Labour and the Economy — 24 August 2021 (42nd Legislature, 1st Session)
CET 2021-08-24
Quebec — Committees
Maintenant, le projet de loi n° 100
se veut la troisième et dernière étape de ce chantier, qui viendrait poser les
fondations d'un nouveau cadre législatif moderne qui est simple et qui est
applicable. Donc, il va viser plusieurs objectifs qui vont contribuer à l'essor
de l'industrie touristique, mais également à sa modernisation. On veut réduire de façon considérable, considérable, les formalités
administratives, diminuer les coûts pour les exploitants d'hébergement
touristique, une volonté qui a toujours été au coeur de notre action politique.
On souhaite évidemment simplifier les règles afin de faciliter la compréhension
par des citoyens et des entreprises et, en faisant ça, bien, on vise une plus
grande conformité de nos exploitants.
Les changements proposés vont venir également
outiller davantage les municipalités et Revenu Québec dans l'encadrement de
l'hébergement touristique sur son territoire. D'ailleurs, les modifications
apportées à ce niveau aux règlements
fonctionnent. Revenu Québec est désormais, et on l'a vu cet été, beaucoup mieux
outillé pour assurer le respect et
l'application de la loi, comme en témoignent, donc, les plus récents chiffres
qui ont été publiés par Revenu Québec.
Le projet de loi propose
des mesures qui viendront encore davantage aider les inspecteurs, les
enquêteurs de Revenu Québec. La lutte contre
l'hébergement illégal, c'est important et ça vient également appuyer les
municipalités et les citoyens aux prises avec des exploitants qui sont illégaux
et qui ne respectent pas les règles. Pour les aider, donc, le projet de loi
étendra à d'autres types de résidences, les chalets, les résidences
secondaires, par exemple, le pouvoir de la ministre de suspendre ou d'annuler
un enregistrement en cas d'infraction à la réglementation municipale.
C'est important pour nous et pour moi de
travailler avec les municipalités. C'est pourquoi ce projet de loi prévoit des
mesures pour faciliter leur travail, la mise en place d'un espace protégé pour
leur permettre d'avoir accès en temps réel à la liste des établissements sur
leur territoire est l'une de celles-ci. Aussi, comme l'aménagement du
territoire, c'est une compétence municipale, c'est évidemment normal qu'on la
respecte et que celui ou celle qui souhaite offrir de l'hébergement doive aller
chercher l'autorisation de sa municipalité avant d'en faire sa demande.
Il y a
également des mesures importantes qui vont donner plus d'air aux exploitants
d'établissements d'hébergement touristique et qui vont soutenir leurs
efforts pour relancer leurs activités, revoir leurs pratiques afin d'être
encore plus concurrentiels, d'autant plus pertinents dans le contexte actuel et
celui d'une relance qui va être forte. Les mesures vont encourager encore plus
leur créativité en matière d'expérience d'hébergement. Sur le terrain, partout
au Québec, vous avez voyagé cet été, on a constaté le génie des promoteurs qui
élaborent de nouveaux types d'hébergement,
qui sont dits souvent insolites et qui sont de véritables expériences en soi.
Les voyageurs ne cherchent plus uniquement un endroit où dormir, ils
veulent des expériences à toutes les étapes de leur voyage, évidemment, ça inclut leurs nuitées. Il faut permettre aux
promoteurs d'exprimer leur audace. On doit penser en dehors de la boîte,
comme on dit, et montrer au reste de la planète ce qui peut être fait ici, au
Québec.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci, merci beaucoup. Alors, nous poursuivons cette fois, où j'invite la porte-parole de l'opposition officielle, Mme la
députée de Jeanne-Mance—Viger, à
prendre la parole, et vous disposez de quatre minutes.
Rotiroti :
Parfait. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Mme la ministre, les collègues qui
sont ici, les gens qui accompagnent la ministre, je suis très heureuse d'être
ici, parmi vous, à
titre de la nouvelle porte-parole de l'opposition officielle
en matière de tourisme.
A-t-on besoin de rappeler l'importance de
l'industrie de tourisme au Québec, un secteur d'activité qui génère des
retombées économiques extrêmement importantes qui profitent à toute l'économie
québécoise? C'est pourquoi qu'après toutes les difficultés rencontrées par
notre industrie dues à la COVID-19, il est vital de lui fournir des outils
nécessaires à sa relance. Les lendemains de la pandémie s'annoncent
effectivement très difficiles pour les hôteliers, qui ont déjà beaucoup
souffert dans les derniers mois.
Autre enjeu de taille, les propriétaires
d'hébergement touristique font présentement face à une importante pénurie de main-d'oeuvre,
ce qui met en péril la survie de plusieurs établissements ici, au Québec. Nous
devons envisager des solutions rapides. Nous estimons qu'il est le rôle du gouvernement
de bien encadrer notre industrie afin de maintenir des hauts standards de
qualité, en particulier en termes d'hébergement touristique. En ce domaine, le
Québec jouit d'une réputation enviable, comme l'ont prouvé plusieurs
publications spécialisées au fil des ans, ce qui nous procure une activité
internationale exceptionnelle. De notre côté, nous souhaitons que le
gouvernement profite de cette occasion pour améliorer de façon significative
l'encadrement de l'hébergement collaboratif, qui prend de plus en plus de place
dans l'offre touristique.
Aussi, il est impératif que le projet de loi
inclue la mise en oeuvre des recommandations de la Commission spéciale sur
l'exploitation sexuelle des mineurs. Nous croyons fermement que l'imposition de
ceci contribuerait largement à prévenir et réduire les crimes odieux. Pour
l'opposition officielle, c'est une mesure qui est incontournable. Par ailleurs,
nous sommes impatients d'entendre les intervenants du milieu qui viendront nous
présenter leurs enjeux et leurs propositions. On retrouve, au Québec, un
dynamisme exceptionnel, créatif, innovateur chez nos entrepreneurs de
l'industrie du tourisme, et nous sommes privilégiés de pouvoir les entendre
ici.
En conclusion, je souhaite à toutes et à tous un
bon échange, une belle collaboration, qui profiteront à tous les Québécois.
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Alors, nous poursuivons avec le deuxième groupe d'opposition, avec le
député de Laurier-Dorion. Vous disposez d'une minute.
M. Fontecilla : Merci, Mme la
Présidente. Très heureux d'être ici avec les collègues députés. Merci aussi au
personnel politique et administratif qui nous accompagne pour le projet de loi n° 100. Je suis ici avec un esprit de grande ouverture afin de voir les propositions et les avancées proposées par le projet de loi n° 100. Il faut évidemment étudier attentivement, garder ce qui est
pertinent et modifier ce qui n'est plus approprié et ce qui peut constituer un
obstacle à l'avancement de l'industrie touristique, qui est d'une grande importance
pour le Québec, là. Évidemment, la protection du public, là, est un objectif à
garder toujours en tête, et également le devoir d'exercer les compétences de
l'État québécois dans la protection du public, tout en intégrant, évidemment,
des nouvelles façons de faire. Voilà. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Merci. Nous invitons maintenant la porte-parole du troisième
groupe d'opposition, la députée de Gaspé, à faire ses remarques préliminaires.
Vous disposez, vous aussi, d'une minute.
Mme Perry
Mélançon : Merci, Mme la Présidente. Alors, ce sera court. Je salue
chaleureusement Mme la ministre, ses équipes également au ministère, mes collègues
à l'opposition également et aussi les collègues de la banquette du gouvernement.
Alors, bien, je suis
heureuse qu'on puisse parler de modernisation de l'industrie touristique. Je
pense qu'effectivement la concurrence, elle est mondiale, les outils de
recherche d'hébergement, tout ça, ça a beaucoup évolué, donc c'est toujours
bien qu'on se garde le plus flexible possible, le plus agile. Alors, ça sera vraiment
dans tous les détails du projet de loi qu'on va pouvoir discuter pour s'assurer
d'un encadrement maximal, justement, quand on parle d'hébergement collaboratif.
On a vu aussi que ça avait un certain impact sur le logement également, qui est
une problématique un peu partout au Québec.
Alors,
évidemment que je serai au rendez-vous pour collaborer
avec le gouvernement sur ce projet
de loi là. Merci.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Merci. Merci, Mme la députée. Nous allons commencer maintenant
la période d'échange. Je veux juste rappeler le temps que vous
disposez, hein? Le gouvernement dispose de 16 min 30 s; l'opposition officielle, 11 minutes; deuxième et troisième groupes
d'opposition, vous disposez chacun de
2 min 45 s. Ça va?
Alors,
nous allons donc accueillir maintenant le premier groupe de représentants, qui est M. le Pr Wachsmuth et
Mme St-Hilaire. Je vous invite... de la Chaire de recherche du Canada en
gouvernance urbaine de l'Université McGill. Alors, je vous invite, avant de
commencer à faire votre exposé, de bien vous présenter. Et sachez que vous ne
disposez que de 10 minutes. C'est beau? Alors, je vous invite à commencer.
M. Wachsmuth
(David) : O.K. Je vous remercie pour l'occasion que vous m'apportez de
m'adresser à la Commission de l'économie et du travail au sujet du projet de
loi n° 100.
Je m'appelle David
Wachsmuth et suis professeur de l'École d'urbanisme de l'Université McGill et
titulaire de la Chaire de recherche du Canada en gouvernance urbaine. Je suis
accompagné d'un des membres principaux de mon équipe de recherche, Cloé
St-Hilaire, qui détient une maîtrise en urbanisme de l'Université McGill. Notre
équipe a mené plusieurs dizaines de recherches sur les locations à court terme
au Québec et ailleurs. Et je peux affirmer que nous effectuons les meilleures
recherches au monde sur le sujet. Nous voulons discuter aujourd'hui de trois
questions connexes en nous concentrant sur l'applicabilité du projet de loi n° 100 aux plateformes de location à court terme en ligne,
comme Airbnb, puisque c'est notre domaine d'expertise.
Les trois questions
sont les suivantes : Qu'est-ce qui devrait être réglementé en matière
d'hébergement touristique? Qui devrait être responsable de quel aspect de la
réglementation? Et comment la réglementation devrait fonctionner? Comme vous pouvez sans doute discerner, mon français n'est
pas des plus fluide, alors je vais faire notre présentation, et ensuite Cloé sera disponible pour répondre à vos
questions. Le mémoire que nous avons soumis comprend le texte de ces
remarques ainsi qu'un bref aperçu empirique de l'activité de location à court
terme au Québec.
Tout d'abord, nous
voulons aborder les activités de la location à court terme, qui devraient être
réglementées. Les principaux impacts positifs de location à court terme sont
les revenus que les hôtes perçoivent pour la location de leur logement aux
visiteurs ainsi que les retombées économiques dans les secteurs associés tels
que les restaurants et les activités culturelles. Il est prouvé que la location
à court terme augmente les dépenses touristiques globales, mais la plupart des
recherches concluent que cet effet est modeste. En fait, il s'agit surtout
d'une redistribution des hôtels vers les locations de courte durée.
principaux effets négatifs de location à court terme sont une diminution de la
disponibilité et de l'abordabilité des
logements pour les résidents locaux et une augmentation des nuisances au niveau
des immeubles ou des quartiers, comme
le bruit, les odeurs et, dans certains cas, la criminalité. Les données
empiriques suggèrent que ces impacts négatifs sont concentrés d'une
manière disproportionnée dans les locations à court terme commerciales et
opérées à temps plein. Il en résulte que la réglementation des locations à
court terme ne devrait pas systématiquement encourager ou décourager les locations à court terme en relation
aux hôtels, puisque l'ensemble des avantages est relativement similaire.
Mais
il existe de solides arguments d'intérêt public, en particulier dans les
villes, pour que les réglementations découragent systématiquement les
locations à court terme commerciales par rapport aux locations à court terme
occasionnelles, puisque ces premières sont responsables de la plus grande
partie des impacts négatifs. Tant que le système d'enregistrement qui serait
mis en oeuvre par la loi n° 100 distingue les logements touristiques
situés dans des résidences principales de ceux situés dans des résidences
secondaires, il permettra aux municipalités d'agir sur cette juridiction en
fonction des priorités locales.
Ensuite, nous voulons
parler de qui devrait réglementer les locations à court terme.
Fondamentalement, il y a trois tâches que les régulateurs doivent accomplir.
Ils doivent décider des règlements appropriés pour la juridiction. Ils doivent
rassembler les informations nécessaires pour faire appliquer les règles et ils
doivent faire appliquer la règle. À notre
avis, les municipalités sont les mieux placées pour faire la première
tâche : décider des règles appropriées pour les juridictions.
Chaque communauté peut et
doit avoir des priorités différentes en matière d'hébergement touristique. Les grandes villes ont généralement des meilleurs
substituts aux locations à court terme, à savoir les hôtels, et
connaissent des problèmes plus graves d'abordabilité et de disponibilité des
logements. Donc, les villes peuvent vouloir restreindre les locations
commerciales à court terme, puisqu'elles en retirent moins d'avantages et plus
de coûts.
En revanche, les communautés rurales n'ont
souvent pas des bons substituts aux locations à court terme, en sont plus
dépendantes économiquement et peuvent avoir des problèmes de logement moindres.
Les zones rurales peuvent donc vouloir être plus permissives avec les locations
commerciales à court terme. Cela signifie que la province devrait déléguer aux municipalités
la responsabilité de déterminer les règles les plus appropriées pour
l'emplacement et l'exploitation des locations à court terme.
En revanche, en ce qui concerne la collecte des
informations nécessaires à l'application des règles, la province est la mieux placée pour s'en occuper. Les informations
nécessaires à un système d'enregistrement ne varient pas beaucoup d'une
localité à l'autre, de sorte qu'il y a d'énormes économies d'échelle à réaliser
avec un système centralisé. À l'opposé, les municipalités auraient du mal à mettre en place un système d'enregistrement adéquat
et à résoudre les problèmes reliés aux délimitations géographiques. Nous
sommes heureux de voir que la loi n° 100 prévoit un seul système pour
l'ensemble de la province.
Dernièrement, la troisième tâche des régulateurs
est de faire respecter les règles qui ont été fixées. Et ce travail devrait
être effectué en collaboration entre la province et les municipalités. La
province peut maintenir la validité du système d'enregistrement. Les
municipalités peuvent utiliser les informations contenues dans le système pour
faire appliquer les règlements locaux. Elles peuvent utiliser leurs
connaissances locales, les inspections et les plaintes pour signaler à la
province les problèmes d'enregistrement. À notre avis, la loi n° 100
fournit un cadre pour une répartition
appropriée des responsabilités réglementaires, la province étant responsable du
système d'enregistrement des
hébergements touristiques et les municipalités étant chargées d'utiliser les
informations contenues dans ce système pour s'assurer de la réalisation
des priorités locales.
Enfin, la
dernière question que nous aimerions aborder est celle du fonctionnement d'un
système d'enregistrement des hébergements touristiques non pas du point
de vue technique, mais du point de vue de donner aux municipalités les informations, dont elles ont besoin, pour
instaurer et faire respecter les priorités locales. Premièrement, un
système doit exiger un enregistrement obligatoire. L'expérience d'autres
juridictions prouve que toute condition permettant aux hôtes de location à court terme d'éviter l'enregistrement fera
l'objet d'une pression énorme pour servir d'échappatoire aux mauvais
acteurs.
Deuxièmement, un système d'enregistrement adéquat
doit systématiquement faire la distinction entre les hébergements touristiques
opérés dans des résidences principales et ceux qui ne le sont pas. Cette
distinction est essentielle pour déterminer les avantages et les inconvénients
des locations à court terme, et les municipalités devraient pouvoir utiliser le
système d'enregistrement provincial pour traiter différemment ces
deux types de location à court terme. Troisièmement, les hôtes devraient
être tenus d'afficher leur numéro d'enregistrement partout où ils annoncent
leur location. Cela permettra aux municipalités et à la province de tenir plus
facilement les hôtes responsables de toute violation de la loi et constituera
la vérification publique la plus simple du respect de la réglementation. Notre
lecture de la loi n° 100 suggère que tous ces principes ne sont pas
présentement inscrits dans la loi. En particulier, nous ne voyons aucune
exigence selon laquelle les numéros d'enregistrement doivent être affichés
publiquement dans les annonces de location à court terme en ligne.
Alors, pour résumer notre présentation, il y a
des bonnes raisons pour que la réglementation sur l'hébergement touristique
dans les villes décourage systématiquement les locations commerciales à court
terme par rapport aux locations occasionnelles à court terme, puisque les
premières sont responsables de la plus grande
partie des impacts négatifs.
Deux, la répartition appropriée des tâches entre la province et les
municipalités consiste à ce que la province
garde un système d'enregistrement unique pour les hébergements touristiques et
que les municipalités utilisent ce système pour établir les priorités
réglementaires locales. Les deux niveaux de gouvernement doivent collaborer
quant à l'application de la loi. Et, trois, un système d'enregistrement
efficace des hébergements touristiques comportera une licence obligatoire, fera
la distinction entre les opérations dans une résidence principale et celles à
l'extérieur d'une résidence principale et exigera l'affichage public des numéros
d'enregistrement.
Selon ces critères, la loi n° 100 constitue
un pas dans la bonne direction pour la province, mais il reste des possibilités
de la renforcer. Je vous remercie encore une fois de m'avoir donné
l'occasion de m'adresser à la commission. Nous sommes heureux de répondre aux
questions des membres, s'il y a lieu. Merci beaucoup.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci, M. Wachsmuth. Nous allons donc commencer par Mme la ministre pour
la période d'échange. À vous la parole.
Mme Proulx (Berthier) : Merci, Mme
la Présidente. M. Wachsmuth, je veux vous rassurer tout de suite, votre
français est impeccable, il est certainement mieux que mon anglais. Alors,
bravo pour votre français! Merci de la présentation devant les membres de la
commission ce matin.
On va revenir un peu en arrière parce qu'il y a
quand même longtemps que vous travaillez dans ce secteur d'activité comme
professeur agréé à l'École d'urbanisme de l'Université McGill, de la Chaire de
recherche du Canada en gouvernance urbaine. Il y a un petit moment, en
octobre 2019, vous aviez indiqué, dans un entretien qui avait été accordé
à Radio-Canada, qu'il était important pour le gouvernement de prendre le temps
de s'assurer que la réglementation proposée est réellement, réellement
susceptible de fonctionner.
Alors, ma question :
Est-ce que vous croyez que l'approche du gouvernement du Québec de confier,
donc, l'application des dispositions pénales en matière d'hébergement
touristique à Revenu Québec est la plus appropriée?
Mme St-Hilaire (Cloé) : Merci pour
la question. Je vais répondre en français. C'est sûr que, dans le fond, le
projet de loi n° 100 que vous proposez maintenant, comme nous avons dit,
est un pas dans la bonne direction. Comme M. Wachsmuth a dit durant la
présentation, le fait de donner la responsabilité à la province d'avoir un
système de réglementation centralisé nous semble être une bonne option pour,
justement, apporter des économies d'échelle et aussi permettre une... juste une
réglementation qui va être centrale, centrale et globale, dans le fond, pour
toutes les régions au Québec. Donc, vu que la province prend cette approche en
ce moment, nous trouvons cela encourageant pour le système touristique au
Québec.
Mme Proulx (Berthier) : Merci. Puis
je vais continuer un peu sur le numéro d'enregistrement, parce que, vous savez,
dorénavant, avec la résidence principale, l'instauration du règlement, en
mai 2020, qui venait définir... qui est
de catégorie, pardon, de résidence principale et où on introduisait
l'obligation d'afficher son numéro d'enregistrement sur toute annonce.
On a vu que, récemment, les chiffres publiés par Revenu Québec, on observe une hausse des activités d'inspection, une hausse
également des condamnations auprès des contrevenants depuis
l'arrivée de la définition de la résidence principale. Est-ce que ça démontre,
selon vous, que Revenu Québec est désormais l'organisme le plus... le mieux
outillé, pardon, pour faire non seulement appliquer, mais respecter la loi?
Mme St-Hilaire (Cloé) : Merci pour
la question. C'est sûr que d'avoir le système de réglementation centralisé
fonctionne bien. En ce qui a trait à la régulation, c'est important... Dans le
fond, Revenu Québec est bien placé pour faire la régulation en
partie parce que
c'est aussi l'instance qui va avoir accès à l'information au niveau de la taxation, ce qui est important pour faire des
suivis. Nous croyons aussi, comme nous avons dit dans la présentation,
que les municipalités peuvent avoir un bon rôle à jouer au niveau, également,
des permis ou juste des priorités locales pour être capables, justement, de
faire renforcer les règles de l'hébergement et de l'enregistrement.
Mme Proulx (Berthier) : O.K. Parce
que, comme vous le savez, c'est le Québec qui est devenu le premier État en
Amérique du Nord à légiférer la pratique de l'hébergement collaboratif dans la
résidence principale, et ce, sur l'ensemble du territoire du Québec. Est-ce que
vous croyez que le fameux modèle d'enregistrement obligatoire pour tous, comme
c'est le cas présentement au Québec depuis l'entrée en vigueur de ce nouveau
règlement, va faciliter et continuer de faciliter, dans les autres types
d'hébergement, la détection de contrevenants?
Mme St-Hilaire (Cloé) : Oui, merci
pour la question. Pardon, j'avais de la misère à enlever le «mute». C'est sûr
que la régulation mandatoire est quelque chose de superimportant. D'avoir des
façons de ne pas s'enregistrer ou de ne pas avoir à montrer le numéro
d'enregistrement sur des plateformes ou sur des sites Web pourrait amener des
exploitants à vouloir trouver des façons de ne pas... de ne pas être légaux.
C'est sûr aussi qu'avoir la distinction entre la résidence principale et
secondaire, pour nous, est une information qui est importante pour les municipalités
pour être capable d'aller instaurer des priorités locales au niveau de l'hébergement.
Dans le fond, c'est ça, c'est... Voilà.
Mme Proulx (Berthier) : Merci pour
votre commentaire. Je vais aller à l'article 23. Mme la Présidente,
comment je fais pour voir le temps qu'il nous reste pour cette période-ci du côté
du gouvernement?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, il vous reste 11 min 25 s.
Mme Proulx (Berthier) : Ah... du
temps. Il n'y a pas d'horloge, hein, Mme la Présidente? Non. O.K. Ce n'est pas
grave, je me fie à vous.
On va aller sur les articles, si vous le
permettez, les articles du projet de loi n° 100, l'article 23 du
projet de loi n° 100, qui permet à la
ministre d'élaborer ou de mettre en oeuvre un projet pilote dans le but
d'étudier, d'améliorer ou de définir de nouvelles formes d'hébergement
touristique dans la perspective d'innovation, par exemple, la mise en place
d'un enregistrement qui pourrait être ponctuel, une à deux semaines, de
citoyens ou de municipalités pour des périodes de festival — je
pense à Saint-Tite qui s'en vient très prochainement — dans
certaines communautés qui doivent... certaines communautés qui doivent, elles,
vivre avec du surtourisme. Alors, qu'est-ce que vous pensez de l'idée de mettre
en place, donc, des projets pilotes?
Mme St-Hilaire (Cloé) : Merci pour
la question. C'est sûr que de permettre une innovation au niveau de la
réglementation peut être une bonne idée, surtout dans des places où est-ce que
les conditions vont être différentes, comme
vous venez de dire, dans les places qui ont du surtourisme à cause soit de
périodes saisonnières ou de festivals, comme vous avez dit. Donc,
d'avoir un système qui peut permettre des projets pilotes pourrait être
intéressant, c'est sûr, tant et aussi longtemps que le système de
réglementation doit s'appliquer à toutes les personnes ou les entités désirant
offrir du tourisme dans la région.
Mme Proulx (Berthier) : M.
Wachsmuth, vous vouliez ajouter?
M. Wachsmuth (David) : Bien, je suis
en accord.
Des voix : Ha,
ha, ha!
Mme Proulx (Berthier) : Le projet de
loi propose donc des règles, des textes de loi. Il y a une démarche d'enregistrement, également, simplifiée. Est-ce que vous pensez qu'une
démarche simplifiée, une meilleure compréhension pour tous va, en bout de ligne, favoriser une meilleure adhésion à ceux
qui trouvent présentement que les mécanismes en place sont trop
contraignants?
Mme St-Hilaire (Cloé) : Oui, en
fait, c'est sûr qu'on n'est pas les experts au niveau de tout ce qui est par
rapport à la légalité, aux politiques nécessairement reliées à l'enregistrement,
les différentes places où une personne doit s'enregistrer. C'est sûr que
d'avoir un système centralisé peut faire bénéficier justement... mais une
démarche simplifiée peut inciter les gens à s'enregistrer plus facilement.
Mme Proulx (Berthier) : Merci pour
votre réponse. Le projet de loi prévoit également entendre d'autres types... étendre, pardon, à d'autres types de
résidences, vous en avez fait allusion un peu plus tôt, la résidence
secondaire, par exemple, mais également les chalets, donc le pouvoir à la ministre
de suspendre ou d'annuler un enregistrement en cas d'infraction à la
réglementation municipale. Est-ce que vous croyez que le mécanisme va aider les
municipalités dans leur lutte à l'hébergement illégal tout en soutenant, tout
en soutenant, les citoyens aux prises avec des exploitants illégaux qui ne
respectent pas les règles?
St-Hilaire (Cloé) : Mais
c'est sûr que nous saluons, dans le
fond, l'initiative d'étendre la
réglementation. Et, comme nous avons... dans la présentation, de faire la
distinction entre une résidence principale, une résidence secondaire est, pour
nous, un point superimportant, parce que, comme nous avons vu les... à court
terme sur les plateformes Airbnb ou VRBO, qui sont opérées commercialement,
sont les hébergements touristiques qui ont le plus d'externalités négatives,
que ce soit au niveau de la nuisance, ou du bruit, ou de l'abordabilité du
logement.
Nous croyons que les municipalités sont dans la
bonne position pour avoir cette information, d'être capables de faire la
distinction entre la résidence principale secondaire et d'avoir, dans le fond,
les priorités locales à coeur. Ça fait que c'est sûr que, si les municipalités
sont proches de leurs localités, ça fait qu'elles peuvent avoir une meilleure
idée de ce qui se passe sur le terrain. Ça fait que d'avoir cette
distinction-là et de pouvoir étendre... pour nous, serait une bonne chose, si
c'était pour faire la distinction entre résidence principale ou secondaire.
Mme Proulx (Berthier) : On le voit,
là, de plus en plus de destinations à l'international ou même des villes dans
le monde délaissent l'imposition d'un nombre maximal de nuitées d'exploitation
pour contrôler l'hébergement collaboratif sur leurs territoires, les fameux
«nightcap», on a entendu, entre autres, de Paris ou de Vancouver... parce
qu'ils prétextent que c'est impossible d'effectuer un suivi rigoureux.
Qu'est-ce que vous en pensez que de plus en plus de villes dans le monde
délaissent l'imposition d'un nombre maximal de nuitées?
Mme St-Hilaire (Cloé) : De ce
que nous avons vu dans les trouvailles récentes, c'est que les «nightcaps» sont
très difficiles à renforcer parce que l'information qui est requise pour
renforcer ces «nightcaps» serait... doivent être données par les plateformes de
type Airbnb et VRBO. De ce que nous avons vu de ces cas-là, c'est que les
plateformes n'étaient pas nécessairement des bons partenaires pour commencer à
partager leurs données pour être capables de renforcer les «nightcaps».
Mme Proulx (Berthier) : O.K.
Donc, on le laisserait tomber. Je veux revenir sur l'importance de permettre
aux municipalités d'avoir des renseignements sur les exploitants qui sont
situés sur leur territoire. Est-ce que vous êtes en faveur de la mise en place
d'un espace numérique qui, justement, va permettre aux municipalités d'avoir
accès à ces renseignements-là sur des exploitants qui sont situés sur leurs territoires
en tout temps, comme le prévoit le présent projet de loi?
Mme St-Hilaire (Cloé) : Bien,
c'est sûr qu'avoir une plateforme accessible pour les municipalités serait une
bonne façon d'avoir cette information-là. Aussi, comme nous avons dit, d'avoir
chaque établissement d'hébergement touristique, avoir leur numéro d'enregistrement
sur leurs annonces aussi pourrait faciliter ce nouveau projet de loi.
Mme Proulx (Berthier) : Revenir
peut-être un peu plus en détail sur certains articles qui sont proposés au projet
de loi, parce qu'on en jase beaucoup, de l'hébergement de type collaboratif. On
fait souvent référence à Airbnb, c'est un de vos champs d'expertise, qui porte
sur les... impacts, pardon, des plateformes numériques d'hébergement courte
durée, non seulement sur les villes, mais sur le marché du logement. Qu'est-ce
que vous pensez des définitions proposées à l'article 2
du projet de loi? En supprimant, puis là je vais le détailler
minimalement, en supprimant le concept d'offre publique de la définition
d'établissements d'hébergement touristique, Revenu Québec, selon vous, est-ce qu'il aura une
meilleure capacité d'intervention pour sévir contre les personnes qui font de l'hébergement
touristique sans diffuser leur offre?
Mme St-Hilaire (Cloé) : Oui.
Pardon. Merci pour la question. Donc, nous croyons que la définition est intéressante, c'est une bonne définition. C'est
sûr que la période de 31 jours, c'est plus facile à renforcer et à juste
garder un oeil dessus parce que les plateformes vont
habituellement avoir cette information disponible assez...
disponible publiquement.
Proulx (Berthier) : Et ce gain, est-ce qu'il est susceptible de
favoriser la lutte à l'hébergement illégal, et donc ayant comme conséquence
directe le retour de certains logements sur le marché de location à long terme?
Mme St-Hilaire
(Cloé) : Dans le fond, si le système d'enregistrement permet la
distinction entre résidence principale et secondaire, la résidence secondaire
va être plus facile à trouver, va être plus facile à réglementer et faire sûr
que c'est conforme avec les priorités locales. Dans nos recherches, nous
trouvons que c'est des locations opérées commercialement, donc une plus grande
majorité de l'année, ou des opérations qui sont faites par une personne, une entité qui a plusieurs annonces en même temps, qui
vont être plus susceptibles de retourner sur le marché si l'enregistrement
est en vigueur, est en vigueur pour tous les types d'hébergement touristique.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Je veux souligner qu'il reste deux minutes à l'échange.
Proulx (Berthier) : Dernière
question, si vous le permettez, alors, Mme la Présidente. Les
informations qui devraient être fournies aux municipalités, selon vous, quelles
devraient être ces informations-là, diffusées aux municipalités?
Mme St-Hilaire
(Cloé) : Merci. ...pour ne pas me répéter trop souvent, mais je vais
me répéter. D'avoir l'information sur l'opérant, l'adresse, avoir également les
informations sur si l'opération est dans une résidence principale ou secondaire va être clé pour permettre un... les municipalités de renforcer les règles et leurs priorités locales, et le
numéro d'enregistrement.
Mme Proulx
(Berthier) : ...pour le moment?
Mme St-Hilaire
(Cloé) : Pardon? Est-ce que c'était une question? Je n'ai pas compris.
Mme Proulx
(Berthier) : Non. J'ai dit : C'est les éléments que vous
souhaitiez ajouter, il n'y a pas d'autres éléments que vous souhaitiez ajouter?
Il reste une minute à peu près.
Mme St-Hilaire
(Cloé) : De ce que... Oui, pardon. Donc, c'est ça, le numéro
d'enregistrement, l'adresse et si c'est une résidence principale ou secondaire.
Mme Proulx
(Berthier) : Merci à vous deux.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Alors, merci pour l'échange. Nous allons poursuivre maintenant
avec la députée de Jeanne-Mance—Viger.
Vous avez 11 minutes.
Rotiroti :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. M. Wachsmuth, Mme St-Clair, merci
d'être parmi nous ce matin. Alors, écoutez, vous avez très bien résumé un petit
peu le but du projet de loi, la façon qu'on doit mieux se réglementer, qui qui
devrait être responsable. Et je vais prendre un petit peu la balle au bond
suite à l'intervention de la ministre, quand on a parlé des municipalités. Vous
avez dit tantôt que les municipalités sont les mieux placées pour connaître
leur milieu, et on est d'accord avec vous. C'est des gouvernements de
proximité, alors qui de mieux que les élus municipaux pour connaître leur
territoire? Alors, bien d'accord avec vous.
Vous dites : On
donne le rôle de la municipalité de décréter pour l'enregistrement, d'envoyer...
ça serait le ministère qui approuverait, par la suite, pour leur donner le
numéro d'enregistrement. Vous, est-ce que vous pensez que la municipalité
devrait jouer un plus grand rôle dans le processus? Il ne devrait pas y avoir
plus de pouvoirs que qu'est-ce qu'on en donne présentement dans la loi
présentée?
Mme St-Hilaire
(Cloé) : Merci pour la question. C'est sûr qu'on n'est pas des experts
par rapport à toutes les responsabilités entre les municipalités et la
province. C'est sûr que ce que nous croyons, c'est que les municipalités
devraient avoir la responsabilité et devraient pouvoir décider de ce qui
devrait être permis sur leurs territoires.
Pour nous, ça, c'est un grand rôle, parce que c'est comme ça qu'on peut
adresser des problèmes, notamment par rapport à l'abordabilité du
logement. C'est sûr que les municipalités vont avoir besoin de toute l'aide
qu'elles peuvent. C'est sûr que, si elles ont besoin de la province et du
système d'enregistrement, c'est l'information pour pouvoir faire ça. Donc,
c'est pour ça qu'un système d'enregistrement provincial permettrait aux
municipalités de pouvoir établir leurs priorités locales. Donc, c'est ça.
Donc, il y en a qui
vont peut-être vouloir utiliser ces informations-là juste pour des inspections
au niveau de la sécurité, donc vont peut-être vouloir avoir des taux ou de
restreindre les opérations touristiques dans les résidences secondaires où les
opérations sont opérées commercialement. C'est sûr que les municipalités, ça
peut être difficile à faire, à part si elles
ont l'information, comme nous avons dit, provenant de la province sur les
numéros d'enregistrement, les informations par rapport aux services
offerts dans l'hébergement.
De ce que nous avons
pu voir à Montréal, c'est qu'il y a beaucoup de difficultés à légiférer ou à
faire renforcer leurs priorités, parce qu'ils ont les règles, mais il n'y a pas
nécessairement de façons de renforcer les règles parce que l'information n'est
pas disponible.
Rotiroti :
Mais, justement, vous portez l'exemple de Montréal et la difficulté qu'ils ont
pour renforcer exactement ces règles-là. Pensez-vous que, dans le projet de loi
présenté, par rapport à... il y a des mesures d'amende, etc., est-ce que c'est
suffisant ou est-ce que vous trouvez qu'on pouvait aller plus loin? Si oui,
quel genre de mesure qu'on pourrait ajouter justement pour faciliter que le
processus est respecté?
Mme St-Hilaire (Cloé) : Oui. C'est
une très bonne question. C'est sûr que... Nous, ce que nous avons dit, c'est que, dans le fond, que ce serait de donner l'opportunité... aux municipalités, pardon, d'avoir des détails dans leurs lois pour être capable
d'utiliser l'information donnée par la province pour faire les priorités
locales. Si elles ont la possibilité d'établir des lois par rapport aux
priorités locales, ils pourraient utiliser la clause, dans le système
d'enregistration qui distingue la résidence principale de secondaire, pour
faire plus. Puis, comme nous avons dit aussi
dans la présentation, d'avoir les numéros d'enregistrement... et afficher
partout où est-ce que l'offre est disponible va être important.
Comme nous
l'avons dit, maintenant, plusieurs fois, c'est l'accès à l'information qui va être la plus importante
partie pour réguler les
hébergements touristiques dans les municipalités.
Rotiroti : C'est
ce partage d'information entre le ministère et les municipalités qui devient
d'une importance primordiale, c'est ça? Parfait. Dans...
Mme St-Hilaire (Cloé) : ...
Rotiroti : Oui.
Excusez. Allez-y.
Mme St-Hilaire (Cloé) : Je voulais
juste dire que j'étais d'accord, nous sommes d'accord.
Rotiroti : Merci.
Dans l'article 22, dans le projet de loi, on empêche les municipalités
d'interdire la location dans une résidence. Quel pouvoir reste-t-il aux
municipalités pour protéger les logements abordables de la conversion déguisée
en hôtel à temps plein, mettons, dans un... On peut parler des Airbnb aussi,
là, mais, je veux dire, qu'est-ce qu'il reste pour que la municipalité s'assure
que ces logements-là ne sont pas... ne deviennent pas des logements illégaux,
dans le fond?
Mme St-Hilaire (Cloé) : Oui. C'est
une très bonne question. Dans le fond, de ce que nous avons lu dans le projet
de loi, c'est que les villes n'auront pas la possibilité de légiférer quand
c'est dans une résidence principale d'une personne physique. Donc, ces
distinctions-là sont importantes, parce que ça peut être à la base de la
distinction entre une résidence principale et une résidence secondaire. Donc,
d'avoir une résidence secondaire... Dans le fond, cette clause-là, de ce que
nous avons compris, c'est seulement applicable aux résidences principales d'une
personne physique. Donc, de ce côté-là, c'est sûr que ça permettrait une porte
pour réguler les opérations commerciales, les opérations à temps plein dans une
résidence secondaire.
On ne pense pas nécessairement que c'est
nécessaire que les municipalités interdisent les opérations de location à court
terme parce que nous sommes quand même ouverts au partage occasionnel de
maisons et les avantages que ça donne. Ce
serait plus, justement, pour faire une distinction avec les unités opérées
commercialement, qui sont ceux qui ont les
plus grands impacts sur l'abordabilité dans les régions. C'est ça. Donc, on
voit, en général, un support assez actif pour les partages de maisons
qui sont faits à temps partiel, moins, nécessairement, pour les partages
qui sont commerciaux dans les régions, les villes ou les provinces.
Rotiroti :
Parfait. Il me reste à peu près quatre minutes, cinq minutes. Alors, j'ai deux
questions rapides à vous poser.
M. Wachsmuth, vous avez fait une... vous avez commandé une étude qui...
Bien, il y a une étude qui a été commandée par les élus de Montréal en
2020 où est-ce qu'on voyait qu'il y avait 6 130, à peu près, d'annonces actives en location de court terme, mais
seulement, à peu près... alentour de 200 qui avaient des numéros
d'enregistrement. Alors, comment, avec cette loi qu'on a devant nous, comment
qu'on s'assure... Parce que vous avez mentionné à plusieurs reprises dans votre
présentation que le numéro d'enregistrement est nécessaire, est souhaité, est
primordial pour, justement, éviter tout l'aspect légal de la chose. Alors,
comment que, dans ce projet de loi, on peut s'assurer que ces numéros
d'enregistrement là, parce que c'est quand même un grand écart en 6 000 et
200, qu'on s'assure que tous ces logements-là se retrouvent avec un numéro d'enregistrement?
Mme St-Hilaire (Cloé) : Oui,
parfait. Merci pour la question. C'est un important point. C'est sûr que, dans
le passé, ça n'a pas toujours été clair, c'est qui, qui doit s'enregistrer et
c'est qui, qui ne doit pas s'enregistrer. Si on voit une annonce d'Airbnb dans
la province, s'il n'y a pas de numéro d'enregistrement, c'est difficile de
savoir s'il est illégal ou non. C'est pour ça qu'un enregistrement qui est
universel est important. Et, si l'enregistrement n'est pas... n'a pas de numéro affiché, donc là on sait que c'est un
enregistrement qui est... une annonce, pardon, qui est illégale. Donc,
d'avoir cet affichage obligatoire là permettrait justement de mieux légiférer
les hébergements touristiques puis de permettre aussi une couverture qui est
plus grande que 200 unités, environ, sur 6 000.
Rotiroti : Puis est-ce que vous trouvez que... On parle de
différentes possibilités d'amende, dépendamment l'infraction qui est
commise. Est-ce que vous trouvez que les amendes sont suffisantes, de un? De
deux, est-ce que vous trouvez que... Qui doit payer ces
amendes-là? Est-ce que c'est l'hôte ou c'est la plateforme, finalement? C'est
qui, qui serait responsable de payer cette amende-là, selon vous?
Mme St-Hilaire (Cloé) : Merci. C'est
sûr que c'est des bonnes questions. On n'est pas nécessairement les personnes
les mieux placées pour décider des montants attribués par rapport aux
différentes amendes et aux différents types d'entité ou de personne qui ont des
hébergements. C'est sûr que, par rapport aux plateformes, les plateformes du
type Airbnb, s'il y a un manquement, ça serait les autres qui ont les annonces
qui devraient payer pour les infractions. Il y a d'autres juridictions qui ont
trouvé que ça peut être assez difficile à renforcer, notamment parce que la
motivation principale pour opérer une opération hébergement touristique, spécialement
pour les... commerciales, c'est de faire de l'argent. Donc, si les amendes sont
trop basses, il y en a qui vont peut-être décider de juste payer et de
continuer à opérer parce que ça fait plus de sens pour eux de juste payer
l'amende. Ça fait que c'est sûr qu'au niveau de ça, ça peut être difficile de
juste avoir des amendes.
Ce qui pourrait être important, ce qui pourrait
être intéressant, dans le fond, c'est d'avoir les plateformes... retirer les
annonces qui ne sont pas conformes, parce que les amendes en soi ne sont pas nécessairement
suffisantes. D'avoir une façon de retirer les annonces qui ne sont pas légales
pourrait être intéressant.
Rotiroti : Je n'ai
plus de temps. J'aurais d'autres questions, mais malheureusement le temps file.
Merci beaucoup.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Tout
à fait. Merci. Il faut respecter le temps. Alors, nous poursuivons avec le
député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Merci, Mme la
Présidente. Merci, madame, monsieur, pour votre contribution. Écoutez, je vais
continuer dans la même veine. Ma collègue a cité des chiffres assez frappants,
là : 6 630 annonces, seulement autour de 200 enregistrées. C'est
quoi, là, peut-être 2 %, 3 %, là? Donc, jusqu'à présent, là, quoi,
deux ans après l'instauration de la réglementation d'un enregistrement,
2 %, 3 %, là, disons qu'on est dans une situation d'échec, on ne
passe pas le cours. Et c'est dû à quoi, cette situation-là, selon vous, là?
Mme St-Hilaire (Cloé) : Oui, merci.
C'est sûr que nous avons mentionné le fait que ce n'est pas clair qu'ils
doivent s'enregistrer ou ne pas s'enregistrer; peut être une des causes du
faible taux de respectabilité du système d'enregistrement. Donc, d'avoir un système
d'enregistrement qui est universel pourrait contribuer à réduire, justement,
les opérations qui sont illégales ou qui ne sont pas... qui ne respectent pas
les règles promues par la ville. Donc, le système fonctionne seulement si tout
le monde doit s'enregistrer. Donc, le plus d'opportunités qu'il y a de
contourner, le plus d'opportunités que ça va donner aux mauvais acteurs de ne
pas s'enregistrer.
M. Fontecilla : Est-ce que vous
croyez que, devant cette situation d'échec, le gouvernement du Québec est en
position d'imposer à des plateformes d'hébergement transitoire telles
qu'Airbnb, qui, elles-mêmes, exigent un numéro d'enregistrement, là, pour faire
paraître l'annonce, là?
Mme St-Hilaire (Cloé) : Oui, c'est
une très bonne question. C'est sûr qu'il y a d'autres cas où est-ce qu'Airbnb va avoir permis certaines villes ou municipalités d'avoir une partie... qui est pour le numéro d'enregistrement.
C'est sûr que les plateformes devraient définitivement avoir cette place-là
disponible. C'est commun dans plusieurs autres
localités, notamment Vancouver, qui a eu cette petite clause là. C'est
sûr que la collaboration serait intéressante. De là de savoir si ça
pourrait être fonctionnel ou possible, c'est un petit peu difficile pour nous
de le dire.
M. Fontecilla : Il me reste combien
de temps, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme IsaBelle) : ...secondes.
M. Fontecilla : Combien?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
10 secondes. Huit, sept, six...
M. Fontecilla : Je vais les laisser
à ma collègue.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, nous donnons la parole à la députée de Gaspé.
Mme Perry Mélançon : Merci, Mme la
Présidente. Donc, il y a beaucoup de réponses qui ont déjà été faites, là,
données par nos deux intervenants. Je vous remercie pour cette belle
présentation là, d'ailleurs, qui nous éclaire beaucoup.
Je me demandais, justement, dans le projet de
loi, on a comme une interdiction aux municipalités d'interdire la location...
l'hébergement touristique dans une résidence principale. Vous vous êtes un peu
prononcés, mais est-ce que vous seriez en faveur qu'on enlève cette
interdiction-là et que les municipalités puissent choisir, là, comme bon leur
semble, d'aller de l'avant?
St-Hilaire (Cloé) : Merci.
C'est une bonne question. C'est sûr que ce n'est pas nécessairement
nécessaire d'enlever cette clause... non, dans le fond, cette clause n'est pas nécessaire,
pardon. Donc, de permettre aux municipalités de faire leurs propres règles
serait mieux pour adresser les problèmes, justement, d'abordabilité ou de
disponibilité du logement. C'est ça, donc... Mais, en général, par rapport aux
résidences principales, il y a peu de cas où est-ce que les municipalités vont
les interdire totalement, parce que ça reste du partage de logement
occasionnel, en contraste avec des opérations commerciales ou à temps plein.
Mme Perry Mélançon : Puis, selon
vous, justement, un peu dans cette lignée-là, parce qu'on sait que tout ce qui
touche les évictions touristiques, bon, c'est des gens, des fois, qui sont un
peu démunis, là, qui vont être mis à la rue, là, on a vu des cas concrets,
donc, est-ce que vous avez une idée comment le gouvernement pourrait mieux
défendre, disons, les intérêts de ces gens-là dans l'encadrement, justement,
des règles?
Mme St-Hilaire (Cloé) : Oui, c'est
sûr qu'on a vu des places où est-ce que c'est des gens qui vont, justement, se
faire évincer soit directement ou indirectement, donc des nouvelles
constructions qui sont dédiées aux locations
à court terme. Mais, c'est ça, d'avoir une distinction et des législations par rapport aux opérations
commerciales pourrait décourager une grande
partie d'opérateurs qui veulent
justement avoir des opérations à temps plein pour faire plus de revenus qu'avec
des loyers conventionnels, de ne pas avoir d'opération dans certaines villes si
la législation le permet et fait la distinction.
Mme Perry Mélançon : Bien, j'ai peut-être
le temps pour une dernière question. La plateforme Airbnb semblait dire que le
processus pour l'enregistrement, étant donné qu'on devait passer par deux
instances, ça compliquait les choses, les exploitants allaient se décourager et
commencer la pratique illégale. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça? Est-ce
que le processus doit être revu, amélioré? Pour vous, comment on s'y prend dans
le projet de loi, est-ce que c'est la bonne façon?
Mme St-Hilaire (Cloé) : L'avantage
du projet de loi, c'est justement que ça va être un projet qui est centralisé
dans toute la province. En soi, l'enregistrement, c'est un processus qui est quand
même assez minimal. Donc, c'est ça, ça ne
devrait pas nécessairement décourager les partages de logement occasionnels.
Mais l'enregistrement va décourager
ou pourrait décourager les acteurs qui sont malicieux ou malfaisants de
continuer à faire des opérations illégales.
Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Alors, merci, M. Wachsmuth et Mme St-Hilaire, pour votre
contribution à la commission. C'est tout le temps que nous disposons.
Alors, nous allons suspendre quelques instants,
le temps de nous organiser pour accueillir le prochain groupe.
(Suspension de la séance à 10 h 29)
Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, bonjour. Nous accueillons maintenant, cette fois-ci, des
représentants de la ville de Québec. Nous
avons avec nous Mme Savard, M. Trudel, et nous aurons, un peu plus
tard, je crois, M. Mercure. Comme vous le savez, vous disposez de
10 minutes pour votre exposé. Et, avant de commencer votre exposé, je vous
inviterais chacun à bien vous présenter. Alors, à vous la parole.
Mme Savard (Marie-Josée) : Oui.
Merci, Mme la Présidente. Donc, Marie-Josée Savard, vice-présidente du
comité exécutif de la ville de Québec, responsable de l'aménagement du
territoire et du patrimoine. Et je suis accompagnée, donc, de François Trudel,
que je vais laisser lui-même se présenter.
M. Trudel (François) : Donc, je suis
directeur par intérim du service de la planification de l'aménagement et de
l'environnement à la ville de Québec.
Mme Savard (Marie-Josée) : Et, comme
vous l'avez bien précisé, plus tard, M. Robert Mercure va venir nous
rejoindre. Malheureusement, il est... bien, plutôt heureusement, il est en
demande ce matin pour une autre conférence de presse, mais il va se joindre à
nous au moment opportun. Donc, merci beaucoup, Mme la Présidente. Donc,
bonjour. Bonjour, Mme la ministre. Également, Mmes, MM. les
députés, bon matin.
Donc, en tant que vice-présidente du comité
exécutif de la ville de Québec et responsable des dossiers de l'aménagement du territoire et du patrimoine, je
tiens à remercier tout d'abord la Commission
de l'économie et du travail de cette opportunité de présenter nos
commentaires sur le projet de loi n° 100,
Loi sur l'hébergement
touristique.
L'arrondissement historique du Vieux-Québec,
classé site du patrimoine mondial de l'UNESCO en 1985, est un lieu hautement touristique qui reçoit plus de
3,1 millions de touristes annuellement. L'industrie touristique occupe
une place fondamentale dans l'économie de la ville. À lui seul, en temps
normal, il génère plus de 5 200 emplois dans la capitale nationale.
contrôle de la qualité de l'offre d'hébergement exercé par le ministère du
Tourisme, grâce à la
Loi sur les établissements d'hébergement touristique, est
essentiel. Nous souscrivons à la réforme proposée par ce projet de loi qui
poursuit l'objectif de réduire les formalités administratives et en diminuer
les coûts pour les exploitants. Mais la ville
de Québec doit également
composer avec le défi considérable d'assurer l'équilibre entre les fonctions
résidentielles et d'hébergement touristique dans le Vieux-Québec et les quartiers centraux. L'encadrement
législatif de cette activité doit comporter les moyens nous permettant
d'atteindre, bien sûr, ces objectifs.
Nous formulons, dans
le présent mémoire, des propositions d'amendement au projet de loi, essentiellement
dans le but d'optimiser l'arrimage entre les
régimes législatifs provincial et municipal de façon à permettre aux deux paliers de gouvernement
de contribuer à l'application de l'ensemble de ces normes. Plus précisément,
nous soulignerons, dans un premier temps, l'importance de la contribution du ministère
du Tourisme à l'application des règlements municipaux et proposerons de
permettre aux municipalités de poursuivre des infractions à la loi provinciale.
Nous aborderons enfin quelques orientations complémentaires au sujet de la loi
annoncée dans le communiqué de presse du 8 juin 2021.
Le Vieux-Québec doit
demeurer un lieu habité par ses résidents. Et, pour assurer sa vitalité, elle
doit, à cette fin, contrôler efficacement la prolifération de l'hébergement
touristique par le truchement de ce règlement d'urbanisme. C'est ainsi
que, depuis plusieurs années, la ville exerce un contingentement des
établissements d'hébergement touristique dans les quartiers centraux. Son cadre
réglementaire s'est raffiné au fil des ans, selon les secteurs, pour favoriser l'équilibre
avec la fonction résidentielle.
La tâche d'assurer le
respect de la réglementation d'urbanisme en matière d'hôtellerie présentait
autrefois un défi important. À la demande de
la ville de Québec, le gouvernement a modifié, le 10 décembre 2010, le
Règlement sur les établissements d'hébergement touristique pour y
introduire l'exigence que la demande de classification d'un établissement soit accompagnée d'une attestation
de conformité à la réglementation municipale produite par le greffier.
Cette exigence a été remplacée, en 2015, par un préavis transmis par le
ministre à la municipalité qui doit, dans les 45 jours de l'avis, informer
le ministre si l'usage projeté n'est pas conforme à la réglementation
municipale relative aux usages.
Ces dispositions ont
largement contribué à assurer le respect de la réglementation d'urbanisme sur
les territoires de la ville de Québec sans que la ville n'ait à entreprendre de
multiples recours civils en cessation d'usage dérogatoire. Pour illustrer
l'efficacité de cette solution, soulignons que, depuis 2015, 291 demandes
d'attestation pour des établissements non conformes à la réglementation
d'urbanisme ont été refusées, soit 37 % des demandes reçues. Le projet de
loi, tel que présenté, ne reprend pas cette disposition.
Dans son communiqué
de presse, toujours du 8 juin 2021, le ministère du Tourisme indique que
les futurs exploitants devraient dorénavant
s'assurer, auprès de la municipalité, de la conformité de leurs projets à la
réglementation municipale d'urbanisme en matière de zonage avant de faire une
demande d'enregistrement. Cela laisse présager le retour de l'exigence d'un
certificat de conformité à la réglementation municipale, possiblement dans les
documents devant accompagner la demande
d'attestation, tels qu'ils seront... prescrits, pardon, par le règlement du
gouvernement.
La ville de Québec
souhaite réitérer toute l'importance qu'elle accorde au mécanisme permettant
d'éviter qu'un établissement non conforme à la réglementation d'urbanisme
puisse obtenir une autorisation ministérielle. L'importance de cet arrimage
milite pour qu'il soit introduit directement dans la loi. Nous suggérons, en ce
sens, que l'article 8 du projet de loi soit aussi modifié pour prévoir que
le ministre refuse d'enregistrer un établissement d'hébergement touristique qui
serait non conforme à la réglementation municipale d'urbanisme. Je veux
seulement préciser que M. Mercure se joint à nous à l'instant. En outre,
il serait utile qu'une validation de la conformité à la réglementation municipale
soit faite également lors d'une demande de modification ou lors d'un
renouvellement avec modification d'un enregistrement lorsqu'il y a modification
du type d'unités d'hébergement ou de leur nombre pour chaque type.
Quant au moyen à
privilégier pour vérifier la conformité à la réglementation municipale, la
ville de Québec juge préférable le préavis de 45 jours du ministre plutôt
que la production par l'exploitant d'une attestation de conformité émise par la
municipalité. D'une part, ce délai de 45 jours est suffisant pour
permettre aux officiers municipaux d'analyser le projet et de communiquer
l'information au ministère en temps utile et il permet d'éviter la production
d'un document additionnel par le greffier. D'autre part, nous doutons que le
retour à l'exigence d'un certificat de conformité produit par le greffier de la
ville soit de nature à alléger la procédure administrative pour l'exploitant. Le délai ne serait pas
significativement plus court, et cela obligerait l'exploitant à adresser deux
demandes, l'une à la municipalité et l'autre
au ministère, plutôt qu'une seule demande qui transite du ministère vers la
municipalité.
Le libellé actuel du
projet de loi est muet quant aux conséquences d'une contravention à la
réglementation d'urbanisme. Il soulève, selon nous, une ambiguïté quant au
pouvoir du ministre de refuser un enregistrement pour ce motif. Une infraction
antérieure à un règlement d'urbanisme devrait être explicitement un motif de
refus pour émettre un enregistrement... et la suspension, pardon, de celui-ci
devrait être immédiate.
En ce qui concerne
les contraventions en matière de nuisance, de salubrité ou de sécurité, les
étapes menant à l'annulation de l'enregistrement, lors d'une contravention à la
réglementation municipale, devraient être simplifiées, et l'annulation de
l'enregistrement devrait être immédiate lorsqu'une mesure correctrice n'est
possible pour le détenteur de l'enregistrement.
Il serait par
ailleurs utile de prévoir que la ville peut agir en tant que poursuivant
lorsqu'un établissement est exploité sans être enregistré conformément à la loi
et qu'elle dispose à cette fin des pouvoirs d'inspection. Ces infractions
devraient pouvoir être intentées devant la cour municipale, et la municipalité
devrait, de ce cas, conserver l'amende et une
partie des frais, de la même
façon que le prévoient de nombreuses lois provinciales qui encouragent les municipalités
à veiller au respect de certaines dispositions législatives et réglementaires.
Le mécanisme discuté
précédemment, qui permet de capter les contrevenants à l'étape de la demande d'enregistrement... ne sont d'aucune utilité
lorsque l'exploitant est un peu soucieux de se conformer à la loi
provinciale. Lorsqu'un établissement est
exploité, alors qu'il n'est pas ou plus enregistré, la ville devrait pouvoir
poursuivre aussi pour cette
infraction, en plus de la contravention à sa réglementation. Cela dissuaderait
encore davantage les contrevenants.
Nous suggérons aussi la mise en place de
procédures de collaboration efficaces entre le ministère et les municipalités
afin de faciliter la procédure de dénonciation en cas d'infraction à la loi,
particulièrement au regard des établissements de résidence principale. La
vérification de la preuve de résidence principale par le gouvernement ou son
mandataire devrait être renforcée pour s'assurer du respect des dispositions à
cet égard.
Afin de faciliter le travail d'inspection de la
ville, nous accueillons favorablement l'intention annoncée de rendre disponibles aux municipalités, en temps
réel et de manière simplifiée, les enregistrements valides avec
l'ensemble des informations utiles. Par ailleurs, nous déplorons le retrait des
panonceaux qui permettraient aux citoyens d'identifier visuellement les
établissements conformes. Nous suggérons que des mesures soient envisagées pour
leur permettre d'obtenir cette information tels qu'un registre en ligne
facilement accessible et une identification visuelle apposée sur le bâtiment.
La ville de Québec et l'Office du tourisme de
Québec souhaitent enfin être associés au groupe de travail consultatif qui sera
mis en place pour déterminer les modalités de suspension ou de retrait d'un
enregistrement en cas d'infraction à la réglementation municipale ainsi que les
types de résidences visés par ces dispositions.
Alors, merci beaucoup, et nous sommes... on est
à votre disposition pour répondre à vos questions.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Merci
pour votre exposé, Mme Savard. Nous allons donc commencer la période d'échanges
avec Mme la ministre.
Mme Proulx (Berthier) : Merci, Mme
la Présidente. Bonjour à vous trois. Je tiens évidemment à saluer
Mme Savard, M. Trudel et Robert Mercure, qui est le P.D.G. de
l'Office du tourisme de Québec. Merci pour votre présentation. Je veux vous parler du nouveau processus qui est proposé
par le projet de loi en ce qui a trait à l'obligation pour les futurs
exploitants de devoir valider la conformité de leur projet d'hébergement
touristique auprès de la municipalité. Donc, on le ferait en amont plutôt que
ce qui existe présentement, en aval. Qu'est-ce que vous pensez du processus qui
serait fait en amont?
Mme Savard (Marie-Josée) : Bien, en
fait, comme je le précisais dans... Est-ce que vous m'entendez bien? Parce que
je vois plisser des yeux un petit peu.
Mme Proulx (Berthier) : Des vieilles
oreilles.
Mme Savard (Marie-Josée) : Non, non,
mais je vais essayer de parler plus fort. Alors, comme je le précisais dans le texte, c'est sûr que, pour nous,
la façon qu'on procédait actuellement, c'est-à-dire de le faire en concordance avec le ministère,
c'est une façon de s'assurer, justement, que l'usage était bien autorisé. De
plus, pour nous, la personne qui fait la
demande, donc, doit faire... le requéreur doit faire la demande auprès de la municipalité
avant d'aller vous voir.
Donc, pour
nous, on trouve que ce n'est pas vraiment
un allègement nécessairement auprès des requérants. Du même coup, ce qu'on souhaite d'abord et avant
tout, c'est sûr, c'est de garder ce lien-là qui fonctionnait bien. Pour
nous, la façon qu'on fonctionnait, justement, pour la validation des usages, je
vous dirais, on fait référence aux 45 jours, qui est, pour nous,
suffisant, mais c'est surtout qu'en bout de piste on arrivait justement à avoir
cette cohérence-là. Puis, par les chiffres,
je peux les répéter, mais par les chiffres que j'ai soulignés tantôt, plus de
37 %, bref, des demandes qui avaient été faites ont pu être
interceptées pour dire que 37 %, donc, n'était pas acceptable ou n'était
pas possible.
Donc, moi, de mon côté... Je ne sais pas si, du
côté de M. Trudel, il aurait des ajouts à faire, puisque c'est plus lui, au
niveau administratif, qui doit gérer tout ça.
M. Trudel (François) : Bien, tout à
fait. Puis, lorsque c'est proposé que les citoyens viennent en amont à la municipalité,
ça oblige l'émission de certificat pour des personnes qui sont conformes,
tandis que, dans le processus actuel, si le requérant, auprès du ministère du
Tourisme, est conforme, nous, on n'a pas de geste à poser, donc c'est plus
fluide. Donc, on voyait un avantage là-dessus. Et actuellement, on doit dire,
ça fonctionne très bien entre les équipes d'inspection de la ville, du ministère
du Revenu, le ministère du Tourisme. Donc, c'est un système qui fonctionne bien
pour nous, là. Donc, on est satisfaits de la situation actuellement.
Mme Proulx (Berthier) : On parle
d'une des villes les plus touristiques au Canada, en faisant référence à la
belle de Québec, vous avez évidemment toutes sortes de ressources qui sont là
pour répondre peut-être promptement aux demandes de ceux et celles qui décident
ou souhaitent faire de l'exploitation, de l'hébergement touristique. Mais
pensons à des municipalités qui ont moins de ressources que vous et où le délai
de 45 jours, qui nous a été partagé, était trop court parce qu'ils n'ont
pas les ressources, ils n'ont pas les équipes comme celles de la ville de
Québec. Est-ce qu'à la lumière d'autres municipalités — je
comprends que c'est Québec qui parle, là — mais vous comprenez les
demandes d'autres municipalités, que le délai de 45 jours leur
apparaissait trop court?
Mme Savard (Marie-Josée) : Bien,
c'est certain qu'on ne peut pas se mettre à la place des plus petites municipalités, mais, en même temps, je vous dirais, c'est quand même
une vérification qui demande, oui, des... comme vous
dites, il faut avoir les gens qui sont en place pour faire cette démarche-là,
mais, en même temps, c'est quelque chose qui peut être quand même fait assez rapidement.
Donc, moi, je pense que ce que je retiens de la
façon qu'on procède actuellement, c'est la cohérence et surtout le fait qu'on a
un bon filet pour, justement, s'assurer qu'il n'y a pas d'émission de certification
ou de permission, au niveau du ministère, qui soit émise sans nécessairement
qu'il y ait de... que le zonage, l'usage soient autorisés à quelque part.
Alors, pour nous, c'est certain... La question que vous me posez, je ne peux
pas... je ne sais pas comment les petites municipalités se positionnent, là.
Vous me dites que, pour eux, le 45 jours est peut-être trop court. Est-ce
que c'est le délai, à ce moment-là, qu'il faut peut-être juste un peu
augmenter? Je n'ai aucune idée, je ne peux pas parler pour eux, mais, pour Québec,
en tout cas, pour nous, on est satisfaits.
Comme M. Trudel le disait tout à l'heure également,
ça fonctionne bien, puis, du même coup, on... D'une façon... d'une certaine
façon, en tout cas, c'est sûr qu'on ne peut pas dire qu'on allège le fardeau du
requérant puisque c'est comme ça présentement, mais c'est certain que, si on va avec la proposition qui est sur la
table, c'est-à-dire de faire
des vérifications auprès de la ville avant de faire les demandes, mais là c'est
certain qu'on amène un fardeau supplémentaire, là, justement, aux personnes qui
veulent éventuellement avoir... faire de l'hébergement touristique.
Mme Proulx (Berthier) : Oui. Parce
que, parfois, ils remplissent le formulaire, apprennent par la suite ce que le zonage
interdit, l'exploitation. Donc, raison pour laquelle on souhaitait, dans le
présent projet de loi, de faire la demande directement à la municipalité, et après ça pouvoir remplir les formulaires
afférents pour pouvoir exploiter, donc, de l'hébergement touristique.
Je vais revenir sur le fameux «nightcap» dont a
parlé en début de cette commission. L'administration a pris la décision
d'imposer, donc, un nombre de nuitées maximal à 120 jours pour ceux qui
offrent de l'hébergement dit de type collaboratif. J'aimerais savoir le mécanisme
que vous avez mis en place pour bien suivre, bien contrôler, parce que c'est
des difficultés qui nous ont été rapportées par d'autres municipalités,
d'autres juridictions hors Québec, du nombre de nuitées. Est-ce que vous avez
un registre pour permettre de suivre le plafond de 120 jours? Et est-ce
que vous diriez que vous êtes en mesure de bien l'appliquer, ce fameux
«nightcap» de 120 jours?
Mme Savard (Marie-Josée) : En fait, d'entrée
de jeu, lorsqu'on est allés de l'avant avec le 120 jours... De un, c'est quand
même bon de préciser que c'est quelque chose qui nous a été demandé de la part
des citoyens lors des consultations publiques. Suite à la formation du comité,
là, sur l'hébergement touristique, en 2017, on a fait des consultations, et
c'est quelque chose qui a été demandé beaucoup par les citoyens.
On a été très transparents dès le départ, dès le
moment où on a adopté cette notion-là, en disant : L'objectif n'est pas
nécessairement de le respecter à un point tel, de regarder, comme vous dites,
avec un registre, mais c'est de se donner un outil supplémentaire, à la municipalité,
pour pouvoir intervenir en cas d'abus. On a entendu des histoires de citoyens. Maintenant,
ça, tout à l'heure, on en parlait avant de s'asseoir avec vous, avec... j'en
parlais avec M. Trudel, du fait que le collaboratif, maintenant, est accepté,
est permis sur le territoire. J'étais curieuse de voir — on
n'a pas encore le topo puis, en temps de pandémie, on n'aura peut-être pas un
topo parfait — comment
les gens réagissent au niveau des plaintes. Je parle au niveau de la ville, parce
que ça fonctionne comme ça quand les gens ne sont pas... vivent une situation
désagréable avec les voisins qui font de l'hébergement collaboratif ou, en tout
cas, bref, Airbnb, de style Airbnb.
Mais, pour répondre à votre question, l'objectif
du 120 jours n'était pas de permettre de se donner un registre et de suivre vraiment à la journée, mais plutôt
de se donner un outil supplémentaire pour pouvoir intervenir s'il y avait justement des cas d'abus pour
certains citoyens. Parce qu'on le sait que, pour nous, puis les citoyens également,
lorsqu'on doit aller... lorsqu'on doit répondre à une plainte au niveau de l'hébergement
collaboratif, il faut montrer un bon dossier, et ce 120 jours là nous
donnait un argument supplémentaire pour démontrer comment, justement, qu'il y avait de l'abus. Mais, je vous dirais, la façon de vérifier également,
c'est certain qu'avec, maintenant, les inspecteurs qui relèvent de Revenu
Québec on est en contact avec eux puis on est en mesure également d'avoir de l'information
sur les citoyens qui font ce type d'hébergement.
Mme Proulx (Berthier) : J'étais bien
heureuse, là, que la ville de Québec avait pris la décision, avant son entrée
en vigueur, du projet de loi n° 67, de permettre
l'exploitation de la résidence principale, et très hâte de voir... Évidemment,
en pandémie, il y a peut-être des chiffres qui ne seront pas représentatifs,
là, d'une année dite normale ou hors COVID. On aura très hâte, avec la ville de
Québec, de pouvoir explorer ces chiffres-là.
Je veux revenir sur l'élargissement de la mesure
qui permet à une municipalité de demander le retrait ou la suspension d'un
enregistrement en cas d'infraction municipale, et à d'autres types
d'établissements que la résidence principale, évidemment, comme les résidences
secondaires. Êtes-vous satisfaits de l'élargissement de cette mesure-là à la
ville de Québec?
Mme Savard (Marie-Josée) : Je vais
laisser... Bien, je vous dirais, oui, oui, mais je laisserais M. Trudel
vous répondre plus spécifiquement.
M. Trudel
(François) : Oui, tout à fait. Puis je pense que le pas supplémentaire
aussi à franchir... puis c'est à l'instar de
plusieurs autres lois, comme la
loi sur les heures et les jours admissibles
dans les établissements commerciaux, la Loi encadrant le cannabis, la
loi sur les piscines résidentielles. Il y a un paquet de lois qui, lorsque, par
exemple, il y aurait absence de certification ou de certificat du ministère du
Tourisme, que la ville puisse elle-même, de son propre
chef, en cour municipale, bien entendu, aller plus loin et émettre une
contravention. Donc, ça, à ce moment-là... nous, ça vient vraiment dupliquer la
force de frappe du côté des inspecteurs puis c'est beaucoup plus facile, dans
un premier temps, de faire un constat d'avis d'infraction et, par la suite, de
monter une preuve sans que ça soit une preuve, bien qu'elle ait été allégée,
mais sans que ce soit une preuve qui soit plus lourde, disons. Mais ça nous
permettrait justement, sous ce simple motif là, que la ville puisse
entreprendre, là, des procédures pour faire respecter à la fois la
réglementation provinciale et, par la suite, la réglementation municipale. Donc,
c'est vraiment ce qu'on suggère, ce qu'on demande, puis il y a plein d'autres
exemples là-dessus, là.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Oui. Alors, vous donnez la parole à la députée de Jean-Talon.
Députée de Jean-Talon, il nous reste six minutes à l'échange.
Mme Boutin : Merci beaucoup. Bonjour, Mme Savard. Bonjour, M. Mercure,
M. Trudel. Je suis très contente de vous entendre aujourd'hui sur
la question.
J'aimerais revenir
sur l'enjeu de l'hébergement illégal, parce que, bon, on le sait, c'est quand
même un enjeu. Moi, je suis à l'occasion interpellée, d'ailleurs, sur cet
enjeu-là dans mon comté. Et j'aimerais savoir si, selon vous, le projet de loi
qui est proposé sur la table vous donne des outils supplémentaires pour mieux
encadrer et combattre l'hébergement illégal, d'une part, et puis, bon, bien,
parce que... par les modalités qui sont présentées. Puis, sinon, qu'est-ce qui
pourrait être fait de plus, justement, pour, entre autres, faciliter la
détection des contrevenants? Parce que ça ne doit quand même pas être évident,
là, même avec des inspecteurs, de découvrir, là, qui contrevient à la loi.
J'aimerais vous entendre là-dessus.
Mme Savard
(Marie-Josée) : Bien, écoutez, moi... Je vais laisser François encore...
l'expert en la matière. Mais ce que je peux vous dire, c'est que le grand souci
avec l'hébergement illégal, c'est vraiment, justement, de faire la preuve que
c'est un hébergement qui est de forme illégale dans le sens que, maintenant,
c'est sûr qu'avec le... Puis c'est un peu la raison, tout à l'heure, que je
soulevais. On a hâte de voir les chiffres de la dernière année — on
sait qu'on est en pandémie, mais, quand même — de voir le nombre de plaintes
qui sont entrées. Parce que c'est certain qu'en proposant le collaboratif, je
vous dirais, les gens sont plus compréhensifs et ils sont ouverts un peu plus
parce qu'ils sont conscients que c'est possible, là, de faire de l'hébergement.
C'est même... pas possible, c'est réglementé, c'est... je cherche mon mot,
mais, bref, c'est... je cherche... donc c'est accepté, voilà, c'est accepté.
Puis les gens, à ce moment-là, sont plus
tolérants, c'est certain. Parce que c'est comme ça qu'on le sait aussi au
niveau de l'hébergement illégal, là, c'est vraiment par plainte qu'on a
pu... on peut avoir une idée de l'ampleur de la problématique, là.
M. Trudel
(François) : Une suggestion qu'on pourrait faire au projet de loi pour
aller plus loin, c'est que, comme motif explicite de suspension de la
certification, une dérogation ou une infraction au zonage pourrait être un
motif qui soit explicitement... Donc, quand, à la fois du côté municipal, sur
le zonage, et à la fois du côté du ministère
du Tourisme, il y aurait suspension de la certification, bien là c'est deux outils,
là, qui sont complémentaires. Donc, je vous dirais qu'effectivement
depuis qu'à la fois Revenu Québec avec le ministère du Tourisme... je pense
qu'une des clés, c'est vraiment la concertation qu'on a mise en oeuvre et la
collaboration en amont.
Ce qui a aidé aussi
beaucoup, c'est le récent jugement qui permet justement ce qu'on a appelé un
peu la preuve minimale, là, donc qui permet justement de condamner un
exploitant tout simplement lorsqu'il fait de l'offre d'hébergement, que ce soit de l'hébergement collaboratif ou autre, sans
être enregistré. Donc, ça, pour nous, ça facilite beaucoup, beaucoup la détection. On n'est plus
obligé de se rendre sur place, on n'est plus obligé de faire une
transaction. Donc, ça, c'est vraiment quelque chose qu'il faut maintenir, qui
facilite beaucoup.
Puis le dernier
point, comme on l'a dit précédemment, c'est de pouvoir permettre à la
municipalité de pouvoir émettre un avis, un constat d'infraction ou même
intenter des recours en cour municipale tout simplement parce que l'exploitant
n'aurait pas sa certification. Donc là, ça vient faciliter. Mais, encore une
fois puis très rapidement, là, on y va par
gradation, et la plupart du temps, lorsqu'il y a des avis, bien, les gens vont
se conformer. Puis, pour revenir un
petit peu rapidement sur le 90 jours, oui, c'est plus dur à démontrer,
mais c'est un autre facteur, lorsqu'on est rendu vraiment dans une
poursuite, qui est plus pénalisant, là, dans la poursuite.
Donc,
essentiellement, ce sont les trois éléments, là, qui permettent, là, à la
municipalité, là, de faire un bon encadrement de l'hébergement touristique.
Mme Proulx
(Berthier) : ...un maximum de questions, peut-être juste réduire un
peu vos réponses pour que tout le monde puisse participer.
Je vais rapidement
m'adresser à Robert Mercure, P.D.G. de l'OTQ, l'Office du tourisme du Québec.
Robert, je vous dis bonjour, ancien P.D.G. du Palais des congrès de Montréal,
carrière d'exploitant d'hôtels à travers le monde, dont le Frontenac, le Reine
Elizabeth à Montréal. On a parlé de l'abandon du panonceau étoilé,
M. Mercure. Selon vous, est-ce que le fait que... la renommée mondiale du
château à travers la planète, est-ce qu'elle était basée sur ses étoiles ou sur
son service?
M. Mercure
(Robert) : C'est sûr que le marché international, en général, on
regarde les étoiles, mettons, de TripAdvisor, CAA mobile, etc. Donc, quand on
regarde hors du Québec, la situation, avec les étoiles, avec le CITQ, devient
moins importante pour les joueurs dans le marché international.
Nous, on est très ouverts que la loi évolue. Le
système a des étoiles, je pense qu'il y a une opportunité pour regarder
l'évolution de ce système-là. L'office, on regarde ça comme c'est vraiment une
décision des hôteliers s'ils veulent continuer avec un système
obligatoire... pour les étoiles. C'est à eux à décider s'ils veulent continuer
avec un système... peut-être avec un autre modèle d'affaires.
Mme Proulx (Berthier) : Il nous
reste 30 secondes. Est-ce que l'OTQ, dans sa promotion à l'international,
utilise le système étoilé pour en faire la promotion?
M. Mercure (Robert) : Très peu, très
peu pour le marché international.
Mme Proulx (Berthier) : Merci,
M. Mercure.
M. Mercure (Robert) : ...
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Alors, nous poursuivons l'échange avec la députée de Jeanne-Mance—Viger. À
vous la parole.
Rotiroti : Merci,
Mme la Présidente. Alors, bonjour Mme Savard, M. Trudel,
M. Mercure. Merci d'être là. Alors, je vais continuer sur la classification,
le système d'étoiles, comme on appelle, peut-être avec M. Mercure. Vous
dites que vous vous servez très peu de ce système-là à l'international parce
que... et, de toute évidence, il y a
d'autres plateformes à l'international. Ils ont viré Expédia, et autres. Ici,
au Québec, il y a plusieurs groupes qui ont déposé leurs mémoires, entre
autres, l'institut d'hôtellerie insiste que cette clarification-là est
nécessaire. C'est un moyen de contrôle de la qualité par rapport au
consommateur.
Alors, vous, vous vous situez où, là-dedans,
M. Mercure? Est-ce que vous voulez qu'on le garde? Parce que le projet de
loi abolit, dans le fond, cette classification-là, puis on se fierait sur les
commentaires des usagers sur des différentes plateformes. Alors, vous, est-ce
que vous tenez qu'on le garde ou vous êtes d'accord qu'on l'abolit tel que
proposé dans le projet de loi?
M. Mercure (Robert) : Nous, on est
très ouverts d'abolir dans le sens que je pense que le marché privé peut gérer
un système d'étoiles du privé qui est très bien connu au niveau du marché...
les marchés internationaux, donc que le modèle d'affaires évolue. Si les
hôteliers du Québec insistent absolument de s'imposer un système obligatoire à
travers un autre modèle d'affaires, je pense que c'est leur décision. Il y a
des avantages, oui, il y a des Québécois qui regardent le système des étoiles.
Mais le système comme tel est très peu connu hors du Québec, donc un peu plus
connu au marché canadien, très peu pour le marché américain et les marchés internationaux.
M. Trudel (François) : ...
Rotiroti : Oui.
M. Trudel (François) : Si vous
permettez, juste très rapidement.
Rotiroti : Oui,
allez-y, M. Trudel, oui.
M. Trudel (François) : Il y a
l'aspect de classification que je laisse à mon collègue de l'office. Mais ce
qui est important aussi pour les citoyens, c'est qu'il y ait minimalement une
affiche ou une affichette qui désigne un établissement touristique,
particulièrement pour les petits établissements touristiques. Donc, pour les
citoyens, pour le touriste, entre de l'hébergement collaboratif, qui est sur
une autre base, et un établissement d'hébergement touristique, donc, nonobstant
le fait qu'il y ait des étoiles ou pas, bien, c'est quand même important qu'il
y ait une obligation d'avoir minimalement une affichette ou un petit panonceau
qui désigne un établissement d'hébergement touristique en bonne et due forme,
surtout pour les petits en milieu urbain et particulièrement dans le
Vieux-Québec.
Rotiroti :
Parfait. Merci beaucoup. Vous avez parlé, d'entrée de jeu, Mme Savard...
Vous avez tout de suite adressé l'enjeu du Vieux-Québec en disant qu'il faut
garder un équilibre entre le résidentiel et le touristique. Je sais que ça a
été une préoccupation aussi du maire Labeaume. Il a déjà fait plusieurs
représentations là-dessus en disant que lui, il avait tout un projet autour du
Vieux-Québec, où est-ce que, oui, l'offre touristique doit être là, mais aussi
l'aspect des gens qui habitent le Vieux-Québec, toute la notion de commerces de
proximité, etc. Alors, est-ce que vous trouvez que le projet de loi vous donne
suffisamment de pouvoirs pour être capable de trouver cet équilibre-là entre,
je dirais, l'aspect résidentiel et touristique?
Mme Savard (Marie-Josée) : Bien, en
fait, moi, je vous dirais qu'avec les recommandations qu'on fait de notre côté,
ça, c'est certain que, pour nous, ces recommandations-là sont importantes,
justement, au niveau... Tout à l'heure, on l'a expliqué, M. Trudel, au
niveau des infractions, des avis, et tout ça, ça nous permet d'encadrer davantage,
là. Parce que c'est certain qu'on le vit à la grandeur de la ville, mais, vous
l'avez bien précisé, c'est beaucoup dans le Vieux-Québec qu'on a cette
problématique-là.
Donc, c'est certain qu'avec ce que nous, on
propose, pour nous, déjà, si ça pourrait être un ajout au projet de loi, ça
serait un avantage.
Rotiroti : Parfait. Merci. Si on... Dans le projet de loi,
on voit que la ville peut émettre un constat d'infraction, hein? Alors, si la
personne est condamnée, exemple, il y a une infraction à la loi, est-ce que
cette personne-là aurait encore le droit de s'afficher, selon vous? Est-ce que
vous... Parce que, présentement, là, il pourrait s'afficher sur les plateformes
quand même, même qu'il a eu une infraction. Alors, est-ce que vous voulez
remédier à ça, c'est-à-dire qu'une fois que la personne, je vous disais, là,
hôte, aurait une infraction, bien, à ce moment-là, il ne serait plus éligible
d'être affiché sur aucune plateforme?
Mme Savard
(Marie-Josée) : Mais, écoutez, moi, je pense que c'est sûr qu'il doit
avoir réprimande lorsque que quelqu'un, justement, le fait de façon abusive ou
encore non respectueuse, là. Donc, votre question, sans dire que la personne
devrait... Moi, je pense que c'est sûr qu'il doit avoir des conséquences, là.
Est-ce que la personne ne pourrait plus faire d'hébergement touristique pour le
restant de ses jours? C'est peut-être beaucoup, mais, du moins, c'est certain
qu'il devrait avoir une période, selon moi, qui devrait être... justement, une
période de temps où cette personne morale là ne pourrait plus, justement,
exploiter.
M. Trudel
(François) : Très rapidement, ce qui est important pour nous, c'est particulièrement
ceux qui sont en infraction par rapport au règlement de zonage. On sait qu'on a
les outils, par exemple, avec le contingentement, pour bien trouver ce juste équilibre
entre le touristique et le résidentiel. Donc, il faudrait que le projet de loi,
explicitement, que ça soit un motif de suspension de la certification, la
non-conformité au zonage.
Mme Rotiroti :
O.K. Ça, je l'avais notée, l'infraction au zonage. Parfait. Ça serait un
élément qu'on pourrait voir en étude détaillée avec la ministre. Quand vous
dites : Il faudrait qu'il y ait une période de temps où est-ce qu'au
moment que les personnes reçoivent l'infraction et... de ne plus être
enregistrées sur les plateformes, avez-vous une idée, c'est quoi, ce laps de
temps là? Est-ce qu'on parle de six mois? Un an? Juste nous donner une
petite...
Mme Savard
(Marie-Josée) : .C'est très, très difficile pour moi de vous donner un temps. Moi, je pense qu'il est sûrement sur des...
on peut sûrement se baser sur d'autres règlements ou...
Rotiroti :
...qu'est-ce qui existe déjà.
Mme Savard
(Marie-Josée) : Exactement. Mais, au moment où je vous parle, je ne
pourrais pas vous dire un temps. Mais quelque chose de très significatif, du
moins, on ne parle pas d'une semaine, c'est certain, là, mais quelque chose qui
pourrait justement dissuader des gens de vouloir aller à l'encontre de la réglementation.
Mme Rotiroti :
O.K. Puis est-ce que vous trouvez qu'une plainte, ça serait suffisant, ça nous
permettrait de déceler un hébergement illégal ou est-ce que ça prendrait...
D'après vous, ça prendrait quoi, dans le fond, d'être capable de détecter un hébergement
illégal dans votre ville? Il y a-tu un outil en particulier que nous n'avons
pas pensé dans le projet de loi, qui pourrait être utile, pour vous, de
détecter, justement, ces hébergements illégaux là?
M. Trudel
(François) : Oui. C'est sûr que l'outil le plus simple, je dirais, ça
serait de permettre à la ville de poursuivre pour des infractions qui sont
prévues au projet de loi. Donc, ça, ça serait vraiment... Donc, on réalise que
la personne n'a pas de certificat, donc là on pourrait, nous, de facto, assez
rapidement, envoyer un avis d'infraction, un constat d'infraction et amener la
personne en cour municipale. Donc, ça, pour nous, je pense que ça contribuerait
à l'application de la loi.
Mme Rotiroti :
Je vous demanderais... Je pense que la ministre vous avait déjà un peu abordé
la question avec vous. Si vous voulez poursuivre dans qu'est-ce que vous
dites, M. Trudel, évidemment, la ville de Québec, la ville de Montréal,
vous avez les ressources nécessaires pour être capables de faire ce suivi-là.
Quand on pense à des petites villes, pensez-vous que ces mesures-là seraient
aussi facilement applicables, d'autant plus qu'ils n'ont pas les mêmes ressources
que vous?
M. Trudel
(François) : Je ne veux pas me prononcer pour eux puis pour leurs ressources,
mais que la municipalité puisse, sous, par exemple, le simple constat que l'établissement
n'est pas enregistré, n'a pas son certificat auprès du ministère de Tourisme,
par elle-même, intenter, là, des procédures à la cour municipale, c'est très facilitant. Je ne peux pas me prononcer sur la
disponibilité de ressources, la volonté ou les autres choses, mais
d'avoir pour les municipalités ce pouvoir-là ou ce recours-là, c'est sûr que
c'est facilitant pour toutes les municipalités.
Rotiroti : Parfait. Alors, vous avez mentionné,
Mme Savard, que vous voulez participer au groupe du travail sur la
modalité des suspensions et les types de résidences, en parlant de résidences
principales, collaboratif, etc. C'est bien noté. Alors, ce groupe de travail
là, est-ce que vous considérez que... Quel genre de... Pour vous, là, pour
avoir un groupe de travail qui représenterait l'ensemble des enjeux, est-ce que
vous voyez que ça serait juste les grandes villes, les grands centres ou vous
voyez d'autres partenaires autour de ce groupe de travail là?
Mme Savard
(Marie-Josée) : Pas du tout. Je pense que vous l'avez soulevé, Mme la
ministre l'a soulevé également, avec votre question au niveau des petites
municipalités, leurs capacités. Donc, moi, je pense que ça serait tout à fait
opportun d'avoir des représentants également de ces municipalités.
Rotiroti :
Parfait. Merci beaucoup, Mme Savard, M. Trudel, M. Mercure,
merci beaucoup.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Merci. Alors, nous poursuivons, cette fois-ci, l'échange avec le
député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Je vous remercie,
madame. Nous avons vu, plus tôt dans la journée, que la question de
l'hébergement illégal avait une très grande place à Montréal, on parle de
6 000 unités. On peut supposer qu'une bonne
partie de ces unités-là
ne sont pas disponibles pour les gens de la place, augmentant la crise...
approfondissant la crise du logement, là, en tout cas à Montréal. J'aimerais
savoir, là, dans la ville de Québec, là, est-ce que vous avez un estimé du nombre d'unités total qui sont
offertes en hébergement transitoire par les plateformes telles
qu'Airbnb?
Mme Savard (Marie-Josée) : Je ne
sais pas si on a ça. M. Trudel... Mais il y a quelque chose qui est sûr,
c'est que, tout d'abord, c'est certain qu'avec le collaboratif, maintenant, en
résidence principale tout le monde peut avoir
l'opportunité de faire de l'hébergement collaboratif, donc déjà. Est-ce qu'on
a... Comme je disais tout à l'heure, on attend certains chiffres pour la
dernière année, parce que, bon, l'été n'est pas encore terminé. Mais, même en
temps de pandémie, on est quand même conscient que l'activité a continué, beaucoup
moins, mais quand même. Donc, je ne sais pas si M. Trudel a d'autres
réponses.
M. Trudel (François) : Les chiffres
qu'on a, là, datent des travaux que nous avons réalisés en 2017, là, dans le
cadre du comité de réflexion sur l'hébergement touristique, et il y aurait
2 400 offres d'Airbnb à l'époque, mais il faut vraiment mettre tout
ça dans son contexte. Maintenant, à la fois à la réglementation municipale puis
à la réglementation provinciale, l'offre Airbnb peut être faite pour une résidence
principale. Et là la pandémie, je dirais, est venue un peu, là, brouiller
l'ensemble des cartes là-dessus.
Donc, ça ne veut pas dire non plus que ça serait
2 400 logements qui seraient disponibles pour des gens. De ce
pourcentage-là, on n'a pas le portrait de ce qui serait légal ou non, là.
M. Fontecilla : Et, dans ce sens-là,
est-ce que vous pensez... concernant en particulier les quartiers centraux et
le Vieux-Québec, là, est-ce que vous pensez que, pour vous, la municipalité, la
ville de Québec, là, est-ce que l'hébergement illégal sur ce type de plateforme
là pourrait constituer un problème, là?
Mme Savard (Marie-Josée) : Bien,
c'est... sans dire... C'est certain que c'est un élément, là, c'est un élément
de plus qu'on ne peut pas négliger, là, au niveau de l'accessibilité au
logement. On l'a vécu, on l'a entendu de la part de nos citoyens lors des
consultations publiques et on l'entend encore, là. Donc, c'est certain que
c'est, comme je dis, c'est un élément de plus à prendre en considération dans
cette problématique-là.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. C'est tout pour l'échange.
M. Fontecilla : Merci beaucoup.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, merci beaucoup. Nous poursuivons avec la députée de Gaspé.
Mme Perry Mélançon : Merci, Mme la
Présidente. Salutations à l'équipe de la ville de Québec. Merci de votre
présence. En fait, pour aller un petit peu sur le sujet de la classification,
là, par étoiles, vous semblez, bon, M. Mercure, être en faveur qu'on...
bon, disons qu'on passe à un autre appel, là, que ça ne soit pas nécessairement
obligatoire, que ça soit plus sur une base volontaire. Est-ce que vous avez en
tête de quelle façon ça pourrait être encadré, tout de même, cette
classification sur base volontaire? Parce que moi, je vois une espèce de flou,
là, dans la façon que c'est écrit. Il y aura quand même une transition. Qui
devrait s'occuper, justement, de l'évaluation de ceux qui voudront obtenir
cette classification-là? Est-ce que vous avez une opinion par rapport à ça?
M. Mercure (Robert) : Mais, au
niveau d'un nouveau modèle d'affaires, ça se peut que c'est à travers un OBNL
comme, exemple, avec des subventions pour aider à gérer le processus sur une
base volontaire. Donc, je pense, quand même, c'est un système qui pourrait bien
fonctionner dans un contexte de classification. Je peux comprendre pourquoi le
gouvernement veut sortir de ce système obligatoire. Donc, je pense qu'il y a
des modèles d'affaires qui existent qui auraient un peu plus de souplesse, qui
peut évoluer, peut avoir des standards plus à jour aussi, parce que ça a causé
des problèmes dans le passé avec les hôtels, parce que ce n'était pas toujours
aligné, les standards de l'industrie privée
avec les standards dans la CITQ, puis ça causait des frustrations. Donc, moi...
en tout cas, personnellement, je vois
la possibilité de regarder une entité à travers un OBNL pour gérer le processus
comme option.
Mme Perry Mélançon : Donc, il y
aurait des standards, mais assouplis, puis que ce ne soit pas autant, là,
justement, standardisé, que les critères soient différents, là, et plus
flexibles.
Je vais, en fait, aller sur l'accessibilité aux
données pour les municipalités aussi. On en a entendu parler, que c'était...
bon, certains disent que c'est une bonne chose que les municipalités puissent
avoir l'entièreté des données sur les exploitants, d'autres voient quand même,
bon, certaines problématiques par rapport à ça. En quoi ce serait bénéfique pour vous, en fait, d'avoir accès à
toutes ces données-là? Et lesquelles seraient plus à privilégier, pour
vous?
Savard (Marie-Josée) : Bien, je vais laisser M. Trudel répondre.
Mais, moi, ce que j'aurais envie de dire d'entrée de jeu, c'est que plus il y a
de fluidité dans les informations, plus on est transparents avec le ministère.
Au niveau du gouvernement provincial et des municipalités, c'est sûr que c'est
aidant dans la majorité des dossiers, là, donc tout particulièrement dans
celui-là.
M. Trudel
(François) : Tout à fait, c'est vraiment... Oui, allez-y.
Mme Savard
(Marie-Josée) : Désolée. Il voulait...
Mme Perry
Mélançon : Non, en fait, ça va. C'est simplement, en fait, il faudrait
que ce soit, là, à des personnes responsables, là, dans la ville. Mais est-ce
que ces données-là seraient accessibles à l'ensemble des employés? Comment on
s'y prend pour qu'il y ait quand même une certaine protection de ces
renseignements-là?
M. Trudel
(François) : Ah! bien, c'est sûr, actuellement, là, c'est uniquement
les équipes d'inspection de la ville qui collaborent, là, avec Revenu Québec.
Donc, il n'y a pas de souci, il n'y a pas de problème à ça. Ce sont des officiers municipaux. Donc, à la ville de Québec,
on a des gens formés pour ça. La collaboration est vraiment excellente, excellente là-dessus. Nous, en fait, les
informations principales dont on a besoin, c'est, effectivement : Est-ce qu'il y a des infractions? Est-ce qu'il y a un
certificat d'émis ou pas? Est-ce que c'est la résidence principale ou non? Donc...
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Merci.
M. Trudel
(François) : Et il y a un ensemble...
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Alors...
M. Trudel
(François) : ...de données, on n'a pas besoin d'avoir accès, là.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Merci. C'est tout le temps que nous disposons. Alors,
merci, Mme Savard, M. Trudel, M. Mercure, pour votre contribution
à la commission.
Alors, nous allons
suspendre quelques instants, le temps d'accueillir le prochain groupe. Merci.
Mme Savard
(Marie-Josée) : Merci beaucoup. Bonne journée!
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Merci.
(Suspension de la séance à
11 h 24)
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Alors, nous accueillons maintenant M. Paul
Arseneault, professeur de marketing à l'École des sciences de la gestion de
l'UQAM. Tel que mentionné, vous disposez de 10 minutes et, si vous voulez également
encore vous présenter, vous pouvez le faire. À vous la parole.
M. Arseneault
(Paul) : Parfait. Merci, Mme la Présidente. Alors, Paul Arseneault,
oui, professeur de marketing à l'École des sciences de la gestion et, je
dirais, surtout observateur du tourisme québécois depuis une trentaine d'années
par différentes fonctions. Et donc c'est à cet égard-là que je remercie la
commission de me recevoir aujourd'hui.
J'aurais peut-être
quelques éléments, je dirais, historiques à partager avec vous. Vous savez, le
Québec est une juridiction qui a été extrêmement novatrice et innovante dans
les 30 dernières années en matière de tourisme. Qu'on pense au marketing,
Tourisme Québec a été, pendant des décennies, la référence canadienne. Si on
pense au programme qualité qui a été fait, à son programme de classification
qui existe depuis 20 ans, qui était évidemment une nouveauté, si on pense
à l'Alliance de l'industrie touristique également, qui est, en Amérique du
Nord, un modèle tout à fait novateur, c'est vraiment impressionnant. Donc,
c'est une industrie qui se remet en question et qui est capable d'inventer et
de faire des belles choses.
Maintenant, le projet
de loi n° 100 amène un certain nombre de réactions
émotives que j'ai eu l'occasion d'observer chez certains opérateurs
touristiques, chez certaines associations touristiques, et je le comprends et
je pense que c'est important de le comprendre. On touche à un morceau qui
apparaît important, une espèce de certitude, une espèce de confort qui existe
depuis longtemps. Cela dit, rappelons-nous, ce système de classification là
compte une vingtaine d'années, hein, grosso modo, on est en 2001. En 2001,
rappelons-nous de la réalité, les deux tiers des vols d'Air Transat sont
remplis de touristes qui viennent en gros, voyages organisés. En 2001, les
réservations en ligne représentent, pour les hôtels, environ 5 % de leur
volume d'affaires, donc les gens achètent via une agence de voyages, vont
appeler directement. Donc, le numérique est à ses premiers balbutiements.
Il arrive, à ce moment-là,
donc, une vision assez audacieuse de dire : Il faut se mettre à la place
d'un visiteur et d'un visiteur étranger. Dans un voyage, j'ai à investir
beaucoup d'argent pour l'hébergement, l'hébergement est donc un élément central
de la qualité de mon expérience, pour laquelle je ne peux pas aller voir des
photos du site Internet de l'hôtel. Et je dois donc me fier à ce qu'on va me
dire, que c'est un quatre étoiles, qu'il est proche des endroits que je veux
visiter, et tout, et tout. Je n'ai à peu près aucun mécanisme pour valider ça.
Donc, le système de classification apparaît comme un système de réassurance extrêmement
important pour le voyageur, pour le ménage qui voyage, pourquoi? Parce que
c'est une dépense assez importante, et la qualité du voyage au complet et de
son appréciation de son séjour au Québec va être grandement influencée par
cette réalité-là.
Il faut comprendre que, dans les
20 dernières années, le réseau de distribution, la distribution en ligne
est apparue de façon extrêmement importante. Si on regarde aujourd'hui ce qui
est fait, autant je parlais d'un 5 %, peut-être 5 % à 10 % au
début des années 2000, les agences en ligne que sont les deux grands
joueurs mondiaux que sont Booking, d'un côté, Expédia, de l'autre, ont fait pas
loin de 1,5 milliard de nuitées réservées sur leurs plateformes en 2019,
avant la pandémie. On est dans des chiffres qui sont absolument
stratosphériques. Et donc ces agences en ligne sont devenues des joueurs incontournables,
c'est-à-dire, si vous voulez aller à Boston, si vous voulez aller à Istanbul,
vous ne connaissez pas la destination, vous avez besoin de plateforme qui va
vous permettre de faire un choix, un choix éclairé, et de faire les
comparaisons.
Il y a également, il faut se le rappeler, il y a
deux réalités si on parle de l'hôtellerie, deux réalités qui est une hôtellerie
de chaînes, de bannières, les Marriott, Hilton, Sheraton de ce monde, qui,
elles aussi, ces bannières-là ont le vent dans les voiles dans les
années 60, 70 et 80, pourquoi? Parce que, justement, avec cette
réassurance-là, si je dois aller à Istanbul, et que je ne connais pas, et que
j'ai peur, je ne sais pas, et je ne veux pas envoyer un numéro de carte de
crédit, je sais qu'une chambre du Hilton à Istanbul va ressembler à celle de
Montréal, donc je suis rassuré à cet égard-là.
Ce que la distribution en ligne a permis, c'est
qu'elle a permis un peu aux hôteliers indépendants d'avoir une place beaucoup
plus importante. Et, tout d'un coup, arrivé aux années 2010, à la fin des
années 2000, début 2010, tout d'un coup, ce n'est pas l'appartenance
à une bannière, ce n'est pas un système de classification qui fait que vous
êtes un hôtel pertinent, c'est, tout d'un coup, la qualité de ce que vous
offrez, de l'expérience, de votre localisation, la qualité du service que vous
allez donner, de l'interaction avec le personnel.
Alors, tout ça a changé dans les
20 dernières années et ça nous pose la question de : À quoi vise un
programme de classification? Quand il est créé, au début des années 2000,
il vise à assurer une qualité, donc rassurer, de dire aux visiteurs étrangers
qui viennent au Québec : On ne vous roulera pas dans la farine. On ne va pas vous charger plus cher pour un hôtel qui ne serait
pas bon. Donc, on va donner l'heure juste parce qu'il y aura une
classification, il y aura des visites qui seront faites. Et le gouvernement,
donc, mandate la Corporation de l'industrie touristique pour ce faire, et
c'est, je le dis, à cette époque-là, assez audacieux.
Maintenant, en 2021, on se pose la
question : Est-ce que la classification permet d'assurer cette qualité-là?
Et il y a d'autres questions qui vont se poser : Est-ce que la
classification vise à assurer la sécurité des voyageurs? À l'origine, c'est un
peu ça, c'est de dire : On ne vous envoie pas dans un endroit mal famé. On
va être d'accord qu'en 2021, avec la Régie du bâtiment, les ascenseurs, les
lieux, la préparation en cuisine des plats et des mets, tout ça, et la
sécurité, donc, il n'y a pas personne, en 2021, qui est à risque.
Se pose la question que j'ai entendue aussi de
certains intervenants qui disent : Ah! bien, la classification obligatoire
oblige à une certaine forme de maintien de la qualité, et donc ça permet un
certain, même, arbitrage des investissements.
Se pose la question : Est-ce le rôle d'un ministère du Tourisme que de
faire l'arbitrage des entreprises privées
dans les investissements qu'ils feront dans leurs édifices, dans leurs
bâtiments, et tout, et tout? Je ne le crois pas.
Cela dit, je vous l'ai dit, le Québec, lui
aussi, n'est pas tout seul sur la planète. Et on pourrait se poser la
question : Comment se fait-il qu'à peu près nulle part sur la planète une
classification obligatoire par organisme mandataire du gouvernement existe? Et
pourtant ça existe. Dans les autres provinces canadiennes, on va retrouver le
CAA qui le font, on va retrouver des regroupements. On va retrouver, en Europe,
Hotelstars Union, qui est aussi des regroupements. On va retrouver, donc, un
certain nombre de mécanismes qui va permettre de gérer des étoiles. Et on est
d'accord ici.
Puis vous allez entendre un membre de la
commission, un certain nombre d'intervenants qui vont vous parler de sondages.
Et je vous invite à garder toujours en tête que le système d'étoiles, il est
mondial. Partout sur la planète, les gens le connaissent. Il y a juste au
Québec que cette classification-là est faite par un organisme mandataire. Les
visiteurs de partout sur la planète savent grosso modo ce que signifie un,
deux, trois, quatre, cinq étoiles, ça ne pose pas problème. Je vous invite donc
à réfléchir à cette chose-là, qu'il y a donc d'autres façons de faire.
Je vous amène
rapidement sur un petit test que j'ai fait ce matin en vous écoutant. Si je
regarde exclusivement... Je vous ai dit : Le système des étoiles
est un système de comparaison. Si je vais sur le site BonjourQuébec.com, donc
du ministère du Tourisme, et que je cherche, pour la région de Québec, un hôtel
quatre étoiles, je vais trouver, de façon indifférenciée, Hôtel Le Germain, par
exemple, que vous connaissez tous, et la station Duchesnay. Assez rapidement, on va arriver à la conclusion que le
nombre d'étoiles ne m'aide pas à différencier, comme visiteur,
l'expérience que je vais avoir à Duchesnay, qui est sur le bord du Lac
Saint-Joseph, etc., et l'Hôtel Le Germain, qui est un hôtel de très grand
confort, très grands services, etc. Donc, cet unique système d'étoiles là, en
soi, ne fait pas l'ensemble de l'oeuvre nécessaire.
L'autre élément qu'il faut rappeler aussi, c'est
que j'ai dit tout à l'heure que l'hébergement était important dans un voyage,
mais ce n'est pas le seul. Il y aura d'autres considérations de voyage, quelles
sont les activités que je vais faire, dans quel quartier
je veux être, pourquoi je veux y être, quel type d'hébergement. L'hébergement
qui, en 2000... au début des années 2000, était presque exclusivement
hôtelier, tout d'un coup, se multiplie dans toutes sortes de déclinaisons, dont
l'hébergement collaboratif dont on a parlé.
Et j'ai donné l'exemple, donc, de Duchesnay
versus l'Hôtel Germain. Je vais vous donner un autre exemple. Booking, donc, je
vous l'ai dit, qui a fait pas loin de 1 milliard de réservations en 2019,
lui-même fournit des critères pour filtrer, pour modifier, pour se poser la
question. J'ai fait encore le test avec Québec. Le premier critère qu'on va
vous donner pour sélectionner l'hébergement, ça va être votre budget, combien
vous voulez payer, c'est la première chose. Donc, on est d'accord, avec
1 milliard de réservations, on a donc un algorithme qui est très, très,
très solide puis qui est capable de dire quelles sont les réelles recherches
faites par les visiteurs.
Le deuxième qu'il nous propose, c'est des
filtres populaires. Pour Québec, donc, quels sont les éléments qui sont
importants pour les visiteurs, qu'ils ont tendance à cocher pour retrouver?
Donc, ils nous facilitent le travail en disant quels sont les principaux
filtres populaires, c'est : le parking, le petit-déjeuner compris, Vieux-Québec,
le fait que ça soit un quatre étoiles, le fait qu'il y ait une annulation gratuite,
le fait que les moyennes des commentaires doivent être de huit et plus, de
moins d'un kilomètre du centre de Québec et que ce soit un hôtel et non pas
d'autres formes d'hébergement.
Alors, ça, ce
sont les éléments que, sur un nombre appréciable de réservations faites par des
réels voyageurs... voici les éléments qui sont des critères de
comparaison, de distinction ou de sélection d'un hôtel. Les autres, il y en a
une quinzaine d'autres...
La Présidente (Mme IsaBelle) :
M. Arseneault, en conclusion, il reste 30 secondes. Vous êtes
volubile.
Arseneault (Paul) : En
conclusion... Ah! oui, oui, et encore! Le système, donc, de classification ne
répond plus à ces besoins-là d'aujourd'hui
et ne couvre pas des éléments de satisfaction des consommateurs. La qualité de
l'expérience, qualité de l'interaction avec le personnel, tout ce qui va être
la facilité à réserver et à annuler la réservation, etc., sont des éléments qui ne sont pas couverts par la
classification. Donc, en résumé, l'abandon d'un système de
classification gouvernemental ne mettra pas le Québec en péril dans les
prochaines années. Voilà.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci, M. Arseneault. Mme la ministre, à vous la parole.
Mme Proulx (Berthier) : Bien, Mme la
Présidente, si M. Arseneault souhaite avoir une minute,
1 min 30 s, davantage, je suis prête à consentir ce temps-là à
M. Arseneault, s'il y avait des éléments que vous souhaitiez rentrer moins
serré dans le coude.
M. Arseneault (Paul) : Moins. Bien,
écoutez, essentiellement, je comprends l'attachement... Et vous allez entendre
par d'autres intervenants qui sont tous bien intentionnés... vraiment, on est
une industrie pleine d'amour. Je pense qu'on surestime le pouvoir des étoiles
et je pense qu'on va faire dire peut-être aux voyageurs des choses qu'ils ne
disent pas. Par exemple, certains sondages ont été faits auprès des Québécois.
Or, le système de classification n'est pas fait pour les Québécois. Et vous
allez voir, dans les résultats qui vont vous être présentés, si je veux aller à
Matane, je sais que le Riôtel Matane, je veux y aller, c'est l'endroit où je
vais aller, je suis parfaitement indifférent au nombre d'étoiles, je sais que
c'est là que je vais aller. Et les chiffres sont là, le nombre de réservations
qui ont été faites en direct par téléphone ou, encore une fois, sur le site
Internet. Donc, le visiteur qui est proche n'a pas besoin d'outil de comparaison, il n'a pas de besoin. Il
ne va pas regarder les panonceaux, ne va pas regarder sur la porte. Il y
a tellement de stickers sur les portes d'hôtel qu'on n'y arrivera pas.
Donc, cette question-là et ce système-là
visaient des visiteurs hors Québec. Or, les visiteurs hors Québec ont
l'habitude d'aller voir sur les plateformes Expedia et Booking, et donc, à cet
égard-là, c'est l'endroit où ils vont chercher. Ils ne vont pas chercher sur le
site de la CITQ. Je n'ai pas les chiffres officiels, mais Bonjour Québec doit
représenter 1 % de toutes les réservations hôtelières qui sont faites au Québec.
Donc, regardons... Et ces systèmes-là, Expedia, Booking, ont leurs propres systèmes
de classification, et c'est celui-là, je crois, au final, avec un certain
nombre d'autres critères, qui sont les plus importants. Alors, merci, Mme la
ministre, de la minute supplémentaire.
Mme Proulx (Berthier) : Plaisir.
Plaisir. Plaisir. On rappelle que Paul Arseneault est un expert en marketing
touristique, en gestion des destinations. Donc, la tendance est lourde et la
tendance est mondiale, les quelques États qui gèrent une classification à
l'international, c'est de plus en plus délaissé, là. Le Québec ne fait pas
exception avec ce dépôt de projet de loi là.
M. Arseneault (Paul) : Oui. Non
seulement il ne fait pas exception, je veux dire, il faisait exception à garder
ce système-là, qui n'était pas un système dominant dans les pays
occidentalisés. Et, d'autre part, le consommateur n'a pas la moindre idée de
comment est établi le système d'étoiles, que ce soit... Est-ce que c'est les
États? Est-ce que c'est les associations
hôtelières? Personne ne le sait. Vous n'avez pas idée le nombre d'entrevues que
j'ai faites, dans les 20 dernières années, pour expliquer comment
les étoiles... Puis les gens vont s'étonner que Transat va présenter tel hôtel avec tant d'étoiles, que Bonjour Québec, ce
sera autre chose, que TripAdvisor va donner d'autres chiffres. Donc, évidemment... Puis on est d'accord, ce que je vous
disais tout à l'heure, Duschenay, ce n'est pas le Germain, un hôtel en Abitibi n'est pas un hôtel en Gaspésie. Et le
quatre étoiles, encore une fois, est un système... quand il était le seul,
était le moins pire et le plus utile des
systèmes, mais, désormais, il ne veut plus rien dire en matière de
discrimination ou de choix.
Proulx (Berthier) : Vous avez fait référence... puis j'aimerais qu'on
rentre, M. Arseneault, dans des sondages auxquels vous avez fait
référence. D'entrée de jeu, il y en a eu un de Léger, qui a été commandité par
l'Alliance de l'industrie touristique, sur la perception des Québécois à
l'égard du système de classification, que moins de 22 % des 18-34
considèrent que le système de classif, c'est le choix le plus important pour
effectuer une réservation, peu importe le
type d'hébergement. C'est le pourcentage le plus faible
parmi les différents groupes d'âge.
Ça a été mené, donc,
ce sondage-là, par l'Alliance de l'industrie touristique du Québec. Vous avez
pris connaissance de ce sondage-là, M. Arseneault. Résumez rapidement le
sondage puis quelles conclusions vous tirez du sondage qui a été mené par
l'alliance.
M. Arseneault
(Paul) : Écoutez, je suis membre au conseil de l'administration de
l'alliance, membre du... donc, observateur. Donc, j'ai un certain devoir de
réserve, vous le comprendrez, donc je ne parle pas au nom de l'alliance et ni
au nom de la démarche qui a été menée. Cela dit, l'interprétation que j'en
fais, puisque c'est la question, c'est, vous
l'avez bien dit, c'est que l'outil semble être... de classification, donc du
nombre d'étoiles, classification, nombre d'étoiles n'étant pas la même
chose... Les gens le mélangent, visiblement, puisque les gens, dans le sondage,
indiquent connaître la classification. Moi, je crois qu'ils connaissent le
système d'étoiles, qui, lui aussi, est universel.
Une fois qu'on a dit
ça, sans surprise, vous l'avez dit, il y a un choc générationnel. Donc, plus
les gens sont jeunes dans les répondants, moins ils accordent d'importance. Et
tout ça est cohérent avec le fait que les plus jeunes vont aller davantage sur
recommandation, ce qu'ils vont avoir vu sur les réseaux sociaux, sur l'envie
d'aller à un endroit en précision, de façon précise. Ils seront davantage
interpellés par deux éléments, à mon humble avis, que le sondage ne
témoigne pas, mais qui me semblent être, de mon observation, la question du
prix et la question de la disponibilité à la période visée. Ce sont là, à mon
avis, les éléments les plus importants sur lesquels, donc, les plus jeunes
accordent une certaine importance, en effet.
Mme Proulx
(Berthier) : Je céderais la parole au député de Mégantic, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Parfait. Alors, député de Mégantic, à vous la parole.
M. Jacques :
Bien, merci, Mme la Présidente. Bonjour, Pr Arseneault. Bon, je comprends
très bien, là, que la classification avec les étoiles, là, pour vous, là, c'est
dépassé, désuet. Bien, c'est ce que je comprends, c'est ça?
M. Arseneault
(Paul) : Ah! bien, en fait, si je peux me permettre, déjà, elle n'est
pas désuète, elle est partout utilisée. Ce qui est désuet, c'est l'obligation
que la classification soit menée par le gouvernement du Québec via un organisme
mandataire, alors que c'était par des associations hôtelières, par le AAA
américain, par Forbes, par autres organismes un peu partout sur la planète. Il
ne disparaîtra pas, le système.
M. Jacques :
C'est ce que je voulais dire, monsieur. C'est exactement ce que je voulais
dire. Je me suis mal exprimé. Donc, bon, on comprend, là, que la classification
se fait, là, beaucoup plus par les plateformes. Maintenant, elle ne doit pas être faite par le gouvernement du
Québec, entre autres pour dire : Bon, on a besoin d'un foyer, ou ci,
ou ça, ou une classification peut être
différente d'un endroit à un autre, là, tout dépendamment de la région du
Québec, là.
Bon, il y a certains,
là, gens qui disent que les consommateurs vont être moins informés de la
qualité du parc d'hébergement si cette classification-là... et que le parc
pourrait être dégradé si le gouvernement ne continue pas à régir la classification, là, des hôtels ou des
sites d'hébergement. Donc, qu'est-ce que vous pourriez dire à ces
dénigreurs-là?
M. Arseneault (Paul) : J'ai tendance à croire... Il y a eu une
inquiétude dans plusieurs secteurs, effectivement, de dire : S'il
n'y a plus de classification, quel sera l'incitatif aux opérateurs à investir
dans leur parc hôtelier, ou de pourvoirie, ou de camping, ou autres? Je
souscris difficilement à ce système-là. D'une part, parce qu'encore une fois,
si vous voulez être distribué sur les principales plateformes que sont les
agences en ligne, Booking et Expédia, elles ont leurs exigences, elles aussi,
hein? Elles aussi, elles reprennent un système d'étoiles qui est très clair,
qui est très frais, et de plus en plus, d'ailleurs, intègrent par algorithmes
les commentaires des voyageurs. Et donc, récemment, je crois que c'est Booking
qui annonçait, l'an dernier, qu'ils allaient donc regarder à partir des
informations... Parce que, pour être vendu,
vous avez donné votre taille, la taille des chambres, etc., tout ça. Ils sont
capables d'eux-mêmes faire leur propre classification.
Donc, à cet égard-là,
je ne crois pas qu'il y a un danger que l'opérateur va dire : Bien,
écoutez, je ne vais plus investir, mon produit va être mauvais, et, pendant
10 ans, personne ne va s'en apercevoir, et j'aurai à pleine capacité.
C'est, à mon avis, à peu près impossible. Et, quel que soit le type
d'hébergement, camping, résidence de tourisme, pourvoirie, et autres, vous savez, comment, mon Dieu, on a entendu
parler des commentaires sur Google, par exemple, comment, si vous faites
un mauvais service, ça va être instantanément connu, vu, comment dire, bien
référencé.
Alors, à cet
égard-là, je ne le crois pas, je ne crois pas. Puis il y a toujours eu cette
inquiétude-là, c'est-à-dire que les gens qui ont un comportement, comment dire,
illégal ou répréhensible, il y en aura toujours. Et je ne crois pas... même, je vous dirais : Ce n'est pas
parce que quelqu'un va visiter votre hébergement à tous les deux ans... On
est d'accord, hein? Si vous dites aux deux ans pour la classification, il y a
possibilité, comment dire, pendant deux ans, d'offrir un mauvais service ou
d'avoir des infrastructures qui sont douteuses. Alors, je n'ai pas d'inquiétude
à cet égard-là, honnêtement.
Jacques : Donc, si je comprends bien, l'ajustement est plus rapide
avec les sites, ou les Booking.com, ou les autres de ce monde. On a exactement
ce qui se passe dans le mois qui est là et non pas aux deux ans, là, un
ajustement de la détérioration, entre autres, là, de la qualité d'hébergement
ou quoi que ce soit, là.
M. Arseneault
(Paul) : Tout à fait. Imaginons qu'il y a des travaux de voirie à côté
de l'hôtel, la classification ne le verra pas. Vous pouvez être sûr que, dans
les jours qui suivent, les commentaires vont faire en sorte de : Ne prenez
pas la chambre sur le devant de l'édifice, parce qu'il y a des travaux de
voirie. C'est le genre de chose que se fait presque instantanément désormais.
M. Jacques :
Donc, pour vous, là, la question d'un avis seulement, là, par les sites ou par
la classification d'étoiles est suffisante,
on n'a pas besoin vraiment d'avoir une classification, là, faite par le
gouvernement du Québec.
Puis il y en a qui
pensent que ça peut... Vous avez parlé un peu, là, mais si vous pouvez encore
élaborer un peu plus, là, si les deux ne sont pas là, bien, il peut avoir un
déséquilibre, et que les gens soient mal servis, là.
M. Arseneault
(Paul) : Tout à fait.
M. Jacques :
Vous avez élaboré beaucoup, là, mais je pense que vous pouvez compléter.
M. Arseneault
(Paul) : Oui, je pourrais compléter. C'est-à-dire qu'il y a un volet
de qualité. Et je vous disais que le Québec était novateur, on a eu la volonté,
au début des années 2000, de faire la norme ISO 9000 dans le
tourisme, donc le Bureau de normalisation. Ça a été une erreur monumentale. On
a essayé des choses qui ont bien réussi, d'autres, moins bien. La question de
la qualité, elle est centrale, de se dire : Comment on assure la qualité
de l'offre touristique ici, au Québec? Comment on l'assure pour les hôteliers,
pour les campings, les pourvoiries? Il y a un
travail formidable qui est fait derrière ça, donc, des associations, de
dire : Si vous voulez être membres chez nous...
Puis on va le
retrouver en Australie, par exemple, c'est-à-dire, vous avez des codes
d'éthique, des codes de fonctionnement dans
lesquels on réussit, au final, à bien faire fonctionner l'amélioration de la
qualité, puis on va dire : Si tu es un investisseur, si tu
n'investis pas dans ton produit, nous, comme association sectorielle, on ne te
prendra pas.
Donc, il y a d'autres
mécanismes, hein? Encore une fois, je vous rappelle, le Québec est la seule
juridiction au Canada à avoir ce système-là. Partout ailleurs, je ne crois pas
qu'on a entendu parler, en Ontario ou en Colombie-Britannique, d'un problème de
désuétude, ou d'absence de qualité, ou de plaintes plus importantes, en Ontario
ou en Colombie-Britannique, sur le parc hôtelier ou l'hébergement commercial
qu'on en retrouve au Québec. Donc, non, je ne crois pas à cet argument-là,
effectivement, de dire que c'est nécessaire pou