Culture and Education — 30 April 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CCE 2019-04-30
Quebec — Committees
(Dix heures quatre minutes)
Président (M. Laframboise) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance
de la Commission de la culture et de
l'éducation ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien
vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.
La commission est réunie afin de procéder à
l'étude du volet Éducation préscolaire, enseignement primaire et secondaire, des crédits budgétaires
du portefeuille Éducation et Enseignement supérieur pour l'exercice
financier 2019‑2020. Une enveloppe de sept heures a été allouée pour
l'étude de ces crédits, dont deux heures, cet après-midi.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, M. le Président. M. Asselin (Vanier-Les Rivières) est
remplacé par M. Laframboise (Blainville);
Mme Grondin (Argenteuil) est remplacée par Mme Chassé (Châteauguay);
M. Lemieux (Saint-Jean) est remplacé par M. Jacques (Mégantic); et
M. Skeete (Sainte-Rose) est remplacé par M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs).
Président (M. Laframboise) : Nous allons débuter par les
remarques préliminaires puis nous allons procéder à une discussion d'ordre générale par blocs
d'environ 20 minutes, incluant
les questions et réponses. La mise aux voix de ces crédits sera effectuée à la fin du temps qui leur
est alloué, soit cet après-midi, un peu avant la fin de la séance. Puisque nous
avons débuté nos travaux avec un peu de retard, M. le ministre, nous allons
amputer les minutes sur le temps alloué au gouvernement, si ça vous convient.
Nous débutons donc avec les remarques
préliminaires. M. le ministre, vous disposez de 17 minutes.
M. Roberge : Merci bien, M. le Président. Chers collègues,
je suis heureux d'être avec vous aujourd'hui pour réaliser
cet exercice-là, qui est important,
l'étude des crédits. J'ai eu l'occasion de le faire à quelques reprises de l'autre
côté, du côté de
l'opposition, c'est un exercice qui est important
des deux côtés. On obtient souvent réponse à des questions.
C'est intéressant pour les partis d'opposition, les porte-parole de l'opposition. C'est intéressant pour les membres du gouvernement aussi, les députés de la
partie gouvernementale, qui ont l'occasion de prendre la parole, de questionner
et de faire valoir leurs points de
vue. Je pense, c'est un exercice démocratique qui est important pour les citoyens
aussi parce qu'ils ont davantage d'information, sur le plan
gouvernemental, sur ce qui s'en vient, sur les priorités, sur les détails
budgétaires.
Je veux
débuter évidemment en saluant toutes les personnes qui m'accompagnent et qui
vont nous aider à répondre, avec le
plus de diligence possible, à toutes les questions, donc, évidemment, la
sous-ministre à l'Éducation et à l'Enseignement supérieur, Mme Barcelo, Mme la sous-ministre adjointe,
Mme Lepage, tous les membres de l'équipe, on a vraiment une superbe
équipe, merci beaucoup, tout le monde, je sais qu'ils vont s'activer parfois,
derrière, pour avoir les réponses; évidemment
ma chef de cabinet, Mme Lussier, et vraiment plusieurs, plusieurs
personnes qui sont là pour essayer d'avoir les meilleures réponses qui
soient puis répondre avec le plus de transparence possible.
Au cours des
prochaines heures, on va avoir l'occasion de démontrer à nouveau que l'éducation, bien, c'est la priorité de
notre gouvernement, la priorité de votre gouvernement, à vous, les Québécois. J'ai eu l'occasion d'enseigner longtemps, pendant 17 ans, dans le réseau public puis je
suis convaincu que l'essor de la société
québécoise, bien, ça passe par un
réseau d'éducation fort, un réseau qui prend soin des gens, qui prend soin des élèves, mais aussi qui prend soin de ceux qui
prennent soin des élèves. Donc, notre système
doit être reconnu comme l'outil puissant de développement économique,
social et culturel qu'il est. Et il
va falloir qu'il soit meilleur, mieux soutenu, plus performant encore en 2019
qu'il ne l'était en 2018, puis encore
plus en 2020, puis encore plus en 2021. On a énormément d'ambition pour le
réseau parce qu'on a énormément d'ambition pour notre
jeunesse.
Ce qui se dit
en ce moment sur le réseau de l'éducation n'est pas toujours
joli. Ce n'est pas toujours rose. Parfois, il y a des critiques acerbes
qui sont faites. Certaines sont fondées, à certains égards. Il faut
dire que le réseau a été malmené ces dernières années. D'autres
relèvent, des fois, de rumeurs, ou de cancans, ou de perceptions, puis on
pourra aller au-delà des perceptions puis faire une place à la vérité dans le
cadre des discussions.
Quand on visite les
écoles, on se rend compte que, oui, certaines, parfois, ont été mal entretenues
ces dernières années, mais surtout elles
sont animées. Elles vivent avec des personnels, des professionnels, des
enseignants, des parents bénévoles,
des directions d'école qui ont à coeur le réseau de l'éducation, la réussite
des jeunes, et qui souhaitent vraiment donner le meilleur d'eux-mêmes à chaque jour, puis
qui demandent une seule chose, c'est qu'on les aide à aider les enfants,
et les adolescents, et les gens qui sont
dans les centres de formation professionnelle, et les gens qui sont dans les
centres de formation générale aux adultes.
Pour
faire ça, bien, ça prend des ressources financières. Il ne faut pas juste
mettre plus d'argent dans le système, il faut revoir le système. Mais, oui, ça prend des ressources financières,
et il faut reconnaître que, dans notre budget qu'on a déposé il n'y a pas très longtemps, bien, je pense
que les ressources financières sont au rendez-vous. Donc, le budget de mon collègue M. Eric Girard, le ministre des
Finances, du 21 mars dernier, je pense, passera à l'histoire. Donc, le
budget du 2019-2020 est important.
D'abord,
l'enveloppe totale du ministère sera portée, donc, maintenant, avec ce nouveau
budget, à 20,9 milliards. On
parle de presque 21 milliards pour la mission Éducation et enseignement
supérieur, 12,2 milliards pour le volet qui nous occupe
aujourd'hui, Éducation. Ça représente une croissance des dépenses d'à peu près
6,1 %, quand on ne prend pas, évidemment, en compte la subvention
d'équilibre pour la taxe scolaire, parce qu'il y a une baisse du fardeau fiscal
des Québécois, sans, d'aucune manière, comme
certains l'ont craint où on voulu le faire craindre aux autres, que ça amène
des contributions... pardon, des
compressions dans le réseau scolaire. Il y a plus d'argent qu'il y en avait
dans le réseau scolaire puis il y a plus d'argent qu'il y en avait dans
les poches des contribuables. Ça, c'est une double victoire.
Donc,
il y a aussi l'indexation des coûts reliés à la rémunération du personnel du
réseau. Il y a l'indexation des autres coûts comme les ressources matérielles. Il y a
l'indexation pour le transport scolaire.
On en parle en ce moment, donc, 2,7 % cette année, et ces indexations-là représentent une reconnaissance des
coûts assumés et aussi la volonté de notre gouvernement de soutenir le
réseau scolaire.
Depuis
le 1er octobre, on a fait quand même pas mal de choses, comme
gouvernement, tous ensemble, et avec l'équipe
du ministère aussi, il faut bien le mentionner, et on continue de le faire. Il
y a des travaux qui sont en cours, notamment pour avoir un nouveau programme, un meilleur arrimage dans le programme
de maternelle quatre ans, maternelle cinq ans, d'avoir un vrai programme de cycles comme il y a pour le reste du
primaire, le premier cycle, deuxième cycle, troisième cycle du primaire.
On aura un vrai cycle du préscolaire.
va favoriser évidemment le développement global des enfants de quatre et cinq
ans par l'apprentissage par le jeu,
mais je vous dirais même par la stimulation précoce, par la socialisation. Il
ne s'agit pas d'une scolarisation précoce, hein? Pour ceux qui pensent qu'on assoit tous les petits de quatre ans
ou même de cinq ans, là, en rangs d'oignon, à des pupitres, qu'on les force à écrire,
détrompez-vous, il ne s'agit pas d'une scolarisation comme on peut l'imaginer.
C'est un milieu stimulant où les enfants s'amusent, chantent, jouent,
socialisent, et ils vont avoir accès à des ressources professionnelles
extraordinaires.
Aussi,
sur un autre sujet, le 21 février, j'ai présenté à l'Assemblée nationale
le projet de loi n° 12 visant à préciser la portée du droit à la gratuité scolaire et
permettre l'encadrement de certaines contributions financières pouvant être
exigées. Bien, il fallait bouger. Il fallait
bouger rapidement parce que la négligence des précédents gouvernements, malgré
l'avis de la commission des droits de la
personne et de la jeunesse, qui date de plus de 10 ans... Donc, ça veut
dire que les deux anciens partis se
sont succédé au gouvernement, et, malgré cet avis de la commission des droits
de la personne et de la jeunesse, qui disait qu'il y avait des
problèmes, ils n'avaient pas bougé jusqu'à ce que survienne un recours
collectif, jusqu'à ce que survienne une entente hors cour qui nous coûte
153 millions de dollars.
Alors,
on n'allait pas poursuivre dans la voie de la négligence. Donc, il fallait agir
avec diligence. On l'a fait. Le projet de loi n'est pas
encore adopté. C'est un projet de loi qui est responsable et qui tient bien
compte de ce qu'ont dit les partenaires du
réseau de l'éducation, qui ont été consultés en décembre, et les citoyens. Il
faut quand même dire qu'il y a plus de
33 000 personnes,
des Québécois et des Québécoises, qui ont participé à la consultation en ligne,
et on a tenu compte de ce qu'ils nous
ont dit et de ce qu'ils nous ont écrit pour rédiger le projet de loi n° 12 et le projet de règlement qui l'accompagne.
Autre
geste important, posé le 27 mars dernier, les modifications au Règlement
sur l'enseignement à la maison. Nous sommes encore dans la période de
consultations, mais c'est quelque chose de très important, parce que le
précédent gouvernement avait bougé à
certains égards, avait amélioré les choses à certains égards, en liant la
protection de la jeunesse avec
l'instruction publique, en précisant que de ne pas donner des services pouvait
être un facteur de négligence, en croisant les données de la RAMQ avec celles du ministère, donc il y avait des
avancées qui étaient faites, mais — je vais utiliser le terme
«insipide» — le
projet d'apprentissage avait des exigences insipides. Des enseignants...
fait, des parents qui font l'école à la maison pouvaient très bien faire un
travail extraordinaire, préparer leurs jeunes
à relever le défi, à obtenir un diplôme, à prendre leur place dans la société,
mais ce n'était certainement pas à cause du règlement du précédent gouvernement. C'était parce que ces parents-là
le font animés des meilleures intentions, sauf que le travail du gouvernement, c'est de garantir les
droits des enfants et de protéger le droit des enfants à l'éducation, et
c'est ce qu'on fait avec ce projet de règlement là. Bien sûr, on tiendra compte
des commentaires qu'on reçoit — il y en a plusieurs — pour le
bonifier, mais on ne pourra pas dévier de notre objectif qui est de prendre
soin des enfants et de leur garantir que leur droit à l'éducation sera
respecté.
autre geste important qu'on a posé, rapidement, en quelques mois, plusieurs
gestes importants ont été posés, bien, c'est
l'idée d'offrir, dès septembre prochain, pour tous les jeunes du primaire, deux
récréations d'un minimum de 20 minutes. Beaucoup de Québécois ont été surpris, extrêmement surpris du fait qu'il
y avait presque 15 % des écoles primaires au Québec qui n'avaient pas de récréation l'après-midi, pas
de 10 minutes, pas de 15 minutes, pas de récréation, un simple moment
de pause, peut-être, pour se lever, aller à
la fontaine, aller aux toilettes, alors qu'on sait, hein — un esprit sain dans un corps sain — que
les jeunes ont besoin de bouger, qu'ils ont besoin de s'aérer le corps et
l'esprit pour être plus attentifs aux apprentissages, pour être plus heureux à
l'école.
Donc, cette décision d'avoir deux récréations
d'au moins 20 minutes a été bien accueillie par les parents, par les enfants. J'ai reçu des lettres et des dessins
d'enfants qui disaient merci. C'est assez... Quand on dit qu'on est
branchés sur les gens,
là, c'est ça. Mais je sais que ça pose des défis d'organisation scolaire, et,
avec notre équipe, on est là pour épauler les écoles et les commissions scolaires qui sont à pied d'oeuvre pour
réaliser cet engagement-là. Donc, on pourra faire des ajustements, trouver des façons de les aider, mais
certainement qu'on ne voudra pas dévier de l'objectif, puis l'objectif,
bien, c'est de donner le meilleur à nos enfants puis de leur permettre de
bouger.
Autre chose importante qu'on a faite, qu'on a
réalisée, dans l'objectif de rassembler les conditions propices à l'apprentissage, on a développé un partenariat
avec la Fondation des maladies de l'oeil. Ça, ça veut dire qu'il y aura
des examens
sommaires de la vue, faits par
des optométristes, qui seront offerts gratuitement, dans les écoles, à tous les
enfants en éducation préscolaire et dans
l'ensemble des régions du Québec. Ça, ça me fait vraiment plaisir parce que...
Bon, moi, j'ai 44 ans, ça fait
quelques mois que je porte des lunettes. Je m'en étais tiré bien avant. Mais il
y a bien des enfants qui ont de la
misère à voir les petits caractères dans les livres, qui ont de la misère à
voir au tableau, qui ont de la misère... et ils ne savent pas qu'ils ont de la misère à voir. Tout ce
qu'ils se disent, c'est que c'est dur d'écrire, c'est que c'est dur de
comprendre les lettres. Ils ne voient pas vraiment la nuance, le petit point
sur le i.
Alors, on pense qu'ils ont des difficultés
d'apprentissage ou qu'ils ont un problème quelconque, alors que, tout simplement, ils ont besoin qu'on les aide à mieux
voir, et c'est quelque chose qu'on ne faisait pas et qu'on va faire. Je
pense que ça, c'est vraiment de prendre soin des gens, de s'occuper de ceux qui
sont les plus vulnérables puis de donner une chance
égale à tous. On ne peut pas attendre que le jeune soit rendu à six ans, sept
ans, huit ans, qu'il ait perdu son estime de lui puis qu'il ait vécu des échecs, mais bien d'agir en amont. Agir
tôt, c'est quelque chose que vous allez entendre tout au long du mandat parce qu'on est convaincus que
d'agir tôt auprès de nos jeunes, pour les stimuler, pour prendre soin d'eux, pour leur donner les meilleurs services qui
soient, pour leur donner accès à des professionnels, à du dépistage, à
de l'intervention, bien, c'est la clé. Puis
ce qu'on a fait pour la vue, ça s'inscrit en droite ligne avec ça. Donc, on
parle de plus de 15 millions,
sur trois ans, investis — je n'ai pas dit «dépensés», j'ai bien dit «investis» — pour que nos jeunes aient les
meilleures chances de prendre leur place.
Ça prend de
l'audace, parfois, pour prendre soin des gens. Il faut bousculer un petit peu
le statu quo, mais en même temps il
faut respecter les gens qui sont là pour organiser les services scolaires.
Donc, on a initié des discussions, sur l'île de Montréal, entre des commissions scolaires anglophones et
francophones. Le précédent gouvernement nous a légué une île de Montréal, et à Laval, et à bien d'autres
places... des pénuries de locaux innommables, ça n'a aucun bon sens, des
écoles où les jeunes mangent dans les
corridors, des écoles où il n'y a pas de local d'informatique, pas de local d'anglais,
pas de local d'orthophoniste, pas de local de musique parce qu'on a
négligé puis on n'a pas assez investi pour construire, agrandir, rénover des
écoles. On va le faire, mais ça va prendre quand même quelques années pour
achever... Il y en a qui disent : Investir dans le béton... Bien non,
quand on construit des écoles, on n'investit pas dans le béton, on investit
dans notre jeunesse, M. le Président.
Bien,
considérant ça, il faut accompagner les commissions scolaires anglophones et
francophones, particulièrement sur
l'île de Montréal, pour que, dans le meilleur intérêt des élèves, on utilise
les classes qui sont disponibles. Dans le réseau anglophone, particulièrement, il y a plusieurs classes qui sont libres,
tandis que, dans le réseau francophone, ça déborde. On ne bouscule personne. On y va avec le cabinet puis
on les incite à négocier puis à s'entendre le plus rapidement possible
pour que, dès septembre, on n'ait pas, dans
un même quartier, des écoles qui débordent, avec des jeunes qui n'ont pas de
place puis des classes qui sont vides, parce que, peu importe que le jeune
parle français ou anglais, il a le droit d'être scolarisé comme tous les
autres.
On a donné le
feu vert à des projets innovants, comme des projets d'acquisition de
maisons-classes. J'en ai visité à Laval.
C'est formidable, le génie québécois à l'oeuvre. À l'intérieur, c'est vraiment
très beau. Ce n'est pas la caricature que les gens en font, qui appellent ça des roulottes, rien de ça. Il faut le
visiter pour le savoir, c'est une des classes les plus belles de l'école, c'est une des classes les plus
lumineuses, avec des belles poutres en bois, des belles classes. C'est
innovant. Je salue les commissions
scolaires qui ont bougé dans ce sens-là. Puis ça nous fait plaisir de soutenir
ceux qui sont à la recherche
de solutions, et on va continuer d'aller dans ce sens.
Les nouveaux
crédits, maintenant, parce
que ce n'est qu'un début, hein?
Plusieurs choses dont je vous ai parlé en ce moment ont été faites sans que de nouveaux crédits soient alloués et
même sans que le budget ne soit déposé. Mais, avec ce nouveau budget ambitieux, bien, il y a
des possibilités qui s'ouvrent devant nous, comme de réinvestir
dans les services directs aux élèves.
Il y a
plusieurs professionnels qui étaient dans notre réseau public, qui ont quitté
le réseau public soit par dépit, parce qu'on
les forçait à passer d'une école à l'autre, à faire des diagnostics... Des
fois, ils utilisent le terme «étiquetage». Ce n'est pas très respectueux, mais en même temps c'est ce
qu'ils ressentaient parce qu'ils font des diagnostics, mais n'avaient
pas le temps d'intervenir. Bien, en
embauchant, par centaines, des professionnels, bien, ça devient plus
intéressant. Plus il y a des gens qui
viennent, plus c'est intéressant pour que d'autres gens viennent et reviennent
dans notre réseau public parce qu'ils ne seront plus obligés
d'intervenir en surface, mais bien d'intervenir en profondeur et d'aider les
jeunes.
M. le
Président, j'aurais encore trois, quatre, cinq, six pages, 10, 15 mesures
à vous parler. Vous me faites signe, vous
dites que le temps nous manque. Ce n'est pas l'ambition qui nous manque, c'est
le temps, mais c'est correct. Il nous reste encore presque quatre ans.
On va en faire, des belles choses, avec le réseau scolaire, et pour nos jeunes.
Je veux
saluer le courage, juste avant de conclure, de tous ceux et toutes celles qui
passent en ce moment des moments difficiles
parce qu'ils craignent pour leurs maisons puis ils craignent pour leurs écoles,
parce qu'il y a des écoles qui sont fermées aujourd'hui parce qu'elles sont inondées ou parce que les jeunes ne
peuvent pas s'y rendre pour une question de transport. Il y a une formidable mobilisation citoyenne qui se fait,
supportée par la vice-première ministre et par plusieurs ministres. Je veux saluer la détermination, le courage... Je
veux remercier les enseignants, les directions, les commissions scolaires qui font tout leur possible pour
diminuer les impacts de ça. On est avec vous autres. On sera là pour rénover
et reconstruire.
Président (M. Laframboise) : Merci, M. le ministre. J'invite maintenant la porte-parole de l'opposition
officielle à faire ses remarques préliminaires pour un maximum de 11 min 20 s. Le temps que vous
n'utiliserez pas sera rajouté à votre temps. Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Merci
beaucoup, M. le Président. Je n'aurai pas de remarques
préliminaires, je le ferai basculer
pour la période de questions avec le ministre,
mais je joins ma voix à la sienne pour remercier, évidemment, tout le réseau scolaire de notre soutien pour les élèves, les
enseignants, les directions, dans ces moments difficiles avec la crue des eaux.
Merci.
Président (M. Laframboise) : Merci. Je cède la parole à la porte-parole du deuxième
groupe d'opposition pour ses remarques préliminaires, pour un maximum de 2 min 50 s. Même principe. Si
vous ne l'utilisez pas, c'est rajouté à votre temps, Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Je n'en aurai pas,
M. le Président.
Président (M. Laframboise) : Merci. Je cède la parole à la porte-parole du troisième
groupe d'opposition pour ses remarques préliminaires, pour un maximum de
2 min 50 s. Même principe, Mme la députée de Joliette.
Mme Hivon : Même
réponse. Je n'aurai pas de remarques préliminaires.
Le Président (M. Laframboise) :
Parfait. Donc, la parole, maintenant, est au gouvernement pour...
Président (M. Laframboise) : Excusez, la parole est à l'opposition
officielle pour une période de
21 minutes. Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Merci beaucoup, M.
le Président. J'ai l'occasion d'avoir avec moi ma collègue la députée de Westmount—Saint-Louis ainsi que notre recherchiste, Florence
Thivierge. Je sais que ma collègue de Westmount—Saint-Louis a une question qui lui brûle
les lèvres. Alors, je lui permets, évidemment, de poser sa question.
Mme Maccarone :
Merci, M. le Président. La question que je veux demander, qu'on s'est fait
demander à plusieurs reprises parce
qu'on fait du recrutement auprès de nos CPE pour remplir les maternelles quatre
ans, c'est comment que ça se fait...
où est-ce que le ministre a trouvé... Que ce soient les adresses courriel ou...
le recrutement, ça se fait de quelle façon?
Le Président (M. Laframboise) :
M. le ministre.
M. Roberge : M. le
Président, on ne fait pas de
recrutement dans un CPE. On diffuse l'information comme on le peut. Les directions d'écoles et les directions de commissions scolaires diffusent l'information. C'est un
service qui est nouveau, hein? Vous
savez, c'est seulement depuis 2013 que les précédents gouvernements
avaient voté, en passant, à l'unanimité, en faveur du projet de loi pour le déploiement de la maternelle quatre ans en milieu défavorisé, et c'est encore ce qui se
passe. En septembre prochain, on ne parle encore que de déploiement en milieu
défavorisé.
Donc, techniquement, le déploiement de septembre
est en droite ligne et en respect de la loi qui a été votée à l'unanimité par l'ensemble des partis présentement représentés à l'Assemblée nationale. Ils
devraient nous remercier de poursuivre
le déploiement en fonction de la loi qu'ils ont votée. Et il faut informer les
parents pour qu'ils puissent exercer leur libre choix. Alors, vous savez, entrer en milieu familial, ou en milieu subventionné,
ou en milieu non subventionné, ou en CPE,
ce n'est pas entrer dans une prison. Les parents peuvent, après un an, deux
ans, trois ans, changer de service de garde ou décider d'aller en maternelle
quatre ans s'ils savent que cette
classe est disponible et qu'il y a une place pour leur enfant.
Le Président (M. Laframboise) :
Merci, M. le ministre. Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci. Mais
cela n'est pas ma question, M. le Président. La question, c'est vraiment, le recrutement, ça se fait comment. Je comprends
qu'on veut faire valoir la maternelle
quatre ans. Mais on sait que les
directrices et directeurs des CPE, eux, ils
ont eu des demandes directement des commissions
scolaires pour leurs listes de
parents, avec leurs courriels, pour qu'ils puissent faire de la
promotion de la maternelle quatre ans. Alors, cette direction, je présume, vient du ministre. Alors, je veux savoir est-ce que
ça, c'est une demande qui se fait auprès de tous nos CPE. Puis est-ce que les CPE, on s'attend qu'eux ils répondent à cette demande-là de fournir
toutes les informations, qui sont privilégiées, de leur réseau,
pour le réseau de l'éducation?
Le Président (M. Laframboise) :
M. le ministre.
Roberge : M. le Président, on a diffusé — le gouvernement — une
lettre aux directions générales des commissions
scolaires leur disant d'informer les
parents, et qu'en fonction des indices de milieux de défavorisation, parce que je le répète, hein, cette année, encore, et pour
septembre prochain, c'est selon les IMSE, les indices de milieu socioéconomique — est-ce que j'ai bien dit... oui, c'est ça — que
le déploiement va se faire, puis on a dit d'informer les gens. On n'a
pas donné de consigne, dire : Bien là, demandez aux directions de CPE...
Ceci
dit, ils peuvent prendre des initiatives pour informer les parents. Ça fait que, contrairement à certains groupes de pression, on ne diffuse pas d'information en disant : N'allez pas en CPE. Je sais qu'il y a
des regroupements qui, dans les CPE, utilisent
les CPE, certains syndicats, pour essayer de convaincre les parents de ne pas
aller en maternelle. Nous, on n'essaie pas
de convaincre les parents d'aller ou de ne pas aller quelque
part. On n'utilise pas les réseaux pour faire de la politique.
Le Président
(M. Laframboise) : Merci, M. le ministre. Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Ça reste qu'il
y a des CPE qui ont reçu des appels, M. le Président, ainsi que des courriels qui ont été envoyés. Puis, il me semble, la protection de l'information de nos parents... Si j'étais parent inscrit dans un CPE,
j'aimerais savoir que mes informations sont privilégiées. Est-ce
que les parents ont été demandés de
fournir leurs informations privées, leurs numéros de téléphone puis leurs adresses de courriel, pour que les
commissions scolaires ont pu faire du recrutement au sein des CPE pour
remplir les maternelles quatre ans?
Le Président
(M. Laframboise) : M. le ministre.
M. Roberge : M. le
Président, ce que je peux vous dire,
c'est que la sous-ministre, avec mon accord, le 21 mars, a envoyé une lettre aux directeurs, directrices
générales des commissions scolaires. Le deuxième paragraphe disait :
«Dans le but de donner progressivement accès
à ce service éducatif à un plus grand nombre d'enfants, la promotion de l'offre
des commissions scolaires devrait joindre un large bassin de parents, et ce,
sans égard aux services dont leur enfant pourrait actuellement bénéficier.» Maintenant,
si vous me demandez si j'étais au courant ou si j'ai demandé à ce qu'on
envoie... qu'on utilise des courriels
que des parents auraient fournis à des CPE, la réponse est non, je n'ai pas
demandé à ce qu'on fasse cela.
est possible cependant que les parents aient un enfant en CPE puis un
enfant, supposons, en maternelle cinq ans, ou en première, ou en deuxième année, ou en troisième année, et que le
réseau scolaire utilise ce courriel-là parce
que, comme l'enfant est dans les deux
réseaux, il est possible que le parent ait donné son courriel aux deux réseaux
et qu'il reçoive de l'information parce
que son enfant est déjà
inscrit à la commission scolaire. Si
ce n'est pas... Je ne prétends pas que c'est le cas partout, mais, écoutez, vous me posez une question... C'est un peu
de la microgestion. Je ne me suis pas impliqué dans la gestion des
courriels.
Le Président
(M. Laframboise) : Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone :
Alors, je peux constater que ces parents-là n'ont probablement pas donné leur
consentement. Mais je vais passer la parole à ma collègue la députée de
Saint-Laurent. Merci.
Le Président
(M. Laframboise) : Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Bien, écoutez, M. le Président, j'aimerais juste qu'on clarifie d'emblée une
affaire. Le temps de question puis le temps de parole doivent être
proportionnels, hein? Puis j'aimerais aussi souligner la présence de la FIPEQ-CSQ, qui est avec nous en arrière,
Mme Valérie Grenon ainsi que Mme Lessard, du conseil québécois des
services de garde, qui sont aussi présents aujourd'hui.
le ministre, ma question sera courte. Est-ce qu'un courriel, c'est quelque
chose de confidentiel ou ça tombe dans le domaine public quand ça arrive
au ministère, n'importe quel ministère?
Le Président
(M. Laframboise) : M. le ministre.
M. Roberge :
Comme ministère, je n'ai pas les courriels des parents. Donc, quand ça arrive,
vous dites... vous posez une question...
quand le courriel arrive au ministère... Alors, comme ministère, nous n'avons
pas accès aux courriels.
Mme Rizqy :
Donc, par exemple, est-ce que le ministère de la Famille, quand qu'il a accès à
des courriels dans le cadre des
services de garde et des CPE... Est-ce que ça devrait rester auprès du
ministère de la Famille ou est-ce qu'il y a eu des échanges vers le
ministère de l'Éducation?
Le Président
(M. Laframboise) : M. le ministre.
M. Roberge :
Je n'ai pas demandé à ce que des informations soient transmises de Famille à
Éducation. Là, il faudrait voir pour
les politiques, les respects de la vie privée, il faudrait voir... Quand les
parents donnent leur information, j'imagine qu'avec consentement on peut
le faire...
Mme Rizqy :
En fait, ma question...
Le Président
(M. Laframboise) : ...parole.
Mme Rizqy :
...question ne vise pas à savoir s'il a demandé. Je veux savoir s'il y a eu un
transfert.
Président (M. Laframboise) : Madame, vous aurez une chance... Le
ministre répond à la question que vous avez posée. M. le ministre.
M. Roberge :
Je m'excuse, j'ai mal compris la question.
Mme Rizqy :
C'est pour ça que je me permettais de la préciser. Ma question n'est pas de
savoir si vous, vous avez fait une
demande de transfert d'information. Je veux savoir s'il y a eu un transfert, à
partir des données du ministère de la Famille,
pour les courriels qui ont atterri au ministère de l'Éducation. Et ça, c'est
nonobstant que vous ayez fait une demande, directe ou indirecte. Est-ce que ça se peut que ce soit arrivé? Parce
que, de toute évidence, il y a eu des courriels qui sont atterris au
ministère de l'Éducation, qui sont passés par le ministère de la Famille.
Le Président
(M. Laframboise) : M. le ministre.
M. Roberge :
Je vous corrige. Nous n'avons pas reçu de courriels. On ne les a pas demandés,
on ne les a pas reçus. Je pense que vous confondez commission scolaire
et ministère. Il est possible qu'une commission scolaire ait reçu ces courriels-là. Vous me l'apprenez, là. C'est
possible. Il est possible qu'une commission scolaire l'ait demandé et l'ait
obtenu. Je ne sais pas si les parents
avaient consenti à ça ou pas, mais je vous confirme qu'au ministère on ne les a
pas demandés, on ne les a pas reçus. Je n'ai pas ces informations-là, je
ne les ai pas demandées et donc je ne les ai pas utilisées.
Le Président
(M. Laframboise) : Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Comment vous avez été capables d'envoyer, à ce moment-là, de l'information par
courriel aux parents pour les maternelles quatre ans...
Le Président
(M. Laframboise) : M. le ministre...
Mme Rizqy :
...alors que certains n'ont pas d'enfant dans le réseau?
Le Président
(M. Laframboise) : M. le ministre.
M. Roberge :
Chère collègue, je n'ai pas envoyé cette information-là. Les commissions
scolaires ont diffusé l'information. Je
pense qu'elles ont utilisé le Web, elles ont utilisé parfois les journaux
locaux, les bulletins d'information, les bulletins de commissions scolaires. Les commissions scolaires ont
beaucoup de courriels parce qu'elles communiquent avec les parents, donc, via courriel. Le ministère n'a
pas envoyé de courriels massifs. Je vais vérifier autour de moi. Ça n'a
pas été fait, non. Là, il y a eu des
publicités gouvernementales qui ont été reliées sur des réseaux sociaux, mais
le ministère n'a pas procédé à des envois de courriels. Des commissions
scolaires l'ont fait, mais le ministère ne l'a pas fait.
Le Président
(M. Laframboise) : Mme la députée de Saint-Laurent, c'est moi qui
donne le droit de parole.
Mme Rizqy :
En parlant des publicités, combien ça a coûté, les publicités sur Facebook?
Le Président
(M. Laframboise) : M. le ministre.
M. Roberge :
Si vous permettez, on va trouver cette réponse, que j'ai vu passer, mais dont
je ne sais pas le montant exact. On
va vous trouver ça dans quelques minutes. Mais je vais vous dire que c'est une
bonne chose, de faire connaître une offre de services, quand un
gouvernement déploie une offre de services. Quand on va ouvrir des nouvelles
places en CPE et en milieu de garde, je suis certain que vous serez bien
contents que nous diffusions ça pour que les gens qui veulent envoyer leurs
enfants en CPE et en milieu de garde sachent que les
places soient disponibles, et on le fera des deux manières parce qu'on déploie
les deux réseaux. Et, quand il y aura des places qui vont s'ouvrir, quand
mon collègue de la Famille déploiera ces places-là, bien...
Le Président
(M. Laframboise) : Mme la députée de Saint-Laurent. M. le
ministre...
M. Roberge :
...on utilisera les fonds publics pour faire connaître ces services-là.
Le Président
(M. Laframboise) : Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
La bonne nouvelle, c'est que pour les réseaux des CPE et des services de garde,
il y a un guichet unique où est-ce
qu'il y a des parents qui sont déjà en attente pour avoir une place. Alors, je
pense que, dès que vous allez annoncer des places, le ministère de la
Famille, ça va se bousculer aux portes, contrairement aux maternelles quatre
ans.
J'aimerais aussi savoir : Combien
qu'il y a de personnels qui sont attribués par le ministère de l'Éducation
pour faire la promotion des maternelles quatre ans?
Le Président
(M. Laframboise) : M. le ministre.
M. Roberge :
Bien, je trouve ça intéressant parce que ma collègue vient de dire qu'il y a
des listes d'attente en CPE. Je suis
content qu'elle le mentionne parce que c'est un bon service. Mes deux filles
sont passées par les CPE puis... CPE Les Contes de fée à Saint-Basile-le-Grand. C'était très bien. Mais, quand
les gens disent : Bien là, vous ne pouvez pas déployer des maternelles quatre ans, envoyez tous vos
enfants en CPE... Puis là, ma collègue vient de le dire, il n'y a pas de
place en ce moment. Alors, si on veut avoir
plus d'enfants en CPE, bien, il faudra investir dans des infrastructures. Puis
il y en a qui disent : Il ne
faut pas investir dans le béton, il faut investir dans les enfants. Ça adonne
qu'au Québec le mois de février, ça existe, puis qu'il ne faut pas que
les enfants soient dehors, ni en CPE ni à l'école.
Le Président
(M. Laframboise) : Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Pardon, c'est parce que je n'ai pas entendu la réponse à ma question : Il
y a combien d'employés, au ministère de l'Éducation, qui sont
présentement attitrés pour faire la promotion des maternelles quatre ans?
Le Président
(M. Laframboise) : M. le ministre.
M. Roberge :
Il n'y a pas de personnels qui sont affectés spécifiquement à faire la
promotion de la maternelle quatre ans.
Le Président
(M. Laframboise) : Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Donc, il n'y a personne qui a préparé le plan de communication pour Facebook?
Le Président
(M. Laframboise) : M. le ministre.
M. Roberge : Bien,
écoutez, on a des services de communication qui font plusieurs campagnes, qui, à l'année longue, diffusent les informations pour informer les
Québécois des services qui sont offerts, des nouveaux programmes,
supposons, en formation générale des adultes, en formation professionnelle.
Mais on n'embauche pas quelqu'un dont le mandat, supposons, c'est de faire une campagne juste formation professionnelle
puis qu'on met à la porte ensuite. Ce n'est pas comme ça que ça fonctionne au gouvernement. On a des gens qui font de la diffusion d'information, ils ont contribué
à cette campagne-là pour déployer...
pour offrir les services et surtout informer les Québécois des services
disponibles. Ils n'ont pas été embauchés spécifiquement pour ça. Ça fait
partie des tâches usuelles.
Le Président
(M. Laframboise) : Mme la députée de Saint-Laurent. Madame.
Mme Rizqy : ...combien de personnes attitrées pour le
déploiement des maternelles quatre
ans en ce moment au ministère de l'Éducation?
Le Président
(M. Laframboise) : M. le ministre.
M. Roberge : Il y a des gens qui travaillent à éducation
préscolaire, primaire. Il n'y a pas quelqu'un au ministère qui travaille juste, juste, juste, supposons, pour la première année du
primaire, jamais ne s'intéresse à la maternelle ou à la deuxième année,
eux autres travaillent en silo, c'est première année... Ça n'existe pas.
Ce n'est pas comme ça qu'on fonctionne parce qu'on fonctionne plus efficacement
que ça.
Le Président
(M. Laframboise) : Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Donc, la promesse-phare, le nouveau projet, le
projet le plus ambitieux du gouvernement
Legault, il n'y a pas d'équipe stratégique pour les maternelles quatre ans.
Tantôt,
M. le ministre de l'Éducation a parlé que, justement, il y avait des parents
qui étaient en attente pour les maternelles...
pardon, pour les places de 0-4 ans en CPE, en service de garde, et il
trouvait que c'était une bonne idée, pour justifier, au fond, les maternelles quatre ans. Mais il y a une grande
différence entre vouloir envoyer son enfant dans un CPE, quand il vient
de naître, puis de le laisser dans un CPE versus de l'envoyer à la maternelle
quatre ans.
je n'arrive pas à comprendre, en fait, la logique du ministre à faire un
parallèle entre les besoins des nouveaux parents qui viennent d'avoir un bébé puis qui veulent avoir une place en
CPE versus, quatre ans plus tard, être en maternelle quatre ans ou de vouloir conserver leurs enfants
dans un CPE. Alors, entre 0-4 ans, il se passe quoi versus à quatre
ans, pour le ministre de l'Éducation? C'est quoi, la priorité, en fait?
Le Président
(M. Laframboise) : M. le ministre.
M. Roberge :
La priorité, c'est de répondre aux besoins des enfants, leur permettre d'avoir
accès aux meilleurs services puis qu'il y
ait une vraie égalité des chances. Ce qu'on souhaite, c'est, quand ils arrivent
à six ans, en première année, peu importe l'endroit où ils ont grandi,
peu importent les ressources financières de leurs parents, ils aient eu accès
aux meilleurs services, qu'ils aient eu
accès à de la stimulation, du repérage, du dépistage, s'ils en avaient besoin,
et surtout des services. Parce que dépister pour dépister, là, ce n'est
pas pertinent.
C'est pour ça
qu'on travaille le dossier vraiment en trio, là : Famille, Éducation,
Santé. J'ai eu des rencontres avec mon
collègue Lionel Carmant, mon collègue Mathieu Lacombe. On a eu des rencontres à
trois, à six avec nos chefs de cabinet,
plus que ça avec nos sous-ministres. Le Dr Carmant, le député, d'ailleurs, a
déposé un ambitieux projet, Agir tôt, avec des escouades de la santé qui vont se promener, qui vont aider les
parents, qui vont les soutenir pour diagnostiquer, qui vont aussi donner des services, qui vont aussi faire,
excusez-moi le terme, du coaching pour les éducatrices, dans tout notre
réseau de services éducatifs, pour que ces gens-là puissent suivre des plans
d'intervention le mieux possible.
On me précise
une chose. Vous m'avez posé une question préalablement : Combien de
personnes travaillent au déploiement
de la maternelle quatre ans? Il n'y a personne qui a été embauché
spécifiquement pour ça, O.K., on n'a pas ouvert un poste, là, pour dire : Bien là, on vous embauche pour la
maternelle quatre ans, puis après ça on vous met à la porte. Mais, selon l'affectation des tâches, il y a en ce
moment quatre professionnels et un cadre qui font... disons, dont une grande,
grande, grande
partie de leur travail est dédiée au déploiement de la
maternelle quatre ans. Mais c'est des gens qui sont dédiés, évidemment, à l'ensemble, préscolaire, primaire,
mais qui sont affectés spécifiquement, en ce moment, au déploiement...
Mme Rizqy : Merci beaucoup, M.
le ministre...
Le Président (M. Laframboise) :
Mme la députée de Saint-Laurent, M. le ministre avait...
Mme Rizqy : J'aimerais
continuer parce que le temps file et... Je vous remercie, mais je n'ai
jamais... Je parlais d'attitrés, hein, et non pas d'embauchés. Attitrés.
Je vais vous
citer un passage d'une lettre qui vous a été acheminée le 6 février 2019
par la présidente de la commission scolaire
Marie-Victorin, Mme Carole Lavallée : «Nous avons besoin de
comprendre l'urgence d'agir, la planification, la démarche, l'échéancier et le budget. Nous avons
besoin de connaître le plan national et le plan régional pour, à notre
tour, planifier les travaux à exécuter et
les budgets qui leur seront dévolus dans les années à venir. Il nous faut aussi
planifier les besoins d'espace qui
sont grandissants et la main-d'oeuvre qui n'est [...] pas facile à
trouver — j'ouvre
la parenthèse, qu'on parle de pénurie ou de rareté.» Fin de parenthèse,
fin de citation.
Quel est
votre plan national? Et maintenant, à la lumière de tous les articles qui
n'arrêtent pas de sortir, il y a aussi une explosion des coûts. Vous
avez mentionné durant la campagne électorale que ça coûterait environ
122 400 $ par classe, environ, et là on parle de 1 million par
classe.
Le Président (M. Laframboise) :
M. le ministre.
M. Roberge :
Si vous permettez, je vais répondre à une question précédente, parce qu'on a
trouvé le chiffre, puis après ça je vais revenir sur le plan national.
Donc, ce
qu'on me dit, c'est qu'on a un budget prévu de 70 000 $ sur plusieurs
mois, là, qui se rend jusqu'au mois d'août, pour la campagne
d'information relative au déploiement de la maternelle quatre ans. Donc, c'est
sur les réseaux sociaux, dans les magazines
spécialisés, partout au Québec et dans des médias nationaux aussi. Donc, c'est
70 000 $, le coût de la campagne.
Par rapport
au plan national, bien, le plan national, c'est le même qu'on avait lors de la
campagne électorale, c'est de déployer sur cinq ans l'offre de services.
Vous aimeriez
ça, que je vous dise tout de suite le nombre de classes. Ça ne fonctionne pas,
ici, parce que ce qu'on veut, c'est
offrir le choix aux parents, l'universalité d'accès. Ce n'est pas obligatoire.
Il y a encore des gens qui pensent que la maternelle quatre ans sera obligatoire puis que les jeunes, rendus à
quatre ans, qu'ils soient à la maison, qu'ils soient en CPE, qu'ils soient en milieu régi, non régi, là,
il faut tous qu'ils quittent ça puis qu'ils s'en aillent à la maternelle quatre
ans. Ce n'est pas ça.
Le plan,
c'est sur cinq ans et qu'il y ait une universalité d'accès, comme on l'a un peu
pour la maternelle cinq ans. La
maternelle cinq ans n'est pas obligatoire au Québec, mais, quand un parent veut
envoyer son enfant à la maternelle, bien, il ne se fait jamais dire :
Ah! embarquez donc sur une liste d'attente, là, ça se peut qu'on ait de la
place pour vous dans trois ans. Ce n'est pas comme ça que ça fonctionne, hein?
La maternelle cinq ans est non obligatoire, mais il y a l'accès universel. Ça fait que les commissions scolaires
doivent offrir le service, doivent fournir une place, un professeur, un
local, etc. Ce qu'on souhaite, c'est arriver là dans cinq ans.
Pour la maternelle cinq ans...
Le Président (M. Laframboise) :
Merci.
M. Roberge : Bien, O.K., je
reviendrai parce qu'il vous manque des infos.
Le Président (M. Laframboise) :
Madame.
M. Roberge : Vous pouvez bien
me couper, sauf qu'à un moment donné vous n'aurez pas vos réponses.
Le Président
(M. Laframboise) : Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Je ne vous ai pas coupé. Je ne vous ai pas coupé, c'est le président qui vous
coupe parce que... Je sais pourquoi qu'il vous coupe, c'est que vous
nous servez la même réponse depuis plusieurs mois.
Nous, là, on
veut tous, là, arriver à vous comprendre pour atteindre potentiellement
peut-être un objectif qui serait plus
réaliste, c'est-à-dire déployer des maternelles quatre ans en milieux
défavorisés, en priorité, et surtout ne pas aller dénuder le service des CPE ni les services de garderie. Et
là, en ce moment, ce qu'on voit, c'est que le réseau vous parle, tous
les réseaux vous parlent, et les gens
veulent comprendre une chose : c'est quoi, l'urgence d'agir aussi
rapidement? Puis aussi les Québécois
qui nous écoutent à la maison, eux autres, en ce moment, c'est le
30 avril, c'est la dernière journée pour faire leur déclaration de
revenus. Ils nous regardent parce que leur argent, ils veulent que ce soit bien
investi.
Puis de
l'argent en éducation, on serait contents que ce soit toujours bien investi,
mais encore faut-il comprendre les besoins
actuels. Dans plusieurs commissions scolaires, les besoins, c'est des nouvelles
écoles secondaires, d'autres, écoles primaires
pour l'ensemble des élèves. Il y a aussi la pénurie d'enseignants, il en manque
partout. Et là il y a une pression additionnelle
avec l'envie insistante, pour ne pas dire l'obsession du premier ministre,
d'ajouter les maternelles quatre ans pour, en quelque sorte, avoir un
legs au Québec, ses maternelles quatre ans.
Maintenant,
les commissions nous disent : O.K., mais c'est quoi, votre plan pour
répondre à ça dans son ensemble? Où
est-ce qu'on va aller chercher les enseignants? Dernièrement, on a appris que,
vu qu'il manquait des enseignants, bien, on va demander au réseau des CPE puis des services de garderie : Bien,
prêtez-nous vos éducatrices. Or, je vous rappelle, là, la déclaration très malencontreuse du premier
ministre, le 14 février, où est-ce qu'il a dit avec vous, lors de
l'annonce des maternelles quatre ans,
puis, évidemment, je vais répéter sans, évidemment, appuyer les propos du
premier ministre, il a dit la chose
suivante : Bien là, le choix est évident; si vous avez le choix entre des
techniciennes de garde ou des enseignants puis une équipe, le choix se
fait de lui-même. Il a dénigré un réseau, mais maintenant il veut dénuder ce
même réseau des éducateurs, mais aussi des élèves parce qu'il n'y a personne
qui se bouscule aux portes des maternelles quatre ans.
Alors,
maintenant, on voit que, oui, vous êtes prêts à dépenser 70 000 $ en
publicité Facebook, pour une entreprise qui ne paie même pas d'impôts,
puis là, en plus, c'est pour leur forcer quoi, pour faire encore plus... pour
rentrer l'envie aux Québécois...
Le Président (M. Laframboise) :
...Saint-Laurent, votre temps est écoulé.
Mme Rizqy : ...puis avoir des
maternelles quatre ans.
Le Président (M. Laframboise) :
Votre temps est écoulé. La parole est au gouvernement...
Mme Rizqy : Quand qu'on a une
idée à 2 milliards de dollars...
Le Président (M. Laframboise) :
Mme la députée de Saint-Laurent...
Mme Rizqy : Quand on a une idée
de 2 milliards de dollars, souvent, les gens bousculent.
Le Président (M. Laframboise) :
Votre temps est écoulé, Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Laframboise) :
La parole est au gouvernement. M. le député de Richelieu.
M. Émond : ...M. le Président.
Alors, à mon tour de saluer M. le ministre et l'ensemble de l'équipe du cabinet
ministériel, qui est présent, les collègues députés, des oppositions également.
M. le
Président... et je sais que M. le ministre ne m'en tiendra pas rigueur de
prendre quelques instants, dans cet important exercice qu'est l'étude des crédits, pour à
mon tour avoir une pensée pour les citoyens qui, partout au Québec, sont présentement
touchés par la crue des eaux, par les inondations.
J'ai une
pensée particulière, bien entendu, pour les citoyens de ma circonscription, Richelieu. On a deux municipalités dans mon coin qui sont particulièrement touchées, entre autres la municipalité de Yamaska, avec une portion très précise,
là, de la municipalité où est-ce qu'il y a des citoyens qui sont touchés.
Puis je pense
aussi à Sainte-Anne-de-Sorel, c'est... Je viens de là, M. le Président,
Sainte-Anne-de-Sorel, j'y habite toujours.
Alors, chez moi, tout va bien, mais il y a quand même une portion de la
municipalité, tout au bout du chenal du Moine, où on se dirige vers les magnifiques îles de Sorel, je parle du
pays du Survenant de Germaine Guèvremont, alors, les gens, dans ce coin-là, qui sont
particulièrement touchés. On est habitués, M. le Président, là, à Sainte-Anne,
on se plaît à dire qu'on apprend à
marcher quasiment avec des bottes d'eau dans les pieds. Mais, quand même, c'est
une situation qui n'est pas drôle pour personne.
Et j'en
profite pour saluer l'excellent travail des élus municipaux qui sont en place,
la mairesse De Tonnancourt, le maire
suppléant, M. Joyal, mais aussi le maire Michel Péloquin, qui fait un
excellent travail avec la mise en place de plusieurs mesures pour aider les sinistrés. Il faut avoir
une pensée et remercier les pompiers, les policiers, les nombreux
bénévoles.
Puisqu'on
parle d'éducation, il y a une équipe de football de la polyvalente de Sorel qui
a mis l'épaule à la roue afin de
préparer quelque chose comme 1 000 sacs de sable pour les sinistrés.
Et, un peu comme M. le ministre l'a dit, j'ai envie de dire aux sinistrés qu'on
était là avant, nous sommes là maintenant pour les aider et nous serons là
après, après le retrait des eaux, pour continuer à leur venir en aide.
Ceci étant dit, revenons à nos moutons, M. le
Président. Moi, j'aimerais parler, pour ma première intervention, d'indices de défavorisation. Parce qu'on sait,
depuis plusieurs années, le gouvernement octroie des sommes
supplémentaires aux écoles en milieu
défavorisé. Alors, l'IMSE, l'indice de milieu socioéconomique, qualifie les
milieux avec une note de 1 à 10, 1
étant favorisé, plus favorisé, et 10 davantage défavorisé. Alors, cette cote
est déterminée à la suite du recensement, et il a fallu attendre, M. le Président, 12 ans, 12 ans parce
qu'on devait attendre après le recensement qui devait comprendre le
fameux questionnaire long pour être en mesure de déterminer ces cotes.
Alors, vous
vous imaginez bien la surprise dans certains milieux. Je suis sûr que c'est la
même chose pour l'ensemble de mes
collègues députés, dans leurs communautés, qui, suite à la gentrification de
certains quartiers, ont vu leur cote changer drastiquement. Alors, seules les écoles cotées, M. le Président, 9 et 10
recevaient une aide financière supplémentaire qui correspond à plusieurs mesures passant par plus de
ressources professionnelles, de l'aide alimentaire, au besoin, du
soutien pour l'aide aux devoirs et j'en
passe. Alors, je cherche le bon mot, M. le Président, mais j'aurais envie de
qualifier de laxisme de la part du gouvernement précédent.
Deux éléments
qui me dérangent tout particulièrement. Alors, le premier, moi, je me demande :
Comment se fait-il qu'on n'ait pas
réfléchi à une méthode de suivi plus rigoureuse des indices de milieu
socioéconomique? Être obligé d'attendre 12 ans après le recensement long du fédéral, ça a eu des impacts
certains. Et l'autre élément qui me trouble, c'est l'écart incroyable qu'il y a entre une cote 9 et une
cote 8. Pourtant, la différence, M. le Président, n'est pas si probante si
on analyse la situation
socioéconomique qui évolue entre un secteur coté 8 versus un secteur qui
pourrait être coté 9. Alors, comment se fait-il qu'on tranche la
pauvreté, si je peux m'exprimer ainsi, aussi drastiquement?
Alors, il est
clair qu'il ne faut pas se réjouir de l'appauvrissement d'un milieu, mais, dans
le contexte, il est aussi difficile
de se réjouir de l'enrichissement d'un quartier. Cela veut dire des changements
importants dans le financement de son école de quartier.
Pendant qu'on parle d'école de quartier, je
reviens à mon propos de tantôt pour rassurer M. le ministre. L'école Sainte-Anne-les-Îles, l'école primaire de la
municipalité où j'habite, tout se porte bien. Elle est située un petit peu plus
au village, et les élèves, en ce moment
même, sont en mesure de recevoir des cours, d'excellents cours par les
éducateurs qui sont en place, que je
connais très bien. J'ai fréquenté cette école primaire, ma fille l'a fréquenté,
M. le Président, et, bien, la roue continue de tourner.
Alors donc,
cette année, les indices vont changer suite au recensement de 2016, mais c'est
une onde de choc, hein, on se doute
bien, dans certaines écoles. Je
reprends vos propos dans Le Devoir , M. le ministre, du
17 novembre 2018, et j'ouvre les
guillemets : «[Nous serons] à l'écoute des préoccupations des intervenants
et [nous ferons] au mieux pour que les services
soient répartis de la meilleure façon possible pour répondre au critère
essentiel à nos yeux : les besoins des élèves[...]. [Donc,] la
volonté de notre gouvernement est claire : chaque élève doit avoir accès
aux services dont il a besoin pour s'épanouir
pleinement. Dans cet esprit, nous nous sommes engagés à établir des planchers
de services dans les écoles. Notre équipe est déjà au travail dans ce
dossier.» Et je ferme les guillemets, M. le Président.
Alors, je me
tournerais maintenant vers M. le ministre en vous demandant : Comment vous
allez améliorer la situation pour les écoles qui sont touchées par ces
changements?
Le Président (M. Laframboise) :
M. le ministre.
M. Roberge :
M. le Président, ce qui s'est passé avec les indices de défavorisation, c'est
très préoccupant. Qu'il y ait eu un
délai de 10 ans entre deux recensements longs, ça a causé des problèmes.
Évidemment, il y a certains milieux qui ont pu bénéficier du fait que,
malgré le fait que le quartier s'enrichissait, bien, ils ont conservé les fonds
selon les anciens indices de défavorisation.
Et j'ai le goût de dire tant mieux pour ces équipes-écoles là. Elles en avaient
probablement bien besoin, d'une
certaine manière, puis des enfants en ont bénéficié, puis ça a donné un coup de
main aux professionnels. Mais le
corollaire de ça, c'est qu'il y a des milieux qui se sont appauvris, dont les
indices de défavorisation ont augmenté. Et ce n'est pas bon, quand ça monte, hein, les indices de défavorisation, là.
10, c'est le plus haut, mais c'est aussi le plus bas, c'est-à-dire que ça dénote une pauvreté
socioéconomique et un faible niveau de scolarisation de la mère parce que
c'est un indice important pour la persévérance scolaire. Et donc ces milieux-là
qui se sont appauvris, bien, eux continuaient de s'appauvrir, année après
année, mais ne recevaient pas le soutien nécessaire parce que les indices
n'étaient pas revus.
Là, on arrive avec un changement et, comme il y
a eu un grand délai, bien, au lieu de passer de 10 à 9, ou de 8 à 7, ou bien non, dans le sens inverse, de 5 à 6
ou de 8 à 9, bien, il y a des milieux qui sont passés de plusieurs cotes
de défavorisation d'un seul coup. Et, si on
avait simplement appliqué, en fonction des nouvelles cotes, les règles du
passé, bien, la marche aurait été
très haute pour beaucoup, beaucoup de milieux, et ça aurait été très difficile.
C'est pour ça qu'on a été très
sensibles à ça, puis on a voulu vraiment faire ce qu'on appelle un scénario de
lissage, d'atténuation, puis on ne s'est pas gênés pour revoir la façon
dont on distribue l'argent.
Donc, faire
plus et faire mieux, c'est ce qu'on a fait. D'abord, on a réduit l'écart entre
le 10 et le 9. Il y a avait une très grosse marche, pas quand on visite
les écoles — une
école 10 puis une école 9, quand vous visitez, il n'y a pas tant de différence — mais il y avait une grosse marche de
ressources, il y avait un gros écart de ressources, selon ce que
faisaient les précédents gouvernements, entre une école classée 10 et 9,
puis, pour moi, c'était une iniquité très grande. Donc, on a diminué cet
écart-là parce que, dans la vraie vie, il n'y a pas tant d'écart entre une
école 10 et 9, donc les ressources, maintenant, sont mieux réparties.
Mais on est
allés pas mal plus loin que ça. Avant, c'était seulement 10, 9 et 8, les
indices de défavorisation 10, 9 et 8 qui voyaient leur enveloppe bonifiée pour améliorer les services parce
que ce sont des milieux qui avaient davantage de besoins. Bien, on a rajouté 7, ce qui ne s'était
jamais fait avant. Donc, on n'a pas juste bêtement appliqué les règles du
passé sur la situation actuelle, on a changé notre façon de répartir l'argent,
on a étiré l'élastique, on s'est rendus jusqu'à l'indice de
défavorisation 7 pour inclure ces écoles-là qui avaient des besoins là,
ces enfants-là.
On est allés
plus loin que ça encore, on a bonifié l'enveloppe d'aide à ces milieux
vulnérables de 10 % en une seule année.
C'est pas mal plus que l'inflation, ça, pas mal mieux que les années
précédentes, où il y avait des coupures. On a bonifié l'enveloppe de 10 %, donc une augmentation
d'à peu près 12 millions de dollars en une seule année. Et je pense que
c'était la meilleure des décisions, de revoir ça, d'ajouter le 7, de bonifier
de 10 %.
Il y encore
des écoles qui, malgré tout ça, vont dire : Nous sommes passés d'un
indice 9, supposons, à 6, qui vont dire : Là, ça va être difficile pour nous, M. le ministre, hein,
qu'est-ce qu'on fait? Nous avions quelque chose, nous ne l'avons plus. Oui, sur 10 ans, nous nous sommes
enrichis, mais, les gens vont nous dire, entre juin 2019 et septembre 2019,
les écoles n'ont pas tant changé, pourtant,
et c'est là que les changements vont se faire. Bien, à ça, je réponds qu'il
faut écouter les CRR, dans les
commissions scolaires, les comités de répartition des ressources. Parce que les
commissions scolaires et, plus tard,
les centres de services aux écoles ont un rôle important, celui de répartir les
ressources en fonction d'une équité régionale.
Donc, une
école qui passerait de 9 à 6, dans les milieux de... dans les indices de
défavorisation, pourrait dire : Bien, mon Dieu! on perd 100 % de l'aide. Mais je ne pense pas que c'est
ça qui va arriver. Je pense que ce qui va arriver, c'est que les
commissions scolaires, voyant ce qui se passe, hein, et surtout les directions
d'école, ceux-là qui connaissent les enseignants,
ceux-là qui connaissent les élèves par leurs noms, vont se réunir aux comités
de répartition des ressources, puis ils
vont faire un scénario de lissage par-dessus le scénario de lissage, puis ils
vont s'assurer qu'il y ait davantage d'équité puis qu'il n'y ait pas une coupure brutale entre une année et l'autre.
Et on leur donne les moyens de faire ça parce qu'on rajoute 12 millions dans une seule année.
Donc, il n'appartient qu'aux décideurs locaux, qu'aux directions d'école de
prendre soin de leur monde. On leur donne les moyens pour le faire.
Le Président (M. Laframboise) :
La parole s'en va au député de Drummond—Bois-Francs. M. le député.
M. Schneeberger :
Merci, M. le Président. Bonjour, M. le ministre. Bonjour à tous, bonjour, chers
députés. On m'a demandé avant-hier
pour participer à cette commission, alors le député que je remplace est auprès
de ses citoyens qui sont inondés. Par chance, la rivière Saint-François,
cette année, a été plutôt... bien, très haute, mais plutôt calme. Ça n'a pas
toujours été le cas, malheureusement.
M. le
ministre, j'écoutais tantôt la députée de Saint-Laurent questionner sur les
maternelles quatre ans. Moi, je peux vous
dire que dans ma région, notamment à Saint-Lucien... Saint-Lucien est une
municipalité qui a une cote de défavorisation très élevée, et puis la mairesse, elle, souhaite avoir une maternelle
quatre ans, quand on aura une nouvelle école, bien sûr. Et j'espère que
ce dossier de l'école, et que le ministre connaît très bien, on aura la chance
de couper le ruban bientôt.
En parlant de
ces écoles-là, on sait très bien que les qualités, les capacités à réussir,
souvent, font en sorte que c'est les bâtiments,
l'éducation en tant que telle, mais surtout aussi les installations. Et
notamment, l'école, chez nous, il n'y a pas de gymnase, alors on va
travailler très fort pour qu'on ait une nouvelle école.
On parle,
justement, d'avoir des bonnes notes à l'école et puis on sait que dans le
passé, souvent, on a vu certaines commissions
scolaires ou écoles gonfler les notes artificiellement pour permettre à
certains élèves de passer à l'année scolaire suivante. Moi, qui suis de bon coeur, au tout début, je me disais :
Bien, c'est correct, des fois, si un élève, il y a une matière qu'il ne passe pas, ou quoi que ce soit, à
58 %, bien, tu sais, on lui donne un petit coup de pouce pour passer. Mais
c'est sûr que, si on regarde ça plus
froidement, je ne pense pas que c'est d'amener... c'est d'aider l'élève à aller
de l'avant en faisant passer
artificiellement, dans le fond, un échec à la réussite. Ce n'est pas correct
pour lui, mais ce n'est pas correct aussi pour l'enfant qui a fait de gros efforts pour passer à 60 %, 61 %,
62 %, qui, lui, a fait tous les efforts. Et puis je ne dis pas que
l'élève qui a 58 % n'a pas fait
d'efforts, mais des fois, peut-être que c'est l'entourage ou les capacités à
progresser qui ont fait défaut. Alors,
je sais que le ministre, là-dessus aussi, a fait tout en main pour que ces
jeunes-là réussissent avec la note de passage.
Je sais
qu'aussi l'ancien ministre avait... et je voudrais le citer, M. le Président,
avait amené une lettre, et j'aimerais le souligner comme ça : «On veut que l'évaluation soit le réel
portrait de l'élève. Le Québec n'a rien à gagner à avoir, par exemple, un taux de diplomation et de
qualification augmenté. Les commissions scolaires n'ont rien à gagner et les
écoles n'ont rien à gagner. Ce n'est pas le réel portrait des
étudiants.» C'est vrai que, vu de même, personne n'a rien à gagner, mais
en même temps c'est un peu un constat
d'échec parce que, oui, je pense qu'on a tout à gagner à favoriser
la réussite, mais la réelle réussite.
Alors, aussi,
de mettre... vraiment, de fixer ça à 60, bien, je pense que c'est
logique pour tout le monde. Imaginez, maintenant, aux Olympiques, on
dirait au quatrième : Ah! bien, finalement, monte sur le
podium, on va te donner une médaille de
bronze avec le troisième. Ce serait scandaleux. Mais on le fait aussi comme ça,
tu sais. Je sais très bien que ce n'est pas le même niveau, mais en
même temps c'est une question de justice pour tous.
Alors, M. le ministre, moi, je voudrais savoir maintenant...
Je sais qu'on a déjà eu des discussions là-dessus. Vous, maintenant, c'est... quels changements vous voulez
apporter au niveau de ces règles pour que le gonflage des notes cesse et
puis en même temps aussi de quand même
réussir le maintien du taux de... excusez-moi, pas réussir, mais de maintenir
le taux de réussite égal et non le diminuer?
Le Président (M. Laframboise) :
Pour 25 secondes, M. le ministre. Il vous reste 25 secondes.
M. Roberge :
C'est difficile, mais je pense que ce qu'il faut faire, c'est conjuguer
exigence et bienveillance. Donc, il
faut s'occuper des gens qui ont des difficultés d'apprentissage ou qui
traversent un passage à vide, qui ont besoin d'un peu plus d'aide, et c'est ce qu'on fait. On ajoute
plus de 600 professionnels dans une seule année pour aider les jeunes
à réussir, mais on veut qu'ils réussissent
pour vrai, tout simplement qu'ils réussissent pour vrai. Je reviendrai
là-dessus parce que c'est trop important.
Président (M. Laframboise) : Parfait. Merci beaucoup. La parole
est deuxième groupe d'opposition, Mme la députée de Sherbrooke, pour
17 min 50 s.
Mme Labrie :
Merci, M. le Président. On a eu la confirmation ce matin de ce qu'on devinait
depuis vraiment longtemps. Les maternelles
quatre ans, ça coûte beaucoup, beaucoup plus cher que prévu, près de
1 million par classe, alors que,
l'automne dernier, le cadre financier prévoyait 122 000 $ par classe.
Donc, on passe d'un projet qui était chiffré à 153 millions, dans le cadre financier, pour l'offrir à tous les
enfants de quatre ans, à 900 millions pour la moitié des enfants. Ça, c'est six fois plus cher pour offrir un
service à deux fois moins d'enfants que prévu. Les frais d'exploitation vont
aussi être deux fois plus chers que prévu.
Moi,
je pensais que le premier ministre était comptable. Il se présente comme un bon
gestionnaire. Moi, je ne lui ferais pas
du tout confiance, là, pour gérer mes finances, là, dans l'état des choses en ce
moment, puis je m'inquiète sérieusement de la gestion de ce projet-là. N'importe quelle personne sensée
regarderait la situation, là, puis, en constatant que ça va coûter énormément plus cher que prévu et qu'on va
de s'asseoir, de réfléchir puis de se
demander comment on poursuit et si on poursuit. Le bon sens voudrait qu'on
mette ça sur la glace puis qu'on se
demande comment on peut investir les fonds publics de la meilleure façon pour
offrir les meilleurs services à un maximum d'enfants, en priorité à ceux
qui sont plus vulnérables.
Donc,
je l'ai déjà demandé dans le passé et je le redemande ce matin. Est-ce qu'on
peut mettre un moratoire sur le projet de maternelles quatre ans le temps
d'évaluer les options?
Le Président
(M. Laframboise) : M. le ministre.
M. Roberge :
Non, on ne mettra pas un moratoire sur un projet de société qui est emballant,
qui va permettre aux parents d'avoir
le choix, qui va permettre aux enfants, plus nombreux que jamais, d'accéder à
des services de qualité, dont les services
de garde éducatifs, parce qu'il faut le savoir aussi, là, quand des jeunes vont
en maternelle quatre ans, bien, ça fait de la place dans le réseau de
service de garde éducatif, et on en manque, de places. Il y a
42 000 enfants en attente en ce moment d'une place en CPE, et il va
falloir investir dans notre jeunesse d'une façon ou d'une autre.
on dit qu'il y a 42 000 enfants en attente en ce moment pour avoir
une place en CPE, ça veut dire qu'il va falloir en bâtir aussi, des installations, et ça ne sera pas gratuit non plus.
Et est-ce que ma collègue va dénoncer les fonds quand notre gouvernement
va construire des édifices pour offrir le meilleur à nos enfants de deux ans,
de trois ans, de quatre ans aussi? Parce
qu'on n'interdira pas aux enfants de quatre ans d'aller en CPE. On va offrir le
choix aux parents. On veut investir dans notre jeunesse. On pense que
c'est le meilleur investissement qui soit. Et moi, j'ai une question pour ma
collègue. Combien ça coûte, le décrochage?
Le Président
(M. Laframboise) : Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie :
C'est une excellente question. Ça devrait être au ministre de l'Éducation d'y
répondre. On a vu apparaître, dans les
dernières semaines, des publicités, mes collègues en ont parlé. On en a vu sur
les réseaux sociaux, on en a vu sur Google aussi, des achats de
publicité. Maintenant, on le sait, que ça a coûté 70 000 $.
a aussi eu la confirmation qu'il y a des appels qui ont été reçus par les
parents dont l'enfant fréquente déjà un milieu de garde, et que ce n'est pas des événements isolés, mais bien
une directive du ministère, alors qu'au départ le ministre nous disait que son projet de maternelles quatre
ans, ça servait à rejoindre le 20 % d'enfants qui ne fréquentaient aucun
milieu de garde en ce moment, et pour
lesquels il s'inquiétait vraiment. Donc, clairement, on est très loin de ça
parce qu'on essaie d'aller chercher les enfants qui ont déjà un milieu
de garde. Puis un des objectifs principaux, c'était de diminuer les
vulnérabilités chez les enfants qui entrent à la maternelle.
Donc
là, on a un très, très gros problème parce que les études nous disent que le
changement de milieu est un grand facteur
de vulnérabilité. Donc, on devrait autant que possible éviter de déplacer un
enfant d'un milieu à un autre, puis c'est exactement le contraire que le gouvernement essaie de faire. Et, pire,
on entend même dire qu'il y a des commissions scolaires qui ont fourni des projets... qui ont soumis des
projets pour des écoles avec seulement des classes de maternelle quatre
ans. Donc, on ferait vivre deux transitions
à l'enfant pour seulement une année de fréquentation dans cet établissement-là.
Elle est où, la continuité de service pour cet enfant-là? On change les enfants
de place, on augmente les vulnérabilités.
Moi, je voudrais que
le ministre soit transparent puis qu'il nous dise c'est quoi, son véritable
objectif avec les maternelles quatre ans
parce que tout ce qu'il nous disait depuis le début pour justifier son projet
est contredit dans la réalisation des maternelles quatre ans jusqu'à
maintenant. Donc, qu'est-ce que le ministre veut exactement pour les enfants de
quatre ans?
Le Président (M. Laframboise) :
M. le ministre.
M. Roberge :
D'abord, je vais répondre à la question. Le décrochage scolaire, au Québec, ça
coûte à peu près 1,5 milliard par année, à chaque année. Sur un mandat de quatre ans, on est à 6 milliards. Ça, c'est le coût, là, de ne pas s'occuper de nos enfants. Il y a
une phrase qui n'est pas de moi, mais qui dit que, si vous pensez que l'éducation coûte cher, essayez l'ignorance. Bien, c'est ce que ça coûte en
ce moment.
Il y a, en ce moment, pour
les défenseurs du statu quo, une information qui était assez pertinente et
importante, à cinq ans, il y a à peu près
27 % de nos enfants qui sont
vulnérables dans un des domaines de développement global, et ça va en empirant. Ça, c'est le coût du statu quo. Il
y a plus d'enfants, aujourd'hui qu'il y a cinq ans, qui, à l'âge de cinq
ans, ont un retard dans un domaine de
développement global. Donc, ça coûte 1,5 milliard à la société, le
décrochage scolaire, à chaque année, et le statu quo nous fait reculer.
Donc, je
pense que ça vient quand même répondre d'une manière assez affirmative à la
nécessité d'investir dans tout le réseau scolaire, hein, parce que je
veux préciser une chose, là, dans l'argent neuf qu'on met cette année, en 2019‑2020, la maternelle quatre ans, c'est à peu
près 15 % de l'argent neuf. C'est à peu près 85 % de l'argent neuf du
budget de cette année qui va ailleurs qu'en maternelles quatre ans. Donc, ce
n'est pas une obsession. Ceci dit, ce 15 % là sera extrêmement, extrêmement payant à terme pour les enfants, surtout, là,
il ne faut pas voir les enfants comme des normes comptables, et ce sera
plus payant pour tous.
Le Président (M. Laframboise) :
Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie :
Merci. J'entends, là, la réponse du ministre. J'aimerais qu'il considère aussi
le fait que les écarts de richesse se
creusent comme un facteur d'explication de l'augmentation de vulnérabilité des
enfants. C'est un champ d'action aussi qu'on peut envisager. Je trouve
ça dommage que le ministre ne se soit pas donné la peine de vérifier ce que les
spécialistes en petite enfance pensent qu'on
devrait faire pour travailler sur les facteurs de vulnérabilité des enfants
parce qu'ils le disent en ce moment, les spécialistes,
il n'y en a pas, d'études probantes qui démontrent que les maternelles quatre
ans répondraient mieux à cet objectif-là que les CPE.
Je vais vous
amener ailleurs. Depuis l'adoption de la loi n° 143,
les services de garde éducatifs sont soumis à des évaluations pour en assurer la qualité. C'est
vraiment une façon de s'assurer que les enfants fréquentent des milieux
de qualité. Il y a des démarches qui sont
faites à chaque année pour ça. Pour le moment, la loi ne s'étend pas aux
services offerts par les commissions
scolaires, ce qui veut dire que, pour les maternelles quatre ans, il n'y aura
pas d'évaluation de qualité des services
offerts. Et pourtant il va y avoir des services offerts aux enfants de quatre
ans dans d'autres milieux éducatifs qui vont être soumis à une évaluation de qualité. Donc, il y a des enfants qui
vont être dans un milieu qui est soumis à une évaluation de qualité, les CPE et d'autres milieux de garde,
et d'autres qui vont être dans le milieu scolaire, où il n'y en aura pas.
Donc, j'aimerais savoir si le ministre a
l'intention de remédier à cette incohérence-là en soumettant les services
offerts aux enfants de quatre ans par les commissions scolaires à une
évaluation de la qualité.
Le Président (M. Laframboise) :
M. le ministre.
M. Roberge : Bien, juste avant,
je veux répondre... parce que ma collègue avait de l'air à penser qu'il y avait
unanimité pour un réseau, contre un réseau.
Alors, moi, je pense que c'est un peu stérile d'opposer les bonnes idées au
Québec, là. On peut à la fois avoir
d'excellents services de garde éducatifs et une superoffre de maternelles
quatre ans. Mais, tu sais, je peux
nommer Mme Yolande Brunelle, Monique Brodeur, Égide Royer, le président de
l'Ordre des psychologues, Lionel Carmant,
l'UNICEF, enfin, il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de gens et des
spécialistes qui pensent que c'est
une bonne idée de déployer la maternelle quatre ans. Et je suis conscient qu'il y a
aussi des spécialistes qui disent : Ah non! C'est mieux, les services
de garde. Puis c'est correct. Il y a
une pluralité d'opinions, puis on veut une pluralité de choix, justement.
Il ne faut pas opposer les réseaux les uns aux autres de manière binaire, en pensant qu'il y a
des bons, il y a des méchants. Ce n'est pas comme ça que ça
fonctionne.
Le Président (M. Laframboise) :
Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Donc, est-ce que
vous envisagez de soumettre les services éducatifs offerts par les commissions scolaires
aux enfants de quatre ans à des évaluations de qualité comme le prévoit la loi n° 143 pour les autres milieux de garde?
Le Président (M. Laframboise) :
M. le ministre.
M. Roberge : Je ne vais pas
appliquer la loi du ministère de la Famille au réseau de l'éducation. Le réseau
de l'éducation a ses façons de monitorer, d'évaluer la qualité des services. La
qualité des services dans les écoles, elle est exceptionnelle. Les enseignants et les enseignantes — baccalauréat de quatre ans — sont
formés pour agir. J'ai déjà lu
quelque chose qui était assez aberrant. Il
faut le dire quand même,
là, j'ai déjà lu, dans un petit dépliant qui répandait
des faussetés, qui voulait opposer les deux
réseaux... qui disait : Bien là, vous savez, les éducatrices en service de garde, elles ont trois ans juste en petite enfance, tandis que les
enseignantes, eux autres, bien, elles ont juste un cours.
À ce que je
sache, une technique de trois ans au cégep, pour les éducatrices qui
l'ont, bien, ce n'est pas trois ans juste
en petite enfance parce qu'elles font un cours de français. Ce n'est pas français,
la petite enfance. Elles font des cours de philo au cégep. Ce n'est pas philo, la petite enfance. Elles font
un paquet d'autres cours. Je ne suis pas en train de dire
qu'elles sont mal formées. Je suis en train de dire qu'elles sont bien formées, mais ce n'est pas vrai que c'est juste
trois ans juste de petite enfance, la
technique. Ce n'est pas ça. Et le bac, ce n'est pas seulement
45 heures qui les préparent. Moi, je
pense que les deux formations
sont différentes, mais elles ne doivent pas être opposées en disant qu'une formation
est bonne et que l'autre n'est pas bonne. Et il y a tous les monitorages
nécessaires dans le réseau de l'éducation.
D'ailleurs,
on est en train, avec un comité
d'experts qui croit en la maternelle quatre ans, de faire un programme-cycle, pour
quatre ans et cinq ans, dans quelque
chose qui soit optimal par le jeu. Ce
n'est pas de la scolarisation précoce, c'est du développement. Et il y aura un cadre de suivi et d'évaluation du programme qui est en préparation en partenariat avec
le secrétaire du Trésor. Donc, vous pouvez être assurée que nous évaluerons
bien ce que nous faisons.
Le Président (M. Laframboise) :
Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Je vous
remercie. Je commençais à avoir hâte
d'entendre cette phrase-là. Le ministre a dit que, pour ouvrir une classe de maternelle
quatre ans, ça va prendre un minimum
de six inscriptions. Il y a une rumeur qui veut que les classes de maternelle
quatre ans vont recevoir le même financement, peu importe le nombre d'enfants
inscrits. Donc, quand la classe compte le
minimum de six enfants ou le maximum de 17 enfants, le financement serait le même. Est-ce
que c'est exact?
Le Président
(M. Laframboise) : M. le ministre.
M. Roberge : Les commissions
scolaires sont financées en fonction du nombre d'élèves. Mais, écoutez,
l'enseignant ne sera pas payé moins cher
s'il y a moins d'enfants dans la classe. Je veux rassurer les enseignants qui s'apprêtent à postuler
pour enseigner. Même, supposons, en
cinquième année, sixième année ou en quatrième année, on ne fait pas moduler
le salaire des enseignants en fonction du nombre d'élèves dans leurs classes,
mais les commissions scolaires, comme c'est toujours le cas, sont
financées en fonction du nombre d'élèves, là. Ça, vous êtes bien au courant de
Le Président
(M. Laframboise) : Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie :
Je vous pose la question parce que, dans les CPE, on subventionne en fonction
du nombre exact d'enfants qu'il y a dans les
groupes. Donc, s'il y a un enfant de moins dans le groupe, par exemple, bien,
il y aura moins d'argent pour le
groupe, même si, pourtant, le salaire de l'éducatrice ne changera pas non plus,
comme vous me le dites, pour les
enseignantes. Donc, j'aimerais savoir comment ça va se passer exactement.
Est-ce que le ministre est en mesure de me dire à combien s'élève la subvention par jour, par enfant, dans une classe de
maternelle quatre ans? Est-ce qu'il a comparé le coût d'opération dans une classe de maternelle quatre
ans avec le coût d'opération de la même place dans un groupe de CPE?
Le Président
(M. Laframboise) : M. le ministre.
M. Roberge : Je veux apporter une précision. Je pense
que tantôt ma réponse n'était pas parfaitement exacte. Le financement, quand une classe
est ouverte, ne peut pas fluctuer en
fonction du nombre d'enfants. Donc, comme je le disais, évidemment, le salaire de l'enseignant ou de
l'enseignante n'est pas diminué ou augmenté en fonction du nombre
d'élèves, mais le financement de la commission scolaire non plus. On finance la
classe. Donc, semble-t-il que je n'avais pas eu l'information précise. Je veux revenir là-dessus. Pour ce qui est,
sincèrement, du coût spécifique de combien ça peut coûter dans le réseau des services de garde éducatifs, je
ne suis pas la bonne personne pour répondre. Je vous invite à
questionner mon collègue ministre de la Famille.
Président (M. Laframboise) : Mme la députée de Sherbrooke, c'est
moi qui donne les droits de... Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie :
Merci. Je le sais, combien ça coûte en CPE. Le montant total, c'est 28,22 $
par jour, par enfant. De ça, il y a le
8,25 $ qui est fourni par le parent. Donc, c'est 19,97 $ qui est
fourni par le gouvernement. J'aurais aimé que vous me le disiez pour la maternelle quatre ans pour que je puisse
comparer. Là, ce que vous me dites, finalement, c'est que le financement est le même qu'il y ait six ou
17 enfants dans la classe, comme je le pensais. Donc, ce que ça veut dire,
c'est que, collectivement, on va payer le
même montant pour offrir le service à peut-être seulement six enfants au lieu
de 17. Je trouve quand même que c'est
du gaspillage de fonds publics, sachant qu'il y a des dizaines de milliers de
familles qui attendent des places pour leurs enfants.
Donc, on va financer
des groupes dans lesquels il y a de la place pour 17 personnes, mais on va
en mettre seulement peut-être six, sept,
huit, selon le nombre d'inscriptions. Je pense que c'est quand même assez, je
vais dire, spécial comme façon de
gérer les fonds publics. En ce moment, il y a le ratio théorique en service de
garde, qui devrait être d'un pour 20,
et, dans les faits, on sait que ça va très souvent jusqu'à un pour 60. Et puis
d'ailleurs un pour 60, ça, c'est le ratio normal pour la surveillance du
dîner.
Donc,
déjà, avec le ratio actuel, on sait qu'il y a des lacunes, et les éducatrices
manquent de temps pour régler les conflits
entre les enfants. Moi, il y en a qui me contactent pour me dire : On est
à bout. Puis, même dans des endroits, là, dans des milieux défavorisés où il y a un ratio d'un pour 48, pour la
surveillance du dîner, ils ne fournissent pas. Ils ont de la misère à lutter contre l'intimidation. Est-ce que le
ministre a l'intention d'améliorer le ratio en présence de l'enfant de quatre
ans dans les services de garde et au dîner?
Le Président
(M. Laframboise) : M. le ministre.
M. Roberge :
D'après ce que j'en comprends, dans l'organisation scolaire, les enfants de
cinq ans et de quatre ans n'ont pas toujours les mêmes ratios. Dans les
écoles, souvent, ils font des groupes différents, ils font des répartitions différentes. Et
d'ailleurs, très souvent, la plupart du temps, les enfants de quatre et cinq
ans ne mangent pas à la même heure que les enfants de première année à
la sixième année.
Le Président
(M. Laframboise) : Mme la députée de Sherbrooke, il vous reste
2 min 45 s.
Mme Labrie :
Êtes-vous en train de me dire que, peut-être, ils ne mangent pas à la même
heure, mais qu'il y aura plus de surveillants? Donc, le ratio sera plus
intéressant pour les enfants de maternelle quatre ans quand ils vont manger
peut-être à une heure différente?
Le Président
(M. Laframboise) : M. le ministre.
M. Roberge :
Je suis en train de dire que c'est décidé école par école, que, s'ils ne
mangent pas à la même heure, on ne peut pas présumer qu'il y a
nécessairement les mêmes ratios. Mais je n'ai pas la réponse école par école.
Le Président
(M. Laframboise) : Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie :
Donc, en ce moment, il n'y a pas de projet de la part du ministère de
l'Éducation pour diminuer les ratios
à la surveillance du dîner et en service de garde scolaire, pour s'assurer que,
vraiment, on est en mesure d'offrir une surveillance, une capacité
d'intervention adéquate auprès des enfants de quatre ans?
Le Président
(M. Laframboise) : M. le ministre.
M. Roberge :
Dans le cadre du projet de loi n° 12, vous étiez présente, on a discuté de
l'opportunité, puis on s'est engagés
à faire des analyses, d'ailleurs, puis à faire vraiment le tour de ce qui se
passe dans le réseau des services de garde. En fait, dans les écoles,
les services des dîneurs, ça fera
partie des travaux.
Le Président
(M. Laframboise) : Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie :
Je vais prendre la minute qu'il me reste pour une question sur l'école à la
maison. Il y a quelques semaines, le
ministre a annoncé qu'il voulait sévir par rapport aux écoles religieuses
illégales. Il a présenté un règlement qui brime finalement les droits des familles qui font l'école à la maison,
les droits à la liberté éducative. Les familles demandent à conserver cette liberté éducative là pour
pouvoir s'adapter aux besoins de leurs enfants. C'est la raison pour laquelle
ils font l'école à la maison. Et c'est
quelque chose qui est compris dans le milieu de l'éducation, là, même dans
certaines écoles alternatives, on
n'oblige pas les enfants à suivre les examens du ministère. C'est le cas
notamment à l'école Rose-des-Vents à Montréal.
Donc, j'aimerais savoir si le ministère a de l'ouverture à dispenser les
familles de l'obligation de faire passer l'examen ministériel
minimalement au primaire.
Le Président
(M. Laframboise) : M. le ministre.
M. Roberge :
Les examens ministériels sont, j'en suis convaincu, de bonnes façons de
régulariser ce qui se passe à la fois
dans les écoles et à la maison. Ça ne veut pas dire que tout le monde voit la
même chose au même moment, que la pédagogie
est la même, que le manuel utilisé est le même. Tu pourrais n'avoir aucun
manuel et préparer les jeunes à apprendre et à acquérir des
connaissances et des compétences.
Je veux préciser
qu'en quatrième année, qui est le premier des examens ministériels, on parle
de, oui, lecture...
Mme Labrie :
...quelle année il y a des examens puis...
M. Roberge :
Oui, mais c'est parce que c'est important, ce que j'explique, parce que lecture
et écriture, souvent, les gens disent :
Bien là, les examens, on va apprendre par coeur, là, pour un examen, puis on va
bourrer du crâne. Quand c'est un examen d'écriture, on demande aux
jeunes d'écrire quelque chose, là, pas d'apprendre des réponses et de les
mettre directement sur la feuille.
Le Président
(M. Laframboise) : Le temps est terminé.
M. Roberge :
Dans un test de lecture, c'est la même chose. Puis on va continuer de lire tous
les commentaires. Le règlement final
n'est pas fait. On tient compte de ce qu'on reçoit comme information, et comme
lettre, et comme avis des gens.
Président (M. Laframboise) : On passe maintenant aux députés du
gouvernement. Mme la députée de Châteauguay.
Mme Chassé :
Oui. M. le Président, c'est un plaisir de passer de présidente de commission,
comme vous, à membre de votre
commission. Et pourquoi? De pouvoir m'adresser au ministre de l'Éducation pour
son étude des crédits, c'est un privilège.
Vous savez, on est chanceux d'avoir un ministre qui a été enseignant. Il vient
du plancher. Il connaît la réalité du terrain
comme peu ici, à l'Assemblée, et c'est clairement la personne la mieux placée
pour occuper ce poste. Je n'ai aucun doute là-dessus.
en plus, ça a été mon parrain, en début de mandat, comme députée. Je vous le
dis, il a fait un excellent travail de
transmission de connaissances. Ça n'a peut-être pas été éloquent tout de suite,
là. C'est peut-être moi qui étais lente à apprendre, mais je peux vous dire que le ministre comprend que ça peut
prendre un certain temps pour assimiler la matière. Il a été patient
avec moi et toujours disponible.
Le Président (M. Laframboise) :
Un vrai prof.
Mme Chassé :
Un vrai prof, et c'est ce qu'on veut pour nos enfants. M. le Président,
croyez-moi, l'éducation est un sujet qui me touche particulièrement. Je
suis vraiment contente d'être ici.
Ma grande fille,
Jade, est enseignante, tout récemment diplômée. Elle a terminé, le vendredi
12 avril, bachelière et elle
débutait un remplacement de maternelle le lundi 15 avril. Ma maman a été
pendant plusieurs années enseignante aussi, avant ma naissance, puis de mes sept ans jusqu'à la naissance de ma
petite dernière, ma troisième. L'éducation a toujours été un sujet important dans la famille. Je me souviens
de ma jeunesse à aider ma maman à compiler les notes pour les bulletins,
mon papa aidait aussi, des longues heures,
et pas de fichier Excel dans ce temps-là, hein, M. le Président? Je me
souviens aussi avoir accompagné ma maman à
plusieurs reprises pendant les journées pédagogiques pour l'aider à concevoir
des systèmes d'aide à l'apprentissage toujours plus créatifs et plus colorés.
Sa classe était toujours géniale et toujours en mouvement. Ma maman était
tellement créative.
Je me
souviens aussi d'histoires moins jolies car elle a oeuvré dans des milieux
défavorisés. Entre autres, une fois, elle
réalise qu'une de ses bonnes petites élèves était extrêmement fatiguée et de
plus en plus cernée. Elle comprend alors que sa petite élève s'occupait de sa nouvelle petite soeur toute
nouvellement née à toutes les nuits. Je ne rentrerai pas dans le détail, mais c'est le genre de situations
auxquelles sont confrontés aussi nos enseignants, de la grosse vie ordinaire
puis parfois de la grosse misère.
Je regarde ma
fille aujourd'hui après ses nombreuses tâches et je vous dirais que la pomme
n'est pas tombée bien loin de l'arbre
généalogique. C'est fou comme elle se dépasse pour toujours rendre plus
intéressante la matière pour ses élèves.
J'en suis dépassée et je l'admire. Oui, j'ai beaucoup d'admiration pour toutes
celles et ceux qui font le choix de cette profession. La profession d'enseignant, vous savez, ce n'est pas une
profession... comme moi, je suis ingénieure. L'enseignement, c'est une vocation. Vraiment,
l'enseignement, c'est une vocation. Et je n'ai aucun doute, même si je
pense que ma fille et ma mère sont absolument
exceptionnelles, que la gent professorale est touffue de gens aussi
exceptionnels, obsédés par le succès et le bien-être de nos enfants, et ce sont
nos enfants qui y gagnent, nous, leurs parents, et, par ricochet, tous les
citoyens.
Vous savez,
au Québec, on compte plus de 100 000 enseignants qui forment nos
enfants, 100 000 qui forment les citoyens
de demain. La profession d'enseignement, la profession enseignante, pour moi,
c'est la plus importante de la société. Je nous invite à rêver un
instant. Avec tous les défis que la société présente actuellement, imaginez que
nous nous investissions tous corps et âme,
pendant une couple de décennies, à s'assurer que le plein potentiel de nos
jeunes se déploie à fond, rêvons-y un
instant, c'est sûr qu'un avenir prospère et verdoyant nous serait assuré.
Pourquoi? Parce que nos jeunes, devenus adultes, seraient outillés pour
prendre les bonnes décisions, les difficiles, les courageuses.
On a tous en tête un ou plusieurs enseignants
qui nous ont marqués, qui ont fait de nous ce que nous sommes aujourd'hui. Mais je vous laisse un tout petit
moment pour vous remémorer quelques-uns de vos enseignants. Moi, ma prof
de maternelle, Mylène, décédée dans un
accident d'automobile, alors enceinte de cinq mois, et je savais qu'elle
désirait un enfant depuis longtemps,
qui décidait de ne pas me faire faire la sieste parce que j'avais été tellement
stimulée par ma mère dans les années
précédentes qu'elle désirait... elle voyait que j'avais besoin d'être stimulée,
elle m'apprenait à lire et à écrire. Ma
prof de première qui m'a invitée à me présenter présidente de classe, mon
premier speech réussi, 17 voix sur 24, j'ai gagné.
Le Président (M. Laframboise) :
Bravo!
Mme Chassé : Mon prof de sixième qui m'avait invitée avec sa
famille à une sortie de classe que j'avais ratée parce que j'avais des examens de piano. Soeur Marie qui
corrigeait toujours mon écriture pour la faire plus belle — elle
n'a pas réussi, mais j'ai des bons
souvenirs. Je leur dois beaucoup. Et la meilleure chose que je puisse faire, c'est
de tout mettre en oeuvre pour les outiller, nos enseignants, pour nos
enfants, pour notre société.
Les enseignants d'aujourd'hui sont confrontés à
un lot de défis incroyables : les difficultés d'apprentissage, de comportement, la pression de performance induite
par la société ou par certains parents. Et, à chaque matin, les
enseignants disent présent. Elles et eux ne
peuvent pas se cacher derrière un écran d'ordinateur ni faire du présentéisme
comme plusieurs d'entre nous font,
entre autres à l'Assemblée nationale. Il y a toujours un ensemble ou une trâlée de flos qui sont là
pour les interpeler. Je vous le dis, je ne
sais pas comment ils font. C'est ça, une vocation. En plus, des enfants qui
sont dorénavant souvent éduqués par leurs appareils électroniques... Les
attentes du régime pédagogique, les différentes réformes de l'éducation, l'intégration des élèves en
difficulté, les enseignants vivent une tonne de changements depuis les
dernières années, et il y en a encore plein d'autres à venir. S'il y a
une chose dont on peut être sûrs dans la vie, c'est bien le changement.
enseignants doivent jongler également avec les attentes des parents. Mon Dou que ça en
a fait vivre, du stress, à ma mère,
les parents. Quand je devais m'adresser à une enseignante pour lui faire part
d'une situation critique pour une de mes
filles, j'y allais toujours avec beaucoup de doigté. Je ressentais d'avance leur
inquiétude. Elles avaient peur que je leur tombe dessus. Elles ont été mes meilleures alliées pour construire mes
filles et pour les aider à passer à travers les périodes vraiment
difficiles. Je leur ai toujours témoigné, avec beaucoup d'émotion, ma
reconnaissance.
Puis il y a aussi l'implantation de nouvelles
technologies, l'ajout de contenus d'apprentissage. La tâche de l'enseignement s'est complexifiée au fil des ans,
et il faut en tenir compte dans toute leur charge de travail, toute une
charge.
J'arrive
enfin à ma question de... M. le
Président. Tellement heureuse d'avoir
pu faire un témoignage pour ma mère et ma fille. Merci pour votre
écoute. Alors, voilà, M. le Président, je sais que le ministre a une vision
claire des grands changements qui sont en
cours et qui sont à venir, mais ma fille est inquiète, M. le Président, ses collègues aussi. Elles se demandent comment elles vont
faire pour passer à travers tous les changements qui viennent.
Je vous
dirais que, pour ma part, je n'ai pas d'inquiétude. J'aime qu'on ait de
l'ambition. Et j'ai vu ma maman passer à
travers les changements structurels des années 60, 70 et 80, des souvenirs
assez vifs. Est-ce que le ministre peut rassurer les enseignants en nous partageant comment il planifie gérer le changement?
Comment il soutiendra les enseignants dans leurs tâches à travers ces
changements? Elles se questionnent, M. le ministre.
Le Président (M. Laframboise) :
M. le ministre.
M. Roberge : Je dispose de
combien de temps, M. le Président?
Le Président (M. Laframboise) :
Il reste 8 min 40 s.
M. Roberge : O.K., c'est bon. Bien, comment aider les enseignants à
passer au travers le changement? D'abord, en leur envoyant du renfort.
En ce moment, là, il y a plusieurs commissions scolaires, plusieurs endroits où
le manque d'enseignants est criant, à tel
point que, quand certains s'absentent, bien, c'est des collègues qui sont
obligés de prendre sur leur temps de
planification pour aller faire de la suppléance dans leurs classes. Ce n'est
pas intéressant quand tu es enseignant, pas parce que tu ne veux pas enseigner, mais parce que tu as besoin de
temps, comme enseignant, pour planifier, rencontrer tes collègues, corriger, tout ça. Mais, en ce
moment, il y a cette problématique-là. Donc, il faut amener du sang neuf
dans la profession enseignante. Ça, ça va les aider.
Je vais
revenir là-dessus, mais, juste avant, sur la gestion du changement, parce qu'il
était question de la valorisation et
de la reconnaissance de la profession enseignante... Vous avez terminé sur la
gestion du changement. Je pense que c'est aux enseignants à décider
quelles approches pédagogiques ils choisissent de mettre en place dans leurs
classes, quelles innovations pédagogiques
ils décident de faire leur, ils décident de s'approprier puis de réinvestir...
Donc, de reconnaître le fait que les
enseignants sont des professionnels qui sont les maîtres de leurs approches
pédagogiques, c'est déjà très important.
Ensuite, de
les soutenir dans leur développement professionnel en poursuivant le déploiement, le
financement, le soutien des CAP, ça,
c'est les communautés d'apprentissage pédagogiques, où des enseignants,
ensemble, s'échangent leurs bons
coups, parfois avec des conseillers pédagogiques ou d'autres intervenants, pour
qu'ils puissent partager, pour ne pas qu'ils
soient tout seuls dans leur classe, la porte fermée, mais qu'ils puissent
partager leurs bons coups puis aussi demander à leurs pairs ce qu'ils en
pensent puis qu'est-ce qu'ils auraient fait dans telle, telle, telle situation.
Enseigner,
c'est un métier social, on le fait avec des élèves, mais, paradoxalement, c'est
un métier, des fois, où on se sent
seul. Puis c'est important, les équipes-écoles, puis c'est important,
les communautés d'apprentissage, j'en suis bien, bien conscient. Donc, je
pense que ça, ça peut amener à apprivoiser la gestion du changement.
Mais je n'ai
pas le goût d'arriver avec une réforme... je le précise tout de suite, l'idée, là, d'arriver avec une réforme à tous les 15 ans, bien, c'est une mauvaise idée. On doit être en
processus de cheminement professionnel continu. Comme gouvernement, nous, on doit
être en processus d'amélioration du curriculum continu. Une année après l'autre,
on améliore, on met à jour un programme.
On s'est engagé, dans le cours du mandat, de revoir en profondeur le cours
d'éthique et de culture religieuse.
Ce ne sera pas la même chose en 2022 que ce que c'était en 2018, mais ce
cours-là va être revu. Le cours d'histoire
au secondaire vient d'être revu, puis on va le faire comme ça. L'idée, là, de
faire un grand pow-wow, là, puis, à tous
les 15 ans, dire aux enseignants : Ce que vous faites, ce n'est pas
bon, voici la nouvelle mode, c'est une mauvaise idée. On ne rejouera pas dans ce film-là. Et ça, je pense
que, quand je dis ça, je rassure bien des enseignants : Vous êtes les
maîtres de votre développement professionnel, on va vous aider, on va vous
accompagner, on va vous libérer du temps pour que vous puissiez faire ça.
Ensuite,
bien, il y a du sang neuf qui s'en vient. Je sais qu'il y a
des enseignants qui ont quitté la profession à bout de souffle, en épuisement professionnel, ces dernières années. Ça arrive encore, là.
Pour que ça arrête, bien, il faut convaincre des jeunes talents d'arriver, puis d'apporter cette énergie-là, puis de
prêter main-forte à des équipes-écoles, des fois, qui en ont bien besoin. Puis, dans le budget, il y a
des réponses à ces problèmes-là, il
y a des réponses à ces questions-là.
Pour la première fois, on finance un programme
de mentorat qui va donner une stabilité aux nouveaux enseignants, donc :
cinq ans de mentorat pour un nouvel
enseignant, quand on sait que c'est dans les cinq premières années, qu'on
quitte la profession, d'avoir une figure stable alors qu'on change les codes très, très
souvent, d'avoir quelqu'un sur qui on peut se reposer, autre que la
direction d'école. Parce que la direction a
un travail de direction et de supervision pédagogique, mais, quand tu as un
mentor à qui tu peux te confier, qui est un collègue, qui n'est pas dans
le jugement, bien, c'est différent.
Pour
encourager des gens à venir en enseignement, aussi, il
y a la création de bourses. C'est beaucoup,
on a mis presque 16 millions, 15,8 millions, et ça commence cette année, pour attirer les
jeunes talents dans la profession
enseignante. Donc, il y a vraiment plusieurs leviers qu'on actionne pour
encourager ceux qui sont déjà là, pour attirer ceux et celles qui s'en
viennent.
Le Président (M. Laframboise) :
Mme la députée de Châteauguay, il reste 3 min 30 s.
Mme Chassé : Vous avez répondu en
partie à ma deuxième ma question
qui était sur la pénurie, je vous
remercie. J'aimerais maintenant
porter l'attention du ministre sur le taux de rétention des jeunes enseignants.
Je suis préoccupée pour ma fille, sincèrement, elle a travaillé tellement fort pendant ses quatre années d'études pour
devenir enseignante, elle craint aussi. Et je ne peux m'empêcher de penser à tout
ce qu'on peut lire sur le fait que les jeunes enseignants quittent la profession
après cinq ans, dans le réseau, et je sais
que, ma fille Jade, ce n'est pas ce qu'elle désire, ni ses amis. M. le ministre, encore une fois, je vous invite à la rassurer :
Qu'avez-vous prévu pour ces jeunes enseignantes pour qu'elles demeurent aussi passionnées qu'elles le sont là, aujourd'hui, pleines de magnifiques aspirations pour nos jeunes? Pouvez-vous les
rassurer?
Le Président (M. Laframboise) :
M. le ministre.
M. Roberge : Vous avez votre fille. Moi, j'ai Camille et
Rachel, deux, et il y en a plusieurs,
deux de mes anciens élèves que j'ai eus à 10, 11 ans en cinquième
année qui sont aujourd'hui des jeunes femmes, des jeunes enseignantes
au primaire, et que j'ai croisées ces
dernières semaines. Les deux, pleines d'enthousiasme, ne sont pas sur le bord
de décrocher de l'école, parce qu'il
n'y a pas juste les élèves qui décrochent, là, il y a des enseignants, mais
les deux nous disaient qu'elles avaient
besoin d'aide. Donc, les deux pleines d'énergie mais, en même temps, lucides face aux défis. Et puis, quand je leur ai dit ce qui s'en venait, d'abord,
le programme de mentorat, ça leur a fait du bien. On dit que
ce n'est pas magique, mais bien sûr que ça va faire du bien. Mais surtout l'ajout récurrent de
47 millions par année de plus, donc l'équivalent de
600 professionnels de plus qui vont être là pour les aider, eux, mais
surtout pour aider leurs élèves.
Il faut passer d'une intégration à tout prix à une
intégration réussie dans le réseau scolaire. Ça, ça veut dire des professionnels
orthophonistes, psychologues, psychoéducateurs, techniciens en éducation
spécialisée qui sont là. Puis ça veut dire
aussi, parfois, des classes spécialisées. Parce qu'il y a
des jeunes qui bénéficient davantage d'une classe spécialisée et pour qui la classe régulière, même avec des
services, ce n'est pas la meilleure option. Donc, de rajouter 600 professionnels
pour l'inclusion, 150 classes, donc 150 autres professionnels, on est
rendus à 750 professionnels, en une seule année, c'est exceptionnel, bien ça, ça donne de l'espoir à la
fois aux nouveaux enseignants puis aux futurs enseignants puis ça permet
aussi à ceux qui sont dans le réseau en ce moment, qui portent le réseau à bout de bras, de souffler un peu puis de dire :
Bien, la cavalerie s'en vient.
Le Président (M. Laframboise) :
Ça va. Il me reste 1 min 11 s. M. le député de Saint-Jérôme.
M. Chassin :
...vouliez revenir sur les notes, peut-être. Je vous donne une minute de plus
là-dessus.
M. Roberge : À coups de 15, 30,
40 secondes, on va finir par faire le tour.
Le Président (M. Laframboise) :
M. le ministre.
M. Roberge : Oui. Bien, il y avait quelque chose de totalement incohérent et que je n'acceptais pas, c'était
d'avoir, le précédent gouvernement, le précédent ministre, une consigne qui disait aux commissions scolaires, et aux directions d'école, et à tout
le monde : Vous savez, ces
enseignants qui portent un jugement professionnel, arrêtez le gonflage de notes, arrêtez de tripatouiller les notes, mais moi, je peux le
faire, hein? Parce qu'on disait qu'il fallait respecter le jugement professionnel,
mais, en même temps, une fois que la
note était inscrite, une fois que c'était corrigé, bien, le seuil de réussite
que l'on disait de 60 %, au Québec,
était en effet de 58 %. Et je sais que c'est arbitraire et je sais que ça
peut être frustrant, quand on est à 1 %
du succès, mais la vérité, c'est que l'an passé, à 57 %, tu échouais, à
58 %, tu passais. C'était tout aussi arbitraire, mais c'était moins
honnête.
Président (M. Laframboise) : Le temps de parole, maintenant, est au troisième
groupe d'opposition. Mme la députée de Joliette, pour
17 min 50 s.
Mme Hivon : Oui. Merci. Alors, d'abord, je veux saluer le ministre,
toute l'équipe ministérielle et l'équipe de son cabinet, évidemment,
tous les collègues.
Ma première question
serait en lien avec cet article, ce matin, Débat réclamé sur l'école
publique à deux vitesses . Le ministre ne sera pas surpris
parce qu'on en a débattu amplement lorsqu'on a étudié de manière détaillée le projet
de loi n° 12.
Alors, aujourd'hui, il y a plusieurs groupes qui sortent pour aller dans le même sens
que ce que nous demandions, c'est-à-dire de pouvoir avoir toute l'information,
et, faute d'information, de ne pas avancer sur ce terrain-là pour venir consacrer, donc, noir sur blanc dans la loi la possibilité de facturer sans balise ni plafond, pour l'instant du moins, pour
tout ce qui est projets particuliers,
concentrations, programmes. Alors, ces groupes-là font une demande, ce
matin, une proposition, à savoir que
ce qui concerne, dans le projet de
loi, la question
des projets particuliers soit retiré. Je veux savoir si le ministre est
ouvert à cette proposition-là.
Le Président (M. Laframboise) :
M. le ministre.
M. Roberge : M. le
Président, je ne pense pas que ce
soit une bonne idée de retirer les projets particuliers, que ce soient les sports-études, les arts-études, du projet de loi n° 12 parce que le projet de loi n° 12 a une mission. En fait, il a plusieurs missions, mais une de ses missions, c'est de
clarifier ce qui peut être facturé et ce qui ne peut pas être facturé au
départ. Ensuite, nous, on y a rajouté cette
mission de clarté, évidemment, que j'ai dit, donc, clarifier, clarté, ensuite
d'accessibilité. Parce qu'il faut bien le
dire, avec le projet de règlement puis avec le projet de loi, il n'y aura jamais
eu autant d'accessibilité, là. Il
y a bien des choses qui, les
années passées, étaient facturées aux parents et maintenant seront gratuites.
Et je comprends qu'il y a des parents, il y a
des regroupements qui prennent la parole, mais il y a quand même
33 000 personnes qui ont participé à la consultation en ligne
et dont on tient compte en ce moment.
Le Président (M. Laframboise) :
Merci. Mme la députée de Joliette.
Mme Hivon : Bien, évidemment, il y a une grande différence, dans le projet de loi, entre le matériel scolaire, qui est une chose, et tout ce qui concerne un véritable débat de société
qui est l'école publique à deux vitesses, voire le système québécois à
trois vitesses, si on inclut le privé. Donc, c'est quand même deux choses très
différentes.
Et le ministre lui-même nous a admis qu'il
n'avait pas du tout la liste, la nomenclature de tous les projets, concentrations, profils, projets particuliers qui
existent, ni les frais afférents. Donc, on pensait que ce serait une bonne
idée de dire qu'on va faire ça en deux
temps, question d'avoir minimalement l'information pour faire un débat éclairé. Mais je comprends que les groupes ne viennent pas influencer le ministre,
pas plus que, jusqu'à ce jour, on a réussi. Mais on ne perd pas espoir.
Ça m'amène à
mon deuxième sujet, les maternelles
quatre ans, parce qu'il y a un peu quelque chose qui se ressemble, dans cette volonté du ministre de mettre de
l'avant des projets de loi sans avoir toutes les données, toutes les
informations, et c'est le cas aussi pour les maternelles quatre ans.
Donc, je veux
juste voir avec lui... J'ai fait un petit exercice à partir du budget. On nous
donne, donc, les estimés de crédits
pour les cinq prochaines années pour les maternelles quatre ans. On parle de
36 millions; 2019‑2020, 72 millions; l'année suivante, 191 millions. Alors, en partant du fait qu'il
nous annonce 250 nouvelles classes pour la rentrée, j'ai fait une règle de trois, et donc, si on pense que
250 classes vont coûter 36 millions, j'ai fait une règle de trois et
je veux juste voir si le ministre peut confirmer les chiffres que j'ai
sur le déploiement des nouvelles classes.
Donc,
j'arrive, pour 2020‑2021, à 500 classes au total, donc un 250 de plus; 2021‑2022,
un 826 de plus, pour un total de
1 326; ensuite, un 882, pour un total de 2 200; et finalement un 819,
pour un total de 3 027 classes, si on se fie au budget de
436 millions pour 2023‑2024. Donc, est-ce que le ministre peut confirmer
ces chiffres-là?
Le Président (M. Laframboise) :
M. le ministre.
M. Roberge : Bien, ce sont des
estimations par règle de trois, ça a ses limites, mais je vous dirais que c'est
mathématiquement viable, là. Comme quand je
fais de l'algèbre avec ma fille de secondaire IV, là, si on fait nos x,
nos y, qu'on fait les règles de trois comme
vous l'avez fait, vous allez arriver à un scénario de déploiement qui est, à
froid, je vous dirais... Je dirais que vous avez bien décodé les
chiffres.
Je répète que
ce sont des estimations et qu'à ce moment-ci l'offre est tellement mince
qu'évidemment quand on déploie des
maternelles... en tenant compte de ce que disent les commissions scolaires,
hein? Parce qu'il faut bien le dire les 250 classes qu'on déploie en ce moment, c'est parce que les commissions
scolaires ont levé la main puis ont dit : Moi, j'en veux, moi, j'en veux, j'ai à la fois les locaux,
et les enseignants, et les professionnels, hein? Et les 250 classes, en ce
moment, répondent à ces trois conditions-là, 250 classes de plus qui s'ajoutent
aux 394.
Et on va continuer de cette façon-là. Il faut
qu'il y ait les locaux, il faut qu'il y ait les enseignants, il faut qu'il y ait les professionnels. Il faut que les parents
s'inscrivent. On ne s'empêchera pas d'informer les parents, O.K., n'en
déplaise à certains, on ne s'empêchera pas
d'informer les parents de la disponibilité du service. Mais, tant que les
parents vont s'inscrire, on va déployer. On ne vise pas à ce que tout le
monde y aille, on vise à ce qu'il y ait l'accessibilité.
Le Président (M. Laframboise) :
Merci. Mme la députée de Joliette.
Hivon :
Je veux juste poursuivre parce que je veux vraiment... c'est ça, comprendre.
Vous savez, ça fait des mois que je
demande le plan de déploiement. Donc, je le demande encore. J'estime que c'est
fondamental, qu'on ait le plan de déploiement, la complémentarité et les
coûts.
Donc, je
comprends qu'avec mes chiffres je ne suis pas loin de la réalité. Puisqu'il y a
des montants qui ont été estimés,
j'imagine que c'est parce qu'il y a un nombre de classes, de manière
corollaire, qui a été estimé. Donc, on peut penser 250, environ, pour
les deux prochaines années, puis ensuite autour de... entre 800 et 900.
Je veux donc
voir, dans un deuxième temps... On a vu, là, depuis la semaine dernière, que
les commissions scolaires ont
demandé... en fait, ont dit qu'ils pourraient créer 467 nouvelles classes,
donc, dans leurs projets de maternelle quatre ans. Si j'arrive au chiffre global d'environ
3 000 nouvelles classes que le ministre souhaite créer, ça veut dire
qu'on est à la recherche de
2 500 locaux déjà disponibles. Est-ce qu'en ce moment on a
2 500 locaux? Est-ce qu'on anticipe que, d'ici quatre ans, on
va avoir 2 500 locaux disponibles dans nos écoles?
Le Président (M. Laframboise) :
M. le ministre.
M. Roberge :
Bien, je veux préciser, justement, qu'on s'ajuste aux trois critères dont j'ai
dit : l'adhésion des parents, la
disponibilité des locaux et la disponibilité des enseignants et des
professionnels. Les enseignants, on en forme, on en ramène, on en attire. Je sais que, dans certains
endroits, il en manque, mais je ne pense pas qu'il va en manquer encore
pendant quatre ans, pendant cinq ans. Des locaux, on peut en construire, en
agrandir, en rénover.
Une preuve
qu'on s'ajuste, c'est qu'au départ on pensait ouvrir, en septembre prochain,
200 classes; finalement, ça a
été 250, ça a été encore mieux que ce qu'on pensait, sans aucune construction,
là. Ces 250 classes étaient disponibles. Évidemment, on ne construit pas une classe, au Québec, en trois mois.
Donc, si on est passé de 200 à 250, c'est parce que les commissions scolaires
nous disaient qu'il y avait de la place, et des professionnels, et des
enseignants, et des locaux. Et là on voit que les parents répondent,
parce qu'elles vont être ouvertes, ces 250 classes. C'est un scénario.
Donc, à ce
que vous me dites : C'est quoi, le plan de déploiement?, bien, vous l'avez
devant vous, puis je pense que vous
avez bien compris. Ce sont des estimations, cependant. Il est possible que dans
deux ans on aille un peu plus vite que ça, comme on l'a fait en
annonçant 200, en en faisant 250. Il est possible qu'on ralentisse un petit
peu, hein? On est tributaire de ça.
Mme Hivon :
...question, c'est sur les... Vous me permettrez?
Le Président (M. Laframboise) :
Mme la députée de Joliette.
Mme Hivon :
J'ai beaucoup de questions et peu de temps, donc je voudrais avoir des réponses
assez précises. Vu qu'on voit que
c'est 467, le chiffre qui est estimé — le ministre, j'imagine, confirme ce
chiffre-là — donc, si
on poursuit sur cette lignée-là, ça
veut dire qu'il faut trouver 2 500 locaux disponibles, sans nouvelle
construction. Est-ce que le ministre confirme
ce chiffre-là aujourd'hui ou il nous dit : Non, 467 nouvelles
classes, dans le fond, il va falloir augmenter ça, donc augmenter les
constructions par rapport à ce que les commissions scolaires nous ont dit?
Le Président (M. Laframboise) :
M. le ministre.
M. Roberge :
Le 467, il est valide en ce moment. Ce sont les bons chiffres en ce moment.
Mais il y en aura d'autres qui vont
s'ajouter. En ce moment, oui, il y a des plans pour des constructions, mais
surtout pour des agrandissements, pour ajouter
467 classes. Je vous dirais qu'il y a des plans pour construire plusieurs
écoles secondaires, là, ça va être annoncé, il faut que les crédits
soient votés, tout ça, et des dizaines d'écoles primaires, pour la maternelle
cinq ans, la première à la sixième année.
D'aucune façon,
ça, je veux le préciser, d'aucune façon la construction de classes de
maternelles quatre ans va venir grever
de l'argent, va venir nous empêcher de construire, rénover, agrandir des
classes primaires et des écoles secondaires.
Le Président (M. Laframboise) :
Mme la députée de Joliette. Merci, M. le ministre.
Mme Hivon :
Donc, le 467, c'est ce qui est prévu en ce moment pour les quatre prochaines
années, donc, le ministre nous
confirme ça. Mais je comprends qu'il ne veut pas confirmer que ça veut donc
dire que, si on est avec ce chiffre-là, il faut trouver
2 500 locaux disponibles pour arriver à son objectif de
3 000 nouvelles classes, là, d'ici cinq ans.
Le Président (M. Laframboise) :
M. le ministre.
M. Roberge :
Bien, le 467, c'est un chiffre réel, en ce moment, pour des PQI, des demandes
de PQI passées. Parce qu'il y a eu
des amendements aux demandes de PQI passées. Supposons un projet qui a été
approuvé... qui était en cours, qui a
été amendé, ça pourrait augmenter encore. Il faut dire aussi qu'en ce moment
les 250 classes qui seront ouvertes en septembre prochain, c'est seulement pour les indices de
favorisation 6 à 10. Et le sondage qu'on a fait, qu'on rend public, là, cet
après-midi avec les résultats du sondage, auprès
des commissions scolaires ne touchait que les milieux 6 à 10 parce qu'on
est sous l'ancienne loi qui ne nous permet
de déployer des maternelles que dans le 6 à 10. Il y a sans doute des centaines
de classes qui sont disponibles dans
des écoles classées d'indice de favorisation de 1 à 5, mais en ce moment je ne
sais pas ce nombre-là parce que mon sondage ne questionnait pas les
commissions scolaires à cet égard-là...
Le Président (M. Laframboise) :
Mme la députée de Joliette.
Mme Hivon : Oui,
mais ça, c'est pour les locaux disponibles?
Mme Hivon :
Donc, les 467 nouvelles classes, c'est vraiment ce que les commissions
scolaires vous ont dit qu'elles pouvaient
entrevoir, dans les projets à venir, et donc c'est le chiffre avec lequel on
doit vivre en ce moment. Évidemment, on aurait aimé ça, avoir le sondage ce matin. Je pense que, pour un débat
le plus éclairé et transparent possible, ça aurait été bien. Mais on va
s'ajuster, puisqu'il ne va venir que cet après-midi.
Autre
question. Dans, donc, un
article ce matin, on apprend qu'il va y avoir en
Outaouais, donc, à la Commission scolaire
Coeur-des-Vallées, une école entièrement dédiée à des classes de maternelle
quatre ans. Est-ce que c'est un modèle avec lequel le ministre est
confortable? Et est-ce que c'est un modèle qui est appelé à se multiplier?
Le Président (M. Laframboise) :
M. le ministre.
M. Roberge :
C'est une des demandes qu'on a reçues. Il n'est pas acquis qu'elle sera
acceptée en ce moment. On a reçu
beaucoup, beaucoup de demandes de beaucoup, beaucoup de commissions scolaires
pour un paquet de projets, là, seulement
préscolaire, préscolaire primaire, secondaire. Cette demande-là, comme toutes
les autres, n'a pas été sélectionnée. En ce moment, on attend que les
crédits soient votés avant de faire nos choix finaux.
précise une chose, ça existe, en ce moment, des écoles qui ne font que du
préscolaire. Ça ne serait pas la première. Mais cette école-là n'a pas
été approuvée ou priorisée pour l'instant.
Le Président (M. Laframboise) :
Mme la députée de Joliette, 5 min 45 s.
Mme Hivon : Merci
beaucoup. Dans le PQI 2019‑2029, on parle de 1,8 milliard pour
nouvelles classes, dont nouvelles classes de
maternelle quatre ans. Donc ça ne vient pas préciser combien d'argent pour les
maternelles quatre ans. Lors du dépôt
du budget, on comprend que les journalistes de La Presse ont
obtenu l'information du Conseil du trésor comme quoi ce serait 900 millions — des
fonctionnaires du Conseil du
trésor — qui seraient dédiés à la construction de
maternelle quatre ans. Est-ce que le ministre peut nous confirmer que c'est la
somme qui est prévue en ce moment?
Le Président (M. Laframboise) :
M. le ministre.
M. Roberge : Je peux vous
confirmer que ça a été discuté. Mais ce n'est pas étanche, ce n'est pas dédié spécifiquement à ça. Les choix vont être faits, je
le répète, les choix dans le PQI vont se faire année après année, il y a
des choix qui vont se faire cette année. Et
c'était autour de 880, ce qui avait été discuté, là, quand on faisait nos
scénarios. Mais, ce n'est pas de
l'argent qui ne peut pas être utilisé, supposons, à d'autres fins. Parce que,
je le répète, on veut déployer la maternelle quatre ans sur cinq ans,
universalité d'accès, mais on ne va pas déployer la maternelle quatre ans,
hein, au détriment de d'autres services, parce que la scolarisation
obligatoire, c'est de six à 16 au Québec.
Le Président (M. Laframboise) :
Mme la députée de Joliette.
Mme Hivon :
Quand le chiffre de 900 millions a été avancé par des fonctionnaires du
Conseil du trésor, ce n'était pas une bonne idée, d'avancer ce
chiffre-là, parce qu'il n'y a pas de montant d'arrêté en ce moment.
Le Président (M. Laframboise) :
M. le ministre.
M. Roberge :
Bien, je le répète, c'est un chiffre dont on a tenu compte, c'est un chiffre
dont on a discuté, ce n'est pas une
enveloppe fermée. Vous savez, il y a le PQI enseignement supérieur, il y a le
PQI préscolaire primaire et secondaire, donc éducation. Ça, ça existe. On ne peut pas transférer comme ça, de
l'enseignement supérieur à éducation comme ça. Cependant, le PQI éducation, bien c'est le PQI éducation. Il n'y a pas
de l'argent juste, juste, juste pour les quatre ans, puis juste pour les
premières années, puis juste pour les secondaires III. Ce n'est pas ainsi
que ça fonctionne.
Le Président (M. Laframboise) :
...députée de Joliette.
Mme Hivon :
Mais, je comprends que c'est une hypothèse de travail, donc ça pourrait tourner
autour du 900 millions. Je veux
comprendre : Ce qui détermine l'emplacement des prochaines classes de
maternelle quatre ans ou dans la prévision du ministre, avec les chiffres qu'il a obtenus des commissions
scolaires, c'est les disponibilités des classes, donc c'est selon ce
qu'il est possible, à court terme, d'avoir comme locaux disponibles ou on part
des besoins des milieux avec où sont situés les enfants?
Le Président (M. Laframboise) :
M. le ministre.
M. Roberge :
Bien, pour les 250 classes qui s'en viennent en septembre, bien, d'abord,
ça part de la volonté des milieux, mais toujours sur la loi pour
laquelle, je pense, vous avez voté — vous étiez là en 2013,
d'ailleurs — pour
le déploiement de la maternelle quatre ans
dans les milieux défavorisés. Donc, ce qu'on fait, en septembre prochain, ce
n'est qu'actualiser, mettre en oeuvre une politique qui découle d'une loi à
laquelle vous avez voté en faveur...
M. Roberge :
Mais, je vais répondre. Donc, ça vient... le choix des 250 classes, c'est
les volontés des milieux, des commissions scolaires, qui connaissent
bien et qui tiennent compte de trois choses : disponibilité des locaux,
ressources humaines, et puis, bien là, on va voir l'inscription des parents,
maintenant, mais on a la confirmation que ces classes...
Le Président (M. Laframboise) :
...députée de Joliette. 2 min 20 s.
Mme Hivon :