Institutions — 10 April 2018 (41st Legislature, 1st Session)
CI 2018-04-10
Quebec — Committees
(Dix
heures cinquante et une minutes)
Présidente (Mme Nichols) : Alors, à l'ordre, s'il vous
plaît! Ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la commission
des constitutions ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la salle de
bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.
La commission est
réunie afin de procéder aux consultations particulières et auditions publiques
sur le projet de loi n° 170, la Loi
modernisant le régime juridique applicable aux permis d'alcool et modifiant
diverses dispositions législatives en matière de boissons alcooliques.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
La Secrétaire :
Oui, Mme la Présidente. M. Merlini (La Prairie) est remplacé par M. Drolet
(Jean-Lesage); M. Reid (Orford) est
remplacé par M. Tanguay (LaFontaine); et M. Jolin-Barrette (Borduas)
est remplacé par M. Spénard (Beauce-Nord).
La Présidente
(Mme Nichols) : Merci beaucoup. Alors, ce matin, nous entendrons
l'organisme suivant, soit Éduc'alcool, et
nous allons d'abord commencer avec les remarques préliminaires. J'invite
d'abord M. le ministre de la Sécurité publique à faire ses remarques
préliminaires pour une durée de 5 min 30 s.
M. Coiteux :
5 min 30 s. Je vais essayer d'aller rapidement et rondement. Alors,
Mme la Présidente, chers collègues de la
commission, comme vous savez, j'ai présenté à l'Assemblée nationale, c'était le
21 février dernier, le projet de loi
n° 170, qui vise à moderniser le régime juridique applicable aux permis
d'alcool, qui modifie aussi diverses dispositions législatives en
matière de boissons alcooliques.
Permettez-moi
de réitérer une chose que j'ai dite, qui est très importante aussi pour moi,
lors du dépôt de ce projet : ce
projet de loi porte aussi beaucoup du travail de mon collègue le député de
Jean-Lesage, qui est ici présent. Vous savez qu'il a fait un travail assez monumental de consultation à partir de
l'automne 2016, et ce qu'il a pu recueillir comme enjeux, en particulier à l'égard des irritants qui
existent depuis un grand nombre d'années sur l'application de nos règles en
matière de permis d'alcool... ont été
extrêmement importantes, ces réflexions et les résultats de cette consultation
dans la version de ce projet de loi. Donc, je tiens encore une fois à le
remercier pour le travail qu'il a fait.
C'est
un projet de loi qui vise trois
objectifs. Évidemment, il ne s'agit pas de refaire tout, tout, tout ce
qui existe dans le domaine des permis
d'alcool, mais nos objectifs sont les suivants. Il y en a trois. On veut
simplifier la vie des citoyens du Québec, hein, comme consommateurs, là. C'est-à-dire qu'ils font face à des règles, parfois, qui sont anciennes, peu
adaptées à la réalité du jour, et donc on
veut que nos citoyens du Québec puissent accéder à une consommation responsable, certes, mais
dans un contexte qui tient compte de la modernité. On veut simplifier la vie
des titulaires de permis, qui font face à de très, très, très nombreux irritants, alors que c'est une industrie
qui, comme beaucoup d'autres, innove. C'est une industrie qui contribue à l'essor économique
du Québec aussi. C'est une industrie qui est importante,
aussi, dans le contexte du tourisme
au Québec, également
la restauration, l'hôtellerie. Et, en même temps, fort important, c'est d'assurer la promotion d'une consommation
responsable. Donc, ces trois objectifs-là en même temps.
Alors,
ça nous mène à faire une série de propositions qui sont d'ordre
pratico-pratique, là. Exemple, les parents qui sont, une belle soirée d'été, devant une belle terrasse où les gens sont
attablés en train de manger, et puis il est 7 h 30. Savez-vous quoi? S'ils sont avec leurs enfants, il va
falloir qu'ils mangent en une demi-heure parce qu'à partir de 8 heures leurs enfants n'ont même plus le droit d'être avec les parents qui sont en
train de manger sur une terrasse. Alors, c'est le genre de disposition
qu'on veut moderniser.
y a une pratique qui s'est développée dans les autres provinces au cours des
dernières années, c'est-à-dire que les consommateurs peuvent fabriquer,
dans un établissement qui leur fournit, évidemment, l'espace et les équipements
nécessaires, peuvent fabriquer leur bière,
peuvent fabriquer leur vin. Les lois québécoises ne permettent pas ça. On
viendrait donc permettre ce genre de situation.
hôtel reçoit ses clients, voudrait donner un verre de bienvenue à ses clients à
l'entrée, il n'a pas le droit de le faire dans les aires communes de
l'hôtel. C'est des questions comme ça qu'on veut... pour simplifier la vie des
gens.
Beaucoup de nos gens,
parfois en groupe, ont besoin d'un permis de réunion pour tenir une activité.
Alors, ce permis de réunion, actuellement,
est un fourre-tout dans lequel tout le monde va. Alors, on va créer un nouveau
type de permis qui va libérer ce permis de réunion.
Pour les titulaires de permis, par
exemple, on a cette disposition où on ne peut pas prendre un verre si on ne prend pas un repas en même temps dans un restaurant.
C'est quoi, un repas? Compliqué, hein? Alors, on va remplacer ça par quelque chose de beaucoup plus simple, et ça sera possible de prendre une
consommation d'alcool sans forcément prendre un repas, pour autant qu'il
s'agisse d'un restaurant avec une cuisine fonctionnelle pendant toute la durée
de l'ouverture de l'établissement.
y aura la création d'un permis accessoire. Ça va permettre, notamment, de faire
en sorte que, pour les gens qui n'ont
pas pour vocation de vendre de l'alcool, mais qui vendent de l'alcool de façon
accessoire, on simplifie les permis.
permis pourront être saisonniers également. Les restaurants pourront faire
livrer par un tiers également, par exemple, les vins qu'ils offrent sur
leurs propres cartes. C'est le genre de choses qu'on veut faire.
Mais,
en même temps, on veut une consommation responsable. Alors, le projet de loi,
pour la toute première fois, va
prévoir, par le biais d'un règlement, la formation obligatoire sur la
consommation responsable des boissons alcooliques. Alors, notre intention, c'est de commencer là où
on doit commencer, par les titulaires et les gérants, mais la structure
du projet de loi n'interdit pas qu'à
l'avenir ça puisse toucher un plus grand nombre d'employés d'un débit d'alcool,
par exemple.
veut, en même temps, renforcer les pouvoirs de la régie pour intervenir
lorsqu'il y a un manquement à la loi. Il y aura des amendements qui
seront déposés pour faire en sorte que les boissons à base de bière mélangées à
du sucre qui titrent plus de 7 %
d'alcool ne pourront plus être vendues dans les épiceries. Ça, ça va être un
amendement qui va être déposé dès qu'il sera prêt, je l'annonce dès
maintenant. Et, en même temps, on voudra renforcer les pouvoirs de la régie pour intervenir promptement lorsque les
fabricants ou les détaillants ne respectent pas les lois, et donc il y aura
la possibilité, à ce moment-là, d'interdire la vente, voire même la
fabrication.
en gros, c'est ça, le projet de loi. Vous allez voir que, pour être capable de
suivre l'évolution de la société, il y aura des articles qui donneront
le pouvoir de faire évoluer la pratique par voie de réglementation. Mais je
serai très transparent sur les intentions du
gouvernement en matière de règlement. Les grandes orientations seront
communiquées aux oppositions pour qu'on puisse faire le travail correctement
ensemble. Merci.
Présidente (Mme Nichols) : Merci, M. le ministre. J'invite
maintenant le porte-parole de l'opposition officielle en matière de
sécurité publique et député de Verchères à faire ses remarques préliminaires
pour un maximum de 3 min 18 s.
M. Bergeron :
Alors, Mme la Présidente, compte tenu du temps très limité qui m'est imparti,
je ne reprendrai pas les points sur
lesquels le ministre vient de s'exprimer et qui sont, pour ainsi dire, les
modifications, les principales modifications
qui sont proposées à travers ce projet de loi. Simplement vous saluer, Mme la
Présidente, saluer le personnel de la
commission, saluer M. le ministre, les gens de la RACJ, mes collègues
ministériels, mes collègues de l'opposition, saluer toutes les personnes, les organisations qui nous feront valoir
leurs arguments parce que ces audiences, quant à moi, revêtent une grande importance, dans la mesure où
il faut non pas que nos positions s'appuient sur des impressions ou des
présupposés, mais sur l'expérience des gens dans le milieu. Et, à cet égard, je
sais qu'on peut compter sur celle de notre collègue de Jean-Lesage, qui a fait
un certain nombre de consultations au cours des derniers mois.
C'est
un dossier que je connais un peu parce qu'il m'est arrivé, dans une vie
antérieure, d'être porte-parole de l'opposition
officielle en matière de sécurité publique, être ministre de la Sécurité
publique et de nouveau porte-parole de l'opposition
officielle en matière de sécurité publique. Je dois dire que c'est un... je
vais essayer d'être poli dans mon choix de termes, mais c'est un dossier casse-gueule pour un gouvernement parce
que c'est un appareil législatif qui est assez lourd, assez complexe et qui date d'une période... Je pense que certains
articles datent des années 30, certains n'ont jamais été revus
depuis. Et évidemment les moeurs de la société ont beaucoup évolué.
à plusieurs reprises, des gouvernements antérieurs ont cherché à moderniser la
Loi sur les permis d'alcool. Mon
collègue, mon prédécesseur, Robert Dutil avait tenté, juste avant les élections
de 2012, avec un projet de loi, je pense que c'était le projet de loi n° 68, si je ne m'abuse, de réformer,
de moderniser cette législation. Mal lui en prit parce que je pense qu'en vertu de l'adage selon lequel qui trop
embrasse mal étreint il s'était fait reprocher d'en faire trop, puis
peut-être pas nécessairement les bonnes choses. Alors, il était retourné à la
table de travail.
Mais,
entre-temps sont survenues les élections en 2012. C'est moi qui ai pris le relais. Et j'ai eu l'occasion
de dire aux gens de l'industrie que,
si on veut manger l'éléphant, il va falloir y aller par bouchées pour être
certain de pouvoir passer à travers. Malheureusement, il y a eu d'autres élections assez rapidement
par la suite, celle de 2014, qui a vu un nouveau titulaire en poste. Et, tout récemment, comme l'évoquait M. le ministre, on a amené cette pièce législative,
ce qui n'a pas empêché, Mme la
Présidente, qu'on commence à manger l'éléphant puisqu'il y a eu des
modifications réglementaires qui ont été apportées à la fois sous le
gouvernement de Mme Marois et sous l'actuel gouvernement.
Donc,
il y a des choses qui ont commencé à cheminer de telle sorte de moderniser
notre
Loi sur les permis d'alcool et faire en sorte que nous puissions
avoir une loi qui soit plus moderne, qui soit à la page par rapport aux moeurs
d'aujourd'hui et qui soit toujours socialement acceptable.
Alors,
Mme la Présidente, j'assure le gouvernement de mon entière collaboration et je
vous assure de mon entière collaboration
pour l'adoption de ce projet de loi, dans la mesure où il sera le mieux ficelé,
le mieux fignolé possible. Et ça, c'est
en travaillant ensemble, sur la base des recommandations, des suggestions qui
nous seront faites, que nous y arriverons.
Présidente (Mme Nichols) : Votre collaboration est toujours bien
appréciée. Alors, merci, M. le député. J'invite maintenant le porte-parole du deuxième groupe de l'opposition et député
de Beauce-Nord à faire ses remarques préliminaires pour un maximum de
2 min 12 s.
M. Spénard :
Merci, Mme la Présidente. Alors, M. le ministre, M. le député de Jean-Lesage,
parce que je sais très bien
que ce projet de loi là vous honore en grande
partie pour votre
travail, alors confrères de l'opposition
officielle et mon confrère de Québec solidaire à côté.
Alors, nous aussi, écoutez, à la Coalition avenir Québec, lorsqu'on parle d'un projet de loi pour moderniser et aussi pour
simplifier, à ceux qui en besoin, le processus de permis et le processus
d'obtention de divers permis, pour le simplifier,
pour dire que c'est plus simple... Autrement
dit, on enlève quasiment des vieilles
lois pour en faire un processus qui
est plus fluide, qui est mieux compréhensible pour les titulaires de permis ou
pour les demandeurs de permis. Alors, c'est sûr qu'on n'est pas contre.
On ne peut pas être contre ce principe-là.
L'autre
chose qu'il va falloir parler aussi, c'est les boissons dites énergisantes à
haute teneur d'alcool. Je
pense que M. le ministre va nous amener
un amendement sur ça qu'on va discuter, sur comment on va
aborder ce problème-là. Ça aussi, c'est bienvenu suite aux récents...
aux accidents tragiques qui sont survenus dernièrement.
L'autre chose aussi
qu'on va regarder, et ça, c'est toujours dans l'option de la Coalition avenir
Québec, on va regarder la faisabilité aussi
de certains articles. Quand peut-on dire que quelqu'un est en boisson?
Quand peut-on refuser de servir quelqu'un?
Est-ce que c'est le 0,08? Est-ce qu'on lui demande s'il conduit son auto?
Est-ce qu'on va dire comme on dit dans une Beauce : Il est trop
chaud, il est... On ne le sait pas.
Alors,
c'est tout ça qu'il va falloir vérifier à l'intérieur du projet de loi. Mais, d'emblée, comme mon confrère de Verchères, évidemment,
M. le ministre va avoir toute notre coopération à l'intérieur de
ce projet de loi pour qu'il fasse diligence et qu'il soit adopté
dans cette session-ci. Merci.
Présidente (Mme Nichols) : Encore une fois, merci de votre collaboration. Merci, M. le député. Nous allons maintenant... Bien, enfin, j'invite M. le député de Mercier à prendre la parole pour les remarques préliminaires pour une durée d'une minute.
M. Khadir :
D'une minute?
La Présidente
(Mme Nichols) : Oui, une minute.
M. Khadir : Bon, Mme
la Présidente, merci quand même
de cette magnanimité, là. Je sais que le temps est compté.
ne sais pas si je vais prendre tout à
fait l'analogie du festin du
pachyderme, là, de l'éléphant qu'il
faut manger. Mais, si cette analogie
vaut quelque chose, moi, à
mon avis, ça veut dire qu'il faut
prendre de grandes bouchées pour que ça
avance. Sans ça, on n'y arrivera jamais. Et je pense que maintenant,
avec les incidents qui sont arrivés au cours des derniers mois, avec le travail... qui sont faits depuis des années, les
constats, il faut que nous soyons capables de livrer quelque chose de solide et de satisfaisant sur la sécurité des gens, sur le fait que
de doter tous les intervenants des moyens nécessaires, y compris les
serveuses et les serveurs, de faire en sorte qu'on fasse de la bonne
prévention. Un.
Deuxièmement, je vois
ici la présence de deux personnes, de la Régie des alcools et aussi de la
Fédération canadienne de l'entreprise
indépendante. Je leur dis simplement : Moi, je compte, comme législateur,
sur leur collaboration pour faire de
l'éducation auprès de leurs membres, surtout la fédération de l'entreprise
indépendante, parce que le meilleur intérêt à long terme des
commerçants, c'est d'avoir une population qui sent que les commerçants ont leur
sécurité et leur santé à coeur. Et ça serait super de voir la fédération
prendre le lead là-dessus et devenir un allié, par exemple, d'Éduc'alcool
là-dessus.
La Présidente
(Mme Nichols) : Je vous remercie, M. le député de Mercier. Je
suis vraiment désolée. Les remarques
préliminaires, le temps a été... les collègues ont été généreux en voulant
partager leur temps. Alors, voilà, merci.
Nous
pouvons maintenant débuter les auditions. J'invite le premier groupe,
Éduc'alcool, à se présenter pour le début
des auditions. Alors, merci d'être parmi nous. Je souhaite la bienvenue aux représentants
d'Éduc'alcool. Je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes
pour votre exposé, puis nous procéderons à la période d'échange avec les
membres de la commission. Je vous invite donc à vous présenter et ainsi
commencer votre exposé. Bienvenue.
M. Sacy
(Hubert) : Merci, Mme la Présidente. Mesdames messieurs, bonjour.
C'est difficile de briser la glace et d'être le premier à arriver, à
parler en commission parlementaire sur un projet de loi.
Comme
disait Réal Caouette : Avant de parler, j'aimerais dire quelque chose.
Nous parlons d'alcool. L'alcool, ce n'est
pas du jus d'orange et ce n'est pas du lait. C'est une substance psychoactive.
C'est une substance dont l'abus peut causer
des dépendances. Et je veux simplement vous placer dans le contexte de
l'entreprise privée. L'abus d'alcool coûte à l'entreprise privée au
Québec 4 milliards de dollars par année, chaque année, un minimum de
4 milliards de dollars à l'entreprise
privée, pas aux hôpitaux, pas aux centres de traitement, pas aux centres de
prévention. Donc, on parle business aussi. Et donc on n'est pas juste du
monde qui vient parler du bien versus la vraie réalité de la vie.
Ça fait 15 ans
qu'Éduc'alcool fait des représentations sur la réforme des lois de l'alcool, et
je vous avouerai simplement que la déception
a été à la hauteur de nos attentes. Qu'il faille réduire les exigences
vis-à-vis de l'industrie, qu'il failler assouplir les lois, tout le
monde en convient. On n'en est pas là. C'est que cet assouplissement doit être accompagné de contreparties, de responsabilité
sociale. Or, l'économie de ce projet de loi fait en sorte que tout ce
que l'on donne, tout ce qu'on assouplit est
dans la loi, et tout ce qui est responsabilité sociale, à deux exceptions,
insuffisantes, près, est dans des règlements
à venir. Ce n'est pas équilibré, ce n'est pas juste. S'il vous plaît, nous
venons ici vous demander, dans un
esprit constructif... pas de dire : Il ne faut pas libéraliser, là, vous
dire juste : Il faut juste mettre un contrepoids, davantage, à toute cette libéralisation. Si ce
n'est pas en vertu de la prévention, que ce soit au moins pour sauver une
partie des 4 milliards que ça coûte chaque année à l'entreprise privée.
Allons à
l'essentiel, la formation obligatoire pour tous les serveurs, je répète,
formation obligatoire pour tout le monde qui sert de l'alcool. On ne
demande pas d'ajouter une contrainte de plus. Les serveurs, aujourd'hui, ont
déjà l'obligation de cesser le service en
vertu de l'article 109 de la loi. Vous demandiez tout à l'heure : Comment
on peut savoir si quelqu'un a trop bu
ou il n'a pas trop bu, à quel moment on arrête? Voilà, c'est comme ça qu'on
peut savoir, il y a un cours, qui s'appelle Action Service, qui fait
exactement ça. Ce cours, ce n'est pas un doctorat de troisième cycle en alcoologie, qui prend huit ans, là. Ce cours est
un cours qui a été créé par l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du
Québec, qui appartient au gouvernement du Québec. Ce cours dure quatre heures
si on le prend avec un formateur, moins de deux
heures si on le prend sur Internet. C'est de ça qu'on parle. Il a été créé il y
a 17 ans. Il a été amélioré continuellement jusqu'à aujourd'hui. Là, l'ITHQ est en train de l'améliorer parce que,
depuis que le gouvernement a autorisé le service aux tables dans les aires de jeu et dans les
casinos, on a adapté aussi les choses de manière — «on» excluant la personne qui parle, évidemment — à
former les serveurs qui servent aux tables.
Donc, ce
cours-là, il permet de détecter les effets de l'alcool, comment savoir que quelqu'un
a trop bu, repérer les clients qui
vont trop boire, comment se comporter avec eux quand ils ont trop bu, comment
cesser le service sans les insulter et
sans les humilier et comment les empêcher de prendre le volant s'ils ont trop
bu après tout ça. Quatre heures, deux heures sur le Web, 45 $, ça
coûte. C'est de ça qu'on parle : 45 $ contre 4 milliards.
Il y a quatre ans et demi, il y a une jeune
femme qui travaillait comme serveuse dans un restaurant, qui a été congédiée
parce qu'elle a voulu empêcher un client ivre de prendre le volant. Elle
s'appelait Valérie Couturier. Elle s'appelle toujours Valérie Couturier.
Mme Couturier
(Valérie) : Alors, bonjour. Oui, moi, c'est Valérie Couturier.
Aujourd'hui, bien, j'ai voulu un peu vous montrer c'est quoi, mon
histoire, puis venir apporter des points avec Éduc'alcool et leur projet.
Alors, comme
M. Sacy a dit, il y a moins de cinq ans, j'ai été congédiée d'un
restaurant à Boucherville parce que j'ai
appelé la police parce qu'un homme voulait partir en ayant consommé. J'avais
naturellement demandé un taxi avant et essayé
d'empêcher l'homme de prendre le volant, mais il était beaucoup trop chaud pour
m'écouter. Alors, j'avais agi d'instinct
à ce moment-là puis je pensais que c'était la bonne façon d'agir, mais,
évidemment, pour mes employeurs, ce ne
l'était pas. Puis j'ai trouvé nécessaire d'agir à ce moment-là parce que moi,
je ne pensais pas juste à lui, mais je pensais aux autres sur la route,
et on en voit beaucoup, des interventions sur la route qui arrivent.
Après
l'événement, j'ai rencontré M. Sacy. Il m'a parlé d'Action Service, qui
est avec l'ITHQ, et j'ai lu le livre et j'ai fait : Ah bien! Wow! O.K., avoir su... Et, même,
personnellement, en tant que serveuse, je ne savais vraiment pas que
j'avais une responsabilité et que je devais cesser de servir le client une fois
qu'il avait trop consommé. Alors, si cette formation-là
avait été obligatoire, je pense que j'aurais été mieux outillée et aussi mes
patrons auraient su qu'ils étaient dans
l'obligation légale et qu'ils avaient le devoir moral d'agir et de cesser de
servir le client à ce moment-là. Même que les autres serveurs, ils auraient su aussi appuyer à ce moment-là ma
décision. Mon congédiement, je pense, montre bien qu'il y a vraiment une lacune à ce moment-là. On
n'a pas de repère dans l'industrie de la restauration, puis il faut
prévenir la conduite avec facultés affaiblies. En outillant mieux les serveurs,
aujourd'hui, et les restaurateurs, je pense que cette intervention-là pourrait
devenir naturelle pour les gens dans le milieu, et ça éviterait des problèmes.
Puis, à
l'époque, là, mon histoire, ça avait fait les manchettes. J'avais passé deux
semaines dans les nouvelles et tout à cause de son absurdité. J'avais
fait alors appel au ministre de la Sécurité publique au nom de tous les
Québécois, Québécoises, finalement, et j'ai
eu beaucoup d'appuis. J'ai eu plus d'une centaine de messages sur Facebook de
gens qui m'appuyaient, pour les
serveurs et les restaurateurs, qui sont souvent démunis et, comme j'ai dit,
ignorants, pour rendre la formation
obligatoire. On fait surveiller les routes par les policiers, mais il est déjà
trop tard. Quand les gens sont déjà rendus sur les routes, vous êtes déjà trop tard. Vous avez l'avantage de
pouvoir former des gens, des milliers de personnes qui vont être à la
source, directement où il y a la consommation d'alcool, et c'est juste
45 $.
Ce que je
veux aujourd'hui, c'est vraiment éviter que le genre de congédiement comme j'ai
eu se reproduise et aussi c'est vraiment de venir diminuer les incidents
sur les routes par la conduite affaiblie. Moi, cette journée-là, cette soirée-là, j'ai fait ce que je pense que je devais
faire, et j'en suis fière, et ma famille est fière de moi. Aujourd'hui, je
vous demande : Faites un geste. Vous pouvez améliorer la sécurité de vos
citoyens. Merci beaucoup de... à la solution.
M. Sacy
(Hubert) : Après l'incident de Valérie Couturier, on s'est un peu
émus, au Québec. Nous sommes allés rencontrer
les partis politiques, tous. Et là, au Parti libéral, M. Robert Poëti, qui
était le critique, nous a dit : On va vous appuyer puis on va être d'accord avec ça. À la CAQ, M. Duchesneau,
qui était le critique, a dit : Je vais être d'accord avec ça. On a rencontré le cabinet de M. Bergeron,
il nous a dit : Le ministre a beaucoup d'écoute pour votre projet et ça
va aller. J'ai rencontré le caucus libéral au complet, je pense, même, dans
cette salle, j'ai eu un «standing ovation».
Alors, tout
ça pour vous dire que c'est important. Il y a eu des arguments complètement
farfelus qui vous ont été dits :
Ça va ruiner tous les restaurants du Québec. Ça n'a ruiné aucun restaurant
nulle part. Le ministre, tout à l'heure, a dit : Ça se passe dans les autres provinces.
Dans toutes les autres provinces, il y a des cours obligatoires pour les
serveurs, tous, un a un. Vous avez leurs
noms. C'est un cours qui est obligatoire, pas 18 cours, parce que l'article
33, tel qu'il est rédigé, il permet que ce soit n'importe quel cours
pourvu que la régie l'approuve. Partout au Canada, il y a
un seul cours dans chacune des provinces. Vous avez leurs noms dans
notre mémoire.
Par ailleurs, je ne peux pas passer à côté du
fait que vous donnez des pouvoirs additionnels à la régie.
La Présidente (Mme Nichols) :
Il vous reste une minute, M. Sacy. Je vous invite à conclure, oui.
M. Sacy
(Hubert) : Je vais insister
là-dessus, les pouvoirs additionnels à la régie, mais vous ne lui donnez
pas les moyens de les exercer. La régie n'a
pas de recherchistes et la régie dépend des corps policiers pour l'application des lois. Or, quand un corps
policier a une fugueuse à Laval, un Hell's Angels qui règle des comptes, la
mafia qui fait du trafic de crack, pensez-vous
vraiment qu'ils vont aller voir le bar qui donne des
shooters gratos aux filles entre neuf heures et minuit? C'est ça, ce qui
se passe aujourd'hui. Vous devez donner à la régie les pouvoirs de le faire.
Et je vais
insister là-dessus, un dernier élément, sur le prix minimum de l'alcool. 1,70 $, ce n'est pas à cause du projet de loi n° 170, là. 1,70 $, c'est
parce que c'est que les recherches scientifiques ont démontré que ce doit être
le prix plancher pour un verre
standard d'alcool. Mais ça, l'INSPQ vous l'a dit, l'INSPQ va vous le redire. Et
tous les gens de santé publique et de prévention vont venir vous redire
trois choses : donnez des pouvoirs à la régie, rendez les cours
obligatoires pour tous les serveurs — ça se fait partout au
Canada — et
enfin un prix minimum pour l'alcool.
On est à
votre disposition. Et j'aimerais bien que quelqu'un me demande après :
Qu'est-ce que vous auriez aimé dire si vous aviez eu deux minutes de
plus?
La Présidente (Mme Nichols) :
Très bien. On est vraiment désolés. Alors, je vous remercie. M. Sacy, Mme Couturier. Merci pour votre exposé. Nous
allons maintenant débuter la période d'échange, et je cède la parole à
M. le ministre. La parole est à vous pour une période de
12 min 45 s
M. Coiteux :
D'accord. Alors, merci, M. Sacy, merci, Mme Couturier. Alors,
justement, la période d'échange va vous
permettre d'avoir du temps supplémentaire, et donc de vous permettre d'exprimer
peut-être des choses que vous n'avez pas eu le temps d'exprimer ou
d'aller un peu plus loin dans certains arguments.
Je vais juste
ouvrir le bal puis ensuite je vais demander à mon collègue le député de
Jean-Lesage de poursuivre. Mais je
vous écoutais, et on est d'accord. On est foncièrement d'accord. On est
d'accord avec le fait qu'à l'heure actuelle il n'y a pas de formation
obligatoire. Il n'y en a pas à l'heure actuelle. On est d'accord que c'est une
anomalie qu'on doit corriger. On est d'accord, de part et d'autre, sur le fait
que d'autres provinces, peut-être pas toutes, là, selon mes informations, mais, du moins, un certain nombre
d'autres provinces se sont dotées de dispositions favorisant la
formation obligatoire. C'est ce que nos
recherches, du côté de la RACJ, nous montrent. Ce que je comprends également,
c'est que certaines sont allées très loin en termes du nombre de
personnes qui sont requises, mais pas forcément au jour 1, pas forcément au
jour 1. En général, les approches ont été graduelles.
Alors, nous,
on part de zéro puis on veut aller vers une plus grande, une meilleure
formation des employés. Et effectivement
ce qui est proposé dans le projet de loi n'est pas incompatible, un jour, à ce
qu'il y ait une formation obligatoire
de tous les employés. Ce n'est pas incompatible du tout. Ce n'est forcément ce
qu'on souhaiterait faire dans un premier
temps, par contre, parce que je pense qu'il faut commencer en quelque part. Je
pense qu'il faut commencer en quelque
part puis il faut s'assurer qu'en commençant à quelque part on puisse apprendre
et corriger ou ajouter des choses au fur et à mesure qu'on va avancer.
Donc, moi, je
vous entends, et vous semblez dire qu'en quelque
part il y a un désaccord entre
nous. Or, je n'en vois pas.
Honnêtement, je n'en vois pas, de désaccord. Je pense qu'on s'en va dans la
même direction, avec les mêmes objectifs, et on veut concilier, effectivement, comme vous l'avez si bien dit, la
modernisation des lois avec la consommation responsable puis avec une
responsabilisation accrue de ceux qui servent l'alcool.
Alors, je
voulais faire ce commentaire-là puis ensuite donner l'occasion à mon collègue
le député de Jean-Lesage de poursuivre.
La Présidente (Mme Nichols) :
Alors, merci, M. le ministre. Monsieur.
M. Drolet : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Salutations aux collègues et merci de votre confiance pour ce travail-là qui a été, naturellement, travaillé. Et
d'ailleurs, tout à l'heure, j'ai bien aimé mon collègue
monsieur... du Parti québécois, qui, naturellement... de Verchères, qui a parlé du passé, à l'époque où il y a
eu d'autres gestes qui ont été faits pour
en arriver... puis que, malheureusement, ça ne s'est jamais arrivé à une concrétisation
d'avoir un projet de loi pour
réformer des lacunes du passé, et depuis tellement d'années que ce n'était malheureusement
pas travaillé.
Vous
comprenez que je viens de cette industrie-là, puis c'est une industrie que je
connais bien et puis... pour avoir été
de deux côtés, d'avoir été un fournisseur et d'avoir été, de l'autre côté,
propriétaire, et, naturellement, gérant, et serveur dans mes débuts. Alors, vous comprenez que, quand
on est législateurs, on a, naturellement, des suivis... en plus d'être adjoint parlementaire
du ministre des Petites et Moyennes Entreprises. Alors, ça concerne toute cette
industrie-là, alors il fallait les écouter.
Alors, comme on a fait les consultations, nous
avions à écouter, M. Sacy, tous les intervenants. Il y en a eu au-dessus de 30, interventions, incluant la vôtre.
Et le but, c'était d'enlever les irritants, plusieurs irritants que chacun
nous ont adressés en fonction de leur
situation personnelle, et, de votre côté, ça a été naturellement la formation,
particulièrement, qui
était la pierre angulaire de vos propos. Naturellement, vous l'avez témoigné
dans votre exposé tout à l'heure. On a écouté.
On a vraiment fait en sorte qu'à quelque part on ait une participation de notre
projet de loi qui puisse s'adresser... Comme
M. le ministre vient de le dire, on commence quelque part. On commence avec les
propriétaires, ceux qui ont investi
des sous, ceux qui ont des commerces, et où on s'entend qu'aujourd'hui il y a
de plus en plus de mises en situation, de mises en bouche par rapport à
la responsabilité. Puis on s'adresse aussi à des gérants parce que normalement
il y a toujours une personne responsable sur
le plancher pour, naturellement, la bonne suite des choses et non pas
uniquement par rapport à la consommation abusive d'alcool.
Alors, ça a
été reçu quand même favorablement, le fait qu'on ait dit à l'industrie, par la
suite des choses, que nous, on
priorisait aussi une formation comme celle que je viens de vous exprimer parce
qu'on trouvait que ça avait du sens, comme M. le ministre l'a dit, pour
éventuellement, peut-être, en venir à aller plus loin. Et je pense qu'on n'a
pas pu, naturellement, répondre à toutes
leurs demandes non plus, les groupes d'intervention qu'on a eus, parce qu'il y
avait d'autres priorités puis
d'autres choses que nous, on voulait mettre en oeuvre pour être en mesure
d'être capables d'y aller, tout comme vous, avec une certaine rigueur,
mais en même temps une certaine compréhension de tous les autres groupes
d'intervention.
J'aimerais
comprendre un petit peu votre logique aussi dans ce que vous recommandez parce
que vous parlez d'un cas particulier,
un cas particulier que je respecte beaucoup, madame, je vous salue, mais
c'est... En fin de compte, en fait, on
s'entend que ce n'est pas l'ensemble des propriétaires et des gérants
d'établissements qui auraient eu la remarque que vous avez reçue. Vous avez vécu cette situation-là, puis je n'en doute
même pas, et ça, je le respecte. Mais ce n'est pas, quand même, quelque
chose qui se traduit, automatique, partout... qu'une réaction comme ça peut
être dite.
Et vous
comprendrez aussi que l'avenir va garantir... parce que chaque propriétaire a
une responsabilité importante, c'est
de perdre le permis, c'est tout ce que ça assume quand vous voyez les sous qui
sont investis. Puis l'industrie de la restauration,
de l'hôtellerie, de l'alimentation... On ne parle pas juste des restaurants
puis des bars, on parle de tout le monde, là. On parle de l'importance
que ça a dans toutes les régions du Québec pour tous les collègues qui sont ici
présents, qui nous...
On voit là,
d'ailleurs, une tablette éthylomètre, là, qui a fait son test, qui est, en
fait, une très bonne formation en soi.
Pourquoi on douterait de cette pertinence-là à venir, qui va bien? Pourquoi on
paie avec un guichet? On paie maintenant... ils viennent nous voir à la
table avec des machines. Alors, on peut avoir cette responsabilité, en tant que
propriétaire, d'avoir cette petite machine
là pour aider un consommateur qui aurait un doute sur sa consommation.
Alors, ce n'est pas évident d'appliquer une particularité, comme vous l'avez
dénoncé.
Alors, ma question. Pour moi, je pensais qu'il
serait préférable de mettre argent et énergie à promouvoir la consommation responsable à l'ensemble de la
population. Pourquoi on ne pourrait pas penser que ça, ça serait aussi
un outil important, comme on le fait déjà,
comme Éduc'alcool le fait déjà? Mais pourquoi exiger de rendre obligatoire
une formation, en l'occurrence la vôtre, et
non l'initiative des autres groupes, de formations qui pourraient peut-être
exister? Parce que moi, en tant que
responsable, je suis capable de donner à des gens des responsabilités
importantes... que ce que madame a
vécu, alors, si je suis directeur ou propriétaire d'un restaurant. Alors,
maintenant, je vous répète ma question : Pourquoi uniquement la
vôtre?
La Présidente (Mme Nichols) :
La parole est à vous, M. Sacy.
M. Sacy
(Hubert) : Alors, merci de votre question. M. le ministre, nous allons
dans la même direction, vous avez raison.
Entre Montréal et Québec, vous arrêtez à Saint-Hyacinthe. Nous autres, on est
arrivés à Québec. C'est ça, la différence. Et ce qu'on vous dit, c'est que, dans toutes les autres provinces, à
l'exception peut-être du Nouveau-Brunswick, et je peux même vous donner le nombre des cours de chacune
des provinces, c'est la formation obligatoire pour tout le monde qui
sert de l'alcool. Pourquoi? Parce que la loi
existe déjà et elle interdit déjà de servir de l'alcool aux personnes qui ont
trop bu. On les aide à remplir leur obligation
légale en leur demandant de rendre le cours obligatoire. D'abord, vous dites
«le nôtre». Ce n'est pas le nôtre,
là, c'est l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec, c'est le seul cours
sérieux. Nous, on les a soutenus,
dans le sens qu'on les a financés, on leur a donné les sous pour faire le
cours. La Régie des alcools, des courses et des jeux les avait aidés pour faire la
partie des obligations légales et réglementaires. C'est le cours de
l'État québécois. Pourquoi un cours? Parce qu'il y a, partout où c'est
appliqué, un seul cours. Il y a un seul Code de la route. Bien sûr, il y a
200 écoles de conduite. L'ITHQ accrédite des formateurs.
Comprenez-moi
bien, St-Hubert, qui est une chaîne de restaurants, a son propre service de
formation et St-Hubert peut faire
accréditer ses propres formateurs pour donner Action Service. Et donc vous me
dites qu'un propriétaire qui veut se
faire accréditer comme formateur, il se fait accréditer comme formateur.
Qu'est-ce qui est important? Que ce soit le même cours et que ce soit le même examen parce qu'il a un examen à la
fin et la même certification. De même, vous avez un Code de la sécurité
routière, plein d'écoles de conduite qui sont capables de donner ce cours-là,
et un examen de conduite à l'autre bout. Un permis de servir, pour un serveur,
c'est la même chose qu'un permis de conduire pour un conducteur. Ce n'est pas
une contrainte épouvantable. Vous avez des patrons qui veulent se faire
accréditer comme formateurs eux-mêmes. Il
n'y a pas de problème. On a des écoles d'hospitalité privées qui ont demandé à
être accréditées pour donner Action
Service et elles donnent Action Service. L'ITHQ fait le contenu pédagogique,
fait passer l'examen et donne la
certification. C'est facile, c'est court, c'est pratique. Ça n'impose rien de
nouveau. On devrait nous remercier d'offrir ce cours-là parce que ça
aide les gens à remplir leurs obligations.
Je ne sais
pas si je suis suffisamment clair, là. Si vous avez d'autres questions sur la
technique, etc., ça va me faire plaisir de vous répondre. Mais ce que je
veux vous dire, c'est que quelqu'un à Matagami, il a 12 employés, il se
fait accréditer lui-même, il leur donne
Action Service, les gars passent l'examen, ils ont leur certification, merci,
bonjour, c'est facile.
Ça se fait dans toutes les provinces, sauf au Nouveau-Brunswick, vous allez
m'excuser, où il est facultatif, et c'est
tout. Et toutes les autres, je peux même vous donner leurs noms, le nom des
cours qui sont là-bas, mais je veux garder du temps parce que vous le
lirez, tout est écrit dans notre mémoire.
La Présidente (Mme Nichols) :
Alors, M. le député de Jean-Lesage, il vous reste deux minutes.
M. Drolet :
Merci, Mme la Présidente. M. Sacy, vous comprenez que... Je vous ai dit en
intervention tout à l'heure, au début
de mon intervention, qu'on avait rencontré 30 groupes d'intervention. Vous
nous parlez de votre situation à vous versus
l'obligation... En fonction, naturellement, du grand respect que j'ai pour
Educ'alcool, mais on a aussi à travailler avec d'autres interventions qui sont les propriétaires, qui sont ceux
qui ont, à tous les jours, des obligations autres, de toute autre nature que ce soit, pour être capables de
donner à leur clientèle un certain service. Vous comprenez que ce n'est
pas tout du personnel régulier. Il y a du
personnel temporaire, du personnel saisonnier, du personnel étudiant, une
pénurie de main-d'oeuvre en ce moment qui est difficile.
M. le
ministre a dit tout à l'heure qu'il allait y avoir, naturellement, au fur et à
venir, des améliorations, faire en sorte
que peut-être que, quelque part, on en arrivera à une solution exemplaire.
Mais, pour le moment, on doit, nous aussi, respecter et écouter l'ensemble de nos intervenants pour être en mesure
de partir quelque part avec un sens et par la suite en arriver à aller peut-être plus loin. Mais, pour
le moment, on calcule que c'est important, ce que l'on fait comme
gestes. Et, je vous répète de nouveau, votre
formation, si vous me la dites, moi, puis je la suis avec... est-ce que je
suis, en mesure de ce que j'ai fait
dans le passé, d'être capable de la transmettre pas mal à 90 % tel que
vous allez le faire? Parce que la responsabilité
de l'alcool, c'est assez visible, alors vous comprendrez bien... Puis je viens
de vous dire qu'il y a d'autres façons
qui pourront être mises en place par les propriétaires qui sont conscientisés à
cela. Alors, vous doutez, comme tel, un petit peu du... Moi, c'est ce
que je sens, c'est que vous avez la vérité puis personne d'autre ne l'a. Alors,
ça, c'est malheureux. J'ai 30 autres personnes que j'ai eu à écouter.
La Présidente (Mme Nichols) :
Alors, M. Sacy, en 25 secondes.
M. Sacy (Hubert) :
Pardonnez-moi, là, mais, non, on n'est pas en possession de la vérité. On n'est
pas en possession de la vérité du tout. On
dit humblement que la recherche scientifique a démontré que c'étaient des
programmes efficaces. On dit humblement que ça marche dans toutes les
provinces. Dans toutes les provinces, il y a des taux de roulement du personnel. Je rappelle humblement que
ça dure deux heures quand on le suit sur le Web, deux heures. Je
rappelle humblement... Au fond, je vais vous poser une question. Vous
dites : Les propriétaires...
Présidente (Mme Nichols) : En fait, je m'excuse de vous
interrompre. Peut-être que vous pourrez continuer la conversation avec
le député de l'opposition puisque le temps de la
partie gouvernementale est
écoulé.
M. Sacy (Hubert) : Comme vous
voulez, madame, pas de souci.
Présidente (Mme Nichols) : Alors, je passe maintenant la parole
au député de Verchères pour une période de 7 min 39 s
M. Bergeron : Concluez donc
votre intervention, M. Sacy, dans un premier temps.
La Présidente (Mme Nichols) :
Voilà.
M. Sacy
(Hubert) : Je veux conclure
avec une question. Y
a-t-il quelqu'un ici, autour de la
table, qui enverrait ses enfants dans
une école où seul le directeur a son brevet pédagogique, mais aucun des profs? S'il y a quelqu'un qui enverrait ses enfants à une école comme ça, là, c'est un peu
ça, ce que fait l'article 33 du projet de loi. Toute chose étant égale
par ailleurs, évidemment, on se comprend. Je prends juste un exemple. Je vous
répète, si c'était un cours compliqué, complexe,
long, coûteux, on n'aurait pas dit ça. Et on n'est pas tout seul à le dire. Les
mères contre l'alcool au volant vont venir
vous dire la même chose. L'Association de santé publique du Québec va vous dire
la même chose. Jean-Sébastien Fallu,
qui est un expert, va vous dire la même chose. L'INSPQ va probablement vous
dire la même chose. Tous les gens qui se
préoccupent du bien commun, de la santé et de la sécurité publique vont vous
dire cela. Et tous les gens qui défendent les profits privés vont vous dire le contraire. Le choix que vous avez à
faire, c'est entre les profits privés et l'intérêt public.
La Présidente (Mme Nichols) :
Merci. M. le député de Verchères.
M. Bergeron :
Merci, Mme la Présidente. Alors, M. Sacy et Mme Couturier, bonjour.
M. Sacy, je pense qu'il n'y a personne autour de cette table qui
doute de votre engagement en faveur de la sécurité publique et de la santé publique. Moi, j'ai eu l'occasion de vous côtoyer
depuis nombre d'années. À l'époque, j'y faisais référence il y a quelques
instants, à l'époque où j'étais porte-parole de l'opposition officielle en
matière de sécurité publique dans le précédent gouvernement libéral... à l'époque du précédent gouvernement libéral, on
avait eu l'occasion d'échanger ensemble lorsque ce gouvernement avait jonglé avec l'idée d'abaisser le taux d'alcoolémie
de 0,08 à 0,05. Fort heureusement, on n'était pas allé de l'avant. Nous nous étions opposés comme
vous à cette mesure. Et aujourd'hui vous venez nous voir pour nous sensibiliser à nouveau à un certain nombre de
choses dont vous nous aviez parlé à l'époque, notamment en ce qui
concerne la formation
dans les bars, les restaurants. Et je dois dire que j'admire votre constance,
votre persistance et votre détermination à faire passer le message parce
que, manifestement, le message peine à passer.
dois dire, M. Sacy, que j'ai reçu récemment deux communications de votre
part m'invitant à une rencontre. Et, dans le rythme affolant de notre
vie parlementaire, je n'ai pas encore eu l'occasion de répondre positivement à
cette invitation. Mais, comme il n'est
jamais trop tard pour bien faire et comme le projet de loi n'est pas encore
adopté, nous nous reprendrons assurément au cours des prochains jours,
M. Sacy.
la question de la formation principalement, puisque c'est l'un des éléments
centraux de votre mémoire et de votre intervention, mais il y en a
d'autres, puis je vais y revenir dans un instant, sur la formation, j'ai eu
l'occasion d'échanger brièvement avec le
ministre... parce que moi aussi, j'ai pu parler avec d'autres intervenants qui,
je crois, sont prêts à aller un peu
plus loin que ce que le projet de loi propose. Le projet de loi propose les
titulaires et les gérants. Les restaurateurs,
du moins ceux avec qui j'ai parlé, seraient d'accord éventuellement à ce qu'on
aille aussi loin que de dire qu'il
faut qu'il y ait en tout temps sur le plancher quelqu'un qui a la formation. Le
ministre parle de fonctionner par étapes, ce serait, quant à moi, la marche minimale sur laquelle il faudrait
s'appuyer pour éventuellement aller plus loin, parce que je pense
qu'éventuellement il faut aller plus loin puis je pense que l'industrie sait
qu'éventuellement il faudra aller plus loin.
Mais,
comme je le disais tout à l'heure, il faut procéder par étapes pour assurer une
transition qui soit correcte. Moi, je
pense que la marche minimale, c'est de s'assurer qu'il y ait toujours, en tout
temps, sur le plancher, quelqu'un qui ait cette formation puis qui soit en mesure d'intervenir, le cas échéant.
C'est le cas, on me le signalait, du côté de l'industrie de la restauration, c'est le cas pour d'autres
formations où il y a cette exigence qu'il y ait toujours une personne sur
le plancher qui ait cette formation. Alors,
on pourrait simplement faire du copier-coller, ce ne serait pas compliqué. Il
s'agit simplement d'avoir la volonté d'aller de l'avant.
Vous
me permettrez de revenir sur le point d à la page 19, l'adoption
d'amendements au règlement pour y inclure minimalement les dispositions du code d'éthique de l'industrie
québécoise des boissons alcooliques, notamment l'interdiction du sexisme, et l'exploitation de la sexualité dans
la publicité, et les promotions des boissons alcooliques des restaurants
et des bars. Bon, on sait que les publicités
en matière de bière n'ont pas été toujours très exemplaires de ce côté-là. Et
je salue cette recommandation qui
peut apparaître un peu inusitée, mais qui m'apparaît tellement importante. Et
ce qui est sous-jacent à cette
recommandation-là, puis vous me direz si je fais erreur, puis sous-jacent à la
recommandation principale... précédente,
dis-je, sur le prix minimum de 1,70 $ le verre standard, c'est éviter les
«ladies' nights» où on offre gratuitement des consommations aux dames
pour attirer ces messieurs, qui viennent...
M. Bergeron : Oui. Bon, alors, j'aimerais que vous élaboriez
sur ce que je viens d'évoquer, M. Sacy. Mme Couturier, vous opiniez du bonnet. J'imagine que vous en avez
vu une puis une autre de cette nature-là. Alors, peut-être nous éclairer
à ce sujet.
La Présidente
(Mme Nichols) : Et voilà, pour un temps de
1 min 40 s.
M. Bergeron :
Aïe, aïe, aïe! Ça passe donc vite!
La Présidente
(Mme Nichols) : Oui, je sais, ça passe vite.
M. Bergeron :
Je suis désolé.
M. Sacy
(Hubert) : Oui, c'est vrai, je vous ai harcelé. Vous étiez dans
l'opposition ou comme ministre, je vous ai harcelé là-dessus...
M. Bergeron :
C'est correct.
M. Sacy
(Hubert) : ...parce qu'on y croit, et c'est important. Puis j'ai
offert de toute façon à tout le monde ici des rencontres, peu importe le
parti dans lequel ils sont.
que je veux vous dire, c'est ceci : Tant mieux si vous, vous vous rendez
jusqu'à Drummondville. Le ministre se rend
jusqu'à Saint-Hyacinthe, vous vous rendez jusqu'à Drummondville. Nous, on pense
que c'est important de se rendre à Québec,
et le plus tôt sera le mieux parce que la relation, elle est directe entre le
client et le serveur. C'est là que ça se passe, ce n'est pas ailleurs.
Je vais arrêter de parler de ça parce que tout l'argumentaire est ici.
dont je veux vous parler, parce qu'il y a deux autres points qui sont
fondamentaux, l'industrie québécoise des boissons alcooliques s'est
elle-même dotée d'un code qui interdit le sexisme dans la publicité et dans la
promotion. Aujourd'hui, là, c'est le bar
ouvert. Ce que vous avez décrit, ça s'appelle, dans le langage grossier des
bars, et pardonnez-moi de le dire en
anglais, parce que c'est comme ça que ça se dit, le «meat market». On fait
venir des filles en leur donnant de
l'alcool gratuitement, ce qui est totalement illégal, mais je vous répète,
quand bien même tu le rapportes à la régie, le temps que la régie envoie le corps policier, qui, lui, s'occupe d'autres
choses, etc., là, «just too bad», c'est terminé. Et on les attire là. Les jeunes femmes au Québec sont
rendues à boire de manière excessive, quasiment au niveau des jeunes
hommes, et il y a des raisons à ça.
Le Québec, on
était les meilleurs au Canada pour ce qui est de la consommation modérée
d'alcool il y a 10 ans. Moi,
j'ai reçu l'Ordre national du Québec. Quand M. Charest me l'a donné, il a
dit : Grâce à Éduc'alcool — il nous en a donné un peu trop, là, on n'en méritait pas
tant — mais,
grâce à Éduc'alcool, c'est au Québec qu'il y a la meilleure relation à
l'alcool, et on est les champions de la modération au Canada. C'était vrai.
Aujourd'hui, on est les avant-derniers. Il y
a juste Terre-Neuve derrière nous. Pourquoi
ça? Parce que les lois sur l'alcool sont complètement laxistes,
parce que n'importe qui fait n'importe quoi. Deux
journalistes du Journal de
Montréal sont allés faire cinq
bars, ont pris leurs clés et ont montré aux barmans qu'elles allaient
prendre leurs clés. Elles ont pris 26 verres...
La Présidente (Mme Nichols) :
Je suis désolée de vous interrompre.
M. Sacy (Hubert) : ...et elles
ont pu le faire.
Présidente (Mme Nichols) : Peut-être qu'on peut continuer l'échange avec le député de Beauce-Nord de la...
M. Sacy (Hubert) : Donc, oui,
arrêter le sexisme, interdire le sexisme.
La Présidente (Mme Nichols) :
M. Sacy, je m'excuse, je dois contrôler le temps.
M. Sacy (Hubert) : Non, ça va.
La Présidente (Mme Nichols) :
Donc, je suis vraiment désolée, je dois passer...
M. Sacy (Hubert) : Pas de
souci.
Présidente (Mme Nichols) : Vous savez, tout le monde veut avoir plus de temps pour les échanges, et je
dois contrôler le tout serré.
Donc, je passe la parole au député de Beauce-Nord,
de la deuxième opposition.
M. Spénard : Merci,
Mme la Présidente. À mon tour, je veux vous souhaiter la bienvenue,
M. Sacy et Mme Couturier. Moi,
j'ai deux, trois petites questions rapides, là. Pourquoi quatre heures en
formation directe et seulement deux
heures sur le Web? Est-ce qu'il y a une différence entre les deux, ou si c'est
juste qu'il y a un break entre les deux, ou qu'il y a une
interaction?
Mme Couturier
(Valérie) : Je peux même
répondre, je suis à l'université en
même temps puis je suis mon
cours en ligne présentement, puis les cours en ligne sont la moitié du temps de ce que sont... Pourquoi?
Parce qu'en ligne souvent on va reculer. Ça fait que peut-être que, oui, le
cours en ligne, quand tu le suis à la suite de l'autre, va être deux heures,
mais souvent on va reculer, on va reprendre
des notes, ça fait que ça revient à quatre heures. C'est la même chose à
l'université, les cours en ligne sont toujours plus courts que si je vais à
l'école.
M. Sacy
(Hubert) : Je ne suis pas expert en pédagogie, mais ce que je peux
vous dire, c'est que, lorsqu'il y a un cours
de formation donné par un formateur, ils sont sept, huit, neuf, 10, 11, 12. Il
y a des questions qui se posent, il y a plus d'interaction avec les autres. Quand on est en ligne, on est en
ligne, on le fait à son propre rythme. Il y en a qui le font peut-être en 2 h 30 et d'autres, en
1 h 30, mais c'est le même contenu, c'est le même examen, c'est la
même certification.
M. Spénard :
O.K., je vous prends au mot. Tout à l'heure, ça m'a surpris, là, c'est rendu
qu'au Québec les femmes boivent autant que les hommes, en tout cas...
M. Sacy (Hubert) :
Pratiquement.
M. Spénard :
Oui. C'est quoi, le problème? Elles ont le droit de boire autant que les
hommes. Faut-il qu'elles boivent
moins? C'est quoi, la logique de cette affirmation-là, que les femmes boivent
quasiment autant que les hommes au Québec maintenant? C'est leur droit
le plus fondamental. Si elles veulent boire, qu'elles boivent, c'est tout, tu
sais. C'est quoi? Il faudrait que les femmes boivent moins?
M. Sacy
(Hubert) : Alors, oui, malheureusement, l'alcool est sexiste.
Biologiquement parlant, une femme peut prendre
moins d'alcool qu'un homme pour s'intoxiquer. Ce n'est pas de ma faute, c'est
juste parce que c'est le bon Dieu qui a créé ça comme ça. Et donc vous
avez un médecin ici qui pourra vous le confirmer, là.
Le truc, ce
que j'ai dit, c'est que les femmes consomment désormais pratiquement — pas tout à fait encore — de manière
excessive autant que les hommes consomment de manière excessive. Et consommer
de manière excessive, c'est dépasser
les limites recommandées pour la santé. Je ne veux pas rentrer dans le détail
de ça, je vais vous laisser le temps pour
discuter, mais, fondamentalement, c'est essentiellement ça. La situation au
Québec, pour ce qui est du dépassement des limites, se détériore. On
était les champions de la modération au Canada, on est les avant-derniers
maintenant.
M. Spénard :
Vous parliez aussi d'augmenter les prix entre... En tout cas, vous faites
une... 1,70 $ le verre, puis présentement
vous dire qu'on peut... on peut payer aussi peu que 0,75 $ le verre, ça
veut dire une augmentation de 100 %, ça, de la manière que j'ai lu dans votre rapport, une augmentation de
100 % sur le verre d'alcool qu'on va consommer. Ça
me surprend aussi parce que vous savez que la Coalition avenir Québec,
l'augmentation de taxes, de tarifs, on est contre ça.
Alors,
moi, ça me surprend un peu de voir ça parce qu'on part d'aussi peu que
0,75 $ à 1,70 $ le verre d'alcool, le verre de bière ou je ne sais pas, là, mais je trouve ça exagéré comme
recommandation, d'augmenter autant les prix, sachant très bien que plus on augmente, à un moment donné,
plus il se crée un marché noir ou plus il se crée de l'interprovincial
sur l'achat de boisson ou même au sud de la frontière.
Alors, vous, c'est
votre recommandation quand même?
M. Sacy
(Hubert) : Je veux distinguer deux choses. Ce dont on parle, c'est le
prix minimum. Ce n'est pas le... Une
bouteille de vin qui coûte 11 $, là, ce n'est pas de ça qu'on parle, là.
On parle de la bouteille de vin que vous pouvez acheter à la SAQ
aujourd'hui qui coûte 4,50 $ ou 5 $. On parle des...
prix plancher, ça ne veut pas dire que tu vends tout le reste en haut, là. Ça
veut dire que tu ne vends pas l'alcool à moins de tel prix. Pourquoi? Les gens de l'INSPQ, qui ont fait la
recherche scientifique là-dessus, je pense qu'ils sont invités à venir à la commission parlementaire, ils
vont vous répondre infiniment mieux que moi. Nous, on prend ce que les recherches disent et on vous les transmet. Et on
essaie de vous dire juste que c'est important qu'il y ait un prix
plancher parce que les gens qui réagissent
le plus... Je vais vous le dire, honnêtement, vous puis moi, là, si ça augmente
de 0,50 $, ça ne va rien changer à notre vie. Mais les jeunes, par
exemple, et les personnes les plus vulnérables, eux, la recherche a démontré
que c'est eux qui réagissent le plus à ça. Et on ne dit pas qu'il faut
augmenter de manière considérable, là, simplement dire qu'il ne faut pas
descendre en bas de ça.
Au passage, nous sommes en excellente compagnie,
je ne sais pas s'ils vont venir ici, mais demandez à l'association des distillateurs du Québec, ils revendiquent un
prix minimum pour l'alcool. Vous demanderez à l'Association des
brasseurs du Québec, ils revendiquent aussi un prix minimum pour l'alcool. Nous
sommes en excellente compagnie là-dessus.
La Présidente
(Mme Nichols) : Alors, il vous reste à peine un 15 secondes.
M. Spénard :
Ah! merci beaucoup, Mme Couturier, M. Sacy, s'il vous reste juste 15
secondes.
Présidente (Mme Nichols) : Merci. Très belle conclusion, M. le
député. Alors, je passe la parole maintenant au député de Mercier pour
un temps très court de 2 min 30 s.
M. Khadir :
Très bien. Je ne peux pas contribuer à la compréhension pourquoi c'est
différent chez la femme et chez
l'homme, la métabolisation de l'alcool, mais c'est bien connu que le
métabolisme de plusieurs substances toxiques est différent suivant le sexe, étant donné les différences biologiques
entre les deux sexes. Quel est, maintenant, le rôle particulier du foie
ou d'autres enzymes dans tout ça? Je ne pourrais pas le dire.
M. Sacy,
j'ai eu l'occasion de vous l'affirmer dans la rencontre qu'on a déjà eue
là-dessus, pour nous, vos recommandations
sont très recevables, puis il faudrait vraiment prendre tous les moyens, pour
reprendre votre analogie, d'arriver
enfin à Québec. Je pense que c'est plus que temps. Je regrette que mes
collègues, parfois mon collègue de Jean-Lesage, ne distinguent pas entre... Oui, il y a eu des représentations
de la part de toutes sortes de groupes, mais notre rôle, notre rôle comme députés, c'est un rôle d'intérêt
collectif, bien public. Donc, lorsqu'il y a une représentation de la
part de groupes qui font la promotion et les
plaidoyers pour des droits sociaux ou des critères de protection publique,
c'est bien différent que lorsqu'il y
a des représentations, qui sont légitimes, mais de la part d'intérêts privés
qui veulent préserver leurs intérêts
privés. Et notre rôle est de faire une distinction et de toujours s'assurer que
les intérêts privés n'empiètent pas de manière
indue sur la sécurité du public, sur le bien collectif. Et donc il n'y a aucun
problème pour vous, comme législateurs, de dire : Oui, on vous a entendu, mettons, les restaurateurs, les
producteurs d'alcool, les vendeurs d'alcool, mais, étant donné ceci et
cela, nous sommes... bon.
Donc, ma question
pour...
La Présidente
(Mme Nichols) : Une minute, M. le député de Mercier.
M. Khadir :
Oui, oui. Ma question pour M. Sacy est la suivante : Donc, vous
pensez que, dans le cours qu'il y a actuellement...
Étant donné vos questionnements sur le rôle qu'on fait jouer à l'alcool à
travers le sexisme qu'il y a dans certaines
pratiques dans les bars pour attirer la clientèle et augmenter leur
consommation, est-ce que vous pensez que le cours qui est donné aux serveurs peut être accompagné d'éléments de
prévention également en matière de, par exemple, agression et violence
sexuelles?
La Présidente
(Mme Nichols) : En 15 secondes, M. Sacy.
M. Sacy
(Hubert) : Ça n'est pas le cas actuellement, mais ça peut le devenir.
Voilà, ça a pris cinq secondes.
La Présidente
(Mme Nichols) : Merci d'avoir respecté...
Une voix :
Est-ce que vous me donnez 10 secondes? On a fini?
Présidente (Mme Nichols) : Écoutez, le temps est écoulé,
malheureusement, je suis vraiment désolée. Mais rien ne vous empêche de
consulter les différents collègues, là, en dehors de la présente période.
Donc, M. Sacy et
Mme Couturier, je vous remercie beaucoup pour la contribution à nos
travaux.
Et la commission va suspendre jusqu'à 15 h 30.
(Suspension de la séance à 11 h 47)
Le Président (M. Auger) : À
l'ordre, s'il vous plaît! La Commission des institutions reprend ses travaux.
Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la
sonnerie de leurs appareils électroniques.
Nous
poursuivons les consultations
particulières et auditions publiques
sur le projet de loi n° 170, Loi
modernisant le régime juridique applicable
aux permis d'alcool et modifiant diverses dispositions législatives en matière
de boissons alcooliques.
Nous...
entendrons, pardon, cet après-midi les organismes suivants : premièrement, l'Association
des marchands dépanneurs et épiciers du Québec, l'Association des
microbrasseries du Québec et l'Union des producteurs agricoles du Québec.
Je souhaite maintenant la bienvenue aux
représentants de l'Association des marchands dépanneurs et épiciers du Québec. Je vous rappelle que vous avez
10 minutes pour votre présentation. Par la suite, il y aura une période
d'échange avec les trois groupes parlementaires. Dans un premier temps, bien vouloir vous identifier et, par la suite,
vous pourrez commencer votre présentation.
M. Servais
(Yves) : Donc, merci
beaucoup, M. le Président. Bonjour. Bonjour, M. Coiteux, bonjour à
M. Drolet et aussi les autres députés, M. Spénard, les autres députés
de l'Assemblée nationale. Je me présente, mon nom est Yves Servais. Je suis directeur général pour l'AMDEQ,
l'Association des marchands dépanneurs, et, à ma droite, M. Odina
Desrochers, qui est responsable des relations intergouvernementales pour
l'association.
Un petit mot
vitement sur l'association. L'AMDEQ, c'est un regroupement de dépanneurs
indépendants. On est tout près de
1 000 propriétaires de dépanneurs indépendants au Québec, donc c'est
important de faire la différence entre les
dépanneurs des grandes chaînes coopératives, corporatives et les pétrolières,
et les dépanneurs indépendants. Donc, nous,
on est là pour rendre des services aux membres, pour faire de la représentation
politique puis en même temps aussi s'occuper de formation. On est un
regroupement d'achats également.
Donc, si on
aborde tout de suite le projet de loi comme tel, juste peut-être un petit
historique vite, puis le premier mot
que je pourrais vous dire, c'est : Enfin! Enfin, on est ici présents parmi
vous, parce que ça fait au-dessus de sept ans qu'on fait des représentations politiques sur la réglementation puis la
Loi sur les permis d'alcool. Ça a commencé en 2011, lorsque la RACJ avait commencé certaines
consultations, et, à ce moment-là, on avait été entendus. Déjà là, on avait
des demandes et des préoccupations à faire
au gouvernement pour régler certaines problématiques, certaines contraintes
et certains irritants qu'on retrouvait dans la
Loi sur les permis d'alcool.
Il y a eu un projet de loi aussi qui a été
déposé en 2012, mais qui n'a pas été finalisé parce qu'on est partis en
élections, un projet de loi présenté par M. Robert Dutil, député libéral
de la Beauce, si je ne me trompe pas. Et après ça il y a eu M. Poëti aussi. Lorsqu'il était dans l'opposition, il
avait présenté un projet de loi privé, mais qu'il n'a pas eu le temps de
présenter parce qu'on s'en allait en élections.
présentement, bien, on s'en va en élections pour l'automne, mais on est
contents que M. Coiteux ait donné le mandat à M. Drolet, l'année dernière, d'entreprendre une consultation
pour finalement revoir la problématique de l'alcool au Québec puis de la
commercialisation de l'alcool au Québec.
Donc,
M. Coiteux, merci pour la décision d'avoir lancé les consultations puis
d'avoir mis en place la commission parlementaire
ce printemps pour s'assurer que le projet de loi soit adopté d'ici
l'ajournement de la session parlementaire. Merci aussi à M. Drolet de nous avoir écoutés, de nous avoir montré
beaucoup d'écoute puis d'attention dans nos demandes.
Donc, je ne
vous le lirai pas parce que ça risque d'être trop long, ça fait qu'on va
aborder tout de suite nos attentes et
nos préoccupations. Premièrement, si on y va avec la prolongation des heures
d'opération du permis d'épicerie, c'est sûr que lors des consultations, lorsqu'on avait été entendus, on avait
demandé, nous, une prolongation ou une extension des heures d'ouverture ou d'opération de nos permis d'environ, à peu
près, trois heures pour une journée. C'est-à-dire on commençait plus tôt le matin, dès
7 heures, pour peut-être pouvoir vendre jusqu'à 1 heure le matin.
C'était notre position initiale, ça l'est encore. Par contre, on le sait
que c'est une position qui pouvait être difficile de faire entendre ou de représenter auprès d'autres organisations. Et le
point principal, pour nous puis pour nos membres, d'ailleurs, qui ont
été consultés, on demandait de pouvoir débuter la vente des produits
alcooliques dès 7 heures le matin.
Donc, compte
tenu que ce point-là se retrouve dans le projet de loi que M. Coiteux a
déposé, on est satisfaits quand même.
Ça fait que, pour ce qui est de l'extension plus tard en soirée, on le verra
peut-être à un autre tantôt, mais, compte tenu que le projet de loi reconnaît ou va reconnaître la possibilité de
vendre des boissons alcooliques dès 7 heures le matin, on est
satisfaits.
Pour nous, ça
représentait une contrainte, un irritant pour nos détaillants parce que
souvent, en particulier pour les régions,
lorsque les gens vont à la pêche, à la chasse ou encore vont au chalet, ils se
présentent de bonne heure dans nos commerces
pour acheter leurs caisses de bière pour emmener, pour passer la fin de semaine
avec eux, ils se présentent à 7 heures, mais
on leur dit : On ne peut pas vous en vendre, ça commence à 8 heures
seulement. Mais à ce moment-là, souvent, les consommateurs sont irrités, puis ils vont
sacrer un 40 $ sur le comptoir,
puis ils vont s'en aller avec la caisse de bière, même si... On ne commencera pas à courir après, là. Donc,
c'est pour ça qu'on demandait, là, une prolongation plus tôt le matin.
On passe maintenant
au deuxième point. Là aussi on est satisfaits parce que, je pense que c'est en
2011, on avait également porté à l'attention de la RACJ un règlement qui
existe depuis des années, là... Odina?
M. Desrochers (Odina) : ...
M. Servais
(Yves) : ...je pense, depuis
1984 au niveau de l'obligation d'installer un dispositif empêchant
l'accès aux produits alcooliques en dehors
des heures d'opération de nos commerces. Ça veut dire qu'après 11 heures
le soir tous les détaillants ou les
titulaires de permis d'épicerie devaient, dans leurs commerces, barrer toutes
les chambres froides, avoir un
dispositif qui empêche l'accès aux produits alcooliques dans des grands
frigidaires ouverts. Ou encore, vous avez certaines épiceries ou certains dépanneurs qui ont des présentoirs à vin
dans la
section des viandes, des présentoirs à vin dans la
section du fromage et un paquet d'autres
«displays» de bière ou de vin dans leurs commerces. Des fois, c'est des «displays» de bière qui sont à
huit pieds de hauteur. Ça fait que tous ces «displays» là, tous ces
frigidaires-là devaient être cadenassés, enveloppés, ceinturés. Ça fait
que, dans le contexte où le consommateur aujourd'hui peut avoir accès au commerce alimentaire 24 heures sur 24, là,
que ce soit en dépanneur ou que ce soit en épicerie, pour nous autres,
c'était un irritant. Ça fait que c'est pour
ça qu'on demandait l'abrogation de ce règlement-là. Et, si j'ai bien lu le
projet de loi, on ne retrouve plus
maintenant cet élément-là. Donc, à ce niveau-là, on est également satisfaits
que le gouvernement ait abrogé ce règlement.
Maintenant,
on veut dire aussi un mot sur les dégustations en magasin, les dégustations de
bière ou de vin, mais, dans notre
cas, c'est beaucoup de bière. On sait que l'article 31 nous permet de
faire des dégustations en magasin. Le projet de loi le spécifie, puis la loi actuelle le reconnaît aussi. Par contre,
au niveau des règlements, il y a des règlements qui viennent conditionner le droit de faire des
dégustations dans nos commerces ou chez les titulaires de permis
d'épicerie, puis, dans ces règlements-là, il y a un règlement qui existe, qui,
bien qu'on ait le droit de faire des dégustations, cette disposition-là nous
empêche de le faire en toute légalité parce que, premièrement, la dégustation
doit être faite par un fabriquant des
produits alcooliques en question. Ça veut dire qu'il y ait un représentant de
la compagnie de bière ou de la microbrasserie qui vienne de chez nous
pour faire de la dégustation ou encore, sinon, bien, on passe par une agence indépendante qui vient faire de la dégustation
dans nos commerces. Ça fait que vous comprendrez que la plupart de ces dégustations-là ont lieu, bien souvent, en fin de
journée, début de soirée ou encore le samedi, puis il n'y a pas une compagnie
de bière qui va nous envoyer un
représentant, compte tenu du temps, compte tenu des frais, qui va envoyer un
représentant dans nos commerces faire une
dégustation. Donc, on a déjà essayé dans le passé, puis ils n'ont pas l'argent
puis ils n'ont pas le temps pour
faire ces dégustations-là. Puis passer par une agence, c'est beaucoup de
paperasse, et il faut s'y prendre d'avance, puis c'est des frais aussi
encore plus importants à ce moment-là.
Donc, nous, ce qu'on aimerait lorsque le projet
de loi sera adopté, vous avec la régie, peut-être regarder les règlements, on aimerait l'abrogation ou le retrait
de cet article-là. Je pense que c'est l'article 12, alinéa ou
paragraphe 4° de la réglementation sur la publicité et les promotions.
Donc, ça, c'est un irritant, c'est une contrainte.
Puis les dégustations comme on fait dans nos
commerces sont très appréciées... bien, appréciées, oui, par les détaillants, mais très appréciées aussi par les
consommateurs, de pouvoir goûter aux nouvelles bières qui rentrent sur
le marché. Puis d'ailleurs, dans le passé,
l'AMDEQ, comme on faisait beaucoup de promotion pour les aliments du
Québec, souvent, nos membres faisaient de
dégustations de microbrasseries du Québec, mais on le faisait en toute
illégalité parce que... c'est à cause de cette contrainte-là, puis on
aimerait voir ce règlement abrogé.
La formation.
J'aimerais dire qu'on a été surpris un peu de voir cet élément-là dans
l'article de loi. On avait entendu parler
de formation dans le passé, mais la formation touchait strictement... quand on
parlait de formation, on parlait des bars puis des restaurants. Maintenant, le projet de loi ratisse un peu plus
large, et on ne précise pas le type de permis. Ça fait que, si, nous, en
tant que titulaires de permis d'épicerie, on nous oblige à suivre une formation
sur la vente responsable ou la consommation responsable, moi, je n'ai pas de problème
avec ça comme tel. Là, où j'ai des problèmes, c'est que l'AMDEQ... nous, on a été proactifs. Depuis 2010‑2011,
on a une formation qui est en vigueur actuellement, une formation
en ligne pour nos membres, pour la vente
responsable des produits du tabac, pour la vente responsable de l'alcool et
de la loterie. Ça fait que c'est une formation
en ligne qui dure à peu près 50 minutes. Et donc, oui, si vous pensez
mettre quelque chose de l'avant pour la consommation responsable, moi,
je n'ai pas de problème, mais il faudrait qu'on puisse l'inclure
dans notre formation pour que notre formation soit également reconnue.
Le Président (M. Auger) : Juste
un instant, M. Servais. Le temps prévu est déjà écoulé. M. le ministre.
Le Président (M. Auger) :
Excellent! Donc, vous avez encore un peu de temps.
M. Servais
(Yves) : Bon, vitement, les
promotions croisées, ça, c'est sûr que vous allez avoir d'autres
partenaires qui vont venir vous en parler.
Donc, nous, on veut que les promotions croisées, bière-loterie, bière-essence,
etc., soient réglementées parce que
plus souvent qu'autrement, lorsque les grandes chaînes corporatives d'épicerie
et de dépanneur en font, ils contreviennent à la réglementation du prix
minimum. Donc, moi, je n'ai pas de problème par rapport aux promotions, mais, quand ça contrevient au prix
minimum de la bière, là j'ai un problème avec ça. Puis c'est des promotions très
agressives. Puis vous avez d'autres partenaires aussi qui vont venir vous en
parler.
Et, si vous
voulez qu'on parle, dans la période des questions, des boissons
énergisantes alcoolisées, je suis bien prêt à vous en parler parce que... d'ailleurs, au départ, on ne devait pas en parler, mais, si
vous voulez qu'on en parle, on va le faire.
Donc, vous voulez qu'on en parle? O.K. Bon, bien, premièrement, c'est sûr que
nous, on ne s'oppose pas. Je
pense qu'il y avait besoin de remettre de l'ordre dans l'éventail
de boissons énergisantes hautement alcoolisées et hautement sucrées. Ça, il n'y a pas de problème,
on est d'accord avec ça. D'ailleurs, nous, on a envoyé des correspondances à
Santé Canada, et à Santé Québec, et à d'autres partenaires, je pense, avec
M. Béland, je pense, pour qu'il y ait un besoin de réglementation.
La seule chose qu'on s'oppose un petit peu,
c'est la décision, la décision que vous avez prise d'y aller sans nécessairement
attendre les résultats de l'étude fédérale qui se fait actuellement parce que je pense qu'ils vont réglementer le taux de sucre, ils vont réglementer la présence
de caféine ou de guarana dans les produits. Vous avez ici, au Québec, la
possibilité de réglementer les formats, réglementer la publicité et les promotions
sur les boissons énergisantes et alcoolisées et l'imposition d'un prix
minimum, ce qu'on ne propose pas non plus.
M. Desrochers
(Odina) : En fait, ce que je
peux ajouter, c'est qu'on veut que les rôles soient clarifiés. Le rôle
du Québec, eux autres, c'est la grandeur du format, la promotion, la publicité.
Puis on veut également que le fédéral clarifie aussi sa position. Puis on veut surtout que cette situation-là
soit claire, transparente et que les deux paliers gouvernementaux travaillent ensemble pour la régler. Hein, on sait
qu'il y a quand même eu une tragédie face à ça. Et, dans ce contexte-là,
plus rapidement possible que les deux
parties vont se parler, plus rapidement possible les détaillants et les gens
qui auront à faire appel à ces
produits-là soient... qu'ils sachent vraiment c'est quoi, les règlements, c'est
quoi, les interdictions, en fait, que ce soit clair et transparent.
C'est l'objectif fondamental.
M. Servais (Yves) : Juste le
dernier petit point. Quand on parle de 7 %, M. Coiteux, je veux juste
m'assurer que 7 %, il est toléré, mais
qu'à partir de 7,1 % il ne le sera pas. Ça fait que ça, c'est très
important. Aussi, je veux... si c'est possible de se le faire confirmer
en commission parlementaire.
Le Président (M. Auger) : Merci
beaucoup pour votre présentation. Juste avant de commencer la période d'échange, juste un petit rappel de consigne au niveau
des procédures en commission. On doit utiliser non pas le nom, mais bien le titre. Donc, c'est M. le ministre, M. le député de Jean-Lesage,
en même temps, vous allez connaître
leur comté, M. le député de Verchères et M. le député de Beauce-Nord.
Nous allons maintenant
débuter. Je vous le rappellerai au fur et à mesure, si jamais on a un besoin.
Donc, M. le ministre, il vous
reste 13 minutes.
M. Coiteux : 13 minutes. Je ne prendrai pas le 13 minutes
parce que je vais laisser mon collègue de Jean-Lesage aussi poser un
certain nombre de questions puis animer les échanges. Mais, écoutez,
M. Servais, M. Desrochers, je suis heureux d'entendre, là, que vous retrouvez, dans ce projet de loi, des correctifs à des irritants réels, là, de vrais irritants vécus par vos membres, liés à des dispositions qui datent d'un certain nombre d'années, hein, un certain nombre
d'années, et qui vous rendent
inconfortables, hein, parce que vos clients, souvent, se retrouvent avec la
nécessité de respecter des règles
qu'ils ne comprennent pas eux-mêmes. Alors, c'est difficile pour vous, dans la
relation avec les clients, de faire respecter
des règles qui ne sont pas comprises parce qu'elles apparaissent caduques ou
surannées. Alors, je suis heureux d'entendre ça parce que c'est l'un des
objectifs du projet de loi, effectivement, de corriger ça.
Je tiens
aussi à vous rassurer sur un certain
nombre de choses. En particulier, vous avez parlé de la question des dégustations. Et c'est vrai que ça a été porté à
notre attention, le fait que, bien que vous ayez le droit de faire
bénéficier vos clients de dégustations pour
qu'ils connaissent des nouveaux produits, comme c'est le cas, par exemple,
quand on va à la Société des alcools
du Québec, on nous fait goûter des produits, puis on découvre des choses, c'est
un peu logique, puisque vous êtes le
principal point de vente, notamment, des bières artisanales, que vous ayez le
droit de faire la même chose, or, de
la façon dont les règlements sont conçus, ce qui est permis par la loi devient
pratiquement impossible à faire en vertu des règlements. Alors, je tiens à vous rassurer là-dessus. Puis je le
dis aussi à l'intention des oppositions parce que, quand on fait un projet de loi qui nous habilite à changer
des choses par règlement, les gens veulent savoir : Oui, mais qu'est-ce
qu'il va y avoir dans notre règlement?, il
est de notre intention de s'assurer, dans ce règlement, que vous puissiez
faire ce que la loi vous permet. Donc, si c'était là une de vos inquiétudes, je
tiens aussi à vous rassurer là-dessus.
Tout comme
sur le plan de formation. D'abord, je suis heureux d'entendre que vous fassiez
la promotion d'un programme de
formation à l'égard de vos membres sur... consommation responsable d'alcool,
oui, mais vous avez aussi le commerce
du tabac. Donc, il y a des enjeux de santé publique importants, donc vous devez
sensibiliser vos membres aussi, et je
suis heureux de savoir que ça existe. Notre intention là-dessus, pour
l'instant, c'est vraiment les titulaires et les gérants qui ont des
permis de bar et de restaurant. C'est ça qui est notre intention de procéder.
On va se donner, par contre, la capacité,
par règlement, de faire évoluer ça à travers le temps en discutant, évidemment,
avec l'industrie, mais il est possible qu'on regarde plus en avant le
type de formation que vous offrez, effectivement, parce que ça peut être une
avenue intéressante. Donc, je tiens à vous rassurer là-dessus.
C'est sûr que le
projet de loi, il prend un morceau. Il n'essaie pas de régler tous les
problèmes existants parce qu'on n'y
arriverait pas. Vous avez évoqué, à un certain nombre de reprises, où on n'est
pas arrivés à légiférer à temps. On souhaite,
nous, cette fois-ci, légiférer à temps. On a encore du temps devant nous. Je
pense que c'est partagé des deux côtés, c'est mon impression, à tout le moins ce que j'ai entendu ce matin.
Donc, je pense qu'on va y arriver. Mais c'est pour ça qu'on ne touche pas à tous les problèmes, mais on
touche à un certain nombre de problèmes qui nous apparaissent comme
particulièrement importants dans l'immédiat.
Mais
la question des boissons très alcoolisées et contenant beaucoup de sucre,
d'abord, vous savez comme moi que
c'est un type de boisson qui, chez les jeunes en particulier, lorsqu'ils les
consomment, c'est ce qu'on nous dit, et je n'en doute pas, ils ne s'aperçoivent pas nécessairement, au palais et
immédiatement, que c'est de l'alcool qu'ils consomment à cause de cette présence de sucre important. Alors,
il n'est pas de notre intention d'attendre très longtemps, et donc
d'attendre le résultat de ceci et de cela,
l'étude de l'un, les responsabilités de l'autre. Il est de notre intention
d'agir dès maintenant. Je pense qu'il
y a un enjeu là de santé publique qui appelle une réponse immédiate, ce qui
n'interdira pas d'aller plus loin en ce qui concerne les questions de santé publique, qui relèvent d'une autre
instance que la Régie des alcools, des courses et des jeux. Mais il est aussi de notre intention de
donner davantage de pouvoirs pour bien réglementer la publicité en
matière de consommation d'alcool, en matière
d'alcool, et en particulier celle qui vise les jeunes, y compris celle qui se
retrouve sur les médias sociaux. Donc, ce sont nos angles principaux,
sur lesquels on veut travailler pour l'instant.
Moi, je ne voulais
pas vous poser de question, je voulais laisser ça à mon collègue de
Jean-Lesage. Je voulais simplement vous rassurer par rapport à un certain
nombre d'enjeux que vous avez mentionnés.
Le Président
(M. Auger) : M. le député de Jean-Lesage, huit minutes.
M. Drolet :
Merci, M. le Président. Bien, écoutez, dans un premier temps, M. Servais
et M. Desrochers, merci et bienvenue
d'être ici aujourd'hui parce que je pense que... Merci aussi pour vos bons mots
à mon égard. Mais ça a toujours été
un très grand plaisir de vous écouter. Ça a toujours été un rôle que j'ai eu,
depuis mon début à l'Assemblée nationale,
de m'occuper des petites et moyennes entreprises. Alors, vous en faites partie,
et d'autant plus une industrie que je connaissais bien pour y avoir été
moi-même. Alors, ça m'a fait plaisir.
Puis,
de l'autre côté, je ne voudrais pas passer sous silence, malgré la teneur du
projet de loi, on en a parlé beaucoup, puis
vous êtes quand même, dans l'ensemble, assez satisfaits, mais je voudrais aussi
vous féliciter puis de... mettre en confiance
parce que, ce matin, on avait Éduc'alcool, on en avait d'autres, et puis
souvent on n'a pas trop confiance aux vendeurs. Et puis je peux vous
féliciter de l'intégration et de la francisation que vous avez faite avec vos
dépanneurs, d'autant plus avec toute
l'immigration chinoise. On sait de plus en plus que ça a une place importante
dans l'industrie, alors bravo! Puis vous avez montré un grand respect.
votre gala et votre façon de faire, de donner de l'importance à ce programme de
francisation là, me prouvent que, dans
tout autre programme de formation,
que ce soit pour l'alcool aussi auprès de vos employés... pour avoir, en fait,
un contrôle. Puis on sait très bien
que l'alcool, c'est un produit qui peut être dérangé pour la santé publique, et
tout. Alors, j'ai confiance qu'avec
ce que vous avez déjà de fait avec la francisation vous êtes en
mesure de donner en fait une importance à ça puis de faire en sorte que
vous allez y mettre du...
première petite... puis je reviens tout de suite les boissons assez
particulières qu'on a naturellement fait état depuis les dernières semaines. On sait que vos marchands, peut-être,
là-dessus, vous venez de le dire, M. Servais, que c'était peut-être dérangeant pour eux parce que
c'est sur que c'est un chiffre d'affaires, et tout ça. On peut-u parler
quand même, malgré tout, des améliorations
autres qu'on a apportées? Va-t-il quand même, auprès de vos membres,
compenser cette situation-là? Parce qu'on
sait très bien que, pour l'opinion... parce qu'on sait qu'on a rencontré plus
de 30 groupes, et c'est sûr que,
pour plusieurs, ce genre de boissons là, et surtout avec le décès de la petite
demoiselle, c'est sûr que ça a fait surface
comme de quoi que ce n'était pas tout à fait intéressant que ça soit dans vos
dépanneurs. Est-ce que c'est un gros irritant tant que ça pour vos
marchands?
M. Servais (Yves) : Mais je pense qu'on est capables de vivre avec la
réglementation qui s'en vient. Je pense qu'en fixant le taux à 7 % je pense qu'on est capable de vivre avec ça.
Puis je pense que l'industrie, puisqu'on entend parler un peu des brides, là, à gauche puis à droite, que
l'industrie est en train de se positionner pour mettre sur le marché des
produits respectant le 7 %.
Puis,
ceci dit, mais on a toujours été... Aussitôt que toute la problématique s'est
présentée, au début mars, comme je vous
mentionnais, on a envoyé des lettres à Santé Canada, à Santé Québec, à
Mme Charlebois aussi pour dire qu'on était favorables à la réglementation de ces produits-là. Au niveau des ventes,
peut-être que ça va se transposer, puis les gens qui avaient l'habitude de peut-être acheter du
9 % ou du 12 % vont y aller avec du 7 %, puis ça va être bien
correct aussi, là. Je pense qu'on avait vraiment besoin de remettre de
l'ordre dans le dossier.
Puis moi, je pense
que... Comme je vous disais, là, on n'est pas contre l'imposition d'un prix
minimum, de réglementer la grosseur de la
cannette pour ce type de produits hautement sucrés et alcoolisés, mais par
contre, aussi, avec la... les
recommandations du fédéral vont faire en sorte que le taux de sucre va
diminuer, le guarana va disparaître. Donc, on n'est pas contre la réglementation comme telle de ces produits-là. Mais,
par contre, ce qu'on est contre, c'est certaines recommandations qui ont
été présentées par le Groupe Geloso ce matin, comme...
M. Drolet :
Parlez-en donc, justement.
M. Servais
(Yves) : ...bien, interdire, mettons, la présence des boissons
alcooliques dans un rayon des écoles. Tu sais, c'est... tu commences à discriminer entre les points de vente.
Puis on a mis... C'est drôle parce qu'on a mis l'article sur notre
Facebook ce matin, puis il y a un dépanneur de Saint-Alexis-des-Monts, en
Mauricie, il a dit : Yves, ici, s'ils mettent
en place ce type de règlement là, moi, je n'en vends plus, d'alcool. Le village
a deux kilomètres de diamètre. Tu as une
épicerie puis tu as un dépanneur. À ce moment-là, s'ils mettent une règle d'un
kilomètre, plus personne ne vend de l'alcool dans le village. Ça fait
que ça, c'est un type de règlement qu'on ne veut pas voir adopter.
Puis,
à la fin de l'article, mais là ils veulent que... ils suggèrent que, si eux
autres... si les boissons énergisantes et alcoolisées sont limitées à 7 %, bien là, il faudrait interdire tout
ce qui est... toutes les boissons alcooliques en haut de 7 % dans nos commerces : plus de vins, plus de
bières fortes à 9 %. Donc, ça, c'était notre crainte. On ne veut pas que
ça arrive, ça. Tu sais, là, on cible vraiment les produits énergisants
alcoolisés puis pas d'autres choses.
M. Drolet : Un autre
irritant que... Excusez-moi. Un autre irritant que vous...
M. Desrochers (Odina) :
J'aurais un petit détail à vous ajouter.
M. Drolet : Oui,
allez-y.
M. Desrochers
(Odina) : C'est qu'en plus
de ça le monsieur dont a fait référence M. Servais, il met toujours
la faute sur les autres. Il met la faute sur
les détaillants. Mais là il devrait se responsabiliser, d'après moi, et de
regarder, lui, ce qu'il pourrait
faire parce que les détaillants, eux autres, subissent toutes ces affaires-là.
Ils font de la promotion, puis c'est nous
autres qui encaisse, puis il a l'odieux, quand il sort dans les médias, de
toujours mettre la faute sur nous autres. Mais moi, j'ai appris un principe dans la vie, c'est que tu commences par te
responsabiliser, de regarder ce que tu peux faire avant d'accuser une
partie adverse.
M. Drolet : Bien, c'est
sûr que ça... Merci bien.
Le Président (M. Auger) : ...M.
le député de Jean-Lesage.
M. Drolet :
Merci, M. le Président. J'aimerais revenir sur les dégustations parce que c'est
quand même aussi un irritant que vous
sembliez, au début, croire avec ce que M. le ministre vient de vous mentionner.
Alors, ça peut être un outil quand
même intéressant dans vos opérations au quotidien avec naturellement ce qu'il
se fait déjà dans certaines surfaces. Les
grandes surfaces nous avaient parlé aussi de cet irritant-là, qui était, pour
eux... parce que, justement, ils étaient obligés d'engager quelqu'un de l'extérieur, puis c'était quand même une
contrainte. Alors, maintenant, ça égalise. Et ça, ça va être un autre avantage, je pense, pour vous autres, si
vous vous comparez aux grandes surfaces, qui, souvent, est des
compétiteurs directs à vos opérations. J'aimerais un petit peu aussi, ça aussi,
avoir un peu votre opinion là-dessus.
M. Servais
(Yves) : Bien, c'est sûr
que, tu sais, on est tous des consommateurs.
On va souvent à la SAQ, puis là on se
fait approcher par un employé de la SAQ pour nous faire déguster des vins de
toutes sortes. C'est le fun, c'est toujours le fun d'essayer puis de
découvrir de nouveaux vins.
Mais, dans
les dépanneurs, bien, surtout... je parle des dépanneurs qui se spécialisent
dans la bière de microbrasserie, ils
nous font connaître des produits du Québec. Puis souvent les dépanneurs,
lorsqu'il y a un nouvel arrivage qui rentre dans le commerce, bien, ils aiment ça, les faire déguster à leurs
consommateurs. Ça fait qu'ils organisent souvent des dégustations dans
leur commerce, mettons, le vendredi, fin de soirée, entre 4 heures de
l'après-midi, 7 heures le soir.
Mais, tu
sais, on ne peut pas... Les représentants, là... je veux dire, pas les
représentants, mais les compagnies de bière,
que ce soient les grands brasseurs puis les microbrasseurs, ils n'ont pas
d'argent puis de temps pour envoyer un représentant
de la compagnie faire des dégustations. Ils vont nous envoyer promener. Mais on
fait déguster leurs produits, par contre.
M. Servais
(Yves) : Puis c'est la même
chose. Mais faire affaire avec des agences nationales, elles ne
s'occuperont pas des petits points de vente comme les nôtres. Mais pourtant
c'est une idée...
J'ai
participé illégalement à des dégustations de ce type-là. C'est plaisant, c'est
le fun, de voir les consommateurs essayer
tel type de bière, un autre type de bière, puis on veut poursuivre, mais là,
actuellement, on le fait dans l'illégalité. C'est pour ça qu'on ne voudrait pas que ça prenne des années avant que
le gouvernement décide, bon, d'abroger certains règlements ou de
modifier certains règlements.
Le Président (M. Auger) : 30
secondes.
M. Drolet :
30 secondes, oui, parce que j'aimerais revenir sur une dernière affaire parce
que vous avez fait déjà des belles
promotions concernant justement l'alcool, le cartage, puis vous avez Montrez
vos cartes . Vous avez fait des belles initiatives comme ça. On se fait aussi dire par d'autres groupes que la
modération a meilleur goût. On s'entend bien qu'il faut toujours faire
attention.
Malgré que
vous êtes des vendeurs, vous avez un sens de la responsabilité là-dessus.
Embarqueriez-vous là-dessus aussi pour justement faire en sorte de
promouvoir la consommation équitable et correctement, si on avait à en jaser
avec vous?
Le Président
(M. Auger) : Malheureusement, malheureusement, c'est tout le
temps que nous avions pour le premier échange. Je dois céder la parole au
député de Verchères pour les neuf prochaines minutes et 30 secondes.
M. Bergeron : Alors, bonjour,
messieurs. Merci d'être des nôtres cet après-midi. J'ai un certain nombre de questions, là, notamment sur la question du
7 heures le matin. J'aimerais que vous m'expliquiez ce qui constitue
pour vous la principale raison pour laquelle
vous souhaitez que l'alcool soit accessible à compter de 7 heures le matin
plutôt que 8 heures. Le ministre
nous a servi une réponse qui était que c'était pour permettre aux pêcheurs, en
se rendant au lac, de ramasser une
caisse de bière puis de se rendre au lac, là. Je lui ai suggéré gentiment, ce
matin, qu'il aurait peut-être dû mettre
4 heures ou 5 heures le matin pour vraiment répondre aux besoins des
pêcheurs. Mais je me suis dit que, si vous souhaitiez simplement devancer d'une heure, il devait y avoir une raison
autre que simplement permettre aux pêcheurs d'avoir leur caisse de bière
en chemin vers le lac.
M. Servais
(Yves) : Oui. Mais disons
que, M. le député, comme je vous dis, c'est pour répondre aux besoins
des consommateurs. Puis, oui, vous avez effectivement raison, là, on aurait pu
demander 6 h 30, on aurait pu demander 7 heures... 6 heures. Puis on aurait pu demander... Puis on a
demandé aussi plus tard en soirée, jusqu'à 1 heure du matin. Mais on sait qu'il y a certains... Certains
intervenants dans le milieu ne veulent rien savoir de l'élargissement des
heures d'opération du permis d'épicerie.
Puis nous,
bien, comme je vous dis, c'est un irritant quand des gens viennent chez nous de
bonne heure pour acheter leur caisse
de... Pas pour prendre un coup, là, tout simplement pour se procurer leur bière
pour la fin de semaine ou pour la sortie
qu'ils veulent faire. On parle de pêcheurs, de gens qui s'en vont en vacances,
ou peu importe. Mais c'est pour les citoyens,
en général, qui viennent de bonne heure le matin à nos commerces. Puis c'est sûr
qu'on a demandé 7 heures, mais j'aurais pu vous demander
6 h 30 aussi.
M. Bergeron : Oui, je
comprends, mais je cherche juste à comprendre...
M. Desrochers
(Odina) : Moi, je veux juste
rajouter quelque chose, M. le député de Verchères. Il faut penser aussi
que, nous autres, il y a beaucoup de nos membres qui sont dans des milieux
ruraux et que les habitudes de vie et les habitudes
de consommation ont changé. Alors, on parle, dans ce projet de loi là, de
modernisation. Alors, on pense que vous
faites un pas dans la bonne direction dans la modernisation. Et vous allez
comprendre que les dépanneurs qui sont dans
un milieu rural font face à cette situation-là d'une façon courante. Alors, si
on ramène ça à 7 heures, c'est clair, c'est réglé et ça répond aux
attentes de nos clients, ça répond aux attentes de nos détaillants.
M. Bergeron :
Oui? Bien, M. Desrochers, j'aimerais ça que vous m'explicitiez en quoi ça
répond aux gens. Vous voulez qu'on
prenne le virage de la modernité. Moi, j'en suis, je n'ai pas de problème avec
ça. Puis je ne suis pas opposé, là, rassurez-vous.
Je veux juste comprendre pourquoi on devance de 8 heures à 7 heures.
Vous dites que ça répond aux besoins de votre clientèle, qu'en milieu
rural c'est une nouvelle réalité. C'est quoi, la nouvelle réalité en milieu
rural?
Moi, je veux dire, je représente une circonscription
semi-rurale puis je n'ai jamais entendu aucun de mes concitoyens me dire : Il faudrait que les dépanneurs puissent
servir de la bière à compter de 7 heures le matin parce qu'on vit une nouvelle réalité, puis il faut être de son
temps, puis 7 heures le matin, il me semble que ça aurait plus de bon
sens. Moi, j'ai juste besoin de comprendre
parce qu'habituellement quand je prends une décision, sur le plan
personnel puis sur le plan législatif, il faut que je comprenne la
décision que je prends.
Alors, le ministre a, semble-t-il, compris quelque
chose. Moi, je n'ai rien compris de ce que lui a expliqué. J'aimerais ça que vous m'expliquiez en quoi, de
passer de 8 heures à 7 heures, ça répond à un besoin x, y, z, parce
que, là, vous me dites : Oui, ça répond à un besoin, ça répond à un...
mais quel besoin?
Le Président (M. Auger) :
M. Desrochers.
M. Desrochers
(Odina) : Bon, écoutez,
moi, je pense... M. le député de Verchères, là, nous autres, avant d'arriver à cette
demande-là, on a mené une consultation générale, vous savez qu'on est représentants
dans toutes les régions du Québec, et la majorité, la très grande majorité de nos détaillants
nous ont fait part de ceci. Comme on disait un peu plus tôt, les gens arrivaient, ils voulaient avoir une
caisse de bière, on disait non, ils envoyaient 40 $ sur la table puis ils
partaient. Alors, c'était une chose qui était illégale.
Alors, ce que
nos détaillants nous ont dit : 7 heures du matin, ça nous aiderait beaucoup.
Alors, on a consulté nos détaillants,
et ce sont les détaillants qui nous ont fait cette demande, et c'est dans ce
sens-là qu'on veut passer de 8 heures à 7 heures. Ce n'est pas
non seulement les clients... mais nous autres, à l'AMDEQ, avant de prendre une
décision, on consulte. Et puis on a fait le tour de toutes nos régions, et la
conclusion était celle-ci, c'est que la majorité disait : De 8 heures
à 7 heures serait intéressant.
Ce qui fait
que, dans nos démarches actuelles, on sait qu'il y a d'autres associations qui auraient aimé que ce soit prolongé,
minuit, 1 heure, mais on sait également qu'il y
a d'autres parties qui se sont
opposées. Mais, pour nous autres, le fait que la loi n° 170 nous
ramène à 7 heures le matin, c'est une victoire pour nos détaillants.
M. Servais
(Yves) : Si je peux rajouter
une chose, M. le député, lorsqu'on a regardé ça aussi, on a regardé
aussi ce qui se faisait à l'extérieur du Québec,
du Canada, aux États-Unis en particulier, puis la réglementation est très différente d'un État
à l'autre puis d'une ville à l'autre. Puis il y a des États qui autorisent
la vente de la bière, peut-être pas des spiritueux, mais de la bière plus de bonne
heure, à 6 heures, d'autres 6 h 30, d'autres 8 heures,
comme au Québec. Si vous prenez la ville de New York,
bien, il y a possibilité de se procurer une bière 24 heures sur 24, la
ville de New York.
Donc, nous,
dans nos demandes, je pense qu'on a été très raisonnables, compte tenu
qu'il peut y avoir de l'opposition,
surtout des gens de la Santé publique ou peu importe. Puis on s'est fait dire,
dans le cadre des consultations, qu'avoir
l'extension plus tard en soirée, comme minuit, 1 heure, ce serait
difficile de le faire accepter. Mais notre heure supplémentaire le
matin, nous, on apprécie.
M. Bergeron : Je
comprends que ça répond essentiellement à une demande des détaillants.
M. Servais (Yves) : Oui.
M. Bergeron : Sur la question de la formation, moi, j'ai été très intéressé de
voir que vous aviez une formation sur le
tabac, l'alcool, la loterie et que, conséquemment, il s'agirait simplement, par
voie réglementaire, j'imagine, de faire homologuer cette
formation-là pour s'assurer qu'elle réponde aux normes, aux bonnes pratiques en
vigueur.
Ma seule question...
C'est parce qu'un peu plus loin, à la page 6, vous dites : «...nous sommes
tout de même ouverts à des
discussions pour regarder comment ces formations que nous avons rendues
disponibles pour les commerçants pourraient s'insérer et rencontrer les objectifs ou attentes du gouvernement...» Je comprends
qu'actuellement vous avez conçu un programme de formation puis
vous l'avez envoyé aux détaillants en disant : Voici, il y a
un programme de formation. Mais il n'y a pas, si je comprends bien, de caractère obligatoire quant
à la formation des titulaires, des gérants et du personnel.
M. Servais
(Yves) : Non, il n'y a pas
d'obligation, c'est une mesure volontaire. Mais 80 % des
produits que l'on vend dans nos commerces, c'est-à-dire l'alcool, le
tabac puis la loterie, c'est des produits réglementés interdits aux mineurs. Puis je ne vous cacherai pas, là, si on
recule de 10, 15 ans, les taux de conformité des détaillants n'étaient
pas vraiment élevés. Maintenant, selon les
dernières statistiques du ministère de la Santé, on est rendus à 92 % de
conformité pour la
Loi sur le tabac.
Donc, moi, je
me souviens, là, ça fait quand même un bout de temps que je travaille pour
l'association, on était à 55 %,
si on recule de 15 % à 20 %. Donc, il y a eu beaucoup d'amélioration.
Puis, compte tenu aussi des amendes, des pertes de permis, maintenant,
avec tous les efforts de promotion que l'on fait, je ne peux pas vous dire que
100 % des détaillants du Québec suivent
leur formation, mais on le recommande hautement. Puis la formation Nous
cartons, qu'on a mise en place pour
2010‑2011, elle a tellement été bien reçue par le milieu qu'en 2014, je crois,
on a été approchés par le comité
sectoriel de la formation de la main-d'oeuvre du secteur alimentaire, qui est une organisation parapublique
qui est en
partie subventionnée par le gouvernement, puis ils ont dit :
M. Servais, votre formation, elle est de qualité, elle est pertinente, puis on aimerait en acheter les droits
d'auteur. Donc, il y a trois ans
maintenant, on a vendu nos droits
d'auteur au comité sectoriel de la formation
de la main-d'oeuvre alimentaire, et cette formation-là ne nous
appartient plus, mais elle est disponible pour l'ensemble des dépanneurs
et épiceries du Québec.
Président (M. Auger) :
Une minute. Il reste une minute, M.
le député. Aviez-vous une dernière
question? M. Desrochers.
M. Bergeron :
...M. Desrochers, là, qui piaffe d'impatience.
Le Président (M. Auger) : Oui.
M. Desrochers.
M. Desrochers
(Odina) : On se connaît très bien, M. le député de Verchères. Vous savez, ce qui est important aussi, c'est que les détaillants qui ont suivi une
formation, puis que, malheureusement, ils ont eu la visite d'un inspecteur, et qu'ils ont contrevenu à la loi, sur 20 cas, hein, il y en a
trois où le procureur a décidé de ne pas porter de poursuites parce que les détaillants avaient démontré qu'ils voulaient vraiment
s'adapter et que c'était important de s'adapter à la formation. Et 17, lorsqu'ils se sont présentés devant un juge, ils ont été
acquittés. Alors, ce qui signifie que les détaillants qui se plient à cette formation-là, ils sont certainement mieux entendus lorsqu'ils subissent la visite des inspecteurs et qu'ils
ont des recours judiciaires qui sont intentés contre eux.
Le Président (M. Auger) : 15
secondes, très rapidement.
M. Servais
(Yves) : L'autre chose que
je veux rajouter : Ce n'est pas les détaillants qui sont... Je vous dis,
plus souvent qu'autrement, ce n'est pas les
détaillants qui sont fautifs, c'est les employés. Puis ce n'est pas évident,
là. Puis il y a des détaillants, à la première infraction, ils les
mettent dehors.
Président (M. Auger) :
Merci. Merci beaucoup. Nous devons poursuivre avec le deuxième groupe d'opposition. M. le député
de Beauce-Nord, pour 6 min 30 s.
M. Spénard : Merci,
M. le Président. À mon tour de vous
souhaiter la bienvenue, M. Desrochers et M. Servais. Alors,
oui, comme vous le mentionniez en début, vous avez une interrogation, et je
pense que M. le ministre nous a confortés,
il va y avoir un projet de règlement en ce
qui concerne le taux d'alcool
supérieur à 7 %. Ça, c'est sûr,
on n'a pas vu le règlement encore, on
devrait le voir avant l'étude détaillée, mais il va y avoir un projet de
règlement là-dessus. Donc, si on en conclut ce que le ministre veut, à moins qu'on apporte
des amendements, passé 7 %, 7,1 %, ça serait vendu peut-être
dans les sociétés.
Mais je
reviens à votre promotion en ce qui concerne... c'est-à-dire en ce qui concerne
les promotions croisées. Vous dites
que, bien, les grandes chaînes corporatives comme Couche-Tard, les chaînes
d'alimentation font des
promotions croisées : Achetez-moi deux
caisses de bière, je vais vous donner un billet de Loto-Québec, etc., ce qui vient baisser le seuil minimum. J'aimerais vous
entendre là-dessus. Les dépanneurs n'en font pas? Les petits marchés et
dépanneurs n'en font jamais?
M. Servais
(Yves) : Oui, il y a
quelques dépanneurs qui en font, des promotions, mais toujours
en respectant le prix minimum. Puis
un dépanneur ne pourra pas donner un 15 $
d'essence ou un billet de loterie à 25 $, ils n'ont pas les moyens
d'être aussi agressifs au niveau de la promotion.
Ça fait que
le but de notre intervention, ce n'est pas nécessairement d'interdire toutes
les promotions, mais les
promotions croisées qui associent essence, billets de loterie...
M. Spénard : Et
bière.
M. Servais
(Yves) : Puis cartes-cadeaux
aussi. Puis là je n'ai pas parlé aussi de la SAQ, avec la carte Inspire,
hein?
M. Spénard : Oui.
Bien, c'est ça, là. Je ne vous ai pas entendus sur la SAQ là-dessus, là.
M. Servais
(Yves) : Bien, effectivement, on a un problème, puis il y
a sûrement d'autres intervenants
qui vont vous le dire. L'Association
des brasseurs du Québec va vous le dire, je ne sais pas si l'association des microbrasseurs va vous le mentionner, mais, effectivement,
la SAQ, c'est un monstre. Ils ont le droit de faire des choses que nous, on n'a
pas le droit de faire, malheureusement. C'est pour ça d'ailleurs qu'au niveau des dégustations leurs employés ont
le droit de faire des dégustations.
Nous, nos employés n'ont pas le droit de faire des dégustations. Ça fait qu'effectivement on a un problème de ce côté-là.
Je pense que
la promotion sur les boissons alcooliques, au niveau des promotions croisées,
en tout cas, ça demande d'être encadré. Puis c'est pour ça qu'on demande
au gouvernement, après l'adoption du projet de loi, c'est ce que je comprends bien, de vraiment venir encadrer puis de faire respecter la réglementation sur le prix minimum de la bière.
M. Spénard : J'aimerais savoir, les promotions comme telles,
là, les promotions, qui décide des promotions comme telles? Est-ce
que c'est le fabricant qui offre ça à
celui qui distribue ses projets ou si c'est celui-là qui distribue ses
projets, de dire : Écoute, je vais
faire une promotion, moi? Ça doit être le fabricant. J'imagine que Molson doit
dire : Écoute, si tu prends... Je l'ai déjà vécu dans les
festivals, et tout. C'est comme ça que ça marche, là : Si tu m'achètes 100
caisses de 24, je t'en donne 10 gratuitement, là. Tu sais, c'est... Il ne faut
pas se cacher, c'est comme ça que ça marche, M. le député de Jean-Lesage.
M. Spénard : En tout
cas, ça marchait comme ça, puis je
pense que ça marche encore comme ça quand on garantit l'exclusivité
d'une marque dans un festival quelconque, hein?
Mais qui
décide des promotions? Est-ce que c'est la compagnie qui fabrique ou c'est le
distributeur en majorité du temps?
M. Servais (Yves) : Moi, je
vous dirais, c'est la compagnie qui fabrique, là...
M. Spénard :
C'est la compagnie qui fabrique, hein?
M. Servais
(Yves) : ...puisque, normalement, la compagnie qui fabrique est distributeur aussi, à part de
certaines microbrasseries qui ne sont pas
capables de se distribuer eux-mêmes, là.
Vous en parlerez à Mme Myrand,
de l'association des microbrasseurs,
puisqu'il y a des coopératives qui existent. Mais
c'est le fabricant qui décide conjointement avec le détaillant.
Je veux dire, on a un nouveau produit qui vient de rentrer sur le
marché, on aimerait l'offrir en promotion à meilleur prix. Bon, bien là le détaillant : O.K., pas de problème, on peut le vendre à meilleur prix, mais qu'est-ce que tu me donnes aussi pour ne pas que ma marge de profit
baisse trop à ce moment-là, tu sais? Ça fait que c'est un peu comme ça que ça
fonctionne.
M. Spénard : Est-ce que ça serait faux de prétendre que ce
sont les compagnies de fabrication elles-mêmes qui ne respectent pas toujours
le prix minimum avec leurs promotions?
M. Servais
(Yves) : Je vous dirais que
non. Je vous dirais que non. Je pense qu'il y a certaines chaînes
corporatives qui sont très, très agressives. Non, je vous dirais que non. Je
pense que les grands brasseurs tiennent à ce que le prix minimum soit respecté. Puis d'ailleurs vous allez
les rencontrer, puis même, d'après ce que je peux voir, même les grands
brasseurs vont militer pour augmenter le prix minimum de la bière puis le faire
indexer à toutes les années, non selon l'indice des prix à la consommation,
mais selon l'indice des prix de la bière.
Ça fait qu'eux, non, je ne pense pas
qu'ils ont intérêt, à ce moment-là, à jouer avec le prix minimum puis à se
faire pointer du doigt. Déjà,
que ce soit dans le rapport du conseil d'éthique, ils vont vous en parler, des fois, ils sont, à l'occasion, ils sont pointés du doigt aussi. La SAQ est
pointée du doigt aussi. Donc, non, non, non.
M. Spénard : O.K. Mon autre question, le prix minimum, on
a parlé avec M. Sacy ce matin sur le prix minimum. Le prix minimum de la bière, vous le voyez à quoi,
vous, à quel montant? Le prix minimum du verre, il y en a pour aussi peu que 0,75 $ du verre, et Éduc'alcool nous proposait 1,70 $, ce qui fait
une augmentation de plus de 100 %. Où vous situez-vous par rapport
à ça, vous?
M. Servais (Yves) : Comme on mentionnait dans le mémoire, on ne
s'oppose pas à mettre un prix minimum. Là, vous parlez de la boisson
énergisante alcoolisée, là, ou bien la bière en général.
M. Spénard :
Ah! la bière. Moi, je vous parle de la bière.
M. Servais (Yves) : Bon, la bière en général, il y a un prix... Le
prix minimum de la bière sort à toutes les années, le 1er avril. Ça fait
que ça, c'est récent.
regardais ça ce matin, pour une bière, mettons, une bière dans une bouteille
normale, 341 millilitres, O.K., avec un taux d'alcool... parce que le
prix minimum varie selon le taux d'alcool, si vous prenez un taux d'alcool à
6,2 %, le prix minimum, c'est 1,15 $.
M. Spénard :
Pour le 341 millilitres.
M. Servais
(Yves) : Oui. 1,20 $ pour le 350 millilitres.
Le Président
(M. Auger) : Désolé.
M. Servais
(Yves) : Puis, si vous tombez, par exemple...
Le Président
(M. Auger) : Désolé.
M. Servais
(Yves) : ...à 500 millilitres, c'est 1,69 $.
Président (M. Auger) : C'est tout le temps que nous avions à
notre disposition. MM. Desrochers et Servais, merci beaucoup pour votre
participation aux travaux de la commission.
Je suspends quelques
instants pour permettre au prochain groupe de prendre place. Merci
(Suspension de la séance à
16 h 14)
(Reprise à 16
h 16
Président (M. Auger) :
Nous allons reprendre nos travaux en souhaitant la bienvenue aux représentants de l'Association des
microbrasseries du Québec. Je vous rappelle que vous avez 10 minutes pour
votre présentation. Par la suite,
il y a une période d'échange avec les trois groupes parlementaires. Dans un premier temps, bien vouloir vous identifier et, par la
suite, vous pourrez commencer votre exposé.
Mme Myrand
(Marie-Ève) : Merci, M. le Président. Bonjour, MM., Mmes les députés.
Je me présente, je m'appelle Marie-Ève
Myrand, je suis directrice générale à l'Association des microbrasseries du Québec. Je suis accompagnée de Jean-Philip Paradis, qui est membre du conseil
d'administration de l'AMBQ et également propriétaire de la microbrasserie
le Noctem juste ici, à Québec. Alors, mon collègue va débuter en vous
présentant rapidement ce qu'est l'Association des microbrasseries et quelques
données aussi sur l'industrie des microbrasseries que nous représentons.
M. Paradis (Jean-Philip) : En fait, tout d'abord, qu'est-ce que l'Association des microbrasseries et qui
représentons-nous? L'AMBQ a été
fondée en 1990. Nous regroupons les entreprises détentrices de permis de
brasseurs et d'artisans brasseurs.
L'AMBQ représente plus de 125 microbrasseries
qui produisent plus de 90 % de la bière de microbrasserie fabriquée et vendue au Québec. La mission de
l'AMBQ est de représenter les intérêts des microbrasseries et de
favoriser le développement de son industrie.
Maintenant,
parlons rapidement de l'industrie des microbrasseries au Québec. Ce sont,
d'abord et avant tout, des entrepreneurs passionnés et fiers de leurs
produits, qui innovent et créent de la richesse chez nous. La croissance des microbrasseries depuis les 10 dernières années est
vraiment appréciable. On parle d'une augmentation de plus de 55 %
depuis cinq ans. Le nombre de micros se chiffre aujourd'hui à environ 190 au
Québec.
estime que les microbrasseries occupent des parts de marché d'environ 10 %
de la consommation des bières au
Québec. En termes d'aspect économique, c'est plus de 4 000 emplois directs
qui dépendent des microbrasseries. Nous sommes aussi des donneurs d'ordres en biens et en
services qui ont un impact économique indirect de plusieurs dizaines de
millions de dollars chaque année.
Les microbrasseries
sont représentées dans plus de 103 villes à travers le Québec, dont 97
circonscriptions et 16 régions administratives. Fort est à parier qu'il y en a
une dans une de vos circonscriptions. Plus de 30 % des microbrasseries
sont implantées dans des villes de moins de 10 000 habitants.
Même
s'il prend de l'importance, notre secteur industriel demeure néanmoins fragile.
Le gouvernement, par son cadre
réglementaire et fiscal, peut fortement influencer la rentabilité et la
productivité de nos opérations. Comme producteurs,
les microbrasseries sont intimement impactées par la réglementation qui entoure
ce secteur d'activité. Un nombre
important de microbrasseries ont des activités de restauration, lesquelles sont
complémentaires à celles de producteur. C'est donc aussi à ce
titre que
nous prenons position aujourd'hui.
Mme Myrand (Marie-Ève) : Maintenant, concernant le sujet qui nous
intéresse aujourd'hui, soit notre appréciation du projet de loi n° 170, bien, d'abord, dans l'horizon des 30
dernières années, l'industrie des boissons alcooliques a fait l'objet
d'un nombre très restreint de projets de loi. Donc, c'est une très bonne
nouvelle que le gouvernement en ait fait une
priorité et nous permette d'adresser des choses qui nous permettent d'aller de
l'avant. Donc, merci.
rigidité et la désuétude du cadre législatif et réglementaire sont fréquemment
citées par les microbrasseries comme
étant des freins à leur développement. Donc, l'Association des microbrasseries
n'hésite pas à saluer la pertinence de ce
projet de loi qui, malgré qu'il soit incomplet, permet quand même une certaine
mise à jour de l'environnement d'affaires.
termes d'appréciation générale, c'est plus vers les grands sujets oubliés par
le projet de loi qu'on souhaite attirer l'attention de la commission. Cependant, toujours au
chapitre de
l'appréciation générale, on ne peut pas passer sous silence le nombre important de balises et de conditions
d'exploitation qui seront déterminées par règlement. Cette situation est
préoccupante parce que l'adoption d'un
règlement ne nécessite pas obligatoirement une étude détaillée, a le potentiel
de limiter les consultations et de priver le
gouvernement de l'expertise des acteurs de l'industrie. On invite donc les élus
à être vigilants sur l'importance des consultations, qui font
partie de la
force de notre processus démocratique.
Au niveau des
dispositions relatives au projet de loi n° 170, l'AMBQ reconnaît plusieurs
éléments positifs au projet de loi,
notamment l'article 103, qui stipule le fait que les titulaires d'un
permis délivré en vertu de la
Loi sur la SAQ puissent participer à un
salon de dégustation ou encore à une exposition visant, le tout ou en partie,
la découverte des boissons alcooliques.
voit aussi d'un très bon oeil l'article 80, qui prévoit la modification de
l'heure limite de présence sur les terrasses de mineurs jusqu'à
23 heures, si l'enfant est accompagné par ses parents ou un titulaire de
l'autorité parentale.
Il y a également
l'article 27, où on prévoit la possibilité, dans les établissements où est
exploité un permis de restaurant, de servir
essentiellement aux clients un alcool sans qu'on soit obligatoirement tenus d'y
consommer des aliments. Ces demandes-là sont portées depuis longtemps
par l'Association des microbrasseries, donc on ne peut qu'inviter les
parlementaires à y être favorables.
Maintenant,
il y a différents enjeux de grande importance pour le développement des
microbrasseries qui ne sont malheureusement
pas abordés dans ce projet de loi. Je comprends le processus législatif qui
nous amène à cheminer dans un délai...
le plus rapidement possible, mais nous pensons que, considérant l'importance
pour notre industrie, c'est important de vous le porter à votre
attention.
pense que pour une loi encore plus moderne, c'est important d'être en phase
avec les réels enjeux de notre industrie. Donc, il y a trois principales
recommandations que j'aimerais aborder avec vous. D'abord, les timbres de droit. Vous le savez probablement, dans la
réglementation actuelle, les produits qui sont destinés à une vente sur
place, soit les bars, les restaurants,
doivent présenter un timbre de droit. Le timbre représente un irritant qu'il
est, en tout cas, selon, nous, essentiel d'aborder dans le cadre d'un
projet de loi qui vise la modernisation des boissons alcooliques.
Depuis 2014, il n'y a
plus aucune justification fiscale pour que ce contrôle, pour que ce timbre soit
présent. Les timbres peuvent être imprimés
n'importe où, par n'importe qui, n'importe quand, donc n'offrent aucune
garantie de référence. L'implantation
des modules d'enregistrement de ventes qu'on retrouve dans les différents
bars-restaurants sont maintenant complétés, offrent la possibilité de
vérifications sérieuses.
plus est, l'obligation pour les producteurs d'apposer un timbre nuit à la productivité
parce qu'il faut gérer deux inventaires. Les peines encourues quand on
se rend compte qu'il y a des bouteilles non timbrées peut apporter des conséquences qui sont importantes en termes de
pertes de productivité, en coûts directs pour le producteur, mais aussi pour l'État. Donc, c'est tout le secteur des PME
brassicoles qui doit subir à forts coûts une situation qui n'a aucune
raison d'être, puis on est encombrés, on est forcés de fonctionner dans une
multitude d'encombrements.
L'AMBQ demande donc à
ce qu'il y ait une modification de la
Loi sur les infractions en matière de
boissons alcooliques et que les timbres de droit ne soient dorénavant plus
exigés. C'était notre première recommandation.
seconde, les portes d'accès pour la vente pour emporter. C'est malheureusement
un sujet qu'on a déjà abordé en commission.
Dans la réalité quotidienne des opérations des microbrasseries, tout ce qui
touche la législation entourant ces fameuses portes d'accès là sont un
irritant important. Les microbrasseries doivent demander aux consommateurs qui sont dans leurs établissements et qui vont à la
caisse pour payer leurs produits, qui souhaitent en apporter d'autre
pour emporter, de sortir de l'établissement, de faire le tour et de rentrer par
une autre porte pour pouvoir sortir avec ces mêmes reproduits là.
C'est une question
qui a fait l'objet de discussions dans le cadre de la Commission des finances
publiques, en mai 2016, dans la foulée de la
loi sur le développement de l'industrie des boissons artisanales. Certains
d'entre vous se rappelleront sans
doute que le ministre Leitão avait pris un engagement formel par rapport à ce
sujet où il allait transmettre à la RACJ des directives à l'effet que
ces procédures ne soient plus nécessaires, mais, malheureusement, on n'a pu que
constater que, deux ans plus tard, la même situation perdure toujours.
Donc,
on demande au gouvernement qu'il soit conséquent face aux engagements qui ont
été pris par rapport au ministre des
Finances puis que la question des portes d'accès pour la vente de bière pour
emporter soit définitivement réglée.
Finalement,
le dernier point sur lequel on souhaite amener votre attention est la question
de la vente directement aux
détenteurs de permis de réunion. Actuellement, selon l'article 15 du
Règlement sur les permis d'alcool, le titulaire d'un permis de réunion doit acheter directement d'un titulaire de permis
d'épicerie la bière qu'il entend vendre ou servir gratuitement. Le projet de loi n° 150, qui
est en oeuvre actuellement, là, sur les dispositions budgétaires du budget
2017, prévoit une exception pour les
titulaires de permis de brasseur artisan. Donc, pour nous, c'est essentiel que
les détenteurs de permis de brassage
aussi puissent y avoir accès, et on demande donc à ce que soit amendé le Règlement
sur les permis d'alcool pour autoriser le titulaire d'un permis de
réunion à acheter directement du brasseur.
Il faut être conscient que, dans la réalité des
choses, il y a souvent des ententes qui sont faites entre les brasseurs puis les détenteurs de permis pour,
d'une part, la gestion de l'approvisionnement, le matériel promotionnel, les retours de
consigne. La RACJ, quand il émet un permis de réunion, le fait avec des
validations qui sont tout à fait adéquates
et sur des paramètres plus poussés qu'essentiellement
l'âge du détenteur. Donc, pour nous, considérant qu'en plus les brasseurs ont déjà la possibilité de vendre
directement à un consommateur, c'est le pas de plus à franchir. Donc, on
réitère notre demande à l'effet que les détenteurs de permis de réunion
puissent acheter de la bière directement d'un permis de brasseur.
Je laisse mon collègue pour la conclusion.
M. Paradis
(Jean-Philip) : Donc, voilà, en résumé, ce qu'on souhaite, en fait,
avec ce projet de loi n° 170, c'est que l'AMBQ demande, en premier lieu, à ce qu'il y ait une modification à
la
Loi sur les infractions en matière de boissons alcooliques et que les timbres de droit ne soient
dorénavant plus exigés. On veut que... L'AMBQ demande à ce que le gouvernement soit conséquent face aux engagements
qui ont été pris par le ministre des Finances et que la question des portes d'accès pour la vente de bière pour
emporter soit définitivement réglée. Et l'AMBQ réitère sa demande à