Public Finance — 20 August 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CFP 2013-08-20
Quebec — Committees
Tout en reconnaissant
que certains retraités, pour diverses raisons personnelles ou professionnelles, bénéficientde revenus de
retraite plus élevés, nous, de l'AQDR sommes d'avis que tous les retraités
puissent bénéficier d'un revenu minimum de longévité garanti s'inscrivant dans une
perspective de solidarité sociale et nationale. Cette approche doit
tenir compte de la situation dite de famille ou de couple et répondre aux
besoins élémentaires de tout individu.
D'ailleurs, la
position historique de l'AQDR s'est toujours appuyée sur l'importance de
relever le niveau des cotisations afin de rejoindre environ 50 % des gains
admissibles, ce qui rapproche d'un niveau minimum et permet d'entrevoir une retraite à l'abri de soucis. Cette
démarche peut naturellement se réaliser sur une base de temps à définir,par exemple cinq à 10 ans. Cette option est d'autant plus d'actualité actuellement, puisque nous sommes confrontés entant qu'aînés aux augmentations de coûts importants : facture d'électricité augmentée de 25 % depuis 10
ans, avec uneanticipation peut-être
de 25 % pour les prochains 10 ans, peut-être; augmentation des taxes
municipales et scolaires; haussedu
coût de la vie de 1,5 % à 2 %; crise économique mondiale avec les
effets que ça a sur les rendements des retraites, desrégimes, etc., sur base individuelle et de fonds
de retraite; augmentation des frais de transport en commun ou personnels;
et bien d'autres substantielles hausses de coûts des services essentiels.
Nous
sommes conscients que toute mesure de revenu de longévité doit s'appuyer sur
une capacité de base à payer,une
croissance économique nationale et qu'il
faut s'assurer de maintenir un niveau
de consommation qui assurera une stabilité économique sans créer un
ressac. Plus spécifiquement, voici notre avis sur les conclusions en sept
points du rapport D'Amours, qui étaient présentées dans la synthèse.
la première, nous sommes en accord avec la conclusion 1, que le régime public
offre une très bonne protectionpour
les revenus les plus bas, cette protection diminuant cependant rapidement avec la croissance des revenus, mais dans
l'optique d'un revenu répondant aux besoins essentiels principalement.
La synthèse 2. Étant
donné que près… ou plus de 60 % des Québécois et Québécoises n'ont pas de régime
de retraite à revenu garanti, pas de régime
à prestations déterminées ou à cotisation déterminée, nous attirons donc l'attentionsur le fait que ces travailleuses et travailleurs n'ont pas l'assurance
d'une véritable sécurité financière dans un contexteactuel de fluctuation économique et d'incertitude
de rendement qui semble vouloir perdurer encore pour plusieurs années.
la synthèse 3, nous constatons aussi que les régimes à prestations déterminées
sont eux-mêmes soumis à defortes
pressions, et ce, pour plusieurs années à venir, ce qui est susceptible d'affecter
les droits à une retraite avec une sécurité financière certaine pour une
partie des retraités concernés.
la synthèse 4, nous appuyons les deux objectifs ainsi que les valeurs et
principes énoncés par le comité, cequi
confirme l'importance d'une approche innovante en matière de support à l'épargne
personnelle pour les travailleurset
les travailleuses, le tout dans un cadre de fiscalité respectant les impératifs
d'un budget équilibré par une croissance économique soutenue et
entrepreneuriale.
la synthèse 5, à la lecture et la réflexion sur les documents produits par le
comité quant à la situation de revenusde
retraite, nous pensons que la rente de longévité est une voie intéressante,
mais qu'elle pose encore des interrogations quant à sa pertinence dans
le contexte des 30 prochaines années et des incertitudes du contexte économique
mondial.
Au niveau de la
synthèse 6, nous appuyons donc les buts, les caractéristiques d'une telle
rente, mais notre réflexion collective n'est
peut-être pas complète quant à son financement et aux coûts additionnels pour
les employeurs,les travailleuses et
les travailleurs. Au cours des dernières décennies, bien que les salaires aient
augmenté considérablement, la population n'a pas nécessairement vu son
niveau de richesse réelle augmenter.
coût moyen, par exemple, si on parle de logement, le coût moyen d'une maison
des années 70, c'était de l'ordrede
30 000 $; c'est à 275 000 $. Si on prend le coût des
logements, des loyers, un quatre et demi, dans cette période-là,c'était dans les environs de 350 $,
375 $; aujourd'hui, c'est plus que le double. Il se situe donc selon des
ratios, là, quisont différents
dépendant des éléments que nous regarderons. Les salaires, eux, n'ont pas
nécessairement progressé à cerythme,
et le revenu disponible a diminué, selon plusieurs études, en regard, entre
autres, aux taxes et impôts de toutessortes.
Il va de soi que le niveau de la qualité de vie au Québec a augmenté, et nous
le constatons, et nous le mentionnons.
Compte tenu de certains comportements de la gestion administrative de plusieurs régimes, tout en réaffirmant leprincipe du droit à un revenu de retraite adapté,
nous souscrivons à la recommandation qui vise à protéger la promessede base des régimes à prestations déterminées, à
les rapprocher de la vérité des coûts, à leur donner davantage de latitudepour mieux se gouverner et leur permettre de
se restaurer, et reconnaissons que diverses conditions et mesures devront
être respectées pour résoudre la question des déficits de régime.
enfin, sur la synthèse 7, nous appuyons la recommandation d'aider les travailleurs à épargner davantage pour la retraite, mais rappelons l'urgence
de rendre le système plus efficace. La mise en place de régimes volontaires et
l'assouplissement du cadre législatif pour le décaissement d'épargne-retraite
constituent, à notre avis, des conditions gagnantes pour un revenu minimum
garanti de longévité.
conclusion, l'AQDR reconnaît l'importance d'une retraite adaptée et appuyée par un revenu minimum adéquataux besoins essentiels dans un contexte de
garantie de préservation du droit à la retraite des générations, actuelle et
future. Compte tenu… Bon, c'est ça. Voilà. Merci de votre attention.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Merci. Merci, M. Jalbert. Et nous allons
procéder maintenant à une période d'échange d'une cinquantaine de minutes, dont
22 minutes sont allouées au parti formant le gouvernement; l'opposition officielle, 18 minutes; deuxième
groupe d'opposition, quatre minutes; et député de Mercier, quatre minutes.
Alors, je cède la parole maintenant à Mme la ministre.
Maltais : Merci, M. le Président. Alors, bonjour, tout le
monde. Bonjour, chers collègues. M. Jalbert, bonjour,c'est un plaisir de vous entendre ce matin, de
vous recevoir à la commission parlementaire. C'est notre deuxième semaine,alors, où on va compléter les travaux qui
vont nous permettre un premier examen du rapport D'Amours, un examen quiest assez approfondi. Ce matin, nous avons
les associations de retraités; cet après-midi les syndicats; demain les
patrons,beaucoup. C'est un peu… La
semaine dernière, nous avions les experts, les actuaires, les gens plus… les
gens d'affaires.
Maintenant,
on a ce que j'appelle les partenaires. Reconnus comme partenaires, souvent on
va voir les associationssyndicales,
les associations patronales, mais un des partenaires, quand on parle de régimes
de retraite — on les oubliesouvent, sauf que je ferai une exception
notable auprès du député de Verdun, qui a beaucoup travaillé sur ce
dossier — cesont les retraités. C'est finalement un peu
ce que nous serons tous et toutes un jour, des retraités. Certains essaient de
garderça le plus loin possible,
comme moi, mais c'est quelque chose que nous atteindrons un jour comme statut
inévitablement.
Alors, merci,
M. Jalbert. On a eu votre mémoire un peu tardivement, hier, je pense.
Évidemment, je comprendsparce que vous êtes une association souvent de
bénévoles et de gens qui… vous n'avez pas les moyens qu'ont d'autres
grandes associations pour fouiller un rapport comme le rapport D'Amours. Merci
de votre opinion.
Une première question
de compréhension. Dans ce que vous venez de nous lire, particulièrement à la page 3, ondit : «D'ailleurs,
la position historique de l'AQDR — deuxième
paragraphe — s'est toujours appuyée sur l'importance
de relever le niveau des cotisations pour rejoindre 50 % des gains
admissibles...» Est-ce que ce que vous voulez dire, c'est 50 % du revenu
de la personne une fois que la personne est à la retraite?
M. Jalbert
(André) : C'est ça. C'est
parce que, là, peut-être que la phraséologie n'est peut-être pas précise, là,
mais on parle, à ce moment-là, d'atteindre, tu sais, un revenu minimum. Donc,
si, cette année, c'est 51 100 $, divisés par deux, ça fait 27 000 $ quelques, là, 26 000 $
quelques, donc, à ce moment-là, c'est dans cet esprit-là, tu sais, d'assurerun revenu, là. C'est l'esprit, en fait, dans
lequel la démarche historique s'est toujours faite, là, avec l'appui de d'autres
intervenants.
Maltais :
Parce que… Donc, ce serait le niveau des prestations pour atteindre le
50 % des choses admissibles.Parce
qu'actuellement, si on ajoute... bien, le RPC, le Régime de pensions du Canada
et la Régie des rentes du Québec, on atteint à peu près le 40 %.
M. Jalbert (André) : C'est ça. On
parle...
Maltais : Ça fait que, là, vous, vous seriez pour qu'on
atteigne le 50 %. Vous parlez de… Ce 50 %, vous voulezl'atteindre avec la rente de longévité ou vous
voulez l'atteindre en haussant le RPC et le RRQ? Je veux bien comprendre ce…
M. Jalbert
(André) : Dans la
discussion… dans la réflexion, en fait, le point de départ, ça a été d'évaluer
les coûtsen fait, là, tu sais, au
niveau des retraités, les coûts auxquels les gens font face, là, qu'ils soient
à logement ou qu'ils soientdans leur
résidence, etc. Donc, l'idée, c'est qu'à ce moment-là c'est sûr que la rente de
longévité, de la façon qu'elle estprésentée
dans le rapport D'Amours, c'est qu'elle s'inscrit dans un espace-temps plus
loin, là. Sauf que nous, ce qu'on dit, c'est qu'actuellement…
Nous, là, à
Québec, entre autres, on a le programme Coup de pouce, et, depuis déjà quelques
années, on avait déjà effectivement fait mention, au niveau, en fait,
public, là, de la presse, des résultats. On prend conscience, en fait, des difficultés, pas juste des difficultés des gens,
là, qui sont en logement ou en résidence, mais aussi des difficultés
financières que les gens traversent.
Donc, face à
ça, ce qu'on se dit, c'est que, si on calcule, à ce moment-là, les besoins
essentiels, là, soit sur base individuelle et aussi de couple, on
arrive, à ce moment-là, à des montants de revenus qui pourraient, à ce
moment-là, satisfaire une retraite plus
aisée. Parce que, comme vous le savez, puis c'est mentionné, en fait, au niveau
de la synthèsepuis du rapport D'Amours,
c'est que ce n'est pas toutes les Québécoises et les Québécois qui ont des
régimes de retraite, là, complets,
qui, à ce moment-là… bon, certains secteurs c'est plus. Dans certaines
circonstances, bien, il y a eu des actionsqui ont été posées, tu sais, dans certaines entreprises, les entreprises
ont eu des difficultés, faillites, etc., tu sais, dans lefond, ce qui fait qu'à ce moment-là les gens se
retrouvent avec des régimes peut-être un peu amputés dans leurs prestations.Donc, à ce moment-là, nous, ce qu'on dit, c'est
que, si ça atteint un montant de l'ordre
de la moitié finalement du montant qui est prévu, qui s'ajuste avec l'inflation
avec des indices, là, annuels, automatiquement, à ce moment-là, ça correspondou ça semble correspondre, en fait, aux
besoins essentiels des gens et ça leur permettrait d'avoir une retraite, à ce moment-là, plus adéquate, d'une
certaine façon.
Vous n'êtes
pas sans savoir, que ce soit, en fait, les gens qui se retrouvent en résidence à partir d'un certain âge, que leurs besoins financiers sont de plus en plus
grands, puis ils font face aussi à des pressions, que ce soit des pressionsfamiliales, des pressions internes, etc.
Donc, nous, dans notre optique, le premier principe, c'est le droit à la
retraite pourles retraités, c'est
sûr, mais aussi d'avoir un droit, à ce moment-là, à avoir, en fait, un revenu
qui est adéquat par rapport àleurs
besoins essentiels principalement, là, au niveau, justement, de leur période de
retraite, qui va être un peu plus longueque celle peut-être de nos grands-pères et grands-mères, mais qui, à ce
moment-là, va nécessiter beaucoup plus parce que, si on regarde...
C'est pour ça qu'on a mentionné les pressions
actuellement. Tu sais, seulement… Puis les chiffres qu'on a mentionnés, on aurait pu en mentionner plusieurs,
là, mais, sur le plan pratique, si vous prenez simplement les chiffresqui sont mentionnés au niveau des augmentations...
Puis on comprend, là, les pressions, etc., puis le modèle, en fait, social duQuébec, sauf que, ce qui est important
aussi, c'est que les gens se retrouvent en situation plus difficile, puis ces
pressions-là, bien, en fait, lorsqu'il y a des augmentations de taxe
puis des augmentations, en fait, de tarif, de tarification à tous les niveaux, bien, finalement c'est le contribuable,
finalement, individuel qui se retrouve avec ces éléments-là, ce qui fait
que la pression est de plus en plus forte.
Puis moi, je
suis retraité, préretraité, retraité et reparti, donc je suis à même, tu sais,
de… je le vois moi-même,tu sais?
Moi, là… Prenons un cas personnel. Moi, il y a 20 ans, j'ai investi dans une
thermopompe. Ma consommation d'électricité, sur les 20 ans, n'a jamais
augmenté, mais mon compte, en fait, est passé, a augmenté, en fait, de plus de
25 %.Tu sais, si je prends un
exemple personnel — on ne
parlera pas des exemples des autres, là — donc, sur le plan pratique,on le constate. On le constate aussi au niveau des
taxes, tu sais? Bon, on comprend qu'il y a des services, etc. Tu sais,
moi, je pense que tout le monde est très sensible à ça.
comprend aussi, puis c'est mentionné dans le document, que c'est par une
approche économique et entrepreneuriale, finalement, qu'on va réussir,
parce qu'il faut créer de la richesse. On ne peut pas avoir un modèle social, et de solidarité, et de participation sans
avoir, à ce moment-là, une création de richesse au niveau du Québec, parcequ'il faut qu'il y ait une création de
richesse. Donc, tous ces éléments-là font que, pour nous, sur le plan pratique,
bien, on se dit : Bien,
effectivement, les gens, les retraités… puis surtout qu'il y en a une grande
partie, finalement, à cause de la situation…
Puis, si vous prenez les jeunes aujourd'hui,
avec les propriétés qu'ils achètent à 350 000 $ puis
375 000 $ full hypothèque, ils ne
sont pas capables d'épargner, tu sais, d'une certaine façon. Ça fait qu'il faut
trouver des moyens. Puis,si jamais
il y avait des augmentations de taux d'intérêt, ça aiderait, ça aiderait les
rendements des régimes, ça aiderait lesrendements individuels des REER autogérés ou des REER, en fait, des
personnes. Sauf que, sur le plan pratique, ça créeune pression. Donc, il y a vraiment une
problématique. D'ailleurs, le rapport D'Amours... M. D'Amours, en fait, avecson comité ont quand même bien cerné des
éléments, là, par rapport à ça, des éléments fort importants. Puis, sur le planpratique, bien, nous, ce qu'on se dit, c'est :
Le choc, les chocs boursiers qu'il y a eu, tu sais, même les rendements, tu
sais…
Moi, je
prends mon cas personnel encore une fois, j'ai investi dans un régime d'une
entreprise à un moment donnépuis je
m'attendais, tu sais, à aller chercher des rendements très élevés, de 10 %
par année, hein, 10 % sur 7,2 ans, ça donnele double du capital, sauf que je me retrouve 10 ans plus tard puis,
dans le fond, ça a à peine progressé de 1,2 %, 1,3 %.Il y a quelques années, en fait, le rendement des
régimes puis le rendement des fonds était entre 6 % et 7 %, puis actuellement, bien, on le voit aussi au niveau des
fonds puis des fiducies, en fait, qui font des dons ou qui participent à un
support, en fait, dans le milieu communautaire et autres, les rendements
étaient de 6 %, 7 %. Donc, sur un fonds de 100 millions, ça donnait 6 millions, 7 millions à pouvoir
accorder des dons. Aujourd'hui, bien, ça se situe entre 2 et 3 millions.
Donc, cette
pression, finalement, au niveau des rendements internationaux, des rendements
nationaux fait qu'à ce moment-là il y
a vraiment, en fait… sans être une chape de plomb, là, mais il y a quand même
en fait une situation problématique,
là, par rapport au régime, quel qu'il soit, et surtout par rapport aux
individus. Et il faut se poser des questions,comme l'a fait enfin le comité D'Amours, il faut se poser des questions, là, sur l'avenir
et prévoir des choses. C'est pourça
que nous, en fait, après discussion, à l'AQDR, on pense que la rente de
longévité, en fait, c'est une excellente mesure, sauf qu'il y a des
éléments à adapter pour pouvoir la rendre de façon concrète et opérationnelle.
Maltais : Merci, M. Jalbert. Justement, en point 5 de votre
document, votre mémoire, vous nous dites ça,que vous pensez que la rente de longévité est une
voie intéressante. Vous avez un terme un peu plus modéré que ce
quevous venez de dire, entre
«excellente mesure» et «intéressant». Mais vous dites effectivement «qu'elle pose
encore desinterrogations quant à sa
pertinence dans le contexte des 30 prochaines années». Pourriez-vous un peu
nous expliquer ce que vous voulez dire par cette phrase-là?
M. Jalbert
(André) : Bien, c'est un peu
ce que je mentionnais tantôt, c'est la capacité, en fait, à générer… c'estla capacité à générer une richesse qui fait qu'à ce moment-là, au niveau des individus puis du collectif, on puisse, à ce moment-là, être en mesure de
satisfaire les besoins de cette rente-là. C'est dans ce sens-là, tu sais. Ce n'est
pas la pertinence sociale, c'est plus l'aspect
économique, là, de la chose, tu sais.
Moi, je pense que… en tout cas, là, c'est uneopinion, là, je ne l'ai pas partagée avec le groupe, mais, si je lis, en
fait, la préoccupation, la problématique, elle est beaucoupéconomique et financière, tu sais, par rapport à
ça. Moi, je pense que tout le monde pense que c'est une bonne chose dansl'ensemble, sauf que, sur le plan pratique,
c'est la capacité… D'ailleurs, bien là je ne veux pas reciter, mais il y a un
de vosintervenants qui a quand même
mentionné certaines difficultés qu'il pourrait y avoir, tu sais, au niveau d'une
ponctiondans l'épargne à court terme
par rapport au long terme, etc. Donc, ça, c'est des éléments sur lesquels ça
amène une réflexion.Il faut y
réfléchir, voir qu'est-ce qu'on peut faire. Puis c'est sûr que l'État ne peut
pas tout donner non plus, parce que, d'une
certaine façon, il faut aussi qu'il y ait une participation. Mais tout ça, c'est
relié à la création de richesse, c'est-à-dire...Puis c'est pour ça qu'on a insisté aussi pour mettre le terme
«entrepreneurial», le mot «entrepreneur», sur lequel, en fait, depuis...
ça devient très important pour le Québec de se positionner.
Maltais :
Merci, M. Jalbert. On a beaucoup soulevé la question, la semaine dernière, du
supplément de revenugaranti. Je ne
sais pas si vous avez écouté les débats. C'est que, si on mettait en place la
rente longévité sans harmonisationavec
le fédéral, on se trouverait à couper du supplément de revenu garanti, ce qui
fait que c'est l'ensemble des contribuables qui donnent de l'argent au fédéral
pour le supplément de revenu garanti, mais c'est chacun, chaque citoyen et
chaque entrepreneur qui va cotiser pour une
rente longévité. Donc, c'est comme si on enlevait du poids de finance au
fédéral puison le mettait sur le dos
des contribuables québécois et des entreprises québécoises. Avez-vous une
opinion? Avez-vous suivi les débats là-dessus?
M. Jalbert
(André) : Bien, tu sais, c'est
sûr que, face à ce qu'on a dit, on a dit : Il y a le droit à retraite,
ensuitede ça, sur le plan pratique,
le droit à un revenu de retraite minimum, en tout cas, un revenu de retraite, c'est
évident qu'on n'est pas... tu sais, dans le fond, moi personnellement
puis aussi au niveau de l'AQDR, on pense que ce n'est pas une solution, là, de rediminuer. Tu sais, on ne peut
pas prendre d'une main puis l'enlever à l'autre, tu sais, d'une certaine façon.Sauf que, c'est sûr, il faut qu'il y ait
harmonisation. Puis là on tombe dans tout le débat, en fait, d'harmonisation
des dossiers entre le fédéral puis le Québec. Sauf que c'est
sûr que, pour nous, c'est le droit à la retraite puis c'est le droit de
conservation,finalement, des revenus
qu'on a gagnés, etc. Ça, c'est clair, net et précis. Puis c'est pour ça d'ailleurs
que, dans le positionnement du
mémoire... en partant, dans le mémoire, nous avons positionné, en fait, cet
élément-là fort, à savoir que,pour l'AQDR,
c'est une défense des droits déjà acquis comme tels, quels qu'en soient, en
fait, les situations puis les régimes.
Maltais : Merci,
M. Jalbert. Pour moi, ça... Je vais laisser mes collègues poser quelques
questions.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le député de Rouyn-Noranda—Témiscamingue.
Chapadeau :
Merci, M. le Président. Merci, M. Jalbert, pour votre présentation. Au
paragraphe 7, c'est-à-direà la
dernière page, là, le septième élément que vous mentionnez : «Nous
appuyons la recommandation d'aider les travailleursà épargner davantage pour la retraite, mais
rappelons l'urgence de rendre le système plus efficace.» Qu'est-ce qui, selon
vous, devrait être mis en place pour rendre le système plus efficace?
M. Jalbert
(André) : Bien, c'est les
mesures... c'est sûrement... En fait, en termes pratiques, pour nous autres,là, c'est des mesures qui touchent... c'est
des mesures, en fait, qui touchent la capacité peut-être des retraits ou la
facilitéau niveau des retraits, puis
c'est ces éléments-là, là, tu sais. Ça touche principalement le retrait, là, dans
les régimes, là, ànotre avis. Donc,
le rendre plus efficace, c'est dans ce sens-là, parce qu'il y a des fonds... Il
y a eu des améliorations. C'estsûr
que, dans les dernières années, il y a eu certaines améliorations au niveau des
régimes, là, entre autres, que ce soient les régimes, là, qui sont des
REER institutionnels, ou bancaires, ou autres, là, fiduciaires.
Mais c'est
dans ce sens-là. C'est de prendre des mesures, en fait, davantage pour le
rendre plus efficace, dans lesens
que, pour les gens, à ce moment-là, c'est plus... C'est sûr qu'on ne peut pas
augmenter le dégrèvement d'impôt parrapport
à ça, etc., là, parce qu'on en a besoin. Mais, nous, c'était dans cet
esprit-là, c'est dans le sens des retraits principalement, puis de la gestion. Si on retire, à ce moment-là, bien,
si on retire dans une année, on peut replacer dans une année, mais
peut-être qu'on pourrait le faire sur plusieurs années.
Donc, il y a
toute une série de mesures au niveau de la planification financière fiscale,
là, qui pourraient se fairede ce
côté-là. C'est sûr que, là, je n'ai pas la liste exhaustive avec moi là-dessus, mais c'est un élément. Là, je dois direque je suis un ex-planificateur financier, donc c'est
pour ça que j'en parle un petit peu, là, de cet aspect-là. Mais il y atoute
une série de mesures, là, pour rendre les retraits, les dépôts, etc., l'utilisation...
mais toujours dans l'optique, en fait,de le maintenir pour une retraite avec revenus
adéquats pour satisfaire les besoins essentiels des individus contribuables.
Chapadeau : Merci,
monsieur.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le député de Sanguinet.
Therrien :
Merci, M. Jalbert, de votre présence ici, en cette commission. Je voudrais
revenir sur l'item 6 de lapage 4.
J'aurais besoin de petites informations supplémentaires. Je n'ai peut-être pas
saisi, là. Ce n'est peut-être… sûrement pas de votre faute, là. Vous
parlez du droit à la retraite, du revenu décent; évidemment, c'est ce qu'on
souhaite tous.
Quand vous commencez
le point 6, vous parlez du coût additionnel pour les travailleurs et les
employeurs puis vous semblez un peu mettre un bémol sur cette
possibilité, là, d'augmenter les coûts pour chacun. Est-ce que je saisis bien? Tu sais, quand vous dites : «Nous
appuyons donc les buts et les caractéristiques d'une telle rente, mais notre
réflexioncollective n'est peut-être
pas complète quant à son financement et au coût additionnel pour les
employeurs, les [...] travailleurs.»
M. Jalbert
(André) : Bien, ce qu'on
voulait dire, nous autres, c'est qu'à partir du moment... Pour introduire une
telle mesure, il faut s'assurer, à ce moment-là, que le poids, tu sais, le
poids de l'intervention de la mesure sera, à ce moment-là, acceptable, tu sais, pourrait être acceptable au niveau des
individus qui vont être touchés. C'est d'abord ce qu'on voulait dire, ce
qui est en arrière de cette démarche-là.
Tu sais, c'est sûr qu'on peut
imposer, en fait, un pourcentage très élevé d'épargne, etc., puis on connaît
les implications que ça peut avoir, parce
que, dans le modèle économique, là, dans le modèle économique, ce qui va en
épargneva en investissement, etc.
Mais nous, en fait, c'est la réflexion, dans le fond, on se disait, face, entre
autres, aux différentesinterventions
qui se sont faites la semaine dernière, entre autres au niveau de la rente, là,
du principe, on s'est dit : Bien, peut-être qu'il y a une réflexion
à poursuivre, collective, pour s'assurer, à ce moment-là, qu'au niveau des
tenants et aboutissants on a quand même, en
fait, un équilibre, là, financier qui se fait pour les travailleurs et les
travailleuses, parce qu'on ne peut pas… pour ne pas trop peser, là, sur…
C'est dans ce sens-là.
réflexion collective, ce n'est pas la réflexion de l'AQDR, c'est la réflexion
de tout le monde autour de la table, de tous les intervenants, en fait,
que ce soient les associations ou les entreprises, les entrepreneurs, en fait,
toutes les personnes et tous les gens, les gestionnaires de fonds. Parce qu'on
sait qu'il y a eu, en fait, comme je mentionnais tantôt, il y a eu différents problèmes, en fait, au niveau de la gestion
administrative de certains régimes, de certains fonds, dus à des circonstances, etc., et autres. Donc, à
ce moment-là, à ce titre-là, bien, nous, ce qu'on s'est dit… face, en fait, àla démarche qui se fait, bien, nous, on
pense que c'est une très bonne mesure, sauf qu'il faut faire une bonne
réflexion collective par rapport à ça pour s'assurer qu'on prend la
bonne voie.
Therrien : Parce
que, plus loin, vous parlez de rapprocher de la vérité des coûts, c'est un peu
ça, c'est…
M. Jalbert
(André) : C'est ça.
Therrien :
Le fait que les prestations soient en déclin, c'est parce qu'on ne paie pas
assez, semble-t-il, aprèsce qu'on a
entendu, là. Et donc un ne va pas sans l'autre. Parce que sinon il faudrait
voir d'autres options si on ne voulaitpas
augmenter les coûts, genre la retraite plus tard ou des choses comme ça. Ça,
vous n'êtes pas pour ça, hein, j'imagine?
M. Jalbert (André) : Bien…
Therrien :
Parce que, si on ne veut pas augmenter les coûts, à quelque part, il faut y
aller avec d'autres alternatives que ce que le rapport D'Amours propose.
M. Jalbert
(André) : Bon, moi, là, vous
ne pouvez pas imaginer l'âge que j'ai, là, mais moi, j'étais déjà à la retraireauparavant. C'est-à-dire que, nous, en fait,
je pense qu'au niveau de l'AQDR, il y a le droit, mais il y a aussi la capacitéindividuelle, tu sais, à prendre sa
retraite. C'est-à-dire que, c'est sûr, lorsqu'on change les paramètres de 65 à
67, ou je ne sais pas quoi, ou n'importe quel âge, lorsque c'est fait…
Moi, je
pense, sur une base volontaire, on le remarque beaucoup. Tu sais, nous, on
remarque beaucoup les gensqui sont
retraités... Parce que moi, je suis aussi au niveau de la coopération
internationale et, à ce moment-là, j'ai beaucoupde bénévoles qui s'impliquent, qui vont, en fait, dans des pays, etc.
Donc, on voit que les gens même retournent travailler avec peut-être un
salaire différent, mais reviennent travailler.
Je vous donne
un exemple. Moi, là, je suis retourné… j'ai aidé une entreprise, en fait, à se
relever il y a deux ans,puis j'ai
facturé, en fait, une facture d'honoraires professionnels qui a été dûment
énoncée à Revenu Québec et RevenuCanada.
Sauf que ça m'a coûté 53 % point quelques, tu sais. Ça fait que, là, j'ai
été obligé de refaire un chèque plus que de la moitié finalement, là, de la somme qui avait été gagnée, tu sais? Ça
fait que ça, c'est une mesure, tu sais, c'est une mesuredésincitative. Parce que je connais des gens, moi,
qui vivent ça puis qui disent : Bien, écoute, ça devient moins
intéressant,tu sais, à partir d'un
certain moment parce que, le taux de taxation marginal étant plus élevé, bien
là on se retrouve à êtreobligés de
faire un chèque ou de faire des paiements prépayés, là, pour l'impôt qu'on aura à payer, parce que notre niveaude revenus, à partir du moment où on
retourne — si on a
65 ans et plus, naturellement, là — au travail, à ce moment-là, on est
touchés fortement. Ça fait que c'est tous ces éléments-là, là, nous, sur
lesquels on se pose des questions. Pour le moment, que la retraite soit
à 65, 67, je ne suis pas en mesure actuellement de modifier cet âge-là. Nous,
on s'est basés sur le fait que c'était à 65 puis on tenait compte, à ce
moment-là, du rapport D'Amours tel qu'il était mentionné.
Therrien :
Moi, ce n'est pas une hypothèse que je considérais nécessairement, mais c'est
parce que, devantl'idée de ne pas
augmenter les coûts, bien, je vous disais, des possibilités, à ce moment-là, se
raréfient, puis je voulais juste clarifier ça. Donc, vous voulez poser
une réflexion sur l'augmentation des coûts pour que ça soit quand même
raisonnable pour les salariés puis pour les employeurs. C'est ce que je voulais
savoir.
M. Jalbert
(André) : C'est ça. Tu sais,
les gens en général, les gens, la population en général, ils sont très
réceptifs,là, par rapport à ça. C'est-à-dire
que, lorsque c'est justifié, justifiable et raisonnable, les gens, à ce
moment-là, ils ont unbon jugement,
là, tu sais, la population en général a un excellent jugement, là, par rapport
à toute cette question-là. Donc,il
faut… Nous, ce qu'on dit, dans le fond, tout en préservant les droits, là, ce
qui est important, c'est d'en arriver, à ce moment-là, à avoir, en fait,
un bon équilibre, là, par rapport à cette démarche.
Therrien : O.K. Merci.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Ça va? Et nous…
Maltais : …reste
du temps?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Il resterait 1 min 30 s, oui.
Maltais : Ah, ça
va. On va remercier simplement M. Jalbert pour son mémoire, à ce moment-là.
M. Jalbert (André) : Merci.
Gautrin : Juste une
question.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le député de Verdun.
Gautrin :
Alors, je vous remercie. Bienvenue, M. Jalbert, ici. En vous écoutant et en
lisant votre mémoire,il y a une
phrase que je vais essayer de résumer : Il est important pour les
retraités d'avoir un salaire ou une rémunérationdécente au moment de la retraite. Mais implicitement vous dites :
Et aussi de la maintenir au courant de la vie. Et vous plaidez en
disant : Il y a actuellement une augmentation de la longévité, ce qui fait
que ce qui peut paraître décent au moment de
la prise de la retraite rapidement peut s'éroder et peut ne plus devenir
décent. J'ai l'impression que c'est la base de votre mémoire. Et vous
nous interpellez en disant : Il n'est pas tout de voir… assurer, en
quelque sorte, un remplacement
du revenu au moment de la prise de la retraite, mais il faut compter que la
prise de retraite puisse durer un certain temps. Est-ce que je comprends
bien votre position?
M. Jalbert
(André) : Vous avez bien interprété, en fait, nos propos.
Gautrin :
Merci. Est-ce que je peux vous… Je vais essayer d'aborder avec vous une
question que vous n'avez pas abordée dans
votre mémoire, mais qui… parce que… non, non, mais je vais vous expliquer
pourquoi, parce que vous êtes la première association de retraités qui
vient témoigner devant cette commission.
vous avez lu le rapport D'Amours — je suis sûr que vous l'avez lu — le rapport D'Amours, en particulier en
ce qui touche la manière de corriger la situation dans les municipalités,
envisage peut-être une remise en question des bénéfices
pour les retraités, une possibilité éventuelle d'augmentation. Donc, il y a une
négociation à trois parties : l'employeur qui, en l'occasion, est
la municipalité, éventuellement les retraités et les syndicats qui
représentent, à ce moment-là, les employés
de la municipalité. Comment vous voyez cette négociation à trois parties? Je
comprends… vouscomprenez bien qu'il
va falloir qu'on précise ça. Et, à chaque fois, le rapport D'Amours dit qu'il
faut consulter les parties,sans
préciser le moyen de consulter des parties. La négociation à deux, c'est
quelque chose qu'il est facile de concevoir. La négociation où vous
impliquez trois groupes, c'est un peu plus compliqué. Est-ce que vous avez eu
la chance de réfléchir à cette question?
M. Jalbert
(André) : Bien, en fait, vous me prenez un peu au dépourvu par rapport
à cette question.
Gautrin :
Vous comprenez bien, monsieur, je ne veux pas vous mettre en mal…
M. Jalbert (André) : Non, mais c'est parce qu'il y a toute une… C'est parce qu'entre autres,
tu sais, il y a touteune
connotation… Comment je dirais? C'est sûr que c'est une problématique, là, d'une
certaine façon, tu sais? Moi, là, auniveau
de l'AQDR, c'est évident que la réflexion qui s'est faite, c'est sur le droit à
la retraite, etc., puis c'est sur l'appuià ce qu'il y ait des tractations, des négociations, en fait, avec les
parties qui sont en cause. Mais, tu sais, c'est difficile pourmoi, là, ce matin, tu sais, d'avoir une opinion
par rapport à ça. Parce que, comme vous dites si bien, à deux, ça discutebien, mais à trois, bien là, c'est une autre
problématique puis ça implique des intervenants de milieux, là, qui sont quand
même différents puis qui ont des besoins, des aspirations et des éléments
différents à considérer.
Comment vous voyez
ça? Bien, c'est sûr que sur le plan pratique il y a toute la question… il y a
les études actuarielles, il y a tout ce qui
touche, en fait, l'aspect finances, mais il y a l'aspect social et économique
aussi qui joue.Donc, c'est évident
que, sur le plan pratique, pour pouvoir réaliser ça, moi, je pense que les
gens, c'est par un dialogue… tu sais, c'est un dialogue constant. Puis,
comme je disais tout à l'heure, moi, je pense que le fondement finalement du
jugement des groupes est bon. Donc, à ce moment-là, sur le plan pratique…
Mais c'est évident
que, lorsque vous touchez des régimes… Puis on connaît la situation, en fait,
de certains régimes municipaux ou publics,
là, qui, à ce moment-là, présentent peut-être, en fait, dû aux circonstances économiquesde rendement des régimes, présentent des
déficits importants. Donc, il
y a vraiment des discussions, là,
à maintenir là-dessus.Comment ça va
se faire en pratique? Bien, c'est par des tables rondes, etc., puis des
rencontres. Mais je n'ai pas de… tu sais, je n'ai pas de solution
miracle par rapport à ça.
Moi,
je suis conscient, si vous le prenez sur un plan économique ou financier, moi,
je suis conscient… en fait,on est
conscients, là, des états de ces régimes-là, des états financiers, si on veut,
de ces régimes, des états de déficit peut-êtreaussi de certains, sauf que, sur le plan pratique, entre autres, il
faut, à ce moment-là, en arriver à des discussions. Moi, jene vois pas… Moi, par déformation et formation, je
suis plus un formateur et un animateur, donc je suis moins quelqu'und'autoritaire, tu sais, d'une certaine façon. C'est
pour ça que je penche plus du côté de la discussion et de la négociation
plutôt que d'une autre approche. Mais c'est une question complexe que vous me
posez là ce matin, là, c'est…
Gautrin : Mais, M. le Président, je comprends qu'elle est
complexe, mais vous comprenez bien qu'on va devoiry faire face, tous les parlementaires. Je me suis
permis de vous la poser parce que vous êtes le premier groupe — et peut-être avec ceux qui vont vous
succéder — qui
représentez les intérêts des retraités.
M. Jalbert (André) : C'est ça. C'est parce que nous, en fait, comme je vous mentionnais,
nous, notre membership,nos membres
sont des gens de la population, de la population plus en général. C'est sûr
que, lorsque vous allez rencontrerdes
associations qui représentent des groupes ciblés, des associations professionnelles
ciblées de milieux de travail, etc.,c'est
évident que ces gens-là sont… Nous, en fait, on est plus au niveau de la
population. C'est pour ça que moi… notre mémoire était plus dans une
approche générale de revenus décents, etc., comme vous avez si bien mentionné.
Gautrin : J'ai bien compris. Est-ce que je peux vous
suggérer quand même d'y réfléchir parce qu'on va faireface à ce problème-là, et, très honnêtement, moi,
je n'ai pas de solution pratique à première vue. Je pose des questionsaussi aux représentants du monde syndical, je vais
le faire cet après-midi. Mais on a à réfléchir sur cette réalité qui va nous
frapper et qu'il va falloir qu'on encadre éventuellement au niveau législatif.
Alors, je vous remercie et je crois que, M.
le Président, puisque c'est vous qui donnez la parole, je crois que mes
collègues ont chacun des questions à poser aussi.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le député d'Outremont.
Bachand : Merci, M.
le Président. Bonjour, M. Jalbert.
Merci d'être ici ce matin. J'ai lu votre mémoire hiersoir, je vous ai écouté tout à l'heure en réponse aussi à la question de la ministre. J'aimerais revenir, là, dans votre commentaire n°5 sur la rente longévité. Vous dites qu'elle pose des interrogations et
des incertitudes économiques. Puis j'écoutais votre réponse puis vous
trouvez que c'est bon, c'est important, vous étiez… je veux vraiment bien vous
interpréter, mais qu'il y a un coût pour l'économie à la mettre en place, donc
soyons prudents. D'ailleurs le rapport D'Amours en parle de coût-là de 4 milliards par année, là, et donc de son
impact sur le PIB. C'est à ça que vous faites référence, au fond.
M. Jalbert (André) : Oui. Effectivement, c'est dans ce sens-là, en fait, que nous mentionnons…
Nous sommesconscients, là, qu'il y a
un coût et qu'à ce moment-là on doit être prudents. Ce n'est pas… Le principe…
si je reviens surle principes qu'on
a mis de l'avant dans notre mémoire, c'est le droit à la retraite, le droit à
la retraite décente, etc., mais tout
en tenant compte, à ce moment-là, en fait, des éléments, là, qui permettent de
la réaliser puis de l'accorder, en fait,dans un contexte, là, économique qui actuellement n'est peut-être pas
stable dans l'ensemble. Donc, effectivement… Puis on sait qu'il y a des
coûts de régime, etc.
Donc,
sur le plan pratique, lorsqu'on le pose, nous, on ne le remet pas en cause
parce que, dans nos réflexions, finalement… Pour tout le monde, ici, si je
retourne, en fait, aux notes de base, en fait, le rapport D'Amours a le mérite de
remettre les pendules à l'heure, et la proposition de rente de longévité
apparaît nécessaire et urgente pour corriger les impacts, en fait, qui se sont passés dans la gestion de certains
régimes. Donc, sur le plan pratique, en fait, pour tout le monde,
nous, à l'AQDR, les gens qui ont réfléchi sur la question, c'est important.
Sauf qu'on se dit : Bien, compte tenu des coûts, compte tenu de
tout ce qui touche…
Puis
nous, on n'a pas nécessairement fait le travail de la commission du rapport D'Amours,
mais, sur la questiondu bon
jugement, à la lumière des éléments qui sont mentionnés, ça nous apparaît, en
fait, important. Sauf qu'on la… Elle portera un autre nom, mais, en tout
cas, on ne la met pas en cause, mais on se dit : Bien, écoutez, il y a
peut-être des interrogations, il faut s'assurer
que, etc. Et on en est conscients, parce qu'avec le fait que les aînés, au fur et à
mesure, ont peut-être une espérance de vie, que ce soit autant les
hommes que les femmes… surtout les femmes.
Dans
notre mémoire, c'est pour ça qu'on a utilisé, en fait, toujours «Québécoises et
Québécois» ou «travailleuseset
travailleurs», etc., parce qu'on est conscients que les femmes, finalement,
pour plusieurs, sont très touchées, en fait,par ces questions-là, surtout qu'ici, même si les hommes vivent un peu
plus vieux, souvent les femmes se retrouvent, en fait, veuves. Puis on le constate, nous, entre autres à
l'intérieur de notre programme Coup de pouce, les dames qui sont, à cemoment-là… puis dont l'époux, ou le conjoint de
fait, ou le conjoint est décédé depuis plusieurs années, à ce moment-là,
se retrouvent dans des situations souvent plus difficiles. Donc, on sait que,
pour les femmes, en fait, c'est un élément important.
Puis ça, là-dessus, dans le contexte du rapport D'Amours, en fait, il en est
fait mention. Puis ça, on le reconnaît, là. C'est pour ça que, dans
notre mémoire, on a utilisé les deux expressions, pour confirmer effectivement
qu'on était sensibles à ces éléments.
Bachand : …je reviens sur un aspect de ma question, puis je
vais parler de quelque chose qui n'a pas été traité.Mais donc, la rente longévité, puis je pense que D'Amours
le… je veux dire, c'est quelque chose d'essentiel à mettre enplace. Il y a un coût sur l'économie. Peut-être qu'on
peut y aller graduellement, mais il faut le faire. La rente longévité,
évidemment, elle vient… Je ne sais pas si vous vous étiez prononcés sur la
proposition qui existe depuis deux ans au Canada
et poussée par l'ensemble des centrales syndicales, d'augmenter de façon
radicale le régime des rentes du Québecet d'augmenter cette cotisation-là, évidemment presque doubler la Régie
des rentes du Québec. En tout cas, la propositionde la FTQ qu'on entendra cette après-midi, c'est,
au lieu d'être 3,3 % de cotisation sur les… de cotisation
patronale-syndicale, elle est de 6,8 %, donc plus du double de l'impact
sur l'économie. Est-ce que vous vous étiez prononcés sur ça?
Puis je ne veux pas vous mettre des mots dans la
bouche, mais, si vous êtes… Si vous avez une certaine inquiétudesur la mise en place de la rente longévité parce
que ça a un impact sur l'économie, est-ce que je mets des mots dans votrebouche en disant, donc, que vous êtes contre
l'augmentation drastique de la Régie des rentes, soudaine, parce que c'est
le double? Vous ne vous êtes pas prononcés sur ça? J'essaie de…
M. Jalbert (André) : Non. Mais, en fait, moi, je reviendrais, à ce moment-là, à la notion du
revenu, tu sais, lanotion du revenu décent,
là, pour utiliser l'expression qui a été utilisée tout à l'heure. Je reviendrais sur cette notion-làpour rejoindre environ le 50 %,
finalement, du montant maximum des revenus. Donc, sans, si on veut, prendre
positionsur l'augmentation ou non,
là, du pourcentage, nous, ce qu'on pense, c'est le principe du droit à la
retraite, d'une retraitedécente et
qui est basée sur des revenus, à ce moment-là, qui correspondent et qui, dans l'échelle
du temps, finalement viennent confirmer et permettre aux gens d'avoir une
retraite confortable et décente, toujours en respectant les besoinsessentiels. Si on va sur la pyramide de Maslow, c'est
les besoins de base principalement et secondaires, et non pas le reste,
là, mais s'assurer que les gens vont…
le voit, tu sais? Nous, c'est comme je vous mentionnais, là, à l'intérieur des
programmes dans les différentessections,
on voit, en fait, les besoins des gens, les besoins financiers autant que les
besoins sociaux et autres. Et, dans cetesprit-là, bon, est-ce que c'est un pourcentage… Moi, je pense… En fait,
nous, notre position, c'est de dire : Bien, c'est un droit à
la retraite, puis c'est un droit à une retraite décente avec un revenu décent.
Bon, les moyens, ce n'est peut-être pas à nous… On peut suggérer des moyens,
comme vous dites. Ça pourrait être d'augmenter telle cotisation, etc. Mais,
pour lemoment, là, en fait, nous,
notre démarche était plus au niveau des principes… du principe de base, là, d'une
retraite décente.
Bachand :
Merci beaucoup. Bien, peut-être deuxième, mais autre sujet, là. À votre
paragraphe 7, vous ditesque vous
appuyez «la recommandation d'aider les travailleurs à épargner davantage pour
la retraite». Je ne sais pas si vous venez témoigner devant nous… c'est plus restreint,
la liste des témoins, je pense, pour la
Loi sur les régimes volontairesd'épargne-retraite. Est-ce que vous faites
allusion, ici, à la
Loi sur les RVER, les régimes volontaires d'épargne-retraite?
M. Jalbert
(André) : Non. Non. Nous c'est…
Bachand :
Et avez-vous une opinion sur la
Loi sur les RVER?
M. Jalbert (André) : Là, je ne suis pas… Là, ce matin, je ne suis pas… Je ne serais pas en
mesure de vous donner… Il faudrait qu'à
ce moment-là je retourne au groupe. Nous, c'était le principe, tu sais, comme
régime d'épargne retraite enregistré, donc l'épargne tel que dans le
rapport, tel qu'il est mentionné dans le rapport, la
partie personnelle d'implication, là, qui va au niveau des individus,
tu sais, que chacun finalement, normalement, à cause des… À cause,
finalement, du crédit d'impôt que les deux niveaux de gouvernement accordent,
les gens ont une responsabilité.
Moi,
je pense, en fait, puis c'est une opinion personnelle, là, en ayant vu… Je
pense que les gens sont sensibles à ça, mais, face aux impératifs de la
vie, face à tout ce que touche la vie moderne, ça devient difficile pour les
jeunes, entre autres, là, lorsqu'on regarde,
d'épargner. Donc, il faut s'assurer, tu sais… Parce que la société a beaucoup
évolué, hein? Si on regarde juste
seulement, là, dans les 20 dernières années, la société a beaucoup évolué. Donc, est-ce que tout le
monde devient conscient… On est plus
dans le sens de l'hédonisme aujourd'hui. Donc, est-ce
que tout le monde est
conscient qu'on doit épargner? Tu sais, nous, une certaine génération, ayant vu
nos grands-pères, nos grands-mères, finalement, vivre avec... à 0,25 $ de
l'heure, travailler 60, 70 heures par semaine, c'est différent un peu, là, des
gens d'aujourd'hui avec les revenus, donc,
tu sais, moi, si je regarde, là, par rapport à ça. Donc, les gens... c'est pour
ça que les mesures incitatives sont importantes.
le système soit plus efficace, là, nous, on ne posait pas de jugement de valeur
sur, en fait, les instruments, là,gouvernementaux
qui sont impliqués, c'était plus au niveau des modalités, les modalités, en
fait, de retrait, et autres. Et lamise
en place... En fait, c'est ça, l'assouplissement du cadre législatif pour le
décaissement, ça constitue des conditions gagnantes. C'est que ça
permet, à ce moment-là, aux gens...
Bachand : ...de vous interrompre pour permettre à mon
collègue aussi et par la suite… Mais, donc... parceque D'Amours avait une recommandation spécifique
sur les régimes volontaires d'épargne retraite. Vous n'avez pas...
M. Jalbert
(André) : Mais nous, on est allés dans le sens de l'individu.
Bachand :
Parfait. Merci beaucoup. Je pense que mon collègue aimerait poser...
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le député de Mégantic.
Bolduc
(Mégantic) : Merci, M. le Président. Bonjour, M. Jalbert. Écoutez, moi... Vous
préconisez dans vos faits généraux que vous faites la défense des
retraités. Est-ce que vous vous êtes posé la question sur quelle méthode spécifique vous souhaiteriez qui soit prise, si on
veut, dans les fonds de retraite pour s'assurer que les retraités ont desrevenus adéquats, par exemple, là, des fonds réservés qui seraient extraits, si on veut, des budgets
opérationnels ou des actifs, etc.? Est-ce que vous pourriez élaborer sur
ce segment-là?
M. Jalbert (André) : À ce moment-là, c'est... C'est une bonne question, c'est... Effectivement… Je vais vous donner un
exemple. Je vais répondre par un exemple, si vous me le permettez, là. Moi, je
suis aussi impliqué dans la coopération
internationale. Donc, nous, on fait des projets à l'international dans 15 pays,
là, parce que je suis président duconseil
d'administration des opérations, en fait, de l'Aide internationale à l'enfance.
C'est un petit message, mais en tout cas.Sur le plan pratique, ce qui arrive, c'est qu'on a des fonds, on reçoit
des fonds et on a une
partie qui est paramétrée auniveau de la gestion puis on a aussi une
partie
qui est paramétrée, en fait, au niveau des fonds. Ça fait que c'est sûr queles fonds, il y a des fonds liés puis des
fonds non liés. Donc, les fonds liés, on est obligés, à ce moment-là, de les
conserver parce que c'est une responsabilité du conseil d'administration.
Ça fait que, face à
ça, je vous réponds, si on veut, de cette façon-là, mais moi, je me dis, par
rapport à votre question, effectivement, il
y a des éléments... en fait, des éléments financiers qui devraient être, à ce
moment-là, liés dansce sens-là, donc
des fonds gelés, puis aussi une partie, en fait, qui touche plus la gestion.
Mettons qu'on va chercher, nous, auprès
d'une fondation un 100 000 $, bien la fondation peut nous accorder
12 %, 12 000 $, pour la gestion, et le reste doit aller
dans le pays ou doit aller, à ce moment-là, pour supporter les projets.
Donc, sur le plan pratique — ma
réponse — en
fait, ce qui s'applique dans ce domaine-là devrait possiblements'appliquer à ce que vous mentionnez, là, c'est-à-dire qu'à ce moment-là il y a des parties gelées, liées qui, à ce moment-là, garantissent, en fait, les
fonds.
Bolduc
(Mégantic) : M. le Président, est-ce
qu'il y a d'autres mesures que vous
préconisez, autres que celle-là, qui pourraient aussi assister, si on
veut, les retraités dans leur protection de droits à long terme?
M. Jalbert
(André) : Peut-être
la participation... Bien, ça avait été mentionné dans nos
discussions préalables,là, avant, c'est
la participation aussi des gens qui sont impliqués, la
représentation des personnes qui sont impliquées, en fait,plus spécifiquement. Ça, c'est
un élément important, là. C'est sous-jacent, en fait, à notre démarche qui est
ici. Ça, entre autres, c'est un élément.
Puis,
après ça, c'est la transparence. C'est pour ça que, dans les éléments, les
concepts qui ont été mentionnés, il y
avait, entre autres, la transparence,
etc., l'histoire des coûts. Tu sais, dans
le fond, nous, là, dans d'autres
domaines — puisc'est des petites activités, là — on est obligés d'être très transparents, c'est-à-dire
qu'à ce moment-là, pour chacune desinterventions
qu'on fait : les revenus moins les dépenses, puis c'est très paramétré,
etc., d'une certaine façon, avec uneapproche
qui est axée sur les résultats. Donc, dans ce sens-là, effectivement, la
participation des gens, l'identification deparamètres, etc., c'est toutes des mesures administratives, puis il y en
a d'autres sûrement, là, que moi, je ne connais pas dans le détail. Mais
ce sont des éléments importants, là, pour s'assurer, à ce moment-là…
Puis il y a
toujours, en fait, une vérification, il y a un audit, là, d'une certaine façon,
les audits. Bon. Ça, c'est sûrqu'on
peut émettre des commentaires, mais la question des audits devient importante,
mais des audits véritables, là, commeil
se fait dans le monde financier, qui se fait chez les caisses, ou encore chez
les banques, ou les institutions financières defiducie. C'est des éléments importants pour s'assurer que les sommes qui
ont été accumulées vont servir effectivement à la retraite puis aux gens
pour lesquels elles sont dévolues.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Merci, M. Jalbert. Je passe la parole maintenant à M. le député de
Lévis.
M. Dubé :
Merci beaucoup, M. le Président. M. Jalbert,
rapidement, deux questions, si j'ai le temps. La première, sur les
mesures incitatives. J'ai trouvé ça intéressant, vous avez eu la gentillesse de
partager votre exemple personnel d'avoir la
chance de retourner sur le marché du travail au moment où vous étiez à la
retraite. Expliquez-moi donc ça, parceque
je ne le vois pas dans votre mémoire, mais je
trouve la suggestion intéressante. Quelqu'un
qui arriverait, selon vous, àl'âge
de la retraite, puis que, pour atteindre son niveau décevant... le niveau
décent, je veux dire, de retraite plus tôt ourégler son problème décevant — c'est
ça que je voulais dire — qu'est-ce que... Redites-moi donc votre suggestion au niveau de la baisse du taux d'imposition, qui permettrait justement
de combler cette lacune-là?
M. Jalbert
(André) : Bien, moi, je pense
qu'il devrait y avoir un incitatif sur le taux marginal, tu sais, pour les
gens qui retournent. Bon, c'est sûr qu'il y a une...
M. Dubé : À quel âge, selon
vous, ça devrait être...
M. Jalbert (André) : Bien, si l'âge
de retraite est à 65, c'est 65. Tu sais, là, je parle...
M. Dubé : Est-ce que c'est quelque
chose que vous avez discuté à l'association?
M. Jalbert (André) : Non, là, je
vous parle plus sur une base personnelle, d'expérience personnelle.
M. Dubé : ...une bonne idée de
pousser la discussion avec vos gens, parce que...
M. Jalbert (André) : Oui. Non, mais,
là, c'est parce que j'ai peut-être un peu... Compte tenu de la nature des
discussions puis des débats...
M. Dubé : ...alors, il n'y a
pas de problème.
M. Jalbert
(André) : Oui, c'est ça, je
suis allé sur une base personnelle, mais c'était pour faire comprendre unpeu cette dynamique-là. Parce qu'il y a beaucoup de gens qui y retournent. Puis encore, je...
Comme vous savez, on est encontact,
là, avec l'AQDR Québec... je parle de Québec, mais aussi au niveau
national, on est en contact avec plusieurspersonnes. Et les gens, après un an ou
deux... Puis, tu sais, là, je ne veux pas tomber là-dessus, dans la sociologie
finalement de la...
M. Dubé : ...qu'on n'a pas beaucoup
de temps, ça fait que rapidement.
M. Jalbert (André) : Ah oui? Ah,
moi, j'ai du temps?
M. Dubé : Non, et pas moi.
Allez-y rapidement.
M. Jalbert
(André) : Donc, en fait, ce
qui arrive, c'est qu'on se rend compte, les gens, finalement,
en prenantleur retraite… Tu sais, il y a
beau avoir des sessions de formation et patati, et patata, sauf que les gens,
ils prennent leurretraite, là, déjà
après six mois, un an, ils se posent des questions. Donc, il y en a
qui vont trouver le chemin du bénévolat.On a beaucoup de gens qui vont aller en bénévolat dans des pays
en développement puis, à ce moment-là, vont aider, en fait,
les pays, genre... On en a beaucoup.
Il y en a
aussi qui vont dire : Bien, écoutez, là, je regarde, en fait, au niveau
de ma rente, tu sais, au lieu d'avoirun
rendement de 6,3 comme je pensais, j'ai eu 1,7, il m'en manque un petit peu, j'aimerais ça peut-être faire unvoyage,
etc. Donc, ils vont, à ce moment-là, recommencer à travailler. Puis, travailler, ce
que je remarque, là, c'est personnel,mais ce qu'on remarque aussi au niveau de l'association,
c'est que les gens, lorsqu'ils recommencent à travailler, puis il y en a... Moi, je dirais, d'après les statistiques,
là, puis vous me corrigerez... vous ne m'en tiendrez point rigueur si je metrompe, mais on parle d'environ 30 %,
là, de gens qui sont prêts à retourner travailler. Et, à ce moment-là, ça a
beaucoup d'effets
positifs, premièrement, sur le moral, sur la vie, sur... Et, en plus, il y a
une implication sociale aussi. C'est qu'ils redeviennent des gens
impliqués, en fait, au niveau de la société, pour contribuer à développer la
société.
fait que, ceci étant dit, en fait, c'est sûr que, si on le prend là-dessus,
moi, je pense, au-delà du 1 000 $ de plusou moins... Parce que ça ne fait pas de
différence, moi, je vous le dis, là, je vous donnerais... je vous dirais le
chèque quej'ai été obligé de... je
suis resté tellement bête, j'ai même été obligé de le mettre sur une marge de
crédit parce que je suisresté
tellement surpris. Je l'avais calculé, mais je ne pensais pas... Tu sais, on se
dit toujours que... Donc, sur ce plan-là,s'il y avait un avantage, au lieu d'être à 52, 53 %, mais s'il y
avait une taxation, mais elle était... tu sais, compte tenu des revenus
extraordinaires ou les revenus extra retraité, là, ça pourrait être un
avantage, tu sais? Puis l'État est gagnant parce que la personne
retourne au travail, mais il lui en reste plus. Il faut toujours... Tu sais, c'est...
Dubé : ...je vais me permettre de vous interrompre, parce que
je pense qu'il ne me reste plus de temps, hein?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : …
Dubé : Il me reste 30 secondes. La deuxième question,
rapidement, M. Jalbert. Vous avez parlé tout à l'heurejustement pour combler cette différence-là, est-ce
que vous croyez, dans votre association, qu'il y a des gens qui seraientintéressés à ce qu'il y ait des taux
différents par catégorie de revenus? C'est-à-dire qu'au lieu de... Parce qu'on
a un déficitpuis, en plus, on
regarde les nouveaux. Est-ce que vous croyez que les gens seraient prêts à
faire des sacrifices pour queles
gens qui en ont le plus besoin en aient plus puis ceux qui en ont moins besoin
en aient moins? Est-ce que, ça, il y a eu ces discussions-là dans votre
association?
M. Jalbert
(André) : …sur les taux.
M. Jalbert
(André) : Non.
M. Dubé :
Ça fait qu'il y a encore du travail à faire?
M. Jalbert (André) : Bien, c'est pour ça que je disais que, dans le fond, il y a certaines
petites interrogations qui demeurent, en fait, sur le principe.
M. Dubé :
…de temps, alors je vais passer à mes collègues. Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Merci beaucoup. M. le député de Mercier.
M. Khadir : Merci, M. le Président. M. Jalbert, merci de vous
être présenté ici. Donc, d'après ce que je comprends,si je prends un élément central du mémoire, sans
aller dans les détails, la position de votre association, c'est qu'il faut
relever le niveau des cotisations pour essayer d'atteindre le plus rapidement
possible, le plus possible 50 % des gains admissibles. Est-ce que je me
trompe? C'est quand même un élément fort de votre...
M. Jalbert (André) : Le premier élément, c'est le droit à la retraite, le droit de conserver
ses droits, etc. Puis,en même temps,
bien, c'est d'atteindre finalement ce 50 % là pour avoir une retraite
décente, comme on l'a mentionnétout
à l'heure. Mais, lorsqu'on parle de l'espace-temps, ça peut être un espace de
cinq à 10 ans aussi, là. Tu sais, on n'a pas fixé d'espace parce
que, là, ça prend toutes les études par rapport à ça. Nous, c'est au niveau du
principe. Donc, à ce moment-là, sur le plan
pratique, c'est de l'établir pour s'assurer qu'éventuellement… C'est sûr que,
là, si on parle de 75 ans,dans 25
ans ça va moins nous toucher, nous autres, parce qu'on va être rendus quasiment
à 100 ans, là, Mais, sur le planpratique,
c'est de dire que, peut-être que plus à court terme qu'à long terme, des
mesures soient prises pour pouvoir permettre aux gens, là, d'avoir un
revenu décent.
Khadir : D'accord, ce qui n'est pas le cas actuellement. En fait,
c'est le corollaire de ce qu'on vient de dire.
M. Jalbert
(André) : C'est ça. Ce qu'on constate actuellement, bien, il y a des…
tu sais…
M. Khadir :
Trop de gens sont sans revenus décents actuellement, trop de gens à la
retraite.
M. Jalbert (André) :
C'est l'étude qui le dit, avec ses belles statistiques.
Khadir : Oui. Puis, de l'autre côté, vous mettez fort à propos
l'accent sur le fait que l'augmentation des revenusdisponibles ne réussit pas à combler l'augmentation
des coûts de la vie et vous donnez plusieurs exemples. Vous avezdonné votre propre exemple, les projections que
vous avez faites, qui ne concordent pas, et le fait qu'en fait il y auraitpeut-être des mesures à prendre pour
protéger le revenu, le revenu… pour protéger, en quelque sorte, la capacité de
payer,le pouvoir d'achat des
retraités. Est-ce que vous pourriez élaborer un peu là-dessus? Vous avez parlé
de la taxation, duniveau d'imposition
qui pourrait être ajusté, mais il y a aussi différents services, différents
coûts auxquels les gens font face. Vous avez parlé de l'eau et de l'électricité.
Pourriez-vous élaborer?
Jalbert (André) : Sur le
plan pratique, c'est sûr qu'il existe déjà, en fait, pour les gens aînés,
retraités, aînés,en tout cas, à
certains âges, il existe des mesures qui font qu'à ce moment-là il y a une
structure de coûts qui est différente.Donc,
c'est des éléments, ça, avantageux, tu sais? Que ce soit dans le transport en
commun ou, en fait, même au niveaudu
culturel, du social, etc., tu sais, il y a une tarification différenciée qui
est intéressante. Peut-être qu'on peut aller… on peut peut-être aller
plus loin sur certains éléments de services, là, comme on mentionnait, là, des
services…
Mais nous, en fait, c'était surtout axé sur l'aspect
des besoins essentiels d'abord et avant tout, c'était sur ces éléments-là. Donc, les besoins essentiels, ça
touche le logement, entre autres, l'alimentation etc., tu sais, ces éléments,
les soins de santé. Donc, sur le plan pratique, ces mesures-là, dans le
fond, elles viennent en complément, ces mesures-là viennent en complément, là, de ce qui est fait actuellement au niveau
des tarifications différenciées, là, de différents services.
Sur le plan
de l'ensemble des… Nous, ce qu'on constate, c'est surtout que ça a touché,
comme on l'a mentionné,là, les
interventions qui ont été faites au niveau du national, ça a touché, en fait,
les questions d'eau chaude, ça a touchédifférentes problématiques qu'il y avait de façon générale. Au niveau
financier, ce qu'on constate aussi, c'est souventles pressions du milieu familial ou du milieu où
demeurent les gens, sur les gens retraités, tu sais? Pour aller un peu plusloin, bon, parfois, certaines personnes vont
payer, en fait, un prix assez élevé par mois de loyer pour différents servicesqui, à ce moment-là… la qualité du service n'est
peut-être pas à 100 %, tu sais, que ce soit en alimentation ou, tu sais,au niveau des aliments, en fait, au niveau
des éléments, là, qui touchent leur bien-être quotidien. C'est dans ce sens-là.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Merci, M. Jalbert. Alors, le quatre minutes est écoulé. Il restait 1
min 30 s au parti gouvernemental. Mme la ministre.
Maltais :
M. le Président, j'aimerais ça… Vous êtes en contact avec beaucoup de
retraités, vous dites qu'ilsont des
difficultés à joindre les deux bouts. Est-ce que vous avez un constat sur les
REER? Est-ce que ça a été un… C'est vraiment
une question en dehors du rapport D'Amours, mais ça concerne la sécurité
financière à la retraite. Est-ce les REER ont été un véhicule
intéressant, un véritable véhicule pour assurer la sécurité financière des
aînés?
M. Jalbert (André) : Bon, là, j'ai…
C'est sûr que, même à l'intérieur des programmes de sensibilisation ou d'information que je mentionnais tantôt — entre autres, je vais prendre plus pour la
région de Québec, là — c'est évidentqu'on n'a
pas fouillé à fond la question des régimes enregistrés d'épargne-retraite
individuels. Sauf que c'est sûr qu'on est à même de constater qu'avec la
baisse des rendements, en fait, des véhicules, c'est évident qu'à ce moment-là
les sommes anticipées par les gens, par les
placements et autres ne sont pas nécessairement celles qui se réalisent. Donc,
à cemoment-là, si on regarde le
niveau des gens avec lesquels on évolue, c'est quand même des montants de REER
relativement moyens et bas plutôt que très élevés.
Tu sais,
lorsqu'on parle d'un REER individuel de 100 000 $ et plus, là, je ne
me rappelle pas de la statistique exacte,là, mais des 100 000 $ et plus, en fait, au niveau des
individus, c'est quand même relativement rare en termes de pour cent, là. Je n'oserais pas risquer un pourcentage parce
que je ne l'ai pas à l'esprit, mais c'est quand même… Donc, nous, lesgens avec lesquels on transige, ce sont des gens
de la population moyenne, et, à ce moment-là, les niveaux de REER ne
sont quand même pas tellement…
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Merci beaucoup, monsieur, mais, malheureusement, notre temps est
écoulé. Merci beaucoup, M. Jalbert, de votre participation à notre commission.
Et je
suspends nos travaux quelques minutes pour permettre aux représentants du
prochain groupe de prendre place.
(Suspension de la séance à 10 h 30)
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Alors, nous reprenons nos travaux. Et je souhaite la bienvenue aux
représentants de l'Association québécoise des retraité-e-s des secteurs public
et parapublic.
Vous l'avez
vu tout à l'heure, c'est la même chose, vous avez une dizaine de minutes pour
présenter vos gens, présenter votre organisme et présenter votre
mémoire. Je vous cède la parole.
Mme Parent (Lyne) : Bonjour,
monsieur. Mon nom est Lyne Parent, je suis présidente de l'AQRP. Je suis accompagnée présentement de M. Normand Bérubé, qui
est premier vice-président, et de M. Mathieu Santerre, qui est notre
D.G. par intérim présentement. Merci beaucoup de nous accueillir ici aujourd'hui.
Qu'est-ce que
l'AQRP? C'est la principale association indépendante des retraités de l'État,
du Québec. Elle a étéfondée en 1968.
Nous avons 45 ans cette année. Nous regroupons près de 29 000 membres. Elle est active dans toutesles régions, nous avons 17 régions, tout le
Québec au complet, et nous défendons les dossiers qui concernent la retraite
et les aînés.
Nous avons
aujourd'hui trois grands messages. Le régime de prestations déterminées est le
meilleur moyen pour épargner en vue de la retraite. Le financement des
régimes de retraite du secteur public est équilibré. Les retraités doivent pouvoir
participer aux négociations portant sur leur propre régime de retraite. Et c'est
là que j'interviens, avecMme
Maltais, qui disait que ce serait bien d'être partenaires avec d'autres. Et, si
nous étions là, je pense que ça nous aiderait.
Concernant le
rapport D'Amours, voici ce que nous avons à dire. C'est un bon rapport. Il
donne la priorité aux régimes de retraite à prestations déterminées. Il
mentionne l'importance que les retraités participent aux discussions concernant leurs régimes. Il n'y a pas d'âge
obligatoire à la retraite, et le rapport reconnaît clairement que le
financementdes régimes de retraite
du secteur public est équilibré. L'idée intéressante là-dedans, c'est la rente
de longévité, que nous appuyons. Nous ne sommes cependant pas d'accord
de couper l'indexation de la rente, qui est la meilleure façon de conserver le
revenu de la retraite, lorsque les fonds le permettent, évidemment.
Maintenant,
nos principales recommandations concernant les régimes de retraite sont les
suivantes. Concernantles régimes de
retraite du secteur public, que les associations de retraités soient intégrées
aux prochaines négociationsdes
régimes des rentes de retraite des secteurs public et parapublic. Concernant
les régimes de retraite du secteurparapublic —municipalités, policiers, universités, etc. — revoir la proportion du financement des régimes par l'employeurpour atteindre 50 % pour l'employeur et
50 % pour l'employé. Sans plus tarder, je laisse la parole à mon premier
vice-président, M. Normand Bérubé.
M. Bérubé
(Normand) : Merci, Mme
Parent. Bonjour à tous. Pour ma part, je vais aborder certaines questionsplus spécifiques en lien avec les propositions du rapport D'Amours et l'avenir de la retraite au Québec. Premièrement,concernant les fameux
régimes à prestations cibles, qui sont un peu l'intermédiaire entre un régime à
prestations déterminéeset un régime
à cotisation déterminée, s'il s'avérait qu'un employeur privilégie cette
option, nous recommandons qu'ilrespecte
le plus possible les principes suivants : premièrement, un financement
équilibré entre employeur et participants; l'équité dans l'usage des
surplus; la protection de l'épargne différée; une cotisation obligatoire; un
risque collectif; le maintien du pouvoir d'achat des retraités; et la participation
des retraités aux discussions sur l'avenir des régimes.
Maintenant,
concernant la possibilité de créer un compte distinct pour les retraités
dans certains régimes, cetteavenue
devrait être réfléchie soigneusement. Nous y voyons un avantage, qui est plus
de contrôle pour les retraités, et nous y voyons aussi un désavantage,
qui pourrait être un risque concentré sur les retraités.
À propos des
régimes volontaires d'épargne-retraite, sans prétendre qu'on ne doit pas y
avoir accès, cela n'estpas une
solution en soi. L'épargne volontaire ne fonctionne pas. Si cela est proposé
par le gouvernement, cela ne doit pas être sa seule réponse.
Maintenant,
concernant le Régime des rentes du Québec, notre principale proposition est que le gouvernementhausse le maximum des gains admissibles au Régime des rentes du Québec
avec un deuxième niveau de cotisation defaçon à permettre de limiter les hausses des taux de cotisation pour tous et
à verser des rentes équitables aux personnes ayant cotisé dans le second
niveau.
Concernant la
santé financière des régimes de retraite du secteur public, nous savons que la
caisse des participantsactifs et
retraités est presque entièrement capitalisée. On sait aussi que la caisse de l'employeur
est capitalisée à environ60 %.
Les plus récents rendements de la Caisse
de dépôt sont intéressants pour le
futur. On parlait, la semaine dernière, de 10,5 % sur quatre ans.
À propos des travailleurs âgés, il faudrait donner des
incitatifs fiscaux pour rendre plus intéressant le travail à unâge plus avancé, également éliminer la clause de
discrimination à partir de 65 ans et plus dans le soutien financier de la
CSST. Vous savez que, dans la CSST, il y a une baisse des prestations après 65
ans en cas d'accident de travail.
Concernant
les régimes des entreprises privées, comme de nombreux autres organismes, nous
demandons queles régimes de retraite
soient les créanciers prioritaires en cas de faillite d'entreprise. Je pense au
cas de la White Birch, par exemple.
Concernant la
rente de longévité que les personnes recevraient après 75 ans, si le
gouvernement du Québec demandeque le
supplément de revenu garanti fédéral ne soit pas coupé, on serait volontiers
pour ça. Merci. Je vais maintenant passer la parole à notre directeur
général, M. Santerre.
Santerre (Mathieu) : Merci.
Alors, bonjour tout le monde. Pour ma part, je vais compléter les propos, là,
de Mme Parent et de M. Bérubé en vous présentant les deux documents que
vous avez reçus.
En fait, tout d'abord, le sondage de L'Observateur, qui est un sondage scientifique qu'on a fait réaliser après la présentation publique du rapport
D'Amours, c'est un sondage standard à 1 000 répondants, avec une marge d'erreur
acceptable de 3,2 %. Ce qu'il démontre, c'est un appui populaire
intéressant à la rente de longévité, en fait, un appui populaire qui se rend à presque 60 % pour les personnes qui ont une
opinion sur la question. Un petit clin d'œil : les coûtsde la rente de longévité, effectivement, s'il y en
a, sont à nuancer, tel que c'est écrit dans le rapport D'Amours et dans
les dernières pages également. On pourra en rediscuter, si vous le voulez.
Maintenant,
pour ce qui est du sondage, il démontre un appui encore plus fort à la
participation des retraités auxdiscussions
sur leurs propres régimes de retraite. En fait, 85 % des Québécois sont derrière cette idée — bref,
on peut dire que ça tombe sous le sens — dont 62 % qui estiment
que c'est tout à fait une bonne chose d'accepter que les retraités participent
aux discussions sur leurs régimes.
L'envers de
la médaille, c'est que le sondage démontre une grande méconnaissance de l'option
numéro un durapport D'Amours :
les régimes de retraite à prestations déterminées. Bref, un Québécois sur cinq
sait précisément de quoiil s'agit.
Ça relève la pertinence d'organismes comme Question Retraite, par exemple, qui
font de la sensibilisation à l'égard de l'importance, là, d'épargner en
vue de la retraite.
Maintenant, plus important pour nous encore, c'est
le deuxième document qu'on dépose officiellement ici, à l'intérieur de l'enceinte du parlement. C'est important pour nous parce
que ça pourrait permettre une saine représentation des
retraités de l'État dans les discussions qui les concernent à propos de leurs
régimes. C'est un projet de loi, en fait, uneproposition législative. N'ayant pas tous les pouvoirs du Comité de législation,
il n'a pas de numéro encore, mais libre à vous de vous en saisir, et on
le souhaite.
L'objectif,
dans le fond, c'est de permettre la participation d'un représentant des
retraités à la table de négociationdans
les futures négociations dans le secteur public lorsqu'il sera question des
régimes de retraite. En fait, on est conscientsque ça pourrait brusquer certaines habitudes, du côté du Trésor
notamment et des organisations des employés, mais, à notre sens, c'est
légitime, conforme au respect des personnes, au respect de leurs intérêts
financiers. Et, si je peux me permettre, je
crois qu'on est rendus là, au Québec, de permettre aux personnes retraitées de
participer aux discussionssur ce qui
les concerne. Il vous est soumis parce qu'il répondrait aux besoins exprimés
par les retraités, d'une part, maisaussi
parce qu'il est implicitement appuyé par le rapport D'Amours, à notre avis, qui
prévoit la consultation des retraités dans certaines discussions
notamment.
Ce serait également un début de réponse
intelligente au fameux débat sur l'indexation, dont tout le monde a entendu
parler, en particulier M. Gautrin, ici, autour de la table, que de permettre
que les retraités participent à leurs discussions. Évidemment, on sait que
toute discussion sur cette question devra passer par les tables de négociation
de toute manière. Alors, pour nous, c'est la
logique même. Et c'est également une piste intelligente pour le futur de la
retraite,en fait, pour que les
retraités, encore plus que des partenaires, deviennent des participants quant à
la détermination de leur avenir financier. Alors, voilà, ça complète
notre présentation.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Merci beaucoup, vous êtes très discipliné, 10 min 9 s. Et
je passe maintenant la parole à Mme la ministre.
Maltais : Alors,
merci beaucoup aux gens de l'AQDR d'être ici. Mme Parent, M. Bérubé, M.
Santerre, bienvenue à cette commission
parlementaire. D'entrée de jeu, je vais vous dire, j'ai pris des notes
rapidement, parce qu'onn'a pas eu
votre... On a le sondage, tout à fait, mais on n'a pas eu votre mémoire. Moi,
je ne l'ai pas eu, en tout cas. Je ne sais pas si vous l'avez entre les
mains.
Mme Parent (Lyne) : Nous n'avons pas
de mémoire.
Maltais :
O.K. Donc, est-ce qu'il est possible, pour fins de suivi des audiences, pour
les fins des travauxdes
recherchistes de la RRQ, que vous nous déposiez... parce qu'il y a des
opinions, quand même, là-dedans, puis on serait intéressés à les
conserver.
Une voix : Tout à fait.
Maltais :
Pas seulement attendre la lecture des galées, mais pouvoir les avoir déjà,
parce que les travaux vont assez rondement. Merci beaucoup.
Donc, j'ai
pris quelques notes. La première... le deuxième niveau, vous dites... J'aimerais
que vous m'expliquiez,là, parce que
j'ai saisi sur le vif, là. Vous demandez que la RRQ soit livrée en... versée en
deux niveaux, si on accepte la rente longévité. C'est ça?
Mme Parent (Lyne) : Oui. Je vais
laisser monsieur...
Santerre (Mathieu) : Si je
peux préciser, sur le plan technique, en fait, d'abord, on est pour la rente de
longévité,d'une part. Mais, en
réponse notamment à des propositions comme doubler le Régime de rentes du
Québec ou des chosescomme ça, notre
proposition, c'est d'augmenter le maximum de gains admissibles au Régime de
rentes du Québec. C'estune option
qui avait été envisagée par la régie elle-même dans la commission parlementaire
qui a eu lieu il y a quelquesannées,
dans la même salle, je crois, même. En fait, c'est de créer un deuxième niveau
où, si vous avez les revenus, vouspouvez
cotiser. Vous touchez une rente bonifiée à la prise de votre retraite, donc c'est
équitable, en lien avec ce que vousavez
cotisé vous-même. L'avantage immédiat, c'est d'introduire des fonds dans la
cagnotte de façon à limiter les hausses de taux de cotisation pour tout
le monde à court terme.
Maltais : Et donc
vous introduiriez des niveaux de... vraiment, des paliers de cotisations?
M. Santerre (Mathieu) : Un deuxième.
Mme Parent (Lyne) : C'est ça, un
deuxième, qui ferait qu'au lieu d'arrêter à 35 000...
Maltais : Un
deuxième, non pas... Vous n'en avez pas vu plusieurs comme un deuxième,
troisième, quatrième? Vous dites : Un deuxième, tout simplement.
Mme Parent (Lyne) : Oui, tout
simplement.
Maltais :
Mais vous savez que les bas revenus sont déjà bien protégés, semble-t-il, par
rapport... Évidemment, ce n'est pas
un revenu faramineux, mais c'est... Par rapport au revenu initial, quand ils
tombent à la retraite, ils ont déjà une protection. C'est
la classe moyenne qui, en général, a besoin de protection, les revenus aisés étant mieux protégés parce
que souvent ils ont d'autres véhicules, l'immobilier…
Mme Parent (Lyne) : Dépendant, oui,
où ils placent leur argent évidemment, là, comme disait monsieur tout à l'heure,
là. Oui.
Santerre (Mathieu) : Une
petite précision : c'est pour répondre au problème d'une hausse
éventuelle, je dirais, désagréable, des taux de cotisation.
Maltais : D'accord. Merci. Vous avez dit aussi… Est-ce que
je me trompe ou vous couvrez non
seulement les employés de la fonction publique, mais aussi les employés
d'autres… les employés municipaux?
Mme Parent (Lyne) : Municipaux, oui.
Maltais :
Policiers, pompiers, universités, ça, c'est chez vous aussi?
Mme Parent (Lyne) : Oui.
Maltais : Donc, vous êtes vraiment… vous représentez les
retraités du secteur public, quand on en parle ici, là…
Mme Parent (Lyne) : Public et
parapublic. Oui.
Maltais : Le
secteur public, quand on en parle dans le cadre du rapport D'Amours, c'est
beaucoup les employés municipaux, et les
universités, et les CPE. Vous êtes donc dans cette zone-là. Vous avez dit que
vous étiez… J'ai cru comprendre que
vous étiez d'accord avec cette imposition de la règle du 50-50, du partage des
cotisations à 50-50.Est-ce que vous
pouvez vraiment nous expliquer votre position? Parce que ça semble… Je n'ai pas
entendu jusqu'ici un syndicat qui est passé ici qui n'était pas très
favorable...
Mme Parent (Lyne) : Je pense que je
vais laisser aller Mathieu là-dessus.
Santerre (Mathieu) : En
fait, vous pourrez leur demander comment ça fonctionne dans le secteur public,
c'est financé à 50-50, alors…
Maltais : Mais pas
nécessairement chez les policiers et pompiers.
Santerre (Mathieu) : Non,
non, non, dans le secteur public. Eux, on parle des régimes de retraite RREGOP,
et RRPE, et ainsi de suite. Alors...
Maltais : Oui, tout
à fait. Ça, ça va.
Mais, comme vous représentez aussi d'autres associations… c'est-à-dired'autres… pas associations, mais d'autres types de retraités, policiers,
pompiers, etc., là, le financement n'est pas nécessairement à 50-50.
Mme Parent (Lyne) : Mais nous, on
suggère que 50-50 serait bien. Oui.
Maltais : 50-50
pour les retraités s'applique…
Mme Parent (Lyne) : Ça s'appliquerait
partout.
Maltais : S'appliquerait
partout.
Mme Parent (Lyne) : Oui.
Maltais : O.K.
Public, privé. Public, privé, partout?
Mme Parent
(Lyne) : Oui. Oui. Je pense que ce serait beaucoup plus facile pour tout le monde. Peut-être
plusonéreux pour certains privés,
mais par contre, pour ce qui est des municipalités, etc., on croit que 50-50 serait très bien.
Maltais : Parfait. Dans la recommandation n° 14
du rapport D'Amours, c'est là qu'on parle un peu de lanégociation. C'est page 175 du rapport D'Amours,
on dit, dans le dernier paragraphe : «Dans le cas des prestations desretraités — soit
pour ce qui est de l'indexation de la rente après la retraite — le
comité d'experts recommande que cette indexation puisse être réduite ou
suspendue seulement si moins de 30 % des retraités s'opposent à la modification.»
Donc, c'est une espèce de participation par la négative, en disant que, si…
Il faut donc qu'il y ait au moins 70 % qui soientd'accord. Qu'est-ce que vous pensez? Est-ce que ça
vous satisfait? Est-ce que le pourcentage est réaliste? Comment vous
avez vu cette recommandation?
Mme Parent
(Lyne) : Ça, je ne peux pas répondre à ça...
Santerre (Mathieu) : C'est
calqué sur les dispositions pour disposer des excédents d'actif dans la Loi
sur lesrégimes complémentaires de
retraite. C'est un genre de demi-protection, parce qu'en même temps la recommandationaffirme qu'il faut couper dans l'indexation. Alors, nous, on est
prudents de ce côté-là. C'est une protection intéressante,mais bon, de notre point de vue, couper l'indexation
en partant, ce n'est pas une bonne idée. Le principe de base de laplanification financière à la retraite, c'est de
savoir de combien que vous allez disposer. L'indexation, c'est une mesure
qui a précisément cet objectif.
Maltais :
O.K. Sans aller sur la… Ce que je cherche, c'est de voir si le mécanisme de
protection des retraitésvous
satisfaisait. Si jamais… Vous comprenez tous les «si»? Si on entre dans ce
processus de renégociation des droitsacquis,
si jamais... est-ce que ce mécanisme de protection… Et est-ce qu'il y a d'autres choses qu'on pourrait amener comme
mécanismes de protection pour les retraités?
Mme Parent (Lyne) : En fait, c'est
mieux que rien, mais ce n'est pas l'idéal.
Maltais : Est-ce
que vous avez des suggestions?
Mme Parent (Lyne) : Bien, dans les suggestions,
nous, ce qu'on veut, c'est vraiment aider la population du Québec.
D'avoir un 50-50 pour tous, je crois que ce serait super pour pouvoir au moins
avoir une pérennité sur ce qui va se donner comme retraite aux personnes
aînées.
Maltais : Bien, je
vous remercie beaucoup.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le député de Rouyn-Noranda—Témiscamingue.
Chapadeau : Merci,
M. le Président. Mme Parent, M.
Bérubé, M. Santerre, merci pour votre présence ici cematin. M. Bérubé, comme on n'a pas le document
par écrit, là, je vais me référer à ce que j'ai entendu, là, de votre partpar rapport au compte distinct. Vous avez dit : Ça comporte un certain nombre d'avantages, mais aussi, par la créationd'un compte distinct, on y voit aussi un certain nombre de risques
pour les retraités. Pouvez-vous élaborer davantage par rapportaux risques que vous voyez pour les retraités sur la création du compte distinct tel que le
propose le rapport D'Amours?
M. Bérubé
(Normand) : Oui. Quand on
parle d'avantage, naturellement, comme je le disais tantôt, c'est un comptedistinct, ça suppose un meilleur contrôle,
un plus grand contrôle pour les retraités, là, au niveau de cet avantage-là.
Mais, comme désavantage, ça concentre le risque sur les retraités plus
que sur l'employeur ou le… Je ne sais pas si vous comprenez? Je ne sais pas si
tu as d'autres choses à ajouter?
M. Santerre (Mathieu) : Peut-être
compléter?
Santerre (Mathieu) : Je peux
peut-être compléter. En fait, évidemment,
le principe de tout régime de retraite,c'est la mutualisation du
risque. Cette recommandation-là va dans le sens contraire, à notre avis, bien
qu'il y ait quelquechose d'intéressant
sur le compte spécifique pour les retraités, parce qu'évidemment les retraités,
notamment par le biais du projet de loi qui vous est présenté,
souhaitent avoir plus de contrôle sur leur propre argent.
Chapadeau : Ça va.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Ça va? M. le député de Dubuc.
Claveau :
Oui. Bonjour. Merci de votre présentation. Comme Mme la ministre le disait, ça
va être intéressantd'avoir vos
remarques, parce qu'on ne pouvait pas tout prendre les remarques que vous
faisiez. Mais j'avais une questionpour
vous autres par rapport à votre position. Est-ce que c'est correct de prendre
votre positionnement comme : vous êtes d'accord, peu importe le
régime, à un financement, au départ, 50-50, employeur-employé? Et,
deuxièmement…
Mme Parent (Lyne) : On est…
Claveau :
...on verra, parce que j'ai pris… tout dépendant de quel régime vous parliez,
puisque, lorsque vousparliez de
régimes à prestations cibles, entre autres, vous parliez d'un maintien de
pouvoir d'achat. Et est-ce que votrepositionnement
irait jusqu'à demander une pleine indexation de tout régime dans les
prestations? C'est un peu parce que ça a défilé assez rapidement, mais
je voulais vous entendre là-dessus.
Mme Parent
(Lyne) : Pour les régimes,
le principe de 50-50, pour nous — c'est ce que vous demandiez — serait vraiment, là, adéquat, et c'est
vraiment ce qui serait facile pour tout le monde, puis ce serait agréable.
Pour la prestation cible, ce qui arrive là-dedans,
c'est que la fluctuation de l'argent dans la province peut faire queles gens, d'une journée ou d'une année à l'autre,
peuvent avoir un revenu substantiel, une année, et très, très faible l'annéed'après. Alors, il n'y a pas de… ils ne sont
pas sécures là-dedans, et on sait très bien qu'en vieillissant les gens sont demoins en moins sécures. Ça, je pense que ça
serait à faire attention et avoir quelque chose d'un peu plus… Quand on ditque la Régie des rentes pourrait s'en
occuper ou quelque… mettre de l'argent à une place où il y aurait une
sécurité — jepense que Normand pourrait en parler aussi,
de ça — je pense
que ça vaut la peine. Et je ne sais pas si j'ai répondu à toute votre
question.
Claveau :
Non. C'est parce que, dans l'ensemble des régimes qui vont être mis en place,
on parle à cotisationdéterminée,
régime à prestations… lorsque vous parlez de maintien de pouvoir d'achat,
est-ce que vous faites un lien avecdes
indexations de prestations? Parce qu'on comprend qu'à prestations cibles il
peut y avoir une variation dans la prestation. Mais je voulais aller un
petit peu plus loin, dans le sens : Comment on peut garantir une telle…
Mme Parent
(Lyne) : On est délicats
là-dedans, parce que, tout dépendant des fonds qui le permettent… C'estce que je disais tout à l'heure, si les fonds le
permettent. Mais on se demande exactement... Évidemment, on est tributairesde ce qui se passe à la Caisse de dépôt, où
l'argent est placé. Peu importe que ce soit n'importe quel régime, on se trouve
àêtre tributaires de ça. Alors, c'est
sûr que nous, on demande un pourcentage de la Caisse de dépôt pour pouvoir aider lesindexations. Passé ça, je pense qu'il faut être quand
même réalistes avec le gouvernement puis avec ce qui se passe dans... mondial, aujourd'hui, de dire
que, bon, il y a une indexation, c'est possible, maintenant, jusqu'où on peut
aller, tout dépendant des besoins et de l'argent
qui rentre dans les goussets du gouvernement. Peut-être que Mathieu a autre chose à dire là-dessus.
Santerre (Mathieu) : Au
risque de me répéter, ça pourrait être discuté avec un représentant des retraités, aux négociations dans le secteur public.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le député de Sanguinet.
Therrien : Merci de votre présence. Bienvenue à cette commission.
J'en ai parlé à quelques reprises,
je vaisen parler encore une fois ce
matin. Vous parlez du 50-50, là, du fait qu'on doit couper la poire en deux et
puis qu'à la foisle salarié et l'employeur
doivent participer. Puis, entre autres, le rapport D'Amours insiste sur la
rente de longévité, qu'elle soit justement supportée par les deux.
Moi, j'aurais une question par rapport à ça, parce que, 50-50, là, il
faut faire attention. Si, par exemple, les autres provinces n'embarquent
pas, n'emboîtent pas le pas, ça veut dire que la compétitivité des entreprises
québécoises va devenir moins forte par
rapport aux autres provinces. Ça, j'en ai déjà parlé et je le répète pour vous
évidemment, là. Etdonc, si, à ce
moment-là, les autres provinces n'embarquent pas, ça veut dire que, même si on
fait 50-50, la part de l'employeur va
faire en sorte d'amener une charge supplémentaire pour les entreprises, et, à
ce moment-là, il n'y a rien qui empêche les entreprises, à moyen terme,
d'ajuster les salaires des employés à la baisse.
Et donc ça
veut dire que le 50-50 est un leurre, ça veut dire que tout se retrouvera dans
la cour du salarié. Ça veutdire que,
pour avoir un 50-50, un vrai 50-50, il faudrait que les autres provinces
emboîtent le pas, qu'elles arrivent avecdes charges sociales semblables à notre charge sociale, à nous. Alors,
pour qu'on soit plus limpides dans notre façon derépartir le poids de ce fardeau supplémentaire de
la rente de longévité, vous ne pensez pas qu'on devrait commencer parregarder ce qui se passe dans les autres provinces
et véritablement insister sur le fait qu'ils suivent le pas? Sinon, je vous
le dis, là, ce 50-50 là, même si, en apparence, ça va être respecté, dans les
faits, ce ne le sera pas.
Parent (Lyne) : Je comprends
très bien le sens de votre question. Puis vous avez raison. Je vais laisser
Mathieu…
M. Santerre (Mathieu) : Vous avez
raison, il faut… on ne peut pas s'imaginer en vase clos, hein?
Mme Parent (Lyne) : Non. Absolument.
M. Santerre (Mathieu) : Évidemment.
Cela dit, dans toutes les pages du rapport, on présente des méthodes d'application progressive de tout un paquet de
mesures, celle-là peut en faire partie, bien sûr. Par ailleurs, il est
question,en page 203 du rapport, d'un
possible déplacement, dans le fond, de certaines zones d'épargne si on
implantait la rentelongévité, ce qui
viendrait amoindrir le coût pour les employés, pour les employeurs et
possiblement même, là, l'impactéconomique
sur le plan du PIB. Donc, il faut nuancer un petit peu, là, les perspectives
qui peuvent parfois être alarmistes ou négatives, là, de certains
intervenants. Je ne parle pas de vous, évidemment.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Ça va?
Therrien : Est-ce
que j'ai le temps…
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Oui, oui, oui.
Therrien :
Combien qu'il reste de temps? Oui, une petite dernière question. Puis je
devance peut-être le député d'Outremont sur cette question-là. Vous
avez…
Therrien : Bien, c'est sans méchanceté, M. le député. Vous
parlez d'épargne volontaire et vous dites d'entréede jeu que ça ne fonctionne pas. Et on peut dire
que… On pourrait en discuter longtemps, mais je pense que vous n'avezpas tout à fait tort, là. Qu'est-ce que vous
pensez des RVER, à ce moment-là? Parce qu'on en parle dans le rapport D'Amours
puis aussi on va en parler plus loin. Ce ne serait pas un bon moyen de
justement...
Mme Parent (Lyne) : Les RVER, encore, c'est vraiment, là… c'est volontaire, puis on pense
exactement la même chose, ça ne change pas du tout, pour les RVER. C'est
le régime volontaire d'épargne-retraite, alors on sait que ça ne fonctionne pas. Ce n'est pas compliqué, quand on
est jeune puis… Bon, je vais faire pareil comme M. Jalbert, je vais parlerde moi. Quand j'étais jeune, j'avais 20 ans,
pensez-vous que j'avais envie de parler de ma retraite? Quand j'ai eu 30 ans,
je n'ai jamais pensé que j'arrêterais de travailler un jour. En fait, je suis
encore ici aujourd'hui puis j'ai 60 ans, ça fait que ça veut dire que je
n'arrêterai pas de travailler de sitôt.
Mme Parent (Lyne) : Alors, je suis une retraitée, oui. Mais, dans le fond, je ne vois pas
pourquoi on… On nevoit pas ça. Puis les
Québécois, aujourd'hui, ils se disent beaucoup : Bon, il faut vivre avant
de mourir, il faut faire ci, il faut
faire ça, puis ils veulent tout faire, bon, puis… Bon, comme on dit, il faut
être réalistes puis voir… On a tous des enfants,on voit où est-ce qu'ils s'en vont, on les voit aller, on a beau dire
que c'est bon, mais je vais vous avouer que la famillecompte beaucoup là-dedans. Mais il y a beaucoup de
familles qui n'y pensent pas, à ça, puis je pense qu'il faut aider notresociété un peu. Même s'ils payaient un petit
peu plus cher au début, si vous saviez comment ils vont être contents plus
tard, ça vaut la peine de le faire. Mais on n'y croit pas. Oui?
M. Bérubé (Normand) : Je pense peut-être que je vais rajouter quelque chose aussi. Comme elle
disait tout àl'heure, quand on est
jeune, on ne pense pas à ça. Ceux qui, aujourd'hui, sont à la retraite puis qui
semblent avoir un revenusuffisant,
la plupart de ces gens-là, c'est parce qu'ils ont un REER ou des REER à côté d'eux.
S'ils comptent uniquementsur la
Régie des rentes du Québec et sur un régime de rentes ou de retraite d'entreprise,
bien ces gens-là en arrachent. Puis,plus
ils vieillissent, pire c'est, surtout si les rentes de retraite — je parle des retraites… je ne parle pas de
la Régie desrentes, je parle des
autres retraites — ne sont
pas indexées. Je veux dire, c'est comme si le revenu diminuait constamment.Ça fait que c'est pour ça que la rente de
longévité, selon nous, viendrait compenser, là, rendu à un certain âge, là,
pour en arriver…
Puis
on sait qu'on a beau en parler à tout le monde : Prenez des REER, prenez
des REER, la plupart des gens, là, c'est…
Parlez à des jeunes de 30, 40 ans aujourd'hui qui épargnent volontairement de l'argent,
avec le rythme de vie qu'on... auquel on est, là, on se trouve, il n'y
en a pas beaucoup.
Mme Parent (Lyne) : Oui. Puis, quand ils ont des REER, bien, ils vont
aller en voyage avec ou bien ils vont le sortir à un moment donné pour une raison quelconque, alors
voilà. Ce n'est pas rien de négatif là-dedans, là, c'est plus réaliste.
Therrien : C'est juste que, de la façon qu'il serait
éventuellement construit, le RVER, c'est que c'est automatique qu'ils se mettent à retirer de l'argent
pour leur retraite. Il faut l'intervention
de la personne pour, justement,annuler.
Et donc c'est volontaire, mais à quelque
part il y a une introduction, au
départ, obligatoire, et c'est avec un retraitpar la suite qu'ils peuvent se retirer. C'est là, l'avantage, en tout cas, éventuellement, de... Ce que le REER n'amène pas,peut-être
que le RVER pourrait amener pour contrecarrer un peu cette tendance à négliger
nos... notre propension à épargner, mettons.
Mme Parent
(Lyne) : D'accord. Mathieu, juste un petit mot.
M. Santerre (Mathieu) : Juste un petit mot. En fait, on ne croit pas à l'épargne
volontaire, mais ça ne veut pasdire
qu'on ne doit pas avoir accès au régime volontaire d'épargne-retraite. Mais ça
ne doit pas être la seule réponse, c'est ce qu'on dit, tout simplement.
Therrien :
Merci bien. Vous ne faites pas vos 60 ans, madame.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Oui, j'aurais une petite question. Vous, dans
votre exposé, vous avez parlé de participer aux négociations, aux tables de
négociation dans le secteur public et parapublic. Moi, je vous pose la question
bien directe : Pourquoi vous voulez être là? Parce que
vos membres, ce sont des retraités, les jeux sont faits, ils sont
dans la deuxième
partie de l'entente qui a été convenue au départ lorsqu'ils
ont commencé à cotiser. Et vos futurs membres — c'est d'eux qu'on parle — sont
déjà représentés, bien représentés par les syndicats. Alors, pourquoi
vous, vous voulez aussi être aux tables de négociation?
Parent (Lyne) : Je veux juste dire que... Oui, M. Bérubé.
M. Bérubé (Normand) : Si on pense aux négociations précédentes — je me rappelle du temps où j'étais travailleurau gouvernement — lors
des négociations des conventions collectives, lorsqu'on arrive à négocier des
régimes de retraite, lorsqu'on arrive à négocier des cotisations,
pourquoi il y a eu, dans le passé, des congés de cotisation? Il y a eu beaucoup
de congés de cotisation. Ça, ça a un effet qui se répercute plus tard. Nous
autres, on voudrait être là pendantqu'on
discute des régimes de retraite. Lorsqu'on parle de congé de cotisation, on
voudrait dire : Bien, là, les retraités, là,voyez ce qui nous arrive et ce qui va vous
arriver. C'est pour ça qu'on veut participer aux discussions, mais pas sur les
autres points de la convention collective, seulement sur celui-là.
Mme Parent
(Lyne) : Également, oui, on va parler de la Caisse de dépôt aussi?
M. Santerre
(Mathieu) : Est-ce que je peux me permettre un complément?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Oui, M. Santerre.
M. Santerre
(Mathieu) : C'est l'argent des retraités en bonne partie.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : …à la Caisse de dépôt, ça, je le comprends.
M. Santerre (Mathieu) : Oui, tout
à fait, tout à fait, tout à fait. Sur la gestion du bas de laine, c'est une chose,
mais, pour décider qu'est-ce qu'on fait en termes de taux de cotisation puis de prestations... Parce que,
vous savez, unrégime de retraite, c'est
aussi important ce qui rentre que ce qui en sort, hein? C'est la cagnotte qui
est là. Maintenant,quand
vous dites que les syndicats représentent les retraités, je suis forcé de vous
dire que juridiquement c'est faux. Il
n'y a pas un retraité qui paie une cotisation syndicale. La situation
actuelle…
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Les syndicats représentent les futurs retraités,
ceux qui sont actifs, là. C'est ça que j'ai dit.
M. Santerre (Mathieu) : Bien, c'est ça. La situation actuelle, c'est plutôt
que, quand vous prenez votre retraite,on
vous confisque votre REER. C'est ça, la façon imagée qu'on a de le présenter, parce que
les retraités n'ont pas accèsaux
discussions sur l'avenir de leur bas de laine. Donc, de là la pertinence d'y
être. Si c'était votre patrimoine, vous seriez intéressé également.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Merci. M. le député de Verdun.
Gautrin : Je vous
remercie. J'ai un certain nombre de questions à vous poser. D'abord,
je voudrais vous féliciter,Mme Parent,
vous êtes une personne extrêmement dynamique. Au nombre de courriers qu'on
reçoit de votre part, on estdonc
bien au fait de ce que vous défendez. Vous avez plaidé pour un partage 50-50,
ce n'est pas uniquement pour la rente de longévité, c'est pour tous les
régimes de retraite. Donc, vous ne permettez pas, donc, le partage qu'il peut y
avoir différemment suite à une négociation.
me permets de vous donner l'exemple actuellement des agents de services
correctionnels. C'est la dernière loiqu'on
a passée ici, où le gouvernement a
demandé des concessions importantes aux agents des services correctionnelset, en contrepartie, a proposé un partage
différent de 50-50, je crois que c'est 55-45, si je me rappelle bien, sur les
cotisations au régime de retraite, qu'on a passée ici comme loi, dans
cette commission.
Donc,
vous voyez, le résultat de la négociation a pu amener… où il y a eu des
concessions de la part des employéset
des retraités, à un partage différent de cotisation au régime de pension. Donc,
moi, votre approche, à mon sens, irait dansun... Alors qu'on veut chercher plus de flexibilité, vous avez moins de
flexibilité, à ce moment-là, si on met ça dans la loi.
Mme Parent
(Lyne) : …nous suggérons fortement un 50-50. Mais les négociations, c'est
fait justement pour s'entendre. Puis on n'est
jamais... on ne peut pas être contre les négociations, et c'est pour ça qu'on
veut faire
partie des négociations. Une négociation, c'est, à deux
personnes, ou à deux groupes, ou à plusieurs, en fait, de prendre une décision commune tout le monde ensemble. Et ça,
vraiment il faut être réaliste là-dessus. Je crois que... Je ne sais pas si
Mathieu a quelque chose. Non? Donc, c'est ça. Voilà.
Gautrin :
Donc, je voulais seulement…
Mme Parent
(Lyne) : Oui, on est entièrement d'accord avec ça.
Gautrin : Il y a un point que je me serais attendu de votre
part quand vous avez lu le rapport D'Amours et que je n'ai pas entendu
aujourd'hui de votre part… Je connais quand même votre position par rapport à l'indexation
rétroactive à partir de 1982 des régimes de
pension, je connais quand même votre position. Là, vous n'avez pas parlé de77.0.1 dans la Loi du RREGOP. 77.0.1, dans
la loi du RREGOP, met l'équivalent par... avant qu'on commence à parlerde l'indexation ou du moins le un demi d'indexation,
demande, à ce moment-là, qu'il y ait l'équivalent d'une protection pour
écarts défavorables de l'ordre de 20 %. Or, le rapport D'Amours…
Gautrin : Non, non, le rapport D'Amours parle de 15 %.
Moi, si j'avais été assis dans votre siège, la premièrechose que j'aurais faite, c'est de dire :
Est-ce que, comme le rapport… si vous voulez suivre D'Amours, modifiez 77.0.1
de manière à amener le 20 % au 15 %. Vous ne l'avez pas fait, pourquoi?
Mme Parent (Lyne) : ...que même 15 %, c'est trop élevé, on voudrait même 10 %.
Alors, on ne veut pas quand même, là…
Gautrin :
Oui, je sais. Je connais votre position aussi.
Mme Parent
(Lyne) : Alors, moi, je pense que, là-dessus, il y a beaucoup...
Gautrin :
…D'Amours vous donnait 5 %.
Mme Parent (Lyne) : Oui. Il y a beaucoup de négociations qui peuvent se faire là-dessus.
Cependant, on connaîttrès bien la
position gouvernementale et l'argent dans les goussets du gouvernement. Alors,
disons qu'on a différentes solutions à proposer, mais, pour l'instant,
on parle du rapport D'Amours. Je ne sais pas si Mathieu a quelque chose…
Gautrin : Mais, attendez, madame, faites attention, je parle
de 77.0.1, pas de 77.0.2. 77.0.1, c'est la partied'indexation qui est faite sur la caisse des
participants retraités ou actifs. 77.0.2, c'est la part du gouvernement. Je
comprendsle gouvernement va arriver
à l'équilibre budgétaire, ne peut pas faire ce 77.0.2. Mais vous connaissez, M.
Santerre, vous connaissez 77.0.1 et la barrière de 20 %? Ça, on
aurait pu la baisser à 15 % ou on aurait pu demander…
Mme Parent
(Lyne) : Oui, je vais laisser aller.
M. Santerre
(Mathieu) : Je vais simplement compléter ce que Mme Parent a dit,
dans le fond.
Gautrin :
Excusez-moi, Mme Parent.
M. Santerre (Mathieu) : Effectivement, nous, c'est 10 %, 10 % à
12 %, gros maximum, à notre point de vue.Vous avez raison de souligner que D'Amours suggère 15 %, maintenant
je n'ai pas encore entendu le gouvernement direque c'est ce qu'il allait appliquer non plus, alors. Mais merci de l'avoir
souligné pour nous. Effectivement, il ne faudrait pas dépasser 15 %
et même se rendre à 10 %.
Gautrin :
Alors, merci, ça prouve que je lis vos documents, quand même, quand vous les
sortez.
Alors
maintenant, je vais aborder avec vous ce que j'ai déjà abordé avec les
personnes... Vous avez proposé iciun
mécanisme d'être présent aux tables de négociation. Est-ce que vous, vous
allez… Mais vous ne l'avez pas dans leprojet
de loi actuellement. Vous savez, une table de négociation, c'est un échange
entre… Donc, entre parties, on fait des…Alors, là, vous, vous voulez un statut d'observateur? Est-ce que vous
participez aux échanges? Et faites attention parceque les tables de négociation, après, doivent
retourner aussi bien dans leurs assemblées générales pour faire entériner ce
qu'ils ont concédé de part et d'autre. Alors, est-ce qu'il devrait y avoir de
votre part une possibilité de retour à vos assemblées
générales? Et est-ce que ceci pourrait bloquer, en quelque sorte, la convention
collective, si vous y étiez présents, parce que votre assemblée générale
n'accepterait pas ce que vous auriez concédé ou...
vais vous donner un exemple concret. Dans les demandes, à un moment, il y avait
des demandes pour qu'on ait… — dans les demandes, je pense
que c'était il y a huit ans ou neuf ans — pour qu'il y ait une forme d'indexation
progressive à partir de 1982. Et ça, ça
avait été même dans les demandes syndicales. Et, dans ce qu'on appelle le
règlement,parce qu'à un moment il
faut qu'on s'assoie puis... ça avait été abandonné, si vous vous rappelez.
Alors, est-ce que, si ça a été…
Moi,
j'ai un peu… J'ai vraiment de la difficulté à comprendre la négociation
tripartite. Mais, si c'est qu'il y ait un observateur à la table de
négociation, bon, ça ne pose pas de problème… Mais là vous voulez vraiment être
à une négociation tripartite, et j'ai du mal, de la difficulté à voir comment
ça peut fonctionner.
Mme Parent (Lyne) : J'aime votre question, M. Gautrin, parce que oui, on veut participer
comme négociateurs,toutefois je
crois qu'on n'est pas une association qui veut trancher très, très… Je pense
que de la négociation, justement, c'est
de pouvoir voir les deux côtés de la médaille puis de faire... peut-être d'apporter
certaines nouvelles idées qui peuventpeut-être
faire la différence là-dedans, comme aider les plus pauvres, aider peut-être
ceux dont la moyenne des salaires est très basse. En tout cas, il y a
quelque chose à faire là-dedans.
Oui,
on retourne en assemblée générale, oui, on va voir le monde. Et ça, je peux
vous dire que moi, je fais la tournéedes
régions présentement et que je pose des questions tout le temps. Moi, je vais
beaucoup à la pêche pour voir qu'est-ce que les gens en pensent, et c'est
très important de voir. C'est sûr que ce n'est pas tout le monde qui est d'accord
avec certaines positions que moi, je
privilégierais parce qu'on sait comment le gouvernement, là… les goussets du
gouvernementne sont quand même
pas... ils ne débordent pas, là. Alors, il faudrait... Je sais que les gens le
comprennent, qu'ils peuventle
comprendre. Maintenant, ceux qui en veulent trop, je pense qu'ils vont avoir un
petit peu de problèmes aussi. Puis, sion
ne demande jamais rien, bien je pense qu'il va falloir penser que les gens s'appauvrissent
d'année en année. Alors, vous avez raison, mais je crois qu'on est une association
qui a une souplesse puis qui peut essayer de comprendre ce qui se passe.
Gautrin :
M. le Président, je pense que vous pourriez passer la parole à mon collègue.
Mme Parent (Lyne) : Si Mathieu...
Pardon?
Bachand : M.
Santerre voudrait ajouter quelque chose.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
En fait...
Gautrin : Allez-y.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : C'est parce que le
député de Verdun
me demande si le député d'Outremont
veut la parole.
Mme Parent (Lyne) : O.K.
Gautrin :
Non, non, mais c'est une farce entre nous. Parce qu'avant je disais : On
peut passer la parole à moncollègue
d'Outremont. Alors, maintenant, le président a rappelé que c'était lui qui
passait la parole. Alors c'est pour ça. Mais c'est une petite blague
entre nous ici.
Santerre (Mathieu) : Si vous
me permettez, un petit mot. En fait, votre question traduit votre connaissancedu dossier. Maintenant, évidemment, les
régimes de retraite ne font pas formellement
partie des conventions
collectives.Notre souhait est
relativement ciblé, c'est de travailler uniquement sur la question de la
retraite, donc pas sur les salaires,comme
le disait M. Bérubé tout à l'heure. Et on pense que ça serait déjà un gros
geste, par rapport à la culture d'exclusionqu'il y a à l'heure actuelle à l'endroit des retraités de l'État, ça
serait déjà un geste important que de présenter ce projet de loi. Et on
se fera un plaisir de prendre votre suggestion et de suggérer un amendement, si
on est capables de se rendre là.
Gautrin : Bon, je
vous remercie.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le député d'Outremont.
Bachand : Oui.
Merci, M. le Président. Bonjour. Ça fait plaisir de vous voir ce matin. Trois
dimensions différentes. C'était ma
troisième, votre projet de loi, mais je vais commencer avec celui-là parce que
vous avez pris letemps d'en rédiger
un. Et donc j'ai pris le temps de le lire. Henri-François, le
député de Verdun,
l'a... La nature de ce quevous
demandez, évidemment, n'est pas une nature décisionnelle, est une
nature de participation, au fond, qu'il y a uneinformation et une
participation, c'est ça que je comprends dans la façon dont le projet de loi est rédigé. Et donc il n'y apas non plus de pouvoir de signature puis il n'y a
pas d'instance à laquelle... C'est compliqué pour celui qui est participant,
là, mais...
Santerre (Mathieu) : Techniquement,
ce serait un début intéressant. Vous comprenez? Mais, à l'heure actuelle, on fait face à un mur. Et il y a une
absence totale de participation, alors que, notamment dans le cas des régimescomplémentaires
de retraite, on prévoit de la
consultation pour l'affection d'actifs, on prévoira peut-être
des consultationspour
réagir à des projets de coupures d'indexations. Alors, on croit qu'on est
rendus là. Mais vous le résumez très
bien.
Bachand : Deuxièmement, dans votre loi, évidemment, qui est là? Moi,
je suis un peu d'accord avec le
député de Rouyn-Noranda, c'est que les syndicats
jouent quand même un rôle représentatif dont vous n'êtes pas satisfaits,
mais...Parce que, si je regarde,
dans beaucoup de circonstances, les gens qui prennent leur retraite, c'est
encore les chums desgens qui sont à
table, là, l'année précédente. Peut-être que, dans 10, 15 ans, il y a un
décalage... il y a un décalage qui s'est fait.
Mais
avez-vous une idée... Parce que c'est un peu flou, quand vous dites que l'association
qui serait... vous n'utilisezpas le
mot «accréditée» mais «représentative», c'est celle qui est la plus
représentative des retraités. Prenons les cols bleusde Montréal, qui, je pense, ont fait un travail
remarquable dans la négociation avec la ville, ou prenons ceux de Québec, etc.,ils prétendent, le SCFP, représenter aussi
non seulement les travailleurs, mais l'intérêt des retraités parce que ça va
être leurs membres… Leurs membres d'aujourd'hui, eux, ils pensent à
demain.
Est-ce que je
comprends bien la façon dont vous...
L'article 3, c'est que, s'il y a une
association de 50 cols bleusde
la ville de Québec et que c'est la plus grosse, bien c'est elle qui est
représentative? Vous n'allez pas jusque-là, maisj'essaie de... Il n'y a pas de paramètres dans... c'est juste la plus
représentative. 50, c'est plus que 40, même s'il y en a des milliers, c'est...
Avez-vous pensé à paramétriser ça un peu plus serré?
Santerre (Mathieu) : Bon,
évidemment, face aux juristes patentés de l'État, on y va toujours de modestiedans nos propositions. Donc, on y est allés
avec un représentant désigné par une
association représentative. Est-ce queça
devrait être deux, est-ce que ça devrait être trois pour participer aux tables
de négociation? Possiblement. Maintenant, l'objectif, c'est à tout le moins d'introduire une
participation dans le cadre d'une négociation et, sans enlever aucun mérite à
aucun…
Mme Parent (Lyne) : Une autre
association, non.
M. Santerre (Mathieu) : …aucune autre association ni aucune autre
organisation syndicale, qui parfois font desgestes très positifs pour leurs retraités dans certains corps de métier notamment, par définition, l'intérêt promu par lesorganisations syndicales et de cadres, bien ce sont les intérêts de leurs
membres, et ils se feraient chicaner s'ils faisaient le contraire.
Alors, pour reprendre le…
Bachand : Mais, ma
question, M. Santerre… Je vous interromps. Ceci étant, le
membre actuel d'un syndicat, il pense
à sa retraite aussi. Alors, l'intérêt est aussi là, mais peut-être
pas dans 20 ans. Puis, comme tu ne peux pas modifierles droits de la même façon... Mais je suis d'accord
que ce n'est pas… c'est une
partie de la préoccupation, ce n'est pas lecœur de la préoccupation. Et ma question,
c'était plutôt : À quel moment une association est représentative des
retraités?
Mme Parent (Lyne) : Je pense qu'il y a une personne qui peut être représentative des
retraités, mais en ayant quand même une ouverture sur les associations
pour les tenir au courant, comme M. Gautrin disait tout à l'heure : Allez-vous dire aux personnes qui sont retraitées
qu'est-ce qui se passe aux négociations pour qu'ils le sachent? Ça fait
que c'est la même… Je pense qu'il faudrait aller un petit peu plus loin là-dedans.
Bachand : Je
comprends que vous voulez — et
ça, c'est l'objet du projet de
loi — qu'il y
ait une représentation,donc de l'information,
une participation. Ma question pose sur l'autre aspect, c'est : À quel
moment un représentant estreprésentant?
En d'autres mots, en quel… S'il représente 50 personnes, 2 %, combien
de membres doit avoir l'association? Avez-vous pensé à paramétriser ça
pour que ça soit vraiment sérieux, là? Et j'élargis au niveau des universités,
des municipalités, etc., c'est pour ça que je ne vous vise pas
particulièrement, là.
M. Santerre (Mathieu) : On ne l'a pas paramétré par écrit, mais s'inspirant,
par exemple, de la composition decertains
comités de retraite du côté syndical. Mais on connaît les organisations
syndicales qui sont, par exemple, partiesdu comité de retraite du RREGOP. Il existe une dizaine d'associations
nationales de retraités de l'État, au Québec, qui pourraient
légitimement demander de faire partie… Vous comprenez? Alors, c'est comme ça qu'on
l'a entrevu.
Bachand :
C'est à ceux-là que vous pensez actuellement.
M. Santerre
(Mathieu) : Incluant nous, oui.
Bachand : Oui, oui, tout à fait. Merci. Sur un autre sujet,
parce que ce n'était pas là... puis je vous ai bien écoutéaussi, puis j'apprécierais effectivement avoir vos
notes. C'est un bon rapport. Vous appuyez la rente longévité, bien sûr àcondition que ça ne coupe pas le supplément
de revenu du fédéral, mais vous appuyez aussi... vous souhaiteriez une haussede la cotisation à la Régie des rentes du
Québec pour un niveau, un autre palier de gains admissibles. Moi, depuis huit
ans,sept au gouvernement, hein, depuis,
on est confrontés toujours à des besoins très, très légitimes des gens, mais à
notrecapacité de payer. Comme
Québécois puis comme peuple, je pense qu'on n'est pas encore sortis de cette
idée que tu ne peux pas tout mettre sur ta carte de crédit.
Il y a un coût de prestations sur les entreprises,
qui sont déjà à 4 % de plus à peu près de taxe sur la masse salarialeque les autres. Alors, déjà, la rente
longévité, c'est 1,65 %, 3,3 % employés-employeur. La Régie des
rentes, je ne le saispas ce que ça serait,
votre taux, parce que c'est moins fort, ce que vous demandez, que ce que le
SCFP demande. Mais, sivous aviez une
priorité, laquelle des deux feriez-vous? Et puis comment y allez-vous? Parce qu'il
y a une limite à ce qu'onpeut
évidemment imposer brutalement dans l'économie. Avez-vous pensé à cette
question. Parce qu'on a toujours… Il y abeaucoup de choses que j'ai envie de faire dans la vie puis je ne peux
pas toutes les faire en même temps. Tu sais, je ne peux pas faire huit
voyages par année. Oublions la question de temps, il y a la question financière
aussi.
M. Santerre (Mathieu) : Si je comprends bien la question, vous nous
dites : Si vous aviez à choisir entre la rentelongévité et une hausse maximum de gains
admissibles au Régime de rentes du Québec, qu'est-ce que vous prendriez?
C'est bien ça, votre question?
Bachand :
Oui, oui, oui, tout à fait.
Mme Parent (Lyne) : Moi, j'irais avec le RRQ présentement parce que ça existe déjà puis qu'on
n'aurait pasbesoin de faire autre
chose pour l'instant. Je ne le sais pas, qu'est-ce que Mathieu peut en parler.
Pour répondre à votre question, là, du tac au tac, ce serait ça.
Bachand : C'est clair. Dernier sujet, parce qu'il ne reste
pas beaucoup de temps. Évidemment, vous avez abordévous-même la représentation à la Caisse de dépôt,
à laquelle j'étais ministre responsable. J'ai toujours dit non, d'ailleurs,
aussi à ça. Mais j'ai toujours été perplexe par ça parce que le désir d'être
représenté… La Caisse de dépôt, les grands déposants
sont représentés, hein, que ça soit la Régie des rentes, la construction, etc. Ce sont les déposants qui
font les politiques de placement, ce n'est pas le conseil de la Caisse
de dépôt, ce sont les déposants qui font les politiques de placement. Il me semble que votre lutte
et la légitimité, ça serait beaucoup plus de demander d'être représentés là où lesdécisions se prennent : Régie des rentes, construction, dans chacune… des déposants. Et vous n'êtes pas partout de la même façon et, si vous y êtes, c'est
là qu'il faut que l'influence se fasse.
M. Santerre (Mathieu) : En fait, le projet de loi qui vous est
soumis ce matin est précisément pour être au meilleurendroit, pour ce qui est de nos régimes de
retraite évidemment. Cela dit, concernant la Caisse de dépôt et placement duQuébec,
en tout respect pour le travail de personnes qui bûchent à longueur de semaine
pour leurs organisations, la hautedirection de la Régie des
rentes et de la CARRA ne sont pas des
représentants accrédités des retraités, ils représentent
leur organisation et visent la pérennité de leurs programmes, et c'est ça leur
travail.
Maintenant,
si on y va un petit peu plus creux dans le technique, vous savez très bien qu'il y a des comités de retraite qui dépendent de
la CARRA pour nos principaux régimes, où il y a une présence de personnes
retraitées, mais, à leur grand dam, d'ailleurs, une présence très faible. Et je
vous dirais que l'opinion des retraités n'est pas nécessairement considérée. Pire encore, ils sont soumis à des
règles de confidentialité qui leur interdit à toutes fins pratiques toute
formede rétro-information avec leurs
organisations respectives, au contraire des organisations syndicales, qui sont en lien
directavec leurs instances. Donc,
quand on vous parlait d'un mur, c'est ce à quoi on fait face. Prenez-le par n'importe
quel bout,ça ne passe pas. Alors, on
vous demande un ajustement législatif pour avoir un pied au moins là où ça se
passe pour vrai.
Bachand : Et je vous suggérerais respectueusement que, si
vous étiez à la Caisse de dépôt, étant donné le devoirfiduciaire même de la Caisse de dépôt, qui doit
gérer, disons, le régime de la CARRA puis qui doit gérer le régime de laconstruction, ces instructions, les gens qui
font le placement, ce n'est pas le conseil d'administration, il n'a à peu prèsrien à voir avec ça — je caricature, j'exagère un petit peu — c'est la direction de la caisse qui s'assoit
avec le déposant, puis qui dit : Quelle répartition de
portefeuille de placement voulez-vous?, comme ça se fait dans les entreprises.
d'ailleurs chaque déposant n'a pas le même rendement. Quand la caisse a un
rendement de 10,5 %, ça varieparce
que les déposants ont choisi des portefeuilles de placement. Et, si vous voulez
que vos intérêts soient représentés,c'est
d'être dans le groupe qui décide de la politique de placement pour les
déposants particuliers. Ce n'est pas le conseilde la caisse, c'est dans chacune de ces organisations-là. Là, vous
seriez au bon endroit. Ça ne veut pas dire que je suis pour partout, là,
mais, comme principe, il me semble, respectueusement, que c'est ça que vous
devriez viser.
M. Santerre
(Mathieu) : Vous comprendrez qu'il n'y a pas…
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Excusez-moi, mais, si c'est une question,
malheureusement on n'aura pas le temps d'entendre la réponse. Je vous ai
même laissé passer, M. le député, de deux minutes.
Bachand :
Merci. Je vous remercie de votre...
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Dans des consultations, on est moins sévère. M.
le député de Lévis.
Dubé : Merci beaucoup, M. le Président. Et bienvenue à vous
aussi à la commission, merci pour votre temps.Je voudrais juste préciser deux choses. Premièrement, je salue votre
intérêt d'être à 50-50 dans les cotisations futures, si je peux les appeler comme ça. Mais, au niveau des
déficits, ou des services passés, ou des droits acquis, est-ce que vous
avez la même ouverture?
Mme Parent (Lyne) :
Bien,