House Proceedings — 20 May 2015 (41st Legislature, 1st Session)
2015-05-20
Quebec — Debates (Hansard)
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, Mme la députée. M. le
député de Mégantic,
pour votre déclaration.
M. Bolduc : Merci, M. le Président.
Le 11 mai dernier, le Centre sur la productivité et la prospérité du HEC Montréal
a évalué les coûts des services municipaux grâce aux rapports financiers et aux
indicateurs de gestion des 1 110 municipalités
du Québec. Je tiens, par la présente déclaration, à
féliciter l'administration municipale de la municipalité de Saint-Isidore-de-Clifton, qui se maintient dans
le top 10 provincial et trône au premier rang régional, en Estrie, dans
le cadre de cette étude.
élus dynamiques, des groupes sociaux nombreux et mobilisés autour du bien-être
de quelque 700 citoyens de cette
municipalité rurale sont certainement
des facteurs favorisant ce positionnement. Les défis sont toutefois nombreux,
mais je suis convaincu de leur inventivité,
leur enthousiasme et leur attachement à la communauté... permettront aux élus
et à la population de garantir un brillant avenir à la communauté ainsi
que de poursuivre dans cette voie de la bonne gestion et de la prospérité.
Félicitations!
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Merci à vous, M. le député de Mégantic. M. le député de Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : Merci, M. le
Président. Développement PME Chaudière-Appalaches est une organisation sans but lucratif qui contribue à l'essor
économique de la région en travaillant au développement des entreprises.
Aujourd'hui, Développement PME
Chaudière-Appalaches fête son 10e anniversaire. Je salue d'ailleurs, M. le
Président, des représentants d'organisations
qui sont ici avec nous aujourd'hui. Bravo! 10 ans déjà à soutenir des
entrepreneurs, à proposer des solutions, à les accompagner dans leur croissance, à les aider à se démarquer dans
un monde de plus en plus compétitif. Et le pari a été gagné, M. le
Président.
En 2013‑2014
seulement, PME Chaudière-Appalaches a rejoint plus de 500 entreprises,
85 % d'entre elles ont maintenu
ou augmenté leurs chiffres d'affaires, des chiffres qui parlent d'eux-mêmes.
Bon succès et bon anniversaire à tous les
membres de PME Chaudière-Appalaches, une organisation imaginée et développée
par des entrepreneurs pour des entrepreneurs! Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député
de Lévis. M. le député de Laval-des-Rapides.
M. Polo : Merci beaucoup, M. le
Président. L'Entraide Pont-Viau est un organisme communautaire de ma circonscription de Laval-des-Rapides qui oeuvre,
depuis plus de 20 ans, à bâtir un modèle local communautaire viable
et qui est bien connu des familles du
secteur pour son implication et ses services de qualité. Dans une
circonscription où 30 % de ses
résidents sont issus de la diversité, L'Entraide Pont-Viau joue un rôle majeur
en se positionnant auprès des nouveaux arrivants comme une ressource
essentielle.
J'aimerais
souligner que cet organisme célèbre, cette année, ses 10 ans de
collaboration avec l'actuel ministère de
l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion en offrant des services
d'accueil et d'accompagnement des nouveaux arrivants, d'aide à leur intégration à la société québécoise et à la
mise en place de séances d'information et de francisation.
souhaiterais donc adresser mes plus vives félicitations à la directrice
générale de L'Entraide Pont-Viau et de Laval-des-Rapides,
Mme Claire Lebel, ainsi qu'à son équipe dévouée pour ces 10 années au
service des nouveaux arrivants de Laval-des-Rapides. Merci beaucoup.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député.
M. le député de Saint-Jean, pour votre déclaration.
Turcotte :
Merci, M. le Président. Le Cercle philharmonique de St-Jean-sur-Richelieu fête
son 125e anniversaire cette année. Cet
orchestre à vents figure parmi les plus anciennes harmonies du Québec et
constitue l'une des rares formations à n'avoir jamais interrompu ses
activités.
Ayant vu le
jour en 1890 au coeur de la ville
industrielle de Saint-Jean, le Cercle philharmonique a souligné, depuis toutes ces années, un nombre impressionnant
d'événements avec des concerts de grande qualité tout en s'impliquant dans sa
communauté.
Je veux
rendre hommage et féliciter tous ceux qui ont contribué à faire de cet
orchestre un joyau musical. Que ce soient
les musiciens, les membres, les directeurs musicaux mais également
la population qui les a encouragés, je vous dis : Merci! À ce fier ambassadeur de la
ville de Saint-Jean-sur-Richelieu, pour son apport à la vie musicale de chez
nous et pour sa contribution à la vie culturelle de notre région et à
celle du Québec, bravo!
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Alors, merci à vous, M. le député de Saint-Jean. M. le député des Chutes-de-la-Chaudière,
pour votre déclaration.
Picard : Merci, M. le Président. Festivent Ville de Lévis est l'un des tout premiers
festivals de montgolfières présentés
au Québec et fait maintenant
partie des événements majeurs, digne des plus
grands événements internationaux. Dans
le cadre de la promotion volet organismes, les organisateurs de Festivent
souhaitent s'impliquer une fois de plus auprès des organismes locaux en présentant pour une deuxième année
l'événement promotionnel Redonnez à la communauté,
qui se tiendra du 27 au 30 mai prochains. Ainsi, pendant cette période,
pour chaque passeport adulte vendu en
prévente, un montant sera remis à un organisme communautaire participant. En
plus de bénéficier d'un prix réduit, les
gens qui achètent leurs billets sur le Web auront la possibilité de choisir la
cause pour laquelle Festivent versera le don.
terminant, je félicite Festivent Ville de Lévis pour cette généreuse initiative
et pour son implication auprès de la communauté lévisienne. Merci, M. le
Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député. M. le député de Fabre.
Ouimet (Fabre) : M. le Président, le 15 mai dernier, 53 élèves de sixième année de l'école Les
Trois-Soleils, accompagnés par une quinzaine de membres du personnel,
ont relevé avec brio un défi de grande envergure, soit le Défi Persévérance. Ils ont parcouru 106,5 kilomètres en bicyclette pendant six heures entre Labelle et Saint-Jérôme. Ce n'est qu'après avoir suivi un entraînement rigoureux sur plusieurs
semaines que ces jeunes ont réussi cet exploit.
Le directeur de cette école, M. Danny Laviolette, initiateur de ce
projet qu'il a lui-même qualifié de démesuré, mérite toute notre
admiration pour avoir semé chez nos jeunes le goût de bouger, de persévérer et
de se dépasser.
titre de député de Fabre, je suis heureux d'avoir été associé à ce projet.
M. le Président, je tiens à rendre hommage et féliciter tous ces jeunes et les personnes qui
les ont accompagnés dans ce défi remarquable. Bravo à tous et à toutes!
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de Fabre. Mme la
députée de Duplessis.
Mme Richard : M. le Président, aujourd'hui, je rends hommage à Anne-Lise Fecteau. Mes
salutations, Anne-Lise, à ton conjoint Guy ainsi qu'à toutes les
personnes qui t'accompagnent.
Anne-Lise,
tu quittes l'Assemblée nationale après avoir travaillé 30 ans au mieux-être et
au mieux-vivre des gens de la circonscription de Duplessis. Ton dynamisme, ta rigueur, ton sens pratique, ta
connaissance des dossiers, du territoire de Duplessis font en sorte que
nous avons été choyés de t'avoir pendant 30 ans.
Comme
elle le dirait elle-même, elle est arrivée par défaut à l'Assemblée nationale le 20 mai 1985 comme employée à statut précaire en attendant de savoir ce qu'elle allait faire de sa
vie. J'ai eu le privilège de t'avoir à mes côtés pendant 12 ans, Anne-Lise. Tu as été mon attachée de
presse, mon attachée politique, mon adjointe administrative, ma conseillère politique,
mais tu as été surtout ma confidente, mon amie. Anne-Lise, tu vas nous manquer.
Tu vas manquer à Olivier, Micheline, Nicolas et surtout à moi. Je ne te
dis pas : Adieu, je te dis : Au revoir et à bientôt, Anne-Lise.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la députée de Duplessis,
et félicitations à vous, Mme Fecteau!
cela met un terme à la rubrique Déclarations de députés, et je suspends les
travaux de l'Assemblée quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 57)
Le Président :
Mesdames messieurs les députés, nous allons nous recueillir quelques instants.
Merci. Veuillez vous
asseoir.
Nous
poursuivons les affaires courantes. Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations ministérielles ni
présentation de projets de loi.
À la rubrique Dépôt
de documents, M. le leader du gouvernement.
Fournier : Oui, M. le Président. Ça me fait plaisir de déposer la réponse du
gouvernement à la pétition présentée par le député de Rousseau le
21 avril 2015.
Le Président :
Alors, ce document est déposé.
À la rubrique Dépôt
de rapports de commissions, M. le président de la Commission des finances
publiques et député de Montmorency.
M. Bernier :
M. le Président, je dépose le rapport de la Commission des finances publiques
qui, les 6, 12, 13, 14 et 19 mai 2015, a
tenu des auditions publiques dans le cadre de consultations particulières sur
le projet de loi n° 38, Loi visant à permettre la réalisation
d'infrastructures par la Caisse de dépôt et placement du Québec.
Le Président :
Ce rapport est déposé.
À la rubrique Dépôt
de pétitions, M. le député de Deux-Montagnes.
Charette : ...je dépose l'extrait d'une pétition déposée à l'Assemblée
nationale, signée par 87 pétitionnaires. Désignation :
congressistes au congrès régional Empreintes de femmes.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant qu'au Québec
les femmes représentent la moitié de la population;
«Considérant
que les mesures de relance économique ont été concentrées autour de la
construction d'infrastructures et que
les hommes ont bénéficié de mesures de relance totalisant 7,3 milliards de
dollars, alors que les femmes, quant à elles, ont bénéficié de mesures
de relance de 3,5 milliards de dollars, soit 3,8 milliards de dollars
de moins;
«Considérant
que ce sont les femmes qui ont subi des mesures d'austérité de l'ordre de
13 milliards de dollars, tandis
que les hommes ont été affectés à la hauteur de 9,9 milliards de dollars,
un écart de 3,1 milliards de dollars. Au total, ce sont donc
6,9 milliards de dollars en défaveur des femmes;
«Considérant que les
récentes compressions budgétaires imposées par le gouvernement provincial
fragilisent l'accès à l'emploi, l'autonomie
et la sécurité économique des femmes en concentrant les compressions dans des
secteurs où elles sont plus
présentes, notamment la fonction publique, le milieu de l'éducation et
le réseau de la santé et des services
sociaux;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignées, congressistes au congrès régional Empreintes de femmes, organisé
par le Réseau des femmes des
Laurentides les 14 et 15 avril 2015, au Centre des congrès de Tremblant,
demandons que le gouvernement du Parti libéral du Québec cesse les
mesures qui pénalisent directement les femmes.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Alors, l'extrait de cette pétition est déposé.
n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une
violation de droit ou de privilège.
vous avise qu'après la période de questions et réponses orales sera tenu le
vote reporté sur la motion de M. le ministre
de la Santé et des Services sociaux proposant que le principe du projet de
loi n° 20, Loi édictant la Loi favorisant l'accès aux services de médecine de famille et de
médecine spécialisée et modifiant diverses dispositions législatives en
matière de procréation assistée, soit adopté.
Nous
en sommes maintenant à la période de questions et de réponses orales, et je
cède la parole à M. le chef de l'opposition officielle.
Péladeau : Merci, M. le Président. Hier, j'ai proposé au premier
ministre la tenue d'un grand forum économique pour le Québec, un forum pour doter le Québec d'un véritable plan pour
l'emploi qui pourra recevoir une large adhésion. Je propose au premier ministre d'asseoir autour d'une même table les
travailleurs, les entrepreneurs, les organisations syndicales, les milieux de la recherche, les
gestionnaires de capital, dont la Caisse de dépôt et les fonds de travailleurs,
les gens du milieu de l'éducation et bien d'autres avec les décideurs.
Devant les défis qui
se posent à nous, il y a un leadership à exercer. Il appartient au gouvernement
d'être une source d'impulsion, une source
qui permet de réunir plutôt que d'imposer, une source de rassemblement plutôt
que de division. À toutes les
familles éprouvées par les pertes
d'emploi, nous pouvons envoyer le message fort que nous sommes au travail pour eux et que nous le faisons tous
ensemble. À tous nos chefs d'entreprise, nous pourrions dire qu'ils disposeront désormais
des mêmes moyens que leurs concurrents des États voisins qui ont déjà fait le
choix de protéger leurs sièges sociaux.
Alors,
M. le Président, j'aimerais savoir du premier ministre s'il accepte la main tendue, s'il est prêt à convier tous les acteurs socioéconomiques à ce grand
rendez-vous pour l'économie et l'emploi au Québec, qui pourrait se tenir
dès septembre prochain.
Le Président :
M. le premier ministre.
Couillard : Alors, en fait, M. le Président, l'action du gouvernement
pour la croissance de l'emploi et de l'économie au Québec a commencé dès les lendemains de son élection. D'ailleurs,
il y a des bonnes nouvelles. Je parlais des emplois hier, près de 69 000.
Ce matin, on apprend que les exportations internationales du Québec sont en
forte croissance par rapport au reste
du Canada, 6,1 % et 10 %, plus de 10 % pour le premier trimestre
de 2015, ce qui est considérable.
Maintenant,
lorsqu'on fait le tour du Québec et qu'on parle aux entrepreneurs, notamment
ceux et celles des petites et
moyennes entreprises, où se situent 50 % des emplois, ils et elles nous
disent tous la même chose et toutes la même chose : Nous voulons un allégement du fardeau fiscal — c'est en cours — nous voulons une simplification de notre
fardeau administratif — c'est en cours — et nous voulons également avoir une
meilleure capacité de recruter. Et c'est souvent le problème qu'on nous mentionne en premier lieu, la main-d'oeuvre
qualifiée pour les emplois disponibles. Là aussi, c'est en cours, des
mesures ont été adoptées.
Alors, je ne veux pas
dire qu'il n'y a pas d'autres mesures à prendre et d'autres réunions à faire.
On en fait beaucoup. On aura des stratégies
sectorielles sur le secteur maritime, le collègue le sait. On aura une
stratégie sur l'aluminium, qui est un
dossier économique très important au Saguenay—Lac-Saint-Jean. On aura également des réunions
de concertation au gouvernement avec le
mouvement syndical et le patronat, on verra si ça nous amène vers des pistes
consensuelles supplémentaires. Et il y aura toujours lieu d'envisager la tenue
d'un sommet semblable, mais ça ne m'apparaît pas prioritaire actuellement. La
priorité, c'est l'action sur le terrain auprès des entrepreneurs pour créer de
l'emploi partout au Québec.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Péladeau : M. le Président, le premier ministre me fait penser à une
fameuse formule : Nous verrons, nous verrons. Le Cirque du Soleil,
SNC-Lavalin et Bombardier... L'obligation nous est faite d'agir. Il est de
notre devoir d'anticiper la réalité, et non de la subir. Le Parti québécois
propose un ensemble de mesures, à l'instar des meilleures pratiques aux
États-Unis et en Europe, pour mieux outiller nos fleurons québécois.
Est-ce
que le premier ministre accepte de travailler avec nous pour mieux protéger nos
entreprises et nos sièges sociaux?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Là également, M. le Président, on est dans l'action. On est dans
l'action, bien sûr, parce que l'AMF a déjà
donné des outils supplémentaires aux administrateurs de sociétés. On a vu
d'ailleurs, dans l'exemple du Cirque du Soleil, que le résultat final de la transaction s'est fait avec la
participation de la Caisse de dépôt et de l'actionnaire fondateur, qui
est resté au coeur de son entreprise pour s'assurer que les activités
créatrices demeurent à Montréal.
Mais
on veut également — et je
suis certain que mon collègue partage cette opinion — on veut également faire du Québec une
économie ouverte et attrayante. Et je vais lui redire, avec tout le respect que
son poste lui doit, que la meilleure façon de garder et d'attirer nos sièges
sociaux, c'est de créer au Québec un climat de stabilité politique, financière et économique, et il est aux premières
loges pour corriger l'impression d'instabilité que pourrait créer pour les
investisseurs d'ailleurs sa constante quête de...
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Péladeau : M. le Président, au lendemain de son élection, le premier
ministre avait déclaré vouloir poursuivre le chantier de l'électrification des transports amorcé par le
gouvernement précédent. Ce chantier constitue une opportunité fantastique pour le Québec. Or, il n'y a pas eu, depuis un an, de véritables efforts pour
amener plus loin cette vision du futur
pour le Québec. Est-ce
que le premier ministre accepte ma proposition de nous réunir pour donner un véritable élan à l'électrification
des transports?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président, on va faire encore mieux que ça, on va bientôt déposer un nouveau plan d'action sur l'électrification des transports, d'ailleurs, que mon collègue
ministre des Transports est en
train de terminer actuellement sur la base de nos succès précédents. Je lui dirais amicalement que
l'électrification des transports a été l'objet de l'attention des deux gouvernements précédents, puisque ça a débuté en 2011,
ça a été poursuivi par le gouvernement du Parti
québécois, et nous prenons le relais parce qu'effectivement c'est là que
se situe une grande
partie de l'avenir du Québec.
Il faut
savoir, M. le Président, que 50 % du marché de vente de véhicules
électriques au Canada se trouve chez nous,
au Québec. On a l'électricité, on a l'expertise de recherche, on a l'aluminium,
on a l'expertise aéronautique pour les matériaux,
on a tout ce qu'il faut pour pousser ce secteur encore plus loin, et c'est ce
qu'on va faire, là. Là encore, l'action plutôt que les mots, M. le
Président.
Le Président : Troisième
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Péladeau : Merci, M. le Président. Je propose au premier ministre de
donner des outils à nos entreprises afin qu'elles puissent mieux se défendre. Par exemple, de leur donner
l'opportunité d'inclure dans leurs statuts un droit de vote variable en fonction de la durée de détention
des actions. Cette mesure viendrait donner un plus grand poids décisionnel
aux actionnaires ayant des intérêts à long terme plutôt qu'aux spéculateurs.
Est-ce que le
premier ministre accepte de travailler avec le milieu des affaires à la mise en
place de telles mesures pour protéger nos entreprises québécoises?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président,
cette recommandation spécifique a été étudiée et rejetée parce qu'une grande
partie du milieu économique et
financier s'y objecte pour des raisons fondamentales très importantes que mon
collègue connaît probablement.
Maintenant, ce
qu'il faut continuer à faire, bien sûr — et je répète encore, ce n'est pas anodin, et
je vais le répéter — créer un climat de stabilité et de
prévisibilité au Québec, c'est la première chose à faire. Créer un
environnement fiscal favorable, créer
un environnement économique favorable, ça, ça va bien plus loin que tous les
mots qu'on pourrait dire aujourd'hui sur la question des sièges sociaux.
Par ailleurs,
nos institutions financières, la Caisse de dépôt, en toute
indépendance, et Investissement Québec, lorsque c'est nécessaire, pourront jouer un rôle approprié pour
maintenir les sièges sociaux des entreprises stratégiques du Québec.
Le Président : En terminant.
Couillard : Mais on ne veut
pas envoyer le signal ailleurs dans le monde que le Québec se ferme à l'investissement,
M. le Président.
Le Président : Principale,
Mme la députée de Taschereau.
Maltais :
Hier, on a appris que des parents ont dû appeler à l'aide la GRC pour aider
leurs enfants à sortir de la
radicalisation. Tout ce qu'ils avaient pour les aider, c'est appeler la GRC
pour arrêter quasiment ou interroger leurs enfants. Depuis son élection, le gouvernement libéral entretient un flou
quant au dépôt d'un projet de
loi sur la neutralité religieuse de l'État, les accommodements
raisonnables et surtout la lutte à l'intégrisme. En avril 2014, le premier
ministre avait dit qu'il serait
déposé rapidement. La ministre de la Justice a reporté ça ensuite à l'automne.
À l'automne, le premier ministre a
reporté ça à l'hiver. À l'hiver, le premier ministre a dit que ça serait à la
fin du mandat. Et, devant le tollé général, la ministre de la Justice
nous a dit que ce serait d'ici juin, d'ici la fin de la session.
Alors, pour rassurer
les parents qui sont un peu ébranlés, comme nous, devant un tel festival
d'improvisation, est-ce que la ministre de
la Justice peut nous confirmer que, comme elle l'a promis, ce projet sera
déposé d'ici la fin de la session?
Le Président :
Mme la ministre de la Sécurité publique.
Thériault : Oui. Merci, M. le Président. Je pense que c'est
important de préciser ici que, lorsqu'on parle de prévention de la radicalisation, il y a un travail de tous les
instants qui se fait non seulement avec la GRC, mais également avec la Sûreté du Québec et le Service de police
de la ville de Montréal. Comme vous savez, M. le Président, il y a une équipe intégrée. M. le Président, nous avons lancé
le message aux parents parce que ce qui est important, c'est de pouvoir signaler les cas potentiels de radicalisation pour
empêcher nos jeunes de quitter le pays et d'aller vers la Syrie avec l'État islamique.
M. le Président, c'est important de rappeler que notre gouvernement travaille en
concertation avec tous les ministères qui sont impliqués, que ce soit la
collègue de la Justice, la collègue de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion ainsi que les autres ministères. Et je
veux rassurer les gens qui nous écoutent, et la députée de Taschereau,
ainsi que nos collègues parlementaires, le gouvernement arrivera très bientôt
avec différentes actions parce que la radicalisation,
M. le Président, c'est une question de sécurité, mais on doit
aussi penser à nos jeunes qui sont ici que leurs parents ont choisi de vivre au Québec et qui quittent comme ça. Malheureusement, M. le Président, vous comprendrez que c'est un phénomène qui est nouveau. On fait beaucoup
en peu de temps parce que c'est une question qui nous tient à coeur, M.
le Président.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Taschereau.
Maltais : Il y a
trois problèmes dans la réponse que vient de donner la ministre. D'abord, elle
lie le problème à l'immigration, ce que nous n'avons jamais fait. Deuxièmement,
la ministre de la Justice reste silencieuse et refuse de réitérer son engagement devant cette Assemblée nationale, silence total. Et, troisièmement, l'approche. C'est la ministre de
la Sécurité publique, celle qui est
responsable de la Sûreté du Québec et
de la police, qui répond. C'est donc une approche de coercition au lieu d'être une approche de
prévention. Nous, on a déposé un projet de
loi sur l'observateur de
l'intégrisme parce qu'on croit que c'est la prévention. Les parents, ils
veulent être rassurés.
Que la ministre de la
Justice se lève et réitère...
Le Président :
Mme la ministre de la Sécurité publique.
Thériault : M. le Président, dois-je rappeler que la collègue,
la députée de Taschereau, a débuté sa question en parlant des parents qui font appel à la GRC pour lutter contre la
radicalisation, M. le Président? Donc, je n'ai pas une approche coercitive. Au contraire, on travaille
avec les actes de prévention, détecter, et c'est exactement ce que nos forces
policières font. Elles doivent enquêter,
détecter, travailler avec les gens sur le terrain, s'assurer qu'on fait
confiance en nos forces policières
aussi pour dénoncer lorsqu'on pense qu'il y a des jeunes qui se radicalisent et
qui sont à risque de quitter le pays
ou encore qui veulent commettre des attentats terroristes ici. Et c'est le but
de notre gouvernement, M. le Président, la prévention.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Taschereau.
Maltais : Combien de parents vont être obligés d'appeler la
police ou la GRC parce que c'est tout ce qu'ils ont comme outil entre les mains
pour aider à prévenir la radicalisation? Combien d'arrestations ça va prendre
des enfants sur l'appel des parents
pour réussir à sortir de là? Il y a un projet de loi qui a été promis. Ça fait
un an et demi qu'on l'attend, ça fait
depuis votre élection qu'on l'attend. La ministre de la Justice s'est engagée,
qu'elle répète son engagement formel en cette Assemblée de déposer un
projet de loi comme tout le gouvernement le promet depuis si longtemps.
Le Président :
Mme la ministre de la Sécurité publique.
Mme Thériault : M. le
Président, regardez, la session se termine le 12 juin, il y aura des
dépôts de pièces législatives. Mais, M. le
Président, on va se dire les vraies affaires aussi, on parle de radicalisation
dans un contexte mondial, mondial, M.
le Président. Le Québec ne vit pas sur une planète qui est isolée, là, ce n'est
pas vrai. On fait
partie du Canada et on lutte ensemble contre la
radicalisation, M. le Président, qui peut mener à des actes...
Le Président : S'il vous
plaît!
Thériault : ...extrémistes violents. Donc, M. le Président,
vous comprendrez que, comme un gouvernement responsable, on travaille ensemble, que la ministre de la Justice aura
l'occasion, au cours des prochaines journées, des prochaines semaines,
de donner suite aux engagements du gouvernement, M. le Président.
Le Président : Principale, M.
le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault : M. le Président,
en campagne électorale, l'année dernière, le premier ministre s'était engagé clairement à ce que les taxes scolaires
n'augmentent pas de plus que l'inflation. On connaît la suite, les taxes, pour
2014-2015, ont augmenté en moyenne de
10 %. Alors, M. le Président, au cours des prochaines semaines, les gens
vont recevoir au Québec, partout,
leur augmentation de taxes pour l'année prochaine. Je comprends que le premier
ministre hésite à faire de nouvelles promesses.
Je sais qu'il
s'en va, d'ailleurs, la semaine prochaine se confesser auprès du pape pour ses
promesses rompues de la dernière
campagne électorale. Mais, M. le Président, il peut toujours limiter ses péchés
pour l'année qui vient. Donc, M. le
Président, la CAQ va déposer aujourd'hui une motion pour que le gouvernement
s'engage, pour l'année 2015‑2016, à ce que les taxes scolaires
n'augmentent pas de plus que l'inflation.
Donc, je voudrais savoir : Est-ce que le
premier ministre est prêt à s'engager à ce que les taxes scolaires n'augmentent pas de plus que l'inflation pour
arrêter de diminuer le pouvoir d'achat de la classe moyenne au Québec?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Couillard : M. le Président, je
comprends que c'est un thème sur lequel notre collègue aime revenir à de nombreuses reprises. La répétition peut avoir des
qualités, mais également des défauts parce que, chaque fois, je lui donne
la même réponse que je vais lui donner
encore une fois aujourd'hui. Le collègue sait très bien qu'on est à la dernière
année de l'impact de la suppression
du programme de péréquation qui égalisait les chances entre les enfants du
Québec. On n'a pas les moyens, avec une impasse de plus de
7 milliards de dollars, de rembourser cette péréquation...
Couillard : ... — on voit que ça les fait rire, mais ils
devraient être les derniers à rire de ça, M. le Président — 7 274 000 000 $
pour être plus précis. Il le sait très bien, lui également voulait rétablir
l'équilibre budgétaire.
Maintenant, notre
collègue de l'Éducation travaille sur un réexamen profond de la taxation
scolaire, d'abord pour qu'elle soit
équitable pour toutes les familles et tous les enfants du Québec et qu'elle
mette un peu de côté le lien avec la propriété foncière, qui est un
autre facteur d'inéquité. Et, oui, on veut garder à long terme les
augmentations le plus près possible de
l'inflation, c'est ce qu'on va faire, mais ça prend un travail précis et
profond, et il faut passer à travers l'année actuelle, qui est la
dernière de trois qui nous vient de l'héritage de ceux qui nous ont précédés.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault :
M. le Président, le premier ministre vient de dire qu'il veut garder les
augmentations le plus près possible
de l'inflation. Son ministre des Finances prévoit que c'est 1,4 %,
l'inflation de 2015. L'année dernière, les taxes ont augmenté de 10 %, ce n'est pas près de l'inflation. Là, ce
qu'il vient de nous dire, c'est qu'il y a encore une dernière année,
qu'il faut faire des efforts.
Est-ce qu'il nous confirme aujourd'hui que les
taxes scolaires vont augmenter encore de 10 % cette année?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Couillard : M. le Président, un peu de rigueur, quand même. Le collègue sait très
bien qu'il y a des commissions scolaires
où ça a diminué de façon très marginale, les taxes scolaires, pas dans tous les
cas, mais... Et, oui, la moyenne, il
faut dire la moyenne... Quand c'est la moyenne, c'est qu'il y en a qui sont
bien moins puis il y en a qui sont au-dessus de ça. C'est ça, le concept
de moyenne en arithmétique, M. le Président.
Alors,
ce qu'il faut faire, c'est répéter ce qu'on a dit tantôt : Il n'aurait pas
fallu supprimer la péréquation, il n'aurait pas fallu laisser l'État du Québec avec une impasse de plus de
7 270 000 000 $, il n'aurait pas fallu rire de ça il y a
quelques instants. Parce que c'est ça, la tragédie actuelle du Québec : on
répare les pots cassés, on le fait avec responsabilité et avec courage, M. le
Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, le premier ministre nous dit :
C'est une augmentation moyenne de 10 %; il y en a qui sont bien moins que 10 %, mais il y en a
qui sont bien plus que 10 %. Dans Chauveau, c'est 33 %, M. le
Président.
le Président, est-ce que le premier ministre confirme aux gens, aux Québécois,
qu'il va continuer à augmenter de
10 % par année, qu'il va continuer à piger dans les poches des familles de
la classe moyenne? Est-ce qu'il y a un député libéral qui va se lever...
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Alors, ça y est, M. le Président, le chat est sorti du sac parce que,
bien sûr, c'est une question pour la partielle de Chauveau, là, qu'on
vient d'entendre. Ça n'a rien à voir avec l'actualité politique du Québec.
Bien, ça s'adonne, comme on dit chez nous, M. le Président, que notre
candidate, elle reste à Chauveau, elle paie ses taxes scolaires à Chauveau, elle parle et elle vit avec le monde de Chauveau,
qui comprennent très bien la situation financière du Québec. Et, au lieu d'agiter
cette question...
Le Président :
S'il vous plaît!
M. Couillard : ...de façon un peu simple, il devrait faire attention à présenter dans Chauveau
du monde qui sont de Chauveau, qui parlent au nom de Chauveau.
Le Président :
Principale, M. le député de Chambly.
Roberge : M. le Président,
hier, j'ai pris connaissance de l'histoire inspirante de la jeune Catherine
Boone Deschambault, 16 ans, qui
s'apprête à vivre son bal de graduation puis d'aller au cégep pour réaliser son
rêve de décrocher un emploi en animation 3D.
Mais ce n'est pas une
histoire banale, cette histoire-là, parce que la jeune fille, elle a un trouble
du spectre de l'autisme. Si elle a réussi,
c'est parce que, pendant son parcours, elle a pu bénéficier de centaines
d'heures d'accompagnement professionnel
avec des gens dévoués, des orthopédagogues, des psychoéducateurs, des
techniciens en éducation spécialisée.
Mais c'est
paradoxalement là, là, c'est dans ces catégories de professionnels là
essentiels à la réussite que le gouvernement a choisi de couper tout en
maintenant, bien sûr, les structures et les élections scolaires à
20 millions.
Qu'est-ce
que le ministre de l'Éducation a à dire à ces milliers de jeunes qui, comme la
jeune Catherine, ont besoin de l'aide des professionnels pour réussir
leur rêve, décrocher un diplôme et un emploi?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
Blais : Alors, je remercie mon collègue pour la question. Tout d'abord,
j'aurais envie de lui dire que ça sert aussi
à ça, les taxes scolaires. C'est 2 milliards de dollars, hein, qui vont
vers les commissions scolaires et qui retournent vers les établissements. C'est important, hein, pour les commissions
scolaires aujourd'hui — c'est à peu près 20 % de leur budget — d'aller chercher ces sommes pour s'assurer
que tous les enfants du Québec aient accès au même niveau de services.
Maintenant,
pour ce qui concerne non pas... peut-être pas la communication aussi spécifique...
un cas aussi spécifique, mais se
rappeler bien, là, le niveau de financement que nous accordons à ces enfants.
Le Québec a fait le choix de l'intégration scolaire. C'est un choix exigeant, c'est un choix
onéreux, il faut bien le dire. 2,3 milliards de dollars cette année en intégration scolaire, c'est du jamais-vu,
et ces sommes ont décuplé, là, depuis 10 ans. Donc, ces sommes sont
demeurées les mêmes, et les commissions
scolaires savent très bien qu'elles doivent les affecter, hein, au déploiement
des ressources pour aider ces jeunes vers l'intégration.
Donc, il n'y
a pas d'enjeu de coupure du ministère de l'Éducation par rapport à ces
sommes-là. Les commissions scolaires
ont encore les sommes dans leurs fonds et elles s'occupent de déployer leurs ressources
au meilleur, bien sûr, de leurs capacités et de la situation actuelle.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Chambly.
Roberge : M. le Président, là, je m'excuse, mais c'est du grand
n'importe quoi. Le premier ministre vient de dire, il y a quelques minutes,
qui... selon lui, on n'a plus les moyens de l'égalité des chances. Le ministre,
lui, il abandonne les jeunes. On s'apprête à couper 265 postes de
professionnels, des gens essentiels à la réussite de nos jeunes les plus
vulnérables, des jeunes qui vont être laissés pour compte. C'est complètement
irresponsable.
Pourquoi le ministre abandonne-t-il les jeunes?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Blais : M. le Président, mon collègue s'emporte en ce moment. Je pense
qu'il s'emporte, et on est loin de la réalité. Je l'ai mentionné, les sommes, hein, que l'on dédie à cette clientèle
n'ont jamais été aussi importantes ces dernières années.
C'est vrai,
il y a un effort budgétaire à faire au Québec, et je pense que son parti est
d'accord pour que nous fassions cet
effort budgétaire. Mais nous avons préservé ces sommes, et c'est aux commissions
scolaires ensuite de les déployer selon les priorités, là, qu'elles
voient dans leurs milieux.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Chambly.
Roberge : M. le Président, peut-être
que je m'emporte, mais le ministre,
lui, il coupe dans les services puis il s'en porte très bien, pas de
problème.
Dans La Presse
de ce matin, Alain Dubuc écrivait, et je le cite : «Les efforts pour le
progrès social en éducation comportent
aussi des avantages économiques.» C'est peut-être un discours qu'il devrait
comprendre, mais même pas, même pas.
Le gouvernement actuel ne comprend rien à l'éducation, il n'a pas de plan
économique, donc, même ce discours-là, il ne le comprend pas.
Pourquoi le ministre refuse-t-il d'aider les
jeunes à décrocher un diplôme?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Blais : Encore une fois, j'ai l'impression que mon collègue s'emporte,
là. Donc, bien sûr, les efforts que l'on fait en éducation ont deux conséquences positives : l'égalité des
chances — et
l'égalité des chances, ça commence par l'intégration dans le milieu scolaire des jeunes en difficulté,
et le Québec a fait des pas de géant ces 10 dernières années dans ce travail d'intégration — ensuite, bien sûr, il y a des conséquences économiques que l'on
souhaite pour le Québec à ce type d'intégration là.
Je le
répète : Les sommes sont là, elles sont déployées dans les commissions
scolaires, et on espère — et je suis d'accord avec
lui — que les
commissions scolaires vont faire les meilleurs choix cette année, dans une
année de transition que l'on reconnaît...
Le Président : Terminons.
M. Blais : ...exigeante, mais
nécessaire.
Le Président : Principale, M.
le député de Blainville.
Laframboise : M. le
Président, la mise en chantier de dizaines de projets d'infrastructure
municipale est retardée dans toutes les régions du Québec depuis des
mois. Pourquoi? Parce que le gouvernement libéral préfère bloquer les négociations avec le
gouvernement fédéral sur le Fonds Chantiers Canada-Québec que de permettre aux
municipalités d'investir dans leurs infrastructures et de contribuer au
développement économique du Québec.
mois dernier, le ministre des Affaires municipales me disait que l'entente
serait très prochainement conclue. Les
municipalités ont des projets à financer, l'argent est sur la table, mais le
gouvernement provincial se traîne les pieds pour signer l'entente avec le gouvernement fédéral. Le 21 novembre
dernier, l'Union des municipalités du Québec a adopté à l'unanimité une
résolution demandant au gouvernement de signer rapidement l'entente.
quelques heures de l'ouverture des assises annuelles de l'UMQ à Montréal,
est-ce que le ministre annoncera enfin la signature de l'entente avec
Ottawa?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
Je veux juste... pour répondre à la première question, M. le Président, puisque
notre collègue disait — et je tiens à le corriger là-dessus, en
toute amitié — que le
gouvernement se traînait les pieds : Le gouvernement a insisté pour que nous puissions faire valoir nos
façons de faire au Québec. Je l'ai d'ailleurs dit dans un débat de fin de
séance à notre collègue : Il ne s'agit
pas de se traîner les pieds quand on défend les intérêts du Québec et nos
façons de faire. C'est ce sur quoi nous avons insisté.
Cela
étant dit, oui, on a trouvé ça un peu long, mais nous sommes sur les derniers
miles de ce dossier, et je suis à
même de dire que, de la façon dont le dossier chemine, les intérêts du Québec
auront été sauvegardés, les projets pourront se faire, et le Québec s'en
portera mieux. Nous attendrons les félicitations du collègue un peu plus tard.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Blainville.
M. Laframboise : M. le Président, le ministre des Affaires intergouvernementales m'a dit
en cette Chambre que trois points achoppaient. Lors des études des
crédits, le ministre des Affaires municipales me répondait que le dossier
évoluait et que seulement un point demeurait en litige avec Ottawa.
Le ministre peut-il
nous confirmer qu'il bloque l'entente parce qu'il refuse de fournir l'état des
mises en chantier deux fois par année, une
règle de reddition de comptes fort raisonnable dans le contexte actuel, un
prétexte derrière lequel son gouvernement se réfugie pour reporter la
signature après les élections fédérales?
Le Président :
M. le ministre des Affaires municipales.
Moreau : Bien, écoutez, M. le Président, le député qui pose la
question est un ancien président de l'Union des municipalités du Québec.
Il devrait savoir...
Moreau : Oui, c'est ça. Mais, à ce titre-là, à ce titre-là, il
devrait savoir que l'Union des municipalités du Québec nous a demandé de mettre sur pied un comité pour
simplifier les redditions de comptes envers le gouvernement du Québec, des municipalités envers le gouvernement du
Québec. Il est tout à fait normal que, dans une négociation, on s'attende à
simplifier les redditions de comptes plutôt qu'à les compliquer.
Cela dit, son
préambule était bien fait. Lorsqu'on s'en est parlé la première fois, il y
avait trois points qui achoppaient, maintenant il n'en reste plus qu'un seul,
et...
Le Président :
En terminant.
Moreau : ...le dossier va bien. C'est la preuve d'un dossier
qui évolue. Quand on discute avec le gouvernement fédéral, quand on
négocie, on le fait pour l'intérêt du Québec.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Blainville.
Laframboise : Alors que les assises de l'UMQ débutent demain à
Montréal, les citoyens, les maires des municipalités attendent avec impatience
que les projets commencent. L'argent est là, mais, à cause d'une guéguerre
politicoadministrative, les projets sont sur la glace.
Est-ce
que le ministre va annoncer, pendant les assises de l'UMQ, que l'entente est
finalisée? Est-ce que cette guéguerre politique va cesser, M. le
Président?
Le Président : M. le ministre
des Affaires municipales.
Moreau : Bien là,
moi, la guéguerre n'a pas commencé puis elle n'est pas finie, il n'y en a pas.
Alors, ce qu'on fait, c'est qu'on
négocie. Et vous savez, M. le
Président, au congrès de l'Union des municipalités du Québec, où le premier
ministre livrera un discours dès demain, ce que nous allons dire aux municipalités, c'est qu'effectivement il y
a un nouvel air de changement
au Québec : on les considère comme des partenaires. Et on ne va pas à un
congrès de l'Union des municipalités du Québec pour faire des annonces et, dans
un cas...
Moreau : On ne va
pas... Bien, depuis qu'on est au pouvoir. On ne va pas dans un congrès pour le
bonheur de faire des annonces. On va
là pour dire : Vous êtes des partenaires, fiez-vous sur nous, on négocie
en votre nom, vous allez avoir des résultats, et des travaux
d'infrastructure, vous allez pouvoir en faire. C'est ça qu'on va leur dire.
Le Président :
Principale, M. le député de Rosemont.
Lisée : M. le Président, depuis le 1er janvier, les aînés et les handicapés du Québec
sont victimes du plus grand choc
tarifaire de l'histoire de ce parti libéral : 87 % d'augmentation pour les repas en centre de
jour, 600 % d'augmentation pour
les transports. Hier, le ministre de la Santé a essayé de nous faire croire que
c'étaient des décisions des administrateurs locaux. Eh bien, non, c'est
une circulaire, sa circulaire, envoyée à tous les établissements, leur
disant : Maintenant, augmentez
considérablement les frais. Avec quels résultats? L'institut de gériatrie de
Montréal, par exemple, a complètement cessé
de dispenser du transport de ses usagers. Plusieurs des usagers n'y vont plus,
au centre de jour. Carolle Dubé, de l'Alliance
du personnel professionnel et technique, dit : Si le gouvernement voulait
vider les centres de jour, il ne s'y prendrait pas autrement.
Alors,
si le ministre de la Santé tient à ce que les centres de jour fonctionnent,
peut-il aujourd'hui annoncer le retrait de ces augmentations
injustifiables?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : M. le Président, je vais quand même me permettre de
rectifier certaines choses. Nous n'avons pas envoyé des circulaires ordonnant
au réseau d'augmenter les montants, mais ce sont des propositions d'ajustement
qui ont été demandées...
M. Barrette :
... — attendez
un instant — M.
le Président, parce que la situation qui découle d'une circulaire similaire
date de 1992. Ça fait maintenant bientôt 25 ans qu'il n'y a pas eu
d'ajustement.
Et qu'est-ce qui se
passe sur le terrain, M. le Président? Vous savez, il y a quelques semaines, le
député de Saint-Jérôme, actuellement chef de
l'opposition, faisait la promotion, pour le Québec, de la convergence. Or,
c'est exactement ce qui est arrivé dans le monde du transport adapté, la
convergence, la convergence qui a fait en sorte que les compagnies, M. le
Président, se sont fusionnées. Se fusionnant, M. le Président, les prix ont
augmenté, et ces compagnies-là, ce sont des compagnies indépendantes, et il a
fallu s'adapter, et l'adaptation demande ça.
Ceci
dit, M. le Président, en santé, là, juste comme ça, là, on attend toujours,
soit du député de Rosemont, soit de la députée de Taillon...
Le Président :
En terminant.
Barrette : ...soit du chef de l'opposition, un plan. On n'en a
toujours pas, M. le Président. Je rappelle que...
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Rosemont.
Lisée : Le ministre de la Santé appelle ça un ajustement, M. le
Président, un ajustement. Pour un aîné ou un handicapé qui va au centre de jour deux fois par semaine, c'est un
ajustement de 1 000 $ par année. Peut-être que, pour lui,
médecin spécialiste, c'est un ajustement, mais, pour la grande majorité des
gens, 1 000 $, c'est hors de prix.
Alors, est-ce qu'il peut appliquer ce que le
premier ministre a dit en décembre, et ne pas augmenter les tarifs au-delà de
l'inflation, et retirer ces hausses inacceptables?
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
M. Barrette : Je vais prendre les
applaudissements pour moi, M. le Président, parce que...
Barrette : Je pourrais même dire, M. le Président, qu'on est dans une
expression de convergence parlementaire, puisqu'évidemment face à cette
circulaire qui a été envoyée à mon insu j'ai demandé...
Barrette : Non, non, c'est une réalité. J'ai demandé de suspendre
l'application de ladite circulaire pour revenir à la situation
précédente pour que nous puissions faire l'état de la situation.
Le Président : En terminant.
M. Barrette : Il n'en reste pas
moins, M. le Président, qu'il y a quand même des aménagements à être faits.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Rosemont.
M. Lisée :
Donc, si on comprend bien, cette
circulaire a été envoyée à son insu. Nous, on en a une copie. Tous les établissements
du Québec en ont une copie. Je veux bien la déposer s'il ne l'a pas eue.
Est-ce qu'il confirme aujourd'hui que les hausses demandées par cette circulaire
sont abolies et qu'il n'ira pas plus loin que l'inflation pour l'augmentation
des tarifs de transport adapté et de repas?
Le Président : Consentement
pour le dépôt? Consentement? Consentement pour le dépôt?
Président : Ah! on
peut... Vous êtes bien gentil. On a parlé hier de lampions. Ce matin, on était
dans la confession. Moi, je vais vous inviter à la communion. Alors, M.
le ministre de la Santé.
M. Barrette : M. le Président, je
suis heureux que le député de Rosemont dépose des documents qui sont sur
l'Internet. Malheureusement, c'est un fait, je n'en avais pas été avisé. Mais, M.
le Président, il n'en reste pas moins que je
m'engage à revenir à la situation d'avant et à faire une évaluation
de la situation, parce
qu'encore une fois, M. le Président,
il y a une réalité économique. Le problème du député de Rosemont, M. le
Président, et de toute l'opposition officielle,
c'est que la réalité économique est hors de portée de leur pensée, et la
justice sociale n'est pas exclue par la raison budgétaire et ne justifie
pas la pensée magique budgétaire péquiste, M. le Président.
Le Président : Bon!
Principale, M. le député de Bonaventure.
Président : Eh! Eh! Ça va aller. Si vous voulez que je vous
donne l'absolution, là, on va donner tout de suite... M. le député de
Bonaventure.
M. Roy : Merci, M. le
Président. Hier, les travailleurs de trois usines de Tembec, en Abitibi,
apprenaient une nouvelle extrêmement
difficile à avaler : les usines de Béarn, de Senneterre et de La Sarre
fermeront temporairement leurs portes,
privant 360 travailleurs de leur emploi. En Abitibi, les fermetures temporaires
inquiètent parce qu'elles risquent de devenir
permanentes. Tembec a des problèmes majeurs d'approvisionnement en bois à un
coût compétitif. Et le premier ministre nous
a dit hier que le ministre allait les calculer. Ça ne sauve pas des emplois à
court terme, ça, M. le Président.
la question est très simple : Quand est-ce que le ministre va annoncer les
approvisionnements nécessaires et essentiels à la sauvegarde des
emplois?
Le Président :
M. le ministre des Forêts.
Lessard :
Oui, M. le Président. On suit de près la situation de Tembec, en Abitibi,
actuellement avec mes collègues. D'ailleurs, vendredi, je serai présent lors
d'une rencontre de tournée de Faire + pour voir quelles sont les difficultés qu'ils rencontrent. En fait, Tembec a
invoqué une fermeture temporaire pour ses trois usines : un, en invoquant
un hiver très difficile; deuxièmement, étant
donné que l'hiver avait été quand même bon pour aller chercher le bois en
forêt... et donc il y a une accumulation des
inventaires. L'autre affaire, c'est qu'il y a eu une baisse quand même
dramatique du bois d'oeuvre, donc du
bois transformé, passant de 403 $ l'an passé à la même date à 327 $
aujourd'hui. Donc, nécessairement qu'à toutes les journées qu'ils
vendent du bois aujourd'hui ils perdent beaucoup d'argent.
Alors,
on va les rencontrer pour voir. L'an dernier, on avait été sollicités, mes
collègues, donc, pour leur donner 100 000 mètres cubes de volumes
non récoltés des années passées. C'est ce qu'on a fait l'an dernier. Et on
regarde... Actuellement, il y a une cellule
d'ouverte sur l'Abitibi. On a donné un décret d'exportation pour les bois non
sollicités vers l'Ontario pour
améliorer la rentabilité des entreprises. Au Conseil de l'industrie forestière
la semaine passée avec le premier
ministre, je me suis engagé à faire une série de réductions qui va bénéficier à
l'ensemble des régions du Québec, mais particulièrement à l'Abitibi.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Bonaventure.
Roy : M. le Président, l'industrie forestière contribue à
l'économie d'environ 250 villages, dont plus de 100 en dépendent entièrement. Des usines qui ferment en
Abitibi, ce sont aussi des villages qui sont en danger. Ça prend des actions
concrètes pour que les travailleurs gardent leurs emplois.
Quand
allez-vous agir concrètement, M. le ministre, et annoncer des
approvisionnements pour soutenir l'épine dorsale économique de ces
communautés?
Le Président :
M. le ministre des Forêts.
Lessard :
En fait, depuis l'élection, on s'en occupe à temps complet. D'ailleurs, avec
l'initiative de mes collègues, on a réouvert
une entreprise, donc, à Amos, qui va créer 400 jobs, M. le Président. Une
ancienne entreprise de transformation
qui va solliciter les approvisionnements de bois non sollicité et qui va
libérer du bon bois pour des usines qui travaillent pour avoir du sapin,
de l'épinette, du pin et du mélèze.
Maintenant,
je tiens à réitérer, on a fait des décrets d'exportation, c'est sans précédent,
pour favoriser, donc, que le bois
circule librement vers l'Ontario pour les essences non sollicitées au Québec,
augmentant la rentabilité de Tembec.
Deuxièmement, on a donné les premiers volumes non récoltés
sans précédent l'an passé, 100 000 mètres
cubes, à Senneterre, à Résolu, et 100 000 mètres cubes aussi
du côté de Tembec, et on regarde avec eux...
Le Président :
En terminant.
Lessard :
...pour faire un plan particulier pour baisser les coûts de la fibre...
Le Président :
Complémentaire, M. le député de Rousseau.
Marceau : M. le Président, les exportateurs paient une surtaxe
injuste en raison de l'accord sur le bois d'oeuvre avec les États-Unis. Or, le nouveau régime
forestier a été mis en place en 2013, l'approvisionnement en bois est
maintenant compétitif, la surtaxe n'a plus de raison d'être.
Malheureusement,
c'est Ottawa qui négocie à notre place, et les intérêts du reste du Canada ne
correspondent pas nécessairement aux nôtres. Alors, M. le
Président, le ministre peut-il nous dire ce qu'il a fait pour s'assurer que
cette surtaxe disparaisse?
Le Président :
M. le ministre des Forêts.
Lessard : L'accord de bois d'oeuvre prend fin cette année.
Tout au long de l'année en cours, nous avons fait des représentations auprès du gouvernement
canadien. Mon collègue du ministère du Développement économique est intervenu auprès du ministre responsable. J'étais
à Washington, la semaine passée, auprès de l'ambassade du Canada, pour leur demander les impacts de la fin de
l'accord, ce qui ferait en sorte que, dans la prochaine année, il n'y aura pas
d'enquête compensatoire sur... ou des études sur les coûts.
Maintenant,
l'entente prévoit qu'en bas de 355 $ le 1 000 pieds de planche,
on fait en sorte qu'on est obligés de payer
des droits. Alors donc, actuellement, le marché ne va pas aussi vite. Aux
États-Unis, la perspective reste quand même positive que les mises en
chantier aux États-Unis vont reprendre.
Le Président :
En terminant.
Lessard :
Au Conseil de l'industrie forestière, la semaine passée, auquel de nombreux
collègues de l'aile parlementaire étaient présents avec le premier ministre, de
nombreux...
Le Président :
Principale, M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, plusieurs informations ont
circulé, ces dernières semaines, dans les médias, au sujet de la réforme de la consigne et de son
élargissement aux contenants de verre. Tout le Québec attend que l'étude
comparative des systèmes de collecte sélective et de consignation qu'a
réalisée le CREATE de l'Université Laval soit rendue
publique par le ministre. Lors de l'étude des crédits budgétaires, le ministre
m'a pourtant confirmé qu'il en détenait une copie préliminaire, mais il refuse de la rendre publique. Seulement
40 % des millions de contenants de verre utilisés annuellement est récupéré, recyclé et valorisé.
Plusieurs milliers de tonnes aboutissent dans les sites d'enfouissement,
et ça représente des pertes énormes pour le
Québec, mais le coût de l'implantation et de l'exploitation d'un système de
consigne ne sera pas négligeable non plus.
Est-ce que le ministre peut enfin
mettre au clair ses intentions à cet égard et peut-il s'engager à ce que les contribuables
québécois ne fassent pas les frais de cette réforme?
Président : M. le ministre de l'Environnement.
M. Heurtel : Merci, M. le Président. Je remercie le député de
Borduas pour sa question. Son préambule est exact, sauf à propos de
ladite étude. Je ne l'ai pas en ma possession. Le ministère de l'Environnement
a reçu une copie préliminaire de l'étude et présentement le ministère s'affaire
à valider la méthodologie de l'étude et, par la suite, lorsqu'il y aura une étude finale, là j'obtiendrai la copie du rapport
final, et, lorsque l'étude sera qualifiée de finale, je la rendrai publique au moment où je la recevrai. Alors, il
faut attendre la fin du processus avant de rendre publique ladite étude.
Concernant l'ensemble de la consigne,
M. le Président, elle doit être modernisée, tout comme la collecte sélective.
C'est pour ça que j'ai mis en place,
l'automne dernier, un comité-conseil sur la gestion des matières résiduelles.
Nous travaillons à la modernisation
de l'ensemble de notre gestion des matières résiduelles, parce que c'est
important, M. le Président. Ça fait
25 ans qu'on n'a pas revu l'ensemble, ça doit être modernisé, mais on va
prendre le temps de bien faire les choses avant d'annoncer nos
intentions. Merci, M. le Président.
Président : Première complémentaire, M. le député de Borduas.
Jolin-Barrette : M. le Président, le Québec doit tendre à améliorer
son bilan sur le plan de la gestion des matières
recyclables. Les citoyens, et les détaillants, et les groupes environnementaux
sont maintenus dans le brouillard par le ministre dans l'attente de sa
réforme.
Est-ce que, dans le cadre de celle-ci,
le ministre compte augmenter le coût de la consigne et, si oui, à combien?
Et va-t-il élargir la consignation à tous
les contenants en verre, en aluminium et en plastique, dont les bouteilles
d'eau de plastique? Et le fera-t-il en maintenant le Régime de
compensation pour la collecte sélective?
Président : M. le ministre de l'Environnement.
M. Heurtel : Merci, M. le
Président. Au lieu de lire studieusement les questions qui sont préparées par
autrui, le député de Borduas devrait commencer à entendre...
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition?
Bonnardel : M. le Président,
l'article 79. Je pense que mon collègue a posé une question, là, qui
mérite une réponse polie, à savoir si, oui ou non...
Le Président :
M. le ministre, veuillez continuer, s'il vous plaît.
M. Heurtel :
Merci, M. le Président. Il n'y a absolument personne dans les groupes
d'intervenants qu'il a mentionnés qui sont
maintenus dans le brouillard. Au contraire, nous les avons amenés autour de la
table l'automne dernier. Nous avons créé un comité-conseil, justement,
sur la gestion des matières résiduelles. Les groupes environnementaux sont autour de la table. Tous les intervenants du
monde de la consigne, du monde de la collecte sélective, tout le monde est autour de la table
justement pour travailler sur cette question-là. Il n'y a pas de brouillard, M.
le Président.
Le Président : En terminant.
M. Heurtel : C'est une démarche
rigoureuse et sérieuse que nous mettons de l'avant présentement.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, ma question était pourtant simple. Plusieurs
chiffres ont été lancés en l'air au
cours de l'implantation et de l'exploitation d'un nouveau système
de consignation. La SAQ a même récemment évoqué une dépense de
250 millions.
Est-ce que le ministre
peut nous confirmer les rumeurs selon lesquelles un projet de loi serait déposé
d'ici le début de l'année 2016 pour l'implantation d'un nouveau système de consigne qui s'effectuerait en 2017? Peut-il
enfin nous éclairer quant au coût réel de ce projet pour les
contribuables québécois?
Le Président :
M. le ministre de l'Environnement.
M. Heurtel : Merci, M. le Président. Pendant que
le deuxième groupe de l'opposition se fie sur des rumeurs, nous, on va décider de se baser sur des faits. Alors,
nous, ce qu'on a fait, c'est qu'on a mis de l'avant une démarche rigoureuse
et sérieuse, on est en train de regarder
l'ensemble des facteurs. Ce qu'on sait, c'est qu'on doit moderniser la consigne.
La consigne a un apport important au Québec
pour la gestion des matières résiduelles, tout comme la collecte sélective.
Il faut moderniser les deux. On va bien le faire puis on va prendre le temps de
bien faire les choses, M. le Président.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Joliette.
Hivon : Merci, M. le Président.
Depuis maintenant près de six mois, le ministre de l'Enseignement supérieur
est au courant qu'alors que l'Université
Laval doit absorber des compressions records, plus de 53 millions sur deux
ans, son conseil d'administration a
voté des bonifications des primes d'après-mandat de ses hauts dirigeants
substantielles. On apprend
aujourd'hui que ça ne représente pas moins de 1,4 million de hausses des
primes, 500 000 $ pour le recteur, 250 000 $ pour le
vice-recteur.
Nous l'avons questionné à de nombreuses reprises. Il se dit
toujours préoccupé, mais absolument rien n'a bougé dans ce dossier depuis six mois. Même, lors de
l'étude des crédits, il nous a dit que rien ne pressait, que ça pourrait
prendre des années, mais qu'on
finirait par régler le dossier. Je peux lui dire que les étudiants, les
professeurs, toute l'université trouve que la farce a assez duré.
Est-ce qu'on peut
avoir un peu de leadership et mettre fin à cette décision indécente?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Blais : Alors, M. le Président, première
marque de leadership, c'est d'affirmer que les contribuables ne paieront
pas pour ça, hein? Donc, mon prédécesseur
avait déjà mentionné très clairement, dans une correspondance avec l'Université Laval, que
ces améliorations, ces bonifications-là étaient inacceptables, compte tenu des
règles budgétaires que nous nous sommes données depuis un certain nombre
d'années.
Donc,
les contribuables du Québec ne paieront pas pour ça. Il y aura des conséquences
financières, il l'avait mentionné. Je
réitère que ces conséquences financières là existent toujours et je réitère ma
demande aujourd'hui que le président du conseil d'administration, et le
conseil d'administration, et les dirigeants de l'Université Laval qui vont profiter
de ces mesures reculent sur leur décision. Sans ça, des conséquences
financières, qui ont été annoncées, vont s'appliquer.
Président : Principale, Mme la députée de Joliette.
Hivon :
Je ne sais pas si le ministre est conscient dans quelle situation ça plonge
l'Université Laval, à quel point ça
envoie un signal absolument dissonant. On est face à une situation :
53 millions, minimum, de coupes sur deux ans; on assiste à des services qui sont coupés, des
étudiants qui voient de l'aide réduite, notamment pour les personnes handicapées; on voit des programmes qui sont
abolis; on voit des facultés qui sont fusionnées. Et, pendant ce temps-là,
depuis six mois, on voit le prédécesseur du ministre actuel et le ministre
actuel user de la même méthode, c'est-à-dire espérer, attendre, ne pas bouger,
ne pas exercer de leadership.
qu'on voudrait aujourd'hui enfin, c'est du leadership par rapport à cette
décision indécente, pas se faire dire :
Bien, on va essayer de trouver peut-être une solution à un moment donné. On
veut que le ministre dise : Non, c'est inacceptable, ça ne se fera
pas, et voilà, je mets mon poing sur la table, et l'université va reculer.
Quand
le ministre va-t-il...
Président : M. le ministre de l'Éducation.
Blais : Alors, je l'ai répété ce matin dans les médias, non, c'est
inacceptable, je l'ai mentionné, pour toutes les raisons que ma collègue
a clairement invoquées. Et c'est la raison pour laquelle les contribuables du
Québec ne financeront pas ces mesures, ces améliorations,
et c'est la raison pour laquelle je demande encore une fois à l'Université Laval, c'est-à-dire au conseil
d'administration et aussi aux dirigeants, de reculer, là, sur ces bonifications. Mais, je
le répète, c'est inacceptable, c'est un très mauvais moment pour se donner ce
type d'amélioration dans la rémunération globale des dirigeants de
l'Université Laval.
Le Président :
Cela met fin à la période de questions et de réponses orales.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, tel qu'annoncé précédemment,
nous allons maintenant procéder au
vote reporté sur la motion de M. le ministre de la Santé et des Services
sociaux proposant que le principe du projet de loi n° 20, Loi édictant la Loi favorisant l'accès aux services de
médecine de famille et de médecine spécialisée et modifiant diverses
dispositions législatives en matière de procréation assistée, soit adopté.
Que les députés en
faveur de cette motion veuillent bien se lever.
Secrétaire adjointe : M. Couillard (Roberval), M. Fournier
(Saint-Laurent), Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel), M. Paradis (Brome-Missisquoi), M.
Hamad (Louis-Hébert), M. Dutil (Beauce-Sud), M. Leitão (Robert-Baldwin), M. Coiteux (Nelligan), M. Moreau
(Châteauguay), Mme David (Outremont), M. Poëti (Marguerite-Bourgeoys), M. D'Amour (Rivière-du-Loup—Témiscouata), M. Huot (Vanier-Les Rivières),
M. Kelley (Jacques-Cartier), Mme Vallée (Gatineau), M. Lessard (Lotbinière-Frontenac), M. Barrette (La Pinière),
M. Blanchette (Rouyn-Noranda—Témiscamingue), M. Heurtel
(Viau), M. Arcand (Mont-Royal), Mme Charbonneau (Mille-Îles), M. Daoust
(Verdun), Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce),
Mme Vien (Bellechasse), M. Billette (Huntingdon), M. Blais (Charlesbourg), Mme
St-Pierre (Acadie), M. Reid (Orford),
Mme Boulet (Laviolette), Mme Vallières (Richmond), M. Morin (Côte-du-Sud), M.
Bernier (Montmorency), Mme Charlebois (Soulanges), Mme Ménard (Laporte),
M. Sklavounos (Laurier-Dorion), M. Girard (Trois-Rivières),
Mme Blais (Saint-Henri—Sainte-Anne),
Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger), M. Carrière (Chapleau), M. Drolet (Jean-Lesage), M.
Chevarie (Îles-de-la-Madeleine), M. Matte (Portneuf), M. Simard (Dubuc), M.
Tanguay (LaFontaine), M. Bolduc (Mégantic),
Mme de Santis (Bourassa-Sauvé), M. Iracà (Papineau), M. Ouimet (Fabre), M.
Fortin (Pontiac), M. Bourgeois
(Abitibi-Est), M. Boucher (Ungava), M. Birnbaum (D'Arcy-McGee), M. Auger
(Champlain), M. Rousselle (Vimont),
M. Giguère (Saint-Maurice), M. Habel (Sainte-Rose), M. Hardy (Saint-François),
M. Merlini (La Prairie), Mme
Montpetit (Crémazie), Mme Nichols (Vaudreuil), M. Plante (Maskinongé), M. Polo
(Laval-des-Rapides), M. St-Denis (Argenteuil).
La Vice-Présidente (Mme
Gaudreault) : Maintenant, que les députés contre cette motion
veuillent bien se lever.
La Secrétaire
adjointe : M. Péladeau (Saint-Jérôme), M. Bédard (Chicoutimi), M.
Marceau (Rousseau), Mme Hivon (Joliette), M.
Bérubé (Matane-Matapédia), Mme Poirier (Hochelaga-Maisonneuve), Mme Léger
(Pointe-aux-Trembles), Mme Lamarre (Taillon),
M. LeBel (Rimouski), M. Lelièvre (Gaspé), M. Kotto (Bourget), M. Gaudreault (Jonquière), M. Therrien
(Sanguinet), Mme Maltais (Taschereau), M. Dufour (René-Lévesque), M. Drainville
(Marie-Victorin), M. Cloutier
(Lac-Saint-Jean), M. Lisée (Rosemont), M. Traversy (Terrebonne), M. Cousineau
(Bertrand), M. Rochon (Richelieu), M. Leclair (Beauharnois), M.
Villeneuve (Berthier), Mme Ouellet (Vachon), M. Bergeron (Verchères), M.
Turcotte (Saint-Jean), M. Pagé (Labelle), Mme Richard (Duplessis), M. Roy
(Bonaventure).
M. Legault
(L'Assomption), M. Bonnardel (Granby), M. Charette (Deux-Montagnes), M. Martel
(Nicolet-Bécancour), Mme Roy (Montarville),
Mme Samson (Iberville), M. Roberge (Chambly), M. Laframboise (Blainville),
M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), Mme D'Amours (Mirabel), Mme Lavallée
(Repentigny), M. Lamontagne (Johnson),
M. Jolin-Barrette (Borduas), M. Surprenant (Groulx), Mme Soucy
(Saint-Hyacinthe), M. Spénard (Beauce-Nord),
M. Paradis (Lévis), M. Picard (Chutes-de-la-Chaudière), Mme Roy (Arthabaska),
M. Lemay (Masson).
Mme David (Gouin),
M. Khadir (Mercier), Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques).
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, y
a-t-il des abstentions? Alors, M. le secrétaire général, pour le
résultat du vote.
Secrétaire : Pour : 63
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, la motion est adoptée. Et en
conséquence le principe du projet de loi n° 20, Loi
édictant la Loi favorisant l'accès aux services de médecine de famille et de
médecine spécialisée et modifiant diverses dispositions législatives en matière
de procréation assistée, est adopté.
M. le leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos : Oui, Mme
la Présidente. Conformément à l'article 243
de notre règlement, je fais motion afin que ce projet de loi soit déféré
à la Commission de la santé et des services sociaux pour étude détaillée.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Est-ce que cette motion est adoptée?
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Adopté.
Alors, maintenant,
nous allons passer à la rubrique des motions sans préavis. Et, en fonction de
nos règles et de l'ordre de présentation, je vais maintenant céder la
parole à M. le député de Granby.
Bonnardel : Merci,
Mme la Présidente. Je demande le consentement pour déposer la motion suivante
conjointement avec la députée de Gouin :
«Que l'Assemblée
nationale reconnaisse la nécessité,
en cette période de rigueur budgétaire, de revoir et de mieux encadrer
l'utilisation et les montants de l'enveloppe annuellement dévolue aux anciens premiers
ministres; et
«Qu'elle affirme qu'il est inacceptable
d'utiliser une
partie de cet argent à des fins purement partisanes.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, M. le député. Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Sklavounos : Nous
proposons l'adoption sans débat, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, cette motion est adoptée, il
y a consentement? M. le leader du gouvernement.
Bédard :
...vu le refus de la CAQ de modifier la motion, nous allons nous opposer au
dépôt de cette motion.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, il n'y a pas de
consentement. Nous allons maintenant passer à la prochaine motion, et je
reconnais M. le ministre des Transports.
M. Poëti : Merci, Mme la Présidente. Je
sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion
suivante conjointement avec la députée de
Vachon, le député de Groulx et la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques :
«Que l'Assemblée
nationale souligne le Tour du silence qui aura lieu simultanément dans plus de
20 villes du Québec ce soir;
«Que ce tour mette en relief la volonté de la
population à adopter un comportement responsable en tant que cyclistes et
automobilistes;
«Que le
gouvernement s'engage à poursuivre sa campagne de sensibilisation au respect
mutuel sur nos routes entre cyclistes et usagers de la route;
«Enfin, que
les membres de l'Assemblée nationale observent une minute de silence en hommage
aux cyclistes décédés.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, M. le ministre. Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Sklavounos : Nous
proposons l'adoption sans débat et la minute de silence, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, cette motion est adoptée?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Et je vous invite à vous lever pour
que nous observions une minute de silence à la mémoire des victimes qui
sont décédées sur les routes du Québec.
• (11 h 12
h 13) •
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, je vous remercie. Vous pouvez vous asseoir.
Toujours à la
rubrique des motions sans préavis, je vais maintenant reconnaître un membre du
groupe formant l'opposition officielle et je cède la parole à M. le
député de Rosemont.
M. Lisée :
Mme la Présidente, je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée
afin de présenter, conjointement avec le député de Lévis et le député de
Mercier, la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement d'appeler dès maintenant les
consultations sur le projet de loi
44, Loi visant à renforcer la lutte contre le tabagisme, afin d'empêcher que
250 nouveaux jeunes s'initient au tabac chaque semaine au cours de
l'été qui débute;
«Qu'elle rappelle la disponibilité, depuis le
jour de la présentation du projet de loi, à la fois des groupes [de l'opposition], de la Commission de la santé et des
services sociaux et des autres groupes concernés pour tenir les consultations
particulières avant l'ajournement des travaux de l'Assemblée nationale, en juin
prochain.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, M. le député. Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion? On me dit qu'il n'y a
pas de consentement.
Alors, pour la prochaine motion, je cède la
parole à M. le député de Mercier.
M. Khadir : Merci, Mme la Présidente. Je
demande le consentement de la Chambre pour débattre de la motion
suivante conjointement avec la députée de Taschereau :
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte que la raison d'être des organismes d'action
communautaire autonome n'est pas liée
à la recherche d'un intérêt privé ou lucratif mais plutôt à la recherche du
bien commun, la promotion des intérêts
collectifs et la défense des droits de la population, objectifs en tout point
identiques ou complémentaires avec la mission de l'État;
«Que
l'Assemblée nationale reconnaisse
qu'assujettir des organismes dont la mission est compatible avec celle
de l'État et dont la transparence est au
coeur des pratiques, à la
loi sur le lobbyisme entrerait en contradiction avec
l'esprit de cette loi qui cherche à encadrer et rendre transparente
l'action de lobbies d'intérêt privé [et] à but lucratif.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de Mercier. Y a-t-il consentement pour débattre de
cette motion? On me dit qu'il n'y a pas de consentement.
Alors, nous
en sommes maintenant à la rubrique des avis touchant les travaux des commissions,
et je vais céder la parole à M. le leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos : Merci,
Mme la Présidente. J'avise cette Assemblée que la Commission de l'économie et
du travail entreprendra l'étude détaillée à l'égard du projet de loi n° 43, Loi
favorisant l'information sur la dangerosité des produits présents en milieu de travail et
modifiant la
Loi sur la santé et la sécurité du travail, aujourd'hui, de 15 heures à 18 heures, à la
salle Louis-Joseph-Papineau. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors,
merci. Et, pour ma part, je vous avise que la Commission de la santé et des
services sociaux se réunira en séance
de travail aujourd'hui, après les affaires courantes pour une durée
de 30 minutes, à la salle RC.171 de l'hôtel
du Parlement. L'objet de cette séance est de statuer sur la possibilité que la
commission se saisisse de la pétition concernant la prime de rétention pour les
professionnels en soins de la Côte-Nord.
Je vous avise
également que la Commission
de l'administration publique se
réunira en séance de travail aujourd'hui,
de 15 heures à 17 h 30, à la salle des Premiers-Ministres de
l'édifice Pamphile-Le May. Et l'objet de cette séance est d'examiner les
rapports annuels de gestion des ministères et organismes et d'organiser les
travaux de la commission.
Enfin, je
vous avise que la Commission des
institutions se réunira en séance de
travail aujourd'hui, de 16 h 30 à 17 h 30, à la salle RC.171 de l'hôtel du
Parlement. Et l'objet de cette séance concerne le rapport de la commission
sur le projet de règlement relatif au
Règlement sur le changement de nom et d'autres qualités de l'état civil pour
les personnes transsexuelles ou transgenres.
Nous en sommes à la rubrique des renseignements
sur les travaux de l'Assemblée, et je vais céder la parole à Mme la leader
adjointe de l'opposition officielle.
Maltais : Merci,
Mme la Présidente. Encore une fois,
il vient de se passer un évènement qui nous interpelle quant à la suite des travaux de l'Assemblée nationale. Nous venons de déposer une motion qui nous semblait à première vue tout
à fait raisonnable concernant la
tenue des auditions en commission
parlementaire sur le projet de loi n° 44, le projet
de
loi sur le tabac. On sait que ça fait des années que la loi, la
première loi, a été adoptée. Il y a eu quelques modifications ensuite, mais il y a très longtemps qu'on n'a pas examiné
la
loi sur le tabagisme. Depuis un bout de temps, les... Récemment, le gouvernement a déposé un
projet de loi qui va tout à fait en... qui ne semble pas poser de problème ici,
dans l'Assemblée nationale, à première vue,
sauf peut-être sur quelques petits éléments, mais il faut en discuter, il faut
entendre les gens.
Or, nous venons de déposer une motion en
collaboration avec les autres partis pour essayer de faire que le gouvernement réponde enfin à nos attentes quant à
la tenue des auditions en commission parlementaire. Fait nouveau, Mme la Présidente, ce matin : nous avons une
lettre de plusieurs associations qui demandent la même chose que l'opposition
officielle. Il y a la Coalition québécoise
pour le contrôle du tabac, l'Association pulmonaire du Québec, l'Association
pour les droits des non-fumeurs, le Réseau
du sport étudiant du Québec — parce que 250 jeunes par semaine, tant
qu'on ne resserrera pas la loi...
250 nouveaux jeunes par semaine utilisent le tabagisme — le Conseil québécois sur le tabac et la
santé, Société canadienne du cancer — important — et fédération
des maladies du coeur et de l'AVC. Alors, Mme la Présidente, tout ce monde-là dit : Nous sommes prêts à intervenir,
nous sommes prêts à y aller. C'est très rare. Parce que je suis déjà intervenue
en disant qu'ici, dans l'Assemblée nationale, avant, nous avions plus de
délais. Là, le délai, là, il est tellement long, il s'étire tellement
que ce sont les groupes eux-mêmes qui réclament les auditions.
Alors,
pourquoi est-ce que le gouvernement ne nous appelle pas à des auditions comme
non seulement les groupes, la
Commission de la santé, non seulement nous, les parlementaires, mais comme le
demande la santé publique? Si on tient à la santé de nos enfants, on
doit avoir ces auditions.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, Mme la leader
adjointe. Je cède la parole à M. le leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos : Alors,
effectivement, Mme la Présidente, nous tenons à la santé publique. C'est pour
cette raison-là que nous avons offert de
débuter ces consultations-là le 11 août, date à laquelle l'opposition
officielle nous a dit qu'il n'était
pas disponible, leur porte-parole, avant le 17 août, ainsi que pas disponible le 24, le 25, le 26 août. Quant au
deuxième groupe d'opposition, on nous a informés qu'il n'était pas disponible
jusqu'au 24 août. Alors, nous sommes prêts à accommoder, nous voulons procéder rapidement,
c'est important. Nous sommes en discussion concernant les
groupes.
Il faut
rappeler cependant que le projet
de loi n° 20 a été présenté le
28 novembre, nous avons, aujourd'hui, voté le
principe. C'est un projet qui attend depuis très longtemps, important
également. Il faut rappeler aussi que, juste la semaine
passée, la collègue a demandé à ce que les
groupes puissent avoir le temps de se préparer. Il y a d'autres groupes que
ceux qu'elle a mentionnés qui demandent le temps de se préparer
convenablement.
Je leur propose qu'on pourrait commencer le
11 août. Nous sommes prêts, nous, de notre côté, à écourter nos vacances estivales, de laisser de côté un petit peu nos familles, venir à l'Assemblée
nationale à partir du 11 août, parce que la santé publique est importante
pour nous, elle nous tient à coeur. J'aimerais savoir pourquoi l'opposition officielle et le deuxième groupe
d'opposition ne sont pas disponibles à ces dates-là. Je n'ai rien d'autre à
ajouter.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Mme la leader adjointe de l'opposition officielle.
Maltais : Oui, Mme
la Présidente. Alors, je vais
répondre au leader adjoint du
gouvernement. Effectivement,
il dit : J'ai questionné sur le délai
des auditions, sur les mémoires, hier ou avant-hier... la semaine dernière.
Mais, dans ce cas-ci, c'est le
contraire, là. Tous les groupes sont prêts, ils l'attendent, les mémoires sont
prêts. Il manque l'appel du gouvernement. Alors, il ne peut invoquer le contraire de ce que veulent les groupes.
Il dit : Bien, les groupes demandent du temps, dans ce cas-ci. Mme
la Présidente, les groupes appellent pour la tenue des auditions.
Deuxièmement, ça fait deux semaines qu'on vous demande, au gouvernement... qu'on demande au gouvernement
que ces auditions se tiennent. Deux semaines
de perdues. Alors, est-ce qu'il serait possible, peut-être, de tenir ces
auditions d'ici la fin... non
seulement d'ici l'été, d'ici les vacances? Plutôt que rappeler les députés en
vacances, on pourrait tout simplement travailler là.
Alors,
est-ce que c'est parce
qu'il y a un
article sur la cigarette
sur les terrasses et que le gouvernement ne veut pas
en parler pendant l'élection dans Chauveau ou dans Jean-Talon?
Est-ce que le problème est au caucus libéral, parce qu'ils ont peur d'affronter cet article-là? Est-ce qu'ils ne sont pas capables de défendre leur loi pendant des partielles?
Est-ce que c'est ça? Ça pose beaucoup de questions.
Il faudra que le gouvernement bouge à un moment donné pour qu'on arrête
de se questionner là-dessus.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Bon, alors, M. le leader adjoint du
gouvernement, avez-vous quelque chose à ajouter?
Sklavounos :
Pas vraiment.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Non, pas vraiment.
Alors,
nous allons maintenant passer à la rubrique... toujours à la rubrique
des renseignements sur les travaux, il n'y a pas rien à ajouter.
Alors,
la période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant
passer aux affaires du jour, et je vais céder la parole à M. le leader
adjoint du gouvernement.
Sklavounos : Oui. Mme la Présidente, je vous demande d'appeler l'article 14 de notre feuilleton, s'il vous plaît.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci. Alors, à l'article 14 du feuilleton, Mme la ministre de la Justice propose l'adoption
du projet de loi n° 33, Loi modifiant la
Loi sur les tribunaux judiciaires.
Et je vous cède la parole, Mme la ministre.
Vallée : Merci, Mme la Présidente. Alors, la Commission des institutions a complété
son mandat relatif à l'étude
détaillée du projet de loi n° 33, c'est-à-dire la Loi
modifiant la
Loi sur les tribunaux judiciaires, et nous sommes rendus
aujourd'hui à l'étape de l'adoption finale de ce projet de loi.
la Présidente, le projet de loi n° 33 a pour objet de modifier la
Loi sur
les tribunaux judiciaires afin de hausser de 7 % à 8 % le taux de cotisation des juges auxquels le
régime de retraite est prévu à la
partie V.1 de la
Loi sur les tribunaux
judiciaires.
Il propose également
de modifier, par pure concordance, le Régime de prestations supplémentaires des
juges auxquels s'applique le régime de
retraite prévu à la
partie V.1 de la
Loi sur les tribunaux judiciaires,
qui réfère à ce même taux de cotisation.
Enfin, le projet de
loi n° 33 prévoit l'entrée en vigueur de ces modifications à la date de la
sanction de la loi.
Telles
sont donc, Mme la Présidente, les modifications apportées par le projet de loi
n° 33. J'aimerais toutefois revenir sur les commentaires qu'a faits
la députée de Montarville lors de la prise en considération du rapport de la commission, quant à sa proposition d'amendement.
Je croyais que les explications que nous avions fournies en commission parlementaire étaient claires, mais il semble
qu'on ait encore besoin de préciser certaines informations qui ont pourtant
été comprises par les autres parlementaires.
Le projet de loi
n° 33 vise à compléter la mise en oeuvre d'une résolution qu'a prise
l'Assemblée nationale le 18 février 2014
afin de donner suite aux recommandations du comité Clair. Comme le comité Clair
n'a pas été saisi d'une augmentation
de ce taux de cotisation de 1 % pour les juges ayant plus de
21,7 années de service, il n'en a pas disposé, de sorte que la résolution de l'Assemblée
nationale — pour
laquelle, d'ailleurs, a voté notre collègue de Montarville — n'en parle pas.
on veut apporter une modification à ce taux qui est fixé par la loi, il faut en
saisir le comité, conformément à l'article 249.26,
puisqu'il s'agirait, en l'espèce, d'apporter une modification au régime de
retraite des juges qui sont visés. Ils
ne sont que deux, mais ils sont visés quand même. Cette disposition donne
notamment, suite à la décision de 1997, de conférer à un organisme indépendant le soin de disposer de la
rémunération des juges, et il est plus que normal que nous respections le processus que nous avons nous-mêmes
mis en place. Il est donc interdit de négocier directement avec les juges, d'où la nécessité de passer par
l'intervention d'un comité afin de bien assurer l'indépendance judiciaire dont
nos tribunaux disposent.
J'aimerais
tout de même rappeler que les travaux entourant le projet de loi se sont
déroulés dans un esprit de collégialité,
évidemment, comme l'ensemble des débats et des échanges que nous avons à la
Commission des institutions, et je
tiens encore une fois à remercier mes collègues de l'aile parlementaire de même
que les collègues de l'opposition, le
député de Lac-Saint-Jean, la députée de Montarville, pour leur collaboration
tout au long de l'étude du projet de loi. J'aimerais également souligner encore une fois la contribution du député
de Fabre, le président de la Commission des institutions, qui fait un
travail exemplaire dans la façon dont il mène les travaux.
Alors,
Mme la Présidente, ce n'est pas plus compliqué que ça. Alors, j'invite les
collègues parlementaires à voter en faveur du projet de loi n° 33.
Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup, Mme la
ministre. Je vais maintenant céder la parole à M. le député de
Lac-Saint-Jean.
M. Cloutier :
Je vous remercie, Mme la Présidente. Alors, il s'agit ici d'une loi qui est de
nature, je dirais, technique, qui donne
suite à des recommandations d'un comité indépendant sur la rémunération des
juges, un enjeu assez ciblé qui est
devant nous, qui nécessite un amendement législatif. Alors, Mme la Présidente,
considérant l'indépendance du comité,
considérant les marges de manoeuvre également des parlementaires pour mettre en
oeuvre d'autres recommandations que
celles qui ont été proposées, j'ai déjà eu la chance d'expliquer que nous
serions et que nous serons en faveur du projet de loi. Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup, M. le député de
Lac-Saint-Jean. Et je vais maintenant céder la parole à Mme la députée de
Montarville.
(Montarville) : Merci beaucoup, Mme la Présidente.
Alors, en faisant passer la cotisation des juges à leur régime de retraite de 7 % à 8 %, le projet de loi
n° 33 assure un partage plus équilibré entre la part que paient les
jugent et celle que paie l'État. Autrement
dit, l'augmentation de cette cotisation vise à alléger le poids que représente
le régime de retraite des juges de la
Cour du Québec et de certaines cours municipales dans les postes budgétaires de
l'État. Il s'agit donc d'une mesure
responsable de saine gestion des finances publiques que ma formation politique,
comme le disait la ministre, a
appuyée en février 2014, à l'occasion de l'adoption d'une motion portant
sur les recommandations qu'avait
formulées le comité d'évaluation de la rémunération des juges dans le cadre de
l'évaluation des avantages dont bénéficient les juges.
Mais
j'aimerais souligner que la ministre n'a démontré aucun intérêt à faire les
démarches nécessaires pour pouvoir introduire
dans son projet de loi l'amendement que nous lui avons proposé concernant les
juges de la Cour du Québec ayant
atteint 21,7 années de service, et ce, même si elle a avoué en reconnaître
la pertinence. Ce n'est pas une question de non-compréhension, comme le disait la ministre, mais j'aimerais
souligner à la ministre ses responsabilités, et la ministre aurait pu rappeler le Comité sur la rémunération
des juges si elle avait voulu faire cette modification, c'est de ses
responsabilités.
Cela
dit, je tiens à souligner la célérité avec laquelle nous avons traité de ce
dossier, ainsi que de la collégialité habituelle
avec laquelle nous menons nos travaux à la Commission des institutions. Alors,
nous voterons en faveur du projet de loi n° 33. Merci, Mme la
Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, Mme la députée. Y
a-t-il d'autres interventions? Alors, il n'y en a pas.
Le projet de loi
n° 33, Loi modifiant la
Loi sur les tribunaux judiciaires, est-il adopté?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Adopté. Alors, maintenant, je vais
céder la parole à M. le leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos : Oui, Mme la Présidente. Je vous demanderais de
suspendre jusqu'à 15 heures pour la tenue du débat sur la motion du
mercredi.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, est-ce que cette motion est adoptée?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, je suspends les travaux jusqu'à
15 heures.
(Suspension de la séance à 11 h 30)
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Alors, bon après-midi, chers collègues. Veuillez vous asseoir.
Nous en
sommes aux affaires inscrites par les députés
de l'opposition, et, à l'article 45 du feuilleton, aux affaires inscrites par les députés de l'opposition,
M. le député de Chambly présente la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement de s'assurer que les hausses de
taxes scolaires pour l'année 2015-2016 soient limitées à l'inflation.»
Je vous
informe que la répartition du temps
de parole pour le débat restreint sur
cette motion s'effectuera comme suit : 10 minutes sont
réservées à l'auteur de la motion pour sa réplique, environ 52 minutes
sont allouées au groupe parlementaire formant le gouvernement, environ
30 minutes sont allouées au groupe parlementaire formant l'opposition officielle, environ
21 minutes sont allouées au deuxième
groupe d'opposition, et six minutes
sont réservées aux députés indépendants. Dans ce cadre, le temps non utilisé
par les députés indépendants ou par l'un des groupes parlementaires sera redistribué entre les groupes parlementaires
selon les proportions établies précédemment. Enfin, les interventions ne
seront soumises à aucune limite de temps.
Alors, M. le
député de Chambly, vous avez l'honneur de déposer cette motion, je vous cède la
parole pour votre intervention. À vous la parole.
M. Roberge : Merci, M. le Président.
On demande aujourd'hui à ce que le gouvernement s'engage à ne pas augmenter les
taxes scolaires au-delà de l'inflation. Pourquoi demander à ce que les tarifs
n'excèdent pas l'inflation? Pourquoi
demander l'indexation et rien de plus? Bien, parce que, dans le fond, on veut
maintenir le niveau de financement de
nos écoles. À la Coalition avenir Québec, on veut que les services aux élèves
soient bien financés. Et évidemment il y a l'inflation, les coûts de système augmentent. On veut aussi, évidemment,
limiter la hausse des taxes scolaires à l'indexation, à l'inflation, parce qu'il faut préserver le
pouvoir d'achat des contribuables, des citoyens. Parce que les contribuables ne
sont pas que des contribuables, les
Québécois sont, d'abord et avant tout, des citoyens : des pères, des
mères, des étudiants qui font autre
chose que payer des taxes. On a l'impression, des fois, à voir aller le
gouvernement, que chaque citoyen est
vu comme une espèce de guichet automatique. Ce n'est pas vrai. Ce n'est pas
vrai, ce n'est pas des portefeuilles avec deux petites pattes qu'on peut aller chercher toujours un petit peu plus
d'argent à chaque année. Donc, voilà pourquoi on accepte l'indexation. On n'exige pas un gel, mais il faut que ça se
limite à l'indexation. Il faut, à un moment donné, dire : C'est
assez!
Évidemment, on pourrait même souhaiter à ce que
les taxes scolaires soient carrément éliminées. Ce serait la meilleure des options. En fait, elle se retrouve
évidemment dans notre programme électoral, la meilleure des options, on
n'est pas surpris. Mais on sait très bien que le gouvernement n'a pas cette
ambition-là. Puis ils n'ont pas non plus les compétences
économiques pour arriver là, parce que, pour éliminer les taxes scolaires,
bien, il faudrait stimuler l'économie de
telle façon à ce que plus de gens aient des emplois non pas à temps partiel,
mais à temps plein, plus de gens aient des emplois à temps plein, payants, de telle manière que, sans hausser les
impôts, du simple fait de l'enrichissement collectif, les taxes et les impôts augmentent d'eux-mêmes,
sans hausser les tarifs, et que le gouvernement se finance d'une autre façon.
Parce que le
système de taxation dans les commissions scolaires, c'est du grand n'importe quoi en ce moment. Ça varie d'un quartier à l'autre, d'une commission scolaire à
l'autre, et des tentatives de réforme et d'équité de taxes scolaires, c'est un peu futile. La meilleure
tentative d'amélioration du système de taxe scolaire, c'est l'élimination de la
taxe scolaire. Mais, comme je vous dis, on
n'a pas des attentes, à ce niveau-là, du gouvernement libéral en ce moment.
On les voit aller, on est bien obligés de
baisser nos attentes et de dire que les hausses de taxe scolaire, ça va se
limiter à l'inflation. Mais même ça, malheureusement, ça semble trop,
puisque, on l'a vu ce matin, le premier ministre semble incapable de s'engager à limiter les hausses de taxe à l'inflation. Même
s'il l'avait déjà promis, il avait déjà bafoué cette parole-là. Il a repromis cet automne, et ce matin
il n'a pas été capable de le répéter. Peut-être cet après-midi sera-t-il
capable de s'engager à le faire.
Semble-t-il
que c'est à géométrie variable, il faut... on garde espoir. On garde espoir
parce qu'en quelque
part le respect
de la parole donnée, ça devrait valoir quelque chose. De notre côté, à la
Coalition avenir Québec, au deuxième groupe
d'opposition, il me semble que c'est extrêmement important. Qu'est-ce qu'on a à
vendre, qu'est-ce qu'on a à mettre de
l'avant, comme politiciens, comme députés, sinon que notre compétence et notre
intégrité? Alors, il me semble que, du
côté du gouvernement aussi, l'intégrité devrait faire
partie de quelque chose à
défendre. Or, cette parole qui a déjà été donnée, semble-t-il qu'elle
sera retirée. C'est ce qu'on va voir tout à l'heure avec le vote.
Ce matin, le
premier ministre a blâmé le précédent gouvernement, le gouvernement péquiste,
pour l'augmentation des taxes
scolaires que son gouvernement a faite. Il fallait le faire quand même. Il a
dit : Ah! C'est vous, a-t-il dit en pointant les gens du Parti québécois. Il a dit : C'est
vous qui avez éliminé la péréquation. Parce qu'il y avait un système de péréquation
pour combler les régions qui ont moins de revenus de taxe scolaire, un système
de péréquation d'une commission
scolaire à l'autre. Le Parti québécois a décidé de mettre fin à cela, ça a créé
un sous-financement dans certaines régions.
Solution du Parti québécois, évidemment : pigeons dans les poches des
contribuables avec des hausses incroyables, tellement qu'à l'époque la première ministre s'était engagée à
rembourser, ce qu'elle n'a évidemment pas fait. Mais ça, ça appartient
au passé. Ça, c'est leur problème, c'est leur bilan, au Parti québécois.
ne justifie en rien les décisions du gouvernement libéral actuel. Ce que le
Parti québécois a fait en 2012-2013, ce
n'était pas formidable, mais ça ne justifie en rien ce que le gouvernement
libéral a fait l'an dernier et cette année. Il n'y a aucune obligation de continuer sur la mauvaise voie. J'ose espérer
que, quand le premier ministre se trompe de chemin avec sa voiture, à un moment donné il s'en rend
compte, il peut changer de côté. Il n'est pas obligé de dire : Ah bon!
Bien, on est sur la mauvaise voie.
Quand on manquera d'essence, on arrêtera. Parce que, là, c'est ça qu'il semble
dire : On a été engagés sur la
mauvaise voie par le gouvernement précédent, alors, bien, continuons. C'est
comme une espèce de propension à se
poser en victime, alors qu'il me semble, au gouvernement, on devrait prendre
des décisions, un, et les assumer, deux.
Donc,
de blâmer ça sur l'abolition de la péréquation par le gouvernement précédent,
ça ne se tient pas. Il faut dire, par
contre, qu'une bonne
partie des hausses de taxe scolaire ont découlé de cette
décision d'abolir la péréquation, cette décision-là qui a été prise deux fois,
une fois par le précédent gouvernement péquiste, puis une fois, oui, oui, elle
a été prise par l'actuel gouvernement libéral.
ça a eu des impacts sur plusieurs commissions scolaires, et je vais les nommer
pour le bénéfice des gens qui nous écoutent, les gens qui, eux, ont eu
et vraisemblablement auront encore des hausses de taxe bien, bien au-delà de
l'inflation. Donc, la commission scolaire des Affluents, la commission scolaire
au Coeur-des-Vallées, la commission scolaire
Eastern Townships, commission scolaire des Grandes‑Seigneuries, commission
scolaire des Hautes-Rivières, commission
scolaire de Laval, commission scolaire Marie-Victorin, commission scolaire des
Patriotes, qui dessert les gens de
mon comté à Chambly, commission scolaire Pierre-Neveu, commission scolaire des
Portages-de-l'Outaouais, commission
scolaire de Portneuf — on le voit, le problème est répandu — commission scolaire de la
Région-de-Sherbrooke, commission
scolaire Riverside — donc, on
voit que ça touche autant le réseau anglophone que francophone — commission scolaire de la Rivière-du-Nord, commission scolaire des Samares,
commission scolaire de la Seigneurie-des-Mille-Îles, commission scolaire des Sommets, commission
scolaire du Val-des-Cerfs, commission scolaire des Navigateurs — et je continue — commission
scolaire des Premières-Seigneuries, commission scolaire de la Capitale — dans
la région de Québec, ici — commission
scolaire de Charlevoix, commission scolaire des Draveurs, commission scolaire
du Fer, commission scolaire des Trois-Lacs
et finalement commission scolaire Western Québec bénéficiaient de ce programme
de péréquation qui a été éliminé sous le
précédent gouvernement et dont l'élimination s'est poursuivie par une nouvelle
décision. Ce n'était pas dû au précédent
gouvernement, c'est une nouvelle décision, puis on a dit : Oui, continuons
là-dedans et blâmons le gouvernement
précédent pour notre décision. Malheureusement, malheureusement, ça ne tient
pas la route, on ne peut pas blâmer
les autres pour des décisions que l'on prend. C'est la base, il me semble,
qu'on devrait enseigner, qu'on
devrait assumer.
cette abolition de la péréquation, oui, elle est responsable d'une part des
hausses de taxe scolaire, mais pas de toute
la hausse du fardeau fiscal, là, des taxes scolaires que les citoyens doivent
absorber en ce moment. Le gouvernement libéral
semble dire : Ah! bien, ce n'est pas de notre faute, c'est à cause de la
péréquation. Mais ça, c'est de faire le choix de l'impuissance. Ce n'est juste
pas vrai. C'est juste... Malheureusement, bien, ce n'est pas vrai.
L'impuissance, ce n'est pas un mode de vie ou un mode de gouvernance. Ce
n'est pas juste la faute du Parti québécois, non.
Ce n'est pas juste la
faute non plus de la hausse de la valeur foncière. Ça, c'est un autre mythe à
déboulonner extrêmement important. Je
m'attends à ce qu'on nous dise ça tantôt, je vous le dis, là. Ça ne tient pas
la route, ça ne tient pas la route. Dans les municipalités, quand
soudainement la valeur des maisons augmente, parce qu'il y a une bulle immobilière, parce que les gens s'enrichissent,
parce que tout à coup on installe une gare dans un quartier donné, et, oups!
évidemment les maisons autour prennent de la
valeur, bien, les administrateurs des municipalités responsables ajustent
le taux de taxe à la baisse de façon à ce
que les citoyens, qui, dans le fond, ne s'enrichissent pas d'autant... Ce n'est
pas parce que la valeur prend tout à
coup 15 %, ce n'est pas parce que la valeur de la propriété prend
15 % d'un coup que les gens sont
15 % plus riches, leurs salaires n'augmentent pas de 15 %. Bien, dans
les municipalités, on rajuste les taux de
taxe pour que ça ne paraisse pas sur le taux de taxe des citoyens, normalement.
Et je le sais, j'en ai parlé avec un député de la Coalition avenir Québec qui était président de l'UMQ, l'Union des
municipalités du Québec, qui m'a bien expliqué que, non, dans les municipalités, là, on ne se cache pas derrière la
hausse de la valeur foncière. Alors, quand, au gouvernement, on me dit ça, bien, ça ne tient juste pas la route. On
veut se cacher derrière un argument, mais on sait que l'argument est
faux et on l'utilise quand même. C'est un processus douteux au point de vue
éthique.
Quand
on dit que ça s'est passé sur deux ans, cette hausse de taxe scolaire, bien, ça
veut dire un an le gouvernement actuel,
un an le gouvernement précédent. Et là on parle d'une hausse de 20 % en
deux ans, en fait 19,89 %, là, si je veux être très précis, mais,
rendu là, on a le droit d'arrondir à 20 %. Ça, ça veut dire que, sur deux
ans, c'est une hausse d'environ 180 $
en moyenne. Évidemment, on fait une moyenne, là, ce n'est pas ça pour tout le
monde, mais c'est une moyenne, c'est
une hausse d'environ 180 $ par maison. C'est de l'argent, ça, 180 $
nets d'impôt par maison. Pas 180 $ de taxe, là, 180 $ de hausse de taxe. Quand je vous disais tout à
l'heure «aller piger dans les poches des contribuables», on pige
profond pour aller chercher 180 $ une fois que les taxes sont payées, une
fois que, hein, l'hypothèque est payée, l'essence — parce que, là, là-dessus aussi le
gouvernement s'est servi, du côté de l'essence — quand on a payé les frais de garde — woups! ça aussi, ça a augmenté. 180 $
de plus sur deux ans, gracieuseté de nos deux partis ancestraux. Ça fait
partie du 1 400 $ de hausse de taxe de la dernière année.
Très
concrètement, je vous ai parlé d'une moyenne de 180 $, mais on peut y
aller avec des chiffres plus précis. Vous
allez voir, il y en a qui sont en bas, il y en a qui sont en haut. C'est comme
loto taxe scolaire : il y en a qui gagnent — très
rare — il
y en a qui perdent, il y en a qui perdent vraiment beaucoup.
Commission scolaire Fleuve-et-des-Lacs dans le
Bas-Saint-Laurent, eux, sur deux ans, leur... en moyenne, mais, dans
cette commission scolaire là, on est allé chercher 89 $ de plus;
commission scolaire de Jonquière, au Saguenay, 142 $ — woups!
ils ont pigé le mauvais billet — commission scolaire du Lac-Saint-Jean,
145 $; commission scolaire au
Pays-des-Bleuets, 121 $. En Estrie, commission scolaire des Sommets, on
est un peu plus chanceux, seulement 54 $ de hausse — mais,
quand même, hein, chanceux dans leur malchance. Commission scolaire des
Affluents dans Lanaudière, eux, ils ont subi une hausse, une
augmentation de la taxe scolaire de 234 $. 234 $ de plus.
pourcentage, je vais vous donner des exemples encore. Parce qu'on dit qu'il y a
des hausses moyennes, mais, si on y
va dans le détail, là — il y a des citoyens qui nous écoutent — depuis les deux dernières années, qu'est-ce
qu'ils ont eu à subir? Puis,
l'avenir, on ne le sait pas. On sait que ça risque d'être plus que l'inflation,
parce que le premier ministre est
incapable de s'engager à limiter ça à l'inflation. Mais, dites-vous une chose,
les hausses vont se faire sur des hausses. C'est une hausse sur une
hausse, donc le pourcentage, ça se multiplie à chaque fois, là.
Donc,
à la commission scolaire de Portneuf, dans la région de Québec, en deux ans,
57,28 %. 57,28 % de hausse en
deux ans, c'est astronomique. Commission scolaire... En Outaouais — on va y aller dans différentes régions — commission scolaire Coeur-des-Valets, eux... Coeur-des-Vallées, pardon, eux, ils
ont eu une augmentation de 32,8 %. Commission scolaire des Draveurs, eux aussi, 57 %, en
deux ans, de hausse. Je ne pense pas qu'il y ait beaucoup de gens qui aient eu
une augmentation de salaire de 57 %. Et
ça continue, ça continue. Mais, ah! en Côte-Nord, Côte-Nord, je ne sais pas si
c'est les effets du Plan Nord libéral, mais,
eux, 60,4 % d'augmentation en deux ans. Imaginez, une augmentation de
60,4 %, on est vraiment, vraiment loin de l'inflation.
Pourquoi
ces hausses? Peut-être qu'on pourrait se dire : Bien, si on est chanceux,
c'est parce que, dans nos écoles, les
besoins sont criants. Dans nos écoles primaires et secondaires, on a besoin des
services, on a besoin d'argent. Le taux de décrochage est immense. On a à peu près un jeune sur quatre, en ce
moment, qui ne finit pas le secondaire V dans les temps prescrits. Bon, évidemment, on peut ramener
ça à 18 ans, à 24 ans, on peut mettre ça très, très loin pour faire
monter les statistiques, là, mais,
dans les temps prescrits, il y a à peu près un jeune sur quatre qui ne réussit
pas. Donc, on pourrait espérer
qu'avec ces hausses de taxe scolaire là, bien, on va lutter contre le
décrochage, on pourrait espérer. D'autant plus que le nombre d'EHDAA, donc les élèves handicapés ou en difficulté
d'adaptation ou d'apprentissage, a augmenté, de 2002 à 2013 de
37 %. C'est une grande hausse, là, dans chaque classe, une augmentation de
37 % d'enfants qui sont handicapés ou en difficulté d'apprentissage.
Donc,
on pourrait se dire : Bien, s'il y a des hausses de taxe, ça va être pour
lutter contre le décrochage, ça va être pour aider les enfants qui sont
en difficulté. Il faut plus de professionnels. En plus, bien, on utilise
davantage d'outils technologiques
aujourd'hui, en 2015, qu'en 2002. Donc, on pourrait penser que cet argent-là va
servir pour acheter des nouveaux
outils technologiques, mais non. Mais non, ce n'est pas pour ça. On paie plus,
on devrait obtenir plus, mais non. Comme
je l'ai déjà dit à quelques reprises, c'est comme si le slogan de ce parti
gouvernemental, au Parti libéral, en ce moment, c'est : Payez
plus, obtenez moins.
me demande, là... Ici, il y a 125 députés. Je me demande bien si les
députés du Parti québécois et les députés du Parti libéral vont voter
tout à l'heure en faveur de ces hausses de taxe au-delà de l'inflation. Est-ce
qu'ils vont voter pour dire : Oui, moi,
là, en tant que représentant du peuple, je vais aller au-delà de l'inflation,
je vais appauvrir les concitoyens qui
m'ont élu, je vais aller piger un peu plus creux puis je vais appauvrir les
familles? J'ai hâte de voir si les députés,
tout à l'heure, vont se lever en faveur de ça. Parce qu'une chose est
sûre : il n'y aura pas plus de services dans nos écoles avec cette
hausse de taxe au-delà de l'inflation.
commissions scolaires haussent leurs taxes, en ce moment, de leur côté, eux,
pour deux raisons, d'abord parce que
le gouvernement s'est désengagé, les commissions scolaires reçoivent moins
d'argent... si on tient compte des coûts de système... Évidemment, on peut nous
dire qu'en chiffres absolus ce
chiffre augmente un petit peu, mais,
si on regarde l'augmentation du
nombre d'élèves, l'augmentation des coûts de système, les commissions
scolaires, depuis quelques années, reçoivent moins d'argent du palier
provincial, donc elles se retournent vers le bas, c'est-à-dire vers vous, les
contribuables, pour aller chercher cet argent-là. Voici une des deux
explications.
L'autre
explication, bien, c'est parce que la lourde bureaucratie, elle est maintenue.
On n'est pas allé faire des économies
quelque part dans les structures, on n'a pas éliminé les élections scolaires.
Pourtant, l'occasion était belle, là, l'occasion était belle l'automne
dernier, c'était le temps.
D'ailleurs, depuis
notre élection le 7 avril 2014, je me suis levé plusieurs fois ici,
dans cette Chambre, pour interpeller le
gouvernement, dire : Vous avez l'occasion de ne pas faire d'élections
scolaires, vous avez l'occasion d'arrêter cette saignée, cette saignée
de dépenses de fonds publics pour des commissaires scolaires alors que plus de
90 % des Québécois n'en veulent plus. Et, on l'a vu cet automne, 95 %
des Québécois, sachant qu'il y avait des élections scolaires — parce
que ça a été très publicisé — ils ont choisi de ne pas y aller. Ça a été
un choix, ça. Il y a des élections, je choisis
de ne pas y aller. Eh bien, malheureusement, le gouvernement libéral a choisi
de prendre 20 millions de l'argent des gens et de mettre ça en élections scolaires. Bien, ce
20 millions là, là, il fallait le prendre quelque part, et ça s'adonne
que les commissions scolaires, pour se
financer, pour aller chercher de l'argent, bien, ils se sont retournés vers les
contribuables. Puis il y a
probablement une
partie de la hausse de taxe qui va venir de ça, pour financer cette décision du gouvernement
libéral.
ce n'est pas fini, parce qu'une fois
qu'ils sont élus, bien, il faut les payer, les commissaires. Ils ont des
comptes de dépenses, ils ont des
jetons de participation. Ils ne sont pas toujours présents à toutes les
réunions, mais on doit quand même
payer. Et donc ça continue, ce n'est pas fini, là, on en a encore, de l'argent
dans le trou. Donc, il y a une autre
partie des hausses des taxes
scolaires à cause de ça.
Mais dans aucun des
cas le gouvernement en place ne peut se cacher pour blâmer les autres. S'il
blâme les commissions scolaires, je
regrette, c'est le gouvernement qui a coupé les fonds aux commissions
scolaires. S'il blâme le Parti québécois, je regrette, c'est le gouvernement actuel qui a
décidé de continuer les décisions prises par le gouvernement précédent et qui a décidé d'éliminer, lui aussi,
cette péréquation. Il n'était pas obligé de faire ça, il n'était pas obligé de
faire ça. Quand on est au gouvernement, on n'a... Quand le gouvernement est là,
il n'a pas à se poser en victime des décisions
prises par les autres. Mais c'est pratique de maintenir, justement, ce
palier-là, parce que ça permet au ministre de dire : Ah! bien, ce
n'est pas de ma faute, c'est les commissions scolaires, laissons-les aller,
respectons ces acteurs formidables que sont les commissions scolaires. Mais,
dans le fond, c'est une sorte de faux-fuyant.
Donc,
je reviens. Et malheureusement, là, j'ai comme l'impression que les
contribuables vont se faire dire : Payez plus, obtenez moins et avalez nos couleuvres, avalez nos couleuvres
parce que les promesses de la campagne électorale ont été bafouées, les promesses de l'automne
dernier ont été bafouées, et probablement que les promesses qui sont faites en
ce moment dans le cadre d'une campagne
électorale pour les partielles seront bafouées à compter du 8 juin. C'est
la simple continuité de ce qu'on voit depuis des années.
C'est
pour cette raison-là, je pense, que le gouvernement a l'occasion belle de nous surprendre
et de s'engager, après-midi, pour une fois, à faire preuve de leadership
et à limiter les hausses de taxe scolaire...
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, merci à vous, M.
le député de Chambly, pour cette intervention. M. le ministre de
l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, je vous cède la parole pour votre
intervention.
Blais : Alors, merci beaucoup, M. le Président. J'ai écouté, là, mon
collègue avec attention, là. Alors, on ne sera pas surpris, là, que je sois, hein... qu'on soit toujours dans la
même situation d'une idée simple, peut-être trop simple, hein? Et ce que je veux essayer de montrer, là,
c'est que la proposition de la CAQ les place encore une fois, ce n'est pas
nouveau, les place encore une fois devant un
dilemme dont on voudra bien qu'ils nous expliquent quelle est la sortie
possible.
Donc, peut-être deux
petites corrections, avant de commencer mon exposé, par rapport à ce que j'ai
entendu tout à l'heure. Donc, quand la CAQ nous
dit : C'est simple, on va, nous, si jamais on prend le pouvoir, éliminer
les taxes scolaires, et ça va se
faire simplement par une augmentation, là, de la croissance économique, au Canada, dans toutes les provinces, hein, même les plus riches, il existe une taxe scolaire, même
en Ontario. Et, en passant, en Ontario,
la valeur de la taxe scolaire
correspond à 30 %, hein, des
coûts, là, du système primaire et secondaire, alors qu'au Québec c'est
20 %. Donc, une société, en
général, qu'on reconnaît comme étant plus riche, hein, avec un PIB plus
important que le Québec, ça n'a pas empêché l'Ontario de maintenir et même de
renforcer, si je peux dire, le rôle de la taxe scolaire. Donc, ça nous
place devant un premier paradoxe.
ne veut pas dire qu'il ne faut pas améliorer la taxe scolaire. D'ailleurs,
l'Ontario, là-dessus, peut peut-être nous donner quelques enseignements. Mais, de là à l'éliminer simplement en
pensant que la croissance va régler le problème, c'est beaucoup plus complexe que ça. À vrai dire, le seul endroit, si
mes informations sont bonnes, où la taxe scolaire a été abolie au Canada, c'est à Terre-Neuve. Alors,
il faudrait voir si vraiment c'est un enjeu de richesse économique qui nous
permet de faire ce type de choix là. Donc, c'est un outil, le collègue a
raison, complexe, peu malléable, il a aussi raison là-dessus. C'est pour
ça qu'il faut voir à des modifications.
L'autre, peut-être,
correctif que je voudrais faire, là, amicalement, c'est sur la question de la
péréquation. La péréquation a été amenée
dans le décor, si je me souviens bien, autour des années 2006, 2007. Quel était
l'enjeu? Poussée de la valeur
foncière. Et bien sûr le problème d'une taxe foncière, c'est que la valeur de
votre maison augmente, mais vous n'avez
pas nécessairement plus d'argent dans vos poches aujourd'hui. Vous en aurez
lors d'une vente, et cette vente-là peut
prendre du temps, bien sûr, avant d'arriver. Donc, dans ces circonstances-là,
le gouvernement avait cru bon d'avoir un
système de péréquation. Qu'est-ce que c'est qu'une péréquation au niveau
fiscal? Si on dit : Bien, certains citoyens, certains propriétaires fonciers, on va vous donner
un congé fiscal, on ne va pas augmenter tout de suite votre taxe scolaire,
ça signifie que d'autres, la péréquation,
d'autres concitoyens, hein, vont suppléer à ce congé fiscal. Le Parti québécois
avait décidé de mettre fin à ce congé
fiscal, et ça a été important, parce que ça va nous permettre de comprendre,
tout à l'heure, l'enjeu d'équité et le dilemme dans lequel la CAQ,
disons, est en train de se placer, là, à mon avis.
vous voulez bien, je vais commencer par un bref retour historique. Ce n'est pas
un retour historique qui est inutile. Vous
allez voir, ça nous permet vraiment de bien saisir, là, à la fois la
complexité, hein, du problème, les solutions qui sont possibles et
comment tout a commencé.
Donc,
les commissions scolaires ont été créées 1843-1845, et ça a été créé à partir
d'une volonté, qui était très importante
à l'époque, de financer l'éducation primaire au Bas-Canada. Il fallait trouver
une façon de la financer. Je vous rappelle
que les premières taxes... l'impôt sur le revenu date de 1917. Donc, hein, les
taxes scolaires sont beaucoup plus anciennes
que l'impôt sur le revenu, 1846 ou 1847, je pense, pour les premières taxes
scolaires. Et, à l'époque, donc, on voulait
financer l'éducation primaire, et on voulait surtout l'étendre partout sur les
territoires, et, pour ça, on avait besoin d'un outil fiscal. Ça va
provoquer des rébellions et des réactions aussi très négatives. Les gens ne
voulaient pas payer nécessairement pour l'éducation, mais ça va finir par
s'installer progressivement.
À l'époque,
c'est impossible, et là c'est là qu'il y a une grande différence avec la nôtre,
d'imaginer autre chose qu'une taxe foncière, tout simplement parce qu'on
n'a pas les données, les informations pour avoir une taxe sur la consommation ou une taxe sur le revenu comme
aujourd'hui. Et bien sûr il y a beaucoup moins de volatilité au niveau de la valeur foncière. Probablement qu'aujourd'hui...
Essayons de nous imaginer, là, ce que c'est que l'habitation moyenne pour les colons de l'époque. Disons que c'est
probablement assez simple comme situation, donc, et probablement que le taux de taxe était un taux forfaitaire par
habitation, il faudrait vérifier les recherches là-dessus. Mais c'était la taxe
qui semblait,
c'est important de le souligner, la plus facile à administrer pour les
gouvernements de l'époque. Je rappelle qu'à ce moment-là l'État
québécois finance très, très peu l'éducation.
La taxe va évoluer avec le temps. Au début, elle
va permettre d'assumer l'essentiel des coûts du système de l'éducation primaire au Bas-Canada. Avec le temps,
cependant, on va la jouxter à d'autres formes de financement. On ne le sait pas, mais, pendant plusieurs années, les
commissions scolaires aussi avaient une forme de taxe sur la consommation, en tout cas pas une taxe universelle
comme ce qu'on connaît aujourd'hui, mais une taxe sur la consommation de certains biens, et ça leur permettait aussi de
financer les coûts de l'éducation. D'ailleurs, ça a été le cas jusque dans
les années 1960, 1965, si je me souviens bien.
Mais, avec le
temps, on se comprend bien, la portion, hein, qui vient de la commission
scolaire, donc qui vient de la taxe foncière, va diminuer relativement
avec la portion qui vient du gouvernement. C'est lors de la création du ministère de l'Éducation en 1964... c'est à cette
époque-là qu'il va y avoir un bond très important et où la contribution
du gouvernement du Québec va devenir beaucoup plus importante que la
contribution qui vient de la taxe scolaire. D'ailleurs — si vous ne le savez pas, je vous en
informe — aujourd'hui,
à peu près 20 % des revenus des commissions scolaires viennent de
la taxe foncière et le reste vient du financement, là, du ministère de
l'Éducation.
Donc, en
1964, le ministère de l'Éducation va... la création du ministère va conduire à
une participation financière plus importante et une diminution du poids
relatif de la taxe scolaire.
Quelle a été
la conséquence politique majeure? Et ça revient à un sujet qui intéresse mon
collègue. La conséquence politique
majeure de la création de cette taxe est la volonté d'avoir un système
d'éducation au Québec sur tout le territoire, ça a été la création d'un palier
de gouvernement que sont les commissions scolaires. C'est un palier de
gouvernement — contrairement
à ce que dit mon collègue — tout à fait honorable qui existe dans la
plusieurs des pays anglo-saxons encore aujourd'hui. On en retrouve dans plusieurs pays. Donc, un
palier intermédiaire sous prétexte, hein, de cette formule qui est bien connue,
là, des révolutionnaires américains : «No
taxation without representation», hein? Donc, si on donnait ce pouvoir, qui est
un pouvoir nouveau, à une entité comme les commissions scolaires de taxer, il
fallait que les membres ou ceux qui faisaient
partie de ces commissions scolaires aient un devoir de représentation, donc
qu'ils soient élus par leurs communautés,
donc c'est le début des élections scolaires. Pendant longtemps, ça sera des
élections censitaires. C'est venu plus tardivement, si je me souviens
bien, dans les années 70, des élections universelles.
Donc, «No taxation without representation»,
c'était le principe clé. Jusqu'à tout récemment, je dirais même, jusqu'à tout, tout, tout récemment, ça a été le
principal argument, le principal motif pour le maintien des élections scolaires
au Québec, et partout au Canada, et aussi ailleurs dans le monde où ce système
existe.
Quelles ont
été les difficultés rencontrées par la taxe scolaire? Il y a deux problèmes
fondamentaux. C'est tout d'abord la recherche d'équité. Faisons un test
mental. Si nous définissons l'équité comme «à chacun sa capacité de contribuer» — une conception, hein, assez courante, de
l'équité, notamment quand on pense à l'impôt sur le revenu — c'est très difficile d'associer directement la valeur d'une propriété à une
valeur nette disponible. Et cela est d'autant plus vrai lors de
fluctuations subites de la valeur foncière. Je m'explique : vous pouvez
très bien avoir, hein... pensons à une personne
un peu plus âgée qui a des revenus plus stables, la valeur de sa maison
augmente, lors de la vente il aura un profit intéressant, cependant ses
revenus disponibles ne sont pas nécessairement là. «À chacun sa capacité de
contribuer», qu'est-ce que ça signifie?
Est-ce qu'on doit prendre en compte la valeur de son actif immobilier ou
simplement ses actifs qui sont en banque, hein? Donc, le mécanisme
n'était pas suffisamment souple du point de vue de ce principe.
Autre enjeu d'équité par rapport à la taxe
scolaire, et ça, c'est un enjeu assez important — ça avait déjà été, d'ailleurs, discuté à l'intérieur du rapport
Parent, si je me souviens bien — reformulons un autre principe :
l'équité, c'est «à chaque enfant les mêmes chances». Et là, on sait
bien, c'est difficile d'égaliser les ressources alors que la valeur foncière
est si dif