Health and Social Services — 6 June 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CSSS 2019-06-06
Quebec — Committees
Le Président (M. Provençal)
: Nous avons reçu un amendement à l'article 4 de la
part du député de Jonquière. Je vais inviter le député de Jonquière à nous lire
son amendement et à nous expliquer le contenu de ce dernier.
M. Gaudreault : Oui, merci, M. le Président. Alors, l'amendement est à l'article 4, qui touche l'article 8 de la
Loi encadrant le cannabis : Remplacer l'article 4 du projet de loi
par le suivant :
L'article 8 de cette loi est modifié par le remplacement du
paragraphe 2° du premier alinéa par les paragraphes suivants :
«2° sur les
terrains, dans les locaux ou dans les bâtiments d'un établissement
d'enseignement collégial;
«2.1° dans les
locaux ou dans les bâtiments d'un établissement d'enseignement universitaire, à
l'exclusion des résidences pour étudiants.»
Alors,
M. le Président, à un
moment donné, on étire l'élastique, on
étire l'élastique, puis, si on ne veut pas qu'il nous pète dans la face,
il faut le lâcher. Alors, moi, en tout cas, j'ai essayé, avec le sous-amendement
que j'ai fait, je ne sais plus si c'est hier ou avant-hier, là, à l'amendement
du député d'Hochelaga-Maisonneuve, d'aller à la totale pour rendre l'application de la loi n° 2 plus réaliste dans, notamment,
les campus des cégeps. Vous vous souvenez qu'on a plaidé mille et
mille fois sur le fait qu'il y a des étudiants de 21 ans et plus dans
les cégeps, qui vivent dans les résidences.
Alors,
j'ai fait un sous-amendement pour juste nommer les classes, ça a été refusé.
L'amendement... Il y a eu de longues,
longues discussions sur l'amendement proposé par le député
d'Hochelaga-Maisonneuve. Ça a été également refusé. Ça a soulevé une
série de discussions, entre autres soulevées par le député de Pontiac et ses
collègues de l'opposition officielle, sur la
gestion par rapport aux universités. Je suis, je pense... et pas juste moi,
mais les autres députés des autres groupes
d'opposition, nous sommes allés très loin, nous sommes allés très loin. Et
visiblement le ministre n'était pas ouvert aux propositions qu'on a
faites en premier lieu.
Donc,
face à ça, comme le disait le député d'Hochelaga-Maisonneuve, on a eu des
discussions, on ne se le cache pas, et j'ai senti une ouverture, surtout
après les discussions d'hier, entre autres avec le député de Pontiac, là, sur
la question des enjeux dans les universités. Alors, c'est pour ça que je dépose
cet amendement aujourd'hui, qui, même si je ne le partage pas, mais j'essaie de
trouver une piste d'atterrissage qui convient à tout le monde, en premier lieu
le ministre... Il y aura une interdiction, donc, de posséder du cannabis sur
les terrains d'un établissement d'enseignement secondaire... — secondaire! — collégial, pardon, et dans les résidences pour les étudiants de
ces établissements, donc terrains, bâtiments,
locaux. Mais on retire l'interdiction de posséder du cannabis sur les terrains
d'un établissement d'enseignement universitaire,
donc on permet d'avoir du cannabis sur les terrains des universités, mais pas
dans les locaux et dans les bâtiments d'un
établissement universitaire. Est-ce que c'est la totale? Est-ce que c'est le
maximum? La réponse, c'est non. Mais moi, je suis de nature plutôt pragmatique et je crois au dicton qui dit :
Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras. Alors, ça peut être un tiens
si le ministre manifeste de l'ouverture et de l'intérêt à adopter cet amendement
au moins pour permettre dans les universités,
en fait sur les terrains des pavillons universitaires, des établissements universitaires, de posséder du cannabis, et évidemment dans les résidences. Donc, c'est la proposition
que je fais pour rendre l'applicabilité du projet de loi moins ardue dans la réalité. Ce sera au moins ça,
si ça passe, si le ministre est d'accord, que nous aurons obtenu.
veux saluer la collaboration du collègue d'Hochelaga-Maisonneuve, qui a
retiré son amendement tout à
l'heure. Parce que l'amendement,
dans le fond, nous faisait parler, parler, parler, mais, tant qu'on n'était pas
capables d'arriver avec un autre amendement,
on était un peu bloqués là-dessus. Puis on le sait, puis ce n'est pas un
reproche au député d'Hochelaga-Maisonneuve, mais on le sait que c'est complexe de
sous-amender un amendement. J'ai essayé de le faire avec mon premier sous-amendement, puis là on est dans la triple négation, on a
supprimé la suppression d'une autre suppression. Donc, on est mieux à ce
moment-là de retirer puis de retravailler complètement avec un nouveau texte,
et c'est ce que je propose aujourd'hui, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Merci, M. le député. Alors, M. le ministre, je vous cède
la parole pour vos commentaires.
M. Carmant :
Oui, M. le Président. Écoutez, depuis hier j'essaie de mettre de l'eau dans mon
vin pour faire avancer l'adoption du projet
de loi n° 2. Encore une fois, j'ai entendu les multiples
représentations de chacun des membres de
l'opposition et je comprends qu'il y avait des limitations importantes, là,
l'applicabilité du projet de loi quand tu étais au niveau des terrains universitaires, surtout que
c'était permis dans les résidences. Donc, je pense que ce qu'on nous
propose ce matin est un compromis acceptable et je suis prêt à en débattre, là,
avec plaisir.
Le Président (M. Provençal)
: Donc, ce que je comprends, c'est que le gouvernement est favorable à
l'amendement et que les deux partis d'opposition le sont aussi.
Une voix :
...donnez-moi juste une petite minute, si vous permettez, juste pour discuter
avec mes collègues de l'amendement.
Le Président (M. Provençal)
: Est-ce que vous voudriez que je prenne une pause?
Une voix :
S'il vous plaît.
Le Président (M. Provençal)
: On va prendre une pause, s'il vous plaît, pour discussion.
(Suspension de la séance à
11 h 58)
Le Président (M. Provençal)
: Nous en sommes à savoir est-ce qu'il y a des interventions
concernant l'amendement à l'article 4 déposé par le député de Jonquière.
M. Fortin :
Oui, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, je vous cède la parole, M. le député de Pontiac.
M. Fortin : Très bien, merci. Merci, M. le Président. Bonjour à tous les collègues, c'est un plaisir de vous
retrouver, comme à l'habitude.
Le député de Jonquière
mentionne qu'il fait un compromis, hein, on en a parlé, le député d'Hochelaga-Maisonneuve avait fait des
compromis également. Je pense qu'on en a proposé nous-mêmes, des compromis,
qu'on n'aime pas beaucoup, hein? Le
député de Jonquière
nous dit : Bien, tu sais, ce n'est pas ça que je voulais, mais c'est mieux
que ce qu'il y avait dans le texte initial. Donc, probablement, j'essaie
de lire dans les pensées du député de Jonquière, il va évidemment être en
faveur de son amendement puis être contre l'article principal. Mais, tu sais,
il nous dit, M. le Président, il nous dit : Un tiens vaut mieux que deux
tu l'auras. Ça dépend c'est quoi, le «tiens», tu sais. Si le «tiens»,
c'est un coup de coude dans les côtes, je ne suis pas sûr que tu l'aimes mieux
que deux tu l'auras. Donc, ça demeure quelque chose qui malheureusement va
avoir une conséquence négative.
Le ministre
nous dit : O.K., je fais un compromis, moi aussi, ce n'est pas ce
que je voulais initialement. J'entends les arguments, les arguments... les difficultés d'applicabilité. Il dit : Bien, on avait déjà
permis les résidences, donc le terrain, ça va. Mais, quand on a fait le débat, et j'ai juste quelques
questions pour le ministre là-dessus,
quand on a fait le débat,
hier, il nous a dit : Ce que je veux
empêcher... J'ai utilisé l'exemple, là, hier, M. le Président, du plombier,
un plombier, Claude Poirier, là, qui
a un contrat à l'Université Laval, qui se pointe, qui a du cannabis dans son
véhicule, il est sur le terrain, il ne va pas dans le bâtiment ou dans les locaux, là, avec son cannabis, il reste
dehors. Le ministre nous dit : Ça, ce n'est pas un problème. Maintenant, il nous dit : Ce n'est pas un problème.
Hier, il nous disait : Ça amène un concept de proximité, et c'est là où il y a un enjeu. Est-ce qu'on
avait... S'il y avait un gain, si hier, dans l'argument du ministre...
et tant mieux s'il est ouvert aux compromis, c'est ce qu'on recherche
depuis le début, mais, si hier il y avait un gain à empêcher cet entrepreneur-là de se pointer sur le terrain de l'université puis aujourd'hui il n'y en a plus, bien, est-ce qu'on avait mesuré ce gain-là? Est-ce que le ministre
avait... Il nous parle de son concept de proximité, mais, de toute évidence, dans sa tête, il y avait un risque. Aujourd'hui, il est prêt à
outrepasser ce risque-là, c'est bien correct, est-ce qu'il avait mesuré ce
risque-là? Est-ce qu'il y avait
quelque chose en arrière de ça? Est-ce qu'il y avait
une étude, des avis? Est-ce que quelqu'un avait suggéré la mesure que proposait le ministre?
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre.
M. Carmant : M. le Président,
moi, dans mon monde à moi il n'y a... Tu sais, on dirait que tout le monde se
promène avec du cannabis dans les poches, là. Mais, nous, ce qu'on pense, c'est
que ce compromis est acceptable, qu'on va permettre aux gens sur le terrain
d'en avoir, puis que c'est un compromis qui nous permet d'avancer et de faire
passer cet
article de la loi.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député.
M. Fortin : Bien, en fait, ça ne peut pas être juste ça, ça
ne peut pas être un compromis pour faire avancer l'article de la loi, ce n'est pas ça, l'idée. On fait un
compromis parce qu'on pense que c'est la bonne chose à faire pour le citoyen,
c'est une bonne chose à faire pour la population,
pour la société québécoise. Alors, si le ministre accepte l'amendement
du député de Jonquière,
et je souhaite qu'il l'accepte, et je pense qu'il va l'accepter, c'est ce qu'il
nous a dit, bien, j'espère que c'est parce
qu'il pense que c'est la bonne chose à faire, parce que c'est bon pour la santé
publique de façon générale, que c'est bon
pour les... que ça va aider dans les enjeux d'applicabilité les policiers, pas
juste parce qu'il veut faire avancer l'article principal, mais parce qu'il y croit vraiment, à ça, ou parce qu'il
a entendu un argument hier qui l'a fait changer d'idée, qui a fait réaliser : O.K.,
j'ai un enjeu de x, y, z, je vais accepter un compromis. Qu'est-ce qui a fait
changer d'idée le ministre qui semblait hier si attaché à l'idée de la
consommation de proximité, qui était un enjeu, à ses yeux, là, sur les terrains
des universités?
M. Carmant : Mais, M. le
Président, c'est clairement les exemples qui m'ont été mis de l'avant hier.
M. Fortin : O.K., mais les exemples de ce qui peut se
passer... Tu sais, on a eu la discussion, moi puis le ministre, hier, avec, entre autres, ce que ça
voulait dire, et c'est pour ça que je suis revenu aujourd'hui, à la période de questions, M. le Président, sur cet enjeu-là. Le ministre
aurait pu très bien nous dire à la période de questions :
Bien oui, je suis ouvert à un amendement, le
député de Jonquière
va sûrement en présenter un. De toute
évidence, il l'avait préparé
d'avance. Mais, encore là, ces enjeux-là, ces enjeux d'applicabilité là
qu'on a discutés hier, ils vont être les mêmes sur les campus collégiaux.
M. Carmant : Bien, écoutez, c'est différent parce qu'on permet la possession
dans les résidences universitaires, et non pas dans les résidences
collégiales.
M. Fortin : Oui, mais les arguments qu'on a faits hier, là, le «back-and-forth»
qu'on a fait, les discussions qu'on a eues...
je ne me souviens pas, corrigez-moi si j'ai tort, s'il y a quelqu'un
autour de la table qui se souvient de ça, là, mais je ne me souviens pas
que c'était en lien direct avec les résidences universitaires. Tu sais, on a
utilisé les exemples, entre autres, de l'Hôpital de Fleurimont, et là je comprends qu'on l'enlève,
il n'y a pas d'hôpital sur les campus collégiaux, ça va, mais on a fait des exemples de gens qui
devaient se déplacer d'une place à l'autre sur un terrain qui est propriété
de l'université, on a parlé des endroits, à
l'intérieur d'un campus universitaire, qui étaient propriété ou pour lesquels
il y avait une entente spécifique, par exemple les pubs universitaires, des choses
comme ça. Il y en a dans les cégeps, ces choses-là, il y a des cafés qui
appartiennent aux associations étudiantes, entre autres, des endroits qui ne
sont pas nécessairement propriété de l'établissement collégial. Alors, je
comprends mal, je comprends mal ce que le ministre nous dit quand il nous dit : Bien, il y a des enjeux
d'applicabilité, ça m'a convaincu. Mais il y en a aussi dans les collèges.
Comment est-ce que l'argument l'a convaincu pour un et pas pour l'autre?
M. Carmant :
J'ai dit hier : Je ne ferai pas de compromis sur les cégeps, mais j'étais
prêt à faire un compromis pour les universités.
M. Fortin : Bien, en fait, ce que le ministre a dit hier,
c'est qu'il ne faisait pas de compromis sur les cégeps puis il ne voulait pas vraiment faire de compromis sur les
universités hier non plus. Et donc, puisque, justement, il a cette
ouverture-là... Et je comprends, là, si
vraiment il y a un enjeu d'applicabilité, et je pense qu'on l'a démontré en
long puis en large hier, l'enjeu
d'applicabilité, entre autres sur le campus de l'Université de Sherbrooke, mais
ce serait... l'argument se ferait, là... Probablement qu'on pourrait trouver un enjeu d'applicabilité sur tous
les campus universitaires puis sur une grande
partie des campus
collégiaux, parce que... Et, pour illustrer mon point, M. le Président, je vais
prétendre, un instant, là, qu'on revient à
l'article principal ou cet amendement-là... Parce qu'on va décider comment
voter sur cet amendement-là, je le regarde
positivement pour l'instant, mais je vais décider comment voter là-dessus,
mais, s'il est défait, cet amendement-là, et qu'on revient à l'article principal, le ministre hier nous a dit...
Bien, en fait, on lui a demandé comment quelqu'un doit se déplacer pour aller à l'Hôpital de Fleurimont,
puis on n'a pas eu de réponse. J'aimerais ça avoir la réponse, dans le
texte initial, comment ça se passerait.
M. Carmant : Alors, je me suis
informé auprès du campus universitaire, et le terrain appartient à l'hôpital,
finalement, et non pas à l'université, donc il n'y aurait pas d'enjeu.
M. Fortin :
Le terrain de l'hôpital n'est pas englobé par un terrain universitaire.
M. Carmant : Non, il n'y a pas
d'enjeu.
M. Fortin :
Donc, on peut se rendre sur le terrain de l'hôpital, partir d'un terrain, là,
disons, de la ville, là, mettons, là...
M. Carmant : À partir de la
route, là.
M. Fortin :
...on peut se rendre directement sur le terrain universitaire? O.K. Mais c'est
un exemple, M. le Président. C'est très
bien. Donc, cet enjeu d'applicabilité là serait moins présent que peut-être
ailleurs, mais l'enjeu demeure entier quand même. Je pourrais en
ressortir 50. Puis là je vais introduire un concept pour le ministre.
Président (M. Provençal)
Après, oui. Non, je vous laisse terminer, parce que c'était juste pour me
signaler qu'il veut avoir la parole après.
M. Fortin : Je vais introduire un concept, puis on pourra en
débattre éventuellement dans le collégial, mais sur le terrain des
universités, entre autres, là... Parce que, là, on garde les locaux et les bâtiments,
O.K.? Quand je regarde les locaux et les
bâtiments d'établissements d'enseignement universitaire, il y a des métros à
Montréal, hein, on prend le métro... Disons,
là, que je vais au centre-ville, je vais à la succursale de la SQDC, j'achète
du cannabis, je retourne vers mon lieu de domicile, je débarque du métro
à la station, je ne sais pas, moi, Guy-Concordia, je suis dans l'Université
Concordia, je débarque de la station de
métro, là, je suis dans le bâtiment qui appartient à l'Université de Montréal,
je suis dans le bâtiment. Alors, à ce moment-là, est-ce que je suis en
contravention de l'article amendé, là, du député de Jonquière?
M. Carmant : M. le Président,
je n'ai pas besoin de répondre à cette question, moi, je suis satisfait avec l'amendement
qui a été déposé.
M. Fortin : Ah! On recommence le vieux cercle, M. le
Président : je n'ai pas besoin de répondre à la question. Ça sert à
ça, une commission parlementaire.
Le citoyen qui débarque du métro, qui arrive à
la station Université-de-Montréal, est dans le bâtiment de l'Université de Montréal, il est dedans, là, il
est à l'intérieur du bâtiment qui est propriété de l'Université de Montréal,
il ne s'en va peut-être pas à l'Université
de Montréal, il s'en va chez eux, à trois blocs de l'université. Là, ici, dans
l'amendement... très bien, l'amendement du député de Jonquière, bien écrit,
bien formulé, bien intentionné, c'est un compromis, je suis content que le ministre le fasse. Mais je veux
juste lui dire qu'il reste des enjeux à régler là-dedans. Il reste encore des
enjeux. Qu'est-ce que le citoyen qui doit se rendre chez lui, il prend le
transport en commun... Son parti nous dit qu'ils sont protransport en commun, ils veulent terminer la ligne bleue, ils veulent
faire d'autres projets un petit peu partout. Tant mieux, c'est une bonne
affaire, je suis content d'apprendre ça, M. le Président. Mais, pour le citoyen
qui prend le transport en commun, qui va
s'approvisionner à la SQDC, un citoyen de 45, 50 ans, là, pas quelqu'un
qui est dans la situation 18-21 ans, qui débarque du métro en s'en allant chez eux et qui est dans un
bâtiment universitaire, ce citoyen-là est automatiquement en situation
illégale. C'est ce que je comprends.
M. Carmant :
M. le Président, je n'ai pas besoin de répondre à cette question, l'amendement
qu'on nous propose ici répond à toutes nos inquiétudes qu'on avait.
M. Fortin :
O.K. Quelles étaient ces inquiétudes?
M. Carmant : L'applicabilité
sur les terrains universitaires.
M. Fortin : Bien, l'applicabilité sur les terrains universitaires, c'est exactement ce dont je lui parle, là. L'applicabilité dans le bâtiment puis sur le terrain, c'est la
même affaire. Hier, on a pris l'exemple d'un citoyen, là, qui est en auto,
ou en ambulance, ou, peu importe, là, se rend à l'Hôpital de Fleurimont, et, de toute évidence, ça a créé
une inquiétude dans la tête
du ministre. Il dit : Je vais régler cet enjeu-là. Mais
on ne peut pas le régler pour la personne qui a un char puis ne pas le régler pour la personne qui est en métro. Parce qu'il y a des situations. Là, j'utilise celui de l'Université de Montréal, mais il
y en a partout. Ça peut être à
l'UQAM, ça peut être ailleurs. Il y
en a d'autres où, veux pas,
pour se déplacer vers chez soi, on
a... On est allé à la SQDC, on a du cannabis sur sa personne, on est dans un
bâtiment universitaire, on n'a pas d'autre choix. Qu'est-ce que...
Comment on peut régler cette situation-là?
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre.
M. Carmant : On est dans le
métro, M. le Président.
M. Fortin :
Et on sort du métro.
M. Carmant : Dans la rue.
M. Fortin : Une fois sorti du métro, on est dans ce qui
appartient à la STM, disons, là, l'infrastructure. Mais l'infrastructure, là, elle nous mène
directement dans le bâtiment de l'université.
M. Carmant : Quand je sors du
métro, moi, je débarque dans la rue.
M. Fortin : Bien non. Bien, ça dépend de votre station. Effectivement, il y a des stations où vous pouvez passer directement de l'infrastructure de la STM à la rue. Il y a
des stations où vous tombez directement dans le bâtiment, là. Et, si le bâtiment
appartient à l'Université de Montréal, qu'est-ce que vous faites?
M. Carmant : J'ai déjà répondu
à cette question, M. le Président.
M. Fortin : Bien non. Vous avez utilisé votre exemple
personnel de la station de métro que vous utilisez. C'est ce que le ministre a fait, M.
le Président. Le ministre
nous dit, là : Je n'ai pas à répondre à cette question-là.
M. le Président, nous, on veut que ça avance. Nous, on veut que...
On veut avoir des réponses de la part du ministre. C'est des situations
réelles qui vont être vécues par les citoyens.
Là, aujourd'hui dans le journal, là, aujourd'hui
dans Le Journal de Montréal , on se rend compte qu'il y a des situations,
il y en a beaucoup, des situations où le projet
de loi, tel qu'il a été écrit, parce que,
justement, il y
avait des enjeux, comme ça, d'applicabilité, il y avait
des enjeux comme ça, où ce n'était pas écrit précisément de la façon que ça
devait être écrit... Bien, il y a
des citoyens... En fait, il y a des citoyens...
il y a eu une amende à un citoyen, depuis le début du projet de loi, parce que,
peut-être, il n'y
a pas un député autour de la table,
là, qui a allumé lors de l'étude puis qui a dit : Il faut régler cette question-là. Là, ici, on a une
question, M. le
Président, où il y a
un député qui dit : Bien, moi, je vois un enjeu ici. Puis le ministre dit : Je n'ai pas à répondre à cette question-là.
Si le ministre dit : Je n'ai pas à répondre à cette question-là,
il va se passer exactement ce qui en train de se passer avec le projet de loi,
il va y avoir des enjeux d'applicabilité, il va y avoir des contestations, peut-être,
il va y avoir du flou, un peu comme on voit dans le journal ce matin.
Alors, est-ce que
le ministre nous dit qu'il ne veut pas régler ce flou-là,
qu'il ne veut pas régler cette situation-là ou est-ce que, simplement, il n'est pas
intéressé à faire de la bonne législation?
M. Carmant : M. le
Président, je pense qu'il faut
s'attaquer à des problèmes qui sont importants. On a d'ailleurs
déposé un amendement pour la situation que le député de Pontiac soulève. Et
donc nous, on règle les choses qui sont importantes à modifier.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député de Jonquière, on vous
laisse la parole.
M. Gaudreault : Oui, quelques minutes, puis il va falloir que je
vous laisse encore une fois parce
qu'on a des activités protocolaires à l'Assemblée nationale. Mais je
veux juste répondre, parce que le député
de Pontiac a posé une question,
à savoir est-ce qu'on avait abordé
l'enjeu de l'université, là. Tu sais, quand j'ai présenté mon premier sous-amendement, le député de Pontiac a dit : Est-ce que... l'enjeu de l'université n'avait pas été abordé, mais on avait juste abordé l'enjeu des cégeps, donc l'amendement déposé par le député de
Jonquière sort un peu de nulle part. C'est une très, très
bonne question. Mais effectivement, souvenez-vous, je vous reporte à mon sous-amendement de l'amendement du député d'Hochelaga-Maisonneuve, j'avais parlé à la fois des cégeps et des universités,
à quelques reprises d'ailleurs. Et c'est à la suite de ça que, voyant que j'étirais l'élastique au max puis que
ça ne servait à rien parce que le ministre ne voulait pas, bien là... Encore une fois, je
vous le dis, là, un tiens vaut mieux que deux tu l'auras. Puis il y a
eu cette ouverture-là pour les terrains d'université. Alors, regardez,
ce n'est que ça et tout ça en même temps.
Alors, moi,
je comprends, là, les préoccupations du député
de Pontiac quant aux stations de métro. Autrement dit, ce que vous dites, c'est que... Parce qu'il y a des
stations de métro, puis j'ai vérifié avec un diplômé de l'Université du
Québec à Montréal, qui débouchent
directement dans l'UQAM. Donc, ça veut dire que quelqu'un qui a en sa
possession du cannabis, qui est dans
le métro, il faudrait qu'il s'assure de prendre une porte, mettons, place
Émilie-Gamelin, qu'il traverse la rue puis
qu'il est sur le terrain de l'université sans être dans l'université. Autrement
dit, d'un point de vue bien concret, là, ce que le député de Pontiac
soulève voudrait dire ça.
Alors, est-ce
que c'est viable et applicable? Depuis le début qu'on dit que ce ne l'est pas,
ce projet de loi là. On a soulevé
plein, plein, plein d'exemples, c'est un exemple de plus. L'amendement que je
dépose le rend plus applicable, mais il a encore des imperfections. Alors, moi, c'est ce que je... Moi,
évidemment, je vais voter pour mon amendement, là, je ne suis pas... je n'ai pas, comment on dit ça, là,
une dissonance cognitive, mais je sais bien que ce n'est pas le scénario...
Le scénario idéal, on n'aurait pas eu de
projet de loi n° 2. C'est ça, le scénario idéal. Mais il faut qu'on
essaie de faire avancer les choses, puis c'est ce que je propose
humblement et modestement comme résultat.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député de Pontiac.
M. Fortin : Bien, j'apprécie l'attitude du député de
Jonquière sur cette question-là. Tu sais, il arrive avec une solution pratique et, effectivement, une solution
pragmatique qui règle une
partie des enjeux qui ont été soulevés jusqu'à date
dans cette commission parlementaire, effectivement règle la partie, là, des
enjeux qu'on a décrits hier, hein, la différence évidente entre une faculté satellite et un campus principal, où, dans le
projet de loi initial du ministre, là, ça ne faisait pas de sens, M. le Président, ça ne faisait pas de sens
d'avoir... d'être en situation d'illégalité sur le campus principal, mais
de légalité pour exactement le même comportement, exactement la même approche
dans deux lieux qui sont des lieux universitaires mais qui sont à deux endroits
différents. Donc, ça fait du sens.
C'est une
bonne chose que le ministre réalise que ce qu'il était en train de faire, ça ne
fonctionnait juste pas, il y avait un...
Et ce n'est pas... Je ne pense pas que c'était de la mauvaise intention de la
part du ministre ou des gens qui ont écrit le projet de loi
initialement, mais c'est des choses qui arrivent quand on étudie un projet de
loi, qu'on se rend compte qu'il y a des choses comme ça, là, auxquelles on
n'avait pas nécessairement pensé.
Le député de
Jonquière a raison. Quand on débarque du métro à la station Berri-UQAM, bien,
on se retrouve dans l'Université du Québec à Montréal. Le député
d'Hochelaga-Maisonneuve a passé assez d'années là, trop peut-être, à son propre aveu, mais pour savoir qu'effectivement
c'est ça qui se passe. Et une journée où il fait moins 30°, une
journée où il pleut, ça ne te tentera pas
nécessairement de faire le détour, d'aller sortir dehors pour revenir à
l'intérieur, et peut-être faire un détour de plusieurs coins de rue, là.
C'est ce qu'on demande aux citoyens.
Il y en a
d'autres, peut-être, des situations comme celle-là, où ce sera carrément
impossible, où nécessairement on va se
retrouver dans la bâtisse de l'université. Je soumets l'Université de Montréal.
Il y en a peut-être d'autres, Concordia est peut-être dans la même situation. Il y a peut-être des cégeps qui sont
dans la même situation. Il y a très certainement d'autres endroits. Et peut-être que plus tard il faudra
regarder sur les terrains collégiaux, et les autobus qui passent par là, et les
autobus qui passent sur les terrains
collégiaux, et ça, c'est partout. Alors, moi, pour utiliser l'autobus qui
passe... qui me rend, par exemple, du
Mont-Bleu jusqu'à Hull, du Mont-Bleu jusqu'au centre-ville de Hull, il passe
par les terrains collégiaux des cégeps.
Alors, nécessairement, tout le monde qui est dans l'autobus va se ramasser à
être en situation comme celle-là, en situation d'illégalité. Il y a
toutes sortes d'enjeux comme ça.
Parce que
c'est des choses auxquelles il faut s'attarder, c'est des choses auxquelles il
faut penser. Puis ce n'est pas
le fait qu'on prenne 20 minutes puis
qu'on fasse un amendement... Le 20 minutes, pour les 12, 13 législateurs qu'on est autour de la
table, là, c'est bien peu par rapport au temps, par rapport à l'investissement, par rapport à la répercussion que le citoyen, que le policier, que l'université, que le collège va avoir s'il
y a une situation
où le citoyen se fait arrêter, et là il
y a toutes sortes de choses, le
processus judiciaire s'enclenche à partir de ce moment-là, si jamais
on règle le flou qu'il y a dans la loi en ce moment, là, si jamais
le ministre est ouvert à régler le flou qu'on a tous appris
dans le journal ce matin. Mais les répercussions, M. le ministre, M. le Président, sont bien plus importantes pour le citoyen
qu'elles ne le sont pour nous ici, autour de cette table. Nous, c'est un enjeu de dire : Bien
oui, effectivement, c'est quelque
chose auquel on n'avait pas pensé,
c'est quelque chose qui est réel, que le citoyen va vivre, qui va avoir
un impact dans sa vie, qui va avoir un impact sur nos forces de l'ordre, qui va avoir un impact sur le processus
judiciaire. Nous, c'est juste de le dire, ça, de reconnaître ça et de
prendre quelques minutes, d'amender le projet de loi et d'agir en conséquence,
d'avoir une réflexion, s'il le faut, sur est-ce que c'est réellement la chose qu'on veut faire, d'avoir une discussion
sur est-ce que c'est réellement la chose qu'il faut faire, plus que : C'est tout ce que j'ai à dire,
plus que : Je ne veux pas en faire plus, plus... et c'est d'avoir une
vraie discussion, une vraie réflexion sur ce que ça veut dire.
Alors, c'est certain que, oui, oui, M. le Président, on est enthousiastes par
rapport à la proposition qui est faite par le député de
Jonquière, parce
qu'elle enlève toutes sortes de ces situations un peu loufoques là, un peu
ridicules là qu'on a exposées hier
avec l'aide des partis d'opposition. Mais il y en a d'autres qui perdurent, des
situations où... L'intention du législateur,
là, ce n'est pas de s'attaquer à la personne de 45 ans qui débarque du
métro, qui s'en va chez elle et qui doit nécessairement passer par un bâtiment universitaire. Ce n'est pas ça,
l'intention du législateur. Ce n'est pas de dire à cette personne-là : Tu ne peux pas prendre le
chemin le plus court entre le métro puis ta maison. Ce n'est pas ça.
L'intention du législateur, c'est de
dire... si je comprends bien, c'est de s'assurer que les jeunes de 11 à 14, ou
11 à 18, ou 11 à 21, peu importe, fument le moins possible. C'est ça,
l'intention du législateur, si je comprends bien.
Mais
ça, ici, là, on est en train d'avoir des répercussions sur bien d'autre monde
dans bien d'autres situations, du monde
qui essaie juste de se rendre chez eux avec, effectivement, un produit qu'ils
ont acheté du gouvernement du Québec, qu'ils
ont acheté légalement du gouvernement du Québec, qui ont l'âge pour acheter ce
produit-là du gouvernement du Québec.
Et nulle part dans le projet de loi, là, je ne vois qu'on va lui dire que, ah!
tout à coup, là, il est entré dans un lieu où il n'a pas le droit d'avoir du cannabis, hein? Des fois, là, quand on se
promène à la station de métro Berri-UQAM, on ne sait plus trop si on est sur un terrain privé, un
terrain de l'université, ou le bâtiment, un bâtiment privé, le bâtiment de
l'université, l'infrastructure de la STM. Tu
sais, on se promène d'une place à l'autre de façon assez fluide. Il n'y a pas
nécessairement de pancartes qui nous indiquent : Je suis rendu dans un
bâtiment de l'UQAM, je suis rendu dans le bâtiment de la caisse Desjardins, je suis rendu dans le bâtiment
propriété de la STM. Et le ministre a reconnu qu'il fallait le faire dans les
parcs municipaux, il fallait délimiter les
endroits, là, où les citoyens pouvaient fumer pour qu'ils sachent : O.K.,
bien, ici, j'ai le droit, ici, je
n'ai pas le droit. La possession, ça va demeurer très flou dans la tête du
monde, ce n'est pas clairement indiqué comme ça. Alors, c'est pour ça qu'on soulève des enjeux comme ceux-là, ce
n'est rien de plus que de tenter de faire de la bonne législation. Et
j'aimerais ça que le ministre, à tout le moins, à tout le moins, réponde aux
questions avec un minimum d'enthousiasme, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. J'avais reconnu la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme Weil :
Oui. Bon, je pense qu'il faut faire la distinction entre l'intention du
législateur... Ici, le ministre l'a bien exprimée, c'est la consommation
de proximité. On est arrivés sur... en anglais, ça s'appelle «the law of
unintended consequences». Ça se fait
souvent, ça arrive avec des règlements, des lois, toutes sortes de choses.
Donc, comment le corriger? Alors, ce serait de demander aux légistes...
Ça peut être sans changer... Ce serait par une annexe, des définitions, pour
expliquer que ce n'est pas les personnes qui sont en transit qu'on cible quand
on a préparé cet article-là.
Donc,
moi, ce que je demanderais au ministre, c'est de demander aux légistes... Parce
que, certainement, personne n'a vu ça
venir, personne n'a vu ça venir. Mais l'intention du ministre demeure intacte,
ça, on le comprend, donc c'est la consommation
de proximité. Mais ne ciblez pas, comme mon collègue de Pontiac vient de le
dire, la personne qui va en transit. Ça
pourrait être une expression comme ça, donc, en définissant les terrains, les
locaux et bâtiments, quelque chose comme ça... et exclut évidemment,
bon, des personnes en transit, qui ne sont pas là pour rester, là, ils sont de
passage. Donc, il y a des façons. Ça arrive
quand on fait de la législation. Des fois, ça peut arriver à un moment plus
tard, quand la loi est déjà adoptée, puis ensuite il y a des corrections
qui sont apportées.
Alors,
il y a des technicalités. Et, en législation, il y a des experts au
gouvernement du Québec, et je suis sûre qu'il y a ici des gens dans la salle qui peuvent proposer... Et, comme ça,
donc, le libellé ne changerait pas, mais on définit plus tard, quelque part, soit dans une
annexe ou autre,
qu'est-ce qu'on entend par... bon : Terrains, locaux, bâtiments
d'enseignement collégial, universitaire n'incluent pas... etc. Parce qu'on ne
peut pas... Là, là, puisqu'on a découvert le problème,
on ne peut pas faire fi de ça, là, on ne peut pas faire semblant qu'on ne l'a
pas vu, on ne peut pas faire semblant qu'on ne l'a pas vu. Donc, c'en
est un. Puis, comme mon collègue l'a dit... Moi, je n'ai pas vu l'article dans Le
Journal de Montréal , mais il semblerait que... Évidemment, même avec 157,
c'était prévu que... mais c'est complexe, tout ça.
Alors,
je suis sûre qu'il y aura des correctifs. Déjà, ils avaient en tête d'amener
certaines corrections, et là ça incombe maintenant au gouvernement actuel de venir amener ces corrections. Et
elles seront dévoilées au fur et à mesure de l'usage, mais là on l'a
découvert, heureusement, heureusement. Parce que c'est le député de Pontiac qui
l'a découvert, moi, je ne l'aurais pas vu. Alors, en posant des questions, il
s'est rendu compte que, ah! ces gens-là ne sont pas ciblés.
ça ne vient pas du tout en contradiction avec l'intention du ministre, il ne
perd rien, là. Au contraire, il gagne à aller voir avec les légistes, comment on peut corriger ce problème. Il y
a des techniques, et on... Personne ne peut faire semblant qu'on ne l'a pas vu, là, on en a discuté beaucoup
hier soir. Alors, moi, je plaide pour une discussion avec... pas nous,
mais le ministre peut consulter ses légistes pour voir comment ça peut être
corrigé.
M. Carmant :
M. le Président, j'ai déjà fait toutes les vérifications requises.
M. Carmant :
J'ai fait toutes les vérifications requises.
Mme Weil :
Sur cette situation-là?
M. Carmant :
Pour cet amendement qu'on a proposé.
Mme Weil :
Non, mais moi, je ne parle pas de l'amendement, là. L'amendement, vous pouvez
le garder, si vous voulez. Ce qu'on
veut, c'est que ces personnes en transit ne soient pas prises dans, comment
dire, une situation d'illégalité alors que, non, ils sont tout à fait conformes,
là, ils n'avaient aucune intention, mais, parce qu'on est dans la
responsabilité stricte, l'intention n'est
pas validée, vérifiée, donc... Et vous ne ciblez pas ces personnes-là qui sont
en transit. Ça n'a rien à voir avec
accepter la modification, mais il va falloir corriger cette situation, parce
que ce n'est pas corrigé dans l'amendement. Mais vous pouvez garder l'amendement, mais ce n'était certainement pas
la discussion que vous avez eue quand vous avez discuté de cet
amendement, c'est évident. C'est évident, M. le Président.
Écoutez,
on ne peut pas faire semblant qu'on ne sait pas... qu'on n'a pas entendu ce
qu'on a entendu ici. Puis les arguments sont tellement clairs et
logiques. Alors, ça, c'est un peu inquiétant, de...
On n'est pas en train
de contester l'amendement, là, on n'est pas là-dessus. On est sur les effets
non voulus, «unintended consequences». Ça arrive
souvent, en législation et autres, des... Et souvent c'est des gouvernements
qui font des politiques, ou autres,
qui n'ont pas vu... Ah! ce n'est pas ça qu'on voulait. Puis ils amènent des
corrections. Mais là on a la chance de l'avoir découvert maintenant,
alors qu'on est en train de légiférer.
Nous
rassurer qu'il y a... bien, qu'on consulte quelqu'un qui s'y connaît. Sinon, on
va le faire, là. On va appeler les légistes
qu'on connaît puis on va dire : Bon, bien, qu'est-ce que vous faites dans
des situations comme ça? On va demander de suspendre l'article puis on
va trouver une solution. Il y a des experts au gouvernement, et nous, on a des
ressources pour le faire, mais, honnêtement, c'est la responsabilité du
ministre de faire ça.
moins qu'il nous dise qu'il ne voit pas de problème. Peut-être qu'il ne le voit
pas. Il se peut. Mais je l'invite à aller à Concordia, peut-être, vérifier qui est le propriétaire, là, de ce
passage. D'ailleurs, on présume que c'est Concordia, là, c'est confirmé. Mais on sait que l'UQAM, ça, c'est sûr,
parce qu'on a tous... McGill, l'UQAM, Concordia, on les connaît, ces sites-là. Moi, je prends... moi, je passe souvent
par le métro de l'UQAM... pas de l'UQAM, de Concordia. Mais c'est à
vérifier dans les sites universitaires, lesquels sont dans cette situation.
Mais l'UQAM, c'est certain.
donc je plaide pour... sans déranger l'article du ministre, de s'assurer que
les gens pris dans cette situation ne soient
pas pris... ou qu'ils ne soient pas ciblés, puis qu'on corrige ça très
simplement, que ce n'est pas l'intention du législateur de... ou bien, dans la définition de «terrain», «bâtiment»,
etc., on exclut... Puis ils vont trouver la bonne façon de le faire, là,
c'est leur métier et leur expertise de le faire.
Le Président
(M. Provençal)
: Merci, Mme la
députée.
M. Carmant :
M. le Président, j'entends l'inquiétude de ma collègue. Donc, on va suspendre
un instant. D'accord?
Le Président
(M. Provençal)
: Merci. Suspension,
s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à
12 h 29)
Le Président (M. Provençal)
: Nous reprenons nos échanges. Il
y avait un questionnement qui était
soulevé par la députée de Marguerite... Notre-Dame-de-Grâce,
excusez-moi.
Mme Weil :
Marguerite, Notre-Dame-de-Grâce, je peux comprendre la confusion. Oui, donc, on
est sur cette question d'applicabilité et des conséquences non désirées
par le ministre. On comprend l'argument du ministre par rapport au
campus universitaire. Il veut le rajouter parce que c'est cette question de
consommation de proximité, mais que... Sûrement,
son intention, ce n'est pas de viser les gens qui seraient en transit, disons,
et qui passent par le métro, disons. Nous, on n'a pas toute
l'information, mais beaucoup d'entre nous sommes des Montréalais, donc on prend
le métro, et on s'imagine qu'il y a peut-être...
pourrait possiblement y avoir une situation où les gens se trouvent sur le terrain d'une
université en prenant le métro. Cette personne-là, si ce n'est pas un étudiant,
c'est quelqu'un qui va au travail, qui revient du travail, qui pourrait avoir
en sa possession du cannabis.
Donc
moi, ma question, c'était : Est-ce
qu'il y a des façons, en législature,
de s'assurer que ces personnes-là ne soient
pas prises en infraction alors que ce n'est pas une question de prouver leur
intention? On n'est pas dans ça quand on est dans la responsabilité stricte. Il n'y a personne qui va vous poser
votre intention. C'est sûr que le policier pourrait dire : Ah, vous êtes en infraction, puis décider de ne
pas donner... Mais leurs règles leur disent normalement : vous êtes
sur un site universitaire, je dois vous donner une infraction. Vous pourriez plaider devant le
tribunal. Alors, on peut s'imaginer la lourdeur
de tout ça. Un juge va dire : Ah! bien non, évidemment, vous n'êtes pas un
étudiant. C'est un problème avec la loi.
Alors,
ça, c'était ma question, sans remettre en question le fond de l'intention, et
c'est important de le dire, le ministre l'a répété plusieurs fois, c'est consommation de proximité, alors qu'ici, c'est mon collègue qui a découvert ça hier
soir, personne ne l'avait vu. On n'a
pas l'expertise, nous, pour l'instant, on pourra faire nos enquêtes, pour voir
qui de toutes ces... surtout les trois grands qui sont au centre-ville,
mais l'Université de Montréal aussi, le campus de Longueuil de l'Université
de Sherbrooke, est-ce qu'il y en a certains d'entre eux où on arrive sur le territoire ou le
terrain propre, la propriété de l'université. Mais, si c'est le cas,
comment le corriger? Au-delà des discussions qu'on va avoir, mais ce serait quand
même bien d'avoir une réponse du ministre suite à sa consultation avec les
légistes.
Le Président (M. Provençal)
: Avant de céder la parole au ministre, je veux juste rappeler que l'article 4
est en lien avec la possession. Vous, tantôt, vous faisiez allusion à la
consommation.
Mme Weil : Excusez-moi,
possession. Oui, oui, oui.
Président (M. Provençal)
: Alors,
c'est simplement un rappel...
Mme Weil :
Non, non, non, consommation.
Le Président (M. Provençal)
: ...de l'article, qui est en lien vraiment avec la
notion...
Mme Weil :
Oui, tout à fait, possession.
Le Président (M. Provençal)
: ...un principe de consommation. Excusez-moi, là, c'est... M.
le ministre.
M. Carmant : Alors, M.
le Président, dans le métro, il n'y a
pas de problématique. À la sortie, évidemment, chaque station a une possibilité d'aller vers
l'extérieur, et c'est ce qu'on... Donc, le choix sera de se diriger vers
l'extérieur. Nous, on n'a pas l'intention... et on ne croit pas qu'il y
ait d'autres issues à clarifier dans ce contexte-là.
Le Président (M. Provençal)
: Le député
d'Hochelaga-Maisonneuve m'avait... Oui, allez... En réplique, Mme la
députée.
Mme Weil :
Oui. Il y a deux éléments, dans la réponse du ministre, qu'il faudrait
clarifier. Dans un premier temps, il
a dit : Il n'y a pas de problème de propriété où on se retrouverait à
l'intérieur, sur un site qui appartiendrait à l'université, puis il a aussi rajouté : on a le choix
d'aller à l'extérieur. C'est l'un ou l'autre. Mais moi, j'avais compris que les
fonctionnaires étaient rassurés qu'il n'y a
pas une situation d'université qui a un terrain par lequel on passerait, quand
on prend le métro, sans sortir à
l'extérieur. C'était ça, vraiment, la question. Sortir à l'extérieur, ça ne va
pas marcher... Personne ne va aller chercher
son intention, là. On est dans la responsabilité stricte, là. Donc, ça n'aide
pas, là. Mais, la confirmation, moi, j'ai compris ça dans les
fonctionnaires, ils ont dit : Non, il n'y a pas une université qui est
dans cette situation où on passe par le métro sur la propriété de l'université,
en transit.
M. Carmant :
M. le Président, dans le métro, on est dans le métro. Donc, il n'y a pas de
problème à corriger pour ce moment.
Mme Weil :
Vous confirmez pour Concordia, l'UQAM, pour tous ces bâtiments?
M. Carmant :
M. le Président, j'ai répondu à la question, je crois.
Le Président (M. Provençal)
: Le député d'Hochelaga-Maisonneuve m'avait signifié, puis par la suite
je donnerai la parole au député de Viau, qui avait... qui attend
patiemment que je lui cède la parole.
M. Leduc :
Merci, M. le Président. Comme je l'ai annoncé tantôt, moi, je suis content de
l'amendement. Évidemment que je voudrais qu'on aille beaucoup plus loin,
mais, bon, là-dessus, on peut bouger, alors on s'en réjouit.
vais revenir à la discussion qu'on avait hier par rapport à un exemple qui... on
évoquait mes nombreuses années à l'UQAM,
que j'ai vue à plusieurs reprises, qui est la place Pasteur, qui est située sur
la rue Saint-Denis, entre Maisonneuve et Sainte-Catherine, un lieu très
fréquenté par plusieurs personnes, des étudiants, des personnes
marginalisées, des passants, des touristes. Et, l'ayant fréquentée plusieurs
années, soit en marchant dans la rue Saint-Denis ou en changeant de pavillon,
on pouvait parfois sentir quelques effluves du produit qui nous intéresse tous
ici aujourd'hui.
raison pour laquelle je vous parle, c'est que, là, dans la lecture que je
faisais, donc, de l'amendement déposé par mon collègue de Jonquière, sur lequel vous acceptez, donc, de bouger, on
retire la notion du terrain, et la possession donc pourrait être permise, si je comprends bien, sur
le terrain de place Pasteur. Et là, dans la discussion qu'on avait hier,
après ça, je donnais l'exemple
de la place Émilie-Gamelin, et là on avait peut-être un peu de mésentente
ou de confusion sur qu'est-ce qu'un
parc, qu'est-ce qu'une place. Et, par curiosité, je suis allé sur le site de
l'arrondissement Ville-Marie, de la ville de Montréal, qui met dans la même
liste des parcs indistinctement les places et les parcs, mais là je me suis
rendu compte, à ma surprise,
moi-même, que la place Pasteur est bel et bien propriété de la ville, mais il y
a une entente d'entretien et de gestion avec l'UQAM. Donc, techniquement parlant, si je comprends bien, la place
Pasteur n'est pas un terrain de l'université, mais bel et bien une entité municipale. Et là d'où ma
question sur la confusion qu'on avait hier, place, parc. Parce
que, là, je rappelle que vous avez
déposé l'amendement qui viendra plus tard mais qui ouvre la porte aux
parcs municipaux. Est-ce que
vous êtes toujours sur cette idée-là de parc, place, ce n'est pas la même
chose? Parce que, là, si c'est le cas, je suis inquiet que l'amendement ici
n'intègre pas la place Pasteur, qui est un lieu très fréquenté à Montréal.
M. Carmant :
C'est le juriste qui va répondre.
Le Président (M. Provençal)
: M. le juriste, votre nom, s'il vous plaît. Et j'ai besoin du
consentement, excusez-moi.
Une voix :
Consentement.
Le Président (M. Provençal)
: Merci.
M. Cheang
(Sokun C.) : Oui. Sokun Cheang, avocat au ministère de la
Justice, là.
Donc, pour répondre à la question du député
d'Hochelaga, qu'est-ce qu'il faut faire l'appréciation, c'est, ce terrain-là, cette place ou parc, qui en est le
propriétaire, qui en exploite. Là, vous faites
part ici qu'en fin de compte la
place Pasteur est un parc, donc ce n'est pas un terrain. Là, on écarte les
terrains parce que ce n'est pas sur un terrain de l'établissement
d'enseignement universitaire, compte tenu que c'est un parc. On ne couvre pas
les parcs, on ne couvre pas les propriétés
municipales, on ne couvre pas les parcs municipaux ici. Donc, c'est vraiment...
c'est dans l'appréciation de la
place. Si cette place-là est, en fin de compte... est sur la propriété puis
appartient à l'université d'UQAM, à ce moment-là ce serait sur les terrains. Ça va dépendre... La même chose que place
Émilie-Gamelin, là, vous dites que c'est un parc, ce n'est pas... c'est
considéré comme un parc municipal à ce moment-là.
M. Leduc :
Mais la nature de ma question avait un lien avec la discussion qu'on avait hier,
où le ministre semblait faire une
distinction entre parc municipal et place, entre place et parc. Et là, pour
moi, c'était la même chose. Et là on a eu une espèce d'échange sur il y a-tu des arbres, il n'y a-tu pas d'arbres,
là. Mais je voudrais juste être rassuré qu'à votre lecture des choses, ce qui s'en vient plus tard, à
l'article 7.1, où on ouvre la porte à ce que les municipalités puissent
permettre... Là, on est dans la fumée du
cannabis, mais, bon, posséder, on imagine que c'est ça aussi, là, dans les
parcs municipaux. Est-ce que ça inclut aussi les places?
M. Carmant : Posséder, c'est
permis.
M. Leduc : Dans les parcs et
les places? Ça, il n'y a pas de problème avec ça?
M. Carmant : Il n'y a pas de
problème.
M. Leduc : Merveilleux. Ça
répond à ma question, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Ça vous convient? Alors là, je cède la parole au député de
Viau.
M. Benjamin :
Merci. Merci, M. le Président. Vous avez fait la remarque, et c'est vous qui
l'avez faite volontairement, M. le
Président, que j'attendais patiemment. Et, parlant de patience, je vais
exhorter tous mes collègues à faire
oeuvre de patience dans le cadre de l'analyse détaillée de ce projet de loi,
parce que, je pense, M. le Président — et je sais que vous serez d'accord avec moi — aussi longtemps que les droits d'un
Québécois ou d'une Québécoise peuvent être hypothéqués par une décision, par un flou, donc, nous avons à continuer
à faire notre travail, donc à regarder l'ensemble des aspects de ce projet de loi. Moi, comme élu député
autour de cette table, M. le Président, je vous dirais que je suis
heureux de pouvoir regarder chaque
article et de s'assurer qu'on n'a rien
laissé de côté.
Et, parlant
de ça, M. le Président, donc je reviens encore sur les propos de mon collègue
le député de Pontiac, lorsqu'il évoque, justement, le flou... Et je vais
partir d'exemples, un exemple que je connais bien, l'UQAM, comme le collègue
d'Hochelaga-Maisonneuve, l'UQAM, c'est mon alma mater, et que de fois, M. le
Président, j'ai vu des personnes, des utilisateurs
du métro, sortir du métro Berri-UQAM
et transiter par le Pavillon Judith-Jasmin. Ce n'est pas des étudiants
de l'université. Ils transitent par
le Pavillon Judith-Jasmin pour s'en aller Sainte-Catherine, pour s'en aller sur
René-Lévesque, pour s'en aller dans
des commerces. Ces personnes-là, ce n'est pas une vue de l'esprit, ce n'est pas
un cas hypothétique, je l'ai vu. Et,
par jour, c'est des dizaines de personnes. Et c'est un réflexe humain, M. le Président : lorsqu'on s'en va quelque part, on prend le
chemin le plus court pour s'y rendre. Donc, alors, ces personnes-là l'ont fait,
ils le font et ils vont continuer à le faire.
Donc, la
question que je vais reposer encore à M.
le ministre : Donc, ces
personnes-là, ces gens qui transitent par le Pavillon Judith-Jasmin, est-ce
que ces personnes-là, donc...
qu'est-ce qui est prévu pour ces personnes-là? Est-ce que ces personnes-là
vont recevoir une contravention s'ils sont en possession? Donc, j'aimerais que M. le ministre... Quelles sont les mesures qui peuvent être prises, et qui
peuvent être prises maintenant, pour éviter pareille situation?
M. Carmant : M. le
Président, moi, par exemple, quand je vais du point a au point b, j'évite de passer sur des
terrains privés, là, si... Je ne prends pas toujours le chemin le plus court,
là. Deuxièmement, à la question de la sortie du métro, j'ai déjà répondu.
M. Benjamin : Bon, je vais devoir comprendre, comme le ministre
a donné en exemple lui-même, donc je dirai bien humblement au ministre qu'il n'est pas comme
la moyenne des gens. Parce que, moi, la moyenne des gens que je connais, c'est-à-dire, quand on va au point a, au point b, on regarde c'est quoi,
la distance, on se dit : Est-ce
qu'on prend le métro, est-ce qu'on prend l'autobus? Quel moyen qu'on utilise pour arriver le plus rapidement
possible, et quel chemin on prend pour y arriver? C'est un réflexe
humain et il n'y a pas de faute à cela.
Et il n'est
pas interdit, d'ailleurs, il n'est pas interdit aux gens qui sortent du
métro Berri-UQAM de ne pas transiter par
le Pavillon Judith-Jasmin ou par le Pavillon Hubert-Aquin. Je reviendrai sur Hubert-Aquin
tantôt, mais, pour le moment, je suis
à Judith-Jasmin. Donc, puisque ce pavillon-là, donc, c'est un pavillon qui
donne directement, qui donne directement sur... on sort du métro Berri-UQAM, on rentre par une porte. Et, M. le Président, ce que je peux même vous dire... Parce que j'y ai passé, quand même, à cette université-là,
quand même quelques années, pas longtemps,
mais quelques années quand même, et je peux vous dire qu'en hiver, en hiver, il y
a encore davantage de personnes. On les comprend, on les
comprend. Par moins 20°,
moins 25°, M. le Président, vous comprendrez, donc, c'est normal que ces
personnes-là passent, transitent par le Pavillon Judith-Jasmin pour se
rendre à un des commerces à proximité.
Et, je vous dirais, même moi, M. le Président, des années plus tard, donc, comme utilisateur du métro, donc,
bien... des années après que je ne fréquentais plus l'UQAM donc, j'ai eu, par
exemple, à passer, à transiter par le Pavillon Judith-Jasmin pour me rendre dans des commerces que j'aime bien, qui
sont sur René-Lévesque ou, du moins... Et vous savez, il y a un hôpital qui n'est pas trop loin aussi. Donc, il peut y
avoir des gens, et je suis sûr qu'il y en a eu, M. le Président, des personnes
qui vont voir un des leurs à l'hôpital qui n'est... un hôpital qui n'est pas
trop loin, transiter, justement, parce que c'est le chemin le plus court... transitant par
cette route-là pour s'y rendre. Et ça, M.
le Président, c'est des dizaines
et des dizaines de personnes.
Alors,
la question que je... Pour ces personnes-là, dois-je comprendre que le ministre,
par ce projet de loi là, décide que ces personnes-là, ces cas qui ne sont pas si exceptionnels que ça et
que... Comme je le dis M. le
Président, c'est par dizaines. Je pense qu'on peut toujours
faire sortir la statistique de fréquentation
de la clientèle de la STM par cette station de métro là, par d'autres stations de métro qui donnent sur des
universités, donc, pour se rendre compte que c'est des dizaines et des
dizaines de personnes qui passent par cet endroit-là. Est-ce que je comprends
que, ces dizaines et des dizaines de
personnes qui passent par Judith-Jasmin, qui transitent, parce que
Judith-Jasmin est pour eux un territoire de transit, qui passent par
Judith-Jasmin, ces personnes-là, M. le ministre tient à ce que ce projet de loi
là soit muet sur ces cas-là, qui sont des cas qui ne sont pas si exceptionnels
que ça, M. le Président?
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre.
M. Carmant :
M. le Président, j'ai déjà exprimé mon impression sur la sortie du métro UQAM.
M. Benjamin : M. le
Président, il y a
une expression très connue qui s'appelle trappe à tickets. Je ne sais pas
si vous avez entendu parler de cette
expression-là, des «trappes à tickets». Moi, j'ai eu, dans une vie antérieure — dans
une vie antérieure commune, M. le Président, à vous — à
combattre, à combattre cette forme de pratique de trappes à tickets.
trappes à tickets, ce sont des lieux, ce sont des lieux connus comme étant des
lieux où il y a des gens qui vont passer, qui vont passer, qui vont s'arrêter, qui vont transiter par ces
endroits-là, et on utilise un règlement,
un règlement pour l'appliquer sur ces personnes-là.
Est-ce
que le ministre est conscient, à ce moment-là, dans la mesure
où il refuse de bouger sur cet enjeu-là, où il refuse d'amener une
résolution à cet aspect-là, cet enjeu important, que Judith-Jasmin, le Pavillon
Judith-Jasmin, à ce moment-là risque d'être, à toutes formes pratiques, une
trappe à tickets?
M. Carmant :
M. le Président, notre gouvernement n'appuie pas cette pratique.
M. Benjamin : Alors, M.
le Président... Alors, M. le Président, je suis bien d'accord avec M.
le ministre lorsqu'il dit que le gouvernement n'appuie pas cette pratique. Mais ne pas appuyer cette pratique ne
suffit pas, M. le Président. Faut-il bien que le ministre donne, mette
en place des mesures pour éviter cette pratique.
Donc,
alors, ne pas l'appuyer, c'est une chose, mais mettre en place des mesures pour
éviter cette pratique, c'est ça, sa responsabilité aujourd'hui dans le cadre de ce projet de loi. Et c'est ce que nous lui demandons, c'est de mettre en place
des mesures pour éviter cette pratique. Il a la possibilité de le faire, il peut
le faire, c'est en son pouvoir, c'est sa prérogative. Alors, ma question
encore : Va-t-il le faire?
M. Carmant :
J'ai déjà répondu, M. le Président.
M. Benjamin : M. le
Président, vous savez, à ce stade-ci
de nos échanges... Il y a quelques jours, quelque 48 heures,
j'avais moi-même posé la question, suggérée suite à la question qui avait été
posée sur le nombre d'amendes, sur le nombre
d'amendes qui a été donné, qui a été émis, et la réponse qu'on avait eue, c'est
qu'on n'avait pas... ces informations-là
n'étaient pas disponibles, on ne les avait pas. Mais par la suite j'ai
humblement suggéré de voir au niveau du DPCP, donc, avec ma collègue de Notre-Dame-de-Grâce
aussi.
Alors,
à ce stade-ci de la discussion, M. le Président, j'aimerais déposer... Parce
que je pense que, notre travail au sein de cette commission-ci, nous
devrions faire acte de mémoire pour la suite des choses. J'aimerais déposer cet
article, M. le Président, paru dans Le
Journal de Montréal , donc, paru dans Le Journal de Montréal , donc
sous la plume du journaliste Pascal
Dugas Bourdon, donc, l'article ayant pour
titre La loi québécoise sur le pot
est gelée : une seule contravention sur 433 . Donc
j'aimerais le déposer.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, on va suspendre pour recevoir... Mais, avant, avant
de suspendre définitivement, je vais simplement dire que, compte tenu de
l'heure, la commission suspend aussi ses travaux jusqu'à 15 heures, et en
même temps, bien, ça va nous permettre de recevoir l'article puis de le
redistribuer lorsqu'on va revenir à 15 heures. Merci beaucoup de votre
collaboration.
(Suspension de la séance à
12 h 59)
Président (M. Provençal)
: La
Commission de la santé et des
services sociaux reprend ses travaux.
Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre
la sonnerie de leur appareil électronique.
vous rappelle que la commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée
du projet de loi n° 2, Loi
resserrant l'encadrement du cannabis.
Lors de la suspension de nos travaux, ce midi,
les discussions portaient sur l'amendement proposé par le député
d'Hochelaga-Maisonneuve à l'article 4 du projet de loi... c'était-u...
non, c'est le député de Jonquière.
M. Gaudreault : Confondez-moi
pas avec le centre-ville de Montréal, M. le Président.
Une voix : ...avec QS.
M. Gaudreault : En plus, avec
QS, c'est encore pire.
Président (M. Provençal)
l'article 4 du projet de loi, avant de suspendre, le député de Viau, vous
aviez la parole et vous nous aviez
demandé... vous avez transmis à la secrétaire un document qui s'intitule La
loi québécoise sur le pot est gelée : une seule
contravention pour 433 infractions , qui est un
article qui a paru le
jeudi 6 juin. Alors, ce document-là a
été distribué aux membres de la commission en étant déposé dans le greffier.
Alors, si vous allez dans le greffier, vous y avez accès directement.
Ceci étant dit, aviez-vous d'autres
interventions concernant cet amendement?
M. Benjamin : Il me restait
combien de temps, M. le Président?
Le Président (M. Provençal)
: M. le député de Viau, il vous reste
10 min 25 s.
M. Benjamin :
Ah! bien, écoutez, c'est formidable. Bien, écoutez, la raison pour laquelle
j'ai, en fait, pris... de manière primordiale, que j'ai demandé le dépôt
de cet
article de presse, dans cet article, justement, on évoque, M. le Président, tu sais, quand un projet de loi ne dit
pas tout, donc il y a des enjeux qui se présentent. Or, ce que nous avons
devant nous aujourd'hui, nous avons
l'opportunité non pas de pouvoir tout dire, mais au moins de faire en sorte de
combler beaucoup de flou qui pourrait
apparaître... qui pourrait rejaillir dans le cadre de ce projet de loi, là,
dans le cadre de son application.
Et, M. le
Président, donc rappelons encore le principe, en fait, que nous devions, je
pense, défendre, c'est le principe, je
crois, avant tout... bien sûr, on veut atteindre nos objectifs politiques, mais
aussi c'est le principe du respect des droits. Et je pense que, chaque fois qu'une loi, donc, peut,
dans son interprétation, dans son application, porter atteinte à des
droits, donc, nous avons, comme législateurs, la responsabilité de nous
questionner, pas une fois mais à deux fois, donc, pour tenter de trouver une
solution.
J'évoquais
tout à l'heure, avant que nous fassions relâche, M. le Président, l'enjeu des
passagers, donc des personnes qui se
retrouveraient dans des territoires en transit, pour transiter par les
universités. J'évoquais le Pavillon Judith-Jasmin, je vais évoquer un autre pavillon que je connais
aussi assez bien, c'est le Pavillon Hubert-Aquin, c'est le Pavillon
Hubert-Aquin, qui se retrouve à peu près
dans la même situation, M. le Président, c'est-à-dire où il y a des personnes
qui vont au métro, donc, ça, c'est
dans le sens inverse, qui vont passer par Hubert-Aquin, ils n'ont pas d'affaire
à l'université, c'est le chemin le
plus court, ils traversent par le Pavillon Hubert-Aquin pour se rendre jusqu'au
métro. Et c'est un chemin qu'ils empruntent normalement sans aucune
autre forme de procès et c'est le chemin le plus court qui peut les amener
jusqu'au métro.
Donc, ma
question, M. le Président... Donc, on comprend aussi que, pour ces passagers-là
aussi, ces personnes qui passent par le Pavillon Hubert-Aquin, qui
prennent la direction opposée, je vous le dis, donc pour s'en aller jusqu'au métro, ils se retrouveraient dans une situation
aussi où ils peuvent être pénalisés. Dans ce cas-là, est-ce qu'il y a des
mesures... Donc, je comprends bien que le
ministre nous a dit qu'il ne voulait pas bouger sur cet enjeu-là, un enjeu, je
le rappelle encore, où il y a un
risque réel que des personnes peuvent recevoir des contraventions, donc, parce qu'ils se retrouvent en transit dans un des pavillons de l'UQAM. Y a-t-il
des mesures, au moins d'information, que le ministre serait prêt à donner pour s'assurer que ces personnes-là, donc, ne se retrouveraient
pas dans de pareilles situations, recevoir des contraventions de manière
abusive?
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre.
M. Carmant : M. le Président,
je vous ai exprimé ce matin notre position sur l'article 4 et sur l'amendement
proposé par le député de Jonquière.
Pour le reste des échanges, je serai en mode écoute, car je n'ai plus rien à
ajouter. Si je veux intervenir, je vous ferai signe, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Merci, M. le ministre.
M. Benjamin :
...vous comprendrez, M. le Président, que nous sommes dans un cadre d'étude
détaillée, et ce que nous souhaitons,
ce n'est pas que le ministre soit en mode écoute, c'est que nous souhaitons
engager la conversation, la discussion avec lui. Nous souhaitons
l'entendre. Nous avons beaucoup de questions, nous avons des questions, et des questions importantes, M. le Président. Et, je le
rappelle encore, c'est des questions où il y a des enjeux de droit de la
personne, donc, il y a des enjeux aussi...
je l'ai évoqué tout à l'heure, quand je parlais, par exemple, de scénario de
trappe à tickets, je l'ai évoqué
devant cette commission. J'ai vu tellement de cas, M. le Président, où des
personnes se sont retrouvées par-devant les tribunaux pour faire valoir
leurs droits parce qu'il y a une loi qui a été muette sur un aspect
particulier, et, ces personnes-là, finalement, les tribunaux leur ont donné
raison.
Maintenant,
ce que nous voulons, c'est éviter tout ça. Mais la manière de nous y prendre,
M. le Président, c'est par un échange
avec le ministre. Si maintenant le ministre nous dit, bon, qu'il va s'enfermer
dans un mutisme et qu'il sera en mode
écoute, donc, à ce moment-là, écoutez, à quoi bon... Alors, est-ce qu'il est en
train de nous dire de nous taire, nous aussi?
Est-ce que c'est ce que je dois comprendre? Parce que, s'il ne veut pas nous
parler... C'est une question. Est-ce que le ministre veut nous parler?
Président (M. Provençal)
: Ce
que j'ai compris, c'est que le ministre ne me fait pas signe, donc il n'a pas
de réponse à vous donner à votre question.
M. Benjamin :
Bien, M. le Président, vous savez, je connais un peu les rouages de ce genre de
manifestation, mais visiblement ça ne
nous permettra pas d'avancer dans nos travaux. Donc, moi, j'ai des questions à
poser à M. le ministre sur ce qui se passe, ce qui pourrait se passer et
ce qui se passera probablement, c'est-à-dire, aux abords ou dans les pavillons universitaires que fréquentent des personnes qui
sont là et qui y passent de bonne foi. Donc, je comprends bien que M. le
ministre ne veut pas apporter de
modification législative, mais je veux l'entendre sur ce qu'il compte faire
pour éviter ce genre de situation.
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre, vous n'avez pas de commentaire? O.K.
M. Benjamin : Je m'arrête ici.
Le Président (M. Provençal)
: Vous avez un?
M. Fortin :
J'ai un amendement à déposer.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, on va parler d'un sous-amendement.
M. Fortin :
Un sous-amendement, effectivement.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, M. le député de Pontiac.
M. Fortin : Effectivement. Donnez-moi quelques instants, on
va déposer auprès de la commission, je pourrai le lire par après.
Le Président (M. Provençal)
: On va suspendre pour recevoir le sous-amendement.
(Suspension de la séance à 15 h 14)
Président (M. Provençal)
S'il vous plaît! Nous allons reprendre les échanges. Le député de Pontiac
dépose un sous-amendement à l'amendement de
l'article 4 dans le projet de loi resserrant l'encadrement du cannabis.
Alors, je vais demander au député de
Pontiac de nous lire son sous-amendement et de nous expliquer la teneur de son
sous-amendement.
M. Fortin : Oui. M. le Président, il n'est pas très long à
lire, mon sous-amendement
Article 4 : Modifier l'amendement
proposé à l'article 4 du projet de loi :
2.2° par la suppression, dans le
paragraphe 2.1°, des mots suivants : «ou dans les bâtiments».
Alors, comme explication, M. le Président, très
clairement, là, l'amendement qui avait été présenté par le député de Jonquière faisait en sorte qu'il
devenait interdit de posséder du cannabis sur les terrains, dans les locaux ou
dans les bâtiments d'un établissement
collégial et dans les locaux ou les bâtiments d'un établissement d'enseignement
universitaire, à l'exclusion des résidences
pour étudiants. Dans le fond, ce que le député de Jonquière venait faire, c'est
enlever la
partie sur les terrains des universités.
Il y a encore
des enjeux de cohérence à travers tout ça, là, on l'a expliqué, là, le campus
principal versus le campus satellite,
puis ça, je ne pense pas qu'il y a un amendement qui règle ça, mais c'est une
incohérence qui, il semble, va persister dans le projet de loi. Correct. Je trouve ça un peu aberrant qu'on ne
soit pas capables de faire de la législation pour régler cet enjeu-là,
mais, regarde, on va vivre avec, c'est ça qui est ça, M. le Président.
Mais,
sur la question des terrains et des bâtiments, je pense qu'une des grandes
questions qu'a soulevées le député de Viau, entre autres dans ses
dernières interventions, c'est le fait qu'en enlevant — et le
ministre est en accord avec l'amendement du
député de Jonquière — en retirant... parce qu'il y a des
complexités, parce qu'il y a des enjeux
d'application, en retirant «les terrains
d'une université», donc là on dit... Par exemple, l'Université Laval, hein, une université où il y a
des bâtiments qui sont des bâtiments uniques, là, «stand-alone», là, qui ne
sont pas collés sur d'autres, où on ne peut pas nécessairement traverser à l'intérieur tout le temps, partout, c'est une
université avec un terrain extérieur, quelqu'un qui part du chemin Sainte-Foy peut
traverser à travers le terrain de l'université et se rendre jusqu'au boulevard
Laurier. Je pense que ça, c'est assez clair, l'amendement du député de
Jonquière fait en sorte que ça, c'est possible.
Mais,
dans le contexte montréalais, dans le contexte où les gens font la même chose,
ils piquent à travers de ce qui est
l'université, le terrain de l'université... Le terrain de l'université à
l'UQAM, là, c'est le bâtiment, hein? C'est juste différent. On est à l'intérieur, on est en ville, on est à
Montréal. Le terrain de l'université, de la même façon que quelqu'un
piquerait à travers de l'Université Laval
pour passer du chemin Sainte-Foy au boulevard Laurier, bien, les gens le font de
la même façon, mais ils le font à
l'intérieur à l'Université du Québec à Montréal. Ils font la même chose à
l'Université de Montréal, ils font la
même chose à l'Université McGill, ils font la même chose à l'Université
Concordia. Ils font peut-être la même chose dans plusieurs autres endroits à travers le Québec, mais, dans ces
cas-là, c'est des cas très précis où c'est ça qui se passe, c'est ça que les gens font. Puis ils ne le font pas
nécessairement pour aller interagir avec les étudiants non plus, ils le font
parce que c'est le chemin le plus court pour
se rendre chez eux, c'est le chemin le mieux abrité des fois pour se rendre
chez eux. C'est l'endroit où ils sont
déjà, tu sais, ils se considèrent déjà à l'intérieur, ils viennent de sortir du
métro, dans certains cas, ils viennent
de sortir d'un établissement privé qui est à l'intérieur du grand complexe de
l'UQAM, ils viennent de sortir de la Bibliothèque
et Archives nationales du Québec. Donc, il est là, l'enjeu, c'est que ça crée
un genre de discrimination — et j'utilise le mot
librement, là, mais ce n'est pas le bon mot, là — envers les gens qui
sont à l'Université du Québec à Montréal plutôt que les gens qui sont à
l'Université Laval.
comprends le raisonnement derrière l'amendement du député de Jonquière. Tout ce
qu'on vient faire, c'est essayer de
dire, puisqu'il y a une ouverture du côté du ministre, du côté des députés des
autres partis d'opposition pour ouvrir l'article pour exclure les terrains parce qu'il y a des enjeux
d'applicabilité : Bien, ces enjeux-là sont tout aussi vrais sur le
campus de l'UQAM, sur le campus de l'Université de Montréal. Alors, c'est ça
qu'on vient demander au ministre.
Quand
il nous dit : Bien oui, effectivement, vous avez soulevé des enjeux,
collectivement, autour de la table, on a soulevé des enjeux pour
l'applicabilité, pour la simplicité de compréhension du citoyen autour de
l'Université Laval, l'Université de
Sherbrooke, les autres universités, les universités où il y a des terrains,
bien, ces enjeux-là sont tout aussi vrais pour les gens de l'UQAM.
Alors, ce qu'on essaie de comprendre, c'est : Puisque le ministre en est
arrivé à ce raisonnement-là, ce raisonnement
de difficulté d'applicabilité là, c'est quoi, la différence avec l'UQAM?
Pourquoi ça ne pourrait pas s'appliquer à l'UQAM?
M. Carmant :
M. le Président, je crois profondément qu'à un moment donné il faut tracer la
ligne. Et nos institutions d'éducation supérieure ne devraient pas
permettre de posséder du... c'est ça, de posséder du cannabis à l'intérieur des
bâtiments de l'université. Et c'est ce qui s'appliquait avec le secondaire,
c'est ce qui s'applique avec le collégial, puis maintenant c'est ce qu'on va appliquer avec les universités. Je pense
que c'est juste une décision de tracer la ligne. S'il le faut, on
travaillera avec les différentes institutions pour que ce soit clairement
affiché.
M. Fortin : Parce que... Et ce n'est pas fou, ce que le ministre avance là, de
travailler avec les institutions. Si vraiment, là... Si ça n'arrivera jamais... On va le présenter... on l'a présenté,
on va voter sur notre amendement. Si ça ne passe pas, si, d'ici la fin
de notre point, on n'a pas convaincu le ministre... Je suis content qu'il dise
qu'il va explorer la possibilité de
travailler avec les universités pour afficher clairement, parce que c'est la
directive que, dans leur propre amendement qu'il nous a déjà présenté pour les parcs, il exige aux municipalités, il
exige aux municipalités de dire aux gens clairement où ils peuvent fumer
et où ils ne peuvent pas fumer dans un lieu... un parc public ou une place
publique. Là, je ne sais plus lequel des deux il veut, là.
Le Président (M. Provençal)
: Juste une correction par rapport à ce que vous dites.
Le Président (M. Provençal)
: Parce que je veux juste rappeler que l'article que l'on
traite est toujours en lien avec la possession.
Le Président (M. Provençal)
: Et là vous parlez de fumer. Donc là, c'est de la consommation.
M. Fortin :
Non, non, je comprends, mais je parle de l'affichage. Le ministre a compris le
concept.
Le Président (M. Provençal)
: ...je veux être sûr de bien comprendre aussi l'ensemble de
votre argumentation, M. le député de Pontiac.
M. Fortin :
Oui. Mais le ministre a compris le concept d'affichage. Donc, quand il
dit : Moi, je ne veux pas qu'il y en
ait, mais je suis ouvert à mettre des balises, ou travailler avec les
universités, ou peu importe, autour de l'affichage pour qu'un citoyen ne se retrouve pas dans une
situation d'illégalité bien malgré lui, bien, c'est un peu ce qu'il dit aux
citoyens un peu plus tard, là, dans le
projet de loi, quand il introduit un amendement qui dit : Oui, je suis
ouvert à la consommation sur la place
publique, j'ai entendu les arguments des experts qui sont venus s'exprimer, on peut travailler avec les villes pour identifier des secteurs. Mais il va falloir qu'ils
le disent aux citoyens. Donc, le parallèle est quand même
clair, tu sais. C'est de dire aux citoyens : Ici, on va vous le
dire, c'est quoi; plus tard, on ne vous le dira pas, c'est quoi.
Mais
c'est juste le point que je voulais faire. Parce que le ministre
a amené le concept de : Je suis prêt à travailler avec les différents établissements d'enseignement pour s'assurer que c'est clair pour tout le monde. Ça, c'est une
bonne nouvelle. Je ne sais pas comment il va
le faire. Je ne sais pas si, peut-être, il faudrait inclure quelque chose qui lui dit que ça va
introduire un règlement, ce que je n'aime pas, dans la législation, là,
en disant qu'on va inclure un règlement pour ça. Mais peut-être que c'est la façon
de le faire. On pourra prendre quelques minutes, là, pour y penser. Mais ce
n'est certainement pas... Ce n'est certainement pas, là, selon
nous, une mauvaise chose que d'être très clair avec le citoyen pour ne pas qu'il se retrouve dans une situation d'illégalité quand, comme on l'a soulevé, le citoyen
est dans une bâtisse qu'il ne sait
pas trop si ça appartient au public, au privé. La situation
que décrivait le député d'Hochelaga-Maisonneuve tantôt, c'en est une. Tu sais, il y a des endroits, des places publiques, des parcs qui
appartiennent à la ville, qui sont loués ou qui sont sous gestion des universités.
Alors, c'est un peu le point qu'on veut faire.
Question
de clarification, puis là on pourra revenir à l'affichage, parce que
vous en avez parlé, mais question
de clarification, quand on parle des bâtiments, des bâtiments universitaires, l'Université
Laval a un stationnement, O.K.? L'Université
Laval, là, je m'en vais à un
stationnement extérieur, je m'en vais à
l'extérieur, je stationne ma voiture,
ça finit là. Je suis sur le terrain de l'université. À l'UQAM, il y a un stationnement en dessous. Il y en a
trois, des stationnements. Est-ce que c'est des bâtiments ou c'est des
terrains de l'université?
M. Carmant : Je passerais la
parole au juriste, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, M. le juriste, à vous la parole.
M. Cheang
(Sokun C.) : Le
stationnement souterrain qui fait
partie du bâtiment, donc, ce n'est pas sur le
terrain. Si ce sont des stationnements qui sont à l'extérieur, sur le terrain,
donc ce serait sur le terrain, mais, si vous parlez des stationnements
intérieurs qui font partie... en fin de compte, dans le sous-sol du bâtiment,
là, ça fait
partie du bâtiment.
M. Fortin : Oui. Si c'est un stationnement étagé extérieur,
là, avec... tu sais, ouvert, là, où on a accès à l'extérieur, là, ou
avec un toit, même, est-ce qu'on est sur le terrain ou à l'extérieur?
M. Cheang (Sokun
C.) : Dans mon appréciation, ça, c'est vraiment sur le terrain,
à ce moment-là.
M. Fortin : Si je suis sur le toit ou si je suis dans les
étages? Tu sais, vous savez de quoi je parle, là? Un stationnement étagé, là, un stationnement, cinq, six étages, là,
avec un toit. Il y a des gens qui stationnent sur le toit, il y a des gens
qui stationnent au troisième, au quatrième.
Ce n'est pas un sous-sol, là. Un sous-sol, je comprends votre interprétation,
fait
partie du bâtiment. Pas de trouble avec ça. Mais si c'est un stationnement
étagé?
M. Cheang (Sokun
C.) : Je ne suis pas un expert en bâtiment. Est-ce que vous
voulez savoir... Est-ce que ce stationnement étagé là est considéré comme un
bâtiment? Ça, je pourrais vous revenir pour vous confirmer ça.
M. Fortin :
J'aimerais ça, parce que, là, on a un enjeu.
M. Cheang
(Sokun C.) : Parce que, là,
il y a quand même une construction. Parce que, là, vous me parlez
vraiment d'un stationnement étagé qui est vraiment construit avec des
planchers...
M. Fortin :
En haut, là.
M. Cheang (Sokun
C.) : Exactement, là.
M. Fortin :
À partir du sol, on monte, là.
M. Cheang
(Sokun C.) : Sauf qu'il
n'est pas attaché au bâtiment, à l'immeuble, là. Tu sais, c'est ça que vous
voyez. Bien, si c'est attaché à l'immeuble,
ça fait
partie du bâtiment qui est limite, qui est l'établissement. C'est juste
comme si, vraiment... Comme vous dites, c'est vraiment distinct.
M. Fortin : Attaché, oui. Mais il y en a, des bâtiments...
j'en connais une, université, là, où il y a un stationnement étagé
extérieur.
M. Cheang (Sokun
C.) : Exactement, distinct. Bien, ça, on pourrait vérifier pour
voir c'est comment que c'est apprécié par rapport à ce stationnement étagé
distinct de l'établissement, est-ce que c'est considéré comme un bâtiment ou
non.
M. Fortin : O.K. Parce que, là où je veux en venir avec ça,
essentiellement, c'est qu'il semble y avoir un peu un double standard, là, ici, là, tu sais. Si moi, je
conduis ma voiture à partir de chez moi, puis il y a du cannabis dans
l'auto, j'ai droit... C'est un lieu public,
on a droit jusqu'à 30 grammes. Je stationne ma voiture à l'Université
Laval. Je suis correct. Je laisse ça
dans l'auto. Il n'y a pas de trouble. Je fais la même chose à l'UQAM. Mais là
je suis dans le trouble parce que je suis dans le bâtiment de
l'université. Est-ce que ça vous semble logique, ça?
M. Carmant : Bien, on
va vérifier selon le statut. Et puis, encore une fois, on s'assurera que
l'information soit bien...
M. Fortin : Non, non, je... Bien, pour l'information, je comprends ça, M. le
ministre. Je l'apprécie. Je n'ai pas de problème. Le juriste va me dire
pour le stationnement étagé : Je vais vérifier. Mais, tu sais, là, je...
Ça, c'est une autre université. L'Université
Laval, on stationne à l'extérieur, O.K.? On peut partir de chez nous, avoir du
cannabis dans le coffre à gants, amener ça jusqu'à l'université,
stationner, verrouiller. Il n'y a pas de problème à revenir le soir puis à
repartir, c'est sur le terrain de l'université.
stationnement de l'UQAM, là, je rentre dans le sous-sol. Je fais la même chose,
je laisse le cannabis dans le coffre
à gants, je barre le char, je reviens le soir après mes cours. Je repars. Là,
je n'ai pas le droit. Est-ce que c'est logique? Est-ce qu'on peut... Tu
sais, si vous ne voulez pas les bâtiments, là, est-ce qu'on peut exclure les
stationnements à l'intérieur des véhicules?
Tu sais, j'ai... Y a-tu une façon de faire pour que ce soit équitable pour le
gars de Québec puis le gars de Montréal, là?
M. Fortin :
Oui, effectivement.
M. Carmant :
Bien, écoutez, on va en parler avec les juristes. Mais, tu sais, encore une
fois, moi, je suis quand même strict sur le fait qu'il faut mettre la
ligne quelque part.
M. Fortin :
Je comprends.
M. Carmant :
Puis le quelque part, c'est vraiment le bâtiment.
M. Fortin : Bien, je comprends ce que vous voulez
éviter. Vous ne voulez pas que les gens se promènent, là, tu sais... Ici, le bâtiment de l'Assemblée nationale, là, le bâtiment de l'Assemblée
nationale, ici, c'est un peu comme la
salle de cours, disons, puis le corridor
dehors, ça, c'est le bâtiment. Bien, le corridor dehors... le corridor à
l'extérieur de la salle, c'est le
bâtiment. Je comprends votre point, vous n'en voulez pas là. Tu sais, je pense
qu'on a fait la démonstration que, dans
certains cas, selon nous, ce serait utile, entre autres pour des gens qui
transitent à travers certains campus universitaires, mais là je vous
demande le stationnement, là, tu sais, le stationnement qui est en dessous, là,
qui serait en dessous de l'Assemblée nationale s'il y en avait un, stationnement, ici, qui, effectivement... Il y a cinq ans, là, avant que vous soyez élu, ou il y a quatre ans, peut-être
que le député de Chauveau s'en souvient, là, tu avais deux choix : tu
stationnais en dessous, au G, ou tu stationnais dans la cour intérieure,
hein? Il y avait des députés qui stationnaient dans la cour intérieure puis il
y avait des députés qui stationnaient dans le...
M. Fortin : ...oui, effectivement. Donc, il y avait des députés qui avaient une
passe pour stationner dehors. Ces gens-là
auraient droit à avoir du cannabis dans leurs autos, puis ceux qui
stationneraient en dessous n'auraient pas droit. C'est un peu ça, mon enjeu. Tu sais, on a comme deux classes de
stationnements, deux classes de citoyens, selon qu'on est en université
en région et à Québec ou à Montréal.
Le Président (M. Provençal)
: Est-ce que le...
M. Carmant :
...moi, encore une fois, moi, je pense que nous, on trace la ligne vraiment au
bâtiment, quelle qu'en soit la
définition, à ce moment-là. Je comprends l'inéquité, mais c'est là qu'on...
Nous, on est vraiment fermes sur le bâtiment.
M. Fortin : J'ai utilisé l'exemple des élèves. Là, je ne pense pas que je vous
demande de commentaire, je pense que
j'ai compris que le ministre, il ne bougera pas, là, même si on a convenu,
vous, moi, le député de Chauveau et d'autres, qu'il y a deux types de
stationnements très distincts, là. Ces stationnements-là, effectivement,
j'utilisais l'exemple des étudiants, qui
sont les utilisateurs principaux, probablement, du stationnement de
l'Université Laval, avec les profs, avec les membres de la faculté, et tout ça, mais, tant à l'Université Laval
qu'à l'UQAM, c'est des stationnements qui sont ouverts au public aussi, tu sais. Il y a toutes sortes de
gens qui vont là pour des activités. Il y a toutes sortes de gens qui
stationnent à l'UQAM, peut-être à DeSève pour aller à la place des Festivals,
il y a des gens qui vont stationner là pour toutes sortes d'autres activités. Ces gens-là, s'ils choisissent
n'importe quel autre stationnement public, il n'y a pas de problème, ils
peuvent laisser leurs autos là. S'ils choisissent celui qui est en dessous, là,
qui est en dessous de l'université, qui est un stationnement intérieur, s'ils vont là pour un concert le soir, ils arrivent
à 8 h 30, il n'y a plus un étudiant dans la place parce que
c'est l'été puis les cours sont finis, ils n'ont quand même pas le droit.
sais, ce que le ministre tente de faire, si j'ai bien compris son argumentaire
depuis le tout début, c'est de dire : Je ne veux pas de consommation de proximité, dans ce cas-ci, là, possession
de proximité qui mène à une consommation de proximité. Si c'est ça,
l'argument, tu sais, il y a des situations où ces stationnements-là ne mènent
pas du tout à aucune interaction, même, avec un élève, un étudiant. Moi, j'ai
50 ans... je n'ai pas 50 ans, moi, j'ai 37, 38... Je ne me souviens
même plus. 37 ou 38? Je ne le sais pas.
M. Fortin : 37, merci. Moi, j'ai 37 ans puis je stationne mon véhicule en dessous
de l'Université de Montréal. Mon char,
il est barré. Je n'interagis avec personne. Je quitte, je m'en vais... de
l'université, de l'UQAM, pardon. Je quitte, je m'en vais voir un concert, je reviens à mon auto. Le cannabis, là, il
n'est même pas passé proche d'une personne de 17, 18, 19, 20, 21 ans, peu importe, là. Il est
resté dans l'auto verrouillée. En fait, il serait peut-être plus proche si
j'avais parqué mon char dans la rue, rendu là. Il y aurait peut-être eu
plus de chances qu'une personne de 17 ans s'approche de mon automobile.
Mais là, dans ce cas-là, ce n'est pas le cas. C'est pour ça que j'ai de la
misère.
Le ministre
me dit : Dans l'établissement, dans le bâtiment. Là, on est proche en
bâzouelle. Ben oui, on est proche en bâzouelle.
Effectivement, tu sais, on se côtoie, on côtoie les étudiants, on côtoie la
faculté. Il y a des étudiants partout, il y a du monde de 18, 19 ans partout dans une université. Dans le
stationnement, il y en a pas mal moins, il y en a pas mal moins à certaines heures de la journée, puis il n'y a pas
d'interaction. Ce n'est pas quelque chose que j'ai dans mes poches, dans
mon sac, que je peux sortir facilement,
rendu là. Il est dans mon char, mon char est barré, puis la personne qui passe
à côté, elle n'a pas les clés.
Donc, c'est
un peu le point que je voulais faire, c'est un peu le point qu'on voulait faire
en excluant les bâtiments. Le ministre
nous dit : Ça ne m'intéresse pas, ce n'est pas ça que je veux faire; peu
importe le contexte, peu importe le contexte, là, un bâtiment, pour moi,
ça inclut le stationnement sous-terrain. Je comprends l'explication du
ministre, je comprends qu'il n'est pas intéressé à l'amendement qu'on propose,
j'aimerais quand même entendre l'interprétation du juriste sur le stationnement
étagé extérieur.
M. Cheang
(Sokun C.) : Oui, pour
répondre à votre question : Le stationnement étagé est-il un bâtiment ou
non?, conformément à la définition de «bâtiment», ce serait, à ce moment-là, un
bâtiment... conformément à la définition de «bâtiment»
qui est prévue par la
Loi sur la Régie du Logement, qui dit que c'est «toute
construction utilisée ou destinée à être utilisée pour abriter ou
recevoir des personnes, des animaux ou des choses, y compris les installations
et les équipements nécessaires à son
utilisation, tels que les puits, les raccordements aux services municipaux ou
gouvernementaux, la fosse septique et son
champ d'épuration et le drain». Donc, le stationnement, c'est un bâtiment ici,
là, c'est une construction...
M. Fortin :
...à quel critère là-dedans, ça...
M. Cheang
(Sokun C.) : «Qui est
utilisé ou destiné à être utilisé pour abriter ou recevoir des personnes». Ici,
on reçoit des personnes, c'est une construction. Un bâtiment, c'est une
construction, puis ici c'est une construction, donc, il fait
partie de
l'établissement.
M. Fortin :
Je pensais que vous alliez me dire que c'est pour abriter des lieux publics que
sont les automobiles. Mais ça me va, M. le Président, je pense que j'ai fait le
tour de la question, du moins pour mes questions au ministre. J'ai peut-être
des arguments que je peux faire valoir, additionnels, mais le ministre n'a pas
l'air intéressé par mes arguments, n'a pas l'air intéressé à, du moins, changer
sa position par rapport aux arguments que je présenterais.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député de Jonquière m'a demandé la parole.
M. Gaudreault :
Oui. Bien, je pense que M. le juriste vient de répondre, en tout cas en partie,
parce que c'était ça, ma question, c'est :
Est-ce qu'on peut se référer à d'autres législations? Le corpus législatif, au
Québec, est suffisamment important — on a la
loi sur les bâtiments, etc. — pour avoir une définition. Parce que, là, on
a trois expressions : «sur les terrains»,
«dans les locaux» et «dans les bâtiments». Considérant notre dicton qui dit que
le législateur ne parle pas pour ne rien dire, c'est que, normalement,
il y a trois définitions différentes si on dit : Terrains, locaux,
bâtiments. M. le juriste vient de nous donner une définition de «bâtiment» en
vertu de la loi... pardonnez-moi, M. le juriste...
M. Cheang
(Sokun C.) : Ça, c'est en
vertu du lexique de la
Loi sur la Régie du logement... de la Régie du
bâtiment.
M. Gaudreault : La Régie du
bâtiment.
M. Cheang
(Sokun C.) : Puis aussi je
voudrais ajouter qu'eux autres, ils donnent comme exemple le
stationnement à étages dans la définition de «bâtiment».
M. Gaudreault : Est-ce qu'on a
dans le même lexique des définitions pour «terrain» et «locaux»?
M. Cheang (Sokun
C.) : Ça, je pourrais vérifier par rapport à ça.
M. Gaudreault : Parce que ça
pourrait juste être utile.
M. Cheang (Sokun
C.) : Ici, on parle vraiment des constructions, ici, on parle
de construction.
M. Gaudreault :
Parce que je pense, en tout cas, dans mon esprit à moi... Et c'est important
qu'on le précise ici, parce que, vous voyez, juste dans cette étude de
projet de loi, on a référé souvent au Journal des débats du projet de loi n° 157, donc les
législateurs futurs vont faire la même chose avec notre étude
actuelle. Donc, dans mon esprit à moi, quand on dit «terrain», c'est comme dans l'expression familière quand on
dit à quelqu'un : On va aller prendre une bière sur le terrain, tu sais, on va aller s'asseoir sur
le terrain, ou les enfants sont sur le terrain. Mais pourtant, dans le sens
juridique, le terrain, c'est mon terrain sur
lequel j'ai ma maison, donc la maison est sur le terrain, puis mon sous-sol est
sur le terrain.
Mais là on n'est pas
nécessairement dans une expression fine. Quand on dit «le terrain», c'est
l'espace, souvent gazonné, parfois asphalté,
parfois pavé, sur lequel il peut y avoir parfois des arbres, parfois une
fontaine, qui est entre différents pavillons
de l'université, disons. Ça, c'est ce qu'on appelle le terrain, mais c'est une
définition qu'on se donne entre nous. Parce
que je ne suis pas sûr que la définition strictement juridique de «terrain»,
c'est ce qu'on dit qui est un peu plus dans le langage familier et pour lequel, à tout le moins, je pense qu'on
s'entend ici, là. Parce que, si on regarde dans le Code civil, puis
quelqu'un s'achète un terrain, il va pouvoir se construire une maison dessus,
dans laquelle elle sera... bon, tu sais, c'est son immeuble, au fond.
Alors,
c'est pour ça que la définition que vient de nous donner M. le juriste sur la
notion de bâtiment est importante. Si
on avait le même type de définition sur lequel on est capables de se référer
ailleurs dans le corpus législatif québécois... Puis on n'est pas obligés de l'avoir là, maintenant, on peut l'avoir un
petit peu plus tard, le temps de faire la recherche, et on pourrait revenir et dire : Bon, bien, la
définition qu'on entend de «terrain», c'est elle, par exemple, qui est dans
telle loi.
La définition qu'on a de «locaux», c'est elle qui est dans
telle autre loi. Et là ça nous permettrait de comprendre exactement de quoi on
parle.
Mais, moi, dans mon
esprit à moi, quand on dit «terrain»... Parce que c'est pour ça qu'on l'a
exclu... Dans l'amendement que j'ai déposé,
on exclut le terrain, c'est parce que... on exclut le terrain de
l'interdiction, c'est parce que justement on veut que les gens se
promènent sur le terrain du campus comme on l'imagine, nous, dans notre esprit,
en possession de cannabis, pour se rendre à
leurs résidences. Quand on parle des bâtiments, la nuance, quand même, que
fait le député de Pontiac est importante,
c'est les pavillons, par exemple, de l'université, incluant les stationnements
à étages. Et là la définition de «locaux»,
bien là, c'est un petit peu plus fin, un petit peu plus précis. Ce que je
comprends, c'est que c'est, par
exemple, les salles de classe, c'est les amphithéâtres, c'est le gym, c'est les
salles de bains, c'est les locaux. À la limite, est-ce qu'on serait
obligé de dire «les locaux», quand on parle des bâtiments? Je ne suis pas
convaincu de ça.
Mais,
bon, on voit comment c'est difficile d'avoir un amendement, là, donc, tu
sais... Mais d'amener la distinction dans
nos différents mots n'est pas inutile, M. le Président. Alors, c'est pour ça
que moi, je fais la demande, je ne demande pas de l'avoir là, mais on peut l'avoir... ça pourrait être demain, ça
pourrait être même le temps de faire une recherche correcte, avoir des définitions juridiques sur lesquelles on
pourrait se baser, comme parlementaires, et surtout que ceux qui auront
à interpréter la loi dans le futur, que ce
soit un juge, que ce soient de futurs législateurs, puissent savoir de quoi on
parlait. Et on pourra le déposer ici, quand on aura ces définitions-là,
si elles nous conviennent.
Le Président (M. Provençal)
: Merci, M. le député de Jonquière.
Le Président (M. Provençal)
: Oui.
M. Carmant :
Je pense qu'on a déjà, là, des...
M. Cheang (Sokun C.) : ...mais juste pour... Je ne sais pas si cette
réponse va vous satisfaire, mais ici c'est vraiment le sens commun de «terrain exploité», il n'y a
pas... Pourquoi je suis allé vérifier par rapport à la définition de «bâtiment»,
c'était pour faire l'appréciation concernant
le stationnement à étages, parce que, là, j'avais des doutes : Est-ce que
c'est une construction ou non? Et
c'est dans ce sens-là qu'on est allés faire des vérifications, pour dire :
Regardez, le stationnement à l'étage, parce que, là, c'est vraiment...
est-ce que ça fait
partie de l'établissement universitaire ou non? C'était dans
ce contexte-là qu'on est venus chercher dans
une autre loi la définition de «bâtiment» pour faire cette appréciation-là
concernant les stationnements à l'étage.
Mais, par rapport au terrain, je ne pense pas qu'il y a de confusion, le
«terrain», c'est vraiment le sens commun, qui est le terrain qui est
exploité par l'établissement, puis je ne pense pas qu'il y ait d'autres façons
d'interpréter «terrain» que le sens qui est donné là.
M. Gaudreault :
Et «locaux»?
M. Cheang (Sokun C.) : Bien, la même chose, les locaux, c'est les
parties d'un bâtiment, vous avez donné comme exemple «salle de classe»,
les salles ici. Ça peut être quoi, les...
M. Gaudreault :
L'amphithéâtre.
M. Cheang (Sokun C.) : Exactement, dans un endroit qui se trouve dans le
bâtiment. Et aussi pourquoi on a mis «locaux»,
parce que ça se pourrait que les locaux se retrouvent dans un autre
établissement, mais ça appartient quand même... le cas du bâtiment appartient à l'établissement d'enseignement. Comme
vous avez fait
part l'exemple que ça se pourrait que c'est dans un
centre hospitalier qu'il y ait un local qui, à cause d'un bail, tout ça, est
exploité par l'établissement d'enseignement,
bon, ce local-là, il est compris ici, là. Il n'est pas dans un bâtiment de
l'établissement d'enseignement collégial ou universitaire, mais c'est un
local qui est exploité par l'établissement d'enseignement, donc on va le
chercher, à ce moment-là, aussi, là. Est-ce que c'est plus...
M. Gaudreault : Oui, oui, oui,
beaucoup plus clair.
Président (M. Provençal)
: Ça vous
convient, M. le député de Jonquière?
M. Fortin :
...encore quelques questions de précision, M. le Président, si vous permettez.
Le Président (M. Provençal)
: Oui, M. le député de Pontiac.
M. Fortin :
Il doit me rester quelques minutes, là, j'imagine, là.
Le Président (M. Provençal)
: Oui, sept.
M. Fortin : Très bien. Puis c'est vraiment des questions de clarification, là, ce
n'est rien d'autre que ça, là, parce qu'on
parle d'exclure les terrains universitaires et maintenant les bâtiments, là.
Vous avez parlé d'un stationnement étagé, je pense que vous l'avez
défini, vous avez répondu à ma question. Quelque chose qui est extérieur, comme
un stade, genre le stade à l'Université
Laval, là, le stade de football où on va voir le match des équipes de football
du Rouge et Or, est-ce que... Je suis dehors, là, je suis dehors, je
suis assis sur un siège à l'extérieur. Est-ce que je suis dans un bâtiment,
rendu là?
M. Cheang
(Sokun C.) : À mon avis, oui.
M. Cheang (Sokun C.) : C'est une construction, c'est un bâtiment qui
appartient à l'Université de Montréal, ici, le stade des... Oui, vous avez l'amphithéâtre, bien, vous avez vu, à
l'intérieur, en dessous des estrades, vous avez des locaux aussi, c'est vraiment une construction et... Moi,
à mon avis, c'est clair que c'est un bâtiment de l'établissement d'enseignement.
M. Fortin : O.K. Juste une autre question par rapport au stade. Parce que, là, je
comprends, dans les estrades, pour les
partisans, là, qui viennent, là, eux, ils sont corrects. La seconde où... Parce
que, là, dans l'amendement du député de Jonquière, on enlève «sur les terrains des universités». Donc, eux
stationnent leurs voitures à l'Université Laval, ils ont 30 grammes de pot dans leur poche, là, ils sont
corrects. Ils marchent jusqu'au stade, ils sont corrects. Ils mettent le
pied dans le stade, ils ne sont plus corrects.
M. Carmant :
...en théorie, donc il va falloir encore une fois bien s'assurer que
l'information soit bien transmise.
M. Fortin : O.K. C'est-u ça que vous voulez? Est-ce que c'est l'intention, rendu
là, tu sais, un stade de football, des amateurs, tu sais, c'est... Je me
demande la différence réelle, là, entre le stade de football de l'Université
Laval puis, s'il y avait une équipe professionnelle à Québec, là... je vous le
souhaite un jour, le député de Québec, le député de Chauveau qui est ici, là, mais,
s'il y avait une équipe professionnelle avec un stade juste à l'extérieur, je
me demande si c'est l'intention du législateur
que, dans un, il puisse y avoir du cannabis et, dans l'autre, qu'il ne puisse
pas y avoir du cannabis pendant un évènement comme un match de football,
M. Carmant :
Bien, encore une fois, vu que c'est, tu sais, le concept universitaire, nous,
on aime mieux qu'il n'y ait pas de cannabis.
M. Fortin : O.K. Les estrades, les partisans, je comprends ça.
Puis je ne sais pas, honnêtement ça fait longtemps que je ne suis pas allé
au stade, ici, à l'Université Laval, là, je ne sais pas comment c'est. Mais il
y en a beaucoup... tu sais, il y a des
stades universitaires, c'est un peu différent, là. Il y a des stades où c'est vraiment
des bols, tu sais, il y a des estrades, là, des quatre côtés, puis on n'a comme pas le choix de rentrer dans le
bâtiment. Puis il y a en d'autres où, tu sais, tu peux vraiment marcher sur le terrain, là, sans vraiment
rentrer dans la bâtisse comme telle, le terrain... tu sais, rendu là, là,
le terrain, là, qui n'est pas nécessairement à l'intérieur d'un stade, c'est un
terrain... c'est ça? C'est un terrain plus qu'un bâtiment, rendu là?
M. Carmant :
Mais, dès qu'il y a des estrades, ça devient un bâtiment.
M. Fortin : O.K., mais je suis sur la... bien, je suis sur la
terre... je suis sur du gazon artificiel, là, mais, tu sais, c'est un peu ça. Tu sais, je pense, de mémoire, là, le
député de Chauveau le sait peut-être mieux que moi, là, puis je pense que c'est
le seul député de Québec
qui est ici, là, mais le député de Chauveau le sait peut-être, mais, moi, de mémoire, le stade de football à l'université, réellement, il y a comme...
il y a deux côtés, là, puis on peut essentiellement... Il me semble que,
même du chemin Saint-Louis, on peut voir à
l'intérieur, on pourrait quasiment... il y a une clôture, mais on pourrait
quasiment marcher, là pour se rendre, là.
M. Fortin : Bien, Concordia... c'est exactement
la même chose à Concordia. Tu sais, je peux marcher, là, pour me rendre sur le terrain du stade, je ne suis dans
aucune infrastructure autour de moi, là, je regarde en haut puis je vois
juste du ciel bleu, là.
Le Président (M. Provençal)
: Mais un stade, c'est un centre sportif...
M. Cheang (Sokun C.) : Ça dépend vraiment comment que
l'aménagement... quand vous parlez de stade. Moi quand je parle... Quand
vous faites référence à «stade», c'est une construction, c'est un stade...
M. Fortin :
Oui, je comprends.
M. Cheang (Sokun C.) : ...un terrain de soccer. Vous savez, mes enfants
jouent... mon enfant qui joue à un terrain de soccer, c'est sur un
terrain, il n'y a pas d'aménagement, il n'y a pas de construction.
M. Fortin : Mais il est là, mon enjeu, c'est qu'effectivement, là, ce qui en
devient... Je vais vous montrer, puis je vous le montre... je comprends, M.
le Président, que, pour les bienfaits
de la commission, là, ce n'est pas idéal, là, mais regardez, là, ça, c'est Concordia. Tu sais, Concordia, là,
il n'y a rien... il y a une clôture, là, mais il y a des portes dans la
clôture, en quelque part, on peut
aller directement sur le terrain, puis l'autre bord il y a les estrades. Mais,
dans les estrades... Je comprends ce que vous me dites, des estrades,
c'est une construction, c'est fait pour abriter du monde, etc., mais le
terrain, là, il n'y a pas d'enjeu. Il n'y a pas d'estrades de ce côté-ci, là,
du côté d'où la photo a été prise, il n'y a pas d'estrades.
M. Carmant :
Oui, mais ça fait quand même
partie des bâtiments de l'Université de Concordia.
M. Fortin : Vous pensez que le terrain de football... Votre interprétation, c'est
que le terrain de football fait
partie des bâtiments?
M. Carmant :
Avec les estrades en arrière.
M. Cheang (Sokun C.) : Bien, ça, c'est une question d'appréciation à
faire, là, vraiment, est-ce que ça fait partie... le côté, comment que c'est... les estrades, comment
qu'il y a... Bien, en tout cas, c'est au cas par cas. Puis là moi, je n'ai
pas bien vu quelle est la situation du stade ou du terrain de Concordia, mais,
s'il y a une construction, bien, à ce moment, ce serait un bâtiment. Si
c'est...
M. Fortin : Bien, je comprends. Moi, ça m'a l'air des estrades, effectivement, permanentes, là, de l'autre côté... ça, c'est le bâtiment.
M. Cheang
(Sokun C.) : ...bien, ça, c'est à voir, comment que c'est...
Le Président (M. Provençal)
: Bien, si vous me permettez, M. le député...
M. Fortin :
Oui, allez-y.
Le Président (M. Provençal)
: ...je pense que votre collègue la députée de Notre-Dame-de-Grâce
aimerait peut-être amener une précision ou un commentaire.
Mme Weil : Bien, une question. Parce qu'il y a des responsabilités... j'en viens peut-être à voir... il y a des responsabilités quand on a un terrain de football, puis ça se peut que ce soit dans la
Loi sur le bâtiment parce que, comme vous dites, il y a une infrastructure, là, il y a des sièges, il y a une responsabilité civile attachée à ça, un besoin d'entretien. Moi, je pense que la réponse serait dans cette loi-là. On
est en train de vérifier. Même si c'est ouvert comme ça, il y a des
sièges, dès qu'il y a des sièges, dès qu'il y a des structures, je pense que...
M. Cheang (Sokun C.) : ...c'est marqué... Il y a des genres de stades,
c'est une construction, un bâtiment, c'est ouvert ou non, mais si c'est désigné comme un stade... Un stade, ce
n'est pas défini... je pensais que c'était une construction, à ce
moment-là, malgré que c'est une loi... ça dépend...
M. Fortin : Oui, je comprends. L'utilisation qui est faite du mot est peut-être
différente, c'est peut-être un parc au lieu d'être un stade, mais
quand même.
M. Cheang (Sokun C.) : C'est ça, oui, ou c'est un terrain, c'est un
terrain de soccer, puis là, à ce
moment-là, c'est à voir au cas
par cas puis... Mais un stade, c'est...
Le Président (M. Provençal)
: Je passerais la parole au député de Chauveau.
M. Lévesque
(Chauveau) : Bien, M. le Président, puisque je suis interpelé sur le
stade Telus à l'Université Laval, c'est
clairement possible de se rendre à l'intérieur... bien, parce que ce n'est pas
un bâtiment intérieur, c'est extérieur. Et on peut être totalement, à l'extérieur
lorsqu'on se rend à un match de football, par exemple, du Rouge et Or, là. La
façon que c'est configuré, c'est que tu as deux faces, là, d'un côté gauche, du
côté droit du stade, et c'est possible donc... Effectivement, là, la clôture,
on le voit le stade de l'extérieur, quand on est sur le chemin Sainte-Foy, si
je ne me m'abuse, c'est chemin
Sainte-Foy, et, de l'autre côté, bien, on est sur la zone de la Cité
universitaire, mais c'est extérieur totalement.
Donc,
si je lis l'amendement, là, donc, avec l'amendement du député, je pense que c'est de Jonquière, le 2.1°
dit :
«2.1° dans les locaux
ou [...] les bâtiments d'un établissement d'enseignement universitaire...»
veut dire que les terrains, eux, ne seraient pas exclus. À ce moment-là, bien,
il n'y a pas de bâtiment, il n'y a pas d'intérieur, il n'y a pas de
stationnement intérieur, c'est possible d'y aller, là, de façon ad lib, là.
M. Fortin :
Oui. Voyez-vous la confusion? Et puis moi, je comprends... Puis, en fait, je
comprends mieux la configuration du stade...
du stade, du parc, du terrain de l'Université
Laval, là, avec l'explication du député de Chauveau. Mais je pense que vous voyez un peu la confusion. Tu sais, si
j'étais entré dans les estrades par une porte avec des escaliers qui
m'amènent à une certaine hauteur puis là je rentre dans les estrades, là ça
devient un bâtiment. Ce que le député explique,
c'est qu'on peut y aller de l'extérieur, entrer sur le terrain de football, et
là j'ai le choix de monter les estrades ou pas. Si je reste sur le terrain, clairement, mon interprétation, le juriste
pourra me le dire, je suis encore sur le terrain de l'université, je ne suis pas dans une construction ou un
bâtiment quelconque. La seconde où je monte les marches, est-ce que je
suis rendu dans... Tu sais, c'est ça, ma
question. Puis le juriste me dit : C'est du cas par cas. C'est juste ça.
Puis, tu sais, des terrains de football,
là, comme ça, sur des campus universitaires au Québec, il y en a, quoi, une
douzaine, là, M. le Président. Il y en a peut-être plus, je ne sais pas. Mais peut-être que ça vaudrait la peine
de clarifier, d'avoir une liste, d'être clair avec les gens : voici
ce que vous pouvez et ne pouvez pas faire.
M. Carmant :
M. le Président, on va faire les vérifications. Puis, encore une fois, je
maintiens ma position, on va s'assurer que tout sera bien identifié et
transmis à la population.
Le Président (M. Provençal)
: Je veux juste... Quand vous avez dit que vous avez fait la
vérification...
M. Carmant :
On va le faire, là...
Le Président (M. Provençal)
: O.K.
M. Carmant :
...pour les définitions.
Le Président (M. Provençal)
: Parce qu'il y avait une vérification qui a été demandée, je pense, par
le député de Pontiac concernant la notion de... par rapport à ce que
vous avez exposé.
M. Fortin : Bien, s'il faut le définir, s'il faut faire la liste des 12 stades
puis de dire : Tu sais, à l'Université Laval, c'est comme ça, à l'université Concordia, c'est
autrement, je n'ai pas de problème. Je veux juste qu'on soit clair avec
le monde puis qu'il ne puisse pas y avoir une interprétation différente d'une
université à l'autre de ce que le ministre est en train de faire, là. Tu sais,
si vraiment c'est ça, c'est ça. On est là pour prendre cette décision-là
ensemble, je l'espère.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va?
M. Fortin : Juste une question. Le ministre me dit : On va faire les
vérifications puis on va s'assurer de l'inclure. Comment on peut faire
ça? Comment on peut s'assurer de l'inclure?
M. Carmant :
...me revenir avec une définition.
M. Cheang (Sokun C.) : On va vérifier si c'est par rapport à la... La
vérification, c'est comme vous avez posé la question par rapport à un
stade : Un stade, est-ce que ça va être considéré comme un bâtiment du
fait qu'il y a seulement des estrades? C'est
juste cette nuance-là. Dans quelle circonstance est-ce que c'est juste un
terrain ou c'est un stade? Est-ce qu'il
faut qu'à ce moment-là ce soit structuré, ce soit qu'il y a une construction
pour que ce soit considéré comme un stade? C'est juste, pour l'état,
avoir cette précision, parce que vous...
M. Fortin : ...comprendre
la différence entre le terrain puis les estrades, là. Tu sais, ce que le député
de Chauveau disait, je peux entrer sur le terrain, jamais, jamais n'être
à l'extérieur, là, de la terre ferme, là, puis entrer sur le terrain, d'après
moi, je suis encore sur un terrain jusqu'à tant que je rentre dans...
M. Cheang (Sokun C.) : Là, on fait du «spot time». Mme la députée de
Notre-Dame-de-Grâce disait... dans la Régie du bâtiment, on parle de
stade, à quel moment...
Le Président (M. Provençal)
: On va suspendre, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 16 h 4)
Le Président (M. Provençal)
: Nous revenons à nos discussions. Le député de Pontiac
avait soulevé une interrogation, que M. le ministre, avec ses juristes, a
validée. Alors, M. le ministre.
M. Carmant : Oui. Alors, comme la définition de «bâtiment»
inclut toute construction pour accueillir des personnes, le stade est un
bâtiment.
M. Fortin :
Et le terrain?
M. Carmant : Mais le stade est
un bâtiment.
M. Fortin : O.K., mais je
comprends, tu sais, on a eu la
discussion... puis je
comprends que je n'ai plus énormément
de temps, M. le Président, là, mais on parlait de stade. C'est moi qui ai
utilisé le mot «stade», puis ce n'était pas de la mauvaise volonté, mais ce que j'ai vu de Concordia, là,
puis ce que le député de Chauveau vient de me montrer de l'Université
Laval, «stade», tu sais, c'est discutable dans le cas de l'Université Laval,
clairement, pour un stade, dans le cas de l'Université Concordia, là, c'est un
terrain puis des estrades d'un bord.
M. Carmant : Les stades, ils
ont été construits pour accueillir des personnes.
M. Carmant : Donc, nous, on est
à l'aise avec cette définition-là.
M. Fortin :
O.K. Bien, donc, la définition légale, c'est : Dès qu'il y a des estrades,
c'est un stade.
M. Carmant : Pour accueillir
des personnes, oui. «Construction pour accueillir des personnes».
M. Fortin :
O.K. O.K., mais ça veut dire que le... Bien, en fait, que ce soit un stade ou
pas, là, ce que vous dites, c'est que
l'ensemble du terrain, rendu là, l'ensemble de la surface, du terrain, peu
importe, là, on ne peut pas posséder de cannabis.
M. Carmant : C'est bien ça.
Président (M. Provençal)
: M.
le député de Pontiac, je vous ai donné une petite extension pour que vous
puissiez avoir la réponse et finir de
formuler votre question, mais votre temps est écoulé. Mme la députée de
Notre-Dame-de-Grâce.
Mme Weil :
Oui. Donc, c'est au sens de la loi, c'est-à-dire... Parce que je suis en train
de regarder la
Loi sur le bâtiment,
puis on parle d'installation, on parle... il y a différents termes qui sont
utilisés dans... La
Loi sur le bâtiment, ça semble inclure quelque chose qui serait comme un stade. La raison pour
laquelle c'est bien important... Parce que, quand je pense aux gens qui se retrouvent sur ce site de
Concordia, il y a beaucoup, beaucoup de gens, des jeunes, lorsqu'il y a des
jeux de football. Donc, le ministre a
invoqué la responsabilité de l'université par rapport à ce qui se passe là, sur
l'université, de les informer, hein, des lois qui s'appliquent. Et c'est
vrai que, quand on arrive, il y a beaucoup de gazon, mais il y a quand même une clôture, il y a quelque chose qui montre
que c'est un site quelconque. Est-ce que, donc, ce serait en vertu de l'article 2 de la
Loi sur le bâtiment? Parce
qu'avec ça vient une responsabilité, quand c'est sous la
Loi sur le bâtiment,
pour protéger le public, parce qu'il y a des installations qui sont là. Donc,
dès que tu arrives sur le territoire... sur le terrain, l'université est responsable, donc responsable à tous égards, donc le
gazon. Et il y a bien une clôture autour. Est-ce que, donc, c'est au
sens de la loi?
M. Carmant : ...c'est bien la
définition qu'il m'a montrée.
Mme Weil : Et, quand
vous, vous utilisez l'expression ici, c'est au sens de la loi?
M. Carmant : Oui, c'est ça,
c'est bien ça.
Mme Weil : Est-ce qu'on
devrait dire «au sens de la loi», ou vous pensez que c'est correct, c'est...
M. Carmant : Mais c'est une
loi, là.
Mme Weil :
Là, c'est technique, là. Vraiment, là, ça, c'est les légistes qui le savent. Si
vous dites tout simplement «bâtiment», c'est compris que c'est au sens
de la loi?
Le Président
(M. Provençal)
: Allez-y, M. le
juriste.
M. Cheang
(Sokun C.) : Mais, dans la
définition... dans le cas d'espèce... Ici, c'est vraiment dans le cas
d'espèce, là, parce que, là, c'est le
bâtiment, mais là on comprend... par rapport à un stade ou à un terrain qui est
toute une installation, à ce moment-là, oui, là...
Mme Weil :
Non, mais, ce que je veux dire, dès que vous dites «bâtiment», les personnes
qui ont à appliquer la loi vont comprendre que c'est au sens de la loi.
Quelqu'un qui a la responsabilité civile, l'université, par exemple, va comprendre que ça, c'est au sens de la
Loi sur le
bâtiment, notamment. C'est bien ça? Vous n'avez pas besoin de préciser
«bâtiment au sens de la loi»? Parce que des fois vous précisez, je pense, dans
la loi, où est-ce que vous allez chercher votre définition. C'est vraiment une
question technique de législation, là. C'est sous-entendu.
Le Président (M. Provençal)
: M. le juriste.
M. Cheang
(Sokun C.) : Parce qu'ici...
parce qu'on prend... On parle du sens qui ne porte pas à confusion.
Mais, quand on va préciser, c'est parce
qu'on veut vraiment viser spécifiquement telle définition. Dans le cas ici, on
ne sent pas qu'il est nécessaire de
le faire. Parce que, sinon, c'est la même chose pour le terrain, même chose que
pour les locaux, là.
Mme Weil :
Oui, mais il y a... Quand même, c'est large, hein, les définitions dans la loi,
je trouve, «installation»... En allant sur le site, ça... on dirait une
installation. En tout cas, moi, je le vois comme étant...
M. Carmant : On est à l'aise...
M. le Président, on est à l'aise avec la définition telle quelle.
Mme Weil : Que c'est le
sens... Au sens de la loi, hein? Je pense que c'est bien ça.
M. Carmant : Je ne pense pas
que ça a besoin d'être spécifié dans le projet, là.
Mme Weil : C'est ça,
c'est au sens de la loi. Et est-ce que je peux poser une autre question?
Le Président (M. Provençal)
: ...madame.
Mme Weil :
Le ministre, tantôt, a évoqué la responsabilité de l'université. Donc, quand on
va... Juste pour revenir sur les
questionnements du député de Pontiac. Finalement, dans un premier temps, c'est
l'université qui doit aviser... Par rapport
aux règles qui s'appliquent en termes de... pour le cannabis, ce serait à
l'université de bien informer les gens sur son site. Donc, ces personnes qui seraient en transit, ce serait, dans un
premier temps, à l'université de monitorer ça, c'est-à-dire d'informer, si jamais ça devenait... d'entrée de
jeu, je pense... Parce que vous avez dit que vous pourriez faire en sorte
que le gouvernement ait, comment dire, une relation claire avec... et bien dire
aux universités quelles sont leurs responsabilités par rapport à l'application
de la loi.
M. Carmant : Je pense qu'il va
être important pour notre gouvernement de faire...
Mme Weil : ...pour
l'affichage, oui.
M. Carmant : ...de faire une
campagne d'information claire...
Mme Weil : L'affichage.
M. Carmant : ...et étendue,
comme vous l'avez mentionné, pour les changements législatifs qu'on apporte.
Mme Weil :
Bien, je pense que c'est ça, la réponse. Quand on parlait, là, de tout ça,
c'est que, dans un premier temps... Pour rendre ça clair, quand on
disait : Quelles seraient les mesures à prendre?, je pense que la réponse
est là, c'est d'avoir... de s'assurer que
les acteurs, les premiers acteurs soient en mesure de bien informer. Mais le
gouvernement doit s'assurer que ces acteurs-là, quelle que soit
l'institution qu'ils gèrent, donnent l'information. Ce serait à ce niveau-là.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va? M. le député de Viau, oui, ou...
M. Benjamin :
Oui, M. le Président. Je considère le travail que nous faisons ici, ce n'est
pas un travail vain, c'est un travail
important. Et nous ne sommes pas en train de défoncer des portes. Au contraire,
nous sommes en train de mettre des balises, nous sommes en train... Le
nom de la loi le dit d'ailleurs, c'est la
loi sur le resserrement de
l'encadrement du cannabis, je crois.
Voyez-vous,
M. le Président, je vais déposer deux documents, je vais déposer deux
documents. Et, lorsque j'évoquais, par
exemple, tout à l'heure, la situation d'un établissement universitaire comme
celui de l'Université du Québec à Montréal, je pense que c'est clair que nous avons cette responsabilité-là
maintenant, comme législateurs, de nous assurer que des zones qui n'ont pas
été comblées, donc, par rapport à des enjeux qui peuvent arriver, donc... de
les prévenir. Je vais déposer, M. le Président... Vous savez, l'Université du Québec à Montréal a,
depuis presque deux ans maintenant, une politique, une politique encadrant
le cannabis. J'aimerais déposer ce document. Est-ce que j'envoie à...
Le Président (M. Provençal)
: Si vous l'avez par... électronique, je vous invite à...
M. Benjamin : Alors, c'est la politique
n° 57. Je l'ai par version électronique, oui.
Le Président (M. Provençal)
: Je vous invite à la transférer à la secrétaire.
Et on va suspendre, le temps de transférer le document.
Merci.
(Suspension de la séance à 16 h 16)
Président (M. Provençal)
Nous reprenons nos échanges. Alors, je cède la parole à M. le ministre, ou c'est à madame...
M. Carmant : Non, c'était à
monsieur...
Président (M. Provençal)
Alors, je vais accorder la parole au député de Pontiac, même s'il lui reste
peu de temps, si ça peut faciliter les échanges.
M. Fortin : Bien, juste pour conclure, là, sur la question
des stades, des parcs, des terrains de sport, là, appelons ça comme on
veut, là, si j'ai bien compris l'intention du ministre, pour les terrains,
parcs, stades qui sont sur les campus universitaires, lui ne veut pas qu'il y ait,
à l'intérieur de ces endroits-là, de possession de cannabis,
même si c'est à l'intérieur,
là, d'un terrain universitaire. C'est ça?
M. Carmant : C'est bien ça, M.
le Président.
M. Fortin : O.K. Je ne le ferai pas changer d'idée, je pense, M. le
Président.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme Weil : Oui. J'ai trouvé une clarification que j'ai eue, intéressante, quand on discutait, mais je l'ai attrapée
à la fin, que... les spécialistes ont dit : Pour la possession, ce n'est
pas la responsabilité — c'est
bien ça? — de
l'université d'informer, c'est la police, essentiellement, qui est en charge,
si j'ai bien compris.
M. Carmant :
Alors, c'est-à-dire que c'était impossible de mettre cette responsabilité-là,
puisqu'on ne peut pas fouiller tout le monde.
Mme Weil :
C'est ça. C'est juste. On ne peut pas fumer... Donc, tout ce qui concerne
consommation ou fumer, c'est là que l'université peut prendre ses
responsabilités, si je comprends bien.
M. Carmant : C'est ce qu'on a
dit.
Le Président (M. Provençal)
: Oui, je comprends que le député de Viau aimerait
intervenir.
M. Benjamin : Oui. Et c'est là que je voulais justement
juste compléter. Donc, à la lumière de cette politique, donc, la politique
de l'UQAM que j'ai demandé à déposer, donc, moi, je conçois que... c'est une politique
que je trouve très claire, notamment
quand on regarde le champ d'application. Au niveau des champs
d'application, donc, c'est très, très
clair, donc on comprend, effectivement, c'est une politique qui est muette sur les questions
de possession, parce que ce n'est pas leur
enjeu, c'est sur les questions de consommation, donc. Et c'est là que je crois
que... comme nous sommes dans un sous-amendement sur les enjeux de
possession, je crois, M. le Président, que c'est de notre responsabilité... en
fait celle du ministre, dans
un premier temps, puisque c'