Culture and Education — 15 January 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
CCE 2020-01-15
Quebec — Committees
La Présidente
(Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : M. le ministre.
M. Roberge : Merci, Mme la
Présidente. Je partage avec ma collègue le malaise de dire : Bien, c'est
normal qu'une commission scolaire dise : Bien, moi, je n'ai pas les
services puis je ne m'en doterai pas. Moi, je pense que, quand un élève a des
besoins particuliers, on doit être capable de lui donner idéalement dans une
classe régulière. C'est le plan a, c'est
dans une classe régulière avec des services professionnels ou alors dans des
classes d'adaptation, des classes
spécialisées. C'est arrivé dans les dernières années, puis il y a eu des
coupures de services spécialisés, ce qui est totalement inacceptable. On a coupé des services aux élèves qui étaient
les plus vulnérables. Ça n'avait pas de bon sens, mais, bon, c'est arrivé.
Là, on est
dans une dynamique différente où on réinvestit. On embauche des professionnels.
Puis il y a de l'argent spécifique
pour créer ces classes-là qui répondent à des besoins exceptionnels d'enfants
qui, pour toutes sortes de problèmes, même
avec des ressources spécialisées, ne peuvent pas recevoir les services
nécessaires en classe régulière. Donc, on essaie de répondre à ces besoins-là puis on va le faire de plus en plus au fil
des années, mais là, d'inscrire qu'une commission scolaire peut ne pas
offrir les services puis référer à une autre, j'ai de la misère. Il y a des
écoles suprarégionales avec des missions spécifiques, puis là c'est des cas
très, très spécifiques, puis je n'ai pas de problème avec ça. Mais, juste des ententes entre commissions scolaires, ça doit
demeurer l'exception. Puis, même à ça, quand on le fait, on doit le faire
pour un an, deux ans, mais il faut que la
commission scolaire qui dit : Bien, je ne suis pas capable d'offrir les services...
Donc, dans
l'intervalle, je ne dis pas : Tant pis pour cet enfant-là, là. Je fais une
entente, mais j'espère que la commission scolaire puis le centre de
services va se dire : Bien, ce n'est pas une solution à long terme, ça,
là. Une solution à long terme, c'est
d'embaucher des gens, c'est de me doter des ressources pour bien servir chacun
des élèves sur le territoire, on
s'entend là-dessus. Donc, je ne veux pas empêcher une commission scolaire de le
faire quand c'est nécessaire, mais je
ne veux pas non plus banaliser ça en disant : C'est tout à fait normal
qu'une commission scolaire renonce à servir les élèves sur le
territoire.
La Présidente (Mme Lecours,
Lotbinière-Frontenac) : Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Dans le cas des écoles suprarégionales dont le
ministre a parlé, est-ce que, dans ces cas-là, ça s'applique? Est-ce que, dans ces cas-là, c'est une entente de
services dans un autre territoire? Comment ça fonctionne quand c'est
déjà une école qui a une vocation suprarégionale? Est-ce qu'il y a un risque
qu'à chaque année l'enfant ne puisse plus avoir sa place là parce qu'elle n'est
pas dans sa commission scolaire ou, comme c'est une situation particulière d'une école suprarégionale, ce
risque-là n'existe pas de toute façon, et, de toute façon, le sous-amendement
ne s'appliquerait pas pour... n'a pas besoin de s'appliquer pour ces écoles-là?
La Présidente (Mme Lecours,
Lotbinière-Frontenac) : M. le ministre.
M. Roberge : Ma collègue a
raison de dire que l'amendement ne s'applique pas dans ce cas-là. Dans le fond,
on est en vertu de l'article 468 non
pas du p.l. n° 40, mais de la
Loi sur l'instruction publique, où
on dit... on parle des écoles, des centres de formation professionnelle
ou centres d'éducation des adultes à vocation régionale ou même nationale qui a
compétence... sous la compétence d'une ou plusieurs commissions scolaires.
Et ici, donc,
quand on accueille un jeune, on l'accueille pour la durée de ses besoins parce
qu'il n'y a pas la notion de
dire : Bien, cette école-là appartient à un centre de services, doit
desservir en priorité les gens sur son territoire du centre de services. Puis la notion de précarité ne
s'applique par dans ce cas-ci, parce que la mission, à la base, elle est suprarégionale.
On ne regarde pas, là, les limites territoriales de la commission scolaire sur
laquelle est implantée cette école-là.
Donc, encore
une fois, ça vient, ce type d'école là... Puis j'ai donné l'exemple, je peux le
répéter, il y en a d'autres, mais je
sais qu'à Marie-Victorin il y a l'école Vent-Nouveau, mais ce n'est pas l'école
nécessairement d'une commission scolaire.
On accueille des jeunes de d'autres territoires. Puis j'ai nommé celle-là, mais
il y en a d'autres, là. Il n'y en a pas 90, mais il y en a
quelques-unes, quand même, sur le territoire. Voilà.
Mme Labrie :
Donc, le ministre me confirme que, dans le cas de ces écoles-là, par exemple,
le parent n'a pas à refaire une
bataille, là, à chaque année. Une fois que l'enfant est admis là pour recevoir
des services, il va y être jusqu'à possiblement 21 ans, là, dans
certains cas, mais il va pouvoir y être tout au long de son parcours,
finalement, sans que ce soit une nouvelle bataille à entreprendre pour le
parent.
M. Roberge : Je ne connais pas
tous les cas de tous les élèves du Québec. Il peut toujours y avoir un cas où, dans cette école-là, il y a un nombre x de places,
puis ça se peut qu'il y ait plus de demandes que de places, mais ce n'est
pas une question, là... Ce n'est pas à
chaque année, cette bataille, puis dire : Bien, j'espère avoir ce
privilège d'être scolarisé ailleurs
que mon école de quartier, parce que c'est une logique qui est différente. C'est une mission qui est différente. C'est
une logique qui est différente. C'est un
article de loi qui est distinct.
La Présidente (Mme Lecours,
Lotbinière-Frontenac) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur le
sous-amendement? Mme la députée...
Mme Rizqy :
De Saint-Laurent.
La Présidente
(Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : ...de Saint-Laurent,
excusez-moi.
Mme Rizqy :
Il n'y a pas de souci. M. le ministre, lorsqu'on avait suspendu, vous disiez
que vous partagez la même préoccupation que
nous, que vous voulez revoir la formulation, que vous allez travailler
là-dessus. Est-ce que vous êtes en mesure aujourd'hui de nous dire sur
quoi vous avez travaillé?
La Présidente
(Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : M. le ministre.
M. Roberge :
Oui, Mme la Présidente. Quand on a suspendu l'article 92, c'est parce
qu'arrivait cette préoccupation d'avoir
une certaine stabilité. Et puis, moi, ce que je disais, c'était que, tel que
rédigé, le sous-amendement de l'opposition officielle, de
l'article 92, n'était pas la bonne façon. Je n'étais pas en accord avec
cet amendement-là, mais je disais : Disposons
de l'article 92, c'est à l'article 107 qu'on parlera de la stabilité.
Il a été finalement entendu, de consentement, qu'on n'allait pas disposer de l'article 92, dans le sens où on
n'allait pas battre le sous-amendement, voter 92 avant d'aller à 107. On
a décidé de le suspendre. Correct.
On est allés à 107. À
107, j'ai déposé un amendement allant dans le sens d'aller plus loin pour
donner plus de stabilité aux jeunes dont on parle ici. On parle de jeunes qui
sont scolarisés sur un territoire autre que le territoire de la commission scolaire. Ce n'est pas un absolu.
Ce n'est pas écrit le nombre d'années, là : Vous êtes là pour deux ans,
pour trois ans, pour huit ans. Mais ce qu'on dit à l'article 107, qu'on a
déjà voté, c'est que, même si on vient... Quand
on vient d'un territoire de commission scolaire différent, y compris si on a
des besoins particuliers, si on est reconnu EHDAA, bien, on a ce... je ne sais pas si je peux qualifier ça de
privilège, mais on a cette garantie qu'une fois qu'on est à l'école on ne pourra pas céder notre place à un
autre élève extraterritorial. Celui qui est à l'école de cette commission
scolaire qui reçoit, bien, aura préséance
sur les autres qui voudraient y arriver, mais toujours extraterritoriaux. C'est
ce que dit le 107. C'est ça.
Donc, on est venus
donner une balise. On est allés plus loin que ce qu'on allait avant, mais on
n'a pas dit : C'est sur un an, c'est
sur un cycle, c'est sur deux ans. Ça pourrait être sur toute la durée du
parcours, s'il le faut, mais c'est toujours
quand même en permettant puis en laissant priorité aux jeunes sur le
territoire. Donc, on est allés un peu plus loin dans le 107, pas dans le
Et je continue de penser que le sous-amendement
déposé par l'opposition officielle témoigne d'une préoccupation qu'on partage mais n'est pas adéquat, parce que,
dans la balance des avantages et inconvénients, il y a des inconvénients
majeurs, celui de faire passer les droits
d'un élève qui a des besoins particuliers provenant d'un autre territoire avant
les droits d'un même élève... pas
d'un même élève, mais d'un élève ayant les mêmes besoins, et je pense que c'est
un problème. Je répète que c'est... On est dans l'exceptionnel puis on
est dans des situations où on souhaite que ça n'arrive jamais, parce que ça
veut dire que les centres de services n'arrivent pas à donner tous les services
adéquats à tous les élèves. C'est ça que ça dit ici, là. Ça dit qu'il n'y a pas
assez de services pour répondre aux besoins.
Ça fait que la solution, elle n'est pas dans la
Loi sur l'instruction publique. La solution est dans des politiques gouvernementales, dans des politiques budgétaires,
en ouvrant davantage de classes d'adaptation puis en mettant des budgets
pour embaucher des gens. On peut bien écrire
une loi, dire : Vous allez donner tous les services, mais, si après on coupe
puis on met à la porte des spécialistes qui
donnent les services, ça n'arrivera pas. Donc, la solution est davantage budgétaire
que législative ici.
La Présidente (Mme Lecours,
Lotbinière-Frontenac) :
Merci. Mme la députée de Saint-Laurent, aviez-vous d'autres
interventions?
Mme Rizqy :
M. le ministre, vous êtes au courant qu'il existe des déserts de services non
seulement dans certaines régions, mais aussi même dans certaines
communautés urbaines, que, par choix, certaines personnes ne désirent pas
travailler à certains endroits. Est-ce que vous êtes au courant de cela?
M. Roberge : On est arrivés, en octobre 2018, dans un système
dévitalisé, je dirais ravagé, puis une des mesures qu'on s'était engagés
à mettre en place en campagne, qu'on a commencé à mettre en place au budget de
mars 2019 et qu'on va continuer à déployer, qu'il n'y avait jamais eu avant,
c'est des planchers de services professionnels. C'est un concept qui était
nouveau, parce qu'on acceptait avant qu'il y ait des endroits où il n'y en a
juste pas, de services. Bon, nous, on a dit : Ça ne se peut pas, un
endroit où il n'y a pas de services, ça ne fonctionne pas. Il faut qu'il y ait,
au minimum, dans toutes les écoles, un
minimum de services professionnels. Qu'on soit dans une petite école de région
de 30 élèves, ce n'est pas une excuse pour ne pas desservir un jeune qui a
des besoins particuliers.
Donc, on travaille à
combler ça. On travaille pour le faire puis on va continuer de le faire. Puis
le réseau, cette année, est meilleur que l'an passé puis le réseau, l'an
prochain, va être meilleur que celui de cette année.
Mme Rizqy : Vous avez vécu votre première rentrée scolaire, la
vôtre, tu sais, celle après que vous avez pu avoir votre premier budget, vos premières politiques
administratives. Êtes-vous conscient enfin qu'au-delà de mettre de l'argent,
si on n'a pas le personnel, le capital humain, on n'est pas capables de donner
le service et que, lorsqu'un parent, dans un
endroit particulier, cherche et fait tout son travail, va chercher la meilleure
école, mais, ah!, là, il n'y a pas de services, il dit : Ah! bien, une autre commission un peu plus loin, bien oui, je vais faire
peut-être une heure de route, mais je vais amener mon enfant là parce
qu'il y a des services?
Et, finalement, vous qui disiez, pas plus tard
qu'au mois de décembre dernier, là, le 5 décembre, partager la même
préoccupation que nous, dire : C'est
vrai qu'à certains endroits on n'est pas capables d'offrir le service, pas par manque
de volonté politique, pas par manque de
budget, mais parce qu'on n'a pas de capital humain pour le faire et que, par conséquent, on doit déplacer l'enfant, moi,
aujourd'hui, ce que je vous demande, ce n'est pas de faire des miracles.
Ce n'est pas ça que je vous demande. Je vous
demande tout simplement d'offrir de la stabilité dans l'offre de services
pour un enfant avec des besoins
particuliers. On parle des EHDAA. Je ne parle pas de l'ensemble de la
population. Et, ça, je sais que vous êtes capable juste d'ajouter même
les mots magiques : «Dans la mesure du possible».
Alors, si on fait ça, là, on peut passer à un
autre article, là, mais je ne vois pas pourquoi qu'on peut dépenser autant
d'énergie lorsqu'on partage la même
préoccupation. C'est aussi simple que ça, de dire : «Dans la mesure du possible».
Est-ce qu'on est capables de dire qu'une
fois que le parent a fait l'inscription, bien, que, l'année suivante, il ne
doit pas recommencer à réexpliquer à
la direction générale, à la direction de l'école pourquoi il doit inscrire son
enfant dans cette autre école? On va lui enlever, au moins, là, à ce parent-là,
ce fardeau administratif. On va l'aider dans une stabilité pour assurer quoi?
La réussite éducative d'un enfant qui a des besoins particuliers, pour l'aider
à réussir finalement son cheminement scolaire.
Ça, je le sais, qu'on
partage la même préoccupation. Maintenant, est-ce qu'on peut partager le même
moyen? Puis là, là-dessus, je pense qu'on est capables de réfléchir. Le
5 décembre, vous aviez dit : Peut-être la formulation... Vous aviez
dit que vous alliez réfléchir. Moi, je suis convaincue que vous êtes capable,
là, d'ajouter une formulation qui va être adéquate puis qui va permettre de
répondre à une préoccupation réelle des parents, mais surtout, surtout, de ces
élèves-là.
La Présidente
(Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : M. le ministre.
M. Roberge :
Bien, on est en train de corriger la pénurie de locaux. On est en train de
corriger la pénurie de professionnels. Ça va prendre quelques années. On
ne peut pas se faire croire qu'en six mois, en un an, on va bâtir tous les locaux qui manquent. Surtout en milieu
densifié, là, il en manque pas mal. Il faut les mettre en chantier. Il faut
reconnaître que c'est important pas juste dans les discours, là, dans le Plan
québécois des infrastructures puis dans les
budgets. Puis là il faut valoriser la profession enseignante. Il faut valoriser
l'éducation, parce que, des fois, ce
n'est pas juste qu'il y a des gens qui ne veulent pas nécessairement
travailler, c'est qu'on manque carrément, des fois, d'orthophonistes. Il
faut les ramener dans le réseau. On travaille à faire ça.
Ma collègue nous dit : Écoutez, là, il faut
faciliter le travail des parents qui veulent inscrire leurs élèves sur le centre
de services à côté parce qu'il a des besoins
particuliers. Bien, moi, je m'étonne d'avoir débattu pendant je ne sais combien
d'heures avec des gens qui s'opposaient à l'article 1. C'était
l'article 1 du p.l. n° 40, ça, faciliter la vie
des parents, faciliter l'accès des enfants à
des services qui sont sur le territoire du centre de services, souvent celui
d'à côté, pas forcément voisin, mais souvent celui d'à côté.
Facilitons-leur la tâche quand la place est disponible, évidemment. Puis, après ça, on est venus mettre des balises
pour s'assurer, bien sûr, c'est quand que la place est disponible, que ce n'est
pas l'élève qui arrive du territoire d'à côté qui vient prendre la place de
l'élève sur le territoire actuel.
Donc, j'ai de la misère à réconcilier ce que
j'entends de ma collègue, là, avec ce qu'elle a dit dans les 30 heures
qui ont précédé en commission. Là, elle nous dit : Il faut faciliter les
ententes extraterritoriales et il faut que l'élève du territoire voisin ait
préséance sur l'élève du territoire où il s'en va. C'est le contraire qu'elle a
dit depuis le début de la commission. Elle
n'était pas d'accord avec l'article 1, qui disait qu'il fallait faciliter
l'inscription sur le territoire voisin. Puis après ça, quand on
travaillait sur le 107, bien, elle nous disait : Aïe! C'est bien, bien,
bien important de donner préséance aux
élèves sur le territoire, là. Le centre de services doit d'abord
servir ses élèves sur son territoire. Donc là, à un moment donné, j'ai
de la misère à suivre la collègue, là.
La Présidente (Mme Lecours,
Lotbinière-Frontenac) : Mme la députée de Saint-Laurent, est-ce
que vous aviez d'autres
interventions?
Mme Rizqy : De toute
évidence, Mme la Présidente, étant donné que le ministre mélange les pommes et les oranges,
permettez-moi de rectifier. Je suis contre le magasinage d'écoles. C'est
simple. Puis, oui, je crois qu'on doit
continuer à favoriser les écoles de quartier. Oui, je crois aussi que les
services doivent être donnés dans l'école de quartier et que, non, je ne trouve pas ça correct qu'un enfant de
cinq ans, six ans ou même de 12 ans doive prendre l'autobus une
heure le matin, 1 h 30 min l'après-midi pour retourner à la
maison. Je ne trouve pas ça correct.
Par contre, là, je ne
travaille pas mon projet de loi. Je travaille votre projet de loi. Ce n'est pas
de ma faute si vous avez fait un projet de loi, là, tellement contesté. Ce
n'est pas de ma faute à moi si vous avez fait un projet de loi qui va dans tous
les sens. Ce n'est pas de ma faute à moi si vous avez fait un projet de loi
fourre-tout.
Alors, l'article 1 en question, on a essayé de le baliser,
mais on vit avec. Puis, M. le
ministre, vous comprendrez
qu'on a déjà tous compris que vous êtes majoritaires. On a tous compris que
vous allez adopter votre projet de loi. On
l'a tellement tous compris qu'il y avait même un
article
dans le journal, par votre collègue le ministre
de la Famille, qui disait : Le projet de loi est déjà adopté, qui
s'en félicitait.
Alors, permettez-moi
de travailler votre projet de loi et le peaufiner. Ça va peut-être prendre du
temps, mais je suis patiente. Mais ça ne me
tente pas qu'on commence à faire de la politique sur les EHDAA. Ça me tente de trouver, avec vous, une solution. Alors, on peut faire ce
jeu de joute politique puis dire : Qui est-ce qui a dit quoi, quand
est-ce qu'on l'a dit?, ça ne
va pas vraiment faire avancer le débat pour les EHDAA.
les parents qui nous regardent, eux, s'attendent à ce que nous deux, nous tous,
on travaille ensemble pour peut-être offrir de la stabilité, enfin, à ces enfants. Je
ne demande pas de la stabilité pour les 1 million d'élèves qui vont
faire des demandes extraterritoriales, puis,
on s'entend, il n'y en aura pas 1 million qui vont en faire. Je demande : Dans les
cas d'élèves EHDAA, comment pouvons-nous
assurer une stabilité? Quand on a parlé de l'article 1, ça
permettait à l'ensemble des élèves de
pouvoir choisir leur école. Là, c'était un gros magasinage. C'est pour ça qu'on
est venus le baliser avec l'article
L'article 107,
rappelez-vous, il y avait
le petit dessin ici, où est-ce
qu'effectivement on continue à mettre la priorité pour ceux qui habitent
dans le territoire.
Maintenant, moi, je vous dis la chose
suivante : Une fois qu'on a un enfant qui est admis de façon extraterritoriale,
qu'il n'y a pas de services requis dans son territoire... Donc, la première
étape : Est-ce qu'il y a des services requis dans son territoire? Si la réponse est non, il peut faire une demande
dans un autre territoire. Là, on se dit : Est-ce qu'il va devoir refaire la même demande année après année
ou est-ce qu'on est capables de dire... Au moins, pour le cycle scolaire,
est-ce qu'on peut lui garantir un deux ans ou
un trois ans, dépendamment du cycle? C'est seulement ça que je dis. Et, si vous voulez, on peut ajouter : «Dans
la mesure du possible». Et, si ce n'est pas possible, bien, au moins, on aura
essayé, mais là, en ce moment, M. le ministre, j'ai besoin que vous aussi, vous
essayiez.
M. Roberge :
Oui, bien, le seul problème, c'est qu'encore une fois la vraie solution, c'est
de donner des services à tout le monde, mais ce n'est pas de jouer les
élèves les uns contre les autres, d'accepter la pénurie de services, d'accepter
qu'il y a deux élèves puis il y a de la place juste pour un élève. Puis, ici,
on parle de deux élèves qui ont des besoins particuliers. Il ne s'agit même pas
de savoir s'ils ont une place à l'école, c'est de savoir si on est capables de
répondre aux besoins d'élèves particuliers.
Puis là on est dans
un contexte exceptionnel. On est dans l'exception qu'on souhaite baliser par
toutes sortes d'autres mesures politiques,
budgétaires, scolaires, des règles budgétaires puis s'assurer que tout le monde
a les services qu'ils ont besoin le
plus près possible de chez eux. Et là on avance dans le projet de loi puis on
veut rétrécir cet espace d'imperfection.
Bonne idée, mais la prémisse de cet article-là, c'est qu'il n'y a pas assez de
services pour tout le monde, c'est
qu'il y a plus d'élèves qui ont des besoins qu'il y a de services pour les aider. C'est à ce moment-là qu'arrive ce critère discriminant...
qui arrive, dit : O.K., parce
que je t'ai admis en début de cycle,
la deuxième année, nonobstant les besoins sur le territoire, c'est toi qui reste, c'est à ce moment-là, parce que, si on est capables de servir tous les élèves sur
le territoire, l'élève ne va pas juste faire son cycle, il va faire son
parcours au complet dans l'école.
Mais, quand on arrive là où on ne veut pas aller,
bien, je pense qu'il faut privilégier
des gens qui sont sur le territoire, mais
il ne faut pas aller là, puis là de dire : Oui, mais là c'est terrible,
parce qu'on brime un élève qui n'aura pas le service. La prémisse de ça, c'est qu'on brime un élève de
toute façon. On ne veut pas se rendre là. On est rendus à se demander
lequel on brime. C'est une question perdant-perdant, là, mais le principe,
c'est de donner le plus possible de services, c'est
de donner le plus souvent possible dans la proximité, c'est de dire au centre
de services : Tu vas prendre soin des élèves sur ton territoire.
Avec l'article 1 du p.l. n° 40, c'est de
dire aux parents : On va vous faciliter la vie si, selon vous, si, selon
votre situation, c'est préférable d'aller ailleurs, mais pas au détriment des
élèves qui sont sur le territoire.
Donc, on a une panoplie d'articles qui, en termes
légaux, disent à peu près ce que j'ai dit. Prenons les moyens ensemble, comme société, pour bien servir tout le
monde, et ne pas avoir à appliquer ça, puis à dire : Bien, le plan a pour
votre élève, c'est telle classe. Ce n'est
pas que, sinon, on l'abandonne dans la rue, mais le plan b, c'est telle
autre classe qui va répondre à ses
besoins, mais partiellement. La meilleure classe, c'est la classe a, mais
on n'a pas assez de place. Moi, je pense qu'il y a un renoncement
là-dedans, là, que je n'aime pas du tout. Je veux m'attaquer, comme membre du gouvernement, à combler ce manque de place là,
puis à ne pas avoir ce renoncement, puis ne pas avoir à dire à un élève :
Bien, le service dont tu as besoin, on ne te le donne pas. Il ne faut pas se
rendre là.
Puis adopter le sous-amendement de l'opposition
officielle ne règle pas la situation de pénurie de services, ça fait juste dire qui a le service au détriment de qui
puis ça fait juste dire : Bien, c'est la personne du territoire voisin qui,
à la deuxième année ou à la troisième année
du cycle, a préséance sur celui sur le territoire actuel. Ça ne vient pas régler
le problème. Donc, je ne suis pas d'accord avec ça.
La Présidente (Mme Lecours,
Lotbinière-Frontenac) :
Aviez-vous d'autres interventions, Mme la députée? Oui?
Mme Rizqy :
Bien, la bonne nouvelle, M. le ministre, c'est que, si tout ce que vous dites
est vrai, on n'aura pas besoin vraiment d'appliquer l'article. Si
jamais, dans la mesure du possible, les services ne sont pas disponibles dans
son territoire, l'élève va rester dans son territoire. Donc, au fond, cette
disposition, c'est vrai que c'est vraiment pour les exceptions. Alors, pourquoi vous avez un si grand malaise? À moins
que vous ne croyiez pas que toutes vos mesures vont aboutir à quelque chose? Parce que, si vous y croyez, à vos
mesures, en ce moment, on ne devrait avoir aucune crainte de venir ajouter cet amendement. Dans la mesure du
possible, si les services requis ne se retrouvent pas sur le territoire
de l'élève et qu'il est admis dans un autre territoire, on lui offre le service
avec de la stabilité.
La Présidente
(Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : M. le ministre.
M. Roberge :
Je n'ai pas de commentaire là-dessus.
Mme Rizqy :
Mais est-ce que vous vous rappelez qu'on a reçu des commissions scolaires de
différentes régions et aussi des
commissions scolaires anglophones qui disent... ont beaucoup de difficultés à
recruter du personnel et des professionnels? Notamment, pour les commissions
scolaires anglophones, c'est encore plus difficile de trouver des
orthophonistes, par exemple, qui parlent anglais. Alors, il y a ça aussi comme
difficulté.
Alors, si vous croyez que
toutes vos mesures vont permettre d'offrir des services partout dans le
territoire, bien, à toutes fins pratiques, cet amendement-là va être très peu
utilisé, mais, au moins, il va être là. Alors, ça va vraiment aider. Et
permettez-moi peut-être... Pour peut-être vous aider dans votre réflexion, là,
les statistiques datent de quand même 2010‑2011, mais c'est ce qu'on va
utiliser dans nos crédits de cette année. Le taux de diplomation des EHDAA, 53,7 %, taux de diplomation
général, 80,9 %. Êtes-vous toujours préoccupé par la réussite éducative de
tous nos élèves?
La Présidente (Mme Lecours,
Lotbinière-Frontenac) : M. le ministre.
M. Roberge : Là, Mme la
Présidente, on insinue que je ne suis pas préoccupé par la réussite des élèves,
qu'on ne prend pas soin des élèves, qu'on ne veut pas servir les élèves comme
il faut. Ça fait que, là, je pense, il faut faire
attention. Il faut quand même avoir du culot pour nous mettre sur nos épaules le taux de réussite des élèves EHDAA.
À ce que je sache, les données qu'elle me sert datent des précédents
gouvernements. Je ne pense pas, là, que ce soit le gouvernement actuel qui soit
responsable du cheminement d'un élève entré à l'école en 2003, ayant sorti en
2016 et faisant
partie des statistiques
qu'elle me sert. Alors, je l'invite à regarder ce qui s'est fait dans les
politiques budgétaires et
gouvernementales des 15 années précédentes puis je vous assure que ça ne
sera pas un copier-coller pour les années qui suivent.
Mme Rizqy :
Vous voulez celles de cette année? Parce que c'est ce que j'ai reçu de votre
équipe. Donc, je travaille avec vos chiffres pour les crédits. Et,
d'autre part, c'est des vraies statistiques, quand même, là. Alors, quand vous,
vous désirez mettre les enfants réguliers
puis EHDAA sur le même pied d'égalité, bien, c'est ça que vous faites, vous tournez le dos à ces statistiques, peu
importe de quel gouvernement elles étaient. Ces enfants-là existent, et la disparité
dans la réussite existe. C'est pour ça que la stabilité est encore plus
préoccupante.
Et, moi, ce
que je vous dis, c'est que, si vous êtes tellement confiant qu'avec toutes vos
mesures, vos bouquets de mesures,
pour reprendre votre expression, bien, à ce stade-ci, vous ne devriez pas avoir
peur de mettre cet amendement, de dire : O.K., on va même ajouter
les mots «dans la mesure du possible». Si les services requis ne sont pas
offerts sur le territoire, bien, l'élève, lorsqu'il est déplacé dans un autre
territoire, à tout le moins, on va pouvoir lui offrir une stabilité pour son
cycle scolaire. Ça, je ne vois pas où est-ce qu'il y a un problème légal.
Est-ce qu'il y en a un?
La Présidente (Mme Lecours,
Lotbinière-Frontenac) : M. le ministre.
M. Roberge : Bien, il y a
certainement une contradiction avec ce qu'on a voté précédemment. Mais ensuite je pense qu'il y a une erreur dans ce que ma
collègue a dit, de dire : On vient opposer les droits des élèves qui n'ont
pas de besoins particuliers à
d'autres qui en auraient, parce que, dans le sous-amendement de l'opposition
officielle, on parle de services
dédiés à des élèves reconnus EHDAA. Donc, cette place manquante, parce qu'on
parle d'une place manquante, là, ne peut pas être prise par un élève qui
n'a pas de besoins particuliers. Ça ne s'applique juste pas.
La Présidente (Mme Lecours,
Lotbinière-Frontenac) : Excusez-moi, Mme la députée de Saint-Laurent,
votre temps est écoulé.
Présidente (Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : O.K., bon, il vous reste 30 secondes. Le
temps a été rajusté.
Mme Rizqy : Merci. Dans mon dernier 30 secondes, vous
comprendrez, M. le ministre, qu'ici on ne parle pas de places mais d'un
service. Alors, une fois qu'on offre le service... Je vous le demande, là. Vous
nous avez promis de nous revenir avec une meilleure formulation pour
l'amendement. Bien, donnez suite à cette promesse.
Présidente (Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : Donc, la députée de Joliette avait demandé la parole.
La parole est à vous.
Mme Hivon : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Donc, bonjour
à tout le monde. Désolée de vous avoir manqués hier, mais je vous ai
écoutés en partie, là, pour un bout.
Donc,
puisqu'on fait ce grand débat là, je voulais poursuivre un peu dans la même
veine que ma collègue de Sherbrooke, tout à l'heure, qui a posé une question au ministre, parce que toute la
prémisse de ce débat, c'est qu'il y a des
élèves qui, sur leur territoire, compte tenu de l'ampleur de leurs difficultés,
n'auraient pas accès aux services adaptés à leur réalité. Et donc
j'imagine... j'ose imaginer et espérer que c'est quand même relativement rare,
parce qu'un élève qui a un déficit d'attention ou un handicap léger, il va
assurément pouvoir fréquenter une école de son territoire. Là, on ne parle pas
de son école de quartier. On parle d'une école sur l'ensemble du territoire de
sa commission scolaire ou, éventuellement, du centre de services.
Donc, je me demandais simplement si le ministre a
une idée. En ce moment, est-ce qu'il y en a beaucoup, de ces
situations-là? Je sais que ça revient un peu, puis le ministre a dit qu'il
allait essayer de fouiller ça davantage, mais est-ce qu'on a une idée? Est-ce
que c'est un problème qui est très rare ou c'est quelque chose qui est relativement fréquent? Moi, je serais portée à
penser que c'est relativement rare. En tout cas, j'espérerais, parce qu'on
parle de l'ensemble du territoire. Donc, ça
serait quand même assez préoccupant que, sur l'ensemble d'un territoire, il
y ait beaucoup d'enfants EHDAA qui ne puissent pas avoir les services, mais
est-ce qu'on a des données là-dessus au ministère? Parce que, par exemple, les
enfants sont lourdement handicapés. Ils ont de multiples, je ne le sais pas, problèmes
d'apprentissage. Et donc ils ne peuvent pas
avoir les services auxquels ils auraient droit sur leur territoire.
Ma question, c'est juste une question de... Est-ce qu'on a des données là-dessus?
La Présidente
(Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : M. le ministre.
M. Roberge :
Merci bien. Donc, tantôt, j'avais dit que je voulais retrouver les chiffres que
j'avais précédemment donnés, mais je ne les
avais pas en mémoire de
manière précise. Puis ça ne répondra pas à 100 % à la question, mais
juste rappeler les chiffres. Les ententes extraterritoriales actuelles pour le
primaire, c'est 0,6 %. Au secondaire,
c'est 2,2 % des élèves qui fréquentent une école sur un territoire
autre que leur commission scolaire. Ceci dit... mais, oui, allez-y.
Mme Hivon : Oui, une petite sous-question : Et ça, c'est l'ensemble des élèves ou les élèves uniquement EHDAA?
M. Roberge : Non, non, c'est ça, c'est l'ensemble des élèves, donc y compris les EHDAA. J'ai le
goût de vous dire que c'est un peu une bonne nouvelle, là, mais on
savait que c'est l'exception. Ça ne veut pas dire que ça n'arrive pas. Et,
quand ça arrive, pour la famille et pour l'enfant, même si c'étaient trois
élèves au Québec, pour ces personnes-là, c'est grave.
Donc, je ne veux pas le nier en disant : Bien,
il n'y a pas beaucoup d'élèves, donc ce n'est pas important. Je pense que c'est important quand même. Mais il
faut juste dire que, statistiquement, en termes de chiffres ou en termes
de pourcentage, c'est infime, parce qu'au primaire on est à 0,6 %, et là
c'est tous les élèves. Il peut y avoir un paquet de raisons pour lesquelles les parents choisissent une école sur un
territoire autre que leur commission scolaire, et on ne peut pas
présumer...
Et je n'ai pas les
chiffres précisément, sincèrement, parce que ce sont des ententes... En ce
moment, c'est entente commission scolaire, commission scolaire. On a pu poser
la question. On a dit : Bien, c'est quoi, le... combien vous en avez? On a ce pourcentage-là, mais on ne sait pas
précisément combien de celles-ci ça serait, parce que la commission scolaire dit : Bien oui, on a
accepté cette entente-là, parce que nous, on a reconnu ne pas pouvoir servir
correctement cet élève-là. On n'a pas... Puis
on ne parle pas d'un élève athlète, là, on parle d'un élève EHDAA, puis
on n'a pas les services. Donc, voici pourquoi.
Donc, je n'ai pas la réponse. Je peux vous dire
que c'est très peu. Puis moi, je souhaiterais, là, qu'année après année ça diminue. Puis j'aimerais ça arriver dans deux
ans, dans trois ans, puis, à un moment donné, bien, écoutez, c'est zéro,
hein, sur le territoire, on est capables de
servir tout le monde, de ne plus avoir un parent qui fait le choix d'aller ailleurs
parce qu'il y a une place, parce que c'est son désir. Mais je voudrais plus
qu'une commission scolaire puis un centre de services vienne dire : Bien,
on ne l'a pas, le service. Il faut se rendre là graduellement. Voilà.
Mme Hivon :
Ça, on s'entend là-dessus.
Mme Hivon : En fait, bien, j'aimerais ça... Je vous le dis,
dans mon monde, j'aimerais avoir les données. Ça, je comprends que, peut-être, le ministre ne l'a pas pour l'instant,
mais, si jamais les commissions scolaires avaient ça, à savoir, parmi
ces élèves-là, est-ce qu'on sait il y en a combien qui sont des élèves EHDAA?
Je pense que ça serait intéressant de savoir. Du 0,6 %, est-ce que c'est
0,1 %? En tout cas, je vous le dis, parce que, là, on parle d'un débat sur lequel on passe du temps, mais sans trop
savoir, je pense, l'ampleur du phénomène, puis c'est quelque chose, je pense,
qui serait utile.
Puis l'autre chose, évidemment, ça, c'est ceux qui
ont pu avoir des ententes, donc, qui ont pu aller dans un autre territoire, mais est-ce que c'est quelque chose de
documenté, les parents dont les enfants ont des besoins qui n'arrivent pas à être comblés en termes de services sur leur
territoire, mais qui n'arrivent pas parce qu'il n'y a pas de places dans le territoire voisin, ou tout ça, là? Donc, c'est
un peu ce qu'on a en tête, le cas de figure qu'on a en tête avec ce sous-amendement-là. Est-ce qu'on a des
informations là-dessus?
Je ne cherche pas à être pointilleuse. Je me
demande simplement si c'est des données qui sont gardées. Puis je pense
qu'avec le phénomène grandissant des EHDAA, avec les diagnostics qui sont plus
précis, avec, bon, les moyens qu'on veut
mettre en place... Je pense que ce serait vraiment utile de le savoir. Et puis
ça nous permettrait d'avoir un débat plus éclairé qu'on a là, mais qu'on
va peut-être avoir ailleurs aussi, pour d'autres éléments dans le projet de
loi. Donc, je ne sais pas si le ministère a ça.
La Présidente
(Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : M. le ministre.
M. Roberge :
Je veux dire, c'est des questions que je vais poser pour tenter d'obtenir ces
réponses-là, pour avoir davantage de données. Dans l'intervalle, on
n'attendra pas de savoir si c'est 50 ou si c'est 92, là. Dans l'intervalle, on va réparer les pots cassés puis on va embaucher
des gens, là, le plus possible. On va attirer des gens dans notre réseau
public pour les donner, les services, mais un n'exclut pas l'autre. Je suis
d'accord avec ma collègue.
Mme Hivon : Puis c'est parce que je pense
qu'on se comprend aussi que c'est la prémisse, dans le fond, qui n'a
pas de bon sens, c'est que de penser qu'un élève qui est dans le système
scolaire régulier, dans l'ensemble du territoire de sa commission scolaire, ne
puisse pas avoir des services adéquats, c'est ça qui ne tient pas la route.
Puis, ça, je pense qu'on s'entend
tous là-dessus ici, mais, moi, ça m'intéresse, comme parlementaire, de savoir
l'ampleur de ce phénomène-là qui n'a
pas de bon sens, mais qui semble exister. Je pense qu'on est tous conscients de ça. Moi, ça me rassurerait
de savoir que c'est l'exception, de l'exception, de l'exception, plutôt
que quelque chose qui est quand même assez présent, compte tenu de la pénurie de professionnels, compte tenu des difficultés
de pouvoir répondre aux élèves. Donc, c'est ça, le sens de l'information
que je cherche à obtenir.
La Présidente (Mme Lecours,
Lotbinière-Frontenac) : Parfait. Est-ce que vous aviez une réponse?
M. Roberge :
Bien, je peux poser la question. On n'a pas ce niveau de détail là. On va poser
la question. Ça prend toujours un certain temps pour obtenir ce type
d'information. On aimerait que ce soit rapidement. C'est parce que, des fois,
la commission scolaire fait des ententes comme ça, toujours pour servir les
besoins, mais ne collige pas nécessairement, dans un fichier spécifique, parmi
les ententes, combien concernent les élèves EHDAA, puis, parmi les ententes, combien sont faites parce que la
commission scolaire dit : Bien, je fais cette entente parce que je constate
que je n'ai pas les services.
Donc, il est possible que, quand je pose la
question à la commission scolaire, ils disent, bien, ne pas colliger chaque entente en fonction de pourquoi elle est
acceptée. Et donc ça peut prendre un certain temps. Ça ne veut pas dire qu'on ne posera pas la question, parce que ça peut
prendre quelques mois, l'obtenir, mais juste dire que c'est une très bonne
question. On va essayer d'obtenir la réponse. Puis ce n'est pas quelque chose
qu'on garde secret. Voilà.
La Présidente (Mme Lecours,
Lotbinière-Frontenac) : Mme la députée de Joliette, est-ce que vous
aviez d'autres interventions? Est-ce qu'il y avait d'autres interventions? M.
le député de D'Arcy-McGee, oui.
M. Birnbaum : Merci, Mme la
Présidente. Je veux juste m'assurer que là où il y a un terrain d'entente,
c'est identifié de façon claire. Et je crois
qu'il y en a plusieurs, endroits, en ce qui a trait à cet article, où le
ministre voit la chose de la même
façon que, de toute évidence, les formations de l'opposition et je veux juste
valider pour voir où nous sommes rendus.
Dans un premier temps, je crois qu'on va
s'entendre sur le fait que c'est très souhaitable qu'un enfant ayant des problèmes d'EHDAA complète un cycle dans la
même école, qu'il ou elle soit issu d'un autre territoire ou du territoire
de l'école. Je prends pour... Et j'aimerais
que le ministre me confirme chacun de ces principes, que ça, c'est souhaitable sur le plan de bien-être de l'enfant, continuité,
stabilité, qui est un principe déjà énoncé. Je prends ça pour acquis. Je prends
aussi pour acquis qu'il faut reconnaître et respecter une liste de critères qui
sont dans la
Loi sur l'instruction publique actuelle et qui sont, en quelque part,
bon, bonifiés, j'imagine que c'est le bon mot, dans les propositions devant
nous, avant d'arriver aux situations dont on parle.
Et je crois
que le texte du sous-amendement est très, très, très clair dans sa façon de
contextualiser la situation. C'est en
constatant que c'est exceptionnel, comme j'ai dit, c'est en constatant que
l'enfant aurait déjà demandé et obtenu une entente... c'est constaté
qu'on parle d'une situation extraterritoriale qui n'est pas idéale. Évidemment,
cet enfant compléterait son cycle en dedans
de sa commission scolaire, son territoire de son centre de services, si tout ça
est possible. Alors, je crois que le
ministre aussi peut reconnaître que le sous-amendement proposé circonscrit la
situation de façon fidèle aux hiérarchies des critères. Ça, c'est
deuxième chose.
Troisième
chose, si j'ai bien écouté le ministre et, surtout, sa défense de l'idée qu'il
fallait sauvegarder le libellé, dans
la mesure du possible, dans l'article précédent qu'on a adopté, le 107, pour
moi, voilà un troisième principe qui est la... bon, j'ai de la
difficulté avec ce mot-là, l'idée qu'on cherche à trouver le juste équilibre
entre la marge de manoeuvre d'un centre de services, une commission scolaire,
et ce qui est exigé par la
Loi sur l'instruction publique. Alors, voilà un troisième principe, pour moi, qui est exprimé
par ces mots, «mesure du possible», qui indique qu'il faut... Et ce n'est
pas une question, de façon irresponsable, de
relativiser les choses, c'est la réalité. Et on ne va pas légiférer sur chaque cas.
«Dans la mesure du possible», voilà une
expression claire du souhait du législateur, mais, de façon réaliste et responsable,
j'en conviens, on aurait préféré enlever ces
mots. Mais ils sont là, dans un
article qu'on vient d'adopter. C'est une façon
d'exprimer cette collaboration et cette reconnaissance de l'importance de
contextualiser chaque situation.
Alors, voilà trois principes très importants.
Quatrième considération, oui, on a besoin des données probantes et détaillées,
mais on va constater, de mon expérience et celle du ministre, qu'il y a des cas
concrets de familles, d'enfants touchés par
ça. Le nombre, de toute évidence, n'est pas énorme, et on veut que ça se
réduise par l'introduction des services nécessaires dans chaque
territoire, mais on sait qu'il y a des familles, des enfants touchés par ça.
Alors,
j'aimerais entendre du ministre si ces trois principes-là, que j'ai énumérés...
si on est d'accord. Et je soumets que,
si la réponse est oui, la chose cohérente de faire, j'admets que ce n'est pas
notre solution privilégiée, mais c'est de nous inviter à retirer le sous-amendement pour voir... de déposer un
amendement du ministre avec ces mots inclus là-dedans.
La Présidente
(Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : M. le ministre.
M. Roberge : Merci bien, Mme la
Présidente. D'abord, je veux juste souligner le ton du collègue qui, manifestement, est à la recherche d'une solution.
J'apprécie ça, cette espèce de main tendue, de dire : Comment on pourrait
bien faire, si on partage des préoccupations
qui sont similaires, pour les écrire dans quelque chose qui nous convient tous?
Je pense, c'est la bonne façon de faire. Ça
ne veut pas dire qu'on va y arriver à chaque fois. Ça se peut qu'à la fin on n'y
arrive pas quand même, mais on essaie. Donc, voilà.
La première
prémisse de mon collègue, c'est de dire : Bon, bien, premier principe, est-ce
que c'est souhaitable que le jeune soit là pour un cycle? Dans le fond,
c'est une autre façon de dire «stabilité», puis «stabilité», a fortiori, pour un élève qui a des besoins reconnus,
spécifiques, on y tient, mais on a déjà exprimé... puis on ne l'a pas juste exprimé,
on l'a mis dans la loi. En fait, la loi n'est pas votée, mais on l'a mis dans
un article, le 107, hier, le critère de stabilité, à deux places différentes. Donc, ça fait
partie maintenant de la loi.
Donc, on ne peut pas dire... Ce n'est pas juste un souhait, c'est là.
Par contre,
la notion de cycle, je pense que... plus j'y pense, plus je me réfère à des cas
d'élèves connus, vécus. Puis le parcours que j'ai eu, ça ne s'applique
pas tellement dans le cas précis. Puis le sous-amendement ne peut pas tellement
fonctionner, de dire : Bien, on va... c'est via la notion de cycle qu'on
va parler de stabilité, parce que, quand on parle d'élèves reconnus EHDAA, bien
souvent, ce sont des élèves pour lesquels on fait des modifications, des adaptations, et un élève qui... On dit :
Ah! il est au troisième cycle du primaire. Donc, il arrive en cinquième année.
On pourrait lui donner une stabilité pour
qu'il fasse cinquième, sixième année, troisième cycle du primaire. Quand on
dit ça, on est dans la bulle de l'élève en classe régulière.
Mais l'élève
reconnu EHDAA qui arrive en cinquième année, à 10 ans... En fait, il
arrive à 10 ans, il n'est fort probablement pas en cinquième année,
fort probablement pas à la première année du troisième cycle. S'il est reconnu
EHDAA, peut-être est-il, au niveau français, à la première année du deuxième
cycle, parce qu'on a des bulletins d'adaptation.
On a une grille de progression des apprentissages. J'ai moi-même eu des
bulletins différenciés dans ma classe. Ils étaient... Physiquement, là,
il était assis avec des élèves de cinquième année, première année du troisième
cycle, mais son bulletin, là, c'était un
bulletin de troisième année, c'était un bulletin de deuxième cycle en français.
En mathématiques, il était classifié autrement, selon la grille de
progression des apprentissages. Et ça, c'était dans une classe régulière où on faisait de l'intégration. Puis, dans certains
cas, il y a eu de l'intégration réussie. Il y a des cas d'intégration forcée, puis on appelle ça
l'intégration sauvage, puis il y a des cas d'intégration réussie, des beaux succès.
Mais la
notion de cycle comme on la pense, bon, on la pense dans le cas d'élèves
réguliers. Mais, pour un élève qui est rendu à 10 ans, de présumer
que, là, s'il arrive à 10 ans, bien, il est à la première année du
troisième cycle, peut-être qu'en français il est dans un cycle, en
mathématiques, il est dans un autre cycle, peut-être qu'il est à la fin du deuxième cycle en mathématiques puis qu'il est
au début du troisième cycle en français. Ça fait que la notion de cycle,
ça va être quoi? Est-ce qu'il est à la fin du cycle? Donc, c'est un an. Est-ce
qu'il est au début du cycle? Donc, c'est deux
ans. Et, si, dans son parcours en français, lui, ça lui prend quatre ans pour faire
les apprentissages en français au deuxième cycle parce qu'il a une
lenteur x, y, z, est-ce qu'il va être quatre ans dans la classe? Dans le fond,
c'est une façon de compter qui ne résonne pas
sur le terrain quand on sait la nomenclature d'évaluation, la progression des apprentissages
et ce qui se passe dans les classes d'adaptation. Voilà.
La Présidente (Mme Lecours,
Lotbinière-Frontenac) : M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum :
Je suis le ministre, mais, en quelque part, pour moi, il est en train, et à
juste titre, de renforcer l'importance
de stabilité. On va en convenir, que le principe est déjà inséré. Et là on
parle de bonifier ça pour de bonnes raisons,
que... les raisons que le ministre vient de renforcer la stabilité dans ces
cas-là. On va en convenir que, des fois, le plan individuel qui va
suivre ces enfants ne se trace pas directement sur les cycles.
Mais, une autre fois, on parle ici de renforcer
et de clarifier l'intention du législateur, et là je souhaite voir devant nous
un amendement qui parle de l'intention dans la mesure du possible. Alors, on
est en train de comprendre une autre fois
qu'il n'y a pas de solution parfaite, mais je trouve ça tout à fait souhaitable
et normal que le signal du
législateur soit clair. Et, si on veut aller au bout de l'affaire... Et on
parle une autre fois... Qu'on se rappelle, à chaque seconde, qu'on parle des familles pour lesquelles
c'est le tout qui est en considération ici. Ce n'est pas une chose obscure.
Au bout de
l'affaire, avec les mots «dans la mesure du possible», dans le scénario où ces
deux élèves sont un contre l'autre, bon, le centre de services a devant
lui l'intention, le souhait du législateur très clair : Y a-t-il une solution à trouver pour assurer la stabilité
et les droits éventuels d'un élève du même territoire? Alors, j'invite le ministre
à voir si, dans l'ensemble de ses priorités,
il y a une façon d'être fidèle à ses propres souhaits de protéger chaque
enfant et son accès en dedans des contraintes qui vont toujours exister. On va,
j'espère, rétrécir les manques de services en dedans de chaque
territoire. Ça ne serait jamais une chose faite.
Et je crois que le ministre, comme ancien prof,
bon, comme ancien directeur général des commissions scolaires anglophones,
aurait vu chaque jour que la beauté de notre système, la meilleure façon que ça
se distingue, et qu'on n'oublie pas qu'on se
distingue sur le plan mondial, c'est quand on compte, au bout de la ligne, son encadrement
responsable, législatif, et sur l'expertise, la compassion de nos profs, de nos
directions d'école, de nos professionnels de services complémentaires pour agir
comme il faut, encadrer comme il faut.
Alors, je
soumets que l'ensemble des intervenants serait bien servi, ainsi que, la chose
qui compte, les enfants, par un
article qui indique clairement le souhait du législateur, c'est-à-dire
qu'autant que possible l'enfant atteint des problèmes d'EHDAA, extraterritorial, ait la possibilité, et c'est
une considération qu'on dirige le centre de services à
prendre en compte, d'avoir une grande stabilité et de compléter son cycle.
Alors, une autre fois, j'invite le ministre à nous inviter de retirer la proposition
sur la table actuelle pour bonifier cette préoccupation de façon qui pourrait
faire l'affaire de nous tous.
La Présidente (Mme Lecours,
Lotbinière-Frontenac) : M. le ministre.
M. Roberge : Bien, je pense que
les professionnels, les gens qui travaillent dans nos écoles, les gens qui sont
dans le réseau en ce moment sont bien intentionnés. Ils n'ont pas attendu qu'on
se questionne là-dessus pour essayer de
prendre soin des élèves et des familles. Puis, dans des cas exceptionnels dont
on parle, où une commission scolaire
accueille un élève d'un autre territoire pour une classe vraiment spécialisée,
pour des services que l'élève ne peut pas recevoir chez lui, bien, déjà, je
veux dire, on accueille cet élève-là. On n'a pas cette obligation-là, mais on
l'accueille parce qu'on a les services puis on veut le faire. Puis évidemment
qu'ils ont la préoccupation d'accueillir ces élèves-là avec une stabilité puis
une continuité sur plusieurs années.
Je veux dire, ils n'ont pas attendu qu'en Commission
culture et éducation on se penche là-dessus pour donner des services, les
meilleurs qui soient, avec les ressources qu'ils ont. Bon, ils pouvaient
manquer de ressources, mais, avec ce qu'ils ont, tout le monde fait au mieux
dans le réseau : les directions, les professionnels. C'est sûr que, quand ils ont établi des liens avec les familles, avec
les élèves, qu'ils connaissent les cas, ils vont essayer de les garder le
plus longtemps possible, hein? Ils le savent bien, là, que, si l'élève est forcé
de changer d'école, bien, oui, on va transmettre
tous les dossiers, mais le professionnel qui suit cet élève-là ne pourra pas assurer la
même continuité à distance si, tout à coup, on change l'élève...
Donc, je pense
que, déjà là, il
y a déjà un paquet de personnes
bien intentionnées qui gardent les élèves le plus longtemps
possible, et donc surtout des élèves vulnérables comme ça, puis ils essaient
d'assurer une continuité de services. C'est
bien imparfait, mais tout le monde le fait déjà. Ils n'attendaient pas qu'on en parle. Ceci dit, on l'a fait quand même. Dans le 107,
on est allés l'inscrire. Ce n'était pas là, là, depuis des années, ce n'était
pas dans la
Loi sur l'instruction publique. Là, on l'a fait.
Donc, mon collègue qui dit : Il faudrait
bien envoyer un message... Bien, on l'a fait, on a envoyé un message, puis je
suis certain qu'il sera reçu positivement, puis que les gens vont dire :
Bien, on le faisait déjà. Il y a peut-être des
gens qui vont dire : Oui, bien, on le faisait déjà, mais il y avait
plusieurs autres critères, mais là vous venez nous dire dans la loi que c'est un critère important, vous
envoyez un message de le mettre sur le dessus de la pile, correct, on va
en tenir compte, mais le travail est fait.
Puis on ne va pas... Ce n'est pas nécessaire, parce quelque chose est important,
parce que quelque chose est sensible, de le ramener dans trois, quatre, cinq,
six, sept articles. Une fois que c'est fait, c'est fait, voilà.
La Présidente (Mme Lecours,
Lotbinière-Frontenac) : Est-ce qu'il y avait d'autres interventions?
Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention,
nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que le sous-amendement à l'amendement
de l'article 92...
Une voix : ...vote par appel
nominal.
La Présidente (Mme Lecours,
Lotbinière-Frontenac) : Parfait.
Le Secrétaire : Mme Rizqy
(Saint-Laurent)?
Le Secrétaire : M. Fortin
(Pontiac)?
Le Secrétaire : M. Derraji
(Nelligan)?
Le Secrétaire : M. Birnbaum
(D'Arcy-McGee)?
Le Secrétaire : M. Roberge
(Chambly)?
Le Secrétaire : M. Émond
(Richelieu)?
Secrétaire : Mme Hébert (Saint-François)?
Mme Hébert :
Contre.
Le Secrétaire :
M. Poulin (Beauce-Sud)?
Le Secrétaire :
M. Reid (Beauharnois)?
Le Secrétaire :
Mme IsaBelle (Huntingdon)?
Le Secrétaire :
M. Lemieux (Saint-Jean)?
Le Secrétaire :
Mme Labrie (Sherbrooke)?
Mme Labrie :
Abstention.
Le Secrétaire :
Mme Hivon (Joliette)?
Le Secrétaire :
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac)?
La Présidente (Mme Lecours,
Lotbinière-Frontenac) :
Abstention. Donc, le sous-amendement à l'article 92 est rejeté. Nous
allons maintenant passer à l'amendement de l'article 92. Est-ce qu'il y a
des interventions? Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'amendement de l'article 92 est adopté?
La Présidente
(Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : Donc, l'article est adopté.
La Présidente (Mme Lecours,
Lotbinière-Frontenac) :
L'amendement de l'article 92
est adopté. Maintenant, est-ce que l'article 92,
tel que modifié, est adopté?
La Présidente
(Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : Donc, l'article 92 est
adopté. Nous passons maintenant à l'article 94. M. le ministre.
M. Roberge : Mme la
Présidente, si vous le permettez, il
me semble que je l'avais déjà précisé, pour plus de clarification, on reste dans le bloc. Puis ça serait plus
compréhensible, selon la séquence des amendements, sous-amendements
et des articles, que nous fassions maintenant, toujours dans le même bloc, le
100, ensuite le 101 et ensuite le 94. Là,
ils étaient tout simplement listés dans le bloc, dans l'ordre numérique, là,
les chiffres du plus petit au plus grand, mais on a décidé de les voir
en bloc pour que ça soit plus cohérent. Je propose qu'on ne les voie pas, même dans le bloc, nécessairement dans l'ordre
numérique, mais dans un ordre de cohérence qui facilite la compréhension.
Donc, si mes collègues sont d'accord, on resterait dans le bloc, on ferait 100,
puis 101, puis 94.
La Présidente
(Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : Donc, est-ce que l'ordre
proposé par M. le ministre est accepté? Parfait. Donc, nous passons à l'article 100.
M. le ministre.
M. Roberge :
Juste une seconde, Mme la Présidente, j'y arrive. Alors, voilà,
article 100 :
L'article 213 de
cette loi est modifié :
1° par le
remplacement au dernier alinéa par le suivant :
«Aux termes d'une
entente conclue en application du présent article, un centre de services
scolaire peut en outre organiser des stages de formation ou d'apprentissage en
entreprise.»;
2° par le remplacement, partout où ceci se trouve,
de «commission scolaire» par «centre de services scolaire», avec les
adaptations nécessaires.
Donc, en plus de
prévoir des modifications de concordance, donc, évidemment, là, changer un
terme pour l'autre, l'article 100 propose une modification au dernier
alinéa de l'article 213 de la
Loi sur l'instruction publique pour en supprimer la référence à la dispensation
de services à des personnes ne relevant pas de la compétence du centre
de services scolaire. Cette modification est apportée en cohérence avec les
modifications apportées à l'article 204 concernant la compétence d'un centre
de services scolaire.
La Présidente (Mme Lecours,
Lotbinière-Frontenac) :
Donc, est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 100? Donc,
Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. En décembre, on vous avait demandé, M. le
ministre, combien coûtait la transformation de toutes les plaques. Vous avez
dit que vous n'avez pas fait le calcul, mais que vous pensiez peut-être le
faire. Est-ce que, finalement, ça a été fait?
La Présidente
(Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : M. le ministre.
M. Roberge :
Mme la Présidente, je ne vois pas tellement le lien avec l'article 100,
mais je n'ai pas lancé d'appels d'offres
pendant le temps des fêtes pour savoir combien pourraient coûter des
changements de panneaux signalétiques.
Mme Rizqy :
Ma question n'était pas de savoir si vous avez fait des appels d'offres, mais
plutôt, puisqu'on change encore les libellés, donc les noms, qu'il y a
une conséquence, évidemment, sur chacune des plaques. On vous a posé la
question si vous avez fait le travail, parce que, clairement, c'est quand même
une donnée financière importante puis qu'il
y avait eu des données qui dataient quand même de l'époque de 2000,
l'an 2000, à cette époque-là, qui montraient des chiffres quand
même assez importants. C'était juste par souci de transparence.
Puis j'en profite aussi pour poser une question...
en fait, pour faire un suivi de question sur la question qui a été posée
hier par la députée de Sherbrooke. Elle vous a posé la question sur un autre
sujet, projets pédagogiques particuliers. Vous avez dit que les commissions
scolaires ne vous sont pas revenues pour nous refaire, au fond, combien ça...
un portrait de la situation au Québec. C'est bien ça, votre réponse d'hier?
La Présidente
(Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : M. le ministre.
M. Roberge :
Encore une fois, Mme la Présidente, par courtoisie, je vais répondre. On n'est
pas du tout dans l'article 100.
Je vais y aller brièvement pour éviter les digressions, là, qui pourraient
allonger les travaux inutilement. J'ai
répondu à la question hier, mais on est en train de faire la recension de ces
informations-là. On reçoit des informations. Ça prend un certain temps.
Puis elles ne sont pas toutes colligées de la même manière. Donc, c'est
difficile d'avoir des comparables, mais on travaille là-dessus et on aura ces
informations-là.
La Présidente
(Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : Est-ce qu'il y avait
d'autres interventions?
Mme Rizqy : Bien, peut-être une dernière question par rapport à ça, une petite question de suivi.
Quand est-ce que vous avez envoyé une lettre de demande d'information,
savez-vous?
La Présidente
(Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : M. le ministre.
M. Roberge :
On va trouver les correspondances, mais il n'y a pas de secret là-dedans. Je
n'ai pas la date précise, mais je peux vous dire qu'il y a des relances
qui se font fréquemment, puis, des fois, des questionnements. On reçoit
l'information. Parfois, on ne la reçoit pas. Donc, on relance. On a besoin de
cette info-là. Des fois, on la reçoit, mais c'est difficilement comparable.
Quand on veut colliger des informations à la grandeur du réseau, il faut être
capable de faire des tableaux, de colliger,
de ne pas avoir 84 catégories différentes, mais d'en avoir quelques-unes,
puis que ça soit compréhensible. Des
fois, on reçoit l'info, mais il faut questionner, parce que ce ne sont pas les
mêmes termes qui sont utilisés. Donc, voilà, c'est ce que je peux dire
pour l'instant.
La Présidente
(Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : Parfait. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions? Oui, Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie :
J'ai une question sur l'article 213. On parle d'entente conclue avec une
commission scolaire pour que la prestation
de services soit faite par une autre commission scolaire. Donc, est-ce que ça,
c'est une situation différente de celle dont on parle depuis le début,
où un élève quitte le territoire d'une commission scolaire pour aller sur un autre territoire de commission scolaire?
Est-ce qu'on parle d'une entente de services, dans ce cas-là, pour les élèves
extraterritoriaux, ou c'est différent, ou ce sont les mêmes élèves?
La Présidente
(Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : M. le ministre.
M. Roberge : Ici, on
ne parle pas de déménagement. Quand vous dites : C'est la famille qui
déménage, je veux juste comprendre...
Mme Labrie :
Non, je ne parle pas de déménagement, c'est juste quand... Les situations dont
on parle depuis le début, là, un élève qui
désire fréquenter une autre commission scolaire, pour la raison qu'il voudra,
il n'a plus besoin de l'autorisation de sa commission scolaire
d'origine, mais est-ce que c'est une entente de services, dans ce cas-là, ou non? Est-ce que c'est la même chose, les
situations décrites à l'article 213, où on parle d'entente de services, et
les situations où l'élève quitte le territoire et devient maintenant
sous juridiction de l'autre territoire?
M. Roberge :
C'est de ça dont on parle. Donc, quand l'article 213, texte actuel de la
Loi sur l'instruction publique... Le
parent dit : Bien, moi, je souhaiterais que mon enfant aille à telle école
qui n'est pas sur le territoire du centre de services. Donc, il doit
demander la permission à sa commission scolaire actuelle. Celle-ci peut
accepter ou refuser. Supposons qu'elle
accepte, bien, il y a une... C'est de ça dont on parle ici, c'est une entente,
puis il faut que les deux soient d'accord.
Et, avec notre
article 100, ce qu'on dit,
c'est qu'on vient simplifier un peu... Les ententes peuvent être possibles,
les ententes de scolarisation. Notamment, dans des cas d'enfants qui ont des
besoins très particuliers, on peut faire des ententes, mais elles ne sont plus
nécessairement requises. Ce que l'article 1 nous dit, c'est que, s'il y a
de la place sur le territoire d'accueil, il
y a de la place, là, c'est disponible, que le parent souhaite inscrire son
jeune là puis accepte de faire le transport, bien, il n'est pas obligé
d'avoir une entente, puis une paperasse, puis un contrat, puis ci, puis ça. Le parent peut tout simplement inscrire son enfant
sur le territoire voisin sans qu'il y ait, là... que les deux organisations
aient à s'entendre puis à signer quelque chose. C'est plus simple.
La Présidente
(Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : Mme la députée de
Sherbrooke.
Mme Labrie :
À ce moment-là, puisque l'objectif, c'était de simplifier puis qu'il n'y ait
pas besoin d'entente de services, c'est quoi, les situations où la famille et
les commissions scolaires concernées décideraient quand même de conclure une
entente de services?
M. Roberge :
Bien là, justement, on parle d'ententes qui peuvent originer d'un élève qui a
des besoins spécifiques, dont on
parlait tout à l'heure, puis la commission scolaire dit : Bon, bien, moi,
j'en ai trois sur mon territoire, c'est moins pertinent d'ouvrir un groupe qui... Dans une classe où on pourrait être
12, j'en ai trois, je vais faire une entente avec toi pour qu'ensemble on finance une classe. On est
capables d'accueillir... En mettant les deux territoires ensemble, on va
être capables d'avoir... pas une classe trop
pleine, parce qu'on ne répondra pas aux besoins directs des élèves, mais quand même
assez d'élèves pour justifier le local, le personnel, etc. Donc, c'est de ce
type d'entente là dont on parle.
Mme Labrie :
Donc, on parle de situations où les deux commissions scolaires investissent des
ressources pour offrir des services à
l'élève, alors que, dans les situations qu'on cherche à simplifier, la
commission scolaire d'origine ne fera pas de dépenses, là, n'investira
pas de montant pour assurer les services à l'élève. C'est ça, la différence?
M. Roberge :
J'ai mal saisi la question, qu'on ne fait pas de dépenses, là... Excusez-moi.
Mme Labrie :
Bien là, ce que vous... l'exemple que vous venez de me donner, c'est une
situation où deux commissions
scolaires décideraient ensemble de
s'allier, parce qu'elles ont chacune
très peu d'élèves, et décident de... Dans
le fond, c'est ça, l'entente de services, c'est qu'elles investissent toutes
les deux des sommes pour offrir ce service-là à leurs élèves. Ça, c'est
des situations pour lesquelles elles auraient besoin d'une entente de services,
mais les situations où une famille décide tout simplement d'inscrire son enfant
dans une autre commission scolaire, la
commission scolaire d'origine ne finance rien dans la commission scolaire de
destination. Donc, il n'y a pas d'entente à ce moment-là. C'est ça?
M. Roberge :
Exactement, l'entente, c'est nécessaire quand c'est à l'initiative du centre de
services. Ce sont les centres de services...
Ça n'origine pas nécessairement du parent qui veut inscrire son jeune dans
telle école, mais c'est le centre de services qui dit : Bon, bien,
comment on ferait pour mieux répondre aux besoins? Donc, à ce moment-là, il
pourrait y avoir des ententes, mais on vient faire qu'elles sont toujours
possibles. Elles peuvent être à l'initiative des centres de services, mais ne
sont pas requises nécessairement à chaque fois. Voilà.
La Présidente (Mme Lecours,
Lotbinière-Frontenac) : Mme
la députée de Sherbrooke, est-ce que vous aviez d'autres interventions?
Mme Labrie :
Non, ça répond à ma question.
La Présidente
(Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : Parfait. Donc, Mme la
députée de Saint-Laurent avait demandé la parole.
Mme Rizqy :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. J'aimerais aller au dernier alinéa :
«Aux termes d'une entente conclue en application du présent article, un
centre de services [...] peut en outre organiser des stages de formation ou
d'apprentissage en entreprise.» Pourquoi un tel ajout?
Présidente (Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : M. le ministre.
M. Roberge : Bien, en fait, on le reformule, parce qu'en haut, dans la loi actuelle, dans la
Loi sur l'instruction publique, on
dit : «Une commission scolaire peut dispenser, aux termes d'une entente
conclue en application du présent
article, des services à des personnes ne relevant pas de sa compétence; elle
peut en outre organiser des stages de formation ou d'apprentissage en
entreprise.» Donc, comme on change la notion d'entente, on reformule la
section
sur les stages, mais la
section sur les stages était possible... demeure
possible.
Mme Rizqy :
...mais là, maintenant, on parle aussi, et c'est là que j'ai de la misère à
suivre : «Formation ou d'apprentissage
en entreprise». Puis, pour vous éclairer où est-ce que j'ai peut-être un
malaise, rappelez-vous, on a eu une
discussion l'an dernier, une commission scolaire... Bien, en fait, une
direction d'école, avec des enseignants, ont décidé de faire de la
formation technologique dans un magasin appelé Apple, et c'était, selon leurs
dires... bien, ils vont apprendre là-bas.
Évidemment, il y a des parents qui n'étaient pas contents, parce qu'un enfant,
après ça, retourne à la maison, et qu'est-ce qu'il demande? Soit un
iPhone soit un iPad.
En France, le débat a
fait rage, et «rage», là, on peut le souligner bien comme il faut, tellement
qu'ils ont dû passer une loi pour interdire
justement que la formation se fasse dans les magasins. Pourquoi? Parce que,
lorsqu'on est des enfants... On
n'expose pas des enfants très jeunes à de la publicité. Comment ils ont su que,
finalement, ce n'étaient pas des formations d'apprentissage? Par caméra
cachée. Lorsqu'on arrive, en fait, dans le magasin Apple, c'est vrai qu'au départ on a l'impression d'avoir des
techniciens en informatique, mais en fait leur vraie formation, c'est du marketing,
du marketing indirect. Comment? En offrant un chandail, en offrant une clé USB
avec le magnifique logo. Lorsque les enfants rentrent, évidemment, ils rentrent
comme des princes et des princesses. On les applaudit. On leur donne un «high five». Tout le monde est content, mais,
par contre, à ce moment-là, l'enfant est exposé à la commercialisation.
C'est pour ça qu'ici
je vous invite à une grande prudence puis je vous pose la question, parce qu'en
France ça a dérapé. Finalement, ils ont dû
légiférer pour s'assurer que, justement, on envoie un message très, très clair
qu'il n'est pas question que la
formation se fasse dans des magasins. Et là c'est là que moi, j'ai un problème,
parce que ça a déjà commencé à se
faire ici, au Québec. La réaction n'a pas été très forte. On l'a dénoncé l'an
dernier, mais là, ici, ça peut être interprété que, finalement, le message qu'on a envoyé l'an dernier... Mais la
formation d'apprentissage en entreprise, je ne sais pas comment qu'on va
pouvoir formuler... Peut-être, là-dessus, les légistes peuvent regarder ce que
la loi française dit pour s'assurer
qu'effectivement il n'y a pas de formation qui va se donner dans des magasins,
comme par exemple Apple, et qu'au contraire... L'expertise, on en a, des
technopédagogues, on en a, au Québec, là. Ça devrait se faire en classe et non
pas dans un magasin.
La Présidente
(Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : M. le ministre.
M. Roberge :
Oui, bien, ma collègue nous parle de sorties scolaires, qu'on appelait
sorties... des sorties scolaires, là, qui
ont eu lieu dans des magasins, effectivement, mais ce n'est pas de ça dont on
parle. Ici, on parle de stages en
entreprise, là, ce sont des stages de formation, des stages en entreprise.
Donc, je ne pense pas qu'une classe de
secondaire I... Je ne pense pas qu'il soit pertinent, je vais vous le dire
sincèrement, là, qu'on organise une sortie scolaire dans un magasin
Apple ou autre comme ça, de cette façon-là, d'accord?
Ceci dit, ce n'est pas de ça dont on parle ici. On
parle : «Aux termes d'une entente conclue...» Donc, on est dans... Ici, on parle des
ententes qui sont conclues ici, donc des ententes entre deux centres scolaires.
Donc, on ne parle pas de sorties scolaires. On dit : S'il y a des ententes
entre deux centres de services, eh bien, le centre de services qui fait des
ententes peut organiser des stages en entreprise. Je ne pense pas qu'on va
s'opposer à des stages en entreprise.
La Présidente
(Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Ici, on lit : «Aux termes d'une entente conclue en application du présent
article, un centre de services scolaire peut en outre organiser des
stages de formation ou — et
c'est là que j'attire votre attention — d'apprentissage en entreprise.»
Le cas que je vous présente, ce n'est pas un cas théorique. C'est un cas qui
est arrivé, où est-ce que, oui, si on
dit : On fait de la formation, on leur apprend comment utiliser la
technologie chez Apple au lieu d'avoir
un technopédagogue à l'école. C'est pour ça que j'attire votre attention là. Ce
n'est pas, pour reprendre l'expression d'hier, une anecdote, c'est réel.
Puis, en France, finalement, qu'est-ce qui se
passe? Parce qu'en parlant d'entente, savez-vous quoi, comment ça
fonctionne, ces ententes avec Apple? Bien, tout simplement, pour de vrai, que
la commission scolaire ou le centre de services ait, en ligne, signé une
entente de formation avec Apple, parce qu'ils ont leurs propres cours. Alors,
ça pourrait rentrer dans ce cadre-là si on continue à lire, là. Je vous fais
juste signaler que c'est un danger.
La Présidente
(Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : M. le ministre.
M. Roberge :
Je comprends la préoccupation de ma collègue. Je répète que ce n'est pas de ça
dont on parle. Ici, on parle de stages. On ne parle pas de visites scolaires ou
de sorties scolaires. On parle de stages en entreprise.
La Présidente
(Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : Mme la députée.
Mme Rizqy :
Puis une formation en apprentissage, c'est quoi?
M. Roberge :
Écoutez, quand il y a un «ou», là, le mot peut être appliqué à deux... On parle
de stages de formation ou de stages
d'apprentissage d'entreprise. On parle des stages. Aller passer une heure en
sortie scolaire, je pourrais aller au
musée, ce n'est pas un stage en musée, O.K.? Puis je peux aller chez Apple, ce
n'est pas un stage en entreprise non plus. Je pense que la sortie
pédagogique au musée est pertinente. Je pense que la sortie pédagogique chez
Apple n'est pas pertinente, puis je l'ai déjà dit. Puis je pense aussi que ce
débat n'a aucun lien avec ce qui est écrit à l'article 213.
Mme Rizqy :
Vous ne voyez aucun enjeu de la façon que c'est formulé? Vous ne pensez pas
qu'il peut y avoir un danger ici, alors que, là, vous avez un cas
concret ici, au Québec, plusieurs cas concrets en France? Oui, il y a eu des ententes de formation d'apprentissage, parce
qu'évidemment ces entreprises le voient, là, que plus rapidement on met la main sur ces enfants-là, plus ils deviennent
adeptes tôt. Alors, ils inventent des nouveaux programmes de formation. Puis ce n'est pas de... Ça ne date pas d'hier, là.
Toutes les entreprises, pratiquement, technologiques le font. Dans les universités
aussi, ils le font.
Alors, oui, que les universités développent leur
propre expertise, mais se retournent, disent : Ah! bien non, c'est correct, on va prendre la formation, par
exemple, de Google, ou de Microsoft, ou d'Amazon, là, ici, on parle d'adultes.
Là, moi, je parle d'enfants et, oui, d'élèves
du secondaire, mais il n'en reste pas moins qu'ici, tel que formulé, «ou d'apprentissage
en entreprise», bien, quelqu'un ici pourrait interpréter, parce que ça a déjà
été fait... puis que, oui, ils sont amenés à
prendre les nouvelles technologies une journée chez Apple, dans le magasin.
Moi, j'attire ça à votre attention puis je vous laisse réfléchir
là-dessus.
M. Roberge :
Je répète qu'on parle ici de stages d'apprentissage, et ça n'a rien à voir avec
la situation réelle, là. Je ne nie
pas que c'est arrivé, des sorties qui sont arrivées, dans certains cas, mais on
pourrait plus comparer des sorties scolaires
au musée, au théâtre ou chez Apple. Tu sais, c'est correct, c'est correct, on
n'est pas corrects chez Apple, je veux bien,
mais ça n'a pas de rapport avec les stages en entreprise. Ici, on parle
d'envoyer un jeune faire un stage et pas devenir un client.
Je sais qu'il
y a des jeunes, surtout en formation professionnelle, qui font des stages en
entreprise, mais il y a aussi des
jeunes qui, dans le cadre de leur parcours secondaire régulier, ont des
journées ou des demi-journées où on leur demande d'aller... Mais là ce
n'est pas toute l'école qui y va, là. On leur dit : Bien, dans ton
processus d'orientation de choix de carrière, tu penses devenir... t'en aller
en marketing, tu penses t'en aller en droit... Tu penses aller en mécanique automobile? Va donc passer une journée au garage.
Est-ce vraiment un stage? Est-ce que, vraiment, on va te demander
d'entretenir le véhicule? Pas tellement. On va peut-être te confier quelques
responsabilités, mais tu vas être dedans. Tu
vas côtoyer les mécaniciens, les
mécaniciennes. Tu vas voir arriver les clients. Tu vas être dans
l'environnement sonore. Tu vas savoir
de quoi ça a l'air. Quand tu vas
retourner à l'école, tu vas peut-être dire : Aïe! C'est ça que je veux faire,
je m'inscris en formation professionnelle
mécanique automobile; ou : Mon Dieu! Je pensais... mais le choc du réel me
dit : Pas du tout. Ça, ça peut être un
stage de formation ou d'apprentissage en entreprise, mais ce n'est pas une
visite où, là, on embarque tous dans l'autobus jaune puis on s'en va
faire une sortie.
Donc, ce que ma collègue parle, je comprends que
c'est arrivé, mais ça n'a pas de rapport avec l'article 100 dont on parle
en ce moment.
Mme Rizqy :
...M. le ministre, juste vous lire un petit passage qui... d'un journal
français : «Malgré tout, il nous semble évident que toute mission
éducative cautionnée par le ministère de l'Éducation nationale ne peut
légitimement être menée par une société privée dont le but est de vendre ses
produits. Mais les choses n'étaient visiblement pas si évidentes
que cela pour le gouvernement, qui aura mis plusieurs semaines à s'exprimer sur
le sujet face aux demandes des journalistes.»
Peut-être
qu'ici, à première vue, vous ne voyez pas d'enjeu de commercialisation, mais
j'espère que vous allez y réfléchir.
Mais ça m'amène quand même à une autre question pour vous. Est-ce que vous avez
ici le portrait des ententes actuelles
ainsi que des statistiques par rapport aux élèves qui peuvent être tentés de
décrocher pour occuper un emploi, aussi
des statistiques par rapport au nombre d'heures travaillées par nos
étudiants... pardon, nos élèves, là, pas étudiants, mais élèves, donc, au secondaire? Parce qu'il y a
quand même eu des articles qui ont été publiés où est-ce que le nombre d'heures était assez important, travaillées
par les élèves, et qu'ils arrivaient à l'école excessivement
fatigués en classe. Est-ce que, ça, vous avez un portrait
de la situation?
La Présidente (Mme Lecours,
Lotbinière-Frontenac) : M. le ministre.
M. Roberge :
Mme la Présidente, j'ai l'impression qu'on voit un mot dans un article, on
dit : Tiens, ça me fait penser à... puis on part dans
une direction. Ça n'a pas de rapport avec l'article 100 qui nous
dit : On pouvait, au fil des années,
conclure des ententes entre commissions scolaires. En fait, on devait. Aussitôt
qu'un élève était dans une autre commission
scolaire, il fallait avoir entente obligatoirement. On ne permettait pas aux
enfants et aux parents d'inscrire leurs
jeunes sur un territoire de centre
de services autre. Ce n'était
juste pas possible. Il fallait qu'il y ait préalablement
une entente.
Là, on
vient simplifier les choses. On dit : Le parent, s'il y a de la place,
s'il est prêt à accepter de transporter lui-même
le jeune, peut inscrire son jeune sur un territoire voisin. Ils ne sont pas des
millions, là, mais ça se peut. On facilite ça un peu en mettant toutes
sortes de balises, là. Ce n'est pas une faille dans un barrage, là, puis, ça y
est, tout le monde y
va, mais on facilite un peu. Faisant cela, on vient dire : Mais,
attention, donc, les ententes ne sont plus obligatoires si notre jeune
est inscrit sur un territoire voisin, mais elles sont encore possibles si elles
sont à l'initiative des commissions scolaires. Et là, bien, en concordance, on
vient modifier un article.
Puis
là, au petit bonheur, on vient de voir... on voit le mot «entreprise», on
dit : Ah! tiens, je vais parler de quelque
chose qui s'est passé, que j'ai lu dans le journal il y a un an. Mais ce n'est
pas pertinent dans l'étude de l'article 100. Ça ne veut pas dire que ce n'est pas intéressant.
On peut s'en parler, là, pendant le dîner, autour d'un café, mais ça n'a
pas de rapport avec l'article 100 dont on parle à ce moment-ci.
L'amendement... En fait, l'article 100, qui
modifie le 213, ne touche pas ce dont ma collègue parle, et l'article 213
non plus. Donc, ni l'article de la LIP ni l'amendement qui le modifie ne sont
sur ce sujet, bien qu'un mot puisse faire penser à autre chose qui nous amène à
en parler. Alors, on peut en parler.
Présidente (Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Donc, est-ce que vous avez le portrait de la situation ou non?
M. Roberge :
Là, j'ai manqué votre question.
Mme Rizqy : M. le ministre, vous vous êtes
emporté dans une envolée lyrique, mais vous avez oublié ma question. Les articles auxquels je
fais référence, des jeunes élèves qui travaillent, et qui font plus de
15 heures par semaine, et qui
arrivent en classe fatigués, ils ne datent pas d'un an. Ils datent d'il y a à
peu près deux semaines, puis ça se passe ici, au Québec.
Alors, tant qu'à parler de la
Loi sur l'instruction
publique, qui va... Oui, votre projet de loi... à peu près dans beaucoup,
beaucoup de sens, là. On va se le dire franchement, c'est un petit peu à
l'image de votre projet de loi que mes questions sont... Alors, lorsqu'on parle
d'apprentissage en entreprise ou de stage de formation...
J'en
profite, au passage, puisque j'ai l'occasion d'avoir devant moi le seul et
l'unique ministre de l'Éducation et de
l'Enseignement supérieur, pour lui poser quelques questions, parce que je sais
à quel point il a à coeur la réussite de
tous les élèves. Alors, je suis certaine qu'il a regardé... puis s'est
dit : Bon, je vais aussi en profiter, tant qu'à bonifier la
Loi sur l'instruction publique, qu'on ne va pas
ouvrir à chaque année, tant qu'à l'ouvrir, bien, essayons aussi d'améliorer
la réussite éducative, parce que ça, c'est
vrai, là, on n'en parle pas tout le temps, de la réussite éducative, dans votre
projet de
loi. Mais, ici, là, l'article
d'il y a deux semaines, il y en a eu quelques-uns... qu'il y a des élèves qui font
plus de 15 heures par semaine.
Alors, c'est pour ça que je vous pose une question
très pertinente. Est-ce que vous avez le portrait de la situation de nos jeunes élèves qui sont en ce moment à l'école à temps plein, qui travaillent? Est-ce que
ça, ça vous a fait réfléchir, vous, vous dites : Ah! je vais
demander à mon équipe de se pencher là-dessus? Parce que ce n'est pas normal
d'avoir des jeunes élèves qui arrivent à
l'école trop fatigués puis ils ont fait plus que 15 heures de travail.
Alors, là-dessus, je vous ai juste posé une question, si
vous avez le portrait de la situation ou si vous ne l'avez pas.
La Présidente
(Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : M. le ministre.
M. Roberge : C'est ce que je pensais, on n'est pas sur l'article 100,
mais, comme c'est écrit le mot «travail» ou «entreprise», ça nous fait
penser à un autre
article de journal. J'ai l'impression qu'on va éplucher la
revue de presse des dernières semaines, Mme la Présidente, mais, bon,
parlons-en.
Je me souviens avoir lu qu'il y avait des études qui parlaient d'un effet qui pouvait être positif, puis là
ce n'est pas du cas par cas, là, si
un élève, un adolescent travaillait quelques heures par semaine. Certains, ça
les aidait à s'organiser, à se
responsabiliser. Mais, au-delà d'un certain nombre d'heures, la plupart du
temps, l'impact était négatif sur les notes. On peut penser... Puis là il faudrait se référer aux études, là, que
j'ai lues, puis peut-être que ma collègue a lues, puis ça fait un certain temps, je n'ai pas les données en mémoire
à la grandeur, là, mais il est possible, évidemment, que, si les jeunes
travaillent très tard, bien, ils aient moins le temps de faire leurs devoirs ou
dorment moins, mais, encore une fois, c'est
des moyennes. Il y a des élèves qui peuvent travailler un peu
plus de 15 heures semaine, avoir d'excellents résultats, puis d'autres, travailler cinq heures semaine puis
avoir des mauvais résultats. Ce n'est pas l'objet de l'article 100.
Je n'ai pas le nombre d'élèves, en ce moment, travaillant, spécifiquement,
voilà.
La Présidente
(Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? Il y avait Mme la députée de Sherbrooke qui avait demandé la
parole.
Mme Labrie : Bien, simplement par
rapport au questionnement soulevé par ma collègue tout à
l'heure, je me demandais si...
à ce moment-là, ce sera au ministre de nous le préciser, mais si toutes les
situations de stages qui existent en ce moment visent à la réussite d'un cours ou
d'un programme. On pourrait peut-être préciser ici, pour éliminer toute possibilité de confusion,
qu'elle peut organiser des stages de formation et d'apprentissage en entreprise visant la réussite d'un cours ou d'un programme,
par exemple. Ça viendrait exclure la confusion avec les
sorties éducatives en entreprise ou ce type d'activité qu'on veut tous
éviter.
La Présidente
(Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : M. le ministre.
M. Roberge : Oui, mais je ne pense pas qu'il y a
bien des gens qui vont lire la loi puis qui vont confondre stage de formation et sortie scolaire. Je ne suis pas sûr qu'il y a
un grand danger, là, puis qu'il faut clarifier qu'il y a une différence
entre un stage et une sortie scolaire.
Et là il faut
bien prendre... Il faut regarder l'article au complet. Il y a quand même
des balises. Et de quoi on parle en ce moment, c'est de stages de formation
ou de stages d'apprentissage, et quand? Quand ça résulte d'ententes entre deux centres de services distincts et après consultation des parents. À l'avant-dernier paragraphe, on dit : «Avant la conclusion d'une telle entente — parce qu'on parle d'entente entre deux
territoires — le
centre de services scolaire consulte
les parents de chaque élève ou l'élève majeur susceptible d'être visé par une
telle entente.» Puis là on continue.
Donc, on
n'est pas en train de parler de sorties scolaires. Il y a des consultations qui
ont lieu, puis on parle de stages de formation et de stages en
entreprise. Des fois, j'ai vu... Tantôt, j'ai parlé de stages d'observation,
des stages, là, qui peuvent servir en
orientation professionnelle. Donc, ce qu'on dit, en réalité, c'est qu'un centre
de services peut le faire avec les
élèves qu'il dessert puis il peut le faire aussi avec des élèves qu'il reçoit
en vertu d'une entente, tout simplement. Il pourrait... Il n'a pas à s'empêcher à faire ce qu'il fait avec des
élèves pour lesquels il y a une entente s'il le fait déjà avec les élèves sur son territoire. Ça dit juste
ça, que les élèves qui font l'objet d'une entente ont droit aux mêmes stages
que les autres puis ils n'ont pas à être exclus parce qu'ils font l'objet d'une
entente, voilà.
La Présidente (Mme Lecours,
Lotbinière-Frontenac) : Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie :
Bien, c'est comme ça que je le comprends aussi, mais j'offrais simplement une
voie de passage si ça peut permettre de le clarifier dans la loi. Moi,
ça me va.
Présidente (Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Oui, M.
le député de Pontiac.
M. Fortin : Oui, merci. Puis là je vais essayer de faire
plaisir au ministre puis de rester dans le coeur de l'article, là, parce
que, quand je le lis, quand je lis l'article 100, mot pour mot, là :
«...un centre de services scolaire peut en outre organiser des stages de formation ou d'apprentissage en entreprise.» Ça, c'est le verbatim, là, de ce qu'il
propose. Je veux savoir, étant donné le contexte actuel...
Et le ministre
a dit ce matin, là, sur différentes tribunes, que son plus grand défi, c'était
la pénurie d'enseignants. Si c'est
son plus grand défi, comme employeur, au ministère de l'Éducation, c'est le plus grand défi de bien des employeurs au Québec. Dans ce contexte-là, les stages de formation,
qui sont, à mon avis, là, tout à fait valides, Mme
la Présidente, tout à fait valables, tout à fait souhaitables, tout à
fait productifs, mais est-ce qu'on se penche sur la question à savoir, ces
stages de formation là, est-ce qu'ils mènent toujours à la diplomation. C'est-à-dire,
est-ce que les employeurs... Étant donné
la pénurie de main-d'oeuvre importante, là, donc, quelqu'un qui rentre en
entreprise, qui vient faire un stage de formation, lui, il va... il
s'arrache déjà des employés partout où il peut. Est-ce que la personne qui est
en études, qui va suivre un stage, n'est pas un peu plus tentée, une fois
qu'elle est en entreprise, de rester en entreprise?
Alors, est-ce que
le ministre ou son ministère, est-ce
que ses fonctionnaires se sont
penchés sur cette question-là? Est-ce que nos taux de diplomation ont
diminué dans les stages en formation? C'est-à-dire, est-ce qu'il y a moins d'étudiants, une fois qu'ils vont en stage de
formation, qui complètent la formation parce
qu'il y a tellement
une grande pénurie de main-d'oeuvre en ce moment, puis que les
employeurs seraient peut-être tentés de reprendre un employé, là, qui aurait fait un stage plutôt que de le
renvoyer terminer sa formation? Je me pose la question au moment où on étudie
le projet de loi du ministre et
l'article 100, qui dit justement qu'un centre de services peut organiser
des stages de formation. Je pose la question. Une réponse simple me
suffit, là. Je suis juste curieux par rapport à cet article-là.
La Présidente (Mme Lecours,
Lotbinière-Frontenac) : M. le ministre.
M. Roberge :
Mais ce qu'on dit ici, que le centre de services peut organiser des stages pour
les élèves qui font l'objet
d'ententes extraterritoriales, comme il fait pour les autres, il n'est pas
obligé de le faire. C'est vrai que, très souvent, ce sont des stages qui
sont très formateurs, qui... On n'est pas obligés de reproduire
artificiellement dans un centre les conditions
d'emploi. On y va directement. C'est formateur. Aussi, ça sert à savoir si les
jeunes sont en train de se former dans un domaine qui les intéresse
vraiment dans le marché du travail. Donc, ça valide aussi. Ce sont des endroits
puis des moments de formation qui servent à valider le choix de carrière :
Au quotidien, est-ce que je vais aimer ça?
Par contre, ce que mon collègue dit est très
pertinent. Il se fait l'écho de quelque chose que j'ai déjà entendu. Je réponds à sa question. Est-ce que j'ai, disons,
le taux de persévérance, le taux de diplomation des programmes qui font l'objet d'un stage, on va dire, jusqu'en 2014,
2015, 2016, là? À partir de quel moment on a dit : Bon, on atteint un point
de bascule, on est vraiment en pénurie de main-d'oeuvre?, puis, après ça,
dire : Bon, bien ces mêmes formations-là, maintenant qu'on a... sont en
pénurie, est-ce que le taux de diplomation diminue avant, après? Puis encore
faudrait-il déterminer à partir de quand,
là, on décide que, là, la pénurie de main-d'oeuvre a lieu, puis probablement
qu'elle varie d'une formation à l'autre. La pénurie de main-d'oeuvre, ce
n'est pas partout à la même grandeur.
Donc, je n'ai pas la donnée statistique
là-dessus, mais j'ai entendu, probablement comme lui, des employeurs et des
jeunes dire... Bien, quand il fait l'affaire, c'est tentant de lui dire :
Bien, ça fait deux mois ou deux semaines que tu es dans l'entreprise, tu fais
l'affaire, moi, j'investis dans ta formation d'une certaine façon, tu n'as pas
besoin de retourner à l'école pour
compléter, je vais compléter, moi, ici, puis, en plus, tu vas être payé pour
être formé parce que je vais te donner un salaire, je vais t'embaucher.
Ça arrive.
Là, j'en ai parlé avec mon collègue ministre du
Travail. Je ne pense pas qu'on veut faire une loi. Ça serait pousser un peu loin, là, une loi, dire : J'interdis à
tout employeur de faire une offre d'emploi à un employé prometteur. Je ne pense pas qu'on puisse faire ça, mais il
peut y avoir de la sensibilisation qui se fait. Écoutez, là, on se tire dans le
pied, comme société, même comme entreprise,
quand on incite des jeunes à ne pas se rendre au bout de leur parcours de formation, parce qu'après ça ils sont un peu
prisonniers de l'entreprise ou du secteur, parce qu'ils n'ont plus de diplôme.
S'il y a un problème dans cette entreprise-là, bien...
Le diplôme, des fois, c'est le passeport pour passer d'une entreprise à l'autre ou d'une formation à
l'autre. Quand on a notre diplôme d'études de formation professionnelle,
le D.E.P., ce n'est pas un cul-de-sac au Québec, là. Ça permet ensuite, dans
deux ans, trois ans, 15 ans, d'être admis au cégep, si on veut, puis de poursuivre sa formation, tandis que, si on
se retrouve sans diplomation aucune, ça ne veut pas dire qu'on n'a
aucune compétence. On peut avoir plein de compétences. On peut avoir une
expérience en entreprise. Mais il reste que deux, trois ans, 10 ans après,
quand on fait notre fameux C.V., il manque un D.E.S. ou D.E.P. C'est une prise
contre nous puis ce n'est pas un service qu'on se rend.
Mais, sincèrement, je
pense que ça passe plus par une campagne de sensibilisation auprès des élèves,
dire : Fais donc encore trois, quatre
mois, là, finis ton diplôme, tu iras en entreprise. De toute façon, on est en pénurie de main-d'oeuvre. L'offre d'emploi va être encore là dans quelques semaines ou dans
quelques mois, là. Ils vont être encore en train de chercher quelqu'un...
puis auprès des employeurs aussi. Mais je ne pense pas que, de crainte de se
faire voler des élèves, il faudrait
réduire l'offre de stages en disant aux centres de services : Là, ne
faites plus de stages parce que
ça se peut que, si vous envoyez votre jeune
en entreprise, il ne revienne pas. Et il faut dire qu'on
traverse quelque chose, mais on
ne sera pas toujours en pénurie de main-d'oeuvre, puis la loi va être encore là
dans cinq ans, dans 10 ans. Donc, on ne peut pas faire la
loi sur le
contexte économique actuel, temporaire, voilà.
M. Fortin : ...Mme la Présidente, c'est que le ministre de
l'Éducation, là, qui est en face de
nous aujourd'hui, là, son travail à lui, c'est d'appliquer la
Loi sur
l'instruction publique. La
Loi sur l'instruction publique, son idée, c'est
d'instruire, hein? C'est ce qu'elle vise à faire, instruire les Québécois.
Alors, l'objectif du ministre de l'Éducation, c'est
que les gens se rendent au bout de leur instruction, qu'ils reçoivent un
diplôme, qu'ils soient... que les Québécois soient instruits. C'est ça,
son rôle.
Alors, en même temps, il y a le ministre du
Travail, de l'autre côté, qui, lui, tente de combler la pénurie de main-d'oeuvre. Et je comprends que, des fois,
là, c'est difficile à arrimer les deux objectifs, mais, justement, étant donné
le contexte actuel et étant donné même les
propos du ministre il y a quelques instants, qui dit qu'il faut faire plus, disons,
de sensibilisation des élèves ou même des
employeurs plutôt que de, disons, réduire le nombre de stages ou d'envoyer
des directives ministérielles qui
diraient : Ne faites pas de stages dans tel, tel, tel domaine... Mais, si,
justement, le ministère de l'Éducation et le ministère du Travail
veulent faire une telle sensibilisation, est-ce que le ministère a commencé ou
est-ce que le ministère peut commencer, à tout le moins, une recherche pour
savoir dans quel secteur c'est effectivement
plus problématique, dans quel secteur il doit se concentrer pour faire de
telles, disons, campagnes de
sensibilisation? Il me semble, à ce moment-ci, là, si le ministère n'a pas
commencé de telles études, qu'il serait approprié de le faire.
Alors, si le ministre nous a dit : Bien, on
n'a pas de chiffres puis on n'a pas de données par rapport... On l'entend, là,
de façon anecdotique, ou rapporté par des
employeurs, ou rapporté dans les journaux, mais on n'a pas de données par rapport à... dans quels secteurs cet enjeu-là
de décrochage potentiel pour simplement se trouver un emploi là où on a
fait un stage est plus problématique. Il
m'apparaît évident que le ministre devrait, à tout le moins, se pencher sur la question
et amorcer cet exercice-là. Je lui demande, s'il
ne l'a pas déjà fait, là, au moins de commencer à le faire pour qu'il puisse,
disons, mieux cibler ses interventions potentielles, pas nécessairement par la
loi, comme il l'a dit, pas nécessairement par
une directive, mais, à tout le moins, pour que, disons, les bottines suivent
les babines et que, justement, le ministre puisse se pencher sur cette
question-là de façon, disons, plus pointue, Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : M. le ministre.
M. Roberge :
Oui, mais, écoutez, je ne peux pas faire des annonces et puis aller dans toutes
les directions, mais je peux vous dire que j'ai eu des conversations avec mon
collègue du Travail sur cette problématique.
La Présidente (Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : Est-ce qu'il y avait d'autres interventions sur l'article?
Oui, M. le député de Nelligan.
M. Derraji :
Merci, Mme la Présidente. Au fait, dans la même logique que l'intervention de
mon collègue, je souligne que, présentement,
il y a une initiative qui s'appelle le Rallye DéterminACTION, et c'est leadé
par le ministre du Travail, de
l'Emploi et de la Solidarité sociale, et c'est juste dans la même logique, si
on peut encourager... Au fait, très
rapidement, ça cible... C'est une campagne de promotion et de valorisation des
métiers et des professions en demande sur
le marché du travail, pilotée par le gouvernement du Québec. Il allie
l'ensemble des partenaires du marché du travail. Donc, l'urgence, elle
est encore là. Et c'est dans plusieurs régions, et ça a déjà commencé, donc,
entre le 29 janvier et le 31 mars.
Donc, raison de plus
que je pense que... Je n'ai pas vu l'implication du ministère de l'Éducation,
mais je vois que le ministère de l'Emploi,
avec les partenaires du marché du travail, vu la problématique et la pression
venant du marché du travail... Donc, le but est de commencer à faire
découvrir les métiers et professions aux jeunes. Donc, le marché du travail devient beaucoup plus favorable à ces
jeunes d'embarquer. Donc, la problématique, elle est toujours là pour le décrochage. Donc, je tiens juste à souligner, dans la même logique, l'intervention de mon
collègue député de Pontiac.
Présidente (Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : M. le député de Richelieu, vous aviez une intervention?
M. Émond : Oui, merci, Mme la Présidente. Simplement pour
faire un peu de pouce, peut-être, sur des propos qui viennent d'être évoqués, le député de Pontiac a raison, puis je
tiens juste à rassurer les collègues. Il y a des initiatives,
localement, qui sont faites par les centres de formation professionnelle. Dans
ma récente tournée de quelques centres de
formation professionnelle, les enjeux de stages et de rétention des étudiants
ont été évoqués à Rivière-du-Loup, à Sherbrooke, voilà quelques semaines,
dans le coin de Terrebonne, un peu partout.
Puis il faut comprendre qu'en formation
professionnelle le contexte économique a une importance vraiment primordiale, parce qu'il y a une corrélation
directe entre non seulement le taux d'inscription et le taux de chômage à travers
le Québec, mais également avec le taux de diplomation. Puis je pense que c'est
important, le ministre l'a dit tantôt, d'essayer
d'amener nos jeunes vers la fin, de leur permettre de compléter leur formation
pour que les jeunes, les étudiants puissent sortir de leur passage en
formation professionnelle, entre autres, avec un diplôme qualifiant en main.
Puis, je
tiens à rassurer le collègue, il n'y a pas... On n'a pas à mettre en
opposition, parfois, le marché du travail et le monde de l'éducation, parce que les exemples qui m'ont été soulevés
dans le cadre de cette tournée-là sont, la plupart du temps, très positifs, parce que les employeurs sont
conscients... Même si c'est très tentant, dans un contexte de pénurie de
main-d'oeuvre, d'essayer de garder ou de proposer aux jeunes de rester avec eux
à l'emploi, bien, moi, je trouve que c'est un drame social, parce que cette
personne-là ne termine pas sa formation, ne se retrouve pas avec un diplôme
qualifiant.
Puis il n'y a
pas personne d'entre nous ici ce matin qui possède une boule de cristal, mais
c'est certain que le contexte
économique va, un jour, malheureusement, se renverser, et, à ce moment-là, les
personnes qui seront à l'emploi des entreprises qui n'auront pas de
diplôme en main seront probablement, on peut penser, les premières personnes qui seront remerciées, puis ça, c'est d'une
tristesse. Donc, c'est important, et les centres de formation professionnelle,
les dirigeants et les enseignants qui sont
là agissent en ce sens-là en faisant la promotion et en disant aux jeunes de rester
dans leur formation pour arriver à la fin avec un diplôme qualifiant, puis
c'est gagnant-gagnant avec les entreprises.
Puis, le
ministre le disait tantôt, c'est important d'envoyer nos jeunes en stage. Ils
le font, dans le cadre du contexte de
la formation professionnelle, dès le module 1, habituellement, qui vise à
cadrer le programme dans lequel ils se sont inscrits, pour être certains que la personne amorce une formation dans
laquelle... puis c'est ça qu'elle s'attendait finalement. Et, souvent, après quelques semaines dans le
module 1, bien, il y a certaines personnes qui se disent : Oh! ils
ont été faire des tours en
entreprise. Puis les jeunes se disent : Bien, ce n'est pas tout à fait à
ça que je m'attendais. Ils se réorientent, ce qui est beaucoup mieux de le faire à ce moment-là que durant la
formation ou à la fin, ou, au contraire, dans la majorité des cas, bien,
ils se disent : C'est vraiment ce à quoi je m'attendais puis je poursuis
ma formation.
Les stages
également permettent aux jeunes d'être en contexte, d'être face à des
équipements qui sont souvent de pointe, hein? Lors de mes visites, j'ai
été à même... Je vais vous donner un exemple. En usinage, entre autres, c'est des investissements, pour le ministère, qui
sont très importants. On parle de pièces d'équipement qui coûtent plusieurs
dizaines de milliers de dollars. Et c'est un
milieu qui évolue vite. Alors, souvent, les jeunes, en allant en stage, sont à même
de travailler et de poursuivre leur apprentissage sur des équipements qui sont
à la fine pointe de la technologie. Alors, à ce moment-là, c'est
gagnant-gagnant pour tout le monde, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Lecours,
Lotbinière-Frontenac) : Merci. M. le député de Nelligan.
M. Derraji :
Je remercie le collègue pour son intervention. Et, en fait, la raison pour
laquelle je me suis permis cette
intervention suite à l'intervention de mon collègue, c'est qu'au début de
l'année dernière nous avons eu une excellente présentation de la part de l'économiste Pierre Fortin, et, lors de cette
présentation, il nous sensibilisait par rapport au décrochage scolaire, et ce qui est un fléau, un vrai fléau. Là,
maintenant, on voit que le marché du travail favorise... Il y a une
attraction, et les jeunes le voient. C'est maintenant les travailleurs qui ont
le plus gros morceau du bâton par rapport à l'emploi, par rapport même aux
négociations des conditions de travail.
La question
soulevée, c'est : Qu'est-ce que le ministère de l'Éducation fait en
parallèle de cette attractivité du
marché du travail, mais aussi des programmes lancés par des collègues du ministre?
Donc, je veux bien... Je vous
remercie pour les points que vous avez soulevés, mais la crainte, elle est
toujours là. Est-ce qu'on va diminuer le taux de décrochage ou on va
l'accentuer avec, justement, l'attractivité du marché du travail? La question
restera toujours là, et c'est là où, mon collègue
et moi, on sensibilise le ministre, par
rapport à ce que le ministère de l'Éducation... Le ministre
de l'Éducation doit être aussi
intéressé par la question de l'attractivité du marché du travail. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Lecours,
Lotbinière-Frontenac) : M. le ministre.
M. Roberge : Oui, bien, je veux simplement dire que, quand on
décide d'inclure, dans une séquence de formation, des stages, c'est parce qu'on pense qu'il y a une
grande valeur pédagogique. Ça va aider à l'appropriation des connaissances
et des compétences. Le contexte actuel peut
amener certains stagiaires à vouloir délaisser leurs études, mais travaillons
ensemble, toute la société, les employeurs aussi, le gouvernement, avec toutes
ses branches, avec tous ses acteurs, donc Travail et Éducation, et d'autres
acteurs, mais aussi la société civile... Donc, on va aller dans cette
direction-là, mais on ne voudra pas réduire la qualité de la formation en
réduisant les stages.
Et, si je
reviens à l'article 100, on n'est pas en train de dire est-ce qu'on est pour ou contre les stages. On fait juste dire : Quand
un élève est scolarisé dans un établissement en vertu d'une entente entre deux
centres de services, bien, pour cet élève-là aussi, il peut y avoir des stages. Il ne faudrait pas
que cet élève-là soit privé de stage parce qu'il est scolarisé en vertu
d'une entente de services.
La Présidente (Mme Lecours,
Lotbinière-Frontenac) : Donc, M. le député de D'Arcy-McGee, vous avez
la parole.
M. Birnbaum : Merci, Mme la
Présidente. Bon, l'article ouvre cette discussion très importante sur l'affaire
des stages, et le dernier petit mot me
trouble un petit peu, et j'espère que le ministre l'a dit de façon
contextuelle que l'article ici ne se
prononce pas sur le pour ou le contre. J'espère que la réponse et les
orientations, et je crois que oui, du ministre sont pour quand on parle des stages. J'espère qu'on va comprendre la
complémentarité totale de nos deux préoccupations : dans une
première fois... temps, la persévérance scolaire; dans une deuxième fois, une
plus grande adéquation formation-emploi, qui est de mise dans notre contexte
actuel.
Moi, j'ai
siégé pour 10 ans sur le groupe scolaire... groupe de travail sur la
réussite et la persévérance scolaire, qui
a été instauré, fondé par Jacques Ménard, l'ancien P.D.G. de BMO, et poursuivi
par l'ancienne ministre Diane De Courcy, où siégeait un observateur
du ministère de l'Éducation, les chambres de commerce, le CMPT, tout le monde, et qui a fait un bon bout de chemin
avec le Québec inc. pour assurer un arrimage entre, justement, les stages,
l'implication des entreprises au monde de
l'éducation, tout à fait en respectant l'importance de la persévérance scolaire,
que les petits jobs d'appoint disponibles,
bon, chez Cascades, soient respectueux des obligations pour un jeune de 18 ans
à compléter sa formation professionnelle.
Alors, il y a
une connaissance de ça. Et je trouve qu'il faut davantage suivre ces stages
pour assurer qu'il n'y a pas le reste
dont on parle. Mais la préoccupation complémentaire est tellement importante,
comme a dit mon collègue de Nelligan, dans un premier temps, de
valoriser des programmes de formation professionnelle, formation continue — le ministre
est aussi ministre de l'Enseignement supérieur — d'assurer... On a un
problème de marketing dans ces programmes,
là. Il faut assurer que ces programmes sont contingentés et que les gens y
répondent. Il y a une pénurie de main-d'oeuvre actuelle. Et tout ça peut
se faire en complémentarité avec la persévérance scolaire.
Alors,
j'invite le ministre à poursuivre ses discussions dans l'esprit de l'article,
en quelque part, avec le ministre du Travail et de la Solidarité
sociale.
Il y avait un grand bout de chemin de fait, chapeauté par le
sous-ministre actuel, Bernard Matte, sur l'adéquation formation-emploi. Moi, j'ai le privilège d'avoir été, dans le temps,
l'adjoint parlementaire du premier
ministre, et on travaille
uniquement là-dessus.
Alors, j'insiste qu'il y a une complémentarité
dans notre préoccupation de la persévérance scolaire et l'idée de combler la pénurie de main-d'oeuvre. C'est une
préoccupation surtout présente en région. Alors, j'invite tout simplement
le ministre, dans l'esprit de cet article,
de bonifier et de continuer ses collaborations avec le ministre
de l'Emploi et de Solidarité.
Présidente (Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : Est-ce qu'il y avait d'autres interventions? Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Une petite dernière
intervention. Juste pour information pour le ministre, le Conseil régional de
prévention de l'abandon scolaire, le CREPAS, a reçu plusieurs appels d'écoles
qui se disent préoccupées.
Et là je lis ici l'article de Radio-Canada,
écrit par Jessica Blackburn. Alors, si vous me permettez, le ministre, je vais
juste vous lire un passage pertinent : «C'est la première fois en
15 ans que je vois des jeunes qui arrivent dans les bureaux et qui sont en
détresse et déjà en fatigue extrême par rapport au début de l'année scolaire.»
Ça, c'est Pascal Lévesque, professionnel en intervention au CREPAS.
«Alors que
certaines entreprises ont décidé de ne plus exiger le diplôme d'études
secondaires, des jeunes se disent tentés d'abandonner leurs études.
«"J'ai
des amis que c'est sûr que ça [se] passe par leur tête des fois. L'école,
parfois, ça nous rajoute un poids", raconte Megan Girard.
«Le CREPAS invite les parents à parler de [...]
conciliation études-travail avec leurs jeunes.
«L'organisme estime qu'un élève à temps plein ne
devrait pas travailler plus de 15 heures par semaine.»
Ça, c'est le
CREPAS. Pensez-vous qu'ici, là, ce serait peut-être pertinent d'ajouter quelque part, dans votre
Loi sur
l'instruction publique, de travailler avec le ministre... Puis ce n'est pas
aujourd'hui ou ce matin qu'on va régler la situation, ça, j'en conviens, mais, puisque... Il y a votre collègue
au ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale qui
essaie de régler le problème de pénurie de la main-d'oeuvre, mais, d'autre
part, vous, votre préoccupation, à
titre de
ministre de l'Éducation, c'est de s'assurer que nos jeunes soient diplômés et
qu'ils n'arrivent pas en classe complètement vidés.
Et là c'est
clair qu'on est dans un contexte particulier de pénurie de main-d'oeuvre assez
importante au Québec, et c'est pour
ça que, depuis 15 ans, c'est la première fois que le CREPAS voit une nette
augmentation des signalements, mais
aussi un état de détresse extrême. Pensez-vous qu'on pourrait réfléchir...
Peut-être pas aujourd'hui, je ne m'attends pas à avoir une réponse, mais je l'envoie dans votre cour, cette question.
Avec votre collègue, est-ce qu'il n'est pas temps, peut-être, qu'on dise que, quand on est à l'école,
bien, maximum, c'est peut-être 15 heures qu'un employeur peut prendre
un élève, qu'il peut demander...
La Présidente (Mme Lecours,
Lotbinière-Frontenac) : M. le ministre.
M. Roberge :
Mais là on est sur le nombre d'heures qu'un élève pourrait passer... Je
comprends cette préoccupation-là. Puis il y a des réflexions qu'on nous invite
à faire. Il y a déjà eu des études. Les études vont dans une même direction,
mais tout le monde ne cible pas le chiffre exactement à la même place. Puis il
faut dire aussi que chaque cas est distinct. Donc, je pense qu'il est préférable
de diffuser l'information, de diffuser les résultats, que les employeurs soient au courant, que les parents
soient au courant, que les élèves soient au courant, plutôt que d'arriver
avec une mesure et une loi qui viendrait interdire quelque chose : Bien,
voici le nombre d'heures possible. Je partage la réflexion de ma collègue, mais
je n'ai pas l'intention d'arriver avec une loi, là, qui va venir mettre un
maximum, une contrainte, là, législative.
La Présidente
(Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : Est-ce qu'il y avait
d'autres interventions?
Mme Rizqy :
Je vais vous envoyer le lien, évidemment, mais gardez en tête que, dans cet
article, c'est une protection pour un
jeune travailleur. Par exemple, dans cet article, il est question d'une jeune
qui, elle, se fait dire par son
employeur : Bien, si tu ne peux pas me donner 30 heures, je ne peux
pas te garder. Alors, c'est sûr qu'elle travaille davantage, au risque
de moins bien performer en classe. Alors, c'est sûr qu'avec votre collègue
ministre du Travail... peut-être nous
revenir... de comment qu'on peut s'assurer qu'un jeune qui est inscrit à
l'école, bien, sa priorité, évidemment, soit l'école, mais qu'il ne reçoive pas la pression d'un employeur qui
va lui dire : Moi, j'ai besoin de 18 heures, 20 heures,
ou 25 heures, ou, pire encore, 30 heures, pendant que l'élève est à
temps plein à l'école.
La Présidente
(Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : Est-ce qu'il y avait
d'autres interventions? Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'article 100 est adopté?
Une voix :
Sur division.
La Présidente (Mme Lecours,
Lotbinière-Frontenac) :
Adopté sur division. Donc, nous passons à l'article 101. M. le
ministre.
M. Roberge :
Merci bien, Mme la Présidente. Donc,
article 101 :
L'article 214
de cette loi est modifié :
1° par le remplacement, dans le premier alinéa, de
«Une commission scolaire» par «Un centre de services scolaire»;
2° par le remplacement, dans le deuxième alinéa, de
«Elle» et de «qu'il» par, respectivement, «Il» et «que ce dernier»;
3° par le
remplacement, dans le troisième alinéa, de «de la commission scolaire» par «du
centre de services scolaire»;
4° par la suppression
du dernier alinéa.
Donc, en plus de prévoir des modifications de
concordance, l'article 101 propose la suppression du quatrième et
dernier alinéa de l'article 214 de la
Loi sur l'instruction publique.
Cette modification est apportée dans le contexte de facilitation voulue du
choix de l'école par les élèves afin que la loi ne laisse pas entendre que,
hormis dans un cas expressément prévu, un
centre de services ne peut offrir de services à un élève ne relevant pas
d'emblée de sa compétence. Donc, on est dans la suite de cette séquence,
donc, plusieurs concordances, là, toujours, «commission scolaire», «centre de
services», puis une précision en retirant le dernier paragraphe.
La Présidente (Mme Lecours,
Lotbinière-Frontenac) :
Est-ce qu'il y avait des interventions? Donc, s'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que
l'article 101 est adopté?
La Présidente (Mme Lecours,
Lotbinière-Frontenac) :
Donc, l'article 101 est adopté. Nous passons maintenant à
l'article 94. M. le ministre.
M. Roberge :
Est-ce qu'on pourrait suspendre une petite minute, s'il vous plaît? Merci.
La Présidente (Mme Lecours,
Lotbinière-Frontenac) : À la
demande du ministre, nous suspendons les travaux.
(Suspension de la séance à
11 h 37)
La Présidente (Mme Lecours,
Lotbinière-Frontenac) :
Donc, lors de la suspension de nos travaux, nous en étions à l'étude
de l'article 94. M. le ministre.
M. Roberge :
Mme la Présidente, donc, nous sommes à l'article
L'article 209 de
cette loi est modifié :
1° dans le premier alinéa :
par le remplacement, dans le paragraphe 2°, de «213 à 215.1» par «213, 214 ou
215.1»;
b) par le remplacement, partout où ceci se trouve, de «commission scolaire» par le «centre de services scolaire», avec les adaptations nécessaires;
2° par le remplacement
du dernier alinéa par le suivant :
«En outre, un centre de services scolaire dispense
les services éducatifs prévus dans une entente visée à l'un des articles 213 et 214. Il dispense également
les services prévus dans une décision du ministre prise en application
[à] l'article 468, dans la mesure indiquée par celle-ci.»
Donc, la modification apportée au sous-paragraphe a vise à corriger
une erreur. En effet, les articles adoptés ont été inclus dans le
renvoi, alors que leur contenu ne s'y prête pas, car ils ne concernent pas, au
premier chef, la prestation de services éducatifs. Le dernier alinéa s'inscrit,
par ailleurs, dans les modifications visant à faciliter l'inscription dans une école située en dehors du territoire d'un
centre de services scolaire. Essentiellement, on est dans concordance et
formulation.
Et, si je peux me
permettre, Mme la Présidente, j'irais, si mes collègues le permettent, avec
l'amendement qui a déjà été distribué aux
collègues, oui? O.K. Donc, je dépose un amendement à l'article 94.
Écoutez, c'est tout simplement
d'ajouter, dans l'énumération, la
section a du premier alinéa, «214.3». C'est
un autre
article qui fait... en
concordance... était visé puis qui avait tout simplement été oublié dans la
séquence, dans la liste. Donc, je veux juste répéter cette petite
section là, donc, dans le premier alinéa, par le
remplacement, dans le paragraphe 2°, de «213 à 215.1» par «213, 214,
214.3 ou 215.1», donc, et le reste, c'est exactement le même article.
Peut-être une... On inclut dans l'énumération
214.3. Juste pour être certain, dans la feuille qui a été envoyée à mes collègues,
au verso, le dernier paragraphe, il faudrait juste mettre «commentaire», parce
que ça dit : Cette modification
réintroduit la référence à l'article 214.3. On comprend que ça ne fait pas
partie de l'article, c'est juste... ceci
est un commentaire. Donc, le dernier, dernier paragraphe n'est pas l'amendement
comme tel, mais une explication de l'amendement. Donc, voilà.
La Présidente
(Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : Est-ce qu'il y a des
interventions? Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie :
Oui. Je voudrais juste vérifier si c'est une coquille, là. Au deuxième
paragraphe, on dit : «Les faire organiser par un centre de services
de services scolaire». Il y a peut-être deux mots à rayer là. C'est
écrit : «Les faire organiser par un centre de services de services
scolaire».
M. Roberge :
On va s'en assurer. Je pense que vous avez raison. C'est une erreur dans le
cahier qu'on a. Dans le projet de loi, il
est correct, mais, dans le cahier... Il y a eu une coquille dans le cahier,
mais merci de l'avoir relevée.
La Présidente
(Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : Est-ce qu'il y avait
d'autres interventions? Donc, s'il n'y a pas
d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que
l'amendement à l'article 94 est adopté?
La Présidente (Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : Merci. Donc, l'article 94 est adopté. Nous
passons maintenant...
La Présidente
(Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : Oui, Mme la députée de
Sherbrooke?
Mme Labrie :
Merci. On n'avait pas adopté d'ordre pour les blocs, à ma connaissance, ou, en
tout cas, on ne l'a pas fait au micro.
Donc, je proposerais qu'on passe au bloc du personnel enseignant ou aux
différents blocs du personnel enseignant.
M. Roberge :
Juste avant qu'on commence la discussion là-dessus, juste comprendre... Est-ce
qu'on a adopté... Je pense qu'on n'a pas fini d'adopter le 94. Je pense
qu'on a adopté l'amendement, mais pas le 94 tel qu'amendé. Juste conclure ça
puis on discutera.
La Présidente
(Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : Oui, je suis allée un petit
peu vite.
M. Roberge :
C'est correct.
La Présidente (Mme Lecours,
Lotbinière-Frontenac) :
Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la
mise aux voix de l'article 94. Est-ce que l'article 94 est adopté?
Présidente (Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : Merci. Donc, nous allons maintenant passer à l'article 102.
Mme Labrie : Pour
quelle raison on passe à l'article 102? Parce qu'à ma connaissance on n'a
pas adopté d'ordre de blocs ici, là. On avait... Le ministre a déposé sa
proposition de blocs après qu'on ait commencé
article par article, et on avait donc convenu de faire ce bloc-là, parce
qu'on était à l'article 1, et on a fait le bloc au complet. Mais, à ma connaissance,
il faut encore discuter de l'ordre des blocs, et c'est pour ça que je propose
qu'on se penche sur les trois blocs du thème Personnel enseignant.
La Présidente
(Mme Lecours, Lotbinière-Frontenac) : Donc, M. le ministre.
M. Roberge :
Ma collègue a raison de rappeler qu'on n'avait pas eu d'entente sur l'ensemble
de la séquence. Elle a raison de dire qu'au départ, n'ayant pas d'entente
préalable, on a commencé par l'article 1, et donc on a vu tous les articles du bloc concerné par l'article 1.
Maintenant, on avait transmis un regroupement par blocs. Si on va au
début, il me semble qu'il est plus pertinent
d'aller par le premier des blocs qui est suggéré, qui comporte un seul article,
l'article 93, la mission du centre de services scolaires. Il me
semble que c'est... En fait, j'aurais même commencé par ça.
Là, au début, on a commencé par l'article 1
pas parce qu'il est... tout simplement parce qu'il vient en premier, là,
parce qu'au départ, de la façon dont est
écrit le projet de loi n° 4