Labour and the Economy — 27 April 2022 (42nd Legislature, 2nd Session)
CET 2022-04-27
Quebec — Committees
(Onze heures trente-cinq)
La Présidente (Mme IsaBelle) : Alors,
bonjour à toutes et à tous. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission de l'économie et du travail ouverte.
La commission est réunie afin de procéder à
l'étude des crédits budgétaires du portefeuille Tourisme pour l'exercice
financier 2022-2023. Une enveloppe de 1 h 30 min a été
allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. Mme Dansereau (Verchères) est remplacée par Mme Proulx (Côte-du-Sud); Mme Jeannotte
(Labelle), par M. Poulin (Beauce-Sud); M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve), par Mme Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda—Témiscamingue);
et Mme Richard (Duplessis), par Mme Perry Mélançon (Gaspé).
La Présidente (Mme IsaBelle) : Merci.
Nous allons procéder à une discussion d'ordre général par blocs d'environ
20 minutes, incluant les questions et les réponses. Les mises aux voix de
ces crédits seront effectuées à la fin du temps qui est alloué, soit vers
13 heures.
Je crois comprendre ou j'ai cru comprendre que,
comme on vient de perdre quelques minutes... nous pouvons commencer, mais, avec
les minutes de retard, je crois comprendre qu'on a consentement pour que ces
minutes soient reprises sur le temps du gouvernement, c'est bien ça?
Mme Proulx (Berthier) : Merci, Mme
la Présidente. Oui, avec... Après discussion avec l'opposition officielle et la
députée de Jeanne-Mance—Viger,
on accepte donc que le temps du gouvernement soit coupé et que l'étude des
crédits du ministère du Tourisme se termine donc à 13 heures, tel que
prévu initialement.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Parfait.
Alors, nous avons le consentement? C'est parfait.
Alors, nous sommes maintenant prêts à
reconnaître une première intervention de l'opposition officielle.
Mme Proulx (Berthier) : ...est-ce
que je peux faire ma déclaration d'ouverture, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme IsaBelle) : Non.
Non, non, on n'a pas ça, là, on est à l'étude de crédits.
Mme Proulx (Berthier) : Ah, bon!
La Présidente (Mme IsaBelle) : Tout
est bien, bien minuté, Mme la ministre.
Mme Proulx (Berthier) : O.K. Donc,
je dis bonjour à personne, c'est ce que vous dites? Bon, bien, on le fera une
autre fois.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Non,
non, vous ne pouvez pas.
Mme Proulx (Berthier) : On le fera
une autre fois. Je vous salue quand même tous.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Vous
le direz, si vous vous voulez, dans votre temps, tantôt. Alors... parce que,
là, tout est bien, bien minuté. Alors, merci d'accepter, Mme la ministre.
Alors, nous sommes maintenant prêts à reconnaître la députée de Jeanne-Mance,
la porte-parole de l'opposition officielle. Allez-y.
Mme Rotiroti : Oui, merci. Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Alors, effectivement, Mme la ministre, vous aurez l'opportunité de saluer les gens dans votre
réponse à mes questions. Alors, bonjour, Mme la ministre, à tous les
gens qui accompagnent le cabinet, qui
accompagnent la ministre, mes collègues du gouvernement et des oppositions
officielles.
Alors, je suis très contente d'être ici ce matin
pour parler de l'industrie touristique. On sait tous que l'industrie
touristique a été durement frappée avec la COVID-19, avec la pandémie. Ça a été
une industrie qui a subi énormément de pertes, d'angoisses. Et ils ont été les
premiers à être fermés et les derniers à rouvrir. Alors, il y a des
conséquences, évidemment, à ça, des enjeux que l'industrie subit. Et, durant
ces études de crédits là, on aura l'opportunité, j'aurai l'opportunité de
questionner la ministre sur les actions qu'elle a entreprises pour venir en
aide à l'industrie.
Évidemment, je
prendrais un petit peu la balle au bond de la discussion de l'heure, la pénurie
de main-d'oeuvre. Alors, évidemment, la pénurie de main-d'oeuvre, ce n'est pas
juste l'industrie touristique qui en subisse, je pense, c'est à travers le Québec, dans toutes les industries. Et ça a été
un enjeu avant la pandémie, mais ça a été accentué durant la pandémie. Et,
quand on parle de pénurie de main-d'oeuvre, bien, on parle, oui, de manque de
bras, manque d'expertise avec la pandémie, qu'est-ce qui a fait en sorte avec
les programmes de requalification... Il y a une perte d'expertise énorme dans
l'industrie touristique. Les gens se sont requalifiés pour aller ailleurs, dans
des secteurs un petit peu plus stables, ce qui fait en sorte que cette
expertise-là est totalement perdue au niveau de l'industrie.
Alors, vous le savez
sans doute, Mme la ministre, que votre collègue à l'Emploi et Solidarité
sociale a mis sur pied, justement, pour stimuler la croissance économique par
rapport à la pénurie de main-d'oeuvre, un programme qui s'appelle Opération
main-d'oeuvre. Évidemment, c'est des mesures ciblées pour les secteurs
prioritaires. Et, dans ces secteurs prioritaires, je vais vous les nommer,
parce qu'il y en a six, domaines, qui ont été priorités, tu as la santé,
l'éducation, services de garde, technologies de l'information, génie et
construction. Il y a eu des investissements de 3,9 milliards de
dollars sur cinq ans, dont 2,9 milliards de dollars de crédits
additionnels. Et ça, évidemment, c'est d'attirer des travailleurs dans ces
domaines, dans ces six secteurs-là.
Alors, ma question,
ma première question, très, très simple, c'est : Pourquoi que l'industrie
touristique ne se trouve pas dans ces domaines prioritaires là?
Mme Proulx
(Berthier) : Merci, madame... pardon, Mme la Présidente. Ça fait
longtemps que je ne suis pas venue en commission. Je manque un peu de décorum.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Allez-y, c'est bon.
Mme Proulx
(Berthier) : Merci, Mme la Présidente. Je veux d'abord et avant tout
saluer les collègues de Gaspé, Rouyn-Noranda—Témiscamingue et Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger,
les collègues du gouvernement, et évidemment toute l'équipe du ministère
du Tourisme du Québec, Mme Laberge, ma sous-ministre, mon chef de cabinet,
M. Boutin, conseillers et conseillères politiques et toute l'équipe de nos
sociétés d'État.
Oui, clairement, Mme
la députée, on ne peut pas nier, là, qu'il y a des enjeux liés à la
main-d'oeuvre, puis c'est à travers le Québec, là, ce n'est pas uniquement
l'industrie touristique qui en est frappée.
Je veux revenir,
donc, sur les mesures effectivement annoncées par le collègue ministre du
Travail un peu plus tôt cette semaine. Donc, dans sa stratégie, oui, il y a des
secteurs prioritaires qui ont été identifiés, Mme la députée, par le ministre,
mais sachez que le ministère du Tourisme s'y retrouve également. Et c'est
vraiment intéressant de voir qu'on n'est pas, nous, à Tourisme, un secteur qui
est isolé, là, on travaille avec plein de ministères, mais effectivement le
ministère du Travail est un ministère avec lequel on travaille de très, très
près.
Donc, la vaste
tournée à laquelle vous faites référence, Mme la députée, il y a... 2 juin
à décembre... et décembre prochain, pardon, il va y avoir, donc, des missions
qui vont se faire, de recrutement, du côté de la France et de l'Europe. Et, le ministère
du Tourisme particulièrement, là, je vous dirais que les actions vont être
menées d'abord et avant tout en hébergement pour ces fameuses Journées du
Québec, une vaste campagne de séduction et de promotion. Donc, c'est le premier
élément.
L'autre élément
important, pour continuer de parler des enjeux de la main-d'oeuvre, c'est lors
de nos Assises du tourisme, premières en deux ans, la semaine prochaine ici, à
Québec. Le ministère du Travail va être présent. Donc, dans... toute la journée, on va avoir, donc, des échanges avec nos ATR,
nos ATS, donc tout le tissu touristique va être présent. Et le ministère du Travail va venir présenter et
détailler les programmes qui sont là pour soutenir notre industrie. Peut-être
qu'on les avait mal communiqués, Mme la députée, les programmes disponibles,
auprès de MTESS, pour accompagner nos entreprises. Donc, ça, rapidement, là,
c'est deux gestes qui vont être posés très prochainement, la semaine prochaine,
aux assises, et déjà, en juin, pour les Journées du Québec et dans cette
campagne de séduction.
Mme Rotiroti :
Parfait. Merci, Mme la ministre. On retournera sur les programmes
qui ont été mis en place pour l'industrie, mais ce n'est pas de ça que je
parle, je parle du programme qui a été mis strictement pour attirer la
main-d'oeuvre. Alors, il y a des domaines qui ont été priorisés, je viens de
vous les réitérer. Il y a 60 000 travailleurs dans les trois secteurs
essentiels qui sont la santé, éducation, services de garde. Et il y a
110 000 travailleurs dans trois secteurs économiques stratégiques
pour l'économie : technologies, information-génie et construction.
Alors, moi, je me
demande... parce que, pour nous, le parti, pour le Parti libéral du Québec, le
tourisme a toujours été un enjeu économique. C'est un moteur économique
extraordinaire pour le Québec, sans parler de l'accueil et le rayonnement que
le tourisme amène à travers le pays. Moi, je me demande comment ça se fait que
le tourisme... en sachant les défis qu'ils subissent, comment ça se fait que ça
ne se retrouve pas dans les six domaines prioritaires. Parce qu'avec ça il y a
l'argent. Évidemment, je viens de le dire, il y a 3,9 millions de
dollars sur cinq ans. Il y a une bonification de 2,9 millions qui a été
faite, justement, parce que le besoin est là. Et moi, à ma grande surprise,
bien, je ne vois pas que le tourisme est inclus dans ces domaines prioritaires
là. Alors, je me demande : Est-ce qu'il y a eu discussion... Dans le fond,
Mme la ministre, avez-vous des discussions avec votre collègue? Et puis comment
ça se fait que le tourisme ne se retrouve pas là?
Mme Proulx
(Berthier) : J'ai des discussions... Merci, Mme la députée. J'ai des
discussions avec le ministre de l'Emploi depuis notre arrivée à Tourisme, parce
que, comme vous le savez, il y avait des enjeux liés à la main-d'oeuvre avant
la pandémie. Déjà, il manquait 15 000 employés dans le secteur
touristique avant la pandémie. Donc, déjà, on avait tiré la sonnette d'alarme.
Maintenant, je comprends, là, que vous disiez
qu'il ne soit pas identifié, là, de façon prioritaire, mais il est là. Il y a
d'autres secteurs identifiés dans le cadre de ces missions-là que va faire le
ministère du Travail, de ces Journées du Québec, et les
secteurs sensibles, si je peux les nommer, comme ceux-là qui ont été
identifiés, et où on va aller à l'international pour faire du recrutement,
hébergement, restauration, même si, évidemment, c'est sous le portefeuille du
ministère de l'Économie et de l'Innovation, on comprend très bien que ça fait
partie de l'offre touristique, hein, la restauration et l'hébergement.
Donc, tourisme, hébergement et restauration,
trois secteurs, donc, qui vont être présentés par le ministère du Travail lors
de ces missions-là. Ils sont identifiés, Mme la députée, là, je veux vous
rassurer, là : tourisme, hébergement, restauration font
partie des
démarches à l'international de l'équipe du ministère du Travail pour aller
recruter, donc, des employés. En plus de la modification, là, des travailleurs
étrangers temporaires, comme vous le savez,
où, évidemment, maintenant, en tourisme, en hébergement, on peut faire appel à
ces travailleurs étrangers temporaires, formule simplifiée. Plutôt que
d'être un an, on peut être là pendant trois ans. Donc... et en plus des
campagnes de recrutement, là, du Conseil québécois des ressources humaines en
tourisme. Mais je pourrai revenir là-dessus.
Mme Rotiroti : Oui. Je comprends
qu'est-ce que vous dites, Mme la ministre, mais le gouvernement limite la
portée de son initiative à seulement six domaines d'activité qu'il juge
prioritaires pour l'attraction des personnes immigrantes en région. Alors, vous
comprenez que le fait que... Vous me dites : Le tourisme se retrouve
là-ded