Transportation and the Environment — 7 November 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
CTE 2023-11-07
Quebec — Committees
(Neuf heures cinquante-six minutes)
Présidente (Mme Gendron) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le
quorum, je déclare la séance de la Commission des transports et de
l'environnement.
La commission
est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 22, Loi concernant l'expropriation.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme Blouin (Bonaventure) est remplacée par Mme Boivin Roy
(Anjou—Louis-Riel);
Mme Bogemans (Iberville), par M. Lemieux (Saint-Jean); et Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis),
par M. Fortin (Pontiac).
La Présidente (Mme Gendron) : Je
vous rappelle que l'étude de l'article 5 et de l'amendement proposé par M.
le député de l'Acadie, à cet article, est suspendue de même que l'étude des
articles 118, 165 à 171, et 180.
Lors de
l'ajournement de nos travaux, jeudi dernier, nous étions à l'étude de
l'amendement visant à introduire l'article 198.1
proposé par M. le député de Taschereau. Est-ce qu'il y a d'autres interventions
sur cet amendement? M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui, merci.
Bien, d'abord, salutations aux collègues présents aujourd'hui et à toutes les
personnes qui sont là pour nous aider au bon fonctionnement de cette commission
pour l'étude du projet de loi n° 22. De
ma compréhension, là, quand on s'était quittés, à la dernière séance, j'avais
déposé ma proposition d'amendement 198.1, là, qui venait introduire une notion, là, de possibilité, là, pour les
municipalités locales, de pouvoir exproprier une terre agricole qui n'a
pas été exploitée à des fins... à cette fin-là pendant les trois années
précédentes, que, dans un tel cas, l'usage
agricole est réputé être le meilleur et le plus profitable aux fins de la
détermination de l'indemnisation payable à l'exproprié.
On avait
suspendu, là, lors de cette séance-là, dans l'objectif, là, de laisser le temps
à la
partie gouvernementale d'étudier cette proposition d'amendement là.
Donc, moi, je suis toujours ouvert à en discuter, là, si Mme la ministre ou ses collègues de la
partie gouvernementale ont
des commentaires ou des questionnements à avoir par rapport à cette proposition d'amendement. Moi, je suis bien ouvert
à y répondre. Peut-être éventuellement aussi, là, que mon collègue de
l'Acadie aura des propositions parce qu'on en avait discuté aussi. Je pense
qu'il avait eu des remarques fort appropriées,
notamment, là, sur la notion de... notamment, là, de s'assurer, en fait, que ça
retournerait effectivement, là, à des
agriculteurs. Bref, il y avait plusieurs questions qui avaient été soulevées
par mon collègue, que j'avais trouvées fort pertinentes.
Donc, si on peut reprendre cette discussion-là
au moment où on l'avait laissée, là, je serais bien heureux.
La Présidente (Mme Gendron) : Mme la
ministre.
Mme Guilbault : Oui, merci, Mme la Présidente. Salutations à tous aussi.
Donc, c'est ça, alors, depuis qu'on s'est laissé jeudi dernier, je crois, ou
mercredi, effectivement, c'était en suspens. Nous,
on a eu des discussions, parce que, comme ça
touche, donc, les terres agricoles, la préservation du milieu agricole...
s'assurer que les terres qui sont zonées agricoles sont dûment cultivées ou, en tout cas, on s'assure que ce sont
les bonnes personnes, entre guillemets, qui puissent en faire l'usage le
plus profitable pour la société.
Et, à ce stade-ci, ce que je suggérerais, Mme la
Présidente, ou, en tout cas, ce que je voudrais remettre en relief, c'est que mon collègue de l'agriculture...
Parce qu'à chaque fois qu'on parle du milieu agricole, évidemment, nous, on,
fait le pont avec nos collègues du MAPAQ. Et eux, comme on le sait, sont en
consultation en ce moment, là, la Consultation nationale sur le territoire et
les activités agricoles.... Consultation nationale sur le territoire et les
activités agricoles : Agir pour nourrir le Québec de demain. Je ne sais pas si
mon collègue est aussi porte-parole en agriculture, peut-être même qu'il
participe à ces travaux-là ou, en tout cas, quelqu'un de son équipe,
certainement.
Donc, par
ailleurs, toutes ces questions-là sont discutées. Voyez, la propriété des
terres agricoles en novembre, c'est
prévu — bien,
on est en novembre, d'ailleurs — la
disponibilité des terres pour les entreprises agricoles, l'accès à la
terre pour la relève, l'achat de terres à des fins non agricoles — donc,
on est en plein là-dedans — l'achat
de terres par des non-résidents. Donc, il y a une série de sujets, de blocs de
sujets, avec des sous-sujets déjà préannoncés qui, manifestement, vont aborder
ces considérations-là. Alors, par respect pour la consultation qui se déroule,
qui, je pense, sera le forum le plus
approprié, le plus complet, le plus exhaustif, le plus compétent aussi pour
traiter globalement de toute cette question-là du milieu agricole... ce
qui n'empêche pas qu'on a fait, tu sais, il me semble, de mémoire, à travers
tous les amendements puis les discussions qu'on a eues des fois, certains
changements à la faveur de préserver le milieu agricole puis de donner certaines concessions au
milieu agricole dans la nouvelle
Loi sur l'expropriation.
Mais pour ce qui est de cet amendement-là, non
pas que je ne le trouve pas intéressant, là, puis je tiens à souligner que je
comprends tout à fait l'objectif, puis on partage, là, les collègues et nous,
cet objectif-là de s'assurer d'avoir une sensibilité pour le milieu agricole,
mais j'aurais tendance à dire qu'on va suivre la consultation de mon collègue
qui pourra donner lieu, possiblement, là, je ne sais pas, je ne veux pas lui
mettre des mots dans la bouche... je ne sais
pas si l'idée, ce sera ultimement de revoir la
Loi sur la protection des terres
agricoles, mais, bref, ce serait un élément que je laisserais dans la
consultation que fait le ministre de l'Agriculture.
La Présidente (Mme Gendron) : M. le
député de Taschereau.
M. Grandmont : Merci, Mme la
Présidente. Donc, je remercie la ministre, là, pour sa réponse. Je peux
comprendre effectivement qu'il y a un processus en cours puis qu'il y a un
forum qui est peut-être encore plus approprié, là, pour discuter de cette
question-là. J'entends, cela dit, l'ouverture de la ministre à cette
préoccupation-là que nous avons tous et toutes, et qu'effectivement nous avons
travaillé, là, à travers plusieurs amendements qui ont été apportés au projet de loi n° 22, à l'effet de
protéger les terres agricoles. Moi, je n'ai aucun souci, là, à dire qu'on peut
faire passer le relais, finalement, là, au sein de la consultation, là, qui est
menée par son collègue. Ce n'est pas moi, effectivement,
là, qui mène cette... pour mon groupe parlementaire, qui est sur ce dossier-là.
C'est ma collègue de Verdun, normalement, qui est sur ce dossier-là. Donc, moi,
je me ferai porte-parole de cette proposition d'amendement là auprès,
là, de ma collègue de Verdun.
Cela dit,
j'inviterais aussi la ministre, si elle est sensible comme elle dit l'être, à
protéger... je l'invite à aller discuter avec son collègue à l'agriculture pour
lui proposer cet amendement-là. Puis, en fait... En fait, non, je reprendrais
la question à l'envers. Là, il y a une consultation, en fait, qui se passe au
niveau de l'agriculture, mais est-ce que ça va
nécessairement mener à un projet de loi qui va être déposé par le ministre de
l'Agriculture? Est-ce qu'on a déjà cette information-là, en fait? Parce
qu'il ne faudrait quand même pas manquer cette fenêtre-là, de changer la loi
aussi en même temps, là. Excusez-moi, je
réfléchis, puis on est en début de journée, là, mais je ne veux juste pas qu'on
manque cette opportunité-là, en fait, là.
La Présidente (Mme Gendron) : Mme la
ministre.
Mme Guilbault : Oui. Bien, effectivement, c'est ça, on débute la journée
ensemble puis on réfléchit ensemble, mais
c'est juste que je... On a eu certaines discussions à l'interne avant que cette
consultation-là soit lancée, et je me
souviens d'en avoir parlé régulièrement, dans diverses rencontres et de
diverses façons, de cette consultation-là. Puis c'est pour ça que, tout à l'heure, j'ai pesé mes mots, là. Je ne
suis pas certaine... Et partons du principe que mon collègue ne s'est pas formellement engagé à déposer un
projet de loi. Mais l'important, c'est la consultation, le rapport qui va être déposé
sur la consultation. Mais comme cette...
Mme Guilbault : ...ça, c'est le... pour le dépôt du rapport,
hiver 2024, le dépôt du rapport de la consultation. Donc, ensuite, j'imagine, quand on fait une
consultation dont seront issues, probablement, des recommandations, en général,
c'est comme ça... ou, en tout cas,
des constats ou des conclusions, bien, si on veut faire des modifications, ça
peut passer par des modifications législatives, des fois, c'est
réglementaire, des fois, ça peut être autrement, des fois, ça peut être des
programmes.
Alors, c'est
pour ça que je resterais... je demeurerais tout en réserve là-dessus, là, parce
que je pense que c'est plus du ressort de mon collègue de l'Agriculture.
Mais certainement qu'on a l'intention, à la suite de la consultation, d'y
donner les suites appropriées.
Grandmont : Bien, comme je le disais, je ne voudrais pas qu'on
manque une fenêtre d'opportunité. En fait, on est en train de modifier
une loi qui pourrait avoir un impact à l'effet de protéger ou de récupérer, en
fait, des terres qui sont zonées agricoles, qui ne sont pas en exploitation
actuellement puis les ramener dans le giron agricole, dans le fond, s'assurer
de préserver notre territoire, etc.
Moi, je me pose seulement la question de :
Est-ce qu'on n'est pas en train de manquer une fenêtre d'opportunité? La
ministre disait tantôt que la consultation se termine en novembre, donc c'est
incessamment. Est-ce qu'on est capable d'essayer d'arranger les choses pour que
la ministre consulte son collègue à l'Agriculture, pour savoir si cet
amendement-là pourrait lui convenir? Moi, c'est peut-être quelque chose que je
suggérerais, là, pour éviter... à moins
qu'effectivement il y ait une proposition de modifications législatives à venir
du côté de l'agriculture, auquel cas, bien, évidemment... Mon objectif
est de ne pas perdre cette fenêtre-là, parce que j'ai l'impression que cette
disposition-là ne peut pas passer par un programme, ça doit nécessairement
passer par un changement à la loi, alors que ce soit la
loi sur les
expropriations ou que ce soit la
loi sur l'agriculture qui viendrait modifier
la
loi sur l'expropriation par la suite. C'est juste qu'il ne faudrait pas
perdre cette fenêtre-là.
Alors, probablement que la ministre est plus au
courant que moi de l'avancement... ou, en tout cas, peut plus facilement que
moi être au courant de l'avancement des consultations du ministre ou, à tout le
moins, consulter le ministre pour savoir s'il est possible... s'il est à l'aise
ou s'il est d'accord avec cette modification législative là. Mais j'aurais tendance à essayer de procéder de cette façon-là,
quitte à le suspendre momentanément puis on y revient. On sait qu'on est
probablement à la veille de terminer, là, donc la fenêtre est quand même assez
petite, mais on pourrait certainement y revenir, si la ministre s'engage ou est
intéressée à consulter son collègue à l'Agriculture.
La Présidente (Mme Gendron) : J'aurais
également une intervention de M. le député de l'Acadie.
Mme Guilbault :
...mon collègue de Taschereau, puis ensuite...
Présidente (Mme Gendron) :
Ah! désolée. Allez-y, Mme la ministre. Je m'excuse, M. le député de l'Acadie.
Mme Guilbault : Il n'y a pas de problème. C'est juste sur le point que le
collègue de Taschereau vient de faire, puis je souriais pendant qu'il parlait,
c'est juste parce qu'on est en train, en temps réel, de valider avec les
collègues de l'Agriculture. Puis là je dis : On va-tu avoir la réponse à
temps? Tu sais, on voit les trois petits points de suspension pendant que
quelqu'un est en train de répondre. Alors donc, je peux confirmer à mon
collègue que, oui, l'intention, c'est, ensuite de ça, de réviser la loi à
travers des modifications vraisemblablement législatives, si on veut modifier une loi. Donc, après la consultation, il
y aura éventuellement des modifications qui vont se faire. Alors, il y aura
une nouvelle fenêtre pour ces questions-là.
Puis, encore une fois, c'est à la suggestion des
collègues de l'Agriculture de dire : Ne faisons pas l'économie du débat
complet, alors que c'est déjà abordé dans la consultation. Et donc, c'est ça, à
travers tout le reste aussi, parce que, tu
sais, il y a des éléments qui sont inextricablement liés là-dedans, là, les
terres en friche, l'exploitation, la préservation, le zonage, la rétrocession.
On va revenir, à un moment donné, à l'article 5. Alors, il y a plusieurs
choses là-dedans, mais donc, pour cet élément-là, je le laisserais
vraiment dans la consultation.
La Présidente (Mme Gendron) : M. le
député de l'Acadie.
M. Morin : Merci. Merci, Mme la
Présidente. Bonjour, tout le monde. Content d'être avec vous en ce début de semaine. Écoutez, je veux simplement souligner
puis réitérer ce que disait mon collègue. Je comprends qu'il y a une
consultation présentement qui vise particulièrement le monde agricole, sauf que
l'amendement qui est proposé par mon collègue
vise spécifiquement l'expropriation. Et là la
loi sur l'expropriation, elle est
ouverte, on est en train de la modifier, de la regarder à peu près sous
tous ses angles.
Alors, je comprends qu'il y a une consultation
générale du monde agricole. Mme la ministre vient de nous souligner qu'il y aura par la suite, probablement,
dépôt d'un projet de loi à la suite des consultations, sauf qu'à moins que
cette nouvelle loi là apporte un amendement à la
loi sur l'expropriation, je me
dis, bien là, on est en train de regarder la
question et, indépendamment des consultations, ce que je comprends de
l'objectif qui est visé par mon collègue, c'est de préserver les terres
agricoles. On en a parlé beaucoup depuis le début de l'évaluation puis de
l'analyse
article par
article de ce projet de loi là.
Donc, je ne
voudrais pas non plus... puis c'est, au fond, la position que je réitère, je ne
voudrais pas qu'on manque cette
opportunité-là. Moi, j'avais des questionnements sur la mécanique de
l'amendement, mais, quant à l'objectif même qui est poursuivi, je pense que c'est une bonne façon de conserver et de
maintenir notre pourcentage de terres agricoles, surtout quand elles ne
sont pas utilisées, sauf si c'est pour des raisons reliées à l'agriculture,
évidemment, que la terre soit en jachère ou autrement.
Donc, je
voulais simplement apporter cet éclairage-là, Mme la Présidente. Je comprends
l'objectif que poursuit mon collègue puis je comprends aussi pourquoi il
ne veut pas manquer une fenêtre d'opportunité. Je pense que nous en avons une
là et je tenais à, finalement, appuyer ses propos. Je vous remercie.
La Présidente (Mme Gendron) : Mme la
ministre.
Mme Guilbault : Oui, bien, je vais renouveler... sans refaire
l'intervention au complet, renouveler ce que j'ai dit précédemment, à savoir
qu'en communauté d'esprit avec mon collègue de l'Agriculture, on considère
qu'il vaut mieux laisser la consultation se
faire sur, globalement, toutes les questions agricoles et la
loi sur la
protection des terres agricoles.
Présidente (Mme Gendron) : S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'amendement introduisant le
nouvel
article 198.1 est adopté?
La Présidente (Mme Gendron) : Rejeté.
Donc, le nouvel article...
La Présidente (Mme Gendron) : L'amendement
est rejeté. Parfait. Oui? Pardon?
La Présidente (Mme Gendron) : Sur
division. Parfait. Donc, poursuivons. Mme la ministre, l'article 199.
Guilbault : Oui, merci, Mme la Présidente.
Article 199 :
L'article 8 de la Loi concernant les droits sur
les mutations immobilières est modifié par le remplacement du premier
alinéa par le suivant :
«La base d'imposition d'un immeuble acquis en
remplacement d'un droit immobilier visé par une procédure d'expropriation doit, aux fins du calcul du droit
de mutation, être diminuée d'un montant égal au produit de l'aliénation
qui peut raisonnablement être attribué à ce droit immobilier.»
En commentaires :
L'article 199 du
projet de loi modifie l'article 8 de la Loi concernant les droits sur les
mutations immobilières afin de clarifier la base d'imposition d'un immeuble
acquis en remplacement d'un droit immobilier visé par une procédure
d'expropriation. Cette base d'imposition serait celle du deuxième alinéa de
l'article 2 de cette loi, soit le plus élevé parmi le montant de la
contrepartie fournie pour le transfert de l'immeuble, le montant... de l'immeuble, virgule, le montant de la contrepartie
stipulée pour le transfert de l'immeuble et le montant de la valeur
marchande de l'immeuble au moment de son transfert.
Cette base serait toutefois, pour les fins du
calcul du droit de mutation, diminuée d'un montant égal au produit de
l'aliénation qui peut raisonnablement être attribué à ce droit immobilier
lorsque ce dernier est visé par une procédure
d'expropriation. Tel serait le cas dès qu'un avis d'expropriation visant ce
droit aurait été signifié en vertu de l'article 9
du projet de loi, et ce, que la cession se réalise de gré à gré ou par
expropriation, à la suite de cette signification.
Enfin, certaines personnes retiennent
actuellement que le transfert de propriété de l'immeuble exproprié doit être complété avant que la
partie expropriée
acquière l'immeuble de remplacement pour que celle-ci puisse bénéficier
de l'exemption, et ce, en raison de l'utilisation actuelle du passé composé
dans la rédaction de l'article 8 de la Loi concernant les droits sur les mutations
immobilières. Le nouveau libellé vise à faire ressortir la volonté que cette disposition s'applique dans tous les cas où une
personne acquiert un immeuble en remplacement d'un droit visé par une
procédure d'expropriation, et ce, que le nouvel immeuble soit acquis avant ou
après le transfert du droit exproprié.
La Présidente (Mme Gendron) : Y
a-t-il des interventions? M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Merci, Mme la Présidente.
Donc, dans les faits, concrètement, à quoi ça correspond et qu'est-ce que ça
implique pour l'exproprié?
Mme Guilbault : Oui, si le collègue est d'accord, je laisserais répondre
notre collègue Me Massé.
La Présidente (Mme Gendron) : Est-ce
qu'il y a consentement pour que Me Massé prenne la parole?
M. Morin : Il y a consentement, Mme
la Présidente.
La Présidente (Mme Gendron) : Si
vous voulez bien vous nommer et dire votre titre, s'il vous plaît.
Mme Massé
(Julie) : Oui, bonjour. Julie Massé, avocate légiste à la
Direction des affaires juridiques, Transports et Mobilité durable.
Donc,
l'article 199, ce que ça vise, c'est à venir clarifier un texte qui était,
je dirais, circulaire, c'est-à-dire que l'intention et le texte ne se
rejoignaient pas, malheureusement.
À l'article 8, on parle... En fait, ce
qu'il faut savoir, c'est que, quand on calcule un droit de mutation, on doit le calculer sur la base d'imposition qui est
définie à l'article 2 de cette loi-là. Essentiellement, ce que ça dit,
l'article 2, c'est qu'il faut choisir
le montant le plus élevé parmi la contrepartie fournie, la contrepartie
stipulée ou la valeur marchande, et c'est là-dessus qu'on va mettre
notre base d'imposition.
Par contre, l'article 8, actuellement,
comme il se lit, on vient enlever la valeur de l'immeuble exproprié de la
valeur de la contrepartie fournie seulement — ça, c'est les faits de texte — ce
qui fait que, quand on arrive à la base d'imposition,
si on applique à la lettre le texte de la loi, on ne pourra pas venir choisir
la contrepartie fournie parce que ça ne sera pas le montant qui est
maximum. Donc, on va venir... C'est comme si, justement, parce qu'on ne pourra
plus venir choisir la contrepartie fournie mais on va prendre la contrepartie
stipulée ou la valeur marchande, bien, on annulait l'effet prévu à
l'article 8. Donc, on est venu prévoir pour que ce soit clarifié pour
qu'on puisse appliquer maintenant la lettre et le texte.
Et également, on disait «lorsqu'il a cédé
lors d'une expropriation», il y a certaines... il y a eu certaines
municipalités qui ont discuté parce que, parfois, les gens acquièrent
l'immeuble avant de se faire exproprier, d'autres fois après, mais c'est un
immeuble de substitution parce qu'ils ont perdu leur résidence, alors certaines
municipalités venaient jouer sur le temps de verbe pour que ça ne s'applique
pas. Donc, on vient clarifier que, peu importe que l'acquisition soit faite avant ou après le transfert de propriété, la
disposition va s'appliquer. Donc, c'est à l'avantage du citoyen pour
l'application.
M. Morin : Donc, quand vous dites
«va s'appliquer», donc quand un exproprié, par exemple, perd son immeuble puis décide de se relocaliser dans la
même municipalité, là, bon, un peu plus loin, donc, les droits de mutation,
il les paie ou il ne les paie pas?
Mme Massé
(Julie) : Il va en payer sur la différentielle. Donc, s'il s'achète un
immeuble de 225 000 $, son immeuble
valait 200 000 $, donc on va réduire, ça fait qu'il va payer les
droits de mutation seulement sur le 25 000 $.
M. Morin : D'accord. Et ça, c'est
l'article 8 qui le prévoit.
Mme Massé (Julie) : Oui.
M. Morin : O.K. Parce que, je vous
ai écouté attentivement, je suis heureux que vous puissiez nous partager un
exemple, parce que ce n'était pas très clair pour moi que c'est ça que ça va
faire.
Mme Massé (Julie) : Le texte n'était
pas facile à comprendre. Il y a eu la doctrine qui est venue mentionner cette incohérence de texte et d'effet. C'est pour
ça qu'on est venu le clarifier et ramener le texte à la base d'imposition.
Dans certains dossiers, il y a eu des discussions, ça ne remonte pas souvent
jusqu'aux affaires juridiques, mais j'ai eu des collègues qui ont eu des
discussions sur l'application, il a fallu plus discuter avec les municipalités.
Donc, c'est ce qu'on vise à faire, que ce soit plus simple d'application et que
l'intention soit respectée.
M. Morin : Puis... et ça, c'est dans
tous les cas dans toutes les municipalités que la personne expropriée va avoir
à payer des droits de mutation?
Mme Massé (Julie) : Je ne pourrais
pas répondre. Peut-être... Je n'ai pas la réponse. En fait, c'est...
M. Morin : O.K. Puis est-ce qu'il
arrive que l'exproprié demande comme indemnité à l'expropriant de payer,
justement, le droit de mutation sur la différence de la valeur de l'immeuble?
Parce qu'au fond, ce n'est pas... Je
comprends que l'exproprié essaie de se relocaliser, mais ce n'est pas lui qui a
demandé à être exproprié, donc ce n'est pas toujours à coût nul. C'est
ce que je comprends?
Mme Massé (Julie) : En fait, la
partie supplémentaire, les droits de mutation sont payés par l'exproprié. Ce
n'est pas quelque chose qui peut être réclamé à l'expropriant.
M. Morin : Puis ça n'a jamais été
fait dans le passé, à votre connaissance?
Mme Massé (Julie) : Non, ça n'a pas
été fait.
M. Morin : O.K. Je vous remercie.
La Présidente
(Mme Gendron) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Donc,
s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux
voix. Est-ce que l'article 199 est adopté?
La Présidente (Mme Gendron) : Donc, l'article
est adopté. Allons à l'article 200. Mme la ministre.
Mme Guilbault : Oui.
Article 200. La
Loi sur l'expropriation est
abrogée.
commentaire :
L'article 200 du projet de loi abroge la
Loi sur
l'expropriation en raison de son remplacement par le présent projet de
loi. Je n'ai pas d'autre intervention.
La Présidente (Mme Gendron) : Donc,
aucune intervention.
L'article 200 est-il adopté?
La Présidente (Mme Gendron) : Passons
à l'article 201.
Guilbault : Oui.
Article 201 :
L'article 119 de
la
Loi sur la justice administrative est modifié par le remplacement du
paragraphe 2° par les suivants :
«2° une
demande présentée en vertu de l'article 30 de la Loi concernant
l'expropriation portant sur l'expropriation totale ou partielle du
résidu d'un immeuble;
«3° une demande présentée en vertu de
l'article 35 de la Loi concernant l'expropriation portant sur un
désistement total ou partiel de la procédure d'expropriation;
«3.1° une demande présentée en vertu du premier
alinéa de l'article 53 de la Loi concernant l'expropriation portant sur le
retrait ou la modification d'une déclaration détaillée;
«3.2° une demande présentée en vertu de
l'article 64 de la Loi concernant l'expropriation portant sur la
prolongation d'un interrogatoire préalable;
«3.3° une demande présentée en vertu de
l'article 65 de la Loi concernant l'expropriation afin de mettre fin à un
interrogatoire préalable;
«3.4° une demande
présentée en vertu du premier alinéa de l'article 71 de la Loi concernant
l'expropriation pour obtenir une indemnité provisionnelle complémentaire;
«3.5° une demande présentée en vertu de
l'article 74 de la Loi concernant l'expropriation portant sur une demande
de trancher un désaccord sur les dépenses qui peuvent être engagées;
«3.6° une demande présentée en vertu du deuxième
alinéa de l'article 78 de la Loi concernant l'expropriation portant sur une demande visant le déplacement
d'une construction sur un immeuble de l'expropriant ou de l'exproprié;
«3.7° une demande incidente présentée en vertu
de l'un des paragraphes 1°, 2° et 4° du premier alinéa de l'article 108 de la
Loi concernant l'expropriation portant, selon le cas, sur la détermination de
l'usage le meilleur et le plus profitable du
droit exproprié, sur la détermination de l'approche d'indemnisation devant être
retenue pour établir l'indemnité définitive ou sur la détermination de
la valeur marchande d'un droit qui est transféré afin de tenir lieu
d'indemnité;».
En commentaires :
L'article 201 du
projet de loi modifie l'article 119 de la
Loi sur la justice
administrative afin de s'assurer que
certaines demandes présentées au TAQ en vertu des dispositions du projet de loi
seraient instruites et jugées d'urgence afin d'accélérer le processus
d'expropriation et de faciliter l'instance en fixation de l'indemnité
d'expropriation.
Tel serait le cas de la demande portant sur
l'expropriation totale ou partielle du résidu d'un immeuble, de celle portant
sur un désistement total ou partiel de la procédure d'expropriation, de celle
portant sur le retrait ou la modification d'une déclaration détaillée, de celle
portant sur la prolongation d'un interrogatoire préalable ou visant à y mettre
fin, de celle pour obtenir une indemnité provisionnelle complémentaire, de
celle portant sur une demande de trancher un désaccord sur les dépenses qui
peuvent être engagées, de celle visant le déplacement d'une construction sur un
immeuble de l'expropriant ou de l'exproprié et de celles incidentes qui portent
sur la détermination de l'usage le meilleur et le plus profitable du droit
exproprié, sur la détermination de l'approche d'indemnisation devant être retenue pour établir l'indemnité définitive ou sur
la détermination de la valeur marchande d'un droit qui est transféré afin
de tenir lieu d'indemnités.
Ces modifications sont aussi de concordance avec
l'abrogation de la
Loi sur l'expropriation.
Et j'ai un amendement à l'article 201.
La Présidente (Mme Gendron) : Il est
déjà disponible sur Greffier.
Mme Guilbault : Parfait. Donc : À l'article 201 du projet de
loi :
1° insérer,
avant le paragraphe 2° de l'article 119 de la
Loi sur la justice administrative
qu'il propose, le paragraphe suivant :
«1.1° une
demande présentée en vertu de l'article 11 de la Loi concernant
l'expropriation portant sur la détermination de la valeur marchande d'un
droit qui est transféré afin de tenir lieu d'indemnité;»;
2° remplacer, dans le paragraphe 3.5° de cet
article 119, «les dépenses qui peuvent être engagées» par «un budget de
dépenses»;
3° supprimer le paragraphe 3.7° de cet
article 119.
commentaires : Il est proposé de modifier l'article 101 du projet de
loi en concordance avec les modifications apportées à l'article 74,
pour le paragraphe 3.5°, et à l'article 108, pour les paragraphes
1.1° et 3.7°.
J'ai terminé, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Gendron) : Parfait.
Y a-t-il des interventions? M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Oui.
Alors, je comprends que la modification que vous apportez à la
Loi sur la
justice administrative, c'est pour, en fait, que toutes ces instances-là
soient jugées d'urgence. Est-ce que je comprends bien?
M. Morin : O.K.
Donc... Oui, merci. Alors, les... incluant des demandes en indemnisation, si je
comprends bien?
Mme Guilbault : Bien, la fixation de l'indemnité d'expropriation.
M. Morin : C'est ça. Donc, ça, ça
doit être jugé d'urgence.
Mme Guilbault : Bien, si les collègues sont d'accord, Me Massé va...
M. Morin : Oui, oui, absolument.
Tout à fait.
La Présidente (Mme Gendron) : Me Massé.
Mme Massé (Julie) : Oui. Ce qu'on
vise, c'est, quand le tribunal va se pencher sur certaines demandes, par
exemple, quand on veut que le bien... Dans un transfert de biens, est-ce qu'on
déplace le bien sur un immeuble de l'expropriant?
Est-ce que cet immeuble-là va servir d'indemnité? Est-ce que c'est
l'expropriation totale ou juste une
partie de l'immeuble? Ça, ça a des incidences au cours de l'expropriation, de
la procédure pour le déplacement de l'exproprié pour les
choix qu'il va faire. Donc, ces demandes-là, on veut qu'elles soient instruites
et jugées d'urgence. Par contre, comme tout le reste, tout ce qui peut
prendre plus de temps, donc, il n'y a pas d'incidence sur la relocalisation de
l'exproprié. Là, on ne l'a pas inclus dans les dispositions qui doivent être
jugées d'urgence.
M. Morin : Puis,
dans les dispositions que vous avez avec les amendements, est-ce qu'il y en a
qui visent les locataires?
Mme Massé (Julie) : Il y aurait la demande
pour un désistement total ou partiel qui pourrait affecter un locataire.
M. Morin : Notamment
de la part de l'expropriant?
Mme Massé (Julie) : De l'expropriant, un
désistement, également... tu sais, une modification d'une déclaration
détaillée lors d'un... pour obtenir une indemnité provisionnelle
complémentaire, un locataire pourrait aussi être favorisé, les demandes de trancher un désaccord sur un budget de
dépenses également. Donc, ça, c'est ceux qui touchent principalement...
qui pourraient toucher un locataire.
M. Morin : Puis
l'indemnité, par exemple, qui pourrait permettre à un locataire de se
repositionner ou de se trouver un autre logement, est-ce que ça, ça pourrait
être aussi jugé d'urgence?
Mme Massé (Julie) :
L'instance... parce que ça, c'est la détermination de l'indemnité
définitive. Donc, sur le volet de
l'indemnité définitive, ce ne serait pas jugé instruit d'urgence. Par contre,
si le locataire a besoin d'une indemnité provisionnelle complémentaire pour se relocaliser rapidement et avoir de
l'argent, là, à ce moment-là, ça, c'est instruit et jugé d'urgence.
M. Morin : Puis
ça, c'est votre amendement à l'article 201 qui va le prévoir dorénavant.
Mme Massé
(Julie) : Pour ce qui est de l'indemnité provisionnelle
complémentaire, c'était déjà prévu au paragraphe 3.4 qu'on ajoutait
dans le projet de loi, à l'article 201 du projet de loi.
M. Morin : O.K.,
donc dans la version qu'on a lue précédemment?
Mme Massé
(Julie) : Oui.
M. Morin :
O.K. Et donc une demande, par exemple, qui serait présentée pour mettre fin à
un interrogatoire préalable... puis là, bien, c'est pour les immeubles qu'on a
vus, on a augmenté la valeur, là, c'est 750 000 $, si mon souvenir
est bon. Donc, ça, ça pourrait être jugé d'urgence?
Mme Massé
(Julie) : Pour... oui, oui, effectivement.
M. Morin : O.K. Puis le tribunal administratif va être en
mesure, j'imagine... bien, ils n'auront pas le choix, ils vont être obligés de se conformer à tout ça, parce
que vous allez avoir une série, j'imagine, d'audiences en expropriation. Puis, au même moment, vous allez avoir plusieurs,
donc, demandes qui vont être jugées de façon urgente, puis le juge administratif
va devoir trancher ça rapidement.
Mme Massé (Julie) : Ce qu'on me dit, c'est
que c'est généralement rapide quand même pour ces décisions-là, parce
que, sinon, ça vient empêcher le déroulement de l'expropriation. Donc, ce
n'était pas un enjeu.
M. Morin : O.K.
Je vous remercie.
La Présidente (Mme Gendron) : Y
a-t-il d'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'amendement à l'article 201 est
adopté?
La Présidente (Mme Gendron) : Adopté. Maintenant, est-ce que... S'il n'y a pas
d'autre intervention... Est-ce qu'il y a des interventions en lien avec
l'article 201? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à
la mise aux voix. Est-ce que l'article 201 est adopté?
La Présidente (Mme
Gendron) : Adopté. Maintenant, l'article 202, Mme la ministre.
Mme Guilbault : Oui, Mme la Présidente. À ce stade-ci, je solliciterais le consentement
de mes collègues pour revenir à l'article 165 et les suivants qu'on
avait suspendus, par rapport à des questions qui touchaient la STM, les
tunnels, et tout ça. Et nous, on serait prêts.
La Présidente (Mme
Gendron) : Est-ce qu'il y a consentement pour reprendre
l'article 165 suspendu?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Gendron) :
Consentement. Donc, l'article 165.
Mme Guilbault : Oui, est-ce que je l'avais lu? Non, hein?
La Présidente (Mme Gendron) : Non,
il faudrait le relire, Mme la ministre.
Guilbault : O.K.,
parfait. Et j'aurai un amendement aussi ou... en fait, est-ce que vos... Est-ce
que votre équipe a besoin d'une courte suspension pour...
La Présidente (Mme Gendron) : Parfait,
oui. Donc, je suspends les travaux quelques minutes. Merci.
(Suspension de la séance à 10 h 28)
La Présidente (Mme Gendron) : Nous
reprenons donc nos travaux à l'étude de l'article 165 suspendu. Mme la
ministre.
Mme Guilbault : Oui. Merci, Mme la Présidente. Donc,
article 165 : «Aux fins du présent titre, le mot "tunnel" comprend également toute
infrastructure souterraine, notamment les stations, les gares, les garages et
les stationnements.»
En commentaire : Les articles 165 à 169
encadrent le transfert de droit de plein droit en lien avec les projets
d'infrastructure de transport.
L'article 165 du projet de loi définit le
mot «tunnel» afin d'en élargir la portée. Ainsi, ce mot comprend les tunnels, mais également toute infrastructure
souterraine, notamment les stations, les gares, les garages et les
stationnements.
Et j'ai un amendement à l'article 165.
Remplacer l'article 165 du projet de loi par le suivant :
«165. Aux fins de la présente
partie :
«1° le mot "tunnel" comprend également
toute infrastructure souterraine, notamment les stations, les gares, les
garages et les stationnements;
l'expression "volume souterrain" correspond au volume occupé par le
tunnel par une épaisseur de cinq mètres entourant la paroi intérieure
bétonnée du tunnel et par les ancrages nécessaires pour immobiliser le tunnel.»
Commentaire : Il est proposé de modifier
l'article 165 du projet de loi afin d'y ajouter une définition de
l'expression «volume souterrain».
La Présidente (Mme Gendron) : Y
a-t-il des interventions? M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. Alors, je comprends, avec votre amendement, Mme la ministre, que vous voulez donc revoir la définition de «tunnel»,
mais vous voulez ajouter également «volume souterrain», «volume
souterrain» qu'on retrouve, en tout cas, en partie, dans le «tunnel», à 166.
Pour la définition de «tunnel», on a aussi un amendement qu'on aimerait...
bien, qu'on aimerait présenter parce qu'on a envoyé au Greffier, mais qui
reprend davantage ce qui avait été demandé
par la STM dans son mémoire. Et je comprends que la définition que vous proposez
ne reprend pas exactement ce que la STM, en fait, souhaitait obtenir dans la
définition de «tunnel».
Et donc, je me demandais si votre définition va
évidemment inclure toutes les situations prévues, parce que, dans son mémoire, la STM, notamment à
l'article 165, demandait à ce qu'on parle également de structures auxiliaires,
de puits, de galeries de ventilation, etc.
C'était recommandé par eux dans... afin de compléter la définition de «tunnel» pour
leurs fins également. Et je vois que, nous, nous l'avons fait dans l'amendement
qu'on a envoyé au Greffier, mais ce n'est
pas le cas dans votre amendement, et je voudrais juste m'assurer, compte tenu,
évidemment, de l'expertise de la STM dans ce genre de dossier là et
puisqu'on est en train d'étudier la loi, on n'y échappera pas ou qu'on
n'oubliera pas quelque chose.
La Présidente (Mme Gendron) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault : Oui, bien, écoutez, c'est vrai qu'on a eu plusieurs discussions avec la
STM, rappelez-vous, la semaine
dernière. D'ailleurs, c'est la raison pour laquelle on a suspendu, parce qu'on
n'avait pas finalisé nos discussions avec la STM pour, finalement,
l'atterrissage de nos articles et des amendements, parce que j'aurais un
amendement aussi aux articles suivants. Et les décisions qui ont été prises sur
ce qu'on a inclus ou non dans la définition du tunnel s'expliquent par...
Puis,
vous voyez, c'est ça, là, j'attendais que notre collègue revienne, parce que
c'est un nouveau collègue qui, je pense, n'a pas encore pris la parole,
peut-être, à ce jour, mais qui est dans la salle depuis le début, qui pourrait
venir nous expliquer plus en détail
les raisons pour lesquelles certains choix ont été faits de retenir ou non
certains éléments entre ce qui avait
été proposé à l'origine, parce que monsieur n'était pas dans la salle, mais ce
qui a été proposé à l'origine dans le mémoire de la STM, et ce qui a été retenu
au final dans le... à la fois, l'article est repris dans l'amendement. Donc,
si les collègues sont d'accord, j'introduirais notre collègue M. Lebrun...
Me Lebrun.
La Présidente (Mme Gendron) : Est-ce
qu'il y a consentement pour introduire M. Lebrun?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Gendron) : M.
Lebrun, si vous voulez bien vous nommer et dire votre titre.
M. Lebrun
(Ghislain) : Bonjour.
Ghislain Lebrun. Je suis directeur des acquisitions immobilières au ministère
des Transports et de la Mobilité durable.
M. Morin : Donc, en fait, la
discussion qu'on avait, c'est que, quand la STM est venue témoigner et qu'ils
nous ont déposé un mémoire, ils avaient... Ils voulaient avoir des
précisions... ou, en tout cas, que la définition de «tunnel» soit modifiée pour
inclure d'autres structures.
Comme je le disais tout à l'heure, évidemment,
je reconnais l'expertise de la STM dans le domaine de la gestion des tunnels et
de ce qu'ils doivent faire pour bien gérer le réseau. Et dans l'amendement que
Mme la ministre vient de présenter, je
notais que ça ne correspondait pas exactement à ce que la STM avait suggéré
dans son mémoire. Je soulignais
également qu'on a nous-mêmes préparé un amendement à 165, qu'on a envoyé au
Greffier, qui reprend, en fait, le mémoire de la STM pour s'assurer
qu'on n'oublie rien. Mais Mme la ministre nous disait que vous aviez eu des discussions avec la STM qui faisaient en
sorte que ça représenterait l'amendement que Mme la ministre présente.
Alors, je
voudrais juste avoir plus d'information, et bien comprendre, puis de nous
assurer qu'on n'oublie rien.
M. Lebrun (Ghislain) : ...vous
faites allusion, notamment, là, à la question d'ajouter, à 165, les structures
auxiliaires, les centres d'attachement, les galeries et ventilations et les
puits?
Morin : Oui, entre autres, qui se retrouvent... C'était
une demande dans le mémoire de la STM, tout à fait, vous avez raison.
M. Lebrun (Ghislain) : Oui.
Effectivement, moi, j'ai eu des discussions avec la STM, notamment sur cet élément-là. La STM convenait que le libellé qu'on
proposait était suffisamment large pour inclure l'ensemble des structures,
notamment celles qui sont prévues dans la proposition de la STM. Donc, quand on
parle de toute infrastructure souterraine, notamment les stations, les
garages... les gares, pardon, les garages et les stationnements, donc, on parle
de... «toute infrastructure», ça vient
englober l'ensemble des demandes qui étaient formulées par la STM, puis ils
étaient en accord avec cette proposition-là.
M. Morin : Donc, ça engloberait
également les structures auxiliaires, les centres d'attachement, les galeries
de ventilation et les puits.
M. Lebrun (Ghislain) : Oui, tout à
fait.
M. Morin : Parce qu'on parle de
toute infrastructure...
M. Lebrun (Ghislain) : On parle
toujours... souterraine.
Morin : ...souterraine. Et je comprends que, pour les fins
de la STM, quand on parle de centres d'attachement, de galeries de ventilation,
de puits, c'est totalement des infrastructures souterraines.
M. Lebrun (Ghislain) : Il peut y
avoir une
partie qui est en surface, mais ces articles-là visent vraiment
l'ensemble des structures qui sont sous les niveaux de la surface. Donc, on
vient couvrir... parce qu'on parle de... vraiment, des enjeux, des éléments,
là, qui se rattachent à la
partie souterraine de l'ensemble des structures qui
sont requises pour la construction du tunnel et de toutes les composantes
afférentes, notamment les puits de service, les puits de ventilation, toutes
les autres structures.
M. Morin : D'accord. Parce qu'en
fait la
partie IV de la loi s'intitule Transfert de droit de plein droit,
donc, je comprends que, par l'effet de la loi, la STM, puis éventuellement ça
pourrait être d'autres sociétés de transport, vont
faire en sorte qu'ils vont devenir éventuellement propriétaires des différentes
structures. Est-ce que je me trompe?
M. Lebrun
(Ghislain) : Oui. À partir du moment où... Bien, en fait, ce
que le projet de loi vient identifier, là, c'est deux volumes différents, donc,
la
partie entre zéro et 15 mètres et le 15 mètres et plus. Donc, dans
le 0-15 mètres, s'il y a une
partie de la
structure qui touche à ce volume-là, le corps expropriant, vous avez mentionné
que ça peut être d'autres sociétés de
transport, mais ça peut être également le ministère, ça pourrait être... Le
corps expropriant doit signifier un avis d'expropriation au propriétaire
en surface, propriétaire du volume. Donc, le propriétaire est notifié et, s'il a éventuellement des dommages, bien, il
pourra déposer une réclamation, en vertu... mais le fardeau lui appartient
de démontrer qu'il a un préjudice et qu'il a droit à une indemnité, un peu
comme une expropriation en surface.
À partir du
15 mètres, le corps expropriant devient, de facto, propriétaire du volume,
donc il n'a pas à signifier un avis d'expropriation. Cependant, ça
n'enlève pas les recours éventuels au propriétaire en surface, s'il constate
ultérieurement que l'effet de la structure souterraine qui est construite en
dessous de son terrain, à 15 mètres et plus toujours, lui cause un préjudice. On pourrait penser peut-être à... s'il
concède qu'il y a des vibrations ou quelque chose comme ça, il y aurait... Il conserve son recours.
Encore une fois, c'est à lui à démontrer le préjudice qu'il a subi, mais on
n'est plus dans... on n'a pas à lui signifier un avis d'expropriation en
dessous du 15 mètres.
Morin : Parce que l'organisme comme tel, ça peut être le
ministère des Transports, ou la société de transport, avec la loi, va
devenir propriétaire du bien en question.
M. Lebrun (Ghislain) : Oui, tout à
fait. Oui, et, entre le 0-15 mètres, c'est une distance qu'on jugeait
suffisamment importante pour... parce que, quand on regarde, là, l'ensemble des
structures qui sont construites, qui peuvent être construites dans un volume
comme ça, bien, on pensait que c'était... c'est exactement... ça reproduit
exactement les dispositions qui ont été prises dans la
loi sur le tramway, la
loi sur le réseau structurant puis la
loi sur le
REM. On pense que ça donne quand même une bonne marge de manoeuvre pour le
propriétaire, et à la fois pour la propriétaire, et pour le corps expropriant.
Puis, dans le 0-15 mètres, on veut signifier un avis d'expropriation pour
protéger les droits des propriétaires. Donc, c'est pour ça qu'on introduit...
C'est pour protéger le droit de l'exproprié.
M. Morin : D'accord.
Et donc, pour la partie, par exemple, d'un puits ou une galerie de ventilation
qui serait, par exemple, je ne sais pas, moi, en
partie à l'extérieur, donc, à
ce moment-là, qu'est-ce qui arrive? Parce que, j'imagine, ça appartient
à la société de transport.
M. Lebrun (Ghislain) : Si on est...
Si vous avez un nouveau puits de ventilation qui serait installé, par exemple, bien là, il faut qu'il y ait un avis
d'expropriation, qui peut aussi être discuté en gré à gré, là, mais il faut
qu'il y ait... On procède un peu de
la même manière que quand... Enfin, on procède de la même manière que quand
on... que si on faisait une intervention sur le terrain, en surface, en
termes d'acquisition.
M. Morin : Et pour une
partie
de, par exemple, la galerie de ventilation, éventuellement, la société de
transport ou le ministère en deviendrait propriétaire ou pas?
M. Lebrun (Ghislain) : Oui, tout à
fait, oui.
M. Morin : Parce que là... mais
ça ne serait pas inclus dans le mot «tunnel»?
M. Lebrun (Ghislain) : Bien, c'est
couvert par les infrastructures souterraines.
M. Morin : Mais en partie?
M. Lebrun (Ghislain) : Bien, la
partie qui est effectivement souterraine. Pour la
partie en surface, bien là...
M. Morin : Parce que c'est la
même structure immobilière, mais il y a un morceau qui est en surface puis
l'autre qui est souterrain, donc...
M. Lebrun (Ghislain) : ...je
m'excuse.
M. Morin : Non, je vous écoute.
M. Lebrun (Ghislain) : Pour la
partie en surface, bien, il faut qu'il y ait une négociation avec le
propriétaire, soit en gré à gré, soit par expropriation, puis qu'on convienne
d'une indemnité. D'ailleurs, c'est comme ça un peu qu'on fonctionne dans la
ligne bleue. On en a, des structures auxiliaires, là, qui sont des structures
d'alimentation électrique où il y a des puits de ventilation, puis c'est
exactement de cette manière-là qu'on procède.
M. Morin :
O.K. Merci.
La Présidente (Mme Gendron) : Y
a-t-il d'autres interventions? M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui, merci.
Bonjour, M. Lebrun. Merci d'être présent aujourd'hui pour nous éclairer.
J'aimerais juste comprendre, en fait, un peu,
là, le rationnel. Je comprends que la STM s'est dite d'accord avec le libellé,
là, pour la définition du mot «tunnel» puis les différentes infrastructures,
là, qui sont nommées. Là, il y a une modification... Non,
on a toujours le mot «notamment». Pourquoi, en fait, la STM proposait d'aller
plus loin dans la définition des éléments
qui composent un tunnel puis que, finalement, elle se trouve à l'aise avec la
proposition telle que libellée actuellement?
M. Lebrun (Ghislain) : Bien, je
pense qu'ils ont fait la proposition. Nous, on avait déjà préparé un libellé,
on leur a proposé. On leur a expliqué qu'on croyait que notre libellé était
suffisamment large pour couvrir l'ensemble des éléments. C'est tout simplement
pour ça.
M. Grandmont : O.K.
Parfait. La STM, toujours dans leur mémoire, là, proposait, là, d'ajouter, à
l'article 166, mais j'ai l'impression que vous le touchez à travers
le deuxième paragraphe, là, de l'amendement qui est proposé, là, elle disait : «Dans l'éventualité où
l'installation d'ancrages est nécessaire au-delà d'une épaisseur de cinq mètres
entourant la paroi intérieure bétonnée du tunnel, le volume souterrain
transféré inclut également celui occupé par les tirants et les boulons.»
Est-ce que, dans le fond, avec ce libellé-là,
donc, le deuxième paragraphe se termine par «et par les ancrages nécessaires
pour immobiliser le tunnel», est-ce qu'on vient répondre à cette préoccupation
qu'avait la STM?
M. Lebrun (Ghislain) : Les ancrages,
ça inclut effectivement les tirants et les boulons.
M. Grandmont : Parfait. Merci.
La Présidente (Mme Gendron) : D'autres
interventions? Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder
à la mise aux voix. Est-ce que l'amendement à l'article 165 est adopté?
Présidente (Mme Gendron) : Maintenant, est-ce qu'il y a des interventions en
lien avec l'article 165? Pardon?
La Présidente (Mme Gendron) : Oui,
exactement, tel qu'amendé. Donc, s'il n'y a pas d'intervention, est-ce que
l'article 165 est adopté?
La Présidente (Mme Gendron) : Merci.
Donc, passons à l'article 166. Mme la ministre.
Mme Guilbault : Merci.
Article 166 : «Lors de travaux de construction d'un
tunnel lié à un projet d'infrastructure de transport, la personne qui
peut réaliser une expropriation pour ce projet en vertu de la loi ou, le cas
échéant, celui pour le compte de qui une
personne peut exproprier pour ce projet en vertu de la loi devient, dès le
début de ces travaux, sans formalité ni indemnité, mais sous réserve
d'une demande d'indemnité en réparation des préjudices subis en raison de ce
transfert de droit, propriétaire du volume souterrain occupé par le tunnel et
d'une épaisseur de 5 mètres entourant la paroi intérieure bétonnée du
tunnel lorsque la limite supérieure du tunnel est à une distance d'au moins
15 mètres de la surface du sol. De plus, cette personne ou celui pour le compte
de qui une personne peut exproprier, selon le cas, est réputé titulaire d'une
servitude légale établie en faveur du volume occupé par le tunnel et limitant à
250 kilopascals la contrainte appliquée à la surface supérieure de ce
volume.
«Celui qui procède à ces travaux doit toutefois,
dès le début de ceux-ci, signifier au titulaire d'un droit portant sur
l'immeuble concerné par ces travaux un avis de l'existence de ceux-ci et de la
teneur du présent article.
«Dans l'année
qui suit la fin des travaux, le nouveau propriétaire du volume souterrain et
titulaire de la servitude dépose dans ses archives une reproduction d'un
plan qui respecte les exigences du deuxième alinéa de l'article 2841 du Code civil faite par une personne qu'il a
autorisée et montrant la projection horizontale de ce tunnel. Le premier alinéa
de l'article 3042 de ce code s'applique, le cas échéant. Il inscrit ensuite ce
plan au Bureau de la publicité foncière et l'Officier de la publicité foncière
doit le recevoir et en faire mention au registre foncier.
«Le présent
article ne s'applique pas aux biens
du domaine de l'État.»
En commentaire :
L'article 166 du
projet de loi établit le processus de transfert de droit de plein droit lors de
travaux de construction d'un tunnel lié à un projet d'infrastructure de
transport.
Les personnes qui pourraient acquérir des droits
de plein droit lors de ces travaux sont celles qui peuvent réaliser une
expropriation pour ce projet et celles pour le compte de qui elles peuvent
exproprier pour ce projet. Une telle personne deviendrait, dès le début de ces
travaux, sans formalité ni indemnité, propriétaire du volume souterrain occupé
par le tunnel et d'une épaisseur de cinq mètres entourant la paroi intérieure
bétonnée du tunnel lorsque la limite
supérieure du tunnel est à une distance d'au moins 15 mètres de la surface
du sol. De plus, cette personne serait réputée titulaire d'une servitude
légale établie en faveur du volume occupé par le tunnel et limitant à
250 kilopascals la contrainte appliquée à la surface supérieure de ce
volume.
Cette
personne devrait toutefois, dès le début des travaux, signifier au titulaire
d'un droit portant sur l'immeuble concerné par ces travaux un avis de
l'existence de ceux-ci et de la teneur du présent article. Dans la mesure où ce
titulaire subirait un préjudice en raison de ce transfert
de droit, il pourrait demander une indemnité en réparation de ce préjudice.
Dans l'année qui suit
la fin des travaux, cette personne, qui est le nouveau propriétaire du volume souterrain
et titulaire de la servitude, déposerait
dans ses archives une reproduction d'un plan qui montre la projection
horizontale de ce tunnel. Cette personne devrait, en territoire
cadastré, soumettre au ministre responsable du cadastre un plan, qu'il approuverait
pour le propriétaire, afin que soient immatriculées la
partie requise et la
partie résiduelle. Il inscrirait ensuite ce
plan au Bureau de la publicité foncière et l'Officier de la publicité foncière
devrait le recevoir et en faire mention au registre foncier.
enfin, ce processus de transfert de droit de plein droit ne s'appliquerait pas
aux biens du domaine de l'État.
Et l'amendement à
l'article 166 : À l'article 166 du projet de loi :
1° dans le premier
alinéa :
remplacer «occupé par le tunnel et d'une épaisseur de cinq mètres entourant la
paroi intérieure bétonnée du tunnel lorsque la limite supérieure» par
«lorsque la limite supérieure de la paroi extérieure bétonnée»;
b) remplacer «faveur
du volume occupé par le tunnel» par «faveur du volume souterrain»;
2° remplacer, dans le
troisième alinéa, «tunnel» par «volume souterrain»;
3° remplacer le
quatrième alinéa par le suivant :
nouveau propriétaire doit signifier au titulaire d'un droit portant sur
l'immeuble visé par un transfert de droit prévu au présent
article un
avis l'informant de cette inscription.»
En commentaire :
Il est proposé de modifier l'article 166 du projet de loi afin de
clarifier que la distance d'au moins 15 mètres de la surface du sol se
mesurerait à partir de la limite supérieure de la paroi extérieure bétonnée du tunnel et afin de préciser que la servitude légale
serait établie, en faveur du volume souterrain occupé par le tunnel, par
l'épaisseur de cinq mètres qui entoure la
paroi intérieure bétonnée du tunnel et par les tirants et boulons d'ancrage et
que le plan devra montrer la projection horizontale de ce volume
souterrain.
Il est aussi proposé
d'y prévoir que le nouveau titulaire du droit devrait signifier à l'ancien
titulaire un avis l'informant de l'inscription au registre foncier du plan. La
consultation de ce plan permettrait à l'ancien propriétaire de visualiser la
partie de son immeuble qui a été transférée et d'évaluer s'il subit des
dommages de ce transfert.
est également proposé de supprimer la mention que cet
article ne s'applique pas
aux biens du domaine de l'État afin de prévoir cette précision de
manière plus générale dans la
partie VI.
La Présidente (Mme
Gendron) : Des interventions?
M. Morin : Bien,
en fait, brièvement, Mme la Présidente, on avait également préparé un
amendement qui est sensiblement au même effet, mais qui était, en fait, plus
près de ce que la STM demandait dans son mémoire. Donc, je veux juste m'assurer
que ça va bien viser, évidemment, la même chose, puis qu'il n'y aura pas de
problème. Alors, l'amendement, vous l'avez reçu, hein, à 166?
M. Morin :
Oui, mais on est déjà sur un amendement, je comprends, là.
La Présidente (Mme Gendron) : Vous
voulez... Est-ce que vous désirez qu'on suspende l'amendement en cours
présentement ou sous-amender l'amendement?
M. Morin : Bien,
en fait, moi, j'aimerais bien qu'on puisse sous-amender l'amendement pour nous
assurer que ce que la STM demandait, on va
être capables de couvrir tous les cas de figure puis qu'on n'oubliera rien.
Alors, oui, c'est ce que je demande.
La Présidente (Mme
Gendron) : Parfait. Donc, si vous voulez bien présenter le
sous-amendement...
La Présidente (Mme
Gendron) : On ne l'a pas. Parfait.
Donc, on va suspendre
les travaux afin que le sous-amendement soit présenté. Merci.
(Suspension de la séance à
11 h 03)
La Présidente (Mme Gendron) : Nous
reprenons donc nos travaux à l'étude du sous-amendement de l'amendement
de l'article 166. M. le député de l'Acadie, si vous voulez bien nous
présenter votre sous-amendement.
Morin : Oui. Merci, Mme la Présidente. Alors, c'est un
sous-amendement qui est présenté à l'amendement de Mme la ministre, et
que je vais lire ainsi. Donc,
article 166 : Modifier l'amendement
proposé à l'article 166 du projet de loi par l'insertion dans le sous-paragraphe a après les mots
«paroi extérieure bétonnée» des mots «incluant ceux occupés par les
ancrages».
L'article modifié se
lirait ainsi :
Article 166. «Lors de travaux de construction d'un
tunnel lié à un projet d'infrastructure de transport, la personne qui peut
réaliser une expropriation pour ce projet en vertu de la loi ou, le cas échéant, celui pour le compte de qui une
personne peut exproprier pour ce projet en vertu de la loi devient, dès le
début de ces travaux, sans formalité
ni indemnité, mais sous réserve d'une demande d'indemnité en réparation des
préjudices subis en raison de ce transfert de droit, propriétaire du volume
souterrain lorsque la limite supérieure de la paroi extérieure bétonnée incluant ceux occupés par les ancrages du
tunnel est à une distance d'au moins 15 mètres de la surface du sol.
De plus, cette personne ou celui pour le compte de qui une personne peut
exproprier, selon le cas, est réputé titulaire d'une servitude légale établie
en faveur du volume souterrain et limitant à 250 kilopascals la contrainte
appliquée à la surface supérieure de ce volume.»
Et le sous-amendement
à l'amendement de Mme la ministre, je le propose parce que l'amendement vient
préciser 166, sauf que, quand nous avons entendu notamment la STM lors de son
témoignage en commission parlementaire, la Société de transport de Montréal a
fait des recommandations quant à certaines modifications qui peuvent être
apportées au projet de loi.
dans leur mémoire, ils soulignaient d'une façon spécifique, à la page 4,
que «la construction d'infrastructures souterraines, de quelque nature
que ce soit, exige fréquemment l'installation de tirants et de boulons
permanents pour consolider le roc. Selon les conditions de roc, ces tirants et
boulons absolument essentiels peuvent fréquemment dépasser l'épaisseur de cinq
mètres entourant la paroi intérieure du tunnel à laquelle il est fait référence
au premier alinéa de l'article 166. La formulation actuelle de cet
article
n'offre pas de protection adéquate pour ces ancrages et devrait donc être
amendée à cette fin, par exemple avec l'ajout du texte "dans l'éventualité
où l'installation d'ancrages est nécessaire au-delà d'une épaisseur de cinq
mètres entourant la paroi intérieure bétonnée du tunnel, le volume souterrain
transféré inclut également celui occupé par les tirants et boulons".»
Donc, la recommandation de la STM était donc d'ajouter spécifiquement
«l'installation d'ancrages au-delà d'une épaisseur de cinq mètres».
Et donc, dans
l'amendement que proposait Mme la ministre, on ne voyait pas d'une façon
spécifique la référence à «incluant ceux
occupés par les ancrages». Compte tenu que la STM... Et je l'ai mentionné
précédemment, évidemment, je reconnais à la STM toute l'expertise qu'ils
ont depuis des décennies pour évidemment gérer le métro de Montréal, réparer
les tunnels, les entretenir.
Compte tenu que ma
compréhension du projet de loi va faire en sorte qu'après l'adoption de la loi,
quand on est à une distance sous 15 mètres, ils deviendraient donc
propriétaires du tunnel, il m'apparaît donc important de soulever la mention
qu'ils ont faite de spécifier particulièrement les boulons d'ancrage, et,
puisqu'on est en train d'étudier cet article-là, je trouvais qu'il était
particulièrement pertinent de s'arrêter, de jeter l'ancre et de parler
d'ancrage. Merci.
La Présidente (Mme
Gendron) : Merci. Est-ce qu'il y a des interventions du côté de Mme la
ministre?
Guilbault : Oui. Bien, en fait, on
accueille favorablement, de prime abord, l'amendement, mais il faut qu'on continue de valider certaines petites
choses. Donc, on prendrait quelques minutes, si les collègues sont d'accord.
La Présidente (Mme Gendron) : Certainement.
Donc, je demanderais la suspension des travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à
11 h 30)
La Présidente (Mme
Gendron) : Nous reprenons donc nos travaux au sous-amendement de
l'amendement de l'article 166. M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Merci.
Merci, Mme la Présidente. Alors, le sous-amendement de l'amendement vise, comme
je le soulignais, à s'assurer que, suite au
mémoire qui a été déposé par la STM, on ne va pas oublier, évidemment, les
boulons d'ancrage du roc et donc on va être capables d'avoir une
protection pour ces tirants et boulons. Alors, c'est la raison pour laquelle,
dans le cadre de ce sous-amendement, j'ai voulu le préciser.
Maintenant,
pendant la suspension, j'ai eu le privilège de discuter avec les représentants
de la
partie gouvernementale, et Me
Massé, évidemment, je pense que vous me souligniez que, compte tenu de la
définition à 165, vous êtes convaincue que les boulons d'ancrage seraient donc
inclus dans... évidement, dans l'article 166, quand on parle,
évidemment, de la... en fait, de ce qui est inclus dans le tunnel.
La Présidente (Mme
Gendron) : Me Massé.
Massé (Julie) : Oui, je suis effectivement convaincue. On a créé la
définition de «volume souterrain» pour éviter de répéter les trois éléments que
ça contient. Donc, quand on lit le passage «propriétaire du volume souterrain»,
ça vient effectivement inclure les ancrages, la totalité des ancrages.
M. Morin : Donc,
parfait. Parce qu'en fait, comme je le soulignais précédemment, moi, je voulais
m'assurer que... compte tenu des demandes de la STM, quand ils sont venus
témoigner pendant les travaux de la commission et compte tenu aussi de ce
qu'ils proposaient dans leur mémoire, qu'on allait bien inclure tous ces
éléments-là.
Maintenant, pour les
fins de nos travaux, vous nous garantissez que l'article 165, qui est
modifié avec la définition, va inclure ça. Donc, dans ce cas-ci, puisque c'est
inclus, je serais prêt, Mme la Présidente, à retirer mon sous-amendement de l'amendement puisqu'à ce
moment-là il n'y aurait pas de souci puis ça serait effectivement inclus.
La Présidente (Mme
Gendron) : Est-ce qu'il y a consentement à retirer le sous-amendement?
Des voix :
Consentement.
La Présidente (Mme
Gendron) : Consentement. Donc, maintenant l'amendement. Est-ce qu'il y
a des interventions sur l'amendement de l'article 166?
Aucune intervention.
Donc, s'il n'y a pas d'intervention, nous allons procéder à la mise aux voix.
Est-ce que l'amendement à l'article 166 est adopté?
La Présidente (Mme Gendron) : Adopté.
Maintenant, l'article 166, est-ce qu'il y a des interventions? M. le
député de l'Acadie.
M. Morin : Oui,
Mme la Présidente. En fait, à l'article 166 tel qu'amendé, je reviens à
nouveau au mémoire de la STM et du libellé
qu'il suggérait. Donc, on avait préparé également un amendement pour l'article
amendé, mais je veux simplement... et puis peut-être voir avec monsieur
ou Me Massé pour s'assurer que ce qui était demandé par la STM va être
effectivement bien inclus dans l'article 166 tel qu'amendé, puisque le
libellé qui avait été suggéré différait un peu de ce que la STM souhaitait
obtenir dans le cadre de son mémoire et des propositions d'amendement qu'elle a
envoyées en lien avec l'article 166. Entre autres, nous, on avait retenu
la... parce qu'on a vu le texte, là, on avait
retenu le libellé «limitant à 250 kilopascals la contrainte appliquée sur
toutes les surfaces de ce volume», et ce n'est pas exactement ce qu'on voyait,
je pense, dans 166. Donc, je veux juste m'assurer qu'on parle bien de la même chose.
Guilbault : Donc, si les collègues sont d'accord...
La Présidente (Mme
Gendron) : Est-ce que vous désirez suspendre?
Mme Guilbault : Non, mais c'est que notre collègue ingénieure viendrait répondre, si les
collègues sont d'accord.
La Présidente (Mme
Gendron) : Certainement. Est-ce qu'il y a consentement à ce que la
collègue vienne partager avec nous?
M. Morin : Il
y a consentement.
La Présidente (Mme
Gendron) : Parfait. Bonjour.
Mme Fillion
(Marie-Hélène) : Bonjour.
La Présidente (Mme
Gendron) : Si vous voulez bien vous nommer et dire votre titre.
Mme Fillion
(Marie-Hélène) : Oui. Marie-Hélène Fillion, je suis ingénieure en
mécanique des roches à la Direction géotechnique et géologie du ministère des
Transports et de la Mobilité durable.
La Présidente (Mme
Gendron) : Merci.
Mme Fillion
(Marie-Hélène) : Bonjour.
M. Morin : Donc,
je comprends, votre expertise, c'est dans la géologie des...
Mme Fillion
(Marie-Hélène) : Géotechnique.
M. Morin : Géotechnique des roches.
Fillion (Marie-Hélène) : Oui, mécanique des roches, mais géotechnique
aussi.
M. Morin : Parfait.
Excellent. Merci. Bien, alors, voilà, donc, il y a un amendement, mais on avait
constaté, en fait, à 166... Puis on avait une proposition aussi d'amendement,
puis je pense que vous l'avez peut-être reçue, la proposition d'amendement,
mais ça va arriver, le libellé est un peu différent. Puis, pour tenir compte de
ce qui était proposé par la STM dans son mémoire, nous, on l'avait rédigé en
disant : «et limitant à 250 kilopascals la contrainte appliquée sur
toutes les surfaces de ce volume».
Dans
l'amendement qui a été proposé, on ne parle pas «sur toutes les surfaces de ce
volume», et puis je voulais juste m'assurer qu'une fois adopté, bien,
évidemment, ce que la STM souhaite faire, bien, il puisse le réaliser, d'où
votre expertise.
Mme Fillion
(Marie-Hélène) : O.K. Bien, en fait, ce qu'il faut comprendre ici,
c'est, quand on fait un soutènement, la charge de 250 kilopascals est importante
parce que ça va permettre de faciliter la conception. Donc, en sachant qu'on a
une limite à 250 à une certaine distance du tunnel, on est capables de
s'assurer qu'on va prévoir le soutènement en conséquence. Donc, au lieu d'avoir
toujours une différence de contrainte d'un endroit à l'autre du tunnel, on s'assure que cette limite maximum là
est constante. Donc, ça vient vraiment faciliter le soutènement du tunnel.
Donc, moi, je n'ai
pas d'objection sur «toutes les surfaces du volume» parce qu'en fait ça inclut
le volume. Puis, en venant dire qu'on le
limite à 250... bien, en fait, ça pourrait avoir un impact si on considère les
côtés. Moi, ce que je comprenais, c'était à la
partie supérieure du
volume. Donc là, il faudrait voir, avec mes collègues ici, ce que... parce
qu'on a une différence entre les côtés du tunnel et le dessus.
Si on a un
250 kPa qui va être à une certaine profondeur, cette contrainte-là va
diminuer avec la profondeur, donc va avoir une influence moindre sur la
partie
tunnel. Donc, si on est à une profondeur plus élevée, 250 kPa, ça devient
conservateur pour le tunnel.
M. Morin : O.K.
Et pouvez-vous préciser ce que vous voulez dire par «conservateur pour le
tunnel»?
Mme Fillion
(Marie-Hélène) : Bien, on aurait moins de charge à la surface, la
frontière du tunnel, en fait, donc la
partie qu'on vient soutenir, disons,
parce qu'on ne veut pas que la paroi du tunnel ait des déplacements importants,
puis on vient soutenir en conséquence. Donc, à cette surface-là du tunnel, le
contour du tunnel, en fait, on aurait moins de charge à ce niveau-là ou de
contrainte, ce qui fait en sorte que c'est plus conservateur. On n'est pas
obligés de mettre le même type de soutènement quand on a moins de charge que
quand on a plus de charge à cet endroit-là.
M. Morin : D'accord.
Et donc, si on dit, par exemple, «limitant à 250 kilopascals la contrainte
appliquée sur toutes les surfaces de ce
volume», c'est à ce moment-là que ça devient, comme vous l'avez dit, plus ou
moins conservateur?
Mme Fillion
(Marie-Hélène) : Plus.
M. Morin : Plus
conservateur.
Mme Fillion
(Marie-Hélène) : C'est ça.
M. Morin : Donc,
ça a pour effet de limiter davantage ce que la société peut faire ou ne pas
faire?
Mme Fillion
(Marie-Hélène) : Limiter... Ça ne limite pas davantage ce que la
société peut faire parce qu'ils ont moins de charge à gérer, en fait. Ça fait
que ça devient plus facile de faire la conception. Ça implique moins de
soutènement. L'impact serait sur le propriétaire en surface, qui aurait moins
de charge possible pour une nouvelle construction, par exemple.
M. Morin : Avec la limite à 250 kilopascals appliquée
sur toutes les surfaces de ce volume ou pas, pour l'impact sur le
propriétaire et son immeuble, par exemple?
Mme Fillion (Marie-Hélène) : Bien, son impact, lui, va être... C'est sûr que
si... Disons, le tunnel, on s'entend que c'est une... probablement une surface
circulaire ou une arche, disons. Ça fait que, si on accepte, le volume
va faire le tour du tunnel, parce que le
soutènement se fait sur le toit mais également sur les côtés du tunnel. Donc,
sur les côtés, si on applique une
contrainte de 250 kPa sur les côtés, elle, elle est plus profonde, tandis
que, si on limite cette charge-là de 250 kPa plus en surface, ça va
faire moins de charge en profondeur. Donc, dépendamment d'où on se situe, si on
inclut tous les volumes dans... toutes les surfaces, pardon, de ce volume, ça
veut dire qu'on peut avoir du 250 kPa plus profond que si on limite ça à
la
partie supérieure du volume de cinq mètres au pourtour du tunnel.
M. Morin : D'accord.
Je vous remercie.
La Présidente (Mme
Gendron) : Y a-t-il d'autres interventions? M. le député de
Taschereau.
M. Grandmont : Merci.
Vous me ramenez à mes cours d'université un petit peu. Je trouve ça bien
intéressant. Donc, je comprends que,
si on appliquait une limite de 250 kilopascals sur l'ensemble du volume du
tunnel, on pourrait se permettre des poids... des contraintes, en fait,
plus élevées sur la surface supérieure du tunnel, donc on pourrait aussi, disons, construire plus en hauteur, avoir des
volumes résidentiels ou commerciaux qui sont plus imposants en surface...
Mme Fillion
(Marie-Hélène) : Bien, en fait, ça...
Grandmont : ...au-dessus d'un tunnel?
Mme Fillion
(Marie-Hélène) : Oui, pardon. Ça dépend de la distance, parce qu'on
s'entend que, si on le limite, le
250 kPa, au-dessus du tunnel, on n'est pas capables d'aller chercher ça
parce que la charge va être en surface. Ça fait que, si c'est limité à 250 au-dessus du tunnel, on ne pourra
jamais, comme, by-passer cette limite-là sur le côté parce que la charge
est en surface.
Grandmont : Donc, si on avait...
Mme Fillion (Marie-Hélène) : Ça veut dire que tout se rapporte à la surface du
volume de cinq mètres au-dessus du tunnel.
Grandmont : Mais, si on imposait une limite de 250 kilopascals
sur toute la surface, sur tout le volume, en
fait, là, qui sont les termes... l'ensemble du volume du tunnel, ça veut dire
que, par exemple, sur les côtés, on devrait avoir un 250 kilopascals, mais, sur le dessus, on pourrait être à
un niveau plus élevé, c'est-à-dire 270, 300, 350, je ne sais pas comment
ça se calcule, mais on serait plus élevés. C'est ça?
Mme Fillion
(Marie-Hélène) : O.K. Quand on... En fait, en établissant une
contrainte, une charge maximale ou une
contrainte maximale à un certain endroit, ça vient limiter ce qu'on est
capables de faire en surface. Ça, je pense qu'on l'avait établi. Donc,
dépendamment de la...
Disons,
si j'ai un immeuble en surface, il va y avoir une contrainte à appliquer sur
les fondations du bâtiment. Plus ce
poids du bâtiment là est élevé, plus qu'on va avoir un impact en profondeur sur
la charge qu'on va... se retrouver en profondeur. Donc, en limitant à
250 kPa sur la superficie du tunnel, ça vient limiter ce qu'on peut
s'attendre à avoir lors de la conception du
tunnel, donc on est capables de faire notre soutènement en conséquence, ce qui
fait que... disons qu'on limite à 250 kPa à 10 mètres de
profond, par exemple, ça veut dire qu'on va être plus restreignants pour le propriétaire en haut que si on limite à
250 kPa, disons, à cinq mètres de profond, parce qu'à cinq mètres de
profond 250 kPa va permettre moins de charge en surface qu'à
10 mètres de profond, 250 kPa, parce que la charge diminue avec la
profondeur.
Grandmont : Parfait. Non, je pense que ma compréhension est bonne. Je
vais vous poser la question différemment pour faire ressortir le... peut-être,
les possibles qu'on se donne selon le calcul qui est choisi dans chacun des
libellés différents, là, parce que moi, je me réfère toujours à la fois à ce
qui est proposé dans l'article 166 du p.l. n° 22
et ce qui était proposé, là, dans le mémoire de la STM.
Donc, d'un côté, du
côté du projet de loi n° 22, on dit : «et limitant à
250 kilopascals la contrainte appliquée à
la surface supérieure de ce volume.» Donc, on se concentre vraiment sur la
surface supérieure du volume du tunnel. Et, de l'autre côté, du côté de la STM, on dit qu'on aimerait élargir la
limite pour l'appliquer sur l'ensemble du volume du tunnel et non
seulement sur sa surface supérieure.
Donc,
dans quel... Ma question, c'est la suivante, là : Dans quel cas de figure
on peut se permettre d'avoir des constructions plus lourdes en surface
et donc possiblement plus hautes, plus denses?
Mme Fillion
(Marie-Hélène) : Bien, c'est sûr que ça va dépendre de la grosseur du
bâtiment en surface aussi, parce que, dans
le fond, si on est limités par 250 kPa à 10 mètres de profondeur, on
ne sera pas capables d'aller le chercher à... disons, sur le côté du tunnel, à
15, 20 mètres de profondeur parce qu'il est déjà limité à cette
profondeur-là. Ça fait qu'en incluant toutes les surfaces on a quand même la
limitation du 250 kPa à la profondeur qui est la moindre. Ça fait qu'on n'est pas capables... Tu sais, le
bâtiment ne pourra pas aller chercher plus en surface parce qu'on est limités à
cette profondeur-là, étant donné que c'est une... bien, une restriction du
250 kPa à la surface du tunnel.
Grandmont : Donc, dans les deux cas, on est limités, dans le fond, à
250. Moi, je comprenais que, si on visait
250 kPa sur l'ensemble du volume, dans le fond, ça devenait le minimum
qu'on devait atteindre et donc... tu sais, conséquemment, en surface, on pouvait être plus élevés. L'important,
c'est que, dans son espace ou dans son volume... dans sa surface minimum, là, en fait, la... c'est ça, au minimum, sur
l'ensemble du volume, on atteignait ce 250. Est-ce que, dans le fond,
ça...
Mme Fillion
(Marie-Hélène) : Bien, c'est sûr qu'on va l'atteindre sur l'ensemble
du volume, le minimum, parce que ça va être
moins... plus profond que ça va l'être au-dessus du tunnel, parce que ça dépend
de la profondeur. La charge diminue avec la profondeur.
M. Grandmont : Oui. Ça, je le
comprends bien.
Mme Fillion
(Marie-Hélène) : Donc, à 250 kPa, disons, à 10 mètres de
profondeur, c'est sûr qu'on va avoir moins à 15, 20 mètres de profondeur,
mais on ne pourra pas aller mettre plus parce qu'on est limités par le
10 mètres de profond sur la
partie supérieure du volume du tunnel.
M. Grandmont : Donc, pour vous, les
deux libellés ne changent rien sur notre capacité à construire plus ou moins en
hauteur, par exemple, en surface. Ça ne change rien sur le poids des
constructions, en fait, qu'on est capables de se permettre en surface.
Mme Fillion (Marie-Hélène) : Bien,
ça pourrait changer le coût des matériaux de construction, par exemple, si on
veut...
M. Grandmont : Ça pourrait changer
quoi? Pardon. Excusez-moi. J'ai mal compris.
Mme Fillion (Marie-Hélène) : Le coût
des matériaux de construction.
M. Grandmont : Le coût des
matériaux?
Mme Fillion (Marie-Hélène) : Parce
que, si on veut aller chercher une certaine... Si on veut respecter une certaine capacité portante qui est imposée, ça
peut impliquer des semelles de bâtiments plus larges pour aller, mettons,
mieux distribuer la charge pour ne pas qu'elle agisse autant en profondeur. Ça
fait que ça, ça pourrait restreindre le propriétaire en surface à cause des
coûts des matériaux de construction.
M. Grandmont : Mais donc... je vais
reposer ma question pour être sûr, là. Parce que je comprends que, tu sais,
dans les endroits où on met du transport lourd, où il y a des tunnels — transport
collectif a priori mais ça pourrait être autre chose, mais je me préoccupe
beaucoup de ça — où
on veut avoir de la densité qui se fait au-dessus de ces transports structurants là, qui sont... qui nécessitent des
tunnels, là, généralement... Donc, dans les deux cas, ça ne change rien
sur notre capacité à créer de la densité. Ça peut changer la conception. Par
exemple, on va avoir une recherche de meilleure distribution de la charge sur
le sol ou on va avoir des matériaux qui seront plus légers, par exemple, mais
on va avoir... mais ça ne nous limite pas... notre capacité à créer de la
densité au-dessus des transports structurants.
Mme Fillion (Marie-Hélène) : C'est
ça. Exactement.
M. Grandmont : O.K. Ça répond à mes
questions.
La Présidente (Mme Gendron) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions?
La Présidente (Mme
Gendron) : Sur l'article 166 amendé.
M. Morin : ...il y aurait...
j'aurais une précision. Parce que je comprends que l'article 166 amendé va
faire en sorte qu'à 15 mètres et plus
profond, lorsque le projet de loi va être adopté... bien, dans ce cas-ci,
parlons de la STM, avec le métro... va devenir propriétaire du tunnel
sans expropriation?
Mme Guilbault : Puis 0-15 mètres, maintenant, il va devoir passer par
une procédure d'expropriation.
Mme Guilbault : C'est un exemple probant de la recherche d'équilibre entre
l'expropriant et l'exproprié. Actuellement, ils n'ont pas à le faire, mais
désormais, ils devront le faire de zéro à 15 mètres.
Guilbault : ...pour le projet de la ligne bleue. Je tiens à
l'insérer ici, puis c'est couvert par un autre article. Mais, pour la ligne bleue, comme c'est déjà en
cours, on ne peut pas soumettre les expropriants à deux régimes différents. On
va... Il va y avoir une sorte de clause pour le projet de la ligne bleue, mais,
pour les prochains projets, ce sera ça.
M. Morin : O.K. Donc, si je
comprends bien, ça va couvrir le tunnel... les tunnels actuellement, donc, qui
vont devenir... Quand le projet de loi va être adopté, ils vont devenir
propriétaires des tunnels à plus de 15 mètres.
M. Morin : Ils
le sont déjà?
Guilbault : Oui. C'est ça, oui, oui.
M. Morin : O.K.
Puis, s'il y a des tunnels... De toute façon, présentement, à moins de cinq
mètres, ça ne poserait pas de problème, s'ils sont déjà propriétaires. Puis,
pour la ligne bleue, vous avez dit que, de toute façon, il va y avoir une autre exception, si jamais ils sont
dans moins de 15 mètres, dans la ligne bleue. Est-ce que c'est ce que
je comprends?
Guilbault : Juste être sûre...
Guilbault : ...déjà propriétaires actuellement pour ce qui est
déjà construit.
M. Morin : ...c'est
construit, ils sont déjà propriétaires.
Mme Guilbault : Oui, puis... mais ils n'ont pas eu à exproprier. Ce qu'on
dit, c'est que désormais, ils vont devoir le
faire pour le 0-15 mètres, mais que tout ce qui va se faire dans le cadre
du prolongement de la ligne bleue va être traité en vertu du régime
actuel, avant qu'il soit modifié, l'ancien, qui va devenir l'ancien régime sous
peu.
M. Morin : Qui
va être l'ancien régime.
Morin : Uniquement pour les fins de la ligne bleue, qui est en
construction présentement.
Mme Guilbault : Le prolongement de la ligne bleue, de Saint-Michel à Anjou, les cinq
stations qui sont prévues.
M. Morin : O.K.
Parfait. Je vous...
Guilbault : J'ai un amendement. C'est ça,
ça va être 240.1. Il est déjà là, si les collègues veulent aller le voir. Ce
sera un petit peu plus loin dans le projet de loi.
M. Morin : O.K.
Parfait. Je vous remercie.
La Présidente (Mme
Gendron) : J'avais une intervention du député de Taschereau également.
Grandmont : Oui, merci. Sur le 15 mètres, je vais aller d'abord
là-dessus, là, j'aurais un autre questionnement aussi, là, sur la question, là,
du domaine de l'État. Mais, sur le 15 mètres, là, la STM, elle, proposait de retirer la limitation de 15 mètres de
profondeur pour les transferts de plein droit. Donc, je comprends qu'ils
auraient aimé, en fait, que cette disposition-là ne s'applique pas.
C'est ce que je comprends tout simplement?
Guilbault : C'est ça, oui, effectivement.
Mais quand je disais, tout à l'heure, qu'on a cherché à trouver un équilibre
avec les expropriés, c'est ce qu'on propose à l'article 166 et son
amendement.
Grandmont : Donc, dans le fond, la façon de s'assurer... ou de
limiter, en fait, les expropriations serait de construire à plus profond que
15 mètres, comprenant le cinq mètres dont on a parlé, comprenant également
les ancrages, les tirants, les boulons. C'est ce que je comprends?
Mme Guilbault : Bien oui, mais là il faudrait voir, d'un point de
vue d'ingénierie, est-ce qu'on peut contourner les 15 premiers
mètres en disant qu'on va juste en dessous du quinzième mètre. Là,
j'imagine...
Guilbault : Non, c'est ça. C'est que, je
veux dire, implicitement, tu as la colonne, dans le fond, de volume du
souterrain, qui inclut le 0-15 mètres au-dessus. Mais je vais laisser mon
collègue valider parce que c'est lui qui a...
M. Grandmont :
Mais est-ce que ça comprend le
cinq mètres et les ancrages et les boulons... les tirants et boulons?
M. Lebrun (Ghislain) : ...ce n'est
pas... Je ne pense pas que ça va influencer... que ça va être un facteur
déterminant pour influencer la conception puis la profondeur du tunnel. Il y a
d'autres facteurs plus importants que ça, puis ça va être beaucoup plus simple d'envoyer...
de transmettre un avis d'expropriation. Et là ça va être au propriétaire
à démontrer qu'il y a un dommage, puis, dans le 0-15 mètres, ce n'est pas
si évident que ça, de démontrer, là, qu'il va y avoir un dommage. Dans la vraie
vie, là, on en a, des dossiers d'expropriation, ce qu'on appelle des
expropriations à tréfonds, puis il y a rarement des dommages qui sont réclamés.
M. Grandmont : Donc, c'est
simplement, dans le fond... Dans le 0-15 mètres, dans le fond,
l'expropriant, dans le fond, le porteur de projet, dans le fond, doit envoyer
un avis au propriétaire en surface pour lui signifier qu'il est en train de
prévoir une infrastructure souterraine. Et là,c'est à l'expropriant de faire la
démonstration qu'il y a un préjudice, qu'il y a un dommage, en fait, qui est
causé par...
M. Lebrun (Ghislain) : Tout à fait.
M. Grandmont : O.K. Est-ce qu'il
peut soulever des doutes dans le processus, là? Est-ce qu'il doit attendre, finalement,
de constater des préjudices ou il doit... il y a un processus pour faire
l'évaluation des préjudices ou des dommages possibles qui pourraient survenir?
M. Lebrun (Ghislain) : Bien, c'est à
lui à... À partir du moment... Pardon. À partir du moment où il reçoit son
avis, il peut déjà commencer à préparer son argumentaire puis à... pour
éventuellement faire une démonstration.
M. Grandmont : Parfait. Moi, j'avais
une question également, là, je le disais tantôt, sur le domaine de l'État. Je
pense que c'est la STM aussi qui nous en avait parlé parce qu'évidemment c'est
beaucoup cette société de transport là qui nous a habitués à faire des tunnels,
là, dans les dernières décennies. Elle soulignait qu'on devrait clarifier ce qui se passe lorsqu'un tunnel passe
sous une propriété de l'État. Qui devient propriétaire? Qui est propriétaire
de l'espace occupé par le tunnel ou son volume, le volume souterrain, là, dans
le cas où on passe sous une propriété de l'État? Juste pour bien comprendre
comment ça fonctionne dans ces cas de figure là, parce que vient par la suite,
là, toute la question de, bien, l'entretien, notamment, là, qui peut... puis
des coûts qui sont associés à ça, là.
La Présidente (Mme Gendron) : Me Massé.
Mme Massé (Julie) : Oui. Pardon. En
fait, on est venus clarifier... Pardon. On est venus clarifier, dans le projet de loi, qu'on ne pouvait pas, dans le fond,
exproprier l'État. La manière que le ministère des Transports puis que
l'État vient régler les situations, c'est qu'on va octroyer des démembrements
du droit de la propriété. Donc, c'est un droit réel, mais on demeure
propriétaire. Donc, on a déjà, avec les entreprises de services publics, des
ententes où on vient déterminer comment ça va fonctionner. Donc, c'est par ces
ententes-là que la situation va se régler et non par l'expropriation de l'État,
Grandmont : Donc, l'État demeure propriétaire. Puis comment se
fait le lien avec l'exploitant, en fait, là, pour, notamment, là, tout
ce qui touche, là, l'entretien de ce tunnel-là?
Mme Massé (Julie) : Oui, ça, je...
M. Grandmont : La responsabilité
civile et...
Mme Massé (Julie) : Ça, ça va être
vraiment réglé dans les ententes, là. Quand on prévoit les servitudes, là, il y
a différentes clauses. Je ne pourrais pas vous en parler plus, là. Ça se passe
dans une autre équipe que la mienne. Mais c'est sûr que c'est là qu'on règle
les différentes situations, là. Je sais qu'avec certaines entreprises de
services publics, il y a même des
ententes-cadres pour prévoir comment on fonctionne. Donc, ce sera le cas aussi
avec les sociétés de transport.
M. Grandmont : Parfait. Je vous remercie.
La Présidente (Mme Gendron) : M. le
député de l'Acadie.
M. Morin : Oui. J'aurais également
une question et une précision, parce qu'on est toujours avec le 15 mètres,
là, sous la surface. Présentement, la STM est en train de construire, dans
certaines stations, là, de métro, des
ascenseurs qui amènent, évidemment, à la surface avec... puis il y en a qui
sont en cours de construction présentement.
Je comprends
que présentement, avec la loi actuelle, il n'y a pas d'expropriation possible.
Si jamais il y avait à construire, ou à continuer, ou à établir des tours de
ventilation pour améliorer la ventilation, je comprends qu'avec le projet de loi il y aurait une expropriation, et
donc la STM devrait compenser, alors que ce n'est pas le cas aujourd'hui.
Mme Guilbault : C'est ça, exact. Bien, outre les cinq stations de la...
tout ce qui touche les cinq stations du prolongement de la ligne bleue, ça va
dépendre de l'entrée en vigueur. L'entrée en vigueur va être couverte dans les derniers
articles du projet de loi, mais normalement, si c'est des projets dans le
futur, ils vont être couverts par la prochaine loi. Donc, le 0-15 mètres
va être expropriable, si on peut dire ça, «expropriable». Oui?
Morin : Donc, c'est ça. Alors, oui, bien oui, ce serait... je crois
que ce serait...
Guilbault : C'est un adjectif qui existe?
M. Morin : Oui.
Je pense que oui. En tout cas, bref, ils vont...
Guilbault : En tout cas, on le crée dans
la présente commission.
M. Morin : C'est
ça. Donc, en fait, présentement par exemple, ils n'auraient pas à exproprier
quelqu'un? Comment ça fonctionne? Ils n'auraient pas à compenser quelqu'un,
mais là, ils vont devoir le faire? Est-ce que c'est bien ça?
Guilbault : Bien, les gens peuvent déjà
réclamer des préjudices, de ce que je comprends. C'est ça? Puis, c'est ça, c'est à eux à faire la
démonstration qu'ils subissent un... «les gens» étant ceux qui sont au-dessus
du sol, là. Ils peuvent déjà réclamer, s'ils démontrent qu'ils
vivent un préjudice.
M. Morin : Sauf
qu'il y a... Oui, effectivement, ils peuvent toujours réclamer des dommages,
là, puis faire la preuve devant les tribunaux, comme n'importe quelle action en
dommages. Mais là je comprends qu'à la place, il y aurait le processus
d'expropriation du projet de loi n° 22 qui va s'appliquer à la STM.
Guilbault : C'est ça. Pour... Ça va être
l'avis. C'est ça, mais, peut-être, Me Massé peut confirmer.
Mme Massé (Julie) : Le 0-15, c'est un... En
fait, dans le 0-15, avec le projet de loi, ce serait de l'expropriation, une
procédure d'expropriation.
M. Morin : C'est
ça, exact. Donc, si, par exemple, la STM, présentement, là, elle a besoin de
construire une tour de ventilation, bien, il n'y a pas d'expropriation.
Évidemment, si ça cause des dommages, bien, le propriétaire pourrait les
poursuivre, c'est clair, là. Ils pourraient s'entendre à l'amiable, ça, c'est
sûr. Mais je comprends qu'avec le projet de loi n° 22, dans un cas où il y
aurait, par exemple, un système de ventilation qui devrait être fait, là, la STM, parce que forcément, on va se rapprocher de
la surface, n'est-ce pas, ils vont devoir envoyer un avis d'expropriation
puis ils vont devoir indemniser le propriétaire.
Mme Massé
(Julie) : C'est exact.
M. Morin : O.K. Et donc, tout dépendant de la construction
qu'ils veulent faire et de l'endroit, théoriquement, ça pourrait faire
en sorte qu'un propriétaire perdrait son immeuble. Puis, si c'est un immeuble à
logements, les locataires vont être déplacés. Est-ce que je me trompe ou si ça
pourrait être une des conséquences?
Mme Massé
(Julie) : Si l'immeuble... Bien, si c'est... s'il exproprie au-dessus
du 15 mètres, effectivement.
M. Morin : O.K.
Donc, ça peut quand même représenter un coût significatif pour la STM.
La Présidente (Mme
Gendron) : Donc, est-ce que je comprends, il y a consentement à ce
qu'une collègue vienne prendre la parole? Si vous voulez bien...
La Présidente (Mme
Gendron) : Merci. Si vous voulez bien vous nommer.
Ferlatte-Schofield (Karine) : Oui. Karine Ferlatte, évaluateur agréé.
Donc, juste pour
compléter, ce serait plus une acquisition en tréfonds, là. Donc, s'il y a
besoin, c'est sûr qu'il faut... si sa limite
de charge, elle est dépassée du 250 kilopascals, là il va y avoir
acquisition totale. Mais, si l'immeuble qui est au-dessus respecte la
limite de charge, on fait juste acquérir en tréfonds, là, puis ça, on le fait
régulièrement dans le cadre du projet de la STM.
M. Morin : Puis
qu'est-ce que vous voulez dire par entrée de fonds?
Ferlatte-Schofield (Karine) : On achète en dessous du sol. On achète
entre le 15 mètres et le sol. On l'achète. Souvent, on va donner une valeur
nominale de 1 $. On fait une offre. On peut donner des troubles et ennuis,
mais c'est rare, on n'en voit pas réellement. Mais, si jamais le propriétaire a
un dommage, il va nous le faire dans sa réclamation. Mais il n'y a pas lieu
d'acheter l'immeuble au complet, si on respecte la charge de
250 kilopascals.
M. Morin : O.K.
Merci pour la précision. Sauf que, si, par exemple, la STM doit construire une
tour de ventilation à un moment donné, il va falloir qu'elle sorte du sol, là,
peu importe le 250 kPa ou pas. Donc, dans un cas comme ça, présentement, la STM
serait obligée d'acheter la propriété?
Mme Ferlatte-Schofield
(Karine) : Oui, tout à fait. Mais actuellement elle prend plus une
partie de terrain, pour faire ce genre
d'acquisition là, qu'une expropriation qui nécessite un achat total, là, de ce
que j'ai vu de... jusqu'à maintenant dans le cadre de la ligne bleue.
Mais, si ses besoins pour... si c'est un emplacement précis pour son... pour
un... quelque chose qui sort de terre, bien oui, on va devoir acheter
l'immeuble au complet, là.
M. Morin : O.K. Puis là, avec le
projet de loi n° 22, la STM va devoir l'exproprier?
Ferlatte-Schofield (Karine) : Dans tous les cas, elle doit... Bien, si ça sort
de terre, le puits de ventilation, elle doit quand même l'exproprier en
ce moment.
M. Morin : O.K. En vertu de la loi
actuelle?
Mme Ferlatte-Schofield (Karine) : Exact.
M. Morin : Parfait. Puis, avec la
nouvelle loi, bien, ça va être selon les indemnités prévues dans le projet de
loi n° 22?
Ferlatte-Schofield (Karine) : Oui, c'est ça, mais l'indemnité... Si c'est du
tréfonds, l'indemnité immobilière, souvent, on ne met pas grand-chose,
M. Morin : Exact. Mais si ça sort de
terre?
Mme Ferlatte-Schofield (Karine) : Ça
va être une acquisition normale en bonne et due forme.
M. Morin : O.K. Puis la STM,
présentement, de toute façon, pour une construction comme ça, que ce soit, par
exemple, un ascenseur qui sort de terre avec... bon, qui donne accès à la rue,
là, pour des personnes à mobilité réduite, serait présentement obligée de
l'exproprier, le propriétaire, de toute façon?
Mme Ferlatte-Schofield (Karine) : Oui,
exact, parce que ce n'est pas souterrain.
M. Morin : Parfait. Je vous
remercie.
La Présidente (Mme Gendron) : M. le
député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui. Merci beaucoup.
Question... En fait, je reviens, là, sur la question, là, du domaine de l'État.
Juste une simple précision, en fait, là. Quand on parle du domaine de l'État,
là, on parle de l'État québécois et de ses sociétés d'État. Est-ce qu'on parle
aussi des sociétés de la couronne et du gouvernement fédéral? Bref, j'aurais eu
juste... aimé avoir un éclaircissement là-dessus, là.
Mme Guilbault : ...pour être sûrs de la réponse. C'est une bonne question,
mais on va le vérifier.
M. Grandmont : D'accord.
Mme Guilbault : Puis on pourrait revenir?
La Présidente (Mme Gendron) : ...vous
voulez revenir?
Guilbault : Bien, si c'était la dernière intervention sur
166... mais j'ai l'impression, peut-être, le collègue d'Acadie va
renchérir. Sinon, on peut suspendre 166 puis aller sur 167.
M. Morin : En fait, je pense que ce
serait une bonne idée, oui. Si on peut suspendre 166 puis aller à 167,
peut-être, d'autres petites choses à vérifier puis... effectivement. Merci.
La Présidente (Mme Gendron) : Parfait.
Donc, on consent à suspendre l'article 166 amendé? Merci. Donc,
l'article 167, Mme la ministre.
Mme Guilbault :
Article 167 : «Le titulaire d'un droit portant
sur un immeuble visé par un transfert de droit prévu à l'article 166 qui
subit un préjudice a droit aux indemnités prévues aux sous-sections III et V de
la sous-section 3 de la
section III du
chapitre III du
titre III de la
partie I.
«La demande portant sur l'indemnité prévue au
premier alinéa doit être signifiée au nouveau propriétaire du volume souterrain
et titulaire de la servitude et déposée au Tribunal administratif du Québec
dans les six mois qui suivent la date de la signification de l'avis prévu au
deuxième alinéa de l'article 166. Ce délai est de rigueur.»
En commentaire :
L'article 167 du
projet de loi prévoit que le titulaire d'un droit portant sur un immeuble visé
par un transfert de droit de plein droit qui subit un préjudice a droit à
l'indemnité en réparation des préjudices et celle pour
les troubles, les ennuis et les inconvénients prévues à la
partie I du
projet de loi qui traite de l'acquisition par
procédure d'expropriation. La demande portant sur ces indemnités devrait être
signifiée au nouveau propriétaire du volume
souterrain et titulaire de la servitude et déposée au TAQ dans les six mois qui
suivent la date de la signification de l'avis de l'existence des travaux
et de la teneur de l'article 166 du présent projet de loi. Ce délai serait
de rigueur.
Et pas d'amendement,
donc terminé pour moi.
La Présidente (Mme
Gendron) : Pas d'amendement?
La Présidente (Mme
Gendron) : Il y a un amendement qui a été déposé sur Greffier.
Guilbault : Je ne l'avais pas ici, moi. Donc, amendement à l'article 167 : Remplacer, dans le deuxième
alinéa de l'article 167 du projet de loi, «dans les six mois qui suivent
la date de la signification de l'avis prévu au deuxième» par «au plus tard six
mois après la date de la signification de l'avis prévu au quatrième».
En commentaire :
Il est proposé de modifier l'article 167 du projet de loi afin de prévoir
que le titulaire doit plutôt déposer sa demande d'indemnité au plus tard six
mois après la date de la signification de l'avis l'informant de l'inscription
au Registre foncier du plan montrant la projection horizontale de ce tunnel,
lequel lui permettra de visualiser la
partie de son immeuble qui a été
transférée et d'évaluer s'il subit des dommages de ce transfert.
donc, c'est ça, il y avait des petites coquilles dans le paragraphe des
commentaires. Donc, ça n'altère en rien l'amendement comme tel, mais je pense
que ce sera peut-être corrigé ou... Enfin, le texte de l'amendement est
correct.
La Présidente (Mme
Gendron) : Parfait. Y a-t-il des interventions?
M. Morin : En
fait, la seule intervention, Mme la Présidente, c'est qu'évidemment on parle
toujours d'un propriétaire... en fait, on parle d'un titulaire d'un droit et
non d'un propriétaire. C'est exact? Pour les raisons qu'on a déjà discutées
précédemment?
Mme Massé
(Julie) : Oui, c'est exact.
M. Morin : Parfait.
Je vous remercie.
La Présidente (Mme
Gendron) : Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'amendement à l'article 167 est
adopté?
Présidente (Mme Gendron) :
Merci. Est-ce qu'il y a... Adopté. Pardon. Est-ce qu'il y a des interventions
en lien avec l'article 167? M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Merci,
Mme la Présidente. Donc, je comprends que le titulaire d'un droit va avoir
droit à l'ensemble des indemnités qui sont
prévues au p.l. n° 22, ou si vous venez limiter le type d'indemnités
qu'il va pouvoir recevoir? Parce qu'on fait référence à différentes
sous-sections de différents chapitres.
Mme Massé
(Julie) : En fait, c'est les indemnités qui sont applicables, là.
Donc, comme le transfert est fait sans indemnité, c'est sûr que l'indemnité
immobilière n'est pas incluse. On parle du préjudice... d'indemnités pour
préjudice. «Valeur de convenance» n'est pas là parce qu'on est en dessous de la
terre, donc il ne devrait pas y avoir beaucoup d'émotion, et les troubles et
ennuis sont compris. Donc, ce qui reste, c'est vraiment les préjudices causés
par le transfert et les troubles et ennuis.
M. Morin : Parfait.
Je vous remercie.
La Présidente (Mme
Gendron) : S'il n'y a pas d'autre intervention, allons... nous allons
procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'article... pardon, 167, tel
qu'amendé, est adopté?
La Présidente (Mme
Gendron) : Merci. Donc, nous allons passer à l'article 168, Mme
la ministre.
Guilbault :
Article 168 :
«Lorsque le titulaire dépose au Tribunal une demande d'indemnité en vertu de
l'article 167, le nouveau propriétaire du volume souterrain et titulaire
de la servitude doit, dans les 30 jours qui suivent la date à laquelle
elle lui est signifiée, produire auprès du Tribunal un plan montrant la
projection horizontale de ce tunnel.
«Les règles
de preuve et de procédure prévues aux articles 45 et 55 à 57 ainsi que, le
cas échéant, les articles 58 à 69 s'appliquent à cette demande,
avec les adaptations nécessaires.»
commentaire :
L'article 168 du projet de loi prévoit que, dans les
30 jours qui suivent la date à laquelle lui est signifiée une demande
d'indemnité en réparation du préjudice subi en raison de ce transfert de droit,
le nouveau propriétaire du volume souterrain et titulaire de la servitude
devrait produire, auprès du Tribunal administratif du Québec, un plan montrant
la projection horizontale de ce tunnel.
Et amendement à
l'article 168 : À l'article 168 du projet de loi :
1° remplacer, dans le
premier alinéa, «tunnel» par «volume souterrain. Ce plan peut toutefois être un
plan provisoire lorsque les travaux ne sont pas terminés au moment de sa
production»;
2° dans le deuxième
alinéa :
b) remplacer «les
articles» par «aux articles».
En commentaire :
La modification proposée au premier alinéa de l'article 168 du projet de
loi sont de concordance avec celle prévue
aux articles 165 à 167 et vise aussi à préciser que le plan doit être
produit au tribunal... le plan qui
doit être produit au tribunal peut être un plan provisoire lorsque les travaux
ne sont pas terminés au moment de sa production.
La première
modification proposée au deuxième alinéa est faite en concordance avec la
suppression de l'article 45 qui
prévoyait que les parties dessaisies visées à l'article 87 du Code de procédure civile seraient tenues de se faire représenter
par un avocat devant le TAQ. Cette obligation, dorénavant applicable qu'à
certaines personnes, est prévue à l'article 58.1, lequel est déjà inclus
dans les articles 58 à 69.
La seconde modification proposée à ce deuxième
alinéa est proposée afin d'assurer un libellé formulé de manière
identique à celui des articles 143 et 164 du projet de loi.
La Présidente (Mme
Gendron) : Est-ce qu'il y a des interventions? M. le député
d'Acadie.
M. Morin : Merci.
Alors donc, si je comprends bien, le nouveau propriétaire du volume, donc, ce
serait la... par exemple, ça pourrait être
la société de transport, qui va, elle, devoir déposer un plan du tunnel. Et là
on parle de tous les tunnels, quand
elle devient propriétaire, ou des tunnels qu'elle va projeter de construire
ou... De quels tunnels on parle?
Mme Massé (Julie) :
On parle du tunnel qui vient affecter le propriétaire qui a présenté sa
demande. Donc, ça va être ce bout du plan qui va être déposé.
M. Morin :
O.K. D'accord. Excellent. Je vous remercie.
La Présidente (Mme
Gendron) : Est-ce que l'amendement à l'article 168 est adopté?
Est-ce qu'il y a des interventions en lien
avec l'article amendé n° 168? Donc, s'il n'y a pas d'intervention, on
procède à la mise aux voix. Est-ce que l'article 168, tel
qu'amendé, est adopté?
La Présidente (Mme
Gendron) : Parfait. Donc, l'article 169, Mme la ministre.
Mme Guilbault : Merci.
Article 169 : «Le Tribunal accorde, s'il y a lieu, les
indemnités en réparation des préjudices subis et les indemnités pour les troubles, les ennuis et les
inconvénients conformément aux sous-sections III et V de la sous-section 3
de la
section III du
chapitre III du
titre III de la
partie I.
Il statue également sur les frais de justice, conformément aux
articles 129 à 133, et sur les intérêts.»
En commentaire :
L'article 169 du projet de loi prévoit que le TAQ accorderait, s'il y a
lieu, l'indemnité en réparation des préjudices et celle pour les troubles, les
ennuis et les inconvénients prévues à la
partie I du projet de loi qui traite
de l'acquisition par procédure d'expropriation. Il statuerait également sur les
frais de justice et sur les intérêts. Les frais de justice seraient aussi
établis conformément à ce qui est prévu en matière d'acquisition par procédure
d'expropriation.
Là, il n'y a bel et
bien pas d'amendement?
La Présidente (Mme
Gendron) : Non.
Guilbault : Il n'y a pas d'amendement.
La Présidente (Mme
Gendron) : M. le député.
M. Morin :
Donc, je comprends qu'à cet article-là, à la fin, si le propriétaire qui est
affecté fait une demande au tribunal, le tribunal, comme vous l'avez mentionné
précédemment, à l'article 167, va tenir compte de certaines indemnités
seulement. Il va également être capable de donner des indemnités pour troubles,
ennuis et inconvénients puis en réparation du préjudice que le propriétaire
pourrait subir?
Mme Massé
(Julie) : ...
La Présidente (Mme
Gendron) : Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
procéder aux voix. Est-ce que l'article 169 est adopté?
La Présidente (Mme Gendron) :
Parfait. Donc, à l'article... Oui.
Compte tenu de l'heure, en effet, nous allons
suspendre les travaux. On se revoit cet après-midi.
(Suspension de la séance à 12 h 30)
Le Président (M. Jacques) : La Commission
des transports et de l'environnement reprend ses travaux.
Nous
poursuivons l'étude détaillée du projet de loi n° 22, Loi concernant l'expropriation. Et, en début des ondes, nous discutions à
l'effet de revenir à l'article 166. Est-ce qu'il y a consentement pour
rouvrir l'article 166? Il y a consentement. Mme la ministre,
article 166.
Guilbault : Oui. Bien, en fait, il avait été lu, et tout ça,
c'est l'article 166, tel qu'amendé. D'ailleurs, il me semble qu'on
avait un amendement.
Et notre
collègue de Taschereau avait une question sur qu'en est-il du domaine de l'État
exactement. Donc, on est allés chercher l'information, et Me Massé
serait disposée à répondre, si les collègues y consentent.
Le Président (M. Jacques) : ...
Mme Massé (Julie) : Oui. En fait, le
domaine de l'État inclut autant les terres provinciales que fédérales. Par
contre, dans le cas de l'application de la
Loi sur l'expropriation, cette
loi-là ne s'applique qu'au territoire provincial. Donc, les biens du domaine de l'État, dans cette loi-là, c'est prévu
juste pour les terres du domaine de l'État québécois.
Le Président (M. Jacques) : M. le
député.
M. Grandmont : J'en comprends que...
Est-ce que c'est des lois... les lois fédérales qui s'appliquent quand il s'agit de terres de l'État ou d'une société de la
couronne qui... dont il est question dans un processus d'expropriation, est-ce
que ce sont les lois fédérales qui s'appliquent dans ces cas-là, finalement?
Mme Massé
(Julie) : C'est ça. Bien, il y a la loi fédérale sur
l'expropriation qui vient prévoir la procédure pour les corps expropriants
fédéraux. Donc, c'est comme ça que c'est géré.
M. Grandmont : Parfait. Merci
beaucoup.
Président (M. Jacques) : Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres
questions, commentaires sur l'article 166 amendé? M. le député
d'Acadie.
Morin : Merci. Alors, effectivement, il y a une loi
fédérale qui traite de l'expropriation. Me Massé, merci pour votre
réponse. Je vous le confirme également.
Ceci étant...
Ça, ça ne coûtera pas plus cher. Ceci étant, pour 166, dans le mémoire de la
STM, on parlait, évidemment, d'une limite à cinq mètres, et non pas
15 mètres de surface. Je comprends que Mme la ministre soulignait,
bon, qu'il y avait... c'était important, en bas de 15 mètres, il n'y avait
pas d'expropriation, en haut, il y en aurait. Mme la ministre nous disait, bon,
que ça procédait d'un équilibre qu'elle recherchait. J'ai toujours été en
faveur d'un équilibre.
Mais pourquoi
15 mètres puis pourquoi établir ce système-là maintenant, alors que tout
dépendant des travaux qu'ils auront à faire... mais c'est sûr que les
sociétés de transport, et notamment la STM, vont avoir à débourser davantage si
jamais ils avaient à exproprier peut-être davantage.
On me dit
que, par ailleurs, si jamais il y a des dommages ou des ennuis, il y a une
forme d'indemnité qui existe. Donc, j'essayais de comprendre pourquoi le
15 mètres et non pas le cinq mètres... Pardon?
Mme Guilbault : ...ou peut-être... soit M. Lebrun ou peut-être
Mme l'ingénieure? Donc, M. Lebrun pourrait répondre, si les collègues
consentent.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la ministre. M. Lebrun... Est-ce qu'il y a consentement pour...
Le Président (M. Jacques) : Parfait.
Merci, M. le député d'Acadie.
M. Lebrun (Ghislain) : Oui. Alors,
pourquoi 15 mètres plutôt que cinq mètres?
M. Morin : Ou 10 mètres.
M. Lebrun (Ghislain) : Ou
10 mètres. Bien, c'est... D'abord, ce 15 mètres-là reprend ce qui
existe déjà dans des lois comme la
Loi sur le REM, également
la
loi sur le réseau structurant. Donc, il y a une concordance au niveau des projets. Le 15 mètres a été établi parce
que c'est... la plupart des tunnels vont passer entre cinq et 15 mètres,
souvent, entre huit et 10 mètres. Si on était à cinq mètres, par exemple,
je sais que la STM a proposé cinq mètres, mais ça voudrait dire que, dans plusieurs des cas, il n'y aurait
pas d'avis d'expropriation transmis, donc le propriétaire ne serait pas
informé.
Ça fait que nous, on a essayé de trouver un
équilibre entre... qui permet à la fois à la STM ou à d'autres corps
expropriants qui veulent faire des tunnels de le faire dans une distance qui
est raisonnable, mais qu'aussi, dans la grande majorité des cas, le
propriétaire soit informé par un avis d'expropriation.
Puis on a regardé un peu, là, la topographie,
par exemple, de la ligne bleue, on a regardé un peu, là, sur le tracé entre
Saint-Michel et Anjou, comment ça se dépliait en profondeur, puis on pense que
le 15 mètres, c'est une profondeur
moyenne qui vient répondre à une grande majorité des besoins qu'on a d'informer
les propriétaires par un avis d'expropriation.
M. Morin : Donc, je comprends que,
pour les stations qui sont en voie d'être achevées ou qui vont être achevées
pour la ligne bleue, là, vers l'est... Donc, le tunnel, il passe à combien de
mètres sous le sol?
M. Lebrun (Ghislain) : Bien, c'est
variable, là, selon la topographie puis selon les besoins. Je pourrais... Je n'ai pas la réponse, exactement, précisément, mais
c'est entre huit et 12 mètres, là, je crois, là, que... la moyenne. Il y a
des fois que c'est un petit peu plus profond, des fois que c'est un peu moins
profond, mais c'est à peu près la moyenne.
Puis, comme
on le précisait ce matin, évidemment, je prends l'exemple de la ligne bleue
parce qu'on est dedans, puis c'est un cas... on n'en fait pas à toutes
les années, des projets de tunnel pour un métro. C'est certain qu'on a mentionné, ce matin, qu'il y a un
article qui s'en
vient, qui va exempter la STM au niveau de l'application du 15 mètres,
du 0-15. Mais je pense que pour des projets ultérieurs, que ce soit transport
collectif pour un métro ou d'autres types de
tunnels qui vont être... qui seraient requis dans la conception d'un projet de
transport collectif, on en a dans le REM, par exemple, mais le
15 mètres, c'est une mesure... c'est un bon équilibre.
M. Morin : O.K. Bon, évidemment, on
est conscient que ça va augmenter des... ça peut augmenter des coûts de la STM.
M. Lebrun (Ghislain) : Ça peut
augmenter, peut, mais notre expérience qu'on a présentement, là, d'achat en tréfonds — on
expliquait un peu le concept de ce que c'est qu'un tréfonds, dans le fond,
c'est un achat en sous-sol — il
y a rarement des dommages importants. Puis quand... En fait, il y a rarement
des dommages, puis quand il y en a, ils sont très minimes. Donc, on ne croit
pas que ça va avoir un impact sur les coûts, d'impact significatif.
M. Morin : O.K. Parfait. Je vous
remercie.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur l'article 66 amendé?
Le Président (M. Jacques) : 166
amendé? Pas de commentaire. Dans ce cas, nous pouvons mettre aux voix
l'article 166 amendé? Est-ce que l'article est adopté?
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Maintenant, on va à l'article 170.
Mme Guilbault : ...si on est d'accord, j'adopterais ou plutôt j'aborderais
tout de suite l'article 180, qui est en rapport avec ce qu'on vient
d'aborder, là, avec la STM, le tunnel, et tout ça.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a consentement pour aller à l'article 180 qui est présentement
suspendu? Consentement pour ouvrir l'article 180. Mme la ministre.
Mme Guilbault : Oui.
Article 180 :
L'article 19 de cette loi
est modifié par le remplacement de «Les articles 9
et 11.1.2 — pardon — de
la
Loi sur le ministère des Transports s'appliquent» par «L'article 9 de
la
Loi sur le ministère des Transports s'applique».
Commentaires :
L'article 180 du projet de loi propose une modification de concordance à
l'article 19 de la Loi concernant l'accélération de certains projets
d'infrastructure en raison de l'abrogation de l'article 11.1.2 de la Loi
sur le ministère des Transports et de son remplacement par l'article 166
du projet de loi.
Le Président (M.
Jacques) : Merci, Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des commentaires
sur l'article 180? Pas de commentaire. Est-ce que l'article 180 est
adopté? Adopté? Est-ce que l'article 180 est adopté?
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Merci. Maintenant, Mme la ministre, est-ce qu'on va à l'article... À quel
article que vous souhaitez vous diriger?
Guilbault : Bien, je suggérerais
l'article... Là, je veux juste être certaine, c'est 240.1, je pense, qu'on
introduisait par amendement, qui est en rapport aussi, qui vient dire que la
ligne bleue va continuer de fonctionner avec le régime actuel, tant qu'à être
là-dedans. C'est 241.1, pardon.
Le Président (M.
Jacques) : Donc, ce serait l'intégration d'un nouvel article?
Guilbault : Oui, par amendement.
Le Président (M.
Jacques) : Donc, est-ce qu'il y a consentement pour aller à
l'article... à l'introduction de l'article 241.1?
Guilbault : 241.1. Excusez, c'est moi qui
n'avais pas le bon numéro, je pense.
Le Président (M.
Jacques) : Donc, il y a consentement. Donc, Mme la ministre,
l'article 241.1.
Guilbault : Donc,
Article 241.1 : Insérer, après l'article 241 du projet de loi
tel qu'amendé, le suivant :
«241.1. Pour
l'application des articles 165 à 169 aux travaux de construction du projet
de prolongement de la ligne bleue du métro
de Montréal, de la station Saint-Michel à celle d'Anjou, le premier alinéa de
l'article 166 doit être lu sans tenir compte de "lorsque la
limite supérieure de la paroi extérieure bétonnée du tunnel est à une distance
d'au moins 15 mètres de la surface du sol".»
En commentaire :
Il est proposé d'ajouter l'article 241.1 au projet de loi afin de prévoir
que, dans le cas des travaux de construction du projet de prolongement de la
ligne bleue du métro de Montréal, de la station Saint-Michel à Anjou, les transferts de droit de plein droit
nécessaires à la réalisation de ce projet sont applicables même lorsque la
limite supérieure de la paroi extérieure bétonnée du tunnel est à une
distance de moins de 15 mètres de la surface du sol.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des commentaires sur l'introduction de l'article 241.1?
M. Morin : ...j'ai
consenti à l'introduction, mais sur le contenu, j'imagine que c'est parce que
les travaux sont en cours déjà, le tunnel
est probablement creusé, ou fini d'être creusé, ou sur le point d'être fini
d'être creusé. Est-ce que c'est... puis donc vous voulez que le régime actuel
continue de s'appliquer, celui qui a été décrit à 166. Est-ce que c'est
cela?
Guilbault : Les travaux, oui, ils sont en
cours. Là, le tunnelier, il faudrait juste voir c'en est où. Je ne sais pas exactement au moment où on se parle, mais
l'appel d'offres pour le tunnel avait été laissé au 31 janvier. Oui, c'est
ça. Ça fait que je ne sais pas si on est encore en train de creuser
déjà, mais les plans sont déjà faits puis le projet est suffisamment avancé pour que... comme je disais ce matin, là, ça ferait
en sorte qu'on aurait deux régimes pour les mêmes... les expropriés au
sein d'un même projet. Alors, pour éviter ça, on introduit l'article.
M. Morin : Puis
je comprends que... Est-ce que ça pourrait...
Guilbault : ...qui sont en cours.
M. Morin : Est-ce
que ça pourrait retarder des travaux préparatoires, si on avait deux régimes
distincts ou...
Guilbault : Bien, c'est plus par souci
d'équité ou, tu sais, d'uniformité.
M. Morin : D'équité.
O.K. Parfait. Merci.
Président (M. Jacques) : Est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur
l'introduction de l'article 241.1? M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui,
bien, je suis bien content, là, qu'on poursuive avec la réalisation de ce
projet-là, dont on a bien besoin dans l'est
de Montréal, là, mais juste pour bien comprendre qu'est-ce que ça aurait eu...
qu'est-ce que ça aurait pu avoir comme impact concret, d'assujettir le projet à
la nouvelle, là... au nouveau projet de loi, à la nouvelle
réglementation, dans le fond?
Mme Guilbault : Donc, M. Lebrun pourrait venir expliquer... qui est
plus directement dans le projet.
M. Grandmont : Oui, merci.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a consentement pour entendre M. Lebrun? M. Lebrun.
M. Lebrun (Ghislain) : Comme... vous
l'expliquait, effectivement, le tunnel n'est pas encore en début de réalisation, mais la conception est très avancée,
la planification et les... On a quand même un grand nombre d'acquisitions
qui sont conclues ou qui sont en voie de conclusion.
Par contre, il reste encore un certain nombre
d'acquisitions à faire, et on voulait s'assurer que les nouvelles acquisitions,
les propriétaires qui vont être visés par les acquisitions qui vont entrer sous
le nouveau régime... en fait, ne seraient pas... ne viendraient pas être
impactés par le nouveau régime, par souci de cohérence.
Puis vous comprendrez que, dans un projet comme
celui de la ligne bleue, on ne fait pas les acquisitions de façon un, deux,
trois, quatre, cinq en ligne jusqu'à... de Saint-Michel à Anjou. Il y a des
acquisitions qui sont plus complexes à
réaliser. Donc, c'est un... il y a des... C'est possible. On ne voulait surtout
pas que deux voisins se retrouvent avec des régimes différents.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
M. Grandmont : Merci pour la
réponse, là, M. Lebrun.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le député de Taschereau. M. le député d'Acadie.
M. Morin : ...je comprends que le
nouvel
article 241.1, en fait, est en lien avec 166 puis 166 n'est pas en vigueur. Donc, si vous faites... 166 du projet de
loi. Donc, si vous faites des expropriations, présentement, vous les faites
sous la loi actuelle.
M. Lebrun (Ghislain) : Présentement,
oui.
Morin : Puis, quand ce projet de loi va être adopté, si
vous faites d'autres expropriations, vous allez les faire sous
l'ancienne loi ou...
M. Lebrun (Ghislain) : Pour la ligne
bleue, ça va continuer avec le régime actuel.
M. Morin : Le régime actuel.
M. Lebrun (Ghislain) : Oui, pour...
justement, pour maintenir une équité puis une uniformité.
M. Morin : Pour maintenir cette
cohérence.
M. Lebrun (Ghislain) : Tout à fait.
M. Morin : D'accord. Donc, c'est
l'ancienne loi qui va s'appliquer.
M. Lebrun (Ghislain) : Oui.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a d'autres commentaires sur l'introduction de l'article 241.1?
S'il n'y a pas de commentaire, nous allons procéder à la mise aux voix de
l'introduction de l'article 241.1. Est-ce qu'elle est adoptée?
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Merci. Mme la ministre.
Mme Guilbault : Oui. Alors, je proposerais... Je voulais proposer, mais là
on me dit qu'il faut encore valider certaines petites choses, de revenir à
l'article 118 sur... tu sais, parce qu'il nous reste, en fait, 118 puis 5
aussi, qui est en suspens, là, pour lesquels
il y avait deux discussions en cours sur des sujets distincts. Donc, 118,
est-ce qu'on est correct pour le
réaborder? C'était toute la question de l'indemnisation puis du différentiel de
prix entre le moment de l'avis de l'expropriation et le moment où la
personne trouve un endroit où se relocaliser. Mais donc...
Le Président (M.
Jacques) : Est-ce que...
Mme Guilbault : Peut-être, si je peux juste avoir une suspension d'une ou
deux minutes pour voir si c'est réaliste ou non. Puis sinon, on...
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'on peut suspendre quelques instants?
Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 15 h 49)
Le Président (M. Jacques) : Nous
reprenons nos travaux. Lors de la suspension, nous étions à discuter à l'effet
de savoir si nous ouvrions l'article 118. Donc, Mme la ministre.
Mme Guilbault : Oui, bien, je propose d'ouvrir l'article 118. C'est ce qu'on me
suggère ici. J'ai mes collègues qui sont experts.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a consentement pour ouvrir l'article 118?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Jacques) : Consentement.
Mme la ministre.
Mme Guilbault : Merci beaucoup. Alors, à l'article 118, qui était
suspendu, bien, je vais... En fait, je l'avais déjà lu, l'article? Oui, c'est
ça, il était suspendu. Donc, j'ai un amendement.
Mme Guilbault : Il n'avait pas été lu?
Le Président (M. Jacques) : Il
n'avait pas été lu.
Mme Guilbault : Ah! O.K. Bon, bien, alors je vais le lire, commençons par
ça. Alors,
article 118.
«118. Lorsque le transfert du droit exproprié
s'opère plus de six mois après la date de l'expropriation, le tribunal ajoute à
l'indemnité de l'exproprié une indemnité pour compenser la perte d'appr