malheureusement, ça va enchaîner
certains bris de service.
Mais est-ce que, là, vous, de votre côté, quand
que vous allez faire cette évaluation dans votre grille, est-ce que vous allez
tenir compte aussi des défis, qui sont très, très réels, versus ceux que, par
exemple... Puis moi, je vais vous dire très
franchement, un ministre qui me dit : Bien, dans tel endroit,
malheureusement, même si on a donné tous les outils, il y a un problème
au niveau de la gestion... Ça va arriver, là, on s'entend, là, on a... Et c'est
déjà arrivé qu'il y a eu un problème, un vrai problème de gestion qui a été
identifié puis que le gouvernement a dit : Bien, ici, je pense qu'on va mettre sous tutelle parce qu'on
doit redresser la barre à cet endroit. Puis ça, c'est très correct. Mais je
veux juste m'assurer que, quand on fait l'évaluation, il faut s'assurer
aussi que la... je ne vais pas dire «la partie», là, parce que je pense qu'on
est tous dans la même partie, là, on est tous dans un... dans le réseau
scolaire, c'est... ça doit être vraiment être un tout collectif. Est-ce que
votre vis-à-vis ou l'école pourra au moins répondre ou c'est vraiment...
En fait, je vais me la poser comme ça :
Vous, comment, dans votre tête, vous envisagez faire cette interaction avec l'école puis le centre de services scolaire
pour vous assurer, au fond, aussi, d'avoir ce que le réseau vous dit en bas,
là, de dire : Bien, nous, concrètement, bien, c'est parce qu'on veut bien,
là, on... mais est-ce que j'ai...
Le directeur d'école dit : Moi, le
matin, je me lève, là, puis... Pour avoir parlé avec différentes... bien,
notamment, les... bien, les associations qui représentent les directions
d'établissement, eux, en ce moment, leur enjeu numéro un, chaque jour, chaque
jour, c'est de s'assurer qu'il y a vraiment un enseignant dans la classe. Puis,
malheureusement, c'est très fréquent qu'ils
doivent faire des appels tôt le matin pour trouver un enseignant ou un
suppléant, puis ce n'est pas de leur faute, là.
M. Drainville : Exact. Bien, je
vous dirais, la... Dans le cas précis dont vous nous parlez, c'est sûr que ça relève davantage du centre de services, mais, tu
sais, par exemple, si on se rend compte que, dans un centre de services
scolaire, il y a un enjeu avec les élèves à besoins particuliers, peu importe
l'enjeu, il y en a un, c'est sûr que nous, à ce
moment-là, on peut suggérer au centre de services scolaire de déplacer des
ressources financières, ou des ressources humaines même, pour venir en
aide à ces élèves-là. Là, vous pourriez me répondre avec raison, Mme la
députée, qu'encore faut-il que les
ressources soient disponibles. Vous avez raison. Alors, c'est pour ça que, tu
sais, on travaille sur tous les
fronts, on a un très, très grand enjeu d'attraction présentement, là, puis
c'est pour ça que lundi, vous et moi, on participait à un événement qui visait,
justement, à mettre de l'avant un narratif positif autour de l'éducation. Parce
que, si on veut attirer de la relève en
matière d'éducation, que ce soit dans les facultés d'éducation pour des jeunes
qui souhaitent devenir enseignants ou encore des personnes qui
souhaitent devenir orthophonistes, orthopédagogues, psychoéducateurs,
psychologues, enfin, on a besoin de nombre de professionnels, ou encore TES,
qui sont... qui jouent un rôle de plus en plus
important dans nos écoles... Et puis il y a les éducatrices. Il y en a quoi, au
dernier chiffre, je pense, c'était... peut-être pas le dernier, mais
l'avant-dernier, là, c'était au-dessus de 4 000 éducatrices en
service de garde, là, qui manquaient dans le réseau présentement, là.
La Présidente (Mme Dionne) : M.
le ministre, si vous permettez, compte tenu de l'heure, je suspendrais les
travaux jusqu'à 15 heures.
M. Drainville : Ah! Déjà? Ah,
bon. Bien, ça passe vite en notre compagnie.
Mme Rizqy : Bien oui... de ramener
le lunch, puis on continue.
La Présidente (Mme Dionne) : Donc,
je vous remercie. On reprend les travaux à 15 heures.
(Suspension de la séance à 13 heures)
Présidente (Mme Dionne) : Donc, la Commission
de la culture et de l'éducation
reprend maintenant ses travaux.
Nous poursuivons avec l'étude détaillée du
projet de loi n° 23, Loi modifiant principalement la
Loi sur l'instruction publique et édictant la
Loi sur l'Institut national
d'excellence en éducation.
Donc, lors de la suspension de nos travaux de
cet avant-midi, nous en étions à l'étude de l'article n° 60.
Donc, M. le ministre, je vous laisse poursuivre sur cet article.
M. Drainville :
Oui. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Salutations à tous et à toutes.
Oui, bien, je ne sais plus trop où j'en étais, là. J'étais sur... Est-ce que
c'étaient les aides à la classe, c'est-tu ça?
Mme Rizqy : On était sur 2.1°.
M. Drainville : Oui, mais
j'étais en train de répondre à une question que vous m'aviez posée puis
j'utilisais l'exemple... Je ne me souviens plus si c'était l'exemple des aides
à la classe ou pas.
Mme Rizqy : Mais, si vous
permettez...
La Présidente (Mme Dionne) : ...Mme
la députée.
Mme Rizqy : Oui, bien,
j'aimerais ouvrir une parenthèse très importante puis d'attirer l'attention du
ministre à ce sujet. Pendant plusieurs mois, on a parlé de la violence dans nos
écoles. Puis, présentement, il y a une vidéo qui circule d'une violence assez
inouïe où est-ce qu'un jeune est d'abord mis à genoux, et il y a d'autres
jeunes qui se mettent juste autour, on
demande au jeune de prier parce qu'il sait qu'il va se faire frapper. Un
premier coup, un deuxième, il tombe à
la renverse. Il est clairement assommé. Troisième, quatrième coup, cinquième et
sixième coup, personne n'a porté secours, mais il y avait plusieurs
personnes qui filmaient.
Je ne comprends pas notre société. Je ne
comprends pas comment on peut voir un de ses camarades de classe se faire
assener autant de coups, être littéralement à terre, et qu'il est plus
important de faire une vidéo TikTok que de prêter secours. Il y a quelque chose
qui se passe dans notre société, et même moi, j'en perds mon latin.
La police enquête, puis c'est une bonne chose.
Je pense aussi que c'est une bonne chose que, rapidement, la semaine prochaine, on aura une semaine en comté...
moi, je suis prête à travailler avec vous pour le plan sur la violence
dans les écoles. C'est urgent. Ça presse. Puis j'ose espérer que l'agresseur
numéro un, parce qu'ils sont quatre en ce moment dans l'enquête, mais il y
en a... il y a un sujet qu'on appelle le sujet principal, celui qui a porté les
coups... Le jeune a perdu une dent, puis
l'autre n'est presque plus là, mais, clairement, il a été assommé, là. Là, en
ce moment, il est suspendu, mais il va falloir peut-être qu'on
réfléchisse à comment on peut mieux protéger la victime. Parce que retourner à
l'école où est-ce qu'on sait pertinemment qu'on va revoir, presque tous les
jours, ses agresseurs, c'est une charge mentale assez importante pour ce jeune.
Alors, je veux prendre ce temps pour que...
rappeler que ce dossier est urgent. On doit s'assurer que, quand on dit violence, c'est tolérance zéro, mais qu'on
va l'appliquer puis qu'on va vraiment protéger davantage les victimes.
Parce que c'est impossible d'apprendre à l'école lorsqu'on a peur. Puis je peux
aussi comprendre que d'autres n'ont pas
voulu intervenir, peut-être parce qu'eux autres aussi, ils avaient peur, mais
ceux qui filmaient, vous auriez peut-être pu faire un autre appel que de
filmer.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci,
Mme la députée.
M. Drainville : ...Mme la
Présidente, je suis très sensible à... et très ému, très remué par ce que la
députée de Saint-Laurent vient de raconter.
Il y a toutes sortes de formes de violence actuellement dans le réseau
scolaire, Mme la Présidente. Il y a le type de violence dont a parlé
notre collègue. Il y a les violences sexuelles. On en a vu l'ampleur dans le
rapport des enquêteurs suite au mandat d'enquête générale que nous avons
déclenché et sur lequel on aura l'occasion
de revenir très prochainement, j'espère. Il y a aussi les violences envers le
personnel scolaire, Mme la Présidente. Moi,
je ne compte plus le nombre d'histoires, d'anecdotes, de témoignages qui me
sont transmis, rapportés, d'enseignants qui ont été agressés
verbalement, agressés physiquement, mordus, frappés, une chaise par la tête.
Est-ce qu'il
y a une
partie de cette violence-là qui est attribuable, qui est la conséquence
de la pandémie? On croit qu'il y en a une
partie qui est peut-être
attribuable à la pandémie. Mais, peu importent les causes, Mme la Présidente,
ce n'est pas acceptable.
Et donc je
réitère, Mme la Présidente, notre intention de proposer des mesures pour venir
en lutte... pour venir... pour lutter et venir en aide à ceux et celles qui
subissent cette violence-là. J'entends à nouveau l'offre de collaboration
de la députée de Saint-Laurent, Mme la Présidente, et on a travaillé, et on
travaille toujours sur ce plan-là, et on travaille
beaucoup de choses de front, puis elles sont toutes importantes, elles sont
toutes prioritaires. Maintenant, j'espère être en mesure, Mme la Présidente, de pouvoir présenter des mesures très
concrètes pour venir en aide au personnel, venir en aide aux élèves qui
subissent cette violence-là et des mesures pour prévenir cette violence-là.
Et je sais que la députée s'impatiente que nous
lui présentions ces mesures-là. Tout ce que je peux lui dire, Mme la
Présidente, c'est que je suis aussi pressé qu'elle d'en arriver avec des
mesures très concrètes, de la même façon que je suis très pressé d'en arriver
avec des propositions de solutions pour lutter contre les violences sexuelles. Il y a des enjeux très concrets qui ont été
identifiés dans le rapport, puis je veux m'attaquer à ça très prioritairement
aussi. Alors, on n'a pas fini, Mme la
Présidente, de travailler sur nos dossiers en matière d'éducation parce qu'on a
vraiment de très, très grands défis.
Mme Rizqy : Pour que ce soit
clair, mon impatience n'est pas envers vous, mon impatience est envers cette violence. Parce que peu importent les différends,
puis ça, c'est mon message pour les jeunes, peu importent vos différends, là, on ne peut pas commencer à régler des
différends, des griefs, des protêts à coups de poing. Puis ça commence bien
mal une vie. Ce sont des adolescents. Vous
êtes des adolescents, vous allez devenir des jeunes adultes. Puis ce parcours
que vous entamez dans cette violence, vous pouvez vous en
sortir maintenant pendant que vous êtes adolescent. Puis il y a des ressources qui existent pour apprendre
aussi à gérer nos émotions. On... Trouvez à l'école, il y a des adultes qui peuvent
être votre grand frère, grande soeur, si vous ne savez pas comment gérer vos
émotions, mais vous ne pouvez pas commencer à frapper puis... un camarade de classe
ainsi. Ce n'est pas du tout acceptable. Il y a des images qui sont révoltantes. Ça lève le coeur. Puis je me
mets à la place des parents qui voient leur enfant se faire tabasser. Mais je me
mets aussi à la place des parents qui voient leur jeune faire ça, parce que,
même pour eux, ça doit être troublant, de dire : Ayoye!
M. Drainville : ...Mme la
Présidente, la députée de Saint-Laurent a raison de rappeler le rôle des
parents également, là, c'est une variable qu'on peut dire essentielle à
l'équation, là, hein? Je veux dire, à un moment donné...
Mme Rizqy : Bien, l'éducation,
ça commence à la maison. Il y a des ressources, puis, si on doit mettre plus de ressources, bien, faisons-le. Parce que c'est
vrai que, des fois, même les parents ne savent plus quoi faire, ne savent
plus à quel saint se vouer, là. Puis là je
ne sais pas, je ne vais pas dire c'est ça, dans ce cas-ci, là, mais,
visiblement, il y a quelque chose qui se passe, puis le ministre fait bien de
le dire, que peut-être que c'est un avant puis un après-pandémie. Selon
les chiffres qu'on a, il y a un avant puis un après-pandémie. Ça, on le voit
dans les chiffres. Mais, au-delà des chiffres,
ces enfants-là, ces jeunes adolescents... Moi, ça me dépasse, sincèrement, de
voir comment ce niveau d'agressivité, là, les gens se sentent légitimés
de l'exprimer à coups de poing. Et, pendant ce temps-là, on filme. Pensez-y,
là, vous pouvez porter secours, vous pouvez aller chercher de l'aide; non, vous
filmez. Désolée, ça me dépasse.
Alors, M. le ministre, je vous le dis, on va
être avec vous, vous pouvez compter sur le Parti libéral, là, on va être avec
vous pour ce plan d'action contre la violence. Parce qu'il va falloir qu'on
mette fin à ça, parce que ces jeunes-là ont besoin d'aide maintenant, parce que
c'est les adultes de demain. Puis virer de même à l'adolescence, là, si on
n'est pas capable de les ramener dans le bon chemin, notre société n'est pas
gagnante.
Merci. Là-dessus, Mme la Présidente, là, je vais
me ressaisir. Donnez-moi une petite seconde, M. le ministre, si vous voulez
parler un peu, le temps que je prenne un verre d'eau.
M. Drainville : On va
continuer, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Dionne) :
Merci.
M. Drainville : «Veiller à la
qualité — donc — et à
l'amélioration des services éducatifs dispensés par les établissements
d'enseignement et, à cette fin, évaluer la qualité de ces services;».
Je ne vais pas répéter tout ce que j'ai dit déjà
ce matin, mais c'est essentiellement... comment dire, la mission du ministre
est redéfinie à la lumière des nouvelles responsabilités qui sont les siennes.
On nous donne davantage d'informations,
davantage de données, il faut ajuster, je dirais, le descriptif de la mission
du ministre en conséquence. Et donc tout cet article-là tend vers ce
but, vers cet objectif-là.
Par exemple,
bon, le cinquième paragraphe, «veiller à la réussite»... «éducative», dis-je
bien, c'est évidemment en lien direct avec l'article que nous avons
étudié tout à l'heure, le 37, si je ne m'abuse. Ensuite de ça, le 6°, «assurer un suivi du parcours scolaire des élèves [...]
identifier ses facteurs déterminants [avant]»... Je reprends :
«...identifier ses facteurs déterminants en vue de l'influencer de façon positive,
cibler les difficultés et les interventions susceptibles de favoriser la
réussite éducative, mesurer l'efficacité de ces interventions et suivre
l'évolution de certaines tendances spécifiques;». Alors, on est en lien direct
avec l'article 37 de tout à l'heure.
L'objectif, donc, évidemment, c'est d'utiliser
les données pour contribuer à la réussite scolaire. Un exemple, peut-être, que je peux donner, en lien avec...
avec ce paragraphe 6°, Mme la Présidente, par exemple, on s'aperçoit
que, dans une école, il y a un taux d'absence de 7 %, mettons, on
jase, de 7 %. Et puis on se rend compte que, quand des élèves... quand un élève atteint ce pourcentage
d'absence, il a de très fortes probabilités d'échouer son année. Bien, à ce
moment-là, Mme la Présidente, on pourrait demander au centre de services
d'intervenir auprès de ces écoles. On aurait
identifié, présumément, à partir des données, on aurait identifié des écoles où
il y a des taux d'absence anormalement élevés
et, à ce moment-là, on pourrait communiquer avec les centres de services qui
comptent des écoles comme celles-là, avec un taux d'absence très élevé, afin
que les écoles interviennent auprès des parents, justement, qui s'absentent...
auprès des parents des enfants qui s'absentent beaucoup.
C'est un exemple, Mme la Présidente. J'essaie
toujours d'illustrer le propos par des exemples, parce qu'à un moment donné tu
lis une phrase puis tu te dis : Bon, bien, qu'est-ce que ça veut dire dans
la réalité des choses? Alors, c'est un exemple que je vous donne, qui est en
lien, donc, avec le sixième paragraphe de ce nouvel
article 60.
Le 7° : «favoriser une gestion puis une
planification des ressources affectées au système d'éducation fondées notamment
sur la connaissance des besoins des élèves et, à cette fin, recueillir les
renseignements nécessaires pour évaluer ces besoins et procéder à une
évaluation.»
Si on s'apercevait, par exemple, Mme la
Présidente, que les écoles qui ont des aides à la classe ont un taux de réussite qui est supérieur aux autres écoles,
bien, on pourrait décider, Mme la Présidente, de dire : Bon, bien là, on a
créé x milliers d'aides à la classe équivalents temps plein, bon,
parce que, vous comprenez, une aide à la classe, Mme la Présidente, ça va être
peut-être... je dis n'importe quoi, là, mais mettons... mettons que
l'éducatrice fait 20 heures en service de garde puis elle fait un
15 heures supplémentaire en aide à la classe, donc elle pourra...
M. Drainville : Ça arrive,
faites-vous-en pas. Alors, un 15 heures, donc...
M. Drainville : Bernard a
raison, hein? C'est bon, ça.
M. Drainville : Alors, ça
pourrait être une... Alors, disons qu'on a déployé, je ne sais pas, moi,
x milliers d'aides à la classe
équivalents temps plein, on se rend compte que, là où il y a des aides à la
classe, le taux de réussite est plus élevé ou encore le taux d'échec est
moins haut, moins grand, bien, on pourrait, à ce moment-là, décider, dans le
budget suivant, de créer davantage de postes d'aide à la classe.
Alors, c'est des exemples concrets, Mme la
Présidente, qui viennent illustrer un peu la nécessité d'avoir ces articles-là
qui viennent, d'une certaine... d'une certaine manière, dis-je bien, donner une
espèce de fondement au travail du ministre ou de la ministre.
Présidente (Mme Dionne) : Merci, M. le ministre. Des interventions? Oui, Mme
la députée de Robert-Baldwin, la parole est à vous.
Mme Garceau : Merci,
Mme la Présidente. Je voulais juste
revenir parce que je tente de concilier, avec respect... Je vais
attendre peut-être un instant.
Mme Garceau : Oui, oui, oui, je
vous attends.
La Présidente (Mme Dionne) : Souhaitez-vous
qu'on...
M. Drainville : Voulez-vous
éteindre mon microphone, s'il vous plaît?
La Présidente (Mme Dionne) : Nous
allons suspendre les travaux quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 15 h 18)
Présidente (Mme Dionne) : La commission reprend ses travaux. Donc, Mme la
députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. On mise ici, évidemment... Je regarde 37, parce qu'on a passé beaucoup de temps au niveau de
l'article 37 pour définir tout ce qui est nécessaire au niveau de... pour
le ministre d'obtenir les données
pour évaluer les risques en termes de déterminer... pour s'assurer qu'il y ait
une réussite scolaire, les risques qui va mettre en péril cette réussite
scolaire.
Et donc je tente de concilier ce qu'on vient de
réviser au niveau de l'article 37, évidemment amendé, parce qu'il pourrait y avoir des consultations pour
déterminer les cibles, et tout, avec le texte proposé à l'article 60.
Parce que vous avez déjà, à l'article 37,
d'après ma compréhension, tout ce que vous avez... tout ce qui est nécessaire
pour vous assurer qu'un centre de
services scolaire ou d'un établissement va avoir en main parce que vous allez
pouvoir consulter, échanger avec eux,
et tout, pour vous assurer de la réussite scolaire. Donc, je tente de concilier
le pourquoi les amendements à l'article 60, compte tenu que vous
avez tout ce qui est nécessaire à l'article 37 amendé.
M. Drainville : Bien,
honnêtement, Mme la Présidente, je me suis moi-même posé cette question-là tout
à l'heure et je l'ai posée à notre légiste, Marie-Hélène Sénéchal-Caron, qui
est juste ici, elle m'a donné une très bonne
réponse tout à l'heure, alors je l'invite à redonner l'excellente réponse que
vous m'avez transmise tout à l'heure, madame.
La Présidente (Mme Dionne) : Est-ce
qu'il y a consentement pour donner la parole à Mme Caron? Bon, veuillez
vous présenter et nous exposer vos...
Mme Sénéchal-Caron
(Marie-Hélène) : Oui. Marie-Hélène Sénéchal-Caron, avocate pour la
DAJ Éducation.
En fait, tu sais, si on caricature un peu, là,
dans la
loi sur le ministère de l'Éducation, on passe... on est au... dans le fond, c'est une description générale des
fonctions. Puis, quand on atterrit dans la
Loi sur l'instruction publique,
là, on est à... on est dans le plus
spécifique. Donc, dans le fond, on énonce, là, des grandes fonctions générales
à la
loi sur le ministère de
l'Éducation, puis, après ça, on vient leur donner une couleur, là, par des
dispositions plus spécifiques. Comme quand on est dans la
Loi sur l'instruction publique, on est vraiment, là... on touche vraiment ce
qui concerne, là, les centres de
services scolaires, alors que, quand on est dans la
loi sur le ministère de
l'Éducation, bien, on peut aussi atteindre tout le réseau, là, et non
pas seulement le réseau public. Donc, en fait, grosso modo, c'est...
Mme Garceau : Mais, si je reprends les
termes de l'article 37, parce que l'intervention... il y a une
intervention, mais il y a moins d'ingérence à 37 qu'à l'article 60. Parce
que, si je reprends les termes de 37, deuxième alinéa, l'article propose que,
«lorsque [...] le ministre constate», en application de ce qui précède, que
certains élèves... là, je sais qu'on l'avait amendé, les catégories
d'élèves ou groupes «présentent des facteurs de risque mettant en péril leur
réussite scolaire, il en informe — maintenant,
la version amendée — le
centre de services scolaire concerné et [échanger] avec ce dernier sur les
mesures à prendre. Il peut [alors], s'il le juge nécessaire, conseiller et
soutenir le centre de services scolaire afin de favoriser la réussite
scolaire de ces élèves.»
va beaucoup plus loin que consulter, d'après moi, ma compréhension, ma lecture,
de consulter et d'échanger avec le service scolaire.
Mme Sénéchal-Caron
(Marie-Hélène) : Moi, en fait, la lecture que j'en fais, c'est qu'à 60
on est vraiment dans le cadre de
l'énonciation de fonctions générales puis qu'à 37 on tombe vraiment dans... tu
sais, finalement, on vient s'appuyer sur les fonctions générales pour
tomber dans le plus spécifique. Ça fait que je constate qu'on passe du général au spécifique, en fait, là. Pour moi, 37,
clairement, finalement, décrit une fonction plus spécifique, plus détaillée, plus
terrain, alors que, quand on est vraiment... dans la
Loi sur le ministère de
l'Éducation, on est vraiment dans l'énonciation
des grandes fonctions qui concernent tout le réseau, alors que, dans la
Loi sur
l'instruction publique, on vise vraiment, là, les centres de services
scolaires, là, puis les élèves des centres de services scolaires.
La Présidente
(Mme Dionne) : D'autres interventions sur... Oui, Mme la députée
de Mercier.
Mme Ghazal : Bien, je pourrais y
aller. On a eu la discussion hier avec le ministre... bien, en tout cas, je
l'ai eue, puis vous aussi, sur le fait qu'il y a l'inquiétude qu'il y ait de la
microgestion. Puis le ministre a dit, à plusieurs reprises : Je
veux rassurer, je veux rassurer, je veux rassurer la députée. Mais, au-delà de
dire : Je veux la rassurer, tu sais... Parce
que nous, on travaille avec un article, comment il est écrit, on ne travaille
pas juste avec les intentions derrière ce que pense le ministre ou ce
que le ministre ferait, lui, le ministre que nous avons maintenant devant nous.
Ce serait quoi, les arguments qui montreraient que, dans cet article-là, 37, ce
n'est pas de la microgestion? Si quelqu'un est un obsédé de microgestion puis
qu'il veut tout gérer...
M. Drainville :
37 ou 60?
Mme Ghazal : 60, excusez-moi,
excusez-moi, oui. S'il veut montrer qu'il ne veut pas tout gérer dans le détail,
comment... ce serait quoi, les arguments qu'il amènerait?
M. Drainville :
Bien, mettons qu'à partir des données que nous avons on se rend compte
qu'il y a un taux anormalement élevé d'échec scolaire dans une école, bien, à
ce moment-là, on va pouvoir demander au centre de services scolaire s'il a l'intention de poser des gestes, s'il a déjà
posé des gestes. S'il nous a informés qu'il allait poser des gestes, on peut faire un suivi, on peut le
faire notamment au moment où on va discuter avec la direction générale du
centre de services, lorsqu'on va parler de l'entente d'imputabilité annuelle.
On aura l'occasion de reparler de cette entente-là.
L'idée générale, Mme
la Présidente, c'est, une fois que le ministre puis son ministère...
honnêtement, là, parce que je ne passerai
pas ma journée devant une espèce de grand tableau avec 3 000 écoles,
au-dessus de 3 000 écoles, puis là différents indicateurs par
école, puis... non, évidemment pas. Mais, une fois qu'on aura cette
information-là puis que la loi nous donnera
le droit de l'avoir, parce qu'actuellement, dans certains cas, on ne peut pas
l'avoir, une fois qu'on aura cette
information-là, je dirais qu'on aura une sorte d'obligation morale et légale
d'en tirer les bons constats puis de
s'assurer d'intervenir lorsqu'on peut, lorsqu'on constate, par exemple, qu'il y
a des difficultés dans certaines écoles de certains centres de services
scolaires.
Puis ça ne veut pas
toujours dire, Mme la Présidente, tu sais, que le ministre va avoir, tu sais...
comment dire, la tentation de vouloir se mêler de ce qui se passe dans
l'école A, B, C ou D, là. L'idée, ce n'est pas de... l'idée, ce n'est pas
d'arriver puis de dire : On va microgérer depuis le 16e étage de
l'édifice G à Québec ce qui se passe dans telle ou telle école. L'idée,
c'est : Est-ce qu'on est capable d'identifier, sur le territoire
québécois, un certain nombre d'enjeux à partir d'indicateurs qu'on se sera
donnés? Et, une fois qu'on a examiné les résultats de cet... de ce forage,
mettons, d'idées... de données, dis-je bien, et qu'on en vient à certains
résultats, qu'on puisse se mettre en lien avec les centres de services scolaires pour leur dire : Écoutez, on a, à
partir de certains indicateurs, fait un constat... Alors, on a des
données, on a des banques de données, on est allé questionner les données sur
un certain nombre d'indicateurs. Les réponses qui nous sont revenues, c'est que
vous avez, dans votre centre de services scolaire, un certain nombre d'écoles qui ont un taux de réussite trop bas, qui
ont, je ne sais pas, trop d'incidents de violence, etc. Est-ce qu'on peut
savoir quelles sont les mesures que vous allez mettre en place pour essayer de
diminuer ce taux de violence, essayer d'augmenter ce taux de réussite?
Donc, moi je vous
dirais, je vois beaucoup plus ça, Mme la Présidente, comme des poignées, si on
peut dire, pour entamer un dialogue éclairé
avec les centres de services scolaires, pas pour leur passer par-dessus la tête
puis aller gérer
à leur place les écoles, mais avoir des informations fondées sur des données
vérifiables, confirmées, et être capable, je dirais, d'exercer un
leadership plus éclairé comme ministre de l'Éducation.
Puis, je l'ai dit hier, Mme la Présidente, je le
dis... je le redis aujourd'hui, je pense que ça va aider également les
porte-parole de l'opposition à faire leur travail. Parce que ces données-là,
ils vont... je veux dire, on va faire des tableaux
de bord avec ces données-là, on va rendre compte de l'utilisation de ces
données-là dans les rapports, là, que va préparer le responsable des
données numériques, ces rapports que nous allons devoir faire suivre à la Commission
d'accès à l'information. Tous ces documents-là vont être publics, Mme la
Présidente. Ça va être possible pour la députée de Mercier, éventuellement, hein, on ne sait pas, on ne sait pas ce que
l'avenir nous réserve, mais, quand... Je ne sais pas dans combien de
temps, là, on sera capable de tout mettre ça en place, là, on va essayer de le
faire le plus rapidement possible, puis je ne présume de rien, je ne présume
pas de l'adoption du projet de loi, je pense qu'on a des bonnes chances, mais il faut respecter la volonté du Parlement,
alors, je ne prends rien pour acquis. Mais, mettons, pour les fins de la discussion, que la loi est votée, on met en
place les mécaniques, le système qui va nous permettre, justement, d'avoir
accès à ces informations-là, alors il y aura
du travail qui sera fait au niveau des banques de données, et tout ça,
éventuellement, on va avoir un système beaucoup plus efficace que celui
que nous avons présentement. Et puis je pense qu'on va tous sortir gagnants, y compris les porte-parole de l'éducation... de l'opposition en matière d'éducation, parce que l'information qu'on
va tirer de ces données-là, Mme la Présidente, ce ne sera pas juste pour le...
ce n'est pas juste bon pour le ministre, là, ce n'est pas juste bon pour
le ministère, là. Je ne sais pas si ça répond à vos questions, Mme la députée
de Mercier.
Mme Ghazal : C'est
parce que le fait d'avoir accès aux données, ça, on est totalement d'accord.
Puis, normalement, si le ministre a accès aux données, les centres de
services scolaires aussi, puis ils le savent, qu'est-ce qu'il se passe, puis
ils ne vont pas attendre que le ministre vienne leur dire : Attention!
Regarde, cet indicateur-là, qu'est-ce qu'il se passe? Ils vont agir.
Parce que ça
peut être interprété comme si... comme un manque de confiance, qu'eux, ils vont
voir les mêmes données puis qu'ils ne feront rien, ils vont attendre que
le ministre vienne leur dire qu'il faudrait intervenir puis commencer un
dialogue.
M. Drainville : ...je
ne sais pas si vous étiez là hier, Mme la députée de Mercier, quand le
sous-ministre Lehoux a pris la
parole, Stéphane Lehoux a pris la parole pour dire qu'il y a des centres de
services scolaires qui ont les moyens de...
qui ont mis en place, en fait, un système de collecte de données et d'analyse
de données qui est assez avancé ou qui est même très avancé, dans certains cas,
mais il y a malheureusement des centres de services scolaires qui n'ont pas ces capacités-là. Les petits centres de services
scolaires n'ont pas nécessairement les ressources financières, les ressources
technologiques pour se donner, justement, un système d'analyse des données qui
pourrait leur permettre de poser des gestes comme ceux que vous évoquez,
d'apporter des solutions.
Et donc l'idée de se donner un système national,
un système québécois, c'est, justement, aussi parce qu'on souhaite que le système soit bon pour tout le
monde, puis soit efficace pour tout le monde, et qu'il n'y ait pas de
disparité... en tout cas, pas autant de disparités entre certains centres
qui ont développé davantage leur expertise et d'autres qui ne l'ont pas fait.
Donc, il y a une espèce de... il y a une volonté, je dirais, égalisatrice
aussi, dans la volonté de créer ce système-là.
Mme Ghazal : Donc, pour les
plus gros, ceux qui ont la capacité, le ministre ne va pas intervenir.
M. Drainville : Bien, je vous
dirais, pour les plus gros, là où vous avez raison, c'est que ça se peut qu'à partir de l'analyse qu'ils font de leurs propres données,
ça se peut qu'ils décident d'intervenir par eux-mêmes et qu'on n'ait pas
besoin de le faire. Puis là, à ce moment-là, j'ai le goût de vous dire :
Tant mieux, parce que moi, je ne me cherche pas de l'ouvrage, moi, là, là, vous
comprenez?
Je veux dire, si... L'idéal, l'idéal, ce serait
que les centres de services scolaires, à partir de leurs propres constatations
puis à partir d'une analyse fine des données concernant les élèves de leurs
territoires, que ces centres de services
scolaires là interviennent, et certains le font déjà. Quand... Je donnais
l'exemple du Centre de services scolaire de Val-des-Cerfs, hier, quand je disais qu'il y a déjà des communautés
de pratique qui valorisent les données et, donc, des centres de services
scolaires qui se sont mis ensemble pour agir, justement.
Quand je parlais avec le directeur général du
centre de services scolaire, il m'a donné une statistique très, très intéressante. Il s'appelle Eric Racine, puis je
suis allé inaugurer deux écoles à Granby, puis on a eu une bonne discussion,
lui et moi, à ce moment-là. Écoutez bien ça, Mme la députée de Mercier, il me
disait : Le taux de diplomation pour les
élèves du centre de services de Val-des-Cerfs était de 84 % il y a trois
ans. Il est, aujourd'hui, me disait-il, de 88 %.
Et, dans son
esprit, la valorisation des données et l'utilisation des données est l'un des
facteurs les plus importants, sinon le facteur le plus déterminant dans
sa capacité à intervenir auprès des élèves qui sont en difficulté. Il me disait
ceci, là, puis j'ai pris des notes, là, qui
sont parcellaires, là, mais il me disait : Ça prend 18 mois à savoir
si l'élève a décroché ou pas. Il
dit : On a développé 30 tableaux de bord, 30 algorithmes, au
centre de services des Cerfs, il dit, ça prend 18 mois à savoir si l'élève a décroché ou pas. Il dit :
Notre objectif, c'est de faire mentir la prédiction du logiciel. Puis,
visiblement, ils réussissent, dans
son esprit, en tout cas, puis je le crois, c'est un gars qui a beaucoup,
beaucoup d'années d'expérience.
D'ailleurs, il va, malheureusement, prendre sa
retraite dans peu de temps, là. Je vais vous dire, c'est le genre de D.G., là,
tu sais, tu le rencontres puis tu dis : Lui, j'aimerais ça le garder, là,
tu sais. Puis il y en a, des gars, puis il y en a, des filles. Puis, tu sais, honnêtement,
là, je prends 10 secondes pour le dire, je suis très agréablement
impressionné par la qualité de nos directions générales dans nos centres
de services scolaires. Mais tout ça pour vous dire qu'il me disait que cette
utilisation des données, dans son esprit, ça ne fait aucun doute, là, cette
utilisation des données lui permet d'identifier les élèves qui sont à risque et
d'intervenir auprès de ces élèves-là.
Alors, pour
revenir à votre question, c'est sûr qu'un centre de services scolaire comme
Val-des-Cerfs, qui a été un pionnier dans l'utilisation des données puis
dans la bonne... pas juste dans la captation de la donnée, mais aussi dans sa capacité à la faire parler pour pouvoir
intervenir avec succès auprès des élèves... c'est sûr qu'un centre de services
scolaire comme celui-là, les probabilités, mettons, que je sois appelé à
intervenir, je pense qu'elles sont moindres. Je pense que c'est assez prudent
de dire ça, mais ce n'est pas nécessairement le cas pour tous les centres de
services scolaires, parce qu'ils n'ont pas nécessairement mis en place des
systèmes aussi, je dirais, avancés que celui-là.
Mme Ghazal : Bien, c'est bien
que le ministre dise qu'il fait confiance aux directions puis qu'il trouve
qu'il y en a qui sont de très grande qualité, comme celui de... le directeur de
Val-des-Cerfs, qui va prendre sa retraite, malheureusement, mais une chance
qu'il le dit, parce que ça ne paraît pas quand on lit la loi. Quand on lit la
loi, c'est le ministre qui a, finalement, le mot final si, par exemple, il
n'est pas d'accord avec une direction.
Bien, moi,
j'ai une question plus spécifique. Est-ce que c'est possible, par... Parce
qu'il y a comme le diagnostic, puis ça, le diagnostic, on le fait en regardant
les indicateurs, ceux qui sont rouges, ceux qui sont verts, puis là on
peut dire : Oh! O.K., ici, il y a un
problème d'absence, par exemple, ou il y a un problème dans les notes en
mathématiques ou peu importe. Ça, tout le monde peut le voir facilement.
Si les centres de services scolaires ont les outils, ils vont pouvoir le voir,
mais est-ce que c'est possible, par exemple, dans l'intervention, qu'il y ait
un désaccord? Est-ce que c'est possible que le ministre, par exemple, appelle
un D.G. ou son équipe, évidemment, puis dise : Ah bien, là, regardez, ici,
on fait le même diagnostic qu'il y a beaucoup, beaucoup d'absences dans
votre... dans cette école-là ou dans tel secteur, voilà l'intervention que vous
devez faire, et là, par exemple, la direction, le directeur ou la directrice pourrait dire : Bien, nous, on avait
l'intention de faire telle autre action? Tu sais, là, je prenais l'exemple des
absences, mais, disons, en français, la lecture, les notes des garçons
sont très basses, donc le ministre dit : C'est ça, les actions qu'il faut
mettre en place, il va falloir que vos enseignantes soient formées sur tel
cours, etc. Est-ce que c'est possible que les directeurs disent : Non,
non, non — des
centres de services — nous,
on a parlé avec le directeur de l'école, puis eux autres, tous les profs, là,
ils disent que ce n'est pas ça qu'ils ont besoin, ils ont besoin de d'autres
choses... Il va y avoir un dialogue? Est-ce
que c'est possible que le directeur de centre de services scolaire qui parle
avec le ministre dise : M. le
ministre, on fait le même diagnostic, c'est vrai, vous avez raison, nos
indicateurs sont rouges sur nos résultats, sont rouges sur tel indicateur, mais voici les actions que nous allons
mettre en place, merci, M. le ministre, ne vous en occupez pas, on va
s'en charger? Est-ce que ça, c'est quelque chose qui est possible?
Parce que, dans la loi, la façon que c'est
écrit, dans l'article, on a l'impression que c'est le ministre qui va entamer le dialogue, et la discussion, et le soutien
dans le but de faire les actions que le ministre va... je ne vais pas dire imposer,
mais recommander très, très, très fortement, disons.
M. Drainville : C'est possible.
M. Drainville : Bien sûr.
Mme Ghazal : Que le ministre...
M. Drainville : Ce
n'est pas... Vous savez, là, vous souvenez-vous de... je ne sais pas, je pense
que c'était le nom d'une émission,
là, Father Knows Best , là, ou quelque chose comme ça. Papa a raison.
Papa a raison , c'est comme ça que ça se disait, en français, Papa
a raison .
Mme Ghazal : J'ai peur. Où
est-ce que le ministre s'en va avec ça?
M. Drainville : Bien là, papa a
raison, le ministre n'a pas toujours raison, là. Alors, non, non, mais,
écoutez, Mme la Présidente, c'est un
dialogue, là. Moi, les directions des centres de services que je rencontre là,
je vous l'ai dit tout à l'heure, là,
c'est du haut niveau, là. Je vais vous dire, avoir une discussion avec
M. Racine, de Val-de-Cerfs, c'est quelque chose.
J'étais à
Terrebonne, la semaine dernière, pour inaugurer une école polyvalente
magnifique. Jean-François Collard, si je ne me trompe pas — je ne
suis pas toujours très bon avec les noms — j'ai eu une très bonne
discussion avec lui, également. Isabelle
Gélinas, centre de services de Montréal, c'est du haut calibre, c'est... Celui
de Laval, M. Michel... Écoute, on a des premiers dirigeants, dans
les centres de services scolaires, qui sont... qui savent ce qu'ils font.
d'ailleurs, petite parenthèse, Mme la Présidente, ce sont souvent des personnes
qui ont cheminé dans le réseau
scolaire. Ils ont commencé comme enseignants, pour plusieurs d'entre eux...
plusieurs d'entre elles, parce qu'il y a beaucoup, beaucoup de femmes, parmi
les D.G., elles ont commencé comme enseignantes. Souvent, elles ont été à la
direction d'une école, parfois, elles ont été D.G.A. avant de devenir D.G. du
centre de services. Ah! j'ai rencontré... Écoutez,
aïe! ça, c'est fantastique, je vais inaugurer une école dans le comté de mon
collègue de Richelieu... Il est-tu là, Jean-Bernard?
Une voix : Il
s'en vient.
M. Drainville : Il
s'en vient, Jean-Bernard. Alors, je vais dans son comté. Je pense que l'école
était à Yamaska... pas «je pense», je
sais qu'elle était à Yamaska, et là je vois Christian Lacourse. Je lui
dis : Voyons, qu'est-ce que tu fais ici, toi? Christian Lacourse,
c'était le directeur de l'école Gérard-Filion, dans mon comté, mon ancien comté
de Marie-Victorin, Gérard-Filion, la première polyvalente de l'école... de
l'histoire du Québec... je reprends : première polyvalente de l'histoire du Québec. Tu rentres
dans l'école, la grosse plaque est là, Paul Gérin-Lajoie, tati tata, commission
scolaire de Chambly, dans le temps, que ça s'appelait. Et puis... Paul
Gérin-Lajoie, je me trompe peut-être, là, mais, en tout cas, c'était la première polyvalente de l'histoire du Québec,
puis Christian Lacourse était le directeur général de cette école-là ou,
enfin, le directeur de l'école, puis on a fait des projets extraordinaires
ensemble. On a réussi à obtenir le
financement pour rénover le terrain de soccer-football de l'école
Gérard-Filion. Ça, c'est une école, Mme la Présidente, avec un fort taux de défavorisation, mais c'est une école
extraordinaire, multiethnique, c'est les Nations unies, c'est
fantastique, cette école-là, mais qui avait des grands, grands, grands défis.
Ils étaient
venus à l'Assemblée nationale, visiter l'Assemblée nationale, puis moi, j'étais
leur député, j'étais venu les voir
puis j'avais fait une petite présentation aux élèves. Et là, à la fin, j'avais
dit : Il y a-tu des questions? Et là il y a un élève qui lève sa
main, il dit : M. Drainville, il dit, qu'est-ce que vous pouvez faire
pour notre terrain de soccer? Bien, j'ai dit :
Qu'est-ce qu'il a, votre terrain de soccer? Bien, il dit... c'était
soccer-football, il dit : Il est plein de trous, on ne peut plus jouer
dessus, on peut se blesser à tout moment, ça fait qu'on ne l'utilise plus. Ça
fait que je commence à travailler ce
dossier-là, je réussis à convaincre la ministre de l'Éducation — à ce
moment-là, c'était Michelle Courchesne — de venir visiter mon terrain
de soccer...
Mme Rizqy : ...libérale...
M. Drainville : Une
libérale fort sympathique. Et donc, Mme la Présidente, je commence à travailler
ce dossier-là avec Christian Lacourse — vous allez voir, je vais
revenir à votre question — je
travaille avec Christian Lacourse, le directeur de l'école Gérard-Filion, on travaille
avec la commission scolaire, ça s'appelait la commission scolaire, dans le temps, on travaille avec la ville. Et puis
là on réussit, Mme la Présidente, à aller chercher les millions, parce que
c'était un projet de plusieurs millions, pour faire refaire le terrain en
terrain synthétique, terrain de soccer-football synthétique, avec une belle piste d'athlétisme autour, si bien, Mme la
Présidente, que ce terrain de Gérard-Filion nous a permis de rencontrer
les conditions pour avoir les Jeux du Québec à Longueuil et, plus encore, la
série télévisée, sur Télé-Québec, qui portait...
M. Drainville : Bien
oui, la série télévisée qui s'appelait je ne me souviens plus comment, bien, ça
se déroulait à l'école Gérard-Filion, ça a duré pendant de nombreuses
années. Et la beauté de l'affaire, c'est que, parallèlement à ce projet-là, on
a réussi à transformer l'école Gérard-Filion en école sport-études, parce que,
là, on avait des belles infrastructures sportives.
Tout ça a commencé par un élève qui est venu visiter l'Assemblée nationale, Mme
la Présidente.
Et tout ça
pour dire que Christian Lacourse... j'arrive à Yamaska pour l'inauguration de
l'école et je ne vois-tu pas
Christian. J'ai dit : Bien, voyons, toi! Et, effectivement, Christian
Lacourse, qui était le directeur de l'école Gérard-Filion, avec qui on a fait ce beau projet, est devenu le
directeur général du centre de services scolaire de... je ne sais pas comment est-ce
qu'il s'appelle, là, Richelieu, ou je ne sais trop, mais, en tout cas, c'est le
territoire qui englobe notamment la circonscription de Richelieu et qui... dont
fait
partie l'école de Yamaska. C'est pour vous dire que ces personnes qui
occupent des postes comme ceux-là, de directeur ou de directrice générale du
centre de services, ils ont souvent un vécu extraordinaire, une belle
expérience.
Alors, pour en revenir à votre question, si
jamais il y en a un qui dit : Bernard, l'analyse que tu fais n'est pas
tout à fait exacte, je te soumets d'autres arguments, hein, ça peut arriver,
ça, bon, puis... bien, ça se peut qu'au terme de la discussion je dise :
Écoute, je te fais confiance, je te fais confiance, tu sais où est-ce que tu
t'en vas, tu as un plan de match, tu me dis que tu vas intervenir auprès de
cette école-là, bon, bien, j'ai eu la discussion avec toi, je l'ai portée à ton
attention, peut-être dans le cadre de la discussion entourant l'entente
d'imputabilité, ça se peut. Et puis c'est ça, ça ne veut pas dire que, parce
que j'ai une lecture des choses, que j'ai nécessairement raison. Bien entendu que ce n'est pas le cas, là, Mme la Présidente,
là, c'est... Puis vous savez quoi, Mme la Présidente? Moi, là, j'ai toujours
été assez terrain, hein, oui, j'ai toujours
été assez terrain. J'ai tendance à faire confiance aux gens du terrain, moi,
dans toute matière, d'ailleurs, en toute matière, parce que c'est eux
qui sont près des citoyens puis ils voient la réalité du terrain. Il faut les
écouter.
Mme Ghazal : Oui,
puis je vois la passion du ministre pour le terrain, jusqu'à me parler de son
terrain de football... non, de
soccer. Bien, moi, j'ai envie d'en profiter. J'avais une autre question en lien
avec l'article, mais je vais en profiter, je suis en train d'écrire...
de lui envoyer quelque chose, pour lui parler d'un autre terrain, d'une
école... d'un terrain d'une polyvalente dans mon comté, Jeanne-Mance, un
terrain de basketball. Le terrain de basketball. J'aimerais ça, d'ailleurs, vu que le ministre ouvre, en parle,
là, puis qu'il l'a fait avec la ministre de l'époque, Mme Courchesne, puis
qu'il est allé visiter, avec elle, son école puis ce terrain-là, lui montrer
l'état du terrain de basketball de l'école Jeanne-Mance,
dans Mercier, sur Le Plateau, où on a les paniers de basketball... il n'y a
plus de panier. Quand on regarde sur le terrain lui-même, il n'y a plus
de traçage pour permettre aux jeunes de jouer. Puis ce qui est intéressant,
avec ce terrain-là — on dit souvent qu'on veut que
les écoles soient ouvertes sur leur communauté — c'est que c'est un terrain qui est aussi utilisé par les élèves, mais
aussi par les gens le soir, par exemple, quand l'école est terminée, de la
communauté, ou la fin de semaine, pour venir jouer. Et, en ce moment, ce n'est
pas facile, de jouer sur ce terrain-là.
Et il y a un
programme extraordinaire pour permettre à des jeunes, souvent en difficulté, de
raccrocher à l'école, puis de venir à
l'école, puis d'avoir du plaisir, ça s'appelle le programme Bien dans mes
Baskets. Et, à l'école Jeanne-Mance, il y a un intervenant du CIUSSS du
Sud-Ouest qui est à temps plein à l'école pour ce programme-là, et ils font des miracles. Mais, en ce moment, moi,
j'ai interpelé le centre de services scolaire, puis là on a des échanges,
là, à un moment donné, ça s'en vient... Je
ne suis pas la seule, il y a aussi l'arrondissement, il y a d'autres
intervenants dans le comté, dans le
quartier, qui veulent que ce terrain-là soit réaménagé et qu'il soit
utilisable, puis que ce soit le fun pour ces jeunes-là, puis aussi les
gens dans la communauté, les jeunes, le soir, les fins de semaine, de venir
jouer sur ce terrain-là, pour ce beau programme extraordinaire, Bien dans mes
Baskets.
Puis, moi, ça me fait vraiment plaisir... moi
aussi, je suis une fille de terrain, puis ça me ferait vraiment, vraiment
plaisir d'aller, avec le ministre, visiter cette extraordinaire école, l'école
Jeanne-Mance, qui est une école qui a quelques projets particuliers mais qui a,
malheureusement, une mauvaise réputation depuis très, très longtemps, mais cette réputation-là, elle n'est pas vraie.
Ou, souvent, les gens, dans le quartier, l'ont délaissée pour aller à l'école
privée. Puis, moi, en faisant du porte-à-porte, là... Puis il y a même des gens
dans mes amis, là, que je leur dis : Cette école-là est extraordinaire, il
faut que vous y alliez, mais ils sont inquiets à cause de cette vieille
réputation qu'elle traînait. Et je suis
allée... ils ont fait des préportes ouvertes, et je suis allée à ces portes
ouvertes pour parler... à quel point il y a des choses extraordinaires
qui se passent dans cette école-là. Notamment, ils ont un beau terrain de
basketball. Puis je vais envoyer, là, au ministre et à ses gens de son cabinet,
la lettre que je lui ai déjà envoyée. Puis je suis déjà rendue à ma deuxième lettre, et j'en ai parlé aussi avec la directrice
générale, madame... là, j'oublie son nom, mais la... du centre de services scolaire de Montréal...
Gélinas, merci, que j'ai rencontrée à deux reprises, là, cette semaine, il y a
eu deux événements, le hasard fait qu'on s'est rencontrés. Elle me
pardonnera que j'aie oublié son nom.
M. Drainville : Isabelle
Gélinas.
M. Drainville : Lui en
avez-vous parlé?
M. Drainville : Oui? Qu'est-ce
qu'elle vous a dit?
Mme Ghazal : Bien là,
c'est-à-dire que je lui ai dit que je l'ai envoyée, puis nous, on envoie les
lettres aussi à son responsable des
infrastructures, aussi, là, puis elle est au courant, elle a dit : Oui, il
n'y a pas de problème, c'est bon. Je pense que c'est M. Chaput...
M. Drainville : M. Chaput.
Mme Ghazal : Mon
Dieu! Je me rappelle plus de... Et tout ça pour dire que j'aimerais ça, par
exemple, aller... parce que ça fait longtemps que ça dure, ce n'est pas... moi,
c'est maintenant que je suis intervenue sur le dossier, mais que les
intervenants dans le quartier, notamment, l'arrondissement, qu'ils ont
interpelé le centre de services scolaire. Donc, voilà.
Donc, oui, on
a des directeurs, directrices généraux extraordinaires, des gens
extraordinaires qui ont à coeur la réussite de nos élèves, mais j'ai
entendu le ministre dire que, pour revenir à notre
article et au projet de loi,
dire que lui, il est quand même parlable.
Puis, si, par exemple, il y a quelqu'un qui lui dit : M. le ministre, vous
vous trompez, moi je pense que c'est
ça qu'on devrait faire, bien, il est parlable. Mais, si, par exemple, il y a un
désaccord, mais un désaccord sur les
mesures à prendre, qui... la parole de qui va gagner? Si, par exemple, le
directeur général d'un centre de services scolaire dit au ministre : Bien, ne vous inquiétez pas, on va s'en
occuper, puis nous, voici les mesures que nous allons prendre pour arranger les choses puis atteindre
les cibles pour les indicateurs, là, les cibles qui ne sont pas atteintes, et
on a des solutions, puis voici la
solution qu'on va mettre en place, même si vous n'êtes pas d'accord, M. le
ministre, on aimerait ça aller de l'avant, est-ce que le ministre va se
retirer ou il va dire : Non, non, non, moi, je ne suis pas d'accord, et
c'est moi, le ministre, puis ça va être telle mesure? Si, par exemple, le
ministre, il a un désaccord profond sur les mesures
à mettre en place, pas s'il y a une entente puis qu'un ou l'autre convainc
l'autre, là, ça, il n'y a aucun problème, mais s'il y a un désaccord,
est-ce que c'est possible que le ministre dise : Bien, moi, je me retire,
je vous laisse aller, mettez les mesures que
vous voulez en place, que vous croyez les bonnes, mais, après ça, l'année
prochaine, par exemple, je vais
m'attendre à ce que les résultats soient atteints? Est-ce que c'est quelque
chose de possible? S'il y a un désaccord, parce que, quand tout le monde
est d'accord, tout va bien.
M. Drainville : Oui, mais ce
n'est pas comme ça que je vois ça. Ça se peut qu'il y ait un désaccord, là,
mais moi, je pense qu'entre personnes de
bonne volonté, on va trouver une voie de passage, là. Moi, écoute, je n'ai pas
de conflit ouvert, moi, actuellement, là, avec aucun directeur de centre
de services, aucune directrice de centre de services, là. Moi, ma prédisposition naturelle, c'est de faire
confiance. Ça fait que tu me prépares... tu m'as préparé un plan de match, tu
me présentes un plan de match, tu m'as convaincu, je t'appuie, tu vas de
l'avant, là.
C'est sûr que je
trouve que la question se pose davantage... Mettons, Mme la Présidente, que...
mettons que ça fait trois ans, on jase, là,
mettons qu'on en est à notre troisième année puis ça fait... tu sais, je
ramène... après deux ans, là, je suis dans une discussion, là, donc, on entame
la troisième année, là, puis là je vois que la situation ne s'est pas
améliorée, ça se peut qu'à un moment donné... Puis là c'est moi, le ministre,
un jour, ce sera quelqu'un d'autre, alors ça
se peut que le ministre de l'Éducation, à ce moment-là, ou la ministre de
l'Éducation, dise : Écoutez, M. le D.G., là, ça fait deux ans que
vous me dites que vous allez poser des gestes, je constate que ça n'a pas été
fait. Bien là, c'est possible, là, que le D.G., là, à ce moment-là... c'est
possible que le ministre dise au D.G. : Là, écoutez, M. le D.G. ou Mme la
D.G., je vous demande d'apporter des correctifs, là, tu sais.
Ça se peut que ça
arrive, mais moi, ce n'est pas dans cet esprit-là que... Ça ne fonctionne pas
bien, dans ce temps-là, quand tu essaies d'imposer ton autorité puis tu essaies
d'imposer tes... quand tu veux marcher à coup d'arguments
d'autorité, en général, ça ne donne pas des très bons résultats. Je favorise beaucoup
plus le dialogue, puis l'adhésion,
puis trouver un juste milieu, trouver un terrain d'entente. On peut partir de
deux directions différentes puis on va trouver un terrain d'entente.
Moi, c'est comme ça que je fonctionne.
Mme Ghazal :
Bien là, nous, on n'est pas en train de discuter de la personnalité du
ministre, on travaille sur un projet de loi. Moi, je suis confiante que le
ministre, lui, il a une ouverture, de la discussion. Nous, on travaille sur un projet de loi, puis la façon qu'il est écrit
permet d'imposer des solutions qui viennent d'en haut, de Québec, du bureau du
ministre. Et c'est ça qui est toute la problématique.
Je ne remets pas en
question ce que le ministre me dit, puis ses intentions, puis la bonne foi,
puis la bonne entente entre lui et les
directeurs de centres de services. Je ne remets pas ça en question, mais pas du
tout, mais on travaille avec une loi,
puis c'est ça, l'outil qu'on a maintenant entre nos mains, puis c'est cet
outil-là qui ouvre la porte à imposer des solutions d'en haut, puis
c'est ça qui est perçu comme une non-confiance de ce que les directeurs... de
ce que les gens font sur le terrain, que ce
soient les directeurs des centres de services scolaires ou d'autres
intervenants sur le terrain.
La Présidente
(Mme Dionne) : Souhaitez-vous suspendre, M. le ministre?
M. Drainville : Non, non. J'ai beau être
un gars, je suis capable de faire deux choses en même temps, Mme la Présidente.
Je comprends... je crois comprendre les inquiétudes de la députée de Mercier,
Mme la Présidente, mais, tu sais, à
l'article 37, là, ça, c'est la
Loi sur l'instruction publique, ça, là, 37,
c'est, dans le fond, un
article qui est davantage axé sur la gestion des
centres de services, puis mes relations avec les centres de services, puis les
interventions que je peux faire auprès des
centres de services scolaires. Et, si vous regardez les mots, ils sont
importants. On échange, j'échange avec
le centre de services concerné. Je peux le conseiller, je peux le soutenir. Je
ne suis pas dans une relation d'autorité, là, je suis dans une relation
de collaboration.
Si vous regardez 60,
60, on est plus dans, je dirais, dans un, comment dire, une vision globale du
rôle que le ministre doit jouer, pas seulement auprès des centres de services,
mais aussi auprès du réseau privé, là. C'est la
loi sur le ministère de l'Éducation,
et donc tout le ministère de l'Éducation, avec toutes ses responsabilités.
Et là, Mme la
Présidente, c'est sûr que le ministre va intervenir avec les leviers qui sont
les siens. Alors, quels sont les leviers qui
sont les miens, Mme la Présidente? Bon. L'allocation des ressources. Alors, à
chaque année, je discute avec le président de... avec le ministre des
Finances. Je soumets mes demandes en fonction des besoins qu'on a identifiés, qui nous sont... qui sont
montés de la base, qui sont... qui nous sont arrivés, notamment, des centres de
services scolaires, mais aussi des enseignants, des enseignantes, à travers les
discussions que nous avons avec eux, avec
les partenaires. Les parents sont... évidemment, nous font savoir des choses.
On lit, à tous les jours, dans les journaux,
des choses qui ne vont pas bien. À un moment donné, tu finis par dire :
O.K. On va essayer d'aller chercher des
sous pour s'attaquer à tel problème, pour intervenir de telle manière. Alors,
ça, ça fait
partie des responsabilités du ministre de l'Éducation, donc, d'essayer d'aller chercher un maximum de
ressources dans le cadre de l'exercice budgétaire. Et puis là, évidemment, le montant qu'on va
chercher se décline en toutes sortes de mesures budgétaires, en fonction des
priorités qui sont les nôtres, bon.
Avec
les données auxquelles nous aurons accès, dorénavant, c'est sûr que le rôle
d'intervenir puis d'éventuellement partager des pratiques qui sont gagnantes
auprès des élèves... On se rend compte, là, par exemple, dans telle école, il y
avait un enjeu de décrochage, ils ont
essayé telle mesure, on sait que ça a fonctionné, les résultats sont bons — je
vous ai donné l'exemple, tout
à l'heure, du Centre de services scolaires de Val-des-Cerfs — bon,
bien, à ce moment-là, moi, j'ai une responsabilité, je pense, de faire en sorte
que ces pratiques gagnantes soient partagées au plus grand nombre dans le
réseau, donc de mettre en place des moyens pour que cette information-là soit
diffusée.
L'institut national
d'excellence va nous aider avec ça, mais pas tellement au niveau de la gestion,
ce n'est pas leur rôle, mais au niveau des pratiques pédagogiques probantes.
Alors là, c'est moins mon intervention qui est importante ici, c'est plutôt l'expertise que l'INEE va avoir d'aller...
de capter ces pratiques pédagogiques et de s'assurer de les partager au
niveau du terrain, donc dans les salles de classe, auprès des enseignants. Bon,
mais c'est quand même le ministre qui
propose la création de l'INEE, puis j'aurai évidemment des échanges avec
l'INEE, qui vont faire partie, donc,
de mes responsabilités, de nos responsabilités, puisque je suis là-dedans, mais
l'équipe des sous-ministres est là, le ministère est là, etc. Bon. Très
bien.
Ensuite de ça,
les directives, bon. Alors, Mme la Présidente, j'ai proposé au Conseil des
ministres une directive sur la prière
dans les écoles. J'ai annoncé qu'il allait y avoir directive en matière
d'encadrement des cellulaires. Alors, une
directive, Mme la Présidente, tu l'annonces, mais, après ça, il faut que tu
t'assures qu'elle soit bien rédigée. Les gens de la DAJ passent dessus pour
s'assurer que ça respecte le cadre légal. Après ça, tu vas au comité de législation,
tu vas au comité ministériel. Ça finit par
arriver au Conseil des ministres, puis, bon, la directive, finalement, atterrit
dans les écoles. Alors, ça fait
partie, je dirais, de la responsabilité du ministre que d'émettre, quand c'est
utile et nécessaire, des directives.
Alors...
Puis ça fait
partie aussi du ministre... des responsabilités du ministre, Mme
la Présidente, par exemple, dans le cas des aides à la classe, là, ça,
c'est un bel exemple... Les aides à la classe, l'année passée, c'était
100 écoles qui avaient un projet pilote d'aide à la classe, cette année,
c'est 200. Ce n'est pas arrivé par hasard, c'est arrivé parce qu'on s'est dit : Aïe! C'est bon, les aides à
la classe. On a mis des sous là-dedans. Puis là, quand est arrivé l'exercice du
dernier budget, Mme la Présidente, c'est nous qui avons dit au ministre des
Finances : On aimerait ça mettre plus d'argent dans le projet pilote
d'aides à la classe, l'élargir à 200 écoles, pas juste 100, 200, parce
qu'on collecte des données qui nous montrent
que ça fonctionne superbien. Et, parallèlement à ces projets pilotes, Mme la Présidente, on dépose une proposition, dans le cadre des
conventions collectives... de la négociation sur les conventions collectives
pour en créer, des aides à la classe, dans le plus grand nombre possible
d'écoles primaires du Québec. Alors, on est toujours sur le rôle du ministre,
là, Mme la Présidente, là.
Alors, c'est sûr que,
dans le cadre du budget, je suis en discussion avec le ministre des Finances,
dans le cas des négociations pour la nouvelle convention collective, je suis en
discussion avec la présidente du Conseil du trésor. Et donc, je vous dirais, dans ce cas-ci, avec les différents exemples
que je viens de vous donner, c'est un rôle beaucoup plus de
macrogestion