CRC — 26 November 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
CRC 2024-11-26
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Accueil > Travaux parlementaires > Travaux des commissions > Journal des débats de la Commission des relations avec les citoyens
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31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
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27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
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27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
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26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
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25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
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24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
20e législature, 1re session (7 octobre 1936 - 12 novembre 1936)
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18e législature, 1re session (3 novembre 1931 - 19 février 1932)
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16e législature, 4e session (11 janvier 1927 - 1 avril 1927)
16e législature, 3e session (7 janvier 1926 - 24 mars 1926)
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15e législature, 3e session (10 janvier 1922 - 21 mars 1922)
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13e législature, 3e session (7 janvier 1915 - 5 mars 1915)
13e législature, 2e session (11 novembre 1913 - 19 février 1914)
13e législature, 1re session (5 novembre 1912 - 21 décembre 1912)
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Journal des débats de la Commission des relations avec les citoyens
Version préliminaire
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43 e législature, 1 re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mardi 26 novembre 2024
Vol. 47 N° 58
Étude détaillée du projet de loi n° 74, Loi visant principalement à améliorer l’encadrement relatif aux étudiants étrangers
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
15 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h 30
19 h
19 h 30
20 h
20 h 30
Journal des débats
15 h (version non révisée)
(Quinze heures vingt et une minutes)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission des relations avec les citoyens ouverte.
La commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 74, c'est-à-dire la Loi
visant principalement à améliorer l'encadrement relatif aux étudiants
étrangers.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme McGraw (Notre-Dame... de-Grâce), pardon, est remplacée par
Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont); Mme Prass (D'Arcy-McGee), par M. Morin
(Acadie); et M. Bérubé (Matane-Matapédia), par M. Paradis
(Jean-Talon).
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Alors, lors de l'ajournement de nos
travaux, jeudi dernier, nous en étions à l'étude d'une motion préliminaire
présentée par M. le député de l'Acadie. Dans les temps de parole, je crois, Mme
la députée de Notre-Dame-de-Grâce, que vous aviez terminé votre temps... vos
interventions?
Mme Setlakwe : Bonjour, Mme
la Présidente. Moi, c'est Mont-Royal-Outremont.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je m'excuse, voyons.
Mme Setlakwe : Non, non, il n'y
a vraiment pas de souci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je m'excuse.
Mme Setlakwe : Mais oui, par
contre, vous avez raison, j'avais terminé mon intervention.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Parfait. Merci beaucoup. Alors, est-ce qu'il y a d'autres
interventions à ce moment-ci pour la motion? M. le député.
M. Cliche-Rivard : Si je ne m'abuse,
Mme la Présidente, là, on coupait, le ministre réalisait qu'il restait quelques
secondes au chrono puis nous suggérait de faire sa réponse d'entrée de jeu. Je
pense, c'est comme ça qu'on s'était laissés, mais peut-être que ma mémoire n'est
pas parfaite.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Vous n'allez pas m'en vouloir, ce n'est pas moi qui
présidais.
M. Cliche-Rivard : Au
contraire.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, M. le ministre...
M. Cliche-Rivard : Je ne
voudrais pas qu'il perde cette chance de pouvoir répondre.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...est-ce que vous voulez répondre?
M. Roberge : Non, ça va. Je n'ai
pas de commentaire à formuler à ce stade-ci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, est-ce que vous voulez utiliser votre temps de
parole?
M. Cliche-Rivard : Non, ça
va, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, est-ce que j'ai d'autres interventions sur la motion
préliminaire? Alors, si je n'ai pas d'autre intervention, est-ce que la motion
préliminaire est adoptée?
Mme Setlakwe : ...s'il vous
plaît.
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) :
Un vote par appel nominal. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont)?
Mme Setlakwe : Pour.
La Secrétaire
: M. Roberge
(Chambly)?
M. Roberge : Contre.
La Secrétaire
: Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac)?
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac) :
Contre.
La Secrétaire
: Mme Bogemans
(Iberville)?
Mme Bogemans : Contre.
La Secrétaire
: Mme Schmaltz
(Vimont)?
Mme Schmaltz : Contre.
La Secrétaire
: Mme Gendron
(Châteauguay)?
Gendron
: Contre.
La Secrétaire
: Mme Blais
(Abitibi-Ouest)?
Mme Blais : Contre.
La Secrétaire
: M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M. Cliche-Rivard : Pour.
La Secrétaire
: Mme Lecours
(Les Plaines)?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Abstention. Alors, la motion est rejetée. Alors, est-ce qu'il
y a d'autres motions? Est-ce qu'on passe à l'étude de l'article 1?
Une voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) :
Non? Est-ce que vous avez... Est-ce que ça va?
M. Cliche-Rivard : Avant l'article 1,
j'ai un
article 0.1 à intégrer, donc je vais vous envoyer l'amendement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : 0.1. Alors, est-ce qu'il est dans Greffier?
On va suspendre quelques instants, le
temps de recevoir la motion. Merci.
(Suspension de la séance à 15 h 23)
(Reprise à 15 h 31)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses
travaux. Donc, nous avons reçu l'amendement du député de
Saint-Henri-Sainte-Anne. M. le député, je vais vous demander d'en faire la
lecture.
M. Cliche-Rivard : Merci, Mme
la Présidente. Juste avant de vous en faire la lecture, là, juste... En vertu
de 245, pour les temps de parole, je voulais juste m'assurer que ce soit
article par
article et paragraphe par paragraphe pour l'étude du projet de loi.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : C'est noté.
M. Cliche-Rivard : Merci
beaucoup.
M. Roberge : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui. Est-ce que vous avez une proposition à faire?
M. Roberge : Bien,
article
par article, ça va, là. Paragraphe par paragraphe, ça peut être long.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Ils ont le droit d'en faire la demande. Est-ce que c'est
une demande qui est proposée par tout le monde?
Des voix : ...
M. Roberge : O.K., on
enchaîne.
M. Cliche-Rivard : Juste pour
bien comprendre qu'est-ce que... qu'est-ce que... Est-ce que vous tranchez
quelque chose ou? Juste pour être sûr qu'on...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Non, vous avez le droit. Vous avez le droit d'en faire la
demande.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
O.K. C'est bon, parfait. Merci, Mme la Présidente. Donc, voilà,
article 0.1 qui modifie l'article 5 de la
Loi sur l'immigration du
Québec. La proposition va comme suit : Modifier l'article 5 de la Loi
sur l'immigration du Québec par le remplacement, dans le deuxième alinéa, de
«que le Québec prévoit accueillir et le nombre de décisions de sélection de
personnes immigrantes souhaitant s'établir au Québec à
titre permanent qui
peuvent être rendues» par «souhaitant séjourner au Québec à
titre temporaire ou
s'y établir à
titre permanent que le Québec prévoit accueillir et le nombre de
décisions de sélection qui peuvent être rendues».
Je m'explique. Évidemment, Mme la
Présidente, M. le ministre, on a été heureux d'entendre le ministre à plusieurs
reprises nous parler que l'immigration temporaire ferait maintenant l'objet de
la planification pluriannuelle qui touchait, jusqu'à ce jour, le permanent
seulement. C'est une demande que moi, j'avais formulée depuis un certain temps.
Je sais que la première opposition avait aussi formulé cette demande-là avec
l'ancien critique député de Nelligan. Donc, je réfère notamment, là, au plan
d'immigration 2025, où on dit : «Ces mesures resteront en vigueur au
plus tard jusqu'au 30 juin 2025, soit au moment où les orientations de la
prochaine planification pluriannuelle, incluant l'immigration temporaire,
seront établies.» Donc, le ministre a fait ce pas-là dans sa planification
pluriannuelle... en fait, dans son plan d'immigration 2025.
Il a aussi fait ce poste supplémentaire là
dans le cadre de déclarations aux médias. La Presse du 30 octobre nous
dit : «Désormais, il tiendra compte des immigrants temporaires dans sa
planification de l'immigration.»
Donc : «Autre nouveauté :
désormais, le gouvernement tiendra compte des immigrants temporaires, et pas
seulement des permanents, dans sa planification de l'immigration. Il s'agit
d'une demande répétée de l'opposition à laquelle il était... il résistait
jusqu'ici.» Alors, ce qui est proposé ici, c'est d'intégrer justement.
Haut de la page
15 h 30 (version non révisé
e) M. Cliche-Rivard : ...le pas
de plus du ministre à même la
Loi sur l'immigration du Québec. Je comprends qu'il
a l'intention de le faire de toute façon, ce serait bien, donc, justement qu'on
intègre formellement à la
Loi sur l'immigration du Québec exactement les
intentions du ministre. Parce que je pense que c'est une avancée. Je pense que
c'est une bonne chose. On était de cet avis. C'est quelque chose que nous, on
avait demandé, puis je suis content d'entendre le ministre avancer.
Alors, si le ministre va de l'avant,
évidemment, il y aura, M. le ministre, quelques modifications de concordance
avec les articles trois et quatre, là, si vous décidez qu'on va dans ce
sens-là, mais je pense qu'on pourrait justement... C'est ce que vous avez l'intention
de faire de toute façon, là, vous l'avez dit à plusieurs reprises au micro... à
différents micros dans les dernières semaines, donc, dans un geste positif et
constructif, je pense qu'on pourrait améliorer notre
Loi sur l'immigration en y
intégrant le volet de la planification temporaire dans la planification
pluriannuelle. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. le ministre.
M. Roberge : Mme la
Présidente, c'est juste parce qu'à l'écran on voit l'amendement, un peu plus
loin, ça dit : «L'article se dirait donc ainsi.» C'est possible de le
décaler pour qu'on voie ce que ça donnerait? Ça aiderait. Merci beaucoup.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Vous l'avez sur... Si vous avez vos tablettes aussi vous
pouvez aller sur le Greffier. Mais c'est correct. On a baissé.
M. Roberge : Donc, juste pour
comprendre, ça ferait... ça ferait : «Le ministre, en tenant compte de la
planification pluriannuelle, établit un plan annuel d'immigration qui a pour
objet de préciser les volumes d'immigration projetés. Le plan indique le nombre
planifié ou estimé des ressortissants étrangers souhaitant séjourner au Québec
à
titre temporaire ou s'établir à
titre permanent que le Québec prévoit accueillir
et le nombre de décisions de sélection qui peuvent être rendues.» Après ça, on
revient au texte d'origine : «La répartition de ces nombres peut être
faite par catégories, par programmes d'immigration pour par volets d'un
programme. Le plan est déposé à l'Assemblée nationale au plus tard le 1er novembre
de chaque année ou, si elle ne siège pas, dans les 15 jours suivants.»
Effectivement, j'ai fait plusieurs
interventions. Donc le gouvernement est favorable au principe. On avait
travaillé quelque chose, un amendement qui irait dans cette direction-là, en
concordance avec ce qui a été dit dans la commission. Si vous le permettez, j'aimerais
juste suspendre pour être certain que, dans le verbatim, dans le libellé, on
est correct, qu'il y a de la concordance. J'ai de l'ouverture à l'amendement de
mon collègue, là, je veux juste être sûr que c'est rédigé en termes corrects,
selon l'équipe de légistes, puis au bon endroit. Mais, si vous permettez, on
suspendrait quelques minutes. Oui?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui. Allez-y.
M. Cliche-Rivard : Et, pour
le délibéré, là, je veux juste vous dire qu'on ferait les propositions de
concordance aussi aux articles trois et quatre qui devraient être modifiés. On
vous les proposera, là, mais l'essence... on voulait être sûrs que cinq
fonctionne avant de déposer les deux autres. Ça fait que, dans la discussion
que vous aurez ensemble, sachez qu'on ferait la même chose pour trois et
quatre.
M. Roberge : O.K. Ça a de l'allure
de faire la modification avant de faire les concordances. On s'entend. Donc, si
vous acceptez, on suspendrait quelques minutes.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Nous allons suspendre quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 15 h 37)
(Reprise à 15 h 58)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend
ses travaux. M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne, nous en étions à votre
amendement.
M. Cliche-Rivard : Merci, Mme
la Présidente. Donc, d'abord, je retire mon amendement précédent.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, est-ce qu'il y a consentement pour retirer
l'amendement? Consentement. Alors, l'amendement est retiré.
L'amendement 0.1 à l'article 5 est retiré.
M. Cliche-Rivard : Et je
soumets donc un nouveau 0.1. Je vais le lire d'abord, puis je...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui. Vous avez tous dans Greffier...
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) :
...le texte du nouvel amendement de l'article zéro... introduisant
l'article 0.1 et modifiant l'article 3. Je vous cède la parole.
M. Cliche-Rivard : Merci, Mme
la Présidente. Donc, 0.1 qui modifie l'article 3 de la
Loi sur
l'immigration du Québec :
Ajouter, avant l'article 1 du projet
de loi, le suivant :
«0.1.
L'article 3 de la
Loi sur
l'immigration au Québec (chapitre I-0.2.1) est modifié par l'insertion,
après "planification pluriannuelle de l'immigration" de
"temporaire et permanente".»
Commentaire, cet amendement a pour objet
de faire porter obligatoirement sur l'immigration temporaire et permanente la
planification pluriannuelle de l'immigration élaborée par le ministre.
Donc, essentiellement, je verse mes
commentaires du précédent échange, là, ou de ce que j'avais présenté tout à
l'heure. Je crois comprendre, puis le ministre le confirmera sur le micro, mais
qu'on a un consentement, là, pour aller intégrer la planification temporaire
dans la planification pluriannuelle, ou du moins le volet temporaire dans la
planification. Comme je disais tantôt, ça fait écho à ce qui est intégré, là,
nouvellement, dans le plan d'immigration 25 et aux déclarations
précédentes du ministre à différents micros, mais bien sûr également à des revendications
quand même de longue date des oppositions, notamment de ma formation politique,
mais aussi de la première opposition. Je dois le réitérer, à savoir que les
temporaires fassent
partie de la planification pluriannuelle, et qu'on ait donc
nos cibles de planification temporaire également, et je vois que le ministre
évolue également en ce sens et je l'en remercie.
• (16 heures) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. M. le ministre.
M. Roberge : Bien, Mme la Présidente,
on est d'accord là-dessus, comme... c'est ça, on l'avait déjà exprimé. Il y a
des choses qui sont... qui peuvent être exprimées, qui peuvent être mises en
place des fois par des gouvernements qui ne sont pas nécessairement encadrées
d'un point de vue législatif. Mais je pense que, là, il y a ce qu'on appelle un
«désormais», c'est-à-dire qu'à partir de maintenant il faudra que ce soit
ainsi, les choses ayant changé. Donc, je suis parfaitement d'accord avec mon
collègue, mais aussi ma collègue de l'opposition officielle, je pense. Ça va
être à elle de l'exprime, mais pour le mettre en toutes lettres dans la loi.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Mme la députée.
Mme Setlakwe : Oui. Merci,
Mme la Présidente. Bien oui, écoutez, nous, c'est sûr qu'on est d'accord avec
ces modifications. Là, on comprend qu'il y a des... Ce qu'on regarde à l'écran
actuellement, ce sont des modifications de concordance. Mais, sur le fond,
d'enchâsser, dans la
Loi sur l'immigration, l'obligation de prévoir aussi
l'immigration temporaire dans la planification pluriannuelle, nous, on le dit
depuis longtemps. D'ailleurs, mon collègue le député de Nelligan, qui était le
porte-parole en immigration l'an dernier, a déposé le projet de loi n° 494... 493, le projet de loi n° 493,
le 10 mai 2023. Donc, ça fait un an et demi. On sait que, dans l'espace
public, il le demandait, mais il est allé plus loin, il est il a déposé un
projet de loi en ce sens. Et puis mon collègue du deuxième groupe d'opposition,
le député de Saint-Henri--Sainte-Anne, l'a bien reconnu. Donc, évidemment que
nous sommes... nous sommes d'accord avec... avec l'amendement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur
l'amendement? Alors, s'il n'y a pas d'autre commentaire, est-ce que
l'amendement introduisant l'article 0.1 pour modifier l'article 3 de
la
Loi sur l'immigration du Québec est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. Alors, on peut passer à l'article un ou j'ai
d'autres amendements. M. le député.
M. Cliche-Rivard : Merci, Mme
la Présidente. Vous devriez avoir mon amendement qui introduirait 0.2.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui. Puis on va juste lever un petit peu le document pour
celles qui veulent... celles et ceux qui veulent le consulter, et dans Greffier
aussi. Je vais vous en demander d'en faire la... la lecture.
M. Cliche-Rivard : Merci, Mme
la Présidente.
Article 0.2 qui modifie l'article 4 de la
Loi sur
l'immigration au Québec.
Insérer, après l'article 0.1 du
projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
«L'article 4 de cette loi est modifié
par l'insertion, après "composition de l'immigration", de
"temporaire et permanente".».
Commentaire, cet amendement a pour objet
de faire porter, obligatoirement à la composition de l'immigration temporaire
et permanente, les orientations pluriannuelles en matière d'immigration. Merci,
Mme la Présidente.
Donc, essentiellement, c'est la
modification, là, la même qui va toucher3, 4 et 5, sans grande surprise, là. Il
y a... Je vais proposer un 0.3 dans quelques minutes pour que, comme je le
disais tout à l'heure, l'immigration temporaire soit également incluse dans les
orientations et dans la planification. Donc, je... je fais les mêmes
commentaires qu'au dernier amendement. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Est-ce qu'il y a des commentaires sur l'amendement?
Alors, s'il n'y a pas de commentaire, est-ce que l'amendement introduisant
l'article 0.2 modifiant l'article 4de la
Loi sur l'immigration au
Québec est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. Alors, on va passer. Vous l'avez déjà annoncé que
vous avez un autre amendement. Je vous demande d'en faire la lecture. Il s'agit
de l'article zéro point... l'introduction de l'article 0.3.
M. Cliche-Rivard : Si on peut
baisser un petit peu?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui, on peut baisser le document...
Haut de la page
16 h (version non révisé
e) La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...le document. Voilà.
M. Cliche-Rivard : Merci
beaucoup, Mme la Présidente.
Article 0.3 (article 5 de la
Loi sur l'immigration
au Québec)
Insérer, après l'article 0.2 du
projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
«0.3
L'article 5 de cette loi est
modifié :
«1° par l'insertion, dans le premier
alinéa et après ‘‘volume d'immigration'' de ‘‘temporaire et permanente'';
2° par le remplacement, dans le deuxième
alinéa, de «le nombre de décisions de sélection de personnes immigrantes
souhaitant s'établir au Québec à
titre permanent qui peuvent être rendues'' par
‘‘le nombre projeté des décisions de sélection à
titre temporaire et à
titre
permanent de ressortissants étrangers''.».
Commentaire, cet amendement a pour objet
de rendre obligatoire, dans le plan annuel d'immigration, la précision des
volumes d'immigration temporaire et permanente projetés et l'indication du
nombre projeté des décisions de sélection à
titre temporaire et à
titre
permanent de ressortissants étrangers.
Même commentaire, Mme la Présidente. Donc
essentiellement, le ministre en parlait, puis je pense que c'est une belle
référence, jusqu'à ce jour, on avait des plans d'immigration permanente.
Maintenant, on aura des plans d'immigration temporaire et permanente. Donc, on
aura de meilleurs outils, meilleure capacité de planifier ce volet-là de l'immigration
également. En remerciant le ministre de son ouverture, ses équipes, évidemment,
et puis les équipes de l'opposition aussi pour leur soutien. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur
ce nouvel amendement?
Mme Setlakwe : Mme la
Présidente, s'il vous plaît.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui. Allez-y.
Mme Setlakwe : Merci. Donc
là, on regarde le libellé, on propose, et c'est ce qu'il faut faire, de
modifier l'article 5 de la
Loi sur l'immigration au Québec. Mais quand on
regarde le libellé qui va remplacer le libellé actuel, ce que l'amendement
prévoit, c'est qu'on va le remplacer par «le nombre projeté de décisions de
sélection à
titre temporaire et à
titre permanent de ressortissants étranges...
étrangers. On comprend, là, la signification sur le fond, mais je vais avoir
une question pour les légistes. Parce que, dans le projet de loi n° 493,
qui avait été déposé par le député de Nelligan, on disait qu'on allait
remplacer le libellé actuel par «souhaitant séjourner au Québec à
titre
temporaire ou s'y établir à
titre permanent que le Québec prévoit accueillir et
le nombre de décisions de sélection qui peuvent être rendues». Et ce même
libellé est celui qui avait été repris par le député de Saint-Henri—Sainte-Anne
un petit peu plus tôt cet après-midi, quand il a déposé son... son amendement
qui introduisait un nouvel
article au projet de loi n° 74.
Donc, est-ce qu'on peut nous expliquer la différence de libellé, s'il vous
plaît?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. M. le ministre.
M. Roberge : Oui. Merci, Mme
la Présidente. Là, on y va avec le nom projeté de décisions de sélection, alors
que vous... Je vois mal la nuance, excusez-moi, là.
Mme Setlakwe : Le libellé est
différent.
M. Roberge : Oui.
Mme Setlakwe : Il faut qu'on
comprenne la nuance, parce que le projet de loi n° 494
avait été quand même révisé par des légistes.
M. Roberge : Oui.
Mme Setlakwe : Et puis le
député de Saint-Henri--Sainte-Anne a repris ce même libellé. Là, on nous... on
nous propose un libellé qui est différent, peut-être que ça veut dire la même
chose, mais je voudrais qu'on nous l'explique.
M. Roberge : O.K. On voit qu'en
fait, un peu comme le collègue de la deuxième opposition dans sa... dans son
amendement initial, il avait repris les termes de la loi tels qu'ils sont. Le
collègue, le leader actuel de l'opposition officielle avait aussi repris les
termes de la loi tels qu'ils sont. Notre amendement vient ajuster les choses
parce que dans la loi, tel qu'il est, on parle du nombre de décisions de
sélection, alors qu'avec le nouveau libellé, on parle de nombre projeté de
décisions de sélection à
titre temporaire, à
titre permanent, parce que, quand
on a une planification, on est dans des projections. C'est ça, je pense, la
nuance.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la députée.
Mme Setlakwe : Donc, ici,
bien juste peut-être d'entendre les légistes, mais c'est donc de prévoir... c'est
au gouvernement de prévoir le nombre projeté des décisions et non pas de parler
de, dans le fond, du nombre de... le nombre de personnes souhaitant séjourner
au Québec. Si on peut juste compléter la réponse avec les légistes, moi, ça
va... ça va compléter ma réflexion. Merci.
M. Roberge : Bien, on m'a confirmé
que c'est ça, la nuance. C'est qu'ici on est... Dans le fond, le plan indique
le nombre planifié ou estimé. On est dans des planifications et des estimations
de ressortissants étrangers que le Québec prévoit accueillir. Et le nombre
projeté de sélections à
titre temporaire, donc c'est plus cohérent tout
simplement, mais ça ne vient pas changer tout le cœur de la loi. Mais c'est
comme une amélioration, là, dans la formulation.
Mme Setlakwe : Très bien,
merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interrogations...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...interrogations, oui.
M. Cliche-Rivard : Merci, Mme
la Présidente. M. le ministre, j'aurais quand même... puis on va l'adopter,
évidemment. Mais je voulais vous entendre, tu sais, sur... on en parlait de la
planification pluriannuelle, puis vous en parliez, puis là on l'intègre, donc,
à la loi, puis ça va être, donc, modifié, et tant mieux. Comment vous
l'entrevoyez, en termes de catégorie, vous allez faire une catégorie
d'étudiants, puis on va avoir un plafond? Est-ce que vous pensez le définir par
cycle? C'était quoi, votre vision sur la planification temporaire, PMI, PTET,
étudiants, niveau... Qu'est-ce que vous avez en tête? Parce que, dans le
permanent, tu sais, on a, travailleur qualifié avec sa sous-composante... avec
gens d'affaires, après ça, on a la réunification familiale, après ça, on a
l'immigration humanitaire avec les réfugiés.
Ça fait que je me demandais, est-ce qu'on
va avoir sensiblement une projection avec un tableau qui ressemble à notre
immigration permanente, avec, quand même, un nombre de détails assez
substantiel comme ça, ou vous... plutôt vous donnez un objectif, genre, je
donne un exemple, 100 000, puis que là vous le définissez à peu près? Ça
fait que j'aimerais ça vous entendre sur votre vision de la prochaine
planification, sans chiffre, évidemment. Je ne veux pas avoir vos chiffres,
mais dans la structure, ce que vous pouvez nous donner aujourd'hui.
• (16 h 10) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. le ministre.
M. Roberge : Je vais être
très, très bref, parce que là on n'est pas dans l'étude du projet de loi, là,
c'est une question sur un sujet connexe, sur la planification à venir. Il y a
la catégorie des permanents, effectivement, il y a plusieurs sous-catégories.
La catégorie des temporaires, il y en a deux, sur lequel Québec a réellement
son mot à dire.
Alors, on va tenir compte de ces deux
catégories-là, mais, pour le reste, on va s'en reparler l'hiver prochain.
M. Cliche-Rivard : O.K. Donc,
on aura une cible... projection, en fait, pour les étudiants et pour le PTET,
c'est ce que je comprends.
M. Roberge : Là, écoutez,
dans le cadre de l'étude du projet de loi ici, je ne peux pas vous annoncer les
catégories ou sous-catégories, des documents de consultation qui ne sont pas
encore écrits pour l'hiver prochain. Je ne veux pas vous induire en erreur non
plus.
M. Cliche-Rivard : Non, non,
je ne vous demanderais surtout pas d'induire personne en erreur, vous le
soulignez quand même. Puis je pense que... je veux dire, on a compris, là. Vous
avez dit... il y avait deux éléments ou deux catégories temporaires dans
lesquels on a une compétence pour l'instant au Québec. Donc, inévitablement,
puis vous n'êtes pas obligé de le confirmer, moi, j'entends ou je comprends que
ce sera donc probablement ces deux éléments-là et que les discussions
continueront pour ce que vous êtes capables de faire avec le PMI, avec
l'homologue fédéral dans le reste. Mais j'imagine... et là, c'est ce qu'on
verra, y aura-t-il ou n'y aura-t-il pas quand même une intention d'obtenir un
chiffre x dans le reste des temporaires, ça, vous n'êtes pas à même de le dire
aujourd'hui, là. Ça fait qu'en disant : Mettons, je vise telle PMI, je
comprends que ce n'est pas mon rôle constitutionnel ou en tout cas en vertu de
l'accord Canada-Québec, ce n'est pas clair... On n'ira peut-être pas là, ça, on
ne le sait pas encore.
M. Roberge : Je ne peux pas
vous confirmer ça aujourd'hui.
M. Cliche-Rivard : Merci, Mme
la Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'introduction de l'article 0.3? Alors, s'il n'y a pas d'autre
intervention, est-ce que l'article 0.3, modifiant l'article cinq de la Loi
sur l'immigration au Québec, est adopté?
Une voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. Merci beaucoup. Alors, nous allons passer à
l'article 1. M. le ministre.
M. Roberge : Oui. Mme la
Présidente, nous avons envoyé sur le Greffier, si je ne me trompe pas, une
proposition de remplacement de l'article 1. Donc, j'ai une petite
question, là...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : En fait, c'est un amendement que vous déposez, et ça
remplace la totalité de l'article un.
M. Roberge : Exactement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, c'est... vous allez aller dans Greffier et, dans greffier,
c'est la version trois de l'amendement qui a été déposé par M. le ministre.
Voilà. Dans la façon de procéder, habituellement, il faut lire l'article un au
complet...
M. Roberge : ...lise
l'article d'abord. O.K.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Comme... comme c'est un amendement qui modifie, vous allez
l'indiquer par la suite, les modifications que vous apportez à
l'article 1. Mais vous devez lire l'article 1 qui apparaît dans votre
projet de loi.
M. Roberge : Merci, alors,
Mme la Présidente,
article 1 : La
Loi sur l'immigration du Québec,
chapitre 1-0.2.1, est modifié par l'insertion après l'article 15 du
suivant :
«15.1. À moins que le gouvernement par
règlement n'en dispose autrement à l'égard de certains ressortissants
étrangers, l'admission dans un établissement d'enseignement est désignée...
pardon, dans un établissement d'enseignement désigné est une condition de tout
programme d'immigration dans la catégorie des étudiants étrangers.
«Sont des établissements d'enseignement
désignés :
«1 : les établissements
d'enseignement visés à l'article 36 de la
Loi sur l'instruction publique,
Chapitre 1-13.3;
«2 : des établissements
d'enseignement que désigne le gouvernement sur recommandation conjoint du
ministre et selon leurs compétences respectives du ministre de l'Éducation, du
Loisir et du Sports et du ministre...
M. Roberge : ...et du ministre
de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la
Technologie. Un décret de désignation entre en vigueur à la date de sa
publication à la Gazette officielle du Québec. Le ministre publie la liste des
établissements d'enseignement désignés sur tout support qu'il juge approprié.
Et je vous reviens avec mon amendement
remplaçant cet article-là.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : D'accord. Il faut retirer l'article à ce moment? Parce que
là il est changé complètement, là.
La Secrétaire : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Parfait. Donc, je vais vous demander de lire l'amendement.
Puis après ça il va falloir vraiment procéder par retrait et adoption du nouvel
amendement, mais discussion, bien évidemment. Alors, je vais vous demander de
lire l'amendement.
M. Roberge : Voilà.
Donc : Remplacer l'article 15.1 de la
Loi sur l'immigration du
Québec, proposé par l'article 1 du projet de loi, par le suivant :
15.1. À moins que le gouvernement, par règlement, n'en dispose autrement à
l'égard de certains ressortissants étrangers, l'admission dans un établissement
d'enseignement désigné pour poursuivre des études reconnues est une condition
de tout programme d'immigration de la catégorie des étudiants étrangers. Sont
des études reconnues : 1 les services d'éducation préscolaire et les
services de l'enseignement primaire, ainsi que les études sanctionnées par un
diplôme, un certificat ou une attestation officielle décernée par le ministre
de l'Éducation, du Loisir et du Sport, ou par une attestation de capacité
délivrée par un centre de services scolaire en vertu de l'article 223 ou
246.1 de la
Loi sur l'instruction publique (chapitre I-13.3); 2 les études
sanctionnées par un diplôme ou une autre attestation décernée en application du
règlement sur le régime des études collégiales (chapitre C-29 r4); 3 les
études sanctionnées par un grade, un diplôme, un certificat ou une autre
attestation d'études universitaires décernés par un établissement
d'enseignement de niveau universitaire, une personne morale ou un organisme
visé à l'article 2 de la
Loi sur les établissements d'enseignement de
niveau universitaire (chapitre E-14.1); 4 les études que désigne le
gouvernement. Sont les établissements d'enseignement désignés : 1 les
établissements d'enseignement visés à l'article 36 de la
Loi sur l'instruction
publique (chapitre 1-13.3); 2 les établissements d'enseignement que
désigne le gouvernement. Un décret de désignation est pris sur recommandation
conjointe du ministre et, selon leurs compétences respectives, du ministre de
l'Éducation, du Loisir et du Sport et du ministre de l'Enseignement supérieur,
de la Recherche, de la Science et de la Technologie. Il entre en vigueur à la
date de sa publication à la Gazette officielle du Québec. Le ministre publie la
liste des établissements d'enseignement désignés et la liste des études
désignées sur tout support qu'il juge approprié.
Cet amendement a pour but d'exiger que les
ressortissants étrangers sélectionnés à
titre d'étudiants étrangers soient
admis pour poursuivre des études reconnues dans un établissement d'enseignement
désigné. Sauf exception prévue par règlement du gouvernement, il précise
quelles sont les études reconnues et les modalités relatives à la désignation
par le gouvernement d'autres études reconnues.
Donc, l'objectif, c'est ça, il y a la
question d'établissement désigné. Et, après analyse, parce que je vous disais,
dans le cadre des études, que le ministre de l'Éducation, la ministre de
l'Enseignement supérieur, analysent, regardent la situation actuelle, et on a
constaté qu'il y a quand même, dans certains établissements désignés, des
programmes qui sont non reconnus, qu'on peut parfois appeler des programmes
maison, qui ne sont pas tout le temps des programmes, je dirais, à haute
vallée... à autre valeur, j'ai dit, qui ne sont pas tout le temps je fais attention,
je ne veux pas mettre tout dans un même panier, mais il y a, disons, certains
programmes pour lesquels il serait particulier de faire venir des étudiants
étrangers, bien que ce soit dans un établissement désigné, mais dans un
programme qui ne serait pas reconnu. Donc, c'était une précision qu'on devait
apporter. Puis une fois qu'on met ça, mais il faut définir «étude reconnue», on
s'entend. Donc, voilà le pourquoi de l'amendement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Je suis prête à prendre des interventions sur
l'amendement. Mme la députée.
Mme Setlakwe : Oui. Merci,
Mme la Présidente. Mais pour commencer, est-ce qu'on peut nous expliquer
l'intention, ici, derrière cet
article qui a été quand même revu de façon... de
façon importante? Le ministre vient d'en faire mention. Mais à première
lecture, il semblerait, dans le fond, qu'on reconduit le régime actuel, là, on
est en train d'énoncer, d'exprimer ceux parmi les étudiants internationaux
qu'on permet de venir ici au Québec. Alors, est-ce qu'effectivement c'est le
régime actuel ou est ce que vous êtes en train déjà de modifier le régime
actuel? Est-ce qu'ici...
Mme Setlakwe : ...ici,
là, on reproduit le régime actuel.
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) :
M. le ministre.
M. Roberge : Oui, mais
ce qu'on précise, c'est que par rapport à la situation actuelle, d'accord, on
ne parle que d'établissements désignés. Et la loi, la nouvelle loi, là, celle
que l'on étudie, pas la loi actuellement en vigueur, mais la loi que nous
étudions nous permettait... Elle nous permet de regarder la pertinence de faire
venir et d'accueillir des étudiants étrangers. Puis on disait : Bien,
c'est pertinent s'ils viennent dans des établissements désignés. Et là on se
rend compte que, dans les établissements désignés, il y a certains programmes
qui ne sont pas reconnus. Donc, on veut avoir un deuxième niveau de précision
pour ne pas autoriser d'emblée toute venue d'étudiants étrangers à des
programmes pas reconnus, pour la simple raison qu'ils sont dans un
établissement désigné. Puis je...
Pour exemple, là, il y a certains
programmes, langue seconde, donc, qui sont... qui ne sont pas des programmes
qui ne sont pas des diplômes d'études collégiaux, ce n'est quand même pas des
attestations d'études collégiales, une formation, disons, minimale en langue
seconde, mais dans un établissement désigné, un établissement, là, à qui on ne
veut pas enlever sa désignation. Et au moment où on se parle, si on ne change
pas la loi, si on n'adopte pas l'amendement que je vous propose, bien, parce
que c'est dans un établissement désigné, il y a des gens qui pourraient venir
ici à
titre d'étudiant étranger dans un établissement d'enseignement supérieur,
mais dans un programme qui a très peu de valeur, ou enfin qui a très peu de
valeur d'un point de vue international, je veux me corriger quand même. Disons
que ce serait discutable. Donc, il faut... Il faut... Quand je le disais,
depuis le début, là, on veut une agilité, on veut être précis, on veut agir de
manière localisée, on ne veut pas faire de paramétrique mur-à-mur, mais ce
niveau de précision que je nous propose d'apporter nous permet d'être plus
efficaces.
• (16 h 20) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Allez-y.
Mme Setlakwe : Oui.
Merci. Juste pour clarifier. Donc, dans votre exemple, un programme de langue
seconde, un étudiant qui vient d'Europe, qui voudrait venir ici, actuellement,
avant... avant ces changements qu'on met sur... qu'on met en place, la personne
aurait pu avoir un CAQ études?
M. Roberge : La personne
aurait pu avoir un CAQ études puisqu'il s'agit d'un programme, avant
l'amendement que je vous propose, c'est un programme dans un établissement
désigné.
L'article 1 du projet de loi, sans l'amendement, ne précisait pas
qu'on devait être dans un programme d'étude reconnu. On disait : Si tu es
dans un établissement désigné, c'est bon. Alors, les gens pourraient venir dans
un établissement désigné, mais suivre un programme non reconnu. Il faut donc
l'amendement que je propose pour être capable de dire : Bien, bien sûr que
vous pouvez venir étudier ici, mais dans un programme reconnu, pas dans un
programme non reconnu. Voilà la nuance que je veux ajouter avec vous.
Mme Setlakwe : Non, non,
je comprends très bien la nuance, donc, entre la version initiale de 15.1 et
celle qu'on a sous les yeux. On voit très bien, donc, cette notion d'étude
reconnue, très bien détaillée alors que, précédemment, dans la version
initiale, on parlait d'établissements d'enseignement désignés. Établissements
d'enseignement désignés, c'est un concept qui existe depuis quand, ça, M. le
ministre?
M. Roberge : C'est déjà
dans la loi, la notion d'établissements désignés.
Mme Setlakwe : Donc, ça
fait un certain temps. Là, on ajoute études reconnues. Mais est-ce que, dans
votre exemple, donc, d'un étudiant international qui vient d'Europe, disons,
qui veut venir étudier dans un programme de langue seconde, ici, vous dites
qu'actuellement il n'y a pas ce critère, donc, d'études reconnues. Il y aurait
eu un CAQ études, puis le fédéral lui aurait donné aussi le permis d'études?
M. Roberge : Bien, moi,
je ne peux pas présumer de toutes les demandes partout, tout le temps, là. Mais
oui, absolument, il n'y a rien qui... Il n'y a rien qui l'empêche. Puis je ne
veux pas juste faire... Je vais faire attention, je ne veux pas dire que tout
programme de langue seconde ne serait pas nécessairement un programme reconnu,
là. Il pourrait avoir des programmes de langue seconde qui seraient des
programmes reconnus. On a simplement trouvé, je vous sers un exemple, que dans
certains cas, il y a des établissements désignés qui ont des programmes de
langues de seconde qui ne sont pas reconnus. Je vais faire attention pour ne
pas que des gens qui nous écoutent pensent que tout à coup, là, on va tout
bloquer dans leur établissement.
En fait, avant le projet de loi que nous
étudions, le gouvernement ne peut que donner des CAQ aussitôt que les gens
s'inscrivent dans un établissement désigné. Au gouvernement, au moment où on se
parle, on ne peut pas utiliser aucun critère. Je n'aime pas le terme
«discriminatoire», mais on va dire des critères discriminants, là. Ça, c'est le
bon terme quand on fait des choix, là. On ne peut utiliser aucun critère
d'élimination...
M. Roberge : ...aucun critère
discriminant pour accorder ou ne pas accorder. C'est tout... c'est justement,
c'est tout l'objectif du projet de loi, c'est d'être capable de dire :
Bien oui, on va accueillir des étudiants internationaux, c'est une richesse
puis c'est très bien, mais pas nécessairement partout, dans tous les
programmes, dans tous les établissements puis sans tenir compte de notre
capacité d'accueil. On va tenir compte de notre capacité d'accueil, on va tenir
compte de nos besoins, on va être capable d'utiliser des critères
discriminants. Dans la première version du projet de loi, on utilisait le
critère discriminant établissement désigné. Je nous propose d'être capable de
dire : Établissement désigné, oui, mais d'ajouter le critère discriminant
dans un programme reconnu.
Mme Setlakwe : O.K. Bon,
bien, parlons-en, là, donc de cette liste d'études reconnues, puis ensuite
d'établissements d'enseignement désignés. Donc, études reconnues, vous vous
référez, dans le fond, au régime... bien, on voit 1, 2, 3, 4, il y a quatre
sous paragraphes. Vous visez le préscolaire, le primaire, le secondaire. Est-ce
que vous visez aussi des D.E.P., des diplômes d'études professionnelles?
M. Roberge : C'est inclus
dans la désignation. Quand on dit les études sanctionnées par un diplôme, donc
quand on dit «diplôme», le diplôme d'études secondaires, D.E.S., diplôme
d'études professionnelles, d'ailleurs, D.E.P., c'est un diplôme aussi. Après
ça, quand on dit «certificat ou une autre attestation officielle émise par le
ministère de l'Éducation, de Loisir et du Sport», bien, il y a toute une
panoplie d'attestations et de certificats au secondaire, on ne s'en doute pas,
là, on pense juste que le D.E.S. puis le D.E.P., bien, il y a aussi des
attestations qui se donnent. Donc, dans le fond, quand il y a une attestation
qui est reconnue, là, par le ministère, ça va.
Mme Setlakwe : O.K. Puis au
collégial, on voit très bien que vous vous référez au règlement sur les RREC,
à, le régime des études collégiales.
M. Roberge : Exactement, dans
le deuxième point... Je ne veux pas vous interrompre. C'était correct?
Mme Setlakwe : Oui.
M. Roberge : O.K., je pensais
que je vous avais coupé. Dans le deuxième, justement...
Mme Setlakwe : Non, non, ma
question, c'est ça. Donc, ça inclut les D.E.C. ou les A.E.C., là, les
attestations d'études collégiales.
M. Roberge : Exactement. Ça
inclut le fameux D.E.C. préuniversitaire deux ans, le D.E.C. technique trois
ans puis les attestations. Quand on dit une attestation, les A.E.C., les
attestations d'études collégiales, le terme attestation décernée en application
du Règlement sur le régime collégial, oui, à ce moment-là, ça compte. Par
contre, il y a ce qu'on appelle parfois des programmes maison dans les
établissements désignés qui ne sont ni des D.E.C. deux ans, ni des D.E.C. trois
ans, ni des attestations. Certaines pourraient être désignées études reconnues,
on n'est pas fermé à ça, mais pas d'emblée tout. Ce serait après analyse parce
qu'on pense qu'il pourrait y avoir ici peut-être des failles à ce moment-ci.
Donc, certains programmes maison pourraient être désignés : oui, ceci est
un programme reconnu, mais pas nécessairement, pas de passe gratuite à ce
sujet. C'est ce qu'on vient préciser.
Mme Setlakwe : J'essaie de
saisir, donc, programme maison... Puis en fait, je vais poser une question. Je
sais qu'on était rendu un peu plus dans des questions spécifiques, mais une
question plus générale qui va nous aider, je pense qu'il va falloir avoir la
discussion dès le début de l'étude du projet de loi, c'est sur l'intention, sur
la problématique que vous tentez de corriger ou sur les situations
problématiques qui existent. On n'a pas... à l'opposition, on n'est pas non
plus insensibles à ça. On a lu comme vous, on sait qu'il y a des augmentations
importantes dans certaines institutions. Donc, je pense qu'avant je vais juste
prendre un peu de recul, puis avant de regarder de façon très spécifique le
libellé de cet article-là, on aimerait ça, donc... en tout cas, moi, j'aimerais
que vous clarifiiez. Selon vous, la problématique, elle est où? Est-ce que
c'est le chiffre total qui, là, est autour de 120 000 étudiants
internationaux ou est-ce que c'est plus spécifique à autre chose? Est-ce qu'on
parle de certains collèges, certains programmes? Elle est où, la problématique,
M. le ministre?
M. Roberge : Bien, en fait,
encore une fois, c'est toutes ces réponses. C'est que, comme il y a certains
programmes, certains abus, puis on en a vu quelques-uns dans les médias
dernièrement, bien, le chiffre est trop élevé. Donc, je pense qu'il y a les
deux. Il y a certains programmes, certaines institutions, je vous dirais, qui
peuvent être victimes de leur succès puis victimes de même de réseaux de
personnes... je ne dirais pas des passeurs, là, mais des gens qui sont des
entremetteurs puis qui amènent des gens de l'étranger à utiliser certains
programmes pour s'acheter une citoyenneté ou un CAQ sur le territoire
québécois. Donc, il y a ce type d'abus. Je fais attention à «abus» parce que...
M. Roberge : ...je ne
veux pas nécessairement dire que ce sont les établissements qui commettent les
abus, mais ils peuvent se faire abuser. D'accord? Ils peuvent... Ils peuvent
être victimes de leur succès à certains égards. Puis je veux faire... mesurer
mes mots, là, je ne lance pas la pierre à nos dirigeants d'établissements d'enseignement
supérieur, mais il y a de ça, il y a des resserrements. Puis quand je parle de
la nécessité de s'assurer que les gens sont dans des études reconnues, dans des
programmes reconnus, bien, c'est à ça que je pense aussi. Et corollaire de ça,
bien, oui, je pense que le nombre est trop élevé à 120 quelques qu'on est...
Notre estimation pour la rentrée actuelle, on n'a peut-être pas les chiffres
finaux parce qu'on est au milieu de la session d'automne, mais on est autour de
122 000.
Une voix : ...
M. Roberge : Oui. On
pense... On pense que c'est trop, effectivement. Ne me demandez pas la
chiffre... le chiffre cible.
Mme Setlakwe : C'était
ma question, oui.
M. Roberge : Je ne l'ai
pas. Bien, vous me l'avez déjà demandé la semaine passée, je ne l'ai pas trouvé
en fin de semaine. Je n'ai pas un chiffre, une cible, je dirais, on passe de
122 à x, ou à y, ou à z. Ce n'est pas ça, l'objectif.
Mme Setlakwe : Vous
avez... Mais O.K. 120 000, c'est trop. Vous voulez réduire ce chiffre-là?
M. Roberge : Ah oui! Je
l'ai dit, je l'ai répété plusieurs fois.
• (16 h 30) •
Mme Setlakwe : Vous
n'êtes pas capable de fixer une cible. Je comprends. Avez-vous une certaine
fourchette, un pourcentage approximatif de réduction que vous souhaiteriez
voir?
M. Roberge : Je n'ai pas
ça en ce moment.
Mme Setlakwe : Non plus.
Est-ce que vous voyez une problématique sur un territoire en particulier,
sur... dans une région? Est-ce qu'il y a des... Est-ce que c'est plutôt en
région, où vous pensez qu'il y en a trop ou dans les grands centres?
M. Roberge : Ce qu'on a
dit, ce que j'ai répété, c'est qu'on veut être absolument certains de protéger
plusieurs programmes qui, en région, survivent grâce à des étudiants étrangers.
Et ce sont des secteurs économiques qui sont importants. Des fois, il y a des
économies qui sont sectorielles, qui dépendent d'une main-d'oeuvre, puis la
main-d'œuvre dépend de la survie du programme. Donc, dans ce sens-là, je vais
vous dire oui. On va faire attention. On ne va pas faire attention à une
région, on va avoir une approche régionalisée des besoins de main-d'oeuvre et,
je dirais, de la valeur ajoutée des programmes. Les cégeps, là, ils sont
branchés directement sur les régions, puis les universités aussi. Ils ne font
pas n'importe quoi, les gens des établissements, là. Donc, on va tenir compte
de ça. On ne veut pas arriver avec du mur-à-mur, avec du paramétrique. Oui, on
va tenir compte de ça, mais je n'ai pas une région ciblée et dire : Cette
région-là, c'est là où on va aller chercher x milliers de personnes.
Mme Setlakwe : O.K.
Est-ce qu'il y a une offre d'enseignement que vous avez dans la mire, où vous
pensez qu'il y en... qu'il y a un nombre trop élevé d'étudiants internationaux?
M. Roberge : Je ne me
promène pas avec un viseur, avec une cible. Je ne suis pas un chasseur, un
chasseur de réseau ou de région.
Mme Setlakwe : Est-ce
que... J'essaie encore de... Je vous suis, là, mais j'essaie de mieux cerner la
problématique et mieux cerner votre champ d'action, là, ce vers quoi vous allez
vous diriger avec ces pouvoirs importants. Est-ce que c'est la problématique
des étudiants qui demandent l'asile une fois qu'ils sont sur notre territoire?
Est-ce que, ça, c'est une problématique importante pour vous?
M. Roberge : Les
problématiques sont nombreuses. Elles ont été mentionnées pendant les auditions
particulières. Parfois on a un nombre tel de personnes et d'étudiants dans des
régions qu'on a de sérieux problèmes de logement. C'est une problématique. Il y
a la problématique d'étudiants qui arrivent et sont incapables de payer leurs
frais de scolarité. C'est dans les médias, je pense, encore hier ou en fin de
semaine. Ça pose des problèmes aussi. Il y a des étudiants qui arrivent, paient
leurs frais de scolarité, mais ils n'ont même pas l'argent pour subsister.
Bien, ils fréquentent les banques alimentaires. Ce n'est pas une situation qui
est souhaitable. Il y a la problématique d'étudiants qui viennent ici... En
fait, je ne sais pas si ce sont des étudiants, mais des gens qui arrivent ici
par la voie des étudiants internationaux, mais leur objectif, c'est de faire
une demande d'asile plutôt que de suivre le protocole. Donc, on a cette
problématique-là aussi. C'est nombreux.
Il y a plusieurs choses. Et c'est pour...
C'est pour ça que, pendant que, nous, on regarde la loi, pour être capables de
faire preuve d'agilité, bien, les deux ministres, Éducation et Enseignement
supérieur, font des analyses avec leur réseau. Le but, ce n'est pas d'aller le
plus vite possible, le plus fort possible. Le but, justement, c'est de faire
les choses correctement. C'est pour ça que je n'arrive pas avec une cible comme
la troisième opposition, le Parti Québécois. Ils n'ont pas fait l'analyse, ils
n'ont pas tout ça. Mais eux autres, ils ont... La loi n'est pas adoptée, là,
mais moi, je passe de 122 000 à 50 000. C'est
70 000 personnes de moins. C'est beaucoup. On ne sait pas quand, on
ne sait pas les dommages que...
Haut de la page
16 h 30 (version non révisé
e) M. Roberge : ...ce n'est pas
notre approche. Donc, voilà. L'approche que j'ai, c'est d'outiller le
gouvernement et les gouvernements qui me suivront pour être capables d'agir
quand ils voient un problème. Au moment où on se parle, lorsque survient un
problème, on le constate et on ne peut pas agir sans punir les bons joueurs,
sans s'attaquer à des programmes qui sont nécessaires pour le Québec. Parce que
le seul pouvoir que j'aurai en ce moment, c'est de réduire le nombre total d'étudiants.
Mais en faisant ça, si je réduisais d'un coup le nombre total d'étudiants, je
pourrais mettre à mal des programmes qui sont cruciaux pour notre économie,
pour nos services publics, pour nos régions. Je ne veux pas faire ça. Donc, je
demande notre collaboration à tous pour être capables d'agir correctement en
répondant aux besoins des Québécois.
Mme Setlakwe : J'ai encore
des questions, Mme la Présidente. Donc, on sait qu'il y a une crise du logement
au Québec puis vous êtes préoccupé que les étudiants internationaux ajoutent
une pression, donc, sur le... sur cette crise du logement. Est-ce que vous avez
des... des données, est-ce que vous avez des données à l'appui de cette
affirmation que les étudiants internationaux ajoutent une pression sur le
logement, ajoutent une pression sur les services publics? Alors qu'on a
entendu, en commission, que ce sont des gens qui vivent très souvent en... en
colocation, ils sont plusieurs dans un même logement. On a entendu que les
institutions gèrent bien la situation, ont des ressources à mettre à la
disposition des étudiants internationaux, que ce sont des jeunes personnes qui
n'ont pas d'enfants, la plupart du temps, ils sont en bonne santé, ils n'ont
pas nécessairement recours fréquemment, là, aux services publics. Vous avez des
données à l'appui?
M. Roberge : Bien, sur les
logements, c'est mathématique. 120 000 personnes. Même à deux par appart,
c'est 60 000 apparts. À trois par appart, c'est 40 000 apparts. C'est
beaucoup de monde.
Mme Setlakwe : On manque de
logements étudiants?
M. Roberge : On manque de
logements, point. Les étudiants ne sont pas tous en résidence. Il y a une
infime minorité d'étudiants qui sont réellement en résidence, là, un logement,
là, spécifique dédié aux étudiants, c'est très, très, très peu. En même temps,
je ne peux pas leur reprocher, là, ils viennent ici, ils veulent se loger. Je
ne veux pas qu'il arrive ce qui est arrivé à Rimouski, des étudiants qui me
disent : J'ai passé la session à l'hôtel. Manifestement, quand on parle de
dépasser notre capacité d'accueil, Mme la Présidente, c'est ça, c'est dépasser
notre capacité d'accueillir les gens dignement, et sans pénaliser les résidents
qui sont déjà sur le territoire québécois. Donc, voilà, on veut répondre à toutes
ces questions-là avec le plus d'agilité possible puis on veut que les étudiants
qui arrivent ici, bien, vivent une belle expérience. On souhaite que plusieurs
s'établissent ici, parlent français, trouvent leur chemin sur le... leur voie
sur le chemin du travail, mais avec aussi des programmes nécessaires, puis des
programmes qui ont une valeur ajoutée.
Et là je reviens à notre étude
article par
article, c'est-à-dire la pertinence d'ajouter la notion de... d'études
reconnues. C'est ce que propose l'amendement que je vous ai déposé. Je pense
que c'est une plus-value au projet de loi, parce qu'on se donne une agilité
supplémentaire dans notre grille d'analyse. Parce qu'essentiellement, le projet
de loi, c'est ce qu'il fait, c'est une grille d'analyse qu'utiliseront ensuite
les réseaux, parce que ce n'est pas le ministre de l'Immigration, tout seul,
qui va déterminer les cibles.
Mme Setlakwe : Est-ce que...
Il nous en manque combien, de logements étudiants, au Québec? Vous devez avoir
une vue d'ensemble, là, vous avez dû parler à vos... à vos collègues, là, à l'Habitation
puis à l'Enseignement supérieur. Approximativement, là, il nous en manque
combien, d'unités?
M. Roberge : Il manque... Je
ne peux pas vous dire combien de logements étudiants... En fait, il faudrait...
il faudrait demander à la ministre de l'Habitation le nombre de logements qui
manquent. Parce que, quand on dit des logements étudiants, c'est des logements,
point, là. On sait qu'il y a une pénurie de logements. Les étudiants utilisent
des logements. C'est... c'est rare, là, je l'ai dit tout à l'heure, c'est une
infime minorité d'étudiants qui sont réellement en logements étudiants ou, ce
qu'on appelle, en résidences. La plupart louent des appartements accessibles à
tous, là, et... et on le sait, là. Et non seulement on en manque, mais, en
plus, le fait qu'on en manque fait qu'ils sont plus chers. Don, il y a ça, là,
ça, c'est... c'est mathématique.
Ceci dit, je ne ferai pas peser le poids
de la crise du logement sur les étudiants étrangers, là, attention. Il y a...
ce n'est pas... ce n'est pas à cause des étudiants étrangers qu'on a des
problèmes de logement au Québec. Mais si on ajoute 10 000, 20 000, 30 000
personnes, qui ont besoin de 5 000, 6 000, 7 000, 12 000 logements,
dans une situation qui est déjà difficile, bien, évidemment, c'est comme si la
température est à 98 degrés, on monte de 2 degrés, et ça bouille, ça renverse,
bon. Les 2 degrés n'ont pas fait toute la différence, mais quand tu es déjà au
bord, ça ne prend pas grand-chose pour que ça déborde. Et là ça déborde.
Mme Setlakwe : M. le
ministre, vous avez mentionné...
Mme Setlakwe : ...il y a
quelques instants, là, que le projet de loi va à la fois, si j'ai bien compris,
protéger les institutions qui font bien les choses, le réseau universitaire,
notamment, et en même temps venir corriger de façon ciblée les problématiques.
Moi, ce que j'entends, dans le milieu, là, c'est que les universités puis les
cégeps sont extrêmement inquiets. Ils veulent être exclus du projet de loi
parce qu'ils prétendent que les pouvoirs qui sont octroyés au gouvernement sont
très larges. Il y a un flou aussi. Ils ne savent pas exactement quelle est
votre cible, quels genres de réductions vous allez imposer. Et donc comment
vous les rassurez aujourd'hui? Je suis certaine qu'il y en a plusieurs qui
nous... qui nous écoutent, là, des recteurs, des directeurs un peu partout.
Comment vous allez faire ça, donc protéger ceux qui font bien les choses,
protéger notre recherche, innovation, nos programmes? Puis c'est... ça se
décline, là, protéger, dans le fond, la... les finances de nos institutions,
mais en même temps, vous allez corriger de façon bien ciblée les
problématiques.
• (16 h 40) •
M. Roberge : Bien, avec votre
aide. J'ai besoin... j'ai besoin de tout le monde autour de la table pour qu'on
adopte quelque chose qui est modéré, qui est raisonnable. Moi, j'ai une
approche d'ouverture depuis le début, puis je vais... je vais la conserver. On
voit que ce n'est pas... ce n'est pas dogmatique, c'est bien fait. Puis en
expliquant aussi dans l'article par
article les garde-fous qu'il y a dans la
loi, c'est-à-dire que le réseau universitaire n'abdique pas de sa gestion au
ministre de l'Immigration en pensant que, maintenant, c'est un autre ministère
sur lequel ils n'ont pas de prise qui va gérer leur admission. Ce n'est pas
comme ça que ça fonctionne. Tantôt, on le verra dans les... dans les articles,
que c'est des recommandations qui sont conjointes.
Puis, après ça, le fait qu'on vienne
d'ajouter, il y a quelques minutes, puis je remercie mon collègue pour ça, on a
fait ça ensemble... d'ajouter que la planification pluriannuelle va inclure les
temporaires, bien, ça aussi, c'est quelque chose qui va rassurer, je pense, les
institutions. Ils doivent être satisfaits d'avoir entendu le début de nos
travaux, depuis le début de l'après-midi, parce qu'ils savent qu'ils vont avoir
une vision qui est intégrée. Planification pluriannuelle, ça veut dire
planification, donc prévisibilité. S'il y a un mot que j'ai entendu pendant les
auditions, c'est «prévisibilité». On veut savoir ce qui s'en vient pour deux,
trois, quatre ans. Donc, en disant qu'on intègre tout ça dans la planification,
je pense que c'est quelque chose qui va les rassurer. Et la beauté de la chose,
c'est qu'ils veulent être entendus. La planification inclut des consultations,
donc il y a beaucoup d'éléments rassurants dans tout ça, mais tout ça vient
dans projet de loi. Donc, il fallait étudier le projet de loi pour rassurer les
gens qui s'inquiètent du projet de loi, pour voir qu'on met la planification,
pour voir que c'est un pouvoir qui est partagé, pour voir que, quand on met
planification, on veut dire consultation. Et je pense qu'au fur et à mesure qu'on
va avancer, bien, les gens vont voir que c'est quelque chose qui est mesuré,
qui est modéré, puis ils vont être rassurés, oui, avec votre aide.
Mme Setlakwe : Mais déjà,
dans le libellé de 15.1, on parle de décrets de désignation, autant pour les
études... les études reconnues que pour les établissements d'enseignement
désignés. Et, selon le cas, il va y avoir l'implication du ministre de
l'Immigration et le ministre de l'Éducation ou la ministre de l'Enseignement
supérieur. Mais moi, je peux vous dire, j'ai encore parlé à des gens du milieu
hier. Et puis ils sentent toujours que les préoccupations qu'ils ont... qu'ils
ont mises de l'avant sont toujours pertinentes et vont dans le sens suivant.
Eux, ils disent : Ce n'est pas au ministre de l'Immigration, avec la
ministre de l'Enseignement supérieur, à déterminer uniquement, disons, sur la
base des domaines dans lesquels il y a une pénurie de main-d'oeuvre. Donc, on
identifie des domaines, on s'assure de former, qu'il y ait des formations pour
combler ces domaines-là. En faisant cet exercice-là, on met complètement de
côté l'importance de prévoir les programmes nécessaires pour les enjeux de
société de demain. Ce que j'ai entendu, spécifiquement, c'est une atteinte à
l'autonomie des institutions... des institutions universitaires. Et puis ce
qu'ils disent, c'est il faut absolument que ce soit eux qui déterminent. Vous
n'avez pas l'expertise, en tout respect, là, il faut que ce soit eux qui
déterminent les programmes qui doivent être offerts aujourd'hui. Ils
disent : Laissez-nous. Comme le premier ministre dit : Il faut... le
premier ministre dit régulièrement : C'est la moyenne au bâton qui
compte...
Mme Setlakwe : ...il dit...
les recteurs disent : Laissez-nous aller au bâton, il faut qu'on s'assure
que toutes les disciplines soient mises de l'avant. Certaines vont réussir,
vont percer, d'autres non, mais il faut les essayer. Puis, si on veut,
aujourd'hui, s'assurer de ne pas échapper le prochain Yoshua Bengio, bien, il
faut laisser l'autonomie universitaire s'exercer pleinement.
Donc, comment est-ce que vous allez
rassurer, aujourd'hui, les recteurs d'université, qui tiennent encore
aujourd'hui ce discours et qui sont inquiets? Ils ne voient pas l'implication
du ministère de l'Économie et de l'Innovation, ici, on ne parle que...
simplement d'Immigration, avec l'Enseignement supérieur, par exemple. Mais on
n'est pas en train de laisser tomber un volet extrêmement important, celui de
l'Économie puis de l'Innovation? C'est documenté, là, ce que je vous dis, c'est
rapporté par le BCI. Vous les rassurez comment aujourd'hui?
M. Roberge : Bien, je les
rassure en montrant, comme je l'ai dit tout à l'heure, que c'est des
recommandations qui sont conjointes, que leur ministre, c'est d'abord et avant
tout la ministre de l'Enseignement supérieur.
Mais la question que j'ai pour vous,
c'est : Est-ce que vous trouvez normal que le gouvernement ait son mot à
dire sur le nombre d'étudiants étrangers sur le territoire québécois ou vous
pensez que c'est le libre marché seulement, rien que le libre marché des
institutions qui devrait décider combien d'étudiants viennent?
Mme Setlakwe : Non, je trouve
ça intéressant que vous me posiez la question, puis je n'ai pas la tête cachée
dans le sable, je l'ai dit tout à l'heure, je vais le répéter : Je ne dis
pas qu'il ne faut pas qu'il y ait de planification puis de... un certain
contrôle quand il y a des situations problématiques. Ce n'est pas ça que je
dis.
Ce que je dis, c'est qu'il ne faut pas avoir
une pièce législative qui donne des pouvoirs trop larges pour régler une
problématique qui n'existe pas. C'est ça que le milieu nous dit. Au niveau...
Comprenez-vous? Il faut encore une fois revenir à la problématique. Quelle est
la problématique qu'on veut régler? Vous ne mettez pas de l'avant une cible,
une vision, vous n'êtes pas en train de nous dire : Il y a un problème aux
endroits a, b, c, ou dans des collèges x, y, z, ou dans les programmes un,
deux, trois. On ne le sait pas, où vous vous en allez, M. le ministre. Ça fait
que je vous retourne la question.
M. Roberge : Bien, vous me
dites que les problématiques n'existent pas.
Mme Setlakwe : Non, non, je
n'ai pas dit qu'elles n'existaient pas. J'ai dit : Il y a eu, on le sait,
des situations bien ciblées, mais... J'aurais encore plein de questions, là,
mais pourquoi vous ne vous concentrez pas sur le soutien à nos établissements?
Ils l'ont mis de l'avant, dans leur mémoire, là, l'Université du Québec, ils
sont en... Oui, ils reçoivent un haut volume de demandes. Ils sont en train
d'utiliser l'intelligence artificielle, ils sont en train de mettre de l'avant
différentes solutions. Ils ont même... Vous avez parlé d'argent, tout à
l'heure, ils imposent maintenant des dépôts. Pourquoi vous ne travaillez pas
avec eux en soutien?
Encore une fois, je reviens à ma question.
Le projet de loi, selon le milieu, va trop loin, puis on ne comprend pas bien
ce que vous essayez de faire.
M. Roberge : Bien, je pense
que le gouvernement les soutient, les établissements, et un n'empêche pas
l'autre. Ce n'est pas parce qu'on fait un projet de loi pour se donner de
l'agilité gouvernementale qu'on va arrêter de soutenir nos établissements puis
nos dirigeants. Le ministère de l'Enseignement supérieur va continuer de faire
son travail, mais des problématiques, il y en a, on en a vu dans les médias,
des... certaines écoles qui poussent comme des champignons au printemps, pour
des motifs un peu douteux, des enjeux d'étudiants qui viennent ici essentiellement
comme demandeurs d'asile, des enjeux de logement...
Mme Setlakwe : Avez-vous une
liste? Je m'excuse.
M. Roberge : ...des enjeux de
financement, des enjeux d'étudiants qui fréquentent les banques alimentaires.
Il y en a, des enjeux à régler, il y en a, des enjeux à régler. Je pense que
c'est le cas.
Je comprends qu'il y a des institutions
qui ont manifesté des inquiétudes. Bien, avançons dans le projet de loi,
rassurons-les
article par article, puis laissons le gouvernement agir ensuite
raisonnablement, avec des consultations, avec les ministres, avec leurs réseaux
respectifs. Puis je pense qu'on a démontré qu'on était des bons partenaires
pour les réseaux de l'éducation et de l'enseignement supérieur.
Mme Setlakwe : Je reviens à
ma question sur les objectifs du ministère de l'Économie et de l'Innovation. Je
vais la formuler différemment. Le libellé de la loi et l'implication du
ministre de l'Immigration conjointement avec, disons, la ministre de
l'Enseignement supérieur ne tient pas compte des grilles de recherche. Pour les
recherches qui vont être financées, on utilise certains critères, ils sont où,
ces critères-là dans le projet de loi? Pour s'assurer que... Vous ne me suivez
pas, avec la recherche...
M. Roberge : Continuez.
Mme Setlakwe : Vous avez lu
récemment aussi, d'ailleurs, une chaire de recherche qui a été renouvelée à
l'Université du Québec à Trois-Rivières, en transition énergétique. Ils ont...
Mme Setlakwe : ...ce
financement-là. Vous savez comment les chaires de recherche sont financées,
quels sont les critères. Et est-ce que les critères vont être pris en
considération dans les décisions qui vont être prises en vertu des pouvoirs qui
sont octroyés dans le projet de loi?
M. Roberge : Oui. Écoutez,
oui, la ministre de l'Enseignement supérieur va tenir compte de tout ça, et je
comprends un petit peu comment ça fonctionne, j'ai été ministre de
l'Enseignement supérieur presque deux ans. Je sais comment fonctionne le réseau
de l'enseignement supérieur. Ce n'est pas moi qui s'en occupe en ce moment,
c'est ma collègue, mais là les Québécois nous regardent. Ils voient les
problèmes que j'ai nommés tout à l'heure, ils s'attendent à ce que les
Québécois les règlent.
Au moment où je vous parle, le seul
pouvoir que j'aurais pour régler des abus serait de dire : Bon, bien,
10 000 étudiants de moins l'an prochain ou 20 000 étudiants de moins l'an
prochain. En espérant que cette baisse draconienne, ce tir à l'aveugle va
voient les problèmes, ils s'attendent à ce que le gouvernement les règle. Ils
s'attendent à ce que, pour les régler, ils soient capables d'agir là où il le
faut.
Puis c'est là où je vous demande votre
collaboration. Je comprends qu'il y a des... il y a des établissements qui
manifestent des inquiétudes parce qu'en ce moment, il n'y en a pas, de balises.
Alors, pour eux, une balise, c'est comme un corps étranger, là, ça arrive, mais
c'est nécessaire. On travaille pour tous les Québécois. On protège nos
institutions. Les Québécois s'attendent à une meilleure agilité que ce qu'on a.
Le statu quo n'est pas tenable. On voit les problèmes, on ne peut pas les
régler. Je ne suis pas à l'aise, comme gouvernement, quand je vois des
problèmes, je ne peux pas les régler. Je vous propose des solutions.
• (16 h 50) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...mentionner qu'il vous reste moins de 10 minutes dans
votre temps d'intervention.
Mme Setlakwe : Moins de 10
minutes. Merci. Donc, vous croyez que les institutions ne détiennent pas les
outils adéquats pour corriger les problématiques?
M. Roberge : C'est le
gouvernement, en ce moment, qui n'a pas les outils.
Mme Setlakwe : O.K. Donc,
vous voulez vraiment centraliser toutes ces... tout le processus décisionnel
auprès du gouvernement et en enlever moins... en enlever, des... Vous êtes en
train, dans le fond, de centraliser, là, l'exercice. C'est le gouvernement qui
va s'immiscer dans les affaires des institutions et déterminer quels programmes
vont être privilégiés.
Puis j'attends toujours une réponse aussi,
là, à ma question. Les programmes qui vont être privilégiés, ce seront ceux
pour lesquels il y a... il y a des besoins de main-d'oeuvre, il y a des... il y
a des besoins de main-d'œuvre à combler, ou est-ce que vous allez également
impliquer le volet recherche et innovation? Je ne le vois pas, dans le projet
de loi.
Parce qu'on a les programmes, mais on a
aussi toute la recherche qui fait évoluer les programmes, qui amène de l'eau au
moulin aux programmes. Est-ce que ça, cet élément-là, est pris en compte, selon
vous, dans le projet de loi?
M. Roberge : Oui, il est pris
en compte. Des programmes de recherche, c'est des programmes. Donc, oui, c'est
pris en compte.
Mme Setlakwe : O.K.. Est-ce
que... est-ce que vous voyez qu'il y a un enjeu de brèche dans l'autonomie,
dans l'autonomie universitaire?
M. Roberge : Je ne crois pas.
Je ne crois pas.
Mme Setlakwe : Est-ce
qu'actuellement... est-ce qu'actuellement les... De quelle façon, là...
j'attends toujours des précisions, de quelle façon est-ce que le gouvernement
vient en soutien à nos établissements qui gèrent, donc, un volume élevé au
niveau des demandes d'admission? Par quels programmes, par quelles démarches?
Est-ce que... est-ce que le gouvernement est un soutien à nos institutions,
actuellement?
M. Roberge : Par quels
programmes le gouvernement est en soutien aux institutions?
Mme Setlakwe : Oui, oui.
M. Roberge : Il y a tout un
ministère en soutien.
Mme Setlakwe : Dans leur
gestion, dans leur gestion du volume élevé de demandes d'admission.
M. Roberge : Bien, ce que je
vous dis qu'en ce moment le gouvernement n'a pas l'agilité pour faire ce que
vous dites. C'est pour ça qu'on a une loi.
Mme Setlakwe : Juste avant...
j'ai un amendement que j'aimerais déposer, mais juste avant d'y arriver, là,
j'aimerais juste vous rappeler, là, que l'Université du Québec, dans son
mémoire, est venue parler, là, de leurs efforts, là, pour... justement, pour
venir gérer le nombre élevé de demandes...
Mme Setlakwe : ...je vais y
arriver. Écoutez, je pense que... Oui, je vais revenir à l'extrait du mémoire,
mais j'aimerais déposer un amendement... un sous-amendement, pardon, Mme la
Présidente. Je pense qu'il a été envoyé.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Il a été envoyé?
Mme Setlakwe : Oui.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : On va l'ajouter. Je vais vous demander d'en faire la
lecture. Vous l'avez tous sur Greffier? Mme la députée.
Mme Setlakwe : O.K. Donc, je
lis mon amendement. À 15.1...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Sous-amendement.
Mme Setlakwe : Sous-amendement,
vous avez raison. Merci, Mme la Présidente. Donc, on propose de modifier
l'amendement proposé à l'article 15.1 tel que proposé par l'article 1
du projet de loi par l'insertion à la fin du premier alinéa de «Malgré ce qui
précède, le gouvernement tient compte de la
Loi sur la liberté académique dans
le milieu universitaire (chapitre L-1.2)».
Et l'article, donc, se lirait comme
suit : «À moins que le gouvernement, par règlement, n'en dispose autrement
à l'égard de certains ressortissants étrangers, l'admission dans un
établissement d'enseignement désigné pour poursuivre des études reconnues est
une condition de tout programme d'immigration de la catégorie des étudiants
étrangers.» Je pense que le libellé, entre temps, a changé parce que nous, on
avait la version deux, puis là c'est l'inverse, mais...
Une voix : ...
Mme Setlakwe : Ah oui? O.K. Et
notre ajout est le suivant : «Malgré ce qui précède, le gouvernement tient
compte de la
Loi sur la liberté académique dans le milieu universitaire
(chapitre L-1.2).
Cette Loi, là, sur la liberté académique
dans le milieu universitaire, Mme la Présidente, elle a été adoptée sous le
gouvernement actuel il y a peu de temps, et, dans les considérants, on rappelle
l'importance donc du plein exercice des libertés académiques que suppose
l'autonomie des établissements d'enseignement supérieur. L'autonomie
universitaire, la liberté académique et universitaire constituent des conditions
essentielles à l'accomplissement de la mission de ces établissements
d'enseignement.
Moi, je mets de l'avant, encore une fois,
que le projet de loi n° 74 constitue une brèche, là, dans l'autonomie
universitaire. Encore une fois, ce sont eux, les experts, ce sont eux qui
savent quels sont les programmes qui doivent être offerts, quels sont les
programmes qu'on doit ouvrir aux étudiants internationaux, quels sont les
programmes de recherche aussi qui doivent être mis de l'avant, parce que ça
forme un tout cohérent, les programmes de formation, la recherche qui se fait,
pour lesquels, on le sait, on dépend énormément d'étudiants internationaux. Ils
sont en majorité, là, dans nos laboratoires de recherche. C'est une lutte,
c'est une lutte féroce, là, pour citer le Scientifique en chef quand il parle
de l'importance de continuer d'attirer ces talents à l'international. Alors, je
soumets qu'il faudrait vraiment respecter l'autonomie universitaire.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Des commentaires?
M. Roberge : Bien, Mme la
Présidente, je pense que la
Loi sur la liberté académique est une loi qui était
très importante, adoptée sous... dans le dernier gouvernement par la ministre
Danielle McCann, que je salue, qui a fait un excellent travail. Il y a eu une
grande consultation. D'ailleurs, c'est Alexandre Cloutier, qui est aujourd'hui
président du réseau UQ, qui avait fait un travail de recherche qui a précédé
puis qui a mis la table pour cette loi-là, je le remercie encore. L'amendement
de la collègue n'apporte rien puisque le projet de loi actuel n'entrave pas la
Loi sur la liberté académique. On n'a pas besoin de mettre dans une loi que les
autres lois s'appliquent, parce que, sinon, la liste va être longue, là. Il y
en a bien, des lois qui s'appliquent, là. On ne va pas dire :
Malgré ce
qui précède, puis là on va dire, cette loi-là s'applique, cette loi-là
s'applique, cette loi... toutes les lois s'appliquent. Ça continue de
s'appliquer. Puis il n'y a pas de contradiction entre le projet de loi
n° 74 puis la
Loi sur la liberté académique. Donc, j'ai, comme ma
collègue, une grande préoccupation pour la liberté académique, puis on parle de
ce que... je l'ai devant moi, le texte, mais je ne crois pas que l'amendement
soit nécessaire.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. le député de Saint-Henri-Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, Mme
la Présidente. Merci, M. le ministre. Puis vous en parlez, là, tantôt...
M. Cliche-Rivard : ...vous
étiez à chercher des opportunités de rassurer, là, je veux juste être certain
que... Vous étiez, tout à l'heure, à chercher des opportunités de rassurer,
puis vous aviez dit qu'il y a des amendements, peut-être, qui viendront jouer
ce rôle-là. Mais l'inquiétude qui est soulevée par la collègue, je pense, a été
soulevée par plusieurs groupes, recteurs, etc.
Donc, j'aimerais ça vous entendre sur
votre réponse rassurante à ces inquiétudes-là, puis vous donner l'opportunité
justement de répondre de manière positive et rassurante à ce qu'ils ont
soulevé. Parce que vous étiez là avec moi pendant les consultations, vous avez
entendu ce qu'ils ont à dire. C'est quand même des gens avec des statures, avec
des pedigrees puis des fonctions assez importantes. Ils nous ont, parlementaires,
véhiculé des inquiétudes qui, je juge, sont quand même importantes. Ils sont
venus quand même... se sont déplacés en grand nombre pour vous adresser un
message qu'eux, ils étaient inquiets, puis la plupart des mémoires le
soulignent, inquiets, bon, des fois, c'est en termes de recherche, d'autres
fois, c'est en termes de développement de programmes, d'autres fois, c'est en
termes de liberté académique. Ça a eu un certain éventail.
Donc, j'aimerais ça vous céder puis vous
donner l'opportunité de leur répondre directement, parce que je suis certain
qu'il y a des choses que vous avez réfléchi ensemble, collectivement, qui vont
nous permettre d'avancer dans l'étude du projet de loi puis qui vont nous
permettre de les rassurer, donc, je l'espère, en tout cas. Donc, vous avez
certainement quelque chose à leur dire.
• (17 heures) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. le ministre.
M. Roberge : Mme la
Présidente, c'est une très, très bonne question, mais ma collègue l'a posée il
y a 10 minutes...
M. Cliche-Rivard : Mais...
M. Roberge : ...puis j'ai
donné une très, très bonne réponse à cette question-là. Donc là, comme on dit,
il faut refaire jouer le «tape». Mais j'ai mentionné tout à l'heure que le
dernier paragraphe de l'amendement qu'on étudie, là, «un décret de désignation
est pris sur recommandation conjointe du ministre et selon leurs compétences
respectives du ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport et du ministre de
l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie».
Ma collègue, tantôt, s'inquiétait pour la recherche, la science, la
technologie, c'est inclus dedans. Puis les amendements qu'on a faits tout à
l'heure, je pense, sont de nature à rassurer. Voilà, il me semble que tout est
M. Cliche-Rivard : O.K. Donc,
la réponse, c'est considérant que vous allez faire ça avec votre collègue de
l'Enseignement supérieur et/ou de votre collègue de l'éducation, soyez
rassurés, partenaires. C'est ça, la réponse?
M. Roberge : Bien, c'est la
réponse que j'ai donnée tout à l'heure, en mentionnant aussi le fait que ça va
faire
partie de la planification, parce que je pense que la plus grande
inquiétude exprimée par les gens qui sont venus en audition, c'était une
question de prévisibilité. Alors, d'intégrer tout ça dans la planification
pluriannuelle. Pour moi, c'est de la prévisibilité, donc, ça donne quelque
chose qui est rassurant. Puis cette planification-là va être faite après
consultation. C'est aussi ce qui a été exprimé. Donc, on répond à plusieurs des
préoccupations qui ont été exprimées.
M. Cliche-Rivard : Mais vous
ne dites pas, par exemple, directement, aux dites, par exemple, chaires de
recherche, deuxième, troisième cycle, vous ne leur dites pas :
Aujourd'hui, ne vous en faites pas, je n'irai pas là. Vous neleur dites pas ça.
M. Roberge : Mais, Mme la
Présidente, je pense qu'il y a tout ce qu'il faut dans le projet de loi pour
rassurer tout le monde. Maintenant, les décisions vont être prises avec le
réseau, après consultation des ministres respectifs. Il me semble que tout est
M. Cliche-Rivard : Le
ministre donne sa réponse. C'est sa liberté, donc, de choix. Le projet de loi,
ils l'avaient lu, en amont, M. le ministre, avant de venir aux consultations,
puis ils n'étaient vraisemblablement pas rassurés aux consultations. Ce que
vous dites, c'est essentiellement : C'est ça, pareil. C'est ce que
j'entends, là. Moi, je vous disaisL Y a-tu un pas de plus qui sera franchi, ou
voulez-vous donner des explications additionnelles pour les rassurer? Vous me
dites : Non, c'est ça que j'ai dit, puis c'est le projet de loi qui devait
rassurer. Donc, c'est votre droit, là, puis les conclusions seront tirées, puis
c'est tout, là. Dans le sens, si c'est ça, votre explication, c'est ça, votre
explication, puis ils l'apprendront, mais ils ne sont pas rassurés par votre
explication. Donc, c'est ce que vous dites : I rest my case, c'est ça, mon
pitch.
M. Roberge : Mais tout n'est
pas terminé, on commence... On n'a même pas adopté l'article 1. Et je l'ai
mentionné à plusieurs reprises tout à l'heure, je pense qu'au fur et à mesure
qu'on va avancer, les gens seront davantage rassurés. Si vous me demandez de
rassurer les gens tout de suite, bien, je vais dire : Adoptons le projet
là tout de suite, mais faisons l'exercice comme il faut.
M. Cliche-Rivard : Bien, j'y
reviendrai. Alors, Mme la Présidente... Puis je vais prendre la balle au bond
du ministre, il nous ouvre peut-être une porte vers laquelle on va pouvoir
avancer ensemble...
Haut de la page
17 h (version non révisé
e) M. Cliche-Rivard : ...donc on
va... on va s'y rendre, là. Je vais m'arrêter là-dessus pour l'instant, mais je
vais revenir, là-dessus, parce que je sens, avec beaucoup de volonté d'être
constructif, là, qu'il y avait une inquiétude, là, qui était bien, bien en
amont, avec la lecture de votre projet de loi, puis là, à ce jour, c'est les
amendements qui vont y répondre, pas ce qui est dans le projet de loi. C'est ce
que je souhaite. Ça fait qu'on verra bien le travail, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Il y a d'autres interventions sur le
sous-amendement? Mme la députée.
Mme Setlakwe : Oui. Merci.
Bien, écoutez, moi aussi, là, je vais m'y prendre d'une autre façon. En fait,
quand on va poursuivre l'étude du projet de loi, une fois qu'on aura épuisé
notre temps sur l'article 1, j'ai l'impression que ça va devenir encore plus
inquiétant pour le milieu, parce que, là, plus tard, vous allez pouvoir prendre
des décisions sur la base d'une panoplie de sujets, d'ailleurs, qui sont... de
critères, c'est-à-dire, qui ne sont même pas exhaustifs, comme les programmes,
les ordres d'enseignement, les établissements, les régions, etc. Et ce sur quoi
tout le réseau s'entend, c'est au niveau des programmes puis au niveau de l'importance
de préserver l'autonomie des institutions. Là, ici, je vais citer, c'était le
recteur Blanchette, de l'Université du Québec à Trois-Rivières, qui a signé une
lettre ouverte dans le journal Le Devoir , récemment, et puis on se
souviendra qu'il est maintenant à la tête du BCI, le Bureau de coopération
interuniversitaire, il dit que «l'autonomie universitaire permet aux
établissements de planifier leur développement sur le long terme, parfois sur
plusieurs décennies. Les programmes universitaires et les expertises en
recherche que ces programmes enrichissent se construisent sur 10, 15 ou 20 ans.
Les programmes d'études et les axes de recherche ne peuvent évoluer sans la
contribution de toutes et de tous, y compris les membres de la communauté
internationale. Remettre en question cette autonomie, c'est risquer de
ralentir, voire de freiner le développement de secteurs stratégiques pour l'innovation
et l'économie québécoise». On peut penser à la cybersécurité, on peut penser à
l'intelligence artificielle, on peut penser au quantique, etc.
Je poursuis : «Les décisions des
universités concernant ces développements reposent sur cette autonomie protégée
par la
Loi sur la liberté académique dans le milieu universitaire, adoptée par
le gouvernement actuel.»
Donc, notre proposition d'amendement est
complètement alignée sur ce qui est demandé par le milieu universitaire, M. le
ministre. Et, encore une fois, moi, je vous dis, plus tard, dans l'étude du
projet de loi, on va être encore plus inquiets, alors, je pense que c'est
important. Mais ils sont... leurs inquiétudes portent énormément sur l'article
5 à venir, puis ici, à l'article 1, il y a des décisions qui vont se prendre
par le ministre de l'Immigration et la ministre de l'Enseignement supérieur,
par exemple. Comment vont-ils... Comment pouvez-vous rassurer que ces décisions
vont se prendre en tenant compte aussi des critères et des grilles de critères
et d'analyse qui relèvent du ministère de l'Économie et de l'Innovation?
Comment ça va se faire?
M. Roberge : Bien, ma
collègue semble s'inquiéter que les mots «recherche», «science et technologie»,
dans le
titre «ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la
Science et de la Technologie» ne soient pas pris en compte, mais ça fait
partie
des responsabilités. On dit souvent ministre de l'Enseignement supérieur, là,
mais c'est aussi, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la
Science et de la Technologie. Tout est là.
Et élément rassurant, parce que mes
collègues semblent inquiets, bien, avec l'amendement que j'ai déposé, je
précise, nous précisons que tous les grades sont des études reconnues. On le
met dans la loi. Voilà quelque chose de rassurant.
Mme Setlakwe : Mais sachant
que votre intention c'est d'abaisser le nombre d'étudiants internationaux...
Puis on dit qu'ils sont critiques au niveau particulièrement des second et
troisième cycles, où la recherche et l'innovation se déploient. Alors, comment
réconcilier les deux? Vous voulez diminuer, vous avez les pouvoirs, vous...
on... Dans le fond, il va falloir se fier aux discussions ici, en commission,
ce soir, alors que le projet de loi va lier les prochains gouvernements aussi.
Il faut vraiment se fier sur votre énoncé ce soir, que vous n'irez pas... que
le projet ne sera pas utilisé à cette fin-là, donc, de réduire les cohortes...
Mme Setlakwe : ...en
recherche. Est-ce que c'est ça, dans le fond, votre position? C'est :
Inquiétez-vous pas, le projet loi ne sera pas utiliser pour réduire les
cohortes au deuxième et troisième cycle? J'essaie de le formuler de différente
façon.
M. Roberge : Non. Bien, ce
n'est pas que j'ai dit, en fait, vous essayé de mettre des mots dans la bouche.
Mme Setlakwe : Parce que le
projet de loi va vous donner les pouvoirs de le faire.
Une voix : ...
M. Roberge : Pardon.
Mme Setlakwe : Oui. Le projet
de loi, soyons clairs, va donner au ministre... va vous donner les pouvoirs de
le faire, d'aller vous immiscer dans les programmes de recherche pour en
déterminer lesquels seront privilégiés, lesquels seront retenus. Parce que, si
vous coupez le nombre d'étudiants étrangers, forcément vous allez affecter la
recherche qui se fait au Québec. Je le simplifie, mais là je pense qu'il faut
le faire parce que...
M. Roberge : ...
Mme Setlakwe : Donc, vous
allez... vous me dites non avec la tête, donc vous ne le ferez pas. Bien que le
projet loi vous permette de le faire, vous ne le ferez pas, vous ne couperez
pas dans les programmes de recherche?
• (17 h 10) •
M. Roberge : O.K. Là, Mme la
Présidente, là, c'est le festival des raccourcis, là. Elle me dit :
Forcément, si on réduit le nombre d'étudiants, obligatoirement, il va avoir
moins d'étudiants au deuxième, troisième cycle. Pas nécessairement. Après, ça,
elle tente de mettre des mots dans la bouche : Donc, vous dites que vous
ne le ferez pas. Ce n'est pas ce que je dis non plus. J'invite ma collègue à un
peu plus de rigueur quand même. Je n'ai dit ni l'un ni l'autre. Ce que je dis,
c'est que ce qui est inquiétant, c'est la situation actuelle. Ça, si j'étais
dirigeant d'enseignement supérieur, que je voyais ce qui se passe en ce moment,
des articles de journaux qui voient qu'il y a des étudiants qui viennent pour
faire des demandes d'asile, qu'il y a des étudiants qui ne sont pas capables de
se loger, qu'il y a des étudiants qui... ils passent des sessions dans les
hôtels, qu'il y a des dérapages, on en voit, et que, donc, les gens demandent
un correctif, avec l'état du droit actuel, on peut s'attendre à ce qu'un
gouvernement réduise le nombre d'étudiants, ce qui est très inquiétant pour
tous directeurs d'établissements d'enseignement supérieur. C'est une dynamique
où un gouvernement est appelé à réduire le nombre d'étudiants sans la loi
actuelle, c'est-à-dire qu'un gouvernement qui est amené à réduire le nombre
d'étudiants sans être capable de protéger des secteurs. Ils ne peuvent même pas
plaider au moment où on se parle, parler à leur ministre d'Enseignement
supérieur, dire : Bien là, si vous réduisez, faites attention à tel secteur,
faites attention à tel cycle, faites attention à telle chaire de recherche. La
ministre de l'Enseignement supérieur dirait : Bien, je ne peux pas, il
faut réduire, puis je ne suis pas capable de vous protéger. Et là, normalement,
le réseau d'enseignement supérieur dirait : Bien là, adoptez une loi qui
nous permet de protéger des secteurs. Et là on dirait : Bien oui. Puis là
ils diraient : Ah! c'est rassurant. Et là ça marcherait. Et là ma collègue
essaie de dire que ce qui est inquiétant, c'est que le gouvernement peut
réduire tout en protégeant des secteurs, peut réduire tout en donnant à la
ministre de l'Enseignement supérieur la capacité de regarder quels sont les
besoins dans le réseau, parler aux gens qui sont directement dans les
établissements, tenir compte de ce qu'ils disent. Ça, c'est inquiétant? Bien
non. Ce qui est inquiétant, c'est le statu quo. C'est ça qui est inquiétant.
Mme Setlakwe : Or, le milieu
universitaire et collégial demande d'être exclu du projet de loi parce qu'eux,
ils disent : Nous, on fait bien les choses, nous, on veut préserver notre
autonomie. Puis ils ne pensent pas juste à leurs intérêts pécuniers à eux, là,
ils pensent à l'avenir du Québec. Ils pensent à l'importance d'être présents
dans toute une gamme de domaines, pas seulement ceux pour lesquels aujourd'hui
il y a des besoins de main-d'oeuvre, mais les domaines qui vont émerger. C'est
le rôle de nos universités de s'assurer qu'on pense aux domaines en émergence
puis qui... qu'on qu'eux puissent, dès maintenant, offrir des programmes, une
panoplie de programmes pour s'assurer que nos étudiants... qu'on forme les
étudiants qui vont être prêts, sur notre territoire, à relever les défis de
demain.
M. Roberge : Bien, je
comprends...
Mme Setlakwe : Vous comprenez?
Vous dites... Vous, vous dites...
M. Roberge : Bien, je sais ce
que c'est...
Mme Setlakwe : Vous, vous
dites : Le statu quo est inquiétant, puis eux disent : Non, non, il
faut garder le statu quo en ce qui nous concerne.
M. Roberge : Je sais que ma
collègue parle de la prospective, d'anticiper ce qui s'en vient. Les
universités, les cégeps, les écoles ont tout le loisir de développer des
programmes en fonction de ça. Il n'y a pas que des étudiants étrangers non
plus, là, sur campus et dans nos établissements. Il ne faut pas penser ça non
plus, là. On fait ça d'abord pour les Québécois, ensuite on accueille les gens
qui arrivent de l'international. Puis toutes ces personnes-là qui sont dans la
prospective, bien, ont... de leur ministre.
Mme Setlakwe : Mais c'est ça,
les ministres... de l'Économie également? Parce qu'on se rappellera que, tout
récemment, la Loi modifiant principalement...
Mme Setlakwe : ...Loi sur le
ministère de l'Économie et de l'Innovation en matière de recherche, le projet
de loi n° 44, qui a été déposé par l'ancien... le ministre... l'ancien ministre
de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie, créait les fonds actuels, les
fonds de recherche. Donc, en tout cas, pour moi, les fonds de recherche
relèvent du ministère de l'Économie. Est-ce que je me trompe?
M. Roberge : Bien, écoutez,
Mme la Présidente, on tourne un peu en rond, là, j'ai répondu à ces
questions-là. Je pense qu'il y a tout ce qu'il faut pour agir avec agilité dans
cet article-là, puis on verra
article par article, mais là on parle... on est
loin de l'article 1, là, sur la notion d'études reconnues parce que
l'amendement dont on parle en ce moment, c'est «études reconnues», puis là ma
collègue veut ajouter la notion de liberté académique. Ce que je lui dis, c'est
que les projets de loi... puis le gouvernement doit de toute manière tenir
compte de la
loi sur la liberté académique, puis on ne mettra pas par
amendement toutes les lois du monde. De toute façon, elle s'applique, cette
loi. Donc, si on revient au sous-amendement, je pense que ce n'est pas
pertinent de l'accepter.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce que j'ai d'autres interventions sur le
sous-amendement?
Mme Setlakwe : Juste une
dernière question, peut-être, avant qu'on passe au vote, là, sur le
sous-amendement. Est-ce que je dois comprendre... peut-être que... je ne veux
pas vous mettre des mots dans la bouche, ce n'est pas mon intention, est-ce que
je dois comprendre que la ministre de l'Enseignement supérieur, parce que là je
me rattache vraiment au premier article, là, va tenir compte des critères ou
des grilles de critères qui sont relatifs à la recherche puis aux fonds de
recherche? Elle va, dans le fond, s'occuper de cet aspect-là quand elle sera
interpelée pour prendre des décisions conjointes avec vous en vertu de
l'article 15.1.
M. Roberge : Bien, je pense
que la ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et
de la Technologie va tenir compte de la recherche, de la science et de la
technologie.
Mme Setlakwe : Merci de cette
précision.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur le
sous-amendement? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que le
sous-amendement est adopté?
M. Roberge : Rejeté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Rejeté.
Mme Setlakwe : Est-ce qu'on
peut faire un vote par appel nominal, s'il vous plaît, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui. Le vote est demandé.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont)?
Mme Setlakwe : Pour.
La Secrétaire
: M. Roberge
(Chambly)?
M. Roberge : Contre.
La Secrétaire
: Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac)?
Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) : Contre.
La Secrétaire
: Mme Bogemans
(Iberville)?
Mme Bogemans : Contre.
La Secrétaire
: Mme Schmaltz
(Vimont)?
Mme Schmaltz : Contre.
La Secrétaire
: Mme Gendron
(Châteauguay)?
Gendron
Contre.
La Secrétaire
: Mme Blais
(Abitibi-Ouest)?
Mme Blais : Contre.
La Secrétaire
: M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M. Cliche-Rivard : Pour.
La Secrétaire
: Mme Lecours
(Les Plaines)?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Abstention. Alors, le sous-amendement est rejeté. Nous
revenons donc à l'article 1, l'amendement déposé à l'article 1.
Est-ce que j'ai d'autres interventions sur l'amendement? M. le député de
Saint-Henri-Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, Mme
la Présidente. M. le ministre, j'aimerais ça qu'on fasse le chemin ensemble,
parce que, tantôt, vous avez dit : Les établissements d'enseignement
désignés, ça existait déjà. Là, juste pour qu'on se comprenne puis qu'on se
dise les affaires comme je les comprends, en fait, on avait les établissements
d'enseignement québécois au règlement, dans les définitions, puis là, avec
l'article 14, on va enlever ça, puis vous intégrez les établissements
d'enseignement désignés, là, ce n'est pas quelque chose qu'on avait déjà ou ma
compréhension est erronée?
M. Roberge : Je veux juste
vérifier pour être sûr de donner la meilleure réponse possible.
Des voix : ...
M. Roberge : C'est ça, on me
précise, puis oui, la notion d'établissement désigné existe.
Une voix : ...
M. Roberge : J'y reviens, là.
Ça existe. Ce qu'on fait avec le projet de loi, puis c'est le début de
l'article 15.1, là : «À moins que le gouvernement, par règlement,
n'en dispose autrement à l'égard de certains ressortissants étrangers,
l'admission dans un établissement d'enseignement désigné pour poursuivre des
études reconnues est une condition de tout programme d'immigration de sa
catégorie des étudiants étrangers» c'est qu'on vient préciser que c'est une
condition d'admission, puis je ne me trompe pas, c'est...
Une voix : ...
M. Roberge : Depuis 2017, on
désigne tous les établissements comme des établissements d'enseignement
désignés, donc...
M. Cliche-Rivard : Ça, c'est
dans la loi?
M. Roberge : Je cherche... Je
cherche l'endroit précis.
Une voix : ...
M. Roberge : C'est dans le
règlement.
M. Cliche-Rivard : C'est dans
le règlement.
M. Roberge : C'est dans le
règlement. C'est pour ça que...
M. Cliche-Rivard : Dans le
règlement sur l'immigration.
M. Roberge : ...probablement
pour ça que vous ne le trouviez pas dans la loi.
M. Cliche-Rivard : Mais, dans
le règlement, on parle d'établissements d'enseignement québécois, puis il y a
les définitions. C'est-tu la même chose que les établissements d'enseignement
désignés?
Des voix : ...
M. Cliche-Rivard : Non? Bien,
c'est ça, le point, c'est ça.
M. Roberge : O.K. Oui. On le
désigne...
M. Cliche-Rivard : Mais la
question juridique est quand même importante.
M. Roberge : Non, mais...
Effectivement. Donc, on...
M. Cliche-Rivard : Oui. Vous
créez donc «établissements d'enseignement désignés»...
M. Cliche-Rivard : ...On
s'entend?
M. Roberge : Je veux
être certain que c'est ça. Au fédéral, le terme existait. Nous, dans le
règlement, ça existait, mais ce n'était pas sous ce vocable-là. Là, on utilise
ce vocable-là. Avant, la notion existait sous un autre vocable dans le
règlement. On utilise le vocable «établissement désigné» dans la loi.
M. Cliche-Rivard : O.K.
Puis là, «établissement d'enseignement désigné», vous l'avez mentionné, ça
réfère mot pour mot au libellé du fédéral. C'est comme ça qu'eux désignent,
alors que nous au Québec, on désignait «établissement d'enseignement
québécois», puis il y avait une définition au règlement, puis, plus tard dans
le projet de loi, on va voir qu'on va enlever la définition au règlement parce
que vous l'intégrez à 15.1. On est d'accord.
M. Roberge : On le met
dans la loi ici, puis...
M. Cliche-Rivard : À
15.1.
M. Roberge : ...on est
dans le 15.1.
• (17 h 20) •
M. Cliche-Rivard : C'est
ça. Parfait. La liste d'établissements d'enseignement québécois, au règlement,
dans la définition, elle citait six types d'établissements : «1°
établissements d'enseignement au sens de l'article 36 de la
Loi sur
l'instruction publique». C'est ce qu'on retrouve... - si on peut descendre un
peu. Mme la Présidente - c'est ce qu'on retrouve ici à 1° ici, les
établissements d'enseignement visés à 36 de la
Loi sur l'instruction publique -
on est d'accord? Le premier, c'est le même; «2° les collèges institués
conformément à l'article 2 de la
Loi sur les collèges d'enseignement
général et professionnel» disparaît; «3° un établissement d'enseignement privé
titulaire d'un permis conformément à l'article 10 de la
Loi sur
l'enseignement privé», ça disparaît; «4° un établissement d'enseignement tenu
en vertu de la loi par un ministère ou un organisme qui est mandataire de
l'État ou un organisme de formation en art reconnu par le ministère de la
Culture et des Communications» disparaît; «5° le Conservatoire de musique et
d'art dramatique du Québec, institué par la
Loi sur le Conservatoire de musique
et d'art dramatique du Québec» disparaît; «6° un établissement, une personne
morale ou un organisme... à l'article 2 de la
Loi sur les établissements
d'enseignement de niveau universitaire» disparaît.
Vous le remplacez par : «2° les
établissements d'enseignement que désigne le gouvernement». Donc, on n'est pas
du pareil au même, là, on crée un nouveau régime où... Avant, il y avait des...
par règlement, des établissements d'enseignement québécois prédésignés par le
règlement, et aujourd'hui ou à 15.1, vous dites : Ceux-là visés à 36,
c'est bon, mais tous les autres, 2°, 3°, 4°, 5°, 6°, vous retirez la
désignation automatique, pour faire un régime — puis c'est correct,
là, je veux juste qu'on comprenne bien les affaires — un régime
d'établissements d'enseignement désignés par le gouvernement. C'est ça, la loi,
là, c'est ça, la modification, là, qui est quand même substantiellement
différente, là. Est-ce qu'on se comprend ou est-ce que j'ai tort?
M. Roberge : Bien, juste
pour comprendre les implications de ce que vous dites puis vérifier dans un
autre article, je suspendrais pour vous donner une bonne réponse.
M. Cliche-Rivard : Oui,
avec plaisir.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, on va suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 17 h 22)
(Reprise à 17 h 29)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses
travaux. On en était à la réponse de M. le ministre.
M. Roberge : Merci, Mme la
Présidente. Pour les gens qui nous écoutent, quand on suspend comme ça, c'est
pour avoir une bonne réponse à une bonne question. Donc, voilà, la situation
actuelle, c'est qu'il y a... les établissements sont désignés... C'est quoi, le
terme, en ce moment, là? Ce n'est pas «désignés», mais bon, ça revient au même.
M. Cliche-Rivard : ...
M. Roberge : Les établissements
d'enseignement québécois se trouvent à être désignés dans une liste qui est
dans un règlement, en réalité, ils ne sont pas dans la loi. Et là mon collègue
disait : Bien là, ils ne seront plus désignés. Bien oui, ils demeurent...
ils demeurent désignés. C'est que ce qu'on amène, c'est que ce n'est pas un
changement par rapport à la situation, en réalité, actuelle, parce qu'en ce
moment ils sont désignés par règlement et, avec la loi, ils seraient désignés
de la même manière, mais, dans ce cas-ci, par décret, parce qu'on est... dans
cette loi-ci, on y va par décret de désignation, qui viendrait dans la
recommandation conjointe avec les collègues. Et, de toute façon, tant qu'il n'y
a pas un nouveau décret, le précédent règlement s'applique, donc il n'y a pas
une perte pour ces établissements.
• (17 h 30) •
M. Cliche-Rivard : Mais il y
en a qui... puis c'est ce que vous vous donnez, comme pouvoir, si je comprends
bien, il y en a qui vont, inévitablement, un jour, peut-être pas directement
dans l'application, demain matin, de la loi, perdre leur désignation.
M. Roberge : Bien, je ne peux
pas présumer de ça, mais on pourrait dire la même chose avec le règlement
actuel, parce qu'il faut tout le temps regarder la loi qu'on propose, le projet
de loi, versus l'État de droit actuel. Et, en ce moment, les établissements se
trouvent à être désignés par règlement et ils pourraient...
M. Cliche-Rivard : Mais ils
ne sont pas désignés par règlement.
M. Roberge : ...avoir un
nouveau règlement dans lequel certains établissements ne seraient plus. Le
gouvernement peut changer, peut modifier le règlement dans la situation
actuelle. Je veux dire, ce n'est pas dans une loi. De toute façon, les lois
peuvent être changées, mais, en ce moment, les établissements se trouvent à
être désignés via un règlement, lequel pourrait être changé à tout moment par
un gouvernement. Avec la loi, on revient à une situation qui est semblable, sur
recommandation des ministres responsables.
M. Cliche-Rivard : O.K.. Ceci
dit, dans le règlement actuel puis dans l'état de fait actuel, là... Je
comprends qu'un règlement, ça peut être modifié par le gouvernement, il n'y a
pas de débat là-dessus, là. Là, vous ne calquez pas la définition qu'on avait
pour la ramener dans 15.1, vous gardez, finalement, juste les établissements
d'enseignement visés à l'article 36 de la
Loi sur l'instruction publique.
Lui... ils seront automatiquement désignés.
Ça fait que celui-là, le premier, là, des
six, lui, oui, il fait le bond direct dans la loi. Lui, il va être protégé pour
toujours, là, jusqu'à tant qu'on réouvre la loi, entre guillemets, mais c'est
dans la loi, alors, que, pour tous les autres, là, les 2 à 6, là, eux autres
vont faire l'objet d'une désignation individuelle. C'est bien ça, le nouveau
cadre?
M. Roberge : Oui, mais la
raison aussi, c'est que le réseau scolaire préscolaire, primaire, relève
directement du gouvernement... doivent enseigner le cursus du gouvernement, le
Programme d'enseignement de l'école québécoise. Ce sont des diplômes,
d'ailleurs, qui ne relèvent pas des centres de services scolaires, ce sont des
diplômes gouvernementaux.
M. Cliche-Rivard : Oui.
M. Roberge : Donc, il y a une
nuance.
M. Cliche-Rivard : O.K. Et là
les autres vont faire l'objet d'une liste, qui sera la liste québécoise des
établissements d'enseignement désignés, qui sera différente de celle que
produit Immigration Canada ou l'intention, c'est de le calquer tel quel?
M. Roberge : On ne peut
pas... on ne peut pas présumer... de toute façon, je ne parle pas du règlement
du Canada, parlons du règlement actuel du gouvernement du Québec, on ne peut
pas présumer que la liste sera différente à ce moment-ci, puis là, bien, ça va
relever des travaux des ministres.
M. Cliche-Rivard : O.K. Donc,
il y aura, à terme, une liste d'établissements d'enseignement désignés du
Québec, puis le fédéral fera bien ses affaires avec sa liste d'établissements
désignés du fédéral.
M. Roberge : Exactement.
M. Cliche-Rivard : On aura
deux listes. Puis là, bien, qui est exactement sur la même longueur d'onde, sur
quoi, ça, je veux dire, c'est une autre histoire. On n'a pas besoin d'aller là
aujourd'hui.
M. Roberge : Si ça arrive, ça
ne sera pas la première fois qu'on a des différences avec Ottawa, c'est mon
quotidien.
M. Cliche-Rivard : Ça, j'en
suis. Sur la désignation, par contre, sur le processus de désignation, sur les
critères de désignation, sur les...
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17 h 30 (version non révisé
e) M. Cliche-Rivard : ...qu'est-ce
qui fait que quelqu'un est désigné ou un groupe... une institution l'est, ou un
autre ne l'est pas? Parce que, là, ça reste quand même sur désignation du
gouvernement, point. Est-ce qu'il y a un règlement qui va venir les définir?
Là, ça ne le prévoit pas.
M. Roberge : Ça va dépendre
des consultations puis des discussions des ministres respectifs, en fait, de la
ministre de l'Enseignement supérieur. Là, en ce moment, on a des critères. Mais
encore une fois, les critères relèvent du règlement. C'est le gouvernement qui
se donne ces critères-là, au moment où on se parle. Le gouvernement se donne
les critères et les suit. Donc, en ce moment, c'est gouvernement qui décide, on
s'entend et on passe d'une situation où le gouvernement décide à une situation
où le gouvernement décide. Donc, il n'y a pas rien... Je sais qu'on aime ça s'inquiéter
un peu, là...
M. Cliche-Rivard : Bien...
mais ce n'est pas tout à fait ça.
M. Roberge : ...mais ce n'est
pas plus inquiétant avec le changement qu'avec le statu quo.
M. Cliche-Rivard : Mais ce n'est
pas tout à fait ça. Parce que, dans... là, c'est correct, là, vous allez vous
établir... bien, c'est correct, c'est une question, là. Vous allez vous
établir un régime désigné, ou institution par institution, vous allez le
désigner, alors que, dans le règlement précédent, un établissement qui répond à
l'article 10 est désigné, un établissement qui répond à tel
article est
désigné. Ce n'est pas pareil, là, c'est un régime d'application automatique.
Vous êtes visé par un... un collège institué à l'article deux de la
Loi sur les
collèges d'enseignement désignés, alors que, là, vous allez plutôt désigner
individuellement, ce collège-là, oui, celui-là, non, celui-là, oui, celui-là,
non. Ça fait qu'on n'est pas du tout à la même place, dans le même régime, là.
M. Roberge : Mais, en fait,
pas nécessairement parce qu'on pourrait... Dans la liste des établissements
désignés, on pourrait dire : Bien, tous les critères qui répondent à ce
critère... tous les établissements qui répondent à ce critère sont dans la
liste aussi.
M. Cliche-Rivard : Ça fait
que vous pourriez, dans le décret, revenir coller... Vous pourriez revenir à
mettre deux, trois, quatre, cinq, six, qu'on lisait tantôt. Vous pourriez venir
les mettre dans le décret en disant : Ceux-là sont designés.
M. Roberge : C'est possible.
M. Cliche-Rivard : C'est
possible, sauf... puis là, si vous... un jour, vous dites : Oui, celui-là,
on a un problème avec X, un jour, vous pourriez dire : Tous les
établissements visés par l'article deux des collèges d'enseignement général et
professionnel, sauf tel. Je comprends que votre oreille est sollicitée des deux
côtés.
M. Roberge : J'écoute pareil,
effectivement. J'ai fait signe que je voulais vous écouter.
M. Cliche-Rivard : C'est ça.
Oui. Oui. C'est correct.
M. Roberge : Donc, oui,
effectivement il pourrait y avoir ça.
M. Cliche-Rivard : Vous vous
donnez donc le...
M. Roberge : On se donne le
pouvoir que tous les établissements du Québec ne sont pas nécessairement
désignés.
M. Cliche-Rivard : C'est ça.
M. Roberge : Je le répète, c'est
la situation actuelle aussi, là.
M. Cliche-Rivard : Oui, mais
qui vous ne le permettait pas, individuellement, de retirer la désignation. Le
règlement... sans modifier le règlement, et le règlement vous ne permettait pas
d'identifier un collège puis de cesser. Vous en avez parlé vous-même sur la
base des recours judiciaires, où vous aviez identifié... pas vous, mais votre
prédécesseur avait identifié des collèges en particulier. Puis l'arrêté
ministériel était contesté sur cette base-là, sur le fait qu'une décision
ministérielle ne pouvait pas retirer à un, deux, trois, quatre, cinq, collège
le droit de le faire. Ça fait que, là, on vient se donner le droit de le faire.
Vous pourriez retirer une désignation.
M. Roberge : Ce sont des... ce
qu'on ne pouvait pas faire, avec... ce qu'on ne peut pas faire, au moment où on
se parle, avec la loi actuelle, c'est attribuer ou ne pas attribuer des CAQ en
fonction des établissements ou des régions ou des autres critè