Labour and the Economy — 26 May 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
CET 2023-05-26
Quebec — Committees
Présidente (Mme D'Amours) :
À l'ordre, s'il vous plaît! Je déclare
la séance de la Commission de l'économie et du travail ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la salle
de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques. La commission est réunie afin de
procéder à l'interpellation du député de Pontiac au ministre responsable
du Développement économique régional sur le
sujet suivant : Cinq ans d'échecs caquistes : le coût de l'abandon
des régions.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. Mme Boivin Roy (Anjou—Louis-Riel) est remplacée par M. Lemieux (Saint-Jean); Mme Boutin
(Jean-Talon) est remplacée par M. Lemay (Masson); Mme Cadet
(Bourassa-Sauvé) est remplacée par M. Fortin (Pontiac); et M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve) est remplacé
par M. Zanetti (Jean-Lesage).
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Conformément à l'entente prévue pour la 43e législature, le deuxième groupe
d'opposition interviendra lors des troisième et sixième séries d'intervention.
Nous allons débuter avec la déclaration
d'ouverture. M. le député de Pontiac, vous avez 10 minutes pour votre
allocution.
M. Fortin : Merci, Mme la Présidente. Bonjour à tout le monde.
Messieurs dames, merci d'être d'être là avec nous. Cher collègue de
Jean-Lesage, bonjour à vous.
Mme la Présidente, la raison pour laquelle on
est ici ce matin, ce n'est pas par pur plaisir, ce n'est pas parce que ça me tentait, comme porte-parole en matière
de développement régional, de dire au gouvernement qu'il n'est pas en
train de faire sa job. J'aimerais bien mieux lui donner des compliments sur
cette question-là. J'aimerais bien mieux pouvoir, ce matin, être ici avec vous
et dire que le gouvernement fait son travail en matière de ruralité, qu'il a une
réelle pensée pour la ruralité à travers les politiques publiques qu'il propose
aux Québécois, aux Québécoises, qu'il nous
propose, comme élus ici, en cette Chambre, que ça semble être une attention ou
une préoccupation constante de la part
des décideurs gouvernementaux, de la part des élus de la Coalition avenir
Québec, mais ce n'est pas le cas. Mme la Présidente, ce n'est
malheureusement pas le cas, et, au cours des prochains deux heures qu'on
passera ensemble, je vais tenter de, d'abord, faire la démonstration qu'on a
beau avoir un gouvernement qui est majoritairement élu par la ruralité au Québec, élu par des régions, qu'on a
des représentants élus de la
partie gouvernementale en ruralité, que les
décisions de ce gouvernement-là, elles ne
sont absolument pas en lien avec les priorités, les enjeux, les
préoccupations, les dossiers, des projets des gens de ces régions-là.
Mme la Présidente, je n'ai pas à regarder bien
loin pour me rendre compte du peu de préoccupations que le gouvernement de la CAQ offre aux gens des régions.
Et là je le dis, Mme la Présidente, en tout respect pour le ministre qui est ici avec nous aujourd'hui, mais le
ministre responsable des régions au gouvernement de la Coalition avenir
Québec, c'est le député de Terrebonne. C'est
le ministre du Développement économique, c'est le ministre qui est aussi
responsable de Montréal. Déjà là, Mme la Présidente, peut-être qu'on a un
enjeu, ministre responsable de Montréal et ministre responsable des régions en
même temps, disons qu'il ne peut pas être la voix de la ruralité, de la pensée
rurale, des projets ruraux en tout temps. Mais il n'est pas ici aujourd'hui,
et, déjà là, Mme la Présidente, ça va me faire plaisir d'avoir un échange avec
le député, le ministre, mais le fait qu'on décide, comme ministre, de se
présenter ou pas à un exercice comme
celui-là démontre très clairement le peu de préoccupations que ce
gouvernement-là a pour des régions.
Et, quand je
parle de régions, Mme la Présidente, là, je vais, tout au cours des deux prochaines
heures, vous parler davantage de
ruralité que de régions, parce que c'est deux choses différentes. Ce n'est pas
vrai que, dans ma région, les gens du centre-ville de Hull pensent,
agissent, ont les mêmes priorités que les gens de Maniwaki, de Fort-Coulonge ou
de Fassett, ce n'est pas vrai. Alors, je vais vous parler de ruralité plus que
de régions. Et, encore là, j'apprécie les collègues
qui sont ici aujourd'hui, les collègues de Saint-Jean, le collègue de Masson,
le collègue de Saint-Jean. Ce ne sont pas
des députés issus de la ruralité. Saint-Jean, c'est une grande ville au Québec.
Masson, c'est une couronne de Montréal.
La ruralité,
Mme la Présidente, elle est largement, presque exclusivement, à l'exception de
quelques collègues de la coalition... du Parti québécois et de moi-même,
représentée par la Coalition avenir Québec. Alors, j'ai de la misère à croire
qu'ils n'ont pas été capables de trouver quelqu'un issu de la ruralité pour
venir parler de la ruralité, Mme la Présidente.
Déjà là, c'est choquant, mais dans leurs actions au cours des dernières
années... et on pourrait parler purement et simplement de développement
économique régional, là, parce que je n'en ai aucun doute que c'est un dossier
que le collègue d'en face connaît bien, mais
la vitalité de notre ruralité, elle ne passe pas que par des enjeux de
développement économique régional. On
pourrait parler, oui, des pôles d'innovation en région qui ont été abandonnés,
largement abandonnés par le gouvernement de la CAQ. Je n'ai qu'à regarder
dans ma région, un abandon en deux temps, trois mouvements après une promesse électorale grandiose, répétée,
abandonnée, pas de pôle d'innovation pour l'Outaouais. D'accord, c'est
leur choix, c'est leur priorité. C'est au détriment de notre région, mais c'est
leur choix.
Mais je veux
surtout lui parler aujourd'hui des enjeux autres que le développement
économique régional, mais qui ont une incidence majeure sur la vitalité
de notre ruralité. Je veux parler d'agriculture, de foresterie, des grands
projets en région. Et, en matière d'agriculture, Mme la Présidente, vous allez
convenir, là, que les paroles qu'on entend
de la part du premier ministre, de la part du ministre de l'Agriculture, par
rapport à la plus grande crise qu'on a vue en agriculture au cours des dernières années, la crise de l'industrie
porcine, elles sont loin d'être rassurantes. Elles sont loin d'être ce que les producteurs ont besoin
d'entendre. Elles sont loin d'être ce que les communautés rurales ont
besoin d'entendre. Puis dans ce dossier-là, Mme la Présidente, là, moi, je sens
une abdication totale de ses responsabilités de la part du ministre de
l'Agriculture.
Sa job, son travail, c'est de s'assurer que nos
producteurs peuvent vivre convenablement au Québec. Bien, aujourd'hui, les
producteurs de porcs, notamment les producteurs de porcs indépendants, en fait,
particulièrement les producteurs de porcs indépendants, ils perdent de l'argent
à chaque fois qu'ils se lèvent le matin. Ça vous tente-tu, vous, de perdre de l'argent chaque fois que vous
venez travailler? D'après moi, non. Mais eux, pour eux, là, à chaque
fois qu'ils se lèvent le matin puis qu'ils
disent : Une autre journée de travail, ils savent qu'au bout de la journée
ils vont avoir moins d'argent dans
leurs poches qu'ils en avaient quand ils se sont levés le matin. Ça, c'est
décourageant pas à peu près, mais c'est la réalité qu'accepte le
gouvernement de la CAQ, c'est la réalité qu'accepte le ministre de
l'Agriculture qui est supposé défendre ces agriculteurs-là coûte que coûte, qui
est supposé être celui qui fait la promotion de l'agriculture québécoise.
Aujourd'hui, il fait la promotion de la décroissance économique des... pour des
producteurs porcins et donc de la vitalité économique de beaucoup de régions au
Québec.
On va parler de foresterie aussi, qui est au
coeur... Moi, je viens d'une région forestière, entre autres. Il y a d'autres députés ici, il y a beaucoup de députés
ici qui viennent de régions forestières et ils savent à quel point la forêt, elle est importante pour le coeur
économique d'une région. Quand notre industrie forestière va bien, c'est tout
le monde ou presque dans le village qui va bien. Puis quand l'industrie
forestière va mal, bien, ça se reflète partout dans le village.
Au cours des prochaines années, là, on va
frapper un mur au Québec à travers l'industrie forestière. On va frapper un mur, parce qu'aujourd'hui 35 % de
nos peuplements forestiers sont en mauvais état. On ne les entretient
pas. On ne fait pas le travail nécessaire
pour qu'ils se régénèrent et qu'ils soient utiles, utilisables, appropriés pour
l'industrie forestière dans quelques années. Puis des arbres qu'on plante, mais
qu'on n'éduque pas, qu'on n'entretient pas, ça ne sert pas, en bout de ligne, à
l'industrie forestière puis à la vitalité de l'industrie forestière au Québec.
Ça, c'est deux dossiers, Mme la Présidente, deux
dossiers majeurs pour la vitalité de nos régions, mais on va passer, au cours des prochaines heures, projet par
projet. Des grands projets au Québec, il y en a des grands projets au
Québec, le gouvernement se targue de proposer des grands projets aux Québécois,
mais les grands projets qui sont en milieu rural, ils n'avancent simplement
pas. En fait, souvent, on a l'impression que c'est un pas par en avant pendant
l'élection, deux pas par en arrière après l'élection.
On pourra parler du pont sur le Saguenay. On
pourra parler de la Société des traversiers du Québec, on pourra parler du
transport aérien régional. On pourra les passer un après l'autre, Mme la
Présidente, les grands dossiers, là, qui touchent les régions et la ruralité au
Québec, et la démonstration va être claire, à la fin de la journée, qu'on a un
gouvernement qui a beau être élu par des gens en région, qui a beau être élu...
avoir des représentants de la ruralité, que c'est un gouvernement qui pense
comme la grande ville, que les grands décideurs au gouvernement, là, le ministre de la Santé, le ministre de... le
ministre des Finances, le ministre du Développement économique, les gens
qui ont beaucoup d'influence au
gouvernement, là, ce sont des gens qui ont une pensée urbaine, Mme la
Présidente. Ce ne sont pas des gens qui vivent la ruralité, ce ne sont
pas des gens qui sont imprégnés de la ruralité, puis ça paraît dans leurs politiques publiques. Ça paraît dans les
priorités du gouvernement, ça paraît de la façon que ce gouvernement-là
traite les projets en région, ça paraît dans l'approche qu'ils ont par rapport
à ces dossiers-là puis ça paraît dans les poches des communautés rurales partout
au Québec, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
M. le député. Maintenant, je cède la parole au ministre. Je vous... Vous
disposez également de 10 minutes.
Skeete : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Content de vous
retrouver. C'est toujours une belle occasion de vous revoir. Chers collègues, notamment collègues de Saint-Jean, de
Masson, merci beaucoup de vous rendre disponibles aujourd'hui pour nous
aider dans cet exercice très important pour la démocratie. Cher collègue de
Pontiac, content de vous revoir aussi. M. de Jean-Lesage, toujours un
plaisir.
Bien, j'avais
un texte, mais là... C'est saisissant, Mme la Présidente, parce qu'à entendre
le seul parti qui est... bien, en
fait, il y en a deux, partis, qui sont concentrés en milieux urbains, puis de
se faire faire la morale par ces gens-là qui ne sont nullement... la
confiance rurale, je trouve ça particulier, mais le collègue a raison, il est
le seul à avoir un pied en région. Donc, il
vit des réalités de région puis il peut parler de ce sujet-là parce qu'il
connaît ça, il vient de là. Mais je vais vous dire, pour ce parti-là,
pour le Parti libéral, de nous parler d'enjeux ruraux, c'est un peu comme un
jeune, là, qui vient juste de lire un livre
sur l'Italie, là, puis il essaie de nous dire à quoi ressemblent les montagnes
de la Toscane, tu sais. Ce n'est pas très cré