Transportation and the Environment — 3 November 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
CTE 2020-11-03
Quebec — Committees
Les dispositions introduites par cet amendement
donnent une assise légale à l'intérieur de la LCPN aux travaux actuellement en
cours visant à développer les outils qui seront mis en place afin de protéger
l'environnement et de conserver la biodiversité du nord.
En effet, le gouvernement s'est engagé à mettre
en place, d'ici 2035, des mécanismes permettant d'affecter 50 % du territoire du Plan Nord à la
protection de l'environnement et à la conservation de la biodiversité. De ce
50 %, un minimum de 20 % serait
désigné en aires protégées et le résiduel ferait l'objet d'un autre mécanisme
de conservation.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a des commentaires à l'amendement à
l'article 26? Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal :
Merci. Quand le ministre dit que c'est pour tenir compte de certaines
recommandations qui avaient été entendues dans les consultations
particulières, est-ce qu'il peut spécifier? Est-ce que c'était une proposition
de la SNAP par rapport aux territoires nordiques?
M. Charette : Quel groupe en
particulier? Il faudra faire le comparatif, là. On pourra vous revenir, mais effectivement, ça avait été mentionné lorsqu'il
était davantage question du territoire nordique. On vous reviendra avec
quel groupe en particulier avait fait cette recommandation.
Mme Ghazal : Et puis, ici, on
ne fait plus référence à un registre par rapport aux territoires nordiques?
M. Charette : Pas dans cet
article-ci.
Mme Ghazal : Il va y avoir un
article sur les territoires nordiques où on fait mention d'un registre?
M. Charette : En fait, tout ce
qui est constitution d'un registre, c'est déjà derrière nous, là. Donc, il n'y
a pas de nouvel
article abordant la question d'un registre pour les articles à
venir.
Mme Ghazal :
Parce qu'ici ça a été barré, là, à 26.2, où on en parlait.
M. Charette :
Effectivement. Donc, toutes les références au registre ont été discutées déjà.
Mme Ghazal :
Donc, c'est ça, c'était la proposition de la SNAP?
La Présidente (Mme
St-Pierre) : ...
Mme Ghazal :
Ou vous alliez revenir?
La Présidente
(Mme St-Pierre) : Je croyais que vous aviez terminé. Continuez.
M. Charette :
...quelques instants. Si vous avez une autre question, là, ça va être...
Mme Ghazal :
Non, c'était surtout pour ça, parce que je l'avais lu puis j'essaie de voir si
ça concorde, les deux, ce qu'eux proposaient à leur... Eux autres, c'est leur
recommandation 14, à la page 41. Là, ils parlaient plus de
l'article 25. Je n'ai pas d'autre question que ça. Je voulais juste m'en
assurer.
M. Charette :
...revenir, là, sans problème.
Mme Ghazal :
O.K. Très bien. Merci.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : M. le député de Viau.
M. Benjamin :
Merci, Mme la Présidente. Bonjour à toutes, bonjour à tous. Donc, alors, M. le
ministre, ma première question,
dans la modification que vous proposez, donc le texte, en fait, le
premier paragraphe se lit comme suit, donc,
vers la fin : «L'article 5 de la
Loi sur la Société du Plan Nord, de concert avec le ministre responsable de
l'application de cette loi...»
Ce que j'aimerais
savoir, au sujet de la Société du Plan Nord, parce que... D'habitude, dans
d'autres projets de loi que j'ai déjà
étudiés, on dit «le ministre des» et on nomme le portefeuille. Est-ce que c'est
parce que le ministre responsable de la Société du Plan Nord n'est pas
identifié, ou, du moins, pourquoi est-ce qu'on... ou c'est parce que cette
Société du Plan Nord a changé de ministre responsable à plusieurs reprises?
Charette : C'est le MERN qui a la responsabilité de l'application du Plan
Nord. Donc, on ne le mentionne pas,
dans l'éventualité, je ne pense pas que ce soit un scénario à envisager, mais
que le ministère titulaire ait à changer. Donc, on mentionne tout simplement que c'est le ministère responsable de
l'application du Plan Nord, et, actuellement, c'est bel et bien, là, le
MERN.
M. Benjamin :
Je comprends qu'au nombre des choses que vous avez enlevées à l'article... on
est sur l'article 26, donc le processus de participation publique, donc, se
retrouvera, à ce moment-là... On parle vraiment clairement de consultation
publique, à 26.1, c'est ça?
Charette : Tout à fait. Ça fait
partie des amendements, là, proposés. Donc, on pourra lire, là,
lorsqu'on y sera, «la proposition d'un mécanisme est approuvée par le gouvernement
après la tenue d'une consultation publique». Donc, on maintient, là, cet
espace-là de dialogue.
M. Benjamin :
Quand vous dites : «Le gouvernement peut désigner tout ou
partie des
terres comprises dans le territoire visé», et ça, vous décidez de l'abroger,
donc, à ce moment-là, ça se retrouve où? Parce que je pense que c'était une
précision quand même assez importante qu'il y avait auparavant.
M. Charette :
Ça, vous êtes à l'article 26 initial?
M. Benjamin :
Toujours à l'article 26, oui. Ce que vous enlevez, oui.
M. Charette :
Donc, vous faites référence, là, au retrait... «le gouvernement peut désigner
tout ou
partie de terres comprises»? C'est la bonne question? Je veux juste
vous donner la bonne réponse.
Charette : Étant donné que
le mode de désignation n'est plus le même, il n'y a plus de désignation,
ça devenait caduc, cette portion-là de l'article, tout simplement. Et
juste... Est-ce que vous aviez une autre question?
M. Benjamin :
Non, allez-y. Allez-y, je vous écoute.
M. Charette :
Juste répondre à la collègue, là. Il y a tout de même plusieurs groupes qui
avaient abordé la question des territoires nordiques, notamment la SNAP... la SNAP,
là, c'est-à-dire Nature Québec, il y a le... là, j'ai les acronymes, là, mais
j'ai l'ARC, j'ai...
M. Charette : Voilà. Le réseau... En
fait, ce ne sont que les acronymes, et moi, je les ai appris sous leur nom
long, donc je vais vous dire ça. Donc, le Réseau des milieux naturels,
l'Association minière du Québec et ITUM, ça, c'est au niveau des Inuits, le
comité de consultation de la Baie James et l'ARC, naturellement. Voilà. Donc,
je ne connaissais pas les acronymes, mais il y a plusieurs groupes qui
s'étaient... qui avaient proposé, là, ou qui avaient abordé la question du
territoire nordique.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Est-ce qu'il y a d'autres commentaires à l'amendement à l'article 26 de
l'article 31? M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault : Oui. Quand je
lis ça, puis je me réfère au paragraphe 5° de l'article 5 de la
Loi sur la Société du Plan Nord, c'est
drôle, parce que, tu sais, c'est le genre d'article où on parle de mécanisme,
mais on ne sait jamais c'est quoi, le
mécanisme, tu sais. Là, on dit : «Le ministre propose au gouvernement des
mécanismes permettant d'atteindre les objectifs définis au paragraphe 5°
de l'article 5.» Les objectifs définis au paragraphe 5° de
l'article 5 de la Société du Plan Nord, c'est «contribuer à la mise en
place de mécanismes devant permettre de consacrer, d'ici 2035, 50 % du
territoire du Plan Nord à des fins autres qu'industrielles, à la protection de
l'environnement et à la sauvegarde de la biodiversité». Puis, après ça, on
arrive à l'article 26.1 qui sera amendé, qui dit : «Le mécanisme est
approuvé par le gouvernement après la tenue d'une consultation publique.»
Sauf que c'est comme si on tournait toujours
autour du pot en parlant du mécanisme, mais on ne dit pas c'est quoi, le
mécanisme. Alors, moi, j'aimerais savoir c'est quoi que le gouvernement
envisage comme mécanisme pour atteindre l'objectif du paragraphe 5° de
l'article 5 de la
Loi sur la Société du Plan Nord.
M. Charette : En fait, c'est une
bonne question, et ce mécanisme-là ne sera pas précisé par règlement, en ce
sens qu'il est en discussion actuellement avec les ministères concernés et les
communautés autochtones présentes sur ce
territoire-là. Donc, on est à établir le mécanisme. On me rappelait les
échéanciers, là, au cours de la prochaine année. Normalement, on est
confiants qu'il y ait entente entre les différentes parties et qu'on puisse
mettre de l'avant le mécanisme qui aura été retenu.
Gaudreault : O.K.
Bien, est-ce qu'on peut avoir au moins quelques
principes reliés à ce fameux mécanisme, outre le fait de dire :
C'est un mécanisme? Tu sais, est-ce qu'il va y avoir de la reddition de comptes?
Est-ce qu'il y a une consultation préalable? Si oui, c'est tenu par qui? C'est
quoi, les grands principes derrière ce fameux mécanisme que tout le monde parle
mais que personne ne décrit?
M. Charette : Que personne... C'est
comme la personne qui a vu l'ours, l'homme qui a vu l'ours, qui a vu l'ours,
qui a... voilà, mais on est chanceux, on a le négociateur pour...
M. Gaudreault : On a l'ours?
M. Charette : Oui, on a l'ours
lui-même, donc on est tous témoins de sa présence, donc, avec consentement, on
pourrait lui laisser la parole. C'est lui qui négocie, là, pour le
gouvernement... bien, en fait, pour le ministère de l'Environnement.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Est-ce qu'il y a consentement pour que le sous-ministre prenne la parole?
Des voix : Consentement.
Présidente (Mme St-Pierre) : Il y a consentement. Alors, M. le
sous-ministre, veuillez décliner votre nom et votre titre, s'il vous
plaît.
Martin-Malus (Jacob) :
Merci, Mme la Présidente. Jacob Martin-Malus, sous-ministre adjoint au
ministère de l'Environnement.
Donc,
effectivement, c'est un mécanisme que nous sommes présentement à élaborer, avec
la participation des principales communautés de ce territoire-là, de la
Société du Plan Nord, donc, décrites à l'article 4 de la Société du Plan Nord.
Donc, les Innus sont représentés, les Cris sont présents, les Naskapis.
Évidemment, on doit travailler avec les communautés inuites, également.
Donc, ce
mécanisme-là vise à établir un processus par lequel différentes parties vont
contribuer à l'élaboration des objectifs qui vont sous-tendre ce
mécanisme-là qui vise à établir le mode de fonctionnement pour le 30 % du territoire qui va s'additionner aux aires
protégées. Donc, je rappelle, M. le député, vous référiez donc aux
dispositions de la
Loi sur la Société du Plan Nord, donc, il y a un 20 %,
normalement. qui va être en aires protégées et un 30 % qui
doit être affecté de façon à être à l'abri des activités industrielles. C'est
un mode de fonctionnement qui sera contributif certainement aux objectifs
post-2020 de la Convention sur la diversité biologique.
Donc, ici, c'est de trouver une façon de
permettre un développement sur ce territoire-là avec la participation des
communautés locales afin que ça réponde également aux attentes et aux
préoccupations des personnes du milieu visé. Voilà.
Gaudreault : Est-ce que vous avez un échéancier, au moins un horizon,
là, de fixé pour arriver à une entente sur ce fameux mécanisme de
consultation?
M. Martin-Malus (Jacob) : Mme la Présidente, je dirais, il serait risqué pour moi de vous donner
une date précise, parce que le mécanisme est toujours en discussion à une table
qui est présidée par le sous-ministre en
titre du ministère de l'Environnement
et le président-directeur général de la Société du Plan Nord, et ces travaux-là
ont cours actuellement. Donc, comme disait M. le ministre, on a bon espoir que
ce ne soit pas dans une décennie, mais plutôt dans un échéancier qui se calcule
plutôt en années prochaines, mais ce serait très risqué pour moi de vous
proposer un échéancier, M. le député. Ce serait malhonnête de ma part, là.
M. Gaudreault :
Ça me va.
Présidente (Mme St-Pierre) : Est-ce qu'il y a d'autres
commentaires sur l'amendement 26 à l'article 31?
Oui, Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal : Oui.
Merci, Mme la Présidente. J'avais une autre question — là, peut-être que le ministre va me
dire on l'a déjà traitée, je ne suis pas certaine — pour les AMCE. Est-ce que les territoires de conservation nordiques font
partie et sont
enchâssés dans les AMCE? Peut-être dans le changement qu'on a fait pour le
registre? Ça m'échappe.
M. Charette :
En fait, pas forcément. Donc, on ne l'a pas précisé précisément, étant donné
que ce sera notamment établi
dans le cadre des discussions à l'international, là, qui devraient cheminer
l'automne prochain, donc l'automne 2021, sur le cadre mondial de la
biodiversité. Donc, les modalités ne sont pas entièrement définies, là, à ce
moment-ci.
Mme Ghazal :
Donc, c'est possible, mais on attend que les normes internationales par rapport
aux AMCE soient mieux définies. Ça n'aurait pas été
possible, vu qu'on est en train de réviser la loi, de les enchâsser maintenant?
Charette : Non, effectivement. C'est la raison pour laquelle, autant
au niveau du préambule, autant au niveau de l'article 2, sur lequel on reviendra
éventuellement, étant donné ces discussions-là qui ont cours à l'échelle
internationale, on précise que ce sera conforme
aux critères établis par l'UICN. Donc, c'est difficile d'entrer dans le détail
maintenant, mais l'engagement que devra respecter l'application du projet de
loi, c'est justement le respect des règles de l'UICN.
Parce qu'au départ il faut
rappeler... et on espérait une entente, à ce moment-ci, mais, un petit peu
comme la COP sur le climat, la COP sur la
biodiversité devait avoir lieu cet automne, ça a été décalé d'un an, mais ça
laisse aux négociateurs, là, la possibilité de peaufiner leurs
approches, là, d'ici cette rencontre-là, qui sera aussi importante pour la
biodiversité que ne l'est la COP de GlasgowV sur le climat.
Mme Ghazal :
Parce que je sais que, tout à l'heure, le ministre a énuméré plusieurs
organisations qui demandaient qu'il y ait des
modifications par rapport aux... voyons, territoires de conservation nordiques,
mais je regarde dans le mémoire de la SNAP-Québec, et ce qu'il dit, c'est que,
même si ce n'est pas tout défini, les AMCE, qui sont maintenant
dans le projet de loi, sont un outil de conservation internationalement balisé
et reconnu que le projet de loi, donc, veut intégrer dans la loi.
En s'assurant que les territoires de
conservation nordiques répondent aux critères des AMCE, bien, le projet de loi...
De cette façon-là, tu sais, on a une occasion d'éviter qu'il y ait des
interprétations ou des dérives qui font que, finalement, on ne les...
si, par exemple, ce n'est pas clair dans la loi qu'ils sont sous l'AMCE... Ce
n'est pas parce qu'à l'international... que
ça va être défini que nécessairement ils vont l'être. Donc, c'est comme si c'est une
occasion qu'on manque de ne pas le dire
clairement que les territoires de conservation nordiques font
partie de cette
catégorie-là. On aurait pu, on n'a pas besoin d'attendre à l'année
prochaine ou quand, à l'international, ce sera mieux défini.
M. Charette : ...une réglementation
qui va suivre le cadre international, et c'est la réglementation qui va pouvoir confirmer ce qui doit être considéré. Et
ce ne sera pas appliqué de façon... c'est-à-dire, il faudra une
caractérisation de chaque territoire, chaque territoire va avoir ses
spécificités, mais la réglementation va venir baliser, en respect avec le cadre
général de l'UICN.
Donc, c'est difficile, à ce moment-ci, on
présume. On présume que ça peut prendre telle direction, mais c'est difficile d'aller plus loin que la présomption.
Donc, c'est la raison pour laquelle le préambule, l'article 2, mais
également la réglementation à venir, va s'assurer qu'on a le cadre qui soit
conforme aux ententes internationales.
Ghazal : Bien, tu sais, concrètement, quand on va avoir un territoire
qui va être sous la catégorie «territoire de conservation nordique»,
selon ce qu'on est en train de voter, dans le fameux registre, là, sur le site
du ministère, il va être sous... il va être où, dans le registre?
Charette : Si c'est dans le... si c'est réellement une AMCE, ce sera
dans le registre, mais, si c'est un autre
degré de protection, ce sera... en fait, si ce n'est pas une aire protégée, ça
n'y sera pas. L'information sera toujours disponible, mais on se
souvient quelles seront les modalités, là, du registre en question.
Ghazal : Dans le fond, c'était un peu ça, l'esprit de la
recommandation de la SNAP-Québec, c'est qu'il faudrait qu'ils le soient.
S'ils ne le sont pas, c'est parce qu'il y a plus d'activités industrielles qui
sont permises?
M. Charette :
L'AMCE, elle va y être, mais c'est les autres catégories de protection... parce
que ça peut prendre différentes formes. C'est d'abord et avant tout un registre
pour faire la comptabilisation de nos territoires protégés. Donc, si c'est un
territoire qu'on ne peut pas comptabiliser, bien, ça ne sera pas dans le même
registre, par la force des choses.
Ghazal : Donc, cette section-ci, «territoires de conservation
nordiques», donc, certains vont être protégés, d'autres non. Et
l'objectif, c'est ça, vous l'aviez nommé, c'était d'avoir 20 % du
30 %.
Charette : 20 % en aires protégées, 30 % avec des mesures
autres de protection, mais à des degrés différents.
Mme Ghazal : Mais
qui ne sont pas les AMCE.
M. Charette :
Pas forcément. Pas forcément. Donc, c'est des degrés différents de protection.
Si on ne peut pas les comptabiliser, comme nous le demande l'UICN, il va y
avoir, oui, des mesures de protection, mais d'un autre niveau, tout simplement.
Mme Ghazal :
Ça sera quoi, le nom qui sera donné à ces territoires-là qui ne seront pas des
aires protégées?
Charette : Aussi simple. Des
fois, on cherche loin la réponse, mais c'est tout évident, donc c'est
«territoires de conservation nordiques», tout simplement.
Mme Ghazal :
Puis concrètement, il pourrait y avoir des activités industrielles ou... parce
qu'il y a le mot «conservation», non?
M. Charette :
En fait, on va, suite à cette consultation-là qui se poursuit, déterminer le
mécanisme. On va convenir de ce que l'on souhaite sur chaque portion du
territoire, mais effectivement ça se peut que ça ne soit pas aussi strict que
les catégories 1 à 6. Donc, ça va être en fonction, là, de ce qui... En fait,
il va y avoir une analyse pour chacun des territoires en question. Donc, ce
sera une solution qui va être propre à chaque territoire et non pas une
solution qui va s'appliquer à l'ensemble du 30 %.
Mme Ghazal :
En fait, juste pour être certaine du sens de ma question, parce que je regarde
aussi l'alinéa 5 de l'article 5 de
la
Loi sur la Société du Plan Nord, «50 % du territoire à des fins autres
qu'industrielles à la protection de l'environnement et à la sauvegarde
de la biodiversité»... mais est-ce qu'un territoire peut être un territoire de
conservation nordique sans qu'il y ait... c'est-à-dire, il n'y aura pas
protection stricte, au sens de l'UICN, mais ce sera un territoire protégé de
quelle façon, dans le fond?
Parce que moi, ce que
je comprends, c'est que le gouvernement, s'il ne va pas aussi loin que ce que
la SNAP propose, c'est-à-dire de mettre tous
les territoires de conservation nordiques sous les AMCE, c'est pour garder une
porte ouverte, pour qu'une
partie du territoire
ne soit pas strictement conservée ou protégée, même si on dit «de
conservation nordique», là.
M. Charette :
En fait, sans vouloir me répéter, c'est un petit peu ce que je mentionnais tout
à l'heure. Il y a les catégories qui sont établies, il y a les règles de l'UICN
aussi, donc on irait pour... En fait, c'est difficile d'avoir une réponse
unique parce qu'il va y avoir différentes portions. C'est un territoire qui
peut être évalué de façon distinctive selon ses caractéristiques, donc on ne sera
pas dans les critères les plus stricts, mais c'est impossible pour moi de dire,
sur tel territoire, qu'est-ce qui serait permis ou pas, compte tenu que la
mécanique est en discussion, actuellement, mais on est confiants, par contre,
que la majorité de ces territoires-là puissent être considérés comme étant une
AMCE par la suite. Donc, il y a cette possibilité-là.
Mme Ghazal :
C'était ma prochaine question.
M. Charette :
Mais c'est là où on ne peut pas s'engager maintenant. Un, on ne connaît pas l'ensemble
des critères qui serviront à notre analyse, et, deux, la caractérisation de l'ensemble
de ces portions-là du territoire n'est pas complétée.
Mme Ghazal : Les critères que vous
dites que vous ne connaissez pas, c'est les critères pour dire que c'est une
AMCE? Ce n'est pas bien défini, ça, à l'international?
Charette : Entre autres, entre autres. Ça fait
partie aussi des
discussions qui ont cours, et on ne connaît pas forcément la caractérisation de
toutes ces portions-là du territoire.
Ghazal : Oui, c'est ça, du territoire,
mais l'AMCE, les critères sont quand
même définis à l'international,
même s'il y a une négociation, peut-être à 90 %, peut-être pas à
100 %, mais bon... O.K.
Moi, ma question,
c'est... parce que ma prochaine question... Puis vous avez dit on veut que la
majorité des territoires de conservation
nordiques soient une sous-catégorie des AMCE. Combien, quand vous dites
majorité, 50 %, 52 %? Est-ce que vous avez un objectif pour
que ces territoires-là soient comptabilisés dans les objectifs du Québec?
M. Charette :
La convention internationale... C'est vrai qu'il y a des consensus, déjà, qui
semblent se dessiner, mais la convention
internationale n'étant pas ratifiée. À ce moment-ci, ce serait très hasardeux
pour moi de dire c'est 60 %, c'est 65 %, c'est 70 %. On
est confiants qu'une majorité de ces territoires-là, avec le degré de
protection qui sera assuré, pourront être reconnus comme étant une AMCE.
Mme Ghazal :
O.K. Merci. Je n'ai pas d'autre question.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : M. le député de Viau.
M. Benjamin : Merci, Mme la Présidente. Je pense qu'on peut
encore poser quelques questions au négociateur, donc?
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Est-ce qu'il y a consentement?
M. Benjamin :
À l'ours, oui. Non, en fait, je voulais, dans un premier temps, savoir, en
fait, votre mandat de négociation consiste en quoi, exactement, dans ce
dossier-là?
M. Martin-Malus (Jacob) : Mme la Présidente, c'est une question de concertation avec les parties
prenantes. C'est beaucoup dans cette perspective-là que le ministère de
l'Environnement, en coprésidence avec la Société du Plan Nord, anime les
discussions à cette table-là. Tantôt, j'ai mentionné les représentants des Premières
Nations et des Inuits, mais il y a aussi des représentants de l'industrie
forestière, des représentants de l'industrie minière, des représentants, donc, de toutes les parties
potentiellement impliquées dans le processus. Alors, ce qu'on vise,
l'objectif ultime, c'est d'adopter ce mécanisme-là en concertation avec
l'ensemble des parties prenantes.
M. Benjamin :
Le paragraphe 5° de l'article 25 du projet de loi, sur la Société du
Plan Nord, se lit comme suit :«5°
contribuer à la mise en place de mécanismes devant permettre de consacrer,
d'ici 2035, 50 % du territoire du Plan Nord à des fins autres
qu'industrielles, à la protection de l'environnement et à la sauvegarde de la
biodiversité.»
Au niveau de de la
reddition de comptes, sur cet article-là en particulier, sur ce paragraphe-là,
est-ce que c'est la Société du Plan Nord ou c'est le ministère de
l'Environnement qui... au niveau de la reddition de comptes?
M. Martin-Malus
(Jacob) : Je privilégierais une validation, si vous me
permettez, M. le député, pour être certain de vous donner une réponse.
M. Benjamin :
Oui, bien sûr.
M. Martin-Malus
(Jacob) : C'est certain que c'est un
article de loi, et l'objectif
ici, c'est d'éviter qu'il y ait référence au même mécanisme dans deux lois
différentes. C'est pour ça qu'on réfère à l'article 5 de la
Loi sur la
Société du Plan Nord, pour que ça soit à un seul endroit. Et donc je vais
vérifier pour ce qui est de la reddition de comptes. Pour moi, c'est une petite
zone où je préférerais une validation pour vous répondre, là, M. le député.
M. Benjamin :
Les objectifs qui sont poursuivis, on parle de 2035, 50 % du Plan NordT.
M. le ministre, vous êtes confiant que, d'ici 2035, on va y arriver?
M. Charette :
Effectivement, et le degré de confiance va... c'est conséquent aux travaux qui
sont déjà en cours. Donc, ça peut sembler loin, hein, c'est dans 15 ans,
2035, mais ce sont déjà des travaux qui sont en cours, des travaux qui seront
aidés par la convention internationale qui sera signée, en ce sens qu'on aura
les critères précis auxquels se référer. Donc, pleinement confiant qu'en
15 ans on puisse y parvenir, effectivement.
M. Benjamin :
Et qu'en est-il... Je sais que c'est dans un prochain... dans d'autres
amendements qu'on aura à l'aborder, donc, toute cette réflexion, donc ces
enjeux autour des aires protégées de conservation autochtones. Appelons-les
comme ça pour le moment puisqu'on n'a pas encore regardé les autres
amendements. Dans ces territoires-là, est-ce qu'il y a des demandes? Est-ce
qu'il y a eu des demandes à l'effet d'avoir des aires protégées de conservation
autochtones dans ces territoires-là, éventuellement des APIA, c'est ça?
Charette : Bien, en fait, la
terminologie qu'on va vous proposer, c'est celle des aires protégées d'initiative
autochtone. Dans certains cas, oui, mais c'est là l'importance de discuter
aussi avec l'ensemble des communautés. Et d'ailleurs,
lorsqu'on a reçu le grand chef Picard, la personne qui l'accompagnait, c'était
monsieur... son prénom, son nom m'échappe, mais il avait... Je ne me
souviens plus qui lui avait posé la question : Est-ce qu'on devrait faire
telle ou telle activité sur ces territoires-là?
Presque mot pour mot, la personne avait dit : Moi, j'ai ma réponse à moi,
mais il faut voir celles de
l'ensemble des communautés. Donc, il n'y a pas de réponse unique. Les
communautés autochtones occupent un vaste territoire, des territoires
qui sont souvent avec des caractéristiques différentes. Donc, le soin de le
protéger est partagé, je pense, de tous, mais comment, avec quels types
d'activité permise, c'est là où ce ne sera pas la même réponse si on parlait
avec telle communauté versus une autre.
Donc, c'est là l'espace de dialogue qui est
fondamental, et c'est là où il n'y a pas de réponse unique, et c'est la raison
pour laquelle, lorsqu'on abordera les aires protégées, résumons, autochtones,
là, le choix du mot pourra nous permettre d'en débattre par la suite, mais on
précisera qu'il y aura, oui, consultation puis une réglementation qui va en
découler parce que le projet de loi ne nous permettrait pas d'établir des
balises uniformes. Il va y avoir des principes uniformes à tous, oui, mais une
communauté x va vouloir faire tel usage de ce territoire-là, alors qu'une communauté y, en fonction de sa réalité, pourrait
avoir d'autres priorités. Donc, oui, c'est l'importance de la
consultation, de la communication pour que les communautés puissent se reconnaître,
là, dans ce qui sera proposé et implanté.
Présidente (Mme St-Pierre) :
Est-ce qu'il y a d'autres commentaires concernant l'amendement à
l'article 31?
M. Charette : Si vous me le
permettez, Mme la Présidente, juste pour répondre au collègue de Viau, au
niveau de la reddition de comptes, on a eu les confirmations. Donc, si c'est
une aire protégée ou une AMCE, c'est une reddition de comptes qui est assurée
par le ministère de l'Environnement. Aussi, pour les territoires... les TNC, c'est
les acronymes, des fois, qui me posent problème...
M. Charette : Parfait, territoire
nordique de conservation ou de conservation nordique, c'est inversé, c'est
aussi répertorié par le MELCC, donc la reddition de comptes serait assurée par
le ministère de l'Environnement.
La Présidente (Mme St-Pierre) : M.
le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui. C'est juste
une question, M. le ministre, parce qu'on a enlevé beaucoup pour... une copie
du plan pour les autochtones, aussi pour les municipalités, et je sais que
c'est retrouvé dans l'article 16. Mais, dans le sens de : Comment le gouvernement
va partager l'information? Est-ce que le processus a changé ou c'est vraiment...
on a juste enlevé tout ça dans le projet de loi qui a été déposé, on a amendé
ça puis mis ça dans l'article 16? Parce que, je sais, ça parle de la Gazette
officielle dans l'article 16, alors je veux juste bien comprendre
qu'on n'a pas manqué quelque chose dans le processus de transférer toute l'information
puis l'article ici dans l'article 16.
M. Charette : En fait, le minimum
requis demeure la Gazette officielle , mais ce qu'on avait eu l'occasion
de discuter, c'est que les caractéristiques
de chaque région font en sorte que, dans certains cas, ensuite, l'alternative
naturelle pourrait être le journal local.
Dans certains cas, ce journal local là n'existe pas. Dans certains d'autres
cas, ça peut être la radio locale, ça peut être le babillard. Donc,
bref, tout moyen pour que l'information soit justement diffusée sera pris.
Mais, dans les anciens textes de loi, on faisait
spécifiquement référence, par exemple, aux journaux locaux. Malheureusement, on sait quelle a été la réalité et quelle réalité demeure celle des
journaux locaux : plusieurs ont fermé, plusieurs territoires n'ont
plus de version papier, mais c'est transposé à travers un site Internet, et
autres. Bref, on ne se limite pas, mais on veut que l'information soit connue.
Donc, la réponse à ça va être différenciée en fonction du territoire concerné.
M. Kelley : ...de bien
comprendre, le moment que c'est dans la Gazette officielle , est-ce que
c'est envoyé à du monde ou est-ce que c'est un petit peu la responsabilité, si
c'est des communautés autochtones ou, quand même, des municipalités, de bien
prendre connaissance du plan, ou encore juste le mécanisme pour s'assurer que tout
le monde est au courant de toute l'information?
M. Charette : Étant donné qu'il y a consultation
publique, on prend tous les moyens requis, là, pour que l'information soit, le
plus largement possible, diffusée.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Est-ce
qu'il y a d'autres commentaires à l'amendement à l'article 31? S'il n'y a
pas d'autre commentaire, nous allons mettre aux voix les amendements à
l'article 31.
La Secrétaire :
M. Charette (Deux-Montagnes)?
La Secrétaire :
M. Campeau (Bourget)?
La Secrétaire : M. Caron
(Portneuf)?
La Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)?
La Secrétaire : M. Bussière
(Gatineau)?
La Secrétaire : M. Provençal
(Beauce-Nord)?
La Secrétaire : Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice)?
La Secrétaire : M. Reid
(Beauharnois)?
La Secrétaire : M. Benjamin
(Viau)?
M. Benjamin : Abstention.
La Secrétaire : M. Kelley
(Jacques-Cartier)?
M. Kelley : Abstention.
La Secrétaire : Mme Ghazal
(Mercier)?
Mme Ghazal : Abstention.
La Secrétaire : M. Gaudreault
(Jonquière)?
M. Gaudreault : Abstention.
La Secrétaire : Et Mme St-Pierre
(Acadie)?
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Abstention. Est-ce qu'il y a des commentaires sur l'article 31? Est-ce qu'il y a des commentaires sur l'intitulé de
l'article 31? S'il n'y a pas de commentaire sur l'intitulé de
l'article 31, on passe aux commentaires à l'article 31. Alors,
s'il n'y a pas de commentaire à l'article 31, nous allons faire la mise
aux voix.
La Secrétaire : M. Charette
(Deux-Montagnes)?
La Secrétaire : M. Campeau
(Bourget)?
La Secrétaire : M. Caron
(Portneuf)?
La Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)?
La Secrétaire : M. Bussière
(Gatineau)?
La Secrétaire : M. Provençal
(Beauce-Nord)?
La Secrétaire : Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice)?
La Secrétaire : M. Reid
(Beauharnois)?
La Secrétaire : M. Benjamin
(Viau)?
M. Benjamin : Abstention.
La Secrétaire : M. Kelley
(Jacques-Cartier)?
M. Kelley : Abstention.
La Secrétaire : Mme Ghazal
(Mercier)?
Mme Ghazal : Abstention.
La Secrétaire : M. Gaudreault
(Jonquière)?
M. Gaudreault : Abstention.
La Secrétaire : Mme St-Pierre
(Acadie)?
Présidente (Mme St-Pierre) :
Abstention. Donc, l'article 31, tel qu'amendé, est adopté. Maintenant, M.
le ministre, veuillez procéder à la lecture de l'article 32, et vous avez,
là aussi, un amendement.
M. Charette : En fait, quelques
amendements, et, je le dis d'emblée, c'est un
article qui est très, très
costaud. Même au niveau de sa lecture, il est très long. Est-ce que vous
souhaitez qu'on le subdivise ou j'y vais d'une lecture complète, dans un
premier temps?
M. Gaudreault : En plus qu'il y a
des amendements qui viennent s'ajouter à tout ça, là.
M. Charette : C'est un gros article.
La Présidente (Mme St-Pierre) : On
peut suspendre quelques secondes, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 10 h 41)
Présidente (Mme St-Pierre) :
Alors, nous reprenons les travaux. Donc, nous sommes à l'article 32.
M. le ministre.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. Donc : Cette loi est modifiée par le remplacement des
titres III et IV, comprenant les articles 27 à 65, par ce qui
suit :
«1. Dispositions générales»
Et l'article 27 : «Le gouvernement
peut désigner tout territoire situé sur des terres du domaine de l'État comme
aire protégée.»
Donc, le commentaire pour cet amendement-ci, au
27. Cet
article permet au gouvernement de désigner tout territoire situé sur des terres du domaine de l'État en lui attribuant
l'un des statuts d'aire protégée prévus à la présente section. Cette procédure de constitution d'aire
protégée simplifiée remplace la désignation en deux étapes de l'actuelle loi.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Est-ce qu'il y a des commentaires à l'amendement à l'article 27?
M. Gaudreault : ...le ministre a un
amendement à faire?
La Présidente (Mme St-Pierre) : Il
vient de le faire, là.
M. Gaudreault : Non, non, un
amendement. Ça, c'était l'article d'origine.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Est-ce que vous l'avez fait, votre amendement?
M. Charette : Je peux en faire la
lecture maintenant?
La Présidente (Mme St-Pierre) : Oui.
Charette : Parfait. Donc : Remplacer l'article 27 de la Loi
sur la conservation du patrimoine naturel, proposé par l'article 32
du projet de loi, par l'article suivant :
«27. Le
gouvernement peut désigner toute terre du domaine de l'État comme aire protégée
d'utilisation durable, réserve de biodiversité, réserve écologique ou
réserve marine.»
Et le
commentaire pour l'expliquer : Comme on vient de le mentionner,
l'énumération des statuts d'aire protégée pouvant être attribués en
vertu de la
Loi sur la conservation du patrimoine naturel répond à l'inquiétude
qu'avaient certains groupes que les réserves naturelles et les paysages
humanisés, visés aux sections IV et V du présent chapitre, ne puissent pas se
qualifier à
titre d'aire protégée, ce qui n'est pas l'intention recherchée ici.
Aussi, «tout territoire situé sur des terres» est remplacé par «toute terre»
par souci de cohérence avec le vocabulaire habituellement utilisé pour parler
du domaine foncier de l'État.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Est-ce qu'il y a des commentaires sur l'amendement à l'article 27 de
l'article 32? M. le député de Viau.
M. Benjamin : Merci, Mme la
Présidente. Donc, la désignation de «toute terre» en lieu et place de «tout
territoire situé sur des terres», j'aimerais peut-être que...
M. Charette : ...pour se référer,
là, c'est le vocabulaire habituel pour parler du domaine foncier de l'État.
C'est tout simplement pour être bien certain qu'on réfère à la même chose.
Benjamin : Aire protégée, donc... quand on dit «toute terre», donc, ça
inclut aussi, dans ce vocabulaire-là, donc, toute terre comme aire
protégée d'utilisation durable, les réserves marines... Donc, quand on
dit «toute terre», dans ce vocable-là, ça inclut aussi...
Charette : C'est-à-dire l'ensemble des terres vont prendre un degré x
de protection, et ce degré de protection là pourra être... comme je le
mentionnais, là, on en fait l'énumération parce que certains groupes s'en
inquiétaient. Donc, ça fait... on va pouvoir
faire référence, là, autant aux
aires... je veux juste retrouver le bon endroit. Donc, les réserves
naturelles, les paysages humanisés, c'est des éléments, là, qui pourront
dorénavant se qualifier.
Benjamin : Peut-être,
en fait, une première question que j'aimerais poser au ministre sur cet
enjeu-là, l'enjeu de quand on dit «toute terre», donc c'est... Par
rapport à l'industrie forestière, à ce moment-là, comment est-ce que
l'industrie forestière... Comment on positionne ces aires protégées là par
rapport à cette reconnaissance de terres?
Charette : En fait, si on reprend un petit peu l'explication, dès
qu'on parle du domaine de l'État, donc «toute terre», c'est
l'expression, là, qui est ici proposée, c'est là où on détermine quel
territoire pourrait être assujetti à de la foresterie,
quel autre territoire est davantage convoité, par exemple, pour l'exploitation
d'une mine, mais, en dehors de ça, il y a les territoires protégés.
Donc, ça vient... ça permet de se référer au domaine public de l'État.
Donc, dans certains cas, des aires protégées,
oui, mais ce n'est pas tout le domaine de l'État qui est appelé à devenir une
aire protégée, naturellement, parce que, dans certains cas, il y a des droits
de coupe qui sont reconnus, dans d'autres
cas, une exploitation minière ou, dans d'autres cas, par exemple, un barrage
pour Hydro-Québec. Donc, ce sont toutes des activités qui se retrouvent,
bien souvent, sur le territoire, sur une terre publique mais qui ne deviennent
pas pour autant, là, des aires protégées.
M. Benjamin :
Sur l'enjeu des aires protégées d'utilisation durable, comme moi, M. le
ministre, vous avez été témoin des différents groupes qui sont venus en
consultations particulières, dont les gens de l'industrie minière mais dont
aussi beaucoup d'environnementalistes qui croient qu'il n'est pas possible de
parler d'aire protégée d'utilisation durable et de parler de certaines
industries. Sur cet enjeu-là, vous en êtes où?
M. Charette : En fait, nous, le
premier, premier critère, c'est d'être conforme aux modalités de l'UICN. Donc,
pour qu'on puisse utiliser le concept d'aire protégée d'utilisation durable,
oui, il y a des activités qui seront permises, mais pas celles qui ne permettraient
pas la reconnaissance de cette aire protégée là selon les critères de l'UICN.
Et c'est la raison pour laquelle, autant dans le préambule, on jugeait
important de l'inscrire, c'est la raison pour laquelle on en fait un
article
spécifique aussi, l'article 2. Donc, pour qu'une aire protégée
d'utilisation durable soit reconnue, elle devra respecter ces critères-là.
M. Benjamin : Quand on revient
encore à la désignation de «toute terre du domaine de l'État», à ce moment-là,
moi, j'avais l'impression que, dans la loi originale, donc, c'est-à-dire qu'on
parlait de territoire situé sur les terres. Là, j'ai l'impression qu'à ce
moment-là... J'essaie de comprendre. En fait, est-ce qu'on fait... quel est le
bon... quel est le changement qu'on fait, qu'on apporte réellement en parlant
de «toute terre du domaine de l'État» et non pas en parlant de «tout territoire
situé sur les terres»?
Charette : En fait, je vais vous lire l'article tel qu'il serait
modifié, ça peut aider au niveau de la compréhension. Donc, on le lirait
ainsi, dorénavant : «Le gouvernement peut désigner toute terre du domaine
de l'État comme aire protégée d'utilisation durable, réserve de biodiversité,
réserve écologique ou réserve marine.»
Donc, le «toute terre» remplace uniquement le
«tout territoire situé sur des terres», mais c'est une question de cohérence.
Quand on fait généralement référence au domaine foncier de l'État, c'est cette
expression-là qui est retenue. Donc, il n'y a pas de changement au niveau du
fond, c'est réellement au niveau... pour éviter que le domaine de l'État soit
tantôt appelé de telle façon, tantôt d'une autre. C'est une certaine
uniformisation, là, du vocabulaire.
La Présidente (Mme St-Pierre) : M.
le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui. M. le
ministre, je veux juste bien comprendre, parce que, dans le projet de loi qui
existe, on enlève, dans l'article 27, des paragraphes puis on revient avec
juste une phrase. Alors, je veux juste bien comprendre tous les éléments ici,
comme la
section qui parle un petit peu d'une discussion entre les différents ministères,
si c'est le MAPAQ, si c'est les Ressources naturelles, si c'est l'Innovation et
l'Exportation, bref, tous des acronymes et des noms des ministères qui ont
changé.
Je veux juste bien comprendre tout ce qu'on
trouve dans l'ancien projet de loi, il est où maintenant. Est-ce que tout est
gardé ou est-ce qu'on dit : On jette tout ça de toutes les lois? Parce que
c'est juste, comme, il y a beaucoup de contenu qui est maintenant enlevé, et on
arrive maintenant juste avec une phrase. Alors, je veux juste bien comprendre
qu'est-ce qui est arrivé exactement et c'est quoi, la logique des décisions du gouvernement
et votre ministère de faire ça.
M. Charette : Ça va nous faire
plaisir, et je dis «nous» parce qu'il y a toute une équipe, naturellement, qui
m'accompagne. Mais actuellement on est à l'article 27, et l'article 27
initial du projet de loi était aussi composé d'une
seule phrase, et l'amendement fait en sorte que l'article est toujours
composé d'une seule phrase, en changeant, naturellement, la référence,
là, à l'appellation, là, «sur des terres du domaine de l'État», là. Un petit
peu la discussion que j'avais avec notre collègue de Viau.
M. Kelley : Parce que
c'est dans le cahier des députés. Quand j'arrive avec «Titre III.
Protection provisoire de certains
territoires», on commence à enlever tout ça. C'est la page 166 dans le
cahier des députés. Alors, ça, c'est quand même avant le projet de loi
que vous avez déposé. Alors, j'imagine que ça, c'était expliqué, tout ce qui a
été enlevé pour arriver avec le projet de loi initial, avec juste une phrase.
Puis maintenant je sais qu'on fait des
amendements sur le projet de loi qui a été déposé, mais moi, je pose des
questions sur tout qui est en rouge sur la page 166, dans le cahier des
députés, sur le site, le Greffier, qui a été enlevé : «Dans le but de
protéger un territoire en vue de la constitution...» Si je ne suis pas dans la
bonne place... Je dis «moi», mais moi, si je comprends, si je suis la logique
du cahier des députés, on enlève tout ça dans l'ancienne loi pour maintenant
arriver avec une phrase, tout simplement.
M. Charette : En fait, c'est... et
j'en conviens, là, c'est là où il faut... et on prend le temps, là, de bien se
comprendre, c'est dans l'ancienne loi et non pas dans le projet de loi, mais
dans ces... tous ces éléments-là, on va les aborder à l'article 29. Donc,
on y revient, donc ce n'est pas supprimé du tout. Mais l'article 27, il
est très, très simple, autant l'article était simple que la modification l'est
aussi, c'est une question de concordance, en quelque sorte. Mais les éléments
très importants, là, que vous évoquez sont à discuter à l'article 29.
La Présidente
(Mme St-Pierre) : Est-ce qu'il y a d'autres commentaires? Mme la
députée de Mercier.
Mme Ghazal :
Oui, merci, Mme la Présidente. Donc, ici, dans le fond, vous avez décidé
d'ajouter pas juste «d'aire et terre
protégées », mais «d'utilisation durable», «réserve de biodiversité»,
«réserve écologique» ou «réserve marine».
Moi, je veux revenir sur une proposition,
encore, qui a été faite par la SNAP et qui vous a été envoyée... je viens de
l'envoyer sur Greffier pour que le document soit déposé, qui est une solution,
ce que je comprends dans les amendements, qui n'a pas été retenue par le
gouvernement, qui est de créer des réseaux écologiques. Et, en fait, cet
outil-là supplémentaire, c'est quelque chose qui a été défini par l'UICN, où on
explique que c'est un outil de plus.
Et moi, je me rappelle que, dans les discussions
qu'on a eues avec... que ça soit la SNAP ou d'autres groupes, il y avait une
inquiétude par rapport aux APUD de commencer... parce que c'était mal défini,
mais je sais qu'on va y revenir, puis c'est défini différemment, là, et qu'on
permette... que ce soit tellement vague, «d'utilisation durable», qu'on
permette, par exemple, hein, de la foresterie faite de façon durable, et respectueuse,
etc. Mais l'UICN, dans la lettre qui a été envoyée au premier ministre,
disait : Faites attention, n'ouvrez pas la porte à ce qu'il y ait des
activités aussi... faites de façon aussi respectueuse soit-elle. Ce ne sont
pas... ça ne peut pas s'appeler «aire protégée» et être dans la définition
d'aire protégée.
Et là une des propositions qui avaient été
faites par la SNAP, c'est de créer une autre appellation. Et là plus tard,
après les consultations, ils sont revenus avec ce qu'ils appellent des réseaux
écologiques. Et la façon que c'est défini... parce que l'objectif, oui, c'est
d'atteindre nos cibles de conservation selon les normes internationales, mais
le vrai objectif pourquoi on est autour de la table puis pourquoi on parle de
ça, c'est parce que c'est pour la biodiversité. Il y a une perte de
biodiversité catastrophique, qui a des impacts incroyables, qui fait que, si on
continue comme ça, bien, on ne sera pas... c'est-à-dire la nature, et tout ça, il
n'y aura pas de résilience. Et donc c'est ça, l'objectif principal.
Donc, si c'est possible de le faire, même en
dehors des cibles internationales, pourquoi pas, mais il faut le faire de façon
ordonnée et non pas selon des critères auxquels chaque gouvernement pense. Et
c'est pour ça qu'il y a eu cet outil, là, de réseau écologique.
Et la façon que c'est défini par l'UICN, c'est
«un ensemble d'habitats essentiels reliés par des corridors écologiques qui est
établi et restauré au besoin et maintenu pour conserver la diversité biologique
dans des milieux fragmentés», donc, et il y a aussi des corridors écologiques.
Donc, il peut y avoir de l'activité humaine, mais il y a certains critères qui
doivent être respectés.
Et moi, je l'amène ici parce que je me dis que,
surtout, par exemple, avec le titre, on aurait pu ajouter ce concept, cet outil
de plus de réseau écologique, mais je comprends que le gouvernement a décidé de
ne pas le retenir. Et je l'ai déposé sur Greffier pour que les gens, les
membres de la commission puissent aussi y avoir accès et sachent de quoi il s'agit. Donc, j'aimerais savoir
pourquoi le gouvernement a décidé de ne pas retenir cet outil
supplémentaire.
Présidente (Mme St-Pierre) :
Le document auquel vous faites référence est accessible maintenant
sur Greffier.
M. Charette : Si on regarde à l'article 46,
il y aura un amendement sur la définition des APUD qui vient répondre en
partie
à cette préoccupation-là, mais, si on revient à 27 lui-même, c'est réellement
ce qui pourra être comptabilisé comme aire protégée. Et j'aime le concept. Je
ne dis pas qu'on doit l'intégrer dans le projet de loi, mais lorsqu'on vient
ajouter une mesure de protection, c'est bénéfique, mais ce ne sera pas, dans
tous les cas, suffisant pour en faire une aire protégée.
Donc là, le 27, c'est réellement tout ce qui
peut être comptabilisé comme aire protégée, autant le volet marin et autres,
alors que ce que vous dites, qui est très, très pertinent, au demeurant, ce
serait un degré de protection, oui, mais sans que ça soit une aire protégée.
Donc, nous, on veut être bien certains que l'appellation «aire protégée» soit
une appellation contrôlée, en quelque sorte, là, que ce soient les critères
reconnus, mais, oui, il y a d'autres degrés de protection, on en parlait pour
le territoire nordique, notamment. Donc, il peut y
avoir des degrés de protection sans que ça soit une aire protégée pour
autant.
Mme Ghazal : Je comprends que,
là, dans cet article-là, on parle des aires protégées, si on veut, qui vont
rentrer dans la cible, là.
M. Charette :
...comptabilisées.
Mme Ghazal : Qui vont être comptabilisées, mais le projet de loi parle d'autres moyens de conservation, puis vous venez de le
nommer, qui ne seront pas comptabilisés, donc aussi bien en profiter. Mais ce
que je comprends, c'est qu'on aurait cette discussion-là dans 46.
M. Charette : 46, pour une
partie, à tout le moins, mais on ne reprend pas forcément ou on ne détaille pas
ce qu'on pourrait appeler, là, un réseau ou un corridor, là, de protection.
Mme Ghazal : Bien, on pourrait
revenir, à ce moment-là... ou même à l'article 2 parce que ça reste que,
que ce soit 27 ou ailleurs dans le projet de loi, le gouvernement n'a pas
décidé de retenir cet outil supplémentaire, puis on aurait
été les premiers aussi à l'utiliser, et ça aurait montré notre leadership à l'international
sur la question. Peut-être qu'éventuellement j'aurai l'explication pour quelle
raison cette proposition-là n'a pas été retenue.
M. Charette : Ce n'est pas que
ce n'est pas retenu, c'est que ça ne doit pas pour autant faire l'objet d'un
article
ou d'une loi. Déjà, là, prendre un petit peu d'avance, là, ça
peut aider à la compréhension, je vous fais une petite lecture, là, d'une explication, là, qui pourra
nous aider pour la suite des choses. Donc, la loi, comme je le
mentionnais, ne nous empêche pas actuellement de créer ces réseaux écologiques
là. On a toute la latitude pour le faire.
Et explication supplémentaire, ce ne sont pas
des statuts, mais c'est un amalgame de statuts au niveau de ces réseaux-là. Un
réseau écologique, c'est un amalgame de possibilités qui ne sont pas uniformes.
Donc, c'est un ensemble de noyaux de conservation, tantôt des aires protégées,
tantôt des AMCE, tantôt d'autres zones naturelles, là, qui peuvent être
intactes, qui sont reliées par des corridors écologiques. Donc, c'est
difficile. Il n'y a rien qui nous empêche de le faire maintenant, mais ce
serait difficile d'écrire dans la loi ce qu'il est déjà possible de réaliser.
Et d'ailleurs vous mentionnez... Je donne à
l'occasion cet exemple-là, avec Conservation de la nature du Canada,
on a fait une annonce, dans le nord des Laurentides, il y a
quelques mois, et c'était dans le but... c'est une portion de territoire
qui permettait d'en relier deux autres, en quelque sorte. Donc, c'est à travers
ça qu'on vient créer un corridor, mais ce corridor-là n'a pas de statut unique,
là, on venait intégrer deux aires protégées. Donc, c'est un amalgame de
statuts, sur ce corridor-là, mais on peut déjà le faire. La loi nous permet de
le faire.
Mme Ghazal : Donc, dans cet
exemple-là, je m'en rappelle, ce n'est pas une aire protégée. L'argent qui a
été mis puis que le fédéral aussi a débloqué, ça... c'est ça que je me
rappelle, cette annonce-là.
M. Charette : En fait, c'est-à-dire,
cet élément-là qui a permis de faire le pont et de créer un corridor est aussi
protégé. Donc, maintenant, ça fait
partie de l'aire protégée reconnue, mais qui
en reliait deux autres qui étaient déjà établies. Puis on aurait pu le faire
avec un degré de protection différent, sans que ce soit une aire protégée en
tant que telle, à travers les possibilités, là, que j'évoquais, AMCE ou autres
possibilités.
Mme Ghazal : Oui, je comprends. En
fait, c'est que l'idée de l'ajouter dans la loi, c'est de sortir un peu de
l'interprétation. Je comprends qu'on peut le faire quand même, même si ce n'est
pas dans la loi, mais combien, à quel degré,
etc. Mais, de toute façon, on va en parler aussi quand on va être dans les
APUD, parce que l'objectif, c'est que, là, ce soit vraiment strict si on
veut que ça soit comptabilisé.
M. Charette : On l'a en tête, cette
possibilité-là, sans pouvoir vous confirmer, à ce moment-ci, que le mot ou le
concept va être ajouté, mais on pourra y revenir plus loin. Là, on est
réellement dans 27, avec l'énumération des possibilités
qui peuvent constituer des aires protégées, mais j'ai en tête votre
préoccupation, puis on tentera d'y répondre un peu plus tard.
Mme Ghazal : O.K. Merci.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Ça
va, Mme la députée de Mercier?
Mme Ghazal : Oui. Merci.
La Présidente (Mme St-Pierre) : M.
le député de Jacques-Cartier? Ça m'aide lorsque vous me dites que vous
avez terminé votre intervention.
M. Kelley : ...M. le
ministre, c'est juste sur le terme «utilisation durable». Est-ce que l'État
peut désigner, comme, un site minier, pour le lithium, par exemple? Si c'est
comme un produit qui va être utilisé plus longtemps, pour une... utile,
durable, est-ce que ça peut être inclus dans la définition?
M. Charette : Le critère de base,
c'est tout le temps de dire, si on lui donne le
titre d'aire protégée, il faut que ça corresponde aux critères internationaux.
S'il y a une pertinence à un type d'activité, et que tous le
reconnaissent, mais que ça empêche de donner le
titre d'aire protégée, bien, on
va y aller avec une protection autre, mais ce ne sera pas une aire protégée.
Là, l'article 27 nous permet de nous
référer, justement, là, à tout ce qui est réserve de biodiversité, réserve
écologique ou réserve marine. Puis utilisation durable, bien, c'est l'APUD et,
on va le revoir à l'article 46, c'est réellement le concept d'aire protégée,
là, d'utilisation durable, qui va être moins strict que les catégories 1 à 5,
mais qui sera quand même très bien balisé, là, par les concepts internationaux.
M. Kelley : Parfait. Merci.
Présidente (Mme St-Pierre) :
Est-ce qu'il y a d'autres commentaires à l'article 27? Oui, M. le député de Viau.
M. Benjamin :
Merci, Mme la Présidente. Donc, je reviens encore à cet
article 27. «Le gouvernement
peut désigner toute terre», donc, sur le «peut désigner», M. le ministre, donc,
il me semble qu'il y a des questions qu'on doit se poser
sur la méthode de désignation. Est-ce que vous avez des indications à nous
donner là-dessus, sur le «peut désigner»?
M. Charette :
Bien, en fait, le processus, les étapes à franchir, on va les aborder. On
disait déjà que c'était très long avant
d'arriver à un statut de protection permanent. Donc, il y a
différents articles, un petit peu plus loin, qui vont nous permettre d'aborder cette question-là, mais c'est une
mécanique, là, qui est très bien définie et qui sera, je pense, simplifiée.
D'ailleurs, les groupes nous le demandaient, là. Ce sera simplifié à travers
les articles et amendements, là, qu'on pourra étudier un petit peu plus tard.
Présidente (Mme St-Pierre) :
Est-ce qu'il y a d'autres commentaires à l'article 27... en fait, à l'amendement
à l'article 27? S'il n'y a pas d'autre commentaire, nous allons mettre aux voix l'amendement de l'article 27 de l'article 31.
La Secrétaire :
Pour, contre ou abstention. M. Charette (Deux-Montagnes)?
La Secrétaire :
M. Campeau (Bourget)?
La Secrétaire :
M. Caron (Portneuf)?
La Secrétaire :
Mme Grondin (Argenteuil)?
La Secrétaire :
M. Bussière (Gatineau)?
La Secrétaire :
M. Provençal (Beauce-Nord)?
La Secrétaire :
Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice)?
La Secrétaire :
M. Reid (Beauharnois)?
La Secrétaire :
M. Benjamin (Viau)?
M. Benjamin :
Abstention.
La Secrétaire :
M. Kelley (Jacques-Cartier)?
M. Kelley :
Abstention.
La Secrétaire :
Mme Ghazal (Mercier)?
La Secrétaire :
M. Gaudreault (Jonquière)?
M. Gaudreault :
Abstention.
La Secrétaire :
Mme St-Pierre (Acadie)?
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Abstention. Donc, l'amendement à l'article 27 est
adopté. Est-ce qu'il y a des commentaires à l'article 27 tel qu'amendé?
Donc, s'il n'y a pas de commentaire à l'article 27, tel qu'amendé, nous
allons procéder à l'article 28. M. le ministre.
Charette : Je lis sa version originale et ensuite l'amendement, là,
qui en découlerait. Donc :
«28. Des terres
privées peuvent, à la demande de leur propriétaire, être incluses dans le territoire
d'une aire protégée. Les articles 54 à 64 s'appliquent à une telle demande, en
faisant les adaptations nécessaires.»
Le commentaire pour
le 28 : À ce moment-ci, les terres privées et publiques peuvent être
constituées selon une procédure distincte. Une entente devra être conclue avec
le propriétaire du terrain, suivant la même procédure que celle établie pour
les réserves naturelles. Ensuite, ces terres pourront être intégrées à celles
d'une aire protégée désignée en vertu du présent
chapitre pour les fins du
registre des aires protégées.
L'amendement,
maintenant, pour le 28, donc, j'en fais la lecture :
Retirer
l'article 28 de la
Loi sur la conservation du patrimoine naturel proposé
par l'article 32 du projet de loi.
Le commentaire :
Cet
article pouvait donner l'impression que les terres privées reconnues à
titre de réserves naturelles ne pourraient plus bénéficier de l'exemption de
taxe prévue par le paragraphe 19° de l'article 204 de la
Loi sur la
fiscalité municipale. Le retrait de cet
article n'empêche aucunement que des
réserves naturelles et des terres du domaine de l'État désignées à
titre
d'aires protégées puissent former un ensemble de grandes aires protégées.
Cet amendement
implique que soit également amendé l'article 38 de la LCPN proposé par
l'article 32 du projet de loi.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Commentaires sur l'amendement? Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal :
J'ai une question. Le ministre lit les commentaires sur ses propres amendements.
Ils ne sont pas sur le Greffier?
M. Charette : ...des notes, effectivement, là, qu'on s'est
constituées, mais je me fais un devoir, là, de vous les lire.
Mme Ghazal :
Mais est-ce que c'est possible de les avoir sur Greffier, vu qu'on a eu tout le
document des amendements sur Greffier en un seul coup?
M. Charette :
En fait, quand c'est possible, peut-être, mais c'est réellement des petites
notes, là, qu'on se constitue au fur et à
mesure. C'est pour ça que j'ai deux ordinateurs sous les yeux, là, mais je vous
partage l'information que j'ai en temps réel.
Mme Ghazal :
...un petit effort.
M. Charette :
On en fait des gros, là.
Mme Ghazal :
Je suis sûre que c'est faisable, là, on... copie-collé les notes.
Charette : Quand c'est
possible, oui. Bien, c'est-à-dire, c'est parce
qu'il faudrait un temps de transmission à chacune des fois. Moi, je vous
dis, ma page... c'est les bienfaits de la technologie, la page évolue
quand les mots s'ajoutent, au fur et à mesure. C'est pour ça que
moi, malheureusement, quand vous dites, par exemple, c'est à la
page 220 ou 119, je n'ai pas de numérotation, là. C'est un cahier qui est
en évolution.
Présidente (Mme St-Pierre) : ...commentaires à l'amendement à
l'article 28? S'il n'y a pas d'autre commentaire, nous allons
procéder à la mise aux voix. Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire :
M. Charette (Deux-Montagnes)?
La Secrétaire :
M. Campeau (Bourget)?
La Secrétaire :
M. Caron (Portneuf)?
La Secrétaire :
Mme Grondin (Argenteuil)?
La Secrétaire :
M. Bussière (Gatineau)?
La Secrétaire :
M. Provençal (Beauce-Nord)?
La Secrétaire :
Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice)?
La Secrétaire :
M. Reid (Beauharnois)?
La Secrétaire :
M. Benjamin (Viau)?
La Secrétaire :
M. Kelley (Jacques-Cartier)?
La Secrétaire :
Mme Ghazal (Mercier)?
La Secrétaire :
M. Gaudreault (Jonquière)?
Gaudreault : Abstention.
La Secrétaire :
Et Mme St-Pierre (Acadie)?
Présidente (Mme St-Pierre) :
Abstention. Donc, l'amendement à l'article 28 est adopté, mais, étant donné que l'amendement à l'article 28
vient disposer de l'article 28, je pense que c'est l'article 29.
C'est ça, Mme la secrétaire? Alors, M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Charette :
Avec plaisir, et là aussi il y aura amendement. Donc, je vous amène la version
originale dans un premier temps :
«29. La sélection des
territoires, le choix des statuts de protection privilégiés et la détermination
des objectifs de conservation à atteindre sont effectués par le ministre en
collaboration avec les ministères et les organismes gouvernementaux concernés,
dont les ministres responsables des Affaires municipales, de l'Agriculture, de
la Culture, du Développement économique, de la Faune, des Forêts et des
Ressources naturelles.
«Sont également
consultées les municipalités dont le territoire est compris en tout ou en
partie dans celui de l'aire protégée.»
Le commentaire
original. La consultation a mentionné, au premier alinéa... non, pardon, je
recommence. La consultation mentionnée au premier alinéa de cet
article était
déjà prévue au deuxième alinéa de l'article 27 de la loi actuelle, donc la
consultation des municipalités est un ajout. Cet
article ne fait plus mention
du plan de conservation puisque le régime d'activité ne s'y trouve plus .
Donc là, je vous lis maintenant
l'amendement qui est relié à tout ceci. Donc, Loi modifiant la
Loi sur la
conservation du patrimoine naturel et d'autres dispositions :
Insérer, après
l'article 29 de la
Loi sur la conservation du patrimoine naturel proposé
par l'article 32 du projet de loi, les suivants :
«29.1. Le plan de
conservation élaboré pour une aire protégée d'utilisation durable...»
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Excusez-moi, M. le ministre, de vous interrompre. Comme
ce sont des nouveaux articles, à l'article 21, vos amendements, il faut
que je procède sur l'article... c'est l'article 29, pardon. Il faut que je
procède sur l'article 29 avant de poursuivre sur les amendements.
M. Charette :
D'accord. Parfait.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Alors, est-ce qu'il y a des commentaires à
l'article 29? Oui, M. le député de Viau.
M. Benjamin :
Merci, Mme la Présidente. J'aimerais entendre les commentaires explicatifs du
ministre sur l'article 29 qu'il vient de nous lire, s'il vous plaît.
M. Charette :
Celui de l'article original, donc? Bien, en fait, c'est...
La Présidente (Mme St-Pierre) :
...vos amendements ne changent pas l'article original, vos amendements
s'ajoutent à l'article original. Donc, on discute sur le 29.
M. Charette :
Pour en faire un 29.1, parfait. Je vais juste retrouver le bon endroit. Finalement,
j'ai besoin d'un troisième ordinateur. Donc, le commentaire était le suivant...
oui, d'accord, je m'y retrouve. La consultation mentionnée au premier alinéa de
cet
article était déjà prévue au deuxième alinéa de l'article 27 de la loi
actuelle. Donc, la consultation des municipalités est un ajout. Cet
article ne
fait plus mention du plan de conservation puisque le régime d'activité ne s'y
retrouve plus, mais, avec l'amendement en 29.1, c'est là qu'on va pouvoir
faire une précision avec une certaine énumération des possibilités.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Ça
va, M. le député de Viau?
M. Benjamin : Oui. Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Merci. Alors, est-ce qu'il y a d'autres commentaires à l'article 29? Oui, M.
le député de Jonquière.
M. Gaudreault : Oui. Bon, on dit...
dans l'article 29, on parle de collaboration avec les ministères et les organismes
gouvernementaux concernés, dont les ministres responsables des Affaires
municipales, de l'Agriculture, de la
Culture, du Développement économique, de la Faune, des Forêts et des Ressources
naturelles. Est-ce que ce n'est pas un peu limitatif? Parce que, dans
certains cas, par exemple, je pense que le ministre des Transports devrait être
consulté, je pense que le premier ministre, parfois, devrait être consulté.
Puis là on ne parle même pas d'organismes gouvernementaux, par exemple, je ne
sais pas, moi, la SHQ, pour des enjeux d'habitation, etc.
Alors,
pourquoi on cible particulièrement les ministres responsables des Affaires municipales, Agriculture, Culture,
Développement économique, Faune, Forêts, Ressources naturelles et pas les
autres?
Charette : C'est tout le
temps, et j'en conviens, hasardeux de faire une énumération particulière, mais
là où on ne ferme pas la possibilité aux possibilités que vous évoquez, c'est lorsqu'on lit «dont
les». Donc, ce n'est pas exclusif, on
a la possibilité d'y ajouter... lisons le «dont» comme un «notamment»,
là, par exemple. Donc, ce sont les plus fréquents.
Et je peux
vous confirmer que c'est le cas. Vous le savez, on est en train de peaufiner
notre plan... c'est-à-dire, notre réflexion pour la protection, d'ici la
fin de 2020, et ce sont effectivement les ministères les plus souvent interpelés. Les principaux, je vous dirais, là,
c'est MELCC, donc Environnement, Ressources naturelles, Faune et Parcs,
mais tantôt Affaires municipales, tantôt Agriculture, tantôt Culture, mais ce
n'est pas exclusif. Donc, le «dont», il faut
le lire comme un «notamment» et il y a certainement des ministères, là, qui,
systématiquement, sont interpelés pour ce type d'exercice là.
Gaudreault : Bien, c'est sûr, j'espère que le ministre se consulte
lui-même. Dans les organismes gouvernementaux concernés, est-ce
qu'Hydro-Québec en fait partie?
M. Charette : À travers le MERN,
oui. Le MERN reçoit les avis d'Hydro-Québec sur tel ou tel territoire. Donc, ce
n'est pas moi, directement, et pas non plus le ministère, directement, les avis
du MERN... c'est-à-dire, les avis d'Hydro-Québec sont partagés au MERN, qui en
est le ministère titulaire, en quelque sorte. Donc, ils nous sont partagés, ces
avis-là.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Ça
va? M. le député de Viau.
M. Benjamin : Merci, Mme la
Présidente. La semaine dernière, j'avais posé la question sur le rôle que
pourrait éventuellement jouer le ministère de la Culture dans certains
dossiers. Donc là, je vois apparaître le ministère de la Culture comme étant un
des ministères qui peut être consulté. Est-ce qu'on peut nous donner des cas,
des exemples? Sur quels aspects le ministère de la Culture est appelé à être
consulté?
M. Charette : ...très récent et
d'actualité. Dans le cas de l'île d'Anticosti, on veut protéger un territoire
entier où il y a des éléments d'intérêt pour le ministère de la Culture. Donc,
c'est sans doute le cas le plus actuel, là, que je pourrais donner, actuellement.
M. Benjamin : O.K. Parfait.
Excellent. C'est ce que je voulais savoir.
La Présidente (Mme St-Pierre) : M.
le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui, c'est juste
une question, M. le ministre, un petit peu en lien avec les questions du député
de Jonquière. On dit qu'on va consulter les municipalités. Pourquoi le
Secrétariat des affaires autochtones n'est pas inclus dans cette liste des
différents ministères qui devraient être consultés?
M. Charette :
C'est une énumération qui n'est pas exhaustive, qui n'est pas complète. Avec le
non... le «dont», c'est-à-dire, on peut
l'interpréter comme un «notamment». Et je vous confirme que, dans le cas des
négociations, discussions
actuelles, je suis en lien avec le secrétariat, le nouveau ministre responsable
aussi fait
partie des échanges. Donc, ce n'est pas exclusif, là, c'est
les plus communs.
M. Kelley :
Puis juste une autre question. Je reviens maintenant à l'ancien projet de loi,
où on parle que les consultations, et ça, c'est en lien avec l'article 27
que vous avez... je trouve tout, maintenant, dans l'article 29,
c'est : «Les consultations mentionnées précédemment n'ont pas pour effet
d'affecter d'autres consultations prévues par [la] loi, telle [qu'une]
consultation du Comité conjoint de chasse, de pêche et de piégeage prévue à
l'article 75 de la
Loi sur les droits de chasse et de pêche dans les
territoires de la Baie James...»
Je veux juste, tout
simplement, poser la question, on retrouve cette consultation... Est-ce que ça
n'existe plus maintenant? C'est juste une question de voir... on retrouve ça maintenant
dans le projet de loi.
M. Charette :
Pour ces territoires-là, c'est le processus du Nord qui est en cause et non pas
le processus qui est présentement à l'étude, là. On sait que, pour tout ce qui
est au nord du 49e parallèle, c'est un processus différent. C'est la seule
explication.
M. Kelley :
O.K. Et encore, je reviens maintenant, parce qu'à 29 on avait beaucoup, beaucoup
des paragraphes, encore, et c'est juste de bien comprendre que l'ancien projet de loi n° 29, tout ça a été enlevé. Puis est-ce
qu'on trouve certains de ces éléments plus tard dans le projet de loi ou est-ce
que c'est enlevé parce que ce n'est plus nécessaire puis le changement a été
fait? Alors, j'essaie encore juste de bien comprendre, tout ce qu'on enlève, ça
va aller où exactement après.
M. Charette :
Je ne vois pas d'élément enlevé à l'article 29.
M. Kelley :
Alors, quand on regarde, «un avis de mise en réserve effectué», etc.
M. Charette :
Le volet consultation est abordé dans les articles, effectivement, plus loin.
Cependant, dans les prochains instants, avec l'accord de tous, naturellement,
il y aurait un amendement à 29, un ajout d'un 29.1 qui aborde certains
éléments, mais le volet consultation est repris, effectivement, plus tard.
Kelley : O.K. Merci.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : M. le député de Viau.
M. Benjamin :
Merci, Mme la Présidente. Je ne sais pas s'il y a un lien à faire, M. le
ministre, donc à vous de me le préciser. Toujours dans le segment où mon
collègue de Jacques-Cartier intervenait, donc, il est fait mention que les
municipalités étaient consultées dans le cas de paysages humanisés. Or,
maintenant, donc, ce qu'on a devant nous comme
article 29, que nous
regardons, «sont également consultées les municipalités dont le territoire est
compris en tout ou en
partie dans celui de l'aire protégée». Est-ce que ça
voudrait dire, à ce moment-là, que les municipalités seraient, contrairement à
auparavant... qu'elles étaient consultées sur les paysages humanisés, qu'elles
seraient consultées sur toute aire protégée, peu importe le statut de l'aire
protégée? C'est ce que je dois comprendre?
Charette : Dans les différents amendements qui ont été proposés, il y
a... sans que ça touche le fond, il y a cette volonté que la loi se
lise plus aisément. Donc, il y a une
section V, au niveau des paysages
humanisés, où ce sera spécifiquement abordé. Donc, il y a beaucoup d'amendements
qui n'ont pas d'impact sur le fond, n'ont pas de portée autre que de dire : C'est une loi qui, dorénavant, va se
lire plus facilement, avec des sections qui sont davantage regroupées,
et c'est le cas, là, pour les paysages humanisés.
M. Benjamin :
Je comprends effectivement qu'il y a cette volonté, donc, effectivement, de
rendre cette loi-là plus simple, plus accessible pour les gens, et ça, ce n'est
pas une mauvaise chose, mais est-ce que je comprends... En fait, ma question,
est-ce que je comprends que... dans le cas des aires protégées, donc, est-ce
que les municipalités étaient toujours consultées auparavant ou maintenant les
municipalités seraient dorénavant consultées?
M. Charette :
Les municipalités ont tout le temps été consultées, elles vont tout le temps
être consultées aussi, là. Ce serait difficile de penser à protéger un
territoire sans consulter la municipalité où se retrouve ce territoire-là, là.
Donc, ça, je vous le confirme.
M. Benjamin :
Merci, Mme la Présidente.
Présidente (Mme St-Pierre) : Autres commentaires sur
l'article 29? Donc, s'il n'y a pas d'autre commentaire, nous allons
procéder à votre amendement, M. le ministre, 29.1.
M. Charette :
Parfait. C'est gentil. Merci, Mme la Présidente. Donc, ça se lirait comme
suit : Insérer, après l'article 29 de la
Loi sur la conservation du
patrimoine naturel proposé par l'article 32 du projet de loi, les
suivants :
«29.1. Le
plan de conservation élaboré pour une aire protégée d'utilisation durable, une
réserve de biodiversité, une réserve écologique ou une réserve marine
prévoit notamment les éléments suivants :
«1° le portrait écologique
du territoire concerné ainsi qu'une description de son occupation et de ses
usages;
«2° les objectifs de conservation et de
mise en valeur du territoire; et
«3° une carte géographique de l'aire
protégée.
«29.2. Le ministre veille à l'application
du plan de conservation et à sa mise à jour.
Donc, c'est
un amendement qui permet essentiellement de clarifier le contenu des plans de
conservation. Il y a plusieurs organismes qui ont demandé de faire ces
clarifications-là dans la loi.
Le troisième alinéa de l'article 30,
proposé par l'article 32 du projet de loi, prévoyait une telle description
du contenu du plan de conservation, mais de façon plus succincte. Donc,
l'article 9.2 précise simplement que le ministre veille à l'application
des plans et qu'il les tient à jour.
Présidente (Mme St-Pierre) : Nous allons commencer par analyser 29.1.
Est-ce qu'il y a des commentaires à l'amendement à 29.1? M. le député de
Viau.
Benjamin : Merci, Mme la Présidente. En fait, tantôt, donc, dans l'article précédent que nous
avons étudié, donc, quand je parlais de «le pouvoir de désigner»,
donc là, on a ici, devant nous, le plan de conservation. Donc, c'est ce qui
doit être élaboré en amont d'une désignation. C'est ce que je comprends?
M. Charette : En fait, ça fait
partie du processus de désignation, mais c'est avant que cette aire protégée là
soit officialisée.
Benjamin : Quand on dit,
dans le deuxième paragraphe : «Les objectifs de conservation et
de mise en valeur du
territoire», pouvez-vous élaborer un peu plus, pour nous, qu'est-ce que vous
entendez par ça, M. le ministre?
M. Charette : Pour ce qui est de
l'aire protégée d'utilisation durable, il va y avoir une mise en valeur, là, de
certains éléments, mais honnêtement je ne suis pas certain de bien saisir la
question du collègue.
M. Benjamin : J'aimerais comprendre,
en fait, qu'est-ce que le législateur veut nous dire quand on nous dit :
«les éléments suivants : les objectifs de conservation et de mise en
valeur du territoire». Qu'est-ce que vous voulez dire par là, précisément?
M. Charette : Ah! Parfait. Donc,
c'est le point 2, vous faites référence...
M. Benjamin : Oui, point 2.
Voilà.
M. Charette : D'accord. C'est là où
je n'avais pas la bonne information pour comprendre. C'est ce qui est attendu,
en quelque sorte, en matière de conservation et de mise en valeur. Si, sur un
territoire donné, vous avez un élément qui est réellement digne de mention et
qui doit être préservé, dans le plan, on va y faire mention et on va dire que
telle caractéristique doit être, justement, mise en valeur. Donc, on va
tourner... on va accorder une attention toute particulière à ces éléments-là.
Donc, ça peut être mentionné directement, là, dans le plan de conservation.
Benjamin : Donc, par exemple, dans les objectifs de conservation, on
pourrait avoir... Dans ce portrait-là, sur le plan de conservation que
vous aurez à déposer, par exemple, s'il y avait des espèces à protéger, on
pourrait retrouver ça dans les objectifs de conservation. C'est bien ça?
Charette : Tout à l'heure, on parlait de l'île d'Anticosti, c'est un
élément... ou c'est-à-dire c'est un territoire où on trouve des éléments
qu'on souhaitera mettre en vigueur. Sinon, d'autres types d'exemples, si on y
va de façon spécifique, et je me réfère à des éléments, là, qu'on entend
traditionnellement dans les médias, lorsqu'il est question de caribou
forestier, par exemple. Donc, si une aire protégée... qui parle d'une mise en
valeur ou d'une protection du caribou, bien, ça sera mentionné. Ça, c'est davantage
au niveau de la biodiversité. Si on parle du territoire lui-même, si on parle, par
exemple, d'une approche participative ou une approche de concertation, ça fait
partie aussi de ces critères-là qui peuvent être mentionnés, là, dans le plan,
là, en vertu du picot n° 2.
M. Benjamin : O.K. Donc, ça
nécessite... En fait, je reviens encore à l'idée de... Ce travail-là, on le fait
pour cette protection du patrimoine
naturel, on le fait pour l'ensemble des Québécoises et des Québécois. Donc, l'accessibilité de l'information,
donc, alors, ça nécessiterait nécessairement, j'imagine, dans les objectifs de
conservation, que, préalablement, il y ait un inventaire qui soit réalisé de
tout ce qu'on doit protéger, donc, en termes d'objectifs de conservation.
M. Charette : Avant qu'il y ait
une aire protégée d'officialisée, il y a tout le temps un travail, en amont, de
caractérisation pour déterminer la valeur de cette aire protégée là. Et c'est
dans le plan qu'on va insister sur des éléments, par exemple, de préservation
ou de mise en valeur. Donc, oui, avant d'officialiser un territoire, il y a un
travail qui peut s'échelonner sur de longs mois, sinon, dans bien des cas, de
longues années. Parce que, oui, il y a la caractérisation, il y a tout l'aspect
consultation, négociation avec le milieu aussi, donc ça prend un temps certain
pour arriver à cet ultime degré de protection.
M. Benjamin : Quand
on dit «mise en valeur du territoire», qu'est-ce que vous voulez dire par
«mise en valeur du territoire»?
M. Charette :
J'essaie de vous trouver des exemples sans tout le temps référer au même,
mais... quoiqu'il est très bon, île
d'Anticosti, toujours, la mise en valeur, ça peut être un travail de pédagogie,
en quelque sorte. On a beau avoir les plus belles ressources, si on ne
sait pas qu'elles y sont, c'est difficile de pouvoir s'y référer, c'est
difficile de pouvoir en bénéficier comme tel. Donc, disons, simplement, «mise
en valeur» peut vouloir dire une certaine pédagogie auprès des milieux
concernés, auprès de la population, auprès d'un public qui est plus large que
les seuls habitants ou résidents, là, d'un secteur x.
M. Benjamin :
O.K. C'est ce que ça peut vouloir dire. Est-ce que ça peut vouloir dire autre
chose aussi, la mise en valeur du territoire?
M. Charette :
La mise en valeur... bien, c'est-à-dire, mise en valeur, c'est aussi,
naturellement... Bien, en fait, je pense,
c'est la façon la plus... une certaine vocation. Je parle de pédagogie. On
pourrait résumer ça à une vocation éducative, dans certains cas, et là
ça va dépendre de la nature de la catégorie. Naturellement, ça peut être aussi au
niveau, j'essaie d'élargir un peu, récréotouristique.
Et, encore une fois,
je nous ramène à l'île d'Anticosti parce que c'est un exemple qui est bien
représentatif de tous ces sujets-là. Il y a une population sur cette île-là,
donc ce n'est pas un territoire qui est complètement vierge, et cette population-là,
elle est concernée au plus haut niveau par le potentiel de leur île, et ils
veulent le faire connaître. Donc, oui, il y a des projets récréotouristiques.
On va parler davantage d'écotourisme, on s'entend, il n'y a pas de grande
chaîne hôtelière ou de grands hôtels qui vont se développer sur l'île
d'Anticosti, mais une mise en valeur, ça peut
être à travers des activités récréotouristiques. Le maire, très, très
visionnaire pour son île, parle beaucoup, depuis quelque temps, d'un Compostelle québécois,
en quelque sorte, c'est-à-dire un sentier long de plusieurs dizaines de kilomètres
qui permettrait de parcourir l'île, avec toutes ses caractéristiques. Donc, c'est une forme de mise en valeur.
M. Benjamin :
Donc, ça peut vouloir dire pédagogique, oui, et récréotouristique, donc économique
aussi.
M. Charette :
Bien, dans les deux cas, il peut y avoir des retombées économiques, mais sans
rien enlever aux critères de protection qui ont été déterminés pour le territoire
visé.
Benjamin : Si on va au
premier paragraphe, donc là on parle du «portrait écologique du territoire concerné ainsi qu'une
description de son occupation et de ses usages». Quand on parle de ses usages,
on parle de ses usages au moment de déposer le plan ou, du moins, de ses
usages... J'aimerais peut-être vous entendre là-dessus, sur les usages.
M. Charette :
En fait, je vais vous donner deux interprétations, là, et on pourra compléter
par la suite. C'est ce qui se passe déjà sur
le territoire, actuellement, et une autre interprétation qu'on pourrait
y donner, et là je m'éloigne un petit peu, là, il faut s'en tenir à ce
que je viens de vous mentionner, un milieu humide peut avoir un certain usage dans l'environnement. Est-ce qu'il vient alimenter
tel ou tel... comment vous dire, lorsqu'on parle d'un bassin versant,
par exemple, il y a un usage à travers ses différents réseaux, et autres. Mais
là j'insisterais davantage pour dire, là, que c'est selon ce qui est fait au
moment où le plan est établi.
M. Benjamin :
...on parle d'un portrait. Donc, moi, j'aurais tendance à croire que c'est vraiment
au moment où on dépose le plan, donc c'est... et non pas de ses usages
anticipés. Est-ce que c'est bien ça?
M. Charette :
Effectivement.
M. Benjamin :
D'accord. Parfait. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Est-ce qu'il y a d'autres commentaires à l'amendement 29.1? M. le député
de Jonquière.
M. Gaudreault :
Oui. J'aimerais ça savoir la différence entre «occupation» et «usage».
M. Charette :
On est au picot 1.
M. Gaudreault :
Picot 1.
M. Charette :
D'accord, le même qu'on vient de discuter, l'occupation et de ses usages. Mon
dernier souhait est de vous induire en erreur. Je veux juste le valider.
M. Charette : «Usage», je pense
qu'on l'avait bien décrit. Pour ce qui est d'«occupation», c'est si, par exemple, il y a un bail sur le territoire visé,
donc on référait à ce type de... En fait, ce serait davantage ce type de
référence là. Et
l'«usage», c'est ce qu'on en fait, en quelque sort, du territoire, s'il y a une
pourvoirie ou si... mais l'«occupation», c'est plus en référence à un
bail.
M. Gaudreault : Donc,
l'«occupation» est plus en lien avec les statuts légaux, je dirais, qui
concernent un territoire. Bon, vous parlez d'un bail, il peut y avoir d'autres
types d'occupation légale?
M. Charette :
...relations contractuelles, que ce soient les baux de villégiature, que ce
soit... le MERN a quelques types de
baux aussi dans son champ d'activité, là. Donc, une relation, effectivement,
contractuelle au niveau de l'occupation.
M. Gaudreault : Les droits
miniers, par exemple?
M. Charette : J'ai un doute que
ce soit le cas, et là on parle du plan de conservation. Donc, je ne pense pas
que ça s'appliquerait aux droits miniers, mais encore là je ne veux pas vous
induire en erreur.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Est-ce que voulez prendre une pause ou si vous voulez inviter, peut-être, Mme
la juriste?
M. Charette :
Enfin, c'est... j'aurais la réponse. C'est bien... certains nous disent, il y a
une expression en anglais que je tenterai d'éviter, mais de revenir à la
base. On parle d'une aire protégée, donc il n'y a pas d'usage minier, là, dans
le cas présent.
Gaudreault : O.K. Bien, moi,
je faisais plus référence, en parlant de droits miniers, au sens de
l'occupation, parce que le ministre me dit : L'occupation, c'est, par
exemple, les baux, l'usage, bien, c'est plus concrètement ce qui se fait sur le
territoire. Ça fait que, là, je me disais : Des droits miniers, c'est
quand même accordé par un permis, par une décision gouvernementale. C'est un
peu comme un bail, d'un point de vue légal, sans que ça soit un bail, là.
Alors, c'était plus dans ce sens-là, là.
M. Charette : Ça ne serait pas
inclus dans le secteur de l'aire protégée et encore moins dans le plan de
conservation. Donc là, on est réellement au niveau du plan de conservation,
donc on n'en ferait pas de cas, là, à ce moment-ci.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Est-ce qu'il y a d'autres commentaires à l'amendement 29.1? M. le député
de Viau.
M. Benjamin : Merci. Merci, Mme la
Présidente. Donc, dans la foulée de la question du collègue de Jonquière, je
pense que c'est probablement la semaine passée, la semaine dernière qu'on
échangeait, qu'on discutait avec le ministre sur les enjeux des claims miniers,
donc, à savoir... où vous nous aviez dit, donc : S'il y avait un claim
minier dans une aire protégée, donc, il faudrait racheter le claim, à ce moment-là.
M. Charette : ...acheter, bien, dans
certains cas, bien, il y a différents cas de figure, mais souvent ce sont les
entreprises elles-mêmes qui cèdent leurs droits. Il y a plusieurs cas où, au
fil des années, un titulaire de claim a tout simplement cédé ses droits.
M. Benjamin : Et, dans le scénario
où un claim ne cède pas ses droits, à ce moment-là, il n'y a pas d'aire
protégée. C'est ce qu'on doit comprendre?
M. Charette : Il n'y a pas de claim
en vigueur sur une aire protégée, effectivement.
La Présidente (Mme St-Pierre) : M.
le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui, une question
concernant un portrait écologique. C'est fait, j'imagine, par le ministère,
mais c'est mis à jour combien... chaque quatre ans? C'est vraiment juste de
comprendre c'est quoi, exactement, un portrait écologique. Et je pense que,
spécifiquement, un petit peu, si c'est des troupeaux de caribous ou, quand
même, des orignaux, on sait que des données peuvent changer rapidement. Alors,
c'est juste de bien comprendre c'est quoi, exactement, un portrait écologique,
et ils sont mis à jour combien de fois en cinq ans.
M. Charette : Il n'y a pas de
réponse unique, en ce sens que c'est variable d'un endroit à l'autre, en
fonction de ce que va déterminer le plan de conservation, effectivement. Si on
veut, par exemple, au picot 2, au paragraphe 2°, obtenir des
résultats précis en termes de mise en valeur du territoire, c'est là où la mise
à jour va se faire. Donc, je ne pourrais pas vous dire : C'est à chaque
quatre ans, c'est à chaque année, c'est à chaque deux ans. C'est selon ce qui
est visé comme objectif.
M. Kelley : Alors, chaque
portrait n'est pas pareil, ça peut être différent à cause de la région. C'est
bien ça?
M. Charette :
Dans certains cas...
M. Kelley : Il y a des
critères et des éléments dedans?
M. Charette : On parlait du caribou,
par exemple. C'est certain que, si on veut voir dans quelle mesure une espèce
progresse, ça ne se fait pas aux deux semaines, là. Donc. il y a du comptage du
cheptel qui se fait, là, sur quelques années. Dans certains cas, ça peut être
plus serré comme échéancier. Donc, c'est réellement en fonction de ce qui est
recherché, là, dans le plan de conservation.
Et ces plans de conservation là peuvent être mis
à jour à tout moment. Donc, non seulement ce n'est pas au minimum de, ça peut
être à tout moment. Il n'y a pas de maximum non plus, là, donc c'est selon la
caractéristique, là, de chaque plan et de chaque aire protégée.
M. Kelley : Alors, selon
vous, comme, quand un territoire est choisi, toutes les données sur le portrait
sont les plus à date que possible dans ce moment-là?
M. Charette : On essaie d'avoir le
meilleur portrait en sachant fort bien... Je reprends l'exemple du cheptel du
caribou forestier. On sait bien que, si une aire protégée qui est implantée le
jour x... l'effet ne se fera pas ressentir le lendemain. Donc, dans certains cas,
il faut composer avec des délais plus étendus.
La Présidente (Mme St-Pierre) : M.
le député de Viau.
M. Benjamin : Merci. Merci, Mme la
Présidente. Petite précision, M. le ministre. Donc, sur l'enjeu, sur la
dernière question que je vous posais tantôt, au sujet de... Avant même
l'élaboration de votre plan de conservation et de le déposer, est-ce que, par
exemple, donc, quand il y a un claim
minier, donc, dans lequel il n'y a pas d'investissement, on présume qu'il y a, en amont, une consultation
que vous menez, à ce moment-là, auprès des ces acteurs-là ou il n'y a
pas de consultation du tout?
M. Charette : En fait, pour qu'il y
ait aire protégée, il faut... il n'y a plus de claim en vigueur, mais pour
élaborer des possibilités d'aires protégées, on discute avec une panoplie
d'interlocuteurs. Si on pense qu'un droit s'applique,
il peut y avoir discussion. Un droit peut être reconnu sans qu'il y ait une
volonté de la part de son détenteur de l'exercer.
Donc, il peut y avoir des discussions, là, pour voir quelles sont les
intentions, s'il y a possibilité de s'en départir, s'il y a
possibilité d'y renoncer. Donc, il y a plusieurs possibilités, mais... et c'est
là où on se dit : C'est réellement des démarches sur le long terme, parce
que ça implique beaucoup, beaucoup d'acteurs potentiels.
Benjamin : Et dans le cas
que vous évoquez, donc, c'est-à-dire un droit qui pourrait être... qui serait
reconnu, donc un droit qui serait reconnu sans pour autant, c'est-à-dire, qu'il
y ait d'activité. Donc, à ce moment-là, donc, comment
ce droit-là est préservé? Comment ce droit-là est préservé dans
l'opérationnalisation d'un plan de conservation?
M. Charette : En fait, on est à deux
niveaux différents. Sur le territoire du Québec, il y a plusieurs claims qui sont en
vigueur sans qu'ils ne soient exploités. Donc, c'est une mise en réserve, en
quelque sorte, pour un éventuel potentiel à développer, mais dans bien,
bien des cas, on a réglé la question lors de la précédente législature par l'entremise du gouvernement libéral sur la
fracturation, par exemple. On sait qu'il n'y a pas de fracturation au
Québec. Donc, celles et ceux qui pensaient développer une portion du territoire
à travers cette technologie-là, bien, ils savent que ce n'est pas possible.
Donc, dans bien des cas, des claims peuvent être cédés. Il peut y avoir
renonciation aussi. C'est là où le territoire devient d'autant plus disponible
pour un usage autre, mais il n'y a pas de claim avec potentiel de développement
sur une aire protégée. Il faut que cette question-là soit réglée avant
d'arriver à un degré de protection, là, comme celui d'une aire protégée.
Présidente (Mme St-Pierre) : Est-ce qu'il y a d'autres commentaires à
l'amendement 29.1? S'il n'y a pas d'autre commentaire, nous allons
faire la mise aux voix. Mme la secrétaire.
La Présidente (Mme St-Pierre) : On
était... on n'a pas traité 29.1... c'est-à-dire on n'a pas traité 29.2. Bien,
moi, ma compréhension, c'est que j'ai deux amendements ici, j'ai
l'amendement 29.1 puis j'ai l'amendement 29.2. C'est ça? Donc, il
faut qu'on traite l'amendement 29.1.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Vous
êtes dans le même. O.K. Parfait. Moi, j'ai posé la question tantôt, on m'a dit que c'étaient deux amendements, alors...
Mais donc est-ce qu'il y a des commentaires, d'autres commentaires sur
29.1 et 29.2? S'il n'y a pas d'autre commentaire, on va faire la mise aux voix.
Mme la secrétaire.
Secrétaire : Oui. M. Charette (Deux-Montagnes)?
La Secrétaire :
M. Campeau (Bourget)?
La Secrétaire :
M. Caron (Portneuf)?
La Secrétaire :
Mme Grondin (Argenteuil)?
La Secrétaire :
M. Bussière (Gatineau)?
La Secrétaire :
M. Provençal (Beauce-Nord)?
La Secrétaire :
Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice)?
La Secrétaire :
M. Reid (Beauharnois)?
La Secrétaire :
M. Benjamin (Viau)?
M. Benjamin :
Abstention.
La Secrétaire :
M. Kelley (Jacques-Cartier)?
M. Kelley :
Abstention.
La Secrétaire :
M. Gaudreault (Jonquière)?
Gaudreault : Abstention.
La Secrétaire :
Et Mme St-Pierre (Acadie)?
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Abstention. Donc, l'amendement est adopté. M. le ministre,
s'il vous plaît, l'article 30.
M. Charette :
Avec plaisir, merci. Donc, 30, et ça, c'est l'article original. Donc :
«30. Le ministre tient une période d'information publique préalablement à toute
désignation d'un territoire en vertu de l'article 27.
«Cette période est
d'une durée minimale de 30 jours. Le ministre annonce sa tenue par la
publication d'un avis sur le site Internet de son ministère et par tout autre
moyen permettant d'en informer la population locale.
«L'avis indique
notamment l'endroit où le projet de plan de conservation de l'aire protégée
concernée peut être consulté. Le plan de
conservation contient notamment les objectifs de conservation applicables à
l'aire protégée.»
Le commentaire :
L'article 30 proposé prévoit une période d'information publique minimale
de 30 jours avant la désignation d'un territoire à
titre d'aire protégée.
Pendant cette période, la population pourra notamment consulter le plan du
territoire envisagé et le plan de conservation qui lui est associé.
Et je pourrais maintenant
vous proposer l'amendement en lien avec cet article-là.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Allez-y.
M. Charette :
Parfait. Donc, ça se lirait comme suit :
Supprimer, dans le
troisième alinéa de l'article 30 de la
Loi sur la conservation du
patrimoine naturel proposé par l'article 32 du projet de loi, «Le plan de
conservation contient notamment les objectifs de conservation applicables à
l'aire protégée.»
C'est une concordance étant donné qu'on a essentiellement
précisé cet élément-là déjà dans le 29.1 qui vient d'être adopté.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Commentaires
au sujet de l'amendement? Oui, M. le député de Viau.
M. Benjamin : Merci. Merci, Mme la
Présidente. Donc, dans un premier temps, sur l'amendement, est-ce qu'on
comprend, à ce moment-là, que, lorsque vous choisissez d'enlever les objectifs
de conservation applicables à l'aire protégée... Donc, pourquoi? L'amendement,
c'est que vous enlevez : «Le plan de conservation contient notamment les
objectifs de conservation applicables à l'aire protégée.»
M. Charette : En fait, c'est ce que
je mentionnais, en 29.1, on a précisé qu'est-ce qui était attendu à travers le
plan de conservation. Donc, c'est juste que ça a été abordé à l'élément
précédent.
M. Benjamin : Donc, j'imagine, à ce
moment-là, que, dans l'avis... donc, l'ensemble des éléments que nous avons
invoqués, donc, au 29.1 apparaîtront, à ce moment-là, dans l'avis public. C'est
M. Charette : Oui, en fait, ce
que... je vais juste retrouver la petite explication que je vous donnais. Donc,
oui, effectivement, la consultation peut... en fait, sera autant sur le territoire
lui-même que sur le plan de conservation qui est attendu.
Benjamin : Mais, en fait, ce
que... ma question, M. le
ministre, en fait, on présume... En
fait, je reprends que, dans l'avis
qui va indiquer... donc, on est dans le dernier paragraphe, le plan de
conservation de l'aire protégée peut être consulté. Donc, à ce moment-là, l'ensemble des éléments du 29.1 feront
partie de l'avis
public, c'est ça? Oui? D'accord.
L'autre question que j'ai, la notion de mise en
réserve est maintenant exclue?
Charette : ...des articles
qui ont été suspendus la semaine dernière. Donc, tout ce volet-là n'est pas
évacué, mais c'est un des éléments
sur... En fait, c'est un élément sur lequel on va revenir lorsqu'on reviendra
aux articles suspendus.
M. Benjamin : Ici, on parle d'une
période d'une durée minimale de 30 jours. Donc, de manière générale,
est-ce qu'on parle de minimal et jamais de maximal? Est-ce qu'il y a des
périodes maximales?
M. Charette : En fait, c'est un
minimum, oui, mais, dans certains cas, compte tenu de ce qui est attendu, on...
parce que, dans certains cas, j'essaie de vous donner des exemples plus précis,
si le territoire est très vaste, s'il implique de consulter plusieurs
communautés, s'il nécessite des approches un petit peu différenciées, c'est là
où on peut se donner plus de temps. Donc, il y a un minimum, mais on prend le
temps de bien faire les choses. Et, oui, ça peut aller au-delà et, dans
certains cas, bien au-delà du 30 jours.
M. Benjamin : Petite question, donc
simple question. Donc, généralement, lorsque le législateur donne des délais
pour une consultation, on parle de 30 jours. On parle toujours de
30 jours francs, de 30... des jours ouvrables. De quel type de jour dont
on parle, à ce moment-là?
M. Charette : Dans le cas présent,
c'est 30 jours calendrier.
M. Benjamin : 30 jours
calendrier.
M. Charette : Donc, un mois
minimalement, là, y compris... Bien, en fait, un mois.
M. Benjamin : D'accord. Le ministre,
au deuxième paragraphe, «annonce sa tenue par la publication d'un avis sur le
site Internet de son ministère — bon, alors, sur le site Internet, M. le
ministre, vous comprenez tout de suite, vous me voyez venir, donc enjeu d'accès
à Internet pour, probablement, certains territoires — et par tout autre
moyen permettant d'en informer la population locale.» J'aimerais vous entendre
sur le «tout autre moyen».
M. Charette : On revient au principe
déjà discuté. Chaque territoire ou communauté peuvent avoir des réalités
propres. Dans certains cas, c'est la radio locale; dans certains cas, c'est le
journal local; dans certains cas, c'est carrément... J'ai vu, dans de très
petites communautés, c'est carrément affiché sur le babillard du magasin
général ou du point de rassemblement de cette communauté. Donc, ça peut prendre
et ça doit prendre différentes formes pour être bien certain que la population
concernée soit informée, là, de ce scénario-là.
M. Benjamin : Vous comprendrez, M.
le ministre, et je suis presque sûr que nous partageons les mêmes
préoccupations, parce que nous l'avons entendu lors des consultations
particulières, donc, que certains groupes se sont plaints, justement, de
l'accès, justement, à l'information. L'enjeu sur lequel j'aimerais peut-être
vous entendre, M. le
ministre, dans certaines communautés, il pourrait y avoir un besoin, par
exemple, que certains textes soient traduits en anglais ou d'autres
langues. Quelle est la posture de votre ministère sur cet enjeu-là?
Charette : Il y a certaines communautés, notamment autochtones, avec
lesquelles les communications sont en anglais. Donc, lorsque requis,
effectivement, l'information est disponible également en anglais.
M. Benjamin : Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Il
n'y a pas d'autre commentaire? Est-ce qu'on a le temps de passer au vote? Alors
donc, s'il n'y a pas d'autre commentaire, nous allons mettre aux voix
l'amendement 30... à l'article 30.
La Secrétaire :
M. Charette (Deux-Montagnes)?
La Secrétaire :
M. Campeau (Bourget)?
La Secrétaire : M. Caron
(Portneuf)?
La Secrétaire :
Mme Grondin (Argenteuil)?
La Secrétaire :
M. Bussière (Gatineau)?
La Secrétaire :
M. Provençal (Beauce-Nord)?
La Secrétaire :
Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice)?
La Secrétaire : M. Reid
(Beauharnois)?
La Secrétaire :
M. Benjamin (Viau)?
La Secrétaire :
M. Gaudreault (Jonquière)?
La Secrétaire : Et
Mme St-Pierre (Acadie)?
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Abstention. Donc, l'amendement est adopté.
Et, compte tenu de l'heure, nous allons
suspendre. La commission suspend ses travaux. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 12 heures)
La Présidente (Mme St-Pierre) :
À l'ordre, s'il vous plaît! Nous allons reprendre les travaux. Donc, la Commission
des transports et de l'environnement reprend ses travaux. Je demande à toutes
les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs
appareils électroniques.
Nous
poursuivons l'étude détaillée du projet de loi n° 46, Loi modifiant la Loi
sur la conservation du patrimoine naturel et d'autres dispositions. Lors de la
suspension de nos travaux, nous étions rendus à l'étude de l'article 30
tel qu'amendé. Donc, est-ce qu'il y a des commentaires sur l'article 30
tel qu'amendé? S'il n'y a pas de commentaire... Voulez-vous encore quelques
instants ou...
La Présidente
(Mme St-Pierre) : Ça va? Donc, s'il n'y a pas de commentaire sur l'article 30
tel qu'amendé, nous allons procéder aux voix. Mme la secrétaire... Bon, qu'est-ce
que j'ai fait encore?
La Secrétaire :
On va à l'article 31...
La Présidente
(Mme St-Pierre) :
L'article 30 est adopté? C'était l'amendement
qu'on adoptait, mais l'article 30 n'est pas...
On va suspendre, s'il
vous plaît.
(Suspension de la séance à
15 h 34)
La Présidente
(Mme St-Pierre) : Finalement, on est à l'article 30, et il
n'y a plus de commentaire. Et on va passer à l'article 31 parce qu'on n'a
pas besoin de faire un vote dans...
La Présidente
(Mme St-Pierre) : Pardon?
M. Gaudreault :
On était sur l'amendement.
La Présidente
(Mme St-Pierre) : L'amendement, non. On a... L'amendement a été
adopté, à l'article 30, juste avant la pause pour aller au repas.
M. Gaudreault :
Ah! O.K., oui, c'est vrai. Bien, O.K., je m'excuse.
La Présidente
(Mme St-Pierre) : Et là on est rendus à l'article 30 tel
qu'amendé.
M. Gaudreault :
Alors, j'ai une question sur le 30 amendé. Je vais avoir une question sur le...
La Présidente
(Mme St-Pierre) : Est-ce que vous avez un commentaire?
La Présidente
(Mme St-Pierre) : Allez-y.
M. Gaudreault :
O.K. Je suis désolé parce que je pensais qu'on n'avait pas adopté l'amendement.
Je voudrais savoir du
ministre pourquoi on dit, dans le deuxième alinéa : «Cette période est
d'une durée minimale de 30 jours»? Donc, c'est un minimum de
30 jours. Ça, je suis capable de comprendre ça, là. Mais ça ne devrait pas
être plus balisé que ça? Parce que qu'est-ce qui va faire que ça va être plus
de 30 jours? Et ça va être sur quelles balises? Puis pourquoi, à un moment
donné, un projet d'aire protégée, par exemple, pourrait être 45 jours, un
autre, 30? Moi, le délai minimal, là, n'est pas plus fixé que ça, ça me pose
des questions.
M. Charette :
En fait, c'est effectivement minimum 30 jours, mais ça peut être
passablement plus. Ce que je mentionnais ce
matin, tout dépendant... dans certains cas, l'exemple qui me vient en tête,
lorsqu'il y a plusieurs communautés autochtones qui doivent être
consultées et qui font
partie de la démarche avec un immense territoire, c'est
là où le 30 jours devient insuffisant par moments. Donc, il y a un
minimum, ça ne peut pas être moins de 30 jours pour ne pas que les gens se
sentent brusqués.
Mais il faut se
donner le temps de réussir. Donc, dans certains cas, c'est passablement plus
long que le 30 jours, mais ça devient difficile d'imposer un maximum. Il
n'y a pas... Il y a un minimum, 30 jours, mais il faut prendre le temps.
On ne pourrait pas annoncer une aire protégée qui n'a pas rallié les parties
prenantes.
Donc, ça prend du
temps, et c'est là où c'est difficile de déterminer : Est-ce que ce serait
45 jours? Est-ce que ce serait 90 jours? Est-ce que ce serait
davantage? Donc, c'est le pourquoi du minimum et non pas d'un maximum.
M. Gaudreault : Bien, c'est parce
que... Bon, là, le ministre nous dit : Ça pourrait aller, même, au-dessus
de 90 jours. Moi, je trouve, c'est
beaucoup, là. Je me demande si on ne devrait pas faire une fenêtre, là. Je
comprends que... Admettons qu'on a un très grand
territoire qu'on veut mettre sous zone protégée, sous aire protégée puis que,
là, ça couvre plusieurs municipalités, par exemple, bien, c'est parce qu'il y a
toujours bien des limites, là.
Puis c'est parce que j'ai peur que, si on étire
trop, de façon un peu discrétionnaire, au fond, si on étire trop, bien là, ça
va justement amener des risques de ne pas reconnaître, par exemple, l'aire
protégée ou...
Alors, en tout cas, pour moi, là, ça serait bien
important d'avoir un barème, là, disons, entre 30 jours, ne dépassant pas
90 jours, là. Je pense que 90 jours, ça peut être raisonnable. On
sait déjà qu'un rapport du BAPE, le ministre a 45 jours pour le déposer
une fois qu'il est fait. Bon, le rapport du... C'est-tu ça, 45?
M. Charette : Plus court que ça.
Deux semaines.
Gaudreault :
Deux semaines? O.K. Bon, bien, justement, deux semaines, c'est encore
pire, je veux dire... Puis un rapport
du BAPE, c'est quand même élaboré, là. Donc, en tout cas, moi, je serais tenté de
dire : Bien, on va se mettre un plafond
puis un plancher, là. Donc, entre, peut-être, 30 et 90 jours. Je ne sais
pas si le ministre a une ouverture pour ça, là.
Charette : Bien, en fait, ce n'est pas qu'il n'y a pas d'ouverture,
c'est que l'expérience nous démontre que, dans certains cas, c'est excessivement complexe comme négociations. À partir
du moment où on met une limite dans le temps, c'est là où on a plus de
chances de faire avorter le consensus que de le favoriser. Dans certains cas,
et sans pouvoir donner les délais maximums qu'on a eu à vivre au ministère, là,
dans certains cas, c'était plus long que le 90 jours.
C'est complexe, et nous, ce qu'on veut faire,
c'est réussir. Donc, si ça prend plus de temps, plus de jours, plus de semaines,
plus de mois pour réussir, mais qu'on réussit, c'est un gain de plus que de
dire : Ah! à cause de délais trop courts, on n'a pas pu s'entendre, et
c'est le projet d'aires protégées, là, qui tombe à l'eau, littéralement.
M. Gaudreault : Est-ce qu'il y a
d'autres endroits dans d'autres lois où on a un délai minimal sans avoir de
délai maximum? On est-tu capables de nous donner un exemple? Je ne sais pas si
les légistes ont quelques minutes pour nous trouver ça, là, mais...
M. Charette : ...regarder la question,
mais il faut comprendre, ce n'est pas le dépôt d'un rapport. La comparaison
avec le BAPE, je la comprends, mais elle n'est peut-être pas adéquate, en ce
sens que le ministre de l'Environnement doit déposer un rapport qu'une autre
instance produit, d'où le deux semaines qui est fixé. Mais là on est réellement
dans une autre dynamique où on veut tenir une consultation, on veut réussir à
établir une aire protégée. C'est là où ça devient difficile de dire : Il y
a un maximum de temps à notre disposition.
Sans nommer de cas précis, bien que j'en aie en
tête, si on a un vaste territoire avec, par exemple, je reviens aux communautés
autochtones, une nation autochtone mais qui est composée de plusieurs
communautés, mais c'est de prendre le temps
d'échanger, de s'assurer que la compréhension de chacun est la même. Donc, ça
peut prendre du temps. Je dis
«autochtone», comme communauté, mais ça pourrait être la même chose avec des
municipalités, ça pourrait être...
Donc, c'est... Dans certains cas, si c'est
30 jours, on sera les premiers heureux, mais on ne veut pas se donner
une... on ne veut pas... on veut favoriser la réussite et non pas l'échec.
M. Gaudreault : Bien, c'est ça, moi,
j'aimerais juste savoir s'il y a d'autres lois, là, qui ont des durées minimales sans plafond. Puis, pour le reste, je
n'ai pas d'autre question, Mme la Présidente. Ça fait que je ne sais pas
si on peut continuer puis... quitte à
revenir avec l'info avant de voter ou... À moins qu'il y ait des collègues qui
souhaitent...
Présidente (Mme St-Pierre) : Est-ce qu'il y a d'autres commentaires
sur l'article 30 tel qu'amendé? Est-ce que vous voulez...
M. Charette : Peut-être un petit
commentaire. Ce sera sans doute difficile, malheureusement, de répondre à la
question du collègue parce que ce n'est pas uniquement d'avoir un délai minimum
et un délai maximum, c'est que la situation soit comparable. Donc, lorsqu'on veut
s'entendre, ce n'est pas comme si...
On parlait, par exemple, hier, je crois, d'un
recours à l'encontre ou à l'endroit du Tribunal administratif du Québec. Là, il
peut y avoir des délais fixés, mais là c'est... le maximum est difficile à
établir et, a priori, il n'y a pas de comparable, là, que je serais en mesure
de transmettre au collègue comme exemple.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Donc, il n'y a pas... Est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur
l'article 30 tel qu'amendé? Comme il n'y a pas d'autre commentaire, nous
allons passer à l'article 31. M. le ministre.
M. Charette : Parfait. Et juste
retourner au bon endroit. Voilà.
Présidente (Mme St-Pierre) : Nous sommes toujours à l'article 31,
mais là vous allez parler de l'article 31.
M. Charette : Il n'y a pas
d'autre... Le commentaire a été apporté. Donc, pour le moment, à moins qu'il y
ait des questions particulières, là, je n'aurais pas...
La Présidente (Mme St-Pierre) : Vous
ne l'avez pas lu, l'article 31. Vous devez lire... Après le 30, le 31.
Nous sommes à l'article 31, qui est le grand chapeau, puis, après ça, il y
a d'autres articles.
Charette : Tout à fait. Tout à fait, et vous mentionner qu'il n'y aura
pas d'amendement cette fois-ci, qu'on demeure à l'article original.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Non. Bien, c'est ça, je n'ai pas d'amendement devant moi.
M. Charette :
Donc : «Toute personne peut, durant la période d'information publique,
demander au ministre la tenue d'une consultation publique.»
Donc,
le commentaire :
L'article 31 proposé prévoit qu'une personne
peut demander la tenue d'une consultation publique dont les règles sont
établies aux articles 33 à 37, proposés ci-après, pendant la période d'information
publique visée à l'article 30.
Présidente (Mme St-Pierre) :
Est-ce qu'il y a des commentaires à
l'article 31? Mme la députée de Mercier.
Ghazal : Merci, Mme la Présidente. Donc, juste pour être certaine, là,
la période d'information
publique, c'est celle dont on parle à l'article 30. C'est écrit aussi dans
le commentaire, là, la fameuse période de 30 jours.
M. Charette :
C'est-à-dire un minimum de 30 jours.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Ça va?
La Présidente (Mme
St-Pierre) : M. le député de Viau.
M. Benjamin :
Merci, Mme la Présidente. Est-ce qu'il y a un endroit, M. le ministre, où on
formule... où on nous dit comment cette demande-là doit être formulée?
M. Charette :
En fait, les articles 33 à 37, auxquels nous parviendrons, là, sans doute
un petit peu plus tard, précisent les
modalités. Donc, le délai minimum d'information, ensuite il y a la possibilité
de demander une consultation publique en bonne et due forme, et c'est ce
qu'on précise, là, un petit peu plus loin.
M. Benjamin :
Alors, cette demande, donc, la demande de la tenue d'une consultation publique,
ne peut se tenir que durant la période d'information. C'est bien ça?
M. Charette :
Bien, c'est-à-dire, tant qu'on est à la période d'information, on peut faire
cette demande de consultation publique, là, oui.
M. Benjamin :
Avant la période d'information, est-ce qu'on peut faire cette demande-là?
M. Charette :
En fait, ce serait difficile de le faire avant étant donné que c'est la période
d'information qui précise le territoire couvert, le plan de conservation. Donc,
ce serait difficile de faire la demande avant même que ces informations-là
soient communiquées à la population.
M. Benjamin :
On a vu, dans certains... et il n'est pas précisé. Donc, «toute personne»,
c'est vraiment toute personne vivant sur le territoire du Québec. C'est ça?
M. Charette :
Oui, mais on va voir, dans les articles un petit peu plus loin, qu'est-ce qui
est possible et qu'est-ce qui ne l'est pas. Ce n'est pas parce qu'il y a une
demande de consultation publique que la demande est automatiquement ou
officiellement accordée.
M. Benjamin :
Là-dessus, on est bien d'accord, mais ce que je veux dire, c'est que, quand on
parle de la demande, la demande peut être formulée par toute personne qui est
sur le territoire québécois.
M. Benjamin :
D'accord. Donc, il n'y a pas d'enjeu, donc la demande doit être formulée par
quelqu'un qui habite le territoire ou bien qui est proche. Donc, c'est toute
personne...
M. Charette :
Concernée. Non, effectivement, et, dans les faits, si on regarde la procédure
d'un BAPE, c'est un petit peu la même chose. Toute personne qui souhaite
intervenir a la possibilité de le faire, même si la personne qui souhaite
intervenir n'est pas résidente ou n'a pas d'intérêt sur le territoire visé par
un projet x.
M. Benjamin : Parfait. Merci.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Est-ce qu'il y a d'autres commentaires à l'article 31? Mme la
députée de Mercier.
Mme Ghazal : Merci, Mme la
Présidente. En fait, je viens juste de réaliser quelque chose par rapport à
tout l'article 31, là, pas juste l'article 31 de la loi, où on a
énuméré quelle aire protégée, là, d'utilisation durable, réserve... pas
écologique, là, mais d'autres mots. L'APIA, ce n'est qu'à l'article 2 que
le ministre a amené des amendements. Dans cette section-là, on ne parle pas de
comment est-ce qu'on fait une consultation. Tous ces éléments-là ne
s'appliquent pas à ce type d'aire protégée là?
M. Charette : Il faut savoir que
l'aire protégée d'initiative autochtone n'est pas une nouvelle catégorie en
soi. C'est une aire protégée qui serait éventuellement classée dans l'une des
une à six catégories existantes. Donc, ce n'est pas la même procédure. Donc, c'est
la communauté, par exemple, qui nous dit : On viserait ou on aimerait
protéger ce territoire x là. C'est là qu'on va travailler avec la
communauté en question, et, à partir du moment où le plan de conservation, et tout ça, est établi, on va pouvoir se dire :
Ah! ça, ça correspond à la catégorie 3, ça correspond à la
catégorie 4, ça correspond à la catégorie 5, par exemple.
Donc, ce n'est pas une septième catégorie, parce
qu'il faut toujours avoir en tête que les catégories doivent correspondre aux
règles de l'UICN. Donc, oui, elle serait d'initiative autochtone, mais il
faudrait quand même la classer dans l'une des catégories, là, reconnues par
l'UICN.
Mme Ghazal : Mais, dans les
APCA, de conservation autochtone, c'est le même principe que ce que vous venez
de décrire?
M. Charette : En fait, les
aires protégées de conservation autochtone, on pourra en parler, et très, très
ouvert à glisser un mot maintenant, c'est un
concept qui a pris différentes valeurs et différentes interprétations dans le
monde, notamment au Canada.
Mais, si on regarde ce qui s'est appelé «aire
protégée de conservation autochtone», dans l'application, c'est ce que l'on veut faire avec l'aire protégée
d'initiative autochtone. Donc, ce n'est pas tant le nom qui fait foi de tout,
c'est comment on finit par l'appliquer. Et, à l'article 2, on va avoir
l'occasion, là, d'aborder cette question-là largement.
Mme Ghazal :
C'est juste parce que ce n'est pas que c'est si éloigné, parce que, là, on
parle de «période d'information publique» pour désigner une aire, et
tout ça, mais, même les APIA, si elles veulent rentrer dans une de ces
catégories-là, ça va être le même processus qui s'applique.
M. Charette : Bien, il va y
avoir des consultations, d'abord et avant tout, avec la communauté concernée.
Ce ne sera pas dans la même perspective que
celle qui est précisée maintenant, du moins dans les étapes préalables.
Lorsqu'on va, par exemple, recevoir un
souhait d'une communauté x, on va commencer à faire le travail avec cette
communauté-là avant d'aller voir les autres parties potentiellement
intéressées, là, d'où l'initiative autochtone qui est reconnue.
Mme Ghazal : Mais juste
comme... concrètement, je comprends ce que vous me dites, mais, pour être certaine, l'article 31, par exemple, peut
s'appliquer à une APIA, mais ce ne sera pas une APIA. Ce sera une APIA
qui est une APUD. Si quelqu'un nous écoute, il doit se dire : Mon Dieu,
quelle langue ils parlent? Est-ce que c'est ça?
M. Charette : ...intervenir
après que le souhait de la communauté nous ait été partagé. Donc, avant
d'arriver là, il y a une initiative
autochtone, là, qui devra nous être formulée, là, en quelque sorte. Mais
effectivement, plus tard dans la démarche, il faudra reprendre les mêmes
dispositions.
Mme Ghazal : O.K. Merci.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Est-ce
qu'il y a d'autres commentaires à l'article 31? S'il n'y a pas d'autre
commentaire, nous allons passer à l'article 32. M. le ministre.
M. Charette : Et j'aurai un...
La Présidente (Mme St-Pierre) :
...de l'article 32.
Charette : Effectivement, et
j'aurai un amendement également à vous proposer ensuite. Donc, l'article
original :
«32. Le
ministre n'est pas tenu de donner suite à une demande de consultation publique
dans les cas suivants :
«1° d'autres voies sont susceptibles de fournir
un éclairage sur les différents enjeux que soulève le projet d'aire protégée,
telle l'application d'un processus d'évaluation et d'examen des impacts sur
l'environnement et le milieu social prévu au
titre II de la
Loi sur la
qualité de l'environnement; et
«2° la demande de tenir une consultation est
frivole.
«La décision du ministre est rendue publique par
la publication d'un avis à la Gazette officielle du Québec et par tout
autre moyen permettant d'en informer la population locale.»
Donc, le commentaire original : Cet
article
reprend le deuxième alinéa de l'article 39 de la loi actuelle quant à la
possibilité de recourir à d'autres voies de consultation publique, telle
l'application d'un processus d'évaluation et d'examen des impacts sur l'environnement et le
milieu social, prévu au
titre II de la
Loi sur la qualité de
l'environnement.
L'article rajoute également
la possibilité de ne pas tenir les consultations publiques lorsque la demande
n'est pas justifiée.
La décision doit, sous l'article 39 de la
version actuelle de la loi, être communiquée dans un journal distribué dans la
région concernée ou, à défaut, dans la région la plus rapprochée de l'aire
projetée. Cette modification donne plus de souplesse pour que le moyen soit
adapté. Certaines régions n'ont pas de journal distribué localement.
Donc, je pourrais faire la lecture de
l'amendement, maintenant. Donc, il se lit ainsi :
Remplacer le premier alinéa de l'article 32
de la
Loi sur la conservation du patrimoine naturel, proposé par
l'article 32 du projet de loi, par l'alinéa suivant :
«Le ministre n'est pas tenu de donner suite à
une demande de consultation publique qu'il juge frivole.»
Donc, c'est un amendement qui propose une
modification de concordance et c'est essentiellement avec l'article 37.1
proposé, pour un autre amendement, donc un amendement subséquent. Dans le Nord
québécois, les processus d'évaluation et d'examen des impacts sur
l'environnement et le milieu social prévus au
titre II de la LQE sont
toujours applicables, et non pas seulement à la demande d'une personne. La
période d'information qui précède cette étape crée un délai de 30 jours
inutile.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Est-ce qu'il y a des commentaires sur l'amendement de l'article 32? M. le
député de Viau.
M. Benjamin : Merci, Mme la
Présidente. Donc, la première question que j'aimerais poser au ministre :
Qu'est-ce qu'une demande frivole?
M. Charette : En fait, c'est un
concept qui est reconnu dans le cadre de la procédure d'évaluation générale
pour un BAPE, par exemple. Si on a un projet qui est à l'étude, tout citoyen
peut demander un BAPE, ensuite une évaluation à savoir est-ce que la demande
est justifiée. Dans certains cas, on conclut que non parce qu'il y a d'autres moyens d'avoir l'éclairage souhaité. Notamment,
lorsqu'il y a une procédure d'évaluation qui est en cours, c'est certain que les
différents enjeux sont observés.
Donc, c'est une procédure au BAPE qu'on applique
ici aussi, là, pour ne pas que ça vienne engorger... Je ne dis pas que les gens sont de mauvaise foi, au
contraire, la très grande majorité l'est, mais il y a des gens qui
pourraient, sur à peu près tous les enjeux, demander une consultation publique,
et c'est là où ça vient ajouter des délais encore plus importants qui peuvent
nous ralentir, là, dans notre volonté de reconnaître une aire protégée.
M. Benjamin : Mais alors, puisque
cette décision-là, c'est vous qui aurez à la prendre, c'est-à-dire celle de
donner suite à une demande de consultation, c'est vous qui aurez à juger qu'une
demande est frivole dans l'article...
M. Charette : C'est le ministère, et
sa décision, par contre, pour ne pas que ça tombe dans l'oubli et pour ne pas qu'il
y ait de justification ou de redditions de comptes, la décision doit être
rendue publique, là, à travers la Gazette officielle . Donc, ça vient
officialiser la procédure, en quelque sorte.
Benjamin : Maintenant,
la question que j'aimerais vous poser, donc, c'est :
Quels sont les critères que vous disposez,
à ce moment-là, comme ministre, puisque vous aurez à prendre cette décision-là,
de donner suite à une demande de consultation? Quels sont les critères dont vous disposez pour dire que cette
demande-là, elle est frivole ou, oui, c'est une demande fondée, on va y
aller de l'avant? Est-ce que vous avez des critères bien établis pour apprécier
une demande de consultation?
M. Charette : De façon assez simple,
si, dans la démarche qui est prévue, on tro