Transportation and the Environment — 14 August 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CTE 2019-08-14
Quebec — Committees
derniers chiffres de RECYC-QUÉBEC sont clairs. Vous avez eu le témoignage de
RECYC-QUÉBEC, d'entrée de jeu, lors
du début des travaux. 72 % du verre se retrouve dans les dépotoirs, que ce
soit le particulier qui décide de le mettre
dans la poubelle plutôt que dans le bac de recyclage, soit par le centre de tri
qui n'est pas en mesure de recycler le verre actuellement. On peut se
dire qu'il y a donc place, évidemment, à l'amélioration.
surplus, les crises des matières résiduelles, en général, se succèdent depuis
plusieurs années. La plus récente découle,
bien sûr, de la fermeture de marchés autrefois ouverts à nos matières comme le
marché de la Chine. C'est une crise, mais c'est aussi une prise de
conscience collective et la preuve en est votre implication dans cette
commission.
Alors, on ne peut
plus faire reposer sur des pays étrangers l'enfouissement de matières
résiduelles, alors que nous-mêmes, nous
refuserions, bien sûr, d'enfouir les déchets des autres ici, au Québec. Et
c'est une opportunité, finalement. Le verre n'est pas un déchet comme
les autres. C'est une ressource utile qui doit être valorisée.
municipalités sont bien placées pour vous dire que le système actuel ne saurait
montrer le niveau de résilience nécessaire advenant de nouveaux
contrecoups. Les centres de tri municipaux ont subi d'importantes conséquences
financières et les effets de la crise confirment les besoins de modernisation
de leurs équipements.
système de consigne, qui date de 1984, il en a été beaucoup question au cours
de ces travaux mais bien avant aussi...
Alors, on dit à l'UMQ qu'on a besoin également d'actualiser le système de
consigne. Nous avons donc beaucoup de travail
devant nous et, dans un souci de contribuer à la réflexion globale et
systématique qu'ont entrepris les parlementaires, nous vous proposons
quelques pistes de solution.
D'abord,
il faut rappeler qu'il s'agit d'un enjeu collectif où tous sont appelés à
contribuer. Les entreprises doivent accepter
une plus grande responsabilité. Après tout, la source même des matières
résiduelles, ce sont les entreprises. Ce n'est pas demander l'impossible
que de leur transférer la gestion de leurs propres matières résiduelles.
Pour
l'UMQ, une compagnie devrait assumer sa responsabilité sur le produit qu'elle
met en marché jusqu'à la fin de sa vie utile, de la conception avec des
matières recyclables jusqu'à la valorisation après usage. La consigne du verre
est l'une des façons d'y arriver,
bien sûr, et nous enjoignons le législateur à s'y attarder. Mais il y a
également l'amélioration des centres
de tri, chemin déjà emprunté par plusieurs. Il y a eu des investissements
récents. Il faut continuer dans cette voie.
municipalités sont perméables aux aléas du marché. Comme on l'a précédemment
rappelé, les organisations
municipales ont la responsabilité de la collecte, du transport, du tri, du
conditionnement des matières résiduelles. Puisque nous ne contrôlons ni les intrants ni les débouchés, eh
bien, nous sommes particulièrement vulnérables, bien sûr, aux chutes des prix.
Nous
composons alors avec des gisements de matières résiduelles stables et continus
qui proviennent des citoyens parce
que c'est ce qu'on leur demande de faire. On ne veut pas qu'ils mettent ça dans
la poubelle, on veut qu'ils mettent ça dans
le bac de recyclage, mais on se retrouve avec les accumulations. Et parfois,
des industries, commerces et institutions... on a commencé avec ces entreprises à les sensibiliser depuis déjà un bon
moment, mais il va falloir faire quelque chose avec ce qu'ils vont nous envoyer. Et on ne peut pas
actuellement nécessairement tout valoriser ou encore s'en départir autrement
qu'avec l'enfouissement, ce qui n'est pas le résultat souhaité.
Résultat?
Bien, les centres de tri sont débordés. Il y a des matières recyclables ou
encore qui ont un potentiel de seconde vie qui sont enfouies
malheureusement dans nos dépotoirs.
Alors,
il faut trouver non seulement une solution, mais on peut trouver des solutions.
J'ai confiance qu'ensemble nous y
arriverons. Ensuite, le législateur doit encourager des solutions qui sont
concordantes à l'échelle du Québec et non en silo comme on le fait trop
souvent.
Alors,
oui à la consigne. Elle peut s'avérer une solution à la valorisation du verre
en responsabilisant le citoyen et les entreprises. Oui, le centre de tri
fonctionne, mais a besoin de nouveaux investissements pour en augmenter son
efficacité. Alors, en d'autres mots, il faut miser sur ce qui
fonctionne. Il faut miser également sur l'innovation.
J'entendais des
témoignages où on tentait peut-être d'opposer les modèles, mais je pense qu'il
faut éviter le mur-à-mur et favoriser la complémentarité, donc, d'un côté, la
consigne; d'un côté également, les investissements pour améliorer les capacités
et l'efficacité des centres de tri.
L'UMQ
souhaite aussi que les spécificités locales en termes de débouchés pour les
matières résiduelles soient prises en compte. Nous souhaitons qu'une attention
soit accordée aux particularités de chaque région, mais aussi que le Québec
se penche sur le développement de marchés et
la valorisation locale des matières recyclées afin d'en augmenter la résilience
et augmenter la résilience des systèmes de collecte et de récupération, et de
stimuler l'économie locale.
Finalement, toute
solution du législateur devra considérer les investissements importants déjà
consentis par les municipalités dans la
modernisation des centres de tri. On refuse d'opposer, dans un débat qui
pourrait être stérile, les centres de tri et la consigne, mais la
transition vers une nouvelle gestion du verre ne peut ignorer les
investissements passés.
municipalités veulent faire
partie de la solution. Nous tenons à prévenir un réflexe
que le gouvernement du Québec a eu
dans le passé et pourrait avoir encore à l'égard des gouvernements de
proximité. Si de nouvelles responsabilités incombent aux municipalités, bien, l'argent et les ressources, bien sûr,
doivent suivre. Par exemple, la mise à la disposition des citoyens de points de dépôt volontaires, on a
déjà eu l'occasion de voir certains endroits, il y en a qui vont venir
témoigner et en parler également,
c'est certainement une solution testée par plusieurs municipalités et fort intéressante.
Je sais que récemment la ville de
Sainte-Julie, j'ai vu sur Facebook... mon collègue de Varennes également qui
parlaient de ces premiers points de dépôt dans leurs municipalités.
Alors, la volonté est là de participer en ce sens-là. Les ressources doivent évidemment suivre. Si le gouvernement souhaitait
multiplier cet outil, les municipalités seraient en droit de s'attendre à un
apport supplémentaire de la part du Trésor public.
conclusion, nous saluons l'exercice de réflexion qui est en cours. Les
municipalités sont motivées, souhaitent revoir leurs façons de faire et sont prêtes à contribuer à une meilleure
valorisation des matières résiduelles. C'est pourquoi elles formulent ici le souhait d'être impliquées
autant dans la formulation de nouvelles initiatives que dans l'implantation
des mesures que le législateur souhaitera
adopter. Et puisqu'il s'agit d'un effort collectif, nous devons en demander
plus à nos entreprises. Elles doivent aussi emboîter le pas. C'est pourquoi
nous demandons qu'une responsabilité élargie des producteurs de matières résiduelles soit adoptée pour permettre une
approche plus globale de la valorisation des matières résiduelles.
Alors, je vous remercie beaucoup et je suis tout
disposé à répondre à vos questions.
La Présidente (Mme Grondin) : Merci beaucoup, M. Bellavance, pour votre
exposé. Nous allons débuter la période d'échange. Nous allons commencer
avec les membres de la
partie gouvernementale. M. le député de Bourget.
M. Campeau :
Merci, Mme la Présidente. Bonjour. Bienvenue ce matin. Le dépôt volontaire, par
rapport à l'autonomie municipale,
est-ce que vous voyez ça comme... les municipalités devraient avoir plus
d'autonomie pour décider quelque chose sur leur territoire ou ça devrait
être une solution commune au niveau provincial?
M. Bellavance
(André) : On n'est pas tout à fait pour le mur-à-mur. Par contre, si
c'était une décision du gouvernement du
Québec, je pense que les impacts pourraient... en tout cas, semblent
actuellement être positifs de la part des municipalités qui ont décidé
d'employer une telle solution.
Alors, moi,
personnellement, dans ma municipalité, je ne verrais pas d'inconvénient à ce
qu'on nous dise qu'il faille le
faire, mais on demande évidemment, comme c'est souvent le cas, que non
seulement que la responsabilité nous incombe, mais que les ressources financières suivent également. Alors,
actuellement, que ce soit de façon volontaire ou que ce soit de façon obligatoire, on souhaite évidemment être
accompagnés pour pouvoir aider dans ces solutions-là. Ce qu'il faut aussi,
c'est regarder de façon globale tous les
coûts afférents à ce type de solution là, parce qu'évidemment il y a le coût du
transport qui entre en ligne de compte. Et là, bien, je vous parle, à ce
moment-là, des gaz à effet de serre.
Alors, il
faut que ce soit une solution, je pense, en tout cas, qui soit réfléchie dans
l'ensemble du Québec, mais qu'on adopte cette solution-là également en
respectant les réalités locales.
M. Campeau :
Au-delà de l'Union des municipalités, dans votre municipalité ou des
municipalités environnantes, avez-vous des exemples où... En Gaspésie,
par exemple, ils faisaient des tournées des ICI pour aller chercher la matière.
Est-ce que vous avez des exemples que ceci a été fait ailleurs, à l'intérieur
de l'UMQ?
M. Bellavance (André) :
Certainement. Chez nous, à Victoriaville, on est actuellement en projet pilote
auprès des ICI. Alors, nous, vous savez, il
y a actuellement des débats dans certaines municipalités concernant les
matières organiques. C'est depuis 1998 qu'on a le bac brun dans la ville
de Victoriaville, il y en a qui l'implantent actuellement, en 2019.
Et donc chez
la population, qui inclut évidemment les entrepreneurs, les propriétaires
d'industrie sont extrêmement sensibilisés
à tout le volet environnemental et développement durable, ce qui fait qu'on a
une très, très bonne collaboration actuellement.
Mais ce que je vous disais dans ma présentation tout à l'heure, là où le bât
peut blesser, c'est que, si on sensibilise les entreprises, effectivement, à cesser d'envoyer ces matières dans
l'enfouissement, bien, il faut quand même en bout de ligne que nous,
après le centre de tri, qu'on ne les envoie pas à l'enfouissement.
Donc, il
y a toute la chaîne, là, qui doit être non seulement sensibilisée, mais qu'il y
ait des résultats en bout de ligne, là.
M. Campeau :
Je pense que jusqu'à maintenant, le fait de dire qu'il faut avoir une solution
d'un bout à l'autre, ça a été vraiment très, très, très général.
Il y a une
chose que vous avez mentionnée, et je ne veux pas dire dans quel sens on
devrait aller, je me pose juste la
question, si on instaure des dépôts
volontaires vous nous dites : Il faudrait que l'argent suive. Je comprends
votre point, mais l'argent, il vient
d'où? Il devrait venir d'où? Est-ce qu'il devrait venir des taxes dans les municipalités ou il devrait venir de
l'impôt venant du gouvernement du
Québec? Je veux dire, on pourrait se poser la question. C'est quoi, votre
réaction par rapport à ça?
Bellavance (André) : Bien, on comprend très bien que l'argent vient
toujours de la même poche. Mais cependant, nous, à force d'avoir les responsabilités sans en avoir les ressources,
bien, on a l'odieux, à un moment donné, de dire à nos citoyens qu'il va falloir avoir des taxes
supplémentaires parce qu'on se fait imposer certaines solutions par le
gouvernement.
Si on
travaille ensemble puis que c'est une solution commune, et souhaitée, et
souhaitable, à ce moment-là,