Transportation and the Environment — 26 August 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
CTE 2020-08-26
Quebec — Committees
M. Charette : Bien, tout d'abord, rassuré qu'il y ait des
interventions. J'aurais été le premier surpris si l'amendement, aussi ambitieux soit-il, soit adopté aussi
aisément, quoique ça peut laisser entendre un nouveau rythme pour l'étude du projet
de loi. Mais ceci dit, la question, elle est
très, très pertinente. On a, à travers le projet de loi, statué que l'objectif
doit être au moins de 37,5 % de
réduction, ce qui est déjà une avancée. On a, à travers le projet de loi, un
comité consultatif qui sera toujours
libre de faire ses recommandations. On a, à travers la démarche qui est en
cours, non seulement une politique-cadre qui sera déposée, mais une mise à jour annuelle. Donc, les occasions
d'échange, les occasions de consultation ne se limiteront pas à dans
cinq ans.
que l'on vient dire avec le projet de loi, par contre, c'est que, de façon
systématique, ce qui n'était pas le cas auparavant, au plus tard, à chaque cinq ans, on devra tenir ce débat
parlementaire là. Parce que ce n'est pas seulement une consultation, mais c'est aussi un débat à
l'Assemblée nationale qui sera introduit de façon systématique. Donc, même si,
par exemple... L'exemple que je pourrais
vous donner, éventuellement, on aurait à statuer pour la période 2030‑2050.
Donc, si, à travers une consultation, en
2030, on convient que ça doit être tel pourcentage, on pourrait ne pas tenir
d'autres consultations pendant
20 ans, et c'est ce qu'on ne veut pas faire avec le projet de loi. Donc, à
chaque cinq ans, au maximum, il y aura
cette consultation-là, et cette consultation-là ne pourra pas se tenir tant que
le comité scientifique indépendant aura rendu publiques ses
recommandations. Donc, c'est des avancées majeures.
Présidente (Mme Grondin) : Mme la députée.
Ghazal : Je comprends le ministre, il veut faire une avancée. Il dit
que c'est une avancée majeure, mais c'est
comme une avancée qu'on fait un peu plus tard. On garde ça pour après la
prochaine élection, toute cette discussion-là. Donc, ça va faire... Parce que lui, il dit que c'est important que ce
soit aux cinq ans, mais c'est aux cinq ans dans cinq ans. Donc, on n'aura jamais eu cette discussion-là
depuis... c'est-à-dire que la CAQ a acheté tout de suite le 37,5 % qui
avait été établi, après des consultations, par le
Parti libéral, en ne disant pas : Bien, nous, on arrive, c'est l'année de l'environnement — qu'on disait — en 2020... Il y a eu d'autre chose qui s'est passé par la suite. Mais est-ce que...
pourquoi est-ce qu'il n'imposerait pas : Voici, je ne prends pas
uniquement la cible qui avait été établie par le passé, déjà
qu'elle est vieille, et, en plus,
c'est celle des libéraux, moi, je
vais arriver avec une cible qui tient en compte... qui est à jour par rapport à
tout ce qu'il y a eu comme avancées, ou le rapport du GIEC, etc., et donc je le
fais maintenant? Et dès que j'institue un
comité, je ne le laisse pas lui-même décider de quels avis il veut me faire,
tout de suite, je lui donne le mandat : Dites-moi, cette cible-là,
qu'est-ce que vous en pensez, avec toutes les connaissances scientifiques, dès
maintenant.
Là, le ministre, il dit : Il y a une avancée,
mais je vais le faire uniquement plus tard, dans cinq ans. Mais donc c'est là
la logique. Ça fait que c'est un pas en
avant, mais extrêmement gêné, alors qu'il pourrait dire dès maintenant :
Le projet de loi est adopté, et ça va
être la cible actualisée avec des experts et avec une consultation publique, au
lieu de laisser ça pour plus tard.
M. Charette : Deux choses là-dessus. Il faut être prudent. Il
ne faut pas, à travers cet article-ci, refaire le débat sur la cible. La cible, on l'a adoptée à travers cette
étude détaillée là, d'une part. Et j'aime beaucoup mes collègues de
l'opposition officielle, je n'aime
pas les voir grimacer, mais je serais en mesure de donner raison à la collègue
de Mercier si le gouvernement précédent
avait atteint la cible qu'il s'était fixée. Si on était à 20 %
aujourd'hui, comme on devait y être, s'ils avaient mis les efforts nécessaires, peut-être qu'on pourrait
revoir à la hausse notre ambition pour 2030. Mais étant donné qu'on accuse un retard excessivement important, on a convenu, à travers l'étude du
présent projet de loi, que l'effort doit être minimalement de
37,5 %.
Donc, il ne faut pas refaire, à mon sens, le débat
sur la cible à ce moment-ci, mais c'est une avancée et c'est une avancée
qui est conforme à ce que nous dit l'Accord
de Paris. On nous demande de réviser à chaque cinq ans, mais on n'avait aucun
mécanisme législatif actuellement qui nous
permettait officiellement de se conformer à cette directive de l'Accord de
Paris. Donc, c'est à travers le projet de loi n° 44, là, qu'on y
parvient.
Mme Ghazal : Moi, je veux juste que le ministre dise...
c'est-à-dire qu'avec l'Accord de Paris il dise aux cinq ans, mais là, avec qu'est-ce qu'il propose, ça va être
10 ans plus tard. Donc, on ne se conforme pas aux cinq ans. On le fait
juste plus tard. C'est juste... Je veux dire, c'est un fait, juste
dire : Oui, c'est le choix politique que j'ai fait, simplement.
M. Charette : Absolument
pas, parce qu'aujourd'hui on a confirmé 37,5 %. Donc, dans cinq ans,
on viendra revisiter, si nécessaire,
cette cible-là. Donc, ce n'est pas 10 ans depuis la dernière fois, c'est
cinq ans depuis que la cible est confirmée et, cette fois-ci, dans une
loi.
Mais, encore une fois, il n'y a strictement rien
qui va empêcher et le comité scientifique et certains acteurs de demander
une cible plus ambitieuse. Mais, au plus
tard dans cinq ans, il y aura une autre commission parlementaire. Je dis au
plus tard parce que si en 2021, en
2022, en 2023, il y a un événement qui survient, qui change la donne de façon
positive ou négative, un débat de cette nature-là pourra avoir lieu
aussi. Mais sinon, si tout va comme prévu, au plus tard en 2025, il y aura ce
débat-là sur la cible.
Ghazal : Mais, juste pour
vous dire, le ministre dit : On a institué aujourd'hui le 37,5 %.
C'est sur quelle base? Ce n'est pas sur une base scientifique que ça a
été établi. C'est sur la base que ça a déjà été fait en 2015.
M. Charette : En fait, sur la base qu'on est très, très, très loin de là où on devrait être, et c'est ce qui... À moins que mes amis libéraux me demandent de refaire toute la
nomenclature où on devrait être rendus aujourd'hui, c'est sur la base d'où on est présentement. L'effort, il est colossal. On est à, plus ou moins, moins 9 %, et on se
propose d'être à moins 37,5 %, pas dans 20 ans, pas dans
30 ans, dans neuf ans, essentiellement. Donc, c'est colossal.
Ghazal : Donc, la cible n'est pas basée sur comment... quelle est la
contribution du Québec pour réduire le
réchauffement climatique, elle est basée sur où est-ce qu'on est rendus. C'est
comme si je passe un examen et là j'ai... je ne sais pas, moi, j'ai 20 %. Là, normalement, l'objectif, c'est
d'avoir au moins la note de passage, 60 %. Bien, je me fixe comme objectif que, le prochain examen, je vais
avoir 40 % et non pas la note de passage. Ça fait que je me fixe comme
objectif de rester en situation d'échec. C'est un peu ça que le ministre a fait
comme choix politique.
Charette : Absolument pas, et c'est là où, malheureusement, Québec
solidaire, comme formation politique, en tout respect, a une interprétation que nous ne partageons pas des
rapports du GIEC. Le GIEC ne fixe pas de cible aux États. Le GIEC fixe une cible globale à l'échelle
internationale, à l'échelle mondiale, et demande un effort considérable aux
plus grands émetteurs, parce que c'est les plus grands émetteurs qui
vont permettre une plus grande diminution.
Nous, on est à zéro point... c'est-à-dire
0,02 % des émissions mondiales sur... en termes d'émissions équivalent CO 2 .
On doit faire notre part. On la fait de
façon colossale avec cet objectif-là. Et il faut se rappeler qu'on est de loin
les plus bas émetteurs aussi
d'équivalent CO 2 à l'échelle de l'Amérique du Nord. Donc,
c'est... Et sans refaire le débat, mais l'année de référence du GIEC est aussi différente de l'année
de référence du Québec. Donc, non seulement on est dans une perspective où on répond de façon très adéquate, puis pas avec
une note de passage, là, avec une note très très enviable, aux recommandations
du GIEC, mais, pour ça, il faut non
seulement avoir les ressources — le dernier budget nous donnait de bonnes
indications à ce niveau-là — il faut avoir des outils
législatifs, il faut être en mesure de faire le suivi.
Donc,
même l'article actuel, avec son amendement proposé, permet de faire des gains
tout à fait conformes avec l'Accord
de Paris, et non seulement ce sera dans le discours politique, mais ce sera
dûment inscrit dans la loi elle-même. Donc, c'est un des articles les
plus conséquents, là, du projet de loi qu'on étudie présentement.
Mme Ghazal : Je sais
qu'on a déjà eu la discussion, mais... parce que le ministre, il dit que c'est
conforme à l'Accord de Paris, puis
j'ai le document qui avait été donné au début de l'étude détaillée pour
justifier le 37,5 %, puis ce que le GIEC dit par rapport à ce que le Québec a fait comme choix. Mais, dans
l'Accord de Paris, on parle du principe des responsabilités communes mais différenciées, et là il n'est pas
respecté, c'est-à-dire qu'il n'est pas vraiment tenu en compte dans le document
du gouvernement, il ne fait que le nommer.
Mais techniquement, comment est-ce qu'on en tient compte, ça, ça n'a pas été
fait? Parce que, si on est les meilleurs
parce qu'on a une énergie largement décarbonisée, donc on devrait avoir des
résultats meilleurs en termes
d'émissions de gaz à effet de serre, alors qu'on est dans la moyenne de l'OCDE
dans nos émissions de gaz à effet de serre, que ce soit par... per
capita.
Charette : Malheureusement, je suis obligé d'être en parfait désaccord
avec la collègue. Plus on est bons, plus difficiles les efforts à venir sont. Parce qu'au départ, je vous... Puis
honnêtement, je pense, ça va être ma dernière réponse à ce sujet-là, parce que je ne veux pas refaire le
débat sur les cibles. On a passé des heures là-dessus. Si on avait une économie
qui reposait sur le charbon et que, du jour
au lendemain, sur quelques années à tout le moins, on bâtissait toutes les centrales
hydroélectriques qui sont actuellement sur
le territoire québécois, on réduirait vraisemblablement de 30 %,
40 %, 50 % de nos émissions tout en ayant des émissions per
capita encore plus élevées qu'elles ne le sont maintenant.
Donc,
mieux on est actuellement, plus c'est difficile de s'améliorer. Mais on ne
renonce pas à s'améliorer. Mais je
suis en... en disant que plus on est bas, plus c'est facile de faire de
nouveaux gains. Au contraire, plus on
est bas, plus les gains à venir sont difficiles. Et le Québec est dans
cette position-là actuellement.
Mme Ghazal : Mais le fait qu'on soit dans la moyenne de
l'OCDE, je veux dire, là, je n'ai pas les chiffres exactement en tête par personne, là, les émissions par personne — je
pense aussi, ils étaient dans votre document — par
habitant, on est dans la moyenne. Normalement, on devrait être moins, mais la raison, c'est les transports. Donc, on
pourrait être beaucoup meilleur, si on faisait des efforts là-dedans.
Donc, le ministre pourrait dire : Avec l'électrification des
transports, on pense qu'on va pouvoir
avoir un meilleur résultat que le 37,5 %
parce qu'on n'a pas donné le coup de barre par rapport à la question des
transports, que ce soit le transport en commun, etc. Donc, c'est...
veux juste comme... Je veux juste que le ministre dise, sans changer sa cible,
juste qu'il dise : Oui, c'est vrai, nous sommes peu ambitieux, parce que c'est le choix qu'on a fait, on ne
veut pas trop bouleverser l'économie. Puis ça, c'est une réalité. Et on met des bâtons dans les roues pour des projets,
par exemple, de transport collectif, que ce soit la ligne bleue, combiné
avec le projet de loi n° 61...
M. Charette :
Mme la Présidente, là, il y a des...
Mme Ghazal :
...ou que ce soit le tramway, par exemple.
M. Charette :
Il y a des procès d'intention qui sont faits, là, auxquels on ne peut pas
souscrire actuellement.
Présidente (Mme Grondin) : Je vous invite... M. le député
de Bourget, s'il vous plaît.
M. Campeau : En anglais, on dit : «It looks like
déjà-vu». Moi, je pense que cette discussion-là... Cette discussion-là, on l'a entendue souvent, on l'a entendue
ad nauseam. On s'est entendus sur 37,5 %. Là, on est dans un projet
de loi, on veut aller de l'avant. Il
y a quelqu'un qui nous a dit qu'on veut reporter ça après des élections. Je ne
comprends pas d'où ça vient. Je ne
sais pas d'où ça vient, ça, de dire ça. Moi, je pense qu'on a eu le temps de
parler du projet de loi n° 44, de régler ça et de faire des actions. Ça va être beaucoup plus utile, faire des
actions envers ce 37,5 % là que de discuter de quelque chose qui
est du déjà-vu.
Présidente (Mme Grondin) : Merci, M. le député. Mme la
députée de Mercier, vous souhaitez...
Mme Ghazal :
...un
article fondamental. Le ministre était étonné qu'on passe rapidement
par-dessus. Et là je pose des
questions. Ça parle des cibles, ça parle de consultation, ça parle d'engagement
international pris conformément à la loi ou toute entente gouvernementale. D'ailleurs, pour l'engagement
international, il y a eu hier un communiqué qu'on peut voir, là, sur les résultats de la vente aux
enchères des marchés du carbone, où on apprend que c'est... maintenant, le prix
de la tonne de CO 2 se
transige maintenant... est rendu à 22 $. Et on répète une information que
le ministère répète constamment, le
gouvernement répète constamment par rapport à la cible de 2050. Je me rappelle,
j'avais déjà posé la question, et on continue à être fier de dire qu'en
2050 nous visons 80 % à 95 % en fonction du Protocole d'accord sur le
leadership climatique, là, le
Under2 MOU. Je sais que le... on a eu la discussion là-dessus, mais c'est
quelque chose... on l'a dit, on dit tout
le temps : Ah! en 2050, voici ce vers quoi on s'en va en vertu
d'engagements internationaux. Et on le répète et on le répète dans les
communiqués. Donc, il y a une fierté de dire : Voici ce qu'on veut avoir
en 2050.
Pourquoi
est-ce que, dans son amendement, le ministre n'a pas trouvé bon, vu qu'on parle
de cible et qu'il a accepté d'ajouter
la cible, pour 2030, de 37,5 %, d'ajouter cette cible-là, dont il est
fier, puisqu'elle est dans tous les communiqués, cette cible-là de...
pour 2050? Pourquoi est-ce que 2050, on en fait fi?
Charette : ...manifestement que la collègue ne maîtrise pas. Si on
avait fixé une nouvelle cible pour 2050, il aurait fallu tenir un débat à l'Assemblée nationale maintenant sur cet
enjeu-là. Lors des études détaillées, actuellement, on est sur l'horizon 2020‑2030. J'ai eu
l'occasion de mentionner il n'y a pas si longtemps qu'on aura ce débat-là pour
l'après 2030, mais il ne faut pas confondre les enjeux.
Mme Ghazal : Mais c'est-à-dire qu'il va y avoir des
consultations pour fixer la cible de 2050 aussi? Puis est-ce que c'est
écrit dans la loi? Peut-être que j'ai manqué l'article où c'est écrit. Pour
2050, je parle.
Charette : C'est déjà le cas. On n'a pas besoin du projet de loi
n° 44 pour ça. À partir du moment où on aura à statuer sur la cible de 2050, il y aura un débat.
Là, on s'attaque à 2030, éventuellement, on s'attaquera à 2050, et il y aura
la même procédure qui va s'enclencher. On va
aussi solliciter, ça, c'est l'élément nouveau, on va aussi solliciter l'avis
du comité scientifique, et ce débat va avoir
lieu. Mais il ne faut pas confondre les échéanciers, encore moins les enjeux.
Ghazal : Mais je veux juste être sûre, là, pourquoi, dans cet
article-là, on ne dit pas qu'on va fixer aussi pour 2050 et il va y
avoir des consultations?
Charette :
L'article précise qu'en fonction du décret auquel il fait
référence, pour 2030, c'est 37,5 %, mais la loi — c'est l'article 46.4 — précise déjà qu'il y aura une autre
consultation pour l'échéancier qui suivra 2030. Donc, c'est déjà
convenu.
Présidente (Mme Grondin) : Mme la députée.
Ghazal : Donc, juste pour être sûre, c'est déjà convenu, mais pas dans
une loi. C'est convenu dans le fameux décret.
M. Charette : À partir du moment où on change ou qu'on révise
une cible, cette consultation-là a lieu. Donc, ça, c'est déjà dans la
loi.
Présidente (Mme Grondin) : ...M. le ministre?
Ghazal : Je me rappelle de l'article dont on a eu la discussion. Donc,
pour une question technique et légale, on ne peut pas l'ajouter. C'est
ça, l'idée.
Charette : On a ce
principe-là qui veut qu'on ne dit pas deux fois la même chose. C'est déjà dans
la LQE. Dès qu'on changera ou dès
qu'on se penchera sur la cible de 2050, il y aura une commission parlementaire avec un rapport préalable du comité
scientifique indépendant, là, qui est créé par le projet de loi n° 44.
Ghazal : Mais ce n'est
pas... parce que le ministre me regarde comme si ça tombait des nues. Ça n'a
aucun bon sens de dire que, dans cet article-là
ou dans le projet de loi n° 44... de parler, de dire, de le fixer aussi pour
2050, mais c'est une possibilité.
C'est juste qu'il y a tout un processus que, lui, il ne veut pas remettre en question
à cause de ce qui est écrit dans la
LQE. Mais il y aurait moyen, s'il y avait cette volonté-là, de le marquer, de
la même façon que, par exemple, il a décidé de mettre le 37,5 %,
alors qu'avant on avait l'impression que c'était chose impossible.
M. Charette : Je ne pourrais pas, dans le projet de loi
n° 44, dire que la cible est à 90 % ou à 100 %, parce qu'avant
d'en faire une motion de l'Assemblée nationale il faut que ce débat-là ait
lieu. Donc, je ne pourrais pas, parce que ça enclencherait,
selon la loi actuelle, la LQE, ça enclencherait ce processus de consultation
là. Moi, ce que j'ai dit, lorsqu'on était
aux premiers articles du projet de loi n° 44 : On l'aura ce débat-là,
et sans doute plutôt tôt que tard, mais actuellement...
Ghazal : C'est peut-être ça qui me... Parce que, là, j'ai oublié
l'article, là, il faudrait que je le relise, mais M. le ministre est
entouré de gens. Ça serait quand cette consultation-là pour 2050?
M. Charette :
Lorsqu'on va enclencher la procédure. Moi, je vous dis plutôt tôt que tard.
Mme Ghazal :
Mais le ministre va l'enclencher quand? Le ministre a l'intention de
l'enclencher quand?
Charette : C'est-à-dire on va, dans un premier temps, adopter le
projet de loi n° 44. Ensuite, on va déposer la politique-cadre. Ensuite, on parlera du plan de mise en oeuvre. Donc,
il y a une séquence qui est établie pour les prochaines semaines, les prochains mois. Je dois vous avouer
qu'on ne travaille pas avec la perspective de 2050 à ce moment-ci. Il y a
beaucoup, beaucoup de travail à faire à
court terme, mais plutôt tôt que tard on aura ce débat sur 2050. Mais je ne
suis pas en mesure de vous dire
est-ce que c'est cette année, est-ce que c'est l'année prochaine, est-ce que
c'est dans deux ans. Mais, dans tous
les cas, ce sera suffisamment tôt pour permettre cet exercice-là et, dans tous
les cas, on a énormément de travail à faire d'ici 2030 pour s'assurer
cette fois-ci d'atteindre les objectifs qu'on s'est fixés.
Ghazal : Donc, il y aurait eu moyen, quand même, de dire : Oui,
on a beaucoup de travail, etc., puis le ministre, j'ai compris son plan de travail, mais il y aurait
eu moyen, quand même, de dire... de fixer dans la loi le mécanisme pour...
ou de parler de qu'est-ce qu'on veut faire
aussi pour 2050. Ça aurait pu être un choix que le ministre a fait, qu'il a
décidé de ne pas faire, puis il a dit : Faisons étape par
étape, commençons par... pour 2030, de
toute façon, c'est déjà
établi avec le décret, puis l'autre, je vais le faire quand moi, je
crois que ça va être important.
Juste
parce que c'est écrit dans tous les communiqués où est-ce qu'on parle de 2050... Même si on a beaucoup de travail
à faire, dans les faits saillants : «Le Québec a adopté des cibles de
réduction de ses émissions de GES de 20 % sous leur niveau de 1990 à l'horizon 2020 et de
37,5 % pour 2030.» Il aurait pu
arrêter là, c'est tout, parce qu'on a tellement de travail à faire, c'est tellement énorme. Mais, dans ses
communications publiques, il trouve très important et très pertinent d'ajouter : «En tant que signataire du
Protocole d'accord sur le leadership climatique mondial, le Québec a pour
objectif une réduction de 80 % à
95 % de ses émissions d'ici 2050.» Il trouve que c'est important d'en
parler. Il pourrait décider de ne pas
en parler dans ses communications. Puis quand je pose la question : O.K.,
mais quand est-ce qu'on va vraiment déterminer, de la même façon qu'on
le fait pour 2030?, il dit : Bien, un jour.
fait que moi, c'est normal que je pose des questions. Est-ce qu'on peut le
faire maintenant? C'est logique. Donc, c'est
un choix politique de dire : Non, moi, je pense que 2030, on en a trop à
faire, là, 2050, c'est trop loin dans ma tête. Et c'est un choix acceptable. Il faut juste le dire
et non pas dire : Bien non, ça n'a pas de bon sens, ça ne marche pas de
même.
Charette : En fait, c'est... On tente de façon déguisée, là, de nous
prêter des intentions. On a une loi qui est déjà claire sur le mécanisme
qui s'enclenche.
Charette : Bien, c'est-à-dire, ça se change quand c'est nécessaire de
le faire, mais la loi, elle est déjà précise, à ce moment-ci. À partir du moment où la réflexion... Actuellement, c'est
80 %, c'est un objectif, mais ce n'est pas un objectif qui a fait
l'objet de cet échange et de cette consultation en commission parlementaire.
Entendons-nous
pour régler l'échéancier 2020‑2030. Je ne dis pas d'attendre à 2030, mais
convenons dans l'ordre que c'est
préférable de s'attaquer, là, dans l'immédiat, à ce qui va nous amener à 2030,
et ensuite on s'attaquera à ce qui suivra
2030. Pas attendre 2030, mais il y a une logique, il y a une séquence qu'il
faut respecter. Et déjà la LQE... et le projet de loi n° 44, à travers le rôle qu'on confie au comité scientifique
indépendant, viendra bonifier cette démarche-là. Mais on ne peut pas dire qu'on ne veut pas, ou qu'on
cache, ou qu'on manque d'ambition. Ce n'est pas le cas. La démarche, elle est
déjà très bien prévue.
Et n'oublions pas une chose, que — on est dans la séquence — c'est Glasgow qui devait nous permettre
d'approfondir ce débat-là, la COP26,
COP26 qui, vous le savez, a été reportée à 2021. Donc, on est tout à fait dans
les temps et on a même devancé une
réflexion par rapport à ce qui se
passe sur la scène internationale. Et actuellement, si on regarde, là, le débat sur la cible de 2050, quel serait le souhait de la collègue,
c'est d'abandonner l'objectif gouvernemental, c'est de... Donc, actuellement, c'est plus théorique qu'autre chose comme échange.
Présidente (Mme Grondin) : Mme la députée
de Mercier, je...
Ghazal : ...que c'est
théorique, je pense que c'est un sujet important. J'aurais aimé
juste... Dans le fond, ce que
je suis en train de dire, c'est tout
simplement que le gouvernement, étant donné qu'il le met dans ses communications... Pourquoi, d'abord, on le met à ce point-là dans les communications pour 2050, si on a tellement de travail à faire avant?
Simplement, juste... je terminerais là-dessus,
peut-être je reviendrais sur d'autres éléments, mais je ne comprends pas pourquoi le ministre prend ça personnel. Moi, c'est un sujet fondamental. Je sais qu'il y en a qui disent que ce n'est pas important,
les cibles, ce n'est pas juste se fixer sur les cibles, mais je pense
que c'est comme... c'est la base, et c'est
ça que le GIEC a amené les gens... les pays à prendre leurs responsabilités, puis à les fixer, puis à avoir de l'ambition. Tous les jours,
le secrétaire général de l'ONU nous en parle, lors des COP, etc., et c'est le
débat que j'ai avec le ministre.
Pourquoi
il le prend personnel? Il peut dire : Voici, c'est le choix qu'on a fait,
on a 2030, il y a eu du retard, voici vers où on s'en va. Je
ne veux pas m'occuper de 2050, on le fera quand ça sera le temps. Puis c'est
normal qu'on ait cet échange-là, même si ça
fait plusieurs fois, on est ici pour débattre et pour échanger.
Sinon, quand est-ce qu'on va le faire, si on ne le fait pas publiquement?
Moi, j'aurais aimé qu'on le fasse dès... même toute la consultation, qu'on le
fasse tout de suite après l'adoption
du projet de loi, puisque le ministre est fier de son projet de loi, il est
fier d'avoir mis 37,5 %. Et je
le félicite de l'avoir mis, même si ce n'est pas assez ambitieux par rapport à
Québec solidaire, mais par rapport à lui, ça l'est, et c'est correct. On
n'est pas obligés d'être parfaitement d'accord.
Après
ça, moi, ce que j'aurais aimé, c'est que tout de suite après l'adoption, qu'il
y ait ce débat-là pour qu'il mette sa
marque sur... et la marque de la CAQ sur la cible qui sera adoptée puisque, de
toute façon, le bas, le minimum, ça va être
37,5 %, on n'ira jamais en bas, ça va être plus élevé, au lieu de
dire : Bien, on fera ça plus tard, lors de la prochaine élection, puis après ça il va juste nous rester
cinq ans pour l'atteindre, puis on va encore plus tard... les gens, plus tard,
ici, autour de la table, ils vont
encore faire les mêmes débats en disant qu'on n'a pas atteint nos cibles, qu'on
n'a pas atteint... mais ce n'est pas grave, on a de l'hydroélectricité,
on est bons. On est bons, on est bons puis on se pète les bretelles.
Donc, c'est tout ce
que... c'est le seul point que je voulais dire. C'est la place pour le dire. Il
ne faut pas que le ministre prenne ça personnel. Ça fait que c'est tout, je
vais arrêter l'échange là-dessus.
Présidente (Mme Grondin) : M. le député de Robert-Baldwin.
M. Leitão : Merci, Mme la Présidente. Alors, oui, nous sommes à l'amendement. Ça
m'a pris un peu de temps pour le
retrouver sur mon iPad, pour que je me remette dans la discussion qu'on avait eue lundi. Et j'ai trois
points à faire, ça va prendre beaucoup de temps, mais trois points que je
pense importants.
Premièrement, c'est un amendement qui est important, comme le ministre l'a mentionné. Dans
le projet de loi initial, l'article 17 se limitait à une phrase, donc il y avait
du travail à faire. Donc, le travail parlementaire, les consultations, l'étude
détaillée servent à quelque chose. Dans ce cas-ci, il y a un amendement qui a été déposé, et qui est important,
et avec lequel nous sommes généralement d'accord, je vous le dis tout de
suite, en passant. Donc, premier point.
Deuxième point, le ministre a dit que, encore une fois, le Québec avait pris du retard, c'était la faute au gouvernement précédent. Bon, écoutez, on a peut-être pris du retard, mais nous sommes
toujours la juridiction en Amérique du Nord qui est la plus avancée. Et pour ce qui est du retard qui a été pris, on
verra bien, quand on comptabilisera toutes les données. L'année 2020 n'est pas encore terminée, et on va
connaître tous les résultats probablement en 2021, 2022. On verra bien à
quel niveau on est, mais je suis d'accord avec vous qu'on a pris du retard par
rapport aux objectifs établis en 2015.
Mais
comme vous l'avez dit, M. le ministre, vous l'avez dit vous-même, et avec
raison, que plus on avance, plus on
fait de progrès dans notre lutte aux changements climatiques, dans la
décarbonisation de notre économie, plus on fait des progrès, ce qui a été fait depuis 2015, plus difficile ça devient à
l'avenir. Et vous avez tout à fait raison, ça va devenir encore plus difficile d'atteindre les cibles, et
l'effort requis est colossal, et, pour y arriver, il va falloir faire un
certain nombre de choses.
L'article 17, tel qu'amendé, et c'est
ça mon troisième point, l'article 17,
tel qu'amendé, comprend aussi la possibilité de... et c'était
une demande de plusieurs, une suggestion de plusieurs participants aux consultations, comprend aussi la
possibilité d'établir des cibles par
secteur ou des cibles spécifiques.
L'article 17, l'amendement propose le
cheminement pour y arriver et il dit
avec raison que cela se ferait suite aux... donc, avant que de telles cibles ne
soient fixées, le ministre doit solliciter l'avis du comité consultatif.
Très bien.
Alors, ma question,
elle est simple. Dans ce contexte-là, est-ce que le ministre compte demander au
comité consultatif qu'on se penche sur
l'établissement... sur la pertinence d'établir des cibles particulières dans
les mois à venir, pas en 2025, mais dans les mois à venir?
M. Charette : Tout d'abord, remercier le collègue, là, pour
deux constats que nous partageons : un retard, puis, bon, on se fait des clins d'oeil à l'occasion, là, mais, oui, un retard par rapport à la cible actuelle. Une autre admission importante, c'est de dire, étant donné qu'on est effectivement les plus faibles émetteurs en Amérique
du Nord... Et c'est un constat
bien réel, on est à 9 point quelques tonnes
par habitant. On a des États, en Amérique
du Nord, qui sont à 130, 140 même,
je pense, 150 tonnes par habitant. Donc, on est réellement
les meilleurs élèves de la classe en Amérique
du Nord. Il faut en être fiers. Mais c'est vrai que plus nous
avancerons, plus ce sera difficile de faire des gains, et plus ces gains-là
seront dispendieux, d'où l'effort déjà
colossal qui est fait, là, avec le dernier budget, là, de consacrer 6,2 milliards à cet effort-là.
Ceci dit, pour ce qui est des cibles sectorielles,
le comité consultatif sera tout à
fait libre de faire des recommandations à ce niveau-là, s'il le souhaite. Mais il ne faut pas oublier que le marché dans lequel
on travaille, avec un marché du carbone notamment, des cibles... et
c'est la cible principale qui demeure importante, et chaque marché aura à se conformer à sa
façon. Donc, le secteur des
transports sait déjà qu'il y a davantage d'efforts qui
devront être faits de leur part. La grande industrie le sait. Donc, le marché du carbone nous aide à
faire toute cette modulation-là, mais il
n'y a strictement rien qui empêche
le gouvernement de se donner des objectifs.
Je parlais, je pense, c'est lors de la dernière
séance, au niveau des véhicules électriques et autres, donc le gouvernement se donnera... on ne laissera pas le marché du carbone tout assumer comme
responsabilité. Le gouvernement se donnera des objectifs précis, qu'on pourrait appeler «cibles», et le gouvernement va se donner les moyens d'atteindre ces objectifs-là. Mais au final, et c'est l'objet de l'article
que l'on étudie présentement, c'est la cible globale qui va nous donner notre
note au final.
M. Leitão : Très bien. Mais pour y arriver, et d'ailleurs, l'amendement le prévoit, pour y arriver, à atteindre cette
cible globale, je pense,
ça va être important et nécessaire d'établir aussi des cibles particulières selon les secteurs, et, pour ce
faire, le ministre doit solliciter
l'avis du comité consultatif. Alors, est-ce que vous avez l'intention de
solliciter cet avis-là dans les mois à venir ou ce sera quelque chose
qui viendra plus tard?
Charette : Dans les mois à venir, c'est difficile à dire, le comité
n'est pas encore institué de par le fait que la loi n'est pas adoptée. Il n'est pas non plus constitué, donc il y a
certainement quelques mois, là, à prévoir avant qu'on ait un comité en bonne
et due forme qui soit opérationnel. Et je vais laisser au comité le soin
d'établir son propre calendrier. Autrement,
si, dès le départ, on commençait à donner des mandats spécifiques, on viendrait
renier le principe d'indépendance qu'on
y a déjà consacré. Il n'est pas dit qu'il n'y aura jamais
de demande d'avis, mais je pense que ce sera important, dans un premier temps, que le comité puisse apprendre à
travailler ensemble, puisse constituer son propre agenda, mais il sera
libre, effectivement, de se pencher sur cette question-là, si tel est son
souhait.
M. Leitão : Très
bien. Mais les mots sont importants,
et ici, dans l'amendement, et pour une fois je suis entièrement d'accord, l'amendement
dit que le ministre doit solliciter l'avis, pas le ministre peut solliciter l'avis. Le ministre doit
solliciter l'avis du comité. Mais
écoutez... Donc, vous allez peut-être le faire ou peut-être pas, mais ça serait
important de le faire le plus rapidement possible.
Un dernier commentaire dans le cadre de cet
amendement et de cette question. Est-ce que votre collègue le ministre de l'Économie vous a consulté ou vous en a parlé
avant d'annoncer — hier, je
pense que c'était — son
intention d'investir dans Nemaska Lithium?
M. Charette :
Dans... Je n'ai pas compris.
Une voix :
Nemaska Lithium.
M. Charette :
Ah oui! bien, en fait, ça, c'est la beauté de la façon dont le gouvernement
fonctionne. Et là aussi, je l'ai déjà
mentionné, mais ça me fait plaisir de le répéter, on a constitué des comités ministériels,
et ces comités-là ont été divisés, là, selon une logique : services aux citoyens, notamment,
et économie, environnement. Donc, je siège sur le même comité que mon collègue à l'Économie, que mon
collègue aux Finances, parce qu'on a décidé de faire de l'environnement une opportunité économique. Donc, oui, c'est des
discussions qui ont été tenues et qui ont été faites au préalable au comité
ministériel, par la suite au Conseil des
ministres. Et c'est tout à fait cohérent avec la volonté gouvernementale de
créer une chaîne complète au niveau de la fabrication et de la
disposition des batteries.
Actuellement, on est dans un marché où nous sommes
très, très dépendants à ce niveau-là. On sait que l'électrification, notamment des transports, va demander de plus en
plus de batteries. Donc, on souhaite, à terme, être relativement autonome
sur cet enjeu-là. Donc, non seulement on a
le minerai, on sera en mesure de l'extraire, on sera en mesure de le
transformer, on sera en mesure de
fabriquer les batteries dont on a besoin pour penser ensuite les disposer en
fin de vie. Donc, c'est un projet qui
est très ambitieux, mais, on le sait, c'est un minerai qui est recherché. On
évoquait la présence étrangère très,
très
forte sur cet enjeu-là, parce que ça va être une quête mondiale, là. C'est déjà une
quête mondiale, mais ça va le devenir encore davantage. Donc, il faut
développer une certaine indépendance, une certaine autonomie, là, à ce
niveau-là.
M. Leitão : Très bien. Écoutez, ça sera une discussion qu'on aura un autre
jour, parce que ça prendrait beaucoup de temps. Mais vous
êtes bien conscient que le... et
je suis certain que vous êtes bien conscient que tout ce processus-là
d'exploitation minière, et par la suite de
fabrication, et éventuellement de recyclage ou d'en disposer, ça aussi, ça
ajoute beaucoup d'émissions de gaz à
effet de serre. Donc, il faut faire un examen global du projet et de ses
contributions nettes au bilan du
Québec. Et donc je présume qu'en tant que ministre de l'Environnement vous
allez vous assurer qu'une telle évaluation complète soit faite.
M. Charette : Peut-être mentionner, à ce niveau-là, c'est une
question encore une fois très, très pertinente, j'aimerai toujours plus, même si je ne suis pas responsable
des ressources naturelles, même si ce n'est pas mon premier mandat, je vais toujours préférer une extraction dans des
conditions environnementales extrêmement encadrées, comme c'est le cas au Québec, qu'une extraction en Russie ou en
Bolivie. L'Amérique latine, malheureusement, au niveau du lithium, compose
avec une extraction qui est excessivement, excessivement dommageable pour son
environnement. Et, quand je dis dommageable
de façon durable, ce sont des sources d'eau, ce sont des territoires entiers
qui sont compromis. Donc, je préférerai
toujours, étant donné qu'on a, sans dire... je ne veux pas parler d'hypocrisie,
mais on pourrait très bien se dire : On est alimentés de toutes les façons en batteries, donc on s'intéresse
plus ou moins à la façon dont ces minerais-là sont... On s'enlève toute responsabilité en se
disant : Nous, c'est la batterie qu'on veut, que leur production saccage
l'environnement ailleurs, on ne s'en formalise pas, nous, c'est
uniquement le bienfait de la batterie.
Donc, je préférerai toujours une extraction au Québec,
avec des avantages économiques pour le Québec, mais avec un encadrement qui ne se retrouve pratiquement nulle part ailleurs. Et
ça me fait dire que cette extraction-là ne peut pas et ne se fera pas dans n'importe quelles conditions.
Et il ne faut pas oublier non plus que, si ce minerai-là est extrait en Russie,
il faut le transporter, il faut le
transformer, et toutes ces étapes-là sont également productrices de gaz à effet de serre. Donc, oui, peut-être
que l'extraction ou la transformation sur place va générer des émissions, mais
au total, au final, et c'est ça,
l'objectif qu'on doit avoir en
tête, les émissions mondiales vont assurément diminuer pour ce qui est de
la consommation québécoise, là, en batteries pour alimenter ces
voitures, par exemple.
Leitão : Très bien. Mais, encore une fois, j'espère, et je n'ai pas de
raison de croire que ce ne sera pas le cas, mais j'espère que le
ministère de l'Environnement va jouer pleinement son rôle quand le moment
arrivera d'octroyer les permis pour que ce
projet-là entre en phase de production et, par la suite, la récupération ou le
recyclage du lithium, parce que ces
activités-là vont ajouter pas mal aux coûts de ce projet-là, malgré le fait
qu'Investissement Québec a déjà mis
95 millions dans cette nouvelle aventure, et ça pourrait même aller
jusqu'à 300 millions. Mais vous devez quand même, vous, le ministère de l'Environnement, vous devez
quand même jouer votre rôle, et, s'il s'avère que ce projet-là, tel que proposé par les promoteurs, qui incluent
Investissement Québec, ne remplit pas nos objectifs de réduction de gaz à effet
de serre, on ne va pas de l'avant.
Charette : Non, tout à fait, et je vous inviterais à remonter un petit
peu dans le temps. Si on se souvient bien, à l'article 10.1 tel qu'adopté, on peut lire que la lutte contre les
changements climatiques comprend les mesures visant à atténuer les conséquences environnementales des
autres mesures visant la lutte contre les changements climatiques. Donc, on
a déjà adopté un
article ici même, dans
cette commission, qui le précise, mais c'est la volonté, effectivement, du
gouvernement non seulement d'extraire
nos minerais dans les meilleures conditions possibles, mais faire en sorte qu'à
chacune des fois... atténuer les impacts de chacune de ces
opérations-là.
Leitão : Très bien. Écoutez, ça a été dit, et vous pouvez être certain
que je vais le rappeler à votre collègue du ministère de l'Économie. Donc, ça a été dit ici, et avec raison, que
ce projet-là, comme d'autres projets, devra contribuer de façon positive
à l'effort québécois de réduction de gaz à effet de serre.
Un dernier point, parce qu'on parle aussi, donc,
de plan de relance économique, etc., et je trouve que les plans de relance économique qui jusqu'à maintenant ont été
divulgués par votre gouvernement,
dont on parle abondamment, c'est très
fort sur le béton et l'asphalte. Il va
falloir, ça aussi, faire des véritables évaluations, donc un test climat, des
véritables évaluations de la
contribution ou pas de ces projets-là à l'effort de diminution des gaz à effet
de serre. Donc, je vous invite, dans
ce comité-là, auquel vous faites partie, quand il s'agit de projets de béton et
asphalte, aussi importants soient-ils... mais il faut toujours rappeler
le but ultime qui est de réduire les émissions québécoises de gaz à effet de
serre.
Charette : Deux éléments là-dessus. Le collègue mentionne le comité...
Là, vous faites référence au comité ministériel
ou au... O.K. Je pensais que vous faisiez référence au comité scientifique. Sur
le comité scientifique, je n'y siège pas.
Ceci dit, pour les routes, ça, c'est une valeur qui doit être prise en compte
et qui, malheureusement, là, chez certaines formations politiques... ce n'est pas le cas. Il y a des investissements
routiers importants qui sont faits, mais regardez quels sont ces investissements-là, plus souvent
qu'autrement, c'est pour contrecarrer un déficit d'entretien. Donc, ce n'est
pas pour toujours construire plus de
routes, et autres. Dans certains cas, c'est possible, dans certains cas, c'est
nécessaire, et dans certains cas, on
le fera. Mais il y a beaucoup, beaucoup de sommes qui vont à la réfection du
réseau routier existant. Donc,
lorsqu'on dit : On met plus d'argent au niveau routier qu'en transport
collectif, il faut prendre les choses telles qu'elles sont et il y a
beaucoup de déficit d'entretien, là, qui doit être corrigé.
Ceci dit, au
niveau des efforts en transport collectif, le dernier budget le réitère, ma
collègue actuelle du Conseil du
trésor l'a mentionné, mon ancien collègue au Conseil du trésor l'avait aussi
mentionné, vous regarderez, cette année et dans les prochaines années, au niveau du transport collectif, le PQI va
augmenter de façon considérable. On a des projets sur la table pour plus de 40 milliards de
dollars. Tous ne sont pas inscrits au PQI encore parce qu'on est, dans certains
cas, à des étapes préalables à leur
inscription. Mais dans quelques années, la proportion réseau routier et transport
collectif va changer. On l'a dit, on
vise éventuellement une parité entre les deux secteurs, mais il ne faut pas
perdre de vue les déficits d'entretien, là, qui représentent,
malheureusement, plusieurs milliards de dollars.
M. Leitão : Très bien. Mais, encore
une fois, malgré ça, il faut tenir en considération notre objectif
ultime : réduction des gaz à effet de serre, 37,5 %, notre objectif.
Un dernier
point. Vous avez mentionné le Conseil du trésor. Je vous mentionne aussi, et
vous êtes certainement au courant,
que le premier ministre, ne serait-ce qu'hier, a mentionné qu'on avait besoin
du projet de loi n° 61, nouvelle version, pour toutes sortes de raisons, selon lui. Et une des raisons qu'il a
mentionnées hier à Saint-Hyacinthe, c'était pour accélérer toutes ces
patentes de... il n'a pas dit ça comme ça, pour accélérer tout le
processus de vérification environnementale.
Alors, en tant que ministre de l'Environnement,
j'espère que vous allez jouer votre rôle et que vous allez dire : Non,
non, non, les vérifications
environnementales, les autorisations environnementales, les... excusez-moi,
mais le mot ne me vient pas, les
«assessment» environnementales, c'est important. On ne va pas accélérer ça pour
gagner du temps et passer à travers les règles. Vous êtes le défendeur
de ces règles-là. Donc, vous devez jouer votre rôle.
M. Charette : C'est ce que j'ai déjà mentionné.
Malheureusement, et ce n'était peut-être pas mal intentionné, mais ça traduisait une mauvaise lecture ou une
mauvaise interprétation de la version originale. Il y a beaucoup de faussetés
qui ont été dites sur la mouture initiale du projet de loi n° 1.
D'ailleurs, votre chef a dit ici même, en cette Chambre, à la période de
questions, qu'on revoyait entièrement le rôle du BAPE à travers le projet de
loi n° 61, ce qui était complètement
faux. On a dit, malheureusement, de votre côté de la Chambre, qu'on changeait
les normes, les seuils. Il n'y a strictement rien de ça qui était
modifié au niveau du projet de loi n° 61.
Ceci dit, on
a besoin d'une pièce législative. La mairesse de Montréal appelait même, je
pense, c'est hier ou avant-hier, à un
projet de loi pour contrecarrer l'opposition, là, qui avait été faite de la
part notamment de votre formation politique. Donc, oui, il va y avoir une nouvelle mouture. Je veillerai à assumer
pleinement mes responsabilités à ce niveau-là, mais, en même temps, il
ne faudra pas dépeindre le projet de loi et lui faire dire ce qu'il ne dit pas.
Mais au
niveau de l'environnement, et ça, on a eu l'occasion d'en parler au moment des
crédits, actuellement, il y a trois
problématiques. Il y a effectivement une problématique au niveau du personnel.
Pour faire davantage d'évaluations, il
faut davantage de monde. Il y a eu plusieurs... et je ne dirai pas sous quelle
administration, mais l'administration qui nous a précédés a coupé beaucoup dans le budget à l'Environnement,
conséquemment des coupures de postes, ce qui n'aidait en rien à faire son travail. Donc, depuis le
dernier budget... en fait, pas le dernier, dès l'avant-dernier budget, on a mis
des sommes colossales pour engager de
nouvelles ressources. On parlait de plus ou moins 300 nouveaux ETC, là,
jusqu'à maintenant, effectifs à temps complet. Ça, c'est une première problématique
qui est en voie d'être corrigée.
La deuxième,
elle est réglementaire. On est, depuis un petit peu plus d'un an, à
revoir toute une série de règlements qui
n'avaient pas été modernisés au fil des années. C'est une procédure qui devrait
normalement se compléter dans les toutes prochaines
semaines. On a, pour ainsi dire, terminé le travail à ce niveau-là. Donc, une
meilleure réglementation qui n'affecte pas, encore une fois, les normes, les seuils, mais c'est réellement pour une question
d'efficacité, ça aussi, on est en train d'y travailler.
Et la
troisième problématique, elle est parfois législative, d'où le projet de loi qui a été déposé en juin et qui sera revisité, là, je vais le souhaiter personnellement, le plus rapidement
possible. Et regardez quels projets étaient concernés par ce projet
de loi là, tous des projets d'intérêt
public. On parle d'écoles, on parle d'hôpitaux, on parle de maisons des aînés, on parle de CHSLD, on parle tantôt
de quelques axes routiers. Je suis des Laurentides, je
pourrais aisément vous parler de la
117. C'est une route, actuellement, qui est très,
très accidentogène. Donc, chaque
année supplémentaire qu'on prend pour mieux
l'aménager, ce sont malheureusement des décès qui s'ajoutent. Donc, le défi, ce serait
de voir quels sont ces projets qui ne sont pas pertinents, et, ma foi,
il n'y en a pas beaucoup.
Et, encore une fois, quand on revient aux principes de développement durable, moi, si
je parle d'éducation, si je parle de santé, si je parle de
sécurité de la population, ce sont tous des objectifs de développement durable.
M. Leitão :
Certainement, mais c'est une position, à mon avis, un peu surprenante de votre
part parce que... de votre part, je veux
dire du gouvernement actuel, parce que tous ces projets-là sont nécessaires
et utiles. Dans beaucoup de cas, le dossier d'opportunité n'a pas été fait, mais bon, détail, mais l'évaluation environnementale
doit être faite. Ce n'est pas, vous
savez, ce n'est pas... une évaluation environnementale en bonne et due forme, ce n'est
pas un truc pour empêcher la société d'évoluer, là, c'est quelque chose qui doit être fait. Si on veut construire un hôpital
dans une zone humide, bien, on a
besoin de l'hôpital, mais est-ce que
c'est là, l'endroit le plus indiqué pour construire cet hôpital-là? Donc, ce
genre de réflexion, ce n'est pas une
perte de temps, ça doit se faire. Je suis d'accord avec vous que certains... la
réglementation doit être revue. Mais,
quand on va revoir cette réglementation, on ne peut pas non plus s'attendre à
ce que cela soit fait en trois jours
en claquant les doigts. Ce sont des décisions importantes qui vont avoir un
impact sur la société québécoise pour les décennies à venir. Donc, ce
que je dis, c'est : Soyons prudents.
nous, pas seulement l'opposition
officielle, mais les trois partis d'opposition, nous étions contre le projet n° 61, tel que déposé à l'époque, parce qu'il allait
beaucoup trop loin, et on n'avait pas assez de temps pour en discuter. J'espère
que, maintenant, avec la nouvelle version de
61, on aura tout le temps qu'il faut pour l'évaluer convenablement. C'est tout.
M. Charette : Peut-être rappeler les collègues qu'on parle ici
du projet de loi n° 44,
d'une part, mais je rassure aussi le collègue de l'opposition
officielle, le gouvernement prendra pleinement ses responsabilités.
Présidente (Mme Grondin) : Merci, M. le ministre.
M. Leitão :
Comme disait l'autre : On verra. Merci. C'est tout.
M. Charette :
Bon résultat.
Présidente (Mme Grondin) : Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal : Oui. Moi, j'ai une question par rapport à un
autre paragraphe, là, que celui que je parlais dans le projet de loi, mais c'est très difficile, parce que, là, j'écoutais
l'échange, puis on parlait de la ligne bleue. Vous savez, la ligne bleue
existait... le prolongement, je veux dire,
de la ligne bleue dans l'est, ça existait bien, bien, bien avant le projet de
loi n° 61. Les deux... il n'y a
pas de loi naturelle, là, qui lie le projet de loi n° 61 avec le
prolongement de la ligne bleue. Donc, il est tout à fait possible de
faire ce projet-là puis de ne pas prendre le projet de loi n° 61 comme
prétexte. De toute façon, il va y avoir des discussions plus tard, cette
session.
Moi,
ma question, c'est par rapport... quand on dit : Ça, c'est un élément qui
n'est pas nouveau, là, qui était dans la
loi, c'est-à-dire de faire les consultations, les consultations, et de demander
au comité consultatif son avis sur les cibles par secteur que le ministre détermine, c'est quoi, les autres? Parce
que... Je vais la lire, la phrase, ça va être peut-être plus simple. «Il peut répartir cette cible en fixant des cibles
de réduction ou de limitation particulières pour les secteurs d'activité qu'il
détermine.» On a la Politique de mobilité
durable, il y a la politique énergétique où il y a des cibles. C'est quoi, les
autres secteurs? Est-ce qu'il y en a,
par exemple, en agriculture? C'est quoi, les autres secteurs dans lesquels il
va solliciter l'avis du comité consultatif?
M. Charette : C'est à voir, mais on sait déjà quels sont les
secteurs où les émissions sont les plus fortes. Transport, on le répète beaucoup. Après, c'est la grande
industrie. Agriculture, gestion des matières résiduelles sont aussi des
secteurs qui arrivent assez
rapidement par la suite, mais on n'est pas du tout dans les mêmes proportions,
là, on est dans le 10 % et moins. Donc, ce sont des évaluations qui
se feront en temps et lieu.
Nous, on va mettre sur la table un premier plan de
mise en oeuvre qui répond déjà à un certain nombre de questions dans chacun de ces domaines-là, plan de mise en
oeuvre qui sera mis à jour année après année. Donc, le comité consultatif
sera naturellement libre et habilité à nous
accompagner dans cette démarche-là, à la commenter. Des avis pourront être
sollicités aussi directement.
Mais l'erreur que l'on veut éviter, c'est se
donner un plan d'action sur 10 ans sans avoir la possibilité de l'améliorer. Donc, on ne
s'en cache pas, on l'a dit ouvertement à sa présentation, nous aurons identifié
des mesures avec un pourcentage x de
réduction d'émissions de gaz à effet
de serre. On ne présentera pas un plan d'action qui répondra à toutes les questions, mais
on a 10 ans pour le mettre à jour et le bonifier. Donc, c'est là où le
comité scientifique pourra aussi être précieux, là, dans ses
conseils.
Ghazal : Donc, juste pour
être certaine, dans le plan de mise
en oeuvre pour différents secteurs,
il va y avoir des cibles, et c'est...
donc, c'est avant le plan de mise en
oeuvre, avant de marquer ces cibles-là
qu'il va y avoir des consultations, c'est-à-dire qu'on va demander l'avis du comité consultatif. Parce que le plan de mise en oeuvre va arriver
bientôt, et le comité consultatif, le ministre dit que ça va prendre du temps,
donc juste comprendre la logique.
M. Charette : En fait, non, je me suis peut-être
mal exprimé, mais lorsqu'on déposera la politique-cadre et son plan
de mise
en oeuvre, on va déjà se
fixer des objectifs. Mais il ne faut pas confondre objectifs
avec cibles sectorielles, comme on
peut interpréter la signification, là, de cette expression-là. Mais ce sont des
objectifs, et le comité
consultatif pourra, une fois cette balle-là mise au jeu... quoique le comité consultatif ne sera peut-être pas constitué et opérationnel à ce moment-là, mais dans l'avenir et dans
le futur, étant donné que c'est un exercice qui sera mis à jour à
chaque année, c'est une expertise qui pourrait très bien être sollicitée
pour bonifier la démarche.
Mme Ghazal : Puis donc, comme dans le plan de mise en oeuvre, ça va être écrit : déterminer un objectif
de réduction pour l'agriculture, déterminer un objectif de réduction pour les matières résiduelles, est-ce que
ça va être... pour la gestion des
matières résiduelles, est-ce que ça va être comme ça que ça va être écrit? Parce que,
par exemple, pour la Politique
de mobilité durable, il y a des cibles. Ce n'est pas nécessairement des cibles
de réduction de GES, c'est des cibles d'électrification, etc. La politique énergétique,
par exemple, aussi, c'est la même chose, réduire, là, la consommation de
produits pétroliers et tout ça. Les autres secteurs, il n'y a pas ce genre de politique
Est-ce que le
gouvernement va faire la même chose? Est-ce qu'il va faire, par exemple, une...
Est-ce qu'il va demander un avis du comité
consultatif sur : évaluez donc la Politique de mobilité durable? Est-ce
qu'on doit la mettre à jour, par exemple, même si elle est... ou elle ne
bouge pas d'ici 2030?
fait, je suis sûre que le ministre a réfléchi à toutes ces questions-là, juste
peut-être s'il pouvait expliciter le résultat de ses réflexions.
M. Charette : Naturellement, on ne peut pas tout dévoiler
aujourd'hui vu que c'est une étape, là, qui est à venir et qui va survenir assez rapidement. C'est une question de semaines. On va avoir aussi des
objectifs dans d'autres domaines, mais
je ne peux pas me risquer, ce matin, à les évoquer. Je veux qu'on se concentre
sur ce qui nous réunit. Mais oui, il y aura, dans d'autres domaines
aussi, des objectifs, tantôt au niveau agricole, tantôt dans d'autres secteurs
aussi.
Ghazal : Puis est-ce que,
par exemple, Politique de mobilité durable, politique énergétique, est-ce
qu'on... le ministre va demander l'avis du comité consultatif ou ça, ce
paragraphe-là, ne touche pas ça? Moi, je pense que ça le touche, là.
M. Charette : En fait, comme on l'a mentionné aux articles
précédents, à partir du moment où le projet
de loi n° 44 est adopté, à partir du moment où il est
pleinement en opération, bien, il y a un rôle de coordination qui va revenir au
ministre de l'Environnement, et ce, de façon totalement transversale avec les autres ministères.
Donc, c'est une responsabilité qui sera assumée par la personne, là, qui sera en poste au moment de l'entrée en
vigueur du projet de loi, notamment au niveau énergétique, au niveau des
transports, au niveau des autres secteurs également.
Ghazal : Donc, c'est parce
que c'est lui qui va le déterminer, donc ça se peut qu'on les revoie, ça se
peut que non, on va voir...
c'est-à-dire qu'on revoie la Politique de mobilité durable. Moi, je pense que
la réponse, c'est non. Je voulais juste que ça soit dit parce qu'on est
vraiment dans le sujet, là. C'est écrit, puis je pose une question par rapport
à l'amendement du ministre, là. Ça fait
qu'il dit de... «pour les secteurs qu'il détermine». Si je comprends bien, il
va y avoir d'autres secteurs qui vont
être déterminés par le ministre, puis ça va être dans son plan de mise en
oeuvre, puis... mais la Politique de mobilité durable, politique
énergétique, on n'y touche pas.
Charette : En fait, il ne
faut pas nous prêter des intentions à ce niveau-là. La Politique de mobilité
durable avait été présentée par le
précédent gouvernement qui avait produit un très bon document, d'ailleurs, tous
l'avaient salué, et ça a été fait
relativement... ce n'est pas un blâme, là, c'est, au contraire, des
félicitations, mais ça a été fait relativement à la fin du mandat. Donc,
cette politique-là devait maintenant être bonifiée, il fallait voir à y
associer un plan d'action.
Donc, nous, on est partis du travail qui était
fait, qui a été très bien fait. Et d'ailleurs, moi, à l'époque, j'étais
critique en matière de Transports.
Donc, le député de Pontiac, je pense, la circonscription, qui était ministre
en
titre — je
connais son prénom et son nom, mais
je ne vais pas le prononcer — bref,
j'avais pu le féliciter à ce moment-là. Maintenant, il faut la bonifier, il faut lui donner un plan d'action,
et le dossier relève de l'actuel ministre des Transports, mais je participe à
des rencontres avec lui sur ces enjeux-là.
Donc, il y a un rôle, là, qui est pleinement assumé. Donc, c'est une politique
qui sera maintenue.
y a d'autres politiques qui vont voir le jour, et je ne veux pas révéler, là,
de grands secrets. Je peux vous parler au niveau de l'agriculture, notamment,
parce que le collègue a déjà publiquement confirmé la chose. Il présentera prochainement une politique au niveau de
l'agriculture locale, pour développer des marchés locaux, pour encourager,
enfin, je pense qu'il... dans son
titre, c'est au niveau de l'agriculture durable. Mais pourquoi parler
d'agriculture durable? C'est pour pouvoir mieux alimenter les marchés
locaux, c'est... Donc, c'est, oui, piloté par un collègue, celui en charge de
l'agriculture, mais on est, comme cabinet, comme gouvernement, impliqué dans la
démarche aussi.
Donc, il va y avoir d'autres... Donc, la prochaine
à venir dans le calendrier, je ne peux pas... et je ne le sais même pas moi-même, là, pour ce qui est des autres ministères,
mais celle sur l'agriculture durable, là, elle est attendue dans un avenir
relativement rapproché.
Mme Ghazal :
Oui, j'ai fait les crédits avec le ministre de l'Agriculture, puis il nous en
parlait beaucoup. Les attentes sont grandes.
Donc, c'est sûr qu'il va y avoir une politique pour l'agriculture durable. Les
autres sujets vont venir, et il va y
avoir... il n'y aura pas encore des cibles, mais éventuellement il y aura des
cibles, des cibles sectorielles.
M. Charette : À partir du moment où il y a une politique, on va
vouloir atteindre certains résultats, certains objectifs. Un autre dossier, puis on l'a évoqué très,
très rapidement, je pense, au moment des crédits, mais qui relève directement
de l'Environnement, on
va, dans les prochains mois, renouveler la stratégie gouvernementale en matière de développement
durable. On va parler de marchés publics. On va parler de toutes ces
questions-là. À chacune des fois, il y aura aussi des objectifs que l'on va
viser pour... et se donner les moyens surtout de les atteindre par la suite.
Donc,
on a parlé de mobilité, on a parlé d'agriculture, stratégie gouvernementale de
développement durable. Donc, dans la
prochaine année, il y aura plusieurs mesures, là, qui viendront s'ajouter, et,
à chacune des fois, certains diront : Oui, mais quand on parle de développement durable ou quand on parle
d'agriculture durable, est-ce qu'on s'éloigne un peu de l'environnement? Non, on ne s'en éloigne pas,
au contraire, c'est une façon de s'améliorer et de travailler certaines pratiques. À partir du moment où on favorise un
marché de proximité, bien, ça vient nous aider dans notre lutte aux émissions
de gaz à effet de serre aussi.
Mme Ghazal : Puis une
dernière question : Est-ce que le ministre, quand il discute de tout ça avec ses collègues,
est-ce que, des fois, sans avoir pris de décision ou en étant toujours contre,
est-ce que la question du budget carbone est abordée ou pas du tout
comme moyen?
Charette : C'est-à-dire,
honnêtement, en toute franchise, on n'aborde pas ces sujets-là dans une
perspective de budget carbone. On
sait qu'il y aura un impact positif
au niveau de nos émissions. Donc, non, on ne fait pas de lien avec un budget carbone et ces différentes politiques
là, tout en étant pleinement conscients qu'au niveau de nos objectifs globaux
de réduction ça va nous aider à aller dans la bonne direction.
Mme Ghazal : Très bien. Je vais
revenir sur le budget carbone. D'autres fois, on aura l'occasion.
Présidente (Mme Grondin) :
Merci, Mme la députée. Y a-t-il d'autres interventions? M. le député de Viau.
Benjamin : Merci. Merci, Mme
la Présidente. Donc, ma question pour le ministre... Donc, comme mon collègue
le député de Robert-Baldwin, donc, on est
d'accord avec cet amendement, mais ma question... Donc, le 37,5 %, je sais
où est-ce que ça... mais le projet de
loi, il dit que «pour la fixation des cibles, le gouvernement prend en compte
notamment — et je
vais sur le 2° — l'évolution des connaissances
scientifiques». Est-ce que le ministre peut nous dire, par exemple, là, sur
l'évolution... faire un état des lieux sur
l'évolution des connaissances scientifiques en lien avec le 37,5 %
actuellement? Est-ce que c'est ce que la science nous recommande?
Charette : En fait, quand on
fait référence à la science, il y a d'ailleurs plusieurs articles qu'on a
adoptés qui vont dans ce sens-là,
c'est une science qui évolue extrêmement rapidement. Donc, il y a sans doute
des moyens qui vont nous aider à
n'existent pas encore aujourd'hui, là. C'est dire à quel point cette science-là va nous aider
rapidement. Mais cette science-là nous commande et nous demande de prendre
des moyens ambitieux pour réduire nos
émissions. Cette même science nous dit aussi que les impacts sur notre
environnement seront importants si on
n'y accorde pas l'importance qui se doit. Mais la science, elle évolue, elle
sera prise en considération, là, peu importe dans quelle direction elle
nous mènera.
La semaine
dernière, aux crédits, je parlais, et là je ne l'ai pas sous les
yeux, d'un nom de gaz que je ne pourrais même pas relire si je ne l'avais pas sous les yeux tellement le nom est
complexe à prononcer, mais la science sur les gaz a aussi évolué. Avec notre collègue, avant votre
arrivée parmi nous, avec la collègue de Maurice-Richard, on avait parlé de différents gaz aussi, et, dans certains cas, on se
rend compte qu'un gaz est plus problématique qu'on ne le pensait au départ,
et c'est ce qui nous amène à réviser son impact, son impact dans le
temps par le passé.
Donc, la
science sera tout le temps au coeur de la démarche. C'est la raison pour
laquelle on parle d'un comité scientifique
indépendant, donc un comité qui sera majoritairement composé de scientifiques.
Donc, c'est un éclairage qui sera toujours au coeur de notre analyse
comme gouvernement.
La Présidente
(Mme Grondin) : M. le député.
M. Benjamin : Merci, Mme la Présidente. Donc, ce que je
comprends, je comprends qu'en 2020, donc au moment où nous étudions ce projet de loi là, donc, les
experts scientifiques, selon vous, sont d'accord avec l'objectif du
37,5 %.
M. Charette :
C'est-à-dire, c'est un domaine qui... Pour ce qui est de la cible au Québec, je
pense que tout le monde reconnaît que
la marche pour y arriver, elle est ambitieuse. Certains souhaiteraient qu'elle
soit plus ambitieuse. D'autres, et
même dans le milieu scientifique, souhaiteraient qu'elle soit moins ambitieuse.
D'autres s'en confortent compte tenu de l'état où nous en sommes. Mais je ne pense pas que ce soit un domaine
qui puisse faire l'unanimité. Donc, des avis à ce sujet-là, même au niveau de la consultation pour le projet
de loi n° 44, certains disaient : On aimerait que ce soit plus, mais
on est tellement loin de notre
objectif que ce sera déjà un très gros défi d'y arriver. Mais certains... La
référence la plus extrême que j'ai en
tête, je ne qualifierais pas la personne qui a fait cette référence-là de
scientifique, mais on a même entendu un souhait d'aller jusqu'à
65 % de réduction d'ici 2030.
Donc, des
points de vue sur la hauteur de la cible, je ne pense pas qu'il y ait
d'unanimité possible. Il y a un grand, grand
et large consensus, par contre, autour de la cible de 37,5 %, et c'est ce
consensus-là qu'on vient confirmer à travers l'inscription en bonne et
due forme dans la loi... dans le projet de loi n° 44.
Présidente (Mme Grondin) : Ça va? Y a-t-il d'autres interventions sur l'amendement du ministre à
l'article 17? S'il n'y a pas d'autre intervention, je vais donc
procéder à sa mise aux voix. Est-ce que l'amendement... l'article...
l'amendement à l'article 17, tel qu'amendé, est adopté?
Une voix : Sur division.
La Présidente
(Mme Grondin) : Donc, l'amendement est adopté sur
division.
Présidente (Mme Grondin) : C'est bon?
Mme Ghazal : En fait, c'est
«appel nominal» que je voulais dire, mais c'est correct. C'est bon.
Présidente (Mme Grondin) : Vous souhaitiez l'appel nominal sur l'amendement? C'est ça que vous
souhaitiez?
Mme Ghazal : Oui, oui. J'aime
mieux. Oui, oui. C'est ça que je voulais dire.
La Présidente
(Mme Grondin) : Donc, Mme la secrétaire.
M. Charette : On ne prend pas
de chance, on y va avec...
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Charette (Deux-Montagnes)?
La Secrétaire :
M. Campeau (Bourget)?
La Secrétaire :
M. Allaire (Maskinongé)?
La Secrétaire :
M. Girard (Lac-Saint-Jean)?
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
Pour.
La Secrétaire : M. Provençal
(Beauce-Nord)?
La Secrétaire : M. Reid (Beauharnois)?
La Secrétaire : M. Bélanger
(Orford)?
La Secrétaire : M. Leitão (Robert-Baldwin)?
La Secrétaire : M. Benjamin
(Viau)?
La Secrétaire : Mme Ghazal
(Mercier)?
Mme Ghazal : Abstention.
La Secrétaire : Mme Perry
Mélançon (Gaspé)?
Mme Perry Mélançon : Abstention.
La Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)?
La Présidente (Mme
Grondin) : Abstention. Donc, l'amendement à l'article 17,
tel qu'amendé, est adopté. Nous revenons
à... L'amendement est adopté. Merci. Nous revenons à
l'article 17 tel qu'amendé. Madame... attendez, attendez... Mme la
députée de Gaspé.
Perry Mélançon : Merci, Mme la Présidente. Bien heureuse de prendre part à cet important projet de loi au nom de mon collègue. En fait, j'aimerais déposer un amendement.
Donc, j'en ferais, après, l'explication, l'argumentaire. Est-ce que
j'en fais la lecture tout de suite, Mme
la Présidente? On ne passe pas...
j'imagine qu'il n'y a pas de... on ne passe pas l'amendement papier.
Présidente (Mme Grondin) : Vous proposez un nouvel amendement, c'est
Mme Perry
Mélançon : Oui.
Présidente (Mme Grondin) : Donc, ce qu'on va faire, c'est
qu'on... Vous l'avez transmis à la secrétaire?
Mme Perry
Mélançon : Ça a été fait, oui.
Présidente (Mme Grondin) : Donc, on va suspendre les travaux quelques
minutes.
(Suspension de la séance à
10 h 44)
La Présidente (Mme Grondin) : Donc, nous reprenons les travaux. Mme la députée de Gaspé, je vois que vous souhaitiez insérer un
article 17.1.
Mme Perry
Mélançon : Oui, c'est ça. On va y revenir.
La Présidente (Mme Grondin) : Donc, ce que nous allons faire, nous allons
d'abord adopter l'article 17 et, par la suite, nous pourrons procéder avec votre amendement
à l'article 17.1. Donc, est-ce qu'il y a
d'autres interventions sur l'article 17? Oui, Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal : Merci,
Mme la Présidente. En fait, je
voulais me donner le temps de réfléchir avant de soumettre le mien, mais, vu que maintenant,
on va le régler, moi, j'en ai un. J'ai fait le débat avec le ministre,
c'est par rapport à 2050 et par rapport au fait... Moi, je
demeure convaincue, il n'a pas réussi à me convaincre sur le fait qu'il n'y a
pas moyen, la procédure est cannée, on ne
peut rien faire, on va attendre maintenant de travailler sur 2030 pour... on aura... 2050,
c'est beaucoup plus loin, étant donné que lui-même et le
ministère sont très fiers de dire qu'en 2050 on s'est fixé
un objectif, etc.
Donc,
mon amendement a été envoyé ou est en train de l'être, là... mon
sous-amendement, je veux dire... non, c'est
mon amendement pour l'article 17. Donc, il va être envoyé, puis ça va être
assez court puisqu'on a déjà eu le débat.
Présidente (Mme Grondin) : Donc, nous ne l'avons pas reçu.
Mme Ghazal :
Il est en train d'être envoyé.
La Présidente
(Mme Grondin) : On va suspendre les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à
10 h 50)
La Présidente (Mme Grondin) : Donc, nous reprenons les travaux. Mme la députée de Mercier, vous déposez un amendement à l'article 17
qui est déjà amendé. Donc, je vous invite à en faire la lecture, s'il vous
plaît.
Ghazal : Très bien.
Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Donc :
L'article 17
du projet de loi est amendé par
l'insertion, après les mots «qui ne peut être inférieure à 37,5 %»,
des mots «de réduction en 2030. Le gouvernement fixe également par
décret une cible de réduction pour 2050 en visant au minimum la
carboneutralité.»
Donc, comme je le mentionnais tout à l'heure, j'espère que... je ne sais pas si c'est parlementaire, dire ça,
j'espère que le ministre
ne pognera pas les nerfs parce que j'ajoute encore cet élément-là. Je l'ajoute
parce que c'est un élément qui est
fondamental. On a eu les discussions. Il est tellement fondamental qu'avant
même qu'on commence à parler du projet
de loi, qu'on commence à l'ouvrir, le ministre et son sous-ministre
adjoint ont déposé un document
pour justifier le 37,5 %.
Ils voulaient qu'on prenne... on a discuté pendant longtemps pour discuter de
leur document. Moi, j'en ai déposé un, plusieurs
jours plus tard, document qui explique le point de vue sur la carboneutralité
mais même aussi le 37,5 %, mais mon amendement ne vient même pas
toucher le 37,5 %.
Peut-être
que le ministre va arguer des technicalités : Oui, mais c'est... la
procédure est déjà là, etc. Souvent, quand on amène des amendements puis
que le ministre a une volonté politique de les adopter, ces technicalités-là,
on passe par-dessus, puis il met à profit
ses juristes pour bien les régler. Donc, c'est vraiment une question plus
fondamentale de désaccord, et c'est tout à fait correct, c'est pour ça
que nous ne sommes pas dans le même parti politique.
tout à l'heure, j'avais un sourire en coin, quand j'entendais les échanges
entre le Parti libéral et le ministre se féliciter quasiment sur le fait qu'on a un retard au Québec et que c'est
pour ça que 37,5 %, bien, qu'est-ce que tu veux, c'est ça qui est raisonnable,
c'est vers ça qu'il faut aller parce qu'on est en retard, au lieu de
dire : Bien, qu'est-ce que la science demande? Qu'est-ce que nos
engagements internationaux demandent?
Donc, moi,
j'invite... Je ne vais pas repasser par-dessus ce document-là que j'avais
présenté, où on parle de notre engagement, pas
par rapport à notre retard puis par rapport au fait qu'on n'a rien fait, mais
par rapport à notre responsabilité envers...
dans le monde, par rapport au fait qu'on a déjà une énergie qui devrait nous
mettre en avance dans les résultats, ce
qui n'est pas le cas, donc, à cause d'un manque de volonté politique, que le
ministre et ce gouvernement-là nous disent
qu'ils veulent aller de l'avant, quand on a
des projets réels de transport en commun, parce qu'on le sait que le transport, c'est le nerf de la guerre pour la réduction des
émissions de gaz à effet de serre, bien, ce n'est pas le ministre qu'on entend
mais son boss, le premier ministre,
qui tergiverse par rapport au tramway, la ligne bleue, etc., alors que, quand
il s'agit de projets routiers qui,
eux, continuent à émettre plus de gaz à effet de serre, c'est sûr que ça, ça va
sur des roulettes. Donc, c'est sûr qu'on ne s'en va pas vers la bonne
trajectoire.
c'est pour ça que 2050, ça a l'air loin, mais ce n'est pas si loin que ça. 2030,
quand on a parlé de 2020 avant, 2030
avait l'air loin, puis là, aujourd'hui, on a l'impression qu'on est presque
rendus. C'est comme ça qu'il faut réfléchir, à plus long terme. C'est notre responsabilité et c'est pour ça que
j'amène cet amendement-là et que j'invite les gens qui écoutent la
commission et qui sont intéressés à voir toute la...
C'est un rapport de Christian Holz sur la
contribution juste. Le ministre aime beaucoup quand on parle de transition
juste, il y a aussi une contribution juste
du Québec par rapport à l'effort mondial pour la réduction des gaz à effet de
serre. Il est possible de donner un
coup de barre. Et il n'aime pas opposer l'économie et l'environnement. Tout à
fait, il ne faut pas les opposer.
C'est comme dire qu'augmenter notre ambition ou avoir une ambition pour 2050 on
est en train de mettre en ruine
l'économie, pas du tout. Au contraire, c'est une façon pour lui aussi de les
opposer, alors que ça ne devrait pas être le cas.
Donc, voilà l'amendement que j'ajoute, simplement
de réfléchir à 2050 dès aujourd'hui. Et j'aimerais l'entendre, mais j'aimerais aussi entendre mes collègues sur
2050. Est-ce que c'est un horizon dont on devrait réfléchir maintenant? Parce que le ministre, quand j'ai posé la
question, il a dit : Oui, oui, oui, mais je ne peux pas vous dire quand, à
un moment donné, là, on a trop de
pain sur la planche, on va réfléchir ça plus tard, même si, dans ses
communications et ses communiqués, il
a une grande fierté de dire qu'on veut... de mettre la cible de 2050 par
rapport à notre engagement international. Donc, voilà mon amendement. Je n'en dirai pas plus, à moins que le ministre
dise quelque chose qui me pique et que là j'aie envie de revenir. Merci.
Présidente (Mme Grondin) : Merci, Mme la députée. M. le
ministre.
Charette : ...très, très bref. D'entrée de jeu, je dirais que c'est un
amendement, là, qui est irrecevable pour plusieurs raisons, mais je ne
répéterai pas tout ce qui a été mentionné tout à l'heure.
Peut-être juste inviter la collègue, que j'estime
beaucoup, à faire attention à ses affirmations. Je n'ai pas voulu faire d'appel au règlement lorsqu'elle prenait la
parole, mais tous ses propos, toutes les intentions qu'elle nous prêtait à
l'égard de la ligne bleue, du tramway, un, c'est foncièrement faux, et
je ne pense pas que ça nous aide à avancer le débat.
Et, de façon très,
très succincte, je dirai : L'amendement, tel que proposé, ferait en sorte
qu'il n'y ait pas de consultation publique.
Je ne sais pas, pour Québec solidaire, quelle est l'importance de consulter le
public, mais pour nous, c'est important. Ça nous éviterait une commission parlementaire. Je ne sais pas, pour Québec solidaire, si c'est important, des commissions parlementaires, mais pour
nous, ça l'est. Donc, non, l'amendement, à nos yeux, est tout simplement
irrecevable.
La Présidente (Mme Grondin) : M.
le ministre, parfait. Est-ce qu'il y a d'autres... Mme la
députée de Mercier.
Mme Ghazal : Bien, je suis très, très contente d'entendre
le ministre dire qu'il trouve que c'est très important,
les consultations, que c'est très important, les commissions, puis
qu'il ne compte pas continuellement les heures qu'on passe en commission pour parler d'un projet de loi important. Ça, j'apprécie, je vois qu'il y a
comme une avancée dans le débat. De toujours
ramener qu'on passe trop de temps ici puis qu'on a des discussions, des fois,
on se sent comme si ce n'était pas pertinent, ce qu'on amène comme
discussions, alors que c'est fondamental.
Puis
moi, je ne prête pas de mauvaises intentions. Ce que je dis, c'est que c'est
des faits. On lie le projet de la ligne bleue au projet de loi n° 61, alors que le prolongement de la ligne bleue
existe depuis 40 ans puis le projet
de loi n° 61
a été soumis uniquement au printemps dernier. Donc, c'est juste un fait.
Le tramway, les dépassements de coûts, on n'en
revient pas, alors que j'ai eu la discussion aussi avec le ministre des
Transports aux crédits, alors que, pour ce qui est du troisième lien, combien
ça coûte, on ne le sait pas, peut-être 4 milliards, peut-être plus, etc., mais on va de l'avant quand
même. Ce sont des faits, ce ne sont pas des intentions, c'est une réalité qu'on
voit. Donc, je fais juste la mettre en lumière.
Présidente (Mme Grondin) : Parfait. M. le
député de Robert-Baldwin.
Leitão : Très bien,
merci, Mme la Présidente. J'aimerais juste rassurer notre collègue de Mercier
que notre formation politique s'est déjà prononcée. Notre nouvelle cheffe a
prononcé publiquement que nous aussi, nous pensons que le Québec devrait
avoir comme cible à long terme la carboneutralité en 2050. Donc, nous sommes à
la même place.
Donc, cet amendement,
écoutez, on aurait pu le formuler un peu différemment, mais certainement,
l'esprit de l'amendement, nous sommes en faveur. Nous nous sommes déjà
prononcés là-dessus, nous sommes d'accord.
La Présidente (Mme Grondin) :
Y a-t-il d'autres interventions? Oui, Mme la députée de Gaspé.
Perry Mélançon : Si mon
opinion peut avoir une influence positive sur le ministre, bien, je pense que
mon... On verra que mon amendement
va aller dans ce sens-là, peut-être différemment, un peu, quand même,
là, mais j'irais... Je vote très certainement pour l'amendement de ma
collègue de Mercier.
La Présidente (Mme Grondin) : Parfait. Donc, s'il n'y a pas d'autre
intervention, je vais donc procéder à sa mise aux voix. Est-ce que l'amendement
à l'article 17 est adopté?
Mme Ghazal :
Vote par appel nominal.
Présidente (Mme Grondin) : Donc, Mme la députée de Mercier
souhaite un vote par appel nominal. Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire :
Oui. Pour, contre, abstention. Mme Ghazal (Mercier)?
La Secrétaire :
M. Charette (Deux-Montagnes)?
La Secrétaire :
M. Campeau (Bourget)?
La Secrétaire :
M. Allaire (Maskinongé)?
La Secrétaire :
M. Girard (Lac-Saint-Jean)?
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : Contre.
La Secrétaire :
M. Provençal (Beauce-Nord)?
La Secrétaire :
M. Reid (Beauharnois)?
La Secrétaire :
M. Bélanger (Orford)?
La Secrétaire :
M. Leitão (Robert-Baldwin)?
La Secrétaire :
M. Benjamin (Viau)?
La Secrétaire :
Mme Perry Mélançon (Gaspé)?
Mme Perry
Mélançon : Pour.
La Secrétaire :
Mme Grondin (Argenteuil)?
La Présidente
(Mme Grondin) :
Abstention. Donc, l'amendement à l'article 17 est rejeté. Nous revenons à l'article 17.
Y a-t-il d'autres interventions sur l'article 17 tel qu'amendé? S'il n'y a
pas d'autre intervention, nous allons donc procéder à sa mise aux
voix. Est-ce que l'article 17, tel qu'amendé, est adopté?
Présidente (Mme Grondin) : Donc, il est adopté.
La Présidente (Mme Grondin) : Sur
division. Nous revenons... Donc, nous
allons donc poursuivre. Mme la
députée de Gaspé, vous proposiez un amendement à la suite, donc l'article 17.1.
Tout le monde a en main cet amendement, cette proposition d'amendement. Je vous
invite à en faire la lecture, s'il vous plaît.
Mme Perry
Mélançon : Merci, Mme la Présidente. Alors,
article 17.1 : Insérer, après l'article 17
du projet de loi, l'article suivant :
17.1.
La
Loi sur la qualité de
l'environnement est modifiée par
l'insertion, à la suite de l'article 46.4, des articles suivants :
«46.4.1.
Le ministre prépare annuellement un budget carbone qui indique la quantité maximale d'émissions de gaz à effet de serre autorisées pour l'ensemble du Québec au cours de la prochaine année,
laquelle ne peut être supérieure à celle prévue pour l'année en cours.
«Le budget carbone
doit prendre en considération tous les gaz à effet de serre et inclure :
«1° l'inventaire des
émissions de gaz à effet de serre de l'année précédente;
«2° un rapport de
suivi de la mise en oeuvre du plan d'action en vigueur comprenant :
«
a) une évaluation de
l'efficacité des mesures prises;
«
b) des propositions
d'action à prendre pour améliorer l'efficacité des mesures prises.
rapport prévu à l'article 45 de la
Loi sur le vérificateur général
(chapitre V-5.01) doit être joint au budget carbone.
ministre dépose le budget carbone à l'Assemblée nationale au plus tard le
31 décembre de chaque année ou, si elle ne siège pas, à la date de
la reprise de ses travaux.
ministre transmet le projet de budget carbone au Commissaire au développement
durable au plus tard un mois avant la
date prévue pour le dépôt du budget carbone à l'Assemblée nationale afin de
permettre à ce dernier de préparer le rapport prévu à l'article 45
de la
Loi sur le vérificateur général.»
Alors... Oui. Ah! il
reste un bout. Oups! pardon. Je poursuis :
«46.4.2. Le budget carbone est adopté après
consultation du Comité consultatif sur les changements climatiques. Si l'avis du comité consultatif sur
l'établissement du budget carbone
n'est pas suivi, le ministre de
l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques doit
motiver par écrit ce choix.
«46.4.3.
Le Comité consultatif sur les changements climatiques et le gouvernement
prennent en compte les critères suivants dans l'établissement d'un
budget carbone :
«
a) les connaissances
scientifiques sur les changements climatiques;
«
b) la technologie
pertinente au changement climatique;
«
c) les conséquences
sociales;
«
d) les conséquences
économiques;
«
e) les conséquences
fiscales;
«
f) la politique
énergétique;
«
g) la prise en
compte des émissions liées à l'aviation internationale et au transport maritime
international.
«46.4.4.
Le budget carbone doit être respecté en priorisant le contrôle des émissions
domestiques de gaz à effet de serre sur le territoire du Québec.»
Présidente (Mme Grondin) : ...Mme la députée. Je vous invite...
Est-ce que vous souhaitez expliquer votre proposition?
Mme Perry Mélançon : Bien, en fait, sans en faire l'argumentaire
complet, là, que je pense que mon collègue
de Jonquière a déjà bien exposé au ministre à l'article 1
d'ailleurs, et je pense qu'il y a cette
proposition-là depuis au moins un an
déjà, c'est quand même l'occasion... l'opportunité, moi, je pense que c'est une
opportunité que le ministre doit saisir, d'inclure dans son projet de
loi le budget carbone.
Peut-être que je
rappellerais rapidement que ça permettrait certainement au Québec de mieux
faire le suivi de l'évolution des gaz à
effet de serre. Puis, de façon plus rigoureuse, on pourrait, là, atteindre nos
cibles et s'assurer... Parce que je
pense que, là, dernièrement... Bien, les dernières données datent de 2017,
alors ce budget carbone là nous permettrait certainement une meilleure reddition de comptes de la part du ministre.
Et, avec cette responsabilité qu'il aurait d'établir des cibles de réduction des GES à chaque année,
bien, ça justifie... il devrait se justifier publiquement lorsque cette
cible-là n'est pas atteinte.
Alors, je pense que ce serait une très belle
avancée au Québec que d'avoir, à chaque année, des données fiables, des données qui assurent un meilleur suivi de cet
objectif-là, qu'on a tous, d'atteindre les cibles en matière de gaz à effet
de serre. Alors, c'est un outil qui est souhaitable pour le Québec et pour
qu'on puisse devenir un véritable leader dans
la décarbonisation de notre société. Alors, je pense que mon argumentaire
rejoint celui de mon collègue, qui en a fait mention à plusieurs reprises. Et j'espère que le ministre est prêt à
faire preuve de ce leadership et que son projet de loi soit plus
ambitieux encore qu'il l'est présentement. Merci, Mme la Présidente.
Présidente (Mme Grondin) : Merci, Mme la députée. M. le
ministre.
M. Charette : Très brièvement, et je
n'en tiens pas rigueur à la collègue, là, encore une fois, que j'apprécie au
demeurant, peut-être ne le sait-elle tout simplement pas, mais exactement le
même amendement avait été déposé à l'article 1,
à quelques mots près. On a eu tout le débat et tout le temps nécessaire à ce
moment-ci. Donc, pour cette raison, on n'y accordera pas, de notre côté,
davantage de temps. Tout l'argumentaire a été partagé au moment de
l'article 1.
La Présidente (Mme
Grondin) : ...la députée.
Mme Perry
Mélançon : C'est vraiment
dommage, Mme la Présidente, parce que là, premièrement, on dit que l'article
a été présenté à l'article 1, alors que c'est faux, parce qu'après on
dit : à quelques mots près. Donc, on essaie de jouer avec la réalité, la vérité. Et c'est dommage parce
qu'on dit qu'on n'accordera pas plus de temps à une proposition qui serait
majeure dans l'évolution de ce virage vert là qu'on essaie d'emprunter.
Moi, je
disais tout à l'heure, d'entrée de jeu, que je suis très contente de siéger
pour une première fois sur le projet
de loi, parce qu'effectivement c'est un dossier qui nous concerne tous, tous les
parlementaires, tous les partis et qu'on doit le travailler de fond. Alors, oui, la proposition a déjà été faite par
mon collègue, mais je pense que là c'est l'occasion, la
dernière occasion, dans ce projet de loi là, de l'inclure, le budget carbone. Alors, d'accorder ce temps-là... que
le ministre accorde ce
temps-là, ce serait d'accorder l'importance que mérite tout l'objectif
de réduction des gaz à effet de serre. Alors, je pense qu'il faudrait accorder
ce temps-là à cette proposition-là et à mon amendement.
Alors, je retends la main au ministre et lui
demande de faire preuve de leadership et d'accepter la proposition d'ajouter un
budget carbone à ce projet de loi là pour le rendre encore plus ambitieux.
La Présidente (Mme
Grondin) : Merci, Mme la députée.
Charette : Très brièvement,
le débat a largement eu lieu. J'ai la version qui a été déposée précédemment,
qui a été dûment battue. Presque mot
pour mot, on retrouve les mêmes propositions, la même formulation. Donc, pour
nous, le débat a eu lieu. Et on se
retrouve avec un système, pour nous, qui est nettement plus performant que
celui proposé par le Parti québécois.
La Présidente (Mme
Grondin) : Merci, M. le ministre. Mme la députée,
souhaitez-vous poursuivre?
Mme Perry
Mélançon : Bien, je suis
quand même très contente d'apporter cet amendement-là, même si on dit,
du côté du gouvernement, que le débat a
déjà largement eu lieu, parce que, pour moi, c'est insensé que cette mesure-là
soit rejetée catégoriquement. Ce
n'est même pas : Ah! bien, ça pourrait être intéressant, laissez-moi
vérifier de mon côté avec les
fonctionnaires liés au projet de loi. C'est vraiment catégoriquement : un budget
carbone, ça ne servirait à rien, alors que ça donne de l'imputabilité et une responsabilité au ministre
et au gouvernement. Et là je ne parle pas juste du ministre
actuel mais de tous les prochains ministres
qu'il y aura, qui occuperont cette
fonction-là dans les prochaines années. Alors, je pense qu'il faut lui
accorder de l'importance à ce genre de mesure là.
Et, bien, je
suis déçue, c'est certain, d'entendre la réponse et le manque de considération
d'une proposition aussi importante. Donc, on en aura au moins le coeur
net sur les intentions du ministre, et c'est très dommage. Merci, Mme la Présidente.
Présidente (Mme Grondin) : Y
a-t-il d'autres interventions? M. le député de Robert-Baldwin, et, par la
suite, ça sera Mme la députée de Mercier.
Leitão : Très bien, merci, Mme la Présidente. Alors, nous aussi, nous
trouvons que cet amendement est très intéressant,
qu'il y a là quelque chose qu'on devrait poursuivre, l'idée d'un budget
carbone. Est-ce que nous, on aurait préparé
cet amendement tel quel? Probablement pas. Certaines choses qu'on aurait
souhaité exprimer différemment, mais l'idée, le concept d'avoir un
budget carbone annuellement et qu'on en discute, de ce budget carbone, à
l'Assemblée nationale, cette idée est très intéressante.
Et franchement
je suis convaincu que cela viendra. Ça ne se fera pas ici, de toute évidence,
le gouvernement ne semble pas ouvert
à cette possibilité, mais vous pouvez être certains que cette idée va continuer
de cheminer. Et vraiment je suis convaincu que d'ici un an, d'ici deux
ans, on fera ça parce que c'est la chose à faire, c'est... si on est sérieux. M. le ministre l'a dit lui-même que l'effort
demandé pour atteindre nos cibles est un effort colossal, donc, pour y arriver,
il va falloir qu'on adopte un peu la même
procédure qu'on a pour les finances publiques, d'avoir un budget annuel pour
nous servir de guide à moyen terme.
Un budget carbone, à mon avis, c'est inévitable, ça arrivera. De toute
évidence, ça n'arrivera pas ici et
maintenant, mais je suis convaincu que ça arrivera parce qu'il faut que ça
arrive pour qu'on atteigne nos cibles de réduction des gaz à effet de
serre. Voilà.
La Présidente (Mme
Grondin) : Donc, madame... Vous avez terminé, M. le député,
oui? Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal :
Moi, je veux juste savoir... parce que ça fait un bout de temps qu'on en parle,
c'est vrai. Puis dans le fond, de
dire que, ah, ça a déjà été proposé tel quel, ce n'est pas vraiment un argument
fort pour être contre le budget carbone, mais moi, je suis convaincue que le
ministre y réfléchit quand même. Je suis convaincue parce que c'est un sujet
quand même important, dont on discute
beaucoup, et même des organismes avec qui il dit souvent qu'il est en
discussion régulière et tout ça,
toutes sortes d'organismes en ont parlé aussi puis l'ont présenté, de prendre
exemple sur les autres pays.
Donc, je veux
savoir, est-ce que le ministre, lui, il est contre le budget carbone, de
l'inclure dans le projet de loi? Ou
il pourrait dire : Bien, on a une boîte à outils, il y a
le PEV, il y a le plan de mise en oeuvre, il y a
des politiques de mobilité
durable, d'autres, il y a toutes sortes... l'inventaire, toutes sortes de
mécanismes. Puis, dans cette boîte à outils, pourquoi ne pas en ajouter un? Et c'est ce qui est proposé par l'amendement, c'est-à-dire le budget carbone, un de plus.
Peut-être
que le ministre, il dit : C'est un outil intéressant, j'ai envie de
l'utiliser, mais je ne le mettrais pas dans la loi, peut-être une sorte de projet pilote pour l'utiliser.
Est-ce qu'il y a cette réflexion-là de
la part du ministre par rapport à cet outil-là? Puis si le fait que...
Est-ce qu'il serait prêt à l'utiliser sans que ce soit dans le projet de loi,
par exemple?
M. Charette : ...mentionner que j'ai
déjà répondu à la question.
La Présidente (Mme
Grondin) : Merci, M. le ministre. Mme la députée de Mercier.
Ghazal : Moi, j'étais
vraiment dans un... Moi, je suis sûre que, si le ministre a vraiment, vraiment
écouté ce que je disais, il aurait
aimé y répondre. Ce que je suis en train de dire, c'est de dire : Je suis
certaine qu'il y a déjà réfléchi. Est-ce que le fait qu'il soit dans le
projet de loi... qu'il dit non? Est-ce qu'il serait prêt, par exemple, à
dire : Bien, je l'utiliserais comme
outil sans qu'il soit dans le projet de loi ou sans que ce soit une obligation,
par exemple? Est-ce qu'il aurait au
moins cette ouverture ou... c'est le pire outil qui n'a jamais existé sur la
terre, donc je ne veux pas y toucher?
La Présidente (Mme
Grondin) : Mme la députée de Mercier.
Ghazal : Je suis sans voix, comme le ministre, mais je n'en reviens
pas. Je veux dire, on est exactement dans le sujet. Donc, le seul argument : M. le ministre ne veut pas
parler puis il boude parce que ça fait deux fois qu'on amène...
M. Charette : ...moi-même,
j'utilisais les termes qu'elle emploie à répétition à mon endroit...
La Présidente (Mme
Grondin) : C'est ça. Je vous invite...
Charette : ...«bonniche», et
autres, elle serait la première offusquée. Donc, un appel au règlement
cette fois-ci. Je ne boude pas, je
suis, au contraire, de très bonne humeur. J'invite la collègue à lire l'amendement qui avait été déposé par le Parti québécois à l'article 1. On y trouve
essentiellement mot pour mot plusieurs passages. On l'a eu, ce débat-là, donc
on l'a eu.
À la question
de la collègue, je vais faire exception, je vais y répondre très, très
rapidement. Ce sera peut-être un élément à considérer dans le futur, mais actuellement nous avons suffisamment
d'éléments pour opérer. On ne se sent pas brimés dans notre action sans cet outil-là. Donc, retournons
sur les propos passés, qu'elle aille voir dans les galées, et cette réponse-là
avait été donnée, et cet amendement-là avait été débattu.
Donc, je ne
boude pas, au contraire, je suis d'une humeur, ma foi, contagieuse, mais on va
espérer pouvoir avancer plus rapidement et ne pas répéter tout le temps
ce qui a déjà été mentionné.
Ghazal : Parce que la
discussion, quand on l'a, elle évolue avec le temps. Donc, moi, ce que je
demandais, c'était... Puis là
j'entends quelque chose de peut-être
nouveau : Oui, on pourrait l'utiliser, mais peut-être pas dans le projet de
loi actuellement ou pas tout de suite. Donc, est-ce que je sens comme une petite évolution peut-être?
Moi, c'est ce que j'entends. Peut-être
que je me trompe, je ne me rappelle pas mot à mot de ce qui a été dit, mais
c'est ce que j'entends.
Puis moi, ce
que je me demande aussi, c'est :
Qu'est-ce que les autres pays ont
compris que nous, on n'a pas compris? Par
exemple, si je regarde, j'ai ouvert,
là, un des mémoires comme ça, j'aurais pu en ouvrir d'autres parce que ce
n'était pas le seul qui en a parlé,
Fondation Suzuki, qui parle de ce que la France a fait, puis eux, ils ne l'ont
pas mis dans leur loi. Donc, ça peut
être ça aussi, le choix du Québec. Donc, j'essaie de retrouver où est-ce qu'il
parle de la France : «Au niveau national,
les budgets carbone sont des plafonds d'émissions de GES...» Je l'avais tout à l'heure avec la France, là, je ne le vois
pas, mais en tout cas, il parle aussi du Royaume-Uni, un autre pays que
lui a décidé de l'utiliser : «Là encore, le Royaume-Uni s'est démarqué en introduisant la notion des
budgets carbone dès 2008 dans son projet de loi Climate Change Act. En vertu
de cette loi, le gouvernement doit établir
des budgets carbone pour des périodes de cinq ans, de 2008 à 2050, pas plus
que 12 années avant le début de chaque période, afin de donner assez de
visibilité aux acteurs économiques.»
Donc, je ne
vais pas tout relire, mais c'est quand
même des outils dont on ne devrait
pas mettre de côté, surtout qu'on n'a
pas le luxe du temps. On n'a pas le luxe du temps, donc c'est un outil de plus.
Je comprends que le ministre, maintenant, la décision a été prise, c'est terminé, mais
c'est bien aussi d'avoir une discussion puis des échanges sur peut-être qu'on peut l'ajouter sans que ça
soit une obligation.
C'est un gouvernement où il y a beaucoup de comptables, qui comprennent la notion de
budget, où on comprend la notion
d'avoir... de façon rigoureuse, la gestion de l'État. Eh bien, là, de tout le temps se fixer des objectifs puis de ne jamais les atteindre, ça n'a
aucun sens d'être autant sans rigueur quand il s'agit de la gestion du
réchauffement climatique et de la
gestion... et des émissions de gaz à
effet de serre. Il faut avoir, parce
qu'on se fixe des objectifs, autant de rigueur que, par exemple, dans les budgets financiers qu'on se fixe. Donc, c'est un outil de
plus qu'on se prive alors qu'on n'aura pas le luxe.
Mais moi, je suis convaincue qu'une autre fois on va en parler, peut-être
pas dans le cadre du projet de loi, parce que, je le rassure, je n'ai pas d'autre amendement en lien avec le
budget carbone, donc, mais c'est vraiment un outil qu'on devrait considérer et
peut-être commencer à l'utiliser, ne serait-ce que peut-être dans son ministère
pour commencer comme projet-pilote, comme
d'autres pays ont décidé de le faire, parce qu'eux, ils ont compris quelque
chose, peut-être, que nous, on n'a pas encore compris.
La Présidente (Mme
Grondin) : D'autres interventions? Mme la députée de Gaspé.
Mme Perry
Mélançon : En fait, pour conclure, j'entendais le ministre dire que de
ne pas utiliser l'outil, il ne se sentirait
pas comme si ses actions seraient brimées, mais il n'est pas là, l'enjeu. Ce
n'est pas dans les actions, justement, là, qu'on a des craintes.
Puis on peut
avoir toutes les ambitions du monde, mais, si on ne se fixe pas des cibles
chaque année et qu'on ne justifie pas
auprès de la société, de la population, l'écart, si on n'y arrive pas, c'est un
peu comme si on ne croyait pas en ses
moyens. Ou, tu sais, quelqu'un qui souhaite démontrer à quel point il performe,
qui souhaite... Quand on croit en nos
compétences, il me semble qu'on ne devrait pas avoir de crainte à utiliser un
tel outil, et c'est juste une question de reddition de comptes.
Ce n'est pas dans l'action que ça va brimer le
ministre d'utiliser un outil, mais c'est plutôt dans la confiance qu'auront les gens dans de telles actions. On est
vraiment dans... On dirait qu'on n'a pas le même débat, là, ça fait que je pense que c'était très pertinent qu'on l'ait
encore à nouveau aujourd'hui, parce que, décidément, je pense qu'on n'a pas
la même définition de l'outil d'un budget
carbone et les mêmes attentes par rapport à une telle mesure. Donc, peut-être
qu'on pourrait plutôt entendre parler le
ministre de ce qu'il pense en termes de reddition de comptes de l'application,
de l'utilisation d'un budget carbone.
Présidente (Mme Grondin) :
Donc, y a-t-il d'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention,
nous allons procéder à sa mise aux
voix. Est-ce que l'amendement à l'article... Pardon. Est-ce que
l'article 17.1 est adopté?
La Présidente (Mme
Grondin) : Donc, il est rejeté.
Mme Perry Mélançon : ...le vote par
appel nominal, s'il vous plaît.
Présidente (Mme Grondin) :
Donc, vous souhaitez... Mme la députée de Gaspé souhaite avoir le vote par
appel nominal. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Oui. Pour,
contre, abstention. Mme Perry Mélançon (Gaspé)?
Mme Perry Mélançon : Pour.
La Secrétaire :
M. Charette (Deux-Montagnes)?
La Secrétaire :
M. Campeau (Bourget)?
La Secrétaire : M. Allaire
(Maskinongé)?
La Secrétaire :
M. Girard (Lac-Saint-Jean)?
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Contre.
La Secrétaire :
M. Provençal (Beauce-Nord)?
La Secrétaire : M. Reid
(Beauharnois)?
La Secrétaire :
M. Bélanger (Orford)?
La Secrétaire :
M. Leitão (Robert-Baldwin)?
La Secrétaire :
M. Benjamin (Viau)?
M. Benjamin :
Abstention.
La Secrétaire :
Mme Ghazal (Mercier)?
La Secrétaire :
Mme Grondin (Argenteuil)?
Présidente (Mme Grondin) : Abstention. Donc,
l'article 17.1 est rejeté. Nous allons poursuivre avec l'article 18. Je sais que, M. le ministre,
vous avez déjà un amendement que vous souhaiteriez
déposer, mais je vous invite à en faire la lecture d'abord, l'article 18.
Charette : Effectivement, l'amendement est déjà disponible. Est-ce que vous souhaitez que
je fasse la lecture de l'article original ou de l'amendement directement?
La Présidente (Mme Grondin) : Qu'est-ce
qui est le plus simple de compréhension? La lecture de l'article va être
beaucoup...
M. Charette :
Parfait. Donc, je vais y aller avec l'article original.
Présidente (Mme Grondin) : Oui, s'il vous plaît.
M. Charette :
Donc :
L'article 46.8 de cette loi est modifié :
1° par le
remplacement du paragraphe 2° du premier alinéa par le suivant :
«2° des crédits compensatoires à toute personne ou
municipalité ayant réalisé en tout ou en partie, conformément au
règlement pris en vertu de l'article 46.8.2, un projet admissible à la
délivrance de tels crédits qui a entraîné soit une réduction d'émissions de gaz
à effet de serre, soit le retrait de gaz à effet de serre de l'atmosphère;»;
2° par la suppression
du deuxième alinéa;
par l'ajout, à la fin du troisième alinéa, de la phrase suivante : «Le
gouvernement peut, par règlement, prévoir tout autre renseignement que le ministre doit ainsi publier concernant
les unités d'émission allouées gratuitement et celles vendues aux
enchères en application de l'article 46.8.1.»
Est-ce que vous me
conseillez la lecture du commentaire bien que l'article sera modifié par la
suite, oui?
Présidente (Mme Grondin) : S'il vous plaît.
Charette : Donc, le remplacement du paragraphe 2° du premier alinéa de
l'article 46.8 vise à élargir le champ d'application du régime de crédits compensatoires en rendant admissible
toute personne ou municipalité, ce qui inclurait toujours la notion
d'émetteur.
Le deuxième alinéa,
supprimé, serait repris sous une nouvelle formulation au nouvel
article 46.8.2, proposé à l'article 19 du projet de loi.
Enfin,
il est proposé d'ajouter, au dernier alinéa, une habilitation permettant au
gouvernement de prévoir tout autre renseignement
concernant les unités d'émission allouées gratuitement et celles vendues aux
enchères en application de l'article 46.8.1, proposé à
l'article 19 du projet de loi.
La Présidente (Mme Grondin) : Merci, M. le ministre. Donc, vous souhaitez...
vous avez déposé un amendement. Est-ce
que tout le monde a pris connaissance de l'amendement? Ça vous convient? Donc,
vous pouvez l'avoir... Je vous invite à en faire la lecture, s'il vous
plaît.
M. Charette : Parfait, donc : Remplacer, dans le
paragraphe 2° proposé par le paragraphe 1° de l'article 18 du
projet de loi, «soit le retrait de
gaz à effet de serre de l'atmosphère» par «soit le retrait de tels gaz de
l'atmosphère, lequel peut résulter de leur séquestration».
Présidente (Mme Grondin) : Donc, merci. Est-ce que...
M. Charette :
Et c'est essentiellement, là, la modification qui est proposée.
Présidente (Mme Grondin) : Est-ce que vous souhaitez
apporter un argument ou une explication?
M. Charette : Oui,
puis, en fait, tout simplement mentionner, cette référence nouvelle à la
séquestration, c'est quelque chose
qui offre certainement un potentiel prometteur qui risque de s'accroître dans
le temps. Donc, les premières explications étaient assez complètes, et
cette modification-ci fait référence, là, à la séquestration.
Présidente (Mme Grondin) : Merci, M. le ministre. Y a-t-il
des interventions sur cet amendement? Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal :
Est-ce que le ministre pense à des, comme, applications ou des projets, en ce
moment, qui ont cours pour faire de la séquestration?
M. Charette :
En fait, c'est une technologie qui est en évolution rapide. Au Québec, on n'a
pas de projets actuellement qui sont
pleinement opérationnels ou qui répondent pleinement aux attentes à ce
moment-ci, mais on sait que c'est une
technologie qui évolue. On sait que certains États développent sur leur
territoire... en fait, je dis États, certaines entreprises ou consortiums développent de ces technologies-là. On est
convaincus qu'il y a un aspect prometteur. Donc, c'est la raison pour laquelle, là, que le retrait de gaz peut
éventuellement résulter d'une séquestration ou d'une captation, là, du
carbone.
Mme Ghazal :
Donc, en théorie, parce que ce n'est pas le cas en ce moment, là, il pourrait y
avoir 100 % des retraits par séquestration.
M. Charette :
C'est-à-dire, à grande échelle, au Québec, ce n'est pas le cas encore, mais on
a quand même des projets qui se développent,
qui, à plus petite échelle, s'annoncent prometteurs, mais ce serait une erreur,
à ce moment-ci, par exemple, de mettre tous nos... (Interruption)
pardon, tous nos intérêts dans cette seule technologie là.
Mais,
dans cinq ans, peut-être que la personne dans le siège du ministre ou de la
ministre de l'Environnement vous dirait
le contraire compte tenu d'une évolution technologique, mais aujourd'hui, des
projets à petite échelle, ce n'est pas ce qui va nous permettre
d'atteindre les cibles de réduction, là, à elle seule.
Mme Ghazal : Puis est-ce qu'il y a des investissements, en ce
moment, que le gouvernement regarde, par exemple, le ministère de l'Innovation, l'Économie et de
l'Innovation, qui est en train de financer? Peut-être, si c'est possible
d'avoir des informations à quelle
hauteur ou, en tout cas, plus de détails puis le genre de projets, en ce
moment, en cours. Donc, il y a une volonté pour financer cette
filière-là pour qu'elle soit en expansion?
M. Charette :
En fait, il y a déjà eu, par le passé, des projets financés à travers le programme Défi GES, il y a aussi
cette possibilité-là. C'est un programme qui
vise justement à favoriser le développement de nouvelles technologies ou qui
vise à favoriser l'innovation. Et, à travers
le plan de mise en oeuvre qui sera présenté, là, dans quelques semaines, encore
une fois, il y aura aussi la possibilité,
mais c'est beaucoup pour favoriser le développement de nouvelles technologies.
Mme Ghazal : Parce que moi, j'avais déjà... Là, j'essaie de...
parce que je ne l'avais pas vu avant, donc on ne peut pas vraiment réfléchir, hein? C'est comme ça que
ça se passe, ça fait qu'on se pose énormément de questions. Je m'en rappelle, j'avais lu aussi des scientifiques qui
parlaient de ça, une chronique, je pense, c'était l'été passé, il y a... On en
parle beaucoup, mais je m'en rappelle, ça m'avait marqué, puis il y
avait des dangers par rapport à ça.
Parce
que le ministre, quand il en parle, c'est comme : Oh! solution miracle, on
va aller là-dedans, on va... donc ça
va être une solution extraordinaire, puis qui a beaucoup, beaucoup de
potentiel, puis ça va être facile, on va pouvoir continuer de vivre
exactement comme avant, «business as usual», puis on va pouvoir séquestrer.
Mais il y a des risques. Est-ce que le
gouvernement réfléchit aux risques ou, pour lui, c'est la solution? Si on
pouvait tout séquestrer, même si on
sait que c'est difficile, puis que ça va prendre du temps, puis il y a beaucoup
de recherches, puis on n'est vraiment
pas rendus là, mais, dans un... Si c'était possible, aïe, on y va «all in»,
est-ce qu'on le voit de cette façon-là ou on dit : Il y a des
critiques, il y a des risques? Est-ce que ces risques-là sont considérés?
M. Charette :
Je pense que mes réponses précédentes traduisent toute la prudence que le
gouvernement a à cet égard-là. J'insistais
pour dire qu'il n'y avait pas de projet à grande échelle pour le moment, que ce
n'était pas une solution miracle,
donc la réserve souhaitée par la collègue, c'est la réserve du gouvernement.
Donc, on est intéressés à examiner ce potentiel-là, mais on ne peut pas
miser, actuellement, entièrement nos billes sur une technologie qui est encore
relativement embryonnaire.
Ghazal : Puis ça serait
quoi, comme, les risques, par exemple, de cette technologie-là, les risques
d'aller vers des technologies qui font de la séquestration, que le
ministre regarde, peut-être?
M. Charette : Le risque principal, c'est surtout de ne pas
rencontrer les objectifs que les promoteurs se donnent eux-mêmes, là. C'est le principal risque. Certains
ne jurent que par ça, mais l'expérience actuelle démontre que c'est encore
embryonnaire. Je n'exclus pas un
développement intéressant au fil des prochaines années, mais actuellement on ne
mise pas essentiellement sur cette
technologie-là. On veut permettre la recherche, par contre, et c'est ce qu'on
permet, là, à travers la prudence que je vous exprime.
Mme Ghazal :
Puis dans le fond, si, à un moment donné, ces investissements-là, là, à moyen
ou long terme, donnent des résultats, est-ce que
ça veut dire que les efforts de réduction et des cibles qu'on se donne dans les
différents secteurs, comme le ministre
doit le faire... Est-ce qu'on les laisserait tomber pour favoriser ces
solutions technologiques?
M. Charette : En fait, c'est l'avantage de l'approche qui est
préconisée par le plan de mise en
oeuvre, étant donné que le plan de mise en oeuvre sera mis à jour annuellement en fonction de ce qui fonctionne bien et de ce qui fonctionne moins bien. Il y a peut-être
des solutions qui, actuellement, semblent intéressantes mais qui ne livreront pas
les résultats attendus. Ça ne veut
pas dire que ces solutions-là ne seront pas intéressantes, mais peut-être
que ça veut dire qu'on n'a pas à y
consacrer autant d'argent ou d'énergie. Donc, ça va être un ajustement
en continu, et c'est la meilleure façon d'arriver à nos objectifs.
Si on se disait, à l'automne 2020, donc dans
les prochains mois : On doit avoir la réponse à toutes nos questions qui
se poseront au cours de la prochaine
décennie, on se fermerait beaucoup, beaucoup de portes. Donc, la mise à jour annuelle va nous permettre,
là, de progresser continuellement, et, pour progresser, il faut
mettre de côté ce qui fonctionne moins bien.
Mme Ghazal : C'est un
peu comme, par exemple, quand on parle de recyclage, hein, les 3RV, les 3R, où on dit :
La première chose, c'est de réduire à la
source puis, après ça, de... Là, je ne m'en rappelle pas, de mes R, là. Après
ça, il y a un autre R, de réduire à la source, recycler, il y en a
un autre, puis après ça, valoriser, ça, c'est vers la fin. Donc, il y a une
gradation. Est-ce que le ministre pense que cette même gradation devrait aussi être
notre ligne de conduite ou notre façon de réfléchir par rapport au CO 2 ?
M. Charette : En fait, la politique-cadre repose sur le
principe d'éviter, minimiser, compenser. On y fait souvent référence
pour les milieux humides, mais ça peut se traduire dans bien d'autres domaines également.
Donc, c'est un principe qui guide la politique-cadre.
Et, si vous regardez les différentes politiques
qui ont été annoncées depuis le début de l'année, autant au niveau de la matière organique, autant au
niveau de la modernisation de la collecte sélective, éventuellement, consigne, et autres, on travaille toujours avec cette
optique-là. Et c'est la raison pour laquelle on a ajouté une REPV, une responsabilité élargie aux producteurs, au niveau de la modernisation de la
collecte sélective pour que, dès le départ, ils aient une responsabilité,
c'est-à-dire, ne pas mettre, autrement il y
aura des conséquences pour eux, ne pas mettre sur le marché des produits qui ne
sont pas recyclables.
Donc, c'est la logique, là, qui guide le
gouvernement, là, dans l'ensemble des politiques, là, qui ont été dévoilées,
là, au cours des derniers mois, et
d'autres sont à venir. On a parlé du plastique, une politique avec laquelle on devrait
arriver, là, dans les prochains mois, sur le plastique, on aura cette
même logique là également.
Ghazal : Moi, je parlais plus des gaz à effet de serre, mais je
comprends que, oui, on va appliquer la même chose que pour les milieux
humides ou le recyclage.
Est-ce
que le ministre peut nous dire — je sais qu'on n'est pas dans l'étude des
crédits, là, mais sinon je l'aurais demandé — c'est combien d'argent
du Fonds vert qui provient pour investir dans ce genre de projet de recherche,
par exemple?
M. Charette :
...la captation comme telle?
Mme Ghazal :
Oui, pour la... Oui.
M. Charette :
En fait, on n'a pas de programme qui vise la captation comme telle. Cependant,
des projets de cette nature-là peuvent être
admissibles. On a parlé, là, de Défi GES, c'est une enveloppe de 80 millions au total, mais
c'est une enveloppe qui servira, parce que
ce n'est pas encore en application, à favoriser l'innovation. Donc, je ne peux
pas vous dire est-ce qu'il y a 1 %,
2 %, 3 %, 5 % de cette enveloppe-là qui ira à ce type de projet
là, mais il n'y a aucun, aucun programme qui vise à faire la promotion
de la captation, mais ce sont des projets qui peuvent se qualifier dans des
programmes où on veut démontrer le potentiel de l'innovation ou de nouvelles
technologies.
Ghazal : Défi GES, ça peut être autant des entreprises privées ou
des chaires de recherche, par exemple?
M. Charette : Tout à fait. C'est souvent le cas dans les
programmes que nous souhaitons développer. L'entreprise est souvent doublement intéressée, parce qu'elle
sait qu'elle doit réduire ses émissions. Si elle peut, de surcroît, innover,
développer un nouvel outil, un nouveau brevet, donc c'est effectivement rendre
possible... C'est pour ça qu'on fait référence...
Au niveau de l'amendement lui-même, là, une personne, c'est une personne
morale, en quelque sorte, ce n'est pas un individu. Donc, c'est là où on
peut permettre, où on rend admissible, là, différents types de projets.
Ghazal : En même temps que je parle au ministre, je fais des
recherches. Donc, juste pour
comprendre encore mieux l'intention
du gouvernement, moi, les seuls articles que j'ai trouvés, comme, en cherchant,
c'est en 2008, là. Donc, c'était :
«Le gouvernement de Jean Charest aurait l'intention de financer la création
d'une chaire d'étude sur la séquestration géologique du dioxyde de carbone...» Puis là je n'ai rien trouvé de
récent. Est-ce que c'est toujours en cours, ça, cette chaire-là? Il y avait
un 5 millions là-dedans.
M. Charette :
On n'a pas, de notre côté, avancé, là, cette idée-là.
Ghazal : Donc, cette chaire-là n'existe pas. Quoique ça a été en 2008,
donc peut-être qu'elle a existé, financée, puis ça n'a pas donné de résultats.
Est-ce que vous êtes au courant?
Charette : À notre
connaissance, et j'ai sans doute la personne la mieux placée pour le savoir, il n'y a
pas eu de suite à ça.
Ghazal : O.K.
Donc, c'est uniquement à travers Défi GES, en ce moment, qu'il y a des programmes réels, peut-être, sans
savoir plus de détails. C'est ce que je comprends?
Charette : C'est un
potentiel mais sans aucune certitude. C'est des projets qui sont évalués au
mérite, mais, encore une fois, il n'y a pas de proportion réservée à ce
type de projet là.
Donc,
on se reparlera du sujet l'année prochaine peut-être aux crédits. Peut-être
que je vous dirai qu'il n'y a aucun projets
qui ont été financés de cette nature-là ou peut-être que je pourrai vous
dire : Il y a tel projet pour tel montant, mais il n'y a
pas... ce n'est pas un axe que l'on souhaite mettre de l'avant. Donc, c'est au
promoteur de démontrer, en quelque
sorte, le mérite de son offre.
Ghazal : Il y a
des conditions et tout ça. Bien, je vais laisser, peut-être,
mes collègues intervenir. Je reviendrai plus tard pour une autre intervention.
Présidente (Mme Grondin) : Y a-t-il
d'autres interventions sur l'amendement proposé par le ministre? Non. Donc...
Ghazal : Bien, en fait, moi,
ce que je trouve inquiétant avec ça, ce n'est pas de dire : Ah oui! on va
explorer, etc., mais c'est plus de le
mettre vraiment... de trouver que c'est tellement
important de le mettre dans le projet
de loi puis de commencer à le
considérer, c'est tout l'aspect peut-être, genre, qu'on laisse tomber petit à
petit la réduction en disant : Il y a des promesses technologiques
extraordinaires qui s'en viennent, et que, finalement, ça soit un petit peu
comme un mirage, là, puis qu'on mette tous nos oeufs là-dedans, puis que toute
la question de réduction soit mise de côté.
C'est-à-dire
que le gouvernement peut décider d'aller là-dedans, mais de trouver que c'est
très important que, dans le projet de
loi n° 44, dont le sujet est la gouvernance climatique, dans lequel on
trouve que ce n'est pas pertinent de parler
de 2050 pour fixer une cible, dans lequel on trouve que ce n'est pas pertinent
de mettre un budget carbone pour se
faire des limites, etc., on trouve que c'est fondamental que, dans le projet de
loi, on amène... on ajoute la question de la séquestration, c'est parce qu'il y a comme un risque de dire :
Bien, la réduction, bien, peut-être, pourrait petit à petit prendre le bord, parce que ça va être tellement
des changements importants dans nos vies, puis ce n'est pas ça qu'on veut,
on veut que ça continue comme d'habitude, donc allons-y là-dedans.
Moi, c'est plus qu'on
l'amène, que le ministre trouve très important de l'amener aujourd'hui, dans ce
projet de loi n° 44, au lieu de
dire : Bien, regardons cette filière, on va voir, on va mettre de l'argent
là-dedans. Ça ne veut pas dire que
moi... nous, à Québec solidaire, on est d'accord avec ça nécessairement, de
mettre l'argent là-dedans. Parce qu'il faudrait tellement le mettre ailleurs,
que de tout mettre sur la technologie puis dire : On va le mettre dans le
projet de loi. C'est parce qu'il y a
une intention extrêmement forte qui est là, et ça, je trouve ça inquiétant.
C'est sûr que je vais voter contre, mais ce que je comprends, c'est que
mes collègues vont voter pour. Peut-être que je serai la seule, ce n'est pas
grave.
Charette : ...je pense que ce serait une erreur de voter contre, mais,
naturellement, nous sommes libres de nos choix. Et, si vous voulez, je
pourrais laisser, d'ailleurs, la parole à notre juriste pour cette précision-là.
Ce n'est qu'une précision. En fait, sans
dire que c'est de la concordance, mais c'est pour préciser ce qui s'appliquait
déjà pour éviter toute confusion.
Donc, la prudence qui est la mienne, j'espère qu'elle a été bien reçue par la
collègue, mais il y a une finalité ou
il y a un souhait davantage légistique à travers cette précision-là. Donc, avec
la permission des collègues, là, l'explication pourrait être fournie.
La Présidente (Mme Grondin) : Oui. Y a-t-il consentement? Oui. Donc, il y a
consentement, M. le ministre. M. le juriste, j'aimerais que vous vous
présentiez, s'il vous plaît.
M. Moisan
(Hugo) : Oui. Hugo Moisan, je suis avocat à la Direction des affaires
juridiques du ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les
changements climatiques.
En fait,
l'amendement, c'est vraiment simplement pour ajouter la notion de
séquestration, mais la notion de réduction
des émissions, elle demeure dans l'article, elle est juste un peu plus tôt. Là,
on est juste dans l'amendement, mais,
dans l'article 46.8, au paragraphe 2° qu'on remplace, il y a encore
la notion de réduction. Donc, simplement parce que la notion de réduction et de retrait par
séquestration, ça s'oppose, donc il faut prévoir les deux pour prévoir la
possibilité de prévoir des protocoles
de crédits compensatoires, mais ça n'écarte pas la notion de réduction, là.
Elle est encore présente.
M. Moisan (Hugo) : C'est ça, exactement. C'est qu'il y a aussi la
notion de séquestration. Au niveau de la terminologie, certaines banques de données disent que la
séquestration inclut le retrait et le stockage, d'autres que c'est seulement le
retrait. Donc, nous, on précise que
la séquestration, dans ce cas-là, c'est autant le retrait, mais c'est aussi le
stockage, donc, mais la notion de réduction, elle demeure dans le projet
de loi.
Ghazal : Donc, juste pour être sûre de comprendre, parce que le mot
«séquestration», c'est la première fois qu'on le met dans la loi, donc,
O.K., «tels que des crédits qui a entraîné soit une réduction d'émissions de
gaz à effet de serre — donc réduction — soit le retrait de gaz à effet de serre dans
l'atmosphère», et là on remplace par «soit le retrait de tels gaz de l'atmosphère, lequel peut résulter
de leur séquestration». Donc, c'est qu'il y a la notion «réduction» qui
existait déjà, puis il y avait déjà la notion «retrait».
Puis là pour
quelle raison juridique on a trouvé que c'était important que «réduction»...
Bien, on ne le définit... Tu sais, on
ne dit pas plus de trucs pour «réduction», mais pour «retrait», il faut le
mentionner que c'est «séquestration». Ça,
je ne comprends pas l'intention
juridique derrière ça. Moi, j'ai l'impression que c'est plus politique,
mais peut-être qu'il y en a
une, puis je ne la saisis toujours pas.
M. Moisan
(Hugo) : C'est ça, exactement.
C'est que le retrait, en effet, c'était déjà visé... ça, on le reprend
dans la nouvelle version du paragraphe 2°.
Par contre, juste le retrait, il faut venir dire aussi qu'est-ce qui vient après le retrait, c'est qu'il y a la possibilité de la séquestration
par le stockage. Donc là, pour être clair que le retrait, ça comprend également
la notion de séquestration, on le précise ici.
Ghazal : Mais est-ce que ça pourrait aussi être d'autres éléments que
la séquestration, le retrait, ou c'est la seule? C'est moins juridique
que scientifique, ça, oui.
M. Moisan (Hugo) : C'est l'élément
qu'on a en tête...
Mme Ghazal : Peut-être le sous-ministre
adjoint, je sens qu'il a envie de... Il trépigne sur sa chaise.
Présidente (Mme Grondin) :
Donc, est-ce qu'il y a consentement pour que le sous-ministre