Labour and the Economy — 14 May 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CET 2013-05-14
Quebec — Committees
Président (M. Leclair) :
Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la
séance de la Commission de l'économie et du travail ouverte. Je demande
à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre leurs sonneries
de téléphone cellulaire, s'il vous plaît.
La commission est réunie afin de poursuivre les
consultations particulières et les auditions publiques sur le projet de loi
n° 36,
Loi sur la Banque de développement économique du Québec.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements ce
matin?
Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Claveau (Dubuc) est remplacé par M. Chapadeau (Rouyn-Noranda—Témiscamingue)
et M. Ouellette (Chomedey), par M. Drolet (Jean-Lesage).
Le Président (M. Leclair) : Merci
beaucoup. Alors, compte tenu que la commission... Bon, est-ce qu'on est à l'heure
ou... Oui? Bon. C'est bien.
Alors, ce matin, nous recevons la Fédération
canadienne de l'entreprise indépendante,
section Québec, et la Fédération des chambres de commerce du Québec.
Alors, vous possédez un temps d'antenne de 10 minutes. Alors, je
vous demande de vous présenter, ainsi que
les gens qui vous accompagnent, et poursuivre sur votre mémoire. Merci
beaucoup.
Mme Hébert (Martine) : Merci,
M. le Président. On va essayer d'avoir des bons clips pendant notre temps d'antenne.
Alors, mon nom est Martine Hébert. Je suis vice-présidente Québec pour la
Fédération canadienne de l'entreprise
indépendante. Je suis accompagnée ici de M. Simon Gaudreault, qui est
économiste à la FCEI, et de M. Julien Racicot, qui est étudiant à McGill
en économie et stagiaire à la FCEI pour l'été.
Donc, M. le
Président, distingués membres de la commission, je tiens, d'abord, à vous
remercier, évidemment, de nous donner l'opportunité de discuter avec
vous, là, du projet de loi n° 36. Comme vous le savez, la FCEI est la voix
des PME du Québec. On en représente
24 000 au Québec, 109 000 au Canada. Vous comprendrez donc notre
intérêt pour toutes les actions
gouvernementales qui touchent le développement économique parce qu'on sait qu'au
Québec ce dernier passe forcément par
les PME, qui comptent pour 99 % de nos entreprises. C'est, évidemment,
pourquoi on a parcouru avec intérêt le projet de loi n° 36.
D'emblée, M.
le Président, je dois vous dire qu'on souscrit à plusieurs des objectifs du
projet de loi créant la Banque de
développement économique du Québec. Qu'il s'agisse de simplifier les démarches
pour les entrepreneurs, d'assurer plus de cohésion ou d'améliorer l'accompagnement
des entrepreneurs, je pense qu'on dit oui à cela sans aucune hésitation. On
aime aussi l'idée dans le projet de loi qui nous fait passer de la notion de
guichet unique à la notion de conseiller
unique. Je pense que ça va être très utile pour les entreprises. Si je
comprends bien, ces conseillers-là auraient pour mandat d'accompagner les chefs de PME dans le labyrinthe étatique,
qui est assez complexe, merci, ce qui, donc, est plus que nécessaire, compte tenu de nos structures, là, plutôt
alambiquées. Le défi sera cependant de voir à ce que les personnes qui vont se voir confier ce rôle-là soient
suffisamment formées et possèdent les compétences requises pour pouvoir
le faire.
La banque va
regrouper aussi, en quelque sorte, ce qui était — en tout cas, en
partie — le
MDEIE et Investissement Québec.
Le projet de
loi n° 36 précise que la mission de la banque va être de «soutenir,
notamment par des interventions financières,
le développement économique du Québec dans toutes ses régions, conformément à
la politique économique du
gouvernement». Il stipule, par ailleurs, que «la banque exerce toute autre
fonction que peut lui confier le gouvernement».
M. le Président, on se questionne cependant à
savoir s'il revient vraiment à ce qu'on désigne comme étant une banque de s'occuper seule du développement
économique, là, d'une province comme le Québec. Comme on peut le constater dans la définition des missions de
structures telles que feu, par exemple, le MDEIE ou Investissement
Québec, le développement économique repose
sur un ensemble très vaste et concerté d'actions, de stratégies, d'expertises
que le simple octroi, là, de financement
des entreprises ciblées… On est donc préoccupés par la façon dont va atterrir,
dans le fond. Le projet de création de la BDEQ dans la réalité et les
impacts que ça va avoir, comment est-ce qu'on va faire pour assurer la cohésion
du développement économique du Québec dans tout ça. C'est des questions qu'on
se pose, dans le fond.
Dans la même
veine, M. le Président, on est préoccupés un petit peu à savoir comment la
banque va harmoniser ses orientations
et ses actions dans toutes les régions du Québec pour refléter une vision plus
globale du développement économique du Québec. Je pense que c'est bon de régionaliser les
interventions, mais je pense qu'il faut aussi chercher une certaine
cohésion, là, de façon plus globale dans tout ça.
On se demande
aussi, par contre, ce qui va advenir des plans actuels de développement
économique qui existent déjà et aussi de certaines instances, là, comme
les CRE, qui ont reçu du MAMROT, je crois, le mandat de faire du développement
stratégique régional, donc comment tout ça va s'inscrire et comment les plans
actuels, là, vont s'harmoniser avec ce qui est l'intention, là, à travers la
création de la banque.
M. le
Président, vous le savez, lorsqu'on parle d'entrepreneuriat et de développement
économique, on ne peut passer à côté du rôle incontournable des petites
et moyennes entreprises. Elles créent des emplois, elles génèrent des investissements, elles créent une valeur ajoutée
et elles produisent une diversité et une quantité incroyables de biens
et de services, contribuant ainsi dans une
très large part à la vitalité de notre économie et au financement aussi des
services publics.
Au Québec, on le sait, la majorité de nos
entreprises sont de très petite taille. Soit la moitié, à peu près, moins de cinq employés. À peu près les trois quarts ont
moins de 10 employés. Alors, on n'est pas dans une économie de très,
très grandes entreprises. On remarque aussi que le chiffre d'affaires de nos
entreprises au Québec est plutôt modeste. Le
deux tiers de nos entreprises — à peu près, le deux tiers, là — ont un chiffre d'affaires annuel inférieur à
500 000 $, et il y en a juste 5 % qui ont des revenus, un
chiffre d'affaires annuel supérieur à 5 millions de dollars par année. On
voit donc, M. le Président, que la vaste majorité de nos entreprises ne sont
pas toutes nécessairement, là, des candidates à des programmes d'investissement
majeurs qui nécessitent soit du capital de risque à coups de plusieurs
centaines de milliers de dollars…
Ce qui m'amène
à la question de savoir ce que pensent les PME de l'aide offerte actuellement
au Québec. Il faut savoir qu'il y a
80 % des PME qui n'ont pas reçu de subvention ou de crédit d'impôt au
cours des cinq dernières années. Quelles sont les raisons invoquées par
les PME, les dirigeants de PME pour expliquer leur abstention de recourir au réseau public de soutien des entrepreneurs? Bien,
les réponses tournent toujours beaucoup autour de la complexité. C'est sûr que c'est complexe de faire des démarches pour
obtenir des subventions ou des crédits d'impôt. Souvent, ça prend un doctorat en paperasserie gouvernementale pour y
arriver. Donc, c'est la première chose qu'ils disent. Le peu d'adéquation
aussi de l'aide offerte avec leurs besoins à
eux, que ce n'est pas toujours en parfaite adéquation, ou encore le fait
qu'il ne s'agit tout simplement pas du type d'aide qu'ils souhaitent obtenir.
Et, à cet égard-là, je vous dirais que, quand on leur demande l'aide qui serait
la plus utile pour leur entreprise, il y a 68 % qui préconisent un
allégement fiscal et seulement 20 % qui disent : Davantage de
subventions directes ou de garanties de prêt de la part du gouvernement.
Néanmoins, il y a ce bassin de clientèle là de 20 %.
M. le Président, on parle aussi de démarrer des
entreprises et de les soutenir, mais il faut aussi dire que nos entreprises ont
de la difficulté à survivre au Québec. Je pense qu'il faut se le dire, alors
que le Québec compte pour environ 20 %
de l'économie canadienne, on récolte la palme des faillites commerciales avec
46 % des faillites à l'échelle du Canada. Il y a quelques années,
on remarquait déjà qu'au Québec le taux de survie des nouvelles entreprises, en
particulier celles de cinq employés et plus, était beaucoup plus bas que dans l'ensemble
du Canada.
Fait trop
souvent ignoré aussi, la vitalité de l'entrepreneuriat ne passe pas seulement
par des projets de création ou d'expansion, mais aussi par la survie à
court terme, moyen ou long terme de nos entreprises, grandes ou petites, jeunes ou anciennes. À la lumière des résultats, donc,
présentés que je vous donne aujourd'hui, il serait peut-être temps de revoir notre approche du soutien à l'entrepreneuriat
pour qu'avant de s'efforcer de créer toujours plus d'entreprises et d'investir
toujours plus de millions en subventions on regarde d'abord, là, comment est-ce
qu'on pourrait pérenniser les entreprises qui existent déjà.
Et, à cet
égard-là, si on juge qu'il est important de favoriser la création de nouvelles
entreprises, on pense qu'il est tout
aussi important de soutenir celles qui existent déjà, et, M. le Président, on
pense que davantage d'efforts, là, doivent être consacrés à cette deuxième tâche. C'est pour ça qu'on recommande
que, dans la foulée de la création de la BDEQ, l'approche du soutien à l'entrepreneuriat
soit revue, notamment pour offrir un environnement fiscal et réglementaire qui est propice à la survie et à la croissance de
nos entreprises. Je vous dirais qu'à l'heure actuelle au Québec, au
niveau fiscal puis au niveau réglementaire,
même si on soutient de la création d'entreprises à coups de millions, si
l'environnement qui est favorable, qui leur
permettrait de pouvoir grandir, de pouvoir investir, de pouvoir créer plus d'emplois
n'est pas là, bien, on a beau investir millions, c'est un petit peu
comme si on jetait l'argent par les fenêtres. Donc, je pense qu'il faut
regarder ça en même temps aussi dans les actions gouvernementales.
Enfin, M. le
Président, l'entrepreneuriat est un phénomène qui se manifeste sous plus d'une
facette, je pense, qui concerne plus que du démarrage ou de l'expansion
d'entreprises. Comme je le dis depuis tantôt, c'est aussi la survie, l'évolution et le transfert aussi de nos
entreprises actuelles. Mais je pense qu'il faut aller au-delà de l'argent
seulement. En ce sens, on aurait beau avoir
tous les millions voulus pour soutenir les projets d'entreprise, encore
faut-il qu'il y ait du monde intéressé à devenir entrepreneur. Je pense
que c'est un défi important.
Je vous
dirais que, dans ce sens-là, vous vous souvenez, on avait dit… Dans la
stratégie entrepreneuriale, en fait, qui avait été adoptée au Québec, là, il y avait plusieurs mesures,
justement, qui visaient à essayer de favoriser l'entrepreneuriat chez les gens, à faire en sorte qu'il y ait de
plus en plus de gens intéressés à se lancer en affaires. Puis ça prend des
projets. On a beau avoir des millions pour investir, mais ça prend des
projets. Et, à cet égard-là, je pense qu'il importe aussi de rappeler, au Québec, que même on a un problème
aussi dans le transfert des entreprises qui existent déjà. En fait, il y
a peu de repreneurs souvent pour les entreprises qui existent déjà. Et, il faut
dire aussi qu'au Québec on a un problème, là, c'est plus payant à l'heure
actuelle de vendre son entreprise à un étranger qu'à un membre de sa famille.
Alors, tout
ça, c'étaient des éléments qui étaient abordés, M. le Président, dans la
stratégie entrepreneuriale, et on se
demande, dans le fond, qu'est-ce qui va arriver de tout ce qui avait été fait
avant, là, dans ce sens-là ou des intentions gouvernementales et des travaux qui avaient été
amorcés pour assurer le développement de l'entrepreneuriat au Québec, qu'est-ce qui va arriver de tout ça, une fois la
banque créée. On aurait aimé traiter un petit peu avec vous de la gouvernance,
mais je suis certaine que, dans les questions, on pourra l'aborder.
Je pense, M.
le Président, en terminant, que, fondamentalement, la question à se poser avant
de créer des nouvelles structures ou, si le gouvernement fait le choix d'en
créer, va toujours demeurer, c'est : Quelles sont les principales préoccupations des entreprises et comment le
gouvernement peut-il y répondre de manière la plus efficace possible?
Merci.
Président (M. Leclair) :
Merci beaucoup, Mme Hébert, pour votre exposé. Alors, avant de débuter la
période d'échange, je tiens à saluer les membres de la Commission de l'économie
et du travail, Mme la ministre, les gens qui vous
accompagnent, députés, les gens qui vous accompagnent aussi. Je vous répète que
nous avons 24 minutes pour le groupe
ministériel; l'opposition officielle aura 20 min 48 s; le
deuxième groupe d'opposition, 5 min 12 s. Alors, je cède
maintenant la parole à Mme la ministre pour une période de 24 minutes. La
parole est à vous, Mme la ministre.
Zakaïb : Merci, M. le
Président. Tout d'abord, je tiens à saluer Mme Hébert, M. Gaudreault,
M. Racicot. Bonjour. Merci. Merci d'avoir produit votre mémoire.
D'entrée de
jeu, vous dites que vous souscrivez à plusieurs objectifs, en fait simplifier
la vie des entrepreneurs, la meilleure
cohésion, l'accompagnement, qui va être accru. Effectivement, ce sont des buts
qu'on recherche en créant la Banque
de développement économique du Québec, le fait de mettre ensemble les gens dont
le métier, c'est d'accompagner et les gens dont le métier, c'est d'investir.
Vous parlez
du conseiller unique, comment ça peut être compliqué de s'y reconnaître dans le
dédale administratif de l'ensemble
des ministères, comment, pour soutenir un projet au Québec, il n'y a rien de
mieux peut-être qu'un ancien fonctionnaire
pour arriver à s'y comprendre et à faire travailler ensemble les différents
ministères pour que les projets voient le jour. En fait, je pense que
cette portion-là, tout le monde, on est d'accord pour dire que c'est quelque
chose qui est important.
Maintenant,
on nous dit : De quelle façon vous allez harmoniser, par exemple, la
coordination de la régionalisation? À l'article 8, on dit que «les
stratégies de développement économique régionales et métropolitaine sont
soumises au ministre». Alors, c'est certain que
le ministre va travailler à harmoniser. Mais plus que ça, on dit que la banque
va avoir le mandat de mettre en
place… Je vais tenter de trouver l'article puis vous le citer, là. Bon, c'est l'article
2 : «La Banque a pour mission de soutenir, notamment par des
interventions financières, le développement économique du Québec dans toutes
ses régions, conformément à la politique économique du gouvernement.»
La politique économique du gouvernement, ce sera
la future politique industrielle et manufacturière. Ce sera également la future
souveraineté alimentaire. Ce sera la future PNRI, là, sur l'innovation. Ce sera
également la future politique sur l'exportation. Et tout ca se retrouvera à la
banque. Alors, quand quelqu'un va s'adresser à la Banque de développement, il va avoir accès à l'ensemble des
politiques économiques du gouvernement, et c'est sous ces chapeaux-là que chacune des directions régionales va devoir
établir un plan de développement économique régional, plan de
développement économique régional qui s'inscrit d'ailleurs dans certains des
défis que vous avez soulevés.
Parce qu'effectivement
il faut accompagner les petites entreprises afin qu'elles grossissent. Et ça,
on est tous sur la même longueur d'onde, on ne peut pas avoir une
économie qui passe au travers les soubresauts... En fait, pour que notre
économie soit vraiment forte et solide, on doit miser plus sur des moyennes,
des petites entreprises, mais pas celles...
Et je n'ai rien contre les petites entreprises, ça en prend, mais il faut qu'on
soutienne nos petites entreprises pour les aider à croître. Il faut qu'on ait plus de moyennes entreprises. Il faut
qu'on ait des petites entreprises de plus de 20 employés, il faut qu'on
ait des entreprises qui ont un chiffre d'affaires de plus de 10 millions.
Et on veut, dans chaque région du Québec, justement, que les régions
identifient les entreprises qui peuvent devenir ces moyennes entreprises ou les
fleurons de demain et qu'elles aient un
accompagnement personnalisé, qu'elles aient un financement personnalisé
dans le cadre, naturellement, des politiques
gouvernementales, dans le grand cadre gouvernemental, mais de donner à
chacune des régions des objectifs de développement économique et de développement
d'entreprises qui auront été préalablement ciblées.
Et je pense que, sur ce point-là également, nos pensées se rejoignent ou, en
tout cas, les efforts que le gouvernement veut faire nous amènent à
soutenir les entreprises qui existent déjà.
On est très conscients que le taux de survie de
nos entreprises au Québec est généralement moindre que celui ailleurs. Maintenant, il faut qu'on réfléchisse à
une façon de soutenir nos entreprises. Il y a une politique industrielle
qui s'en vient. Il y a également les chaînes de valeur de nos grandes
industries. Puis, quand on dit que, dans chacune des régions du Québec, on va établir les plans de développement économique
régionaux basés sur les créneaux d'excellence dont on s'est déjà dotés,
ces créneaux d'excellence là, si on regarde les chaînes de valeur des créneaux
d'excellence, il y a des trous. Il faut
commencer par regarder quelles sont les chaînes de valeur, puis, ensuite,
identifier quelles sont les lacunes
dans nos chaînes de valeur, puis trouver quelles sont nos entreprises qui sont
capables de combler ces lacunes-là et les aider, les amener à les
combler. Et c'est la même chose à Montréal avec les grappes. Et, souvent, il n'y
a rien de mieux que de donner à une entreprise… Quand on demande à un
entrepreneur qu'est-ce qu'il veut, est-ce que vous
préférez avoir du soutien du gouvernement... je pense que d'avoir un marché, c'est
déjà la première chose que veut avoir
une entreprise. Alors, si, par exemple, dans la politique industrielle, par l'achat
gouvernemental, si, par... en amenant les
entreprises à faire
partie de grandes chaînes de valeur qui, ultimement,
exportent à l'étranger, si on crée de la demande pour des produits
québécois, on aide les entreprises québécoises.
Maintenant, je comprends que de petites
entreprises, par exemple dans le secteur des services… je ne vois pas vraiment comment, à part en réduisant la masse
salariale, on peut les aider. Sauf que j'ai un exemple — si tu peux me donner l'article — j'ai
un exemple aujourd'hui, puis je vais produire un article, là, du Devoir ,
ce matin, qui parle des secteurs de la vie, et on
dit : Le Québec doit freiner l'exode des entreprises . Parce qu'il y
a aussi un exode de nos entreprises. Et c'est
à la page A... c'est A5 du Devoir, et on parle dans ce cas-là d'une
entreprise. Puis je vais citer certains passages que je trouve appropriés, et là on dit : «Chaque fois, c'est
la même histoire. Quand on arrive dans les gros besoins de capitaux, c'est les Américains qui achètent[...].
En 1997, des chercheurs qui "squattent" des locaux du
département de biochimie de l'Université de Montréal mettent sur pied Enobia
Pharma.» En 1997.
Et là je
passe certains paragraphes, là, et, tout d'un coup, on dit : «Bingo! les
chercheurs découvrent une protéine de remplacement qui ouvre la voie au
traitement de l'hypophosphatasie, HPP, une maladie héréditaire rare qui
engendre la [dégénéralisation] des os.» Là, le médicament en question qu'ils
ont découvert produit des résultats spectaculaires. «Une fillette née sans structure osseuse présente un squelette normal
après quelques mois de traitement seulement. Elle peut se mouvoir et respirer sans aide.» Là, la
personne reprend : «C'est merveilleux. Il y a des enfants dont la vie
peut être sauvée grâce à cette
découverte-là! Et là on s'attend à ce que l'entreprise frappe à certaines
portes, demande des espaces additionnels.
Mais non, ils s'en vont au Connecticut. On dit plus loin : «La société
québécoise ne récolte pas un sou de cette vente, malgré les millions
de dollars que les gouvernements ont investis sous forme de crédits d'impôt, et
ce, contrairement aux fonds d'investissement qui récolteront plusieurs fois
leur mise.»
Alors,
pourquoi créer une banque de développement économique? On peut se fermer les
yeux, on peut dire qu'on n'a pas
besoin, au Québec, d'avoir une banque de développement puis qu'on a juste à
bouger un peu les outils qu'on a maintenant,
mais on sait très bien que le gâteau n'a pas pogné à venir jusqu'à maintenant parce
qu'il y a des entreprises comme celle-là qui sont des fleurons de notre
économie, qui sont des entreprises qui ont trouvé des solutions, puis là, présentement, ils ne trouvent plus de financement
parce qu'ils sont rendus trop gros. Puis il n'y a personne qui a investi
dans son capital-actions pour faire en sorte
que cette entreprise-là demeure au Québec puis que, là, maintenant qu'on
a trouvé la solution, qu'on soit capable, au
Québec, de produire le médicament en question. Ça fait qu'avec... Puis, je
suis d'accord avec vous, il faut aider les
entreprises existantes. Mais, si, lors du démarrage de cette entreprise-là, l'État,
par son bras financier, avait pris une
participation dans cette entreprise, aujourd'hui on serait capable de le
dire : L'entreprise va demeurer au Québec parce qu'on va la
soutenir. Ça fait que je suis d'accord avec vous qu'il faut soutenir les
petites entreprises, puis il faut les aider,
puis je pense qu'on est tous sur cette même longueur d'onde là, mais il faut
également investir dans ce genre d'entreprise
là, puis le faire avec un bras de l'État parce que le bras de l'État ne
déménagera pas au Connecticut, parce que le bras de l'État va rester
chez nous.
Ça fait que,
oui, c'est important, puis je suis d'accord avec vous, puis on va
produire — M. le
Président, je ne sais pas de quelle
manière on fait ça — une
copie de l'article en question. Mais, oui, c'est important puis on va, par
toutes sortes de façons, aider les petites
entreprises puis diminuer la paperasse parce que c'est vrai qu'il y a beaucoup
de paperasse, puis on est tous sur la même longueur d'onde là-dessus.
Maintenant, l'État va toujours rester, il va toujours en rester un peu, là. Mais je pense que vous saluez
également le fait que dorénavant, dans les projets, il y aura un conseiller
unique qui va aider les entreprises à s'y retrouver dans ce dédale-là.
Et je
comprends qu'en bout de ligne les entrepreneurs de petites entreprises nous
disent tous : Écoutez, ce n'est pas
des crédits d'impôt dont on a besoin, c'est de diminuer — c'est ce que vous dites — c'est de diminuer ce que coûte notre masse salariale. Ce que coûte la masse
salariale, c'est l'ensemble des bénéfices sociaux, marginaux, ainsi de
suite, là. Il y a là-dedans une portion que
c'est de l'impôt, mais la grande majorité, c'est ce que tout le monde paie, qu'ils
fassent des profits ou pas, parce que ce n'est pas ce qui fait... Tantôt, vous
nous disiez : Il y a des entreprises qui ferment. Elles ne ferment pas parce qu'elles paient de l'impôt, parce que les entreprises
qui font faillite, naturellement, ne paient pas d'impôt. Je pense que c'est l'ensemble de la masse salariale, c'est l'ensemble
de ce que doivent payer les entreprises à la CSST, à l'assurance maladie, etc., qui, selon vous, est un fardeau important.
Maintenant, ça, c'est une question de fiscalité. Il n'y a pas une banque
de développement, il n'y a pas un outil financier qui peut régler ce
problème-là, c'est des actions qui doivent être posées au niveau de la
fiscalité.
Maintenant,
si on en revient au projet de banque de développement, régionaliser, mettre de
la cohésion, amener la banque à faire plus que simplement entrer en
compétition avec ce qui existe déjà sur le territoire québécois parce qu'il y a des gens, il y a beaucoup de groupes qui
sont venus nous voir à venir jusqu'à maintenant puis qui nous ont
dit : Écoutez, il faut que ce soit
complémentaire, il faut absolument que ce soit complémentaire. Et,
présentement, les outils gouvernementaux
entrent en compétition avec ce qui existe, il faut que l'État agisse dans les
domaines qui sont complémentaires.
Maintenant,
tout ça, la grande question qu'on se pose… Puis on voit que, de plus en plus, c'est
ce qu'on entend du groupe de la
première opposition, c'est que ce n'est pas nécessaire de créer une banque de
développement économique pour
simplifier la vie, pour avoir plus de cohésion, pour avoir plus d'accompagnement,
pour créer une filiale de capital de risque,
pour avoir un conseiller qui va faire en sorte que chaque projet se réalise, ce
n'est pas nécessaire de créer une banque de développement économique pour avoir une vision de développement
économique régional. Mais, en fin de compte, peu importe ce qu'on l'appelle,
ce qu'on veut faire, c'est tous ces ingrédients-là ensemble. Puis je pense que,
dans l'ensemble de ces ingrédients, pour vos
membres, c'est quelque chose de positif si on arrive à mettre en place l'ensemble
de ces ingrédients.
Bien sûr,
vous voudriez qu'on aille plus loin au niveau de la fiscalité. Bien sûr, vous
voudriez qu'il y ait moins de charges pour les entreprises. Mais je
pense que, dans ce modèle-là qu'on vous propose, il y a des défis, c'est
certain, puis il va falloir que... Je suis d'accord
avec vous, j'ai déjà vécu des fusions, je sais ce que ça peut être, il y a des
défis. Mais je pense que, si on arrive à mettre ça en place, ce n'est que
positif pour vos membres.
Le Président (M. Leclair) : Merci,
Mme la ministre. Alors, Mme Hébert.
Hébert (Martine) : Merci, M.
le Président. Oui, Mme la ministre, comme j'ai dit tantôt, il y a des
objectifs, là, plusieurs objectifs, entre
autres la notion de conseiller unique, et tout ça, qui sont intéressants. Il va
falloir voir, comme vous le dites
vous-mêmes aussi, comment ça va atterrir. Mais, si vous réussissez à faire ça,
je pense que ça va être intéressant.
Vous avez beaucoup, beaucoup parlé des petites
entreprises, comment faire grossir nos entreprises, comment s'assurer que nos
petites entreprises deviendront des moyennes et peut-être, un jour, des
grandes, je pense que... Vous avez parlé
aussi de l'exode des entreprises, de nos entreprises. Vous savez, Mme la
ministre, je comprends qu'on est en
train de discuter d'un projet de loi qui va créer une banque de développement
économique, sauf que je comprends que ce projet-là va aussi être le
moteur d'une politique de développement économique du Québec, là — en
tout cas, la pierre angulaire du
développement économique du Québec — et
c'est pour ça qu'on ramène, Mme la ministre, si vous le permettez, la question de l'environnement
réglementaire et fiscal dans lequel évoluent nos entreprises, parce que...
Et c'est lié à la banque parce que c'est des fonds publics qui sont investis
dans cette banque-là, c'est des fonds publics qui sont investis dans les
entreprises qui vont être soutenues par la banque.
Et nous, ce
qu'on dit, c'est qu'au Québec on en donne beaucoup d'argent, hein? On l'a
montré dans notre mémoire, là, on vous a donné des statistiques, on en
donne beaucoup, beaucoup d'argent en aide aux entreprises, que ce soit en subventions ou en crédits d'impôt. Mais, là où on
est moins bon, c'est dans l'environnement fiscal puis réglementaire qui régit nos entreprises et qui permet à nos
entreprises... Et, vous l'avez dit tantôt, là, ce qu'elles veulent, les
entreprises, c'est un marché. Moi, je vous dirais, ils veulent avoir un
marché, puis ils veulent avoir de l'air. Ils veulent avoir de l'air, de l'air
fiscal, de l'air au niveau de la paperasse puis de la réglementation pour
pouvoir grandir.
Vous savez,
je fais des tournées à chaque été depuis que je suis à la FCEI, Mme la
ministre, je me promène à travers le
Québec, et, trop souvent encore, j'entends beaucoup de petites entreprises, de
PME, qui me disent : Martine, moi, là, je n'ai pas le goût de la
faire grossir, mon entreprise, parce que je l'ai fait grossir à un moment
donné, puis tout ce que je me suis trouvé à
faire, c'est de me ramasser avec encore plus de lois, encore plus de règlements
qui freinaient, que je ne pouvais pas
faire ci, ou qu'il fallait que je remplisse ça, ou qu'avec... il fallait que je
produise tel rapport, puis tout ça. Je ne
veux pas la grossir, regarde, je suis bien comme ça, là, je vais rester comme
ça. Parce que, sinon, je travaille pour le gouvernement, je ne travaille
pas pour moi.
Alors, je
pense que la banque, comme je disais tantôt, oui, c'est lié à ça parce que,
premièrement, ça va être la pierre angulaire de la politique de
développement économique du gouvernement — en tout cas, d'après ce que j'en
comprends — et, deuxièmement, parce qu'il s'agit de fonds
publics. Alors, nous, on dit : Il ne faut pas que la création de la banque, Mme la ministre, s'accompagne de plus d'argent
en subventions puis en crédits d'impôt aux entreprises. Au contraire, on dit même qu'il faut que la banque puisse
permettre d'en arriver à des gains d'efficience et à une meilleure intervention du gouvernement qui va faire en sorte
qu'on va peut-être même pouvoir diminuer les sommes qu'on consent en
subventions ou en crédits d'impôt au profit d'un allégement fiscal pour l'ensemble
des entreprises du Québec, et non pas juste pour celles qu'on va avoir
choisies. C'est un petit peu ça, la philosophie derrière tout ça.
Le Président (M. Leclair) : Merci,
Mme Hébert. Alors, Mme la ministre.
Une voix : M. le député.
Le Président (M. Leclair) : M. le
député de Rouyn-Noranda—Témiscamingue,
la parole est à vous.
Chapadeau : Merci, Mme
Hébert. D'abord, j'aimerais vous saluer, saluer les gens qui vous
accompagnent et saluer enfin l'apport que
vous faites à ce projet de loi là. Vous venez nous aider à réfléchir, à
bonifier le projet de loi. Je pense
que le travail que vous avez mis, le temps que vous avez mis, il faut qu'il
soit salué, donc merci beaucoup d'être ici ce matin, d'être ici
présents.
J'aurais une question à vous poser par rapport
au financement. Est-ce que, selon vous, il y a actuellement des créneaux au
niveau du financement qui sont mal couverts, sur lesquels la banque de
développement devrait se concentrer davantage?
Le Président (M. Leclair) : Merci,
M. le député. Mme Hébert.
Mme Hébert (Martine) : Écoutez, je
vous dirais que c'est une question, là, qui est un petit peu complexe à répondre. Je vous dirais que c'est sûr que, quand
on parle, par exemple, de démarrage d'entreprise dans le secteur
manufacturier, par exemple, c'est bien beau, on peut avoir un bon produit, tout
ça, mais il y a tout l'aspect de la commercialisation,
je pense, qui pose un défi important, et il faut être capable de voir au-delà,
de dire : Bien, on finance le démarrage d'une entreprise, on va lui
donner de l'argent, puis voici, pour acquérir les équipements, et tout ça. Mais
je vous dirais que ça, c'est un problème
important, et je pense que, quand on parle de financer des entreprises, il ne
faut pas juste regarder, là, le petit bout qui est le fun, hein, parce que ça
fait des belles statistiques, puis on dit : Bien, on a créé tant d'entreprises au Québec cette année, je
pense que c'est... il y a des aspects importants, là, à couvrir,
notamment au
chapitre de la
commercialisation et des étapes subséquentes, là, de la vie d'une entreprise et
de sa croissance. Je pense que c'est superimportant.
La question du
transfert d'entreprises aussi, très important. Je pense qu'au Québec on a un
sérieux problème à l'heure actuelle. Au Québec, au moment où on se parle, M. le
député, c'est de valeur à dire, mais c'est plus payant de vendre ton entreprise
à un étranger que de vendre ton entreprise à quelqu'un de ta famille. Et ça, je
veux dire, je pense qu'il y a des sérieuses
questions à se poser de ce côté-là, des sérieuses questions aussi à se poser
non seulement au niveau du transfert des personnes
liées, mais au niveau du transfert des entreprises qui existent déjà et qui ont
de la difficulté à trouver repreneur. Et c'est
pour ça que je disais tantôt que c'est important, dans cette foulée-là, de
dire : Bien, oui, ça prend des
investissements, ça prend de l'argent, mais ça prend aussi du monde pour
entreprendre, et ça prend des gens
qui vont être intéressés à racheter des entreprises, ça prend des gens qui vont
être intéressés à démarrer des nouvelles entreprises et à les faire croître, ces entreprises-là. Et, dans ce
sens-là, je pense que Mme la ministre, tantôt, a mentionné que la banque
regrouperait plusieurs politiques, mais c'est pour ça qu'on posait la question,
à savoir, toute la stratégie entrepreneuriale,
de dire comment est-ce qu'on va faire pour stimuler le goût de l'entrepreneuriat
au Québec, des éléments, dans le fond, qui avaient été déjà abordés dans
le passé, là, mais tout ça, il ne faudrait pas que ce soit oublié dans la
création de la banque.
Mme Zakaïb :
Là-dessus, M. le Président, est-ce que j'ai encore un peu temps?
Le Président (M.
Leclair) : Merci, Mme Hébert. Je reconnais Mme la ministre.
Mme Zakaïb :
Est-ce que j'ai encore un peu temps?
Le Président (M.
Leclair) : Six minutes.
Mme Zakaïb :
Sur la stratégie de l'entrepreneuriat, je vous rassure, les tables de l'entrepreneuriat
travaillent partout à travers le Québec. Je rencontrais même le président de la
table de l'entrepreneuriat de Montréal ce matin, et il y a un plan d'action qui
est en train de se dégager, qu'il y a des choses qui vont être mises en place
rapidement. Effectivement, il faut stimuler
le goût d'entreprendre, il faut stimuler l'entrepreneuriat au Québec, il faut
soutenir le transfert d'entreprises, et on pense qu'une des façons… Ce n'est
pas que la seule, il y en a plein d'autres, mais une des façons, c'est de
favoriser l'entrepreneuriat collectif, que, par exemple, des coopératives de
gestionnaires ou des coopératives d'employés aident à repartir ou à transférer,
qu'il y ait un transfert d'entreprises qui se fasse.
Je suis d'accord avec
vous qu'il y a des règles fiscales — et c'est partout au Canada,
ce n'est pas qu'au Québec — qui
nuisent le transfert à des personnes liées parce que, bon, pour toutes sortes
de considérations, les gouvernementsont
cru que, quand c'était un transfert entre personnes liées, il pouvait y avoir
des valeurs attribuées de façon... En tout cas, c'est comme ça qu'on me l'a expliqué, mais, effectivement, je peux
vous dire qu'on est en train de regarder cet écueil, mais que c'est quand même quelque chose qu'on
retrouve dans la loi fédérale. Alors, il va devoir y avoir un travail
fait avec Ottawa là-dessus.
défi de la commercialisation, ça me semble excessivement important. Et,
présentement, au Québec, on se rend compte,
quand on parle des lacunes en financement, il y a des lacunes en démarrage. Et,
selon moi, le démarrage ça va jusqu'au moment où les liquidités sont
positives, là — on
dit «cash flow» positif dans notre métier. Et la portion de commercialisation,
c'est la portion la plus critique présentement au Québec. Parce qu'avec les
CLD, avec les SADC, avec les sommes qui existent, on est capables de financer
le démarrage. Le problème, c'est que, quand les gens arrivent — et
il y a plein de cas comme ça — avec
un carnet de commandes au moment de la commercialisation, il n'y a plus
d'entité au Québec qui finance cette portion-là. Alors, ce sera donc important,
puis c'est pour ça qu'on crée une filiale en
démarrage d'entreprises, en capital de risque, en prise de participation dans
les entreprises. Il faut amener les entreprises
jusqu'à la commercialisation, et pas seulement jusqu'à la découverte d'un
produit, mais… Et c'est une étape cruciale,
c'est une étape importante, cruciale qui va faire en sorte, bien souvent, que
ces entreprises-là vont même exporter. Parce
que le marché du Québec est un petit marché, le marché mondial est beaucoup
plus intéressant pour nos entreprises. Et,
cette portion-là, je suis d'accord avec vous, il n'y a personne ou à peu près
personne qui la finance. C'est vrai surtout dans le secteur
manufacturier, ça l'est moins dans certains autres secteurs de ce qu'on appelle
la nouvelle économie.
Mais,
je suis d'accord avec vous, il faut qu'on travaille sur les transferts d'entreprises,
ça n'a aucun sens que des entreprises
ferment parce qu'elles ne trouvent pas preneur. La stratégie de l'entrepreneuriat
va mousser l'entrepreneurship. Il
faut aider l'entrepreneuriat collectif. Il faut aider à ce que les entreprises
familiales restent des entreprises familiales, mais il faut également soutenir les entreprises au stade de la
commercialisation. Puis je pense que ce qu'on a mis en place à la banque, c'est ce qui va permettre de mettre
en place les structures pour faire en sorte qu'on soit capables d'aller
plus loin, et je pense que notre filiale de
capital de démarrage va aider à la commercialisation. Je pense que j'avais un
collègue qui avait une autre question.
Le Président (M.
Leclair) : Alors, merci, Mme la ministre. Alors, je reconnais
maintenant le député de Rouyn-Noranda—Témiscamingue.
M. Chapadeau : Oui. J'aimerais… Dans la
partie où vous parlez du guichet unique,
vraiment il y a... Vous parlez : «Considérant la multitude d'acteurs
qui s'occupent de l'entrepreneuriat et de développement économique au Québec, dont plusieurs ont des missions similaires, l'une
des attentes logiques envers [le] projet de réforme des organismes d'aide
au développement économique du Québec est qu'il
occasionne des gains d'efficience par rapport à la situation actuelle.»
Pouvez-vous nous parler un peu plus de ce que vous attendez par rapport au
projet de loi, ce que vous entendez par les gains d'efficience?
Le Président (M.
Leclair) : Merci, M. le député. Alors, Mme Hébert.
Mme Hébert
(Martine) : Bien, écoutez, je pense qu'il y a beaucoup de gens, hein…
Je pense qu'hier, entre autres, le CPQ vous
en a parlé, les CLD, je pense que c'est 1 600 personnes qui travaillent
là-dedans, 500 à Investissement Québec, quelque chose dans le genre.
Donc, c'est sûr que, quand on parle de l'ensemble de ces structures-là, bien, d'une part, c'est des ressources humaines et c'est
des ressources matérielles qui sont dévolues, si vous voulez, à ce qu'on
appelle l'industrie de l'aide aux entreprises au Québec.
Donc, c'est
sûr qu'on s'attend... Et je pense que c'est un... En tout cas, j'ai déjà
entendu la ministre… Et vous me corrigerez,
Mme la ministre, si je vous prête de fausses intentions, mais dire qu'effectivement,
dans le regroupement, dans le fond,
de structures, en principe ça devrait conduire à des gains d'efficience puis ça
devrait conduire à, en fait, à ce que ça nous coûte moins cher au Québec de desservir, si vous voulez, les
entreprises, d'offrir ces services-là aux entreprises que ce que ça nous coûte actuellement. On devrait
pouvoir bénéficier d'économies d'échelle, et on s'attend à ça. Et, d'ailleurs,
on s'attend à ce que l'organisme que sera la
banque, aussi, soit soumis à une reddition de comptes, là, très, très
sévère et très rigoureuse, je dirais, et en
matière des retombées de ces interventions aussi, là, les avantages-coûts des
retombées de ces interventions et de ces
investissements. Donc, c'est un petit peu dans ce sens-là, M. le député, qu'on
parlait. Si vous voulez avoir un montant, par exemple, là, on va vous
faire des calculs puis on vous l'enverra.
Le Président (M. Leclair) : Merci
beaucoup, Mme Hébert. C'est tout le temps que nous disposions. Je reconnais maintenant le porte-parole de l'opposition
officielle en matière de développement économique, le député de
Louis-Hébert. Je vous rappelle que vous avez un temps de
20 min 48 s. La parole est à vous, M. le député.
M. Hamad : Merci, M. le Président.
Alors, bon matin, chers collègues. Et, Mme Hébert, M. Gaudreault et
M. Racicot, bienvenue à l'Assemblée nationale.
Je vous ai écoutés attentivement, j'ai lu votre
mémoire, et surtout ce qui m'a frappé davantage, c'est votre conclusion. Et, en
fait, votre conclusion résume bien votre intervention. Et, dans votre
conclusion, ce que vous avez dit, ce n'est
pas écrit dans votre mémoire, mais ce que vous avez dit, c'est : Avant de
créer une structure, on doit regarder… le gouvernement a l'obligation de
regarder comment il peut améliorer ses services puis rendre davantage des
services plus efficaces aux entreprises. Je
pense que c'était votre conclusion de votre présentation, et votre conclusion
résume très bien votre position.
Parce que le reste, dans votre mémoire, il y a des éléments intéressants, vous
rentrez dans le détail, mais vous
avez votre message traditionnel comme représentants des entreprises, c'est-à-dire
simplifier la réglementation, aider
les entreprises existantes à se développer, et ne pas s'éparpiller dans les
programmes, et simplifier les programmes.
Mme Hébert,
vous représentez les gens d'affaires. Et, à ce jour, les gens d'affaires qui
sont venus ici, les banquiers, l'Association des banquiers canadiens, le
patronat, la Chambre de commerce de Québec, vous vous rejoignez tous dans le même discours, c'est-à-dire guichet
unique, c'est de la musique aux oreilles de tout le monde. Tout le monde
ne peut pas être contre un guichet unique
pour les entreprises, je pense qu'il n'y a personne contre. Puis, en passant,
notre parti est d'accord aussi pour un guichet unique. Cependant, le
questionnement que vous avez, et les autres, c'est sur la façon de le faire et
sur l'atteinte des objectifs.
La ministre,
elle a pris le temps pour expliquer un article... journal Le Devoir
pour dire que la banque va freiner l'exode de cette entreprise-là,
Enobia. Et, avec son honnêteté habituelle, elle a déposé l'article, puis là j'ai
lu un autre paragraphe qu'elle n'a pas lu. C'est
que cette entreprise-là a été vendue pour 1,2 milliard de dollars, puis
elle a dit que la présence de la banque empêcherait la vente de l'entreprise
de 1,2 milliard. Alors, si je comprends, ça veut dire que, s'il y avait la banque, ils mettraient
1,2 milliard pour ne pas laisser cette entreprise partir.
1,2 milliard… Si je regarde la structure de la banque, elle dispose
de 7,7 milliards. Alors là, on commence bien parce que je ne pense pas que
c'est l'objectif des entreprises de bloquer
une entreprise dans une vente de 1,2 milliard. Et je lis parce que je
vois, en face, qu'ils se posent des
questions : «Alexion Pharmaceuticals, une firme américaine spécialisée
dans la mise en marché de traitements pour les maladies orphelines,
achète Enobia Pharma pour la rondelette somme de 1,2 milliard de dollars.»
Moi, je suis convaincu, Mme la Présidente... M.
le Président, que... parce que je parlais à Mme Hébert, Mme Hébert,
Mme la présidente...
Le Président (M. Leclair) : ...
M. Hamad : Oui. Alors, M. le
Président, je suis convaincu que le Fonds de solidarité, ils ont sûrement,
sûrement contacté cette entreprise-là. Je suis convaincu que les fonds au
Québec ont fait des démarches envers cette entreprise-là, mais je ne peux pas
croire à matin, là, à mes oreilles, que... la raison de dire que, si on a la
Banque de développement économique du
Québec, on empêcherait une transaction à des Américains pour 1,2 milliard
de dollars. Là, là, c'est... Je ne sais pas, là, on est allé loin.
Probablement, on aura des explications parce que ça en prend.
L'autre
élément que vous avez mentionné — et vous avez raison — vous avez parlé des politiques régionales
et vous avez dit aussi, là : Il faut faire attention à l'harmonisation. La
ministre vous a dit : Toutes les politiques du gouvernement vont aller à la banque, puis la banque va harmoniser ces
politiques-là, puis ils vont travailler pour créer une politique
régionale. Je veux juste vous rappeler, Mme Hébert... Vous connaissez bien le
gouvernement, mais juste rappeler pour ceux et celles qui nous écoutent ça, ça
veut dire quoi. Ça veut dire que le ministère de l'Agriculture va sortir une politique, l'Environnement va avoir une
politique sur le territoire. Les Affaires municipales, ils ont une
politique pour la gestion des territoires. Le ministère de l'Économie va sortir
une politique. Emploi et solidarité peuvent avoir le plan pour l'emploi ou une politique pour la création d'emplois. L'Immigration
peut avoir une politique pour attirer des immigrants en place; la Culture, pour le développement culturel; le
Tourisme, pour le développement. Et, en parallèle, on a les grappes, qu'ils
ont des politiques et des stratégies. On a les créneaux ACCORD, qu'ils ont des
stratégies. Les Relations internationales, maintenant, le
commerce extérieur, peuvent avoir aussi des politiques. Les Ressources naturelles, avec l'énergie, la forêt, territoire,
et, évidemment, Enseignement supérieur, pour la recherche et
développement, politique industrielle de… la stratégie.
Alors, tout
ce monde-là, là, vont tous envoyer leurs politiques à la banque, et là le
personnel de la banque va prendre ces stratégies-là, va développer une
stratégie régionale puis, après ça, va virer vers la région pour dire à la
région: Vous autres, maintenant, une fois qu'on
a ça, une quinzaine de politiques, avez-vous quelque chose à nous dire? Puis
là on va essayer de faire une politique.
Alors, vous comprendrez qu'on n'a pas fini aujourd'hui avec ça, hein, et ça va
être long en maudit pour faire toute la
coordination de tout ce monde-là. Déjà, c'est déjà compliqué. Là, on crée une
place, et là la personne qui s'occupe de l'entreprise
doit digérer toutes ces politiques-là, puis, après ça, comprendre les
besoins de la région puis l'entreprise, lire
un plan d'affaires, être capable diriger ces entreprises à travers, ce
que ce gouvernement-là nous propose ce matin.
Alors, je reviens à ma question simple, Mme
Hébert. Votre conclusion, quand vous dites : Avant de mettre une
structure, on devrait travailler, voir comment on peut aider les entreprises
davantage, pourriez-vous élaborer sur votre conclusion?
Le Président (M. Leclair) : Merci,
M. le député. Alors, Mme Hébert, à vous la parole.
Mme Hébert (Martine) : Bien,
écoutez, M. le député, c'est un petit peu comme je disais tantôt, je pense qu'au-delà des structures, là, ce qu'il est
important de se demander, c'est de quoi est-ce qu'elles ont besoin, nos
entreprises au Québec. Visiblement, le gouvernement — et on
l'a dit dans notre mémoire, on l'a dit dans nos communications publiques — a fait le choix, lui, de créer un véhicule
qui s'appelle la Banque de développement économique du Québec. C'est son choix, sauf que ce qu'on souhaite, c'est
que cette structure-là ou cette entité-là puisse permettre de favoriser
un meilleur accès à l'aide de la part des
entreprises. Et on a posé la question. Et la question que vous soulevez, M. le
député, elle est importante parce que, oui,
on a parlé de la notion de conseiller unique, je pense qu'on la soulève. La
question qu'on pose, c'est... ou le
bémol qu'on met, c'est de dire : Bien, il va falloir s'assurer que ces
gens-là soient compétents, aient l'expertise
nécessaire pour pouvoir, justement, exercer ce rôle d'accompagnateur unique là,
là, dans l'ensemble de la structure.
Évidemment, oui, je vais vous avouer que moi, je
ne suis pas une spécialiste, là, puis, bon, je laisse la réponse aux spécialistes. Mais, quand on regarde
tout ça, on dit : O.K. Oui, il va y avoir toutes les politiques du
gouvernement. En fait, les principales politiques vont être appliquées par
cette instance-là, bon, mais qu'est-ce qui va arriver des autres structures
comme les CRE, par exemple, au niveau régional? Qu'est-ce qui va arriver des
autres politiques? Tout ça, je vais vous
avouer que moi, je ne suis pas spécialiste, puis ça demeure nébuleux dans ma
tête, là. Est-ce que, par exemple, parce qu'on va rapatrier la stratégie
sur la souveraineté alimentaire au sein de la banque de développement du
Québec... ça veut-u dire que le ministre de l'Agriculture n'aura plus... Ou qu'est-ce
qui va arriver avec les fonds, là, qui sont
investis en aide par l'Agriculture? Donc, vous posez une question, M. le
député, à laquelle je n'ai pas de réponse,
et je vais vous avouer que ça m'apparaît complexe. Mais, évidemment, étant
néophyte en la matière, je ne m'avancerai pas plus loin là-dessus.
Le Président (M. Leclair) : Merci,
Mme Hébert. M. le député de Louis-Hébert.
M. Hamad : Néophyte... Vous
connaissez très bien le gouvernement. Si vous, vous ne voyez pas ça… Parce qu'il
y a plein de monde d'autre qui voit la même chose que vous, là. Il y a des
questions qui se posent, puis tous les autres avant sont arrivés puis ils ont
dit : On aimerait ça, avoir des réponses. Vous faites une structure, la coordination, comment elle va se faire? Là,
vous posez une question sur les CRE, les CLD, les chambres de commerce, le rôle des chambres de commerce
régionales, qui sont un acteur économique important, mais là on voit les
CLD. Bon, les CLD, ils vont être la porte d'entrée. Les politiques, les
stratégies économiques, par exemple, les
stratégies de régions, alors comment on les bâtit? Puis là, aujourd'hui, on
entend qu'on va prendre toutes les politiques des autres ministères, on
les amène à la banque. Imaginez, là, le trafic des politiques qui vont rentrer
là. Puis, après ça, il faut les digérer. Et,
après ça, il faut toutes les mettre dans le même paquet. Puis, après ça, on va
parler aux régions, on va dire, bien là, c'est
quoi, votre politique en fonction de ça. Là, il va y avoir du trafic de
documents pas mal. Puis, quand on entend que, si on avait la banque
aujourd'hui, qu'Enobia resterait au Québec avec 1,2 milliard de
transaction, franchement, là, c'est pas mal loin, là, Tu sais.
1,2 milliard, c'est probablement...
Je reviens à
votre mémoire, là. Dans votre mémoire, il y a 13 recommandations à la page 18,
vous avez 13recommandations. Et,
évidemment, vous comme d'autres organisations… Il dit : Bon, bien, le
gouvernement a choisi la Banque de développement comme véhicule, et vous
dites : Bon, bien, si vous avez choisi ça comme véhicule, c'est votre choix politique, mais nous, on avait des
questions. Et, dans vos recommandations, évidemment, vous dites, là, ça
va dans ce sens-là. Cependant, il y a plusieurs recommandations que vous faites
que la banque, elle est là ou n'est pas existante.
Quand même, vous faites des recommandations qui disent au gouvernement d'agir,
puis, dans le fond, on n'a pas besoin d'attendre de créer la banque pour
que le gouvernement agisse. Et là j'en vois, par exemple... Comme, par exemple, est-ce que vous croyez, à votre
recommandation 3, que la création de la banque va faire des économies d'échelle
pour les ressources vouées à l'aide aux entreprises ou c'est une condition que
vous…
Mme Hébert
(Martine) : Bien, c'est
quelque chose qu'on demande, c'est ce qu'on souhaite. Comme je l'ai dit tantôt, je pense qu'à partir du moment… Ou si on
dit qu'on va créer... Et c'est sûr que ça va être un défi, hein? Vous
avez bien raison, je pense que tout le monde le sait, tout le monde le dit, ça
va être un défi. On va intégrer différentes organisations qui ont des cultures différentes. Je
pense que tout le monde sait que, peu importe que ce soit le
gouvernement ou le secteur privé, c'est
toujours un défi d'intégrer différentes entités ensemble et d'arriver à les
faire travailler ensemble, et, effectivement, oui, ça prend du temps.
Moi, je pense
que, par contre, il ne faut pas — et vous avez raison, M. le député — que le temps qu'on va passer à faire ça fasse en sorte qu'on retarde certaines
choses qui sont essentielles au Québec. Certaines choses sont
essentielles pour assurer la survie des entreprises qui existent déjà, là, qui
sont ici, aujourd'hui, au Québec. Et je regrette, mais le Québec n'offre pas un environnement fiscal et
réglementaire qui est propice à la survie et à la croissance des
entreprises. On aura beau investir tous les
millions qu'on veut en création de nouvelles entreprises, si on n'a pas un
environnement dans lequel elles sont
capables de croître, ces entreprises-là, de survivre et de grandir, on va jeter
l'argent par les fenêtres. On aura
beau créer toutes les banques qu'on voudra — appelez ça comme on voudra — ou
les stratégies, ou les politiques, ça ne donnera rien.
Donc, je
pense qu'il faut continuer. Il y a des pas qui ont été franchis, il y a des pas
qui ont été franchis depuis quelques années, mais je pense qu'il faut
continuer à travailler pour s'assurer que nos entreprises sont dans un
environnement où elles ont le goût d'investir, où elles ont les moyens d'investir,
elles ont les moyens de créer plus d'emplois.
Mais ce n'est pas le cas au moment où on se parle. On a des taxes sur la masse
salariale au Québec qui sont 45 %
plus élevées qu'ailleurs au Canada, 45 % — pas 15 %, là, 45 % — et
on sait que ces des taxes qui sont régressives, ça, parce que, que tu
fasses 10 millions de profit ou que tu en fasses 1 000 $, tu
paies le même montant en cotisation pour embaucher un employé à
40 000 $. Notre taux d'imposition des petites entreprises est presque
trois fois plus élevé que dans le reste du Canada quand on exclut le
Québec : 8 % au Québec, 2,8 % ailleurs au Canada.
réglementation, on a un coût de réglementation par entreprise qui est beaucoup
plus élevé que dans plusieurs autres
provinces. Donc, je pense que c'est des choses auxquelles, oui, il faut s'attarder
et, évidemment, on souhaite vivement que la création de la banque et la
mise en place de cette nouvelle entité là ne fasse pas en sorte de freiner des choses, et c'est dans ce sens-là
aussi... Il y avait des bonnes choses dans la stratégie entrepreneuriale,
qu'on a dit, en matière de la
réglementation, par exemple, on ne veut pas que ça freine les travaux, là, qui
entourent... Il y avait aussi des
réflexions sur le transfert familial dans la stratégie entrepreneuriale,
justement, sur l'exonération cumulative de gains en capital par rapport
aux personnes liées. Donc, tout ça il faut que ça continue. Ce qu'on souhaite,
c'est qu'évidemment la création de la banque ne freine pas la réalisation de
ces objectifs-là parce que, de toute façon, c'est lié aux résultats qu'on va
obtenir.
Le Président (M. Leclair) : Merci,
Mme Hébert. M. le député de Louis-Hébert.
Hamad : Oui. L'autre élément
important, ce que vous dites, Mme Hébert, quand vous parlez de
politique, stratégie de l'entrepreneuriat, que, d'ailleurs, mon collègue député
de Jean-Lesage a travaillé là-dessus, s'appelle Foncez! tout le monde vous admire, et vous êtes un partenaire, comme la
Fédération des chambres de commerce aussi… Ce que vous dites au gouvernement ce matin, ces stratégies-là, les autres
stratégies, là, la création de la banque ne doit pas nuire à la mise en place de ces stratégies-là parce que
vous croyez qu'il y avait des bonnes choses là-dedans, puis ce n'est pas
le temps, avec des nouvelles structures, des changements qu'on amène, qu'on
mette en péril, par exemple, la stratégie pour l'entrepreneuriat. Alors, ça, c'est
un des messages que vous envoyez aujourd'hui, ce matin, au gouvernement.
Le Président (M. Leclair) : Merci,
M. le député. Alors, Mme Hébert.
Mme Hébert
(Martine) : Tout à fait. C'est
exactement ça. Je veux dire, il y a des choses, il y a des réflexions...
On s'était engagé, par exemple... Et, je copréside, d'ailleurs, le comité de
suivi sur l'allégement réglementaire, les deux
gouvernements, le vôtre, M. le député, de même que le présent gouvernement, se
sont engagés à mettre en oeuvre les recommandations
du rapport Audet. Je copréside, d'ailleurs, le comité de suivi avec M.
St-Gelais, le secrétaire général du gouvernement, donc je pense qu'il
faut que ça puisse... Il faut continuer, dans le fond, ces initiatives-là. Et,
je vous disais, dans la stratégie, entre
autres, c'est un exemple que je donne, il y avait certains éléments qui étaient
importants, entre autres, pour s'assurer qu'on va en avoir, du monde qui vont
présenter des projets ou qui vont être intéressés à entreprendre puis qui vont être intéressés à racheter des entreprises
qui sont déjà existantes. Notamment en matièred'allégement réglementaire, il y avait des choses là-dedans aussi, je pense
que c'est important qu'on continue. Il y avait des choses en matière de fiscalité, et tout ça. Donc, oui, c'est
important, et il ne faut pas que la mise en place d'une nouvelle structure vienne freiner, dans le fond, les
travaux, là, qui sont déjà en cours ou vienne suppléer aux travaux qui sont
déjà en cours, qui étaient des priorités pour plusieurs PME québécoises.
Le Président (M. Leclair) : Merci,
Mme Hébert. M. le député.
Hamad : Qui a défendu depuis
des années, par exemple, la semaine sans paperasse, la lourdeur
administrative pour les entreprises.
Pensez-vous que cette nouvelle structure de la banque va alléger davantage les
paperasses pour les gens?
Mme Hébert
(Martine) : Bien, écoutez,
la notion de conseiller unique, comme je disais tantôt, est intéressante
parce qu'à l'heure actuelle, là, au Québec,
c'est bien difficile... Moi, je pense toujours à mes entrepreneurs, là, qui
ont à essayer de se démêler dans les dédales administratifs, ce n'est pas
toujours facile, hein? Je l'ai dit tantôt, là, pour obtenir un crédit d'impôt, ça prend quasiment un doctorat en
paperasserie gouvernementale pour être capable de remplir tous les
papiers puis obtenir l'argent. Ça fait que, tu sais, il y a quand même des
choses, là...
Est-ce que ça va régler le problème
entier de la réglementation au Québec? Non. Évidemment, ce n'est pas le
but non plus de la banque. Ce qu'on dit, par
contre, c'est que la création de cette entité-là ne doit pas freiner, si vous
voulez, les autres travaux qui font
partie du développement, qui sont une
pierre angulaire du développement économique du Québec aussi, là. Quand on parle de la réglementation au Québec, on
parle de 7 milliards par année qui part non pas en fumée, mais en papier qui est rempli par les
entreprises. Ça coûte aux entreprises 7 milliards de dollars par année
pour se conformer à l'ensemble de leurs
obligations pour oeuvrer au Québec. Alors, 7 milliards, là, c'est quand
même 2 % du PIB. Ça fait que c'est
sûr que, si on réussit à rencontrer l'objectif le plus rapidement possible de
diminuer, par exemple, de 20 %, comme le gouvernement s'est engagé,
ce fardeau-là, bien, c'est sûr qu'on réinjecte beaucoup d'argent dans l'économie
de facto en faisant ça.
M. Hamad :
Hier, mon collègue le député de La Prairie a posé une très bonne question,
et le président du Conseil du
patronat, il est allé dans la même direction, il dit… Évidemment, le Conseil du
patronat, hier, parlait des problèmes de l'Environnement, les permis, la
lenteur des permis au ministère de l'Environnement, et il se posait des
questions que la banque va aller... Un
représentant de la banque va aller voir le ministère de l'Environnement pour
dire : Aïe! on a un investissement à telle place, pourriez-vous
travailler davantage et plus rapidement pour accélérer ça? Évidemment, vous savez, un banquier, c'est bien vu, mais,
quand il va aller au ministère de l'Environnement, la réponse, ce n'est
pas nécessairement un grand accueil aux banquiers, alors, vous savez, parce qu'il
va dire : Ton objectif, c'est uniquement l'argent.
Et je reprends avec la permission mon collègue député de La Prairie parce
que c'est une très bonne question : Avez-vous regardé cet aspect-là, qu'on parle d'un représentant unique,
là? Alors, le représentant unique, il va avoir une carte, c'est écrit : Banque de développement
du Québec, et chargé... je ne sais pas trop, chargé de projet ou
représentant d'entreprises va cogner à la
porte au ministère de l'Environnement, puis là : C'est la banque du Québec
qui vous appelle à matin, puis on a une entreprise qui attend un permis,
pourriez-vous accélérer? Comment vous trouvez ça, vous?
Le Président (M.
Leclair) : Merci, M. le député. Mme Hébert.
Mme Hébert (Martine) : Je vous dirais un peu à la blague, M. le député,
qu'on va se ramasser un peu comme... Je pense que c'est aux Pays-Bas où
il y a ce qu'on appelle des lobbyistes publics, en disant des gens qui font le
démarchage gouvernemental, et c'est un peu ça.
Écoutez,
c'est un petit peu ce que je vous disais tantôt et ce qu'on a dit dans notre
mémoire, c'est que la notion de conseiller unique, oui, on salue ça, je
pense que c'est une bonne chose. Cela étant, dans la réalité, est-ce que ça va atterrir dans la réalité comme on le pense? Il va
falloir s'assurer que ces gens-là, là, sont correctement formés. Et Dieu
sait qu'on le sait, là, par exemple, au
niveau du ministère de l'Environnement, l'octroi des permis, ce n'est pas
toujours simple, ce n'est pas nécessairement quelque chose... Comme l'octroi,
par exemple, des crédits d'impôt en R&D, ce n'est pas nécessairement simple. Donc, il va falloir s'assurer
que ces personnes-là... en tout cas, qu'il y a du personnel compétent au
sein de la banque ou des instances qui sont concernées pour être capable... en
mesure d'assurer ce rôle-là, et, bon, effectivement, ça va prendre une
expertise assez diversifiée, disons.
M. Hamad :
Exact. Absolument. Pour terminer, vous savez, le gouvernement, il est
responsable des politiques. On est
élu pour décider, on est élu pour prendre des décisions puis on est élu pour
mettre une vision sur place. Hydro-Québec ne fait pas la stratégie
énergétique du Québec. Elle est en conflit d'intérêts parce qu'elle a d'autres
objectifs. C'est le gouvernement qui fait la stratégie, puis Hydro-Québec suit
les directives. Là, la banque se trouve à faire la politique, à faire les
stratégies, puis elle l'envoie au gouvernement, elle dit : Nous autres, on
fait ça. Et, évidemment, il y a des objectifs de rentabilité, il y a d'autres
objectifs. Alors là, ça devient une agence qui va dicter les politiques et les
stratégies économiques au gouvernement.
Aujourd'hui,
là, au ministère, vous le savez, au ministère, il y a des gens compétents qui
aident le ministre ou le gouvernement à mettre en place des stratégies,
qui peuvent dire à Investissement Québec : Vous allez aller dans telle direction. Nos objectifs, c'est les choses de
même. Mais, avec la banque, cet aspect-là va disparaître. Êtes-vous d'accord
avec ça?
Le Président (M.
Leclair) : Merci, M. le député. Mme Hébert, la parole est à vous.
Mme Hébert (Martine) : Bien, écoutez, c'est un petit peu la question qu'on
se posait quand on regardait l'article 3 du projet de loi, là, le dernier alinéa, quand on dit : «Ce service
comprend également la coordination des interventions de ces ministères
et organismes…»Ce qu'on comprenait de ça, c'est : Est-ce qu'on doit
comprendre que la banque, dans le fond, va
venir, finalement, coordonner les ministères puis les organismes? En tout cas,
cet article-là… Moi, je ne suis pas juriste, là, je suis économiste — je
suis juste économiste — mais
cet article-là posait, là, certaines questions qui, je suis certaine, seront probablement abordées, là, par d'autres intervenants
qui sont plus spécialisés que moi, là, en matière juridique. Mais c'est
sûr que, quand on regarde ça, coordination des interventions des ministères et
organismes, habituellement c'est les
ministres puis leurs équipes administratives, là, qui coordonnent l'intervention
des ministères. Donc, est-ce que ça va être une agence externe qui va
venir coordonner les ministères puis les organismes, agence externe étant la
banque, là? C'est…
Le Président (M. Leclair) : Merci beaucoup, Mme Hébert. C'est tout le temps
que nous avions. Alors, je reconnais maintenant
le porte-parole du deuxième groupe d'opposition en matière d'économie et de
commerce extérieur, le député de La Prairie. La parole est à vous.
M. Le Bouyonnec : Oui. Merci, M. le Président. Bonjour à tous les
collègues. Madame, messieurs, merci pour votre présence puis du mémoire. Et donc, écoutez, comme vous avez
remarqué, le deuxième groupe d'opposition a un temps très compté, dans l'occurrence
environ cinq minutes. Donc, ce que je vais faire, je vais parler environ
pendant trois minutes et demie, quatre
minutes, et vous donner l'occasion de répondre aux questions. Certains des
éléments ont déjà été soulevés par l'opposition officielle, donc j'essaierai
de ne pas me répéter et d'amener peut-être des nouveaux éléments.
qui m'a surpris dans votre mémoire, c'est les statistiques que vous nous
apportez sur les dossiers d'insolvabilité commerciale au Québec, où, là, on voit une progression, depuis 2007,
incroyable jusqu'à maintenant, dans les deux premiers mois de 2013,
au-dessus de 50 % du total canadien des entreprises sont québécoises, bon,
au moment d'une faillite déclarée. Et là on
pourrait se poser la question... J'imagine que la conclusion, ce n'est
certainement pas que les entrepreneurs
québécois sont moins bons que les autres. Et j'aurais du mal aussi à conclure
que c'est parce qu'on a 8 % de taux d'imposition au niveau des PME
que ça justifie aussi ce taux de faillite élevé, et j'aurais aussi du mal à
conclure que c'est parce qu'on a une réglementation plus importante qu'ailleurs.
L'exemple
que vous prenez, par exemple, il faut avoir un doctorat en crédits d'impôt pour
être capable d'aller chercher des crédits d'impôt à la R&D, on sait
que beaucoup de firmes font appel à des conseillers externes qui vont, par exemple, charger 20 % du montant reçu.
Donc, ils peuvent sous-traiter ça facilement. Puis les entrepreneurs, qu'ils
se débrouillent. On sait aussi qu'il y a quand même, au niveau de la panoplie
des crédits d'impôt… l'effet fiscal est un petit peu, des fois, un petit peu,
si vous voulez, amorti, entre autres au niveau des dépenses en capital pour
fins de productivité, l'amortissement accéléré. Donc, le gouvernement du Québec
a mis, à travers les années, quand même, des mécanismes en place.
Donc,
est-ce que vous ne croyez pas qu'il y a quand même, peut-être, une explication,
c'est le fait que le Québec ou les sociétés québécoises ont un accès
plus difficile au capital en général et aux mécanismes de financement? Entre autres, nous avons eu l'occasion ici d'entendre
les gens représentant l'Association des banques canadiennes, et on
pourrait se poser la question : Est-ce
que les banques, par exemple, offrent suffisamment de services aux entreprises
québécoises? On sait qu'on est très fiers comme Canadiens, là, de la robustesse
de notre système. D'un autre côté, on sait qu'on est dans un marché qui est
pratiquement oligopolistique, ce qui fait que peut-être l'accès est difficile.
En contrepartie, les
gens qui ont besoin de financer des dépenses en immobilisations ou d'expansion
vont se retrouver, des fois, dans des
situations à aller chercher des prêts mezzanines ou etc. à des taux qui sont
extrêmement élevés. À l'intérieur de
l'écosystème, une organisation qui serait davantage orientée à prendre
davantage de risques, contrairement à
la nouvelle mouture de IQ suite à la fusion avec la SGF… Certains autres
témoins nous ont clairement indiqué que IQ avait dérivé, rentré en compétition avec le système bancaire, etc., et avait
un peu oublié sa mission de développement économique, un peu oublié sa mission de prendre davantage de
risques, ce qu'on ne peut pas demander comme gouvernement ni à la Caisse de dépôt ni aux banques éventuellement,
compte tenu du contexte, ni aux fonds privés, ni même aux fonds
fiscalisés, compte tenu des déposants. Donc,
d'avoir un instrument renforcé au Québec qui permette de donner davantage
d'accès au capital dans un guichet simplifié
et unique, est-ce que vous y voyez quand même un certain intérêt? Ceci dit, je
partage vos préoccupations au niveau de la
réglementation puis au niveau de la fiscalité. Mais, dans notre contexte
propre, à court terme, à moyen terme,
pour redynamiser le marché québécois, est-ce que ça ne pourrait pas être une
avenue à considérer?
Le Président (M.
Leclair) : Merci, M. le député. Mme Hébert.
Mme Hébert
(Martine) : Comme on l'a dit, hein, M. le député, dans notre mémoire
et tout au long de nos interventions, oui, c'est
certain, il y a certains principes, là, des objectifs qui sont liés à la
création de la banque qu'on partage,
absolument. Cela étant, ce qu'on dit, c'est que ce n'est pas la panacée aux
problèmes de nos entreprises au Québec. Ce n'est pas la panacée aux problèmes du Québec en matière d'entrepreneuriat,
c'est ça qu'on dit. Et, dans le fond, ce qu'on dit… Et j'en veux pour
preuve qu'aux pages 8 et 9 de notre mémoire, d'ailleurs, vous avez des
statistiques, quand on demande : Quels
sont les principaux enjeux du point de vue des PME?, on remarque que le fardeau
fiscal et réglementaire arrive en
tête de liste, alors que les facilités de crédit, c'est le troisième
avant-dernier item qui est mentionné comme étant un enjeu. Quand on
demande : À votre avis, dans quelle mesure les initiatives suivantes
seraient-elles bénéfiques pour la croissance des PME?, la question d'accroître
l'accessibilité au capital de risque arrive à l'avant-dernier rang, bien après
les autres facteurs qu'on a énumérés.
Alors,
je pense que… Nous, ce qu'on dit, c'est que oui, puis on le dit, on supporte.
On l'a dit publiquement, on supporte. Cela étant, il ne faut pas
occulter que ce n'est pas la panacée, puis il faut continuer à faire les choses
qu'on faisait pour faciliter la vie à nos entreprises.
Le Président (M. Leclair) : Merci beaucoup. Pardonnez-moi. Merci beaucoup,
Mme Hébert, M. Gaudreault, M. Racicot. Je vous remercie pour votre
présentation.
Je suspends les
travaux quelques instants afin de permettre au prochain groupe de prendre
place.
(Suspension de la séance à
11 h 3)
Le Président (M.
Leclair) : Alors, j'invite maintenant les représentants de la
Fédération des chambres de commerce du Québec à se présenter et à faire leur
exposé, aussi de vous présenter, ainsi que les gens qui vous accompagnent. Vous
avez la parole pour 10 minutes.
Mme Bertrand (Françoise) : Bonjour,
M. le Président. Mme la ministre, MM. et Mmes les députés, merci beaucoup de nous recevoir. Je suis Françoise
Bertrand, présidente-directrice générale de la Fédération des chambres
de commerce, et je suis accompagnée par
Alain Dufour, qui est consultant depuis… on ne le savait pas, six, sept ans,
mais depuis plus de six ans à la fédération, aux Affaires stratégiques et
économiques.
Alors, la
fédération, vous nous connaissez, c'est 150 chambres de commerce sur tout le
territoire du Québec. On représente plus de 150 000 gens d'affaires,
60 000 entreprises qui oeuvrent dans tous les secteurs et dans toutes les régions du Québec. Ceci explique pourquoi nous
sommes si intéressés par ce projet de loi, bien sûr, qui vise,
justement, à rapprocher le développement
économique et faire la jonction avec les acteurs, les premiers acteurs que sont
les entrepreneurs partout au Québec.
Alors, la
fédération, à ce titre, en principe, évidemment, est d'accord avec l'orientation
générale du projet de loi visant à créer la Banque de développement
économique du Québec. Deux grandes raisons motiveraient notre appui, évidemment, soit la simplification et la
rationalisation. Je ne répéterai pas ce que ma collègue a dit tout à l'heure,
c'est évident que, d'un point de vue des
entreprises clientes des programmes, nous y voyons une étape additionnelle sur
la route vers un guichet mieux
harmonisé des services d'assistance aux entreprises. Elle s'inscrit donc en
continuité avec ce qui a déjà été fait avec la fusion Investissement
Québec et la SGF, avec le souhait que la livraison d'un plus grand nombre de programmes
par une même organisation devrait simplifier la vie des entreprises clientes.
Toutefois, nous savons qu'administrativement on sort à peine de la fusion
récente de IQ et SGF et qu'évidemment nous aurons besoin de voir et de prendre connaissance des analyses pour
bien comprendre la pertinence financière que le gouvernement propose à
ce moment-ci dans cette nouvelle proposition de fusion.
Au niveau des
programmes eux-mêmes, nous voyons dans la fusion de IQ et du réseau régional du
MDEIE une occasion de revoir aussi la
pertinence de l'ensemble des programmes d'aide financière aux entreprises. De
nombreuses études et rapports ont évoqué la
multiplicité des programmes et organismes d'aide aux entreprises. La voie
financière du gouvernement du Québec doit être claire, simple, unie,
compétente et bien coordonnée. Le projet de loi amorce la rationalisation
attendue, mais il reste beaucoup de chemin à faire. Tout en appuyant l'orientation
générale du projet de loi, la fédération a plusieurs réserves sur les
modalités.
D'abord, les rapports de complémentarité et de
concurrence avec les autres prêteurs et investisseurs. Les articles 5 et 30 érigent la participation d'autres
institutions au financement d'un projet comme une condition nécessaire à
la participation de la BDEQ. La fédération appuie ce principe. Il représente un
garde-fou visant à éviter le cas où la BDEQ
financerait un mauvais projet auquel toutes les autres institutions auraient
refusé de participer. La future BDEQ offrira
une gamme d'interventions financières similaires à celles de la BDC, dont la
réputation et la performance ont été à maintes
fois soulignées par nos membres, particulièrement dans notre comité
manufacturier et le comité innovation. La BDEQ et la BDC ne doivent pas
chercher à être complémentaires l'une de l'autre. Écartant la complémentarité
et la concurrence, nous envisageons une simple coexistence entre les deux
banques de développement, au plus grand bénéfice de leurs clients.
La rentabilité attendue. En son
article 93, le
pl n° 36 énonce que «la banque et ses filiales fournissent leurs services financiers dans des conditions normales
de rentabilité compte tenu notamment de leur mission, de la nature de la
prestation offerte, du coût moyen des emprunts du gouvernement et des retombées
économiques attendues». Cet énoncé appelle principalement deux remarques.
La première
concerne la mission. La mission d'une banque de développement, comme son nom l'indique,
n'est pas la stricte rentabilité, mais bien
la prise de risques additionnels par rapport à des acteurs du secteur privé. On
ne peut donc s'attendre à ce que la
BDEQ génère la même rentabilité qu'une banque à charte ou qu'un holding
financier privé. Sa tolérance plus grande au risque d'affaires influera
vers la baisse, sans doute, sur son rendement à long terme, même si, nous l'espérons tous, elle saura dénicher
quelques gagnants. Mais cela nous paraît acceptable, car c'est par cette
plus grande tolérance au risque d'affaires que la BDEQ se distinguera des
institutions du secteur privé et en complétera l'offre. Tout cela doit s'exercer, par ailleurs, dans la perspective d'un
rendement neutre pour ne pas exercer une pression indue sur les
contribuables ou sur le trésor public.
La deuxième remarque porte sur les retombées
économiques, pour lesquelles les rapports des organismes publics de financement sont muets sur l'évaluation
de chacun des projets soutenus et sur les emplois réellement créés ou maintenus. Pour l'avenir, la fédération demande
que le législateur inscrive dans la loi constitutive de la BDEQ l'obligation
de rendre compte rétrospectivement du degré avec lequel les investissements et
les emplois annoncés au moment des interventions financières se sont avérés.
Nous demandons donc au législateur de clarifier sa vision à l'égard de l'article
93. Quelles sont les conditions normales de rentabilité? À défaut d'une vision
claire et non équivoque de la rentabilité attendue, nous suggérons de supprimer
cet article.
La mesure de la
performance. Le
chapitre VI du projet de loi porte notamment sur la reddition
de comptes. Trop souvent, la reddition de
comptes des organismes publics se résume à une description de volume des
interventions. Nous suggérons d'établir des
indicateurs fondés sur les deux objectifs officiels cités à l'article 30 du
projet de loi, soit la croissance de l'investissement et l'emploi. Plus
précisément, la BDEQ nous paraîtra efficace et performante si ses interventions
financières ont bel bien pour effet d'entraîner des investissements privés et
une création d'emplois substantielle à
terme. De tels indicateurs de performance inciteraient les décideurs de la BDEQ
à la prudence, réduisant le nombre d'interventions
pour des projets trop risqués. Ils contrebalanceraient aussi la propension à
privilégier les retombées économiques hypothétiques au moment de l'annonce de préférence à celles
arrivées à terme. Ce que nous devons rechercher n'est pas que la
création d'entreprises, mais bien la croissance des entreprises.
régionalisation. En ses articles 8 et 32, le projet de loi énonce que la BDEQ s'assure
d'avoir un établissement et de
pouvoir intervenir dans toutes les régions administratives du Québec. La
fédération appuie ce principe mais rappelle que cela impose que les ressources régionales aient les expertises
suffisantes et reconnues pour prétendre accompagner les entreprises. L'analyse de la qualité ou de la
viabilité d'un projet d'affaires ou d'investissement exige une expertise
particulière qui est souvent spécifique à un
secteur industriel. C'est pourquoi les banques à charte de même que
Desjardins ont regroupé l'expertise pointue dans des lieux centraux qui supportent
l'ensemble de leurs succursales. Selon nous, c'est un exemple à suivre.
Prise
de décision en région. Tout en reconnaissant la nécessité — on vient de le dire — de centraliser l'expertise sectorielle pointue, la fédération souhaite que
chaque établissement régional de la BDEQ soit habilité à décider d'accorder
une aide financière sans être obligé d'obtenir
toujours l'assentiment du siège social. Ce pouvoir de décision pourrait
être balisé par un paramètre portant sur la hauteur du financement, soit en
termes absolus, soit en termes de pourcentage de l'enveloppe régionale.
Protection et
attraction des investissements étrangers. Tant la prospection que l'attraction
des investissements étrangers est une fonction spécialisée qui requiert une
expertise assez rare. Pour cette raison, nous appréhendons une perte d'efficacité si chaque région devait être
dotée d'une ou de quelques ressources chargées de cette fonction. Encore
ici, nous suggérons que l'expertise soit rassemblée au siège social de la BDEQ
et que les régions y fassent appel au besoin. Alain.
M. Dufour (Alain) : Je vais continuer si vous permettez, oui. Dans
son
article 8, le projet de loi énonce que la banque de développement doit élaborer une stratégie de développement
économique pour chacune de ces régions, et ce, en collaboration avec les
MRC et les CLD. À l'égard de cette stratégie de développement économique, nous
sommes perplexes. Annonce-t-on une stratégie
de développement économique dans son sens plein? Selon nous, le
développement économique résulte d'une série
de déterminants, lesquels sont influencés par une gamme de politiques tels la
fiscalité, la formation professionnelle, les
infrastructures, l'aménagement du territoire, la réglementation du travail, la
réglementationde l'environnement et
même des ressources naturelles. Toutes ces politiques sont, bien sûr, hors du
contrôle de la future banque. Raisonnablement, nous croyons que les
intentions dites de la stratégie de développement économique ne concernent, en réalité, que les programmes et
mesures administrés par la future banque. Nous suggérons alors de
choisir un autre terme qui… plutôt une appellation telle une stratégie d'aide
financière aux entreprises, laquelle serait plus appropriée et plus proche de
la réalité.
Le rôle des CLD. Le
projet de loi annonce un rapprochement opérationnel entre la banque et les CLD.
La fédération appuie cette orientation. Dans
son
article 9, le projet de loi énonce que la banque et les CLD harmonisent
leurs interventions. Ce libellé, à notre
avis, est vague à souhait et crée de la confusion. D'une part, le ministère des
Finances précise sur son site web que le
développement économique Québec aura pour mandat d'offrir les services de
première ligne de la banque sur une base régionale, dont l'accompagnement
conseil. D'autre part, le ministère précise que les interventions de la banque
s'effectueront en association avec les CLD, qui seront la porte d'entrée
privilégiée. Le rapprochement de ces deux
énoncés précédents nous rend perplexes. Est-ce que ce sera le personnel d'un
établissement…
Le Président (M.
Leclair) : En conclusion, s'il vous plaît, M. Dufour. Il reste 10
secondes.
M. Dufour (Alain) : Oui, 10 secondes. À l'égard des CLD, nous demandons à ce que le
gouvernement précise sa vision et ses intentions au sujet du rôle des
CLD, quant à ce rôle de guichet unique. Nous ne croyons pas qu'il devrait y avoir une obligation implicite faite au
demandeur de se prévaloir des services-conseils et des services
techniques offerts par les CLD.
Le Président (M.
Leclair) : Merci beaucoup, M. Dufour, Mme Bertrand. Nous en
sommes présentement à la période d'échange. Je suis désolé, je dois contenir le
temps de parole. Alors, je reconnais maintenant, pour une période de
24 minutes, le groupe ministériel. Donc, Mme la ministre, la parole est à
vous.
Mme Zakaïb : Merci, M. le Président. Tout d'abord, je tiens à saluer
Mme Bertrand ainsi que M. Dufour, qui l'accompagne, et le travail qui a été fait par la Fédération des
chambres de commerce du Québec. J'ai lu votre mémoire avec attention, puis on a eu l'occasion d'échanger
à quelques reprises sur le projet de loi créant la Banque de
développement économique du Québec. Je salue
que la fédération trouve cette nouvelle initiative positive, en fait que la
simplification, la rationalisation, le fait
qu'on agisse en complémentarité avec les autres entreprises qui investissent au
Québec… Et, sur la complémentarité,
je tiens à vous dire que certains des groupes qui vous ont précédés nous ont
amené des amendements possibles qui
feraient en sorte qu'effectivement la réelle complémentarité, qui est un des
points angulaires que nous voulons inculquer à la banque, que ce soit
plus clair dans la loi que ce sera réellement une complémentarité. Également le
fait que la BDEQ, comme la BDC, vont
coexister ensemble pour le bien-être de toutes les entreprises au Québec parce
que, qu'il y ait plus d'outils, ça ne peut pas nuire.
Je veux, par contre,
peut-être répondre à certaines des interrogations parce qu'un projet de loi, c'est
très technique, puis souvent... Le projet de loi qui crée la banque est
également très technique parce que ce qu'on a voulu mettre en place quand on a créé la banque, quand je lis les articles de
loi, si je ne leur donne pas une couleur, ça peut être vide de sens.
Alors, peut-être, répondre à certaines de vos interrogations puis à certaines
des interrogations qu'on entend depuis le début de cette commission
parlementaire.
Tout d'abord, vous parliez
de la reddition de comptes. En fait, vous trouvez que la mission, c'est une
bonne mission, que la banque va devoir
prendre du risque, une prise de risque additionnelle, puis, effectivement, je
pense que c'est le cas. Et vous
suggériez des modifications à la loi pour la reddition de comptes. J'aimerais
attirer votre attention sur les
articles 105 à 110 de la loi qui, selon nous, excusez le terme, mais
faisaient la job, là, pour la reddition de comptes, puis j'aimerais ça
que vous me disiez qu'est-ce que vous vouliez ajouter à ça, là, l'article 105
étant celui qui dit que «la banque établit, suivant la forme, la teneur et la
périodicité fixées par le gouvernement, un plan stratégique qui doit inclure la nature des interventions qu'elle
envisage, la politique régissant ses interventions financières et les
activités des autres sociétés et de toutes
ses [...] filiales». Puis là, 106, 107, 108, 109, on explique ce que c'est,
puis, ensuite, on dit à 110 que «la
banque doit, au plus tard le 30 juin de chaque année, produire au ministre
ses états financiers ainsi qu'un rapport de ses activités pour l'exercice
précédent». Puis là, ensuite, le rapport est déposé, puis on dit que les règles,
selon la
Loi sur la gouvernance, doivent être suivies, là.
Est-ce que c'est
dans cet article-là que vous aimeriez que ce soit plus précis et qu'il y ait
vraiment une reddition de comptes sur
les dossiers, le rendement et sur, si j'ai bien compris, également le nombre d'emplois
créés, sauvegardés? Est-ce que c'est d'y aller de façon plus pointue
encore?
Bertrand (Françoise) : Mme
la ministre, au fond, ce qu'on dit — et là je ne suis pas une experte en
matière législative et réglementaire — c'est que c'est très
important que ce soit clair, les objectifs qu'on poursuit. Alors, nous, on dit : Il faut que le niveau d'investissement
soit plus élevé, il faut que les emplois, pour du moyen et long terme, soient plus élevés, et c'est cette reddition de
comptes qu'on cherche, cette performance-là qu'on cherche. On cherche
des indicateurs qui vont être enchâssés. Où
exactement? Je pense qu'on vous laisserait ça, mais ça nous apparaît
extrêmement important que ce soit clair.
Nous, notre crainte, je vais vous le dire, on a
peur qu'il y ait un saupoudrage parce que, là, il va y avoir une proximité plus grande puis une accessibilité à des
sommes plus importantes. On ne souhaite pas de saupoudrage qui ferait en
sorte qu'on a beaucoup de nouvelles petites entreprises qui, finalement, n'ont
pas de viabilité au-delà de l'aide financière
qui va être apportée. On le sait, on en a vu beaucoup de ça au Québec, puis on
dit : Ce dont on a besoin, c'est des
objectifs de croissance réelle, donc d'investissement. Puis, vous parliez tout
à l'heure avec ma collègue précédente sur
la question de la commercialisation, on sait que ça, c'est un chaînon manquant
dans le... Alors, c'est ça qu'on vise. Comment le traduire, là, je ne
sais pas si, Alain, tu as... mais c'est ça qu'on vise.
M. Dufour (Alain) : Effectivement...
Excusez.
Le Président (M. Villeneuve) :
Allez-y.
M. Dufour
(Alain) : Effectivement, le
projet de loi énonce les formes de reddition de comptes usuelles, et on voudrait être un peu plus osé et réduire ça à des
indicateurs précis et mesurables. Comme Mme Bertrand en a fait allusion,
la hausse des investissements, d'ailleurs c'est
dans le propre de la mission de la future banque de hausser lesinvestissements privés, la création d'emplois et
la croissance des entreprises, hein, comme Mme Hébert y a fait allusion
et Mme Bertrand en a parlé.
Le Président (M. Villeneuve) : Mme
la ministre.
Mme Zakaïb : En fait, je crois qu'on
est tous sur la même longueur d'onde sur l'importance d'aider les entreprises à commercialiser, sur cette portion-là
du chaînon manquant dans notre écosystème de financement. Je pense qu'on est également tous sur la même longueur d'onde
sur l'importance d'aider nos entreprises à croître puis d'avoir plus de
moyennes entreprises. On sait qu'au Québec on a énormément de très petites
entreprises et très peu de moyennes entreprises,
et très peu… Même dans les PME, on a beaucoup de TPE et très peu de petites et
de moyennes entreprises. Et ces entreprises-là
sont beaucoup moins résilientes, ces petites entreprises. Donc, il faut les
aider à croître.
On parlait de pouvoir de décision régionalisé,
puis j'aimerais un peu expliquer ce qu'on cherche à faire, là, parce que je pense que ce n'est pas clair. Puis un
projet de loi, naturellement, permet que des choses soient faites, puis tout n'est pas dans le projet de loi, là. Mais la
politique gouvernementale, c'est la politique industrielle et
manufacturière, c'est la politique d'exportation,
c'est la politique d'innovation. Ça, c'est les politiques gouvernementales, et
le gouvernement trace donc la voie de vers quoi on veut aller comme
gouvernement.
Ensuite, on
demande à chacune des régions du Québec, autour des créneaux ACCORD, d'établir
dans chacune des régions la chaîne de
valeur des créneaux ACCORD, de voir si on a vraiment les entreprises pour
combler toute cette chaîne de valeur.
Parce que les créneaux ACCORD, ça vise ultimement l'exportation, hein? Pour
créer de la richesse, il faut
exporter. Ça fait qu'il faut regarder est-ce que notre chaîne de valeur est
solide. Si elle ne l'est pas, quelles sont les entreprises qui peuvent, en modifiant leur offre, être capables de bien
remplir cette chaîne de valeur là. On parle des grands donneurs d'ordres, dans certains cas, qui sont des
donneurs d'ordres gouvernementaux ou des grandes entreprises comme
Bombardier avec les grappes industrielles, puis on regarde est-ce qu'on est
capable... est-ce qu'on a au Québec une chaîne
de valeur autour des grappes et des créneaux ACCORD et, là, de quelle façon on
peut soutenir des entreprises pour qu'elles
croissent à l'intérieur de cette chaîne de valeur là. On va également cibler
des entreprises pour les aider à devenir les moyennes entreprises de
demain, regarder quelles sont ce que j'ai appelé des gazelles. Puis on peut
trouver n'importe quel terme pour ça, mais les aider à devenir nos fleurons de
demain, puis de quelle façon également on peut soutenir les fleurons actuels.
vous disiez que peut-être les mots employés portent à confusion, puis vous
suggériez de modifier ces mots-là par une
stratégie d'aide financière et d'accompagnement. Parce que je pense qu'il ne
faut pas seulement de l'aide financière, mais il faut un accompagnement
personnalisé pour ces entreprises-là. On a beaucoup entendu dire comment c'est
compliqué justement, au Québec, d'arriver à faire arriver des projets.
Et ce qui m'amène
à un autre point. On a beaucoup parlé de comment cette personne-là qui va être
le conseiller unique, quand il va avoir...
Tantôt, on parlait de toutes les politiques gouvernementales, là. C'est très
clair qu'il va y avoir un endroit au
Québec pour obtenir de l'aide financière, que ce soit de l'aide qui provienne
de l'exportation, de l'innovation ou du ministère des Finances et de l'Économie,
et ce sera la Banque de développement.
C'est aussi très clair qu'il y aura un
conseiller à la banque qui va faire arriver les projets face aux différents ministères. Ce que ça veut dire, c'est une
coordination du travail interministériel par quelqu'un qui provient du
ministère, donc un fonctionnaire qui connaît
très bien l'appareil de l'État, qui va prendre en charge les dossiers
structurants et faire en sorte que, tôt dans le processus, on implique
les ministères qui seront concernés. Et ça, c'est moins de travail, moins d'embûches
pour un entrepreneur, et c'est de faire en sorte qu'on travaille en amont, et
non pas que, une fois qu'on a financé le
projet, on dise : Bien là, maintenant, on a besoin d'un certificat d'autorisation,
il faut parler à l'Environnement. C'est
de travailler plus tôt. On n'a pas dit qu'on était pour mettre tous les
ministères à l'intérieur de la banque. On n'a pas dit non plus que la
banque serait la porte d'entrée pour le ministère de l'Environnement. Ce qu'on
dit, c'est qu'il y a quelqu'un à la banque qui va faire arriver les choses,
dont ça va être le mandat.
On dit
également qu'on cherche, par la banque, à combler les lacunes en financement.
Et je pense que vous et nous, on s'entend qu'il y en a présentement au
Québec, des lacunes en financement, dans notre chaîne, dans notre écosystème de financement d'entreprises. Et, pour
ce faire, la banque va devoir, dans certains cas, prendre un peu plus de
risques. La filiale de capital de démarrage
va devoir investir en véritable capital de risque. Ça fait qu'effectivement,
dans certains dossiers... Puis, tantôt, on parlait du dossier d'Enobia. Bien,
si la banque avait été en place, la banque aurait pu être partenaire dans cette entreprise-là, faire en sorte de la
soutenir tout au long, puis la banque n'aurait pas eu besoin d'investir
1,2 milliard. Ça, c'est le montant qui est payé par une entreprise
étrangère pour acquérir cette entreprise-là, sauf
qu'en étant un des actionnaires importants on aurait pu faire en sorte que
cette entreprise-là demeure une entreprise québécoise, par contre.
Et, quand on
dit que... Vous parliez d'attraction d'investissements étrangers.
Effectivement, nous allons garder, d'ailleurs,
Invest Québec. La marque de commerce Invest Québec et les gens qui sont
présentement chez Investissement Québec
partout à l'étranger, ça va demeurer comme ça, et c'est encore eux qui vont
faire l'attraction. Parce qu'on a dépensé beaucoup d'argent et beaucoup d'énergie à faire connaître Invest Québec,
et on est parfaitement d'accord avec vous que ces gens-là, c'est
vraiment... ça prend un bagage de connaissances, que ce soient des
connaissances techniques, mais également
connaissances de terrain, qui est essentiel, et, présentement, on l'a
développé, chez Invest Québec. Alors, on va garder Invest Québec, et ce
n'est pas chacune des régions qui va avoir quelqu'un qui va faire de la
prospection d'investissements étrangers.
Par contre, c'est
chacune des régions, qui va pouvoir dire : Nous autres, dans notre chaîne
de valeur, par exemple, il manque une entreprise pointue dans tel
domaine, puis il n'y a pas d'entreprises au Québec qui peuvent prendre la relève. Puis ça serait intéressant d'aller
chercher une entreprise étrangère, puis là envoie le mandat à l'ensemble des
gens qui travaillent chez Invest Québec en disant : On recherche telle
entreprise. Et c'est beaucoup plus facile d'attirer une entreprise chez nous quand on dit : Regardez, on a une chaîne de
valeur, vous auriez déjà des clients. Et ce qu'il manque, c'est
justement vous. Alors, on va coordonner tout ça.
En fait, la
création de ce nouvel outil, c'est de permettre une meilleure cohésion, de
permettre de coordonner ce qui existe
maintenant. Et on est très ouverts à ce que les chambres de commerce
travaillent conjointement avec les gens de la banque. Parce que, quand
on dit qu'il y a un conseiller unique à la banque, ce conseiller-là va devoir
trouver les personnes ressources nécessaires qui vont aider. Ce n'est pas le
conseiller qui a une réponse à tout. Ce n'est pas le conseiller, quand on a
besoin de mentorat, qui a une réponse à tout. Sauf que le conseiller connaît ce
qui existe. Puis on sait qu'il y a des chambres de commerce partout, puis la
Chambre de commerce de Québec est venue nous le dire, justement : Vous savez, en termes de mentorat, d'accompagnement, on
est souvent l'organisme privilégié qui est capable de mettre les gens en contact. Alors, oui, je
pense que c'est important qu'on travaille avec les chambres de commerce
partout à travers le Québec pour qu'on puisse se servir de leur expertise pour
aider les entreprises. Parce que notre conseiller unique n'a pas les réponses à
tout.
Puis j'en
viens avec les CLD parce que c'est une de vos préoccupations. Les CLD, ils vont
être la porte d'entrée privilégiée localement. Les gens peuvent s'adresser
directement à la banque, sauf que, si quelqu'un s'adresse à un CLD, il ne se
fera pas dire : Écoute, ce n'est pas ici, va-t'en à la banque. Puis là, à
la banque, ça prend un formulaire différent, puis ce n'est pas la même façon de
travailler. On veut harmoniser tout ça. On veut que, quand quelqu'un se présente à un CLD ou à la banque, qu'il ait accès
aux mêmes services, que l'entrepreneur soit considéré comme un client.
Mais quelqu'un qui va se présenter au bureau de la banque, il ne se fera pas
dire : Écoute, tu n'es pas à la bonne place,
va-t'en dans ton CLD. On veut harmoniser tout ça. En fait, une meilleure
cohésion, un meilleur travail, que tout le monde travaille dans le même sens avec la politique industrielle et
manufacturière en haut, la politique sur l'innovation, la politique sur
l'exportation. Dans chacune des régions, on se fixe des cibles régionales, on
travaille avec les CLD à trouver de quelle façon on peut soutenir nos
entreprises qui sont toutes dans des localités. On travaille avec les CLD à mettre en place cette stratégie-là qu'on va se
développer, puis on va faire en sorte qu'il y ait un conseiller unique
qui fasse arriver le projet face aux différents intervenants puis qui connaît
très bien également... qui peut soutenir un entrepreneur, entre autres les
chambres de commerce.
C'est un peu ça. Puis je m'excuse
de prendre... Ce n'est pas vraiment une question, c'est une explication. Parce que le projet de loi n'a pas tout ça, hein?
Quand on lit le projet de loi, naturellement, ce n'est pas... Ce que je
vous dis là, ce n'est pas dans le projet de
loi. Mais je veux que ce soit très clair parce que je pense que vous
êtes des acteurs privilégiés dans la mise en
place de la banque, puis je voudrais que ce soit clair, quelle est la vision
derrière le projet de loi. Alors, je ne sais pas si, là-dessus, vous
avez des commentaires par rapport à ce qui a été dit.
Bertrand (Françoise) :
Écoutez, c'est clair pour nous que tout ce qui est politique au sens «policy»
doit être, rester au plan gouvernemental.
Pour nous, c'est extrêmement important, un gouvernement provincial ne doit pas
se délester de ses responsabilités. Et, pour
nous, c'était clair qu'on peut faire des regroupements régionaux pour, disons,
créer des masses critiques plus importantes sur certaines expertises, mais il
faut absolument que l'aspect politique ou les investissements soient recherchés
à l'étranger au niveau central.
Au niveau de
l'action plus locale, ce que nous voulons, c'est que le CLD ne soit pas un
passage obligé. Si les gens veulent aller directement à la banque, il
faut que ce soit clair que ça ne soit pas obligé. On veut aussi s'assurer qu'au
niveau du CLD… On le sait, les entreprises
plus matures, elles ne vont pas au CLD. C'est davantage les TTE qui sont
au niveau du CLD. Alors, je pense qu'il faut vraiment reconnaître ça.
Puis, l'expertise,
vous dites une seule personne. Vous savez, dans le développement durable puis
les ressources naturelles, j'ai un monsieur, là, qui est dans le secteur
minier, qui est derrière moi, avec qui on a travaillé beaucoup à l'automne, parfois, là, c'est 90 permis que ça
prend pour faire même pas l'exploitation, l'exploration. Alors, de
penser qu'une seule personne va pouvoir
diriger l'entreprise, ou le promoteur d'un projet, ou l'investisseur, je pense
qu'il y a un petit peu, là... il y a un peu d'analyse qu'il va falloir
faire sur comment, vraiment, le souhait va pouvoir se réaliser.
Et je veux revenir sur l'importance que, si, en
effet, le capital de risque est, lui, à risque, comme l'indique le mot — puis
c'est vrai qu'on en a besoin — puis
ça, c'est une fonction plus publique ou gouvernementale, il reste qu'au
total la banque doit être dans un rendement neutre. Sinon, on se retrouve avec
une nouvelle facture au trésor public dont on n'a pas les moyens, on le sait
bien.
Zakaïb : ...à faire, d'ailleurs.
C'est ce qu'on cherche à faire, d'ailleurs, dans la loi. C'est très clair que
la banque doit avoir un rendement neutre en
totalité, mais, naturellement, dans certains secteurs, va prendre plus de
risques, mais va avoir un rendement sur cet investissement-là qui est
proportionnel au risque.
Mme Bertrand (Françoise) : Je veux
juste vous dire, Mme la ministre, que vous avez tenu compte de notre recommandation, à savoir que les gens en région n'étaient
pas pour être un comité d'affaires qui était pour déterminer… Je veux
vous dire qu'on apprécie que vous ayez tenu compte de notre commentaire à cet
égard-là.
Puis, sur les
CLD, on n'a rien contre. Au contraire, ils font un travail formidable. Puis,
dans bien des cas, on a une bonne relation avec les CLD comme chambres
de commerce, mais on aimerait beaucoup que ce soit rappelé que le membership et puis la question des galas pour
fêter les entreprises, ce sont des moyens importants pour les chambres
de commerce de se financer, alors qu'on sait
que les CLD sont financés à la fois au plan municipal et au plan provincial,
ce qui n'est pas le cas des chambres de commerce. Et on n'a pas l'intention de
venir vous voir à cet égard-là non plus.
Mme Zakaïb : Merci. On en prend
note. Je pense que j'ai des confrères qui ont des questions, alors je leur cède
la parole.
Le Président (M. Leclair) : Alors,
je cède la parole au député de Rouyn-Noranda—Témiscamingue.
M. Chapadeau : Merci, M. le
Président. Mme Bertrand, rebonjour.
Mme Bertrand (Françoise) :
Rebonjour.
Chapadeau : M. Dufour,
bonjour. Merci de votre mémoire. Merci du temps que vous avez pris pour
venir, aujourd'hui, nous aider, là, à bonifier ce projet de loi là, qui nous
apparaît fort important pour le Québec et pour les régions. Je voudrais simplement... Évidemment, c'est de la musique à mes
oreilles. Il y a une
partie de votre mémoire que j'ai lue avec beaucoup d'attention, ce qui a trait à toute la question
des interventions dans les régions. Je me réjouis que la ministre vous
ait écouté en ce qui a trait à la prise de décision en région, je pense que c'est
important. Je salue la confiance que vous faites envers les gens des régions
pour prendre leurs propres décisions par rapport à des projets.
Pendant
quelques années, j'ai siégé au Fonds de la solidarité de la FTQ, c'est un beau
modèle de décentralisation des décisions. En même temps, quand vous
parliez de l'expertise pointue dans certains domaines, encore là c'est un beau
modèle. C'est-à-dire que, nécessairement, l'expert, dans le secteur minier ou
dans un secteur particulier, n'est peut-être
pas dans le bureau où arrive le mandat ou le dossier, mais il est à quelque
part dans le réseau. Donc, évidemment, vous mentionnez Val-d'Or,
Sept-Îles, ce qui a trait aux miniers. Vous auriez pu mentionner Rouyn-Noranda
aussi, là, c'est juste que vous l'avez
oublié. Mais je me réjouis de votre position par rapport à la confiance que
vous donnez à la prise de décision
régionale, et je comprends bien que ce que vous voulez, ce n'est pas juste un
conseil d'administration qui va être
guidé ailleurs, mais qui va avoir ses propres critères, ses propres décisions,
balisées, évidemment, comme vous le mentionnez. Donc, là-dessus, je vous
rejoins totalement et je m'en réjouis.
J'aimerais
vous poser une question par rapport à la page 17 de votre mémoire, sur l'appui
à la coopération et à l'économie sociale. Vous mentionnez au point 11,
là : Dès lors, pourquoi créer une vice-présidence dédiée au secteur de l'économie sociale… la
structure de la Banque de développement? «Si le gouvernement entend détourner
les ressources vers ce secteur, nous
croyons que cela conduira au saupoudrage de ressources…» Pour vous, pouvez-vous
nous donner davantage d'explications là-dessus? Et quelle serait la
proportion des ressources qui devrait être allouée à toute la question de la
coopération et de l'économie sociale?
Le Président (M. Leclair) : Merci,
M. le député. Mme Bertrand.
Mme Bertrand (Françoise) : Oui.
Merci, M. le Président. Si vous permettez, je vais vous lire ce que… Je pense
qu'on n'a pas eu le temps de lire… «Il existe depuis plusieurs années, au sein
d'Investissement Québec et du MDEIE, des programmes et une structure d'accueil
à l'intention du secteur de l'économie sociale. Selon notre compréhension, ce dispositif remplit adéquatement
sa fonction. Nous n'avons pas connaissance de problèmes à ce niveau.»
Par ailleurs,
la fédération entend participer aux consultations portant sur le projet de
loi n° 27,
Loi sur l'économie sociale, parce que, pour nous, il faut faire valoir l'importance de
maintenir entre le secteur privé et le secteur de l'économie sociale des règles de saine concurrence, ce qui n'est
pas toujours le cas actuellement. Il va sans dire que la fédération... Bien, donc, pour nous, c'est que nous craignons qu'on
sorte le secteur privé de certaines activités par le fait qu'évidemment l'économie sociale se trouve à avoir des
conditions, par exemple des subventions salariales, en sus de ce que la
banque peut apporter, et ça crée un
déséquilibre dans les conditions d'exercice. Alors, on dit : L'économie
sociale, c'est intéressant, puis on en parlera au moment du projet de
loi sur l'économie sociale. On le sait aussi qu'une coopérative puis un atelier
protégé, ce n'est pas du même ordre. Alors,
dans les outils puis les instruments financiers qui vont être mis au profit
des entreprises d'économie sociale, il va falloir faire de grandes
distinctions.
Le Président (M. Leclair) : Merci.
Alors...
Mme Zakaïb : Il n'y a plus d'autre
question.
Le Président (M. Leclair) : Il n'y a
pas d'autre question. Je vais reconnaître maintenant le porte-parole de l'opposition officielle en matière de
développement économique, le député de Louis-Hébert, pour une période de 20
minutes.
Hamad : Merci, M. le
Président. J'ai écouté attentivement la ministre, la ministre nous dit :
Il y a plein de choses qui ne sont pas dans la loi. D'abord, bienvenue,
Mme Bertrand, M. Dufour. Et, aujourd'hui, j'ai compris deux choses très
importantes pour nous. Parce qu'on est là, en consultations, on veut
comprendre. Elle a dit clairement devant
vous, devant nous qu'il y a plein de choses qui ne sont pas dans la loi, mais
on devrait penser qu'elles sont là puis prévoir. Vous savez, nous, comme parlementaires, on vote sur un projet
de loi, donc on devrait voter sur quelque chose qu'on le voit, qui est
écrit. On ne peut pas voter sur des intentions, puis, plus tard, si les
intentions... Il n'y a rien qui nous indique que les intentions vont être
faites.
C'est là, en
passant, que nous avons questionné le gouvernement depuis le début. On sent qu'il
y a des choses qui manquent, on veut le voir. À
part la
partie technique
d'une loi, là… Bien, je comprends qu'il y a des bons avocats au Québec, il y a des bons législateurs au ministère.
ils vont être capables de trouver la bonne formule pour faire une
fusion. Mais on est au-delà de ça comme
législateurs ici, on veut savoir qu'est-ce que ça donne, comment ça marche, c'est
quoi, les impacts réels, puis on a de la misère à les voir.
Deuxième
élément que j'ai entendu de la ministre aujourd'hui, c'est important pour tout
le monde, ce qu'elle a dit, c'est un
guichet unique pour les demandes financières, ce que j'ai bien compris. Donc,
votre collègue des mines, il n'a pas
ce guichet. S'il pense, avec les 90 permis puis avec la banque, qu'il va avoir
un guichet qui va aider son problème, ce n'est pas le cas, là. On va être clairs, là, ici c'est un guichet unique
des demandes financières. Donc, tout ce qui touche à l'entreprise ailleurs, ce n'est pas un guichet
unique pour les entreprises. Puis, je veux être précis là-dedans, ce que
j'ai entendu, c'est un guichet unique,
demandes financières. Donc, là, honnêtement, au début, je pensais, c'est un
guichet unique global, honnêtement, là, mais là, aujourd'hui, je viens
de comprendre que c'est plus petit que je pensais. Donc, un entrepreneur dans
le domaine minier, son problème n'est pas réglé ce matin.
Deuxième élément que je veux... Je vais vous le
dire, le rendement neutre, hier, M. Beaulieu, de la CSN, il l'a sorti, puis il
l'a bien trouvé, il a dit : On va prendre des fonctionnaires — plein
de fonctionnaires, je ne sais pas combien de
milliers — on
les amène à la banque. Ces fonctionnaires-là, j'espère qu'on va continuer à les
bien payer puis les bien traiter.
Mais là la banque, dans son rendement, il faut qu'elle paie les salaires de
tout ce monde-là, là. Donc, ça va affecter sa rentabilité, là. Donc,
elle va être obligée de... Alors, il y a une pression sur le rendement neutre,
qui se dit neutre, pour payer un salaire de fonctionnaire. Alors, ça, il ne
faut pas l'oublier.
Dans votre
mémoire… Je suis obligé de comparer au Conseil du patronat un peu, pas le
choix, même si vous ne pouvez pas nécessairement tout le temps...
Mme Bertrand (Françoise) : ...avec
le Conseil du patronat.
M. Hamad : Je vous compare un peu
puis je regarde, le Conseil du patronat a posé une question, mais vous posez les mêmes questions au Conseil du patronat,
voir où vous êtes, vous, ce matin. En passant, tous les gens d'affaires sont d'accord avec le principe de dire guichet
unique. Mais là, aujourd'hui, on vient de comprendre que c'est un
guichet unique au niveau financier. Ça, là, personne contre. C'est après, là. C'est
une fois qu'on a parlé du titre, on va aller dans l'histoire, là. Puis je pense
que vous n'avez pas trop développé sur l'histoire. Il y a plein d'éléments que
vous avez parlé, sur la rentabilité, le traitement des
dossiers, mais on peut aller plus loin avec vous. Avez-vous posé une question, comme le Conseil du patronat, qui dit...
Il y a des questions, en passant, dans leur mémoire, ils disent : Il
reste deux questions fondamentales qu'il faut poser, puis on n'a pas de
réponse. La première, il dit : Quelle sera la réelle valeur ajoutée de la
banque par rapport à ce qui existe déjà? Avez-vous posé cette question-là?
Bertrand (Françoise) : Bien,
pour nous, M. Hamad, c'est lié à, évidemment, ce qu'on parle, de
rendement... Voyons, la mission qu'on se
donne, les indicateurs de performance qu'on va utiliser, qu'est-ce qu'on
recherche? Est-ce qu'on recherche... C'est pour ça qu'on parle, nous, de
croissance. On ne veut pas de saupoudrage d'entreprises qui, aussitôt que le
prêt va être terminé, vont mourir. On en a trop eu, de ça, à travers les
décennies, là.
Hamad : Au-delà de
rendement, là... Le rendement, en passant, si je prends Investissement Québec,
ils ont des critères d'investissement, vous les connaissez, ils ont des
choses. Là, c'est au-delà du rendement parce que...
Mme Bertrand (Françoise) : Les
indicateurs de performance, c'est ça.
M. Hamad : Bien, les indicateurs de
performance...
Le Président (M. Leclair) :
Excusez-moi, chers collègues. Juste pour s'assurer que ça ne devienne pas trop
difficile pour les gens techniques de tenter de vous suivre, je vous
demanderais d'attendre qu'on vous cède la parole, s'il vous plaît.
M. Hamad : Alors, O.K., on va faire
Le Président (M. Leclair) : Alors,
je redonne la parole au député de Louis-Hébert.
M. Hamad : Alors, c'est au-delà des critères de rendement,
il faut aller voir... Je mets en place une structure, je fusionne deux types de gens, là, des gens qui
étaient à Investissement Québec, qui parlaient d'investissement, des
prêts, des garanties de prêt, des gens qui sont au ministère du Développement
économique, qui sont des gens de stratégie, de services aux entreprises, développement économique, et avec des
conventions collectives différentes, dans le but d'avoir un guichet unique sur l'aspect financier. Et là la
question que je pose : Avant de faire ça, avez-vous posé cette
question-là? Est-ce que le gouvernement,
avant de dire : Je vais faire ça, est-ce qu'il a regardé quelles sont les
retombées économiques additionnelles au geste que je vais poser? C'est
quoi, les emplois additionnels? C'est quoi, le nombre d'entreprises? C'est ça,
la valeur ajoutée. Avez-vous posé cette question-là?
Le Président (M. Leclair) : Merci,
M. le député. Alors, je reconnais M. Dufour.
M. Dufour (Alain) : Oui. Écoutez,
peut-être naïvement, mais on est partis de la prémisse que les analyses coût-bénéfice avaient été faites et qu'en exigeant
d'avoir un rendement minimalement au mieux neutre... Entendons-nous que, même avec un rendement neutre, il y a des coûts
qui sont associés au financement des mises de fonds qui vont être
supportés par le gouvernement, mais qui n'incomberont pas à la banque en
question. Alors...
Le Président (M. Leclair) : Merci,
M. Dufour. M. le député, la parole est à vous.
M. Hamad : Il y a des analyses bénéfice-coût de faites, et
le gouvernement... Vous assumez, donc, vous pensez qu'il y avait une
analyse faite, et, à partir de ces analyses-là, ils ont des résultats positifs
qui ont permis de prendre la décision. O.K. Nous, on ne l'a pas vue, cette
analyse-là. Avez-vous vu ces analyses-là?
M. Dufour (Alain) : Non, mais...
M. Dufour (Alain) : Excusez-moi.
Oui, oui, en exigeant...
Président (M. Leclair) : M.
Dufour, la parole est à vous. Je vous demanderais d'attendre pour la parole,
s'il vous plaît, pour l'équipe technique, qu'ils puissent suivre les
conversations. Merci.
M. Dufour (Alain) : Je m'excuse,
oui. En exigeant d'avoir un rendement neutre minimalement, les coûts associés au rapatriement des fonctionnaires, comme
vous le mentionnez, seraient tenus en compte dans l'atteinte de l'objectif.
M. Hamad : O.K. Mais vous n'avez pas
vu ça, là, c'est juste...
Mme Bertrand (Françoise) : On n'a
pas eu... Pardon?
M. Hamad : O.K. C'est correct, j'ai
compris.
Le Président (M.
Leclair) : Merci. Alors, vous voulez rajouter quelque chose, Mme
Bertrand?
Bertrand (Françoise) : Oui,
c'est ça. À la question, nulle part avons-nous vu les analyses préalables.
Mais, quand on parle de la pertinence de faire une telle chose, on demande que
ce soit fait indirectement en demandant un rendement
neutre puis en disant : Dans l'économie, la valeur ajoutée doit être aussi
liée à non pas un répertoire d'activités, mais un répertoire d'effets
dans l'économie.
Le Président (M. Leclair) : Merci,
Mme Bertrand. M. le député de Louis-Hébert.
Hamad : Donc, vous n'avez
rien en main qui vous dit que ça justifie, mais vous avez des questions,
comme le Conseil du patronat, de dire : Avez-vous pensé à ça? Avez-vous
démontré ça?
Je reviens à
Enobia, puisque la ministre est revenue… Et c'est important, ce qu'elle déclare
aujourd'hui, là. Elle a déclaré que la présence de la Banque de
développement permettrait de dire qu'une entreprise du Québec, elle va être
vendue, que la banque interviendrait. Bon, elle ne mettrait pas
1,2 milliard. Là, on le sait, là, elle ne mettrait pas 1,2 milliard, la banque, mais interviendrait
d'une façon que cette vente-là, elle ne sera pas faite à des Américains,
puis, plutôt, on va trouver
1,2 milliard au Québec demain matin pour Enobia, puis l'acheter, Enobia,
pour une raison. Si on avait la
banque, elle était existante, on est capable de bloquer cette transaction-là puis
de trouver les financiers pour le faire.
Zakaïb : M. le Président, ce
n'est pas ça que j'ai dit. J'ai dit que, si on avait investi dès le départ, on
ne serait pas là aujourd'hui. Ce n'est pas...
Le Président (M. Leclair) :
Excusez-moi. Pour une question de règlement, Mme la ministre?
Mme Zakaïb : ...comme ça. Bien, ce n'est
pas ce que j'ai dit.
Président (M. Leclair) :
Bien, vous rectifierez les faits, Mme la ministre. Vous aurez sûrement du temps
de parole qui vous sera consacré au cours de cet échange. Alors, M. le député
de Louis-Hébert.
Hamad : Et je vous pose la
question. Vous connaissez le domaine, quand il y a des entreprises comme
ça, le Fonds de solidarité, c'est
sûrement... ils ont une division Sciences de la vie. Il y a des Fonds Teralys,
il y a plein de fonds au Québec qui travaillent dans ce domaine-là. Vous
pensez que ces gens-là, ils ont déjà approché cette entreprise-là ou ont regardé les états financiers. Pensez-vous
qu'une structure additionnelle permettrait que cette vente-là ne sera
pas faite aux Américains? La présence de la banque, là, demain matin… Est-ce
que, si on avait la banque aujourd'hui… est-ce qu'Enobia, elle ne sera pas
vendue aux Américains? Pensez-vous ça?
Le Président (M. Leclair) : Merci,
M. le député. Mme Bertrand.
Bertrand (Françoise) : Je ne
crois pas. Non, je ne crois pas. Et je pense qu'il faut laisser les
entreprises aussi... On ne peut pas imposer aux entreprises qui va être leurs
acheteurs, il y a déjà un certain nombre d'institutions financières... Et, justement, nous, on demande que la Banque de
développement économique ne vienne pas en chasser quelques-unes, mais
vienne plutôt ajouter au bouquet qui existe.
Le Président (M. Leclair) : Merci,
Mme Bertrand. M. le député de Louis-Hébert.
M. Hamad : Dans votre page 18, la
page 18, le dernier paragraphe avant l'article 13, vous dites que, tout en
appuyant le principe de création... Encore une fois, vous êtes au niveau... Le
principe, comme tout le monde… Le principe,
les gens pensent que c'est une façon. Avec les réserves et suggestions
mentionnées dans ce mémoire, la FCCQ, la Fédération des chambres de
commerce, restera vigilante quant aux choix qui seront faits portant sur les
autres politiques. Autrement dit, si je
résume votre position, ce que vous dites : Le principe, c'est bon, mais on
est très vigilants sur l'application puis on a des questions, comme le
Conseil du patronat. Le Conseil du patronat, eux autres, ils ont dit qu'ils
sont craintifs, mais vous, vous êtes vigilants sur l'applicabilité de la Banque
de développement. Est-ce que j'ai bien compris votre position?
Le Président (M. Leclair) : Merci,
M. le député. Mme Bertrand.
Bertrand (Françoise) : Vous
avez très bien compris, vous avez très bien lu le paragraphe. Maintenant,
on ne demande qu'à ce que ce soit, au-delà du principe, une réalité, et c'est
pour ça qu'on dit : Ça ne peut pas... On veut accompagner, autant que faire se peut, par nos contributions puis qu'on
va rester très, très attentifs à ce que nos membres nous disent pour
venir éclairer le point de vue du gouvernement.
Le Président (M. Leclair) : Merci,
Mme Bertrand.
Hamad : ...vous comprenez
comme nous, M. le Président, que... Comment vous voulez adopter un projet
de loi de même, puis tous les détails
importants, à
part les détails techniques, que les avocats sont contents de les
avoir… Les détails qui parlent du fonctionnement, des
retombées, du rendement, plein d'éléments qui ne sont pas là dans... On cherche dans les 100 quelques articles, on ne les
trouve pas, ce qui, vous, vous rend craintifs, et nous, nous rend, comme
députés ici, à l'Assemblée nationale... on souhaite d'avoir des réponses avant
d'aller de l'avant dans des détails. Êtes-vous d'accord avec ça?
Le Président (M. Leclair) : Merci,
M. le député. Mme Bertrand.
Mme Bertrand (Françoise) : C'est
compréhensible. Bien sûr, c'est compréhensible.
M. Hamad : O.K. M. Dufour voulait
dire un mot, M. le Président.
Mme Bertrand (Françoise) : Qu'est-ce
que tu voulais dire?
M. Dufour (Alain) : Bien, je voulais
dire que nous également, on a souligné dans notre mémoire qu'il y a beaucoup de place à des précisions, tout le rôle
des CLD... Dans un article, 93, on dit qu'on doit s'attendre à une
rentabilité normale pour la banque. Qu'est-ce
que c'est, une rentabilité normale? On l'a souligné, de rentabilité
minimalement neutre. Mais, à l'égard
des politiques sur lesquelles on va observer une vigilance obsessive,
évidemment, pour nous, la banque est
un bras financier, mais elle doit s'accrocher à des politiques — Mme
la ministr