Institutions — 18 May 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CI 2016-05-18
Quebec — Committees
Président (M. Laframboise) : Donc, juste avant, vous dire que nous
suspendrons les travaux pour 12 h 30. C'est tel que convenu.
Donc, lors de
l'ajournement de nos travaux hier, le mardi 17 mai 2016, nous
discutions de l'article 5 du projet de loi. Et M. le ministre en
avait fait la lecture. Donc, les débats sont ouverts. Quelqu'un voudrait
prendre la parole? M. le député de Beauce-Nord.
Spénard :
Merci, M. le Président. Lorsqu'on s'est quittés hier, j'avais un
questionnement, parce que M. le ministre
a semblé dire qu'on va partir une certaine base de données, une certaine
vérification des données avec le registre fédéral, avec les données fédérales. Si j'ai bien compris, hier, vous
avez parlé des données fédérales pour faire une espèce de vérification,
lorsqu'on parlait de vérification. Et le député de Verchères aussi, je crois, a
mentionné ça. Alors, ma question est très simple : Avez-vous les données
fédérales en main?
Le Président (M. Laframboise) : M.
le ministre.
M. Coiteux : Pas encore, mais on a
bon espoir de les obtenir. Donc, on est en communication.
Le Président (M. Laframboise) : M.
le député de Beauce-Nord.
Spénard :
C'est parce qu'il y a eu un jugement. Il y a eu un jugement, au mois de juin
dernier, que c'est encore sous
processus judiciaire. Et il y a eu un jugement en juin dernier comme quoi que
les données fédérales étaient conservées dans un endroit de la cour avec non-accès tant et aussi longtemps que
les procédures judiciaires ne seraient par terminées. Et ça, c'est dans le jugement, là, c'est dans le
jugement que j'ai lu ce matin. Alors, est-ce que vous faites la présomption
que vous allez avoir une victoire en cour?
Le Président (M. Laframboise) : M.
le ministre.
M. Coiteux : On a bon espoir
d'obtenir les données.
Le Président (M. Laframboise) : M.
le député de Beauce-Nord.
Spénard : Par la
cour.
M. Coiteux : Non, par la voie d'une
entente avec le gouvernement fédéral.
Spénard : Mais la
loi d'une entente...
Le Président (M. Laframboise) : M.
le député de Beauce-Nord.
Spénard :
Merci, M. le Président. Quelle sorte d'entente peut-il y avoir avec le
gouvernement fédéral lorsque la Cour
suprême du Canada a donné l'autorisation de détruire le registre des armes
longues? Alors, est-ce qu'on irait par-dessus la Cour suprême du Canada pour avoir cette donnée-là ou si on dit :
Bien, on se balance du jugement et on va avoir les données avec le fédéral? Parce que je sais que
c'est gardé sous scellés, cette copie-là. Alors, je ne sais pas où en sont
rendues les procédures judiciaires,
mais j'aimerais ça que le ministre m'éclaire où en sont rendues les procédures
judiciaires et comment va-t-il faire si jamais, au point de vue de
procédures judiciaires, il n'a pas gain de cause.
Le Président (M.
Laframboise) : M. le ministre.
Coiteux : De un, le droit de détruire n'est pas l'obligation de
détruire. Et puis on a bon espoir de s'entendre avec le gouvernement fédéral pour obtenir les données. On n'a pas des
échos négatifs là-dessus comme on en a eu dans le passé sous un autre gouvernement fédéral. Et ce
n'est pas nous qui sommes en procédures judiciaires à l'heure actuelle.
Alors, on n'est pas en procédures judiciaires. Donc, c'est totalement
indépendant, là, de ça.
Le Président (M.
Laframboise) : M. le député de Beauce-Nord.
Spénard :
Si je comprends bien, vous allez partir de cette base-là pour faire une
première vérification sur l'enregistrement
des armes à feu. Cette base-là disait qu'il y avait
1 654 000 armes à feu. On sait que cette base de données,
ça fonctionnait plus ou moins. On sait que
cette base de données n'est plus à date depuis 2012. Et on sait qu'année après
année il se vend environ
100 000 armes à feu au Québec. Alors, lorsqu'on parle de fiabilité
d'une loi, j'aimerais ça que le ministre m'explique quel va être son
degré de fiabilité par rapport à ces données fédérales là.
Le Président (M.
Laframboise) : M. le ministre.
Coiteux : C'est pour aider à la prise de données initiales. Mais
ultimement tous les propriétaires vont devoir avoir à immatriculer leurs armes. Mais ça va faciliter la prise
d'inventaire initiale que d'avoir les données fédérales. Nous, on a bon espoir de les avoir. Et, dans le cas, que
je n'anticipe pas vraiment, mais ça pourrait arriver, où on ne les avait pas,
ça ne nous empêchera pas de faire le travail qui est prévu par le projet de loi s'il est adopté.
Le Président (M.
Laframboise) : M. le député de Beauce-Nord.
Spénard : Merci, M. le Président. J'aimerais que le ministre me conforte sur ce
point-là, dans le sens d'est-ce
qu'on va se servir des données fédérales pour possiblement faire des
perquisitions si on s'aperçoit qu'une donnée fédérale enregistrait des armes à une telle personne et si
cette même personne n'a pas réenregistré ses armes dans l'immatriculation québécoise. Est-ce qu'on
va pouvoir se servir de ça pour faire des perquisitions à la maison, pour
vérifier?
Le Président (M.
Laframboise) : M. le ministre.
Coiteux : Non, ce n'est pas
du tout l'intention du projet de loi ici. C'est un projet de
loi sur l'immatriculation des armes, et c'est certain que, si on obtient les données, là, ça va
faciliter notre travail pour la prise d'inventaire initial. Mais je rappelle que ce n'est pas un projet de loi qui a pour but de criminaliser les gens qui n'immatriculent pas, mais,
s'ils n'immatriculent pas, bien, il y aura
des sanctions pénales. C'est ce que prévoit le projet de loi qu'on a devant
les yeux et qu'on étudie.
Le Président (M.
Laframboise) : M. le député de Beauce-Nord.
Spénard :
Mais comment allez-vous savoir s'ils n'immatriculent pas?
Le Président (M.
Laframboise) : M. le ministre.
Coiteux : Eh bien, ils ont l'obligation d'immatriculer. Ça, c'est la première des choses. Et, si, à l'occasion d'une quelconque interrogation... puis ça peut être dans différents
contextes, là, si un policier était appelé sur les lieux parce qu'il y a une menace et puis que quelqu'un
dit : Mais il y a quelqu'un qui a une arme, ils vont... si cette arme
n'était pas immatriculée, il y aurait
certainement, dans ce cas précis, l'application des sanctions prévues. C'est un
exemple parmi d'autres. Mais, je
rappelle, on n'est pas dans le domaine de la criminalisation des personnes, on
est dans le domaine d'une obligation
légale d'immatriculer, et, lorsqu'on découvre, puis il y a différentes façons
de le découvrir, que quelqu'un ne l'a pas fait, bien, il serait
passible, si le projet de loi est adopté, de sanctions pénales. Ce n'est pas
criminel.
Le Président (M.
Laframboise) : M. le député de Beauce-Nord.
Spénard :
Merci, M. le Président. Je comprends M. le ministre lorsqu'il me dit que c'est
pénal et non pas criminel, mais j'ai de la
misère à saisir parce que, là, c'est... j'ai de la misère à saisir comment
qu'il va se servir des données fédérales.
S'il tient absolument à avoir les données fédérales puis ça ne lui sert à rien
en bout de ligne, alors qu'est-ce qu'il va faire avec?
Le Président (M.
Laframboise) : M. le ministre.
M. Coiteux : Je ne suis
pas le raisonnement du député de Beauce-Nord, M. le Président, je ne suis pas
vraiment le raisonnement. J'ai du mal à saisir le raisonnement.
Le Président (M.
Laframboise) : M. le député de Beauce-Nord.
Spénard : Mon raisonnement est simple, c'est parce que j'ai
souvent dit à la commission, lors des auditions, que le fédéral avait aboli le registre des armes d'épaule parce qu'il
n'était pas fiable, parce qu'il y a eu énormément de personnes qui n'ont pas enregistré leurs armes
d'épaule, et le gouvernement fédéral a conclu que ce registre-là n'était pas
fiable, et là on semble vouloir repartir sur
les mêmes bases en disant : Bien, ça va être une obligation, ça ne sera
pas criminel, mais c'est une
obligation d'immatriculer ses armes à feu, et il y a des sanctions pénales qui
pourraient suivre au Code civil. Je
suis bien d'accord avec ça, mais les sanctions pénales, si vous immatriculez...
Mettons qu'il y a 1,8 million d'armes au Québec, parce qu'il s'en est vendu depuis le dernier recensement, et
il s'en immatricule 1,5 million ou 1,6 million, il en reste 200 000 un peu partout, selon vos
évaluations. C'est quoi qui se passe? On va partir d'où? Des données fédérales
pour voir ceux-là qui n'ont pas enregistré,
qui en avaient dans le temps? C'est ça, ma question. Ma question, c'est :
À quoi va servir le registre des
données fédérales, qui n'est pas fiable? C'est ça, ma question, et vous semblez
vouloir partir de là comme point de départ.
Le Président (M.
Laframboise) : M. le ministre.
Coiteux : Deux choses. D'abord, la raison pour laquelle le registre
fédéral a été aboli, quant à la non-fiabilité, c'est une interprétation que vous avez, ce n'est pas nécessairement
l'interprétation que j'ai, en ce qui me concerne, que ce serait la raison. Et, d'autre part, bien, comme
dans toute loi, hein, comme dans toute loi, on présume de la bonne foi
des citoyens, qu'ils vont respecter la loi.
S'ils ne la respectent pas, bien, ils seront passibles de sanctions pénales.
C'est assez clair. Je ne vois pas comment je peux... Je veux bien vous
conforter, encore faut-il que vous soyez confortable.
Le Président (M.
Laframboise) : M. le député de Beauce-Nord.
Spénard : Je suis assis confortablement, M. le ministre! Ça,
ce n'est pas un problème, mais je ne recherche pas un confort à tout prix, j'essaie de m'imaginer quelle va être
l'utilité des données fédérales dans votre projet de loi et je n'en vois
pas beaucoup, parce qu'il n'est pas à date.
dernière question en ce qui concerne ce fichier-là : Quel va être le lien
entre le contrôleur des armes à feu et le Directeur de l'état civil en
ce qui concerne l'immatriculation des armes?
Le Président (M.
Laframboise) : M. le ministre.
M. Coiteux :
Il n'y a pas de lien en soi.
Spénard :
Il n'y a pas de lien en soi?
Le Président (M.
Laframboise) : M. le député de Beauce-Nord.
Spénard :
C'est beau.
Le Président (M.
Laframboise) : D'autres questions? Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Massé : Oui, merci, M. le Président. Hier, bon, si on se rappelle, on
avait un échange sur la question du numéro
unique, numéro d'immatriculation et on essayait de se démêler là-dedans pour
s'assurer, en fait... Et je pense que c'était
l'esprit et c'est l'esprit de ce qu'on souhaite, c'est-à-dire qu'une arme, elle
a son identité, et, lorsqu'on transfère cette arme-là à quelqu'un d'autre, donc d'un propriétaire responsable à
un autre propriétaire qui deviendra responsable, ça nécessite un numéro de validation quelconque, donc
ici appelé comme étant le numéro d'immatriculation. Donc, est-ce que je comprends bien — et ce serait ma question — que ce numéro d'immatriculation, dans le fond,
ça identifie... c'est un numéro qui identifie le transfert d'un
propriétaire légal à un autre?
Le Président (M.
Laframboise) : M. le ministre.
Coiteux : Oui, on peut l'interpréter comme ça. Mais en même temps il
identifie le propriétaire de cette arme qui a un numéro. C'est vraiment... Le certificat est donné au
propriétaire. Et, s'il y en avait un à l'ancien propriétaire, bien,
celui-là devient caduc, puisqu'il n'est plus le propriétaire de l'arme qui a
son numéro.
Le Président (M.
Laframboise) : Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Massé : Bien, je pense que c'est bien comme ça que je le comprends, et
c'est vraiment important. Parce qu'hier,
en tout cas, on finissait par se demander : C'est-u vraiment important? On
en a-tu vraiment... Bien, je tiens à nous rappeler que c'est vraiment important parce que,
d'une part, les numéros de série sur les armes, comme vous le savez, M. le ministre, bien, il peut y avoir le même
numéro de série sur différentes armes, hein? L'enjeu, c'est qu'il n'y a pas
que le numéro de série qui compte, mais
aussi d'autres données, tels la longueur du canon, le type de c