Health and Social Services — 8 April 2025 (43rd Legislature, 1st Session)
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32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)
32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
31e législature, 6e session (5 novembre 1980 - 12 mars 1981)
31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)
31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)
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30e législature, 2e session (14 mars 1974 - 28 décembre 1974)
30e législature, 1re session (22 novembre 1973 - 22 décembre 1973)
29e législature, 4e session (15 mars 1973 - 25 septembre 1973)
29e législature, 3e session (7 mars 1972 - 14 mars 1973)
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29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
28e législature, 5e session (24 février 1970 - 12 mars 1970)
28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
28e législature, 1re session (1 décembre 1966 - 12 août 1967)
27e législature, 6e session (25 janvier 1966 - 18 avril 1966)
27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)
26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
25e législature, 4e session (18 novembre 1959 - 18 mars 1960)
25e législature, 3e session (19 novembre 1958 - 5 mars 1959)
25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)
24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
20e législature, 1re session (7 octobre 1936 - 12 novembre 1936)
18e législature, 2e session (10 janvier 1933 - 13 avril 1933)
18e législature, 1re session (3 novembre 1931 - 19 février 1932)
17e législature, 2e session (8 janvier 1929 - 4 avril 1929)
16e législature, 4e session (11 janvier 1927 - 1 avril 1927)
16e législature, 3e session (7 janvier 1926 - 24 mars 1926)
16e législature, 1re session (17 décembre 1923 - 15 mars 1924)
15e législature, 4e session (24 octobre 1922 - 29 décembre 1922)
15e législature, 3e session (10 janvier 1922 - 21 mars 1922)
15e législature, 2e session (11 janvier 1921 - 19 mars 1921)
15e législature, 1re session (10 décembre 1919 - 14 février 1920)
14e législature, 3e session (21 janvier 1919 - 17 mars 1919)
14e législature, 2e session (4 décembre 1917 - 9 février 1918)
14e législature, 1re session (7 novembre 1916 - 22 décembre 1916)
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13e législature, 3e session (7 janvier 1915 - 5 mars 1915)
13e législature, 2e session (11 novembre 1913 - 19 février 1914)
13e législature, 1re session (5 novembre 1912 - 21 décembre 1912)
12e législature, 4e session (9 janvier 1912 - 3 avril 1912)
12e législature, 3e session (10 janvier 1911 - 24 mars 1911)
12e législature, 2e session (15 mars 1910 - 4 juin 1910)
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11e législature, 4e session (3 mars 1908 - 25 avril 1908)
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Journal des débats de la Commission de la santé et des services sociaux
Version préliminaire
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43 e législature, 1 re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mardi 8 avril 2025
Vol. 47 N° 90
Étude détaillée du projet de loi n° 83, Loi favorisant l’exercice de la médecine au sein du réseau public de la santé et des services sociaux
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
15 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h
18 h 30
19 h
Journal des débats
15 h (version non révisée)
(Quinze heures vingt-neuf minutes)
Le Président (M. Provençal)
: Alors, bon après-midi à tous. Ayant
constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de la santé des
services sociaux ouverte.
Je vous souhaite la bienvenue et je
demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la
sonnerie de leurs appareils électroniques.
La Commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 83, Loi...
Le Président (M. Provençal)
: ...en favorisant l'exercice de la
médecine au sein du réseau public de la santé et des services sociaux.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Abou-Khalil (Fabre) est remplacée par M. Martel
(Nicolet-Bécancour) ou M. Cliche-Rivard (Saint-Henri—Sainte-Anne) par
M. Marissal (Rosemont).
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup. Lors de l'ajournement
de nos travaux, jeudi dernier, nous en étions à l'étude du sujet II,
régime d'autorisation d'exercer la médecine en dehors des cadres du régime
public d'assurance-maladie. Nous poursuivons l'étude de l'amendement proposé
par le ministre, introduisant l'intitulé du
chapitre I ainsi que
l'article 0.1. Alors, je suis prêt à recevoir des interventions concernant
ce point. J'avais compris la semaine dernière qu'il n'y avait pas trop de
questionnements sur l'intitulé, c'était plus, là, sur le 0.1. Est-ce qu'il y a
des interventions de la part des gens? Oui, Mme la députée de La Pinière.
• (15 h 30) •
Mme Caron : Merci, M. le
Président. Si vous permettez, comme jeudi dernier, durant la dernière séance,
j'étais à la commission des finances publiques et qu'il y a eu des...
évidemment des discussions et c'était... en tout cas de ce que j'ai entendu, ce
qui avait été dit jeudi n'était peut-être pas exactement ce qui avait été dit à
la séance précédente à propos du moment où le compteur s'arrêtait lorsque...
pour les cinq années. Est-ce que c'est possible à ce stade-ci, juste de
demander clarification pour m'assurer que je comprends bien ce qu'on a... où on
en est là-dessus, afin de mieux aborder les amendements?
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre, est-ce qu'on demande
au Dr Bergeron de faire un... allez-y.
M. Dubé : Bien,
peut-être, je veux juste bien comprendre votre question, parce
qu'effectivement... Est-ce que c'est sur l'article 5 ou sur
l'article 6? Parce que, rappelez-vous qu'on a... Je ne sais pas... Puis je
m'excuse, je n'ai pas noté quand est-ce que vous n'étiez pas là à ce moment-là.
Puis ce n'est pas un commentaire négatif. Vous avez été très participante ça
fait que ce n'est pas mon point. Je veux juste comprendre l'objet de votre
interrogation, parce qu'on a... À la fin de la session la semaine dernière, si
on se rappelle bien, j'avais demandé quand est-ce qu'on pourrait revenir sur
l'article 6 parce qu'on avait une question de terminologie. Puis on a
dit : Bien, on ne le fera pas tout de suite. Je pense qu'il y avait un
consensus de dire : O.K., on va commencer... votre collègue député de
Pontiac a dit : Bien, on va commencer sur l'autre partie. Alors là, c'est
pour ça que je veux savoir un peu qu'est ce que vous avez en tête, là, pour que
je puisse peut-être demander une précision au Dr Bergeron, si vous permettez,
Mme Caron : Oui, tout à
fait. Alors, en fait, je ne voulais pas lancer une discussion pour des
amendements ou quoi que ce soit, ce qui a déjà été fait, je voulais simplement
préciser pour ma propre compréhension. Par exemple, quand on étudie... La
personne, le résident qui doit faire son cinq ans, il y a... on a appelé ça entre
nous quand le compteur commence, quand il doit et doit faire...
M. Dubé : ...parce qu'on
parle d'un résident, O.K., c'est correct.
Mme Caron : Donc, il
doit faire ses cinq ans. Puis on a dit qu'il y avait, dans certains cas, des
contingents, par exemple, s'il allait dans... pratiquer la médecine dans
l'armée, s'il était en congé parental ou... que le 5 ans continuait de
courir. Donc, quand il finissait soit le temps dans l'armée, soit le temps de
congé parental ou d'autres types de contingents comme ça, que s'il revenait...
que s'il arrêtait... il finissait ça, mettons, au bout de trois ans, mais il
restait juste deux ans à venir faire dans le secteur public. Alors, ça, je
voulais vérifier si ça, je le comprenais bien, si c'est bien ça. Et puis, par
contre, si la personne... le compteur commence aussi, mais s'il n'est pas apte
ni disponible et qu'il n'a pas de pratique au Québec, là, le compteur s'arrête
puis il va recommencer juste quand il va revenir au Québec. Par exemple, s'il
va faire sa résidence... Là, je vois un non, alors peut-être que ce n'est pas
ça. S'il va faire sa résidence à l'extérieur du Québec ou s'il va travailler
dans une... pour un... dans un contexte humanitaire, par exemple, à l'extérieur
du Québec, donc, où il pratique la médecine, qu'à ce moment-là il ne pratique
pas au...
Haut de la page
15 h 30 (version non révisé
e) Mme Caron : ...donc, ce n'est
pas... ça n'est pas compté, comptabilisé et que quand il va revenir au Québec,
il va devoir faire son cinq ans.
Le Président (M. Provençal)
: Juste avant que le Dr Bergeron vous donne la réponse,
je veux spécifier que c'est exceptionnel que je vous permette ce type de
question là parce qu'elle n'a aucun lien...
Mme Caron : Avec l'amendement.
Le Président (M. Provençal)
: ...avec l'amendement. Mais si ça peut faciliter nos
travaux par la suite, je vais demander maintenant au Dr Bergeron de s'identifier
et le consentement pour que le Dr Bergeron puisse répondre à la question.
Consentement. Alors, consentement?
Une voix : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
: Oui? Merci beaucoup. Dr Bergeron, s'il vous plaît.
M. Bergeron (Stéphane) : Merci,
M. le Président. Stéphane Bergeron, sous-ministre adjoint au ministère de la
Santé et des Services sociaux dans le secteur de la santé physique et du
pharmaceutique. La notion qui a été votée, c'est la notion d'après la fin de la
formation médicale postdoctorale. Je rappelle ici, donc, que lorsqu'on fait
notre cours de médecine pour devenir médecin, il y a d'abord une formation qu'on
appelle doctorale, Faculté de médecine. On obtient le
titre de M.D. mais sans
avoir le droit de pratique de plein exercice. Et ça, c'est complété... on le
complète par une formation postdoctorale, soit en médecine spécialisée comme la
médecine de famille ou dans les autres spécialités. Les deux principes qui sont
importants ici à comprendre et pour lesquels on a toujours été clairs, en tout
cas à mon point de vue, c'est, de un, que cette clause-là, ce n'est pas une, ou
cet article-là, ce n'est pas un
article lié à l'intensité du travail. Donc, d'où
ce que vous dites, quelqu'un qui décide de ne pas travailler pendant trois mois,
pendant six mois pour quelque raison que ce soit, puis décider, là, ça peut
être que la vie lui a imposé parce qu'il est invalide, parce qu'il y a une grossesse,
mais aussi par choix d'aller prendre du temps et de ne pas faire de pratique
médicale du tout. Le compteur se continue à ce moment-là parce que ce n'est pas
quelque chose où on veut imposer une cadence ou un rythme. L'esprit dans lequel
c'est, c'est que s'il y a une pratique médicale, elle doit se faire au Québec,
par rapport à une pratique médicale à l'extérieur du Québec? Ceci étant, il y a
une petite notion supplémentaire qu'il faut ajouter qui a amené les précisions
auxquelles, je crois, vous faites référence. Il a toujours été mentionné dans
notre vision qu'en aucun moment ce projet de loi là ne doit réduire la capacité
de formation de nos médecins et le goût de se faire former de nos médecins et
donc la compétence de nos médecins. Dans la formation médicale postdoctorale, certains,
après avoir complété leur résidence, vont faire ce qu'on appelle un fellowship,
donc six mois, un an, deux ans supplémentaires. La plupart du temps, ça tourne
autour d'un an supplémentaire ailleurs. Bon, on comprend que le compteur
commence après cette formation postdoctorale là, lorsqu'on peut recommencer l'exercice
de pleine pratique. Puis on a apporté une précision pour dire : Admettons
que j'ai terminé ma résidence dans la spécialité y, elle n'a pas d'importance,
que pour toutes sortes de raisons volontaires ou de disponibilité, bien, mon
fellowship, je ne le commence pas immédiatement, j'ai une pratique pendant ce
temps-là. Je débute donc ma pratique, puis je vais partir en fellowship dans
six mois, ou dans neuf mois, ou... On ne veut pas empêcher le fellowship. Donc,
pour cette condition particulière là, bien, ces gens-là vont faire un exercice
de la médecine. Dans le fellowship, on exerce la médecine, on pose des gestes,
on apprend des chirurgies plus compliquées ou des diagnostics plus compliqués,
on apprend à lire des images radiologiques ou autres ailleurs, parfois à l'extérieur
du Québec, parfois à l'extérieur du Canada. Bien, on ne veut certainement pas
entraver cela. Et on dit que, pour cette condition-là, là, on n'autorise par...
On autorise ce type de pratique là dans un cadre de fellowship, puis on arrête
le chronomètre pendant cette période-là.
Mme Caron : Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va? Maintenant, on revient. Merci
beaucoup, Dr Bergeron. Alors, maintenant, on en revient à l'amendement qui
introduit le
chapitre I et l'article 0.1...
Le Président (M. Provençal)
: ...maintenant, y a-t-il des
interventions sur cet amendement? Non. S'il n'y a pas d'intervention, est-ce
que l'amendement est adopté, ainsi que l'intitulé?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
: Adopté. Merci beaucoup. Alors, M. le
ministre, 0.2.
M. Dubé : Je vais prendre à
l'ancienne méthode, c'est-à-dire en papier. Et je veux juste m'assurer que tous
les collègues de la commission les a en main. Oui. C'est bon. Alors, on peut y
aller avec la lecture. Puis merci beaucoup, madame, d'être à l'écran pour nous
suivre. Merci beaucoup.
L'article 0.2. Insérer, après l'article
0.1 du projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
«0.2. Le médecin qui désire devenir un
professionnel non participant doit y être autorisé par Santé Québec
«Le médecin présente, dans la demande
d'autorisation transmise à Santé Québec, les renseignements suivants :
«1° son nom, son numéro de membres du
Collège des médecins du Québec, son champ d'expertise et ses coordonnées;
«2° son statut actuel au regard du régime
public d'assurance maladie;
«3° le lieu où il entend exercer à
titre
de professionnel non participant; et
«4° les motifs qui soutiennent sa demande,
le cas échéant.».
Le commentaire que je vous lis. Cet
amendement prescrit qu'un médecin qui désire devenir un professionnel non
participant doit obtenir l'autorisation de Santé Québec. La demande
d'autorisation du médecin doit être transmise à Santé Québec et inclure
certains renseignements, comme les coordonnées du médecin et son statut au moment
de la demande, en l'occurrence, s'il est un professionnel participant ou
désengagé. S'il le souhaite, le médecin peut également soumettre les motifs au
soutien de sa demande.
Voilà, M. le Président.
• (15 h 40) •
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup. Alors, je suis prêt à
recevoir une première intervention sur l'amendement 0.2. Oui, M. le député de
Rosemont.
M. Marissal : Merci, M. le
Président. Bon après-midi. Pourquoi, pourquoi, au quatrième paragraphe, «le
cas échéant»? Puis je fais le lien avec les commentaires, la dernière phrase du
commentaire : S'il le souhaite, le médecin peut également soumettre des
motifs au soutien de sa demande. Moi, ça ne me semble pas être accessoire, là,
ça devrait être... ça va de soi, même.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: Dr Bergeron.
M. Bergeron (Stéphane) : M.
le Président, donc, ici, je pense que, un, je rejoins l'esprit de ce qui est
demandé, en disant : Il me semble que si tu veux changer ta pratique pour
aller devenir un médecin non participant, tu devrais soumettre les bons motifs,
à défaut de quoi tu as de hauts risques d'être refusé. Il me semble que c'est
de bon aloi. Maintenant, on laisse la souplesse au médecin qui veut le faire de
décider et de choisir la longueur de ce qu'il veut donner comme argumentaire,
qui devra être jugé par Santé Québec, ou pris en considération par Santé
Québec.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député.
M. Marissal : Bien, merci, M.
le Président. Là, vous me dites, docteur Bergeron, il aurait intérêt à plaider
sa cause et à le faire plus tôt de façon complète, que juste de cocher les
cases minimales puis de risquer une réponse négative. Je comprends ça, sauf que
si je fais le miroir avec l'article suivant, là, parce qu'ils sont liés, ces
articles-là, on ne peut pas les lire indépendamment les uns des autres. On
parle, «dans l'exercice de sa discrétion», donc, Santé Québec a l'exercice de
sa discrétion. Il me semble que le miroir de ça, c'est que le médecin donne ses
raisons, notamment parce que le médecin pourrait dire : Moi, je ne suis
pas capable de travailler dans mon secteur, parce que la salle d'op est fermée
trois quarts du temps.
Puis là, comprenez-moi bien, là, moi, je
ne veux pas envoyer les médecins vers le privé, c'est plutôt le contraire que
je souhaiterais de faire. Mais, en toute transparence, qu'on soit capable,
après un certain temps x, de passer ça dans le tamis, de retenir les gros
morceaux puis de se dire : Bien, la majorité des médecins qui demandent à
quitter, c'est parce qu'ils ne sont pas capables d'opérer plus 50 % du
temps dans leur région. Bien, on le saura, on le saura...
M. Marissal : C'est une
information qui me paraît importante, là.
M. Dubé : Moi, j'aime beaucoup
ce que le député vient de dire. Puis je voudrais peut-être, M. le Président,
vous reposer une question parce que vous l'avez bien dit, il y a un lien direct
avec l'article 3, là, qu'on va faire dans... tout à l'heure. C'est quoi
qui vous dérange dans la terminologie? Est-ce que c'est «le cas échéant»? Parce
que, si vous me dites... Moi, en tout cas, là, je vais demander au légiste.
Moi, je pense qu'il n'y a pas le choix de donner ses motifs, parce que, tout à
l'heure, quand on va regarder les trois critères qu'on a demandés Santé Québec
de prévoir, je pense qu'il n'a pas le choix de donner ses motifs. Alors, si
c'est le mot «le cas échéant» qui vous dérange, puis qu'on est mieux de
l'enlever, je ne sais pas, là, je demande à notre légiste, mais moi, je...
M. Marissal : Vous lisez dans
mes pensées.
M. Dubé : Voilà. Mais si
c'est ça qui vous préoccupe, puis qu'on n'a pas besoin de ça, mais je le
demanderais peut-être à notre légiste de voir si... Parce que souvent j'entends
la réponse : Mais, écoutez, c'est habituellement ce qu'on met puis...
Alors, sans prévoir votre réponse, M. le Président, j'aimerais peut-être
demander conseil à notre légiste.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, maître, je vais vous demander
de vous nommer, votre fonction et, pas par la suite, de nous donner votre
opinion.
Mme Gagnon (Maude) : Bonjour.
Merci, M. le Président. Donc, Maude Gagnon, je suis avocate à la direction des
affaires juridiques au ministère de la Santé et des Services sociaux. Donc, en
ce moment, en mettant «le cas échéant», ça laisse la discrétion au médecin
simplement de mettre des motifs s'il le souhaite. Si on l'enlève, on va obliger
le médecin dans sa demande à devoir inscrire des motifs au soutien de sa
demande. Donc, c'est simplement une discrétion. Est-ce qu'il a intérêt à le
faire? Probablement, mais on lui donne la discrétion de le faire. Et également,
si je peux me permettre, là, s'il ne le fait pas ou s'il transmet des motifs
qui sont par exemple incomplets ou qui pourraient avoir... nécessiter des
renseignements supplémentaires, et on y arrivera après, là, mais à 0.4, Santé
Québec pourra exiger, là, d'avoir des renseignements ou des documents
supplémentaires de la part du médecin pour compléter sa demande.
M. Marissal : Je comprends
votre argument, il est valable, mais prenons-le a contrario, que le médecin
sciemment ne mette pas de motif puis qu'il se fait refuser, il va y avoir un
mécanisme d'appel, là, j'imagine, il y a toujours d'appel. Il ira et il
dira : Santé Québec m'a refusé par pure discrétion, ne m'a pas vraiment
donné de raison valable. Le médecin pourrait même avoir avantage à ne pas
donner, parce que si le médecin, il dit : C'est parce que je ne peux pas
opérer dans les... dans mon établissement, puis que ce n'est pas vrai, Santé
Québec va lui dire : ce n'est pas vrai, tu peux opérer. Si le médecin
dit : Ah, ça ne me tente plus, moi, d'opérer à Maisonneuve-Rosemont, je
vais aller opérer ailleurs. Ça se peut que Santé Québec dise : Bien, tough
luck, on a besoin de toi à Maisonneuve-Rosemont. Tu sais, ça se peut. Mais s'il
ne met rien, qu'il se fait refuser, il y a une base pour aller dire : on
m'a refusé sur rien.
M. Dubé : Je vous dis, là, on
s'entend sur le principe, le... Si on regarde qu'est ce qu'on corrige à la loi
en ce moment ou qu'est ce qu'on ajoute, c'est qu'en ce moment le médecin, pour
les Québécois qui nous suivent, là, peut-être, on revient un peu en arrière, en
ce moment, un médecin qui veut partir du public puis s'en aller au privé, c'est
un avis qu'il donne, il ne demande pas de permission. Ça, c'est un gros
changement, on est en train de dire : Maintenant, vous allez devoir
demander une autorisation. Moi, je suis d'accord avec vous que si c'est le mot
«le cas échéant» qui vous dérange, moi, il me dérange un peu aussi, mais je n'y
voyais pas de problème parce qu'on sait qu'à l'article 3 on va dire :
voici les critères sur lesquels on va évaluer votre autorisation. Ce n'est plus
un avis, là, ce n'est plus juste un avis que vous nous faites. Alors, moi c'est
pour ça, tantôt, que je demandais à Mme Gagnon, notre légiste, si elle me
dit qu'on est capables de vivre sans ça, puis vous, ça vous inquiète, moi, je
pense, en tout cas, je demande au Dr Bergeron. C'est assez facile d'enlever les
mots puis... Non, je vous le dis, M. le député, là, je suis très flexible sur
celui-là, là.
M. Marissal : Je ne sais pas
si j'ai besoin de déposer un amendement ou si on s'entend autrement pour
l'enlever. Je pense que ça prend un amendement, là, à la fin, là, pour modifier
le texte, là.
Le Président (M. Provençal)
: Bien, de toute manière, si on décide
d'enlever «le cas échéant», là, M. le député, on demande simplement au ministre
s'il est d'accord pour retirer l'amendement. Puis si oui, on va déposer un
nouvel amendement dans lequel on va avoir le même libellé, sauf «le cas
échéant».
M. Dubé : ...je n'ai aucun
problème avec ça.
M. Marissal : Bien, on
peut... puis on peut prendre ce chemin-là aussi. Tout à l'heure, je me suis
peut-être mal exprimé, là, mais si le médecin, il est devant sa... son...
M. Marissal : ...puis qu'on
lui dit : Veuillez donner les motifs qui soutiennent votre demande. Là, le
médecin s'arrête pendant deux minutes puis il dit : Oh! je n'en ai pas
bien, bien, à part que c'est plus payant ou que je n'aime pas mon lieu de
travail. Ça se peut qu'à la fin il se dise : Je n'ai pas grand chance de
l'avoir, je suis peut-être mieux de passer un tour. Ça se peut.
Auquel cas, après ça, il y a des médecins
qui sont légitimés de dire : Ça ne me tente plus puis je ne peux pas
opérer. Puis on le sait, que les médecins, ils ne peuvent pas toujours opérer
au volume qu'ils voudraient. Puis tu n'étudies pas 10, 12 ans juste pour
attendre à ton bureau, remplir de la paperasse. Je les comprends. Je trouve ça
malheureux, mais je les comprends. Tu as été formé comme ortho pour changer des
hanches, tu veux jouer de la scie dans les hanches du monde, là, c'est... puis
remplacer les hanches, idéalement. Je les comprends. Alors, moi, je pense qu'on
devrait enlever ça, «le cas échéant», comme ça, ça rend l'affaire obligatoire.
M. Dubé : M. le Président, si
vous me demandez, je retire mon article... mon amendement puis je le dépose
dans les secondes qui suivent en ayant enlevé «le cas échéant». Je n'ai
aucun... je n'ai aucun problème avec ça.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va? Ça me prend le consentement
pour retirer l'amendement qui est présentement traité. Consentement. Alors, on
retire votre amendement, et là je comprends que vous allez transmettre au
secrétariat une nouvelle version, dans laquelle on va avoir biffé «le cas
échéant».
• (15 h 50) •
M. Dubé : Oui, parce que la
discussion se fera sur l'article 3, tout à l'heure, quand on parlera des
critères, selon moi.
Le Président (M. Provençal)
: C'est clair. M. le député de
Saint-Jérôme.
M. Chassin : ...c'est juste qu'avant qu'on procède, là, parce que c'est
peut-être mineur, mais il y a, dans «le cas échéant», dans le fond, on se...
cette discrétion qu'on laisse, c'est aussi parce que... Je comprends que c'est
positif, là, s'il veut soutenir sa demande, mais, en même temps, ça laisse
comprendre que c'est possible, si, par exemple, là, il n'y a pas un besoin
impérieux d'avoir ces services puis que lui ne souhaite pas soutenir sa demande
d'arguments, ou elle, la médecin ne souhaite pas soutenir avec des arguments,
bien, elle peut ne pas le mettre, plutôt que d'avoir à mettre... bien, par
choix. Moi, je trouve que c'est comme un peu un... enfin, c'est un peu naturel
de laisser un peu cette discrétion-là.
Ça fait que c'est pour ça que je ne suis
pas certain de voir, là, si du côté du député de Rosemont, c'est... tu sais...
la volonté, c'est vraiment d'obliger d'avoir, dans le fond, cette réflexion-là,
ou est-ce que c'est plus l'obligation qui est sur ce formulaire, pour sortir,
pour obtenir l'approbation, d'avoir un argumentaire à chaque fois?
Le Président (M. Provençal)
: De toute manière, M. le député, si
vous me permettez un commentaire, parce que je ne voudrais pas qu'on se ramasse
avec un dialogue, là, on l'a bien dit avant, c'était un simple avis.
Maintenant, il y a une demande formelle qui va être formulée par le médecin. En
lien avec cette demande-là, dans les articles qui vont... les amendements qui
vont suivre, on va avoir une grille un petit peu
sommaire des critères sur
lesquels Santé Québec va se baser pour autoriser cet élément-là. Et on va en
retrouver aussi, de mémoire... à 0.4 ou 0.5, là, il va y avoir d'autres
éléments. Alors, qu'on conserve «le cas échéant» ou non, il y a quand même un
filet de sécurité dans les autres articles qui vont baliser les éléments... je
dirais baiser les éléments de base sur lesquels Santé Québec va se baser pour
dire oui ou non à la demande. Alors... Et je pense qu'il y avait...
majoritairement, ici, les gens semblaient être en accord pour retirer «le cas
échéant».
M. Chassin : ...moi, M. le Président, je fais juste poser la question,
mais c'est le seul qui parle des obligations du médecin par rapport à la
demande. C'est pour ça que...
Le Président (M. Provençal)
: Vos commentaires sont notés, M. le
député. Alors, on va reprojeter le nouvel amendement, M. le ministre.
M. Dubé : Alors, M. le député
de Rosemont, vous savez que c'est le paragraphe dont on parle, là, ce n'est pas
l'alinéa, hein, c'est le paragraphe 4, c'est ça. Alors, dans le paragraphe 4...
M. Marissal : Ça m'a pris six
ans et demi, mais j'y suis arrivé...
M. Dubé : C'est pour ça...
M. Dubé : ...je le dis un peu
avec humour. Alors, le paragraphe quatre. Alors, on a enlevé le mot, «le
cas»... les mots «le cas échéant», et ça se lit maintenant : «les motifs
qui soutiennent sa demande.» Voilà. Je pense que ça répond à votre
interrogation.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, maintenant, je suis prêt à
recevoir les interventions en lien avec l'amendement 0.2. M. le député des
Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Juste pour
appuyer ce nouvel amendement, cette modification-là qui, selon ce que j'en
comprends, rend obligatoire la rédaction de motifs pour soutenir la demande.
C'est bien ça? C'est comme ça qu'on conclut la discussion. C'est une excellente
proposition de la part de nos collègues.
M. Dubé : Très bonne...
Le Président (M. Provençal)
: Interventions? Oui, Mme la députée de
Lapinière.
Mme Caron : Merci, M. le
Président. Bien, je pense que l'important ici, c'est qu'on ait les motifs qui
soutiennent sa demande parce que, si on n'avait pas ce paragraphe, on aurait...
ce serait ni plus ni moins comme de donner un avis comme... presque comme
aujourd'hui. Personnellement, qu'on ait «le cas échéant» ou qu'on n'ait pas «le
cas échéant», ça me convient.
Le Président (M. Provençal)
: Vous êtes à l'aise dans les deux
versions?
Mme Caron : Oui.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Autres interventions? S'il n'y
a pas d'autre intervention, est-ce que l'amendement 0.2 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
: Adopté. Merci beaucoup.
M. Dubé : ...M. le député de
Rosemont.
L'article trois.
Le Président (M. Provençal)
: 0.3.
M. Dubé : 0.3, pardon,
excusez-moi : Insérer, après l'article 0.2 du projet de loi tel
qu'amendé, le suivant :
«0.3. Il appartient à Santé Québec de
statuer sur l'opportunité d'accorder une autorisation. Dans l'exercice de sa
discrétion, Santé Québec tient compte des orientations déterminées par le
ministre et de tout facteur qu'elle juge pertinent.
«En outre, elle évalue les éléments
suivants :
«1° le nombre de médecins qui sont des
professionnels non participants dans la région sociosanitaire où le médecin
entend exercer à
titre de professionnel non participant, et si ce nombre est
trop considérable pour que les services médicaux assurés puissent continuer à
être rendus selon des conditions uniformes;
«2° les impacts que pourraient avoir
l'autorisation sur la qualité ou sur l'accessibilité des services médicaux
assurés offerts dans la région sociosanitaire où le médecin entend exercer à
titre de professionnel non participant;
«3° la capacité de mettre à contribution
le médecin pour accroître la qualité et l'accessibilité des services médicaux
assurés offerts dans la région sociosanitaire où il entend exercer à
titre de
professionnel non participant.
«Lorsque le médecin entend exercer à
titre
de professionnel non participant dans une région sociosanitaire autre que celle
où il exerce au moment où il présente sa demande d'autorisation, Santé Québec
évalue aussi les éléments prévus au deuxième alinéa à l'égard de cette dernière
région.
«Santé Québec doit refuser d'accorder une
autorisation lorsque le médecin qui présente sa demande est le seul médecin à
offrir un service médical assuré dans la région sociosanitaire où il exerce au
moment où il présente sa demande.»
Je vais vous lire les commentaires, M. le
Président, si vous le permettez.
Le Président (M. Provençal)
: Allez-y.
M. Dubé :
L'article
introduit, donc, par cet amendement prévoit les critères dans Santé Québec doit
tenir compte dans sa décision d'accorder ou non une autorisation, en plus des
orientations du ministre et de tout facteur que Santé Québec juge pertinent.
Cependant, Santé Québec doit
nécessairement évaluer les éléments suivants :
premièrement, le critère quantitatif qui
vise à considérer, au regard de l'uniformité des services médicaux assurés qui
peuvent continuer d'être rendus, le nombre de médecins déjà non participants
dans la région où le médecin qui effectue la demande d'autorisation à exercer;
deuxièmement, le critère qualitatif qui
consiste à évaluer l'impact de l'autorisation sur la qualité ou l'accessibilité
des services assurés dans une telle région;
troisièmement, le dernier critère vise à
évaluer la capacité contribution du médecin en vue d'accroître la qualité et
l'accessibilité des services médicaux assurés dans la région.
Le troisième alinéa prévoit que les
critères doivent être évalués en fonction de la région sociosanitaire où le
médecin souhaite exercer et celle où il exerce au moment de sa demande, si
cette région est différente.
Enfin, le dernier alinéa oblige Santé
Québec à refuser une demande d'autorisation si elle constate que le médecin qui
présente la demande est le seul à offrir un service médical assuré particulier
dans sa région... dans la région...
M. Dubé : ...sociosanitaire
où il exerce au moment où il présente sa demande. Voilà, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: ...M. le ministre. Alors, je suis prêt à recevoir une
première intervention. Mme la députée de La Pinière. Et, par la suite, j'ai
reconnu le député de... des Îles-de-la-Madeleine.
Mme Caron : Merci, M. le
Président. Alors, ma première question serait au paragraphe un, lorsqu'on dit
qu'on évalue «le nombre de médecins qui sont des professionnels non
participants dans la région sociosanitaire où le médecin entend exercer à
titre
de professionnel non participant, et si ce nombre est trop considérable pour
que les services médicaux assurés puissent continuer à être rendus selon des
conditions uniformes». Alors, ma première question : Qu'est-ce qu'on
considère comme un nombre trop considérable de professionnels non participants?
Et qu'est-ce qu'on veut dire exactement par des «conditions uniformes», des
services qui puissent être... continuer à être rendus dans des conditions
uniformes? C'est uniforme par rapport à quoi? Ce serait la première question
que j'aurais concernant le premier paragraphe.
Le Président (M. Provençal)
: Dr Bergeron.
• (16 heures) •
M. Bergeron (Stéphane) : M. le
Président, donc, évidemment, c'est clair pour tout le monde ici, là, donc, ici,
on est dans l'exercice du discrétionnaire et on donne des barèmes d'évaluation
et des considérations d'évaluation sans justement tracer une ligne claire pour
dire : Ça représente x ou y, mais on dit : Lorsque vous évaluez une
situation, voici des éléments qui sont des incontournables dans votre réflexion
pour en arriver à une décision. Ce grand
chapitre là étant... étant dit,
votre question, c'est : Qu'est-ce qui amène le ministre à proposer une
rédaction basée sur la quantité? En fait, la pensée en arrière de cela, c'est
qu'on doit évaluer, hein... il y a... Rappelons-nous le titre, c'est une loi
favorisant l'exercice dans le service public. Donc, on dit ici, à Santé Québec,
dans leur exercice de leur discrétion : Regardez ce qui se passe sur le
terrain dans le secteur privé. On a... J'ai souvent entendu le ministre dire
que, le privé, sa place devait être en appui au système public et non pas s'y
substituer, au système public, dans le secteur privé. Donc, il faut regarder,
puis c'est là qu'on dit : Vous devez regarder, en quelque sorte, le nombre
de médecins qui pratiquent à l'intérieur du système public dans la région puis
dans la même spécialité, le nombre de médecins qui pratiquent dans le système
privé, pour être sûr que ça ne soit pas débalancé, on peut comprendre,
débalancé en défaveur du public dans un contexte d'une loi qui va favoriser le
service au public.
Donc, lorsque... à la dernière partie,
qu'est-ce que voudrait dire l'intention derrière des «conditions uniformes»,
bien, c'est un accès qui serait fortement impacté défavorablement dans le
secteur public pour plutôt être favorisé, rendu facilement accessible dans le
secteur privé. Donc, ce sont des conditions sans ligne définie en disant :
C'est 50 ou 52 ou deux, là, vous comprenez ce que je veux dire, donc un chiffre
précis, mais plutôt une balise de réflexion.
Mme Caron : Merci. Alors,
toujours sur le nombre de médecins non participants ou participants, au
dernier... au dernier alinéa, on dit : «Santé Québec doit refuser
d'accorder une autorisation lorsque le médecin qui présente la demande est le
seul médecin à offrir un service médical assuré dans la région sociosanitaire
où il exerce au moment où il présente la demande.» Alors, entre le nombre trop
considérable, par exemple, de médecins non participants, ce qui veut dire, pour
tout le monde, de médecins dans le privé... entre ça et dire que, s'il y en a
juste un, médecin, à offrir le service... là, il faut absolument, je comprends,
refuser la demande du médecin qui la présente, mais est-ce que d'être un seul
médecin à offrir un service dans une région... est-ce que c'est très répandu?
Puis, s'il y en a deux, est-ce qu'on peut se permettre d'accepter la demande?
Le Président (M. Provençal)
: Allez-y.
M. Bergeron (Stéphane) :
le Président, donc, je comprends, puis je dois dire que je m'attendais à avoir
une telle question. Pour expliquer le processus réflexif... Parce qu'ici on a
quand même...
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16 h (version non révisé
e) M. Bergeron (Stéphane) : …on a
dit : Il y a un pouvoir discrétionnaire, mais on vient de fixer la limite
du «pensez-y même pas», dans ces situations-là, là, ne prenez même pas la peine
de l'évaluer parce que c'est une ligne rouge totalement infranchissable. Ça fait
qu'on n'est pas passé à une analyse, je le dis candidement, de dire par région
combien de personnes on voudrait viser. Pour nous autres, là, c'était une
limite, peu importe la situation, c'était une limite de l'infranchissable que de
dire que, dans des circonstances où le passage d'un médecin, de façon
volontaire, c'est un régime temporaire d'autorisation, pendant les deux
prochaines années après l'adoption… que le passage du service public vers le
service privé, qui amènerait une extinction de la capacité du service public de
répondre à un besoin, ça, c'est quelque chose qui est une ligne rouge
infranchissable. Donc, c'est la limite de l'extrême. Puis je vais dire
candidement que ce n'est pas… en arrivant là, on n'est pas arrivé avec une
analyse en disant : C'est telle, telle, telle situation. On a simplement
dit : Au travers de votre pouvoir discrétionnaire, il y a une balise qu'on
ne veut même pas que vous franchissiez.
Mme Caron : Merci. Bien, maintenant,
pourquoi un seul médecin? Parce que je me dis que si c'était deux médecins dans
la… dans cette ligne rouge, ce serait peut-être plus sûr de s'assurer qu'il n'y
aura pas, justement, une extinction des services. Parce que, s'il y a un seul
médecin qui offre un service médical assuré dans une région… que ce médecin
tombe malade ou part en vacances, il y a… il y aura bris de service à ce moment-là
pour ce type de services dans cette région. Alors, pourquoi avoir mis à un,
pour éviter ce genre de situation là, et pas à deux?
M. Bergeron (Stéphane) : M. le
Président, si je me permets, le fait qu'il y ait une ligne rouge qui est tracée
au niveau du numéro un fait en sorte que, de 1 à 0, là, tout le reste tombe
dans le domaine discrétionnaire. Puis évidemment il est attendu… Je dirais que…
et je suis sûr que… de la part de Québec et de notre part, que les situations
qui mettent à risque, donc les situations de petits nombres, justement, quand
on regarde la balance, vont être regardées avec encore plus de détails
microscopiques sur les impacts de tout ça. Donc là, on tombe dans le
discrétionnaire. Il appartient aux parlementaires de décider puis… et au
ministre de le proposer, dans certains cas, mais donc il ne faut pas saisir de
cela qu'on trouvait que deux était un chiffre totalement acceptable, ou trois,
ou quatre. On a dit : Voici la ligne de ce qui était infranchissable. Le
reste est à la discrétion de Santé Québec, mais avec le fait… qu'attendu de Santé
Québec que ces situations-là où il y a un potentiel plus grand, pour les
raisons que vous avez évoquées, on tente de deux à un, puis le un tombe
invalide. Ce doit être des situations qui sont regardées avec encore plus de
détails, il y a une décision qui va être plus mûrie. Puis là, bien, il y a… le
reste est dans du cas par cas. Puis le projet de loi donne les balises, mais ne
fixe pas d'autres… d'autres lignes rouges que celle qui était là, à moins que
les parlementaires décident de la changer.
Mme Caron : Merci et qu'est-ce
qui arrive… Par exemple, si je me place du point de vue du patient qui est déjà
suivi, pris en charge par un médecin dans le… qui est non participant et qui
peut-être attend une chirurgie. Il peut être pris en charge… peut être pris en
charge pour une chirurgie. Est-ce qu'il va y avoir une incidence sur ce patient-là?
Est-ce que... Est-ce qu'un médecin non participant peut devenir… Est-ce qu'on
peut lui enlever la possibilité d'être non participant? Et est-ce que ça peut,
d'une certaine manière, avoir un impact sur les… sur ses patients qu'il
traiterait déjà au privé? Est-ce qu'il va pouvoir quand même continuer de les
traiter ou…
Le Président (M. Provençal)
: Très bonne question.
M. Bergeron (Stéphane) : M. le
Président, effectivement, c'est une très bonne question, qui, à mon avis… deux
points, notamment dans le 0.4. Encore une fois, dans les attentes envers Santé
Québec et dans sa… dans l'usage de sa discrétion, moi, je m'attends... Puis c'était…
C'est ce que 0.4, dont on va discuter, de… ouvre là, c'est-à-dire Santé Québec
peut exiger tout autre renseignement, notamment, puis je ne suis pas Santé
Québec, vous comprenez, mais, si je me substituais puis j'étais là, je dirais :
Pouvez- vous m'expliquer le transfert de votre patientèle actuelle…
M. Bergeron (Stéphane) : ...au
public, c'est envers qui? Qui avez-vous contacté pour prendre charge de cela?
Parce que ces patients-là que vous suivez, ils ont besoin d'un suivi, d'un
suivi qui va être dans le système public parce qu'ils ont demandé à être suivis
dans le système public. Donc, ce sont des informations qui sont de très, très
grande importance. Ce sont des questions intelligentes, qui nécessitent d'être
posées. Puis, compte tenu de toutes les possibilités et cas d'espèce, c'est là
qu'on l'a amené dans un dans un
article supplémentaire en disant que Santé
Québec avait le droit de demander. Puis, encore une fois, je vais dire, si
j'étais Santé Québec, c'est évident que je me poserais la même question puis ce
serait une question facile à poser. Vous voulez aller, soit, très bien. Nous
avons un intérêt dans les... dans le service public. Pouvez-vous m'expliquer
comment vous avez prévu la prise en charge de votre clientèle dans cette
période?
Puis pourquoi je dis, c'est un cas
d'espèce, quelqu'un pour nous demander d'aller dans un bloc opératoire privé
pour une semaine - on comprend que ce n'est pas la même chose - puis demander
que ça dure juste une semaine, que ce n'est pas la même chose si c'est une demande
qui est pour six mois, un an, deux ans ou ad vitam aeternam. Donc, c'est là
qu'on est allé, avec une certaine ouverture, demander à Santé Québec de juger
au cas par cas, mais étant... ayant la possibilité de requérir ces
informations-là du demandeur pour faire l'évaluation de la demande.
• (16 h 10) •
Mme Caron : Est-ce qu'on
pense que, dans l'état actuel des choses, il existe un médecin qui est dans le
public, qui n'a pas une patientèle à transférer? Donc, est-ce que... Ce que je
veux dire, c'est : Est-ce que, dans la pratique, Santé Québec va être en
mesure de donner une autorisation pour devenir non participant? Parce que je
vois mal comment un médecin qui a des... qui a une patientèle va être capable
lui-même de la placer auprès de confrères et de consœurs? Alors, est-ce que,
dans la pratique, c'est quelque chose qui se fait peut-être déjà aujourd'hui?
Je ne sais pas, mais la demande étant tellement grande que j'imagine que ça
doit être difficile à faire pour quelqu'un... pour un médecin qui demanderait
l'autorisation dorénavant de pratiquer... non pratiquant... non participant,
par exemple.
Le Président (M. Provençal)
: Allez-y.
M. Bergeron (Stéphane) : Je
vais décomposer votre question... Excusez, M. le Président. Donc, je vais
décomposer les questions de la députée en deux. Est-ce qu'il y a des médecins
aujourd'hui, dans le système public, qui n'ont pas une responsabilité de prise
en charge de population? Je vous dirais que le premier exemple qui me vient à
la tête sont les médecins d'urgence. Ils n'ont pas de patient à leur charge
dans leur contexte de médecine d'urgence. Donc, c'est certainement une
possibilité. On comprend que ça représente un groupe important. Il y a sûrement
d'autres circonstances, mais je veux simplement ouvrir à la discussion que
c'est une possibilité et que c'est une réalité en fait.
La deuxième chose, c'est que le critère,
quant à moi, ne doit pas être... Si vous suivez quelqu'un dans le système
public, nécessairement, vous ne pourrez pas aller dans le privé, mais bien de
nous expliquer comment ces patients-là seront suivis et pris en charge. À votre
question, puis ça correspond un peu à ce que je disais, parce que tous les cas
s'analysent différemment, quand un médecin s'absente pour des vacances
estivales, il y a quelqu'un qui assure le suivi, le suivi d'urgence de sa
clientèle et autres. Quand quelqu'un tombe invalide, quand quelqu'un a un congé
de maternité, donc, toutes ces situations-là, donc, il y a une équipe qui prend
en charge. Et donc c'est là qu'on doit regarder si l'absence de la personne est
temporaire d'une semaine, ce n'est pas la même lorgnette avec lequel on examine
que si c'est pour une durée à perpète ou si c'est pour six mois. Par ailleurs,
si c'est un médecin, parmi 28 gastroentérologues qui travaillent en groupe de
gastroentérologie dans un centre universitaire, il y en a 28 puis et on
tombe... 28, on tombe à 27, il y a probablement la capacité d'amortir cela.
Ce qu'il faut, c'est que cette
réflexion-là soit faite puis que cette considération-là pour :
Qu'arrive-t-il de l'usager, dont vous avez déjà la responsabilité, que ce soit
connu? Puis ça, les établissements de santé, notamment les directeurs médicaux
des services professionnels, notamment les chefs de départements et de
services, c'est des choses qu'ils gèrent au quotidien. Il y a des gens qui
prennent leur retraite, il y a des gens qui tombent malades, mais il faut
s'assurer du suivi, de la continuité de soins. Donc, c'est déjà quelque chose
qui est à l'intérieur des processus de réflexion habituels...
M. Bergeron (Stéphane) :
...des établissements de santé. Puis je suis persuadé que Santé Québec va
poursuivre dans ce même sens-là.
Mme Caron : Merci. C'est
tout pour l'instant.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député des Îles.
M. Arseneau : Merci, M.
le Président. J'ai des très nombreuses questions sur cet article-là, sur cet
amendement. Je vais commencer avec une question plus précise. N'existe-t-il pas
déjà dans les régions sociosanitaires, peut-être même pour les établissements,
une évaluation des besoins en matière de ressources professionnelles et de
médecins en particulier? Si je vous donne l'exemple du CISSS des Îles-de-la-Madeleine
qui gère l'Hôpital des Îles-de-la-Madeleine, on sait que l'effectif de médecins
est de l'ordre de 25, 28 médecins. Et, bien, si on veut fonctionner à
pleine capacité dans le réseau public qui est celui de l'archipel, bien, on
sait qu'on essaye d'avoir le maximum. Puis quand on en a moins parce qu'il y a
des congés de maternité, des congés de tout acabit, bien, qu'on est un petit
peu plus en découverture, en surcharge de travail pour ceux qui demeurent, je
ne connais pas, là, les façons de gérer de façon précise des autres CISSS, mais
j'imagine qu'on a des barèmes beaucoup plus précis que le dernier médecin.
M. Bergeron (Stéphane) :
M. le Président, je dirais que l'exemple du député est tout à fait véritable
et... mais on a saisi l'une des régions où la compréhension des besoins est la
plus facile, un espace limité, un seul établissement de santé. De façon
corollaire, si on va sur l'île de Montréal où, là, on a plusieurs
établissements de santé, jusqu'à maintenant, c'est-à-dire le maintenant, là, ce
n'est pas aujourd'hui, là, c'est juste qu'avant le projet de loi, la LGSSSS, il
y avait une demande de planification des besoins en médecine familiale au
niveau des DRMG, mais qui n'était pas toujours remplie à satisfaction, mais
dont les conditions ont été raffermies dans un contexte de responsabilité populationnelle,
de dire : dotez-vous d'une vision 360 sur les besoins de l'ensemble
de votre population, non seulement les besoins intraétablissements, mais aussi
les besoins extraétablissement. Et ne faites pas fi de ce qui existe à
l'extérieur des établissements dans l'élaboration de vos besoins. Un concept,
une avancée importante. Et cette même chose-là n'existait pas... Excusez, cette
même chose-là n'existait pas du tout en médecine spécialisée. En médecine
spécialisée, chaque établissement établissait individuellement ses besoins.
Mais il n'y avait pas de concertation et il n'y avait pas de regard de ce qu'il
y avait à l'extérieur. En gros, si dans une région on a, je dis n'importe quoi,
là, 25 dermatologues qui pratiquent dans des... dans le privé public à l'extérieur
de l'établissement, est-ce que l'établissement ne devrait pas en tenir compte
pour établir ses propres besoins? Là, j'ai besoin de tant de dermatologues pour
besoins, pour répondre aux besoins de mes centaines de milliers de gens dans la
population. Donc, il y a eu introduction dans la LGSSSS d'un... d'une direction
territoriale de médecine spécialisée qui a cette responsabilité-là pour un
territoire, de regarder les disponibilités et les besoins, tant ceux
intraétablissements que ceux présents et les besoins extraétablissements, et de
se doter d'une planification dans ce sens-là qu'elle va proposer. Donc, ça
permet... Cette création-là, d'un DTMS à l'intérieur de Santé Québec et
chapeauté par les P.D.G. de Santé Québec, permet de se doter d'une vision des
besoins du territoire qui était inexistante jusqu'à la LGSSSS.
M. Arseneau : Voilà qui
est fort bien. Et je pense que, ça, ça prouve un petit peu le point que je
voulais amener ici à la commission, c'est que je ne vois pas dans quelles conditions,
si on n'a pas évalué les ressources dont on a besoin pour que le système de
santé publique au Québec fonctionne, je ne vois pas comment on peut permettre à
des professionnels de la santé, nommément des médecins, de quitter le réseau,
de quitter le navire. Alors, soit qu'on est trop tôt dans cette avancée-là, là,
dans le projet de loi parce qu'on n'a pas encore défini les besoins ailleurs ou
qu'on risque de...
M. Arseneau : ...empirer la
situation avant de savoir quels étaient nos besoins. Parce que ce qu'on a
devant nous, ce sont des balises de réflexion, des éléments discrétionnaires
qui ne reposent en aucun temps sur des données réelles, des besoins réels des
établissements ou des régions, selon ce que j'en comprends, sauf pour les
Îles-de-la-Madeleine. Alors, je me dis : Bien, commençons par évaluer les
ressources dont on a besoin pour faire fonctionner le système de santé puis
ensuite on verra si on peut permettre aux gens de le quitter, ce réseau-là.
Moi, je vais vous dire franchement, là, je
suis atterré de voir de quelle façon on a développé cet article-là, puis en
entendant le dernier paragraphe, là, j'ai pensé à une chanson des Cowboys
fringants, là, puis... le dernier médecin en région au public : Il ne
reste que quelques minutes à ma vie, tout au plus quelques heures je sens que
je faiblis, le système de santé va maintenant disparaître, je suis au milieu du
désert, du désert médical, maintenant, je suis le dernier médecin sur la terre.
C'est quand même un élément qui ne me semble pas une balise, qui me semble
l'effondrement total du réseau de la santé. Une fois qu'on aura créé des
déserts médicaux, il restera juste un médecin, on dira non. Ça ne peut pas être
une balise sérieuse, M. le Président, en tout respect, là.
Je pense qu'il faut ramener ça à quelque
chose de beaucoup plus concret. On se bat, à toutes les semaines, M. le
Président, on a des rencontres de commission pour déposer des pétitions, pour
demander à la commission qu'elle s'en saisisse, parce qu'on ferme des cliniques
où il reste encore trois médecins, mais ça en prend huit. Où il reste huit, ça
en prend 12. On ferme des services d'obstétrique un peu partout à travers le
Québec parce qu'il y a juste un gynécologue, ça en prendrait trois. Puis là on
va dire que la balise pour empêcher les médecins de franchir la ligne vers le
privé, c'est le dernier médecin? Ça n'a aucune espèce de bon sens, M. le
Président. Je m'excuse, je deviens émotif parce que ce sont les régions qui
vont écoper.
• (16 h 20) •
Et je vais dire un dernier point de vue
là-dessus. C'est qu'on pose... on oppose le réseau local de santé des
Îles-de-la-Madeleine à Montréal. Je regrette, mais à Montréal aussi, il faut
répartir les ressources équitablement sur la base de données probantes, solides.
Et ça, je ne peux pas imaginer qu'on adopte une proposition comme celle-là. Je
ne sais même pas par quel bout proposer un amendement pour que ça fasse un
petit peu de sens dans l'objectif de préserver ce qui nous reste encore du
réseau public puis de le faire fonctionner. Mais je vais dire une dernière
chose, puis ça, ça va être ma question, parce qu'on est en période de questions
là-dessus : Comment se fait-il qu'on considère, après avoir créé Santé
Québec, dont on voulait qu'il ait une vue globale du réseau de la santé au
Québec, dont on disait qu'il pouvait répartir les ressources correctement pour
qu'on puisse maintenir les services à l'ensemble du Québec et qu'il était
absolument essentiel et crucial, nécessaire, au préalable, de pouvoir avoir des
conventions collectives, notamment avec les infirmières, pour mieux répartir
les ressources... quand ça va bien pour les médecins, on y va de façon
complètement obtuse, en disant : Si, dans votre région, tout va bien,
bien, on ne regardera pas les autres régions à côté, même si elles auraient
besoin de médecins mais on va vous permettre par contre d'aller au privé? Dans
quel monde, dans quel univers on pourrait permettre à des gens dans une région
sociosanitaire donnée, de dire : Nos effectifs au public, parfaitement
suffisants, allez au privé, alors que la région voisine est en manque de
médecins, à l'urgence de Fortierville, par exemple? Dans quel monde on pourrait
permettre aux médecins d'aller au réseau privé? Moi, je n'en reviens juste pas,
M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, suite à ce que vous venez de
nous énoncer, je vais demander au docteur Bergeron s'il a une soit réaction ou
une explication, et est-ce que vous avez la bonne perception ou le bon décodage
du libellé.
M. Bergeron (Stéphane) : M.
le Président, donc, si la perception qui résulte des propos que j'ai tenus est
celle qui a été énoncée, je m'en excuse, ça veut dire que de l'émetteur a fait
une faute dans l'expression de son message.
Je veux réitérer, parce qu'il y a quand
même eu beaucoup de choses qui ont été dites, que la ligne infranchissable
était... a été indiquée à... Il ne faudrait surtout pas que la migration de
quelqu'un du privé vers... du public vers le secteur...
M. Bergeron (Stéphane) : ...privé
entraîne l'extinction des services sur le territoire. Il ne faut pas associer
cela à une caution que toute autre situation est acceptable. Les autres
situations, puis je pense avoir parlé, notamment, tout à l'heure, de qu'est-ce
qui arrive s'il y a deux ou trois en disant qu'il était certainement attendu
que ces... les situations soient regardées au cas par cas puis que plus les
nombres sont petits, plus le jugement doit... doit être... et la réflexion doit
être prise au sérieux et les conséquences doivent être prises au sérieux. Mais
ce n'est absolument pas une caution de dire que c'est acceptable ou pas
acceptable, c'est de dire que ce doit être jugé par des gens intelligents qui
sont... ou qui ont une connaissance du milieu.
Par ailleurs, il y a plusieurs situations
dans lesquelles les établissements de santé ont un portrait quasi complet. De
la neurochirurgie, ça se fait principalement en établissement de santé.
L'orthopédie, sans être complètement, aussi, ça se voit beaucoup en... dans les
secteurs de santé. Donc, il y a plusieurs situations dans lesquelles la
connaissance, là... Il ne faut pas croire que les établissements de santé et
Santé Québec n'ont aucune connaissance de ce qui se passe à l'extérieur de leur
milieu, là, ils en ont une. Il y a une responsabilité qui a été donnée dans la
LGSSSS au DTMS de se... excusez pour mes acronymes, au département territorial
de médecine spécialisée de produire un plan, de se projeter à... pour le futur.
C'est une bonification par rapport à la situation actuelle, parce que personne
n'avait cette responsabilité, cette imputabilité-là propre avant la création
de... du département territorial de médecine spécialisée, ce qui ne veut pas
dire que les gens n'avaient aucune connaissance de ce qui se passait comme activités
sur leur territoire.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député.
M. Arseneau : M. le
Président, je reviens quand même sur le principe qu'on ne peut pas donner, à
mon point de vue, un pouvoir discrétionnaire de juger des motifs du médecin si
on n'a pas un cadre d'analyse qui soit beaucoup plus costaud que ce qu'on a
devant nous. Vous allez peut-être me dire qu'ils auront à développer ce...
cette grille-là d'analyse, mais je trouve sincèrement que les barèmes sont
extrêmement vagues et nébuleux. Et je ne vois pas, par exemple, là, comment on
peut faire ce calcul-là des besoins ou non en ressources si on n'a pas des
données fiables.
Et je vous fais une suggestion, je n'en
fais pas un amendement, mais, pour moi, sachant que les services sont déjà...
sont déjà sous-performants dans bien des régions, dans bien des établissements
et sur à peu près tous les plateaux en matière de chirurgie, que le premier
critère, ce serait de dire : On ne peut pas aller en deçà des services
qu'on offre déjà, essentiellement. Si c'est un critère qui dit : Bien, si
je perds un médecin, j'offre moins de services, bien, je ne vais pas vous
permettre d'aller au privé. Ça me semble être un critère beaucoup plus logique
de dire : Actuellement, on n'a pas la capacité de rendre suffisamment de
services ou de les rendre suffisamment rapidement, on n'a pas réussi à
optimiser le réseau public, et on nous promet depuis le début de la commission
que, d'ici deux ans, ce sera le cas. Bien, je pense que le critère premier,
c'est : Il ne faut pas qu'on soit moins performant si on perd un médecin,
non pas : Si c'est le dernier médecin de la région, on l'empêchera de
partir. Mais il me semble que le critère... Parce que moi, je fais confiance,
mais jusqu'à un certain point, à des gestionnaires de Santé Québec, à partir du
moment où ils ont les bons critères. Et, si Santé Québec considère que réduire
les services qu'on offre dans une région sociosanitaire donnée au public, parce
qu'ils sont compensés par le privé puis que ce serait leur façon de voir les
choses... bien, moi, je regrette, là, mais je m'y oppose farouchement parce que
c'est exactement le contraire du principe du projet de loi actuel. Si on veut
retenir les médecins les plus jeunes pour qu'ils fassent quelques années dans
le réseau, on ne va pas, pendant ce temps-là, permettre aux autres d'y aller en
affaiblissant le réseau. Ça ne fonctionne pas, là, il y a un bris de logique. Alors,
moi, c'est l'élément que je voulais mettre au jeu, là, à savoir qu'on ne peut
pas accepter qu'un médecin quitte si on sait que ça va dégarnir...
M. Arseneau : …les ressources
déjà insuffisantes dans la livraison des services publics. Puis j'ai une
question, un corollaire à ça. Le point trois, là, la capacité de mettre à
contribution le médecin pour accroître la qualité et l'accessibilité des
services médicaux. Comment on calcule ça, cette capacité-là? C'est comme si on
disait : Si je ne suis pas capable de te fournir les équipes médicales
pour, par exemple, procéder à des chirurgies… est-ce que c'est ça que ça veut
dire? J'essaie de comprendre. Puis, à ce moment-là, ce serait Santé Québec qui
dit : Va donc au privé, parce que moi, je ne peux pas te donner les
conditions adéquates pour que tu puisses nous rendre service ici, dans le
système public. Est-ce que c'est ça que je dois comprendre pour le
paragraphe 3?
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre.
M. Dubé : Je vais commencer
par votre premier point, là, parce que je veux apporter une précision assez
importante, M. le Président, là. Premièrement, si je lis le premier alinéa, là,
on dit : Santé Québec tient compte des orientations qui ont été
déterminées par le ministre. Ça, c'est la première chose qui est dite dans le
premier alinéa. Et moi, je vais vous dire clairement, puis je pense que tout le
monde l'a entendu, qu'est-ce qu'on demande à Santé Québec, c'est d'améliorer
l'accès. Je veux juste qu'on soit clair, là, s'il y a une commande claire au
niveau de Santé Québec, depuis qu'ils sont créés, c'est d'améliorer l'accès.
Qu'est-ce que ça veut dire? Les chirurgies, les listes d'attente, l'accès à un
médecin de famille, qu'est-ce qu'on fait avec nos négociations, avec les
ententes avec les médecins, tout est orienté vers l'accès. On s'entend que
c'est ça, l'orientation du ministère en ce moment.
• (16 h 30) •
Bon. Deuxièmement, quand vous me dites
qu'il n'y a pas d'orientation claire, prenez le deuxième alinéa. On dit :
En outre… puis là, on parle de Santé Québec, «en outre, elle évalue les
éléments suivants : les impacts que pourrait avoir l'autorisation sur la
qualité ou l'accessibilité des services médicaux offerts dans la région
sanitaire où le médecin entend exercer à
titre professionnel non participant».
Je ne vois pas comment Santé Québec peut autoriser un médecin à partir d'une
région sociosanitaire si ça détériore l'accès. Expliquez-moi ça, là? Alors, je
ne comprends pas votre point, parce que, quand je lis ça, c'est très clair.
L'orientation du ministre et du ministère, c'est d'améliorer l'accès. On ne
laissera pas partir un médecin en vertu du deuxième alinéa si l'impact que
pourrait avoir cette autorisation-là, c'est de diminuer l'accès.
Alors, moi, je pense que… Puis j'aime
beaucoup ce que le docteur Bergeron a dit, il y a quelques minutes, on a passé
presque un an à faire p.l. no 15, vous vous en souvenez, là, on était tous
là. Puis, dans p.l. no 15, on parle souvent de Santé Québec, mais, dans
Santé Québec, il y a eu la gouvernance médicale. Il n'y a pas juste la création
de l'entité. Qu'est-ce qui a été un élément important de nos discussions, c'est
la gouvernance médicale. Puis, dans la gouvernance médicale, un des grands
changements, c'est qu'on a donné au P.D.G. la responsabilité face au DRMG, qui
maintenant on a changé le nom, mais c'est toujours la même chose, c'est le
directeur médical territorial pour les médecins de famille… Puis on a même
ajouté un directeur médical pour les spécialistes, parce que ça n'existait pas
avant. C'est exactement ce que le Dr Bergeron vient de dire. Pourquoi on a fait
ça? Puis on a dit que ces gens-là, entre le… outre le fait qu'ils se rapportent
à leur fédération médicale… rappelez-vous, ils ont une responsabilité, ils se
rapportent envers le P.D.G. Alors, qu'est-ce que le P.D.G. leur demande suite à
la commande du ministère? C'est de dire : Améliorer l'accès.
Alors, quand Santé Québec va décider de ce
processus-là, puis c'est à eux qu'on demande de s'organiser pour le faire,
bien, moi, je pense, la première chose qu'ils vont regarder, ils vont regarder
sur une base régionale, sur une base sociosanitaire, pour justement s'assurer
que le service, que l'accès n'est pas détérioré, mais amélioré.
Puis je veux juste vous donner un exemple.
On a fait un exercice, en tout cas, moi, je m'en souviens parce que ça a été un
beau succès, puis on oublie de le dire, après le projet de loi n° 11, on
a… on s'est fait dire : Écoutez, ce n'est pas juste un médecin qui devrait
prendre en charge. Rappelez-vous, on a dit : Un professionnel. Puis c'est
là qu'on a créé le GAP, puis le GAP, ça a été quoi? Ça a été de dire : Par
région sociosanitaire, qu'est-ce qu'on a demandé au DRMG de l'époque? Parce
que, là, on travaillait uniquement avec les omnis. On a dit : Regardez
dans votre région sociosanitaire combien de personnes…
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16 h 30 (version non révisé
e) M. Dubé : ...combien de
patients vous pourriez rajouter aux médecins? Vous vous souvenez de ça? Puis le
premier objectif qu'on avait donné, c'était 350 000 personnes, 350 000 patients
qui devaient être pris en charge. Puis on avait dit : Ça, c'est pour la
fin septembre. Après ça, on a dit telle date, on a dit que c'est 500 000 personnes.
Puis, à la fin de l'exercice, un an et demi plus tard, on a battu ces chiffres-là
puis on est rendu à 1 million de patients. Mais ça s'est fait RLS par RLS.
C'est les DRMG, là, ce n'est pas... ce n'est pas quelqu'un au ministère qui a
fait ça, là. C'est les DRMG qui ont dit : Moi, je connais ma région. Je
sais que, dans ma région, j'ai une population de 30 000 personnes. J'ai
10 médecins puis je leur demande à chacun de prendre 200 patients de
plus. Tel GMF peut faire tel patient. C'est ça, la réalité du terrain, là, M.
le député, en ce moment, là. Puis ça va être aux mêmes personnes qu'on va
demander à Santé Québec d'évaluer, parce que ces gens-là sont responsables sur
le terrain d'assurer un meilleur accès aux patients. Alors moi, je vous demande,
s'il vous plaît, de bien comprendre, de bien lire ce qui est là. L'orientation
du ministère, elle est très claire. La commande à Santé Québec, elle est très
claire. La commande aux employés de Santé Québec et aux médecins qui
travaillent là, elle est très claire. C'est : Améliorez l'accès. Et la
minute que quelqu'un va dire : Bien moi, j'ai une autorisation qui m'est
demandée, bien, qu'il va falloir que je sois très clair que, si c'est pour
détériorer l'accès alors qu'on est en train d'améliorer l'accès, je pense qu'on
ne se comprend pas, là.
M. Arseneau : Oui. Moi,
je voudrais vous amener le fait qu'on regarde les impacts de donner cet accès-là
ou cette permission-là, si on veut, à un médecin, de quitter le réseau public d'une
région sociosanitaire donnée vers le privé, regarder, c'est quoi l'impact sur l'accès,
ce que vous venez de mentionner. Mais s'il décide, s'il propose... Par exemple,
il exerce actuellement dans les Laurentides. Il dit : Moi, je voudrais
quitter pour aller au privé, pour exercer dans la région de Montréal. On nous
dit qu'on va regarder dans la région des Laurentides, l'impact, on va regarder,
et aussi dans la région où il entend pratiquer, à Montréal. Ma question, c'est
celle que j'ai posée tout à l'heure, pourquoi ne regarde-t-on pas, si on a
décidé de créer Santé Québec, qui avait une vision globale des choses, pourquoi
on ne regarde pas les besoins dans Lanaudière, qui pourraient être extrêmement
importants également?
Une voix : ...
M. Arseneau : Au public,
on s'entend.
M. Bergeron (Stéphane) : En
fait... M. le Président, merci. En fait, ce que M. le député vient de dire est
tout à fait correct dans sa lecture qu'il y a une obligation de regarder quand
le médecin décide de... S'il décide de transformer sa pratique du public vers
le privé à l'intérieur de la même région, il y a l'obligation, c'est le minimum,
de regarder les conséquences à l'intérieur de sa propre région. M. le député a
dit avec justesse : Si le médecin change de région pour aller établir une
pratique, il était dans le public à un endroit et il s'en va dans le privé dans
une autre région, que l'obligation minimale, l'obligation minimale attendue, c'est
de regarder la conséquence pour chacune des deux régions pour ces trois critères-là.
Ceci étant, j'insiste sur le fait que c'est
l'obligation minimale, parce que dans le premier paragraphe de 0.3, on dit :
«Santé Québec tient compte... de tout facteur qu'elle juge pertinent». Pourquoi
est-ce que nous ne sommes pas allés plus loin? C'est parce qu'il est évident
que les territoires et les situations sont différents de l'un à l'autre. Que la
conséquence de, je suis dans le nord des Laurentides, puis j'établis ma
pratique dans le nord des Laurentides, ça a moins de conséquences sur
Lanaudière et autres, mais que si on est dans des régions plus limitrophes où on
sait que, là-dessus, il n'y a certainement pas d'interdiction, puis il y a une
incitation à regarder grand et voir les conséquences dans leur ensemble. Et
Santé Québec est habilitée à le faire. Donc, on a tracé la ligne, encore une
fois, minimale en disant : Vous avez l'obligation de le regarder pour la
région dans laquelle le médecin était établi, dans la région dans laquelle il
veut s'établir, parfois c'est la même, puis il n'y a rien qui interdit qu'il regarde
dans les autres régions. Par la suite, on a... on a laissé, encore une fois, le
jugement pour dire admettons que...
M. Bergeron (Stéphane) : ...je
suis dans le Grand Nord, je vais prendre l'exemple extrême, là, je suis dans le
Grand Nord puis je vais aller dans le privé dans le Grand Nord, les régions
limitrophes sont relativement loin, là, donc on a laissé de la discrétion
là-dessus.
• (16 h 40) •
M. Arseneau : Mais moi, ce
que j'essaie de comprendre puis, bon, je vois l'ouverture à ce qu'on regarde
d'autres facteurs puis qu'on regarde plus largement que les deux régions, mais
en fait ça me semble plutôt, disons, discrétionnaire, alors que moi, j'estime
que ça devrait être obligatoire de regarder de façon plus large l'impact et les
besoins des régions avoisinantes, là, ça me semble être la mission de Santé
Québec et celle du ministère. Mais j'essaie de comprendre parce que si on applique
ces critères-là de façon serrée, de la façon dont le ministre vient de les
présenter, disant qu'on veut améliorer l'accès puis qu'à tous égards, bien, on
est loin des cibles, donc je comprends que c'est dans le réseau public.
J'essaie de voir un cas de figure où, au cours des deux prochaines années, si
on se donne deux ans pour améliorer les réseaux, dans quelles conditions on
pourrait permettre à ce médecin de quitter le réseau de la santé publique, les
besoins étant grand partout et les ressources insuffisantes partout.
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre.
M. Bergeron (Stéphane) : Oui,
M. le Président. Donc, M. le député pose une question judicieuse ici, parce
qu'effectivement, moi, ce que j'ai entendu puis j'ai eu d'autres tribunes pour
les entendre, des orientations du ministre envers Santé Québec notamment, c'est
d'améliorer l'accès. Puis, à prime abord, là, ce n'est certainement pas la
détériorer. Donc, dans le contexte, est ce qu'un médecin peut quitter du public
vers le privé sans qu'il y ait une détérioration de l'accès? La réponse, c'est
oui. La réponse, c'est oui. Pas dans tous les cas puis justement c'est pour ça
qu'il y a une nécessité de regarder avec circonspection. Par exemple, donnons
un exemple, on a... on est un été dans lequel on sait que pour donner des repos
à nos employés, souvent, les blocs opératoires et les cliniques externes
travaillent... il y a... sont à moins grande capacité ou à moins grande cadence
et qu'il y a un nombre suffisant déjà pour assurer la liste de garde, pour
combler les... Ça fait que plutôt que de dire à 10 médecins : Bien,
vous allez travailler quatre jours par semaine parce qu'on n'en a pas assez
pour vous, on n'a pas suffisamment de capacité, bien, pourrait décider, le groupe
ensemble, de dire : Je vais... on va se coopter, il y a un groupe qui va
travailler cinq jours puis, pendant ce temps là, il y a un d'entre nous qui le
désire, qui va faire une demande pour aller au privé, pendant une semaine ou
deux, travailler dans un bloc opératoire privé. Ce pourrait être un cas comme
cela qui peut être là, qui entraînerait à mon jugement à moi, mais le jugement,
c'est Santé Québec qui l'a, une non-détérioration de l'accès et une visée
également contrebalancée par une : Êtes vous capable d'utiliser les
médecins qui sont en place dans leurs compétences pour que justement on n'est
pas des gens qui aient l'impression de se tourner les pouces et que les
compétences si chèrement développées pendant des années ne soient pas utilisées
à pleine capacité sans détérioration de l'accès dans le public.
M. Arseneau : M. le
Président, on a entendu le Dr Bergeron s'exprimer là-dessus. Moi, j'aimerais
entendre le ministre se prononcer là-dessus également. Est-ce qu'il corrobore
les propos du sous-ministre à cet effet? Parce que... Puis je vais reposer la
question autrement, là : Est ce que l'accès, l'amélioration de l'accès aux
soins, qu'il soit via le système public ou via le service privé, c'est la même
chose, l'équivalence, et c'est ça le mot d'ordre qu'on lance à Santé Québec?
M. Dubé : La... Puis je veux
juste faire attention de ne pas être... puis je ne pense pas que c'est votre
intention, là, mais d'être piégé dans une question, puis je ne pense pas que
c'est votre intention. Quand on parle d'accès, on parle d'accès universel.
Alors, pour moi, quand je dis qu'il faut améliorer l'accès universel, je veux
qu'on s'entende, là, c'est ça notre objectif. Une des raisons pour lesquelles
on est très à l'aise avec cette partie-là du projet de loi, de l'avoir mis sur
deux ans et non sur une période permanente, c'est qu'on a tous vu qui était
possible en ce moment...
M. Dubé : ...d'aider le
système public pendant qu'on fait la transformation du réseau.
Alors, moi, je souscris aux paroles du
docteur Bergeron parce qu'on en a parlé énormément, de ça, lorsqu'on a préparé
ce projet de loi là. Puis demandez aux Québécois, aujourd'hui, si, par exemple,
ils sont contents d'être opérés ou d'être traités dans une clinique qui est de
nature privée, puis je veux faire attention à mes mots, là, privée, mais où ils
peuvent utiliser leur carte soleil. On est encore dans l'accès universel, on
est dans l'accès universel. Rappelez-vous juste... juste pour... parce que je
veux faire attention aux mots qui sont utilisés, là, durant la commission
parlementaire... puis on a rencontré... rappelez-vous la présentation qu'on a
eue de la clinique... le docteur Dubrowsky, il y a maintenant plus de
160000Québécois qui... des patients qui rencontrent des pédiatres, puis ces
pédiatres-là oeuvrent dans une clinique privée, mais où ils présentent leur
carte soleil. Puis ça, c'est grâce à des gens comme ça, qui font maintenant
qu'on est capable d'améliorer l'accès sur une base universelle.
Alors, moi, ce que je dis aujourd'hui,
c'est que c'est pour ça que ça semble trop simple, mais ce qu'on demande dans
cette période de transition là, puis c'est ça qu'on demande aux Québécois,
c'est de dire : Est-ce qu'on peut favoriser l'accès? Des fois, ça va se
faire du côté privé, pendant cette période de transition là, en autant que ce
soit... puis le bon mot, c'est «complémentaire» au réseau public.
Alors, moi, je me dis on a passé beaucoup
de temps, beaucoup, beaucoup de temps à faire p.l. no 15, qui était pour donner
des leviers aux gestionnaires en gouvernance clinique. C'est ça qu'on a donné
aux gestionnaires. Et là on est en train de dire, ici, un des leviers qui leur
manque, c'est d'être capable de dire : Bien, nous, on veut, comme
gestionnaires, avoir notre mot à dire sur le nombre de médecins qui peuvent
s'en aller du réseau. Parce qu'en ce moment, Santé Québec regarde un médecin
qui, juste, donne son avis, son avis de dire : Je m'en vais au privé,
Santé Québec dit : Je viens de perdre un médecin puis vous m'avez enlevé
un levier, un droit de gestion sur des gens qui se rapportaient à moi avant.
Alors, moi, ce que je vous dis aujourd'hui... Donnons un levier additionnel à
Santé Québec, qu'on a commencé à leur donner, pour être capables de mieux
traiter l'accès. Je vous dis, est-ce qu'on... Où on sera, dans deux ans, si on
commence à faire ces pas-là? Mais je vous donne... puis je vais finir là-dessus
parce que je suis certain que votre question n'était pas tendancieuse, parce
que je vous connais assez, mais regardez à... quelle vitesse ça a pris pour
ramener des infirmières du réseau privé, des agences, au réseau public. Là, là,
si je compte les infirmières, les préposés aux bénéficiaires, on en a ramené
5000. 5000. Il y a un an et demi, il n'y a personne qui croyait ça. Là, on l'a
fait, puis ce n'est pas fini, il reste encore deux régions à faire. Moi, ce que
je vous dis... Ça ne s'est pas fait comme ça. Et plus ces gens-là reviennent
dans le réseau... qu'est-ce que ça veut dire? On va être capable de rouvrir des
salles d'opération. On va être capable d'être plus efficace dans nos urgences,
dans notre réseau public, parce qu'on ramène des gens. En fait, là, on en a
ramené 5000 des agences, mais on en a engagé 10 000 en tout.
Alors, moi, ce que je vous dis, et c'est
pour ça qu'on met cette période-là, temporaire, on donne un levier nécessaire à
nos gestionnaires de Santé Québec pour dire : Votre focus, c'est
l'accent... l'accès, pardon, puis l'accès, c'est autant dans les chirurgies que
l'accès à un médecin de famille. On parle autant des omnis que des
spécialistes. Alors, moi, je vous dirais, ce que le docteur Bergeron, puis il a
été bien plus simple que moi, là, bien plus rapide que moi... je souscris
totalement à ce qu'il vient de dire, parce que ce que les Québécois veulent,
c'est un accès, un accès à un professionnel de la santé.
Le Président (M. Provençal)
: Député des Îles.
M. Arseneau : Je veux
savoir... Je remercie le ministre d'avoir corroboré les propos du Dr Bergeron,
qui dit essentiellement que, oui, on peut améliorer l'accès tout en permettant
à des médecins de quitter le réseau public pour aller pratiquer au privé.
Est-ce que j'ai compris? Pour les prochaines années.
M. Dubé : Mais ce que vous
oubliez de dire, quand vous reprenez sa terminologie, quand vous prenez son
commentaire, je veux juste le préciser... Il y a une grande différence, en ce
moment, entre un médecin qui ne fait que donner un avis, et, aujourd'hui, qu'on
dise on va vous donner cette...
M. Dubé : ...autorisation-là,
mais elle va être encadrée. Vous pouvez le faire pendant deux semaines, vous
pouvez le faire. C'est ce qu'il a donné comme exemple, là. Il y a un pool de
médecins... excusez-moi, il y a un groupe de médecins qui travaillent ensemble
puis qui dit : O.K. On arrive avec un problème durant l'été, il manque
soit d'infirmières ou il manque de personnel. Mais ils vont aller voir Santé
Québec puis ils vont dire : Nous, là, on veut pratiquer, on veut donner de
l'accès aux gens, mais ce n'est pas pour les deux prochaines années qu'on veut
partir. Puis d'ailleurs, on l'a bien dit, ça va être pour une période
déterminée que l'accès va être... que le transfert va être possible.
• (16 h 50) •
Alors, est-ce que on aime mieux avoir des
médecins qui restent sur le banc, parce qu'il n'y a pas de personnel, ou on
aime mieux leur donner la possibilité d'aller traiter des gens pendant une
période donnée, exemple, pendant la période des vacances? Moi, je pense que
c'est ça que les Québécois s'attendent de nous, d'avoir du jugement.
M. Arseneau : Alors, si le
jugement s'exerce par Santé Québec pour permettre un meilleur accès en
accordant la permission à certains médecins, pour une certaine période, d'aller
pratiquer au privé, parce que l'accès s'améliore, les services s'améliorent, et
vous parlez de services universels qui vont coûter plus cher à l'État, mais qui
vont être rendus, on s'entend là-dessus. Pourquoi l'interdire aux médecins qui
ont moins de cinq ans de pratique si on suit la logique d'amélioration de l'accès?
M. Dubé : Bien, je vous ai
toujours dit, puis on peut revenir sur la première partie, mais je pense qu'on
l'a discuté amplement la semaine dernière, M. le Président, je veux traiter et
voter, mais on a bien dit qu'on voulait envoyer un message très clair. Là, ici,
on parle de mesures temporaires de deux ans. On l'a dit, c'est temporaire, ici,
ce deux-ans là, puis peut-être qu'on n'en aura plus besoin du tout dans deux
ans. Mais on voulait envoyer un message très clair que ce qu'on veut, nous,
c'est renforcer le système public, puis que nos médecins, comme ça se fait en
Ontario, comme ça se fait ailleurs, doivent pratiquer au public.
M. Arseneau : Je reviendrai
éventuellement, je vais laisser mes collègues, mais j'ai une dernière question.
Santé Québec, qui tient compte des orientations déterminées par le ministre et
qui ensuite qui va évaluer les besoins ou, en tout cas, l'impact d'une demande
sur la région où le médecin pratique et éventuellement l'impact sur les régions
limitrophes ou la région où ils voudraient pratiquer, à quel échelon de Santé
Québec est-ce que cette analyse-là sera effectuée?
M. Dubé : C'est drôle, M. le
Président, j'étais sûr que j'allais avoir cette question-là. Et, je vais vous
dire, M. le député, que, des fois, vous nous dites que Santé Québec n'en fait
pas assez, des fois, vous nous dites que Santé Québec en fait en trop. Moi, ce
que je vous dirais aujourd'hui, on va donner à Santé Québec... Pour toutes les
raisons, je ne répéterai pas ce que j'ai dit tout à l'heure, nous, on leur a
donné une responsabilité à partir de la P.D.G., aller jusqu'aux différents
P.D.G. des 35 établissements, on leur a donné une responsabilité d'améliorer
l'accès. Est-ce qu'ils décideront de regarder ça de façon granulaire d'une RLS,
chacune des régions sociosanitaires? Est-ce qu'ils vont décider de le regarder
par établissement? Est-ce qu'ils vont décider de le regarder de façon
consolidée? Moi, je pense qu'il faut les laisser, de dire : Écoutez, de la
même façon que vous regardez l'ensemble... C'est des opérations, ce dont on
parle, ça, c'est des opérations. Nous, notre job, c'est de dire :
L'orientation, c'est améliorer l'accès.
Maintenant, moi, je m'attends, Santé
Québec, qu'on leur dise : Vous avez une orientation très claire.
Maintenant, comment vous allez opérer ça? Je vous. Je vous rappelle que,
lorsque le docteur Bergeron vous a présenté au début, de dire : Le nombre
de médecins qui font cet... je vais l'appeler le va-et-vient en ce moment, je
ne parle pas des 800 qui sont déjà partis, mais les 150 qui font le
va-et-vient, en ce moment, pour ramener ça à quelques régions. Santé Québec ne
mettront pas 150 personnes là-dessus, là, ils vont regarder ça dans les régions
où ça arrive, dans les régions où on est à risque pour tout ce qu'on vient de
discuter.
Alors, moi, je me fie beaucoup... C'est
pour ça qu'on a engagé ces gestionnaires-là qui sont déjà bien souvent dans les
35 établissements, puis on leur demande de coordonner ça pour que ça soit le
plus efficace possible. On leur en a parlé, ils sont d'accord avec cette
approche-là, puis surtout, je répète ce que j'ai dit tantôt, on leur donne un
levier de plus, on leur donne un levier qui leur permet de dire : Bien,
moi, je suis désolé, je ne peux pas faire la job que le ministre m'a demandé si
je vous laisse aller dans le public.
M. Arseneau : Mais la raison
pour laquelle je pose la question, c'est dans la logique de tout le
questionnement que j'ai fait depuis le début de mon intervention...
M. Arseneau : ...c'est sur la
base des besoins qui peuvent être évalués, comme l'a dit le docteur Bergeron,
par le DRMG, il y a un processus qui est inclus dans la LGSSSS puis qui n'est
pas complété, et ainsi de suite. Mais cette évaluation-là, on a fait référence
au DRMG, on a fait référence aussi au P.D.G. Le P.D.G., par définition, puis
c'est pour ça que c'est important, la question que je pose, il ne regardera pas
nécessairement les gains ou les désavantages, les impacts sur la région
voisine, ce n'est pas dans son carré de sable, d'où l'idée de s'assurer qu'on
mesure les impacts de façon plus élargie.
M. Dubé : ...répondu que c'est
prévu. Je m'excuse, là.
M. Arseneau : Et... Mais moi,
je veux juste mentionner, j'ai compris la réponse du ministre. On va confier à
Santé Québec le soin de prendre la décision. Moi, je fais juste mentionner que
Santé Québec doit avoir un regard global sur l'impact de ses décisions sur
l'ensemble du territoire, sur les différentes régions et pas nécessairement ramener
une décision au P.D.G. d'une région donnée où la personne déciderait d'aller au
privé alors que l'autre région est en besoin criant au public.
Le Président (M. Provençal)
: Dr Bergeron.
M. Bergeron (Stéphane) : M.
le Président, nous sommes en accord avec l'esprit de ce que M. le député vient
d'affirmer, à savoir qu'il va falloir se doter de cette vision globale là.
Comprenons la façon dont ça a été orchestré et la manière dont on veut établir
les relations entre le ministère, notamment, et Santé Québec, la responsabilité
opérationnelle de Santé Québec. Ici, il y a des balises de réflexion avec une
ligne rouge tracée pour dire : Ça, vous le... vous ne pouvez même pas le
considérer. Par la suite, comment Santé Québec va l'opérationnaliser? Hein, ils
ont cette responsabilité-là. La PCD peut la déléguer et va certainement choisir
de ne pas faire l'analyse elle-même et de faire... de faire faire cette
analyse-là ailleurs.
Maintenant, la façon opérationnelle dans
ma compréhension de ce qu'on... Santé Québec, on veut des experts de... des
opérations efficientes. Il va y avoir, M. le ministre en rappelait, donc, un
certain nombre, quelques centaines de demandes par année, probablement
concentrées dans certaines régions plus que d'autres. Vont-ils décider de
centraliser le tout ou vont-ils décider de ne pas le centraliser? Mais il est
évident que, les attentes, on les a exprimées tout à l'heure, là, qu'il faut
regarder les considérations. Si on décide de déléguer cette responsabilité-là à
un P.D.G. pour se prononcer, bien, ça ne sera pas dans son rôle strict de
P.D.G., puis je regarde juste ce qui est là. Il est évident que la
responsabilité vient avec l'obligation de regarder l'ensemble des critères qui
ont été discutés puis pour laquelle vous avez été très clair en disant :
Il nous faut que ce soit vu dans un... dans une collaboration puis dans un...
l'impact sur les régions limitrophes le plus possible, et donc telle délégation
de pouvoir, il n'y a rien qui interdit, à mon avis, à Sainté Québec, qui reçoit
ça, à Mme la PCD, de déléguer ça à quelqu'un avec ses obligations et ses
attentes.
M. Arseneau : ...M. le
Président.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député de Rosemont.
M. Marissal : Oui. Merci,
M. le Président. Là, je veux juste être sûr d'un truc, là, parce qu'on parle
beaucoup de ce qui permettrait de retenir les médecins, là, sauf que, là, vous
me donnez l'exemple des vacances où les médecins pourraient voir venir des
plages vides dans l'établissement public puis dire : Bon, moi, je vais
aller quand même faire une semaine, deux semaines, trois semaines, un mois. Ça,
ça va. Mais est-ce qu'on s'entend qu'il ne sera plus permis, possible pour un
médecin de quitter complètement, de devenir complètement non participatif et
d'aller rejoindre les 800 qui sont déjà non participatifs, les défroqués, là?
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre.
M. Dubé : Moi, c'est... je
pense, c'est une très bonne question, M. le député de Rosemont. Puis, M. le
Président, ce que je voudrais faire, c'est... Quand on a réfléchi à ça, c'est
pour ça qu'on a mis une période temporaire de deux ans, parce que je pense
qu'il faut... Dans mon livre à moi, je me fie beaucoup au jugement... D'abord,
premièrement, de passer d'un simple avis comme... comme c'est présentement,
avant qu'on vote ça ensemble, à un cadre d'une demande formelle, avec des
justifications, je vais le dire comme ça, là, c'est un gros changement, on est
d'accord? Moi, ce que j'aimerais penser, c'est que, pendant cette période-là...
Est-ce qu'à l'extrême quelqu'un pourrait l'avoir pour une certaine période?
Mais je ne pense pas que d'une période globale...
M. Dubé : ...de deux ans, ça
va être très difficile à justifier, pour être honnête avec vous, mais je ne
veux pas prendre pour acquis le jugement que Santé Québec pourrait avoir dans
un cas particulier.
M. Marissal : Mais il n'y a
rien, textuellement, là-dedans, qui empêche un médecin de défroquer
complètement. Surtout sachant que ça va être plus compliqué.
• (17 heures) •
M. Dubé : Non non, mais c'est
correct, vous avez le droit de le poser comme ça, là.
M. Marissal : Surtout que ça
va être plus compliqué. Il y a des médecins qui pourraient dire : Ouf!
Moi, je me barre, je m'en vais puis je m'en vais chercher mon autorisation,
mais je ne reviens jamais. Je n'ai pas l'intention de revenir.
M. Dubé : Mais ce que je veux
dire, c'est qu'ici le maximum il serait deux ans. Comprenons-nous bien, là.
M. Marissal : À supposer
qu'on reconduise le régime après deux ans.
M. Dubé : C'est ça. Alors,
mais en ce moment, là, en ce moment, là, ce qu'on va voter, là, c'est que si
quelqu'un... si Santé Québec, pour x raison, puis encore une fois, il va
falloir qu'ils nous prouvent qu'ils sont en train d'améliorer l'accès en
faisant ça, là, on se comprend, là? Moi c'est pour ça que je vous... on a mis
ça très clair au début, ce serait pour un maximum de deux ans, moi, je pense...
je ne sais pas, Dr Bergeron, comment... Mais c'est parce que vous me posez une
question qui est assez hypothétique. Parce que moi, je crois que la situation
actuelle, en ce moment, nous permet d'avoir le meilleur des deux mondes. C'est
qu'on aurait pu aller comme l'Ontario puis dire : On arrête ça demain
matin. On a décidé de ne pas faire ça, pour un ensemble de raisons. Est-ce que,
par exemple, pour quelques semaines, ou tout ce qu'on vient de discuter, on est
mieux d'avoir des médecins qui pratiquent à l'extérieur du public, pour les
raisons qu'on a longuement discutées tout à l'heure? Mais moi, je pense que
c'est pour un maximum de deux ans, ça fait que je laisserais mon collègue...
M. Bergeron (Stéphane) : M.
le Président, donc, je vais répondre avec un a et un b. La première question
était : Y a-t-il des conditions qui pourraient justifier que Santé Québec
autorise le passage du public vers le service privé à la demande d'un médecin
qui demande un tel passage? Évidemment, on est dans les... puis là c'est un
pouvoir discrétionnaire, ça veut dire que, dans ces situations-là, ce n'est pas
blanc ou noir. On est allé dans les exemples les plus faciles, là, de
dire : Bien, dans ces circonstances-là, ça nous apparaît que la décision
devrait probablement être celle-là.
Par la suite, je ne suis pas en mesure de
me substituer et de saisir toutes les situations pour dire : Est-ce que la
limite va être d'une semaine, d'un mois, de six mois, de deux ans, d'un an et
demi? En toute humilité, j'ai... chaque... et c'est ce qui est à l'intérieur de
ça, chaque cas doit être évalué au cas par cas. M. le ministre a mentionné ce
qu'il en... sa réflexion là-dessus.
Dans tous les cas, quand on regarde la
limite possible, là, on tombe dans l'article 0.8.
L'article 0.8 nous
dit que l'autorisation, donc l'autorisation d'aller vers le privé si Santé
Québec l'autorise, prend fin le... puis indiquer ici la date qui suit de deux
ans celle de la sanction de la présente loi. Donc, le maximum, si c'était
demandé au jour 1, ce serait 24 mois. Si c'est demandé au jour... six
mois après l'adoption de la loi, ce serait maintenant 18 mois parce que la
date... elle ne change pas, la date. Donc, le maximum est de 24 mois.
Et il est prévu, également, à l'intérieur
de ça, que Santé Québec peut prévoir qu'elle prend fin à une date antérieure
qu'elle indique dans le document. Donc, Santé Québec a un pouvoir
discrétionnaire de dire : Moi, je l'autorise, mais jusqu'à tel moment, le
jusqu'à tel moment ne pouvant excéder le 24 mois, qui est l'hypothèse de…
on fait ça à la journée un, là, c'est le maximum possible. Survient ensuite…
puis on va le voir dans des articles. Qu'est-ce qui arrive au bout de… à cette
date-là du 24e mois? Le médecin retrouve son statut qu'il avait avant la
demande ou au moment de la demande. Donc, admettons qu'on accorde 24 mois,
après 24 mois, il redevient un participant s'il était dans un statut de
participant auparavant?
Le Président (M. Provençal)
: M. le député.
M. Marissal : O.K. Bien, on
fera ça à 8, là, à point 8, là, mais je me demande qu'est-ce qui arrive
après, à ce moment-là, dans deux ans. Si ce médecin-là refait une demande, quel
régime s'applique?
M. Bergeron (Stéphane) :
Voulez-vous qu'on… Bon, M. le Président, donc, cette loi est un régime
temporaire d'autorisation. Après deux ans, le régime temporaire s'éteint, et on
tombe au régime actuel d'autorisation. En fait, il n'y a pas une…
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17 h (version non révisé
e) M. Bergeron (Stéphane) : ...mais
bien une simple demande, un avis.
M. Marissal : On revient à
ce que... ce qu'on est...
M. Bergeron (Stéphane) : La
loi présente, effectivement, prévoit un régime temporaire d'autorisation pour
deux ans, puis après deux ans, donc, ce régime temporaire là s'éteint. Et c'est
la loi et les articles de loi en cours qui reprennent vigueur.
M. Marissal : À moins que
le prochain gouvernement en décide autrement. Bien, parce qu'on veut...
M. Dubé : Ou qu'il ait d'autres
conditions qui favorisent de rester au public dans ce temps-là. Je comprends ce
qui va arriver.
M. Marissal : Ce n'est
pas simple. Il y a une
partie un peu de pari dans votre affaire, là, que je
souhaite se réaliser.
M. Dubé : Comme on le
souhaite tous, je pense, M. le député.
M. Marissal : Mais il y a
une
partie de pari un peu là-dedans, là. Puis ça, ça répond à la question pour
les médecins non partisans... non participants de façon permanente, ce que
j'appelais non méchamment les défroqués, là, pour qu'on se comprenne bien.
M. Dubé : ...pas la religion
là-dedans si vous permettez, là, c'est...
Le Président (M. Provençal)
: ...
M. Dubé : Ouais. Ouais.
M. Marissal : Oui. Ça
parle, là, tu sais. On comprend. On comprend de quoi il s'agit, ici. Et là, après,
vous dites : Oui, mais ça, tout ça va être appliqué par pouvoir
discrétionnaire de Santé Québec, mais selon les orientations du ministre. Donc,
le ministre étant un terme générique, là, par le gouvernement. Mais vous avez
envoyé des directives assez claires puis vous avez même donné certaines
possibilités maintenant d'envoyer des patients vers le privé, y compris le
privé privé, payé par l'État. Dans votre décret, c'est écrit «par le ministre»,
là, mais on comprend que ce n'est pas vous qui payez de votre poche, là, tu
sais, c'est l'État qui paie. Comment Santé Québec, dans ce dilemme-là, va
devoir se gouverner entre, il faut que je réduise les listes d'attente, parce
que ça, c'est non seulement une orientation, mais c'est le discours politique
que vous tenez, et on comprend que c'est un discours politique parce que des
listes attentes qui débordent, ce n'est pas bon, ce n'est pas bon pour les
patients et ce n'est pas bon pour le gouvernement. Ce n'est bon pour personne.
Comment Santé Québec va se gouverner alors qu'il y a cette obligation de faire
baisser les attentes, y compris en recourant au privé, notamment le privé
privé, mais qu'en même temps il faut garder un minimum de médecins qui vont
pouvoir opérer dans notre réseau public, opérer ou pratiquer. Vous voyez un peu
le dilemme où, par exemple, dans les grands centres, là... Je présume que le
cas se posera moins dans certaines régions, là.
M. Dubé : Je vais
commencer par le... Parce que je reviens souvent sur cette période de
transition, là. Puis quand vous me dites, des fois, qu'il y a un pari, je vous
dirais que, pour moi, il est tout à fait normal, dans une transition qu'on veut
faire d'une si grosse organisation, d'avoir une période qui est raisonnable. Ça
fait qu'alors parlons de ça. Il y a un règlement qui est en préparation, qu'on
pourrait appeler communément l'arrêt Jordan de la santé, là, qui est pour les
cas où le délai est jugé comme déraisonnable. On l'a voté ensemble, cet article-là,
vous souvenez, là, quand on a fait le p.l. no° 15. Moi, je pense que cet
équilibre-là, donc, que vous demandez, il est important. Puis je suis déçu
qu'on ne l'ait pas eu avant, je l'ai dit publiquement. Puis là j'ai vu que Santé
Québec a fait des efforts, là, avec les nouvelles personnes qui sont arrivées.
On va avoir ce règlement-là qui va nous être présenté incessamment, là. J'ai vu
une première version. Pourquoi je vous parle de ça? C'est que Santé Québec a
justement cet équilibre-là à faire. C'est de dire... Je ne sais pas si on...
Est-ce qu'on l'appliquera seulement aux chirurgies ou à quelles... On est en
train de regarder. Parce que c'est beau, faire un règlement, mais il faut qu'il
soit applicable sur le terrain, tu sais. Alors donc, ça, c'est ma préoccupation.
C'est que la journée qu'on va dire, c'est le règlement, il s'applique à partir
de telle date, puis c'est sur combien d'opérations ou listes d'attente que ça
s'applique. D'accord? Je veux juste dire ça.
Moi, je pense que c'est ça qu'on demande à
la Santé Québec comme équilibre. Puis vous l'avez dit parce que... Je vais
essayer de vous donner une réponse courte, mais les Québécois vont sentir que
l'accès s'améliore la journée que les listes d'attente vont baisser. Parce
qu'en ce moment, les Québécois, quand vous leur demandez, puis je sais qu'on
répète souvent ça, est-ce qu'ils sont bien traités une fois qu'ils sont rentrés
dans le réseau? La réponse est oui. Mais ils m'ont dit qu'il y en a qui ont de
la difficulté à rentrer dans le réseau. Puis ceux qui sont sur la liste
d'attente, c'est les premiers qu'on vise de baisser la liste d'attente. Je ne pense
pas que les Québécois vont nous reprocher de dire : Bien, parce qu'on a maintenant
l'arrêt Jordan dans le règlement, de dire qu'il les...
M. Dubé : ...au privé parce
que ça baisse ma liste d'attente. Je voulais... Je ne pense pas que c'est ça
que vous me demandez, mais cet équilibre-là...
Puis je vous donne un exemple très clair.
On a fait des milliers de cataractes dans les deux dernières années. Il y a eu
des choix opérationnels qui se sont faits, que le système privé le faisait très
bien, très rapidement, à bon coût, alors qu'on n'était peut-être pas aussi
efficace dans le réseau public à faire les cataractes. Il y en a qui sont plus
faciles à faire puis il y en a qui sont moins faciles à faire, je ne veux pas
rentrer dans ce débat-là, mais je pense qu'au niveau des cataractes, on a été
capable de baisser énormément les listes d'attente, beaucoup.
• (17 h 10) •
Alors, moi, l'équilibre que vous me
demandez... C'est pour ça qu'on pense que, sur deux ans... Pourquoi qu'on a été
capable de réduire nos listes d'attente pour les chirurgies de plus qu'un an,
là, on les a réduites de 23 000 à 7 000? Moi, je vous dirais, je
pense qu'il nous reste un certain temps où il faut garder cet équilibre-là
entre les CMS privés, remboursés par le gouvernement, que celles qui sont
faites dans le public. Mais où on sera dans deux ans, là? Moi, je pense, c'est
plus qu'un pari, en tout cas, je vous réponds ça comme ça, et c'est... et
c'est... mais je pense que Santé Québec le fait déjà très bien, de trouver cet
équilibre-là. Laissons-leur les leviers pour le faire. Moi, c'est juste ça que
je vous réponds aujourd'hui.
M. Marissal : Oui. Parce que
moi, je vois très bien le point de bascule où Santé Québec va se dire :
J'ai besoin de ces médecins-là au privé puis je vais leur donner une
autorisation, notamment parce qu'ils contribuent à baisser une certaine
partie
des listes d'attente. Mais, ce faisant, il n'y a qu'un bassin de personnel
soignant, de professionnels de la santé. Il n'y a qu'un bassin. Il n'y a pas un
bassin privé puis un bassin public. Il y en a juste un, bassin, puis il se
divise dans deux... dans deux...
M. Dubé : Mais ça, on est
d'accord puis on en a déjà beaucoup parlé. C'est pour ça que c'est important
d'arrêter l'hémorragie aujourd'hui. Je l'ai dit l'autre fois, M. le député,
vous avez raison. Quand il y a des... surtout des médecins... les deux, là, les
omnis, mais particulièrement quand ils partent, ils partent souvent avec du
personnel. Ça fait que c'est pour ça que je pense que c'est important d'arrêter
cette hémorragie-là.
M. Marissal : Je vais prendre
votre réponse pour tout de suite, mais je maintiens qu'il va y avoir une zone
d'équilibre assez complexe pour Santé Québec entre l'opération puis les
objectifs politiques qui sont donnés puisque, puis c'est là où je finis mon
truc, là, de bassin de professionnels de la santé, si tu fais la... si tu
arrives à la conclusion que tu en as besoin de tant au privé dans une région
pour être capable de continuer tes... de baisser tes listes d'attente, ils ne
sont pas au public. À partir de quand tu dis : O.K., non, là, je veux les
envoyer au public? Ça me paraît plus facile de les garder au privé, parce que
le privé va prendre un beat, elle va prendre une cadence...
M. Dubé : Je ne sais pas à
qui j'ai répondu ça l'autre fois, je ne me souviens pas, honnêtement, parce
qu'on en parle beaucoup, là, puis pas uniquement en commission, mais quelqu'un
me demandait c'était quoi, le niveau qui était visé... je me demande si c'était
avec vous, mais j'ai dit : Moi, pour moi, avec du recul, surtout avoir
connu le prépandémie, la pandémie puis le postpandémie, le niveau, au niveau
des chirurgies, c'est 100 000, je vous ai dit ça l'autre fois, mais c'est
un chiffre qui est un peu arbitraire parce qu'on peut avoir
100 000 chirurgies en attente, mais il y en a peut-être encore trop
en Outaouais ou il y en a peut-être encore trop à tel endroit. Ça fait qu'il
faut faire attention. Et c'est là que je pense que la connaissance de Santé
Québec, par rapport à la granularité des régions, est importante. Moi, je vais
vous dire, c'est un chiffre magique dans ma tête, mais il faut le regarder
aussi par région.
Ça fait que je vous donne cet exemple-là,
parce que moi, j'ai parlé... je pense, je vous l'avais dit, j'ai parlé au Dre
Opatrny, qui était là avant le Dr Bergeron, oui, c'est effectivement ici que je
vous ai dit ça, elle m'a dit : Christian, la journée... puis elle est
rendue maintenant la grande... la personne en charge du CUSM, elle m'a
dit : La journée que vous allez être revenus à 100 000, tu vas voir
que ça va être complètement différent, parce qu'on en fait 500 000 par
année. Ça, ça veut dire qu'on roule à peu près aux trois mois, ce qui serait
souhaité pour tout le monde, mais en tout cas, voilà. Mais ça vous donne une
espèce d'ordre de grandeur. Je n'aime pas ça être juste quantitatif, parce
qu'il faut que ça soit qualitatif aussi, mais ça vous donne un ordre de
grandeur de cet équilibre-là qu'on recherche.
M. Marissal : Deux ou trois
autres questions, là, en vrac, là. Jusqu'à quel point un médecin peut changer
de région?
M. Dubé : Pardon?
M. Marissal : Jusqu'à quel
point un médecin peut changer de région? Et comment ça se fait? C'est facile?
Ce n'est pas facile?
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: Dr Bergeron, s'il vous plaît.
M. Dubé : Je vais laisser Dr
Bergeron commencer.
M. Bergeron (Stéphane) : M. le
Président, donc, un, il faut distinguer actuellement les médecins de famille
des médecins...
M. Bergeron (Stéphane) : ...spécialistes
où les régimes sont différents à l'heure actuelle parce qu'on entend parler des
PREM au niveau des médecins de famille qui touchent des gens qui ont jusqu'à un
certain niveau de pratique. Ça fait que votre question pourrait se décliner
dans : Est-ce que je suis un médecin de famille avec moins de 15 ans
de pratique, avec 25 ans de pratique? Donc, il y a des niveaux.
Du côté des médecins spécialistes, ce qui
est actuellement régi, ce sont les postes en établissement. Le hors
établissement ne fait pas l'objet d'une quelconque régulation, à savoir, donc,
par exemple qu'un médecin infectiologue, gastroentérologue, cardiologue
déciderait de partir d'un hôpital universitaire, l'Institut de cardiologie de
Montréal pour dire quelque chose, aller s'établir en Montérégie, Lanaudière ou
autre, dans un cabinet privé public, là. C'est la libre circulation
présentement, là. De la même chose, quelqu'un pourrait travailler dans un
hôpital à Trois-Rivières puis décider d'aller s'établir au centre-ville de
Québec ou de Montréal, à l'extérieur, et ne pas requérir un poste en
établissement, il peut demander à être transféré dans un autre établissement
s'il y a des postes disponibles, mais s'il n'y en a pas, il pourrait établir
son bureau, sa pratique privée, avec castonguette ou sans castonguette, donc,
dans les deux cas, sans qu'il y ait d'autorisation à demander.
M. Marissal : Cela dit, je
pense que les statistiques de rétention à l'Institut de cardiologie sont
excellentes. C'est une excellente institution de Rosemont d'ailleurs qu'on aime
beaucoup. Mais la question subséquente, c'est un médecin qui s'est fait refuser
dans une région x de passer au privé, peut-il juste déménager puis obtenir son
autorisation ou faire une autre demande pour avoir une autorisation dans la
région y? Mettons qu'il se fait dire non en Outaouais parce qu'il y a des
sacrés problèmes d'accessibilité puis qu'il se dit : Bon, bien, tant pis,
je vais aller à Outremont, ça va être pas mal plus facile d'avoir mon
autorisation. Est-ce que c'est possible? Je parle d'un médecin spécialiste.
M. Bergeron (Stéphane) : Oui,
M. le Président, en vertu des actuelles, ce ne serait pas impossible.
Maintenant, on va rappeler que c'est le même organisme qui a à juger de la
situation, que ce soit dans un cas comme dans l'autre, parce que le jugement de
la situation, il n'est pas demandé au P.D.G. de la région, il est demandé à
Santé Québec, puis on en a parlé, à plusieurs reprises, de se doter d'une
vision globale. Donc, c'est le même organisme qui va devoir évaluer les gens.
M. Marissal : Oui, mais,
selon vos critères, là, le médecin qui part de l'Outaouais, là, parce qu'il se
fait dire non, puis qu'il est tanné de pratiquer, là, puis qui s'en va à
Outremont, Santé Québec ne peut pas le punir juste parce qu'il y a le même nom
puis c'est le même gars, là, ça ne fait pas
partie des critères, ça. En tout
cas, je ne pense pas. On ne va pas mettre une étiquette rouge sur cette
personne là en disant : on le suit jusqu'à la fin de sa pratique parce
qu'on lui a dit non une fois, puis il va s'essayer ailleurs. S'il remplit les
critères à Outremont puis qu'il peut partir au privé, je ne vois pas pourquoi
on le punirait.
M. Bergeron (Stéphane) : M.
le Président, jamais dans les moments où j'ai participé à la rédaction de ça,
j'ai été dans une logique punitive, mais dans une logique d'accès au privé,
puis je suis sûr qu'on a la même. Mais donc, ce que vous... ce que mentionne M.
le député est correct, à savoir que l'organisme va devoir refaire l'évaluation
si le médecin change et fait une deuxième demande en appliquant les mêmes
critères, les critères obligatoires de ce... de regarder la situation, puis
également son pouvoir discrétionnaire étendu, c'est-à-dire qu'il peut demander
et considérer tout autre facteur qu'il désire. Mais la logique est toujours la
même. Je pense que l'esprit est quand même... c'est la balance entre : il
ne faut certainement pas compromettre l'accès au système public puis, en même
temps, il faut être en mesure d'utiliser à bon escient le potentiel de ce
médecin-là.
M. Marissal : C'est bon pour
ça. Une dernière question. Dans l'article précédent, on a enlevé «le cas
échéant», vous vous en souviendrez, pour que le médecin remplisse une
justification de sa demande. Je ne vois pas la contrepartie qui est demandée à
Santé Québec. On lui dit : Tu vas évaluer telle, telle, telle chose, mais
je ne vois pas, puis peut-être que je ne regarde pas à la bonne place, je ne
vois pas l'endroit où on dit qu'il doit y avoir une réponse écrite et
justifiée.
Des voix : ...
M. Dubé : Ce ne sera pas là,
on va...
Des voix : ...
M. Dubé : C'est 0.6. Je ne
l'ai pas devant moi, là, parce que je n'ai pas la... mais attendez...
M. Dubé : …je vous laisse en
prendre connaissance, M. le député, là.
M. Bergeron (Stéphane) :
0.6 se lit… 0.6 proposé : «Lorsque Santé Québec refuse d'accorder une
autorisation, elle en avise par écrit le médecin concerné.»
M. Marissal : On va y arriver
à 0.6.
• (17 h 20) •
M. Bergeron (Stéphane) : C'est
ça, on va y arriver.
M. Marissal : Mais ça me
paraît assez minimaliste comme formulation, parce que tu peux envoyer une
réponse qui est non. Tu viens d'aviser la personne.
M. Dubé : Mais on en discutera
à 0,6. O.K.
M. Marissal : Vous êtes
prévenus.
Le Président (M. Provençal)
: Vous êtes en préparation.
M. Marissal : C'est ça?
Allez-y. C'est bon pour moi. Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Mme la députée de Pinière. Et après ça le député de Saint-Jérôme.
Mme Caron : Merci, M. le
Président. Alors, tout ce régime-là est temporaire. Santé Québec a la
responsabilité de l'appliquer en suivant les orientations du ministre, peu
importe, là, quel que soit le niveau hiérarchique de la personne qui va
l'appliquer, peu importe si la personne va regarder, je dirais, d'en haut pour
l'ensemble du territoire, ou juste pour une région sociosanitaire, ou pour le
RLS. Alors, quelle que soit la façon dont l'évaluation va être faite et peu
importe qui fait l'évaluation à Santé Québec, on s'attend à ce que ça prenne
combien de temps faire une évaluation comme ça d'une telle demande?
Des voix : …
Le Président (M. Provençal)
: Dr Bergeron.
M. Bergeron (Stéphane) : M. le
Président. Donc, il n'y a pas de délai de réponse qui a été inscrit à
l'intérieur de cette loi-là. Puis je pense que… la question de Mme la députée
est celle-là. Le délai attendu pour une telle situation… on se rappelle
qu'initialement, quand on fait un simple avis à la Régie de l'assurance
maladie, c'est 30 jours que l'on se donne. Donc, on voit que généralement
ça tourne autour de quelques semaines. Donc, il m'apparaît qu'un délai de quelques
semaines est celui attendu, et pas que ça prenne plusieurs mois à traiter cela,
Mme Caron : Et, bien, en fait,
je posais la question…
M. Bergeron (Stéphane) :
Surtout dans un cadre de régime temporaire de 24 mois, là.
Mme Caron : Bien, exactement.
C'est pour ça que je posais la question parce que c'est un régime temporaire de
24 mois, au maximum, et parce qu'on a dit tantôt que, dans un exemple que
vous avez donné… que ça pouvait être pour une semaine pendant les vacances d'été,
ou… puis je me dis c'est… Et je comprends qu'on veut resserrer, mais c'est
peut-être beaucoup d'efforts longtemps pour une semaine de temps en temps, ou…
Tu sais, si c'était pour quelqu'un qui veut sortir… qui veut être non
participant pour trois mois, six mois, un an, bien, il y a toute cette
évaluation qui se fait. Mais est-ce que… En fait, le but de ma question,
c'est : Est-ce qu'on ne vient pas créer une grosse affaire pour quelqu'un
qui va sortir peut-être une semaine du réseau public pendant l'été ou à un
autre moment de l'année, ou… Est-ce que ça va être efficient?
M. Dubé : Bien, je ne sais
pas, Docteur Bergeron, mais moi… Oui, la responsabilité est à Santé Québec,
mais je pense que le principe de délégation puis que la décision se prenne le
plus proche possible du terrain… elle va être répartie entre tous les
établissements, puis même les régions sociosanitaires. Ça fait que, dans une
région, quand vous allez avoir eu deux, trois, quatre demandes, tu sais, qu'on…
Tout à l'heure, je disais qu'on… du va-et-viens, on en a à peu près 150 dans la
dernière année, là, c'est ça qu'on a présenté, ça fait que ramener ça sur une
base de région sociosanitaire, ça ne fait pas un grand nombre, là.
Mme Caron : Je comprends que
ça ne fait pas un grand nombre. Puis, dans ma question en premier, je
disais : Peu importe l'échelon hiérarchique de la personne qui va gérer
cette demande-là, qui va répondre à cette demande-là, qui va procéder à
l'évaluation, ou peu importe que ce soit au niveau très proche ou plus haut,
c'est la durée de l'évaluation, même s'il n'y a pas de délai de dire : On…
ce n'est pas… pas une question, là, de… on vous donne deux semaines ou quatre
semaines pour répondre, mais c'est juste que je me dis : Il y a quand même
un travail sérieux à faire pour faire cette évaluation-là. Est-ce qu'on va
traiter de la même manière quelqu'un qui veut sortir, qui veut être non
participant pour une semaine en été pour pouvoir continuer de travailler à
temps plein?
M. Dubé : Versus une absence
de deux ans, là…
Mme Caron : C'est ça, si
quelqu'un… tu sais, on passe à travers tout ce processus-là pour s'absenter
trois mois, six mois, ça m'apparaît tout à fait raisonnable, mais, pour
quelqu'un qui veut sortir juste pour une semaine, il me semble que ça fait…
c'est un gros… un gros processus pour...
M. Dubé : Je vais laisser le
docteur Bergeron, s'il vous plaît, mais une…
M. Dubé : ...chose que je
vous dirais : N'oubliez pas qu'ici un des objectifs de cette partie-là du
projet de loi, c'est d'éviter le va-et-vient. Ça fait que, pour moi, je pense
qu'il y avait... il y a un grand irritant de la faç