Public Administration — 18 May 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CAP 2016-05-18
Quebec — Committees
Alors, M. le secrétaire, vous nous annoncez les
remplacements et la présence des membres temporaires?
Secrétaire : Oui. M. Turcotte (Saint-Jean) est remplacé
par Mme Ouellet (Vachon) et M. Charette (Deux-Montagnes) est
remplacé par M. Surprenant (Groulx).
Présidente (Mme Poirier) :
Alors, nous débuterons la présentation par la Vérificatrice générale du Québec,
puis nous entendrons l'exposé du ministère
des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification des transports.
Le reste de la séance sera consacré aux
échanges avec les membres de la commission. Le temps sera partagé entre le
groupe parlementaire formant le gouvernement et les députés de
l'opposition.
Alors,
j'invite la Vérificatrice générale à nous faire un résumé de ses observations
portant sur le réseau routier. Mme Leclerc.
Leclerc (Guylaine) : Alors, Mme la Présidente, MM. les membres de la
commission, Mme la sous-ministre des
Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification des transports,
c'est avec intérêt que je participe à cette séance de la Commission de
l'administration publique. Tout d'abord, permettez-moi de vous présenter les
personnes qui m'accompagnent :
M. Alain Fortin, directeur principal, Mme Janique Lambert, directrice
de vérification, et M. Guy Marcotte, chargé de projet.
Le ministère
des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification des transports
est responsable de la gestion de
11 000 structures. Leur valeur, au début de 2014, était environ de
30 milliards de dollars. L'ensemble de ces structures datent en moyenne de 41 ans, et près de 66 %
de celles-ci ont été construites entre 1960 et 1980. Nous voulions nous assurer
que le ministère a mis en oeuvre un système
d'inspection efficace et efficient pour évaluer l'état et la sécurité des
structures et déterminer les travaux
requis, qu'il planifie les travaux d'entretien, de réparation, de réfection et
de remplacement sur les structures de façon efficiente, avec un souci
d'économie.
Présidente (Mme Poirier) :
Je m'excuse. Alors, je demanderais aux caméramans... Je vous remercie de votre
collaboration. Madame.
Leclerc (Guylaine) : Nous avons articulé nos travaux autour de deux
axes : la gestion du parc de structures, les activités liées à l'inspection de celles-ci ainsi qu'à la
préparation des projets routiers. Voici nos principaux constats.
Depuis la
commission Johnson, en 2007, des progrès importants ont été réalisés à l'égard
de l'information recensée sur les structures. Par contre, les données
portant sur les travaux effectués sur chacune d'elles sont encore dispersées.
De plus, le ministère n'a pas réussi à uniformiser les façons de faire dans les
directions territoriales.
Le ministère a de l'information sur chaque
projet. Cependant, il ne suit pas le taux de réalisation des projets programmés et il n'évalue pas dans quelle mesure
les échéanciers et les coûts ont été respectés. De plus, le ministère ne
détermine pas si ses stratégies
d'intervention sur les structures sont efficaces, pas plus qu'il ne définit
l'impact qu'auront les budgets consentis sur leur état.
structures du réseau municipal dont il a la responsabilité sont en moins bon
état que celles du réseau routier supérieur.
De fait, l'état des structures du réseau municipal s'est amélioré depuis 2007.
Toutefois, malgré les stratégies d'intervention
du ministère, cet état n'atteint pas celui des structures de l'autre réseau. En
2014, 51,7 % des structures municipales étaient en bon état,
comparativement à 72,6 % pour les structures du réseau routier supérieur.
Nous avons aussi noté un écart quant à la
reddition de comptes que le ministère fait pour ces deux réseaux. En effet, le bilan de l'état des structures publié
annuellement ainsi que les rapports d'inspection portent uniquement sur
les structures du réseau supérieur.
D'autre part,
les actions que le ministère a accomplies pour encadrer les activités
d'inspection ont entraîné des améliorations
substantielles. Depuis 2008, un nouveau programme d'inspection a été mis en
place. Des inspecteurs dûment certifiés procèdent à l'inspection de
toutes les structures et consignent les résultats en temps opportun.
L'implantation
de la démarche pour l'amélioration de la gestion des projets routiers n'est pas
terminée, même si cette démarche a
été lancée il y a plus de 10 ans. De plus, son application est variable
d'une direction territoriale à l'autre.
Le ministère accuse un retard important par rapport au renforcement de son expertise. Ainsi, son objectif pour 2016‑2017
est que ses ressources préparent 64 % des projets routiers. Ce taux a été
de 41 % en 2014‑2015 pour les projets de conservation des
structures.
Pour prolonger
la durée de vie des structures, il est essentiel
qu'un entretien préventif de celles-ci soit effectué et que les travaux
requis soient réalisés en temps opportun. À cet égard, le ministère n'a pas
élaboré de plan d'entretien préventif
systématique pour les structures en bon état, ses activités ont même diminué.
En 2015‑2016, 10 millions étaient prévus pour l'entretien
préventif, soit moins de 1 % du budget de 1,2 milliard affecté à la
conservation des structures.
En terminant,
j'aimerais souligner l'excellente collaboration des représentants du ministère.
Je tiens aussi à assurer les membres de la commission qu'ils peuvent
compter sur mon entière collaboration.
Présidente (Mme Poirier) :
Merci, Mme la vérificatrice. Alors, maintenant, je reconnais Mme la
sous-ministre. Je vous invite à nous
présenter les gens aussi qui vous accompagnent et à faire votre exposé. Vous
disposez de 10 minutes.
Mme Savoie
(Dominique) : Merci. Alors,
Mme la Présidente, Mmes et MM. les députés, membres de la commission, Mme la
Vérificatrice générale, je remercie la commission d'accueillir l'équipe du
ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification
des transports. Je suis accompagnée aujourd'hui de M. André Caron, sous-ministre associé, et des sous-ministres
adjointes et adjoints suivants : Mme Marie-France Bérard,
Mme Danièle Cantin, Mme Chantal
Gingras, Mme Anne-Marie Leclerc et M. André Meloche, ainsi que du
directeur du Centre de gestion de l'équipement
roulant, M. Paul-Yvan Deschênes. Après une très brève présentation, nous
serons disponibles pour répondre à vos questions.
Permettez-moi
tout d'abord de rappeler que le ministère agit comme acteur de premier plan
dans l'organisation des systèmes de
transport au Québec, et à ce
titre il est soucieux d'offrir à la population des
systèmes de transport modernes, sécuritaires et efficaces.
Il est
indéniable que l'aspect opérationnel, notamment la gestion du réseau routier,
occupe une place importante au
ministère. Cela est d'autant plus vrai que nous devons composer avec une saison
des travaux d'une durée fort limitée, où
les chantiers routiers se déroulent dans des conditions climatiques souvent
changeantes et sur un réseau de plus en plus achalandé.
La Présidente (Mme Poirier) : C'est
le moment. Merci.
Mme Savoie
(Dominique) : La gestion de
ce vaste réseau ne constitue pas pour autant notre unique mandat. Le
ministère est également chargé d'élaborer et de mettre en oeuvre diverses
politiques et plans d'action concernant, par exemple,
le transport collectif, les véhicules hors route, l'électrification des
transports. Il s'occupe aussi d'un large volet administratif, réglementaire et légal qui touche aussi bien les
transports aérien et ferroviaire que le vélo, le transport des marchandises, le transport par taxi, le bruit
routier, le Code de la sécurité routière, sans compter la gestion de plusieurs
programmes d'aide financière.
Pour remplir
ces divers mandats, nous pouvons compter sur 6 200 employés, tout au
long de l'année, qui travaillent dans
différents secteurs d'activité. On trouve notamment 875 ingénieurs,
995 techniciens des travaux publics, 1 841 ouvriers, 932 professionnels divers — on a des biologistes, des économistes, des
comptables, des arpenteurs-géomètres, des évaluateurs agréés, des
géologues, etc. — et quelque 1 252 membres du personnel de soutien.
Le ministère est une organisation qui réalise des activités variées, sur plusieurs fronts, et
à l'égard desquelles les attentes de la population sont, à juste titre, des plus élevées.
Le ministère
est résolument engagé, depuis quelques années, dans un processus de réappropriation de l'expertise. Cette démarche progresse constamment, et le ministère compte bien atteindre les cibles fixées. Ces
cibles ont été établies en fonction de chacun des domaines d'activité,
à savoir l'inspection, la préparation et la surveillance des travaux. Ce sont
des domaines qui requièrent des connaissances et des compétences de pointe, notamment
compte tenu de la spécialisation de ces champs d'expertise et de la
complexité des travaux.
stratégie déployée depuis 2012‑2013 a ainsi permis d'augmenter la réalisation des activités de surveillance en régie, celles-ci sont passées de 16 % en 2013‑2014 à 38 % en 2015‑2016. Les activités
de préparation des projets sont passées de
41 % en 2013‑2014 à 58 % en 2015‑2016. Quant aux activités
d'inspection, elles sont maintenant à
71 %, comparativement à 43 % en 2013‑2014. Donc, nos cibles d'activités en régie ont été
atteintes et même dépassées.
renforcement de l'expertise est d'autant plus essentiel que le
ministère est le plus important donneur d'ouvrage au Québec. Nous devons donc disposer des ressources
nécessaires pour gérer adéquatement nos actifs.
Nous avons mis en place un processus pour nous assurer de la conformité des
contrats et nous veillons aussi à ce que
chaque personne à l'emploi du ministère puisse jouer pleinement son rôle en
matière de protection de l'intégrité de ces contrats publics. Ainsi, depuis février 2013, ce sont plus de
5 600 personnes qui ont été formées pour détecter et prévenir
les situations de collusion, de corruption et de fraude.
Cette
formation-phare a été élaborée avec le soutien de l'UPAC et du Secrétariat du
Conseil du trésor. Elle s'ajoute, entre
autres, aux différentes formations spécialisées sur la conception, l'entretien,
l'inspection et l'évaluation des structures, à celles concernant la gestion de projet, la gestion de risques, sans
oublier les programmes de formation en gestion contractuelle et à l'éthique publique. Ainsi, non seulement le ministère
embauche de nouvelles ressources, mais il s'assure en plus du
développement continu des compétences.
Tous les
projets, quelle que soit leur importance, présentent des défis, nous avons à
coeur de contrôler les dépenses, d'obtenir
des fournisseurs des biens et des services de qualité dans les délais requis et
au juste coût. Au total, depuis 2009, les
contrats terminés ont généré une économie nette de 210 millions de
dollars. Cette somme est obtenue à partir de la différence entre les économies brutes et les dépenses supplémentaires de
ces contrats. Cela n'est possible qu'en renforçant l'intégrité des
contrats publics et qu'avec le soutien d'un personnel disposant d'un
savoir-faire stratégique au sein du ministère, et plus particulièrement encore
dans les domaines du génie.
Comme vous le
savez, la mission du ministère place la sécurité des usagers de la route et la
fiabilité du réseau au coeur des
préoccupations, et je peux vous affirmer que nous y consacrons des efforts
considérables. À cet effet, je note d'ailleurs
que les remarques contenues dans le rapport d'audit de la Vérificatrice
générale ne remettaient en cause ni la connaissance
que le ministère a de son réseau ni sa capacité d'intervention pour s'assurer
que celui-ci demeure sécuritaire. En
fait, ce rapport mettait essentiellement l'accent sur certains aspects à
améliorer. Nous avons donc accueilli les résultats de cette vérification
d'autant plus favorablement que le ministère cherche constamment à parfaire ses
pratiques.
À cette fin,
plus de 5 000 personnes sont d'ailleurs quotidiennement à pied
d'oeuvre sur le terrain dans chacune de
nos 14 directions territoriales, des employés qui vivent dans les régions
où ils travaillent et qui, de ce fait, sont eux-mêmes, ainsi que leurs familles, des usagers du réseau qu'ils
entretiennent et sur lequel ils planifient des interventions. Pour que ces interventions soient planifiées
adéquatement, le ministère s'appuie sur des informations complètes et
accessibles concernant les quelque
9 700 structures, incluant près de 4 250 ponts situés sur
le réseau municipal et dont notre organisation est aussi responsable.
numérisation massive de 1,8 million de documents depuis 2007 a en effet
permis d'effectuer une transition importante
et significative des supports papier vers les supports électroniques. Cette
opération d'envergure a donné des résultats
probants en améliorant notamment le repérage. Cela dit, nous sommes conscients
qu'il reste encore un travail d'optimisation à accomplir.
Ces divers
documents, qui sont classés, référencés et désormais plus rapidement
accessibles, constituent une
partie de
l'information nécessaire afin d'établir la planification des investissements et
ultimement la programmation des travaux. Cette programmation repose sur
des stratégies d'intervention qui sont modulées selon les projections d'état à
moyen et long terme ainsi qu'en fonction
d'un certain nombre de scénarios budgétaires. Cela permet de déterminer quelles
sommes devraient être affectées par axe, comme la conservation des
structures et des chaussées, les grands projets ainsi que l'amélioration et le
développement du réseau.
Le ministère
revoit également le processus de programmation des travaux routiers afin d'en
augmenter l'efficience. Pour le
seconder dans cette tâche, un comité de trois experts indépendants a été
constitué en mars 2016, conformément à la
recommandation n° 3 du rapport de la Commission d'enquête sur
l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la
construction.
Tous ces
efforts portent fruit puisque, depuis 2008, le plan stratégique du ministère
dépasse constamment les cibles fixées
quant à l'état des infrastructures. Ces cibles sont également appuyées par des
indicateurs comme l'indice d'état gouvernemental
et celui du déficit de maintien d'actif, développés en partenariat avec le
Secrétariat du Conseil du trésor.
Mais ce n'est pas tout. Ainsi, conformément aux
recommandations de la Vérificatrice générale, le ministère produira un tableau
de bord de suivi de la programmation. Des indicateurs mettront en évidence la
progression de la programmation annuelle ainsi que les différentes étapes des
projets pendant toute leur durée. Le ministère s'engage également à réaliser
une reddition de comptes des travaux d'entretien, lesquels seront déterminés selon
les meilleures pratiques en la matière, et nous y affecterons les ressources
nécessaires.
Mais, au-delà
des améliorations apportées aux processus de planification et de contrôle,
ainsi qu'aux outils dont nous
disposons, une chose demeure inchangée : notre personnel continue toujours
et encore à mettre à profit ses connaissances, son expérience et son jugement. De même, tous les cas urgents ainsi que
toutes les interventions recommandées à court terme, par exemple celles ayant une échéance de moins de six mois, sont
traitées sans délai par les directions territoriales.
conclusion, le risque zéro ne peut être atteint, ni ici ni ailleurs. Toutefois,
le ministère reste vigilant et assure une
gestion des risques optimale. Ceci est d'autant plus important que les
structures du réseau routier québécois datent des années 60 et 70 et qu'il y a eu diminution significative des
investissements au cours des années 80, de même qu'une perte progressive de l'expertise interne. Or, nous
avons procédé à des réinvestissements importants et consacré des efforts
considérables au renforcement de l'expertise. Alors que le ministère comptait
sur 498 ingénieurs en 2006, ils sont maintenant
872 à offrir leur expertise au quotidien. C'est dire que le ministère s'assure
de pouvoir compter sur toutes les ressources nécessaires afin de remplir ses
obligations. Nous agissons ainsi de façon responsable, rigoureuse et
transparente. Ce sont ces personnes
qui savent réagir efficacement et rapidement lorsque surviennent des
difficultés. Ce sont également des ressources qui disposent d'une solide
formation et font preuve de beaucoup de professionnalisme.
Je suis maintenant disponible pour répondre aux
questions des membres de la commission.
La Présidente (Mme Poirier) : Alors,
je vous remercie, Mme la sous-ministre. Alors, afin de permettre aux membres d'échanger avec les gens du ministère des
Transports ou la vérificatrice, des blocs de questions et réponses de 10 minutes en commençant par le gouvernement
puis en alternant entre les groupes parlementaires, je vous propose des échanges d'une durée d'environ
2 h 40 min, le temps ainsi réparti : le gouvernement,
environ 1 h 20 min; l'opposition officielle, 48 minutes; le deuxième groupe d'opposition... Excusez-moi,
je dois reprendre, puisque la présence... le député de Mercier est là. Alors, je reprends : le
gouvernement, environ 1 h 20 min; l'opposition officielle,
environ 42 min 30 s; le deuxième
groupe d'opposition, environ 28 min 30 s. Et, M. le député
indépendant, vous avez droit à trois minutes à chaque heure, pour un
total de neuf minutes.
Alors, je suis prête à reconnaître M. le député
de Chomedey.
Ouellette : Merci, Mme la
Présidente. Mme Leclerc. Mme Savoie, Mme Cantin,
Mme Bérard, Mme Gingras, l'autre Mme Leclerc, M. Caron,
M. Meloche et M. Deschênes. Je pense, la dernière fois qu'on s'est
vus, on devait se revoir en
Commission de l'administration publique pour parler des comités de sélection,
et j'ai bien l'intention qu'on vous parle
des comités de sélection au cours de notre rencontre, mais il semblerait que
les derniers jours puis les dernières heures ont suscité d'autres questions qu'il va falloir que je vous pose
probablement dans le premier bloc, parce qu'il semblerait aussi que vous auriez les réponses et que vous
seriez en mesure d'éclairer les membres de la commission ainsi que tous les gens qui nous accompagnent aujourd'hui. Parce
qu'on s'est demandé... On n'a pas l'habitude d'avoir autant de visite à la CAP, on s'est demandé si ça avait quelque chose
à voir avec la nouvelle présidente, mais là je pense que c'est un ensemble
de circonstances qui fait qu'aujourd'hui on est tous ici.
Je vais
commencer, parce qu'il y a quelque chose auquel je suis un peu plus sensible,
et on en a beaucoup parlé... On en a
parlé dans un
article de M. Lacroix hier, on en a parlé dans un
article de
Mme Lévesque au mois de décembre, d'intimidation au ministère des
Transports, et on a parlé de représailles potentielles.
Vous n'êtes
pas sans savoir que le gouvernement a déposé une loi justement pour les
lanceurs d'alerte, à l'automne dernier,
par l'ancien président du Conseil du trésor, loi qui est portée aujourd'hui par
le nouveau président du Conseil du
trésor, le ministre des Finances, et qui est devant l'Assemblée nationale, qui
va instaurer, si cette loi est adoptée, tout un système pour les gens
qui vont prendre la peine de sensibiliser ou vont prendre la peine de porter à
l'attention des dirigeants certaines situations. Cette loi-là va aussi protéger
ces personnes-là pour toutes représailles, rétrogradation, suspension. Pour avoir déjà travaillé sur une loi
similaire quand l'unité anticorruption a été faite avec mon collègue le député de Verchères, bien, dans la loi n° 87,
c'est très clair, puis on définit c'est quoi, les représailles, là, quand on
parle de rétrogradation, suspension,
congédiement, déplacement d'une personne visée à cet
article ainsi que toute
autre mesure disciplinaire ou mesure portant atteinte à son emploi et à
ses conditions de travail.
Quand j'ai lu
l'article de M. Lacroix, hier, et qui faisait suite à l'article de Mme
Lévesque, et suite à tout le débat que
ça a engendré ce matin, il semblerait
que vous êtes la personne la mieux placée pour nous dire qu'est-ce qu'il en est, pour nous fournir... informer les membres de la
commission sur le rapport de ce qui a été fait au ministère relativement
à ce qu'on a entendu, relativement à des
représailles potentielles ou à de l'intimidation potentielle. Et on nous a même
dit ce matin que vous pourriez avoir avec vous une copie de ce rapport-là.
Donc, vous
savez que notre première question va être : L'avez-vous? Voulez-vous nous
en parler? Pouvez-vous nous dire, suite à ce qui s'est passé, suite aux
différents articles, les mesures qui ont été prises, l'enquête qui a été faite?
Parce que je
remarque que, dans les gens qui vous accompagnent, votre personne qui est
responsable des enquêtes n'est pas avec vous.
Mme Savoie (Dominique) : Oui, elle
est là.
Ouellette : Ah! O.K. Donc,
elle n'a juste pas été présentée. O.K. Ça fait que, donc, si on a besoin
d'avoir plus d'information, on sera en mesure de vous le demander.
Et là, avec
la permission de la présidente, je vais vous donner la parole pour que vous
nous instruisiez sur ce qui a été
fait relativement à ça. Et, s'il y a un rapport qui est attendu par tout le
monde et disponible, après ça, c'est sûr que je vais vous... on va vous demander d'en avoir une copie, pour qu'on soit
capables de... et qu'est-ce qui a été fait, justement, pour aller dans cette mouvance-là. Parce que vous
avez vu la nouvelle loi n° 87 : les ministères, le bureau du
sous-ministre est très, très, très
impliqué. On ne voudrait pas que ce soit déjà vicié en partant, quand on va
faire l'étude de cette loi-là.
Présidente (Mme Poirier) :
Alors, Mme la sous-ministre. Mais j'aimerais ça nous rappeler que j'ai posé des
conditions, au début de cette séance, et
j'ai demandé que les caméras soient éteintes, alors je voudrais juste m'en
assurer. Merci. Mme la sous-ministre.
Mme Savoie
(Dominique) : Merci, Mme la
Présidente. C'est une question sérieuse, et, si vous le permettez, je vais essayer de dresser un portrait un pas en
arrière avant l'enquête sur l'intimidation, parce que c'est important de situer.
Puis ce matin j'ai
écouté la période des questions, je vous le dis tout de suite, et j'ai entendu
beaucoup parler du rapport sur les
PCP, et je pense qu'il y a un lien avec ça parce que, dans le fond, on fait
référence à des allégations de harcèlement des PCP.
Il faut se rappeler — puis je vais faire ça
rapidement, là, mais, je pense, c'est important — il faut se rappeler qu'en 2009, avec le rapport du Vérificateur
général qui avait identifié des risques dans l'octroi de contrat, mon
prédécesseur avait demandé que tous les vérificateurs internes du
ministère portent leur attention sur l'octroi des contrats avant signature — donc, ce que ça veut dire, c'est que ce
n'est pas une responsabilité, habituellement, là, qui est apportée à des
auditeurs internes — pour s'assurer que les contrats étaient bien
faits. Et ça a duré de 2009 jusqu'en 2013. Et en comité interne d'audit, parce que les résultats étaient
bons, étaient au rendez-vous, on avait convenu que c'était, finalement...
puis j'ai des anciens contrôleurs des
finances qui sont sur mon comité interne d'audit, ils nous disaient : Ce
n'est pas le rôle d'un auditeur de
faire de la vérification avant octroi. Habituellement, un auditeur va aller
après, va faire des échantillons, il va pouvoir avoir une vision beaucoup
plus large, et là on n'était concentré que sur une certaine
partie de contrat.
On avait donc
décidé de créer une nouvelle responsabilité en créant 14 professionnels en
conformité de processus. Donc, les
auditeurs ont eu le choix de devenir des professionnels en conformité de
processus ou de revenir à leurs anciennes fonctions d'auditeur, mais ce qu'on a fait, dans le fond, c'est qu'on a
rajouté 14 personnes, on a dit : Il y a 14 personnes dans 14 directions territoriales. Maintenant
que ça va bien, on va avoir 14 personnes qui vont faire
partie de l'équipe
de la direction territoriale pour
dire : Je veux vérifier avant octroi, puis je vais laisser mes auditeurs
aller voir après si ça continue d'aller... par échantillonnage, si ça va
bien. On a commencé cet exercice-là en 2013. On a recruté, on a formé.
Et, en août
2014, à ma demande... j'ai demandé que les auditeurs aillent voir le travail
des PCP, comment ça allait, est-ce
que c'était bien intégré, et c'est, à ce moment-là, en décembre 2014 que les
travaux ont été terminés, ça a été porté à mon attention, je l'ai déposé à la Direction générale des territoires,
qui est responsable des PCP, pour leur demander un plan de travail, et
c'est à ce moment-là qu'on a entendu parler de possible harcèlement ou
intimidation.
Le ministre m'a demandé de... En fait, ça a commencé là, on a
fait des rencontres. J'avais une direction territoriale qui était un peu plus problématique, j'ai fait une intervention spécifique là-dessus, puis on a commencé
le plan de travail. Quand il y a eu
les articles sur le rapport du PCP, c'est à ce moment-là qu'on a fait
une deuxième vérification puis on a fait une enquête.
Mais je veux
vous rappeler aussi qu'un PCP, il n'est pas responsable de l'octroi du comité
de sélection. L'octroi des contrats en
construction, en génie, il est fait dans une direction autre que les directions
territoriales ou centrale, complètement séparée, indépendante. Les appels d'offres, tout ça est géré par une autre équipe. Les directions territoriales,
elles sont responsables de signer les
contrats et de mettre en oeuvre les projets, et, les PCP, c'est ça qu'ils
regardent. Donc, ils n'ont pas détecté aucune forme de collusion,
corruption là-dessus.
C'est un rapport qui m'a déçue parce qu'il y avait
beaucoup, encore, d'irrégularités administratives,
d'oublis, ce n'est pas le bon code,
on n'a pas mis le bon taux horaire, mais il n'y avait aucune incidence
financière puis il n'y avait aucun problème de collusion, parce que ça,
ce n'est pas du tout de ça qu'on parle. On parle de dossiers administratifs
volumineux, de toutes sortes de contrats pour permettre le début d'un projet.
Pour répondre à votre question...
La Présidente (Mme Poirier) : En
20 secondes.
Mme Savoie
(Dominique) : ... — en 20 secondes — l'enquête a eu lieu, en deux jours et demi
tous les PCP ont été rencontrés par deux personnes. Là, on parlait de
harcèlement peut-être psychologique, donc il y avait un conseiller en ressources humaines et un enquêteur qui ont fait
des entrevues, il y avait une douzaine de questions qui leur ont été posées.
En deux jours et demi, du 14 au
16 décembre, ils ont tous été rencontrés. Et j'ai eu un rapport synthèse
qui me disait... j'ai commencé par un
rapport verbal, puis après on m'a donné le rapport synthèse — le rapport verbal, c'était ce qui était
le plus important — et on m'a confirmé que personne n'avait dit
qu'il avait été victime de harcèlement ni d'intimidation, tous les gens
ont dit que c'était correct.
Présidente (Mme Poirier) :
On va revenir. Alors, je passerais maintenant la parole à la députée de Vachon.
Ouellet : Oui,
merci, Mme la Présidente. Ce que nous avons appris hier, c'est extrêmement troublant. L'ensemble
des informations...
rapport-là, d'ailleurs, qui date de décembre 2014, est-ce que vous
l'avez remis à l'ex-ministre des
Transports?
Mme Savoie
(Dominique) : Je l'ai
présenté beaucoup plus tard, avec le plan de travail, parce que,
pour moi, je le répète, ça, c'est de
l'amélioration continue administrative. Ce n'est pas des risques
de collusion, de corruption, ce n'est pas
des fraudes, ce n'est pas de la malversation; c'est une responsabilité administrative que j'assume. J'avais demandé un plan de travail, il y a plusieurs activités
de formation qui ont été faites, et je lui en ai parlé lorsqu'on avait terminé
notre plan de travail et je lui ai présenté.
Ouellet : Donc, on
comprend que vous ne l'avez pas remis à l'ex-ministre, qui d'ailleurs se
demandait comment ça se fait que les dossiers ne...
Mme Savoie (Dominique) : ...pas en
décembre 2014.
Ouellet :
Oui, mais...
La Présidente (Mme Poirier) :
Excusez-moi. Je vais juste vous demander... Je vais vous donner la parole à
chacune votre tour pour faciliter le travail. Alors, Mme la députée de Vachon.
Ouellet : La copie qui nous a été déposée ce matin, il
manque des pages, et le ministre nous a dit ce matin qu'il manquait des pages parce que ça devait être
caviardé pour confidentialité de personnalités. Et un peu plus tard on a entendu à la télévision que ce seraient des raisons de
mauvaise pagination.
Est-ce que
vous pouvez nous dire c'est laquelle des deux raisons qui est la bonne? Et
est-ce que vous pouvez nous fournir les pages manquantes?
Mme Savoie (Dominique) : En fait...
La Présidente (Mme Poirier) : Mme la
sous-ministre.
Mme Savoie
(Dominique) : Merci, Mme la Présidente. On va vous déposer le même rapport mais bien paginé. Il ne manque rien. Ce que vous avez eu ce matin
était le bon, mais il était mal paginé. Vous allez pouvoir le remarquer
puis le vérifier, c'est les mêmes choses. Il était juste mal paginé, il ne
manque pas de page.
Puis il a été
caviardé, effectivement, parce qu'il
y a des noms de personnel que ça ne
nécessite pas, là... Ça n'enlève rien à la connaissance du
dossier, là.
Ouellet : Le
deuxième...
La Présidente (Mme Poirier) : Mme la
députée de Vachon.
Ouellet : Merci,
Mme la Présidente. Le deuxième
rapport, soit celui de Mme Trudel... D'ailleurs, pourquoi Mme Trudel a démissionné?
La Présidente (Mme Poirier) : Mme la
sous-ministre.
Mme Savoie
(Dominique) : Mme la
Présidente. Mme Trudel a fait part de son intérêt à cesser auprès du chef
de cabinet, du nouveau chef de cabinet de M. Daoust, au mois d'avril de
cette année, 2016.
La Présidente (Mme Poirier) : Mme la
députée de Vachon.
Ouellet : Donc,
vous dites que c'est à sa demande qu'elle a démissionné.
Mme Savoie (Dominique) : C'est...
La Présidente (Mme Poirier) : Mme la
sous-ministre.
Mme Savoie (Dominique) : Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme Poirier) :
Écoutez, moi aussi, j'apprends, là, avec vous autres, là, hein?
Mme Savoie
(Dominique) : Je veux trop
répondre vite, je veux trop... Mais, Mme la Présidente, sa démission... sa résiliation a été faite par la consultante auprès du directeur du
cabinet, M. Ouellet, du directeur du cabinet de M. Daoust.
La Présidente (Mme Poirier) : Mme la
députée.
Ouellet :
Merci, Mme la Présidente. Est-ce que ce serait parce que le lien de confiance
était brisé avec vous?
Mme Savoie (Dominique) : Mme la
Présidente, la consultante ne m'a pas parlé, ne m'a pas informée de ses
raisons, donc je ne peux pas vous dire pourquoi.
Ouellet :
Et vous n'avez pas eu... Mme la Présidente, vous n'avez pas eu l'information du
chef de cabinet du ministre Daoust?
Mme Savoie (Dominique) : Non.
Ouellet : Et
est-ce qu'il serait possible d'avoir une copie de ce rapport-là?
Mme Savoie
(Dominique) : Du rapport?
Mme la Présidente, en fait, je peux faire encore un petit pas en arrière.
La consultante a été embauchée à la demande du ministre au cours de l'été 2014
et elle travaillait avec le ministre. Le premier document qui a été porté à ma connaissance, présenté
par la consultante en présence du ministre, c'était en novembre 2015, et c'était un PowerPoint, une
présentation d'observations, de recueils de bonnes pratiques et de propositions
ou de suggestions d'améliorations en matière
de prévention. On avait convenu à ce moment-là que j'allais travailler plus
étroitement avec elle pour faire le suivi,
et je lui ai demandé de prioriser les actions qu'elle croyait les plus
pertinentes.
Ouellet : Est-ce
que Mme Trudel a produit un rapport, Mme la Présidente, est-ce que madame...
Mme Savoie (Dominique) : Moi, tout
ce que j'ai en main, c'est un PowerPoint.
Ouellet : Et qui
pourrait répondre à cette question-là pour savoir si Mme Trudel a produit
un rapport?
Mme Savoie
(Dominique) : Bien, en fait,
elle a déposé toutes sortes de documents sur une clé USB qu'elle a remise au
directeur de cabinet, où il y avait des listes de contrats, il y avait des
résumés de comparutions à la commission Charbonneau.
Il y avait très peu d'analyse, c'était vraiment plus un ensemble de... des
lignes de presse, elle semblait valider des lignes de presse pour le ministre, il y avait plusieurs milliers de
documents. Et c'est la clé qui a été envoyée à l'UPAC, pour s'assurer,
là, que tout était bien vu comme il faut.
Ouellet :
Et est-ce que le document PowerPoint que vous avez reçu de Mme Trudel...
Est-ce que vous pouvez le rendre public?
Mme Savoie (Dominique) : Bien, on
pourra regarder si on peut le faire, effectivement.
Ouellet :
Bien là, on vous demande la question. On est en commission, ici, la Commission
de l'administration publique, c'est
notre rôle de pouvoir examiner ces choses-là. Donc, j'aimerais ça avoir une
réponse de votre part, affirmative idéalement.
Mme Savoie (Dominique) : Mme la
Présidente, je pense qu'on peut le déposer, mais je pense que c'est un document
qui est assez... qui est très peu... Il n'y a pas de commentaire, hein, ça fait
qu'il est difficile à comprendre.
Mme Ouellet : ...jugerons.
Mme Savoie (Dominique) : Mais vous
jugerez, effectivement. On pourra vous l'envoyer.
Ouellet : Et nous
poserons des questions conséquentes.
Mme Savoie (Dominique) : Bien oui.
La Présidente (Mme Poirier) : Donc,
le document sera transmis à la commission?
Mme Savoie (Dominique) : Oui.
La Présidente (Mme Poirier) : Merci.
Ouellet :
L'ensemble... Est-ce que, Mme la Présidente, c'est Mme Savoie qui a
autorisé et/ou signé les contrats de gré à gré avec les anciens employés?
Mme Savoie
(Dominique) : Mme la
Présidente, je n'ai signé aucun contrat de gré à gré. Ce sont tous des contrats
qui ont été signés par les directeurs des
secteurs concernés, donc je n'avais ni connaissance ni... et je n'ai donc pas
signé aucun contrat de gré à gré de moins de 25 000 $ à
d'ex-employés.
Ouellet :
Et est-ce que, la liste de ces contrats-là, vous pouvez... Je sais que ça a été
mentionné ce matin, que c'est public,
mais vous comprenez, vous savez très bien qu'il y a des compagnies à numéro
dans ça qu'on n'est pas capables de
retracer. Vous, vous savez très bien quels employés et quelles compagnies à
numéro sont avec quels employés. Est-ce
que vous pouvez fournir, pour le bénéfice de la commission, une liste de ces
contrats-là mais classée par ex-employés?
Mme Savoie
(Dominique) : Oui, Mme la
Présidente, on avait... Parce que je sais que le ministre avait dit qu'il
allait déposer les contrats. On a déjà copie
de tous les contrats, on peut les déposer. Puis, si vous le souhaitez, on
pourra vous les mettre sous forme de tableaux aussi, là, mais vous avez
les mandats, vous avez les montants, vous avez les signatures.
Ouellet :
On aimerait les avoir sous forme de tableaux mais classés aussi, parce que
sinon ça va nous obliger de faire des
recherches pour chacune des compagnies à numéro — vous avez déjà l'information — donc classés par ex-employés.
Mme Savoie (Dominique) : Sans
problème, oui, sans problème.
La Présidente (Mme
Poirier) : Merci. Alors, le document sera déposé.
Ouellet : Est-ce
qu'il y a eu des suites au travail de Mme Trudel?
Mme Savoie
(Dominique) : Mme la
Présidente, après le premier PowerPoint puis le début des travaux que j'ai
faits avec elle, il y avait des choses qui étaient déjà en cours. Je peux vous
donner des exemples.
Elle
suggérait fortement de faire l'habilitation sécuritaire de certains employés à
des postes sensibles. C'est une action
qu'on avait déjà entreprise avec le ministère de la Sécurité publique. On a
identifié plusieurs postes sensibles au sein du ministère, et chaque
nouveau employé suit une habilitation sécuritaire.
Elle avait
identifié de rendre plus distincte la présence des consultants au sein du
ministère, parce qu'il y a des consultants qui travaillent au sein du
ministère. On avait déjà commencé à identifier dans les courriels, regrouper
physiquement les consultants à certains endroits.
Ça fait qu'il
y avait des choses qui... il y avait plusieurs choses qui étaient déjà en
cours, avec ce que la consultante a proposé.
Elle nous a fait des propositions aussi que j'avais déjà mises en place à la
demande du ministre. Le ministre m'avait demandé, M. Poëti, de
faire relever la Direction des enquêtes de ma supervision immédiate, c'est ce
que j'ai fait en octobre 2015. Donc, c'est
fait depuis octobre 2015. Et il y a des choses qu'on n'a pas considérées
applicables, qu'on n'a pas faites.
Ouellet : Mme la Présidente,
je vois que la sous-ministre a, de mémoire, toute une liste de recommandations.
J'imagine que ça existe sous forme de tableau ou de rapport et que vous avez
fait un plan d'action pour chacune des recommandations, s'il y a des actions
qui ont été faites, et d'autres, pas d'action. Est-ce que vous pouvez déposer à
la commission ce rapport?
Mme Savoie (Dominique) : Mme la
Présidente, ça va me faire plaisir.
La Présidente (Mme Poirier) : Est-ce
que vous l'avez avec vous ou... Il sera produit subséquemment?
Mme Savoie (Dominique) : Oui.
La Présidente (Mme Poirier) :
D'accord. Merci.
Ouellet : Mme la Présidente,
on voit dans l'article de L'Actualité qu'il semblerait y avoir un
système de comptabilité qualifié d'opaque,
avec cinq bases de données, qui ne permettrait pas d'avoir un portrait global
de l'ensemble des travaux, et ce système est qualifié de manoeuvre
administrative qui serait tout à fait connue de votre part.
Est-ce que
vous pouvez nous expliquer quelle est la nature de ce système-là? Et comment ça
se fait qu'il y a, comme ça, cinq
bases de données et qu'il semble que les estimations ne sont même pas les mêmes
selon qu'on consulte le fichier A ou le fichier D?
Présidente (Mme Poirier) :
Malheureusement, il vous reste à peu près 15 secondes, alors je vais vous
inviter à répondre...
Mme Savoie
(Dominique) : Il y a
effectivement plusieurs systèmes qui regroupent des informations mais que
les informations ne peuvent pas changer.
Mais c'est possible qu'en cours de projet un estimé puisse changer parce qu'il
n'est pas à un niveau de préparation... Il
va évoluer avec le temps. Une estimation en PC-1, en point de contrôle 1,
va être beaucoup plus large puis va se raffiner au fil de la préparation
des projets.
Mais je pourrai vous présenter, là, les
systèmes, si vous le souhaitez.
Présidente (Mme Poirier) :
Alors, je passerais maintenant la parole au député de La Peltrie. Ah!
Excusez. On retourne au gouvernement,
excusez. Vous voyez, c'est ça, être nouvelle présidente, c'est la créativité.
Alors, M. le député de Chomedey. Je ne voulais surtout pas vous faire
Ouellette : Merci. Merci,
Mme la Présidente. Ça va me faire plaisir de vous redonner la parole tantôt
pour mon collègue de La Peltrie.
Je veux revenir où on l'a laissé. On l'a laissé
que vous avez fait des vérifications pendant une période de deux jours, vous avez produit un rapport synthèse.
Selon les informations qu'on a, vous n'auriez pas débriefé le ministre sur le rapport synthèse... ou ce n'est pas à sa
connaissance lorsqu'il a été ministre, alors que vous nous avez dit que, dès
que ça a été porté à votre connaissance, en
décembre, vous avez fait les vérifications. Là, j'ai besoin d'un point
d'éclaircissement relativement à ça.
Puis là,
bien, je vais copier sur... puis je ne peux pas dire son nom, là, mais, en tout
cas, on porte le même nom de famille, avec des lettres de moins. Si jamais vous
avez le rapport synthèse, bien, c'est sûr qu'on apprécierait l'avoir. Mais
je voudrais que vous éclaircissiez dans un
premier temps à quelle époque, puisque vous avez rencontré... parce qu'il y a
eu plusieurs choses qui ont flotté à l'effet que vous gagniez du temps.
La Présidente (Mme Poirier) : Mme la
sous-ministre.
Savoie (Dominique) : Merci,
Mme la Présidente. Juste le rappel des faits. On a effectivement convenu,
M. Poëti et moi, qu'on allait faire une intervention rapide, faire une
enquête, donc un enquêteur avec un conseiller en ressources humaines, des entrevues encadrées. On a enregistré les
conversations, on a dit ensuite : On va faire un relevé de ces enregistrements-là. Mais, pour le bénéfice
de savoir assez rapidement, j'ai même eu un briefing, je me souviens, le 16, au téléphone, avec mon directeur des enquêtes
et M. Caron sur ces constatations, j'ai demandé : Très bien,
faites-moi un résumé, puis après on
fera assermenter, puis on fera signer plus tard. Là, il faut se le rappeler,
là, on est le 16 décembre. On essaie, là, de bien s'assurer que tout est
correct.
À mon
souvenir, et là c'est là que c'est malheureux, mais je dois vous le dire... à
mon souvenir, j'ai briefé le ministre verbalement,
je lui ai dit que c'était correct, qu'il n'y avait pas de plainte de
harcèlement. Quand il dit qu'il n'a
pas eu le rapport, c'est vrai que, compte tenu qu'il n'y avait pas eu beaucoup de choses puis que le
rapport est rentré un peu plus
tard à mon bureau... Moi, là, j'y vais, là, en temps réel, là. Je ne cours pas après les
papiers, là, je parle à mon directeur d'enquête,
je prends des notes, puis après je briefe mon ministre. Bien, de ce point de
vue là, je ne peux pas m'obstiner avec le ministre, c'est vrai que je ne le lui
ai peut-être pas donné, là, on parle... mais il n'y avait rien, il le savait.
J'avais mes preuves, j'avais mes enregistrements.
Puis je vous
le dis, là, moi, j'étais beaucoup plus en mode de rassurer mes PCP. J'ai fait
une conférence téléphonique avec le sous-ministre associé pour leur parler, pour
m'assurer que c'était bien ça, puis que tout le monde était à l'aise, et
leur expliquer que, oui, c'était dur, le rapport de PCP — parce qu'ils ne l'ont pas trouvé facile, de
se faire dire qu'ils faisaient mal
leur job — que je
leur faisais confiance puis qu'on allait rehausser la qualification puis la formation.
Parce que, s'il y a quelque chose que
j'étais déçue, c'est qu'effectivement on n'avait pas assez investi la formation
auprès de ces nouveaux membres de
l'équipe là. Et là, à ce moment-là, bien, on sait ce qu'on a fait. Moi, j'étais
beaucoup plus là-dessus que sur
dire : Je vais donner copie d'un rapport, quand j'avais débriefé mon ministre. Et on est partis sur un plan d'action. Je l'ai présenté à mes membres de mon comité d'audit, puis on est partis
là-dessus. Ça fait que c'est un peu ça qui est arrivé.
Puis là on
était en décembre, on revient en janvier. Tu sais, là, après ça s'est
précipité, là, pas longtemps après,
effectivement. Puis je peux comprendre le
ministre de regretter de ne pas avoir eu toutes les réponses, mais je pense
qu'il le savait, là.
La Présidente (Mme Poirier) : M. le
député.
M. Ouellette : Donc, votre rapport
synthèse, vous... ça traîne en copie, donc on peut en avoir une copie?
Mme Savoie (Dominique) : Oui. Oui,
oui, je vais vous le donner, le rapport synthèse, sans problème. Vous
comprendrez que je ne vous donnerai pas les enregistrements, là, de tous les
employés.
M. Ouellette : Non, non, mais je ne
vous les ai pas demandés...
Mme Savoie (Dominique) : Parfait.
C'est bon.
Ouellette : ...parce que
je suis habitué que d'habitude, quand je vais chercher des enregistrements, j'y vais avec un mandat. Ça fait que, donc, ce n'est pas moi
qui vais y aller, ça sera peut-être quelqu'un d'autre une journée.
Je comprends
aussi que vous avez immédiatement fait des vérifications uniquement auprès des
PCP, bon, vous n'avez pas vérifié
plus large au niveau des gens de qui relevaient les PCP, les vérificateurs
internes, puis vous n'avez pas étendu votre vérification. Parce que
normalement, quand on va se faire dire, dans un ministère, qu'il peut y avoir
des représailles, bien, on va peut-être
faire un échantillonnage, on va aller voir dans différentes familles d'emploi,
voir c'est-u juste eux autres qui ont
vu quelque chose ou les gens de qui ils relèvent, qui sont les vérificateurs
internes, qui auraient pu voir de quoi, et pour avoir un échantillon un
peu plus large. Ça, si je comprends, vous avez vérifié juste auprès de vos 14 ou 16. Puis on se souvient très bien, les
14 ou 16, parce que j'étais adjoint parlementaire à madame... à la députée
de Laviolette à l'époque, et tout ça est
dans la foulée du rapport du VG, de l'arrivée de l'Unité anticollusion, de
l'arrivée de M. Duchesneau et de toute
la dynamique qu'on voulait effectivement... puis je me souviens très bien, lors
de la conférence de presse, la
députée de Laviolette dire : M. Duchesneau a carte blanche, peut
aller où est-ce qu'il veut, et on se souvient, à l'époque, qu'il a
commencé à y avoir beaucoup de choses et beaucoup de gens qui lui parlaient.
Donc, ma
première question : Est-ce que vous avez élargi ou vous êtes tout simplement restée au niveau de ce qui était
le plus criant, là, qui était les PCP, vous n'êtes pas allée au niveau des vérificateurs
internes ou vous n'êtes pas allée un petit peu plus large dans le ministère,
pour des raisons qui vous appartiennent?
La Présidente (Mme Poirier) : Mme la
sous-ministre.
Mme Savoie
(Dominique) : Mme la Présidente, bien, en fait, les allégations
étaient directement sur les PCP. Puis ce
qu'on me rapportait, c'était aussi du genre... des menaces : Tu n'auras
pas tes vacances si tu ne me donnes pas mes contrats. Celle-là, on l'a vérifié plus spécifiquement, puis finalement,
effectivement, il y avait un gestionnaire qui avait géré, qui avait dit non à une demande de vacances
avant le départ des chantiers. Ce n'est pas le meilleur moment pour
qu'un responsable de contrat quitte pour des vacances, ça fait qu'effectivement...
Puis je ne suis pas allée plus loin justement parce que ça touchait les PCP, et
c'était une année... Les 14 ont dit : On n'est pas victimes de
harcèlement, d'intimidation, on n'a pas eu
de menaces. J'en aurais eu un, j'aurais poussé plus loin, c'est sûr, mais je
n'en ai pas eu. Dans les 14, c'était unanime.
Puis
j'avais déjà fait des interventions sur les relations à un endroit, mais ce
n'était pas du tout de l'ordre de représailles,
mais c'était plus de conflits de personnalités, là. C'est un ministère de
6 000 personnes, il peut y avoir des fois des gens qui s'entendent
moins bien. Mais je n'avais pas d'indication qui m'amenait à aller plus loin,
compte tenu de l'unanimité au niveau des réponses.
Ouellette : Vos 14 ou 16 PCP, est-ce qu'ils sont encore dans
leurs fonctions originales aujourd'hui?
Mme Savoie (Dominique) : Bien, il
faut se rappeler, avant c'étaient les
auditeurs, du temps que vous étiez adjoint parlementaire. Là, les
nouveaux PCP sont encore là, ils sont en direction territoriale, ils travaillent avec l'équipe de
gestion contractuelle avant l'octroi des contrats. Et à tous les trois
mois la vérification interne, qui est une autre direction, va valider, va aller valider, on n'attendra pas un
an, ce qu'on a convenu avec les membres du comité d'audit. Compte tenu de
la formation qu'on a commencé à faire, on veut voir des résultats rapidement.
Ça fait qu'aux trois mois il va
y avoir une reddition de comptes sur l'amélioration de la gestion
administrative des dossiers par les PCP.
M. Ouellette : Je vais préciser ma question. Les personnes que vous avez rencontrées
dans le cadre des allégations de
représailles ou dans ce cadre-là puis des articles de journaux, est-ce qu'elles
sont dans les mêmes positions qu'elles occupaient avant que ces
allégations-là sortent?
Mme Savoie
(Dominique) : Vous voulez dire dans les mêmes, mêmes fonctions?
Ouellette : Dans les mêmes fonctions.
Mme Savoie
(Dominique) : Oui.
Ouellette : Personne... Aucune d'entre elles n'a été déplacée, à votre
connaissance.
Mme Savoie
(Dominique) : Non.
Ouellette : Aucune d'entre elles... Je veux dire, ils sont exactement
aux mêmes endroits qu'ils étaient.
Mme Savoie (Dominique) : J'ai peut-être eu des départs à la retraite, ou
des congés de maladie, ou des congés de maternité, là, je ne suis pas ça
à la trace, là. Mais non, pas à ma connaissance.
Ouellette : Non, mais c'est une question qui est passablement
importante pareil.
Je reviens au rapport
des PCP. Le rapport, je suis un peu inquiet ou préoccupé. Ce matin, il a été
déposé à l'Assemblée un rapport, rapport de
PCP, sur lequel ma collègue de Vachon a mentionné qu'il manquait des pages, et
là vous me dites que vous allez m'en déposer un qui est bien paginé. Ma
formation antérieure m'amène, puis c'est une déformation professionnelle, là...
Ça me fatigue un peu, parce qu'on me dépose un rapport sur lequel il manque quatre pages de, supposément, informations
nominatives, et là vous allez m'en organiser un, rapport, là, ou vous allez
me déposer un rapport qui va être paginé
puis qui va correspondre à la table des matières, et j'essaie juste
d'équilibrer les deux.
Pourquoi
à matin on nous a déposé quelque chose? Donc, ce n'est pas un bon rapport, là.
Le bon rapport, vous allez le déposer aujourd'hui, puis ce que c'est
qu'on a eu à matin, ce n'est pas ça.
Mme Savoie
(Dominique) : Oui, on l'a.
Ouellette : Bien, est-ce qu'on peut l'avoir pour qu'on puisse le...
Mme Savoie
(Dominique) : Oui. Oui, on l'a apporté.
Mme Savoie (Dominique) : Mme la Présidente, je le répète, c'est le même
contenu, il n'y a pas de pages qui sont ajoutées ni retirées. Vous allez voir même en le lisant, là, dans
l'ancien, qu'il n'y a pas d'arrêt, il n'y a pas de phrases qui ne se
suivent pas, là.
La Présidente (Mme
Poirier) : Alors, Mme la... excusez-moi. On va déposer le document
officiellement.
Bernier : Le rapport qui a été déposé au ministre, est-ce que c'est ce
rapport-là ou si c'est le rapport qu'on a eu ce matin à l'Assemblée
nationale?
Mme Savoie
(Dominique) : C'est le même
rapport, c'est juste qu'il n'y a pas les bons... ils ont mal paginé. Vous allez...
C'est pour ça que je vais vous le donner, vous pouvez le comparer. C'est le
même texte.
M. Bernier :
Donc, le ministre a eu le rapport mal paginé. C'est ça?
Mme Savoie (Dominique) : C'est la
même chose, oui.
M. Bernier : Alors, le ministre a eu
le rapport mal paginé. C'est ce que vous me dites?
Mme Savoie
(Dominique) : Bien là, je
n'ai pas vérifié, mais c'est le même rapport. Vous allez voir, c'est le même
contenu.
M. Bernier : O.K. Parce que ce n'est
pas vous qui avez déposé le rapport ce matin...
Présidente (Mme Poirier) :
Merci. Merci. Alors, maintenant, je vais reconnaître le député de
La Peltrie. Cette fois-ci, c'est vrai.
Caire : Merci, Mme
la Présidente. Bonjour à tout le monde. J'aimerais explorer avec vous, Mme
Savoie, d'autres aspects, là, de ce qu'on a
appris ce matin. Puis vous me permettrez de vous faire la lecture et de vous
poser ma question ensuite : «Par
exemple, un [employé] à la retraite et résidant désormais à Saguenay a été
embauché en 2014 pour travailler au
projet de réfection de l'échangeur Turcot... à Montréal. Le contrat consistait
à offrir [des] "services de conseiller expert en gestion de projet
pour un mode de réalisation non traditionnel".
«Mais, plutôt
que de lui accorder un salaire de 50 000 $, le ministère lui a
[accordé] deux contrats de gré à gré de
24 500 $, tout juste sous le seuil des appels d'offres, au nom de son
entreprise — ce qui
s'appelle du fractionnement.
«Des dizaines
de ces ententes de gré à gré ont ainsi été conclues par la sous-ministre
Dominique Savoie. Dans bien des
cas, il s'agissait de "contrats de nature confidentielle et
protégée". Il est donc difficile d'en donner les détails.»
Est-ce que vous avez fait du fractionnement,
Mme Savoie?
Mme Savoie
(Dominique) : Mme la
Présidente, je réitère que je n'ai pas signé de contrat de gré à gré. Et je
n'ai pas fait de fractionnement.
Les contrats de gré à gré peuvent être donnés
jusqu'à 100 000 $. Et celui de Turcot, il est particulier, et, le
processus d'adjudication étant terminé, je peux vous donner plus de détails
qu'on n'en donnait, et qu'on l'avait mis confidentiel à ce moment-là.
Évaluer les
propositions des consortiums devait être fait par des experts indépendants qui
n'avaient aucun lien avec aucune firme qui faisait
partie d'une ou des
firmes des consortiums. Si vous retournez à la liste des consortiums qu'il y avait, presque toutes les firmes du Québec
étaient là, donc ça excluait d'emblée toute personne qui travaillait de près
ou de loin proche des consortiums.
On avait
donné un premier comptant à M. Verville, qui est un ancien employé du ministère
qui a fait les projets de la 25, qui est un PPP, et les projets de la
30, qui est un PPP, d'où son expertise...
Caire : ...revenir à l'essentiel, la question
sur le fractionnement. Donc, vous, vous ne l'avez pas fait, puis à votre connaissance, comme sous-ministre, personne n'a fait ça dans votre ministère.
Il n'y a pas de fractionnement de contrat pour être capable d'aller de
gré à gré, ça ne se fait pas. Cette allégation-là, elle est fausse.
La Présidente (Mme Poirier) : Mme la
sous-ministre.
Mme Savoie
(Dominique) : Là, je vais
vous répondre sur Turcot, sur tous les contrats qui... dans cette lettre-là. On
a fait les vérifications, quand ça a été porté à notre attention, et l'information que j'ai, c'est que c'était conforme, pour de très bonnes
raisons que je pourrai vous expliquer si vous le souhaitez.
La Présidente (Mme Poirier) : M. le
député de La Peltrie.
Caire : Moi, je
veux juste une réponse très, très simple à une question simple. Vous me dites
que, du fractionnement, vous n'en avez jamais fait?
Mme Savoie (Dominique) : Exact.
Caire : Et vous me
dites qu'au MTQ, sous votre direction comme sous-ministre, vous n'avez jamais
eu connaissance que ça se faisait non plus?
La Présidente (Mme Poirier) : Mme la
sous-ministre.
Mme Savoie
(Dominique) : Mme la Présidente, jamais eu connaissance, non, effectivement, parce qu'on a fait l'analyse, on a demandé les contrats qui ont été
nommés, on les a envoyés aux enquêtes, et il y a eu des explications pour
justifier ce qui donnait en apparence du fractionnement.
La Présidente (Mme Poirier) : M. le
député.
Caire : Alors, comment pouvez-vous expliquer qu'un ancien
ministre — puis
je dis «ancien»... pas si ancien que ça, il y a quelques mois — nous
arrive avec une allégation comme celle-là?
La Présidente (Mme
Poirier) : Mme la sous-ministre.
Mme Savoie (Dominique) : Bien,
Mme la Présidente, j'aimerais juste
remarquer que M. Poëti a dit qu'il avait des préoccupations, il
n'a pas confirmé quoi que ce soit. Puis malheureusement j'ai eu l'information
sur la liste des contrats octroyés à des
ex-employés lorsque la consultante a quitté, et c'était dans sa clé USB. Et
c'est ça qui est parti en enquête, et j'ai eu l'information après son
départ.
Donc,
c'est tout à fait légitime, et c'est vrai, qu'il puisse dire qu'il
n'avait pas eu réponse à ses questions, parce que même moi, je n'ai pas
eu connaissance de ça avant le départ de la consultante, quand elle a remis la
clé USB.
La Présidente (Mme
Poirier) : M. le député.
Caire : ...les
contrats concernant l'échangeur Turcot font
partie des résumés des préoccupations du ministre dans sa
lettre. Alors, je veux le signaler à votre attention.
Mais,
ceci étant dit, je prends votre parole. Vous me dites que ce n'est pas le cas,
vous me dites que ça ne s'est pas fait, à votre connaissance?
Mme Savoie
(Dominique) : Exact.
Caire : D'accord. Vous nous dites : On a fait des
vérifications au niveau de l'intimidation, on a fait des vérifications au niveau de la conformité des
contrats, et tout nous apparaît être correct, tout nous apparaît être conforme
aux règles de l'art. Comment expliquer que
ce matin l'actuel ministre en poste nous a dit qu'il avait une clé USB
pleine de documents qui ont été transmis à l'UPAC? Il parlait de quoi?
La Présidente (Mme
Poirier) : Mme la sous-ministre.
Mme Savoie (Dominique) : Mme la
Présidente, on parle toujours
de la clé que la consultante a remise au chef de cabinet, où on a dit : On ne prendra pas de chance, on va tout
envoyer à l'UPAC pour s'assurer que tout est correct.
Caire :
O.K., mais, vous, est-ce que vous avez eu connaissance de ces documents-là?
Mme Savoie (Dominique) : Moi, j'ai demandé un résumé lorsque la clé nous a
été remise. Et ce que j'ai vu, je l'ai
dit tantôt : 1 000 lignes de presse qu'on faites qui ont été
vues, il y avait un ensemble de fichiers, on a vu trois analyses qui étaient les contrats à d'ex-employés, c'est
parti à la Direction des enquêtes, et le reste, c'est un ensemble
de fichiers, avec le PowerPoint qui
m'avait été présenté en novembre. Donc, c'est sûr qu'on a pris ce qu'on pensait
le plus intéressant, mais on n'a pas pris de chance, on l'a
envoyé à l'UPAC en même temps, en parallèle.
Caire :
Puis, le PowerPoint en question, est-ce qu'on peut y avoir accès?
Mme Savoie
(Dominique) : Je me suis engagée tout à l'heure auprès de la
présidence de l'envoyer.
Caire :
Et vous ne l'avez pas ici aujourd'hui, là?
Mme Savoie
(Dominique) : Non.
Caire :
O.K. Puis il parlait de quoi, ce PowerPoint-là?
Mme Savoie (Dominique) : Mme la
Présidente, il parlait de... il
faisait des constats sur les meilleures pratiques, un peu, dans la littérature, il faisait des
suggestions plus de prévention — j'ai
parlé tantôt d'habilitation sécuritaire des employés, d'encadrement plus serré des consultants — parlait
de faire des audits impromptus à la Direction des enquêtes, de faire 100 % de vérification des contrats, ce qui est une pratique qui est difficile
à atteindre pour tous les ministères, là, d'avoir 100 % d'échantillonnage de fait, d'audits, a posteriori,
évidemment. Donc, c'étaient des propositions de prévention.
là-dedans, effectivement, il y avait des préoccupations sur des contrats à des ex-employés,
mais, comme je le disais plus tôt, on
n'a pas eu beaucoup de temps pour pouvoir répondre à la consultante, elle a
quitté assez abruptement, là. Et moi, je l'ai vue une fois en novembre,
puis après je l'ai vue deux fois.
Caire :
M. Poëti semble d'accord avec vous pour dire qu'effectivement elle a quitté
abruptement.
Vous
parlez de préoccupations — j'aime beaucoup le mot «préoccupations» — concernant des contrats à répétition à
des employés. Pouvez-vous nous en parler? Est-ce que ça, ça vous a préoccupée?
Est-ce que vous avez investigué davantage ces questions-là?
Mme Savoie
(Dominique) : Le ministère,
j'en ai parlé un peu dans mon allocution, depuis 2011, a embauché 622 nouvelles personnes, ça a demandé
beaucoup d'énergie, beaucoup de formation de la part du personnel. Et, compte
tenu qu'on savait déjà
qu'on était en déficit d'expertise, dans certains cas, effectivement, pour
encadrer nos nouvelles personnes, on
a embauché des personnes à la retraite pour faire le transfert d'expertise,
puis c'était la chose la plus utile, selon
moi, à faire pour bien accueillir nos nouveaux employés. Et je peux vous dire
que j'avais demandé quand même de restreindre
le nombre de contrats donnés à des ex-employés, et ça s'est avéré, il a
beaucoup diminué dans les dernières années.
Caire :
Mais en quoi c'est préoccupant, de dire : Je vais demander à des gens à la
retraite de venir nous donner une
expertise pour qu'on puisse rebâtir la nôtre, là? Je ne comprends pas en quoi...
Parce qu'on parle ici... Mme Turmel, on parle d'une enquêtrice, bon, quelqu'un qui a été à l'UPAC, donc on
voit un peu le profil de la dame, qui soulève des préoccupations.
J'imagine que rebâtir l'expertise d'un ministère, ça ne devrait pas soulever
des préoccupations.
Donc, j'ai un
petit peu de difficultés à vous suivre dans votre réponse, Mme Savoie, là.
En quoi cette personne-là a été
préoccupée qu'on donne des contrats à des ex-employés si, dans le fond, vous
avez juste demandé à ces gens-là de vous faire bénéficier de leur
expertise?
Mme Savoie
(Dominique) : Mme la
consultante a beaucoup lu les systèmes mais pas beaucoup posé de questions
aux gens du ministère, je pourrais le dire
comme ça. Et, quand on a vérifié, à la suite de ses interrogations, on pouvait
comprendre qu'elle se pose des questions,
par exemple, un contrat qui était commencé avec un employé à
titre personnel,
puis ensuite, le prochain contrat, il avait
choisi de s'incorporer. Donc, elle se demandait s'il y avait eu fractionnement
ou double contrat quand, dans le fond, on se
rendait compte qu'il y avait eu des changements de règle en cours de contrat.
La personne, elle avait le même contrat mais avait pris une autre appellation.
Ça fait que
ça, c'est des questions qu'elle a posées, ce n'est pas des affirmations qu'elle
a faites, c'est des questions qu'elle nous a posées, à juste titre, là,
c'était correct qu'elle pose des questions.
Caire :
Je comprends, Mme Savoie, mais je pense qu'elle va plus loin que poser des
questions puis le ministre va plus loin que poser des questions.
Écoutez, ce
que vous me dites, c'est que ces documents-là vont se ramasser entre les mains
de l'UPAC, là, ça fait que j'imagine,
là... Puis j'ai un petit peu de difficultés à vous suivre, là, je vais faire
attention à ce que je dis, là, mais devant la légèreté des explications. Compte tenu des instances qui sont
impliquées puis de la gravité que ça sous-entend, là, j'ai un petit peu
de difficultés à vous suivre.
Vous me
parlez d'incorporation d'un employé à la retraite. Pourquoi quelqu'un à la
retraite s'incorporerait pour avoir des contrats avec le MTQ?
La Présidente (Mme Poirier) : M. le
député de La Peltrie, votre temps étant écoulé, malheureusement...
Caire : Arrêtez
donc, vous!
Présidente (Mme Poirier) :
J'aurais juste une question de précision. Dans les documents,
les contrats que vous avez déposés, il y a quand même des données
nominatives, les adresses personnelles des gens...
Mme Savoie (Dominique) : ...fait
tellement vite pour respecter le voeu du ministre. On pourrait...
La Présidente (Mme Poirier) : Alors,
je vais le mettre en circulation restreinte immédiatement. D'accord?
Mme Savoie (Dominique) : O.K. C'est
bon.
La Présidente (Mme Poirier) : Alors,
M. le député de Chomedey.
Ouellette : Oui, bien, avant
qu'on aille à mon collègue de Jean-Lesage, j'étais justement pour vous demander une question de directive, parce
que ça me préoccupait, le nominatif
sur les documents, pour que ça reste
à notre niveau à nous autres, que ce ne soit pas public.
La Présidente (Mme Poirier) :
Exactement, exactement. Alors, M. le député de Jean-Lesage.
M. Drolet :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Naturellement, je salue mes collègues, Mme
la sous-ministre et assurément l'équipe du Vérificateur général.
Mme la
Présidente, je suis à la CAP depuis mes débuts à l'Assemblée nationale, déjà
depuis huit ans. À l'écoute, naturellement,
du rapport du VG ou de la VG, maintenant, souvent on a plusieurs interrogations
qui nous sont mises sur la table par des situations de gestion
administrative que nous, on est appelés à juger et puis à faire en sorte de...
des recommandations pour que la suite des
choses, ça puisse bien se dérouler. Et souvent, naturellement, il y a des
choses qui nous semblent aussi un petit peu aberrantes.
En tant
que députés, on a aussi un rôle à jouer, on a un rôle à jouer d'être sur le
terrain, et, comme tous mes collègues, on
a un rôle à jouer d'importance, parce qu'on est 125, et puis il faut absolument
être à l'écoute de nos citoyens. Pourquoi je vous dis ça, c'est parce que ceux qui se sentent victimes
d'injustice, des fois, ils n'ont seulement qu'une personne pas très loin d'eux. 125 sur 8 millions, ça devient un
petit peu difficile de pouvoir parler à quelqu'un, et ça sort des fois de nos
paramètres de notre
comté, où il y a des choses qui nous sont dites et puis qu'on doit absolument
écouter pour se faire une idée. Et ce
n'est pas facile toujours, de pouvoir entendre ce qui se dit, puis parce qu'on
a alentour de nous, naturellement, différentes
autres situations de gouvernance, alors, que ce soit n'importe quel règlement
que notre gouvernement a. Mais, quand
il y a des choses qui nous touchent parce que quelque part quelqu'un se sent
lésé d'injustice pour des raisons de contrat, ça devient un peu
difficile pour nous.
moi aussi, j'ai, Mme la Présidente, à faire peut-être un lien à l'article de
M. Lacroix d'hier et qui fait en sorte que ça me touche personnellement. Alors, permettez-moi de le lire :
«En 2015, la Société de transport de l'Outaouais avait lancé un appel
d'offres pour "la fourniture et l'installation d'un système d'aide à
l'exploitation et d'information aux voyageurs".
Il s'agissait en fait d'un logiciel permettant aux usagers de la STO de savoir
où se trouve leur autobus par l'intermédiaire
de leur téléphone cellulaire. Comme l'entreprise ITSmax de Brossard avait déjà
réalisé un premier contrat en ce sens l'année précédente, elle avait bon
espoir de remporter la suite [des choses comme tout bon joueur].
«Or,
la STO a plutôt retenu la soumission d'Ineo Systrans, une entreprise ayant son
siège social à Achères, en France, et
dont la soumission de 7,8 millions de dollars était de 3 millions
supérieure à celle d'ITSmax. Sans compter qu'en choisissant [cette entreprise], la STO devra remplacer la plupart
des équipements qu'ITSmax avait installés l'année précédente dans 47 autobus et qui ne sont pas
compatibles avec sa technologie. Une perte supplémentaire de près de
3 millions.
«Comme
le ministère des Transports doit payer 85 % de la facture, on aurait dû
s'assurer que le contrat avait été attribué
selon les règles, mais la direction du [MTO] aurait refusé d'y envoyer des
vérificateurs, prétextant que le dossier relevait du ministère des
Affaires municipales et de l'Occupation du territoire.
«Les
propriétaires d'ITSmax se sont donc tournés vers l'UPAC — suite à une recommandation que moi, je leur
ai faite, pour le suivi que j'ai
fait. "Nous avons demandé la fiche d'analyse à la STO, mais on nous a dit
de passer par la loi d'accès à
l'information", explique M. Guy Sirois, l'un des actionnaires de
l'entreprise. "En décembre, on s'est tannés et on a appelé [effectivement] l'UPAC. En janvier, l'UPAC
nous a dit qu'ils allaient attendre la fin de l'enquête du MAMOT. On n'est pas plus avancés", peste-t-il. "On
est 3 millions en dessous et on n'est pas choisis. Selon nous, il y a
quelque chose qui ne marche pas. On aimerait juste avoir une
réponse."»
Alors,
Mme la sous-ministre, Mme la Présidente, j'aimerais vous demander... Parce que,
quand on est, comme je répète de mon
entrée de jeu, député, on doit écouter nos citoyens pour toute situation
d'usage d'injustice. Alors, quand on
est confronté à ça, et qu'on tente d'avoir de l'information par le biais de nos
canaux normaux que nous avons à jouer en
tant que députés, et qu'on n'a pas les réponses, à un moment donné on doit se
revirer. Puis, comme j'ai dit dans mon texte,
j'ai dit : Écoutez, appelez l'UPAC. L'UPAC existe, alors... Mais, depuis
ce temps-là, il y a eu les textes que l'on connaît, et maintenant, bien,
j'aimerais bien avoir une réponse là-dessus, Mme la sous-ministre.
La Présidente (Mme
Poirier) : Merci.
Mme Savoie (Dominique) : Mme la Présidente, effectivement, ça a été porté
à l'attention du cabinet, qui nous en
a parlé, qu'il y avait des doutes d'un soumissionnaire qui était très déçu, qui
avait effectivement relaté, là, effectivement, qu'il avait eu un projet avant avec la Société de transport de
l'Outaouais. C'est financé à 85 % par le ministère via la SOFIL. C'est la
responsabilité de la société de transport de faire les appels d'offres selon
les règles du MAMOT, et ce n'est pas les mêmes règles que le Trésor.
que ça veut dire, pourquoi je prends la peine de vous dire ça, c'est que,
contrairement à nous, au ministère, les
sociétés de transport peuvent choisir de faire des appels d'offres
qualité-prix, et c'est ce qu'ils ont fait. Et on a fait une analyse. Le dossier a été transmis au Service de
l'observation des règles contractuelles au ministère des Transports sous
la responsabilité de ma collaboratrice,
Danièle Cantin, sous-ministre adjointe, et il y a eu une analyse qui a été
faite. On a demandé les grilles
d'évaluation, on a demandé les critères. On a reçu un rapport qui nous
confirmait que, malgré que le
soumissionnaire avait déposé un prix de 3 millions plus bas, la grille
étant ainsi faite — et elle
était correcte — à
75 % sur la qualité et 25 %
seulement sur le prix... On ne pouvait pas mettre en doute l'appréciation du
comité de sélection, parce que c'étaient ces règles-là.
On a aussi demandé, communiqué... je pense que
c'est Danièle qui avait communiqué avec le directeur général de la
société de transport pour leur dire qu'il y avait beaucoup
de préoccupations qui étaient véhiculées par vous, M. le député, et par le cabinet, et de
s'expliquer aux soumissionnaires. Il
y a eu une lettre, je pense, assez
explicite qui a été envoyée, M. Poëti était en copie et moi aussi, qui expliquait les
raisons de la STO pour le choix de son soumissionnaire. Je n'avais pas d'autre indication qui me permettait... Et
j'avais aussi rencontré les gens de l'entreprise et je leur avais dit : Si vous êtes profondément
convaincus qu'il y a eu quelque chose d'inadéquat, de criminel, allez à l'UPAC,
je leur ai dit aussi, parce que, dans
les faits, on a regardé puis on pourra vous déposer, si vous le souhaiter,
notre analyse. On l'a faite, l'analyse, puis on n'avait pas d'outil qui
nous permettait de doute, de mettre en cause une société de transport.
La Présidente (Mme
Poirier) : M. le député de Jean-Lesage.
Drolet : Oui, merci, Mme la Présidente. Écoutez, Mme Savoie,
effectivement, dans un premier temps, j'aimerais savoir... oui, que vous
nous déposiez éventuellement à la commission tous ces éléments-là. Vous dites
que vous avez rencontré particulièrement l'entreprise en question? Parce que ce
n'est pas ce ouï-dire-là que j'ai à l'oreille. Alors, ce serait bien important parce que, ce que je vous ai
dit tout à l'heure, on aimerait au moins avoir une réponse. Alors, ça, ce
n'est pas moi qui le dis, c'est eux qui le disent, parce qu'ils n'ont pas eu la
réponse satisfaisante du pourquoi qu'il y a 3 millions de différence dans
l'appel d'offres. Alors, ça, moi...
Puis ils ont déjà... C'est sûr
qu'aussi, déjà, d'être installé dans 47 autres modules, c'est assez
difficile pour moi aussi de concevoir que, quelque part, il était si moins
bien de qualité, à 75 %, comme vous dites, que ça. Alors, pour moi, ça me
crée une certaine insatisfaction, et j'aimerais bien... et que moi,
de mon côté, j'ai à répondre à ça.
Vous
savez, en tant que députés, c'est nous, là, qui avons toujours cette
responsabilité-là, puis c'est toujours nous à qui, justement... ces malversations-là qu'on met en doute, souvent,
parce que c'est notre voisin qui nous parle de ça, c'est nos familles, c'est plein de monde, alors on
a cette responsabilité d'avoir des réponses au moins satisfaisantes. Mais là,
pour le moment, je n'en ai pas, je n'en ai pas eu, Mme la sous-ministre. Alors,
c'est pour ça que, Mme la Présidente, j'insisterais
à avoir peut-être une réponse additionnelle mais aussi avoir le dépôt de ces
documents-là, parce que, nous aussi, c'est sûr et certain que je vais
demander d'aller plus loin là-dedans pour en savoir davantage.
La Présidente (Mme Poirier) : Alors, Mme la sous-ministre, vous allez
transmettre à la commission l'analyse qui avait été produite
précédemment?
Mme Savoie
(Dominique) : Oui. Puis je vais vous transmettre aussi copie de la
lettre que j'avais reçue de la société de transport, qui justifiait ses choix.
La Présidente (Mme
Poirier) : Excellent. M. le député de Montmorency, pour
1 min 20 s.
Bernier : Mme la sous-ministre, est-ce que vous avez analysé la grille
de l'année antérieure, où on a accordé le contrat à la firme en
question? Première question.
Deuxième
question : Est-ce qu'il est courant de retenir 75 % dans une grille
d'évaluation pour la qualité?
La Présidente (Mme
Poirier) : Mme la sous-ministre.
Mme Savoie (Dominique) : Je vous l'ai dit d'entrée de jeu, ce n'est pas
les règles du ministère, c'est les règles du MAMOT. Je pense que la
question serait répondue de façon beaucoup plus compétente par quelqu'un des
Affaires municipales que par moi, parce que
nous autres, on va sur la qualité pour les services professionnels et le plus
bas prix pour les services de construction.
Bernier : Mais, sur le 75 %, selon votre expérience, vous êtes
sous-ministre en titre, là, est-ce que c'est reconnu comme critère?
Mme Savoie (Dominique) : Je ne serais vraiment pas capable de vous donner
un jugement là-dessus, sincèrement.
M. Bernier :
Est-ce que vous en avez, des grilles à 75 %, chez vous?
Mme Savoie
(Dominique) : Je ne peux pas en avoir, je n'en fais pas, d'appel
qualité-prix. Je n'en ai pas.
Bernier : O.K. Et, la grille de l'année antérieure, l'avez-vous
regardée, par rapport à l'octroi du contrat, à ce moment-là?
Mme Savoie (Dominique) : Sincèrement, là, vous vous doutez bien que je ne
fais pas les analyses d'observation de
règles contractuelles, là. Je pense que ça doit être inscrit dans l'analyse qui
a été faite quand on va vous le soumettre, là, je ne connais pas ce type
d'information là.
La Présidente (Mme Poirier) : Alors, il reste sept secondes. Est-ce qu'on le
garde pour le prochain bloc? D'accord, je vous le préserve. Mme la
députée de Vachon.
Mme Ouellet : Oui, merci, Mme la Présidente. Si vous me permettez, Mme la Présidente,
la prochaine question s'adresserait à M. Caron, qui est
sous-ministre associé à la Direction régionale des territoires. Je voulais
demander à M. Caron : Est-ce qu'il trouve normal que les
vérificateurs relèvent de ceux-là mêmes qu'ils doivent vérifier?
La Présidente (Mme
Poirier) : M. Caron.
Caron (André) : Bien, c'est-à-dire que je pense que la sous-ministre a
précisé que le travail des PCP consiste à faire une vérification avant octroi des contrats, et donc, à partir du
moment où la documentation est inscrite à l'intérieur de la direction, puisque
les contrats sont préparés à l'intérieur de la direction, bien, je pense, c'est
un élément qui permet de s'assurer
que la documentation rattachée aux contrats soit adéquate. On l'a fait relever directement du directeur parce que la préparation des contrats est faite par des
chefs de service, donc des employés sous les chefs de service. Donc, moi,
je pense que de l'inscrire à l'intérieur d'un processus d'adjudication de contrat à l'intérieur de la direction, je pense, ça permet d'avoir des contrats qui sont le
plus appropriés.
D'autre
part, ils relèvent des directeurs. Moi, à mon bureau, la coordination, j'ai une
direction qui s'assure de la coordination du travail de ces gens-là,
j'ai des rapports mensuels sur leurs réalisations, mais... Oui.
Ouellet : Donc, ce que je comprends, c'est que vous
me dites que vous trouvez ça tout à
fait normal que les
vérificateurs relèvent de ceux-là mêmes qu'ils vérifient. C'est ce que
j'entends dans vos propos.
Est-ce que
vous trouvez normal que, des 40 dossiers qui ont été examinés dans le
rapport, un seul avait été déclaré non conforme par les vérificateurs,
mais, lorsque la direction DAIEP, là, cette direction-là a fait son travail, il
y avait, finalement, 39 dossiers non conformes? Est-ce que
vous ne trouvez pas ça suspect? J'ai entendu la sous-ministre dire que c'est correct. Comment vous qualifieriez le fait
que 39 dossiers sur 40 sont jugés non conformes, tant sur l'évaluation, l'estimation des coûts — l'estimation
des coûts, on parle d'argent, là — offre
de ressources affectées, offre financière aux prestataires, acceptation
de l'offre puis conclusion du marché?
La Présidente (Mme
Poirier) : M. Caron.
Caron (André) : D'abord,
Mme la Présidente, je me permettrais peut-être une précision. Vous
parlez de vérificateurs; on parle de professionnels en conformité de
processus. Les vérificateurs, les auditeurs internes demeurent, ils ont une responsabilité de faire véritablement la vérification. Il y
en a dans chacune des directions, ce
rôle-là est demeuré à l'intérieur.
Bon,
pour répondre spécifiquement à votre question, je
pense qu'à l'intérieur du rapport vous avez en
annexe une catégorisation. Donc, si, à votre question... Vous dire est-ce que je
trouve normal qu'on ait autant de non-conformité dans le cadre d'un
processus, d'une appropriation de ce rôle-là? La réponse est non. Ce que je
dois vous mentionner, c'est qu'évidemment la
vérification a été faite... c'était un nouveau rôle, des nouveaux
professionnels, un certain nombre d'entre eux faisaient l'emploi d'auditeur interne auparavant, donc qui pouvait
effectivement amener une surprise. Mais, si vous regardez dans la classification de... la catégorisation des
non-conformités, il n'y en avait, à ma connaissance, aucune qui s'adressait au cadre réglementaire, donc c'étaient
surtout des non-conformités au niveau administratif, en vous rappelant
que, sur le plan de la vérification des conformités contractuelles, pour les
contrats de construction, il y a à peu près 50
documents qui doivent être inclus, une quarantaine pour ce qui est des services
professionnels. Donc, c'est la raison pour
laquelle on a mis en place un plan d'action immédiatement, à partir du moment
où on a constaté... pour s'assurer que les gens aient la formation et
tous les éléments nécessaires pour apporter les corrections.
Ouellet : Mme la Présidente, je comprends la réponse de M.
Caron. Je trouve qu'il banalise grandement et qu'il met sur le dos — vous les appelez des PCP, mais ce sont des
vérificateurs de conformité, c'est une question de vocabulaire, on ne s'enfargera pas dans le
vocabulaire — des
nouveaux vérificateurs ces... puis par un manque de formation. Mais 39 sur 40, là, on ne parle pas de quelques-uns, là,
c'est la quasi-totalité, là, un seul dossier était correct. Et on voit dans plusieurs articles que... «Au MTQ,
on reconnaît que certains fonctionnaires responsables de la validation
auraient été invités par leurs supérieurs à présenter les non-conformités comme
de simples commentaires.»
Vous
ne trouvez pas qu'il semble y avoir une espèce de conflit d'intérêts? Après
tous ces articles-là où on voit... puis après le rapport qui a été
déposé, vous ne trouvez pas que c'est problématique que d'avoir les
vérificateurs qui relèvent de ceux-là mêmes
qu'ils vérifient? Vous continuez à affirmer que c'est normal et que c'est de la
saine gestion? C'est-u ce que vous affirmez?
Caron (André) : Mme la Présidente, d'abord, l'expression pour dire que
je banalise, ça ne correspond pas à la
réalité. Je vous ai dit qu'on a pris au sérieux ce dossier-là, on s'est donné
un plan d'action pour pouvoir le faire. Donc, on a apporté des
corrections pour pouvoir le faire.
Est-ce
que, dans le cadre d'un processus de contrat, on doit s'assurer, par les gens
qui ont à le préparer au niveau d'une
direction... Est-ce que ça donne une assurance additionnelle d'avoir des
dossiers plus complets au niveau contractuel? Je pense que c'est un rôle
qui doit se maintenir.
D'autre part, je vous ai dit qu'il y a une coordination qui est assurée par mon bureau
pour s'assurer... Je reçois sur une base mensuelle les rapports qui ont
été faits, de non-conformité.
La remarque que vous
mentionnez, il y avait identifié un certain nombre de cas qui auraient dû être
identifiés comme non-conformité, mais ils avaient été inscrits dans une
remarque, et on a exigé que les non-conformités soient inscrites selon le programme de vérification, dont une bonne
partie des employés faisaient ce
travail-là auparavant. Donc, on
voyait qu'il y avait un mode de fonctionnement qu'ils avaient
entrepris différemment que ce qu'on s'attendait, donc on a posé des
gestes pour s'assurer que...
Finalement,
en complétant, on a des gens qui font la vérification après, on a des vérificateurs internes. Je pense qu'on est
quand même en situation pour...
La Présidente (Mme
Poirier) : Mme la députée de Vachon.
Ouellet : Oui, merci, Mme la Présidente. Est-ce que la
solution, ce ne serait pas plutôt d'enlever les vérificateurs des directions régionales?
Et même le ministre, M. Poëti... — on
a-tu le droit de le dire ici? non? — M. le député de Marguerite-Bourgeoys le mentionnait, qu'il avait demandé à la sous-ministre qu'ils soient centralisés et non plus sous les directions régionales. Est-ce que vous ne pensez pas
que ce serait une solution beaucoup plus adaptée que la série de solutions que vous nous avez proposées,
que de formations, puis tout ça; que, si on permettait justement
à ces gens-là d'être complètement
indépendants des gens... de ceux-là mêmes qu'ils vérifient, vous n'auriez pas
de façon assez instantanée une
amélioration de ces problèmes de non-conformité là? Vous ne pensez pas que
c'est une question de structure et que de centraliser les gens et de les enlever des directions
régionales, ça ne permettrait pas de leur donner une indépendance pour qu'il y ait un bon suivi de
l'ensemble de ces contrats-là? Puis on le sait, là, on parle du ministère des Transports, là, on parle de milliards
de dollars de contrats, là.
Caron (André) : Cette responsabilité-là que vous mentionnez, elle existe toujours, elle est faite par
la Direction de la vérification interne. Ces gens-là demeurent, ils font une vérification a posteriori. Ces gens-là relèvent directement du bureau de la sous-ministre. Donc, ce
travail-là n'est pas enlevé, au contraire, il est maintenu. On a donc plus de
personnes qui sont responsables de la
conformité contractuelle. Donc, la responsabilité que vous mentionnez est toujours
maintenue puis elle ne relève pas de
la direction générale, donc, relève directement de la Direction de la vérification interne, qui, elle, relève du bureau des sous-ministres.
Donc, moi, je
pense que le travail qui... dont vous mentionnez est maintenu. Et effectivement
il relève directement du bureau de la sous-ministre.
Ouellet : On a plusieurs allégations d'intimidation. Donc, ce que j'entends
que vous me répondez, vous rejetez la solution d'enlever les vérificateurs
de sous les directions régionales?
M. Caron
(André) : Bien, je pense que
vous faites une... Mme la Présidente, les allégations, je pense qu'il a été mentionné tantôt qu'il y a eu une enquête, des vérifications auprès des personnes. J'ai personnellement rencontré les PCP, les directeurs en indiquant de façon très claire
que c'est tolérance zéro concernant cet aspect-là. Les éléments qui ont été
rapportés par la Direction des enquêtes me
confirmaient que la situation que vous invoquez ne semblait pas être présente.
Dans la
dynamique de la gestion contractuelle, il
y a une responsabilité qui est donnée au niveau des directions, et la vérification qui est faite a posteriori va confirmer si... les
travaux qui devaient être faits sur ce plan-là. Vous savez qu'on...
Présidente (Mme Poirier) :
C'est terminé, Mme la députée de Vachon. Je me tourne du côté du gouvernement. M.
le député de Chomedey.
Ouellette : Oui, oui. Bon,
on vient d'avoir le rapport, le nouveau rapport paginé, et je ne sais pas
comment vous le dire, mais je suis
troublé, parce que ce matin on nous a dit, en période de questions,
qu'il manquait les pages 5, 6, 7
et 8 pour des informations nominatives, mais les pages 5, 6, 7 et 8
ont été enlevées du rapport, parce
que, la dernière page, ça a été repaginé, effectivement, mais, le
tableau de la page 9, je le retrouve à la page 6, et la page 5,
6, 7 et 8 n'est plus là. L'autre chose que je remarque, c'est qu'il y a
des mots qui ont été changés par rapport à ce que c'est qui a été déposé à matin. Je vais arrêter ça là, je vais vraiment
arrêter ça là, parce que je ne voudrais pas faire un commentaire ou penser à quelque chose, mais... c'est ça, je vais arrêter ça là. Mais je ne pense pas que la
repagination est conforme à ce qu'on a eu à matin. Et, c'est ça, je ne
ferai pas d'autre commentaire.
Je veux aller
à l'UPAC. C'est un peu drôle que ce soit moi qui parle de l'UPAC — si
vous avez un commentaire, vous allez pouvoir me le faire tantôt — mais
je vais aller à l'UPAC parce que j'ai eu l'impression ce matin qu'après la rencontre avec Mme Trudel, du bureau du ministre,
le cabinet avait transmis à l'UPAC les informations dans les meilleurs délais, je comprends de votre
réponse que, suite à la rencontre, les informations, la clé, tout ça, a été transférée chez vous.
Puis, quand je dis «chez vous», j'ai compris
aussi que ce n'était pas à vous mais à quelqu'un de chez vous, qui peut être quelqu'un
qui est ici aujourd'hui, là, qui a regardé ce qu'il y avait sur la clé,
qui a regardé les documents, et qui, selon ce que vous venez de nous dire, vous a fait une synthèse ou vous a fait
un débriefing de ce qu'il y avait sur la clé. Et je comprends que c'est chez
vous, donc la personne... — puis
vous allez sûrement me le dire, si elle est ici avec vous aujourd'hui — c'est
chez vous qu'ils ont appelé à l'UPAC pour rencontrer l'UPAC et leur transmettre
les informations.
Ça va
m'amener la question suivante : Les informations que vous avez chez vous ou qui viennent de l'UPAC, le véhicule avec le ministère des Transports, la
liaison avec votre bureau, elle se fait comment? Est-ce que vous parlez
à M. Lafrenière, M. Lafrenière vous parle? Parce qu'on a lu plein de
choses, aujourd'hui, puis c'est un peu troublant, comment se font les enquêtes. Si pour une raison ou une autre il y a
des employés du ministère des
Transports ou des gens qui travaillent pour vous qui dénotent une situation
au sous-ministre puis qu'ils ne sont pas satisfaits de la réponse
ou qu'ils n'ont pas la réponse qui
est attendue et qu'ils appellent l'UPAC... Parce que je prends ce que mon
collègue de Jean-Lesage
a dit, qu'il a appelé l'UPAC. Et là, après
l'UPAC, là, on ne le sait plus, ce qui se passe, bon, nous, on ne le sait pas.
Peut-être que vous, vous le savez. Peut-être
que, vous, on vous informe. Peut-être que, vous, quand vos employés, qu'il y a
des gens du ministère...
Puis c'est ce qui nous préoccupe avec la loi n° 87 puis avec les
différentes choses. Je ne veux juste pas qu'on passe à côté et que ça
soit bien clair pour tout le monde, parce que ça semble être très nébuleux.
Puis là j'ai l'impression que les informations sont parties du cabinet, se sont ramassées chez vous — puis
vous allez nous dire à quelle personne
ça s'est ramassé puis qui vous a fait un débriefing — et
je présume que c'est cette personne-là qui a un contact à l'UPAC et qui assure la liaison avec l'UPAC pour
des choses que vous notez chez vous, un peu ce que l'inspecteur général fait à Montréal. Dès qu'il est en vérification et dès que s'arrête sa vérification puis qu'il y a des
éléments... Parce qu'on a entendu le
mot «criminel», à matin, qu'il y a des éléments criminels, ça s'en va à l'UPAC.
Donc, il faut qu'il y ait un canal de communication. C'est-u à haut
niveau, M. Lafrenière et vous, Mme Cantin et M. Lafrenière ou
Mme Cantin avec M. Avon? Comment ça fonctionne chez vous?
La Présidente (Mme Poirier) : Mme la
sous-ministre.
Mme Savoie
(Dominique) : Mme la
Présidente, d'entrée de jeu, là, vous vous doutez bien que l'objectif, quand on
dépose des rapports, ce n'est pas de vous induire en erreur. Je l'ai déposé
rapidement, de bonne foi, parce qu'on m'a dit que le rapport était identique, avec des erreurs de pagination.
Est-ce que ce matin, dans la rapidité, on vous a envoyé une forme projet, puis là on vous donne le
rapport? Je vais l'éclaircir. Mais vous vous doutez bien qu'en toute bonne foi
je ne déposerais pas des choses que j'ai l'intention... qui n'est pas
conforme. Donc, ça, je tiens à le dire. Puis je vais m'assurer, là, qu'on soit capables de répondre à
vos questions, mais il n'y avait pas aucun enjeu, là, d'essayer, là, de faire
d'entourloupettes, puisque de toute façon je ne l'aurais pas déposé, j'aurais
dit : Je ne l'ai pas.
Bon, deuxième
des choses, on a un mécanisme de collaboration avec l'UPAC qui, dans le fond,
est relié avec la Direction des
enquêtes. C'est la Direction des enquêtes qui reçoit les signalements des
employés. Ça ne va jamais à mon bureau, je ne suis jamais au courant, ça
s'en va directement à la Direction des enquêtes.
Dans mon allocution, j'ai fait référence à une
formation sur l'éthique qu'on a préparée. On a près de 5 000 employés qui la suivent, c'est une formation obligatoire
pour tout nouvel employé. Et il y a des sections précises sur les signalements
qui disent : Vous pouvez aller à l'UPAC
directement ou vous allez à la Direction des enquêtes, c'est comme vous le
voulez, mais c'est les deux seuls canaux possibles.
Et c'est la Direction des enquêtes qui a
transmis la clé, à la demande du cabinet, à l'UPAC.
Ouellette : Donc, je
comprends que c'est M. Boulard qui était en contact avec le cabinet, qui a
regardé tous les éléments et qui,
après ça, selon la liaison que M. Boulard a avec... qui est probablement
toujours la même personne à l'UPAC, c'était un échange comme ça.
M. Boulard, on a regardé l'organigramme
qu'on a eu dans le rapport du vérificateur puis on a fait certaines recherches.
M. Boulard, là, il est responsable des enquêtes puis il est aussi responsable
de la vérification interne?
Mme Savoie (Dominique) : Oui.
M. Ouellette : Ce n'est pas
incompatible?
Mme Savoie
(Dominique) : C'est une
demande de mon ancien ministre, qui souhaitait renforcer et rapprocher,
justement, les enquêtes avec la vérification interne. Et ça a été fait en
octobre. C'était à sa demande, puis j'en avais convenu puis j'étais d'accord, là, on en avait convenu. Il souhaitait
que la Direction des enquêtes soit complètement sortie... Auparavant, elle relevait de la direction de
Danièle Cantin, donc, au niveau des contrats. Ça fait qu'il voulait encore une
plus grande indépendance au niveau des
contrats, ça fait qu'il a dit : Elle va relever... a proposé — et j'ai accepté — qu'elle relève du bureau de la sous-ministre, donc de moi. Et M. Boulard,
bien, je lui ai demandé de prendre la responsabilité de la direction de
l'audit et des enquêtes depuis le mois d'octobre.
Ouellette : Donc, je regarde
le rapport qui a été déposé. Ça a passé par le bureau de M. Boulard, puisqu'il
est responsable de la vérification aujourd'hui, le rapport que vous avez
déposé.
Mme Savoie (Dominique) : Oui.
Ouellette : Et je comprends
aussi que M. Boulard, il est nouveau vérificateur, parce que je ne trouve pas
son nom sur le rapport de vérification.
Mme Savoie
(Dominique) : Non, c'était
l'ancienne directrice, Mme la Présidente, c'était Louise Boily qui était
ma directrice à ce moment-là, jusqu'en octobre 2015.
M. Ouellette : O.K. Donc, le rapport
qu'on a eu, là, ce rapport-là, c'est Mme Boily qui a la responsabilité...
Mme Savoie (Dominique) : Oui, à ce
moment-là, oui.
Ouellette : O.K. Là aussi,
même question de directive, Mme la Présidente, il faudrait faire attention
aussi. Il y a beaucoup de nominatif
par rapport à ce qui a été déposé ce matin à l'Assemblée, il n'y a rien qui a
été caviardé. Je comprends que vous
avez fait diligence pour nous le déposer, on l'apprécie, et je veux juste que
ce soit... qu'on prenne toutes les précautions d'usage, justement, pour
ne pas que ce soit public et que ce soit pour le bénéfice des gens de la
commission.
Présidente (Mme Poirier) :
Alors, effectivement, M. le député de Chomedey, je demanderais aux membres
de la commission de considérer ce document à diffusion restreinte à l'intérieur
des gens de la commission.
M. Ouellette : ...de Montmorency,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Poirier) : M. le
député de Montmorency.
Bernier : Oui, merci. J'aurais besoin d'un petit peu d'information sur
Mme Trudel, moi. Elle relevait de qui, Mme Trudel?
Mme Savoie
(Dominique) :
Mme Trudel travaillait étroitement avec le cabinet, ses locaux étaient
dans le cabinet à Montréal, et elle pouvait se déplacer au cabinet à
Québec. Mais le contrat avait été signé par moi.
M. Bernier : Donc, c'est vous qui
avez signé le contrat de Mme Trudel, à la demande du cabinet.
Mme Savoie
(Dominique) : Oui, exact.
M. Bernier : O.K. De ses journées,
elle faisait quoi, Mme Trudel?
Mme Savoie
(Dominique) : Bien, dans les
faits, elle prenait ses directives de la part du ministre. Donc, comme je vous ai dit tout à l'heure, dans son mandat,
elle devait veiller à regarder les processus du ministère, faire des
suggestions, éviter les situations de fraude, faire de la prévention, ce
qui était dans son mandat, et elle rendait compte au ministre.
Présidente (Mme Poirier) :
Il faudrait continuer avec monsieur... Je m'excuse, mais votre temps est
écoulé. Je vais poursuivre avec la deuxième opposition. M. le député de
La Peltrie.
Caire :
Merci, Mme la Présidente. Tout à l'heure, j'avais commencé à, disons,
mentionner mon étonnement à voir des
gens qui recevaient des contrats pour du transfert d'expertise sentir le besoin
de s'incorporer. C'est quand même une
démarche juridique importante, puis normalement, quand tu es à la retraite, on
peut se poser la question pourquoi tu sens le besoin de t'incorporer.
voulais juste vous parler peut-être de quelque chose qui a attiré mon
attention. Pierre Beaudoin, vous avez — vous étant le MTQ — signé un
contrat de 20 000 $ avec M. Beaudoin, contrat à
titre personnel
pour des services-conseils, de l'expertise sur la qualité du projet de
l'échangeur Turcot en 2012. En 2012, vous avez signé — vous
étant toujours le MTQ — un contrat de services-conseils d'expertise
pour la qualité du projet Turcot, donc exactement le même contrat, signé
la même année, mais avec Pierre Beaudoin Consultant inc., un autre contrat de
20 000 $.
Qu'est-ce qui
justifie qu'on donne deux contrats semblables, du même montant, la même année,
à deux entités juridiques différentes,
mais qui tombent dans les poches de la même personne parce que c'est la même
adresse civique, là? Pierre Beaudoin
ou Pierre Beaudoin Consultant inc., c'est la même adresse civique, puis on peut
penser que l'argent va dans le même compte de banque.
Mme Savoie
(Dominique) : Je sais que
M. Beaudoin — vous m'avez dit Beaudoin? — en fait, avait la même responsabilité que M. Verville dans l'analyse
des projets de Turcot, mais je ne pourrais pas vous répondre exactement pourquoi il y a eu ces deux changements-là. Mais
je vous rappelle que, les services professionnels de gré à gré, on peut aller jusqu'à 90 000 $. Mais
effectivement je ne sais pas. Je pourrais vous revenir, Mme la Présidente, là.
Je ne connais pas tous les contrats, là, qui sont conclus, là, avec le
ministère.
Caire :
Je comprends. Autre chose qui a capté mon attention, sur laquelle je me
questionne : le deuxième contrat de M. Beaudoin est considéré
comme confidentiel. Pourquoi quelqu'un qui a un contrat de services-conseils
qui est, finalement une réplique d'un contrat
qui vient d'être signé de façon personnelle, au moment où il est une entité
juridique... Pourquoi ce contrat-là revêt un caractère confidentiel?
Mme Savoie
(Dominique) : Mme la
Présidente, c'est pour les mêmes raisons que l'autre monsieur, c'est... Durant
l'appréciation du processus d'approvisionnement de Turcot, il fallait protéger
l'identité des membres du comité pour qu'ils
soient à l'abri de toute influence, parce qu'ils étaient en train de juger
l'évaluation... les projets des consortiums du plus gros projet du ministère, de Turcot, donc on a protégé leur
identité. Et je l'ai dit tout à l'heure, pourquoi je suis à l'aise de vous en parler, c'est que maintenant,
le contrat, il est signé, mais à ce moment-là il ne l'était pas. C'était leur
responsabilité d'évaluer les propositions.
Caire :
Mais je reviens à ma question initiale. Quand on donne deux contrats comme ça,
ce que vous me dites, c'est que ça
n'a rien à voir avec du fractionnement de contrat, là, on est vraiment dans une
façon de faire usuelle au MTQ. Est-ce que Mme Turmel vous avait mis
en garde contre cette façon de faire là?
Mme Savoie
(Dominique) : Mme la
Présidente, Mme Trudel nous avait posé des questions, puis c'est là qu'on
a fait la demande d'analyse et qu'on nous a
confirmé qu'il y avait eu effectivement des contrats pour l'appel d'offres de Turcot.
C'est suite à ses questions, effectivement, que ça a été porté à mon attention.
Caire :
Vous avez fait référence, tout à l'heure, à M. Verville. Dans son cas à lui, un
deuxième contrat de gré à gré a été
signé avec JV Consultant, son entreprise. Par contre, ce que je ne comprends
pas, c'est comment se fait-il que la signature du contrat se soit faite
un an avant la fondation de l'entreprise. Si on se fie à la direction, là, du
registre des entreprises du Québec, il a
signé son contrat avec une entreprise qui va exister un an plus tard. Comment
vous avez fait ça?
Mme Savoie
(Dominique) : Mme la
Présidente, je sais qu'on m'a expliqué qu'effectivement on avait interrompu
le processus d'évaluation de Turcot pour donner des instructions additionnelles
aux consortiums. Ça nous a amenés à devoir... à faire appel encore une fois
avec le consultant, qui, là, s'est enregistré.
Mais je ne
peux pas répondre spécifiquement à votre question. Il faudrait que je vérifie,
là, si on l'a envoyé en vérification.
Caire :
O.K., mais ça ne vous inquiète pas de savoir qu'on signe un contrat avec une
entité qui n'existe pas, dans les faits, au moment de la signature du
contrat?
Mme Savoie (Dominique) : Bien, je ne veux vraiment pas sous-estimer ça,
mais vous me posez des questions... Il
y a des milliers de contrats par année, là. Moi, je sais que je vais le
vérifier. Si c'est grave, ça va être grave, puis il y aura des sanctions. Mais là je ne peux pas vous
répondre de but en blanc, là, sur chacun des contrats, là, qui ont été envoyés
en analyse, là.
Caire : Bien, ce que je trouve curieux, c'est que vous
m'avez parlé de M. Verville au moment où moi, je vous parlais de M. Beaudoin, je n'avais pas abordé
la question de M. Verville. Donc, visiblement, vous avez une connaissance
plus sensible de ces dossiers-là.
Mme Savoie (Dominique) : Bien, en fait, Mme la Présidente, j'ai une
connaissance plus sensible parce que j'ai surtout posé la question pourquoi c'était confidentiel, et on m'a
expliqué que c'était lié au projet Turcot. Dans la lettre, on parlait beaucoup du projet Turcot, ça fait que
j'ai posé la question, puis on m'a expliqué le rôle de ces deux consultants-là,
qui devaient être protégés au moment de l'adjudication.
Caire :
Est-ce qu'il est exact que Mme Turmel a...
Caire : ...Mme Trudel, excusez-moi, excusez-moi,
Mme Trudel a démissionné parce qu'il y avait un bris de confiance
avec vous?
Mme Savoie (Dominique) : Mme la Présidente, comme j'ai dit, elle a fait sa
résiliation auprès du chef de cabinet et pas auprès de moi, ça fait que
je ne connais pas ses motifs.
Caire : Donc, vous n'avez pas connaissance d'un document qui
dirait qu'il y avait un bris de confiance avec vous, vous n'avez pas
connaissance de ça.
Mme Savoie
(Dominique) : Non.
Caire : O.K. Est-ce qu'il est exact que, quand on embauche
des ex-employés du MTQ, dans le processus normal, vous devez autoriser
Mme Savoie (Dominique) : Je n'en autorise pas et je ne pense pas... Je
pourrais demander à ma... Mme la Présidente...
Caire : Ce n'est pas la régie régionale qui signe puis vous
qui approuvez? Ce n'est pas comme ça que ça se passe?
Mme Savoie
(Dominique) : Non.
Caire : O.K.
Vous avez fait mention de Mme Boily tout à l'heure. Est-ce que
Mme Boily vous avait fait part d'irrégularités sur la question de
la signature des contrats, notamment des exemples que je viens de vous donner?
Mme Savoie (Dominique) : Non, c'est vraiment Mme Trudel, à
son départ, qui nous a fait part de ses analyses sur les
contrats.
Caire : O.K.
Mme Boily ne vous a jamais avisée sur des irrégularités dans les signatures
de contrat, elle n'a jamais fait état de ça auprès de vous d'aucune
façon?
Mme Savoie (Dominique) : Bien, écoutez, je la voyais... Pas à mon souvenir. Je me
souviens qu'on a parlé du rapport des PCP, mais ça, non, ça ne me dit
rien, là.
Caire :
O.K. Vous n'avez jamais eu connaissance de ça. O.K.
Pourquoi
Mme Boily a quitté? A-t-elle quitté ou a-t-elle été déplacée, en
fait? Ce serait la question la plus exacte.
Mme Savoie (Dominique) : Bien, en fait, Mme Boily, ça faisait un certain nombre d'années qu'elle travaillait
à la Direction de la vérification interne, et elle m'avait parlé qu'elle
souhaitait probablement quitter, dans
les prochains mois ou prochaines
années, à sa retraite. Et j'ai voulu lui confier un autre mandat, c'est celui
de révision des programmes, parce
qu'elle s'occupait de la vérification interne et elle s'occupait aussi de
l'évaluation des programmes, et, avec la création au Trésor d'un bureau
permanent de révision de programmes, je trouvais important qu'on y consacre ces
énergies et je lui ai demandé prendre cette
nouvelle direction là, qu'elle occupe depuis le mois d'octobre. Elle relève
toujours de moi, elle est directrice
de la révision des programmes. Et j'ai demandé à M. Boulard de faire les
audits et les enquêtes. C'est une décision de gestion, somme toute, là.
Caire :
Une décision de gestion que vous avez prise?
Mme Savoie (Dominique) : Tout à
fait.
Caire :
O.K. Qui n'a rien à voir avec le fait que Mme Boily aurait pu poser des
questions?
Mme Savoie
(Dominique) : Mme la
Présidente, non, ça n'a rien à voir. Puis Mme Boily, elle ne m'a jamais
fait état d'accusations,
d'allégations criminelles, de choses qui l'inquiétaient. Elle me présentait ses
rapports. Je lui ai souvent demandé
d'étayer ses affirmations parce que je voulais être sûre d'avoir les preuves
nécessaires, et je vous dirais que j'ai les mêmes conversations avec le Vérificateur général quand il fait les
rapports. On me demande toujours de bien comprendre, on veut échanger sur les rapports, on demande souvent
plus d'explications puis on veut s'assurer qu'on comprend bien, puis c'est le même type de discussion que j'avais
avec elle. Mais elle ne m'a jamais fait part de préoccupations, d'allégations
criminelles, de quoi que ce soit.
Mais c'est
sûr que, des non-conformités, je me suis beaucoup impliquée avec elle quand
elle avait ses... C'est elle qui
avait fait le recrutement des PCP, je m'en suis beaucoup occupé avec elle pour
s'assurer que ça se fasse bien. Mais, non, pour le reste, c'est une
question de gestion.
Caire : Combien de
temps?
La Présidente (Mme Poirier) : Une
vingtaine de secondes.
Caire :
Bien, je vais conclure en disant que je trouve ça curieux que Mme Trudel
démissionne rapidement, que
Mme Boily décide d'aller relever de nouveaux défis, que le ministre...
l'ancien ministre des Transports ne réponde pas aux critères du... Je trouve ça juste curieux, c'est une série de
hasards qui me laisse perplexe. Mais je reviendrai là-dessus.
Présidente (Mme Poirier) :
Je vous remercie, M. le député de La Peltrie. Alors, je passerais
maintenant la parole au député de Chomedey.
Ouellette : Merci, Mme la
Présidente. Je vais avoir juste deux, trois petites questions, puis, après ça,
ça va être mon collègue de Mégantic.
Rassurez-moi,
là, puis répétez-le-moi, là, parce que, là, par rapport à la question du député
de La Peltrie... Parce que vous
venez de nous mentionner que, Mme Boily, dans ses rapports, il n'y avait
pas de chose qui sortait de l'ordinaire ou qui allait attirer votre attention sur certaines situations. Son déplacement, ou sa promotion, ou... appelez ça
comme vous voudrez, n'a rien à voir
avec le rapport de novembre, là, qui a fait l'objet d'un
article de journal,
qui a fait l'objet d'un autre
article
hier? Ça n'a rien à voir avec ça, là? Parce que,
là, vous comprendrez qu'on est en contravention directe avec 87.
Mme Savoie (Dominique) : Mme la
Présidente, je vais le répéter, elle ne m'a jamais fait part de situation
potentiellement criminelle, elle me faisait état de ses rapports de conformité
au niveau administratif. Oui, c'est vrai qu'il
y avait des choses à améliorer, je ne le nierai jamais. Il va toujours y en
avoir, des choses à améliorer au niveau de la conformité administrative.
Et j'ai
choisi... Ça faisait plus de 10 ans qu'elle était là, ça faisait quatre
ans que j'étais avec elle. Je ne l'ai pas déplacée à mon arrivée, je ne l'ai pas déplacée, ça... J'en ai profité,
avec son départ probable, et c'est ma décision de gestion de dire : Bien, je vais prendre quelqu'un qui
est aux enquêtes puis je vais lui donner les audits, puis je l'ai fusionné, à
la demande du ministre, là, je n'ai pas inventé ça.
Ouellette : Vous nous avez
dit aussi que, normalement, ce qui passe par le cabinet qui touche le
ministère, c'est M. Boulard qui
est l'agent de liaison, disons ça comme ça, ou c'est lui qui reçoit les
documents. Donc, je présume que M. Boulard, s'il a eu copie de la
clé, il a pu avoir copie du rapport que Mme Trudel a fait ainsi que de la
lettre de départ de Mme Trudel qui a été donnée au chef de cabinet. S'il
ne l'a pas, il devrait être capable de l'avoir. Parce que normalement, dans les contrats, on remarque...
Vous avez dit que vous n'aviez pas signé de contrat de gré à gré, mais c'est
votre signature qui est sur le contrat de
Mme Trudel, je comprends, parce que c'est une employée directe, O.K.?
Donc, puisque c'est une employée directe,
sa lettre de départ... Vous avez dit aussi, Mme la Présidente, qu'elle ne vous
avait pas informée personnellement,
mais normalement, pour fermer son dossier, vous devriez avoir copie de sa
lettre de départ, vous devriez avoir
copie de son rapport qu'elle a fait avant de quitter, puis normalement elle
aurait dû donner à M. Boulard ou
au chef de cabinet tout ce qui appartenait au ministère, là, pour boucler la
boucle. Donc, si, effectivement... — et vous semblez répondre oui à mon interrogation — probablement que, par M. Boulard, on
pourrait avoir et vous pourriez déposer copie du rapport que
Mme Trudel a fait et copie de sa lettre de départ du ministère.
Mme Savoie
(Dominique) : Bien, en fait,
je sais que c'est... Mme Trudel a vraiment signifié, là, son départ... Je
peux demander au cabinet, là, mais ils nous ont vraiment donné la clé. Ça fait
qu'on peut demander pour la lettre, là, mais,
moi, on m'a signifié... le chef de cabinet m'a signifié qu'elle quittait, m'a
donné la date. J'ai donné instruction que ses autorisations d'accès soient retirées, je pense, c'était vers la fin
avril, peut-être vers le 22 ou le 23, je ne sais pas, puis je m'en suis
tenue là, là, j'étais... je m'en suis tenue là. C'est surtout la clé qu'on a
remise après aux enquêtes.
Ouellette : Mme la
Présidente, étant donné que ce matin on nous a dit que vous aviez toutes les
réponses, bien, on compterait sur vous pour avoir la réponse, d'avoir la
lettre de départ de Mme Trudel ainsi que le rapport qu'elle a déposé vous
informant des différentes choses qui ont été mentionnées au cours de cette
séance d'aujourd'hui.
La Présidente (Mme
Poirier) : Mme la présidente... Mme la sous-ministre.
Mme Savoie
(Dominique) : Mme la
Présidente, bien, en fait, oui, il n'y a pas de rapport, c'est toujours le
PowerPoint qui m'a été présenté, là, en novembre. C'est ce que je me
suis engagée à donner, là.
Ouellette : O.K. Il n'y a
pas eu d'autre rapport? Parce que, normalement, puis je l'ai... En tout cas, je
pense qu'on l'a tous fait dans nos
vies, là : quand on quitte un endroit, on s'arrange pour être en règle
avec la place, pour ne pas que le
lendemain, bien, notre employeur nous rappelle. Donc, s'il y a des choses qui étaient
en cours, s'il y a des études qui
sont en cours, des analyses... Étant donné que vous êtes la personne qui doit
avoir toutes les réponses je veux juste que vous puissiez vérifier avec M. Boulard, qu'il vérifie avec le
cabinet s'il n'y a pas un rapport qui a été déposé, un état de situation ou
quelque chose, en date du départ de Mme Trudel, que vous devriez avoir
parce que ça a un impact avec le ministère,
puis avoir une copie de... que vous pourriez faire parvenir, les deux : le
rapport de Mme Trudel, s'il existe, ainsi que la lettre de départ
de Mme Trudel.
Puis je m'excuse, ce n'est pas moi qui vous ai
donné cette... ce qu'on nous a dit aujourd'hui, que vous nous éclaireriez et que vous auriez toutes les
réponses. Puis je sais que, normalement, vous en avez, des réponses aux
questions qu'on vous pose, ça fait que...
La Présidente (Mme Poirier) : Donc,
juste pour comprendre, donc, la lettre de départ, qui est votre...
Ouellette : La lettre de départ de Mme Trudel ainsi que
la vérification à savoir si Mme Trudel a donné un état de situation ou un rapport, qui normalement se ferait pour
tout employeur, justement, surtout si elle ne vous a pas avisée personnellement, pour ne pas que demain matin vous
soyez obligée de l'appeler puis dire : Bien là, c'est beau, vous aviez
des choses en cours, on vous avait demandé des choses, puis vous devez avoir
fait un rapport. Parce qu'en partant du moment où vous avez signé son embauche...
Mme Savoie (Dominique) : Exact.
M. Ouellette : ...vous avez, je
pense, cette autorité-là.
La Présidente (Mme Poirier) : Mme la
sous-ministre.
Mme Savoie
(Dominique) : Mme la Présidente, je vous l'ai dit au début, la clé USB, elle a plein de documents.
Donc, je ne les ai pas regardés, on m'a fait
un débriefing. Je comprends qu'il y avait beaucoup de listes, beaucoup
de listes de contrats, beaucoup
de résumés, des présentations à la commission
Charbonneau, des tableaux de suivi de
certaines choses. Ça fait que...
Est-ce que c'est un rapport en soi? C'est plein, plein, plein de documents, là,
de toutes sortes, de toutes formes, à
part le PowerPoint que je vous parle, qui m'a été présenté, qui est le seul
document qui m'avait été présenté, là, au mois de novembre.
Ouellette : Mais je
comprends — je
m'excuse, mon collègue — qu'il
y a plein de documents, mais je pense que
je suis très précis en vous disant : Sûrement que M. Boulard
peut vérifier avec le chef de cabinet si elle a rencontré le chef de cabinet, elle lui a donné une lettre. Ça, c'est
sûr. Bon. Puis elle a dû lui donner un état de situation, qui normalement est peut-être sur la clé, n'est pas sur la clé, mais il y a sûrement
quelqu'un en quelque part qui est capable de savoir où est-ce que
c'est.
Puis, pour le
reste... Parce que, là, je comprends que M. Boulard a pris la
clé et l'a donnée à son agent de liaison à l'UPAC.
Mme Savoie (Dominique) : Oui.
Ouellette : O.K. Ça
fait que... Et normalement, M. Boulard, si Mme Trudel a fait un
état de situation dénonçant x, y raisons ou faisant... répondant à
une commande, bien, sûrement que le chef de cabinet a dû dire à M.
Boulard : Ça aussi devrait aller à l'UPAC, et c'est ça que je veux
avoir.
Mme Savoie (Dominique) : On va le
demander au chef de cabinet.
La Présidente (Mme Poirier) : Alors,
maintenant, le député de Mégantic.
Bolduc : Merci, Mme la Présidente. Bonjour, mesdames
messieurs. Ça me fait
plaisir de vous écouter aujourd'hui, toutes sortes de sujets intéressants. Mais moi,
je voudrais revenir sur quelque chose que vous nous avez dit plus tôt, où on a parlé que vous avez, d'ailleurs,
plus de 6 000 employés qui
ont été formés pour détecter et prévenir les collusions de corruption et
de fraude. Ça dure combien de temps, cette formation-là?
Mme Savoie (Dominique) : Veux-tu
répondre? Peut-être demander à Mme Cantin de...
Présidente (Mme Poirier) : ...vous identifier.
Mme Cantin (Danièle) : Bonjour. Danièle Cantin, sous-ministre adjointe, Direction générale de la surveillance des marchés et de l'administration. La formation
dure une journée pour l'ensemble des employés, à l'exception des ouvriers, qui ont une formation adaptée pour eux, et cette
formation-là pour les ouvriers dure une demi-journée et elle est vraiment ciblée, là, par rapport à leur
travail.
Bolduc : Merci. Quand on
regarde la formation, les activités de formation et de perfectionnement par
catégorie d'emploi, dans le rapport
du ministère, on a, au total, une moyenne de 1,9 journée
par personne pour 2014‑2015, c'est à la
page 31 du rapport. Si vous prenez une journée pour la formation pour la
corruption, il vous reste 0,9 jour. Ça ne fait pas beaucoup,
Mme Cantin (Danièle) : Bien, écoutez, les formations, là, on pourrait vous le
détailler, mais les formations...
Mme Cantin (Danièle) : Non, non. Qu'est-ce que je veux vous
préciser, c'est que, là, on parle du rapport annuel 2014‑2015,
mais la formation se déroule depuis plusieurs années, depuis quelques années. Donc là, il
faudrait que je sorte, en 2014‑2015,
le nombre de personnes qui ont eu cette formation-là. C'est peut-être
pour ça qu'il ne faut pas prendre le chiffre global des personnes
formées et l'appliquer à l'année financière 2014‑2015.
Mais
ça, on pourrait vous sortir puis déposer la répartition des gens qui ont
participé à cette formation-là par année financière puis le concilier
avec ces tableaux-là, mais là je n'ai pas cette information-là ici.
La Présidente (Mme
Poirier) : Une dizaine. 10 secondes, oui.
Bolduc : O.K., merci.
Malheureusement, on va manquer de temps, mais on reviendra à la
prochaine séance, parce que malheureusement je manque de temps. Merci.
La Présidente (Mme
Poirier) : Merci. Je passerais maintenant la parole au député de Mercier.
M. Khadir :
Bonjour, mes collègues. Mme Savoie, bonjour. Je salue également tous les
membres de votre personnel, de votre équipe.
Tout à l'heure, avant qu'on débute, dans un bref échange avec votre collègue,
M. Deschênes, directeur du Centre de
gestion de l'équipement, je disais que ce qu'on est en train de faire ici est
l'examen non pas du ministère des
Transports, certainement pas
de sa sous-ministre, c'est-à-dire Mme Savoie, mais c'est l'examen de la
chose publique. Et la chose publique, lorsqu'il
s'agit des affaires qui concernent des ministères de l'importance du ministère
des Transports, après plusieurs
années de révélations accablantes sur les problèmes existant dans
l'octroi des contrats publics, dont le ministère
des Transports, avec le ministère
des Affaires municipales, sont les
deux principales cibles du rapport Charbonneau,
cette chose publique ne relève plus uniquement même du ministre des
Transports ou de sa sous-ministre mais du premier responsable de la chose
publique, c'est-à-dire du premier ministre du Québec.
premier ministre du Québec s'est levé en Chambre aujourd'hui, devant les
questions insistantes de l'opposition, pour
dire qu'il ne savait rien de tout ça, de ces problèmes sur les enquêtes à
l'interne sur la conformité des contrats. Il a plaidé l'ignorance.
La Présidente (Mme
Poirier) : M. le député de Mercier.
La Présidente (Mme Poirier) : La Commission de l'administration publique est,
dans sa forme, une commission non
partisane, alors je vais vous demander d'être juste prudent, je vous demande
d'être prudent sur votre questionnement à la sous-ministre.
M. Khadir :
Oui, mais c'est parce que moi, j'ai la très fâcheuse et dérangeante impression
que tout ce qu'on vit aujourd'hui
tend à faire porter le chapeau de ces problèmes-là à une personne qui est la
sous-ministre ici devant nous, qui est soumise à une espèce de commission,
qui doit faire son travail, mais je ne voudrais pas que cette commission se
transforme en une inquisition contre sa personne. Mais j'aimerais qu'elle
collabore...
La Présidente (Mme
Poirier) : Je m'assure de cela, M. le député de Mercier.
M. Khadir :
Donc, je voudrais m'assurer aussi qu'elle est pleinement consciente qu'il y a
un processus qui tend à lui faire porter le chapeau pour une situation
qui dure au moins depuis 13 ans...
La Présidente (Mme
Poirier) : Je m'excuse, là. Oui?
Reid : ...juste
rappeler à notre collègue...
Reid :
Oui, mais... Non, mais la question, c'est que la raison d'être de cette
commission et ce que nous faisons à
cette commission, c'est ce que nous faisons depuis le début. Ce n'est pas une
question d'inquisition, ce n'est pas une question de taper sur quelqu'un, c'est une question d'avoir des
questions aux bonnes personnes et à ce niveau-là. Quand on monte à un niveau
ministériel, à un niveau... au premier ministre, c'est une autre question, et
ce n'est pas la place pour faire ça ici.
La Présidente (Mme Poirier) : Merci,
monsieur...
M. Khadir : J'apprécie le commentaire de mon
collègue, mais, si c'était le cours normal des choses, on n'aurait pas autant de journalistes, dans cette commission,
puis autant de personnes présentes. La réalité, c'est qu'il y a un contexte
politique très grave. Il s'agit du ministère
des Transports, et, alors que ça fait 13 ans qu'il y a des allégations, ça
fait au moins six ans qu'il y a un
tir groupé, un faisceau d'information, moi, je me demande : Comment se
fait-il, comment se fait-il...
Commençons
par là : Est-ce que vous avez reçu une directive venant du ministère ou du
bureau du premier ministre au début de votre mandat? À quel moment
remonte le début de votre mandat au ministère du Transport à
titre de...
La Présidente (Mme Poirier) : Mme la
sous-ministre.
Mme Savoie (Dominique) : J'ai été
nommée au mois d'août 2011.
M. Khadir : Et est-ce que, dans la suite des
événements qui ont suivi, le changement de gouvernement, vous avez eu une directive venant du gouvernement, du
Conseil des ministres, du bureau du premier ministre ou du ministre lui-même
pour informer le plus rapidement possible le
ministre ou le Conseil des ministres de tout problème entourant des
irrégularités dans l'octroi des contrats publics au ministère du
Transport?
La Présidente (Mme Poirier) : Mme la
sous-ministre.
Mme Savoie (Dominique) : Mme la
Présidente, c'est de ma responsabilité à tous les jours d'informer le secrétaire général, si je vois des choses
d'importance, et mon ministre, évidemment. C'est une responsabilité que
j'assume à tous les jours.
M. Khadir : Alors, la question qui se pose,
Mme Savoie, c'est que M. Poëti vous a demandé un rapport. Comment
se fait-il que ça ait pris tellement de temps, et finalement il n'a jamais eu
le rapport avant son départ?
Mme Savoie
(Dominique) : Mme la
Présidente, je réitère que j'ai eu une première information de Mme Trudel
après plus d'un an de sa présence au
ministère, en novembre. M. Poëti m'a confié la responsabilité de faire le
suivi des dossiers, on s'est vus à
quelques reprises, et, trois mois plus tard, moins de trois mois plus tard,
M. Poëti avait quitté. J'étais déjà
en action, on avait plein de suggestions qu'elle avait faites qu'on avait déjà
mises en branle, et j'étais pour... C'est la réponse que j'ai à donner. Je pense que l'ancien ministre voulait
surtout s'assurer qu'on continue à être vigilants, puis c'est ce qu'on
fait. Et c'est ce que je fais depuis 2011, depuis mon arrivée.
M. Khadir : Oui, mais, à partir du moment où il
y a eu... dès le moment où il y a eu le rapport de Mme Trudel, est-ce qu'il n'aurait pas é