Labour and the Economy — 6 May 2021 (42nd Legislature, 1st Session)
CET 2021-05-06
Quebec — Committees
M. Fitzgibbon :
Pas sous mon radar.
M. Leitão :
Excusez-moi?
M. Fitzgibbon :
Ce n'est pas sous mon radar.
M. Fitzgibbon :
On va regarder. Je n'ai pas de réponse à vous donner sur ça.
M. Leitão :
Très bien. Alors, je vous soumets... c'est quelque chose à y penser, surtout
avec vos collègues de l'Ontario, parce qu'en effet, si... parce que c'est le
12 mai que... qui est très bientôt, là, la semaine prochaine, que l'État
du Michigan, donc, menace de faire arrêter ce pipeline-là, et ça pourrait avoir
des répercussions rapides sur l'économie ontarienne, sur l'économie québécoise
en ce qui concerne l'approvisionnement en pétrole brut. Alors, c'est quelque
chose à regarder, et donc ce serait important de le faire.
Maintenant,
restons avec l'énergie. Et donc, hier, on parlait d'énergie, d'électricité,
d'hydroélectricité. M. le ministre, vous aviez aussi parlé, à la toute
fin de vos propos hier, d'hydrogène, et, oui, en effet, il y a tout un
engouement pour cette énergie-là. Ce n'est
pas nouveau, on la connaît depuis déjà un certain temps, même un temps certain,
mais aussi, de ce que j'ai vu dans le
budget de votre collègue le ministre des Finances, bien, il n'y avait pas de...
les montants dédiés à ça dans le budget sont minimes.
Alors, est-ce que
vous pouvez élaborer un peu plus sur quelle est la stratégie du gouvernement en
ce qui concerne l'hydrogène? L'hydrogène
vert, je vais bien le dire, parce qu'il y a toutes sortes d'hydrogènes. Mais
l'hydrogène vert, qu'est-ce que... où est-ce qu'on s'en va avec ça?
M. Fitzgibbon :
On va laisser le bleu à l'Alberta. Nous, on va prendre le vert. Effectivement,
il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup
d'efforts qui sont faits dans ce sens-là. Personnellement, le dossier est... La
stratégie de l'hydrogène est pilotée par mon collègue à l'Énergie. Par
contre, le MEI est très impliqué, parce qu'il va requérir du financement pour
ces projets-là. Alors, si vous... voyez dans les budgets, c'est parce que ce
n'est pas de la subvention, c'est des initiatives importantes qu'on prend.
Celle que nous avons annoncée avec Enerkem sur le plus gros électrolyseur qui va se faire, à 87 mégawatts, se fait à
Varennes dans le contexte d'Enerkem pour la production efficiente de bioénergie
avec la biomasse, entre autres, et les résidus industriels. C'est un projet
qu'on a travaillé étroitement, mon collègue, M. Bahan,
et moi avec Mme Brochu, d'Hydro-Québec. C'est un projet, comme vous savez,
qu'Hydro-Québec va piloter,
mais qui est intégré totalement dans la filière Enerkem. On a aussi travaillé
avec Air liquide, qui a un électrolyseur à Bécancour, et on a plusieurs autres
projets, parce que de toute évidence l'hydrogène vert va avoir un intérêt dans
le monde, et le fait que nous ayons des sources hydroélectriques importantes
permet cette relation-là.
Maintenant
aussi, il faut voir... Moi, je regarde beaucoup l'utilisation interne au Québec
des sources énergétiques. Pour moi, c'est très important. Donc, c'est...
faire l'hydrogène, c'est une chose... On aimerait ne pas l'exporter, on
aimerait pouvoir bénéficier d'hydrogène vert pour pouvoir activer certains
créneaux. Donc, clairement, la filière du transport électrique ou transport à
énergies non fossiles va passer en
partie par l'hydrogène. Je pense que la
longue durée et la puissance vont probablement être mieux servies par
l'hydrogène que par l'électricité. Donc, c'est central à notre gouvernement. On
a démontré déjà des sommes importantes qui ont été investies, nous allons
continuer, et Mme Brochu et le ministre de l'Énergie sont actifs pour nous
recommander une stratégie qui va être intégrée avec notre déploiement au MEI.
M. Leitão : Très
bien, merci. Parce qu'évidemment ça requiert une stratégie
gouvernementale globale, surtout en termes de priorisation, en termes de
pensée stratégique en ce qui concerne l'utilisation de l'hydroélectricité. Nous
avons nos fameux surplus d'hydroélectricité.
Mais, quand on commence à voir, donc, les possibilités qui se présentent
à nous de pouvoir faire différentes choses
avec cette hydroélectricité, bien, les surplus vont disparaître assez
rapidement. Donc, il va falloir faire des choix, il va falloir avoir une
stratégie globale.
Donc,
de votre point de vue, plusieurs de vos collègues, évidemment, sont actifs dans
ce dossier aussi, l'Énergie, l'Environnement et tout. Mais, selon vous,
là, quand on regarde l'électricité... On avait parlé brièvement hier, bon, les
bitcoins, tout ça, bon, mais ce type d'utilisation; il y a aussi toute notre
politique d'électrification des transports, donc on va multiplier, là,
l'utilisation de l'électricité pour le transport; et il y a aussi
l'exportation, l'exportation vers les États-Unis, et même éventuellement vers
les provinces voisines. Alors, dans votre approche, en tant que ministre de l'Économie, je pense et j'espère que vous allez
avoir un rôle important à jouer quand
le moment arrivera de... vraiment,
là, d'y penser stratégiquement, qu'est-ce qu'on fait avec l'électricité. Alors,
vous, comment vous voyez ça? Quelles devraient être les priorités, à votre
avis, pour la filière électrique?
M. Fitzgibbon :
Je suis totalement d'accord avec vous que nous devons avoir une vue long terme
du bassin hydraulique que nous avons de disponible et de compenser avec des
sources alternatives vertes d'énergie, dont l'éolienne — on en
a parlé un peu hier — le
biocarburant — on
travaille très fortement sur cette possibilité-là avec le ministère de l'Agriculture, le ministère
de l'Énergie. Mme Brochu, d'Investissement
Québec, est très, très
sensible à ça, je lui en parle régulièrement, et nous avons décidé de créer une
espèce de comité qui va être dirigé par le ministère de l'Énergie, comme
il se doit, mais mon collègue, M. Bahan, et moi allons être impliqués,
parce que nous sommes ceux qui voient en avant les projets industriels qui s'en
viennent, puis je dois avouer, de façon assez heureuse et optimiste, qu'il y a
beaucoup de projets.
Je pense que le
Québec devient de plus en plus attractif. Donc, il faut vraiment canaliser ces
projets-là, et moi, je pense qu'il faut prioriser sur la création de richesse
au Québec. Oui, on peut exporter, oui, on peut faire des centres de données, oui, on peut faire du bitcoin,
on peut faire un paquet d'affaires, mais il faut regarder, à un moment
donné, s'il va y avoir une limitation, comment on crée de la richesse ici pour
encourager nos entreprises québécoises à utiliser ces sources d'énergie.
Alors,
c'est un projet qui est piloté par le ministère de l'Énergie avec Hydro-Québec,
c'est sûr, mais le ministère de
l'Économie va être activement impliqué pour aider à... La clé, c'est de
déterminer quel va être le filtre. On travaille souvent sur ça avec
M. Bahan. C'est quoi, le filtre décisionnel? Il faut regarder la création
de richesse, bon, c'est un terme assez générique, là, mais il faut aller plus
en détail que ça.
est conscients que ce n'est pas l'enjeu aujourd'hui, parce qu'il y a deux
enjeux, la production hydroélectrique puis la distribution, hein, c'est deux
enjeux différents. Puis il y a des enjeux de distribution présentement, il y a
des régions peut-être qui n'ont pas assez de connexions, ça, on va
adresser ça, mais il y a aussi l'enjeu de la production. À un moment donné, si on... Puis il y a toute la
question de la puissance, non-puissance, là, qui va aussi complexifier
l'utilisation de différentes sources d'énergie.
Donc, pour
une longue réponse, une courte question, le ministère de l'Économie va être
impliqué, définitivement.
M. Leitão : Bien, c'est très
bien. Et, regardez, nous nous sommes beaucoup taquinés ces dernières heures, hier, aujourd'hui et même avant avec mon collègue député de Nelligan,
on s'est un peu taquinés, M. le ministre. Mais, vraiment, je vous encourage fortement à prendre un
rôle de leadership dans ce dossier-là à l'intérieur du gouvernement. Ce n'est pas une question personnelle, là, je ne
veux pas dénigrer votre collègue de l'Énergie, pas du tout, ce n'est pas ça,
l'objectif, mais je pense qu'il nous faut quelqu'un qui a... un ministère qui
a... un ministre qui a une vue d'ensemble sur les priorités pour le Québec, et
donc, moi, je pense que c'est le ministère de l'Économie, et donc le ministre
de l'Économie qui devrait jouer un tel rôle,
parce que, même si en effet nos surplus d'électricité semblent être importants,
et ils le sont, mais, au rythme où on va, au
rythme où on pourrait aller, ça va quand même se réduire assez rapidement.
Et puis l'éléphant dans la pièce qu'on ne
mentionne pas souvent au Québec, mais je pense qu'on devrait mentionner ça
aussi, et ça, c'est quelque chose... que votre ministère aussi doit jouer un
rôle important, bon, c'est le contrat avec
nos voisins de Terre-Neuve, qui va quand même arriver à échéance, ce n'est
pas... Le long terme devient de plus en plus proche, là, et donc,
écoutez, une vingtaine d'années, ce n'est pas si long que ça quand on regarde
les projets à long terme, et ça, c'est très important aussi, donc il faut qu'on
regarde ça. Alors, si on pouvait avoir une présence économique autour de la
table, je pense que ça serait extrêmement important.
M. Fitzgibbon : Oui. Écoutez,
je n'irai pas dans le détail de 2041, parce que vous avez raison, c'est... pour
des fins de discussion de sources énergétiques, c'est très court terme... 41.
Mais l'enjeu principal aussi, ça va être le coût
du mégawatt, puis ça, c'est un enjeu qui est... Je n'ai pas encore tous les
renseignements, mais c'est clair que mon collègue, M. Bahan, va
être impliqué aussi là-dedans.
M. Leitão : Quelque chose me
dit que votre sous-ministre connaît un peu ce dossier-là, un peu.
Bon. J'avais dit en partant qu'on allait aller
un peu dans toutes les directions. Il y a encore cinq... six minutes. Voilà. Alors,
on va aller dans une autre direction, mais qui n'est pas loin de ce qu'on
parle, on parle d'énergie. Alors, parlons aussi un peu d'aluminium vert,
surtout aluminium vert. Bon. Le gouvernement a récemment investi, je pense — c'était quoi? — 20 millions de dollars de plus dans le
projet Elysis, c'est ça, de Rio Tinto, Alcoa, et tout ça au Saguenay.
Là, maintenant, il semble y avoir... Il semble
qu'on serait rendu à un moment, à un point, dans ce projet-là, à un point, je
ne dirais pas critique, mais à un point important. Il me semble qu'il n'y a pas
vraiment de décision qui a été prise quant à la suite des choses pour ce
projet-là. Donc, il y a... à mon avis, il me semble y avoir un certain risque
que cette technologie, que ce projet-là puisse être déplacé ailleurs. Alors,
comment est-ce que vous voyez ça? Parce que, pour moi, ça, c'est critique non
seulement pour le Québec, bien sûr, on en a déjà investi beaucoup dans ce projet-là,
mais bien sûr pour le Saguenay—Lac-Saint-Jean.
M. Fitzgibbon : Premièrement,
je ne pense pas qu'il y a un risque que ça se déplace, sauf qu'il faut
comprendre la genèse du projet. C'est Rio Tinto et Alcoa, évidemment,
qui ont conçu ça. Ça a commencé dans les laboratoires d'Alcoa à Pittsburgh pour
la création des anodes inertes, production qui est faite aux États-Unis, qui va
demeurer là. Les deux partenaires ont choisi
le Québec pour des raisons assez évidentes, choisi le Saguenay, avec cinq
alumineries, ont trouvé que c'était le centre, le coeur, le coeur fort
de l'Amérique du Nord, donc. Et ça, ça a été... la phase I-a, je devrais dire,
a été commencée en 2018, et nous avons mis 20 millions additionnels, le
fédéral va mettre le même montant pour la phase, je dirais, I-b. Le consortium
a décidé d'augmenter l'étendue du travail de la phase I pour dérisquer la
période précommerciale. On a profité du fait que nous injections un
autre 20 millions de dollars pour resserrer
un peu l'entente, et ce qu'on a obtenu comme gain principal, c'est que les
sous-traitants québécois, du Sa