Health and Social Services — 12 June 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CSSS 2019-06-12
Quebec — Committees
Président (M. Provençal)
: On peut reprendre, s'il vous plaît? Merci. Nous venons de recevoir le dépôt d'un tableau comparatif des provinces sur l'usage du cannabis
et surtout sur le vocabulaire utilisé concernant l'interdiction de fumer
ou de consommer.
Est-ce que
vous voulez commenter, M. le ministre, compte
tenu que c'est vous qui venez de
déposer le tableau, ou je cède immédiatement la parole au député de
Pontiac, qui avait la parole lorsqu'on a quitté hier?
Carmant : Non, juste dire que ça me fait plaisir de clarifier la
situation et que je suis prêt pour le reste de la discussion.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, M. le député de Pontiac.
Fortin : Merci, M. le
Président. Effectivement, je pense que c'est utile pour tout le monde d'avoir
le tableau. Je remercie le ministre
et son équipe, que je salue comme tout le monde autour de la table. Mais c'est
pratique d'avoir le tableau.
Et l'exemple
qu'on utilisait hier, c'était celui de l'Ontario, hein, exemple quand même
assez frappant, parce qu'eux sont passés de «consommer» à «fumer» dans
une optique, si j'en comprends bien les orientations du gouvernement ontarien, là, dans une optique politique, dans une
orientation politique. Alors, le gouvernement de Doug Ford a choisi de faire passer de
«consommer», donc une interdiction complète pour tous les autres produits, là,
les produits auxquels on fait référence, les produits qui permettent d'ingérer
du cannabis, des produits qui permettent de, comme notre amendement le stipule, faire pénétrer dans la peau le cannabis,
donc des huiles, des comestibles, des gélules, des pilules ou toute autre forme
de produit comestible, là. Alors, l'Ontario fait ce choix-là.
Aujourd'hui, le
ministre a devant lui des choix. Le ministre nous dit : Bien, je peux
procéder par règlement quand tous les autres
produits vont être permis par Santé Canada, par le gouvernement canadien. Il a
raison, ces produits-là ne sont pas
permis en ce moment sur le marché, du moins en grande partie, hein, les
produits comestibles entre autres, mais il n'est pas interdit aux gens
de produire leurs propres produits comestibles.
Alors,
nous, ce qu'on veut savoir... puisque le ministre tient à procéder par
règlement, nous, ce qu'on veut savoir avec l'amendement qu'on a devant nous... Et l'amendement, je vous le
rappelle, M. le Président, parce qu'on en a quand même discuté hier, l'amendement, là, il fait en
sorte, il fait en sorte qu'il serait interdit de fumer, de faire pénétrer dans
la peau, hein, ça, c'est des huiles
habituellement, d'inhaler des produits qu'on peut trouver à travers des
inhaleurs... inhaleurs ou inhalateurs? Inhaleurs, je pense...
Une voix :
Inhalateurs.
M. Fortin : Inhalateurs? Inhalateurs. J'ai autant de problèmes avec ce mot-là que
vous avec «vapoter», Mme la députée...
ou ingérer du cannabis intégré ou mélangé à des matières solides dans tous les
lieux fermés suivants. Alors, mélangé à des matières solides, c'est là
qu'on en arrive aux brownies, au sucre à la crème puis à tout le reste.
Alors,
ce qu'on vient dire au ministre, c'est que, dans la loi québécoise,
en ce moment, comme dans la loi ontarienne, de Nouvelle-Écosse, du Manitoba, de l'Alberta, de la Colombie-Britannique, du Nunavut
et des Territoires du Nord-Ouest, on
parle juste de fumer. On dit qu'il est interdit de fumer dans tous les endroits
ici, tous les endroits, là, les
17 endroits qui sont des lieux
fermés uniquement. On arrivera aux lieux qui ne sont pas des lieux fermés plus
tard. Mais ce que la loi, en ce moment, interdit, c'est de fumer du
cannabis dans tous ces lieux-là.
loi permet donc, M. le Président, de consommer, par la peau, par l'inhalation, par
l'ingestion, du cannabis dans tous ces lieux-là. Alors, je veux savoir du ministre... il nous dit : Bien, moi, je pourrai, une fois que les produits
seront définis par Santé Canada, que
les termes de possession seront définis, c'est-à-dire les quantités
maximales, etc., qui pourront être vendues
seront définies, bien là, j'en arriverai et probablement, là, je vais me
pencher sur un règlement. Je vais penser à ça au cours de l'été, et,
quand ces produits-là arriveront sur le marché, ça nous permettra de déposer un
règlement.
comprends ça, mais je veux comprendre et je pense que c'est utile pour tout le monde ici de comprendre c'est quoi, l'orientation du ministre par
rapport à ça.
Alors,
si on propose, dans notre texte de l'amendement de la députée de
Notre-Dame-de-Grâce, l'interdiction des huiles, des huiles qu'on place sur notre peau, là, qui sont des huiles
de cannabis qui peuvent aider les gens, entre autres, là, j'imagine, à soulager les douleurs, c'est ce qu'on
entend; l'inhalation, les gens qui peuvent inhaler, à travers un inhalateur,
des produits ou des gens qui peuvent manger des produits...
Pour le ministre...
Le ministre nous dit, puisqu'il ouvre le texte de l'article 12 du projet
de loi, que dans les installations
maintenues par un établissement de santé, exemple, un CHSLD, un hôpital... un
hôpital, disons un hôpital, dans les
installations maintenues par la
Loi sur les services de santé et les services
sociaux pour les autochtones cris ainsi que dans les locaux où sont
offerts les services d'une ressource intermédiaire qui ne sont pas une
résidence privée.
Alors,
le ministre dit, à travers son projet de loi ici, il
dit : Bon, bien, dans une résidence intermédiaire, dans un hôpital, on ne
peut pas fumer du cannabis. Pas de problème avec ça, je suis bien d'accord avec
ça. Mais le ministre nous dit : C'est bien correct d'être assis
dans le corridor d'un hôpital et de consommer un produit à base de cannabis,
d'ingérer un produit à base de cannabis. Je peux en manger un, biscuit, je peux
en manger deux, biscuits, je peux manger... je peux ingérer une pilule, ingérer
une gélule, je peux mettre de l'huile de cannabis sur mon genou parce qu'il me
tanne ou parce que je le fais de façon récréative.
Est-ce
que le ministre a l'intention, pour les hôpitaux et les
ressources intermédiaires, d'interdire la consommation plus large, à
travers ces différentes formes là de cannabis?
Le Président (M.
Provençal)
: M. le
ministre.
Carmant : Bon. Merci de la
question du député de Pontiac. Je comprends la question puis je vais essayer de
clarifier les choses.
C'est
sûr qu'encore une fois, ne sachant pas qu'est-ce qui va être disponible, c'est
difficile d'être proactif, là, en ce moment-ci.
Mais clairement, dans tous les endroits où il y aura des personnes vulnérables
et un risque de consommation de proximité,
on veut éviter toute forme de consommation. Donc, ça, c'est quelque chose qui
est dans l'objectif de notre loi.
Le Président (M.
Provençal)
: M. le
député.
M. Fortin : Oui. Merci. Je veux juste me faire une note, je ne veux pas oublier ce
que le ministre nous dit. Dans tous les endroits
vulnérables... où il y a des patients, des personnes vulnérables et...
M. Carmant :
...risque de consommation de proximité.
M. Fortin : Risque de consommation de proximité. Je suis désolé, M. le Président, mais ça me semble important.
O.K.
C'est quoi, un endroit où il y a des personnes vulnérables? Est-ce que
l'hôpital ou la résidence intermédiaire, la ressource intermédiaire,
c'est un endroit où il y a des personnes vulnérables? J'ose croire que oui.
M. Carmant :
Je pense qu'enfants, aînés, tout ça, c'est des personnes vulnérables.
Fortin : O.K.
Alors, ce que le ministre nous dit, c'est que le premier point, les
installations maintenues par un établissement de santé et services sociaux,
un hôpital, ressource intermédiaire, j'en conviens, un et
l'autre, là, sont probablement
dans la définition du ministre, ce sont des endroits où il y a des patients,
des personnes en situation de vulnérabilité
et qu'il a l'intention, éventuellement, peut-être une fois que les produits seront mieux connus,
d'interdire la consommation de ces produits-là à ce lieu-là.
Mais là on a devant nous un amendement qui
interdit justement un produit qui est connu, là... les huiles de cannabis,
c'est un produit qui est connu, c'est
un produit qui est vendu à la SQDC... qui
interdit la consommation de ce produit-là,
hein, en faisant pénétrer par la peau un produit qui est connu. Le ministre
nous dit : J'ai l'intention de procéder.
L'article de loi est là.
L'amendement... le sous-amendement, en fait, est en ligne directe avec
l'intention du ministre.
Alors, puisque l'amendement... Et, si je prends
juste, là... Moi, je ne suis pas attaché à l'ensemble de la chose. Il me dit : Les inhalateurs, bien ça, ce
n'est pas... Il me dit : Il n'y en a pas sur le marché, en ce moment, de
façon légale. Il y en a peut-être du
médical, mais on ne parle pas du médical, on parle du récréatif. Donc, s'il me
dit : Ça va peut-être venir sur le marché éventuellement, une fois
que Santé Canada réglera toutes ses affaires... Mais pour l'instant, là, les huiles existent. Les huiles existent. Elles sont
sur le marché, elles sont vendues par le gouvernement du Québec, et, en ce
moment, après l'adoption potentielle de la
loi, il sera permis, dans un lieu où il y a des patients vulnérables, des
personnes vulnérables, de le consommer.
Est-ce qu'on
peut s'arranger entre nous, ici, pour régler cette brèche-là que le ministre,
lui, a l'intention de faire plus tard par voie réglementaire quand même?
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre.
M. Carmant :
Bien, M. le Président, c'est le style de question que j'aimerais discuter le
fameux comité aviseur qui est en train de se monter, parce que cette approche
d'interdire de fumer et non consommer était celle qui était préconisée à
l'époque par la Santé publique et qu'a
décidé de suivre Mme Charlebois. Donc, pour le moment, je préfère
maintenir cette approche que Mme Charlebois a acceptée.
M. Fortin : Je voudrais juste comprendre ce que le ministre
est en train de nous dire, là. À l'époque, c'est l'approche qui était préconisée par la Santé publique. Je
vous crois. Je crois le ministre sur parole, M. le Président. J'aimerais qu'on
me l'explique, pourquoi c'était l'approche préconisée par la Santé publique.
M. Carmant : M. le Président,
je passerais la parole à M. Arruda.
Le Président (M. Provençal)
: M. Arruda, je vous invite à vous joindre à nous.
M. Arruda
(Horacio) : M. le Président, Horacio Arruda, directeur
national de santé publique et sous-ministre adjoint en santé publique au
ministère de la Santé.
Le Président (M. Provençal)
: Bienvenue.
M. Arruda
(Horacio) : Dans les faits, il faut comprendre que l'approche
santé publique visait à ce qu'on ait une approche... ce qu'on appelait
tabac plus, c'est-à-dire tabac avec quelques enjeux supplémentaires pour
permettre, un, de garder les acquis qu'on
avait faits par rapport au tabac, ne pas exposer les gens non plus à la fumée
secondaire comme élément, mais
permettre aussi certains endroits pour être en mesure de fumer, compte tenu de
l'approche de réduction des méfaits qui n'était pas, en fin de compte,
une illégalité totale.
Ça fait que
c'était véritablement l'approche qui, selon eux, atteignait un certain
équilibre en lien avec la question de la consommation de cannabis.
M. Fortin :
Bien, un équilibre entre quoi et quoi exactement?
M. Arruda
(Horacio) : C'est-à-dire... c'est que, dans le fond, on passe
d'une non-légalisation à une légalisation, donc il faut permettre aux gens quand même de... qui ont la
problématique de pouvoir fumer à certains endroits, tout en protégeant, en gardant, en conservant les acquis
qu'on avait faits dans la lutte au tabac, ne pas reculer. Donc, c'est un
tabac... et il y a encore certains
endroits supplémentaires pour éviter des éléments de banalisation. C'était ce
qui était recommandé.
M. Fortin :
Bien là, vous me parlez des endroits, là, des endroits qu'on a choisis,
c'est... En fait, je m'adresse à vous, M. le
Président, mais le sous-ministre adjoint nous parle des endroits qui ont été
choisis, où on pouvait fumer du cannabis,
hein? C'est ça, si je comprends bien l'explication, là, on a choisi des
endroits où on peut fumer du cannabis dans une perspective de santé publique.
Mais nous, on parle au gouvernement en ce moment, on parle au ministre, on
parle au directeur de santé publique et on
lui dit : Est-ce qu'on doit inclure des endroits où on ne peut pas
ingérer, on ne peut pas consommer?
Alors,
je comprends la perspective qui est amenée, que, bien, ce qu'on veut faire,
c'est pour les gens qui le fument, le
cannabis, là, on veut leur donner une possibilité d'avoir des lieux où ils
peuvent le fumer. Je comprends ça, mais on veut quand même restreindre cette fumée-là à certains endroits. Mais ce
que... quand le ministre me dit : Bien, la Santé publique nous a dit, à l'époque, là, avant qu'il était en
poste, à l'époque, nous avait dit : Bien, on veut suivre cette
approche-là, parce que c'est une
approche, si la Santé publique le recommande, basée sur le risque minimal pour
la santé publique. Pas de problème avec ça.
Mais maintenant qu'on ne parle pas juste de la
forme fumée, on parle des autres formes, est-ce que la Santé publique recommande vraiment que ces formes-là
soient... qu'il soit possible de l'ingérer, de l'inhaler, de le faire pénétrer
dans la peau à tous les endroits, sur tous les lieux publics?
M. Arruda
(Horacio) : Il faut
comprendre... Si vous me permettez, il faut comprendre que, lors des débats, à
ma souvenance, on avait beaucoup
porté la question sur le cannabis fumé, là, les comestibles n'étant
pas encore disponibles, la position de la réglementation fédérale
n'étant pas encore faite. Même nous, on est en attente de la position finale du
gouvernement par rapport à ça et on a un pouvoir réglementaire pour permettre d'interdire ou d'agir dans ce domaine-là.
Bon, la question du cannabis consommé a, par
rapport à la fumée, des enjeux, comment je pourrais vous dire, d'identification de l'élément qui pourrait rendre
difficilement applicable le contrôle du non-consommation. Je dois vous
avouer que la réflexion n'a pas été très poussée, là. Les positionnements aussi
par rapport à la question des comestibles demeurent
à être regardés. S'il y a des comestibles, quel genre de comestible ça
pourrait être puis comment on pourrait en faire la surveillance, là? Il faut comprendre que quelqu'un
qui se fait... Et c'est vrai que des gens pourraient se faire des muffins au cannabis, les consommer même pendant
leur heure de lunch, puis ce serait difficile de gérer ça, à moins que la
personne développe des symptômes puis que, là... par rapport aux détections,
etc.
M. Fortin : Mais je comprends le point. Je comprends le point
du Dr Arruda, mais, en même
temps, M. le Président, en même temps, là, sur les produits qu'on peut
se faire à la maison, là, le Dr Arruda a raison, hein? Ce n'est pas évident à identifier, quelqu'un qui mange un biscuit,
si c'est un biscuit régulier ou si c'est un biscuit au cannabis. Mais il y a
des produits qui sont vendus à la
SQDC que... quelqu'un peut très
bien avoir un petit pot d'huile, là,
puis c'est marqué produit SQDC dessus. Ce n'est pas très difficile à
identifier, là, c'est marqué sur l'étiquette.
Donc, pour
tous ces produits-là, est-ce que c'est mieux, selon la Santé publique, de réglementer l'usage en lieu public? Quand on parle de banalisation, là, moi, il me
semble que de voir quelqu'un dans un hôpital, mettons, avec un produit de la
SQDC, ou dans une résidence, une ressource intermédiaire où, justement, il y a
des patients vulnérables, des personnes vulnérables,
d'avoir ce produit-là identifié SQDC, donc on sait que c'est un produit à base
de cannabis, est-ce qu'il y a là un enjeu de santé publique, selon le Dr
Arruda?
M. Arruda (Horacio) :
Écoutez...
M. Fortin : Je
comprends que vous ne vous êtes pas penché sur la question énormément, là.
M. Arruda
(Horacio) : Non, non. Mais non, je veux dire, on n'a pas fait
une analyse, là, fine par rapport à ça, si vous me permettez.
Ce qu'il faut
comprendre, par contre, c'est que le geste de fumer, que ce soit de vapoter un
produit avec nicotine ou sans
nicotine, à saveur de framboise, le geste de fumer un joint de cannabis ou du
cannabis, c'est un geste qui associe la consommation, qui pourrait nous faire reculer en termes de tous nos
gains qu'on a fait en termes de tabac. D'ailleurs, c'est pour ça qu'on a
une loi qui...
M. Fortin :
En termes de tabac, oui.
M. Arruda
(Horacio) : Non, mais tabac, mais aussi, je veux dire, quand on
vapote du cannabis ou on vapoterait une
essence framboise, avec nicotine ou sans nicotine, l'image est la même. On
porte à la bouche quelque chose, on refait le geste. Et, là-dessus, nos lois sont très sévères, et on suit les recommandations
de l'OMS par rapport à la promotion par rapport à ça.
Là, on est
dans un enjeu. Je dois vous avouer que la question de la... Comme on était en
amont, je vous dirais, d'une question en lien avec le comestible, la
question de qu'est-ce qu'on peut consommer, pas consommer, qu'est-ce qui est possible, ça n'a pas été tellement débattu. Ce qui
est clair, c'est que, s'il y a des comestibles, ça va prendre un encadrement
très strict pour éviter, je vous dirais, à ce moment-là, beaucoup plus la
question des surexpositions des enfants à des produits
ou etc. La question de la consommation d'un muffin ou de l'application d'une
huile dans une salle d'attente, par exemple,
dans un édifice, ça n'a pas nécessairement été abordé. Et ça n'a pas été non
plus... Je ne pense pas que c'est placé non plus comme un haut enjeu,
compte tenu de la pratique des individus actuellement.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député de Pontiac.
M. Fortin : Merci. Là, je suis retourné sur le site de la
SQDC, là. À défaut d'y aller en personne, je suis retourné sur le site de la SQDC, et il y a des produits
comme THC Indica Caps, j'imagine que c'est des capsules, ça. Donc, c'est de
produits qu'on ingère, effectivement, là.
Donc, tu sais, ces produits-là, il y en a plusieurs, là, CBD caps, THC Sativa
Caps. Il y en a plusieurs qui sont
vendus à la SQDC. Il y en a qui sont en rupture de stock, tellement ils sont
populaires, de toute évidence, là. Mais ces produits-là
sont sur le marché déjà sous forme de capsules qu'on peut ingérer. Je comprends
qu'on ne s'est pas nécessairement penchés là-dessus beaucoup, mais l'objectif de banalisation, là, il demeure le même. Je
comprends que ça n'a pas un lien direct avec l'incidence à laquelle les
gens fument.
Mais
il y en a d'autres... Il y a un atomisateur THC. Ça,
c'est un peu... Comment on a dit ça
tantôt? Le vaporisateur, c'est
ça? Donc, il y en a, des produits comme ça, qui font en sorte... Puis ça n'a
aucun lien avec le vapotage, aucun lien avec réduire l'importance que
les gens accordent à la lutte à la prévention du tabac. Et ça, ça demeure, vous
avez raison à ce niveau-là, et c'est pour ça qu'il faut légiférer sur le fumer.
Mais est-ce que ça
nous empêche nécessairement de légiférer sur le reste? Et est-ce qu'il y a un
impact négatif par rapport à la perception, à la banalisation du cannabis, si
on ne légifère pas sur les lieux où ça peut être utilisé, tous ces produits-là?
M. Arruda
(Horacio) : Bien, écoutez, comme je vous dis, le débat... je n'ai pas
eu d'avis d'experts spécifiques sur la question.
Je pourrais la poser. Mais, un, je vous dis aussi une chose, c'est que, si on
parle d'avis d'experts, il faut
être
capable de regarder, en termes de données probantes, qu'est-ce qu'on a là-dessus, puis il n'y en a pas
tant que ça, compte tenu, je vous
dirais, de la nouveauté. Et on ne peut pas non plus extrapoler ce qui se passe
au Colorado, nécessairement, au Québec.
Fortin : C'est vrai.
M. Arruda (Horacio) :
Puis il y a d'ailleurs un comité de vigilance qui est mis en place, qui va
regarder ces éléments-là. Il faut... Je sais qu'il faut aussi, quand on met une
mesure, d'être en mesure d'être capable de la contrôler. Je ne sais pas si vous comprenez ce que je veux
dire dans les faits. C'est vrai que nul ne peut ignorer la loi. On pourrait
penser que de dire : On n'a pas
le droit de consommer, dans les lieux publics, votre muffin au pot ou vous ne
pouvez pas prendre votre pilule comme
telle... Pour l'appliquer après ça, cet élément-là, là, ça devient beaucoup
plus compliqué, alors que la question de fumer dans des zones, avec des
territoires, on est en mesure de faire respecter la loi.
dans le contexte de ça, moi, je n'ai pas entendu, en tout cas, ni ici, ni
ailleurs, si vous me permettez, dans d'autres pays, parce que je suis en contact des fois avec d'autres secteurs, de
préoccupation particulière par rapport à ça. Les gens sont plus inquiets... Je pense que l'impact le
plus important, c'est sur la pénétration dans le marché d'une quantité inouïe
de produits qui pourrait, elle, d'elle-même,
entraîner la banalisation. Le fait que quelqu'un prenne sa pilule en descendant
dans l'ascenseur, ou etc., l'enjeu qu'on va
avoir à faire, c'est surveiller les effets psychotropes que ça pourrait avoir
sur les personnes. Ça peut être des gens qui le prennent pour des questions de
douleurs ou d'autres choses, là, mais ça n'a pas été abordé comme
quelque chose qu'on mettrait nécessairement dans la loi.
M. Fortin : Je comprends. Je comprends, vous me dites : Il y a des gens qui
peuvent le prendre pour des questions de
douleurs, je n'ai pas de problème avec ça. Mais, une fois qu'il y a une
étiquette de la SQDC dessus, c'est quand même un produit qui est récréatif,
comme le ministre nous a dit.
où j'ai de la misère à comprendre la différente position entre le directeur de
la santé publique — merci — et le ministre, là où j'ai de la misère à comprendre la différence entre les
deux positions, c'est... corrigez-moi si j'ai tort, mais le directeur de la santé publique nous dit :
Bien, on n'a pas vraiment de recherche à savoir si effectivement, là, le fait
de voir quelqu'un ingérer ou utiliser
une autre forme du produit a un effet sur la propagation de la consommation de
ça. C'est ce que j'ai compris.
Mais
le ministre nous dit aujourd'hui... D'entrée de jeu, ce qu'il nous a dit,
c'est : Si c'est un endroit où il y a des patients ou des personnes qui sont vulnérables, s'il y a un risque de
consommation de proximité, c'est là où on va vouloir éventuellement, par
règlement, imposer une restriction sur les lieux où ces gens-là peuvent
consommer tous ces autres produits là.
Alors,
le directeur de santé publique nous dit : On n'a pas d'étude. Le ministre
nous dit : Quand même, vous faites un point valide, si j'ai bien compris le point du ministre. Il nous dit
à nous, là : Vous faites un point valide, il y a des endroits
effectivement où il y a des risques accrus, il y a des endroits où il y a des
personnes en vulnérabilité.
C'est
ça qu'on veut savoir ici, là. C'est quoi, ces endroits-là, comme le définit le
ministre? Et c'est pour ça qu'on a
commencé à regarder, O.K., bien, les hôpitaux, les ressources intermédiaires,
c'en est. Le ministre nous dit : Bien, moi, je vais le faire ou je veux le faire, là. Ce n'est pas encore 100 %
clair, mais il nous dit : Je vais le faire. Alors, c'est un peu là
l'enjeu, c'est de savoir qu'est-ce que le ministre va faire et pourquoi on ne
le ferait pas dans la loi tout de suite.
Parce
qu'il y a des produits qui sont disponibles sur le marché, il y a des
situations qui vont se produire ou qui se produisent probablement
aujourd'hui, où ces produits-là sont consommés dans des lieux, comme le dit le
ministre, où il y a des personnes vulnérables,
où il y a un risque de consommation de proximité, et il n'y a rien dans la loi
qui empêche cette consommation-là.
Le Président (M.
Provençal)
: M. le ministre.
M. Carmant :
M. le Président, je pense que c'est parce que ça prend deux choses. Ça va
prendre une réflexion approfondie sur les
produits sous les autres formes qu'on va laisser... permettre au Québec, puis
ensuite ça va prendre une réflexion prolongée avec la Santé publique
aussi pour voir les impacts de ces interdictions-là.
Donc,
je pense que c'est pour ça que sur le... Mme Charlebois et
l'ancien gouvernement s'étaient donné un peu de zone tampon pour
pouvoir réfléchir à la chose comme il faut avant de légiférer. Puis moi, je
veux maintenir cette souplesse-là et non pas décider ce...
Fortin : Ça va. Je pense, mes collègues ont des interventions.
J'apprécie le point de vue du ministre.
Mme Weil : Écoutez, c'est..
Le Président (M. Provençal)
: Mme la députée.
Mme Weil : Oui, merci, M. le Président. Oui, évidemment,
on comprend qu'on n'a pas pu réfléchir à tout ça parce que c'est tellement nouveau. C'est la nouveauté. Même
nous, on est en train de réfléchir, alors qu'on regarde les articles,
on regarde les transcriptions puis on se rend
compte... ils n'étaient pas encore rendus là, et ça bouge tellement vite,
actuellement, ce domaine, la créativité aussi de l'être humain dans ce domaine, ça,
on le voit aussi, sur le marché des produits qu'on trouvera.
Et là où
c'est aussi utile de parler aussi des gens avec une formation en santé
publique, c'est de voir si on est entouré de gens, on est dans des centres protégés... On parle de lieux fermés en
plus. Je comprends que ça, c'est lié au tabac. C'est des lieux fermés parce
que... on est vraiment avec une optique tabac ici, quand on parle de lieux
fermés.
Ceci étant
dit, nous, on voit d'autres enjeux. C'est ce, comment dire, genre de
banalisation, c'est-à-dire ce n'est pas l'endroit, hein, pour ingérer ça, donc, ce psychotrope. C'est un peu ça.
Est-ce que c'est l'acceptabilité sociale? Je ne le sais pas. Mais... alors le ministre
a parlé de vulnérabilité. Je pense
que, déjà là, c'est une piste. Ce que
j'essaie de voir, c'est... parce
qu'on ouvre la loi, la loi est ouverte. On a déjà avancé quand même un peu. On
sait que le fédéral s'en vient justement pour encadrer tout ce qui est
comestible, mais il y a déjà des produits qu'on connait qui sont comestibles.
C'est comment
faire en sorte que dans cet article-là... il y a un vocabulaire ou une notion
et puis elle dit carrément que le
ministre pourra... donc, le gouvernement pourra amener, sous toutes ses formes,
quelque chose qui ouvre la porte, qui
dit que... on voit un problème ici, il y a peut-être autre chose que juste
fumée secondaire, là, l'effet... c'est un peu ça... quand on lit cet article, on est vraiment
là-dessus. Mais on dirait qu'on n'a pas regardé, parce que, vous l'avez dit,
vous n'avez pas eu vraiment beaucoup de discussion là-dessus.
Donc, on est
en train d'échanger pour voir comment... premièrement, est-ce que vous êtes
d'accord que oui, en effet, il y a quelque chose ici, surtout quand on
compare aux autres provinces qui se sont données comme une marge de manoeuvre en parlant de consommation. Moi, je n'ai
pas vu leur débat, je n'ai pas vu les échanges. Je pourrais le regarder, je
pourrai faire des recherches, mais je pense que tous les directeurs de santé
publique, «coast to coast», d'un océan à l'autre, ça pourrait être
intéressant.
Mais, si vous
avez un point de vue là-dessus... C'est-à-dire que vous, vous voyez que, oui,
il y a d'autre chose que juste le
fait d'avoir l'impact... Et je comprends, vous ne vouliez pas perdre vos
acquis, on ne voulait pas perdre nos acquis, mais, veux veux pas, on est
dans autre chose maintenant aussi. Donc, on est dans la consommation, et le ministre
parle beaucoup de banalisation, et c'est vrai. Les gens prennent... à moins d'être vraiment
dans quelque chose... Bon, on peut prendre ses médicaments, je veux dire, c'est normal que quelqu'un
prenne une pilule s'ils ont besoin, mais tout le monde sait l'effet du cannabis, connaît l'effet. Donc, à quelque
part, ça ressemble à de l'alcool aussi, d'ingérer de l'alcool en public dans
une résidence pour personnes âgées. Et donc, la consommation, c'est bien plus
que la fumée. Donc, est-ce qu'il n'y a pas un lieu, un endroit pour dire :
Non, ça, ce n'est pas acceptable?
Alors, c'est
une zone grise, c'est pour ça qu'on y va par étapes pour essayer... puis on a
la chance de vous avoir tous ici,
vous avez suivi l'évolution de ce projet de loi. Là, on le rouvre puis est-ce
que vous avez des signaux que oui, en effet... je comprends que vous avez dû vous en parler seuls, de façon privée, là,
mais est-ce qu'il y a un mot, est-ce qu'il y a quelque chose qui peut ouvrir... Mais l'autre chose que je
plaiderais... si, en effet, et je pense que le ministre, il comprend, là,
d'après ce que le ministre nous dit,
M. le Président, comprend l'enjeu parce qu'il a parlé de vulnérabilité et c'est
justement des... surtout quand on
arrive, bon, les personnes âgées, mais on arrive dans les centres
communautaires avec des enfants, là, on peut imaginer... c'est vraiment
cette banalisation. Et ça, c'est l'objectif.
Nous, nos arguments, c'était beaucoup sur l'âge,
l'applicabilité. On comprend tout à fait ce que vous dites sur l'applicabilité, le Barreau en a parlé. Tout ça,
on comprend. C'est pour ça que d'avoir une marge de manoeuvre qui dirait
que le gouvernement se donne le pouvoir de
réglementer, mais qui ouvre cette porte ici, dans le sens que ce n'est pas
juste le modèle qu'on a pour contrer
le tabac qui va suffire, c'est une dimension, une dimension importante, mais
toutes les autres façons d'ingérer ont des conséquences sur, comment dire, la
santé... l'état d'esprit, disons, l'état d'esprit de la personne dans un
contexte où il faut que les gens... comme
ils ne doivent pas être ivres pour consommer de l'alcool. Et c'est là où ça
ressemble un peu aux deux en même temps, l'alcool et la fumée. C'est les
deux.
Là, on a pris le modèle tabagisme, contrer le
tabagisme. C'est très bien, mais où est l'autre dimension? C'est vraiment la question qu'on pose et de voir...
nous, on propose des mots, mais on n'est pas attachés à chacun des mots. Ce
qu'on est en train de dire, c'est de montrer
l'éventail des façons d'ingérer, et, parce qu'on a le ministre, avec son équipe
de spécialistes autant juridiques que
santé publique, c'est de voir si on peut avoir un peu des échanges sur leur
perspective, alors qu'on veut rassurer les gens de ne pas vouloir
banaliser.
Et, quand
nous, on plaidait pour le 18 ans, ce n'était vraiment pas dans une optique
de banaliser. Au contraire, c'était beaucoup des questions d'applicabilité et
de discrimination. Pour les lieux publics, je comprends que le ministre a déjà
proposé des amendements parce qu'il a
entendu la voix des municipalités. Donc, ça, c'est très bien. Donc, nous,
c'était donc... pour le reste, on essaie de suivre la logique du gouvernement,
mais de la population québécoise qui s'est quand même prononcée. Et on essaie d'être prévoyants, alors
que la créativité des producteurs et des consommateurs vont faire en sorte
que l'inquiétude du ministre, quand il parle
de... bien, du ministre, partagée par tout le monde, de banaliser, puis que ce
n'est pas approprié... à un moment donné, ce
n'est pas approprié. Et les gens... on imagine un jeune qui accompagne ses parents, là, puis on voit... bon, tout ça, tout le monde...
bien, des gens qui ingèrent, là. C'est quoi, maman? C'est quoi, ce produit-là? Ça devient comme ordinaire, comme
prendre un Advil parce qu'on a mal à la tête ou je ne sais pas quoi. Mais
ce n'est pas... c'est dans une autre catégorie, alors c'est d'avoir un peu la
vision du gouvernement à cet égard.
Le Président (M.
Provençal)
: M. le
ministre.
M. Carmant :
M. le Président, je passerais la parole au Dr Arruda.
Le Président (M.
Provençal)
: Alors, M. Arruda.
Arruda (Horacio) :
Bonjour, M. le Président. Peut-être, pour répondre à la préoccupation du député de
Pontiac qui disait que j'étais... qu'on n'avait pas la
même vision par rapport au ministre, ce que j'ai dit, c'est que je n'avais pas de
données probantes.
Vous
savez, moi, je parle comme un expert en santé publique, là, et, quand je vais
avoir une opinion personnelle ou une
analyse d'expert, je vais vous le dire. Quand il y a des données probantes dans
la littérature, je vais pouvoir vous le dire, ça a été démontré à tel endroit
et tel endroit. Donc, on est beaucoup, des fois, dans l'opinion d'experts, plus ou moins
solide tout dépendamment de l'expérience,
et souvent certains des choix ici vont être des équilibres
que la société va faire, et c'est pour ça que le législateur et vous êtes ici, pour débattre des effets
d'un côté ou de l'autre, parce que quand on fait un geste, on brime d'autres,
et puis il peut y avoir des effets pervers. Donc, c'est une question
d'équilibre.
qui est prévu déjà dans la loi, si vous me permettez, il faut aussi
voir que la question des usages... c'est vrai que le cannabis, c'est un
psychotrope et il n'est pas seulement de la fumée de tabac, comme le tabagisme
qui entraîne une dépendance et qui crée des cancers. Donc, il faut le regarder
aussi comme quelque chose qui se traite, qui se prévient, comme une dépendance comme telle, et au-delà des
lois, et des règlements, il y
a des politiques de pratique qui
vont avoir lieu dans les centres d'hébergement, dans les CPE, puis etc.,
qui vont venir encadrer un peu par rapport à ça.
l'univers du comestible, on ne le connaît pas comment qu'il va s'implanter. On
va voir comment vous, législateurs québécois, comment le fédéral va
légiférer. Nous, on va voir ce qu'on va mettre comme autres barrières pour
éviter la banalisation, et, par règlement,
le gouvernement peut rendre applicables tout ou en
partie des dispositions du présent
chapitre
à d'autres formes d'usage du cannabis ou prévoir toute autre norme applicable à
ces formes d'usage. On a déjà, dans l'article 20,
la
section V, cet élément-là qui, en fin de compte, nous dit... et, comme vous
l'avez dit, c'est très créatif. Rouvrir une loi chaque fois... on ne sait pas quel produit pourrait arriver ou
pourrait défaire. On préfère, à ce moment-là, avoir la souplesse de la réglementation, le suivi de nos
comités de vigilance, puis etc., pour être en mesure de le faire, si on se rend
compte, par exemple... Et ça, là, il faut
voir, c'est comme le tabagisme. À un moment donné, dans les centres jeunesse,
les jeunes fumaient énormément. Les
centres jeunesse ont fini par venir demander à ce qu'on arrête de fumer, puis
etc. Il y a une évolution de la société.
Donc, la
réglementation nous permet de suivre plus rapidement la situation et d'ajuster.
Et, si on se rend compte qu'il y a un
problème à un endroit ou en particulier, on a les pouvoirs réglementaires ici
pour faire l'ajustement. Donc, on n'a
pas dit : Tel comestible ou telle affaire, telle huile ou pas l'huile, on
veut aussi voir comment la société va un peu évoluer, mais on a le pouvoir de
le faire. Le ministre pourra, s'il y a une situation qui arrive... Et je peux
vous dire aussi qu'indépendamment de la loi et de la
réglementation de cannabis, il va y avoir, dans les centres de dépendance, en
milieu de santé, avec la famille, des
règles qui vont se développer en termes de genre de politique, tout comme on
n'accepte pas que les gens amènent de l'alcool sur les lieux de travail,
puis etc.
Donc,
ça, ça existe, mais de le prévoir et de l'enchâsser, je vais vous dire, déjà,
d'emblée, pour dire, je ne sais pas, moi :
On ne peut pas consommer de pilules de la SQDC à l'intérieur du neuf mètres
de... du tabac, on n'est pas là. Et, dans ce sens-là, c'est là où le ministre parle d'endroits vulnérables, puis
etc., où on va voir quels sont les meilleurs mécanismes pour le faire.
Le Président (M.
Provençal)
: Oui, madame.
Mme Weil :
Oui, rappelez-moi l'article de... celui qui... le pouvoir...
M. Arruda
(Horacio) : C'est l'article...
Section V, l'article 20.
Mme Weil :
L'article 20.
Mme Weil :
Ah! oui, oui, oui. Qu'est-ce que je fais, là? Peut-être juste relire pour moi
le...
M. Arruda
(Horacio) : Voulez-vous que je le relise?
Mme Weil :
...la disposition. Oui.
M. Arruda
(Horacio) : Vous permettez, M. le Président?
Le Président (M. Provençal)
: Oui, allez-y.
M. Arruda (Horacio) :
J'ai le droit? Je m'excuse, là, j'ai...
Mme Weil : Surtout, excusez-moi, ce qui est important, c'est
chapitre et section, parce que, la structure d'une loi, on attache
l'intention du législateur, souvent, dans la section. Alors, c'est dans la même
section?
M. Arruda
(Horacio) : Oui. Et
vous m'excuserez, je suis médecin de formation et pas avocat, mais je trouve
que les lois sont compliquées. Mais sur ces commentaires...
M. Fortin :
Vous n'êtes pas tout seul.
M. Arruda (Horacio) : Hein?
M. Fortin :
Vous n'êtes pas seul à penser ça.
M. Arruda (Horacio) : Non. Je
trouve que c'est écrit d'une... Bien, écoutez, bon, on ne fera pas de débat ici
là-dessus, ce n'est pas le moment.
Section V, Autres règles applicables à l'usage
du cannabis.
L'article 20 se lit comme suit : «Le
gouvernement peut, par règlement, rendre
applicable tout ou [en]
partie des dispositions du présent
chapitre à d'autres
formes d'usage du cannabis ou prévoir toute autre norme applicable à ces
formes d'usage.»
Donc, cet
article permet au gouvernement de rendre... en fin de compte, d'attribuer un
usage de cannabis identique à ce qui est dans les articles précédents, s'il
considère que tel produit est à risque ou dans tel contexte particulier.
Mme Weil :
Je vais céder la parole, mais, juste avant de quitter, je pense que c'est
important, la discussion qu'on a ici,
parce qu'on est rendus plus loin que, comment dire, le schéma et les efforts
qu'on a faits... le tabagisme, parce que c'est d'autres paradigmes finalement.
Donc, juste la discussion qu'on vient d'avoir nous dit que, oui, il va falloir
qu'on exprime... mais que le ministre
exprime quelque chose et puis se réfère à cet article, c'est quand même
important parce que... toujours cette
question de l'intention du législateur et comment nous, comme législateurs, on
voit cet enjeu-là. On vient de l'exprimer, quelque chose qui n'a pas été discuté avec le... je ne pense pas, dans
les débats que j'ai vus sur 157. C'est comme si on n'était pas encore
rendus là.
Donc, je dis ça parce que c'est quand même
important, la réponse que vous donnez. Vous associez qu'il y a peut-être... Nous, on est convaincus qu'il y a un
enjeu là. On est convaincus qu'il y a un enjeu là. Vous dites que oui, j'ai
l'impression que vous dites que vous
prévoyez que peut-être, mais vous n'avez pas les données justement. Et on
comprend ça, vous êtes un scientifique, vous ne pouvez pas dire
n'importe quoi, là. Nous, on est des législateurs...
Mme Weil :
Non, mais ce n'est pas n'importe quoi, mais ce que je vous... Il faut que ce
soit basé sur une étude avant que
vous preniez des orientations. On comprend tout ça. Mais juste la discussion
qu'on vient d'avoir, je trouve que c'est éclairant dans le sens que, des fois, on se dit : O.K., est-ce
qu'on est juste trop rigide ou... c'est quoi? Pourquoi est-ce qu'on perçoit qu'il y a peut-être un problème? Et c'est
l'alcool, ça, parce que ça ressemble plus à la consommation d'alcool que
de cigarettes et que... le modèle dont on s'inspire.
Donc, comme
vous dites, cette possibilité de réglementation, c'est à l'usage. Bon, là, on
pourra prendre différentes approches
par rapport à notre perception et les dommages que pourraient faire... que ce
soit consommation de proximité, ou banalisation, ou carrément un
comportement totalement inadéquat parce que la personne a consommé. Vous ouvrez
la porte et nous indiquez que, oui, on
était... on est quand même sur une piste, mais que votre approche, c'est une
autre approche, mais qu'on est quand
même sur une piste. On n'est pas dans le champ, là, quand on met ces éléments-là dans cet amendement proposé. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Commentaires, Dr Arruda? Dr Arruda.
M. Arruda
(Horacio) : Très rapidement.
Sans avoir de données probantes, c'est clair que, de la même
façon que le modèle de vente a un
effet sur la consommation, le Québec a fait le choix de faire une société d'État par rapport à ça, je
pense que la question en amont va être : Qu'est-ce qu'on permet de rentrer comme comestibles au Québec? Et ça, on l'a déjà
prévu par règlement, ce qui n'est pas fait ailleurs, là. Je ne sais pas si vous
comprenez, on est la province qui a décidé
d'avoir une réglementation. Même si le chocolat noir ou le chocolat brun à tant de
THC serait légalisé par le fédéral, il ne pourrait pas se vendre au Québec
tant et aussi longtemps qu'on ne le permet pas par réglementation.
Donc, on a
cette barrière-là qui est là et, en plus, on a une barrière supplémentaire ou un processus de ce qu'on va permettre.
Si on se rend compte... on voit émerger une problématique, on pourra, par règlement,
restreindre l'usage auprès soit de
certaines clientèles dans certains milieux en fonction des données qu'on
a. Et, à ce moment-là aussi, ce que ça nous permet, c'est qu'on est en mesure de mesurer
l'impact. Parce que brimer un droit, il faut avoir une bonne
raison, hein, vous devez connaître ça.
Donc, moi, je pense
que c'est cet équilibre-là... et c'est pour ça qu'on l'a fait, parce qu'on ne peut pas tout prévoir à l'avance, mais je peux vous le dire, je suis
préoccupé par l'entrée des comestibles et ce que j'appellerais la
multiplication des nouveaux marchés. Parce qu'actuellement la majorité
des gens consomment du cannabis, c'est le mode... mais là, actuellement, on va mettre du cannabis dans à
peu près n'importe quoi, avec des
raisons ou pas de bonne raison. Il va falloir faire le tri à l'intérieur de ça, parce
qu'à ce moment-là on vient banaliser la substance qui est un psychotrope. Et il
faut avoir une approche un peu comme l'alcool, et d'ailleurs on est dans
un mode beaucoup plus prudent.
C'est
pour ça qu'on met des barrières. On est prudents, au Québec, par rapport à
cette légalisation-là, parce qu'on veut
voir les effets et on veut être en mesure d'être en contrôle, alors que, si on
ouvre la porte, c'est difficile de refermer. Une fois que la fente est faite, l'eau... Ça fait que c'est pour ça qu'on a
cette prudence-là, et le ministre a les mêmes préoccupations, comme tel. Parce que n'oubliez pas que la loi,
elle est basée sur deux choses, les choses importantes, protéger la santé de la
population, particulièrement des jeunes, la sécurité publique aussi par rapport
aux routes, et l'autre élément, c'est aussi le transfert vers un marché d'illégal vers le légal, mais ce n'est pas
et surtout pas de favoriser la dépendance à de nouveaux produits, ou
etc. C'est pour ça, d'ailleurs, que la SQDC n'a pas du tout le même mandat que
la SAQ.
Le Président (M.
Provençal)
: M. le député de Marquette.
M. Ciccone : Merci, M. le Président. Moi, je veux juste... j'ai une question rapide.
Est-ce que le ministre croit que 40 %
des provinces au Canada qui ont décidé d'inclure le mot «consommer» à
l'interdiction de fumer ou de consommer dans le tableau comparatif qu'on
nous a donné, là, est allé trop vite?
Le Président (M.
Provençal)
: M. le ministre.
M. Carmant :
Je ne dirais pas ça. Je dirais juste que nous, notre approche est différente,
mais on se garde cette possibilité-là.
M. Ciccone : Hier, je vous ai cité beaucoup de... des situations, justement de
drames d'enfants, et là je ne veux pas être
redondant, mais, si... justement, il y a un
article ici que je voyais, 2017, où
on peut commander par Internet, même si c'est illégal, là, on peut
commander par Internet des jujubes, puis ils vont arriver à la maison.
Je comprends, j'écoutais le directeur de santé
publique qui disait : Tu sais, c'est illégal, ça fait que pourquoi
légiférer là-dessus, c'est illégal? Mais, en même temps, il faut quand
même avoir la présence d'esprit que ça s'en vient. Puis je comprends qu'il y a une disposition dans la loi
qui fait en sorte que le Québec a le pouvoir d'accepter ou non les comestibles.
C'est ce que le directeur de la santé
publique a dit, et ça, bravo. Bravo d'avoir justement eu la clarté d'esprit de
voir les choses avant qu'elles
arrivent, et c'est là que je m'en vais, parce qu'on sait que ça va venir. On
sait que le Québec va avoir le choix
de choisir, M. le ministre et son équipe, et son équipe santé publique, va
avoir le choix de choisir quels éléments vont arriver ici, au Québec, et qu'est-ce qu'on va mettre en marché.
Mais ça, ça n'enlève pas le fait, M. le Président, qu'on va mettre des jeunes quand même en danger. C'est
un droit, ça va devenir légal, mais on va quand même mettre des jeunes
en danger, vu toutes les histoires que je vous ai contées.
article ici...
puis même si le Québec a le pouvoir de choisir qu'est-ce qu'ils vont laisser
entrer comme comestibles dans la province...
Marijuana edibles are moving towards Canadian Government approval . Et là on s'imagine la pression populaire, on s'imagine les lobbys, on sait que ça s'en
vient. Tellement, tellement, puis
ce n'est pas légal encore, là, tellement qu'on... le le 20 décembre
2018, on a fait un tableau, Projet de règlement sur les produits du cannabis
additionnels, même si on... On a prévu que ça s'en venait, là,
ça s'en venait : cannabis comestible solide, cannabis comestible boisson, extrait de cannabis. Et là on met
10 grammes de THC au niveau des capsules. 1 000 milligrammes de
THC par emballage, ça, c'est extrait de cannabis inhalé. On le
prévoit déjà.
Ontario, M. le Président, puis ça, c'est d'avoir un peu de clairvoyance, tout
simplement, en Ontario, c'est écrit «interdit de fumer». Puis je demande ça au ministre, là... Le premier
ministre disait à qui veut bien l'entendre : On se compare toujours à l'Ontario. Dans n'importe quoi, là, on
se compare à l'Ontario puis on veut battre l'Ontario. Pourquoi le ministre
ne veut pas battre l'Ontario dans ce domaine-là?
Le Président (M.
Provençal)
: M. le ministre.
Carmant : Je pense que notre mission est très différente, puis moi,
j'appuie ce que le Québec a fait, où on a créé une société d'État qui refuse de faire la promotion de la substance. Et,
encore une fois, il ne faut pas oublier qu'on se garde ce pouvoir
d'interdire, si nécessaire, de façon réglementaire. On l'a, ça, c'est acquis.
M. Ciccone :
Oui. Mais c'est parce que vous savez que, quand vous avez justement le pouvoir
de le faire, encore une fois...
M. Thouin :
M. le Président.
Le Président (M.
Provençal)
: Oui, monsieur...
Thouin : Question de règlement. J'invoque l'article 211, j'aimerais ça
qu'on revienne au sujet. Présentement, on
est dans les comestibles et tout ça, et on était dans les lieux où est-ce qu'on
pouvait consommer ou non, mais je pense qu'on s'éloigne. En tout respect, je pense qu'on s'éloigne du sujet.
J'aimerais ça qu'on puisse revenir à l'amendement qui a été proposé...
le sous-amendement, en fait, proposé par la députée... de Notre-Dame-de-Grâce.
Pardon.
Le Président (M. Provençal)
: Si on relit le sous-amendement, je pense que ce serait peut-être
bien, mais je note votre propos. «ll
est interdit de fumer», ce qui était déjà dans l'article, et là il y a...
on a ajouté, par différents sous-amendements, «faire
pénétrer par la peau, inhaler ou ingérer du cannabis intégré ou mélangé à des
matières solides dans tous les lieux fermés suivants», et etc. Et là on
a la liste des 17 lieux, je pense, qui sont... par la suite.
que je décode du député de Marquette, c'est toute la notion des éléments. Compte tenu que dans leur résolution, on
parle d'ingérer, «ingérer» est en lien avec une notion de comestible, alors il
est encore en lien avec ça. Parce que je vous rappelle
qu'on travaille sur le sous-amendement, et le sous-amendement, même si vous me mentionnez «interdit de fumer»,
dans le sous-amendement, on a amené
des éléments nouveaux sur lesquels les gens qui ont proposé le sous-amendement sont en droit d'amener des
éléments de discussion ou de clarification.
Thouin : Bien sûr, M. le Président. Toutefois, on parle ici de
légalisation des comestibles, et c'est loin du dossier, là, à moins que
j'aie mal compris. Ça se peut, ça, M. le Président.
M. Ciccone :
On ne parle pas des... Non, mais c'est parce que, M. le Président...
Le Président (M.
Provençal)
: Oui, M. le député de
Marquette.
M. Ciccone : Quand on fait un point, là... Je pense que le député de Rousseau
devrait comprendre que, quand on fait
un point, on explique, on cite des exemples puis on essaie de prouver notre
point. C'est sûr que moi, à chaque deux mots, je ne peux pas sortir le mot «ingérer», «inhaler» ou «pénétrer par la
peau», là. Un, ça va être plate. Ça fait que, justement, j'essaie de prouver mon point. La job du
législateur, c'est d'essayer de se faire entendre puis d'essayer de même faire
changer l'opinion du gouvernement et du ministre. C'est ce que j'essaie
de faire en amenant des points, justement.
Puis,
je vais vous dire une chose, là, le directeur de la santé publique, tantôt,
nous parlait de fumer et de prendre du comestible...
des comestibles à neuf mètres d'un lieu fermé... là, pas neuf mètres, mais à
neuf mètres d'un lieu où on peut... comme le tabac. Je ne sais pas
pourquoi que le député de Rousseau ne l'a pas repris, parce qu'on ne parle pas
de ça du tout, là, on parle d'un lieu fermé
ici. Alors, il faut rester dans le sujet également, là. Puis nous autres, on
l'a laissé passer, on n'a rien dit. Ça fait qu'il y a une place...
Quand
on veut prouver notre point, il faut quand même avoir cette latitude-là.
Jusqu'à présent, M. le Président, ça va
très bien, là, puis je pense qu'on avance, là. Ça fait que moi, je pense qu'on
devrait offrir cette latitude-là,
malgré que j'ai été entre les deux lignes, M. le Président, selon moi.
Mais c'est vous qui allez décider.
Le Président (M. Provençal)
: Ce que je mentionne, c'est que les propos que vous tenez, M. le député de Marquette, sont en
lien avec le sous-amendement. Alors, je vous demande de poursuivre, s'il vous
plaît.
M. Ciccone : Alors, merci beaucoup, M. le
Président. M. le ministre a dit un peu plus tôt... puis
il fait cette loi-là, justement,
légifère pour les personnes vulnérables, risque de consommation de proximité.
Ce qu'on parle ici, justement, on
parle encore d'huile qui est pénétrée par la peau, on parle d'inhaler, on parle
d'ingérer. Puis, quand on parle d'ingérer, bien, on parle de comestibles qui, éventuellement, pourraient être
légalisés, pourraient être légalisés, puis on sait fort bien que ça peut être fait. C'est toujours dans le but de,
justement, M. le Président, de protéger les jeunes vulnérables des risques de
consommation de proximité.
Ne voit-il pas,
justement, malgré le fait qu'on pourrait le faire par règlement, mais, encore
une fois, je ne veux pas revenir avec ce que j'ai dit hier, mais souvent on
amène des règlements quand il y a des drames, puis ça va trop loin. Moi, je
pense qu'on pourrait avancer un peu, sans nécessairement tout englober, mais on
pourrait avancer un peu. Je ne sais pas si le ministre a la latitude de juste
faire un pas, juste faire un petit pas pour qu'on puisse nous-mêmes avancer.
Le Président
(M. Provençal)
: M. le ministre.
M. Carmant :
M. le Président, encore une fois, c'est... La
Loi sur le cannabis est sur la
forme fumée. Et on a vraiment le pouvoir réglementaire pour les autres
formes et on va maintenir cette prérogative-là pour le moment.
M. Ciccone : Plus tôt, un membre du gouvernement a dit : Parce qu'on a de la
difficulté de faire appliquer la loi, c'est
difficile. C'est difficile de le faire parce que, justement, on a de la difficulté
à faire... à mettre quelque chose. On a de la difficulté à faire
appliquer la loi.
ça veut-tu dire que, parce qu'on a de la difficulté à faire appliquer la loi,
puis on sait que c'est dangereux, puis on
sait que c'est néfaste, qu'on va s'empêcher de légiférer? Moi, c'est des mots
graves, ce que j'ai entendu là, parce que... Ah non! mais, tu sais, on ne le mettra pas. On sait que ce n'est pas
bon, on sait que c'est grave, on sait que c'est dangereux, on sait que ça peut tuer des enfants, mais, ah, on
va avoir de la difficulté à attraper les gens puis on va avoir de la difficulté
à faire respecter la loi, ça fait qu'on va s'empêcher de légiférer.
Moi,
je ne sais pas, M. le Président, mais j'aimerais ça entendre le ministre
là-dessus. Moi, ça me dérange d'entendre ces mots-là.
Le Président
(M. Provençal)
: M. le ministre.
M. Carmant :
M. le Président, mon point est clair. Nous ne croyons pas que le fait
d'utiliser le mot «consommer» à cet
endroit améliore le projet de loi. Donc, vraiment, là, on est à l'aise avec ce
qui avait été prévu par l'ancien gouvernement à l'ancienne législature,
après plus de 150 heures de discussion. On est à l'aise avec ça.
M. Ciccone :
Une autre citation : «Si on fait un geste, on en brime un autre.» Ça,
c'est le directeur de la Santé publique qui
a dit ça. Je suis d'accord avec lui, là, mais action réaction. Je suis un
sportif, là. Quand tu as une action, tu as une réaction. Je sais ce que ça procure mais, en même temps, on parle
ici encore une fois de santé, là, on parle une fois de sauver les jeunes, de prévenir, de s'assurer de
garder nos jeunes qui ne feront pas face, justement... parce qu'on ne brise
pas juste une personne, on brise une famille également. Puis c'est juste de
faire un pas en avant.
Est-ce qu'on
considère vraiment brimer un autre droit, tenter de sauver la vie d'un jeune ou
essayer de, justement, protéger un
jeune en mettant cette loi-là, de le mettre... Mais là, ici, on parle d'inhaler
ou même l'ingérer. Est-ce que mettre le mot «ingérer», par exemple, si
on en choisit juste un, si on met le mot «ingérer», ça va brimer un autre droit
dans la population?
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre.
M. Carmant : Moi, ce que je
dis, c'est qu'on n'a pas d'avantage à le faire dans cet endroit de la loi.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député.
M. Ciccone :
Je pense que je vais passer la parole à un autre, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, je cède la parole au député de Viau.
M. Benjamin :
Merci, M. le Président. Alors, bonjour, M. le Président. Bonjour, M. le
ministre, chers collègues. Donc, content de vous retrouver, donc, pour
une autre belle séance de ce projet de loi si important.
Donc, M. le
Président, si vous permettez, je vais en profiter, avec le consentement du
ministre... On n'a pas la chance de toujours avoir le directeur de
l'Institut national de santé publique. J'aurais aimé l'entendre sur deux ou
trois points d'éclaircissement par rapport à son intervention précédente, donc,
avec le consentement du ministre.
M. Carmant : Juste entendre les
points, peut-être, s'il vous plaît.
M. Benjamin :
Ah! d'accord. En fait, c'est au sujet de quelques déclarations directement du
directeur de l'Institut national de santé publique lorsqu'il parlait des...
enfin, je le cite, des éléments qui n'ont pas été abordés. Donc,
j'aimerais peut-être l'entendre sur ces...
parce que lui, il a cette expérience, il a cette mémoire, donc. Il a cette
mémoire, donc, par rapport à notre
travail d'aujourd'hui que... évidemment, on comprend que M. le ministre, il
défend le projet de loi n° 2, mais toute cette mémoire, donc, je
pense que c'est M. le directeur de l'institut de la santé publique qui l'a.
Président (M. Provençal)
: Alors, il y a
consentement. M. Arruda, on vous invite à vous joindre à nous. M. Arruda.
M. Arruda (Horacio) : M. le
Président, je vais me renommer ou c'est fait?
Le Président (M. Provençal)
: Non, c'est fait.
M. Arruda (Horacio) : O.K.
Oui, monsieur?
Benjamin : Alors, en fait, merci, M. le directeur. Donc, ce que
j'aimerais savoir... Vous avez dit, tout à l'heure, quand vous parliez de certains aspects qui n'ont
pas été abordés, notamment,et suite à une question par rapport à la question
de gâteaux et l'aspect comestible... J'aurais aimé vous entendre sur ces
aspects-là qui n'ont pas été abordés.
M. Arruda (Horacio) : Bien,
dans le contexte où les comestibles n'étaient pas encore prévus, même s'ils
s'en venaient, il n'y a pas eu de discussion
précise sur le type de comestibles autorisés ou pas, les différentes formes ou
les lieux d'usage et les différentes restrictions.
Je pense que
les débats ont beaucoup porté, en 157, sur les principes de la loi et sur les
modèles de vente et la restriction de
l'usage du cannabis fumé. C'était essentiellement autour de ça, là, dans ma
compréhension. Je vieillis, ma
mémoire pourrait me trahir, peut-être
que le mot «comestible» est arrivé quelques
fois, mais on voulait attendre voir qu'est-ce que le fédéral allait
faire en termes d'éléments. Et on avait déjà beaucoup de pain sur la planche
avec les objets qui ont amené la loi actuellement.
C'est pour ça
que je vous dis que je ne peux pas vous dire nécessairement de propos précis
des directeurs de santé publique par rapport à ça. Il faudrait que je
relise les mémoires, mais vraiment, on n'a vraiment pas focussé sur les
comestibles.
M. Benjamin : O.K. Bien, écoutez, M.
le directeur, ni vous ni moi nous n'avons pas eu l'opportunité, en fait,
d'attendre les trois ans qui étaient prévus à la loi 157 pour faire le bilan.
Donc, il y a un nouveau
projet de loi qui est devant nous. Mais cependant j'aimerais vous poser la
question suivante : Est-ce qu'au cours
de la dernière année, en fait, depuis l'application de la loi, en fonction des
échos que vous recevez des différents
directeurs de santé publique, est-ce que la question comestible est devenue un
enjeu? Donc, est-ce que c'est une
question... est-ce qu'il y a une ébauche de réflexion là-dessus, donc chez
vous, à l'Institut national de santé publique?
M. Arruda
(Horacio) : De façon très macroscopique et générale, c'est
qu'il y a des échanges qui disent qu'il va falloir, un, surveiller voir ce que le fédéral va véritablement sortir
et, deux, c'est d'être probablement d'avoir une certaine prudence par
rapport à l'invasion du marché québécois avec des comestibles. Mais on n'en est
que là actuellement.
M. Benjamin : Mais pour le moment,
donc, je comprends qu'il n'y a pas de recherche ni de rapport documenté à cet
effet, de chez vous ou de quelconque direction de santé publique.
M. Arruda
(Horacio) : Je dirais que de directions de santé publique, non,
mais je vous dirais que l'Institut national de santé publique réfléchit
à la question des comestibles.
Benjamin : Pour le moment, vous êtes à l'étape de réflexion, donc il
n'y a pas encore de document que vous serez prêt...
M. Arruda (Horacio) : Je n'ai
pas de rapport ni de document qui m'a été transmis par l'institut.
M. Benjamin : Oui. Un autre élément
que vous avez abordé, M. le directeur, vous avez parlé de votre approche
prudente. C'est comme aller à l'école. Qu'est-ce que vous voulez dire par là
exactement?
M. Arruda (Horacio) : J'ai
dit aller à l'école, là?
Benjamin : Oui, oui, absolument. J'ai entendu ça tantôt, dans votre
intervention. Vous avez dit, vous avez adopté une approche prudente, donc, initialement et puis c'est comme aller à
l'école, comme aller à l'école, une approche comme à l'école.
M. Arruda
(Horacio) : Je m'excuse, là, mais peut-être que je l'ai dit,
c'est possible, mais je ne sais pas dans quel contexte. Il faudrait que je réécoute mon libellé. Parce que je
voulais... je ne sais pas s'il y a quelqu'un qui se souvient, mais c'était peut-être que je voulais dire, dans le
fond, qu'il faut apprendre les choses par la prudence et voir qu'est-ce qui se
passe. C'est peut-être dans ce contexte-là,
mais il faudrait que je réécoute le libellé, monsieur. Je m'excuse sincèrement.
Je vous disais, j'ai des problèmes de mémoire, mais ce n'est pas ça. C'est que
j'ai dû le dire dans un contexte.
Benjamin : Je l'ai noté, donc on pourra peut-être, si vous le
souhaitez, réécouter les minutes, donc, tout à l'heure. Donc, merci, M.
le directeur. Donc, je vais poursuivre avec M. le ministre.
Donc, alors,
M. le Président, donc, il y a un enjeu qui a été abordé, donc, à la fois par le
député de Pontiac, par la collègue de
Notre-Dame-de-Grâce et par le député de Marquette,
sur l'enjeu des comestibles. Moi, je vais y aller avec un autre aspect,
donc c'est tout ce qui s'appelle faire pénétrer par la peau donc... donc, dans
cet amendement-là.
La question
que j'ai le goût de soumettre au ministre, donc, est-ce
qu'il est d'accord que, quand on
parle de faire pénétrer un produit
par la peau, qu'il s'agit essentiellement des huiles de cannabis? Est-ce qu'il y a d'autres façons de faire pénétrer par la peau, à son avis?
Carmant : M. le Président, on n'a pas encore la gamme de produits qui sera disponible, là, en
vente au niveau de la SQDC. Donc, pour le moment, il y a des huiles,
mais on n'a pas d'autres...
Benjamin : Donc, essentiellement, donc, pour le moment, donc, on parle des huiles de cannabis. C'est bien
ça? Donc, quand on parle de pénétrer par la peau, c'est bien ça, M. le
ministre?
Benjamin : Ah! d'accord,
merci. Je vais soumettre... c'était lors de l'étude précédente, de la
précédente loi, de l'actuelle loi, en
fait, de la loi 157, un élément d'information qui avait été soumis sur l'augmentation fulgurante de la consommation, de l'usage des huiles de cannabis, beaucoup
plus que le cannabis séché. Et c'est un élément d'information qui vient de Santé Canada, donc c'est un rapport sur la production
de vente de cannabis et qui révèle que les ventes d'huiles de cannabis connaissaient un taux de croissance
soutenu et supérieur à celui du cannabis séché. Au cours des quatre trimestres de données, donc précédant, donc, 2017, les ventes
de cannabis séché ont augmenté de 44,6 %
tandis que les ventes d'huiles ont augmenté de 278,2 %, totalisant
13,7 tonnes.
Ma question,
M. le Président : Est-ce que M. le ministre était au courant
qu'actuellement les huiles de cannabis sont très populaires au niveau de
leur consommation?
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre.
M. Carmant : Bien, je
pense que ce qui est écrit, c'est que la popularité augmente, mais c'est quand
même loin de la forme fumée, là, qui est de loin la forme la plus
utilisée.
Benjamin : Oui. Donc, je viens de soumettre à M. le ministre des
chiffres, donc, qui parlent. Donc, ça vient de Santé Canada. Donc, s'il y a une augmentation de 44,6 % pour la
fumée, donc cannabis séché, c'est 278 %, l'augmentation, les huiles de cannabis. Donc, j'aimerais entendre,
M. le Président, le ministre. Comment il apprécie ces chiffres-là? Donc,
ce n'est pas de nous, c'est des chiffres de Santé Canada.
M. Carmant :
Avec prudence.
Benjamin : Avec prudence. Alors, avec prudence... Alors, ma question,
la question tout de suite que j'ai le goût
de lui poser : Ne croit-il pas nécessaire cette même prudence qu'il
évoque, qu'il fasse oeuvre ou prudence, justement, donc, notamment en insérant, donc, les questions et
donc en adoptant cet amendement-là, l'idée de faire pénétrer par la peau, donc... Alors, lorsqu'on sait que les huiles
de cannabis sont de plus en plus populaires, alors, justement, c'est à cette
prudence que nous le convions aujourd'hui, donc, en lui demandant, donc, de
faire adopter ce règlement.
Alors,
M. le ministre, êtes-vous prêt à faire usage, à faire oeuvre de prudence, là
encore, comme vous venez de le souligner tout à l'heure?
Le Président (M.
Provençal)
: M. le ministre.
Carmant : Encore une fois, M. le Président, je le répète, vraiment, le
pouvoir réglementaire que nous donne la loi actuelle nous accommode pour nous
donner une certaine flexibilité et nous ajuster avec les changements qui vont
survenir au cours des prochains mois ou années.
Benjamin : M. le Président, ici, il n'est pas question de changement
qui va venir au cours des prochains mois et des prochaines années. C'est un
fait. C'est un fait qu'actuellement il y a de plus en plus de consommateurs de
cannabis qui vont vers des huiles de cannabis. C'est un fait.
Donc,
moi, je ne demande pas au ministre de se pencher sur l'avenir, donc, je demande
de se pencher sur ce qui se passe
actuellement, ce qui est en cours actuellement au niveau de l'usage, de
l'utilisation du cannabis, notamment par une plus grande propension des utilisateurs du cannabis à faire usage des
huiles de cannabis, donc faire pénétrer par la peau, ce que justement
mon collègue le député de Pontiac rappelle au ministre. C'est un fait.
Donc,
alors, ma question demeure encore, M. le Président. Nous demandons au ministre d'agir tout de suite, de ne pas attendre, donc. Et
il a la possibilité, il est celui qui a la possibilité d'agir tout de suite pour vraiment venir resserrer, comme telle est la prétention de ce projet de loi, l'encadrement du cannabis. Donc, comme je l'ai mentionné hier, M. le Président, le projet de loi, ce n'est pas sur l'encadrement du cannabis à
fumer, donc, ou le cannabis séché. Donc, c'est un projet de
loi sur l'encadrement du cannabis, et donc c'est tous les usages,
toutes les formes que peuvent prendre ces usages-là. Et nous avons... je
viens de soumettre les chiffres au ministre, qu'une des formes les plus
répandues, de plus en plus populaires maintenant, ce sont les huiles de
cannabis.
Donc, imaginez-vous,
M. le Président... Donc, je n'ai jamais à utiliser de cannabis ou d'huile de
cannabis, mais j'imagine, et je ne sais pas
si j'extrapole, je ne sais pas si ça existe, des bains d'huile de cannabis.
Est-ce que ça existe? Je ne sais pas. Donc, alors, vous voyez dans quelle
situation qu'on pourrait se retrouver, donc, alors qu'un grand utilisateur,
donc, pourrait faire usage de bains d'huile
de cannabis. Je ne sais pas, M. le Président, mais je soumets le tout. Donc, ça
se passe actuellement, M. le
Président, ce n'est pas l'avenir. Donc, c'est maintenant. Donc, est-ce que...
je demande à M. le ministre : Est-ce qu'il est prêt à agir
maintenant, puisque les chiffres sont là, à l'appui?
Le Président (M.
Provençal)
: M. le ministre.
Carmant : M. le Président, j'entends la demande du député de Viau,
mais je maintiens la réponse que j'ai déjà offerte à plusieurs reprises.
Le Président (M.
Provençal)
: Et donc pouvoir
réglementaire.
M. Carmant :
Exactement, pouvoir réglementaire.
Benjamin : M. le Président, à ce stade-ci, donc, je me vois dans
l'obligation de faire... de déposer un article, un
article où, contrairement à ce que nous dit
actuellement le ministre, qui est le porte-parole du gouvernement dans ce dossier-là, où clairement on comprend que le
gouvernement a changé d'avis, a changé d'orientation en matière d'interdiction,
en matière de resserrement. Et l'article est très évocateur, les citations sont
claires, sont précises par rapport à celui
qui était le... celui qui a précédé M. le ministre comme porte-parole dans ce
dossier-là, donc, à savoir le député de Borduas.
Donc, je vais déposer
un premier article, M. le Président. Donc, le
titre de l'article, paru dans Le
Journal de Montréal : La CAQ veut rendre la tâche difficile aux
consommateurs de cannabis . Donc, alors, si vous permettez, M. le
Président... Je ne sais pas comment on procède. Est-ce que...
Président (M. Provençal)
: Je vais suspendre pour
que vous puissiez faire parvenir votre
article à la secrétaire, et, par
la suite, on va l'imprimer et le distribuer.
(Suspension de la séance à 12 h 48)
Le Président (M. Provençal)
: Nous allons reprendre nos échanges.
Je reçois le dépôt
d'un
article de Pascal Dugas Bourdon, La CAQ veut
rendre la tâche difficile aux consommateurs de cannabis . Donc, le dépôt est maintenant officiel de la part du député de
Viau. Alors, M. le député de Viau, si vous voulez poursuivre.
Benjamin : Oui. Merci, M. le Président. Donc, écoutez, cet
article-là, c'est un
article
de presse qui ne date pas de
10 ans, qui ne date pas de cinq ans, mais qui date de moins de deux ans, M. le Président, 2017. Et là on fait face à un enjeu
de cohérence. C'est un enjeu de cohérence, c'est un enjeu où on s'engage sur
des choses et, quand vient le temps de livrer, on dit : Non, ce
n'est pas vrai.
Écoutez,
je vais lire un extrait de cet article, si vous permettez, M. le Président : «Le parti de François Legault craint que les muffins, gâteaux et autres produits
dérivés ne rendent la consommation de marijuana trop attirante.» C'est clair.
C'est clair, M. le Président.
Est-ce que
M. le ministre, est-ce
qu'il est d'accord
avec cet élément-là? J'aimerais lui demander : Est-ce qu'il est d'accord? Est-ce
qu'il est d'accord
que les muffins, les gâteaux et autres produits dérivés peuvent rendre la
consommation de marijuana attirante?
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre.
Carmant : Alors, M. le Président, je vais utiliser un sport que le député de Pontiac
va aimer. Il y a un nouveau «point guard» sur le jeu, meneur de jeu, et j'assume mes décisions. Maintenant,
nous, on ne veut absolument pas banaliser la chose et, encore une fois,
on se garde ce pouvoir réglementaire de le faire, dépendamment de ce qui sera
disponible.
M. Benjamin : Oui. Bien, vous savez,
M. le Président, j'aurais pu déposer un autre document, mais je vais me contenter de dire à M. le ministre, pour le
moment, en attendant le dépôt, donc je vais voir qu'est-ce qu'il va me
répondre... vous savez, l'engagement,
l'engagement de la bannière sous laquelle M. le ministre, porteur de ce
dossier, s'est fait élire, s'est engagé à agir maintenant, rapidement,
dans ce dossier.
Et je
pourrais éventuellement, si tel est le souhait du ministre, déposer, donc, un
autre document, donc, où il y avait un engagement concret pris par le
parti du ministre à agir rapidement dans ce dossier et à plusieurs niveaux
d'ailleurs, plusieurs niveaux puisque, dans
ce même
article que nous avons devant nous, que nous venons de déposer, M. le
Président, il était question, par
exemple... on a même parlé de... les questions de cuisiner le cannabis, donc,
où, du bout des lèvres, on a admis
que, bon, on allait tolérer qu'on puisse cuisiner les aliments mais pas les
vendre au détail. Il y avait un engagement à resserrer la consommation
du cannabis, à resserrer la consommation du cannabis. C'est de cela dont il est
question.
Et cet
engagement-là, est-ce que je comprends, puisque M. le ministre vient de nous
dire qu'il y a un nouveau capitaine à
bord du bateau ou un nouveau capitaine sur la patinoire... donc, lui, est-ce
qu'il change les règles du jeu? Est-ce que c'est ce que je dois
comprendre?
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre.
Carmant : Non, au contraire, mais il vient de nous expliquer pourquoi
le projet de loi est le projet de loi n° 2, M. le Président.
Benjamin : Et à ce moment-là, M. le Président, c'est un projet de loi
n° 2, mais vous savez, ce projet de loi là, c'est le choix du
gouvernement, c'est le choix du ministre, donc de ce gouvernement, d'avoir un
projet de loi n° 2. Et visiblement ça fait quelques semaines que nous
sommes là, où il y a beaucoup de questions, quelques amendements, deux ou trois
seulement qui ont été acceptés, entérinés avec l'assentiment du ministre.
Vous
comprendrez que, si on avait pris le temps de bien faire les choses, on n'en
serait pas là, si on avait pris le temps,
M. le Président, d'attendre, en tout cas, l'évaluation qui est primordiale, à
mon sens. Vous voyez, on vient de le dire
tout à l'heure, c'est le directeur de l'Institut national de santé publique qui
vient de rappeler qu'il y a des aspects qui n'ont pas été abordés lors de la... Or, encore aujourd'hui, ces
aspects-là que nous voulons aborder aujourd'hui, le ministre nous
renvoie aux calendes grecques en nous disant : Écoutez, il y aura un cadre
réglementaire, il y aura...
Je veux bien
qu'il y ait un cadre réglementaire, M. le Président, mais ce que nous avons
comme enjeu aujourd'hui, par rapport à ce projet de loi, c'est que nous
demandons qu'il puisse y avoir, conformément aux engagements qui ont été pris par le parti que
représente M. le ministre, qui est porteur de ce dossier-là... nous lui
demandons, conformément aux engagements qu'ils ont pris, donc, de s'assurer
que l'enjeu total de la consommation du cannabis soit abordé.
Je vois que vous me
regardez, M. le Président...
Le Président (M. Provençal)
: Parce
que j'étais pour vous dire que, compte tenu de l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'à
15 heures. Merci de votre collaboration.
(Suspension de la séance à
13 heures)
Le Président (M.
Provençal)
: Nous reprenons nos travaux.
Commission de la santé et des
services sociaux... Je demande à
toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la
sonnerie de leurs appareils électroniques.
vous rappelle que la commission est
réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 2, Loi
resserrant l'encadrement du cannabis. Lors de la suspension de nos
travaux, ce midi, le débat portait sur le sous-amendement proposé par la
députée de Notre-Dame-de-Grâce concernant un amendement à l'article 5 du
projet de loi. Le député de Viau avait alors la parole. M. le député, la parole
est à vous.
Benjamin : Merci. Merci beaucoup, M. le Président. Donc, très content de vous retrouver, M. le ministre, donc, et tous les collègues, donc, alors, pour terminer ce
premier segment de mon intervention, donc, autour... Nous parlions, M. le Président, des engagements, et M.
le ministre nous rappelait aussi
qu'il était le nouveau capitaine à bord du vaisseau.
Donc, ce que nous
voulons, c'est nous rendre à bon port, donc, par rapport à ce projet de loi,
donc c'est-à-dire atteindre les objectifs
qui nous sont communs, M. le
Président, c'est-à-dire resserrer véritablement l'encadrement du cannabis. Mais, comme je l'ai mentionné, M.
le Président, donc soit qu'on veut
resserrer l'encadrement du cannabis ou qu'on veut ne pas
resserrer.
Si on veut véritablement
resserrer l'encadrement du cannabis, comme il a été démontré dans mon
intervention précédente, donc, face à la
popularité grandissante, notamment, des huiles de cannabis, donc nous pensons et nous
croyons qu'il y a un geste, une action à poser, et c'est maintenant
qu'il faut poser ce geste et ne pas attendre le cadre d'une réglementation,
donc. Et le ministre a le pouvoir, a l'opportunité de le faire, et nous
espérons qu'il va agir en ce sens.
Le Président (M.
Provençal)
: Merci. Y a-t-il d'autres
interventions?
Fortin : Certainement, M. le député... M. le Président, pardon.
Je ne voudrais pas vous offenser.
Le Président (M.
Provençal)
: À la base, je suis un député.
M. Fortin : Oui, d'accord. D'accord. Un député neutre. Bien oui, j'écoutais les
exemples... les explications, pas les exemples,
les explications, entre autres, du Dr Arruda qui était ici un peu plus tôt, là. Tu sais, il nous a dit quelque chose d'intéressant. Il nous a dit essentiellement : On veut
être prudents, hein? On veut être prudents par
rapport à la santé publique, par rapport à la sécurité. Et il a dit que c'était un peu comme des barrières
qu'on ouvrait, là, une fois qu'on ouvre la porte, bien, c'est dur
d'arrêter.
Mais
c'est un peu ça qui se passe avec les nouveaux produits. C'est
quand... et l'article 5, là... Parce
que quand tous ces produits-là sont sur le marché, comme ils sont
en ce moment et qui ne sont pas réglementés... comme est
réglementé tous les produits fumés,
là, les produits du cannabis séché, bien, c'est là qu'on ouvre la porte un peu.
Puis c'est vrai que c'est dur
d'arrêter, une fois qu'on ouvre la porte. Là, ces produits-là, ils sont
disponibles à travers le gouvernement
du Québec, et il est permis de les consommer dans tous les endroits dont
on fait l'inventaire à l'article 5.
Alors,
c'est vrai que ce n'est pas évident qu'il faut colmater cette brèche-là le plus
rapidement possible. Et c'est exactement
ça, notre point. Notre point, c'est : puisque ces produits-là sont
disponibles, puisqu'il est permis, même si ce n'est pas l'intention de personne, là, il est quand même permis de les
consommer partout... Ce serait permis aujourd'hui, M. le Président. Si j'avais une bouteille de, je
ne sais même pas comment dire ça, Houndstooth, qui est un produit de gélules,
de gélules de cannabis, ici, sur la table,
là, si j'en avais un, si, pendant la pause, j'étais allé faire un petit tour à
la SQDC, j'aurais acheté ça pour 61,70 $, je mettais ça sur la
table puis je mangeais ça comme des pinottes, une après l'autre, là, il n'y a rien qui m'empêche de faire ça, M. le
Président. Il n'y a rien qui m'empêche de faire ça dans tous ces endroits-là.
À part mon bon jugement, là, M. le
Président, là, il n'y a rien qui m'empêcherait ou qui empêcherait un citoyen
d'aller dans un hôpital et de faire exactement ce que je viens de dire
devant tout le monde.
Et y a-tu quelque
chose qui mène à une banalisation plus grande de ce produit-là? Ce qui est
l'objectif principal de la loi... le
ministre nous l'avait dit dès la première qu'on s'est parlé de cannabis, que
son objectif, c'était justement de ne pas banaliser. Il ne me l'a pas
dit une fois, il me l'a dit trois fois. Mais ça m'est resté dans la tête après
qu'il me l'a dit trois fois, M. le Président.
Son objectif, c'est de ne pas banaliser. Bien, voilà l'occasion parfaite de le
faire. Je comprends que le ministre
ne veut pas le faire, ne veut pas le faire du moins dans le cadre du projet de
loi. Ça ne veut pas le dire qu'il ne veut pas le faire. Mais là je n'ai
plus de temps.
Donc, je reviendrai plus tard pour terminer mon
explication, pas sur ce sous-amendement-là, mais sur un autre potentiel débat
qu'on aura, M. le Président.
Le Président
(M. Provençal)
: Merci. Alors, je
cède la parole au député de Marquette.
M. Ciccone : Merci, M. le Président. Je veux juste... On est
allés... Je veux juste descendre, là, dans les paragraphes, parce qu'on parle toujours... On parle de... Le
ministre a parlé beaucoup de consommation de proximité, puis, quand on parle de proximité, M. le Président, on parle,
bien entendu, des... Dans le cas-ci, là, du projet de loi n° 2 sur des
jeunes, ça commence en bas de
21 ans, ouis c'est clair, et puis ça a été démontré, là, puis même
l'inquiétude du ministre vraiment... l'a amené de belle façon, je pense,
avec la consommation chez les jeunes mineurs également, en bas de 18 ans.
Là, ici, le paragraphe 13, les
établissements... Alors, si on part avec le premier alinéa qui dit que, sous
réserve des articles 13 et 15, il est interdit de fumer du cannabis dans
tous les lieux fermés suivants, et si on y va avec notre sous-amendement, c'est sûr que, là, on inclut
l'huile, inhaler, ingérer ou faire pénétrer par la peau le cannabis ingéré. On
parle de proximité, M. le Président. Est-ce
que le ministre peut me confirmer qu'il n'y a aucun mineur dans les
établissements où on exploite un permis de bar au sens de la loi et les
permis d'alcool?
M. Carmant : Vous êtes à quel
point, M. le député de Marquette?
M. Ciccone :
Ce que je veux dire, si vous me permettez, M. le Président, juste pour...
Le Président (M. Provençal)
: Clarifier votre...
M. Ciccone : Clarifier, exactement. Il y a une loi au Québec
où les jeunes n'ont pas le droit d'être dans un établissement à l'âge de 18 ans. M. le ministre a été
jeune, comme je l'ai été, comme vous l'avez été, comme Beauceron. On connaît
votre réputation dans la Beauce, M. le Président.
Est-ce qu'il
peut me confirmer, M. le Président, M. le ministre, que, dans les
établissements de bar, où on sert de l'alcool,
où on a un permis de bar au sens de la
Loi sur les permis d'alcool, est-ce
qu'il peut me confirmer qu'il n'y a pas d'enfant, de jeune en bas de
18 ans dans ces bars-là?
M. Carmant : Je vais laisser le
juriste répondre, au sens de la loi.
Le Président (M. Provençal)
: M. le juriste.
M. Cheang (Sokun
C.) : Oui. Sokun Cheang, avocat au ministère de la Justice.
Bien, au sens
de la
Loi sur les permis d'alcool, c'est interdit à des personnes âgées de
moins de 18 ans d'être présentes dans un bar. Tu ne peux pas...
M. Ciccone :
Parfait. Merci beaucoup. On sait que ce n'est pas la réalité. On s'entend, O.K.?
Puis ce n'était pas une question
de loi, de règlement, là, ici, c'était vraiment une question
de réalité, parce que la loi... et la réalité est tout autre.
Avant le 17 octobre 2020... 2018, on n'avait pas le droit de fumer du
cannabis. Il y en a qui en fumaient pareil. Maintenant, est-ce qu'il y a des
gens qui sont en bas de 21 ans dans ces bars-là?
M. Carmant : M. le Président,
oui.
M. Ciccone : Oui, hein? Bon, c'est ça, la loi est jusqu'à 21 ans. Ce qu'on veut amener justement,
et vous nous l'avez bien précisé...
Puis là on parle ici d'huile ou souvent c'est sous forme de CBD. Vous avez dit
qu'il n'y a pas de CBD, qu'il n'y a pas de... tous les CBD ont un petit
peu de THC, il y a de l'huile. On peut inhaler, on peut prendre des gélules.
N'est-il pas
l'endroit parfait, M. le Président, pour justement se passer ça à qui mieux mieux avec les
étudiants, avec des jeunes en bas de
21 ans, dans des bars où se rencontre toute la fin de semaine, les jeudis
soirs, certains... une ville, c'est le
spécial du mardi. À Sainte-Adèle c'était le lundi soir, tout le monde se
réunissait. À tous les soirs, on peut se réunir dans un bar, dans un établissement où on sert de
l'alcool et s'amuser. Le député de Rousseau est d'accord avec moi parce qu'il a l'air
d'un gars qui y va souvent. Ah! c'est sale, je ne veux pas prétendre...
Le Président (M. Provençal)
: ...propos non pertinent, M. le député, propos non pertinent.
M. Ciccone :
...pas de prétention. C'est une farce. C'est une farce, M. le Président.
Ceci dit,
est-ce que ce n'est pas la place idéale pour essayer justement
de... où il pourrait y avoir une... on pourrait se passer, justement, des gélules? Il pourrait y avoir de la vente à
des jeunes ou... parce que, là, on parle de proximité. On parle de
proximité. N'y a-t-il pas la place parfaite?
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre.
Carmant : M. le Président, c'est clair que nous, le mélange alcool et cannabis, là, c'est quelque
chose qu'on ne veut absolument pas qui se produise, le moins possible.
M. Ciccone : C'est ça. Non, mais c'est clair. Je suis d'accord
avec lui, mais c'est parce que c'est... quand je parle de... quand j'amène ce
scénario-là, c'est parce que c'est une réalité. C'est parce que, là, on va
mélanger justement... dans un établissement où, oui, c'est vrai, on n'a pas le droit de
fumer... ça, c'est vrai, là, on le dit clairement, on n'a pas le droit
de fumer, mais c'est pour ça qu'on veut amener d'autres éléments, d'autres
produits qui vont faire en sorte que...
Un produit,
la fumée, t'es capable de le voir. Quelqu'un qui fume, quelqu'un qui fume du
tabac, tu vas le voir, tu vas le
sentir. Ça, je veux dire, tu prends une gélule pour avoir du plaisir le soir ou
tu prends... je ne sais pas, moi, t'inhales quelque chose, moi, je
trouve que c'est un petit peu trop facile. Puis on parle de proximité.
Moi, je pense
qu'il faut rendre la vie, justement, de ce produit-là difficile. Puis on sait que la
loi, c'est 18 ans et plus, mais,
en même temps, on sait fort bien qu'il y a des jeunes... Pourquoi
qu'il y a des jeunes? Parce que quand tu te fais prendre, tu peux perdre ton permis, mais tu vas payer des
amendes avant. Aux États-Unis, c'est très, très, très serré, on va carter tout
le monde, parce que, justement, tu perds ton permis, après une ou deux fois,
c'est terminé.
Mais ici, au Québec,
on sait que... on est tous sorti avant l'âge de 18 ans dans des bars, il y
a des... on sait que c'est une place
qui est propice. Souvent, c'est le crime organisé qui sont dans ces bars-là,
qui vont prendre possession, qui vont avoir des ententes avec les
tenanciers. Parfois, c'est sous forme d'intimidation, les gens sont là puis ils
font du trafic. Et là que le... marijuana ou
le cannabis est légal, ou on peut avoir justement de l'huile, ou on
peut avoir des gélules, là ça va être
encore plus facile de s'en procurer de façon légale et de les vendre de façon
illégale à des plus jeunes mais facilement dans un endroit où il y a des
réunions de jeunes d'en bas de 21 ans et même des mineurs.
Ça fait que pourquoi ne pas dire :
Bien, si on veut peut-être changer quelque chose, pourquoi que, justement, dans
cet établissement-là où... puis même, moi,
j'irais avec cet établissement-là et où est-ce qu'il y a des garderies,
justement, parce que des garderies...
une erreur, M. le Président, puis il y a une jeune qui ingère quelque chose,
puis on sait ce que ça peut faire, même si c'est privé, mais on offre un
service dans un milieu de garde familial. Pourquoi ne pas cibler quelques
endroits où vraiment il y a des enfants qui
peuvent être... ou des jeunes qui peuvent être, plus que d'autres, à des
endroits qui sont... Tu sais, on parle aussi de casino, salles de bingo,
tu sais, je veux dire... bingo, j'ai rarement vu un jeune de 21 ans dans une salle de bingo, M. le
Président, ou au casino. Tu sais, je veux dire, habituellement, c'est une
clientèle qui est un peu plus âgée, mais c'est toujours dans le but, dans
l'idée primaire du ministre, de vraiment protéger les jeunes et de
prévenir certaines situations qui pourraient être déplorables. Parce qu'au
moins, M. le ministre, vous reconnaissez qu'il
y a des endroits dans, justement, l'article 5 qui viennent du p.l. n° 157, mais qu'il y a des endroits qui sont plus dangereux pour les
enfants, plus que d'autres.
Carmant : M. le Président, c'est exactement le style de choses qu'on va
regarder avec le comité aviseur une fois
qu'on aura la capacité de savoir quels vont être les produits qu'on va accepter
sur le marché de la SQDC. Encore une fois, on a deux barrières de protection : la réglementation qui peut nous permettre ou pas de laisser plus de
comestibles ou d'autres formes et la réglementation qu'on a ici,
d'interdire les autres formes d'usage dans certains lieux.
Donc, on met
ces deux barrières-là. On compte les utiliser, mais on veut attendre puis on
veut garder la flexibilité que nous donne la loi actuelle que Mme
Charlebois s'était permise et que je veux garder.
M. Ciccone : Mais est-ce
qu'on ne pourrait pas faire un pas en avant? Parce que je comprends que c'est
du travail, là, rouvrir un projet de loi, aller rencontrer ses ministres puis
dire : Bien, regardez, on va faire un règlement. Je sais que ce n'est pas évident au Conseil des ministres. Je
comprends que ce n'est pas évident de tout faire ça, mais ça prend du travail,
puis il faut mettre les efforts nécessaires, puis il faut mettre le temps.
On tente de
mettre le temps ici pour justement essayer de pondre quelque chose de solide
puis on va devoir le faire aussi
parce que c'est seulement la pointe de l'iceberg, là, la commission, M. le
Président. Tout ce qui se fait derrière les portes closes chez le ministère de la Santé, M. le ministre avec son
équipe doivent travailler énormément, mettre des heures. C'est énorme. Cependant, je crois sincèrement que
c'est une vocation. Ce qu'on fait ici aujourd'hui, c'est une vocation, là,
parce que je suis persuadé que ce que reçoit
M. le ministre à la fin de la semaine, ce n'est pas la même chose qu'il
recevait quand il était médecin. Il l'a fait pour une raison, pour aider
les jeunes, pour vraiment s'assurer que les jeunes sont en sécurité, et ça, on l'applaudit pour ça. Mais, en
même temps, il faut mettre le travail nécessaire, puis, si ça prend du temps,
si ça prend de l'overtime pour changer, justement, pour améliorer certains
éléments rapidement, bien, il faut le faire.
Il y a des
produits, monsieur... puis je vous laisse là-dessus, là, M. le ministre, il y a
des produits déjà comme les gélules,
ces choses-là, qui sont disponibles, là. Est-ce qu'on pourrait peut-être
inclure déjà qu'est-ce qui est disponible puis qu'est-ce qui est néfaste pour nos jeunes dans ces établissements-là?
Est-ce qu'il y aurait une possibilité d'aller jusque-là sans
nécessairement attendre que peut-être le fédéral et le provincial s'entendent
pour faire entrer des produits qui sont comestibles
avec du cannabis, mais vraiment y aller avec ce qui est sur le marché déjà,
certains produits qui pourraient être néfastes?
Est-ce qu'il aurait l'ouverture de les inclure immédiatement, ces choses-là,
puis ne pas attendre par règlement?
Carmant : Non, malheureusement, on veut vraiment attendre l'offre...
le règlement du fédéral avant de prendre une décision.
M. Ciccone :
Je vais m'arrêter là, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Oui, M. le député de Viau.
Benjamin : Il me reste combien de temps, M. le Président?
Le Président (M.
Provençal)
: M. le député de Viau, il vous
reste 5 min 25 s.
Benjamin : Ah! bien, c'est parfait. M. le Président, écoutez, j'aimerais
inviter le ministre et l'ensemble des collègues
à ne pas sous-estimer l'ampleur de la tâche que nous avons devant nous
lorsqu'on parle de l'importance d'inclure dans cette loi, dans cette
future loi, le fait de faire pénétrer par la peau comme étant une interdiction.
Vous
savez, actuellement, ce que le ministre nous dit, c'est que la loi est claire
quand on parle de fumer du cannabis. Vous
savez quoi, M. le Président? Il faut se battre à armes égales. Ce que j'entends
par ça, actuellement, quand on parle de la fumée, de la consommation par la fumée, tout le travail, depuis les
dernières décennies, qui a été accompli notamment en matière législative et en matière d'éducation, de
prévention et de sensibilisation, notamment par rapport à la cigarette, vient
appuyer... est en appui au chantier du cannabis par la fumée, tandis que
l'utilisation des huiles, c'est un tout nouveau chantier. On le voit, donc, le ministre d'ailleurs l'a déclaré tout à
l'heure, M. le Président, lorsqu'il dit : Écoutez, il y a des nouveaux produits qui arrivent à chaque année.
C'est vrai, mais les huiles sont populaires et sont là pour rester. Et ce n'est
pas dans un règlement qu'il faut s'y atteler, c'est dans une loi. Il faut que
la loi parle de l'utilisation des huiles.
vais partager avec vous, M. le Président, et l'ensemble des collègues,
l'extrait d'une lettre. Quand je vous dis qu'il y a la fumée, donc
l'utilisation du cannabis par la fumée a une longueur d'avance plus importante,
je vais partager avec vous un extrait
d'une lettre que j'ai reçue, et je la déposerai, donc, si les collègues le
souhaitent aussi, pour vous montrer cela, M. le Président.
Alors,
je vais citer quelques extraits de cette lettre qui dit : Les jeunes ne
doivent pas utiliser de produits de tabac ni de vapotage. Nous reconnaissons
et nous partageons l'inquiétude du public vis-à-vis l'utilisation des produits chez les mineurs. Ça poursuit : Nous avons tout
de même lancé un nouveau site Web, une campagne à destination des détaillants visant à renforcer la formation et rappeler aux
consommateurs que la vente des produits de vapotage, etc., est interdite aux
enfants. Il est impératif de trouver le bon
équilibre afin d'empêcher les jeunes d'utiliser ces produits tout en leur
permettant de se développer pleinement comme alternative à risque, etc.
Cette
lettre-là, M. le Président, c'est par rapport à l'utilisation du tabac. Bien,
vous savez quoi, M. le Président? Ce n'est
pas la Société canadienne du cancer qui l'a écrite, c'est Imperial Tobacco.
Quand je vous parle de la longueur d'avance... c'est-à-dire qu'il y a eu, pendant des décennies, un travail qui a été
fait sur le plan législatif, sur le plan éducatif, qui permet
aujourd'hui... Aujourd'hui, c'est presque intégré que l'idée de la fumée...
Donc, c'est que ce n'est pas la même chose aujourd'hui.
Donc,
quand on parle des huiles de cannabis, c'est nouveau. Et un scénario purement
hypothétique mais plausible, M. le Président :
un jeune homme de 22 ans, 23 ans, soit, peu importe son âge, qui a un
flacon d'huile de cannabis qu'il a commencé
à utiliser, qu'il met dans son... laissé dans son étagère, il y a plusieurs
personnes, donc, qui l'utilisent, et puis on utilise l'huile de cannabis par mégarde. Vous savez, il y a toutes
sortes de choses plausibles, et je crois qu'il est de la responsabilité... de notre responsabilité, pas
seulement du ministre, M. le Président, il est de notre responsabilité
d'envoyer un message puissant, tout de suite, très fort sur le fait que
l'utilisation des huiles de cannabis, donc... Et on l'a vu hier, M. le Président, je l'ai rappelé, M. le ministre
lui-même nous a dit qu'il y a des produits... qu'il n'y a pas de produit qui
n'a pas de... zéro THC. Il y a des huiles de cannabis qui peuvent avoir jusqu'à
20 % de THC, M. le Président.
Mais
pourquoi le ministre doit attendre avant d'agir alors qu'il a la possibilité de
le faire maintenant à travers cette loi?
Pourquoi attendre un cadre réglementaire? Pourquoi attendre un cadre
réglementaire, lorsqu'on sait... Lorsqu'on parle de la fumée du cannabis, je viens de l'expliquer, de l'étayer,
M. le Président, ce n'est pas les mêmes armes. Nous n'avons pas les
mêmes armes.
Donc,
alors, ma question demeure entière. Est-ce que... Et je pourrais déposer la
lettre, si vous le souhaitez, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Vous pourrez la déposer. Malheureusement, il ne vous reste plus de
temps, M. le député de Viau.
M. Benjamin :
M. le ministre, est-ce que vous souhaitez avoir une copie?
M. Carmant :
Oui, bien sûr.
Le Président (M.
Provençal)
: Oui, on va le déposer.
Alors,
est-ce qu'il y a d'autres interventions concernant le sous-amendement déposé
par la députée de Notre-Dame-de-Grâce?
S'il n'y a pas
d'autre commentaire, je vais faire la mise aux voix.
Mme Weil :
Il reste combien de temps?
Le Président (M.
Provençal)
: Huit minutes.
Mme Weil :
Bon, essentiellement, écoutez, je cherchais un document. Là, je l'ai perdu
parce que... Je me suis enregistrée pour le
trouver, mais, en tout cas, je trouverais, là, l'occasion de me réabonner. J'ai
dit au ministre que j'allais lui transmettre.
Ce qu'on voit aux États-Unis, c'est un document
de recherche et fait par l'Association américaine de santé publique, qui est quand même intéressant. Ça date
d'avant l'adoption de la législation au Canada, et donc ils font le commentaire
qu'il y a peu de législations adoptées dans le monde. Mais il y avait quand
même déjà certains États aux États-Unis,
Washington, Colorado, et puis ils prévoyaient déjà que d'autres juridictions
allaient l'adopter. Ce qu'ils disent dans
cet article, ça rejoint beaucoup les commentaires du spécialiste en santé
publique, le ministre aussi. C'est qu'il va falloir que les deux... que le réseau de la santé publique partage
les... pour développer des politiques publiques, autant du côté commercialisation que du côté éducation,
sensibilisation, prévention et, honnêtement, avec exactement la vision du
ministre, de précaution, vraiment dans le
sens exactement comme le ministre. C'est de ne pas banaliser parce qu'il faut
surtout être plus... restreindre plus, dans un premier temps.
Ils ne sont
pas allés sur l'âge, mais... et ils mettent ensemble, ils disent : Il faut
réunir tout ce qui a été développé du côté
d'antitabagisme et anti-alcool, que c'est des... puis là, écoutez, c'est
scientifique et tout ça puis, bon, ils recommandent essentiellement à ceux qui auront... les «policy
markers», ceux qui développent les politiques au niveau gouvernemental, de partager le vécu et l'expertise qui déjà
comment... bien, premièrement, ça, c'est une expertise qui date d'un certain
temps et qui s'est peaufinée au fil
des années pour l'antitabagisme et pour l'alcool aussi et le discours est très
semblable à tout ce qu'on a partagé ici depuis quelques semaines,
réduire les méfaits, protection des jeunes, la non-banalisation.
Mais ce qu'il
dit, c'est qu'il faut réunir... dans des réseaux de santé publique, il faut
réunir ces deux stratégies, parce que
le cannabis, comment dire, fait le pont entre les deux. Bien, c'est exactement
comme on a identifié, alors j'ai trouvé ça intéressant. J'ai trouvé ça sur l'Internet, donc, M. le Président, je
me donne, comment dire, le plaisir et l'obligation de le retrouver, quitte à repayer, parce que je pense
que ce serait utile, je pense, pour l'équipe du ministre mais surtout pour
le ministre, mais de l'équipe du ministre, de dire : Ah! il y a des gens
qui ont déjà réfléchi à tout ça.
Et là, j'imagine, si jamais vous contactez des
chercheurs là-dedans, les gens de santé publique vont trouver ça intéressant. C'est qu'ils vont reconnaître les
noms sûrement des gens qui ont participé à cette recherche, et je suis sûre que
ces chercheurs, maintenant, voyant
l'expérience canadienne, le début d'une expérience, bien, ça va alimenter leurs
recherches aussi parce qu'ils vont vouloir aller plus loin.
Donc, je
voulais juste mentionner cet élément-là parce que je trouve que la discussion
qu'on a eue était très, très pertinente. On essaie de trouver, c'est
sûr... et c'est cet article-là... c'est que le modèle qui a été choisi, c'est
vraiment le tabac. Mais on a vu que... et en
proposant différents produits, on s'est dit... ça nous a... sans nécessairement
avoir bien identifié la problématique, on est... là, je le vois. C'est
que c'est vraiment la consommation à quelque part. Et donc, en découvrant... puis la liste que le ministre a
partagée avec nous montre justement que les différentes juridictions puis
différentes approches... à quel point ils sont allés dans la profondeur
de la chose.
Mais donc, c'est sûr qu'on aurait aimé que la
fenêtre soit ouverte là. Je comprends que la fenêtre est ouverte ailleurs, mais quand même dans le même chapitre.
C'est pour ça que j'ai posé la question. Mais c'est qu'il y a cette notion
déjà de pouvoir élargir sur cette idée de
consommation d'une façon ou d'une autre... était le point qu'on faisait. Le
modèle choisi avec le projet de loi
n° 157, à l'époque du gouvernement, c'était tabagisme. Le ministre dit que
c'est quand même un modèle
intéressant parce qu'on a eu beaucoup de succès, mais moi, je... nous, on pense
que... je pense qu'on est déjà rendu plus loin.
Alors,
c'était l'intention de ces amendements, mais là, grâce aux échanges, là, ça
vient confirmer qu'on n'est pas les seuls à avoir eu cette réaction. On voit
même qu'au gouvernement, ils savent qu'il y a quelque chose, ça manque un peu
d'expérience. Alors, ça conclut, je pense, pour l'instant, mes commentaires
quant à ce sous-amendement.
Le Président (M. Provençal)
: Merci, Mme la députée. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions concernant le sous-amendement?
Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous
allons procéder à la mise aux voix.
M. Fortin :
...appel nominal.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, nous allons procéder par appel nominal. M. le
secrétaire.
Le Secrétaire : Mme Weil
(Notre-Dame-de-Grâce)?
Le Secrétaire :
M. Fortin (Pontiac)?
Le Secrétaire :
M. Ciccone (Marquette)?
Le Secrétaire :
M. Benjamin (Viau)?
Le Secrétaire :
M. Carmant (Taillon)?
Le Secrétaire :
M. Thouin (Rousseau)?
Le Secrétaire :
M. Tremblay (Dubuc)?
Le Secrétaire :
Mme Blais (Abitibi-Ouest)?
Mme Blais (Abitibi-Ouest) : Contre.
Le Secrétaire :
M. Girard (Lac-Saint-Jean)?
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Contre.
Le Secrétaire :
Mme Picard (Soulanges)?
Le Secrétaire : Mme
Guillemette (Roberval)?
Mme Guillemette : Contre.
Le Secrétaire :
M. Provençal (Beauce-Nord)?
Le Président (M. Provençal)
: Abstention. Alors, le sous-amendement
est rejeté.
Nous revenons à l'amendement du député de Pontiac
de l'article 5. Alors, est-ce qu'il y a des interventions concernant l'amendement?
M. Fortin : Je
peux encore intervenir, M. le Président?
Le Président (M. Provençal)
: Oui, M. le député de Pontiac.
M. Fortin : Bien sûr. Bien oui, donc, là, on revient à l'amendement... Non,
je ne peux pas?
Le Président (M. Provençal)
: Étant donné qu'on est à l'amendement, votre temps était
écoulé.
M. Fortin : Ah!
c'est sur le principal. Il n'y a pas de problème, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: C'est sur l'article principal.
M. Fortin : O.K. Aucun problème.
Le Président (M. Provençal)
: Excusez-moi, je vous avais induit en erreur.
M. Fortin :
Non, non. Ce n'est pas de votre faute, M. le Président.
Président (M. Provençal)
: Est-ce que, concernant l'amendement du député
de Pontiac, il y a des interventions?
M. Ciccone :
Combien de temps qu'il me reste...
Le Président (M. Provençal)
: 6 min 20 s. M. le député de Marquette.
M. Ciccone : Merci. Là, on revient justement
sur les lieux, les lieux fermés, tel que stipulé dans l'article 5
qui fait référence à l'article 12 de l'ancien projet de loi. C'est
sûr que, là, on va donner beaucoup de sites où on... c'est vraiment interdit de fumer du cannabis dans tous les lieux
fermés, puis je comprends qu'il faut y voir. Il faut y voir parce que,
un, il y a la fumée secondaire, puis il y a la fumée qui peut faire mal
aux enfants aussi. Puis ça, c'est tout simplement normal.
lieux fermés, maintenant, je veux juste quelques précisions, si c'est
possible. Quand on parle de lieux fermés, on parle de lieux fermés qui également
sont temporaires, si je ne me trompe pas.
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre.
M. Carmant : Qu'est-ce que vous
voulez dire par temporaires?
M. Ciccone : Exemple, on voit ça souvent, là, justement,
dans les restaurants, les boîtes de nuit, l'hiver, parce que les
gens ne peuvent pas sortir, ce qu'on va faire, on va créer une fausse véranda,
on va laisser de l'aération, des lieux un peu ouverts, là, puis là on va
permettre aux gens de sortir.
Est-ce que ça, c'est considéré comme étant un
lieu fermé?
M. Carmant : Je passerais la parole
au juriste, juste pour être sûr.
Président (M. Provençal)
: Monsieur... J'avais
oublié de demander le consentement
pour donner la... Oui, ça va. Alors, vous pouvez y aller, M. le juriste.
Cheang (Sokun C.) : Oui.
Non, ce n'est pas considéré comme des lieux fermés. Là, qu'est-ce que vous nous
faites part, ce serait plutôt à
l'article 16, concernant les terrasses, les chapiteaux, les tentes. Vous
avez ça dans... Quand c'est fermé, c'est vraiment fermé, là, les quatre
murs.
M. Ciccone :
Il faut que ce soit vraiment fermé.
M. Cheang (Sokun C.) :
Exactement ça.
M. Ciccone :
O.K. Alors, si c'est juste une extension, ce n'est pas un lieu fermé.
Cheang (Sokun C.) : Bien, ça
dépend comme vous... comment qu'elle est configurée, l'extension. Si c'est une
terrasse à l'extérieur, cette extension-là,
à ce moment, ça va être couvert par l'article 16, là. 16, au paragraphe 5°, de la Loi encadrant le cannabis, où on vise les autres lieux que
les lieux fermés.
M. Ciccone : O.K., formidable. O.K. Donc, c'est une petite
précision que je voulais, là. Je voulais juste savoir ça, parce que, là, on peut toujours, encore une fois,
trouver des façons de contourner la loi qui me dérangent un petit peu. Alors,
je voulais juste que ce soit vraiment clair pour tous ceux qui nous regardent
et qui nous écoutent.
Cheang (Sokun C.) : ...au
paragraphe 2° de
l'article 16, on parle des tentes, chapiteaux ou autres installations semblables montées de façon temporaire ou permanente, là. On le couvre
ici, là.
M. Ciccone : O.K.
Ça fait que ça, c'est illégal.
M. Cheang (Sokun C.) :
C'est interdit quand même...
M. Cheang (Sokun C.) :
En vertu de 16 et non en vertu de l'article 12 actuel.
M. Ciccone :
O.K. Formidable. Mais, si c'est une tente privée, il n'y a pas de problème. Si
c'est une tente privée, il n'y a pas de problème?
Cheang (Sokun C.) : Si c'est une tente qui est située dans une... sur
un terrain privé pour des fins privées, aucun problème.
M. Ciccone :
Oui, ça, c'est... il n'y a pas de problème, O.K. Sur un camping, est-ce que
c'est illégal? Un camping, c'est-u légal?
Cheang (Sokun C.) : D'après moi, le camping, ça ne rentrait pas dans
le 12, le camping, c'est à l'extérieur. Et là, c'est un
lieu qui accueille le public...
M. Ciccone :
Oui, mais je parle dans une tente. Tu sais, tu vas mettre ta tente sur un
camping. C'est-u un lieu public, ça, ou c'est considéré
comme un lieu privé, là? C'est-u un parc, c'est-u... Comprenez-vous où je m'en
vais, là?
Cheang (Sokun C.) : Oui. Nous, on ne couvre pas. Bien, ça, ce seraient
les règlements du parc même qui, à ce moment-là... c'est une propriété privée, il y a
des règlements comme les... pardon. La SEPAQ, ils vont adopter leur propre
règlement de fonctionnement pour d'autres motifs, pour d'autres objectifs, là.
M. Ciccone : O.K. Là, vous me dites qu'il
peut y avoir un autre set de règlements. Ce n'est pas le règlement de la province, là. Ce n'est pas votre
projet de loi n° 2, là. Il faut que ça s'applique, là. Il faut que ce soit
ça. Parce que, là, j'ai entendu deux versions. Ça s'applique. O.K.
Ça s'applique.
Alors, moi,
ce que je comprends, c'est que je m'en vais faire du camping, c'est sur un
terrain privé, mais, en même temps,
je suis au milieu du public, parce
qu'il y a tout le monde qui loue, là, des places sur le terrain de... Est-ce que
je peux fumer dans ma tente? Est-ce que...
M. Cheang (Sokun
C.) : Juste pour clarifier, actuellement, l'état du droit
actuel par rapport... les terrains de camps,
tout ça, ce n'est pas couvert. Avec la nouvelle mesure, le fait qu'on va
interdire dans tous les lieux publics, là, ce sera couvert. Actuellement, les terrains de camping, des parcs, tout ça...
je parle de l'article 16, là, qui vise les autres lieux, on ne
couvre pas. Donc, ce n'est pas interdit... disposition de la Loi encadrant le cannabis, de fumer sur les terrains des parcs,
des campings, tout ça.
Ce n'est
pas... Actuellement, l'état actuel du droit, là, qu'est-ce qui en vigueur
actuellement, malgré tout, les parcs nationaux, tout ça, ils peuvent avoir leur propre règlement
de fonctionnement dans ces parcs-là qui va être pour... Les campeurs qui
vont y séjourner doivent respecter le règlement du parc, et il y a des parcs
qui interdisent de fumer... ou de fumer du
tabac ou de fumer du cannabis à cause des risques de feu et à cause d'autres objectifs,
à cause de la proximité. Mais ça, ça
appartient... Ce n'est pas dans notre loi actuelle. Je parle... actuellement, ce n'est pas dans le p.l. n° 2, là. On est dans
une autre situation, là. Le ministre, peut-être, à cause de ça aussi... C'est
ça, la nuance, là.
M. Ciccone : O.K. Je comprends. Ça fait que ce que j'entends,
c'est qu'on peut fumer. C'est qu'on peut fumer... C'est ça, c'est un
terrain privé, on peut fumer.
M. Cheang (Sokun
C.) : Un terrain privé... Pour la propriété privée, c'est oui.
Mais, quand vous parlez d'un parc, ça, c'est un terrain que l'exploitant...
M. Ciccone :
Oui. Ça, je comprends, mais moi, je parle d'un...
M. Cheang
(Sokun C.) : Mais vous, vous
allez camper sur un terrain, vous louez un terrain. Là, vous allez respecter,
à ce moment-là, le règlement qui est...
M. Ciccone : Je comprends. Je comprends, c'est beau. Mais,
encore là, c'est un... Puis je fais référence avec la garderie encore en milieu privé, là. Tu sais, je veux dire, c'est privé, mais, en même
temps, c'est commercial pour le
public. Là, il y a de la proximité aussi.
M. Carmant : M. le Président, ça, on
va en parler tout à l'heure, quand on va parler des lieux publics. Donc...
M. Ciccone : Oui, oui, oui. Là, je comprends, mais c'est parce que...
C'est pour fumer, là. Moi, je parle toujours
de la tente, là. Je parle toujours
de ta tente qui est privée, dans un lieu fermé. Tu fermes le zipper, tu es dans
un lieu fermé, là, mais tu es sur un
terrain privé. Tu es à proximité d'autres gens, qu'on est côte à côte, on a
loué des terrains. Oui, c'est un
terrain privé, mais, en même temps, on est au milieu du public, même si tu es dans
ta tente. Je veux dire, il y a encore la
fumée secondaire qui est là, même si on est dehors. Je veux juste, moi,
m'assurer que c'est clair pour tout
le monde, là.
M. Carmant : ...on va en parler tout
à l'heure.
M. Ciccone : O.K. Oui, mais qu'est-ce qui va... parce que, là... Non, mais ça va changer. Là, on
parle du terrain. Vous m'avez dit qu'un terrain privé, c'était correct.
M. Carmant : Un terrain privé, c'est
chez soi?
M. Ciccone : ...dans le camping. On parle d'un camping, là.
Ça, c'est un terrain privé, là. Moi, je loue chez un privé qui me loue
mon terrain.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député de Marquette, je vous demanderais, dans votre
empressement, de laisser un petit peu de temps à M. le juriste de
répondre, s'il vous plaît.
M. Ciccone : Oui, oui, oui. Là, c'est parce que ça fait trois,
quatre fois que j'ai... O.K. Ce n'est pas clair. O.K. Je vais laisser le
temps.
Le Président (M. Provençal)
: S'il vous plaît.
Cheang (Sokun C.) : Oui, le
privé... Juste préciser que le privé qui appartient à la personne, au
particulier ou un terrain privé qui appartient à l'exploitant qui loue
son terrain pour un particulier qui viendrait camper...
M. Ciccone :
Oui. C'est ça.
M. Cheang
(Sokun C.) : À ce moment-là, ça va dépendre de l'exploitant du
camping, est-ce qu'il va... À ce moment-là,
il a la possibilité de prévoir, par règlement, le fonctionnement pour tout ça,
d'interdire...
Malgré que vous avez loué
le terrain, c'est un terrain privé, mais qui appartient à l'exploitant. Donc,
lui, il pourrait imposer des règles, là, quand même pour des raisons de sécurité, des procédures de voisinage. Mais, si
c'est un terrain vraiment privé, qui est dans votre cour, qui vous
appartient, ça, c'est à votre discrétion, là.
M. Ciccone : O.K. Mais ne serait-il pas important, M. le
Président, justement... est-ce que, justement, le gouvernement n'aurait pas l'autorité, justement, de donner un
barème, donner un règlement clair ou une loi claire à des exploitants de
terrain de camping, qui louent des terrains
côte à côte, de le faire, ne pas laisser ça dans les mains du camping, prendre
la décision?
Cheang (Sokun C.) : Bien,
c'est ce qui est prévu dans la modification dans le p.l. n° 2,
dans le fait qu'on vient interdire
dans tous les lieux publics qui... tous les lieux extérieurs qui accueillent le
public. Donc, avec la nouvelle mesure du p.l. n° 2...
M. Ciccone :
O.K. Avec la nouvelle mesure, ça inclut les campings privés qu'on loue les
terrains.
M. Cheang (Sokun C.) :
C'est exact.
M. Ciccone :
Ça vient régler le problème.
M. Cheang (Sokun C.) :
C'est un lieu extérieur qui accueille le public, qui accueille n'importe qui...
M. Ciccone :
Qui accueille le public.
M. Cheang (Sokun C.) :
Ça, c'est l'article 7, là.
M. Ciccone :
C'est la précision que je voulais avoir. Merci beaucoup, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Y a-t-il d'autres interventions sur l'amendement du
député de Pontiac? S'il n'y a...
Président (M. Provençal)
: Ça va? S'il n'y a
pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix
de l'amendement de l'article 5 déposé par le député de Pontiac.
M. Fortin : Je
vous suggérerais encore une fois de procéder par appel nominal, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Oui. M. le secrétaire.
Le Secrétaire : M. Fortin
(Pontiac)?
Le Secrétaire : Mme Weil
(Notre-Dame-de-Grâce)?
Le Secrétaire : M. Ciccone
(Marquette)?
Le Secrétaire : M. Benjamin
(Viau)?
Le Secrétaire : M. Carmant
(Taillon)?
Le Secrétaire : M. Thouin
(Rousseau)?
Le Secrétaire :
M. Tremblay (Dubuc)?
Le Secrétaire : Mme Blais
(Abitibi-Ouest)?
Mme Blais (Abitibi-Ouest) : Contre.
Le Secrétaire : M. Girard
(Lac-Saint-Jean)?
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Contre.
Le Secrétaire : Mme Picard
(Soulanges)?
Le Secrétaire : Mme Guillemette
(Roberval)?
Mme Guillemette : Contre.
Le Secrétaire : M. Provençal
(Beauce-Nord)?
Le Président (M. Provençal)
: Abstention. L'amendement de l'article 5 est rejeté.
Nous revenons maintenant aux échanges portant
sur l'article 5. M. le député de Pontiac.
M. Fortin :
Oui, merci. À ce moment-ci, M. le Président, j'aurais un amendement à vous
suggérer.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, on va suspendre les travaux, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 15 h 41)
Président (M. Provençal)
: Nous reprenons nos
travaux. Nous avons eu le dépôt d'un amendement par le député
Pontiac à l'article 5. Alors, je demande au député de
Pontiac de nous lire son amendement et de nous en expliquer la teneur, s'il
vous plaît.
Fortin : Comme à l'habitude,
avec grand plaisir, M. le Président. Alors, l'amendement qu'on propose à l'article 5, c'est le
suivant : Modifier l'article 5 du projet de loi :
1° remplacer, dans le premier alinéa de
l'article 12 de cette loi, le mot «fumer» par les mots suivants :
«consommer dans toutes ses formes».
Le texte proposé devient donc : «Sous
réserve des articles 13 à 15, il est interdit de consommer dans toutes ses
formes du cannabis dans tous les lieux fermés suivants...»
Là, M. le Président, on a essayé un peu plus
tôt, là, de convaincre le ministre du bien-fondé, du bien-fondé de l'amendement initial qu'on avait présenté... que
j'avais présenté, c'est-à-dire d'inclure l'ingestion, hein? Déjà, on parle de
fumer, on avait parlé d'inclure les mots
«ingérer» et parler de cannabis intégré ou mélangé à des matières solides. Là,
on essayait de couvrir le cas très
présent, qui existe dans notre société, là, des gens qui ingèrent des produits
à base de cannabis et qui le font dans des lieux qui sont des lieux
fermés, mais qui sont des lieux publics.
Le ministre n'a pas cédé à notre argument, à
savoir que c'est important de le faire dans le texte de loi, mais on comprend sa volonté de peut-être le faire par
règlement plus tard, là où il y a des gens vulnérables, là où il y a risque de
consommation de proximité.
Alors, on a
proposé un sous-amendement pour inclure inhaler et vapoter. On a compris, pour
vapoter, on n'a pas besoin parce que
c'est dans la loi, mais inhaler, par exemple, on l'a redéposé en
sous-amendement avec la notion également de faire pénétrer dans la peau, parce qu'il y a toutes sortes de
produits, hein? Il y a des inhalateurs, il y a des huiles qu'on peut appliquer
directement sur notre peau, il y a des produits qui sont ingérés.
Et je vous
dirais, M. le Président, que ces produits-là, quand on parle de banalisation du
cannabis, là, c'est presque plus
dangereux de banaliser le cannabis avec des produits comme ceux-là, des
produits qui, un, sont attirants, disons, pour des enfants, des personnes vulnérables, des produits pour lesquels on
fait une utilisation commune, hein?
Des huiles, là, des crèmes, des
choses qu'on applique sur notre peau, là, les gens font ça à tous les jours,
dans leur vie de tous les jours. Ce
n'est pas comme fumer. Fumer, on sait que c'est mauvais. Dès que tu mets
quelque chose dans ta bouche et que tu la fumes, ce n'est fort probablement pas bon pour ta santé, de façon générale, à
part l'application
médicale, là, par exemple, du
cannabis. Mais ce n'est pas bon pour ta santé. Pourtant, les gens mettent des
huiles, des crèmes sur leur peau tous les jours,
puis ce n'est pas mauvais pour leur santé nécessairement. Alors, il y a peut-être
un risque encore plus grand de banalisation.
Alors
là, ce qu'on vient dire, c'est plutôt que de dire «fumer», pourquoi ne pas
juste dire «consommer dans toutes ses formes»? Et ce que ça fait également,
c'est que ça nous permet de voir en l'avenir. Sans nécessairement
savoir ce qui s'en vient, sans nécessairement savoir tous les trucs de l'industrie, savoir toutes les innovations que
l'industrie québécoise du cannabis
est en train de développer, bien, ça nous permet d'inclure toutes les formes de
cannabis qui sont à venir, pas juste
des produits qui sont disponibles en ce moment, et il y en a beaucoup, pas juste les produits qui vont être
disponibles une fois que le fédéral
va statuer sur les comestibles et les produits dérivés, mais tous les produits.
Parce que je pense que c'est ça l'objectif.
L'objectif
de la Loi resserrant l'encadrement du cannabis, c'est de s'assurer qu'on a un
cadre, un cadre strict, un cadre qui
resserre encore plus que par le passé la consommation de cannabis. Ce n'est pas
la loi resserrant l'encadrement du
cannabis fumé, c'est la Loi resserrant l'encadrement du cannabis, point. Alors,
c'est ce qu'on vient dire en suggérant au ministre «consommer sous
toutes ses formes».
Mais ce que je veux
faire, là, à ce moment-ci, M. le Président, puis on a commencé à avoir cette
discussion-là, moi et le ministre, un peu
plus tôt, c'est vraiment d'analyser l'article 12, l'article 12 qui
fait la liste de tous les différents lieux où il est interdit de fumer
mais il est possible de consommer les autres types de cannabis, parce que je
veux comprendre l'intention du ministre
derrière le règlement sur lequel il va travailler, je l'espère, au cours de
l'été. Alors, il nous a dit que pour un hôpital, qui est le premier alinéa, il
nous a dit que pour un hôpital, oui, c'est un lieu où il y avait des personnes
vulnérables, alors c'est probablement
quelque chose qu'il réglementerait. Et ça, je comprends, je suis d'accord avec
lui là-dessus, M. le Président.
prochain point, parce que, là, on enlève le point 2 à travers
l'article 5, le prochain point, c'est des résidences privées où sont fournis des services de garde en milieu
familial qui soient fournis par des personnes reconnues ou non à
titre de
responsable en vertu de la
Loi sur les services de garde à l'enfance. Alors...
et là on parle seulement aux heures où ces personnes, elles reçoivent des
enfants.
que le troisième alinéa ou le troisième paragraphe vient dire essentiellement,
c'est que dans ces lieux-là, dans ces
garderies en milieu familial, on ne peut pas fumer du cannabis aux heures où il
y a des enfants. C'est la moindre des choses.
Mais la garderie ouvre à 8 heures; à 7 h 55, pas de problème,
là, on peut fumer du cannabis. C'est à peu près ça que ça dit, aux
heures où il y a des enfants.
Alors
là, ce que je veux savoir, c'est aux heures où il y a des enfants qui sont
présents, est-ce que le ministre considère que c'est normal qu'on puisse
consommer du cannabis sous les autres formes que fumé?
Le Président (M.
Provençal)
: M. le ministre.
Carmant : Oui, M. le Président. Encore une fois, nous, on veut
vraiment protéger les plus vulnérables, les enfants, nos aînés. Donc, ce
ne serait pas quelque chose qu'on va recommander. Mais encore une fois,
j'insiste pour... si le mot «consommer»
regroupe toutes les formes qui ont été définies dans le précédent amendement,
je trouve que cet amendement apporte peu de plus au débat qu'on a eu
jusqu'à maintenant, aujourd'hui.
M. Fortin : O.K. Deux choses. Le ministre peut considérer, là, que l'amendement
n'inclut pas ou n'apporte pas rien de nouveau. Le ministre peut
considérer ça, ça me va, c'est son interprétation.
Nous,
ce qu'on dit, c'est qu'effectivement, là, un, le texte est plus clair, hein?
C'est vraiment les mots qui sont utilisés dans toutes les autres provinces qui ont choisi «consommer» plutôt que
de le prendre à la pièce. Il me semble, les juristes me diraient probablement, c'est de la mei