Health and Social Services — 23 August 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
CSSS 2023-08-23
Quebec — Committees
(Neuf heures trente-deux minutes)
Présidente (Mme Schmaltz) : Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté
le quorum, je déclare la séance de la Commission de la santé et des
services sociaux ouverte.
Je vous souhaite la bienvenue et je demande donc
à toutes les personnes dans la salle d'éteindre la sonnerie de leurs appareils
électroniques.
La commission
est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 15, Loi
visant à rendre le système de santé et de services sociaux plus efficace
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. Mme Abou-Khalil (Fabre) est remplacée par M. Poulin (Beauce-Sud); Mme Blouin
(Bonaventure), par Mme Schmaltz (Vimont); M. Chassin (Saint-Jérôme),
par M. Lévesque (Chapleau); Mme Dorismond (Marie-Victorin), par M. Girard
(Lac-Saint-Jean); Mme Lachance (Bellechasse), par M. Tremblay (Dubuc)
et Mme Caron (La Pinière), par Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont).
Présidente (Mme Schmaltz) : Parfait. Alors, lors de l'ajournement de nos
travaux, hier soir, les discussions portaient
sur l'article 62, et la parole était au député de Pontiac. Est-ce que, M.
le député, vous avez d'autres interventions?
M. Fortin : Oui, merci, Mme la Présidente. Bon matin, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Oui,
merci.
M. Fortin : J'espère que vous allez bien.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Oui,
oui.
M. Fortin : Comme tous les collègues d'ailleurs.
Oui, l'article 62, là, on parlait des
mécanismes, des mécanismes d'accès, et le ministre nous avait promis un
amendement au 63. Là, le 63 fait référence à l'article 62 entre autres,
là, puis j'imagine qu'il y fait encore référence avec l'amendement du ministre.
Ce serait-tu possible de procéder comme on l'a
fait au... je pense que c'était 48, 47, là où on a regardé le 48 ensemble pour ensuite adopter le 47? Juste, vu
qu'ils sont tellement en lien, ces deux articles-là, je ne détesterais pas voir
l'amendement du ministre à l'article subséquent pour pouvoir discuter des deux
articles.
M. Dubé : Je pense... Bonjour, tout
le monde. Puis je veux juste mentionner... parce que c'est important dans notre
rôle de parlementaire où, souvent, on a des rôles qui sont vus comme
confrontationnels, j'ai eu beaucoup de commentaires
de gens qui m'ont appelé hier pour me dire qu'ils avaient apprécié le ton de
nos discussions en commission hier. Je veux juste vous mentionner, là...
c'est important de le rappeler, de l'excellente collaboration qu'on a des deux côtés de la table, puis je trouvais important
de dire que je pense qu'il y a beaucoup de citoyens qui apprécient ça. On n'est
pas toujours d'accord, on se questionne, les gens apprécient beaucoup la
qualité des questions, mais je voulais le mentionner, Mme la Présidente,
parce que c'est à l'honneur de tout le monde. Ça fait que je suis certain qu'on
va pouvoir continuer comme ça.
Votre
suggestion, M. le député de Pontiac, elle est très bonne, puis ce que je
pourrais faire... Je veux juste vérifier peut-être avec la table, est-ce
qu'on en a... est-ce qu'on vous a envoyé, je pense que oui, l'amendement de 63?
La Présidente (Mme Schmaltz) : Oui,
il est sur le Greffier.
M. Dubé : O.K. Est-ce que ce serait
possible de le mettre peut-être à l'écran?
Dubé : O.K. Donc, ce qu'on pourrait peut-être faire, s'il
y a un consentement, on pourrait faire la lecture de... Donc, on
suspendrait 62, qui n'est pas suspendu, je crois, on pourrait suspendre 62,
commencer 63...
La Présidente (Mme Schmaltz) : Parfait,
avec le consentement, naturellement, de tout le monde, oui? O.K.
M. Dubé : Est-ce
qu'on fait ça?
La Présidente (Mme Schmaltz) : Il y
a consentement, oui.
M. Dubé : O.K. C'est beau. Ça fait
qu'on va suspendre 62 puis je vais aller directement à 63, là. Il faut juste que je le retrouve dans ma liasse de documents. Je
vais prendre le tien, puis le temps que mon... le iPad se réchauffe, là. Ça
fait qu'on y va comme ça, on commence avec 63, puis je lirai l'amendement. Bon.
«Un règlement
de Santé Québec...» Puis ça, c'est important de se rappeler, là, qu'on va
revenir à des règlements.
«Un règlement de santé Québec peut :
identifier les prestataires privés qui sont soumis à un mécanisme d'accès visé
au premier alinéa de l'article 62;
«2° prévoir
l'obligation, pour tout professionnel de la santé [et] des services sociaux
appartenant à la catégorie qu'il détermine, d'utiliser tout système mis
en place en application de cet alinéa et plus particulièrement :
«
a) déterminer la mesure dans laquelle un
professionnel doit se rendre disponible au moyen d'un tel système;
«
b) prévoir
les renseignements nécessaires au fonctionnement d'un tel système qui doivent
être communiqués à Santé Québec; et
«
c) prévoir toute autre exigence relative à
l'utilisation d'un tel système.»
Cet
article
prévoit que Santé Québec peut déterminer par règlement des exigences relatives
à l'utilisation d'un mécanisme
d'accès, notamment des prestataires privés qui sont soumis à un tel mécanisme
et la disponibilité devant être offerte par un professionnel au moyen
d'un système de répartition ou de référencement. Ça, c'est l'article 63
tel qu'il a été déposé dans le projet de loi.
Je vais aller
à l'amendement, puis je vais le lire à l'écran, puis, encore une fois, là, nos
légistes ont... Puis là on a deux alinéas, le premier, le deuxième et,
suite à des suggestions qu'on a eues, et de l'opposition, je dirais, mais aussi
de certains groupes avec qui on a discuté
durant l'été, on s'est basé sur... pour faire cet amendement-là. M. le député,
là, je vous rappelle, il y a déjà... pour que les gens comprennent avant que je
le lise, là, il y a déjà des mécanismes d'accès qui sont prévus par règlement,
puis là je pense, par exemple, comment les listes d'accès pour les CHSLD sont
faites, là. Ce n'est pas uniquement
pour les chirurgies, là, c'est de façon générale, ça s'applique à la DPJ, les
listes d'attente pour les gens qui sont en attente d'un service. Alors, le
mécanisme d'accès, c'est déjà en place dans le réseau de la santé et ça
se fait habituellement par règlement.
Ici, ce qu'on
veut faire en ajoutant ce troisième alinéa là que je vais lire, c'est de
dire : déterminer dans quelle mesure une personne en attente de services
au moyen d'un mécanisme doit être tenue au courant du cheminement de sa demande, y compris la priorité lui ayant été
accordée et les délais moyens d'attente qui y sont associés. Et ça, pour moi,
c'est carrément... puis là je vais lire le commentaire avant de faire mon autre
commentaire : Cet amendement vise des modalités de reddition quant aux
personnes en attente de service au moyen d'un mécanisme d'accès dans le
règlement que Santé Québec pourra prendre concernant les mécanismes d'accès
qu'elle devra mettre en place. Quand on nous demande... puis je veux le
mentionner, là, pour... parce qu'il y a quand même pas mal de gens qui nous écoutent, quand on demande qu'est-ce que le
p.l. n° 15 va amener, on dit : Il y a des effets...
on travaille dans les structures, on
travaille sur la gouvernance clinique, on travaille sur certains aspects, mais
ici, là, on rentre dans l'accès aux réseaux de santé. Là, on est vraiment,
là... qu'est-ce qu'on fait pour les patients pour s'assurer qu'ils ont une
meilleure accessibilité.
Et je le répète, ça, c'est des questions que
vous avez posées, entre autres, M. le député de Pontiac, quand on a eu la première mouture, puis je vous avais
dit : À 63, on pourrait revenir avec quelque chose. Bien, le quelque
chose, c'est ça. Ça fait que j'arrête d'en parler, parce que je sais que vous
n'avez pas eu beaucoup le temps de prendre l'amendement. Vous pouvez
prendre peut-être un certain temps ou poser vos premières questions, je vous
laisse... mais je trouvais que... puis c'est
pour ça que vous avez raison, regardons 63 avec l'amendement puis, après ça, on
reviendra à 62 pour le principe. J'arrête ça là pour le moment.
M. Fortin : O.K. Bien, merci, M. le ministre, là, de vous prêter à
l'exercice de la façon qu'on l'a suggéré. Effectivement, je pense que ça peut
aider à avancer nos travaux.
l'amendement comme tel puis... En fait, avant d'entrer dans l'amendement, là,
juste sur la dernière remarque du
ministre par rapport à des... les grands pans du p.l. n° 15,
là, effectivement, je trouve qu'on est dans un
article crucial, disons, dans... du projet de loi, mais, pour nous,
ce n'est pas non plus quelque chose qui ne pourrait pas être fait sans l'agence
de Santé Québec, là. C'est quelque chose que... qui peut être fait, qui
peut-être doit être fait, là, on va avoir de la discussion, et c'est un des grands pans du p.l. n° 15,
mais est-ce que Santé Québec est nécessaire à la mise en place de
quelque chose comme ça? Pour nous, cette démonstration-là n'a pas été faite,
mais n'empêche, là, on va discuter de la mesure comme telle dans son fond.
Alors là...
M. Dubé : Est-ce que je peux juste
répondre?
M. Fortin : Oui, allez-y, pas de problème.
M. Dubé : Juste vous donner un
élément. J'en ai parlé un peu hier, il y a des interrelations entre les grands blocs de p.l. n° 15.
Ici, je vous ai mentionné que, oui, il y a des choses qu'on fait déjà dans les
mécanismes d'accès, mais, en même
temps, vous allez voir tantôt, quand on va dire à qui ça s'applique, il y a des
éléments où je ne peux pas forcer ou
travailler avec des professionnels de la santé sans avoir ça ici, vous
comprendrez. Parce que, souvent, par exemple, mes listes d'attente... puis peut-être que
M. Desharnais pourra vous donner des exemples tantôt, quand je suis
interétablissement, une liste d'attente des CHSLD et des établissements qui
doivent piger dedans, ça, c'est... je n'ai pas
tellement besoin d'un projet de loi. Quand j'arrive puis je dis à un
médecin : Je voudrais que vous preniez la priorité x... oups, là, j'ai un autre élément. Vous me suivez? Alors, je
voulais juste faire cette précision-là, et ça, on y reviendra dans la
gouvernance clinique, entre autres, d'accord?
Fortin : Oui, mais notre point, ce n'est
pas que vous n'avez pas besoin d'un projet de loi, c'est que vous n'avez pas
besoin d'une agence spécifique pour faire ces choses-là. Mais, enfin, revenons
à l'article 63, là.
M. Dubé :
Oui, O.K., parfait, bonne idée.
M. Fortin : Donc là, dans votre amendement que vous nous
suggérez, ce que vous dites, c'est qu'il doit y avoir une façon pour que le
patient ou l'usager puisse savoir, à peu près, là, il est où, là, dans la liste
d'attente, un peu ce que le guichet d'accès en médecine familiale fait depuis
un certain temps, hein? Pour des gens qui ne se sont pas inscrits au
guichet d'accès depuis un temps, là... puis j'en fais partie, là, je suis un
des chanceux au Québec qui a un médecin de famille, mais les gens qui
s'inscrivent aujourd'hui ou qui se sont inscrits dans les dernières années, ce
qu'ils ont vu, c'est... ça devrait prendre environ deux ans dans votre région,
là, selon votre ordre de priorité, ça devrait prendre deux ans et trois mois pour avoir un médecin de famille. Et là il
retourne voir six mois plus tard, puis, des fois, c'est rendu à un an,
sept mois, puis des fois c'est rendu à trois ans, dépendamment de comment
ça va dans chaque région puis pour leur niveau de priorité, disons.
Donc là, ce que vous
nous dites, c'est que, pour plusieurs listes d'attente différentes, il y aurait
ce même principe là pour des délais moyens d'attente, mais qui verrait aussi
leur priorité. C'est ça?
M. Fortin : O.K.
Le délai d'attente moyen, là, ça, c'est... je pense que ça nous apparaît
normal, là, d'avoir... O.K., vous vous inscrivez, vous avez besoin d'un
service, vous savez que, pour vous, là, selon votre catégorie d'âge, selon votre
priorisation, selon votre région, selon la
réalité dans votre coin, ça va être à peu près ça. Mais la priorité, ça,
qu'est-ce que vous avez en tête quand
vous dites ça? Par exemple, un patient qui attend pour une chirurgie, il va
être dans la catégorie ou la priorisation, il y a des ordres, là, a, b,
c, d, e, là, je ne me souviens plus si c'est des lettres ou des chiffres, je pense, c'est des lettres, là, et donc, là, j'ai un
patient qui est priorisé c, qu'est-ce qui... Ça ne lui dit rien, là, priorisé
c, ça ne lui dit pas grand-chose. Ça ne lui dit pas qu'il y a
12 personnes sur la liste en chirurgie qui sont en priorité a. Ça ne lui
dit pas qu'il y a une chirurgie qui se fait à toutes les semaines dans sa
région ou peu importe.
Alors, qu'est-ce que
ça lui donne, par exemple, de savoir ça ou qu'est-ce que vous avez en tête? En
fait, je vais le prendre plus simple, là, qu'est-ce que vous avez en tête qui
pourrait être disponible au patient?
M. Dubé : Puis,
Daniel, quand vous jugerez bon, là... mais je voudrais juste peut-être
envoyer... Ici, ce qu'on demande à Santé
Québec, c'est de se commettre à avoir un système de mesures dans toutes nos
listes d'attente, parce que... Puis
j'apprécie que vous ayez dit que le GAP a été bâti comme ça, mais le GAP ne
donne pas toute cette information-là encore.
Fortin : ...le GAMF qui avait été...
M. Dubé : Le
GAMF, mais le GAP tient compte de ça. Je m'excuse. Je veux juste qu'on se
rappelle que, avant d'aller trop dans le détail, il faut que je demande à Santé
Québec ici... qu'on demande, si on accepte cet amendement-là, d'accepter ce
principe-là, là, parce qu'il y a des endroits... puis je pense à mon collègue
le ministre des Services sociaux, M. Carmant, dans la DPJ, il va falloir
trouver comment on met cette priorité-là, comment on informe la personne qui
est en attente d'un service à la DPJ. Vous me suivez?
C'est pour ça que je
ne peux pas vous répondre de façon précise. Mais ce qu'on va demander à Santé Québec, c'est pour tous ces délais-là... Je pense
que le meilleur... c'est qu'on est en train de regarder avec le CRDS, donc le
centre de rendez-vous des spécialistes... Ça, ça va un petit peu mieux parce
qu'on a décidé... il y a déjà des catégories... puis même dans le
tableau de bord qu'on a mis sur le CRDS, on voit les catégories, alors on...
Mais
j'aimerais vous dire... puis c'est pour ça que je vais peut-être passer la
parole à M. Desharnais, c'est qu'ici, ce qu'on vous demande, suite à votre
suggestion, c'est d'accepter le principe, un, de communiquer avec eux... parce
qu'en fait, ce que les gens nous reprochent
souvent, c'est qu'on ne sait pas où on est dans la liste d'attente. Ça,
c'est... à mon avis, c'est la
première... donc de communiquer... Quand on dit «doit être tenu au courant du
cheminement de sa demande», c'est ça
qu'on veut. Alors, il n'y a rien de mieux en ce moment avec le GAP... Les gens
reçoivent une lettre puis ils disent : Écoutez, vous pouvez soit appeler à
tel numéro... donc ils savent qu'ils existent sur la liste. Mais je laisserais
M. Desharnais parler des autres éléments.
Donc,
le cheminement, la priorité et les délais moyens, je pense, c'est sur ça qu'il
faut se concentrer en disant : Ça, c'est des principes qu'on va
demander pour toutes les listes. Mais peut-être... M. Desharnais, je vous
laisse aller.
La Présidente
(Mme Schmaltz) : Est-ce qu'on a le consentement?
La Présidente (Mme Schmaltz) : Oui.
Parfait.
M. Desharnais
(Daniel) : Bonjour. Daniel Desharnais, sous-ministre associé
à la coordination, réseaux ministériels et aux affaires
institutionnelles au ministère de la Santé et Services sociaux.
En fait, 62 et 63, ce qu'ils viennent faire,
c'est... Bon, il existe actuellement différents mécanismes d'accès, qui, des
fois, se retrouvent dans le corpus législatif, des fois non. Il y a des
mécanismes d'accès, notamment, à l'hébergement,
il y a des mécanismes d'accès pour les CRDS, donc pour le référencement à des
médecins spécialistes. Là, ce qu'on vient faire, c'est qu'on vient en
quelque sorte mettre dans le corpus législatif les balises qui viennent mettre en place... pour mettre en place des
mécanismes d'accès. Donc, à 63, on mentionne que Santé Québec doit mettre
en place des mécanismes d'accès, et... à 62,
excusez. Et, à 63, on vient mentionner qui doit collaborer aux mécanismes
d'accès, donc... et ceux qui doivent collaborer, c'est quand même assez large
dans le domaine de la santé et services sociaux. On parle des professionnels de
la santé qui oeuvrent dans le public, mais également dans le privé.
Et, après ça, bon, il y a deux choses qui vont
venir influencer la mise en oeuvre de ça. C'est, dans un premier temps, les
orientations du ministre, donc les attentes du ministre envers Santé Québec sur
qu'est-ce qu'il souhaite avoir comme
mécanismes d'accès, le détail de l'information qu'il souhaite que la population
puisse avoir et les différents règlements qui vont découler en vertu de
M. Fortin : Mais sur le sujet principe, là, puis vous l'avez dit tantôt, tu sais,
c'est quelque chose qu'on vous soumet à votre suggestion, alors sur le
principe, là, on va tous être d'accord là-dessus, là, mais dans l'article comme
tel... Puis l'exemple que vous avez
utilisé, il est bon, là, l'exemple de la DPJ, par exemple, là, parce que ce
n'est pas simple, indiquer à une
personne en attente d'un service... parce que c'est de ça qu'on parle, là, dans
quelle mesure une personne en attente d'un service, on va lui dire sa
priorité puis les délais moyens.
Là, on parle d'enfants, alors, tu sais, il y a
toutes sortes de... est-ce qu'on le souligne à la personne qui fait un
signalement, que c'est 90 jours d'attente dans sa région avant que
quelqu'un puisse les voir et... Là, on est peut-être...
M. Dubé : C'est plus délicat.
M. Fortin : C'est ça, il y a des endroits où c'est plus simple que d'autres, disons.
Mais voici ce que nous, on entend, là,
puis dites-moi si c'est conforme à la réalité que vous entendez par rapport à
ce qui se passe en ce moment. Une personne qui attend une chirurgie, par
exemple, là, ou même une consultation avec un spécialiste va se faire dire par
son médecin : O.K., je vous ai... j'ai
envoyé la référence pour une consultation avec un spécialiste, je pense que ça
va être à peu près trois mois. C'est ce qu'ils entendent. Tu sais, le
médecin de famille, il ne le sait pas trop, il dit, tu sais : J'envoie ça puis je pense ça va être à peu près
ça. Donc, eux, dans leur tête, ils repartent avec une idée générale, puis là
ils attendent, puis là ils attendent,
puis là ils attendent. Des fois, ça cadre dans trois mois, des fois ils
attendent, ils attendent, ils attendent, puis là ils n'entendent rien.
Puis, après trois mois, ils ne savent pas ce qui se passe, là, ils essaient de
recontacter le médecin de famille qu'ils ont vu. Bien, vu qu'ils n'ont
peut-être pas de médecin de famille attitré, ce n'est pas simple, c'est... Ils
sont un peu dans le néant.
Alors, comment est-ce qu'on s'assure que ce que
vous proposez là ne donne pas la même chose, c'est-à-dire qu'ils ont une idée
générale initialement, délai moyen d'attente, tu sais, qu'il y a un mécanisme
formel qui leur dit : Ça va être trois
mois, mais qu'après trois mois ils ne savent pas trop ce qui se passe? Est-ce
qu'il y a une obligation d'avoir une
mise à jour quand le délai est dépassé, par exemple? Est-ce que... Comment on
peut s'y prendre pour s'assurer que ce n'est pas juste une date?
M. Dubé : Bien, c'est des très
bons... votre question, mais je vais vous dire... Tantôt, quand je vous disais qu'il y a trois blocs dans l'amendement, je pense
que le premier bloc qui répond à votre question, c'est le cheminement de
sa demande. Ça, là, pour moi, c'est un mot clé, parce que, ça, ça veut dire
quand... Je le relis, là : Pour une personne en attente d'un service au
moyen, 1°... on aurait pu dire. 1°, d'un mécanisme d'accès dans le règlement...
Non, je suis dans le commentaire, excusez-moi. En haut, «être tenu au courant
du cheminement de sa demande», ça, là, pour moi, ça répond à votre question.
Mais maintenant, ça ne sera pas pareil de... pour toutes les raisons. Mais moi,
ce que je veux dire, à Santé Québec, vous
allez m'assurer que le système... je ne sais pas, on pourra donner un autre
exemple, mais c'est pour ça que je vous disais : Avec le GAP, on
l'a fait, ça.
Bon, maintenant, je vous donne un... Restons sur
les rendez-vous avec... On a pris l'engagement que, dans le GAP, vous allez... une fois que vous avez appelé,
vous allez avoir un rendez-vous dans 36 heures. Si on n'a pas pu faire
ça, il faut communiquer avec vous. Ça, ça
fait
partie de ce que j'appelle le cheminement de la demande. Moi, ce que je
veux, c'est qu'on ait ça pour tous les
services. On ne fera pas ça jour 1, on est d'accord. On en parlait hier en
préparation de ça, puis, peut-être, nos systèmes informatiques doivent
s'ajuster à ça aussi, là, parce qu'en ce moment... on a fait beaucoup de choses
pour le... mais je veux juste vous dire, le principe que vous demandez, il est
répondu par ce premier bloc là, qu'on dit cheminement de la demande.
M. Fortin : Bien, voyez-vous, c'est peut-être plus clair pour vous que
ce l'est pour nous, là. Le seul point, là, qui nous apparaît manquant,
peut-être, là-dedans, là, c'est justement cette obligation-là d'avoir une mise
à jour, tu sais, au courant du cheminement.
Puis, après ça, c'est parce qu'après, dans l'article, vous dites «y compris les
délais moyens d'attente». Mais un délai moyen
d'attente, c'est une chose, mais, si on le dépasse, de savoir que le délai
moyen d'attente, c'était trois mois, puis
moi, je suis rendu à cinq mois, ce n'est pas... tu sais, ça ne m'aide pas dans
ma situation comme patient. Alors,
de... puis ce n'est pas très différent de l'approximation qui est donnée par le
médecin référent en ce moment...
M. Dubé :
Mais, M. le député...
Fortin : ...ou l'IPS référente, ou
d'autres, là.
M. Dubé : Où on est... O.K. Mettons ça sur la glace pour une
minute dans notre discussion, juste pour discuter de l'enjeu. C'est un
article qui va être très
important non seulement pour Santé Québec, mais pour les professionnels, hein? On
a eu des discussions, vous et moi, entre autres, là, souvent au salon bleu.
Quand je dis... En ce moment, on ne peut pas
obliger un médecin à piger dans une liste x, ce sont quand même des
travailleurs autonomes. Et ça, c'est délicat en ce moment, parce qu'une des
façons de s'assurer que le cheminement est suivi puis que le délai moyen va...
Il ne faut pas que la personne soit passée par-dessus par quelqu'un qui
dirait : Bien, moi, je veux... Jjaimerais mieux ne pas me servir de la liste puis passer quelqu'un d'autre. Je vous
réponds ça, parce qu'on a besoin de faire ça aussi, là. Nos équipes, en
ce moment, qui travaillent avec... Quand je vous dis qu'on n'a pas tout attaché
avec les médecins spécialistes, entre autres, ce travail-là d'utiliser les
listes dont on parle, c'est un gros élément, là.
Fortin : Mais ça, c'est... Puis je ne veux
pas... Ce n'est pas mon travail de vous ramener à l'ordre, M. le ministre, mais
ça, c'est le deuxième alinéa, pas le troisième.
M. Dubé : Oui.
Non, mais ce que je veux dire, c'est que les deux vont ensemble. Quand on va
voter tout à l'heure, je vais vous dire...
C'est pour ça que M. Desharnais a dit : Il est important que ça soit
le personnel du réseau, mais le personnel professionnel aussi, incluant
les médecins, qui vont s'assurer... parce que, si la moyenne est établie, puis
que tout le monde... les gens rentrent dans la liste, puis ça prend trois mois
pour attendre, puis que les médecins vont chercher, un peu comme au... Dans le
GAP, en ce moment... excusez-moi, là, je change de... mais je reviens à mon exemple, en ce moment, c'est la RAMQ qui s'occupe
de la liste des personnes qui n'ont pas un médecin de famille. On en avait 1 million il y a un an, on l'a
baissée, là, plus que de la moitié. Pourquoi? Il n'y a aucun arbitrage par un
médecin d'aller chercher ailleurs. La
liste vient de la RAMQ, et là le DRMG, dans les régions, se fait dire : Il
y a 10 personnes qui sont
disponibles dans ma région, envoyez-moi 10 noms. Il n'a pas à décider s'il
va mettre quelqu'un qui serait peut-être...
Fortin : Son voisin.
M. Dubé : ...son voisin ou quelque chose comme ça. Et c'est
pour ça que les deux vont ensemble. Il va falloir trouver le mécanisme de... non seulement de
l'informer, mais de s'assurer que tout le monde travaille avec les bonnes
listes. Je ne sais pas si je réponds à votre question.
M. Fortin : Oui,
mais ça... effectivement, mais ça, c'est le deuxième point, le deuxième
paragraphe ou alinéa, là. Le point
qu'on essaie d'amener, c'est qu'il ne faut pas que cette personne-là ait de
l'information une fois puis n'en ait plus après.
M. Dubé : On
est d'accord. Puis ça, quand on dit...
Fortin : O.K. Mais ça, vous considérez que
le troisième paragraphe force cette mise à jour régulière là?
M. Dubé : Oui, puis c'est pour ça que je vous dis :
Quand on parle du cheminement... Merci pour la question. Le cheminement,
ce n'est pas juste : On a-tu répondu à votre première demande? On suit
comment votre demande... C'est ça, le
cheminement. Est-ce qu'il y aurait un meilleur terme? Je ne sais pas, là, mais
le cheminement, c'est ça que ça veut dire.
La Présidente (Mme
Schmaltz) : Est-ce qu'on a d'autres interventions?
Fortin : Bien, je ne sais pas si d'autres
collègues ont des interventions. Moi, je reviendrais peut-être un petit peu
plus tard.
La Présidente (Mme
Schmaltz) : M. le député de Rosemont.
M. Marissal :
Oui. Merci, Mme la Présidente. Bonjour à tous les collègues, dont les
nouveaux, nouvelles qui se sont joints à nous cette semaine. J'aurais cent
mille choses à dire, on va essayer d'y aller dans l'ordre. En passant, moi
aussi, j'ai apprécié le ton des échanges depuis qu'on a commencé. Puis vous
faites bien de dire qu'on n'est pas toujours d'accord, ça, c'est une évidence,
mais ça ne veut pas dire qu'on se crêpe le chignon pour autant, d'autant que,
dans notre cas, ce serait difficile, mais on ne se tire pas la barbichette.
Alors, je
veux... sur la forme, d'abord, Mme la Présidente, je veux juste noter quelque
chose. On n'a pas fini d'avaler les 150 amendements qui ont été
déposés hier. On est une petite équipe, on essaie d'avancer, là, puis on ne
veut certainement pas
retarder une affaire qui n'avance déjà pas très vite de par sa lourdeur, mais
on n'a pas fini d'avaler les 150 d'hier qu'on nous demande d'en
digérer un nouveau ce matin. Ce n'est pas facile, là, ce n'est pas évident de travailler dans ces circonstances-là, là. Je le
dis et je ne m'en plains pas, là, ce n'est pas une plainte que je fais, là, ce
n'est pas... je ne suis pas en train
de rechigner, là, mais mettons que ce n'est pas l'idéal. Ce n'est pas l'idéal,
parce qu'en plus, là, 62, 63, ce n'est pas de la concordance, là, c'est
des articles hyperimportants.
Tu sais, oui,
on dit qu'on avance, puis c'est vrai qu'on avance. Cela dit, on a fait moins de
5 % du projet de loi, là, mais on avance puis ça ne bloque pas.
Tant mieux, c'est bien, allons-y comme ça. Mais moi, je ne me priverai pas de
prendre tout le temps nécessaire quand il y a des articles très costauds comme
ça, surtout si on ajoute une couche, à la
dernière minute, que je dois essayer d'analyser. Vous comprendrez qu'on n'a pas
le temps de se revirer, puis je ne vais pas demander à Mme la présidente des suspensions à tout bout de champ
pour aller faire des téléphones, réfléchir, donner du temps à mon unique
recherchiste d'aller vérifier les choses.
Donc, je le dis comme ça, M. le ministre, je
vous tends la perche, là, on travaille bien ensemble. Peut-être, des fois, un petit «heads-up», comme on dit en
latin, là, un petit préavis ou quelque chose... Des fois, on travaille aussi
vite hors caméra que dans la caméra, puis, après ça, de toute façon, tout sera
dit publiquement, là. Il ne s'agit pas de faire
les choses derrière des portes closes, ce n'est pas ça que je dis, certainement
pas, mais je vous... puisque nous sommes ensemble pour quelques jours encore,
sans doute, je fais la suggestion... je fais la suggestion, vous en faites ce
que vous voulez.
Bon, alors,
allons... retournons à nos moutons. Il n'y a personne qui va se plaindre que
les patients ou la famille des patients... dans le cas de la DPJ, c'est souvent
la famille ou les familles élargies, hein, parce que ça prend un village,
comme on dit, pour les enfants, surtout les
enfants en difficulté. Il n'y a personne qui va se plaindre qu'il y a un suivi,
moi le premier. Je suis là-dedans depuis des années, je trouve ça compliqué, je
trouve ça difficile, je trouve ça parfois anxiogène. Tu ne sais jamais quand
est-ce que tu vas avoir l'appel, tu n'es pas capable d'appeler. Tu as un numéro
de téléphone qui est probablement une boîte vocale qui n'existe même pas. C'est
très déshumanisant aussi, là, dans un
système de santé, où, après tout, on traite de l'humain. Alors, il n'y a
personne qui va se plaindre de ça, M. le ministre.
C'est sûr qu'être capable d'avoir un suivi...
puis je dirais presque... c'est presque un droit pour la population, pour les contribuables, de savoir... Il n'y a pas
beaucoup d'endroits où on ne sait jamais où est-ce qu'on est dans la liste, puis
qu'on n'est pas capable de nous le dire, puis qu'en plus qu'on nous fait sentir
un peu que, bien, on t'appellera quand on
t'appellera, tu sais, puis attends ton tour comme les autres, puis
considère-toi chanceux. Il y a eu quelque chose qui s'est passé, là, au
fil des décennies, dans le système de santé, et ce serait trop difficile de
pointer un responsable ou des responsables
de ça. Le système s'est déglingué pour plein de raisons, puis la COVID n'a pas
aidé, ça, c'est un fait. Alors, personne ne va dire : Il ne faut
pas ça.
Mais ma
première question, là, M. le ministre : C'est quoi, votre but premier avec
ça? Est-ce que c'est d'informer les patients du cheminement de leur dossier,
donc de leur sort, ou si c'est d'accélérer le rythme, notamment des
chirurgies ou du placement des enfants, là... c'est deux choses totalement
différentes, là, mais une liste d'attente, c'est une liste d'attente, et donc d'améliorer les performances et
de diminuer les attentes... C'est quoi, votre premier but? Est-ce que c'est
d'informer ou c'est d'accélérer?
M. Dubé : C'est une bonne question.
Je veux juste faire un petit commentaire sur votre... sur le point que vous avez fait sur les amendements. Celui-là,
c'est un bel exemple, là. J'aurais aimé ça vous le donner hier soir, mais ça...
je ne pense pas que ça aurait fait une grosse différence. Sur les
150 amendements, je fais juste vous dire qu'il n'y en a quand même pas beaucoup, dans ceux-là, qui vont
être sur les 10, 15 prochains articles, là. On se comprend bien, c'est...
On a déjà déposé des amendements qui sont sur les articles qu'on fait en ce
moment.
Ce qu'on veut faire, on n'a pas cette
obligation-là, mais je me suis engagé, au début, que, les amendements, on vous
les donnerait d'avance... Dans les 150, c'est principalement pour les... je
vais dire, les deux prochains mois. Ça fait que je fais juste vous dire
qu'on... Mais je comprends que, dans la mesure du possible, quand je suis
capable de les donner d'avance, je vais le faire, même si je n'ai pas cette
obligation-là, parce qu'on est d'accord qu'on n'a pas cette obligation-là, la
façon dont on est supposé fonctionner. Bon.
M. Marissal : Et je veux juste
préciser, il n'y a aucun reproche à votre équipe, là.
M. Dubé : Non, non, non, mais je
vous dis juste qu'on...
M. Marissal : Je les vois travailler,
là, je pense que ces gens-là ne dorment pas beaucoup, là...
M. Dubé : Ces temps-ci, je ne peux
pas dire qu'ils dorment beaucoup.
M. Marissal : ...que ce soit clair,
il n'y a pas de reproche à votre équipe, là. Je faisais une suggestion pour la
fluidité de l'affaire.
M. Dubé : Non, non, non, mais...
Bien, c'est ça, mais on va essayer, puis des fois, quand je ne suis pas capable de vous le faire, je veux dire, j'aimerais
mieux qu'on suspende puis qu'on revienne. On l'a fait quelques fois, cette semaine, puis, je pense, c'est la bonne
façon, mais je prends votre commentaire. Puis merci pour souligner le travail
qui est fait à l'arrière de la table, là, c'est important.
reviens à votre question principale. Quand on a déposé le plan de santé, on a
dit qu'il y avait quatre fondations. Il fallait travailler sur les ressources
humaines, les réseaux informatiques, les infrastructures puis les données.
Rappelez-vous, là, c'étaient les quatre fondations, mais, après ça, on a
dit : On a huit priorités. La première priorité,
c'est l'accessibilité au réseau. Quand les gens nous disent : Une fois que
je suis rentré dans le système, mon Dieu que ça va bien... à 99 %
du temps, on est bien servi. Le problème, c'est l'accès. Le problème de notre
réseau, en ce moment, pour toutes les raisons que vous avez commencé à élaborer
puis qu'on connaît, c'est comment rentrer dans le système. C'est ça, puis le système,
là, autant à la DPJ, autant aux soins à domicile, etc., on est... on est large.
Cet article-là qu'on
vient ajouter, pour moi, va non seulement... va principalement venir informer
le patient, mais va le mesurer. Moi, là, je vais vous dire, quand j'ai une
discussion, en ce moment, avec les spécialistes, sur le CRDS, avant, là, on parlait à travers notre chapeau. On n'avait pas
d'idée... il y avait-tu 600 000 personnes en attente,
400 000? On ne savait pas. Là, je suis capable de dire : Non
seulement j'ai 800 000 personnes en attente, mais j'en ai 100 000 en dermatologie. Pourquoi j'ai
utilisé cet exemple-là à M. Arcand au début de la semaine? J'ai dit :
Ça a-tu du bon sens que, pour quelque chose d'aussi important que la
dermatologie, qui nous permet justement d'être préventif au niveau du cancer... que ce soit le plus gros... la
plus grosse liste d'attente qu'on ait? Donc là, je ne suis plus avec le patient,
je suis avec les professionnels, vous me suivez?
Alors, je pense que
ce qu'on est en train de faire puis qu'on a testé depuis quelques années, on
l'a vu avec la pandémie, on n'avait pas de
problème de liste d'attente parce qu'on avait des moyens extraordinaires, il y
a... On le dit, en anglais, là, «money
was no object», on vaccinait tout le monde puis dans des délais courts.
Aujourd'hui, c'est l'accès, moi, que
je veux mesurer, autant pour le patient que pour le professionnel, puis de
dire : Bien... et je finis mon exemple, les dermatologues, dans les
négociations, qu'on fait en ce moment pour le prochain contrat de cinq ans...
Avez-vous des suggestions à me faire?
C'est-tu parce qu'il manque des dermatologues? C'est-tu parce qu'ils ne sont
pas assez payés comparés à d'autres? Voyez-vous?
Alors, cette mesure-là,
elle n'est pas juste pour le patient, elle est pour le réseau dans son
ensemble. Alors, quand vous me posez la
bonne question : C'est quoi qui est important pour vous?, c'est
l'accessibilité. Informer le patient, mais,
quand on reviendra, là, le député de Pontiac disait ça à raison, dans le
deuxième article, il faut que ça fonctionne aussi du côté du médecin.
Alors, c'est ça, ma réponse à votre question.
M. Marissal :
Et j'ajouterais aux questions que vous allez poser, j'imagine, aux spécialistes :
Est-ce que tout le monde qui est sur la liste devrait être sur cette liste-là
aussi? Bien, ça, c'est l'interdisciplinarité, dont on en a parlé beaucoup, là,
à la porte d'entrée. On peut diriger des gens toujours vers les mêmes
spécialistes, alors que ce n'est pas nécessairement le cas. Ce n'est pas
nécessaire, parfois, là.
M. Dubé : Il
y a un groupe de travail qui a été formé, il y a quelques mois... là, je vais
dire au printemps, là, pour être... entre un
représentant de la FMOQ puis de la FMSQ. Ils ont déjà baissé... ils ont déjà
enlevé des doublons dans la liste, parce qu'il y a des gens, là, qui
avaient été mis dans la liste, il y a peut-être un an ou deux, puis que... Vous
savez, il y a un système d'appel qui les
filtre, mais le plus important, c'est : Est-ce que c'est pertinent? Puis
c'est... je ne dirais pas que c'est facile de se débarrasser d'un
rendez-vous, mais il faut... Alors, il y a des discussions entre les deux
fédérations là-dessus en ce moment.
M. Marissal :
O.K. Je vais y aller rapidement pour laisser mes collègues, là, prendre le
micro aussi, là, mais, sur la formulation, puisqu'on s'entend sur le fait qu'il
est plus que normal, là... il devrait même être obligatoire que... d'avoir une idée d'où se trouve son dossier, en
tout cas, d'avoir au moins une idée. On n'est pas obligé d'avoir une date,
une heure puis qu'est-ce qu'il faut manger
la veille, là, mais au moins avoir une idée générale, là. Moi, je pense qu'une
idée d'un mois, là, à peu près, ça peut donner... ne serait-ce que pour
organiser sa vie autour d'une intervention, ou d'un changement de spécialiste, ou peu importe. On s'entend sur ça. Moi,
je pense que c'est une bonne chose. Je crois même l'avoir demandé aussi,
à l'instar du député de Pontiac, c'est quelque chose qui, moi, je pense,
devrait se faire, d'être capable de suivre son dossier, puis d'avoir une idée,
puis surtout d'avoir des répondants à qui demander.
Sur la formulation,
honnêtement, là, je vous le dis sans flafla, sans détour, je trouve la formulation...
Si tel est le cas, si tel est le but, je
trouve la formulation molle. Puis Me Paquin saura nous dire, là, si c'est
d'usage, pas d'être mou, mais d'écrire ça comme ça, si c'est comme ça qu'on
veut l'écrire. Tu sais, «déterminer dans quelle mesure une personne en attente au moyen d'un tel mécanisme doit être
tenue...» Ensuite, dans le commentaire, on dit : Cet amendement vise
à des modalités de reddition de comptes...
en attente de services au moyen d'un mécanisme d'accès dans le règlement que
Santé Québec pourra prendre.
Si le but est de
réellement donner la possibilité à la population et aux patients, patientes
d'avoir un bon suivi, je trouve que la formulation de ça laisse une place à...
pas au laxisme, là, je n'irais pas jusque-là, mais, bon, on doit déterminer
dans quelle mesure... Tu sais, déjà, «déterminer dans quelle mesure», ça veut
dire qu'on peut déterminer que ce n'est pas
nécessaire. C'est peut-être juste la formulation, puis là je pense que je vais
avoir besoin des lumières de Me Paquin, là, mais moi, je ne trouve pas
ça très... je ne trouve pas ça très directif.
M. Dubé : O.K.
Je comprends, mais j'aime entendre qu'on est d'accord avec le principe.
M. Marissal :
Troisième paragraphe, oui.
Dubé : Troisième paragraphe. O.K. Bien, déjà, c'est une
grosse avancée, si on est d'accord avec le principe. Bon, la question
semble vous être dirigée. Oui. Êtes-vous à l'aise de faire un premier
essai?
M. Paquin
(Mathieu) : ...
La Présidente (Mme Schmaltz) : Est-ce
qu'il y a consentement? Allez-y.
M. Paquin (Mathieu) : Alors, oui,
Mme la Présidente, ici, en fait, ce qu'on fait à 63, c'est une habilitation à
prendre un règlement. Donc, c'est le législateur qui délègue son pouvoir à
Santé Québec. Dans le contexte, le terme «mou» n'est peut-être pas ce qui me
serait venu en tête, mais on cherche généralement à être général, dans la
mesure où, si on est trop prescriptif, on
risque de se peinturer dans le coin et de ne pas être capable de prendre le
règlement que l'on souhaiterait prendre, particulièrement dans le cas
ici, puisque, comme ça a été discuté, le mécanisme d'accès qui est envisagé aux
articles 62 et 63 est quand même très large. Les circonstances ne seront
pas les mêmes, donc il faut qu'on laisse de la latitude à Santé Québec de
prévoir, dans son règlement, les différents cas et les différentes façons où
l'usager va être tenu... ou la personne en attente de services, plutôt, va être
tenue au courant du cheminement de sa demande.
M. Marissal : Bien sûr, allez-y.
La Présidente (Mme Schmaltz) : ...
Setlakwe : C'est sur le même point. Merci, Me Paquin et
mon collègue le député de Rosemont. J'avais la même interrogation, mais moi, je
remonterais peut-être parce que... je ne voulais pas qu'on déborde de
l'amendement, peut-être, à ce
stade-ci, mais le préambule de 63, où les premiers mots sont importants... Et
je ne sais pas si... je ne pense pas que vous y avez répondu, ou, en
tout cas, dans une certaine mesure, Me Paquin... Un règlement de Santé
Québec peut, deux points, donc, faire les choses suivantes : identifier, à
1°, prévoir l'obligation pour tout professionnel, ici, on le comprend, que c'est important, et, à 3°, bien
là, c'est l'ajout qu'on est en train de discuter. Puis je comprends que
c'est une délégation de pouvoir. On donne le pouvoir à Santé Québec de faire
ces choses-là, 1°, 2°, 3°, incluant, on s'entend, de créer une obligation pour
les professionnels de participer à ce système-là et d'utiliser le système.
Mais pourquoi est-ce qu'on n'aurait pas dit
quelque chose du genre «devra», là, «un règlement de Santé Québec devra ou doit prévoir les modalités, mettons, aux
fins suivantes, puis là tu as 1°, 2°, 3° permettant à Santé Québec de... Tu sais,
voyez-vous où je veux en venir?
Je ne vois
pas l'obligation pour Santé Québec de prévoir ces choses-là ou ces modalités-là
dans un règlement. Moi, je comprends que votre explication est plutôt
sur une flexibilité qu'on veut se donner dans la détermination des mesures, tout ça, tu sais, pour le cheminement,
pour la priorité, pour le délai, oui, mais, au tout début, il me semble qu'on
n'a pas l'obligation de prévoir un règlement à ces fins-là.
M. Dubé : Est-ce que je peux... Moi,
j'aime beaucoup la question, parce qu'on a souvent ça, le débat «doit» versus «peut», là. Oui, je vais poser une question
à Me Paquin, si vous me permettez de le faire dans... Qu'est-ce qu'il
fait, si, mettons, qu'on... théoriquement,
qu'on changeait le «peut» pour «doit»? Mettons qu'on fait ça, qu'est-ce qui
arrive? C'est quoi, le temps que Santé Québec a pour réaliser ça? Parce
que, tu sais, je ne voudrais pas que... la journée que la loi est votée, que quelqu'un me dise : Bien, il doit le faire,
puis ce n'est pas fait. Je repose la question, c'est... Qu'est-ce qu'on
fait avec cette... Vous comprenez ma question, là?
Mme Setlakwe : ...mais ça, en fait,
cette question-là se pose à l'égard de bien d'autres obligations prévues dans
la loi, là. C'est beaucoup de fardeaux qui sont placés...
M. Dubé : Oui, mais il y en a... Là,
ici, quand on joue avec, bon, les professionnels, on joue avec des systèmes
informatiques, je peux vous dire, on a fait les plus urgents, là, les médecins
de famille, l'an passé, on... Tu sais, le
CRDS, je vois comment c'est long, travailler, pas parce que c'est... ils ne
veulent pas travailler, mais, au contraire, c'est complexe. Ça fait que c'était ça, la question que je dis :
Comment de temps le... si on remplaçait par «doit»? Je nous pose cette
question-là puis je la pose au légiste, là.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Allez-y.
M. Paquin (Mathieu) : Oui, Mme la
Présidente. En fait, ici, si on remplace... En fait, ce serait difficile de
simplement remplacer le «peut» par un «doit», parce que, comme M. le ministre a
posé la question, si on met un «doit», on ne
sait pas combien de temps Santé Québec va avoir pour s'exécuter, ce qui peut
être... ce qui peut se régler assez aisément avec des dispositions
d'entrée en vigueur, mais la question va demeurer quand même parce que, par la suite, ce qu'on prévoit aux paragraphes 1° et 2°
implique, même si on y met un «doit», une part de discrétion. Parce que je vais devoir identifier des prestataires,
mais le nombre de prestataires que je vais identifier pourrait être petit,
grand, on l'ignore, même chose pour prévoir l'obligation à des professionnels
d'une catégorie déterminée d'utiliser tout système mis en place.
Donc, même si
je mettais un «doit», au début de l'article, en bout de ligne, je me
retrouverais avec une discrétion suffisamment
large, dans mon habilitation réglementaire, que c'est un «doit» qui équivaudrait
pratiquement à un «peut», parce que la portée des obligations et des personnes visées par le
règlement pourrait être petite ou grande, selon ce qui va être apprécié,
à ce moment-là, par Santé Québec.
Dubé : Quand on a fait... Merci. Je vais continuer, puis
n'hésitez pas à intervenir, là, on est... on va essayer de trouver une
solution. Quand on a fait le projet de loi n° 10 sur la main-d'oeuvre
indépendante, on a mis le principe qu'on voulait arrêter les agences, mais
c'est dans le règlement qu'on a mis les dates, parce que, dans le règlement, on
avait même dit : On veut arrêter les agences, dans la grande région de
Montréal puis de Québec, pour fin 2024, mais on est dans un règlement. Ça
fait que, si jamais on avait de la difficulté, on peut s'ajuster, alors que,
dans la loi, c'est plus compliqué de revenir.
Est-ce que, dans les mécanismes que vous dites,
on pourrait prévoir qu'il y aurait de la... parce que, là, on est en train de
discuter ce qu'on veut voir dans le règlement ici, là. 63 parle du... la
députée vient de le dire, le début de l'article 63
parle de ce qu'on doit voir dans le règlement. C'est bien ça? Alors, moi, je ne
suis pas en train de dire qu'il faudrait mettre «doit», mais...
Setlakwe : ...j'apprécie l'échange qu'on a, mais je vais vous
référer à d'autres dispositions du p.l.
n° 15 qu'on est en train d'étudier, ne serait-ce que, tu
sais, 64, là. Il y a peut-être une façon d'éviter le «peut» ou le «doit», mais
d'utiliser... tu sais, en tout cas, un autre temps de verbe, là, mais Santé
Québec voit à s'y... institue telle autre affaire, tu sais. Puis là je pense au
système national de dépôt de renseignements, puis on va y arriver.
Santé Québec institue un système national de
dépôt de renseignements. On sait que ce ne sera pas fait... tu sais, ce ne sera pas fait dans les premiers jours,
là, de l'entrée en vigueur de la loi. J'essaie de voir si on ne devrait pas...
Moi, je ne veux pas... puis je ne veux pas
créer de distinction non plus entre cet article-là et d'autres articles. C'est
clair que ça va prendre un règlement, je pense qu'on dit tous la même
chose, qui va devoir prévoir les choses suivantes, 1°, 2°, 3°. Tu sais, c'est un peu... c'est la pierre
angulaire. Puis, tu sais, dans toute cette réforme de structure, vous l'avez
dit dès le départ, ça, c'est vraiment
quelque chose qui va venir, on l'espère, affecter positivement les patients en
attente. Tu sais, on met vraiment le doigt sur le bobo puis on essaie
d'améliorer cette situation d'attente.
Donc,
j'aimerais ça entendre Me Paquin sur... peut-être pas le... remplacer le
«peut» par «doit», mais de revoir la structure de phrase. Puis en quoi
est-ce que ça diffère, dans le fond, d'autres obligations, par exemple,
d'instituer un système national de dépôt de renseignements?
Dubé : Je ne sais pas, je me demandais si on pouvait
prendre... qu'on puisse suspendre quelques minutes pour que
Me Paquin puisse regarder. Parce que vous avez donné quel exemple, 64?
Mme Setlakwe : Mais il y en a... il
y en a beaucoup, là. «Santé Québec élabore un programme national sur la qualité
des services», là, je suis à 65. À 64 : «Santé Québec voit à la conception
et à l'implantation d'un système d'information régional...»
M. Dubé : Oui, il y a une piste, là.
Mme Setlakwe : Je veux dire, la
liste est longue, là, on...
M. Dubé : O.K. Moi, je pense que ça
donnerait peut-être le temps à Me Paquin de prendre les exemples que vous
donnez puis de voir si... Ça va-tu? On va suspendre. O.K., parfait. Merci
beaucoup.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Parfait.
Donc, on suspend quelques instants.
(Suspension de la séance à 10 h 18)
La Présidente (Mme Schmaltz) : Parfait.
Donc, nous reprenons les travaux. Alors, M. le ministre, je pense qu'il y a eu
des petites discussions concernant l'amendement à l'article 63.
M. Dubé : Encore une fois, là, il y
a une bonne suggestion du côté de l'opposition, c'est-à-dire comment on peut
faire la différence dans ce qu'on doit faire et ce qu'on peut faire. Et après
avoir eu cette discussion-là, c'est pour ça qu'on a eu une interruption, on
aimerait suggérer l'amendement suivant, dans l'article...
La Présidente (Mme Schmaltz) : ...
La Présidente (Mme Schmaltz) : Il
faudrait qu'on retire d'abord l'amendement, le premier.
M. Dubé : Il
faudrait retirer l'ancien... Est-ce qu'il est complémentaire? Attendez. Il faut
retirer l'ancien parce que celui-là va le
faire au complet. O.K. Je n'avais pas compris ça. Excusez-moi. Donc, on va
retirer l'amendement qu'on faisait dans 63, si...
La Présidente (Mme Schmaltz) : Donc,
est-ce qu'il y a consentement? Oui.
Dubé : C'est beau? Et ce qu'on suggérerait, c'est la
chose suivante : «Santé Québec doit, de plus, déterminer par règlement dans
quelle mesure une personne en attente», et ça, il n'y a pas de changement...
c'est-à-dire qu'on garde le «peut»
pour toutes les négociations qui sont à venir, je dis ça comme ça, mais le...
pour tenir compte que, dans tous les cas, il faut être capable... Santé
Québec doit mettre en place les mécanismes dont on parlait. Ça, je pense que
ça...
Ça fait que vous, M. le député de...
Dubé : ...Rosemont, parce qu'il faut que je fasse
attention quand... député de Rosemont et... les trois autres partis, je
veux juste savoir si ça répond à vos demandes, puis on pourrait... C'est beau?
La Présidente (Mme Schmaltz) : Est-ce
qu'il y a des inventions? Est-ce que vous voulez intervenir? Donc, s'il n'y a
pas d'autre intervention, est-ce que... Oui? Non, allez-y.
M. Marissal : Non, c'est bon. Vous
avez failli dire Maisonneuve-Rosemont, hein?
M. Marissal : Je sais, c'est
obnubilant.
M. Dubé : C'est ça, mais c'est bon.
M. Marissal : Ce dossier-là est
obsessif, je vous comprends.
Donc, juste
pour question de lecture, là, il n'y a plus de troisième paragraphe. Ça
s'inclut directement à la fin du 63.
Dubé : Est-ce que ça serait bon de le voir au complet? Je
ne sais pas si ça a été fait, là. Est-ce qu'on peut voir... Ah! voilà.
Donc... et c'est parfait.
M. Marissal : Ah! O.K. C'est bon.
C'est ce que je pensais.
M. Dubé : C'est ça que j'aurais dû
vous montrer.
Marissal : Oui, moi, sur le «doit», ça me va. J'aurais deux,
trois autres questions sur la suite, là, le fond de l'amendement, mais
je vais devoir laisser peut-être mes collègues à droite...
M. Fortin : Bien, merci. Merci, M. le député. Oui, O.K., sur le... Ça,
ça va, pour la notion d'obligation, là, puis,
puisque c'est un droit du patient, ça nous convient tout à fait. Et, en fait,
c'est plus important de l'avoir là qu'ailleurs, parce que, justement,
cette information-là doit être divulguée au patient.
Là, on a fait notre plaidoyer, là, pour... et
sans... Je ne me rallie pas nécessairement aux propos du député de Rosemont, qui trouve peut-être mou, la
formulation, là, mais je ne trouve pas que c'est du béton non plus, mais on a
fait notre plaidoyer sur l'importance d'avoir un mécanisme pour lequel
le patient est informé, disons, périodiquement de l'état d'avancement de sa
demande. Le ministre considère que le libellé répond à cette obligation-là. On
verra avec le temps, là, mais notre plaidoyer a été fait dessus.
Là, il y a un autre enjeu, par exemple, et je
vais essayer de l'amener de façon pratico-pratique, là, pour que tout le monde comprenne qu'est-ce qu'on veut dire.
Les délais moyens d'attente — et si tu peux me sortir le document qu'on avait tantôt, là — vous
avez un plan de rattrapage en chirurgie, O.K., avec des objectifs bien précis
pour chaque région. Ce que vous dites, c'est qu'on ne veut pas, par exemple,
qu'il y ait... Ce que vous visez, c'est qu'au 31 décembre 2024, par
exemple, il n'y ait, au CISSS du Bas-Saint-Laurent, personne qui attende plus
d'un an pour sa chirurgie. Votre cible, là,
c'est zéro. Ça tombe bien, il y en a juste 49 aujourd'hui, ça va bien au Bas-Saint-Laurent, mais votre cible, c'est
zéro. Mais, dans une région pas très loin, disons, si je regarde... je cherche Chaudière-Appalaches, je ne la trouve pas, mais, peu importe, dans une région, là, il peut y
avoir zéro puis, dans une région à côté, en avoir 150 ou... alors, oui, Chaudière-Appalaches,
il y en aurait 20. O.K. Donc, il y aurait 20 personnes toujours en
attente, là. Ces 20 personnes là, eux se font dire : Bien, le délai
moyen d'attente chez vous, c'est un an et demi, tandis qu'au Bas-Saint-Laurent
peut-être qu'ils vont se faire dire : Le délai moyen d'attendre, c'est
trois mois, parce qu'il n'y a personne qui attend plus d'un an.
Alors, il y a une disparité, là. Le citoyen qui
est à Chaudière-Appalaches, puis qui attend un an et demi, hein, puis qui voit
ça, on lui dit : Le délai moyen d'attente, c'est un an et demi, est-ce que
lui a moyen pour dire : Bien, pouvez-vous me référer
à quelqu'un dans la région d'à côté? Le délai, c'est... ou il n'y a personne
qui attend dans la région d'à côté, là. Il y
a un chirurgien, là, qui... je ne veux pas dire qu'il se tourne les pouces, là,
mais qui en prendrait plus, des patients, là. Alors, lui, tout ce qu'il
voit, c'est le délai moyen d'attente dans sa région. On peut-tu trouver moyen
de lui dire que, dans la région d'à côté, il pourrait voir quelqu'un bien plus
vite, là? Il va peut-être le faire.
Dubé : Je pense qu'on peut faire ça, mais on n'est pas
obligés de le mettre ici. Je vais m'expliquer. On a des discussions, en ce
moment, sur... dans les négociations qui ont cours. C'est pour ça que je dis
souvent : Il y a plusieurs choses
qu'on fait en parallèle pour faire avancer. Mais le transfert de la clientèle,
ce n'est pas évident, ça, hein? On se comprend, là.
M. Fortin : Effectivement.
M. Dubé : Alors, je pense que vous
faites bien de le poser. Mais je pense que, quand on va publier le délai moyen,
il va falloir donner les autres régions, et là ça peut permettre au patient de
dire : Bien, il y a-tu quelqu'un qui peut... Est-ce que je pourrais être
transféré?
Mais, en ce
moment, ce transfert-là, il n'est pas ici, là. Je ne suis pas sûr que je suis
capable de parler de ça tant que je n'ai pas avancé dans les
négociations avec les médecins. Vous comprenez un peu ce que je veux dire?
M. Fortin : Bien, je vais vous le dire comme ça, l'information, dans
certains cas, là, elle est déjà disponible à travers le tableau de bord public,
là, dans certains cas.
M. Dubé : Oui, oui, dans certains
cas. Bien, c'est ça.
M. Fortin : Donc, un patient...
M. Dubé : ...qui fait sa recherche,
là, puis ce n'est pas tout le monde qui est rendu là, qui est capable de le faire, qui a le temps de le faire, qui a les
moyens, les capacités de le faire, il peut le voir que, dans la région d'à
côté, il n'attendrait pas pour sa consultation. En Outaouais, là, on le
sait que, pour une mammographie, ça prend 18 mois, sinon plus, là, mais qu'on pourrait séjourner à Québec pour la fin de
semaine puis être capable d'avoir une mammographie. Alors, si... il faut trouver un moyen pour donner
une option à ce patient-là, de l'Outaouais, là, qui n'est pas prêt à attendre
18 mois pour sa mammographie, de savoir que, dans la région d'à côté, il
peut l'avoir.
Alors, quand vous me dites : On n'est pas
nécessairement prêts, j'aimerais ça le comprendre davantage.
M. Dubé : Moi, ce que je dis, là, je
vais être clair... ce que vous demandez, là, c'est tout à fait justifié parce que c'est ça qu'on est en train de discuter... bon,
en tout cas, il y a plusieurs choses qu'on discute avec nos médecins,
là, mais la transférabilité d'un dossier, si le patient est d'accord,
parce que c'est la première chose... Il y a des gens qui vont dire : Bien, moi, c'est mon médecin,
puis je suis prêt à attendre trois mois de plus. Ça... Mais j'ai de la
difficulté à mettre ça là, vous comprenez? Parce qu'il faut que je sois
sûr que, si on donne cette alternative-là, j'ai l'engagement professionnel de
la fédération qu'on va pouvoir le faire. Vous me suivez? Ça fait que vous avez
raison...
M. Fortin : Qu'on va pouvoir le faire? Qu'on va pouvoir faire quoi,
exactement?
M. Dubé : Le transfert, ce transfert
de clientèle là, là. En ce moment, n'oubliez pas, c'est des professionnels
autonomes, là. Je le dis avec des accolades, mais c'est ça, ma réalité.
Ça fait que votre question est très pertinente.
Je pense que la pression va venir que... le patient dit : Bien, moi, comment ça se fait que je ne pourrais pas
avoir accès plus rapidement? Mais moi, il faut que je négocie d'autres choses
en parallèle.
Fortin : Mais ça arrive déjà, tu sais, un patient de
l'Outaouais qui se fait transférer, qui reçoit une référence, là,
sachant très bien... Le médecin de famille le sait très bien que, pour avoir
une consultation en x, y, z, ça prend 18 mois dans notre région, va
référer quelqu'un à un médecin de Montréal. Mais ça se peut que la liste
d'attente à Montréal soit quasiment aussi
longue, mais qu'à Laval il n'y ait pas personne, qu'il n'y en ait pas,
personne, sur la liste d'attente. Alors...
M. Dubé : Vous avez raison, je vous
dis que vous avez raison. Moi, ce que je ne veux pas, c'est, ici, parler de ça ou faire référence à ça tant que je n'ai pas
eu l'engagement des professionnels d'y adhérer. Parce que si un médecin dit : Non, non, moi, je ne transfère pas ma
clientèle, on a ces discussions-là en ce moment, il y en a qui ne veulent pas,
tu sais, c'est ça, mon problème. Ce n'est pas là, là.
M. Fortin : O.K. Je vais y penser.
M. Dubé : Peut-être que, Daniel, tu
veux ajouter quelque chose, si vous permettez.
M. Fortin : Oui, oui,
bien sûr.
M. Desharnais
(Daniel) : Oui, peut-être juste pour compléter, effectivement, il y a
des éléments de négociation là-dedans. Par
contre, il y a déjà des offres... une deuxième offre qui est faite, des fois, à
des patients. Il y a déjà des choses qui sont en place actuellement,
mais, dans la mesure de la proposition législative, la pièce législative qui
est proposée en ce moment, le p.l. n° 15, la création
de Santé Québec va aider à la coordination, justement, entre les établissements
de ce type d'offre là. Donc, on vient faciliter la coordination de cette
offre-là en faisant en sorte de rassembler tous les établissements sous une
entité juridique, mais ça n'enlève pas les éléments de négociation que le
ministre a mentionnés non plus.
M. Dubé : Je
pense que, je vais le dire comme ça, les médecins nous entendent aujourd'hui,
parce que je pense que... Regardez, moi, je le vois, la pression que ça a mis
de publier le CRDS. Juste ça, là, juste d'être capable de dire : Il y a 800 000 en attente puis il y en a
100 000 en dermatologie, là, ça fait bouger les choses. Ça fait que juste
cette publication-là aide dans des négos qu'on est en train d'avoir. Ça fait
que vous avez raison de le soulever, vous l'avez bien soulevé, mais, je veux
juste vous dire, je pense qu'il y a d'autres efforts qu'on fait pour faire
arriver ça.
M. Fortin : Je
vais... Je sais que mon collègue de Rosemont a d'autres questions, là, donc je
vais y penser. Je vais peut-être revenir tantôt.
M. Dubé : Parfait.
C'est bon.
La Présidente (Mme
Schmaltz) : Oui, allez-y.
M. Marissal :
M. le ministre, quand vous dites «transfert de patients», vous parlez de
transfert strictement d'un patient d'un spécialiste à un autre ou d'un
professionnel à un autre. Mais prenons une chirurgie, là, pour qu'on se
comprenne. Ça va être... On se perdra moins, là. Vous parlez d'un transfert du
patient d'un spécialiste à un autre ou vous parlez d'un transfert d'une région
à une autre, comme ça s'est déjà vu?
M. Dubé : Ça peut être même... c'est les deux, parce qu'on a
des médecins qui ont des... dans la même spécialité, qui ont des listes
d'attente plus grandes que d'autres.
M. Marissal :
C'est l'un ou l'autre?
M. Dubé : Oui,
l'un ou l'autre.
M. Marissal :
Ici, numéro 2°, c'est nécessairement les deux, parce qu'on... le médecin
est rarement dans deux régions en même temps. O.K.
«Déterminer dans
quelle mesure», je vais le relire, là, «déterminer, par règlement, dans quelle
mesure une personne en attente de
services»... C'est large, «services». On parle de tous les services? Parce que,
là, on se concentre beaucoup sur la chirurgie, depuis tantôt, dans nos
échanges, pour fins de compréhension, là.
M. Dubé : Les
services, effectivement.
M. Marissal :
Vous avez parlé de dermato...
M. Dubé :
Donc, on est partout, là.
M. Marissal :
C'est tous les services?
M. Dubé : C'est
tous les services. Et c'est DPJ, c'est soins à domicile, c'est...
M. Marissal :
Santé et services sociaux.
M. Dubé : Oui,
santé et services sociaux.
M. Marissal :
Santé mentale?
M. Dubé : Oui,
tout à fait.
M. Marissal :
O.K. On présume, légalement, et
Me Paquin me corrigera, que la formulation comprend... vous fait
comprendre que ce n'est pas nécessaire d'écrire «tous les services»?
«Services», ça couvre l'ensemble?
La Présidente (Mme
Schmaltz) : Allez-y.
M. Paquin
(Mathieu) : Oui, Mme la Présidente. En fait, à l'article 62, on parle
de l'accès aux services du domaine de la santé et des services sociaux et on se
souviendra de discussions précédentes qu'on a eues sur cette expression, qu'en fait c'est ce qu'on utilise pour
couvrir le plus large possible dans le projet de loi n° 15. Donc, quand
on dit que ça couvre tout, ça couvre tout.
M. Marissal : O.K. Très bien, c'est
clair. Je présume que la priorisation, parce que c'est un peu de ça dont il est question, si on fait le suivi, là, c'est
déterminé par une grille, une grille objective, un peu comme on l'a déjà vu...
bon, maladies chroniques, là, il y a
toute une gradation qui fait que vous êtes numéro 1 ou vous êtes numéro 10, là,
selon... O.K. Est-ce que ça vient avec une grille de temps acceptable
d'attente?
M. Marissal : Bien, ou moyen, un
temps moyen, parce que...
M. Dubé : Un temps moyen. Je pense
que celui sur les chirurgies, dont on parlait tantôt avec le député de Pontiac,
là... je pense que c'est un bel exemple. On a fait, au moins, trois mois, trois
à six mois, six à 12, puis un an et plus.
Alors, c'est sûr que... c'est pour ça qu'on a mis... on a demandé une priorité
d'enlever tout le un an et plus, là, d'ici 2024, mais ça répond à votre
question.
Mais, par exemple, est-ce que, dans les soins à
domicile, ça pourrait être une autre grille? Je pense que oui, parce qu'en soins à domicile, je vous donne juste
un exemple, ce qu'on a commencé à mettre dans le tableau de bord, c'est qu'on dit : Est-ce qu'on parle de
patients qui ont déjà un premier service ou des gens qui ont besoin d'un
deuxième service, ce qui est très
différent de ce qu'on vient de discuter dans les chirurgies? Ça fait que c'est
pour ça qu'on discutait tantôt que ce n'est pas toujours la même grille
qui va être... puis surtout si on veut améliorer... Ce que ma collègue la ministre responsable des Aînés fait en ce moment,
c'est de s'assurer, au moins, que tout le monde a un premier service, entre autres. Après ça, on va dire : Bon,
bien, un deuxième service, est-ce que ça veut dire plus d'heures pour le même
service? Parce que le cas est plus lourd, puis ça nous permet de le garder à la
maison quand même, même si le cas... Vous me suivez?
Dubé : Ça fait qu'il y a
cette dynamique-là, là, qu'après avoir fait nos premières listes... c'est ça
qu'on est en train de regarder, là.
M. Marissal : Mais on s'entend que
l'adéquation doit se faire, nécessairement, entre le temps d'attente et la
priorisation du patient.
M. Dubé : Et voilà. Et voilà.
M. Marissal : Parce que, pour des
gens, trois mois, c'est beaucoup trop long et c'est peut-être même fatal. D'autres peuvent attendre deux ans. Ce n'est pas
l'idéal, puis je ne dis pas que c'est ça qu'il faut faire, là, mais ce n'est
pas...
Dubé : Non, mais vous avez absolument raison pour... Tu
sais, c'est pour ça que je disais... moi, ce qui me préoccupe en ce moment,
peut-être à tort, là... la dermatologie me préoccupe beaucoup. C'est les
impacts de ne pas avoir le
traitement. Le premier diagnostic de la dermatologie, pour moi, il est
important. Des fois, d'avoir un test, d'avoir... qu'on peut envoyer au laboratoire : C'est-tu urgent ou c'est
simplement un grain de beauté qu'on a mal évalué?, ça fait une grosse
différence. On ne peut pas attendre un an pour ça, là. En tout cas...
M. Marissal : Clairement. Non, non,
je vous suis. Je vous pose ces questions-là parce qu'on peut avoir un suivi, on peut être capables de voir le
cheminement de son dossier, mais ça ne veut pas dire qu'on a un droit de
contestation. C'est assez unidirectionnel comme communication. On vous
dit : Vous êtes priorité trois sur cinq — je donne un exemple, là — vous
devriez être vu ou, en tout cas, traité dans une fourchette de temps, là, de
trois à six mois. Mais il n'y a pas de possibilité pour les patients de...
contester, ce n'est peut-être pas le bon, mais de dialoguer sur cette
évaluation-là. C'est ça qui est ça.
M. Dubé : Je ne sais pas comment
vous répondre à ça, là, parce que... Je pense que... Je suis toujours...
M. Marissal : C'est parce que moi,
j'ai peur, M. le ministre, que Santé Québec, là... Je n'ai pas peur, là. Ce n'est pas une question de peur, là. Mais j'ai des
craintes, des préoccupations, savoir que Santé Québec, là, ça va
devenir une grosse, grosse patente.
Bon, vous allez me dire que le ministère de la Santé, c'est une grosse, grosse
patente aussi, là, mais le ministère
de la Santé, il a une direction politique. Santé Québec va avoir une
direction bureaucratique. Et ça se peut que la grosse, grosse patente, là,
envoie des chiffres aux patients, envoie des tableaux aux patients, mais que
ce soit encore plus déshumanisant dans la machine, là. Puis je me demande si
les patients peuvent avoir un recours, une réévaluation de leur cas, qu'ils ne
se fassent pas juste répondre : Bien, regarde, c'est ça qui est ça, là,
ton cas, il est trois sur cinq, puis tu vas être vu dans cinq, six mois.
M. Dubé : Est-ce
que je pourrais vous... Écoutez, on
fait ça pour humaniser parce qu'on veut avoir des meilleurs systèmes. Tantôt, M. Desharnais a dit :
Le regroupement de tout ça va permettre de comparer nos meilleures performants
avec ceux où on a besoin d'améliorations. Il y a une foule d'avantages.
Moi, ce que je vous
dirais... puis je pense que votre question est bonne. Pour ça, tantôt, j'ai
dit : Comment je vais répondre à ça? Quand on va arriver tantôt dans le
système de plaintes — on
va avoir ça, là, dans notre... on a dit que c'était un élément clé, là — est-ce
que ça va dans les plaintes où quelqu'un pourrait dire : Moi je considère,
en ce moment, que je n'ai pas... je n'ai pas un traitement correct pour la
maladie que j'ai? Pourquoi qu'on n'a pas cette discussion-là? Moi, en tout cas,
je le vois comme ça, là. Puis ça, M. le député, je suis très, très, très
sensible à ça, parce que moi, je me fais
reprocher souvent de parler de service à la clientèle, là. Bien, c'est de ça
dont on parle ici, là. Là, ici, on est en train de dire comment on va
les... les moyens pour le mesurer pour être sûr qu'on suit la demande. Mais, si quelqu'un n'est pas satisfait, moi, je
pense qu'on rentre dans les plaintes. Je n'ai peut-être pas la bonne
terminologie, mais, quand on va arriver là, on pourrait revenir sur ça.
M. Marissal :
Oui. Bien, le service à la clientèle, ça accroche un peu parce que ça
réfère à des clients, donc à une commercialisation, un peu, au privé. On
pourrait parler de suivi, de suivi des patients ou...
M. Dubé : Bon,
suivi aux patients ou... Trouvons la bonne terminologie. Mais je voudrais dire
que, quand on va aller dans les plaintes, je pense qu'on pourrait revenir sur
ça puis de dire : Est-ce que ça pourrait faire
partie de... Voulez-vous
dire quelque chose là-dessus?
M. Desharnais
(Daniel) : Je peux... Oui, je peux compléter.
M. Dubé : Avec
plaisir.
M. Desharnais (Daniel) : En fait, ce qui est
d'usage commun depuis plusieurs années, c'est le régime d'examen des plaintes
et les commissaires locaux au traitement des plaintes. Et on traite déjà, dans
le réseau, actuellement, dans les établissements, des plaintes en lien
avec les délais d'accès. Donc, une plainte de quelqu'un qui ne serait pas
content du délai ou aurait des doutes sur les critères de priorisation qui ont
été établis en fonction de sa maladie pourrait être traitée et jugée recevable ou irrecevable par un commissaire local. Et
hier, on avait des discussions aussi sur le Comité vigilance et qualité puis le commissaire national.
Bien, tous ces éléments-là peuvent être considérés également à cet égard-là.
Par contre, de la
manière... selon les mécanismes d'accès, les priorités, bien souvent, sont
déterminées selon l'évaluation clinique,
selon des critères aussi d'équité pour... selon des critères aussi d'ordre dans
lesquels les patients ont été reçus.
M. Marissal :
Je comprends bien ce que vous dites, M. Desharnais. Merci pour ça.
Vous
avez dit, tout à l'heure, M. le ministre, dans un échange avec mon collègue de
Pontiac, que vous avez déjà commencé, en quelque sorte, à avoir une
interaction... des suivis, notamment, vos fameux tableaux, là. C'est vrai
qu'ils donnent une image, une photo, là, probablement pas le portrait complet,
mais une photo. Qu'est-ce qui vous empêchait de continuer d'y aller à fond puis
de le faire dans votre régime actuel? C'est une question qui revient tout le
temps, mais pourquoi Santé Québec doit faire ça? Vous aviez même l'occasion,
là, comme ministre de la Santé, de le faire. Pourquoi? Pourquoi vous ne vous
engagez pas à le faire, ça?
M. Dubé : Bien,
ce qu'on peut...
M. Marissal :
Oui, allez-y.
M. Dubé : J'ai
répondu tantôt puis je vais le dire. Tout ce qu'on peut faire en ce moment, on
le fait. Tout ce qu'on peut faire que je n'ai pas besoin de la loi, on le fait.
Vous le dites, je suis capable. Par contre, j'ai donné l'exemple tout à
l'heure, il y a des choses que le projet de loi... Puis je le dis bien
gentiment, là, les médecins spécialistes, on a une belle collaboration, mais
ils ne sont pas d'accord avec ces deux articles-là, là.
M. Marissal :
J'en conviens, mais ils ne seront pas plus d'accord avec Santé Québec,
alors.
M. Dubé : Oui,
mais attendez. Attendez. Quand on parle des avantages de Santé Québec, là,
c'est qu'on l'a dit, en ce moment, on gère
16 CISSS et CIUSSS, sept établissements territoriaux... non territoriaux, c'est
tout géré en silo. La coordination dont je vous parle, là, le chef des
opérations qui va être capable de dire : Oh! attends une minute...
exactement ce que M. Desharnais vient de dire. Comment ça se fait... Moi,
je vais décider, comme P.D.G. ou comme chef
des opérations, de dire : Attendez une minute, là, on va envoyer ces
patients-là à Québec. En ce moment, là, essayez de faire ça. Essayez de
faire ça.
Alors,
ça prend une façon de regarder le réseau dans son ensemble et... puis ça, c'est
une foule de choses, là. Ça veut dire aussi d'avoir les infirmières qui peuvent
être mobiles. On parlait de mobilité hier. Est-ce que, pendant un...
Alors, je peux en
parler, là, à chaque fois, mais, je vous dis, Santé Québec est critique en
termes de cette combinaison-là du réseau, toujours avec l'idée d'améliorer
l'accessibilité du patient.
Alors, oui, il y a des choses qu'on peut faire,
d'avoir publié les tableaux puis de dire aux spécialistes : Pouvez-vous
faire un effort dans tel... mais j'ai le droit de pouvoir exiger certaines
choses, le projet de loi l'amène, mais la... le
regroupement de mes 16 CISSS et CIUSSS et des sept... des sept établissements
non territoriaux va faire une grosse différence aussi, très clair là-dessus,
très, très clair là-dessus.
M. Marissal :
Oui, la question, elle est d'ordre philosophique, là, mais la philosophie
puis la politique, c'est intimement lié, là. Vous parliez tantôt de votre
entrevue chez Paul Arcand. Moi, je vous amène à celle que vous avez donnée à Masbourian le même matin. Vous étiez
partout ce matin-là. J'ai demandé le verbatim, alors je ne l'ai pas, alors
ne m'en veuillez pas si je ne vous cite pas au texte, là, je le ferai
éventuellement. Vous avez dit, à un moment donné, dans cette entrevue-là : Ce n'est pas le ministère, avec des gens
qui font ça à temps partiel, qui peuvent faire ça. J'avoue que j'ai
avalé mon espresso de travers. Des gens qui font ça à temps partiel au
ministère?
M. Dubé : J'ai
dit ça plusieurs fois puis je vais le redire. Nos gens qui sont au ministère
ont deux rôles en ce moment. Ils ont un rôle
d'objectif, d'orientation, de mesure, la performance, mais ils ont aussi un
rôle difficile de surveillance des opérations des 16 CIUSSS puis des
sept... des sept P.D.G. et des organismes. C'est là que je dis que c'est à temps partiel. C'est les mêmes personnes
qui doivent assister, une fois par semaine, deux fois par semaine, à un
meeting des P.D.G. puis dire où est-ce qu'on est rendus avec les chirurgies.
Tout le système du 24
heures sur 24, du sept jours par semaine, cette notion-là, ça prend des gens,
et je vais le répéter, M. le député, là, à chaque fois que vous allez me poser
la question. Le besoin d'avoir des gens qui sont dédiés aux opérations puis qui livrent la marchandise, ça ne peut pas
être des gens du ministère, qui, en même temps, ont d'autres... qui font
des efforts louables, là, je ne dis pas qu'ils ne font pas d'effort, mais qui
s'occupent des relations autochtones puis
qui s'occupent de qu'est-ce qu'on fait avec le fédéral sur tel programme. C'est
les mêmes personnes. C'est les mêmes personnes, en ce moment,
qui disent : O.K., j'ai telle directive à passer, il faut que je réunisse
les P.D.G. pour en parler. On ne peut pas
faire ça, ça ne marche pas. Je le dis, ça ne marche pas, puis on le voit. La
minute qu'on donne une orientation très claire puis qu'on dit : Qui
va être responsable des... et c'est pour ça qu'on rajoute ces personnes-là.
Alors...
M. Marissal :
O.K. On en discutera au fil des nombreux articles qui nous restent.
M. Dubé : Bien,
je sais que vous revenez souvent avec ça...
M. Marissal :
Oui, mais c'est parce que je...
Dubé : ...puis je vais vous
revenir souvent avec la même réponse, parce que c'est ça. Ça va me faire plaisir
d'en parler, si vous voulez.
M. Marissal :
C'est parce que je ne vois pas...
M. Dubé : Mais
c'est parce qu'en même temps...
M. Marissal : ...pourquoi, par volonté
politique et direction, on n'est pas capable de le faire. Les négociations
avec les médecins spécialistes, là, c'est purement politique.
M. Dubé : Mais,
M. le député, là...
M. Marissal :
Ça n'a pas toujours marché, là, ça, j'en conviens.
M. Dubé : Non, mais je veux juste... je vais juste faire un
point, là, parce qu'à chaque fois qu'on revient là-dessus pendant un
article spécifique, je n'ai pas de
problème, mais, à un moment donné, il va falloir dire... Puis je comprends
que vous n'êtes peut-être pas d'accord avec
la création de Santé Québec, puis ça, c'est correct, mais, en même temps,
si à chaque fois, on revient là-dessus... Moi, ce que je vous dis, Santé
Québec, la création... Non, mais...
M. Marissal :
On a fait une trentaine
d'articles, hier, M. le ministre, je ne reviens pas là-dessus à tout moment.
Puis je l'ai dit...
M. Dubé :
Non, mais laissez-moi juste finir mon point. Moi, je vous ai écouté...
M. Marissal :
...dans moult entrevues, je ne
suis pas d'accord avec le fondement même, mais je ne vais pas aller
m'immoler par le feu en face de l'Assemblée nationale. Cela dit...
M. Dubé :
O.K., non, s'il vous plaît, ne faites pas ça. Ne faites pas ça.
M. Marissal :
Cela dit, je vais me permettre de
poser deux, trois questions à l'occasion, quand on est dans des moments
charnières. Celui-là me semble en être un, mais prenez-le pas mal, là, je...
M. Dubé : Ah non! mais la précision
que je veux faire, c'est parce qu'à chaque fois, quand vous me posez la question, il faut que je dise : Il n'y a pas
juste une raison que je fais Santé Québec. Puis ça, je suis obligé de vous dire
ça. Je parle de la coordination des P.D.G. mais je
vais vous parler de mobilité syndicale, simplification des conventions
collectives. Vous me suivez? Ça fait que la création de Santé Québec amène
plusieurs bénéfices. C'est pour ça qu'on a dit que c'était un élément
structurant, qu'on n'avait pas peur de dire qu'on touchait la structure à cause
de ça. Mais c'est pour ça qu'à chaque fois,
quand vous me dites : C'est-tu nécessaire?, je vous dis : Pensez à
ça, mais pensez à toutes les autres
raisons en même temps. C'est juste ça que je dis. Ça fait que, quand vous posez
la question, moi, je vous respecte, mais respectez que je suis obligé de
vous dire qu'il y a toutes les autres raisons aussi, là.
M. Marissal :
C'est correct. Bien, on chemine
là-dedans. On chemine là-dedans. Prenez-le autrement, vous allez
peut-être finir par me convaincre.
M. Dubé : Juste
la collaboration que vous me donnez depuis trois jours est exemplaire.
M. Marissal :
Et elle est sincère. Mais c'est pour ça que je pose des questions, aussi.
M. Dubé : Et
voilà. D'accord.
M. Marissal :
C'est tout, Mme la... pour le moment.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Parfait.
Je sais que M. le député des Îles-de-la-Madeleine voulait intervenir
aussi.
M. Arseneau :
Moi, je voulais revenir sur... Là, on est en discussion sur
l'article 63 qui est en lien direct avec
62, sur les mécanismes d'accès. Là, je comprends que ce qui est en gras, c'est
davantage un mécanisme d'information en
lien avec le mécanisme d'accès. Ce qu'on veut, c'est que les gens soient au
courant, tenus au courant du cheminement de leur demande, la priorité
accordée, les délais moyens d'attente qui sont associés. On a superposé ça en
disant : Il faut le faire, tu sais, on doit le faire.
Je veux juste poser
la question, et c'est vraiment sur le plan de l'interprétation de ce qui serait
écrit, si on l'adoptait tel qu'on le lit. C'est qu'on doit informer les
citoyens, lorsqu'on met en place un mécanisme, mais il n'y a aucune obligation de mettre en place un mécanisme.
Je croyais que la volonté du législateur, c'était que Santé Québec mette en place des mécanismes d'accès, et là ce
qu'on dit, c'est... la seule prescription, c'est : S'il y a un tel
mécanisme, on va tenir au courant,
mais, des mécanismes, on n'exige pas qu'il y en ait nécessairement, si je lis
l'article 62, qui dit : «Lorsque Santé Québec met en place un
mécanisme...» Dans l'éventualité où Santé Québec met un mécanisme... Dans l'éventualité où Santé Québec ne met pas en
place de mécanisme, l'obligation d'informer les gens tombe. Est-ce que
j'interprète correctement ce qu'on est en train de discuter?
M. Dubé : Je vous dirais, mon premier réflexe... Puis je ne
me souviens pas. C'est-tu dans les articles 20, 20 quelques? On
peut-tu juste me dire quel
article que je pourrais prendre?
M. Dubé :
24. Eh! que vous êtes bons. Je voudrais juste revoir l'article 24, là,
parce que je vais vous le lire... Puis prenez le temps de le regarder. Santé
Québec...
M. Dubé : Pardon? «Santé Québec exerce les fonctions
énumérées ci-dessous : Mettre en place des mécanismes d'accès aux
services...»
M. Arseneau :
Donc, le 62 est en corrélation.
Parfait. Bien, merci de la précision, parce que je ne comprenais pas pourquoi 62 n'exigeait pas que des mécanismes
soient mis en place. Donc, 24 est une obligation... une prescription.
M. Dubé : D'ailleurs,
quand on avait discuté 24, on avait dit : On regardera les règlements
qu'on fera dans...
M. Arseneau :
D'accord. Donc, on doit mettre...
O.K. À l'article 24, on doit mettre en place des mécanismes, mais,
lorsqu'on met des mécanismes, bien, il faudra conséquemment...
M. Arseneau :
...respecter la prescription qui est d'informer les gens là où sont leurs
dossiers. Parfait, O.K.
M. Dubé : Qui
va être précisé dans les règlements.
M. Arseneau :
Merci de la précision.
La Présidente (Mme Schmaltz) :
Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Non? Alors, s'il n'y a pas d'autre
intervention, est-ce que l'amendement de l'article 63 est adopté?
Présidente (Mme Schmaltz) :
Parfait. Est-ce que vous vouliez qu'on retourne à l'article 62, celui qui
avait été suspendu?
Dubé : Bien, je pense... Pardon? Là, je pense qu'il faut
adopter 63 tel qu'amendé, hein, ça serait ça? C'est ça?
Présidente (Mme Schmaltz) :
Excusez-moi, oui. Oui, excusez-moi, oui, il faut poursuivre les débats. Oui.
M. Dubé : Non, non, il n'y a pas de
problème.
M. Fortin : Alors, sur 63, Mme la Présidente, on a toujours quelques
questions, là, sur 63, d'abord, sur le premier paragraphe, c'est-à-dire :
«Identifier les prestataires privés qui sont soumis à un mécanisme d'accès...»
Là, j'imagine, entre autres, on parle des CMS, entre autres, j'imagine. C'est
ça? Et il y en a d'autres, probablement des CHSLD privés, il y en a,
probablement... il y en a plusieurs.
M. Dubé : Moi, je pense beaucoup aux
GMF, hein?
M. Fortin : Aux GMF? O.K. Oui.
M. Dubé : Mais je veux juste...
C'est ça.
M. Fortin : Oui. O.K. Mais ces prestataires-là qui sont soumis à un
mécanisme d'accès... Par exemple, là, puis
je vais utiliser l'exemple d'un CMS, là, qui... le CIUSSS, là, en ce moment, ou
Santé Québec, éventuellement, là, prend sa liste de patients, en envoie
à un CMS et dit : Peux-tu opérer tel, tel, tel patient? Mais ce CMS-là ou
cet autre prestataire privé, lui, n'a pas... Tu sais, je comprends qu'ils sont
soumis à un mécanisme d'accès, mais qu'est-ce que ça vient faire pour eux?
Parce que l'obligation, entre autres, là, par exemple, de communiquer avec un
patient, là, ça ne peut pas tomber sur leurs
épaules, ça. Ce n'est pas au CMS de dire : Il y a trois mois d'attente
pour ta chirurgie, là, je ne peux pas croire. Alors, qu'est-ce... à quoi
on s'attend de la part des partenaires privés?
M. Dubé : Peux-tu répondre, Daniel?
Puis, au besoin, je compléterai. Vas-y.
M. Desharnais (Daniel) : En fait, ce
qui est visé à cet article-là, c'est de faire en sorte qu'un professionnel de
la santé du secteur privé ou un prestataire privé qui serait identifié dans le
règlement serait soumis à l'obligation, dans ses activités, de passer par le
mécanisme d'accès pour pouvoir donner son service.
M. Fortin : O.K. Dans la proportion où... Par exemple, un CMS qui fait,
je ne le sais pas, moi, 90 % de ses affaires
avec le public, 10 % avec du privé privé, là, payé par le citoyen,
l'usager, là, alors, il est... Quand vous dites...
M. Fortin : Pour ce bloc-là, il faut qu'il passe par le mécanisme
d'accès. Il ne peut pas prendre n'importe qui, il faut qu'il passe par le
mécanisme d'accès.
M. Dubé : C'est ça. S'il nous a
garanti un bloc en chirurgie, il nous a garanti, je ne sais pas, moi,
10 blocs... deux blocs opératoires avec 50 chirurgies, bien, il faut
qu'il les prenne dans l'ordre qu'ils sont donnés par le réseau.
M. Fortin : O.K. Il ne peut pas appeler n'importe qui, là, il ne peut
pas... Les passes, disons, qu'on a entendues, là, de chirurgiens qui opèrent au
public et au privé, qui appellent leurs propres listes au public pour les envoyer au privé, ils ne peuvent pas faire ça, là,
il faut qu'ils passent par... C'est déterminé par Santé Québec, qui passe en
premier, là?
M. Dubé : Bien, en ce moment... Non,
je comprends. Ça se fait, là, en ce moment.
M. Fortin : Oui, je comprends que ça se fait, sans regarder dans une
direction précise, là, mais...
M. Dubé : Ça se fait puis ça... Puis
l'autre exemple que j'aimerais donner, Daniel, c'est au niveau des GMF. On a 400
quelques groupes de médecine familiale. Alors, c'est un prestataire privé à qui
on... qui va être soumis au mécanisme d'accès.
M. Fortin : O.K. Sur
le concept général, là, de dire que l'État est à même de mesurer quels patients
sont plus prioritaires que d'autres et d'établir la liste, là, sur cette
théorie-là, et ça s'applique tant au point 1° qu'au point 2°, là, on est
d'accord qu'à un moment donné il faut qu'il y ait une priorisation qui soit
faite puis que quelqu'un qui est moins
pressant qui passe en avant, pour toutes sortes de raisons, ça a ses limites
dans l'efficacité du réseau de la santé, là, pour le citoyen.
Mais le problème avec
ça, c'est qu'en ce moment les listes ou les mécanismes de référence élaborés
par l'État ne fonctionnent pas nécessairement parfaitement, là. Le CRDS, là, je
ne peux pas dire qu'il marche partout, là, puis qu'il marche très bien. Vous
avez parlé du GAP, tantôt, là. Le 8-1-1, voici ce que j'entends de ma région,
le député de Chapleau dira s'il entend la même chose, puis on l'a mesuré dans
d'autres régions, ça arrive aussi ailleurs, là, on a des médecins qui réservent
des blocs pour le GAP, mais la ligne téléphonique du GAP est tellement... je
vais utiliser un mot que vous n'aimerez peut-être pas, là, mais elle est
tellement tout croche, en ce moment, là, elle est tellement mal organisée que
ces blocs-là, ils restent vides.
Donc, le médecin ne
peut pas prendre un patient. Il ne peut pas prendre son voisin puis dire :
Viens me voir, j'ai une plage horaire. Il peut toujours le faire, là, mais il
ne se fera pas rémunérer de la même façon, là. Mais il ne peut pas... il est
obligé de passer par le GAP, mais le GAP n'est pas capable de lui envoyer des
patients, alors il laisse des blocs vides. En ce moment, il y a des médecins
qui attendent, là, qui ne voient pas personne. Alors, il faut que les mécanismes mis en place par l'État soient
capables de suivre, sinon ça ne marche pas pantoute, là, sinon, on se
retrouve avec des plages horaires vides puis des médecins qui ne voient pas
personne.
M. Dubé : Je
ne peux pas être contre ce que vous dites, là. On a des régions qui
fonctionnent très bien puis on a des régions qui fonctionnent beaucoup moins
bien. Est-ce que... Des fois, c'est des enjeux de disponibilité de personnel.
En ce moment, vous savez, un des enjeux qu'on essaie d'améliorer, au GAP, c'est
qu'on a... on parle à deux personnes. On
parle à un administrateur, un agent administratif, qui ensuite nous réfère à
l'infirmière. Quand j'ai une pénurie
d'infirmières, ça explique, dans certaines régions, pourquoi, au lieu d'avoir
un délai d'attente de 15 à 30 minutes, des fois, je suis monté
jusqu'à une heure, deux heures, dans certaines régions.
Ça fait que la
question des systèmes, oui, ça, je pense que c'est plus facile à régler, mais
j'ai un enjeu de personnel. Et c'est pour ça que, là, on parle comment on peut
avoir des lignes GAP qui ne sont plus uniquement liées à une région, mais qui
peuvent avoir l'expertise d'une infirmière dans les régions où c'est moins occupé.
Mais, vous avez raison, là, ce n'est pas
pour rien qu'on a eu un million d'appels au GAP, là, depuis un an. C'est
parce que ça répond à un besoin de gens qui ne savaient pas où appeler,
avant. Est-ce que c'est parfait? La réponse, c'est non, mais ce que je vous dis, à votre question, je pense que ce
n'est pas juste les systèmes problématiques, il y a un enjeu de ressources
humaines.
Fortin : Mais l'un mène à l'autre, là. Le
système ne marche pas parce qu'il n'y a peut-être pas assez de ressources
humaines ou... tu sais,
M. Dubé : Oui, mais quand... parce que je veux juste... vous
avez le droit de dire ça, là, mais il marche très bien à des endroits.
M. Fortin : Non,
non, mais... O.K. Je vais vous le dire puis je ne pense pas que c'est un grand
secret d'État, là. Moi, je suis venu vous voir, comme député, à un moment
donné, j'ai dit : La ligne 8-1-1 ne marche pas dans ma région. Vous
m'avez dit : O.K., on va regarder ce qu'on peut faire. Vous êtes revenu en
disant : Parfait, il va y avoir plus d'infirmières.
C'est un échange député-ministre tout à fait normal et souhaitable, là, mais ça
veut dire que le mécanisme ne marchait pas...
M. Dubé : Mais
j'en ai enlevé huit à quelque part, là.
Fortin : C'est sûr, vous les avez pris à
quelque part d'autre, là, c'est sûr, là.
Fortin : Mais c'est ça, le mécanisme ne
marchait pas par manque de ressources humaines, alors...
M. Dubé : C'est ça. Ce n'est pas parce que le système ne
marche pas. Le système, de façon générale, il n'est pas parfait, mais ici, ce qu'on discute, là, puis je
veux revenir au point, c'est que vous me dites... En tout cas, moi, je ne vois
pas, dans les points que vous soulevez, le défaut du système. C'est juste ça
que je veux dire.
Fortin : Bien, si... Mon point, là, ce
n'est pas de dire que l'État ne devrait pas faire sa liste. Puis on part de là, ça, on se comprend là-dessus, là. Mais, si
les systèmes ne marchent pas, ça ne fonctionnera pas, il va y avoir moins
de monde qui vont être capables d'obtenir des services, là. Quand il y a des
plages horaires qui ne sont pas comblées, au 8-1-1 ou au CRDS, parce qu'un
patient ne se pointe pas ou peu importe, là, bien... ou parce qu'il n'y a
personne qui a été référé pour cette plage
horaire là, bien, on n'est pas plus avancés, là. On a des ressources de
médecins, d'IPS ou d'autres qui se perdent.
M. Dubé : Écoutez,
je pense qu'on débat toujours des choses qui sont à l'extérieur de l'article,
là, mais c'est correct, je vais le dire. À
chaque fois, je vous dis : C'est quoi, les autres initiatives qu'on fait
qui vont améliorer le système pendant
qu'on met ça en place? Je vous donne un exemple. Les médecins, là, nous disent,
les omnis particulièrement : Un des gros problèmes, c'est ce qu'on
appelle, en anglais, les «no-shows», la personne qui ne se présente pas. Puis ça, là, on en a beaucoup plus que les gens
pensent. Ça fait qu'il va falloir finir par trouver une solution sur les «no
shows». Ce n'est pas facile, là, parce que...
Alors, je peux vous dire... Puis là je ne suis
pas en train de dire les mots qu'on n'a pas le droit de dire, là, mais il va falloir, à un moment donné, qu'on dise
qu'est-ce qu'on fait avec... comment on protège un médecin qui dit : Moi,
j'organise ma journée de 10, 12, 15 rendez-vous, puis j'ai quatre rendez-vous
qui ne viennent pas, bien là, ça fait des blocs disponibles. Alors, il y
a ces discussions-là, mais qui ne sont pas ici, là.
M. Fortin : Non, non. Mais il y a la question des systèmes de l'État
aussi, là.
M. Fortin : Si le 8-1-1 ne réfère pas personne pour ces blocs horaires
là...
M. Dubé : Ah! je suis d'accord avec
vous.
M. Fortin : ...puis que le médecin n'a pas la possibilité de prendre
n'importe qui d'autre, là, les gens ne peuvent
plus appeler à la clinique pour dire : J'ai besoin d'un rendez-vous, là,
et ils passent par le 8-1-1, bien, on n'est pas nécessairement,
collectivement, plus avancés.
M. Dubé : Mais toutes les semaines,
M. le député, là, je peux vous rassurer, toutes les semaines... J'ai même,
maintenant, quelqu'un au cabinet, au cabinet, je ne parle pas au ministère, au
cabinet — vous
savez comment ça fonctionne, un cabinet, là — j'ai quelqu'un qui regarde
tous les tableaux de bord puis qui me dit c'est quoi, les délais d'attente sur le GAP, pour me dire : Est-ce
que les endroits où on devait s'améliorer... Deux heures en Outaouais, est-ce
qu'il est rendu à 1 h 30? Quelles mesures qu'ils ont prises?
On a fait... un de nos très bons P.D.G., qui
était de la Capitale-Nationale, M. Bellemare, que vous devez connaître de
réputation, depuis qu'il a pris sa pension, on l'a mis uniquement là-dessus, on
a dit : Tu fais le tour de tous les GAP au Québec, tu regardes les
meilleures pratiques puis tu vas nous dire où est-ce qu'on peut s'améliorer. C'est-tu une question de ressources? C'est-tu une
question de système? C'est-tu une question de «no-show»? Tout ça.
Ça fait que vous avez raison que ça ne marche
pas parfaitement, mais c'est... il n'y avait rien, il y a un an, il n'y avait rien de ça, là. On a mis ça... un
million d'appels. Bien, c'est sûr qu'en ce moment ça s'améliore, mais ce n'est
pas encore parfait. Mais je pense que... en tout cas, je pense qu'il faut avoir
63, pendant qu'on fait la... parce que je n'avais
pas besoin, pour améliorer le système, d'avoir Santé Québec. Vous allez me dire
ça, là, je n'avais pas besoin de ça, parce que, dans le plan santé, j'ai
dit que les infrastructures technologiques, c'était majeur.
M. Fortin : Puis avec raison, il y a encore du fax.
M. Fortin : Avec raison, il y a encore du fax dans le réseau de la
santé, donc...
M. Dubé : Il y a encore du fax.
Partez-moi pas, à matin, sur les fax.
M. Fortin : O.K. Bien, ça va pour l'instant, de mon côté.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Est-ce
qu'on a d'autres interventions? M. le député de Rosemont.
M. Marissal : Oui. On est sur 63
en... au complet, hein? C'est ça?
M. Marissal : On est sur 63?
M. Dubé : Un 63 amendé,
effectivement.
Marissal : Dans la séquence, là, vous préfériez qu'on... en
tout cas, qu'on adopte ou qu'on essaie d'adopter 63 avant 62?
M. Dubé : Moi, je pense que oui.
M. Marissal : O.K. Pouvez-vous me
donner trois minutes, Mme la Présidente? Merci.
Présidente (Mme Schmaltz) : On va suspendre trois minutes.
(Suspension de la séance à 11 h 19)
La Présidente (Mme
Schmaltz) : Parfait. Alors, on reprend nos travaux. Je vais vous
laisser, M. le ministre.
M. Dubé : Non,
je pense que c'était du côté du député de Rosemont.
La Présidente (Mme
Schmaltz) : O.K. De Rosemont ou... O.K. Rosemont, parfait.
M. Marissal :
Rosemont, oui. Merci, Mme la Présidente. Bien, question rapide, là, je n'ai
pas l'intention de m'éterniser là-dessus,
là. On a fait un bon bout sur 63, là, mais le a, au deuxième paragraphe,
«déterminer la mesure dans laquelle
un professionnel doit se rendre disponible», je comprends que ça, Santé Québec
peut le faire. On revient sur nos verbes, là.
M. Dubé : Donc,
Santé Québec... Je vais prendre un exemple que j'ai déjà donné, mais là, avec
la discussion qu'on a eue... Santé Québec peut dire que «la mesure dans
laquelle un professionnel doit se rendre disponible...» Un médecin dans un GMF va devoir, pour des cas qui
sont jugés prioritaires, donner un rendez-vous à l'intérieur de 36 heures.
M. Marissal :
Ça, c'est pour un médecin... ce qu'on appelle médecin de famille, là, un
médecin généraliste. Est-ce que c'est la même chose pour un spécialiste?
M. Dubé : Non,
on n'est pas là. On a déjà réglé ça avec l'entente qu'on a signée avec les
médecins omnis, l'an dernier, là,
printemps 2022. Ça va faire
partie de la discussion, des négociations
qu'on a avec les spécialistes, qui... où le contrat est ouvert depuis le
1er avril 2023.
M. Marissal :
O.K., mais c'est l'objectif?
M. Dubé : C'est
l'objectif d'avoir cette... des mesures qu'on puisse...
M. Marissal :
O.K. Moi, j'ai déjà dit : Je
ne négocie pas pour les médecins spécialistes, là, ni pour les médecins
omnis, en passant. Je ne veux pas me mêler de vos négos, puis vous ne les ferez
pas sur la place publique. Mais vous comprenez que, si on adopte ça, les
médecins spécialistes comprendront ce que doit?
M. Marissal :
C'est l'objectif?
M. Dubé : C'est
l'objectif.
M. Marissal :
O.K. Le b... Comment ça s'appelle, les a et b, là? Comment on appelle ça
dans... J'ai fini par comprendre «paragraphe» et «alinéa», mais là vous
rajoutez un élément de complexité.
M. Dubé : Sous-paragraphe.
M. Marissal :
Sous-paragraphe. Bon, je vais
tenter de m'en souvenir. Merci, Me Paquin. Donc, sous-paragraphe b,
«prévoir les renseignements nécessaires au fonctionnement d'un tel système...»
Non, excusez-moi, je suis à d, je suis à d... à c, excusez-moi, je vais y
arriver, sous-paragraphe c, «prévoir toute autre exigence relative à
l'utilisation d'un tel système». C'est assez vague pour moi. Ça veut dire quoi,
M. Desharnais (Daniel) : Bien, en fait, c'est les
exigences qu'on aurait envers les professionnels pour utiliser ce
système-là, donc les différentes modalités qui pourraient être reliées à
l'utilisation du système.
M. Dubé : Je
vais... Je peux-tu compléter, peut-être?
M. Desharnais
(Daniel) : Oui, oui, allez-y.
M. Dubé :
Le fameux hub... Là, on avait quatre ou cinq systèmes de rendez-vous, hein? Il
y a Bonjour-santé, il y a Rendez-vous santé... Il y en a quatre. On a pris la
décision d'avoir un intégrateur de ces quatre systèmes-là pour que, quand les gens vont appeler pour prendre un
rendez-vous, on va avoir l'information de ce qui a été demandé et donc
l'obligation de se connecter soit... dans un de ces quatre systèmes-là. Elle
est là, donc, «prévoir toutes exigences relatives à l'utilisation d'un
tel système», c'est ça.
M. Marissal : O.K.
De mémoire, l'intégrateur s'appelle comment?
M. Dubé : Bien, on l'a appelé un
intégrateur, mais les Québécois, pour eux autres... ne voient pas ça. On a pris un des systèmes qui était... je pense que
c'est Rendez-vous santé, puis Rendez-vous santé est devenu l'intégrateur parce
qu'il avait cette fonction-là. Ça fait que, quand les gens appellent à un des
quatre systèmes, on a une vue globale de ce qui se...
M. Marissal : Ce que vous appelez le
hub, là, finalement, c'est...
Dubé : Le hub, voilà... Alors, l'exigence relative à
l'utilisation, bien, en ce moment, je peux vous dire, là, que... je peux me
tromper de quatre, cinq GMF, mais, dans les deux dernières années, tous les GMF
ont été connectés.
M. Marissal : O.K., ça répond pour
moi, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Parfait.
On a d'autres interventions? M. le député des Îles.
Arseneau : Oui. En fait, j'imagine que c'est déjà prévu parce
qu'il est question de l'adoption de règlements par Santé Québec, puis je me
posais la question parce qu'on a eu une longue discussion sur la question des
directives ministérielles, puis de leur publication, et tout ça. Pour ce qui est
des règlements de Santé Québec, est-ce qu'il y a un
article qui prévoit toute
la publication puis l'accès du public à cette réglementation-là en toute
transparence et dans quels délais? Je ne sais pas si ça vient plus tard. Je ne
connais pas assez bien, là, tous les articles pour...
M. Dubé : ...je serais très à l'aise
que vous donniez une réponse complète.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Allez-y.
M. Paquin (Mathieu) : Oui, Mme la
Présidente. Alors, les règlements de Santé Québec vont être soumis à
l'approbation du gouvernement et ils sont des règlements, donc, ils sont
assujettis aux dispositions de la
Loi sur les règlements. Donc, on va prévoir
un délai de... Le projet de règlement va être publié 45 jours à la Gazette
officielle , et le règlement, une fois qu'il va être édicté, va devoir ...
va entrer en vigueur au plus tôt 15 jours après avoir été publié à la Gazette
officielle . Donc, c'est les délais d'usage qu'on retrouve pour tous les
règlements.
M. Arseneau : Donc, que ce soit un
règlement qui est adopté par l'organisme ou par le gouvernement, c'est les
mêmes règles qui s'appliquent essentiellement.
M. Paquin (Mathieu) : Oui, Mme la
Présidente.
M. Arseneau : D'accord. Je vous
remercie.
M. Dubé : ...mais je ne sais pas si
je l'ai dit de façon aussi officielle que je fais là. J'ai demandé à nos équipes, quand on va revenir en septembre, d'avoir
l'équivalent d'une table des matières de ce qui pourrait être dans les règlements juste pour être certain que ce qu'on est
en train de discuter, qui est important... On va dire : O.K., on adopte
le projet de loi à quelque
part cet automne,
mais, en même temps, voici sur quoi nos gens vont travailler. Puis il va y avoir
une table des matières des règlements qui
portent sur les mécanismes d'accès. On n'a pas cette obligation de faire ça là.
On l'a fait dans le projet de loi n° 10. Vous savez comme ça nous a
aidés, on a dit : Voici des... On est en train de discuter de certains
contenus de règlements. Moi, je pense qu'on va vous donner une idée, une image
beaucoup plus complète de ce que les... On
n'ira pas dans le détail des règlements, mais des grands thèmes, puis ça, je
pense que ça va aider tout le monde à voir qu'est-ce que pourraient
avoir l'air les règlements une fois finalisés.
M. Arseneau : M. le ministre, vous
aviez déjà effectivement mentionné votre intention de nous donner une espèce
de...
M. Arseneau : ...oui, vue globale
des règlements. Ce que j'avais compris, c'étaient les règlements que le
gouvernement allait adopter. Ça inclut aussi des règlements que Santé Québec,
comme nouvelle entité...
M. Dubé : Je vais voir comment je
peux passer d'un à l'autre dans ce document-là, là. On pourra... mais je n'ai
pas encore vu le premier jet. J'en parlais avec Daniel Desharnais ce matin. On
m'a dit qu'on pourrait avoir ça pour la mi-septembre. Ça fait que comme on
revient le 12...
M. Arseneau : Bien, juste une autre
précision, il y a des règlements qui seront adoptés et mis en oeuvre pour la
mise en opération de la loi de... oui, mais... à la fois de la loi, mais
j'imagine qu'il y a aussi des règlements. Santé Québec est habilitée à adopter
des règlements...
M. Dubé : Ça,
c'est ce qu'on appelle des règlements intérieurs de Santé Québec.
M. Arseneau : O.K., seulement. Donc,
le règlement...
M. Dubé : Leur fonctionnement.
Arseneau : D'accord, ce qui veut dire que le règlement dont
on fait mention ici, au 63, c'est un règlement qui est préalable à la
mise en opération de Santé Québec. C'est ça?
M. Dubé : Je n'ai pas compris. C'est
quoi, votre question?
M. Arseneau : Je dis : Le
règlement de Santé Québec, là, 63, c'est fait préalablement à la mise en oeuvre
de Santé Québec.
M. Dubé : Quand vous dites
préalablement, non, pas...
M. Arseneau : Pas forcément?
M. Dubé : C'est ça. Allez-y donc...
Arseneau : Donc, la loi va être entrée en vigueur, les
règlements de la loi vont être entrés en vigueur, mais Santé Québec peut
encore adopter les règlements pendant toute son existence. C'est ça?
M. Paquin (Mathieu) : Oui, Mme la
Présidente. En fait, certains règlements pourraient être nécessaires au moment de la mise en vigueur de certaines dispositions
du projet de loi. C'est pour ça... D'ailleurs, on le constate déjà, quand on regarde l'article 1180 du projet de loi,
qu'il y a une séquence qui est suivie pour l'entrée en vigueur des différentes
dispositions, parce que, si un règlement est absolument nécessaire à
l'application d'une disposition, je ne peux pas la faire entrer en vigueur tant que je n'ai pas le règlement. Donc,
normalement, ces règlements-là, on va s'empresser de les faire. Il y a d'autres
règlements qui sont peut-être moins essentiels. Ceux-là peuvent venir par
après. Donc, c'est comme ça que ça va
être fait, et, une fois qu'on a le pouvoir réglementaire, bien, on peut prendre
le règlement, le modifier puis le remplacer par la suite tout au long de
la vie de la loi.
M. Arseneau : Juste
une dernière intervention là-dessus. Pour que Santé Québec puisse adopter un
règlement, il faut que Santé Québec
existe de par la loi. C'est ça, la logique, évidemment, là, mais d'autres
règlements pourront être adoptés plus tard au cours de l'existence de
Santé Québec en conformité avec la loi. C'est ce qu'il faut comprendre. O.K.,
merci.
La Présidente (Mme Schmaltz) : C'est
bien. Il n'y a plus d'autre intervention? Oui, M. le député.
M. Fortin : Peut-être une dernière chose qui aurait peut-être dû être
la première, puis ça, c'est dans mon rôle de
député de région, là, avec des tout petits centres de santé, là. Je pense au
CLSC de Quyon, que le député de Rosemont a visité il n'y a pas très longtemps, qui est un tout petit CLSC, là.
Habituellement, il y a un médecin, puis une infirmière, puis, peut-être, là, si vous êtes chanceux puis
vous passez par là la bonne journée, il y a un autre professionnel qui est là, un
travailleur social, un nutritionniste ou quoi que ce soit.
Si je comprends bien, l'obligation... puis je
sais... Tu sais, vous parlez de la centrale de rendez-vous, puis de la liste de
priorité de chirurgies, puis c'est une chose, là, mais, s'il y a une
obligation, par exemple, de passer par une liste
établie par le gouvernement, une liste de priorité, là, pour voir un
travailleur social ou un nutritionniste, moi, ce qui m'inquiète, là, à travers cet article-là, c'est
que, dans un petit milieu où une nutritionniste passe une fois par trois semaines,
bien, que la personne qui s'adonne à être là
la bonne journée, que le médecin dit : Toi, tu as besoin de voir un
travailleur social au PC, tu sais, puis qui n'est pas capable de juste
dire : Va dans le bureau d'à côté, elle est là aujourd'hui, sinon
tu ne l'auras pas pendant un mois... Est-ce
qu'on est en train... Puis je comprends, là, pour des petits milieux ruraux
comme ça, là, où l'accès est très limité à des professionnels... Est-ce qu'on
est en train de s'attacher les mains un peu pour ne pas permettre ce
genre de flexibilité là?
M. Dubé : C'est une très bonne
question. Ce qu'on a fait puis qu'on a appris, justement, avec la question du GAP puis des «no-show» dont je parlais tantôt,
c'est de réserver des blocs d'imprévus. Il faut que, sur les rendez-vous qui
sont pris dans un CLSC, tout ça, de prévoir 5 % à 10 % des
rendez-vous qu'on dit : Bien, écoutez, ça, là, c'est pour être capable de répondre à quelqu'un qui
vient sur place puis on... Alors, ça va... On ne dit pas ça ici, mais, dans le
règlement, quand on va dire c'est quoi, la mécanique des priorités, il va
falloir qu'il y ait des blocs d'imprévus, puis ça, c'est ça que la dernière année nous a montré. Ça
fait qu'en attendant qu'on trouve des solutions aux «no-show», c'est la
façon de régler ça, mais c'est une très bonne question.
Fortin : En attendant qu'on trouve, mais ça, ça va rester,
là, même si ces professionnels-là ont une obligation de passer par le
système.
M. Dubé : Oui,
ils ont l'obligation, mais dans le...
Fortin : Puis je vous avoue que ça m'inquiète plus en
milieu rural qu'ailleurs parce que les professionnels ne sont pas là
souvent.
M. Dubé : Oui. Alors, il y a
l'obligation, mais, dans le règlement, ça va dire : Il y a une exception
d'être capable d'avoir un bloc. Puis là,
dans certaines régions, ça sera 5 %, ça dépend, mais je le mets, moi, sur
des professionnels qui font, je ne
sais pas, 60, 70 rendez-vous, 80 rendez-vous par semaine. C'est assez
facile d'identifier un nombre de blocs où ils répondent à l'obligation
générale, mais qu'il y a des exceptions.
Fortin : O.K. Je vous donne un autre exemple issu de la
ruralité, là, d'un médecin spécialiste qui va opérer dans un milieu
rural, qui a une liste, là, de quatre opérations pendant sa journée. Il va au
milieu rural. Si lui est obligé de suivre la
liste à la lettre, là, de priorisation de patients, bien, son premier est à
Gatineau, son deuxième est à Fort-Coulonge,
son troisième est à Gatineau, son quatrième à Gatineau. Y a-tu un problème, là,
d'aller faire quatre patients dans le Pontiac, à un moment donné, puis
de ne pas suivre parfaitement sa liste des priorités?
M. Dubé : Ce qui a été discuté...
Puis on a un excellent médecin qui est dans les dirigeants de la FMSQ, le docteur... C'est-tu Gaudreault? Comment qu'il
s'appelle, celui qui est... en tout cas, qui est le bras droit du
Dr Ovila. Donc, on a ces
discussions-là en ce moment pour s'assurer que la façon d'organiser ça va
respecter le sens général de la priorité, mais, si c'est plus logique de faire le bloc que vous dites dans une
région, le patient peut être quand même vu, dans son ordre de priorité,
deux jours plus tard.
M. Fortin : En
tout cas, ça, c'est le...
Dubé : Mais on a ces
discussions-là puis on va trouver des accommodements, parce qu'il faut être
efficace. C'est ça que...
M. Fortin : Il ne faut pas amputer les services en région ou forcer le
monde à aller en ville non plus quand ce n'est pas nécessaire.
Dubé : Voilà. Non, mais c'est... Alors, c'est pour ça
qu'on est dans les règlements ici. On donne les grandes lignes, mais
vous avez raison.
M. Dubé : Legault? Comment puis-je
oublier son nom, s'il s'appelle Legault?
M. Fortin : C'est vrai que c'est dur à oublier. O.K., c'est bon.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions? Non? Alors, est-ce que l'article 63, tel
qu'amendé, est adopté?
La Présidente (Mme Schmaltz) : Adopté.
Parfait.
M. Dubé : Et on revient à 62?
La Présidente (Mme Schmaltz) : Oui.
Est-ce que vous voulez revenir à 62 ou poursuivre avec 64?
Dubé : Oui. Je pense que je
l'avais lu. On l'avait lu puis on avait décidé de le suspendre. Je ne pense pas
que j'ai besoin de le relire. Moi, je passerais tout de suite aux
questions si...
M. Marissal : ...un peu comme le
député de Pontiac l'a fait tout à l'heure judicieusement, là, entre 62 et 63.
Puisque, dans 62, il sera question d'accès aux services du domaine de la santé
et des services sociaux, et qu'ils n'ont toujours
pas été définis, et que vous avez déposé un amendement à 3.1, ne serait-il pas
judicieux de faire 3.1? Comme ça, on saura toujours de quoi on parle.
M. Dubé : C'est très logique, ce que
vous demandez. Oui, moi, je suis d'accord à continuer de suspendre 62 puis
d'aller à 63 avec l'amendement.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Donc,
on suspend à nouveau le 62? Oui, parfait.
M. Dubé : Je pense que, si tout le
monde est de consentement...
La Présidente (Mme
Schmaltz) : Tout le monde est... Consentement? Oui? Parfait.
On va suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 11 h 43)
Présidente (Mme Schmaltz) : Donc, parfait. Donc, on reprend nos travaux.
Alors, il y a eu consentement pour que soit déposé l'amendement 3.1,
amendement déposé par le député des Îles-de-la-Madeleine. Est-ce que vous
voulez faire la lecture?
M. Arseneau : Oui, Mme la
Présidente. En fait, ça nous ramène au tout début de l'étude du projet de loi.
On avait posé la question pour clarifier la
situation... clarifier, en fait, l'appellation «services du domaine de la
santé». Donc, la proposition, c'est d'insérer, après l'article 3 du
projet de loi, le suivant :
«3.1. L'expression "services du domaine de
la santé et des services sociaux" comprend les services de santé et les services sociaux; elle désigne également
les services de même nature offerts par des prestataires qui ne sont pas des établissements.»
Donc, c'est la définition qui a été formulée par
les légistes et qu'on vous soumet pour adoption.
Présidente (Mme Schmaltz) : Parfait. Alors, est-ce qu'il y a des
interventions? M. le député de Rosemont.
M. Marissal : Oui. Bien, je remercie
le député des Îles d'avoir ramené ça parce qu'on va travailler avec ça. Puis vous savez qu'au début de l'étude du projet de
loi on revenait souvent à ça, «services du domaine de santé». C'est la nouvelle terminologie, là. Il faut croire qu'il en
manquait un petit peu dans le réseau de la santé. On a ajouté quelques couches
de terminologie, mais juste pour qu'on sache ce sur quoi qu'on... C'est la base
de ce dont on va discuter. Je présume ici
que la dernière... la dernière partie, là, «des prestataires qui ne sont pas
des établissements», en gros, ça s'appelle «des établissements privés»
ou «du privé». C'est une formulation pudique pour dire «privé»?
M. Dubé : Il y a peut-être une autre
précision. Allez-y donc.
M. Paquin (Mathieu) : Oui, Mme la
Présidente. En fait, lorsqu'on parle... Il faut se replacer à l'article 2 du projet de loi. On dit : «Les services de
santé et les services sociaux sont fournis par les établissements. Les
établissements peuvent être soit
publics, soit privés.» Donc, lorsqu'on parle de prestataires, à l'article 3.1,
qui ne sont pas des établissements, oui, vraisemblablement, c'est du
privé, mais ça va au-delà de ce qui n'est... En fait, l'établissement privé est un établissement. Donc, ce n'est pas un
prestataire. Le prestataire dont il est question ici, ça pourrait être, par
exemple, un GMF ou un CMS.
M. Marissal : C'est bon pour moi.
Merci pour l'explication.
Présidente (Mme Schmaltz) : Est-ce qu'on a d'autres interventions? Non? Alors,
est-ce que l'amendement introduisant l'article 3.1 est adopté?
Présidente (Mme Schmaltz) :
Parfait. Donc, l'amendement est adopté. Conséquemment, l'article 3.1 est donc
adopté.
M. Dubé : ...apportée par le député
des Îles. Est-ce qu'on peut revenir à 62? C'est ça qu'on avait dit?
La Présidente (Mme Schmaltz) : Est-ce
qu'il y a consentement? Non?
M. Dubé : ...votre demande, hein, M.
le député de Rosemont?
Présidente (Mme Schmaltz) : J'ai une question du député des Îles-de-la-Madeleine. Vous avez une question?
M. Arseneau : Est-ce qu'on commence
à... On recommence à discuter de 62. C'est ce qu'on a convenu?
La Présidente (Mme Schmaltz) : Oui,
c'est ça. J'ai demandé le consentement puis...
M. Arseneau : D'accord. Je voulais
juste poser une question concernant le deuxième alinéa. Il est question de
tenir compte des particularités socioculturelles et linguistiques des usagers.
Je me demandais si la réflexion avait été
faite, du point de vue du ministère, sur les particularités territoriales qui
peuvent être, évidemment, un élément clé dans l'accès aux services de
santé. Est-ce qu'on peut considérer le fait que, lorsqu'on met des mécanismes
en place, bien,
évidemment, dans les régions, ça peut être, justement, des particularités qui
sont au moins tout aussi importantes que les particularités socioculturelles
et linguistiques qui peuvent poser des problèmes d'accès aux services?
Dubé : Je vais tenter une réponse puis je verrai si ça
vous satisfait. Il faut se rappeler que nos établissements ont déjà une vocation territoriale, hein, on s'entend?
Et on va même plus loin que ça, là. On voit, des fois, un sous-territoire, etc., qu'on a discuté avec...
Alors, je pense que ce concept-là, il est important. Il est déjà là. Maintenant,
à l'intérieur de ces territoires-là, il y a des différences socioculturelles et
linguistiques, mais nous, on ne jugeait pas bon de revenir sur l'aspect
territoire, parce que, justement, on parle des fois de l'Outaouais, ou de
l'Abitibi, ou des Îles-de-la-Madeleine, ou de la Gaspésie. C'était pour ça
qu'on trouvait que c'était inclusif, mais voilà, c'était notre approche.
Arseneau : Oui, bien, je comprends qu'au point de départ il y
a des établissements territoriaux, mais il y a une grande disparité,
évidemment, dans le panier de services qui peut être disponible dans les
régions par rapport aux grands centres. Et donc l'accès peut être plus limité à
un certain nombre de services, qu'on parle des services d'obstétrique avec
lesquels on a plusieurs difficultés dans les régions, mais aussi des services
en santé mentale, des services spécialisés et surspécialisés. En général,
l'accès n'est pas offert, essentiellement, là, dans plusieurs régions.
M. Dubé : Je ne veux pas vous
décourager. Je trouve que, si vous... je vais le dire comme ça, mais, si vous
insistez... C'est pour ça que je vous ai donné la réponse de rajouter le
«détermine notamment»... en tout cas, dans le deuxième, là, «tient compte des
particularités», qu'on rajouterait... Moi, je pensais que c'était évident,
parce que nos établissements... mais, si
vous y tenez, je trouve que c'est assez facile à ajouter, puis je sais que le
député de Pontiac, entre autres, parle souvent des régions, puis il a
raison. Moi, je...
Arseneau : Bien, si vous me donnez une minute ou deux, je
ferais une proposition d'amendement. C'est ce à quoi vous ouvrez la
porte?
M. Dubé : Très ouvert à ça, parce
que, comme je vous dis, c'est... on s'entend là-dessus, là.
Arseneau : C'est ça, parce que moi, je comprends que, dans
chacun des territoires, les établissements desservent le mieux possible,
mais là, ici, on parle de Santé Québec qui met en place des mécanismes qui
considère les régions. D'accord.
M. Dubé : C'est pour ça qu'en...
J'ai tout de suite vu notre légiste puis, même, je pourrais vous offrir... Si vous voulez qu'on le rajoute nous-mêmes, pour ne
pas se compliquer la tâche, je peux demander à l'équipe de suggérer... On le mettrait où, là? On dirait : «Des
particularités...» Est-ce qu'on pourrait commencer par «territoriales, socioculturelles
et linguistiques»?
M. Arseneau : Moi, ça me
conviendrait.
La Présidente (Mme Schmaltz) : ...juste
le mot «territoriales», O.K.
Dubé : Puis je demande maintenant à Mathieu... Me Paquin,
est-ce qu'on est... as-tu besoin de vérifier d'autre chose ou c'est
beau?
M. Paquin (Mathieu) : ...
Dubé : Un petit 30 secondes. Ça va vous éviter de
faire la mécanique, mais c'est quand même un très bon point que vous
avez amené, là.
La Présidente (Mme Schmaltz) : On va
suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 11 h 56)
La Présidente (Mme Schmaltz) : Alors,
on reprend nos travaux. Alors, on a un nouvel amendement, donc, qui s'est ajouté à l'article 62, amendement
par le député des Îles-de-la-Madeleine. Est-ce que vous voulez en faire le dépôt?
M. Arseneau : Oui. Merci, Mme la
Présidente. Merci à M. le ministre et aux collègues de me permettre de proposer cet amendement. C'est d'insérer, au
deuxième alinéa de l'article 62 du projet de loi et après
«particularités», «du territoire, de même que des particularités».
En fait, c'est les particularités du
territoire, qui devraient être tenues en compte, de même que les particularités
socioculturelles et linguistiques des
usagers. Au départ, juste avant la pause, on avait parlé de particularités
territoriales, socioculturelles et linguistiques, mais évidemment, les
usagers n'ont pas de particularités territoriales, donc c'est les particularités du territoire. Le libellé, je
pense, dit bien ce que ça veut dire : Santé Québec, sur l'ensemble du
territoire qu'il doit couvrir, doit considérer qu'il y a des
particularités territoriales.
La Présidente (Mme
Schmaltz) : Est-ce qu'on a des interventions? Non? Alors, est-ce que
cet amendement est adopté?
La Présidente (Mme
Schmaltz) : O.K., parfait. Alors, on retourne à l'article 62 pour
continuer... Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 62?
Oui, M. le député de Rosemont.
M. Marissal :
Oui, j'en aurais deux,
essentiellement, pour le moment, peut-être si le ministre peut nous mettre à jour. «Santé Québec doit s'assurer que son
mécanisme d'accès aux services tient compte des particularités socioculturelles
et linguistiques...» Je comprends que ça a été amendé, là, mais lisez-le
avec l'amendement, là. Considérant qu'on entend
toutes sortes de choses autour du projet de loi n° 15, là, souvent de
façon privée, est-ce que le ministre est en mesure de nous faire l'état des discussions avec la
communauté anglophone du domaine de la santé et en a-t-il eu, a-t-il des...
je vais dire des enjeux, là, à défaut d'un meilleur mot, là, des défis de ce
côté-ci?
M. Dubé : Pour
répondre très clairement à votre question, moi, je n'en ai pas eu. Je n'ai pas
de... Moi aussi, j'ai entendu beaucoup de
choses, mais on a été... on a été très, très clair que, entre autres, 96
n'avait aucun impact sur les... puis là je n'entrerai pas dans le
détail, je vais dire, aux Québécois de langue anglophone, là, parce qu'il y
a... est-ce que c'est la première langue
parlée, tous ces... Mais, non, je vous répondrais simplement qu'il n'y a pas
d'enjeu parce qu'on a... C'est sûr
qu'il y a des gens qui... par exemple, que j'ai entendu des discussions au
niveau de certaines populations autochtones,
puis etc., mais on revient toujours avec le même discours de dire qu'il n'y a
pas de changement, qu'entre autres 96
ne changera absolument ri