Labour and the Economy — 25 April 2008 (38th Legislature, 1st Session)

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32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)

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27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)

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27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)

27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)

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(8 mai 2007 au 5 novembre 2008)

Le vendredi 25 avril 2008 - Vol. 40 N° 31

Étude des crédits du ministère du Tourisme

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Table des matières

Remarques préliminaires

M. Raymond Bachand

M. Jean-François Gosselin

M. Sylvain Pagé

Discussion générale

Nomination du président-directeur général de la

Régie des installations olympiques (RIO)

Appels de propositions de partenariat promotionnel

Situation à l'aéroport international de Mont-Tremblant

Projet de construction de casino à Mont-Tremblant

Renouvellement de l'offre touristique en région

Soutien aux projets touristiques

Site Internet BonjourQuébec.com

Coût de mise en oeuvre

Réservations en ligne

Objectifs en matière de recettes touristiques

Calcul des recettes touristiques

Définition de «touriste»

Calcul des recettes touristiques (suite)

Organigramme du ministère du Tourisme

Document déposé

Affichage le long des routes

Bureaux du Parc olympique occupés par des organismes de loisir

Remplacement du toit du Stade olympique

Aide financière aux festivals et aux événements touristiques

Intentions concernant les sentiers de motoneige et de véhicule tout-terrain

Mesures visant à favoriser la tenue d'événements sportifs

Stratégie de développement des croisières sur le fleuve Saint-Laurent

Acquisition du sous-marin Onondaga par le Site

historique maritime de la Pointe-au-Père

Entente négociée avec Birdair inc.

Modernisation des infrastructures des stations de ski

Stratégie de promotion du tourisme de croisière

Plan d'action concernant l'adaptation aux changements climatiques

Évaluation des retombées économiques des Fêtes du 400e anniversaire de Québec

Stratégie du ministère en matière de promotion touristique hors Québec

Nouvelles tendances du tourisme

Adoption des crédits

Documents déposés

Autres intervenants

M. Gerry Sklavounos, vice-président

M. Pierre Arcand

Mme Nicole Ménard

* Mme Louise Pagé, ministère du Tourisme

* M. André Gourd, RIO

* Témoins interrogés par les membres de la commission

Journal des débats

(Neuf heures trente-quatre minutes)

Le Président (M. Sklavounos): Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de l'économie et du travail ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs téléphones cellulaires, s'il vous plaît.

La commission est réunie afin d'entreprendre l'étude des crédits budgétaires relevant du ministre du Tourisme pour l'année financière 2008-2009. Une enveloppe totale de trois heures a été allouée pour l'étude de l'ensemble des crédits du ministre. La mise aux voix du programme 1 et de l'ensemble des crédits de ce ministère se fera donc à la fin de la présente séance, soit environ quelques minutes avant que le temps alloué ne soit écoulé.

Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?

La Secrétaire: Oui, M. le Président. Mme Morasse (Rouyn-Noranda ? Témiscamingue) est remplacée par M. Pagé (Labelle).

Le Président (M. Sklavounos): Alors, je vais accorder 10 minutes de remarques préliminaires par groupe parlementaire, pour un total de 30 minutes.

La répartition des temps de parole se fera en fonction de l'entente conclue entre les groupes parlementaires, c'est-à-dire 35 % du temps pour le groupe parlementaire formant le gouvernement, ce qui donne environ 51 minutes; 35,6 % du temps pour l'opposition officielle, ce qui donne environ 52 minutes; et 29,4 % du temps pour le deuxième groupe d'opposition, ce qui donne environ 43 minutes. Je vous invite, aux fins de l'exercice de l'étude des crédits, à poser de courtes questions, incidemment à fournir des réponses tout aussi brèves de façon à favoriser le plus grand nombre possible d'échanges.

Finalement, j'aimerais vous faire une suggestion quant à l'organisation de nos travaux. Je vous propose de procéder à une discussion d'ordre général, par blocs de 15 à 20 minutes, maximum, comprenant les questions du député et les réponses du ministre sur le sujet tourisme. Est-ce qu'il y a consentement pour procéder de cette façon?

Des voix: Consentement.

Le Président (M. Sklavounos): Ça va. Du côté de l'opposition officielle, oui? Oui.

Alors, juste avant de débuter, puisque nous avons commencé après l'heure prévue, j'aimerais savoir s'il y a consentement de tous les groupes pour permettre à la commission de poursuivre ses travaux au-delà de l'heure prévue, soit environ 12 h 4. Il y a consentement?

Des voix: Consentement.

Le Président (M. Sklavounos): Consentement. Deuxième groupe d'opposition, consentement? Oui? Ça va.

Remarques préliminaires

Alors, nous débuterons, sans plus tarder, avec les remarques préliminaires. M. le ministre, vous disposerez de 10 minutes pour vos remarques d'ouverture.

M. Raymond Bachand

M. Bachand: Merci, M. le Président. J'aimerais saluer les membres de la commission de même que le personnel qui y est affecté.

Très heureux d'être ici, aujourd'hui, pour cette séance de la Commission de l'économie et du travail en tant que ministre du Tourisme. Ça va me permettre de faire valoir d'ailleurs la place importante du tourisme dans l'économie du Québec et l'importance des organisations, qui y travaillent, du ministère. Je prends quelques instants pour vous présenter aussi les gens qui m'accompagnent: il y a Mme Louise Pagé, à ma droite, qui est notre sous-ministre; Mme Bernard, Caroline Bernard, la directrice des ressources financières du ministère; M. Olivier Hébert, de mon cabinet, à cette table-ci; mais il y a aussi M.

Vacher, notre sous-ministre au développement; et François Diguer, directeur général du développement; le secrétaire du ministère, M. Fournier, de même que les présidents des sociétés d'État qui viendront répondre aussi aux questions, si vous le souhaitez. Il y a M. Gourd, de la Régie des installations olympiques; M. Bouchard, du Centre des congrès de Québec; et M. Saint-Jacques, du Palais des congrès de Montréal.

Alors, voilà l'équipe dirigeante, et ça me fera plaisir, comme on l'a fait dans la commission pour les autres crédits, que vous ayez bien sûr accès en toute transparence, si vous avez des questions.

M. le Président, il faut préciser que le portefeuille tourisme comprend un programme intitulé Promotion et développement touristique, qui englobe au fond le ministère et les trois sociétés d'État dont je viens de parler, pour favoriser l'industrie touristique au Québec, concerter l'action gouvernementale, susciter le développement de l'offre, au fond assurer la promotion du Québec et de ses expériences touristiques et aménager, exploiter des installations publiques à caractère touristique.

Les crédits à voter pour le portefeuille sont donc de 140 millions de dollars, 140 666 000 $, dont 54 886 000 $, près de 55 millions, seront affectés au Fonds de partenariat touristique sous la responsabilité du ministère. Vous savez que, depuis un an, en plus de mes responsabilités de ministre du Développement économique, le premier ministre m'a confié cette responsabilité du tourisme, et j'en suis très heureux parce qu'au fond c'est un secteur économique de grande importance. En 2006, au Québec, c'étaient des recettes de près de 10 milliards de dollars provenant de 26 millions de touristes annuellement.

On voit 30 000 entreprises dans ce secteur, hein, qu'on parle d'hébergement, de restauration, de transport, 134 000 emplois directs, mais en plus de 53 000 emplois indirects.

C'est donc une industrie très importante. Ça génère 7 milliards de dollars dans notre produit intérieur brut, ce qui est à peu près 2,7 % du produit intérieur brut du Québec. C'est une industrie très importante. Au fond, c'est des fois la cinquième, des fois la sixième plus grande industrie du Québec en termes d'exportation, au fond après nos industries plus traditionnelles, là, l'aluminium, les pâtes et papiers, l'aéronautique et les autres. C'est un moteur de développement économique régional aussi parce que 60 % des 134 000 personnes travaillent dans les régions du Québec.

Mais, si on regarde ce qui se passe dans le monde entier, si on regarde les prévisions de l'Organisation mondiale du tourisme, ça va être une croissance importante de tourisme d'ici 2020. Le nombre de voyages dans le monde, en 2010, ça devrait être 1 milliard. C'est donc une grande opportunité mais aussi un grand défi. Nous sommes au Canada la troisième province en termes de destinations touristiques, avec une industrie très dynamique, très concurrentielle qui crée de la richesse.

La mission du ministère est donc de soutenir le développement, la promotion du tourisme, favoriser la concertation, favoriser le partenariat des intervenants dans une perspective de créations d'emplois, de développement économique.

(9 h 40)

En mai 2005, le gouvernement a lancé la politique touristique du Québec, et l'objectif est de porter les recettes touristiques à 13 milliards de dollars, d'accroître le nombre d'exploitants, d'accroître le nombre de gens qui sont sensibilisés aussi au tourisme, à l'utilisation durable de l'environnement ? c'est une dimension importante ? favoriser le développement de l'offre touristique, développer, mais bref, au fond, de structurer le tourisme pour que ce soit une source de richesse pour tout le Québec.

Il faut donc se concerter, établir des partenariats, orienter l'action gouvernementale, assurer la vente, la mise en marché du Québec, susciter le développement de produits touristiques, encadrer les services à la clientèle, l'accueil, les renseignements, les réservations, mais tout ça dans une conjoncture économique, comme toutes les autres industries, hein, avec la hausse du dollar canadien puis certains ralentissements de l'économie.

Pour réussir à tirer notre épingle du jeu, au Québec il faut renouveler l'offre touristique, le renouvellement de l'offre est primordial, il faut miser sur un réseau d'entreprises novatrices et concurrentielles, et nous avons pris de nombreuses actions dans ce sens, en 2007-2008. Entre autres, on a révisé tout le Programme d'aide aux festivals et aux événements touristiques avec l'industrie, on a été partenaires de près de 142 festivals et on a porté notre aide à plus de 12 millions de dollars ? et c'est très, très important ? dans chacune des régions du Québec.

De plus, l'automne dernier, en compagnie du président des ATR, des associations touristiques régionales du Québec, nous avons procédé à l'annonce d'une entente-cadre entre le ministère et les ATR pour renouveler l'offre et nous injecterons, conjointement avec les ATR, moitié-moitié, au cours des cinq prochaines années, jusqu'à 20 millions de dollars dans le renouvellement de l'offre, ce qui devrait générer des projets probablement quelque part entre 50 et 100 millions ? mettons 80 millions de dollars ? de nouveaux investissements pour l'industrie touristique.

Mais en plus nous avons lancé, en novembre, aussi un autre projet de renouvellement de l'offre, l'Aide stratégique aux projets touristiques. Donc, nous avons ce projet avec les régions et nous avons aussi ce projet qui devrait, pour les projets plus importants de 1 million et plus gérés centralement, qui devrait générer lui aussi probablement autour de 80 millions de projets. Donc, dans ce renouvellement de l'offre, avec l'argent que le gouvernement mettra, 4 millions par année, au cours des cinq prochaines années, 20 millions, on devrait susciter des projets quelque part entre 120 et 200 millions de dollars.

Parfois, les gens me disent: Je suis un peu plus conservateur; mettons 150 millions, 160 millions de projets.

En plus des festivals, des projets de renouvellement de l'offre, il y a la promotion bien sûr de la destination québécoise, et, là aussi, on fait un certain nombre d'activités en partenariat. Par exemple, on a investi, nous, avec nos partenaires, plus de 8 millions dans la campagne promotionnelle d'hiver, cet hiver, en 2007-2008, prioritairement, on le sait, sur le nord-est des États-Unis, sur l'Ontario, mais aussi en France, au Royaume-Uni et au Mexique.

Enfin, parce que le voyage est de plus en plus par Internet, on a poursuivi l'amélioration de notre site d'information, de BonjourQuébec.com , qui est un site primé et qui est un élément majeur de la stratégie d'accueil touristique du Québec.

Vous voyez donc, M. le Président, des exemples concrets d'actions que nous menons pour faire de cette industrie une industrie non seulement porteuse aujourd'hui, mais porteuse et créatrice de richesse demain.

Il y a aussi des sociétés d'État qui travaillent dans la même direction, la Régie des installations olympiques, hein, qui a pour mission de préserver l'intégrité des infrastructures du Parc olympique mais aussi de développer. On le sait, M. le Président, que la dette olympique a maintenant été payée, ce qui a amené, dans une loi que cette Assemblée nationale a adoptée l'automne dernier, pour abroger le Fonds spécial olympique... À une date convenue, un jour, les installations olympiques seront remises à la ville de Montréal.

Nous avons, au niveau de la régie, cette année, réglé avec Birdair les poursuites suite à la déchirure de la toiture en 1999. Mme Courchesne, ma collègue, la ministre de l'Éducation et des Loisirs et Sports, a aussi, en septembre dernier, procédé à l'inauguration du Centre d'excellence des sports aquatiques du Québec, un investissement gouvernemental de près de 3 millions de dollars, de nombreux partenaires, un des centres de classe mondiale aussi.

Nous avons aussi, au niveau de la Régie des installations olympiques, procédé à la cession d'un bout de terrain par bail emphytéotique pour permettre la construction du stade, le complexe de soccer Saputo, qui sera inauguré d'ailleurs au printemps, au mois de mai.

Nous avons aussi nos sociétés du Centre des congrès de Québec et du Palais des congrès de Montréal qui ont pour objet d'administrer et d'exploiter des projets de développement de ces centres, des activités commerciales, mais au fond ce sont des outils majeurs de développement de l'industrie touristique. Il faut maintenir notre positionnement parmi les meilleurs centres de congrès au monde, les meilleures destinations. Ce sont des moteurs de développement économique.

M. le Président, vous allez me faire signe quand il va me rester une minute ou deux, c'est ça? O.K. Parfait. Merci. Vous me faites signe? C'est ça?

Une voix: Oui.

M. Bachand: Ah. Alors, le Centre des congrès de Québec, on le sait, a accueilli plus de 500 congrès depuis sa création, mais fondamentalement, l'an dernier seulement, 156 événements, et c'est, soulignons-le... ça a été primé comme le meilleur centre des congrès au monde, et on en reparlera, si vous le souhaitez. Le Palais des congrès de Montréal ? son 25e anniversaire, plus de 230 événements cette année, 600 000 visiteurs ? a généré 144 000 nuitées à Montréal, dans la région, et donc des retombées économiques considérables. Voilà donc deux outils importants à la disposition de l'industrie et qui aident à positionner le Québec aussi.

Voilà donc, M. le Président, quelques remarques préliminaires, que je voulais faire, montrant le dynamisme que nous avons comme gouvernement, que notre ministère, nos sociétés d'État et surtout l'ensemble des entreprises partenaires dans cette industrie-là... parce que c'est ensemble qu'on va développer l'économie, créer la richesse puis créer aussi un peu de bonheur, parce que le tourisme, c'est l'évasion et c'est le bonheur. Nous aurons l'occasion d'en reparler. Merci beaucoup.

Le Président (M. Sklavounos): Merci, M. le ministre. Je vais inviter maintenant le porte-parole de l'opposition officielle à faire ses remarques préliminaires pour une durée maximale de 10 minutes. M. le député de Jean-Lesage, vous avez la parole.

M. Jean-François Gosselin

M. Gosselin: Merci, M. le Président. Tout d'abord, j'aimerais saluer M. le ministre et son équipe ainsi que mes collègues de ma formation politique et les collègues de la deuxième opposition.

Une voix: ...

M. Gosselin: Excusez; son équipe. Je vous incluais dans son équipe. Je pensais que vous travailliez en équipe.

J'aimerais tout d'abord parler un peu de la situation économique du Québec. On sait que ce n'est pas rose. Cette situation n'est pas arrivée pour rien. En fait, je l'attribue aux gouvernements péquistes et libéraux qui se sont succédé durant les 30 dernières années. Du côté du tourisme, je m'attends que le ministre fasse preuve de plus de rigueur dans la gestion de son ministère, mais aussi de leadership, parce qu'avec le parti au pouvoir, le Parti libéral, on gère de façon assez simple, on étire la sauce, on recycle des annonces, on saupoudre, en fait on ne fait rien. On reporte en commission.

Quand le rapport arrive, on le tablette. Bref, pour eux, travailler, c'est pénible. Du côté de la deuxième opposition, le Parti québécois, à

part la souveraineté, ils n'ont pas grand-chose à proposer, puis, même au niveau de la souveraineté, on n'est plus certain, on a l'impression qu'ils vivent encore au temps des dinosaures. Ce n'est pas toujours beau à voir. De notre côté, avec ma formation politique, bien on veut s'assurer que chaque dollar des contribuables est bien investi. C'est le travail que la population nous a mandaté, de faire une surveillance. Et, parce que je suis critique de l'opposition officielle en matière de tourisme, je me suis concentré sur le tourisme pour constater que, grâce au tourisme, on pourrait créer de la richesse.

On pourrait se payer, avec cette richesse, on pourrait se payer des meilleurs services bien sûr, mais il faudrait que le gouvernement y croit. Puis je vais revenir là-dessus tout au long de l'étude des crédits aujourd'hui.

Ça fait maintenant presque un an que j'ai été nommé critique de l'opposition officielle en matière de tourisme par mon chef, et, après plus de 80, presque 100 rencontres avec divers intervenants de l'industrie touristique, je constate le potentiel énorme du tourisme au Québec. Je constate que c'est un potentiel qui est encore inexploité. Le tourisme aussi, il faut le dire, et je vais dans le même sens que le ministre là-dessus, c'est une industrie qui est présente dans toutes les régions au Québec. Quand on parle d'emplois en région, le tourisme est très important.

Aussi, la progression du tourisme mondial; on parle de 900 millions de voyageurs en 2007 et, les prévisions, on parle de 1,5 milliard en 2020. Donc, forte tendance. Il faut que le Québec puisse saisir cette opportunité. Le ministre... du côté du ministre, il le sait, et je suis convaincu que le ministre voudrait bien, mais il le sait, que des changements s'imposent. Par contre, son gouvernement immobile bloque toute tentative de quiconque de vouloir améliorer le Québec, et c'est pour cette raison que le tourisme n'est non pas en progression au Québec, mais bien en déclin.

Et on a beaucoup d'excuses. Je vais en prendre une, par exemple, que je suis certain que le ministre voudrait utiliser, c'est la force du dollar américain face au dollar canadien pour expliquer la baisse de touristes américains au Québec. Mais il faut dire, M. le Président, que le dollar américain est en forte baisse aussi vis-à-vis l'euro, et ça n'a pas empêché les Américains de voyager en Europe.

(9 h 50)

De plus, l'importance du tourisme au niveau des emplois. Le ministre l'a mentionné dans ses remarques initiales, on parle du premier secteur économique, au niveau mondial, en termes d'emplois. Au Québec, c'est 134 000 emplois directs, 48 000, 50 000 indirects, donc c'est énorme.

Comme je le disais tantôt, les excuses du gouvernement pour expliquer la baisse de touristes américains au Québec démontrent... les statistiques démontrent en fait que, oui, c'est vrai, il y a une baisse, mais, non, ce n'est pas à cause de la force du dollar américain face à notre devise, parce que les Américains en fait eux-mêmes ont connu une hausse de touristes de 10 %, mais la France 3 %; l'Italie 7 %; l'Australie 7 %. Donc, il y a beaucoup plus d'Américains qui voyagent en Europe, même si l'euro est plus fort que... On n'observe pas la même progression ici, au Québec.

Ça démontre bien que nous devrions revoir notre image de positionnement, notre image de marque, nos moyens de promotion, nos développements de l'offre touristique. Si on analyse les destinations à succès dans le monde, on parle d'Espagne, Australie, Nouvelle-Zélande, Irlande par exemple. On remarque des similitudes dans leur marketing. On parle de connaissance poussée des clients, des compétiteurs et de l'industrie.

On parle aussi de stratégies déployées avec discipline, à travers tout ce qui constitue le tourisme mais aussi les autres organismes du gouvernement qui sont hors tourisme; l'équilibre entre les leaders engagés, innovateurs, mais aussi des visions à long terme.

Les pays qui ont du succès en tourisme savent où ils s'en vont, à long terme. On parle aussi de publicités récurrentes, pertinentes et innovatrices qui basent leur image sur une image, une perception de marque. Et finalement on a une évaluation constate, transparente et réaliste des objectifs fixés, et j'y reviendrai, aux objectifs que le Québec s'était fixés en 2003, en matière de tourisme.

Donc, en terminant, M. le Président, le Québec mérite mieux et doit faire mieux, et ce, dès maintenant. Le changement non seulement est-il possible, mais il est nécessaire. Au cours des prochaines heures, j'aurai plusieurs questions, alors je vais demander au ministre d'être bref dans ses réponses parce que je veux avoir le maximum de temps pour poser le maximum de questions. Merci, M. le Président.

Le Président (M. Sklavounos): Merci, M. le député. Je vais maintenant inviter le porte-parole du deuxième groupe d'opposition à faire ses remarques préliminaires pour une durée maximale de 10 minutes. Alors, M. le député de Labelle, vous avez la parole.

M. Sylvain Pagé

M. Pagé: Oui. Je vous remercie, M. le Président. Donc, 9 h 53, ça nous mène jusqu'à 10 h 3. Alors, salutations évidemment à tous les collègues et bien sûr, en premier lieu, M. le ministre, avec qui j'ai eu l'occasion dernièrement de faire des annonces, faire quelques sorties, les gens qui vous accompagnent bien sûr, Mme Pagé, avec qui je dis, d'entrée de jeu, que, si on remonte peut-être à notre ancêtre, Raymond Pagé, le premier à être venu en Amérique du Nord, en 1643, nous ne sommes pas parents, à ce que je sache. Alors, mettons les choses au clair dès le départ. Alors... et les gens qui vous accompagnent, M.

Gourd, que je vois également, de la RIO, avec qui on a eu une heureuse collaboration également dans divers dossiers.

Alors, écoutez, très brièvement. Les commentaires de mon collègue de l'Action démocratique, ça nous fait toujours un peu sursauter, parce que j'ai fait les crédits en Faune, j'ai fait les crédits en Parcs, parce que je suis également porte-parole pour les dossiers de faune et de parcs, et, ce matin, c'est Tourisme, et il y a toujours un peu le même pattern où on se fait toujours une obligation de critiquer les 30 dernières années, là, comme s'il n'y avait rien qui se faisait correctement. Mais, bon, en tout cas c'est leur pattern, et je respecte leur approche, mais c'est la population qui jugera si c'est la bonne approche.

Alors, je veux ce matin qu'on reste véritablement sur le fond des choses parce que l'étude des crédits nous permet d'aller un peu plus loin sur la vision que le ministre... et ce que son ministère peut avoir dans cette industrie fort importante.

Le ministre l'a mentionné, je suis tout à fait d'accord avec lui, surtout au niveau du développement régional, notamment dans une situation où, vous le savez comme moi, dans la situation des régions, et là je pense entre autres... les Hautes-Laurentides, la Haute-Mauricie, le nord de l'Outaouais, certaines régions du Québec ont énormément de difficultés causées par la crise forestière, notamment. On parle beaucoup de diversification économique. Une diversification économique, dans des régions comme celles-là, à plusieurs égards, passe par l'industrie touristique.

On pourra toujours déménager certaines PME en Chine ou en Inde, mais le rocher Percé, le mont Tremblant ou encore les montagnes de Charlevoix ne pourront jamais être déménagés, et ce sera toujours un atout particulier qui nous appartient, à nous.

Et il faudra voir ensemble de quelle façon on pourra faire plus, on pourra faire mieux à l'égard de notre industrie touristique et de tout ce développement. J'entends le ministre nous dire qu'on fait des efforts en développement, mais encore, mais encore, parce que je considère que l'on ne va peut-être pas assez loin. Et je comprends que nous ne pouvons aller assez loin, parce que, quand je regarde effectivement où on en était en 2003, quand nous avons quitté le gouvernement, le dernier budget que nous avons présenté à l'Assemblée nationale, pour le secteur du Tourisme, était à 146 millions.

Aujourd'hui, cinq budgets plus tard, le gouvernement du Québec nous propose un budget de 141 millions, donc...

Une voix: ...

M. Pagé: ...146 en dollars constants, nous serions autour de 162, 163 millions, si on prend à peu près le coût d'inflation. Donc, sans injecter de nouvel argent, nous devrions être, aujourd'hui, autour de 162, 163 millions, et ça, ce ne serait pas pour en faire plus, ce serait pour garder le même investissement qu'il y avait il y a cinq ans. Donc, c'est une perte nette, en dollars constants, de 15 % de moins qui est attribuée au Tourisme. Et ça, ça me peine beaucoup parce que l'industrie régionale, elle s'en trouve drôlement affectée.

Et on sait qu'il y a de nombreux défis dont les régions ont à faire face et dans l'ensemble des crédits...

Je sais qu'on est ici pour les crédits du Tourisme ce matin, mais il est important de mentionner, quand on dit que plusieurs régions ont de la difficulté, il est important de mentionner, quand on regarde, là, hein, le volume II des crédits... des budgets des dépenses pour 2008-2009, à la page 21, quand je regarde les crédits que nous allons voter aujourd'hui, bien il y a quatre secteurs d'activité qui connaissent une baisse avec l'année dernière, et je vous les cite parce que ce sont quatre secteurs d'activité directement liés au développement des régions.

Alors, quand, en 2003, ce gouvernement est arrivé en se disant le parti des régions, ça n'aura été que le temps d'un logo sur quelques tee-shirts, on s'en souviendra, parce que, ce Parti des régions , on ne l'entend plus, ce n'est plus une formule qui est utilisée maintenant.

Et je reviens finalement sur le budget des dépenses: Affaires municipales et Régions, donc Régions, en baisse; Agriculture, Pêcheries et Alimentation, donc évidemment on parle régions, en baisse; le troisième, Ressources naturelles et Faune, évidemment tout le ministère de la Forêt et de l'Énergie, les Mines, c'est celui qui connaît la plus forte baisse; et celui du Tourisme. Alors, Régions, Agriculture, Alimentation, Ressources naturelles et Tourisme. les quatre ministères qui connaissent des baisses, ce sont quatre ministères directement liés au développement des régions.

Je pense qu'il ne peut pas y avoir de... C'est sûr qu'on peut parler de santé, d'éducation, puis on est d'accord que, dans une vision de développement à long terme, l'éducation, c'est important, à court terme la santé, et tout le reste, les infrastructures, mais les quatre ministères qui sont le plus directement liés au développement régional, ce sont les quatre ministères où ce gouvernement a choisi de faire des baisses dans ses budgets. Alors, j'ai un peu de la difficulté avec ça. Et je pense que ça permet de comprendre pourquoi on ne parle plus de parti des régions avec ce gouvernement.

Bien sûr, il faudra se questionner aussi très sérieusement sur toute la promotion que nous faisons auprès des Américains. C'est notre premier marché cible en termes de tourisme, et certains articles, dépendamment de ce que l'on peut lire, nous disent que régulièrement, depuis 2001, les Américains fréquentent moins le Québec, pour diverses raisons. Mais, quand on dit que le ministre souhaite que l'industrie touristique au Québec en arrive à un chiffre d'affaires de 13 milliards d'ici 2010 et que notre premier marché ciblé, ce sont les Américains, alors j'ai un petit peu de difficultés à saisir comment on va réussir à faire ça quand, d'année en année, le marché américain est à la baisse.

(10 heures)

Alors, on va évidemment travailler sur le développement touristique, j'en conviens, il y a des produits touristiques qu'il faut offrir. Je me réjouis d'ailleurs, en tant que porte-parole de tourisme, faune et parcs, depuis un an, parce que c'est la ministre des Parcs qui nous disait ça hier, que, depuis un an, dans sa stratégie de promotion touristique, maintenant, enfin, le ministère du Tourisme inclut les parcs du Québec. Enfin, s'il y a bien un secteur où on pourrait contribuer à faire une belle promotion à l'égard de l'industrie touristique, c'est bien nos parcs au Québec.

On est d'ailleurs en train de faire beaucoup de développement autour de nos parcs, et je m'en réjouis beaucoup, vous le comprendrez, parce que je suis porte-parole de ces dossiers. Et je comprends mal comment se fait-il que ça ne fait seulement qu'une seule année que l'on aborde, que l'on offre les parcs du Québec dans la promotion touristique.

On a aussi des sujets qui sont fort importants et on n'en pas parlé jusqu'à maintenant. Mais effectivement on a le nouveau président-directeur général de la RIO qui est présent avec nous aujourd'hui. On vient de finir de payer les installations olympiques. Le ministre a parlé lorsque nous avons adopté dernièrement le projet de loi n° 61 ou n° 62 ? je ne m'en souviens plus, là ? qui est sur la gouvernance des sociétés d'État, et on a parlé beaucoup de la vision à long terme du développement des installations olympiques majeures pour l'industrie touristique de Montréal.

C'est une carte postale internationale que les installations olympiques. Alors, quelle est sa vision autour du développement de la RIO, des installations olympiques? Puis il y a des défis majeurs également à l'égard effectivement des fédérations sportives et de loisirs qui sont toujours sous le Stade olympique et depuis 30 ans qu'ils souhaitent en sortir. Je lui rappelle que son collègue ministre du Revenu et leader parlementaire, en campagne électorale, l'année dernière, avait dit que « d'ici un an, vous ne serez plus sous le Stade olympique » , et il en avait pris un engagement.

Alors, j'aimerais savoir où il en est aujourd'hui, par rapport à ce dossier-là et de nombreux autres dossiers, évidemment.

J'aimerais bien avoir des détails sur le règlement avec Birdair, l'avenir du toit du Stade olympique, un dossier fort important, évidemment qui coûtera certainement quelques sous aux deniers québécois.

Alors, on me fait signe qu'il ne reste que quelques secondes. Je conclus là-dessus pour dire que, oui, l'industrie touristique au Québec, c'est important, mais je pense qu'il faut se donner une vision, une approche. Là-dessus, l'Action démocratique en a fait mention, et je suis d'accord avec eux, il faut que nous nous donnions de la vision. Si nous voulons atteindre nos objectifs, il faut que nous ayons un plan de match, et on ne le sent pas pour l'instant, ce plan de match. Alors, je vous remercie.

Le Président (M. Sklavounos): Merci, M. le député de Labelle et merci à tous les groupes pour les remarques préliminaires.

Discussion générale

Je suis maintenant prêt à reconnaître le porte-parole de l'opposition officielle pour une première intervention. M. le député de Jean-Lesage, vous allez avoir environ 17 minutes dans ce bloc. La parole est à vous.

Nomination du président-directeur

général de la Régie des

installations olympiques (RIO)

M. Gosselin: O.K. Merci, M. le Président. Au cours du projet de loi n° 62, qui consistait à assujettir la Régie des installations olympiques à la

Loi sur la gouvernance des sociétés d'État, j'ai soulevé une question au ministre et j'aimerais, d'entrée de jeu, que le ministre réponde à ma question qui était à savoir si le nouveau directeur général de la RIO, M. André Gourd, est le même individu qui a contribué au Parti libéral du Québec un montant maximum de 3 000 $ en 2005.

Le Président (M. Sklavounos): M. le ministre.

M. Bachand: Je n'en ai aucune idée. Je présume que oui. Mais, comme M. Gourd est ici, il pourra répondre à la question.

Mais vous allez me permettre, M. le Président. Que ce soit pour M. Gourd ou que ce soit pour les autres, pour n'importe qui, je trouve ça scandaleux. Et le député le sait très bien, le député de Labelle, et je lui ai dit, et je l'ai dit au leader de l'ADQ, puis je l'ai dit au leader du PQ puis dans mon propre parti. On a fait une réforme. René Lévesque a fait une réforme, a nettoyé les moeurs politiques au Québec, réforme adoptée unanimement à l'Assemblée nationale.

Puis de deux choses l'une: ou bien on veut que les citoyens donnent ou bien on veut que les citoyens ne donnent pas, puis probablement que l'ADQ, qui veut toujours tout couper, mais il veut que ce soit l'État qui paie les partis politiques... Alors, si on veut que les citoyens... Moi, je suis fier, j'encourage les citoyens de toutes allégeances, je leur dit: Donnez, donnez à l'ADQ, pas trop; donnez au PQ, pas trop; donnez au Parti libéral, mais donnez si vous voulez. Mais la contribution du citoyen, c'est la base de notre système démocratique.

Alors, toute question sur un don de quelqu'un, qui est don dans les limites... Si vous n'êtes pas content des limites qui sont faites, M. le député de Louis-Hébert, M. le Président, si le député de Louis-Hébert n'est pas content, bien, à ce moment-là, qu'il...

Le Président (M. Sklavounos): Le député de Jean-Lesage, M. le ministre.

M. Bachand: De Jean-Lesage. Excusez-moi, oui.

Le Président (M. Sklavounos): Le député de Louis-Hébert siège pour nous.

M. Bachand: Oui, oui, oui. Mais, s'il n'est pas content, qu'il se lève à l'Assemblée nationale et qu'il offre de changer la loi, mais sinon sa question, M. le Président, est odieuse, comme toute l'attitude de l'ADQ depuis quelque temps, d'ailleurs.

Le Président (M. Sklavounos): Je vais juste vous inviter à faire attention. On a débuté très, très bien, on veut maintenir le calme et le respect. M. le député de Jean-Lesage, allez-y.

M. Gosselin: O.K. Merci, M. le Président. En fait, M. le Président, je ne remets pas en cause, là, le financement des partis politiques au Québec, loin de là.

M. Bachand: Bien oui, vous le faites.

M. Gosselin: Mais, si le ministre peut me laisser terminer, le projet de loi n° 62, en fait là-dedans on avait promis, nous, d'être très vigilants au niveau des nominations partisanes, et c'était le but de ma question. Donc, j'ai eu ma réponse. Merci au ministre.

Appels de propositions de

partenariat promotionnel

Je veux aller dans un autre dossier, le programme d'appel de propositions de partenariat promotionnel. J'aimerais un peu que le ministre m'explique un peu en quoi consiste le programme des APPP, communément appelés.

Le Président (M. Sklavounos): M. le ministre.

M. Bachand: ...revenir aussi, M. le Président, puisqu'il en a fait allusion au début de sa question, qu'à ma connaissance M. Gourd n'est pas un militant du Parti libéral, n'est pas un organisateur du parti, n'est pas membre du parti. Il semble que, oui, comme citoyen, il a contribué, à un moment donné, aux campagnes, et je l'en félicite, de l'avoir fait, à une époque où il était un citoyen privé. C'est un homme qui a une compétence exceptionnelle. Dans beaucoup de sociétés à travers le Québec, il a fait des redressements exceptionnels.

Et, M. le Président, vous m'excuserez de revenir sur ce sujet-là, mais l'autre fois je l'avais fait avec le député de Rousseau aussi qui, à un moment donné... là, aujourd'hui, ça va bien avec le député de Rousseau, mais c'est un, M. le Président...

Une voix: ...

M. Bachand: Et, quand on parle du privilège de...

Une voix: ...

M. Bachand: C'est le fondement de la démocratie, M. le Président. Je vais essayer de revenir sur le tourisme, mais je ne peux être qu'en colère devant ces remarques odieuses, M. le Président.

Une voix: ...

Le Président (M. Sklavounos): Un instant! Avez-vous une question de règlement, M. le député de Jean-Lesage?

M. Gosselin: J'aimerais simplement que le ministre, sur son propre temps, fasse sa colère ou sa montée de lait, mais là c'est mon temps à moi, puis j'aimerais qu'il réponde à la question sur les APPP. Merci.

Le Président (M. Sklavounos): M. le député de Jean-Lesage, avez-vous une question de règlement? Si vous n'avez pas de question de règlement, je vais permettre à M. le ministre de terminer sa réponse.

M. Gosselin: ...j'ai posé une question, il ne répond pas à la question.

Le Président (M. Sklavounos): Un instant, s'il vous plaît! M. le député de Mont-Royal.

M. Arcand: M. le Président, je vous demanderais de rappeler à l'ordre le député de Jean-Lesage. J'entends des inepties depuis le début. Entre autres, là, il a dit au début, là: Pour eux, travailler, c'est pénible. Imaginez-vous plein de gens que je connais ici, qui sont très compétents, et le député de Jean-Lesage dit: Pour eux, travailler, c'est pénible. Ça, ça a été la première remarque. J'aimerais juste que vous le rappeliez à l'ordre, M. le Président.

Le Président (M. Sklavounos): Je vais rappeler tout le monde à l'ordre, M. le député de Mont-Royal. D'abord, M. le député de Jean-Lesage, il ne s'agissait pas d'une question de règlement; M. le député de Mont-Royal, non plus. Alors, je vais inviter M. le ministre de compléter sa réponse et je vais vous inciter à la collaboration, s'il vous plaît, à tous les parlementaires. M. le ministre, vous avez la parole.

(10 h 10)

M. Bachand: Merci, M. le Président. Alors, la question du député de Jean-Lesage portait sur nos propositions de partenariat promotionnel.

Essentiellement, on essaie, avec les dollars que nous avons, de faire un effort marketing additionnel et de faire des partenariats. Alors, on fait un appel de propositions ? et le sous-ministre pourra compléter la réponse avec votre permission; on fait des appels de propositions ? et il y a des organismes à travers l'ensemble du Québec qui disent: Oui, nous voici, l'effort marketing qu'on veut faire, et toutes ces propositions-là sont soumises. On a un budget qui est déterminé avec ça. En 2008-2009, on a un budget d'à peu près 2,3 millions de dollars sur ces choses-là. On a reçu une trentaine de propositions.

Et fondamentalement ce qu'on a fait à ce moment-là, il y a un jury et qui sélectionne les propositions qui sont les plus structurantes pour l'industrie touristique.

Et, avec l'argent qu'on a, on approuve ces propositions-là, par exemple Tourisme Mont-Tremblant, d'ailleurs qui a eu la plus haute note du jury, Tourisme Mont-Tremblant, pour faire une proposition aux New-Yorkais avec l'ouverture de La Macaza et de dire: C'est parfait, il y a un nouveau vol direct, donc attirez des touristes. Et donc voilà un projet dans lequel on contribue 122 000 $; l'Association des croisières du Saint-Laurent, un projet dans lequel on contribue 25 000 $. Et ainsi de suite. L'Office de tourisme de Québec, pour les circuits du Saint-Laurent, un projet dans lequel on contribue 80 000 $.

Alors, il y a ainsi une douzaine, je pense, de projets. L'an dernier, il y en a 24 qui ont été réalisés. Là, on a fait un premier appel de propositions, et il y a une série de projets qui ont été mis sur pied. Donc ça, au fond c'est un partenariat marketing entre les ministères et les organisations sur le terrain et qui soumettent leur candidature en disant: Voici la promotion qu'on veut faire. Donc, ça augmente, ça utilise les fonds publics avec un effet de levier au fond, puis de dire: Donc, on va aller plus loin avec notre argent.

Le Président (M. Sklavounos): M. le député de Jean-Lesage.

M. Gosselin: Donc, est-ce que c'est directement le ministère avec l'organisation qui font la promotion aux États-Unis ou hors Québec?

Le Président (M. Sklavounos): M. le ministre.

M. Bachand: Bien, c'est le ministère qui a un jury qui choisit les projets, mais après ça chaque projet normalement est mené. Ça dépend des projets, là. Via Rail, qui a un projet d'escapade urbaine... Alors, ça varie selon chaque projet.

Le Président (M. Sklavounos): M. le député de Jean-Lesage.

M. Gosselin: Il me manque une

partie d'information, là, que j'essaie d'aller chercher. Peut-être, si le ministre ne connaît pas la réponse, peut-être la sous-ministre peut répondre. Il aurait mon consentement. Mais, quand une organisation décide de faire un projet ? puis, l'information que j'ai obtenue, c'est des projets de plus de 50 000 $ où l'organisation va mettre 50 % du montant, et le ministère, l'autre 50 % du montant ? à partir de ce point-là, quand une campagne de promotion est choisie, est dans le programme, comment est-ce qu'on procède pour aller de l'avant avec une campagne aux États-Unis, par exemple?

Le Président (M. Sklavounos): M. le ministre.

M. Bachand: Merci, M. le Président. Dans ce volet Partenariat, ça dépend. Parfois, c'est notre agence de publicité gouvernementale qui exécute le projet. Parfois c'est l'agence de l'organisation, du partenaire, qui exécute le projet. Parfois, c'est moitié-moitié. Ça dépend vraiment de la nature du projet et du type de projet qui nous a été soumis. Alors, c'est variable. Maintenant, ça, c'est un petit élément, du marketing aux États-Unis. Je ne veux pas prendre l'ensemble du temps qui est alloué à l'opposition, mais, si vous voulez qu'on parle de marketing aux États-Unis et de l'ensemble de la promotion qu'on fait, ça me fera plaisir de le faire.

M. Gosselin: Donc, le choix...

Le Président (M. Sklavounos): M. le député de Jean-Lesage.

M. Gosselin: Excusez, excusez. Je suis trop rapide. Excusez.

Le Président (M. Sklavounos): Il n'y a pas de problème. Il n'y a pas de problème. Allez-y.

M. Gosselin: Le choix de l'agence de publicité est décidé par qui?

Le Président (M. Sklavounos): M. le ministre.

M. Bachand: Je vais demander à ma sous-ministre ou au sous-ministre de compléter. Selon l'information que j'ai, ça dépend du projet. Ça dépend du projet. Parce que, dans le cas d'Intrawest, c'est Intrawest lui-même, avec son projet de New York, qui a son projet, et on contribue à son projet. Dans certains cas, c'est un effort additionnel qui se joint aux efforts que le ministère fait. Donc, ça vient faire un volet additionnel. Puis, à ce moment-là, c'est un moindre coût de prendre la même agence, etc. Peut-être que Mme la sous-ministre, Louise Pagé, peut-être qu'elle pourrait compléter la réponse, avec votre permission.

Le Président (M. Sklavounos): Est-ce que j'ai le consentement de tous les groupes, que Mme Pagé réponde à cette question?

Une voix: Consentement.

Le Président (M. Sklavounos): Deuxième opposition, est-ce que j'ai le consentement? Deuxième groupe?

Une voix: ...

Le Président (M. Sklavounos): Oui. Alors, Mme Pagé, veuillez vous identifier. Votre rôle, votre nom, et par la suite allez-y.

Mme Pagé (Louise): Alors, Louise Pagé, sous-ministre au ministère du Tourisme.

Alors, l'appel de propositions de partenariat promotionnel, c'est donc un appel public auprès de nos partenaires qui doivent nous soumettre des projets. Quand les projets nous arrivent, les marchés sont définis, les segments de marché sont définis, les clientèles cibles sont définies, les marketings mixtes sont dans le projet, les véhicules publicitaires qui sont privilégiés par le projet sont identifiés. Donc, il y a une série de critères que le comité marketing a pour étudier les projets.

Les projets sont classés en fonction des objectifs qui nous sont proposés: Est-ce qu'ils sont concordants avec ceux qu'on a annoncés dans l'appel de propositions? Donc, les projets sont classés et ils sont retenus jusqu'au niveau des disponibilités budgétaires du ministère qui égale la contribution des partenaires. Donc, c'est vraiment du partenariat 50-50.

Et, les projets qui sont retenus, bien là, comme je vous le disais, ça dépend du marketing mixte qui est proposé dans le plan de diffusion, avec la segmentation des marchés, qui fait qu'on travaille ou avec notre agence de publicité ou en partenariat avec les agences de publicité des partenaires, parce qu'un a les meilleurs outils que l'autre, là, et ça, ça varie, dépendamment du projet qui est retenu.

Et après ça, donc, les contrats sont faits par notre agence de publicité. Les commissions sont versées selon les pourcentages établis par chacun avec les contrats. Exemple, quand on travaille avec l'Office de tourisme de Québec, bien il a son agence de pub, et ces paramètres-là sont connus, donc sont intégrés dans l'offre. Et il y a une espèce de contrat qui est fait, là, un protocole d'entente, entre le ministère et le partenaire, et après ça les dépenses sont financées selon la cédule de déboursés qui est prévue au marketing...

Le Président (M. Sklavounos): Merci, Mme Pagé. M. le député de Jean-Lesage.

M. Gosselin: Merci, M. le Président. Merci à Mme Pagé, la sous-ministre. J'entends les réponses autant du ministre que la sous-ministre, puis on parle de « parfois » , « dépendamment du projet » . Pourtant, ici j'ai une copie, là, un exemple d'une entente d'un partenariat promotionnel sur les marchés hors Québec, puis c'est marqué noir sur blanc: « Attendu que les projets promotionnels retenus par le ministère seront réalisés par les agences officielles du ministère du Tourisme. »

Le Président (M. Sklavounos): Mme Pagé.

Mme Pagé (Louise): Alors, c'est que, dans ce cas-là, le cas que vous avez là, c'était prévu que c'était réalisé par notre agence, BCP. Ce que je vous dis, c'est que notre agence est toujours dans le dossier, mais on tient compte aussi et on travaille avec les agences des partenaires.

Le Président (M. Sklavounos): M. le député de Jean-Lesage.

M. Gosselin: O.K. Merci. Est-ce qu'on pourrait savoir quels sont les... Là, vous venez de me nommer l'agence BCP comme l'agence du ministère du Tourisme. Est-ce qu'on pourrait savoir quels ont été les critères d'évaluation, aussi à quel processus en est-on venu pour nommer BCP comme agence officielle du ministère du Tourisme?

Le Président (M. Sklavounos): Mme Pagé.

Mme Pagé (Louise): Alors, l'agence du ministère du Tourisme a été choisie en 2003, suite à un appel d'offres qui est conforme au règlement, là, du gouvernement sur l'octroi des contrats. Alors, il y a eu appel d'offres. Il y a eu ? je ne peux pas me rappeler, je n'étais pas là; mais il y a eu ? un certain nombre. Je pense, de mémoire, qu'il y en avait trois, mais je pourrai vous le préciser, qui ont soumis, il y a eu un jury, et c'est la firme BCP qui a été choisie... (panne de son) ...depuis 2003. C'est un contrat de cinq ans.

Le Président (M. Sklavounos): Merci, Mme Pagé. Il vous reste environ trois minutes, M. le député de Jean-Lesage.

M. Gosselin: O.K. Donc, est-ce qu'il serait possible d'avoir une copie autant des...

On peut-u avoir la liste des soumissionnaires et aussi des contrats déposés? Je ne demande pas une réponse là-dessus, je demanderais simplement de déposer les papiers. Donc, BCP, l'agence BCP qui est aussi, on le sait, M. John Parisella, le président, qui est président de l'agence BCP, moi, j'ai un problème avec ça parce qu'on sait que M. John Parisella est aussi un ami, entre autres, un ami du premier ministre mais le conseiller spécial du chef. On sait aussi que M. Parisella est un organisateur de la campagne du candidat à l'investiture démocrate, M. Barack Obama. Et je veux entendre le ministre là-dessus.

Est-ce que c'est sa façon de voir la promotion hors Québec, particulièrement aux États-Unis, M. John Parisella qui se promène, qui fait du porte-à-porte avec d'une main une brochure demandant aux citoyens américains de voter pour Barack Obama et de l'autre main un dépliant qui fait la promotion du ministère du Tourisme pour amener les touristes américains, après qu'ils aient voté pour M. Obama... qu'ils viennent visiter le Québec?

Est-ce que c'est ça, la vision de la promotion hors Québec du ministre?

Une voix: ...

Le Président (M. Sklavounos): Question de règlement. M. le député de Mont-Royal.

M. Arcand: ...je me demande la pertinence, à ce stade-ci, d'impliquer la campagne électorale de Barack Obama dans ce dossier-là, là. Je veux dire, je pense qu'on devrait se limiter actuellement au tourisme, là, je pense que c'est de ça dont on parle actuellement, là.

Le Président (M. Sklavounos): J'avoue que nous sommes à la limite, là, mais je suis prêt à laisser aller. Il ne reste pas beaucoup de temps au bloc. Alors, je crois, à l'intérieur de cette question-là, il y avait quand même des questions qui étaient un petit peu plus pertinentes à notre étude des crédits. Alors, M. le ministre.

n (10 h 20) n

M. Bachand: Ça vole haut, l'ADQ, à matin, là, je veux dire, M. le Président. C'est pour ça que ça vole bas dans les sondages, d'ailleurs, M. le Président.

Moi, je vais répondre sur les actions gouvernementales. Et, avec le ministère, avec nos partenaires aussi, parce que, ça, on ne fait pas ça tout seuls, et l'agence, on a maintenant ce qu'on a réussi à faire au gouvernement, c'est notre nouvelle signature. Et ça, c'est une signature exceptionnelle, et, pour la première fois depuis longtemps, il y a maintenant une signature unifiée. Avec les dollars qu'on a, quand on parle de marketing, c'est important de dire c'est quoi, le Québec. Puis, au lieu d'être éparpillés dans toutes sortes de... chacun son « branding » , comme on dit, là il y a un « branding » , et là c'est le Québec avec la signature Québec.

C'est la première fois d'ailleurs dans le gouvernement qu'on permet au mot « Québec » d'être écrit différemment. Il est écrit avec cette signature magnifique et avec ce slogan: Québec Fournisseur d'émotions depuis 1534 ? dans ce cas-ci, c'est la ville de Québec ? cette image de marque qui a été faite avec notre agence, saluée par tous les partenaires.

Le Président (M. Sklavounos): En conclusion, M. le ministre.

M. Bachand: Ma conclusion, M. le Président, c'est que l'effort marketing, il est fait par le gouvernement, avec un conseil d'agence, mais avec aussi tous nos partenaires qui travaillent avec nous et qui sont très satisfaits de cette nouvelle signature et de ce qui se passe au Québec.

Le Président (M. Sklavounos): Merci, M. le ministre. Je vais maintenant céder la parole au porte-parole du deuxième groupe d'opposition en matière de tourisme, alors M. le député de Labelle. Je vais juste vous proposer immédiatement, M. le député de Labelle ? ça a été fait dans d'autres commissions: vous aurez le choix entre deux blocs de 21 minutes ou trois blocs de 14. Le choix vous appartient. Vous me faites signe que vous consentez à trois blocs de 14. Alors, vous pouvez débuter immédiatement votre premier bloc de 14 minutes, M. le député de Labelle.

Situation à l'aéroport international

de Mont-Tremblant

M. Pagé: Alors, oui, je vous remercie, M. le Président. Alors, ouf, disons que, ce matin, on va essayer de rester sur le fond des choses.

Mais, écoutez, je vais juste me permettre un commentaire. Puis j'espère que, ce matin, on va faire les crédits de la meilleure façon possible, autant pour le bénéfice des gens qui nous écoutent qu'en tout respect pour les gens qui vous accompagnent, là, qui font un travail important dans cette industrie touristique. Mais tout simplement ? puis je l'ai dit lorsqu'on a adopté le fameux projet de loi n° 62 sur la gouvernance de la RIO ? je l'ai dit puis je vais le répéter ce matin, lorsqu'on a adopté la

loi sur la transparence et la gouvernance en décembre 2006, l'Action démocratique a voté avec nous unanimement, à l'Assemblée nationale, sur des nouvelles façons de faire les choses pour les faire le plus correctement et dans la transparence. Et je ne me souviens plus du numéro de l'article, mais à l'endroit où on dit... l'article qui définit les gens qui sont indépendants, on n'a jamais fait référence aux donateurs de parti politique. Alors, constamment, de faire allusion à des gens qui vont donner à des formations politiques et remettre ces choses en cause, ça m'attriste beaucoup.

Et, s'il est nécessaire que l'on change la

Loi sur la gouvernance ou encore qu'on change la

loi sur le financement des partis politiques, bien proposez-le, mais arrêtez de faire de la basse politique comme vous le faites.

Le Président (M. Sklavounos): Excusez-moi, M. le député de Labelle.

M. Pagé: Je vais vous dire que ça m'attriste beaucoup.

Le Président (M. Sklavounos): Je vais vous inviter à vous adresser d'abord à la présidence, envoyer des interventions directement à la présidence...

M. Pagé: Parfait.

Le Président (M. Sklavounos): ...et, deuxièmement, de demeurer prudent dans vos paroles, s'il vous plaît.

M. Pagé: J'essaie d'être le plus prudent possible, mais je vais vous dire que ça m'attriste beaucoup, les commentaires que j'entends ce matin, et que, si on veut changer les choses, bien, qu'on fasse des propositions.

M. le Président, le ministre tantôt a fait allusion à Mont-Tremblant. J'ai l'honneur d'être le député de cette magnifique circonscription, Labelle, où effectivement on a la chance d'avoir sur le territoire cette magnifique montagne avec le parc national du Mont-Tremblant et tous les investissements générés par Intrawest depuis le début des années quatre-vingt-dix, 1 milliard de dollars, un deuxième milliard en cours, et vous avez fait allusion, il y a quelques instants, au dossier de l'aéroport de La Macaza, qui s'appelle l'aéroport international de Mont-Tremblant, premier aéroport touristique.

Il faut aller voir pour comprendre ce que ça veut dire qu'un rapport touristique, c'est assez particulier. Dans un tout petit village, évidemment qu'il y a des conséquences, qu'il y a des retombées économiques fort intéressantes pour ce secteur.

Et l'aéroport international de Mont-Tremblant, M. le ministre, vous le savez ? on s'est rencontrés, il y a quelques semaines, sur le sujet ? on a réussi, grâce à une entente avec différents ministères, Intrawest, la municipalité de Mont-Tremblant, les deux MRC, CLD, SADC ? tout le monde y croyait ? à faire le montage financier nécessaire pour qu'il y ait entente avec Continental Airlines, cinquième plus grosse flotte d'aviation au monde. Et maintenant, où que vous soyez à travers le monde, lorsque vous cliquez sur Continental, vous avez « aéroport international de Mont-Tremblant » qui apparaît.

Alors, c'est une magnifique réussite et qui amène évidemment des touristes de partout, des États-Unis, dans un premier temps, parce que la première entente que nous avons signée est essentiellement avec Newark.

Et pourquoi on a fait ça? Pourquoi on parle d'un aéroport touristique? C'est que, si vous faites un cercle autour de Mont-Tremblant, à une heure et demie de voiture, vous avez à peu près 3 millions, 4 millions de marché potentiel. Faites le même cercle avec une heure et demie d'avion et vous avez 110 millions de marché potentiel. Alors, quand on comprend la stratégie autour de l'aéroport, on comprend qu'on vient de se donner tout un bassin de population potentiel.

Mais il persiste un problème majeur, et je sais qu'il n'est pas dans la cour du gouvernement du Québec. Mais j'ai demandé au ministre d'intervenir. Il m'a dit qu'il ferait également intervenir son collègue de la Sécurité publique auprès du gouvernement fédéral. C'est le dossier de la douane. Et vous savez comme moi que, si on ne réussit pas à régler cette entente avec le gouvernement fédéral, on met presque en péril cet aéroport, qui somme toute probablement ne fera plus ses frais et qui met en cause d'éventuelles ententes, parce qu'on est présentement en négociation avec d'autres grosses destinations américaines.

Alors, j'aimerais savoir si les interventions auprès du gouvernement fédéral et de la part du ministre, son collègue de la Sécurité publique... est-ce qu'il y a des démarches qui ont été faites auprès du gouvernement fédéral pour s'assurer qu'on règle ce fameux litige au niveau de la douane à l'aéroport international de Mont-Tremblant?

Le Président (M. Sklavounos): M. le ministre.

M. Bachand: Merci, M. le Président. Je veux remercier le député de Labelle et de souligner effectivement l'importance, dans nos infrastructures, dans le développement touristique, d'un aéroport comme Tremblant, à La Macaza, de même que l'aéroport de Québec, pour la région de Québec, mais au fond dans ce qui est notre première destination internationale, qui est le site de Mont-Tremblant et l'ensemble de ce qui a été développé là.

C'est la première destination « resort » au fond de l'ensemble du Québec et cet outil additionnel qui a été fait avec cet aéroport, avec maintenant une liaison directe de Toronto, une liaison directe de New York. Oui, il y a des démarches qui sont faites actuellement auprès du gouvernement du Canada. C'est assez récent quand même comme démarche.

Nous n'avons pas encore les résultats et le fruit de cette démarche, mais nous poursuivons, mon collègue de la Sécurité publique et moi-même, d'ailleurs un effort pour tenter d'en arriver à un règlement acceptable, parce que La Macaza, c'est un aéroport exceptionnel, on se rend compte de l'impact, de l'effet de levier que ça peut avoir. Et le député de Labelle aussi a raison quand il parle de l'effort de la clientèle aérienne parce qu'effectivement on vient augmenter le rayon d'attraction. Et c'est ça, notre défi touristique au Québec.

Bien sûr, on a notre bassin nord-est américain à destination de voitures, mais on se rend compte aussi que les Américains, maintenant c'est de la Californie, c'est d'un peu partout. Puis les Mexicains viennent au Québec maintenant.

Voilà pourquoi ? je vais prendre 30 secondes ? dans cette année, on a ajouté 1,5 million en publicité aux États-Unis. Et un des gros efforts qui a été fait cet hiver mais qui est répété aujourd'hui, dans le marché de la Californie, c'est un effort avec les compagnies aériennes, et ça va être vu par plus de 15 millions de personnes. Et nos agences ont été très innovantes au fond en faisant une annonce sur les tablettes d'avion.

Tout le monde qui voyage sait que, quand vous êtes assis, tassé dans votre avion, puis vous baissez votre tablette pour prendre votre petite tasse de café, bien c'est une tablette qui est plate mais qui est plate dans tous les sens du terme. Bien, notre campagne publicitaire, maintenant et dans toutes les destinations du nord-est, avec quelle compagnie c'était?

Une voix: US Airways.

M. Bachand: C'était US Airways, cet hiver. Les gens baissaient leurs tablettes, et il y avait trois images différentes mais qui étaient au fond le Québec. Et le Québec avait des images avec celle-ci ? vous voyez, celle-ci, c'est le Château Frontenac ? et bien sûr avec notre signature Providing emotions since 1534 . Et il y en avait une aussi avec de la neige, avec Tremblant. Alors, je ne veux pas prendre plus de votre temps, mais c'est pour dire que ça prend l'aéroport, ça prend des efforts marketing. Il faut que les gens aient le goût de venir en avion au Québec, partout à travers le Québec.

Mais voilà une campagne avec beaucoup d'imagination, un nouvel outil qui n'a probablement pas été utilisé très souvent, en disant: Là, on va s'adresser à des millions d'Américains, des gens qui voyagent, des gens d'affaires souvent qui voyagent, pas juste des touristes. Et on répète l'expérience maintenant, y compris dans le marché de la Californie.

Le Président (M. Sklavounos): M. le député de Labelle.

n (10 h 30) n

M. Pagé: Oui. Je vous remercie, M. le ministre, et je vous invite à continuer à faire des efforts avec votre homologue fédéral parce qu'effectivement il y a un projet de développement pour l'aéroport. Mais évidemment, si on ne réussit pas à régler la problématique de la douane, je vais me permettre de dire que, dans ce cas-ci, si nous pouvions contrôler ça aussi, ce serait certainement déjà réglé. Et justement on vous a proposé un projet pour le développement de l'aéroport parce que tout ce qui s'est fait s'est fait quand même avec bien peu de moyens.

Et je me permets de parler de ce secteur-là, c'est dans ma circonscription. Mais la première destination au Québec après Québec et Montréal, c'est Mont-Tremblant, avec 2,5 millions de visiteurs. On en prévoit 4 millions, 4,5 millions d'ici cinq à sept ans. Alors, on comprend que c'est un enjeu qui est important.

Mais, pour faire le lien avec d'autres destinations, autant la Mauricie, l'Outaouais, les Hautes-Laurentides, même éventuellement l'Abitibi, il y a un projet de développement de l'aéroport, et j'aimerais savoir comment évolue votre analyse au sein du ministère pour l'obtention du financement qui permettrait de développer ce projet.

Le Président (M. Sklavounos): Alors, je vais juste inviter rapidement, M. le député de Labelle, de vous adresser le plus possible à la présidence, et, M. le ministre, vous avez la parole.

M. Bachand: Merci, M. le Président. D'ailleurs, j'ai eu l'occasion de rencontrer les dirigeants, le maire aussi, avec le député de Labelle, pour regarder ce projet-là qui m'apparaît fort structurant, fort intéressant, fort important.

Il est sous étude actuellement, au ministère. D'ailleurs, j'avais suggéré de reconfigurer la présentation du projet parce que le projet sous-évaluait les investissements privés qui étaient faits autour de ce montage-là. Puis souvent les gens arrivent ? parce que j'ai un autre cas similaire qui nous est soumis ? en disant: Voici, j'ai un projet, j'ai besoin d'argent pour tel morceau. Mais le gouvernement, vous savez, on a des règles dans les infrastructures: Est-ce que le privé en met une partie? La région en met-elle une partie?

Et en apparence le projet n'était pas admissible à sa face même, mais, pendant la discussion fructueuse, en travaillant avec le député de Labelle, j'ai moi-même dit: Oui, mais globalement, en posant des questions, mais au fond vous avez des investissements privés importants, il y a des investissements d'infrastructures municipales, et donc, globalement, c'est un projet, si on le présente différemment, qu'on va pouvoir mener de l'avant.

Alors, il est sous étude, et j'ai bien l'intention qu'on le mène à terme. Je ne sais pas si ce sera dans ces paramètres, tel qu'on l'a vu l'autre jour, mais pour moi ça fait

partie des outils structurants qu'on doit ajouter au Québec.

Le Président (M. Sklavounos): Merci, M. le ministre. M. le député de Labelle, il vous reste un petit peu moins que trois minutes.

Projet de construction de

casino à Mont-Tremblant

M. Pagé: Un petit peu moins de trois minutes. Écoutez, on va finir avec ce secteur-là, M. le ministre, pour déborder ailleurs. Vous allez me comprendre.

Nous avons annoncé conjointement, il y a deux semaines, trois semaines, un casino à Mont-Tremblant. En fait, en 2002, nous avions annoncé un projet de casino qui est un casino haut de gamme. On a appris, ce printemps, que finalement le gouvernement... bien, en fait, Loto-Québec révisait sa position parce que le projet de casino de 2002 était devenu un Ludoplex, et on connaît la popularité des Ludoplex. Donc, on a décidé de revenir à un casino qui somme toute, en termes de produit d'appel, est nettement plus intéressant qu'un Ludoplex.

Je ne pense pas qu'il y aurait grand touristes qui auraient pris l'avion de New York pour venir jouer dans un Ludoplex. Par contre, dans un casino, en termes de produit touristique, c'est nettement plus intéressant. Il y a de l'inquiétude à l'égard du Casino de Charlevoix. Je l'ai entendu, il y a des gens qui m'en ont parlé. Il y a de l'inquiétude aussi de la part de la population de Québec à savoir: Est-ce que le Ludoplex de Québec pourrait devenir également un casino?

Alors, je sais que le dossier de Loto-Québec et des casinos relève essentiellement de la ministre des Finances, mais par ailleurs il y a certainement des avis qui vont venir du ministère du Tourisme. Alors, j'aimerais vous entendre là-dessus et en me répondant à une autre question: Si jamais vous envisagez qu'il y ait d'autres casinos au Québec, est-ce que cette fois-ci vous pouvez nous assurer qu'il y aurait des études d'impact avec la Santé publique qui pourraient être faites préalablement, avant qu'on passe à l'ouverture d'autres casinos au Québec?

Le Président (M. Sklavounos): M. le ministre, 50 secondes.

M. Bachand: Je vais prendre donc la première

partie de sa question puis parce que, le casino de Québec, je ne veux pas répondre à ça en 12 secondes, ça mérite une réponse plus réfléchie.

Mais je remercie aussi le député de sa participation à cette conférence de presse là. Mentionnons que Tremblant, c'est un endroit de villégiature, ce n'est pas une ville, c'est une villégiature exceptionnelle et que ce casino avait l'appui de tous les intervenants, les représentants principaux, non seulement le député et le gouvernement, mais Intrawest, mais aussi la ville de Mont-Tremblant, l'Association de villégiature, Tourisme Laurentides.

Et donc tous les intervenants qui étaient là souhaitaient... parce que c'est un ajout dans une zone vraiment très touristique, et, on l'a souligné lors du lancement, les gens viennent là pour jouer au golf, les gens viennent là pour faire du ski, des sports d'hiver et ils viennent là pour avoir du plaisir, au fond. Et ce n'est pas la même chose quand on est dans une ville. Et là on a des questions importantes...

Le Président (M. Sklavounos): En conclusion, M. le ministre.

M. Bachand: ...qu'on devra se poser dans d'autres cas, et je souhaite effectivement qu'on en... J'aurai le plaisir d'en reparler tout à l'heure.

Le Président (M. Sklavounos): Alors, le temps est arrivé de passer du côté ministériel, alors je vais reconnaître, pour le premier bloc ministériel et environ 17 minutes, M. le député de Mont-Royal.

Renouvellement de l'offre

touristique en région

M. Arcand: Merci beaucoup, M. le Président. Je remercie le ministre, je salue tout le monde et je remercie aussi le député de Labelle pour le ton structuré, positif de ses questions, ce qui fait contraste avec ce que j'ai entendu un peu plus tôt. Alors, je voulais, aujourd'hui, parler essentiellement, d'abord, des ententes de partenariat en tourisme. Je pense que c'est un des éléments importants. Je sais qu'il y a des responsabilités, au niveau du ministère du Tourisme, en ce qui concerne en fait le développement de l'industrie touristique.

Je sais qu'il y a ces espèces de partenariats qui existent actuellement entre le ministère du Tourisme du Québec et également les ATR. Donc, ça dure depuis déjà quelques années. On veut d'une part permettre aux associations touristiques, si je comprends bien, de renouveler leur offre touristique. C'est extrêmement important. Et également plusieurs régions ont fait part, je pense, au gouvernement de leur intérêt à s'impliquer dans le créneau du développement pour permettre à leurs régions de demeurer compétitives.

Alors, il y a une forme de décentralisation qui permet à chacune des régions du Québec, si je comprends bien, de vraiment peaufiner leur offre. Le gouvernement donc a mis en place une taxe sur l'hébergement qui va aider, qui va renforcer et soutenir la promotion, le développement touristiques dans les régions. Les ATR peuvent utiliser une

partie des revenus de cette taxe. Donc, il y a vraiment une volonté commune du côté du gouvernement du Québec, du côté des associations touristiques, afin de stimuler donc cette offre touristique et le développement.

Pour demeurer compétitives, les régions doivent donc s'impliquer dans ce renouvellement. Est-ce qu'il existe une façon pour les régions de prendre en main ce développement de leur offre touristique tout en respectant leurs besoins et leurs capacités financières, M. le ministre?

M. Bachand: Merci, M. le Président.

Le Président (M. Sklavounos): Oui, M. le ministre.

M. Bachand: Ça me fait plaisir à répondre à la question du député de Mont-Royal et qui met le doigt sur un aspect majeur de développement touristique, c'est le renouvellement de l'offre.

Quand on regarde ce qui se passe dans le monde, dans l'économie, mais c'est vrai en tourisme aussi, il faut absolument innover, renouveler notre offre, investir sur le terrain. Ça me permet aussi, parce que le député de Mont-Royal parlait de la taxe sur l'hébergement, de corriger les propos de départ du député de Labelle quand il parlait du budget global qui ne semblait pas augmenter. C'est parce que, quand on regarde le budget du ministère du Tourisme, il faut vraiment regarder, il y a une

partie qui apparaît dans nos crédits puis il y a une

partie qui apparaît ailleurs. D'ailleurs, juste sur le 140 millions dont on parle, si on regarde la dépense probable, cette année, elle est autour de 141 700 000 $. Oui, vous trouvez à nos crédits 140 666 000 $. On dit: Ah, mon Dieu, ça a l'air moins, mais ce n'est pas le cas, parce que, dans le 141 qu'on vient dépenser cette année, il y a un transfert de 2,5 millions du Conseil exécutif, qu'on a appliqué particulièrement dans le programme des festivals. Dans le 140 600 000 $ que vous avez dans le livre des crédits, il n'y a pas encore ce transfert. Le transfert aura lieu.

Donc, on parle de 2,5 millions de plus, ce qui fait que globalement les crédits alloués au ministère du Tourisme, à la fonction tourisme seront en augmentation.

L'autre élément qui est en augmentation, parce que le député de Labelle comparait les efforts globaux en disant: Ah, c'est la même chose qu'en 2003, ou un petit peu moins, ou petit peu plus, mais disons que c'est le même champ, mais ce que le député de Labelle a oublié de dire puis ce que le député de Mont-Royal a souligné, c'est justement les budgets qui sont dans les mains des associations touristiques régionales. Parce que la taxe sur l'hébergement, en 2002-2003, générait 16 millions de dollars au Québec. Cette année, l'année qui s'en vient, qui commence, ça devrait générer près de 40 millions de dollars.

n (10 h 40) n

Alors, si on prend le 140 millions de la mission touristique avec 16 millions, à l'époque on parle peut-être de 156 ? puis là c'est des chiffres ronds, vous me pardonnerez, juste pour qu'on se comprenne ? mais, aujourd'hui, on parle de 180. Donc, l'effort touristique global au Québec a augmenté de façon considérable, au cours des quatre ou cinq dernières années, parce que les associations touristiques régionales ont maintenant dans leurs mains, cette année, près de 40 millions de dollars pour faire la promotion touristique à la fois au Québec et à la fois hors Québec. Et, comme le député de Mont-Royal le souligne, une

partie de ça, jusqu'à 25 %, peut être mise non pas dans la promotion, mais dans le développement de projets.

Alors, en discutant en partenariat ? parce que, moi, c'est ma philosophie, vous savez, M. le Président, c'est de travailler avec nos industriels, avec les gens sur le terrain, dans tous les domaines, que ce soit dans la mode, que ce soit dans l'innovation, puis là, aujourd'hui, on parle de tourisme ? et donc en s'assoyant avec nos partenaires, avec les associations touristiques régionales et en regardant, en disant: Il faut absolument innover, il faut renouveler notre offre, parce qu'on est en concurrence mondiale aujourd'hui, puis le citoyen américain, comme le citoyen québécois, qui va sur Internet, il dit: Ah, qu'est-ce que je fais pendant mes vacances?, bien là il a tout à coup des offres partout dans le monde puis il dit: Oui, est-ce que c'est excitant?, il faut renouveler notre produit comme une entreprise doit renouveler son produit et dire: Parfait, vous avez 40 millions, vous, les associations touristiques régionales.

Si vous preniez un petit pourcentage de ça, 25 %, si vous le voulez, jusqu'à 500 000 $, sur les cinq prochaines années, par ATR, donc il y a une vingtaine d'associations touristiques régionales qui ont le loisir de prendre 500 000 $. J'ai dit: Nous, au gouvernement du Québec, au ministère du Tourisme, on va vous appuyer 1 $ pour 1 $, donc 500 000 $ pour 500 000 $, 10 millions pour 10 millions. Et ça, on pense que ça va lever des projets pour à peu près 150, 160 millions de dollars.

Ce qui va être très, très structurant, décidé en région, c'est un partenariat. Bien sûr, on a notre mot à dire pour l'approbation finale d'un projet, mais au fond, la dynamique, c'est la région qui décidera si elle veut participer. Si elle ne veut pas participer, elle n'est pas obligée, elle peut dépenser tout son argent en promotion, mais, si elle veut renouveler son offre touristique, elle peut le faire. Et d'ailleurs, aujourd'hui, il y en a quatre, régions qui ont signé avec nous: l'Abitibi, à tout seigneur tout honneur, l'Abitibi ? surtout que c'est M.

Carrier qui est le président des ATR ? on a commencé avec l'Abitibi, mais Lanaudière, les Cantons-de-l'Est, l'Outaouais. On a actuellement des projets qui sont négociés, qui sont à la veille d'être signés, avec la région de Québec, la région de Charlevoix et du Bas-Saint-Laurent, entre autres, et les autres sont en train de discuter entre eux. Parce que c'est leur argent, c'est les hôteliers aussi, c'est la taxe, ils discutent: Est-ce qu'on veut entrer dans ce programme-là?

Mais donc ça va être un projet, moi, je pense, très structurant dans toutes les régions du Québec, avec notre philosophie que c'est la région qui va décider, un, s'ils veulent mettre de l'argent. Deuxièmement, ils vont décider quels sont les projets qu'ils veulent soutenir. Et on va comme ça, dans le cours des cinq prochaines années.

Probablement 130, 180 millions, mettons 150, 160 millions d'investissement pour renouveler l'offre touristique en région. C'est une des réalisations dont je suis très, très fier cette année, dont nous sommes très fiers au gouvernement parce qu'elle vise le coeur de ce qu'il faut faire, renouveler l'offre. Elle est en partenariat, ce qui est notre philosophie d'action, puis elle est régionalisée. Donc, ce sont les régions qui prendront leurs décisions sur les projets qu'ils veulent développer.

Alors, merci, M. le Président, au député de Mont-Royal d'avoir soulevé ce point-là.

Le Président (M. Sklavounos): Merci, M. le ministre. M. le député de Mont-Royal, il vous reste un petit peu moins de neuf minutes.

Soutien aux projets touristiques

M. Arcand: Merci, M. le Président. Moi, je voulais parler aussi des programmes d'aide, parce qu'on a parlé, tout à l'heure, des ATR et de ces ententes avec le gouvernement, mais il y a des projets touristiques qui sont à mon avis beaucoup plus précis encore.

On a parlé tout à l'heure, le député de Labelle faisait référence au projet du Mont-Tremblant. C'est un projet dans lequel le gouvernement du Québec a participé. Évidemment, on parle d'investissement, dans le cas du Mont-Tremblant, là, depuis quelques années, de plus de 2 milliards de dollars. Et puis il y a également eu le projet, entre autres, là, du Massif de la Petite-Rivière-Saint-François, où on parle, dans cette région-là, d'un investissement de 230 millions de dollars. Donc, je pense qu'en région on voit qu'il y a un effort très particulier qui est fait, que l'offre de produit est diversifiée.

Et les améliorations doivent être apportées afin justement de pouvoir se donner des produits, et, en ce sens-là, on a un programme d'aide.

Vous avez donc parlé des ententes de partenariat comme tel qui existent en tourisme, qui répondaient en quelque sorte au souhait des associations touristiques régionales, mais vous avez également, dans des programmes d'aide, je pense, la possibilité d'accompagner des promoteurs particuliers, ces promoteurs qui ont des projets d'investissement particulièrement importants pour le Québec, parce qu'évidemment on peut améliorer l'offre, mais ça prend aussi un peu, dans le domaine touristique, j'imagine, des attractions spéciales et ça prend des promoteurs.

Alors, qu'est-ce que vous faites pour justement stimuler un peu l'arrivée de ces promoteurs? Est-ce qu'il y a un programme d'aide qui existe? Et quelle en est un peu la teneur, actuellement?

Le Président (M. Sklavounos): Merci, M. le député de Mont-Royal. M. le ministre.

M. Bachand: Merci, M. le Président. Le député de Mont-Royal met encore une fois le doigt sur une des activités clés pour développer le tourisme au Québec.

On a parlé donc des projets structurants avec les régions, mais on a aussi développé un nouveau programme pour appuyer des projets structurants plus importants, des projets de plus de 1 million. Ça s'appelle l'Aide stratégique aux projets touristiques. Et nous allons y consacrer 2 millions par année, donc 10 millions au cours des prochaines années. Et ça aussi, ça devrait lever probablement 150 millions de projets.

Par exemple, on pourrait prendre comme exemple bien l'hôtel-musée Wendake, à Québec, bon, qui était un projet important de 16 millions dans lequel le gouvernement du Québec a contribué près de 5 millions; le ministère du Tourisme, 250 000 $. Voici un projet qui vient ajouter à l'offre touristique. On peut parler de L'Eau à la bouche, dans les Laurentides; du jardin zoologique à Saint-Félicien, qui est un projet exceptionnel, dans lequel on a ajouté, on a investi. Ils ont augmenté leur offre avec les macaques japonais, et c'est un succès exceptionnel.

Ce qu'on a mis sur pied, M. le Président, donc, dans ce projet-là: 2 millions par année. Mais l'appel de propositions est maintenant terminé. Savez-vous combien de projets on a reçus, M. le Président, au cours des dernières semaines? On a reçu 30 projets, pour 100 millions de dollars d'investissement, et qui demanderaient 14 millions du ministère du Tourisme, pour 100 millions de dollars d'investissement. Voilà, quand je vous dis que je suis conservateur sur l'effet de levier que je mentionne, on a un exemple. Bien sûr, on n'a pas 14 millions, on a 2 millions pour l'instant.

Ces projets-là sont sous étude actuellement. La période d'appel de propositions vient de se terminer.

Alors, il y a une étude pour qu'on choisisse justement, à travers ces 30 projets, lesquels sont les plus structurants au fond pour améliorer l'offre, pour attirer des touristes, soit des touristes du Québec, parce que le tourisme intra-Québec est très, très, très important ? c'est le plus important ? soit bien sûr des touristes canadiens, des autres provinces, ou des touristes américains. Et on va aller année après année, comme ça. Alors, on est fort confiants de voir graduellement, partout sur le terrain, renouveler notre offre touristique, ajouter des attractions. On le fait en consultation.

On a un comité expert, là, actuellement qui étudie ces projets-là. Le ministère connaît mon impatience quand il s'agit de projets de développement. Donc, on veut essayer. Moi, je veux mettre ces chantiers-là le plus rapidement possible, mais ça doit être fait avec rigueur, comme ils le font toujours au ministère, dans l'étude des projets. Mais c'est très encourageant de voir, de ce programme qu'on vient de lancer, à la fois au niveau des associations touristiques régionales et qui... Il y en a quatre qui ont signé. Il y en a trois qu'on est en train de signer.

Donc, ce projet-là va vraiment démarrer rapidement sur le terrain. Mais, le volet de grands projets structurants, on a reçu 30 propositions, M. le Président, avec des projets à travers ça très intéressants. Et donc on verra des projets du type, dans le passé, du type du jardin zoologique de Saint-Félicien, l'hôtel-musée Wendake, qui sont des projets plus modestes bien sûr que celui du Massif. Je remercie, M. le Président, le député d'avoir parlé du Massif.

Le Massif de la Petite-Rivière-Saint-François, ce projet fantastique, hyperstructurant pour la région de Québec, le député de Jean-Lesage n'en parle jamais, évidemment, parce qu'il ne parle jamais des bons coups, mais ce projet-là, qui va être à la région, c'est le projet le plus intéressant dans le Nord-Est de l'Amérique. Pas du Québec, de l'Amérique. C'est un projet parmi les plus structurants.

Mais il n'existerait pas sans bien sûr le dynamisme et l'imagination de Daniel Gauthier et de son équipe, qui a décidé d'investir ici et de faire un projet vraiment du XXIe siècle, un projet vert, un projet amusant, un projet de développement exceptionnel, un projet aussi avec ce train.

On voyait, dans Le Soleil , ce matin, là, le projet qui va de l'avant. Mais tout le monde sait que ce projet n'existerait pas sans l'appui et l'effort majeurs que le gouvernement du Québec a mis, que j'ai mis l'an dernier, que le premier ministre lui-même a mis pour débloquer aussi l'appui du gouvernement du Canada, qui était très modeste à l'origine mais qui finalement a été suffisant. Au moins, qu'on a comblé les sommes. On a mis, nous, près de 34 millions de dollars dans ce projet de 225 millions de dollars.

Alors, on a parfois des grands projets. Il n'en passe pas beaucoup, des Mont-Tremblant et des Massif de la Petite-Rivière-Saint-François, dans notre histoire. Quand ça arrive, il faut les saisir, il faut les prendre, il faut les faire arriver, surtout quand le privé investit beaucoup d'argent. Mais on a aussi partout en région, à travers le Québec, des projets plus modestes, aussi structurants. Voilà pourquoi on a mis ce programme sur pied.

Voilà pourquoi je suis très heureux de vous annoncer, M. le Président, qu'on a reçu déjà 30 propositions et que j'ai bon espoir qu'au cours des prochaines semaines, des prochains mois ? je rappelle toujours que le premier ministre m'a donné deux conseils quand je suis entré en politique, et le premier, c'était de ne jamais donner d'échéance; mais au cours des prochaines semaines, des prochains mois ? d'être capable, avec les partenaires qui doivent structurer leurs montages financiers aussi, mais qu'on a...

C'est le coup de pouce majeur, c'est l'effet de levier et c'est le ministère du Tourisme et le gouvernement du Québec qui allons faire ça.

Et on va voir apparaître, à travers le Québec, d'autres nouveaux projets d'investissement pour améliorer notre offre.

n (10 h 50) n

Le Président (M. Sklavounos): Merci, M. le ministre. 1 min 30 s au groupe ministériel. Est-ce qu'on continue avec M. le député de Mont-Royal?

M. Arcand: Je vais laisser...

Le Président (M. Sklavounos): Mme la députée de Laporte, une minute et...

M. Arcand: Non, mais peut-être qu'elle pourra reprendre tout à l'heure.

Une voix: Dans l'autre bloc.

M. Arcand: Dans l'autre bloc.

Le Président (M. Sklavounos): Ah. Il n'y a pas de problème, on va reporter votre temps sur votre autre bloc. Alors, je vais maintenant reconnaître le député de Jean-Lesage pour votre prochain bloc. 17 minutes, M. le député.

Site Internet BonjourQuébec.com

Coût de mise en oeuvre

M. Gosselin: Merci, M. le Président. J'ai quelques questions au sujet du site BonjourQuébec.com . Je voulais savoir combien a coûté l'implantation du site BonjourQuébec.com .

Le Président (M. Sklavounos): Merci, M. le député de Jean-Lesage. M. le ministre.

M. Bachand: M. le Président, je vais demander à ma sous-ministre ou à M. Vacher, sous-ministre adjoint. Le site BonjourQuébec.com bien sûr existe depuis un certain nombre d'années. Je n'étais pas là à l'époque, ça fait juste deux ans que j'ai joint cette magnifique mission gouvernementale, alors est-ce que Mme la sous-ministre aurait réponse à cette question? Sinon, on vous la donnera un peu plus tard.

Le Président (M. Sklavounos): Alors, Mme Pagé, sur le même consentement que plus tôt.

Mme Pagé (Louise): Alors, le développement du site BonjourQuébec.com est un des premiers partenariats privé-public du gouvernement. C'est un partenariat avec Bell Canada. C'est un partenariat d'une vingtaine de millions de dollars qui se partageraient dans des investissements à Bell, au point de départ, de sept; ça a été rajouté avec un cinq, ça fait 12. Au total, Bell aura investi 20 millions depuis le début du partenariat; le ministère du Tourisme, des investissements de 4 millions. C'est partagé.

Donc, le ministère est responsable de l'approvisionnement en informations, et Bell est responsable du volet transactionnel de BonjourQuébec.com . Bell compte 1 950 contrats avec différents intervenants qui sont sur le site, donc des hôtels, des restaurants, des campings. Et donc c'est le volet transactionnel. Et les partenaires ont des frais, évidemment. Et les gens qui font affaire n'ont pas de frais là parce que c'est dans le coût du partenariat.

Alors, grosso modo, annuellement l'entretien du système informatique d'information touristique qui appartient au ministère coûte environ 4 millions par année.

Le Président (M. Sklavounos): Merci, Mme Pagé. M. le député de Jean-Lesage.

Réservations en ligne

M. Gosselin: Merci, M. le Président. Dans un sondage ? j'imagine que c'est le ministère du Tourisme ? on parle de la satisfaction de la clientèle du point de vue du site BonjourQuébec.com , puis, le côté information, accueil, le rôle du ministère en fait, les clients semblent assez satisfaits, même, je dirais, très satisfaits. On voit un haut taux de satisfaction. Par contre, du côté des réservations en ligne, c'est là que ça se dégrade. J'aimerais entendre le ministre là-dessus: Est-ce que c'est vraiment le rôle du gouvernement et de son partenaire de s'occuper de réservations en ligne?

Le Président (M. Sklavounos): M. le ministre.

M. Bachand: Bien, moi, je pense, on est en concurrence dans le monde, hein, puis ultimement ce qu'il faut, c'est penser au client. Qu'est-ce que le client cherche? Le client cherche à organiser ses vacances, il cherche à organiser son voyage d'affaires aussi, un petit congrès, une petite réunion d'affaires dans une région du monde, qu'il soit canadien, ou américain, ou même québécois, hein? Et il faut constamment, parce que les autres, ils s'organisent.

Donc, nous, au Québec il faut aussi qu'on s'organise pour fournir ? il faut penser aux citoyens, là; pour fournir ? aux citoyens en disant: De façon facile ? les Anglais diraient « user friendly » ? hein, de façon amicale pour l'usager, que ce soit facile pour l'usager, pour l'usagère de trouver dans son domaine, dans ce qu'il recherche comme expérience touristique, comment on se rend.

Et aujourd'hui, de plus en plus, effectivement non seulement c'est de dire: Ah, bon, bien, tiens, oui, j'ai quatre pourvoiries où je peux aller, où j'ai des auberges, où j'ai des spas, où je peux aller à la pêche; tiens, je veux aller voir des baleines, mais comment les gens trouvent justement ça? Bien, c'est de plus en plus soit par un agent de voyages spécialisé, parce que les agents de voyages sont très importants, ou soit ils s'en vont sur Internet puis ils surfent, ils naviguent sur Internet. Et, en ce sens-là, BonjourQuébec.com est très important pour faire ces liens.

Et il va être de plus en plus important aussi de faciliter la réservation en ligne, qui est un phénomène qui grandit dans le monde, qui n'est pas utilisée par tout le monde aujourd'hui, hein? Il y a des gens qui s'en vont en ligne, puis après ça ils prennent le téléphone puis ils appellent pour faire leurs réservations. Il y a encore des gens qui ont une méfiance, mais, si on regarde la croissance des réservations en ligne pour les achats de billets d'avion, pour des réservations d'hôtel à travers l'Amérique, c'est une croissance fulgurante.

Donc, il faut s'assurer qu'on s'améliore constamment dans nos outils mais qu'on le fait avec l'industrie aussi et qu'on s'assure que graduellement les citoyens... ou qu'on fasse des hyperliens avec ceux qui sont capables de faire ça. Et c'est pour ça qu'on le fait en partenariat aussi. Et, dans ce cas-là, ça a été un appel d'offres. C'est Bell qui a gagné l'appel d'offres. Le contrat a été prolongé. Il vient à échéance, je pense, en 2012, actuellement. Bien sûr, il faudra se pencher sur le nouvel appel d'offres et les nouveaux paramètres, par la suite.

Le Président (M. Sklavounos): Merci, M. le ministre. M. le député de Jean-Lesage.

Objectifs en matière de recettes touristiques

M. Gosselin: Merci, M. le Président. Au point de vue de la stratégie du ministère du Tourisme élaborée en 2003, on parlait d'objectifs de recettes touristiques, en 2003... 9 milliards de dollars et un objectif à atteindre de 13 milliards en 2010. Tantôt, dans les remarques d'ouverture, le ministre a mentionné que nous étions rendus à 10 milliards en 2007. Vraisemblablement, l'atteinte du 13 milliards, l'objectif de 13 milliards, en 2010, semble être compromis. J'aimerais entendre le ministre là-dessus et qu'est-ce qui va être fait pour s'assurer qu'on atteigne l'objectif en 2010.

Le Président (M. Sklavounos): Merci, M. le député de Jean-Lesage. M. le ministre.

M. Bachand: L'objectif est ambitieux, l'objectif est difficile, M. le Président. Peu de monde aurait pensé il y a quelques années que le dollar canadien serait à parité, hein, on le voit. On a le défi au niveau manufacturier. On a le défi aussi au niveau de l'industrie touristique.

Alors, on est en croissance, hein, les recettes sont passées de 10 milliards à 10,4 milliards, à 10,6 milliards, un estimé pour l'année 2008, bien sûr. Les recettes touristiques sont en croissance globalement, mais, par rapport à la cible fixée, elle est ambitieuse. Voilà pourquoi on redouble nos efforts avec l'ensemble de l'industrie. Voilà pourquoi on a fait, par exemple, les festivals. Tout le monde se souviendra. Mais c'est drôle, les bons coups, les gens les oublient rapidement. Mais vous vous souvenez de la bataille que j'ai menée sur les festivals.

Premièrement, le gouvernement a augmenté le budget des festivals, par le ministère du Tourisme, de 10 millions à 12 millions, 12,5 millions. L'effort global du gouvernement du Québec est de 30 millions. Et j'ai aussi fait campagne ardue pour inciter le gouvernement du Canada qui finalement a adopté un nouveau programme, et on voit que ça a donné quelques fruits, pas ceux qu'on aurait souhaités, mais que ça a donné un certain nombre de fruits.

Mais voilà pourquoi aussi, quand on regarde comment évolue le comportement du touriste, alors il faut, si on veut atteindre ces recettes-là, il faut travailler sur nos événements puis il faut travailler sur notre offre. Qu'est-ce qu'on offre à la personne qui veut voyager? Est-ce qu'on l'excite, est-ce qu'on offre quelque chose d'important? Alors là, c'est multidimensionnel et, encore là, c'est avec nos partenaires, c'est notre amélioration de l'offre touristique. C'est ce dont on a parlé il y a quelques minutes.

Ce sont de s'assurer que nos grands flambeaux, que ce soient nos grands festivals, mais que ce soit aussi ? on parlait, tout à l'heure, avec le député de Labelle ? de la région de Mont-Tremblant, que ce soit Le Massif, que ce soit l'aéroport de Québec. On parlera des croisières, au fond.

On a amélioré notre image avec une signature. On a, depuis cette stratégie touristique, nos quatre grandes expériences, hein ? on leur dit quand on parle dans le monde: on est des grandes villes, on est la villégiature, on a la grande nature, on est le Saint-Laurent. Voilà ce qu'on va vendre au monde entier et ce qu'on va vendre aux Québécois aussi, parce que le gros du tourisme, c'est un tourisme intraprovincial, qui est dans la province, et voilà pourquoi il faut être plus actifs aussi de ce côté-là. Alors, on est en marche: on est en marche avec notre industrie, on est en marche avec les 30 000 personnes qui composent cette industrie-là.

Est-ce qu'on atteindra l'objectif? C'est une cible ambitieuse, et, la conjoncture économique, le ralentissement aux États-Unis, je ne pense pas qu'elle était prévisible il y a trois ans. Alors, ce qu'il faut, c'est progresser.

n (11 heures) n

Le Président (M. Sklavounos): Merci, M. le ministre. Alors, M. le député de Jean-Lesage, huit minutes dans le bloc.

Calcul des recettes touristiques

M. Gosselin: Merci, M. le Président. J'aimerais savoir qu'est-ce qui est inclus dans les recettes touristiques. Est-ce que ça comprend, par exemple, toutes les ventes des agences de voyages?

Le Président (M. Sklavounos): M. le ministre.

M. Bachand: Vous avez une question très pointue, puis je veux bien répondre à votre question. Je vais demander aussi aux spécialistes, mais, quant à moi, ce sont les dépenses effectuées par les touristes, ce 10 milliards.

Un touriste, je vous le rappelle, c'est défini comme étant une nuitée et provenant de plus d'un... Il y avait un rayon de 40 km. Je pense que les définitions vont changer pour l'avenir. L'Organisation mondiale du tourisme a changé les définitions, puis je pense que ça va être rendu 26 km. Ça comprend bien sûr, aussi, les excursionnistes qui arrivent en autocar. Et donc c'est les dépenses directes des touristes. Mais, Mme la sous-ministre, peut-être que vous pouvez compléter ma question ou la corriger.

Le Président (M. Sklavounos): Alors, Mme Pagé.

Mme Pagé (Louise): Non, ça ne nécessite pas de correction, M. Bachand. Ce sont effectivement les dépenses qui sont faites, les dépenses directes dans l'hébergement... les achats des touristes, souvenirs. Quand ils sont en auto, ça comprend l'essence. Mais, si vous voulez, on peut vous faire parvenir l'annexe de Statistique Canada et du Bureau de la statistique du Québec qui définit tous les postes de dépenses qui sont pris en compte dans ce calcul-là. Ça vous permettra d'avoir une réponse plus précise.

Le Président (M. Sklavounos): Merci, Mme Pagé. Alors, vous pouvez faire parvenir le document au secrétariat de la commission, et on pourrait le partager avec tous les groupes. Alors, M. le député de Jean-Lesage, il vous reste un petit peu moins de six minutes.

M. Gosselin: ...M. le Président. En fait, l'information va m'être utile, si la sous-ministre veut bien me l'acheminer. Merci.

En fait, ce que je veux m'assurer, c'est que... Parce que pour moi les objectifs, c'est concret. Le ministre parle d'objectifs ambitieux, j'en conviens, mais tout de même c'est des objectifs qu'on s'est fixés en 2003, que son gouvernement s'est fixés en 2003, et il faut les atteindre. Je trouve un peu dommage... il y a déjà un aveu, de la part du ministre, qu'on ne les atteindra pas en 2010, mais tout de même on peut dire que ça a monté un peu, de 9 milliards en 2003 à 10 milliards en 2007.

Mais, si on compte l'inflation et la hausse de toutes les dépenses qu'on a connues depuis 2003, je ne suis pas certain que le ministère performe. Mais aussi ce que je veux m'assurer, c'est que dans les recettes touristiques ne sont pas incluses les dépenses de Québécois qui achètent un voyage dans une agence de voyages pour aller à Cuba ou en Europe. Je veux m'assurer que les montants qui sont dépensés ne sont pas inclus dans les recettes touristiques parce que ce n'est certainement pas là-dessus qu'on veut juger la performance du ministère du Tourisme.

Définition de « touriste »

Aussi, le ministre vient d'en parler rapidement, mais ça, je veux avoir la confirmation... la définition d'un « touriste » versus la définition d'un « excursionniste » ? en fait, les deux définitions par rapport aux définitions en 2007 ? parce qu'elle a changé. Donc, automatiquement, c'est certain qu'on affecte les chiffres des recettes touristiques. Et tantôt, dans mes remarques d'ouverture, je parlais d'objectifs concrets mais aussi transparents et réalistes. Et, la définition, en avril 2007, on parlait d'une distance de 80 km; on est rendu à 40 km. Et, dans le cas des excursionnistes et pour les touristes, on ne parle plus de kilométrage mais simplement d'une nuitée.

Donc, si je peux avoir la confirmation que la définition, comme le ministre vient de le mentionner, la définition aurait changé au niveau de l'organisme de l'Organisation mondiale du tourisme, j'aimerais avoir l'information. Est-ce que le ministre peut me confirmer en effet que c'est à l'Organisation mondiale que la définition a changé?

M. Bachand: ...

Le Président (M. Sklavounos): M. le ministre.

M. Bachand: Merci, M. le Président. Premièrement, on prend ce que Statistique Canada fait et... Statistique Canada pour avoir des comparaisons internationales de qualité. Je ne sais pas si c'est l'Organisation mondiale du tourisme ou il y a une autre organisation, là, qui est dans le tourisme, mais c'est une norme internationale.

Un touriste, donc c'est une personne qui a fait un voyage avec une nuitée ou plus, mais moins de un an, à l'extérieur de sa ville et qui a utilisé de l'hébergement commercial ou privé. En d'autres mots, donc la nuitée est importante. L'excursionniste, c'est une personne qui fait un aller-retour dans la même journée, à l'extérieur de sa ville, mais dont la distance est au moins 40 km. Et je pense que c'est ça, la définition qui a changé depuis 2005. Et avant ça la distance était plus élevée que 40 km, je pense que c'était 80. Je ne veux pas vous induire en erreur.

Alors, quand on parle de visiteurs, on parle de touristes et d'excursionnistes. Et, quand on parle des visites province, parce que vous allez trouver ça, bien, évidemment, c'est les gens qui ont fixé un voyage au Québec et qui viennent des autres provinces.

Le Président (M. Sklavounos): Merci, M. le ministre. M. le député de Jean-Lesage, 2 min 30 s dans ce bloc.

Calcul des recettes touristiques (suite)

M. Gosselin: Donc, que la définition soit de Statistique Canada ou de l'Organisation mondiale, peu importe, mais est-ce que le fait qu'on diminue le kilométrage, qu'on change de définition, est-ce que ça augmente les recettes touristiques?

Le Président (M. Sklavounos): M. le ministre.

M. Bachand: Pour l'instant, donc, pour vous donner un complément de réponse avec le tableau qu'on vous enverra, mais l'information que j'ai, c'est que Statistique Canada n'a pas encore sorti les données. On travaille sur des estimés, quand on parle de 2007, par StatsCan. Ça prend bien du temps avant de fournir les données réelles. Parce que, dans ce cas-là, effectivement, si on parle de 30 000 commerces au Québec et puis l'ensemble, on n'a pas de réponse précise à votre question.

Mais en théorie, si je regarde les festivals, par exemple, où on est en train, avec rigueur, cette année, de mettre en oeuvre une mesure d'impact touristique dans chacun des festivals, c'était fait dans les grands festivals. Mais, la définition de « touriste » bien sûr, le nombre de kilométrages a été réduit. Alors, en théorie, un festival aura aujourd'hui plus de touristes qu'il y en avait il y a huit ans.

Le Président (M. Sklavounos): Merci, M. le ministre. M. le député de Jean-Lesage, 1 min 15 s.

Organigramme du ministère du Tourisme

M. Gosselin: Merci, M. le Président. L'an passé, lors de l'étude de crédits en juin 2007, j'avais demandé au ministre un organigramme. Je l'ai redemandé aussi à Mme Pagé lors d'une rencontre, à l'automne. Et à chaque fois on me remet toujours l'organigramme qu'on retrouve sur le site Internet du ministère du Tourisme. Personnellement, je suis quand même assez jeune, M. le Président, comme vous pouvez le constater, ça fait longtemps que je suis allé sur Internet puis j'ai téléchargé l'organigramme. Ce n'est pas l'organigramme qu'on retrouve sur le site du ministère que je veux, c'est l'organigramme complet.

Puis j'invite le ministre ou sa sous-ministre à aller voir l'organigramme qui m'a été fourni par le Centre des congrès de Québec, qui est complet, où l'on retrouve ceux qui travaillent au Centre des congrès, sont sur l'organigramme. Donc, moi, ça me permet de voir qui fait quoi.

Et je le redemande au ministre ? je lui donne une deuxième chance: Est-ce que je pourrai finalement mettre la main sur l'organigramme du ministère du Tourisme, l'organigramme complet, dans les plus brefs délais? Merci.

Le Président (M. Sklavounos): Alors, merci, M. le député de Jean-Lesage. M. le ministre, est-ce qu'on peut confirmer que ce document que demande M. le député de Jean-Lesage existe?

M. Bachand: Un, M. le Président, ça me ferait plaisir de le redéposer si jamais ils n'ont pas analysé ce qu'il y a dans le cahier, mais vous avez l'organigramme du ministère, de la même méthodologie que tous les autres ministères fournissent leurs organigrammes pour la question des crédits. Alors, c'est ce que je suis prêt...

Le Président (M. Sklavounos): Vu que le temps est écoulé, M. le ministre, je vais vous inviter à le déposer, avec le consentement des membres, ce document-là. J'ai l'impression que ce sera le même document.

n (11 h 10) n

Une voix: ...

Document déposé

Le Président (M. Sklavounos): On constate le dépôt du document. Alors, sur ce, je vais reconnaître M. le député de Labelle pour un bloc de 14 minutes.

Affichage le long des routes

M. Pagé: Oui. Je vous remercie, M. le Président. Vous avez mentionné tout à l'heure, M. le ministre, que ce que l'on a à vendre, c'est bien sûr notre Capitale-Nationale, Montréal, patrimoine, le fleuve Saint-Laurent, nos paysages, notre grand territoire. Et, quand on parle de paysages, on sait que ça correspond de plus en plus à cette nouvelle tendance mondiale de géotourisme, de tourisme vert. On en parle de plus en plus.

D'ailleurs, on a souligné il y a quelques mois que Montréal est la première ville à obtenir le statut de géotourisme au monde. Alors, il y a une nouvelle tendance qui est lourde, là. Je suis convaincu que vous êtes au courant de tout ça, mais il y a des petites choses qui font que, même si on veut protéger nos paysages, attirer du tourisme, il y a des petites choses qui font en sorte qu'on gâte la sauce très rapidement.

Et ça va être très terre à terre, ce que je vais vous poser comme question, mais, quand on parle justement de protection du paysage mais qu'on se promène sur nos autoroutes et qu'on voit l'affichage qui est malheureusement fort déficient, on se rend compte qu'il n'y a effectivement pas d'arrimage entre protection du paysage et la porte d'entrée, nos autoroutes, où on voit un affichage qui est malheureusement très peu reluisant, très peu intéressant pour le touriste qui va se promener dans les Laurentides ou ailleurs.

On n'a qu'à... Quand on se promène le long de l'autoroute, ici, sur la 40 ? je peux nommer la 15, mais la 40, c'est la même chose ? on s'en va vers Charlevoix puis on se rend compte que... Et, en termes de produit touristique, si on veut protéger nos paysages, il faudrait qu'au moins, au départ, la porte d'entrée, qui sont nos routes, nos autoroutes, qu'il y ait un effort de fait dans ce sens-là.

À ce que je sache, je pense qu'il n'y a pas véritablement de politique ou de lien qui est fait avec le ministère des Transports du Québec afin de s'assurer qu'on se donne une politique d'affichage qui puisse mieux correspondre à nos intentions touristiques.

Alors, j'aimerais savoir de votre part si vous êtes sensible à cette réalité, si c'est votre intention de poser des gestes, si c'est votre intention de parler au ministère des Transports pour que l'on protège mieux nos paysages, pas simplement une fois que les gens qui sont rendus dans le parc des Hautes-Gorges, ou dans le parc des Grands-Jardins, ou dans le parc national du Mont-Tremblant... mais que la porte d'entrée, que nos autoroutes et que nos routes, qu'on puisse véritablement protéger nos paysages.

Le Président (M. Sklavounos): Merci, M. le député de Labelle. Je vous invite à éviter le dialogue, à adresser la question à la présidence. M. le ministre.

M. Bachand: Merci, M. le Président. Je suis sûr que le député de Labelle ne veut pas abolir la Porte-du-Nord, avec ce McDonald qui est là mais qui est important comme service autoroutier.

C'est un point important que le député de Labelle souligne, mais je le prendrais dans un contexte un peu plus large, parce que, si je parle de la grande ville, il n'y a pas grand villes dans le monde où vous arrivez de l'aéroport à la grande ville, ou que vous arriviez par route, où c'est d'une beauté absolue. Ce qu'il faut effectivement, c'est, dans les régions qui sont des régions avec des attraits importants, qu'on porte une grande attention sur ça, et on le fait de diverses façons. Par exemple, sur les éoliennes, il y a des éoliennes, il y a un appel d'offres actuellement, au Québec.

Il y a 2 000 MW en appel d'offres. Je pense qu'il y a eu 7 000 MW de déposés. À un moment donné, bientôt l'Hydro-Québec dévoilera les résultats. Mais, dans cette démarche-là, il y a effectivement des débats dans chaque région, et là ce n'est pas le gouvernement qui décide, c'est les MRC qui doivent faire leurs plans d'aménagement. Et je dirais au député de Labelle, M. le Président, qu'il y a aussi une responsabilité locale, régionale dans la stratégie de développement d'une région.

Si une région veut avoir quatre usines avec des cheminées plutôt que des attraits touristiques, à un moment donné, c'est à la MRC de régler ça.

Ce qu'on fait, nous, au ministère, c'est de les aider. Par exemple, dans les éoliennes, on a défini des circuits touristiques, on a défini ce qui, pour nous, avec l'expertise du ministère et de ses experts... des corridors qui devraient être protégés et on a donné cette expertise-là aux MRC, aux régions pour qu'ils en tiennent compte le plus possible. Par exemple, ma collègue la ministre du Patrimoine est en... il y a un débat.

Il y a un livre qui a été déposé avec une politique du patrimoine, mais il est en consultation, mais, dans cette consultation-là, le ministère du Tourisme, d'ailleurs, participe à la consultation: Est-ce qu'on protège notre patrimoine dans la loi du patrimoine et jusqu'où va-t-on, à

part les vieux édifices historiques?

Et, troisièmement, Tourisme Laurentides ? une région qui intéresse particulièrement le député de Labelle; Tourisme Laurentides ? dans sa stratégie ACCORD, là, cette stratégie de développement économique avec chacune des régions, il y a un créneau touristique, un créneau très important dans les Laurentides, et il y a justement une réflexion, dans le créneau encore Laurentides, sur la protection des paysages, et c'est une de leurs interrogations. Et ce qu'on fait, comme ministère, puis le ministère du Développement économique aussi ? j'ai deux chapeaux ? qui finance au fond une

partie importante du créneau ACCORD... et on finance actuellement. Et il y a une étude, là, qui est en démarrage, en réflexion avec le milieu ? c'est toujours en réflexion avec le milieu ? sur justement les Laurentides qui se disent: Comment on protège nos paysages?

Et il y a une réflexion en cours donc, dans sa région, qui démarre. Mais notre philosophie, c'est de dire: C'est à la région à réfléchir à ça. C'est au gouvernement à apporter son expertise, son expertise internationale, son expertise nationale, expertise au niveau du Québec. Payons des études, mais, en bout de piste, les choix seront faits aussi en région, dans les MRC, avec les créneaux ACCORD. Ce n'est pas à Québec qu'on va dire: Bien, il va y avoir un panneau à telle place ou il n'y aura pas de panneau à telle place.

Le Président (M. Sklavounos): Merci, M. le ministre. M. le député de Labelle.

M. Pagé: Bien, écoutez, je souhaiterais, moi, que l'on soit beaucoup plus proactif.

Il m'apparaît qu'à partir du moment où une région effectivement a identifié ses créneaux d'excellence et où le tourisme fait

partie des créneaux d'excellence il faudrait qu'il y ait arrimage entre les interventions qui sont faites auprès du ministère des Transports et le ministère du Tourisme, et ce que l'on me dit, c'est que pour l'instant cet arrimage-là, cet échange-là ne se fait à peu près pas.

Alors, la porte d'entrée, quand c'est l'autoroute 15, entre autres, et que vous voyez toutes sortes d'affichages et puis des écriteaux, je pense qu'au niveau des paysages, au niveau d'une destination touristique comme la région des Laurentides ou ailleurs dans le Québec, à mon avis ça ne nous avantage pas, et je pense qu'il devrait y avoir une réflexion et une intervention de votre ministère auprès du ministère des Transports du Québec, ce que je ne sens pas pour l'instant. Moi, ce que j'ai sur le terrain, on me dit: Avec le MTQ, on nous balaie un peu du revers de la main.

Si vous me dites qu'à l'intérieur d'ACCORD il y a une réflexion qui est en marche, tant mieux, mais j'espère qu'il y aura véritablement des échanges avec le ministère des Transports parce que pour l'instant, quand on s'en va vers les Laurentides et qu'on voit ce qui se passe le long des autoroutes, ce n'est pas très joli en termes de paysages.

Bureaux du Parc olympique occupés

par des organismes de loisir

Je sais qu'il reste peu de temps, on est toujours très bousculés, mais je veux aborder un autre sujet, M. le ministre, si vous permettez, M. le Président, c'est celui de la Régie des installations olympiques. Il y aurait beaucoup à dire sur ce sujet-là, on a bien peu de temps, mais je voudrais, à tout le moins, dans un premier temps... je l'ai abordé lors de mes remarques d'ouverture, c'est les 60 et quelques ? Bonjour, M. Gourd ? fédérations de sport et de loisir qui sont toujours, depuis 30 ans en fait, là, sous le Stade olympique et qui souhaitent en sortir.

Écoutez, l'année dernière, votre collègue ministre du Revenu et leader parlementaire, en campagne électorale, avait dit: D'ici un an, vous ne serez plus là. Alors, j'aimerais savoir où vous en êtes dans votre réflexion à cet égard.

Le Président (M. Sklavounos): M. le ministre.

n (11 h 20) n

M. Bachand: Merci, M. le Président. Je sais qu'il y a des représentations de tous les gens de Regroupement Loisir Québec, toutes les fédérations qui sont installées à la Régie des installations olympiques et je permettrais à M. Gourd, qui est le président de la RIO...

D'ailleurs, il pourra rappeler le nombre de demandes satisfaites en courant de l'année, là, de petits aménagements qui ont été faits, comme bon locateur, qui ont été faits, mais il y a une réflexion qui malheureusement ne se terminera pas de façon immédiate, au cours des prochaines semaines probablement, parce que la réflexion est aussi: Qu'est-ce qu'on fait avec le quadrilatère global olympique, olympique, ville de Montréal, parce qu'on pourrait bien sûr...

Je sais qu'il y a des gens qui ont soumis un projet en disant: On prend tout ce monde-là, puis on les amène ailleurs à Montréal, puis on les installe dans un autre édifice sur l'île de Montréal. Bien sûr, ca pourrait répondre à certains inconforts actuels, mais je pense qu'on mérite d'avoir une réflexion stratégique.

Pour moi, ce quadrilatère-là, c'est une grappe, c'est notre grappe sportive, c'est notre grappe scientifique, c'est notre gra

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CollectionQuebec — Committees
CitationCET 2008-04-25
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions cet-38-1 journal-debats CET-080425
Languageen
Formathtml
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