House Proceedings — 30 May 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
2019-05-30
Quebec — Debates (Hansard)
(Neuf
heures quarante minutes)
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Bon jeudi à tous et toutes. Vous pouvez
prendre place.
nous débutons notre séance avec la rubrique des déclarations de députés. Et,
sans plus tarder, je cède la parole
à M. le député de Chapleau.
M. Lévesque
(Chapleau) : Merci, Mme la Présidente. Je tenais à m'exprimer en cette Chambre afin d'offrir mes pensées et mes voeux de rétablissement les
plus sincères à tous les sinistrés des inondations, qui vivent une situation
dramatique depuis plusieurs semaines, particulièrement dans mon comté de Chapleau,
à Gatineau.
Je souhaite également
remercier et féliciter tous les bénévoles qui ont donné de leur temps et qui se
sont engagés envers nos concitoyens
dans le besoin. Vous avez fait preuve d'abnégation de vous-mêmes
et d'empathie. Pour cela et pour votre solidarité, je vous remercie.
Ensemble et avec
l'appui des intervenants publics, comme la ville de Gatineau, le ministère de
la Sécurité publique et l'armée canadienne, nous avons réussi
un tour de force. Cet accomplissement n'aurait pas été possible sans votre incroyable générosité. J'ai été touché par
l'appui et l'humanité dont vous avez fait preuve envers les sinistrés. C'est
pour cette raison que je tenais à vous rendre hommage à l'Assemblée nationale.
Je suis conscient
qu'il reste encore à faire, et c'est pour cela que je désire vous remercier
d'avance pour votre générosité lors de la
grande corvée de nettoyage, à Gatineau, du 1er et 2 juin prochain. Merci pour vos
actions et votre beau travail. À tous les bénévoles, merci beaucoup.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le
député de Chapleau.
Et maintenant je vais
céder la parole à Mme la députée de Huntingdon.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Si vous n'êtes pas prête, je peux passer à la
prochaine...
Mme IsaBelle :
Non, c'est beau, c'est beau.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Non, ça va? Alors, Mme la députée, la parole
est à vous.
Mme IsaBelle :
Mme la Présidente, en 2017, il n'avait que sept ans lorsque Loïc Girard, de
Lacolle, a décidé de participer à la levée de fonds d'Opération Enfant
Soleil, qui vient en aide aux enfants malades au Québec. Il a remis 350 $.
Deux
ans plus tard, Loïc est très fier de solliciter des dons en argent ou en
bouteilles et cannettes consignées pour atteindre son objectif de 2019,
soit de remettre 6 000 $.
est vaillant, notre Loïc, car, pour y arriver, il a participé à différentes
activités : déjeuners du club de l'âge d'or, dîners communautaires. Il a même organisé une
journée barbecue, sollicité des grandes entreprises de la communauté, et
surtout il a ramassé des cannettes, des cannettes et des bouteilles consignées.
Loïc mérite toute
notre admiration pour son dévouement et pour sa conscientisation à aider
d'autres jeunes. D'ailleurs, dimanche le
2 juin, Loïc a été invité à remettre son chèque lors du téléthon Opération
Enfant Soleil, à Québec. Félicitations à Loïc Girard!
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci beaucoup, Mme la
députée. Et maintenant je vais céder la parole à M. le député de
Jean-Talon.
M. Proulx : Merci, Mme la Présidente. J'aimerais féliciter un
organisme bien présent dans Jean-Talon qui célèbre cette année son
40e anniversaire. C'est l'organisme Entraide Sainte-Foy.
Fondé en
1979, Entraide Sainte-Foy a pour mission d'aider des gens à maintenir leur
autonomie en véhiculant et en
accompagnant des personnes en perte d'autonomie, notamment aînées, pour
l'obtention de leurs soins de santé dans un environnement qui est
sécuritaire, de courtoisie et de discrétion.
Alors, c'est
des visites d'amitié qui sont rendues possibles pour briser la solitude. Du
répit-gardiennage est offert aussi afin d'offrir un répit aux aidants
naturels. C'est dire à quel point c'est un organisme qui peut compter sur des
bénévoles, Mme la Présidente, qui sont extraordinaires.
Je désire aujourd'hui rendre hommage à tous ces
bénévoles ainsi qu'aux membres du personnel d'Entraide Sainte-Foy, qui, au fil des ans, ont fait preuve d'un dévouement qui est
remarquable afin d'aider de nombreuses personnes à maintenir leur autonomie. Qu'ils reçoivent ma reconnaissance la plus
vive et toutes mes félicitations. Mme la Présidente, merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député
de Jean-Talon. Maintenant, je reconnais M. le député de Beauce-Nord.
M. Provençal : Mme la Présidente, lors des dernières semaines,
deux importants événements visant à récompenser des entreprises de la Beauce et de la Chaudière-Appalaches ont eu lieu.
Je profite de cette tribune pour féliciter les différents lauréats de
Beauce-Nord.
D'abord, le 27 avril dernier se tenait la
31e édition du Gala de l'entreprise beauceronne. Trois entreprises de mon comté ont mérité des prix : Revtech
Systèmes, de Saint-Joseph-de-Beauce, Nouvelle entreprise; Safari Condo, de
Saint-Frédéric, Investissement, industriel;
et le Woodooliparc, de Scott, Tourisme et Jarret d'or, c'est-à-dire le grand
prix de la soirée toutes catégories confondues.
Quelques jours plus tard, soit le 2 mai,
lors du Gala des Grands Prix du tourisme, Chaudière-Appalaches, la maison d'Élyse, de Beauceville, remportait le prix
de la catégorie Hébergement, gîtes, et le Village Aventuria, de Saint-Jules,
méritait le
titre d'attraction touristique de l'année.
Mes plus
sincères félicitations à vous cinq pour ces reconnaissances, et bon succès pour
vos projets futurs! Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député
de Beauce-Nord. Et maintenant je cède la parole à M. le député de
Matane-Matapédia.
M. Bérubé :
Mme la Présidente, aujourd'hui, je tiens à souligner le 35e anniversaire de la Fondation de
l'Hôpital de Matane, un organisme qui contribue à l'amélioration et la
qualité des soins de santé offerts en Matanie.
C'est le
5 juin 1984, sous la présidence de M. Gérard Lavoie, que la fondation
commença ses activités. Depuis sa création, les bénévoles, le personnel
et les administrateurs travaillent
activement afin de conserver des soins de santé de proximité et de qualité pour les gens de chez nous, un besoin et un
enjeu toujours d'actualité dans notre région. Par l'organisation
d'événements et de campagnes de financement et par l'engagement de l'ensemble
des bénévoles et partenaires de la
fondation, c'est près de 3 millions de dollars qui furent réinvestis dans
notre milieu afin d'acquérir de nouveaux équipements médicaux et de
bonifier l'aménagement des infrastructures de santé.
À tous celles et ceux qui, au cours de ces
35 dernières années, ont contribué au succès de la Fondation de l'Hôpital de Matane, je tiens à vous remercier et à saluer votre dévouement. Bon
35e anniversaire! Et continuons ensemble à veiller au bien-être des
gens de chez nous. Et surtout continuons à donner pour notre santé chez nous.
Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le
député. Et maintenant je vais reconnaître M. le...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Pardon? Ça va? M. le député de Rousseau.
M. Thouin :
Mme la Présidente, ma déclaration de député, aujourd'hui, vise à souligner
l'apport remarquable d'un citoyen
d'exception de la municipalité de Saint-Alexis qui a contribué de façon
exceptionnelle, et ce, pendant plus de 30 ans, à l'essor du monde
agricole dans ma circonscription. Il s'agit de M. Robert Perreault.
M. Perreault
a quitté ses fonctions d'administrateur et de président qu'il occupait depuis
2006 à La Coop Novago, le 27 mars dernier.
Son expérience, sa vision, son expertise du monde agricole ont contribué au
succès de la coopérative pendant 31 ans.
Maire
de la municipalité de Saint-Alexis, agriculteur, avec à son actif de grandes
cultures de blé, de soya et de maïs, il est depuis deux ans également
acériculteur, souhaitant poursuivre la tradition familiale.
Cher
Robert, de Québec je te lève mon chapeau et je te remercie sincèrement pour le
legs exceptionnel que tu laisses pour le monde agricole ainsi que pour
les générations futures. Rousseau, Montcalm, Saint-Alexis, soyons fiers.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député
de Rousseau. Et maintenant je vais céder la parole à Mme la députée de
Taschereau.
Mme Dorion :
Merci, Mme la Présidente. Je voudrais simplement rappeler des choses
intéressantes à cette Chambre qui se passent ailleurs dans le monde.
À Copenhague, la
moitié des citoyens vont travailler à vélo. Berlin construit des autoroutes à
bicyclettes.
À Bruxelles, le
transport en commun est gratuit les jours de smog. Dans plusieurs autres villes
d'Europe, d'Amérique du Nord et d'Asie, des petites et des grandes, c'est en
tout temps que le transport en commun est gratuit.
Madrid, seuls peuvent circuler au centre-ville les voitures des résidents du
centre-ville, le transport en commun et les taxis, les camions de
marchandises, les véhicules scolaires et les forces de sécurité et d'urgence. À
Londres, à Stockholm, à Milan, les automobilistes doivent payer pour accéder au
centre historique des villes.
À Tallinn, le transport public gratuit a permis à
la ville de faire de l'argent parce
que ça a attiré de nouveaux résidents.
a boosté ses taxes. Le trafic a significativement
diminué, et donc la pollution de l'air aussi, et tout ça a contribué à attirer
encore plus de monde.
San Francisco a
démantelé une autoroute, Séoul en a démantelé une autre pour créer des places
publiques. Ce n'étaient pas des petites
villes, mais c'est des villes qui se sont adaptées et qui ont donné une
meilleure qualité de vie à tous les gens qui y vivaient.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée de Taschereau. Et maintenant je vais céder la parole à M. le
député de Chutes-de-la-Chaudière.
M. Picard :
Merci, Mme la Présidente. Le Centre de la petite enfance du Bois-Joli célèbre
cette année son 40e anniversaire.
Située
dans le quartier Saint-Nicolas, la garderie a ouvert ses portes officiellement
en janvier 1979 et recevait à l'époque
une quarantaine d'enfants. Depuis 2003, 110 enfants fréquentent
annuellement ce CPE. L'implication du conseil d'administration, la participation des parents, conjuguées au travail
dévoué du personnel, permettent d'offrir aux enfants un milieu de vie de qualité, sécuritaire,
stimulant et respectueux des valeurs qui déterminent les actions éducatives du
CPE.
veux souligner la présence de Mme Sylvie Nadeau, directrice générale,
Mme Audrey Charbonneau, présidente du conseil d'administration, et tout particulièrement Mme Sylvie
Carrier, éducatrice depuis 38 ans, et Mme Sylvie Leclerc, depuis 40 ans, que je félicite pour leur
dévouement exceptionnel auprès de tous les enfants du CPE du Bois-Joli. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci. Merci, M. le député. Et
nous vous souhaitons la bienvenue à l'Assemblée nationale.
Pour la prochaine
déclaration, je me tourne vers Mme la députée de Saint-François. Et la parole
est à vous.
Mme Hébert :
Merci, Mme la Présidente. Je souhaite souligner le parcours exceptionnel d'une
gestionnaire chevronnée du réseau de la santé
et des services sociaux. Mme Patricia Gauthier tire sa révérence après
45 ans de dévouement au sein du réseau. Quelle brillante carrière!
Elle a laissé sa marque en Estrie et
ailleurs au Québec par son approche humaine, sa grande capacité à rassembler
et son leadership. Elle a pu démontrer son
professionnalisme notamment au cours des 10 ans comme directrice générale du
centre hospitalier de Sherbrooke et de ses quatre ans comme P.D.G. du CIUSSS de
l'Estrie-CHUS.
belles réalisations, elle en a beaucoup à son actif. Elle a initié la mise en oeuvre du projet OPUS AP visant la
réduction d'antipsychotiques chez les personnes âgées. Elle a brillamment
piloté plusieurs projets d'agrandissement, de partenariat, de
valorisation de la recherche et d'amélioration de la performance.
Merci,
Mme Gauthier, d'avoir tant donné, ces dernières décennies, pour améliorer
la santé et le mieux-être de la population. Bravo pour vos réalisations
et bonne retraite!
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée. Maintenant,
pour clore cette rubrique de déclarations de députés, je cède la parole
à Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Charbonneau : Merci, Mme
la Présidente. Mme la Présidente, l'environnement est un sujet très discuté dans la société d'aujourd'hui. Depuis plus de 40 décennies, le comité de
protection de Saint-François innove et s'investit, font la promotion de la préservation et de la
restauration de milieux naturels. C'est avec beaucoup de fierté que je
souligne le 40e anniversaire d'existence du Comité de protection de
l'environnement de Saint-François, de Laval.
Ainsi, grâce au
travail de toute l'équipe, ils sont devenus un pilier environnemental
incontournable et font rayonner notre
région. Je rends hommage tout particulièrement à Mme Lyne Moreau, la présidente, qui
s'implique avec beaucoup de coeur pour la réussite du comité depuis tant
d'années avec sa formidable équipe. Leur persévérance devrait être un exemple
à suivre.
Merci au comité de
protection de Saint-François de protéger et de s'investir pour l'environnement.
Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée. Alors, ceci met fin à la
rubrique des déclarations de députés.
Et je suspends nos
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 52)
Le Président :
Mmes et MM. les députés, nous allons nous recueillir quelques instants.
Je vous remercie.
Veuillez vous asseoir. Bonne journée à toutes et à tous.
Nous poursuivons les
affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles.
À la rubrique
Présentation de projets de loi, M. le leader du gouvernement.
Jolin-Barrette : Bonjour, M. le Président. Je vous demande d'appeler
l'article a, s'il vous plaît.
Le Président :
À l'article a du feuilleton, M. le ministre des Transports présente le
projet de loi n° 26, Loi concernant le Réseau
structurant de transport en commun de la Ville de Québec. M. le ministre.
Bonnardel : M. le Président, je suis très heureux de déposer
le projet de loi n° 26, Loi concernant le Réseau structurant de
transport en commun de la Ville de Québec.
Ce projet de loi vise
à permettre la réalisation, par la ville de Québec, du projet de transport
collectif annoncé publiquement par celle-ci
comme le Réseau structurant de transport en commun de la ville de Québec,
lequel inclut un tramway.
cette fin, le projet de loi donne compétence exclusive à la ville pour qu'elle
réalise le réseau et précise qu'elle devra consulter la Société de transport de Québec avant de prendre certaines
décisions.
projet de loi prévoit plusieurs allègements concernant les formalités à
accomplir en vue d'acquérir par
expropriation les biens nécessaires à la réalisation du réseau. Il contient
aussi certains allègements en matière contractuelle. Par ailleurs, il impose à la ville, lors de
l'acquisition de véhicules de transport en commun, l'obligation d'exiger du fournisseur que 25 % de la valeur du
marché soient confiés en sous-traitance au Canada.
Le projet de loi prévoit également
l'établissement de servitudes en faveur du réseau lorsqu'une route ou un
immeuble sous la gestion du ministère des Transports ou d'une municipalité est
traversé ou longé par les voies ferrées du tramway de ce réseau.
Par ailleurs, le
projet de loi prévoit les modalités de transfert du réseau à la Société de
transport de Québec afin qu'elle l'exploite.
En conséquence, il énonce expressément que cette société a pour mission
d'exploiter un tramway et, à cet égard, lui applique un cadre juridique
similaire à celui applicable à la Société de transport de Montréal pour
l'exploitation du métro.
projet de loi énonce certaines règles en matière de financement, notamment en
précisant que tout emprunt à long
terme nécessaire au financement de la réalisation du réseau doit être contracté
par la Société de transport de Québec lorsque son paiement fait l'objet
d'une subvention octroyée par le gouvernement du Québec ou l'un de ses
ministres.
Le projet de loi
stipule qu'aucuns frais, de quelque nature que ce soit, ne sont opposables à la
ville et à la Société de transport de Québec
pour la délivrance d'un certificat d'approbation, d'un permis de construction
ou d'un permis d'occupation à l'égard du réseau.
projet de loi précise que les travaux accessoires nécessaires à la réalisation
du réseau, à son exploitation, à sa modification ou à son prolongement
sont des matières qui intéressent l'ensemble formé par les municipalités liées
de l'agglomération de Québec.
projet de loi prévoit que la
Loi sur
les chemins de fer et la
section
portant sur les travaux de construction de la
Loi sur la sécurité du transport
terrestre guidé ne s'appliquent pas au réseau. Il maintient toutefois
l'obligation pour la ville et pour la Société de transport de Québec de
transmettre au ministre des Transports, à la fin de tous travaux de
construction, une déclaration de l'ingénieur responsable des travaux attestant
qu'ils ont été réalisés en conformité avec les normes d'ingénierie reconnues.
Le projet de loi
énonce enfin qu'un terrain est, en certaines circonstances, protégé par droits
acquis lorsqu'il constitue le résidu d'un
terrain dont une
partie a été acquise par la ville ou par la Société de
transport de Québec aux fins de la réalisation, de l'exploitation, de la
modification ou du prolongement du réseau. Merci, M. le Président.
Président : Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce
projet de loi? M. le leader de l'opposition officielle.
Proulx : Merci, M. le Président. Bien entendu, nous acceptons d'être
saisis du projet de loi. Est-ce que le leader du gouvernement peut
s'engager à ce que nous puissions tenir des consultations particulières sur ce
projet?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Il y aura des consultations particulières. Nous
attendrons la liste des groupes des différentes formations politiques
avant de pouvoir convoquer les consultations particulières.
Le Président :
Alors, l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi?
Le Président :
Adopté. M. le leader du troisième groupe d'opposition.
M. Ouellet : Merci beaucoup, M. le Président. Je vous demande d'appeler l'article c
du feuilleton, s'il vous plaît.
Président : À l'article c du feuilleton, M. le député de
Jonquière présente le projet de loi n° 391, Loi modifiant la
Loi sur la qualité de l'environnement afin
d'affirmer la primauté de la compétence du Québec en cette matière. M. le
député.
Gaudreault : Oui. Merci, M. le Président. Alors, ce projet de loi
affirme la primauté de la compétence du Québec
en matière d'environnement afin que l'État du Québec exerce pleinement les
pouvoirs liés à sa compétence sur le territoire québécois.
Pour
ce faire, le projet de loi accorde une priorité d'application aux règles
découlant de la compétence législative et constitutionnelle du Québec en
matière d'environnement.
Enfin,
le projet de loi prévoit que le gouvernement peut désigner un projet, une
activité ou une entreprise, notamment des
secteurs du transport, des ressources naturelles et de l'environnement pour
lequel, en matière d'environnement, le Québec a compétence exclusive.
Le Président :
Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi? Adopté.
À la rubrique Dépôts... M. le leader du
troisième groupe d'opposition.
Ouellet : Merci beaucoup, M.
le Président. Je vous demande de procéder au vote par appel nominal pour se
saisir de ce projet de loi, s'il vous plaît.
Le Président : Le vote par
appel nominal est donc demandé.
Que les députés qui sont pour se lèvent, s'il
vous plaît.
Le Secrétaire adjoint :
M. Ouellet (René-Lévesque), M. LeBel (Rimouski), Mme Richard
(Duplessis), M. Roy (Bonaventure), Mme Hivon (Joliette),
M. Gaudreault (Jonquière), M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine).
M. Legault (L'Assomption),
M. Jolin-Barrette (Borduas), M. Laframboise (Blainville),
Mme D'Amours (Mirabel), Mme Chassé
(Châteauguay), Mme McCann (Sanguinet), M. Fitzgibbon (Terrebonne),
Mme Roy (Montarville), M. Lemay
(Masson), M. Simard (Montmorency), Mme Lavallée (Repentigny),
M. Martel (Nicolet-Bécancour), M. Roberge (Chambly), Mme LeBel (Champlain),
M. Bonnardel (Granby), M. Lévesque (Chauveau), Mme Lachance
(Bellechasse), M. Charette
(Deux-Montagnes), M. Lamontagne (Johnson), M. Carmant (Taillon),
Mme Blais (Prévost), M. Lefebvre (Arthabaska), M. Dubé
(La Prairie), Mme Laforest (Chicoutimi), Mme Rouleau
(Pointe-aux-Trembles), M. Skeete (Sainte-Rose),
Mme Hébert (Saint-François), M. Dufour (Abitibi-Est), Mme Proulx
(Berthier), Mme Charest (Brome-Missisquoi),
M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), Mme Girault (Bertrand), M. Boulet (Trois-Rivières),
Mme Proulx (Côte-du-Sud), M. Lafrenière (Vachon), M. Poulin
(Beauce-Sud), M. Émond (Richelieu), M. Bachand (Richmond),
Mme IsaBelle (Huntingdon), M. Chassin (Saint-Jérôme), Mme Foster
(Charlevoix—Côte-de-Beaupré),
M. Bélanger (Orford), Mme Picard
(Soulanges), Mme Jeannotte (Labelle), M. Tardif (Rivière-du-Loup—Témiscouata), M. Asselin
(Vanier-Les Rivières), M. Reid (Beauharnois), Mme Dansereau
(Verchères), M. Lévesque (Chapleau), M. Thouin (Rousseau),
M. Tremblay (Dubuc), Mme Blais (Abitibi-Ouest), M. Campeau
(Bourget), Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice), M. Caron (Portneuf),
Mme Grondin (Argenteuil), M. Girard (Lac-Saint-Jean),
Mme Lecours (Les Plaines), M. Lemieux (Saint-Jean),
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac), M. Lamothe (Ungava),
M. Bussière (Gatineau), M. Allaire (Maskinongé), M. Provençal
(Beauce-Nord), M. Jacques (Mégantic).
M. Arcand (Mont-Royal—Outremont),
M. Proulx (Jean-Talon), M. Leitão (Robert-Baldwin), M. Barrette (La Pinière), Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel), M. Birnbaum (D'Arcy-McGee),
Mme St-Pierre (Acadie), Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce),
M. Tanguay (LaFontaine), Mme David (Marguerite-Bourgeoys),
M. Rousselle (Vimont), Mme Montpetit
(Maurice-Richard), Mme Melançon (Verdun), Mme Ménard (Laporte),
Mme Anglade (Saint-Henri—Sainte-Anne), M. Fortin (Pontiac),
Mme Nichols (Vaudreuil), Mme Charbonneau (Mille-Îles), Mme Robitaille
(Bourassa-Sauvé), M. Kelley (Jacques-Cartier), Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis),
M. Benjamin (Viau), M. Derraji
(Nelligan), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger),
Mme Sauvé (Fabre), Mme Rizqy (Saint-Laurent), M. Ciccone
(Marquette).
M. Nadeau-Dubois (Gouin), Mme Ghazal
(Mercier), M. Marissal (Rosemont), Mme Labrie (Sherbrooke),
M. Fontecilla (Laurier-Dorion), Mme Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda—Témiscamingue),
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve), Mme Dorion (Taschereau),
M. Zanetti (Jean-Lesage).
Mme Fournier
(Marie-Victorin).
Le Président : Y a-t-il des députés qui
sont contre? Y a-t-il des abstentions? M. le leader du troisième groupe
d'opposition.
M. Ouellet : M. le Président, je demanderais le consentement pour enregistrer le
vote de mon chef, s'il vous plaît.
Le Président :
Consentement? Consentement accordé.
Le Secrétaire
adjoint : M. Bérubé (Matane-Matapédia).
Le Président :
Les trois questions ayant été posées, le résultat, M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 110
Contre :
Le Président :
Donc, adopté à l'unanimité.
M. le leader du
gouvernement, à la rubrique Dépôt de documents.
M. Jolin-Barrette : Oui. M. le Président, je dépose les réponses du gouvernement aux
pétitions présentées en Chambre le 3
avril par la députée de Repentigny et le député de Beauharnois, le 1er mai
par le député de Drummond—Bois-Francs
ainsi qu'aux questions inscrites au feuilleton le 9 avril par le député de
Jonquière et le 1er mai par la députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue.
Le Président : Ces documents
sont déposés.
Pour
ma part, je dépose le rapport du Vérificateur général à l'Assemblée nationale
pour l'année 2019‑2020, tome de mai 2019.
dépose enfin le rapport d'activité 2017‑2018 de la Fondation
Jean-Charles-Bonenfant.
n'y a pas de dépôt de rapports de commissions.
la rubrique Dépôt de pétitions, Mme la députée de Repentigny.
Lavallée : Merci beaucoup, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une
pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
1 205 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que la notion de
dangerosité lors de l'application de la
Loi sur la protection des personnes
dont l'état mental présente un danger pour elles-mêmes ou pour autrui
doit être bonifiée davantage par le Code civil du Québec;
«Considérant que la notion de
dangerosité n'est pas perçue de la même façon par tous les professionnels de la
santé, qui ne l'appliquent pas de manière uniforme et systématique;
«Considérant qu'il en va de la
responsabilité des psychiatres d'appliquer l'ordonnance de traitement
obligatoire, qui permet d'obtenir les meilleurs soins, comme la thérapie
fermée, d'une durée maximale de trois ans;
«Considérant que, lors d'une
ordonnance de traitement, on doit demander le témoignage d'un membre de la
famille, si le patient est inapte, et celle de deux psychiatres;
«Considérant que le nombre de personnes
ayant des problèmes de santé mentale et souffrant de troubles concomitants
augmente. Souvent, la psychose affecte la personne qui, parfois, devient
suicidaire et se suicide;
«Considérant qu'avec la légalisation du cannabis l'Association
des médecins psychiatres du Québec prévoit une hausse importante [des] consultations
suite à des psychoses chez les personnes vulnérables;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec d'inclure, dans le Plan d'action en santé mentale 2020‑2025, un volet dans le Code civil du Québec pour assurer une
application systémique concernant l'ordonnance de traitement obligatoire
émise par un juge de la Cour supérieure du Québec.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Cet extrait de pétition est déposé. Mme la députée de Maurice-Richard.
Montpetit : Merci, M. le Président. Donc, je dépose l'extrait d'une
pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par 1 833 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les
faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que, selon la SAAQ, il y a 5 490 000 véhicules automobiles au
Québec sur la route et en estimant que chaque véhicule utilise [entre] quatre à
cinq bidons de lave-glace par année — donc 22 à 25 millions de bidons par
année — si l'on mettait bout à bout ces bidons, nous
parcourrions la distance de 4 068 kilomètres, soit plus que la
distance entre Québec et Calgary;
«Considérant que nous
utilisons trop de plastique à usage unique;
«Considérant que nos
nombreux emballages plastiques ne rejoignent pas le recyclage, se retrouvant
ainsi à la poubelle ou, pire encore, dans notre environnement;
«Considérant que nous
utilisons de nombreux bidons de lave-glace chaque hiver;
«Considérant qu'il
existe des systèmes de remplissage de lave-glace, évitant ainsi l'usage de
bidons;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement d'obliger les bannières de produits
pétroliers à installer une station de
remplissage de lave-glace en vrac accessible pour tous en facturant au
remplissage ou à la quantité, selon l'installation choisie.»
Et je certifie que
cet extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Cet extrait de pétition est maintenant déposé. M. le député de Chauveau.
Lévesque (Chauveau) : Merci beaucoup, M. le Président. Je dépose
l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
265 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les
faits invoqués sont les suivants :
«Attendu que les
victimes de la route au Québec sont privées de tout recours civil en
responsabilité depuis l'entrée en vigueur de la
Loi sur l'assurance automobile
le 1er mars 1978;
«Attendu
que les victimes d'accident de la route découlant de la négligence des
fabricants automobiles ou des réparateurs
de véhicules ou de leurs pièces constituantes n'ont aucune raison de bénéficier
de l'interdiction de recours en responsabilité applicables aux
victimes — "no-fault";
«Attendu
que ces entreprises sont parfaitement solvables et que les recours de leurs
victimes seraient, en général, de nature à permettre la réparation
intégrale des dommages rattachés aux blessures et aux décès;
«Attendu[...], entre
autres, Mme Nancy Leblond vit une injustice du fait qu'elle n'a jamais pu
poursuivre le fabricant automobile responsable de blessures graves et permanentes
causées lors d'un accident et qui ont ruiné sa vie;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement
du Québec de modifier la
Loi sur
l'assurance automobile pour réviser
le mode de cotisation des fabricants automobiles et [des] pièces d'automobile
ainsi que des réparateurs de celles-ci afin
qu'il reflète fidèlement le risque qu'ils représentent sur les routes du
Québec; permettre aux victimes de ces fabricants et réparateurs de poursuivre ces derniers en responsabilité civile pour tout dommage découlant d'une mauvaise conception,
construction ou réparation d'un véhicule ou d'une pièce.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Cet extrait de pétition est déposé. Mme la députée de Soulanges.
Mme Picard : Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par 9 176 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que des enquêtes documentées ont démontré que les
approches complémentaires axées sur la santé globale et la prévention
permettent de traiter plus efficacement la douleur et les maladies chroniques;
«Considérant qu'un travail de collaboration
interdisciplinaire entre la médecine conventionnelle et les approches alternatives, tel que préconisé en santé
intégrative, est fortement recommandé par l'Organisation mondiale de la santé afin d'offrir des soins de
santé plus pertinents;
«Considérant qu'une majorité
des Québécois utilise déjà des approches de santé complémentaires;
«Considérant la législation de provinces canadiennes, dont le Medicine
Act 1991 de l'Ontario, amendement n° 33-11, a permis l'instauration réussie de
la démarche de santé intégrative;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement
du Québec d'amender la loi régissant
les soins de santé afin que soit respectée l'autonomie du patient concernant
[les] objectifs de soins de santé et décisions de traitement; les médecins
ne puissent pas être reconnus coupables de
faute professionnelle ou d'incompétence parce qu'ils recommandent ou pratiquent une
thérapie non conventionnelle ou qui s'écarte de la pratique médicale en
vigueur, sauf s'il est démontré que la thérapie complémentaire pose un plus grand risque pour la santé du patient que la
pratique de la médecine conventionnelle; les associations de thérapeutes formés de façon rigoureuse en santé
intégrative puissent obtenir plus facilement justice pour la reconnaissance d'un statut
professionnel qui permettrait ainsi de mieux protéger le public; les soins de
première ligne puissent être
décentralisés et administrés par
d'autres groupes de praticiens de médecine intégrative formés en ce sens.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Président : Cet extrait de pétition est maintenant déposé. J'ai reçu une demande de M. le député de Chauveau pour la présentation d'une pétition non conforme. Y
a-t-il consentement pour la présentation de cette pétition?
Des voix :
Consentement.
Le Président :
Consentement. M. le député de Chauveau.
Lévesque (Chauveau) : Merci beaucoup, M. le Président. Je dépose
l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
18 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits
invoqués sont les suivants :
«Attendu que
les victimes de la route au Québec sont privées de tout recours civil en
responsabilité depuis l'entrée en vigueur de la
Loi sur l'assurance
automobile le 1er mars 1978;
«Attendu que
les victimes d'accident de la route découlant de la négligence des fabricants
automobiles ou des réparateurs de
véhicules ou de leurs pièces constituantes n'ont aucune raison de bénéficier de
l'interdiction de recours en responsabilité applicables aux
victimes — "no-fault";
«Attendu que
ces entreprises sont parfaitement solvables et que les recours de leurs
victimes seraient, en général, de nature à permettre la réparation
intégrale des dommages rattachés aux blessures et aux décès;
«Attendu que,
entre autres, Mme Nancy Leblond vit une injustice criante du fait
qu'elle n'a jamais pu poursuivre le fabricant automobile qui l'a blessée
grièvement, de façon permanente, et qui a ruiné sa vie;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons à l'Assemblée nationale de modifier la
Loi sur
l'assurance automobile pour réviser le
mode de cotisation des fabricants automobiles et de pièces d'automobile ainsi
que les réparateurs de celles-ci afin qu'il reflète fidèlement le risque
qu'ils représentent sur les routes du Québec; permettre aux victimes de ces fabricants
et réparateurs de poursuivre ces derniers en
responsabilité civile pour tout dommage découlant d'une mauvaise conception,
construction ou réparation d'un véhicule ou d'une pièce.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition. Et permettez-moi, M. le Président, de saluer
Mme Leblond et son conjoint, qui sont ici présents à l'Assemblée
nationale. Merci.
Le Président : Cet extrait de
pétition est maintenant déposé.
Il n'y a pas
de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation
de droit ou de privilège.
Je vous avise
qu'après la période de questions et réponses orales seront tenus les votes
reportés sur la motion du député de
Robert-Baldwin débattue hier aux affaires inscrites par les députés de
l'opposition puis sur l'adoption du projet de loi n° 7.
Nous en sommes maintenant à la période de
questions et de réponses orales, et je cède la parole au chef de l'opposition
officielle.
Arcand : M. le Président, je
tiens à remémorer au chef de la CAQ l'objectif d'une commission parlementaire.
Elle constitue le forum tout désigné pour
examiner en détail les projets de loi, et les députés y jouent un rôle de
contrôle de l'activité
gouvernementale et de consultation publique. Dans le cas du projet de
loi sur l'immigration, c'est plutôt un monologue auquel on assiste. C'est un
projet de loi qui a été présenté dans la précipitation et l'improvisation. Le ministre de l'Immigration agit d'ailleurs de façon
doctrinaire. Rappelez-vous l'abandon des 18 000 dossiers en immigration.
Tout le monde lui disait que ça n'avait pas
de bon sens, mais il a fallu l'intervention du tribunal pour corriger la
situation. Notre porte-parole en
matière d'immigration a formulé trois propositions au ministre pour bonifier
son projet de loi : assurer le
traitement des 18 000 dossiers, préciser le test des valeurs et faciliter
la vie des entreprises. Actuellement, ce projet fait tout le contraire
et impose un fardeau administratif supplémentaire. Le milieu des affaires
partage nos inquiétudes.
Est-ce que le
premier ministre, qui refuse d'entendre nos voix dans ce dossier, peut au moins
entendre celle du milieu des affaires?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault : M. le Président, le
système actuel d'immigration ne fonctionne pas bien.
D'abord, je
rappelle qu'on parle des immigrants économiques. 60 % des immigrants qui
arrivent au Québec sont des
immigrants économiques. Déjà, on pourrait se poser la question : Est-ce
que ça devrait être plus que 60 %? Mais restons avec le 60 %.
Actuellement,
dans le système, il y a une série de critères, entre autres la connaissance du
français, entre autres les qualifications,
et il y a un système de points qui sont accordés, et c'est un système de
premier arrivé, premier servi. Or, actuellement,
il y a beaucoup d'entreprises qui sont en pénurie d'employés qualifiés. Donc,
ce qu'on souhaiterait, c'est de
mettre en place un nouveau système qui permettrait de choisir en premier les
employés qui répondent aux besoins des entreprises.
Bon, malheureusement, le Parti libéral veut qu'on continue à traiter les
50 000 personnes qui sont dans les 18 000 dossiers selon la
formule premier arrivé, premier servi.
Donc, M. le
Président, je pense que notre projet de loi répond à une nécessité. Bon, je
comprends que le milieu des affaires
ne souhaite pas qu'on mette en place un test de français puis un test de
valeurs, dans un deuxième temps. Moi, je
pense, c'est important que les nouveaux arrivants apprennent le français,
apprennent nos valeurs et réussissent ce test. Donc, je comprends que les libéraux sont contre le test de français,
contre le test des valeurs. C'est leur choix, mais moi, je suis très à
l'aise...
Le Président :
En terminant.
M. Legault : ...avec notre position.
Le Président : Première
complémentaire. La parole n'appartient qu'au chef de l'opposition officielle.
Arcand : M. le Président, les
conditions d'embauche de ces nouveaux arrivants, a-t-il dit hier, ça va être
connu dans un règlement ultérieur.
C'est assez fondamental, il me semble, les conditions d'embauche de nouveaux
arrivants.
Ma question
est simple : Est-ce que vous pouvez demander à votre ministre de mettre de
côté son intransigeance bien connue et enfin de faire preuve d'ouverture
et de flexibilité?
Le Président : M. le premier
ministre.
Legault : M. le Président, le système qu'on propose, c'est un système
qui avait même commencé à être mis en place par le gouvernement libéral,
le système Arrima.
En gros,
c'est qu'on dit, c'est que, si, dans les 100 000 personnes — il
y en a 100 000 actuellement qui ont déposé leurs candidatures — il
y en a trois qui répondent aux besoins spécifiques d'une entreprise,
ces trois personnes-là, on veut qu'elles passent devant tout
le monde parce que c'est ça
qui devrait être la priorité : répondre aux besoins des entreprises.
Malheureusement, actuellement, il y a 40 000 personnes qui attendent à Ottawa,
un autre 50 000 personnes qui sont dans les 18 000 dossiers,
qui attendent au ministère de l'Immigration.
Le Président : En terminant.
M. Legault : Il faut accélérer. Il
faut changer les critères. C'est ça qu'on veut.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
Arcand : Il me semble que nos propositions sont raisonnables, M. le
Président. Il me semble qu'il n'y a
pas juste nous qui avons dit ça. Plusieurs
groupes sont venus également dire la même chose. On dirait que les commissions parlementaires, pour le gouvernement,
c'est une mise en scène.
Ma question
est simple : Est-ce que le premier
ministre peut nous dire à quoi, selon
lui, servent ces commissions
parlementaires?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault : M. le Président, le Parti
libéral pose deux conditions qui ne sont pas acceptables pour nous.
D'abord, le Parti libéral demande qu'on traite premier arrivé, premier servi les 18 000
dossiers, 50 000 personnes. Il y
en a déjà 40 000 en attente. Ça veut dire que, pour
répondre aux besoins du marché du
travail, il va falloir attendre
deux ans avant de commencer à se concentrer là-dessus. Il y a une urgence
d'agir. Les groupes patronaux le disent.
Puis, dans un deuxième temps, on veut un test de français puis un test de
valeurs. Ce n'est pas important pour les libéraux, le test de français
puis le test des valeurs. C'est important pour les Québécois.
Le Président : Troisième
complémentaire.
Le Président : S'il vous
plaît! Toujours votre attention. M. le chef de l'opposition officielle.
Arcand : Il me
semble qu'on fait valoir des points importants qui sont appuyés, M. le
Président, par les entreprises. Le premier ministre nous répond toujours de la même façon. Il ne nous donne jamais,
en fait, de vraies réponses.
Je vais lui donner un choix de réponses :
a, est-ce qu'il souhaite adopter un projet de loi mal ficelé par une idéologie
ou, b, un projet de loi où les ingrédients gagnants pour la prospérité du Québec
sont réunis?
Le Président :
M. le premier ministre.
Legault : M. le Président, les ingrédients gagnants pour la prospérité économique,
c'est de commencer le plus vite
possible à choisir les candidats qui répondent le mieux au marché du travail, pas y aller comme c'est proposé par les libéraux, traiter
18 000 dossiers, 50 000 personnes premier arrivé, premier servi.
Deuxièmement,
le français sera toujours vulnérable au Québec. On veut exiger, dans les trois
premières années, un test de français
puis un test de valeurs. Ce n'est pas important pour le Parti libéral. C'est
important pour les Québécois. Les Québécois sont avec nous.
Le Président : Question
principale, Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Anglade : Oui. Merci, M. le Président. Alors, vous savez, M. le Président, dans un bon projet de loi, il y a
d'abord un objectif qui doit être clair puis des moyens qui vont
avec. Et, dans le projet de
loi sur l'immigration, l'objectif
qui est d'avoir plus de régionalisation,
plus d'intégration des immigrants, on
est d'accord. Mais c'est dans les moyens qu'il y a véritablement un
problème.
Et là, hier,
on a vu à quel point le ministre souhaite imposer un fardeau aux milieux
économiques. Et les milieux économiques — ils sont venus nous rencontrer il y a
plusieurs semaines — l'avaient
déjà dénoncé. Et là, hier, ils ont été obligés de sortir pour dire que
ça n'avait pas de sens. Et ce qu'ils disent, la Fédération des chambres de
commerce du Québec : Ça va être
contre-productif. Le Conseil du patronat et les Manufacturiers et exportateurs
sont sortis pour dire que ça allait
être un alourdissement non nécessaire, que ce n'était pas dans la bonne
direction que l'on allait. Les milieux se sont réunis pour dire que ça
ne tenait pas la route.
Alors, quand
est-ce que le ministre va sortir de son entêtement pour comprendre que, dans
les moyens dont il se dote, il nuit à l'économie du Québec?
Le Président : M. le ministre
de l'Immigration.
Jolin-Barrette : M. le
Président, il y a quelques rectificatifs à apporter ici. Il y a une chose que
je vais faire, par contre, je vais
donner raison au chef de l'opposition officielle sur l'intransigeance sur mes
principes. Effectivement, je suis
intransigeant sur mes principes. L'objectif que j'ai, en politique, c'est de
réussir à faire en sorte d'améliorer les choses, et c'est ce que je fais dans le cadre du projet de
loi n° 9. Et surtout je vais toujours servir les
Québécois, fidèlement à mes valeurs, et là-dessus je peux vous assurer
que je serai, en tout temps, intransigeant.
M. le Président, pour ce qui est de la question
de la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne,
il y a une chose qu'il est important de
mentionner. On est en commission parlementaire sur le projet de loi n° 9 depuis plus de 35 heures.
L'article auquel elle fait référence,
M. le Président, vise à faire en sorte d'avoir une assise législative pour que
les employeurs participent, eux aussi, à l'intégration des personnes
immigrantes, notamment en matière de francisation. Est-ce que le Parti libéral
est contre le fait que tous les acteurs de la société québécoise participent à
l'intégration des personnes immigrantes? Honnêtement, je suis un peu surpris.
Deuxièmement,
M. le Président, à la fois la Fédération des chambres de commerce, la
Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, le Conseil du
patronat demandent au Parti libéral que le projet de loi soit adopté...
Le Président : En terminant.
Jolin-Barrette : ...le plus
rapidement possible pour répondre aux besoins de main-d'oeuvre dans toutes les
régions du Québec. Vous nuisez à l'économie.
Président : Première complémentaire, Mme la députée de
Saint-Henri—Sainte-Anne.
On est attentifs et aux questions et aux réponses. Madame.
Anglade : M. le Président, clairement, il n'a pas vu la sortie qu'ont
faite hier les trois organismes auxquels il fait référence. Je l'invite à lire ce qu'ils ont dit. Mais nous, on
veut aider le ministre, M. le Président, et c'est la raison pour laquelle, hier, on a proposé un amendement qui
disait la chose suivante : On aimerait que, dans les pouvoirs dont il se dote, il puisse y avoir une perspective
d'allègement réglementaire pour les entreprises. Le ministre a dit quoi par
rapport à l'allègement réglementaire?
Il a dit non à cet amendement. La nuit porte conseil, M. le Président. Je suis
sûre qu'en se levant il pourra nous dire qu'il va être d'accord avec
l'amendement qu'on propose dans l'intérêt économique.
Le Président :
M. le ministre de l'Immigration.
Jolin-Barrette : M. le Président, savez-vous où j'étais ce matin avant de venir ici? J'étais à
l'Association des économistes du Québec.
Savez-vous qui était assis à ma gauche? Le président de la Fédération des chambres de commerce du Québec.
Et que m'a-t-il dit? Il m'a dit : Simon, il faut que le projet de loi soit adopté le plus rapidement possible. Alors...
Le Président : S'il vous
plaît! Évidemment, vous-même ne pouvez vous appeler par votre nom.
Président : Avec le
sourire. M. le ministre de
l'Immigration, poursuivez, s'il vous plaît, votre réponse. Attention, tout le monde, s'il vous plaît!
Jolin-Barrette : M. le Président, la Fédération des chambres
de commerce souhaite que le projet de loi soit adopté. Le Parti libéral nuit à l'économie du Québec en refusant de
faire en sorte de passer d'un système d'immigration qui va prendre en compte
les besoins du marché du travail. Ce n'est pas dur à comprendre, M. le
Président, il faut que le projet de loi soit adopté pour aider les
entreprises du Québec.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Anglade : M. le Président, il faut que le ministre de l'Immigration se
ressaisisse. Il faut qu'il se ressaisisse parce qu'honnêtement c'est lui
qui nuit présentement à l'économie du Québec. Dans sa forme actuelle, dans sa
forme actuelle, le projet de loi fait en sorte que le Québec est moins
concurrentiel.
Alors, est-ce
que le ministre pourrait faire preuve, je ne veux pas lui en demander beaucoup,
mais d'un peu, d'un peu d'humilité et de reconnaître qu'il doit faire
des modifications pour faire en sorte que le projet puisse être adopté dans
l'intérêt de tous les Québécois?
Le Président : M. le ministre
de l'Immigration. Encore une fois, votre collaboration.
Jolin-Barrette : M. le
Président, moi, je pense à toutes les régions du Québec, je pense à toutes les
entreprises, je pense à tous les
entrepreneurs qui ont des offres d'emploi qui ne sont pas comblées dans toutes
les régions du Québec. Le projet de loi n° 9,
il a été déposé le 9 février pour faire en sorte d'accompagner les personnes
immigrantes pour qu'elles se trouvent un emploi à la hauteur de leurs
compétences.
M. le
Président, cet été, la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne va probablement faire la tournée de
toutes les régions du Québec pour aller rencontrer les membres du Parti libéral
à la recherche d'appuis. M. le Président, je serais gêné à sa place. Si jamais le projet de loi n'est
pas adopté, le projet de loi n° 9,
qu'est-ce qu'elle va dire aux différents entrepreneurs du Québec qu'elle va rencontrer?
Elle va se présenter comme une candidate économique, alors qu'elle nuit
elle-même à l'économie en refusant de faire l'adoption du projet de loi
n° 9.
Joignez-vous à nous, pensez aux
intérêts supérieurs du Québec et faisons en sorte d'adopter le projet de loi.
Le Président :
Question principale. M. le député de Pontiac, à vous maintenant la parole.
Fortin : M. le Président, les gens de l'Outaouais affectés par les
inondations sont fatigués, ils sont épuisés. Depuis des semaines, ils vivent chez des parents,
chez des amis avec leurs enfants, leurs animaux, couchent sur des divans
inconfortables, reviennent épuisés du
travail en pensant constamment à l'état de leur résidence qui est encore
inondée, à où la famille va habiter
et à comment ils vont vivre les prochains mois. Et, devant eux, il y a la tâche
brutale du nettoyage. Installer
des sacs de sable avec des bénévoles pour tenter de sauver la maison, c'est une
chose, mais enlever des centaines, des milliers de sacs de sable pesants,
mouillés, contaminés, qui sentent mauvais, qui sont déchirés, le faire seuls
parce qu'il n'y a plus de bénévoles... Pour des gens forts mais affaiblis, pour des
gens résilients mais épuisés, enlever ces sacs de sable là sans aide, c'est impensable, c'est impossible. D'apprendre
aujourd'hui que les Forces armées n'aideront pas à enlever ces sacs de
sable, pour tous ces gens, c'est comme si le ciel leur tombait sur la tête une
deuxième fois.
Est-ce que quelqu'un, au gouvernement, va
intervenir?
Président : M. le ministre de l'Immigration, leader du
gouvernement.
Le Président :
S'il vous plaît!
M. Jolin-Barrette : Oui. M. le Président, la situation à laquelle fait face l'ensemble
des sinistrés relativement aux
plus récentes inondations est difficile, et le gouvernement est là, en support
aux sinistrés des différentes régions du Québec. D'ailleurs,
ma collègue ministre
de la Sécurité publique est actuellement à pied d'oeuvre sur le terrain, à Rigaud, pour rencontrer les différents intervenants. Vous pouvez être sûr que le gouvernement
du Québec va accompagner les sinistrés. Déjà, on l'a fait avec le
programme qui a été mis en place par ma collègue, avant les inondations
de cette année, justement en termes de prévisibilité, pour s'assurer
qu'on puisse accompagner le mieux possible les personnes qui se retrouvent dans
cette situation-là.
Il y a une chose qui
est sûre, M. le Président, présentement, la ministre de la Sécurité publique
aussi est en discussion avec la brigadière-générale,
au niveau des Forces armées, et les discussions se
poursuivent. Mais la volonté du gouvernement du Québec est très certainement d'accompagner toutes les personnes qui font face
à ces difficultés-là. Il faut savoir que le fait d'être inondé, de
perdre sa maison, de devoir effectuer des travaux, c'est une charge physique
et mentale extrêmement importante,
et sachez que le gouvernement du
Québec est là pour accompagner toutes
les personnes. Et d'ailleurs... et je dois, à ce titre, souligner le
travail de ma collègue qui a été présente sur le terrain...
Le Président :
En terminant.
Jolin-Barrette : ...jour et nuit et elle va continuer de le faire.
J'ai confiance qu'elle va le continuer.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Pontiac.
M. Fortin : Aujourd'hui, là, ce qu'on dit aux sinistrés, ce qu'on dit aux inondés,
c'est que l'armée ne les aidera pas à nettoyer leur terrain, l'armée ne
sera pas là pour les aider. On les comprendra, M. le Président, quand ils
disent qu'ils se sentent abandonnés par leur gouvernement parce que les
priorités des Forces armées, ce sont celles qui sont établies avec le ministère
de la Sécurité publique. La ministre des Affaires municipales a entendu
l'appel, l'appel des municipalités rurales de l'Outaouais pour que l'armée soit
disponible pour aider ces gens-là.
Puisqu'elle n'a pas
été entendue par son gouvernement, qu'est-ce qu'elle dit à ces gens-là? Comment
ils sont supposés nettoyer leur terrain?
Le Président :
Mme la ministre des Affaires municipales.
Laforest : Je remercie mon collègue pour sa question puis les
questions concernant la Croix-Rouge. Je crois que notre vice-première
ministre s'en est très...
Laforest : ...oui, pour ce qui s'est passé avec les inondations. Concernant
votre région, l'Outaouais, j'étais là la
semaine passée, il y a deux semaines en fait. J'ai visité les lieux, j'étais en
discussion avec votre maire, d'ailleurs, et ce que je peux vous dire, c'est que, pour la région de l'Outaouais — je suis d'ailleurs allée à Pontiac rencontrer la mairesse — ce
que je peux dire, c'est que les deux, et la mairesse et le maire, m'ont dit
qu'ils étaient très entendus, très bien
écoutés. Ils m'ont même remerciée
pour les nouvelles places qu'on a octroyées en hébergement pour la région de
l'Outaouais. En ce qui concerne l'habitation, pour l'Outaouais,
on a pris le contrôle et on a eu des remerciements de la part de la mairesse.
Le Président :
Deuxième complémentaire.
Le Président :
S'il vous plaît, votre attention! La parole appartient au député de Pontiac.
Fortin : On ne parle pas de
Croix-Rouge. On ne parle pas d'hébergement. On parle de sacs de sable. À
Waltham, là, M. le Président, la population, c'est 384. Au bureau municipal,
il y a un seul employé à temps partiel. À
Waltham, près de la moitié des gens sont soit sinistrés, inondés, isolés ou
évacués, et l'autre moitié les hébergent, et ce, depuis six semaines. C'est des gens forts, des
gens fiers, des gens qui n'aiment pas demander de l'aide, qui ne veulent
pas être un fardeau, mais ils sont épuisés. M. le Président, tout le monde est
épuisé, les 384. Ils ont besoin de l'armée.
Qu'est-ce que la ministre
va faire?
Le Président :
Mme la ministre des Affaires municipales.
Laforest : Bien, je vais redire encore qu'est-ce que je dis. J'ai très
bien joué mon rôle. Mon rôle est l'habitation,
évidemment. En ce qui concerne l'armée, vous le savez, on a
eu des annonces de semaine en semaine pour soutenir les sinistrés. Alors, ceci étant dit, ne soyez pas inquiets. On
est tout à fait à l'écoute. On a notre comité d'action qui est fait avec la vice-première ministre.
On prend notre rôle au sérieux. Qu'est-ce que je pourrais vous dire au niveau
de l'hébergement pour votre région, on a
octroyé des PSL, les PSL d'urgence pour reloger les gens inondés. Et, pour les
PSL d'urgence, on a doublé le nombre de PSL d'urgence. Alors, en habitation, on
a répondu à la demande.
Le Président :
Question principale, M. le député de Rosemont.
Marissal : Oui, merci, M. le Président. On s'apprête ici, en cette Chambre, éventuellement, à voter le projet de
loi n° 7,
qui va faire passer de 24 mois à 12 mois les allocations de départ
des gestionnaires du réseau de santé qui ont perdu leur job à cause de la réforme. On est d'accord avec ça, malgré le
côté rétroactif de la loi. Pourquoi? Parce que la norme, normalement, c'est 12 mois. C'est comme ça que ça
devrait fonctionner. C'est comme ça qu'on traite bien les gens.
la norme, elle ne s'applique pas pour tout le monde. La Vérificatrice générale nous apprend ce matin que,
pour certains vice-présidents de
certaines sociétés d'État, c'est un véritable bar ouvert, M. le
Président : gros salaires, bonis de
signature, primes de rendement automatiques et, la cerise sur le sundae, des
primes de départ plantureuses, hors normes selon la Vérificatrice
générale, jusqu'à 18 mois de salaire.
Ça, M. le
Gouvernement, est-ce que... M. le Gouvernement!
Est-ce
que le gouvernement reconnaît qu'il entérine ainsi et encourage la pratique des
bars ouverts avec sa politique de business?
Le Président :
M. le Président du Conseil du trésor.
Dubé : Alors, M. le Président, moi, j'apprécie beaucoup la
question du député de Rosemont. Je pense que la plupart de nous ont soit
déjà pris connaissance du rapport du Vérificateur général... Et moi, je l'ai
regardé pas mal en détail et j'aimerais
rappeler la période qui est couverte par ça, par ce rapport-là, qui est la
période de 2016 à 2018. Qui était au gouvernement à ce moment-là? C'est
le Parti libéral. Puis je pense que les pratiques qui sont soulevées par le vérificateur... par la Vérificateur général,
pardon, c'est gênant. C'est excessivement gênant pour des gens qui, par exemple,
étaient au Conseil du trésor pendant les
dernières années, n'avaient pas la rigueur nécessaire de regarder, M. le
Président, qu'est-ce qui se faisait en matière de transparence et
d'encadrement.
Alors, moi, je
souscris exactement avec le point du député de Rosemont que ces pratiques-là
sont totalement inacceptables. Et c'est pour
ça, notamment, que nous avons annoncé, dans les dernières semaines, que nous
allons travailler très fort sur la
Loi de l'administration publique pour mettre en place des pratiques de
transparence et d'encadrement qui respecteront la Loi de
l'administration publique.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Rosemont.
Marissal : M. le Président, les sociétés d'État visées cachent de
l'information volontairement. Ce n'est pas nous qui le disons. Elles cachent de l'information, c'est la
Vérificatrice générale qui l'a dit. On peut ne pas la croire, mais elle
a fait des audits. Ces sociétés d'État cachent des informations volontairement.
Alors,
au-delà des belles paroles, est-ce que le gouvernement va mettre fin au bar
ouvert des fonds publics dans les sociétés d'État?
Le Président :
M. le président du Conseil du trésor.
Dubé : Écoutez, en fait, je pourrais répondre 12 fois à la question du
député de Rosemont. Je suis d'accord avec
lui, c'est inacceptable, ce qui a été fait dans les dernières années. Il y
avait notamment un Conseil du trésor qui devait être
responsable, M. le Président, de s'assurer qu'il y avait de la transparence,
mais qu'il avait aussi... dans toutes les publications,
que l'information était là... Qu'on décide de payer des primes de départ, c'est
une chose, mais il ne faut pas avoir la peur ou la crainte de divulguer
cette information-là.
Alors, je
vais vous dire, je peux répondre encore plusieurs fois, je suis d'accord avec
vous. Ces pratiques-là sont inacceptables,
et on est train de mettre en place tout ce qu'il faut pour que l'information
soit divulguée dans les différents rapports annuels de gestion.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Rosemont.
M. Marissal : C'est bien mal parti,
M. le Président, si on considère la nomination du chum du ministre de l'Économie à Investissement Québec. Alors,
visiblement, les babines n'ont pas suivi les bottines ici ou les bottines n'ont
pas suivi les babines. Ça ne marche
pas. Alors, on ne peut pas juste prendre la parole du président du Conseil du
trésor comme ça. Ça va prendre des résultats.
Qui doit
dicter? Qui doit dicter les bonnes pratiques en matière de fonds publics?
Est-ce que c'est des sociétés d'État
cachottières qui cachent de l'information à la Vérificatrice générale ou le
gouvernement, dictées par la Vérificatrice générale?
Le Président : M. le
président du Conseil du trésor.
Dubé : Écoutez,
là, on tombe dans une deuxième question, M. le
Président, et ce que j'aimerais dire
au député de Rosemont,
c'est très clair. J'en ai parlé avec mon collègue le ministre de l'Économie. Je pense qu'il est important de comprendre comment les règles sont faites, c'est-à-dire qu'il y a des sociétés
d'État qui ont des conseils d'administration, qui doivent
s'occuper de la rémunération, mais ça n'empêche pas d'avoir la transparence et l'encadrement.
Donc, par exemple, ce qui est dans le cas d'Investissement
Québec, ici, il y aura
toute la transparence et l'encadrement
nécessaires pour que l'information, en termes de rémunération, de bonification et de conditions de travail,
soit clairement déclarée avec
les objectifs de performance qui auront été mis en place par le ministre de
l'Économie.
Le Président : Question
principale, Mme la députée de Joliette.
Hivon : On a tous constaté, au cours de derniers mois,
que d'un projet de maternelle quatre
ans qui devait inclure tous
les enfants avec 5 000 classes, on est passés à 3 300 et,
maintenant, à 2 600 classes.
Ce n'est pas
surprenant, parce que les données probantes de la science pour soutenir l'idée
d'une généralisation de la maternelle
quatre ans ne sont tout simplement pas là. D'ailleurs, des experts ont été très
éloquents, à cet égard, en commission
parlementaire. Les spécialistes, les enseignants, les classes ne sont pas là,
et la demande et l'intérêt des parents ne
sont pas là non plus. D'ailleurs, même Égide Royer, l'architecte derrière l'idée
du gouvernement, est venu hier nous dire que les conditions actuellement
pour le succès du projet des maternelles quatre ans ne sont pas réunies.
Aujourd'hui,
les deux grands syndicats qui représentent les enseignants demandent carrément,
vont demander, en commission, au
gouvernement de mettre de côté son projet et son projet de loi. C'est l'inverse
du corporatisme, je ne pense pas qu'on est face au lobby des CPE quand
on parle des enseignants.
Est-ce que le ministre peut prendre acte et
reculer?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Roberge : Merci bien, M. le Président. La liste des gens qui sont
venus nous dire d'appuyer et d'adopter le projet de loi n° 5 pour
déployer de manière accessible, mais non obligatoire... de le déployer, le
projet de maternelles quatre ans, c'est
incroyable : le Conseil supérieur de l'éducation, l'Association des
directions générales des commissions scolaires, la Fédération des
comités de parents, l'association québécoise du personnel de direction
d'établissement, la fédération québécoise des directions d'école, l'association
des orthopédagogues, Pierre Potvin, prof de l'UQTR; Michel Janosz, prof de l'Université de Montréal, et des sommités
reconnues par tout le monde dans le réseau de l'éducation, qui viennent
de l'Université Laval, de l'UQAC, de l'Institut national de recherche scientifique,
de l'UQAM, je parle de
M. Égide Royer, M. Michel Perron, une sommité reconnue au
Saguenay, M. Guy R. Brisson, M. Joël Monzée,
Mme Yolande Brunelle, M. Richard Leonard, qui est venu faire un témoignage
incroyable, Mme Huguette Drouin, Danielle Boucher,
Monique Brodeur. La science, les spécialistes, ceux qui administrent le réseau,
ceux qui l'utilisent. Qu'est-ce que vous voulez de plus?
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Joliette.
Hivon : Ça serait le fun que le ministre
soit un petit peu à l'écoute parce qu'il y a au moins la
moitié des groupes ou des personnes
qu'il a nommés qui sont venus dire : Bien, ça peut être une bonne idée,
les maternelles quatre ans, mais il ne faut surtout pas oublier les centres de la petite enfance, il ne faut surtout pas oublier la complémentarité. Puis, quand on leur dit : Où vous investiriez le 2 milliards en priorité?, c'est drôle, la plupart nous disent : Dans le
0-4 ans parce qu'il ne
faut pas juste régler une vulnérabilité ou un problème, il faut le prévenir.
Alors, est-ce que le ministre peut arrêter de
foncer tête baissée dans cette idée fixe à 2 milliards et mettre la
priorité au bon endroit?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Roberge : M. le Président, c'est vrai qu'il y a certaines des
personnes qui nous disent : Nous appuyons le projet de loi n° 5, nous appuyons la volonté du
gouvernement, qui nous suggère des façons de réussir l'implantation. C'est ça,
l'objectif des auditions, d'écouter les gens, d'améliorer notre projet, de
faire mieux pour nos enfants. Alors, on est très contents de voir que les gens appuient notre politique et nous suggèrent
des façons de mieux faire les choses pour les enfants. On accueille ces
commentaires-là avec beaucoup d'ouverture.
Et j'invite
les collègues à arrêter d'opposer les bonnes idées. Pourquoi il faudrait soit
investir chez les 0-3 ans, 4 ans, comme on fait avec Agir tôt
et mon collègue, et opposer ça à investir pour les quatre ans?
Le Président : En terminant.
M. Roberge : On est capables de
prendre soin de tous nos enfants.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Joliette.
Hivon : Il n'y
a pas juste les chiffres qui ont
changé, hein, il y a aussi le discours. On est passé d'un discours
où tous les enfants devraient aller en maternelle quatre ans au libre choix. Bien, parlons-en, du libre choix
des parents. Comment il peut
s'exercer, le libre choix des parents, quand, en ce moment, on en connaît
tous, des parents qui attendent depuis des années une place en CPE, 42 000 enfants
en attente sur le guichet unique?
Est-ce que le
ministre de la Famille peut nous dire aujourd'hui si le libre choix, et le
premier choix des parents qui, oui,
est pour les CPE, va être au rendez-vous et qu'il a le mandat de compléter le
réseau et de développer des dizaines de milliers de places?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Roberge : C'est bien. Alors, oui, c'est vrai, on veut le libre choix.
Pour ça, ça veut dire qu'il faut qu'il y ait de la place dans les deux
réseaux. Savez-vous ce qu'on va faire? On va déployer les deux réseaux. Mon
collègue s'est engagé à déployer plus de
10 000 places, plus de 10 000 places dans le réseau des CPE
au cours des prochaines années. Ça,
c'est les bottines qui suivent les babines. On va le faire. Puis on va déployer
aussi le réseau des maternelles quatre
ans pour offrir le choix aux parents entre deux services de qualité parce qu'on
pense que c'est ça qui est le mieux pour les parents, c'est ça qui est
le mieux pour les enfants.
Puis j'invite
les collègues à travailler à améliorer le système pour les parents, pour les
enfants, et en respectant la science, la science qui nous dit d'aller de
l'avant. Je vous invite à relire l'avis du Conseil supérieur de l'éducation.
Le Président : Question
principale, Mme la députée de Saint-Laurent.
Rizqy : M. le Président, le problème, c'est que nous, on a sérieusement
lu l'avis du Conseil supérieur de l'éducation, puis ce n'est pas aussi
tranché que le ministre de l'Éducation le prétend. Au contraire, il y a des
bémols.
Le problème
qu'on a, c'est que le ministre de l'Éducation prend congé de la réalité québécoise.
Il refuse de voir l'étendue de la
situation du Québec. Il refuse d'entendre le Dr Chicoine et Dre Drouin. Il
refuse d'entendre la CSDM, alors que
la CSDM est la première commission scolaire qui a implanté les maternelles
quatre ans au Québec et qu'elle
est la plus grande commission scolaire. Il refuse d'entendre les centrales syndicales des enseignants. La CSQ
reprend même leur slogan : En
prendre moins, en prendre soin . Ils ne sont même pas capables d'entendre
leur propre slogan. Il faut le faire!
M. le Président, nous, la seule chose qu'on demande... pas du mur-à-mur, on veut du sur-mesure,
on ne veut pas avoir 2 milliards que pour les quatre ans, la vie commence bien avant quatre ans, on veut
qu'on prenne soin aussi de nos
tout-petits en complémentarité. Le problème que nous avons, c'est que ce n'est
pas la Pre Côté qui a un billet, c'est le ministre de l'Éducation
qui a un billet pour ses maternelles quatre ans.
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Roberge : Oui, bien,
j'invite la collègue à être des nôtres après-midi parce qu'on va les
entendre, les syndicats, ils sont là
cet après-midi, alors soyez au rendez-vous, ils vont être là, hein, il n'y a pas de... il
n'y a pas personne qui sera bâillonné là.
Écoutez,
il faut arrêter, c'est important, là, il faut arrêter d'opposer les bonnes idées,
il faut arrêter d'opposer notre réseau de services de garde avec les maternelles
quatre ans, il faut arrêter d'antagoniser les oppositions comme ça, d'antagoniser
les réseaux. Ce n'est pas comme ça qu'on va faire avancer les choses, ce n'est
pas comme ça qu'on va améliorer les services
aux enfants puis qu'on va répondre aux besoins des parents. La Fédération
des comités de parents nous a dit : Nous autres, là, on est en
faveur du déploiement, on veut avoir le choix. Il y a certains de nos parents
qui disent : Non, non, nous autres, on
n'enverra pas notre enfant en maternelle
quatre ans. Il y en a d'autres qui
disent : Oui, oui, oui, on veut
l'envoyer. La Fédération des comités de parents dit : Est-ce qu'on
pourrait avoir le choix, s'il vous
plaît?
Il y a
plus de 42 000 enfants qui sont sur des listes d'attente en ce moment à cause de la négligence des vieux partis. C'est quand même quelque
chose de se faire faire la leçon par ces gens-là.
Le Président : Première
complémentaire.
Le Président : Je vous
demande également d'être attentifs, toujours et en continu. Mme la députée de
Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci, M. le
Président. Le ministre de la Famille, il a dit qu'il n'y aura pas de maternelle
quatre ans à côté des garderies. Pourtant,
plus que la moitié des classes qui vont ouvrir en septembre sont à un kilomètre
d'un CPE ou d'une garderie. Je comprends que
le ministre, il n'est pas au courant, M. le Président, il est absent des
commissions, son ministère, il est absent des discussions, et il est
absent de la place publique.
Que répond le ministre d'un gouvernement au réseau...
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Jolin-Barrette : M. le
Président, je pense que le leader de l'opposition devrait indiquer à sa
collègue qu'on ne peut pas faire
référence à l'absence ou à la présence ou non d'un collègue ici, hein, au salon
bleu, ça fait
partie de nos règles, M. le Président.
Président : S'il vous plaît! S'il vous plaît! On entend. Je
vous demande, madame, de poursuivre votre question.
Mme Maccarone :
Que répondent le ministre et le gouvernement au réseau des services de garde
qui sont à la veille de fermer leurs portes? Ce n'est pas de fermer nos
yeux, c'est d'ouvrir nos oreilles.
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
M. Roberge : Oui. Alors, le
travail de collaboration entre Famille et Éducation n'a jamais été aussi grand.
Peut-être qu'ils font de la projection parce
que ça travaillait plus en silo ces dernières années. Ce n'est pas notre façon
de travailler. On travaille Santé, Famille,
Éducation, les ministres se rencontrent, les cabinets se rencontrent et les
sous-ministres se rencontrent, donc
les fonctionnaires aussi, les ministères travaillent en collaboration. On nous
dit qu'on ne se rencontre pas.
Écoutez, on ne fait pas des procès-verbaux à chaque rencontre, hein, qu'on
rendrait publics, mais je peux vous dire qu'on travaille ensemble. Et il y a un document conjoint qui a été fait,
et je pense que c'est une des rares fois que l'analyse d'impact réglementaire
pour un projet de loi a été faite par deux ministères à la fois. Mais, dans le
cas de Famille-Éducation, ça a été fait ensemble lors du dépôt du projet
de loi n° 5. C'est une des preuves qui montre bien qu'on travaille en
complémentarité.
Le Président :
Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone :
Merci, M. le Président. Le gouvernement ne croit pas dans la complémentarité.
Ce que vous voyez ici en jaune sont
toutes les maternelles quatre ans qui vont ouvrir dès le 1er septembre qui
sont à une minute de marche d'un CPE.
Il y en a plusieurs. Qu'une maternelle quatre ans s'ouvre en face d'un CPE
à Amqui, à Saint-Fulgence et à Chambord, ça fait mal, M. le Président. Et le
ministre de la Famille, il est absent, il n'est pas à l'écoute de son réseau.
Personne n'a évalué l'impact des maternelles quatre ans sur le réseau de
services de garde.
Qui, au gouvernement,
va défendre le réseau de services de garde?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Roberge :
M. le Président, c'est vrai, ça se peut qu'il y ait des maternelles quatre ans
proches de là où sont les familles,
ça se pourrait que ça arrive. Ça se pourrait qu'il y en ait dans les écoles,
c'est là qu'elles vont être, M. le Président. Et, si on veut laisser le libre choix aux parents, bien, il faut que les
deux soient accessibles. On ne va pas bâtir un CPE à 50 kilomètres dans le bois ou une école à
50 kilomètres dans le bois pour protéger des marchés. On ne parle pas
d'une entreprise avec un contrat
d'exclusivité, on parle d'une offre de services publics. Une offre de services
publics pour les parents et pour la
réussite scolaire de nos enfants. J'invite tout le monde à se rappeler à
l'essentiel : la réussite scolaire de nos jeunes.
Le Président :
Question principale, Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie :
Merci, M. le Président. On sait déjà que les maternelles quatre ans
universelles ne passent pas le test de
la réalité. Et, en plus de tout le reste, on apprend même que les enfants de
quatre ans posent déjà problème dans les autobus parce qu'ils
s'endorment puis qu'ils glissent en dessous des bancs. Pire, hier, en
commission, un des seuls spécialistes en faveur de la maternelle quatre ans,
Égide Royer, est venu défendre son point, et on a constaté que tout l'argumentaire repose sur un énorme raccourci
intellectuel. On nous dit qu'entre 2012 et 2017 les enfants sont devenus
plus vulnérables quand ils entrent à
l'école. C'est vrai. Mais M. Royer et M. le ministre concluent que c'est
parce qu'on n'offre pas les bons
services éducatifs et qu'on a besoin de la maternelle quatre ans. Mais d'où ça
sort, ce raisonnement-là? Nulle part.
Ça pourrait aussi bien être à cause de l'austérité ou de la réforme en santé,
qui sont justement arrivées pendant ces
années-là, et une experte l'a même dit, que l'austérité était l'explication la
plus probable. C'est un projet de milliards de dollars qui repose sur un
raisonnement absurde.
Avant
d'imposer une solution, on ne serait pas mieux de s'assurer d'avoir compris le
problème comme il faut?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
Roberge : M. le Président, une des études, une des données probantes qui a été mise sur la table
par M. Égide Royer, c'est incontestable, c'est les résultats des évaluations
à cinq ans pour vérifier si les jeunes sont vulnérables ou pas à cinq ans dans
un des domaines de développement. De notre côté, au Québec, malheureusement, le
statu quo nous fait régresser. Ces dernières
années, il y a de plus en plus d'enfants qui arrivent à cinq ans vulnérables
dans un domaine de développement, et
ça, ça compromet leur réussite scolaire, rien de moins. Ce qui s'est passé en
Ontario, c'est que, dans les dernières années... Du côté francophone, ça
fait plus de 20 ans qu'ils font la maternelle quatre ans. Du côté anglophone,
s'inspirant de ce qui se fait de bon, ils l'ont développée. Le résultat, aux
mêmes évaluations qu'on a passées ici, au
Québec, et en Ontario, c'est qu'on a vu que la vulnérabilité des enfants qui
ont bénéficié de ce service-là a été
coupée de moitié. Ça, c'est les faits. On s'inspire de ce qui se fait de bon.
On ne fait pas copier-coller. On s'inspire de ce qui se fait de bon et
on l'interprète à notre façon pour offrir le meilleur à nos enfants. Qui
pourrait nous reprocher ça?
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Sherbrooke.
Labrie : Ce n'était pas le
statu quo, ici, c'est les coupures. Hier, il y a une spécialiste qui est venue nous présenter la courbe de Heckman, qui nous apprend
que plus on investit tôt pour le bien-être de nos enfants, mieux c'est.
Et je vais le répéter pour le premier
ministre. 1 $ investi dans la première année de vie d'un enfant a plus de
retombées pour le bien-être de cet enfant-là et pour la collectivité que
1 $ investi n'importe quand dans la vie d'un enfant. Ça tombe bien. On a
un réseau de CPE ici qui a fait ses preuves et qui nous permet d'agir vraiment,
vraiment tôt.
Pourquoi on
n'investit pas au moins autant dans notre réseau de CPE que dans le projet de
maternelles quatre ans?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Roberge : Ce tableau
présenté par ma collègue est très pertinent. J'étais content de le voir hier.
Ça renforce notre conviction puis
notre nécessité de travailler en équipe, Famille, Santé, Éducation. Ça renforce
encore une fois la légitimité de ce
que fait mon collègue de la Famille, qui fait un excellent travail, de ce que
fait mon collègue le ministre délégué
à la Santé, qui fait un excellent travail, pour qu'ensemble on arrive à
éliminer les vulnérabilités de nos enfants, pour qu'ils arrivent le plus préparés possible pour réussir leur
parcours scolaire en étant confiants, en étant appuyés, puis en ayant diagnostiqué ou repéré les
vulnérabilités, puis en commençant à agir tôt, parce que diagnostiquer pour
diagnostiquer, ça ne sert à rien. Il faut outiller nos gens à aider nos
jeunes.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Sherbrooke.
Labrie : Merci. L'attitude du ministre rappelle de très, très mauvais
souvenirs aux Québécois. On a déjà vu
ça ici, un ministre qui veut imposer une réforme malgré tous les signaux
d'alarme. L'arrogance, le manque d'écoute des besoins du milieu, on
reconnaît ça.
Le Président : S'il vous
plaît!
Labrie : Le ministre nie la
réalité. Il refuse de voir de ce que les études nous disent et il persiste à
imposer sa promesse électorale. Et
pourtant tout nous montre qu'on pourrait utiliser beaucoup plus efficacement
les milliards qu'on veut investir en petite enfance.
M. le Président, est-ce que le ministre est en train
de devenir un Gaétan Barrette 2.0?
Le Président : Je m'excuse...
Le Président : Non, je
m'excuse...
Le Président : Non. Laissez-moi...
Président : S'il vous plaît! S'il vous plaît! Du calme. Vous ne pouvez nommer les gens que par
le titre. Je vous demande votre calme.
Le Président : Du calme, s'il
vous plaît! Je vous rappellerai cependant...
Président : Est-ce que
vous pouvez, s'il vous plaît, avoir quelques secondes d'attention? Nous n'avons pas terminé. Je rappellerai cette règle que l'on
connaît tous : nous ne pouvons nommer quelqu'un ici que par son
titre. Je pense que je suis tellement clair. M. le leader du...
M. Proulx :
Vous avez répondu, M. le Président.
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Jolin-Barrette : Oui. M. le Président, je pense que tout un chacun, on se doit respect ici, en cette Chambre.
Tout le monde a été élu par ses concitoyens, et je pense que, dans ce cas-ci, la députée
de Sherbrooke devrait retirer ses propos et s'excuser auprès du député de
La Pinière. Je crois que ça serait tout à fait de bon ton que l'ensemble des collègues parlementaires se respectent ici, dans
cette Chambre.
Président : Vous
connaissez la règle. Honnêtement, il ne faut pas blesser un collègue.
Les excuses seraient souhaitables. Mme la députée.
Mme Labrie : Je m'excuse auprès du député
de La Pinière.
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation, en réponse...
Le Président : Votre
attention, s'il vous plaît! On continue de belle façon.
Roberge : Merci bien. M. le Président, je veux rassurer les gens, on travaille en concertation. Les
250 classes qu'on ajoute au
réseau, parce qu'il y en a 394 en ce
moment, les 250 classes ont été choisies vraiment dans un esprit de
collaboration avec chacune des commissions
scolaires, qui nous ont dit qu'ils avaient les locaux nécessaires, les
enseignants nécessaires, les
professionnels nécessaires. C'est en travail de collaboration que les
250 places ont été ciblées et c'est de cette façon-là qu'on veut
travailler.
C'est pour
ça, je pense, que nos partenaires, comme l'Association des directions d'école,
comme l'Association des comités de
parents, comme les syndicats, avec qui on discute fréquemment, aiment le ton
qu'on utilise et la façon dont on débat et dont on gouverne.
Le Président : Question
principale, M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay :
Oui. M. le Président, la ministre de la Justice préside le Comité de
législation. À ce titre, elle doit comprendre
la portée et les conséquences de tous les projets de loi, et elle a la
responsabilité de s'assurer, à terme, de la cohérence législative et
juridique de toutes les lois du Québec. Elle doit en répondre en cette Chambre.
En regard,
par exemple, du projet de loi n° 21, sur une question toute simple d'application ou
pas de la
Loi sur l'accès à l'égalité en emploi, la ministre a refusé de
répondre à nos questions. Sur cet important enjeu, mardi, après plusieurs appels, la ministre s'est finalement
levée pour uniquement répondre, et je la cite : «...sur les concepts
juridiques, je ne peux intervenir ici, en Chambre...» Fin de la
citation.
La ministre
ne peut pas s'absenter d'un débat qui touche les droits et libertés des
Québécois, Charte des droits et libertés pour laquelle elle est la
ministre responsable de l'application, elle est la gardienne.
Pourquoi a-t-elle abdiqué son rôle?
Le Président : M. le ministre
de l'Immigration.
Jolin-Barrette : M. le
Président, le projet de loi n° 21, la
Loi sur la laïcité de l'État,
qu'est-ce que ça fait, le projet de
loi? Ça vise à faire en sorte d'insérer, premièrement, dans le corpus
législatif la laïcité de l'État, mais, deuxièmement, de l'inscrire dans la Charte des droits et
libertés de la personne, le fait qu'au Québec la laïcité, c'est une valeur
fondamentale de la société québécoise.
Ça me
surprend que le Parti libéral ne soit pas en accord avec cela, M. le Président,
le fait de faire en sorte que tous les
citoyens et toutes les citoyennes québécois soient traités équitablement, peu
importent leurs appartenances religieuses,
peu importe leur foi, peu importe leur liberté de conscience, M. le Président.
On place toutes les religions sur le même pied d'égalité.
Aussi, M. le Président, pour certains postes
particuliers en situation d'autorité, durant les heures de travail, certaines
personnes ne pourront pas porter de signes religieux. Ça s'applique autant aux
femmes qu'aux hommes. Ça s'applique à tout
le monde et à toutes les religions de la même façon. Même chose, M. le
Président, le service public à visage découvert et la réception de service à
visage découvert pour des motifs de sécurité et d'identification. Est-ce que
le député de LaFontaine est en désaccord avec ce qu'on fait dans le cadre du
présent projet de loi?
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de LaFontaine.
Tanguay : Alors, M. le Président, si c'est le leader qui se
lève sur ma prochaine, ça va être gênant. Je parle de quoi? Je parle de la charte des droits et
libertés des Québécoises et Québécois, c'est la ministre de la Justice qui est
responsable. Je parle de la
Loi sur l'accès
à l'égalité en emploi,
article 34, c'est la ministre de la Justice qui est
responsable; lorsque la ministre de
la Justice dit : À toutes les fois que vous allez poser une question qui
implique un concept juridique, ne venez pas me voir, je ne répondrai
pas.
le Président, si elle ne répond pas sur les concepts juridiques, qu'est-ce
qu'elle fait assise ici un micro devant elle?
Le Président :
S'il vous plaît! S'il vous plaît! S'il vous plaît! M. le ministre de
l'Immigration.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, les parlementaires peuvent poser les questions qu'ils
veulent en cette Chambre. Le député
de LaFontaine décide d'aller dans ce sens-là et dans l'expression qu'il
choisit. Une chose est sûre, c'est que nous,
on travaille en équipe, ici, au gouvernement du Québec, et le projet de loi
n° 21 fait en sorte de clarifier le concept de laïcité de l'État
parce que, dans nos lois, M. le Président, ce n'était pas prévu.
Souvent,
il y a des politiciens, il y a des formations politiques qui disent que l'État
québécois, il est laïque. Bien, M. le
Président, ce n'était pas vrai jusqu'au dépôt du projet de loi n° 21. Le
député de LaFontaine devrait être fier qu'on inscrive la laïcité de l'État dans nos lois et qu'on puisse tourner la
page sur ce débat qui a divisé le Québec pendant plus de 10 ans.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay :
M. le Président, une personne, ça ne fait pas une équipe. C'est juste le leader
qui se lève pour répondre à nos questions.
Le collègue de Jean-Lesage, le 1er mai dernier, a posé la question
suivante à la ministre de la Justice :
Est-ce que vous considérez que la Charte des droits et libertés de la personne
est un élément essentiel de l'identité québécoise?
Très facile. Réponse : Je n'ai pas d'opinion ou de réponse à formuler à
cette question-là. Alors, M. le Président, on ne peut pas lui parler de droits. On ne peut pas lui parler de
libertés. On ne peut pas lui parler de concepts juridiques.
Qu'est-ce qu'elle
fait assise ici, en cette Chambre?
Le Président :
M. le ministre de l'Immigration.
Le Président : Votre attention à tous, s'il vous plaît! La parole
n'appartient qu'au ministre de l'Immigration. S'il vous plaît!
M. Jolin-Barrette : M. le Président, le projet de loi n° 21
vise à s'assurer de séparer l'État des religions, de modifier la Charte des droits et libertés de la personne
pour inclure le concept de laïcité de l'État. Est-ce que le député de
LaFontaine considère que ce n'est pas important, la laïcité de l'État,
autant que l'égalité entre les femmes et les hommes?
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle.
Proulx : M. le Président, c'est la troisième occasion qu'a le leader
du gouvernement de prendre la place de la ministre de la Justice pour répondre. Vous connaissez l'article 79.
On lui a posé une question très simple. À micro fermé, la ministre a dit : Qu'est-ce que je fais
ici? Je fais du temps. Bien là, le même temps, là, le temps qui reste,
peut-être qu'on pourrait lui donner, M. le Président.
Le Président :
S'il vous plaît! S'il vous plaît! M. le leader, veuillez poursuivre.
Jolin-Barrette : M. le
Président, l'égalité entre les femmes et les hommes, c'est inscrit à notre
charte. La laïcité, c'est tout aussi
important, M. le Président. Alors, ce qu'on fait, c'est qu'on modifie la loi,
la Charte des droits et libertés de la
personne, pour faire en sorte d'ériger en termes de valeur fondamentale la
séparation entre l'État et les religions. Ça m'étonne que le Parti
libéral soit contre ça, d'autant plus qu'il y a plusieurs personnes chez vous
qui sont d'accord.
Président : Question principale, M. le député de Nelligan. Vous
êtes le seul à avoir la parole ici en ce moment.
Derraji : Merci, M. le Président. Je ne pense pas devoir rappeler le
nombre de fois que j'ai intervenu en cette Chambre pour m'assurer que la ministre soit consciente de la force
d'impact que pouvait représenter le Réseau national des pôles régionaux d'innovation. L'accueil que
j'ai reçu de la part de la ministre était une fin de non-recevoir. Eh bien,
M. le Président, jeudi dernier, nous avons
su pourquoi. La ministre, pour des raisons politiques, a préféré mettre la
hache dans un modèle, un modèle bénéfique pour les régions du Québec et
qui a fait ses preuves, en France notamment. Actuellement,
le Digihub de Shawinigan, le pôle national d'innovation par excellence, est en
France. Malheureusement, la décision
insensée de la ministre a pour conséquence que l'ensemble des régions du Québec
ne pourront pas profiter de ce partenariat et de leur expertise.
M. le
Président, ma question à la ministre est simple : Pourquoi mettre à
mal le développement économique des régions pour des raisons politiques
qui ne trouvent aucune justification d'un point de vue économique?
Président : Mme la ministre des Affaires municipales? Non. Mme
la ministre du Développement régional.
Mme Proulx
(Côte-du-Sud) : Merci, M. le Président. J'ai presque complété ma
tournée des régions au Québec. J'ai
pu être à même de constater tout le dynamisme et la volonté des régions de
prendre leur développement en charge, chose que l'ancien gouvernement
n'a jamais faite.
Donc, ce qu'on
a fait cette semaine, c'est de mettre fin à une centralisation du mouvement sur
le développement régional. Ce qu'on
veut, c'est respecter les spécificités de chacune des régions. Donc, on va
continuer d'investir dans chacun des
pôles, dans chacune des régions, puis l'argent qui était prévu au niveau
national va être redistribué en région. Il ne sera pas centralisé, chose
que l'ancien gouvernement faisait.
Qui est
politique dans cette histoire? C'est l'ancien gouvernement, puisqu'en
février 2018 ils ont décidé qu'ils allaient créer les pôles régionaux d'innovation comme stratégie
électoraliste pour vite se sauver la face face aux régions. C'est inacceptable, cette attitude-là. Nous, ce
qu'on fait, c'est réparer les pots cassés, on réinvestit, on écoute, on
développe des partenariats avec les
acteurs des régions pour travailler avec eux pour vraiment qu'on investisse
dans les régions puis qu'on occupe
notre territoire au Québec, qu'on s'assure que même la ruralité... — est-ce qu'ils savent c'est quoi, la ruralité
au Québec? — donc
pour que même la ruralité soit représentée...
Le Président : En
terminant...
Mme Proulx (Côte-du-Sud) : ...puis
qu'il puisse y avoir des concertations qui se fassent pour assurer un
développement économique cohérent au Québec.
Le Président : Cela met fin à
la période de questions et de réponses orales.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Nous en sommes maintenant à la rubrique des votes reportés et, comme annoncé précédemment,
nous allons maintenant procéder au vote reporté sur la motion de M. le député
de Robert-Baldwin débattue hier aux affaires inscrites par les députés de
l'opposition, qui se lit comme suit :
«Que
l'Assemblée nationale reconnaisse l'importance du crédit d'impôt RénoVert pour
la rénovation domiciliaire et sur le plan de l'efficacité énergétique;
«Qu'elle
demande au gouvernement caquiste de revenir sur sa décision et de reconduire
dès maintenant le crédit d'impôt RénoVert pour l'année
financière 2019-2020.»
Et que les députés en faveur de cette motion
veuillent bien se lever.
Secrétaire adjoint : M. Arcand (Mont-Royal—Outremont), M. Proulx (Jean-Talon),
M. Leitão (Robert-Baldwin), M. Barrette
(La Pinière), Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel), Mme St-Pierre (Acadie), Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce),
M. Tanguay (LaFontaine), Mme David
(Marguerite-Bourgeoys), M. Rousselle (Vimont), Mme Montpetit (Maurice-Richard), Mme Melançon (Verdun), Mme Ménard
(Laporte), Mme Anglade (Saint-Henri—Sainte-Anne),
M. Fortin (Pontiac), Mme Nichols
(Vaudreuil), Mme Charbonneau (Mille-Îles), Mme Robitaille
(Bourassa-Sauvé), M. Kelley (Jacques-Cartier), Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis),
M. Benjamin (Viau), M. Derraji (Nelligan), M. Polo
(Laval-des-Rapides), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger), Mme Sauvé (Fabre), Mme Rizqy (Saint-Laurent),
M. Ciccone (Marquette).
M. Nadeau-Dubois
(Gouin), Mme Ghazal (Mercier), M. Marissal (Rosemont),
Mme Labrie (Sherbrooke), M. Fontecilla
(Laurier-Dorion), Mme Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda—Témiscamingue), Mme Dorion (Taschereau),
M. Zanetti (Jean-Lesage).
M. Bérubé (Matane-Matapédia),
M. Ouellet (René-Lévesque), M. LeBel (Rimouski), Mme Richard
(Duplessis), M. Roy (Bonaventure), Mme Hivon (Joliette),
M. Gaudreault (Jonquière), M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine).
Mme Fournier
(Marie-Victorin).
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Maintenant, que les députés contre cette
motion veuillent bien se lever.
Le Secrétaire adjoint :
M. Legault
(L'Assomption), M. Jolin-Barrette (Borduas), M. Laframboise (Blainville), Mme D'Amours (Mirabel), Mme Chassé (Châteauguay),
Mme McCann (Sanguinet), M. Fitzgibbon (Terrebonne), Mme Roy
(Montarville), M. Lemay (Masson), M. Simard (Montmorency),
Mme Lavallée (Repentigny), M. Martel (Nicolet-Bécancour),
M. Roberge (Chambly), Mme LeBel (Champlain), M. Bonnardel
(Granby), M. Lévesque (Chauveau), Mme Lachance (Bellechasse),
M. Charette (Deux-Montagnes), M. Lamontagne (Johnson),
M. Carmant (Taillon), Mme Blais (Prévost), M. Lefebvre
(Arthabaska), M. Dubé (La Prairie), Mme Laforest (Chicoutimi), Mme Rouleau (Pointe-aux-Trembles),
M. Skeete (Sainte-Rose), Mme Hébert (Saint-François), M. Dufour
(Abitibi-Est), Mme Proulx
(Berthier), Mme Charest (Brome-Missisquoi), M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs),
Mme Girault (Bertrand),
M. Boulet (Trois-Rivières), Mme Proulx (Côte-du-Sud),
M. Lafrenière (Vachon), M. Poulin (Beauce-Sud), M. Émond (Richelieu), M. Bachand
(Richmond), Mme IsaBelle (Huntingdon), M. Chassin (Saint-Jérôme),
Mme Foster (Charlevoix—Côte-de-Beaupré),
M. Bélanger (Orford), Mme Picard (Soulanges), Mme Jeannotte
(Labelle), M. Tardif (Rivière-du-Loup—Témiscouata), M. Asselin
(Vanier-Les Rivières), M. Reid (Beauharnois), Mme Dansereau
(Verchères), M. Lévesque (Chapleau), M. Thouin
(Rousseau), M. Tremblay (Dubuc), Mme Blais (Abitibi-Ouest),
M. Campeau (Bourget), Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice), M. Caron (Portneuf), Mme Grondin
(Argenteuil), M. Girard (Lac-Saint-Jean),
Mme Lecours (Les Plaines), M. Lemieux (Saint-Jean),
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac), M. Lamothe (Ungava),
M. Bussière (Gatineau), M. Allaire (Maskinongé), M. Provençal
(Beauce-Nord), M. Jacques (Mégantic).
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Y
a-t-il des abstentions? Pour le résultat du vote, M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 44
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, la motion est rejetée. Oui, M. le leader de l'opposition officielle.
M. Proulx : Je sais que le vote est terminé, mais il y a
deux élus qui sont sur le côté. Est-ce
que c'est possible d'enregistrer après coup leurs votes, même si je comprends que le vote a été donné? Avec votre permission, j'en vois de
deux formations politiques, le député de D'Arcy-McGee de ma...
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Vous savez qu'avec un consentement nous pouvons tout. Alors, y a-t-il consentement pour permettre l'enregistrement de ces deux
votes? Consentement. Alors, vous
pouvez prendre place. Alors, je comprends que c'est un vote en faveur de
cette motion, de la part des deux députés?
Le Secrétaire
adjoint : M. Birnbaum (D'Arcy-McGee), M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve).
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, pour le résultat du vote, M. le secrétaire
général.
Le Secrétaire : Pour : 46
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, la motion est rejetée.
nous allons maintenant procéder au vote sur la motion de Mme la ministre de la
Santé et des Services sociaux proposant
que le projet de loi n° 7, Loi concernant certaines conditions de travail
applicables aux cadres du réseau de la santé et des services sociaux,
soit adopté.
Et que les députés en
faveur de cette motion veuillent bien se lever.
Le Secrétaire adjoint : M. Legault (L'Assomption),
M. Jolin-Barrette (Borduas), M. Laframboise (Blainville), Mme D'Amours (Mirabel), Mme Chassé (Châteauguay),
Mme McCann (Sanguinet), M. Fitzgibbon (Terrebonne), Mme Roy (Montarville), M. Lemay (Masson),
M. Simard (Montmorency), Mme Lavallée (Repentigny), M. Martel (Nicolet-Bécancour), M. Roberge (Chambly),
Mme LeBel (Champlain), M. Bonnardel (Granby), M. Lévesque
(Chauveau), Mme Lachance (Bellechasse), M. Charette
(Deux-Montagnes), M. Lamontagne (Johnson), M. Carmant (Taillon),
Mme Blais (Prévost), M. Lefebvre (Arthabaska), M. Dubé
(La Prairie), Mme Laforest (Chicoutimi), Mme Rouleau (Pointe-aux-Trembles), M. Skeete
(Sainte-Rose), Mme Hébert (Saint-François), M. Dufour (Abitibi-Est),
Mme Proulx (Berthier),
Mme Charest (Brome-Missisquoi), M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs),
Mme Girault (Bertrand), M. Boulet (Trois-Rivières), Mme Proulx (Côte-du-Sud),
M. Lafrenière (Vachon), M. Poulin (Beauce-Sud), M. Émond (Richelieu), M. Bachand (Richmond),
Mme IsaBelle (Huntingdon), M. Chassin (Saint-Jérôme), Mme Foster
(Charlevoix—Côte-de-Beaupré), M. Bélanger
(Orford), Mme Picard (Soulanges), Mme Jeannotte (Labelle),
M. Tardif (Rivière-du-Loup—Témiscouata),
M. Asselin (Vanier-Les Rivières), M. Reid (Beauharnois),
Mme Dansereau (Verchères), M. Lévesque
(Chapleau), M. Thouin (Rousseau), M. Tremblay (Dubuc), Mme Blais
(Abitibi-Ouest), M. Campeau (Bourget), Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice), M. Caron (Portneuf), Mme Grondin
(Argenteuil), M. Girard (Lac-Saint-Jean),
Mme Lecours (Les Plaines), M. Lemieux (Saint-Jean),
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac), M. Lamothe (Ungava),
M. Bussière (Gatineau), M. Allaire (Maskinongé), M. Provençal
(Beauce-Nord), M. Jacques (Mégantic).
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Maintenant, que les députés contre
cette motion veuillent bien...
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Pour? Pardon. Excusez-moi
Le Secrétaire adjoint :
M. Arcand (Mont-Royal—Outremont), M. Proulx (Jean-Talon),
M. Leitão (Robert-Baldwin), M. Barrette (La Pinière), Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel),
M. Birnbaum (D'Arcy-McGee), Mme St-Pierre (Acadie), Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce), M. Tanguay (LaFontaine),
Mme David (Marguerite-Bourgeoys), M. Rousselle (Vimont),
Mme Montpetit (Maurice-Richard), Mme Melançon (Verdun),
Mme Ménard (Laporte), Mme Anglade (Saint-Henri—Sainte-Anne), M. Fortin (Pontiac), Mme Nichols (Vaudreuil),
Mme Charbonneau (Mille-Îles), Mme Robitaille
(Bourassa-Sauvé), M. Kelley (Jacques-Cartier), Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis),
M. Benjamin (Viau),
M. Derraji (Nelligan), M. Polo (Laval-des-Rapides), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger),
Mme Sauvé (Fabre), Mme Rizqy (Saint-Laurent), M. Ciccone
(Marquette).
M. Nadeau-Dubois
(Gouin), Mme Ghazal (Mercier), M. Marissal (Rosemont),
Mme Labrie (Sherbrooke), M. Fontecilla (Laurier-Dorion),
Mme Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda—Témiscamingue), M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve), Mme Dorion (Taschereau), M. Zanetti
(Jean-Lesage).
M. Bérubé (Matane-Matapédia), M. Ouellet
(René-Lévesque), M. LeBel (Rimouski), Mme Richard (Duplessis),
M. Roy (Bonaventure), Mme Hivon (Joliette), M. Gaudreault
(Jonquière), M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine).
Mme Fournier
(Marie-Victorin).
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Y a-t-il
des députés contre cette motion ou des abstentions? Alors, pour le
résultat du vote, M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 111
Contre :
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, la motion est adoptée, et,
en conséquence, le projet de loi n° 7 est adopté.
Nous en
sommes maintenant à la rubrique des motions sans préavis. Et, en fonction de
nos règles et de l'ordre de présentation, je vais céder la parole à Mme
la députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue.
Lessard-Therrien : Merci, Mme la Présidente. Je demande le
consentement de la Chambre pour débattre de la motion suivante conjointement avec la députée d'Acadie, la députée
de Marie-Victorin et le député de Chomedey :
«Que
l'Assemblée nationale reconnaisse que le désastre survenu à
Sainte-Marthe-sur-le-Lac a été provoqué par le bris d'une
infrastructure, ce qui lui confère un caractère exceptionnel;
«Qu'elle
prenne acte qu'une nouvelle cartographie en préparation par la Communauté
métropolitaine de Montréal place le territoire de cette municipalité en
zone inondable;
«Que l'Assemblée
nationale demande au gouvernement d'offrir à tous les sinistrés de Sainte-Marthe-sur-le-Lac la possibilité
de quitter leur propriété, et ce, en bénéficiant d'un dédommagement suffisant
tenant compte de la valeur foncière de leur propriété avant les inondations du
printemps 2019.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Y a-t-il consentement pour débattre de
cette motion?
Schneeberger : Pas
de consentement.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Il n'y a pas de consentement. Maintenant, pour la prochaine motion, je vais
reconnaître un membre du troisième groupe d'opposition, et ce sera Mme la
députée de Duplessis.
Richard : Merci, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement des membres de
cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec le député de La Pinière, la députée
de Mercier, le député de Chomedey et la députée de Marie-Victorin,
la motion suivante :
«Que l'Assemblée
nationale rappelle au gouvernement qu'encore aujourd'hui, aucune route
terrestre ne relie la Basse-Côte-Nord au reste du Québec;
«Qu'elle lui rappelle également que les élus,
les chefs autochtones ainsi que les maires et mairesses de la Côte-Nord sont
unanimes : il est urgent de compléter la route 138 jusqu'à
Blanc-Sablon;
«En ce sens,
qu'elle demande au gouvernement de fournir rapidement un échéancier ambitieux
associé aux sommes requises pour terminer la route 138 dans un
délai raisonnable.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la députée. Y a-t-il consentement pour débattre de
cette motion? Alors, M. le leader du troisième groupe d'opposition.
Ouellet : Oui, merci, Mme la
Présidente. Je vous demanderais d'appeler le vote par appel nominal, s'il vous
plaît.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : C'est très bien. Alors, nous sommes
prêts pour le vote, et que les députés en faveur de cette motion
veuillent bien se lever.
Le Secrétaire adjoint : M. Bérubé
(Matane-Matapédia), M. Ouellet (René-Lévesque), M. LeBel (Rimouski),
Mme Richard (Duplessis), M. Roy (Bonaventure), Mme Hivon
(Joliette), M. Gaudreault (Jonquière), M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine).
M. Jolin-Barrette
(Borduas), M. Laframboise (Blainville), Mme D'Amours (Mirabel),
Mme Chassé (Châteauguay), Mme McCann
(Sanguinet), M. Fitzgibbon (Terrebonne), Mme Roy (Montarville),
M. Lemay (Masson), M. Simard (Montmorency), Mme Lavallée
(Repentigny), M. Martel (Nicolet-Bécancour), M. Roberge (Chambly),
Mme LeBel (Champlain),
M. Bonnardel (Granby), M. Lévesque (Chauveau), Mme Lachance
(Bellechasse), M. Charette (Deux-Montagnes), M. Lamontagne
(Johnson), M. Carmant (Taillon), Mme Blais (Prévost),
M. Lefebvre (Arthabaska), Mme Laforest (Chicoutimi), Mme Rouleau (Pointe-aux-Trembles), M. Skeete
(Sainte-Rose), Mme Hébert (Saint-François), M. Dufour (Abitibi-Est), Mme Charest (Brome-Missisquoi),
M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), Mme Girault (Bertrand), M. Boulet (Trois-Rivières),
Mme Proulx (Côte-du-Sud), M. Lafrenière (Vachon), M. Poulin
(Beauce-Sud), M. Émond (Richelieu),
M. Bachand (Richmond), Mme IsaBelle (Huntingdon), M. Chassin
(Saint-Jérôme), Mme Foster (Charlevoix—Côte-de-Beaupré),
M. Bélanger (Orford), Mme Picard (Soulanges), Mme Jeannotte
(Labelle), M. Tardif (Rivière-du-Loup—Témiscouata), M. Asselin (Vanier-Les Rivières), M. Reid
(Beauharnois), Mme Dansereau (Verchères), M. Lévesque (Chapleau),
M. Thouin (Rousseau), M. Tremblay (Dubuc), Mme Blais
(Abitibi-Ouest), M. Campeau (Bourget), Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice), M. Caron (Portneuf), Mme Grondin
(Argenteuil), M. Girard
(Lac-Saint-Jean), Mme Lecours (Les Plaines), M. Lemieux
(Saint-Jean), Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac), M. Lamothe
(Ungava), M. Bussière (Gatineau), M. Allaire (Maskinongé),
M. Provençal (Beauce-Nord), M. Jacques (Mégantic).
M. Arcand
(Mont-Royal—Outremont), M. Proulx (Jean-Talon), M. Leitão (Robert-Baldwin),
M. Barrette (La Pinière),
Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel), M. Birnbaum (D'Arcy-McGee),
Mme St-Pierre (Acadie), Mme Weil
(Notre-Dame-de-Grâce), M. Tanguay (LaFontaine), Mme David
(Marguerite-Bourgeoys), M. Rousselle (Vimont), Mme Montpetit (Maurice-Richard), Mme Melançon (Verdun),
Mme Ménard (Laporte), Mme Anglade (Saint-Henri—Sainte-Anne), M. Fortin (Pontiac),
Mme Nichols (Vaudreuil), Mme Charbonneau (Mille-Îles),
Mme Robitaille (Bourassa-Sauvé), M. Kelley (Jacques-Cartier),
Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis),
M. Benjamin (Viau), M. Derraji (Nelligan), M. Polo
(Laval-des-Rapides), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger), Mme Sauvé (Fabre), Mme Rizqy (Saint-Laurent),
M. Ciccone (Marquette).
M. Nadeau-Dubois
(Gouin), Mme Ghazal (Mercier), M. Marissal (Rosemont),
Mme Labrie (Sherbrooke), M. Fontecilla (Laurier-Dorion),
Mme Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda—Témiscamingue), M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve), Mme Dorion (Taschereau), M. Zanetti
(Jean-Lesage).
Mme Fournier
(Marie-Victorin).
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Maintenant, y a-t-il des députés contre cette motion ou des abstentions?
Alors, M. le secrétaire général, pour le résultat du vote.
Secrétaire : Pour : 108
Contre :
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, très bien, la motion est
adoptée.
Pour
la prochaine motion, je vais reconnaître un membre du groupe formant le
gouvernement, et ce sera M. le député de Rousseau.
Thouin : Merci, Mme la Présidente. Permettez-moi d'abord de saluer les
membres du conseil d'administration ainsi que le P.D.G. du CEFRIO, qui
sont avec nous aujourd'hui.
demande le consentement de cette Assemblée pour déposer la motion suivante
conjointement avec le député de Rosemont, le député de René-Lévesque, le
député de Chomedey et la députée de Marie-Victorin :
«Que l'Assemblée
nationale souligne l'apport
inestimable du CEFRIO et le rôle clé qu'il joue depuis plus de 30 ans
en matière de développement économique, de démocratisation des technologies numériques ainsi
que dans l'avancement de l'innovation sociale au Québec;
«Que l'Assemblée
[nationale], au moment où le gouvernement du Québec s'apprête à enclencher une transformation numérique sans précédent,
souligne l'importance des approches collaboratives et transversales qui
visent à optimiser les services numériques de proximité;
«Qu'elle salue son
rôle de pionnier en matière de soutien à l'appropriation et à la valorisation
des services numériques par les milieux publics et privés ainsi qu'auprès des
partenaires de l'État.» Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Avant de demander s'il y a
consentement pour débattre de cette motion, je crois que M. le leader du
troisième groupe d'opposition aimerait intervenir.
Nadeau-Dubois : Oui. Il y a probablement eu une erreur de
communication, mais simplement aviser que le député de Rosemont n'est
pas conjoint sur la motion. C'est des choses qui arrivent.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Oui. M. le leader de l'opposition officielle.
M. Proulx :
Pas de consentement.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je n'ai même pas eu besoin
de le demander. Alors, il n'y a pas de consentement.
Nous
allons maintenant passer à la prochaine motion sans préavis, et ce sera au tour
de Mme la députée de Vaudreuil de présenter la motion.
Mme Nichols :
Merci, Mme la Présidente. Alors, je sollicite le consentement de cette
Assemblée afin de présenter la motion
suivante conjointement avec la députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue, le député de Chomedey et la
députée de Marie-Victorin :
«Que l'Assemblée
nationale rappelle que plus de 10 000 personnes ont été évacuées dans
la foulée des crues printanières [...] 2019;
«Qu'elle rappelle que, faute d'entente avec la
Croix-Rouge et le gouvernement du Québec, et [ce,] contrairement à 2017, les
municipalités doivent prendre des ententes particulières avec la Croix-Rouge
pour assurer des services aux personnes sinistrées;
«Qu'elle
rappelle que les coûts d'hébergement, d'alimentation et de prise en charge de
ces personnes représentent des dépenses et une pression logistique
importante pour les municipalités sinistrées du Québec;
«Qu'elle
demande au gouvernement caquiste de prendre en charge l'entièreté des dépenses
liées à la logistique de l'hébergement et de l'alimentation des
personnes victimes des crues printanières [...] 2019.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la députée. Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Schneeberger :
Il n'y a pas de consentement.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, il n'y a pas de consentement.
Maintenant, je vais
céder la parole à M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui, Mme la Présidente. Conformément à
l'article 21 de notre règlement, je présente la motion suivante :
«Que l'Assemblée se
réunisse le lundi 3 juin 2019, à 13 h 40.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Est-ce que cette
motion est adoptée? M. le leader de l'opposition officielle.
Proulx : Oui, Mme la Présidente. Je pense que, vu la nature de cette
motion, on peut faire quelques représentations, puisque c'est une motion qui pourrait être contestée. J'ai quelques
représentations à faire, Mme la Présidente, je pense que je ne serai pas
le seul, mais je vais parler pour moi et ma formation politique d'entrée de
jeu.
D'abord,
Mme la Présidente, sur le fond de la motion, sur cette convocation, c'est la
prérogative du gouvernement, et je ne
la conteste pas. Nous serons ici, à l'Assemblée nationale, lundi pour
travailler au salon bleu et en commission lorsque les commissions seront convoquées. C'est sur la forme, Mme la
Présidente, que j'ai des questions, interrogations, non pas sur la motion, parce que c'est le moyen
procédural pour le faire, mais c'est sur ce qui devrait accompagner une
telle motion.
Vous savez,
Mme la Présidente, je l'ai dit à plusieurs occasions puis je vais le répéter,
pour le succès d'une bonne collaboration,
il y a des ingrédients. C'est un peu comme faire de la pâtisserie, il y a des
ingrédients qui sont essentiels, sinon
le gâteau, il ne lèvera pas. Dans le cas actuel de notre collaboration, il
manque, Mme la Présidente, je pense, un ingrédient essentiel. Il y en a qui pourraient s'améliorer, de tous
bords tous côtés, mais il y a un ingrédient qui, pour moi, est
essentiel, qui n'est pas présent, c'est la prévisibilité pour de la
préparation.
J'ai entendu
et on m'a rapporté... pardon, je ne l'ai pas entendu, on m'a rapporté que le
leader du gouvernement, pour donner
un exemple, tout à l'heure, à la population, a dit : Les Québécois, ils
travaillent le lundi, l'Assemblée peut travailler
le lundi. D'abord, Mme la Présidente, s'il y a quelqu'un ici, dans cette
Assemblée, qui pense qu'un député, ça ne travaille pas le lundi quand ce n'est pas ici, sincèrement, c'est
malheureux, je trouve, ces propos-là qui sont imagés. Je comprends que c'était une image pour faire
comprendre que ce n'était pas inhabituel ni extraordinaire de convoquer le
lundi, je l'entends. Maintenant, Mme
la Présidente, vous le savez, vous êtes députée, le leader du gouvernement
l'est également, les députés, ça travaille souvent, presque tout le
temps. Ça, je pense que c'est très clair.
Deuxièmement,
les Québécois qui vont aller travailler lundi, ils savent ce qu'ils vont faire
lundi. Moi, je ne suis pas capable de
dire à mon groupe parlementaire ce qu'ils vont faire lundi, j'ai de la misère à
savoir ce qu'on va faire demain puis
je ne suis même pas sûr de l'horaire de cet après-midi. Alors, sincèrement, Mme
la Présidente, comment voulez-vous vous préparer adéquatement si on n'a
pas l'ensemble des informations pour pouvoir travailler?
Vous
souhaitez, les gens souhaitent, Mme la Présidente, des débats qui sont étoffés,
veulent que les gens ici prennent la parole de façon constructive, ils
veulent qu'on débatte d'arguments de fond et qu'on laisse de côté la forme,
pour reprendre des exemples du leader du gouvernement. Alors, j'en appelle à cette collaboration qui doit être présente. Il
faut, Mme la Présidente, avoir ce temps nécessaire pour se préparer.
Les collègues, ils viennent de l'extérieur pour la grande
majorité d'entre eux. On n'est pas nombreux à habiter Québec, Mme la Présidente. Ce n'est pas le cas de ma formation
politique seulement, c'est le cas de l'ensemble des députés ici, à l'Assemblée
nationale.
Alors là, les
gens savent qu'ils doivent être ici lundi. Parfait, nous y serons pour
travailler, Mme la Présidente.
Mais j'invite le collègue
à être le plus prévoyant possible avec les autres parce que
lui, il le sait, ce qu'il va faire lundi. Il sait ce qu'il veut faire demain. Il sait ce qu'il va faire cet après-midi.
Mais nous, Mme la Présidente, on ne le sait pas. Alors, si on ne peut pas bien se préparer, si on
ne peut pas se préparer adéquatement, bien, on ne peut faire un travail à la hauteur des attentes des gens. C'est vrai pour l'opposition officielle. C'est vrai pour les autres groupes d'opposition. C'est aussi vrai pour le gouvernement. Alors, ça fait
partie de cette bonne collaboration. Ça fait
partie
des éléments essentiels pour qu'on puisse travailler avec tout le
respect nécessaire pour notre institution. Le leader du gouvernement l'a dit à plusieurs
occasions, c'est important, cette institution-ci.
Bien, il faut en faire la démonstration. Il faut y vivre dans une vraie
cohabitation.
Alors, qu'il nous convoque lundi, pas de problème
pour moi. Que les commissions siègent le lundi et le vendredi, on a déjà fait des représentations à cet égard-là.
Nous sommes ici pour travailler, mais maintenant il faut de la disponibilité,
de la préparation et du sérieux dans notre collaboration. Voilà.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le
leader. Maintenant, je cède la parole à M. le leader du deuxième groupe
d'opposition.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Évitez de vous interpeler d'un côté et de
l'autre, s'il vous plaît! M. le leader.
M. Nadeau-Dubois :
Je ne répéterai pas ce que le leader de l'opposition officielle a dit. Je vais
ajouter trois choses.
La première,
les motivations du gouvernement dans le dépôt de cette motion-là, elles sont
dures à comprendre et surtout elles ne nous sont pas annoncées. Donc, on
nous dit : On va siéger lundi. C'est, en effet, la prérogative du gouvernement. Mais il n'y a aucun des trois partis
d'opposition qui sait dans quel objectif, pour faire avancer quels projets
de loi et surtout qu'est-ce qui justifie une
telle mesure qui sort de l'ordinaire. Donc, il y a un enjeu ici de savoir
quelles sont les motivations du gouvernement. On aimerait bien les
connaître.
Deuxièmement,
cette décision... bien, cette motion du gouvernement, je me permets de dire
qu'elle a un aspect relativement
paradoxal dans la mesure où, si le salon bleu n'était pas convoqué lundi, les
commissions pourraient siéger de
14 heures à 18 heures, donc faire leur travail, et, comme le souhaite
et le répète souvent le leader du gouvernement, faire avancer les projets de loi. En appelant le salon bleu, on ampute
1 h 30 min sur le travail des commissions. Donc, très dur à comprendre en quoi ça va faire cheminer
plus vite les projets de loi si les commissions commencent après les affaires courantes plutôt que simplement à
14 heures. Donc, on va perdre du temps de commission. Je me demande en
quoi ça aide l'avancement de l'agenda législatif du gouvernement.
Et, troisième élément, puis c'est
peut-être le plus important, Mme la Présidente, je veux revenir également sur
cette déclaration du leader du gouvernement
qui nous dit que, si les gens ordinaires travaillent, si les Québécois,
Québécoises travaillent le lundi, bien, les parlementaires devraient le faire
aussi. Moi, quand j'entends cette déclaration-là, je me dis : Il y a deux interprétations
possibles. La première, c'est que le ministre ne travaille pas le lundi, et ça,
ça m'apparaît une interprétation complètement loufoque parce que je suis
convaincu qu'il travaille le lundi.
deuxième interprétation, c'est : Donc, il juge que, si on n'est pas au
salon bleu, on ne travaille pas. Et ça, ça m'apparaît une déclaration vraiment problématique, qui me semble
diminuer la valeur du travail des députés lorsqu'ils ne sont pas au salon bleu, notamment en
circonscription. Je me permets même de me tourner vers les députés de la
majorité gouvernementale en me
disant : Comment interprètent-ils le fait que le leader du gouvernement
leur dit : Bien, venez lundi pour
travailler? Donc, quand ils ne sont pas ici, ils ne travaillent pas. Je veux
dire, ce n'est pas juste un problème pour les oppositions. Ça me semble
être une déclaration problématique pour l'ensemble des députés. On peut même
faire l'hypothèse que, pour certains
députés, leur circonscription, ça nécessite de travailler aussi fort, voire
plus fort lorsqu'ils sont en circonscription que lorsqu'ils sont au
salon bleu.
Alors,
je pense que c'est une très mauvaise manière de mettre la table, pour cette
motion-là et pour les débats de lundi,
que de dire que c'est pour travailler, sous-entendant implicitement que, si ce
n'était pas le cas, on ne travaillerait pas.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le
leader. Maintenant, je cède la parole à M. le leader du troisième groupe
d'opposition.
M. Ouellet : Merci, Mme la Présidente. Je serai très bref, mais je m'inscris en collaboration avec les deux autres leaders sur la discussion que nous avons sur
la pertinence d'obtenir cette motion. Oui, c'est la prérogative du gouvernement. Mais j'ai les mêmes préoccupations quant au fait que, ce lundi, nous
serons ici. Et je suis convaincu que les 125 députés ici ont dû annuler des rencontres, des rendez-vous, des groupes de citoyens qu'on devait rencontrer dans nos circonscriptions.
Mme la Présidente, il ne reste que deux semaines à notre calendrier parlementaire. On a beaucoup de pression en circonscription justement
pour attacher les dernières ficelles avant que tout le monde reparte dans
leur circonscription, que ça soit plus difficile, dans certains cas,
d'avoir accès aux différents cabinets ministériels pour régler certaines problématiques qui
causent, dans certains cas, des préjudices et qui indisposent nos concitoyens
et concitoyennes.
Mme la Présidente, ma formation politique est beaucoup aussi dans l'Est du Québec, et vous
comprendrez que ces déplacements-là,
aussi, nous amènent, dans certains cas, à ne pas juste canceller la journée de
lundi, mais à être aussi peut-être sur la route dimanche pour être prêts
dès lundi.
Alors,
mon commentaire sera le dernier et le suivant : J'aimerais
juste savoir qu'est-ce que j'ai à dire aux gens que je vais appeler aujourd'hui. Pourquoi
je dois être à Québec lundi? Qu'est-ce
qu'il y a de si urgent, alors que la
session intensive commence dès la
semaine prochaine? Nous allons siéger tard en soirée jusqu'à
aller vendredi. Donc, j'aimerais avoir
la réponse rapidement parce
que je vais faire les appels pour
canceller tout ça. Je veux savoir pourquoi, quelle est l'urgence et quel en sera le
sujet. Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le leader du troisième
groupe d'opposition. Maintenant, je cède la parole à M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Mme la
Présidente, plusieurs
choses ont été dites par mes collègues. Et, Mme la Présidente, j'ai l'impression de vivre un bal de
l'hypocrisie. Mme la Présidente...
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Un instant! M. le leader, vous avez beaucoup d'expérience en cette Chambre et vous
savez très bien que c'est un mot inapproprié que vous venez
d'utiliser. Inapproprié. Alors, est-ce
que vous allez le retirer?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Bien, vous connaissez les règles, M. le leader. Alors,
j'aimerais, s'il vous plaît...
Vous avez...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Premièrement, assoyez-vous, s'il vous plaît.
Vous connaissez nos
règles, M. le leader. Vous avez un cinq minutes, vous disposez d'un temps de
parole de cinq minutes. Alors, nous sommes
disposés à vous entendre, mais j'espère que vous allez choisir les bons termes
et je vous demande de retirer le mot que vous venez de prononcer.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie.
M. Jolin-Barrette : ...démonstration de ce que j'affirme, Mme la Présidente. À la fois le leader de l'opposition
officielle, à la fois le leader du deuxième
groupe d'opposition ont souligné
qu'ils n'étaient pas informés. Mme la
Présidente, hier, leurs chefs
de cabinet respectifs ont été informés de l'horaire de la semaine prochaine jusqu'à
jeudi prochain, Mme la Présidente. Avez-vous entendu la même chose que