House Proceedings — 7 February 2018 (41st Legislature, 1st Session)
2018-02-07
Quebec — Debates (Hansard)
Maxime
a brisé tous les pronostics et vit sa convalescence de manière positive. Il a déjà
recommencé à marcher et à jouer de la guitare. Je lui souhaite un prompt
rétablissement afin qu'il puisse rapidement revenir fouler les planches des
différentes scènes du Québec.
J'aimerais
d'ailleurs souligner l'apport extraordinaire qu'ont les chansonniers dans la culture québécoise.
Ils sont les fiers représentants de notre musique nationale et ils ont prouvé, le 20 janvier
dernier, qu'ils sont aussi des artistes de coeur, qui répondent présent
pour ceux qui en ont besoin. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, M.
le député de Rimouski. Au tour, maintenant, à M. le député de Mégantic de
faire sa déclaration.
Bolduc : Merci, Mme la Présidente. Il me fait grand plaisir de prendre la parole ce matin, en cette
Chambre, afin de souligner le 60e anniversaire des Loisirs Aramis
de Disraeli.
Cela
fait maintenant 60 ans que les Loisirs Aramis de Disraeli
animent la vie de centaines de citoyens du comté de Mégantic. Ils consacrent leur temps et leurs énergies au bien-être
de la population en leur offrant des activités hautes en couleur tout au long de l'année. Que ce soit par
des soupers à petit prix, par le Noël des enfants, par un tournoi de sport, par
des soirées musicales et dansantes, ainsi qu'en produisant des expositions
d'art et nos artistes locaux, leur mission est d'aider les gens, les
jeunes et les plus démunis de la région en se focalisant sur les loisirs, les
sports et l'éducation. Bravo! Et bon 60e.
La Vice-Présidente (Mme
Gaudreault) : Je vous
remercie, M. le député de Mégantic. Maintenant, je cède la
parole à M. le député d'Arthabaska.
Lefebvre : Merci, Mme la Présidente. En 1858, un groupe de citoyens a fondé la Société d'agriculture du comté d'Arthabaska. Ce groupe a présenté la première exposition
agricole de ma région dans le cadre du Bal des moissons. Cette année, La Société d'agriculture des Bois-Francs va présenter sa 160e Expo
agricole de Victoriaville, du 9 au 15 juillet prochain. Il s'agit d'une activité majeure pour la
région d'Arthabaska-L'Érable qui est reconnue pour son agriculture,
un véritable fleuron de notre économie. Chaque année, plus de
25 000 visiteurs profitent de l'occasion pour en apprendre davantage sur l'agriculture, s'amuser et se divertir à travers les nombreuses
activités qu'on y propose.
Je tiens à saluer les
représentants qui sont ici présents : le président, M. Pierre
Desrochers, son épouse, Mme Claire
Corriveau, qui est une bénévole de longue date, ainsi que le directeur général,
M. Christian Arseneault. Je tiens
à remercier les bénévoles, les partenaires de l'expo, dont le MAPAQ, qui
permettent la présentation de cet événement
d'envergure. Bon 160e. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, M. le député d'Arthabaska. Et nous vous souhaitons la bienvenue à l'Assemblée
nationale.
Pour la prochaine déclaration,
je cède la parole à M. le député de Rivière-du-Loup—Témiscouata.
M. D'Amour :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors, en tant que député de Rivière-du-Loup—Témiscouata—Les Basques, c'est avec une grande fierté, ce
matin, que je désire adresser mes plus sincères félicitations à Charlie
Bilodeau, un athlète de la MRC des Basques qui se rendra aux prochains Jeux
olympiques.
Patineur
artistique en couple avec sa partenaire Julianne Séguin, le Pistolois a chaussé
les patins pour la première fois à
l'âge de trois ans, et c'est à l'âge de 13 ans qu'il a décidé qu'un jour
il participerait aux Jeux olympiques. Il quittera alors Trois-Pistoles
pour poursuivre ses objectifs, ce défi, donc, ce défi sportif, du côté de Montréal.
première compétition de Charlie et de Julianne aux Jeux olympiques aura lieu le
13 février prochain, donc dès les
prochains jours, à compter de 20 heures, pour le programme court, et le
14 février en soirée pour le programme long, où les résultats
finaux devraient être connus vers 22 h 30.
Évidemment,
toutes mes félicitations à Charlie! Toute la région est derrière toi. Non seulement la région, le Québec est derrière toi. Merci de faire honneur à notre
coin de pays comme tu le fais maintenant depuis un certain nombre d'années, et la
meilleure des chances t'accompagne. Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, M. le député. Maintenant,
nous sommes toujours à la rubrique des déclarations de députés, et je reconnais
M. le député de Gouin.
Nadeau-Dubois : Merci, Mme la Présidente. Cette semaine se tient la 24e édition de la
Semaine des enseignantes et
enseignants sous le thème Votre enseignement, notre réussite à
tous! . Nous avons tous eu des
enseignantes et des enseignants qui
ont marqué notre parcours scolaire, une personne qui nous a fait grandir, qui
nous a inspirés, qui a changé le cours de notre vie. Ce sont des gens
qui dédient leur vie aux enfants du Québec.
Leur vie n'a rien de
glamour. Elle est remplie de soirées de correction pour donner à tous des
commentaires personnalisés, de fins de
semaine à faire du bricolage en vue du jour de l'Halloween, de soirées à
préparer des expos-sciences, à
entraîner l'équipe de Génies en herbe, à encadrer l'équipe sportive, à
organiser les sorties vertes, à inventer des projets, et j'en passe.
enseignantes et les enseignants du
Québec sont les modèles de nos enfants. Ils les instruisent, et les éduquent,
et les socialisent. Cette semaine est un
moment pour leur rendre hommage malgré un système d'éducation qui trop souvent
ne reconnaît pas leur travail. Aux enseignants et aux enseignantes du Québec,
merci.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de Gouin. Et maintenant je vais
reconnaître Mme la députée de Gatineau.
Vallée : Merci, Mme la Présidente. Alors, aujourd'hui, j'aimerais souligner la huitième Journée québécoise de la médiation familiale.
Vous
savez, la médiation familiale, c'est un mode alternatif de résolution de
conflits qui met vraiment de l'avant le meilleur intérêt de l'enfant
et c'est une alternative avantageuse pour les parents, pour la famille, pour
les enfants. Le gouvernement du Québec soutient cette initiative-là en assumant le
coût de cinq heures de médiation pour une séparation, un divorce, deux
heures de médiation dans le cadre de la révision d'un jugement, et en plus
d'offrir des séances de parentalité
gratuites pour les parents, qui doivent entamer des procédures tellement
difficiles, tellement touchantes sur le plan humain.
Alors,
les résultats d'un dernier sondage nous démontrent que
84 % des utilisateurs du service
en sont arrivés à une entente grâce
au processus de médiation, c'est un gage de succès. Et je tiens à saluer
l'ensemble des médiateurs et des
médiatrices, qui oeuvrent avec passion et rigueur. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, Mme la députée de Gatineau. Maintenant, je vais céder
la parole à M. le député de Bourget.
M. Kotto :
Merci, Mme la Présidente. D'emblée, je ne peux vous cacher mon inquiétude face
à cette donnée officielle voulant que les citoyennes
et citoyens de l'est de Montréal aient une espérance de vie inférieure de neuf années à celle de celles et ceux vivant dans l'ouest de la ville, une situation liée notamment aux habitudes
de vie et à la pollution atmosphérique.
Il en résulte une pollution... une population, dis-je, plus affectée par des
maladies cardio-respiratoires.
Aussi, c'est avec enthousiasme que je tiens à
souligner l'ouverture, dans Bourget, du Centre Inspir'er de l'Association
pulmonaire du Québec. Le centre offre un
programme en santé respiratoire qui répond à des besoins bien précis hors du
milieu hospitalier, adapté à la condition de chacune et de chacun.
J'offre
donc mes félicitations à l'équipe de Mme Dominique Massie et aux
pneumologues associés à ce centre, qui, j'en suis sûr, contribuera à
améliorer la santé de notre population. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, M. le
député de Bourget. Je cède maintenant la parole à M. le député de
Drummond—Bois-Francs.
M. Schneeberger :
Merci, Mme la Présidente. Alors, aujourd'hui, je veux souligner l'intronisation
de Mme Danielle Gélinas et
M. Daniel Benoit à
titre de Bâtisseurs 2018 au Temple de la renommée
des affaires de La Chambre de commerce et d'industrie de Drummond.
La fructueuse
carrière de ce couple de pharmaciens a débuté lorsqu'ils ont fait l'acquisition
de la bannière Jean Coutu, à Drummondville,
en 1982. Aujourd'hui, les deux conjoints sont copropriétaires de six
succursales Jean Coutu avec
leurs trois enfants, Stéphanie, Marie-Michèle, Louis-Carl, qui sont devenus
associés à leur tour. Les inaugurations récentes de deux de leurs nouvelles succursales sur les boulevards
Lemire et Saint-Joseph démontrent combien ils ont su augmenter leur
offre de services. Leur réussite reflète le développement économique et le
pouvoir d'attraction drummondvillois, auquel ils contribuent eux-mêmes.
Alors, félicitations à Mme Gélinas et
M. Benoit pour votre proximité avec votre clientèle, votre capacité
d'adaptation et votre engagement dans la communauté!
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, M. le député.
ce point-ci, j'aurais besoin de votre consentement afin de permettre à Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve
de faire une 10e déclaration. Nous avons le consentement? Alors, Mme la
députée, la parole est à vous.
Poirier : Merci, Mme la Présidente. Du 4 au 10 février se tient la Semaine des
enseignantes et des enseignants sous
le thème Votre enseignement, notre réussite à tous! . Chaque jour, les enseignantes et les enseignants relèvent le plus important défi pour l'avenir du Québec, soit de
s'assurer que notre jeunesse et que nous tous, nous possédions tous les
outils pour s'épanouir dans la société québécoise de demain.
C'est tout un défi que doivent relever
les enseignants, car enseigner, de nos jours, est devenu un travail complexe.
Les besoins des élèves sont de plus en plus
importants, et les classes, de plus en plus diversifiées. La tâche est devenue
de plus en plus difficile. Je prends donc
cette minute, au nom du Parti québécois, pour les remercier, pour souligner à
quel point leur travail est important, pour leur dire que nous
continuerons à tout faire pour les soutenir.
Tout
le monde connaît une enseignante ou un enseignant dans son entourage. Je vous
invite à prendre quelques instants, cette semaine, pour les remercier et leur
dire à quel point ils sont importants pour l'avenir du Québec. Merci,
Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, Mme la
députée d'Hochelaga-Maisonneuve. Alors, ceci met fin à la rubrique des
déclarations de députés.
Et je suspends nos
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 53)
Le Président :
Mesdames messieurs, nous allons nous recueillir quelques instants.
Merci, et, dans ce
cas-là, c'est vrai, veuillez vous asseoir. Vous pouvez vous asseoir. Oui, oui,
oui.
Alors, nous
poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles.
À la rubrique
Présentation de projets de loi, M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
Bonnardel :
Oui, M. le Président. Je vous demande d'appeler l'article a, s'il vous
plaît.
Président : Je pense que vous aviez un collègue qui était
enclin à vouloir se lever encore plus rapidement que vous.
Le Président :
Alors, vous mettez ça sur la faute de votre chef? C'est fin, ça.
Alors,
à l'article a du feuilleton, M. le député des Chutes-de-la-Chaudière présente
le projet de loi n° 1091, Loi modifiant la
Loi sur les transports
pour rééquilibrer le partage de la contribution des automobilistes au transport
en commun au sein de la Communauté métropolitaine de Québec. M. le député de
Chutes-de-la-Chaudière.
Picard : Merci, M. le Président. Ce projet de loi modifie la
Loi sur les transports afin que la société de transport de Québec et la Société de transport de Lévis se
partagent la contribution des automobilistes au transport en commun versée par le ministre des Transports à la Communauté
métropolitaine de Québec en proportion des contributions perçues des
automobilistes ayant leurs adresses sur le territoire de la ville de Québec, de
la ville de L'Ancienne-Lorette ou de la ville
de Saint-Augustin-de-Desmaures et des automobilistes ayant leur adresse sur le
territoire de la ville de Lévis. Merci, M. le Président.
Le Président :
Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi?
Le Président :
Adopté.
À la rubrique Dépôt
de documents, Mme la ministre de la Justice.
Mme Vallée :
Alors, M. le Président, voici venu le temps de l'année pour déposer en liasse
les rapports annuels des ordres
professionnels suivants pour l'année 2016-2017, donc : les
acupuncteurs, les administrateurs agréés, agronomes, les architectes, les arpenteurs-géomètres, les
audioprothésistes, le Barreau, les chimistes, les chiropraticiens, les
comptables professionnels agréés, les conseillers en ressources humaines
et en relations industrielles agréés, les conseillers et conseillères d'orientation, les criminologues, les
dentistes, les denturologistes, les diététistes, les ergothérapeutes, les
évaluateurs agréés, les géologues,
les huissiers de justice, les hygiénistes dentaires, les infirmières et
infirmiers, les infirmières et infirmiers
auxiliaires, les ingénieurs, les ingénieurs forestiers, les inhalothérapeutes,
les médecins, les médecins vétérinaires, les notaires, les opticiens
d'ordonnance, les optométristes, les orthophonistes et audiologistes, les
pharmaciens, les physiothérapeutes, les podiatres, les psychoéducateurs et
psychoéducatrices, les psychologues, les sages-femmes, les sexologues, les techniciens et techniciennes
dentaires, les technologistes médicaux, les technologues en imagerie médicale,
en radio-oncologie et en électrophysiologie médicale, les technologues
professionnels, les traducteurs terminologues et
interprètes agréés, les travailleurs sociaux et thérapeutes conjugaux et
familiaux, et finalement les urbanistes. Et je vous dépose le tout. Et vivement
les clés USB, pour une deuxième année consécutive.
Président : Alors, ces documents sont déposés. Et il n'y a pas
plus... il n'y aurait pas plus heureux que moi que d'avoir des clés USB,
effectivement. Ce n'est pas parce que je ne les demande pas.
Alors, M. le ministre de la Sécurité publique.
M. Coiteux : Alors, c'est beaucoup plus légèrement, M. le Président, que je dépose le plan
stratégique du Comité de
déontologie policière 2017-2021, très sérieux, mais un document moins lourd.
Le Président : Ce document
est déposé et il est important. Alors, M. le leader du gouvernement.
Fournier : Oui, M. le Président. Je dépose la réponse du gouvernement
à la pétition présentée par le député de Deux-Montagnes le
7 décembre 2017. Merci.
Le Président : Encore un
autre document important.
M. Fournier : Je ne dis pas d'autre
chose.
Président : Non? Peut-être mieux, parce qu'on pourrait
continuer sur la même voie, hein, on pourrait peut-être continuer sur la
même voie.
Alors, pour ma part... Ce document, donc, est
déposé.
Pour ma part,
je dépose la lettre que j'ai reçue de M. le premier ministre, dans laquelle il
m'informe que le député d'Abitibi-Est est désigné pour agir à
titre de membre
Vice-Président (M. Ouimet) :
Alors, M. le Président, je propose que cette modification à la composition du
Le Président : Est-ce que
cette motion est adoptée? Adopté.
Alors, à la
rubrique Dépôt de rapports de commissions, M. le vice-président de la
Commission de l'administration publique et député de Trois-Rivières.
M. Girard : M. le Président, je
dépose le rapport de la Commission de l'administration publique qui, le 6 février 2018, a procédé à l'élection à
la présidence de la commission, et j'en profite pour féliciter et souhaiter
bonne chance au député de Richelieu.
Président : Merci. Nous nous joignons à vous, effectivement,
pour faire en sorte... et s'assurer de la chance qu'aura le député de
Richelieu, parce que c'est une commission extrêmement importante.
M. le président de la Commission des finances
publiques et député de Montmorency.
Bernier : Merci, M. le Président. Je dépose le rapport de la
Commission des finances publiques qui, les 30 janvier et 6 février 2018, a tenu des auditions
publiques dans le cadre de consultations particulières sur le projet de
loi n° 150, Loi concernant principalement la mise en oeuvre de certaines
dispositions des discours sur le budget du 17 mars 2016 et du
28 mars 2017.
Le Président : Ce document
est déposé.
À la rubrique
Dépôt de pétitions... Dépôt de pétitions, j'ai plusieurs pétitions aujourd'hui.
J'en ai neuf, en fait. Et nous allons
nous en tenir au règlement. Je vais utiliser les 15 premières minutes, et
après cela celles qui n'auront pas été rendues
publiques ici, à l'Assemblée, le seront pour la séance de demain. Alors,
certaines pétitions pourront l'être demain. Alors, nous allons commencer
avec M. le député de Labelle.
M. Pagé :
Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 7 980 pétitionnaires.
Le Président : ...du son, ça
sera bon. Ce n'est pas de sa faute, mais il ne parle pas fort ou bien donc...
O.K.
M. Pagé :
Et d'ailleurs j'en profite pour saluer les gens de l'association de maladie de
Lyme qui sont avec nous dans les tribunes ce matin.
Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que, selon l'INSPQ, la maladie de Lyme est une maladie infectieuse émergente
grave, méconnue des médecins, transmise aux humains par [des morsures]
de certains types de tiques infectées;
«Considérant
que plusieurs régions sont endémiques et que des cas sporadiques sont possibles
partout au Québec;
«Considérant
que l'ASPC reconnaît que la maladie de Lyme a plusieurs stades distincts, et,
si elle n'est pas traitée rapidement
et adéquatement, "des symptômes graves peuvent se produire et durer
pendant des mois, voire des années", pouvant mener — évidemment — à
l'invalidité;
«Considérant que le récent cadre fédéral relatif
à la maladie de Lyme souligne la nécessité de davantage de recherches pour pallier aux lacunes [du protocole]
de diagnostic et de traitement en vigueur — tests sanguins plus sensibles,
tableau clinique complexe et variable, et autres;
«Considérant
que des docteurs soignent la maladie de Lyme avec des traitements efficaces,
prouvés scientifiquement, [mais hors contrôle officiel,] hors protocole
officiel, et que leur utilisation peut entraîner des sanctions disciplinaires
[par des] médecins;
«Considérant
que des patients souffrant de la maladie de Lyme confirment ne pas être pris en
charge adéquatement par le système de
santé québécois, entraînant des conséquences extrêmement néfastes [pour la]
santé physique, psychologique et financière;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, soussignés, demandons au
gouvernement :
«La reconnaissance [premièrement] du problème
urgent de santé publique que pose la maladie de Lyme;
«[Deuxièmement,] l'utilisation prioritaire du
diagnostic clinique pour tous les stades de la maladie;
«[Troisièmement,]
d'octroyer une protection légale aux médecins prodiguant des soins hors
protocole officiel; et finalement
«La création
d'un comité, incluant obligatoirement l'AQML, veillant à l'instauration et à
l'application d'un plan d'action sur la maladie de Lyme.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Président : Alors, l'extrait de cette pétition est déposé. Je
demanderais au député de Labelle, qui a une seconde pétition sur le même
sujet...
M. Pagé :
Oui. Bien, en fait, maintenant, c'est la copie papier. Donc, je dépose
l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, désignée par... signée par 1 046 pétitionnaires. Vous
aurez donc compris que c'est plus de 9 000 personnes. Pour ce genre
de dossier, c'est quand même beaucoup de pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les
faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que, selon l'INSPQ, la maladie de Lyme est une
maladie infectieuse émergente grave, méconnue des médecins, transmise
aux humains par la morsure de certains types de tiques infectées;
«Considérant que plusieurs régions sont endémiques et que des cas
sporadiques sont possibles partout au Québec;
«Considérant que l'ASPC
reconnaît que la maladie de Lyme a plusieurs stades distincts, et, si elle
n'est pas traitée rapidement et adéquatement, "des symptômes graves peuvent
se produire et durer pendant des mois, voire des années" pouvant mener à
l'invalidité — la
plupart du temps, c'est ce qui arrive;
«Considérant que le récent cadre fédéral relatif
à la maladie de Lyme souligne la nécessité de davantage de recherches pour pallier aux lacunes des protocoles
de diagnostic et de traitement en vigueur — tests sanguins peu sensibles, tableau
clinique complexe et variable, et autres;
«Considérant que des docteurs soignent la maladie de Lyme avec
des traitements efficaces, prouvés scientifiquement, mais hors protocole
officiel, et que leur utilisation peut entraîner des sanctions disciplinaires
[par] les médecins;
«Considérant que des patients souffrant de la maladie de Lyme
confirment ne pas être pris en charge adéquatement par le système de
santé québécois, entraînant des conséquences extrêmement néfastes [pour] leur
santé physique, psychologique et financière;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement
du Québec : «[Premièrement,] la
reconnaissance du problème
urgent de santé publique que pose la maladie de Lyme;
«[Deuxièmement,] l'utilisation prioritaire du
diagnostic clinique pour [les différents] stades de la maladie;
«[Troisièmement,]
d'octroyer une protection légale aux médecins prodiguant des soins hors
protocole officiel; et finalement
«La création
d'un comité, incluant obligatoirement
l'AQML, veillant à l'instauration et à l'application d'un plan d'action
sur la maladie de Lyme.»
M. le Président, je certifie que cet extrait est
conforme à l'original de la pétition.
Président : Alors, l'extrait de cette pétition est déposé.
J'inviterais maintenant M. le député de Deux-Montagnes.
Charette : Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition
adressée à l'Assemblée nationale, signée par 810 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que les lieux publics sont
fréquentés par des familles, des enfants et des personnes vulnérables;
«Considérant que le cannabis dégage une odeur forte,
désagréable et hautement volatile pouvant potentiellement contenir des reliquats de substances toxiques ou
intoxicantes;
«Considérant
que l'usage répandu d'un produit à la vue
de tous en augmente la visibilité, l'attrait, la désensibilisation et la banalisation de ce même
produit;
«Considérant que la majorité de citoyens québécois ne consomment pas de cannabis et n'ont jamais
été consultés quant à l'encadrement de l'usage de cette drogue et
sachant qu'ils y seront quand même exposés;
«Considérant que le Code criminel canadien a
statué par le passé que la possession de plus de 30 grammes de cannabis
constituait de facto à une possession dans le but d'en faire le trafic;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec de modifier son projet de loi n° 157,
Loi constituant la Société
québécoise du cannabis, édictant la Loi encadrant le cannabis et modifiant
diverses dispositions en matière de sécurité
routière, afin d'interdire toute
consommation de cannabis dans les lieux publics au Québec
et d'interdire tout usage ou consommation de cette drogue à la vue ou en
présence d'un enfant mineur dans quelque lieu que ce soit.
«Nous
suggérons au gouvernement du Québec de limiter à 30 grammes la possession
personnelle de cannabis en quelque lieu que ce soit;
«Nous lui
suggérons aussi d'entendre les représentants des milieux médicaux, sociaux et policiers avant
d'adopter sa
loi sur l'usage
du cannabis.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Le Président : Alors,
l'extrait de cette pétition est déposé. J'inviterais maintenant M. le député de
Gouin.
M. Nadeau-Dubois : Merci, M. le Président. Je veux d'abord souligner
la présence en tribune de groupes communautaires
de la Montérégie, représentants de maisons de jeunes et de groupes qui
travaillent à la prévention de la dépendance, qui ont fait signer une
pétition de 30 000 noms, dont je dépose justement un extrait
aujourd'hui.
Donc, ceci
étant dit, je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale,
signée par 6 157 pétitionnaires. Désignation : citoyens
et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que les compressions dans les services publics et les programmes sociaux
fragilisent la population, ont des conséquences sur le respect des
droits sociaux et accentuent les inégalités;
«Considérant
que les groupes d'action communautaire autonome font face à une augmentation
des demandes de soutien en raison de ces compressions;
«Considérant [...] la mission de ces organismes est d'aider la
population à défendre ses droits et à améliorer ses
conditions de vie;
«Considérant les
contributions positives de ces organismes à la société québécoise, notamment en
termes de participation citoyenne, et leur rôle comme moteur de progrès social
depuis 50 ans;
«Considérant que ces organismes sont des OSBL
créés et administrés par des gens de la communauté et que les conseils
d'administration sont indépendants du réseau public, constituant ainsi la base
de leur autonomie;
«Considérant
que, depuis 15 ans, l'insuffisance ou l'absence d'indexation appauvrit les
organismes qui ne peuvent pas faire face à l'augmentation des coûts de
fonctionnement;
«Considérant que le sous-financement entraîne
des interruptions d'activités et des fermetures temporaires ou définitives
d'organismes;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec de s'engager pour le
communautaire et pour la justice sociale par :
rehaussement de 475 millions de dollars, par année, du financement à la
mission des 4 000 organismes d'action communautaire autonome,
incluant les groupes en attente de financement;
«L'indexation annuelle des subventions;
«Le respect de leur autonomie; et
«Un réinvestissement dans les services publics
et les programmes sociaux.»
Je certifie, M. le Président, que cet extrait
est conforme à l'original de la pétition.
Président : Alors,
l'extrait de cette pétition est déposé. J'inviterais maintenant
M. le député de Trois-Rivières.
Girard : Merci, M. le Président. Je
dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée
par 151 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que, depuis plus de 10 ans, de nombreux complexes pour aînés offrent comme
mode d'hébergement à la fois des condos-services et des
appartements-services;
«Considérant qu'il appert évident que tous les
aînés en perte d'autonomie ayant des conditions financières similaires devraient avoir droit au même soutien
de l'État en matière de soins à domicile, et ce, peu importe leur lieu
de résidence;
«L'intervention réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés, demandons au gouvernement du
Québec de mettre fin immédiatement à toute forme de discrimination fiscale
entre les résidents de résidences pour aînés, quel que soit leur mode d'hébergement,
et plus particulièrement nous demandons :
«Que la
certification des résidences privées pour aînés soit étendue à toutes les
unités d'habitation d'un complexe immobilier pour aînés logeant à la
même adresse, qu'il s'agisse d'un condo-service ou d'un appartement en
location;
«Que les
résidents des condos-services et des appartements-services aient droit au même
montant de crédit d'impôt pour maintien à domicile pour des besoins
identiques;
«Que toutes
les prestations de services rendus par l'exploitant du complexe immobilier à
ces mêmes résidents soient totalement exonérées [de] taxes à la
consommation.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original.
Le Président : Alors,
l'extrait de cette pétition est déposé. Je pense que vous avez une deuxième
pétition.
Girard : Effectivement, M. le Président, la première étant électronique et la deuxième
étant sous format papier. Donc, la désignation de cette pétition : citoyens
et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que, depuis plus de 10 ans, de nombreux complexes pour aînés offrent comme
mode d'hébergement à la fois des condos-services et des
appartements-services;
«Considérant qu'il appert évident que tous les
aînés en perte d'autonomie ayant des conditions financières similaires devraient avoir droit au même soutien de l'État en
matière de soins à domicile, et ce, peu importe leur lieu de résidence;
«L'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés, demandons au gouvernement du Québec de
mettre fin immédiatement à toute forme de discrimination fiscale entre
les résidents de résidences pour aînés, quel que soit leur mode d'hébergement,
et, plus particulièrement, nous demandons :
«Que la certification des résidences privées pour aînés soit
étendue à toutes les unités d'habitation d'un complexe immobilier pour aînés logeant à la même adresse,
qu'il s'agisse d'un condo-services ou d'un appartement en location;
«Que les résidents des condos-services et des
appartements-services aient droit au même montant de crédit d'impôt pour
maintien à domicile pour des besoins identiques; et
«Que toutes les prestations de services rendus par
l'exploitant du complexe immobilier à ces mêmes résidents soient
totalement exonérées des taxes à la consommation.»
Le Président :
Alors, l'extrait de cette...
M. Girard :
Cet extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président : Bien sûr. Alors, l'extrait
de cette pétition est déposé. J'invite maintenant M. le député de Lévis.
M. Paradis (Lévis) : Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une
pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
7 226 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que
l'infertilité n'est pas un choix;
«Considérant que
l'Organisation mondiale de la santé reconnaît l'infertilité comme une maladie;
«Considérant que
cette maladie est diagnostiquée par un médecin suite à plusieurs
investigations;
«Considérant que
cette maladie touche près d'un couple québécois sur six;
«Considérant que la
fécondation in vitro est souvent la seule solution envisageable pour ces
couples;
«Considérant que les
coûts du programme sont exorbitants à assumer pour le couple;
«Considérant que le coût du programme représente seulement
0,2 % du budget dédié à la santé pour 2014-2015;
«Considérant que ce
programme est nécessaire pour permettre à des milliers de couples de devenir
parents;
«Considérant que le programme amène plusieurs retombées
positives pour la santé des mères et des enfants et pour le Québec, notamment : dont plus de
5 000 naissances depuis la mise en place du programme, une diminution
de 22 % des grossesses multiples suite à une fécondation in vitro, une
diminution de 8 % en quatre ans du taux d'enfants nés
prématurément, une augmentation du taux de grossesses viables avoisinant [...]
60 %.
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés, demandons au gouvernement du Québec de
réinstaurer le programme québécois de procréation assistée en proposant certaines modifications pour
recadrer le programme et le rendre financièrement viable, afin que tous
les couples infertiles puissent donner la vie.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président : Alors, l'extrait de cette
pétition est déposé. J'ai reçu une demande de pétition de la part de M. le député de Trois-Rivières, qui est non conforme.
Est-ce qu'on a le consentement pour l'écouter? Alors, M. le député de
Trois-Rivières.
M. Girard : Merci, M. le Président. Donc,
je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale,
signée par 182 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes
du Québec.
«Il n'y a pas de
faits invoqués.
«L'intervention réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés, demandons au gouvernement du
Québec de mettre fin à la discrimination fiscale dans les résidences pour
aînés.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Le Président : Alors,
l'extrait de cette pétition est déposé. Il en reste une, on la fera demain.
C'est beau?
Alors, comme
il est prévu, il n'y a pas de questions orales ni... pas de questions
orales aux pétitions... il n'y a pas de réponses orales aux pétitions.
Président : S'il n'y
a pas de questions orales, on va s'en aller tout de suite, mais je
pense que ce n'est pas le cas.
Alors, il
n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une question
de droit ou de privilège.
Nous en sommes donc rendus à la période de questions
orales, justement, et de réponses orales aussi, très probablement. Alors, je
vais inviter Mme la députée de Joliette.
Hivon : On le sait, il y a actuellement des centaines d'emplois en jeu au chantier naval Davie. On le sait
aussi, le gouvernement fédéral a
outrageusement ignoré les travailleurs de chez nous dans l'octroi des contrats pour sa
stratégie navale, au profit d'Halifax et Vancouver. Et on le sait aussi, oui,
c'est moins de 1 % des contrats qui sont revenus au Québec,
alors que les Québécois paient pourtant 20 milliards de la facture.
Mi-janvier, Justin Trudeau, face à une pression intenable, a avancé que la Davie pourrait obtenir des contrats pour
quatre brise-glaces, évidemment bien insuffisants pour
conserver les 800 emplois en jeu, mais, de surcroît, il a entouré le tout d'un
flou artistique dont lui seul a le secret. Ça va faire un mois que Justin Trudeau a dit ça et ça va faire un mois
qu'on est toujours dans le flou le plus complet, mais les
familles, elles, sont dans l'inquiétude la plus complète.
Est-ce que le
premier ministre va se contenter de vagues promesses ou s'il va se
battre pour les travailleurs d'ici et obtenir un échéancier concret?
Le Président : M. le ministre
responsable du dossier maritime.
D'Amour : Alors, M. le Président, dans les représentations que
nous avons faites depuis un certain nombre de semaines auprès du gouvernement fédéral, nous allons aujourd'hui
encore plus loin parce que nous réclamons le fait que la Davie soit
reconnue à l'intérieur de la stratégie nationale de remplacement des navires du
gouvernement fédéral.
Le message
qui était le nôtre avant les fêtes demeure, M. le Président : le sort des
800 travailleurs, pour nous, c'est important. C'est la raison pour laquelle aussi... au-delà du navire l'Obelix
qui était sollicité avant Noë, c'est la raison pour laquelle moi, j'étais intervenu directement pour
les navires de la garde côtière, on allait plus loin au niveau des brise-glaces.
Et aujourd'hui, pour nous, ce qui est
important, ce qui est une priorité, c'est que la Davie, que le Québec soient
reconnus à l'intérieur de la
stratégie nationale de remplacement des navires. Nous avons fait des
représentations, nous allons continuer à le faire parce qu'il y a une seule issue : c'est la protection des
emplois. Pour nous, c'est important, les 800 travailleurs. Une
partie d'entre eux ont été licenciés avant les
fêtes, pour nous, c'est inacceptable. Il faut penser à ces familles, c'est
une question de pain et de beurre.
Nous avons une stratégie maritime pour le Québec, la circulation augmente sur le
Bas-Saint-Laurent, il y a des besoins à combler, et le gouvernement
fédéral doit être à l'écoute.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Joliette.
Hivon :
J'entends les belles paroles du ministre, mais j'aimerais vraiment savoir ce
que le premier ministre va faire de
concret. Parce que ça fait des mois qu'on nous dit qu'on se bat pour la Davie,
qu'on se bat pour les travailleurs. Bien,
quand on est premier ministre du Québec, notre premier travail, notre première
responsabilité, c'est de se battre bec et ongles pour les travailleurs, pour les Québécois, pour le Québec, face
au fédéral, quand on paie une aussi grande part de la facture. Je n'entends rien de concret. Je veux de
la pression, du concret et un échéancier concret pour les travailleurs du
Québec.
Le Président : S'il vous
plaît! M. le ministre délégué aux Affaires maritimes.
D'Amour : M. le Président, ce qui est concret, c'est qu'au cours des
dernières semaines et des derniers mois on n'a jamais entendu les questions de l'opposition, soit dit en
passant, ce qui est concret, c'est le premier ministre qui a fait une
marche aux côtés des travailleurs, et des citoyens de Lévis, et de la Rive-Sud
avant les fêtes...
Le Président : S'il vous
plaît!
D'Amour : ...ce qui est
concret, c'est l'appui indéfectible du ministre responsable de Québec, de la
ministre responsable de Bellechasse et du ministre responsable de la
Stratégie maritime. Nous, au nom des Québécois, nous réclamons... Et, je le répète, M. le Président, ce n'est pas banal, là,
pour la première fois, le Québec doit faire
partie de la stratégie nationale de remplacement des navires.
Ce ne sont pas de belles paroles, c'est un engagement ferme de notre
gouvernement parce qu'on croit à la Davie, on croit aux travailleurs et on
croit à l'industrie maritime du Québec.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Joliette.
Hivon :
M. le premier ministre, on a besoin d'un échéancier clair pour sortir de
l'inquiétude la plus complète dans
laquelle les travailleurs sont plongés, dans laquelle les familles sont plongées.
Ce n'est pas vrai qu'on va se contenter de miettes et d'un hypothétique
300 emplois, alors que c'est 800 emplois qui sont en jeu et que
l'injustice face au Québec, elle est énorme. Alors, j'aimerais que le
premier ministre me réponde, j'aimerais qu'il nous réponde.
Qu'est-ce qu'il va faire pour que le fédéral
change sa stratégie et qu'il soit là pour le Québec?
Président : M. le ministre délégué aux Affaires maritimes.
D'Amour : M. le Président, quant à l'échéancier, là, quant à
l'échéancier, bien avant, depuis l'été dernier, on a fait le travail qui s'imposait dans les
circonstances, l'échéancier, pour nous, là, c'est maintenant. Il y a une
stratégie nationale de remplacement
des navires. On ne fera pas comme si ça n'existait pas, là. D'autres sont
reconnus, c'est le cas de Seaspan, c'est
le cas d'Irving. Nous, on souhaite que ce soit le cas de la Davie pour qui?
Pour qui? Pour les travailleurs. Je vais le répéter aussi souvent qu'il sera important de le répéter. On le fait
pour les travailleurs, parce qu'on a des besoins aussi, parce que le Québec est vulnérable au niveau de la
voie maritime, on a besoin de brise-glaces. Le gouvernement fédéral a
une très belle opportunité d'agir maintenant et d'accorder à la Davie...
Le Président :
En terminant.
D'Amour : ...les contrats nécessaires pour le maintien des emplois, M.
le Président. C'est pour eux, c'est les travailleurs.
Le Président :
Principale, M. le député de Sanguinet.
Therrien :
M. le Président, le 26 janvier, on apprenait que la Commission du commerce
international des États-Unis annulait les
droits compensatoires visant Bombardier. Bonne nouvelle, triste constat. Quand
ces gens-là ont pris
1,3 milliard d'argent des contribuables québécois, ils nous ont dit qu'on
aurait 50 % de la série C. Aujourd'hui, on est rendu à 19 %. Ils nous ont dit que les emplois seraient créés
au Québec, on apprend aujourd'hui qu'ils vont être créés en Alabama. On nous a appris aussi que le siège
social resterait au Québec, on apprend aujourd'hui que les décisions seront
prises en Europe. Pire que ça, en 2026, la propriété de la série C va être
possession exclusive à 100 % de l'entreprise européenne Airbus. Écoutez, il faut que ces gens-là arrêtent de conter
des histoires, M. le Président, là, il faut qu'ils nous disent la
vérité, la vérité.
Est-ce
que vous avez cédé devant la menace non crédible des Américains? Vous avez
donné la série C pour rien, zéro.
Le Président :
Madame...
Le Président :
Ça va. Oui, conclusion bizarre, mais... Mme la ministre de l'Économie.
Anglade : Merci. Merci, M. le Président. Écoutez, dans toute l'histoire de l'aérospatiale, vous
conviendrez avec moi que le gouvernement du Québec a investi dans un seul et unique but. Le premier,
c'est de nous assurer qu'il y ait de
l'innovation qui se fasse au Québec. Le second, de nous assurer que nous ayons des
emplois de qualité ici, au Québec. À
partir du moment où le gouvernement a décidé d'investir en 2015, M. le Président, dès le départ nous avons dit que ça prenait un partenaire stratégique, en plus du gouvernement du Québec, pour assurer la croissance et le déploiement du
CSeries.
partir de ce moment-là, nous avons cherché différents partenaires. Ce qui a été
présenté lorsqu'il y a eu l'entente de
partenariat avec Airbus, c'est la meilleure entente que nous avions pour nous
assurer que les emplois demeurent au Québec. Il y a une entente qui a été signée, cette entente-là prévoit
que les emplois vont rester au Québec jusqu'en 2042. Écoutez, les employés sont
satisfaits, l'industrie aérospatiale est satisfaite. Au bout du compte, M. le Président, on constate qu'on est
capables de préserver les emplois à long
terme, et c'est ce qui compte. Alors,
les gestes comme ceux-là, on va continuer
d'en poser parce qu'on voit que ça
donne un résultat concret avec l'économie du Québec, qui se porte fort bien.
Merci, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Sanguinet.
Therrien : Je peux
vous dire qu'Airbus est très, très,
très satisfaite puis que l'Alabama aussi, ils sont très, très satisfaits parce que c'est eux autres qui vont
hériter de tout l'effort que les Québécois ont mis dans la série C au niveau de
l'ingénierie, l'aide gouvernementale puis le
1,3 milliard. À
titre préventif, là, ils ont donné la compagnie. À
titre
préventif, ils
ont fait que le tiers de la production va être aux États-Unis. À
titre
préventif, ils ont fait en sorte que 400 emplois seraient créés en
Alabama.
titre préventif, là, est-ce qu'ils n'auraient pas dû investir dans Bombardier à
la place d'investir dans la série C?
Le Président :
Chut, chut, chut! On va écouter Mme la ministre de l'Économie.
Anglade : M. le Président, si on avait écouté l'opposition,
aujourd'hui on n'aurait même pas eu cette question parce qu'on n'aurait même pas eu de CSeries. Il
n'y en aurait pas, de CSeries. C'est ça, la réalité, M. le Président. Grâce
au gouvernement puis grâce au fait qu'on a
investi dans le CSeries, on obtient des résultats concrets. En fait, depuis
l'entente avec Airbus, ce qu'on a
constaté, c'est qu'il y a des commandes qui sont rentrées. C'est ça qu'ils
devraient dire. Depuis qu'on a signé
un partenariat et qu'on a annoncé ce qu'on allait faire, on constate une chose,
des commandes qui ont été annoncées
de manière très concrète, et la société se porte mieux, la société CSeries se
porte mieux. Alors, encore une fois, ça démontre bien à quel point
l'investissement était judicieux de la part du gouvernement, M. le Président.
Merci.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Lisée :
Est-ce que le premier ministre peut se lever puis nous dire sérieusement que,
si c'était à refaire, c'est-à-dire prendre panique à cause de la demande de
Boeing, de donner la CSeries à Airbus, il referait la même erreur? Et est-ce qu'il peut admettre aujourd'hui
que cette erreur fait en sorte que toutes les CSeries qui seront vendues à des
compagnies américaines seront faites aux États-Unis ou est-ce qu'il va au moins
essayer de reprendre ça?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, j'écoutais mon collègue, qui parlait d'interventions
faites à
titre préventif. À
titre préventif...
qu'aucun des deux partis de l'opposition ne trouve le gouvernement, M. le
Président, parce qu'on l'aurait perdue, la série C, on aurait perdu
l'aéronautique...
Le Président :
S'il vous plaît!
M. Couillard :
M. le Président, c'est la réalité. Et, s'ils ne croient pas ça, qu'ils aillent
parler au président de Bombardier, qu'ils entendent de sa bouche ce qu'il pense
des actions des oppositions pendant cette période-là.
Moi,
ce que je sais — et les
travailleurs nous l'ont dit — on a sauvé des emplois, pas une fois, deux
fois. Et, oui, s'il fallait encore sauver des emplois, on va encore être là
pour les travailleurs de Bombardier. Puis on aura l'occasion d'aller les voir, les travailleurs de Bombardier.
On sait dans quelle région ils sont, on va leur dire comment le Parti québécois
s'est comporté, comment la CAQ s'est comportée pour les abandonner et laisser
aller leurs emplois si on avait écouté leurs solutions bidon.
Le Président :
S'il vous plaît! Principale, Mme la députée de Taillon.
Mme Lamarre :
Le ministre de la Santé a changé de ton avec les infirmières cette semaine. Ce
n'était pas prématuré. Alors que, la semaine
dernière, il leur demandait d'être plus positives, le ministre semble surpris
d'apprendre jusqu'à quel point ça va
mal. Pourtant, depuis 2015, les feux clignotent au rouge. Si l'entente de 2015
prévoyait déjà des ratios en 2015,
c'est qu'il y avait déjà des
surcharges de travail reconnues par le ministre. Aucun suivi. En juin 2016, dans le rapport sur les conditions de vie en CHSLD, des députés des trois partis ont réclamé des
ratios sécuritaires. Aucun suivi. En novembre 2016, rapport d'une
coroner qui blâme la surcharge de travail des infirmières, elle est responsable
de 175 patients. Aucun suivi.
Été 2017, explosion des arrêts de travail, épuisement professionnel.
Novembre dernier, publication par les infirmières du Livre noir de la
sécurité des soins . Hier, il s'est engagé à agir d'ici deux semaines.
Qu'est-ce qui
garantit que le gouvernement va enfin prendre cette crise au sérieux et qu'il
n'est pas encore en train de gagner du temps?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
M. Barrette :
Et alors je vais revenir, M. le Président, parce que l'occasion m'est offerte,
sur la rencontre que j'ai eue hier
avec la présidente de la FIQ, Mme Bédard, une femme que je qualifierai de
déterminée, avec beaucoup d'énergie, et
qui a une vision très claire de la situation, et avec laquelle j'ai eu une rencontre très cordiale de deux heures où on a
fait le point sur la situation.
Et le point,
il est très, très clair, M.
le Président, et c'était un peu ça
qui était l'enjeu. La récrimination première qui a été exprimée avec beaucoup de candeur et de franchise, elle est très simple.
Ce que nous avons convenu qui était la solution
demeure la bonne. Et le reproche que l'on a fait et auquel j'acquiesce, c'est
vrai, là, elles ont raison, c'est ça qui est
important, aujourd'hui on devrait
être rendus un peu plus loin dans les démarches qu'on a mises en place, qui
sont les bonnes, qui sont les bonnes
et qui, on en a convenu, ne donnent pas une réponse immédiate, mais qui
génèrent l'espoir recherché par ces professionnelles, qui le méritent.
Le Président : En terminant.
Première complémentaire, Mme la députée de Taillon.
Lamarre : Bien, cet espoir, M. le Président... C'est en 2015 que ça
avait été signé, cette entente-là, et il ne s'est rien fait sur les
ratios et sur les études. Alors, le ministre a été négligent à ce niveau-là.
Pour régler la détresse d'Émilie Ricard, de Johanne Leclerc et des autres
infirmières surchargées, ça prend une action rapide.
Est-ce que le
ministre va s'engager aujourd'hui à débloquer un fonds d'urgence pour des
postes supplémentaires d'ici deux semaines?
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
Barrette : Je ne pense pas me tromper en disant que c'est la deuxième
fois, donc hier et aujourd'hui, qu'au Parti
québécois on s'intéresse à cette problématique-là par l'injection de fonds
supplémentaires. On en a parlé hier, l'enjeu, ce n'est pas une addition de fonds, mais bien de mettre en place la
convention qu'on a convenue, qui, elle, prévoit de mettre en place des
démarches pour déterminer de nouveaux ratios qui, eux, vont générer,
évidemment, la prise de postes qui va amener
à faire en sorte qu'on améliore la situation. On n'a pas parlé une fois
d'argent, M. le Président. Puis j'ai posé la question : C'est-u ça,
le problème? Elles ont dit : Non, le problème, c'est l'organisation du
travail...
Le Président : En terminant.
M. Barrette : ...et c'est ce à quoi
je me suis engagé d'accélérer.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Taillon.
Lamarre : L'argent supplémentaire, M. le Président, ce n'est pas de
l'argent neuf, c'est de l'argent pour remplacer
toutes les coupes que le ministre a imposées au système et qui donnent les
conséquences qu'on a aujourd'hui.
Moi, je veux prendre un moment pour dire aux
infirmières que le Parti québécois est à leurs côtés et qu'on va continuer à suivre ce dossier-là de près parce que
le ministre a une obligation de résultat, et ça, rapidement. Le bateau coule, les infirmières sont épuisées, et ce n'est
pas dans deux ans, avec des ratios, qu'on va régler le problème qui est urgent,
immédiat.
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
Barrette : Moi, M. le Président, je suis content que le Parti
québécois suive ça de près. Le Parti québécois sera heureux du succès que nous aurons avec une organisation qui a, à sa tête, une femme, je l'ai dit tantôt,
déterminée, qui voit clair, qui sait exactement où est-ce qu'elle s'en
Et moi, je vais terminer là-dessus, M. le
Président, devant moi hier, là, j'avais le plaisir d'avoir non pas une
adversaire, mais une partenaire avec laquelle on va travailler à mettre en
application des solutions qu'elles ont même évoquées
et à propos desquelles j'ai reconnu que le côté administratif n'était pas allé
assez vite. Je me suis engagé à aller
plus vite, et le résultat...
Le Président : En terminant.
M. Barrette :
...va être atteint.
Le Président : Principale, M.
le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault : M. le
Président, le gouvernement est à court d'arguments pour défendre son bricolage de taxe scolaire.
Le premier
ministre répète : Ah! le prix
des maisons n'est pas le même d'une région à l'autre, donc c'est normal que les
taux de taxe ne soient pas les mêmes. Je vais l'aider un peu à comprendre son
incohérence.
Le Président : S'il vous
plaît!
M. Legault : Prenons deux régions éloignées qui se
ressemblent : l'Abitibi-Témiscamingue et le Saguenay—Lac-Saint-Jean. Valeur moyenne des maisons : 189 000 $ dans un cas, 183 000 $ dans l'autre. Donc, ça
se ressemble, on va être d'accord
avec ça. Quand on regarde les taux de taxe scolaire : 0,30 $ du
100 $ d'évaluation au Saguenay, 0,13 $ en Abitibi-Témiscamingue. Donc, les gens du Saguenay
paient plus que deux fois pour la même maison les taxes scolaires.
Donc, est-ce que le premier ministre peut dire,
là, ce matin aux gens du Saguenay—Lac-Saint-Jean : Je ne vais pas modifier le taux de taxe, je suis content
du fait que vous payez plus que deux fois le taux de taxe de
l'Abitibi-Témiscamingue?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : Alors, je ne
ferai pas porter l'argumentaire sur le bricolage parce qu'on en aurait long à
dire. Mais ce que je vais dire aux
gens de ma région, bien, c'est... En passant, j'habite là, moi aussi, j'ai ma
maison là aussi, je reçois mon compte de taxe scolaire là aussi.
Ce que je
sais, c'est que les gens du Saguenay—Lac-Saint-Jean et de l'Abitibi vont tous assister
à une diminution de leur taxe
scolaire — ça, je
sais ça — mais
que, dans la même région, il n'y aura plus d'inéquité. Le citoyen qui vit d'un
bord puis de l'autre de la même... d'une autre rue, ils vont payer la même
chose. C'est ça qu'il faut dire.
Ce que je
sais également, c'est que, par opposition à ce que propose de façon très rapide
et très superficielle le chef de la
deuxième opposition, qui dit : Bien, c'est facile, on va faire ça à la
grandeur du Québec sans étudier aucune répercussion
de ce qu'il dit, là, parce qu'il veut abolir les commissions scolaires en même
temps, là — alors,
c'est particulier comme situation,
mais on reparlera de ça une autre fois — ce que je leur dis, aux citoyens de ma
région et des autres régions, c'est
que nous, on va également protéger les sommes requises pour l'enseignement à
nos enfants. Il est prêt à faire une amputation de centaines
de millions de dollars uniquement pour un argument électoraliste, M. le
Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault :
Ce qui est divertissant avec le premier ministre, c'est que, quand la CAQ fait une proposition, d'abord il
déchire sa chemise, hein, il dit que c'est superficiel, brouillon, puis, quelques
semaines plus tard, il copie la CAQ. Ma question est claire,
là. Le taux de taxe scolaire est de...
Le Président : Ah! M. le
député de Rousseau, j'entends bien madame aussi, mais, en fait, il y a rien
qu'une personne ici que je devrais entendre, c'est M. le chef du deuxième
groupe d'opposition. C'est à vous la parole.
M. Legault : Le taux de taxe scolaire, 0,13 $ en Abitibi, 0,30 $ au Saguenay—Lac-Saint-Jean. Est-ce que le premier
ministre est content de ça? Est-ce qu'il va le modifier, oui ou non?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : Je n'en reviens
pas, quelqu'un qui a déjà été ministre de l'Éducation, poser une question
semblable. C'est une ignorance
complète de la réalité des régions, de la réalité différente des régions. Et je
vais redire très fort aux gens des régions que moi, je vais être là pour protéger le budget
destiné à l'enseignement de nos enfants, et ça, c'est un engagement
précis et formel qu'on va prendre.
Maintenant,
heureusement qu'on ne copie pas trop la CAQ parce qu'on serait dans le trouble
pas à peu près. On aurait annoncé des
barrages pas nécessaires, on aurait annoncé des bébés-bonus du siècle
précédent, on ne voudrait pas
d'immigration alors que les gens veulent les travailleurs dans les usines, on
aurait promis d'abolir la péréquation en quelques mois.
M. Couillard : Le pont de Québec, ah oui! supprimer le pont de Québec, le Fonds des
générations. Aïe! c'est une absurdité après l'autre, M. le Président.
Alors, on ne veut surtout pas copier la CAQ.
Président : Je vous annonce... Outre le fait qu'il y a d'autres
considérations qui pourraient être entendues, on annonce un peu,
beaucoup de neige cet après-midi. C'est peut-être ça qui rend...
Deuxième
complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : Ce que je comprends, là, c'est que le premier
ministre est prêt à défendre, à tolérer que les gens de sa région, au Saguenay—Lac-Saint-Jean, paient plus du double de taxe
scolaire que ceux de l'Abitibi-Témiscamingue pour la même valeur de
maison. Bien, il devra vivre avec sa décision.
Le Président :
Bon, M. le...
Le Président :
S'il vous plaît! M. le premier ministre.
M. Couillard : ...un petit plus de sérieux, M. le Président, là. Comparez le niveau de
services, comparez le niveau de dépenses des organisations scolaires dans les
deux régions, puis là on pourra avoir une discussion peut-être intelligente,
peut-être intelligente.
Alors,
j'ai parlé des barrages, des bébés-bonus. Aïe! bientôt, ils vont nous dire que,
dans le fond, ils sont d'accord avec
l'immigration, je vous le prédis, là, puis, bientôt, ils vont dire que, dans le
fond, le transport collectif, ce n'était pas une mauvaise idée. Mais nous, on parle de conciliation travail-famille,
eux autres trouvent que les Québécois ne travaillent pas assez, ils sont déçus que les Québécois sont
paresseux. On veut que les gens vivent mieux dans leurs familles, M. le
Président.
Le Président :
S'il vous plaît! Principale, M. le député de Lévis.
M. Paradis (Lévis) : Merci, M. le Président. Dans une décision totalement injuste, la RAMQ
vient d'imposer un nouveau choc
tarifaire de 876 $ par année à
près de 18 000 personnes handicapées de moins de 65 ans inaptes au travail
et qui sont hébergées dans des
ressources intermédiaires et de type familial. Ces milliers de personnes à
faibles revenus doivent maintenant payer 73 $ de plus par mois, c'est
15 % d'augmentation. La RAMQ va maintenant piger environ 15 millions
de dollars dans les poches de
personnes handicapées, de personnes qui vivent avec des déficiences
intellectuelles ou avec des problèmes
de santé mentale et qui sont inaptes au travail. L'Association des ressources
intermédiaires du Québec n'a jamais été
consultée et a appris dans le journal que leurs résidences seront pénalisées.
Elle dénonce cette mesure. D'ailleurs, leur porte-parole est avec nous
dans les tribunes et serait prêt à rencontrer les ministres, car la question
s'adresse à eux.
Est-ce
que les ministres de l'Emploi et de la Solidarité sociale et de la Santé vont
reculer et annuler immédiatement ce nouveau choc tarifaire imposé aux
plus vulnérables?
Le Président :
M. le ministre de l'Emploi.
Blais : Alors, M. le Président, la CAQ a annoncé ce matin qu'elle
allait modifier le calcul de la contribution mensuelle pour les dizaines de milliers de personnes qui sont en
hébergement familial ou en hébergement intermédiaire. Donc, ça vaudra la peine de nous dire exactement
comment ils vont faire, hein, pour modifier ce barème qui existe depuis
des années, qui existe d'ailleurs à l'époque où son chef était ministre de la
Santé.
Maintenant,
resituons exactement le débat là où il doit se trouver. Nous avons annoncé en
décembre dernier le plus important
plan de lutte contre la pauvreté de l'histoire du Québec. Nous allons sortir
plus de 100 000 personnes de la pauvreté,
et parmi elles les plus défavorisées, les personnes avec des contraintes
sévères, et nous avons déjà commencé à verser
des augmentations à 128 000 personnes dès février dernier. Parmi ces
128 000 personnes, des gens qui vont pouvoir avoir un meilleur logement, des gens qui auront un
peu plus d'argent
pour acheter une meilleure alimentation, pour mieux se nourrir, pour avoir — qui
sait? — un peu plus de loisirs. Maintenant, parmi ces 128 000, il y a 8 000 personnes qui sont en hébergement...
Le Président : En terminant.
M. Blais : Alors, j'aurai l'occasion
de continuer. Merci.
Le Président : Je présume que
oui. En complémentaire, M. le député de Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : M. le Président,
il y a 18 000 personnes touchées. On donne d'une main et on reprend de
l'autre. Le ministre de l'Emploi et de la
Solidarité sociale avait semblé démontrer une certaine ouverture hier à revoir
les règles, il l'a dit dans le
journal. Mais hier le Parti libéral a voté contre une motion très claire de la
CAQ qui lui demandait de reculer immédiatement. C'est simple, M. le Président, le gouvernement libéral ne peut pas prendre six mois avant d'agir parce
que le choc tarifaire de 876 $ est imposé depuis le 1er février.
Le gouvernement va-t-il, dès maintenant, annuler
ce choc tarifaire avant de revoir les règles?
Le Président : M. le ministre
de l'Emploi.
Blais : Alors, il y a beaucoup
de confusion, là, dans ce que dit notre collègue, hein? Il y a beaucoup
de confusion, il n'y a aucun choc
tarifaire. Il n'y a aucun choc tarifaire, les personnes ont droit aujourd'hui aux mêmes services et aux mêmes types de revenus qu'ils avaient auparavant.
Cependant,
effectivement, nous avons annoncé que nous allons augmenter le
revenu des personnes, hein, qui ont des contraintes sévères, dont les personnes qui sont en hébergement. Cet argent-là
leur appartient. Cet argent-là leur est versé à eux. Et plus, M. le Président, je vous annonce que, l'an
prochain, nous allons continuer. Je vous annonce que, dans deux ans, nous
allons continuer parce que notre objectif, c'est de faire passer leurs revenus
à eux de 12 500 $ à 18 000 $. Cependant...
Le Président : En terminant.
M. Blais : ...il y a des barèmes qui
sont pratiqués à la RAMQ, nous avons déjà...
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : M. le Président, Le
Devoir rapportait samedi dernier que Mme Nicole David, curatrice privée,
a reçu une lettre de la RAMQ lui indiquant
que le loyer exigé à son proche, dont elle assure la protection depuis plus de
20 ans, est passé de 747 $ à 820 $ par mois depuis le 1er février. Il
y a une réalité à travers ça.
Qu'est-ce que
le ministre répond à Mme Nicole David, qui s'inquiète pour son proche?
Qu'est-ce qu'il répond aux 18 000 personnes qui se font imposer
cette nouvelle hausse?
Le Président : M. le ministre
de l'Emploi.
M. Blais : Encore une fois, je n'ai
pas entendu mon collègue parler du plan de lutte contre la pauvreté. Est-ce qu'il nie que l'on va sortir
100 000 personnes de la pauvreté de manière durable et permanente?
Est-ce qu'il l'a nié? Non. Est-ce
qu'il nie que ces sommes-là sont aussi accordées à toutes les personnes qui
sont en hébergement? Non, ces sommes-là leur sont accordées.
Cependant, il
y a un enjeu d'équité parmi toutes les personnes qui vivent en hébergement.
J'en ai parlé hier, mon collègue le
ministre de la Santé est sensible à la situation. On va réévaluer possiblement
les barèmes qui sont en cause, mais ces barèmes existaient alors que son
chef était ministre de la Santé, et il les appliquait à l'époque.
Président : Principale...
Le Président :
Principale? Ça va? On va l'écouter. Principale, M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Merci beaucoup, M. le Président. Suite à une consultation de près de
deux ans, le premier ministre a annoncé
devant les gens de la Gaspésie, de la Côte-Nord, de l'Abitibi-Témiscamingue et
du Saguenay qu'il allait n'y avoir aucune
solution immédiate pour diminuer le coût des billets d'avion des vols
régionaux. Le plan libéral : des études, des consultations, des passerelles de communication
avec le fédéral. Bref, M. le Président, un café-causerie pour qu'on en
jase encore.
Aujourd'hui,
les Québécois paient 55 % plus cher pour leurs billets d'avion ailleurs au
Canada, et c'est à cause du monopole
d'Air Canada qui casse les prix lorsque la concurrence augmente. Le
gouvernement avait l'occasion d'imposer des mesures de réglementation de prix. Or, ils ont décidé de prendre
l'argent des Québécois et de subventionner les profits d'Air Canada. M. le Président, il y avait une
solution qui fonctionnait. Elle a même déjà été étudiée à travers le cabinet
du ministère de l'Économie, elle fait l'objet de la motion de ce soir, M. le
Président.
Alors,
ma question : Allez-vous voter, oui ou non, un mécanisme d'imposition de prix qui nous permettrait de faire baisser
le coût des billets?
Le Président :
Bien, moi, je ne voterai pas, en tout cas, Ça, c'est sûr. Ah! Mme la ministre
responsable des Transports aériens.
Mme Tremblay : M. le Président, je peux vous dire que je suis très fière des
annonces que nous avons faites au terme
de ce sommet-là, pour lesquelles plus de 300 personnes de l'ensemble des
régions du Québec ont participé. Et ce que nous avons
annoncé, ce sont vraiment des mesures qu'on a entendues dans l'ensemble des consultations
régionales.
Il y a
eu 12 consultations régionales. Je vous les présente : nouveau Programme
d'aide pour les infrastructures aéroportuaires régionales, plus généreux
que l'ancien; programme d'aide pour la desserte aérienne régionale — c'est
vraiment pour encourager la concurrence, ce programme-là, il pourra y
avoir des systèmes de réservation, programmes de fidélisation,
campagnes de promotion, forfaits touristiques, études, plans d'affaires, fonds
de démarrage; nous avons aussi
annoncé une bonification du Programme de réduction des tarifs aériens, qui s'adressait seulement
à quelques régions, et là on va l'étendre également à l'Abitibi-Témiscamingue, au Bas-Saint-Laurent, à la Gaspésie, au Saguenay—Lac-Saint-Jean, à la Côte-Nord.
Donc,
c'est une réduction directe. Ce sont des sommes substantielles, M. le Président, qui seront annoncées lors...
Le Président :
En terminant.
Tremblay : ...du discours du budget. Alors, d'après moi, ils vont être
très contents.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Lisée : Bien, justement, il y a plus de 300 personnes qui
étaient là vendredi, et on leur a posé une question, et on leur a dit : Quelle est la meilleure
solution? Et la meilleure solution, c'est ce qu'on dit dans notre résolution
d'aujourd'hui, dans notre motion,
c'est-à-dire faire en sorte d'établir un mécanisme de compensation financière
basée sur un prix plancher dans le but de dissuader les guerres de prix.
Alors,
est-ce que le premier ministre va voter notre motion cet après-midi, comme le lui
ont demandé très massivement les gens réunis vendredi dernier?
Le Président :
M. le premier ministre.
Couillard : C'est curieux, je disais justement à mes voisins : Si
je suis chanceux, le chef de l'opposition officielle va me poser une question
sur le prix plancher. Bien, écoutez, mes souhaits sont exaucés.
Alors, bien sûr, on était là, puis on a entendu
les gens s'exprimer, et c'est vrai que tout le monde parle de l'idée d'un prix plancher. Pour que les gens nous
comprennent bien, on voit bien la manoeuvre de faire une guerre de prix,
de baisser les prix
soudainement pour que d'autres compagnies soient écartées, puis, dès qu'elles
sont écartées, on remonte les prix
après. On a vu ça à plusieurs reprises dans nos régions. Alors, la question du
prix plancher, je vous suggérerais qu'on
l'aborde par le résultat qu'on veut avoir. C'est de trouver des mécanismes qui
permettent... en sorte de faire obstacle à une stratégie comme celle-là. Il faudrait donc phraser nos intentions
différemment. On a indiqué clairement, clairement, M. le Président, à la fin du sommet qu'on allait
regarder cette question de très près, non pas théoriquement sur la question...
Le Président : En terminant.
Couillard : ...d'un prix
plancher, mais sur le même objectif, qui est d'instaurer une véritable
concurrence.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Lisée :
Le premier ministre, qui a rencontré, comme moi, des gens de différents transporteurs, sait très bien que, s'il s'engage maintenant
à appliquer ce programme que lui recommande sa ministre de l'Économie, immédiatement, d'autres avionneurs vont se
mettre sur les rangs pour compétitionner Air Canada. Ils attendent le
signal. C'est maintenant qu'il
faut le donner, pas après une causerie qui va durer des années.
Est-ce qu'il va donner le signal aujourd'hui en
votant notre motion?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : Je ne veux pas
décevoir mon collègue, mais il arrive très récemment dans ce dossier-là. Ça
fait deux ans qu'on en parle avec les
intervenants. On sait très bien, M. le
Président, que cette question du prix
plancher est un des éléments importants
qui va, lorsqu'adressée correctement, introduire une véritable concurrence. Et,
oui, on apportera une réponse, on a
décidé et on a annoncé qu'il y aurait des investissements substantiels dès le budget qui est prochain.
Ça va être un excellent budget, en
passant, ne manquez pas ça, il y aura de très bonnes annonces pour la
population du Québec. Alors, entre
autres, la question de l'achat des billets, entre autres, la question des
dessertes régionales, entre autres, la question d'une véritable concurrence dans ce milieu pour que les citoyens comme
moi, qui habitent en région, puissent voyager de façon correcte et libre
d'une région à l'autre au Québec.
Le Président : Principale, M.
le député de Lac-Saint-Jean.
Cloutier : Merci, M. le Président. Charles McKenna est un étudiant au
cégep qui a lancé un cri de coeur la semaine
dernière concernant le manque de ressources pour les étudiants avec des
troubles d'apprentissage dans les cégeps. M. McKenna a un parcours de battant. McKenna a réussi à compléter son
diplôme d'études secondaires malgré sa dysphasie, sa dyspraxie et son apraxie
sévère, un parcours tellement inspirant qu'il donne des conférences partout à
travers le Québec. Mais M. McKenna
vient d'apprendre qu'il est suspendu du programme collégial, car il prend trop
de temps à le compléter. Le problème,
M. le Président, c'est qu'il n'y a juste pas de ressources pour les élèves avec
des difficultés au cégep. La mère de
M. McKenna a publié une lettre ouverte dans laquelle elle ne réclame pas
juste de la souplesse pour son fils, mais plus de ressources pour
l'ensemble des étudiants.
Alors, ma question à la ministre de
l'Enseignement supérieur : Depuis son arrivée au pouvoir, combien de
ressources supplémentaires y a-t-il dans le réseau collégial au Québec?
Le Président : Mme la
ministre de l'Enseignement supérieur.
David : Oui. Alors, M. le Président, je vais dire que, moi aussi, mes
voeux sont exaucés parce que j'espérais de tout coeur cette question, parce que les étudiants à besoins
particuliers sont un élément extrêmement important, extrêmement présent,
primaire, secondaire, collégial et universitaire.
Alors, j'étais au cégep de Beauce-Appalaches, il
y a à peu près deux semaines, maximum, j'y ai passé de nombreuses heures. J'ai parlé et j'ai visité — je ne sais pas si c'est le cas de mon
collègue le député de Lac-Saint-Jean — leur centre d'aide. J'ai parlé aux gens qui sont intervenus dans ce dossier,
j'ai regardé tous les services d'aide dans tous les collèges du Québec, et il faut aider tous ces
étudiants-là, qui sont passés de 14 000 à 28 000 en quelques années.
Ils sont très nombreux. C'est un
progrès de société, je n'arrête pas de le dire, que ces étudiants-là...
Justement, il n'a même pas mentionné,
en plus, que Charles McKenna a fait le programme Sport-études, qui est assez
exigeant, qu'il l'a réussi au secondaire. Il a de multiples — il
l'a dit lui-même — dysfonctionnalités :
dyspraxie, dysorthographie, dyslexie.
Président : En terminant.
Mme David :
Nous l'aidons. Nous aidons tous ces étudiants, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Lac-Saint-Jean.
Cloutier : M. le Président, je comprends bien que la ministre, elle
fasse ses visites, là, mais la réalité, c'est que le nombre d'élèves en
difficulté a explosé dans les dernières années dans les cégeps. Il est passé en
2007, là, de 1 300 à 11 000 en
2014, une augmentation de 700 %. Hier, j'ai rencontré le directeur général
de la Fédération des cégeps, et lui, il chiffre à 600 le manque de
professionnels.
Alors,
ma question que je vous pose : Depuis que vous êtes en poste, là, il y a
combien de professionnels de plus qui ont été embauchés pour les élèves
en difficulté?
Le Président :
Mme la ministre de l'Enseignement supérieur.
David : Alors, je répondrai assez facilement qu'en deux ans nous avons
augmenté de 30 % le budget dans les collèges, justement pour les
élèves avec des besoins particuliers, de 60 % dans les universités. Il y a
eu plus de 500 personnes qui ont été engagées dans le réseau collégial et
universitaire depuis le dernier budget.
parle très souvent, moi aussi, avec le président de la Fédération des cégeps.
On le sait et on a mis, justement, un accent
particulier dans les services adaptés pour les étudiants à besoins particuliers
parce que la réussite, c'est quelque chose
de très important. Nous ne voulons pas les échapper dans le système, nous
voulons qu'ils continuent au meilleur de leurs compétences et, oui, on a
mis des ressources supplémentaires, M. le résident.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Lac-Saint-Jean.
Cloutier : M. le Président, la première revendication de la Fédération
des cégeps, là, c'est d'avoir accès aux moyens nécessaires pour offrir davantage de services à nos jeunes. La
revendication qu'ils vous font pour le prochain budget, c'est d'avoir accès à un budget pour embaucher
600 professionnels parce que, selon leur expertise, selon leur analyse,
il y a des jeunes qui, au moment où on se
parle, n'ont pas accès à des services dont ils ont besoin, des psychoéducateurs,
des orthophonistes.
Alors, quand
allez-vous combler ces besoins, qui sont urgents dans le réseau des cégeps?
Le Président :
Mme la ministre de l'Enseignement supérieur.
Mme David :
En 2016‑2017, on a investi 48 millions de dollars; en 2017‑2018,
58 millions de dollars. Nous essayons
d'augmenter le plus possible pour suivre, justement, ce que j'appelle ce
progrès de société, pour que tous ces étudiants-là
puissent être suivis. Je dirai que, dans le cas de M. McKenna, il y a eu pas
moins de 10 interventions, 10 appuis donnés
à toutes ses difficultés. Alors, j'ai eu la liste de tout ce qui a été fait, il
y a des choses extraordinaires, par des gens extraordinairement dévoués qui
se sont vraiment, vraiment, vraiment
donnés à 100 % pour aider ce jeune, qui veulent continuer à
l'aider, et, oui, je vais réviser le règlement sur la Politique sur la réussite
éducative.
Le Président :
En terminant.
Mme David :
Ça sera fait très bientôt, M. le Président.
Le Président :
Principale, M. le député de Johnson.
Lamontagne : Oui. M. le Président, le 20 janvier 2016, le premier
ministre et le ministre de l'Économie d'alors ont annoncé en grande pompe à Davos un investissement du Québec de
14 millions. L'investissement visait à appuyer la réalisation, au
Québec, d'une initiative visant le partage d'expertise dans le domaine des composants sur véhicules électriques
haute performance. Pour la
première étape du projet mené en partenariat, le Québec a fourni
14 millions sur un total, à ce jour, de 24 millions.
nous apprenons ce matin que la coentreprise formée pour ce projet n'existe
plus. Moins de deux ans plus tard, le
groupe français Peugeot Citroën a abandonné en raison de modifications au
projet initial qui auraient fait augmenter le coût et les risques financiers des investisseurs. Ce matin, le
premier ministre nous a expliqué que d'avorter le projet était une sage décision, mais nous n'avons
cependant toujours aucune explication sur les raisons qui ont conduit à cette
sage décision, qui a coûté 14 millions aux Québécois.
Alors, après
avoir fait un grand spectacle de cette annonce en 2016, la ministre peut-elle
expliquer aux Québécois comment ils en sont venus à perdre
14 millions dans cette aventure?
Le Président : Mme la
ministre de l'Économie.
Anglade : Merci, M. le
Président. Peut-être d'abord, en réponse à la question de mon collègue, dire
que, de manière générale, le rôle du
gouvernement en termes de développement économique, c'est de démarcher
différents projets et d'investir au
profit de l'ensemble des Québécois, et force est de constater que l'économie du
Québec se porte bien : des taux
de chômage qui sont en chute de 36 % et une création d'emplois qui est
fort intéressante. Et, dans l'ensemble des
projets dans lesquels nous investissons, effectivement, il y a eu ce projet qui
était pour une étude de faisabilité pour voir de quelle manière on
pouvait pousser l'innovation encore plus loin.
J'aurais aimé
vous dire que le projet puis que l'étude de faisabilité ont donné un résultat
concret. La réponse, c'est que, malheureusement, on n'ira pas de l'avant
suite à l'étude de faisabilité. Pourquoi? Parce que les investissements auraient été beaucoup trop élevés par rapport à la
capacité de payer des entreprises et du gouvernement du Québec. Mais ce
qu'il faut mettre en perspective, M. le Président, c'est que nous avons des
centaines de projets dans lesquels nous investissons
et qui rapportent, et force est de constater, lorsqu'on regarde les résultats
d'Investissement Québec pour l'année dernière,
qu'ils ont obtenu en termes de rendement les meilleurs rendements depuis leur
fusion avec la SGF. La réalité, c'est
que c'était à 7,2 %, contrairement aux années antérieures. Donc, la
manière de fonctionner du gouvernement fonctionne avec des résultats
concrets.
Le Président : En terminant.
Mme Anglade : Merci, M. le
Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Johnson.
Lamontagne : M. le Président, une des raisons de l'arrêt du projet,
c'est qu'il y a des modifications importantes qui ont été apportées. Avec son investissement de 14 millions, le
Québec s'est avéré être le principal contributeur du projet. À
titre de
partenaire principal, le gouvernement se devait d'être assis à la table de
décision.
Dans ce contexte, le gouvernement a-t-il été
impliqué dans ces décisions qui ont fait que le projet n'était plus viable?
Quel a été son rôle dans la décision d'abandonner le projet?
Le Président : Mme la
ministre de l'Économie.
Mme Anglade :
Merci, M. le Président. Évidemment que, dans ce projet, le gouvernement du
Québec a été impliqué, et, au bout du compte, on a pris la décision de ne pas
aller de l'avant, parce que le projet n'était pas viable. Mais, M. le Président, chaque fois que l'on investit
1 $ pour les contribuables, lorsqu'on
regarde les résultats des quatre dernières années, pour chaque investissement que le Fonds de
développement économique a fait, savez-vous combien ça a rapporté aux contribuables pour chaque dollar investi?
2 $? 4 $? Ça a rapporté 19 $, pour chaque dollar investi,
19 $ en retombées
économiques.
C'est dire que la stratégie du gouvernement
fonctionne. Malheureusement, ce projet-là, ça n'a pas été le cas. Mais tout
n'est pas perdu, nous pourrons récupérer le réseau de contacts qui a été bâti
avec cette entente-là.
Le Président : En terminant.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Johnson.
M. Lamontagne : M. le
Président, on n'a pas beaucoup
de réponses sur le pourquoi, comment ça s'est passé, le cheminement de tout ça. L'annonce de
janvier 2016, en grande pompe, suivait de quelques mois la grande
conversion environnementaliste du premier
ministre au sommet sur le climat de
Paris. On s'en souviendra... en avait fait sourciller plusieurs.
Dans ce
contexte, la ministre peut-elle s'engager à déposer les rapports ou les
études qui ont conduit son gouvernement
à investir dans ce projet ou est-ce que tout cela ne visait qu'à justifier
l'épiphanie de notre premier ministre?
Le Président : Mme la ministre
de l'Économie.
Mme Anglade : Écoutez, il est évident que l'idée initiale d'investir dans ce projet... c'est un
projet d'innovation, et on voulait
aller de l'avant. Vous savez, on a 100 % de risques d'échouer des projets
qu'on n'entame pas. L'objectif pour le gouvernement, c'est de trouver
des projets qui sont porteurs.
Or, force est de constater que le gouvernement a
été en mesure de trouver plusieurs projets porteurs, Verbom, LM Wind Power, APN, AddÉnergie, plusieurs
projets qui ont rapporté et qui ont fait en sorte qu'aujourd'hui, encore une
fois, pour chaque dollar que nous investissons, c'est 19 $ de retombées
économiques. Qui dit mieux, M. le Président? L'économie
du Québec ne s'est jamais aussi bien portée. On veut multiplier des projets qui
ont des résultats concrets, et c'est ce que nous allons continuer à
faire, M. le Président. Merci.
Le Président : Principale, M.
le député de Saint-Jean.
M. Turcotte :
Des représentants d'organismes sont d'ailleurs ici dans les tribunes, M. le
Président, pour demander le
rehaussement de leur financement, mais un autre exemple nous vient à l'esprit,
M. le Président. La Piaule, à Val-d'Or, en Abitibi, vient en aide aux
personnes vivant des situations d'itinérance. Face à un haut risque de
fermeture, la ministre s'est déplacée
deux fois à Val-d'Or cet automne pour les rencontrer. Suite à ces deux visites,
La Piaule a reçu une lettre, une
belle lettre : «Nous avons le plaisir de vous confirmer l'octroi d'une
somme récurrente de 291 $ pour soutenir, dès 2017‑2018, la mission
globale de votre organisme et vous permettre de consolider davantage vos
actions.»
M. le
Président, 291 $ pas par jour, pas par semaine, pas par mois, par année.
291 $ ne paient même pas un dîner pour les participants de
l'organisme. Les coûts de déplacement de la ministre pour ses deux voyages ont
coûté plus cher aux contribuables que le
291 $. Quant à ça, la ministre était aussi bien de rester ici, à Québec,
et d'envoyer le chèque du montant de l'essence, M. le Président.
Le Président : Mme la
ministre déléguée...
Le Président : S'il vous
plaît! Mme la Mme la ministre déléguée aux Affaires sociales.
Charlebois :
Bon. Bien, M. le Président, d'une part, je veux dire que, s'il y a un parti qui
a été au gouvernement qui a appuyé
les organismes communautaires à travers le temps, c'est bien le Parti libéral
du Québec. C'est nous qui avons investi de façon majoritaire...
Le Président : S'il vous
plaît! M. le député de Beauharnois.
Le Président : Mme la
ministre déléguée à la Réadaptation, s'il vous plaît.
Charlebois :
Alors, M. le Président, j'en veux pour preuve les chiffres.
Les chiffres
ne mentent pas, M. le Président : on est rendus à plus de 1 milliard
de dollars, dans l'ensemble du gouvernement,
au niveau du soutien des organismes communautaires. Et pourquoi nous le
faisons? Parce qu'on le sait, que
c'est des gens importants. Nous, on est assez responsables pour... quand on
promet de l'argent, bien, on le livre. On ne fait pas des promesses sans
crédits. Nous autres, on fait un budget, bien, on met le cahier à côté qui dit
comment on va le dépenser. Et ça, ce
n'est pas peu dire, parce que c'est le Vérificateur général du Québec qui leur
avait dit que c'était vraiment offensant pour les Québécois.
Ceci étant
dit, La Piaule. Savez-vous quoi? On a déjà annoncé plus de 100 000 $
quand on avait fait notre plan d'action en itinérance. Souvenez-vous de ce
bout-là. Là, ce que vous me parlez, sur le 291 $, c'est dans le
10 millions qui
a été versé à l'ensemble des organismes communautaires au Québec, et, M. le Président,
cette somme-là a été attribuée d'abord
aux organismes qui étaient reconnus au Programme de soutien aux organismes
communautaires qui avaient zéro sou. Il faudrait savoir combien est le
financement de La Piaule avant de me jeter des balles comme il le fait.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Rimouski.
M. LeBel : «291 $ pour
soutenir, dès 2017‑2018, la mission globale de votre organisme et vous
permettre de consolider davantage vos
actions». Je le sais, que personne ne trouve ça intelligent ici, là. Ça ne se
peut pas que quelqu'un ait signé ce
genre de lettre là. Il y a quelqu'un qui n'a pas allumé, à quelque part.
291 $. J'aimerais ça qu'on le dise devant les groupes communautaires. Tu sais, le gouvernement a annoncé beaucoup
d'argent, puis il y a beaucoup d'argent remis à deux ans, trois ans,
quatre ans, ce qui amène des situations comme ça.
Est-ce que la ministre peut dire devant les
groupes communautaires qu'elle trouve ça intelligent, une lettre comme ça? Puis
qu'on rajoute, en plus de ça, la reddition de comptes...
Le Président : Mme la
ministre déléguée à la Réadaptation.
Charlebois : Étant
donné...
Le Président : Chut, chut,
chut!
Charlebois : Étant
donné, M. le Président, qu'il y a beaucoup de groupes de la Montérégie, je vais
me permettre de dire les sommes qui ont été
investies dans des groupes de la Montérégie. La Maison d'hébergement Dépannage Valleyfield
ont reçu...
Le Président : S'il vous
plaît! S'il vous plaît!
Président : S'il vous plaît! Il faut s'entendre, là, il faut essayer de se comprendre un peu. La question
a été posée correctement, j'aimerais entendre la réponse aussi correctement.
Mme la ministre, c'est à vous la parole.
Charlebois : ...ont reçu 52 684 $ de plus qu'ils avaient avant. Maison des jeunes aux
Quatre-Vents : 42 041 $ de plus que ce qu'ils avaient
avant; Maison des jeunes de Marieville : 50 000 $ de plus de ce
qu'ils avaient avant.
Parlons donc
d'Antichambre 12-17, dans le comté de Beauharnois, qui m'a envoyé une lettre de
félicitations. Ils avaient zéro sou. Maintenant, ils touchent
100 000 $, M. le Président.
Le Président : O.K. Ça va.
Charlebois :
Est-ce que tout est parfait dans le soutien aux organismes communautaires? Non,
mais on fait déjà pas mal mieux que vous autres, que de promettre de
l'argent sans cahier de crédits.
Le Président : Alors, cela
met fin à la période de questions et de réponses orales.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, puisqu'il n'y a pas de votes reportés, nous allons passer à la
rubrique des motions sans préavis. Et, en fonction de nos règles et de l'ordre
de présentation...
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vais vous demander un peu de
silence, s'il vous plaît, pour permettre à M. le député de Labelle de
présenter sa motion sans préavis.
M. Pagé : Merci,
Mme la Présidente. Donc, je sollicite le consentement des membres de cette
Assemblée afin de présenter,
conjointement avec la députée de Repentigny, le député de Mercier, le député de
Gaspé et le député de Groulx, la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale reconnaisse le problème de santé publique que pose la
maladie de Lyme, notamment pour les agents de la faune;
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement de mettre en place un plan
d'action pour lutter contre la maladie de Lyme.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, M. le
député. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion? Alors, il
n'y a pas de consentement. Maintenant, je vais céder la parole à M. le député
de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Mme la Présidente, je demande le consentement pour déposer la motion
suivante conjointement avec le député de Groulx :
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement du Québec de prévoir dans le
projet de loi 157 une mesure interdisant
la consommation de cannabis dans les lieux publics sur l'ensemble du territoire
du Québec.» Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie. Y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion? Alors, il n'y a pas de
consentement.
Je vais maintenant
céder la parole à Mme la ministre responsable de l'Enseignement supérieur.
David : Oui, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement de cette Assemblée
afin de présenter la motion suivante conjointement
avec la députée d'Hochelaga-Maisonneuve, le député de Chambly, le député de
Gouin, le député de Laurier-Dorion, le député de Gaspé et le député de
Groulx :
«Que
l'Assemblée nationale souligne la Semaine des enseignantes et des enseignants,
qui se tient du 4 au 10 février, dont le thème est Votre
enseignement, notre réussite à tous! ;
«Qu'elle
exprime sa gratitude à tous ceux et celles qui ont fait le choix de la
profession enseignante et qui, chaque jour, accompagnent les élèves du
Québec vers l'atteinte de leurs rêves et de leurs aspirations;
«Qu'elle
salue les enseignantes et les enseignants qui grâce à leur dévouement et leur
professionnalisme jouent un rôle de
premier plan dans la réussite éducative des élèves en leur transmettant le goût
d'apprendre et de se dépasser;
«Qu'enfin, elle
invite l'ensemble de la population à se joindre à elle pour remercier les
enseignantes et [les] enseignants du soutien
qu'ils apportent au quotidien auprès des élèves, jeunes et adultes du Québec,
afin de les préparer à devenir des citoyens engagés dans notre société
en constant changement.» Merci beaucoup, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, Mme
la ministre. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Tanguay :
Nous proposons de l'adopter sans débat, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, est-ce que cette motion
est adoptée? Adopté. Maintenant, pour la prochaine motion, je vais céder
la parole à M. le député de Gouin.
M. Nadeau-Dubois :
Merci, Mme la Présidente. En saluant les travailleurs d'ABI qui sont devant
l'Assemblée nationale en ce moment,
je demande le consentement de la Chambre pour débattre de la motion suivante
conjointement avec le député de Beauharnois, le député de Nicolet-Bécancour,
le député de Groulx et le député de Gaspé :
«Que
l'Assemblée nationale du Québec reconnaisse que le lockout décrété à
l'aluminerie A.B.I. a des impacts négatifs
sur les travailleurs et les travailleuses, sur l'économie de la région du
Centre-du-Québec et de la Mauricie et sur l'économie du Québec;
«Que l'Assemblée
nationale demande aux parties la reprise des négociations.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député
de Gouin. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Tanguay :
...l'adopter sans débat, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, M. le leader de l'opposition
officielle.
M. Bérubé :
Mme la Présidente, le Parti québécois demande, au nom des travailleurs d'ABI,
un vote par appel nominal.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors c'est très bien. Il y a
une demande de vote par appel nominal. Que l'on appelle les députés.
Et je suspends les
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 11 h 15)
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Nous reprenons nos travaux.
Et je vais mettre aux voix la motion
sans prévis présentée par M. le député de Gouin conjointement avec le député
de Beauharnois, le député de Nicolet-Bécancour, le député de Groulx et le
député de Gaspé :
«Que l'Assemblée nationale du Québec
reconnaisse que le lockout décrété à l'aluminerie A.B.I. a des impacts négatifs sur les travailleurs et les
travailleuses, sur l'économie de la région du Centre-du-Québec et de la
Mauricie et sur l'économie du Québec; et
«Que
l'Assemblée nationale demande aux parties la reprise des négociations.»
que les députés en faveur de cette motion veuillent bien se lever.
Secrétaire adjoint : M. Nadeau-Dubois (Gouin).
M. Fournier (Saint-Laurent),
Mme Anglade (Saint-Henri—Sainte-Anne), M. Billette (Huntingdon), Mme Thériault
(Anjou—Louis-Riel),
Mme St-Pierre (Acadie), M. Leitão (Robert-Baldwin), M. Arcand
(Mont-Royal), M. Coiteux (Nelligan), Mme David (Outremont),
M. D'Amour (Rivière-du-Loup—Témiscouata),
Mme Nichols (Vaudreuil), M. Kelley (Jacques-Cartier), Mme Vallée
(Gatineau), Mme Charlebois (Soulanges), M. Barrette
(La Pinière), Mme Weil
(Notre-Dame-de-Grâce), M. Blanchette (Rouyn-Noranda—Témiscamingue), M. Heurtel (Viau),
Mme Vien (Bellechasse),
M. Fortin (Pontiac), Mme Tremblay (Chauveau), M. Reid (Orford),
M. Morin (Côte-du-Sud), M. Bernier (Montmorency),
M. Ouellette (Chomedey), Mme Montpetit (Crémazie), Mme Boulet
(Laviolette), M. Tanguay (LaFontaine), Mme Charbonneau (Mille-Îles),
M. Carrière (Chapleau), M. Drolet (Jean-Lesage), Mme de Santis (Bourassa-Sauvé), M. Bolduc (Mégantic),
M. Simard (Dubuc), M. Matte (Portneuf), M. Chevarie
(Îles-de-la-Madeleine), M. Girard (Trois-Rivières), M. Huot (Vanier-Les
Rivières), M. Rousselle (Vimont), Mme Vallières (Richmond), M. Auger (Champlain), M. Birnbaum
(D'Arcy-McGee), M. Boucher (Ungava), M. Bourgeois (Abitibi-Est),
M. Habel (Sainte-Rose),
M. Hardy (Saint-François), M. Merlini (La Prairie), M. Plante
(Maskinongé), M. Polo (Laval-des-Rapides), M. St-Denis (Argenteuil), Mme Simard (Charlevoix—Côte-de-Beaupré), M. Busque (Beauce-Sud),
Mme Sauvé (Fabre).
M. Lisée
(Rosemont), M. Bérubé (Matane-Matapédia), Mme Hivon (Joliette),
M. Marceau (Rousseau), Mme Léger
(Pointe-aux-Trembles), M. LeBel (Rimouski), Mme Maltais (Taschereau),
Mme Lamarre (Taillon), M. Bergeron
(Verchères), M. Leclair (Beauharnois), Mme Richard (Duplessis),
Mme Poirier (Hochelaga-Maisonneuve), M. Gaudreault
(Jonquière), M. Cloutier (Lac-Saint-Jean), M. Therrien (Sanguinet),
M. Rochon (Richelieu), M. Pagé (Labelle),
M. Bourcier (Saint-Jérôme), Mme Jean (Chicoutimi), M. Ouellet
(René-Lévesque), M. Villeneuve (Berthier), Mme Fournier
(Marie-Victorin), M. Traversy (Terrebonne), M. Kotto (Bourget),
M. Turcotte (Saint-Jean), M. Roy (Bonaventure).
M. Legault
(L'Assomption), M. Bonnardel (Granby), M. Caire (La Peltrie),
M. Jolin-Barrette (Borduas), M. Picard (Chutes-de-la-Chaudière),
M. Charette (Deux-Montagnes), M. Martel (Nicolet-Bécancour),
Mme Roy (Montarville), Mme Samson (Iberville), M. Roberge
(Chambly), M. Laframboise (Blainville), M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), M. Lefebvre (Arthabaska),
M. Lemay (Masson), Mme Lavallée (Repentigny), M. Lamontagne
(Johnson), Mme D'Amours (Mirabel),
Mme Soucy (Saint-Hyacinthe), M. Paradis (Lévis), M. Spénard
(Beauce-Nord).
M. Khadir
(Mercier), M. Surprenant (Groulx), M. Lelièvre (Gaspé).
La Vice-Présidente (Mme
Gaudreault) : Maintenant, y a-t-il des députés contre cette motion ou
des abstentions? Alors, pour le résultat du vote, M. le secrétaire
général.
Secrétaire : Pour : 103
Contre :
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, la motion est adoptée.
Maintenant, s'il n'y a pas d'autre motion sans
préavis, nous allons passer à la rubrique des avis touchant les travaux des commissions.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vais vous demander de quitter, s'il vous plaît, en silence.
Et je cède la parole à M. le
leader du gouvernement.
Tanguay : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors, j'avise cette Assemblée que la Commission de l'économie et du travail
poursuivra les consultations
particulières à l'égard
du projet de loi n° 152, Loi
modifiant diverses dispositions
législatives concernant le domaine du travail afin principalement de donner
suite à certaines recommandations de
la Commission Charbonneau, dès maintenant
pour une durée de 1 h 30 min, et complétera lesdites consultations de 15 heures à 18 heures, à la salle
Louis-Joseph-Papineau;
Commission de la culture et de l'éducation complétera les consultations particulières à l'égard
du projet de loi n° 166, Loi portant réforme du
système de taxation scolaire, aujourd'hui, à compter de midi pour une durée d'une heure, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine;
finalement, Mme la
Présidente, la Commission des transports et de l'environnement poursuivra les consultations particulières à l'égard du projet de loi n° 165,
loi modifiant le Code de la sécurité routière et d'autres dispositions législatives, dès maintenant pour une durée de
1 h 30 min et de 15 heures à 18 heures, à la salle du Conseil législatif. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie. Pour ma part, je vous avise que la Commission de l'administration publique
se réunira aujourd'hui, à la salle
des Premiers-Ministres de l'édifice Pamphile-Le May, en séance
de travail, après les affaires
courantes vers 11 heures jusqu'à
13 heures, afin de préparer l'audition du ministère des Forêts, de la
Faune et des Parcs sur le
chapitre 4 du rapport du printemps 2017 du Vérificateur général du Québec intitulé Travaux sylvicoles; en séance
publique, de 15 heures à 18 heures, afin d'entendre le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs; et enfin, en séance de travail, de 18 heures à 18 h 30,
afin de déterminer les observations, conclusions ou recommandations de
la commission à la suite de l'audition du ministère des Forêts, de la Faune et
des Parcs;
Commission des finances publiques se réunira en séance publique aujourd'hui, de 15 heures à 18 heures, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine, afin de procéder à des consultations particulières et auditions
publiques dans le cadre du
mandat d'initiative concernant le document intitulé Paradis fiscaux :
Plan d'action pour assurer l'équité fiscale ;
Commission de l'agriculture, des
pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles se réunira, quant à elle, en séance de travail demain, de 7 h 15 à
8 h 30, à la salle du
Conseil législatif, afin de discuter
et statuer de l'opportunité de demander ou d'exiger au ministère de
l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation de transmettre le Rapport relatif au suivi des transactions foncières agricoles dans un format de données
ouvertes, discuter et statuer de l'opportunité pour la commission de se saisir d'un mandat d'initiative portant sur la financiarisation des terres agricoles et enfin discuter
et statuer de l'opportunité pour la
commission de se saisir d'une pétition concernant l'opposition aux forages pétroliers et gaziers;
Et enfin la Commission
de la santé et des services sociaux se réunira en séance de travail demain, de
8 heures à 8 h 30, à la salle
3.31, afin de statuer sur la possibilité que la commission se saisisse de pétitions
concernant le financement du Centre médical de Charlesbourg et la
réouverture de son service sans rendez-vous et l'encadrement législatif et
réglementaire relatif aux chiens d'assistance.
Alors, nous en sommes
maintenant à la rubrique des renseignements sur les travaux de l'Assemblée.
Et, s'il n'y a pas de
demande de renseignements, la période des affaires courantes étant terminée,
nous allons maintenant passer aux affaires du jour. Et je cède la parole à M.
le leader adjoint du gouvernement.
Tanguay : Oui. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je vous prierais d'appeler l'article
17, s'il vous plaît.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, à l'article 17 du feuilleton, Mme la
ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé
publique et aux Saines habitudes de vie propose l'adoption du principe du projet de loi n° 157, Loi
constituant la Société québécoise du cannabis, édictant la Loi encadrant le
cannabis et modifiant diverses dispositions en matière de sécurité
routière.
Alors, sans plus
tarder, Mme la ministre déléguée à la Réadaptation, je vous cède la parole.
Charlebois : Alors, merci, Mme la Présidente. C'est pour moi
un moment important que nous procédions à l'adoption du principe, en tout cas qu'on puisse en parler et
qu'éventuellement, j'ose espérer, nous puissions adopter le principe de
ce projet de loi.
veux, d'entrée de jeu, vous dire, Mme la Présidente, que l'honorable
lieutenant-gouverneur a pris connaissance de ce projet de loi et en
recommande l'étude à l'Assemblée nationale.
Alors, c'est
important pour moi, comme je vous le disais, puisque c'est un projet de loi
qui... Comme vous le savez, la
légalisation du cannabis est vraiment un sujet qui nous arrive du gouvernement
fédéral. On va le dire, ce n'était pas dans notre programme électoral, personne. Alors,
c'est pour ça qu'on a, nous... La légalisation est faite par le gouvernement
fédéral. Nous, au gouvernement du Québec, ce
qu'on vient faire, c'est faire tout l'encadrement autour de l'usage, la vente,
qui, quel âge on peut consommer du cannabis.
Alors, je suis heureuse et honorée, dans une certaine mesure, de pouvoir
présenter le principe du projet de loi
n° 157, et le
titre du projet de loi, c'est : le projet de loi
constituant la Société québécoise du
cannabis, édictant la Loi encadrant le cannabis et... modifie diverses
dispositions en matière de sécurité routière. Vous comprenez, Mme la Présidente, qu'il y a là un enjeu.
Alors, ce projet de
loi là vise à préparer le Québec à la légalisation du cannabis à des fins non
thérapeutiques, comme je vous le disais, qui est proposée par le gouvernement
fédéral et dont l'entrée en vigueur est prévue d'ici juillet 2018. Je sais qu'il y
a beaucoup de pourparlers au gouvernement fédéral, notamment au Sénat, et tout, mais nous ici, au Québec, on se doit d'être prêts, d'avoir notre propre
loi, peu importe l'éventualité. Quand ils l'adopteront au fédéral, on sera prêts, et pourquoi? Parce qu'il faut qu'on ait une loi qui ressemble à ce que les Québécois
désirent, et ce travail-là constitue un réel défi face à cet important
changement de société auquel on doit faire face et qui nous est un peu
imposé dans des échéanciers, on va se
le dire, Mme la Présidente, très,
très, très serrés. Mais, vous savez,
le gouvernement du Québec
et les Québécois ont beaucoup de talent. On est capables de s'adapter. C'est
sûr que, si on avait eu plus de
temps, on ferait encore mieux, mais on sera prêts.
Alors,
le but ultime était d'offrir le meilleur encadrement possible à cette substance
sur notre territoire, compte tenu des
enjeux qu'il comporte. Et, je tiens à le rappeler, le cannabis, Mme la
Présidente, n'est pas une substance banale, alors sa légalisation
commande une intervention vigoureuse de l'État.
Rappelons
que nous avons instauré, au départ, une vaste démarche de consultation auprès d'experts en la matière, bref en matière de cannabis, ainsi qu'auprès de la population,
des communautés autochtones, des organismes jeunesse et du milieu municipal. Ça,
c'était avant de faire le projet de
loi, parce qu'on voulait entendre
ce que l'ensemble de la population et des instances avaient à nous dire pour pouvoir rédiger un bon projet de loi. Alors,
les discussions ont eu cours
également avec différents ministères, des organismes et d'autres gouvernements
provinciaux. Ça nous a permis de déterminer collectivement ce que nous
souhaitions comme encadrement du cannabis dans le respect de nos valeurs
communes au Québec.
Nous
entretenons aussi un dialogue continu avec le gouvernement fédéral dans
l'optique de bien comprendre les orientations prises à leur niveau et
faire valoir les enjeux qui nous préoccupent ici plus particulièrement. Comme,
par exemple, la répartition des revenus
générés par la vente de cannabis, la production à grande échelle, la cohérence
entre l'encadrement du cannabis
thérapeutique et celui du non-thérapeutique. Il y a là une multitude de sujets,
comme je viens de vous énumérer, mais
il y a une multitude de facettes dans ces sujets-là pour lesquelles il faut des
discussions. Et c'est ce que nous faisons.
Alors,
les mesures qui ont été proposées ont pour objectif de prévenir et réduire les
méfaits du cannabis récréatif afin de
protéger la santé et la sécurité de la population, mais particulièrement les
jeunes, Mme la Présidente. Elle vise aussi à préserver l'intégrité du marché légal du cannabis. Et là je vais me
permettre un petit aparté parce que, vous savez, depuis le début, même avant que nous allions en
consultations, on a entendu les experts nous parler de protéger la santé et la
sécurité. Et c'est ce dont les
Québécois veulent, que nous protégions la santé et la sécurité de notre
population, mais particulièrement les jeunes.
Alors,
quand on parle de préserver l'intégrité du marché légal du cannabis, bien, vous
comprenez que tout ce qui est illégal, je me dois de le dire en Chambre, les
vendeurs de cannabis illégal, là, ils sont dans l'illégalité en ce moment. Puis ceux qui ne passeront pas par la Société québécoise du cannabis
sont très peu soucieux de l'état de santé de leurs clients. Nous, ce n'est pas le cas. Alors, on va
mettre plein de mesures en place. Ce que nous voulons faire, c'est lutter
contre la banalisation de la substance, Mme la Présidente, notamment chez les adolescents
et les jeunes, mais aussi chez les personnes les plus vulnérables de notre
société. Cette substance, je le répète à nouveau, comporte d'importants risques
pour la santé et la sécurité du public, et nous devons mettre un encadrement
rigoureux à cet égard. Nous l'avons déjà affirmé,
c'est une priorité pour nous et ça va le demeurer. Nous n'avons pas le droit à
l'erreur, il en va de la santé des Québécois, plus particulièrement
celle des générations qui vont assurer notre futur, soit nos jeunes.
premier élément d'importance à noter au sujet du projet de loi, c'est qu'il
constitue la Société québécoise du cannabis,
une filiale de la Société des alcools, dont la mission particulière sera
d'assurer la vente du cannabis dans une perspective de santé afin d'intégrer les consommateurs au marché légal,
licite, sans favoriser la consommation de cannabis.
Ici,
Mme la Présidente, on va se prendre une petite gorgée d'eau parce que j'ai un
petit quelque chose qui gratte. Mais, bon, ici, je dois vous dire que
constituer la Société québécoise du cannabis en faisant en sorte qu'elle soit
une filiale de la Société des alcools, il y
a des gens qui nous ont posé des questions, effectivement, à ce propos-là. Et
je dois vous dire qu'il y a des gens
qui nous ont félicités aussi. On va profiter de l'expertise de la Société des
alcools en matière de distribution,
en matière de réseau de vente, etc., sans nécessairement appliquer tout le
modèle à la Société québécoise du
cannabis. Bref, on va prendre les segments qui intéresseront certainement la
Société québécoise du cannabis, qui n'aura pas la même mission que la Société des alcools du Québec, c'est-à-dire
que tout ce qu'on cherche à faire, c'est ramener les gens d'un marché qui n'est pas légal, donc illicite, vers un marché
légal et ne pas favoriser la consommation de cannabis. Alors, vous
comprenez que la mission n'est pas tout à fait la même qu'à la Société des
alcools.
Ici,
il faut qu'on puisse assurer une mise en oeuvre d'un modèle de vente bien
encadré, qui va bénéficier, comme je
vous le disais, de l'expertise de la Société des alcools tout en ayant une
mission distincte. Et cette mission est lourde de sens et va faire clairement en sorte que le modèle de vente qu'on a
proposé va contribuer à l'atteinte des objectifs de la santé publique,
c'est là où est le noeud, et qui nous sont tous très chers. C'est ce que les
Québécois veulent.
Le projet de
loi établit également que la majorité des revenus disponibles tirés de la vente
seront investis dans la prévention et
dans la recherche en matière de cannabis. À cet égard, un montant minimal
annuel et garanti de 25 millions par année pendant cinq ans... Ça veut dire cinq fois 25, Mme la Présidente, dès
2018‑2019, et ça, c'est un engagement qui
est confirmé au texte même du projet de loi. C'est donc vous dire combien c'est
important. C'est la première fois que ça
arrive au Québec. Ces sommes-là seront investies — puis c'est le minimum de 25 millions,
je vous rappelle que c'est le minimum qui peut être investi là-dedans — dans la prévention des méfaits du cannabis
en déployant notamment des campagnes
de sensibilisation et d'information, des interventions préventives auprès des
jeunes et d'autres populations vulnérables.
Nous verrons également à bonifier certains services pour améliorer l'offre de
service dans le but d'aider les personnes qui en auront besoin.
Nous
soutiendrons la recherche en diverses matières relatives à cette substance,
pour améliorer notamment nos activités
de prévention, bien évidemment. L'amélioration des connaissances permettra
également de faire évoluer notre encadrement,
encadrement qui, je vous le répète, se veut flexible dans sa forme pour nous
permettre de réagir rapidement lorsque ce sera requis.
Parmi les
autres mesures incluses dans le projet de loi, notons l'interdiction complète
pour tous de posséder du cannabis dans les lieux fréquentés par les
jeunes, dont les terrains et les locaux des écoles et les centres de la petite enfance. Je vais le répéter : interdiction
complète pour tous de posséder du
cannabis dans les lieux fréquentés par les jeunes, dont les terrains et les locaux des écoles et des centres de la petite enfance, l'interdiction totale, Mme la Présidente, de cultiver du cannabis à des fins personnelles, des
restrictions d'usage du cannabis dans certains lieux, certaines allant au-delà de
ce qui est prévu dans la
Loi sur le tabac. Et on appelle ça maintenant
la lutte au tabagisme, la loi, et je dois vous dire qu'on a appelé... plusieurs personnes nous ont dit que les restrictions
s'apparentaient à la lutte au tabagisme, et plus. Bref, ils appelaient
ça «tabac plus», l'ensemble des intervenants.
Nous allons
aussi, parmi les mesures incluses dans le projet de loi, voir à l'encadrement
strict de la vente au détail du
cannabis, dont l'interdiction de vente à un
mineur ou à un adulte d'acheter du cannabis pour un mineur. Il y aura
également des restrictions quant aux produits qui pourront
être vendus et des dispositions qui
feront en sorte que le gouvernement du Québec
devra autoriser, en adoptant un règlement, la vente au Québec d'éventuels
nouveaux produits, dont les produits
comestibles qui inquiètent tant d'intervenants. Dans le projet de loi que nous avons
déposé, vous comprenez qu'il y aura des restrictions et que, si
un jour on devait revoir ça, ça serait fait par règlement. Mais vous comprenez
que, pour l'instant, on ferme la porte à ça. Le tout indépendamment des décisions que prendra le
gouvernement fédéral dans le cas de nouveaux produits. Il est clair que nous souhaitons autant que possible limiter
l'initiation au cannabis de nouveaux consommateurs.
Le projet de
loi prévoit aussi l'imposition de limites en matière de promotion et de
publicité relative au cannabis, toujours
dans la perspective de réduire les méfaits
de cette substance. Évidemment, si on ne veut pas augmenter nos ventes de
cannabis, on ne veut pas avoir plus de personnes qui consomment du cannabis,
bien, il ne faut pas en faire la promotion.
Et il y aura
également, Mme la Présidente, la tolérance zéro à la consommation de cannabis
et de drogue pour tous les conducteurs afin d'assurer une sécurité routière.
C'est une mesure qui est complexe, nous en convenons, mais requise pour
lancer un message puissant, un message très puissant, message qui fera en sorte
d'endiguer dès le départ toute forme de tolérance pour la conduite après avoir
consommé du cannabis ou de la drogue.
Ici, je veux
rassurer les gens parce que cette mesure-là va entrer en vigueur quand on aura
les appareils qui seront homologués
par Santé Canada et qui seront aussi admis par la sécurité publique pour
faire en sorte que cette mesure-là puisse
entrer en vigueur. Si on n'a pas l'appareil homologué, Mme la Présidente, on va
continuer à mettre en place exactement ce
qui est en place en ce moment, la conduite avec les facultés affaiblies, et
c'est déjà là pour l'ensemble des corps policiers.
Les activités
de la Société québécoise du cannabis ainsi que l'encadrement du cannabis feront
donc l'objet d'un suivi rigoureux, notamment par le biais d'un comité de
vigilance qui sera chargé de conseiller le ministre de la Santé et des Services sociaux sur tout sujet relatif au
cannabis. Ce comité aura toute la légitimité et tous les pouvoirs requis pour assumer pleinement son mandat.
Ceci étant
dit, rappelons que cet encadrement se veut évolutif et prudent. Nous voulons
avoir le pouvoir de nous adapter aux besoins en fonction de l'évolution de la
situation et des connaissances scientifiques dans le domaine. En ce
sens, le projet de loi comporte plusieurs habilitations réglementaires.
Comme il se devait, de nombreuses mesures du
projet de loi ont fait l'objet d'une importante consultation particulière, et ce, après le dépôt du projet de
loi. En effet, dans le cadre des travaux de la Commission de la santé et des
services sociaux, pas moins de 55 groupes d'experts ont été entendus, 70
mémoires ont été acheminés à l'Assemblée nationale.
Nous pouvons d'ores et déjà affirmer que le cadre légal est très attendu et que
le contenu répond en grande
partie aux attentes de la majorité des
groupes entendus ou qui se sont exprimés en acheminant un mémoire.
Bien sûr,
certains groupes aimeraient voir des ajustements, notamment pour l'âge, établir
l'âge à 21 ans plutôt qu'à 18 ans,
une solution qui semble, à prime abord, souhaitable compte tenu de ce que nous
savons sur le développement du
cerveau des jeunes, mais qui ferait en sorte de moins bien protéger cette
population plus vulnérable qui consomme déjà du cannabis dans une grande proportion. En fixant l'âge légal à 18
ans, on estime que les enjeux liés à la qualité des produits seront
mieux contrôlés, voire éliminés.
Ce que nous
voulons vous dire aussi, Mme la Présidente, par rapport à l'âge, c'est que les
scientifiques nous ont bien dit que
21 ans, c'était un critère très aléatoire. Ils l'ont mis là parce qu'ils
voulaient nous signaler que, oui, il y avait un danger, mais, Mme la Présidente, je connais un paquet de jeunes qui
n'ont pas cet âge-là, qui consomment. Moi, je me donne l'opportunité de pouvoir les rencontrer, de leur expliquer ce
qu'est le cannabis, de voir comment ils peuvent gérer leur consommation et surtout de voir s'il y a des
interactions avec soit des médicaments soit des maladies qui existent dans leurs familles, etc., parce que, les
scientifiques nous l'ont dit, c'est à 25 ans, en principe, que le cerveau
termine son évolution, bien, sa
croissance ou, en tout cas, son développement. Mais idéalement, Mme la
Présidente, on va se le dire, là, c'est
jamais qu'il faudrait consommer le cannabis, jamais. Ce n'est pas bon. C'est
comme fumer du tabac, ce n'est pas bon.
Mais
on le sait, qu'il y en a qui en consomment. Alors, pourquoi ne pas mettre en
place... D'ailleurs, tous les directeurs de
santé publique nous l'ont dit, ce n'est pas Lucie Charlebois la ministre... ce
n'est pas la ministre — excusez, je n'ai pas le
droit de me nommer — responsable
de ce dossier-là qui l'a dit. Les directeurs nationaux de santé publique
nous ont dit : Par prudence, s'il vous
plaît, donnons-nous l'opportunité de bien renseigner ces jeunes-là et de
pouvoir être en interaction avec eux.
modèle de vente qu'on souhaite mettre en place va constituer aussi un véhicule
important d'intervention pour réduire
les risques et référer les consommateurs qui en auront besoin à du soutien. Il
ne faut pas se leurrer, Mme la Présidente, en excluant une
partie des jeunes adultes au marché légal, on ne fera
pas en sorte de réduire leur consommation de cannabis. Ils vont continuer à s'approvisionner sur un
marché illicite, donc pas contrôlé, et donc de consommer des produits dont le
contenu réel est inconnu. Les criminels vont
continuer d'avoir peu de scrupules, même après la législation, c'est clair.
Faire
davantage afin d'éviter que des intérêts lucratifs viennent interférer et nuire
aux objectifs de santé. En effet, il existe une grande préoccupation
quant à l'influence de l'industrie du cannabis sur la mise en marché des
produits, et cette industrie, comme toutes
les autres, cherchera nécessairement à vendre davantage ses produits. Il nous
faudra être vigilants, Mme la
Présidente, pour éviter toutes les dérives possibles, éviter que les employés
de la Société des alcools soient
exclus d'une possibilité de travailler à la Société québécoise du cannabis et
étendre davantage les restrictions d'usage. En cette matière, la solution parfaite est difficile à trouver. Comme le
produit deviendra légal, il est normal que sa composition soit permise dans une certaine mesure. Le gouvernement du
Québec n'est pas le seul acteur en cette matière. Les villes et les municipalités ainsi que les propriétaires
d'immeuble auront un rôle à jouer en fonction des responsabilités et des droits qu'ils ont. La nécessité de restreindre
sérieusement, dès le départ, la promotion et la publicité, à l'image de ce qui
a été fait pour les produits du tabac, a été soulevée par une majorité
d'intervenants.
Comme
je vous dis, il y a plein de sujets dont je viens de vous nommer qui nous ont
été apportés pour lesquels éventuellement
il y aura peut-être des amendements de soumis, et par le gouvernement, et par
les partis de l'opposition. Il est
évident que nous devons adopter une approche stricte en cette matière,
l'expérience tirée de ces autres situations problématiques de santé publique étant des sources très éclairantes, ça,
sans compter le fait que la littérature sur la publicité et le marketing des substances psychoactives est
formelle sur les effets nuisibles que les pratiques de publicité et de
marketing peuvent avoir sur la prévalence de consommation,
particulièrement chez les jeunes.
Lors
de ces consultations, on a aussi entendu
les inquiétudes et les attentes de représentants du secteur agricole. Il convient ici de rappeler que les intentions du gouvernement dans le cadre de ce projet de
loi, elles concernent avant tout la santé et la sécurité de la population.
Je le dis depuis le début et je le répète à chaque fois que j'ai une occasion,
cette optique que nous considérons,
les enjeux de ces secteurs font en sorte qu'on doit s'attarder à la santé et la
sécurité de la population.
Nous avons aussi
entendu les représentants des municipalités, qui s'inquiètent notamment du
respect de leur autonomie dans leurs sphères
de compétences qui sont les leurs, et je souhaite les rassurer sur nos
intentions à ce sujet. Le respect de l'autonomie des municipalités
constitue un principe qui nous est cher.
propriétaires d'immeuble sont aussi venus nous entretenir de leur position, notamment
quant au fait qu'ils soutiennent
l'interdiction de culture à des fins personnelles. Ils ont aussi soulevé
d'autres enjeux, ceux associés à la fumée de cannabis dans les logements, une
réalité pour laquelle ils ont, à
titre de propriétaires, des capacités pour
intervenir. La date annoncée de la
légalisation est connue depuis un moment. Les propriétaires, comme le gouvernement, d'ailleurs, peuvent et doivent s'y préparer.
Aussi,
nous avons entendu plusieurs intervenants de différents milieux qui se disaient inquiets de
l'impact de la légalisation en matière de santé et sécurité au travail.
Selon plusieurs, le gouvernement aurait avantage à se montrer plus explicite et à mieux mettre en lumière les
risques associés à la consommation de ce produit dans le cadre du travail.
Divers intervenants demandent à ce
que des activités de prévention de la consommation de cannabis soient ciblées
dans les milieux de travail.
Enfin,
ajoutons que les mesures visant à assurer la sécurité routière ont aussi occupé
une
part importante de nos échanges.
Bref,
les parlementaires auront à étudier ces nombreuses questions lors des
prochaines semaines et des prochaines étapes
pour le cheminement du projet de loi. Je tiens à souligner l'implication des députés
du gouvernement, bien
sûr, mais aussi l'implication de l'opposition
officielle et du deuxième groupe de l'opposition aux travaux, et autres groupes parlementaires et collègues. Le
travail accompli jusqu'à maintenant est important et constructif. Nous
entendons continuer à travailler avec
ouverture et en toute collégialité avec nos collègues pour la suite du
cheminement de ce projet de loi.
J'ai tendu la main dès le départ, et cette main tendue a reçu une bonne écoute parce que,
je peux vous dire, Mme la Présidente,
on travaille vraiment en toute collégialité. Et j'ai la ferme
conviction qu'on pourra dégager rapidement un consensus sur les améliorations à apporter au projet de loi et garantir une adoption rapide. L'échéance fixée par le gouvernement fédéral nous y contraint.
la Présidente, on croit que le Q