Transportation and the Environment — 4 February 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
CTE 2020-02-04
Quebec — Committees
Le CQ3E vise à positionner et valoriser
l'efficacité énergétique dans le portefeuille énergétique québécois
en tant que première filière énergétique en favorisant la coalition des
forces du marché.
Notre rôle, le rôle qu'on se donne dans le marché
consiste à essentiellement quatre éléments : contribuer à l'essor
de l'industrie de l'efficacité
énergétique; collaborer avec les associations de clients et de donneurs
d'ouvrage existantes pour les amener
dans la bonne voie; positionner l'efficacité énergétique comme première source
d'approvisionnement énergétique auprès
des décideurs publics et parapublics; et finalement créer des alliances
avec des organisations aux missions similaires à travers le Canada ou à
l'étranger.
Les entreprises et les professionnels membres du CQ3E se définissent — puis là je pense que c'est le point le plus
important qu'on veut souligner — se définissent d'abord et avant tout
comme des praticiens, des praticiens avec une expérience
unique du marché acquise sur le terrain. Nous concevons, finançons, mettons en
oeuvre des projets d'efficacité énergétique
de toutes natures, des projets de gestion de demande de puissance, des projets
d'électrification, et ce, auprès de clientèles très variées,
résidentielles, commerciales, institutionnelles et industrielles.
Notre organisation inclut des firmes de
génie-conseil, des entreprises de services énergétiques, des bureaux d'architectes, des firmes de consultants, des
fournisseurs et des distributeurs de produits et d'équipements, et même des
acteurs du secteur financier dans le domaine
du financement de projets, et finalement des entrepreneurs généraux et
spécialisés. Donc, le dénominateur commun, c'est le mot «fournisseur».
Plusieurs
membres du CQ3E ont, à leur crédit, des réalisations exemplaires, primées tant
à l'échelle du Québec qu'à l'extérieur, qui démontrent un savoir-faire
et une ingéniosité uniques.
L'industrie de l'efficacité énergétique
contribue déjà de manière significative à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et à la transition
énergétique. Et nous sommes déjà des acteurs très présents, c'est pour ça qu'on
est ici et qu'on va faire valoir certains points de vue.
Et, en outre,
une étude d'ECO Canada indique que l'efficacité énergétique joue un rôle
important dans l'économie canadienne puisque
436 000 travailleurs bien rémunérés sont déjà directement employés
dans ce secteur d'activité.
Maintenant,
pourquoi prioriser l'efficacité énergétique? Le rapport intitulé Trajectoires
de réduction d'émission de GES
du Québec préparé par le
ministère... par ou pour le ministère de l'Environnement, pardon, prévoit que
«pour délaisser les énergies
fossiles, le Québec aura besoin de 125 à 185 TWh de plus à
l'horizon 2050 par rapport à 2015». Ce rapport précise qu'il est essentiel de miser sur
l'efficacité énergétique pour atténuer une
partie des besoins additionnels en électricité.
En outre, un
récent rapport d'étude de la Chaire de gestion du secteur de l'énergie de HEC
Montréal révèle qu'«une grande
partie — environ 80 % — des
usages du gaz naturel d'origine fossile au Québec pourraient être électrifiée».
Ce même rapport précise — puis
c'est là que ça devient vraiment intéressant — qu'une conversion
conventionnelle améliore l'efficacité
énergétique de 15 %, mais qu'une conversion combinée à des mesures
d'efficacité énergétique pourrait améliorer l'efficacité énergétique et
l'effort de 45 %.
Et donc, évidemment, vous comprendrez que le
CQ3E favorise cette électrification efficace. Selon le CQ3E, il importe que l'amélioration de l'efficacité des
systèmes soit prise en compte dès le moment d'une conversion et non de
façon indépendante ou subséquente.
Bon. Grâce à
leur expertise sur le terrain, les membres du CQ3E sont en mesure de faire la
promotion, la conception, l'implantation et le suivi de la performance
des mesures d'économie d'énergie qui conjuguent à la fois les objectifs de
réduction, l'électrification de la chauffe et des procédés et la minimisation
des impacts sur l'appel de puissance du réseau d'Hydro-Québec.
Dans son Plan
directeur en transition, innovation et efficacité énergétique du Québec, le
plan 2018-2023, TEQ s'est doté d'une
cible d'amélioration d'un peu plus de 1 % par année de l'efficacité
énergétique moyenne de la société québécoise. Le CQ3E est d'avis que le savoir-faire et l'expertise québécoise, et ce,
dans toutes les régions du Québec, est tel que cette cible pourrait être plus ambitieuse. Il faut
réellement conjuguer l'efficacité énergétique avec la transition et l'électrification.
Finalement,
les membres du CQ3E partagent entièrement la position qui a été exprimée ici même par Hydro-Québec la semaine dernière, je crois, dans le cadre de la commission, à l'effet qu'il faille électrifier le Québec en misant d'abord sur une utilisation judicieuse de notre électricité. Nous sommes heureux qu'Hydro-Québec
compte privilégier l'efficacité énergétique
en tant qu'approvisionnement à part entière avant d'envisager de nouveaux
projets de production d'électricité.
Maintenant, je vais laisser Michel poursuivre
avec nos points de vue un peu plus pointus sur le projet de loi.
M. Méthot
(Michel) : Oui, pour ce qui
est de la gouvernance environnementale, le CQ3E accueille favorablement toute démarche visant à simplifier la gouvernance
environnementale dans le respect des principes de transparence et de
reddition de comptes.
Nous
comprenons que le projet de loi n° 44 prévoit l'abolition du conseil du
Fonds vert, dont les activités sont rapatriées au sein du ministère de
l'Environnement et de la lutte aux changements climatiques.
Le projet de
loi crée aussi un comité consultatif permanent ayant pour fonction de
conseiller le ministre sur les orientations
des politiques, des programmes et des stratégies en matière de lutte aux
changements climatiques. Il est prévu que
les membres du comité possèdent collectivement une compétence, une expérience
significatives pluridisciplinaires en matière de lutte aux changements
climatiques et que la majorité soit issue du milieu scientifique.
Le CQ3E
appuie la création d'un tel comité consultatif et est d'avis que ce comité
devrait aussi avoir... compter sur l'expérience pratique des experts de
l'industrie qui conçoivent, qui financent, mettent en oeuvre les mesures visant
l'électrification des bâtiments et des
procédés industriels visant la réduction des gaz à effet de serre. À ce titre,
le CQ3E offre son entière
collaboration au ministre de l'Environnement et de la Lutte aux changements
climatiques et exprime un grand intérêt à participer à un tel comité.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Il vous reste une minute.
M. Méthot
(Michel) : Oh! c'est bien.
Également, du côté de TEQ, la même mécanique se fait, il y a un comité
qui va être créé. On serait grandement intéressés à participer à de tels
comités en tant que praticiens également et de...
Présidente (Mme St-Pierre) : Alors, si vous avez encore des
choses à ajouter, M. le ministre me disait que vous pouviez continuer,
terminer votre exposé.
M. Méthot
(Michel) : On peut continuer? O.K., on a un peu de temps? O.K. C'est
bien, c'est gentil.
Alors, oui, TEQ, depuis sa création, est un
organisme extrêmement efficace, agile. On a un interlocuteur. C'est un guichet unique, pour nous, c'est un moteur
extrêmement important sur nos projets d'efficacité énergétique. Souvent, on
va chercher de la subvention, un levier de
financement à un niveau de cinq pour un ou quatre pour un sur les argents privés
qui sont investis en efficacité énergétique,
et on s'attend à ce que TEQ demeure tout aussi efficace dans la nouvelle structure.
On ne suggère aucune structure, mais on
aimerait participer à des comités qui permettraient d'avoir un pouls également,
là, de la ligne de front, ceux qui vivent vraiment avec les bienfaits des
programmes.
Le CQ3E est d'avis que la stabilité et la
prévisibilité des programmes et des crédits budgétaires sont des conditions
essentielles à l'atteinte des objectifs en
matière d'efficacité énergétique, ce que je viens de dire, et de réduction des gaz
à effet de serre.
Je vais aller à la conclusion. Le CQ3E insiste sur
la nécessité de prioriser l'efficacité énergétique. Je crois que le message est clair. C'est ce qu'il y a de moins
cher à faire. On peut faire de l'efficacité énergétique à 0,015 $ le
kilowattheure. C'est de dégager des
négawatts, on a un terme à l'interne, qu'on appelle des négawatts, c'est de
dégager des kilowattheures pour faire un bon usage.
La nouvelle structure, on l'accueille favorablement
également. Et on insiste, on aimerait faire partie, vraiment, des comités. On est des scientifiques... appliqués, on
est des ingénieurs en efficacité énergétique. On vit la ligne de front, on
sait ce qui peut se faire dans nos
environnements, dans nos régions également. L'efficacité énergétique n'est pas
limitée aux pôles citadins, soit
Montréal et Québec, c'est vraiment une industrie sans frontières. Alors, on
peut faire de l'efficacité énergétique en région.
En grande partie, ce qu'on fait, c'est de créer
des emplois également. Il y a un grand, grand contenu de main-d'oeuvre dans nos projets. Alors, c'est des salaires, c'est
des salaires bien payés, c'est de l'expertise également. Alors, j'enverrais
une grappe industrielle, un appui à la formation,
un appui aux salaires payés dans cette industrie-là. C'est quelque chose, là,
qui serait très bienvenu...
Présidente (Mme St-Pierre) : Alors, merci beaucoup. Merci pour
votre exposé. Maintenant, M. le ministre, vous avez la parole.
M. Charette :
Merci, Mme la Présidente. Messieurs, merci d'être avec nous cet après-midi. Il
n'y a aucun, aucun doute dans notre esprit que, pour réussir, il faudra
passer par, notamment, l'efficacité énergétique.
Deux petites questions. Je sais que j'ai d'autres
collègues qui souhaitent intervenir. Vous parliez au niveau du comité, la présence souhaitée. Ça, ça sera un gros
défi, je l'ai mentionné à plusieurs reprises, parce que tous souhaitent
être sur ce comité-là...
M. Méthot
(Michel) : ...y être, oui…
M. Charette : ...mais, au niveau des structures elles-mêmes,
vous dites... dans le fond, votre souci à vous, c'est de garder la même agilité, la même efficacité. Qu'il y ait une intégration au sein du MERN, en autant
qu'on garde le même plan directeur et autres, ça vous satisfait.
M. Méthot
(Michel) : Tout à fait.
M. Dussault (François) : Bien, on a vu, dans nos petites notes qu'on a un
peu escamotées, on a quand même vécu, à
travers les années, l'Agence de
l'efficacité énergétique, le BEIE, le
bureau de l'efficacité et de l'innovation en énergie, quelque chose comme ça. Alors,
ces changements-là, à chaque fois, amènent des temps morts, des arrêts de programme,
des suspensions. Tu sais, quand on parle de prévisibilité, de
fluidité, c'est bien important pour nous, pour nos clients qui attendent des confirmations pour que ça avance,
les projets, puis atteindre les objectifs. Donc, c'est un peu ça, notre souci par rapport à TEQ, là. Ça peut se vivre
dans d'autres structures, mais c'est ce qu'on vit sur le terrain.
M. Méthot
(Michel) : Et ce n'est qu'un souci, c'est... mais... Oui.
M. Charette : Que je comprends tout à fait. Donc, le but,
c'est d'éviter, là, les temps morts ou, à tout le moins, qu'il y ait une période d'incertitude, là.
M. Méthot
(Michel) : Tout à fait.
M. Charette : Et ça, c'est notre intention, là, de vous
rassurer rapidement une fois le projet de loi adopté, s'il est adopté, à ce niveau-là.
Ceci dit, vous parliez qu'on pourrait être plus
ambitieux en matière de pourcentage atteint en matière d'efficacité énergétique. Le frein, actuellement, c'est quoi?
C'est du financement qui est inexistant? C'est les règles qui ne sont pas
suffisamment claires?
M. Dussault (François) : Il n'y a pas... En fait, le