CRC — 17 August 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
CRC 2020-08-17
Quebec — Committees
Mme Girault : Merci,
Mme la Présidente. Écoutez,
juste auparavant, j'aimerais, moi aussi, dire bonjour aux nouveaux députés, bien, qui se joignent à cette commission.
Je suis là aussi comme ministre du MIFI, en fait, pour la première fois.
Alors, bonjour à tous. J'aimerais aussi juste saluer le sous-ministre,
M. Dagenais, et la nouvelle secrétaire générale, Mme Marie-Claude Simard, puis c'est un grand plaisir de travailler
avec vous, et remercier aussi toute mon équipe. Ça s'arrête là pour les
préambules.
Merci pour la question, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis. Maintenant, bien que ça ne soit pas vraiment du
recours du MIFI, mais à
titre de mon rôle de coprésidente du comité, je vais quand même
répondre en
partie à la question. Ce
comité-là a été mis en place par le premier
ministre, et il nous a demandé, à
sept députés, de faire un mandat très
spécial à court terme. En fait, vous connaissez le premier ministre, il
aime avoir des réponses à des actions.
Donc, de vraiment regarder ce qui a été fait à
date, de proposer vraiment des secteurs dans lesquels on pourrait faire des actions précises, pointues et qui donneraient
un résultat, des actions qui vont bouger la barre, comme tout le temps, faire
monter l'aiguille. Et, dans ce cadre-là, on
a et on va rencontrer plusieurs groupes qui ont été établis déjà et, d'ici
l'automne, on va présenter des
actions spécifiques qui vont justement faire acte et vont faire vraiment bouger
la barre au niveau des actions contre le racisme.
Maccarone : Mme la Présidente, ma question, je pense qu'elle était
assez précise. Je voulais savoir combien de groupes et experts ont été
rencontrés jusqu'ici.
La Présidente (Mme
Chassé) : Mme la ministre, la parole est à vous.
Girault : Merci, Mme la Présidente. Mme la Présidente, il y a
plusieurs groupes et experts. On est divisés en plusieurs sous-groupes à l'intérieur du comité, et chacun des
sous-groupes a un agenda avec différents groupes et experts. Vous comprendrez que je n'ai pas le nombre exact,
mais il y a plus d'une cinquantaine de groupes et d'experts qui vont être
rencontrés au cours de ce travail-là.
La Présidente (Mme Chassé) : Merci,
Mme la ministre. Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Alors, qui vont être
rencontrés... Alors, ça veut dire qu'ils n'ont pas été rencontrés à date.
La Présidente (Mme Chassé) : On
s'adresse à la présidence. Mme la ministre, la parole est à vous.
Girault : Merci, Mme la Présidente. Quand je dis «vont»... J'ai
dit : qui ont et qui vont être rencontrés. C'est un travail... durant tout l'été qu'on a travaillé là-dessus.
Le travail va se terminer en octobre. Donc, depuis le début et d'ici octobre, quand on va déposer la liste et nos
actions, il y aura eu à peu près une cinquantaine de groupes qui vont avoir
été rencontrés.
La Présidente (Mme Chassé) : Merci,
Mme la ministre. Mme la députée.
Mme Maccarone : Quand est-ce que les
prochaines rencontres vont être faites?
La Présidente (Mme Chassé) : Mme la
ministre, la parole est à vous.
Girault : Merci. C'est drôle parce qu'on... Bien, ce n'est pas drôle,
mais c'est assez intéressant qu'on parle du Groupe d'action contre le racisme, alors que ça n'a pas vraiment
rapport avec le ministère de l'Immigration. Mais, cela étant dit, les
groupes sont rencontrés au fur et à mesure. À chaque semaine, on rencontre
des groupes différents.
La Présidente (Mme Chassé) : Merci,
Mme la ministre. Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Quels groupes ont
été rencontrés à date?
La Présidente (Mme Chassé) : Mme la
ministre.
Mme Girault : Merci. Écoutez, je
n'ai pas la liste des groupes avec moi, là. Ce n'est pas un des sujets que je m'attendais à discuter aujourd'hui, la liste des
groupes... soit le Groupe d'action contre le racisme, et non pas juste les
sujets qui sont relatifs vraiment au ministère de l'Immigration.
La Présidente (Mme Chassé) : Merci,
Mme la ministre. Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Maccarone : J'entends la
ministre, Mme la Présidente, sauf j'avoue que je suis déçue de certaines
réponses. Évidemment, quand on parle
de diversité, quand on parle d'intégration, quand on parle d'inclusion, ça
tombe quand même sous la
responsabilité de la ministre. Et c'est sûr, quand on dit que nous allons
prendre la responsabilité de ce comité, c'est une occasion de discuter de ceci, entre autres, s'il y a des rencontres
qui ont été faites et des rencontres qui sont promises d'être faites, et on ne peut pas dire ça va être
quels groupes. Est-ce que la ministre peut au moins nous dire le budget qui est
octroyé à ce comité?
Mme Girault : Pour l'instant...
La Présidente (Mme Chassé) : Merci,
Mme la députée. Mme la ministre.
Girault : Merci, Mme la Présidente, pardon. Pour l'instant, le budget,
en fait, n'est pas encore décidé pour ce...
Le budget va être décidé au fur et à mesure qu'on va
décider de quels genres d'actions on va mettre en place. Et on est en train, justement, d'évaluer, au fur et à mesure qu'on va faire les
propositions, les actions qu'on veut mettre en place, le coût de ces actions-là, puis ensuite, par la suite, on ira
voir pour le budget.
La Présidente (Mme Chassé) : Merci,
Mme la ministre. Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Est-ce qu'il y a des
fonctionnaires qui y participent ou appuient ce groupe-là?
La Présidente (Mme Chassé) : Mme la
ministre.
Girault : Merci, Mme la Présidente. Il y a des fonctionnaires, évidemment, qui font
partie de différents ministères. Il y a plusieurs ministères qui sont impliqués. On parle, entre autres, de Travail. On parle, entre
autres, du ministère
de l'Éducation. On parle du ministère de la Justice. Donc, il
y a des fonctionnaires qui vont être
impliqués, dans chacun de ces ministères-là,
une fois, encore une fois, qu'on aura ensemble, les sept, décidé quels sont
les secteurs spécifiques qu'on va
toucher, quelles sont les actions spécifiques qu'on va mettre en place et comment on veut positionner ces actions-là.
La Présidente (Mme Chassé) : Merci,
Mme la ministre. Mme la députée.
Mme Maccarone : Oui, merci, Mme la
Présidente. Je suis... J'aimerais avoir de l'information par rapport à l'échéancier par rapport au groupe. La ministre a
dit que ce serait automne. La seule information que nous avons eue à date,
c'est vraiment le communiqué de presse qui a
été envoyé le 15 juin, en plus de ce que la ministre vient de dire avec
nous, c'était août 2020. Même que son
collègue, qui est le coprésident, le ministre délégué à la Santé et Services
sociaux, en entrevue, le lendemain du
dépôt du communiqué de presse, en entrevue avec Patrick Masbourian, il a dit
que trois mois étaient suffisants.
Est-ce que ça reste puis est-ce qu'il y aura un rapport qui sera déposé ce
mois-ci? Parce que c'est écrit : déposé dès automne 2020.
La Présidente (Mme Chassé) : Merci,
Mme la députée. Mme la ministre, la parole est à vous.
Girault : Merci, Mme la Présidente. Effectivement, c'est un rapport... ce n'est pas un rapport, ce
sont des actions qui vont être
proposées à l'automne. On n'a pas encore déterminé la date précise que... Ce
sera à l'automne. Dans mon livre à
moi, le mois d'août, ce n'est pas l'automne. Mais ça va être déposé durant
l'automne, tout à fait, des actions vont être prises et elles
vont être déposées à l'automne.
Présidente (Mme Chassé) : Très bien. Merci, Mme la ministre. Oui, Mme la
députée, la parole est à vous.
Mme Maccarone : Alors, il n'y a pas
d'échéancier précis pour quand nous devrons recevoir ce rapport.
La Présidente (Mme Chassé) : Mme la
ministre.
Girault : Merci. Il n'y a
pas de dates précises qui ont été mises en place actuellement. C'est sûr que la
COVID fait en sorte qu'il y a des
déplacements de certaines choses. Ça va faire en sorte aussi qu'il y a des
commissions. On va regarder l'horaire
des commissions qui va être mis en place aussi, parce que vous comprenez que
les sept députés qui sont sur ce travail-là travaillent aussi plusieurs en
commission. Donc, ça va être fait à l'automne.
La Présidente (Mme Chassé) : Merci,
Mme la ministre. Mme la députée.
Maccarone : Est-ce que la ministre s'engage à nous déposer la liste de
groupes à rencontrer, comme elle n'a pas cette information sous la main?
Présidente (Mme Chassé) :
Mme la ministre, est-ce que vous vous engagez à déposer la liste des groupes à
être rencontrés?
Mme Girault : Merci, Mme la
Présidente. La liste des groupes ne sera pas déposée.
La Présidente (Mme Chassé) : Merci,
Mme la ministre. Mme la députée.
Maccarone : J'ai de la
misère à comprendre le manque de transparence, Mme la Présidente, étant donné
que...
La Présidente (Mme Chassé) :
Merci... Westmount—Saint-Louis,
poursuivez.
Maccarone : Merci. Étant
donné que moi-même... On a eu une rencontre ensemble, les deux coprésidents,
moi-même, ma chef de ma formation politique,
pour discuter de comment que nous pouvions travailler ensemble. On avait
demandé de participer d'une façon non
partisane à ce comité. À la suite de ceci, Mme la Présidente, encore le... ça a
été refusé de participer ensemble à
ce comité. Comme je dis, je trouve que c'est malheureux puis c'est décevant de
ne pas avoir de l'information, évidemment, car le racisme systémique, le
racisme, c'est un enjeu qui affecte toute la société.
On a déposé
même une... On a envoyé une lettre, parce qu'on a eu un engagement du
gouvernement, des membres de ce comité, d'accepter des recommandations
des groupes à rencontrer. Je peux déposer la lettre, si c'est désiré par mes collègues. C'est quand même des groupes
minimaux à rencontrer. Ce n'est pas vraiment... C'est des groupes qui sont
évidemment très importants, Mme la
Présidente. Et nous, quand on a fait des suivis avec ces groupes, eux, ils ont
dit qu'ils n'ont pas été contactés
par le comité, alors des groupes, par exemple, Mme la Présidente, comme le
Conseil québécois LGBT, la Ligue des
droits et libertés, la La Ligue des Noirs, Maison d'Haïti, Congrès maghrébin du
Québec, Victor Armony, Mariam
Hassaoui et Massimiliano Mulone, qui sont les experts qui ont réalisé l'étude
sur le profilage au SPVM, l'Institut musulman de Montréal, et je
continue.
Alors, comment est-ce que la ministre explique que ces groupes-là n'ont
pas été contactés à date étant donné qu'on a un échéancier qui achève
puis ça s'en vient?
La Présidente (Mme Chassé) : Merci,
Mme la députée. Mme la ministre, la parole est à vous.
Girault : Merci, Mme la
Présidente. Bien, écoutez, je vous dirais qu'il reste encore beaucoup de
groupes à rencontrer et à contacter.
Vous n'êtes pas sans savoir qu'on passe... On vient de passer la période
estivale. Il y a plusieurs groupes qu'on a essayé de contacter et qu'on
n'a pas encore été capables de contacter aussi.
Et, d'autre
part, j'aimerais mentionner aussi que... Mme la députée de Westmount—Saint-Louis mentionne le fait qu'on a refusé, entre guillemets, de les
rencontrer. Les premières rencontres qu'on a faites avec le Groupe d'action
contre le racisme, ça a été de rencontrer
les oppositions officielles. On les a toutes rencontrées. On leur a offert de
nous rencontrer. On a eu des
rencontres et des discussions très intéressantes avec plusieurs de nos
collègues, et de là sont ressorties plusieurs actions et plusieurs suggestions
d'actions très intéressantes aussi.
La Présidente (Mme Chassé) : Très
bien. Merci, Mme la ministre. Mme la députée.
Mme Maccarone : Bien, pour préciser,
Mme la Présidente, la demande, ça a été de participer dans le comité actuellement, parce que, c'est sûr, c'est désolant
pour les groupes. À date, moi-même, j'ai rencontré 10 groupes. J'ai huit
autres rencontres qui s'en viennent.
On a 10 autres groupes à qui on attend aussi pour avoir une confirmation
de rencontre avec eux. Et ce qui est
désolant, c'est que, malheureusement, ça fait du travail supplémentaire pour
ces groupes, parce qu'il faut qu'ils nous
rencontrent, il faut qu'ils rencontrent le comité, et c'est désolant pour eux.
Et eux-mêmes, ils ont soulevé ça comme préoccupation
car ils disent que, souvent, on met sur le dos des communautés marginalisées ou
qui sont le sujet du racisme le devoir et le travail de nous instruire
par rapport aux difficultés qu'eux, ils ont.
Alors, nous,
on avait demandé de participer pleinement au comité, de faire ça plus d'une
façon transparente, de faire ça plus
d'une façon qui n'engendrerait pas la partisanerie, mais pour trouver des
solutions ensemble. Je dis souvent que je
trouve que le rôle de l'opposition, c'est d'aider le gouvernement à gouverner.
Nous aussi, nous avons des propositions à partager. C'était le début
de... le départ du comité. Alors, évidemment, rendus à ce moment-là, on n'avait
pas de recommandation à faire. Nous, notre
demande, c'était de participer pour éviter qu'on fait travailler les groupes
plus souvent, deux, trois, quatre fois.
Malgré ça,
puis qu'on sait qu'il y a plusieurs groupes qu'à date ils n'ont pas été
rencontrés ou ils n'ont pas été convoqués,
j'aimerais savoir de la part de la ministre qu'est-ce qu'il va faire, le
comité. Est-ce qu'il s'engage à recueillir des témoignages qui sont primordiaux, de ces groupes-là, s'il n'y aura
pas des rencontres? Parce que je suis préoccupée. Quand on parle de qu'est-ce qui va être la
proposition du gouvernement, ça va être quoi, les enjeux qu'ils vont établir,
si on n'entend pas tous les groupes? Puis on
ne parle pas uniquement, seulement des groupes, mais aussi les victimes.
Est-ce qu'il va y avoir des mesures qui seront mises en place pour faire
entendre la voix de ces personnes-là?
La Présidente (Mme Chassé) : Merci,
Mme la députée. Mme la ministre, la parole est à vous.
Girault : Merci, Mme la Présidente. Bien, écoutez, dans le Groupe d'action contre le racisme, on a
sept députés, dont deux font
partie assez explicitement des
communautés dont on parle, dans ce Groupe d'action contre le racisme. Alors,
je l'ai dit en conférence de presse et je le
répète, le racisme, moi, j'en ai vécu et j'ai une bonne idée aussi de ce qu'on
peut vivre avec des gens autour de moi. Et,
dans le cadre de ce Groupe d'action contre le racisme, on invite, et ça,
l'invitation était ouverte à tout le
monde, de nous envoyer des mémoires, de nous envoyer des suggestions, de nous
envoyer les informations que vous voudriez nous faire connaître.
Et on ne fera
pas, on l'a dit à plusieurs reprises aussi, on ne fera pas de commission sur ce
groupe-là, parce que le groupe... on
se base sur de multiples études, de multiples analyses et de multiples mémoires
qui ont été faits depuis les
dernières années. On en a une quantité vraiment impressionnante. Et, dans ces
mémoires-là, je vous dirais qu'on retire les actions spécifiques dans des secteurs stratégiques, des secteurs
porteurs et des secteurs dans lesquels on sent qu'on va pouvoir faire
bouger l'aiguille.
Maintenant,
cela étant dit, on a rencontré plusieurs groupes. Il y en a d'autres à venir.
Je pense qu'il y en a certains même
sur la liste que vous venez de mentionner. Puis, si vous voulez nous faire
parvenir la liste, ça va nous faire plaisir de la prendre en compte. Et, dans ces secteurs-là, et dans ces
listes-là, et parmi les gens qu'on rencontre, je vous dirais qu'il y a plusieurs actions spécifiques qui se
recoupent énormément. Donc, je pense
que le groupe va avoir des actions intéressantes
à délivrer au gouvernement et surtout des actions qui vont pouvoir être
mises en place et qui vont pouvoir faire bouger l'aiguille sur le sujet
dont on parle.
Présidente (Mme Chassé) : Merci, Mme la ministre. J'entends que la lettre a été transmise et
qu'elle sera déposée sur le Greffier pour consultation. Merci. Mme la
députée, la parole est à vous.
Maccarone : Merci. Est-ce
que la ministre s'engage à partager les mémoires qui ont été
déposés à date et envoyés au comité? Parce que,
c'est sûr, ça serait intéressant aussi, je pense, pour les
autres groupes de l'opposition, où elle en prend compte...
Présidente (Mme Chassé) : Mme la ministre.
Mme Girault :
Bien, écoutez, je n'ai pas vraiment de réponse à donner là-dessus, mais je
pourrais valider puis vous revenir.
La Présidente (Mme Chassé) : Très bien. Donc, vous vous engagez à nous revenir
avec une réponse là-dessus, Mme la ministre?
La Présidente
(Mme Chassé) : Très bien. Merci, c'est noté. Mme la députée.
Maccarone : La semaine dernière, l'Assemblée des premières nations
Québec-Labrador a annoncé... a développé son
propre plan d'action afin de s'attaquer à la discrimination et le racisme
systémique. Elle s'est dit peu inspirée par le groupe d'action et qu'il y avait peu de crédibilité car c'est
composé uniquement des membres du parti au pouvoir. Ils critiquent aussi
le fait que le gouvernement est fermé de ne pas croire au racisme systémique.
centaines de recommandations, évidemment, existent uniquement sur la situation
autochtone, entre autres le rapport
sur la commission Viens. Et le gouvernement, j'ai l'impression, ne veut
pas partager la direction où il veut aller. Mais, malgré ça, le fait que le grand chef Picard lui-même se dit qu'il
est préoccupé, et il pense que le comité manque de crédibilité, et, lui-même, il n'a pas été convoqué pour témoigner au
sein du comité... J'aimerais savoir qu'est-ce que la ministre propose
pour rassurer les Premières Nations.
La Présidente
(Mme Chassé) : Merci, Mme la députée. Mme la ministre, la parole
est à vous.
Mme Girault : Merci, Mme la Présidente. Mme la Présidente, je
voudrais réitérer à la députée de Westmount—Saint-Louis
que, sur le comité, siège aussi la ministre des Affaires autochtones, qui est
très au fait de toutes les recommandations des différents rapports qui sont sortis et qui travaille en étroite
collaboration avec les chefs des nations autochtones. Donc, je pense qu'on a vraiment une personne sur le
comité qui est très à l'aise dans ce domaine-là, dans ce secteur-là, et qui
aussi, de par son propre cabinet, a majoritairement
aussi des membres des communautés autochtones. Donc, tant il n'y a pas de
personnes autochtones sur le comité... mais
il n'y a pas de députés autochtones à l'Assemblée, point. Mais, en partant,
on a quelqu'un de très expérimenté
là-dedans, quelqu'un qui travaille depuis deux ans en très étroite
collaboration avec les différentes communautés autochtones.
La Présidente
(Mme Chassé) : Merci, Mme la ministre. Mme la députée.
Mme Maccarone :
Avec beaucoup de respect, Mme la Présidente, je dirais qu'évidemment ça ne
rassure pas le grand chef Picard, parce que
le communiqué de presse et le rapport... Le sondage de Léger & Léger a
sorti la semaine dernière. Alors,
probablement... Je ne sais pas s'il y a un message à envoyer, mais moi, je ne
suis pas rassurée, si le grand chef
Picard, entre autres, que nous avons rencontré la semaine dernière pour
discuter de ses préoccupations, n'a pas été convoqué par le comité. Est-ce que la ministre s'engage au moins de
convoquer l'Assemblée des premières nations du Québec-Labrador pour discuter de leurs enjeux et de prendre en
conséquence le nouveau rapport qu'eux, ils
ont déposé?
La Présidente
(Mme Chassé) : Merci, Mme la députée. Mme la ministre.
Mme Girault :
Merci. Je peux vous assurer que les Premières Nations sont contactées par notre
groupe, parce qu'il y a des... Un de nos sous-groupes, en fait, s'occupe
spécifiquement des Premières Nations avec notre ministre des Relations aux Premières
Nations, des Relations autochtones, Mme D'Amours.
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, Mme la ministre. Mme la députée.
Mme Maccarone : Ces sous-groupes, est-ce qu'ils sont composés des
fonctionnaires, est-ce qu'ils sont composés des députés? Ils sont
composés de qui?
La Présidente (Mme Chassé) : On s'adresse toujours à la présidence. Merci, Mme
la députée. Mme la ministre, la parole est à vous.
Girault : Merci. Les sous-groupes sont... Le groupe des sept, en fait,
on s'est divisés en sous-groupes pour être capables de rencontrer plus de personnes et rencontrer plus
de groupes, de rendre ça plus efficient, efficace durant le travail de l'été. Donc, il n'y a pas de
fonctionnaires qui siègent sur le Groupe d'action contre le racisme. Les
fonctionnaires sont là en support
pour prendre des notes et plus des trucs comme ça, mais il n'y a pas de
fonctionnaires qui siègent sur ce groupe-là. Ce groupe-là est constitué
de sept députés.
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, Mme la ministre. Mme la députée.
Maccarone : Et, la ministre, elle est responsable pour quel groupe?
Girault : Bien, je suis
responsable pour un des sous-groupes. Il n'y a pas vraiment
de... On n'a pas de
titre sur nos
groupes, là. On est sept. On s'est divisés la tâche de rencontrer les
différents groupes, les différentes associations, tous
les membres de... les gens qu'on voulait rencontrer, la liste
qu'on a montée. Et on s'est divisés en sous-groupes pour être capables de rencontrer plus de personnes,
mais on n'a pas titré... La raison pour laquelle la personne...
la ministre des Relations autochtones s'occupe spécifiquement des groupes autochtones, c'est parce qu'elle a l'expertise de le faire,
et c'est son champ d'expertise, mais il n'y
a pas spécifiquement de groupes qui sont rencontrés par chacun, là.
C'est parce qu'elle, elle a cette expertise-là précisément.
La Présidente (Mme Chassé) : Merci, Mme
la ministre. Mme la députée.
Maccarone : ...que
la ministre, elle est coprésidente, je présume qu'elle reçoit
de l'information de ses collègues qui
sont responsables des sous-groupes étant
donné que ça devrait être le cas.
Comment est-ce que la ministre propose, quand
on parle du dossier du racisme systémique, de travailler nation à nation pour
les peuples des communautés autochtones?
La Présidente (Mme Chassé) : Merci, Mme
la députée. Mme la ministre.
Girault : Merci, Mme la Présidente. Écoutez, actuellement... Il faut comprendre, là, qu'actuellement on est dans un processus
où est-ce qu'on est en train de rencontrer des groupes. On est
dans un mode pas d'observation, mais d'écoute.
On est là pour écouter les gens, pour comprendre leurs réalités, parce que c'est ça,
le mandat qu'on nous a donné, de
comprendre leurs réalités et de mettre ensuite des actions spécifiques en
place, de proposer des actions spécifiques en... actions qui vont être
mises en place par différents ministères. Je... tout à l'heure, le Travail, le ministère
de la Santé, le ministère
de l'Éducation. Donc, plusieurs ministères vont être touchés dans le travail de mise en
place de ces actions-là.
Maintenant,
les relations autochtones sont... je ne dirais pas coprésidées, mais sont
prises en compte spécifiquement
par le sous-ministre... par le sous-comité auquel Mme D'Amours participe.
Chacun des...
La Présidente (Mme Chassé) : En
conclusion.
Girault : Puis chacun de ces
comités-là, ensemble, après ça, on va s'asseoir puis on va regarder quelles
sont les actions spécifiques qu'on met en place pour chacun des comités.
Présidente (Mme Chassé) : Merci, Mme la ministre. Mme la députée, il
reste moins de 45 secondes au bloc d'échange.
Maccarone : La ministre a
nommé plusieurs ministères qui sont interpelés à mettre en action probablement
des recommandations qui seront mises vers
l'avant par le comité, mais elle n'a pas parlé du budget qui sera octroyé pour
les aider à accomplir ces tâches-là. J'aimerais
évidemment entendre la ministre là-dessus, comment ce budget, ce serait
octroyé. Combien est-ce que le gouvernement s'engage à mettre vers l'avant pour
combattre le racisme systémique?
La Présidente (Mme Chassé) : Mme la
ministre, il vous reste 15 secondes.
Girault : Merci. En fait, j'ai répondu tout à l'heure, quand on a
parlé du budget. J'ai dit qu'une fois que les actions vont être proposées, c'est à ce moment-là qu'on va voir quel
genre de budget on a besoin pour mettre ces actions en place.
Présidente (Mme Chassé) :
C'est très bien. Merci. Ceci conclut le premier bloc d'échange avec
l'opposition officielle. Nous sommes
maintenant prêts à... Je suis maintenant prête à reconnaître une première
intervention de la première... la
deuxième opposition, pardon, pour son premier bloc d'échange. Eh boy! C'est par
là... Oui, c'est ça. Alors, M. le député de Laurier-Dorion, la parole
est à vous.
Fontecilla : Merci, Mme la
Présidente. Tout d'abord, je voudrais saluer vous et mes collègues. Ça me fait
plaisir de vous retrouver après
longtemps qu'on ne s'est pas vus. Et je voudrais également... Je profite de
l'occasion pour reféliciter, cette fois-ci en personne, Mme la ministre
d'avoir été nommée à ce ministère important pour le Québec. Je pense que l'ensemble des secteurs concernés par
l'immigration sont... On place beaucoup d'espoir dans votre nomination, surtout
en termes d'un changement de ton concernant
l'immigration, qui va faire du bien dans ces secteurs aussi névralgiques.
Écoutez,
d'emblée, vous avez dit, dès que vous avez été nommée, que vous croyez
fermement que l'immigration doit
faire
partie de la solution à nos enjeux de société. Je vous cite, un
article
de La Presse du 9 juillet. Et évidemment on s'attend à ce
que les gestes rejoignent ces paroles pleines de sens, là, et effectuent
quelques changements substantiels aux gestes
posés par votre prédécesseur en termes d'enlever des obstacles en immigration
au Québec, là, et, comment dire, jeter
un nouveau regard, là, sur ce domaine-là plus, comment dire, global, plus
complet. Et nous avons beaucoup d'espoir dans ce sens-là.
Et on sait que l'ancien ministre de l'Immigration
a procédé à des baisses substantielles des seuils d'immigration, et il
en découle toute une série de problèmes que nous avons traités au cours de
l'été, que ce soit en termes des délais supplémentaires
dans le programme de réunification familiale, que ce soit la réforme du
Programme d'expérience québécoise induite par la baisse des seuils
d'immigration, etc.
Donc, c'est là-dessus que j'aimerais vous
interroger tout d'abord. Et, en partant, le 14 avril dernier, le premier
ministre, M. François Legault, a dit qu'il
pourrait prendre la décision de revoir les seuils d'immigration à la baisse
encore une fois. Et pourtant, en juillet, vous avez dit, dans un... Le
9 juillet, vous avez dit qu'une nouvelle baisse des seuils d'immigration, ce n'était pas dans les cartons.
Donc, ma question est très précise. Est-ce que vous allez continuer dans
la même tendance de l'ancien ministre de l'Immigration, dans le sens de réduire
davantage les seuils d'immigration au Québec?
Présidente (Mme Chassé) : Merci, M. le député de Laurier-Dorion. Mme la
ministre, la parole est à vous.
Girault : Merci, Mme la Présidente. Deux choses. La première chose,
c'est que, quand on parle des seuils d'immigration...
Si vous vous souvenez, au début, quand on a parlé de baisser les seuils
d'immigration, on parlait d'une baisse temporaire
et non pas une baisse permanente des seuils d'immigration. Le but du
gouvernement, en fait, dans le cadre de ce programme-là, était de baisser les seuils de façon à faire en sorte
qu'on puisse, d'une part, essayer de... pas de régler, parce qu'il y a beaucoup, beaucoup de délais, mais
de diminuer, d'une part, les délais et surtout de diminuer l'inventaire
de dossiers qui est actuellement au fédéral, parce que ce qui s'est passé dans
les dernières années, il y a eu beaucoup, beaucoup
de dossiers qui ont été transférés, pour différents... pour les prochaines
actions, vers le fédéral, et ça, c'est en queue au fédéral et ça attend. Et la raison pour laquelle on voulait... Une
des raisons pour lesquelles on voulait baisser les seuils d'immigration, c'était, entre autres, d'essayer de
diminuer ces délais-là, d'une part, et, d'autre part aussi, de façon à faire
en sorte qu'on puisse aussi mieux accueillir les immigrants et mieux les aider
à s'intégrer. C'est la première chose.
Dans ce cadre-là, quand j'ai dit qu'il n'y avait
pas de nouvelle baisse des seuils dans les cartons, effectivement, il n'y a pas de baisse des seuils dans les
cartons. Au contraire, l'objectif, c'était de baisser les seuils d'immigration
puis de les réaugmenter au fur et à
mesure. Et à ce que j'ai vu à date... Ça fait quand même juste un mois et demi
que je suis là, mais, à ce que j'ai
vu à date de la planification pluriannuelle qui a été faite de l'immigration
dans les prochains dossiers, c'est qu'au fur et à mesure, oui, on va
réaugmenter les seuils d'immigration.
Fontecilla : Tout à fait. Et donc, en...
La Présidente (Mme
Chassé) : ...on s'adresse à la présidence.
Fontecilla : Effectivement, Mme la Présidente...
La Présidente (Mme
Chassé) : Fantastique. Merci.
M. Fontecilla : ...vous avez tout à fait raison.
Excusez-moi. Et donc, Mme la
Présidente, donc, je crois comprendre
que la ministre n'entend pas modifier
les seuils déjà prévus, qui s'échelonnent jusqu'à 2022, et y compris en
tenant compte du contexte de la pandémie qui nous a affectés ce
printemps.
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, M. le député. Mme la ministre.
Girault : Bien, merci, Mme la Présidente. Effectivement, vous avez bien compris qu'il n'y aura pas de baisse des seuils d'immigration dans les cartons pour
les prochaines années. C'est évident qu'avec le COVID on a eu moins d'immigrants qui sont rentrés, de toute évidence, les frontières étaient fermées, donc, mais ça n'a pas affecté les
seuils d'immigration et ça n'affectera pas les seuils d'immigration pour
les prochaines années, là.
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, Mme la ministre. M. le député.
M. Fontecilla : Je veux revenir, Mme la Présidente, sur les conséquences des baisses induites par la
baisse de seuils d'immigration dans
les différents programmes, là. Mais, avant d'y arriver, j'aimerais m'attarder
sur une question plus actuelle, et
donc c'est la question de la demande de régularisation des demandeurs d'asile
et des migrants à statut précaire qui
ont travaillé dans différents secteurs essentiels pendant la pandémie et qui
ont permis à la société québécoise de continuer à fonctionner. Donc, il y a eu l'annonce, vendredi dernier, si je ne me
trompe pas, d'un programme fédéral de régularisation d'un certain
nombre, une fraction de ces personnes-là, donc, avec des critères très
restrictifs.
C'est des personnes, des demandeurs d'asile, des
migrants à statut précaire, là, qui ont donné directement des soins à des personnes pendant la pandémie, soit dans des
CHSLD, les résidences pour différentes formules de résidence pour personnes âgées ou encore dans les hôpitaux. Mais
ça laisse en plan toute une série de personnes qui ont aussi travaillé dans
le milieu de la santé, comme des gardiens de
sécurité, des préposés au ménage et les gens qui peuvent avoir travaillé dans
les cuisines, etc., non pas dans les soins
directs, et aussi tous les autres gens qui ont travaillé dans les secteurs essentiels — je réitère
le mot « essentiels » — comme des demandeurs d'asile qui ont démarré
la production agricole dans nos champs, qui nous permettent de manger des produits agricoles québécois
aujourd'hui, qui ont travaillé dans les abattoirs et qui ont fait en sorte que toute la viande... ou la viande
de poulet qu'on a mangée, pendant la pandémie, a sûrement passé dans les
mains de ces personnes-là ou dans les entrepôts qui ont assuré la circulation
de la marchandise. On sait quelle est l'importance
qu'ont acquise les entrepôts, la livraison des colis pendant la pandémie. Bref, toute une série de secteurs
très, très importants pour notre société.
Donc,
on peut se demander pourquoi... et les médias nous apprennent que c'est le
gouvernement du Québec qui a adopté
une position très dure dans ce dossier-là, qui a forcé le gouvernement fédéral
à mettre en place un programme beaucoup plus restrictif de ce que le gouvernement
fédéral lui-même voulait au début et que les autres provinces canadiennes
acceptaient aussi. Donc, j'aimerais connaître
quelle est la position, dans ces négociations-là, pour ces programmes du
gouvernement du Québec.
La Présidente (Mme
Chassé) : Très bien. Merci, M. le député. Mme la ministre, la parole
est à vous.
Mme Girault : Merci, Mme la Présidente. Bien, écoutez,
effectivement, vendredi passé, il y a un très beau programme spécial qui a été annoncé, pour les demandeurs
d'asile, pour aider à régulariser leur statut. Maintenant, ce ne sont pas tous
les demandeurs d'asile, comme vous le
mentionnez si bien, qui ont été visés par ce programme-là. Ce sont, ce qu'on a
appelé, ce que le premier ministre a
appelé, durant la COVID, nos anges gardiens, et nos anges gardiens... Ce
programme-là, c'est un programme spécial,
c'est un programme exceptionnel, dans des circonstances exceptionnelles, et
c'est un programme qui nous permet, en fait, de les remercier et de leur
démontrer l'appréciation qu'on a, que ces gens-là aient été, durant la période COVID la pire, nos anges
gardiens, et ils ont pris soin de nos gens vulnérables, de nos aînés, de nos
malades. C'était ceux qui étaient sur
la ligne de front, la première ligne, ceux qui étaient en contact quotidien
avec les malades et les aînés, et
ceux qui, en fait, ont pris le plus de risques, et ce sont ces gens-là qu'on
voulait spécifiquement remercier.
Ce n'est pas un programme qui s'adresse à tous les
demandeurs d'asile, je suis d'accord avec vous. Il y a beaucoup de
secteurs essentiels, on parle des poulets que vous avez mangés durant la COVID,
mais on parle de plusieurs autres secteurs
essentiels. Ce sont des travailleurs des secteurs essentiels, mais on ne vise
pas les travailleurs des secteurs essentiels. Dans ce cadre-là, ce qu'on
fait, c'est qu'on a voulu remercier nos anges gardiens et c'est dans ce
cadre-là qu'on a fait ce programme-là.
Maintenant, quand vous dites qu'on a une
négociation très dure et qu'on a forcé le gouvernement fédéral, on ne peut
pas vraiment forcer le gouvernement fédéral.
Le programme des demandeurs d'asile, c'est une responsabilité fédérale, c'est eux qui décident qui, parmi les demandeurs
d'asile... on donne le statut de réfugié. C'est une négociation qui a été
faite, et, comme dans toute
négociation, il y a des compromis qui sont faits de part et d'autre. Donc,
c'est exactement ce qui a été fait.
C'est une négociation qui a été faite d'ailleurs dans des termes très cordiaux.
Ça a été fait de façon très collaborative. On a eu une très belle démonstration, en fait, du beau travail d'équipe
qu'on peut faire avec le fédéral. Et c'est une négociation qui a amené, à mon sens, un très bon programme et
un travail... un programme très intéressant pour les demandeurs d'asile qui ont travaillé, encore une fois, sur la ligne
de front, en contact continuel, et dans un cadre où on avait un manque énorme
de ressources humaines et de main-d'oeuvre.
La Présidente (Mme Chassé) : Merci, Mme
la ministre. M. le député de Laurier-Dorion, il reste cinq minutes au bloc d'échange.
M. Fontecilla :
Merci, Mme la Présidente. Est-ce vrai que le gouvernement fédéral et les autres
provinces canadiennes avaient des critères
beaucoup moins restrictifs pour accéder à ces programmes-là? Et est-ce que
c'est vrai que c'est le gouvernement du Québec qui a imposé des règles
plus restrictives quant à l'accès à ces programmes-là?
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, M. le député. Mme la ministre, la parole est à vous.
Girault : Merci, Mme la Présidente. Bien, écoutez, je vais vous dire
que c'est une négociation qui a eu lieu. On avait des règles restrictives dans certains cas, moins restrictives
dans d'autres. Je ne suis pas rentrée dans le détail de chacun des moments de négociation parce que ça a
été fait avec les différentes équipes des cabinets et des ministères et,
dans ce cadre-là, ça a été fait aussi sur
plusieurs semaines. Donc, oui, il y a du «back and forth», comme on dit en...
il y a eu du aller-retour au niveau
des différentes conditions qu'on voulait mettre, mais ça a été un travail de
collaboration, et c'est un travail vraiment de discussion et de
négociation entre les deux, hein?
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, Mme la ministre. M. le député, la parole est à vous.
Fontecilla : Est-ce que la ministre pourrait nous informer combien de
personnes vont être admises dans ce
programme-là? Et combien sont les demandeurs d'asile, personnes à statut
migratoire précaire en ce moment au Québec, dans l'ensemble?
La Présidente (Mme Chassé) : Merci, M. le député, pas certaine d'avoir compris
la question. Mme la ministre.
Mme Girault : Bien, écoutez, je pense que la question est dans
deux pans. Si vous me permettez, la deuxième partie, je vais la passer à mon sous-ministre pour le détail précis.
Mais, dans le premier cas, les demandeurs d'asile qui sont touchés par ce programme-là, on n'a pas le compte.
On ne sait pas exactement combien de demandeurs d'asile sont touchés par ce programme-là, tout simplement parce qu'un
demandeur d'asile, quand il va faire... ces CHSLD, des ressources intermédiaires et tous les gens qui les ont
engagés, ce qu'on leur demande, c'est un permis de travail. Et, quand
l'employeur a la certitude que cette
personne-là a un permis de travail, on ne demande pas à la personne son statut,
on ne sait pas s'il est réfugié ou... on ne le sait pas. L'employeur
sait qu'il a un permis de travail valide, point.
Donc, on ne peut pas savoir exactement le nombre
de demandeurs d'asile parmi les anges gardiens. Par contre, pour l'autre
question, peut-être passer la parole à mon sous-ministre, M. Dagenais.
La Présidente (Mme Chassé) : Merci, Mme la ministre. Est-ce que les membres
consentent à ce que M. Dagenais, le
sous-ministre, prenne la parole? Il y a consentement à l'unanimité. Mme la
ministre, vous consentez également, bien sûr, puisque vous le demandez.
M. Dagenais, je vous invite à vous présenter et à nous offrir une réponse
courte. Merci.
M. Dagenais (Benoit) : Merci, Mme la Présidente. Donc, Benoit Dagenais,
sous-ministre. Pour bien répondre à la
question, Mme la Présidente, est-ce que vous pourriez demander à M. le député
de préciser la deuxième
partie de la question, s'il vous plaît?
La Présidente (Mme
Chassé) : Oui. Alors, M. le député, pouvez-vous préciser? Merci.
Fontecilla : ...je veux savoir combien de demandeurs d'asile il y a en
ce moment sur le sol québécois et aussi des gens à statut précaire, là,
qui ne sont pas dans le processus d'une demande de refuge politique.
M. Dagenais
(Benoit) : Merci. Mme la Présidente, si vous...
La Présidente (Mme
Chassé) : M. le sous-ministre, la parole est à vous.
M. Dagenais
(Benoit) : Merci. Si vous me laissez quelques minutes pour... quelques
secondes pour trouver la réponse exactement, je vais vous donner le chiffre
exact, M. le député.
Présidente (Mme Chassé) : Alors, vous consentez à... Vous vous engagez
à nous fournir l'information lorsque vous
l'aurez et vous nous ferez signe à ce moment-là. M. le député, ça vous convient
qu'on poursuive un peu plus tard?
M. Dagenais
(Benoit) : J'ai déjà la réponse, Mme la Présidente, si vous le
permettez.
La Présidente (Mme
Chassé) : Oh my God! O.K. C'est très bien.
M. Dagenais
(Benoit) : ...je vous avais dit que ce n'était que quelques secondes.
La Présidente (Mme
Chassé) : Alors, allez-y.
M. Dagenais
(Benoit) : Donc, c'est environ 60 000.
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, M. le sous-ministre. M. le député, la parole est à
vous.
Fontecilla : Oui. Moi, j'aimerais savoir, Mme la Présidente, pourquoi,
par exemple, un travail de gardien de sécurité,
dans un hôpital ou dans un CHSLD, qui avait à trier l'entrée et la sortie de
toutes sortes de gens, donc on ne connaît pas l'état de santé, s'ils
avaient la COVID-19 ou pas, en quoi ce travail-là est moins dangereux que les
soins directs à des patients? Et pourquoi
ces personnes-là, comme des gardiens de sécurité, comme des préposés au ménage
dans le milieu hospitalier, n'avaient pas droit à la reconnaissance et à
la gratitude du gouvernement du Québec et du Canada?
La Présidente (Mme Chassé) : Merci, M. le député. J'imagine que nous revenons
à la ministre pour la réponse. Mme la ministre, la parole est à vous.
Mme Girault : Merci, Mme la Présidente. Tu sais, ce n'est pas
une question qu'ils n'ont pas le droit à la reconnaissance. Au contraire, on a beaucoup de reconnaissance
envers ces gens-là. On les remercie grandement du travail qu'ils ont fait
durant la période de COVID, mais ce qu'on a... Ce sur quoi on a statué dans la
négociation, c'est de reconnaître et de remercier,
de cette façon-là, les gens en première ligne, les gens qui étaient vraiment
sur la ligne de feu, qui étaient en contact quotidien, toutes les minutes, toutes les heures, toutes les journées,
tous les soirs, toutes les nuits de la période la pire, au niveau du COVID, alors que nous, on est
recherche active et intensive de main-d'oeuvre, des préposés, des
aides-infirmières, des
aides-soignants, des aides à domicile pour s'occuper, de façon quotidienne,
heure après heure, de nos malades et de nos aînés.
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, Mme la ministre. M. le député.
Fontecilla : Il reste combien de temps, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme
Chassé) : Il reste 1 min 40 s.
M. Fontecilla : Écoutez, je veux vous poser la question tout de
suite puis peut-être, dans ma prochaine période de questions, avoir la réponse, là, mais je me questionne sur l'intérêt
national de cette décision-là. Alors, on sait qu'on a un gouvernement nationaliste, qui veille aux
intérêts de la population, de la nation québécoise, là, alors qu'on est à la
veille d'affronter une deuxième
vague, qu'il y a une pénurie quand même de main-d'oeuvre dans certains
secteurs. On le voit toujours dans le
secteur agricole, là, ou d'autres secteurs qui embauchent massivement des
personnes avec un statut précaire, des demandeurs d'asile, entre autres.
Quel est l'intérêt national de ne pas
utiliser cette main-d'oeuvre-là alors qu'elle est là, en régularisant leur statut d'immigration, en leur donnant un statut permanent? Il me semble que
l'intérêt de la société québécoise, de la nation québécoise, là, commande de régulariser le statut de ces
gens-là qui donnent des services aussi importants, là, dans nos champs
agricoles, dans les abattoirs, dans les entrepôts, en fait, dans
différents secteurs où il y a une pénurie de main-d'oeuvre.
Donc, j'aimerais que la ministre nous informe, là,
quel est l'intérêt pour la société québécoise de ne pas régulariser ces gens qui contribuent, de façon aussi
fondamentale, à notre économie pendant la pandémie et peut-être aussi pendant
une deuxième vague qui est annoncée.
La Présidente
(Mme Chassé) : Merci, M. le député. Mme la ministre, en
15 secondes, votre réponse.
Mme Girault :
En 15 secondes? Est-ce que je peux reporter la réponse à la prochaine...
Non.
La Présidente
(Mme Chassé) : Ça sera reporté au bloc d'échange appartenant à la
seconde opposition.
Merci. Nous passons maintenant... nous revenons à
l'opposition officielle pour son deuxième bloc d'échange. Mme la députée
de Westmount—Saint-Louis...
M. le député de La Pinière, la parole est à vous. Allez-y.
M. Barrette :
Mme la Présidente, Mme la ministre, chers collègues, je vais rester sur le même
sujet, mais avec des questions un petit peu plus précises, pas qu'elles
n'étaient pas correctes, mais je vais l'aborder différemment.
Mme la Présidente, j'aimerais que la ministre nous
indique le nombre de rencontres qu'elle a eues pour la négociation
qu'elle a dite importante, dynamique et cordiale sur l'entente qui a eu lieu
vendredi dernier.
La Présidente
(Mme Chassé) : Merci, M. le député. Mme...
La Présidente
(Mme Chassé) : Ah! allez-y.
M. Barrette :
...avec le ministre fédéral, M. Mendicino.
La Présidente
(Mme Chassé) : Oui. Merci, M. le député. Mme la ministre, la
parole est à vous.
Mme Girault : Merci, Mme la Présidente. Bien, écoutez, je vous dirais qu'il n'y a pas eu beaucoup
de rencontres avec le ministre
fédéral. Par contre, les équipes... Puis vous le savez très bien,
le ministre... pas le
ministre, mais le député de
La Pinière sait aussi comment ça se passe au niveau des discussions entre ministres, ça travaille beaucoup
au niveau des cabinets. Il
y a plusieurs rencontres qui ont
été faites au niveau des cabinets, plusieurs discussions au niveau des ministères aussi, des
différents ministères, et majoritairement avec les cabinets et les équipes des
cabinets. Et cette négociation-là s'est faite durant une bonne
partie de
l'été.
La Présidente
(Mme Chassé) : Très bien. Merci, Mme la ministre. M. le député.
M. Barrette : Mme la
Présidente, je vous invite à tenir le
temps pour la plupart de mes questions, elles seront courtes. Alors, une autre courte : Est-ce que
la ministre peut nous dire si elle a eu une seule réunion, en
personne ou au téléphone, avec le ministre fédéral?
La Présidente
(Mme Chassé) : Très bien. Merci, M. le député. Mme la ministre,
la parole est à vous.
Girault : Merci, Mme la Présidente. Bien, la réponse va être courte.
Oui, j'ai eu des rencontres avec... pas des
rencontres, mais des discussions, parce
qu'il n'y avait pas de rencontre, évidemment,
COVID aidant, mais j'ai eu des discussions avec le ministre fédéral,
M. Mendicino.
La Présidente
(Mme Chassé) : Très bien. Merci, Mme la ministre. M. le député.
La Présidente
(Mme Chassé) : Mme la ministre.
Mme Girault :
Merci, Mme la Présidente. Je pense que c'est trois.
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci. M. le député.
M. Barrette : Est-ce que la ministre peut nous expliquer
la signification, dans son esprit, du mot «ange gardien»?
La Présidente (Mme
Chassé) : Mme la ministre.
Mme Girault : Merci,
Mme la Présidente. Bien, écoutez,
la signification, dans mon esprit, du mot «ange gardien», c'est la même signification que le premier ministre utilise. C'est d'ailleurs lui qui a surnommé les gens de la première
ligne, les gens qui s'occupaient de
nos aînés, qui s'occupaient de nos malades, qui étaient en première ligne, qui
les soignaient du jour 1 et qui remplaçaient une grande
partie de la main-d'oeuvre
qu'on cherchait.
Donc, les anges gardiens, pour nous, c'était justement
les infirmiers, les infirmières, les soignants, les infirmières
auxiliaires, les préposés, les infirmiers, aides-soignants et les aides de
médecin à domicile.
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, Mme la ministre. M. le député.
Barrette : Alors, si je comprends bien, toutes les autres catégories d'emploi ne sont pas qualifiées pour
être des anges gardiens?
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, M. le député. Mme la ministre.
Girault : Merci, Mme la Présidente. Écoutez, la qualification d'ange gardien, elle a été
exprimée par le premier ministre.
Je ne pense pas qu'elle fait une étude exhaustive, à savoir comment on définit
un ange gardien ou non. C'est une
façon, je pense, gentille et humaine de qualifier les gens qui
ont passé leur temps, leurs journées, leurs heures, leurs nuits à
s'occuper des patients et des malades, tout simplement.
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, Mme la ministre. M. le député.
Barrette : Et les autres
n'ont donc pas de rôle, donc ils ne sont pas qualifiés pour être des anges
gardiens, même s'ils étaient là pendant des heures, et des nuits, et des
fins de semaine, et ainsi de suite.
La Présidente (Mme
Chassé) : Les autres n'ont pas de... Il y a un mot que j'ai manqué.
Barrette : Ils ne sont pas
qualifiés pour être des anges gardiens même si, eux aussi, ils étaient là des
jours, des soirs, des nuits, des fins de semaine.
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, M. le député. Mme la ministre.
Mme Girault : Merci, Mme
la Présidente. On parle de gens qui
ont été sur la ligne de feu, qui ont été en première ligne. Je
pense qu'à
titre de médecin vous
pouvez comprendre aussi qu'en première ligne c'est vraiment
les gens qui sont collés aux
patients, qui sont collés aux aînés, qui s'occupent de les soigner, de les
nettoyer, de les changer, de les... C'est ça, en première ligne, je pense qu'il n'y a pas d'autre terme, là. C'est vraiment
les pompiers qui étaient dans le feu durant la période de COVID, dans
ces institutions-là.
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci. Puis je vous rappelle qu'on s'adresse à la
présidence. M. le député.
M. Barrette : Oui, Mme
la Présidente. Je pense que Mme la ministre a utilisé le mot, dans une réponse qu'elle a
faite à mon collègue à ma gauche de la deuxième opposition, elle a parlé de risque. Est-ce qu'elle peut nous expliquer ce
qu'elle voulait dire par risque?
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, M. le député. Mme la ministre.
Girault : Merci, Mme la Présidente. Bien, ce que je qualifie de risque, c'est le
risque d'attraper le COVID, en étant
le plus proche possible des gens puis en étant... en pouvant être atteint par
leurs expectorations, par... donc les gens qui soignaient ces gens-là.
Pour moi, les gens qui soignaient ces gens-là, je pense qu'on peut dire, puis je
pense que la population serait d'accord
là-dessus, je pense qu'on peut dire que les gens qui
soignaient, tous les jours, les patients, les aînés dans les CHSLD, dans
les RI, je pense que ces gens-là étaient vraiment à risque, plus à risque.
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, Mme la ministre. M. le député.
Barrette : On comprend bien, Mme la Présidente, que ce que la ministre
nous dit, c'est qu'il y a un risque d'attraper la COVID, donc d'être
exposé à un virus, une quantité de virus qui va rendre les personnes malades.
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, M. le député. Mme la ministre.
Girault : Merci, Mme la Présidente. M. le député de La Pinière
est sûrement beaucoup plus qualifié que moi pour parler de risque
d'attraper la COVID ou non. Moi, ce que je vous dis, puis ce n'est pas juste
moi, c'est qu'on a considéré que les gens...
je pense qu'on a raison là-dessus aussi. Si on regarde juste les rapports qui
nous ont été soumis durant la période
COVID, je pense que les gens qui sont directement en contact avec des malades
ont plus de chances d'être... surtout en contact tous les jours, à
toutes les heures, à toutes les minutes, qui font leur chiffre de travail, en s'occupant de ces gens-là, ont définitivement plus
de risques, d'après moi, d'attraper la COVID que, bien, vous et moi, assis
ici, à deux mètres de distance.
Présidente (Mme Chassé) : Merci, Mme la ministre. M. le député.
M. Barrette : Oui. Est-ce que la catégorisation, la sélection
par catégorie d'emploi a été l'objet d'une recommandation de la Santé
publique ou ça a été une décision, d'abord et avant tout, politique?
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, M. le député. Mme la ministre.
Mme Girault : Merci, Mme la Présidente. Je ne saurais pas
exactement vous dire. Je sais que nous, on a discuté des différentes... Il y a des discussions qui ont
eu lieu au niveau des différentes catégories d'emploi. Maintenant, ce serait
à voir.
La Présidente (Mme
Chassé) : M. le député.
Barrette : La question que je pose ne peut se répondre que par oui ou
par non. Est-ce que le ministère que dirige la ministre a consulté la Santé publique avant de prendre cette
décision-là? Y a-t-il une consultation? Si Mme la ministre n'a pas la
réponse, elle est accompagnée, et je suis prêt à recevoir la réponse.
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, M. le député. Mme la ministre.
Mme Girault :
Alors, merci, Mme la Présidente. On me dit que la réponse, c'est oui.
La Présidente (Mme
Chassé) : M. le député.
M. Barrette :
Je voudrais avoir... qui nous dit que la Santé publique a dit plus un que
l'autre.
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, M. le député. Mme la ministre.
Girault : Merci, Mme la Présidente. Écoutez, je sais que la Santé publique a été consultée,
on me dit que oui. Maintenant, sous quelle forme, si c'était une discussion
téléphonique ou si c'était un rapport de 50 pages, je ne peux pas vous dire, mais on va vous donner l'information. Est-ce que c'était une
discussion téléphonique ou autre? Comme dans la période COVID, il y a eu
énormément de discussions...
La Présidente (Mme
Chassé) : En concluant.
Mme Girault :
...ça fait qu'on va trouver la réponse.
La Présidente (Mme
Chassé) : Donc, vous revenez... vous engagez à revenir avec la
réponse.
Mme Girault :
Oui... savoir.
La Présidente (Mme Chassé) : Très bien. Merci. Donc, dès que vous aurez la réponse,
faites-nous signe. M. le député, je vous écoute.
Barrette : Attention, la question
que j'ai posée, c'est : Y a-t-il eu une recommandation formelle de la Santé publique pour exclure, pour déterminer que, par exemple, un préposé à l'entretien n'avait pas de risque, et, à ce moment-là, lui, on ne le met pas dans la catégorie des anges gardiens à
remercier formellement par l'entente de vendredi dernier? C'est ça, ma question.
Ça se répond par un document.
La Présidente (Mme
Chassé) : Très bien. Merci, M. le député.
M. Barrette :
Alors, est-ce qu'on a encore cet engagement-là?
La Présidente (Mme
Chassé) : Je me tourne vers la ministre à l'instant. Mme la ministre.
Girault : Merci, Mme la Présidente. Écoutez, je sais que le ministère de la Santé et de la
Sécurité ont été consultés. Maintenant,
est-ce qu'il y a un document? Je ne penserais pas qu'il y ait
un document, mais je sais qu'ils ont été consultés.
Puis je veux juste reprendre quelques
paroles du député de La Pinière. Je n'ai pas dit que les gens qui n'étaient pas
en contact direct n'avaient pas de risque.
J'ai dit qu'on avait remercié... on voulait remercier, de façon particulière,
les gens qui ont pris plus de risques en s'occupant vraiment à
100 % des patients, des aînés et des gens vulnérables.
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, Mme la ministre. M. le député.
M. Barrette :
Mme la Présidente, ma question est celle-ci, va être un peu plus longue. La
ministre nous a dit clairement que le lien
du côté discriminatoire de l'octroi de la mesure est le risque. Alors, je vais
lui conter une petite histoire.
Vous
savez, il y a un médecin microbiologiste qu'on voit dans tous les médias, qui
est excellent, c'est un excellent microbiologiste,
le Dr Weiss, avec lequel j'ai fait une
partie de ma carrière. Quand on a eu les
épisodes de Clostridium difficile,
Mme la Présidente, qui est une bactérie qui se transmet par le contact, on
s'est rendu compte qu'une des choses les plus importantes, à
part le
lavage de main, était le nettoyage des chambres. Pourquoi? Parce qu'il y avait
plein de germes partout, partout, partout,
pas juste aux toilettes, pas juste au lavabo, sur le téléphone, sur les
barreaux de lit, sur les comptoirs, sur le sol.
N'avons-nous
pas dit, Mme la Présidente, pendant toute la période de la COVID, que les
surfaces, les contacts, le contact
main, bouche, les yeux étaient le facteur de risque de contagion, de
propagation du virus, de tout germe, mais particulièrement du virus? Comment, face à ceci, peut-on dire que les
préposés à l'entretien ménager, qui ont comme rôle de nettoyer les chambres lorsqu'elles ont à être
nettoyées, n'est pas un facteur de risque pour attraper la COVID? Est-ce que
Mme la ministre, vous pouvez me donner un éclairage... Mme la Présidente, pardon. Est-ce que Mme la
ministre pourrait nous donner
un éclairage sur cet état de fait?
La Présidente (Mme Chassé) :
Merci, M. le député. Mme la ministre, la parole est à vous.
Mme Girault : Merci,
Mme la Présidente. Loin de moi le
désir de contredire les experts dans ce domaine-là, mais je dois vous rappeler que la raison pour laquelle
on a rentré ces professions-là, c'est... oui, ils ont mis leur santé à
risque, mais c'est pour remercier les
gens qui se sont occupés de nos aînés, de nos patients, de nos malades, alors
que, si vous vous souvenez bien,
durant la période de COVID, la pire en fait, on était en recherche active, très
active, de préposés, d'infirmiers, d'infirmières, qu'on ne trouvait pas.
On n'en avait pas. Donc, on avait des sérieux problèmes à trouver ces catégories
d'emplois là, ces professions-là
pour s'occuper de nos malades, pour s'occuper de nos gens, pour s'occuper de
nos aînés, pour s'occuper de nos gens vulnérables.
Et cette façon de faire, c'est pour les remercier d'avoir été là, d'avoir pris soin de nos
gens. C'est pour les remercier, et ça
n'empêche pas que le reste du processus demeure le même. Les gens qui ont demandé peuvent
demander l'asile quand même. Le
processus n'est pas mis à l'eau parce qu'on a ce programme-là. C'est un programme
spécial pour des gens qui ont fait quelque chose de spécial durant cette
période-là.
La Présidente (Mme Chassé) :
Merci, Mme la ministre. M. le député.
M. Barrette : On a de la misère à suivre, Mme la Présidente. La
ministre vient de nous dire qu'elle veut remercier, par cette mesure, des gens qui ont pris soin en
prenant des risques, parce que, s'ils avaient pris soin sans risque, je ne
pense pas qu'il y aurait de programme
spécial aujourd'hui. Alors, il y a eu des risques, hein, c'est là qu'est le
moteur, et on les exclut. Pour que
les soins non risqués soient donnés, lorsqu'un patient quitte une chambre et
qu'un autre arrive, et qu'on diminue le risque, qu'est-ce qu'on fait? Le
ménage. Et ces gens-là ont un protocole très serré à suivre.
Alors, en
quoi, sur la notion de faire un effort pendant un risque, on a le droit de
discriminer envers un sous-groupe? On ne peut pas suivre cette
logique-là.
La Présidente (Mme Chassé) :
Très bien. Ça conclut votre question, M. le député?
La Présidente (Mme Chassé) :
Mme la ministre, la parole est à vous.
Mme Girault :
Merci, Mme la Présidente. Bien, écoutez, je vous dis que ce qu'on a fait avec
ce programme-là, tant le fédéral que
le provincial, c'est qu'on remercie nos anges gardiens. On remercie les gens
qui ont pris soin de nos aînés, qui
ont pris soin de nos malades. C'est une façon de les remercier. Je ne peux pas
vous en dire plus. C'est une façon de les remercier. On a voulu faire ça
pour les remercier.
La Présidente (Mme Chassé) : Très
bien, ça conclut. Merci, Mme la ministre. M. le député.
Barrette : Mais, Mme la Présidente, j'entends ce que la ministre nous dit, elle nous dit que nous avons
choisi arbitrairement de remercier
une catégorie de gens qui ont pris les risques et de ne pas en remercier une
autre catégorie qui n'ont pas pris de
risque. N'est-ce pas là une manière
claire, nette, et précise pour simplement en prendre le moins possible?
La Présidente (Mme Chassé) : Merci,
M. le député. Mme la ministre.
Girault : Merci, Mme la Présidente. Ce que je dis, j'espère que vous
l'entendrez, ce que je dis, c'est qu'on a remercié des gens qui ont pris
soin de nos gens. Oui, ils ont mis leur vie à risque, mais ils ont pris soin...
des anges gardiens qui ont pris soin. Et,
depuis le début, quand on parle des anges gardiens, on parle de qui? On parle
des gens qui sont collés sur nos
gens, qui prennent soin d'eux, qui prennent soin de nos aînés, qui prennent
soin... Et si vous avez suivi, et vous
l'avez suivi certainement comme moi et même plus que moi, quand on parlait des
anges gardiens, on montrait qui? On
montrait nos aides-infirmiers, on montrait nos infirmières, nos préposés aux
bénéficiaires, les gens qui faisaient le soin à domicile. Ce sont les gens qui prenaient soin de nos gens, prenaient
soin de nos mères, de nos grands-mères, de nos grands-pères, qui
prenaient soin. Et c'est eux, ces anges gardiens, qu'on a voulu remercier.
Je ne dis pas que les autres postes sont des
postes non essentiels, au contraire, mais ceux qu'on veut remercier dans
ce programme, ce sont les anges gardiens.
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, Mme la ministre. M. le député.
Barrette : On progresse, même ils sont rendus essentiels, c'est bien.
Maintenant, là, même les préposés, là, même
les préposés à l'entretien ménager sont rendus essentiels, nous avons
progressé. Et je fais la démonstration qu'ils sont aussi à risque comme tous les autres, mais eux,
là, on les exclut. C'est quand même extraordinaire. On a de la misère à suivre
ce raisonnement-là. Alors, moi, je donne
encore la chance, à nouveau, à la ministre de nous expliquer pourquoi elle a
fait un choix de remerciement
discriminatoire, alors que tous les autres qui sont impliqués dans la chaîne de
soins, parce que c'est un travail d'équipe, le méritent.
N'est-il pas vrai, Mme la Présidente, et je vais
demander à la ministre si elle s'en rappelle, que sa collègue à la Santé
avait même proposé de rationner les masques?
On se rappellera que, dans les institutions, il n'y avait pas de matériel de
protection, au début. Il n'y en avait pas.
Alors, imaginez le préposé à l'entretien ménager qui vient faire le ménage dans
une chambre remplie de COVID. Ah! bien là,
cette personne-là, ça vaut moins que l'autre, parce qu'elle est entrée là, elle
s'est mise à risque. Il y en a probablement
qui ont été malades, peut-être qui sont morts, mais nous, on décide qu'eux, là,
on ne s'en occupe pas.
Est-ce que vraiment, aujourd'hui, sachant cela, la
ministre maintient sa position que ce n'est pas discriminatoire?
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, M. le député. Mme la ministre.
Girault : Merci, Mme la Présidente. Mme la Présidente, je veux juste
rappeler encore une fois que les anges gardiens,
ce sont les gens qui étaient notre personnel soignant, qui ont pris soin de nos
gens. On ne parle pas de... Quand on parle
de risques, c'est sûr que tous les gens qui ont travaillé dans le contexte de
la COVID ont pris des risques, tout le monde. Puis tous les gens... bien, quand on... On peut parler de services
essentiels et de travailleurs des services essentiels, il y en a une panoplie, de travailleurs des services
essentiels. D'ailleurs, le député, tantôt, de Laurier-Dorion nous en a fait une
liste. Il y en a une panoplie, mais
ceux qu'on remercie, avec ce programme spécial, ce sont les gens qui ont
travaillé, le personnel soignant, qui
ont pris soin... Le personnel soignant, ça dit ça, c'est... ils ont pris soin
de nos aînés. Je ne sais plus dans quelle
langue le dire ou comment le dire, mais ils ont pris soin de nos aînés. Il n'y
a rien de discriminatoire là-dedans. Ce sont les gens qui ont pris soin
de nos gens qui étaient les anges gardiens.
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, Mme la ministre. M. le député.
Barrette : Bien oui, Mme la Présidente, c'est discriminatoire, parce
que la... Mme la Présidente, est-ce que la ministre va mettre sur le même pied, en termes de risques, le même
pied d'égalité, la personne à l'épicerie, le pompiste à la station d'essence et le préposé à l'entretien
ménager en CHSLD? Est-ce qu'en termes de risques dans... même si elle n'a
pas la compétence d'un médecin, d'un
officier de santé publique, est-ce que, dans son esprit, à l'évidence, le
risque, pendant la pandémie, était le
même pour un pompiste au garage, un préposé à l'épicerie que quelqu'un en
CHSLD? Est-ce que c'est la même chose, ça?
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, M. le député. Mme la ministre.
Mme Girault : Merci, Mme la Présidente. Je ne veux pas faire de
discrimination, puis ce n'est pas un programme qui fait de la discrimination. C'est un programme qui reconnaît des gens
qui ont fait un travail exceptionnel, dans un cadre exceptionnel, à
titre de personnel soignant. C'est
ça que ça reconnaît, le programme. Je dirais, ça ne donne pas, comment je
dirais, un désavantage à tous les gens qui
veulent faire une demande, tous les gens qui veulent faire une demande à
titre
de...
La Présidente (Mme
Chassé) : ...
La Présidente (Mme
Chassé) : En concluant.
Girault : Ça n'empêche pas les personnes de continuer à faire leur
processus pour faire leur demande. C'est juste qu'on reconnaît de façon spécifique et de façon spéciale, dans un
contexte spécial, à cause de ce qui s'est passé, le travail de ces gens-là.
La Présidente
(Mme Chassé) : Merci, Mme la ministre. M. le député.
M. Barrette :
...un contexte spécial, pour la ministre, quelle est la nature de la
spécificité spéciale? «Spécial» veut dire
quoi? Pourquoi, à ce moment-là, hein, on n'a pas donné et fait ce programme-là
avant la pandémie? C'est tout du monde qui
vient travailler dans le réseau, là,
puis ils donnent des services, puis on est content. Puis pourquoi on n'a pas
proposé ça avant? Alors, qu'est-ce qui fait la nature de la spécificité
de la période?
La Présidente
(Mme Chassé) : Mais non... donc, ça conclut, M. le député. Mme la
ministre, allez-y.
Mme Girault :
Merci, Mme la Présidente. Bien, je pense qu'à peu près tout le monde sur la
terre peut déterminer que les
derniers mois avec le COVID, avec ce qui s'est passé dans toutes nos
institutions, que ce soient les ressources intermédiaires, que ce soient les CHSLD, que ce soient les résidences
pour personnes âgées, on était dans toute une situation exceptionnelle. Je pense que tout le monde peut
spécifier ça, mais je pense que tout le monde... Puis, quand on a parlé des anges gardiens, au fur et à mesure et à chaque
fois qu'on en parlait, je pense aussi que tout le monde voyait, justement,
ces aides-soignants-là, ces infirmiers-là, qui étaient justement en charge
ou... de s'occuper de soigner nos patients.
La Présidente (Mme Chassé) :
Merci, Mme la ministre. M. le député.
M. Barrette : N'est-il pas vrai, Mme la Présidente, que la
seule et unique chose qui était le moteur de la spécificité était le risque d'être infecté et de tomber
malade? N'est-ce pas ce risque-là qui a amené tant de désertion dans le réseau?
Y a-t-il vraiment autre chose de spécial que ça?
La Présidente (Mme Chassé) :
Merci, M. le député. Mme la ministre.
Mme Girault :
Merci, Mme la Présidente. Bien, écoutez, ce qui a amené la désertion dans le
réseau, il y a eu plein de choses qui
a amené la désertion dans le réseau. Mais entre autres, nous, ce qu'on veut
remercier, ce sont les anges gardiens, le
travail des anges gardiens. Écoutez, même si on tourne en rond 10 fois
puis qu'on répète la même chose, c'est le travail des anges gardiens
qu'on voulait remercier, qui sont les gens qui ont soigné nos aînés puis nos
malades.
La Présidente (Mme Chassé) :
Merci, Mme la ministre. M. le député.
M. Barrette : ...combien de
temps?
La Présidente (Mme Chassé) :
Trois minutes.
M. Barrette : Trois minutes. Il y a bien d'autres choses
que Mme la ministre... Mme la Présidente, Mme la ministre vient de dire
qu'il y a bien d'autres choses que le risque d'être infecté. Est-ce que la
ministre peut nous en nommer une seule autre?
La Présidente (Mme Chassé) :
Oui. Merci, M. le député. Mme la ministre.
Mme Girault : Merci, Mme la Présidente. Bien, écoutez, il y
a... je ne sais pas, les gens avaient peur d'être infectés, ou les gens voulaient s'occuper de leurs enfants à
la maison, ou les gens... je veux dire, il y a plein de raisons qui ont fait
en sorte que les gens ne sont pas
nécessairement rentrés travailler, je suppose. Mais, en même temps, qu'on le
regarde comme on veut, le programme
demeure le même puis le programme est spécial dans le cadre qu'il remercie les
demandeurs d'asile qui ont fait ce travail-là pendant cette période-là.
Vous disiez
tantôt : On pourrait les remercier pour avant. Bien, non, avant, on
n'était pas dans le COVID, puis on n'était
pas dans la situation actuelle, puis on n'était pas dans les zones rouges. Ces
gens-là ont travaillé dans ces zones-là à s'occuper spécifiquement de
nos malades et de nos aînés.
La Présidente (Mme Chassé) :
Merci, Mme la ministre. M. le député, allez-y.
M. Barrette : Je continue la phrase : comme l'ont fait les
préposés à l'entretien ménager, les gardes de sécurité, et ainsi de suite. Mme la Présidente, je dis que... comme autre exemple, il y avait
les gens qui restent à la maison pour leurs enfants. Bien oui, mais ça,
ça arrive à longueur d'année, là. «Spécificité», là, qu'est-ce qui a été
nouveau dans cette période-là qui a entraîné
tant d'absentéisme, que je ne critique pas, dans le réseau? La
ministre est-elle capable de me
nommer un seul critère autre que le risque d'être infecté, un seul, pas que les
enfants sont malades, ont la grippe, là, ça arrive à l'année longue, ça,
un seul qui a entraîné une perturbation du réseau, juste un?
La Présidente (Mme Chassé) : Merci,
M. le député. Mme la ministre, 1 min 30 s au bloc. Allez-y.
Girault : Merci, Mme la Présidente. Bien, écoutez, qu'est-ce qui a
entraîné le... entre autres, il y avait déjà une demande accrue pour ces postes-là, il y avait déjà une pénurie de
main-d'oeuvre dans ces postes-là. Ça a juste accentué la pénurie de main-d'oeuvre. Puis ce qu'on a voulu
faire avec ce programme que je trouve... un programme très bien, moi, j'étais très contente de l'annonce de vendredi, ce
qu'on a voulu faire, c'est de remercier les gens. Mais, si vous voulez parler
des risques spécifiques, bien, je vous
inviterais à poser des questions au ministère de la Santé, qui va être
probablement beaucoup plus à l'aise de répondre et plus à même de
répondre, avec leurs experts, que moi, je peux l'être ici.
La Présidente (Mme Chassé) : Merci,
Mme la ministre. M. le député, 45 secondes.
Barrette : Est-ce que la
ministre est d'accord pour admettre qu'elle a une responsabilité ministérielle?
Elle a été
partie prenante de la
négociation, donc ce sont des notions avec lesquelles elle devrait être
confortable. Est-ce qu'elle est d'accord avec cet énoncé-là?
La Présidente (Mme Chassé) :
Merci, M. le député. Mme la ministre, il vous reste 30 secondes pour
répondre.
Girault : Merci, Mme la Présidente. Bien, écoutez, moi, je suis à
l'aise qu'on a fait le travail qu'on avait à faire, en négociation avec le fédéral, pour faire un programme qui
était intéressant et qui, surtout, avait l'objectif qu'on voulait
atteindre, qui était de remercier nos anges gardiens. Moi, je suis très
confortable avec ça.
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, Mme la ministre. 12 secondes, M. le député.
M. Barrette :
En 12 secondes, je n'aurai pas de réponse.
La Présidente (Mme
Chassé) : On reporte sur le prochain bloc?
La Présidente (Mme
Chassé) : Très bien. Merci. Alors, je suis maintenant prête à
reconnaître une première intervention du troisième groupe d'opposition — allo — pour
ce premier bloc d'échange. Mme la députée de Gaspé, la parole est à vous.
Mme Perry
Mélançon : Merci, Mme la Présidente. Donc, pour les fins de l'exercice
et que ça n'ait pas l'air d'une discussion
de salon, je vais peut-être, des fois, regarder par là, même si je m'adresse à
vous, Mme la Présidente, toujours. Alors, salutations sincères à tous
les collègues.
Et bien sûr, moi aussi, j'en profite pour
reféliciter à nouveau la ministre, nouvelle ministre de l'Immigration. Et c'est
un bel exercice, justement, pour voir quelle
sera la hauteur de ses ambitions sur des enjeux... On sait à quel point
l'immigration, ça peut être très
complexe, c'est des gros enjeux. Et le projet de loi n° 9 du début du
mandat... Ce n'est pas toujours facile pour
une nouvelle ministre, là, de rentrer dans le travail déjà commencé d'un collègue, mais ça pourra me
permettre de voir si certains enjeux
que je considère primordiaux dans le cadre de l'intégration des personnes
immigrantes... si elle aura un peu plus d'ambition que son collègue qui
est anciennement député de l'Immigration.
Alors, principalement, bien, je voudrais commencer, bien entendu, avec
la francisation des personnes qui
arrivent au Québec. Pour nous, c'est
bien clair que c'est une priorité, même qu'on s'assumait carrément, là... c'étaient
100 % des personnes immigrantes
qui devaient avoir une connaissance du français, assez pour pouvoir s'intégrer,
et avoir un emploi, et pouvoir sociabiliser rapidement. Alors...
La Présidente (Mme
Chassé) : ...moins fort, s'il vous plaît.
Mme Perry Mélançon : Alors, voilà. Il y a plein d'autres pays qui
ont fait ça en fonction de connaissance de la langue, les Pays-Bas depuis 2006, l'Allemagne depuis 2008,
le Royaume-Uni et l'Autriche depuis 2011. Alors, on a fait une demande d'accès
à l'information pour savoir, depuis
les cinq dernières années environ, depuis 2015, en fait, quelle était la
proportion...
La Présidente (Mme Chassé) : ...un moment. Je m'excuse, est-ce que
vous pouvez avoir la discussion à
l'extérieur ou c'est vraiment... C'est peut-être le masque, là, mais on vous entend beaucoup.
Continuez, Mme la députée de Gaspé,
oui.
Mme Perry Mélançon : Merci, Mme
la Présidente. Alors, demande d'accès à l'information qui nous a permis de voir qu'au Québec le nombre d'immigrants parlant déjà le français
qui ont été admis depuis les cinq dernières années est en grosse baisse. Donc, moi, ça me préoccupe énormément, là. J'ai des chiffres, ici, je peux
vous montrer, là, sous forme de tableau.
On voit qu'en 2015 on avait à peu près... Bon, on avait 58,2 % de
personnes qui arrivaient sur le territoire qui connaissaient déjà le français et, en 2019, on passe à 49,8 %, donc
moins de 50 % de ces candidats-là qui ne connaissent pas le français avant d'arriver en sol québécois. Moi,
je trouve ça extrêmement préoccupant. Vous savez que c'est une priorité
pour nous. Alors, comment la nouvelle ministre explique ces données assez
désastreuses, à mon sens?
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, Mme la députée de Gaspé. Mme la ministre, la parole
est à vous.
Girault : Merci, Mme la Présidente. Merci, Mme la députée de Gaspé. Je
vous dirais qu'effectivement vous avez
raison, dans les dernières années, avant qu'on arrive, il y avait... je n'ai
pas les chiffres que vous avez au niveau du nombre d'immigrants, mais je vous dirais que les efforts en francisation
étaient loin d'être aussi importants que ce qu'on fait depuis qu'on est
arrivés. Vous savez, pour nous, la langue française, c'est très important.
Au niveau de
l'immigration et des gens qu'on accueille ici, dépendant du type d'immigration,
là, on n'a pas nécessairement la capacité
d'imposer, je vais le dire comme ça, là, un certain niveau de connaissance du
français, parce que ça dépend dans
quel programme ils arrivent. O.K.? Il y en a, des programmes, qui sont
carrément de notre propre latitude provinciale, mais il y en a d'autres,
c'est fédéral, donc on n'a pas toujours la capacité.
contre, ce sur quoi on a beaucoup de capacité et qu'on travaille énormément, c'est la francisation des gens, pour que les gens, quand ils arrivent ici, ils
soient capables d'apprendre le français. Je vous donnerais juste un chiffre.
Au niveau de la francisation, dans la
dernière année, on a rajouté 70 millions en francisation pour s'assurer, justement,
que les immigrants qui arrivent ici aient un
niveau de français acceptable. Et, dans ce cadre-là, ce qu'on a fait, c'est
qu'on a rajouté
beaucoup de professeurs de français. Et on a aussi fait en
sorte qu'on ait une mesure de la qualité de la formation qui est faite en français. Et ça, ça répond
directement au rapport de la Vérificatrice
générale, qui avait été fait
en 2017, où on disait justement
que la qualité des cours n'était pas à point et que le suivi, au niveau de la
francisation, n'était pas là non plus.
Donc, on met beaucoup d'efforts. Pour nous,
c'est très important, la francisation, et les services de francisation sont
appelés encore à augmenter encore davantage dans les prochaines années.
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, Mme la ministre. Mme la députée.
Mme Perry Mélançon : Oui, Mme
la Présidente. Alors, on dit qu'on
n'a pas la capacité d'imposer la connaissance du français avant d'arriver en sol québécois, mais j'ai fait du
recrutement à l'international, là, puis les gens qui ont vraiment la volonté de venir s'installer dans un pays où ça
parle le français, bien, ils apprennent... ils ont la volonté de l'apprendre
avant d'arriver. Puis là je ne parle pas de pays francophones, là, c'est
partout qu'on peut retrouver des gens qui ont une connaissance du français.
Et puis, pour les cours en francisation, bien,
moi, j'ai ici, dans un tableau justement du MIFI, que les cours qui ont été donnés, la participation du 1er avril
2019 au 31 mars 2020, c'est de 50 %.
Donc, du 50 % qui ne parle pas le français en arrivant au Québec, il y a seulement 50 % qui
sont allés chercher les cours en francisation. Alors, ce n'est pas des données,
là, qui nous permettent de dire que tout
l'argent qui a été mis pour donner, de façon volontaire, des cours en français,
ça donne des bons résultats, là.
Donc, j'aimerais savoir c'est quoi, la prévision
de la ministre de l'Immigration, pour 2020‑2021, de personnes
immigrantes sélectionnées et admises au Québec qui connaîtront déjà le
français.
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, Mme la députée. Mme la ministre, la parole est à
vous.
Girault : Bien, écoutez, je vous dirais que, dans les différents
programmes qu'on a, puis je prends, entre autres, le programme des travailleurs, le PEQ, entre
autres, pour avoir le certificat, on a un niveau d'acceptation... de
connaissance du français qui est demandé.
Donc, c'est évident que, pour avoir leur certificat de sélection, il faut
qu'ils aient un niveau de français. Donc, ça, c'est évident que ça va
passer par là.
Maintenant, pour ce qui des cours de francisation,
effectivement, premièrement, je vous dirais qu'il y a deux ans, jusqu'à il y a deux ans, il n'y a pas vraiment de
mesure qui était faite là-dessus. Mais je vous dirais qu'on a augmenté aussi
les... pas les critères, mais les incitatifs
à prendre les cours de français. Donc, ça fait en sorte qu'on a des hausses
majeures de participants dans les
cours de francisation, soit à temps partiel ou à temps plein, puis des
hausses... on parle de 18 % à
20 %, 22 %, 24 % de plus que juste l'année précédente. Donc, on
voit que chaque année il y a une hausse majeure des cours en
francisation.
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, Mme la ministre. Mme la députée.
Perry Mélançon : Bien, c'est parce que ce que j'ai du mal à
comprendre, Mme la Présidente. C'est que le coût moyen, là, pour apprendre le français, là, des cours de
francisation, c'est à peu près 7 000 $ par immigrant que ça coûtera à l'État, là, alors qu'un élève qui a déjà
sa connaissance du français, bien, ça ne coûte pas grand-chose, là. Puis,
je veux dire, je reviens sur le fait que
vous avez une collègue au sein de votre parti qui l'a dit... la collègue
d'Iberville l'a dit qu'on va
l'échapper, là, s'il n'y a pas quelque chose qui est fait pour avoir des gens
qui connaissent déjà le français en arrivant, parce que sinon on les échappe
dans le système. C'est ce qu'on dit.
Alors, est-ce que soit qu'on va rendre les cours
de français obligatoires ou est-ce que la ministre s'engage à ce que dans le système Arrima, par exemple, il y ait une
façon de sélectionner des personnes en invitant des ressortissants étrangers
qui ont déjà une connaissance du français?
Qu'est-ce qui sera fait pour qu'on aille en chercher plus, davantage que moins
de 50 % à leur arrivée qui parlent déjà le français?
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, Mme la députée. Mme la ministre.
Girault : Merci, Mme la Présidente. Écoutez, pour les détails
spécifiques des programmes Arrima et de ce qui est fait, je pourrais
passer la parole à mon sous-ministre. Il va vous donner exactement les
spécificités.
La Présidente (Mme
Chassé) : Très bien. M. le sous-ministre, la parole est à vous.
M. Dagenais (Benoit) : Merci
beaucoup. Donc, vous avez raison... Mme la Présidente, Mme la députée a raison,
le système Arrima est certainement un
système qui donne la latitude, par les invitations, à déterminer les critères
que l'on veut voir respectés pour les personnes qui ont déjà déclaré
leur intérêt.
Peut-être juste vous rappeler, pour ceux qui ne le
savent pas, comment fonctionne le système Arrima. Les personnes immigrantes qui souhaitent immigrer au Québec
doivent déclarer leur intérêt, et il y en a environ 150 000 aujourd'hui
qui l'ont fait. Et par la suite, par un
système d'invitations en fonction des critères qui sont déterminés par arrêté
ministériel, effectivement, le
ministère peut déterminer ces critères. La langue peut en être certainement un.
Le critère qui est beaucoup retenu aussi, c'est celui de l'offre
d'emploi validée.
faut se rappeler que toute la réforme de l'immigration est basée sur l'idée
qu'on veut avoir une immigration qui
répond aux besoins économiques, donc l'offre d'emploi validée et évidemment la
francisation. Mais il y a plusieurs autres mesures en francisation qui ont été mises
de l'avant, et on pourra en faire part, là, peut-être un peu plus tard dans
les réponses.
La Présidente (Mme Chassé) : Merci,
M. le sous-ministre. Mme la députée.
Mme Perry
Mélançon : Oui. Alors, je vois que le temps file. Je vais procéder à
un autre... en fait, un autre gros frein à l'intégration des personnes
immigrantes qui n'a pas été réglé dans le projet de loi n° 9
qui a été adopté : reconnaissance des acquis, et accès aux ordres
professionnels, et favoriser l'emploi des personnes immigrantes.
On a quand
même vu qu'avec de la volonté, là, durant la crise de la COVID, on a été
capable de déployer des infirmières, par
exemple, qui avaient reçu leur formation ailleurs, à l'extérieur du Québec.
Alors, pourquoi est-ce qu'on a été capable d'agir rapidement? Et c'est quelque chose qu'on demande depuis
longtemps, là. Je vois même que le programme... Il y a un programme, là, Reconnaissance des compétences
et accès aux ordres professionnels. C'est un programme existant, qui est dans le but de favoriser l'intégration par des
nouvelles approches de reconnaissance des compétences, et là il y a eu même
une diminution, là, dans le budget 2020‑2021.
Donc, je
comprends un peu mal, là, les orientations du gouvernement en ce sens. Alors,
j'aimerais savoir combien seront... bien, en fait, c'est ça, comment on
va procéder à la reconnaissance des acquis, là, cette année.
Présidente (Mme Chassé) : Très bien. Ça conclut donc votre
question. Merci, Mme la députée. Mme la ministre.
Mme Girault : Merci, Mme la
Présidente. Bien, écoutez, reconnaissance des acquis, des compétences, c'est effectivement essentiel en intégration puis c'est
un dossier sur lequel on va travailler aussi. Le MIFI va réviser le Programme
de reconnaissance des compétences puis accès
aux ordres professionnels parce qu'il y a beaucoup de travail à faire
là-dessus. On veut favoriser des
formations d'appoint, entre autres, puis on veut s'assurer aussi que les gens
qui viennent, qui ont les
qualifications, puissent être reconnus. Et ça, dans ce cadre-là, le MIFI va travailler
en collaboration très étroite avec le
MRI, parce que le MRIF travaille aussi au développement d'ententes
internationales, justement, pour reconnaître les acquis. Ça fait que le travail va se faire des
deux côtés, là, les ententes internationales pour reconnaître les acquis,
et de notre côté, du côté du MIFI, de
notre côté, des deux côtés. Du côté du MIFI, ça va être vraiment de
travailler au niveau des qualifications au Québec, ici.
La Présidente (Mme Chassé) :
Mme la ministre. Mme la députée.
Mme Perry Mélançon : Oui. Donc,
bien de... En fait, si on pense aux 160 millions, là, qui a été octroyé
par le ministère de l'Immigration, là, pour
implanter des nouvelles mesures, ça, c'est du budget actuel, j'aimerais savoir,
justement, combien sera alloué à la
reconnaissance des acquis et à quel organisme on pourra octroyer des fonds pour
s'assurer que le processus de reconnaissance des acquis soit respecté.
La Présidente (Mme Chassé) :
Merci, Mme la députée. Mme la ministre.
Mme Girault : Merci, Mme la
Présidente. Écoutez, je vais passer la parole à mon sous-ministre pour donner
les détails là-dessus.
La Présidente (Mme Chassé) : M.
le sous-ministre, la parole est à vous.
M. Dagenais
(Benoit) : Merci. Donc,
effectivement, comme on peut le voir, là, au budget de dépenses, à la
page 146, le Programme de reconnaissance des compétences et
accès aux ordres professionnels a subi une légère diminution. Elle s'explique particulièrement par la fin de la
stratégie d'action Ensemble, nous sommes le Québec, mais elle sera compensée,
là, par les nouveaux crédits qui seront octroyés.
Comme Mme la
ministre l'a dit, il est en révision pour deux pans. On veut favoriser les
formations d'appoint, mais on veut
surtout élargir les secteurs et pas seulement des secteurs ciblés comme
aujourd'hui. Mais n'empêche qu'il y a suffisamment
d'argent présentement pour lancer un nouvel appel de propositions. Il y a
présentement 19 projets qui sont en
cours pour un budget de 7,7 millions. C'est des initiatives pour favoriser
la reconnaissance. Donc, je ne vous nommerai pas l'ensemble des
organismes, là, mais il y a plusieurs projets en cours.
La Présidente (Mme Chassé) :
Oui, juste un...
Mme Perry Mélançon :
...Montréal, Emploi-Québec, des projets déjà d'ampleur, là, qui ont déjà été
testés...
M. Dagenais (Benoit) : Oui,
puis...
La Présidente (Mme Chassé) :
Juste, laissez-moi...
Mme Perry Mélançon : Oui.
M. Dagenais (Benoit) : Oui, Mme la
Présidente.
Présidente (Mme Chassé) : Merci.
M. Dagenais
(Benoit) : Oui, absolument, l'exemple est bon, de
Qualifications Québec, qui était auparavant Qualification Montréal... joue un rôle important parce qu'on veut vraiment qu'il y ait un acteur
unique dans ce domaine. Donc, toute
l'information va se retrouver à un seul endroit. Souvent, dans la
reconnaissance des diplômes, c'était la difficulté. Donc, on pense que Qualifications Québec est
certainement un vecteur puis un organisme qui va répondre à ce besoin.
La Présidente (Mme
Chassé) : ...le sous-ministre, on ne s'interpelle pas directement. Très
bien, allez-y.
Perry Mélançon : Oui. Merci, Mme la Présidente. Donc, est-ce que ce
sera fait... bien là, il me reste très peu
de temps, mais est-ce que ce sera fait pour tout l'ensemble des métiers? Parce
que... pas seulement ciblés, là, comme préposés aux bénéficiaires, mais
partout, dans tous les métiers?
La Présidente (Mme
Chassé) : Oui, merci. C'est Mme la ministre? M. le sous-ministre.
M. Dagenais (Benoit) : Oui. C'est exactement ça, l'objectif, puis de la
révision du programme, d'élargir le secteur. On a beaucoup travaillé, ces dernières années, avec les ordres, puis ce
programme a vraiment permis aux ordres de revoir des formations
d'appoint, revoir leur information...
La Présidente (Mme
Chassé) : En concluant.
M. Dagenais
(Benoit) : ...mais effectivement, l'objectif, c'est d'élargir aux
autres secteurs de la société.
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, M. le sous-ministre. Pour votre éducation, c'est
qu'on tente d'avoir des temps réponse, question équivalents. Mme la députée, il
vous reste 3 min 15 s.
Perry Mélançon : O.K. Merci, Mme la Présidente. Donc, j'aimerais
savoir, en fait... Toutes ces initiatives-là vont mener, j'imagine, à une réduction des délais, là, pour pouvoir
avoir la reconnaissance des acquis. Donc, qu'est-ce qu'on s'attend, justement, avec ces projets-là en termes
de réduction des délais? Et donc c'est quoi, vos attentes, là, par rapport
au projet que vous venez de mentionner?
Présidente (Mme Chassé) : Merci, Mme la députée. M. le
sous-ministre... Mme la ministre? Oui, M. le sous-ministre.
M. Dagenais
(Benoit) : Oui. Mme la Présidente, je pense qu'on est tous conscients
autour de la table, dont Mme la députée, que
la question de la reconnaissance des acquis, de la reconnaissance des diplômes
est une question qui interpelle
beaucoup d'acteurs, beaucoup de ministères. L'objectif est évidemment la
réduction des délais et on veut... puis on a plusieurs actions, on parle du programme, on parle de
Qualifications Québec, mais tous ces objectifs, effectivement, sont
pour réduire les délais. Donc, je pourrai vous donner d'autres actions... Vous
me faites signe...
La Présidente (Mme
Chassé) : De conclure.
M. Dagenais (Benoit) : ...de conclure. Donc, je vais conclure de cette
façon-là, mais, si Mme la députée me repose une question sur le sujet,
je vous donnerai d'autres actions dont l'objectif est de baisser les délais.
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, M. le sous-ministre. Mme la députée.
Mme Perry Mélançon : Bien, pour me donner une idée, là, en fait, 2019‑2020,
dans le programme, justement, Reconnaissance des acquis et accès aux
ordres professionnels, est-ce qu'on aurait les chiffres, Mme la ministre... Mme la Présidente, la question est à la ministre.
Combien de personnes qui ont été sélectionnées pour ce programme après
leur application? C'est quoi, le taux de succès du programme, actuellement?
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, Mme la députée. Mme la ministre.
Girault : Là encore, Mme la Présidente, je vais passer la parole au
sous-ministre pour ces détails pointus là, là.
La Présidente (Mme
Chassé) : M. le sous-ministre.
M. Dagenais (Benoit) : Oui. Je veux bien comprendre la question, parce
que le Programme de reconnaissance des
compétences et accès aux ordres professionnels ne vise pas des individus, mais
vise à financer des organismes qui ont des initiatives dont l'objectif
est de faciliter la reconnaissance des diplômes, la reconnaissance
professionnelle. Donc, des délais exacts, je ne suis pas certain de bien
comprendre la question.
La Présidente (Mme
Chassé) : Très bien, merci. Voulez-vous préciser votre question, Mme
la députée?
Mme Perry Mélançon : Bien, en fait, on sait que les délais sont vraiment
élevés, là, pour pouvoir passer dans le
processus présentement pour la reconnaissance des acquis. Donc, j'imagine qu'on pourra en
savoir plus sur les délais. Nous, on
avait une proposition que ce soit vraiment en dedans
d'un an, là, pour que les gens puissent être tout de suite déployés sur le marché du
travail. Alors, est-ce que
ce programme-là, qui sera revu, sera... Ça sera quoi, les
délais? Est-ce que ce sera
moins d'un an?
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, Mme la députée. M. le sous-ministre.
M. Dagenais (Benoit) : Oui. Ce programme participe à un effort constant pour réduire les
délais, mais il y a d'autres actions
qui... Par exemple, en prospection, on cherche de plus en plus à viser des pays où les diplômes se rapprochent le plus, en qualité, de ceux au Québec. Il y a également
l'évaluation des diplômes. Ce n'est pas tout le monde qui connaît, mais le ministère
offre une évaluation comparative des diplômes, qui facilite l'avis des
employeurs, parce que c'est un avis d'experts sur la comparaison du diplôme que la personne immigrante a en
main, pour faciliter et accélérer le délai pour qu'il y ait reconnaissance
de son diplôme. Ce sont toutes des actions qui visent à diminuer les délais.
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, M. le sous-ministre. Mme la députée.
Mme Perry Mélançon : Et, Mme
la Présidente, combien de ces actions
seront prises en charge, là, directement, dans
les régions du Québec? Ce sera quoi, la façon de faire pour que cette reconnaissance-là se fasse au bénéfice de toutes les régions?
La Présidente (Mme
Chassé) : Il reste 10 secondes au bloc d'échange, M. le sous-ministre.
M. Dagenais (Benoit) : C'est une très bonne question. En fait, autant
par les conseillers en immigration que par les
agents d'aide à l'intégration, il y a une régionalisation importante du ministère
présentement, et on forme nos agents dans cette
question-là.
Présidente (Mme Chassé) :
Ceci conclut le bloc d'échange. Merci, M. le ministre. Alors, je suis maintenant prête à entendre le deuxième
groupe d'opposition pour son deuxième
bloc. M. le député de Laurier-Dorion, la
parole est à vous. Non, pardon, c'est l'opposition officielle,
je suis désolée. Je vais y arriver.
Alors, le troisième
bloc pour l'opposition officielle, et la parole est au député de
La Pinière. M. le député de La Pinière, la parole est à vous.
M. Barrette : Merci, Mme la Présidente. Alors, je vais
continuer sur ma lancée. Alors, bien, peut-être, d'entrée de jeu, est-ce
que, pendant l'intervalle, l'équipe qui accompagne Mme la ministre a des
documents à nous fournir sur la consultation faite auprès de la Santé publique
quant à la sélection des catégories d'emploi?
La Présidente (Mme
Chassé) : Très bien. Merci, M. le député. Mme la ministre.
Mme Girault :
Merci, Mme la Présidente. La réponse, c'est non.
M. Barrette :
...mais on s'entend qu'on va en avoir à un moment donné. On a hâte.
Alors,
Mme la Présidente, comme je disais tantôt, si on voulait remercier, avec tant
d'insistance, et d'intérêt, et d'humanité, les gens qui sont dans la
situation, par exemple, des demandeurs d'asile, et ainsi de suite, qui sont
dans nos réseaux, bien, pourquoi on ne l'a
pas fait avant? Pourquoi maintenant? Qu'est-ce qui fait, là, qu'aujourd'hui on
fait ça?
La Présidente
(Mme Chassé) : Merci, M. le député. Mme la ministre, la parole
est à vous.
Mme Girault : Merci, Mme la Présidente. Bien, on le fait
aujourd'hui parce que c'est une situation exceptionnelle. C'est pour ça qu'on le fait aujourd'hui, parce
que, justement, on vient de vivre la COVID, puis il y a trois mois on n'avait
pas de COVID, puis il y a six mois on n'avait pas de COVID, puis il y a un an
on n'avait pas de COVID.
Maintenant,
on vient de passer à travers la période de la COVID. Ces gens-là ont fait un
travail exceptionnel en soignant, en
prenant soin de nos gens, en étant avec nos gens et en prenant soin de nos
aînés, de nos personnes malades et de nos personnes en situation
difficile.
La Présidente
(Mme Chassé) : Merci, Mme la ministre. M. le député.
M. Barrette :
Le même travail avant, ça ne méritait pas... Le même travail maintenant, ça
mérite la mesure parce qu'il y a
quelque chose de plus. Est-ce qu'on va s'entendre sur le fait que le plus, on
va le dire dans le micro, c'est la COVID, le risque? Oui, non?
La Présidente
(Mme Chassé) : Merci, M. le député. Mme la ministre.
Girault : Merci, Mme la Présidente. Actuellement, on les remercie
parce qu'ils ont fait un travail exceptionnel durant cette période-là.
Présidente (Mme Chassé) : Oui, M. le député.
M. Barrette :
Mme la Présidente, Mme la ministre me disait bien gentiment qu'on tournait
autour du pot. Je pense que tout le monde a compris de quoi avait l'air
le pot. Alors, maintenant, continuons de tourner autour du pot.
vais vous apprendre une autre chose. Les agents de sécurité dans les hôpitaux,
là, et dans les CHSLD, ce qu'on a vu
sur le terrain, c'était quelque chose de bien simple. Les patients qui devaient
être déplacés d'un établissement à l'autre, d'un hôpital à un CHSLD, ou inversement, pour le transit dans les lieux,
pour être sûr que personne ne soit pas en contact, on le faisait accompagner, ce patient-là, par les
agents de sécurité, à côté, là, juste à côté, à tous les jours, de quelqu'un
documenté comme étant contagieux. Ça
s'appelle un risque. C'est sûr que ce n'est pas spectaculaire, puis ça paraît
moins bien à la télévision de dire ça, hein, mais c'est la réalité.
C'est la réalité.
Certains de mes
collègues ici, autour de la table, auraient souhaité que tous les gens qui sont
des immigrants, des demandeurs d'asile, et
ainsi de suite, soient régularisés, toutes catégories confondues. Puis ce n'est
pas une critique, c'est juste un fait. Il a été choisi par les
différents gouvernements...
Et ma question est la
suivante : N'est-il pas vrai que le gouvernement du Québec a choisi de
limiter l'accès à cette mesure-là à un
sous-groupe particulier, qui était celui de la santé? Est-ce que ça, cette
affirmation-là, la ministre est d'accord avec?
La Présidente
(Mme Chassé) : Merci, M. le député. Mme la ministre, la parole
est à vous.
Mme Girault : Merci, Mme la Présidente. On a décidé d'un commun
accord, à travers une négociation, M. le député de La Pinière, de
remercier les gens qui ont pris des soins. Ça fait que, oui, si on prend des
soins, ça doit être de la santé, maintien...
mais aide de maintien à domicile, ça donne des soins aussi. Est-ce que c'est
des soins qui sont dans la santé? Je
ne sais pas, là, mais aide de maintien à domicile aussi, ça donne des soins,
des gens qui ont pris soin de nos aînés et de nos personnes malades durant cette période-là. Puis oui, c'est vrai que
l'agent de sécurité l'a accompagné, mais ces gens-là ont pris soin de nos malades et nos aînés
24 heures sur 24, tous les jours, toutes les heures, toutes les minutes.
Et ces gens-là, qu'on a qualifiés, qu'on a nommés les «anges gardiens»,
qu'on a décidé de remercier, le fédéral et le provincial, par le programme, qui est un programme qui ne met pas
à mal le reste du processus, les gens peuvent continuer, ça se fait aussi,
de continuer à demander le statut de réfugié
par le processus normal, sauf que ce programme-là, spécifique, c'est un programme pour
remercier ces gens-là.
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, Mme la ministre. M. le député.
M. Barrette : Est-ce que la ministre va être d'accord pour
dire, parce que ça, c'est de connaissance commune — là, je
ne sais pas si la réponse va être directe et claire — que le fédéral, lui, voulait viser beaucoup
plus large que la santé?
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, M. le député. Mme la ministre.
Mme Girault : Merci,
Mme la Présidente. Je vous dirais
qu'en négociation, ça a bougé de part et d'autre. C'est ça, une négociation.
M. Barrette :
Ce n'est pas la question.
La Présidente (Mme
Chassé) : Bon, alors, merci, Mme la ministre. M. le député, votre
question.
Barrette : ...je n'ai pas eu
de réponse. Alors, si la ministre me dit que, par sa réponse, ça a bougé de part et
d'autre, sans répondre à ma question,
qui était : le fédéral en voulait plus. Je suis obligé de conclure que le
fédéral a fait une concession en
rétrécissant le champ d'octroi de la mesure. Est-ce que la ministre
est d'accord avec cette affirmation-là?
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, M. le député. Mme la ministre.
Mme Girault : Merci,
Mme la Présidente. Bien, écoutez,
je ne rentrerai pas dans les détails de chacun des moments de la négociation. Je sais qu'il y a eu beaucoup
de négociations et plusieurs rencontres entre les différents cabinets. Certains
ont élargi, d'autres ont rapetissé, d'autres
ont réélargi, donc il y a eu... C'est ça, une négociation, là, on modifie les balises de part et d'autre. Maintenant, on a
les balises... sont situées, sont fixées, puis c'est là-dessus qu'on les a
fixées.
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, Mme la ministre. M. le député.
M. Barrette :
Est-ce que la ministre est d'accord pour dire que le fédéral a fait une
concession au Québec en réduisant le choix des possibilités pour avoir accès à
la mesure, oui ou non?
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, M. le député. Mme la ministre.
Mme Girault : Merci, Mme la Présidente. Bien, je vais vous dire
que le fédéral a fait des concessions, et le provincial a fait des concessions durant la négociation.
C'est ça, une négociation, c'est à ça que ça sert, et les gens à qui j'ai parlé
depuis l'annonce sont, je vous dirais, très heureux de cette reconnaissance-là.
Présidente (Mme Chassé) : Merci. Très bien. M. le député.
Barrette : À Noël, les gens
qui reçoivent un cadeau, en général, sont contents, et ceux qui n'en ont pas ne
sont pas contents. Alors, ça, ce
n'est pas un argument. Puis pour ce qui est des... c'est ça,
les négociations, Mme
la Présidente. Je veux juste
vous rappeler et rappeler à la ministre que j'ai une légère expérience dans le
domaine de la négociation.
Alors,
Mme la Présidente, ma question suivante, elle est très simple. Quelles
concessions le Québec a-t-il faites?
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, M. le député. Mme la ministre.
Girault : Merci, Mme la Présidente. Écoutez, je n'entrerai pas dans les concessions. D'abord,
je n'ai pas suivi le détail de
chacune des concessions, chacune des discussions qui ont été faites de part et
d'autre. Ça s'est fait sur plusieurs
semaines, puis vous n'êtes pas sans savoir qu'il y avait plusieurs dossiers en
cours aussi. Ça a été mené, très bien mené
par les équipes respectives, et nous, tant le ministre fédéral que moi, avions
des statuts réguliers, mais je vous dirais qu'il y a des concessions qui
ont été faites de chaque côté.
La Présidente (Mme
Chassé) : Très bien. Merci, Mme la ministre. M. le député.
Barrette : N'est-il pas vrai, Mme la Présidente, que c'est le Québec
qui a insisté pour que, globalement, ça soit réservé d'abord à la santé?
Est-ce que ça, la ministre est d'accord avec cette affirmation-là?
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, M. le député. Mme la ministre.
Mme Girault : Merci, Mme la Présidente. Écoutez, il y a
certains secteurs, effectivement, qu'on voulait privilégier puis on voulait surtout privilégier les secteurs
qu'on considérait comme les anges gardiens, parce que, quand on a parlé des anges gardiens durant toute la période
COVID... je pense que les gens, quand on demandait à n'importe qui dans la rue,
qu'est-ce qu'étaient les anges gardiens pour
eux, d'après moi, les gens auraient probablement répondu ces emplois-là,
parce qu'on voyait ça... Ce qu'on voyait des
anges gardiens, ce sont des gens qui s'occupaient à temps plein de nos aînés
puis de nos malades.
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, Mme la ministre. M. le député.
M. Barrette : Mme la Présidente, il y a «certains secteurs»,
j'imagine que c'est au pluriel. À
part la santé, quels sont les autres
secteurs?
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, M. le député. Mme la ministre.
Girault : Merci, Mme la Présidente. Bien, «secteurs», je parle postes.
Pour moi, secteurs, postes... C'est peut-être juste un mauvais choix de
mot, là.
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, Mme la ministre. Oui, M. le député.
M. Barrette :
Alors, Mme la Présidente, quel est le bon mot? Est-ce que le bon mot serait
«certaines catégories d'emploi»?
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, M. le député. Mme la ministre.
Girault : Merci, Mme la ministre... Mme la Présidente. Bien, écoutez,
si ça peut vous faire plaisir qu'on appelle
ça «certaines catégories d'emploi», on va les appeler «certaines catégories
d'emploi», ou «certaines professions», ou «certains rôles».
Pour moi, bien, ces gens-là, c'était ce qu'on
considérait les anges gardiens. Bien, pour moi... pour nous, parce que ce n'est pas moi qui a négocié ça toute seule, là,
j'ai... Ça s'est fait avec le fédéral, entre le fédéral et le provincial, et le
but, encore une fois...
La Présidente (Mme
Chassé) : En concluant.
Girault : ...c'était de remercier nos anges gardiens, de leur
démontrer de la reconnaissance et du remerciement.
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, Mme la ministre. M. le député.
M. Barrette :
Par curiosité, qui était impliqué dans les négociations? Seulement des gens du
ministère de l'Immigration ou d'autres?
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, M. le député. Mme la ministre.
Girault : Merci, Mme la Présidente. Bien, il y a eu des gens du ministère
de l'Immigration, mais il y a aussi
des gens de... pas des gens, mais il y a eu des discussions avec d'autres ministères,
entre autres la Santé, là.
La Présidente (Mme Chassé) : Merci, Mme
la ministre. M. le député.
M. Barrette : Est-ce que le ministère
du Conseil exécutif a été impliqué?
La Présidente (Mme Chassé) : Merci, M.
le député. Mme la ministre.
Mme Girault : Merci, Mme la Présidente.
Fort probablement que le ministère du Conseil exécutif a été... a une
partie
là-dedans.
La Présidente (Mme Chassé) : Merci, Mme
la ministre. M. le député.
Barrette : «Fort probablement», est-ce qu'on peut être plus catégorique que ça, comme, genre, oui ou
non?
La Présidente (Mme Chassé) : Merci, M.
le député.
Poulin : Mme la Présidente, comme à l'article 35, on va prendre la parole des parlementaires, en tout respect, là.
Présidente (Mme Chassé) :
Alors, on continue à tenir des propos constructifs, mobilisateurs. Est-ce qu'on
attend la réponse de la ministre là-dessus, M. le député?
La Présidente (Mme Chassé) : Très
bien, merci. Mme la ministre, la parole est à vous.
Mme Girault : Merci, Mme la
Présidente. Oui, ils ont été...
M. Barrette :
Partie prenante.
Mme Girault :
Partie prenante.
M. Barrette : Alors, moi, je pense
qu'il est de connaissance...
La Présidente (Mme Chassé) : M. le
député.
Barrette : Merci, Mme la Présidente. Il est de connaissance commune que le fédéral en voulait plus. Ils ont
fait une concession. Je pense que
l'histoire, elle est assez claire. Je pense que, là, on a la confirmation qu'au
moins il a été impliqué le ministère du Conseil exécutif, le premier
ministre et son équipe, et on se
retrouve aujourd'hui avec une limitation de l'accès à un secteur, qui est la santé. Et,
dans la santé, il y a des sous-secteurs que sont les catégories d'emploi, et,
encore maintenant, là, on a de la misère à admettre que ça, ça
s'est passé parce qu'il y avait un risque induit par l'exposition à la
COVID. Bon, correct.
Comment ceux qui nous écoutent, Mme la
Présidente, comment ceux et celles qui nous écoutent, là, et c'est une question que je pose à la ministre, peuvent
faire autrement que de conclure qu'il était évident qu'il fallait remercier
tout le monde qui était en santé dans cette situation
d'immigration là et qu'on en choisisse qu'une sous-catégorie? Comment
les gens qui nous écoutent peuvent-ils conclure que ce n'est pas
discriminatoire?
La Présidente (Mme Chassé) : Merci, M.
le député. Mme la ministre, la parole est à vous.
Girault : Merci, Mme la Présidente. Écoutez, depuis le début de la période COVID, depuis le début,
qu'est-ce qu'on fait? C'est qu'on parle de nos anges gardiens. Qu'est-ce
qu'on fait? C'est qu'on dit qu'il faut prendre soin de nos anges gardiens. Combien de fois, on a répété ça? Combien de fois? Et
là ce qu'on fait, justement, c'est qu'on prend soin de nos anges
gardiens.
Alors, je ne
pense pas que les gens qui nous écoutent, qui nous regardent... En fait, je
suis persuadée que les gens comprennent
que ce qu'on fait là, c'est justement parce qu'on voulait s'occuper et prendre soin de
nos anges gardiens qui, eux, ont pris
soin de nos gens, et ça, depuis le début de la pandémie, on... pas on travaille
ça, mais on dit ça. C'est ce qu'on dit
depuis le début de la pandémie : On veut prendre soin de nos anges
gardiens qui ont pris soin de nos gens. Donc, prenons soin de nos anges gardiens. Puis, quand le député
de La Pinière était ministre
de la Santé, je ne pense pas que les
anges gardiens, comme on les définit
là, il les mettait dans la même catégorie, ou secteur, ou appelez-le comme vous
voudrez, que vos agents de sécurité qui, eux aussi, ont un rôle
important.
La Présidente (Mme Chassé) : Très
bien. Merci, Mme la ministre. M. le député.
M. Barrette : Mais il y avait une forme d'interrogation dans la
réponse de la ministre. Je vais lui répondre. C'est parce que le milieu de la santé, c'est la
quintessence du travail d'équipe, et l'un ne peut pas donner les soins sans le
travail de l'autre. Et, à la
suggestion de la ministre, dans une mesure face à celle-ci, j'aurais
dit oui, pour tout le monde, parce qu'on se serait adressés aux
gens de la santé. Et pourquoi? Parce que moi, j'aurais posé une question bien
simple, ça aurait influencé ma décision facilement en faveur.
La ministre, tantôt,
n'a pas été capable de nous dire combien de personnes, à la question du député
de Laurier-Dorion, combien de personnes étaient dans cette
situation-là? La parole a été donnée au sous-ministre qui nous a répondu
environ 60 000, si j'ai bien compris, au Québec, toutes catégories
confondues, pas en santé.
Alors,
question suivante : Il y en a combien, à peu près, d'estimé en santé qui
bénéficieraient, là... admettons que, demain,
on fait un vrai, vrai, vrai geste d'humanité, là, et on reconnaît, là, que tous
les gens qui ont pris un risque, on va les
remercier, toute la gang. Moi, que je sois, là, préposé à l'entretien ménager,
là, ou gardien de sécurité, là, quand le virus, je l'attrape puis que je meurs, là, c'est moi qui est mort, c'est ma
famille qui pâtit. C'est ça, un risque. Alors, O.K., alors là, on a des
risques à géométrie variable parce qu'on a décidé que les anges gardiens,
c'était a, b, c, mais pas d, e, f.
Alors, on parle de combien de personnes, là?
Est-ce qu'on a cette information-là? Des 60 000, là, ils ne doivent pas
être dans le réseau de la santé, là. S'il y
avait 60 000 personnes dans cette situation-là dans le réseau de la
santé, là, ça veut dire qu'il n'y a
pas loin de 25 % du personnel qui serait dans cette situation-là, et
évidemment, ce n'est pas le cas. Est-ce qu'il y a un estimé qui a été
fait là-dedans?
Présidente (Mme Chassé) : Ça
conclut votre question? Merci, M. le député. Mme la ministre, la parole est à
vous.
Girault : Merci, Mme la
Présidente. Mais, écoutez, de la même façon... d'ailleurs, j'ai répondu
à la question tantôt aussi. De la
même façon que j'ai répondu tout à l'heure, on n'a pas d'estimé du nombre de
personnes, tout simplement parce que
les établissements, quand ils engagent quelqu'un, ils demandent à la personne
si elle a un permis de travail, et le
permis de travail, ce n'est pas écrit dessus le statut de la personne. Donc, on
ne peut pas savoir si la personne qui travaille comme, par exemple, préposé
aux bénéficiaires ou aide de maintien
à domicile fait
partie de la catégorie des demandeurs d'asile. On ne le sait pas, ils ont un permis de
travail. Donc, les gens qui ont un permis de travail, l'institution, l'hôpital,
la résidence ne demandent pas s'ils sont des réfugiés ou non, là.
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, Mme la ministre. M. le député.
M. Barrette :
Combien de personnes sont sous un régime de permis de travail dans le réseau de
la santé?
La Présidente (Mme
Chassé) : Mme la ministre. M. le sous-ministre.
M. Dagenais (Benoit) : Je n'ai pas d'information de combien de personnes
ont un permis de travail dans le réseau de la santé.
La Présidente (Mme
Chassé) : ...bien. Merci. Mme la ministre, vous désirez ajouter... M.
le député.
M. Barrette :
60 000 personnes sont dans cette situation-là sur 6,3 millions de
contribuables au Québec, Mme la Présidente.
Ce n'est pas une grosse... C'est une petite fraction, hein? Ça fait que moi, si
je prends la même fraction, juste pour le fun, là, dans le réseau de la
santé, là, on est en dizaines, centaines, n'est-ce pas, si on s'amuse à faire
une extrapolation.
Il y a une décision qui a été prise
arbitrairement, discriminatoire, sans évaluation, sans recommandation formelle.
Alors que le fédéral, dans ses négociations,
voulait faire plus, le provincial a voulu faire moins. On n'a pas regardé dans
le détail puis on ne s'est pas dit... puis
là peut-être que la ministre me contredira, j'espère que ça ne sera pas le cas,
on ne s'est pas arrêté à dire :
Coudon, là, si ça représente 200 personnes, là, est-ce que, vraiment, là,
on va s'arrêter à ça ou est-ce que, pour nous, le plus important, c'est
d'avoir le moins de gens possible qui ont la mesure?
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, M. le député. Mme la ministre.
Mme Girault : Merci, Mme la Présidente. Pour nous, le plus
important, c'est de prendre soin des gens qui ont pris soin de nos aînés, de prendre soin de nos anges
gardiens, et ça, on le dit depuis le début. Il ne faut pas avoir de surprise,
là, on le dit depuis le début qu'on
veut prendre soin de nos anges gardiens, qu'on veut remercier nos anges
gardiens. Et, depuis le début, les
anges gardiens, ce sont les gens qui ont pris soin de nos aînés, qui ont pris
soin de nos malades. C'est depuis le
début qu'on dit ça. Il n'y a pas de surprise, là. Depuis le début, on
dit : On veut prendre soin de nos gens, on veut prendre soin de nos anges gardiens qui ont pris soin...
puis on le disait comme ça : Il faut prendre soin de nos anges gardiens
qui ont pris soin de nos malades et de nos aînés. C'est comme ça qu'on
le dit depuis le début.
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, Mme la ministre. M. le député.
Barrette : Il y a 6,3 millions de contribuables au Québec sur le
marché du travail ou qui ne travaillent pas, il y a 60 000 demandeurs d'asile. Peut-être qu'il y en a plus
dans le réseau, en proportion, de la santé, mais faites le calcul, là, on est dans les fractions de fractions de
fractions de pourcentage, là. Ce n'est à peu près personne, là, dans le réseau
de la santé, probablement, qui sont
dans cette situation-là, là. Mais l'argument de on veut remercier, on veut
remercier, mais pourquoi
on ne remercie pas tout le monde, alors
que la démarche de la CAQ auprès du fédéral, c'est clair que ça a été de
restreindre?
Je ne dis pas que je suis d'accord ou pas avec
le fédéral qui, lui, voulait ouvrir complètement à tout le monde. Mon collègue de Laurier-Dorion, je pense qu'il a souhaité ça, mais je ne veux pas lui
prêter des intentions. Mais là, à partir du moment où on restreint ça à la santé et qu'on ne fait pas
d'estimation, d'évaluation, au moins d'estimation... au moins ça, parce que les demandeurs d'asile, dans les permis
de travail, c'est une fraction, c'est sûr, c'est sûr, sûr, sûr. Est-ce que
la ministre a une information quantitative sur, parmi les permis de travail,
là, au Québec, qui sont donnés au Québec, combien
qu'il y en a que c'est des demandeurs d'asile? Est-ce qu'on a une information
comme celle-là? Ça aurait pu être une
façon de faire une extrapolation. Mme la Présidente, vous êtes ingénieure, vous
savez ce que je veux dire par ces calculs-là. Est-ce qu'au Québec on sait, parmi les gens qui ont un permis de travail
au Québec, combien en proportion il y en a qui sont des demandeurs
d'asile?
La Présidente (Mme Chassé) : Je
ne fais pas
partie du débat. Merci, ça conclut. Merci, M. le député.
M. Barrette : Non, mais je
voulais souligner que vous aviez cette qualité-là.
La Présidente (Mme Chassé) :
Mme la ministre.
Mme Girault : Merci, Mme la Présidente. Oui, je pense qu'on
peut avoir le chiffre de combien de demandeurs d'asile ont un permis de travail, mais, nonobstant ça, il reste que le
sujet est le même, c'est que le programme a été monté pour remercier les
anges gardiens qui ont pris soin de nos gens.
M. Barrette : Mme la
Présidente... à moins que ce ne soit pas terminé.
Présidente (Mme Chassé) : Oui, je suis toujours dans l'équivalence
de temps, tel que vous me l'avez bien rappelé au début. Ça conclut votre
réponse, Mme la ministre?
Mme Girault : Mais, pour le
chiffre, je peux passer la parole à mon sous-ministre, pour le pourcentage.
La Présidente (Mme Chassé) : M.
le sous-ministre.
M. Dagenais
(Benoit) : Oui. Sur les
60 000 demandeurs d'asile, environ, qui sont au Québec, environ
37 000 sont titulaires de permis de travail.
M. Barrette : Très bien.
La Présidente (Mme Chassé) :
Merci, M. le sous-ministre. Oui, M. le député.
M. Barrette : Alors, ça en fait de moins en moins, là, à qui on
aurait dû... on aurait pu faire ce geste d'humanité là, mais on ne l'a
pas fait. C'est quand même quelque chose.
La ministre
nous a dit qu'elle a beaucoup, beaucoup, beaucoup fait référence au fait qu'on
a manqué de personnel. À un moment
donné, on a demandé aux gens de se présenter là. Ces gens se sont présentés à
ce moment-là. Oui, mais dans les
paramètres qui donnent accès, il faut avoir six mois d'expérience et puis il
faut avoir au moins 120 heures dans ce réseau-là. C'est ça, les paramètres qui ont été établis. Alors, six
mois, là, pour ceux qui sont arrivés au mois de mai, là, ils ne l'ont pas. Là, on va engager
10 000 préposés. Ça fait que ça se peut que ces gens-là ne puissent
pas venir. N'est-ce pas réaliste de considérer que les circonstances
actuelles...
La Présidente (Mme Chassé) :
...20 secondes.
M. Barrette : 20 secondes.
Les circonstances actuelles vont faire en sorte qu'encore moins de monde que potentiellement vont y avoir accès parce qu'ils
n'auront pas le six mois, puis ils ne feront pas le 120 jours parce que
les postes vont être comblés? Autre façon de limiter l'accès à ces
gens-là.
La Présidente (Mme Chassé) : Ça
conclut le bloc d'échange de l'opposition officielle. Merci. Nous passons maintenant au bloc d'échange avec la deuxième
opposition. C'est le deuxième bloc d'échange. M. le député de Laurier-Dorion,
la parole est à vous.
M. Fontecilla :
Merci, Mme la Présidente. On va continuer sur ce sujet, qui est quand même
important et très intéressant, là.
Écoutez, on vient d'apprendre que la décision de
ce programme-là est une décision purement politique, là, qu'il n'y a pas eu d'avis formel concernant le
niveau... L'admissibilité à ce programme-là n'a pas été définie en fonction
du risque des gens concernés, en particulier
dans le système de santé, mais en fonction d'un critère tout à fait arbitraire,
nos anges gardiens qui ont pris soin directement,
là. Alors, on pourrait se poser la question : Qui a pris soin directement
ou indirectement? Donc, les gens qui... C'est une décision avant tout
politique, là, dénuée de base objective, là.
La question qui se pose maintenant,
c'est le rôle du gouvernement du Québec, là, dans ces négociations-là, c'est
la question essentielle, là, les
négociations avec le fédéral. Moi, je questionne encore une fois la ministre à
savoir, là, si elle a donné la
commande de limiter les remerciements seulement aux anges gardiens ou les
gens... aux demandeurs d'asile qui ont donné
des soins. Est-ce que c'était la commande qu'elle a donnée à ses négociateurs
et négociatrices dans les négociations avec le fédéral?
La Présidente
(Mme Chassé) : Merci, M. le député de Laurier-Dorion. Mme la
ministre.
Mme Girault :
Merci, Mme la Présidente. J'aimerais juste revenir sur le fait qu'on vient
d'apprendre... On ne vient pas
d'apprendre, le député de La Pinière vient de mentionner, mais c'est la
source qu'on a eue ici, là. Moi, je vous dis que la négociation s'est faite entre le fédéral et le provincial, puis ce
qu'on voulait faire, le but, là, le but premier de ce programme, et je pense qu'on a atteint ce but-là, en fait, je
suis persuadée qu'on a atteint ce but-là, le but premier de ce programme,
c'est de remercier les anges gardiens.
depuis le début, dès le début, quand on a commencé à voir les problématiques
dans ces secteurs-là, quand on a commencé
à essayer de trouver de la main-d'oeuvre, dès le début... puis le premier
ministre l'a mentionné presque à tous les points de presse, tous les
jours, quotidiennement, qu'il fallait prendre soin de nos anges gardiens. Et
c'étaient qui, nos anges gardiens? C'étaient
les gens qui donnaient les soins directs, sur la ligne de feu, à nos malades, à
nos aînés, des gens qui étaient dans
les CHSLD, dans les ressources intermédiaires, dans les maisons de santé.
C'étaient ces gens-là, nos anges gardiens.
Et, dès le départ, on voulait remercier nos anges gardiens, et c'est avec ça,
comme ça, qu'on remercie nos anges gardiens.
C'est un programme exceptionnel pour des circonstances exceptionnelles, pour du travail exceptionnel dans un
contexte exceptionnel. C'est ça qu'on fait avec ça, c'est un... on remercie.
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, Mme la ministre. Oui, merci. M. le député.
Fontecilla : Mme la ministre nous explique beaucoup