House Proceedings — 22 March 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
2023-03-22
Quebec — Debates (Hansard)
(Neuf heures quarante minutes)
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Bon
matin, chers collègues. Je vous invite à vous asseoir.
Alors, nous en sommes à la rubrique Déclarations
de députés. Et, pour cette première déclaration aujourd'hui, je reconnais Mme la députée de
Charlevoix-Côte-de-Beaupré. Et j'informe l'ensemble des membres que vous avez
droit à une minute pour votre déclaration. Mme la députée.
Mme Bourassa : Merci beaucoup,
M. le Président. M. le Président, aujourd'hui, je serai un peu nostalgique. Et je me souviens, il y a plus de 20 ans
déjà, que ma grand-mère utilisait les services de la popote roulante. Et je me
souviens de sa joie lorsque les
livraisons arrivaient. Enfin, il s'agit de repas sains servis aux aînés en
perte d'autonomie, aux proches aidants, aux personnes, également, vivant
avec des limitations.
Et, si je vous parle de ça, aujourd'hui, c'est
que c'est la Semaine québécoise des popotes roulantes.
M. le Président, le comté de Charlevoix—Côte-de-Beaupré
est extrêmement grand, mais on peut quand même compter sur plusieurs organismes
qui offrent ce service presque partout sur notre territoire. Je pense au CAB,
au Centre communautaire Pro-Santé, à L'Ancrage, à La Tablée 138. Et je
pourrais en énumérer encore très longtemps.
À tous ces
organismes, j'aimerais dire merci, parce qu'en fait ce n'est pas simplement un
service de livraison de repas, c'est aussi une façon de nourrir le coeur
de nos aînés les plus vulnérables. Alors, encore une fois, merci.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré. La prochaine déclaration sera
celle de M. le député de Viau. M. le député.
M. Benjamin : Merci
beaucoup, M. le Président. Aujourd'hui, M. le Président, je veux rendre hommage
à l'association québécoise des droits
des retraités, un organisme de défense, de protection et de promotion des
droits et de la dignité des aînés, un organisme qui soutient et
accompagne les aînés du Québec depuis de nombreuses années.
Je souhaite particulièrement souligner le
travail de l'AQDR de Saint-Michel, que je côtoie régulièrement, dans la circonscription de Viau. Que ce soit lors des
activités d'entraide communautaire, de dépannage alimentaire, l'AQDR de Saint-Michel est présent. À travers les services
d'éducation populaire, des ateliers-conférences, des services-conseils aux
membres en difficulté, l'AQDR de
Saint-Michel joue un rôle précieux dans la vie des aînés de la circonscription
de Viau.
Merci à Deborah Bernadette, à Valérie, à
Gabriella pour leur implication et leur générosité pour une meilleure qualité
de vie des aînés de la circonscription de Viau et du quartier Saint-Michel.
Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le
député de Viau. La prochaine déclaration sera celle de M. le député de
Beauce-Sud. M. le député.
M. Poulin : Merci. Merci beaucoup, M. le Président. Ce matin,
je vous entretiens sur la culture en Beauce et je veux rendre hommage à
notre diffuseur, Les Amants de la scène.
M. le Président, grâce à l'implication de
nombreux bénévoles du conseil d'administration et de leur excellent directeur
général, Jean-François Bernatchez, membre du groupe Noir Silence, je veux les
remercier pour tout le travail qu'ils
accomplissent, évidemment, pour la promotion de la culture en Beauce. C'est des
centaines de spectacles par année qui
y sont présentés, à la fois à la salle qui se trouve au cégep
Beauce-Appalaches, mais également du côté du nouvel Espace Carpe Diem.
D'ailleurs,
M. le Président, j'invite la population à venir visiter la Beauce cet été,
parce que nous aurons pour la première fois le Festival d'été de
Saint-Georges. Simple Plan, Elliot Maginot, Roxane Bruneau, c'est assez
incroyable en termes
de culture non seulement francophone que nous allons présenter à notre
population. D'ailleurs, j'annonce une contribution de 5 000 $,
une première contribution du député, pour la tenue de ce festival d'été.
Bravo aux Amants de la scène et vive la culture
en Beauce, M. le Président!
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le
député de Beauce-Sud. La prochaine déclaration sera celle de M. le
député de Rosemont.
M. Marissal : Merci, M. le
Président. Cette semaine, c'est la semaine nationale de la déficience
intellectuelle. Je profite de l'occasion pour saluer le travail de deux
organismes de ma circonscription.
D'abord, la Société québécoise de la déficience
intellectuelle, qui est l'organisatrice de cette 35e édition de la semaine
de la déficience intellectuelle.
Le deuxième organisme, la Fédération des
mouvements Personne d'abord du Québec, qui est l'organisatrice de la 21e édition de la Journée provinciale
des mouvements Personne d'abord, des gens, d'ailleurs, qui ont produit une
série de cartes postales soulignant
les enjeux auxquels font face les gens qui sont aux prises avec des déficiences
intellectuelles. J'invite les
collègues députés à se procurer cette carte postale auprès de moi pour
souligner le travail extraordinaire de ces gens qui défendent les plus
démunis, les plus vulnérables et qui ont bien besoin de notre soutien.
J'en profite enfin pour saluer le travail de
Danielle Gratton et d'Amélie Duranleau, coordonnatrice et directrice générale
de ces deux organismes. Merci.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le
député de Rosemont. La prochaine déclaration, M. le député de Saint-Jean.
M. Lemieux : Merci, M. le
Président. Je suis heureux, soulagé et fier de vous annoncer que les renforts arrivent
dans le comté de Saint-Jean. Une vingtaine
d'infirmiers et d'infirmières de l'étranger viennent de s'installer, et une
autre cohorte est attendue cet été.
Il faut
savoir que ces travailleurs de la santé, recrutés par le CISSS de la
Montérégie-Centre, vont devoir passer la prochaine année au cégep
Saint-Jean-sur-Richelieu pour mettre leurs connaissances à niveau avant de
subir l'examen de l'ordre des infirmières. Et
en même temps ils vont travailler comme préposés aux bénéficiaires à mi-temps.
C'est une formule véritablement innovante, adaptée à la nouvelle réalité
de la rareté de main-d'oeuvre, et une très bonne nouvelle pour le réseau de la santé chez nous, et une bonne
nouvelle aussi pour toute la région, puisqu'ils arrivent avec femmes, maris
et enfants, ce qui va nous permettre de
compenser d'autant la rareté de main-d'oeuvre pour des travailleurs en demande
dans tous les secteurs.
D'ailleurs,
comme promis, je vous présenterai bientôt le bilan de notre chantier
main-d'oeuvre Haut-Richelieu, au terme d'une année de mobilisation
collective et collaborative. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le
député de Saint-Jean. Et la prochaine déclaration sera celle de Mme la
députée de Jeanne-Mance—Viger.
Mme Rotiroti : Merci, M. le
Président. Je suis fière de souligner aujourd'hui la médaille d'or remportée
par Les Suprêmes novices du club de patinage
artistique de Saint-Léonard, qui ont battu un record canadien lors des
championnats nationaux qui se sont
déroulés à Calgary en février dernier. Au total, c'est 12 équipes de tout
le pays, âgés de 12 à 16 ans, qui étaient en compétition dans la
catégorie novice.
Mes sincères
félicitations aux jeunes patineuses dynamiques : Siena, Megan, Lilirose,
Sophie, Keira, Linda, Noura, Daliyah,
Noélie, Yifan, Kiera, Léa, Emma, Zoé, Keira, Ashlynn, Alice et Maïka. Je
profite de l'occasion pour saluer et souligner
le travail exemplaire des entraîneuses, Claudia Sforzin et Geneviève Rougeau,
des femmes qui inspirent nos jeunes au plaisir de ce sport.
Je vous souhaite à toutes une belle continuité.
Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, Mme la
députée de Jeanne-Mance—Viger.
La prochaine déclaration sera celle de Mme la députée de
Saint-Hyacinthe. Mme la députée.
Mme Soucy :
Merci, M. le Président.
Aujourd'hui, je tiens à souligner la présence dans nos tribunes d'une Maskoutaine,
ainsi... en compagnie de ses parents.
Éloïse Caron, l'attaquante
des Titans du cégep Limoilou, a été un rouage important de l'équipe canadienne
de hockey féminin, qui a décroché la
médaille d'or au plus récent championnat mondial des moins de 18 ans. Éloïse
est un bel exemple de discipline, de
détermination et de persévérance pour toutes les jeunes filles athlètes, autant
sur la glace que dans la communauté.
Vous
savez, M. le Président, les parents jouent un rôle important dans la réussite
sportive de leurs enfants. Alors, je ne peux passer sous silence le soutien
de ses parents, Ann et Nicolas. Alors, bravo, chers parents.
peux vous assurer que c'est avec fierté, M. le Président, que moi et tous les
Maskoutains, nous suivrons de près la carrière prometteuse d'Éloïse
Caron. Félicitations encore une fois, Éloïse! Merci.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, Mme la députée de Saint-Hyacinthe. Et je souhaite la bienvenue
à Mme Caron et sa famille dans nos tribunes.
Je cède maintenant la
parole à M. le député de Matane-Matapédia, pour votre déclaration.
M. Bérubé : M. le Président, le
13 mars dernier s'est produit l'impensable, à Amqui. Un acte délibéré d'un
individu a causé la mort de trois personnes, et huit autres ont été
blessées gravement.
communauté matapédienne s'est rapidement mobilisée pour faire face à ce drame
innommable. La Matapédia, c'est une
communauté tissée serré, qui s'entraide, qui veille les uns sur les autres,
dans les moments de joie comme dans les
épreuves. Mes pensées sont toujours aux victimes et aux membres de leurs
familles qui ont perdu un proche ou qui doivent maintenant veiller au
rétablissement d'un des leurs.
veux également exprimer toute ma reconnaissance envers le travail des premiers
répondants de ce drame, les citoyens
qui ont rapidement intervenu sur les lieux, les paramédics, les policiers, les
pompiers et le personnel de l'Hôpital d'Amqui, qui se sont tous mobilisés
pour répondre à l'urgence.
tiens également à souligner le travail et le leadership de la mairesse d'Amqui,
Mme Sylvie Blanchette, et de la préfète
de La Matapédia, Mme Chantale Lavoie, qui, avec leurs équipes, ont mis à
la disposition des intervenants toutes les ressources nécessaires et ont
été présentes pour leur communauté.
veux remercier également l'ensemble de mes collègues de l'Assemblée nationale
pour les témoignages exprimés, qui nous ont fait chaud au coeur. Merci,
M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le député de Matane-Matapédia.
Nous sommes tous solidaires avec vous.
Je cède maintenant la
parole à M. le député de Lac-Saint-Jean.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : M.
le Président, dernièrement mon comté a perdu l'un de ses plus grands bénévoles,
M. Raymond Maltais, qui a donné de son temps et de son expertise à son
club de motoneige pendant 58 ans.
Vous
savez, l'industrie de la motoneige est importante chez nous, mais ça ne peut
pas fonctionner sans des bénévoles comme
M. Maltais. Et, pour l'avoir connu, laissez-moi vous dire qu'il savait
tout faire. Entretien et balisage des sentiers, réparation de la machinerie, construction de ponceaux ou négociation des
droits de passage, Raymond répondait toujours présent. À 81 ans, malgré la maladie, M. Maltais a tout de
même continué d'aller donner un coup de main. Ça s'appelle la passion.
a joué aussi un grand rôle auprès de notre jeunesse. C'était mon chauffeur
d'autobus et celui de mes filles. Ça a été le chauffeur d'autobus de
trois générations d'élèves, qui l'ont apprécié pour sa bienveillance.
M. Maltais,
merci pour tout ce que vous avez fait. Vous êtes un modèle de citoyen engagé et
vous avez laissé votre marque dans
notre communauté. Votre femme, Lisette, et vos enfants ont toutes les raisons
d'être fiers de vous. Bon repos, M. Maltais, vous l'avez mérité.
Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le député de Lac-Saint-Jean. La prochaine
déclaration sera celle de M. le député de Blainville.
M. Laframboise :
Merci, M. le Président. Aujourd'hui, je veux rendre hommage à une femme
émérite, artiste créatrice en arts visuels, résidente du Boréa Blainville,
Mme Micheline Brodeur.
Mme Brodeur
cumule plus de 50 ans de carrière en tant qu'artiste engagée et
enseignante. Née à Saint-Hyacinthe en
1935, graduée de l'École des beaux-arts de Montréal en 1963, elle se consacre
durant 40 ans à la sculpture, plus particulièrement sur pierre, et
effectue plusieurs stages en Italie durant cette période.
Dans les
années 80, alors que ce milieu est peu ouvert aux femmes, elle s'implique
avec passion sur le conseil d'administration du Conseil de la sculpture du
Québec afin d'en faire la promotion et d'ouvrir des portes aux nouvelles
générations.
Parallèlement
à ses recherches, elle obtient, en 1991, une maîtrise en arts visuels et
entreprend des études au doctorat.
Tout
récemment, nous avons eu le bonheur de découvrir ses oeuvres au centre d'exposition
de Blainville. En tant que député de Blainville, c'est donc avec une immense
fierté que j'adresse mes plus sincères félicitations à Mme Micheline Brodeur pour l'ensemble de sa
carrière. Merci pour votre talent, votre travail exceptionnel au fil des ans.
Merci pour tout.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le député de Blainville. La prochaine déclaration
sera celle de M. le député de Côte-du-Sud. M. le député.
M. Rivest :
Merci, M. le Président. Tout un week-end que je viens de passer à
L'Isle-aux-Grues!
Des pas qui
traversent des chemins enneigés, les ombres colorées qui frappent aux portes,
cachés sous les masques ou les costumes flamboyants, les amoureux de cette
tradition font la joie des citoyens, jeunes ou moins jeunes. C'est Mi-Carême à
L'Isle-aux-Grues, un bel exemple de transmission en lien avec la valorisation
de notre patrimoine. C'est à ce moment où
Manon, Édith, Pierre, Marie-Odette, Huguette, Denis, Martin, Marie-Michèle ou
Louis se préparent à la fête.
Aujourd'hui, je tiens
à remercier les citoyens de L'Isle-aux-Grues pour leur accueil unique qu'ils
nous offrent à chaque visite.
D'ailleurs, je vous
fais deux invitations. Venez découvrir Riopelle et son île qu'il a adoptée de
1976 à 2002, lors de sa mort. Il y aura,
entre autres, l'exposition Mon cher Jean Paul tout l'été à la
bibliothèque de Montmagny. Je vous invite également à visiter la page du
député de Côte-du-Sud pour en savoir davantage.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le député de Côte-du-Sud. Et nous concluons cette
rubrique avec la déclaration de M. le député de Vachon.
M. Lafrenière : Merci beaucoup, M. le
Président. Samedi dernier, je me suis rendu à l'École nationale d'aérotechnique
de Saint-Hubert pour découvrir plus de 80 projets à Expo-Sciences. Sur
place, les sept élèves, âgés de 12 à 17 ans, y étaient pour
présenter leurs projets.
cesse de le répéter, M. le Président, science, technologie et innovation sont
les clés de l'avenir. Croyez-moi, ces jeunes veulent et vont améliorer notre
monde, M. le Président. J'ai pu découvrir des élèves passionnés qui ont espoir
en notre avenir et qui ont des idées les plus originales, les plus innovantes.
tiens aussi à remercier tous les enseignants, le personnel, les parents qui
soutiennent, qui encouragent leurs jeunes.
Finalement,
je félicite Marguerite Métivier, qui fréquente l'école secondaire
Fernand-Lefebvre de Saint-Hubert, à qui
j'ai remis une bourse. Marguerite, merci d'avoir été capable de vulgariser ta
recherche scientifique avec aisance, avec intelligence.
Voir
autant de filles qui s'intéressent à la science me donne foi en l'avenir, M. le
Président. Félicitations aux participants, et longue vie à la science!
Merci.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le député de Vachon. Et cela met fin à la rubrique Déclarations
de députés.
Et je suspends nos
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 55)
La Présidente : Bonjour, tout le
monde. Mmes, MM. les députés, nous allons nous recueillir quelques instants.
Merci beaucoup. Veuillez vous asseoir.
Nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles ni de présentation de projets de loi.
Il n'y a pas de dépôt de documents.
Alors, à la rubrique Dépôt de rapports de
commissions, M. le président de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources
naturelles et député de Marquette, la parole est à vous. Vous n'avez pas
encore...
La Présidente : Nous y viendrons.
Parfait. Nous viendrons à ce rapport ultérieurement.
À la rubrique Dépôt de pétitions, maintenant, M.
le député de Camille-Laurin, la parole est à vous.
M. St-Pierre
Plamondon : Merci, Mme la Présidente. Je dépose l'extrait
d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale et signée par
599 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que la planification de
l'occupation des immeubles du centre de services scolaire de Montréal prévoit l'augmentation du nombre d'élèves du
secondaire dans Tétreaultville, passant de 1 894 en 2022 à 2 138 en
2025;
«Considérant
l'augmentation importante des élèves à l'école secondaire Louise-Trichet depuis
cinq ans, passant de 398 en 2018 à 616 en 2022;
«Considérant
l'importance d'offrir aux 44 000 résidents des écoles publiques de
proximité accessibles à tous, sans obstacles socioéconomiques et prônant
des valeurs de diversité et d'inclusion;
«Considérant que les prévisions ne prévoient pas
avec justesse l'augmentation du nombre d'élèves issus de l'immigration, et que
l'école possède un classement de 10 sur 10 concernant la défavorisation des
élèves;
«Considérant que la situation actuelle ne
favorise pas la persévérance, puisque certains élèves doivent changer d'école faute d'espace durant leur parcours
scolaire tout en sachant que plusieurs études démontrent qu'un changement aura
des impacts négatifs sur la réussite;
«Considérant que la situation restreint les
possibilités pédagogiques et a des effets sur les matières enseignées,
notamment en éducation physique, en art culinaire, en sciences et en arts,
ainsi que sur les activités parascolaires;
«Considérant
la présence de deux bâtiments : l'un au 8300, rue de Teck accueillant
temporairement du primaire, et l'autre au 2205, rue Mousseau qui sera vacant
lorsque la nouvelle école Irénée‑Lussier sera disponible, et qui pourraient
accueillir des élèves de Louise-Trichet;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous,
signataires, demandons au gouvernement du Québec de prévoir l'ajout d'une
annexe à l'école secondaire Louise-Trichet dans les plus brefs délais.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
La Présidente : Cet extrait de
pétition est déposé. Mme la députée de D'Arcy-McGee, la parole est à vous.
Mme Prass : Merci,
Mme la Présidente. J'aimerais saluer les membres de l'Association québécoise du
syndrome de la Tourette qui sont avec nous, dans les tribunes,
aujourd'hui.
Je dépose
l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
2 504 pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que l'article 10 de la Charte des droits et libertés protège les droits
des personnes ayant un handicap;
«Considérant qu'environ 1 % de la
population est atteinte du syndrome Gilles de la Tourette — SGT — un
handicap identifié dans le DSM-5;
«Considérant
que 90 % des personnes atteintes du SGT ont au moins un autre trouble
associé, conséquence du SGT;
«Considérant
que le niveau d'intelligence des personnes atteintes du SGT est comparable à la
population générale;
«Considérant
que des centaines d'enfants atteints [de] SGT subissent les conséquences
d'interventions inadaptées pouvant aller jusqu'au renvoi de l'école;
«Considérant que 23 % des enfants et
48 % des adultes atteints du SGT pensent au suicide;
«Considérant que 82 % des adultes atteints
du SGT ont des difficultés sociales;
«Considérant
que plusieurs personnes atteintes du SGT n'ont ni un médecin de famille, ni
accès à un médecin spécialisé;
«Considérant
que la majorité des intervenants scolaires, sociaux et de la santé ne
connaissent pas le SGT, ce qui entraîne un gaspillage de ressources
causant de graves problèmes de détresse et de santé mentale;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, signataires, demandons au gouvernement du
Québec :
«De déterminer
de façon claire de quel service relève le SGT et ainsi uniformiser l'aide et
les services offerts dans l'ensemble des programmes;
«D'imposer
une formation obligatoire sur le SGT dans les CISSS, CIUSSS, CSS, écoles,
programmes collégiaux et universitaires — éducation, santé et
services sociaux;
«D'ajuster
les règles budgétaires scolaires et les codes EHDAA pour assurer [des]
ressources d'adaptation adéquates.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
La Présidente : Cet extrait de
pétition est déposé.
Nous revenons
à la rubrique Dépôt de rapports de commissions, et je reconnais à nouveau M. le
président de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie
et des ressources naturelles et député de Marquette.
M. Ciccone : Merci de votre patience, Mme la Présidente. Je dépose le rapport de la
Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources
naturelles qui, les 16 et 21 mars 2023, a procédé à l'étude détaillée du
projet de loi n° 13, Loi concernant la ligne d'interconnexion Hertel-New York. La commission a adopté le texte du projet de loi
sans amendement. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente : Merci. Ce rapport
est déposé.
Il n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni
d'interventions portant sur une violation de droit ou de privilège.
Nous en sommes maintenant à la période des
questions et réponses orales, et je cède la parole, pour sa question
principale, au chef de l'opposition officielle.
M. Tanguay : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Hier, nous avons eu lecture du cinquième budget du
gouvernement de la CAQ. Ils en sont dans leur cinquième année, et je dirais que
ce budget-là s'inscrit dans la durée, s'inscrit dans la suite, où l'on
constate, dans la cinquième année, que les crises ne font que s'amplifier.
Puis, ce
matin, je préparais ma question, Mme la Présidente, puis je me disais : Il
faudrait que je trouve un moyen d'aller au niveau de la confidence avec le
premier ministre. Alors, j'aimerais ça que vous vous mettiez dans un état
d'esprit, un peu comme si j'avais un
podcast puis que je vous disais : Bonjour, M. le premier ministre — puis
je m'adresse à vous, Mme la
Présidente — pour
essayer de jaser avec vous puis de savoir. Puis la première question que
j'aimerais vous poser, Mme la Présidente, via votre entremise,
c'est : Qu'est-ce qui ne marche pas? Pourquoi ça ne marche pas?
C'est la
cinquième année. On voit les délais en justice, on voit les listes d'attente en
santé, on voit les listes d'attente en
services de garde. Cinquième budget. Les ambitions, lorsque vous avez été
portés au pouvoir, Mme la Présidente, le gouvernement caquiste, étaient au plafond. Vous aviez la capacité, puis
ça, on doit vous le dire, de situer, de nommer les enjeux, mais on peut voir
aujourd'hui que les résultats ne sont clairement pas là. Et rajoutons à ça le
fait qu'il y aura une baisse d'impôt,
mais sur le dos des générations futures. C'est rendu qu'on endette nos enfants,
Mme la Présidente, pour payer les baisses d'impôt aujourd'hui.
Alors, question au premier ministre :
Qu'est-ce qui ne marche pas depuis cinq ans?
La Présidente : M. le premier
ministre.
M. Legault : Oui.
Mme la Présidente, d'abord, j'invite le chef de l'opposition officielle à dire
«balado», au lieu de «podcast». Je dis ça comme ça, en passant.
Maintenant, concernant le réseau de la santé,
j'écoutais les réactions des analystes et puis j'entendais un certain Gaétan Barrette dire : J'aurais rêvé d'avoir
une augmentation de budget de 7,7 % comme le ministre de la Santé actuel.
Mais c'était plutôt avec un moins, les budgets qu'a eu à gérer le
ministre libéral de la Santé.
Donc, Mme la
Présidente, première raison pourquoi on a des difficultés, actuellement, dans
le réseau de la santé : à cause du réseau, l'état du réseau, quand
on l'a reçu, en 2018, il y avait déjà des problèmes.
Ensuite,
je rappelle au chef de l'opposition officielle, qui a peut-être oublié, qu'il y
a eu une pandémie mondiale qui a affecté
tous les réseaux de la santé dans le monde.
Malgré ça, Mme la Présidente, le
ministre de la Santé a réussi, dans les derniers mois, à augmenter de
500 000 personnes le nombre de Québécois qui sont maintenant pris en
charge par un groupe de médecine familiale. Quand même exceptionnel.
Donc,
on a un plan qui a été déposé, on a des gestes qui commencent à être posés, on
a une augmentation de budget importante. Donc, on va y arriver.
Présidente : Première complémentaire.
M. Tanguay : Puis le premier ministre
a raison, alors poursuivons dans l'esprit du balado. À matin, Mme la
Présidente, il nous ressert le
15 ans libéral, il nous ressert Gaétan Barrette. Soit dit en passant, le
budget est à plus de 7 % cette année, mais que se passera-t-il, l'an prochain, quand il va tomber à
2,1 %? J'aimerais vous entendre là-dessus. Mais... Et là c'est la
pandémie, puis là j'entends le premier ministre — c'est déconcertant — nous
dire qu'on commence, on commence.
Pourquoi, après cinq
ans, il commence? Pourquoi on n'a pas de résultat? C'est la question.
Présidente : M. le premier ministre.
M. Legault : Oui, bien, d'abord, je
veux dire au chef de l'opposition officielle que, de la façon que ça fonctionne,
c'est que, cette année, on augmente le
budget de la santé de 7,7 %; l'année suivante, c'est ce 7,7 % plus
une autre augmentation. Donc, on ne
vient pas reculer, il n'y aura pas de baisse, de coupure dans le réseau de la
santé comme on l'a vécu avec le gouvernement libéral.
Maintenant,
Mme la Présidente, je pense que c'est important qu'on regarde les gestes puis
le plan qui sont en train d'être
posés, mis en place. Évidemment, on va avoir une négociation de convention
collective qui va être très, très, très importante.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Tanguay : Oui, puis, l'an prochain,
ce n'est pas avec votre 2,1 % que vous allez être capables d'y faire face.
Juste les coûts de réseau, juste les coûts de réseau, c'est plus de 5 %.
Alors, j'ai bien beau... on peut bien additionner, additionner puis le
voir pour la première année, mais ce sera nettement insuffisant. Et là le
premier ministre, qui est tout à fait
déconcertant, nous confirme, donc, qu'il n'y a pas rien d'autre de prévu que
2,1 %, qui va être en dessous de l'augmentation
naturelle des coûts de réseau. Encore une fois, Mme la Présidente, c'est la
même chose pour ce qui est de la pénurie de main-d'oeuvre, on reconnaît
qu'ils n'ont pas attaqué...
Présidente : M. le premier ministre.
M. Legault : Bon, d'abord, je corrige
le chef de l'opposition officielle. Quand on regarde le budget, là, puis je
pense que le ministre des Finances le connaît bien, c'est 3,6 %
d'augmentation l'année prochaine, plus le 7,7 % cette année, ça
fait 11,3 % sur deux ans. C'est déjà pas mal.
Ce que j'allais dire,
c'est qu'on a un défi d'aller chercher plus de flexibilité dans l'organisation
du travail. Donc, ma collègue la présidente
du Conseil du trésor va négocier, entre autres, avec le syndicat, la FIQ, le
syndicat des infirmières, pour être capable d'avoir plus de flexibilité.
Présidente : Troisième complémentaire.
M. Tanguay :
Mme la Présidente, on vérifiera les chiffres, là, mais on me confirme que
c'est 2,1 %, santé, 2024‑2025. Alors,
2,1 %, Mme la Présidente. Et, en ce sens-là... Et c'est la réponse que m'a
servie le premier ministre aussi à la principale. Alors, en ce sens-là,
nettement insuffisant.
Les crises, c'est la
cinquième année, c'est le cinquième budget, les crises, notamment en services
de garde, autre élément, vous aviez dit, en 2018, que vous alliez abolir la
liste d'attente, elle est rendue à 69 000. Pourquoi ça ne fonctionne pas?
Présidente : M. le premier ministre.
M. Legault :
Oui, bien, ça mériterait peut-être un débat de fin de séance. Le ministre
des Finances m'a dit — je
m'excuse auprès du ministre des
Finances : L'augmentation, l'année prochaine, du budget de la santé est de
3,6 %. Allez voir dans la note de bas de page.
Maintenant,
la liste d'attente, Mme la Présidente, c'est comme ça en Ontario, c'est comme
ça en Alberta, c'est comme ça en Colombie-Britannique, c'est comme ça aux
États-Unis, c'est comme ça en Europe, il y a eu, pendant la pandémie, un
report des chirurgies. Donc, c'est normal qu'il y ait un rattrapage à faire. On
va y arriver.
Présidente : En question principale, je reconnais le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Mme la Présidente, les
PME du Québec sont fortement touchées par différentes crises : inflation,
pénurie de main-d'oeuvre, augmentation
exagérée de leurs tarifs d'hydroélectricité imposée par la CAQ. Malheureusement
pour elles, le budget d'hier n'a pas répondu à leurs attentes.
fait des années que la fédération canadienne des entreprises indépendantes
demande de revoir le calcul de la déduction pour petites entreprises,
pour donner un peu d'air aux plus petites d'entre elles. Ce n'est pas normal
qu'une entreprise à cinq employés à temps
plein puisse bénéficier d'un taux d'imposition de 3,2 %, mais qu'une plus petite
entreprise ayant un ou deux employés doive payer un taux de 11,5 %.
la Présidente, est-ce que le ministre de l'Économie est fier de voir son
gouvernement laisser tomber les plus petites PME?
Présidente : En réponse, le ministre des Finances.
M. Girard (Groulx) : Oui, Mme la Présidente.
Bien, je comprends que le critique de l'opposition veut renverser la mesure
d'un ancien ministre des Finances, qui était député de Robert-Baldwin, là,
parce que c'est suite à la commission sur
la fiscalité Godbout qu'il y a eu un ajustement au taux des PME, qui a
maintenant requis un nombre d'heures minimum pour avoir accès à la
déduction pour petite entreprise.
Alors,
il y a eu une réflexion dans le cadre de la commission Godbout. Votre
gouvernement, à ce moment-là, avec l'ancien ministre des Finances, a pris cette
décision-là. Et nous croyons que c'était la bonne, et c'est pour ça qu'on
la maintient.
Présidente : Pas de commentaire après les réponses. Première
complémentaire.
M. Beauchemin : Mme la Présidente, il y a
probablement place pour s'adapter. Nos PME sont frappées de toutes parts : la hausse des prix des intrants,
combiné à la décision du ministre d'augmenter les tarifs d'électricité de plus
de 6 %, et maintenant qu'on voit
plusieurs d'entre elles vivre ces hausses faramineuses de loyer, jusqu'à trois
fois plus cher pour leur loyer.
Mme la Présidente, le
ministre a échoué avec Volkswagen. Il ne peut pas échouer avec les 200 000
PME du Québec.
Présidente : En réponse, le ministre de l'Économie, de l'Innovation et
de l'Énergie.
M. Fitzgibbon : Mme la Présidente, clairement, les PME et les
régions sont centrales à nos politiques gouvernementales. Et il faut regarder
que le budget s'appuie sur des programmes déjà existants, des programmes qu'on
a en place, présentement, avec soit l'OTN, transformation numérique,
Productivité innovation, avec le programme d'Investissement Québec, Investissement Québec et le capital, nos cinq
stratégies industrielles qu'on a mises en place, qui se terminent en 2025, 2026,
2027. Nous avons tous les outils, au
ministère de l'Économie, pour continuer à supporter nos PME. Et hier, dans le
budget, on a vu un rajout de programmes à ce
qui existe déjà. Alors, je suis très confortable. Puis on va s'occuper des PME
comme nous l'avons fait depuis quatre ans.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Beauchemin : Mme la Présidente, un budget qui propose
trop peu pour les PME manufacturières. Véronique Proulx, P.D.G. des
Manufacturiers et exportateurs du Québec, qualifie de timide l'approche de la
CAQ en matière de main-d'oeuvre et d'amélioration de la productivité des
entreprises, et je la cite : «...il faut appuyer davantage les PME
manufacturières dans leur transformation numérique, et les mesures proposées à
cet effet aujourd'hui sont timides, considérant le travail à faire.»
Est-ce que le ministre de l'Économie va enfin
mettre les bouchées doubles pour aider nos entreprises?
La Présidente : Je reconnais le
ministre des Finances.
M. Girard
(Groulx) : Bon, au niveau de la main-d'oeuvre, c'est une
problématique qui est complexe, et c'est pour ça qu'on l'attaque de plusieurs
fronts. Premièrement, c'est certain qu'une baisse d'impôt pour
4,6 millions de Québécois, ça va
amener le potentiel économique plus haut. Ça va aussi encourager le travail. On
estime que l'offre de travail va augmenter de 0,4 %. Il y a aussi, Mme la Présidente, ce qu'on fait au niveau
du Régime des rentes en encourageant les gens de plus de 65 ans à travailler à
temps partiel et à pouvoir garder plus d'argent en ne cotisant pas au RRQ. Et
puis, bien sûr, il y a le travail que ma collègue fait au niveau de la
régionalisation de l'immigration. Ça, c'est très important pour les petites
entreprises...
La Présidente : En terminant.
M. Girard (Groulx) : ...dans
l'ensemble des régions du Québec.
Présidente : En question
principale, je reconnais la députée de Henri-Bourassa... de Bourassa-Sauvé,
pardonnez-moi.
Mme Cadet : Merci, Mme la Présidente. Parlant de
main-d'oeuvre, je vais vous surprendre, je vais nommer une bonne chose qu'on peut retrouver dans le plan
budgétaire du gouvernement. Dans la
section faisant un portrait de la
situation économique au Québec en 2023 et 2024 rédigée par le ministère, on
retrouve, aux pages G-16 à G-18, un portrait
juste de la situation de l'emploi au Québec. On peut y lire : «...le
nombre de personnes en mesure de répondre à la demande de travail est limité
par le vieillissement de la population. [...]le nombre de postes vacants [au
Québec reste élevé]. Il est en hausse
de 61,8 % par rapport au premier trimestre de 2020. [Et] bien que la
pénurie de main-d'oeuvre touche de nombreuses régions, elle est plus
prononcée au Québec.»
Ces constats
ne sont pas nouveaux. Ça fait cinq ans que le Québec est l'une des provinces
affichant les taux de postes vacants les plus importants. Ça fait cinq
ans que la CAQ minimise l'enjeu.
Est-ce que la
ministre de l'Emploi est fière que dans ce budget caquiste, encore une fois,
aucune mesure-phare ne soit mise de l'avant pour contrer la pénurie de
travailleurs généralisée qui sévit au Québec?
La Présidente : En réponse, le
ministre des Finances.
M. Girard
(Groulx) : Bien, merci
beaucoup pour la question. Et, encore une fois, au niveau de l'emploi, il faut
regarder le continuum de tout ce qu'on fait : à l'automne 2021, 3,9
milliards pour la pénurie de main-d'oeuvre avec des mesures en qualification, en formation de
main-d'oeuvre, avec les bourses Perspectives, parce que, bien sûr, il y a
l'éducation, il y a l'enseignement
supérieur. Et là, dans le budget, on rajoute des gestes, la baisse de l'impôt
sur le revenu qui va stimuler l'offre
de travail, le Régime des rentes et la régionalisation de l'immigration. Bref,
la pénurie de main-d'oeuvre, c'est un problème
complexe, on l'attaque de plusieurs façons. Et, de tous les gains de croissance
futurs du Québec, 80 % vont venir de
la productivité, 20 % de l'emploi. C'est pour ça qu'on travaille
énormément, aussi, au niveau de l'investissement et de l'innovation des
entreprises.
La Présidente : Première complémentaire,
la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Et
pourtant, Mme la Présidente, la P.D.G. de Manufacturiers et exportateurs du
Québec, mon collègue en parlait, écrivait dans une lettre ouverte à l'attention
du ministre qu'elle s'attendait à ce que le budget comprenne des mesures
spécifiques pour augmenter le bassin de travailleurs au Québec. Hier,
l'organisation a publié un document qui décrit le budget comme étant timide, contenant des mesures
insuffisantes en termes de portée pour relever les enjeux de
main-d'oeuvre des manufacturiers.
Pourquoi la ministre de l'Emploi a-t-elle laissé
tomber nos entreprises manufacturières en omettant d'aller chercher des
travailleurs névralgiques à leur développement dans ce budget?
La Présidente : La réponse de la
ministre de l'Emploi.
Mme Champagne Jourdain : Merci,
Mme la Présidente. Je tiens à souligner que je suis en contact avec les manufacturiers. J'ai eu des rencontres, j'en aurai
d'autres aussi, pour parler de solutions. Dans le budget qui a été présenté
hier, on apporte d'autres initiatives. On
injecte des sommes, comme 100 millions de dollars pour la formation
en alternance travail-études, et on ajoute un 4,5 millions pour
mieux accompagner nos entreprises qui ont besoin de main-d'oeuvre.
Je veux me
faire rassurante, Mme la Présidente, notre gouvernement va continuer
d'accompagner nos entreprises à travers ce défi-là, c'est extrêmement
important. Et mon collègue l'a bien exprimé tout à l'heure, on est dans
la continuité de notre Opération main-d'oeuvre. Merci.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Cadet : Il
n'y a pas juste les manufacturières, Mme la Présidente. La Fédération canadienne
de l'entreprise indépendante indiquait, elle aussi, hier, que le budget
caquiste offre des mesures insuffisantes pour renverser le manque d'employés, qui ne fait qu'empirer. Donc, nos
manufacturières sont insatisfaites, nos entrepreneurs sont insatisfaits, nos
commerçants sont insatisfaits, et ce, dans toutes les régions du Québec.
Je sais que la ministre ne pourra pas dire
publiquement qu'elle, elle est insatisfaite. Est-ce qu'elle peut, dans ce cas, nous expliquer comment elle a pu accepter
si peu de mesures concrètes dans le budget pour contrer le manque de
travailleurs au Québec?
La Présidente : Mme la ministre.
Mme Champagne
Jourdain : Mme la Présidente, je pense que c'est important de
le réitérer, mon collègue l'a dit tout à l'heure, à la mise à jour 2020‑2021
on a déployé une immense opération main-d'oeuvre, qui est une opération
de 3,9 milliards de dollars, qu'on
injecte afin d'aider nos entreprises à faire face à la pénurie de
main-d'oeuvre. Je pense que ça exprime tout le sérieux que notre
gouvernement consacre à la pénurie de main-d'oeuvre.
Maintenant,
dans le budget dont on a fait la présentation hier, il y a d'autres sommes,
d'autres solutions qui sont apportées, on investit encore pour soutenir nos
entreprises. Et on va être là. Moi, je fais aussi une tournée des régions pour
m'assurer de bien comprendre et d'être toujours en mode solution pour
s'ajuster. Merci.
La Présidente : En question
principale, je reconnais le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois : Merci,
Mme la Présidente. Je demandais, l'autre fois, au premier ministre s'il était
intéressé à aller voir le monde qui
en arrache, au Québec, le monde qui ont de la misère à payer l'épicerie, le
monde qui paie des loyers qui n'ont pas d'allure, du monde qui travaille fort,
mais qui finit le mois les poches vides. Bien, visiblement, la réponse,
c'est non, parce que, dans la vision du
premier ministre, là, c'est les gens qui font plus de 100 000 $ par
année qui ont le plus besoin de son
aide. C'est ça, son budget d'hier. 100 $ de plus de baisses d'impôt pour
la caissière et 800 $ de plus de baisses d'impôt pour son patron.
300 $ dans le portefeuille d'un jeune prof, 800 $ dans les poches du
D.G.
Aux dernières nouvelles, Mme la Présidente, là,
la majorité des Québécois et des Québécoises, ils font moins que 50 000 $ par année. Mais, le premier
ministre, il ne les voit pas, il ne les écoute pas. Ce qu'il leur dit, en gros,
c'est : «Let's go», la gang,
travaillez plus fort. En fait, il reprend le travail exactement là où Philippe
Couillard l'avait laissé. Pour les plus riches, là, le gouvernement est
toujours au rendez-vous...
La Présidente : Bon, un moment, je
vous prie. M. le leader du gouvernement, brièvement.
M. Jolin-Barrette : ...on
laisse aller le chef du deuxième groupe d'opposition, mais il y a des limites
aussi. Ce sont des propos qui sont blessants. Il n'y a aucune
comparaison à faire entre le gouvernement libéral...
La Présidente :
S'il vous plaît! Je suis debout.
On écoute attentivement la question. M. le chef du deuxième groupe
d'opposition, poursuivez, il vous reste 21 secondes.
M. Nadeau-Dubois : Ce que le premier
ministre dit, c'est : Pour les plus riches, le gouvernement est toujours
au rendez-vous, puis, pour les autres, bien, débrouillez-vous avec votre
épicerie.
Est-ce que le premier
ministre pourrait se lever, là, aujourd'hui, puis expliquer à tout le monde qui
nous écoute pourquoi la caissière qui travaille dans l'épicerie mérite huit
fois moins d'aide en baisses d'impôt que le P.D.G.?
Présidente : M. le premier ministre.
M. Legault :
Oui. Mme la Présidente, je pense, depuis quatre ans, on a montré qu'on est
prêts à aider les plus démunis de notre
société. Je rappelle que, quand on est arrivés, l'aide sociale, le montant qui est
donné aux gens qui ont des
contraintes à l'emploi était de 1 000 $. Il est maintenant de
1 548 $, on a augmenté l'aide de 50 %. Québec solidaire dit... on n'a rien fait.
a aussi augmenté le crédit d'impôt pour les personnes de 70 ans et plus
qui n'ont pas la chance de profiter des grosses augmentations de salaire. On leur a donné un crédit d'impôt
remboursable de 2 000 $ par année à partir de l'année 2022.
Maintenant,
qu'est-ce que dit le chef de Québec
solidaire à une enseignante, à une
infirmière, à une famille de la classe moyenne qui a de la difficulté à
arriver? Est-ce qu'il dit à ces gens-là de la classe moyenne : Vous ne
méritez pas d'aide, vous n'avez pas besoin d'aide? Qu'est-ce qu'il dit
aux infirmières? Qu'est-ce qu'il dit aux enseignantes?
La Présidente :
Première complémentaire.
Nadeau-Dubois : Ce que je
dis aux enseignantes, aux infirmières, aux caissières, aux travailleurs
ordinaires qui se lèvent tôt, qui travaillent fort, c'est qu'ils méritent qu'on
les aide plus que les gens en haut de l'échelle, qui, en ce moment, là,
n'ont pas besoin d'aide quand ils voient leur facture d'épicerie.
premier ministre a décidé d'aider plus les gens qui en ont plus puis moins les
gens qui en ont moins, c'est son choix. Comment il peut justifier ça?
La Présidente : M.
le premier ministre.
M. Legault : Oui, Mme la Présidente, ce que vient de dire le
chef de la deuxième opposition n'est pas exact. Quelqu'un qui gagne
80 000 $, 90 000 $, 100 000 $ va avoir 800 $
de réduction d'impôt. Quelqu'un qui gagne 250 000 $, 500 000 $
va avoir 800 $ de réduction d'impôt.
le sais, que Québec solidaire voudrait augmenter les impôts. C'est probablement
ça qu'ils vont proposer en 2026, en
plus des taxes orange, là, qu'ils vont continuer à mettre de l'avant. Mais moi,
j'aimerais ça, là, qu'il nous dise, le chef de Québec solidaire, c'est
quoi, pour lui, un riche Québécois? Combien ça gagne, pour lui? À partir de
combien...
La Présidente :
En terminant.
M. Legault :
...on s'appelle un riche?
La Présidente :
Deuxième complémentaire.
Nadeau-Dubois : Ce que je
sais, Mme la Présidente, c'est que, quand on fait 300 000 $ par
année, là, en ce moment, on n'a pas
de misère quand on sort du IGA, ça va, c'est correct, puis le monde en bas de
l'échelle, eux autres, ils paniquent quand ils voient la facture.
parlait du balado du premier ministre. Moi aussi, j'ai une suggestion pour son
balado. Il devrait inviter un travailleur ordinaire, quelqu'un qui travaille
fort, qui fait 30 000 $ par année, puis essayer de lui expliquer,
yeux dans les yeux, en restant
sérieux, pourquoi ce travailleur-là mérite huit fois moins d'aide, huit fois
moins d'aide que son patron. Ça ferait un super bel épisode, ça.
La Présidente : M.
le premier ministre.
M. Legault : Mme la Présidente,
c'est le bout que je n'aime pas de Québec solidaire, de laisser entendre que
c'est le seul parti qui est prêt à aider les plus démunis.
La Présidente : M.
le leader du deuxième groupe d'opposition, je vous reconnais.
La Présidente : Poursuivons.
M. le premier ministre.
M. Legault : Mme la Présidente, je
suis fier que ce soit notre gouvernement qui ait augmenté l'aide sociale de
50 %. Pas 5 %, 50 %.
Durant la campagne électorale, j'ai entendu le
chef dire qu'il n'était pas d'accord avec notre 2 000 $ pour les personnes de 70 ans et plus, il aimait mieux
ses taxes orange. Puis il ne respecte pas la classe moyenne. Il pense que la
classe moyenne, au Québec, n'a pas besoin d'aide. Bien, c'est son problème.
La Présidente : En question principale, je reconnais le député de
Maurice-Richard. La parole est à vous, juste à vous.
M. Bouazzi : Mme la Présidente, hier, le ministre des Finances
a donc déposé cette fameuse baisse d'impôt, qui est, comme plusieurs analystes ont dit, spécialement injuste. Mais elle
n'est pas seulement injuste, elle est aussi irresponsable, Mme la Présidente. Nos services craquent de
partout. Et je donnerai juste un exemple. En 2019, quand ce gouvernement
est arrivé au pouvoir, 50 % des écoles
secondaires étaient en mauvais ou en très mauvais état. C'est 65 %,
aujourd'hui. Des urgences ferment, des soignantes claquent la porte,
21 000 Québécoises et Québécois attendent pour des services de santé
mentale, et on vient amputer notre richesse
collective de 2 milliards de dollars annuellement. C'est un choix
idéologique, et le ministre doit le justifier.
Et ma
question, c'est : S'il avait 2 milliards de plus dans son budget,
quels services, il pense, à qui il devrait le donner?
La Présidente : La
réponse du ministre des Finances.
M. Girard (Groulx) : Bien, il y avait deux questions, là. Quelle est
ma mesure favorite du budget? C'est celle que j'ai annoncée avec la
ministre de la Famille pour les centres de pédiatrie sociale.
Je vais
revenir sur la baisse d'impôt. Elle va bénéficier à 4,6 millions de Québécois,
dont 90 % de ceux-ci gagnent moins
de 100 000 $. Elle va stimuler l'économie à long terme, stimuler
l'offre de travail, et ça, ça donne des moyens, des revenus qui nous
permettent d'investir dans les principales missions de l'État.
Notre gouvernement a toujours répondu présent.
On va continuer de supporter ces missions de l'État là. C'est extrêmement
important.
La Présidente : Première
complémentaire.
Bouazzi : C'est à croire, Mme la Présidente, qu'il n'y a
nulle part où mettre les 2 milliards de plus dans les services que
nous avons.
J'ai des
idées pour M. le ministre. Il y a deux jours, nous avons reçu, donc, le nouveau
rapport du GIEC qui parle de la
catastrophe climatique. Les conclusions du rapport sont sans appel. Je vais
d'ailleurs déposer ce document. Quelles politiques du GIEC aimerait mettre le ministre s'il avait
9 milliards de plus pour dépenser dans les cinq prochaines années?
La Présidente : Consentement pour le
dépôt du document? Consentement. La réponse du ministre.
M. Girard (Groulx) : Bien là, il y avait
2 milliards, il y avait 9 milliards... Je pense que la raison qu'on a
évoquée le 9 milliards, c'est
que le prochain plan de mise en oeuvre sera doté de 9 milliards, qui est
une augmentation de 18 % sur un an, et, sur deux ans, c'est une augmentation de
35 %. Et ça, c'est pour la lutte aux changements climatiques. Mais l'environnement,
c'est plus que ça, Mme la Présidente. Il y a aussi 1 milliard pour la
biodiversité avec le Fonds bleu puis le Plan
Nature. Et puis on a reçu la COP15, et puis le premier ministre est allé, je
suis allé, le ministre de l'Environnement,
d'autres ministres. C'est extrêmement important. On ajoute la biodiversité à la
lutte aux changements climatiques.
La Présidente :
Pas de commentaire après les
réponses. Je vous ai entendu dire un «très bon», M. le leader. Pas
permis.
Deuxième
complémentaire. Allez-y, on vous écoute.
M. Bouazzi : Il
n'y a même pas assez d'argent pour les sociétés de transport en commun, pour
garder le même service, Mme la Présidente.
Pour chaque dollar investi en transport, il y en a 0,71 $
pour la voiture et seulement 0,29 $
pour le transport en commun. Il n'y a pas de
programme pour isoler les centaines de milliers de logements qui sont mal
isolés aujourd'hui, alors que nous
allons manquer d'électricité. Et sans compter le troisième lien, qui, à terme,
va coûter 6 ou voire même 10 milliards de dollars.
Ça fait qu'est-ce que
le ministre des Finances pense aujourd'hui que son budget répond...
Présidente : En réponse, M. le ministre des Finances.
M. Girard
(Groulx) : Bien, le budget, il poursuit nos actions, Mme la Présidente,
économie, éducation, santé, environnement,
dans un cadre financier prudent et responsable. Oui, il y a une baisse d'impôt
qui va stimuler l'économie et l'offre
de travail. Elle est financée par une réduction du poids de la dette. On va
continuer à réduire le poids de la dette mais progressivement, c'est-à-dire qu'au lieu de la réduire 7,5 %
sur 10 ans on va le faire sur 15 ans, ce qui va permettre de financer la baisse d'impôt, stimuler l'économie,
stimuler l'offre de travail, qui permet d'investir dans les principales
missions de l'État : santé, éducation, économie, environnement.
Présidente : En question principale, je reconnais la députée de
Mille-Îles. La parole est à vous.
Mme Dufour : Merci, Mme la Présidente. Le gouvernement de la
CAQ a présenté, hier, son budget, qu'il a appelé Un Québec engagé ,
mais, en matière de logement, la CAQ s'est plutôt complètement désengagée. Je
dirais même qu'elle est déconnectée des
besoins en logement et qu'elle vit dans le déni. Seulement
1 500 nouvelles unités de logement abordable en six ans. On parle de 250 unités par année pour tout le
Québec. Le mot «ridicule» n'est même pas assez fort pour décrire le
sentiment que je ressens.
Visiblement,
le ministre des Finances n'a pas entendu le cri du coeur des milliers de
Québécois, hein, qui peinent à joindre les deux bouts devant l'explosion
des loyers, mais on ne semble pas non plus réaliser à quel point le manque de
logement fait mal à notre économie. Inflation, emplois non comblés, détresse,
hausse de l'itinérance, les effets sont vastes et multiples.
la Présidente, la ministre de l'Habitation est-elle fière du budget de son
gouvernement en matière de logement?
Présidente : La réponse du ministre des Finances.
M. Girard
(Groulx) : Est-ce que j'ai entendu que 1 milliard était ridicule,
Mme la Présidente? Parce qu'on met
1 milliard pour les soins à domicile, puis ça va faire toute une
différence. On met 1 milliard en l'environnement, puis ça va
compter. Puis on met 1 milliard pour le logement parce que ça va aider.
Alors, il y a un
inventaire de logements sociaux qui ne se complètent pas. On met les sommes pour
que les 6 000 unités en inventaire
puissent se réaliser. On a déjà annoncé 3 000 logements abordables, à la
mise à jour, 1 700 avant, et là
on rajoute un autre 1 500 pour qu'il y en ait plus de 6 000 qui se
réalisent. Pour ceux qui doivent se loger maintenant mais n'en ont pas
les moyens, Revenu Québec va au-devant des citoyens, fait des annonces pour
bonifier le Programme d'allocation-logement. Dans le budget, 2 000, Programme
de supplément au loyer, supplémentaires.
Nous
répondons présent pour les Québécois. Le logement, c'est extrêmement important.
Nous sommes en action, Mme la Présidente.
Présidente : Pas de bravo. Première complémentaire.
Mme Dufour : 1 milliard en six
ans. En habitation, la CAQ fait du recyclage, on réannonce les mêmes unités année
après année comme si c'étaient des
nouvelles, mais la vérité, c'est qu'il y a juste 1 500 nouvelles
unités, dans ce budget, alors qu'il y a plus de
37 000 familles en attente pour des logements sociaux. Elles vont
aller où, les 1 500 unités? À Québec? À Montréal? Dans le comté de la
ministre?
La crise, elle est
partout, même jusqu'en Gaspésie. Il faut que la CAQ cesse de vivre dans le
déni.
Présidente : Bon, attention, ici. M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Mme la Présidente, écoutez,
c'est de prêter des intentions. Écoutez, là, ça fait deux fois aujourd'hui.
Ils essaient de nous qualifier de libéraux. On n'a rien à voir avec les
libéraux, Mme la Présidente.
Présidente : On va poursuivre. Mme la députée, il vous reste...
La Présidente :
Je vous prie! Je suis debout, je
m'exprime. Mme la députée, il vous reste six secondes, allez-y.
Mme Dufour : Je répète ma question : La ministre de
l'Habitation est-elle fière du budget de son gouvernement en habitation?
Présidente : Mme la ministre responsable de l'Habitation.
Mme Duranceau :
Merci, Mme la Présidente. Écoutez,
je suis très contente des mesures qui ont été annoncées en habitation. Et c'est dans cet état d'esprit là que
je continue d'attaquer l'arrérage, comme vous savez, là, qui nous a été laissé
par les libéraux. On s'y attaque, parce qu'on a remis des sommes à travers le
programme, le fameux programme AccèsLogis,
là, alors, 236 millions qui vont être dédiés à ça pour
3 750 unités. Et les 1 500 unités additionnelles, Mme la
Présidente, qui ont été annoncées, ce n'est pas sur six ans. Peut-être que le
déploiement des sommes se fait sur six ans, mais c'est 1 500, année 1.
Premier budget. Le
mandat, c'est quatre ans. Et ça va très bien, Mme la Présidente.
La Présidente :
Vous y allez en deuxième
complémentaire, M. le leader du deuxième groupe... premier groupe?
M. Tanguay : ...le
premier ministre, lui, s'il considère que ça va extrêmement bien et que c'est
extrêmement important, le logement social.
Il y a une crise du logement. Ça fait cinq ans qu'on leur dit qu'il y a une
crise du logement, notamment la crise
du logement social. Mairesse de Gatineau est sortie. Mairesse de Montréal est
sortie. La présidente du comité exécutif de Montréal a dit : «Clairement,
le gouvernement a choisi d'ignorer la crise du logement qui sévit partout
au Québec, mais qu'on vit de façon plus dure, plus tangible à Montréal.»
promesse était de faire 11 700 logements. Dans le budget, c'est
1 500 logements. Est-ce qu'il est fier, le premier ministre?
Présidente : M. le premier ministre.
M. Legault : Oui, bien, Mme la Présidente, je rappelle au chef
de l'opposition officielle que nos engagements sont sur le mandat. Donc, je sais que l'opposition
officielle aurait voulu que tout soit dans le premier budget, mais il va en
rester trois autres, budgets.
Ce qu'il est
important aussi de dire, concernant le logement, il y a beaucoup d'argent qui
était disponible avant le budget, on en ajoute dans le budget. Mais
actuellement il faut travailler avec les municipalités, parce que ça prend quatre ans, construire. Donc, on peut bien mettre
plus d'argent cette année, ça prend quatre ans. On veut réduire ça à deux ans,
puis on a une excellente ministre qui travaille là-dessus.
Présidente : En question principale, je reconnais le député de
Taschereau.
M. Grandmont : Merci, Mme la
Présidente. Hier, le maire de Gaspé s'est fait la voix des municipalités des régions sur le logement. Je vais le citer :
«On se serait attendus à ce que ce soit une priorité. Ce n'est
pas avec ça qu'on va résorber la pénurie de logements qui sévit partout
dans les régions du Québec.»
Les maires sont vraiment très au courant de la
situation du logement que les... des gens qu'ils représentent. Ils espéraient
qu'on sauve le logement social. Au contraire, la CAQ a signé l'arrêt de mort du
logement social. Même les logements AccèsLogis qui ont été promis par le
premier ministre vont être habités seulement en 2030. Le président de l'UMQ a
dit vouloir rencontrer rapidement la ministre des Affaires municipales.
Qu'est-ce que la ministre va dire aux
représentants des villes du Québec? Est-ce qu'on va revenir à l'époque où on disait : La crise du logement, ça
n'existe pas, ou on va dire : Pour la CAQ, désolé, mais, le logement, on
s'en lave les mains?
La Présidente : En réponse, le
ministre des Finances.
M. Girard
(Groulx) : Bien, j'aimerais dire, d'abord, qu'on fait
plusieurs choses pour les municipalités. Il y a de l'argent en sécurité publique. Il y a de l'argent
au niveau des transports en commun. Il y a de l'argent au niveau du logement
social, bien sûr. On peut parler des barrages municipaux, de la trame verte et
bleue, des organismes communautaires. Il y a plusieurs choses dans le budget,
là. Puis, en passant, les gens, les citoyens des municipalités paient des
impôts.
Pour ce qui
est du logement, dans AccèsLogis, il y a 6 000 logements qui sont en
planification, qui ne se réalisent pas,
dont plus de 3 000 manquent de financement. Le financement est dans le
budget, donc possibilité de réaliser 6 000 unités de plus. Au
niveau du Programme de logement abordable, on a annoncé 3 000 unités
à l'automne, 1 700 six mois avant.
Là, on ajoute 1 500 unités. Tout ça donne plus de
6 000 unités qui vont se réaliser. L'argent du PQI est là pour
réaliser ces unités-là.
Alors, on
travaille avec les municipalités, Mme la Présidente. Ça nous fait plaisir de
collaborer avec eux. On veut résoudre ce problème de logement. C'est un
problème difficile...
La Présidente : En terminant.
M. Girard (Groulx) : ...on l'attaque
de plusieurs angles.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Grandmont : Merci, Mme la
Présidente. Très honoré que le ministre des Finances prenne le temps de me répondre à cette question, pour cette question
importante, mais ma question s'adresse à la ministre des Affaires municipales.
C'est elle qui va rencontrer les
représentants des différentes municipalités. La mairesse de Gatineau
disait : Les mesures en logement
sont timides ou insuffisantes. Pour le maire de Québec, il demandait aussi
davantage de logement social dans le
budget de la CAQ. Le budget n'a même pas la note de passage, c'est 5 sur 10.
Les maires puis les mairesses du Québec sont déçus.
Comment elle va expliquer que la CAQ manque
encore le bateau du logement?
La Présidente : Mme la ministre
responsable de l'Habitation.
Duranceau : Merci, Mme la Présidente. Écoutez, depuis mon
entrée en poste, je les rencontre tous, là, les maires des municipalités, l'UMQ, tout ça, et l'idée, c'est de travailler
avec tout le monde puis d'accélérer... Tout le monde a sa part à faire dans
l'accélération de la livraison du logement. Moi, j'ai de l'argent, puis je
visite, je revisite chacun des projets pour m'assurer qu'ils sont prêts
à partir puis qu'ils vont partir rapidement. S'il y a des éléments qui sont à
gérer par les municipalités, comme
l'émission des permis, par exemple, bien là je les invite aussi à faire leur
bout de chemin à cet égard-là. Mais
je suis là dans un esprit de collaboration. Puis, les maires, là, j'en ai eu,
des discussions avec eux, puis, ceux qui ont des projets qui sont bien
alignés...
La Présidente : En terminant.
Mme Duranceau : ...l'argent va être
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Grandmont : Très heureux d'entendre que la ministre du Logement ait
rencontré les maires et mairesses. Malheureusement, elle aurait dû les écouter
puis faire son lobby auprès du ministre des Finances.
repose ma question, c'est la dernière chance que pourra avoir la ministre
responsable des Affaires municipales. La CAQ refuse de s'attaquer aux besoins
réels des familles, qui sont étranglées par l'augmentation des coûts des
loyers, qui consacrent, des fois, souvent plus que 50 % de leur budget
pour se loger. Avec les baisses d'impôt de la CAQ, on aurait pu financer
10 000 nouveaux logements sociaux. Comment la ministre des
Affaires municipales va justifier ça à ses vis-à-vis, au prochain...
Présidente : En réponse, le ministre des Finances.
M. Girard (Groulx) : Bon, bien sûr, on veut
construire des logements, puis le secteur privé a un rôle là-dedans, les logements sociaux, les logements abordables.
Les nouvelles constructions, ça, ça va aider. Mais, pour ceux qui ne peuvent
pas avoir un nouveau... pour ce qui ne peut
pas être construit, parce que ça prend du temps, faire ça, c'est là que les
programmes de supplément au loyer,
les subventions sont importantes. Le Programme d'allocation-logement, qui était
d'un maximum de 100 $ par mois,
est maintenant à 170 $ par mois, mais, plus important, Revenu Québec va
au-devant, va chercher les citoyens pour doubler le nombre de personnes
qui vont le recevoir. Dans le budget, on a aussi ajouté 2 000 unités
de Programme de supplément au loyer.
Présidente : En terminant.
M. Girard
(Groulx) : Ça nous amène à 46 000 unités, Mme la Présidente.
Présidente : En question principale, je reconnais la députée de
Vaudreuil.
Mme Nichols :
Merci. En janvier dernier, le ministère des Transports a retranché des
voies de circulation sur l'autoroute 40,
aux abords du pont de l'Île-aux-Tourtes, justifiant une voie pour les autobus.
Or, le 22 février dernier, j'ai questionné la ministre sur le
pourquoi de ce retrait des voies de circulation, puisqu'aucun autobus n'utilise
ce tronçon pour le moment, et c'est une
congestion, c'est un désastre total sept jours-semaine, matin, midi, soir. La
ministre m'avait alors répondu, de
son ton fort sympathique, et je la cite : «...et, oui, du transport en
commun. En général, en 2023, les gens sont en faveur, mais, bon, si la députée
de Vaudreuil s'y oppose...» Son problème. Pourtant, le surlendemain, son
ministère annonçait que ces voies allaient dorénavant être accessibles
aux taxis et au covoiturage. Quel hasard!
2023, un gouvernement qui se dit préoccupé par l'environnement et qui souhaite
réduire les GES doit favoriser le transport en commun, mais pour vrai.
Pourquoi la CAQ va autoriser la construction d'une nouvelle...
Présidente : Mme la ministre des Transports et de la Mobilité durable.
Mme Guilbault : Oui, bien, Mme la Présidente, avec mon ton toujours aussi sympathique,
ça me fait plaisir de répondre à ma collègue de Vaudreuil. Et, sans
vouloir rien enlever à la portée de sa dernière question, le fait est, et elle
le sait, qu'on avait déjà eu un certain
nombre de rencontres avec les élus de sa circonscription, les élus municipaux,
les préfets, avec ma collègue de Soulanges, d'ailleurs, aussi, et il y a
des équipes de mon ministère qui ont généré plusieurs discussions extrêmement constructives, elle était de ce premier Teams
qu'on a eu avec vraiment beaucoup d'élus. Il y a des propositions qui avaient été faites, il y a des commentaires qui
avaient été faits, il y a des critiques qui avaient été faites aussi. Je pense
qu'il faut tous être lucides, là-dedans. C'est pour ça qu'on est en processus
d'amélioration continue.
Mme la Présidente, on
a un pont à reconstruire, le pont de l'Île-aux-Tourtes, le contrat sera signé
sous peu. D'ailleurs, on met énormément
d'argent pour reconstruire le pont de l'Île-aux-Tourtes. C'est une
infrastructure importante pour
l'ouest de la grande région de Montréal. Alors, en attendant, il faut qu'on
mette des mesures, parce qu'on ne peut pas faire de miracle, Mme la Présidente.
Il faut que les gens continuent de circuler, dans un contexte où il y a un
chantier majeur.
Alors, on s'est améliorés, on a effectivement
ouvert la voie qui était dédiée au transport collectif pour l'autopartage, les
taxis, dans une optique de transport collectif...
Présidente : En terminant.
Guilbault : ...général qui déborde les
autobus. Et on travaille avec Exo, avec tout le monde. Si on peut s'améliorer
encore...
La Présidente : Première
complémentaire.
Nichols : C'est 87 000 véhicules qui circulent chaque jour sur le pont de
l'Île-aux-Tourtes. Bien sûr, pour l'environnement, mais aussi pour la qualité
de vie de nos citoyens, il faut prévoir du transport collectif efficace et
rapide. D'ailleurs, nos élus
municipaux travaillent déjà à mettre en place un service d'autobus express pour
rejoindre le REM juste de l'autre côté du pont.
Est-ce que la
ministre des Transports peut nous expliquer les raisons du retrait complet des
voies dédiées au transport en commun sur le plus récent tracé publié par
la CAQ?
La Présidente : Mme la ministre.
Guilbault : Oui. Bien, Mme la Présidente, il y aura du
transport collectif sur le futur pont de l'Île-aux-Tourtes, là. Je ne
sais pas quel est l'enjeu exactement.
Maintenant,
ce n'est pas le gouvernement du Québec qui opère le transport collectif sur le
territoire en question. Donc, il y a des rencontres avec Exo, il y a des
rencontres avec l'exploitant. Si on veut mettre plus de lignes d'autobus, encore
une fois, ce n'est pas le ministre des
Transports qui va déterminer quel autobus passe à quelle heure dans les rues de
la ville, là. Alors, il faut juste bien comprendre les rôles et
responsabilités de chacun.
Par contre, par contre, c'est le rôle du ministère
des Transports et de la Mobilité durable et du gouvernement, je dirais, de catalyser, de coordonner et de
soutenir des mesures d'atténuation, quand on a des chantiers majeurs qui
relèvent de notre responsabilité. On le fait dans le cas de l'Île-aux-Tourtes...
La Présidente : En terminant.
Mme Guilbault : ...comme on l'a fait avec le tunnel
Louis-Hippolyte-La Fontaine, d'ailleurs.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Nichols : Mme la Présidente, l'enjeu, là, c'est la
construction du nouveau pont de l'Île-aux-Tourtes, 2 milliards de dollars, et la CAQ a
retiré du tracé les voies de transport en commun. C'est ça, l'enjeu. Il n'y
aura pas de transport en commun pour les citoyens, pour les
87 000 usagers par jour du pont de l'Île-aux-Tourtes.
On constate,
là, qu'il y a une bonne foi, là, on en veut, du transport en commun, c'est dans
le budget, c'est partout. Mais pourquoi les retirer dudit tracé? On en a
besoin dans le comté de Vaudreuil.
La Présidente : Et la réponse de la
ministre.
Guilbault : Oui. Bien, Mme la Présidente, les autobus pourront
circuler sur le futur pont. Les autobus vont pouvoir circuler sur le
pont, là. Avez-vous déjà vu une nation, en 2023, qui construit un pont en
interdisant du transport collectif? Tu sais, je veux dire, les autobus pourront
circuler.
Maintenant,
quels autobus circuleront, à quelle heure, quel trajet feront-ils, bien là
c'est aux sociétés de transport de gérer cet aspect-là et dans une
optique, bien sûr, je me permets de l'ajouter, d'électrification graduelle de
nos flottes d'autobus urbains. 55 % de
nos autobus urbains seront électriques d'ici 2030, peut-être même plus, qui
sait? Mais donc Exo est un partenaire, comme tous les autres OPTC, et
qui nous aide...
La Présidente : En terminant.
Mme Guilbault : ...à plusieurs égards.
Présidente : Pas de commentaire. En question principale, je
reconnais la députée de D'Arcy-McGee. La parole est à vous.
Prass : Merci, Mme la Présidente. Quelle déception! On
s'attendait à une réelle augmentation de financement, dans le budget, de la santé mentale, et pas un
piètre 27 millions par année pour cinq ans. Le premier ministre disait, la
semaine dernière,
qu'on devait en faire plus en santé mentale et que... d'attendre le dépôt du
budget, compte tenu de l'importance de
l'enjeu. Vraiment? Parce que force est de constater que ce gouvernement ne fait
pas une priorité de la santé mentale ni d'abaisser les listes d'attente.
Son ministre des
Services sociaux est responsable du dossier de la santé mentale depuis cinq
ans, et ça fait deux ans que la liste
d'attente stagne à 20 000 personnes en détresse. Concrètement, ce que
nous dit ce budget, c'est que le
gouvernement caquiste n'est pas prêt à investir pour réduire les temps
d'attente en santé mentale et qu'il se contente de les maintenir à leur
niveau.
Peut-il
franchement, ce matin, nous dire que ça, c'est tout mettre en oeuvre pour voir
un réel impact pour la diminution de la liste d'attente en santé
mentale?
Présidente : La réponse du ministre responsable des Services sociaux.
M. Carmant : Merci,
Mme la Présidente. Je remercie la députée de D'Arcy-McGee pour sa question.
Tout le monde me parle de la liste d'attente. Alors, ce qu'on a réussi à faire,
avec notre plan d'interdisciplinarité, notre nouvelle approche en santé
mentale : avant l'épidémie de 2019-2020, il se voyait 150 000,
160 000 patients en santé mentale; aujourd'hui,
il s'en voit 250 000. Je m'excuse, mais la pandémie a augmenté les
besoins, et on est là pour répondre aux services, puis on va continuer à
le faire.
Quant
à l'ajustement du budget, c'est quoi, le principal enjeu, aujourd'hui? Le
principal enjeu, c'est la gestion de l'urgence
puis la gestion de la crise. Bien, ça, c'est dans notre Plan d'action
interministériel en santé mentale, axe 6 de ce plan d'action. Il y a
déjà... Le budget inclus est déjà de 40 millions. S'ajoute par-dessus un
27 millions pour qu'on construise des
centres de crise, qu'on investisse dans des guichets d'accès en santé mentale
dans nos urgences et qu'on donne un suivi approprié en communauté pour
ceux qui passent dans nos urgences, Mme la Présidente.
La santé mentale,
c'est primordial depuis le début et ça continue de l'être, incluant dans ce
budget. Merci, Mme la Présidente.
Présidente : Première complémentaire... En principale. Allez-y, en
principale.
Mme Prass : Merci, Mme la Présidente. Voici les faits :
il y a une disparité salariale de 44 % entre les psychologues dans le
réseau public et le réseau privé. 27 % de ceux qui sont diplômés intègrent
le réseau de la santé public.
Tout
le monde s'attendait à des montants significatifs pour voir des salaires compétitifs
pour que les psychologues intègrent le réseau de la santé public. Il
manquera 860 psychologues d'ici l'année prochaine.
Dans
le contexte actuel de la pénurie de main-d'oeuvre, nous partageons les craintes
de l'APTS. Ces maigres sommes ne sont
qu'un coup d'épée dans l'eau si une amélioration des conditions de travail ne
les accompagne pas. Le ministre doit s'engager
à accroître le nombre d'intervenants en santé mentale dans le réseau public,
pas seulement tenter de retenir ceux qui sont là.
Comment
le ministre croit-il qu'il pourra améliorer les conditions de travail pour
amener à attirer les psychologues dans le secteur public?
Présidente : La réponse de Mme la présidente du Conseil du trésor.
Mme LeBel : Oui. Bien, merci, Mme la Présidente. Ça tombe-tu
bien, c'est exactement une des priorités gouvernementales qui a été annoncée dans les trois forums que j'ai tenté
de mettre en place. Priorité demeure, d'ailleurs. Puis j'avais invité
l'APTS en particulier à venir me rencontrer, ce qu'ils ont décliné de faire.
Donc,
maintenant, il y a, au coeur de nos priorités gouvernementales, trois grandes
priorités : l'équipe soins, quand on
parle... en santé, pour soutenir le plan santé de mon collègue, l'équipe classe,
pour aider mon collègue en éducation, et, en question de santé mentale,
justement, la question du salaire des psychologues.
Donc, j'invite les
syndicats concernés à venir s'asseoir avec moi, puis on va pouvoir en discuter.
Présidente : Merci à vous. Cela met fin à la période des questions et
réponses orales.
comme il n'y a pas de votes reportés, nous allons passer à la rubrique Motions
sans préavis. Pour ce faire, je cède la place au deuxième vice-président
de l'Assemblée nationale, qui est juste ici. Je vous souhaite une bonne fin de
journée. Merci à vous.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, Mme la Présidente.
Alors, en fonction de nos règles et de
l'ordre de présentation des motions sans préavis, je reconnais maintenant un
membre formant le gouvernement et je cède la parole... je crois que
c'est M. le ministre de la Langue française. M. le ministre.
M. Roberge : M. le Président, je sollicite le consentement de
cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec la
députée de Mont-Royal—Outremont, le député de Jean-Lesage, le député les Îles-de-la-Madeleine,
la députée de Vaudreuil et la députée de Laviolette—Saint-Maurice :
«Que l'Assemblée
nationale souligne la Journée québécoise de la francophonie canadienne, mais
également la journée de la francophonie internationale;
«Qu'elle rappelle le
rôle de premier plan que le Québec joue au sein de la francophonie, dans le
respect de la diversité des communautés francophones et acadiennes et des
autres gouvernements;
«Qu'elle
réaffirme son soutien aux communautés francophones et acadiennes, en raison de
la longue histoire qui les unit à la nation québécoise et du fait que le
Québec est le seul État de langue française en Amérique du Nord;
«Qu'elle réitère que
la défense du français au Québec est la responsabilité de chaque génération de
Québécois;
«Qu'enfin, elle
souligne l'engagement de toutes les composantes de l'Administration québécoise
en faveur du rayonnement du français et de l'essor des communautés francophones
et acadiennes.» Merci beaucoup.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Alors, y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
M. Lévesque
(Chapleau) : Consentement, sans débat, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Consentement, sans débat. Alors, est-ce que cette
motion est adoptée?
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Adopté. Je suis maintenant prêt à reconnaître un
membre de l'opposition officielle pour la motion, et je pense que c'est Mme la
députée de Notre-Dame-de-Grâce. Alors, Mme la députée.
Mme McGraw : M. le Président, je
sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion
suivante conjointement avec le chef du deuxième groupe d'opposition, le député
des Îles-de-la-Madeleine et la députée de Vaudreuil :
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte que l'essentiel des sommes prévues au budget 2023‑2024
en matière de réduction des gaz à effet de serre provient de sources
dédiées comme le marché du carbone;
«Qu'elle
prenne acte que le gouvernement ne fait qu'investir des sommes déjà prévues et
qu'il ne s'agit pas d'un effort
gouvernemental réel à la hauteur de la crise climatique telle qu'illustrée par
les rapports successifs du Groupe d'experts intergouvernemental sur
l'évolution du climat — GIEC.»
Merci.
Vice-Président (M. Lévesque) :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion? Pas de consentement.
Alors, je suis prêt, maintenant, à
reconnaître un membre du deuxième groupe d'opposition, et je cède la parole à
Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Merci,
M. le Président. Je demande le consentement de cette Assemblée pour débattre de
la motion suivante conjointement avec le ministre de la Justice, la députée de
Robert-Baldwin, le chef du troisième groupe d'opposition,
la députée de Laviolette—Saint-Maurice et la députée de Vaudreuil — je
vous remercie tous pour votre appui :
«Que
l'Assemblée nationale reconnaisse que la violence conjugale comprend les
agressions psychologiques, verbales, physiques, sexuelles ou
économiques;
«Qu'elle
souligne que la violence conjugale a des conséquences importantes sur les
personnes qui en sont victimes;
«Qu'elle
souligne que le Code criminel ne permet pas de tenir compte de certaines
manifestations de la violence conjugale et des préjudices importants causés par ceux-ci, puisqu'aucune
infraction n'englobe le contrôle coercitif dans son intégralité;
«Qu'enfin,
l'Assemblée nationale demande au gouvernement fédéral de créer un groupe de
travail fédéral-provincial-territorial
d'experts chargés de faire des recommandations sur le libellé d'une mesure
législative visant à créer une infraction de comportement coercitif et contrôlant dans le Code criminel, tel que
le recommande le rapport du Comité permanent de la justice et des droits
de la personne de la Chambre des communes.»
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Il y a consentement, sans débat. Est-ce que la motion
est adoptée?
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Leduc : Merci, M. le Président. Est-ce qu'on pourrait
envoyer une copie à M. David Lametti, le ministre de la Justice et Procureur général du Canada, s'il vous
plaît?
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Absolument. Ce sera fait, M. le leader du
deuxième groupe d'opposition.
je reconnais maintenant un membre du troisième groupe d'opposition pour la
motion, et je reconnais M. le chef du troisième groupe.
M. St-Pierre Plamondon : Merci, M. le Président.
Une motion un peu particulière, ce matin, parce qu'en fait c'est une motion qui
a déjà été adoptée en 2018, mais qu'on désire réitérer parce que les choses
n'avancent pas, à nos yeux. Donc, ça
se lit comme suit. Je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée
afin de présenter, conjointement avec le député de Jean-Lesage, la
motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement du Québec et au gouvernement
fédéral la mise en place d'un rapport
d'impôt unique et préremplis, transmis à Revenu Québec, pour tous les
contribuables québécois et ce, tout en préservant l'autonomie fiscale du
Québec.»
Vice-Président (M. Lévesque) :
Merci beaucoup, M. le chef du troisième groupe d'opposition. Simple rappel
aux collègues, on ne peut pas faire des commentaires au départ, avant le dépôt
de la motion.
Est-ce
qu'il y a consentement pour débattre de cette motion? Il n'y a pas de
consentement pour débattre de cette motion.
Nous
en sommes à la rubrique Avis touchant les travaux des commissions. M. le leader
adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : M. le Président, j'avise
cette Assemblée que la Commission des institutions entreprendra les consultations particulières et les auditions
publiques sur le projet de loi n° 12, la Loi
portant sur la réforme du droit de la famille en matière de filiation et
visant la protection des enfants nés à la suite d'une agression sexuelle et des
personnes victimes de cette agression ainsi
que les droits des mères porteuses et des enfants issus d'un projet de
grossesse pour autrui, aujourd'hui,
après les avis touchant les travaux des commissions, pour une durée de
1 h 50 min, et de 15 heures à 18 h 15, à
la salle Pauline-Marois;
Commission de la santé et des services sociaux poursuivra l'étude détaillée du
projet de loi n° 10, la Loi
limitant le recours aux services d'une agence de placement de personnel
et à de la main-d'oeuvre indépendante dans le secteur de la santé et des
services sociaux, aujourd'hui, cinq minutes après la fin des échanges avec le
ministre de la Santé dans le cadre de la commission plénière sur l'étude des
crédits provisoires pour l'année financière 2023‑2024 jusqu'à la mise aux voix en commission plénière du quart
des crédits pour l'année financière 2023‑2024, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine.
Vice-Président (M. Lévesque) :
Y a-t-il consentement pour déroger à l'article 143 du règlement concernant
l'horaire des travaux des commissions? Consentement.
Avis
de la présidence. Pour ma part, je vous avise que la Commission de la culture
et de l'éducation se réunira en séance publique aujourd'hui, après les
avis touchant les travaux des commissions, de 11 h 15 jusqu'à
13 heures et de 16 h 05 à
18 h 30, à la salle
Marie-Claire-Kirkland, afin de
poursuivre les consultations particulières et auditions publiques concernant le
mandat d'initiative portant sur les révélations de violences lors des
initiations dans le milieu du hockey junior et la possible situation
dans d'autres sports.
plus, la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des
ressources naturelles se réunira en séance de travail le jeudi 23 mars 2023, à la salle Pauline-Marois, à 8 heures, pour une durée de
30 minutes, afin de statuer sur la possibilité que la commission se
saisisse d'un mandat d'initiative visant à entendre la prochaine personne qui
occupera le poste de président-directeur
général d'Hydro-Québec, et à 8 h 30, pour une durée de
30 minutes, afin de statuer sur la possibilité que la commission se saisisse d'un autre... d'un mandat
d'initiative, pardonnez-moi, concernant la hausse des coûts des aliments
au Québec.
Enfin, la Commission
de l'économie et du travail se réunira en séance de travail le
jeudi 23 mars 2023, de 8 heures
à 8 h 30, à la salle Louis-Joseph-Papineau, afin de statuer sur la possibilité que la
commission se saisisse d'un mandat d'initiative portant sur les
logiciels de télésurveillance.
À la rubrique
Renseignements sur les travaux de l'Assemblée.
La période des
affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer aux affaires
du jour. Et nous en sommes aux affaires prioritaires. Et, conformément à
l'ordre adopté le 21 mars 2023, l'Assemblée se constitue en commission
plénière afin d'entreprendre l'étude des crédits provisoires pour l'année
financière 2023‑2024.
Je suspends donc les
travaux pour quelques instants.
(Suspension de la séance à
11 h 07)
M. Lévesque
(Chauveau) (président de la commission plénière) : Alors, conformément
à l'ordre adopté le 21 mars 2023, la
commission plénière se réunit afin d'étudier les crédits provisoires pour
l'année financière 2023‑2024.
cours de la prochaine heure, nous allons procéder à un échange entre M. le ministre de l'Éducation et les députés de l'opposition. Nous commencerons par les remarques préliminaires. Je
vous rappelle qu'un maximum de six minutes est alloué au groupe parlementaire
formant le gouvernement, 3 min 7 s au groupe parlementaire
formant l'opposition officielle, 1 min 2 s
au deuxième groupe d'opposition, 1 min 2 s au troisième groupe
d'opposition et 48 secondes à l'ensemble des députés indépendants.
Débuteront
ensuite les échanges entre le ministre et les députés de l'opposition. Dans ce
cadre, l'ensemble des députées indépendantes auront droit à
1 min 30 s par heure d'échange. Le temps non utilisé par les
députées indépendantes sera redistribué
proportionnellement entre les groupes parlementaires formant l'opposition
officielle, et le deuxième groupe, et le troisième groupe d'opposition.
Enfin,
je rappelle aux députées indépendantes que, si elles souhaitent intervenir au
cours de l'ensemble de l'étude des crédits provisoires, elles ont
10 minutes à partir de maintenant pour en aviser la présidence.
J'accorde
immédiatement la parole à M. le ministre pour ses remarques préliminaires. Vous
avez droit à six minutes, M. le ministre.
M. Drainville : Merci, M. le Président.
Alors, je suis très bien entouré, comme vous pouvez le constater. J'ai autour
de moi l'équipe du cabinet, qui est menée,
évidemment, par le directeur de cabinet, M. Dupras, à ma gauche, et tout
autour il y a la formidable équipe du
ministère, également, ministère de l'Éducation, avec la sous-ministre,
Mme Arav — qui est où,
Mme Arav? — Mme Arav
est juste à côté, et plusieurs sous-ministres adjoints, adjointes et également
d'autres membres du ministère qui m'accompagnent dans cet exercice qui
est fort important.
veux saluer, bien entendu, mes porte-parole de l'opposition. Je vois également
que la troisième opposition est représentée par le député de Matane.
Très
bien, très bien, alors, on va faire ça dans le respect, bien entendu, on est
tous ici pour une seule et même raison, pour les enfants, pour nos élèves. Donc, on n'aura pas nécessairement le
même point de vue sur tout, cela va de soi, mais je pense que cet exercice de reddition sera très, très
salutaire, et on va le faire dans un esprit de grande démocratie, une
démocratie qui nous permet d'échanger, qui nous permet de donner de
l'information, de prioriser, aussi, d'énoncer nos priorités respectives.
Alors,
budget, donc, déposé hier, très bon budget pour l'éducation, très, très bon
budget, une augmentation de 1,5 milliard sur cinq ans. C'est le meilleur
budget de l'éducation, en termes de montants, là, depuis le tout premier du gouvernement de M. le premier ministre. Alors,
lors du premier budget, c'était une augmentation de 2 milliards, mais il y
avait la moitié de cette somme qui était dédiée, à ce moment-là, à la création
des maternelles quatre ans. Et nous, avec 1,5 milliard cette année,
donc, c'est le deuxième... la deuxième meilleure croissance de cette mission
éducation.
Avec
cet argent-là, M. le Président, qu'est-ce qu'on va faire? Bien, on va, comment
dire, répondre aux sept orientations que
j'ai rendues publiques après les fêtes. Je le rappelle. Le français. La voie
rapide pour les personnes qui sont détentrices d'un bac et qui souhaitent
devenir enseignant ou enseignante, donc une voie rapide de 30 crédits. Les
aides à la classe, c'est un projet
auquel on tient beaucoup, donc le projet pilote se poursuit, et on élargit la
portée du projet-pilote en attendant, bien
entendu, la signature d'une convention collective qui va nous permettre de déployer
les aides à la classe à travers le Québec.
Plus de projets particuliers, aussi : dans mes orientations, après les
Fêtes, j'ai dit que je souhaitais que chaque école secondaire publique ait au moins un projet
particulier. Il y a à peu près un petit peu plus que la moitié des écoles
secondaires publiques qui en ont un présentement. Moderniser la formation
professionnelle. Un réseau scolaire plus performant. Et aussi, septième orientation — pas
nécessairement dans l'ordre d'importance, elles sont toutes importantes — la
rénovation de nos écoles.
donc, avec ce 1,5 milliard d'augmentation qui a été annoncé hier, on va
annoncer, dans les prochaines semaines, des sommes qui vont aller dans une orientation, dans une autre de ces
orientations. Si vous regardez le budget, à la page C.5 du plan budgétaire, là, le ministre des Finances a structuré le
budget éducation en quatre grandes sections, donc : accroître la
persévérance et la réussite, améliorer la performance du réseau, rendre la
formation professionnelle plus attrayante et
accélérer l'entretien du parc immobilier. Alors, à travers ces quatre
sections-là, il y a quatre grands montants, et ces montants là, donc, vont servir éventuellement à nous permettre
d'atteindre les objectifs qu'on s'est donnés avec les sept orientations
que je viens d'énoncer.
exemple, dans le premier bloc, Accroître la persévérance et la réussite
scolaire, il y a une grosse somme d'argent qui est réservée pour le français, améliorer l'enseignement du français,
améliorer l'apprentissage du français. Alors, dans les documents
budgétaires, on parle notamment d'une plateforme de tutorat, on parle également
de l'achat de livres québécois par les
enseignants, on parle également d'améliorer le soutien pour les projets particuliers,
on fait passer la gratuité des projets particuliers de 200 $ à
300 $. Ça, ça se retrouve dans le premier bloc de 789 millions.
vous regardez le deuxième bloc, Améliorer la performance du réseau scolaire, on
met beaucoup de sous pour améliorer, notamment, les systèmes d'information
entre le ministère, les centres de services et les écoles, mais aussi à
l'intérieur du ministère, pour nous permettre d'avoir un meilleur accès aux
données pour qu'on puisse prendre des meilleures décisions. C'est dans l'intérêt de tous et chacun ici qu'on sache encore
mieux ce qui se passe sur le terrain, dans notre réseau. On met
240 millions pour la performance du réseau scolaire.
Troisième grand bloc,
la formation professionnelle, on annonce 267 millions. Alors, avec cet
argent-là, on va, bien entendu, acheter du
nouvel équipement, on va assurer la gratuité de la formation professionnelle à
temps partiel — vous
êtes sans doute très, très heureux et heureuses de l'apprendre — formation
professionnelle qui sera élargie avec de nouveaux programmes, des petites cohortes, programme de
bourses également pour la formation professionnelle. Mon Dieu que c'est
bon, tout ça!
quatrième bloc, 208 millions, Accélérer l'entretien du parc immobilier
scolaire. Alors, ça vise à faire de l'entretien, des petits travaux pour éviter la détérioration des écoles. Et je vous
rappelle le PQI scolaire qui passe de 9 à... enfin, qui était à 9, qui
passe de 21 à 22 milliards. 22 milliards, M. le Président.
Le Président (M.
Lévesque, Chauveau) : Merci beaucoup, M. le ministre. Nous en sommes
maintenant aux remarques préliminaires de
l'opposition officielle, et je cède la parole, pour 3 min 7 s, à
Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Merci beaucoup, M. le Président. M. le ministre,
bonjour, et bonjour à l'équipe qui vous accompagne, des visages que nous
reconnaissons mais aussi des nouveaux visages. Alors, vous êtes effectivement
bien entouré. Mes collègues la députée de
Mercier et le député de Matane-Matapédia, bonjour, et évidemment aussi aux
députés devant moi, bonjour, merci d'être avec nous en éducation.
J'ai
en mémoire, et je vais commencer là-dessus... J'ai eu l'occasion, dans une
autre vie, avec le ministre de l'Éducation,
de faire avec lui, un jour, une entrevue, alors qu'il était animateur à la
radio, sur l'éducation, et il avait dit la chose suivante, il y avait moi, Véronique Hivon et Christine Labrie en
entrevue, puis il a dit : C'est beau de vous voir travailler ensemble. Ça devrait être ça, l'éducation. Puis,
depuis qu'il est arrivé en
titre comme ministre, je le dis publiquement, j'ai
eu une bonne écoute, très
franchement, et je ne doute pas ni de la bonne foi ni de la sincérité du
ministre de l'Éducation. Et je lui avais dit... C'est sûr, c'est entre nous,
mais là on est dans la confidence, hein, de toute évidence, mais c'est un
ministère tellement important, moi,
je crois sincèrement que c'est le plus important des ministères. Je ne veux pas
enlever rien aux autres, mais c'est
vraiment ça, notre société, tous les Québécois passent par notre système
d'éducation, tous. C'est incroyable, l'ampleur du défi, et je lui ai dit
qu'il aura ma pleine collaboration, il l'aura toujours.
hier un geste important a été posé par le ministre de l'Éducation. Chaque
semaine, et malheureusement ça défraie les manchettes, des arrestations, des
dénonciations en matière de violence à caractère sexuel. Puis j'ai écrit des
lettres pour qu'il y ait des
enquêtes, et elles ont été accueillies par le ministre, mais hier je crois que
c'est un geste important. Et, pour ceux qui sont peut-être inquiets, sachez que
tous les élus prennent ça très au sérieux, vraiment. Et cette enquête, elle
est nécessaire. Et je vous invite, M. le ministre, pas à me répondre là-dessus,
prenez-le en délibéré, d'adjoindre une firme indépendante au ministère de
l'Éducation. Il y a des firmes qui sont spécialisées en matière d'enquêtes en
matière de harcèlement au travail, de
harcèlement sexuel en milieu de travail. Pas parce qu'on doute de la bonne foi
de ceux qui travaillent au ministère
de l'Éducation, c'est qu'il y a aussi la question d'apparence de conflit
d'intérêts, et c'est là qu'on doit, nous, nous assurer que nous avons
répondu à des inquiétudes qui sont légitimes.
Alors,
ça, moi, je vous le laisse en délibérer. Et évidemment vous aurez notre entière
collaboration, et j'ose espérer que
nous serons capables de mettre fin à l'omerta dans les écoles pour le bien de
tous les enfants qui nous sont confiés. Merci, M. le Président. Et hâte
d'échanger avec mon collègue, mon vis-à-vis.
Le Président (M.
Lévesque, Chauveau) : Merci beaucoup, Mme la députée de Saint-Laurent.
Alors, nous sommes
maintenant prêts à procéder au premier bloc d'échange entre les députés de
l'opposition et le ministre. Et nous
débutons évidemment par l'opposition officielle. Le bloc sera d'une durée de
20 minutes. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de
Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Merci beaucoup, M. le
Président. Alors, maintenant, on recommence dans un bloc, parlons de la vétusté
des écoles. J'ai préparé, évidemment, un tableau. Vous me connaissez, là, moi
puis les tableaux, j'aime ça, hein? Donc,
en 2018, c'était à 50 %, les écoles vétustes. Puis par la suite, on devait
améliorer. Puis je... oui, il y a eu de l'argent supplémentaire qui a été ajouté, mais le niveau de détérioration ne
s'est pas amélioré, au contraire, ça s'est amplifié. On est passés de
50 % à 54 %, puis, en 2021, à 56 %, en 2022 59 %, puis
aujourd'hui on passe à 61 %.
Moi,
ma question, elle est beaucoup plus simple. J'aimerais comprendre, là, puis
c'est vraiment... je veux comprendre : On met de l'argent, mais comment
qu'on s'assure, justement, qu'on améliore l'état, concrètement, dans nos écoles?
Parce qu'il y a quelque chose qui m'échappe.
On n'est pas supposés d'avoir un taux de vétusté qui augmente comme ça, de
passer, en 2018, avant le... que le gouvernement de la CAQ soit au pouvoir,
arriver aujourd'hui à 61 %. Je ne pense pas que c'est une tendance qu'on
veut garder. Au contraire, on veut s'améliorer. Alors, est-ce que vous, vous
avez réfléchi, de votre côté, comment ça se fait que, l'argent, même
s'il est annoncé, on n'arrive pas à réduire, présentement, ce taux de vétusté?
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) : Merci beaucoup, Mme la députée. Toujours en
rappelant de vous adresser à la présidence, s'il vous plaît. M. le
ministre.
M. Drainville : Bien, la réponse courte, M. le Président, c'est qu'on part de très,
très loin. Et je vais résister tant bien que mal à la tentation d'accabler ma
collègue de Saint-Laurent d'un retour en arrière qui nous ramènerait aux années
de l'austérité qui ont fait extrêmement mal aux parcs scolaires, extrêmement
mal.
donc, M. le Président, je l'ai mentionné très rapidement à la fin de mon
intervention de départ, là, écoutez, là, il faut prendre le moment, un moment pour prendre acte des chiffres. On
part à 9 milliards, 9 milliards de PQI pour l'éducation, il y a quatre ans de ça, et on est aujourd'hui, en
vertu du budget d'hier, à 22 milliards. Vous vous rendez compte? Et,
malgré l'ampleur des sommes
investies, vous avez raison de dire que les chiffres démontrent que le taux de
vétusté continue de s'accroître.
Alors,
ce que je veux dire là-dessus, c'est qu'on va continuer à investir dans les
infrastructures pour renverser cette tendance-là,
puis on va finir par y arriver. Ça, c'est clair, notamment parce que c'est la
priorité du premier ministre, qui me l'a réitéré à de nombreuses
reprises.
ailleurs, je veux dire, M. le Président, que dans les 22 milliards que
nous avons annoncés hier, puis c'est une information qui est très importante, sur les 22 milliards, les deux
tiers des sommes, dont 14,5 milliards, vont être consacrés au maintien du parc immobilier, et le tiers, en
bonification. Alors, ça, c'est les termes utilisés par le ministère, mais, ce
que ça veut dire, c'est le deux tiers vont
être consacrés essentiellement à de la rénovation et le tiers à des
agrandissements ou à des nouvelles écoles.
Donc,
au début, dans les deux premières années du mandat, du premier mandat, M. le
Président, c'était l'enveloppe bonification
qui était la plus importante. Pourquoi? Parce que, dans de nombreux endroits du
Québec, il y a des banlieues qui avaient poussé un peu partout, on avait besoin
d'écoles. On a lancé plusieurs projets de nouvelles écoles. À partir de
la troisième année, c'est l'enveloppe maintien d'actifs, donc l'enveloppe
rénovation qui a pris le dessus sur l'enveloppe bonification et l'enveloppe construction et agrandissement, et c'est ce
que nous poursuivons avec le budget d'hier. On met deux fois plus d'argent en rénovation qu'on en met
en nouvelles constructions, justement, parce qu'on veut que... le taux
de vétusté, M. le Président, on veut l'inverser.
pourrais aussi, mais je ne veux pas prendre trop de temps, je pourrais répéter
aussi, Mme la députée de Saint-Laurent, ce que j'ai dit aux journalistes
ce matin...
Le Président (M.
Lévesque, Chauveau) : En terminant.
M. Drainville : ...par rapport à la méthode de calcul de la vétusté. Moi, je pense
qu'il y a un questionnement là-dessus, j'ai un questionnement là-dessus. Et je
ne suis pas le seul, le ministre responsable des Infrastructures, député de
Charlesbourg...
Le Président (M.
Lévesque, Chauveau) : Rapidement.
Drainville : ...est aussi en questionnement là-dessus.
Le Président (M.
Lévesque, Chauveau) : Merci beaucoup. Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Je vous invite juste... Je vais répondre
brièvement sur une affaire, parce que je sais que, souvent, la cassette, je l'entends très souvent, là, le Parti
libéral, et tout ça, là, mais, dans le PQI, c'est marqué, noir sur blanc, puis
ce n'est pas moi qui l'ai écrit, le PQI, là, c'est vous, là, vous et votre
équipe. Cette situation s'explique principalement par une période de sous-investissement dans les années 90
et au début des années 2000, pour le 61 %. Ce n'est pas moi qui le dis,
c'est votre PQI. Alors, c'est votre PQI qui
le mentionne, alors, mais, pour revenir... Moi, je veux comprendre. Tantôt, le
premier ministre... puis il y a un article, que je ne montre pas, là, mais... Legault...
Le premier ministre doute du portrait sur la vétusté des écoles , et il veut
revoir la méthode de calcul. Quels seront les nouveaux critères?
Le Président (M.
Lévesque, Chauveau) : ...
Mme Rizqy : Non, juste le temps...
Président (M. Lévesque, Chauveau) : Oui, évidemment, une
question courte, une réponse courte. M. le ministre, s'il vous plaît, la
parole est à vous.
Drainville : L'autre raison pour laquelle on observe cette
augmentation du taux de vétusté, c'est que, depuis qu'on est là, on a procédé à une inspection extrêmement
rigoureuse de tous les bâtiments ou, en tout cas, si ce n'est pas tous les
bâtiments, on se dirige vers la totalité. Et ça, ce que ça a fait, cette
méthode d'inspection... Et là je ne parle pas de la méthode de calcul pour déterminer si cette école-là est un A, un B, un
C, un D ou un E. Je parle carrément d'aller dans les écoles et d'aller voir ce qui se passe. Cette
inspection rigoureuse, M. le Président, n'avait pas eu lieu auparavant. En tout
cas, certainement pas au même niveau. Et
donc ça, ça a contribué, M. le Président, ça a contribué, oui, à faire
augmenter le taux de vétusté, parce qu'on est allés au fond des choses. On n'a
pas essayé de maquiller, justement, la réalité. On est allés au fond des choses, et, oui, ça a contribué à une
détérioration, dans le fond, des chiffres. Qu'est-ce que vous voulez? C'est
ça, la réalité.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) : Mme
la députée de Saint-Laurent, la parole est à vous.
Rizqy : Bien, vous vous avancez en terrain qui n'est pas
écrit dans le PQI avec ce que vous dites, parce qu'au fond vous faites
référence... comme si les équipes qui étaient auparavant présentes, là, qui
sont d'ailleurs encore, pour la plupart, présentes au ministère... Avez-vous une grille de calcul ou
d'évaluation pour affirmer une telle chose, pour dire qu'au fond, avant,
ce n'était pas rigoureux?
Président (M. Lévesque, Chauveau) : Merci, Mme la députée. Je
vais maintenant céder la parole à M. le ministre de l'Éducation.
Drainville : Alors, on me donne des chiffres ici, là, puis
c'est très, très, très factuel. En 2022, M. le Président, on avait
90 % du parc scolaire qui avait été inspecté. On était à 41 %
d'écoles en bon état. En 2023, on est maintenant à 92 % du parc scolaire qui a été inspecté. Et ce qui reste, là,
c'est les édifices, effectivement, qui sont le plus détériorés ou, en tout cas,
c'est les édifices où c'est le plus difficile d'aller inspecter. Et donc, ça
aussi, il faut le prendre en considération.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) : Oui,
Mme la députée de Saint-Laurent.
Rizqy : Ma question à M. le ministre, là, c'était :
Est-ce que vous avez une grille de calcul ou d'évaluation qui vous permet, là,
d'affirmer en cette Chambre, là, que maintenant, ceux qui sont payés par
l'argent public pour faire des inspections étaient moins rigoureux?
D'autre part,
votre réponse n'est pas juste en matière de statistiques. Je m'explique. Dans
le PQI, on voit clairement, là, que les écoles qui ne sont pas
inspectées sont indiquées. Par exemple, c'est marqué 111 écoles qui n'ont
pas été... 111 établissements qui n'ont
pas été inspectés. Quand on fait le pourcentage, on exclut évidemment les
écoles qui ne sont pas inspectées.
Donc là,
je... Donc, ma question, elle est double. Avez-vous une grille d'évaluation
avec... qu'on peut comparer pour dire :
Ah! O.K., effectivement, avant, on comparait des pommes avec des oranges, pour
affirmer une telle chose? Si oui, déposez-la. Deuxièmement, ma première
question, elle demeure pleine et entière. Le premier ministre a dit qu'il veut
revoir les critères d'évaluation pour
les écoles vétustes. Quels sont les nouveaux critères que vous voulez mettre en
application?
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) : Merci,
Mme la députée. M. le ministre.
Drainville : J'ai dit, M. le Président, que j'étais en
questionnement sur la manière avec laquelle on décide de la vétusté d'un établissement ou pas. Et j'ai eu une
discussion tout à l'heure avec mon collègue le ministre des Infrastructures,
qui m'a confirmé qu'effectivement à la SQI,
à la Société québécoise des
infrastructures, il y a ce
questionnement présentement. Il y a des normes qui existent, M. le
Président. On ne remet pas en question les normes. La question qui se pose,
c'est comment est-ce que ces normes-là,
comment est-ce que cette méthode est appliquée. C'est là-dessus qu'on se
questionne.
Par ailleurs,
pour revenir sur ma réponse précédente, oui, on est actuellement dans les
écoles les plus compliquées. On est
dans les écoles les plus compliquées. Ça prend notamment des ingénieurs pour
les inspecter, ces écoles-là. Et ce que l'on a fait, on s'est donné une méthode
et on a engagé une firme d'ingénierie pour assurer, donc, le déploiement de
cette méthode-là, et cette méthode-là, M. le
Président, elle est appliquée de la même manière à l'ensemble du parc scolaire.
Alors, on s'est assuré qu'il y ait, dans le fond, un processus d'inspection qui
soit uniforme.
Donc, non
seulement on a beaucoup, beaucoup augmenté le nombre d'écoles qui étaient
inspectées, non seulement on est actuellement dans les écoles qui sont les plus
difficiles à inspecter, ça prend du personnel extrêmement spécialisé pour le faire, mais on s'est donné en plus une
méthode d'inspection qui fait en sorte qu'elle est la même d'un centre de
services scolaire à l'autre. Ce n'est pas
banal, ça contribue évidemment à nous donner un meilleur portrait.
Malheureusement, ce portrait-là, ce
qu'il nous dit, c'est qu'on n'a pas assez investi dans les infrastructures, et
c'est ce rattrapage qu'on est en train de faire.
Le Président (M.
Lévesque, Chauveau) : Mme la députée de Saint-Laurent.
Rizqy : O.K., mais... parce
que c'est quand même important, ce qui a été affirmé par le premier ministre
tantôt. Il accuse, au fond, les
centres de services scolaires et commissions scolaires de faire gonfler les
chiffres au niveau de la vétusté.
J'aimerais vraiment comprendre, est-ce que vous avez un élément ou un
commencement de preuve pour faire une telle affirmation?
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
M. le ministre, la réponse de vous.
Drainville : M. le
Président, je ne sais pas combien d'écoles la députée de Saint-Laurent a
visitées ces derniers mois ou ces
dernières années. C'est une femme de terrain, je ne doute pas qu'elle en a vu
un bon nombre. Moi, j'en ai vu beaucoup,
au cours des derniers mois, et je me rendais, dans certains cas, là, dans des
écoles qui étaient, mettons, classées C, ou classées D, ou classées E. Bien, je m'attends, là, moi, à rentrer
dans une école, comprenez-vous? Là, les plafonds tombent, les murs sont fissurés, il y a des chaudières
partout, puis tu te dis : Voyons, tu sais, c'est vétuste, là, c'est E, là,
c'est l'enfer, cette école-là. Tu
rentres dans cette école-là, là, puis ce n'est pas l'enfer du tout, là, c'est
des écoles qui, de façon générale... puis, j'oserais dire, dans toutes les
écoles où je suis allé, même celles qui étaient C, D ou E, c'est des écoles qui
ont de la tenue, qui ont bonne mine.
Puis je ne dis pas qu'il n'y a pas de problème, parce que c'est vrai que,
parfois, le problème est à l'intérieur des murs, alors il y a des...
bon, c'est pour ça qu'on les inspecte, etc., mais ce que je vous dis, c'est
qu'il faut se garder, M. le Président...
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) : En
terminant.
Drainville : ...de prendre ces chiffres-là et puis de
dire : Ma foi du bon Dieu, 60 % des écoles du Québec sont vétustes.
Il faut faire attention, parce que ça peut finir, à un moment donné, par créer
une impression qui n'est pas conforme à la réalité. Voilà.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Merci, M. le ministre. Mme la députée de Saint-Laurent.
Rizqy : Bien, respectueusement, M. le ministre, c'est
parce que c'est vraiment inspecté... vous l'avez même dit, qu'il y avait même une firme qui a bâti les
critères d'évaluation puis que, par la suite, ce sont des professionnels, dont
notamment des ingénieurs. Les ingénieurs
sont régis par un code de déontologie et un code des professions, et, par
conséquent, lorsqu'ils signent, c'est très sérieux.
Donc, quand vous avancez que votre gouvernement,
que peut-être qu'il y a des gens qui pèsent plus fort sur le crayon pour avoir du financement, moi, à moins
qu'il y a un début de commencement de preuve pour faire une telle affirmation,
au contraire, je vous inviterais à la plus grande prudence, parce que ce sont
des gens qui font le portrait de la situation pour que, par la suite,
l'argent effectivement suive.
Et je vous
amène sur un autre... Toujours dans les infrastructures, puisque le
gouvernement, le premier ministre dit qu'il veut revoir les critères, est-ce
que les nouveaux critères... Êtes-vous d'accord avec moi qu'on doit absolument
s'assurer de la qualité de l'air dans les écoles?
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Merci beaucoup, Mme la députée. M. le ministre de l'Éducation.
Drainville : M. le
Président, je réitère ce que j'ai dit puis j'espère que la députée de
Saint-Laurent, M. le Président, ne va
pas nous reprocher, d'abord, de rapporter ce qu'on voit sur le terrain. Ça, je
ne m'en gênerai jamais, premièrement. Et
deuxièmement, ce n'est pas vrai, M. le Président, que je vais m'empêcher de
tirer les conclusions de ce que j'observe. Et parfois je vais le faire d'une manière très publique, comme je le
fais présentement. Elle peut m'en faire le reproche, elle peut essayer de marquer des points politiques, si
elle le souhaite, avec ça, moi, ce n'est pas mon enjeu. Mon enjeu, c'est
la qualité des écoles dans lesquelles nos enfants apprennent.
Ce que j'ai
observé, c'est qu'il y a des écoles qui sont classées D et qui sont classées E
et qui, en tout cas, quand je les observe, quand je les parcours, quand je
les... puis je ne me contente pas juste, là, de me promener, là, j'ouvre
les portes, je vais voir. Ce que j'ai
observé, c'est que, de façon générale, les écoles sont de très bonne tenue. Et
donc ça ne veut pas dire qu'il n'y a
pas des travaux à faire, là. On met 22 milliards, là, dans le parc
scolaire, mais ce que je dis, c'est qu'on
ne doit pas s'empêcher, M. le Président, de se poser la question : La
méthode par laquelle on détermine qu'une école est vétuste, est-ce que cette méthode-là nous donne le réel portrait de
la situation? Et ce que je dis, c'est que moi, je suis en questionnement là-dessus et je dis que le ministre
responsable des Infrastructures l'est également, notamment par l'entremise
de la Société québécoise des infrastructures. Et donc, s'il y a du travail à faire pour être plus précis et être
plus justes dans l'évaluation de la vétusté, on ne va pas se priver de
le faire.
Président (M. Lévesque, Chauveau) : Merci beaucoup, M. le
ministre. Je rappelle à l'ensemble des collègues, peut-être, de raccourcir un
peu les interventions pour permettre un échange plus actif. Mme la députée de
Saint-Laurent.
Rizqy : Ma question portait sur le critère de la qualité
de l'air. Êtes-vous d'accord avec moi qu'on doit l'ajouter?
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) : M.
le ministre.
M. Drainville : Sur
la qualité de l'air, M. le Président, là aussi, on a annoncé des
investissements extrêmement importants. D'abord, on a procédé à des
investissements extrêmement importants. Il y a d'autres investissements très importants qui sont disponibles, des enveloppes
qui sont disponibles. Les derniers chiffres qui sont sortis, M. le Président,
ce qu'ils démontrent, c'est que...
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) : ...oui,
Mme la députée de Saint-Laurent.
Rizqy : Précision, ma question porte sur les critères,
parce que le premier ministre vient de dire qu'il veut revoir les critères d'évaluation pour le portrait
des écoles. Je veux savoir : Êtes-vous d'accord qu'on doit ajouter le
critère sur la qualité de l'air? Je
ne vous parle pas d'argent. Je veux savoir si, oui ou non, on ajoute le critère
de qualité de l'air. Ça se répond par oui ou par non.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) : Merci.
M. le ministre, à vous la parole.
Drainville : M. le Président, les systèmes de ventilation font,
bien évidemment,
partie de l'infrastructure, alors, bien entendu qu'ils
sont inspectés et bien entendu qu'ils font
partie de l'évaluation générale de
la qualité d'un bâtiment.
Mais ce que
j'étais en train de dire, c'est que, sur la qualité de l'air, M. le Président,
on a procédé à des investissements extrêmement importants. Des
enveloppes sont disponibles pour chaque centre de services scolaire qui le
souhaite. L'argent est là. Et, si vous
regardez les derniers chiffres qui sont sortis, là, on a 72 classes qui
dépassent le 2 000 ppm. Ils sont concentrés dans 30 écoles, et
49 classes de ces 72 là sont concentrées dans neuf écoles. Alors, vous
pouvez être certains d'une chose,
c'est qu'on suit très attentivement ce qui se passe et on s'assure que ce soit
pris en charge. Et on dit aux centres de services scolaires...
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) : Rapidement.
Drainville : ...qui sont concernés : Vous avez de l'argent
pour vous occuper de la question de la qualité de l'air dans vos écoles,
dans vos classes.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) : Mme
la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Vous dites que vous
suivez ça de façon très attentive. Alors, comment se fait-il que les dernières
données disponibles remontent au 22 décembre 2022?
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) : M.
le ministre, la parole est à vous.
Drainville : Bien, M. le Président, il faut d'abord recevoir
les données, puis les colliger, puis, dès qu'on les a, on les organise puis on
les rend publiques. Alors là, les dernières données que nous avons, elles ont
été rendues publiques. Elles ont
fait, d'ailleurs, l'objet d'un reportage, si je ne m'abuse, la fin de semaine
dernière. C'est les données qui sont les plus à jour.
Et puis, M.
le Président, on ne va pas sacrifier la rigueur, nous autres, là, au nom de,
comment dire... de l'empressement, hein?
On va faire les choses de manière rigoureuse. On a quand même, M. le Président,
pas loin de 70 000 classes et locaux au Québec, et la vaste
majorité ont maintenant un système pour mesurer la qualité de l'air. Ça, c'est
une avancée très importante. Maintenant, il
faut colliger ces données-là, et, quand on les rend publiques, on s'assure que
ces données-là soient, évidemment, le juste reflet de la réalité.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) : La
parole est à Mme la députée de Saint-Laurent.
Rizqy : On a eu le temps de fêter Noël, faire le jour de
l'An, enlever nos décorations de Noël, janvier, février, mars, on est rendus à
la fin mars, vous avez eu le temps de déposer un budget, puis on n'a toujours
pas les données qui nous ont été
promises. D'ailleurs, on nous a même dit : Vous allez voir la
transparence, pratiquement en temps réel qu'on va les avoir.
Et ma
question va être la suivante. Nous, on a déposé le projet de loi n° 192
pour la qualité de l'air. Ça a été fait par un ingénieur, Louis Grenier, puis
une physicienne, Nancy Delagrave, et ainsi qu'une stagiaire Bonenfant, Mme Victoria
Thân, avec beaucoup de rigueur. Nous avons utilisé, notamment, la norme
de 1 000 ppm. Vous utilisez encore la norme de 1 500 ppm. Tant qu'à revoir les critères pour les écoles vétustes,
je vous invite sincèrement à étudier notre projet de loi n° 192 sur la qualité de l'air, de l'ajouter dans les
critères pour les écoles vétustes et de vous dire que la norme, quand on n'est
pas en période de pandémie, c'est 1 000 ppm, et, lorsqu'on est en
période de pandémie, c'est 800 ppm.
Là, je sais que vous allez nous parler d'argent.
Avant de parler d'argent, est-ce qu'on peut d'abord, ensemble, s'entendre sur des critères scientifiques établis
par des ingénieurs, par des physiciens, par l'école de santé publique de
Harvard, par notamment aussi des universités francophones, en France, mais
aussi des universités britanniques?
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) : En
terminant.
Mme Rizqy : En terminant, la qualité
de l'air, ça cause des problèmes d'apprentissage.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : C'est ce qui termine le bloc, Mme la députée, M.
le ministre, ça termine le bloc.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) : Malheureusement,
M. le ministre... Il y aura d'autres blocs d'intervention, M. le
ministre.
Alors,
on poursuit maintenant avec le bloc du deuxième groupe d'opposition. Et, Mme la
députée de Mercier, vous avez droit à 17 min 36 s d'échange
avec le ministre. La parole est à vous, Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal : Parfait.
Merci. Merci beaucoup, M. le Président. Bonjour, M. le ministre. Bonjour à
toute votre équipe. Je sais que vous avez
travaillé très, très, très fort pour le budget puis pour la préparation.
Salutations aussi à mes collègues des oppositions.
Évidemment,
comme tout le monde, moi aussi, je veux travailler dans le bien-être des élèves
et de leur réussite scolaire. Et
j'aurais plein, plein de questions, mais, comme j'ai très peu de temps, il va
falloir que j'en choisisse. Je voudrais revenir sur la question des
infrastructures. Je comprends qu'on ne peut pas comparer le 61 % de 2023
avec le 40 % de 2018?
Le Président (M.
Lévesque, Chauveau) : M. le ministre.
Mme Ghazal : Je
pose des questions ultrarapides parce que j'ai peu de temps. Je comprends qu'on
ne peut pas comparer le 61 % de
vétusté, de taux de vétusté des écoles, par rapport au 40 % de 2018. C'est
ce que je comprends de l'échange.
Le Président (M.
Lévesque, Chauveau) : Merci beaucoup, Mme la députée de Mercier. Des
réponses courtes, évidemment, mais on va permettre quand même la réponse. M. le
ministre.
M. Drainville :
Bien, je ne suis pas sûr de bien
saisir la question, là, mais moi, tout ce que je dis, c'est que la manière avec
laquelle on applique le guide, par exemple, qui est utilisé pour déterminer le
taux de désuétude, le taux de vétusté, ce guide-là, il est bien fait. Il est
bien fait, on ne le remet pas en question. Mais comment est-ce qu'il est
appliqué? Là-dessus, on est en
questionnement. Je le suis. Mon collègue responsable des Infrastructures et de
la Société québécoise des
infrastructures est également en questionnement là-dessus.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) : Mme
la députée de Mercier, je vous invite également à vous adresser à la
présidence.
Mme Ghazal : Bien,
des fois, ça rend plus faciles des échanges.
Le Président (M.
Lévesque, Chauveau) : Je comprends.
Ghazal : Donc, si je dis...
Ça veut dire qu'on ne peut pas dire qu'il y a eu une détérioration ou une augmentation
de la vétusté. Moi, ce que j'aimerais savoir, je voulais demander au ministre,
c'est : Étant donné qu'il y a eu une détérioration de la vétusté des écoles, avec les chiffres que
j'ai, 40 %, 61 %... Il y a eu une détérioration, est-ce que le ministre
est d'accord avec moi, de la vétusté,
ou, à cause de ce que le premier ministre dit... il remet en question, il
dit : Ça se peut que non, puisque c'est
peut-être appliqué différemment? Est-ce qu'il y a eu une détérioration de... et
une augmentation du taux de vétusté?
Est-ce qu'il peut confirmer ou infirmer cela ou pas du tout? Il faut qu'il
fasse des recherches pour pouvoir nous arriver avec une réponse? C'est
ça que je veux savoir.
Le Président (M.
Lévesque, Chauveau) : Merci, Mme la députée. M. le ministre, votre
réponse.
Drainville : M. le Président, l'état actuel de nos infrastructures
scolaires, de notre parc scolaire, c'est un héritage
des 50 sinon des 60 dernières années. Je vais répondre à la question de la
députée de Mercier. Donc, on ne va pas corriger, M. le Président, en quatre ans
un héritage de détérioration qui remonte aux années 60 ou 70. Alors, de dire...
d'essayer de faire valoir, parce que c'est
ce que je comprends du sens de la question, d'essayer de faire valoir que,
depuis que la CAQ est là, ça s'est
détérioré, alors qu'on a commencé à 9 milliards de PQI puis on est rendus
à 22, honnêtement, ça défie toute logique.
que l'on fait et la raison pour laquelle les taux de vétusté... la première
raison pour laquelle les taux de vétusté ont augmenté, c'est parce qu'on a
inspecté davantage de bâtiments. Je l'ai dit, on est rendus à plus de
90 %. On a appliqué une méthode d'inspection beaucoup plus rigoureuse que
celle qui existait auparavant, beaucoup plus exhaustive que celle qui
existait avant. Et on a même engagé des ressources hyperspécialisées pour
s'assurer d'aller au fond des choses.
Alors,
ça, parce qu'on est allés voir puis on ne s'est pas... On n'a pas fait
semblant, là. On n'a pas fermé les yeux puis on ne s'est pas dit : Ça n'existe pas, on n'ira pas voir. Non,
non. On a décidé d'aller voir puis d'aller voir pour vrai cette fois-ci.
Et, oui, on a découvert qu'effectivement il y avait beaucoup de travail à
faire.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) : Merci
beaucoup, M. le ministre.
Drainville : Et donc on met l'argent en conséquence.
Le Président (M.
Lévesque, Chauveau) : Mme la députée de Mercier, la parole est à vous.
Mme Ghazal : Je
ne me rappelle plus c'est quoi, l'article, mais le ministre me prête des
mauvaises intentions. Il n'y avait aucune
intention de remettre en question ce que la CAQ a fait, et tout ça. Quand j'ai
pris 2018, c'est parce que c'est le chiffre devant moi. Ça fait que je
lisais, tout simplement. Puis normalement on a l'impression qu'il y a une augmentation de la vétusté, parce que nos écoles,
à cause de l'héritage... Ça, on va être d'accord avec le ministre qu'il y a eu
un désinvestissement dans le passé. Je veux dire, c'est un fait. C'est un fait,
et on a un rattrapage à faire.
Maintenant,
est-ce que le rattrapage est suffisant? Peu importe que ce soit 40 % ou
61 %, on comprend que c'est comme
un trou sans fond, parce que plus le temps passe, plus les écoles vieillissent.
On a eu une rencontre du centre de services scolaire de Montréal à
l'automne dernier, tous les élus, et c'est vraiment