Institutions — 31 May 2022 (42nd Legislature, 2nd Session)
CI 2022-05-31
Quebec — Committees
(Quinze
heures cinquante-trois minutes)
Le Président (M. Bachand) : Bon après-midi, tout le monde. La Commission des institutions reprend
ses travaux.
La commission est
réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 2, Loi
portant sur la réforme du droit de la
famille en matière de filiation et modifiant le Code civil en matière de droits
de la personnalité et d'état civil.
Avant de débuter, Mme
la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire :
Oui, M. le Président. M. Benjamin (Viau) est remplacé par Mme Rizqy (Saint-Laurent);
M. Barrette (La Pinière)
est remplacé par M. Tanguay (LaFontaine); M. Rousselle (Vimont) est
remplacé par Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis) et M. Zanetti
(Jean-Lesage) est remplacé par M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve).
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
Je vous rappelle que l'étude de l'article 108 est suspendue. Lors de l'ajournement de nos travaux, mercredi
dernier, nous en étions à l'étude de l'article 117 du projet de loi.
Donc, interventions sur 117? Bien, peut-être, M. le ministre, avant de débuter,
s'il vous plaît, oui, pour la suite des choses.
Jolin-Barrette : Oui. Juste vous informer, M. le Président, on a
distribué aux membres un nouveau tableau qui
corrige certaines coquilles
qui étaient... qui étaient présentes dans le précédent tableau, avec une
inversion également de deux articles, à la demande du deuxième groupe
d'opposition, relativement à la...
Jolin-Barrette : ... — oui, bien, on va le faire — relativement
aux grands-parents. L'accès aux grands-parents, tout ça, ça nous a été demandé.
Donc, c'est les articles 109 et 130 du projet de loi qu'on va inverser, M.
le Président. Alors, pour...
Président (M. Bachand) : Merci.
D'ailleurs... et tout se retrouve sur Greffier.
Jolin-Barrette : Oui.
Président (M. Bachand) : D'accord. C'est
beau.
Jolin-Barrette : Alors, pour l'article 117, M. le
Président :
L'article 583.8 de ce code est modifié :
1° par la
suppression, dans le premier alinéa, de «ou d'un refus exprimé par un tiers»;
2° par le
remplacement du deuxième alinéa par le suivant :
«S'il est introuvable
ou inapte à exprimer sa volonté, le refus de plein droit est maintenu. Dans
l'éventualité où il est retrouvé ou
redevient apte à exprimer sa volonté, l'occasion de maintenir ou de retirer ce
refus doit lui être offerte.»
Commentaire.
L'article 117 propose de modifier l'article 538.8 du Code civil afin
de supprimer les termes «ou d'un refus exprimé par un tiers», étant donné que
l'article 112 propose d'abroger l'article permettant qu'un refus puisse
être exprimé par un tiers.
Aussi, pour cette
raison, il est proposé de supprimer le deuxième alinéa et de prévoir à la place
une nouvelle règle concernant le bénéficiaire d'un refus de plein droit. Ainsi,
il est proposé que, si ce bénéficiaire est introuvable ou inapte à exprimer sa
volonté, le refus de plein droit est maintenu et que, dans l'éventualité où il
est retrouvé ou redevient apte à exprimer sa volonté, l'occasion de maintenir
ou de retirer ce refus doit lui être offerte.
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
M. le député de LaFontaine, s'il vous plaît.
M. Tanguay :
(Interruption) Je viens de me frapper le genou, M. le Président.
Président (M. Bachand) : Oui.
M. Tanguay : Aïe!
Comme il n'y a pas de lendemain...
Jolin-Barrette : M. le Président, je...
M. Tanguay : Ce n'est pas...
C'est CNESST.
Jolin-Barrette : ...je peux suggérer qu'on accompagne le député de
LaFontaine à l'infirmerie...
M. Tanguay : Non. C'est ça, jusqu'à
jeudi, 22 h 30.
M. Jolin-Barrette : ...pour une
durée prolongée. Je...
M. Tanguay : Vous allez me signer
mon congé?
M. Jolin-Barrette : Non. Non, je
pense, c'est important de prendre le temps de réhabilitation requis.
Le Président (M.
Bachand) : M. le député de LaFontaine,
oui.
M. Tanguay : ...la douleur se
dissipant, M. le Président... Là, le ministre peut-il nous expliquer... juste
pour qu'on se remette dans le bain, là. Là, on était... puis il y avait le
concept de veto à l'identification et veto au... pardon, veto... Ce n'est pas
l'identification. C'était quoi, le terme? Puis l'autre, c'était veto contact.
Veto...
M. Jolin-Barrette : Le veto de
contact et le veto de divulgation de l'identité.
M. Tanguay : O.K. Là, on en est dans
quel contexte avec cet
article 117 là? On n'est plus dans le cas de la...
puis je ne me rappelle plus comment on le... les bébés, la...
M. Jolin-Barrette : La boîte à
bébés.
M. Tanguay : La boîte à bébés. On
n'est pas dans le contexte de boîtes à bébés. Pour celles et ceux qui, comme
nous, se remettent dans le bain, c'est la femme qui, par exemple, est victime
de viol, plutôt que de disposer elle-même de
l'enfant dans les 30 jours, le remet aux autorités compétentes et ne veut
pas de contact avec l'enfant. Et ce sera le cas jusqu'à 18 ans. Et il y avait une modification qu'on avait
peut-être déjà faite, qui était le un an ad vitam aeternam, hein?
M. Jolin-Barrette : Là, on est dans
la situation où, si vous êtes absent, introuvable ou inapte à exprimer la
volonté, c'est le refus de plein droit qui est maintenu. Donc, on n'est plus
dans le tuteur ou le curateur qui peut, au nom de la personne qui est inapte ou
introuvable, supposons, inscrire le veto. Dans le fond, il y a une présomption
que c'est un veto... que le veto est
maintenu. Dans le fond, c'est... ça devient intuitu personae, donc c'est la
personne qui doit lever son propre veto. Dans le fond, en cas
d'inaptitude, on ne dit pas que le curateur pourrait le faire. C'est vraiment
la personne. Maintenant, on transfère la responsabilité... Le curateur n'a plus
cette responsabilité-là, si l'inaptitude prend fin. À ce moment-là, la personne
va pouvoir lever le veto, donc...
M. Tanguay : O.K. Donc là, on ne
parle pas de tuteur et de curateur, là. Ici, on parle...
M. Jolin-Barrette : Non, mais ça
fait suite à... aux articles précédents : «Le bénéficiaire d'un refus de
plein droit[...] — à
l'article 112, c'est ça — doit,
lors de la première demande de renseignements le concernant, en être
informé et avoir l'occasion de le maintenir ou de le retirer.»
Ça, exemple... Pour le premier alinéa, on se
retrouve dans la situation où, exemple, la femme qui est violée, dans le fond,
elle, elle avait un refus de plein droit. Et, lorsque, supposons, le mineur,
âgé de 14 ans et plus, demande de connaître l'origine de ses parents, puis
que ça s'adonne que c'est une femme qui avait été violée, puis qu'elle avait
inscrit son veto jusqu'à l'âge de 18 ans, bien là, à ce moment-là, elle va
être informée par le centre jeunesse, dire : Bonjour. Nous avons reçu une
demande. Souhaitez-vous lever le veto ou non? Si la dame dit : Je
maintiens le veto, même si le jeune, à 15, 16, 17, rappelle au centre jeunesse,
bien, on ne rappellera pas la dame. Dans le fond, le veto, il est là jusqu'à
M. Tanguay : Elle le confirme
jusqu'à 18.
M. Jolin-Barrette : Exactement. Ce
qui ne veut pas dire qu'elle-même, de son propre chef, peut retirer le veto.
M. Tanguay : Comme on avait eu la
discussion, parce qu'on se remet dans le bain, elle en sera ainsi informée.
Donc, il a 14 ans aujourd'hui, votre enfant biologique. Votre réponse est
non. D'accord, on va prendre acte de ça jusqu'à 18 ans, mais sachez que
vous pourrez d'ici là lever ledit veto.
M. Jolin-Barrette : Exactement.
Tanguay : Et à 18 ans, de l'enfant biologique, il n'y a plus...
il n'y a plus de... il n'y a plus de capacité à bloquer l'identification de
la...
Jolin-Barrette : Exactement.
M. Tanguay :
...la mère biologique.
Jolin-Barrette : Le veto de contact, par contre, peut être maintenu.
M. Tanguay : ...et
c'était quoi, l'aspect... Qu'est-ce qu'on venait changer... Vous vous en
rappelez, il y avait un an puis ad vitam aeternam. C'était quoi, ça?
Jolin-Barrette : Dans le fond, auparavant, c'était... Le veto, il y
avait un an pour l'inscrire. Là, on le diminue à 30 jours. Ensuite,
c'était pour la vie durant, et là on arrête ça à 18 ans. Le principe est à
l'effet qu'on veut permettre à l'enfant biologique de connaître ses origines un
jour.
Président (M. Bachand) : Mme la députée de
Joliette.
Mme Hivon : Oui. Alors, on comprend que, là, on est vraiment
dans le cas où quelqu'un... dans les circonstances qu'on évoque, on
aurait peur que cette personne-là puisse commettre l'irréparable ou... Donc,
elle a le potentiel d'inscrire son veto jusqu'à l'âge où l'enfant aura
18 ans. Mais...
Jolin-Barrette : Bien, ça, c'étaient les articles précédents, là.
Mme Hivon : C'est
ça. Mais là on vient comme créer une exception qui est que, si le jeune, à
partir de 14 ans, lève la main pour dire : J'aimerais retrouver ma
mère, avoir en fait... peut-être retrouver, mais avoir son nom, tout ce qui en
découle, là on vient dire... on va signifier à la personne, même s'il a
14 ans : Elle a dit non jusqu'à 18 ans. Puis là, à 18 ans, c'est un automatisme, on lève
ça. Qu'est-ce qui a fait... Qu'est-ce qui... Moi, ça m'intéresse de connaître
l'intention du législateur, là, parce que je pense que ça intéresse les
Québécois sur ces enjeux-là qui sont quand même sensibles. Parce qu'on comprend
qu'à chaque fois... Je veux dire, c'est un traumatisme incroyable pour une mère
de confier son enfant, pour toutes sortes de raisons, en adoption. Et là
elle... elle sait, au moment où elle choisit, par exemple, de ne pas accepter
que son identité soit divulguée, que ça va être jusqu'à 18 ans. Mais là il
y a une exception, si l'enfant le demande à 14 ans. Qu'est-ce qui a fait
que le législateur... ce qui va créer de nouveaux remous dans la vie de la mère
qui s'attendait à ce que, jusqu'à 18 ans, ça soit un état, je dirais,
constant des choses? Qu'est-ce qui a fait pencher le ministre pour donner cette
possibilité-là et la faire cohabiter?
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
M. le ministre, s'il vous plaît.
Jolin-Barrette : Oui. Dans le fond, le principe qu'on a suivi,
c'est : Jusqu'à la majorité de l'enfant, c'est l'intérêt de la mère qui
prime. Donc, jusqu'à l'âge de la majorité de l'enfant, c'est la... c'est
l'intérêt de la mère qui prime. À 18 ans, il y a un transfert où c'est...
c'est l'intérêt de l'enfant à la connaissance de ses origines qui prime.
Pourquoi est-ce qu'on
insère une exception à 14 ans? Bien, à 14 ans, la mère... l'identité
ne sera pas dévoilée à moins qu'il y ait son consentement, mais c'est pour
permettre... Parce que, l'enfant, à 14 ans, on lui permet de faire
plusieurs actes, plusieurs choses, puis ça se peut bien qu'il soit en crise
d'identité, ou d'existence, ou il veut connaître ses origines aussi. Donc, on
vient faire le pont avec la mère biologique pour dire : Écoutez, on a reçu
une demande. C'est possible que la personne veuille dévoiler son identité à ce
moment-là parce que la personne se sent prête ou elle va y réfléchir aussi. Le
fait qu'un enfant veuille connaître ses origines aussi, ça peut parler à la
personne aussi, mais ce n'est qu'une seule fois que ça va être fait.
Donc, c'est sûr que
l'âge de 14 ans, c'est l'âge généralement où on peut consentir à des
soins. C'est l'âge où il y a plusieurs autonomies, à l'âge de 14 ans.
C'est pour ça qu'on a choisi l'âge de 14 ans. Mais effectivement, vous
avez raison, ça crée une situation où, dans le fond, c'est 14 ans sans
nouvelles, possibilité à partir de l'âge de 14 ans.
Mme Hivon : C'est
juste que la mère biologique, elle a toujours le loisir. Si trois ans après
elle change d'idée, elle peut lever son veto qu'elle avait inscrit à la
naissance. Six ans plus tard, elle peut le lever. Elle a toujours cette
capacité-là. Je trouve, je vais dire le mot, ce n'est peut-être pas le bon mot,
mais qu'il y a un aspect un petit peu qui vient comme... ce n'est pas du
harcèlement, là, ça va arriver une fois, mais elle l'a déjà, cette capacité-là,
puis Dieu sait que je pense qu'elle le sait, à l'intérieur d'elle-même, qu'elle
a fait ce choix-là, qu'elle a cette capacité-là. Donc là, l'État vient comme
lui mettre une pression. Si l'enfant, à 14 ans, lève la main, qu'elle se
requestionne, alors que... c'est comme si on pense qu'elle n'a pas, je dirais,
le libre arbitre, à chaque année depuis qu'elle a posé ce geste-là, chaque
mois, chaque journée, de se poser cette question-là. Donc, je trouve juste qu'il
y a quelque chose de sensible là-dedans, que l'État vienne comme lui
dire : Aïe! Tu avais le choix de changer d'idée à chaque jour de ta vie
depuis que tu as confié l'enfant en adoption, mais nous, on vient te le dire en
plus, alors qu'elle sait très bien qu'à 18 ans ça va être levé de toute
façon. Je me demande vraiment, dans la balance des intérêts, si on est à la
bonne place.
Président (M. Bachand) : Merci. M. le
ministre.
M. Jolin-Barrette : Ce qu'on
m'indique, c'est qu'antérieurement à la disposition... c'est que la mère, elle
était déjà contactée. Tu sais, avant le projet de loi n° 113, c'est que,
la mère, dans le fond, le centre jeunesse la contactait. Donc, même si l'enfant
était mineur, la demande était faite.
Mme Hivon : Mais est-ce qu'elle
avait inscrit le veto?
M. Jolin-Barrette : Oui, elle avait
déjà un veto.
Hivon : C'est ça.
M. Jolin-Barrette : Il n'y avait pas
de veto, mais c'était automatiquement un refus. Donc, elle devait consentir aux
retrouvailles.
Mme Hivon : C'est ça. Mais ce n'est
pas la même chose.
M. Jolin-Barrette : Ça fait que
c'est l'équivalent.
Mme Hivon : Bien, je trouve qu'il y
a une petite différence, si je peux me permettre.
M. Jolin-Barrette : Bien, c'est
parce qu'on a ouvert. Dans le fond, avec le projet de loi n° 113, on a
ouvert pour faire en sorte que c'est l'accès aux origines.
Jolin-Barrette : Alors
qu'avant ce n'était pas pantoute, ce n'était pas pantoute jusqu'à tant que la
personne consente.
Mme Hivon : C'est ça. Mais c'est
qu'avant... puis vous me corrigerez si j'erre, de ce que je comprends, c'est qu'avant la mère biologique, dans le fond, elle
n'inscrivait pas le veto, donc elle n'avait pas fait toute cette réflexion-là
de se dire : O.K., je pose ce geste-là positif d'inscrire le veto et je
sais que, jusqu'à 18 ans, ça va s'appliquer, puis, après 18 ans, ça
saute automatiquement.
Là, elle a la possibilité de le faire, et je ne
pense pas qu'il n'y a personne qui prend ça à la légère. Donc, si elle
l'inscrit tout en sachant très bien qu'elle peut le lever à chaque jour qui va
suivre cette décision-là, elle a fait le geste, elle a fait la réflexion, elle
a posé le geste. Donc, je trouve que c'est quand même différent.
Avant, on allait évidemment lui en faire part
s'il y avait un changement de circonstances puis que l'enfant biologique levait
la main.
M. Jolin-Barrette : Mais avant il y
avait un veto d'office. Il y avait un veto d'office. Là, ça peut arriver que
les circonstances de la vie, pour des raisons de sécurité ou tout ça, elle
inscrit le veto. Puis, tu sais, peut-être que la personne vit comme ça puis
qu'elle ne s'est pas requestionnée aussi. Tu sais, il y a plusieurs cas de
situations qui peuvent arriver. Mais ce que je veux dire... mais...
Mme Hivon : Bien, je vous
demanderais juste de parler à quelques femmes qui ont confié leurs enfants à
l'adoption, là. Je sais que le ministre a une grande sensibilité, je ne remets
pas ça en cause, vraiment pas, mais je ne pense pas qu'il y a grand de
personnes qui ne se requestionnent pas.
M. Jolin-Barrette : Mais mon point,
là, c'est plus le fait de dire que, dans la situation antérieure, supposons, au
projet de loi n° 113, là, mais, supposons, la demande des parents
adoptants... l'enfant, par le biais de ses parents adoptants, en bas de
14 ans, il contactait déjà la mère, le centre jeunesse contactait déjà la
mère, avec plus de 14 ans aussi, il contactait déjà la mère. Ça fait que,
dans le fond, ce n'est pas vraiment nouveau. Dans le fond, la situation de
pouvoir inscrire ce veto-là, c'est une exception dans tout le régime parce
qu'on est passé vers un régime d'ouverture, mais on maintient certaines
exceptions pour...
Mme Hivon : Moi,
ma perspective, M. le Président, puis honnêtement ces éléments-là, c'est tous
des sujets à débat, puis à équilibre, puis à recherche des équilibres dans des
enjeux extrêmement humains et sensibles, c'est qu'avant, si on avait donné le
choix, il y aurait eu deux possibilités, donc, pour les mères
biologiques : Je l'inscris, je ne l'inscris pas. Là, d'office, c'était
impossible. On avait décidé que, d'office, dans ces cas-là, il y avait un veto
qui était là d'office. Donc, ce n'est pas la personne qui faisait le choix
délibéré, après réflexion, de décider qu'est-ce que je fais, qu'est ce que je
pense qui est bon pour moi et mon enfant biologique. Là, on donne ce choix-là.
Donc, je trouve juste ça particulier. C'est comme si on donne du libre arbitre,
de l'autodétermination à la mère biologique, je pense, c'est bien, mais, en
même temps, c'est comme si on dit : Mais, en même temps, on va aller
frapper à sa porte, là, manière de parler, on va la
contacter s'il y a un événement qui change, en l'occurrence qui n'est pas
banal, mais de l'enfant qui, à 14 ans, lève la main pour dire... Puis je
trouve ça bizarre, parce que je pense que cette personne-là qui a fait ce
choix-là, elle-même, elle pourrait lever le veto à sa convenance, sans qu'on
vienne, en quelque sorte, lui ramener tout ça, alors qu'elle connaît ses
droits, normalement, puis a bien été accompagnée là-dedans, j'espère, puis qu'à
18 ans elle le sait, que ça va être levé.
C'est juste une
perspective que je voulais mettre au jeu. Parce que je suis très sensible à
toute la question de l'accès aux origines, croyez-moi, mais je pense qu'aussi,
quand le législateur fait le choix de dire : On reconnaît que, dans ces cas-là, c'est particulier, tellement
particulier qu'on crée une exception pour éviter certaines circonstances
difficiles puis qu'on permet l'exception jusqu'à l'âge de 18 ans... Je
trouve ça bizarre qu'on revienne rejouer là-dedans, comme pour affaiblir
l'exception, quand on sait ce que ça implique de déchirement pour quelqu'un qui
est dans la situation.
Président (M. Bachand) : Merci. Mme la
députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme Weil : Écoutez,
ce n'est pas... c'est l'article qui est déjà... qui a déjà été adopté, c'est
113, c'est en relisant le mémoire de la
DPJ... mais ça touche quand même cette question de choix et le commentaire qui
était à 113, c'est-à-dire de, comment dire, encourager le plus possible
que les gens puissent connaître leurs origines, mais la DPJ, les directeurs de
protection de la jeunesse, puis je voulais juste voir si le ministre
souhaiterait y répondre parce qu'il aurait une réponse à ça, ils se posent la
question : Pourquoi? Et puis c'est vraiment l'article 113. Mais le
délai passe d'un an, on donne un an à la
mère de décider si elle va inscrire un refus de communication, mais on le
raccourcit. Et, dans... et, avant que vous déclariez que c'est
admissible que je pose cette question, c'est juste parce que je trouve que ça
touche le tout, puis il y a certainement une réflexion qui a eu lieu dans la
tête du ministre et de ceux qui ont collaboré.
Alors,
ils disent : «Nous questionnons le délai établi passant d'un an à
30 jours, compte tenu de l'accouchement, de l'état physique et
psychologique de la mère après l'accouchement et du fait qu'elle confie son
enfant à l'adoption. Le délai de 30 jours ne tient pas compte de ces
circonstances et du choix difficile que doit faire la mère qui est confrontée à
des changements et des décisions majeures. Compte tenu que la mère, dans les
30 jours suivant la date de signature de son consentement à l'adoption, a
l'opportunité de revenir sur sa décision de confier son enfant en adoption, il
serait judicieux de procéder à la décision relative à la communication de son
identité dans un deuxième temps.»
C'est
juste de voir, et il y a d'autres commentaires, s'il y a, comment dire...
peut-être expliquer pourquoi on a raccourci de tant de mois, là, d'un an
à 30, et est-ce que c'est relié? Est-ce que la vision et la philosophie
derrière ça sont reliées...
Jolin-Barrette : Vous savez, le délai pour la déclaration de
naissance, c'est 30 jours, le délai de rétractation de consentement,
également, c'est 30 jours. Donc, on est venu arrimer le tout, parce qu'en
termes de stabilité également c'est généralement autour de 30 jours.
Mme Weil : Mais
est-ce qu'on a... est-ce qu'on a réfléchi, donc, à ce qu'eux disent, donc
l'état, dans toutes ces circonstances, de la mère qui donne son enfant en
adoption? Ça a été quoi, la réflexion?
Jolin-Barrette : Puis, exemple, les informations qu'on a pour les
données du ministère de la Santé et des Services sociaux : que, les
enfants confiés à l'adoption, les refus ont été enregistrés dans les jours
suivant la naissance aussi, la majorité. Dans le fond, suivant la naissance de
l'enfant, quand c'est confié à l'adoption, c'est au tout début, à l'intérieur
du 30 jours.
Mme Weil : Dans
les faits, c'est ça que vous voulez dire?
Jolin-Barrette : C'est ça.
Mme Weil : Ah!
O.K. Donc, vous avez suivi ce qui se passe dans la vie.
Jolin-Barrette : Oui. Puis la réflexion, aussi, de la mère, ça ne
débute pas à la naissance, aussi, là, ça débute pendant la grossesse aussi.
Président (M. Bachand) : Merci.
Interventions? M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay : Juste
de compréhension. L'occasion... à la fin, là, in fine : «L'occasion de
maintenir ou de retirer ce refus doit lui être offerte.» Donc, on parle, encore
une fois... Puis on avait un petit début de discussion sur la fin. Les
autorités compétentes ici, on parle de quoi? Pas le Secrétariat à la jeunesse,
on parlait de...
Jolin-Barrette : ...centre jeunesse.
M. Tanguay : Centre
jeunesse. On se questionnait à savoir quand en seront-ils informés et comment.
M. Jolin-Barrette : Bien, dans le
fond, c'est la personne, supposons, qui a déclaré l'inaptitude ou le fait que
la personne est introuvable qui va réinformer le centre jeunesse de l'aptitude
à nouveau de la personne.
Tanguay : Ça, il n'y aura rien de systématique, dans la mesure où, si
la personne était, au départ, introuvable, là elle est redevenue trouvable,
elle n'aura pas été notifiée, là, dans l'huis de la porte, là, je veux dire.
Jolin-Barrette : Non, bien, pas nécessairement. Dans le fond, c'est la
personne qui gérait les choses de la personne en son absence qui va l'informer,
qui va informer le centre jeunesse que la personne est...
M. Tanguay : Et
l'occasion... quand on dit : «L'occasion de maintenir ou de retirer ce
refus doit lui être offerte», à ce moment-là, c'est...
Jolin-Barrette : Le centre jeunesse va la recontacter.
M. Tanguay : Puis,
autrement dit, c'est loisible... loisir lui sera donné de maintenir ou de...
C'est ce que ça veut dire, dans le fond.
Jolin-Barrette : C'est ça.
Le Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. Interventions sur 117? S'il n'y a pas d'autre
intervention, est-ce que l'article 117 est adopté?
Président (M. Bachand) : Adopté. Merci. M.
le ministre, s'il vous plaît.
Jolin-Barrette : 118, M. le Président :
L'article 583.10 de
ce code est remplacé par le suivant :
«583.10. À moins que
la communication de ces renseignements ne permette de révéler l'identité du
parent d'origine alors que celui-ci bénéficie d'un refus à la communication de
son identité, l'adopté, y compris celui âgé de moins de 14 ans qui a l'accord
de ses père et mère, ou de ses parents ou de son tuteur, a le droit d'obtenir,
auprès des autorités chargées par la loi de les révéler, le nom de ses frères
ou soeurs d'origine devenus majeurs, adoptés ou non, et celui de ses
grands-parents d'origine ainsi que, dans la mesure où ils y consentent, les
renseignements lui permettant de prendre contact avec eux.
«De même, lorsque
l'adopté est devenu majeur, ses frères et [ses] soeurs d'origine, adoptés ou
non, y compris ceux âgés de moins de 14 ans qui ont l'accord de leurs père
et mère ou de leurs parents ou de leur tuteur, ainsi que [de] ses
grands-parents d'origine ont le droit d'obtenir le nom qui lui a été donné et
les renseignements leur permettant de prendre contact avec lui, dans la mesure
où l'adopté y consent.»
Commentaire.
L'article 118 propose de modifier l'article 583.10 du Code civil afin
de changer la règle qui y est prévue. Ainsi, dans un premier temps, cet
article propose que l'adopté, y compris celui âgé de moins de 14 ans qui a
l'accord de ses père et mère, ou de ses parents, ou de son tuteur, a le droit
d'obtenir, auprès des autorités chargées par la
loi de les révéler, le nom de ses frères ou soeurs d'origine devenus majeurs,
adoptés ou non, et celui de ses grands-parents d'origine ainsi que, dans
la mesure où ils y consentent, les renseignements lui permettant de prendre
contact avec eux, à moins que la communication de ces renseignements ne
permette de révéler l'identité du parent d'origine alors que celui-ci bénéficie
d'un refus à la communication de son identité.
Dans un deuxième
temps, cet
article propose que, lorsque l'adopté est devenu majeur, ses frères
et soeurs d'origine, adoptés ou non, y compris ceux de moins de 14 ans qui
ont l'accord de leurs père et mère, ou de leurs parents, ou de leur tuteur,
ainsi que ses grands-parents d'origine ont le droit d'obtenir le nom qui lui a
été donné et les renseignements leur permettant de prendre contact avec lui
dans la mesure où l'adopté y consent.
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
Interventions sur 118? M. le député de LaFontaine, oui. Oui?
Jolin-Barrette : Donc, peut-être juste vous dire, là : Ça, ça
donne suite aux demandes des différents groupes, notamment le Mouvement
Retrouvailles.
Président (M. Bachand) : Merci. M. le
député de LaFontaine. Après ça, la députée de Joliette.
M. Tanguay : On
peut toujours, donc, prendre le même cas d'espèce de la femme qui a été violée
et qui donne en adoption son enfant dans le 30 jours, et, bon, le
18 ans, on vient de le voir, ça, ça ne le préjudicie donc pas, cela ne
préjudicie donc pas aux parents de la mère biologique de l'enfant, donc, les
grands-parents de l'enfant, eux, d'établir contact indépendamment de ce que
leur fille, mère biologique, aura décidé. C'est ça? Donc, il s'agit de deux
types de droits différents, c'est cela?
Jolin-Barrette : Donc, vous, votre question, c'est relativement aux
grands-parents biologiques?
M. Tanguay : Exact. Le traitement
différencié quant au droit à respecter... Parce que la fille biologique qui a
l'enfant et qui le donne en adoption va inscrire le refus qui va être valide
jusqu'à 18 ans, et elle pourra refuser, même avant 18 ans, de... tout contact. Est-ce
qu'on peut faire miroir avec les parents biologiques de la femme qui a donné
l'enfant en... Eux, est-ce qu'ils ont un droit de refus ou pas, ou...
grands-parents, parents biologiques de la mère, oui?
M. Jolin-Barrette : L'enfant
biologique... C'est ça, l'enfant qui a été confié à l'adoption...
M. Jolin-Barrette : ...lui a le
droit, à partir de l'âge de... — vous me corrigerez, Me Roy — à
partir de l'âge de 14 ans, de demander l'identité de ses grands-parents
biologiques.
M. Jolin-Barrette : Seul, c'est
M. Tanguay : 14 ans et
plus.
M. Jolin-Barrette : Les
grands-parents biologiques, eux, ont également le droit, mais avec le
consentement de l'enfant, à partir de 18 ans, de demander le nom de l'enfant.
M. Tanguay : Pas avant qu'il
ait 18 ans, par contre?
M. Jolin-Barrette : Oui,
jusqu'à 18 ans.
Une voix : C'est l'alinéa deux.
M. Jolin-Barrette :
L'alinéa deux.
M. Tanguay : Et
l'enfant... l'enfant qui a 14 ans, qui essaie de connaître sa mère
biologique, et elle qui réaffirme son refus, peut-il essayer auprès de
ses parents... de ses grands-parents biologiques?
M. Jolin-Barrette : La réponse,
c'est oui.
M. Tanguay : Il peut y avoir
une réponse différenciée?
M. Jolin-Barrette : Oui.
M. Tanguay : Puis
là il y aura un enjeu, évidemment, de conserver la confidentialité de tout ça,
là. Évidemment, on...
Le Président (M.
Bachand) : ...allez-y, M. le député.
Pardon.
M. Tanguay : Je veux juste
finir ma... Il y a une virgule, donc on pourrait être dans cette situation-là — c'était
ça, ma question — que
les grands-parents biologiques ont accès à l'enfant de 14 ans, le
connaissent, tout ça, mais que la mère a décidé de ne pas aller en ce sens-là?
Le Président (M.
Bachand) : Sur le même sujet, Mme la
députée de Joliette.
Mme Hivon : Oui, je dois aller
dans une autre commission dans sept minutes, ça fait que je veux juste
mettre mes questions au jeu. Encore une fois, je suis... moi, je suis surprise.
Donc, je comprends, c'est légitime que le Mouvement Retrouvailles ait beaucoup
de demandes, je suis ouverte à plusieurs d'entre elles, mais je pense qu'on
doit juste réfléchir. Le grand-parent, mettons, le grand-parent, en théorie, il
pourrait même ne pas savoir que sa fille aurait eu un enfant biologique qu'elle
a confié à l'adoption, et là il va être... il va devoir... pouvoir révéler son
identité. J'aimerais comprendre la logique de ça, j'aimerais comprendre
pourquoi on embarque les grands-parents là-dedans, honnêtement, puisqu'on sait
que, là, on a la règle du parent qui, lui, a confié, en toute connaissance de
cause, son enfant à l'adoption. Dans
l'équilibre des intérêts en présence, je comprends jusqu'à un certain point les
choix qui sont faits. Qu'on embarque le grand-parent avec le cas de
figure où il pourrait ne même pas être au courant, on sait qu'il y a des
filles... puis, dans les années 80, ça existait encore, il y avait des
maisons pour des filles qui quittaient leurs familles pour vivre ça en toute
confidentialité. Et là il n'y a aucune exception, l'identité va être donnée. Et
moi, je répète que je pense que c'est une vue de l'esprit de penser qu'une
fois, en 2022, que les gens ont l'identité, le contact ne se fera pas, même si,
en théorie, on peut mettre un veto de contact avec les réseaux sociaux puis
toute la diffusion de l'information. Donc, ça, je trouve que c'est majeur. Moi,
je n'irais pas jusque-là, je le dis. Je comprends qu'une personne adoptée veut
avoir un maximum d'informations, elle va avoir
l'information sur son parent biologique. Le grand-parent, avec tout ce que ça
implique, je pense que, là, on n'est pas dans le bon équilibre.
Puis mon autre question, c'est les frères et
soeurs : Qui est considéré comme un frère et soeur? Tout enfant né de la
même mère biologique, évidemment, même s'ils n'ont pas le même père biologique,
tout enfant né du même père biologique aussi ou c'est juste... on part juste de
la réalité de la mère biologique, et, si oui, pourquoi? Parce qu'il y a tout
l'enjeu aussi du père biologique qui peut avoir eu plusieurs autres enfants
dans sa vie. Donc, est-ce que ça comporte tout, absolument tous les liens avec
autant la mère biologique, le père biologique? Voilà.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Alors, à
votre première question, au début du libellé de l'alinéa un, on commence
par : «À moins que la communication de ces renseignements ne permette de
révéler l'identité du parent d'origine alors que celui-ci bénéficie d'un refus
à la communication de son identité».
Donc, premièrement, avant de donner accès aux
grands-parents biologiques... dans le fond, si ça met en cause cet élément-là par rapport au parent d'origine, il
y a une pondération qui est à faire relativement à l'accès aux grands-parents
d'origine.
Pourquoi est-ce qu'on couvre les grands-parents
d'origine? Bien, c'est toujours la recherche, la quête d'identité, le droit à
la connaissance des origines aussi, alors...
Mme Hivon : Mais qu'est-ce
qu'on fait... Je veux juste... avant de quitter, là, je veux juste... Qu'est-ce
qu'on fait avec le cas où le grand-parent, il n'est pas au courant? Puis ça, on
ne le saura pas, là. On a beau être extraordinaires, les législateurs, là, puis
le ministre, puis les services sociaux, mais on ne le saura pas, ça. Donc, je
veux dire, est-ce qu'il n'y a pas un équilibre à trouver aussi?
M. Jolin-Barrette : Oui, mais
on se retrouve dans une situation où, même si l'âge était plus... supposons que
l'âge était fixé à 18 ans, on se retrouverait dans la même situation. Si
on veut permettre aux gens qui ont été confiés à l'adoption de connaître leur
historique familial, c'est justement le choix que nous faisons, de permettre
d'avoir l'information par rapport aux grands-parents biologiques.
M. Jolin-Barrette : Pour ce qui est
de votre seconde question, relativement aux frères et soeurs, en fait, c'est du
côté du père ou de la mère, en fonction du parent recherché. Dans le fond, si
c'est du côté de la mère, supposons que vous faites la recherche, bien, c'est
en lien avec la filiation maternelle, donc les autres enfants que la dame a eus
qui sont au même degré de filiation, donc qu'ils soient des frères et soeurs
de... comment je pourrais dire...
Mme Hivon : De père et mère à 100 %?
M. Jolin-Barrette : Oui, à
100 %, ou des demis.
Mme Hivon : O.K. Je reviens à mes
grands-parents. Normalement, là, il va y avoir l'identité du parent, puis, si
le parent souhaite qu'il puisse avoir contact, il n'y aura pas de véto de contact.
Moi, je pense que la responsabilité d'expliquer l'histoire au-delà du parent,
donc qui implique les grands-parents, elle revient au choix du parent
biologique. Je trouve que ça va très loin. Et je comprends, là, l'intérêt, là,
de tout vouloir. Je veux dire, je ne suis pas dans leur peau, mais je peux le
concevoir, puis on les a entendus beaucoup. Mais je pense aussi qu'il faut
réaliser ce qu'on est en train de créer comme nouvelle situation sociale de
dévoilement de choses. Je comprends, là, vous me dites : Si la personne ne
veut pas que son identité soit dévoilée jusqu'à l'âge où son enfant a
18 ans, on va respecter ça. Ça, je comprends. Après ça, ça ne tient plus,
son nom va être donné nécessairement. Mais ça se peut très bien que la mère
biologique, là, dont les parents ne le savent pas, elle se dit : Bien là,
ce n'est déjà pas pire que mon enfant sache mon identité. Je vais décider si je
mets un veto de contact ou pas. Mais que, là, on va lui donner le nom de mes
parents qui n'ont jamais su ça, honnêtement, moi, je ne trouve pas qu'on met
l'équilibre à la bonne place. Je trouve que
le parent biologique, c'est sa responsabilité après d'expliquer l'histoire
familiale puis les grands-parents, puis de gérer ça.
M. Jolin-Barrette : Mais on est dans
une situation où, avec votre cas d'exemple, vous présumez que le parent
biologique, lui, va vouloir expliquer la situation familiale, et on peut se
retrouver face à certaines situations où le parent biologique n'expliquera
jamais la situation familiale parce qu'il y aura nécessairement, supposons, un
veto de contact. Et ça a été demandé aussi par les gens qui ont été confiés à
l'adoption de pouvoir connaître leur fratrie aussi, parce qu'actuellement la
situation à laquelle on était, c'était : il fallait qu'ils sachent.
Supposons, les enfants biologiques qui n'avaient pas été confiés à l'adoption,
prenons ce cas-là, il fallait qu'ils sachent qu'ils avaient un frère ou une
soeur confiée à l'adoption pour pouvoir accéder. Ça fait que l'enfant que lui,
il avait été confié à l'adoption, il le sait, là, probablement, qu'il a des
frères et soeurs, ou il fait la demande, mais, si la demande n'était pas
réciproque, jamais il n'allait pouvoir connaître ou avoir l'information sur sa
famille biologique. Alors, c'est ce qu'on vient changer ici. Puis, justement,
le parent biologique, ça se peut bien que jamais, comme vous le dites, il ne
raconte l'histoire de l'enfant, pour les raisons qui lui seront propres, puis
on respecte ça. Mais est-ce que ça signifie que l'enfant qui a été confié à l'adoption, lui, toute sa vie durant, il n'aura pas
l'information sur sa famille biologique, il n'aura pas la possibilité de
retrouver ses demi-frères ou ses frères, ses soeurs aussi?
Je suis d'accord avec vous, c'est une situation
qui est sensible par rapport à beaucoup de points, mais c'est une balance où on
a... Durant très, très longtemps, c'est les enfants qui ont été confiés à
l'adoption qui n'ont pas eu accès à la connaissance de leurs origines. Donc, la
société, elle a... comment je pourrais dire, protégeait beaucoup, beaucoup,
beaucoup l'intérêt des parents biologiques et très, très peu les enfants. Puis
souvent, dans les lois, ça a été construit comme ça, les droits des enfants, ce
n'était pas nécessairement ce qui était prioritaire. Là, on vient juste assurer
un équilibrage pour faire en sorte que les origines, la connaissance des
origines ne pourra pas juste se limiter au premier degré, pour offrir aux
personnes qui ont été confiées à l'adoption cette information-là, puis, quand
vous parlez à des personnes confiées à l'adoption, aussi, ils le souhaitent
depuis nombre d'années.
Mme Hivon : Bien, je vais terminer
mon point sur ça. Il y a cinq ans... Je veux dire, ça ne fait pas 30 ans
qu'on a modifié la loi, ça fait cinq ans, puis on avait établi un certain
équilibre il y a cinq ans. Puis je suis très sensible à ce que le ministre dit,
la loi était beaucoup trop restrictive, c'est clair, puis le projet de loi
n° 113 était une énorme avancée. Le ministre nous a dit la semaine dernière :
Oui, mais moi, je voulais aller plus loin. Donc, moi, je suis le ministre...
bien, pas sur les grands-parents, honnêtement, puis, les frères et soeurs, je
me questionnais énormément, juste pour se rappeler. Sur d'autres choses, oui.
M. Jolin-Barrette : Mais je veux
juste qu'on se dise que — et
j'étais là, moi aussi — ce
n'était pas blanc ou noir. Puis, quand vous dites...
Mme Hivon : Non, ce n'était pas
blanc ou noir, justement.
M. Jolin-Barrette : Oui, mais,
quand, il y a cinq ans, il y a eu un... La semaine dernière, vous avez
dit : Il y a eu un pacte social.
Mme Hivon : Je n'ai pas dit... Je
parlais d'à l'époque qu'il y avait un pacte social avec ces mères qui
confiaient des enfants à l'adoption et qui pensaient n'être jamais identifiées
et retrouvées.
Mme Hivon : Mais je veux juste
terminer, parce qu'il faut vraiment que je m'en aille, mais je veux juste dire
que je pense que, là... tu sais, c'est sûr, ça ne fait pas 25 ans qu'on a
revu la loi, ça fait cinq ans. Puis là, déjà, on fait des gros changements, il
n'y a plus de possibilité de veto d'identification. Bon, tout ça, on en a
discuté la semaine dernière. Mais là on ajoute les frères et soeurs, la fratrie,
qui peut effectivement n'avoir aucune idée de ça. Mais on fait le choix que,
pour la personne adoptée, c'est important. Donc, même si les frères et soeurs
n'ont aucune idée, ils vont pouvoir être... leur identité va pouvoir être
donnée.
Mais là on va jusqu'aux grands-parents. Moi, là,
on n'a jamais discuté de ça il y a cinq ans. Je veux dire, oui, il y a eu des
demandes, après, des personnes adoptées, puis ça, on en prend acte. Humble
avis : je pense que... quand ça fait juste cinq ans qu'on a revu une loi,
que déjà on la modifie significativement pour aller plus loin dans le besoin de
connaissance des origines, je pense que, là, on va trop à l'autre bout. C'est
mon humble avis. Ce n'est pas des questions scientifiques, mais, d'embarquer
les grands-parents là-dedans, je trouve que c'est un gros, gros chantier.
M. Jolin-Barrette : Oui. Bien,
écoutez, je respecte l'opinion de la députée de Joliette. Par contre, dans le
même projet de loi, on ne plaide pas les mêmes affaires. La députée de Westmount—Saint-Louis,
notamment dans le cadre des dispositions relativement à la mesure 17,
relativement également aux mesures visant l'identité de genre, nous disait, en
début de commission : Écoutez, ça fait déjà cinq ans, le plan de lutte
datait d'il y a cinq ans, puis la société a grandement évolué en cinq ans.
Mme Hivon : Dans le projet de loi. On
n'a pas changé la loi. Il y a cinq ans, c'était un plan.
M. Jolin-Barrette : Oui, bien, je
suis d'accord que ce n'est pas le même sujet. Cependant, il y a des gens, O.K.,
aujourd'hui, qui ont été confiés à l'adoption, qui deviennent de plus en plus
âgés, qui décèdent sans connaître leurs origines. Il faut garder à l'esprit
tout ça pour dire : Écoutez, oui, on a changé la loi il y a cinq ans, c'était
une avancée. Mais, même la députée de
Joliette le disait, je me souviens de cette commission-là, moi, je le disais,
également, le gouvernement précédent avait fait une avancée, je le reconnais,
mais pas suffisamment pour les personnes confiées en adoption.
Donc, vous avez des gens qui ont un certain âge
aujourd'hui et qui... Supposons qu'on suit la proposition de la députée de
Joliette, là, et qu'on leur dirait, là : Bien, vous, là, la société n'est
pas rendue là, ça fait que vous, là, vous ne connaîtrez pas les origines de
votre famille biologique, vous ne pourrez pas savoir l'identité de vos
grands-parents biologiques, vous ne pourrez pas connaître vos frères et soeurs
biologiques, l'identité, ça ne veut pas dire le contact, là, ça veut dire
l'identité, moi, honnêtement, j'ai un profond malaise.
Puis c'est toujours un équilibrage, là, avec la
vie privée, la vie personnelle, tout ça. Mais je pense que ce qu'on propose,
c'est raisonnable, puis on l'a analysé, on l'a pondéré, tout ça. 113, c'était
une avancée, mais je pense qu'on doit aller plus loin.
Parce que je vous rappellerais qu'avec le projet loi n° 113,
là, il y a beaucoup de groupes, il y a beaucoup de personnes confiées à
l'adoption qui nous ont dit : Écoutez, ce n'est pas tout à fait ça qu'on
voulait, on veut aller plus loin, on est en quête d'identité, en recherche
d'identité.
Ça fait que, tu sais, dans tout ça, je comprends
qu'il y a l'opinion de la députée de Joliette, mais il y a l'opinion de toutes
les personnes qui ont été confiées à l'adoption aussi. Il faut avoir ce sens
humain là de dire : Il y a des gens qui vieillissent, puis, avant qu'ils
quittent ce monde... puis pour leurs propres enfants aussi, hein, parce qu'il y
a eux, mais, ensuite, eux, ils ont eu des enfants puis ils veulent pouvoir
transmettre à leur descendance cette information-là. Ça fait que la société
évolue dans différents domaines, également dans celui-là. Je pense qu'on est
rendu là.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Mme députée de
Saint-Laurent.
Rizqy : Merci. Moi, je pense que c'est important,
l'équilibre. Ça, je suis très d'accord avec vous. Par contre, lorsque
l'enfant adopté passe le cap de 18 ans, à ce stade-ci, il devient un
adulte, et c'est important que l'équilibre respecte aussi le droit du secret de
la mère biologique. Entre 14 et 18 ans, évidemment, la mère biologique, on
l'a vu tantôt, vous l'avez bien dit, peut garder son droit de veto.
Mais, bon, ce que je comprends, c'est que ce
droit de veto peut être court-circuité si la demande est faite aux
grands-parents. Puis, même si ça dit, dans l'article, que ça pourrait permettre
de révéler l'identité du parent d'origine, je pense, M. le ministre, qu'on
pourrait peut-être amender pour dire : Sauf si un refus à la communication
de son... sauf s'il y a refus à la communication de son identité en bas de
18 ans. Ça serait peut-être un meilleur équilibre et ça respecterait la
volonté du législateur qu'entre 14 et 18 ans ce droit de veto existe
encore.
M. Jolin-Barrette : Oui, sauf que,
si le parent d'origine était décédé, il n'y aurait alors aucune possibilité
d'accès à ses origines.
Mme Rizqy : Jusqu'à l'âge de
18 ans.
M. Jolin-Barrette : Oui, mais, un
enfant, là, qui est en construction de son identité, là, à partir de l'âge de
14 ans, à l'adolescence, là, je pense que c'est fort important de lui
permettre d'accéder à ses origines.
Mme Rizqy : Attendez, de la façon
que c'est formulé... sauf si le parent d'origine refuse. Donc, il faut qu'il
soit encore en vie pour refuser. Donc, ça permettrait d'avoir une voie de
passage puis de respecter le refus qui a été donné entre 14 et 18 ans.
Puis là je trouve que ça serait un meilleur équilibre, parce qu'à partir de
18 ans, de toute façon, le droit de veto, il tombe. Mais, entre 14 et
18 ans, je crois sincèrement, pour respecter la volonté de la mère
biologique, qui n'est pas, peut-être, nécessairement encore prête... Mais,
sinon, c'est qu'on a, d'un côté, une façon de contourner le refus de
consentement de la mère biologique. Puis, vous avez raison, c'est très
complexe, mais il y a des dynamiques familiales qui sont énormément sensibles,
notamment dans les cas d'inceste.
Alors, avec votre consentement, je vous
demanderais une suspension, qu'on rédige ensemble, si vous voulez, un
amendement, mais je pense qu'on devrait juste... «sauf si le parent d'origine
refuse la communication de son identité dans la période — tu
sais — de
14 à 18 ans», je pense que ça répondrait à la volonté aussi de vous, à
titre de législateur.
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : On peut
suspendre, puis faites-nous votre proposition.
Le Président (M.
Bachand) : Alors, on va suspendre quelques
instants. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 16 h 34)
Le Président (M.
Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît! La
commission reprend ses travaux. M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : Oui. Alors, je
vous propose de suspendre l'article. On va déposer un amendement suite aux
discussions hors micro qu'on a eues, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Oui, allez-y.
Mme Weil : Donc, je reviens, donc,
au mémoire des DPJ. Et peut-être pour bien expliquer, donc, ils saluent essentiellement les ouvertures, tout ça, les
connaissances des origines, «le législateur devra préciser les conditions de
son application», etc. Mais, «globalement,
nous accueillons favorablement l'élargissement des règles concernant
l'accessibilité aux renseignements identificatoires sur le plan humain, tout en
y voyant un enjeu d'applicabilité au plan administratif. Notre hypothèse s'appuie sur l'expérience vécue
relative à l'adoption et l'application du projet de loi n° 113. De
milliers de demandes
de communication d'identité ont été reçues. Pour les fins du p.l. n° 2, puisque l'on parle de l'élargissement de l'accessibilité des
renseignements nominatifs, nous pouvons prévoir un nombre similaire de demandes
en matière d'antécédents et retrouvailles. Notre hypothèse nous apparaît
réaliste.
«À
titre de référence, voici le nombre de
demandes traitées par l'équipe centralisée avec la collaboration de l'ensemble
des DPJ pour la mise en application du projet loi n° 113 — donc :
«Total des demandes reçues par l'équipe
centralisée : [50 007]; demandes en antécédents et
retrouvailles : 46 224; demandes de gestion de refus :
7 783.»
Ici, c'est des gens qui sont dans le système,
qui gèrent le système, qui posent cette question et cette préoccupation. Et
leurs recommandations : «Afin de tenir compte du contexte de pénurie de la
main-d'oeuvre en protection de la jeunesse
et des listes d'attente relatives aux demandes de recherches d'antécédents
sociobiologiques et de retrouvailles,
nous recommandons qu'une fois le p.l. n° 2 adopté un temps
minimal de deux ans soit octroyé aux services d'adoption afin de rendre
l'élargissement des règles applicable au niveau administratif.»
Alors, je voulais voir la réaction du ministre,
parce qu'évidemment c'est un autre ministère qui doit gérer cet enjeu, et on
peut imaginer le «logjam», là, qui va exister.
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Bien, c'est déjà
ce qui est prévu, l'entrée en vigueur dans deux ans.
Mme Weil : O.K. Donc, vous avez
répondu déjà... Ah! ça, c'était déjà là?
M. Jolin-Barrette : Dans le projet
de loi, l'entrée en vigueur de ces dispositions-là, c'est deux ans, la
sanction.
Weil : Donc, c'est... O.K. C'est parfait. Donc,
pour tenir compte de formation et de retrouver les ressources humaines
aussi.
M. Jolin-Barrette : Mais c'est sûr
que le fait... Dans le fond, là, c'est un gros changement aussi. Dans le fond,
on a le financement pour le faire, mais, les équipes aussi, il faut qu'elles
s'ajustent, tout ça. Donc, le changement est fait, mais l'entrée en vigueur,
c'est deux ans.
Le Président (M.
Bachand) : M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay : J'ai eu des cas qui
m'avaient parlé... Rapidement, j'ai eu un cas, il y a une personne qui m'a
appelé, il y a deux ans au bureau de comté, qui était une personne qui, en
vertu de la loi n° 113, avait droit à connaître ses
origines, qui disait : Écoutez, on est hors délai, littéralement hors
délai. Je pense que le ministre m'avait dit, la semaine passée : Bien,
écoutez, ça ne relève pas de mon ministère, ça relève du ministre délégué à la
Santé et Services sociaux. Pourrait-il...
puis je ne sais pas s'il avait pris l'engagement de nous revenir quant au
délai, là, de demandes pendantes puis depuis combien de temps.
M. Jolin-Barrette : Bien, dans le
fond, la semaine passée, là, j'ai répondu : Dans le fond, ça dépend de
chacun des CIUSSS. Exemple, il y a des plus grandes difficultés Montréal,
Québec, Montérégie, il y a d'autres régions que ça va mieux. Mais je n'ai pas
les délais sous la main, là, tout ça.
M. Tanguay : Est-ce qu'on pourrait
faire la demande juste à votre collègue ministre qui peut nous... s'il a des
statistiques? Parce que j'imagine qu'il doit tenir des statistiques là-dessus
aussi. Parce qu'honnêtement, moi, dans mon bureau de comté, c'était éminemment
triste. Et les gens étaient malades puis ils voulaient avoir l'information.
Puis personne n'est éternel, là.
M. Jolin-Barrette : Donc, ce qu'on
me dit, c'est que le délai le plus court, c'est un peu moins de six mois
jusqu'à un maximum d'à peu près deux ans, le délai d'attente actuellement.
M. Tanguay : Ça, c'est les moyennes,
mais il y a des cas qui excèdent ça, là.
M. Jolin-Barrette : Bien, le
portrait, c'est max deux ans, six mois.
M. Tanguay : O.K. Donc, il n'y a
aucun cas, selon l'information que vous me donnez, qui excède deux ans.
M. Jolin-Barrette : Exactement.
M. Tanguay : O.K. On fera les
vérifications. Merci.
Le Président (M.
Bachand) : Oui.
Weil : L'autre recommandation qu'ils font, mais je peux imaginer la
réponse, donc : «L'élargissement des règles concernant la communication
des renseignements médicaux, tant en matière d'adoption qu'en matière de
procréation impliquant la contribution d'un tiers, est à saluer. Nous
recommandons que ces règles soient bien encadrées afin de tenir compte de la
gestion des demandes à prévoir concernant la communication de tels
renseignements.»
Donc, j'imagine, là
aussi, ça fait
partie des discussions du gouvernement, parce que c'est deux
ministères différents, là on est avec le ministère de la Justice, mais ici
c'est vraiment le ministère de la Santé et des Services sociaux, donc un
encadrement de ces nouvelles règles et une formation, évidemment, aussi. Donc,
je voulais juste bien savoir, parce qu'on est vraiment dans l'application de
quelque chose de bien complexe, il y a toute une formation, donc, nonobstant le
problème de pénurie, il y a aussi la gestion des demandes et que les règles
soient bien encadrées.
Président (M. Bachand) : Est-ce que ça va,
maintenant, pour suspendre l'article? Consentement?
Des voix : Consentement.
Président (M. Bachand) : Consentement.
Merci. M. le ministre.
Jolin-Barrette : 119, M. le Président :
L'article 583.12 de
ce code est remplacé par le suivant :
«583.12. Dans le cas
de l'adoption d'un enfant domicilié hors du Québec, l'identité du parent
d'origine ainsi que les documents auxquels
l'adopté a droit lui sont communiqués, dans la mesure où la loi de l'État
d'origine de l'enfant ne prévoit pas des règles différentes. Quant à la
communication de l'identité de l'adopté ou d'une autre personne recherchée
ainsi que des renseignements permettant de prendre contact avec l'adopté, le
parent d'origine ou une autre personne recherchée, elle est subordonnée au
consentement de cette personne, à moins que, selon le cas, la loi de l'État
d'origine de l'enfant ne prévoie autrement.»
Commentaire.
L'article 119 propose de modifier l'article 583.12 du Code civil afin de
modifier la règle dans le cas de l'adoption d'un enfant domicilié hors du
Québec.
Ainsi, cet
article
propose que l'identité du parent d'origine ainsi que les documents auxquels
l'adopté a droit lui soient communiqués, dans la mesure où la loi de l'État
d'origine de l'enfant ne prévoit pas des règles différentes. Quant à la
communication de l'identité de l'adopté ou d'une autre personne recherchée
ainsi que des renseignements permettant de prendre contact avec l'adopté, le
parent d'origine ou une autre personne recherchée, cet
article propose de
maintenir la règle actuelle selon laquelle la communication est subordonnée au
consentement de cette personne, à moins que, selon le cas, la loi de l'État
d'origine de l'enfant ne prévoie autrement.
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
Donc, interventions sur 119? M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay : Oui.
J'essaie juste de voir rapidement, là, qu'est-ce qu'on vient changer avec la
rédaction initiale de 583.12.
Président (M. Bachand) : M. le ministre.
Jolin-Barrette : ...c'est : préalablement, ça prenait un
consentement exprès. Donc, c'était le régime qui s'appliquait avant la loi n° 113. Donc, ça prenait un consentement exprès.
Là, ici, on vient
conférer le droit d'avoir ces renseignements-là, si la loi de l'État le permet.
M. Tanguay : Et
quel... «Exprès», on dit «un consentement exprès», et là, dans le fond, on
applique la loi sans avoir le consentement exprès parce qu'on ne fait
qu'appliquer la loi québécoise, là. C'est ça?
Jolin-Barrette : Oui, dans la mesure où l'État d'origine de l'enfant
ne prévoit autrement. Parce qu'on a un enjeu de portée extraterritoriale des
lois québécoises...
Tanguay : Pourquoi
vous riez? C'est une notion, je sais, qui vous intéresse beaucoup, ça, la
portée extraterritoriale. On en a beaucoup discuté sur le 85, l'IVAC.
Jolin-Barrette : Oui, mais vous êtes d'accord avec moi que c'est
important que les lois de l'Assemblée nationale s'appliquent sur l'ensemble du
territoire québécois. Vous êtes d'accord avec ça?
M. Tanguay : Puis
là vous pensez à quoi, là?
Jolin-Barrette : Oui ou non?
M. Tanguay :
...et vous pensez à quoi, là?
Jolin-Barrette : Non, non, je ne sais pas, je veux juste savoir.
Est-ce que vous êtes d'accord que les lois de l'Assemblée nationale
s'appliquent sur l'ensemble de la territorialité québécoise?
M. Tanguay : C'est le principe, bien
évidemment.
Jolin-Barrette : Et vous êtes en accord avec le principe?
Mme Weil :
Surtout la charte des droits et libertés.
Jolin-Barrette : Vous êtes en accord sur ce principe?
M. Tanguay : Puis
vous allez où avec ça? Oui, j'ai dit que, sur le principe, tout à fait.
Jolin-Barrette : Et je dois considérer votre «tout à fait» comme un
«oui»?
M. Tanguay : Et
vous appliquez ça où?
Jolin-Barrette : Bien, partout, tout le temps. Juste ça. Il n'y a pas
de piège, là, comme dirait le député de LaFontaine, M. le Président, là.
M. Tanguay : Des
pièges?
Jolin-Barrette : Il n'y a pas de collet à lapin, là, nulle part.
M. Tanguay : Dites-moi,
quand on dit «la loi de l'État d'origine», souvent on va se poser la question,
justement, sur les limites et sur... on va comparer le droit de l'État
étranger, la compatibilité du droit de l'État étranger avec notre droit d'ordre
public.
M. Jolin-Barrette :
C'est parce qu'en résumé, là, l'enjeu qu'on avait avec l'ancienne
disposition, là, c'était : le droit à l'information sur l'identité du
parent d'origine était tributaire du consentement du parent. Donc, le parent
devait donner son consentement. Là, maintenant, on va au-delà du consentement
du parent, on dit : Vous avez le droit d'obtenir cette information-là,
malgré le consentement ou non du parent, sous réserve des règles
internationales des autres États. Exemple, là, si vous allez aux États-Unis, le
parent est Américain, bien, eux autres, ils ne permettent pas de le donner, on
n'ira pas en commission rogatoire pour dire : Donnez-nous l'information.
Président (M. Bachand) : J'aurais le
député d'Hochelaga-Maisonneuve, s'il vous plaît.
M. Leduc : Bien,
j'essaie de comprendre, un exemple concret, comment ça peut se matérialiser.
M. Jolin-Barrette : Bien, auparavant... Dans
le fond, si l'État d'origine du parent consent à divulguer
l'information, désormais l'adopté pourra avoir l'information. Auparavant, il y
avait deux étapes. Première étape, il fallait que le parent de l'adopté, le
parent biologique de l'adopté, consente, puis, après ça, vous regardiez la loi
de l'État. Ça prenait le consentement du parent biologique.
M. Leduc : Toujours
si le parent habite dans l'autre État. S'il habite ici...
Jolin-Barrette : Non, parce que les informations sont dans l'autre
État. Le critère, c'est : est-ce que la personne est un étranger?
M. Leduc : Donc,
si elle a deux nationalités, qu'est-ce qui se passe?
Jolin-Barrette : Bien là, on entre dans les règles de droit
international privé, là. Ce que je veux dire vous pouvez avoir deux
nationalités mais ne pas avoir cette information-là. Je ne suis pas un
spécialiste de la double nationalité, là, mais il doit y avoir des
renseignements qui restent dans le pays d'origine.
M. Leduc : Mon
Dieu! C'est compliqué.
Jolin-Barrette : Le droit, ça...
M. Leduc : Oui,
le droit en général, mais ça, en particulier, là.
Jolin-Barrette : Bien non, mais le principe de base, là... Avant, ça
prenait le consentement du parent pour pouvoir accéder à cette information-là.
Là, nous, ce qu'on dit, c'est que l'enfant va pouvoir y avoir accès sans le
consentement du parent.
M. Leduc : ...sans
le consentement du parent, là, il faut que l'État collabore.
M. Jolin-Barrette : Oui, mais, si
les règles de l'État, nationales...
M. Jolin-Barrette : ...elles ne lui
donnent pas l'info, il ne lui donne pas l'info.
M. Leduc : Avez-vous un portrait
général de l'état du droit international à ce niveau-là?
M. Jolin-Barrette : Bien, exemple,
les pays qui permettent sans consentement, on a notamment le Pérou, la
Colombie. Les pays qui ne permettent pas la divulgation, on a le Bélarus.
M. Leduc : Les autres sont entre les
deux? Ils ne sont pas du tout...
M. Jolin-Barrette : Bien là,
écoutez, on n'a pas fait le recensement exhaustif, là. Je n'ai pas toute cette
information-là.
M. Leduc : O.K. Parfait.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Autres interventions?
M. Jolin-Barrette : Écoutez, je peux
faire faire une recherche puis je vous reviendrai.
Le Président (M.
Bachand) : Est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur 119? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que
l'article 119 est adopté?
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. Merci. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Je voulais dire
Biélorussie, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette :
L'article 226,
s'il vous plaît, M. le Président.
Jolin-Barrette : Non, ça, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve,
c'est important de donner la bonne information.
Jolin-Barrette : Je comprends, mais je ne voudrais pas qu'on
suscite... vous suscitiez de l'appui... Je vais me...
Le Président (M.
Bachand) : Allez-y.
M. Leduc : Prochain sujet.
Le Président (M.
Bachand) : Donc,
article 226. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : C'est ça.
Tournez votre langue, hein?
L'article... Je me parlais à moi.
M. Jolin-Barrette : C'est ça.
L'article 71.3.13 de cette loi est
modifié :
1° par le remplacement du premier alinéa par les
suivants :
«Tout établissement qui exploite un centre de
protection de l'enfance et de la jeunesse est responsable de communiquer à tout
adopté ou, s'il est décédé, à ses descendants au premier degré, ou à tout
parent d'origine qui lui en fait la demande, les renseignements et les documents
qu'ils ont le droit d'obtenir en vertu des articles 583 ou 583.0.1 du Code
civil, le cas échéant. Il communique aussi à l'adopté, à ses descendants au
premier degré, à son frère ou à sa soeur d'origine, adoptés ou non, ou à ses
grands-parents d'origine les renseignements visés à l'article 583.10 de ce
code, lorsque les conditions qui y sont énoncées sont satisfaites.
«Il communique aux descendants au premier degré
de l'adopté décédé qui en font la demande un
sommaire des antécédents
sociobiologiques de l'adopté visé à l'article 71.3.6 de la présente loi.»;
2° par le remplacement,
dans le deuxième alinéa, de «du risque de préjudice» par «que la santé de
l'adopté, du parent d'origine ou de l'un de
leurs proches liés génétiquement, selon le cas, justifie la communication des
renseignements médicaux visés».
Commentaire.
L'article 226 propose de
modifier l'article 71.3.13 de la
Loi sur la protection de la jeunesse afin
de tenir compte des modifications proposées
au Code civil concernant la connaissance des origines en matière
d'adoption. Ainsi, cet
article propose de modifier le premier alinéa afin que
soient visés également les descendants au premier degré de l'adopté décédé et
que soit prévue aussi la communication des documents, et ce, en raison des modifications
proposées par l'article 110 du présent projet de loi à l'article 583
du Code civil et de l'ajout de l'article 583.0.1 proposé par
l'article 111.
Il propose également de préciser que le frère ou
la soeur d'origine peut être adopté ou non et propose que soient visés par
cette disposition les grands-parents d'origine, et ce, en raison des
modifications proposées par l'article 118 du présent projet de loi.
À l'article 583.10 du Code civil, il
propose l'ajout d'un alinéa afin de prévoir la communication des antécédents
sociobiologiques de l'adopté aux descendants au premier degré de l'adopté
décédé qui en font la demande.
Enfin, il propose de modifier le deuxième alinéa
afin de prévoir que l'établissement doit communiquer des renseignements lorsque
le médecin fournit une attestation écrite que la santé de l'adopté, du parent
d'origine ou de l'un de leurs proches liés génétiquement, selon le cas,
justifie la communication des renseignements médicaux, et ce, pour tenir compte
des modifications proposées par l'article 120 du présent projet de loi à
l'article 584 du Code civil.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Mme la députée
de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Suite aux
commentaires du ministre... Il dit que c'est pour les descendants au premier degré de l'adopté, mais pourquoi qu'on n'utilise
pas cette terminologie puis, dans l'article, on dit «proches liés
génétiquement»?
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Là, votre
demande est à l'effet de pourquoi est-ce que...
Mme Maccarone : On dit que le...
dans le, un, deux, trois, quatrième paragraphe, «par le remplacement, dans le
deuxième alinéa, de "du risque de préjudice" par "que la santé
de l'adopté du parent d'origine ou de l'un de leurs proches liés
génétiquement"». Mais, dans les commentaires que le ministre a lus, il dit
qu'on parle des descendants au premier degré de l'adopté. Ça fait que pourquoi
ne pas utiliser cette terminologie pour s'assurer... parce que... Moi, ma
question, c'est : Bien, c'est quoi, la définition des «proches liés
génétiquement»? Bien, si c'est vraiment premier degré, pourquoi ne pas utiliser
cette terminologie?
M. Jolin-Barrette : Bien, c'est ce
qui est écrit dans l'article. Dans le fond, ça fait le pont avec 584 qu'on
a adopté. Donc, les descendants, ils sont visés à l'article 583.0.1 dans
le cadre du code. Donc...
Maccarone : Bien, je le vois ici. Je vois que, dans le
deuxième alinéa, on dit «descendants au premier degré», mais ce que je
questionne, c'est le point n° 2° : Pourquoi
qu'on utilise la terminologie «proches liés génétiquement»?
M. Jolin-Barrette : Parce que c'est
plus large que juste les... Les descendants au premier degré, c'est les enfants
seulement, puis là, à 583, donc, ça couvre les frères et les soeurs.
Mme Maccarone : Ça fait que, même
question, pourquoi on n'utilise pas... Pourquoi qu'on n'est pas plus clair?
Pourquoi qu'on utilise «proches liés génétiquement» puis on ne dit pas «frère,
soeur», comme on a fait dans les articles précédents?
M. Jolin-Barrette : Parce qu'un
descendant au premier degré, ce n'est pas toujours lié génétiquement. Dans le
fond, on veut que ça ne soit pas limité, justement, au premier degré. Les
proches liés génétiquement, ça provient de l'article 584, qui dit... 584
du code actuel ou... du code actuel. Donc : «Dès lors qu'un médecin
conclut que [le] préjudice risque d'être causé — celui qu'on a amendé,
là — [...]de
l'un [des] proches liés génétiquement, si [celui-ci] est privé des
renseignements qu'il requiert, il peut obtenir des autorités médicales
concernées les renseignements médicaux...» Donc, dans le fond, quand on avait
modifié ça... dans le fond, 113 était venu le modifier, là, la loi n° 113 était venue le modifier, puis c'étaient les termes
utilisés. Donc, ça peut être un cas latéral lié génétiquement. Donc, un cas
latéral, ça veut dire un frère ou une soeur qui peut avoir besoin, supposons,
d'une greffe de moelle osseuse ou quelque chose comme ça.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Autres interventions? M.
le député de LaFontaine.
M. Tanguay : Donc, dans le 584, là,
à la fin de la première phrase, là : «Sous réserve du consentement de
celui dont les renseignements sont demandés», c'est ce qu'on voit ici, comme
application, là, dans la
Loi sur la protection de la jeunesse. On voit ici la
réserve qui pourrait être exprimée par la personne dont les renseignements sont
demandés. C'est ça, hein?
M. Jolin-Barrette :
Effectivement.
M. Tanguay : Lorsque l'adopté, le
parent d'origine consent à communiquer, par une attestation écrite...
M. Jolin-Barrette : Donc, dans le
fond, cet article-là, c'est pour faire le lien avec 584.
Tanguay : Donc, il pourrait y avoir un refus, évidemment,
parce que c'est son... «sous réserve du consentement de celui dont les
renseignements sont demandés», c'est ses renseignements personnels, alors, même
si c'est au bénéfice d'un tiers, médicalement, il pourrait le refuser parce que
c'est ses renseignements personnels médicaux.
M. Jolin-Barrette : Oui, il peut
refuser, mais par la suite il y a toujours le recours au tribunal.
M. Tanguay : Qui pourrait passer
outre ce refus-là même si c'est mes renseignements personnels à moi, médicaux.
M. Jolin-Barrette : C'est ça.
M. Tanguay : Est-ce qu'on a
une idée de si ça arrive souvent? Est-ce que c'est plus qu'hier, moins que
demain? Ça le sera, nécessairement, peut-être. On libéralise un peu plus, là,
584, là, il risque d'y avoir un peu plus de litiges, entre guillemets,
là-dessus.
Jolin-Barrette : Bien, pas nécessairement. C'est parce que ça
permet aux médecins, comme on l'a vu, d'y aller plus largement.
M. Tanguay : Oui. Ça fait qu'il va y
avoir plus de cas, mais il risque peut-être d'y avoir, s'il y a plus de cas, un
peu plus de contestations. Mais aujourd'hui ça ne doit pas être une pratique de
droit très, très étoffée, là. Je veux dire, ça doit être assez rarissime. Ou
pas, je ne sais pas. Avez-vous une idée là-dessus?
Jolin-Barrette : Oui, mais, d'un autre côté, supposons que vous
retourniez à la pratique du droit, là, bientôt...
M. Jolin-Barrette : Bien, vous
pourriez vous faire un créneau avec ça.
Tanguay : Oui. Voulez-vous parier là-dessus? Je vais être
candidat dans LaFontaine. Voulez-vous parier là-dessus?
M. Jolin-Barrette : L'investiture,
elle s'est-tu...
M. Tanguay : Elle va avoir lieu le
12 juin, puis ça regarde bien.
M. Jolin-Barrette : Oui?
M. Jolin-Barrette : Il y a-tu
d'autres candidats?
M. Tanguay : Ça regarde bien. À
date, c'est unanime.
M. Jolin-Barrette : Le 12?
M. Jolin-Barrette : Bien là...
M. Tanguay : Il va-tu y avoir un
bâillon le 12 juin, c'est ça que vous me dites?
M. Jolin-Barrette : Non, mais vous
n'avez pas un congrès le 11 et le 12?
M. Jolin-Barrette : Ah! ça dure
juste une journée. Vous avez réduit. À l'époque, c'était...
M. Tanguay : Mais savez-vous quoi?
On va avoir l'occasion de parler de logement, on va avoir l'occasion de parler
de pénurie de main-d'oeuvre, là, tous des sujets que... même en deux jours et
demi, n'ont pas été abordés.
Jolin-Barrette : Bien, je comprends, mais les temps sont durs,
parce qu'avant, là, vos congrès, c'était le vendredi, samedi, dimanche,
puis le lundi parce qu'il fallait se remettre aussi du...
Le Président (M.
Bachand) : Alors donc, article...
M. Tanguay : Bien, il faut savoir ce
qu'on discute aussi.
Le Président (M.
Bachand) : S'il vous plaît! 226, on
continue. Autres interventions sur 226?
M. Tanguay : Oui, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay : Je veux juste
m'assurer, donc, dans cet article-là, qui fait concordance, là... puis je n'ai
pas les articles de la loi, mais ce sont les articles du Code civil, 583,
583.0.1, tout ça, là, on les a déjà revisités, puis ça a été adopté, là,
583.10, également.
M. Jolin-Barrette : Oui, mais,
exemple, 584 aussi, qu'on a adopté.
M. Tanguay : Oui, oui, ça, je le
sais, mais je... 584, on vient d'en parler, mais...
M. Jolin-Barrette : 110, 111 du
projet de loi, oui.
M. Tanguay : 110, 111, qui
concernaient... Et donc 583, 583.0.1 et 583.10 ont été abordés déjà et adoptés,
là? On fait concordance, là, on ne met pas la charrue devant les boeufs.
Jolin-Barrette : Oui. Il y a juste 118 qui est suspendu parce qu'on
va mettre un amendement dedans, hein? C'est ça.
M. Tanguay : Et 118, déjà, faisait
référence à... je l'ai ici, 583.10. O.K., sous réserve de ça, O.K.
M. Jolin-Barrette : Oui, bien, dans
le fond, on vient d'en parler à 118.
M. Tanguay : Oui. Parfait.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. D'autres interventions?
Le Président (M.
Bachand) : Merci. S'il n'y a pas d'autre
intervention, est-ce que l'article 226 est adopté?
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. Merci. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : 228... 227,
pardon, excusez-moi :
L'article 71.3.14 de cette loi est modifié par
la suppression, dans le premier alinéa, de «âgé de 14 ans et plus».
Commentaire.
L'article 227 propose de
modifier l'article 71.3.14 de la
Loi sur la protection de la jeunesse afin
de clarifier que des services d'accompagnement psychosocial sont offerts à
l'enfant, peu importe son âge, qui entreprend une démarche de recherche
d'antécédents sociobiologiques ou de retrouvailles. Ces démarches peuvent être
entreprises par l'enfant de 14 ans et plus lui-même ou, pour l'enfant de
moins de 14 ans, par son tuteur.
Président (M. Bachand) :
Merci. Interventions? S'il n'y a
pas d'intervention, est-ce que l'article 227 est adopté?
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. Merci. M. le ministre,
s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : 228, M. le
Président, s'il vous plaît.
L'article 71.3.15
de cette loi est modifié par le remplacement, dans le premier alinéa, de
«troisième» par «quatrième».
Commentaire.
L'article 228 propose de
modifier l'article 71.3.15 de la
Loi sur la protection de la jeunesse pour
tenir compte des modifications proposées par l'article 110 du présent
projet de loi à l'article 583 du Code civil, faisant en sorte que les
refus à la communication de l'identité ou au contact seraient prévus au
quatrième alinéa.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Interventions sur 228?
Jolin-Barrette : Donc, c'est de la concordance, ça.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. S'il n'y a pas
d'intervention, est-ce que l'article 228 est adopté?
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. Merci. M. le ministre,
s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : Oui. 229, M. le
Président :
L'article 71.15.2 de cette loi est modifié :
1° par le remplacement du premier alinéa par les
suivants :
«Le ministre est responsable de communiquer à
tout adopté ou, s'il est décédé, à ses descendants au premier degré, ainsi qu'au parent d'origine, au frère ou à
la soeur d'origine, adoptés ou non, ou aux grands-parents d'origine de
cet adopté les renseignements qu'ils peuvent obtenir en application des
dispositions de l'article 583.12 du Code civil.
«Il est également responsable de communiquer aux
descendants [du] premier degré de l'adopté décédé qui en font la demande un
sommaire des antécédents sociobiologiques de l'adopté visé à
l'article 71.14 de la présente loi.»;
2° par le remplacement, dans le deuxième alinéa,
de «du risque de préjudice visé» par «que la santé de l'adopté, du parent
d'origine ou de l'un de leurs proches liés génétiquement, selon le cas,
justifie la communication des renseignements médicaux visés».
Commentaire.
L'article 229 propose de
modifier l'article 71.15.2 de la
Loi sur la protection de la jeunesse afin
de tenir compte des modifications proposées au Code civil concernant la
connaissance des origines dans le cas de l'adoption d'un enfant domicilié au
Québec.
Ainsi, cet
article propose de modifier le
premier alinéa afin que soient visés également les descendants au premier degré
de l'adopté décédé, que soit précisé que le frère ou la soeur d'origine peut
être adopté ou non et que soient visés par cette disposition les grands-parents
d'origine, et ce, en raison des modifications proposées par l'article 119
du présent projet de loi à l'article 583.12 du Code civil, de l'ajout de
l'article 583.0.1 proposé par l'article 111 et des modifications proposées
par l'article 118 du présent projet de loi à l'article 583.10 du Code
civil.
Il propose l'ajout d'un alinéa afin de prévoir
la communication des antécédents sociobiologiques de l'adopté aux descendants
au premier degré de l'adopté décédé qui en font la demande.
Enfin, il propose de modifier le deuxième alinéa
afin de prévoir que le ministre doit communiquer des renseignements lorsque le
médecin fournit une attestation écrite que la santé de l'adopté, du parent
d'origine ou de l'un de leurs proches liés génétiquement, selon le cas,
justifie la communication des renseignements médicaux, et ce, pour tenir compte
des modifications proposées par l'article 120 du présent projet de loi à
l'article 584 du Code civil.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. M. le député
de... député de LaFontaine, pardon.
M. Tanguay : Oui, c'est ça. Donc,
71.14 existe déjà en vertu de la
Loi sur la protection de la jeunesse. Et ici on propose donc d'ajouter la responsabilité du
ministre de communiquer les
sommaires des antécédents sociobiologiques.
Donc, ce n'était pas déjà le cas en vertu de l'actuelle mouture de 71.15.2? Et
comment ça se faisait, donc?
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Donc, ça, c'est
le pendant de l'article 226 du projet de loi, qu'on vient d'adopter, pour
l'adoption hors Québec. Donc, lorsqu'on a une adoption hors Québec, dans le
fond, le ministre va être chargé de communiquer cette information-là.
Actuellement, ce n'était pas accessible aux descendants, cette information-là.
Ça fait que, exemple, supposons que vous adoptez
un enfant américain, dans le fond, l'enfant d'origine américaine, lui, avait accès à ces informations-là, mais ses descendants
n'y avaient pas accès. Là, c'est ce qu'on vient changer, on vient
permettre... parce que l'information est disponible au ministre, là, au
ministre de la Santé et Services sociaux.
M. Tanguay : O.K. Donc, 583.12...
c'est hors Québec, c'est ça, 583.12?
M. Jolin-Barrette : 229. Oui.
M. Tanguay : Du projet de loi, c'est
ça. Je suis dans le Code civil.
M. Jolin-Barrette : Bien là, dans le
fond, on fait le pendant avec le Code civil. Dans le fond, là, on est dans la
Loi sur la protection de la jeunesse, là.
M. Tanguay : O.K. Donc, je reviens
avec ma question. 71.14... Parce qu'on voyait que... La mouture actuelle, on ne
l'a pas encore amendée, de... 71.15.2 ne parlait pas de 71.14. Pourquoi, là? On
vient corriger un manque qui était dans la loi?
M. Jolin-Barrette : 71.14 dit :
«Le ministre remet à l'adoptant ou à l'enfant âgé de 14 ans et plus qui en
fait la demande un
sommaire des antécédents sociobiologies de l'enfant.
«Il remet également au parent qui en fait la
demande un
sommaire des antécédents de l'adoptant.
«Sous
réserve des dispositions de l'article 183.12 du Code civil, tout
sommaire
doit respecter, selon le cas, l'anonymat des parents ou de l'adoptant.»
Dans le fond, ça,
c'est pour ici. Là, 71.15.2, c'est lorsque la personne est adoptée mais
provient de l'étranger.
M. Tanguay : Mais
mon point, c'est que 71.15.2 traitait déjà, à son premier alinéa, là, du cas du
hors Québec, mais il n'était pas... la référence n'était pas faite à 71.14.
Jolin-Barrette : Mais 71.14, c'est pour le hors Québec.
M. Tanguay : Oui,
tout comme le 71.15, en application de 583.12. C'est hors Québec, ça, c'est ça?
Jolin-Barrette : Le 583.12?
M. Tanguay : 583.12,
c'est hors Québec. «Dans le cas de l'adoption de l'enfant domicilié hors
Québec», 583.12. Donc, 71.15.2 traite déjà de 583.12, qui est hors Québec,
parfait, on change le premier alinéa, parfait. Là, on vient ajouter un deuxième
alinéa et on fait référence à 71.14. Ma question, c'est juste de dire :
C'était donc un manque dans la loi — on n'a pas changé de
contexte, là, c'est hors Québec — qu'il y ait obligation faite au ministre
de transmettre ce
sommaire des antécédents là?
Jolin-Barrette : Bien, c'est parce qu'on est venu modifier le Code
civil, dans le fond, au niveau de la connaissance des origines, pour permettre
la connaissance des origines... au niveau de la connaissance des origines, pour
permettre l'accès à la connaissance des origines hors Québec. Et là, ce qu'on
vient faire, on vient transposer ces dispositions-là également dans la
Loi sur
la protection de la jeunesse.
M. Tanguay : Oui,
ça, je le sais, mais 71.14 trouvait application pareil dans le contexte de
71.15.2, au-delà de ce qu'on a fait. Alors, il n'était pas là, dans 71.15.2, je
veux juste savoir : Ça, c'était un manque historique? C'était... Parce que
ça devait se faire aussi, là. Est-ce que c'était une carence dans la rédaction
de la loi?
Président (M. Bachand) : M. le ministre.
Jolin-Barrette : ...si c'était un
article rédigé par le PLQ puis de
voir si...
Président (M. Bachand) : M. le ministre.
Président (M. Bachand) : Donc, M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Oui. Je vais vous revenir
avec une réponse précise, là. L'objectif de l'article est de faire en sorte de permettre aux descendants d'avoir accès à
l'information. Vous, votre question : Pourquoi 71.14 n'était pas
identifié?
M. Tanguay : Oui,
c'est ça. Parce que c'était déjà une réalité à...
Jolin-Barrette : «Il est également responsable de communiquer aux
descendants au premier degré de l'adopté décédé qui en font la demande un
sommaire des antécédents sociobiologiques de l'adopté visé à
l'article 71.14 de la présente loi.» Alors, pourquoi 71.14 n'était pas
écrit dans l'article?
M. Jolin-Barrette :
Bonne question. Ce ne sera pas long. Je n'étais pas là au moment où on a
rédigé 71.14.
Président (M. Bachand) : Voulez-vous
suspendre, M. le ministre, ou ça s'en vient?
Jolin-Barrette : Non, non, ça s'en vient. Vous êtes d'accord avec le
fait, par contre, que les descendants puissent avoir accès à ces antécédents?
M. Tanguay : Non,
sur le fond, je suis d'accord, c'est ça.
Mme Weil : Est-ce que c'est
l'évolution de la science...
Président (M. Bachand) : Mme la députée de
Notre-Dame-de-Grâce, oui.
Mme Weil : Non, je me
demandais si c'est l'évolution de la...
M. Jolin-Barrette : Bien, la
question, c'est plus...
M. Jolin-Barrette : Bon. On me
dit : C'est pour être plus clair et permettre la communication de cette
information aux descendants. Donc, c'est de la clarification juridique de faire
référence à ça.
M. Tanguay : O.K., c'est ça. Parce
que ce n'est pas quelque chose qu'on a changé... qu'on est en train de changer,
c'est ça.
M. Jolin-Barrette : Non.
Mme Weil :
L'article
précédent, là, qui est dans la loi, ça aurait été écrit il y a quand même de
nombreuses années. Il y a une modernisation aussi, dans ce domaine, de la
science.
M. Jolin-Barrette : Mais, vous
savez, les juristes, quand ils regardent les articles, ils visent à clarifier
le texte le plus possible.
Mme Weil : Mais il y a une
possibilité maintenant qui n'existait pas avant, il y a 20 ans, là, il y a
30 ans.
M. Jolin-Barrette : Non, non, mais
l'enjeu, c'est qu'on donne accès aux descendants à l'information. Avant, ce
n'était pas possible dans la loi.
Mme Weil : Oui, O.K., dans la... ce
n'était pas... et donc... Ah! O.K., il y a ça aussi, mais que le ministre soit
responsable... O.K.
Le Président (M.
Bachand) : Autres interventions sur 229?
S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 229 est adopté?
Le Président (M. Bachand) :
M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : 230, M. le
Président :
L'article 71.15.5 de cette loi est modifié, dans le
premier alinéa :
1° par la suppression de «âgé de 14 ans et
plus»;
2° par le
remplacement de «adopté qui, entreprenant une telle démarche ou étant visé par
elle, a besoin» par «adopté ainsi qu'à ses descendants au premier degré
qui, entreprenant une telle démarche ou étant visés par elle, ont besoin».
Commentaire.
L'article 230 propose de
modifier l'article 71.15.5 de la
Loi sur la protection de la jeunesse afin
de clarifier que des services d'accompagnement psychosocial sont offerts à
l'enfant, peu importe son âge, qui entreprend des démarches de recherche
d'antécédents sociobiologiques ou de retrouvailles. Ces démarches peuvent être
entreprises par l'enfant de 14 ans et plus lui-même ou, pour l'enfant de
moins de 14 ans, par son tuteur.
Cet
article propose aussi que ces services
soient offerts aux descendants au premier degré de l'adopté décédé.
Président (M. Bachand) :
Merci beaucoup. Donc,
interventions sur 230? S'il n'y a pas d'intervention, est-ce que
l'article 230 est adopté?
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. Merci. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : On va passer à
355, M. le Président.
355. Tout refus à la communication de l'identité
d'un parent d'origine, que le lien de filiation ait été inscrit à l'acte de
naissance primitif ou non, inscrit avant la date de l'entrée en vigueur de
l'article 110 de la présente loi, cesse d'avoir effet au dix-huitième
anniversaire de l'adopté. Il en va de même de la protection de plein droit
accordée à l'identité d'un enfant envers un parent d'origine conformément à
l'article 583.4 du Code civil, tel qu'il se lisait avant la date de
l'entrée en vigueur de l'article 113 de la présente loi.
Commentaire.
L'article 355 propose une disposition transitoire concernant les refus à
la communication de l'identité d'un parent d'origine inscrit avant l'entrée en
vigueur des modifications proposées à l'article 543 du Code civil par la
présente loi. Ainsi, il est proposé qu'un tel refus cesse d'avoir effet au
18e anniversaire de l'adopté. Il est aussi proposé que la protection de
plein droit accordée à l'identité d'un enfant envers un parent d'origine,
lorsque ce parent a inscrit un refus à la communication
de son identité dans l'année suivant la naissance de l'enfant, cesse d'avoir
effet au 18e anniversaire de cet adopté.
Président (M. Bachand) : Merci.
Interventions? M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay : Juste comprendre ce qu'on fait ici. 583.4, le
parent d'origine peut inscrire un refus de communication dans l'année...
30 jours de la naissance... est protégé de plein droit, puis, après ça, on
voyait «un tel refus»... bon, le 18e anniversaire. Ça, c'était 583.4.
Ça, c'est dans les
dispositions transitoires de la loi : «Tout refus à la communication de
l'identité d'un parent d'origine, que le
lien de filiation ait été inscrit [...] inscrit avant la date de l'entrée en
vigueur de l'article 110...» La date d'entrée en vigueur de
l'article 110, est-ce que c'est à la sanction?
M. Jolin-Barrette :
C'est parce que, dans le fond, c'est... Bien, c'est pour mettre raccord
tout le monde à la même date, là, même ceux qui avaient inscrit un veto de
contact, je crois... un veto d'information. Est-ce que c'est...
M. Tanguay : Là,
je ne suis pas sûr de comprendre, là.
Jolin-Barrette : Est-ce que 355, c'est là pour mettre tout le monde
raccord, même ceux qui avaient inscrit un veto de communication avant...
Une voix :
Oui, c'est ça.
Jolin-Barrette : C'est ça. Donc, c'est pour ramener tout le monde à la
même date, à 18 ans. Donc, exemple, avec l'adoption du projet de loi n° 113, vous vous souvenez, vous pouviez mettre un veto à
l'avis pour l'enfant. Là, on ramène tout le monde. Cet article-là vise à faire
en sorte que tout le monde soit ramené à 18 ans pour le veto de contact...
le veto d'information, pardon.
M. Tanguay : Oui.
Ça, c'est... O.K., ça, c'était l'article 110, donc 18 ans. Tout refus
à la communication de l'identité d'un parent d'origine... ait été inscrit à la
date de la... ou non, inscrit avant...
Président (M. Bachand) : M. le ministre.
Jolin-Barrette : Alors, juste une précision, là, ça couvre tout le
monde, ça... tous ceux qui, avec le projet de loi n° 113, avaient inscrit
un veto... euh, c'est un veto...
Une voix :
C'est un veto d'information.
Jolin-Barrette : ...un veto d'information dans l'année suivant
l'adoption du projet de loi n° 113...
Une voix : Ou
jusqu'à ce qu'une première demande soit faite.
Jolin-Barrette : O.K., c'est ça, ou jusqu'à ce qu'une première demande
soit faite. Parce que, de la façon qu'il était fait, le projet de loi
n° 113, là, suite à la sanction, vous aviez un an pour l'inscrire ou, si,
lors de la première demande de l'enfant biologique, ils vous appelaient puis là
ils disaient : Voulez-vous inscrire un veto ou on donne vos informations?
Ça fait que, là, ils pouvaient l'inscrire. Ça fait que, là, dans le fond, tout
le monde va être ramené jusqu'à ce que la personne, elle ait 18 ans,
l'adopté ait 18 ans. Ça fait que, là, on couvre tout le monde, on remet
une date. Ça fait que c'est sûr que ceux qui ont... supposons que l'enfant
mineur est majeur, mais... Pardon. Supposons que l'enfant confié à l'adoption
est désormais majeur puis, je ne sais pas, il a 60 ans, bien, c'est sûr
que le veto qui a été inscrit, il est... d'office, il est levé.
M. Tanguay : Tous
ceux qui sont à plus de 18 ans...
M. Jolin-Barrette :
C'est ça.
M. Tanguay :
...ou 18 ans et plus... ou plus sont... va... C'est ça. Et, dans la façon
exacte... ça...
Jolin-Barrette : Il n'y a plus de veto d'information.
M. Tanguay :
...c'est levé.
M. Jolin-Barrette :
C'est ça.
Tanguay : Mais on va quand même... On ne parlera pas de proactivité de
l'État, à ce moment-là, pour informer les gens. Ce sera sur demande, toujours?
Jolin-Barrette : Non. Nous, on... quand on a eu la discussion, la
semaine dernière, là, on s'est engagés à contacter toutes les personnes qui ont
inscrit un veto pour les informer.
M. Tanguay : Toutes
les personnes qui ont inscrit un veto pour les informer. Et les adoptés qui
veulent savoir, eux, bien, ils auront à se prévaloir du droit ou pas.
Mme Weil :
Et on les avise aussi.
M. Tanguay :
Est-ce qu'on va les aviser, eux également?
Jolin-Barrette : Bien, on va aviser, dans un premier temps, les gens
qui...
M. Tanguay :
...ont inscrit un veto.
Jolin-Barrette : ...qui avaient inscrit le veto, puis, vous savez, nos
travaux sont quand même beaucoup suivis. Mais on va pouvoir... on va...
M. Tanguay : Puis
les gens... Mais je ne pense pas qu'on ait à informer les gens...
Jolin-Barrette : On va quand même faire une campagne d'information
pour renseigner les gens sur les modifications du projet de loi n° 2.
M. Tanguay : Mais
ce sera fait... Ça ne sera pas une campagne publicitaire pour ceux qui ont
inscrit le veto, ils seront systématiquement contactés...
Jolin-Barrette : Oui.
M. Tanguay : ...en
voulant dire : Écoutez, le veto est levé, la loi a changé.
Jolin-Barrette : Exactement.
M. Tanguay :
Soyez informés que, si l'adopté se manifeste, on va lui donner votre identité,
on va lui révéler.
M. Tanguay :
À l'inverse, l'adopté...
Mme Weil : Parce
que disons que ça fait longtemps que la demande avait été faite...
Président (M. Bachand) : Juste une personne à la fois.
M. Tanguay : Oui,
collègue de...
Président (M. Bachand) : Mme la députée de
Notre-Dame-de-Grâce, oui.
Mme Weil : Oui.
Mais ce que je dis, c'est que l'adopté aussi va être intéressé, parce que
soudainement... Disons que ça fait 15 ans que l'adopté a fait la demande,
puis il y a cette impossibilité de connaître, et là on lève la restriction, je
pense que les deux parties devraient être informées.
Président (M. Bachand) : Merci. D'autres
interventions? M. le ministre.
Jolin-Barrette : On m'indique également que le ministère de la Santé
et Services sociaux, pour les dossiers dans lesquels il y avait eu une
demande puis il y avait eu un contact, on va les recontacter aussi pour les
informer du changement de la loi.
M. Tanguay : Les
dossiers où il y a eu une demande de l'adopté qui a été refusée seront...
Jolin-Barrette : C'est ça, c'est ça, à cause du veto.
M. Tanguay : ...à
cause du veto vont être, eux, contactés.
Jolin-Barrette : Oui.
M. Tanguay : Les autres... On
ne pourra pas contacter systématiquement tout le monde, là. Je veux dire...
C'est ça.
M. Jolin-Barrette : Bien non, mais
parce qu'il y a des gens qui font... qui n'ont jamais fait de demande.
M. Tanguay : Non. C'est ça. Et, «il
en va de même»... l'autre volet : «Il en va de même de la protection de
plein droit accordée à l'identité d'un enfant envers un parent d'origine...»
Ça, c'est 583.4. Et 110... O.K., puis c'est les deux cas, là. O.K.
Président (M. Bachand) :
Autres interventions sur 355? Mme
la députée de Westmount—Saint-Louis, oui.
Mme Maccarone : Juste une question
de la mise à l'oeuvre : Ça fait que ça veut dire, au moment que la loi
soit adoptée, il y aura un délai de 12 mois, de deux ans avant... pour
continuer le droit de refus? Ce serait mis en vigueur à quelle date exactement?
M. Jolin-Barrette : Vous voulez
savoir à quel moment les renseignements vont être disponibles?
M. Jolin-Barrette : C'est deux
ans, deux ans de la sanction.
M. Tanguay : Donc, dans le fond,
dans les articles transitoires, 355 trouve application dans les deux ans de la
sanction? C'est ça?
M. Jolin-Barrette : Dans le fond,
l'entrée en vigueur va être à deux ans. Dans le fond, la levée des vetos puis
tout ça, c'est deux ans, pour la...
M. Tanguay : Pour cet aspect-là de
la loi?
M. Jolin-Barrette : ...pour la
connaissance des origines.
Mme Weil : Bien, de tout, non? De
tout aspect de la loi?
M. Jolin-Barrette : Non, mais pas de
tout le projet de loi, là, de ça.
Mme Weil : Non, mais... Parce qu'on
a déjà parlé de ça tantôt, là, vous avez dit : C'est... ça va être deux
ans. C'était la demande de la DPJ. Donc...
M. Jolin-Barrette : C'est ça.
Mme Weil : ...certaines
demandes, O.K., qui ont besoin de...
Le Président (M.
Bachand) : Mme la députée de Westmount—Saint-Louis,
oui.
Mme Maccarone : C'est juste que
c'est aussi écrit dans l'article 360 : «Ou sauf si le ministre fixe
une date». Alors, le ministre confirme que
ce serait le deux ans et non une autre date butoir qui pourrait arriver dans un
futur du temps?
M. Jolin-Barrette : À
l'article 360, là, pour quel article... quel paragraphe?
Mme Maccarone : ...je parle de quand
ça va entrer en vigueur, que le ministre dit que... Dans le fond, les gens vont
avoir deux ans pour toujours avoir le droit de refus avant que ça rentre en
vigueur, mais, dans l'article 360...
M. Jolin-Barrette : Non, mais c'est
plus, la disposition entre en vigueur dans deux ans. Donc, dans...
Une voix : C'est cela qu'il faut...
M. Jolin-Barrette : C'est ça.
Mme Maccarone : Je comprends. Ça
fait que les gens qui souhaitent toujours avoir un droit de refus, par exemple,
ils ont deux ans avant que...
M. Jolin-Barrette : Oui, si vous
le...
Maccarone : C'est ça.
Jolin-Barrette : Si vous le voyez comme ça, oui.
Maccarone : Sauf que je veux juste m'assurer que c'est vraiment un
deux ans, parce que c'est aussi écrit dans 360 que le ministre peut fixer une
date.
M. Jolin-Barrette : Antérieure. Ça veut dire,
exemple : supposons que le ministère était prêt avant ça, on pourrait
le faire avant.
Maccarone : Ça fait que ça peut être moins de deux ans?
Jolin-Barrette : Ça risque d'être pas mal deux ans.
Président (M. Bachand) : Merci. D'autres
interventions? M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay : ...là,
juste à 360, juste pour faire la concordance, puis ce qu'on fait là va nous
être utile plus tard, à 360, troisième paragraphe, on parle deux ans, donc,
troisième paragraphe,
article 110, «110 à 119», donc on inclut 110, je ne
vois pas 583.4 serait couvert où.
Jolin-Barrette : Bien, écoutez, je propose que, quand on va être
rendus aux dispositions transitoires, on va le regarder, là.
M. Tanguay : Parce
que ça pourrait peut-être m'aider à comprendre la fin, là : «Tel qu'il se
lisait avant la date de l'entrée en vigueur de l'article 113 de la
présente loi».
Jolin-Barrette : Mais 355, c'est une disposition transitoire, là.
M. Tanguay : Oui.
Non, c'est ça, mais 583.4... «Il en va de même de la protection de plein droit
accordée [...] conformément à l'article 583.4 [...] tel qu'il se lisait
avant la date»... parce que, là, on va adopter ça, là, je veux juste comprendre
ce qu'on fait, «tel qu'il se lisait avant la date de l'entrée en vigueur de
l'article 113 de la présente loi». Puis la date d'entrée en vigueur de
l'article 113 de la présente loi, est-ce que c'est à la sanction?
Jolin-Barrette : Non, 113... 110 à 119, là.
M. Tanguay : Non,
de la présente loi, pas du Code civil.
Jolin-Barrette : C'est ça, du chapitre... «des articles 110 à
119, 139, 146».
M. Tanguay : Vous
êtes où, là?
Jolin-Barrette : 360, paragraphe 3°, troisième phrase. C'est des
articles du projet de loi, 110 à 119.
M. Tanguay : ...dans
la mesure où il édicte... du
chapitre II... des articles... O.K.
L'article 110 à 119, O.K., du projet de loi. O.K. Donc... O.K., parfait.
Je comprends.
Président (M. Bachand) : Autres interventions?
S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 355 est adopté?
Président (M. Bachand) : Adopté. Merci. M.
le ministre.
Jolin-Barrette : Oui. Alors là, on irait à l'adoption sur consentement
spécial, 169 :
L'article 108 du
Code de procédure civile (chapitre C-25.01) est modifié par l'insertion, dans
le troisième alinéa et après «psychosociales,», de «le document contenant les
renseignements relatifs au parent d'origine,».
Commentaire.
L'article 169
propose de modifier l'article 108 du Code de procédure civile afin
d'ajouter, parmi les documents ou éléments matériels de preuve énumérés qui ne
doivent ni être retirés du dossier ni détruits, le document contenant les
renseignements relatifs au parent d'origine.
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
Donc, interventions sur 169?
Le Président (M.
Bachand) : M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay : ...on parle de 108.
Donc, c'est un ajout?
M. Jolin-Barrette : ...pas que les
documents contenant les renseignements relatifs au parent d'origine soient...
M. Tanguay : Communiqués?
M. Jolin-Barrette : ...ne soient
retirés ni détruits, mais on veut qu'ils restent au dossier.
M. Tanguay : 108, Code de procédure
civile : «Les parties, ainsi que les avocats ou, [...]les procédures non
contentieuses [...] doivent veiller à ce que les pièces et autres documents qui
comportent...» O.K. «Tout document [...] élément matériel de preuve produit au
dossier à
titre de pièce[...]. Les parties doivent, une fois l'instance
terminée, reprendre possession des pièces», et, à défaut, il les détruit.
M. Jolin-Barrette : Là, c'est
pour... c'est...
M. Tanguay : «Toutefois, dans
les matières susceptibles de révision ou de réévaluation ainsi que, dans les
affaires non contentieuses, les avis, [...]procès-verbaux, les
inventaires[...], le document contenant les renseignements relatifs au parent
d'origine [...] ni retirés ni...» Il reste au dossier de la cour.
M. Jolin-Barrette : On ne veut pas
qu'elles soient détruites.
M. Tanguay : C'est ça. O.K., je
comprends.
Le Président (M. Bachand) : Merci. Autres interventions? S'il n'y a pas d'autre
intervention, est-ce que l'article 169 est adopté?
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. Merci. M. le ministre,
s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : O.K. 178, puis
on a... À 178, on a un amendement qui est sur Greffier, M. le Président, puis
c'est une erreur.
Le Président (M.
Bachand) : On n'a pas reçu...
M. Jolin-Barrette : Ah! Bien, il
s'en vient, M. le Président...
Le Président (M.
Bachand) : Ah!
M. Jolin-Barrette : ...puis c'est
une erreur cléricale, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Aucun souci. Merci.
M. Jolin-Barrette : Donc : 178.
Ce code est modifié par l'insertion, après l'article 436, du
suivant :
«436.1. La demande de placement et la demande
d'ordonnance de placement de l'enfant relatives à une adoption appuyée sur un
consentement spécial sans que l'enfant fasse l'objet d'un signalement doivent,
pour être recevables, être accompagnées d'un document contenant les
renseignements relatifs au parent d'origine afin de permettre de compléter,
s'il y a lieu, un
sommaire des antécédents sociobiologiques de l'enfant tel que
prévu par la
Loi sur la protection de la jeunesse.»
Commentaire.
L'article 178 propose
d'insérer, après l'article 436 du Code de procédure civile,
l'article 436.1 afin de prévoir que, dans les cas d'une adoption appuyée
sur un consentement spécial sans que l'enfant fasse l'objet d'un signalement,
la demande de placement et la demande d'ordonnance de placement doivent, pour
être recevables, être accompagnées d'un document contenant les renseignements
relatifs au parent d'origine afin de permettre de compléter, s'il y a lieu, un
sommaire des antécédents sociobiologiques de l'enfant tel que prévu par la Loi
sur la protection de la jeunesse.
Le Président (M.
Bachand) : On ne l'a pas encore reçu. Ça
fait que je vais suspendre quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 17 h 45)
Le Président (M.
Bachand) : Donc, merci. À l'ordre! La
commission reprend ses travaux. M. le ministre, s'il vous plaît.
Jolin-Barrette : Alors, pour l'amendement : Remplacer, dans
l'article 436.1 de ce code, proposé par l'article 178 du
projet de loi, «demande d'ordonnance de placement» par «demande d'ordonnance de
déplacement».
Commentaire. Cet amendement propose de remplacer
les termes «demande d'ordonnance de placement» par «demande d'ordonnance de
déplacement» afin de viser l'adoption internationale d'un enfant résidant
habituellement au Québec par une personne résidant hors du Québec. Ces termes
sont cohérents avec ceux que l'on retrouve à la
Loi sur la protection de la
jeunesse et à la Convention sur la protection des enfants et la coopération en
matière d'adoption internationale. Donc, c'était une erreur cléricale.
Le Président (M.
Bachand) : Mme la députée de
Notre-Dame-de-Grâce.
Mme Weil : Oui.
Ce serait juste pour mieux comprendre qu'est-ce qu'on vise ici, quand on parle
de «consentement spécial». C'est des conditions très spécifiques, là,
mais j'ai de la misère à comprendre le contexte.
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : C'est notamment
l'article 555 du Code civil, l'adoption intrafamiliale sur consentement
spécial, dans le fond, quand on connaît le conjoint, puis, exemple...
Mme Weil : Qu'est-ce qui fait que
c'est spécial?
M. Jolin-Barrette : Bien, c'est le
terme qui est utilisé, c'est le consentement spécial. Dans le fond, ce n'est
pas une adoption qui est faite, exemple, en banque mixte ou ailleurs, ou une
adoption...
Mme Weil : C'est entre deux
personnes, c'est ça, la...
M. Jolin-Barrette : Non, mais c'est
parce que, dans le fond... Exemple, là, j'ai un nouveau conjoint, O.K.?
Supposons, je suis veuf, O.K., puis j'ai une nouvelle conjointe, et là je veux
que ma nouvelle conjointe adopte mon enfant, donc je vais consentir à l'adoption
pour ma nouvelle conjointe, par opposition à adoption... adoption générale.
Mme Weil : Et donc le terme, c'est
«spécial»?
M. Jolin-Barrette : C'est ça.
Mme Weil : Et il y a d'autres
situations où on utilise l'expression «spécial»? C'est parce que c'est entre
deux personnes ou c'est...
M. Jolin-Barrette : Dans le fond,
c'est parce qu'on connaît les adoptants, dans le fond, et c'est une personne
qui est dans le cercle familial, généralement. Donc, c'est un consentement
spécial en faveur de cette demande-là, tandis qu'une adoption générale, c'est
en faveur de quelqu'un qu'on ne connaît pas.
Mme Weil : C'est... C'est ça. O.K.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Interventions sur
l'amendement? Si ça va, est-ce que l'amendement à l'article 178 est
adopté?
M. Jolin-Barrette : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) : Adopté.
Mme Weil : ...comprendre aussi
pourquoi on spécifie ici, parce que... parce qu'on n'a pas fait les articles à
la suite l'un... l'une de l'autre... l'un de
l'autre. La demande en... sans que... «sans que l'enfant fasse l'objet d'un
signalement». Donc, on spécifie ça parce que c'est ça qui rend que c'est un
consentement spécial, parce qu'on n'a pas de problème de signalement?
M. Jolin-Barrette : Parce que, quand
il y a un signalement, c'est parce que la DPJ est en cause.
Mme Weil : C'est ça. Mais on a
besoin de le spécifier ici?
M. Jolin-Barrette : Oui.
Le Président (M. Bachand) : Merci.
Autres interventions sur 178 tel qu'amendé?
M. Tanguay :
Là, on avait adopté l'amendement, c'est ça?
Président (M. Bachand) : Oui.
Jolin-Barrette : Oui.
Le Président (M. Bachand) : Donc, ça va? Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? M. le député de La Fontaine.
M. Tanguay : Oui. Là, on a changé, par l'amendement, «de
déplacement» : «La demande de placement et la demande d'ordonnance de déplacement de l'enfant relatives
à une adoption appuyée [...] accompagnées d'un document contenant les
renseignements relatifs au parent d'origine afin de...» Qui... Qui va... Qui
émettre cette demande de placement là?
M. Jolin-Barrette : C'est l'adoptant ou le
DPJ, donc, dans le premier alinéa de 436. «La demande de placement de
l'enfant est présentée par l'adoptant [ou] par le DPJ...»
M. Tanguay : O.K.,
l'adoptant ou la DPJ. Si c'est l'adoptant, c'est l'adoptant qui devra
accompagner sa demande d'un document contenant les renseignements relatifs au
parent d'origine. C'est l'adoptant qui devra fournir ce document-là?
Jolin-Barrette : Oui.
M. Tanguay :
O.K., je pensais que vous aviez d'autres choses à dire.
M. Jolin-Barrette :
Oui. Non, mais, oui, c'est un consentement spécial. Ça fait que, si le DPJ
n'est pas là pour l'obtenir, c'est le... l'adoptant qui le fait.
M. Tanguay : Et
lui va avoir accès à ces informations-là, l'adoptant? Comment il a accès à ça?
Jolin-Barrette : Vu que c'est un consentement spécial, c'est à
l'intérieur de la famille, puis il va avoir accès aux documents.
M. Tanguay : O.K. Je ne comprends pas. Ça veut dire quoi, ça,
«consentement spécial», «ça va être à l'intérieur de la famille»?
Jolin-Barrette : Bien, comme je disais à la députée de
Notre-Dame-de-Grâce, dans le fond, l'adoption générale,
c'est quand, les adoptants, on ne les connaît pas, c'est des inconnus. Dans le
fond, quand c'est un consentement spécial,
c'est que la... c'est à l'intérieur de la famille. Exemple : supposons, je
suis veuf, je veux que ma nouvelle conjointe adopte les enfants.
Jolin-Barrette : Bien, je vais donner un consentement spécial à
l'adoption en faveur de ma nouvelle conjointe. Si, supposons, c'est les
grands-parents, je vais donner un consentement spécial pour les grands-parents
en faveur d'un oncle, d'une tante, d'un grand-parent, d'un conjoint, 555 du
Code.
M. Tanguay : O.K.
Mais vous allez donner un consentement. Mais les antécédents sociobiologiques
de l'enfant... On parle ici de l'enfant mineur ou majeur?
Président (M. Bachand) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette :
Donc, c'est un mineur, le consentement spécial, il va être sur l'adoption
de mineur.
M. Tanguay : O.K.
C'est pour ça que le consentement est donné au nom du mineur, dans le fond,
parce que ça ne s'applique pas au majeur.
M. Jolin-Barrette :
Oui.
M. Tanguay : O.K.
Je comprends.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Autres interventions?
S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 178 est adopté?
Le Président (M. Bachand) :
Merci. Tel qu'amendé, oui, bien sûr. Il est adopté? Merci. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : On va aller à
l'article 44, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Merci.
M. Jolin-Barrette : Donc, 44 :
L'article 147 de ce code est modifié par l'ajout, à la fin, de l'alinéa
suivant :
«L'attestation détaillée porte sur les
renseignements contenus dans l'exemplaire du constat de naissance transmis par
l'accoucheur au Directeur de l'état civil ainsi que sur la nature des
changements qui ont été apportés à un acte de naissance, le cas échéant.»
Commentaire.
L'article 44 propose d'ajouter
un deuxième alinéa à l'article 147 du Code civil afin de prévoir que
l'attestation détaillée porte sur les renseignements contenus dans l'exemplaire
du constat de naissance transmis par l'accoucheur au Directeur de l'état civil
ainsi que sur la nature des changements qui ont été apportés à un acte de
naissance, le cas échéant.
Le Président (M.
Bachand) : Donc, interventions sur 44?
Mme Rizqy : «L'accoucheur»? Ici, on
parle de la mère biologique?
M. Jolin-Barrette : Non.
L'accoucheur, c'est le...
M. Jolin-Barrette : Oui, ou la
sage-femme.
Mme Rizqy : O.K. D'accord.
M. Tanguay : 147 du Code
civil, c'est la...
Le Président (M.
Bachand) : M. le député de LaFontaine,
oui.
M. Tanguay : Merci, M. le Président.
On est dans le Code civil :
«De la publicité du registre de l'état civil.
«147. L'attestation porte sur le...»
On se parle... Le certificat de l'état civil — 146 — énonce
les nom, sexe, lieu, date de naissance de la personne, les lieux du décès si
elle est décédée. «Il énonce également, le cas échéant, les lieu[...]. Le
Directeur de l'état civil peut également délivrer des certificats de
naissance...»
«L'attestation porte sur la présence ou
l'absence, dans le registre, d'un acte ou d'une mention...» On parle de quelle
attestation ici?
Le Président (M. Bachand) : M. le ministre.
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Alors,
l'attestation, dans le code, actuellement, c'est une attestation sur un état de
fait, exemple : marié, divorcé, mort, supposons. Là, on vient créer
l'attestation détaillée qui vient créer l'historique de la personne, là :
«L'attestation détaillée porte sur les renseignements contenus dans
l'exemplaire du constat de naissance transmis par l'accoucheur au Directeur de
l'état civil ainsi que sur la nature des changements qui ont été apportés à un
acte de naissance, le cas échéant.» Donc, c'est pour amener, au niveau de
l'attestation, à la... à la suite de la personne, dans le fond, ces différentes
informations.
M. Tanguay : C'est parce qu'à
l'article 144 on fait une différence à actes de l'état civil, les
certificats et les attestations. L'attestation...
M. Jolin-Barrette : Dans le fond, ce
qu'on me dit, c'est que l'attestation telle qu'on la connaît aujourd'hui, c'est
pour attester d'un fait ou non que le Directeur de l'état civil pourrait
émettre, ça fait que, exemple, attestation que vous êtes marié, attestation que
vous êtes divorcé, attestation que vous êtes mort. Ça ne risque pas d'être
demandé par vous, là, par exemple.
M. Tanguay : Et on vient créer
l'attestation détaillée?
Jolin-Barrette : Oui, donc sur les renseignements contenus dans
l'exemplaire du constat de naissance transmis par l'accoucheur au Directeur
de l'état civil.
Mme Weil : Ou de l'absence d'information.
M. Tanguay : Et pourquoi on crée
l'attestation détaillée?
M. Jolin-Barrette : Bien, pour que
la personne puisse connaître son... son pedigree, si je peux dire, exemple, si
jamais il y a eu un changement de nom, si jamais il y avait une correction, une
erreur sur le document, pour, dans le fond, que, dans le... Ça s'inscrit dans le
droit à la connaissance des origines. Exemple : supposons qu'il avait un
nom à la naissance et puis qu'il a été donné par ses parents biologiques, puis
ensuite il y a un changement de nom qui est fait par les parents adoptants,
bien, dans le fond, la personne qui a été confiée à l'adoption, elle, avec
l'attestation d'étude détaillée... pas d'étude, l'attestation détaillée, va
pouvoir avoir accès à cette information-là pour dire : Bien, je
m'appelais... je m'appelais... je m'appelais Réginald.
M. Tanguay : O.K. Oui. Est-ce que
la... Donc, est-ce qu'il faut comprendre que l'attestation détaillée ne se fera
pas systématiquement, dans tous les cas, ou elle se fera donc... et qu'elle se
fera donc à la demande d'une connaissance... dans un contexte de demande de
connaissance d'origines? C'est là qu'elle se... elle va se faire par le
responsable du registre de l'état civil?
M. Jolin-Barrette : Bien, le
Directeur de l'état civil...
M. Tanguay : Le Directeur de
l'état civil.
M. Jolin-Barrette : ...va pouvoir la
créer à la suite de la demande.
M. Tanguay : À la suite de la
demande. Mais il ne la fera pas systématiquement à la naissance...
M. Jolin-Barrette : Non.
M. Tanguay : ...ou à
l'adoption?
M. Jolin-Barrette : Non.
M. Jolin-Barrette : Donc, ça, on me
dit, c'est qu'actuellement il n'y a pas d'attestations qui sont produites juste
pour produire des attestations. Exemple : vous voulez avoir une
attestation que vous êtes divorcé, vous appelez le DEC, puis ils vous
produisent votre attestation. Il y en a qui attendent ça, des fois.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Autres interventions sur
44? Mme la députée de... Saint-Laurent, s'il vous plaît. Pardon.
Mme Rizqy : Oui. Juste
pratico-pratique, en temps normal, lorsqu'on demande au Directeur de l'état
civil pour sortir son attestation, il a, lui, non seulement le nouveau nom, là,
mais aussi la demande de changement de nom. Mais ça veut dire qu'au fond, quand
une personne fait une demande, en ce moment, il connaît juste son nouveau nom,
mais le Directeur de l'état civil n'est pas tenu de lui dire par exemple :
Bien, par exemple, en... lorsqu'il y a 20 ans, vous... vos parents...
Mme Rizqy : O.K. Alors, c'est pour
ça qu'on fait ça? Parfait. Là, je comprends. Parfait.
M. Jolin-Barrette : Parce
qu'actuellement, ce qu'ils vont statuer, exemple, ils vont vous émettre votre
déclaration de naissance ou votre certificat de naissance, mais vous n'avez pas
nécessairement l'historique.
Mme Rizqy : O.K. Parfait. Je
comprends. Merci.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Autres interventions sur
44? M. le député de LaFontaine, oui.
M. Tanguay : Oui. Puis, quand on
dit : «Transmis par l'accoucheur au Directeur de l'état civil», ça veut
dire que le Directeur de l'état civil va demander à l'endroit où est née la
personne, l'hôpital, puis eux vont...
M. Jolin-Barrette : Oui.
Tanguay : ...vont fouiller dans leurs registres, puis ça,
puis...
Jolin-Barrette : Mais c'est... Il le reçoit déjà, c'est déjà
sur le constat de naissance.
Jolin-Barrette : Parce que, tu sais, dans le fond, l'accoucheur, lui,
quand il accouche, il fait le constat de naissance, ensuite les parents font la
déclaration de naissance. Puis, dans le fond, quand vous remplissez votre demande... votre déclaration de naissance, vous
joignez l'attestation... le constat, excusez. C'est un papier carbone. En
tout cas, moi, celui que j'ai eu, c'était...
M. Tanguay : O.K.
Parce que je ne me rappelais pas, M. le Président, d'avoir rempli mon
attestation de naissance. C'est juste ça, là, je...
Jolin-Barrette : Papier jaune.
M. Tanguay : Ah
oui, papier jaune? Vous ne changez pas ça? 2022, carbone?
Jolin-Barrette : Bien, écoutez, ça, c'est le réseau de la santé. Vous
savez, nous, en justice, on est vraiment technologiques...
M. Tanguay :
Ce n'est pas gentil pour votre collègue.
Jolin-Barrette : Le réseau de la santé, on fait une refondation. On
inspire la Santé.
Le Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. Est-ce qu'il y
a d'autres interventions sur l'article 44? S'il n'y a pas d'autre
intervention, est-ce que l'article 44 est adopté?
Président (M. Bachand) : Adopté. Merci. M. le ministre.
Jolin-Barrette : O.K. Avec votre permission... Bien, dans le fond, on
va faire l'autre article, puis ensuite on pourrait terminer par l'amendement en
lien avec la députée de Saint-Laurent.
L'article 255 :
L'article 1 de ce tarif est modifié :
1° par l'ajout, après
le paragraphe 4° du premier alinéa, du paragraphe suivant :
«5° pour une
attestation détaillée relative aux renseignements contenus dans l'exemplaire du
constat de naissance ou à la nature des changements qui ont été apportés à un
acte de naissance, 25 $.»;
2° par l'ajout, après
le paragraphe 2° du deuxième alinéa, du paragraphe suivant :
«3° dans [les cas
visés] au paragraphe 5 du premier alinéa, 60 $.»
Commentaire.
L'article 255 propose de modifier l'article 1 du Tarif des droits
relatifs aux actes de l'état civil, au changement de nom ou de la mention du
sexe afin de prévoir les droits exigibles quant à la délivrance d'une
attestation détaillée prévue à l'article 147 du Code civil, tel que
proposé par l'article 44, et quant à la délivrance d'une telle attestation
dans le cas d'une demande qui nécessite un traitement dans un délai accéléré.
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
Cela dit, compte tenu
l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'à 19 h 30. Bon
appétit.
(Suspension de la séance à
18 heures)
Président (M. Bachand) : À l'ordre, s'il
vous plaît. Bon début de soirée. La Commission des institutions reprend ses
travaux. On poursuit donc l'étude détaillée du projet de loi n° 2, Loi
portant sur la réforme du droit de la famille en matière de filiation et
modifiant le Code civil en matière de droits de la personnalité et d'état
civil.
Lors de la suspension
de nos travaux, nous en étions à l'étude de l'article 255. Donc,
interventions sur 255?
Président (M. Bachand) : O.K. S'il vous
plaît! S'il vous plaît! Merci. M. le ministre, oui.
M. Jolin-Barrette :
Oui. Avec votre permission, on irait peut-être à l'article 118, suite
à l'intervention de la députée de Saint-Laurent, sur l'amendement qu'on
déposerait en lien avec l'accès, là, pour la mère... pour l'accès aux origines
jusqu'à l'âge de 18 ans, avec le consentement de la mère.
Président (M. Bachand) : Donc, est-ce
qu'il y aurait consentement pour suspendre l'article 255?
Une voix : Consentement.
Le Président (M.
Bachand) : Et consentement pour revenir
réouvrir l'article 118?
Une voix : Consentement.
Président (M. Bachand) :
Consentement. M. le ministre. On
va mettre l'amendement en ligne et sur Greffier.
M. Jolin-Barrette : Oui. Alors,
à l'article 118, dans le premier alinéa de l'article 583.10 du Code
civil proposé par l'article 118 du projet de loi, remplacer «À moins que
la communication de ces renseignements ne permette de révéler l'identité du
parent d'origine alors que celui-ci bénéficie d'un refus à la communication de
son identité» par «À moins que le parent d'origine ne bénéficie d'un refus à la
communication de son identité».
Le Président (M.
Bachand) : On va le mettre à l'écran et,
encore une fois, sur Greffier.
M. Jolin-Barrette : Donc, la
différence, c'est «à moins que le parent d'origine ne bénéficie d'un refus à la
communication de son identité». Donc, si c'est déjà inscrit, ce refus-là, bien,
ça vient boucler la boucle, ça vient verrouiller la situation jusqu'à l'âge de
18 ans.
Le Président (M.
Bachand) : Merci.
Mme Rizqy : ...discussion puis
à ce qui a été soulevé. Donc, il n'y a pas d'autre enjeu ici. Merci.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Je comprends qu'il n'y a
pas d'autre intervention. Alors, s'il n'y a pas d'intervention, est-ce que
l'amendement à l'article 118 serait adopté?
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. Donc, on en revient à
118 tel qu'amendé. Est-ce qu'il y aurait d'autres interventions? S'il n'y a pas
d'autre intervention, est-ce que l'article 118, tel qu'amendé, est adopté?
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. Merci. Donc, je
comprends qu'il y aurait consentement pour revenir à l'article 255? Consentement.
Donc, l'article avait été lu par le ministre. Est-ce qu'il y a des
interventions sur le 255?
Le Président (M.
Bachand) : Oui, bien sûr.
M. Tanguay : ...255 du projet de
loi, M. le Président?
Le Président (M.
Bachand) : Oui, 255 du projet de loi, M.
le député.
M. Tanguay : 255? Je pense qu'il n'a
pas été lu.
Le Président (M.
Bachand) : Oui, il a été lu par le
ministre juste avant la levée.
Mme Rizqy : Donc, au fond, c'est
seulement les tarifs?
M. Tanguay : On est à quelle loi,
ici? Les tarifs des droits relatifs aux actes de l'état civil, c'est ça?
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : ...dans le Tarif
des droits relatifs aux actes de l'état civil, au changement de nom ou de la
mention de sexe.
Le Président (M.
Bachand) : Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Maccarone : Au début, un peu quand on était dans les premiers articles
en ce qui concerne la mention de sexe puis on avait fait le débat en ce qui
concerne les frais chargés auprès des personnes qui voulaient avoir accès au
changement de la mention de sexe, est-ce que ça, c'est compris dans l'article?
Parce que le ministre avait dit qu'il y aura même une
exemption pour les personnes trans qui font un premier changement ou des
personnes non binaires. Puis je comprends qu'on attend après cet
article plus
tard, mais est-ce qu'il y a un impact, ici, en ce qui concerne les frais pour
les personnes qui aimeraient avoir l'accès à ce changement soit de nom ou de
mention de sexe?
Jolin-Barrette : Non, mais, dans le fond, le changement de nom en lien
avec le sexe, là, ça, c'est un
article distinct. Dans le fond, ça, c'est pour
quelqu'un qui veut avoir l'attestation. Tu sais, l'attestation, ce n'est pas
d'office. Vous le demandez, vous le voulez.
Mais, ce que je veux dire, ça, il y a des frais de 25 $ ou sinon de 60 $,
à 5, ça veut dire...
Maccarone : Je pense, ma question, c'est plutôt lié dans le processus.
Dans le processus d'une personne qui est en transition, est-ce qu'il doit avoir
accès à faire ce type de demande pour avoir des documents? Ça fait que ça ne
fait pas
partie des frais?
Jolin-Barrette : Non, mais il peut le demander s'il souhaite le
demander, mais ça ne fait pas
partie du package pour...
Maccarone : O.K. Ce n'est pas
partie du package.
Jolin-Barrette : Non.
Maccarone : O.K. Parfait. Merci.
Jolin-Barrette : Mais il peut le demander, là, supposons.
Maccarone : Tout à fait, à part, je comprends. Ils ont quand même un
accès. Je voulais juste savoir si ça faisait
partie du processus puis, si oui,
si ça prenait quand même une dispensation pour s'assurer que les frais ne
seront pas attribué