House Proceedings — 28 February 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
2019-02-28
Quebec — Debates (Hansard)
Bien que
l'arrivée des nouvelles technologies représente un enjeu, relever des défis n'a jamais
été un obstacle, et livrer l'information est resté au coeur de leur engagement. Merci, Viva Média, pour vos 50 dernières
années de présence au sein de notre
communauté afin de témoigner de notre vitalité, de notre dynamisme et de nos
enjeux. Merci à tout le personnel
dirigeant et divers collaborateurs qui ont contribué à la pérennité du journal
et qui ont su poursuivre sa mission. Bonne continuité dans la diffusion
des nouvelles de notre région!
Le Vice-Président (M. Picard) : Merci,
Mme la députée. Pour la troisième déclaration, je cède la parole à M. le député
de Granby.
Bonnardel : Merci,
M. le Président. Aujourd'hui, j'ai l'immense plaisir de souligner le 80e anniversaire du
Club Kiwanis de Granby.
Fondé en 1939 par un groupe d'hommes d'affaires
incluant le bien connu ancien maire Horace Boivin, le Club Kiwanis de Granby s'implique depuis dans la communauté, et leurs
différentes actions dans notre collectivité ne se comptent plus. Il y a
une vingtaine d'années, le club a amassé les fonds nécessaires à l'achat de
quatre défibrillateurs cardiaques au bénéfice des ambulances
de Granby. Ils ont participé au démarrage de jardins communautaires de la Ferme Héritage Miner. Le club s'implique aussi
avec L'Association de la colonie de vacances de Granby pour
permettre à des jeunes défavorisés ou
malades de passer du temps dans un camp de vacances. Comme autre exemple de
financement, on peut penser au projet du Cercle des fermières, les
petits coeurs chauds, qui permet à des jeunes vivant en famille d'accueil d'avoir un objet bien à eux, soit une
doudou. Ils ont également été le principal contributeur de la chambre
blanche, au cégep de Granby, dédiée à la stimulation des enfants
autistes.
Je profite
donc, M. le Président, de ce moment pour souligner le travail de M.
Michael Drolet, président, ainsi que de l'ensemble des donateurs et bénévoles,
qui fait du Club Kiwanis de Granby un organisme qui fait la différence
dans la région. Merci pour tout. Et bon 80e anniversaire!
Le Vice-Président (M. Picard) : Merci,
M. le député. Je cède la parole à M. le député de Nelligan.
Derraji : Merci, M. le Président. La personnalité que je souhaiterais honorer aujourd'hui a débuté sa carrière philanthropique dès l'âge de 13 ans à l'Ouest-de-l'Île
de Montréal.
C'est vers
une carrière journalistique que la guideront ses premiers pas à la CBC, puis à West
Island Chronicle . 10 ans
plus tard et après une brillante carrière politique, elle rejoindra le
domaine de la santé publique. Ce sont 300 millions de dollars qu'elle réussira à récolter pour financer
l'édification du Centre universitaire de santé de McGill. Rassembleuse, ce ne sont pas moins de 10 000 personnes qu'elle fera converger
pour célébrer l'ouverture du nouvel hôpital en 2015. Elle deviendra la
présidente de sa fondation.
Aujourd'hui,
cette fière résidente de Nelligan figure parmi les 100 femmes les plus
influentes et puissantes du Canada.
Julie Quenneville considère que, lorsqu'une femme dirige une société, plus de
femmes accèdent à des postes de direction.
Lorsqu'une femme siège sur un conseil d'administration, l'organisme jouit d'une
palette de nouvelles options. Lorsqu'une
femme s'engage en politique, davantage de jeunes filles se rêvent en futures
leaders. Julie Quenneville, mes hommages!
Vice-Président (M. Picard) : Merci, M. le député. Merci. Je
cède maintenant la parole à M. le député d'Abitibi-Est.
M. Dufour : M. le Président, je suis
très fier de présenter aujourd'hui un couple d'exception de la ville de Val-d'Or,
dans la circonscription d'Abitibi-Est, soit M. Giuseppe Falvo et
Mme Caterina Mastroianni Falvo.
M. Falvo
est né le 24 juillet 1925 et a aujourd'hui 93 ans, tandis que
Mme Mastroianni est née le 4 janvier 1928, soit 91 ans. Depuis mardi de cette semaine,
ils célèbrent leur 70e anniversaire de mariage. Eh oui, vous avez bien entendu. Depuis le
26 février 1949, monsieur et madame ont uni leurs destinées pour le
meilleur.
Tous deux
natifs d'Italie, ils ont immigré à des intervalles différents une fois mariés.
M. Falvo a d'abord répondu présent pour venir travailler dans les
mines de l'Abitibi, en novembre 1953, tandis que Mme Mastroianni est venue
le rejoindre en 1956 avec leurs trois jeunes
enfants, tout en s'occupant du foyer familial. Une fois établis au Canada, la
cigogne passera deux autres fois. La
famille de cinq enfants, quatre garçons et une fille, permettra de s'agrandir
de six petits-enfants et de trois petits-enfants. Félicitations!
Le Vice-Président (M. Picard) :
Merci. Merci, M. le député. La prochaine déclaration, Mme la députée de
Repentigny.
Lavallée : Merci, M. le Président. En mon nom et au nom de tous les
députés de ma région, j'aimerais rendre hommage à La Sinfonia de
Lanaudière, qui célèbre cette année ses noces d'argent avec notre communauté.
Réputé pour sa très grande qualité artistique et
la diversité de son répertoire, l'ensemble a présenté plus de 500 concerts dans une quarantaine de villes,
faisant vibrer au-delà de 550 000 mélomanes. Avec passion et
engagement, La Sinfonia a su se tailler une place de choix sur la scène
culturelle lanaudoise et québécoise.
Merci à son fondateur, directeur artistique et
chef d'orchestre, M. Stéphane Laforest, ainsi qu'aux musiciens professionnels qui l'entourent de rendre
accessible la musique orchestrale par leurs propositions variées et
rassembleuses. Votre signature est
riche et unique. Elle contribue au rayonnement de tout un pan de notre culture
mais aussi d'une région qui est très fière de vous compter dans son
paysage musical. Merci beaucoup.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, Mme la députée. Je cède la parole
à M. le député de Drummond—Bois-Francs.
Schneeberger : Oui. Merci, M. le Président. Alors,
aujourd'hui, je veux rendre hommage à deux patineuses artistiques de ma
circonscription qui ouvrent la voie aux athlètes avec une intelligence
différente au Club de patinage artistique Élites sur glace Drummond—Saint-Cyrille.
Elles se nomment Kariane Provencher et Laurence Blondeau. Elles s'entraînent
sous la direction de Marie-Andrée Cloutier.
Laurence Blondeau a
été sélectionnée comme athlète féminine des Olympiques spéciaux sur l'équipe du
Québec en patinage artistique. À ce titre,
elle participe aujourd'hui même aux Jeux d'hiver du Canada à Red Deer, en
Alberta. Il y a trois ans, elle s'était classée troisième au pays aux Jeux d'hiver
d'Olympiques spéciaux Canada à Terre-Neuve-et-Labrador.
Laurence et Kariane
vont prendre part à la finale des Jeux olympiques spéciaux au Québec du 8 au
10 mars à Salaberry-de-Valleyfield.
véritable sens du sport de compétition, M. le Président, c'est de
faire des efforts pour donner son maximum. C'est ce que nous montrent
les athlètes des Olympiques spéciaux. Félicitations à Kariane et Laurence!
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, M. le député. Je cède la parole à M. le député de
Jonquière.
Gaudreault : Oui, merci, M. le Président. C'est avec beaucoup de fierté que je tiens à féliciter les joueurs de
l'équipe de football des Gaillards du cégep de Jonquière, qui ont décroché le
Bol d'or 2018 en novembre dernier.
Sachant
tout de suite s'imposer face à leurs adversaires, l'équipe des
Gaillards a fait vivre des moments inoubliables aux spectateurs en remportant la finale de saison. C'est d'ailleurs la
deuxième fois en trois ans que l'équipe remporte le Bol d'or : un grand
honneur pour notre région!
nos footballeurs des Gaillards, soyez fiers de vos efforts, de votre
dépassement de soi, de votre esprit d'équipe et de votre rigueur. Le football,
comme la politique, c'est un sport de grandes réussites et de grandes défaites,
mais ce que vous aurez appris dans cette aventure sera avec vous pour la
vie.
tiens également à souligner le
travail de ceux et celles qui travaillent dans l'ombre mais qui ont accompagné
dans cette grande réussite les joueurs.
Merci aux entraîneurs, aux parents, aux professeurs, aux soigneurs, qui ont
grandement contribué à leur victoire.
Bravo à nos athlètes des Gaillards! Vous êtes des
modèles pour tous et particulièrement pour les jeunes sportifs du
Québec. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, M. le député. Pour la prochaine déclaration, Mme
la députée de Verchères.
Dansereau : Merci, M. le Président. J'aimerais féliciter
M. Michel Robert pour ses 50 années au Service de la sécurité
incendie de la ville de Contrecoeur. Son dévouement auprès de la communauté est
remarquable.
M. Robert
a réalisé son rêve de devenir sapeur pompier à l'âge de 18 ans. Ce rêve
est vite devenu une mission pour lui.
Il a dû, à un certain moment, combiner son travail de pompier volontaire avec
sa vie familiale et son travail chez ArcelorMittal.
Sa discipline et la passion pour son métier l'ont motivé à être au service de
la population 365 jours par année.
M. Robert
prend son métier très à coeur. Son engagement et son courage méritent
grandement d'être soulignés aussi à
titre de premier répondant.
veux donc le remercier pour tout le
travail qu'il a fait à la ville de Contrecoeur. Encore une fois, toutes mes
félicitations, M. Robert, pour vos 50 ans de dévouement! Merci, M. le
Président.
Vice-Président (M. Picard) :
Merci, Mme la députée. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Mirabel.
Mme D'Amours : Merci, M.
le Président. Je veux profiter de
cette tribune pour féliciter Audrey Lamarche, une jeune femme de 17 ans de la circonscription
de Mirabel, pour son acte de bravoure accompli un matin de septembre 2018.
Ce jour-là, le
grand-père d'Audrey, Jean-Marc Lamarche, s'installe au volant de sa voiture
pour conduire sa petite-fille au cégep
lorsque soudainement il éprouve une
vive douleur à la poitrine. Audrey, démontrant une confiance et un calme
exemplaires, a rapidement reconnu les symptômes démontrés par son grand-père.
Il faut mentionner que le père d'Audrey,
lui-même un paramédic chez Urgences-Santé, a sensibilisé sa fille aux signes
avant-coureurs de l'AVC. En pleine
possession de ses moyens et se souvenant des judicieux conseils de son père,
elle a, sans hésiter, prodigué les premiers
soins à son grand-père, tout en appliquant les directives des services
d'urgence, et lui a ainsi, de fait, probablement sauvé la vie.
Audrey, ton geste
mérite d'être souligné. Nous espérons tous que Jean-Marc Lamarche est en bonne
voie de rétablissement et qu'il pourra continuer à profiter pleinement de la
vie. Merci, Audrey.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, Mme la députée. Cela met fin à la rubrique
Déclarations de députés.
Et je suspends les
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 52)
Le Président :
Je vous souhaite un bon jeudi à tous.
Mmes et MM. les
députés, nous allons nous recueillir quelques instants.
Je vous remercie. Veuillez
vous asseoir.
J'ai
le plaisir de souligner la présence, dans les tribunes, de l'ambassadeur de la
République du Bénin, Son Excellence M. René Koto Sounon, à l'occasion de
sa visite officielle. M. l'ambassadeur.
souligne également la présence de la consule générale du Royaume-Uni à
Montréal, Mme Chloë Jayne Adams, à l'occasion de sa visite de prise de
poste.
Et je souligne enfin
la présence, dans les tribunes, de M. Jean-Denis Girard, ancien député de Trois-Rivières.
Nous poursuivons les affaires
courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles.
À la rubrique
Présentation de projets de loi, M. le leader du troisième groupe d'opposition.
Nadeau-Dubois : Merci, M. le Président. Je vais vous demander d'appeler l'article a
du feuilleton, s'il
vous plaît.
Le Président :
À l'article a du feuilleton, M. le député de Jean-Lesage présente le projet
de loi n° 192, Loi visant à reconnaître
le serment des députés envers le peuple du Québec comme seul serment
obligatoire à leur entrée en fonction. M. le député.
Zanetti : Merci, M. le Président. Alors, ce projet de loi a pour objet de
reconnaître le serment des députés envers le peuple du Québec comme le
seul serment obligatoire à leur entrée en fonction.
projet de loi prévoit également que l'Assemblée
nationale établit le serment que
doivent prêter les députés afin de siéger et que l'Assemblée est seule
compétente pour désigner la personne qui peut recevoir ce serment.
Le Président :
Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi?
Le Président :
Adopté.
À la rubrique Dépôt
de documents, Mme la ministre de la Sécurité publique.
Mme Guilbault : Merci,
M. le Président. Permettez-moi de déposer
les versions française et anglaise de l'entente sur le financement des services policiers dans la communauté de Kahnawake
pour la période du 1er avril 2018 au 31 mars 2019. Merci,
M. le Président.
Le Président :
Ce document est déposé. Mme la ministre de la Justice.
LeBel : Merci, M. le Président. Avec votre permission, je vais déposer les rapports annuels 2017-2018 de l'Ordre
des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec ainsi que de
l'Ordre des médecins vétérinaires du Québec. Merci.
Le Président :
Ces documents sont déposés. Mme la ministre des Affaires municipales et de
l'Habitation.
Laforest : M. le Président, conformément à l'article 21.14 de la
Loi sur le ministère des Affaires municipales,
des Régions et de l'Occupation du territoire, je dépose le rapport annuel 2016 et ainsi que les états financiers au 31 décembre 2016
de l'Administration régionale Kativik. Merci, M. le Président.
Président : Ces documents
sont maintenant déposés. M.
le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité
sociale.
Boulet : M. le Président, permettez-moi de déposer le rapport
annuel de gestion 2017-2018
de la Commission des
partenaires du marché du travail. Merci, M. le Président.
Le Président :
Ce document est déposé.
Il n'y a pas de dépôt
de rapports de commissions.
À la rubrique Dépôt
de pétitions, M. le député de Jonquière.
Gaudreault : Oui. M. le Président, je dépose l'extrait d'une pétition
adressée à l'Assemblée nationale, signée par 355 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les
faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que les
changements apportés par la Société de transport du Saguenay au réseau de
transport en commun au Saguenay à partir du 9 avril 2018 ont
détérioré son efficacité;
«Considérant que des
trajets vers des quartiers ont été réduits ou supprimés;
«Considérant que ces
changements ont eu un effet négatif sur la clientèle, provoquant une diminution
de l'achalandage de 11,5 % au cours de l'année 2018;
«Considérant
que les citoyens [du] Saguenay, et en particulier les utilisateurs du transport
en commun, n'ont à peu près pas été consultés sur les changements
imposés au réseau;
«Considérant
que l'amélioration du transport en commun est un des moyens privilégiés pour
réduire la menace des changements climatiques en participant à la
réduction des gaz à effet de serre;
«Considérant
également le sous-financement du transport adapté;
«Considérant la très
grande superficie du territoire à couvrir;
«L'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons au gouvernement du Québec :
«1° de décréter, en vertu de son
article 4, que la
Loi sur le développement durable s'applique aux
municipalités du Québec [...] particulièrement à leur plan de
développement du transport en commun;
d'investir massivement dans l'amélioration du transport en commun en région,
pour y mettre en oeuvre une véritable politique de mobilité durable;
d'accroître les investissements à Saguenay pour conserver les services actuels
et bonifier l'offre de transport, notamment la fin de semaine.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Cet extrait de pétition est déposé. J'ai reçu une demande de M. le député de
Jonquière pour la présentation d'une pétition non conforme. Y a-t-il consentement
pour la présentation de cette pétition?
Des voix :
Consentement.
Le Président :
Consentement. M. le député.
M. Gaudreault :
Alors, prise deux, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée
à l'Assemblée nationale, signée par 4 310 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les
faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que les
changements apportés par la Société de transport du Saguenay au réseau de
transport en commun au Saguenay à partir du 9 avril 2018 ont
détérioré son efficacité;
«Considérant que des
trajets vers des quartiers ont été réduits ou supprimés;
«Considérant que ces
changements ont eu un effet négatif sur la clientèle, provoquant une diminution
de l'achalandage de 11,5 % au cours de l'année 2018;
«Considérant
que les citoyens de Saguenay, et en particulier les utilisateurs du transport
en commun, n'ont à peu près pas été consultés sur les changements
imposés au réseau;
«Considérant
que l'amélioration du transport en commun est un des moyens privilégiés pour
réduire la menace des changements climatiques en participant à la
réduction des gaz à effet de serre;
«Considérant
également le sous-financement du transport adapté;
«Considérant la très
grande superficie du territoire à couvrir;
«L'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons au gouvernement du Québec :
«1° de décréter, en vertu de son
article 4, que la
Loi sur le développement durable s'applique aux
municipalités du Québec et particulièrement à leur plan de développement
du transport en commun;
d'investir massivement dans l'amélioration du transport en commun en région,
pour y mettre en oeuvre une véritable politique de mobilité durable;
d'accroître les investissements à Saguenay pour conserver les services actuels
et bonifier l'offre de transport, notamment la fin de semaine.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition. Merci.
Le Président :
Cet extrait de pétition est maintenant déposé.
n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une
violation de droit ou de privilège.
J'ai
été avisé qu'après la période des questions et réponses orales il pourrait y
avoir un vote requérant l'approbation des
deux tiers des membres de l'Assemblée. Je vous avise également qu'après la
période de questions et réponses orales sera tenu le vote reporté sur la motion de M. le chef du deuxième groupe
d'opposition débattue hier aux affaires inscrites par les députés de
l'opposition.
Nous en sommes
maintenant à la période de questions et de réponses orales, et je cède la
parole au chef de l'opposition officielle.
Arcand : M. le
Président, le premier ministre a encore une fois refusé l'évidence hier. Il avait un choix devant
lui, soit gaspiller 19 millions de dollars ou investir 4 millions pour traiter rapidement
les 18 000 dossiers
d'immigration. Les experts, M. le Président, sont là-dessus unanimes.
Même après 20 ans de préparation, le premier ministre incarne toujours à
merveille l'improvisation de son gouvernement.
Malgré
son engagement de traiter les 18 000 dossiers d'immigration, il
préfère payer 19 millions pour les jeter à la poubelle.
Malgré ses belles paroles sur les lanceurs d'alerte, il
appuie le congédiement politique fait par son ministre de l'Agriculture. Après avoir déchiré sa chemise
sur le bordel informatique, il laisse son shérif se tourner les pouces dans son
bureau. Après avoir affirmé pendant des mois qu'il allait déchirer l'entente
avec les médecins, on sait que son ministre ne le fera pas. Sans parler
qu'il a littéralement leurré des milliers de personnes qui ont signé des
pétitions sur les trop-perçus
d'Hydro-Québec. Après nous avoir accusés de tous les torts, soudain le
mécanisme de remboursement que nous utilisons est rendu extraordinaire.
Est-ce que le premier ministre peut avouer à la
population qu'il est gêné de tous ces reculs et que, dans le cas des
trop-perçus, il n'a jamais eu l'intention de les rembourser?
Président : Je demanderais simplement de faire attention aux
mots utilisés, notamment «leurré», vous l'aurez compris. Alors, prudence
sur les propos tenus, s'il vous plaît. La réponse du premier ministre.
M. Legault : M. le Président, tous
les engagements qui ont été pris par la CAQ vont être respectés. Tous les
engagements vont être respectés. D'abord, on pourrait les prendre, là, il y en
avait plusieurs.
Les médecins.
Effectivement, l'ancien ministre de la Santé a donné 20 % de trop aux
médecins spécialistes. Sur une masse
salariale de 5 milliards, c'est 1 milliard de trop par année. Le
président du Conseil du trésor a réussi à s'entendre avec les médecins spécialistes pour faire une
étude. On va avoir le résultat au mois de juin, et, pour l'instant, les
indications qu'on a eues avec l'ICIS,
c'est que l'écart est toujours de 20 %. C'est de l'argent qui aurait pu
être investi pour soigner les
patients, pour ajouter du personnel dans les CHSLD, pour être capable de mieux
s'occuper de notre monde. L'ancien ministre de la Santé a préféré mieux
s'occuper des médecins spécialistes.
M. le
Président, maintenant, quand on parle d'immigration, 40 000 dossiers
qui sont en... 40 000 personnes qui sont en attente à Ottawa, 40 000 personnes et plus qui sont en
attente à Québec, c'est 80 000 personnes qui attendent à cause de l'ancien système, à cause de l'ancien
gouvernement. On va corriger cette situation, M. le Président, donnez-nous
un peu de temps. Il y a beaucoup de choses à corriger, mais le gouvernement va
le faire.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
M. Arcand : Dans le cas des médecins, on disait :
Déchirez l'entente, on va récupérer 1 milliard.
Vous nous avez habitués à toutes sortes de pirouettes idéologiques au
fil des ans, mais l'improvisation a assez duré. Dans le cas des trop-perçus d'Hydro-Québec, vous saviez très bien
que vous ne rembourseriez jamais ces trop-perçus d'Hydro-Québec.
M. le premier ministre, avez-vous induit la
population en erreur?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault : M. le Président, d'abord, si j'étais à la place
du chef de l'opposition officielle, je serais gêné d'avoir donné
1 milliard de dollars par année de trop aux médecins spécialistes. C'est
gênant. L'ancien gouvernement de médecins a donné de l'argent aux médecins
plutôt que de soigner les patients. Honte à l'ancien gouvernement!
M. le
Président, concernant les trop-perçus d'Hydro-Québec, l'ancien gouvernement a
trop perçu 1,5 milliard de dollars,
1,5 milliard de dollars entre autres, durant les deux premières années du
mandat libéral. On a eu des augmentations de tarif de 10 %. On ne
verra plus jamais ça avec un gouvernement de la CAQ, jamais.
Le Président : M. le chef de
l'opposition officielle, pour votre deuxième complémentaire.
M. Arcand : M. le
Président, la population
commence à déchanter. Tout ce que le premier
ministre sait faire, c'est attaquer le précédent gouvernement libéral, c'est attaquer le fédéral, c'est attaquer les autres provinces, c'est
attaquer les experts qui ne pensent pas comme lui, c'est même attaquer
les démarches judiciaires contre son gouvernement. C'est maintenant devenu la
marque de commerce.
Va-t-il enfin prendre ses responsabilités et se
comporter en premier ministre?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault : M. le
Président, hier, la Protectrice du citoyen a fait une proposition intéressante. Elle
a dit : Sur les 18 000 dossiers qui n'ont pas été traités
par l'ancien gouvernement libéral, vous devriez rembourser
14 300 dossiers et vous devriez traiter en
priorité les 3 700 dossiers de personnes qui sont déjà au Québec.
Savez-vous quoi? Dès que le projet de loi va être adopté, c'est exactement ce
qu'on va faire.
Le Président : Troisième
complémentaire.
Le Président : Votre
attention! M. le chef de l'opposition officielle.
M. Arcand : M. le Président,
que vaut vraiment la parole du premier ministre? Chaque jour, il dit une chose
et son contraire.
Le Président : S'il vous
plaît! M. le leader du gouvernement. M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, le règlement est très clair que,
dans cette Chambre, on ne peut pas dire... de ne pas prendre la parole donnée d'un élu. C'est la troisième fois, M.
le Président. Dans les trois précédentes questions, je ne me suis pas levé. Le chef de l'opposition
officielle, ça fait assez longtemps qu'il est ici, il connaît le règlement,
qu'il démontre un peu de respect pour le premier ministre du Québec.
Le Président : M. le leader
de l'opposition officielle.
Proulx : M. le Président, je porte à votre attention que ce qu'a fait le chef de l'opposition officielle, c'est de poser la question, pas de
l'affirmer.
Le Président : Je m'excuse...
M. le leader du gouvernement.
Jolin-Barrette : M. le Président, on ne peut pas faire indirectement ce qu'on ne peut pas faire directement, le leader de l'opposition
officielle le sait très bien. Pour la sérénité de nos débats, je demande au chef
de l'opposition officielle de s'élever dans la tenue de ses propos.
Président : Je vous
rappellerai qu'il faut prendre la parole des députés, vous connaissez cette règle. Je vous demande de faire...
de collaborer. Ça fait quelques fois, ce matin, sur des propos, des mentions.
Collaboration. Soyez prudents. Nous continuons la période des questions. Nous
en étions à M. le chef de l'opposition officielle.
Arcand : M. le Président, on a
le droit de se poser la question sur la parole du premier ministre. Chaque jour,
il dit une chose et son contraire.
Est-ce qu'il
n'est pas gêné, lui-même, d'avoir promis des choses avant la campagne
électorale, d'en promettre encore aujourd'hui et de ne pas respecter ses
engagements?
Le Président : M. le premier
ministre.
Legault : M. le Président, ce que les Québécois savent, c'est que
l'ancien gouvernement libéral avait promis de ne pas augmenter les tarifs de garderie, il a rompu sa promesse. Il
avait promis de ne pas augmenter les tarifs d'électricité de plus que l'inflation, il a rompu sa promesse.
Il avait promis de ne pas augmenter les taxes scolaires de plus que l'inflation,
il a rompu sa promesse. Nous, on va réduire
les taxes scolaires, on va remettre de l'argent dans les poches des familles
pour 1,7 milliard de dollars comme
promis. On a un gouvernement qui a juste une parole, ça fait très différent de
l'ancien gouvernement.
Le Président : Question
principale, Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Anglade : Alors, merci, M. le Président. Aujourd'hui marque le dernier
jour des consultations sur le projet de
loi sur l'immigration. Tout le monde est d'accord pour plus de régionalisation,
plus d'intégration, plus de francisation. Mais les gens, M. le Président, et notamment les milieux économiques,
sont très inquiets, et l'approche du ministre quant à son manque d'engagement clair pour le traitement
des 18 000 dossiers qui touchent 50 000 personnes, dont
plusieurs milliers
au Québec, suscite cette inquiétude. Un exemple, le Conseil du patronat nous
dit la chose suivante : «Nous ne comprenons pas pourquoi il n'y
aurait pas de CSQ émis [...] alors que le Québec peine à combler les
118 000 postes vacants et que des
projets d'investissement sont présentement mis en veilleuse...» Ceci est en
train de ralentir notre économie. Le ministre de l'Immigration ne semble
pas voir que les milieux économiques voient des choses quotidiennement sur le
terrain.
Est-ce
que le ministre de l'Immigration peut se lever pour nous dire s'il a même une
idée de la tendance du taux de chômage des immigrants 0-5 ans
présentement?
Le Président :
M. le ministre de l'Immigration.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, lorsqu'on se lève dans cette Chambre, il ne faut pas
faire uniquement des propos
sélectifs, parce que la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne a entendu aussi les acteurs du milieu
économique qui sont venus souligner
le fait que le gouvernement allait dans la bonne direction en faisant en sorte
d'arrimer les besoins du marché du travail avec le profil des candidats.
Honnêtement, on se retrouve dans une situation où le Conseil du patronat disait : «Les besoins du marché du
travail seront pris en compte ainsi que l'importance de la participation des nouveaux arrivants au dynamisme des régions. Pour
les employeurs, ceci représente une bonne nouvelle, car leur voix a été finalement entendue.» Alors, ça, c'est le
Conseil du patronat, par le biais du président-directeur général du Conseil
du patronat du Québec, Yves-Thomas Dorval.
Honnêtement,
M. le Président, on est en action, on répond à la demande des milieux
économiques, entre autres. On répond aussi à la réalité des personnes
immigrantes, parce que, M. le Président, la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne ne veut pas l'admettre, mais, durant
tout le règne libéral, on a négligé les personnes immigrantes. Moi, je suis tanné de cette façon de faire là. Je veux
qu'on accompagne mieux les personnes immigrantes. Je veux m'assurer que,
lorsqu'elles viennent au Québec, elles
puissent travailler dans un emploi à la hauteur de leurs compétences. Il me
semble que ce n'est pas très compliqué à comprendre, ça, mais, du côté
libéral, durant 15 ans, on a vécu leur incurie...
Le Président :
En terminant.
Jolin-Barrette : ...dans le régime de l'immigration. C'est terminé, je
vous le dis, ça va changer.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne. On s'adresse à
la présidence, bien sûr.
Anglade : M. le Président, heureusement, on n'a pas attendu le
ministre de l'Immigration pour voir des changements concrets sur le terrain. Lorsqu'on regarde la tendance, la
tendance lourde du taux de chômage des immigrants
0-5 ans, vous ne cessiez pas de dire que c'était du simple au double. Bien, je
vous présente ces chiffres-là. Vous
verrez que, depuis le mois d'août, le taux de chômage des immigrants
0-5 ans est passé de 13,2 %, jusqu'en janvier, à 7,9 %. C'est ça qui se passe sur le terrain
aujourd'hui. Et le 7,9 %, c'est mieux que ce que fait l'Ontario. Ça
devrait réjouir le premier ministre.
Que répond le
ministre de l'Immigration lorsqu'il voit ça? Il doit changer...
Le Président :
M. le ministre de l'Immigration.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, est-ce que la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne nie qu'encore le taux de chômage est plus élevé chez les personnes
immigrantes que chez la population native? Est-ce qu'elle le nie? C'est une
réalité que le taux de chômage est plus
élevé. Il n'est pas normal que le taux de chômage soit plus élevé chez les
personnes immigrantes depuis moins de
cinq ans. Pourquoi est-il plus élevé? Il est plus élevé parce qu'il n'y avait
pas d'accompagnement personnalisé des immigrants qu'on accueillait au
Québec.
Nous,
ce qu'on fait avec le projet de loi n° 9, on s'assure dès l'étranger de
déployer des ressources. On donne des outils
au ministère de l'Immigration pour offrir des services en matière d'intégration,
de francisation, en employabilité même aux immigrants qui sont en statut
temporaire. Honnêtement, si ce n'est pas s'occuper...
Le Président :
En terminant.
M. Jolin-Barrette : ...des personnes immigrantes pour s'assurer de leur insertion au
Québec, je me demande c'est quoi. On est dans l'action, vous ne l'avez
pas été.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Anglade : M. le Président, il dit tellement qu'on n'a pas été dans
l'action, alors que les taux de chômage sont en chute drastique
présentement. Quand il regarde les taux, il verrait, 7,9 %, c'est mieux
que l'Ontario.
point est le suivant : le monde économique change, mais la rigidité du
ministre de l'Immigration est remarquée partout, sur toutes les tribunes. Toutes les personnes qui sont venues
en commission parlementaire l'ont dit, l'ont répété, on ne comprend pas
la rigidité du ministre de l'Immigration.
La question est claire : Est-ce que,
oui ou non, il va traiter l'ensemble des 18 000 dossiers, pas forcément parce que c'est la bonne
chose à faire, parce que le milieu économique...
Le Président :
M. le ministre de l'Immigration.
Jolin-Barrette : M. le Président, parlons de rigidité : rigidité
dans les consultations dans les commissions parlementaires,
rigidité ici, au salon bleu, quand vient le temps d'adopter un principe sur un
projet de loi qui est fondamental, sur
le vote aux deux tiers pour l'UPAC, pour nos institutions, rigidité du Parti
libéral à comprendre le message qui leur a été envoyé par les Québécois. Nous, ce qu'on fait avec le projet de loi,
c'est de s'assurer d'avoir une meilleure adéquation. Pourquoi être fermé? Je vais déposer une motion
tout à l'heure qui demande au gouvernement de traiter les
3 700 dossiers qui étaient
présents au Québec de façon prioritaire dans le nouveau système Arrima. Vous
m'avez dit : Je vous tends la main. À mon tour de vous tendre la
main. Allez-vous accepter la motion pour qu'on puisse faire en sorte...
Le Président :
En terminant.
M. Jolin-Barrette : ...de traiter prioritairement ces personnes-là qui pourraient se
trouver au Québec? J'attends votre réponse.
Le Président :
Question principale, Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
En parlant de rigidité, M. le Président, on pourrait parler de la rigidité avec
les maternelles quatre ans n'importe où,
n'importe comment. Depuis plusieurs mois, le réseau de l'éducation le dit, le
répète, on n'a pas d'espace pour
accueillir les maternelles quatre ans. Le ministre accuse tout le monde qui
pose des questions sur la faisabilité de manquer d'ambition. Des projets
déjà autorisés par le gouvernement doivent être modifiés afin de répondre à l'obsession du premier ministre : la
maternelle quatre ans coûte que coûte, à n'importe quel prix, même si c'est le
gros prix, même si ça veut dire que
certains projets devront être tassés pour faire place aux maternelles quatre
ans. M. le Président, j'ai ici le PQI
modifié à la demande du ministre de l'Éducation pour faire place aux
maternelles quatre ans. C'est simple, ça passe du simple au double.
4 millions? Bien non! On a besoin de quatre maternelles quatre ans, c'est
rendu 8 millions.
Est-ce que
le ministre de l'Éducation peut nous dire s'il a un plan? Est-ce que
le ministre de l'Éducation peut aussi
nous faire la démonstration qu'il sait compter?
Président : On demande le dépôt du document. C'est accepté?
Document déposé. M. le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement
supérieur.
Roberge : Merci bien, M. le Président. Je pense que ma collègue fait
référence à un
article publié par TVA ce matin sur la commission
scolaire de Laval. Je veux remercier la commission scolaire de Laval et
plusieurs autres commissions scolaires pour
leur excellente collaboration dans le dossier des maternelles quatre ans. Je
leur ai fait parvenir une lettre,
plusieurs lettres. On a eu des échanges. On a eu des conférences téléphoniques,
des dialogues, des discussions. Et ce
qu'on voit, c'est que la commission scolaire de Laval, comme d'autres, accepte
la proposition. Ils y croient, à la maternelle
quatre ans. Exactement comme je leur avais demandé de le faire, ils amendent
leurs projets de construction qui
avaient déjà été déposés en 2016 ou en 2017, des projets qui sont à l'étape des
plans et devis, pour dire : Bien, on ne va pas inaugurer dans quelques
mois une école trop petite, bien non, on va tout de suite améliorer le projet,
s'assurer qu'on ajoute deux classes,
trois classes pour accueillir davantage de préscolaire. Moi, je trouve que
c'est du gros bon sens. C'est excellent. C'est une bonne façon de faire
et c'est une planification qui est saine.
Alors,
évidemment, ce n'est pas gratuit, construire une école, évidemment ce n'est pas
gratuit, construire des classes. Cependant, les enfants de quatre ans, s'ils ne vont pas à
la maternelle quatre ans, il faudrait qu'ils aillent ailleurs dans le réseau.
Le Président :
En terminant.
M. Roberge : Mais ce n'est pas
gratuit non plus, une place en CPE ou dans une autre installation.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Saint-Laurent.
Rizqy : Je prends note que
le ministre de l'Éducation dit que les commissions scolaires font du bon travail. J'en suis très
contente. Maintenant, si on revient, là, dans ce magnifique document, l'école
Vimont-Auteuil, elle est attendue par les
citoyens depuis longtemps pour le primaire, de première année à sixième année.
Est-ce que le ministre est en train
de dire que ça se peut que l'école ne soit plus en moyen de livrer cette classe
parce qu'on a tellement des besoins de maternelles quatre ans?
Est-ce que le
ministre de l'Éducation peut nous mettre des garanties que tous les projets
actuels pour les besoins réels et urgents vont être concrétisés pour la
rentrée scolaire de 2019?
Le Président : M. le ministre
de l'Enseignement et de l'Éducation supérieure.
M. Roberge :
Bien, M. le Président, contrairement au gouvernement précédent, on va avoir des
belles écoles. On va agrandir nos
écoles pour répondre aux besoins. C'est vrai que, dans certaines commissions
scolaires, pas partout, on manque de
locaux en ce moment, notamment à Marguerite-Bourgeoys, à Pointe-de-l'Île. C'est
vrai, dans certains secteurs à Laval,
ça déborde parce que, dans les années précédentes, non seulement ils ne les ont
pas rénovées ou entretenues, ils ne les
ont pas non plus agrandies, les écoles. Ils n'en ont pas construit de
nouvelles. Ils ont refusé des demandes d'agrandissement, des demandes de
construction.
Alors, on va
être en mode rattrapage, on va agrandir, on va construire. Il y aura de la
place, évidemment, pour des maternelles quatre ans, mais aussi pour les
jeunes du secondaire, pour les jeunes du primaire...
Le Président : En terminant.
M. Roberge : ...on aura de belles
écoles suffisamment grandes pour donner un service de qualité.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Saint-Laurent.
Rizqy : M. le Président, quand on ajoute des classes de maternelle
quatre ans, ça prend des corridors, ça prend
de l'espace supplémentaire, ça prend un stationnement. Bref, ce plan, juste
pour une commission scolaire, celle de Laval, c'est 80 millions de
dollars additionnels. Il y a 72 commissions scolaires au Québec.
Combien que
ça va coûter? Est-ce qu'on peut mettre plus d'argent dans les services et moins
dans du béton, moins dans de la brique, s'il vous plaît?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur.
M. Roberge : M. le Président, en
tout respect, il ne faut pas mélanger les dépenses d'opération courantes et le PQI. On va en parler dans les prochaines
semaines, quand il y aura le dépôt du budget, c'est deux choses différentes.
Et, oui, il y aura des ajouts de services professionnels, pas seulement pour
les gens du préscolaire, il y aura davantage de conseillers d'orientation, davantage de gens qui vont aider nos
enseignants à aider nos enfants à réussir parce qu'on veut qu'ils réussissent pour vrai. On ne veut pas
gonfler artificiellement les notes, on veut leur donner le sentiment d'avoir
relevé le défi, d'avoir décroché un vrai
diplôme. Et, pour ça, on le sait, que ça prend des investissements. C'est pour
ça qu'on considère l'éducation comme un investissement.
Le Président : Question
principale, Mme la députée de Sherbrooke.
Labrie : Merci, M. le Président. Ce matin, on a enfin commencé à savoir
combien l'obsession du ministre de
l'Éducation risque de coûter aux Québécois. 80 millions de dollars, c'est
ce que ça coûterait, seulement à la commission scolaire de Laval, pour les maternelles quatre ans. Ça va coûter des
milliards. À des endroits comme à Montréal,
le coût des
terrains va faire exploser les coûts. C'est des milliards de dollars que le ministre de l'Éducation veut dépenser pour faire entrer des
nouveaux élèves, alors qu'on est loin, très loin de répondre aux besoins des
élèves qui y sont déjà.
À
titre de
rappel, le ministre s'est aussi engagé à améliorer les conditions de
travail des enseignants, des spécialistes, du personnel de soutien, à améliorer
les services aux élèves, à maintenir le financement des écoles qui ont perdu
leur indice de défavorisation, à
donner une heure d'activité parascolaire à tous les élèves et à mettre à niveau
les infrastructures. Tout ça a aussi un coût.
Quelle est la priorité du ministre : sauver
la face du premier ministre qui a joué son siège sur la maternelle quatre ans ou répondre aux besoins des enfants qui
sont déjà dans le réseau de l'éducation et qui lancent des appels à l'aide?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur.
Roberge : M. le Président, je veux rassurer ma collègue.
Effectivement, ce n'est pas gratuit de donner des services de qualité. Effectivement, ça va coûter
de l'argent pour améliorer les services qu'on donne, autant au préscolaire,
au primaire, au secondaire. Par contre, on va bien administrer cet argent-là.
On ne sera pas dépensier, parce qu'il ne faut
pas que l'argent se perde en bureaucratie, il ne faut pas que l'argent se perde
dans des structures. Il faut que l'argent aille dans les écoles puis il faut que les gens qui vont prendre des
décisions, c'est ceux et celles qui connaissent les élèves par leurs noms. C'est comme ça que l'argent sera
le mieux investi, le mieux dépensé, pour ajouter des services directs
aux élèves.
80 millions dont on parle, auquel on fait référence pour la commission
scolaire de Laval, ce n'est pas seulement pour la maternelle quatre ans, mais ce n'est pas de l'argent non plus
qui est alloué, qui est dépensé. Ce sont les demandes de la commission
scolaire de Laval dans le PQI, qui visent, oui, à agrandir des écoles et à
faire de la place pour des maternelles
quatre ans, mais qui visent aussi à rajouter d'autres services, d'autres locaux
pour les services de garde, améliorer l'école, pour avoir de belles
écoles.
Moi, je ne trouve
pas que c'est une mauvaise idée de faire des demandes qui permettent
d'améliorer notre parc d'écoles, parce que, oui, on veut que nos
jeunes...
Le Président : En terminant.
M. Roberge : ...et les gens qui
travaillent dans les écoles aient un environnement sain.
Le Président : M. le leader
du troisième groupe d'opposition.
Nadeau-Dubois : Le ministre devrait demander à son collègue du Trésor
une question... il devrait lui poser une question très simple :
L'argent, là, est-ce que c'est infini? Je pense que la réponse, ce serait non.
Le Président : S'il vous
plaît!
M. Nadeau-Dubois : Il faut donc
faire des choix, et, pendant...
Le Président : S'il vous
plaît!
M. Nadeau-Dubois : ...qu'il vide la
caisse pour réaliser son...
Le Président : Non, je
m'excuse. Je vous demande, s'il vous plaît, votre attention.
Président : Non, ce n'est pas complété. Vous savez, le temps
passe, on est en période de questions, je vous demande...
Président : S'il vous plaît! Je vous demande d'être attentifs.
M. le leader de l'opposition officielle, on poursuit.
Nadeau-Dubois : Pendant que le ministre vide la caisse pour réaliser
son obsession des maternelles quatre ans, il y a un papa d'une petite fille de huit ans
qui lance un cri d'alarme aujourd'hui. Ça va peut-être faire un peu moins rigoler de la part du gouvernement. Je le cite et je dépose sa lettre : «Je
tiens pour responsable la CAQ de s'obstiner à mettre en place leur
projet de maternelle quatre ans envers et contre tout, alors que l'urgence est maintenant...»
Le Président :
Consentement pour déposer le document? Y a-t-il consentement? Consentement.
M. le ministre de
l'Éducation et de l'Enseignement supérieur.
M. Roberge :
Bien, j'ai bien hâte, M. le Président, de lire cette lettre parce que, manifestement,
peut-être que l'enfant de ce papa-là n'a pas
eu les services auxquels il avait droit ces dernières années, et ça, c'est loin
d'être drôle quand on n'a pas les
services nécessaires pour notre enfant. J'ai eu, dans ma classe, quand
j'enseignais, à de nombreuses reprises, à faire face à des parents qui étaient tannés d'être sur des listes
d'attente, qui voulaient des services pour aider leurs enfants à réussir, qui étaient obligés d'aller au privé pour
avoir des diagnostics. On veut s'attaquer à ça. On veut améliorer les services. On le fait en travaillant
ensemble : Famille, Santé, Éducation. Je sais, on n'est pas habitués de
voir ça, mais il faut s'habituer. On va travailler en équipe...
Le Président :
En terminant.
M. Roberge :
...au service des Québécois et de la réussite scolaire.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le leader du troisième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois :
En effet, il la lira, la lettre, parce que l'enfant en question a fréquenté une
maternelle quatre ans. Il la lira, la
lettre. Pendant que le ministre agit avec la délicatesse d'un bulldozer, là, il
y a des gens dans le réseau qui lancent des appels à l'aide. Je dépose une
deuxième lettre signée par des parents de Montréal qui disent que, suite
à la révision des indices de défavorisation, il y a des coupures qui s'en
viennent dans les écoles.
y a quelques mois ici, le ministre s'est engagé à ce qu'il n'y ait pas de
coupure de services. Trois mois plus tard, on est au même point. Est-ce
qu'il peut reprendre cet engagement ici et maintenant?
Le Président :
Consentement pour le dépôt de document? Consentement.
M. le ministre de l'Éducation
et de l'Enseignement supérieur.
M. Roberge :
M. le Président, on approche du moment du budget. Évidemment, les oppositions
voudraient qu'on mette sur la table
toutes les mesures tout de suite, mais ce n'est pas comme ça que ça fonctionne.
Je pense qu'on peut être confiants
dans la capacité de ce gouvernement à mettre de l'avant les services aux
élèves, et non pas les structures, et non pas la bureaucratie, à écouter la voix des parents, à écouter la voix
des enseignants et de tous ceux et celles qui rendent des services dans nos écoles primaires et
secondaires à tous les jours. On ne pourra pas tout faire tout de suite la
première année, mais on a un plan
ambitieux pour nos écoles. On a un plan ambitieux pour la réussite de nos
jeunes puis on veut les aider à développer leur plein potentiel.
Le Président :
En terminant.
M. Roberge :
Ça va se manifester dans le budget, mais il faut être patient.
Le Président :
Question principale, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Bérubé :
M. le Président, au rythme où vont les choses, bientôt, le gouvernement de la
CAQ aura brisé davantage d'engagements qu'il
aura traité de dossiers en immigration. Les reculs de ce gouvernement sont
quotidiens.
Dans le scandale des
trop-perçus d'Hydro-Québec, le premier ministre en a sorti une bonne hier. Il a
dit que les promesses faites avant la
campagne électorale ne comptent pas, ce n'est pas une priorité pour les
Québécois. Mais, si
on donne le choix aux Québécois entre se faire rembourser l'argent qu'ils se
sont fait voler, 1,7 milliard, puis ne pas se faire rembourser, je pense qu'ils vont prendre de
se faire rembourser. Le gouvernement a fait des pétitions, a posé des questions. Il était fâché, là. Je me souviens du
premier ministre. Ce n'est pas compliqué, 1,7 milliard de trop-perçus, les Québécois
peuvent-u choisir à quelle cause ils vont contribuer? Là, ils ont fait une
contribution involontaire. Alors, ils veulent être remboursés. Et c'est
ce qu'on demande. Il y a beaucoup d'argent en jeu.
Lorsque
le gouvernement était dans l'opposition, ils avaient fait
une pétition qui disait : Libéraux, remboursez. Mais, aujourd'hui,
je dis : Caquistes, remboursez.
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault :
M. le Président, pendant les 15 années libérales, les trop-perçus d'Hydro-Québec
se sont élevés à peu près à 1,5 milliard. Ce qu'on a proposé durant la campagne électorale, c'est de remettre 1,7 milliard dans les poches des familles en baissant les taxes
scolaires et en augmentant le crédit d'impôt pour le deuxième et le troisième enfant. C'est ce qu'on a
promis, c'est ce qu'on va faire.
Maintenant,
ce qui est moins clair, c'est que le Parti
québécois était contre le fait qu'on
remette de l'argent dans le portefeuille des Québécois. Il disait que c'était impossible, c'était de la
magie. On ne pouvait pas remettre un sou dans le portefeuille des Québécois. Aujourd'hui, le même Parti
québécois vient nous dire : 1,5 milliard? Remettez ça aux Québécois. Où suggère-t-il qu'on le prenne, le 1,5 milliard? Parce que nous, on va respecter notre engagement
de 1,7 milliard. S'il faut
ajouter 1,5 milliard, où propose-t-il de le prendre?
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Bérubé : Ça va le suivre longtemps, M. le Président, je vous le garantis. Dans l'opposition, le premier
ministre disait : Les libéraux contournaient l'esprit de la loi,
détournement de l'argent des consommateurs, taxes déguisées. Aujourd'hui, le premier ministre, il dit quoi quand il rembourse 50 %? C'est-u comme une demi-taxe déguisée, une
moitié de détournement de l'argent
des contribuables, un contournement inachevé de l'esprit de la loi? Il a pris
un engagement, il ne le tient pas.
Qu'il
dise donc aux Québécois qu'il n'est pas capable de répondre à l'engagement
qu'il a pris pour se faire élire, puis là il est prêt à faire bien des
affaires pour rester au pouvoir.
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault :
M. le Président, on aura tout vu! Ce matin, on a Québec solidaire qui nous
accuse de trop dépenser en éducation puis on a le Parti québécois qui
nous accuse de ne pas remettre assez d'argent dans le portefeuille des Québécois. Je ne le sais pas, là, mais il me
semble que ce n'était pas tout à fait ce qu'on a entendu durant la campagne
électorale.
Ce que je peux dire
au chef de la deuxième opposition, c'est que, sous notre gouvernement, jamais
les tarifs d'électricité ne vont augmenter de plus que l'inflation. Jamais. Ça
n'a pas été le cas avec le Parti libéral. Durant les deux premières années, ça a augmenté de 10 %. Avec nous, ça sera
maximum l'inflation, c'est promis. Puis ça sera une promesse tenue.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Bérubé :
Ce n'est pas le sujet de la question. 1,7 milliard de trop-perçus, qu'il
les rembourse. C'est ça que les Québécois veulent.
J'ai
une liste pour lui. Enquête sur les contrats informatiques, nominations
partisanes, salaires des médecins, OGM, éthique et culture religieuse, publicités gouvernementales, dérives
sectaires, CSSS du Centre-du-Québec et, maintenant, trop-perçus. Ça,
c'est 10 engagements d'une longue liste qu'il décide de ne pas tenir.
C'est quoi, la
différence entre lui puis le Parti libéral?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault :
M. le Président...
Le Président :
S'il vous plaît!
M. Legault :
...tous les engagements qui ont été pris par la CAQ durant la campagne
électorale seront respectés. J'ai
hâte au 21 mars, j'ai très hâte au 21 mars. Notre ministre, notre
extraordinaire ministre des Finances, va déposer un bon budget, un bon budget qui va commencer à
remplir les engagements. Puis regardez-nous bien aller sur quatre ans,
tous les engagements vont être tenus.
Le Président : Question
principale, M. le député de La Pinière.
M. Barrette :
M. le Président, il s'est vanté d'avoir lui-même congédié un lanceur d'alerte
et il a changé plusieurs fois sa
version. Il a insulté les fonctionnaires de l'État. Il a balayé du revers de la
main, il y a une semaine, la proposition de l'UPA sur les pesticides.
M. le Président, le ministre de l'Agriculture a
aussi la responsabilité de s'assurer que ce qu'il y a dans notre assiette ne nous empoisonne pas, et qu'est-ce
qu'on constate aujourd'hui? Il a empoisonné le climat de son ministère, du
ministère de l'Environnement et finalement
de celui de tout le gouvernement. Ce matin, M. le Président, à l'enquête
de la Protectrice du citoyen s'ajoute
une poursuite en diffamation pour congédiement illégal et abusif, et ce n'est
peut-être même pas la dernière poursuite, M. le Président, mais c'est
certainement la goutte qui fait déborder le vase.
Est-ce que le
ministre de l'Agriculture pourrait avoir la sagesse de se retirer le temps que
ces nombreux démêlés judiciaires et administratifs soient conclus?
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, le député de La Pinière
fait référence à un acte de procédure judiciaire qui a été présenté devant la cour. Je lui rappellerais
notre règlement ici, à l'Assemblée nationale, 35.3°. Vous savez, on ne peut
pas parler d'une affaire qui est devant la
justice. Le député de La Pinière connaît le règlement, il a été ministre
de la Santé. Il a siégé dans cette
Assemblée durant quatre années ici. Alors, on se retrouve dans une situation où
il demanderait au ministre de l'Agriculture de commenter sur une
procédure judiciaire.
Et, vous
savez, le ministre de l'Agriculture exerce son travail avec célérité. Son
engagement envers l'agriculture québécoise est profond. Et il va
continuer d'exercer ses fonctions parce qu'il a la confiance du gouvernement,
parce qu'il s'assure, dans le domaine de
l'agriculture, d'agir là où le Parti libéral n'a pas agi durant 15 ans, et
surtout lorsque vous avez mis à mal le ministère de l'Agriculture durant
ces 15 dernières années là. Il y a du leadership au niveau du ministère de
l'Agriculture, enfin, parce que ça fait très longtemps qu'il n'y en avait pas
Alors, M. le
Président, vous conviendrez avec moi que la question du député de La Pinière porte sur les procédures judiciaires, puis
on ne peut pas aborder cette question-là ici, en cette Chambre.
Le Président : M. le leader
de l'opposition officielle, oui.
M. Proulx : M. le
Président, oui, parce que le leader
du gouvernement a invoqué le règlement. Peut-être,
pour son bénéfice, M. le Président, l'article 35.3° dit et 35.4° dit qu'il faut
travailler effectivement à l'intérieur d'une certaine limite lorsqu'il est
question d'un dossier judiciaire. Ce que le collègue a
demandé, c'est s'il était pour se retirer. Il a fait une allusion aux faits. Cette poursuite-là, elle
est dans les médias, elle est connue. Il n'a pas traité du fond, il ne le fera
pas dans sa question.
Président : Vous avez
la réponse. Je pense que, dans ce dossier-là, on n'est pas allé au
coeur de l'affaire. C'est une affaire
civile. On peut en parler, mais on ne peut pas aller au coeur des choses. Je pense
que la réponse a été dite. On poursuit avec le député de La Pinière.
M. Barrette : Franchement, M. le Président, c'est certainement le premier ministre qui, ce matin, est content. Il voulait
créer des jobs à 25 $ de l'heure, il en crée à 250 $ de l'heure pour
payer des avocats qui vont aller réparer les dommages causés...
Le Président : S'il vous
plaît!
M. Barrette : ...par ses
ministres brouillons, M. le Président.
Le Président : Non, non.
Continuez, M. le député. Je ne me suis pas levé. Vous êtes assis...
M. Barrette : Bien, je pense
que vous étiez debout, là, mais ce n'est pas grave.
Le Président : Bien, on a
partagé le siège et le debout.
M. Barrette : Alors, M. le
Président, si la tendance se maintient, il va tellement y avoir de poursuites à
ce gouvernement-là qu'il va falloir ouvrir une succursale du salon bleu à la
Cour supérieure du Québec.
Est-ce que le président du Conseil du trésor...
a-t-il prévu un budget spécial pour couvrir les frais croissants engendrés par
ses collègues ministres...
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, on ne qualifiera pas les
propos ici, en cette Chambre, du ministre
de la Santé. Cela étant dit...
M. Jolin-Barrette : L'ancien ministre
de la Santé.
Président : Non, non, non! Là, écoutez, le brouhaha, le bruit,
non! Pas les applaudissements non plus! Alors, je vous demande encore une fois votre collaboration. Nous poursuivons.
La parole appartient au leader du gouvernement, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, je voulais dire le député
de La Pinière, parce que j'ai tellement été habitué
de le voir longtemps dans ce poste-là, alors qu'il aurait peut-être dû changer
de poste bien avant.
Le Président : Encore une
fois, s'il vous plaît!
Président : Non, écoutez,
là, c'est la troisième fois. Est-ce que je peux vous rappeler encore une fois, en ce jeudi, qu'on est
attentif, qu'on collabore, que la parole appartient à celui qui est debout, à
celle qui est debout, tant pour la question que pour la réponse? Alors,
on poursuit, M. le leader du gouvernement. Votre attention.
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, vous savez, lorsqu'on
propose des réformes au sein de l'État québécois, il
faut avoir du courage pour le faire.
Ça, ça veut dire que, parfois, le gouvernement
du Québec sera attaqué devant les
tribunaux. Il est légitime pour les gens de s'adresser aux libéraux...
Le Président : En terminant.
M. Jolin-Barrette : ...et de faire
en sorte de faire valoir leurs droits, mais nous serons présents pour défendre
l'intérêt...
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de La Pinière.
M. Barrette : M. le
Président, le ministre de l'Agriculture coûte cher, et il va probablement coûter plus cher. Le ministre
de l'Immigration coûte cher, et il va
sûrement coûter plus cher face à son irritabilité. M. le Président, on parle ici de dépenses de fonds publics qui sont fondamentalement
évitables et inutiles.
M. le Président, qui va mettre de l'ordre là-dedans et renverser cette tendance? Est-ce que
le président du Conseil du trésor
peut nous dire quand, pour lui, ça va être assez et quand il va mettre un plafond à son
budget de dépenses inutiles?
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, en termes de saine gestion des fonds
publics, on n'a pas de leçons à
recevoir du député de
La Pinière. Il a conféré 1 milliard de trop aux médecins spécialistes à l'époque où il était ministre de la Santé. Son gouvernement a fait en sorte de donner beaucoup
trop d'argent aux médecins, alors que, partout dans le réseau de la santé, il y a
des besoins, alors qu'il ne voulait pas donner deux bains par semaine aux gens
dans les CHSLD, alors que...
Le Président : M. le leader
de l'opposition officielle.
M. Proulx : M. le
Président, je veux bien, là, il
impute des motifs, il invoque le règlement, il ne répond même pas à la question de
règlement. C'est pour tout le monde. 79 le lui demande.
Le Président : M. le leader
du gouvernement, poursuivez votre réponse.
M. Jolin-Barrette : Merci, M. le Président. Je suis en train de
répondre à la question. On me parle de gestion des fonds publics, alors
qu'à l'époque où le député de La Pinière était ministre de la Santé
c'était un bar ouvert pour les médecins spécialistes.
Honnêtement,
nous, on va s'occuper des gens, on va donner des services à la population. Puis
je ne peux pas vous dire le nombre...
Le Président : En terminant.
M. Jolin-Barrette : ...de personnes que j'ai rencontrées dans mon
bureau de comté, les quatre dernières années, qui se font fait couper
des services.
Le Président : Question
principale, M. le député de Jean-Lesage.
M. Zanetti :
Merci, M. le Président. En décembre dernier, j'ai demandé au ministre des
Transports de me trouver un seul
argument pour le troisième lien. Il n'a pas été capable. Je lui ai demandé
ensuite de me nommer un seul expert en
faveur du troisième lien. Il n'a pas été capable. On trouve que les masques
tombent et que, là, on réalise finalement que ce projet-là, c'était un slogan
électoral. Aujourd'hui, on apprend que ce même gouvernement ne veut même pas
entretenir et faire des rénovations urgentes sur le pont de Québec.
Alors, c'est quoi, le plan? Est-ce que c'est de
laisser dépérir le pont pour trouver enfin un argument pour le troisième lien?
Le Président : M. le ministre
des Transports.
M. Bonnardel : M.
le Président, ce deuxième lien, le pont de Québec, est extrêmement important
pour les automobilistes. Il y a plus de
30 000 automobilistes qui l'utilisent à tous les jours. On a vu
jusqu'à quel point le premier, le deuxième
lien, le pont Pierre-Laporte et le pont de Québec, sont importants quand on
doit malheureusement les fermer. De là l'importance d'un futur troisième
lien pour la mobilité, pour la sécurité.
Maintenant,
on doit investir près de 200 millions de dollars, dans les prochaines
années, pour ce tablier, le tablier du
pont, du pont de Québec, et, en 2014, le gouvernement de l'époque avait signé
une entente, si je peux le dire ainsi, avec
le gouvernement fédéral pour investir à peu près 25 millions de dollars.
Cinq ans plus tard, les demandes du fédéral pour peinturer ce pont sont
à la hauteur de 150 millions à 200 millions de dollars.
Alors, vous
comprendrez que, pour nous, la sécurité est importante. Ce pont est
sécuritaire. Pour nous, ce tablier qu'on doit refaire est important. Et
on va se concentrer, présentement, avec nos négociations avec le fédéral, pour
le tramway de Québec. C'est notre priorité.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Jean-Lesage.
M. Zanetti :
On voit qu'il est beaucoup plus facile de mettre 4 à 10 milliards sur un
éventuel troisième lien qui ne sert à rien que sur des réparations urgentes.
Mais, on va se le dire, là, à Québec, ce n'est pas tout le monde qui est pour
le troisième lien, et on va vous le prouver le 13 mars prochain avec un
rassemblement au D'Auteuil contre le troisième lien. Et d'ailleurs, bien,
j'invite le ministre, s'il accepte, à venir à cette rencontre pour écouter les
opposants au projet.
Est-ce que le ministre va venir à notre
rassemblement?
Président : M. le ministre des Transports.
M. Bonnardel :
M. le Président, on a dû fermer cet hiver quatre fois le pont de Québec et le
pont Pierre-Laporte dû à des
situations climatiques extrêmement difficiles, de là l'importance de ce
troisième lien pour la mobilité, la sécurité, mobilité des marchandises et des usagers. Je le répète, l'entente de
l'époque invoquait, demandait que le gouvernement provincial injecte
25 millions de dollars pour la peinture du pont de Québec. Ce que le
fédéral nous demande aujourd'hui, c'est 150 à 200 millions de
dollars. C'est une somme extrêmement importante. On doit investir, avant toute
chose, 200 millions sur le tablier du
pont. C'est là-dessus qu'on va se concentrer et sur nos négociations pour le
tramway de Québec.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Jean-Lesage.
M. Zanetti :
Un bilan initial de la Santé publique a démontré cette semaine que les voitures
étaient la principale source de
pollution dans Limoilou et les quartiers centraux. Le ministre s'obstine encore
à faire un troisième lien à l'est et à ajouter des milliers de voitures
sur les routes de Beauport et Limoilou.
Est-ce
qu'on peut au moins avoir un engagement du ministre qu'il arrête de niaiser
avec Ottawa puis qu'il confirme que les fonds seront présents pour le
tramway à Québec dans le prochain budget?
Le Président :
M. le ministre des Transports.
M. Bonnardel :
...pour le député, si je l'écoutais, là, s'il y avait juste 100 % de
véhicules électriques sur ce troisième lien, il ne serait pas content, il y
aurait juste du transport en commun, il ne serait pas content.
lui dis une chose : pour l'aspect sécurité, pour ce projet important pour
tout l'est du Québec, ce troisième lien, l'engagement que le premier ministre a pris, que notre gouvernement a
pris, on va dire présent, d'ici la prochaine élection, pour une première pelletée de terre pour ce
troisième lien. Mais, au-delà de toute chose, M. le Président, on va investir
200 millions de dollars pour le tablier
du pont, c'est ce qui est important pour la sécurité de ce pont de Québec, et
continuer nos négociations pour réaliser le projet structurant de la
ville de Québec avant toute chose.
Le Président :
Question principale, monsieur... Là, vous choisissez. M. le député de
Laval-des-Rapides.
M. Polo :
Merci beaucoup, M. le Président. La députée de Saint-Hyacinthe, en avril 2017,
disait la chose suivante : «...une
entreprise privée qui surfacturerait ses clients, [...]fait face à deux
possibilités : soit l'entreprise est malhonnête, soit l'entreprise s'est trompée de bonne foi. Si
l'entreprise s'est trompée, il y a une seule chose à faire : elle fait
parvenir un chèque accompagné d'une lettre d'excuse.»
le Président, depuis qu'Hydro-Québec a annoncé des surplus records, les
Québécois constatent sur ce dossier que
le premier ministre les prend de haut
et fait preuve de suffisance. Il a été démontré que le premier ministre a joué sur les mots pour se
défiler de cette fausse promesse qu'il a faite aux Québécois
en leur faisant miroiter un remboursement de 1,5 milliard sur leurs
factures d'électricité.
l'époque, ils ont décrié notre position. Aujourd'hui, ils maintiennent
notre solution. Mais ce qui est insultant, c'est qu'ils ont le culot de revenir sur leur parole. Soyez courageux et
admettez aux Québécois que vous les avez dupés. Faites comme
votre député de Saint-Hyacinthe le suggérait à l'époque, remboursez et
excusez-vous.
Est-ce que
le ministre de l'Énergie va assumer ses responsabilités? Respectez votre
parole et envoyez la directive à Hydro-Québec de rembourser les Québécois.
Président : Je vous
demande encore d'être prudent dans les propos. Ce n'est pas la première fois ce
matin. Duper les Québécois?
Faites attention à vos... à la façon de dire et de vous exprimer, s'il vous plaît. La réponse, M. le ministre de l'Énergie et des Ressources
naturelles.
M. Julien : Oui, merci, M. le Président. Écoutez, il
ne faut pas être gêné pour dire ce que mon collègue vient de dire, de
dire qu'on va appliquer la solution du Parti libéral. Mais non, ce n'est pas ça
qu'on fait du tout, là. Il y a un mécanisme
d'écart de rendement qui a été mis en place en 2014 et, pendant des années, le Parti libéral a refusé, a refusé d'appliquer le mécanisme d'écart de rendement
qui, pourtant, avait été adopté et approuvé. Et, nous, ce qu'on dit...
Premièrement,
on dit deux choses. On dit : Dorénavant, là, l'augmentation tarifaire d'Hydro-Québec, ça ne sera jamais au-delà,
jamais au-delà de l'inflation. Ça, c'est la première chose qu'on confirme. La
deuxième chose, c'est qu'on va toujours appliquer,
toujours appliquer le mécanisme d'écart de rendement. Ce mécanisme d'écart de
rendement, qu'est-ce qu'il fait? C'est quand le rendement est supérieur à Hydro-Québec
que celui autorisé par la régie. Le premier 100 points de base est partagé avec Hydro-Québec et les
contribuables, et tous les points de base supplémentaire, 75 % pour
les contribuables, 25 % pour Hydro-Québec.
Le Président :
En terminant.
M. Julien :
Et ça, le Parti libéral ne l'a pas appliqué, ne l'a pas appliqué, a gardé
toutes les sommes. Et nous, on ne le fera pas.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de...
Le Président :
S'il vous plaît! Le député de Laval-des-Rapides, la parole vous appartient.
M. Polo :
M. le Président, nous apprenions hier que des élus du gouvernement ont un
malaise face au recul sans scrupule
de leur chef sur le dossier des trop-perçus d'Hydro-Québec. Le Journal de
Québec d'hier a rapporté des propos d'élus du gouvernement qui vivent mal avec ce revirement inexplicable.
On dit : «On ne paraît pas bien, je ne suis pas à l'aise. On disait
que c'est de l'argent volé, et là on dit que c'est correct[...]. On mérite
certainement quelques claques médiatiques.»
Comment
le ministre de l'Énergie peut-il expliquer aux Québécois et à tous ses
collègues ce revirement et cette volte-face sans honte aux Québécois?
Le Président :
M. le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles.
M. Julien :
M. le Président, honnêtement, mon collègue, s'il y a un malaise à y avoir, là,
il devrait être de sa part, de
n'avoir pas appliqué, quand ils étaient au gouvernement, le mécanisme d'écart
de rendement. Ça, ce serait un vrai malaise.
y a un mécanisme en place, un mécanisme qui existe, qui est très précis.
Hydro-Québec propose, et la Régie de l'énergie vient statuer en réalité sur un taux de rendement
attendu. Aussitôt qu'il y a un écart de rendement sur le taux de rendement attendu, les 100 premiers points de
base partagés 50-50, tous les points de base supplémentaires, 75-25. Et n'oublions pas que, dans les 15 dernières
années, quatre fois l'écart de rendement était négatif, et, quand l'écart de
rendement est négatif, est assumé en totalité...
Le Président :
En terminant.
M. Julien :
...par la société d'État. Donc, c'est un bon mécanisme, et on va l'appliquer toujours.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de D'Arcy-McGee.
Le Président :
En principale? Question principale, M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum : M. le Président, Nakuset, de la nation crie est la directrice du
Foyer pour femmes autochtones de Montréal. Elle accompagne et conseille des femmes des Premières Nations et des communautés inuites avec un dévouement et une
détermination remarquable.
femmes se trouvent à Montréal, souvent sans abri, victimes de la violence conjugale, prises avec de graves problèmes de toxicomanie. Trois de ces femmes ont péri au mois de janvier
sans avoir même été admises pour le traitement. Plus qu'une fois, elles se trouvaient victimes du racisme,
d'incompréhension et du rejet. Les listes d'attente pour les femmes
autochtones ne cessent pas de s'allonger.
Est-ce que
la ministre responsable des Affaires autochtones est au courant de la
crise à Montréal et ailleurs au Québec et de son ampleur? Comment est-ce
qu'elle va intervenir?
Le Président :
Mme la ministre responsable des Affaires autochtones.
Mme D'Amours : Merci, M. le
Président. Je remercie mon collègue pour sa question.
Effectivement,
c'est un cri du coeur que les femmes ont lancé. J'ai déjà d'ailleurs signé un
protocole d'entente pour que la
maison pour les femmes autochtones reçoive un montant considérable afin d'aider
les femmes autochtones qui sont dans
un milieu urbain, donc Montréal. J'ai aussi, par le fait même, contacté la
présidente. On doit se rencontrer incessamment. J'ai parlé aussi à
Mme Viviane pour qu'elle puisse me «feeder» sur tout ce qui se passe au
niveau des femmes autochtones.
J'ai quelques informations, mais j'aimerais
absolument avoir tous les détails qui vont être à sa convenance, qu'ils vont me donner. Je sais aussi qu'il va y
avoir deux rapports qui vont être déposés, celui en mai pour l'enquête nationale du fédéral et, au mois de septembre, de
la commission du juge Viens, et je suis en attente de ces deux rapports-là...
Le Président : En terminant.
Mme D'Amours : ...pour faire le
nécessaire afin que les femmes autochtones puissent avoir de l'aide.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum :
Il n'y avait que 29 mots, «29 words», dans le discours inaugural du
premier ministre, au sujet du peuple
autochtone qui partage avec nous le territoire du Québec. 29 mots au sujet
de leurs immenses préoccupations ainsi que leur immense potentiel de
s'épanouir davantage, de bâtir ensemble avec nous.
M. le
Président, comment est-ce que la ministre va convaincre son premier ministre de
bâtir un vrai partenariat avec nos concitoyens autochtones?
Le Président : Mme la
ministre responsable des Affaires autochtones.
Mme D'Amours :
M. le Président, je rassure mon collègue que le premier ministre a une
attention particulière pour les peuples autochtones parce que, le 16
novembre dernier, on a eu une rencontre avec tous les grands chefs des 11 nations qui étaient... La réunion, c'était à
Wendake, et, le 16 novembre dernier, M. le Président, le premier ministre
a mentionné à toutes les nations que son but
était de travailler de nation à nation. On leur a proposé des mécanismes de
travail. Ils sont en train de
travailler avec le gouvernement afin qu'on puisse s'entendre sur combien de
tables de travail nous devons faire. Il y a un travail qui est déjà fait
depuis le 16 novembre dernier.
Le Président : Cela met fin à
la période de questions et de réponses orales. Merci.
Le Vice-Président (M. Picard) :
À la rubrique Votes reportés, comme annoncé précédemment, nous allons
maintenant procéder au vote reporté sur la motion de M. le chef du deuxième
groupe d'opposition débattue hier aux Affaires inscrites par les députés de
l'opposition, qui se lit comme suit :
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement d'abolir le cours d'éthique et
[de] culture religieuse.»
Que les députés en faveur de cette motion
veuillent bien se lever.
Le Secrétaire adjoint : M. Bérubé (Matane-Matapédia), M. Ouellet
(René-Lévesque), M. LeBel (Rimouski), Mme Hivon (Joliette),
Mme Richard (Duplessis), M. Roy (Bonaventure), M. Gaudreault
(Jonquière), Mme Fournier (Marie-Victorin), M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine), Mme Perry Mélançon (Gaspé).
Le Vice-Président
(M. Picard) : Que les députés contre cette motion veuillent bien
se lever.
Le Secrétaire adjoint : M. Legault
(L'Assomption), M. Jolin-Barrette (Borduas), Mme Guilbault
(Louis-Hébert), M. Laframboise
(Blainville), Mme D'Amours (Mirabel), Mme Chassé (Châteauguay), M. Girard
(Groulx), Mme McCann (Sanguinet), M. Fitzgibbon (Terrebonne),
Mme Roy (Montarville), M. Lemay (Masson), M. Simard
(Montmorency), Mme Lavallée (Repentigny), M. Martel
(Nicolet-Bécancour), M. Roberge (Chambly), Mme LeBel (Champlain), M. Bonnardel
(Granby), M. Lévesque (Chauveau), Mme Lachance (Bellechasse),
M. Charette (Deux-Montagnes), M. Lamontagne
(Johnson), M. Carmant (Taillon), Mme Blais (Prévost), M. Caire
(La Peltrie), M. Lefebvre (Arthabaska), M. Dubé
(La Prairie), Mme Laforest (Chicoutimi), Mme Rouleau
(Pointe-aux-Trembles), M. Skeete (Sainte-Rose), Mme Hébert (Saint-François), M. Dufour (Abitibi-Est),
M. Lacombe (Papineau), Mme Proulx (Berthier), Mme Charest
(Brome-Missisquoi),
M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), Mme Girault (Bertrand), M. Julien
(Charlesbourg), M. Boulet (Trois-Rivières), M. Lafrenière
(Vachon), M. Poulin (Beauce-Sud), M. Émond (Richelieu),
M. Bachand (Richmond),
Mme IsaBelle (Huntingdon), Mme Foster (Charlevoix—Côte-de-Beaupré), M. Bélanger (Orford),
Mme Picard (Soulanges),
Mme Jeannotte (Labelle), M. Tardif (Rivière-du-Loup—Témiscouata), M. Reid (Beauharnois), Mme Dansereau (Verchères), M. Thouin
(Rousseau), M. Tremblay (Dubuc), Mme Blais (Abitibi-Ouest),
M. Campeau (Bourget),
Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice), M. Caron (Portneuf), Mme Grondin (Argenteuil),
Mme Lecours (Les Plaines),
M. Lemieux (Saint-Jean), Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac),
M. Lamothe (Ungava), M. Allaire (Maskinongé),
Mme Guillemette (Roberval), M. Provençal (Beauce-Nord),
M. Jacques (Mégantic), M. Girard (Lac-Saint-Jean).
M. Arcand
(Mont-Royal—Outremont),
M. Proulx (Jean-Talon), M. Leitão (Robert-Baldwin), M. Barrette (La Pinière), Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel), M. Birnbaum (D'Arcy-McGee),
Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce), M. Tanguay
(LaFontaine), Mme David (Marguerite-Bourgeoys), M. Rousselle
(Vimont), Mme Montpetit (Maurice-Richard), Mme Melançon (Verdun), Mme Ménard (Laporte), Mme Anglade
(Saint-Henri—Sainte-Anne),
Mme Nichols (Vaudreuil), Mme Charbonneau (Mille-Îles),
Mme Robitaille (Bourassa-Sauvé), M. Kelley (Jacques-Cartier),
Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis),
M. Benjamin (Viau), M. Derraji (Nelligan), M. Polo
(Laval-des-Rapides), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger), Mme Sauvé (Fabre), Mme Rizqy (Saint-Laurent),
M. Ciccone (Marquette).
Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques), M. Nadeau-Dubois (Gouin),
Mme Labrie (Sherbrooke), M. Fontecilla (Laurier-Dorion), Mme Ghazal (Mercier), M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve), Mme Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda—Témiscamingue),
Mme Dorion (Taschereau).
M. Ouellette
(Chomedey).
Le Vice-Président
(M. Picard) : Y a-t-il des abstentions? M. le secrétaire.
Secrétaire : Pour : 10
Le Vice-Président
(M. Picard) : La motion est rejetée.
À la rubrique
Motions sans préavis, je reconnais M. le premier ministre.
M. Legault : Merci, M. le Président. Je
propose, après consultation auprès des partis d'opposition et du député
indépendant :
«Que, conformément
aux articles 58 et 58.3 de la Charte des droits et libertés de la personne
(chapitre C-12), Me Philippe-André
Tessier, membre et président par intérim de la Commission des droits de la
personne et des droits de la jeunesse,
soit nommé membre et président de la Commission des droits de la personne et
des droits de la jeunesse pour un mandat de cinq ans à compter des
présentes.»
Le Vice-Président (M. Picard) : Merci. Je
rappelle aux membres de l'Assemblée que, pour être adoptée, cette motion doit être approuvée par au moins les deux
tiers des membres de l'Assemblée. Elle doit donc être suivie d'un vote par
appel nominal.
Je mets aux voix la
motion de M. le premier ministre telle que lue précédemment. Que les députés en
faveur veuillent bien se lever.
Le Secrétaire adjoint : M. Legault (L'Assomption),
M. Jolin-Barrette (Borduas), Mme Guilbault (Louis-Hébert), M. Laframboise (Blainville),
Mme D'Amours (Mirabel), Mme Chassé (Châteauguay), M. Girard
(Groulx), Mme McCann (Sanguinet), M. Fitzgibbon (Terrebonne),
Mme Roy (Montarville), M. Lemay (Masson), M. Simard
(Montmorency), Mme Lavallée (Repentigny),
M. Martel (Nicolet-Bécancour), M. Roberge (Chambly), Mme LeBel
(Champlain), M. Bonnardel (Granby), M. Lévesque (Chauveau),
Mme Lachance (Bellechasse), M. Charette (Deux-Montagnes), M. Lamontagne (Johnson), M. Carmant
(Taillon), Mme Blais (Prévost), M. Caire (La Peltrie),
M. Lefebvre (Arthabaska), M. Dubé (La Prairie),
Mme Laforest (Chicoutimi), Mme Rouleau (Pointe-aux-Trembles),
M. Skeete (Sainte-Rose), Mme Hébert
(Saint-François), M. Dufour (Abitibi-Est), M. Lacombe (Papineau),
Mme Proulx (Berthier), Mme Charest (Brome-Missisquoi), M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), Mme Girault (Bertrand),
M. Julien (Charlesbourg), M. Boulet (Trois-Rivières),
M. Lafrenière (Vachon), M. Poulin (Beauce-Sud), M. Émond
(Richelieu), M. Bachand (Richmond), Mme IsaBelle
(Huntingdon), Mme Foster (Charlevoix—Côte-de-Beaupré), M. Bélanger (Orford),
Mme Picard (Soulanges),
Mme Jeannotte (Labelle), M. Tardif (Rivière-du-Loup—Témiscouata), M. Reid (Beauharnois),
Mme Dansereau (Verchères), M. Thouin (Rousseau), M. Tremblay
(Dubuc), Mme Blais (Abitibi-Ouest), M. Campeau (Bourget), Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice),
M. Caron (Portneuf), Mme Grondin (Argenteuil), Mme Lecours
(Les Plaines), M. Lemieux (Saint-Jean), Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac), M. Lamothe (Ungava), M. Allaire (Maskinongé),
Mme Guillemette (Roberval), M. Provençal (Beauce-Nord),
M. Jacques (Mégantic), M. Girard (Lac-Saint-Jean).
M. Arcand
(Mont-Royal—Outremont),
M. Proulx (Jean-Talon), M. Leitão (Robert-Baldwin), M. Barrette (La Pinière), Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel), M. Birnbaum (D'Arcy-McGee),
Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce), M. Tanguay
(LaFontaine), Mme David (Marguerite-Bourgeoys), M. Rousselle
(Vimont), Mme Montpetit (Maurice-Richard), Mme Melançon (Verdun), Mme Ménard (Laporte), Mme Anglade
(Saint-Henri—Sainte-Anne),
Mme Nichols (Vaudreuil), Mme Charbonneau (Mille-Îles),
Mme Robitaille (Bourassa-Sauvé), M. Kelley (Jacques-Cartier),
Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis),
M. Benjamin (Viau), M. Derraji (Nelligan), M. Polo (Laval-des-Rapides),
Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger), Mme Sauvé (Fabre), Mme Rizqy (Saint-Laurent),
M. Ciccone (Marquette).
M. Bérubé
(Matane-Matapédia), M. Ouellet (René-Lévesque), M. LeBel (Rimouski),
Mme Hivon (Joliette), Mme Richard
(Duplessis), M. Roy (Bonaventure), M. Gaudreault (Jonquière),
Mme Fournier (Marie-Victorin), M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine), Mme Perry Mélançon (Gaspé).
M. Ouellette
(Chomedey).
Le Vice-Président (M. Picard) : Que les députés
contre cette motion veuillent bien se lever. Y a-t-il des abstentions?
Le Secrétaire adjoint : Mme Massé
(Sainte-Marie—Saint-Jacques),
M. Nadeau-Dubois (Gouin), Mme Labrie (Sherbrooke), M. Fontecilla (Laurier-Dorion), Mme Ghazal (Mercier),
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve), Mme Lessard-Therrien
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue),
Mme Dorion (Taschereau).
Le Vice-Président
(M. Picard) : M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 103
Contre :
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci. La motion est adoptée.
Toujours à la rubrique Motions sans préavis, en fonction de
nos règles et de l'ordre de présentation des motions sans préavis, je
reconnais maintenant un membre du troisième groupe d'opposition. Mme la députée
de Sherbrooke.
Mme Labrie : M. le Président, je demande le
consentement de la Chambre pour débattre de la motion suivante
conjointement avec le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement
supérieur — parce
que parfois on est d'accord :
«Que l'Assemblée nationale reconnaisse la pertinence du
cours d'éthique et culture religieuse dans la formation des jeunes
Québécois et Québécoises;
«Que l'Assemblée nationale réitère son appui aux principes
fondateurs de ce programme, soit "la poursuite du bien commun et la
reconnaissance de l'autre";
«Que l'Assemblée nationale reconnaisse que ces principes
sont conformes aux valeurs québécoises de démocratie, de vivre-ensemble
et de laïcité des institutions;
«Que l'Assemblée nationale demande au gouvernement de
procéder à une révision de ce programme, afin notamment de favoriser davantage la réflexion critique à
l'égard des pratiques religieuses, de faire une place appropriée aux positions
athéistes et agnostiques et d'éviter la
présence de stéréotypes culturels et sexistes dans le matériel pédagogique.»
Merci.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de
cette motion?
Schneeberger :
Oui. M. le Président, il y a consentement pour un débat de deux minutes, par
ordre suivant : la députée de Sherbrooke, le ministre de l'Éducation. Je
n'ai pas les députés du Parti libéral et le député du Parti québécois.
Le Vice-Président
(M. Picard) : M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Ouellet :
Pas de consentement, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Pas de consentement.
Le Vice-Président (M. Picard) : S'il vous plaît!
Maintenant, un membre du groupe formant le gouvernement. M. le ministre de l'Immigration, de la Diversité et de
l'Inclusion.
Jolin-Barrette : Merci, M. le Président. Je demande le consentement
pour déposer la motion suivante :
«Que l'Assemblée nationale rappelle que près de 3 700
demandes de certificat de sélection du Québec en attente d'une décision dans le cadre du Programme régulier
des travailleurs qualifiés ont été présentées avant le 2 août 2018 alors
que ces demandeurs se trouvaient sur le territoire québécois;
«Que l'Assemblée nationale réaffirme
que les demandeurs de ses 3 700 dossiers pourraient se trouver encore sur
le territoire québécois, être en emploi et répondre aux besoins du marché du
travail;
«Que l'Assemblée nationale demande au gouvernement d'inviter
par le nouveau système Arrima ces candidats à l'immigration qui n'auront pas fait l'objet d'une décision avant
l'adoption du projet de loi n° 9, Loi visant à accroître la prospérité socio-économique du Québec et à
répondre adéquatement aux besoins du marché du travail par une intégration
réussie des personnes immigrantes, et de
traiter leur demande de façon prioritaire, et ce dès la sanction de ce projet
de loi.» Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Le Vice-Président
(M. Picard) : Oui, M. le...
Le Vice-Président
(M. Picard) : Pas de consentement. Je suis maintenant prêt à
reconnaître...
Le Vice-Président (M. Picard) : S'il vous
plaît! Je suis maintenant prêt à reconnaître un membre du groupe formant
l'opposition officielle. Mme la députée de Marguerite-Bourgeoys.
David : Merci, M. le Président. Je
sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante
conjointement avec la ministre responsable de la Condition féminine, la députée de Marie-Victorin,
la députée de Sherbrooke et le député de Chomedey :
«Que
l'Assemblée nationale souligne la Journée internationale des femmes qui aura
lieu le 8 mars [prochain];
«Qu'elle
rappelle et reconnaisse l'importance des acquis obtenus grâce à la
détermination inspirante de générations de féministes derrière nous;
«Qu'elle profite de cette occasion pour réitérer
que l'égalité entre les femmes et les hommes est une valeur fondamentale de la société québécoise et rappeler
que ce principe d'égalité est consacré dans la charte québécoise des
droits et libertés de la personne depuis 2008;
«Qu'elle
profite de cette occasion pour souligner l'importance d'apporter le soutien
nécessaire aux femmes de toutes conditions sociales, culturelles et
économiques;
«Qu'elle soit
particulièrement sensible à la vulnérabilité des femmes en situation de
détresse ou d'itinérance, sans oublier nos concitoyennes des Premières
Nations et des communautés inuits;
«Qu'enfin,
elle rappelle que malgré les progrès, la célébration de cette journée demeure une
nécessité dans le combat vers l'égalité de fait.»
Vice-Président (M. Picard) : Merci, Mme la députée. Est-ce qu'il y a
consentement pour débattre de cette motion?
Schneeberger :
Oui. M. le Président, il y a consentement pour un débat de deux minutes par
intervenant, dans l'ordre suivant : la députée de
Marguerite-Bourgeoys, la ministre responsable de la Condition féminine, la
députée de Marie-Victorin et la députée de Sherbrooke.
Vice-Président (M. Picard) : Merci. Je comprends qu'il y a entente
pour un débat de deux minutes. Je cède maintenant la parole à Mme la
députée de Marguerite-Bourgeoys.
David : Merci, M. le Président. De Marie Gérin-Lajoie, qui, dès le
début du XXe siècle, a mené de nombreux combats féministes, à Thérèse Casgrain
et Idola Saint-Jean, qui ont mené celui du droit de vote des femmes au Québec, puis à Maggie MacDonnell, qui, en 2017,
s'est mérité l'immense honneur d'être nommée la meilleure enseignante au monde en travaillant dans une école de Salluit,
dans le Grand Nord, auprès d'élèves qui, trop souvent, vivent des abus sexuels et des grossesses précoces dans un
contexte de grande détresse sociale, tout un siècle donc de femmes engagées
qui ont courageusement tracé le chemin pour faire avancer la cause des femmes.
En ce jour,
où on célébrera les femmes partout sur la planète, le Québec peut être fier du
chemin parcouru, mais on ne peut passer sous silence la grande souffrance de
trop nombreuses femmes dans notre société, pourtant dite privilégiée. Que l'on pense aux femmes qui
travaillent très fort à prendre soin de nos enfants, de nos aînés, de nos
malades, à celles qui s'épuisent à concilier travail et famille, aux
femmes qui combattent anxiété et dépression, aux femmes en situation d'itinérance, aux femmes des minorités
racisées, qui, trop souvent, peinent à se trouver un emploi selon leurs compétences, à toutes ces
jeunes filles souffrant de troubles alimentaires, et j'en passe, nous devons,
comme élues, comme femmes
parlementaires, comme mères ou grand-mères, continuer à nous mobiliser pour
aider nos concitoyennes à profiter des remarquables avancées en matière
de condition féminine. Cette Journée internationale des femmes nous rappelle à chaque année que nous avons non seulement un
devoir de mémoire envers celles qui ont mené avant nous de durs combats pour l'égalité et la justice sociale, mais qu'il
nous reste encore à nous, élues femmes, au Parlement, de vraies batailles
à mener pour assurer à toutes les femmes du
Québec une qualité de vie personnelle et professionnelle à la hauteur du Québec
prospère et juste que nous souhaitons tous et toutes.
suis fière de faire
partie d'une législature où les femmes sont nombreuses et
où elles occupent des fonctions et responsabilités
importantes, et ce, dans tous les partis. Faisons en sorte que le Québec
continue à être un modèle d'audace et de courage au féminin. Merci
beaucoup, M. le Président.
Vice-Président (M. Picard) : Merci. Je cède maintenant la parole à Mme
la ministre de la Condition féminine.
Charest : Pour souligner la Journée internationale des femmes, je veux
réitérer l'importance du travail accompli par les femmes ici et ailleurs
dans le monde pour l'atteinte de l'égalité.
Depuis que les femmes
ont obtenu le droit de vote en 1940, des gains importants ont été réalisés. Ici
même, à l'Assemblée nationale, 42 % des
sièges sont occupés par des femmes. Ce n'est pas un mince accomplissement. Il
faut donc profiter de cette journée pour souligner l'importance de ces
gains et célébrer ces acquis.
tant que ministre responsable de la Condition féminine, je vais tout faire pour favoriser la contribution sociale, civique, économique et professionnelle des femmes au
développement du Québec. J'espère pouvoir inspirer les femmes à s'accomplir. Comme ex-athlète qui a évolué dans un
monde où les hommes sont largement majoritaires, je veux être un exemple et montrer aux femmes qu'aujourd'hui tout
est possible. Ensemble, nous parviendrons à faire tomber les barrières
et les contraintes auxquelles les femmes
sont encore trop souvent confrontées. Je souhaite une excellente Journée
internationale des femmes à toutes.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de
Marie-Victorin.
Fournier : Merci, M. le Président. Officialisée par
l'Organisation des Nations unies en 1977, la Journée internationale des femmes trouve son origine dans
les luttes des milliers d'ouvrières et suffragettes du début XXe siècle
qui ont lutté afin d'obtenir de meilleures conditions de travail ainsi qu'un
droit fondamental, celui de pouvoir voter.
prévision du 8 mars prochain, prenons un moment pour nous rappeler le mois
de décembre 1961, alors que la
première députée, Marie-Claire Kirkland-Casgrain, fut élue ici, au Parlement.
Elle fut ensuite nommée au Conseil des ministres
en 1962. Pendant les quatre décennies subséquentes, la présence féminine à
l'Assemblée nationale et au sein du
Conseil exécutif a marqué des progrès majeurs. Rappelons ainsi le mois de
septembre 2012, alors qu'un nouveau jalon historique fut posé avec
l'élection de Pauline Marois, première première ministre du Québec élue sous la
bannière du Parti québécois. Par leur
engagement, ces femmes ont inspiré des milliers d'autres à s'engager à leur
tour et à prendre la parole afin de faire entendre leurs voix, que ce
soit au sein de leurs communautés ou dans les instances politiques, comme mes collègues et moi le faisons chaque jour.
Eh oui! soulignons que nous sommes plus nombreuses que jamais à siéger
ici, à l'Assemblée nationale.
La Journée
internationale des femmes est, comme mes collègues l'ont rappelé, une journée
où on se doit de souligner le progrès vers
l'égalité entre les hommes et les femmes ainsi que de s'assurer de ne pas
reculer en matière de droits. C'est
aussi l'occasion de faire le bilan sur la situation sociale des femmes. En
2019, à l'occasion de cette journée, l'ONU
exhorte leaders et activistes à penser équitablement, bâtir intelligemment et
innover pour le changement en mettant en
lumière les services publics, la sécurité de revenu, les espaces sécurisés et
la technologie pour faire avancer la situation des femmes et des filles. Je ne peux qu'entendre ce message et inviter
mes collègues à en être les porteurs et porteuses. Les travaux domestiques et les soins non rémunérés
qu'effectuent les femmes équivalent à 2,6 fois ceux des hommes. Par
ailleurs, seulement 41 % des mères de
nouveau-nés bénéficient de prestations de maternité dans le monde. Une femme
sur trois aura vraisemblablement à faire
face à des actes de violence au cours de sa vie, et pourtant les services
publics, la planification urbaine et
les systèmes de transport sont rarement pensés en y intégrant la problématique
de sécurité et de la mobilité des
femmes. C'est donc l'occasion de mettre l'accent sur l'innovation en plaçant au
centre de la réflexion sur l'égalité des sexes et l'autonomisation des
femmes au Québec... mais également à l'échelle mondiale.
concluant, j'en profite pour réitérer le symbolisme de cette journée et
l'importance de la recentrer vers les droits ainsi que les revendications sociales et politiques des femmes. En ce
sens, j'invite le gouvernement à considérer sérieusement la proposition
du Collectif 8 mars d'en revoir l'appellation en la nommant de
manière plus appropriée Journée internationale
des droits des femmes. Il est primordial de ramener au centre de cette journée
les revendications telles que l'équité
salariale, les congés pour responsabilités familiales, la situation des femmes
autochtones, l'accès aux postes des décisions,
la violence conjugale et sexuelle et tant d'autres enjeux affectant directement
les femmes. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, Mme la députée. Je reconnais
maintenant Mme la députée de Sherbrooke.
Labrie : Merci, M. le Président. Il me fait plaisir de me lever dans
cette Chambre pour saluer et souligner la Journée internationale des femmes.
C'est important que, chaque année, on se rappelle collectivement les longs
combats menés par les femmes pour leurs
droits et que ces droits sont encore fragiles. Simone de Beauvoir disait :
«N'oubliez jamais qu'il suffira d'une
crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient
remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis.»
Dans
les dernières années, les multiples scandales d'agression, de violence sexuelle
non dénoncée et le mouvement #moiaussi
nous ont rappelé que, malgré les apparences, la sécurité et l'intégrité des
femmes sont souvent compromises encore
aujourd'hui, encore plus pour les femmes avec un handicap, les femmes racisées
et les femmes autochtones, par exemple.
En ce moment même, on se penche encore,
en 2019, sur l'équité salariale, qui n'est toujours pas atteinte. Il faut
donc rester unis et il faut rassembler nos alliés pour poursuivre nos multiples
combats.
Le thème de la journée du 8 mars cette année,
c'est Le respect . Donc, je fais un appel à ce que chacun et chacune
d'entre nous se rappellent que le respect, ça se manifeste par l'ouverture à
l'autre et l'ouverture au dialogue. C'est fondamental aussi que chacun et
chacune d'entre nous se lèvent pour dénoncer toute situation
d'intolérance ou d'abus. Comme les femmes se sont, historiquement,
levées pour faire respecter leurs droits, il faut tous et toutes se lever
lorsqu'on constate que ces droits sont brimés. Merci.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, Mme la députée.
Est-ce que cette
motion est adoptée?
Le Vice-Président
(M. Picard) : Adopté. M. le leader de l'opposition.
Proulx : Oui. M. le Président, vu l'importance de la motion, je vous demanderais de procéder par
un appel nominal, s'il vous plaît.
Vice-Président (M. Picard) :
Nous allons maintenant procéder à la mise aux voix de la motion
présentée par Mme la députée de Marguerite-Bourgeoys. Que les députés en
faveur de cette motion veuillent bien se lever.
Le Secrétaire adjoint : M. Arcand (Mont-Royal—Outremont), M. Proulx (Jean-Talon),
M. Leitão (Robert-Baldwin), M. Barrette
(La Pinière), Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel), M. Birnbaum (D'Arcy-McGee),
Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce),
M. Tanguay (LaFontaine), Mme David (Marguerite-Bourgeoys),
M. Rousselle (Vimont), Mme Montpetit
(Maurice-Richard), Mme Melançon (Verdun), Mme Ménard (Laporte),
Mme Anglade (Saint-Henri—Sainte-Anne), Mme Nichols (Vaudreuil), Mme Charbonneau
(Mille-Îles), Mme Robitaille (Bourassa-Sauvé), M. Kelley (Jacques-Cartier), M. Benjamin
(Viau), M. Derraji (Nelligan), M. Polo (Laval-des-Rapides), Mme Rotiroti
(Jeanne-Mance—Viger), Mme Sauvé (Fabre), Mme Rizqy (Saint-Laurent),
M. Ciccone (Marquette).
Legault (L'Assomption), M. Jolin-Barrette (Borduas), Mme Guilbault (Louis-Hébert),
M. Laframboise (Blainville), Mme D'Amours
(Mirabel), Mme Chassé (Châteauguay), M. Girard (Groulx), Mme McCann (Sanguinet),
M. Fitzgibbon (Terrebonne), Mme Roy
(Montarville), M. Lemay (Masson), M. Simard (Montmorency), Mme Lavallée
(Repentigny), M. Martel (Nicolet-Bécancour), M. Roberge (Chambly), Mme LeBel
(Champlain), M. Bonnardel (Granby), M.
Lévesque (Chauveau), Mme Lachance (Bellechasse), M. Charette (Deux-Montagnes),
M. Carmant (Taillon), M. Caire (La
Peltrie), M. Lefebvre (Arthabaska), M. Dubé (La Prairie), Mme Laforest
(Chicoutimi), M. Skeete (Sainte-Rose), Mme Hébert (Saint-François), M.
Dufour (Abitibi-Est), M. Lacombe (Papineau), Mme Charest (Brome-Missisquoi), M.
Schneeberger (Drummond—Bois-Francs),
M. Julien (Charlesbourg), M. Boulet (Trois-Rivières), M. Lafrenière (Vachon),
M. Poulin (Beauce-Sud), M. Émond (Richelieu), M. Bachand (Richmond), Mme
IsaBelle (Huntingdon), Mme Foster
(Charlevoix—Côte-de-Beaupré),
M. Bélanger (Orford), Mme Picard (Soulanges), Mme Jeannotte (Labelle), M. Tardif (Rivière-du-Loup—Témiscouata), M. Reid (Beauharnois), Mme Dansereau
(Verchères), M. Thouin (Rousseau), M.
Tremblay (Dubuc), Mme Blais (Abitibi-Ouest), M. Campeau (Bourget), Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice),
M. Caron (Portneuf), Mme Grondin (Argenteuil),
Mme Lecours (Les Plaines), M. Lemieux (Saint-Jean), Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac), M. Lamothe (Ungava), M.
Allaire (Maskinongé), Mme Guillemette (Roberval), M. Provençal
(Beauce-Nord), M. Jacques (Mégantic), M. Girard (Lac-Saint-Jean).
M. Bérubé
(Matane-Matapédia), M. Ouellet (René-Lévesque), M. LeBel (Rimouski),
Mme Hivon (Joliette), Mme Richard
(Duplessis), M. Roy (Bonaventure), M. Gaudreault (Jonquière),
Mme Fournier (Marie-Victorin), M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine), Mme Perry Mélançon (Gaspé).
Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques), M. Nadeau-Dubois (Gouin),
Mme Labrie (Sherbrooke), M. Fontecilla (Laurier-Dorion), Mme Ghazal (Mercier), M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve), Mme Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda—Témiscamingue),
Mme Dorion (Taschereau).
Le Vice-Président
(M. Picard) : Que les députés contre cette motion veuillent bien se
lever. Y a-t-il des abstentions? M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 104
Contre :
Le Vice-Président
(M. Picard) : La motion est adoptée. Je suis maintenant prêt à
reconnaître un membre du deuxième groupe d'opposition. Mme la députée de
Joliette.
Hivon : Merci, M. le Président.
Je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec la ministre de la
Justice, le député de LaFontaine, la députée de Sherbrooke et le député
de Chomedey, la motion suivante :
«Que l'Assemblée
nationale demande au gouvernement l'abolition du délai de prescription pour les
victimes d'agressions à caractère sexuel.»
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de
cette motion?
Schneeberger :
Consentement, sans débat.
Le Vice-Président (M. Picard) : Cette motion
est-elle adoptée? Oui, M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Ouellet : Oui. Merci, M. le
Président. On demanderait un appel par vote nominal, s'il vous plaît.
Jolin-Barrette : ...le
consentement d'adopter le même vote qu'on a adopté préalablement sur la
précédente motion.
Le Vice-Président (M. Picard) : ...
Proulx : ...informer que
nous avons une députée qui est de retour. Donc, de notre côté, à moins qu'elle
ne quitte, je ne peux pas enregistrer le même vote.
Le Vice-Président (M. Picard) : MM.
les whips, nous sommes prêts à procéder?
M. le leader de l'opposition officielle... M. le
leader de l'opposition officielle, bonjour.
Vice-Président (M. Picard) :
O.K. On m'indique qu'on peut aussi prendre le dernier vote en ajoutant tout simplement... On peut le faire si...
Le Vice-Président (M. Picard) : M.
le leader du deuxième groupe d'opposition.
Ouellet : M. le Président, on peut peut-être gagner du temps, mais, pour les victimes, pour
ceux qui attendent, cette motion-là unanime demanderait que tout le
monde se lève au nom des victimes, M. le Président.
Vice-Président (M. Picard) :
Donc, il n'y a pas de consentement
pour reprendre le dernier vote. MM. les whips, est-ce que vous êtes
prêts? Oui. Donc, nous allons procéder.
Nous allons maintenant procéder à la mise aux
voix de la motion présentée.
Donc, que les députés en faveur de cette motion
veuillent bien se lever.
Le Secrétaire adjoint : M. Bérubé (Matane-Matapédia), M. Ouellet
(René-Lévesque), M. LeBel (Rimouski), Mme Hivon (Joliette), Mme Richard
(Duplessis), M. Roy (Bonaventure), M. Gaudreault (Jonquière), Mme Fournier
(Marie-Victorin), M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine), Mme Perry Mélançon
(Gaspé).
M. Jolin-Barrette
(Borduas), Mme Guilbault (Louis-Hébert), M. Laframboise (Blainville),
Mme Chassé (Châteauguay),
M. Girard (Groulx), Mme McCann (Sanguinet), M. Fitzgibbon
(Terrebonne), Mme Roy (Montarville), M. Lemay (Masson),
M. Simard (Montmorency), Mme Lavallée (Repentigny), M. Martel
(Nicolet-Bécancour), M. Roberge
(Chambly), Mme LeBel (Champlain), M. Bonnardel (Granby),
M. Lévesque (Chauveau), Mme Lachance (Bellechasse), M. Charette (Deux-Montagnes), M. Carmant
(Taillon), M. Caire (La Peltrie), M. Lefebvre (Arthabaska),
M. Dubé (La Prairie),
Mme Laforest (Chicoutimi), M. Skeete (Sainte-Rose), Mme Hébert
(Saint-François), M. Dufour (Abitibi-Est),
M. Lacombe (Papineau), Mme Charest (Brome-Missisquoi),
M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), M. Julien
(Charlesbourg), M. Boulet (Trois-Rivières), M. Lafrenière (Vachon),
M. Poulin (Beauce-Sud), M. Émond (Richelieu), M. Bachand
(Richmond), Mme IsaBelle (Huntingdon), Mme Foster (Charlevoix—Côte-de-Beaupré),
M. Bélanger (Orford), Mme Picard
(Soulanges), Mme Jeannotte (Labelle), M. Tardif (Rivière-du-Loup—Témiscouata), M. Reid (Beauharnois),
Mme Dansereau (Verchères), M. Thouin (Rousseau), M. Tremblay
(Dubuc), Mme Blais (Abitibi-Ouest),
M. Campeau (Bourget), Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice), M. Caron (Portneuf),
Mme Grondin (Argenteuil),
Mme Lecours (Les Plaines), M. Lemieux (Saint-Jean),
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac), M. Lamothe (Ungava), M. Allaire (Maskinongé),
Mme Guillemette (Roberval), M. Provençal (Beauce-Nord),
M. Jacques (Mégantic), M. Girard (Lac-Saint-Jean).
M. Arcand (Mont-Royal—Outremont), M. Proulx (Jean-Talon),
M. Leitão (Robert-Baldwin), M. Barrette (La Pinière), Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel), M. Birnbaum (D'Arcy-McGee),
Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce), M. Tanguay
(LaFontaine), Mme David (Marguerite-Bourgeoys), M. Rousselle
(Vimont), Mme Montpetit (Maurice-Richard), Mme Melançon (Verdun), Mme Ménard (Laporte), Mme Anglade
(Saint-Henri—Sainte-Anne),
Mme Nichols (Vaudreuil), Mme Charbonneau (Mille-Îles),
Mme Robitaille (Bourassa-Sauvé), M. Kelley (Jacques-Cartier), Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis),
M. Benjamin (Viau), M. Derraji (Nelligan), M. Polo
(Laval-des-Rapides), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger), Mme Sauvé (Fabre), Mme Rizqy (Saint-Laurent),
M. Ciccone (Marquette).
Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques), M. Nadeau-Dubois (Gouin),
Mme Labrie (Sherbrooke), M. Fontecilla
(Laurier-Dorion), Mme Ghazal (Mercier), M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve), Mme Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda—Témiscamingue),
Mme Dorion (Taschereau).
Vice-Président (M. Picard) : Que les députés contre cette motion
veuillent bien se lever. Y a-t-il des abstentions? M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 103
Contre :
Vice-Président (M. Picard) : La motion est adoptée.
Maintenant,
à la rubrique Avis touchant les travaux des commissions, M. le leader du
gouvernement.
Schneeberger :
Oui, M. le Président. Alors, j'avise cette Assemblée que la Commission des
relations avec les citoyens poursuivra les consultations particulières
sur le projet de loi n° 9, Loi visant à accroître la prospérité socio-économique du Québec et à répondre
adéquatement aux besoins du marché du travail par une intégration réussie
des personnes immigrantes, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
13 h 15 et de 15 heures à 18 heures, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission de l'économie et du
travail poursuivra les consultations particulières sur le projet de loi
n° 10, Loi modifiant la
Loi sur
l'équité salariale afin principalement d'améliorer l'évaluation du maintien de
l'équité salariale, aujourd'hui, après les affaires courantes pour une
durée de 1 h 30 min et de 15 heures à 15 h 45, à la
salle Louis-Joseph-Papineau;
La Commission des institutions
entreprendra l'étude détaillée du projet de loi n° 8, Loi modifiant la Loi
sur la sécurité civile concernant
l'assistance financière, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
13 heures et de 15 heures à 18 heures, ainsi que le
vendredi 1er mars, de 9 h 30 à 12 h 30, à la salle du
Conseil législatif;
Commission des finances publiques poursuivra l'étude détaillée du projet de loi
n° 3, Loi visant l'instauration d'un
taux unique de taxation scolaire, demain, le 1er mars 2019, de 9 h 30
à 12 h 30, à la salle des Premiers-Ministres, 1.38, de
l'édifice Pamphile-Le May. Voilà, M. le Président.
Vice-Président (M. Picard) : Merci. Est-ce qu'il y a consentement pour
déroger à l'article 143 du règlement concernant l'horaire des travaux
des commissions, puisque la CRC est convoquée jusqu'à 13 h 15?
Consentement? Consentement.
Pour
ma part, je vous avise que la Commission de l'administration publique se
réunira aujourd'hui, à la salle des Premiers-Ministres,
en séance de travail, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures, afin
de préparer l'audition sur le
chapitre 3, intitulé Terrains contaminés sous la responsabilité de l'État ,
du rapport de juin 2018 du Vérificateur général du Québec, en séance
publique, de 15 heures à 18 heures, afin de procéder à l'audition,
puis en séance de travail, de 18 heures
à 18 h 30, afin de déterminer les observations, conclusions et
recommandations de la commission à la suite de l'audition;
Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources
naturelles se réunira en séance de travail aujourd'hui, à
13 h 30 pour une durée de 45 minutes, à la salle RC.161, afin de
statuer sur la possibilité que la commission
se saisisse d'un mandat de surveillance portant sur les orientations, les
activités et la gestion de la Régie de l'énergie
et d'un mandat d'initiative portant sur les impacts sur la santé publique et
l'environnement de l'utilisation de produits chimiques tels que les
pesticides dans les secteurs de l'agriculture et de l'alimentation;
Enfin, la Commission
de la culture et de l'éducation se réunira en séance de travail aujourd'hui, de
13 h 15 à 14 h 15, à la
salle 3.31, afin de statuer sur la possibilité que la commission se saisisse
d'un mandat d'initiative portant sur l'avenir de l'information au
Québec.
Maintenant,
à la rubrique Renseignements sur les travaux de l'Assemblée, je vous avise que
l'interpellation prévue pour le
vendredi 22 mars 2019 portera sur le sujet suivant : L'absence de
leadership du gouvernement caquiste en matière de relations internationales et de francophonie. Mme la députée de
Bourassa-Sauvé s'adressera alors à Mme la ministre des Relations
internationales et de la Francophonie.
période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer
aux affaires du jour. M. le leader du gouvernement.
Schneeberger :
Oui. Alors, M. le Président, je vous demande d'appeler l'article 1 du
feuilleton.
Vice-Président (M. Picard) : M. le leader, à l'article 1 du
feuilleton, l'Assemblée reprend le débat, ajourné le 27 février 2019, sur la motion de scission
présentée par M. le député de Jacques-Cartier dans le cadre de l'adoption
du principe du projet de loi n° 1, Loi
modifiant les règles encadrant la nomination et la destitution du commissaire à
la lutte contre la corruption, du
directeur général de la Sûreté du Québec et du directeur des poursuites
criminelles et pénales.
Avant de céder la
parole au prochain intervenant, je vous informe qu'il reste
1 h 12 min 22 s au débat, dont 23 min 36 s au groupe parlementaire formant le
gouvernement, 24 min 17 s au groupe parlementaire formant
l'opposition officielle, 12 min 15 s au deuxième groupe
d'opposition, 12 min 15 s au troisième groupe d'opposition.
Je cède maintenant la
parole à M. le député de LaFontaine.
Tanguay : Merci, M. le Président. Alors, sur ce feu nourri
d'applaudissements, j'aimerais vous demander : Est-il possible de
confirmer si la troisième opposition a officiellement cédé son temps, et,
auquel cas, de combien pourrions-nous être crédités de plus?
Le Vice-Président
(M. Picard) : Vous avez maintenant 28 min 50 s.
Tanguay : Merci beaucoup, M. le Président. Alors, je vais
continuer ce que nous avions débuté hier, M. le Président. Dans ce débat, contexte du projet de loi n° 1, il y a
une motion de scission, une motion de scission, pour celles et ceux qui nous écoutent à la maison, le projet
de loi, et c'est ce qui a été reconnu dans la décision qui donnait évidemment
l'opportunité de faire ce débat, une
décision qui a déclaré recevable cette motion de scission là. La présidence a
déterminé qu'il y avait plus d'un principe.
Nous
demandons à ce que le projet de loi n° 1 soit scindé en deux, que, d'un
seul projet de loi, on en fasse deux, autrement
dit, qu'il y ait, d'un côté, une révision du processus de nomination pour le
directeur de l'UPAC, Unité permanente anticorruption — c'est la police, l'UPAC,
la police — et
la Sûreté du Québec, le poste de directeur de la Sûreté ou de directrice de la Sûreté du Québec... soit donc
traité dans un projet de loi distinct, que l'on retire et que l'on mette dans
un second projet de loi la Directrice des poursuites criminelles et pénales, DPCP, qui participe du système
judiciaire, qui a des fonctions... Et
c'est reconnu par tous, reconnu par la jurisprudence et reconnu par notre ordre
constitutionnel, ça relève du
judiciaire, c'est quasi judiciaire, les décisions qui sont prises par le DPCP,
par la Directrice des poursuites
criminelles et pénales.
J'aurai
l'occasion, M. le Président, dans le temps qui m'est accordé, de brosser un
tableau quand même, je
pense, important quant à la nature
même du rôle du DPCP. Et on voit... Il
y aura un aspect historique, d'où nous venons au Québec, et, en ce sens, les préoccupations que nous avons
et que nous aurons, le cas échéant, lorsque nous débattrons
article par article,
si d'aventure la motion de scission est adoptée, dans un projet de loi
distinct,
article par article, donc, ces préoccupations quant à, oui, préserver
la perception d'indépendance, mais préserver l'indépendance réelle du DPCP.
l'on peut voir... puis je n'irai pas dans le fond des choses, évidemment, on
peut voir... Celles et ceux qui nous écoutent à la maison savent, sans
aller dans le détail, puis je n'irai pas au fond des choses de ce qui se passe
à Ottawa présentement, l'ex-ministre de la
Justice et tout le débat qui entoure... est-ce qu'elle a eu... est-ce qu'elle a
fait face ou non à des pressions indues dans l'exercice de son pouvoir
discrétionnaire de décider de faire une entente ou pas avec une compagnie. Et c'est un débat qui fait rage depuis
plusieurs semaines à Ottawa. La ministre a témoigné hier. Et, dans ce contexte-là, on peut voir quoi? On peut voir que
tous, peu importe l'interprétation des faits... Et le Parlement canadien,
la Chambre des communes, fera son débat, on
ne le fera pas ici, mais indépendamment de... peu importe l'acteur, où il loge,
tous reconnaissent l'importance de l'institution qui, à Ottawa...
Le pendant de
DPCP, c'est DPP, Directrice des poursuites pénales, à Ottawa. Pourquoi on
enlève le criminel? Parce qu'au
Québec l'administration des poursuites criminelles est dévolue aux provinces,
dévolue au Québec. Par contre, à Ottawa, évidemment, il y
a des lois et, dans les lois fédérales, il y a parfois des pénalités qui sont
imposées, alors ça ne prend pas une
DPCP, Directrice des poursuites criminelles et pénales — criminelles, nous, au Québec, on s'en
occupe, même si c'est une loi
fédérale que le Code criminel — mais une directrice des poursuites pénales
parce qu'il y a des lois fédérales
qui contiennent des mesures pénales, des peines, et, en ce sens-là, c'est elle
qui détermine si elle poursuit ou pas.
La DPP, la Directrice des poursuites pénales, à Ottawa, relève du rôle de la
Procureure générale, ministre de la Justice. L'importance du débat qui fait rage... Est-ce que l'Exécutif a respecté
ou pas l'indépendance que doit avoir la ministre de la Justice et la
Directrice des poursuites pénales à Ottawa? C'est ce qui fait rage.
Et même ce
matin, M. le Président, vous me permettrez de citer... et là on me réfère à un
verbatim qui a été donné ce matin
quant aux commentaires, tout à fait justes... puis je vais la citer, parce que
la ministre de la Justice a tout à fait raison. Ce matin, lors d'une mêlée de presse à 9 h 21, elle
disait, et je la cite, ministre de la Justice du Québec : «De façon
théorique, ce qui est intéressant dans cette
histoire — elle
parlait de ce qui se passe à Ottawa — c'est que cela remet de l'avant, justement, la question essentielle de
l'indépendance du DPCP. C'est ce que je retiens de cet exercice, ce qu'elle
définit comme étant une indépendance
essentielle. Je pense que c'est la question qu'il faut retenir ici.» Fin de la
citation. Notre ministre de la
Justice au Québec déclarait ça ce matin dans une mêlée de presse, à
9 h 21. Elle a tout à fait raison. C'est pour ça que j'étais heureux de lire ces propos-là et d'y faire
écho ici, parce qu'elle traduit le même débat à Ottawa, le même débat
que l'on a ici.
Pourquoi on a
demandé la motion de scission? Parce qu'on dit que la police n'a pas le même
rôle que la Directrice des poursuites
criminelles et pénales. Pourquoi... Et on a eu l'occasion d'entendre, en
commission parlementaire, l'actuelle DPCP...
c'est-à-dire des représentants du DPCP. Me Murphy n'était pas là, la
Directrice des poursuites criminelles et pénales, mais il y avait des représentants dûment autorisés
du DPCP qui étaient là et qui nous a confirmé que le DPCP relève de la Procureur général, de la ministre de la Justice.
J'ai posé la question aux représentantes, représentants du DPCP : Quel
lien, vous, pouvez-vous imaginer, auquel
vous pourriez nous... nous faire référence, nous référer, avec vous, DPCP, et la ministre de la Sécurité publique? Bien là, force était de constater... et ils ont
dit : Non, il n'y a aucun lien, il n'y a aucun lien entre le DPCP et la ministre
de la Justice. Le lien qu'il
y a, c'est que la police a un rôle
distinct à jouer et la police remet
les dossiers d'enquête au DPCP, mais le DPCP va juger si, oui ou non, dans
chaque cas, il y aura poursuite ou pas.
Et cette indépendance-là, M. le Président, a été conférée au Québec par un débat qui avait
été initié en 2005, initié par notre
ex-collègue Yvon, ex-collègue qui avait été le pilote de ce projet de loi, M. le Président, en 2005, qui faisait en sorte qu'il
n'y avait pas... Yvon Marcoux, Yvon
Marcoux — puis
je vois qu'on essayait de m'aider, mais j'ai retrouvé le nom, Yvon Marcoux, mal m'en prit, je ne
l'oublierai plus — mai
2005, il a déposé un projet de loi
n° 109 qui faisait en sorte de créer l'institution du DPCP. Parce qu'avant, M. le Président, la ministre de la
Justice ou le ministre de la Justice avait
deux chapeaux, c'est encore le cas aujourd'hui, mais il exerçait ou elle
exerçait la discrétion qui a été donnée au DPCP lorsqu'il a été mis sur
place en 2007 par un vote unanime de l'Assemblée nationale. On a dit, au
Québec, cette Assemblée nationale... puis
c'est un débat depuis les années 80, il y avait une réflexion sur la
problématique du cumul par la
ministre de la Justice, Procureur général... Encore une fois, elle a toujours
les deux mêmes chapeaux. Mais là, en 2007, par un vote unanime de l'Assemblée nationale, on a dit : Ça ne sera
plus, dans la machine, directement relié sous... de façon autoritaire, autrement dit, qu'il y ait une
chaîne directe d'autorité entre la ministre et les procureurs de la couronne
et que la ministre peut, à tous les jours,
avoir accès aux dossiers bien précis, et ultimement de faire les arbitrages, et
de décider à tous les jours, toutes les semaines : Bien, oui, on
poursuit, non, on ne poursuit pas.
Et avant le
DPCP, M. le Président, c'est important qu'on le sache, avant le DPCP, il y
avait toute, je vous dirais, une
mécanique, une logique, une jurisprudence, une doctrine qui faisait en sorte
que le ou la ministre de la Justice, lorsqu'elle décidait ou pas de poursuivre dans un dossier ou de ne pas poursuivre
dans un dossier, puis là il y avait toute une mécanique, pouvait consulter ses collègues autres ministres,
pouvait consulter les autres élus pour dire : Toi, qu'est-ce que tu en
penses dans ce dossier-là?, et
devait, selon la doctrine et la jurisprudence, mais surtout la doctrine et le
droit constitutionnel, prendre ces opinions mais faire son opinion à
elle-même et décider si, dans tel dossier, elle poursuivait ou pas. Elle
n'était évidemment pas du tout liée par l'Exécutif dans cette décision-là.
C'était donc un chapeau de ministre de la Justice, membre du cabinet. Mais, comme Procureur général du Québec, ça découle
directement de la couronne, ça découle de notre ordre constitutionnel, et c'est une prérogative qui, découlant de
la couronne, a été conférée au Procureur général, qui incidemment est toujours ministre de la Justice.
Mais l'exercice de ce droit était fait de façon tout à fait indépendante
et discrétionnaire selon certains critères.
Donc, la
personne... puis là il y avait plusieurs écrits là-dessus, puis là on se disait
que... dans tel dossier, est-ce que le
ou la ministre a bien décidé? Il pouvait même être questionné en Chambre. Mais
là il fallait faire attention lorsqu'on le questionnait en Chambre. Imaginez-vous, M. le Président, une époque pas
si lointaine, au Québec, où des collègues de l'opposition se levaient et posaient des questions à la ministre de la
Justice pour lui dire : Bien, pourquoi, dans tel dossier, vos gens, vos
procureurs, ils n'ont pas décidé de poursuivre? Pourquoi? On veut savoir. Et là
il était dit qu'elle devait répondre
de façon excessivement courte. Et ça fait écho de notre règle, dans notre
règlement de l'Assemblée nationale, 35.3°,
ça a été soulevé ce matin, durant la période de questions. Il faut faire
attention. On peut aborder le sujet d'un recours judiciaire, mais on ne peut pas faire en sorte d'aller le moindrement au
fond des choses. On peut y faire référence, mais il faut être
excessivement prudent.
Donc, avant
le DPCP, le ministre de la Justice se levait : Dans tel dossier, vous avez
décidé de ne pas porter des accusations,
comment avez-vous exercé votre pouvoir discrétio