Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 5 May 2015 (41st Legislature, 1st Session)
CAPERN 2015-05-05
Quebec — Committees
En ce qui concerne la relève agricole, nous
avons également confié à Jean Pronovost le mandat d'aller à la rencontre de la
relève agricole dans toutes les régions du Québec. M. Pronovost dressera
un inventaire de tout ce qui constitue un obstacle pour la relève et fera des
recommandations pertinentes.
L'automne
dernier, j'ai eu le plaisir de remettre l'Ordre national du mérite agricole à
la Ferme Jeannicole, située dans le Bas-Saint-Laurent, un exemple de
relève agricole.
Le gouvernement a adopté le Règlement sur le
prélèvement des eaux et leur protection, à la satisfaction du monde agricole.
Mon collègue
le ministre du Travail a aussi contribué à faire reconnaître la spécificité des
exploitations agricoles lors de
l'adoption du projet de loi n° 8, Loi modifiant le Code du travail à
l'égard de certains salariés d'exploitations agricoles.
En décembre
dernier, nous avons accordé la reconnaissance de deux nouvelles appellations
géographiques protégées, Cidre de glace du Québec et Vin de glace du
Québec.
En matière de
sécurité du revenu agricole, nous avons donné le signal au groupe de travail
pour qu'il termine ses travaux. Celui-ci a déposé son rapport en
décembre dernier, il est en cours d'analyse.
Nous avons
entretenu des relations privilégiées avec nos homologues des autres provinces,
particulièrement avec celui de l'Ontario, le ministre Jeff Leal.
L'impact économique du secteur agroalimentaire
est majeur. Notre industrie bioalimentaire a généré un produit intérieur brut de plus de 22 milliards en 2014, soit
7 % du produit intérieur brut du Québec. À
titre de comparaison, c'est
plus que l'industrie aéronautique. À
titre d'exemple, nous avons exporté plus
de viande de porc aux États-Unis qu'Hydro-Québec d'hydroélectricité,
1,4 milliard en ce qui concerne la viande de porc, 1,25 milliard en
ce qui concerne l'hydroélectricité. Les
exportations de produits alimentaires québécois ont augmenté de plus de
15 % au cours de la dernière année et ont ainsi dépassé pour la
première fois les 7 milliards de dollars.
M. le Président, je voudrais rappeler la place
essentielle qu'occupent les activités du secteur des pêches et de l'aquaculture dans l'économie de nos régions
maritimes. La valeur des débarquements s'est élevée à plus de
200 millions de dollars en 2014, une
hausse de plus de 20 % par rapport à l'année précédente. Au total, le
MAPAQ a offert une aide financière à
147 projets du secteur des pêches et de l'aquaculture — merci, Germain. Il y a de la relève dans les
pêches. D'ailleurs, en 2014‑2015, nous avons offert des aides financières de
plus de 200 000 $ à des jeunes pour l'acquisition d'une première
entreprise.
Le défi de
l'année 2015, vous vous en doutez, c'est la protection de la gestion de
l'offre. On va se replacer dans le contexte, où il y a eu un changement
de gouvernement il y a un an.
On se
souvient tous de la déclaration de la première ministre de l'époque, Pauline
Marois, en voyage à Bruxelles, en accord avec l'importation de
17 700 tonnes de fromages européens sur notre marché dans le cadre de
l'accord Canada-Union européenne. Elle avait l'appui de l'ex-ministre des
Finances, l'actuel député de Rousseau.
Cette
fois-ci, la menace nous parvient d'Ottawa. Des propos tenus par le premier
ministre, l'honorable Stephen Harper,
le 12 mars 2015 — ça ne fait pas longtemps — en Saskatchewan, nous inquiètent. Je vais le
citer au texte. C'est en anglais, mais il pourra y avoir de la
traduction pour ceux et celles qui le désirent, là. Je cite
M. Harper : «There are 11 other
parties around the table. They could decide they've reached an agreement
whether we have or not. And so, we have
difficult choices in this one, we have some areas where obviously we see great
advantages for Canada, but others where there will be challenges. But we
as Canadians cannot, alone, stop a deal from happening if we don't like it.» Matière
à réflexion.
En mars
dernier, les premiers ministres de l'Ontario et du Québec se sont rencontrés et
ont abordé la question de la gestion
de l'offre, ils ont confié aux deux ministres responsables le mandat de faire
front commun pour la défense du système
de la gestion de l'offre dans son intégralité. Suite à cela, j'ai rencontré,
les 28 et 29 avril dernier, mon homologue ontarien, Jeff Leal. La
gestion de l'offre a été au coeur de nos échanges. À ce moment-ci, vous me
permettrez, M. le Président, à la fin de mon intervention, de faire circuler
copie de la lettre conjointe adressée au ministre fédéral de l'Agriculture,
M. Gerry Ritz, par les ministres provinciaux de l'Ontario et du Québec.
L'année 2015,
c'est l'année du chantier de la sécurité alimentaire. Le développement de l'agriculture biologique y sera à l'honneur, de même que la relève
agricole. Sur le plan législatif, nous visons un dépôt sur les enjeux suivants : bien-être animal pour que
nos animaux ne soient plus considérés comme des biens meubles, faciliter la
mise en marché des alcools du terroir et des microbrasseries québécoises, le
droit du consommateur à une information juste et transparente inspirée de la
législation «Right to Know» qui a été adoptée au Vermont.
Avant d'entreprendre nos échanges proprement
dits, qu'il me soit permis de partager avec vous une bonne nouvelle pour les consommateurs et producteurs
agricoles québécois. Je suis heureux de dévoiler aujourd'hui devant cette commission la Stratégie de croissance du secteur biologique.
Cette stratégie est assortie d'une enveloppe de 9 millions de dollars,
elle comporte une série de mesures concrètes destinées à soutenir les
entreprises agricoles afin qu'elles profitent du plein potentiel de croissance qu'offre la
production biologique. Les planètes sont bien alignées pour le secteur
bioalimentaire, qui a tout intérêt à saisir les occasions d'affaires que génère
la demande croissante pour les produits biologiques. Le marché biologique est
en pleine expansion, au Québec comme partout ailleurs dans le monde, où la croissance moyenne est de plus de 10 % par
année depuis 2003. À l'occasion du SIAL à Toronto la semaine dernière — le
SIAL, c'est le plus important
salon agroalimentaire au Canada — à
peu près tous les pays émergents misent leur avenir sur des produits dits naturels, sans additif, etc. Il y a
un virage qui est en train de se prendre sur le plan planétaire, et le Québec
n'a pas le droit d'être en retard. À mon
arrivée au ministère, il y a un an, j'ai été surpris d'apprendre que, sur un
marché québécois de produits biologiques qui dépasse les 400 millions de
dollars, seulement 30 % de l'approvisionnement provient du Québec. J'invite donc les entreprises à saisir
l'opportunité qui se présente maintenant à elles pour se développer et se diversifier. Concrètement, la stratégie
s'articule autour de quatre grands axes, soit une source d'innovation pour
nos entreprises, des occasions d'affaires à
saisir, la protection de l'environnement et un levier pour l'occupation dynamique
du territoire.
L'agriculture biologique répond aux
préoccupations des consommateurs en matière de saine alimentation, de protection de l'environnement, de bien-être
animal et d'approvisionnement local. Nul doute qu'en jouant d'audace les
entreprises tireront leur épingle du jeu.
Voilà autant de raisons pour lesquelles il me paraît important
d'en faire l'annonce immédiatement, tant pour la prospérité de notre
agriculture que pour la vitalité de notre territoire.
M. le Président, je conclus cette présentation, je suis maintenant disposé à répondre
à vos questions et à préciser certains
éléments avec les membres de cette commission.
Et, avec votre consentement, je
ferais circuler ou déposer, suivant votre
décision, la lettre que j'ai transmise en compagnie du ministre
ontarien de l'Agriculture à l'honorable Gerry Ritz,
ministre fédéral de l'Agriculture, concernant la protection de la gestion de
l'offre.
Le Président (M. Morin) :
Merci, M. le ministre. Donc, maintenant, j'invite le porte-parole de
l'opposition officielle et député de Berthier à faire ses remarques
préliminaires pour un maximum de 10 minutes.
Villeneuve : Oui, merci, M. le Président, et bonjour. Bonjour à vous et à l'équipe qui
vous accompagne, du secrétariat. Je veux saluer évidemment M. le
ministre et les gens qui vous accompagnent. Je sais que beaucoup de fonctionnaires sont rivés sur leurs appareils de
télévision présentement, ils sont prêts à répondre aux questions,
si jamais nous en avions, qui étaient
d'ordre technique, un peu comme vous l'aviez précisé l'an passé, quoiqu'encore
une fois je me dois de réitérer le
fait que c'est toujours intéressant qu'ils soient présents ici et ça évite peut-être
à certains moments d'avoir des
réponses à retardement. Mais, bon, ceci étant, je veux saluer aussi, bien sûr,
les députés de la
partie ministérielle et les députés de la deuxième opposition, ainsi que tout le personnel. Et j'ai
oublié de saluer tantôt, M. le ministre, les gens qui vous accompagnent au niveau politique
et au niveau du soutien, ainsi que toutes les personnes qui
nous écoutent. Donc, salutations à tous.
M. le Président, je serai bref, deux petits
points peut-être. D'abord, le fait que nous sommes dans une étape importante de
la vie parlementaire, qui est l'étude des crédits. Et je veux juste souligner
le fait que c'est un moment privilégié que
nous avons comme parlementaires et non pas... vous avez tous lu l'actualité
comme moi ces derniers jours, et non
pas comme parti politique mais comme parlementaires, d'avoir la
chance, justement, de pouvoir poser des questions au gouvernement sur ses dépenses, sur ses orientations, sur ses politiques.
Et évidemment on s'attend et la population s'attend à ce
qu'on ait le maximum de réponses par rapport aux questions qui sont posées, et
on ne doute pas de la bonne foi de toutes et de tous ici présents, M. le
Président, pour répondre à ces questions-là.
Ceci étant
dit, l'agriculture, M. le ministre en a fait état, M. le Président, et je crois
que tout le monde s'entend là-dessus,
c'est un secteur de l'économie extrêmement important au Québec.
C'est un secteur qui permet la
vitalité des territoires, qui permet
le dynamisme des territoires. C'est donc un incontournable. Et tout gouvernement, quel qu'il soit, à travers le monde, soutient, appuie son
agriculture, et ça va de soi, je pense.
Alors, il y a présentement, dans l'agriculture, beaucoup d'interrogations, beaucoup de questionnements,
beaucoup d'opportunités aussi, bien sûr,
qui se présentent à nous. On a un territoire extrêmement grand, on a des gens passionnés qui ne demandent qu'à s'investir en agriculture. On le
sait, la relève, c'est 900 jeunes chaque année qui sont prêts, finalement,
à s'investir et à réaliser leur passion, leur rêve que de travailler en
agriculture. Donc, il y a la relève.
Aussi, M. le Président, il y a l'accès aux programmes. M. le ministre a sûrement dû en entendre parler un petit peu, les agriculteurs
ont beaucoup de difficultés à avoir accès à certains
programmes, pour ne pas dire la totalité des programmes. Très complexe. Ça demande souvent l'aide de
gens de l'extérieur pour venir les aider, justement, à répondre à toutes
les questions qui sont posées et toutes les études qui sont demandées.
M. le ministre en a fait état, traités internationaux,
c'est une grande inquiétude, traités internationaux. Le Québec, tantôt, je
disais qu'il y avait des opportunités extraordinaires au Québec en agriculture,
mais il y a aussi les particularités du
Québec en agriculture, alors il faut en tenir compte, bien sûr, les
spécificités qui sont les nôtres. Donc, les traités internationaux, bien
que ça ouvre des portes à des secteurs autres que l'agriculture, il n'en
demeure pas moins qu'on a un secteur de
l'agriculture qui se doit d'être bien encadré, je dirais, dans le sens où on
permet justement d'aller chercher son
plein potentiel sur le plan agronomique, sur le plan des récoltes, si je peux
le dire comme ça, mais aussi sur le plan
de tout le foisonnement qu'il y a actuellement au Québec de jeunes, de moins
jeunes qui se lancent dans des cultures, M. le Président, qui sont tout à fait extraordinaires. Et je ne veux pas
refaire le discours de l'année passée, mais, si on se rappelle, il y a
40 ans, c'était bien, là, mais aujourd'hui il y a un foisonnement, une
variété, une diversité de produits agricoles qui, il y a 40 ans, n'étaient
nécessairement pas sur les tablettes ou n'étaient pas nécessairement
disponibles chez les
agriculteurs, agricultrices. Alors, traités internationaux, donc, bien sûr,
s'ouvrir sur le monde, mais en même temps aussi s'assurer qu'on permet à
nos gens de bien vivre de l'agriculture ici, au Québec.
Il y a aussi
la financiarisation, la mainmise, l'accaparement, appelons-le comme on veut, il
n'en demeure pas moins que ça sème
beaucoup d'inquiétude, et il va falloir, à un moment donné, peut-être faire
comme... C'est la Saskatchewan, si je
ne me trompe pas, ou c'est le Manitoba... la Saskatchewan qui a donné un coup
de barre, Saskatchewan qui a donné un coup
de barre récemment pour justement faire une pause pour regarder le phénomène et
voir de quelle façon ce phénomène-là,
dans les prochaines années, prochaines décennies... parce que, quand on parle
d'agriculture, on ne parle pas nécessairement des prochaines semaines, on parle du long terme... comment ce phénomène-là va se décliner, quelles
seront les répercussions au niveau de la structure même, finalement, de l'économie mais aussi des gens qui oeuvrent en
agriculture. Et évidemment, M. le Président, ça prend — et je
termine là-dessus — un
gouvernement qui croit en l'agriculture, et c'est nécessaire, c'est essentiel.
C'est la base même, finalement, de toute réussite.
Alors, voilà, M. le Président, pour mes
remarques d'ouverture. Merci.
Le Président (M. Morin) : Merci,
M. le député de Berthier. Je cède la parole à la députée de Mirabel et porte-parole
du deuxième groupe d'opposition pour ses remarques préliminaires, pour un
maximum de sept minutes, chère madame.
D'Amours : Merci, M. le Président. Je voudrais saluer mes collègues
du gouvernement, de l'opposition officielle et saluer M.
le ministre.
J'aimerais d'entrée de jeu vous parler de... On est ici pour les crédits agricoles, mais il s'est
passé quelque chose hier. Pendant que j'essayais de faire un genre de
petit discours, là, de quelques minutes, il s'est passé quelque chose à
Saint-Joseph-du-Lac, c'est un feu, un gros feu qui était dans un secteur où il
y avait beaucoup, beaucoup d'érables, et il
y avait plusieurs
producteurs qui étaient concernés dans ce feu-là. Et moi, j'aimerais saluer les
pompiers de tout le secteur, qui ont
oeuvré de façon exceptionnelle à ce que les érablières de ce secteur-là ne
soient pas touchées. On a eu des avions aussi, j'étais très fière de voir le logo du ministère...
du gouvernement du Québec, j'étais très fière d'être là. Et je
voulais souligner l'apport, là,
incontestable de tous les pompiers bénévoles qui se sont déplacés pour sauver
le monde... le secteur, les érablières, là, qu'on avait dans le secteur.
Pour ce qui
est de l'étude de crédits, eh bien, c'est ma deuxième étude de crédits. Je suis très contente de voir
que le ministre conserve ses bonnes
habitudes de ne pas déplacer tous ses gens, parce que ça a un coût, alors je
trouve ça très important de le
souligner. Merci. On sait qu'on est dans l'ère où il y a beaucoup de moyens de
communication sans que les gens se déplacent du bureau, alors je vous
remercie de maintenir cette façon de faire.
Et j'aimerais
vous dire en terminant que le monde agricole, c'est... ils ont plusieurs
titres, c'est le monde agricole, l'industrie
agricole, la vie agricole, mais c'est une industrie essentielle. Pour moi, je
trouve que l'agriculture, ce n'est pas une dépense, ça ne devrait pas être une dépense, on ne devrait pas lire dans
aucun document une dépense pour l'agriculture mais plutôt un
investissement.
C'est très important, l'agriculture. C'est très
important parce que c'est essentiel à la vie de tous les citoyens du Québec, c'est essentiel à la vie parce qu'on
mange trois fois par jour. Et ça prend une diversité et ça prend des
objectifs, ça prend des programmes en place qui vont faire en sorte que cette
industrie-là, cet investissement-là qu'on va faire... qu'il soit bien ciblé
pour que cette sphère d'activité là soit florissante dans les années futures.
Alors, merci beaucoup, M. le Président.
Président (M. Morin) : Merci, Mme la députée de Mirabel. Je
suis maintenant prêt à reconnaître une première intervention de l'opposition officielle pour un premier bloc d'échange.
M. le député de Berthier, je vous cède la parole.
Villeneuve : Ah!
merci, M. le Président. M. le Président, on a vu... Le 30 avril dernier,
au niveau des travailleurs étrangers temporaires, on a vu un règlement,
une réglementation du fédéral qui, évidemment, s'est réalisée, elle s'est réalisée bien qu'on savait depuis presque une
année que cette date-là était arrêtée. Et ce n'est pas force d'avoir
essayé, M. le Président. On a questionné, on
a posé des questions à la ministre de l'Immigration, entre autres, concernant
ce dossier-là, et les réponses qu'on
avait, c'est que tout allait bien, tout allait bien, tout allait très bien,
sauf que la date du 30 avril est arrivée,
et il n'y a eu aucune entente qui a été prise avec le fédéral pour que cette
réglementation-là soit ajustée, si le terme est bon, là, soit ajustée de sorte qu'on puisse l'adapter aux réalités
et aux spécificités qui sont les nôtres au Québec. C'est assez sérieux, assez sérieux parce que, dans le
fond, là, on voit que cette entente-là, M. le Président, va... Pour les
gens qui nous écoutent, là, il n'y avait
donc aucun ratio, aucune limite de travailleurs étrangers qui pouvaient
travailler dans une entreprise. Et
là, évidemment, je fais allusion au secteur agroalimentaire, mais je pourrais
faire allusion à beaucoup d'autres domaines,
parce que ça ne touche pas seulement le secteur agroalimentaire. Et donc il n'y
avait aucune limite de travailleurs, et
là le gouvernement impose 30 % pour le 30 avril. Ensuite, ça va
tomber à 20 %, au 1er juillet, de personnes qui vont pouvoir travailler dans une entreprise au Québec
et... bien, au Canada, mais on verra tantôt aussi qu'il y a quand même
des différences entre le Québec et l'Ontario par rapport à ça. Et, à terme, au
1er juillet 2016, ça va être 10 %.
Alors là, le
problème qu'on a, c'est que la main-d'oeuvre est difficile à recruter pour les
employeurs — je
parle de main-d'oeuvre québécoise — et là, évidemment, on se
retrouve dans une situation où, les entreprises... ceux, en tout cas, qui avaient des projets de croissance
vont les mettre de côté. Il y a même des entreprises qui sont à risque.
On parle de milliers d'emplois, des
entreprises qui sont à risque. Alors, on exige un 20 % ou un 30 %
d'employés maximum de travailleurs
étrangers, mais on met à risque 80 %, 70 % d'employés québécois, qui
risquent de voir leurs entreprises disparaître ou à tout le moins
ralentir de façon assez spectaculaire, et pour ne pas dire se délocaliser
aussi.
Je sais que
le ministre est très au fait du dossier. Moi, j'aimerais savoir par ailleurs...
Parce que c'est assez inusité, M. le
Président. J'ai fait un projet de loi, à date, depuis avril, le 7 avril
l'an passé, et ça touchait beaucoup l'agriculture, mais ce n'est pas le ministre qui portait le dossier,
c'était le ministre du Travail, on peut comprendre. Alors, je suis obligé
de me rabattre sur des dossiers de d'autres
collègues pour être capable de faire de la législation, parce que le ministre
ne semble pas légiférer beaucoup, là.
Et, bon, bien que dans ce cas-ci ça fait appel au ministre du Travail, ça fait
appel au ministre de l'Immigration,
moi, je voudrais savoir qu'est-ce que le ministre a fait pour justement, là,
éviter... Finalement, qu'est-ce qu'il
a fait ou qu'est-ce qu'il n'a pas fait? Parce que l'inévitable est arrivé, et
on se retrouve aujourd'hui avec des restrictions très sévères au niveau des entreprises, avec des dossiers administratifs
qui ne finiront plus de finir, avec des sommes que les entrepreneurs
doivent mettre en garantie, 1 000 $ par travailleur. Bref, on se
retrouve dans une situation très grave, d'autant plus qu'on sait que, sur le
plan économique, présentement, l'effet libéral escompté n'est pas là; c'est
plutôt l'inverse : on a un effet
libéral catastrophique présentement, l'économie est en ralentissement assez
important, et là on met à mal des entreprises de chez nous. Alors, moi,
j'aimerais, M. le Président, entendre le ministre sur cette question-là.
Le Président (M. Morin) : M.
le ministre.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Oui. La
question, c'était bien parti, M. le député de Berthier, c'est une
question majeure et importante; c'est l'atterrissage qui était moins bon. Juste
vous remettre à l'ordre sur les chiffres, là. Sur l'effet libéral, il n'est peut-être pas là, à votre avis, mais, quand tu
as 57 000 nouveaux emplois de créés, tu peux commencer à parler d'un effet libéral, si tu le compares à
l'effet péquiste où il y avait 45 000 emplois de perdus. Ça fait que ça
fait une belle différence de 100 quelques mille emplois. Ça fait que
j'aime autant avoir un effet libéral qu'un effet péquiste.
Maintenant, on
va aller au fond de la question, parce qu'elle mérite d'être adressée, et c'est
un problème excessivement sérieux que vous soulevez.
L'agriculture
comme l'immigration, ça n'a pas la même source de droit constitutionnel dans
l'Acte de l'Amérique du Nord britannique que la division des pouvoirs
entre le fédéral et le provincial, qui sont sous l'article 91 et 92 de la Constitution; c'est l'article 95 qui régit et
l'immigration et l'agriculture. Le Québec a signé historiquement des
ententes qui ont fait en sorte qu'on a été un petit peu précurseurs, je déteste
dire «avantagés», là, mais on a pris les devants, et ces ententes-là ont été faites autant par des
gouvernements libéraux que des gouvernements péquistes, ont été initiées par
un gouvernement libéral, mais ont été suivies par les gouvernements péquistes.
En ce qui
concerne particulièrement les travailleurs en matière agricole, on a vu venir
le problème, puis je ne suis pas le
seul, là. Moi, je venais d'arriver comme ministre de l'Agriculture, au
printemps passé, il y a un an, puis on faisait l'agenda de la rencontre des ministres des provinces, des territoires et
du fédéral qui s'est tenue à Winnipeg à la mi-juillet, puis on s'est tous entendus, les ministres de
l'Agriculture de toutes les provinces, y inclus le ministre de
l'Agriculture fédéral, pour demander au
gouvernement fédéral de tenir compte des particularités du monde agricole et
maritime dans l'application d'une nouvelle réglementation que l'on
sentait venir.
Par la suite,
ma collègue ministre de l'Immigration, avec le ministre du Travail, avec le
whip du parti, ils sont intervenus
publiquement en demandant... en exigeant tant que tu peux l'exiger du fédéral
de ne pas mettre en application ces
mesures-là parce qu'elles sont carrément nuisibles à l'ensemble de l'économie,
entre autres agroalimentaire, du Québec.
Moi, dans mon
comté, là, on produit des pommes, des raisins, etc., là. Si on n'avait pas
cette main-d'oeuvre-là, je ne sais
pas comment qu'on ferait pour procéder aux récoltes, puis on fait face à cette
difficulté-là. Je pense qu'on a besoin du support de tous les
parlementaires, de toutes les formations politiques pour accentuer les
pressions sur le fédéral. Il va y avoir des élections, là — c'est
à date fixe au fédéral aussi, là — qui s'en viennent. Je pense que c'est le
temps qu'on parle d'une voix commune.
Moi, je n'ai
aucune hésitation. Puis je vais même ajouter à ce que vous avez dit, là; vous
avez listé des conséquences possibles, elles sont toutes possibles puis
elles sont toutes réelles, ces conséquences-là. Moi, au SIAL, à Toronto, la semaine dernière, là, je ne dirai pas qui, mais il
y avait quelqu'un du Québec qui est visé par cette mesure fédérale là,
et il se fait offrir par l'État de New York
de déménager ses pénates, c'est aussi simple que ça, où, là, ça ne s'appliquera
pas, dans l'État de New York, il n'y aura
plus de problème. Il vend beaucoup de ses produits aux États-Unis. Ça fait que
les conséquences sont énormes. On peut parler des... l'expression qu'on a, en
agriculture, c'est des «pogneux de poulet», là,
mais ramasser des poulets, c'est des jobs dures, etc., aussi. On a besoin de
ces gens-là pour faire ça aussi. Dans
nos abattoirs, dans nos poissonneries, on a besoin de ces gens-là. C'est une
décision qui a été prise en méconnaissance du territoire québécois puis, pour
vous dire, du territoire rural canadien.
Donc, moi, je vous remercie énormément d'avoir
soulevé la question, je blâme encore un petit peu pour l'atterrissage, mais on a besoin de travailler ensemble
ce dossier-là. Moi, j'ai correspondu avec Ottawa, je suis
intervenu puis j'ai poussé à l'occasion de la conférence des ministres. Mes collègues
sont sortis parce qu'il fallait une solidarité gouvernementale. On l'a. Moi, je
n'ai pas vu un seul député qui s'opposait à ça. Au contraire, c'est un besoin
urgent.
Le Président (M. Morin) : Merci,
M. le ministre. M. le député de Berthier.
Villeneuve : Oui. Merci, M. le Président. La ministre
de l'Immigration faisait état
d'études d'impacts négatifs et économiques. En fait, ils sont en train
de compiler et de regarder, d'analyser les chiffres. Moi, j'aimerais savoir de
la part du ministre
comment on explique, un an ou presque après l'annonce, que ça entrerait en
vigueur le 30 avril puis qu'on n'a toujours pas ces chiffres-là, étant
donné que le ministre est dans le domaine de l'agriculture, on s'entend, donc agroalimentaire, c'est ce qui va être beaucoup
touché, et l'agriculture aussi dans d'autres domaines. Puis comment ça
se fait qu'on... la ministre n'avait pas en
poche ces données-là, qui auraient pu faire réfléchir, j'imagine bien, le
fédéral un peu plus? Parce que, si on avait déjà eu en poche les
impacts... Quels sont ces impacts-là? Ils sont... impacts qui vont se produire
rapidement, mais aussi impacts appréhendés pour les six prochains mois puis la
prochaine année.
Moi, je veux
savoir de la part du ministre comment ça se fait que le ministère de
l'Agriculture, évidemment, le ministre
étant la personne en titre, comment ça se fait que le ministre n'a pas pu
fournir ces données-là à la ministre de l'Immigration ou au ministre du
Travail pour justement faire réfléchir davantage Ottawa avant d'aller de
l'avant avec cette mesure-là.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Tout
simplement, la réponse, là, va de soi. Moi, j'ai été sensibilisé à la
nature des études d'impacts dans une vie
politique antérieure, lorsque j'ai occupé le siège de ministre responsable de
l'Environnement. J'ai appris, à ce
moment-là, puis je le savais un petit peu, de façon intuitive, que, pour faire
une étude d'impact, il faut que tu
connaisses les règles du jeu. Tant que le règlement n'est pas connu, c'est
difficile de faire une étude d'impact sur les conséquences du règlement.
Ça fait qu'aussitôt que le règlement a été
connu, on s'est mis à l'ouvrage, puis, en fonction du règlement, ça va être
quoi, les impacts. Puis on bouge, là. On ne retarde pas parce qu'on veut le
démontrer — votre
question est fondée, là — on veut le démontrer le plus rapidement
possible, quelles sont les conséquences appréhendées au Québec, compte tenu du règlement tel qu'on le connaît
maintenant. Puis habituellement, quand on passe la commande d'agir de
façon urgente, même au gouvernement, c'est un mot qu'ils savent épeler.
Le Président (M. Morin) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Berthier.
Villeneuve : Oui. Écoutez, assez estomaqué d'apprendre qu'on
n'a toujours pas ces données-là, M. le Président, parce que c'est des impacts annoncés, là, quand on
dit... depuis presque une année, là, qu'on n'ait pas réussi, à tout le
moins, d'aller en chercher un tant soit peu
pour être capable, justement, d'avoir un argumentaire solide face à Ottawa. Et
là force est de constater qu'on n'a pas ces éléments-là et on met à
risque et à péril des emplois au Québec, on met à risque l'économie du Québec.
Bon, à
part
le fait de dire que je suis estomaqué et déçu, je n'ai pas d'autre question par
rapport à ça. Mais, toujours dans le même dossier, je voudrais savoir de
la part du ministre, M. le Président...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) :
Est-ce que je peux demander une précision?
Le Président (M. Morin) : Une
minute. On va le laisser terminer.
Villeneuve : On sait qu'il y a une inéquité entre le Québec et
l'Ontario dans la réglementation, parce que, pour une raison administrative, l'Ontario utiliserait
le code national des professions, et le Québec, celui, finalement, là,
de... L'Ontario utilise le code national des
professions de 2006; le Québec, 2011, ce qui fait en sorte que les travailleurs
ciblés ne sont pas les mêmes et que les
entreprises en Ontario... vont pouvoir procéder tout de même, continuer à...
j'allais dire à rouler, mais à
profiter ou, en tout cas, à utiliser le système actuel sans avoir les
contraintes que le Québec a avec le 30 avril, et assujetti au nouveau
règlement.
Alors,
j'aimerais savoir, de la part du ministre — parce qu'il me dit qu'il parle souvent avec,
et c'est tant mieux, les gens de
l'Ontario — comment
on fait pour réussir à être compétitifs au Québec quand on a la province d'à
côté, qui est l'Ontario, qui, elle, ne sera pas assujettie aux mêmes
règles contraignantes que nous ici, au Québec.
Le Président (M. Morin) : M.
le ministre.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Deux
éléments, là. Je voulais revenir sur l'étude d'impact. Moi, je vous dis,
là, ce n'est pas possible d'évaluer les
conséquences tant que tu ne connais pas la réglementation. Tu peux te
l'imaginer, mais, tant que tu ne la connais pas, dépenser des fonds publics
pour faire des études d'impact sur des imaginations, dans le cadre actuel des
budgets, on ne fait pas ça. Mais, quand on connaît, on agit vite, puis on les
mesure, puis on les rend publiques, puis on s'en sert comme outils de négociation.
Deuxième
élément, Ontario-Québec, en immigration et en travailleurs, ce n'est pas
pareil, ça n'a jamais été pareil. Il y
a des places où on était avantagés, puis l'Ontario s'en plaignait. Puis présentement peut-être que l'Ontario est un peu avantagée, puis le Québec peut s'en plaindre un peu, mais le Québec a
aussi une petite marge de manoeuvre à l'interne. Quand on définit la transformation dans les produits alimentaires, on a
une petite marge de manoeuvre qu'on se doit d'utiliser avec audace et
intelligence. Ça pourrait mettre quelques entreprises à l'abri des mesures. Maintenant,
si on les annonce tout de suite, là, on entretient des pourparlers avec les gens qui sont dans ce qu'on
appelle la zone grise entre la production
et la transformation. Ce n'est pas toujours clair où ça commence puis où ça finit, mais c'est
clair que, si tu es en production, tu
vas être moins pénalisé que si tu es en transformation. Ça fait qu'on est en
train d'évaluer comment on pourrait clarifier en
partie la zone grise à
l'avantage de l'agroalimentaire québécois, puis ça, c'est dans notre cour.
Le Président (M. Morin) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Berthier.
M. Villeneuve :
Oui. M. le Président, j'irais sur l'accord transpacifique et partenaires
transpacifiques et aussi l'accord
Canada-Europe. Le ministre en a parlé un petit peu en ouverture
tantôt, là. On sait qu'on avait obtenu de la part du fédéral qu'il y
aurait des compensations avant même que tout ça soit voté, en tout cas, au
niveau de l'Assemblée nationale, ici, au Québec, qu'on s'assurerait que les gens aient, de façon
très claire, là où tout ça va atterrir, en termes de compensations et d'étalement dans le temps, de ce
nouveau fromage qui... Et d'autant plus qu'on sait que les quotas ont
été abolis en Europe, donc le lait va être
moins cher, donc le fromage, par définition... bien, en tout cas, devrait être moins cher et
donc devrait être davantage... drôlement compétitif par rapport à ce qu'on produit au Québec, et ça n'enlève rien au fait qu'on produit,
M. le Président, des fromages extraordinaires au Québec. Je l'ai dit l'année
passée, mais je le redis cette année.
Et là on a
tout le Partenariat transpacifique qui... et je comprends la lettre, j'ai lu la
lettre que le ministre... en
tout cas, à tout le moins, des éléments de la lettre que le ministre
a envoyée à son homologue. Je l'ai lue dans Le Devoir et je sais
que le ministre l'a déposée tantôt, là. Je pense que ça va être déposé à la
commission, M. le Président.
Le Président (M. Morin) :
C'est déposé.
Villeneuve : C'est
déposé à la commission, parfait. Alors, si je peux en avoir une copie, ça va me
faire... Parfait.
Alors donc,
moi, j'aimerais de la part du ministre, M. le
Président... question
de rassurer les agriculteurs, rassurer les consommateurs aussi, parce
que la gestion de l'offre, c'est... le ministre emploie le mot «pilier»... Effectivement,
c'est tout à fait extraordinaire comme système. Ça permet d'avoir une qualité toujours
assurée, toujours, je vous dirais, au-dessus des normes, même, j'oserais dire, au-dessus des normes, et ça
permet aux consommateurs de payer un prix, et ça permet un juste prix,
je vous dirais, et ça permet aussi aux agriculteurs d'être capables, justement,
de pouvoir assurer la pérennité de l'agriculture, de ce qu'ils font au Québec.
Moi,
j'aimerais, M. le Président, si tant est que c'est possible, que le ministre
puisse s'engager formellement,
ici, là, devant les membres de la commission, mais évidemment devant les
Québécois au complet, là, qu'il puisse s'engager formellement à être un défenseur à tout crin de la gestion de l'offre au
Québec, et ce, malgré les pressions qu'il va y avoir, parce qu'il va y
avoir des pressions. Alors, c'est la question que j'adresse au ministre, M. le
Président.
Le Président (M. Morin) :
Oui, merci, M. le député de Berthier. M. le ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Oui.
Vous me permettrez, dans un premier temps, là, de revenir sur ce que j'ai déclaré dans mes notes d'ouverture sur
l'entente de libre-échange Canada-Union européenne... Dans Le
Devoir du 19 octobre 2013, on
titrait : Libre-échange Canada-Union européenne : un appui sans
réserve du Québec . C'était sous le gouvernement
précédent. Et Ottawa se serait engagé à verser des indemnisations aux
producteurs de lait et de fromage.
Moi, ça va, là, j'ai hérité de cette
situation-là quand je suis arrivé. Ce que j'ai appris rapidement, c'est que les
producteurs, des compensations comme telles,
là, ça ne les intéresse pas vraiment. Ils aimeraient mieux des mesures
de réciprocité. Ils se demandent pourquoi le gouvernement précédent a négocié
des compensations — je
vais vous dire comment qu'ils appellent ça
dans le champ, ils appellent ça des chèques de BS — plutôt que des mesures de réciprocité
qui leur permettent de gagner leur vie puis
de produire des produits agricoles. Moi, je n'ai pas hésité. Ça n'a pas été
facile, mais, quand on s'est retrouvés avec
l'ensemble des ministres de l'Agriculture à Winnipeg, pas parce que les nuits
sont longues à Winnipeg, là, mais on
a travaillé jour et nuit à modifier le langage utilisé par les fonctionnaires
du gouvernement fédéral qui négocient
ces choses-là. On leur a dit : Pouvez-vous, là, changer l'approche de
compensation pour l'approche normes de réciprocité,
s'il vous plaît? On ne peut pas remettre la pâte à dents dans le tube, là. Les
ententes qui sont signées, on est pognés avec, mais, pour les ententes
qu'on va signer, on peut-u travailler dans cette direction-là? Et, si vous
prenez connaissance du communiqué qui a été
émis par l'ensemble des ministres de l'Agriculture du Canada, y inclus le
ministre fédéral de l'Agriculture, on intervient pour demander de changer le
vocabulaire.
Présentement, on est dans le cadre d'une entente
qui est encore plus importante, qui touche plus de monde. L'entente avec l'Europe, ça touche à peu près
500 millions de population. L'entente avec l'Asie-Pacifique va toucher
à peu près 800 millions de personnes.
Moi, là, sur la gestion de l'offre, c'est 40 % de l'agriculture
québécoise, là, ce qu'on appelle le
lait puis, dans le langage coloré, les plumes, là, pour ne pas les nommer. S'il
fallait que ça tombe, là, ça serait assez catastrophique, s'il vous plaît. Il y a 40 % sous gestion de
l'offre, il y a 40 % à La Financière agricole sous stabilisation
puis il y a 20 % en productions
émergentes. Mais le 40 % de gestion de l'offre, ça a été la locomotive de
la stabilité puis de l'occupation du territoire au Québec. C'est le
système qui est le plus équitable et le plus juste et pour le producteur et
pour le consommateur.
C'est
certain qu'on va subir des pressions, vous avez totalement raison, là. Les
négociations avec l'Ontario se sont bien
déroulées, mais ils ont des pressions de leur secteur manufacturier aussi, puis
au Québec aussi on en a, des pressions du secteur manufacturier. Mais moi, quand j'ai été assermenté ministre de
l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, dans la mission que m'a confiée le premier
ministre du Québec, c'est de défendre la gestion de l'offre. Et là-dessus
je suis accompagné du premier ministre puis je sens une solidité au Conseil des
ministres. Puis au niveau de la députation, là,
il n'y a pas personne qui est venu me parler de ne pas faire ma job comme il
faut, au contraire. Mais on a besoin de l'appui de l'ensemble des formations politiques, on a besoin de l'appui
de l'ensemble des regroupements des agriculteurs sur le terrain. On a besoin de parler fort parce que politiquement,
encore une fois, on est à la veille d'une élection fédérale, puis, s'il fallait que le président américain
obtienne ce qu'on appelle — je vais utiliser l'expression anglophone, là — le «fast track», on va se
retrouver devant des situations de fait accompli dans pas grand temps. Et ça,
ça nous incite à bouger au maximum, le plus rapidement possible.
n'est pas facile d'amener tout le monde de notre bord. Il faut être
convaincant, il faut être travaillant, il ne faut pas lâcher puis il
faut être convaincu. Tantôt, j'ai même pris une petite note, là, je pense que
c'est Mme la députée de Mirabel qui disait
qu'il fallait avoir la foi. Elle n'a pas utilisé l'expression, là, mais ça s'en
allait là tranquillement. Bien, il faut
l'avoir, cette foi-là, puis je pense qu'elle nous anime, les membres de la
CAPERN. Si vous avez des suggestions à me faire, moi, là, j'y vais au maximum. Je ne pouvais pas faire plus, là, puis ça a
négocié jusqu'à tard hier, là. Le communiqué a été émis
hier au soir.
Il faut
essayer de convaincre d'autres juridictions, peut-être dans les Provinces
maritimes. Plus on va aller vers l'Ouest
canadien, plus nos arguments vont avoir besoin d'être aiguisés parce qu'il y a des perceptions de la vie
agricole qui sont différentes d'un bout à
l'autre du pays, dépendant des conjonctures. Mais ici, au Québec, je pense
qu'il n'y a pas personne qui tire au flanc là-dedans, là. Au contraire,
tout le monde s'en va dans la bonne direction, le maintien de la gestion de
l'offre.
Le Président (M.
Morin) : Merci, M. le ministre. M. le député de Berthier.
M. Villeneuve : Oui. Merci, M. le Président. Des 17 000
tonnes, là, selon l'entente, 17 000 tonnes supplémentaires...
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : 17 700.
M. Villeneuve :
17 700 tonnes supplémentaires qui ont été accordées à l'Europe pour venir,
finalement, investir le marché au Canada, le
ministre parle de compensation, que ce n'est peut-être pas le mot approprié,
norme de réciprocité. Moi, je suis tout à fait d'accord avec ça, puis ça
ne m'empêche pas d'être d'accord avec la compensation aussi. Je pense qu'un
gâteau, ça prend plusieurs ingrédients pour en faire un. Alors, je pense que...
Mais
j'aimerais savoir de la part du ministre... parce qu'il y a aussi le fait que
les 17 700 tonnes, il y a aussi le fait de qui va avoir la main dessus, ici, au Québec. Et ça, je sais que ça s'est
beaucoup discuté parmi les fromageries du Québec, que ce soient les petites, moyennes ou grosses
entreprises. Est-ce que le ministre a envisagé... M. le Président, est-ce
que le ministre a envisagé quelques
scénarios? Justement parce qu'il ne faut pas attendre, là. Je sais que le
ministre dit souvent qu'il va agir en
cas de catastrophe, là. Il faut arrêter de dire ça, là. Il faut agir, il faut
être proactif, là. Il faut s'assurer qu'on n'agit pas en cas de
catastrophe puis qu'on la sent venir. Le danger est là, il nous guette.
Est-ce
que le ministre a envisagé des scénarios, à l'heure où on se parle, qui
permettraient finalement... Il parlait d'atterrissage
tantôt, alors restons dans ces mots-là, là, d'un atterrissage qui va être gagnant-gagnant, finalement, et que nos producteurs
fromagers, laitiers du Québec vont y trouver leur compte, parce que je pense
que c'est ça, un gouvernement qui croit en l'agriculture, c'est un
gouvernement qui défend bec et ongles nos agriculteurs, nos agricultrices sur
le terrain comme sur la scène internationale.
Le Président (M.
Morin) : M. le ministre.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Oui. Suite à l'entente intervenue, Canada-Union
européenne, à laquelle le gouvernement précédent a complètement adhéré, par la
voix de la première ministre de l'époque et du ministre des Finances de l'époque, la question des
compensations a été soulevée à plusieurs reprises avec mon homologue
fédéral. La position du fédéral, telle
qu'ils l'écrivent et la disent publiquement, est la suivante :
Prouvez-nous que vous avez eu des dommages,
faites-nous la preuve, puis on vous donnera des compensations une fois que vous
aurez fait la preuve. Ça, là, c'est la position qu'ils répètent «from
coast to coast», d'un bout à l'autre.
Maintenant,
c'est au Québec que le choc est le plus violent. 60 %, là... Vous avez
raison de le souligner, on produit des fromages fins. Il y a du monde en
Ontario en autorité la semaine dernière qui me disaient : Donnez-nous
votre recette de fromage, parce qu'on
produit vraiment les meilleurs fromages au Canada, je le dis en toute humilité,
puis même en Amérique. Puis on en
produit parfois des meilleurs qu'en Europe, même. Ça fait qu'on n'est pas dans
une mauvaise situation. Ce qu'on a
fait, c'est qu'on a encouragé tous les petits producteurs artisans qui
voulaient se lancer à la conquête des marchés extérieurs au Québec. On
les a appuyés, même, on s'est retrouvés en rupture de stock dans certains cas.
Comment les
compensations devraient — puis
là je vous donne une opinion personnelle du ministre de l'Agriculture du Québec — être
distribuées? Je l'ai dit l'an passé puis je le répète : Ça devrait aller
aux victimes, les compensations. Si ce sont
les petits producteurs artisans qui sont les principales victimes, la majorité
des compensations devraient aller là.
Maintenant, il y a le
régime des compensations puis il y a le régime des permis d'importation, parce
que les 17 700 tonnes, il va falloir
des permis pour les importer. Puis ce qu'on me dit, à moins que vous me disiez
le contraire, c'est que ça va être
payant pour les importateurs. Ça fait que, si c'est une machine à imprimer de
l'argent pour les importateurs, on peut-u penser que ceux qui devraient
avoir cette machine à imprimer de l'argent là soient nos petits producteurs
artisans, quitte à les regrouper, parce qu'ils n'aiment pas ça remplir des
paperasses, puis des permis d'importation, puis
tout ça? Et là-dessus j'ai eu une réponse mitigée. Il y a eu la moitié des
producteurs artisans qui ont dit : Oui, ça nous intéresse; puis la moitié qui ont dit :
Demandez-nous pas de revendre des fromages étrangers à côté des nôtres. Tu
sais, les deux philosophies peuvent se comprendre. Maintenant, si on...
Le Président (M. Morin) : M.
le ministre, je voudrais bien vous laisser continuer, à moins que la
partie
ministérielle veut... sur leur temps. Allez-y, continuez, ça va bien.
Paradis (Brome-Missisquoi) :
O.K. Je vais essayer de terminer ça rapidement. C'est certain que les
grosses compagnies, là, vont se battre pour les permis d'importation — puis
je vais en nommer quelques-unes, là : Agropur, Parmalat, Saputo — parce qu'eux autres, ils sont intéressés à
ramasser la machine à argent. Nous autres, notre position, c'est de dire : On l'offre en premier temps — si on est capables de convaincre le fédéral
de l'offrir en premier temps parce que
c'est le fédéral qui agit — à nos producteurs artisans, mais il faut
qu'ils en veuillent. Là, je les ai rencontrés encore au SIAL la semaine dernière, il y en avait, là...
dont le gagnant de la médaille d'or cette année, là. On a eu des
discussions dans le corridor, devant le
kiosque, puis il y a une évolution qui se fait. Au début, personne n'en
voulait; là, ça commence à penser que, si ça arrive, ça serait peut-être
intéressant.
Maintenant,
on ne veut pas bousculer personne, mais vous avez raison de dire que le temps
presse. Il ne faut pas attendre que
ça soit fait pour se manifester. Moi, ça fait un an, là, que je leur dis :
Si vous avez besoin de votre ministre de l'Agriculture, il est là pour
vous autres. Maintenant, il faut qu'ils veuillent le faire. Ça va?
Le Président (M. Morin) : Merci,
M. le ministre. M. le député de Saint-Maurice.
Giguère : Merci beaucoup, M. le Président. Je voudrais vous saluer, M. le ministre, mes collègues, la banquette.
Avant de
commencer, je voudrais vous féliciter, comme ma collègue de Mirabel,
d'être venu ici avec une équipe restreinte, parce que chaque dollar est important.
Nous avons des entreprises puis... donc, c'est apprécié.
Je vais faire
un petit aparté, je vais commencer sur la gestion de l'offre, juste pour finir
ça, puis je vais revenir sur d'autres choses. Vous savez que l'entente
que vous avez faite hier avec l'Ontario, c'est important parce que notre gouvernement se tient debout dans ça, puis on a besoin... Moi, mes agriculteurs,
dans mon comté, j'en ai beaucoup...
de volaille et de producteurs de lait, puis qu'est-ce c'est qu'ils veulent, c'est un ministre
qui se tient debout, qui se tient debout devant la gestion de l'offre
pour les défendre.
Donc, je peux
vous dire que, dans le champ, on vous apprécie beaucoup pour ça. Mais vous avez
lancé un message aussi en même temps
de faire attention puis qu'on va avoir besoin de tout le monde pour aller à la guerre. Vous avez besoin de vos soldats en arrière. Vous avez besoin de l'opposition, vous avez besoin des syndicats puis même des coopératives, de tout le
monde possible. Donc, pour les agriculteurs, vous avez lancé un message, puis
ce message-là, il faut qu'il soit entendu dans le champ.
Donc, moi, je voudrais revenir un an en arrière.
Il y a eu une élection le 7 avril, et puis on est arrivés comme gouvernement. On a eu l'honneur que vous soyez
nommé ministre. Mais, à partir de là, on s'est aperçu qu'il y avait eu
un effet péquiste qui était les finances
publiques, donc il a fallu réajuster le tir. Vous avez pris une situation
financière assez précaire. Donc, dans
le domaine agricole, vous avez eu un mandat de faire un effort. J'appelle ça un
effort de guerre, donc, qui a été fait
en 2014. J'aimerais ça que vous nous expliquiez quel effort qui a été fait en
2014. Et puis en 2015, malheureusement, à cause de l'effet péquiste, il
faut continuer à faire cet effort-là. J'aimerais ça que vous nous expliquiez
c'est quoi, ces affaires-là.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Sur la
gestion de l'offre, vous me permettrez de répondre brièvement; on a déposé la lettre, mais j'aimerais en citer
strictement un bref extrait pour que les gens, là, s'imprègnent de la volonté
non seulement du ministre de l'Agriculture
du Québec, mais également du ministre de l'Agriculture de l'Ontario, parce
que les deux provinces mises ensemble, là,
ça fait un poids un peu plus important. Les deux ministres s'expriment
comme suit : «Nos deux gouvernements appuient le maintien de la gestion de
l'offre dans son intégralité et vous pressent de prendre les mesures
nécessaires pour défendre et maintenir ce système qui bénéficie à la fois aux
producteurs et aux consommateurs.» Puis
c'est aussi clair en anglais que c'est en français, et on demande une réponse
au ministre Ritz le plus rapidement possible.
En ce qui
concerne l'aspect financier, l'historique de La Financière agricole, c'est
un historique que les plus anciens, là,
vont se souvenir. Quand ça a été créé, c'était doté d'un budget d'à peu près 300 millions
par année au début des années 2000. Il était clair et net que ce n'était
pas suffisant, puis ce qui est arrivé, bien, c'est que ça a accumulé des
déficits qui sont montés jusqu'à
1 milliard à un moment donné. Puis là le gouvernement s'est dit : Ça
ne peut plus continuer. Puis le gouvernement a augmenté — je
devrais dire le gouvernement libéral, j'aurais l'air de faire de la
politique — le
300 millions à 630 millions. Puis ça, ça a permis de faire face aux
obligations, puis de tenir compte du passé, puis de commencer à rembourser le milliard. Au moment où on se parle, là, il y a
une dette accumulée d'à peu près 517 millions à La Financière
agricole. Le gouvernement s'en est porté garant.
Il y a trois volets à La Financière
agricole. Il y a le volet de l'assurance récolte, il y a le volet du crédit agricole puis il y a le volet de l'assurance
stabilisation. Le volet du crédit agricole comme tel n'est pas trop
inquiétant pour le moment parce qu'on a déposé à la Caisse de dépôt à peu près
150 millions pour garantir si ça va mal. Le volet de l'assurance récolte,
je pourrais vous donner les chiffres exacts, là, mais c'est au moins
150 millions en liquidité à la Caisse de dépôt. Il y a un autre
150 millions pour l'assurance récolte.
Là où on est
plus vulnérables, c'est l'assurance stabilisation. On n'a pas mis d'argent de
côté. On ne s'est pas bâti un coussin.
On ne s'est pas acheté une police d'assurance. C'est pour ça qu'on prend
l'engagement, au cours des deux prochaines années, de déposer au moins
300 millions. C'est ce que les actuaires nous recommandent.
On a été chanceux l'année passée parce que le
contexte était extrêmement difficile. Les observateurs ont tous dit qu'il s'agissant d'une année extraordinaire.
La Financière agricole, au nom des producteurs, a contribué
113 millions à la réduction du déficit,
puis ils n'ont pas coupé rien aux producteurs, là, puis ils ont fini l'année
avec 199 millions de profit. On fait
ça comme d'habitude, comme on le fait en agriculture, avec efficacité puis
humilité. Puis je pense que tout le monde a fini l'année, puis ils ont dit : Ouf! Cette année, on recommence,
il faut ajouter un 37 millions. Pourquoi il faut l'ajouter? Parce qu'on ne l'a pas
encore atteint, l'équilibre budgétaire. Cette année, là, on vient de finir avec
2,3 milliards de déficit. On ne peut pas faire ça à toutes les
années. Ça fait qu'il faut que tout le monde donne un petit effort additionnel.
Le deuxième effort est-il plus exigeant que le premier? Oui. Mais, malgré ça,
dans le monde agricole, les actuaires, les comptables, les économistes, les
experts nous disent que, malgré ça, on devrait finir l'année avec un surplus
d'à peu près 150 millions.
Si on fait
ça, on va pouvoir mettre notre coussin de côté, on va pouvoir continuer à
vivre. Puis les agriculteurs vont être
fiers parce qu'ils vont être allés chercher leur chèque de paie, ce qui leur
revient, sur le marché plutôt que dans les programmes gouvernementaux. On ne contrôle pas tous les marchés, on va
faire notre possible. Quand le prix du porc est élevé, bien, les producteurs de porc sont de bonne humeur, mais les gens
de l'abattoir sont moins de bonne humeur. Même affaire dans le boeuf,
même affaire dans le poulet.
Mais, à date,
là, c'est une conjoncture où on n'a pas eu à débourser en même temps ni la
viande, ni les céréales, puis ça,
c'est exceptionnel. Habituellement, quand ta viande, tu débourses, tes
céréales, tu ne débourses pas, et vice-versa. Si on connaît une autre
année... on va passer à travers comme monde agricole en participant de façon
exemplaire au redressement des finances
publiques, à l'atteinte du déficit zéro, puis on n'aura pas trop souffert,
puis, en plus de ça, on continue à développer puis investir.
Il y avait deux chiffres dans l'allocution
tantôt, je ne sais pas si vous les avez retenus : nos exportations ont augmenté de 15 % l'année passée. On a dépassé
7 milliards pour la première fois dans l'histoire du Québec. Ça, ça
prend du monde qui ont confiance puis du
monde qui investissent. Puis on l'a fait également dans les produits de la mer,
20 % dans les produits de la mer. Ça prend des gens qui ont
confiance puis ça prend des gens qui investissent.
Puis ça prend un gouvernement qui est vigilant
parce qu'on est à la merci de toutes sortes de patentes. Toute l'Amérique a été aux prises avec la DEP, qu'on a
appelée, là, la diarrhée porcine. Au Québec, on a agi avec rapidité. On
a mis, avec La Financière agricole, un
programme en place qui fait en sorte que le producteur qui détecte de la
maladie dans son troupeau n'est pas
pénalisé, au contraire. Ça fait qu'on les a détectés rapidement, les cas qu'on
a eus, puis, si on ne les avait pas détectés, ça nous aurait coûté une
beurrée.
Présentement, il y a des cas de grippe aviaire,
là, au Canada puis aux États-Unis. On est en vigile là-dessus. On agit rapidement pour ne pas qu'on ait des coûts
économiques à absorber qui sont trop importants. Ça fait en sorte qu'au bout de la ligne, là, c'est vous autres,
producteurs agricoles, si — je touche encore du bois, une chance que la table est en
bois ici, là — l'année
se passe correctement, puis, en agriculture, c'est toujours risqué, on va finir
avec un surplus de 150 millions puis, l'autre année d'après, on va avoir
en banque plus de 300 millions sur la question de l'assurance
stabilisation, plus 150 pour l'assurance récolte, plus 150 pour le
crédit agricole.
Ça veut dire
que, mais qu'on arrive aux élections, on va être capables de dire aux
agriculteurs, si tout a bien été : Vos programmes sont corrects sur le plan financier. Puis on va leur
dire, sur la question de la défense de la gestion de l'offre : Bien, on a pu travailler tous
ensemble pour s'assurer que cet outil-là demeure disponible pour les
agriculteurs et les consommateurs québécois. Est-ce que ça va?
Le Président (M. Morin) : M.
le député de Saint-Maurice.
Giguère : Oui. C'est intéressant, bien, en tant qu'agriculteur,
d'entendre parler qu'on travaille pour une saine gestion, qu'on va être
capables de se construire un coussin, parce qu'on sait tous que l'agriculture,
c'est un domaine vraiment spécifique, on dépend beaucoup de la température, des
marchés mondiaux. Donc, d'avoir un coussin, ça va sécuriser, oui, les producteurs et la relève agricole aussi parce que,
quand nos jeunes commencent en agriculture, ils aiment ça avoir...
qu'ils soient là pour plusieurs années.
Moi, je voudrais vous emmener sur les fameux
programmes au MAPAQ. On le sait qu'avec les années il y a beaucoup de programmes qui se rajoutent,
pratiquement à chaque année, peu importent les gouvernements. Puis
chaque programme qui sont rajoutés en cours de route, c'étaient des bons
programmes, donc... mais ça s'accumule.
Et puis j'ai
entendu dire que vous vouliez simplifier la tâche des agriculteurs, des
agricultrices dans ce — excusez de dire ça de même — fouillis-là parce que, quand on commence à
aller fouiller dans ça, il faut avoir de la patience, il faut avoir du
temps et essayer de comprendre tous ces programmes-là.
Donc,
j'aimerais que vous nous parliez un petit peu, là, de la simplification des
programmes, si vous voulez aller jouer dans ça, là, aller faire un petit
peu de ménage.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Je vais
le prendre sous l'angle où vous l'avez présenté, je vais le prendre dans
le cas de la relève agricole. Les
gouvernements qui se sont succédés, là, je pense qu'ils avaient tous à coeur la
relève agricole puis ils ont tous
ajouté, comme vous l'avez mentionné, là, un programme après l'autre, puis un...
mais le jeune aujourd'hui, là, il a beau avoir accès à Internet, là, ça
en fait, des formules à remplir.
Je pense que
je vais demander le consentement pour déposer une fiche qui vient de ce qu'on
appelle l'appareil administratif, là,
qui est intitulée Principales interventions gouvernementales auprès de la
relève agricole . Là, vous allez pouvoir constater sur cette fiche-là
qu'il y a un programme pour la formation de la relève agricole, qu'il y a un programme pour l'accompagnement de la relève
agricole. Vous allez pouvoir constater qu'il y a un programme d'appui au
développement de l'agriculture et de
l'agroalimentaire en région qui s'applique à la relève agricole. Vous allez
pouvoir constater également qu'il y a un soutien financier à la relève agricole
par La Financière agricole du Québec.
Puis
il y a deux volets à ce programme-là. Un, c'est appui financier à la relève,
puis l'autre, c'est autres mesures en plus
du premier programme qui s'est ajouté par la suite. Et vous allez voir qu'il y a un fonds
d'investissement également pour la relève agricole connu, dans le jargon
technocratique, de la FIRA; il y a également un programme d'appui à la diversification et au développement régional qui s'applique également à la relève agricole; et vous avez le
Programme services-conseils relève agricole. Ça va me faire plaisir que vous
en preniez connaissance. Placez-vous dans les bottines d'un jeune, là, puis qui dit : Moi, là, je
suis intéressé à devenir de la relève agricole. Je m'en vais où avec ça puis
comment? Puis, juste les simplifier, ça va clarifier. Mais, sur la relève
agricole, on a, puis je tiens à vous le dire, là, des signaux qui sont
positifs.
Oui,
M. Pronovost va faire le tour; oui, M. Pronovost va faire la liste...
Probablement, c'est peut-être... je ne veux pas lui dire quoi faire, là, mais c'est peut-être une affaire qu'il va
regarder, le nombre de programmes, etc., là, puis il va nous faire rapport. Mais, en attendant, les signaux
qu'on a, c'est : on a une augmentation de nos inscriptions. M. le
Président, dans votre comté, à l'ITA de La
Pocatière, c'est supérieur à 25 % pour l'année prochaine, les inscriptions
à l'ITA; puis, à Saint-Hyacinthe, là, c'est dans le même ordre de grandeur.
Donc, il y a de l'intérêt.
cet intérêt-là, tu sais, on essaie de l'analyser psychologiquement. On a eu une
période où le statut d'agriculteur, c'était
le statut à peu près le plus noble — en tout cas, plus noble que politicien — au Québec, puis, à un moment donné,
il s'est fait une espèce de dégradation avec
une connotation environnementale — tu sais, c'était un pollueur, etc. — puis il y a eu moins d'intérêt comme tel,
puis là le statut d'entrepreneur puis de fierté de tirer son argent, sa paie du
marché est en train de se
réinstaller. Oui, ça demeure un marché exigeant. Quand vous êtes dans les
animaux, là, c'est 365 jours et quart par année, vous n'en sortez pas. C'est difficile, comme mode de vie, mais ça
récompense également. Il faut que vous vous trouviez un conjoint ou une conjointe également, là. Puis tu as beau
regarder la TV, mais l'amour n'est pas toujours dans le pré, il faut que tu le trouves dans la vraie vie.
Puis on est en train de revaloriser finalement le statut de producteur
agricole, puis ça, ça a des effets directs
et indirects sur notre relève. Ça fait que je pense qu'on est sur la bonne
voie, mais il faut continuer à les supporter quand ça va mal.
Vous le dites, là,
les effets de météo, puis tout ça, là, pas grand contrôle là-dessus. Ça fait
que, si tu as une inondation, une
catastrophe, bien, il faut être là, comme gouvernement, il ne faut jamais les
abandonner. Il y a quelqu'un de l'opposition...
je pense, peut-être les deux oppositions qui ont mentionné que chaque pays supporte
son agriculture. Bien, moi, je vais vous ajouter un élément : c'est
le dossier le plus complexe, le dossier agricole, parce que vous avez des
questions sociales, des questions économiques, des questions d'ordre local,
régional, international, puis ceux et celles qui
ne croient pas ou ne sont pas encore convaincus que c'est le dossier le plus
complexe, là, regardez quand les ententes internationales se signent ou
ne se signent pas, le dernier dossier qui achoppe ou qui est résolu, c'est le
dossier de l'agroalimentaire. Pourquoi?
Parce que tout le monde veut avoir ce qu'on appelle sa sécurité alimentaire,
puis tout le monde veut avoir les bénéfices de l'occupation du
territoire, puis tout le monde veut avoir les bénéfices économiques que ça rapporte, puis tout le monde veut que les valeurs
terriennes de leur société soient véhiculées d'une génération à l'autre.
Ça fait que ce n'est pas facile à tout
mettre ensemble. Mais présentement, comme les observateurs l'ont dit :
l'année passée, c'était exceptionnel. Essayons de continuer à ce que
cette année demeure une année exceptionnelle, et, encore une fois, je touche du
bois. Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Morin) : ...M. le ministre. M. le député de Saint-Maurice,
avez-vous d'autres questions?
M. Giguère :
Bien, il a abordé la relève agricole et aussi il faut savoir que nos jeunes,
avec les nouvelles technologies, ça attire
beaucoup. Parce que, si vous embarquez un jeune dans un tracteur aujourd'hui,
c'est quasiment un vaisseau spatial, avec les GPS puis tout ce que vous
voulez, les ordinateurs qui sont inclus. Donc, ça a un pouvoir d'attraction, ça aussi, les nouvelles
technologies. Et aussi il faut continuer à manger trois fois par jour. Donc,
oui, des fois, il faut être un petit
peu fou. Comme j'avais un jeune agriculteur, là, qui me disait, l'autre jour,
il dit : Il faut être un petit peu fou pour se lancer dans ça, mais c'est avec passion. Puis la vie est
courte, donc, quand on réussit à faire, là, qu'est-ce qu'on aime avec
passion, c'est intéressant.
voudrais revenir avec la relève agricole. J'aimerais ça que vous me parliez un
petit peu, là, les deux incitatifs qui étaient
amenés durant la campagne électorale et qui sont en application, là, le fameux
1 million puis le 15 000 $. On va faire un petit bout de
chemin avec ça.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Oui. Je vais revenir sur la technologie. Vous
avez raison, la technologie s'implante à une
vitesse incroyable dans le domaine agroalimentaire. Visitez une ferme laitière
aujourd'hui puis amusez-vous à
regarder travailler un robot
automatisé. Sérieusement, là, vous allez être ébahi. Les trayons de vache,
ce n'est pas tout pareil, ça, là, là,
puis ils réussissent, avec un rayon, à juste mettre ça à la bonne place, les
analyses sont faites automatiquement.
C'est fantastique, comme évolution technologique.
Les tracteurs, bien, à La semaine verte , je pense qu'il y a deux
semaines à peu près, là, les tracteurs commencent à fonctionner sans que tu ne
tiennes le volant ou que tu ne touches aux
pédales, là. Tu sais, c'est les GPS qui te disent quelle vitesse, quel engrais
mettre. L'évolution technologique dans le monde agricole, vous avez
raison de le souligner, c'est fantastique.
y a un élément qui a été ajouté : la technologie de l'information. Les
communications comme telles brisent un peu
l'isolement auquel est confiné le producteur agricole. Il peut maintenant
participer sur les réseaux sociaux, etc. C'est un outil également qui va rendre la vie de Maria
Labrecque-Duchesneau, là — Au coeur des familles agricoles — peut-être un petit peu moins lourde à
supporter.
Oui,
vous l'avez traduit très correctement, la vie est courte. Faire ce que l'on
aime avec passion, c'est ce qui rend la vie la plus intéressante
possible. Ici, ce n'est pas un métier facile non plus, là, mais...
M. Giguère :
Quand on parle de nouvelles technologies, moi, j'ai un copain qui était en
voyage l'hiver passé et puis il est
producteur de volaille et puis son système, là, de ventilation, le chauffage,
là, a sonné sur la plage. Donc son alarme a sonné; de l'Amérique du Sud, il a été
capable de repartir son système à Saint-Boniface. Donc, pour vous dire comment...
la nouvelle technologie, qui fait que ça libère aussi les producteurs, là, du
stress, qu'ils peuvent avoir une meilleure qualité de vie. Donc, ça aide, ça
aussi, à garder la famille... et sa femme, entre autres.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Sur la plage pendant quelques jours. Mais ça, ce
n'était pas possible avant, tu ne pouvais
pas t'éloigner de ta ferme. Le mode de vie rural change, il devient plus facile
de concilier travail-famille comme tel. Il devient un petit peu plus
facile d'avoir des cercles d'amis que tu peux visiter. Il devient aujourd'hui possible
de prendre des vacances, alors qu'il n'y a
pas tellement longtemps c'était totalement impossible. Donc, moi, quand je
regarde l'avenir, je me dis : Bon, bien, c'est positif, de ce côté-là.
Après ça, ceux et
celles qui regardent les marchés internationaux s'aperçoivent, surtout du côté
des pays en émergence, il y a un
enrichissement de la classe moyenne et ses besoins alimentaires sont modifiés
comme tels. C'est le ministre de
l'Ontario qui revenait de Chine la semaine passée, il était ébahi par la qualité
de la nourriture qui est recherchée par
la classe moyenne chinoise aujourd'hui. On vend des produits agricoles de
qualité. On a un système de traçabilité, au Québec, qui rassure les acheteurs. On est probablement la société, sinon
une des sociétés les plus avancées sur la traçabilité de nos produits
comme tels, et ça, ça nous ouvre des marchés.
Moi, je pense que
c'est la revue The Economist qui l'a traduit le mieux. On regardait la
progression de l'agriculture sur les 25
prochaines années, là. On peut se tromper sur 25 ans, il va y avoir des cycles
encore, mais la courbe, elle monte
toujours, les gens vont toujours avoir besoin de s'alimenter avec un peu plus
de qualité à chaque année. Donc, si vous
êtes dans ce domaine-là, ça ne veut pas dire que vous n'aurez pas une «bad
luck», mais ça veut dire que, si vous avez une «bad luck», il faut que le gouvernement soit là, puis ça veut dire
que vous allez avoir une vie qui est correcte. Bien, travaillez fort,
mais vous allez travailler avec bonheur parce que vous êtes passionné.
Le Président (M.
Morin) : Oui, M. le député de Saint-Maurice, il vous reste
2 min 40 s.
Giguère : O.K.
Bien, je vais reposer ma question une deuxième fois, parce que je pense
que le ministre, il était avec les nouvelles technologies, je l'ai perdu, là. Donc, on va revenir avec la
relève agricole, avec les programmes que vous avez mis en place, là, le fameux
1 million pour ceux qui prennent leur retraite ou qui vendent, et puis des
placements pour le 15 000 $. J'aimerais ça vous entendre parler parce
qu'il faut le remettre sur la place publique.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Vous avez raison. En politique, si vous prenez un
engagement, électoral surtout, puis
que vous ne le respectez pas, vous allez vous le faire remettre sur le nez à
tous les jours; si vous le respectez, personne ne va en parler. C'est un peu ce qui est arrivé avec l'annonce du
ministre des Finances qui donnait suite à notre engagement électoral. Moi, je me rappelle, là, d'avoir pris
cet engagement-là, au nom de ma formation politique, autorisé par le
chef, en pleine campagne électorale, par
hasard dans le comté de Roberval, dans une étable à Saint-Prime. Pour être sûr
que je ne me trompe pas, il m'avait fait
accompagner par Suzanne, son épouse, puis je l'avais pris dans le cadre d'une belle famille agricole du coin. Puis ça a généralement été... ça
a été bien reçu par eux autres puis par la communauté agricole aussi.
million, là, de gain de capital... Aujourd'hui, une ferme moyenne laitière, là, c'est en haut de
2 millions, hein, on
s'entend? La moyenne, là, en haut de 2 millions. Ça fait que, quand tu exemptes d'impôt ton
premier million gain de capital, tu permets au paternel ou à la
maternelle de baisser son prix un peu, tu sais. Ça accommode la passation aux enfants. Tu ne collectes pas 100 % de ce que
tu penses que ça vaut ou ce que tu pourrais obtenir si tu ne le vendais
pas à tes enfants. Après ça, pour les
enfants, mettre de l'argent de côté à chaque année, là, tu as besoin d'un
capital. Ce n'est pas un domaine d'accessibilité facile. Ça prend du
capital, puis on a beau avoir des programmes à La Financière, des programmes au
ministère, si tu n'as pas un petit pécule d'accumulé, là, tu ne t'en sors
pratiquement pas.
Maintenant, quand tu
peux accumuler un petit pécule à l'abri de l'impôt, bien, c'est plus plaisant,
puis, si les deux niveaux de gouvernement embarquent dans la même patente, comme le fédéral vient de le faire la
semaine passée, je pense qu'on a mis sur pied un outil de fiscalité
intéressant. Est-ce qu'il va être suffisant? Ça, l'avenir va nous le dire. Mais, à partir du moment où l'outil est installé,
s'il est trop généreux, tu peux le baisser, puis ça, en agriculture, c'est
rare que ça arrive. S'il n'est pas assez généreux, tu peux toujours
l'augmenter. Mais le mettre en place, c'est ce qu'il y a de plus exigeant. Puis, je tiens à le dire, là, il n'y a
pas beaucoup de mesures nouvelles qui ont été annoncées
l'année passée parce qu'on était dans un contexte budgétaire
excessivement difficile. Puis je tiens à remercier le ministre des Finances d'avoir décidé de faire confiance au secteur
agroalimentaire puis d'avoir donné un outil additionnel à la relève
agricole.
Président (M. Morin) :
Merci, M. le ministre. On se dirige du côté de Mirabel.
Mme la députée de Mirabel, à vous. Vous avez un beau
25 minutes à vous.
D'Amours : Merci, M. le Président. M. le
Président, j'aimerais remercier le ministre
d'emblée, parce que j'ai écrit une lettre au ministre, le 14 ou
15 avril, puis j'ai reçu une réponse le 29 avril. Merci infiniment de
la rapidité et de l'efficacité de votre travail, M. le ministre. Ceci
était les fleurs.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Oui, je me méfie un peu.
D'Amours : M. le Président, ça fait à peu près un an qu'on est en
attente, qu'on essaie, par plusieurs questions
écrites au ministère... pour avoir une réponse à un questionnement qui est le dossier, bon, qui est en
lien, là, avec la rationalisation des permis des pêches, là, qui fait en
sorte que les pêcheurs restants puissent se porter mieux, là, financièrement.
Puis on se posait la question — puis j'aimerais vraiment que vous me
répondiez à cette question-là — c'est au niveau de la flottille du gouvernement. Est-ce qu'il existe encore des
bateaux? Puis je vous le dis, là, ça fait un an, c'était quasiment la première question que j'avais posée.
Je voudrais savoir : Est-ce qu'il reste des bateaux qui
appartiennent au ministère des Pêcheries?
Est-ce que c'est des bateaux qui sont en location? J'aimerais vraiment avoir de
l'information sur ça.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Je vais vous donner ce que j'ai comme
information, là. Pour ce qui est de la première
partie de votre question, je
pense qu'il y a un décret qui a été adopté, au mois d'octobre, au Conseil des
ministres. On va essayer de mettre la main dessus puis je vais vous le faire
circuler.
deuxième
partie de votre question : Est-ce que le ministère est
propriétaire de bateaux, là? La réponse est oui. Combien de bateaux, là,
je ne veux pas vous amener faire un tour de bateau, je vais essayer de donner
le chiffre le plus précis possible.
D'Amours : Oui, parce que j'aimerais ça le retrouver dans les chiffres
que vous nous donnez pour les dépenses du ministère...
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Question tout à fait légitime.
D'Amours : Combien ça coûte, cette flottille-là? Est-ce que c'est des
petits bateaux, des gros bateaux? Je ne suis pas capable de retrouver ça
nulle part. Puis je vous le dis, ça fait presque un an que je pose des
questions écrites et je n'ai pas de réponse,
alors, je m'attends à ce que vous fassiez la même chose qu'avec la première
lettre au salon bleu, que je vous ai
écrite, qu'on n'ait pas un an d'attente. Mais une dizaine, quinzaine de jours,
moi, je suis bien à l'aise avec ça.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Non, mais je vais même tenter de faire mieux que
ça, là, on va tenter de vous répondre aujourd'hui.
D'Amours : Parfait.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Mais on veut une réponse qui soit précise, qui
soit exacte, là. Je vais la faire vérifier puis on va essayer de vous la donner
aujourd'hui même.
D'Amours : Parfait, merci.
Le Président (M.
Morin) : M. le ministre, tout à l'heure, vous vouliez déposer
au niveau des programmes des jeunes.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Oui.
Le Président (M.
Morin) : Ça sera bien que vous le faites.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Oui.
Le Président (M.
Morin) : Ça serait fort apprécié, à la commission.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Oui.
Le Président (M.
Morin) : Merci.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Ça va. Si quelqu'un peut faire des photocopies...
Le Président (M.
Morin) : Oui, allez-y. Mme la députée de Mirabel, je m'excuse,
allez-y.
D'Amours : Pas de problème.
Merci, M. le Président. Je voudrais prendre le dossier Santé animale.
Vous aviez annoncé que vous auriez une loi
sur la santé animale. Bon, ça englobe les petits animaux de compagnie en
général. Moi, j'aimerais que vous reveniez
dans le secteur du bovin, des vaches de réforme. Étant donné qu'on a eu des
fermetures, hein, la fermeture de Colbex, et
que là on a un autre abattoir, là, qui a eu de la difficulté,
dont le gouvernement a aidé, ça ne prend pas tous les boeufs et
toute l'industrie bovine au Québec, le Québec doit envoyer son boeuf soit aux
États-Unis ou en Ontario ou... Bon. Je ne
sais pas si... je suis certaine que vous êtes aussi conscient que moi, là,
qu'un boeuf qui se promène, là... qui part d'ici puis qui s'en va aux
États-Unis ou en Ontario, là, elle est où, la santé animale, pour ces
animaux-là? Elle est où, votre loi qui fera en sorte qu'on n'aurait pas ce
dilemme-là?
Le Président (M.
Morin) : M. le ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Oh là là! Je ne veux pas utiliser tout votre 25
minutes, mais vous m'amenez sur deux
pistes qui sont absolument passionnantes, là. Santé animale, c'est une des
priorités qu'on s'est données puis on ne
se l'est pas donnée parce qu'on voulait se donner une priorité, là, le Québec
était perçu et est encore perçu, sur le plan national et international,
comme une des pires places, sur la planète, pour le traitement des animaux.
Corriger ça, c'est probablement un des plus importants défis que j'ai eus,
c'est complexe, là, pas croyable. Il y a des notions de droit civil, il y a des notions de common law. Les notions de droit
civil découlent du Code civil puis du Code Napoléon, et ça, les ministères de la Justice, quel que soit le
gouvernement, là, ils ne veulent pas que les ministres sectoriels aillent
jouer dans le Code civil; c'est la loi de base du pays, qu'on appelle.
Moi,
j'ai eu... Comment je pourrais dire ça? J'ai pu bénéficier de la complicité de
la ministre, comme telle, pour qu'ensemble
on signe un mémoire où on change la définition d'un animal, qui est
présentement considéré, dans le Code civil,
comme un bien meuble, on le change pour une notion... on s'est inspirés, là...
je ne veux pas être pogné pour outrage au Parlement... je veux déposer
bientôt, là... On change la notion, on s'est inspirés de la France, de la
Suède, et de la Suisse, et peut-être de l'Allemagne pour la notion, mais on a
une notion, on pense, qui est équilibrée.
Pour
les sanctions, les mesures de common law, les trois provinces qui sont jugées
les plus performantes au Canada, c'est,
dans l'ordre : Manitoba, Ontario, Colombie-Britannique. On s'est inspirés
de ces trois-là, puis on met ça ensemble, puis on s'en vient avec quelque chose. Puis, si vous me demandez :
Quand? Moi, je souhaite le déposer avant la fin de la session. Mais je ne suis pas tout seul là-dedans.
Sauf que mon ouvrage est fait, si vous me le demandez, là, dans
l'appareil gouvernemental; je souhaite
déposer. Et je veux des consultations également par la suite parce qu'on n'est
pas parfaits puis, des fois, dans les consultations, on peut
s'améliorer.
Pour
en revenir au boeuf comme tel, vous avez strictement raison, ça ne favorise pas
le bien-être animal que de les transporter jusqu'au Wisconsin, ou etc.,
et ça ne favorise pas non plus ce qu'on appelle les réseaux de proximité. Maintenant, moi, je fais face à une situation. Quand
je suis arrivé l'an passé, Levinoff-Colbex n'était plus en opération,
elle était dans les mains, je pense, du syndic à cette époque-là, et ça a été
liquidé pour des raisons, là, que je ne discuterai pas — j'en
ai discuté pas mal, parce qu'il m'a harcelé, quasiment à tous les jours, avec
le député de Drummond, là — mais
c'est fermé.
partir de ce moment-là, il me reste quelques abattoirs, dont Viandes Laroche,
vous ne l'avez pas mentionné, mais vous
faisiez clairement allusion à cette entreprise qu'on vient d'aider. J'ai
rencontré l'association des petits abattoirs pour leur demander... Eux
autres, ils avaient un intérêt à me rencontrer; moi aussi, j'en avais un,
intérêt, à les rencontrer. Eux autres,
l'intérêt, c'était de reporter dans le temps l'assujettissement aux normes
environnementales, puis, moi, c'était de dire : Déposez-moi des
plans d'agrandissement, de modernisation, de certification additionnelle pour
abattre le plus possible dans des circuits
courts. Puis peut-être que, si vous m'apportez des bons plans, je vais vous
donner des bons délais, puis, en tout
cas, on va essayer de travailler ça ensemble. On en est rendus là. Maintenant,
le prix du boeuf puis le prix de la vache
de réforme, de ce temps-ci, il n'est pas bas, là, il est même satisfaisant — je vais utiliser le terme — pour le producteur.
Dans la vache de
réforme, comme ministre de l'Agriculture, je n'ai pas beaucoup d'impact, je
n'ai pas de poignée comme telle. L'agriculteur, il le vend à qui il veut bien
le vendre. Puis, pour le boeuf, la seule poignée que je pourrais avoir, c'est de m'inspirer de ce qu'on fait avec la production
porcine, c'est-à-dire un boeuf qui ne serait pas abattu au Québec ne pourrait pas être stabilisé,
c'est-à-dire qu'on l'exclut de la... Mais les gens que j'ai consultés là-dessus
m'ont dit : M. le ministre, si vous
faites ça, allez-y à dose homéopathique parce que vous risquez de brasser le
marché. Mais le Québec n'est pas tout
seul dans cette situation-là. Présentement, il y a deux multinationales
américaines qui, depuis la crise de la vache folle, là, se sont
accaparées du marché. Ce n'est pas plus compliqué que ça.
dernière entreprise d'importance
à résister est en Ontario, ça s'appelait Better Beef. Elle a succombé, elle
aussi; c'était une cinquième, sixième génération, très efficace, très
performante. Ça fait que les abattoirs qu'on a en place présentement, là, ils
sont moins performants puis efficaces, mais, au prix où ils sont pognés pour
acheter leur matière première, puis avec les
nouvelles normes qui ont été mises après la vache folle, la marge de profit
n'est pas tout le temps là. Et on fait face à une situation; moi, je
n'ai pas de solution, je n'ai pas de recette magique.
J'ai demandé, la
semaine dernière, au ministre de l'Ontario qu'est-ce qui arrivait avec son
boeuf à lui, là, puis, lui, il y en a un peu
plus qui est abattu en Ontario, mais par des abattoirs propriété de
multinationales américaines. Ça fait
que comment on peut recréer... Parce que notre particularité au Québec, c'est
la vache de réforme, comment on peut recréer
des circuits courts? Peut-être qu'on pourrait bénéficier — mais là vous n'avez pas le droit de m'en
parler — des conseils de notre président? Il connaît
ça un petit peu, là, il vit là-dedans depuis 100 quelques années... pas lui,
mais sa famille, là.
Des voix :
Ha, ha, ha!
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Mais il n'y a pas de solution magique, sauf qu'on
tente présentement de garder en opération
puis d'améliorer ceux qui sont déjà là, puis on tente d'interpeler nos
abattoirs régionaux. Puis, s'ils ont besoin
d'aide, bien qu'on ne soit pas riches, riches, riches, il y a toujours moyen de
trouver un fonds de tiroir en quelque part pour transformer notre produit chez nous, ça va être notre bien-être
animal, ça va être des circuits courts, ça va être de la qualité, puis
ça va être des retombées économiques, puis des emplois dans toutes les régions
du Québec, là. C'est gagnant-gagnant-gagnant-gagnant, mais je n'ai pas la
formule magique pour...
Président (M. Morin) : Merci, M. le ministre. On va donner la
chance à la députée de Mirabel de vous poser une autre question.
D'Amours : Ah! à moins qu'il prenne les minutes du gouvernement, on va
le laisser répondre longtemps...
Le Président (M. Morin) :
Non, mais ça va bien, ça va bien, de votre côté.
Mme D'Amours : ...s'en tenir...
Le Président (M. Morin) : Là,
25 minutes, profitez-en.
Mme D'Amours : O.K. Parfait.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : J'en
ai pris trop, là, mais on va équilibrer ça, M. le Président.
Le Président (M. Morin) :
Oui. Merci, M. le ministre, vous me simplifiez la tâche. Allez-y, Mme la
députée de Mirabel.
D'Amours : Merci. M. Président, est-ce que le ministre peut nous
donner des coûts de la ligne — parce que là ça fait un an — du 1 800 animal ou animaux? Je ne me
souviens plus de la ligne, là. Je vous avais posé la question puis vous
me disiez que vous ne pouviez pas me répondre parce que c'est à l'acte, c'est
au téléphone, le nombre de vétérinaires, de
déplacements, vous n'aviez pas ça. Et c'était quelque chose, là, qui était en
mise en place. Donc, après un an, est-ce que vous avez des coûts qui
sont rattachés à ça?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Je vais
vous donner le nombre d'appels — parce que les gens ont participé. Puis je vous remercie de poser la question. À
chaque fois qu'on publicise le numéro, les gens s'en rappellent plus
facilement. Le coût d'opération comme tel
est de 0,04 $ la minute. Ça fait que, les gens, privez-vous pas d'appeler,
là, vous ne mettrez pas le gouvernement en faillite. Maintenant, le
nombre d'appels reçus, là, on le cherche puis on va vous le communiquer.
D'Amours : O.K., parfait. Moi, j'aimerais ça, M. le Président, que le
ministre nous donne, dans le milieu agroalimentaire, pour... si le
ministre a une vision, là, sur le nombre d'emplois qui seront créés dans 10
ans, dans cinq ans... dans 10 ans, dans... Quelle est sa vision, sur le monde
agricole, sur les emplois qui vont être créés?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : On est
déjà — le monde
agroalimentaire, là — le
secteur le plus important en matière
d'emplois au Québec. Je l'ai dit tantôt, on est en avant de l'aéronautique. Les
gens, quand tu leur dis ça, en ville, là, ils disent : Voyons! Ça ne se peut pas. On est en avant des
pharmaceutiques. Dans nos exportations, on va bien, on a une croissance
intéressante, qui est de 15 % l'année passée. J'ai des projets
d'investissement qui sont importants dans le milieu,
là. En Abitibi, j'ai Olymel, qui investit pour une cinquantaine de millions.
Puis, je le dis en passant, je les félicite, ils ont été nommés la semaine passée, suite à un jury, là, au SIAL, comme
entreprise exportatrice de l'année au Canada. Ça fait que ce n'est pas
peu dire, là.
Encore dans
le porc : dans le porc, on a beaucoup d'investissements. J'ai
F. Ménard, à Saint-Dominique, qui vient de construire une maternité bien-être animal pour plus de
10 millions; ça vient juste d'entrer en opération. J'ai Viandes Du Breton, qui sont un peu partout, ils sont
surtout à Rivière-du-Loup, mais là ils viennent de s'installer à Saint-Alban,
dans le comté de Portneuf, qui, eux autres
aussi, viennent de bâtir une maternité à peu près dans les mêmes proportions,
bien-être animal, également. Ils sont en
avant, là, du gouvernement. Même, je le dis, là, publiquement, je les félicite.
Tant que la confiance va se maintenir, qu'on va pouvoir maintenir notre
qualité, nos produits vont bien à l'exportation.
Dans la
transformation alimentaire, bien, nos multinationales se déplacent sur la
planète aussi, là. Si vous regardez Agropur, son positionnement planétaire a changé,
là, ce n'est plus la coopérative de Granby, là. C'est rendu un joueur majeur sur le plan international. Vous
regardez Saputo, qui n'était pas là il
y a une couple de décennies puis
que maintenant est partout également.
Regardez nos produits de spécialité, aussi; ce n'est pas des créations
d'emplois aussi massives, mais il y a la multiplication des paniers, que
j'appelle, ou des transformations, là, primaires dans toutes les régions.
Moi, je pense qu'on va demeurer le numéro un, on
va demeurer l'activité la plus créatrice d'emplois. On va continuer... Tu sais,
nos systèmes, là, il faut les regarder en parallèle : d'un côté, on a la
gestion de l'offre. Si on n'accepte pas les importations des autres, on ne peut
pas exporter beaucoup non plus, là, tu sais, il faut... À l'intérieur du Canada,
oui, mais pas à l'extérieur du Canada. Il y a des marchés, à l'intérieur du Canada,
qu'on peut prendre puis on va faire le maximum. Ce qui n'est pas sous gestion
de l'offre, on peut s'en aller, là, puis les ententes internationales sont intéressantes,
dans ce sens-là, pour ces productions-là. Moi, en moyenne, je vous dirais, par
année, là, j'hésite à mettre un chiffre parce que ça dépend des investissements
qui sont décidés par le privé. Parce que ce n'est pas le gouvernement qui crée
des jobs, pas besoin de vous expliquer ça, là, c'est l'investisseur privé qui
crée des jobs, puis nous autres, on essaie de créer un climat favorable à la
création d'emplois.
Mme D'Amours : Vous dites que les
entreprises sont au-devant du gouvernement et que vous les en félicitez. Tant
mieux. Et c'est vrai que ce n'est pas le gouvernement qui crée des emplois,
c'est l'industrie. Mais, des fois, ça a besoin d'un petit coup de pouce dans
certains secteurs.
Est-ce qu'il y a des objectifs pour la quantité
de production? Là, je prends comme exemple... je vais dire : du maïs, il s'en cultive tant d'hectares, on voudrait
atteindre... bon. Est-ce que vous avez des objectifs concernant
différents domaines : maraîcher, bovin?
Paradis (Brome-Missisquoi) :
Bien, ce que l'on a sous gestion de l'offre, les objectifs sont fixés par les
plans nationaux de commercialisation des
produits agricoles. Ça fait que, disons, le lait, les oeufs, la volaille, la
dinde puis les oeufs de reproduction,
là, ça, c'est fixé comme objectifs. Dans les autres, l'objectif, c'est d'en
faire le plus possible. Ce n'est pas
compliqué, là : plus on en fait, mieux on est dans les autres. Mais il
faut être capable de l'écouler puis de le vendre en compétition sur des
marchés internationaux.
En ce qui
concerne la viande de porc, on s'est créé une réputation. En ce qui concerne
les céréales, on a commencé à faire
des céréales biologiques. Moi, je parlais de biologique, ce matin, là. Il y a
un agriculteur, chez nous, dans le comté, qui fait 700 ou 800 acres de maïs puis de soya biologiques. À
un moment donné, je lui dis : Tu fais ça pourquoi, là? Bien, il dit, parce que j'ai deux fois le prix. J'ai
dit : Comment ça, tu as deux fois le prix? Bien, il dit, je le vends au
Vermont parce qu'aux États-Unis le lait biologique coûte deux fois plus
cher que le lait pas biologique. Ça fait que, il dit, ils paient les céréales
deux fois plus cher.
Ça fait que,
quand tu trouves un marché, tu peux y aller. Et puis l'espace dans le
biologique, là, je l'ai dit tantôt, il y
a 70 % des produits biologiques qu'on importe. On a un marché de
400 millions. Les possibilités d'expansion, là, sont énormes. Ça fait qu'on s'en va là-dessus cette
année, là, puis, pour les trois prochaines années, on va donner un
effort additionnel pour ce type de produits
là. Ça ne sera pas des exploitations massives parce que, quand tu es dans le
biologique, c'est plus compliqué à avoir un
gros volume. Il y en a qui réussissent, mais, généralement, tu commences avec
un volume plus petit ou médium puis là tu grandis avec. Ça fait que les
possibilités d'expansion, là, 70 % dans un marché de 400 millions, c'est là. On a juste à
l'occuper, mais ce n'est pas vrai qu'on va produire des bananes non plus, là.
Mais on peut avoir beaucoup plus de produits,
de légumes, et on peut avoir beaucoup plus de produits en serre. On accuse un
retard sur la production en serre.
Mme D'Amours : Il me reste combien
de temps, M. le Président, avant de choisir ma question?
Le Président (M. Morin) :
Tout près de huit minutes.
Mme D'Amours : Ah bon! Parfait. Là,
on a parlé, là, au niveau agricole puis agroalimentaire, au niveau de l'emploi.
Moi, j'aimerais ça vous entendre : Dans votre ministère, dans votre propre
ministère, là, quelles sont les ouvertures possibles?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Avant
de répondre à cette question-là, vous me permettrez de répondre à la
question précédente sur le nombre d'appels.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Au
30 juin 2014, depuis la mise en oeuvre, là, 4 148 appels reçus.
C'est quand même un programme qui est bien accueilli, là. 1 844 animaux
fonctionne relativement bien. Toujours place à l'amélioration, mais ça nous
sauve un paquet de frais.
Votre deuxième question touchait les ouvertures
chez nous?
Mme D'Amours : Bien, en fait, la
première question, vous m'avez répondu 4 148 appels.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) :
4 148, oui.
Mme D'Amours : Mais, de ces
appels-là, on sait que, bon, c'est tant de l'appel, mais est-ce qu'il y a des vétérinaires qui ont dû se déplacer? Est-ce qu'il
y a une équipe qui a dû se déplacer? Combien a coûté, dans son ensemble, ce...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) :
C'est parce que mes inspections... J'ai un département qui s'appelle sous-ministériat santé animale, puis j'ai un budget
pour ça, puis, tu sais, mes vétérinaires, ils se déplacent pour ça, puis ils
font de la vérification, tu sais. Je ne peux
pas le détailler comme tel, mais, quand on a une plainte qui apparaît sérieuse — puis on les vérifie toutes — les inspecteurs se déplacent, les vétérinaires se
déplacent parce que, pour effectuer une saisie, si on veut que
ça tienne en cour, il faut déplacer ces gens-là, puis il n'y a pas de restriction — je
vais revirer la question à l'envers, là — à ces déplacements-là, là.
Mme D'Amours : Mais en avez-vous eu?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Oui,
oui. Il y en a qui ont été médiatisés. Ils ne sont pas tous
médiatisés, mais on peut vous dire combien qu'on en a eu.
D'Amours : Bien, en fait, ce
serait juste pour avoir le chiffre pour le mettre dans mes colonnes de
dépenses.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : O.K.
Non, puis c'est important. L'année prochaine, vous vérifierez si ça a
progressé, là, tu sais. Ça sert à ça, les crédits.
Mme D'Amours : Exact, ça sert à ça.
J'aimerais, bon, vous
amener sur un dossier que j'ai regardé plus en profondeur, là, qui était au
niveau de la CPTAQ. Je vous demande... En
fait, la question — c'est
vrai, vous ne m'avez pas répondu : Quelles sont les ouvertures au ministère que vous pensez que vous allez avoir d'ici
quelques années pour de nouveaux employés dans votre ministère? Est-ce qu'il y a une ouverture qui s'en vient? Est-ce qu'il y a beaucoup
de gens qui vont prendre une retraite, une retraite anticipée, à leur
choix? Est-ce qu'il y a de l'ouverture?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : L'an
passé, il n'y en avait pas beaucoup. Cette année... Les ouvertures comme telles, c'est le Conseil du trésor qui a la
mainmise sur le nombre d'ETC, là, des postes équivalents à temps complet,
qu'ils appellent dans le jargon.
Moi, au ministère,
avec La Financière agricole, je pense que j'ai à peu près
1 600 personnes à l'emploi du ministère et de La Financière
agricole. J'ai demandé au gouvernement fédéral combien ils en avaient, des
fonctionnaires du fédéral qui travaillaient
pour le Québec ou au Québec, je pense que c'est autour de 2 500, et à l'Union des producteurs agricoles,
je pense qu'il y a 950 permanents aussi. Quand je les ai additionnés, là,
ça me donnait à peu près 5 000
personnes, fonctionnaires ou quasi-fonctionnaires, là, qui sont au travail pour
28 000 entreprises agricoles. J'ai-tu l'intention d'augmenter ça? Ce n'est pas moi qui engage à l'UPA, ce n'est pas moi
qui engage au fédéral, mais c'est le Conseil du trésor qui engage au
niveau de La Financière agricole ou qui autorise les postes pour le
ministère de l'Agriculture.
J'ai des endroits
où j'ai des difficultés parce qu'il y a des gens qui prennent leur retraite,
vous l'avez souligné, là, dans des
régions, et, si la personne prend la retraite dans la région puis ils sont deux
dans le bureau, là, bien, il n'en reste plus rien qu'un, puis, si les deux prennent leur retraite, il n'en reste plus
pantoute. Mais, en fonction des conventions collectives, parfois c'est difficile à déplacer le monde, là.
Si j'en ai plus au 200 chemin Sainte-Foy, les clauses de déplacement
dans les conventions collectives font que je ne peux pas l'envoyer dans le
comté chez vous, à moins qu'il consente, puis, tant qu'ils ne sont pas allés voir chez vous comment c'est beau, bien, ils ne
consentent pas. S'ils vont voir puis qu'ils réalisent que c'est beau, ils peuvent consentir. Ça fait que
je suis-tu en lacune de personnel? Il doit y avoir des endroits
stratégiques où je suis un petit peu en déficience puis il doit y avoir des
endroits où je suis un petit peu... mais, quand je regarde le nombre de personnes au service du monde agricole,
je pense qu'on a des ressources humaines, là, que, si on les utilise
correctement, ils peuvent faire la job.
Mme D'Amours : Est-ce que vous allez
maintenir ce que vous aviez mentionné, disant que, s'il y a un bureau qu'il ne reste presque plus d'employés puis
que, là, ils sont à la retraite, puis que, là, on ne trouve pas
personne, est-ce que vous allez faire l'effort de garder ce bureau-là ouvert?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) :
Bien, je vais faire plus que l'effort, j'ai des efforts combinés là-dedans, conjugués, je devrais dire. Il y a des endroits où
j'ai un bureau du ministère de l'Agriculture — j'ai, là! — nous avons un bureau du ministère de
l'Agriculture puis nous avons un bureau de La Financière agricole. Quand
les baux arrivent à échéance puis qu'il y a
possibilité de marier ça ensemble, on essaie de marier ça ensemble, ça crée une
masse critique qui est plus
intéressante puis ça évite des déplacements à l'agriculteur qui a besoin de
services, etc. Ça, c'est déjà en opération.
Il y a
d'autres places où je vais avoir à me gratter la tête parce que je suis pris
avec des règles de fonctionnement, là, puis
j'attends le résultat des négociations des conventions collectives. Je suis
intervenu auprès de mon collègue du Conseil du trésor pour lui demander, l'expression, de mettre du Fleecy, là, de
l'assouplissement dans la mécanique de façon à ce qu'on serve encore
davantage nos régions du Québec, mais ça, c'est en négociation avec le Trésor
puis les centrales syndicales.
D'Amours : Ce qui m'emmène... Je vous posais cette question-là, c'est
parce que j'ai fait, bon, certaines analyses,
là, sur, en fait, la CPTAQ, où je
regardais les personnes, là, j'ai tout sorti les CV des commissaires qui
étaient là, puis je vous dirais que les
commissaires, souvent, là, ils ont été nommés par le gouvernement et ces gens-là viennent, bon, d'un ministère — je ne
veux pas mettre personne, ça fait que je vais vous donner des exemples fictifs,
là, mais je les ai — bon,
ils viennent d'un certain ministère, d'autres qui viennent de l'UPA, donc c'est des
gens qui ont déjà une pension du gouvernement puis que, là, ils se font donner un autre emploi,
ils se font nommer à cet endroit-là. Moi, je me demande si c'est une pratique courante, depuis combien
d'années, et est-ce que ce n'est pas une ouverture ou est-ce qu'on
pourrait avoir des aménagistes, des
personnes... Parce que je ne veux pas dire qu'ils ne sont pas
compétents, les gens, dans leur sphère d'activité,
ils sont probablement très compétents, ils sont probablement des bons pères et des bonnes mères de famille, mais... puis c'est des nominations. Alors, est-ce que
c'est une pratique courante, ou si ça a adonné comme ça, ou si on peut
avoir une possibilité pour nos jeunes qui sortent de l'université à avoir la
possibilité d'avoir des postes comme ça au niveau du gouvernement qui
pourraient faire en sorte aussi que l'échelle salariale serait pour des juniors
au lieu des seniors? Pourquoi qu'on est
obligés d'avoir 12 ou 15 seniors sur un comité, sur un conseil? Est-ce qu'on ne
pourrait pas avoir une équité de
générations? Alors, j'aimerais ça vous entendre sur cette façon de faire là,
parce que, quand j'ai regardé à la CPTAQ, vous savez, on vous a posé une
question...
Président (M. Morin) : Mme la députée de Mirabel, je vais être
obligé de demander consentement pour la réponse du ministre du côté
ministériel. Est-ce que j'ai consentement, ça va être sur votre temps? Ça va?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Morin) :
Terminez votre question, Mme la députée de Mirabel.
D'Amours : Parfait. Bien, je voulais juste le mentionner parce qu'on a
posé une question puis vous... la réponse que vous avez donnée,
c'est : Nous vous informons que ces renseignements renseignent des
renseignements personnels, confidentiels et
sans accès, et on n'a pas eu la réponse. Alors, moi, je suis allée autrement
dans mes recherches et j'ai ma réponse. Alors, j'aimerais ça vous
entendre sur ce sujet-là.
Le Président (M. Morin) : M.
le ministre, sur le temps du parti ministériel.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) :
Qu'est-ce que vous avez eu comme réponse?
D'Amours : J'ai eu des belles réponses. Vous les savez sûrement parce
que, quand je regarde votre CV, ça fait longtemps que vous êtes...
Le Président (M. Morin) : Là,
on va être sur la réponse, là, Mme la députée de Mirabel.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Je veux
juste préciser les chiffres que je vous ai donnés tantôt sur le nombre d'employés. Au ministère, y inclus la CPTAQ puis
la Régie des marchés agricoles, c'est 1 659, pour être précis — c'est
mon bénévole de l'année, M. Roy, qui
m'a communiqué le chiffre — et, au niveau de La Financière agricole du Québec,
c'est 627. Ça fait que ça donne un grand total de 2 286.
Les nominations dans ces organismes-là... Ce
sont des organismes qui, dans les deux cas, ont des fonctions mixtes : des fois c'est des fonctions de
planification, des fois c'est des fonctions quasi judiciaires qu'ils exercent.
Moi, je n'ai pas eu à recruter,
sérieusement, là — je suis
bien à l'aise avec votre question — comme ministre de l'Agriculture. Je
l'ai déjà fait, quand j'étais à
l'Environnement, pour le BAPE, je l'ai déjà fait comme ministre des Affaires
municipales pour la Commission municipale du Québec. Ce qu'on recherche,
généralement, en tout cas ce que je recherche quand je propose — parce
que c'est le gouvernement qui nomme, mais c'est le ministre qui propose, le
ministre qui a la responsabilité — je cherche à créer un équilibre. Si je
m'aperçois que, sur un «board» en quelque part, sur une régie, sur une
commission, les gens proviennent tous du même secteur d'activité, j'essaie de
nommer... Tu sais, je regarde, là, puis à la
Régie des marchés agricoles, il n'y a pas beaucoup de gens qui viennent du
secteur de la consommation, tu sais, ça fait que, quand tu interviens
dans ce genre de dossier là, tu as besoin d'un équilibre entre production,
transformation, consommation, ça fait que tu... en tout cas, moi,
personnellement, je cherche à recréer ces équilibres-là.
Il y a
quelques postes vacants présentement, là, dans les organismes, puis, si je n'ai
pas fait de proposition encore, c'est
parce que je n'ai pas trouvé la... Puis là ne m'arrivez pas avec des CV
par-dessus la tête, là, mais, si vous en avez des bons, gênez-vous pas. J'essaie de retrouver
l'équilibre dans ces organismes-là de façon à ce que le justiciable, quand
c'est quelque chose de quasi judiciaire,
sente qu'il est traité avec impartialité et, si ce n'est pas quasi-judiciaire,
que la personne ait les compétences socioéconomiques nécessaires pour
prévoir l'avenir de ce qui va arriver dans l'agroalimentaire parce que ces gens-là approuvent des
réglementations, ces gens-là définissent des politiques d'avenir également, et
ils ont un rôle majeur. Votre question est pertinente. Ils ont un rôle majeur à
jouer, et il ne faut jamais déséquilibrer ces institutions-là
parce que la crédibilité du gouvernement, ou de l'organisme, ou du ministère en
subit les conséquences.
Président (M. Morin) :
Merci, M. le ministre. Là, je me retourne... dans quelle région je me
dirige? Dubuc. Oh! allez-y, M. le député de Dubuc.
Simard : Merci, M. le Président. D'abord, une question pour le ministre, M. le
Président, concernant... Bien,
tout à l'heure, il parlait d'équilibre budgétaire. On en fait souvent allusion,
à l'équilibre budgétaire, parce que c'est une grande maladie de revenir à l'équilibre
budgétaire, ce qu'on veut comprendre. Et puis dernièrement, justement, encore
une fois, on a accablé cet exercice de tous les maux, là, c'est-à-dire il y a
eu des interventions médiatiques qui ont été
faites — on
le sait, on est en négociation — par le syndicat des employés de l'État au
mois de décembre. Mais on le sait, on
dit quelque chose un jour, puis ça peut se répéter, M. le Président, pendant
plusieurs jours. Et puis à ce moment-là il y a eu des interventions qui
ont été faites à l'effet que le gouvernement manquait de volonté politique pour
donner des budgets, justement, pour... les
budgets nécessaires au bon fonctionnement, à l'effet qu'on devait inspecter
tous les intervenants alimentaires dans les différentes régions du
Québec.
Au mois de janvier, Le Journal de Québec
a repris ce communiqué de presse là pour dire que c'étaient les régions
éloignées qui faisaient les frais de ce manque de volonté politique... et qui
allait nécessairement causer des problèmes
importants au niveau des consommateurs eux-mêmes, c'est-à-dire la sécurité des
consommateurs. Pourquoi? Parce qu'on faisait, nécessairement, des
économies sur le dos de ces régions-là. Et même que, M. le Président, sur les
250 employés affectés à ces inspections-là, on aurait pris
50 employés et puis on les aurait transférés dans la qualité de vie animale, donc, ce qui causerait des
problèmes très importants, surtout au niveau des Îles-de-la-Madeleine, de
la Basse-Côte, qui sont des endroits quand
même très éloignés. Même au niveau de la Basse-Côte, on doit prendre l'avion
pour se déplacer pour aller faire les inspections, parce qu'il y a
60 institutions qui font de la manutention d'aliments dans ce secteur-là.
Donc, vous comprendrez, M. le Président, que ça
a des effets au niveau de la perception de la population. Et puis j'aimerais entendre le ministre à ce
niveau-là. Est-ce que c'est véridique? Est-ce qu'il y a véritablement, là, des
choses à redresser à ce niveau-là? J'aimerais l'entendre, M. le Président.
Le Président (M. Morin) : M.
le ministre.
Paradis (Brome-Missisquoi) : Oui. Si vous me le permettez, M. le
député de Dubuc, avant que vous m'entendiez, j'aimerais apporter des précisions
à une question de Mme la députée de Mirabel, ça va être sur votre temps, mais
je...
M. Simard :
Merci. Ça me fait plaisir.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Ce que j'ai, là, en ce qui concerne les
engagements financiers du MAPAQ concernant
la lutte à la cruauté envers les animaux : depuis 2010, on me dit, coût
des saisies en 2014‑2015, 493 354 $; en 2014‑2015, les argents versés aux 13 SPA ou
SPCA, 386 622 $; services des médecins vétérinaires praticiens,
65 700 $. Total des dépenses pour 2014‑2015 :
945 676 $, donc on s'en va vers le million, là. Ça va?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Pour en revenir à votre question — merci beaucoup de votre consentement,
M. le député de Dubuc — j'ai retenu du début de votre intervention,
là, la maladie budgétaire comme telle, puis ça m'a rappelé un paquet de souvenirs. Ce n'est pas par...
Comment je pourrais dire ça? Ce n'est pas parce qu'on est obnubilés par une idéologie qu'on vise à équilibrer le budget,
là, à faire le déficit zéro. Ce n'est pas un dogme comme tel. Mais, si
vous ne le faites pas, à un moment donné
vous vous retrouvez avec des agences de crédit qui révisent votre taux de
crédit. Puis, avec le montant de la
dette que le Québec a à assumer, s'il fallait que les agences de crédit
révisent notre cote de crédit, les intérêts
qui sont déjà le deuxième poste plus important budgétaire, tu sais, ils
pourraient devenir encore plus importants à payer.
Moi, j'ai connu, là,
en 35 ans, pratiquement 35 ans de vie politique, deux moments où le Québec
s'est fait ramener à l'ordre par New York. En 1982, quand le premier ministre
de l'époque, René Lévesque, a coupé le chèque de
paie des fonctionnaires de 20 %, là.
Ce n'est pas parce qu'il n'aimait pas les fonctionnaires, ce n'est pas parce que les fonctionnaires n'avaient pas voté péquiste, là, aux élections générales
puis ce n'est pas parce qu'ils n'avaient pas besoin de leurs votes pour le prochain référendum, là, c'est
tout simplement parce
qu'à un moment donné, quand tu ne mets pas de l'ordre dans tes finances
publiques, c'est la même affaire que les finances personnelles, ton gérant de
banque, il te rappelle à l'ordre. Puis New
York lui a dit : Il faut que tu livres puis tout de suite. Puis la seule
façon qu'il avait de livrer, c'était de couper de 20 % le chèque de
paie des fonctionnaires.
l'ai revécu au lendemain du référendum de 1995 quand le premier ministre de
l'époque, Lucien Bouchard, a mis à pied des médecins puis des infirmiers
et infirmières de façon massive. Ce n'est pas parce qu'il ne les aimait pas, là — moi, j'étais à Ottawa quand il est revenu,
là — il les
adorait, mais, quand tes finances publiques ne sont pas à l'ordre, bien,
ton banquier, il te rappelle à l'ordre, puis la commande est venue. Si on vise
à l'obtenir, c'est parce qu'on est condamnés à le faire.
gouvernement du Parti québécois qui nous a précédés avait promis de le faire.
Ils n'ont même pas passé proche, là,
tu sais, c'était rendu à 7 milliards ou un peu plus. Nous autres, cette
année, on l'a réduit à 2,3 milliards. Puis là on a encore besoin de tout le monde pour le ramener à
zéro, besoin de tout le monde pour le ramener à zéro, là. Puis, si on
réussi à le ramener à zéro, ça va nous
empêcher d'être dépendants de New York, on va pouvoir faire nos choix nous
autres mêmes ici, au Québec, à
l'intérieur d'un budget qu'on va équilibrer comme un bon père ou une bonne mère
de famille doit faire. Ça fait que ce
n'est pas une maladie, là, c'est quasiment un remède. J'en reparlerai la
prochaine fois. Parlez-moi du remède d'équilibrer un budget, ça assure
une santé financière, ce remède-là. Dr Couillard en est... excusez-moi, le
premier ministre en est persuadé.
L'autre
partie de
votre question touchait les inspections comme telles, là. Je vais le diviser en
deux, parce que les gens ont raison de dire
que ce n'est pas pareil en ville qu'en campagne parce qu'à Montréal les inspections sont réalisées par des
employés de la ville de Montréal; en campagne, ce sont les employés du MAPAQ.
Je vais vous donner les chiffres, vous allez
voir qu'il n'y a pas grand différence : 2013‑2014,
ils ont fait 37 565 inspections; 2014‑2015, ils en ont fait 35 340; des déclarations de
toxi-infections alimentaires rapportées, en 2013‑2014, il y en avait 874; en 2014‑2015, il y en a 1 221; des plaintes des consommateurs
concernant les aliments traités, en 2013‑2014, il y
en avait 4 483 puis, en 2014‑2015,
il y en a 4 865. Donc, la situation
m'apparaît, là, à partir des chiffres des inspections, puis là je ne l'ai pas
devant moi... J'avais même demandé, suite à ces articles-là, le kilométrage
fait par ces gens-là, puis c'était sensiblement la même chose d'une année à
l'autre, ça fait que...
Mais vous le
retrouvez dans des situations où... puis ce n'est pas la première fois de ma
vie que ça m'arrive, là, le fédéral vit la
même chose. Quand vous êtes en négociation, des gens utilisent — comment je pourrais dire ça? — des
moyens de communication qui sont les leurs pour améliorer leur sort. C'est
légitime, mais il faut toujours revenir aux faits. Ça va?
Le Président (M.
Morin) : M. le député de Dubuc, vous pouvez continuer.
Simard : Je remercie le ministre
de la réponse, mais juste un petit bout, M. le Président, puis j'aurai
une autre question. Est-ce que c'est un fait qu'il y a 50 employés,
sur les 250, là, qui ont été pris puis qui ont été transférés au niveau de la
Santé animale?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Je peux le vérifier. Personnellement, là, si vous
me demandez si j'ai commandé ça, la
réponse est non, mais on va le vérifier puis on va vous répondre. Ce n'est pas
compliqué. On ne déplace pas 50 sur 250 sans que ça se sache, là.
M. Simard : Parfait, j'attendrai la réponse, M. le Président. Une dernière question pour le ministre. M. le
ministre, étant donné... On en parle énormément par rapport à l'accaparement
des terres agricoles, c'est des effets, là... Il y a une augmentation très importante
par rapport au prix des terres. Le prix des terres augmente de plus en plus. M.
le ministre, j'aimerais savoir, étant donné ce fait-là, que le prix des terres
augmente de plus en plus, j'aimerais... Comme vous le savez, les
agriculteurs bénéficient d'une remise foncière de taxes dans toutes les municipalités
du Québec, il y a un programme qui est existant là-dessus.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Je le sais.
M. Simard :
Mais croyez-vous, M. le ministre, qu'il pourrait être modifié, ce programme-là,
considérant qu'est-ce qui se passe au niveau du prix des terres?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : C'est un programme que je connais relativement assez bien, j'ai eu
à l'administrer à la fin des
années 80 comme ministre des Affaires municipales. C'est aux
Affaires municipales, ça a l'air. Puis, à l'époque, le ministre
des Affaires municipales faisait des
chèques aux agriculteurs, ça fait que je trouvais que ce n'était pas nécessairement à la bonne
place, ça fait que j'ai travaillé ça avec mon collègue de l'époque, puis on l'a
pris des Affaires municipales puis on l'a transféré à l'Agriculture.
20 ans plus tard, j'arrive à l'Agriculture puis là, comme ministre de l'Agriculture, je fais des chèques aux
municipalités. Des fois, tu sais, les gouvernements, ça bouge dans ce
que tu penses être la bonne direction, mais tu as toujours des ajustements à
faire.
Sur le plan du budget
comme tel, ça n'a pas été une surprise, mais, l'an passé, vous nous aviez voté
des crédits — puis on vous en remercie, là, au nom des
agriculteurs ou des municipalités, on ne sait plus — de 125 millions. Je pense qu'on a fini, l'année passée, à
131 millions, si ma mémoire me sert correctement, en tout cas, c'est à
6 millions de plus, ça, on est obligés
d'aller au Trésor, comme on dit. On peut-u continuer? La proportion du budget
qui va là-dedans est à un niveau
inquiétant. Le prix des terres va-t-il continuer à augmenter? On regarde où on
se situe dans la moyenne nationale
puis sur le continent. On n'est pas encore dans les plus chères, ça fait que,
quand tu n'es pas dans les plus chères, normalement ça tend vers le haut, ça ne tend pas vers le bas. Je ne peux
pas vous dire comment ça va coûter demain matin, mais mon expérience
m'enseigne que, quand l'année est mauvaise en agriculture, le prix de la terre
n'augmente pas, mais il ne diminue pas trop
non plus, puis, quand l'année est bonne, ça augmente. Ça fait que, quand tu
fais la moyenne, ça a tendance à s'en aller vers le haut. Quand on regarde
le système que l'on a au Québec et qu'on le compare avec les autres
juridictions canadiennes, on s'aperçoit qu'on a un système... je n'aime pas
utiliser le mot «généreux», mais, disons, «avantageux».
Maintenant, il y en a
combien là-dedans qui servent au monde municipal puis il y en a combien qui
servent au monde agricole? Ce n'est pas tout à fait délimité avec une ligne
entre les deux, correctement, au moment où on se parle, mais est-ce qu'on veut continuer à aller plus haut? À un moment
donné, il y a des sonnettes d'alarme qui vont sonner, là. Votre question arrive à point donné. L'an
passé, je pensais vraiment qu'avec 125 millions qu'on vous avait
demandés, on était pour être corrects; ça en
a pris six de plus. Cette année, si ça en prend encore un peu plus, je pense
que mon collègue du Conseil du trésor
va m'attendre avec l'affaire pour jouer au baseball, là. Je vais être obligé de
trouver des raffinements.
M. Simard :
Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Morin) : Oui. Je passe du côté de Mégantic.
M. Bolduc :
Merci, M. le Président. Je voudrais tout d'abord vous saluer, M. le ministre,
mes collègues, collègues de l'opposition.
Bonjour, tout le monde. Écoutez, M. le ministre, l'an passé, lors de la
campagne électorale puis des
débats... Vous savez qu'est-ce que c'est, une campagne électorale, je pense,
vous en avez fait une ou deux, vous. Moi, j'étais à mes débuts, mais je
me fie sur vous pour l'expérience de campagne. Et, dans l'agriculture, vous
savez, les gens avaient beaucoup de messages
à nous donner, puis il y a un message que moi, j'ai entendu qui m'avait
dérangé, je dirais. C'est qu'il y
avait un père qui m'avait dit que son fils était venu le voir puis il avait
dit : Papa, il dit, la terre, vends-la, débarrasse-moi de ça parce
que moi — il
dit — je
ne veux pas être un administrateur. Je voulais vivre sur la terre, puis là — il dit — je suis dans la paperasse jusqu'aux oreilles
et je ne veux plus rien savoir de ça. Vends ça, je vais aller faire
d'autre chose.
Moi,
ce que je voudrais savoir, M. le ministre, c'est : Ce type de
découragement là, qui est un déprimant, là, est-ce que, dans votre
vision de l'agriculture, on va essayer de simplifier la vie des agriculteurs?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Je pense que c'est la première commande que j'ai
placée autant au ministère qu'à
La Financière agricole. Mais, quand je me promène sur le terrain, puis je
le fais hebdomadairement, la principale plainte que je reçois — puis je le dis avec toute déférence pour mon
collègue de l'Environnement — ça ne vient pas du ministère de l'Agriculture. Maintenant, j'ai été
heureux de constater puis d'entendre mon collègue de l'Environnement
dire qu'il remettait à jour toute la
question de la réglementation des certificats d'autorisation, etc. L'an passé,
on a travaillé ensemble une politique
de l'eau, puis, sérieusement, les modifications apportées, je l'ai dit dans mes remarques introductives, ont été, généralement, à la satisfaction du monde agricole. Moi, j'ai
confiance que, dans sa réforme, là, il tienne compte du phénomène que
vous mentionnez. Les agriculteurs, ce sont des gens qui aiment ça travailler,
mais constructivement, et voir le résultat de
leur travail. Le moins de papier, puis aujourd'hui, je vais vous dire, le moins
de formules sur informatique que tu
as à remplir, le plus heureux ils sont. Ça fait que commençons par donner
l'exemple, au ministère de l'Agriculture, puis invitons les collègues
dans les autres ministères.
là-dessus, moi, j'ai pris comme discipline, quand j'arrive avec quelque chose
de nouveau — on a un
collègue qui est en charge de la
déréglementation — moi,
j'envoie mes papiers au collègue responsable de la déréglementation.
Le Président (M. Morin) : M.
le député de Mégantic.
Bolduc : Merci, M. le Président. Vous nous avez parlé d'un sujet que
je ne peux pas négliger, celui de la relation entre l'agriculture et
l'environnement. Je sais bien qu'il n'y a pas de problème avec ça, là, mais
vous avez mentionné tout à l'heure que le
ministre de l'Environnement, naturellement, a annoncé sa stratégie pour ouvrir
la LQE, qui date de 1973, donc il y a
une opportunité, là, là-dedans. Est-ce qu'il y a des enjeux particuliers, pour
vous, qui sont bien importants en regard de l'agriculture québécoise? Et
comment vous voyez, en fait, la relation entre l'agriculture et la nouvelle LQE et le développement durable, qui est une
orientation, je pense, qui a été relativement bien définie déjà par le
ministre?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Je
vais ajouter un triangle à votre problématique. Vous avez des relations obligatoires entre le ministère de l'Agriculture,
le ministère de l'Environnement et également le ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire — j'appelle ça le triangle des Bermudes,
moi — à un
moment donné, et vous devez harmoniser l'ensemble de l'oeuvre pour que
le producteur agricole y retrouve une place confortable.
Dans le mariage avec l'Environnement, au cours
des prochaines années — ça
devient incontournable, là, on voit la
diminution des cheptels d'abeilles comme tels — l'utilisation des pesticides va être
regardée de très près. D'ailleurs, l'Ontario,
ils sont un peu en avant de nous autres. Moi, j'ai été inspiré, la semaine
passée, là. On a déjà posé des gestes dans ce domaine-là. Vous avez
toute la question, également, des bassins en surplus de phosphore, suivant le
ministère de l'Environnement. Quand il y a
des gains qui sont faits, le producteur, il n'est pas récompensé. Tu sais, moi,
j'ai toujours pensé qu'une attitude équilibrée, c'était le bâton, oui,
mais la carotte aussi, ça fait que... Est-ce qu'il y a moyen, avec l'Environnement, de s'assurer que, quand les
producteurs changent leurs pratiques, deviennent plus
environnementalistes qu'on les récompense en
leur permettant une plus grande superficie de culture, etc.? Je pense que c'est
des choses qui ont atteint un niveau de maturité.
l'Environnement, là, à un moment donné, on a fait l'assainissement des eaux
urbaines, ça a coûté au-dessus de 10 milliards, puis après ça on a
fait l'assainissement industriel, puis là on s'est attaqué au monde agricole.
Ça fait beaucoup de ressources mises à notre
disposition d'un coup sec. Il faut être capable d'évoluer correctement,
positivement, tu sais; on donne un élan ce
matin. Quand on dit «le biologique», on ne le dit pas pour rien, ça va aider
l'environnement. Tu sais, il faut poser des gestes, il faut en être conscients,
il faut être des bons citoyens. Mais le meilleur gardien de l'environnement sur sa terre, c'est le producteur.
Il n'ira pas contaminer sa nappe phréatique, il en a besoin pour boire
de l'eau à la maison puis il en a besoin
pour faire boire ses an