House Proceedings — 31 March 2026 (43rd Legislature, 2nd Session)
2026-03-31
Quebec — Debates (Hansard)
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) :
Mmes, MM. les députés, avant d'entreprendre
nos travaux, nous allons nous recueillir quelques instants.
Je vous remercie.
Vous pouvez vous asseoir.
M. le leader adjoint
du gouvernement, pouvez-vous nous indiquer...
M. Lévesque
(Chapleau) : Oui, merci beaucoup, Mme
la Présidente...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Bien, en fait, vous étiez debout. Est-ce que vous
aviez fait une intervention? Parce que je peux y aller. Parce qu'on
reprend le débat, alors...
M. Lévesque
(Chapleau) : Bien, allons-y, reprenons le débat à l'article 2, s'il
vous plaît.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : C'est ça. Alors, l'Assemblée reprend le débat
ajourné le 26 mars 2026 sur la motion de report présentée par Mme la
députée des Mille-Îles dans le cadre de l'adoption du principe du projet de loi
n° 1, Loi constitutionnelle de 2025 sur le Québec.
Avant de céder la
parole au prochain intervenant, je vous indique qu'il reste
30 min 3 s au groupe parlementaire formant l'opposition
officielle.
Et je suis prête à
céder la parole à un élu de l'opposition officielle. Mme la députée de
Robert-Baldwin, à vous la parole.
Mme Garceau :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Bon matin à toutes et à tous. C'est à
mon tour de m'exprimer sur l'importance, Mme la Présidente, de voter en faveur
de notre motion, celle présentée par ma collègue la députée de Mille-Îles, afin de repousser le projet de constitution
caquiste intitulé la Loi constitutionnelle de 2025 sur le Québec.
Je veux commencer par
faire écho aux propos de mon collègue le député de l'Acadie lorsqu'il a
questionné... lorsqu'il questionne, je m'excuse, à quelle commission le député
de Chapleau a assisté, car je peux vous confirmer que le seul consensus qui a pu être dégagé des consultations sur le
projet de loi n° 1 a été celui que le ministre de la Justice
devait retirer son projet de loi au complet et recommencer à zéro en consultant
réellement la population québécoise.
Une chose est
certaine, Mme la Présidente, durant tout le processus des consultations
générales qui se sont déroulées pendant
quatre semaines, lors duquel nous avons entendu 200 groupes de femmes, de
médecins, d'organismes communautaires, de juristes, d'experts, les
grands chefs, chefs et représentants des nations autochtones, citoyens et
citoyennes, la grande majorité contestait vivement ce projet de loi en exigeant
le retrait complet du projet de loi n° 1, puisque diverses dispositions
portent sérieusement atteinte aux principes de la primauté du droit, à la
séparation des pouvoirs, à la fonction
juridictionnelle des tribunaux, à l'accès à la justice, à la protection des
minorités, au droit des peuples autochtones et à la protection du droit
des femmes à l'avortement. Tel que mentionné par plusieurs groupes, le projet
de loi n° 1 découle d'un processus vicié et contient des principes violés.
Ce que je retiens en
particulier, Mme la Présidente, du processus de consultation sur ce projet de
loi est l'intensité de la vive contestation des groupes et des individus en ce
qui a trait au processus choisi par le gouvernement caquiste pour l'adoption
d'une loi constitutionnelle québécoise décrite comme étant la loi des lois, tel
que prévu à l'article 1 du projet de
loi. Au lieu d'être une loi rédigée par le peuple pour le peuple afin de
protéger les droits fondamentaux de toutes les Québécoises et de tous
les Québécois contre des abus de pouvoir du gouvernement, nous nous retrouvons
devant un projet de loi rédigé par le gouvernement caquiste à huis clos pour
les intérêts du gouvernement caquiste et pour l'augmentation des pouvoirs du
gouvernement, particulièrement au nom de la souveraineté parlementaire, et ce,
Mme la Présidente, je vais dire, pour des fins purement électoralistes.
Tel que mentionné par
plusieurs groupes, incluant les professeures de la faculté de l'Université de
Montréal Me Noura Karazivan et
Me Martine Valois le projet de loi n° 1 s'inscrit en faux
avec la norme quasi universelle qui encadre les réformes
constitutionnelles dans toutes nations démocratiques. Cette norme impose que le
gouvernement introduise longtemps en avance
le projet de loi ou la réforme constitutionnelle, qu'il consulte la population,
la société civile et les autres
parties en amont. Le processus unilatéral choisi par le gouvernement caquiste
entrave la légitimité de la consultation et la légitimité de son
contenu.
plus, tel que mentionné par plusieurs groupes, incluant la Ligue des droits et
libertés, et je cite, «le projet de loi n° 1 est une menace à la
démocratie, à l'État de droit et aux droits humains.» La rédaction et
l'adoption d'une... d'une constitution sont un acte juridique majeur, dans la
vie d'une collectivité, qui doit impliquer la participation pleine et entière
de la société civile et de l'ensemble de la population. D'ailleurs, plusieurs
groupes ont également constaté qu'aucun critère reconnu en droit international
pour l'adoption d'une constitution légitime n'a été respecté par le
gouvernement dans le contexte de l'élaboration et du dépôt du projet de loi n° 1,
notamment ceux établis par le Haut-Commissariat des droits de l'homme des Nations
unies.
De plus, dans les
derniers jours, nous avons appris que plus de 800 groupes de la société
civile ont demandé le retrait pur et simple du projet de loi. L'ONU est venue,
la semaine dernière, lever un drapeau rouge sur les agissements du ministre
avec son projet de loi. En décembre dernier, Mme la Présidente, le
chapitre
québécois de la Commission internationale de juristes Canada a saisi l'ONU de
se pencher sur le projet de loi puisque, selon eux, le projet de loi est
liberticide et dangereux pour plusieurs groupes minoritaires. Selon le Comité
des droits de l'homme, le ministre de la Justice, et je cite, «s'apprête à
violer les droits des minorités culturelles et linguistiques et de violer des
droits des autochtones». Selon le comité, le gouvernement devrait assurer que
l'étude du projet de loi soit menée de façon inclusive et transparente,
assurant une participation publique large et significative à toutes les étapes
du processus.
Le rapport de la
commission des droits de la personne des Nations unies dit d'ailleurs, et je
cite : «La commission s'inquiète de certaines dispositions qui pourraient
permettre au Québec, dans certaines circonstances, de ne pas se considérer lié
par certains engagements internationaux pris au niveau fédéral.»
Ces constats ne sont
pas étonnants, Mme la Présidente, pour ceux et celles qui sont venus en
commission parlementaire et qui ont écouté les nombreux groupes et les
individus lors des consultations générales puisque les mêmes préoccupations ont
été soulevées.
ce qui a trait aux consultations, Mme la Présidente, et tel que souligné par
mon collègue le député de l'Acadie, si nous n'avions pas insisté, lors
du dépôt du projet de loi, d'élargir le processus usuel des consultations
particulières, nous n'aurions pas eu de
consultation générale. Le ministre de la Justice se serait contenté d'entendre,
quoi, une dizaine, une vingtaine de groupes, et il aurait jugé avoir
assez consulté pour faire adopter un projet de loi aussi important qu'une
constitution.
Or, Mme la
Présidente, même si nous avons finalement eu des consultations générales, cela
ne peut pas venir compenser pour le manque important de consultation de la part
du ministre en amont de la rédaction de son projet de loi. En effet, ce n'est
pas en accordant, Mme la Présidente, 30 minutes à chaque groupe que l'on
permet la réflexion en profondeur nécessaire pour ce genre d'exercice aussi
important. D'ailleurs, dans bien des cas, des groupes avaient moins de 30 minutes. On devait partager ce
temps avec un ou d'autres groupes sans leur consentement, et, malheureusement,
encore une fois, une étude en profondeur d'un projet de loi aussi important
aurait été négligée au nom du besoin du ministre de la Justice d'accélérer le
processus.
il n'y a pas que le besoin de vitesse du ministre de la Justice qui a nui à
l'efficacité des consultations, il y a eu aussi sa décision d'inclure
l'article 29 sur l'avortement dans ce projet de loi. Quelle déception,
particulièrement pour toutes les femmes du Québec et celles qui
défendent au quotidien les droits des femmes à l'avortement, et, en tant que porte-parole de l'opposition officielle en matière
de la condition féminine, et considérant les consultations, Mme la Présidente,
qui ont été menées au sujet de légiférer en matière d'interruption volontaire
de grossesse il y a à peine trois ans par l'ancienne ministre de... responsable
de la Condition féminine, il était... c'était totalement incompréhensible
d'insérer l'article 29 en 2025 suite au
débat qui a eu... qui a eu lieu à peine il y a trois ans. On a replongé, Mme la
Présidente, des femmes dans un débat complètement inutile sur la place
publique, un débat qui était clos.
L'ancienne
ministre responsable de la Condition féminine, Mme la Présidente, à l'époque,
et là on parle de 2023, avait évoqué les mêmes motifs, les mêmes motifs
que le ministre de la Justice, il a énoncés, depuis le dépôt du projet de loi,
afin d'inscrire l'article 29 au dit projet. Notamment, on a parlé... le
revirement de la décision, en 2022, aux États-Unis, de Roe v. Wade, et les
motions et les projets de loi qui ont été déposés au niveau fédéral pour
limiter ou criminaliser le droit à l'avortement. Après de vastes consultations
qui ont eu lieu en 2023 et 2024 sur les préoccupations de la ministre ou
l'ancienne ministre de la Condition féminine avec plusieurs organismes de
femmes et d'experts...
d'ailleurs, Mme la Présidente, je souhaite préciser... je dois préciser que
plusieurs des groupes que la ministre, l'ancienne ministre de la
Condition féminine avait consultés en 2023‑2024 sont venus en commission
parlementaire entre le 4 décembre et le début du mois de février, que ce
soit le Barreau du Québec, le Conseil du statut de la femme, la Fédération du Québec pour le planning de
naissance, et j'en passe. Et, considérant la vive contestation de tous ces
groupes à l'époque, incluant une lettre ouverte signée par
402 médecins, l'ancienne ministre de la Condition féminine avait
finalement pris la bonne décision de renoncer à légiférer sur le droit à
l'avortement, et elle avait procédé à intégrer certaines recommandations des groupes consultés liées aux divers
obstacles à l'accès à l'avortement dans un plan d'action gouvernemental
sur l'accès à l'avortement 2024 à 2027 visant à améliorer l'accès et
contrer la désinformation.
Donc, devant ce
constat, Mme la Présidente, la question qui se pose est la suivante :
Comment se fait-il que le ministre de la
Justice a non seulement procédé à inscrire l'article 29 dans le projet de loi n° 1, mais jusqu'à tout récemment, et ça, c'était le
20 février dernier, il a persisté à maintenir l'article 29 à l'étude,
malgré les cris du coeur unanimes, et on... je vais le répéter, unanimes
de tous les groupes et les organismes de femmes et d'experts lui demandant à
tout prix de retirer l'article 29. On a
dû, même... Il y avait un dépôt d'une motion d'un parti de l'opposition. Et
évidemment, nous, au Parti libéral, nous avions déposé ou fait une demande de
séance de travail en commission parlementaire exigeant le retrait de
l'article.
Un vrai allié des femmes, Mme la Présidente, et
des groupes féministes n'aurait jamais posé le geste d'inclure
l'article 29 dans le projet de constitution. Plusieurs groupes et
organismes de femmes qui défendent le droit des femmes au
quotidien, comme la Fédération du Québec pour le planning des naissances, ont
dû mettre de côté pendant au moins quatre mois pour refaire la leçon au
gouvernement caquiste sur les dangers de légiférer sur l'avortement.
pour couronner le tout, le rapport sur l'étude de l'état des lieux du mouvement
contre l'avortement au Québec, mené en partenariat avec la FQPN et
financé par le Secrétariat de la condition féminine, a été déposé au début du
mois de décembre dernier, une étude qui
s'inscrit dans le cadre du plan d'action du gouvernement de 2024 pour améliorer
l'accès aux soins... aux services
d'avortement. On parle, Mme la Présidente, d'une étude qui a duré quand même
deux ans sur la progression des mouvements antichoix et leurs tactiques
d'infiltrer les organismes prochoix pour continuer leur désinformation auprès
des femmes et, malheureusement, auprès de jeunes femmes. Cette étude documente
la diversité des acteurs et des actrices et
des stratégies mobilisées pour restreindre l'accès à l'avortement en situant
ces dynamiques dans leur contexte communautaire, numérique et
institutionnel.
La première
recommandation qui découle de ce rapport, Mme la Présidente, est de ne pas
légiférer en matière d'avortement. Pourquoi? On va se poser la question. Parce
que d'inscrire l'avortement dans un texte de loi crée une brèche juridique dont
les mouvements antichoix se serviront pour entamer des procédures judiciaires
afin de restreindre graduellement ce droit,
notamment en introduisant des exceptions, des limites de gestation et des
conditions particulières.
Malgré les
conclusions de cette étude, qu'a fait le ministre de la Justice? On parle ici
du début du mois de décembre 2025. Il a continué. Il a continué à insister sur
le maintien de l'article 29 et ce, Mme la présidente, je vais le
mentionner, au détriment des droits des femmes.
La vraie menace à la
protection du droit à l'avortement est l'article 29, une disposition
législative dont les mouvements antichoix attendent depuis longtemps. Le
ministre est en train d'ouvrir la boîte de Pandore, d'instiguer un recul sur le
droit des femmes, et ce, en toute connaissance de cause. Le ministre a
inutilement ravivé un débat qui a replongé
les femmes, au Québec, dans l'incertitude et dans l'angoisse. Complètement
inacceptable, Mme la Présidente, et il faut le dénoncer.
que mentionné par une jeune femme de 31 ans lors de nos consultations
générales, Mme Anne-Marie Gagné, et je la cite, depuis le
dépôt de ce projet de loi, on n'a jamais parlé autant du droit à l'avortement.
Elle et ses amis et collègues n'ont jamais
pensé qu'elles se retrouveraient dans cette situation en 2026, dans un combat
pour assurer leurs droits, en tant que femmes et en tant que jeunes
femmes, d'être libres de choisir le moment d'interrompre volontairement une grossesse. Face au combat sur la protection du
droit à l'avortement remis sur la place publique par le ministre de la Justice,
l'angoisse et l'état de découragement des femmes qui sont venues en commission
étaient palpables.
Malgré, Mme la
Présidente, le soulagement des femmes, au Québec, suite à l'annonce du
ministre, le 20 février dernier, qu'il était pour, finalement, et je le
répète, finalement, retirer l'article 29, il n'empêche que la frustration
et colère demeurent présentes pour les
femmes, surtout celles qui ont dû se mobiliser à deux reprises pour dénoncer
les actes de deux ministres qui font
partie du même parti, même
gouvernement, afin de protéger le statu quo en ce qui a trait au droit des
femmes à l'avortement au Québec.
Geneviève Bois, qui est présidente du Collège québécois des médecins et médecin
en clinique d'avortement, a fait
partie de ces deux mobilisations contre
l'intention du gouvernement de légiférer en matière d'avortement. Lors de son
passage en commission parlementaire, Dre Bois a précisé, et je la cite,
qu'une
loi sur l'avortement est une loi contre l'avortement.
Lors de son entrevue
suite à l'annonce du ministre, qu'il était pour retirer l'article 29,
Dre Bois a dit se sentir une sensation de futilité puisque ce temps et
cette énergie des derniers mois auraient pu être consacrés aux véritables enjeux en matière d'avortement, soit l'accès, et
je la cite : «Le nerf de la guerre, ce n'est pas le droit, c'est vraiment
l'accès.»
De nombreuses femmes
sont encore freinées par les obstacles logistiques, financiers et
informationnels sur l'avortement. Si le ministre veut réellement protéger le
droit des femmes à l'avortement, qu'il les écoute et que ce gouvernement mise
leurs efforts, énergie et financement sur les vrais obstacles, tels que
mentionnés par Dre Bois et plusieurs groupes de femmes. Il faut augmenter
et faciliter l'accès aux services d'avortement et aux autres services en santé
sexuelle et reproductive, particulièrement en région. Il y a beaucoup de
travail à faire.
Tel que mentionné,
Mme la Présidente, par plusieurs organismes féministes, l'inégalité
territoriale sur l'accès aux services d'avortement continue d'être un enjeu
important. Or, il suffit de rappeler le cas de la semaine dernière, de Rose
Gervais, qui a fait l'objet d'un reportage, puisqu'en Gaspésie il y a un point
de service, à l'hôpital de Gaspé, et c'est une fois par semaine, le mercredi.
Cependant, lorsqu'une grossesse dépasse 12 semaines et six jours, on doit aller ailleurs. Et malheureusement ce fut le cas de
Mme Gervais, qui, à 13 semaines de grossesse, est allée pour son
échographie, et on lui a annoncé la nouvelle déchirante que sa grossesse
était non viable. Donc, on fait quoi avec cette décision tragique pour une
jeune femme qui, là, doit avoir un avortement, mais là, où? Et on le mentionne
dans le reportage, que, malheureusement,
Québec, il n'y avait... il y avait des délais. Et ça aussi, c'est un autre
problème, en ce qui a trait à l'accès, au Québec, aux services d'avortement,
c'est les délais. Et donc le seul choix disponible pour cette jeune femme était
de faire un parcours de 900 kilomètres pour obtenir l'avortement à
Montréal. Elle mentionne, lors de son entrevue, Mme la Présidente, et je crois
qu'il faut, à ce stade-ci, le préciser parce que, comme j'ai mentionné, il y a
beaucoup de travail à faire, et... est-ce qu'on peut, s'il vous plaît, mettre
nos énergies et nos efforts pour améliorer l'accès des services en avortement
en région pour éviter que d'autres Rose Gervais subissent le même sort? Elle
l'a mentionné, qu'est-ce qu'elle a vécu : c'était inimaginable et c'est
des moments qui vont marquer sa vie pour toujours.
Il y a eu une multitude de
dispositions, Mme la Présidente, dans ce projet de loi, qui menacent de façon
fondamentale notre État de droit et
affaiblissent les droits fondamentaux des Québécoises et des Québécois. Oui, on
a retiré l'article 29, mais
cependant il faut aller beaucoup plus loin. Et j'aimerais, à ce stade-ci, vous
lire quelques extraits du communiqué de... communiqué de presse de la Ligue des droits et libertés, publié le 20 février dernier suite à
l'annonce du ministre du retrait de l'article 29, et je cite :
«À la suite de l'annonce par le ministre de la Justice du retrait de
l'article 29 portant sur le droit à l'avortement dans le projet de loi n° 1
sur la Constitution du Québec, la Ligue des droits et libertés tient à affirmer
sans équivoque que cette décision ne rend aucunement ce projet de loi plus
acceptable. Le projet de loi n° 1 n'est pas amendable et doit être retiré
dans son intégralité. Les critiques formulées depuis les derniers mois à
l'endroit du PL n° 1
dépassent largement la question du droit à l'avortement. Des centaines
d'organisations, syndicales, féministes, communautaires, de défense
collective des droits et des droits humains, dont Amnistie internationale et la
Ligue des droits et libertés, le Barreau du Québec, la Commission des droits de
la personne et des droits de la jeunesse et plusieurs autres, ont exprimé leur
opposition de fond à ce projet. L'adoption du projet de loi n° 1
constituerait le plus grand recul pour les droits humains au Québec depuis un
demi-siècle. Elle provoquerait un affaiblissement sans précédent des contre-pouvoirs de l'État de droit, de la démocratie
et de la charte québécoise des droits et libertés de la personne, dont nous
célébrons le 50e anniversaire. Ce
projet de loi représente également une négation manifeste du droit à
l'autodétermination des peuples autochtones.»
La gravité des enjeux
soulevés par le projet de loi n° 1 a mené à plusieurs groupes à porter ce
dossier sur la scène internationale, comme j'ai mentionné, et évidemment le
rapport de la commission de... des Nations unies.
Il convient de
rappeler que le ministre était déjà... et ça, il faut le souligner, Mme la
Présidente, le ministre de la Justice était
déjà bien au fait de l'opposition de nombreuses organisations à la disposition
prévue à l'article 29 sur le droit à l'avortement, avant de l'insérer dans
le projet de loi. Le fait qu'il soutienne avoir été convaincu par des arguments
portés à sa connaissance durant les consultations relève d'une stratégie pour
se présenter comme un ministre à l'écoute de la population. Pourtant, de
nombreux groupes dénoncent le caractère bâclé et antidémocratique des
consultations générales sur le projet de loi
n° 1, le peu de temps imparti, le regroupement... le
regroupement illogique et arbitraire des intervenants ou encore l'attitude de
certains députés à l'égard des invités qui viennent se prêter à cet exercice
démocratique.
Je vais citer un des
derniers extraits : «Le retrait d'un seul
article ne saurait rendre
acceptable le projet de loi n° 1,
qui constitue l'attaque la plus importante au régime québécois de protection
des droits humains depuis l'adoption de la Charte des droits et libertés
de la personne, il y a un demi-siècle.»
Je pourrais vous
parler, Mme la Présidente, pendant de nombreuses heures en ce qui a trait à l'absence
de reconnaissance formelle des communautés anglophones ou bien de l'absence de
considération et de consultation auprès des nations autochtones. Je pourrais
aussi vous parler de l'article 5 de la
Loi sur l'autonomie
constitutionnelle qui vient priver les villes, les universités et les autres
organismes publics de leur capacité de contester devant les tribunaux les lois
que le Québec... les lois que le gouvernement du Québec jugerait comme étant
protectrices de la nation québécoise, même si celles-ci viennent leur nuire.
À cet effet, il ne
faut pas oublier l'article 4, qui préoccupe également...
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) :
Mme la députée, votre temps de parole est
terminé. Donc, cela met fin au débat restreint de deux heures sur la
motion de report présentée par Mme la députée des Mille-Îles dans le cadre de
l'adoption du principe du projet de loi n° 1, Loi constitutionnelle 2025
sur le Québec.
Je vais mettre aux
voix... Oui?
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Donc, qu'on appelle les députés. Une demande de
vote électronique.
Je vais suspendre les
travaux quelques instants, le temps que les députés viennent en Chambre.
(Suspension de la séance à
10 h 33)
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Donc,
nous allons... MM., Mmes les députés, je vais mettre aux voix la motion,
qui se lit comme suit :
«Que la motion en discussion
soit modifiée en retranchant le mot "maintenant" et en ajoutant, à la
fin, les mots "dans 12 semaines".»
Donc, le vote est
maintenant ouvert.
Le vote est
maintenant terminé. M. le secrétaire général, pour le résultat du vote.
Secrétaire : Pour : 21
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Donc, la motion est rejetée.
L'Assemblée
poursuit donc le débat sur le projet de loi n° 1, Loi constitutionnelle de 2025 sur le Québec. Donc, est-ce qu'il y a des interventions?
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : S'il vous plaît! Est-ce qu'on pourrait quitter en
silence, s'il vous plaît? M. le député de LaFontaine, je vous cède la parole.
M. Tanguay :
Oui, merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors, nous avons vu que le
gouvernement s'entête. Le gouvernement a voté à l'instant contre la motion de
report. La motion de report aurait eu l'avantage de permettre au gouvernement de mieux réfléchir, de permettre
au gouvernement de s'assurer que tout un chacun,
partie prenante, soit
véritablement consulté. Et, dans l'intervention que je vais faire devant vous,
Mme la Présidente, ce sera un élément qui va revenir, le manque de
consultations en amont.
On le dit, le
ministre de la Justice, qui dépose le projet de loi à
titre de ministre
responsable des Relations canadiennes, a dit qu'il était souverain, il était
souverain dans sa façon de mener les travaux de la commission parlementaire.
Bien, on ne va pas le dénaturer son titre, mais lui-même s'est déclaré
souverain dans sa façon de fonctionner. Et ça, une fois qu'il a dit ça, là, tout le monde avait compris que c'était son
projet de loi, c'était sa constitution de 2025 et qu'en ce sens-là, il
n'était pas ouvert, Mme la Présidente, et je le dis en tout respect, à ce que
les gens puissent l'amender, le bonifier ou faire quoi que ce soit.
Je vais revenir sur
ce déplorable épisode de l'article 29, qui traite, qui parlait du droit à
l'accès... du droit à l'avortement et
interruption volontaire de grossesse. Je vais revenir sur cet entêtement qui
aussi, après s'être autodéclaré, proclamé souverain, cet entêtement-là,
quand tout le monde lui disait qu'il faisait fausse route, est très
symptomatique du fait que le leader du
gouvernement, c'était sa constitution et que personne ne pouvait y toucher, ni
même la contester.
Contester,
un autre élément que je vais aborder durant mon intervention. Il est dit, à
l'article 5 de la loi, Mme la Présidente, qui serait introduite par cette
constitution-là, à l'article 5, vient limiter la possibilité pour des
organismes de venir contester des
lois de l'Assemblée nationale. Et j'aurai des citations à vous soumettre, où on
voit, ici, que l'on vient attaquer,
attaquer, puis le mot n'est pas trop fort, par une constitution québécoise, la
capacité pour les gens, les organismes, de contester des lois,
fussent-elles adoptées par l'Assemblée nationale.
C'est
dans notre rapport intime de l'État de droit d'avoir des poids et contrepoids.
Il y a le pouvoir législatif, ce que nous sommes ici aujourd'hui, il y a
le pouvoir exécutif, le gouvernement, et le pouvoir judiciaire. Mais là les
personnes et organismes qui voudraient contester des lois ne pourraient pas, si
d'aventure c'était adopté, mais mon petit
doigt me dit, Mme la Présidente, que ce ne sera jamais adopté, cette
constitution-là. Mon petit doigt me dit que ce ne sera jamais adopté, cette constitution-là, puis,
dans cette matière-là, il ne se trompe pas souvent. Je referme la parenthèse.
Alors,
de venir, quand même, qualifier le gouvernement par ce qu'il a déposé,
qualifier par son entêtement qui se poursuit,
qualifier, Mme la Présidente, un gouvernement qui veut non seulement ajouter à
l'usage déraisonnable, injustifiable, de la clause «nonobstant», un
usage qui vient faire en sorte de passer la gratte dans tous les droits et
toutes les libertés fondamentales des Québécoises et Québécois sur des projets
de loi où on dit : On prend les 38 articles de la charte québécoise des droits et libertés, puis on les
suspend, on ne veut absolument pas que ce soit contesté, ça, c'est la loi du
cadenas, c'est l'approche du cadenas. Bien,
on aurait voulu... parce que je commence déjà à utiliser un temps de verbe au
passé, nous aurions voulu, du côté du
gouvernement, faire en sorte d'ajouter un autre cadenas en disant : Non
seulement je passe la gratte dans vos droits par l'usage préventif,
total, et non pas dans une optique de protéger des droits, mais de brimer des droits, je passe la gratte dans vos
droits et libertés en utilisant la clause dérogatoire, mais, ce premier cadenas
là, il aurait voulu ajouter un autre
cadenas qui faisait en sorte qu'en plus vous ne pourrez même pas... parce que,
là, il y a un débat judiciaire en
Cour suprême sur la loi n° 21, nonobstant la clause dérogatoire, mais là vous
n'auriez même pas eu, à sa face même, loisir de déposer un recours
judiciaire, il n'y aurait jamais eu de débat, parce que la loi disait... aurait
dit, la loi aurait dit : Bien, vous ne
pouvez pas contester avec des fonds publics. On va y revenir, ce que des
acteurs de la société sont venus dire pour dénoncer ça. Ça attaque les
fondements mêmes de notre État de droit. Des gens, Mme la Présidente, qui, de plusieurs... sur plusieurs
sujets, dans plusieurs autres sujets ne sont pas d'accord, puis ils vont se...
ils auront l'occasion d'argumenter dans la société civile, bien, le
ministre a eu le tour de force de rassembler énormément d'acteurs qui sur bien d'autres enjeux ne s'entendent pas, mais
là-dessus s'entendent tous, ça a été un projet de loi qui a été rédigé
dans... derrière les portes closes par le ministre de la Justice, ministre
responsable des Relations canadiennes, où il n'y a pas eu de consultations en
amont suffisantes pour venir influer la rédaction de ce qu'il y a là-dedans. Il
aurait été bien avisé, parce que ça lui aurait évité les écueils que j'ai
mentionnés. Et le débat à l'Assemblée nationale à minuit moins une d'un
gouvernement en fin de régime n'est pas du tout, du tout le contexte dans
lequel on pourrait prétendre dire : Bien, oui, ce serait une bonne chose,
oui, on ferait avancer le Québec sur une constitution québécoise.
Et j'aurai l'occasion
aussi, Mme la Présidente, de vous dire que le principe même d'une conscience
québécoise, ce n'est pas nouveau au Parti libéral du Québec. J'aurai l'occasion
de revenir sur un petit... un court historique sur d'où ça vient, au Parti libéral du Québec, dans l'ordre fédératif, dans
l'ordre au sein même du Canada. Il est tout à fait permis, comme le fait la Colombie-Britannique, d'avoir une
constitution au niveau du Québec, constitution d'une province. Et ça, ça
fait longtemps que ça mijote, au sein du Parti libéral du Québec, mais
maintenant reste à savoir qu'est-ce qu'on met là-dedans, reste à savoir qui,
comment, combien de temps et de fois, seront consultés.
Puis je vous parlerai des
peuples autochtones, Mme la Présidente, et Inuits, des Premières Nations et
Inuits, qui n'ont pas du tout été non seulement consultés, mais qui ne se
retrouvent aucunement, à part deux mentions, si ma mémoire est exacte, dans les
considérants. Il n'est aucun endroit, à aucun endroit fait mention des
Premières Nations et Inuits. Et ça, quand on
dit qu'on veut un document constitutionnel québécois qui rassemble, bien là, on
divise. Puis c'est ça, l'approche de la CAQ, diviser, Mme la Présidente.
Alors, vous
allez me permettre, donc, de dénoncer, dans un premier temps, le fait que cet
outil parlementaire là, cet outil constitutionnel là a été détourné et a
été politisé pour diviser, pour dire, bien, qui qui est avec nous autres puis qui qui n'est pas avec nous autres. À sa face
même, la Constitution, projet de loi n° 1 qui est déposé, c'est une constitution
caquiste qui est partisane et qui divise.
La vraie consultation aurait été, par exemple,
en amont, d'ouvrir la discussion très largement, au-delà de nos commissions
parlementaires, d'ouvrir la discussion sur les réseaux, partout, utiliser tout,
tout, tout en le pouvoir du gouvernement pour aller chercher l'opinion des
citoyens : Rêvez à une constitution, chers concitoyennes, concitoyens, qu'est-ce que vous aimeriez voir là-dedans?, et
ouvrir une consultation très large, très, très vaste, qui ne soit pas formaliste
du tout. Ça aurait été peut-être une approche qui aurait pu être considérée
pour, vous savez, le principe de l'entonnoir, aller chercher des idées et voir,
voir ce sur quoi les Québécoises et Québécois veulent être rassemblés, ce sur
quoi les Québécoises et Québécois insistent pour que ce soit mentionné dans un
document de cette importance-là et également d'être
capables de jauger la part que ces différents aspects là... la part de nos
régions, la part de notre loi électorale, la part de notre droit civil,
la part de ce qui fait notre société distincte, le français, la culture, et
ainsi de suite, faire en sorte également d'entendre les Québécoises et
Québécois sur leur attachement.
Et j'en suis convaincu, parce que, dans mon
comté comme dans les comtés des autres collègues, je suis certain qu'ils se le
font dire, à l'occasion, l'important, pour le gouvernement, pour l'État, qui
est très lourd — l'État,
c'est un éléphant qui peut vous piler sur les orteils puis vous blesser, Mme la
Présidente — bien,
qu'il y ait un respect minimal, un poids et
contrepoids dans le respect des droits et libertés fondamentales des
Québécoises et Québécois. Et ça, Mme la Présidente, ça aurait pu être un
élément qui aurait pu s'exprimer, si d'aventure la consultation avait été
suffisamment large, de dire : Bien,
nous, Québécoises, Québécois, on veut des garanties du respect des droits et
libertés fondamentales. Je suis
convaincu qu'on l'aurait retrouvé là-dedans. Tout comme la première... tout
comme la charte québécoise des droits et libertés, sous le grand Robert
Bourassa, gouvernement libéral, en 1975, avait été adoptée avant la Charte
canadienne des droits et libertés, lors... qui a été mise de l'avant en 1982.
Puis dans la loi de 1982... bien, en 1975, Robert Bourassa, document fort,
document phare et fort, a fait adopter à l'unanimité de l'Assemblée nationale
ce qui aujourd'hui est tout à fait
comparable, dans son essence même, à l'importance d'avoir une vaste
consultation et un grand rassemblement, derrière, de documents aussi
importants.
Vous savez, il y a trois documents majeurs,
trois documents majeurs qui nous réunissent, à l'Assemblée nationale. D'abord et avant tout, la Charte des
droits et libertés, charte québécoise des droits et libertés de la personne,
premier document majeur. Deuxième document majeur, le Code civil du
Québec. Seule province au Canada avec une culture juridique, avec une source juridique civiliste. On est les seuls. Le
reste, c'est de la common law. Et, en ce sens-là, ça participe de la société
distincte qu'est le Québec. Également, le français.
La Charte de la langue française est un document
qui, lorsque la balle avait été mise en jeu, à l'époque, la loi n° 1, qui était devenue la loi 101 du Parti
québécois, il y a eu beaucoup de petite politique qui avait été fait, à l'époque,
Mme la Présidente. Ça avait été vu comme un outil pour aider et mousser, Mme la
Présidente, l'option de la séparation, et ça n'avait pas été rassembleur. Par
la suite, les tribunaux, vous voyez, la Charte des droits et libertés de la
personne est venue nous aider à analyser et
à démontrer qu'il y avait non-équilibre, déséquilibre dans la limite des droits
et libertés fondamentales des Québécoises et Québécois que l'on
retrouvait à l'intérieur de la Charte de la langue française, et les tribunaux
nous ont permis d'avoir un équilibrage. Et c'est en ce sens-là que c'est
important de pouvoir s'adresser aux tribunaux, parce que c'est là où le
législateur peut se faire dire... Puis, dans un État de droit, ce n'est pas
brimer la souveraineté parlementaire que...
si une cour supérieure, une cour d'appel ou une cour suprême vient dire :
Bien, écoutez, selon l'analyse, notamment l'analyse de l'atteinte minimale...
Vous voulez atteindre un objectif, législateur? Pas de problème, ça,
c'est l'arrêt Oakes, avec les différents critères. Vous auriez pu, législateur,
l'avez pas fait, vous auriez pu le faire par le concept d'atteinte minimale et là vous auriez pu remettre de l'avant certains
droits et libertés, respecter des lois, libertés fondamentales, corriger le tir.
Et le législateur s'exécute, corrige le tir. C'est comme ça que, dans un État
de droit, on doit fonctionner.
Donc, Robert
Bourassa, 1975, grand premier ministre du Québec, fait adopter à l'unanimité la
charte québécoise des droits et libertés de la personne, à l'unanimité,
Code civil, société distincte, Charte de la langue française, qui a été
réajustée à bon droit, à juste titre, par les différentes cours et, notamment,
en matière d'affichage, Mme la Présidente. Je
vais vous donner cet exemple-là, en matière d'affichage, les tribunaux avaient
démontré que d'imposer l'affichage en français uniquement brimait, de
façon déraisonnable et injustifiable, dans le cadre d'une société libre et
démocratique, la liberté d'expression, notamment des citoyens et des
citoyennes, évidemment.
Alors, en ce sens-là, l'équilibrage qui a été
fait, ça a été d'un Robert Bourassa de dire : Bien, ce sera... Je pense,
c'est l'article 55, j'y vais de mémoire. Ce sera prépondérance, une nette
prépondérance au français. Ça, c'est un... une approche rassembleuse de Robert
Bourassa qui est venu nous aider à amender la Charte de la langue française et
qui est venu participer de façon très positive au vivre-ensemble. Il n'y a pas
personne après ça qui est venu contester ça, prépondérance du français. Ça
participe de notre façon de vivre, d'un modus vivendi, et les gens non
seulement s'accommodent de ça, mais ils trouvent que c'est raisonnable puis ça
se justifie. Ça, ce compromis-là est venu des suites d'un débat judiciaire.
Alors, quand, dans son
projet de loi d'une constitution, il est dit, Mme la Présidente, il est dit que
le... À l'article 5, je vais vous lire
l'article 5, l'article 5 sur la loi... dans la loi introduite, là, la
Loi sur l'autonomie constitutionnelle, il est dit, et ça vaut la peine
de le lire, il est dit la chose suivante : «Le Parlement du Québec — ça,
c'est dans le projet de loi n° 1
de la Constitution qui ne verra jamais le jour sous cette mouture — peut, dans une loi, déclarer que celle-ci ou
l'une de ses dispositions protège la nation québécoise ainsi que l'autonomie
constitutionnelle et les caractéristiques fondamentales du Québec.» Bon,
parfait, le législateur dit ça. Qu'est-ce que ça veut dire? Paragraphe qui
suit : «Aucun organisme — aucun organisme — ne
peut, au moyen de sommes provenant du fonds consolidé du revenu ou d'autres
sommes provenant d'impôts, de taxes, de droits ou de sanctions prélevés en
application d'une loi du Québec, contester...» J'arrête ma lecture là,
l'article continue, mais aucun organisme, avec des produits, des taxes et
impôts, de l'argent public, même des droits
de votre membership, si vous me permettez l'expression, vous pouvez contester
une loi. Ça, c'est le deuxième
cadenas qui s'ajouterait à la clause «nonobstant», alors qu'une constitution,
Mme la Présidente, c'est plutôt des ailes que l'on veut voir là-dedans, ce
n'est pas des cadenas que l'on veut voir.
Alors, ça fait dire quoi, ça, la limitation de
la capacité de contester? Ça fait dire au Barreau du Québec, et je vais citer le Barreau du Québec : «Le
projet de loi constitutionnelle de 2025 introduit des mécanismes qui menacent
la séparation des pouvoirs, musellent les contre-pouvoirs, créent une
instabilité juridique et affaiblissent les droits fondamentaux.» Fin de la
citation. On n'aurait pas pu trouver citation plus juste, mais également plus
assassine que celle que le Barreau a
exprimée à juste titre. Et, au Parti libéral du Québec, sous Charles Milliard,
nous sommes 100 % d'accord avec ce que le Barreau du Québec affirmait.
Un projet de loi qui vient limiter la capacité des organismes de contester des
lois du Québec, c'est faire fi du pouvoir judiciaire. Je veux bien croire que
nous, là, Mme la Présidente, là, on est législateurs, mais ça ne nous donne pas
tous les droits. Dans l'équilibrage d'une société, justement, de droits, dans
un ordre constitutionnel... puis assez
ironique que c'est dans le projet de constitution du gouvernement caquiste que
de venir enchâsser ça puis de dire : Vous n'aurez pas le droit de
contester, alors que l'on devrait avoir un document-phare qui vient encadrer, oui, mais qui vient garantir non
seulement dans la lettre, dans l'esprit, dans les faits également, garantir les
droits et libertés fondamentales.
Ça veut dire quoi, ça? Ça veut dire, par
exemple, qu'une université ne pourrait pas contester une loi du Québec, s'il était démontré qu'elle utilise, entre autres,
pour ce faire, les frais de scolarité. Alors, l'université, Mme la Présidente,
devrait démontrer qu'en rien la dépense, qui est de contester une loi devant
les tribunaux, n'est payée directement ou même indirectement par les
frais de scolarité.
Il y a eu, dans les histoires du Québec, Mme la
Présidente, puis on est allés au... on était au gouvernement, où des
universités ont contesté des lois. Ils ont eu gain de cause, et ça participe
non seulement de leur autonomie, mais je vous dirais même de leur
responsabilité et de leur devoir, de dire ce qu'ils ont à dire, de faire ce
qu'ils ont a à faire et d'éclairer un gouvernement. C'est sûr, si le
gouvernement ne veut pas être éclairé, si le gouvernement ne veut en faire qu'à
sa tête, ce que l'on sent dans ce projet de loi là, bien, c'est sûr qu'on
arrive avec de telles choses inacceptables.
Les villes ne pourraient pas utiliser leurs
taxes municipales pour contester. Quand on sait que la première source,
immensément, je pense, 95 % des sources de revenus... On me corrigera si
j'ai tort, 95 % des sources de revenus des municipalités, c'est les taxes
foncières. Alors, les municipalités ne pourraient plus du tout, du tout
contester des lois du gouvernement.
Rappelez-vous de Stablex. Dans le dossier
Stablex, bien, la municipalité qui était touchée, elle avait le droit de regard. Elle avait le droit de dire :
Écoutez, nous, on est contre ça parce que vous ne respectez pas telle loi, tel
règlement, tel décret, vous ne
respectez pas telle loi fédérale, telle loi provinciale. Stablex, finalement,
aura été imposée par bâillon, mais c'est un autre exemple où je suis
certain que les résidents de la municipalité étaient d'accord avec la
municipalité puis leurs élus, la mairesse, entre autres, pour dire :
Écoutez, on va contester ça, oui, faites-le, on attend ça de vous, c'est votre
responsabilité.
Alors, les universités ont des responsabilités,
les municipalités ont des responsabilités, mais, dans les deux cas que je vous
ai mentionnés, ils seraient empêchés, mais ça n'arrivera pas. Ça n'arrivera
pas. Cette loi-là ne sera jamais adoptée,
Dieu merci, parce que c'est une loi liberticide. C'est une loi caquiste, qui
nous fait penser aux pires heures des gouvernements péquistes, qui vient
brimer nos droits et libertés fondamentales, qui a été rédigée non seulement
sur le coin de la table, mais dans un bureau clos, à portes closes. Il n'y a
pas eu de consultation des citoyens et des experts, Mme la Présidente.
On a mis là-dedans des choses qui étaient tout à
fait condamnables, entre autres, qui venaient mettre à risque, en péril l'accès, l'accès au... l'interruption
volontaire de grossesse. Ça a été dit et redit. Sa collègue, elle était déjà
passée à travers ça puis elle avait dit : Le gouvernement n'ira pas
là-dedans, mais le souverain ministre de la Justice avait décidé de le mettre
là-dedans puis il en aura fait à sa tête jusqu'à la dernière minute. Là, il a annoncé
qu'il va le mettre de côté. Mme la Présidente. Si c'est pour voter une
constitution d'un souverain qui dit : C'est moi qui a le crayon, puis ça
va passer par là, puis je vais vous rajouter des cadenas dans votre capacité de
contester les lois du bon souverain à l'Assemblée nationale, bien, nous, Mme la
Présidente, au Parti libéral du Québec, sous Charles Milliard, on va voter
contre ça.
Et, Mme la Présidente, c'est exactement ce qui
est au coeur du débat puis ce qui va faire
partie de la prochaine élection.
Prochaine élection, la CAQ, c'est fini, oubliez ça, c'est fini, c'est fini,
c'est fini. Je ne parlerai même pas des derniers
sondages. C'est fini, la CAQ, fini. Et la collègue de Sanguinet
puis le collègue de Lévis, ils ont bien beau avoir démontré une certaine
énergie, samedi matin, à se colletailler, à se crêper le chignon puis, Mme la
Présidente, dans leur débat, à s'accuser, imaginez-vous
donc, à s'accuser l'un l'autre de péquiste... Vous dire comment c'était rendu
bas, là, ça s'accusait de péquiste. Alors, Mme la Présidente, ça ne
changera rien. La prochaine élection, ce sera très clairement un choix, deux options.
La séparation du Québec, les turbulences économiques, la division à la
force 10, changer les caquistes par les péquistes? Non merci.
L'autre option, ce sera le Parti libéral du Québec, sous Charles Milliard,
qui va faire de l'économie, de la défense de
nos droits et de donner les services publics les priorités. Et c'est ça qui
nous attend, Mme la Présidente. L'espoir est en chemin. Merci, Mme la
Présidente.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Je vous remercie, M. le député. Maintenant, je suis prête à entendre un
autre intervenant. M. le député de Marquette, à vous la parole.
M. Ciccone : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Pas facile de passer après le député de LaFontaine. Petite
anecdote comme ça juste pour alléger l'atmosphère, Mme la Présidente, parce que
ce n'est pas nécessairement un bon moment de se lever pour parler d'une
constitution qui ne fait pas l'unanimité, là, mais, en 2019, mon épouse, qui
est très, très, très partisane du député de LaFontaine, après une intervention je m'étais levé comme ceci et puis,
pendant que je parlais, Mme la Présidente, j'ai reçu un texto, que j'ai
lu, elle me disait : Oh! ce n'est pas facile de passer après le député de LaFontaine, hein? J'ai dit : Effectivement. Alors, on
se retrouve huit ans plus tard, Mme la Présidente, c'est toujours l'histoire
qui se répète.
Ceci dit, Mme
la Présidente, j'aurais aimé ça, aujourd'hui, en tant que fier Québécois, très,
mais même très fier Québécois, de me
lever pour prendre la parole sur une constitution québécoise, la loi des lois,
la super loi, une loi fondamentale où aurait été débattu, débattu de
façon transpartisane, Mme la Présidente, parce que c'est important de le faire,
quand on met en place une constitution aussi
importante et une législature aussi qui est, selon moi... qui aurait été une
des plus belles législations, au même
titre que la Charte des droits et
libertés, Mme la Présidente, mais j'y reviendrai un peu plus tard, d'être capable de se lever puis de parler avec son coeur, de
parler au nom de tous... chaque député, de parler au nom de tous ses
citoyens, pourquoi, puis de faire entendre leur voix.
Et, quand un processus de constitution, un
processus comme il aurait dû arriver, mais là il y a tellement de collègues ici
qui en ont parlé, je me dois de le répéter encore une fois pour faire bien
comprendre aux gens, mais je suis persuadé qu'ils l'ont déjà... déjà compris, où
on est capables de travailler ensemble et on transmet, on transmet la parole de nos... les informations qui ont été
retenues dans nos comtés, des citoyens, puis qu'ils disent : Bien,
tabarouette, c'est extraordinaire, on
fait
partie de l'histoire, on a été là, on a été présents, mais non seulement
on a été présents, parce qu'on a participé, on a fait le tour du Québec,
on a participé... Un peu comme mon collègue de LaFontaine le disait avec la Charte des droits et libertés, Mme la
Présidente, puis je ne referai pas toute l'histoire, là, mais on n'a pas le
choix de faire un parallèle ou de mettre la Loi constitutionnelle de
2025 sur le Québec, le projet de loi n° 1, où... et qu'est-ce qui s'est
fait dans le passé. Ça a été un travail, là, de dur labeur pendant 15 ans,
Mme la Présidente. La Charte des droits et libertés a été adoptée en 1975, mais
le débat, les réflexions ont commencé en 1960. En 1960. Et c'est là qu'on est
capables de voir la différence, une législature, un projet de loi rassembleur,
comme la Charte des droits et libertés, un
outil exceptionnel qui, selon moi, est une des plus belles, une des plus belles
législatures, c'est une belle réalisation, et là on voit...
comparativement à un projet de loi qui a été écrit sur un coin de table, Mme la
Présidente, sur un coin de table. Pourquoi? Parce que le gouvernement, puis ils
nous l'ont montré puis démontré depuis nombre d'années, depuis huit ans, là, depuis je suis là, là, que la CAQ a
la science infuse, a toujours, toujours la science infuse. Manque de
consultations, ne consulte pas.
Pour avoir été, moi-même, depuis le début, là...
Quand je suis arrivé, j'étais président de séance. J'ai pris part à plusieurs... à plusieurs commissions
parlementaires comme président, aujourd'hui comme fier président de la Commission de l'agriculture, des pêcheries,
de l'énergie et des ressources naturelles, même comme... comme débatteur, comme
participant aussi. À chaque fois, par exemple, que les groupes venaient devant
nous, et plus particulièrement les communautés autochtones, à chaque fois, à
chaque fois on arrive en consultations particulières, et la première chose
qu'ils vont nous dire, c'est : Bien, câline, je ne comprends pas, mais on
n'a pas été consultés, on n'a pas été consultés. Puis, moi, honnêtement, ça me... Là, correct, là, vous nous donnez un
petit 45 minutes, puis, juste préciser, Mme la Présidente,
habituellement, c'est 45 minutes, mais il y a tellement eu une montée aux
barricades que, là, finalement, finalement, le leader a décidé, du gouvernement,
a décidé d'entendre des groupes juste pour, tu sais, là, fermer la trappe à
tout le monde, là, puis dire : Regarde, on va vous donner 30 minutes,
là, ça fait que vous ne pourrez pas dire qu'on ne vous a pas écoutés. Mais le
problème, c'est que ça s'est fait à l'envers. Puis non seulement ça, mais ça
aurait dû se faire durant plusieurs années.
Si, par
exemple, la CAQ était arrivée... Parce que, là, j'ai... puis je vais vous
sortir des... j'ai sorti le... le discours du premier ministre, le 28 novembre 2018. Aucune mention de
constitution dans ça, là. Puis soyons clairs, Mme la Présidente,
comprenez-moi bien, là, on n'est pas contre une constitution du Québec, là, au
contraire, au contraire, mais elle doit bien
se faire. Alors, par exemple, si on l'avait annoncé dès le début, en 2018,
qu'on a l'intérêt sur une constitution du Québec, mais, en même temps, on envoie un message, puis le
travail va se faire comme il se doit, comme ça s'est fait avec la Charte
des droits et libertés du Québec, au moins, là, on se sent tous impliqués, puis
tout le monde peut commencer à écrire un mémoire, tout le monde peut commencer
à avoir une réflexion, rencontrer son milieu. Parce que quand on parle d'une charte, quand on parle d'une loi
constitutionnelle comme ça, Mme la Présidente, ça touche plusieurs secteurs,
là, puis on en a fait mention ici, les collègues en ont fait mention, où
il y a eu des anicroches, où il y a eu... Oui, il y a des éléments qui
pouvaient être acceptés, mais, je veux dire, à un moment donné, quand tu as
cette consultation-là, bien, tu... oui,
c'est long en temps, mais, en même temps, quand le travail... quand c'est
déposé à l'Assemblée nationale, bien, au
moins le travail se fait de façon plus conviviale. Oui, il y a peut-être des
changements, parce qu'il n'y a pas une loi qui rentre
ici, Mme la Présidente, en commission parlementaire, puis qui... puis qui
ressort de la même façon, là, mais au moins c'est fait de façon
collective, puis tout le monde peut s'exprimer.
reviens avec... avec, justement, les communautés autochtones. On a vu, là, le
chef Verreault-Paul qui était venu... qui est venu nous entretenir, là, mais,
en même temps, entretenir, il faut le dire vite, Mme la Présidente, là, il
était... il était outré. Puis non
seulement ça, mais comment on a reçu les différents groupes, également, qui
était, pour moi, là... ça a été d'une façon... fait de façon cavalière,
là, alors qu'on avait... Il y a des... il y a des traditions chez les
communautés autochtones. On voulait les
empêcher de rentrer parce qu'on avait un bâton sacré, moi, celle-là, encore...
alors qu'il y avait un consentement, mais le président a décidé de les
empêcher.
Alors, le chef
Verreault-Paul est arrivé en commission parlementaire, le chef de l'APNQL, puis
il a dit : Bien, c'est parce que vous ne nous mentionnez pas, dans votre
projet de loi, vous ne nous mentionnez pas. Et là le leader de dire : Bien oui, on vous mentionne. Bien oui,
mais c'est parce que c'est dans le préambule. Ça change quoi, ça? Ça n'a
pas force de loi, un préambule, là. À moins que je me trompe, là, ça fait
seulement huit ans, là. Est-ce qu'un préambule a force de loi, Mme la
Présidente? Ce n'est pas ça.
Alors, j'ai sorti le
discours du premier ministre du 28 novembre 2018, un, deux, troisième
paragraphe. Ça fait que je vous dis, là, on commence... le premier ministre
commence à parler, là, puis le troisième paragraphe, ça arrive à peu près, là, je regarde les feuilles, tant par
mot, seconde, à peu près à la... 1 min 15 s Mme la Présidente.
Et là je vais vous citer ce qu'il a dit : «Et, oui, on doit être
fiers de notre histoire, l'histoire d'une nation qui s'est construite dans
l'adversité mais aussi dans l'ouverture et le respect.» Respect de qui, Mme la
Présidente? Je continue de citer. «Bien sûr,
les Premières Nations et les Inuits ont d'abord découvert et occupé ce
territoire. On ne doit jamais l'oublier.»
Jamais l'oublier. Il faut
croire que, huit ans plus tard, on l'a oublié. «J'ai d'ailleurs rapidement
rencontré plusieurs de leurs représentants
et j'ai bien l'intention de travailler ensemble à développer, pour le bien
commun de nos... à développer le Québec, pardon, pour le bien commun de
nos nations respectives.»
Ça, ce qui aurait dû
être fait, Mme la Présidente, là, c'est une discussion de nation à nation. Ça,
c'est quoi, ça, nation à nation? C'est le
chef Verreault-Paul qui s'assoit dans le bureau du premier ministre. Je n'ai
rien contre le ministre, là, mais il y a un minimum de respect, là, puis on...
on a accepté, en tant que nation ici, à l'Assemblée nationale, que les
discussions, ça doit se faire de nation à nation. On reconnaît les
gouvernements autochtones. C'est comme ça, Mme la Présidente, là, c'est comme
ça. Ça n'a pas été fait, il faut croire. Non seulement ça, on les a quasiment
empêchés de rentrer à l'Assemblée nationale,
on les a empêchés de rentrer en commission, pour certains, avec un... avec un
bâton sacré. Ça fait que, quand on parle de respect, là, puis de
travailler ensemble, Mme la Présidente, là, on repassera.
droit à l'avortement, Mme la Présidente, oui, ça a été finalement entendu, là,
l'article 29, mais je ne peux pas concevoir, concevoir, concevoir
que le ministre responsable de cette constitution-là, de cette supposée
constitution là était têtu, n'écoutait pas les plus grands spécialistes, là.
Oui, c'est celui qui a...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : ...M.
le leader adjoint du gouvernement, vous avez une intervention à faire?
M. Lévesque (Chapleau) : Mme
la Présidente, ce sont des propos
blessants envers le ministre. Je demanderais d'être prudent dans ses
propos.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Oui.
Alors, M. le député, évidemment, on ne peut pas traiter les gens de têtus,
ici, ou donner des qualificatifs qui pourraient blesser. Alors, je vous demande
d'être prudent.
M. Ciccone : ...Mme la Présidente. Alors, on avait devant nous un leader qui n'écoutait pas, qui ne
comprenait rien.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : M.
le député, s'il vous plaît, vous connaissez notre règlement. S'il vous plaît.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Bien... Non, on n'arrête pas le temps, question de
règlement, M. le...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Oui,
écoutez, M. le député, je ne veux pas argumenter avec vous. Je vous dis
juste de faire attention à vos propos. C'est simple, c'est dans notre
règlement, ça a été voté à l'Assemblée nationale par tous les députés. Alors,
continuez. Soyez prudent.
M. Ciccone :
C'est correct, Mme la Présidente, mais on peut, comme député puis comme
ministre, ne pas comprendre. Qu'est-ce tu
veux que je te dise, c'est... pour certains, c'est... cette opinion de chacun,
de... parce que, si on pensait que le
gouvernement comprenait tout, je veux dire, il n'y aurait jamais de débat ici,
à l'Assemblée nationale. Alors, moi, je considère que le leader... le ministre
responsable n'a pas compris.
Également, Mme la
Présidente, ceci dit, le leader a été forcé de changer d'idée, et je tiens à
souligner, là, je tiens à souligner la population, les groupes également qui
l'ont mentionné pour, justement, le faire changer d'idée, et c'est comme ça que la population doit se
comporter. Ça a été fait de façon respectueuse. Oui, ça a été fait parfois avec
des mots très durs, des mots qu'on peut utiliser à
l'extérieur, qu'on ne peut pas utiliser ici, mais, en même temps, cette... puis
ça, que ce soit une leçon pour tous nos citoyens, une mouvance populaire, là,
c'est pas mal plus fort.
Nous, on est les
intermédiaires. Oui, on va venir ici partager les doléances de nos groupes, de
nos citoyens, mais, en même temps, une
mouvance populaire vient faire en sorte qu'à un moment donné, mais on a... on
peut... on peut faire changer l'idée d'un ministre. On peut faire
changer également l'idéologie d'un gouvernement, ce qui semble vouloir se
faire, là, au mois d'octobre prochain. Alors, c'est important de parler haut et
fort justement pour être capables de se faire entendre, parce qu'évidemment,
Mme la Présidente, le gouvernement n'a pas senti le besoin d'écouter la population. Je vais... Mme la Présidente, si
j'avais plus de temps, là, je pourrais tellement, là, vous... s'il me reste du
temps, je vais vous citer certains groupes.
Également, Mme la
Présidente, un peu plus loin, le premier ministre dit ceci : «Le nouveau
gouvernement prône le nationalisme — tenez-vous bien, là — rassembleur.»
Y a-tu quelque chose de plus aux antipodes que le projet de loi n° 1, de
rassembleur? Sincèrement, Mme la Présidente, sincèrement.
On va continuer,
parce qu'on semble avoir du plaisir avec... avec ces citations. «Je vais
gouverner...» Je cite toujours le premier ministre : «Je vais gouverner
avec notre équipe, avec toute l'Assemblée nationale, pour tous les Québécois, en particulier pour les familles et les
aînés. Le nouveau gouvernement, donc, ne va pas être le gouvernement
d'un groupe ou d'une idéologie», Mme la Présidente. Qu'est-ce qu'on a devant
nous aujourd'hui? Pourquoi que je me lève aujourd'hui puis que mes collègues se
sont levés? Parce que c'est justement une idéologie, c'est une constitution caquiste et populiste, Mme la Présidente, c'est une idéologie. Pourquoi? Parce que le ministre, c'est sûr, là,
je comprends qu'il doit sentir la soupe chaude, ça fait qu'il dit :
Moi, il faut que je laisse un legs quelque part, il faut que je rentre dans les
annales de l'Assemblée nationale au même
titre que Robert Bourassa, qui l'a
fait avec la Charte des droits et libertés,
qui avait été votée, soit dit en passant, Mme la Présidente, à l'unanimité. Il
n'y a pas eu ce genre de débat là, là, comme ça, là.
vais continuer : «Qu'est-ce que ça veut dire concrètement? Ça veut dire
que le gouvernement doit continuellement
avoir en tête de travailler pour le monde.» Bien, si je regarde, là, tous les
groupes, là, tous les groupes qui sont venus, mon
Dieu, avoir leur petit 30 minutes, là, juste pour dire qu'on les avait
écoutés, là, je vais vous dire une chose, ce n'est pas jojo, hein? Il y
a plus de 300 mémoires, 200 groupes qui ont été entendus. Il y en a
60 d'entre eux qui disaient : Ça n'a pas de bon sens, là. Que ce soient
les jeunes du Barreau du Québec, l'Association canadienne des libertés civiles,
Me Noura Karazivan, également les Premières
Nations, je vous l'ai... je vous en ai parlé, le Barreau, l'absence de mention
des droits des peuples autochtones dans le
texte... Écoute, je pourrais continuer, là. Jeune Barreau du Québec : «Une
telle restriction va à l'encontre des principes fondamentaux énoncés à
l'article 18 de la Constitution. Elle occulte également le rôle
significatif que les organismes mentionnés à l'annexe I ont historiquement joué
dans le débat démocratique au Québec et au
pays, notamment en contestant la validité de certaines lois.» Historiquement
joué dans le débat démocratique, contribué au débat démocratique.
Je sais, là, pour un
fait, Mme la Présidente, d'avoir parlé à des gens proches du premier ministre,
et je vais vous citer, là, je
vais faire comme un journaliste, je vais protéger mes sources, on
dit : Le premier ministre n'aime pas ça, les grandes messes. Le
premier ministre n'aime pas ça, les grandes messes. Ça prend du courage, Mme la
Présidente, du courage, il faut prendre des décisions. Ils nous ont mis en
place, il faut prendre des décisions pour eux autres. Bien, non, je comprends, là, mais là, ici, on parle de
la loi des lois, superloi, loi fondamentale. Le premier ministre n'aime pas ça,
consulter, c'est clair, il n'aime pas ça, consulter, Mme la Présidente.
Puis
ce n'est pas juste le député de Marquette qui le dit, là, c'est... il y a
des... il y a des... plusieurs groupes l'ont fait. Et même M. Turp, qui est un avide défenseur de la
Constitution, là, on ne la voit pas nécessairement de la même façon, là,
mais même lui, Mme la Présidente, a dit ceci, M. Turp n'était pas capable
de donner son appui au projet de constitution sans savoir si le ministre allait
corriger de nombreuses lacunes de son texte. Quand tu as M. Daniel Turp
qui est contre certains éléments du projet de loi, projet de loi n° 1, ça
veut tout dire, Mme la Présidente. Et là il fait aussi... Il disait à son
équipe : «Je veux inviter tous les ministres et tous les employés de
l'État à être à l'écoute des besoins des gens et, en tout temps, à agir avec
humanité.» Ce n'est pas moi qui le dis, c'est lui, là.
D'avoir déposé un
projet de loi comme ça, de le faire à la va-vite, Mme la Présidente, c'est
vraiment écouter les gens, ça, et faire un... avoir un sens de l'humanité,
alors que ça vient bouleverser puis ça vient toucher plusieurs secteurs de
notre société, nos idéologies, nos valeurs, nos façons de faire?
vais continuer avec des citations parce que c'est trop le fun, Mme la
Présidente. Et là, Mme la Présidente, je cite toujours le premier
ministre : «Et j'ai bon espoir que tous les partis vont y travailler
ensemble de façon constructive.» Là, il parle d'un autre sujet, là,
mais, en même temps, c'est une philosophie, il veut que tous les partis
travaillent de façon constructive. Est-ce qu'être ici, devant vous,
aujourd'hui, c'est constructif, Mme la Présidente? Je ne... je ne pense pas. «Ça, ce sont les engagements qu'on a
pris, qu'on va respecter.» Pourtant, Mme la Présidente, ce n'était pas...
ce n'était pas un engagement qui avait été pris, ça, par le premier ministre et
le gouvernement pendant le début de son mandat.
Mme la Présidente, il
me reste quelques secondes, là, je veux juste vous dire une chose, c'est très
décevant, honnêtement, c'est très décevant de m'être levé aujourd'hui pour
débattre d'un projet de loi qui ne verra certainement pas le jour. Et je vous
dis, là, je vous cite le titre, La Loi constitutionnelle de 2025 du Québec
est un mirage , et j'espère, Mme la Présidente, qu'elle va le rester en
2025. Merci beaucoup.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député. Donc, je cède la parole à M.
le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : « Nous,
le peuple», c'est un principe très simple, Mme la Présidente, quand nous sommes
en train de discuter de l'adoption d'une constitution pour notre nation. C'est
sûr que ces mots sont trouvés dans le document déposé par le ministre responsable, mais ces mots-là ont une force
importante au sein d'une démocratie, «nous, le peuple», parce que
l'objectif d'une constitution, c'est d'être rassembleur, de donner des droits
entre les citoyens qui sont égals, que tout le monde est sur le même terrain, que
tout le monde, devant les tribunaux, ont les mêmes droits, et on ne peut pas
laisser une
partie de le peuple à côté, et c'est une erreur qui a été faite
dans le passé.
Thomas Jefferson et
toute la gang qui a écrit la déclaration d'indépendance puis le début d'une
constitution américaine ont clairement oublié certaines personnes, même chose
pour l'acte britannique. Quand on a fait notre propre constitution comme un
pays, en 1867, les femmes n'étaient pas autour de la table, les personnes avec
une couleur de peau qui n'était pas blanche n'étaient pas autour de la table,
les peuples autochtones n'étaient pas autour de la table. On a créé une
constitution sans tous les peuples qui résident sur le territoire du Canada.
Alors, je trouve ça
surprenant et décevant de voir le leader de le gouvernement, qui, je soupçonne,
Mme la Présidente, n'aime pas, probablement, l'ancien premier ministre Pierre
Elliott Trudeau, qu'il a fait exactement la même erreur que lui, de complètement oublier les peuples autochtones dans son
projet de constitution. Pierre Elliott Trudeau a fait la même erreur
quand il a décidé qu'il veut rapatrier la Constitution. Il n'a jamais consulté
les peuples autochtones, qui ont des ententes très importantes et historiques
avec la monarchie britannique.
Oui, M. Trudeau
a été capable de mettre la
section 35 dans la Constitution qu'il avait
rapatriée pour s'assurer que les droits et les ententes des autochtones étaient
respectés, mais c'était un grand oubli, puis les peuples autochtones partout au
Canada étaient obligés de se mobiliser pour faire une bataille contre le
gouvernement fédéral pour s'assurer que,
dans leur processus d'écrire une constitution... qu'eux autres n'étaient pas
oubliés. C'était dans les années 1980, quand même avant. Une chose on
peut, au minimum, dire de le processus constitutionnel au niveau fédéral, ça a
commencé dans les années 70 puis ça a terminé en 1982, ils ont eu
plusieurs rondes de discussion.
Il n'y a eu aucune
ronde de discussion avec ce ministre. Le souverain a décidé de déposer une
constitution qui n'est pas rassembleuse et
qui est partisane, qui est politique. On ne peut pas avancer de ça, mes chers
collègues. Ce n'est pas comment on
écrit une constitution. C'est supposé être pour le peuple. La base d'une
constitution, Mme la Présidente, c'est encadrer les pouvoirs d'une
monarchie. C'est pourquoi la Magna Carta a été écrite. Le roi a eu trop de
pouvoirs, il faut encadrer ça. Il faut
protéger les minorités. C'est un élément clé dans les constitutions. Si tout le
pouvoir est toujours juste dans les mains de la majorité ou, quand même,
ceux qui ont déjà le pouvoir, les plus puissants, c'est ceux qui vont prendre avantage des minorités. C'est
pourquoi les constitutions sont importantes, c'est pourquoi elles sont importantes
pour les minorités, mais aussi pour toute une société.
Une autre chose je ne
comprends pas du ministre, il fait la même erreur, encore comme M. Trudeau
l'a faite, qui va forcer une constitution d'être adoptée sans le consentement
d'une grande
partie de la population. Moi, je crois dans la charte des libertés du Canada parce que c'est basé sur la charte
que nous avons adoptée ici, au Québec, mais je déplore toujours le fait
que Québec n'était pas autour de la table pour signer ça. C'était une erreur grave,
puis on parle toujours de ça à ce jour-ci. C'est une des raisons pourquoi on a
un mouvement souverainiste qui a toujours environ presque 30 % l'appui de
la population de la nation québécoise. Une
partie de ça, c'est parce que
M. Trudeau a oublié ou a décidé de mettre eux autres. Pourquoi ce ministre
de Justice fait exactement la même chose, dire : Bien, il y a certains
groupes qui n'aiment pas ça, mais on va quand même adopter la Constitution?
Parce que c'est important pour... pour lui,
pour son propre legs, parce que ce n'est pas pour le peuple. C'est évident. Si,
Mme la Présidente, on regarde juste des groupes qui sont contre, juste
sur cette base-là, il n'y a aucun consensus d'adopter la Constitution.
veux aussi juste poser la question : Est-ce qu'une constitution est
vraiment une priorité? Est-ce que ça va baisser le coût de la vie pour
les citoyens de notre nation? Non. Combien d'énergie a été dépensée sur ce
projet de loi que le ministre a déposé? Des batailles politiques.
Vous savez, Mme la
Présidente, comme moi que ces débats prennent beaucoup d'énergie politique,
puis on ne mise pas cette énergie ailleurs, de régler des enjeux dans le
système de santé, de régler les enjeux dans le système d'éducation, de mettre
plus un focus sur l'économie. Pour la population, ils pensent que la priorité
de la CAQ, c'est une constitution, puis ils
disent : Voyons donc, c'est tellement loin de mes priorités. Moi, je pose
la question, avec l'augmentation de le prix de l'essence, qu'est-ce qui
se passe en Iran, mon Dieu, qu'est-ce... comment je vais payer toutes mes
factures à la fin du mois? On a des aînés qui, présentement, n'ont pas l'argent
nécessaire d'acheter du viande, ils sont
forcés de faire des choix difficiles à l'épicerie parce qu'ils n'ont pas les
moyens d'acheter un petit steak, Mme la Présidente, ou, quand même, le
poisson qu'ils aiment. Ils doivent faire les autres choix. Ça, c'est les
priorités des gens présentement. Ce n'est pas d'avoir une chicane autour de la
Constitution.
Et, si jamais cette
constitution est adoptée, Mme la Présidente, ça devient un document partisan.
Chaque formation politique va commencer à faire des ajustements à leur propre
vision politique de la Constitution. Ce n'est pas supposé d'être le... la
raison d'être d'une constitution. C'est un document qui est fondé sur le
consensus.
Oui, je suis fier que
M. Bourassa a eu... a été capable d'avoir une... une charte qui a été
adoptée par tous les élus à l'Assemblée nationale, qu'on a eu un consensus sur
une charte des droits. Mais, quand même, avant d'aller avec une loi des lois et une autre constitution, Mme la
Présidente, nous ne sommes pas capables de s'assurer que les droits qui
sont écrits dans notre propre charte sont respectés par ce gouvernement ou
aucun des gouvernements. On a de la misère à s'assurer que les droits des
citoyens sont respectés, et souvent on sait que le gouvernement veut, des fois,
éviter, contourner les droits des citoyens. Je vais être prudent, parce que,
des fois, c'est difficile de s'assurer que des gens ont le droit à l'accès à
des certains services. C'est juste une réalité, ça arrive.
Alors, encore, je peux
aller sur la liste des différents groupes, Mme la Présidente, qui ont critiqué
le processus d'écriture de cette constitution. Juste sur cette base-là, on n'a
pas le consensus. Le ministre a décidé d'avoir un processus : il y a
30 minutes, chaque groupe vient en commission parlementaire, faire votre
pitch... Mais je n'ai jamais entendu que le ministre était très, très ouvert à
faire des vastes réformes de son propre projet. Quand même, la commission qui
a... comité qu'il a mis en place a eu des critiques envers la façon que cette
constitution a été écrite. Pas par les
fonctionnaires, pas par le ministre de la Justice, mais vraiment un projet de
société où nous avons un consensus, consensus autour de certains des
principes. Mais, quand même, je pense qu'on trouve beaucoup de ces principes
dans notre propre charte, Mme la Présidente. Et c'est juste déplorable que...
déplorable qu'on n'a pas eu l'écoute du ministre à cet effet-là, qu'au minimum, là, c'est la société civile... travaille
un document. Parce qu'une constitution, c'est pour le peuple, par le peuple.
We the People. We the People.
Key words that have a deep, impactful, and meaningful sense to democracies. It is «We the People». We look for a government of the people, by the people, for the people, and
we hope that that shall not perish from this Earth, words, of course, echoed by Abraham Lincoln,
words that we can find quoted throughout history when talking about
fundamental rights, talking about constitutions.
You can find, in this constitutional document, an echo of «We, the People», but you will
not find the consensus that there is a
document of the people, by the people, for the people, because we have seen
already enough groups come out and publicly denounce this document, from
all walks of life, Francophones, Anglophones, allophones, indigenous peoples, members of the nation of Québec who do
not agree with this document, who do not agree with this constitution.
And just on the one basis, and
I just said this in French, we like to hold that principle up, of «We, the
People», because often, when writing
constitutions throughout Western democracies, not all the people are around the
table. When Thomas Jefferson and the Founding Fathers were writing their
Declaration of Independence and writing out the first constitution, there were people who were left out from that constitution.
African Americans and slaves were not considered equal. Women were not at the
table, indigenous people were not at the table. Same thing for our constitution,
the British North America Act, written in 1867, minorities were not really
around the table, people of color were not around the table, indigenous people were not around the table, women were not
around the table. But those documents did have some founding principles
and concepts of equality amongst citizens, equality before the courts,
preventing overreach from government, protecting the rights of citizens,
because that is at the base what constitutions were originally written for, the Magna Carta. We got to keep that king and his powers limited
because it's gone too far, he has too much power.
And it's the same thing in the
principles of constitutions today, trying to restrain the power of the Government, of the majority, the tyranny of the majority against the minority. And
minority rights are important, they are important concepts in
constitutions. We can't lose sight of that. I know people come into this House
and often quote Clifford Lincoln for «a right is a
right, is a right», but what more importantly is said
in this speech by Clifford Lincoln is that rights are bridges that unite people, because you, Madam Speaker, have a right to
go before the courts just like I do to defend my rights, you have the right to freedom of expression just like I have the
right to freedom of expression, you have the right to practice your religion in
a free society just like I do, fundamental rights that unite you and I
together, that we believe in.
We hold the Government accountable to make sure those
rights are respected. And I think that is being lost in this constitution because it is a partisan document. The intention is to
try to score political points, to table this beforehand, leave a trail
of division, and then maybe have some type of debate that there are some
Quebeckers who are more Quebeckers because
they believe in this and they believe in that. It's not the case. You want to
have a constitution that is for the people, you need to have consensus
around the table, which we do not have.
And, just on one point in
particular, the omission of indigenous peoples from the consultation process
and from the writing of this document is unacceptable. Just on that one point
alone, this constitution should be stopped dead in its tracks. Not doing it afterwards. It has to be done in the planning
stages, in the original drafts, in the original discussions around the
Constitution. You can't try to add it in later and say that it's OK. And it's
been very clear, from indigenous leadership,
this constitution should not pass, and they will not support it. And, as I
mentioned before, again, the same errors that were made around the
repatriation of the Constitution here in Canada by Pierre Elliott Trudeau.
Indigenous people were forgotten from that repatriation
process at the beginning. And they had to go to England, they had to go see the
Queen and say, «We have treaty rights and we
have treaty agreements with the Crown. What happens when the Constitution is
repatriated and we're not in there?» So, Pierre Elliott
Trudeau, at the time, did correct his error, and
section
35 was added to the Charter of Rights and
Freedoms, but it was not all that simple, it took a long process, protests,
negotiations to ensure that those rights were added into the
Constitution before... before the final copy was ever tabled.
how do we not learn from that error? It's in recent history. We discuss the
Constitution of 1982 every single year, at the National
Assembly, because we don't agree with the fact that it was done without the
consent of Québec, rightfully so. I don't think many Quebeckers have an issue
with what is in the Charter of Rights and Freedoms, because, again, there's a lot
of rights in there that bring us all together, that unite us as a people. But
there is also the fact that we were not
brought into the process properly. And we denounce that each and every year,
with reason. And maybe one day it will be corrected. I'm not too sure.
We're not there, we have other priorities before us.
And that brings me to my point
about this constitution. Whose priority is it to have this adopted right now
and to have this discussion, when people are worried about the cost of living?
They're worried about making ends meet at the
end of every month, paying all the bills, worried about the economic
instability that we are seeing right now throughout the Western world. How long
is this war in Iran going to last? How is that going to have an impact on the
cost of everything if the cost of fuel keeps rising? But that's not just
because of Iran. This is a problem that we've been facing over the last eight
years. People are having a lot of issues with cost of housing. There's tons of
issues in our health care system, of accessing frontline
services. Our education system needs to be modified, reformed. We need to have
a discussion about that. Those are the
priorities of Quebeckers. Nobody's coming to me saying, «Greg, I want a constitution
tomorrow», or very few people. So, on those grounds, again, why are we
forcing this down the throats of all Quebeckers, when it is not one of their
priorities?
I do want to take a moment, because there were different organizations from the
English-speaking community who expressed their
frustration that it seems like the English-speaking community, on many levels,
was omitted from this constitution, and, again, very basic principles of our
rights to our school boards, which again, no matter how many laws of laws you have, the law of the law of the
land, which is the British North America Act, the Constitution of 1867,
enshrines our rights. No Québec constitution can take that away. It's not how
the court system works, and I know that the Minister of Justice knows that very
well. But, if it was up to him, we would abolish school boards altogether. Good
thing we have some constitution already in
place to protect those minority rights. But, even when Daniel Turp comes before
a committee and says, «I don't see the English-speaking community being
adequately represented in this constitution», you know that it was either done
intentionally or there really just isn't an interest in including the
English-speaking community in the project that is considered the nation of
Québec, which isn't the case, and I know that's not how a lot of my colleagues
around here feel.
La communauté
d'expression anglaise est bien
partie du Québec,
partie de l'histoire et
partie
de l'avenir. On va toujours être là. On croit dans le Québec, on aime notre
Québec. On est fièrement québécois et fiers de le dire quand même ici, en
Chambre.
But it's true that we do have our
rights, like the ability to rise in this House and speak in the English
language, which, again, is a constitutional right which
I hold and you hold too, Madam Speaker, if any day you would ever like to give
that a shot.
On va voter contre ce
projet de loi, si on arrive quand même à un vote, parce qu'on n'a quand même
pas commencé l'étude détaillée. Et il y a
beaucoup des articles. Il y avait encore beaucoup des amendements. On va
continuer de faire nos points, de
débattre. Mais c'est sûr que, dans sa présente forme, aucune chance on peut
appuyer la constitution caquiste. Et
j'espère qu'un jour on va être dans une bonne place de, oui, écrire une
constitution qui est vraiment pour le peuple et par le peuple.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le député. Maintenant, je suis prête à entendre la prochaine
intervenante, Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci, Mme la
Présidente. Donc, nous sommes ici aujourd'hui pour intervenir sur le principe
du projet de loi n° 1, Loi constitutionnelle de 2025 sur le Québec.
Une constitution, fondamentalement, est supposée
être un projet de la population, un projet du peuple, un projet qui représente
et reflète les réalités et les droits des... de la population. Je n'ai jamais
vu une constitution comme celle proposée par la CAQ, qui, plutôt que de
défendre et de donner des droits, bien, restreint les droits de la population.
Et on l'a entendu énormément lors des
consultations, il y a très peu de groupes, et pas juste lors des consultations,
mais dans l'espace public, il y a très peu de groupes qui ont soutenu le
projet dans la forme dans laquelle le ministre de la Justice a déposé son projet, donc, un projet de
constitution qui vient d'un gouvernement dans une... une année électorale, un
parti politique qui est en perte de vitesse, qui, selon les sondages,
72 % de la population veulent un nouveau parti politique qui soit au gouvernement. Donc, la légitimité et
la crédibilité, surtout l'autorité morale pour ce gouvernement, de déposer
une constitution n'est pas leur.
On ne constitue pas une... On ne rédige pas une
constitution à la légère. Ce n'est pas fait derrière des portes closes,
c'est fait au nom de la population, avec la population. Une constitution, qui
est la loi des lois, ne devrait pas être une loi qui passe comme un simple
projet de loi à l'Assemblée nationale, avec des consultations restreintes, avec
un... la procédure qui demande seulement une majorité du vote pour que ça passe.
On se comprend qu'une constitution est... comme
on le dit tous, la loi des lois, justement, devrait avoir... devrait suivre un
processus qui fait en sorte qu'il y a vraiment une cohésion de la part
non seulement de la population, mais de la majorité des législateurs également.
Lors des consultations, et je vous
rappelle qu'au début le ministre voulait se contenter du fait qu'il a demandé
qu'un rapport soit produit... a été bien content avec le contenu de ce projet
de loi là, il voulait faire des consultations particulières,
donc une ou deux semaines de consultations avec certains groupes choisis, entre
autres, par le gouvernement, qui feraient en sorte qu'on se contenterait
de dire : Bien là, on a consulté la population, on a l'autorité morale,
l'autorité morale pour aller de l'avant. Mais, en fait, c'est les partis
d'opposition qui ont mis la pression sur le gouvernement et sur le ministre de la Justice, qui l'ont forcé à
avoir des consultations plus étendues que ce qui était prévu au début. Mais,
encore une fois, une consultation avec une période de présentation et d'échange
de 30 minutes, ce n'est pas consulter des
groupes, et des individus, des organismes, des parties de la population qui
vont être représentées dans ce document. Et, justement, les groupes
anglophones, notamment the Townshippers' Association de l'esprit... de l'Estrie
et les représentants des commissions scolaires anglophones ont
clairement indiqué, dans leur mémoire et lors des consultations, qu'ils ont été
invités à commenter un texte déjà finalisé.
Et on l'a vu avec le geste que le
ministre de la Justice a fait en retirant l'élément sur l'avortement. Encore une
fois, on parle d'un document qui n'a pas été rédigé avec l'opinion publique,
avec des consultations qui auraient fait que le ministre aurait pu déposer un
document dont les gens se voyaient, dont les gens se retrouvaient, mais ça n'a
pas été le cas.
groupe TALQ, Talking Advocating Living in Québec, a écrit sans ambiguïté :
«Une constitution imposée aux Québécois ne peut prétendre refléter
l'ensemble des Québécois.» Le manque de consultation, le manque de processus
démocratique, même Droits collectifs Québec, un des rares groupes qui a
approuvé du projet de loi du ministre, juge que
le processus de consultation aurait dû être mieux. Le ministre s'est fait même
critiquer par ses plus fidèles alliés que le processus par lequel il
entreprend cette Constitution fait en sorte qu'il y a manque de crédibilité.
Comme l'a dit the English Parents'
Committee Association, le processus... c'est un processus non démocratique. Une
constitution rédigée sans la population ne peut représenter la population.
The CAQ Government is
presenting a bill for a constitution, a government that has no moral authority
to be able to present the law of laws, a law that is being passed in the
National Assembly like any other law, not requiring a two thirds or even a
unanimous vote, a constitution that was written without consulting the groups
that are going to be directly affected by it, a constitution that was written
behind closed doors, and a constitution that, rather than grant and protect rights, constrains rights. And, with the CAQ
Government, that is... 72% of the population, according to latest polls,
want a change of Government, they do not have the moral authority to impose a
constitution on Quebeckers.
They only held public consultations or wider public consultations because of
the pressure that was put on them not only by opposition parties, but by just
about everybody in the public space.
A constitution, to be
legitimate, can't be written behind closed doors, a constitution, to be
legitimate, has to fundamentally take into account all the different sectors of
population that it's going to affect, and English-speaking advocacy
organizations made it clear in their briefs that they were responding to a
completed constitutional proposal, not shaping its architecture as it should
Consultations after drafting
are but a reaction, it is not constitutional co-construction, because a
constitution built on reaction rather than
participation isn't one that represents individuals. And the Townshippers
Association stress that constitutional reform of this magnitude requires
early and meaningful engagement with minority communities, and I quote them
when they said that «Bill 1 does not adequately recognize Québec's
English-speaking community as a historic and legitimate minority».
Et la commission des droits de la personne de
l'ONU, la semaine dernière, a publié un rapport en disant qu'ils s'inquiétaient
de certaines dispositions de la Constitution proposée, qui pourraient permettre
au Québec, dans certaines circonstances, de ne pas se considérer lié par
certains engagements internationaux pris au niveau fédéral, et ça inclut des protections en matière de droits humains en
général. C'est très préoccupant, de savoir que l'ONU s'est penchée sur cet
enjeu et a déterminé que le Québec, avec le projet de constitution qui a été
déposé, fait en sorte qu'il pourrait se retirer de certains engagements
internationaux en matière de droits humains.
Encore une fois, une constitution est là pour
protéger les droits, pas pour les restreindre, et, quand l'ONU sonne l'alarme,
on a de sérieux questionnements à se donner, et, dans les grandes traditions
constitutionnelles modernes, les constitutions
sont, avant tout, un instrument de protection des droits individuels contre
l'État. On le voit avec la Constitution américaine par son Bill of
Rights, qui énumère explicitement les libertés fondamentales, la liberté
d'expression, la liberté de religion, le
droit à un processus... à un procès équitable, la protection contre les
perquisitions abusives, et ce n'est pas un hasard. Le texte a été conçu
pour limiter le pouvoir.
Et, dans la
même manière, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, intégrée à la
Constitution française, affirme que le but de toute association politique est la
conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme. Là
encore, la logique est claire. La Constitution protège l'individu face à
l'État. Elle n'est pas une proclamation d'autorité collective ni une barrière
contre les excès du pouvoir.
Or, le projet de loi n° 1 souligne cette
tradition et met plutôt de l'avant la primauté de l'État avant les droits individuels. Avec l'article 5 du projet de
loi n° 1, l'autonomie... de l'autonomie
constitutionnelle, le gouvernement de la CAQ compte limiter la capacité des organismes publics à pouvoir
contester les lois les impliquant. En effet, le gouvernement vient
interdire à ces organismes de contester une loi qu'il considère comme
protectrice de la nation québécoise avec des fonds publics.
La commission des droits de la personne et de la
jeunesse, lors des consultations, a dit craindre que cette mesure puisse les
empêcher à remplir leur mission. Quand même, on parle de la Commission des
droits de la personne et des droits de la
jeunesse. Si eux, ils estiment que
leur travail pourrait être écarté en raison de l'application de
l'article 5 de la Constitution, on a de sérieuses questions à nous
poser.
Le Barreau du Québec a également dit que le
projet de loi constitutionnelle de 2025 introduit des mécanismes qui menacent
la séparation des pouvoirs, muselle les contre-pouvoirs, créé une instabilité
juridique et affaiblit les droits fondamentaux. Ils disent également que ces
changements risquent d'éroder les fondements de notre État de droit et de
compromettre la confiance du public envers ses institutions.
Lorsque l'accès à la justice se resserre, ce
sont les minorités qui en paient le prix. Encore une fois, l'ONU a commenté sur
le projet de loi, cette semaine, et Mme Millaire, qui fait
partie de la
commission internationale des juristes,
section Canada, et qui est également professeure à la Faculté de droit de
l'Université de Montréal, juge, et je la cite, que «le recours aux tribunaux est fondamental dans tout État de
droit». Si on enlève ça, c'est le début d'un régime autoritaire.
Through
article 5 proposed in
the constitution bill, the CAQ Government is attempting to restrict the ability
of public organizations to challenge laws that affect them. In effect, the CAQ
Government is prohibiting community organizations and advocacy groups from
challenging, using public funds, a law that it considers to be protective of
the Québec nation. This therefore
constitutes an attack on access to the courts. Judicial review is the backbone
of constitutional democracy. TALQ said
it best when they warned that Bill 1 curbs judicial review while consolidating
executive authority. It further stated that the bill does not meet the
basic standards of a constitution in a free and democratic society. That language reflects concern about structural imbalance. And
public interest litigation has historically allowed minority communities, disabled advocates, and linguistic groups
to vindicate rights. If access to court narrows, enforcement narrows,
rights must be... sorry, must be litigated to be meaningful.
Également, le projet de
loi mentionne la communauté... la communauté anglophone uniquement une fois
dans le préambule du projet de loi. Mais un préambule n'est pas une garantie
constitutionnelle, loin de là. Je vous rappelle que la communauté anglophone représente près d'un million de personnes,
aux Québécois, et que nous sommes tous des Québécois et des Québécoises
à part entière. Par contre, le projet de loi de Constitution de la CAQ
n'enchâsse aucun droit spécifique, ne protège aucune autonomie institutionnelle
et ne limite pas explicitement l'action législative future.
Le Québec English School Boards Association a
rappelé que la gestion scolaire par la minorité constitue le coeur même de sa vitalité. Et, même si le
gouvernement de la CAQ a mis de l'avant le projet de loi n° 40
pour abolir les commissions scolaires, la communauté anglophone a une...
a des droits dans... a des droits, excusez-moi, envers ces institutions, qui a
fait en sorte que, trois fois, le gouvernement est allé en cour pour abolir les
commissions scolaires anglophones, et, à trois reprises, les cours ont jugé
qu'il y avait une... il y avait une garantie constitutionnelle pour ces
institutions dont trois fois le gouvernement de la CAQ a échoué à démentir les
droits fondamentaux de la communauté anglophone, et, à trois reprises, les
cours ont jugé qu'elles avaient tort.
Townshippers Association a également souligné que les institutions régionales
anglophones sont essentielles à la pérennité culturelle. Or, aucune protection
structurelle explicite n'est prévue. La seule mention des droits de la
communauté anglophone se retrouve dans le préambule. Or, l'ensemble des groupes
représentés de la communauté anglophone ont fait part de leur grande préoccupation
de ne pas voir leurs droits être inclus dans la Constitution. Je vous cite l'Université
Bishop's, qui souligne qu'il faut «inclure à la Constitution du Québec des
protections pour les institutions de la communauté québécoise d'expression
anglaise», de l'Association des comités de parents anglophones qui mentionne
que «bien qu'il soit présenté comme une affirmation de l'identité nationale
québécoise, ce projet de loi renforce considérablement le pouvoir de l'État,
réduit la protection des minorités, limite les recours juridiques et menace les
institutions et les droits des anglophones du Québec». Le English Language Arts
Network rajoute que «plusieurs communautés ne se reconnaissent pas dans ce
projet de loi». L'Association des commissions scolaires anglophones du Québec a
aussi contribué au débat en disant que la question que le ministre doit se poser,
c'est : Pourquoi autant d'anglophones ne se reconnaissent pas dans la
nation québécoise présentée dans la Constitution? Le projet de loi omet toute
reconnaissance de droits historiques de la communauté anglophone, et ce projet
de loi porte atteinte à la démocratie québécoise et entraînerait des
répercussions néfastes pour l'ensemble du système d'éducation, avec des effets
particulièrement graves pour la communauté d'expression anglaise en situation
minoritaire.
Et je vais faire écho à ce que mon collègue de Jacques-Cartier
a mentionné, que même Daniel Turp, ancien ministre
du Parti québécois, en consultation, a dit : «Il faut enchâsser
des droits collectifs, par exemple les établissements scolaires, et
certains droits individuels des anglophones.» Si la lucidité est arrivée à
M. Turp pour reconnaître qu'une constitution est là pour... pour protéger
tous ses citoyens, y inclus les minorités, on se pose la question pourquoi le
ministre de la Justice n'est pas arrivé à la même conclusion.
So, one of the most concerning
aspects of Bill 1 is the virtual absence of any mention, much less protections
for the English-speaking community. The English-speaking community is only
mentioned once in the
preamble, and a
preamble does not create enforceable rights. Quebec's English-speaking
community is not an abstraction, it is a historic minority with constitutional protections dating
back to 1867 and reinforced in the Canadian Charter. The Townshippers'
Association said it best : when the absence of enforceable protections renders
the recognition largely symbolic. Yet Bill 1 does not straighten protections
for minority language education, for its access to services or institutional
vitality. It simply restates broad principles without embedding concrete
safeguards.
The English Montréal School
Board said : «Our institutions exist to serve a community whose rights
must be explicitly recognized, not implied.» TALQ added : «A
chapter of
the law should be dedicated to this recognition. If not, this legislation
creates a structure of a purely ethnocentric nation comparable to a 19th
century nation state and not a dynamic, open society of the 21st century. A
constitution should reassure minorities, not leave them wondering whether their
protections are implied rather than guaranteed.» TALQ also notes that
section 133 and section...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
...de vous interrompre. Étant donné l'heure, compte tenu de l'heure, est-ce que
vous souhaitez poursuivre votre... votre intervention à la reprise du débat?
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Donc, on inscrira votre nom.
Compte tenu de l'heure, et afin de permettre la
tenue des affaires courantes, cet après-midi, le présent débat est ajourné. Les
travaux sont suspendus jusqu'à 13 h 40.
(Suspension de la séance à 12 heures)
Vice-Président (M. Benjamin) :
Bonjour à toutes, bonjour
à tous. Bienvenue dans notre Assemblée nationale à vous qui êtes parmi
nous dans le public. Prenez place, collègues, nous allons débuter nos travaux.
Nous sommes à la rubrique Déclaration de
députés. Prenez place. Nous sommes à la rubrique Déclaration de députés, et,
sans plus tarder, je reconnais Mme la députée de Laviolette—Saint-Maurice.
Mme Tardif : Mme Lafrenière
fait du bénévolat depuis 75 ans.
Dès son jeune âge, ses parents lui ont inculqué
que donner enrichit. Fillette, elle donnait ses jouets préférés et aidait à
préparer et livrer les paniers de Noël.
À
titre de
diplômée en enseignement préscolaire, en psychologie de l'enfance inadaptée et
en commercialisation de voyages, elle a été à l'écoute et attentive aux
autres tout au long de sa vie.
Il y a trois ans, elle suivait encore une
formation pour soutenir les personnes malades. De 2023 à 2026, elle est
retournée travailler comme assistante technique en soins de santé.
Généreuse, énergique, aidante naturelle,
accompagnatrice de personnes âgées, de jeunes, membre de plusieurs conseils d'administration, dont la fondation et la
maison La Séjournelle pour les femmes victimes de violence conjugale et leurs
enfants, l'Association des retraités de l'enseignement du Québec, les
Escadrilles canadiennes de plaisance, Proches aidants des Chenaux,
comité de parents d'une école secondaire, Centraide, fédération Moto-tourisme
de la...
Le Vice-Président (M. Benjamin) : En
terminant.
Mme Tardif : ...etc. Elle a à
coeur...
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Laviolette—Saint-Maurice. Je vais reconnaître, maintenant,
Mme la députée de Verchères. Et j'en profite pour rappeler aux collègues que
les déclarations sont d'un maximum d'une minute, leur durée. Mme la
députée de Verchères.
Mme Roy (Verchères) : Merci, M.
le Président. C'est avec une immense fierté que je souligne aujourd'hui le
175e anniversaire de la ville de Sainte-Julie.
Depuis sa fondation, Sainte-Julie s'est bâtie
sur des valeurs de solidarité, d'engagement portées par des générations de
citoyens passionnés. En 175 ans, la ville a su évoluer, se moderniser, relever
les défis de son époque tout en préservant ce qui fait sa richesse: un fort
esprit de communauté.
Je tiens à saluer, en tribune, le maire, Mario
Lemay, la directrice générale, Mélanie Brisson, accompagnés de l'ensemble des
élus municipaux.
J'aimerais aussi souligner l'engagement des
employés, des bénévoles, de l'ensemble de la population qui contribuent à
chaque jour à faire de Sainte-Julie un milieu de vie dynamique et inspirant.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Verchères. Et bienvenue parmi nous aux élus municipaux
de la municipalité de... de Verchères, bien sûr.
Maintenant, je reconnais Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Merci, M. le
Président. En cette Journée internationale de la visibilité trans, je tiens à
prendre la parole à l'Assemblée nationale du
Québec pour célébrer cette belle communauté et rappeler que les droits des
personnes trans sont des droits fondamentaux inscrits dans nos chartes.
Il reste beaucoup de travail à faire pour
Pour y arriver, les 2 et 3 mai, l'organisme
Aide aux trans du Québec organise la 20e édition du Festival Trans Fierté
à Montréal. Le thème cette année : Apprendre d'hier pour mieux
construire demain . Je lance l'invitation à tous mais aussi à l'ensemble de mes collègues parlementaires. C'est de notre
devoir de s'outiller pour devenir de bons et de bonnes alliés.
À la communauté trans, je vous souhaite une
journée de visibilité imprégnée de la joie d'être qui on est. Et je tiens à
vous dire qu'à Québec solidaire on vous aime.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Et la parole revient maintenant à M. le député de Rosemont.
M. Marissal :
Merci, M. le Président. On parle beaucoup du communautaire qui est à bout ces
temps-ci, et, quant à moi, on n'en parlera jamais assez, parce que ça fait un
bout que le communautaire est à bout.
Derrière chaque
action concrète du communautaire, il y a des gestionnaires, des chefs
d'orchestre, des gens qui font que ça marche, des gens qui s'assurent que ça
roule, tout ça.
C'est ici que je
prends quelques secondes pour remercier Denis Leclerc, Denis Leclerc qui va
quitter bientôt le poste de directeur de la CDC Rosemont, après plus de
16 ans à la barre de la CDC. C'est un incontournable. Si le communautaire était une ruche, Denis serait
l'équivalent de la reine abeille, qui s'assure que tout fonctionne rondement.
Il est en poste
depuis 16 ans. En plus d'être de toutes les tables de concertation, Denis
est aussi un formidable organisateur de débat électoral, à chaque campagne
électorale.
Alors,
je le remercie pour ça et pour tout. Et surtout je lui dis : Denis, merci,
encore une fois, au nom de Rosemont. Bonne route pour la suite.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le député de Rosemont. Et je cède
maintenant la parole à Mme la députée de Berthier.
Mme Proulx :
Merci, M. le Président. Oui, on souligne aujourd'hui la Journée internationale
de la visibilité transgenre, occasion en or pour discuter, encore reconnaître,
malheureusement, qu'il y a de la violence, encore trop, pour les personnes
trans.
2016, M. le Président,
on a adopté à l'Assemblée nationale, à l'unanimité, un amendement à la Charte
des droits et libertés de la personne pour y inscrire l'identité et
l'expression de genre comme un motif de discrimination interdit, un signal très
fort de notre volonté collective d'inclusion. Le gouvernement a également mis
en place un plan d'action de lutte contre l'homophobie et la transphobie pour
soutenir, justement, les personnes concernées et tous les organismes qui les
accompagnent.
De grandes avancées
ont été faites au fil du temps. Le chemin, par contre, vers l'égalité, est
encore long. Il appartient à nous, collectivement, de faire en sorte que ce
chemin est moins chaotique. Moi, je vous invite à être vous, et je vous
souhaite une extraordinaire journée internationale des trans.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Berthier. Au tour,
maintenant, du député de Saint-Jérôme.
M. Chassin :
Merci, M. le Président. Saint-Jérôme est riche d'entraide et de chaleur
humaine. Dans nos organismes, il y a des
centaines de bénévoles qui accompagnent, organisent, défendent, nourrissent,
chantent, échangent, cognent aux portes, font sourire et apportent du
bonheur au quotidien pour tous les âges.
Mmes et MM. les
bénévoles, vous qui aidez votre prochain, vous faites du bien. Vous ne le
réalisez pas toujours, parce que votre générosité ne fait pas la une des
journaux ou le bulletin de nouvelles.
Alors,
cette année encore, et pour une troisième édition, j'organise, avec le Centre
d'action bénévole de Saint-Jérôme,
la soirée d'hommage aux bénévoles, animée par nul autre que Danny Berger,
l'animateur vedette de nos week-ends, dans une ambiance festive avec musique et
photos, avec un bon repas.
lundi 13 avril, on va vous dire toute notre gratitude, et ce sera à
votre tour de vous laisser parler d'amour.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, M. le député de Saint-Jérôme. La prochaine
déclaration revient à M. le député de Masson.
M. Lemay :
M. le Président, aujourd'hui, j'aimerais mettre en lumière l'organisme Aide
Homme, le centre de ressources pour hommes du sud de Lanaudière, qui joue un
rôle essentiel dans notre communauté.
Et, de toute évidence, il
faut se le dire, dans notre société il est encore difficile pour plusieurs
hommes de parler de leurs émotions, de reconnaître leurs difficultés ou de
demander de l'aide. Alors, trop souvent, le silence s'installe, avec des
conséquences bien réelles.
M. le
Président, Aide Homme, ça permet de prévenir, d'accompagner, mais surtout de
redonner espoir. Et, depuis plus de 20 ans, cet organisme accompagne des
hommes qui traversent des périodes de vulnérabilité en leur offrant un espace
d'écoute, de soutien et d'accompagnement pour briser l'isolement.
Alors, M. le Président, je tiens à souligner le
travail remarquable de toute l'équipe d'Aide Homme, qui, avec bienveillance et
dévouement, fait une réelle différence dans la vie de nombreux hommes et change
des vies au quotidien.
N'oubliez
jamais que tendre la main, c'est aussi faire preuve de courage. Alors, messieurs,
n'hésitez pas si vous en avez de besoin. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Masson. Je reconnais maintenant Mme la députée de Terrebonne.
Mme Gentilcore : Merci,
M. le Président. Je tiens à saluer la présence dans les tribunes, aujourd'hui,
du Mouvement organisé des mères solidaires, MOMS. Bienvenue à vous. Ça
me fait chaud au coeur de vous avoir là.
Fondé en 1990 à Terrebonne, MOMS célèbre cette
année son 35e anniversaire, 35 ans d'engagement, de solidarité, de
dévouement auprès des jeunes mères monoparentales de 14 à 25 ans et,
évidemment, de leurs enfants.
Depuis toutes ces années, vous offrez un
accompagnement concret, des ressources adaptées, évidemment, mais surtout un
environnement humain et bienveillant. Derrière ces 35 années, ce sont des
parcours transformés, des vies réorientées et des enfants qui grandissent dans
de meilleures conditions.
Les défis vont être nombreux pour vous dans la
prochaine année parce que, malheureusement, votre organisme va devoir être
relocalisé. Soyez assurés de mon entier appui dans cette transition-là. Vous
êtes un pilier essentiel pour notre communauté et votre travail mérite toute
notre reconnaissance.
Donc, encore une fois, félicitations, et merci
pour ces 35 années.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée de Terrebonne. La prochaine déclaration revient à M. le député
de Chapleau.
M. Lévesque (Chapleau) : Merci
beaucoup, M. le Président. Je désire souligner le 40e anniversaire d'un
pilier culturel dans Chapleau, le Choeur classique de l'Outaouais.
Cette chorale d'exception fait vibrer notre
communauté au rythme des grandes oeuvres du répertoire classique tout en
mettant en lumière des créations contemporaines, notamment celles de
compositeurs de chez nous. Fort d'une soixantaine
de voix, elle contribue non seulement à l'enrichissement culturel de
l'Outaouais, mais aussi au rayonnement de nos artistes.
Le choeur a
su bâtir bien plus qu'un répertoire remarquable, il a créé un espace de
passion, de rigueur et de partage.
Les 25 et 26 avril prochains, à l'église
Saint-François-de-Sales, dans Chapleau, à Gatineau, le choeur lancera ses
festivités du 40e anniversaire avec une oeuvre emblématique de notre
patrimoine, Requiem pour Mathieu , de la compositrice gatinoise Pierrette
Froment-Savoie, qui sera également pianiste invitée.
Je souhaite
inviter chaleureusement l'ensemble de la population à se joindre aux
célébrations, tous mes concitoyens de Chapleau, à venir célébrer ces
40 années d'enchantement, de musique et de partage.
Bon 40e anniversaire et, surtout, bon
concert!
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le député de
Chapleau. Et je cède maintenant la parole à M. le député de Mégantic.
M. Jacques : Merci,
M. le Président. En fin de semaine, j'ai eu le plaisir de participer au
lancement des festivités du 125e anniversaire d'Ascot Corner.
Fondée en 1901, au confluent des rivières
Saint-François et Stoke, cette municipalité s'est bâtie sur l'essor du bois, du
fer et d'une agriculture prospère. C'est «un carrefour de bois et d'eau», comme
le décrit si bien l'historienne Colette Pomerleau, qui vient de lancer un
nouvel ouvrage pour souligner l'histoire d'Ascot Corner.
Aujourd'hui, la
municipalité est devenue un modèle de vitalité, entre ruralité et proximité
urbaine. Je tiens donc à rendre hommage aux
bâtisseurs qui se sont succédé jusqu'à ce jour et à saluer l'apport des
bénévoles qui dynamisent cette belle communauté.
Je souhaite à toute la population des
magnifiques rassemblements tout au long de l'année.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le député de
Mégantic. La prochaine déclaration revient à Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Merci, M. le
Président. Alors, on sait que, cette semaine, les organismes communautaires partout au Québec se mobilisent au sein du
mouvement Le communautaire à boutte, et mon comté de Notre-Dame-de-Grâce
ne fait pas exception.
Sur le
terrain, les besoins sont criants et complexes. Les organismes communautaires
en témoignent à chaque jour.
Yesterday, I met with community
leaders in my NDG office to discuss solutions on the ground, but also in public
policy.
Les gouvernements, en
particulier, doivent considérer ces organismes non pas comme des dépenses à
gérer ou même à couper, mais comme un investissement précieux et porteur.
Je tiens à reconnaître l'importance du milieu
communautaire, qui est un pilier, M. le Président, essentiel dans notre
tissu social.
And, as we wrap up
International Women's Month, it's worth underscoring that women comprise 80% of
the community sector, a sector that cannot rely solely on the sacrifice, and
good will, and hard work of women.
Alors, je tiens
remercier, en conclusion, les organismes, en particulier à Montréal-Ouest et à
NDG, pour votre travail extraordinaire. Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce. Alors voilà qui met fin à la
rubrique Déclarations des députés.
Nous allons suspendre les travaux quelques
instants.
(Suspension de la séance à 13 h 55)
La Présidente : Bonjour, tout
le monde. Mmes, MM. les députés. Messieurs dames les invités, vous êtes
nombreux, aujourd'hui. Et, comme je dis à chaque jour, bienvenue. Le parlement
du Québec, c'est chez vous.
Alors, messieurs dames les députés, nous allons
nous recueillir en silence quelques instants, je vous prie. Merci.
Je vous remercie beaucoup. Veuillez vous
asseoir.
La Présidente : Je vous
rappelle l'article 32. Gardez le silence, s'il vous plaît.
J'ai le
plaisir de souligner aujourd'hui la présence, dans les tribunes, de
l'ambassadeur de Belgique, Son Excellence M. Karl Dhaene, à l'occasion
de sa visite officielle.
Et j'ai
également le plaisir de souligner la présence du consul général de Belgique, à
l'occasion de sa visite de prise de poste, M. Wilfried Pfeffer.
Et j'ai aussi le plaisir de souligner la
présence, dans les tribunes, de M. Christos Sirros, ancien député de Laurier-Dorion
et ancien vice-président de l'Assemblée nationale. Et j'ai également le plaisir
de souligner la présence de M. Albert Khelfha, ancien député de Richelieu.
Et nous poursuivons les
affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles ni présentation de projets de loi.
À la rubrique Dépôt de documents, M. le ministre
de la Justice.
M. Jolin-Barrette : Oui, Mme la
Présidente. Bonjour. Je dépose le plan stratégique 2025‑2029 de la Société
québécoise d'information juridique et le rapport du Conseil de la magistrature
quant à la mise en oeuvre du programme de perfectionnement sur les réalités
relatives à la violence sexuelle et à la violence conjugale pour la période du
1er janvier au 31 décembre 2025.
La Présidente : Ces documents sont
déposés. Et à nouveau, cette fois-ci, M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Mme la
Présidente, je dépose la réponse à la pétition déposée le 25 février 2026
par le député de Rosemont.
La Présidente : Et ce document est
déposé.
Pour ma part, je dépose les prévisions
budgétaires 2026‑2027 et le rapport financier préliminaire 2025‑2026
du Directeur général des élections du Québec et de la Commission de la
représentation électorale.
Je dépose également le rapport sur l'application
des règles de financement du Directeur général des élections du Québec intitulé
Financement politique : bilan et perspectives 2025 .
Et j'ai reçu préavis d'une motion qui sera
inscrite dans le feuilleton de demain aux affaires inscrites par les députés de
l'opposition. Conformément à l'article 97.1 du règlement, je dépose copie
du texte de ce préavis.
À la rubrique Dépôt de rapports de commissions,
M. le président de la Commission de l'économie et du travail et député de
Maskinongé.
M. Allaire : Merci, Mme la
Présidente. Je dépose le rapport de la Commission de l'économie et du travail
qui, le 31 mars 2026, a procédé à l'audition des intéressés et à l'étude
détaillée du projet de loi d'intérêt privé n° 200, Loi concernant Le
Country Club de Montréal. La commission a adopté le texte du projet de loi avec
un amendement. Merci, Mme la Présidente.
Présidente : Et, comme il s'agit d'un projet de loi d'intérêt
privé, je vous demande : Ce rapport est-il adopté?
La Présidente : Adopté.
Et M. le président de la Commission de la santé
et des services sociaux et député de Beauce-Nord. M. le député de Beauce-Nord.
Alors, nous allons... Ah! M. le député de Beauce-Nord,
vous... Ce rapport est déposé, le rapport de la CSSS sur l'étude détaillée du
projet de loi n° 15? Vous êtes à votre place? Alors, je... Oui, s'il vous
plaît.
La Présidente : Bon, on
retrouve son sérieux. M. le président de la Commission de la santé et des
services sociaux et député de Beauce-Nord, je vous écoute.
M. Provençal : Merci, Mme la
Présidente. Je dépose le rapport de la Commission de la santé et des services
sociaux qui, les 25 et 26 mars 2026, a procédé à l'étude détaillée du
projet de loi n° 15 — je
peux reprendre mon souffle? — Loi modifiant le Code des professions et
d'autres dispositions principalement afin d'alléger les processus
réglementaires du système professionnel et d'élargir certaines pratiques
professionnelles — excusez-moi — dans
le domaine de la santé et des services
sociaux. La commission a adopté le texte de projet de loi avec des amendements.
Merci.
La Présidente : Et ce rapport est
déposé.
Il n'y a pas de dépôt de pétitions.
Il n'y a pas de réponses
orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de droit ou
de privilège.
Et nous en sommes... Oui, je reconnais le leader
de l'opposition officielle. Je vous écoute.
M. Tanguay : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Très brièvement, question de directive. Nous remercions le
cabinet du leader qui nous informe lorsque des ministres sont absents.
Aujourd'hui, par contre, Mme la Présidente, huit ministres sur 26 sont absents,
c'est un tiers du cabinet. Nous avons un exercice excessivement important, en
période de questions, de reddition de comptes. On sait qu'un ministre peut
remplacer un autre ministre pour répondre, on est parfaitement au courant de ça,
mais on vous demande, question de directive, Mme la Présidente, que le message
soit lancé et que les ministres soient présents durant la période de questions
pour répondre à cet exercice de reddition de comptes. Huit sur 26, c'est
beaucoup.
La Présidente : Par
acquis d'équité, je vais vous écouter, et ensuite je me prononcerai. M. le
leader du gouvernement, brièvement.
M. Jolin-Barrette : Mme la
Présidente, le gouvernement peut répondre, à la période des questions, par le
ministre de son choix, et c'est ce que nous faisons. Et, soyez-en certaine, Mme
la Présidente, nous aurons des réponses à toutes les questions des collègues de
cette Chambre. Cela étant dit, je suis en accord avec le leader de l'opposition
officielle, les ministres doivent être à la période des questions.
La Présidente : Alors, vous allez me
permettre, vous allez me permettre ici...
Article 32. Alors, vous allez
ici me permettre... Puisque vous m'avez posé
une question de directive, je vais y répondre. Et je vous demanderais le
silence, comme le requiert notre
article 32.
Donc, si nous nous dirigeons à
l'article 189 de notre propre règlement — je vais vous rappeler
quelques règles de notre propre règlement — l'article 189 prévoit qu'un ministre peut
toujours agir au nom d'un autre ministre. Il arrive d'ailleurs fréquemment que des ministres soient
remplacés par d'autres ministres lors de travaux parlementaires, incluant
la période de questions et de réponses orales.
La présidence a déjà rappelé qu'aucun
article du
règlement ne rend obligatoire la présence d'un ministre lors d'un débat portant
sur une étape de l'étude d'un projet de loi. Il en est de même pour la période
des questions. Ce choix appartient à l'exécutif.
Et, comme la présidence l'a déjà affirmé dans
d'autres contextes, il est cependant souhaitable, pour le bon déroulement des travaux parlementaires, que les
ministres soient présents, comme le soulignait M. leader du gouvernement.
Il n'appartient... Il n'appartient toutefois pas
à la présidence d'intervenir en cette matière pour le moment. Je vous réfère
aux articles de notre règlement. Cela dit, c'est la réponse à une question de
directive.
Nous en
sommes maintenant rendus à la période de questions et de réponses orales, et,
pour ce faire, je cède la parole, en question principale, au chef de
l'opposition officielle.
M. Fortin : Mme la Présidente,
ça fait des années que le gouvernement de la CAQ est interpelé par l'industrie forestière, par les coopératives forestières, par les
entrepreneurs en travaux sylvicoles, par les municipalités, sans succès. Ça
fait des mois que tout le monde ici est au courant que les politiques de Donald
Trump vont avoir un impact monstre sur
l'industrie forestière. Le gouvernement lui-même disait, il y a deux ans, que
ça pressait, que c'était une question de survie des régions. Et pourtant
ils n'ont rien fait, ils sont restés assis sur leurs mains.
Conséquence,
des usines ferment, des travailleurs perdent leurs emplois, ceux qui restent
sont dans l'incertitude, des villages au complet se retrouvent
dévitalisés, des chaînes économiques de régions entières sont bouleversées.
Mais pour le gouvernement, Mme la Présidente, on dirait que c'est un moment
comme un autre.
Hier, cinq grandes organisations qui
représentent le secteur économique forestier ont lancé un cri du coeur, un vrai cri du coeur au gouvernement de la CAQ. Le
gouvernement pense peut-être qu'il ne leur reste pas assez de temps d'ici à
l'élection pour faire quelque chose, mais ce temps-là, il va être terriblement
long pour tous les travailleurs de la forêt qui vivent dans
l'incertitude en ce moment.
Alors, question bien
simple. Ils ont entendu hier le cri du coeur de l'industrie forestière, de ces
travailleurs. Qu'est-ce qu'ils vont faire?
La Présidente : Le ministre de
l'Environnement et de la Lutte aux changements climatiques.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. La question est certainemen