Labour and the Economy — 3 February 2026 (43rd Legislature, 2nd Session)
CET 2026-02-03
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30e législature, 2e session (14 mars 1974 - 28 décembre 1974)
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43 e législature, 2 e session
(30 septembre 2025 au 8 avril 2026)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mardi 3 février 2026
Vol. 48 N° 11
Consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 11, Loi modifiant diverses dispositions principalement aux fins d’allègement du fardeau réglementaire et administratif
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
9 h 30
10 h
10 h 30
11 h
11 h 30
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h
18 h 30
Journal des débats
9 h 30 (version non révisée)
(Neuf heures quarante-sept)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission de l'économie et du travail ouverte. Alors, bienvenue à tous.
Prenez quelques secondes pour éteindre l'ensemble des sonneries de vos
appareils électroniques, s'il vous plaît, pour ne pas avoir de surprise. Alors,
la commission est réunie afin de procéder aux consultations particulières et
auditions publiques sur le projet de loi n° 11, Loi modifiant diverses dispositions
principalement aux fins d'allègement du fardeau réglementaire et administratif.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président, Mme McGraw (Notre-Dame-de-Grâce) est remplacée par M. Kelley
(Jacques-Cartier) et M. Fontecilla (Laurier-Dorion) par Mme Zaga
Mendez (Verdun).
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme la secrétaire, et ça me permet, puisque c'est vous qui aviez la parole il y
a quelques secondes, si vous ne l'avez pas vu, allez prendre le temps d'aller
lire l'article dans La Presse, là, qui souligne le travail, entre autres, de
notre secrétaire ici présente, de son merveilleux, mais le travail de l'ensemble
des secrétaires de commission, là, qui sont souvent dans l'ombre, donc je vous
le suggère fortement. Merci beaucoup, vraiment. Donc, ce matin, l'ordre du jour,
on débute avec la Fédération des chambres de commerce du Québec, on enchaîne
ensuite avec la Chambre de commerce de l'industrie du Québec et on finit la
matinée avec le regroupement des jeunes Chambres du commerce du Québec. Donc,
on débute avec les remarques préliminaires, M. le ministre. Je vous cède la
parole, la parole est à vous.
M. Poulin : Merci beaucoup, M.
le Président. Je dispose de combien de temps?
Le Président (M. Allaire) : Alors,
vous avez 5 minutes 55 s.
M. Poulin : Je fais ça
rapidement, alors je vous salue, merci de présider nos travaux, également. Les
gens qui vous accompagnent au niveau du secrétariat de la commission, merci
pour votre travail. Je veux saluer, tout d'abord, mes collègues du gouvernement,
alors, je vois la députée de Hull, une femme très près de ses entreprises, qui
est très près, aussi, des réalités ontariennes, parce que ça va revenir souvent
dans le cadre de ce projet de loi, l'harmonisation et l'allègement
réglementaire. Alors, merci d'être là. La députée de Labelle... j'allais dire Mont-Tremblant,
mais c'est beaucoup plus que ça, c'est une énorme circonscription, également très
près du milieu touristique, très sensible à la réalité des PME. Alors, je la
salue. La députée de Marie-Victorin, très près de son pôle économique à
Longueuil, qui nous parle régulièrement de ses réalités, alors, je la salue. Le
député de Rousseau, un vieux gaillard dans sa région, très près du milieu
économique aussi, qui a à cœur le développement des PME, alors, merci d'être
là. Je salue les représentants de l'opposition officielle, la députée de
Jeanne-Mance, qui... c'est Jeanne-Mance—Viger, encore, alors, je vous salue. Je
sais que vous avez une longue expérience parlementaire, alors ce sera un
plaisir de travailler avec vous sur ce projet de loi. Et je salue aussi le
député de Jacques-Cartier, à qui je souhaite la bienvenue, je le sais très
sensible aux enjeux économiques, d'ailleurs, préalablement, il m'avait fait des
propositions pour l'allègement réglementaire, notamment pour les boissons
alcoolisées, alors, un intérêt que nous avons ensemble et on aura la chance de
pouvoir en discuter. Je veux saluer, évidemment, le député de Jean-Talon, aussi
très près du milieu économique de notre belle capitale, qui était dans le comté
de Beauce-Sud, la semaine dernière, pour un caucus, on aura la chance d'en
discuter. Je sais que vous avez fait une belle tournée et une belle virée
économique de notre région également, vous avez laissé de l'argent, alors on
est bien contents de votre présence dans la Beauce.
• (9 h 50) •
C'est un projet de loi important, aujourd'hui,
puis vous savez, l'allègement réglementaire, on pourrait se dire : Ah, c'est
un peu... un peu aride ou, du moins, difficile à comprendre. Mais là, on a été
plus loin en annonçant un cran d'arrêt national sur la réglementation, en
instaurant le deux pour un. Alors, les ministères et organismes qui seront
assujettis, à chaque fois qu'ils voudront ajouter un règlement, devront en... en
retirer deux. Et ça, c'est important, c'est une signature, c'est quelque chose
auquel je tenais. Vous savez que j'ai été nommé ministre le 10 septembre dernier,
alors l'écriture du projet de loi, le déposer avant les fêtes, ça s'est fait
rapidement, mais on a quand même réussi à avoir des gains qui sont fort
importants avec l'instauration du deux pour un, qui est une avancée majeure.
Avant, on était un pour un dans une politique d'allègement. Là on vient mettre
le deux pour un dans la loi, alors c'est important comme avancée. Je viens
également me donner des pouvoirs, je dis ministre du «red tape», ce n'est pas
un bon français, mais du ruban rouge, qui fait en sorte qu'on puisse prolonger
des permis qui sont octroyés aux entreprises au Québec, toute la notion de
permis, souvent très lourde, on vient faire des améliorations à l'intérieur du
projet loi et on a une vingtaine d'allègements, également, qui concernent
différents secteurs...
M. Poulin : ...qui vont de
l'industrie du taxi, qui vont dans le secteur des boissons alcoolisées. Alors,
on est allé assez large, mais, somme toute, je pense qu'on fait des avancées
qui sont importantes, qui sont majeures. D'ailleurs, ce projet de loi a été
salué, applaudi, souligné par tous les groupes économiques du Québec lors de
son dépôt, parce qu'on allait encore plus loin que dans les dernières années.
Alors, je tends la main, évidemment, aux
oppositions. Alors, on est là en mode constructif, on est là pour travailler
ensemble. Je suis ouvert à toute solution qui pourrait être pertinente pour les
PME du Québec. On sait qu'ils vivent des moments extrêmement difficiles avec
l'incertitude mondiale, malgré le fait que notre situation économique réussit
malgré tout à bien s'en sortir, on n'en fera jamais trop, et il faut remettre
parfois en question des vaches sacrées et c'est ce qu'on va faire à l'intérieur
de ce projet de loi. Merci.
Le Président (M. Allaire) : Merci
à vous, M. le ministre. On poursuit avec l'opposition officielle. Mme la
députée de Jeanne-Mance—Viger, vous avez 3 min 36 s. La parole
est à vous.
Mme Rotiroti : Merci, M. le
Président. Bon matin. Alors, à mon tour de saluer mes collègues de le côté
banquette ministérielle, M. le ministre, mon collègue du deuxième groupe de
l'opposition et mon collègue de Jacques-Cartier, qui m'accompagne dans cette
commission.
Alors, bien contente, M. le ministre, de
vous entendre, de dire que vous êtes bien ouvert à des suggestions et de
bonifier. Pour nous, c'est quand même un projet de loi d'allègement
réglementaire qu'on suit depuis longtemps, parce qu'on est quand même, il faut
le dire, je pense, au cinquième projet de loi qui prend toujours l'allègement
réglementaire petit bout par petit bout. Alors, nous serons attentifs à savoir
si, cette fois-ci, l'intention affichée d'allègement réglementaire reflète bien
les effets concrets que recherchent désespérément les entreprises. C'est
d'ailleurs sur quoi nous portons une grande attention. Nous serons attentifs à
l'impact réel du projet de loi, particulièrement sur les petites entreprises,
les producteurs artisans et les acteurs en région qui subissent plus durement
la lourdeur administrative.
Un autre aspect important sera la
prévisibilité, hein, et la stabilité du cadre réglementaire. On peut penser ici
aux municipalités, mais aussi aux secteurs minier, forestier, agricole et
manufacturier. Nous regardons aussi si les mécanismes proposés sont réellement
contraignants, mesurables et transparents. On peut penser ici aux principes
annoncés comme le deux pour un.
Dans mes tournées, j'ai senti une
frustration des PME, des entreprises, quant aux délais, aux dédoublements, à la
complexité des processus d'autorisation, et j'espère vraiment, vraiment,
qu'avec ce projet de loi, on va venir faire une réelle différence à ces
problèmes-là, que je suis sur et certaine que le ministre entend parler,
d'autant plus qu'il vient d'une région de la Beauce où est-ce qu'il y a
beaucoup de PME. Et je vous dis, M. le Président, il y a un consensus sur le
terrain, là, qu'il va falloir qu'on fasse de quoi, ils sont totalement
étouffés, nos PME, avec la paperasse et la lourdeur administrative, et ils sont
rendus qu'ils mettent de côté quasiment leur productivité, dans certains cas,
de l'exploitation de nos nouveaux projets pour être capables de répondre à la
lourdeur puis à la reddition de comptes aussi qui est demandée par le
gouvernement.
Alors, j'ai hâte de savoir si ce projet de
loi là va permettre véritablement la modernisation des cadres sectoriels plutôt
que des ajustements ponctuels qui laissent... des irritants connus. Comme je
l'ai dit plus tôt, ce n'est pas le premier projet de loi de ce genre. Alors, on
va écouter les groupes et on va être très attentifs par rapport à les
recommandations. J'ai pris la peine de lire les mémoires qui se sont posés. Je
vais vous dire, ils ont des très bonnes recommandations, et j'ose espérer que cette
ouverture-là, on va la trouver en étude détaillée avec le ministre. Alors,
merci, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci
à vous. On poursuit les remarques préliminaires avec la députée de Jean-Talon,
1 min 12 s. La parole est à vous.
M. Paradis : Merci beaucoup.
J'aimerais, moi aussi, saluer tous mes collègues, l'équipe ministérielle, M. le
ministre, toutes les personnes qui viendront dialoguer avec nous. Nous saluons
cette initiative qui provient d'un ministre dont on connaît l'engagement et
l'amour pour les PME et le milieu économique. On connaît la rigueur aussi avec
laquelle il travaille. Donc, nous abordons ce projet de loi avec... de manière
constructive.
Je suis... le ministre l'a mentionné
lui-même, je sors d'une tournée qui a durée près d'un an et demi dans toutes
les régions du Québec. Je suis allé voir le milieu, les entreprises, les
organisations de la société civile, et le constat était partout le même :
nos entreprises croulent sous le fardeau administratif. Je l'ai connu moi-même
à l'époque où j'étais entrepreneur.
Le fardeau fiscal aussi est une question
importante. On a fait des propositions, nous, dans les derniers jours, alors
dans quelle mesure aussi c'est un problème qui n'a pas été amélioré dans les dernières
années. Le député de Lévis avait des recommandations ou des remarques
importantes là-dessus en fin de semaine...
M. Paradis : ...nous devrons
nous pencher sur cette question. Nous allons le faire de manière constructive.
Alors, M. le ministre, chers collègues, M.
le Président, et à tous nos invités, bonne commission.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le député de Jean-Talon. Alors, on débute les auditions. On reçoit notre
premier groupe, Mme Proulx, M. Corbeil. Donc, je vous cède la parole. Peut-être
le... prendre le temps de vous présenter avec votre
titre complet, et votre
audition de 10 minutes va commencer. Va s'ensuivre la période d'échange. La
parole est à vous.
Mme Proulx
(Véronique) : Excellent. Merci. Alors,
Véronique Proulx, présidente-directrice générale de la Fédération des chambres
de commerce du Québec.
M. Corbeil (Laurent) : Laurent
Corbeil, conseiller aux affaires publiques et économiques à la Fédération des
chambres de commerce du Québec.
Mme Proulx (Véronique) : Alors, bonjour à tous. Merci à la commission de nous
permettre de prendre la parole aujourd'hui dans le cadre de l'étude du projet
de loi n° 11. Rapidement sur qui nous sommes, la Fédération des chambres de
commerce du Québec. On représente plus de 40 000 entreprises à travers le
Québec par l'entremise de notre réseau de 120 chambres de commerce. On compte
également sur 1 000 entreprises corporatives qui sont membres, qui sont
présentes dans toutes les régions, dans tous les secteurs d'activité.
Alors, notre mémoire aujourd'hui s'inscrit
dans un contexte très particulier. La guerre tarifaire et les changements
géopolitiques génèrent beaucoup d'incertitude et mettent beaucoup de pression
sur nos entreprises. Et je le dis souvent, on a peu de contrôle sur ce que le
président Trump va choisir de faire, mais nous avons, les gouvernements ont du
contrôle sur les leviers sur lesquels... qui peuvent donner de la prévisibilité
à nos entreprises, qui peuvent réduire le coût de faire affaire et qui vont les
inciter à rester ici, au Québec, et à investir ici.
À la FCCQ, nous avons quatre grandes
priorités, qui sont celles de nos entreprises, donc la main-d'œuvre, la
compétitivité, dont on va parler aujourd'hui, l'accès aux marchés et le
dynamisme régional.
Plusieurs facteurs nuisent à la
compétitivité de nos entreprises, et c'est le cas de la lourdeur administrative
et réglementaire. Pour avoir parcouru, moi aussi, le Québec au cours des
derniers mois, l'allègement réglementaire et administratif fait
partie des
trois grands enjeux prioritaires dont nous parlent les entreprises. Et à juste
titre, selon le plan d'allègement réglementaire 2025, le coût indu des
formalités administratives pour nos entreprises est d'au moins 1 milliard par
année. C'est énorme.
Alors, cela nous amène aujourd'hui à vous
présenter un... un mémoire avec 16 recommandations concrètes qui concernent à
la fois les orientations générales et également des mesures sectorielles. Nous
avons également ajouté quelques recommandations qui sont des demandes-phares et
récurrentes de la part des entreprises québécoises. Je ne passerai pas au
travers de chacune des 16 recommandations dans la présentation, mais il me fera
bien sûr plaisir de vous répondre à vos questions par la suite. Alors, je me lance.
Sur le projet de loi n° 11 dans son
ensemble, la FCCQ accueille favorablement le projet de loi. L'inscription
explicite d'une règle exigeant le retrait d'au moins deux formalités
administratives pour chaque nouvelle formalité est un réel signal positif pour
les entreprises. Par contre, pour que ce principe produise des effets concrets
et durables, certaines précisions doivent être apportées. Alors, trois
précisions en particulier.
La première, qui est la recommandation un
dans le mémoire : nous recommandons que les exigences du deux pour un
soient intégrées à la loi constitutive et à la mission des ministères et
organismes concernés, en plus de la politique gouvernementale sur l'allègement
réglementaire et administratif. Deuxièmement, qui est la recommandation
trois dans le mémoire, on demande à ce que le ministre... le ministre soit en
mesure d'appliquer systématiquement l'allègement réglementaire qui est
recommandé, donc donner plus de lois... plus de mordant à la loi et plus de
pouvoir au ministre pour s'assurer que les allègements se produisent.
• (10 heures) •
Et troisièmement, qui est la
recommandation numéro trois, lorsqu'on parle du deux pour un, il faut que l'évaluation
des formalités administratives se fasse sur la base de leur impact réel, tant
en termes de coûts, de délais, de complexité et de mobilisation des ressources
internes. Et le rôle du MEIE en ce sens-là sera central. Donc, autrement dit,
si on enlève deux mesures qui ont très peu d'impact au niveau du fardeau
administratif et qu'on en rajoute une où il y a des coûts, des délais
importants, bien, l'objectif ne sera pas atteint. Alors, c'est important qu'il
y ait une évaluation beaucoup plus précise qui soit faite.
Maintenant, je vous amène du côté des
mesures sectorielles. Alors, je vais commencer par les boissons alcoolisées,
dont nous parlent plusieurs de nos membres. La FCCQ salue la modernisation des
règles relatives aux permis de réunion et l'autorisation du transport des
boissons alcooliques pour les entreprises spécialisées... par des entreprises
spécialisées. Toutefois, il y a deux demandes récurrentes qui reviennent,
depuis plusieurs années, de l'industrie et qui n'ont pas été abordées dans le
projet de loi.
La première... La première, qui est la
recommandation numéro quatre, c'est de permettre aux microbrasseries de vendre
leurs produits dans les marchés publics, qui représenterait une mesure simple,
équitable et cohérente, d'autant plus que les producteurs artisanaux y sont
déjà autorisés. Recommandation numéro cinq : la possibilité de
regrouper les établissements d'un même propriétaire hôtelier sous un seul
permis de bar ou de restaurant, qui permettrait de réduire un fardeau
administratif trop lourd sans compromettre les objectifs de contrôle ou de
sécurité publique.
Alors, deux recommandations pour
l'industrie des boissons alcoolisées.
Si je vais maintenant du côté des
ressources naturelles, vous le savez, le Québec est engagé dans une course
contre la montre pour le développement des minéraux...
Haut de la page
10 h (version non révisé
e) Mme Proulx
(Véronique) : ...ou critiques et stratégiques. Or, les délais
moyens sont de 10 à 15 ans pour passer de l'exploration à l'exploitation.
La multiplication des autorisations et le manque d'harmonisation entre les
ministères nuisent gravement à l'attractivité du Québec à l'échelle mondiale.
Et rappelons que, selon l'Institut Fraser, le Québec est passé de cinquième au
22e rang au niveau des juridictions les plus attractives pour
les investissements dans le secteur minier en 2023 et 2024. Le Québec est
dorénavant déclassé par trois provinces : la Saskatchewan, l'Alberta et l'Ontario.
Alors, si le Québec souhaite réellement tirer parti de son potentiel minier,
bien, je pense que c'est important dans le contexte géopolitique actuel. Une
révision en profondeur des processus d'autorisation s'impose. Donc, il y a
quatre recommandations dans le mémoire, recommandations 6 à 10, notamment,
de réduire les délais à six mois. Et c'est bien de réduire les délais, mais
encore faut-il les respecter. Donc, plusieurs recommandations qui s'inscrivent
dans ce sens.
Maintenant, je vous amène du côté de l'immigration.
Vous le savez, la pénurie de main-d'œuvre, c'est l'enjeu numéro un de nos
petites et moyennes entreprises partout à travers le Québec, l'abolition du PEQ,
la réduction des seuils d'immigration et la non-reconduction des permis de
travail des travailleurs étrangers temporaires met beaucoup de pression à nos
entreprises. Dans ce contexte-là, au-delà de ces mesures-là, il y a des choses
que le gouvernement du Québec peut faire pour alléger le fardeau administratif.
Et là je fais référence au PSTQ.
Alors, le PSTQ, annuellement, les employés
doivent produire une nouvelle demande annuellement. Il y a de nombreux
formulaires, de nombreuses pages qui sont requises, tant pour l'employeur que l'employé,
et ça amène énormément de délais et d'incertitude. Alors, on demande
une simplification substantielle de ce processus en s'inspirant des pratiques
en vigueur dans d'autres provinces comme l'Ontario, où l'employeur gère lui-même
son profil dans un portail centralisé et où même le dépôt de documents peut
servir pour plusieurs employés. Donc, il y a des méthodes desquelles on peut s'inspirer.
J'arrive maintenant à Zone entreprise, donc,
Zone entreprise qui existe depuis maintenant huit ans, qui est un outil qui
pourrait permettre de centraliser, simplifier et accélérer les interactions
entre les entreprises et le gouvernement. Alors, nos recommandations... en
fait, il y a sept recommandations pour Zone entreprise, mais, essentiellement,
l'absence d'adhésion des ministères et l'impossibilité de centraliser l'ensemble
des parcours d'autorisation limitent fortement son efficacité. Dans un contexte
où les délais d'obtention de permis, notamment en environnement et en construction,
freinent l'investissement, un renforcement ambitieux de la Zone entreprise
permettrait d'aller beaucoup plus loin, beaucoup plus vite. C'est un levier sur
lequel vous avez du contrôle et qui permettrait d'alléger grandement le fardeau
les entreprises.
Je vous amène maintenant du côté de l'OQLF.
Alors, je ne vous cacherai pas, on nous parle partout en entreprise, PME,
grandes entreprises, filiales d'entreprises étrangères, tout le monde nous
parle de la lourdeur reliée à l'OQLF. Et personne n'est contre l'objectif de la
langue française, des objectifs qui sont visés par le projet de loi. Mais c'est
vraiment au niveau des moyens, des mécanismes qui sont en place qu'il y a
beaucoup de questionnements. Deux recommandations, 19 et 20, dans les mémoires
et, je vous dirais, il y a deux choses. Il y a, un, la création de comités de
francisation où le niveau de français est très, très élevé en région. Plusieurs
se questionnent quant à la pertinence quand 98, 99 % de la population est
francophone. Et deuxièmement, à tous les trois ans, vous devez produire des
rapports triennaux très détaillés où on vous questionne sur le nombre de
serveurs que vous avez à l'étranger, ici, le nombre de logiciels, beaucoup d'informations
qui sont requises par les employeurs, et c'est difficile de comprendre en quoi
ça contribue à l'amélioration, à l'augmentation de la langue française en
entreprise.
Alors, en conclusion, j'arrive déjà à la
fin, le projet de loi n° 11 constitue une étape importante, mais il ne
doit pas être... il doit être vu comme un point de départ et non comme une
finalité. La FCCQ invite le gouvernement à bonifier ce projet de loi afin qu'il
réponde pleinement aux attentes des entreprises puis qu'il puisse réellement
contribuer à la fois à réduire le fardeau administratif réglementaire, à
augmenter la productivité et la compétitivité des entreprises. Et, si on réduit
le fardeau administratif des entreprises, bien, nécessairement, ça va réduire
le fardeau administratif du gouvernement, des fonctionnaires. Ça va contribuer
à augmenter leur productivité, ce qui est une demande du milieu des affaires. Et,
dans un contexte de rareté de main-d'oeuvre, ça pourrait vous amener également
à dégager des ressources qui sont requises dans le secteur privé, partout à
travers le Québec.
Alors, je vous remercie de votre attention
et je vais être heureuse d'échanger avec vous pour la suite.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme Proulx. On débute la période d'échange avec la
partie gouvernementale. M.
le ministre, vous avez 16 min 30 s.
M. Poulin : Merci beaucoup, et
je partagerai ce temps avec des collègues du gouvernement, si jamais ils ont
des questions. Vous dire également que je suis en compagnie des gens du
ministère de l'Économie, alors, mon sous-ministre adjoint, M. Youri Rousseau,
également, sa brigade en allègement réglementaire et juridique, en compagnie
également de ma directrice de cabinet, Vickie Fortin, et de mon conseiller
politique, M. Benoît Texier.
Bien, tout d'abord, merci pour votre
présentation, mémoire fort costaud, puis vous avez surtout élargi la
discussion. Et ça, j'aime ça, parce que vous nous amener dans l'OQLF, vous nous
amenez un peu plus en profondeur dans...
M. Poulin : ...non
alcoolisées, vous nous permettez d'élargir le spectre, et ça, j'apprécie
beaucoup. Et de toute façon, ce sont des échanges que nous avons avec vous,
avec les chambres de commerce et avec les gens sur le milieu du terrain... sur
le terrain. Alors, il n'y a pas de surprise dans ce que vous nous dites
aujourd'hui.
J'aimerais qu'on échange sur le un pour un
et le deux pour un, parce que le député de Jean-Talon le disait à juste
titre
dans les dernières minutes, est-ce qu'on a réellement senti, dans les dernières
années, un allègement réglementaire? Il y en a eu, il y a eu des fusions de
formalité, il y a eu des diminutions, mais est-ce qu'on l'aurait seulement
ressenti sur le terrain? La réponse n'est pas nécessairement oui, parce qu'on
en a ajouté par la suite. Vous avez fait référence à l'OQLF notamment, on croit
tous à l'importance de la langue française, mais jusqu'où on se rend, là? Vous
parliez de logiciel tout à l'heure, je suis extrêmement sensible et mon
collègue le ministre responsable de la langue française m'entend souvent
parler, on est capable de défendre le français tout en le faisant avec le moins
de lourdeur possible. Alors, ça, c'est un élément.
Et, moi, j'ai voulu mettre le deux pour un
pour justement inverser la tendance, pour qu'on ait l'impression qu'il se passe
quelque chose. Et vous savez, c'est dans la politique d'allègement
réglementaire, il y a des exceptions auxquelles vous faites allusion. Je vous
annonce mon intention d'en avoir, le moins possible, d'exceptions. Vous
comprenez que, lorsqu'on parle de santé publique, par exemple, où un ministère,
bien là, ajoute une formalité administrative, je vous donne un exemple, à
l'industrie du tabac pour protéger la population, vous comprenez que ce ne sera
pas mon combat nécessairement. Mais lorsqu'on a des petites PME en région qui
se font ajouter, notamment par le ministère de l'Environnement, et, jusque dans
les derniers jours, on a un ministre de l'Environnement très, très, très dévoué
à diminuer l'allègement auprès de nos entreprises. Et je sais que ça va se
poursuivre avec mon collègue qui a pris ses fonctions, mais il y a tout un
travail à faire. Puis, comme je le dis souvent, l'allègement réglementaire, ça
ne peut que pas être ma responsabilité. Tous les ministres doivent avoir cette
responsabilité-là. Mais je me donne quand même certains pouvoirs.
Alors, vous nous dites que la liste des
cas d'exemption est... permissive. Je suis 100 % d'accord avec vous, et
j'ai l'intention de le modifier dans la politique. Pourquoi je ne le mets pas
dans la loi? C'est que je devrais changer la loi à chaque fois que j'enlève ou
j'ajoute un ministère, puis il faudrait que j'ouvre la loi à chaque fois que
j'ajoute ou j'enlève une exception. Alors, c'est pour ça que je j'enchâsse la
politique dans la loi, puis que je mets le deux pour un. Mais, pour vous, vous
êtes, j'imagine, dans un esprit avec le moins d'exceptions possibles, puis de
tenter, d'une certaine façon, de protéger à son maximum, surtout la PME, je
vous donne un exemple, de moins de 50 employés ou de moins de
200 employés qui, elle, a moins de ressources d'autant plus, là.
Mme Proulx
(Véronique) : Bien, le moins d'exceptions
possibles, effectivement, là, tu sais, pour aujourd'hui et pour les années à
venir. Mais je vous dirais, surtout, je reviens au deux pour un, c'est vraiment
la question de l'impact de ce qui est enlevé versus ce qui est ajouté. Et ça,
c'est une préoccupation importante pour nos membres. On l'a vu avec la loi
n° 25, on l'a vu avec la
Loi sur la langue française. Toutes ces lois-là
ont leur raison d'être et ont leurs vertus, mais ça l'ajoute énormément en
termes de fardeau administratif. Et ces questions-là n'ont pas été posées au
moment où les lois ont été mises en place.
Alors, pour celles qui seront à venir,
pour nous, c'est très important que cette étude d'impact là soit faite de façon
sérieuse, rigoureuse, et qu'on en tienne compte dans le choix de la législation
qui sera déposée.
M. Poulin : Et vous dire...
Monsieur, avez-vous quelque chose à ajouter? Allez-y. On est là pour ça, oui.
• (10 h 10) •
M. Corbeil (Laurent) : Bien
oui, simplement, en fait, on est heureux d'entendre aussi, au niveau des
exemptions, que ça va être possiblement resserré, parce qu'on avait remarqué,
notamment dans le rapport sur la réglementation intelligente, là, et les
mesures gouvernementales en allègement réglementaire administratif, en fait, on
avait remarqué, il y avait les exemples qui étaient donnés, notamment sur le
fait qu'il y avait, par exemple, huit formalités administratives qui auraient
été ajoutées, puis sur ces huit-là, il y en aurait eu six qui auraient fait
l'effet, donc, d'exemption. Donc, au final, c'est ça, on veut retrouver un
impact, là, concret au niveau de ces mesures, de cette mesure-là du un pour un.
Donc, justement au resserrement du... des exemptions. On pense que c'est quand
même un bon signal que vous envoyez, là, sur ce volet-là.
M. Poulin : Ah! oui, c'est un
méchant bon signal qu'on envoie, et j'en suis très, très fier.
Puis à
titre de complément, présentement,
au un pour un, c'est à peu près 18 ministères et organismes qui sont
assujettis. L'OQLF ne l'est pas. Alors, vous comprenez que j'ai l'intention
d'élargir le nombre de ministères et organismes qui sont assujettis à cette
nouvelle règle du deux pour un. Et on va bien définir dans la politique la
formalité égale. Alors, vous comprenez qu'un ministère ne pourrait pas s'en
sortir en disant : Ah! j'ai juste fusionné deux formulaires, je les ai
fait passer d'une page à deux pages. Nous ne sommes pas plus avancés si on le
fait de cette façon-là.
Puis j'aimerais vous entendre sur les
permis, parce qu'on se donne quand même un pouvoir à l'intérieur de cette
loi-là, où on dit : On va pouvoir prolonger des permis au Québec. On le
fait notamment avec les taxis, dans cette industrie, dans ce secteur d'activité
là. Et, justement, vous avez fait allusion tout à l'heure à l'hôtellerie, vous
avez fait allusion à des secteurs d'activité où il y a une lourdeur. Je suis
intéressé à vous entendre sur la notion des permis, de la durabilité, de
l'exigence, du renouvellement. J'ai déjà annoncé, ce n'est pas...
M. Poulin : ...je ferai
probablement une autre sortie prochainement et ça va intéresser mes collègues
des oppositions, toute la révision des lois sur l'alcool. Je veux dire, il y a
tellement, tellement de permis dans l'industrie de l'alcool au Québec, là. Je
veux dire, si tu fais du cidre, ce n'est pas comme si tu faisais du vin. Puis,
si tu fais de la distillerie, du grain à la bouteille, il y a une complexité.
Je sais que la députée de Jeanne-Mance—Viger a travaillé là-dedans, c'est
incroyable, ça, puis j'ai bien l'intention de faire le ménage là-dessus dans le
temps qu'il me reste. Mais qu'entendez-vous sur la notion de permis sur le
terrain? Est-ce qu'il y #a des permis qui vous viennent en tête, puis vous
dites : Ça, M. le ministre, ça n'a pas de bon sens?
M. Corbeil (Laurent) : Bien,
effectivement, déjà, sur la question des permis et des autorisations, c'est...
tous secteurs confondus, c'est vraiment un bon signal, dans le sens de pouvoir
élargir un petit peu, prolonger la durée de certains permis. Là, je dirais que,
pour ceux qui ont été allongés, dans ce cas-ci, les impacts sont... on les a
quand même mesurés, mais ça va super bien. Mais c'est sûr que, dans quelques
secteurs, exemple, on pourrait aller du côté des mines, là, sur
l'article 61 de la
Loi sur les mines, en fait, pour la validité du droit
exclusif d'exploration qui est, dans le fond, la période de validité de trois
ans. Puis, après ça, la période pour le renouvellement, c'est deux ans. Nous,
on demande simplement un ajustement facile de mettre ça à trois ans aussi,
donc, tu sais, de pouvoir avoir ces petits gains là.
Parce qu'effectivement, pour tout ce qui
est permis et autorisation, si on a des délais un peu plus longs, bien, c'est
sûr que ça enlève de la paperasse, ça enlève des délais, justement, que ce soit
du côté du gouvernement, que ce soit... et du côté des entreprises, tout
simplement. Donc, oui, c'est sûr.
Puis là, au niveau des différents permis,
les autorisations, c'est sûr qu'il peut y en avoir plusieurs, mais prolongement
peut être bien accueilli, là.
Mme Proulx
(Véronique) : Particulièrement au niveau du ministère de
l'Environnement. Quand on parle de permis ou de «permitting», les gens nous en
parlent beaucoup, c'est vraiment au niveau du ministère de l'Environnement où
il y a des délais importants, des coûts engendrés, et là, d'être capable de
faciliter, accélérer ou d'étendre le permis de quelques années, bien, ça sauve énormément
de temps aux entreprises. Et, dans un contexte où on a des projets
d'infrastructure importants, je pense à Hydro-Québec, à des chantiers éoliens,
tout ce qui touche infrastructure énergie en bénéficierait grandement.
M. Poulin : Oui, exact. Puis
on parle, puisque vous y aviez fait allusion, à des fins acéricoles.
Évidemment, j'aime beaucoup l'érable, donc ça, on a prolongé notamment leur
durée. On a été également au niveau du transport rémunéré de personnes par
automobile. Puis, en me donnant le pouvoir réglementaire, j'ai l'intention de
concurrencer les ministères, de leur parler et puis de leur dire de prendre
permis par permis puis de dire : Je suis capable avec vous de pouvoir
prolonger leur validité. On n'est pas toujours dans l'exigence. Vous comprenez
qu'un permis de restauration a certaines exigences. Les inspections vont se
poursuivre, et tout. Vous avez fait référence à l'hôtellerie où il peut y avoir
quatre, cinq permis, et si l'alcool est vendu, par exemple, dans une
section plus
qu'un autre, comment on peut le faire? Alors, j'ai bien l'intention, en me
donnant ce pouvoir-là, de faire un certain ménage dans la durée et tout.
Je veux vous entendre parler de Zone
entreprise. C'est parce que merci d'avoir assumé ce leadership-là et d'en
parler. N'importe qui qui se lance en affaires au Québec voit la complexité.
C'est pour ça que le gouvernement du Québec, il y a déjà plusieurs années, a
créé Zone entreprise pour essayer de regrouper tout ce qu'il y a à l'intérieur.
Mais, comme je le dis souvent, si tu perds ton mot de passe, bonne chance, là.
Je veux dire, ça va prendre 10 jours avant que tu le récupères, on te
l'envoie par la poste. Le chemin et la traçabilité est extrêmement complexe. On
a mis en place accès PME pour aider nos entreprises, justement dans ce
démarrage-là, dans cet accompagnement-là, mais il en reste encore énormément à
faire. Puis, à chaque fois qu'on ajoute quelque chose dans Zone entreprise,
moi, je dis que ce n'est pas une bonne nouvelle. Ça veut dire qu'on a rajouté
de la réglementation à quelque part. En fait, moi, j'aimerais en enlever dans
Zone entreprise, mais, bon, je comprends que ça doit des fois se faire par voie
de règlement ou législatif.
Mais de quelle façon vous voyez Zone
entreprise, pouvez-vous m'en parler, dans les prochaines années? Comment on
peut le moduler? Comment on peut l'adapter? Et le défi que moi, je trouve,
c'est que les secteurs d'activités sont tellement différents les uns que les
autres que, parfois, c'est difficile d'avoir une trajectoire dans les services
aux entreprises. Alors, comment vous voyez les choses?
Mme Proulx
(Véronique) : Oui. Alors, je vous dirais
qu'a priori... puis je vais laisser mon collègue, Laurent, rentrer dans les
recommandations plus précises, mais c'est sûr que, comme entrepreneur, quand
vous rentrez dans accès entreprise, ça vous fait un peu peur. Ce n'est pas
quelque chose qui est accessible, ce n'est pas quelque chose qui est «user
friendly», là, je m'excuse pour l'anglicisme. Puis je me suis moi-même questionnée
sur la viabilité d'accès entreprise. Est-ce qu'on va réellement réussir à
faciliter puis à alléger le traitement d'information ou la relation entre
l'entreprise et le gouvernement? Ça fait huit ans que c'est en place, ça a
évolué, mais pas toujours dans la bonne direction. Alors, Laurent, je vais te
laisser peut-être présenter les recommandations précises qui pourraient être
utiles.
M. Corbeil (Laurent) : Oui.
Puis vous savez que, tu sais, donc, pour le principe aussi de la Zone
entreprise, puis je pense, vous l'avez entendu également, souvent, plusieurs
entreprises, plusieurs secteurs, ils parlent souvent du principe d'un guichet
unique. Puis, on le sait, au niveau de l'harmonisation des différentes
autorisations des permis, mais aussi des informations qu'une entreprise doit
donner aux différents ministères et organismes du gouvernement, de pouvoir tout
centraliser ça, c'est hyperimportant. Puis, puisqu'on est dans l'optique d'un
omnibus sur l'allègement réglementaire...
M. Corbeil (Laurent) : ...allègement
réglementaire, on touche à de multiples secteurs, bien, zone d'entreprise, ça
allait de soi, selon nous, de pouvoir amener ça de l'avant un petit peu pour
dire : Bien, voici une option qui est déjà disponible qui mériterait
d'être bonifiée puis, vraiment, d'être utilisée à son plein potentiel. Donc, en
l'occurrence, là, on a deux recommandations là-dessus. Mais donc c'est que tous
les ministères et organismes, donc, fassent
partie de la zone entreprise, ça,
c'est... d'une part, puis après ça qui inclut aussi tous les formulaires,
guides nécessaires, donc, de plus en plus avoir une migration vers le
numérique. Puis là, ça en... Puis là j'en viens à la deuxième recommandation,
c'est-à-dire, lorsque le gouvernement propose un nouveau règlement, une
nouvelle loi, s'assurer qu'il y a la disponibilité au niveau de la numérisation
des documents qui seront nécessaires et pour les différents ministères, là,
donc, sur la zone entreprise. Donc, voici nos deux recommandations, là, sur la
zone entreprise qu'on...
Mme Proulx
(Véronique) : Et peut-être, si je peux, la
première, c'est d'obliger les ministères à y adhérer, que ce ne soit pas
volontaire, et tous aient l'obligation de rendre disponible les documents et
les informations qui sont nécessaires aux entreprises.
M. Poulin : Oui. Et ça, j'en
suis très, très ouvert dans la politique d'allègement réglementaire que nous
allons mettre en place. Maintenant qu'elle sera enchâssée dans la loi, comment
on peut... on peut le faire? Et moi, ça me fait un peu peur de tout ce qu'on
pourrait retrouver si tout le monde se met à mettre le tout. Mais, en même
temps, ça nous donne un portrait, ça nous permet de s'améliorer puis ça nous
permet justement, peut-être, de rassurer l'entrepreneur, et tout. Alors, ça,
j'en suis à la même place avec vous là-dessus.
Peut-être... Vous m'avez parlé de boissons
alcoolisées, de canal de vente, de la possibilité pour les microbrasseries de
vendre dans des marchés publics, et ça fait un peu allusion à ce que je disais
tout à l'heure, où je pense qu'il y a une révision complète à faire de cette
industrie-là, qui date de la prohibition et qui a tellement évolué vite au
Québec, puis on a tellement de bons produits, puis il faut les aider, les
accompagner et dans un contexte aussi où nous avons la SAQ qui est là. Et vous
n'êtes pas sans savoir que la SAQ rencontre des défis ces jours-ci au niveau de
la consommation d'alcool des Québécois... en fait, des ventes, je devrais
plutôt dire, des ventes de produits, qui est aussi reliée à la consommation
d'alcool, mais de son réseau de distribution. J'ai vu le député de Jean-Talon
militer pour le maintien d'une succursale SAQ dans la région de Québec, alors
je... c'est à... et je vois la députée de Hull également. Et c'est un équilibre
qui n'est pas simple, hein? Parce que, s'il y a bien un gars qui croit à la
libéralisation du marché, c'est bien moi, mais je sais aussi le rôle que la SAQ
joue dans nos communautés en termes de taxes, de revenus qui nous permettent,
au gouvernement, de pouvoir investir en santé, en éducation et même dans l'aide
aux entreprises.
Alors, comment vous voyez la possibilité
pour des secteurs d'activité d'avoir certains canaux de vente sans
compromettre, par exemple, aussi nos dépanneurs, qui sont des PME membres de
chez vous, ou encore de compromettre la mission de la SAQ?
Mme Proulx
(Véronique) : Bien, j'ai envie de vous
dire, dans un premier temps, nous, on est favorables à la libéralisation des
marchés. Donc, si je prends l'exemple, la recommandation qu'on a mis dans le
mémoire... Puis, vous savez, on aurait pu faire un mémoire uniquement sur
l'industrie brassicole, on en... aurait pu en faire un uniquement sur la santé
et sécurité au travail, j'aimerais bien vous en reparler aussi, il y a
tellement de choses à faire. Donc là, on a priorisé certaines mesures. Mais,
dans l'industrie brassicole, l'exemple qu'on donne, c'est que les
microbrasseries ne peuvent pas vendre leurs produits dans les marchés
artisanaux, comme le Marché Jean-Talon, le Marché Bonsecours, par exemple,
alors que les produits artisanaux sont présents. Pourquoi? Pourquoi les
microbrasseries, ils ne peuvent pas le faire? Donc, il y a des règlements comme
ça qui doivent être changés.
Mais, après ça, si on parle des... si vous
revenez aux enjeux de la SAQ, je pense que plus on donne de canaux possibles de
distribution, plus les produits seront accessibles. Puis, au contraire, il
devrait y avoir un effet positif sur les ventes, ultimement, qui vont
bénéficier à la fois aux producteurs et à la SAQ, là. Alors, plus on cherche à
contraindre, à restreindre le marché, plus il y a des effets pervers et
négatifs sur l'industrie.
• (10 h 20) •
M. Poulin : Bien, c'est ça.
Puis c'est pour ça que moi, j'ai aboli le prix plancher de l'essence puis on a
remis de la compétition, puis ça profite au portefeuille des contribuables
depuis. Et... Mais c'est l'équilibre, c'est ça que... Et je trouve intéressant
ce que vous me dites parce qu'au même moment où on croit à des succursales SAQ
qui sont bonnes pour notre économie sur nos rues, sur nos quartiers, parce
qu'on sait l'impact que ça a en termes de visiteurs, autant qu'on croit que
c'est bon aussi, la SAQ, pour donner accès rapidement à des produits québécois,
donc à des PME en termes de marché, autant qu'on se dit : Bien, peut-être
que des nouveaux canaux de vente qu'on doit mettre en place pour avoir un
certain équilibre entre l'artisanal, la microbrasserie et autres. Donc, je le
regarde, je vous dis... votre proposition que vous nous faites, là, puis j'ai
rencontré l'association des microbrasseurs à quelques reprises et... je le
comprends et je le saisis, là, oui.
Mme Proulx
(Véronique) : Puis il y a l'enjeu, bien
sûr, de l'occupation du territoire. Alors, si on revient à la présence de
succursales en région, il y a également cet aspect-là. Puis je vous dirais qu'à
prime abord c'est vraiment de permettre d'ouvrir les marchés pour permettre aux
producteurs d'être en mesure d'exposer leurs produits dans les différents
réseaux de distribution qui sont disponibles.
Le Président (M. Allaire) : Une
minute.
M. Poulin : Exact, oui. Une
minute?
Le Président (M. Allaire) : Une
minute.
M. Poulin : Je ne sais pas si
des collègues avaient des questions. Sinon, de mon côté, moi ça complétait.
Alors, je vous remercie beaucoup pour les échanges...
Mme Proulx
(Véronique) : Merci à vous.
Le Président (M. Allaire) : Mme
la députée de Labelle.
Mme Jeannotte : ...je
voudrais vous entendre davantage sur le processus d'immigration. Vous expliquez
à quel point ça va... ça fonctionne beaucoup mieux en Ontario et en Alberta.
Vous dites qu'on...
Mme Jeannotte : ...pourrait
alléger les formulaires pour nos entreprises. J'aimerais vous... avez-vous...
Est-ce qu'il y a des exemples, tu sais, où est-ce que, vraiment, il y a des
entreprises qui vous ont parlé de ça puis...
Mme Proulx
(Véronique) : Plusieurs grands employeurs,
mais également des PME nous en ont parlé, des entreprises, bien sûr, qui ont
des sites à la fois au Québec et en Ontario, qui comparent les formalités
requises pour l'immigration permanente et c'est beaucoup plus lourd chez nous.
Je le mentionnais avec le PSTQ, le candidat doit annuellement redéposer sa
demande et remplir tous les formulaires à nouveau. Il y a des exigences pour le
travailleur et pour l'employeur également. C'est excessivement lourd. Puis là,
on a une juridiction juste à côté de nous, qui est l'Ontario, qui le fait de
façon plus simple. Alors, moi, j'invite le ministère de l'Immigration à
regarder ce qui se fait en Ontario, puis de voir comment on peut assurplir...
assouplir les formalités. C'est des délais, c'est des coûts, c'est des délais
de traitement pour le ministère de l'Immigration également. Et, encore une
fois, on le sait à quel point on a un enjeu de rareté de main-d'oeuvre à
travers le Québec. Bien, ça serait une façon d'alléger, de faciliter l'accès à
nos entreprises, aux travailleurs dont ils ont besoin.
Le Président (M. Allaire) : Merci...
Merci, on enchaîne avec l'opposition officielle, Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger,
12 minutes 23 secondes. La parole est à vous.
Mme Rotiroti : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. Alors, merci, Mme Proulx, M. Corbeil d'être présent
avec nous ce matin. J'ai pris le temps de lire votre mémoire et comme de
l'habitude, vous avez des excellentes recommandations. Alors, merci pour ça.
Moi, je vais vous amener directement dans
le vif du sujet parce que j'entends le ministre parler, je... ça me fait penser
à l'ancien ministre, à son prédécesseur, qui, dans le dernier projet, on était
justement dans les boissons alcoolisées et on disait : Bien, allez-y un
petit peu plus loin, allez y un petit peu loin. Puis l'expression du ministre,
à l'époque, c'était : Bien, dès qu'on tire un fil, on ne sait pas où
est-ce qu'on s'en va par la suite. Puis c'est... ça devient très lourd et très
compliqué. Alors une fois je dis ça, j'ose espérer, M. le ministre, qu'avec ce
projet de loi que vous avez déposé, on va être capables de tirer le fil au
maximum, puis vraiment faire le vrai allègement réglementaire qui était demandé
par non seulement les secteurs que vous mentionnez dans votre projet de loi,
là, mais pour l'ensemble des PME du Québec.
Une fois que je dis ça, je vous ai amené
dans votre zone entreprise, que vous faites plusieurs recommandations. Moi,
j'ai toujours vu ça comme un guichet unique où, oui, les ministères, ça serait
un bon début, si tous les ministères adhéraient à cette plateforme. Mais je
voyais ça plutôt comme une plateforme où tous les informations sont là d'une
façon simple, concis, et qu'un entrepreneur, petit qui peut l'être, peut se
retrouver dans cette plateforme-là par rapport à les besoins que lui a. Alors,
je ne sais pas si c'est votre façon de voir les choses. Me semble que ça a été
mis en place en 2017, je crois, c'est quand même... ça fait une couple
d'années. Je ne comprends pas comment le gouvernement n'adhère pas à sa propre
plateforme.
Dans le fond, j'aimerais ça savoir,
peut-être le ministre, à un moment donné, va me répondre, pourquoi qu'on l'a
mis en place? Si les ministères eux-mêmes n'adhèrent pas à ça? Et comment qu'on
peut, pour avancer... comment qu'on peut se servir justement de cette
plateforme-là pour être capable d'aider les PME à travers le Québec?
Mme Proulx
(Véronique) : Alors, merci pour la
question. En fait, c'est une très bonne question. Si vous êtes une PME, vous
avez 50 employés, vous êtes dans le service, dans le manufacturier et vous
cherchez certains formalités ou formulaires, vous cherchez de l'information sur
les programmes d'emploi... d'Emploi-Québec de Services Québec qui sont
disponibles, vous ne savez pas nécessairement ce que vous cherchez. Vous partez
d'un besoin, mais vous ne connaissez pas la finalité. Donc, dans un monde
idéal, on appelle. On appelle... on appelle le guichet, le guichet d'accès
unique et on amène nos besoins, puis il y a quelqu'un qui est en mesure de nous
accompagner, de nous aider pour trouver la bonne information, les bons
programmes, les bons formulaires. On ne peut pas demander aux entreprises
d'être des experts des programmes et des formulaires gouvernementaux, c'est
impossible. Je veux dire, on le voit, là, même la difficulté pour le
gouvernement de réunir tous les ministères sur la même plateforme.
Alors, ça nous prend un accompagnement, ça
prend quelqu'un qui va prendre l'appel, qui va être capable de comprendre les
besoins et qui va nous diriger dans la plateforme. Même si tout est disponible,
ça va prendre un accompagnement. Et ça aujourd'hui c'est défaillant. Pour avoir
fait moi-même un appel pour une entreprise, j'appelle, je cherche de
l'information sur les programmes, on me dit : Quel programme vous
cherchez? Mais je ne sais pas quel programme je cherche, moi je vous parle de
mon besoin que j'ai comme employeur. Alors il y a vraiment... il y a vraiment
un service d'accompagnement qui doit être dédié pour faciliter et accélérer la
navigation au sein de la plateforme.
Mme Rotiroti : La zone
entreprise, le guichet unique, ça serait quelqu'un qui pourrait guider selon
les besoins de l'entreprise, puis les guider à naviguer à travers le site,
c'est ça?
Mme Proulx
(Véronique) : À naviguer à travers le
site, puis à trouver la bonne information. Quand vous êtes un employeur, j'y
reviens, là, à 50 employés, 25 employés, vous n'avez pas toute une
équipe puis des ressources qui sont dédiées à la conformité puis à la recherche
d'informations dans ce que vous devez aller chercher au gouvernement. Donc, ça
prend quelqu'un pour nous accompagner, pour trouver la bonne information, tant
dans l'information qui est disponible que sur le site.
Mme Rotiroti : Parfait. Quand
vous...
Mme Rotiroti : ...parler, le
concept 2.1 qui est mis dans le... qu'on en parle dans le projet de loi, qui
était louable, je veux dire, nous, c'est ce qu'on dit depuis longtemps, c'est
de dire que c'est bien beau de vouloir modifier un formulaire ou modifier un
règlement, il faudrait aller voir qu'est-ce qui se fait puis essayer d'éliminer
et de condenser ou simplifier ce formulaire-là.
Est-ce que vous voyez une obligation des
ministères dans la loi, où est-ce qu'on oblige que les ministères doivent le
faire, à chaque fois qu'il y a un ministre qui présente un nouveau projet de
loi, dans le projet de loi même, cet exercice-là, d'évaluation, doit se faire
pour dire : OK, moi, je vais introduire telle législation, telle loi? Ça
implique, ça touche différentes lois, comme celle-là, d'ailleurs, c'est
quasiment un omnibus. Comment qu'on fait pour éliminer certains doublons?, on
va dire ça comme ça. Est-ce que vous voyez ça comme une obligation que le
gouvernement doit avoir quand il présente un projet de loi, que cet exercice
d'évaluation doit se faire automatiquement?
Mme Proulx
(Véronique) : Bien, écoutez, en fait, on
le voit très bien aussi que, là, ça devient enchâssé dans la loi pour le
ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie. Ceci étant dit, le
libellé, des fois, dans certains articles, je peux penser notamment à l'article
8.1 qui serait ajusté, donc, à cette loi-là, qui dit que le gouvernement
pourrait, sur recommandation du ministre, après un avis favorable du ministre
concerné par la loi, le règlement... Donc, essentiellement, déjà, nous, on
suggère de changer par... «peut», mais c'est «doit», donc, littéralement, puis
aussi, donc, après consultation au ministre. Donc, effectivement, il faut
consulter le ministre responsable ou la ministre responsable, là, du règlement
ou de la loi qui est concernée, mais, cela dit, si on attend un avis favorable,
on va sûrement se buter, des fois, à peut-être la machine, des fois,
gouvernementale qui ne veut pas suivre au niveau de l'allègement réglementaire,
tu sais. Donc, on considère que ce changement-là, dans le libellé, ça pourrait
permettre de venir, justement, étoffer la loi puis le pouvoir du ministre sur
ce volet-là.
Mme Rotiroti : Bien,
effectivement, le «doit» veut dire que tu n'as pas le choix, il faut que tu le
fasses, c'est ça, c'est une obligation de le faire. Puis je pense que ça
devrait être une obligation dans tous les ministères d'être capable de
dire : Bien, OK, à un moment donné, il faut faire le ménage, hein, comme
on fait dans nos maisons.
Mme Proulx
(Véronique) : Exactement. Il y a beaucoup
de rattrapage à faire. Ça fait que, tout à fait, ça permettrait justement
d'éliminer certaines mesures qui ne sont pas nécessairement nécessaires puis
qui ont un impact négatif. Parce qu'il faut se rappeler qu'à l'époque, ça ne se
faisait pas dans cet esprit-là.
Mme Rotiroti : Oui. Je vais
aller rapidement sur l'immigration parce que mon collègue de Jacques-Cartier va
aller sur les spiritueux et les boissons alcoolisées. Alors, au niveau de
l'immigration, écoutez, je ne sais pas si vous avez eu l'opportunité ou...
avoir l'opportunité de parler au ministre de l'Immigration qui... il s'entête
avec... entre autres avec le programme PEQ, et ne pas vouloir faire une clause
grand-père pour ceux qui sont déjà ici. Pour ceux qui nous écoutent, je
rappelle, c'est des travailleurs, c'est des travailleurs qui sont déjà
intégrés, des travailleurs que, dans la majorité des cas, sont en région, font
survivre, dans certains cas, des entreprises. Et là... jour au lendemain, on
change les règles en cours de route pour leur dire : Bien, écoutez, là,
malheureusement, il va falloir que vous partez... qui met en péril plusieurs
PME en région.
Mais vous parlez surtout par rapport à la
lourdeur administrative, toute la paperasse qui vient avec les renouvellements
de statut, permis, tout ça. J'aimerais ça, vous entendre un petit peu
là-dessus. Comment vous voyez... Oui, simplifier les formulaires, mais est-ce
qu'il y a d'autres choses qu'on pourrait faire pour s'assurer que ces gens-là,
qui sont totalement intégrés, demeurent ici, au Québec?
• (10 h 30) •
Mme Proulx
(Véronique) : ...dans un premier temps, ça
fait
partie de nos demandes, à la Fédération des chambres de commerce du
Québec, et plusieurs chambres à travers le Québec l'ont également dit, qu'on
souhaite que les gens qui sont arrivés ici sur un permis de travail temporaire
dans le but d'accéder au PEQ aient le droit d'y accéder, même si le PEQ est
maintenant fermé, parce que les gens qui sont arrivés en 2024‑2025 sont venus,
on leur a vendu qu'ils auraient accès au PEQ. Le gouvernement lui-même a fait
des missions de recrutement à l'étranger dans le secteur de la santé, dans le
secteur manufacturier, dans le secteur des services, tous secteurs confondus.
Alors, pour nous, ça, c'est un souhait.
C'est un changement que les ministres doivent faire pour leur permettre de
rester ici. Ces travailleurs-là, vous l'avez dit, ils sont en région, ils sont
intégrés, ils font de la francisation. Les employeurs les ont fait venir au
Québec, ça coûte de 12 000 à 15 000 $, faire venir un
travailleur, puis, quand on fait ça, c'est vraiment une solution de dernier
recours, là, c'est parce qu'on ne trouve pas personne dans notre région, au
Québec, qui veut occuper ces emplois-là. Puis ces emplois-là, ce n'est pas
toujours des postes d'entrée, c'est aussi des postes spécialisés. Alors, ça, il
y aurait lieu de... ça permettrait effectivement de garder les gens qui sont
ici.
C'est clair que si le gouvernement du
Québec augmentait les seuils d'immigration, la question ne se poserait pas. Ça
nous permettrait de prendre davantage de travailleurs étrangers temporaires par
voie du PEQ ou du PSTQ et de les amener vers l'immigration permanente. Et
d'ailleurs, pour avoir eu plusieurs conversations avec le fédéral, qui ne veut
pas renouveler ou enlever les restrictions...
Haut de la page
10 h 30 (version non révisé
e) Mme Proulx
(Véronique) : ...liés au programme des
travailleurs étrangers temporaires, c'est ce qu'ils souhaitent que le Québec
fasse. Alors, il y a deux choses : Un, de permettre aux gens qui sont ici
d'être traités dans le PEQ, parce que c'est ce qu'on leur a promis. Et
deuxièmement, d'augmenter les seuils pour permettre aux entreprises d'avoir
accès aux travailleurs dont ils ont besoin. Et là, j'ai parlé du manufacturier,
mais je peux vous parler de Manoir Harwood qui est dans le Grand Montréal, qui
est un CHSLD privé, qui est concerné. Là, on parle de services à une population
vulnérable, donc, il y a des impacts réels, tangibles, sur notre économie et
sur la population.
Rotiroti
: Merci.
Je vais passer la parole à mon collègue de Jacques-Cartier.
Le Président (M. Allaire) : Oui,
2 min 50 s.
M. Kelley : Merci beaucoup. Je
n'ai pas énormément de temps avant d'aller sur les... peut-être... des
microbrasseries, je veux juste poser une question, peut-être une précision...
Je suis responsable pour le dossier des ressources naturelles, vous avez parlé
un peu des permis, sur le côté environnemental. Est-ce que vous avez des
exemples concrets de qu'est-ce que doit, peut-être, enlever pour nous? Vous
avez parlé qu'il y a plein des exemples où c'est problématique, mais où est
vraiment précisément un lien entre les entreprises? Qu'est-ce que vous
entendez, sur le terrain, qui disent : Ça, ça doit vraiment être changé
rapidement.
Mme Proulx
(Véronique) : Bon, je disais, il y a les
délais de six mois qu'on doit ramener, on doit respecter les délais.
Maintenant, on a... il y a un règlement qui a été publié récemment où on
demande aux entreprises de transmettre beaucoup d'informations avant de
commencer l'analyse du dossier. Donc ça, ça fait juste rallonger les processus,
Laurent, est-ce qu'on a des exemples concrets de permis?
M. Corbeil (Laurent) : Bien,
c'est sûr que je pourrais aller, peut-être, du côté environnemental et du côté
minier, entre autres. C'est sûr qu'on demande, au-delà des permis, des
autorisations, on demande beaucoup des... exemple, des séances d'information
dans... dans les travaux très préliminaires, entre autres. Donc, c'est un petit
peu d'alléger, aussi, tout ce fardeau-là dans le processus, là, ça pourrait
être dans les ressources naturelles, où ce qu'on le sait, où pour démarrer un
projet, ça prend extrêmement... ça prend beaucoup de temps. Donc, si on peut
alléger de ce côté-là, nous, ça va me faire plaisir, aussi, de pouvoir vous fournir
des informations précises sur quelques permis et autorisations, là.
M. Kelley : Oui... très
rapidement, si possible, parce que je n'ai pas beaucoup de temps. Sur les
recommandations concernant les audiences publiques, peut-être juste expliquer...
d'une façon, ça peut être vu comme... on enlève un peu de transparence, mais je
sais qu'il y a plein de moments où on parle d'un projet minier, alors, peut-être
juste expliquer rapidement cette recommandation pour un petit peu mieux comprendre
pourquoi c'est important.
M. Corbeil (Laurent) : Essentiellement,
c'est que ces séances d'information là, elles vont se tenir aussi pour des
travaux qu'on pourrait dire «non intrusifs», vraiment d'exploration. Donc
finalement, ça permet à des groupes... parfois de l'opposition, là, ou sinon,
ça permet, en fait, un processus consultatif très hâtif qui se transforme en
levier de négociation alors qu'on est vraiment dans des.... dans des étapes
très, très, très préliminaires. Donc, ça vient jouer dans la crédibilité, puis...
Mme Proulx
(Véronique) : Ça peut ralentir le projet,
alors que toutes les informations n'ont pas encore été déposées. C'est comme si
ça arrive trop tôt dans le processus.
M. Kelley : Parfait, et...
Le Président (M. Allaire) : 30
secondes.
M. Kelley : 30 secondes. Ça
met beaucoup de pression sur les entreprises, j'imagine, et peut-être va créer
des inquiétudes sur le terrain pour un projet qui va peut-être... peut-être va arriver
en cinq ans.
Mme Proulx
(Véronique) : Oui. Tant pour les projets
qui sont là que pour attirer des investisseurs étrangers dans le secteur minier,
donc ça nuit énormément à l'attractivité puis à la compétitivité.
M. Kelley : Parfait, merci
beaucoup.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le député de Jean-Talon, on enchaîne avec... Le député de Jacques-Cartier,
pardon, on enchaîne avec le député de Jean-Talon, 4 min 8 s, la parole est à
vous.
M. Paradis : 4 min 8 s! Merci
beaucoup. Bonjour. Pour savoir où aller, c'est important de comprendre d'où on
vient et où on est. Vous faites allusion, dans votre mémoire, au plan d'action
en allègement 2020-2025 du gouvernement actuel, il y a aussi un plan PME. Il y
a aussi le projet de loi n°85, modifiant diverses dispositions à des fins d'allègement
du fardeau réglementaire et administratif, c'est devenu la loi n° 8,
qui a été adoptée au printemps dernier. Quel bilan vous faites de ces actions-là?
Donc, est ce qu'on construit sur quelque chose? Est-ce qu'on a atteint les
objectifs qui avaient été fixés? Et donc on construit là-dessus, ou bien... on
est ici, aujourd'hui, parce qu'on n'a pas réussi à faire ce qu'on avait dit qu'on
allait faire?
Mme Proulx
(Véronique) : Je le mentionnais tout à l'heure,
il y a beaucoup de rattrapage à faire quand on fait du un pour un, puis qu'on n'est
pas en mesure d'évaluer l'impact réel, on est arrivé avec une volonté de
réduire, mais on n'a pas réduit, on a augmenté. Puis ça, vous l'avez entendu, moi,
je l'entends partout à travers le Québec, les gens nous disent : Les PME,
on croule sous la lourdeur administrative, puis nous, on n'a pas d'experts en
conformité. Alors, je vous dirais qu'il y a encore... il y a beaucoup de
rattrapage à faire pour nous remettre à niveau et s'assurer que, dans le futur,
avec des nouveaux projets de loi, bien, on puisse s'assurer d'avoir un réel deux
pour un.
M. Paradis : Mais donc, est-ce
qu'on a réussi? Il y avait des objectifs quand même ambitieux fixés dans le
plan sur l'allègement 2020-2025. Est-ce qu'on a atteint des objectifs? Est-ce
que le gouvernement a atteint ses objectifs?
Mme Proulx
(Véronique) : Sur le terrain, on ne le
sent pas. Les entreprises n'ont pas l'impression qu'on a réduit leur fardeau
administratif réglementaire au cours des dernières années.
M. Paradis : Pourquoi?
Mme Proulx
(Véronique) : Parce qu'il y en a toujours
qui s'ajoutent et elles sont toujours de plus en plus complexes et plus
coûteuses. Alors, le coût de faire affaire au Québec, au Canada, il est quand
même important pour une PME, pour une grande entreprise, on le voit, on est à
côté d'un géant américain qui allège administrativement...
Mme Proulx
(Véronique) : ...au niveau réglementaire aussi. Donc, que ce
soit dans le secteur minier, que ce soit dans le secteur... On parlait
d'industrie... l'industrie brassicole, tous secteurs confondus, les entreprises
croulent sous la lourdeur administrative qui leur est imposée.
M. Paradis : Dans la tournée
que j'ai effectuée auprès de plusieurs de vos membres, d'ailleurs, les gens me
parlent d'un changement de mentalité, pour ne pas dire un changement de
paradigme qu'il faut aussi opérer. Donc, oui, il y a des règles, oui, il y a de
la mathématique, mais il y a aussi de changer la façon dont on voit le rôle de
l'administration, qu'il y ait malheureusement de moins en moins
d'accompagnement vers la réussite, vers des résultats, mais plus de contrôle.
On est là pour contrôler, s'assurer que l'image, notamment du gouvernement,
n'est pas... qu'il n'y a pas de risque ou que, s'il y a des risques, bien, ce
ne sera pas la faute de l'appareil ou du gouvernement. Est-ce que ce sont des
constats que vous avez eus aussi puis sur lesquels on doit travailler?
Mme Proulx
(Véronique) : Ce sont absolument des constats qu'on a entendus,
qu'on a vus. Je le mentionnais, le coût de la conformité augmente tout le
temps, et on le sent que le gouvernement est de plus en plus dans des mesures
de contrôle avec moins de flexibilité pour les entreprises.
M. Paradis : Et, dans cette
optique-là, bon... puis là je vais vous demander un exercice difficile. Puis,
je l'ai dit tout à l'heure, donc, j'ai été entrepreneur et j'ai connu la
frustration d'avoir une
partie importante des ressources humaines, financières,
du temps aussi, qui est consacrée à remplir de la paperasse où souvent on
répète la même chose. Et, même, on se demande qui lit ça à la fin. Et je suis
convaincu et tout... plein de monde me l'ont dit : Il y a des gens qui ne
lisent... ça ne se peut pas que tout ce qui est produit en documents soit lu.
Fort bien. Bien, généralement des contrôles et des réglementations, il n'y a
pas une mauvaise intention derrière. Il y a quelqu'un qui a vu un problème, de
sécurité, de salubrité, d'intérêt public. Quand vous... Quand on propose des
allègements, nous, comme décideurs, comme législateurs, comment on fait pour
s'assurer quand même que les objectifs d'intérêt public sont préservés quand on
diminue le fardeau administratif et réglementaire?
Mme Proulx
(Véronique) : Alors, je vais prendre deux exemples concrets
avec l'OQLF et le rapport triennal, d'indiquer et de donner des preuves sur le
nombre de serveurs locaux, étrangers que l'on a. Je ne vois pas, tu sais, je ne
vois pas comment ça peut contribuer à l'amélioration de la langue française en
entreprise. Donc, je pense qu'il faut requestionner quand on regarde ce qui est
mis en place, puis les requis et les exigences, se questionner sur pourquoi,
comment ça contribue à l'objectif. Quand vous êtes en affaires, vous avez un
plan stratégique, des objectifs, vous identifiez les moyens...
Le Président (M. Allaire) :
Merci.
Mme Proulx
(Véronique) : Avez-vous les bons moyens? Bien, c'est la même
chose.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Malheureusement, ça met fin à la période d'échange. Donc, merci pour
votre belle contribution à cette commission. Nous allons suspendre les travaux
quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 10 h 39)
(Reprise à 10 h 42)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux.
Nous accueillons M. Boisvert de la Chambre
de commerce et d'industrie de Québec. Alors, bienvenue. Je vous laisse vous
présenter avec votre
titre complet, puis vous pouvez enchaîner avec votre
présentation de 10 minutes.
La parole est à vous.
M. Boisvert (Frédérik) : Parfait.
Donc, Frédérik Boisvert, je suis président et chef de la direction de la
Chambre de commerce et d'industrie de Québec depuis novembre 2024. Puis
d'abord, merci de me recevoir aujourd'hui. Je pense que c'est un sujet
d'importance. Ce n'est pas banal ce qu'on discute aujourd'hui. Je vais juste
mettre mon «timer» pour être sûr que je suis correct. C'est parti.
Donc, bien, merci de me recevoir ce matin.
Je représente la Chambre de commerce, la deuxième en importance au Québec. On
est plus de 5000 membres, on occupe le terrain avec vigueur depuis la
dernière année.
D'abord, avant d'entrer dans ce sujet, je
veux d'abord souligner quelque chose. Tu sais, quand les gens font des bonnes
choses, il faut le dire. Alors, ministre Poulin, félicitations pour ce
dossier-là. Je peux-tu me permettre de te tutoyer?
Une voix : ...
M. Boisvert (Frédérik) : Mais
écoute...
Le Président (M. Allaire) :
C'est sûr qu'en audition, on est un peu plus lousse, là...
M. Boisvert (Frédérik) : ...un
superbe travail en termes de vision, d'enlignement, de... puis on sait que ça
demande beaucoup de concertation ce genre de projet de loi là. Je pense que
t'avais le couteau dans les dents puis ça paraît. Donc, c'est sûr qu'il y a des
éléments là-dedans qu'on va proposer des améliorations, mais, moi, c'est quand
les gens visent à réduire le fardeau des entrepreneurs, bien, écoute, on n'a
pas le choix de saluer, voire d'applaudir. Alors, merci pour ton courage, merci
pour la règle ambitieuse du deux pour un. Je pense que ça méritait d'être
souligné.
Maintenant, je suis ici pour vous dire
trois choses. D'abord, on appuie le projet de loi n° 11.
Deuxièmement, on vous demande de l'améliorer, puis troisièmement, on vous explique
pourquoi c'est urgent.
Commençons par l'urgence. Les PME
québécoises consacrent collectivement près de 11 milliards de dollars
par année à la conformité. C'est scandaleux. 19 milliards, c'est
735 h par entreprise, par année. Ça veut dire quoi ça? C'est l'équivalent
de quatre mois et demi de travail à temps plein, juste pour remplir des
formulaires, renouveler des permis, répondre à des exigences administratives.
Ce qui est encore plus frappant, c'est ce que les entreprises nous disent...
les entrepreneurs nous disent. Ils nous disent que plus de 250 de ces
heures-là, c'est 32 jours ouvrables par année. C'est un scandale. C'est de
la paperasse qu'on pourrait éliminer sans compromettre l'intérêt public, sans
mettre personne en danger, sans affaiblir les protections environnementales ou
sociales. 32 jours par année, pensez-y, là, à faire des choses qui servent,
malheureusement, pour nous en tout cas, strictement rien.
Et ce fardeau-là, il n'est pas réparti
équitablement, parce que plus qu'une entreprise est importante, moins que ça
lui coûte d'argent de conformité par année, par employé. C'est le... c'est ce
qui m'apparaît être le plus grand scandale, parce que, lorsque tu considères
que la fabrique même de l'écosystème du Québec Inc., c'est composé majoritairement
de petites et moyennes entreprises, c'est là où que le bât blesse. C'est un
ratio de sept pour un. Autrement dit, donc, plus une entreprise est petite,
plus que le fardeau pèse lourd. C'est exactement l'inverse de ce qu'on voudrait
avoir. Donc, pour les coûts, là, une entreprise de 100 employés et plus,
c'est 1 374 $ par employé. Et pour ce qui est des entreprises de cinq
employés et moins, c'est 10 000 $ de conformité par employé, par
année.
Alors, quand le gouvernement dépose un
projet de loi pour alléger ce fardeau-là, on dit oui. On dit oui à la règle du
deux pour un, c'est un changement de paradigme, c'est le un pour un, ça
maintient le statu quo, deux pour un, ça crée une dynamique de changement qu'on
salue. Puis le Québec deviendrait la première juridiction au Canada à enchâsser
cette règle dans une loi. Ça, c'est un leadership qu'on salue. On dit oui à la
prolongation de la durée des permis. Moins de renouvellement, c'est moins de
paperasse pour l'État des entreprises également. On dit oui également aux
assouplissements pour les microbrasseries, les distilleries. Récemment, M. le
ministre, vous êtes allé visiter Labatt à Québec. Je pense que vous avez vu des
choses intéressantes là. Je pense qu'ils vous ont certainement proposé des améliorations
pour la suite, pour l'avenir. C'est un secteur qui est dynamique dans notre
région, il y a beaucoup de sous-traitance...
M. Boisvert (Frédérik) : ...puis
également, il pourrait y avoir davantage de mutuaion d'équipements... pardon,
de mutualisation d'équipements, donc ça encourage la collaboration, c'est
parfait. Alors on dit oui au pouvoir de modification réglementaire accéléré.
C'est un outil d'agilité. Ça permet de corriger des irritants rapidement, sans
attendre un projet de loi omnibus. Donc, soyons clairs, la Chambre de commerce
et d'industrie de Québec appuie l'adoption du projet de loi 11, mais on
vous demande également de l'améliorer, parce qu'un bon projet de loi peut
devenir un excellent projet de loi. Et nos entreprises ne méritent rien de
moins que l'excellence. On a quatre recommandations simples, concrètes et elles
feraient vraiment une différence selon nous.
Première recommandation : élargir la
définition de formalités administratives. En ce moment, la définition est dans
une politique gouvernementale, ce n'est pas dans la loi. Ça veut dire qu'elle
peut changer, qu'elle peut être interprétée de façon restrictive, qu'elle peut
être contournée. On vous demande d'enchâsser dans la loi une définition
englobante. Une formalité administrative, ça devrait inclure toutes exigences
imposées par l'État qui nécessite du temps, des ressources, des coûts de la
part d'une entreprise, toute exigence documentaire, toute exigence déclarative,
toute exigence procédurale. Si ce n'est pas dans la loi, ce n'est pas solide.
Deuxième recommandation : identifier
les ministères prioritaires dès maintenant. Le projet de loi nécessite... ne
précise pas quels ministères vont être assujettis à la règle du deux pour un
dès son entrée en vigueur. Cette décision-là est reportée à une politique
ultérieure. Nous on dit : N'attendez pas. Que ce soit l'environnement,
travail, revenu, transports, agriculture, CNESST, Retraite Québec, ce sont tous
des ministères puis des organismes qui ont un impact réglementaire important
sur nos PME. Nommez dans la loi assujettissez-les immédiatement, sinon on
risque de se retrouver avec une belle règle du deux pour un qui s'applique
quasiment nulle part.
Troisième recommandation : prévoir un
mécanisme de suivi mesurable. Ce qui se mesure s'améliore, ce qui ne se mesure
pas, bien, ça reste de bonnes intentions. Là, on parle... Moi, je vous suggère
un tableau de bord, mais ça peut être plein d'autres choses parce qu'on sait
qu'un tableau de bord, c'est encore beaucoup de formalités administratives,
mais quand même, ça demande quand même un monitoring , des cibles
annuelles qui permettraient de... comment je peux dire, de juger de la
performance de la
loi sur une base annuelle. Puis pas juste des cibles en
nombre de formalités, des cibles en heures, parce que c'est ça qui compte au
final pour un entrepreneur, combien de temps il passe dans la paperasse. On
vous demande aussi une clause de révision après cinq ans pour ajuster le tir si
les résultats ne sont pas au rendez-vous.
Quatrième recommandation : annoncer
des étapes. Donc le projet de loi, c'est un excellent premier pas, mais le
milieu... le milieu des affaires attend la suite. On attend des avancées sur la
loi 25, la
Loi sur la protection des renseignements personnels, ses
exigences sont hyper lourdes, particulièrement pour les petites entreprises,
puis vous seriez bien surpris de savoir le nombre d'entreprises actuellement
qui ne sont pas réglementaires au Québec. Parmi nos membres, il y en a encore
beaucoup, malheureusement. On s'affaire à les aider, mais il reste que c'est
quand même un gros problème partout. Si le gouvernement veut maintenant la
confiance du milieu des affaires, il doit annoncer clairement ce qui vient
également après le PL 11.
• (10 h 50) •
En conclusion, l'allègement réglementaire,
ce n'est pas un cadeau qu'on fait aux entreprises, c'est un investissement dans
la productivité collective du Québec. On sait que la productivité au Québec,
c'est un enjeu. Les derniers chiffres que je voyais, on était, par heure
travaillée, 8 $ moins productifs que le reste du Canada et on est
30 $ moins productifs que les États-Unis. C'est effarant, là. Alors, si on
regarde au niveau des statistiques, ça veut dire qu'une famille québécoise,
lorsqu'on se compare au niveau de l'OCDE, on est 12 000 $ plus pauvre que
le reste des pays membres de l'OCDE. Alors, pour moi, ça m'envoie un signal
majeur qu'au Québec, on a des entrepreneurs qui ont du talent, qui ont... qui
veulent travailler, qui veulent produire, mais il faut libérer les forces, il
faut... il faut enlever les entraves parce que sinon ça nous ramène vers le
bas. Alors chaque heure libérée de paperasse inutile, c'est une heure qu'un
entrepreneur peut consacrer à innover, à former ses employés, à servir les clients,
à développer des nouveaux marchés et surtout, également, à embaucher. Quand on
parle de productivité au Québec, et on en parle beaucoup, il faut se rappeler
que le fardeau réglementaire, c'est un vrai boulet qu'on traîne et ce
boulet-là, il pèse très, très lourd pour nos petites entreprises. Le projet de
loi n° 11 est une reconnaissance que ce fardeau-là
existe, que c'est un frein et que l'État peut agir, puis, nous, à la Chambre
des commerces de Québec, on vous dit : Adopter ce projet de loi là, mais renforcer-le,
enchâsser la définition dans la loi, nommer les ministères prioritaires,
mesurer les résultats et annoncer la suite. On est prêt à collaborer, nous, on
est disponible, on a hâte de voir le résultat puis, encore une fois,
félicitations pour ce projet de loi là. Oui, c'est vrai qu'il y a des
bonifications, c'est évident, c'est toujours le... en fait, c'est la règle
aussi des commissions parlementaires, on vous en propose. Mais, encore une
fois, bravo pour ce beau travail qui a été fait depuis quelques mois. Ça n'a
pas trop pris de temps, puis ça a été... Puis on souhaite également que, dans
les améliorations et dans la livraison de ce projet de loi là... que ça aille
aussi vite pour le plus grand bénéfice de nos entrepreneurs dans la région de Québec
et partout au Québec. Alors, voilà, c'est terminé, mon...
Le Président (M. Allaire) :
...merci, M. Boisvert. On débute la période d'échange. M. le ministre, la
parole est à vous. 16 min 30 s.
M. Poulin : Merci beaucoup, M.
Boisvert, pour vos bons mots. C'est très gentil, j'apprécie, ça me touche. Puis
effectivement on a écrit ce projet de loi là assez vite, assez rapidement. Le
deux pour un, c'est quelque chose qu'après mon assermentation j'ai voulu mettre
de l'avant, la prolongation des permis, le chantier sur les permis. Alors, on a
avancé de façon importante.
J'ai quelques questions, mais aussi j'ai
quelques précisions peut-être à apporter pour... pour les gens qui nous
écoutent. Dire tout d'abord que la politique, elle est enchâssée dans la loi à
l'article 5, c'est important de le mentionner. Et même on met dans la
politique le retrait de deux formalités avant d'en enlever une, parce que
j'aurais pu effectivement ne pas le mettre et je l'ai inscrit à l'intérieur de
la loi. Donc, là-dessus, ça a le mérite d'être clair.
Après ça, sur... l'assujettissement des
ministères et organismes à cette règle du deux pour un, là, présentement, on
est à 18 ministères et organismes dans le un pour un. J'ai l'intention de
le monter pas à peu près concernant les PME, sauf que, si je l'inscris dans la
loi, ça veut dire qu'à chaque fois je suis obligé de rouvrir la loi, revenir
devant la commission pour pouvoir le faire. Ça fait qu'on est dans un drôle de
mécanisme. Moi aussi, j'aurais été un partisan de les mettre noir sur blanc
dans un article, dire : Voici qui ont... Et à force d'échanges, à force de
discussions, on a dit : On va mettre la politique et dans la politique on
va venir... on va pouvoir le changer à chaque année. Puis, si jamais on s'aperçoit
qu'il y a un ministère qui exagère, bien, on le met.
Je vous donne un exemple : le
ministère de l'Éducation, peut-être moins relation que les entreprises, on n'a
peut-être pas besoin de le faire, mais on a, tout à l'heure, parlé de l'OQLF à
juste titre. Je pense que ça pourrait être intéressant de les assujettir. Et je
sais que pour les oppositions, on va me dire : On veut des garanties, M.
le ministre, tu sais, nous, on part de là, puis on ne le sait pas, ce que vous
allez faire, puis c'est comme quand vous faites ça par voie de réglementaire,
deux mois et demi après, puis des fois, c'est deux ans après, puis on a les
résultats. Je comprends. Je ferais la même chose à leur place. Je ferais...
hein?
Une voix : ...
M. Poulin : Non, non, mais je
sais, je sais, je ferais exactement la même chose à votre place. Mais il y a
quand même une logique, ce pour quoi je ne les inscris pas. Sur le mécanisme de
surveillance, je suis à la même place que vous, somme toute, au ministère de
l'Économie, sur une base annuelle, la Fédération des chambres de commerce vient
de se baser, la FCEI se base souvent en faisant leur palmarès. Il y a des
mécanismes de surveillance à l'intérieur de ça. Mais à l'intérieur de la
politique, je vais effectivement venir définir la formalité pour ne pas qu'on
arrive avec deux documents fusionnés qui vient en compenser un, alors ça doit
être à impact égal, à mesure égale, à coût égal. Il va falloir bien le définir,
ça fait que je ne veux pas ajouter de la lourdeur aux ministères et organismes
quand ils vont s'adresser aux PME, mais d'une certaine façon, je vais le faire
un peu parce que c'est eux qui en ajoutent tout le temps, d'une certaine façon.
Puis vous aviez raison, le un pour un venait équilibrer le tout dans une
politique à l'époque, là, on vient le mettre dans la loi, puis on vient même
dire deux pour un, donc là-dessus, il y a une avancée qui est somme toute
importante. Alors, je tenais à vous le mentionner sur le mécanisme de suivi,
sur les ministères et organismes également.
Vous m'avez parlé, aussi, des irritants
pour les entreprises. Alors, moi, je suis intéressé, évidemment, entendre tout
le monde qui souhaite me mettre des éléments de l'avant, vous m'avez parlé du
processus d'appel d'offres, il y a une consultation en cours avec ma collègue
au Trésor sur le processus, alors je suis intéressé à vous entendre là-dessus.
La loi 25, on s'était déjà parlé, aussi, de l'Office québécois de la langue
française, comment on peut mieux le travailler. Alors, je suis intéressé à vous
entendre sur ces volets-là, sur ces irritants-là.
M. Boisvert (Frédérik) :
Parfait. J'ai pris des notes parce que quand je visite les entreprises,
souvent, ils me passent des commentaires, ça fait que par exemple, au niveau
des restaurants. Ce qu'on note, c'est qu'il y a plusieurs permis, donc un
permis au MAPAQ, un permis au RACJ, le permis d'occupation de la ville, chacun
a sa propre date d'échéance. Est-ce qu'on pourrait voir à formaliser une date
d'échéance pour tout le monde ensemble? Ça, c'est un exemple, ce n'est pas de
se substituer au niveau d'un permis, mais davantage de mieux aligner les
choses, parce que sinon ça devient extrêmement périlleux de surveiller tout ça.
Au niveau du transport, donc, j'ai... j'ai
pris des notes, ici. Donc, on doit renouveler ses vignettes de la SAAQ pour
chaque véhicule, chaque fois, c'est le même processus : Formulaire, preuve
d'assurance, paiement. Pour une flotte de 25 camions, là, c'est
25 fois le même exercice. Nous, la Chambre de commerce et d'industrie de
Québec, on gère un bureau de la SAAQ à Beauport, puis je le vois de visu, là,
c'est... Il y a quand même des gros gains à avoir de ce côté-là.
Également, au niveau du secteur minier,
je me suis pris des notes ici. La prolongation des permis, dans le secteur
minier, de 2 à 3 ans, ça paraît anodin, mais pour une entreprise minière,
ça veut dire 33 % de moins de renouvellement sur une décennie. Donc de
«streamliner», un petit peu, les permis au niveau minier, je pense qu'on
gagnerait en efficacité, puis c'est un secteur qui est extrêmement lucratif, on
le sait. Puis c'est... c'est créateur d'emplois de manière importante,
notamment, également, au niveau... Tiens, tu vois, une PME manufacturière de la
capitale nationale m'a expliqué, là, qu'on doit fournir essentiellement les
mêmes informations financières à Revenu Québec, à la CNESST pour le calcul des
cotisations, et à Retraite Québec pour le RRQ, trois formulaires différents,
trois échéances différentes, trois systèmes informatiques qui ne se parlent pas.
L'État a déjà cette information là, il y a-tu moyen que ça se parle, puis qu'on
rende la vie...
M. Boisvert (Frédérik) : …à
nos entrepreneurs? Tu sais, je pourrais t'en dérouler d'autres, mais il y en a
pas mal, là.
M. Poulin : Mais tout à fait,
puis ça date des années 80, hein? Je veux dire, chaque ministère a travaillé en
silo avec leur clientèle.
M. Boisvert (Frédérik) : Je
comprends.
M. Poulin : Puis de faire ces
liens-là, ces collaborations-là. Zone entreprise, on en parlait tout à l'heure,
on veut l'accentuer. On parlait, tout à l'heure avec la députée de Jeanne-Mance—Viger,
d'obligation d'assujettir à Zone entreprise, de quelle façon on peut le faire
de façon responsable sans dédoubler, sans essayer de se trouver une raison d'être.
Puis, comme je dis souvent à mes collègues, je dis si vous demandez de changer
un règlement à ceux qui l'appliquent, ils vont vous dire qu'il est bon. C'est
normal, la nature humaine fait que tu justifies toujours ton travail, tu
justifies toujours ton département, puis finalement tu n'avances pas. C'est
pour ça que j'arrive avec un chapeau et un certain cran d'arrêt pour leur dire
je vous assujettis dans la loi, même chose sur la durée des permis. Vous nous
donnez un exemple dans différents ministères ne sont pas ou même au même
endroit, à la même date. C'est tout un défi de moine à essayer d'arriver…
d'arrimer tous ces gens-là. Je ne dis pas qu'il ne faut pas utiliser mieux
Revenu Québec parce que c'est une certaine tour de contrôle annualisé avec les
rapports d'impôt des entreprises qui nous permet d'avoir un meilleur outil,
mais c'est clair que là-dessus, il y a des améliorations à faire. Puis tout à
l'heure, c'est la collègue de Labelle qui nous parlait de l'Ontario notamment,
tu sais. Puis moi, j'ai fait le projet
Loi sur les barrières commerciales où on
a éliminé des barrières et on se disait : Comment on peut aussi
s'harmoniser entre Canadiens sur notre allègement réglementaire, tu sais? Tu
sais, la construction est un bel exemple, puis peut être qu'il y a des
provinces au Canada qui peuvent être des modèles pour nous et vice versa dans
différents secteurs. On a la spécificité du français, mais bon, je pense
surtout qu'on peut… qu'on peut avancer à ce niveau-là.
Je ne sais pas si des collègues avaient
des questions? Je n'ai pas peut-être vu à l'ensemble. La députée de
Saint-François, aviez-vous des questions?
Mme Hébert : …
M. Poulin : Où ça va? Ça va.
OK, parfait.
Alors, bien, merci. Je… je salue votre…
votre dynamisme et certainement votre… votre ouverture et vos… vos bons mots
sur le projet loi. On va continuer évidemment dans les prochaines années.
M. Boisvert (Frédérik) : Merci
beaucoup.
M. Poulin : Merci.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
On enchaîne avec l'opposition officielle, Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger.
La parole est à vous.
Mme Rotiroti : Merci
beaucoup, M. le Président. Bonjour à M. Boisvert, merci d'être là. Je veux le
saluer de la part de mon député de Nelligan, notre leader qui nous regarde à la
télé. Alors, il vous envoie ses salutations.
Alors, je vais aller dans le vif du sujet
parce que vous parlez dans votre…. dans les recommandations que vous faites,
c'est de chasser dans la loi tout ce qui est reddition de comptes, mécanismes
de suivi, tout ça. Je comprends que le ministre, lui, parle de la politique.
Mais on sait, je n'ai pas à vous expliquer que mettre quelque chose dans une
politique, dans le fond, c'est un souhait, c'est une orientation, tandis que,
quand c'est chassé dans la loi, bien, il y a une obligation de résultat. Et je
pense que… puis je ne veux pas vous mettre des mots dans la bouche, mais je
pense que c'est de là que vient votre… votre recommandation de… justement de
mettre ce mécanisme-là, entre autres le mécanisme de reddition compte dans la
loi de chassée parce qu'il y a une obligation de résultat à ce moment-là.
Alors, on a eu la… la Fédération des
chambres de commerce avant vous, et je vois que Mme Proulx est encore… je ne
sais pas si elle est encore dans la salle. Elle nous a parlé de la fameuse
plateforme Zone entreprise qui a été mise en place en 2017 que moi, je voyais
comme un guichet unique, un guichet unique où, sur cette plateforme-là, on
trouverait un l'adhésion de tous les ministères et une simplification de tout
ce qui est information pour qu'un entrepreneur peut naviguer librement sur ce
site-là et obtenir surtout l'information qu'il a besoin rapidement.
Vous, comment vous voyez ça par rapport à
cette plateforme-là? Avez-vous la chance de naviguer? Moi, j'ai fait une
tournée dans le Québec avec les entreprises, puis sincèrement, ils disent que
c'est très compliqué, et 9 sur 10 quand il rentre sur cette plateforme là, ils
ne trouvent même pas ce qu'ils ont besoin.
• (11 heures) •
M. Boisvert (Frédérik) : Alors,
je ne vous raconterai pas des bobards. Je ne l'ai pas visité cette
plateforme-là, mais je tiens à vous dire, par exemple, que le concept est bon,
c'est-à-dire de centraliser l'information. Le problème lorsqu'on fait ça, c'est
que souvent on fait un «quick hit», c'est-à-dire qu'on centralise
l'information, mais il y a un travail à faire en amont, c'est que c'est beau
partager une information, mais on pourrait également se servir de cette
plateforme-là pour simplifier les choses. Donc, quand on propose des mesures
d'amélioration au niveau de l'émission, mais pourquoi pas en même temps
s'assurer que tout ça soit fasse
partie de la plateforme par exemple. C'est sûr
que des projets du genre, c'est… la chose facile, c'est de rassembler l'information
puis de packager, la chose difficile, c'est de faire des changements qui
permettent aux entrepreneurs d'avoir accès à l'information utile rapidement,
mais également que ce n'est pas parce que tu as l'information rapidement pour
savoir que tu as à remplir 24 permis que ça te rend la vie plus facile. Tu
comprends? Ça fait qu'il y a aussi un travail en amont à faire, je pense, qui…
qui serait salutaire pour les entrepreneurs partout au Québec.
Mme Rotiroti : Merci...
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11 h (version non révisé
e) Mme Rotiroti : ...vous parlez
aussi... vous avez mentionné par rapport à... Vous allez fort dans les mots «renforcer»...
tout le concept du deux pour un, là, vous dites : Renforcer-le, l'enchâsser
dans la loi. Pouvez-vous me donner un exemple de qu'est-ce que vous voulez dire
quand vous dites renforcer-le? Dans quelle façon qu'on pourrait le renforcer?
Oui, le mettre dans la loi, ça, j'ai compris, mais il y a-tu un autre exemple
que vous pouvez nous donner qui pourrait renforcer sur le concept du deux pour
M. Boisvert (Frédérik) : C'est-à-dire
qu'on pourrait la muscler davantage, la définition dans la politique... dans le
projet de loi. C'est-à-dire qu'on devrait mieux peut-être définir c'est quoi
une formalité administrative, puis qu'on inclut, comme j'ai déjà dit, toutes
exigences imposées par l'État, qui nécessite du temps, des ressources et des
coûts de la part d'une entreprise. C'est vrai que quand je vous dis ça, moi, c'est
facile, hein, je propose puis les fonctionnaires, après ça, puis les
politiciens doivent y aller, puis ça demande beaucoup d'efforts, mais... Puis
je comprends également les subtilités que le ministre nous partage en termes de
la séquence, parce qu'on ne veut pas non plus perdre le beat, on veut donner un
projet de loi, le renforcer après, mais je... En tout cas, si on peut atteindre
un meilleur équilibre, ce serait... ce serait le bienvenue, donc de peut-être
définir davantage c'est quoi une formalité administrative. Donc, je répète, qui
devrait inclure toutes exigences imposées par l'État qui nécessite du temps,
des ressources et des coûts de la part d'une entreprise, toute exigence
documentaire, exigence déclarative, exigence procédurale. Ça serait bien quand
même qu'il y ait des notions qui se retrouvent dans le projet de loi. Je
comprends que pour des raisons techniques, peut-être que ce n'est pas tout qui
pourrait s'y rejoindre, mais... se joindre au projet de loi, mais je pense qu'on
pourrait faire un effort pour rendre ça plus musclé, davantage.
Mme Rotiroti : Merci. Je vais
passer la parole à mon collègue de Jacques-Cartier.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député de Jacques-Cartier, 5 min 23 s.
M. Kelley : Merci beaucoup.
Merci beaucoup pour votre présentation. Je vais continuer dans le même sens de
ma collègue. Vous avez dit : Libérer les entreprises, c'est important, ça,
c'est un projet de loi qui est un premier pas, puis j'ai trouvé la
partie où
vous avez mentionné le fait qu'il y a une recommandation pour inclure, comme
dans... de préciser les organismes prioritaires : Environnement, travail,
transports, MAPAQ, etc. Et encore, on a une bonne liste d'épicerie. Mais pour
vous, sur le terrain et pour vos membres, ces différents ministères et
organismes, est-ce que vous avez des exemples concrets, des choses qu'on peut
ajouter dans ce projet de loi rapidement, que vous pouvez nommer pour nous? C'est
bien de nommer des différents organisations et ministères, mais nous... moi, je
cherche un peu plus des exemples concrets. Vous avez fait référence, je pense,
un peu, dans votre réponse précédente, mais je laisse vous la parole.
M. Boisvert (Frédérik) : Bon,
j'ai quand même partagé à M. le ministre quelques exemples concrets. Je
pourrais en ajouter, par exemple, au niveau des chantiers de construction, il
peut y avoir une inspection de la Ville, une inspection du RBQ, une inspection
de la CNESSST, une inspection d'Hydro-Québec. Chacun vient à un moment
différent, puis c'est toujours l'État du Québec qui débarque, là, mais chacun
vient à un moment différent. C'est extrêmement disrupteur au niveau des
chantiers. Pourquoi ne pas coordonner des visites? C'est aussi bête... Là,
c'est sûr que tu me dis : Bien là, on est dans des visites versus le
projet de loi. Il reste que c'est un alignement, c'est un... Le focus de
toujours, puis je pense que c'est ça, un alignement du projet de loi, M. le
ministre, c'est de réduire le fardeau auprès des chefs d'entreprise. Bien, sans
être prescriptif à la mort, comme on dira en bon Québécois, on... est-ce qu'on
peut avoir une notion, au niveau de l'État, que ce soit dans la conception... Parce
qu'on ne le se cachera pas, là, quand vous, vous recevez des projets de loi,
là, c'est... c'est long comme ça, là, c'est un kilomètre avec des centaines de
pages, puis qui a le temps de tout vraiment vérifier, en tant que législateur,
les complexités que la machine produit? Mais je pense que... Je ne sais pas si
c'est un arrêt dans la procédure où on... Les parlementaires auraient une
semaine ou deux pour examiner, je n'ai aucune idée, mais il reste que la
machine produit extrêmement de complexité, que je ne suis pas certain que le
législateur peut tout capter, puis ce qui fait qu'à la fin de la journée, ce
sont toutes des exigences qui s'ajoutent et qui coûtent à l'entrepreneur.
J'ai pris d'autres notes ici, un instant,
par exemple, l'évaluation des facteurs relatifs à la vie privée. Donc, on sait
que depuis septembre 2023, toute entreprise qui met un projet impliquant des
renseignements personnels doit réaliser une évaluation des facteurs relatifs de
la vie privée. Donc, moi, un de mes membres, une PME technologique, m'a dit qu'il
avait mis 40 heures à compléter une évaluation pour un projet de loi
relativement simple, 40 heures, ça n'a pas de sens. C'est une semaine complète
de travail. Pour une PME de 15 employés, là, ils ne peuvent pas se le
permettre. Puis l'intention est noble, et loin de moi de dire que ce n'est pas
un projet de loi qui était cohérent avec la... une complexité dans la gestion
des données personnelles. J'en suis. Mais il reste que, s'il vous plaît, lorsqu'il
y a l'application de la loi, on peut-tu penser aux entrepreneurs? Parce que si
cette Assemblée-là fonctionne aujourd'hui, si nos programmes sociaux sont
payés, là, on va leur... on va leur lever leur chapeau, parce que c'est eux
autres qui mettent l'argent dans les poches du gouvernement, puis on doit les
respecter. Moi, c'est ma préoccupation principale.
M. Kelley : Mais merci
beaucoup pour la précision, aussi, la référence vers la construction, puis on
peut penser à des exemples dans le logement, alors c'est vraiment apprécié
de... pour nous, comme les législateurs, d'avoir un exemple...
M. Kelley : ...comme ça, et
c'est vrai, parce que chaque fois qu'on est en commission parlementaire, puis
nous, dans l'opposition, souvent, on pose des questions à le ou la ministre,
mais cet article-ci, comment ça va être mis en place pour vrai, chaque fois,
c'est vrai que souvent, c'est d'avoir un fonctionnaire qui assure que cette
partie de loi est respectée. Alors, merci pour ça.
Puis je veux juste revenir rapidement, je
sais que je n'ai pas énormément de temps, mais aussi de chercher comme...
Est-ce que vous pensez qu'une... du Québec est une bonne idée? J'enlève la
politique qui était proposée, un exemple a été fait en Pennsylvanie, quand
même, dans les années 2000. Mais quelque chose qui cherche plus que d'attendre,
quand même, un un pour deux ou quoi que ce soit, mais vraiment une organisation,
un organisme qui recherche des règlements qui ne sont plus utiles maintenant...
nous faire des recommandations au niveau des élus.
M. Boisvert (Frédérik) : La
complexité, c'est qu'on parle d'ajouter un niveau de bureaucratie pour réduire
la bureaucratie. C'est le grand paradigme de l'État et des politiques publiques
au final. Mais il reste quand même que, sans créer une super agence, une super
commission, il faudrait que cette intention là, avec qui vient, que le pays qui
joue le jeu vous implore, ça ne devrait pas être un exercice partisan, c'est
que ça devait réunir tous les partis, que le législateur doit garder en tête
l'importance du fardeau pour chaque projet de loi présenté puis, écoutez, si
c'est possible, de ralentir la machine que les législateurs aient plus de temps
pour réviser les projets de loi. Je comprends que la discipline de parti, il y
a tout ça, mais quand même, ça part du bureau du ministre avec les staffeurs
qui sont là pour examiner le projet de loi. Ça découle, après, au niveau du
caucus, lorsque vous recevez des projets de loi pour les voter. Je pense que le
rôle du législateur doit être bonifié, on doit… on doit laisser plus de... on
doit mieux équiper les législateurs pour être à tout le moins de chaque projet
de loi. Ça, c'est un petit peu une intention que je vous partagerais. Puis, si
possible, oui, instaurer quelque chose de permanent qui nous permette de
suggérer, sur une base régulière, des améliorations constantes au quotidien,
puis ça devrait être le propre de chaque ministère, pas… peut-être… En tout cas
que ce soit un petit quelque chose qui supervise tout le reste, ou pour chaque
ministère, peu importe…
Le Président (M. Allaire) :
Merci.
M. Boisvert (Frédérik) : …il
faut que l'intention demeure de réduire le fardeau pour les entrepreneurs.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Ceci met fin à la période d'échange avec l'opposition officielle. Mme la
députée de Verdun, 3 min 18 s.
Mme Zaga Mendez : Merci.
Merci, M. Boisvert. Je vous entendais tout à l'heure dans l'échange concernant
le fardeau administratif, la règle du deux pour un, j'aimerais ça vous amener
sur une discussion lorsqu'il existe, parce que c'est… vous parlez de notre
travail comme législateur, ça nous arrive souvent qu'on va légiférer sur des
nouvelles technologies, sur des nouveaux aspects sur lesquels il n'existait pas
auparavant des… des permis, n'importe quel… un fardeau administratif, et nous,
nous avons pas le choix je pense… je pense entre autres à l'intelligence
artificielle qui prend de plus en plus de place. Comment vous voyez
l'application de la règle de deux pour un dans un contexte dans lequel il y a
un vide réglementaire?
M. Boisvert (Frédérik) : Bonne
question. D'abord, peut être répondre parce que je pense que l'intelligence
artificielle, juste au niveau du fardeau réglementaire, elle a un rôle à jouer,
je pense, en termes de recension des… des problématiques liées à toutes les
autres… à l'intérieur des ministères. Maintenant, c'est certain que l'IA
transforme nos vies, transforme les… les façons de faire. Il y a toute la
question aussi de la souveraineté de la donnée, tout ça, je comprends ça. Mais
je veux juste être bien sûr de comprendre votre question, dans un rapport de…
tu sais, je ne suis pas certain, là.
• (11 h 10) •
Mme Zaga Mendez : … je vous
donne un exemple. Dans le secteur agricole, on trouve une nouvelle technologie,
un nouvel usage X de pesticides ou d'intrants pour lesquels on n'a pas un
cadre. Donc, on va peut-être se pencher ici sur des exigences. Donc, comment
vous voyez l'application, parce que c'est un peu ça que j'ai en tête, la règle
deux pour un? Donc, on introduit une nouvelle exigence, mais on enlève deux.
Mais dans un domaine dans lesquels il n'y a jamais… il n'y a pas eu auparavant
aucune… aucun fardeau administratif dans ce domaine-là.
M. Boisvert (Frédérik) : …c'est
que le «piggy bank» de l'État québécois en termes de règles à enlever, là, il y
en a pour quelques décennies, je te dirais, là, à faire un ménage dans ce qui
n'est pas… ce qui n'est pas…, ce qui n'est pas, ce qui n'est pas pas pertinent,
mais qui pourrait être allégé. Donc, qu'on ajoute des règles par rapport au
reste ou à l'univers d'intelligence artificielle, j'en suis et je pense que
c'est souhaitable. Mais je crois qu'on a en masse de règles qu'on peut enlever,
qui n'ont rien à voir avec ce domaine-là, qui peut être optimisé. Ça fait que
je ne sais pas si je suis bien votre question, mais on a… tu sais, on a… tu
sais, les grands sujets de l'heure, on aura toujours place à discussion et on
pourra toujours légiférer par rapport à ça et puis à faire des règlements en
conséquence. Mais je pense qu'il y a tellement de réglementations inutiles,
superflues. La banque est pleine de ce côté-là, là. Vous… vous allez avoir du
fun pour quelques années, là, quand… avec la règle du deux pour un.
Mme Zaga Mendez : J'ai encore
un peu de temps. Mais vous répondez à ma question. Ceci étant dit, c'est un peu
la question à nous à se poser : Mais comment on va appliquer ce principe,
vu que, mettons, si on applique, selon la logique que vous exposez…
M. Boisvert (Frédérik) : Oui,
oui.
Mme Zaga Mendez : …mais dans
le …
Mme Zaga Mendez : ...dans
lequel on pourrait retirer 2, bien, ça se peut que... Est-ce... Est-ce que
c'est...
M. Boisvert (Frédérik) : Bien,
c'est parce que, par exemple...
Mme Zaga Mendez : Je me pose
la question de comment choisit, justement, comment on fait cet arbitrage.
M. Boisvert (Frédérik) : Ah!
bien, écoutez, je veux dire, des règles inutiles, il y en a à la tonne au
gouvernement. Donc, par exemple, on amènerait un projet de loi où on
légiférerait sur l'IA, par exemple, encore une fois, il n'en manque pas, là,
d'optimisation réglementaire au sein du gouvernement, là. Moi, je ne suis pas
inquiet du tout.
Puis je ne sais pas si je saisis bien
votre question, mais moi, je ne vois pas...
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci. Merci. Désolé...
M. Boisvert (Frédérik) : En
fait, je vois très bien... Le cadre actuel le permet.
Le Président (M. Allaire) : Désolé.
Ça met fin à la période d'échange avec le deuxième groupe d'opposition.
J'enchaîne avec la députée de Jean-Talon. Vous avez trois min 18 s.
M. Paradis : On a eu le
projet de loi n° 85 qui est devenu la loi huit le printemps dernier, on a
le Plan PM adopté en 2024, on a eu le Plan d'allègement 2025... 2020-2025.
Est-ce que le gouvernement a atteint ses... ses objectifs? Comment ça se fait
qu'on a ces discussions-là aujourd'hui, que ça n'a pas eu l'air de diminuer,
mais ça a eu l'air d'augmenter le fardeau aux entreprises?
M. Boisvert (Frédérik) : Je
pense qu'on a noté que le gouvernement entend de plus en plus, je pense, les
entrepreneurs chialer. C'est... Ils chialaient avant, mais ils chialent encore
plus. Moi, je suis certain qu'avec le ministre Poulin, lorsqu'il se présente en
Beauce, ça doit chialer solide. Parce que tu... Il visite beaucoup
d'entreprises. Puis, moi, je pense que c'est une prise de conscience
progressive de l'importance du fardeau. Ça fait que j'en suis, là, quand vous
me parlez, là, des multiples projets de loi qui ont été avancés, il y avait le
projet de M. Skeete sur le «red tape», je ne crois pas que ça a apporté tant de
changements que ça. En fait, si ça avait changé des... ça avait changé quelque
chose, les entrepreneurs le diraient. Or, je n'ai rien entendu là-dessus.
Alors, c'est pour ça qu'aujourd'hui, lorsque je vois le P11, je suis excité, je
suis emballé, puis je souhaite que ça produise des vrais résultats. Puis c'est
pour ça qu'on l'appuie avec évidemment des suggestions d'amélioration, mais il
reste que je pense qu'il faut vraiment, là, donner un coup de barre. Puis puis
je pense que ce projet de loi là va nous le permettre.
M. Paradis : Très bien. J'aimerais
continuer un peu la discussion que vous aviez avec mon collègue de
Jacques-Cartier. Est-ce que vous avez... Parce que, là, vous nous proposez une
définition, à votre première recommandation, une définition très large des
formalités, mais en même temps, vous avez des membres, notamment, donc, dans la
Capitale-Nationale, dans la région de Québec, qui, eux, le vivent à tous les
jours. Moi, quand j'étais en entreprise, les formulaires puis les formalités
qu'on avait de trop, là, j'aurais été capable de vous les nommer, là, sur le
bout de mes doigts.
M. Boisvert (Frédérik) : Je
comprends.
M. Paradis : Plus vous allez
nous alimenter là-dessus, puis plus on va être capables de faire un travail
efficace. Puis je qualifie ma question, là, puis je vais prendre un truc assez
dramatique. Mais vous souvenez-vous du drame de L'Isle-Verte, 32 personnes
âgées qui sont... qui sont décédées dans l'incendie d'une résidence parce qu'il
n'y avait pas eu le respect des formalités pour les gicleurs?
M. Boisvert (Frédérik) : Oui.
Je m'en rappelle. Oui, oui, oui.
M. Paradis : Donc, il n'y a
personne ici, je pense, qui va dire : Bien là, ça prend moins de
formalités puis moins de sécurité. Donc, entre l'intérêt public puis le fait
que, là, on veut libérer nos entreprises puis libérer du temps aussi dans la...
dans l'appareil gouvernemental, parce que ça aussi, ça nous grève, plus vous
allez être clair dans ce qui est vraiment là où on doit agir, plus ça va nous
aider. Parce que, là, on a une formule mathématique, mais le ministre lui-même
le mentionnait, il faut aller au-delà de la formule mathématique puis faire les
bons choix.
Qu'est-ce que vous pouvez nous dire de
très concret là-dessus, de : Eille, ça, dans l'intérêt public, il faut le
conserver, mais c'est là, là, qu'on perd du temps? Parce que «paperasse
inutile», ça peut vouloir dire beaucoup de choses, mais pas tant que ça.
Le Président (M. Allaire) : En
30 secondes.
M. Boisvert (Frédérik) : Bien,
écoute, là, je vous en ai donné, des exemples, à tour de bras depuis le début
que je vous parle en termes de la restauration, évidemment, la construction. Tu
sais, j'ai pris d'autres notes. Des fois, c'est des entrepreneurs qui me
parlent des appels d'offres pour des contrats de 50 000 $ qui existent
trois années d'états... trois années d'états financiers vérifiés, des
références de contrats similaires, des plans de gestion de risques. Ces
exigences-là sont super, mais en même temps, pour un contrat de
50 000 $, c'est-tu vraiment requis? Tu sais, c'est... c'est du gros
bon sens. Il reste que c'est un travail titanesque qu'on a devant nous, hein?
On ne se le cachera pas, là, parce qu'on a bâti cet état-là avec un corpus
réglementaire gigantesque depuis une génération.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Ça met fin...
M. Boisvert (Frédérik) : Ça
va prendre du temps avant de régler ça.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Ça met fin à l'ensemble des blocs d'échange. Désolé de vous couper, là, je suis
le gardien du temps. Alors, merci à la Chambre de commerce et d'industrie de
Québec. M. Boisvert, merci pour votre contribution à cette commission.
Nous allons suspendre les travaux quelques
instants. Merci!
(Suspension de la séance à 11 h 16)
(Reprise à 11 h 18)
Le Président (M. Allaire) : À
l'ordre, nous allons reprendre les travaux. On accueille notre prochain groupe,
le Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec. Alors, bienvenue à
vous deux, je vous laisse le soin de vous présenter et vous pouvez débuter, là,
votre... la période d'allocution de 10 minutes, va s'ensuivre la période
d'échange. La parole est à vous.
M. Graff (Pierre) : Merci, M.
le Président, M. le ministre, mesdames et messieurs les députés, bonjour à
toutes et à tous. Pierre Graff, j'ai la chance d'être président-directeur
général du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec, également
membre du comité-conseil sur les allègements et... L'organisation, également
connue sous le nom RJCCQ, pour l'acronyme qu'on va certainement réutiliser, je
le précise, et je suis accompagné par ma collègue Ameline Serre, qui est
conseillère au service aux membres, et on tient sincèrement à vous remercier de
nous avoir invités à présenter nos commentaires et observations dans le cadre
de ce projet de loi n° 11.
Mme Serre (Ameline) : Je vais
enchaîner, donc, depuis plus de 30 ans, le RJCCQ, donc, soutient... réseau
d'une quarantaine de jeunes chambres et d'Ailes jeunesse un peu partout au
Québec, qui sont composées de milliers de professionnels et puis
d'entrepreneurs de moins de 35 ans. Et une réalité les touche tous : La
lourdeur administrative est aujourd'hui l'un des principaux obstacles à la
productivité des jeunes entreprises, puis même à l'entrepreneuriat. Avec des
ressources limitées, chaque heure passée sur des processus complexes est une
heure qui n'est pas consacrée à créer de la valeur, à innover ou même à se
développer. Le projet de loi n° 11, tel que déposé
par le ministre délégué à l'économie, marque un changement certain, puisqu'il
reconnaît enfin que la réduction du fardeau administratif et réglementaire des
entreprises doit devenir une priorité de l'État. Il donne au gouvernement une
partie des leviers nécessaires, ce qui était jusqu'ici très difficile.
• (11 h 20) •
M. Graff (Pierre) : Vous
comprendrez donc, mesdames, messieurs, que le Regroupement des jeunes chambres
accueille favorablement l'inscription explicite de cette responsabilité dans la
mission du ministère de l'Économie, ainsi q