Labour and the Economy — 27 April 2021 (42nd Legislature, 1st Session)
CET 2021-04-27
Quebec — Committees
Durant toute l'année,
toute cette urgence sanitaire, on a eu le premier ministre, on a eu tous les
groupes d'opposition... on a dit souvent, et le gouvernement l'a dit à
plusieurs reprises, comment le communautaire, c'était important, comment ils comprenaient leurs enjeux et comment ils
allaient... comment ce gouvernement-là allait les épauler. Eh bien, lors du budget, le budget... le dernier
budget, là, en mars, il y a eu une énorme déception du côté du communautaire.
On lit, là, les réactions des différents...
des grandes centrales communautaires, des grands rassemblements communautaires,
qui disent, je pense au RQ-ACA : On est consternés, on s'est sentis
abandonnés, on est abasourdis et extrêmement déçus du budget, on s'attendait à
beaucoup, beaucoup, beaucoup plus. Parce que la crise, là, la crise sanitaire,
on l'a dit, a exacerbé tous les maux, mais
ce n'est pas quand on va enlever nos masques que tout va être terminé. La crise
a fragilisé les plus fragilisés de notre société et les organismes
communautaires vont faire encore une fois toute la différence.
Durant
la dernière année, nos équipes, nos bureaux de comté ont eu trois fois plus
d'argent pour la subvention à l'action bénévole. Là, on retourne, on
retourne à ce qui était avant. Et dans le budget du gouvernement de la CAQ,
bien, ils sont extrêmement déçus de l'aide donnée au communautaire parce que
c'est comme si ce gouvernement-là... et je sais que le ministre, là, a beaucoup
d'empathie, mais, malgré tout, ce gouvernement-là, on dirait qu'il vit un peu
dans la pensée magique que, finalement, tout va retomber en place.
quand on lit le budget, on s'inquiète énormément parce que ces organismes
communautaires là ont toujours
l'impression qu'ils sont en train de quêter, quand, dans le fond, ce n'est pas
ça, on devrait pouvoir les épauler, ils ne devraient pas avoir
l'impression de toujours être en train de quêter. Et pourquoi ils ont toujours
l'impression d'être en train de quêter?
Parce que souvent, on saupoudre, on ne marque pas le coup où, vraiment, ça
ferait une différence.
Et là dans
l'urgence sanitaire, on la voit, là, on voit la fragilité du communautaire. Par
exemple, on s'attendait à avoir de l'argent pour la mission de base,
pour que ces organismes-là, ils ne soient pas juste financés à coups de projets
mais avec... mais qu'on vienne vraiment les épauler à la mission de base pour
que, quand on a une crise comme on vit, ils soient beaucoup plus agiles
pour répondre aux besoins du terrain. Or, ce n'est pas du tout, du tout le cas.
Il n'y a pas,
non plus, de vision à long terme. Le ministre a parlé du PAGAC, on en
reviendra... on y reviendra, plus tard, là, mais le PAGAC, il n'est pas
encore déposé, le plan d'action, là. Il était supposé être déposé au mois
d'avril, on ne le sait pas... et le ministre, j'espère, va me répondre à ça, on
ne le sait pas quand est-ce qu'on va voir un plan d'action, un plan d'action
qui a été d'abord pensé avec des consultations qui ont été faites avant la
pandémie.
Et on l'a vu, Mme la Présidente, la semaine
dernière, hein, j'ai amené un mandat d'initiative pour qu'on entende les
organismes communautaires ici, à l'Assemblée nationale, pour qu'on aille des
consultations avec eux, c'est bien la moindre des choses, après tout ce qu'ils
ont vécu. Or, on aurait dû avoir l'ouverture pour les écouter, et c'était ce
mandat d'initiative. Or, le gouvernement a refusé d'entendre ces organismes
communautaires là, et c'est profondément triste.
J'avais aussi... on avait aussi déposé une
pétition de gens dans mon comté, justement, qui demandent plus d'argent du
communautaire, parce qu'il y a une espèce de déséquilibre, en ce moment, où,
dans des comtés comme le mien, où il y a des
grandes poches de pauvreté, il y a une espèce de débalancement, puis nos
organismes communautaires, bien, ils sont moins bien financés
qu'ailleurs, donc il y a un rajustement qui devait être fait. Encore une fois,
ça aurait le fun, ça aurait été important,
pas juste le fun, ça aurait été primordial, essentiel d'entendre ces gens-là.
Or, on a refusé, le gouvernement de la CAQ a refusé de les entendre.
Moi, je trouve ça profondément inquiétant parce
que si on veut construire quelque chose, une vision à long terme, si on veut vraiment épauler notre
communautaire, parce qu'on n'est vraiment pas sorti du bois, bien, il faudrait
les écouter convenablement. Donc, moi, je demande au ministre est-ce que ces
demandes-là, qui sont fondamentales, là, de
missions de base, de projets à long terme, d'une reddition de comptes à n'en...
tu sais, alléger la reddition de comptes à n'en plus finir, est-ce que
le ministre s'engage, durant la prochaine année, à, au moins, donner beaucoup
plus à la mission de base de ces organismes communautaires là?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
M. le ministre.
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente. Et bon matin, tout le monde. Oui, écoutez, on a partagé souvent
votre sensibilité, votre préoccupation pour
l'action communautaire au Québec. Les organismes communautaires, c'est
l'essence, c'est la quintessence de notre filet social, c'est des personnes qui
interviennent au premier niveau pour soutenir du... des personnes qui sont en difficulté, et je reconnais
totalement que c'est des difficultés qui ont été accentuées en raison de la
pandémie. Il faut constamment lutter contre la marginalisation dans nos
sociétés, bien comprendre les mécanismes qui excluent les personnes et avoir
des bons remèdes. On va y revenir sur le plan d'action gouvernemental en action
communautaire, je vous dirais avec respect
qu'il n'y en a pas depuis 2004-2005. C'est... ça démontre à quel point il y
avait beaucoup d'empathie gouvernementale entre 2004, 2005 et depuis
notre accession au pouvoir.
De dire que rien n'a été fait durant la
pandémie, je regrette, mais ce n'est pas fondé sur la réalité. Vous le savez,
la grande problématique au début de la pandémie, pour les organismes
communautaires, c'était d'avoir des bénévoles. Il y a au Québec un bassin de
bénévoles qui est particulièrement âgé, on me disait à peu près 50 % des
bénévoles au Québec ont au-delà de 70 ans. Vous comprendrez qu'en raison
de l'isolement préventif qui était requis, il
a fallu développer une nouvelle culture de bénévolat au Québec, puis intéresser
notamment les jeunes au bénévolat, puis ça, c'est... ça nous préoccupe à
chaque fois qu'on le réalise. Les jeunes font moins de bénévolat, c'est la
raison pour laquelle, avec le premier ministre, souvenez-vous, collègue, on
avait fait un grand appel à la solidarité en mettant en place une plateforme
numérique, jebenevole.ca, et on a fait une entente, on avait déjà préparé le
terrain et la Fédération des centres
d'action bénévole avait déjà mis en place un embryon de plateforme. Il y a
110 centres d'action bénévole au Québec, et ça nous a permis, je
vous dirais, là, puis là je le dis de mémoire, là, mais pour les chiffres
précis, je pourrai vous les donner, mais il y a à peu près 33 000,
34 000 personnes qui ont exprimé le goût de faire du bénévolat, et il
y a des organismes communautaires aussi qui faisaient des affichages. Et le but
d'une plateforme de cette nature-là, c'était d'assurer un arrimage entre les
personnes qui voulaient faire du bénévolat et les besoins des organismes
communautaires.
Il y a eu près de 160 millions de dollars qui
ont été accordés aux organismes communautaires, non seulement pour maintenir le financement malgré le
confinement, en mesures de soutien d'urgence dans le contexte de la pandémie.
Les banques alimentaires, puis là je ne reprendrai pas tous les montants, vous
les connaissez, mais les banques alimentaires, les organismes d'hébergement
pour les femmes victimes de violence, le soutien à l'action bénévole, les
organismes jeunesse, famille, dépendance, Fédération québécoise des organismes
communautaires, les organismes communautaires
oeuvrant en itinérance dans la région de Montréal, les organismes
communautaires en santé mentale, le SACAIS, les alliances pour la
solidarité qui se déploient partout au Québec, il y a à peu près 1,1 milliard
de dollars qui est versé par l'État québécois à 5 161 organismes
communautaires au Québec.
Et dès mon
accession, avec l'équipe gouvernementale, à mon ministère, j'ai, le
18 février 2019, envoyé une lettre au Réseau québécois de l'action
communautaire autonome que vous connaissez bien, le RQ-ACA, pour amorcer les travaux en vue de l'élaboration d'un plan d'action gouvernemental
en action communautaire, vous le savez, je vais le redire, il n'y en a pas
depuis 2004‑2005.
Et, comme vous me
disiez, il faut avoir une vision, il faut consulter, il faut entendre, ça a été
l'amorce de processus de consultation. Au 20 décembre 2019, donc, le...
avant, le 29 mai 2019, on a amorcé les consultations, on a fait un appel
de mémoire ciblé auprès de 78 regroupements d'organismes communautaires.
Ils avaient jusqu'au 6 décembre 2019
pour déposer un mémoire. Au 20 décembre, on a reçu 87 mémoires. Il y a
eu 25 rencontres privilégiées entre les représentants des groupes
avec moi, ou un comité d'élus, parce que j'ai formé un comité de collègues pour
me supporter dans les travaux visant
ultimement l'adoption d'un plan
d'action gouvernemental en action communautaire, et, entre juin et septembre, il y a
eu 20 groupes de discussion qui ont été réalisés.
n'est pas des mots, ça, collègues, ce n'est pas des mots, c'est de la réalité.
Il y a eu de l'écoute, il y a eu des discussions, il y a eu des mémoires
élaborés par ces regroupements-là, nous en avons pris connaissance. Et suite...
Présidente (Mme IsaBelle) :
M. le ministre, est-ce qu'on peut y aller de façon plus rapide? Il ne
reste que cinq minutes à l'échange.
M. Boulet :
Oui, d'accord. Merci. Mais c'est effectivement ce que j'avais anticipé, Mme la
Présidente.
M. Boulet :
Puis dans le contexte budgétaire actuel, vous le savez, en raison de la
pandémie, de l'état des finances publiques, le plan d'action gouvernemental va
suivre, mais il y a eu quand même une aide additionnelle de 175 millions de dollars pour soutenir le
secteur de l'action communautaire sur une période de cinq ans. Sur ce montant-là, il y a 31 millions en 2021...
32 millions en 2021‑2022 pour des initiatives ciblées au soutien des
organismes communautaires afin de leur permettre de répondre aux besoins
de la population, bonifier le programme de soutien à l'action bénévole,
améliorer les infrastructures d'entreposage de denrées pour le réseau...
Robitaille : Est-ce que je peux quand même placer une question?
M. Boulet :
Il me reste cinq minutes, est-ce que je peux répondre?
M. Boulet :
Ah! O.K., c'est un échange. O.K.
Robitaille : ...oui, c'est ça.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : D'accord. Alors, écoutez, M. le ministre, ça va, on va
laisser la parole. Allez-y, députée de Bourassa-Sauvé.
M. Boulet :
Ah! il reste cinq minutes aux 20 minutes, puis... je finissais.
Robitaille : Bien, c'est ça, c'est parce que moi, j'ai des choses à
dire.
M. Boulet :
Mais on est limité à combien?
Robitaille : Mais on n'a pas à... Je veux dire, je ne lirai pas le budget
à la ligne, là, on n'a pas assez de temps, mais, sur le terrain, là,
consternés, abasourdis, extrêmement déçus, on a des organismes communautaires
qui perdent du personnel, des gens qui sont sous-payés, ça va très mal, il y a
une crise, mais il y a aussi une crise du communautaire. Et là ces gens-là
disent : On n'aura pas plus pour notre mission de base, ça sera à coup de
projet et ça sera à coup de trois mois, on
ne peut pas travailler avec ça. Ils veulent de l'argent, ils veulent une vision
à long terme pour savoir comment ils vont faire face aux demandes sur le
terrain, et, en ce moment, il n'y a pas ça. On compte... C'est des miettes, on dit que c'est des miettes,
en bout de ligne, qui se retrouvent sur le terrain. Et, en ce m