Transportation and the Environment — 2 April 2025 (43rd Legislature, 1st Session)
CTE 2025-04-02
Quebec — Committees
Journal des débats de la Commission des transports et de l'environnement - Assemblée nationale du Québec
sur les médias sociaux, Facebook, X, Youtube
Députés
La présidente
Les députés depuis 1764
Coordonnées des députés
La fonction de député
Fonctions parlementaires des députés
Composition des commissions
Indemnités et allocations
Cercle des femmes parlementaires
Cercle des jeunes parlementaires
Cercle des ex-parlementaires de l’Assemblée nationale du Québec
Fondation Jean-Charles-Bonenfant
Fondation des parlementaires québécois Cultures à partager
Travaux parlementaires
Calendrier hebdomadaire des travaux
Journal des débats
Index du Journal des débats
Règlement et autres règles de procédure de l'Assemblée nationale
Propos non parlementaires
Assister aux travaux
Travaux de l'Assemblée
Toutes les séances
Documents déposés
Projets de loi
Cheminement des projets de loi
Registre des votes
Travaux des commissions
Liste des commissions
Mandats en cours
Documents déposés
Rapports et documents de réflexion
Exprimez votre opinion!
Pétitions
Signer une pétition électronique
Consulter une pétition présentée à l'Assemblée
Lancer une pétition
Suivre le cheminement d'une pétition
Consultations publiques
Comment participer à une consultation
Liste des consultations publiques
Commenter un sujet à l'étude
Présenter un projet de loi d'intérêt privé
Vidéo
En direct et webdiffusions à venir
Archives des travaux et activités parlementaires
Travaux de l'Assemblée
Travaux des commissions
Activités de presse
Activités spéciales et institutionnelles
Députés
Le Canal de l'Assemblée
Émissions et capsules promotionnelles
Espace jeunesse
Commander un extrait
Calendrier
Ouvrir
En direct
Calendrier détaillé
_date_du_jour
Aujourd'hui
_heure_en_cours
En cours
Activités du jour
Exposition(
s) Drapeau(
x) sur l'hôtel du Parlement
L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements
L'ABC de l'Assemblée
Visiteurs
Restaurants
Actualités et salle de presse
Bibliothèque
Publications
Éducation
Diplomatie
Histoire
Accueil > Travaux parlementaires > Travaux des commissions > Journal des débats de la Commission des transports et de l'environnement
Travaux parlementaires
Journal des débats
Index du Journal des débats
Travaux de l'Assemblée
Registre des votes
Travaux des commissions
Administration publique
Agriculture, pêcheries, énergie et ressources naturelles
Aménagement du territoire
Assemblée nationale
Culture et éducation
Économie et travail
Finances publiques
Institutions
Relations avec les citoyens
Santé et services sociaux
Transports et environnement
Mandats en cours
Rapports et documents de réflexion
Cheminement des projets de loi
Projets de loi
Documents déposés
Dépôts du jour
Calendrier hebdomadaire des travaux
Mots clés
Type de documents
Tous les documents
Documents déposés
Feuilletons et préavis
Journaux des débats
Mémoires
Procès-verbaux de l'Assemblée
Projets de loi
Rapports et documents de consultation des commissions
Type de travaux
Travaux de l'Assemblée et des commissions
Travaux de l'Assemblée
Travaux des commissions
Commission de la culture et de l’éducation
Commission de la santé et des services sociaux
Commission de l'administration publique
Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
Commission de l'aménagement du territoire
Commission de l'Assemblée nationale
Commission de l'économie et du travail
Commission des finances publiques
Commission des institutions
Commission des relations avec les citoyens
Commission des transports et de l'environnement
Sous-commission de la réforme parlementaire
Période
De</b> et <b>À</b> sont remplis, le résultat se situe entre les dates indiquées.<br/>
Si seul le champ <b>De</b> est rempli, le résultat se situe entre la date indiquée jusqu’à aujourd’hui.<br/>
Si seul le champ <b>À</b> est rempli, le résultat se situe avant la date indiquée.
" class="champsDate choisirDate BulleInfo PeriodeFin" />
La date de début doit précéder la date de fin.
Session
Toutes les sessions
Session en cours - 43e législature, 3e session (5 mai 2026 - )
43e législature, 2e session (30 septembre 2025 - 8 avril 2026)
43e législature, 1re session (29 novembre 2022 - 10 septembre 2025)
42e législature, 2e session (19 octobre 2021 - 28 août 2022)
42e législature, 1re session (27 novembre 2018 - 13 octobre 2021)
41e législature, 1re session (20 mai 2014 - 23 août 2018)
40e législature, 1re session (30 octobre 2012 - 5 mars 2014)
39e législature, 2e session (23 février 2011 - 1 août 2012)
39e législature, 1re session (13 janvier 2009 - 22 février 2011)
38e législature, 1re session (8 mai 2007 - 5 novembre 2008)
37e législature, 2e session (14 mars 2006 - 21 février 2007)
37e législature, 1re session (4 juin 2003 - 10 mars 2006)
36e législature, 2e session (22 mars 2001 - 12 mars 2003)
36e législature, 1re session (2 mars 1999 - 9 mars 2001)
35e législature, 2e session (25 mars 1996 - 21 octobre 1998)
35e législature, 1re session (29 novembre 1994 - 13 mars 1996)
34e législature, 3e session (17 mars 1994 - 17 juin 1994)
34e législature, 2e session (19 mars 1992 - 10 mars 1994)
34e législature, 1re session (28 novembre 1989 - 18 mars 1992)
33e législature, 2e session (8 mars 1988 - 9 août 1989)
33e législature, 1re session (16 décembre 1985 - 8 mars 1988)
32e législature, 5e session (16 octobre 1984 - 10 octobre 1985)
32e législature, 4e session (23 mars 1983 - 20 juin 1984)
32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)
32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
31e législature, 6e session (5 novembre 1980 - 12 mars 1981)
31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)
31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)
30e législature, 3e session (18 mars 1975 - 19 décembre 1975)
30e législature, 2e session (14 mars 1974 - 28 décembre 1974)
30e législature, 1re session (22 novembre 1973 - 22 décembre 1973)
29e législature, 4e session (15 mars 1973 - 25 septembre 1973)
29e législature, 3e session (7 mars 1972 - 14 mars 1973)
29e législature, 2e session (23 février 1971 - 24 décembre 1971)
29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
28e législature, 5e session (24 février 1970 - 12 mars 1970)
28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
28e législature, 1re session (1 décembre 1966 - 12 août 1967)
27e législature, 6e session (25 janvier 1966 - 18 avril 1966)
27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)
26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
25e législature, 4e session (18 novembre 1959 - 18 mars 1960)
25e législature, 3e session (19 novembre 1958 - 5 mars 1959)
25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)
24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
20e législature, 1re session (7 octobre 1936 - 12 novembre 1936)
18e législature, 2e session (10 janvier 1933 - 13 avril 1933)
18e législature, 1re session (3 novembre 1931 - 19 février 1932)
17e législature, 2e session (8 janvier 1929 - 4 avril 1929)
16e législature, 4e session (11 janvier 1927 - 1 avril 1927)
16e législature, 3e session (7 janvier 1926 - 24 mars 1926)
16e législature, 1re session (17 décembre 1923 - 15 mars 1924)
15e législature, 4e session (24 octobre 1922 - 29 décembre 1922)
15e législature, 3e session (10 janvier 1922 - 21 mars 1922)
15e législature, 2e session (11 janvier 1921 - 19 mars 1921)
15e législature, 1re session (10 décembre 1919 - 14 février 1920)
14e législature, 3e session (21 janvier 1919 - 17 mars 1919)
14e législature, 2e session (4 décembre 1917 - 9 février 1918)
14e législature, 1re session (7 novembre 1916 - 22 décembre 1916)
13e législature, 4e session (11 janvier 1916 - 16 mars 1916)
13e législature, 3e session (7 janvier 1915 - 5 mars 1915)
13e législature, 2e session (11 novembre 1913 - 19 février 1914)
13e législature, 1re session (5 novembre 1912 - 21 décembre 1912)
12e législature, 4e session (9 janvier 1912 - 3 avril 1912)
12e législature, 3e session (10 janvier 1911 - 24 mars 1911)
12e législature, 2e session (15 mars 1910 - 4 juin 1910)
12e législature, 1re session (2 mars 1909 - 29 mai 1909)
11e législature, 4e session (3 mars 1908 - 25 avril 1908)
Partager
Diagramme de l'Assemblée
En direct sur le Web
Journal des débats de la Commission des transports et de l'environnement
Version préliminaire
Retour à la liste des séances du Journal des débats
43 e législature, 1 re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mercredi 2 avril 2025
Vol. 47 N° 90
Étude détaillée du projet de loi n° 81, Loi modifiant diverses dispositions en matière d’environnement
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
11 h 30
12 h
12 h 30
15 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h
Journal des débats
11 h 30 (version non révisée)
(Onze heures cinquante-six minutes)
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
bonjour, tout le monde. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la
Commission des transports et de l'environnement ouverte.
La commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 81, Loi modifiant
diverses dispositions en matière d'environnement.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Blouin (Bonaventure) est remplacée par M. Lamothe
(Ungava); Mme Grondin (Argenteuil) est remplacée par M. Martel
(Nicolet-Bécancour); M. Lemay (Masson) est remplacé par M. Poulin
(Beauce-Sud); M. Montigny (René-Lévesque) est remplacé par M. Thouin
(Rousseau); M. Derraji (Nelligan) est remplacé par Mme McGraw
(Notre-Dame-de-Grâce); M. Grandmont (Taschereau) est remplacé par M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve); et M. St-Pierre Plamondon (Camille-Laurin) est
remplacé par M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine).
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
Mme la secrétaire. Lors de l'ajournement des travaux, hier, nous en étions à l'étude
de l'article 90 du projet de loi. Est-ce qu'il y a des interventions? Mme
la députée de Mille-Îles.
(Interruption)
Mme Dufour : Donc, il y a un
bruit. Oui. Bonjour, M. le Président. Alors, lorsqu'on s'est quittés, il y
avait...
Mme Dufour : ...une question
qui avait été posée, à savoir... bien, c'était en lien avec le dernier...
l'avant-dernier paragraphe de l'article 90, puis là on parlait de quels
autres... quels types de mesures on pourrait... on pourrait, en fait... En
fait, c'était plutôt, là... je me souviens que Mme, ici, avait parlé de
reboisement, parc récréatif, parce que ça, je l'ai écrit, habitat faunique en
terre privée. Là, je pense qu'on parle des impacts, peut-être, qui ne sont pas
visés. C'est ça, ça, c'étaient les impacts qui ne sont pas visés au premier,
deuxième ou troisième alinéa, qui doivent être compensés. Donc, c'était là
qu'on en était rendu. Et là... et là, la... bien, en fait, ce que je voulais
savoir, c'est : ça, c'est-tu quelque chose qui est nouveau? Ça n'existait
pas avant du tout, cette disposition-là?
Le Président (M. St-Louis) : Juste
avant de permettre l'intervention de Mme Gagnon, j'aurais besoin du
consentement de la commission pour... Est-ce que nous avons consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. St-Louis) : Merci.
Je vous demanderais de vous présenter,
titre et fonctions, s'il vous plaît.
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui.
Bonjour à tous. Mélissa Gagnon, directrice générale adjointe aux évaluations
environnementales et stratégiques. Donc, effectivement, pour poursuivre
l'explication d'hier, donc, c'est... en fait, ce qu'on vient faire avec le
projet de loi, on vient clarifier... Le gouvernement avait déjà le pouvoir, là,
d'établir des conditions à son autorisation, restriction, interdiction. Là, on
vient vraiment préciser les pouvoirs de compensation pour l'ensemble,
l'ensemble des cas de figure. Donc là, on vient vraiment distinguer chacun des
cas puis on vient s'arrimer avec les cadres qui ont été aussi mis en place...
bien, en tout cas, qui sont mis en place par les articles qui ont déjà fait
l'objet de discussions pour le volet faune, le volet espèces menacées et
vulnérables. Donc là, on vient aussi, par la bande... On ne pouvait pas ne pas
mentionner aussi ce cas de figure là, ça fait que, comme on vient vraiment
décortiquer tout le volet compensation, on vient aussi préciser qu'il y a
d'autres formes de compensation possibles par des travaux qui visent des
composantes qui ne sont pas mentionnées dans les paragraphes antérieurs.
Mme Dufour : O.K., mais ce
n'est pas quelque chose qui existait, là, ça, c'est une nouvelle disposition.
Mme Gagnon (Mélissa) : Bien,
en fait, je vais donner un exemple, là. Si on est... Ça se fait, il y avait
déjà certaines compensations par des travaux qui pouvaient être exigées, là,
dans des projets. Exemple, si on est dans un projet de barrage hydroélectrique,
bien là, il peut y avoir l'aménagement, des habitats fauniques qui soient
aménagés à même le réservoir. Donc, c'est cette forme de compensation là qui
pouvait être déjà exigée dans les limites du projet. Donc, on vient clarifier
cette possibilité-là à travers les autres compensations.
Mme Dufour : O.K., donc ça
s'utilisait, ou, disons, en pratique, c'était utilisé, mais ce n'était pas nécessairement
écrit dans la loi. C'est ce que je comprends.
Mme Gagnon (Mélissa) : Bien,
effectivement, là, on vient vraiment l'écrire plus précisément avec l'article
au complet. Tout le volet compensations est vraiment... Ce n'était pas écrit
comme ça dans la loi. Donc, ce sont vraiment des ajouts, mais ça faisait
partie
des conditions d'autorisation possibles que le gouvernement pouvait avoir. On
pouvait exiger à un initiateur d'aménager des habitats, exemple, à l'intérieur
de son réservoir. C'est une forme de compensation parce que, s'il y avait des
pertes d'habitat, il pouvait devoir en recréer, mais là on vient vraiment
clarifier cette possibilité-là, en plus des conditions autres, parce qu'on
vient clarifier l'ensemble du cadre de compensation.
• (12 heures) •
Mme Dufour : Puis, à la fin
de ce paragraphe, on dit : «Peut exiger l'exécution de travaux ou d'autres
mesures de compensation visant notamment la création, la restauration, la
protection de milieux.» Ça, on en a abondamment discuté, mais, dans les
exemples que vous avez parlé, il y avait, puis ça, ça m'a interpelé, le parc
récréatif, exemple d'élément, là, qui pourrait être perturbé ou même
complètement, là, disons, pardon, disparaître. Donc, à ce moment-là, c'est quel
genre de compensation qu'on peut voir pour un parc récréatif?
Mme Gagnon (Mélissa) : Ça
peut être, par exemple, tu sais, s'il y avait un lieu qui était utilisé pour de
la récréation, puis que, là, le lieu est affecté par le projet, bien, on peut
exiger de l'initiateur de recréer la possibilité, finalement, de récréation à
travers, même, son projet, exemple, là. Ça s'est déjà fait par le passé, donc,
un lieu... je vais reprendre l'exemple des centrales hydroélectriques, un lieu
qui était utilisé. Bien là, à même son projet, il peut aménager des sentiers...
Haut de la page
12 h (version non révisé
e) Mme Gagnon (Mélissa) : ...les
accès. Il peut aussi aménager de l'information, exemple, des affiches, pour, tu
sais, agrémenter le lieu pour que ça demeure un lieu intéressant pour le
récréotourisme, exemple.
Mme Dufour : O.K. Et, ça, c'est...
ce serait... ça peut être une exigence que le ministère...
Mme Gagnon (Mélissa) : S'il y
a une perte d'utilisation du milieu qui est créée par le projet, bien, on peut
demander à l'initiateur de compenser cette perte-là en recréant l'offre,
finalement, que... le service du milieu.
Mme Dufour : Oui. Mais, dans
un cas comme ça, est-ce qu'on est en... Tu sais, quand le ministère dit :
Je veux que vous recréez ces sentiers-là, par exemple, qui étaient utilisés, là
on est en terres publiques. Ce n'est pas en terres privées, j'imagine, qu'on
fait ce genre de demande là.
Mme Gagnon (Mélissa) : Là, il
n'y a pas de distinction, à mon sens. Les cas que... Les exemples que je
donnais, c'étaient visiblement en terres publiques. Mais il n'y a pas de
distinction, là, qui est faite dans ce cas-ci.
Mme Dufour : O.K. Mais c'est
juste que là, il y a... Tu sais, c'est sûr que compenser de la perte de milieu
naturel, c'est un élément. Mais là on tombe... si on est dans une terre privée,
s'il y a un usage... tu sais, le propriétaire d'un terrain privé veut en faire
un autre usage, et si cet usage-là précédemment incluait par exemple du
récréatif, là j'avoue que j'ai de la misère à suivre comment le ministère
pourrait imposer de recréer cet usage-là en terre privée. Ça fait que c'est
pour ça que, dans ma tête, c'était clairement public, là.
Mme Gagnon (Mélissa) : Bien
là, c'est sûr que dans un cas concret comme celui-là, c'est probablement que ce
ne serait peut-être pas, à ce moment-là, exigible, là. Tu sais, je pense que le
cas du parc, plus d'espace pour le récréotourisme, on n'est plus dans un
contexte de terres privées... de terres publiques, pardon. Mais je donnais l'exemple
aussi d'habitats... habitats fauniques en terres privées. Bien là, à ce
moment-là, il peut y avoir une exigence de compensation.
Mme Dufour : Oui. Et là, à ce
moment-là, c'est ça, ça, c'était... c'était ma question qui suivait, justement,
l'habitat faunique en terres privées, je l'avais noté. Est-ce que c'est traité?
Parce qu'on l'a... on est venu préciser «en terres privées», donc est-ce que c'est
traité différemment quand c'est en terres privées ou en terres publiques par
rapport aux exigences de compensation?
Mme Gagnon (Mélissa) : C'est
vraiment la perte de milieu qui est évaluée. Donc, c'est quoi, la qualité de ce
milieu-là, c'est quoi, l'importance du milieu en fonction de l'espèce aussi.
Donc, c'est ça qui va être vraiment considéré dans le cadre de l'évaluation
gouvernementale.
Mme Dufour : O.K. C'est parce
que comment, hier, on a... on a précisé en terre privée, j'avais l'impression
qu'il y avait peut-être une distinction, l'habitat faunique en terre privée
versus en terre publique, mais c'est traité exactement de la même façon, là.
Mme Gagnon (Mélissa) : En
fait, en terre publique, il y a vraiment un cadre spécifique qui s'applique,
qui est couvert par la
Loi sur la conservation, la mise en valeur de la faune.
Donc là, on a aussi la possibilité maintenant... On va avoir la possibilité d'aller
avec des compensations par contribution financière. C'est ce cadre-là qui est
applicable, alors qu'ici on est sur des terres privées, c'est vraiment par des
travaux. Donc, c'est la nature de la compensation qui peut changer.
Mme Dufour : O.K. Puis je
vais aller au dernier paragraphe, là, on dit que, «dans le cas d'un projet dont
les travaux préalables ont fait l'objet d'une décision, le gouvernement peut
exercer les pouvoirs prévus au présent
article à l'égard des travaux... de ces
travaux lorsque ceux-ci n'ont pas fait l'objet d'une autre mesure de
compensation». J'essayais de comprendre pourquoi ce dernier paragraphe.
Mme Gagnon (Mélissa) : En
fait, dans le cadre de... On se ramène au pouvoir exceptionnel d'avoir une
permission de réaliser certains travaux préalables, puis on est vraiment dans
ce contexte-là. C'est vraiment un filet de sécurité supplémentaire. Ces
travaux-là devront avoir fait l'objet d'une autorisation en vertu de l'article
22. Si jamais il y avait besoin de couvrir avec l'autorisation gouvernementale
toute compensation, on aurait le pouvoir de le faire avec cette disposition-là.
Donc, avec l'approche globale, on sait que les travaux auraient été autorisés
par le ministre, mais, au terme de l'évaluation globale, il y aurait lieu d'exiger
une compensation...
Mme Gagnon (Mélissa) : ...global,
exemple, pour le projet, puis on voudrait... on ne veut pas exiger une double
compensation. Donc, si ces travaux-là qui auraient été réalisés mais qui
demeurent quand même dans le projet global, on ne va pas exiger une double
compensation s'ils ont déjà été compensés, s'il y a eu des pertes et qu'ils ont
été compensés par l'autorisation ministérielle... par le biais de
l'autorisation ministérielle. Donc, on est vraiment dans un... En fait, c'est vraiment
juste dans le contexte où on a... il y a eu cette permission-là qui a été
appliquée de réaliser certains travaux préalables. Ces travaux-là devront avoir
été autorisés en vertu de l'article 22 de la
Loi sur la qualité
d'environnement, et là, à ce moment-là, il y aurait, s'il y avait des pertes
générées par ces... occasionnées par ces travaux-là, il y aurait une
compensation qui aurait été exigée dans le cadre de l'autorisation
ministérielle. Donc, c'est sûr que, là, on ne va pas rédiger une compensation
pour des travaux qui ont déjà été compensés, même s'ils demeurent dans le
projet global.
Mme Dufour : O.K.
Mme Gagnon (Mélissa) : Donc,
il y a compensation au final pour le projet global va être ajustée en fonction
de ce qui aurait été fait, le cas échéant, par le biais de cette permission-là.
Mme Dufour : O.K. La façon
dont c'est écrit ici, c'est plutôt. C'est plutôt les travaux préalables qui
n'auraient pas fait l'objet d'une autre mesure de compensation. Là, on pourrait
venir dire : Bien, il y a... Vous... Ces travaux préalables là ont
perturbé, on les a... on n'a pas pris des mesures au préalable, donc là, on
peut les... les charger. Ça fait que la façon que c'est écrit, c'est... j'avoue
que ça amène la confusion parce que l'article complet 90, 90 ne parle pas
des travaux préalables, là, ça parle de l'ensemble du projet, et j'imagine que
les travaux préalables font
partie de l'ensemble du projet.
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui.
En fait, puis je disais que c'était aussi un filet de sécurité, c'est
qu'admettons... tu sais, le cadre d'autorisation, le cadre de compensation,
quand on est dans le contexte de l'article 22, est très, très spécifique,
très déterminé. Donc, si admettons, au terme de l'évaluation globale, on juge
qu'il y a lieu d'ajuster la compensation pour des pertes qui auraient découlé
de ces travaux-là, mais on a le pouvoir de venir le faire. Donc, c'est vraiment
un filet de sécurité supplémentaire qu'on ajoute. Comme on a donné une
permission spéciale si, au terme de l'évaluation globale, on juge qu'il y a
lieu d'ajuster la compensation ou d'exiger une compensation qui n'aurait pas
été exigée, au terme de l'évaluation globale, on a le pouvoir de le faire
aussi. C'est vraiment juste un filet de sécurité dans un contexte d'une
permission spéciale qu'on a donnée, puis de l'évaluation globale qui se
poursuit. Si, au terme de l'évaluation globale, il y a lieu d'ajuster ce qui a
été fait en termes de compensation pour ces travaux-là, on a le pouvoir de le
faire.
Mme Dufour : Mais la façon
que c'est écrit, c'est comme si ces travaux préalables là, s'il y a des
perturbations, ils pourraient ne pas mener aussi à des travaux de compensation.
Donc là, ça m'a amené, en lisant ce dernier paragraphe là, ça m'a amené le
doute sur la façon que sont traités les... seront traités les travaux
préalables. Donc, c'est ce bout-là que je voudrais m'assurer que, tu sais, s'il
y a des travaux préalables et qu'ils... et qu'ils perturbent, et que le projet
va de l'avant, mais qu'il va y avoir des compensations. Parce qu'ici on est
dans le «peut», hein, toujours pourrait, mais si les travaux n'ont pas mené
à... n'ont pas fait l'objet d'une autre mesure de compensation, c'est comme
si... c'est ça, c'est comme si on disait : Bien, les travaux préalables
pourraient ne pas faire l'objet de compensation. Ça fait que, ça, je voulais
juste m'assurer.
• (12 h 10) •
Mme Gagnon (Mélissa) : Mais
en fait, tu sais, je mentionnais tout à l'heure que, dans le cadre de
l'autorisation ministérielle, on est dans le cadre de l'autorisation en vertu
de l'article 22 de la
Loi sur la qualité de l'environnement. Ça fait que
le type, tu sais, exemple, s'il y a des atteintes aux milieux humides et
hydriques, il y a des compensations qui seraient exigibles, mais toute autre
forme de compensation ne peut pas être exigée en vertu de cette
autorisation-là. Donc là, on est quand même dans un projet. Donc si au final,
le projet global entraîne des atteintes, exemple, au niveau... tu sais, on
pourrait exiger du reboisement, puis on pourrait inclure dans le reboisement
les pertes qui auraient été engendrées par ces travaux préalables là, mais il
n'y aurait pas eu de compensation au moment de l'autorisation ministérielle
parce qu'on est dans le cadre de l'article 22. Donc, là, si, au terme de
l'évaluation, on veut aussi inclure les pertes, exemple, de superficies
forestières associées à ces travaux-là, mais là on pourrait exiger des
compensations autres dans le contexte du projet global qui, elles, n'auraient
pas pu effectivement être demandées dans le contexte de l'autorisation
ministérielle.
Mme Dufour : O.K. Mais là, si
on retourne à... Les travaux préalables, on a fait hier fait, je pense, la
séquence, là, de comment ça, c'est autorisé, mais à quel moment...
Mme Dufour : ...il peut y
avoir une compensation dans cette séquence-là parce que le projet est encore en
évaluation. Donc, j'essaie de comprendre comment est déterminée la compensation
au moment des travaux préalables, la compensation des travaux préalables,
évidemment.
Mme Gagnon (Mélissa) : En
matière... Pour ce qui est de l'autorisation ministérielle en vertu de la Loi
sur la qualité de l'environnement, cet aspect-là va être géré au moment de
l'autorisation ministérielle, mais... Puis, dans ce contexte-là, si ces
travaux-là étaient réalisés en dehors d'un projet assujetti à une évaluation
environnementale, s'il n'y a pas de compensation applicable pour les autres
composantes touchées, bien, il n'y en a pas de compensation exigée. Quand on
est dans le cadre d'une évaluation environnementale, je l'ai mentionné tout à
l'heure, si on est dans un projet qui est assujetti à une évaluation
environnementale, si on est en terre privée, qu'il y a des pertes d'habitats
fauniques, on peut exiger de la compensation pour les pertes d'habitats
fauniques. Mais le cadre lui-même de la
Loi sur la conservation, la mise en
valeur de la faune s'applique uniquement en terre publique.
Et là, comme on est dans un projet soumis
à une évaluation environnementale, on regarde un projet global plus complexe,
et tout ça. Donc, il y a certaines compensations qui peuvent être exigées dans
le contexte du projet global. Donc là, c'est ça qu'on vient couvrir avec cet
article-là, c'est des compensations qui, uniquement, par le biais de
l'autorisation ministérielle, ne seraient pas exigées. Et là, si on reprend le
projet global puis on considère que ces travaux-là, ces pertes-là sont liés au
projet global, on pourrait exiger des compensations qui n'auraient pas été
exigées au moment de l'autorisation en vertu de l'article 22.
Mme Dufour : O.K. Ça fait que
là, quand il y a... Là, quand on parle d'autorisation en vertu de l'article 22,
on parle d'autorisation de travaux préalables, c'est bien ça?
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui,
exact.
Mme Dufour : O.K. Donc, à ce
moment-là, est-ce qu'il y a compensation ou pas?
Mme Gagnon (Mélissa) : Pour
le cadre applicable dans le cadre des autorisations ministérielles délivrées en
vertu de l'article 22, je m'excuse, je sais que c'est beaucoup de... Mais,
donc, exemple, pour le volet milieu humide et hydrique, tout le cadre
applicable pour les pertes, c'est la même séquence. Mais là admettons qu'il y a
des pertes qui n'ont pas pu être évitées, minimisées et là qui doivent être
compensées, mais ce cadre-là s'applique, parce qu'on est dans le cadre de
l'autorisation ministérielle délivrée en vertu de l'article 22 de la
Loi sur la
qualité de l'environnement. Mais la portée est plus limitée, contrairement à
une autorisation gouvernementale où est-ce que là on couvre quand même beaucoup
plus large dans le cadre du projet global?
Ça fait que là, c'est ça qu'on vient
rattraper. S'il y a des pertes, milieux humides et hydriques, ça va être
couvert par le cadre applicable en vertu de l'autorisation ministérielle. Mais
là, dans le cadre du projet global, au terme de l'évaluation, si on décide
qu'on exige une compensation pour un autre type de milieu qui a été perdu dans
le cadre du projet puis que certaines pertes sont associées aux travaux préalables,
on pourrait les ajouter dans le cadre de la compensation qui est exigée. On
pourrait dire : Tu dois compenser par des travaux ces pertes-là. Si je
reprends l'exemple de mon reboisement ou autre autre perte qui ne serait pas
couverte dans le cadre de l'autorisation ministérielle, puis on pourrait les
inclure dans la compensation qui était exigée dans le cadre du projet global,
même s'il découle des travaux préalables. Parce que, dans les faits, si on
n'avait pas donné cette permission-là, elles auraient été considérées dans le
projet global.
Ça fait que là on a donné une permission,
on ne veut juste pas avoir de pertes, finalement, en termes de ce qui pourrait
être exigé. Si, au terme de l'évaluation, on constate que, pour ce volet-là qui
doit être compensé, on veut aussi inclure les pertes associées aux travaux
préalables, si elles n'ont pas été compensées.
Mme Dufour : O.K. Donc, au
moment des travaux préalables, il y a... il peut y avoir une compensation, et
là, à ce moment-là, avant de pouvoir faire ces travaux-là, j'imagine qu'il faut
que ce soit compensé déjà, ou, en tout cas, les travaux où il y a un
engagement, je ne sais pas exactement comment ça se fait. Ça revient, hier, à
ce qu'on discutait, là, du fait que ça... il pourrait y avoir des travaux.
Moi, je vous avoue qu'en vous entendant, je réalise que les travaux préalables
pourraient être plus extensifs que même ce qu'on parlait d'atteindre des
milieux humides et hydriques difficilement réversibles par rapport à ce que je
parlais hier - c'était hier, oui, c'était hier, la semaine est longue.
Donc, on parlait de cet enjeu-là de
réversibilité des travaux qui pourraient, c'est ça, endommager des milieux
naturels. En tout cas, je réalise que ça pourrait être plus extensif, c'est ça.
Puis là, ici, je vais reposer la question, là, mais pourquoi on choisit de...
encore le «peut exercer des pouvoirs»? Tu sais, partout, là, c'est «peut
demander une compensation», tu sais... Comment on peut avoir l'assurance que
des compensations seront exigées? Ça, je pense, la question, c'est plus pour
le ministre, là...
M. Charette : ...cas présent.
Bien, tout d'abord, bonjour aux collègues. Comme notre collègue le mentionnait,
c'est une garantie supplémentaire que l'on se donne avec ce dernier élément de
l'article 90. Mais, pour ce qui est des milieux humides et hydriques,
c'est couvert d'emblée, comme ça a été bien expliqué, là, il y a quelques
instants. Mais c'est pour couvrir l'ensemble des cas de figure potentiels. On a
des travaux préalables qui sont assujettis, dans le cas, là, des milieux
humides et hydriques, en cas d'altération. Et, si, à la fin de l'évaluation du
projet, on constate qu'il y a d'autres compensations qui peuvent être... qui
peuvent être couvertes, ce sera... ce sera le cas. Donc, c'est une garantie
supplémentaire.
Pour ce qui est de la portée extensible,
comme le mentionne la collègue, je pense, ça a été bien couvert aussi. On est à
une étape de l'évaluation d'un projet qui sera vraisemblablement accepté, c'est
de voir qu'est-ce qui peut être fait pour accélérer la réalisation de projets,
là, d'intérêt public. N'oublions pas qu'on n'est pas dans des projets de tout
acabit, de tout type. On parle d'intérêt public à travers nos engagements en
matière de lutte aux changements climatiques, au niveau de la transition
énergétique. Donc, ce n'est pas une portée plus grande que celle qui a été
décrite, là, au cours de nos échanges, là, ces dernières heures à travers
différentes séances. Mais le volet hydrique et humide est largement couvert,
là, avec la ceinture et les bretelles, là, si on peut reprendre cette
expression-là.
Mme Dufour : Oui. Non, ça, je
comprends. Mais c'est moins clair pour le faunique.
M. Charette : Bien, ça aussi,
ça a été bien... ça a été bien expliqué. On est avec des modalités nouvelles.
C'est un ajout. C'est un outil de plus que nous avons à notre... à notre
disposition pour aborder ces questions-là. Mais ça a été bien résumé aussi, là,
à travers les différents échanges.
Mme Dufour : O.K. Peut-être
une dernière question sur les travaux préalables. On a parlé hier, et juste je
veux juste être sûre, là, que j'ai bien saisi, là. Hydro-Québec fait
partie des
groupes qui auraient accès... bien, en fait, considérés comme dans les
ministères. S'ils vont en appel de projets... Puis je pose la question parce
que, ce matin, on a eu une rencontre avec l'Alliance de l'Est, qui ont des
craintes que, les processus, ça s'allonge avec la façon que le projet de loi
est... est rédigé. Donc, ils veulent être sûrs qu'il n'y a pas... il n'y a pas
d'enjeu. Puis, l'Alliance de l'Est, c'est des projets d'énergies renouvelables
que vous connaissez sûrement très bien. Donc, si c'est Hydro-Québec qui va en
appel de projets pour des mégawatts... comme il y a un projet, aux
Îles-de-la-Madeleine, d'éoliennes, bien, est-ce qu'ils vont pouvoir bénéficier,
si eux ont remporté, là, l'appel d'offres, là, de ces...
M. Charette : Il faut
distinguer l'appel d'offres, celui qui l'emporte de l'initiateur du projet.
Nous, on vise réellement les initiateurs de projets. Donc, si Hydro-Québec
n'est pas initiateur du projet, ce n'est pas admissible. Et là, il faut... il
faut juste être conscients, là, dans certains cas, on s'inquiétait d'un trop
large éventail de possibilités pour les travaux préalables, nous, on s'est dit,
encore une fois, et on l'a répété à plusieurs reprises, on vise les ministères
et Hydro-Québec en particulier, dans un premier temps. Mais, oui, il y a des
groupes, notamment des gens qui se sont spécialisés au niveau de la production
d'énergies renouvelables, qui aimeraient être visés, mais qui ne le sont pas.
Et c'est un choix, là, qui est bien volontaire. C'est une nouvelle façon de
faire qui sera peut-être... on l'a discutée et on l'a abordée, là, à quelques
reprises, peut-être qu'à terme on voudra élargir. Mais il faut d'abord se faire
la main avec ce nouveau concept-là et l'évaluer à son mérite et déterminer si,
dans un avenir X, ça pourrait être étendu, là, à d'autres acteurs, là, de la
filière, notamment, de la transition énergétique. Mais ce n'est pas ce qui est
visé et permis, là, avec le projet de loi.
• (12 h 20) •
Mme Dufour : Non. Mais
c'est... c'est clair, clair que ça ne s'appliquera pas à eux. Il y aura
d'autres éléments qu'on va discuter plus tard, là, notamment l'évaluation
environnementale sectorielle ou régionale, exactement, qui amènent d'autres
préoccupations. Moi, ça complète mes interventions sur le 90.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
Mme la députée. Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Oui, merci, M.
le Président. Alors...
Mme McGraw : ...cela ne va pas
vous surprendre que je vais revenir avec des préoccupations qui ont été
exprimées par des Premières Nations. Et vis-à-vis cet article, l'Assemblée des
Premières Nations Québec-Labrador, ils ont des préoccupations assez
importantes. Alors, ils proposent de modifier l'article 31.5.1, avec trois
objectifs en tête, c'est, premièrement, de prioriser des travaux de
restauration sur le territoire plutôt qu'une compensation financière. Il y a
d'autres groupes qui se sont prononcés là-dessus, entre autres parce que, bien,
ils trouvent que le système réglementaire en place présentement, qui favorise
la compensation monétaire pour la destruction des milieux humides est
fondamentalement problématique. Aussi, les paiements de compensation ne
répondent ni aux impacts sur les droits des Premières Nations ni à l'obligation
de consulter et d'accommoder. Et donc ça, c'est dans un premier temps. Ils
aimeraient aussi voir modifier l'article pour prévoir qu'une proportion... s'il
va y avoir des compensations financières que... pour l'atteinte à des milieux
hydriques et humides, qu'une portion soit spécifiquement octroyée aux Premières
Nations. Et, dans un troisième temps, ils s'occupent beaucoup du fait que les
paiements de compensation ne prennent pas en considération les effets
cumulatifs des pertes des milieux et ils aimeraient ajouter un
article qui
prend, ça, les effets cumulatifs, en considération. Donc, j'aimerais entendre
le ministre en réaction à ces préoccupations.
M. Charette : Naturellement,
plusieurs de ces points-là ont déjà été abordés, là, je ne répéterai pas, là,
ce qui a été mentionné. Pour ce qui est des consultations, ça, je le répète à
chacune des fois parce que c'est important, il y a une obligation
constitutionnelle de consulter. On s'est engagé à respecter cette
obligation-là, on a développé beaucoup de canaux de communication, là aussi,
avec les différentes communautés.
Pour ce qui est des fonds dédiés, ce n'est
pas l'intention, là, de subdiviser encore davantage l'utilisation ou les
promoteurs potentiels de ces fonds-là. Cependant, les communautés. Et on a eu
des articles, là, qui abordaient ces questions-là, les communautés peuvent
déposer des projets. Et même la répartition 85-15, on disait que ça pouvait
être avantageux également, là, pour les communautés. Donc, ce ne sont pas des
fonds dédiés pour les communautés, mais, naturellement, elles peuvent déposer
des projets et en bénéficier, là, également.
Mme McGraw : Donc, merci
d'avoir répondu plus spécifiquement à cet enjeu de spécifiquement octroyer aux
Premières Nations. Évidemment, le ministre a parlé longtemps sur l'approche de
la compensation et de la compensation financière, puis on comprend tout ça, ça
s'inscrit dans les préoccupations que... vraiment, compenser, c'est vraiment le
dernier recours. Il faut vraiment éviter et minimiser. Et, dans cet esprit-là,
il y a d'autres groupes ITUM, innus qui, bon... qui trouvent que le pouvoir
discrétionnaire est beaucoup trop large et qu'aucune balise n'est établie. Donc, ils recommandent de retirer. Le Conseil mohawk de Kahnawake,
bien, une de leurs... ils ont beaucoup de préoccupations, comme le ministre le
sait, entre autres, «There are no criteria in the law that would ensure that
the projects who will be developed and approved are adequate to respect the no
net laws...», donc le principe de zéro perte, «...or that they will be
appropriate to offset the impacts to threatened or vulnerable species.» Donc,
effectivement, le fait qu'on va pouvoir compenser pour des impacts
irréversibles, ils disent que c'est effectivement illusoire. Donc, peut-être,
dans un dernier temps, de répondre à ces préoccupations innues et conseil
mohawk.
M. Charette : Rapidement,
parce que ce sont des questions encore une fois légitimes, mais qui ont déjà
été abordées. Certains groupes, on ne le nie pas, prôneraient une obligation de
zéro atteinte aux milieux humides et hydriques. Pour le gouvernement, ça semble
impossible à atteindre, comme objectif, ou à réaliser, plutôt, à partir du
moment où...
M. Charette : …aucune
altération ne serait possible malgré des compensations. On se prive de
possibilités. Et moi dire non à une possibilité sans savoir à quoi je dis non,
je trouve ça risqué, de dire : On refuse tout projet à l'avance sans
déterminer leur mérite. Ça pourrait être… pardon, ça pourrait être très, très conséquent
comme impact. Mais je ne nie pas que certains groupes préconisent cette
approche-là, mais il y a beaucoup, beaucoup de projets au Québec fort légitimes
et importants, là, qui n'auraient pas pu voir le jour.
Mme McGraw : Peut-être une dernière
question, parce qu'évidemment il y a beaucoup de groupes qui se sont prononcés,
autochtones, mais aussi des groupes environnementaux. Selon le ministre,
l'impact de cet
article en particulier, ce serait quoi sur le principe ou
l'objectif de zéro perte nette, perte nette zéro?
M. Charette : C'est difficile
d'isoler un
article parmi d'autres articles qui ont été abordés, notamment. On
vient, je pense, confirmer la volonté d'agir, là, sur la protection des milieux
humides, mais, en même temps, on se garde un pouvoir discrétionnaire. Et j'y
répondais, là, il y a quelques instants, on n'a pas une approche qui dit :
Toute atteinte est impossible, parce que… parce que les conséquences seraient
trop importantes. Donc, c'est un projet de loi qui vise l'équilibre, et on
arrive à consolider, je pense, cet équilibre-là à travers cet article-ci, mais
les autres qui ont pu être abordés, là, jusqu'à maintenant.
Mme McGraw : Merci.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci, M. le ministre. Merci, Mme la députée. Je cède la parole maintenant au
député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci, M. le
Président. J'avais un amendement.
Le Président (M. St-Louis) :
Nous allons procéder… nous allons mettre la main à l'écran…
M. Leduc : …au deux.
Le Président (M. St-Louis) :
Quelques petites secondes.
M. Leduc : Oui. Numéro deux.
Voilà. Ça va comme suit :
L'article 31.5.1 de la loi, modifié par
l'article 90 du projet de loi, remplacer, au quatrième alinéa, après les
mots «est exigible», le mot «il», par les mots «la compensation doit prendre en
compte les atteintes multiples et le gouvernement ou le comité des ministres».
Donc, c'est une question de réécriture,
là, mais ça fait écho à ce que… il y avait discussion, il y a… il y a quelques
minutes, nous aussi, on trouve inquiétant le fait qu'on puisse décider de ne
tenir compte que d'un seul des trois aspects pour déterminer la compensation
financière prévue. Et on voulait préciser par ces… par cet amendement-là que ça
peut prendre en compte l'ensemble des trois aspects, même, dans l'absolu, ça
devrait, mais, bon, on essaie toujours d'avoir un amendement susceptible de
convaincre le ministre pour qu'il soit adopté. Donc, on le soumet pour
considération.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci, M. le député. M. le ministre.
M. Leduc : Peut-être, en
attendant, je peux le relire, ce que ça donne, une fois modifié, là :
«Dans un tel cas, s'il détermine que le paiement d'une contribution financière
est exigible, la compensation doit prendre en compte les atteintes multiples et
le gouvernement ou le comité des ministres... ensuite, ça continue avec le
texte original, peut établir une méthode alternative de calcul, etc.».
• (12 h 30) •
Le Président (M. St-Louis) :
Merci.
M. Charette : Selon la lecture
que l'on a, on a déjà la possibilité, là, de considérer plusieurs aspects et
plusieurs types d'atteintes ou d'impacts. La formulation, telle que proposée, à
notre sens, n'ajoute pas, sinon rend peut-être même la lecture du texte plus
redondante. Mais je rassure le collègue, nous avons la possibilité de
considérer les impacts multiples s'il est question, là, de différents types
d'atteintes. Donc, il faudra se faire un petit peu plus convaincant pour
justifier l'amendement, mais, sur le fond, sur le fond, bien honnêtement, il
n'y a pas de plus-value, là, à mon sens.
M. Leduc : Bien, dans ce
cas-là, M. le ministre, pouvez-vous m'expliquer quelle
partie du texte
original… bien, en fait, du texte du projet de loi, vous dites, remplit les
critères de ce que nous, on cherche à aller faire avec cet amendement-là…
Haut de la page
12 h 30 (version non révisé
e) M. Charette : ...en fait, le
collègue demande quelle est la partie, là, du texte qui est... qui démontre
cette possibilité-là. C'est la dernière, là. Lorsqu'on lit «peut établir une
méthode alternative de calcul qui prend en considération ces atteintes
multiples afin d'en assurer une juste compensation», donc c'est assez
explicite. Et, tout à l'heure, lorsque je disais... et sur le fond, je pense
qu'on se rejoint, mais si on lit avec l'amendement proposé, c'est là où c'est
redondant. Si on la lit, cette phrase : «la compensation doit prendre en
compte les atteintes multiples et le gouvernement ou le comité de ministres
peut établir une méthode alternative de calcul qui prend en considération ces
atteintes multiples», on dit la même chose deux fois, là. Donc, c'est pour ça,
c'est... quand je dis il faut se... il faudrait être plus convaincant, ce n'est
pas un reproche, ce n'est pas non plus de l'arrogance, c'est... on dit deux
fois la même chose, là, essentiellement.
M. Leduc : D'accord. Bien, c'est
intéressant d'avoir cet échange-là, comme ça, c'est noté dans les minutes des
échanges puis ça pourra être utilisé comme matière pour déterminer l'orientation
du gouvernement. Je comprends que la lecture du ministre, c'est que c'est
redondant puis que la fin de la phrase dit déjà la même chose. Peut-être, nous
expliquer, dans ce cas-là, qu'est ce que ça veut dire... si je remonte plus
haut dans le paragraphe, laquelle s'applique afin d'éviter qu'une même atteinte
ne soit compensée plus d'une fois? Pourquoi on tient, du côté du gouvernement,
à préciser ça?
M. Charette : Un petit peu ce
que notre collègue mentionnait tout à l'heure. Vous souhaitez qu'on reprenne l'explication?
M. Leduc : Une synthèse de
votre part en quelques phrases.
M. Charette : Bien, il
faut... c'est difficile de diviser le paragraphe, là, il faut le lire comme un tout.
Et comment on le résume? C'est que s'il y a plusieurs atteintes, on parle d'atteintes
multiples, on peut établir une méthode alternative de calcul. Je ne saurais pas
le dire autrement que par ce résumé-là.
M. Leduc : Est ce qu'on,
peut-être, dans ce cas-là, nous donner un exemple de... qui est arrivé dans le
passé qui vous a motivé à préciser ça dans la loi?
M. Charette : Encore une
fois, en prenant en compte qu'il y a des dispositions qui sont nouvelles avec
cet article-là en particulier et d'autres qui ont été adoptés précédemment, donc
je ne sais pas si on peut établir un parallèle avec un projet type ou un exemple
de projet.
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui,
en fait... Bien, un exemple concret. Hier, j'ai mentionné entre autres, là, qu'on
parle beaucoup de... en fait, c'est déjà un peu comme ça que c'est prévu pour
ce qui est de... notamment un milieu hydrique et habitat du poisson, parce que,
souvent, donc on ne va pas exiger une double compensation, on va plutôt
prioriser la fonction de cet habitat-là. Donc, à la base, si on recrée un
habitat du poisson, mais on recrée un milieu hydrique également. Donc, on va...
on va exiger la... qu'il y ait une création d'habitats pour le poisson...
Une voix : ...
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui,
le bout faunique. Puis, par le fait même, mais si on recrée un habitat pour le
poisson, on recrée forcément de l'habitat hydrique. Donc, c'est dans cet esprit-là.
Donc, on veut vraiment éviter qu'il y ait une double compensation pour une même
atteinte, mais, ça aussi, se donner la latitude si on applique... Puis là il
faut comprendre que, tu sais, on... le... la disposition est beaucoup dans un
cas de compensation par contribution financière, mais là, à ce moment-là, on
veut pouvoir exiger s'il y a plusieurs fonctions, exemple, ou plusieurs aspects
qui sont touchés, mais qu'on puisse ajuster à la hausse aussi pour avoir une
juste compensation. Donc, c'est vraiment pour se donner la marge de manœuvre,
pour éviter d'une part de compenser deux fois la même atteinte mais aussi
ajuster au besoin si on parle d'atteintes multiples, là, pour que ce soit
ajusté à la hausse, pour que ce soit équivalent, on parle de justes
compensations, en fait, là.
M. Leduc : O.K. Bien, M. le
Président, si, encore une fois, le ministre me confirme que ce qu'on déposait
là, pour lui, c'est exactement la même chose qui était déjà écrite vers la fin
de la phrase...
M. Charette : Je pense que la
phrase elle-même parle en ce sens. Donc, je confirme effectivement que la
possibilité de prendre en compte les impacts multiples est bien prévue, là,
avec l'article en question.
M. Leduc : Parfait. Je vais
donc retirer mon amendement, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) : Parfait!
Une voix : ...
Le Président (M. St-Louis) : Bien,
le député vient de dire qu'il allait retirer l'amendement, donc, oui, vous
pourrez intervenir, mais pas sur l'amendement, puisqu'il est retiré.
Mme Dufour : ...m'exprimer, M.
le Président...
Mme Dufour : ...bien,
écoutez, dans ce cas-là, au pire, on déposera un amendement, mais il y a quand
même un élément qui est soulevé. Parce qu'ici l'article, on parle bien... on
veut éviter qu'une même atteinte ne soit compensée plus d'une fois. Ici,
l'amendement que le collègue parlait, c'était de prendre en compte les
atteintes multiples. Mais ce que ça ne dit pas, c'est que plusieurs atteintes
peuvent avoir finalement un impact cumulatif plus important. Donc, si on a une
compensation x parce qu'on a une atteinte x, une compensation y parce qu'on a
une atteinte y, mais, dans les faits, x et y ensemble, ça fait plus que x et y
en termes d'effet sur le milieu naturel. Et je ne sais pas si c'était
l'intention du collègue, mais, moi, ce que je vois, c'est que l'article ici ne
permet pas d'évaluer cet effet cumulatif là. Donc, c'est pour ça que j'aurais
préféré qu'on attende avant de le retirer.
Mais, ceci dit, il n'est pas impossible
d'en déposer un autre, là, parce qu'on dit, l'intention... tu sais, on semble
avoir plus une plus grande préoccupation, s'assurer qu'on ne compense pas deux
fois demain matin. Mais je n'ai pas entendu qu'on a la préoccupation de
s'assurer que l'effet cumulatif qui... tu sais, ce n'est pas juste cumulatif,
ça devient multiplicatif qui est pris en compte.
Le Président (M. St-Louis) : Moi,
je ne veux pas jouer les procédurites puis je veux bien que le débat se fasse
correctement, donc, éviter qu'on se lance la balle. Donc, je vais me permettre
le débat même si l'amendement est retiré. Je vais laisser la chance au
ministre, puis vous verrez si vous souhaitez déposer un amendement par la
suite.
Mme Dufour : ...c'est ça,
j'allais dire, si on ne peut pas avoir le débat ici, bien, je vais déposer un
amendement pour qu'on l'ait, là, le débat. Ça va revenir à la même chose.
Le Président (M. St-Louis) : Non,
non, j'ai tout compris ça, c'est pour ça que je vous l'offre.
M. Charette : Les échanges
vont bien, c'est constructif. Donc, aucun souci à répondre à la question de la
collègue, mais ça peut difficilement être plus clair. S'il y a atteinte
multiple, on peut, à travers une méthode alternative de calcul, en prendre acte
et déterminer la compensation en conséquence. Donc, c'est l'effet cumulatif qui
peut être pris en compte, là, dans le cas présent. Donc, je ne saurais pas
comment mieux le formuler que ça.
Mme Dufour : Mais, en fait,
c'est que là on regarde ce que le collègue d'Hochelaga-Maisonneuve a écrit,
mais, si on regarde le texte d'origine, on dit plutôt qu'on détermine laquelle
s'applique afin d'éviter qu'une même atteinte ne soit compensée plus d'une
fois. On n'est pas dans l'effet cumulatif, là.
M. Charette : Bien, en fait,
moi, j'invite la collègue à lire spécifiquement la dernière phrase telle que
formulée dans l'article original, «dans un tel cas, s'il détermine que le
paiement d'une contribution financière est exigible», donc, si on conclut que
c'est à travers une contribution financière, on peut développer une méthode de
calcul qui prendra en compte l'effet cumulatif. Il ne faut pas oublier qu'on
est dans un système d'autorisation. Là, on parle de compensation financière,
mais ça n'exclut pas non plus dans l'autorisation une compensation sous forme
de travaux, et ça peut être une combinaison des deux aussi. Donc, c'est très
explicite, et la dernière phrase fait foi de tout.
Mme Dufour : Oui, bien, je la
lis, mais comme il faut lire l'article dans son ensemble et que, juste avant,
on parle qu'on cherche à éviter qu'une même atteinte ne soit compensée plus
d'une fois, tu sais, est-ce qu'on parle d'une juste compensation pour les
dommages ou une juste compensation pour celui qui paie? Ça peut laisser à
interprétation, là.
• (12 h 40) •
M. Charette : La dernière
phrase vient porter la précision nécessaire.
Mme Dufour : Bien là, je
viens de lire la dernière phrase et je dis que la dernière phrase laisse place
à interprétation. La juste compensation, est-ce qu'on réfère à une juste
compensation pour le milieu détruit ou une juste compensation pour celui qui a
à payer la facture? Parce qu'on s'entend, selon l'angle, on peut l'interpréter
de façon différente. Puis comme la phrase précédente parle d'essayer d'éviter
qu'une même atteinte ne soit compensée plus d'une fois, mais on peut
interpréter une juste compensation à la baisse pour l'initiateur plutôt que...
M. Charette : Encore une
fois...
M. Charette : ...là, on parle
du volet compensation financière, il peut y avoir une exigence de compensation
aussi sous forme de travaux. Ça peut être les deux aussi dans l'autorisation
qui est donnée. Et on vient confirmer, là, que l'on a la possibilité de
considérer les atteintes multiples, donc l'effet cumulatif, là, de ces... de
ces atteintes-là.
Mme Dufour : Ça fait que je
pense qu'on a quelque chose ici qui est intéressant par le collègue. On va
finaliser, si vous me permettez, un amendement qu'on va déposer sous peu.
Le Président (M. St-Louis) : D'accord.
Juste avant de suspendre, juste besoin quand même du consentement pour... Même
si le député a clairement dit qu'il retirait son amendement, j'ai besoin du
consentement de la commission pour le retirer.
Une voix : Consentement.
Le Président (M. St-Louis) : Consentement,
merci. Donc, allons suspendre le temps de recevoir votre amendement. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 43
(Reprise à 12 h 52)
Le Président (M. St-Louis) : La
commission reprend ses travaux. Au moment de la suspension, députée de
Mille-Îles déposait un amendement. Mme la députée, je vous cède la parole afin
que vous puissiez présenter l'amendement.
Mme Dufour : Oui, merci, M. le
Président. Alors, je le lis, ça dit :
L'article...
Article 90 :
Ajouter, au quatrième alinéa de l'article 31.5.1 de la
Loi sur la qualité
de l'environnement, remplacé par l'article 90 du projet de loi, après les
mots «ces atteintes multiples», les mots «et leurs effets cumulatifs sur le
milieu affecté».
Et je vais vous lire juste le dernier bout
de l'article qui est touché et la dernière phrase, donc : «Dans un tel
cas, s'il détermine que le paiement d'une contribution financière est exigible,
il peut établir une méthode alternative de calcul qui prend en considération
ces atteintes multiples et leurs effets cumulatifs sur le milieu affecté afin
d'en assurer une juste compensation.»
Donc, l'objectif ici, comme je le
mentionnais... La façon que ce paragraphe-là est écrit, il peut laisser
sous-entendre que finalement, la compensation pourrait être moindre. Parce
que... Parce qu'il y aurait plusieurs atteintes, et on ne voudrait pas
compenser plus d'une fois. Parce qu'on dit bien, plus tôt dans le paragraphe
là, «le gouvernement détermine laquelle des mesures de compensation s'applique
afin d'éviter qu'une même atteinte ne soit compensée plus d'une fois.» Plus
loin, quand on dit «qui prend en... que la méthode alternative de calcul prend
en compte les atteintes multiples afin d'en assurer une juste compensation», ça
peut laisser place à interprétation, à savoir est-ce que c'est une juste
compensation pour ne pas que l'initiateur ne paie trop ou une juste
compensation pour bien compenser les atteintes multiples, qui, avec un effet
cumulatif, peuvent finalement valoir plus en termes d'impacts. Et donc ça fait
juste, ici, venir, l'amendement, préciser qu'on parle précisément que les
atteintes multiples... on considère, dans la juste compensation, l'effet cumulatif
de celles-ci. Parce que, comme je l'ai dit tout à l'heure, on a l'impact x, tu
sais, on a une atteinte x, on a une atteinte y, mais, si on les met les deux
ensemble sur le milieu, ça peut valoir plus que x plus y. Parce qu'il peut y
avoir un facteur cumulatif qui fait que ça vaut plus en termes d'impacts. Puis,
de ce que j'ai compris, c'était la volonté aussi que la méthode alternative
puisse prendre en considération ça. Mais, ici, c'est de venir s'assurer qu'on
le comprenne... que l'orientation de juste compensation soit bien... prenne
bien en compte l'effet cumulatif.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
Mme la députée. M. le ministre.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Merci à la collègue pour la proposition. Nous avions une base solide.
C'est une formulation qui, à mon sens, revient au même. Mais, si ça peut nous
permettre de passer à l'étape suivante, au prochain article, je serais
intéressé à appuyer l'amendement de la collègue.
Mme Dufour : Excellent! Merci
beaucoup, M. le ministre.
Le Président (M. St-Louis) : Ceci
étant dit, nous allons procéder à la mise aux voix de l'amendement, à moins que
vous n'ayez d'autres commentaires de part et d'autre.
Mme Dufour : Non. Le débat a
été fait. Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Est-ce
que cet amendement, tel que déposé, est adopté? Merci. Donc, nous allons
revenir à l'étude de l'article lui-même.
Mme Dufour : Moi, je l'avais
mentionné, j'avais complété. C'est juste que... Ah oui, excusez-moi, j'ai une
question. Puis là, je m'excuse. C'est vraiment une question de précision que
mon collègue ici, à ma droite, m'a posée tout à l'heure. Par rapport aux
travaux préalables et les travaux globaux, est-ce que la compensation, comme
vous l'avez expliqué tout à l'heure, est-ce que ça se fait en deux temps?
C'est-à-dire qu'aux travaux préalables il y a une compensation établie,
ensuite, il y a une autre compensation sur les travaux globaux. Et la question
était de savoir si c'était écrit dans l'autorisation des travaux préalables
qu'il y aurait une compensation possible pour les travaux globaux. Et l'idée
ici, c'est de s'assurer qu'on ne donne pas l'impression...
Mme Dufour : ...que c'est
implicitement une autorisation pour les travaux globaux si ce qui est écrit
dans les travaux préalables prévoit déjà la compensation future. Ça fait qu'il
y avait une question juste de comprendre dans la séquence, là, des
compensations.
Mme Gagnon (Mélissa) : Mais
la séquence, en fait c'est donc permission du gouvernement pour l'initiateur
d'aller chercher son autorisation pour ces travaux-là qui pourront alors se
faire pendant que la procédure se poursuit sur le projet global. Le
gouvernement peut par ailleurs mettre des conditions dans cette permission-là,
qu'il y a des conditions qui pourraient porter sur la finalité du processus,
remise en état ou autre ou compensation. Donc, il pourrait déjà venir baliser
un peu c'est quoi les attentes au terme de l'évaluation globale du projet ou au
moment où il va chercher ces autorisations ministérielles pour ces travaux-là?
Ça, c'est la première chose. Ensuite, au moment de l'autorisation ministérielle
des travaux, s'ils sont autorisés, s'il y a des compensations exigibles avec
cette autorisation-là, elles vont l'être. Ça, ça va être balisé par
l'autorisation.
Mme Dufour : Mais... Mais là,
à ce moment-là, c'est seulement la compensation pour les travaux préalables.
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui.
Exact. C'est vraiment juste l'autorisation ne porte que sur les travaux
préalables.
Mme Dufour : Puis y a-tu une
mention qui dit : By the way, il pourrait y avoir d'autres compensations
ultérieures?
Mme Gagnon (Mélissa) : Ce
n'est pas dans l'autorisation ministérielle que c'est pris en charge, c'est
vraiment dans l'évaluation environnementale du projet global qui se poursuit,
puis justement cette disposition-là vient garantir que c'est prévu, là, qu'on a
cette possibilité-à et qu'on pourrait revenir au final, si c'est requis pour
les autres aspects.
Mme Dufour : O.K. Donc, c'est
ça. Ça fait qu'implicitement, il n'y a aucune indication, là, que... qu'il y
a... C'est bon, c'est clair pour moi. À ce moment-là, c'est-tu correct?
Parfait. Merci. On peut continuer.
Le Président (M. St-Louis) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Je sais que le ministre avait un
amendement de concordance. Est-ce que le temps...
Mme Dufour : ...
Le Président (M. St-Louis) : Pardon?
Mme Dufour : ...
Le Président (M. St-Louis) : Oui,
mais c'est...
M. Charette : ...amendements
préférés...
Le Président (M. St-Louis) : L'anglais,
le même qui... qui nous suit, là.
Des voix
: Ha, ha, ha!
Le Président (M. St-Louis) : Parce
que votre prononciation...
M. Charette : Oui. Je vous
avoue que je veux juste trouver le bon.
Une voix : Exactement là.
M. Charette : Parfait. Donc,
je vais essayer de faire ça en 30 secondes.
Remplacez, dans le texte anglais du
septième alinéa de l'article 31.5.1 de la
Loi sur la qualité de
l'environnement proposé par l'article 90 du projet de loi, «preparatory
work» par «preliminary work».
Et le commentaire : cet amendement à
la version anglaise du texte remplace le concept de «preparatory work» par
celui de «preliminary work» afin que le libellé soit conforme avec la version
française. Et si on l'adopte en 10 secondes, ce sera notre amendement
adopté le plus rapidement depuis l'étude du... depuis le début de l'étude du...
Des voix : ...
Mme Dufour : Je suis à
l'aise.
Des voix
: Ha, ha, ha!
Mme Dufour : C'est bon.
Le Président (M. St-Louis) : Est-ce
que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. St-Louis) : Adopté.
M. Charette : Nous sommes
d'une efficacité redoutable.
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
compte tenu de l'heure, je suspends les travaux jusqu'à 15 heures. Merci.
(Suspension de la séance à 13 heures
Haut de la page
15 h (version non révisée)
(Reprise à 15 h 16)
Le Président (M. St-Louis) : Bonjour,
tout le monde. La Commission des transports et de l'environnement reprend ses
travaux. Nous poursuivons l'étude détaillée du projet de loi no 81, Loi
modifiant diverses dispositions en matière d'environnement. Lors de la
suspension de nos travaux, cet avant-midi, nous en étions... en fait, nous
étions de retour à l'article 90. Juste m'assurer qu'il n'y avait pas d'autre
intervention. Nous allons donc mettre l'article 90 aux voix. Est-ce que cet
article est adopté?
Une voix : ...
Le Président (M. St-Louis) : Par
appel nominal, s'il vous plaît, Mme la secrétaire...
Une voix : ...
Le Président (M. St-Louis) : Par
division. Parfait. Merci. Donc, M. le ministre, je vous cède la parole pour l'article...
Comme nous étions revenus, nous sommes rendus à l'article 94.
M. Charette : Si vous me le
permettez... Bien, c'est-à-dire, on pourrait revenir à l'ordre régulier par la
suite, mais s'il y a consentement, j'apporterais un amendement qui nous
ramènerait à l'article 68, avec l'introduction de l'article...
M. Charette : …on pourra vous
l'expliquer aisément. Je pense qu'il est déjà sur… C'est parti, effectivement.
C'est suite à l'adoption d'une loi par notre collègue, là, sur les ressources
naturelles. Et ça a un impact sur notre propre législation. Donc, c'est juste
une petite question de concordance. Donc, soit qu'on le fait maintenant, soit
qu'on le fait plus tard. Mais c'est… c'est sans enjeu véritable, c'est
réellement pour s'adapter à une loi qui a été adoptée, là, par une de nos
collègues.
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
est-ce que nous avons consentement?
Mme Dufour : …
Le Président (M. St-Louis) :
D'accord. Merci. Donc, M. le ministre, je vous cède la parole pour
l'article 68.1.
M. Charette : C'est bien
gentil. Donc, ce serait de : Insérer, après l'article 68 du projet de
loi, ce qui suit :
Loi sur les mines, l'article 98 de la
Loi sur les
mines, édicté par l'article 46 du
chapitre 36 des lois de 2024, est
modifié par…
Mme Dufour : …
M. Charette : Ah! d'accord.
Mme Dufour : …il y a des
collègues qui parlent. Ça fait que, là, j'aimerais ça pouvoir me concentrer et
le voir à l'écran. Merci.
Le Président (M. St-Louis) : …
M. Charette : Pas de problème.
Le Président (M. St-Louis) :
Donc, encore une fois, toutes mes excuses. Prise deux, je vous cède la parole.
M. Charette : Voilà.
Donc : Insérer, après l'article 68 du projet de loi, ce qui
suit :
Loi sur les mines, l'article 98 de la
Loi sur les mines,
édicté par l'article 46 du
chapitre 36 des lois de 2024, est modifié
par le remplacement de «deuxième alinéa de l'article 31.3» par le «premier
alinéa de l'article 31.3.2».
Commentaires. Cet amendement corrige une
référence dans la
Loi sur les mines à un
article de la
Loi sur la qualité de
la… sur la qualité de l'environnement, voilà, modifié par le présent projet de
loi concernant le délai dans lequel un initiateur d'un projet assujetti à la
procédure d'évaluation et d'examen des impacts sur l'environnement doit
transmettre l'étude d'impact sur l'environnement au ministre. Donc, vous voyez,
là, c'est juste une correction au niveau de la référence de l'article, à travers
une loi qui a été adoptée… qui a été présentée, là, par notre collègue après le
dépôt du projet de loi actuel.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur le… l'article 68.1,
pardon? Mme la députée.
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. Là, juste pour être certaine que je saisis bien, j'étais sur le
projet de
loi sur les mines. Donc, c'est… dans ce projet de loi là, il y avait
une référence à l'article 31.3, qui, celui-là, était remplacé remplacé par
l'article 31.3.2?
M. Charette : Il a été…
Mme Dufour : …ou c'est la...
M. Charette : C'est un… c'est
un ajustement, là, plutôt, en fait, on aurait dû… si le projet de loi avait été
déposé dans le bon ordre, je vais dire comme ça, on aurait dû lire tout
simplement 31.3.2, mais on a eu un ajustement de leur côté, ce qui nous amène à
faire l'ajustement en conséquence du nôtre, mais au niveau de la portée de
l'article, il n'y a aucune, aucune incidence, c'est uniquement une référence
qui était inexacte.
Mme Dufour : O.K. Parfait. Je
vais peut-être en profiter pour demander… parce que, là, on va retourner après
ça dans les autres articles, mais il y a le 92 qui était en suspend, je fais
juste le rappeler, parce que je vous ai entendu du 94, là, mais…
M. Charette : Exact, on l'a…
Parfaite, et la suspension serait maintenue pour le 92. On n'est pas prêt à
vous revenir avec l'amendement qui est en préparation présentement.
• (15 h 20) •
Le Président (M. St-Louis) : Donc,
s'il n'y a pas d'autre intervention sur l'amendement qui introduit
l'article 68.1, je vais le mettre aux voix. Est-ce que l'amendement est
adopté? Adopté. Donc, cette fois-ci, ça nous ramène à l'étude de
l'article 94. M. le ministre, la parole est à vous.
M. Charette : Merci, M. le
Président.
L'article 31.7.2 de cette loi est modifié :
1° par le remplacement, dans le premier
alinéa, de «la situation le nécessite» par «l'intérêt public, notamment en
matière de gestion des matières résiduelles justifie»;
2° par le remplacement, dans le deuxième
alinéa, de «doit délivrer une autorisation pour le projet et» par «peut
soustraire et tout ou en
partie ce projet de la procédure d'évaluation et
d'examen des impacts sur l'environnement et délivrer une autorisation, ainsi
que» — et;
3° donc, par l'insertion, après le
deuxième alinéa, du suivant :
«L'article 31.5.1 s'applique à la
délivrance d'une autorisation en vertu du présent
article avec les adaptations
nécessaires.»
Et le commentaire. Cet article…
M. Charette : ...modifier le
premier alinéa de l'article 31.7.2 de cette loi, lequel porte sur le
pouvoir du gouvernement de soustraire en tout ou en
partie un projet
d'établissement ou d'agrandissement d'un lieu d'enfouissement de matières
résiduelles servant notamment au dépôt définitif d'ordures ménagères de
l'application de la procédure d'évaluation et d'examen des impacts sur
l'environnement. La modification ajoute le concept d'intérêt public dans
l'appréciation que doit faire le gouvernement de la situation relative à la
gestion des matières résiduelles avant de procéder à la soustraction.
Il modifie le deuxième alinéa afin de
clarifier que le gouvernement procède à une soustraction en tout ou en
partie
du projet relatif au lieu d'enfouissement, mais en autorise aussi la
réalisation.
Finalement, il ajoute un troisième alinéa
pour octroyer au gouvernement les pouvoirs nécessaires pour exiger des mesures
de compensation pour les atteintes du projet au milieu concerné.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions à l'article 94? M. le
député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci, M. le
Président. J'aimerais ça entendre le ministre davantage sur le concept
d'intérêt public. Est-ce que c'est quelque chose qui se retrouve ailleurs dans
la loi?
M. Charette : Le concept
d'intérêt public, oui. D'ailleurs, dans des articles un petit peu plus tôt, là,
on a eu notamment, je pense, de mémoire... même dans le 90, on avait une
référence à l'intérêt public ou à tout le moins dans d'autres... dans d'autres
articles étudiés récemment. Ce concept-là était... était... Il y avait une
référence à ce concept-là.
M. Leduc : Donc, c'est un
concept qui existe déjà dans la loi, que vous utilisez dans des décisions. Et
là vous dites : Dans ces cas-là, où est-ce qu'on parle de sites
d'enfouissement, on voudrait pouvoir rajouter ce concept-là parce que vous ne
pouvez pas le faire en ce moment?
M. Charette : Au niveau de
l'application concrète, on pourrait se référer à nos experts, si vous le
souhaitez.
Mme Gagnon (Mélissa) : Pas
besoin de me représenter. J'oublie!
M. Leduc : On se connaît bien
rendus là.
Mme Gagnon (Mélissa) : Ça va.
Donc, en fait, la modification vient... bon, c'est un pouvoir qui existe, de...
pouvoir de soustraction, là, d'un projet dans un contexte particulier de la
procédure. Donc, dans ce cas-ci, on est dans les projets pour l'enfouissement
des matières résiduelles. Donc là, on comprend qu'on ajoute, en fait, la notion
d'intérêt public pour préciser ce qui justifie le recours à cette
possibilité-là. Donc, on n'est pas dans des intérêts pécuniers ou de
logistique, là. On est vraiment dans un... Exemple, il pourrait y avoir un bris
de service, et là, pour l'intérêt, pour une question d'intérêt public, il faut
gérer ces matières-là, il y a lieu d'aller vers une soustraction. Parce que, si
on applique la procédure dans son entièreté, en fait, les délais ne sont pas
compatibles. Souvent, c'est utilisé pour un projet qui est déjà dans la
procédure. Et donc ça va être une soustraction, le temps que le projet puisse
cheminer dans la procédure et obtenir l'autorisation globale.
M. Leduc : Donc, si j'ai bien
compris, l'intérêt public, c'est beaucoup relié à la question d'un potentiel
bris de service.
M. Charette : Oui.
Effectivement. Ce qui peut survenir, même au niveau... Et là, il ne faut pas
confondre, là. On est réellement au niveau de la matière résiduelle, au niveau
de la... Juste relire la petite note. C'est au niveau réellement de la matière
résiduelle, des ordures ménagères, là. Pas confondre un autre dossier qui a
retenu notre attention, là, ces derniers jours.
M. Leduc : Vous êtes en train
de devenir où est-ce que je vous amenais, là, M. le ministre.
M. Charette : Bien,
j'anticipais, effectivement.
M. Leduc : Suis-je rendu si
prévisible que ça?
M. Charette : Pas du tout.
M. Leduc : Ça m'inquiète!
M. Charette : C'est...
C'est... C'est mon esprit de clairvoyance plutôt.
M. Leduc : Ça m'inquiète dans
ma fonction, M. le ministre. Mais, oui, oui, bien sûr, j'avais lu aussi
«résiduelle», mais vous faites bien de le mentionner. Cela dit, bien que
résiduelle, ce n'est pas la même chose que les matières dites dangereuses dont
on a discuté la semaine dernière en bâillon avec Stablex, le concept d'intérêt
public dans le bris de service était quand même évoqué. Je ne me rappelle pas
si ça a été dit au salon rouge, là, «intérêt public», mais c'était un argument
qui était invoqué pour dire : Bris de service, on est inquiets, qu'il faut
agir.
M. Charette : Bien, je
vais... je vais... 15 h 26. Une petite confidence peut-être. Le
ministère de l'Environnement a plusieurs chapeaux, plusieurs responsabilités.
On va souvent l'associer à des mesures de protection directes, on a beaucoup
parlé milieux humides, milieux hydriques, mais également faune, flore, lutte
aux changements climatiques, érosion des berges, mais le ministère de
l'Environnement est aussi responsable de la gestion des matières résiduelles.
Et, par moments, ça...
M. Charette : ...peut sembler
conflictuel en ce sens... si on a un lieu d'enfouissement qui est dans un site
qui pourrait avoir une valeur x, d'un point de vue environnemental, c'est...
sans dire que ce sont deux émissions qui s'affrontent, bien, ce sont deux
missions qui doivent poursuivre leurs actions parce que, malheureusement, les
déchets, lorsqu'on n'arrive pas à tout revaloriser, il faut finir... il faut
trouver une destination ultime, il faut les enfouir. Donc, le ministère de
l'Environnement a aussi cette responsabilité.
Et, au fil des années, je peux vous parler
de quelques cas où la rupture de service, elle était... elle était non pas
uniquement théorique, là, elle risquait de s'avérer si on n'arrivait pas à
prolonger suffisamment rapidement les activités d'un lieu existant. Donc, ça
fait
partie de la mission du ministère de gérer cette réalité-là aussi.
C'est sûr qu'on a mis beaucoup d'emphase,
au cours des dernières années, sur la valorisation à travers les efforts de...
on peut penser à la modernisation de la collecte sélective, on peut parler... à
la politique, notamment sur la matière organique, mais il reste encore de la
matière à enfouir, et il faut s'assurer, là, d'avoir les lieux d'accueil pour
s'acquitter de cette mission-là, qui revient aussi au ministère de
l'Environnement.
M. Leduc : Quand on dit, à la
fin... ça, ce n'est pas modifié, je pense, là, dans l'article, mais on dit:
«Une décision prise en vertu du présent
article ne peut être répétée qu'une
seule fois à l'égard d'un même projet.», pouvez-vous m'illustrer ce que ça veut
dire? Donc, il y aurait une exemption de dire: On ne fera pas d'évaluation
environnementale parce qu'il y a l'intérêt public, mais on peut faire ça juste
une fois. C'est-à-dire, vous pouvez faire ça juste une fois.
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui,
en fait on est dans un pouvoir d'exception, là, de soustraire un projet d'un
processus qui se veut obligatoire, là. Donc, cette position-là, effectivement,
on ne la change pas, mais l'objectif, c'est vraiment de limiter la possibilité
pour ne pas que ça devienne non plus une échappatoire à la procédure. Donc,
c'est aussi dans le contexte où on s'attend à ce qu'il y a it une certaine
planification, tu sais. On ne s'attend pas à ce que ça devienne la norme, là,
d'être toujours dans cette situation-là. Donc, pour limiter, finalement, la
portée de la soustraction et s'assurer que ce ne soit pas utilisé pour
contourner la procédure, tout simplement.
M. Leduc : Puis je reviens
rapidement sur... merci pour l'explication, je reviens rapidement sur l'intérêt
public. J'assume que vous pouviez déjà politiquement, si vous étiez contesté
sur un dossier du genre, utiliser l'argument de l'intérêt public. Mais là,
est-ce que le fait de le rajouter dans le texte, c'est plus pour avoir une
portée juridique? Parce qu'on sait que ce genre de dossier là, comme son grand
frère, on va dire de même, Stablex, est très, très contesté et contestable
devant les tribunaux. Est-ce que le fait de rajouter «intérêt public», ici,
c'est l'objectif d'avoir une défense plus solide, rendu devant un tribunal?
M. Charette : ...question, et
de façon très, très honnête, on ne peut pas faire de parallèle avec Stablex,
c'est complètement...
M. Leduc : Oublions Stablex,
mais sur le fond, là.
M. Charette : ...complètement
différent. Bien, c'est surtout précisé, là, qu'il y a un intérêt public à
défendre... et rappeler que c'est une mesure d'exception. Mais oui, on peut, on
a des outils, là, qui nous permettent d'agir dans certaines circonstances, mais
là c'est réitéré de façon claire dans la loi: il y a un intérêt public à
défendre, on n'en prend pas une habitude, ce ne sera pas la façon détournée,
là, d'arriver à des fins qui ne seraient pas prévues autrement par la
législation. Donc, ça demeure bien balisé, là, à travers ce qui est proposé là,
dans l'article en question.
• (15 h 30) •
M. Leduc : Ça fait que...
est-ce qu'à votre connaissance, dans un dossier relevant de 3172... je ne sais
pas s'il y en a un qui a déjà été judiciarisé dans le passé, est-ce que
l'intérêt public avait été invoqué devant les tribunaux?
Des voix : ...
M. Leduc : Je suis peut-être
prévisible, monsieur le Président, mais je suis encore capable de faire
travailler mes collègues. C'est bien, c'est bien.
M. Charette : ...de tous. On
n'a pas de cas où ça a été judiciarisé. Je ne dis pas qu'il n'y en a pas eu,
là, mais, rapidement, comme ça, on n'a pas réussi à en identifier un, mais je
me souviens de quelques sites qui avaient fait l'objet, là, d'intenses
discussions. Saint-Nicéphore, dans le secteur de Drummondville, entre autres,
il y a quelques années à peine, on pouvait risquer un bris de service.
Finalement, aujourd'hui, on est dans une situation complètement différente
avec... avec un...
Haut de la page
15 h 30 (version non révisé
e) M. Charette : ...dialogue
entre les différents acteurs en cause. Mais je ne peux pas, de mémoire, je ne
peux pas confirmer qu'il y a eu recours juridique sur cet aspect-là en
particulier. Mais des risques de bris de service, hein, je peux confirmer qu'il
y en a eu au fil des années.
M. Leduc : J'imagine. Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Merci, M. le député. Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui, merci. Moi,
j'aurais été... je vais aller un petit peu plus loin dans les questions. On va
commencer par matières résiduelles. On a dit ici, les matières résiduelles,
ça, ce n'est pas tout à fait... ce n'est pas ce que Stablex faisait. Mais,
quand on lit sur le site du ministère, matières résiduelles, on dit que l'expression,
c'est un terme générique qui couvre plusieurs grandes familles de résidus,
notamment les matières dangereuses, non dangereuses, les déchets biomédicaux,
les pesticides, les matières résiduelles, fertilisants. Quand on va dans la Loi
sur la qualité de l'environnement, on a matières résiduelles qui est défini,
mais pas matières dangereuses ou résiduelles dangereuses. Donc, on dit «tout
résidu d'un processus de production, de transformation, d'utilisation, toute
substance», bref, ça... c'est très large, donc ça semble être plus large que
juste des matières domestiques résiduelles.
M. Charette : Dans le cas de
l'expression seule, effectivement, la réglementation va définir les
obligations, que ce soit en matière de collecte sélective, que ce soit au
niveau de la consigne, que ce soit lorsque c'est l'expression générale. Mais,
si on regarde le texte proposé en 31.7.2, on peut lire de façon plus précise,
là, donc, on parle d'un projet d'établissement ou d'agrandissement d'un lieu d'enfouissement
de matières résiduelles servant, en tout ou en partie, au dépôt définitif d'ordures
ménagères collectées par une municipalité pour le compte de celle-ci, à l'application
de la totalité ou d'une
partie de la procédure... Ça, c'est la continuité de l'article.
Donc là, on vient préciser le type de matières résiduelles dont il est
question.
Mme Dufour : O.K. Donc...
M. Charette : Mais pour ce
qui est de la ventilation, on a différents règlements qui va déterminer un
petit peu les obligations, que ce soit des producteurs dans le cas de REP, que
ce soit au niveau... On a des redevances aussi à l'enfouissement. Donc, la
catégorie matières résiduelles donne place à différents règlements avec
différentes applications.
Mme Dufour : O.K. Puis la
question d'intérêt public, j'avais la même. Il y a eu des échanges à ce
sujet-là plus tôt, à un moment, je ne sais plus à quel article... 88. Mais, en
tout cas, je pense que je n'étais même pas là lors de ces échanges-là, je ne me
souviens plus si j'étais là ou je n'étais pas là. Mais de ce que je comprends,
c'est que ce n'est pas défini, dans la loi, «intérêt public».
M. Charette : Ce ne serait
pas défini dans la loi.
Mme Dufour : Oui, le concept
d'intérêt public. Je comprends qu'il a été utilisé ailleurs, mais il n'est pas
défini.
M. Charette : Et on l'avait
mentionné effectivement. Il y a quelques articles, mais pas de définition comme
telle, c'est... On fait référence à l'intérêt général de la collectivité, mais
il n'y a pas d'endroit auquel je pourrais référer, de dire : Voici quelle
est la définition précise d'intérêt public. Ce n'est pas défini dans la
législation. On réfère à l'intérêt général de la collectivité.
Mme Dufour : C'est ça. Puis
là je me souviens, c'est parce que ça a été dit sur la nuit blanche, ça m'a
affectée beaucoup. Là, ça me revient que je me souviens avoir eu, avoir eu des
échanges à l'effet que, tu sais, comment qu'on définit l'intérêt public dans...
quand il y a deux intérêts publics qui s'opposent. Il y en a un qui est les
matières résiduelles puis làl il y en a un autre qui peut être la quiétude de
la population, qui peut être, bien, le milieu naturel, etc. Donc, comment, tu
sais, on... Parce que là, ici, , c'est que ça donne quand même la possibilité
de soustraire un projet à l'étude, à l'application de la procédure d'évaluation
d'examen des impacts. Donc...
M. Charette : Tout à fait. Et
tout à l'heure, à la blague, je parlais de la confidence, parce qu'effectivement
entre les différentes missions du ministère, des fois, on peut avoir l'impression
que c'est une mission qui s'oppose à l'autre dans le cas de la gestion de la
matière résiduelle. Et là on parle de la procédure d'évaluation qui pourrait
être évitée dans certaines circonstances. Si on évite cette procédure d'évaluation,
ça ne veut pas dire, et au contraire, que les...
M. Charette : ...seront
données sans égard aux impacts. C'est un domaine qui est excessivement encadré,
celui de la gestion des matières résiduelles. C'est un domaine, celui des lieux
d'enfouissement technique, qui est aussi très encadré. Donc, l'extraction... ou
l'exemption de procédures d'évaluation ne signifie... ne signifie... ne
signifie pas, voilà, pardon, que les autorisations ne seront pas requises. Il
va y avoir des autorisations et elles sont nombreuses. Ça peut être par rapport
à la circulation, ça peut être par rapport au bruit, ça peut être par rapport
aux types de cellules qui sont développées, ça peut être par rapport aux suivis
environnementaux à assurer. Donc, c'est toutes des autorisations, là, qui vont
accompagner l'initiateur, là, pour la réalisation de ses travaux.
Mme Dufour : Ça, c'est un
article qui existait déjà.
L'article existait déjà, là. Il y avait déjà la
possibilité de soustraire les projets de ce type-là à la procédure
d'évaluation. Est-ce que ça a été utilisé, cette disposition?
M. Charette : De soustraire,
oui, je me souviens, là, de quelques cas, là, de mon expérience.
Mme Dufour : O.K.
Une voix : ...
M. Charette : On me parle de
cinq depuis 2018.
Mme Dufour : O.K. Et, dans
ces cas-là, les cinq cas, on les a soustraits à la procédure. Mais est-ce qu'il
y a eu des conditions qui ont été imposées malgré tout?
M. Charette : C'est-à-dire
les... il y a eu des autorisations, oui, spécifiques. Oui, ça, certainement.
Lorsqu'on établit une nouvelle cellule, c'est encadré, là. Si on regarde les
décrets, là, qui accompagnent ces décisions-là, si on regarde les
autorisations, c'est... c'est bien encadré, effectivement.
Mme Dufour : Mais comment on
arrive à amener des conditions ou à établir des conditions s'il n'y a pas eu de
procédure d'évaluation, d'examen des impacts?
M. Charette : Là, on a un
libellé qui est plus large, mais dans les faits, c'est un site existant, là.
Dans chacun des cas, on n'a pas créé de toutes pièces un nouveau site, c'est un
site existant dont on venait prolonger la durée de vie. Donc, l'environnement
dans lequel évolue ce lieu d'enfouissement technique là est déjà... est déjà
connu. Mais, malgré tout, il y a des autorisations spécifiques pour une
nouvelle cellule, pour les impacts que ça peut engendrer, là, au niveau des
milieux récepteurs.
Mme Dufour : Donc, les cinq
cas qu'on a... qu'on a mentionnés, qui ont... qui ont eu... bien, en tout cas,
que le ministère a eu recours à cet article, c'étaient, dans les cinq cas, des
sites existants, qu'on a juste prolonger la durée d'existence de ces sites-là.
M. Charette : Prolonger, là,
la capacité de réception, effectivement.
Mme Dufour : C'est ça, donc
genre d'agrandissement, finalement.
M. Charette : Oui.
Mme Dufour : Mais ici,
l'article permet aussi de soustraire un projet qui s'établirait, donc qui n'a
jamais été implanté avant. Et c'est là que je me demande comment on peut mettre
des conditions, s'il n'y a pas eu la procédure d'évaluation et d'examen des
impacts.
M. Charette : C'est ce que...
le libellé est plus large. Ce n'est pas quelque chose, là, qui a été
expérimenté, là, ces dernières années. Mais, même si ça devait être un
nouveau... et en toute transparence, je n'ai pas de nouveaux sites, là, qui
sont sur le point, là, d'ouvrir et bénéficier, là, de cette disposition-là.
Mais, même s'il y avait un nouveau site dans l'avenir, les autorisations...
avant d'émettre une autorisation, il y a des vérifications, il y a des
conditions qui sont posées à l'initiateur. L'initiateur devra faire une caractérisation,
devra faire, bref, ce qui est attendu en temps normal. C'est juste la longue
procédure d'évaluation qui était... qui est en quelque sorte exemptée. Mais ça
ne décharge pas l'initiateur de ses responsabilités. Puis, avant d'émettre une
autorisation, il y a un jeu... comme on le voit, là, dans les différents
projets, il y a un jeu de questions et réponses avec le ministère qui va... qui
va se faire avec notamment, on peut le penser, des caractérisations de milieux
pour bien connaître le site, là, qui est visé par l'initiateur.
• (15 h 40) •
Mme Dufour : Mais cette
caractérisation peut être optionnelle, là. Parce qu'ici on est... à ce
moment-là, on pourrait soustraire complètement cette procédure-là aussi.
M. Charette : Bien, il faut
distinguer la procédure d'évaluation des autorisations elles-mêmes. Donc, ça
n'exclut pas les autorisations, donc les obligations de l'initiateur par
rapport au projet qu'il souhaite réaliser. C'est uniquement... Là, on dit dans
certains cas d'exception, lorsqu'il est question d'intérêt public, on...
M. Charette : ...éviter
l'étape de la procédure d'évaluation environnementale, mais on n'évite pas, là,
la procédure qui est celle des autorisations à obtenir. Là, ça, c'est... il
faut insister là dessus, là, c'est important.
Mme Dufour : Pourquoi on a...
À l'époque, je suis consciente que ce n'est pas vous, là, qui avez écrit cet
article-là. J'imagine qu'il existait avant que vous soyez élu, là, l'article, à
moins que ça date d'une loi des six dernières années, là. Mais pourquoi on a eu
besoin de cet article-là à la base, là?
M. Charette : Pour soustraire
à la procédure d'évaluation? Moi-même, depuis 2018, je le mentionnais, là, avec
l'information transmise par ma collègue, on y a eu recours à cinq reprises, ça,
c'est depuis 2018. Mais, par le passé, j'imagine qu'il y a des cas semblables
qui sont survenus aussi et c'est sans doute ce qui a justifié le libellé, là,
de l'article qui est en vigueur actuellement.
Mme Dufour : C'est parce
qu'on sait que tout ce qui est lieu d'enfouissement génère énormément de
passions. Et généralement il y a des BAPE, là, le BAPE se porte là-dessus,
parce qu'on l'a vu, c'est à Joliette qu'il y en a un présentement, qui est
en... tu sais, qu'il y a des contestations. Il y en a d'autres, un autre, là,
je ne me souviens plus lequel, mais que le BAPE actuellement se penche dessus.
On a vu avec Stablex aussi, il y a eu le BAPE qui s'est penché dessus. Je
comprends que c'étaient des matières dangereuses, mais reste que, généralement,
tu sais, établir un nouveau site d'enfouissement, c'est quand même quelque
chose, ce n'est pas banal là, un agrandissement ou un prolongement de durée de
vie d'un site, ce n'est vraiment pas la même chose, mais là on a la possibilité
de soustraire les deux types de projets de la procédure d'évaluation, tu sais,
d'examen des impacts.
Des voix : ...
Mme Dufour : Tu sais, on est
en train de voir, mais il y a eu Sainte-Sophie, il y a Lachenaie récemment,
puis ça, c'est même des sites d'agrandissement.
M. Charette : Et, dans
certains cas, les milieux sont partenaires. Sainte-Sophie est partenaire,
j'étais à la conférence de presse. Sainte-Sophie est partenaire de... je ne
nommerai pas l'entreprise qui est derrière ça, mais il y a un projet de
valorisation, là, donc de transformation et de développement de gaz naturel
renouvelable. Donc, dans certains milieux, ce n'est pas parce qu'il y a un BAPE
qu'il y a de l'opposition ou qu'il y a de la grogne organisée, là. Mais juste
une information qui est pertinente, les données qu'on a, depuis 1996, ça ne
veut pas dire que l'article date de 1996, mais ce que l'on a comme info, cet
élément-là a depuis 1996 toujours été utilisé pour l'agrandissement et non pas
pour l'établissement, là, de nouveaux sites. Le libellé a été rédigé ainsi pour
laisser place peut-être à une mesure ou une circonstance particulière
exceptionnelle, mais ça a toujours été là au cours des 30 dernières
années, essentiellement, pour permettre l'agrandissement de sites existants.
Mme Dufour : Oui. Bien, en
fait, je ne voulais pas dire qu'il y a toujours de la grogne, on le sait que ça
peut générer des passions, mais il y a... Ce qu'on constate, c'est que
plusieurs projets d'agrandissement, puis là je vous ai... on a trouvé
Hébertville-Station, Mont-Laurier, c'est des projets d'agrandissement de lieu
d'enfouissement technique qui passent au BAPE. Donc, le BAPE, c'est plus long
même que la procédure d'évaluation d'examen des impacts.
M. Charette : En fait, le
BAPE fait
partie de la procédure d'évaluation. C'est une étape dans cette
procédure-là.
Mme Dufour : O.K. Ça fait
partie. Donc, tu sais, là, ici, on a la possibilité de les soustraire. On dit
qu'on s'en est servi cinq fois. Moi, ce qui m'inquiète, c'est... comme je dis,
c'est le nouveau projet, là, l'agrandissement, tu sais, je pense que s'il y a
eu établissement déjà, il y a eu quand même des analyses assez poussées qui ont
été faites, mais si on soustrait, si on a la possibilité de soustraire un
projet d'établissement, je ne sais pas à l'époque pourquoi ça avait été établi
comme ça, mais on comprend très bien que le gouvernement ne s'en est pas servi
jusqu'en... depuis 1996, si je comprends bien, puis il y en a eu des nouveaux
sites. Donc, tu sais, on aurait pu prendre cette opportunité-là peut-être pour
tout simplement le rayer de cette liste, de cette possibilité-là, puis rassurer
tout le monde avec tout ce qu'on vient de vivre. Je le mentionne.
M. Charette : Mais je ne l'enlèverai
pas pour se garder cette possibilité-là, mais, encore une fois, elle n'a pas
été utilisée au cours des 30 dernières années. Moi, je peux confirmer
que...
M. Charette : …pas de projet
actuellement qui vont dans ce sens-là, mais c'est une précaution, là, qui avait
été jugée pertinente à l'époque et qui l'est encore en théorie, là, si une
circonstance particulière devait de se présenter, mais je vous le dis, c'est un
pouvoir théorique, à l'heure où on se parle, et même dans un avenir prévisible,
là, je ne vois pas pour quel projet cette disposition-là serait nécessaire.
Mme Dufour : Et pourquoi on a
senti le besoin d'ajouter «notamment en matière de gestion des matières
résiduelles», quand on parlait déjà de lieu d'enfouissement des matières
résiduelles?
M. Charette : …ah! on voit
juste avant, là. Donc, «si, à son avis, l'intérêt public, notamment en matière
de gestion des matières résiduelles, justifie la… justifie que le projet soit
réalisé». C'est juste pour faire le lien avec l'intérêt public.
Mme Dufour : Oui, mais il y
avait… il y avait déjà la possibilité de dire : Si la situation nécessite
que le projet soit réalisé dans des délais plus courts. Donc, ça, c'était déjà
là. Là, on rajoute : Si, à son avis, l'intérêt public… tu sais, ça aurait
pu être «le justifie», mais on a souhaité ajouter qu'on… notamment en matière
de gestion, matières résiduelles, alors qu'on parle déjà de projets de gestion
de matières résiduelles. Il y a comme un dédoublement ici, là.
M. Charette : Bien, dans cette
phrase-là, on ne le retrouvait pas, cet élément. Mais, si on regarde le texte
actuel, là, qui prévaut actuellement, on dit : Si la situation nécessite
que le projet... Donc, c'est très large et général. Et là, honnêtement, c'est…
je ne parle pas pour vous, mais si moi, j'étais dans l'opposition, je
dirais : C'est beaucoup trop général, ce n'est pas assez balisé. Et là on
vient dire : Ce n'est pas dans toute circonstance, c'est uniquement
lorsque c'est l'intérêt du public, là, qui le requiert, en quelque sorte. Donc,
c'est une balise supplémentaire pour dire : On ne peut pas invoquer quel…
n'importe quel argument à ce niveau-là, c'est uniquement lorsqu'il y a une
question d'intérêt public, là, qu'on peut se prévaloir, là, de cette mesure
d'exception.
Mme Dufour : Oui, bien, en
fait, ça ne change absolument rien, M.... en toute franchise, parce qu'on
parlait déjà… c'était déjà limité à des sites d'enfouissement de matières
résiduelles. Et là, ici, on dit «l'intérêt public», on peut bien l'interpréter,
l'intérêt public, parce qu'il n'est pas défini non plus. Donc, je pense que
c'est pas mal équivalent à si la situation le nécessite, on est toujours dans
la… juste la gestion des matières résiduelles, là.
M. Charette : Effectivement,
mais c'est de rassurer pour dire : On n'invoquera pas de façon farfelue
une circonstance particulière pour se soustraire de la procédure d'évaluation.
On insiste pour dire que c'est dans des cas particuliers où l'intérêt public
est en jeu. Et, à travers ça, on laisse entendre un possible bris de service.
Donc, c'est… c'est un élément, là, qui se veut rassurant.
Mme Dufour : Oui, mais on a
inclus l'élément «notamment». Et ça, notamment, ce n'est pas exclusif, là, ça
peut ouvrir la porte à plein d'autres choses. Donc, je ne sais pas c'est quoi
qui est rassurant, là.
M. Charette : En fait, c'est
pour intégrer la référence à la gestion des matières résiduelles. Mais sinon,
l'intérêt public, ce n'est pas notamment un intérêt public, c'est notamment en
matière de gestion des matières résiduelles.
• (15 h 50) •
Mme Dufour : Non, mais ça,
c'est… notamment, c'est comme… comme par exemple. Donc, ça peut-être… c'est
notamment ça, mais ça peut être autre chose. Ce n'est pas… ce n'est pas
uniquement en matière de gestion des matières résiduelles.
M. Charette : Sauf que, là,
on est dans un
article qui traite spécifiquement de lieux d'enfouissement, donc
ce serait difficile que ce soit autre chose, c'est juste pour rattacher l'intérêt
public. C'est un lieu d'enfouissement.
Mme Dufour : Oui, bien, ça
revient exactement… je pense qu'on tourne… on dit exactement la même chose. La
version précédente, c'était pas mal la même chose, la situation nécessite. Puis
l'intérêt public, comme je disais, tu sais, dans le cas où… tu sais, il y a
deux intérêts publics qui s'affrontent. Il y a un projet d'établissement de
nouveaux sites d'enfouissement. Il y a l'intérêt de la gestion des matières
résiduelles, mais il y a aussi l'intérêt préservation de la quiétude des
résidents, comme je disais, tu sais, comment on détermine quel intérêt passe en
premier, qui vient justifier le fait de soustraire le projet à la procédure…
Mme Dufour : ...d'évaluation
d'examen des impacts.
M. Charette : On a, je pense,
plusieurs, plusieurs exemples où l'intérêt public pourrait être compromis s'il
y avait bris... bris de service. Il y a même un enjeu de santé publique à ce
niveau-là. La santé publique a eu à se prononcer par le passé. Lorsque les
matières résiduelles ne sont pas collectées, ça crée des enjeux de santé
publique au niveau de la gestion assurée par les municipalités de leur collecte
de déchets. Si elles n'ont pas de lieu pour... C'est une chose de collecter,
mais si elles n'ont pas de lieu pour se départir de cette matière-là, ça crée
un enjeu réel de santé, non pas de santé publique cette fois-là, mais de
continuité de service. Donc, ça fait
partie de ces éléments, là, qui sont pris
en considération.
Mme Dufour : Oui. Mais, tu
sais, la différence, c'est que, des sites, il y en a... il peut y en avoir
plusieurs versus je parle de l'intérêt public sur un site en particulier qui
peut être en opposition avec l'intérêt du projet. Le projet, lui, peut
s'installer à différents endroits, mais, à certains endroits, il peut y avoir
un enjeu d'intérêt public précis pour cet endroit-là. Puis ce n'est pas pour
rien qu'il y a des BAPE pour des projets d'enfouissement technique. C'est parce
qu'on veut prendre en compte tous les enjeux aussi et les impacts pour la
collectivité, là, qui accueillerait ce lieu d'enfouissement.
M. Charette : Bien, comme je
l'ai mentionné, on parle de prolonger la capacité d'accueil de lieux existants.
On parle d'environnements ou de milieux récepteurs qui sont connus, on parle
d'autorisations qui devront être obtenues pour pouvoir procéder. Donc, c'est...
c'est balisé pour éviter ultimement un risque... un risque important de bris de
service.
Mme Dufour : Donc, je veux
juste m'assurer, là. Le bris de service, est-ce qu'il est plus important... Le
risque de bris de service, est-ce qu'il est plus important que le risque... que
d'autres risques, comme de la pollution, contamination de rivière, etc.?
M. Charette : Les
autorisations s'assurent de mitiguer ces risques-là justement au niveau de
contamination de l'eau, contamination de l'air, comment... comment les
opérations doivent se faire. Donc, ces autorisations-là viennent limiter les
risques potentiels.
Mme Dufour : En tout cas, je
ne suis pas sûre que je partage votre opinion. En tout ou en partie... On parle
qu'on peut s'y soustraire en tout ou en partie. Ça, c'est nouveau aussi. Ce
n'était pas là précédemment. C'est ça, on peut soustraire en tout ou en
partie
le projet de la procédure. Comment ça fonctionne? C'est quoi un exemple de
partie dans un projet d'agrandissement de lieu d'enfouissement technique?
Mme Gagnon (Mélissa) : En
fait, c'était une...
L'article actuel permettait seulement de soustraire
l'ensemble du projet. Donc là, on ajoute la possibilité de soustraire
uniquement une partie. Je mentionnais tout à l'heure, tu sais, ça peut être un
projet d'agrandissement qui est dans la procédure, mais bon, pour certains
enjeux, là, il y a... c'est justifié d'aller vers une soustraction, le temps
que la procédure puisse se terminer. Là, à ce moment-là, l'ajout de cette
possibilité-là permettrait, exemple, de soustraire juste si l'agrandissement
fait l'objet de plusieurs parties, plusieurs cellules, bien là, d'aller juste à
l'essentiel pour répondre aux besoins temporaires requis dans ce cadre-là,
plutôt que l'ensemble du projet. Donc, ça permet d'être plus restrictif sur la
soustraction plutôt que d'être obligé de soustraire l'ensemble du projet,
soustraire uniquement... si c'est possible, uniquement dans la
partie qui
permet de répondre aux besoins qui justifient la soustraction.
Mme Dufour : O.K. Mais on ne
s'en est pas jamais servi, de ce pouvoir-là pour l'établissement d'une
nouvelle... d'un nouveau site. Donc, si on est juste dans des cas
d'agrandissement, est-ce qu'on pourrait extraire une
partie d'agrandissement?
Parce que d'habitude, un agrandissement, c'est... c'est une nouvelle cellule,
c'est...
Mme Gagnon (Mélissa) : Exactement.
Bien, tu sais, ça pourrait être un agrandissement qui... sur un horizon de
temps, tu sais, peut-être qu'il y a deux cellules, exemple, dans le projet
d'agrandissement, donc en séquence, donc là, on pourrait dire : Bien, on
va soustraire uniquement la première cellule pour permettre de répondre aux
besoins. Il y a aussi des fois, même...
Mme Gagnon (Mélissa) : ...mais
juste... en fait, juste une augmentation de capacité d'une cellule existante,
c'est assujetti. Aussitôt qu'on est dans l'augmentation de la capacité, c'est
assujetti, donc, puis là, dépendamment des cas, ça permettrait de soustraire
uniquement... si ça se divise, là, finalement, si on est capable de répondre
aux besoins uniquement avec une
partie du projet, bien, de limiter la
soustraction et l'autorisation à cette
partie du projet là.
Mme Dufour : O.K.
Mme Gagnon (Mélissa) : Donc,
ça permet d'être plus ciblé qu'actuellement, où est-ce que, là, on est... la
seule possibilité, c'est de donner une soustraction qui couvre l'ensemble.
Mme Dufour : Et les cinq
qu'on a utilisé le pouvoir depuis 2018, est-ce que c'étaient des cas qui
étaient... qui pouvaient se faire en partie?
M. Charette : En fait, ce ne
sont pas des... ce n'étaient pas des étapes, c'étaient des prolongations, là,
tout simplement, là, d'exploitation de site. À ma connaissance, je suis pas mal
certain, pour les avoir travaillées ensemble, il n'y a pas eu de procédure qui
a pu reprendre après, là. Donc, l'autorisation visait... les autorisations
visaient la continuité du site, mais, encore là, dans les autorisations, la
capacité de charge totale est précisée, la durée est précisée, la méthode est
précisée, mais ce n'était pas... ce n'était pas en partie, c'était pour
permettre de poursuivre pour x années supplémentaires.
Mme Dufour : Oui. Bien, en
fait c'était juste pour comprendre pourquoi on a senti le besoin de l'ajouter
si on ne s'en n'est pas servi, tu sais, si les seuls cinq cas qu'on a eus
n'auraient peut-être pas été admissibles à ça. J'essaie de comprendre pourquoi
on a ce besoin d'ajouter là... d'ajouter ça.
M. Charette : Je le
mentionnais, c'est une disposition qui est présente, là, depuis plus d'une
trentaine... ou depuis 1996, à tout le moins, dans la législation. On n'a pas
senti le besoin, là, de modifier cette possibilité, bien qu'elle n'ait pas été
utilisée, là, par le ministère jusqu'à présent.
Mme Dufour : Oui, parce que,
finalement, la grande question, c'est est-ce qu'on ouvre la porte, avec ce
changement-là, à plus d'exemptions de la procédure d'évaluation et d'examen des
impacts?
M. Charette : Non. Je le
mentionnais d'entrée de jeu, cinq, au cours des dernières années, je ne sens
pas de besoin démontré, parce que, je vous dis, ce n'est pas parce qu'un
promoteur le demande que c'est accepté, là, c'est un travail qui se fait aussi
par le ministère, d'évaluer les besoins réels en matière de gestion des
matières résiduelles. Et on sait très bien à quel moment... compte tenu que les
autorisations viennent du ministère, on sait très bien à quel moment tel ou tel
lieu d'enfouissement technique arrive à échéance, selon ce qu'ils sont
autorisés à faire.
Mme Dufour : O.K. Donc, les
prochains sites, là, il y a... je pense que c'est celui de Terrebonne,
Lachenaie, là, qui va être dans les prochains.
M. Charette : Je ne connais
pas, honnêtement, de mémoire...
Mme Dufour : Lui, c'en est un
gros.
M. Charette : C'est toutes
des informations qui sont connues du ministère, mais, personnellement, là, ça
nécessiterait des vérifications. Chaque autorisation a une durée spécifique de
capacité, sinon de durée.
Mme Dufour : Oui. Je pense
que c'est 2029, celui-là, qu'il arrive à échéance. Donc, de ce que je
comprends, ce n'est pas l'intention. Tu sais, dans le fond, si on avait
l'intention de s'en servir, on s'en servirait en tout, de toute façon, les cinq
cas qui ont été mentionnés... sinon, on le ferait avec selon la procédure, avec
le BAPE, là.
• (16 heures) •
M. Charette : Effectivement,
c'est la procédure régulière, et tous les sites actuels, tous les nouveaux
sites actuels, au fil des dernières années, à tout le moins, là, sont passés à
travers la procédure d'évaluation environnementale régulière.
Mme Dufour : Parfait. À
l'avant-dernier paragraphe, on parle... l'article 31.5.1 s'applique à la
délivrance d'une autorisation en vertu du présent
article avec les adaptations
nécessaires. Ça, c'est l'article qu'on a discuté des compensations, tout à
l'heure, là, qu'on a passé beaucoup de temps, c'est l'article 90, si je ne me
trompe pas. Donc, pourquoi les adaptations nécessaires?
Mme Gagnon (Mélissa) : O.K.,
bien, en fait deux choses. Premièrement, comme on l'a mentionné plus tôt, on
vient clarifier tout le cadre des compensations, là, qu'à partir du moment où
on l'a ajouté dans l'article d'autorisation de base, tous les articles sont à
même de délivrer une autorisation et d'ajuster aussi dans le même sens...
Haut de la page
16 h (version non révisé
e) Mme Gagnon (Mélissa) : ...avec
les adaptations nécessaires, c'est uniquement parce que là on est dans un
contexte de soustraction, donc, c'est un contexte qui est particulier, au même
titre que les soustractions pour des cas d'urgence. Donc, s'il y a des
adaptations qui sont requises, ça ouvre la possibilité à appliquer le cadre qui
est très précis, très établi pour le cadre régulier, disons ça comme ça, là on
est dans un cadre de soustraction, donc, pour donner place à l'adaptation, si
requis.
Mme Dufour : Ça fait que les
cinq cas qu'on a parlé, qui ont reçu... dans le fond, qui ont été soustraits à
la procédure d'évaluation d'examen des impacts, eux n'ont pas eu de
compensation à faire. Mais, avec cet article-là, avec cet ajout-là, est-ce qu'ils
pourraient en avoir à faire?
Mme Gagnon (Mélissa) : Mais,
en fait, normalement, même s'il y a une soustraction, avant d'aller de l'avant,
il y a quand même des autorisations ministérielles qui sont nécessaires. Donc
là, s'il y a les autorisations ministérielles qui sont requises, si jamais les
travaux visés portent atteinte à des milieux humides et hydriques, par exemple,
bien, il va y avoir de la compensation qui va exiger. Ça, c'est systématique.
Donc là, on est vraiment dans un contexte... de façon générale, tout le cadre
qu'on ajoute de compensation, qui est beaucoup plus large, en fait, que celui
qui s'applique strictement en autorisations ministérielles. Donc, on vient
juste dire qu'il s'applique ici, on reprend tout le cadre applicable, mais avec
possibilité d'adaptation, si requis.
Mme Dufour : Mais ça laisse
la porte quand même à bien des choses, là, adaptations nécessaires. C'est pour
ça que j'aimerais avoir des exemples, parce que c'est très... ça m'apparaît
discrétionnaire écrit de cette façon-là.
M. Charette : Je dirais
simplement, s'il y a une compensation à être versée, elle va l'être en
matière... S'il y a atteinte, comme notre collègue le mentionnait, milieux
hydriques ou humides sur le site, elle sera obtenue. En fait, dans l'autorisation,
l'initiateur devra se conformer à cet aspect-là de la réglementation. Donc, il
n'y a pas... La mesure d'exception, c'est réellement au niveau de la procédure
d'évaluation, ce n'est pas au niveau des obligations de l'initiateur. Donc, s'il
y a une compensation à verser monétairement ou en réalisation de travaux, elle
va l'être. Donc, l'exception ne vise pas les obligations de l'initiateur.
Mme Dufour : Non, je ne
parlais pas des exceptions non plus, là, je parlais juste qu'ici on dit que les
compensations s'appliquent, mais avec les adaptations nécessaires, adaptations
nécessaires, ça veut dire quoi? Ce n'est pas balisé. Donc, c'est là que je dis
que ça, ça peut être discrétionnaire.
Mme Gagnon (Mélissa) : Bien,
je peux peut-être... En fait, deux choses. Premièrement, juste pour vous, quand
même, tenter de vous rassurer, les cinq cas qu'on a eus entre 2017 et 2024, il
y a eu... il n'y avait pas de perte des milieux hydriques, associée à ça, parce
qu'on était dans la surélévation de... On l'a mentionné, là, aussitôt qu'on
augmente la capacité, on est assujetti. Donc, si c'est un besoin, mais on doit
aller vers la soustraction, si on cadre ici. Puis, en fait... Puis là ça
pourrait peut-être être contrevalidé, si vous voulez, par notre avocate je
crois, mais c'est vraiment des mots juridiques qu'on utilise pour s'assurer qu'une
disposition puisse être applicable à l'article dans un contexte où on est dans
un cas particulier, on est dans une mesure d'exception. Donc là, je comprends
que c'est des mots qui viennent presque systématiquement avec... dans un cas d'exception,
de se donner la possibilité d'adapter comme on n'est pas dans un cadre
habituel.
Mme Dufour : O.K. Mais ça ne
peut pas... Puis, oui, j'aurais de l'intérêt à savoir, ça veut dire que ça ne
peut pas être adapté n'importe comment.
Le Président (M. St-Louis) : Pardon...
Vous présenter.
Mme Côté-Bioli (Giulia) : Je
ne me rappelle pas si j'ai parlé ce matin mais...
Le Président (M. St-Louis) : Non,
de mémoire, non.
Mme Côté-Bioli (Giulia) : Giulia
Côté-Bioli, ministère de la Justice, avocate.
C'est vraiment, là, des... Merci. C'est
vraiment des termes qu'on utilise pour s'assurer que les libellés sont applicables
dans ce contexte. Donc, l'effet de cet alinéa, c'est de s'assurer que l'article
31.5.1 un s'applique à la délivrance de l'autorisation en vertu de l'article
dont on discute en ce moment, et que l'inadéquation, peut-être, de quelques
termes juridiques, parce que l'article a été écrit dans un autre contexte, ne
vient pas bloquer son application. Mais ça ne permet pas de moduler sa portée
ou de modifier le sens de l'article 31.5.1. C'est au contraire pour se
protéger d'une... C'est vraiment pour s'assurer, là, qu'on ne peut pas invoquer
le fait qu'il y a un mot qui ne serait pas parfaitement adapté au contexte pour
ne pas l'appliquer. Donc, c'est vraiment...
Mme Dufour : O.K. Puis, ça, c'est
reconnu juridiquement? Il y a-tu de la jurisprudence, par curiosité, là-dessus?
Mme Côté-Bioli (Giulia) : C'est
vraiment...
Mme Côté-Bioli (Giulia) : ...des...
des mots qu'on retrouve à différents endroits, là, quand on fait référence à
d'autres articles, les adaptations nécessaires, là. Ça fait que c'est une
utilisation fréquente, là, de cette expression.
Mme Dufour : O.K. Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
maître. Simplement pour le bénéfice des gens qui nous suivent, la députée de
Mille-Îles nous avait donné son consentement pour que Me Côté-Bioli puisse
intervenir.
Mme Dufour : Oui.
Le Président (M. St-Louis) : Je
vous cède la parole.
Mme Dufour : Merci. Dernier
paragraphe : «La période d'exploitation d'un lieu d'enfouissement faisant
l'objet d'une telle décision ne peut cependant excéder un an.» Là, je vous
avoue que ça m'a surpris parce qu'on a parlé de cinq cas qui avaient bénéficié
de cette... de cette soustraction, mais ce ne sont, j'imagine, pas des cas
d'agrandissement qui ont duré seulement un an.
M. Charette : Sur la période
visée par... par l'exception. Donc, par la suite, j'imagine, c'est de
nouvelles... de nouvelles autorisations avec une procédure d'évaluation, là,
qui... qui s'appliquerait.
Mme Dufour : O.K. Donc...
Mais les cinq cas qu'on a vus, est-ce que ce sont des cas qui ont dû... parce
que ça peut être renouvelé une fois, une seule fois. Là, il y en a peut-être eu
il y a six ans ou cinq ans, peu importe. Ils opèrent probablement encore
aujourd'hui. Ça voudrait dire que, là, ils auraient eu à suivre la procédure
d'examen... d'évaluation et d'examen des impacts.
Mme Côté-Bioli (Giulia) : Oui,
en fait, on est vraiment dans un contexte où historiquement, là, c'est utilisé
quand le projet, tu sais, il y a quand même toute une planification autour de
ça. Donc, ce n'est pas soudainement il y a un... il y a un besoin qui arrive
puis il y a un nouveau... qui veut... qui veut s'implanter, puis on a besoin de
recourir à ça. On est vraiment plus dans un contexte où, dans la planification,
il y a eu des délais x, y z, donc on peut être déjà dans la procédure
d'évaluation environnementale, mais le temps, tu sais, il y a... il y a des
délais, là, applicables à cette procédure-là ne serait ce que pour s'assurer
des consultations publiques et tout ça. Donc là, si les délais sont sont plus
longs que ceux dans lesquels on a besoin de... exemple, de l'ajout de capacité,
bien là, on peut recourir à cette disposition-là pour donner une autorisation
finalement d'une année, une seule fois, le temps que le processus se complète
et que le projet soit autorisé selon le mécanisme généralement applicable, donc
avec la procédure complète. Ça fait que c'est vraiment une autorisation en
quelque sorte temporaire, là, de... de répondre au besoin, le temps que le
projet puisse continuer dans la procédure.
Mme Dufour : O.K. donc, ça
vaudrait aussi pour un nouveau site. Tu sais, là, on a parlé d'agrandissement,
mais un nouveau site aurait quand même, ça veut dire qu'au bout du compte, à suivre
la procédure complète.
Mme Côté-Bioli (Giulia) : Mais
généralement, tu sais, on peut, puis là ce n'est jamais arrivé. Donc, je pense
que c'est important que la disposition demeure quand même pour des cas, c'est
vraiment... c'est pour répondre à des situations exceptionnelles,
particulières. Donc, je pense que c'est bien. Ce n'est pas parce que le besoin
n'a jamais été... le... ce n'est pas parce que ça n'a jamais été utilisé pour
ça que ça ne pourrait pas l'être, puis c'est vraiment le seul moyen. À partir
du moment où on est assujettis à la procédure, il n'y a pas moyen de la
contourner. Dans le fond, il y a cette disposition-là, puis il y a celui pour
les situations d'urgence, là, dont on a déjà discuté. Donc, je pense que c'est
important que ça demeure. Mais règle générale, s'il y a un nouveau site qui est
requis quelque part, bien, il va être planifié puis il va venir remplacer un
autre site qui peut-être arrive en fin de vie. Donc là, généralement, on va
parler plus d'une soustraction pour prolonger ou ajouter à la capacité qui
répond déjà aux besoins actuels. Donc, on est déjà... il y a déjà un service
qu'on veut préserver le temps que le nouveau service puisse prendre la relève
par exemple.
• (16 h 10) •
Mme Dufour : O.K. C'est bon.
Merci beaucoup.
Le Président (M. St-Louis) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions? Comme il n'y a pas d'autre intervention, nous
allons mettre l'article 94 aux voix. Est-ce que cet
article est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. St-Louis) : Nous
allons poursuivre l'étude avec l'article 95. M. le ministre.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Donc :
L'article 31.7 point trois de cette loi est remplacé
par le suivant :
«31.7.3. Toute décision rendue par le
gouvernement en vertu de l'un des articles 31.5, 31.7, 31.7.1 et 31.7.2 ne lie
le ministre qu'à l'égard des conditions, des restrictions ou des interdictions,
ainsi que des mesures de compensation et des modalités afférentes qui sont...
qui sont déterminées lorsque celui-ci exerce par la suite les pouvoirs prévus
par la présente loi.».
Commentaire : cet
article remplace l'article
31.7.3 de cette loi afin de clarifier la portée des décisions gouvernementales
prises dans le cadre de la procédure...
M. Charette : …d'évaluation et
d'examen des impacts sur l'environnement. Elle ne lie le ministre qu'à l'égard
des conditions, des restrictions ou des interdictions, ainsi que des mesures de
compensation et des modalités afférentes qui y sont déterminées lorsque ce
dernier exerce les pouvoirs que la
Loi sur la qualité de l'environnement lui
octroie.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions? Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui. Merci, M.
le Président. Au préalable, on avait… on avait quelque… l'article, là, disait,
que la décision rendue par le gouvernement ou toute décision rendue par le
gouvernement lie le ministre lorsque celui-ci existe… lorsque celui-ci… par la
suite, les pouvoirs prévus aux sous-sections un et deux. Bref, le ministre
était lié. Ça fait qu'en gros, là, c'est ça.
Et là on biffe tout ça, et là on inverse
complètement ou on dit «ne lie le ministre qu'à l'égard des conditions et
restrictions, des interdictions». Donc, tu sais, les commentaires, ça
n'explique pas le pourquoi on a fait ce changement, mais on a… tu sais, c'est
quand même un changement de paradigme important, là, on… le… une décision liait
le ministre, puis là, maintenant, ça ne lie plus le ministre, sauf pour certaines
affaires.
Mme Gagnon (Mélissa) : En
fait, ce qu'on vient modifier, on vient préciser que le ministre, quand il
applique les pouvoirs, responsabilités, là, qui lui… qui lui reviennent en
vertu de la LQE, subséquemment, dans le cadre d'un projet qui a déjà fait
l'objet de la procédure et pour lesquels il y a une décision gouvernementale,
là, donc qui est chapeautée par une décision gouvernementale. Le ministre,
quand il exerce ses pouvoirs puis ses responsabilités, est lié, mais
spécifiquement aux conditions, interdictions ou restrictions.
Concrètement, qu'est-ce que ça veut dire?
C'est pour permettre en fait que le ministre ne soit pas en contradiction soit
avec la décision du gouvernement, soit avec ses pouvoirs et responsabilités en
vertu de la
loi sur la qualité de l'environnement. Donc, quand on est dans le
cadre de la procédure, on ne veut pas être obligé de faire nécessairement une
conformité réglementaire, là. On est à peu haut niveau d'une décision
gouvernementale d'acceptabilité globale du projet. Donc, parfois, certains…
certains éléments, si c'e